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Maintenant
Revue d'idées très en phase avec les débats qui animent la société québécoise durant la Révolution tranquille.

[...]

La revue Maintenant arrive et s'inscrit dans l'effervescence du Québec des années 1960, au moment de la Révolution tranquille. Elle a pour vocation de remplacer la Revue dominicaine en créant un lieu de discussion collé sur l'actualité. Pour s'insérer davantage dans l'activité intellectuelle de son temps, la nouvelle revue affiche une facture moins savante.

Père Henri-Marie Bradet, directeur de la revue depuis ses débuts en 1962, rassemble rapidement de nombreux collaborateurs, clercs et laïcs. Plusieurs dominicains, mais aussi Benoît Lacroix, Louis Lachance, Émile Legault, Gérard Dion et Louis O'Neill offrent des contributions à la revue, tout comme les laïcs Hélène Pelletier-Baillargeon, Louis Fournier, Pierre Saucier, Dr Paul David, Ernest Pallascio-Morin, Jacques-Yvan Morin, Guy Robert et Naim Kattan, parmi de nombreux autres.

La volonté d'actualisation du catholicisme prônée par Maintenant tient ses racines dans le personnalisme des années 1930 et son ouverture à l'individualisme, et coïncide, en 1962, avec le programme de réformes du catholicisme de Vatican II, duquel la revue portera l'esprit au Québec. Elle offre une tribune aux catholiques de gauche, soucieux de montrer un esprit actuel et moderne à la jeunesse intellectuelle.

Maintenant s'adapte rapidement aux changements accélérés en cours dans la société québécoise et devient un lieu de débat important. Les clercs souhaitent se positionner comme porteurs d'une conscience morale évolutive de la société vis-à-vis des intégristes et du contrôle de l'Église. Cet humanisme chrétien motive Maintenant à adopter hâtivement le socialisme démocratique et à cautionner et pousser l'idée de l'indépendance politique du Québec.

Le contexte de laïcisation et de pluralité grandissante des affiliations religieuses, conjugué au déclin de l'attachement national canadien-français et catholique, donne naissance à un nationalisme québécois civique qui se manifeste notamment dans la déconfessionnalisation de l'enseignement public. Maintenant en sera partie prenante.

La revue participe ouvertement aux débats sur la régulation des naissances, mais, par principe religieux fondamental, demeure d'abord contre l'avortement. Et bien qu'elle appuie une laïcité ouverte, la revue refuse affronte la position radicale de la relégation du religieux à la sphère privée. Les audaces que Maintenant se permet font des mécontents à la tête de l'ordre dominicain à Rome, qui demande la destitution du père Bradet en 1965. La maison provinciale de l'ordre ne souhaite pas se ranger dans la réaction. Le père dominicain Vincent Harvey prend la relève de Bradet à la direction et offre au contraire davantage d'autonomie à la revue, qui appuie plus résolument le socialisme et l'indépendantisme québécois.

Maintenant souhaite mettre un terme au nationalisme messianique pour que toute la place soit laissée à un mouvement politique pragmatique, qui envisage la souveraineté politique comme moyen pour le Québec de se développer. Tous les dominicains ne sont toutefois pas à l'aise avec les positions politiques de la revue. L'ordre sort de l'aventure en 1969. Son maigre financement est dorénavant assuré par Pierre Péladeau. La revue délaisse alors presque complètement le contenu religieux pour se concentrer sur les questions politiques, sociales et économiques.

Durant la période qui suit, Maintenant accueille des collaborateurs réputés, dont Robert Boily, Jacques Parizeau, Michèle Lalonde, Fernand Dumont, Jacques Grand'Maison, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Camille Laurin, Pierre Vadeboncoeur et Louis O'Neill. Hélène Pelletier-Baillargeon y est toujours et sera d'ailleurs nommée directrice au décès de Vincent Harvey en 1972.

Maintenant est affiliée aux journaux indépendantistes et réformistes Québec Presse (1969-1974) et Le Jour (1974-1978). Les trois cahiers publiés en 1975 sont d'ailleurs distribués avec Le Jour. Plusieurs des collaborateurs des dernières années seront des figures importantes du gouvernement et de l'administration du Parti québécois à partir de 1976.

Source:

ROY, Martin, Une réforme dans la fidélité: la revue Maintenant (1962-1974) et la «mise à jour» du catholicisme québécois, Québec, Presses de l'Université Laval, 2012.

Éditeurs :
  • Montréal, P.Q. :les Dominicains en collaboration avec d'autres clercs et des laïcs,1962-1975,
  • Montréal :Éditions Maintenant inc.,
  • Montréal :Editions Maintenant :
Contenu spécifique :
Janvier-février
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Revue dominicaine ,
  • Témoins
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Références

Maintenant, 1968-01, Collections de BAnQ.

