Maintenant, 1 octobre 1963, Octobre
&5 0CT 1963 OCTOBRE 1963 L’ÉCOLE DES CURÉS FACE AUX ÉVÊQUES P.Doucet VICAIRE À PARIS R.Llewellyn JOURNAL ROSSE G.Pratte MARIAGE ET CONCILE G.Méthot Sommaire complet à l’intérieur Le droit et le fait de l’intervention de l’Eglise hiérarchique dans le « temporel » recouvrent tant de questions épineuses qu’il est hnpossible de vouloir les survoler, même de très haut, en quelques pages.Pour y voir clair, il faudrait d’abord savoir de quoi l’on parle, c’est-à-dire définir ces trois mots clés : interven-tion-Eglise-temporel.Il y aurait également à énumérer les motifs historiques et psychologiques, qui expliquent la défiance, voire même la répugnance manifestée par de très nombreux catholiques, vis-à-vis les prises de position ecclésiastiques.Que des incroyants ou des esprits antireligieux accueillent mal de tels faits, c’est là une attitude que se comprend aisément, sans réflexion particulière.Retenons que les grandes exigences autonomistes de la conscience moderne et ses revendications à obtenir sa vérité créent une mentalité fermée à l’au-delà et presque exclusivement confiante dans les forces naturelles.CLIMAT EXPLOSIF Les amendements proposés par les évêques relativement au Bill 60 sont venus à une date limite et dans un débat où les problèmes n’étaient pas toujours dépassionnés.Les prises de position se multipliaient depuis plus de deux mois, à la suite d’une enquête royale de plus de deux ans.Il était donc prévisible que les quelque trois cents mémoires qui n’allaient pas dans le même sens s’affronteraient de nouveau lors de l’application concrète : le projet de loi.La hiérarchie savait les faits.Aussi a-t-elle mis le temps, le ton et le style dans son intervention, jusqu’à faire une quasi-unanimité sur son aspect positif et serein.Une déclaration de l’assemblée épiscopale était sollicitée, attendue et presque nécessaire dans les circonstances.Il fallait en effet mettre fin aux fausses rumeurs, corriger des positions d’un extrême conservatisme, éclairer les fidèles de bonne foi et faire taire ceux qui s’arrogeaient quelque mandat, ou tout au moins une participation au magistère.Nous sommes toujours demeuré dans les principes et nous entendons y rester, pour l’excellente raison que l’application n’est pas de notre domaine, n’étant ni spéciahste en éducation, ni juriste, n’ayant pas non plus les aviseurs qualifiés, pas même les « amendeurs » improvisés.En conséquence, nous nous abstiendrons de juger les amendements proposés par la hiérarchie, analysant plutôt trois attitudes, en les éclairant de quelques droits et devoirs vis-à-vis de l’autorité.COLÉRIQUE AGRESSIVITÉ RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS ET PUBLICITÉ, 2715, Chemin Côte-Ste-Catherine, Montréal-26, P.Q.«I.739-2758 Le Ministère des postes, à Ottawa, a autorisé l'affranchissement en numéraire et l'envoi comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Frais de port garantis si non livrable.L’intervention des évêques a suscité diverses réactions, selon l’esprit qui animait les groupes en présence.Quand, par exemple, des catholiques se situent par rapport aux autorités religieuses un peu comme des syndi-cahstes vis-à-vis du patronat, dans une sorte d’épreuve de force, leurs dispositions les amènent à ne retenir que l’odieux d’un ultimatum, d’une borne et d’un « diktat ».Dans une telle perspective, on s’explique que le Mouvement laïque n’ait vu qu’une « dictature discrète et larvée, mais non moins existante» exercée par l’épiscopat du Québec {La Presse, 10 sept.1963).Que le M.L.F.préconise la laïcité de l’Etat et en fasse la condition d’une véritable démocratie, quoiqu’on puisse contester une telle conception, c’est son droit et dans la logique même de ses objectifs.Déclarer que « la dictature des éléments cléricaux, auxquels nous sommes habitués, est spécialement mise en relief par la déclaration antidémocratique des évêques », voilà qui sent le préjugé et le parti pris. som m aire F1 0J fiés»1-*; ,alefWtS!r [falM8 d'i £^.S’il faut se méfier du cléricalisme qui n’est souvent qu’un masque, tout autant faut-il redouter l’anticléricalisme, qui masque à sa manière d’autres intérêts, par d’autres moyens.André Laurendeau soulignait dans Le Devoir, 14 septembre, le « ton persifleur et adolescent de certaines répliques, d’ailleurs très minoritaires ».Ajoutons que le M.L.F.et certains articles du Quartier Latin démontrent clairement que beaucoup de laïcs, qui se croient parvenus à leur majorité, sont loin d’en être tout à fait sûrs.Sans volonté démagogique et sans le désir de jouer un rôle dans le paysage, ils auraient, eux aussi, retenu que le communiqué ne se présentait en rien comme un ultimatum.« Au contraire, écrit Gérard Pelletier {La Presse, 7 sept.) les termes employés par Mgr Roy pour décrire le contenu du document sont les suivants : observations, remarques, suggestions.Le débat reste ouvert puisque la hiérarchie reconnaît elle-même que la discussion doit se poursuivre ».ARTS - LITTÉRATURE Robert Barberis : 8^4 .315 Guy Robert : Poèmes d'Alain Grandbois .320 G.R.: Peinture .321 G.R.: Livres .322 Jean-Guy Sabourin : Théâtre .321 Jean-Paul Vanasse : Ma « cana-dianitude » est-elle menacée?317 DIAGNOSTIC EN VRAC .305 ÉDUCATION Claude Blain : Les parents avant le ministère .324 Henri-M.Bradet, O.P.: Face aux Evêques .289 Jacques Leclercq : L'enseignement chrétien .297 Jean Paré : Bill 60 et philosophie 295 ÉGLISE ,, E» ^ ' ^ de1 î* f.y y l ESCLAVES OU FILS Aussi infantile est apparue l’attitude des « béni-oui-oui » : L’adhésion inconditionnelle d’un groupe d’instituteurs et de divers corps intermédiaires ; les éditoriaux d’une presse de « fils soumis » pour lesquels il fallait obéir, non pas à la suite d’une étude objective, qui entraîne la conviction (ce qui serait normal) mais parce que l’épiscopat avait parlé.Ceux qui voient une belle fidélité à l’Eglise et un exemple de soumission sont sincères, sans doute, mais je doute qu’ils soient suffisamment éclairés.Obéir n’est pas démissionner, ou se dispenser de réfléchir, tout en conservant son droit au blâme, selon que ça ira mal ou que sa protection personnelle sera mieux assurée.Le respect et la fidélité n’ont rien à voir avec le culte irraisonné, sentimental et atavique de l’autorité.Prétendre que l’autorité a toujours raison n’est pas plus juste que de lui donner toujours tort.Pélage fut condamné parce qu’il prétendait que la nature humaine est bonne et Jansénius le fut également pour avoir soutenu qu’elle est intrinsèquement mauvaise.« Une certaine habitude catholique, écrit Mgr J.P.Roberts, S.J., ancien archevêque de Bombay, veut qu’on n’ait le droit de critiquer les prélats que lorsqu’ils sont devenus des personnages historiques ».Dans le cas qui nous occupe, il ne s’agissait de criti- Paul Doucet, O.P.: L'Ecole des curés .301 Georges-Henri Lévesque, O.P.: Le nouveau laïcat .293 Abbé Robert Llewellyn : L'abbé Llewellyn à Paris .299 JOURNALISME Gilles Pratte : Journal rose, journal rosse .312 Pierre-J.-G.Vennat : Pour une corporation des journalistes .310 ŒCUMÉNISME Philippe LeBlanc, O.P.: Le congrès anglican .303 POLITIQUE Claude Déry : Pensions transférables .313 SYNDICALISME Noël Pérusse : Une bombe.Place des Arts .318 Gilles Pratte : Palace des Arts .319 VIE CONJUGALE Georges-R.Méthot, O.P.: Morale conjugale et Concile .306 Claude Trudel : Consultation matrimoniale .309 quer ni les prélats ni leur geste, justement considéré comme démocratique dans la procédure, le ton et le style.Nous devions simplement retenir qu’« une intervention épiscopale ne doit pas avoir pour effet de mettre des consciences en veilleuse, mais d’éclairer les esprits en vue de décisions qui doivent rester libres » (Claude Ryan).Bien loin de s’indigner du fait des diverses tendances dans l’Eglise, il est utile que des hommes, qui sont d’accord sur l’essentiel de la foi, soient en désaccord sur les réalités immédiates.Il est même réconfortant de voir dialoguer vigoureusement les Pères du Concile, les Jésuites et les Dominicains, les laïcs entre eux et les laïcs avec leurs chefs.