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15 JANVIER-15 FÉVRIER 1968 NO 73 AVORTEMENT: de Salomon à P.-E.Trudeau PÉCHÉ ORIGINEL: Limite fondamentale BILINGUISME : L’inégalité à perpétuité PSYCHANALYSE ET ÉVOLUTION RELIGIEUSE LES ENFANTS ET LA PUBLICITÉ LE SACERDOCE : THÉOLOGIE ET TÉMOIGNAGES som maire EDITORIAL : L'avortement : de Salomon à P.-E.Trudeau Vincent Harvey, H.Pelletier-Bail la rgeon Le péché originel : Limite fondamentale Louis Racine .7 Ministres pour les hommes Gregory Baum .Pasteurs, époux et pères Daniel Pourchot André Poulain Jacques Beaudon Jean Cruvellier .11 Un pays pour les Québécois René Lévesque J.-Yvan Morin Joffre Dumazedier 15 B & B : l'inégalité à perpétuité Pierre Saucier .16 Cure psychanalytique et évolution religieuse Michel Dansereau .19 Les enfants, victimes de la publicité Mireille Bigras .25 L'artiste, ce prophète Gaston Petit .27 Ecrans 67 : Surveillance, Verdi, Cinémathèque Jacques Lamoureux .Y croyons-nous encore ?A.-M.Chenu .29 32 RÉDACTION, ADMINISTRATION, BONNEMENTS, 715, Chemin Côte-Ste-Catherine, lontréal-26, P.Q.Tel.739-2758 e Ministère des Postes, à Ottawa, autorisé l’affranchissement en numéraire l l’envoi comme objet e la deuxième classe e la présente publication, rais de port garantis non livrable TABLEAU DE BORD L’introduction prochaine de dispositions d’ordre juridique favorisant un avortement contrôlé en fonction de critères objectifs et scientifiques n’est pas sans soulever des débats d’une extrême complexité au regard d’une vision humaniste de la vie.De grands pays civilisés ont réglementé ce contrôle initial de la vie en recourant à une panoplie d’arguments qui varient assez peu.Beaucoup de gens dans la société actuelle ne considèrent pas l’avortement comme un acte criminel.Il en irait de l’avortement comme de la contraception, de la prostitution et de l’homosexualité.La réglementation de techniques abortives à des conditions bien précises et soumises à un contrôle médical ne viendrait pas consacrer une moralité objective de l’avortement.La loi n’engage personne à accomplir un acte que réprouverait sa conscience.Bref, deux types d’arguments viennent alimenter le débat : le pluralisme et les raisons d’utilité sociale.Après avoir proposé une certaine lecture du projet Trudeau, n’y a-t-il pas lieu d’élargir la réflexion à la lumière d’une anthropologie contemporaine éclairée par le contenu de la Charte des Droits de l’homme.C’est la démarche qu’ont adoptée Vincent Harvey et Hélène Pelletier-Baillargeon en éditorial.ail: 41 Dès que l’on évoque la notion de péché originel affluent des images traditionnelles que continuent de véhiculer le cinéma contemporain avec ses grandes fresques du style « THE BIBLE ».Etait-ce là l’intention du récit biblique ?Tel n’est pas l’avis des rédacteurs du remarquable catéchisme hollandais pour adultes.Allant au cœur des choses, la pastorale catéchétique d’aujourd’hui reprend tout le récit biblique à travers une réflexion bien existentielle.On y perçoit une tentative d’explication de l’origine du mal dans la condition humaine.On y déchiffre le mystère fondamental de l’homme : la cassure que seule l’espérance parvient à ressouder.Gregory Baum dégage les lignes de faite de la pensée conciliaire sur la conception renouvelée du prêtre à l’intérieur du peuple de Dieu.Rompant avec le schéma d’antan du « liturge », qui fait du prêtre un « séparé », la nouvelle théologie le conçoit d’abord comme un homme parmi les hommes, un frère parmi des frères, comme était Jésus lui-même, chargé d’un service ou d’une fonction spéciale.Quatre pasteurs offrent des témoignages sur les rapports entre vie conjugale et service pastoral.En dépit de difficultés normales, la fonction pastorale peut être fécondée par l’expérience conjugale et familiale.La crise canadienne et québécoise atteint un nouveau sommet avec la publication du rapport Laurendeau-Dunion à la veille de la conférence-clé d’Ottawa.Serait-ce un autre marché de dupes ?A côté des accrocs aux droits linguistiques et culturels, d’autres maux permanents ne trouvent toujours pas de solution.Mireille Bigras analyse le phénomène de la publicité auprès des enfants durant leurs émissions de télévision préférées ; elle constate que cette publicité crée chez eux des besoins exagérés.D’où la nécessité d’une action concertée pour corriger cette situation. 3 ÉDITORIAL L’AVORTEMENT: ii «« de Salomon à P.-E.Trudeau ji h .tïiif ICCII ::j; « liiim T 0 lir un ï 10 i II ' une i\ et tiiii' (Hides ?îe Depuis les discussions médiévales sur le moment précis de l’animation du fœtus par l’âme humaine (s.Thomas disait: 40 jours pour un garçon, 80 pour une fille), ni la biologie, ni la psychologie, ni la philosophie ne nous ont révélé quoi que ce soit de bien neuf sur le sujet.Tout au mieux nous ont-elles détournés de ces casuistiques primitives en étalant sous nos yeux la carte de toutes ces régions encore inconnues qui continuent d’entourer la vie prénatale.Les meilleurs reportages photographiques de Match, Marie-Claire et Life, ces dernières années, furent d’ailleurs sans contredit ceux de l’évolution progressive de l’embryon humain de six semaines à la naissance.FILS OU FŒTUS ?\ tou It0 0< ient1 j cott tec I 'olo°J frère: ¦(iah lie ‘ iiên pübl HI0 ntflïl firée foil L’émerveillement que les lecteurs de ces grandes revues ont ressenti devant ces photos est une chose.Le fait que les grands pays civilisés légifèrent de plus en plus nombreux pour permettre l’avortement en est une autre qu’il faut également regarder en face.Du côté canadien, les allégations classiques sont déjà présentes : santé de la mère, viol, risque de malformations ou de déficiences de l’enfant à naître, conditions socio-économiques de la famille, etc.Et pour ceux qui les défendent, de quoi s’agit-il sinon d’une insignifiante masse de muqueuses dont l’élimination rapide, aseptique et indolore, par curetage ou par aspiration, serait une banalité chirurgicale de routine.Leur vision est une chose.Autre chose également est la vision du couple qui désire des enfants et dont les fausses couches constituent autant de « deuils » véritables : « Nous avons perdu un fils à seize semaines » disent-ils.Autre chose encore est la vision de la vieille religieuse qui, depuis des années, baptise sous condition, des embryons avortés accidentellement parce qu’elle y voit déjà « des temples du Saint-Esprit ».Ces visions si opposées d’une même réalité posent à l’homme moderne une question de taille : est-ce la souffrance au la joie que risque de nous attirer un être encore inconnu, le fœtus humain, qui va déterminer si cet être invisible devra être considéré comme « une masse de muqueuses » à éliminer ou « un fils » à protéger ?Salomon jadis, devant une situation analogue, s’était fié au cri spontané jailli des entrailles de la mère véritable.Mais aujourd’hui la démarche du politique moderne ne saurait passer ailleurs que par les dédales obligés et sans gloire du langage juridique.A ce titre, la seule attitude réaliste valable consiste à nous astreindre à l’exégèse des projets de loi en présence pour en retracer l’idéologie sous-jacente.Car les grands exposés doctrinaux ne trouveraient pas audience dans ce cas-ci : ce n’est pas tant « la doctrine », qu’elle soit catholique, juive ou musulmane, qui intéressera le législateur, comme les répercussions sociales possibles d’un principe nouveau qu’il met implicitement en circulation par l’adoption d’un projet de loi.AVANT LE BILL TRUDEAU Avant le récent bill Trudeau, déjà trois projets de bills privés avaient été proposés à la Chambre des Communes du Canada, au cours de 1967, pour modifier la législation sur l’avortement et en particulier l’article 209 du code criminel.Cet article se lit présentement comme suit : « ( 1 ) Est coupable d’un acte criminel et passible d’emprisonnement à perpétuité, toute personne qui cause la mort d’un enfant qui n’est pas devenu un être humain, de telle manière que, si l’enfant était un être humain, cette personne serait coupable de meurtre.(2) Le présent article ne s’applique pas à une personne qui, par des moyens que, de bonne foi, elle estime nécessaires pour sauver la vie de la mère d’un enfant non encore devenu un être humain, cause la la mort de l’enfant ».En somme, l’article 209 du code criminel canadien condamne l’avortement, pratiquement au même titre que le meurtre, sauf dans le cas prévu au paragraphe 2 et que la 4 morale traditionnelle range sous « le volontaire indirect » (v.g.pour sauver la vie de la mère on pratique une opération qui entraîne, comme conséquence, la mort du fœtus).LE PROJET TRUDEAU Le projet Trudeau modifie l’article 209 ( 1 ) par l’addition de la circonstance : au cours de la mise au monde.De sorte que l’article 209 (1) se lirait désormais : « Est coupable d’un acte criminel et passible de l’emprisonnement à perpétuité, toute personne qui, au cours de la mise au monde, cause la mort d’un enfant qui n’est pas devenu un être humain, de telle manière que, si l’enfant était un être humain, cette personne serait coupable de meurtre ».Le paragraphe 2 du même article est légèrement modifié par la suppression de la précision : non encore devenu un être humain.Il se lirait comme suit : « Le présent article ne s’applique pas à une personne qui, par des moyens que, de bonne foi, elle estime nécessaires pour sauver la vie de la mère d’un enfant, cause la mort de l’enfant ».UNE PRUDENCE LACONIQUE Que peuvent bien signifier ces modifications proposées de l’article 209 du code criminel ?On voudrait plus de précision.Il semble bien que le projet de loi veuille restreindre la portée de l’article 209 au décès de l’enfant qui surviendrait lors de l’accouchement, ou qui serait alors provoqué pour sauver la vie de la parturiente — cas de toute façon extrêmement rare en milieu hospitalier.Quant à l’avortement proprement dit, il tomberait désormais sous l’article 17 de ce nouveau projet de loi (C-195).Cet article 17, confus dans sa rédaction, permettrait l’avortement lorsque la continuation de la grossesse met en danger ou est susceptible de mettre en danger la vie ou la santé de la mère, pourvu que, par ailleurs, cet avortement soit accompli par un médecin qualifié, dans un hôpital accrédité et après approbation du comité de l’avortement thérapeutique de cet hôpital.Ainsi formulés, les motifs permettant l’avortement sont très imprécis et laissent la porte ouverte à une interprétation assez large de la loi.L’expérience en d’autres pays, notamment dans certains états américains, démontre que la santé de la mère est un critère assez élastique, surtout si l’on fait intervenir des raisons d’ordre psychiatrique, la crainte de la grossesse constituant très facilement à elle seule une véritable névrose.LES AUTRES PROJETS Malgré ses imprécisions et ses ambiguïtés, le projet Trudeau apparaît plus conservateur que les trois bills privés : C-122, C-123 et C-136, qui ne seront pas discutés à la Législature, mais que nous analyserons quand même, car ils nous donnent le contexte du bill Trudeau et nous laissent entrevoir l’orientation du débat.Plus précis dans leur formulation, ces projets de loi sont également beaucoup plus larges.Outre la préservation de la santé physique ou mentale de la mère, le bill C-122 allègue comme raisons pouvant justifier l’avortement : 1) la possibilité bien fondée que l’enfant naisse anor\ mal et 2) la grossesse résultant du viol ou de l’inceste.Le bill C-136 ne mentionne pas les cas de viol et d’inceste, mais il ajoute des motifs d’ordre socio-économique.L’avortement serait autorisé dès lors que « la continuation de la grossesse compromettrait la vie de la femme enceinte ou risquerait de nuire à sa santé physique ou mentale ou à son bien-être futur, ou à celui de l’enfant ou de ses autres enfants ».En t somme, les motifs de l’avortement seraient, à quelques différences près, ceux-là mêmes qui autorisent la régulation des naissances ou la contraception.'kiti dllQUc pem out?ion tu : D’ailleurs, le mouvement en faveur de l’avortement a us tendance à considérer celui-ci comme un moyen contraceptif, |„ » (ffi bien qu’exceptionnel et de dernier recours.Le bill C-123 ne s porte-t-il pas en sous-titre : limitation des naissances, et dans l’a la marge : protection dans certains cas de limitation des p naissances ?La même identification implicite entre avortement et contraception revient dans les notes explicatives : « Ce bill écarte toute responsabilité criminelle dans les circonstances où l’intérêt public n’est pas sérieusement compromis, en matière d’actes restreignant les naissances, qui relèvent davantage de la conscience individuelle et ressortissent plus aux lois morales et ecclésiastiques et qui ne doivent pas être visés par la législation criminelle ».IRC lift mi PARTOUT LES MEMES ARGUMENTS œœ mi ion fi Dans tous les pays où l’on a discuté de l’avortement récemment, que ce soit en Angleterre, aux Etats-Unis, en France ou au Canada, les arguments ne varient guère.Ceux qui favorisent un élargissement de la loi le font au nom du pluralisme de la société et de l’utilité sociale.LE PLURALISME ! Beaucoup de gens dans la société actuelle, disent-ils, ne considèrent pas l’avortement comme un acte criminel.Le fœtus, du moins à sa période embryonnaire, ne serait pas un être humain, mais tout au plus une possibilité réelle de vie humaine.Dans une société pluraliste, la loi ne doit pas imposer telle conception de la vie fœtale plutôt que telle autre, pas plus qu’elle impose telle religion plutôt que telle autre.En outre, la loi civile n’a pas la prétention de fournir une règle de moralité individuelle ni de se substituer à la conscience des gens.Elle ne doit s’intéresser qu’aux conséquences sociales du comportement des individus.Il en irait de l’avortement comme de la contraception, de la prostitution et de l’homosexualité.miii] Xepb h ellelo ïtinat tes «rjf 11 ¦H 'ail 4 ieir En légalisant l’avortement, on n’oblige pas pour autant " les catholiques et ceux pour qui le respect de la vie fœtale est sacré, à commettre un acte qu’ils jugent immoral.On ne se prononce pas en réalité sur la moralité objective de l’avor- °, tement, pas plus que la légalisation de l’homosexualité et de la prostitution, moyennant certaines précautions du point de vue de leurs conséquences sociales, ne constitue une appro-1 ^Oll bation morale de ces mêmes actes.On tolère un mal pour en éviter un plus grand.1 (k u.Cette argumentation repose sur les deux bases suivantes : ] a) il plane un doute certain sur la nature de la vie intra-utérine ; les uns la disent déjà humaine, les autres, non ; b) en conséquence, l’Etat ne doit privilégier aucune de ces »-deux opinions dans sa législation.Je ite Sfr; H V 5 la' .MAIS UNE OPTION IMPLICITE !W nce avo s g: que en- ; di on nen ice 123 Pourtant, un Etat dont l’esprit adhère pleinement à la Charte des droits de l’Homme, qui réhabilite ses handicapés, éduque ses orphelins, traite ses déficients mentaux et supprime la peine de mort est un Etat qui, lorsqu’il