« Le jour où il n’y aurait dans l’Eglise qu’un seul troupeau bêlant, elle serait bien près de mourir », disait Daniel-Rops.Le mécanisme même de l’obéissance intelhgente suppose que le subordonné puisse présenter ses remarques et ses observations et que le supérieur, avant de prendre sa décision, se sente tenu d’en tenir compte.Après avoir défini les fonctions d’une presse libre, Pie XII continuait : « L’Eglise est un corps vivant et il manquerait quelque chose à sa vie si l’opinion publique n’avait pas le moyen de s’exprimer librement.Et pour une telle déficience, pasteurs et fidèles seraient également à blâmer ».sgigeœenij .Woj uli ‘fetillLsm MATURITÉ ET OBÉISSANCE Aux antipodes de toute rébelhon et de toute servilité, il y a l’obéissance chrétienne dont le mobile est de considérer l’autorité de Dieu comme présente en quiconque en est le détenteur par délégation : les parents dans la famille, le gouvernement dans l’Etat, le Pape et les évêques dans l’Eglise.En conséquence, un catholique, si peu informé soit-il, ne peut faire la moindre concession sur l’établissement par le Christ de l’autorité de l’Eglise et sur la souveraineté des évêques dans l’ordre religieux.Voilà pour l’essentiel.D’autres points de vue paraissent accidentels et discutables, sans que l’autorité et l’obéissance soient mises en échec.Tout au contraire, il est des principes et des usages qui les protègent, les renforcent, souvent les empêchent de dégénérer en abus d’une part, en absurdité d’autre part.C’est ainsi, par exemple, que même le pouvoir dévolu par une expresse volonté divine s’exerce pour le peuple et le plus fanatique des démocrates ne peut exagérer sur ce point.Si la hiérarchie délègue son autorité au laïcat — et l’histoire cite beaucoup plus d’exemples qu’on ne l’imagine habituellement — si elle adresse des appels à son esprit comme à son cœur, si elle accueille avec ferveur sa collaboration, le consulte même sur des questions vitales jusqu’à retenir ses critiques, l’autorité se protège contre la corruption toujours possible, alors que l’obéissance devient adulte.Si les amendements proposés par les évêques ont produit tant de remous, dont une lamentable confusion entre l’obéissance et la sensibilité, c’est que nous étions habitués, comme on le répète souvent avec aigreur, à un système patemaüste, plus ou moins conditionné par différentes sortes de peur : le péché, les sanctions, les censures.Chez nous comme à travers toute la chrétienté, les laïcs ne veulent plus être seulement des passagers.Qu’ils participent plus activement à la navigation et le navire, même s’il devient plus remuant, n’en fera qu’une course plus fructueuse.Dans la collaboration, les avantages l’emportent sur les risques.Faut-il conclure que face aux évêques, les catholiques dits de « gauche » apparaissent cette fois encore, plus adultes que ceux de « droite », et la presse progressiste plus sérieuse que celle d’arrière-garde ?loiiieij' “'"U'es »a( K k; K NîJ1 r^m l K ' X ÏX P R H.-M.BRADET 293 SPIRITUALITE «t tête de la fti técoértai aies el le Lejoa àsa«l ut.El ’„c«l ¥ comporte une condamnation sans espoir pour les couples qui s’en écartent.C’est aussi dur que l’adage : « La loi est dure mais c’est la loi ».Cela cesse d’être humain.L’on s’en prend aux moralistes, qui multiplient les péchés.Or ne sont-ils pas, eux, dans l’ordre de l’idéal ?Le prédicateur, le confesseur, au contraire sont des pasteurs d’âmes et non des casuistes.Si on laissait la loi aux moralistes mais la miséricorde à ceux qui ont contact avec les âmes.MORALE SUBJECTIVE C’est ici que s’insère la pastorale telle que définie récemment par Paul VI : « La responsabilité des autres va évoluer avec un esprit de charité dont il faut dire qu’elle ne recherche pas le mal, mais le bien et une prudence qui se tient en relation étroite avec la morale objective, enfin un souci de miséricorde qui s’arrête aux difficultés réelles de chaque couple ».Marc Oraison, dans L’Union des époux, nous donne un conseil bien approprié à ce moment de nos réflexions : « Il y a, semble-t-il, deux erreurs à éviter.En premier lieu, démissionner en négligeant ou en minimisant les exigences objectives de la loi morale.En deuxième lieu, s’imaginer naïvement que le jeu combiné de la grâce efficace du Christ et des progrès de la science sont de nature à restaurer un beau jour la perfection du Royaume de la Résurrection dès l’ordre du temps » (pp.119-120).En évitant ces deux erreurs, mais en se gardant aussi d’oublier que le dynamisme de l’instinct se trouve fort loin de coïncider de façon satisfaisante avec la volonté spirituelle (comme le dit en somme saint Paul), on a peut-être des chances de concevoir une morale conjugale réaliste, à la fois exigeante dans les principes et compréhensive dans les défaillances singulières.Cette morale tiendra compte, à leur place, de tous les éléments du problème : physiologiques, psychologiques, spirituels et surnaturels, sans oublier la nécessité centrale de la Croix, victorieuse de la dissolution et de la mort.Pour donner à ma pensée une autorité plus impersonnelle, je citerai textuellement Paul Anciaux : DISTINCTION ESSENTIELLE « Cette distinction essentielle, mais combien délicate en pratique, entre la valeur morale objective d’un acte et le degré de responsabilité, de mérite ou de culpabilité subjective.Le degré de responsabilité dans un acte humain, en effet dépend, du degré de connaissance et de liberté.Dans cette perspective on comprend la distinction, si fondamentale en pastorale, entre les époux qui a priori et sciemment, sans aucune préoccupation morale, ont systématiquement recours à des pratiques anticonceptionnelles pour éviter toute grossesse sans qu’il y ait de motifs valables pour une limitation quelconque des naissances et, ceux qui, soit parce qu’ils ont déjà plusieurs enfants, soit en raison de la santé précaire de la femme, ont des raisons graves de ne pas désirer une nouvelle naissance.Dans le premier cas la culpabilité est claire et nette ; elle correspond à toute une orientation de la vie elle-même, en contradiction avec les exigences d’une vie chrétienne généreuse.Dans le deuxième cas, il arrive qu’il se glisse dans la vie des époux des actes désordonnés au plan objectif.Mais une attitude compréhensive devant les difficultés concrètes de ces foyers doit tenir compte du degré de bonne volonté réelle des époux.Malgré l’enseignement de l’Eglise en ce domaine, ils peuvent dans certaines circonstances particulièrement difficiles être de bonne foi ; d’autres peuvent, pendant une période plus ou moins longue, être submergés par la force des passions, qui semblent déchaînées et difficilement maîtrisables vu les difficultés imprévues et la nécessité d’une limitation des naissances » (pp.226-227).Dans certains cas, les exigences de l’amour conjugal, la nécessité d’expressions suffisantes de l’affection mutuelle d’une part, l’abstinence nécessaire à la limitation des naissances pour des raisons graves d’autre part, peuvent sembler contradictoires aux époux qui ont l’impression de se trouver dans un conflit insoluble.Dans tous ces cas il sera assurément extrêmement difficile d’évaluer leur culpabilité.PIERRE D'ACHOPPEMENT En présence de la morale subjective, il ne faut tout de même pas tomber dans un autre excès et s’imaginer que chacun des époux est en mesure de devenir son propre directeur.Ici, la pierre d’achoppement, c’est le manque de maturité.L’amour conjugal, on ne l’oublie que trop, grandit dans la mesure où s’affermissent ses fondements religieux et spirituels par la force de la grâce divine, qui soutient l’homme dans les difficultés et signifie une guérison pour le pécheur repentant.Mais en même temps, l’amour conjugal fait appel à une maturité qui comporte essentiellement une dimension morale : l’homme est responsable de sa vie.La formation de la conscience morale, tâche délicate et toujours inachevée, est un aspect essentiel de cette maturation.Par la conscience morale, l'homme apprend toujours mieux comment donner sa réponse à l’appel qu’il découvre progressivement dans sa vie.A mesure que le moraliste prend contact avec les hommes réels, il est frappé de constater le manque de maturité chez un grand nombre d’entre eux, le stade moral infantile auquel se sont attardés tant d’individus, adultes néanmoins au plan physique.Sans parler de ceux dont la croissance morale anormale exige toute une rééducation.EXEMPLES Que d’exemples, que de preuves de cet infantilisme moral plus ou moins étendu.Pour combien d’époux la morale ne se réduit-elle pas à la question : « Qu’est-ce qui est permis, qu’est-ce qui est interdit ?» Or chacun sait que cette attitude est le propre de l’enfant de trois ans, incapable de dépasser le stade du précepte, séparé de toute explication raisonnable.Autre exemple frappant du manque de maturité dans le domaine moral : que de gens sont incapables de saisir la distinction, pourtant fondamentale, entre la valeur morale d’une action humaine au plan objectif, et la signification subjective d’un comportement ; entre le désordre plus ou moins grand d’un acte considéré en soi, et la culpabilité plus ou moins profonde d’un acte concret.Chacun sait que le péché mortel suppose une matière grave (importante et vitale), c’est-à-dire un désordre grave au plan objectif, et, en même temps, pleine connaissance et plein consentement, c’est-à-dire pleine culpabilité.Combien sont capables, dans le domaine sexuel, d’appliquer cette doctrine traditionnelle dans leur vie ?Même pour les époux mûrs, il ne sera pas facile d’évaluer quelle a été l’attitude intérieure dans tel ou tel comportement particulier.Il faudra toujours tenir compte de l’attitude profonde de toute la vie, de l’orientation générale telle qu’elle est réalisée dans d’autres domaines, tels les devoirs d’état par exemple.Dernier exemple : tous admettent aujourd’hui que l’amour inclut la procréation ; mais celle-ci ne définit ni n’épuise nullement l’amour.C’est à l’homme mûr de décider, avec sa conscience droite, d’une procréation volontaire beaucoup plus morale que celle qui est due aveuglément au hasard imprévisible et souvent indésirable.INTIMITÉS CONJUGALES Hors l’acte conjugal il y a les intimités conjugales, expressions valables et combien nécessaires de l’amour mutuel.Ces intimités sont non seulement souhaitables mais vraiment indispensables pour garantir une véritable expression de l’amour conjugal et pour éviter le danger d’éloignement entre les conjoints.Pour être moralement bons et vertueux il va de soi que ces gestes et intimités doivent être inspirés et orientés par un amour authentique.Us doivent être posés comme signes et gages d’affection conjugale.Ce principe est clair et ne pose guère de problème.Mais en pratique il soulèvera de nombreuses difficultés, surtout chez ceux qui n’ont pas de maturité en morale conjugale.Ils réclament alors des graphiques, des détails, des recettes.Et sans trop s’en douter, ils cherchent des subterfuges qui rassurent faussement la conscience et blessent l’amour : « La lettre tue, l’esprit seul vivifie ».LIBÉRATIONS SUCCESSIVES Chez l’homme moralement mûr, le critère principal dans le domaine des intimités est l’amour, qui doit inspirer et diriger, guider et orienter le comportement sexuel par l’intermédiaire de la chasteté conjugale : « Ces intimités physiques se jugent non dans leur matérialité, qui peut être variable et multiple, mais dans leur inspiration ».