subsiste le moindre doute en faveur de la vie ou de l’innocence d’un de ses membres, s’abstient d’intervenir contre lui.Toujours, en effet, un tel Etat exige des preuves irréfutables pour condamner un criminel, attend des certificats médicaux dûment authentifiés pour affirmer légalement le décès d’un citoyen.Or dans le cas si douteux de la vie intra-utérine, loin de s’abstenir, en l’attente de preuves convaincantes, l’Etat légifère comme si, de fait, l’embryon n’était pas un être humain, puisqu’il permet en certains cas de le supprimer.:t( on av( alh les om ni rtii ent L’argument du pluralisme, à notre avis, laisse ici rêveur.Aucun Etat civilisé ne pouvant aujourd’hui autoriser la suppression d’une vie que beaucoup estiment innocente ou encore pleinement humaine (v.g.le défaut de preuve dans une cause criminelle ou d’attestation médicale définitive dans le cas d’une mort qui pourrait n’être qu’apparente), il faut donc, implicitement du moins, que cet Etat, bien qu’il se défende de toute option, en ait déjà pris une, c’est-à-dire celle qui consiste à dénier la personnalité humaine au fœtus et à le considérer comme une « chose » dont on peut disposer au nom d’intérêt jugés supérieurs.rte, SAINT THOMAS À LA RESCOUSSE ! ion: nel; ¦ait* lelil loi1 je B ae1 foi er cs Pour justifier cette option, on ne manquera sûrement pas cette fois de privilégier la position de Thomas d’Aquin sur l’animation tardive du fœtus par l’âme humaine.On le citera même en latin dans des revues pour grand public (voir Sept-Jours, 31 décembre 1967, p.8).Cette position repose pourtant sur une conception philosophique d’une part, l’hylémorphisme, que très peu de philosophes modernes ; acceptent, et d’autre part sur une conception de l’âme humaine ( spirituelle et créée directement par Dieu que tous les citoyens r du Canada ne partagent pas, loin de là.Dans l’anthropologie philosophique actuelle, on envisage 'plutôt la vie humaine en terme de «projet».Quelles que soient les apparences, le fœtus n’est-il pas un « projet » humain à bien des égards plus valable que le « projet » humain avorté d’un monstre ou le « projet » humain terminé d’un vieillard au cerveau sclérosé ?Quoi qu’il en soit, si l’on veut que subsiste la possibilité d’une vie en société qui respecte ces mêmes droits de l’Elomme, il est impossible qu’on puisse tenir compte des milliers de « subjectivités » dont est constitué ce qu’on évoque sous le ;; nom global de •< pluralisme » : le droit fondamental à la vie : 1 doit primer ces subjectivités.LE DROIT À LA VIE PRIME TOUS LES AUTRES Cette option pour la vie doit être large et englobante, dut-elle poser d’énormes problèmes individuels, car elle est vaesla base de tous les autres droits de l’Homme.Si le droit à la ti.vie d’un être faible et sans-voix (en l’occurence le fœtus) est orlié, ne serait-ce qu’une fois dans un article de loi, aux argu-c*ments des plus forts (mère, père, médecins, législateurs), par quelles acrobaties légales prétendrons-nous nous soustraire, demain, aux arguments de ceux qui favoriseront la suppression des arriérés mentaux, des mongols, des hydrocéphales, des paralysés cérébraux ?etc.Tous les génocides procédaient d’arguments subjectifs semblables : on est toujours « le déchet de quelqu’un », « l’indésirable d’un autre ».Il y a des limites qu’un Etat ne peut permettre à ses membres de franchir, fût-ce au nom du pluralisme et du respect de la liberté individuelle, autrement on retourne, sous des apparences de civilisation, à la loi de la jungle.Le droit à la vie en est une et la plus intransigeante de toutes.Il y a tout lieu de s’étonner qu’un des principaux arguments en faveur de l’abolition de la peine de mort ne soit plus considéré comme valable dans le cas de l’avortement.Si l’Etat veut, disait-on, que les citoyens aient le respect de la vie, il doit commencer par donner l’exemple en respectant la vie même des meurtriers.qui pourtant auraient, selon une longue tradition juridique, perdu leur droit à la vie.Il nous semble que l’Etat fasse exactement le contraire en légalisant l’avortement : il autorise l’interruption d’un projet de vie humaine qui, si on ne lui pose des obstacles, va atteindre son stade natal.Mais on prétend justifier cette attitude contradictoire par l’utilité sociale.L'UTILITÉ SOCIALE : ENRAYER L'AVORTEMENT CLANDESTIN ?En faveur du bill Trudeau on invoque en effet à coup de statistiques impressionnantes, le fléau social constitué par l’avortement clandestin.Disons incidemment que ces statistiques sont loin d’être péremptoires : comment une activité clandestine exercée par des individus, jusqu’à nouvel ordre considérés comme des criminels aux yeux de la loi, peut-elle faire l’objet d’enquêtes exhaustives, franches et rigoureuses ?Mais là n’est pas la question.La véritable question serait celle-ci : l’avortement légal, scientifiquement contrôlé, est-il apte, à lui seul, à enrayer l’avortement clandestin artisanal, si traumatique physiquement et mentalement pour un nombre croissant de citoyennes ?La réponse est double.UN TRUDEAU RIGOUREUX ?lo — Ou bien le bill Trudeau est appliqué rigoureusement et littéralement.En un pareil cas, c’est un bill modéré, restreignant l’avortement aux indications les plus graves concernant la vie ou la santé de la mère.Disons donc tout de suite qu’ainsi comprise, cette mesure extrême ne s’appliquerait qu’à un nombre limité de femmes malades.Les autres, les insouciantes, les naïves, les volages, les noceuses imprévoyantes, les amoureuses impénitentes, les épouses trop complaisantes se retrouveront encore, après avoir essuyé un refus offensé du Comité médical, dans l’antichambre redoutable de l’avor-teur improvisé.UN TRUDEAU ACCOMMODANT ?2o — Où alors, voté tel quel en apparence, le texte du bill Trudeau va bientôt faire l’objet d’interprétations élastiques et complaisantes de la part du Comité médical.Quelle femme normale, en effet, n’est pas incommodée physiquement d’une manière ou d’une autre par la grossesse ?.Et quelle femme enceinte malgré elle ne se sent pas prise d’une sorte de panique, de dépression ou de révolte pour laquelle il est facile de trouver un terme psychiatrique savant si on y met un peu d’imagination ?Quant aux femmes du meilleur monde « qui ont des influences », aux intellectuelles (si utiles à la société!), aux «cas tragiques» doublement émouvants vu leur extrême jeunesse, que ne fera-t-on pas pour les délivrer de leur tourment ?C’est le cas de la Suisse où, sous le couvert d’une loi restreinte à l’avortement thérapeutique, on accommode complaisamment une vaste clientèle internationale.Comprise de cette façon, la nouvelle loi devrait alors, selon nous, avoir l’honnêteté d’adopter le texte plus franc et plus ouvert des législations japonaise et suédoise où l’avortement est accessible, sans enquêtes tâtillonnes et odieuses, sur simple requête de la femme enceinte.Alors seulement, croyons-nous, pourrait-il prétendre éliminer finalement l’avortement clandestin.Mais est-ce vraiment à cela que nous voulons finalement aboutir au Canada ?.Cette accessibilité totale, facile, sûre et expéditive, est si efficace dans le cas des pays ci-haut mentionnés, Japon et Suède, que les femmes s’y détournent de plus en plus nombreuses des servitudes coûteuses et dépoétisantes de la contraception.Avec l’avortement, plus de prévoyances fastidieuses et le dépannage-express garanti en cas de pépin ! Est-ce bien cela que nous voulons au pays ?LA CHARRUE DEVANT LES BŒUFS Il semble, à écouter les défenseurs du nouveau projet de loi, que l’urgence soit extrême, au Canada, de légaliser l’avortement ?Pourtant, il n’est jusqu’ici question que du bill Trudeau, texte modéré limitant l’ouverture de la loi à l’avortement thérapeutique dont les indications ne sont pas monnaie courante depuis les progrès de la médecine moderne et la concentration de plus en plus nombreuse des accouchements en milieu hospitalier.Par ailleurs, quel recul avons-nous pour juger de l’efficacité des vastes moyens que nous venons à peine de mettre en action pour permettre un meilleur contrôle de la population par l’éducation sexuelle et l’aide technique appropriée aux couples canadiens.La nouvelle loi libéralisant l’éducation sexuelle, la vente et la diffusion des techniques contraceptives n’a pas un an ! Nos premières cliniques de planning familial n’ont pas fêté leur premier anniversaire ! Elles regorgent d’une clientèle intéressée et s’avèrent déjà trop peu nombreuses : on parle de les multiplier partout.Quels résultats vont-elles donner ?PLUS CONTRACEPTRICE QU'AVORTEUSE Notre population possède son caractère, sa psychologie, sa philosophie de l’amour et de la famille : il y aurait fort à parier, avec l’expérience, qu’elle se montre naturellement plus « contraceptrice » qu’« avorteuse » et assez mûre, d’ici quelques années, pour en assumer les responsabilités de manière adulte.Il y a un vieux fond de valeurs familiales chrétiennes qui, à notre sens et en dépit de l’agnosticisme croissant, subsiste assez à l’état culturel dans la population tant anglophone et protestante que francophone et catholique du pays, pour que spontanément, cette population, une fois éduquée, préfère un planning responsable et efficace à l’avortement même « perfectionné ».Mais un recours trop hâtif à l’avortement, solution empreinte de facilité, de précipitation et de pragmatisme sans visées éducatives aucunes, tuera dans l’œuf tous nos projets et nos efforts d’information et d’accessibilité dans le domaine du planning familial et de l’éducation sexuelle des jeunes.Ne peut-on même pas laisser quelques années d’expérience et de recul à la législation de 1967 sur la contraception pour en juger des résultats ?Au lieu de lui couper les jambes en légalisant précocément l’avortement qui, ne nous faisons pas d’illusions, ne restera pas longtemps limité aux prudentes circonlocutions et aux réserves exceptionnelles du bill Trudeau.H lin AVONS-NOUS UNE VÉRITABLE PHILOSOPHIE SOCIALE?P" ucuia icà uepuis près a un quart ae Usés, on combat les préjugés sociaux et les tabous religieux infamants envers la mère célibataire.On fonde pour elle des centres d’accueil discrets, on lui fournit, en plus du gîte, du couvert et d’une possibilité de travail à mi-temps, l’aide du médecin, du psychologue, du travailleur social et du conseiller religieux.On la guide de façon nuancée dans la décision qu’elle aura bientôt à prendre de garder son enfant ou de le proposer en adoption.De toute façon on la rassure sur son avenir et on continue de l’assister après son accouchement, au moment de son retour au travail.Dans ces mêmes pays, 2% seulement des femmes qui se font avorter sont des mères célibataires.ce qui faisait dire à une pauvre mère de famille, enceinte pour la huitième fois d’un mari ivrogne et brutal : « Si au moins j’avais la chance d’être une fille-mère, le gouvernement prendrait soin de moi ! » Notre politique familiale est encore à l’état larvaire ! Pourtant la vaste solidarité familiale du milieu rural étant disparue dans la vie urbaine, grossesses, accouchements et éducation des enfants sont des charges de plus en plus lourdes concentrées de plus en plus étroitement sur les épaules de la femme seule et du couple seul.Devant cet isolement psychologique de la femme moderne face à la maternité, un Etat n’a-t-il donc rien de mieux à lui offrir qu’un correctif violent, édulcoré à qui mieux mieux par le slogan de « libérons la femme mais dont cette même femme enceinte devra finalement faire les frais toute seule dans une situation « d’isolée » sociale ?« Etre libérées » pour des femmes écrasées psychologiquement ou malades d’une maternité, ne serait-ce pas plutôt sentir de partout un vaste et fraternel appui social, la solidarité de tout un milieu les secondant dans un enfantement qui est peut-être une épreuve réelle mais dans laquelle une société civilisée devrait se sentir aussi étroitement impliquée qu’elle l’est par ses handicapés, ses cancéreux, ses « polio », ses tha-lidomidiens ?Est-ce une société évoluée que celle qui prend par les épaules une femme affolée, lui signe un certificat et la pousse seule dans une clinique bien aseptique en lui disant î « Allez, et qu’on ne nous en parle plus » ?Pour nous, cette façon lâche et expéditive d’éviter la responsabilité et la solidarité qu’implique un véritable engagement social sur le problème de la natalité nous répugne : c’est IN! : non, à l’avortement ».4 VINCENT HARVEY HÉLÈNE PELLETIER-BAILLARGEON 7 PÉCHÉ ORIGINEL: Limite fondamentale e et our «lé ns | idea tide TSC cligil elle elle, lécis u à sur jeu :s p s» fam al: uve: Le récit biblique du péché des premiers parents n’est pas un reportage journalistique.De façon générale, il faudrait même éviter d’employer le mot récit pour qualifier les onze premiers chapitres de la Genèse qui, pour le lecteur non initié aux littératures anciennes, semblent raconter les origines de l’humanité.Il s’agit, au contraire, d’une réflexion théologique sur la condition de l’homme, sur son existence plus ou moins heureuse, sa vie domestique avec ses joies et ses peines, ses rapports avec les autres et avec Dieu.Le « récit » du péché d’Adam et d’Eve pour sa part (Genèse, chap.3) — qu’il ne faut pas séparer de l’ensemble de la Bible — est une tentative d’explication de l’origine du mal dans la condition humaine.UNE QUESTION INÉVITABLE !Pi lispi luca C0fl< fer log •ill idul mm ntl :iale logi ôts arit qü so iq' ses lit lific dis :rl‘: 51ge «'¦ ' A^1 Toute pensée arrivée à un certain degré de maturité se pose inévitablement cette question.Les philosophes grecs se l’ont également posée et y ont cherché une réponse du côté de la structure même du monde et de l’homme : ils ont vu dans l’élément « matière », constitutif de tout être terrestre, la source unique de tout le mal, aboutissant ainsi à un dualisme plus ou moins accentué.Le théologien yahviste, de qui nous tenons le « récit » de la chute, s’est interdit d’entrer dans cette voie, de peur qu’en incriminant la structure des êtres, on traduise le Créateur à la barre de l’accusé.Sa foi en Dieu créateur, tout-puissant et infiniment bon, de même que son mode de penser, plus existentiel et historique, l’ont incité à chercher une explication plutôt du côté de la liberté humaine et de l’histoire, sans toutefois minimiser l’influence de la fragilité native de l’homme.En somme le théologien ou la tradition théologique qui nous a légué ce vieux texte d’une grande profondeur et d’un bel équilibre, distribue la responsabilité de la présence du mal dans le monde sur un ensemble de causes qui tiennent principalement de l’homme : de ses péchés surtout, de l’accumulation de ses péchés dans l’histoire, des déviations de son cœur et de forces plutôt anonymes que supra-humaines qui sont symbolisées dans le rôle du Tentateur.UN VIEUX TEXTE .Certes, un texte aussi éloigné de nous dans la culture et le temps restera toujours un peu mystérieux en dépit des progrès de l’exégèse.Un certain nombre de détails et d’éléments