(Suenens.) Dans S.Thomas l’on trouve la même solution : « L’acte extérieur n’ajoute rien à la moralité de l’acte intérieur ».Distinguer entre culpabilité physique et culpabilité morale est encore une preuve de maturité en morale conjugale.Après des réflexes purement physiques, l’homme peut éprouver un sentiment presque physique de culpabilité, qui pourtant ne doit en aucune manière être confondu avec une véritable conscience de culpabilité, et moins encore avec un sens religieux du péché.Il faut respecter la hiérarchie des valeurs dans la vie du couple.« Le confesseur se gardera bien de suggérer ou même d’approuver des résolutions qui sous prétexte d’écarter des occasions d’onanisme, menacent l’union des foyers.La morale des époux ne se réduit pas à la fuite devant l’onanisme ; ils doivent s’aimer et même en période de continence s’aimer en époux ».(Directives au clergé de Lyon, citées par L.Janssens dans Humelijk en Gezin, 1959, p.116, no 2.) « La loi apparaît impraticable et inhumaine, sitôt qu’elle n’est pas insérée dans le large contexte d’une vie pécheresse dont le rachat veut faire une vie sainte.L’esprit est plus vite évangélisé que la chair ; le déséquilibre qui s’ensuit n’est pas l’indice de l’insincé-rité.La grâce guérit la nature : c’est dire la lenteur de ses progrès » (A.Carré, O.P., dans L’Anneau d’Or, 1963, nos 52-58, p.324).PRÉDICATION Il est un autre fait indéniable : la prédication passe en ce moment par une crise d’intérêt diminué surtout auprès des époux à problèmes conjugaux.Ceux-ci craignent des attitudes qui blessent leur conscience d’époux sérieux face à leur vie intime, laquelle est souvent motivée par un amour authentique et non par la grossière jouissance.Aucun principe de la théologie morale ne doit être sacrifié : pas un seul.Ce qui importe, toutefois, c’est la méthode par laquelle les principes de la morale pourront être mis à la portée des hommes dont les types sont si profondément différents.Mais la prédication n’est pas facile de nos jours.On réclame tant du prédicateur.Chaque auditeur le veut comme directeur.Et par suite d’un manque de maturité surtout en morale conjugale, il est fréquent que l’auditeur interprète en sa faveur les cas cités en exemples.L’on tombe alors dans cette attitude infantile qui consiste à déformer des conseils particuliers et personnels en recettes générales et impersonnelles.Il faudrait comprendre qu’il n’y a pas de solutions toutes faites, de recettes générales ni de formules magiques dans ce problème.La vie est par nature trop complexe et éminemment personnelle.Si le prédicateur veut mettre l’accent sur la morale subjective pour inviter les époux à se présenter à un directeur qui étudiera dans le concret la portée de leur problème, il pourra s’exposer à des interprétations contradictoires.C’est la rançon du prédicateur qui lutte contre un négativisme infantile pour un positivisme constructif.Et si on le taxe de laxisme c’est peut-être que la miséricorde prêchée, à la grande surprise des auditeurs formés avec le tabou du péché, n’est pas uniquement indulgence mais compréhension de la nature humaine composée d’un corps et d’une âme.Le pape de la pastorale, Jean XXIII, dicte à l’apôtre une ligne de conduite non équivoque : « Tout en souffrant de voir les écarts, nous préférons toujours souligner ce qui unit les hommes et faire avec eux toute la route qui peut être faite, sans porter atteinte aux exigences de la justice, ni aux droits de la vérité ».NE PAS CONFONDRE Comprendre et accepter ne sont pas synonymes.Comprendre un exposé doctrinal est à la portée d’une intelligence avertie.De là à l’accepter dans sa vie, ce qui nécessite du renoncement, de l’ascèse, de l’oubli de soi.il y faut nécessairement la grâce.Combien d’époux avoueront, avant même qu’on ne leur pose la question : « Nous avons négligé la prière depuis quelque temps ».C’est que la grâce permet de voir que le désordre dans une vie ne peut pas apporter la paix.Et ce que la passion démontrait comme impératif, le raisonnement ne pouvait amener à y renoncer.La grâce y parvient par un éclaboussement de la lumière qui amène son homme à accepter que le bonheur n’est pas dans la passion satisfaite.Chez l’homme mûr une passion n’est jamais satisfaite si l’âme ne l’est pas.La paix, selon saint Augustin, c’est la tranquillité de l’ordre.L’ordre, sans la grâce, est une utopie.La grâce sans la prière n’est pas davantage réalisable.CONCLUSION Le Christ du XXe siècle, dont tout théologien n’est qu’un serviteur dans le ministère des âmes, ne damnera sûrement aucun de ceux qui, dans leur moralité concrète étaient vraiment et sincèrement en route vers la moralité idéale.Georges-R.Méthot 309 CONSULTATION MATRIMONIALE Lorsque Monsieur et Madame « X » se présentent à un centre de consultation matrimoniale, c’est qu'ordinaire-ment leur situation conjugale a atteint un point de crise.On a accumulé une série de griefs, on parle de frustrations réciproques, en un mot on prétend ne plus s’aimer.Depuis un long temps déjà, le dialogue s’est éteint entre eux.A ce silence a suivi, très souvent, une querelle épisodique et maintenant, c’est l’incompréhension réciproque qui force à rester sur ses positions, ou à anticiper une séparation.Solution de désespoir Le conseiller matrimonial est consulté au moment où l’on n’attend plus rien.Quel défi ! Pourtant, ce spécialiste, plus sensible aux blessés qu’au combat lui-même, se dit que ce couple espère encore une solution puisque tous deux font la démarche coûteuse de s’expliquer de nouveau.Que se cache-t-il derrière ce refus de dialoguer ?Que s’est-il passé depuis l’heureux jour des fiançailles, depuis la joie des noces ?Comment s’est amorcé ce désaccord et comment s’est-il développé ?Spontanément, le conseiller matrimonial interprète cette consultation comme un doute dans l’esprit des é-poux.S’ils consultent, c’est qu’il y a espoir d’une solution.Mais lequel des deux osera, le premier, concéder un point à l’autre, rompre sa propre force d’inertie ?Contact humain Pour le psychiatre, le psychologue, ou le travailleur social qui reçoit ce couple, la première tâche consiste à évaluer son désir de rechercher honnêtement la possibilité d’une réconciliation.Cette évaluation ne se fait pas d’abord par un examen psychométrique ou médical, mais bien dans un contact humain, simple et profond, qui révèle l’intention des époux face au problème à résoudre.Ainsi, Monsieur et Madame « X » qui s’amènent chez le conseiller matrimonial ont peut-être songé déjà à recourir à une solution de fait, soit par exemple, la séparation, le divorce.Il peut s’avérer que cette con- clusion soit la seule possible, mais il apparaît au conseiller matrimonial qu’elle doive d’abord être confrontée avec la solution normale de réconciliation.On peut imaginer ici quel doigté requiert ce premier travail d’évaluation.Les intentions et les sentiments des époux en état de crise sont voilés, souvent même déformés.Ils souffrent et ne savent pas toujours exprimer les mille subtilités de leur conflit.Passe encore pour les coups reçus ou donnés, mais comment faire sentir à un autre les tourments intérieurs suscités par un sentiment de jalousie, de doute, de frustration.Comment faire connaître à un étranger que son seuil de tolérance est dépassé ?Comment le conseiller matrimonial peut-il juger de l’authenticité des émotions de l’autre ?Autant de soins qui exigent du conseiller matrimonial une oreille attentive et un cœur sensible.Les forces de réconciliation L’expérience dans la consultation matrimoniale nous démontre que son utilité peut se juger au tout début de la consultation.Alors les forces vives de désaccord sont révélées mais aussi les forces latentes de réconciliation.Si celles-ci n’apparaissent pas dès lors, il y a lieu de douter de la réconciliation, mais si elles se révèlent, tout est à tenter.En effet, nous observons couramment que les époux en conflit demandent au consultant de ne pas désespérer de comprendre.Bien qu’ils pressent parfois le ton, ils seraient déçus d’une suggestion qui viendrait trop vite, surtout si elle allait dans le sens d’une solution de fait, démarches légales, etc.Ce qu’ils cherchent est l’occasion de s’entendre, de s’expliquer, de se connaître.A l’intérieur de ce contact, le conseiller matrimonial se doit donc de détecter la motivation réelle du couple en regard de son avenir.Certains é-époux présentent une attitude de refus presque catégorique à toute invitation à réfléchir à une réconciliation possible.D’autres hésitent et s’engagent dans cet effort mais à contrecœur.Enfin d’autres désirent une explication franche et aspirent à se parler à cœur ouvert.Il va de soi que l’une ou l’autre attitude, au point de départ, commande le genre de travail que poursuit le conseiller matrimonial.Si les conjoints transportent uniquement leurs griefs devant lui sans vouloir pousser plus loin l’introspection, le conseiller matrimonial ne peut que semer l’idée d’une autre orientation sans plus.Témoin sympathique L’essentiel du traitement consiste pour les époux à accepter la présence d’un témoin dans leur vie conjugale.Celui-ci ne se donne pas mission d’épier, de critiquer, ou de juger.Au contraire, il veut partager les points de vue de chacun, en relevant les sentiments qui les accompagnent.Il est en quête d’une sympathie à nouer avec chacun des conjoints, d’une communication intérieure à parfaire au niveau des opinions, des sentiments, des émotions, voire même des instincts.Le conseiller matrimonial cherche à comprendre chez un individu son mode d’adaptation conjugale, familiale, et sociale, ce qui peut créer chez lui une difficulté de fonctionnement, et comment susciter une meilleure voie d’adaptation.Chez des adultes conscients de leur problème et désireux d’y remédier, ce travail d’élagage est parfois suffisant pour permettre une correction d’attitude extérieure.En aucun temps le conseiller matrimonial ne se substitue aux époux.Son rôle est essentiellement d’amener les conjoints à la liberté de pensée et d’action.Il essaie de favoriser une plus grande objectivité d’esprit, un renouveau d’idéal et un recours plus libre au réservoir des émotions.De ce fait il suppose implicitement que des adultes en possession de leurs ressources plus accessibles sauront d’eux-mêmes orienter dans les faits leur vie conjugale.En somme la responsabilité du conseiller n’est pas d’enseigner des principes déjà acquis mais de participer à la vie du couple en évolution.Le travail de la consultation matrimoniale ne se fait donc que dans le respect scrupuleux de la liberté des époux.Celle-ci doit être adulte comme l’exige la responsabilité du mariage.Si le conseiller matrimonial aide à la récupérer il est amplement remercié de ses services.Claude Trudel 310 JOURNALISME POUR UNE CORPORATION DES JOURNALISTES Quand les journalistes du Québec se décideront-ils à s’organiser en véritable profession ?La question, en soi, n’est pas nouvelle.Les journalistes eux-mêmes l’ont discutée à diverses reprises et un congrès de l’Union canadienne des journalistes de langue française, en novembre 1961, s’est même prononcé contre la formation d’une corporation professionnelle des journalistes.Il ne s’agit pas ici de se faire l’écho des critiques d’un père Brouillé ou d’un Jean-Noël Tremblay contre les journalistes canadiens-français.11 s’agit plutôt de voir quels arguments ont été apportés contre la formation d’une telle corporation et d’essayer d’y répondre le plus objectivement possible.MÉTIER DÉLICAT Aujourd’hui, peut-on lire dans une publication de l’Unesco consacrée à la formation des journalistes, le journalisme est une vocation exigeante.Pour rassembler, présenter et interpréter les nouvelles, dans le domaine de la presse, du cinéma, de la radio comme de la télévision, il faut non seulement posséder une grande compétence technique et se tenir constamment au courant des progrès réalisés par ces moyens d’information, mais aussi savoir comprendre et faire comprendre au public l’évolution du monde moderne, dans toute sa complexité.11 en résulte des obligations spéciales pour tous les membres de la profession, mais aussi des conséquences sociales de portée universelle.On admet généralement que l’une des meilleures garanties d’un climat national et international est l’existence d’une opinion publique bien informée.Or l’opinion publique ne peut être bien informée que si les moyens d’information l’informent bien.Pour cela, il faut des journalistes qui sachent leur métier, qui comprennent les événements et qui aient le sens de leurs responsabilités.NON-JOURNALISME QUÉBÉCOIS Or qu’est-ce qu’un journaliste au Québec ?Officiellement, rien.Non seulement la profession n’est-elle pas organisée, mais il n’existe aucune école de journalisme dont le diplômé pourrait avoir droit au titre de « journaliste », à part un certain « studio » où un exjournaliste vedette partage son temps entre quelques émissions radiophoniques et des séances comme membre d’une commission royale d’enquête.Un coup d’œil dans le bottin téléphonique permettra de constater l’existence d’écoles de tout genre, depuis l’Ecole de chauffeur de taxi jusqu’à l’Ecole supérieure professionnelle de brûleurs à l’huile, mais pas d’école de journalisme.Le journaliste, aux yeux du public du Québec, c’est aussi bien Gérard Pelletier que le scribouilleur du Journal des Vedettes ou de Nouvelles Illustrées.ON SE FAIT À L'IDÉE Pourtant l’indifférence, voire l’hostilité qui se manifestait à l’égard des écoles de journalisme a diminué ces derniers temps.Il est encore fréquent d’entendre proclamer que « l’on naît journaliste », mais il est généralement admis que pour exercer la profession, il ne suffit plus d’être doué, de savoir écrire et de laisser aller son imagination.Les problèmes d’ordre technique que posent la composition, l’impression et la diffusion des journaux ont leurs répercussions sur le travail du journaliste, qui doit désormais s’astreindre au respect de certaines méthodes.Autrefois, le journalisme s’apprenait dans les journaux : le stagiaire travaillait sous la direction de ses aînés.Du point de vue technique, c’est aujourd’hui encore la meilleure méthode.Mais elle est tombée, en pratique, en désuétude, principalement faute de normes bien établies.Un essai en ce sens avait été tenté vers 1958 à La Presse, sous l’inpira-tion de Jean-Louis Gagnon.Un jeune journaliste entrait au journal comme aspirant.Il le demeurait deux ans, après quoi il devenait stagiaire pour les trois prochaines années.Après 5 ans, il devenait officiellement, d’après les termes de la convention collective, journaliste professionnel.Mais ce programme n’a 311 jamais correspondu à autre chose en réalité qu’à une simple échelle de salaires.Aucun examen ne présidait au passage d’aspirant à celui de stagiaire, pas plus qu’au passage de stagiaire à celui de journaliste professionnel.Il ne s’agissait que d’une simple question d’ancienneté.Aucun programme d’étude n’a jamais été établi, aucun cours donné et en fait, on réclama des stagiaires et même des aspirants, le même travail que des journalistes dits professionnels.Le public, lui, ne devait pas s’apercevoir de la différence.D’ailleurs la formule a été abandonnée lors de la convention collective suivante.En pratique, donc, les grands journaux ne peuvent guère s’offrir le luxe de former des apprentis.Il faut que le débutant soit tout de suite capable de faire l’affaire, de remplacer, à pied levé, un chroniqueur chevronné, sans que le public s’en rende compte.TROP DE CADRES.L'IMAGE EN SOUFFRE! Ce ne sont pas les organisations de journalistes qui manquent au Québec.En fait elles foisonnent peut-être un peu trop.Ainsi un journaliste de La Presse pourra être membre du Syndicat des journalistes de Montréal, lequel est affilié à la Fédération de l’imprimerie et de l’information et à la Confédération des syndicats nationaux ; du Cercle des journalistes de Montréal ; et de l’Union canadienne des journalistes de langue française, laquelle est affiliée à la Fédération internationale des journalistes, à la Fédération internationale des journalistes de langue française et à l’Association internationale des journalistes catholiques.Beaucoup de cartes de membres, mais peu de discussions sur l’éthique professionnelle dans tout cela.Le Cercle des journalistes de Montréal est un club social, un lieu de rencontre, surtout une buvette.Le Syndicat des journalistes de Montréal s’occupe surtout des questions de salaires et des conditions de travail, et de toute façon, de par ses fonctions et sa raison d’être, élimine de son sein les membres occupant des postes de direction, donc, dans la majorité des cas, les journalistes possédant le plus d’expérience et de compétence.U.C.J.L.F.Reste par conséquent l’Union canadienne des journalistes de langue fran- çaise.Encore qu’une profession ne puisse être régie que sur le plan provincial et que l’U.CJ.L.F.compte dans son sein des journalistes du Droit d’Ottawa et de L’Evangéline de Moncton, le fait de ne grouper que des journalistes de langue française élimine toute tentative de voir jamais un code d’éthique et un code de presse acceptés par le gouvernement provincial.On ne saurait imposer des normes aux journalistes francophones si leurs confrères de la presse anglophone ne les acceptent pas.De plus, l’adhésion à l’U.C.J.L.F.sur une base volontaire l’empêche d’être le porte-parole de la majorité des journalistes de langue française.La majorité de ceux qui écrivent dans les journaux, en effet, ne se préoccupent guère, hélas, de tout aspect étranger à l’intérêt pécuniaire que leur rapporte le métier.L’U.C.J.L.F.ne groupe donc, actuellement, qu’une minorité de journalistes, celle qui semble la plus consciente des problèmes d’éthique professionnelle.Mais ce n’est pas en tenant un congrès de deux jours, chaque année, où les réunions mondaines côtoient les discussions sérieuses, que l’on réussira à bâtir une profession.D’autant moins que l’U.C.J.L.F.ne possède même plus de bulletin et que le reste de l’année les journalistes sont tenus dans l’ignorance, ou à peu près, des activités de leur union, activités d’ailleurs réduites au plus strict minimum.En toute justice, il faudrait mentionner l’Association des hebdomadaires de langue française, laquelle, sur le plan professionnel, s’est beaucoup plus préoccupée de la formation de ses membres que l’U.C.J.L.F., qui groupe surtout les membres de la presse quotidienne.On peut donc dire, sans crainte d’être contredit, que la seule occasion où la majorité des journalistes canadiens-français peuvent se préoccuper d’éthique professionnelle consiste en un colloque de deux jours, une fois par année.Quant aux journalistes anglophones du Québec, on attend encore leur premier congrès.A ce compte-là, les jeunes membres de la Presse étudiante nationale sont mieux organisés que nous, de la supposée grande presse.