appartiennent à un genre littéraire et à une mentalité « mythique » qui nous sont partiellement inaccessibles.Ce qui importe cependant c’est la signification qu’a encore pour nous du XXe siècle cette lecture de l’expérience humaine par un croyant inspiré d’un lointain passé.ENCORE SIGNIFIANT Pour dégager cette signification, je m’inspirerai du nouveau catéchisme hollandais.Ce catéchisme pour adultes, maintenant traduit en anglais, représente à mon avis le meilleur essai moderne pour reformuler la foi chrétienne d’une façon croyable et signifiante pour nous.Le péché originel n’y est pas présenté comme un événement du passé, mais comme la traduction d’une expérience humaine profonde et toujours actuelle, celle de la limite de l’homme, de sa rupture fondamentale avec lui-même, avec les autres, avec la source et le centre de son existence.LE MAL DANS NOTRE HISTOIRE PERSONNELLE Comment retrouver dans notre propre histoire personnelle l’expérience humaine sous-jacente au célèbre texte de la Genèse ?Notre histoire ne commence pas par une chute et elle n’est pas d’abord péché.Nous avons, en effet, vécu dans l’Eglise, bénéficiant des sacrements, du témoignage de la com- LOUIS RACINE munauté et de la catéchèse.En outre, le monde dans lequel nous vivons est un monde habité par le Christ et travaillé par son œuvre de salut.Et pourtant nous faisons l’expérience d’un mal irréductible, congénital.La guerre sévit encore.Nous ne réussissons pas à nous donner des structures économiques de partage et de justice.Notre siècle porte la responsabilité de l’extermination de six millions de juifs, de la guerre du Vietnam, de la sous-alimentation des deux tiers de l’humanité.Dans notre vie quotidienne, nous faisons l’expérience de notre incapacité d’aimer et de donner un sens valable à notre existence.LES EXPLICATIONS INSUFFISANTES On peut bien dire que le péché est une immaturité ou une maladie mentale, on sait bien que ces explications, pourtant répandues, ne recouvrent qu’une partie de notre expérience et qu’elles ne suffisent pas à éliminer toute responsabilité et même toute culpabilité.Nous faisons encore l’expérience d’une certaine inadéquation par rapport à nous-mêmes, par rapport aux autres et aux tâches que nous voudrions assumer.En donnant notre cœur et notre attention à une personne ou à une tâche particulière, nous nous limitons et délaissons par le fait même d’autres personnes ou d’autres occupations.Il y a toujours une distance entre notre idéal et nos réalisations.nos capacités de réalisations.Nous faisons le mal que nous ne voulons pas et ne faisons pas le bien que nous voulons.Tout cela nourrit en nous un sentiment d’échec, de frustration et de culpabilité.L'EXPÉRIENCE D'UN MONDE CASSÉ C’est une expérience analogue qui est sous-jacente au « récit » théologique et symbolique du péché originel.Ce que nous exprimons en termes de frus- 8 tration, d’échec, d’inadéquation et de culpabilité, ce que les philosophes modernes ont voulu évoquer en parlant d’un monde absurde, cassé, « étranger à lui-même », les anciens l’ont exprimé dans ce « mythe » de la chute originelle, dans lequel nous pouvons encore trouver une grande profondeur de pensée à condition de l’interpréter avec un peu de finesse et de sens du mystère.Que cette expérience de la limite ait été traduite en termes d’histoire, qu’on y ait interprété le mal comme une punition, qu’il y soit question de pomme et de serpent n’a pas beaucoup d’importance.Tout cela relève d’un contexte culturel et littéraire ancien.Ce qui compte dans ce texte c’est l’affirmation du mal originel de l’homme.L’histoire de l’homme telle que la conçoit la Bible n’est pas une histoire à l’eau de rose, c’est une histoire qui compte avec le péché et le mal, et cela depuis l’origine.CONSCIENCE DU MAL ET ESPÉRANCE La présence du mal dans la condition humaine est affirmée dans les onze premiers chapitres de la Genèse non pas Le renouvellement de la théologie du sacerdoce dont témoigne la « Constitution sur l’Eglise » comporte des conséquences pastorales profondes et des implications œcuméniques nombreuses.L'ENSEIGNEMENT DES CONCILES PASSÉS Pendant plusieurs siècles, le sacerdoce dans l’Eglise catholique a été défini dans des termes empruntés à la théologie du sacrifice eucharistique.Le prêtre était un chrétien ordonné pour dire la messe ; il était celui qui offre le sacrifice.Le concile de Florence déclare : « Le sixième sacrement est ce- uniquement à travers le récit de la chute, mais à travers trois autres récits : le meurtre d’Abel par Caïn, la corruption des contemporains de Noé et la construction de la tour de Babel.Mais ce qu’il faut encore remarquer, c’est que chacun de ces « péchés originels » est mis en échec par une espérance : la lignée d’Eve écrasera la tête du serpent, un arc-en-ciel éclaire la terre inondée par le Déluge, le meurtrier Caïn reçoit de Dieu un signe qui empêchera les autres hommes d’attenter à sa vie au nom de leur justice à courte vue.Enfin, immédiatement après l’histoire de Babel, celle d’Abraham, pleine de foi, de grandeur, prend la contrepartie de ces origines cahoteuses.Et lorsqu’au chapitre 5 de son épître aux Romains, Paul évoque la corruption originelle, c’est pour rappeler que là où le péché abonde la grâce surabonde.Jamais, dans la Bible, la lucidité sur l’homme et son mal ne tourne au désespoir.L’espérance a toujours sa place et c’est au moment où le mal de l’homme est le plus manifeste que jaillit une espérance qui survit à toute expérience, si malheureuse soit-elle.On pourrait se demander en conclusion s’il est bien utile d’entretenir encore au XXe siècle des textes symboliques comme celui-là, si éloignés de nous et qui supposent une herméneutique aussi hermétique que son nom même.N’est-il pas déjà très difficile de déchiffrer nos propres mythes scientifiques, psychanalytiques, sociologiques et autres ?On pourrait répondre que les mythes visant à nous faire comprendre le monde ou le fonctionnement de l’homme sont nombreux, mais que bien peu de mythes modernes essaient de percer le mystère de l’homme et son sens profond.Sur ce point comme sur beaucoup d’autres il faut, me semble-t-il, retourner à la tradition pour enrichir notre propre culture.Face au problème du mal, la littérature, la philosophie et les religions oscillent continuellement entre deux images d’Epinal : ou une image rose-bonbon consolante, mais irréaliste, ou une image apocalyptique, d’un pessimisme à nous dégoûter de la vie.Le récit symbolique du péché originel nous suggère une vision extrêmement réaliste : le monde est un monde de mensonge, de révolte contre Dieu, de meurtres et de corruption, mais il n’est pas que cela : il est habité par Dieu, il est dans la mouvance du Christ et c’est de là qu’il tire son espérance.i MINISTRES POUR LES HOMMES lui de l’ordre.Les instruments présentés au cours de l’ordination en constituent la matière ».Ainsi, le sacerdoce est conféré par la présentation du calice contenant le vin et de la patène dans laquelle est déposé le pain.La forme du sacrement de l’ordre est la suivante : « Reçois le pouvoir d’offrir le sacrifice dans l’Eglise, pour les vivants et pour les morts» (Denz.701).Le concile de Trente enseigne : « conformément à la volonté de Dieu, sacrifice et sacerdoce sont à ce point interdépendants que l’un et l’autre existent dans toute économie de salut.Puisque le Nouveau Testament affirme que l’Eglise catholique a reçu le saint sacrifice visible de l’eucharistie, il faut donc GREGORY BAUM reconnaître que, dans l’Eglise, un nouveau sacerdoce visible et extérieur a remplacé l’ancien» (Denz.957).Si le sacerdoce dans l’Eglise est défini en référence au sacrifice eucharistique, qu’est-ce que l’évêque ?Est-il seulement un prêtre (presbytre) pourvu de pouvoirs supplémentaires, spécialement du pouvoir de juridiction, ou y a-t-il une différence sacramentelle entre les prêtres (presbytres) et les évêques.Le concile de Trente laisse cette question pendante : les évêques qui ont succédé aux apôtres appartiennent d’une façon spéciale à l’ordre hiérarchique placé, comme le dit l’apôtre, par le Saint-Esprit, pour gouverner l’Eglise de Dieu (Actes des apôtres, 20, 28).Ils il if 10 fi: si :! if : nt f tio li ( il Cf î lit do fl; 1 lit HS P S r te Ni 111 b.CO !