À BAS LA CORPORATION ?Mais pourquoi donc les journalistes s’opposent-ils, ou plutôt se sont-ils opposés lors de leur congrès de 1961, à la formation d’une corporation profes- sionnelle ?C’est probablement Gérard Picard, l’actuel président de la Fédération de l’imprimerie et de l’information (C.S.N.) qui contribua le plus à tuer le projet.« On sera sans doute porté, dit-il, à invoquer les cas d’avocats, de médecins et d’ingénieurs professionnels qui sont aussi des salariés tout en étant membres de corporations professionnelles.Ces cas existent.Inutile de le nier.Mais ces professionnels sont assez punis, sans l’avoir souhaité, par le maintien de leur statut actuel.« Si la direction des grandes entreprises de presse était entre les mains de journalistes professionnels et si les journalistes des salles de rédaction n’étaient pas des salariés, avait ajouté Picard, le projet mériterait peut-être d’être creusé davantage.Mais tel n’est pas le cas, et vraisemblablement, tel ne sera pas le cas dans l’avenir, du moins règle générale ».Donc les journalistes se sont prononcés contre l’établissement d’une corporation professionelle parce qu’ils craignaient qu’ainsi, ils devraient renoncer au syndicalisme et, partant, retomber sous le joug de leur employeur.Mais le syndicalisme joue-t-il réellement son rôle ?Lors d’un colloque organisé par l’Association des hebdomadaires de langue française, en avril 1962, à la maison Montmorency, Jean-Louis Gagnon devait répondre à cette question.La première résistance à un code d’éthique vient de la profession même, selon M.Gagnon.Les syndicats ne veulent pas prendre la responsabilité de dire à des membres qu’ils sont incompétents.C’est pouquoi on n’a pas développé de pensée claire sur un sujet d’une actualité pourtant brûlante.Les syndicats ont toujours cherché à réduire leur champ d’action.Ils ont reporté sur les épaules des patrons des tâches qui leur revenaient au premier chef.M.Gagnon explique ce phénomène par la longue période où les journalistes ont été exploités par les patrons.Quant à Gérard Pelletier, adversaire de la corporation fermée, il devait admettre lui-aussi que le syndicalisme est loin d’avoir épuisé son efficacité.« Dans son rôle essentiel, avait-il dit, je crois que le syndicalisme durera aussi 312 longtemps que les entreprises elles-mêmes.Et dans ses fonctions secondaires de consultation et de discussion, par exemple, pour les barèmes d’admission à la profession, le syndicalisme a encore un très grand rôle qu’il a à peine touché jusqu’ici ».Donc tout le monde semble d’accord pour dire que jusqu’ici les syndicats n’ont pas rempli leur rôle sur le plan de l’éthique professionnelle et d’autre part, la grande majorité des journalistes syndiqués s’opposent à la formation d’une corporation par crainte de l’abandon de la formule syndicale, qui, économiquement parlant, est pour eux la formule idéale.VIVE LE SYNDICAT ?Je crois que l’on fausse le problème.Personne ne demande aux journalistes de renoncer à quoi que ce soit et il ne faut pas que sous prétexte d’une fausse fidélité envers des principes qui ne sont pas menacés nous allions tourner le dos au progrès et trahir nos meilleurs intérêts professionnels.C’est d’ailleurs Jean-Louis Gagnon qui a émis l’opinion qu’il n’y a pas opposition entre syndicat et profession.« Le problème n’est pas d’opposer une formule à l’autre, le problème est de voir quelles sont les limitations d’une formule et sur quoi nous devons nous diriger.Nous pouvons très bien conjuguer les deux : le monde est fait d’hommes et de femmes, il n’est pas fait d’hommes seulement ou de femmes seulement.Il faut voir ce qu’il faut retenir d’un côté et ce qu’il faut arracher de l’autre ».Les faits sont les faits.Il serait aussi bête de nier le caractère professionnel du métier de journaliste que de nier le passé et de méconnaître les services qui nous ont été rendus par le syndicat.Le syndicat peut et doit continuer d’exister.Mais il ne faut pas que son existence soit un prétexte pour retarder l’établissement de véritables normes professionnelles pour les journalistes.L’heure de la compétence, l’heure de la dignité est arrivée.Il faut savoir prendre nos responsabilités avant que le peuple retire toute la confiance qu’il a placée en nous.Pierre-J.-G.Vennat JOURNAL ROSE JOURNAL ROSSE Les organisateurs de la Classique internationale de canots de la Mauricie ont pris la mouche parce que les journaux ont, à leur sens, trop insisté sur certain tumulte qui, la veille de l’événement touristico-sportif, a conduit 42 personnes en prison.Conférencier au club Pic, le commodore du club nautique de Shawini-gan, M.Henri-Paul Chevalier, déclarait, le 13 septembre, que « certains journaux de l’extérieur de la région ne profitent que des événements regrettables pour les monter en épingle et en faire des articles à sensation qui ne soignent pas la publicité de Shawi-nigan ».A la fin de la causerie, le président de la Chambre de commerce de Sha-winigan, M.Robert Lamothe, devait proposer qu’à l’avenir les journalistes soient moins bien traités pour les punir de la mauvaise publicité faite à la Ville de l’électricité.Que c’est là curieuse façon de raisonner ! Il y a une légère aberration.Que je sache, le journaliste ne suit pas l’actualité pour faire de la bonne publicité.C’est là l’affaire des publicitaires et des agents de relations publiques.Le journaliste, lui, doit rapporter le plus fidèlement possible ce qui se passe, en bien ou en mal ; et peut-être avec plus d’insistance si c’est en mal.Je ne vois pas qu’il y ait là de quoi se formaliser.C’est que, voyez-vous, l’informateur public part du principe, évidemment hautement idéalisé, que dans une société bien organisée, comme dans une course bien montée, on ne doit trouver rien de répréhensible.S’il arrive que le bon fond de candeur que se donne l’Information est surpris par des événements plus ou moins honnêtes, ou simplement regrettables, n’est-il pas normal qu’il y ait sursaut ?L’événement, coupant le chemin prévu, devient de l’imprévu, donc du nouveau et par conséquent une nouvelle.Nouvelle qui, une fois publiée, c’est bien connu, force souvent les responsables à prendre leurs.responsabilités.Est-ce à dire que seules les catastrophes prennent allure d’information valable aux yeux de journalistes vaguement désabusés ?que seule la mauvaise nouvelle fait la bonne nouvelle ?Sûrement pas ! Mais, vous paraît-il plus urgent de proclamer, en se frottant le ventre, que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes ou de jeter un peu de lumière sur ce qui bloque l’engrenage pour que les responsables huilent la machine ?Nous rêvons tous de ce beau matin de printemps où les journaux n’auront que de bonnes nouvelles à distribuer.Mais lorsque ce jour viendra, est-il certain que vous continuerez longtemps d'acheter un journal-rose ?En attendant, c’est le journal-rosse qui se vend le mieux.Ce n’est pas une justification, c’est peut-être même une condamnation.mais de ceux qui l'achètent.Gilles Pratte POLITIQUE PROVINCIALE LETTRE À SES PAROISSIENS PENSIONS TRANSFÉRABLES La famille a besoin de nourriture spirituelle : c’est la parole de Dieu qui sera dépouillée des annonces et de toute autre considération humaine.Sous ce toit la famille viendra se récréer sainement, sentir son cœur battre à l’unisson : banquets de mariage, anniversaires, réunions, garderie, soirées intimes, conférences, chapelle funéraire.L’atmosphère qu’on a voulu créer : le paroissien est chez lui et peut recevoir ses invités comme dans sa propre maison.Afin d’être logique avec cette notion d’une véritable famille, tout est gratuit à St-Maurice : funérailles, mariages, baptêmes, salle de banquet, chapelle funéraire, enfin rien ne coûte un sou : les dons sont refusés à ces occasions.— Alors comment vivez-vous ?— Voilà : la paroisse serait très malheureuse d’être obligée de profiter de certaines situations particulières dans la vie de ses enfants pour équilibrer son budget ; elle ne peut s’y résoudre.Les seules sources de revenus sont la dîme et l’offrande dominicale.Les paroissiens font l’offrande à Dieu ; et c’est Dieu lui-même qui se chargera de faire vivre sa paroisse, à son goût.Dans ce climat de vie familiale intense, les paroissiens sentiront le besoin de participer plus intimement à la vie liturgique qui est la source première de toute vie paroissiale : celle-ci serait vide et inutile sans celle-là.Une équipe de plus de quatre-vingts adultes assurent le service de l’autel : commentateurs, lecteurs, chantres, servants de messe, placiers, préposés aux offrandes.Tous ces hommes offrent leur temps gratuitement, comme dans une famille.Jean Caron, ptre, Curé de Saint-Maurice de Duvernay Le 25 août 1963 La lutte se poursuit active, intransigeante, ferme, en dépit de certaines concessions forcées.Québec résiste opiniâtrement.Mais derrière cette résistance qui suscite des envolées oratoires et provoque la multiplication des conférences fédérales-provinciales et interprovinciales, il faut déceler cette détermination décisive qui émane du peuple et qui fouette singulièrement les autorités provinciales.On se le répète depuis 1960 : L’élaboration du budget de la province, qui atteint des chiffres records d’une année à l’autre, ne permet pas de nouvelles invasions du régime central dans le secteur de la fiscalité provinciale.C’est du moins la thèse que l’on soutient.Mais en pratique les incursions paraissent inévitables, et c’est la raison qui incite le gouvernement du Québec à céder sur certains points afin de ne point tout perdre de « l’assiette au beurre ».Des positions claires.« Une source de quelques centaines de millions de dollars d’argent québécois annuellement disponible en monnaie courante, directement ou indirectement mais vraiment sous notre contrôle.il est évident que ce sera probablement la source principale de financement pour les années qui viennent, dont profitera la collectivité québécoise.C’est indiscutable ! » Sur ce principe de base, ministériels et oppositionnistes s’entendent, à Québec.L’énoncé vient de l’Hon.René Lé- vesque, ministre des Richesses Naturelles, et servait de tremplin à ses arguments lors du débat-surprise provoqué par Me Johnson sur une motion de non-confiance avancée en Chambre le 6 juin dernier.A ce moment, le gouvernement tergiversait devant l’adoption d’une loi sur les pensions transférables alors qu’Ottawa s’y préparait activement.Depuis, Québec non seulement assume ses responsabilités, mais défend ses positions bien que le gouvernement central ne consente qu’à regret certaines concessions jugées insatisfaisantes.vers un objectif ! Au cours du débat en Chambre et à plusieurs reprises depuis la fin de la session, l’Hon.Lévesque a redit sa thèse : « Le strict minimum que le Québec devrait exiger : le contrôle direct de tout ce qui est financé collectivement, directement ou indirectement par les contribuables dans les secteurs publics ou semi-publics et dans les domaines hospitalier, municipal, scolaire, de l’énergie électrique.Quand il s’agit d’investir ces argents, des priorités sont établies.Il est évident que s’il y a une énorme source de capitaux possible dans le Québec et qu’on la laisse s’échapper, ça serait impardonnable ».Comme en Suède ?Le socialisme démocratique de la Suède semble singulièrement tenter certains membres du cabinet Lesage.Le ministre Lévesque admire et étudie les 314 techniques appliquées dans ce pays.Institutions gouvernementales, corporations et compagnies éprouvaient là-bas des besoins criants de crédit à longs termes pour répondre à des développements gigantesques.Ces besoins ont été comblés en quelques mois dès le moment où le fonds de pension universelle commençait à investir à l’intérieur du pays.A tel point que la Suède est devenue prêteuse aujourd’hui et cherche même des placements hors de ses frontières.Le ministre Lévesque et certainement plusieurs membres du cabinet Lesage croient que les droits sociaux et économiques du Québec pourraient en profiter tout autant.C’est l’un des arguments-clés de la bataille légale actuelle.Le conflit avec Ottawa Mais voilà ! Ottawa, pour donner suite à son programme social, prépare un plan de pensions transférables dans tout le pays.Même si les modalités du projet demeurent encore nébuleuses, certains prétendent (dont le ministre des Richesses Naturelles) qu’il serait inacceptable pour le Québec de consentir à une formule de pensions qui pourrait menacer directement ou indirectement nos droits.L’Hon.Lévesque a poussé l’ultimatum encore plus loin, en déclarant, encore récemment : « Il serait criminel, de la part du Québec, de tolérer qu’une chose pareille se fasse.le ne crois pas que le fédéral ose, dans le climat actuel, aller plus loin et empiéter de façon précise sur des droits que nous disons vouloir garder et exercer.Nous sommes d’accord nationalement : le fédéral, à qui on demande de reculer dans certains domaines où il s’est engraissé exagérément aux dépens des droits provinciaux, ne courra pas à une espèce de suicide national en faisant de nouveaux empiétements inacceptables.C’est assez clair.mais il est bon de le souligner ».Un calcul simpliste Il n’y a pas lieu, toutefois, de s’étonner outre mesure des concessions d’Ottawa devant les revendications du Québec.Deux formules semblent clairement se dessiner en ce qui regarde la politique des provinces.Elles auront pleine liberté de gérer elles-mêmes (si elles le désirent) les crédits avancés par le gouvernement central sur les fonds créés pour aider les municipalités et régir les pensions transférables.Seule la province de Québec, jusqu’ici du moins, s’engage dans cette autodétermination.Les provinces peuvent aussi accorder carte blanche à Ottawa.Mais où le compromis constitue une perte lourde pour le Québec, c’est que le fédéral récoltera plus de la province qu’il ne lui en rendra.Automatiquement aussi, à l’exception de l’Ontario, toutes les autres provinces applaudissent avec enthousiasme, car elles recevront plus d’Ottawa qu’elles ne lui livreront en nouvelles taxes ou impôts.Inutile de se le cacher : ces mesures sociales coûteront des millions.Et déjà, au parlement fédéral, on envisage (si ce n’est déjà fait) de recueillir de nouveaux revenus.L’adage demeure inflexible : l’Etat ne peut donner que ce qu’il reçoit ! La table tournante On peut donc anticiper encore de multiples débats à l’Assemblée législative de Québec au cours de la prochaine session sur ces ententes fédérales-provinciales.Et déjà aussi l’expérience du débat sur les fonds mis à la disposition des municipalités l’a prouvé, on prévoit que le gouvernement Lesage soutiendra de nouveau la thèse qu’il ne peut se permettre de tout perdre pour sauver les principes.La lutte ne fait en somme que débuter, pour la récupération globale des droits sur les impôts et les taxes directes.Même si, dans les engagements verbaux, le gouvernement du Québec fait montre d’intransigeance, les décisions qui jailliront des rencontres fédé-rales-provinciales seront toujours soumises à des compromis.Mais en attendant ces compromis.il n’y a pas lieu de chômer au Québec.Il faut nécessairement regrouper les capitaux pour « rafistoler » l’économie provinciale.Si Québec offre un potentiel extraordinaire en matières premières, si la province compte 33 pour cent de la population du pays, on comprend mal que l’industrie locale ne produise que 23 pour cent du revenu national.Pour corriger cette carence, le gouvernement entreprend une action combinée à la suite d’une étude prolongée, effectuée depuis 1960.Le sol et l’eau ont été, de tout temps, les facteurs premiers de la survivance des peuples.C’est la table tournante à laquelle tous les ministères consacrent actuellement leurs efforts.Tout d’abord sortir l’agriculture de son infériorité en revalorisant, par l’application de normes, aussi bien les cultures que l’élevage rationnel.Sur ce chapitre, les ministres de l’Agriculture et de la Colonisation, de l’Industrie et du Commerce travaillent de concert.En augmentant les revenus de la ferme familiale consolidée, on soulagera automatiquement le fardeau imposé aux ministères de la Famille et du Bien-Etre social, de la Santé et du Travail.D'une source à l'autre En diminuant constamment le chômage sur les fermes, en augmentant la production, de bonnes chances subsistent que les autres secteurs de l’activité économique se libèrent de l’instabilité, surtout dans les districts sous-développés.Le sol revigoré, les marchés agricoles stabilisés, la ferme devenue rentable, il est un autre domaine qui recevra sa part d’analyse.De l’eau surgit le pouvoir premier du monde moderne : l’électricité.Les richesses naturelles ont toujours suscité une poussée constante dans le secteur industriel.Les entreprises minières, l’exploitation forestière et l’industrie électrique figurent ici au premier rang de cette perspective.Selon les statistiques, la production minière atteignait les $519 millions en 1962, soit une augmentation de 15 pour cent sur 1961.Mais il reste que le minerai est expédié en grande partie outre-frontière et que le Québec perd ainsi l’occasion de se créer un autre marché industriel de première grandeur.Possédant sur place le minerai riche et les pouvoirs électriques, le gouvernement proposera vraisemblablement, selon les études qui doivent être codifiées par des experts québécois, belges et français, l’aménagement chez nous d’un complexe sidérurgique.On anticipe dès lors la création de nombreuses industries secondaires.Au cours des prochaines semaines, l’on devrait connaître avec plus de précision le tir de la politique économique du Québec.Claude Déry laqué tB acluehiJ (i soé h lié eu revalu de mm rélevaje» les miiiiite Coloàti®, jiunieree m-leulaut la iliale ffl»’ s:,.:::- : lisières de ^ | I, de li 681-1837 HOMMAGES DES FRERES DES ECOLES CHRETIENNES DE QUEBEC 2360, CHEMIN STE-FOY QUEBEC ^INDUSTRIELLE COMPAGNIE D'ASSURANCE SUR LA VIE SIEGE SOCIAL, QUEBEC 57, succursales pour vous servir dans le Québec et l'Ontario Dufresne & Paquet & Cie Limitée Manufacture CHARBON DE BOIS et dérivés, CHARBON DE BOIS à Braiser et Barbe-Q.CHARBON DE BOIS en poudre et de toute