Ç 6 a esi ¦Hi K S' ! net «I; > AK iar; 'Pli.K: :s, ¦di L sfc alei If; lit K 9 sont supérieurs aux prêtres ; ils peuvent conférer le sacrement de confirmation, ordonner des ministres pour l’Eglise.Enfin, ils ont le pouvoir de remplir plusieurs autres fonctions, que ne peuvent pas remplir ceux qui appartiennent à un ordre inférieur (Denz.960).Le concile de Trente n’a pas déterminé avec précision si la supériorité de l’évêque s’appuyait sur une participation sacramentelle spéciale ou sur la plénitude de sa juridiction.Cependant, en définissant le sacerdoce dans son seul rapport à l’offrande du sacrifice, le concile de Trente donnait sa caution à la tendance, déjà généralisée dans la pensée catholique, à considérer le sacerdoce comme pleinement inclus dans “S1® le presbytérat, avec cette conséquence que l’évêque était considéré comme un prêtre muni de pouvoirs additionnels.i!e’1 Dans le langage catholique ordinaire, P® le sacerdoce est référé spécifiquement au presbytérat.Jusqu’à maintenant, ¦11111 nous avons eu tendance à regarder le itrt simple prêtre (presbytre) comme le e me prêtre par excellence.m tip L'ENSEIGNEMENT DU CONCILE VATICAN II Dans la « Constitution sur l’Eglise du concile Vatican II, on nous ensei gne que la plénitude du sacerdoce mi nistériel est conférée à l’évêque.Or selon cet enseignement, c’est l’évêque qui est le prêtre par excellence.L’évê que n'est pas un prêtre (presbytre) avei des pouvoirs spéciaux : il diffère di presbytre par le degré de sa participa tion au sacrement.C’est l’évêque qu est pleinement prêtre.Cet enseignement fait partie de grande élaboration doctrinale contenu dans le chapitre III de la « Constitu tion sur l'Eglise ».Le Christ, prêtr unique et médiateur de la Nouvel! ^ Alliance a confié un ministère à so: 'eur peuple, à travers lequel il continue d’agi au milieu d’eux comme maître, sanc tificateur et pasteur.Le ministère dar icW 1 Eglise est une participation au sacej Es doce éternel de Jésus-Christ.Selon l’e poui seignement du concile Vatican II, la pl< ianitude de ce sacerdoce ministériel e 011 communiquée aux évêques par 'consécration.Par leur consécration, e Jeviennent membres du collège épi cf copal et reçoivent les pouvoirs sacr< ((1)1'implicites requis par leur ministère jtd'l autorité d’annoncer l'Evangile j#1 hommes, enseigner la communau chrétienne, sanctifier cette même con :jlis6 munauté par la liturgie sacramentel 28).et gouverner l’Eglise.« Le consécration épiscopale avec la charge de sanctification confère aussi la charge d’enseigner et de gouverner » (No 21).On pourrait noter à ce moment-ci que la doctrine du chapitre III sur le ministère hiérarchique dans l’Eglise peut être mieux comprise si on la met en relation avec le contenu du précédent chapitre sur le peuple de Dieu.Nous y apprenons qu’à travers le sacrement du baptême, tout le peuple chrétien participe à l’unique sacerdoce de Jésus-Christ.L’Eglise est un peuple sacerdotal ; les chrétiens sont des prêtres, à proprement parler, participant au sacerdoce du Christ : ils enseignent, rendent un culte et régnent avec lui.Par le sacrement des ordres, quelques chrétiens sont désignés à l’exercice d’un ministère spécial au sein du peuple sacerdotal, un ministère constitué par une façon nouvelle et spéciale de participer au sacerdoce du Christ.Le sacerdoce conféré par le sacrement de l’ordre est appelé sacerdoce ministériel ou hiérarchique.Il est mis en relation avec le sacerdoce baptismal de tous les croyants, précisément comme service.Le sacerdoce hiérarchique est de servir le peuple chrétien de telle sorte que celui-ci puisse exercer son propre sacerdoce baptismal d’une façon plus intensive, c’est-à-dire de telle sorte que les chrétiens puissent prendre une part plus grande dans l’enseignement et le culte et puissent posséder un pouvoir plus grand dans le service du royaume.LA DÉFINITION DU PRÊTRE Nous arrivons maintenant au sujet de cet article : comment le prêtre (presbytre) est-il défini dans la « Constitution sur l’Eglise ».Il ne peut plus être défini simplement dans des termes empruntés à la théologie du sacrifice eucharistique.De ce point de vue, en effet, il n’y a aucune différence apparente entre le prêtre et l’évêque.Selon la « Constitution sur l’Eglise », le sacerdoce ministériel accordé par le Christ à l’Eglise est possédé par l’évêque en plénitude, et par le prêtre, à un degré moindre et en dépendance de l’évêque.Selon cet enseignement, il ne serait pas juste de dire qu’un prêtre (presbytre) jouit d’une participation au sacerdoce de l’évêque, mais plutôt que le prêtre jouit d’une participation limitée au sacerdoce ministériel accordé à l’Eglise et que l’évêque possède en plénitude.En termes concrets, ceci signifie que le prêtre (presbytre) n’est pas défini à partir du pouvoir d’offrir le sacrifice, mais plutôt à partir de sa participation à la triple fonction d’enseignant, de sanctificateur et de pasteur.« Les prêtres, bien qu’ils n’occupent pas « le sommet du pontificat », et que, dans l’exercice de leur pouvoir, ils dépendent des évêques, leur sont cependant unis dans l’honneur du sacerdoce, et, en vertu du sacrement de l’ordre, à l’image du Christ, prêtre souverain et éternel, ils sont consacrés pour prêcher l’Evangile, paître les fidèles, et célébrer le culte divin (No 28).Selon l’enseignement de la « Constitution sur l’Eglise », les prêtres sont ministres et hérauts de la parole, célébrants de la liturgie sacramentelle, pasteurs et chefs du peuple.Ce thème doctrinal est développé largement dans la première partie du décret conciliaire sur le ministère et la vie des prêtres.DU SACERDOCE CULTUEL AU SACERDOCE MINISTÉRIEL Dans le développement doctrinal évoqué précédemment, nous avons passé d’une conception cultuelle du sacerdoce à une conception ministérielle.De l’idée voulant que le prêtre soit un chrétien qui peut offrir le sacrifice de la messe, nous en sommes venus à considérer le prêtre comme un chrétien qui exerce son ministère auprès de ses frères en rendant présent et effectif le message de Jésus-Christ, son culte sacramentel du Père et son action pastorale, visant à créer une sainte communauté.Ce passage de la conception cultuelle à la conception ministérielle du sacerdoce s’est produit au cours des dernières décades.L’enseignement du concile Vatican II ne fait qu’enregistrer un développement qui a déjà eu cours.Les conséquences pastorales et spirituelles de cette évolution doctrinale sont considérables.L’auto-perception du prêtre en est modifiée.Ses relations au peuple chrétien, à ses amis prêtres et à son évêque y subissent des changements significatifs.Quand le sacerdoce est défini par le pouvoir de dire la messe, le prêtre se regarde lui-même principalement comme un liturge