grosseur.SAINT-RAYMOND, (PORTNEUF), P.Q.121, RUE SAINT-PAUL, TEL.: 384-2282 529-4030 LES FORMES & SUPPORTS ÉCONOMIQUES - 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Cet aspect du film est relatif à ce que j’appellerais volontiers le coefficient de suggestibilité de chacun.Toujours présentes, les valeurs de la création artistique et de l’amour physique sont encadrées dans une description très intéressante des visages de la femme, de la Saraghina à Louisa, si vraie, naturelle et humaine dans sa situation de femme d’artiste, de femme trompée par un époux incapable de fidélité et de choix.Visages de la femme Pendant près de deux heures, nous avons regardé le monde avec les yeux de Guido, le cinéaste en quête d’inspiration.Cela, avouons-le, est un peu en dehors de nos habitudes.Il traverse une crise grave qui l’empêche de construire un nouveau film.Nous le suivons dans sa recherche en nous limitant aux visages de la femme rencontrés au cours du film.Première rencontre avec la femme dans la personne de la maîtresse qui conduit l’homme à l’alcôve.Après cette scène, personne n’est étonné de voir Guido poser le geste de l’adoration devant un escalier d’où descend une autre femme aux contours harmonieux.Un retour à l’enfance du cinéaste et c’est la Saraghina et sa rumba sur fond de mer.Quelle image ! Quelle ironie féroce ! C’est aussi un retour à la maison où la nourrice maternelle et la gardienne affectueuse lavent l’enfant dans un bain de vin.Guido nous présente aussi sa mère, un peu impersonnelle et sans relief.En se promenant dans son studio, il rencontre l’actrice française, à la robe noire filet-de-pêche.Une femme parle au téléphone : il la regarde avec curiosité.Quel mystère cache-t-elle ?Claudia incarne aussi la femme-mystère.Elle incarne momentanément la pureté, la blanche pureté, la sincérité dans un sourire perpétuel, la source d’inspiration, un infini de possibilités qui s’évanouissent et s’épuisent dans l’alcôve où le dévoilement abolit le mystère.Pas étonnant, plus tard, d’entendre Guido dire à Claudia : « Je ne crois pas à l’amour.Aucune femme ne peut changer un homme ».Et Claudia de lui répondre avec profondeur : « Tu ne sais pas ce que c’est qu’aimer ».L'épouse Heureux d’entendre au téléphone la voix de Louisa, son épouse, Guido, plein de tendresse pour elle, l’invite à le rejoindre au studio.Lorsque Louisa s’amène, accompagnée de Rosella, une intellectuelle sympathique, nous rencontrons les deux femmes les plus authentiques du film.Après un accueil chaleureux, le cinéaste prend le dessus sur l’homme tendre et Guido néglige sa femme dans un climat de drame imminent, car elle se sait trompée.Il y a beaucoup d’humanité dans la scène de la querelle conjugale qui en soi, aurait pu être banale, mais fut transformée en drame poignant par la vérité qui éclate dans la voix déchirée et douloureuse d’Anouk Aimée et dans un Marcello Mastroianni inquiet et dérangé par l’exigence de fidélité de son épouse.Au café, Louisa ne peut réprimer un sentiment de colère devant le mensonge lucide de son mari à propos de sa maîtresse stupide et belle.Compréhensive mais souffrante, la réflexion de Rosella la détend : « Voilà une femme pour les hommes irresponsables et faibles ».Cette remarque ne fait pas sortir Guido de son demi-rêve.il sourit au souvenir d’on sait quoi.Alors la maîtresse se trémousse et chante le même air que la Saraghina assise sur une chaise placée près de la mer.Cette mélodie s’élève à la manière d’un appel vers l’amour physique, appel qui, dans ce film, est irrésistible et auquel il fait si bon répondre.Le harem Toutes les femmes qui ont passé dans sa vie, Guido les réunit dans une même maison imaginaire où se réalise une synthèse des visages de la femme sous l’œil bienveillant et complice de Louisa.L’homme règne en pacha sur son harem ; en sourdine, nous entendons la mélodie-thème, appel à l’amour physique.Par gradation ascendante, en prenant un critère « spirituel », on peut nommer : la Saraghina, la danseuse de cabaret, la Noire, la maîtresse, l’actrice française, l’Américaine, l’hôtesse de l’air à la voix grave, les femmes de l’enfance, la mystérieuse Claudia et enfin Louisa.Rosella agit comme témoin de cette comédie, elle qui avait dit à Guido : « Tu es libre mais tu devras bientôt choisir.Tu dois choisir ».Et pour l’homme et pour la femme, toute la scène du fameux règlement qui exclut du premier plancher toute femme âgée de plus de vingt-six ans est très ironique. Incapable de choisir, Guido, poussé par le temps et par ses collaborateurs, traverse une crise profonde.Les paroles prononcées par les actrices sur la scène atteignent Louisa en plein cœur et posent dans le film, par un lien entre l’imaginaire et le réel, une dimension tragique indiscutable.Ce drame personnel semble bien être en partie la cause de la crise de Guido.Le cri des journalistes coriaces nous poursuit : « He has nothing to say ».Tout s’effrondre.La vie en fête Mais voilà que tout à coup Guido reprend vie et confiance : un espoir se lit dans ses yeux.« Je cherche ; je n’ai pas encore trouvé, je cherche.La vie est une fête.Tout a du sens ».Il espère recommencer à neuf avec Louisa ; celle-ci, après une courte hésitation, consent.Et alors, le film se termine sur une ronde optimiste où apparaissent toutes les personnes qu’a connues Guido, au son d’un air de carnaval joué par quatre clowns et par Guido-enfant.Toutes les lumières s’éteignent et enfin la dernière, sur le flûtiste Guido-enfant qui joue seul jusqu’à l’obscurité totale et au silence final.Le film reste à faire : ce sera une autobiographie.Il est fait.C’est Sÿi.Esthétique de Kierkegaard Ce film me semble être une excellente illustration du stade esthétique de Kierkegaard.Je me suis laissé dire que cela faisait un peu savant.Peut-être.Mais surtout, la théorie des stades de Kierkegaard est « existentielle » : elle colle au réel et surtout au film de Fellini.Selon le philosophe danois, « il y a trois sphères d’existence : esthétique, éthique et religieuse.Deux zones frontières y correspondent : l’ironie confine à l’esthétique et à l’éthique ; l’humour confine à l’éthique et au religieux ».C’est au niveau du stade esthétique que vit Guido.Le stade esthétique est un niveau de la vie concrète d’une personne ; il se caractérise par une ouverture sur l’expérience, sur le possible, sur les différentes formes intellectuelles, sur la beauté.Il s’accompagne d’une grande difficulté sinon d’une incapacité de choisir.L’esthéticien vit dans l’instant et n’a de souci que de l’instant.L’homme chez qui prédomine le stade esthétique recherche la jouissance ; il met son idéal dans cette recherche et non dans les amours fragmentaires qu’il poursuit pourtant avec avidité.Il est séducteur, don Juan, sensuel, et comme le note Kierkegaard, l’amour sensuel ne peut qu’être infidèle ; le séducteur ignore le véritable sens du mot « aimer ».Il a de fortes prédispositions pour le doute ; à la limite sa vie le conduit au désespoir (suicide sous la table).Il a soif d’expériences multiples, de sensations fortes et par conséquent ne veut pas se limiter, renoncer à quoi que ce soit et ainsi ne peut pas choisir.Pour passer au stade supérieur, le stade éthique, il faut un choix où entre le risque.« Mon dilemme ne signifie surtout pas le choix entre le bien et le mal ; il désigne le choix par lequel on exclut ou choisit le bien et le mal.Il s’agit ici de savoir sous quelles catégories on veut considérer toute la vie et vivre soi-même.Il est bien vrai qu’en choisissant le bien et le mal, on choisit le bien, mais cela n’apparaît que par la suite ; car l’esthétique n’est pas le mal, mais l’indifférence, et c’est pourquoi j’ai dit que l’éthique constitue le choix ».De l’esthétique à l’éthique, il y a l’ironie.« L’ironie paraît quand on rapporte sans cesse les particularités du monde fini à l’exigence éthique infinie et qu’on laisse éclater la contradiction.S’il est établi que notre homme est ironiste, il ne l’est pas qu’il soit éthi-cien.Il ne l’est que s’il se rapporte en son for intérieur à l’exigence absolue.Un observateur risque d’être dupe s’il prend un ironiste pour un éthicien car l’ironie n’est que la possibilité de le devenir ».Le stade esthétique et S'/z Trop brièvement esquissée ici, cette théorie des stades sur le chemin de la vie peut servir de cadre utile à structurer un jugement sur le film qui nous intéresse.Situer l’ensemble de ce film sur le stade esthétique par les valeurs qu’il met en évidence avec une possibilité vers le plan éthique par l’ironie de certaines scènes et de presque tout le film, c’est déjà porter un jugement.Revoyez le film (au moins en imagination) comme je l’ai fait moi-même avec cette perspective et vous con-cluerez peut-être comme ceci : Ce film est d’une grande richesse artistique.Tout film se situe dans le stade esthétique en tant qu’œuvre artistique.Il s’agit de stades dans la vie concrète d’un homme.Or ici, le héros du film, Guido Anselmi, vit sur le stade esthétique.U ne vit pas sur le plan du bien et du mal qui est le stade éthique.Est-ce que Guido se pose la question de la moralité de ses actes avant d’agir ?Peut-être : mais cela n’est pas visible dans le film.Il s’agit de faire un film : tout est subordonné à cette fin.A la recherche de l’inspiration, il semble utile de jouir, de douter de tout, d’expérimenter tout.Il y a possibilité de passage au stade éthique par l’ironie que Guido manifeste et par l’essai de fidélité à l’épouse dans l’avenir.L’ensemble de 8J4 illustre à merveille la vie sur le stade esthétique.Guido est incapable de renoncer à quoi que ce soit, ni aux images multiples qui traversent son imagination d’artiste, ni aux jouissances d’alcôve avec les actrices faciles.Soit comme cinéaste, soit dans sa vie privée, il est incapable de choisir.Cette ouverture au possible dans tous les domaines, cette soif inaltérée d’expériences et cette incapacité de choix caractérisent la personnalité de Guido.Or, c’est là l’essentiel du stade esthétique de Kierkegaard.Nous voyons à quel niveau nous sommes.Nous n’atteignons pas, il me semble, le niveau éthique.Il y a possibilité d’amour véritable avec Louisa ; cette possibilité est toutefois fragile car le passé de Guido ne garantit certes pas sa fidélité dans l’avenir.A plus forte raison, nous ne frôlons même pas le stade religieux qui se caractérise par la présence de l’éternel dans l’instant et qui mord aux réalités les plus profondes comme l’Eglise par exemple.Ce film nous présente l’Eglise comme la voit un esthéticien qui ne s’efforce pas de se hisser au stade religieux pour juger une réalité d’essence religieuse : un vieux cardinal qui répète des formules surannées et qui invite à écouter le chant mortuaire d’un oiseau nocturne ; un groupe d’éducateurs en noir qui honnissent l’amour sexuel.