à l’intérieur de l’Eglise.Il est distingué et séparé des autres aux fins d’une action sacrée que personne d’autre ne peut accomplir : il diffère des autres chrétiens ontologiquement ; il est une personne sacrée, son action sacrée a une valeur infinie pour toute la communauté chrétienne et même pour toute l’humanité.Cepen- HHÜ 10 dant, l’action sacrée a la même valeur essentielle, qu’elle soit accomplie dans l’isolement ou au milieu de la communauté croyante.Puisque le prêtre se meut dans la sphère du sacré, il a tendance alors à regarder la vie ordinaire du monde comme profane et mondaine, comme une distraction ou une tentation.Il exprime ses convictions dans sa prédication, dans sa recherche de la sainteté ; il s’efforce de devenir une victime toujours plus conforme au Christ qu’il offre tous les jours sur l’autel ; il recherche le détachement ; puisqu’il se regarde lui-même comme personne sacrée, il attend la vénération du peuple et l’obéissance prompte du laïcat.Ces phrases peuvent offrir une description trop schématique du prêtre idéal.Elles attirent cependant l’attention sur quelques conséquences de la conception cultuelle du sacerdoce.Si, au contraire, nous concevons le sacerdoce comme une participation à la fonction du Christ, prêchant, sanctifiant et guidant les hommes, alors le prêtre est d’abord un homme parmi les hommes, un frère parmi des frères (comme était Jésus lui-même) chargé d’un service ou d’une fonction spéciale.D’abord, le prêtre est désigné pour annoncer l’Evangile, il est un missionnaire.Dans la liturgie, ces mots rendent présente la parole vivante de Dieu dans la communauté.Dans ce sens, il est le père des autres chrétiens, mais il est toujours celui qui écoute d’abord avant d’être celui qui enseigne.C’est le message chrétien et la doctrine de l’Eglise qu’il enseigne.De plus, il doit aussi apprendre aux hommes à regarder le monde présent et ses problèmes dans la lumière de l’Evangile.Pour faire ceci, le prêtre n’a pas de formules toutes faites.C’est seulement en dialoguant avec le peuple, en tirant profit de leur propre expérience et en s’efforçant, avec eux, de comprendre mieux et d’une façon chrétienne la vie humaine qu’il est pleinement fidèle à sa fonction d’enseignant.Puisque l’Esprit guide l’Eglise à travers tous ses membres, le prêtre doit être en dialogue constant avec les autres membres de la famille chrétienne : c’est à cette seule condition que le prêtre pourra exercer sa mission d’enseignant.La conception ministérielle du sacerdoce modifie l’attitude du prêtre, face au sacrifice eucharistique.Le prêtre conserve toujours une fonction liturgique.Ce que les conciles de Florence et de Trente déclarent concernant le sa- cerdoce est valable d’une façon permanente.Mais dans la conception ministérielle du sacerdoce, la célébration eucharistique devient le principal service que le prêtre rend à la communauté.Le sacrifice eucharistique est le grand événement pastoral au cours duquel le Christ est présent au milieu de ses frères.Là, le Christ s’adresse lui-même à eux, pardonne leurs péchés, et les régénère, de telle sorte que, réunis en une seule famille de frères, ils s’abandonnent avec lui au Père et à sa sainte volonté.L’eucharistie est la grande action rédemptrice quand, à travers la célébration de la mort et de la résurrection du Christ, le peuple chrétien devient plus réellement peuple de Dieu, corps du Christ, demeure de l’Esprit.Toutefois, l’ordination en vue de la célébration de l’eucharistie ne sépare pas le prêtre du peuple ; au contraire, grâce à son ministère eucharistique, lui et eux deviennent plus étroitement unis comme frères et amis.Troisièmement, le prêtre est pasteur ou chef au milieu des hommes.Il est envoyé, comme l’a été le Christ, pour réconcilier et unir les hommes dans une seule famille.Où qu’il soit, il peut être un créateur de communauté ; son action s’exerce auprès des chrétiens, comme des non-chrétiens ; le monde des hommes lui apparaît non pas comme une distraction permanente ou un danger à éviter, mais plutôt comme le champ de son action sacerdotale où il sert le Christ et le renconre dans ses frères.Le prêtre ne regarde pas le peuple comme une sangsue qui lui sucerait toute sa force, mais comme le pain dont le Seigneur le nourrit.UNE NOUVELLE RELATION L’analyse précédente, en dépit de sa brièveté, montre que par la conception ministérielle du sacerdoce, le prêtre trouve une nouvelle relation au peuple.Sa place dans la communauté change.La compréhension qu'il a de son rôle le met, d’une nouvelle façon, en relation avec ses frères et avec ses sœurs.La conception ministérielle du sacerdoce modifie aussi le rôle du prêtre par rapport à ses amis prêtres, et par rapport à son évêque.Nous avons ici la base doctrinale d’une unité du presby-térium, de la fraternité et de la commune responsabilité qui devrait en jaillir.Les prêtres ne sont pas ceux qui offrent la messe chacun pour eux-mêmes ; mais, comme ministres de la communauté, ils participent à un sér- ié! peje ep rient tl iriiti Au lys» fc* A; Ber vice commun comme prophètes, comme célébrants et comme responsables de communauté.Ce service commun se manifeste lui-même dans le désir de célébrer l’eucharistie ensemble.Selon la conception cultuelle du sacerdoce, comme nous avons vu au début de cet article, l’évêque tend à être perçu comme un prêtre avec des pouvoirs de juridiction.Sur cette base théologique, la relation du prêtre à son évêque était principalement une relation d’obéissance.Selon la conception ministérielle du sacerdoce, le prêtre participe à tout ce que l’évêque reçoit, partiellement et en dépendance de l’évêque, le prêtre participe non seulement à l’enseignement d’autorité et au ministère sacramentel, mais aussi au gouvernement de l’Eglise.Cette doctrine est enseignée dans la « Constitution su: ||s l’Eglise », même si elle y est faiblement développée.Le prêtre participe au sacerdoce ministériel que l’évêque a reçu en plé- j m te nitude.Puisque participation signifie toujours dépendance et communion, la relation du prêtre à l’évêque n’est pas définie par la seule obéissance, mais aussi par une certaine participation au niveau de la direction pastorale.Ce que ceci signifie concrètement n’est pas clair à ce moment-ci, mais le principe en est enseigné dans le décret sur le ministère de la vie des prêtres (No 7), même si ce n’est pas toujours appliqué d’une façon consistante (No 15).Le même décret (No 7) aussi bien que le décret sur la fonction pastorale de l’évêque, parle de la création de synodes au cours desquels des représentants du clergé puissent rencontrer leur évêque.La nouvelle conception du sacerdoce ministériel fournit le fondement doctrinal d’une sorte de collégialité entre l’évêque et ses prêtres.La collégialité au sens propre entre le Pape et les évêques se fonde sur l’unité du collège épis-jj|( copal.La collégialité au sens plus large entre l’évêque et ses prêtres s’appuie^, sur leur commune participation au sacerdoce ministériel.L’évêque y participe pleinement, et le prêtre, d’une manière limitée et dépendante.Alors que certains de ces développements appartiennent au futur, les décrets du concile Vatican II attachent une grande importance au dialogue, à la consultation, à l’amitié entre l’évêque désigné pour commander et les prêtres qui volontairement lui obéissent.{j ie s tir ata Il 0 otie toi Mi itio: .éiudj us It qui 'tit.E B » lui.et itte; ûetu ik,.^ ]) GREGORY BAUM :
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