« La vie est une fête » dit Guido à la fin du film.Marcel Camus semble lui répondre dans Orfeo Negro.Après la mort d’Eurydice, Orphée arrive à la morgue, devant les morts étendus tués lors du carnaval, le portier cynique lui dit : « Le carnaval est fini ».Je crois, en terminant, que l’impression de désarroi et de dépaysement d’une bonne partie du public s’explique par un malaise à demeurer sur le plan esthétique sans se référer au plan de l’éthique ou du religieux.Ce monde de l’esthétique, valable en lui-même, doit quand même déboucher sur une réalité plus haute sinon il conduit au dilettantisme, au doute ou au désespoir.Robert Barberis acte rail dèiaiin iicette El " ¦ i' ?inspiration, -jgm à m ; a posiki ue psr rat !'i«ii * rai*.Lt l Knii'l a;, uw i* ocai « e lipb «a K- : : !s i'î MA « CANADIAN ITU DE EST-ELLE MENACÉE?ldi G® .! : I ntl'1’1 !» 4\ 1>P' î>t .M'! Je crains que ne s’amorce un jour une fausse querelle sur le nombre d’émissions de télévision que Radio-Canada va chercher en France, en Belgique ou en Suisse.Aussi importe-t-il de donner tout de suite quelques précisions et surtout de bien aborder la question.« Quand on sait ce que l’on veut, disait Foch, tout devient facile ».Y a-t-il trop d’émissions étrangères de langue française à l’horaire de Radio-Canada ?Ces émissions bénéficient-elles d’heures d’écoute très favorables et cela au détriment d’émissions canadiennes de qualité comparable ?Quels sont les effets sur le public de telles émissions ?Enfin, de quel public Radio-Canada doit-il tenir compte : de celui qui réclame à grands cris que des émissions européennes comme Lectures pour tous et Cinq colonnes à la une soient inscrites à des heures d’écoute plus convenables qui midi, le dimanche, ou de ceux qui trouvent que l’émission canadienne Présence de l’art est mal située à l’horaire, soit le dimanche à 6 h.30, alors que L’art et les hommes, émission de la R.T.F., passe à 9 h.30 le lundi soir ?Cet heureux équilibre.Avec infiniment de tact, pour ne pas donner prise aux chasseurs de sorcières, à ceux qui aiment agiter des épouvantails imaginaires, Jacques Keable a écrit sur ce même thème dans une de ses récentes chroniques.Je retiens ici une de ses conclusions : « Il serait aussi inopportun et stupide de réclamer le renvoi des bonnes émissions françaises que de réclamer que toute la place leur soit laissée.Le véritable problème, en cette matière, réside dans un heureux équilibre à atteindre et qui ne l’est pas ».Cet heureux équilibre serait atteint dans un domaine en particulier, selon le chroniqueur de télévision de La Presse, si Radio-Canada créait une émission où tous les aspects de la vie littéraire canadienne bénéficieraient d’une large publicité.Quand on voit avec quelle constance la radio et la télévision nous tiennent au courant, et cela dans des émissions bien structurées, de la littérature qui se fait en France ou de la vie artistique en général, on ne s’étonne pas que l’écrivain canadien puisse trouver qu’en regard de tout cela, on ne lui accorde sur les ondes de son pays que la moins bonne part.Cependant, il ne faut pas oublier de dire ici qu’à plusieurs émissions de radio ou de télévision, on interviewe un poète canadien qui vient de publier, on fait écho à la parution d’un roman ou d’un ouvrage historique, on permet à des écrivains de s’exprimer sur tel ou tel sujet.Il reste que tout cela est dispersé.Serait-il souhaitable de trouver une formule qui permettrait, une fois la semaine, ou deux fois par mois, de grouper dans une même émission tout ce qui se rapporte à la littérature canadienne ?L’expérience, en tout cas, vaudrait d’être tentée.Par exemple, Présence de l’art pourrait consacrer une émission sur deux aux écrivains canadiens et à leurs oeuvres.On ne publie pas assez au Canada ?C’est à voir.Et qui nous convaincra que nos écrivains n’ont rien à dire sur les problèmes de la création littéraire, de la langue, des influences, du double métier en ce pays où la littérature ne fait pas vivre son homme.Que Jean Filiatreault vienne nous dire ce que fut pour lui, roman- cier, l’expérience du téléroman La Balsamine.Comment y travaillait-il ?Pourquoi n’a-t-il pas voulu continuer ad infinitum ?Va-t-il tirer un roman de cette œuvre de télévision ?Il y a là matière à une émission d’une demi-heure.Ce n'est pas sans espoir Radio-Canada est un milieu vivant, plein de ressources.Ce n’est pas le heu où les gens veulent se pétrifier en des attitudes pontifiantes.Que Jacques Lan-guirand ou Wilfrid Lemoyne anime, l’an prochain, une émission qui soit le pendant canadien de Lectures pour tous, et qui remporte un égal succès, ne surprendrait personne.L’émission qu’on estime nécessaire, il faut la réclamer.Mais il importe de ne pas mêler les questions : la suppression de Lectures pour tous ne ferait pas naître automatiquement une bonne émission sur l’actualité littéraire au Canada français.L’une ne devrait pas exclure l’autre.Quant au problème de la répartition des émissions à l’horaire, on sait qu’il n’est pas facile à résoudre.Mais cette année, les admirateurs de Cinq colonnes à la une et de Lectures pour tous seront contents, je pense.Dans une grande émission de prestige du type Premier Plan, qui passera le samedi, de 7 heures à 8 heures, à compter d’octobre, le téléspectateur trouvera, outre des éléments canadiens très substantiels il va sans dire, les meilleurs moments de Cinq colonnes à la une, de même que des deux autres grandes émissions de reportage : Neuf millions et Continents sans visa, la première venant de Belgique et l’autre de Suisse.Quant à Lectures pour tous, on en incorporera les parties les plus intéressantes pour le public canadien aux émissions Présence de l’art et Aujourd’hui.Le cœur du problème Qu’on fasse sa large part, et dans une même émission s’il le faut, à la littérature canadienne, que les cours télévisés de l’Université de Montréal tiennent compte de la littérature d’ici et non seulement du roman français depuis cinquante ans, qu’on exerce le jugement de Salomon quand on répartit les émissions à l’horaire de la télévision, j’y souscris volontiers.Mais il m’apparaît non moins important d’aller au cœur du problème : y a-t-il, au réseau français de télévision de Radio-Canada, un trop grand nombre d’émissions im- UNE BOMBE PLACE DES ARTS portées de France, de Belgique, de Suisse ?La réponse me paraît très simple : c’est non.A l’horaire de la prochaine saison octobre 1963 -mai 1964, les émissions étrangères ne formeront pas 5 pour cent des 85 heures d’émissions hebdomadaires de Radio-Canada.(Et même si l’on fait entrer dans ce compte tous les longs métrages français, on n’arrive pas à 15 pour cent.Mais où les prendre les longs métrages sinon en France pour une bonne part ?) A l’heure où nous reprenons profondément conscience de notre appartenance française, où nous sentons plus que jamais la nécessité de parler le français international, il importe pour nous de participer étroitement à la pensée, à la vie, à la technique françaises.Et ce reflet de toutes les manifestations de la vie française qui peut mieux nous l’offrir que la radio, la télévision, le cinéma.Nous avons grand besoin, un besoin urgent, d’un bain prolongé de mentalité française.Jusqu’à en être imprégnés.Et ici je signale combien il est essentiel que parmi les émissions de télévision qu’on importe de France, il y en ait pour le grand public.Car, chez nous, ce n’est pas l’élite qu’il importe de franciser davantage, mais la grande masse du peuple.Il faut constamment la nourrir d’esprit français.Cette participation constante à la vie française soutiendra nos efforts pour tuer le « jouai », de sorte que, dans quelques années, il n’y aura plus que Claude-Henri Grignon pour parler « dret » si d’ici là il n’est pas lui-même entré « fret » mort dans notre folklore.Je vois deux autres avantages à l’importation d’émissions françaises.D’abord, les meilleures ne peuvent que servir de stimulant à nos réalisateurs.En second lieu, depuis qu’on importe de France, de Belgique et de Suisse, le téléspectateur ne voit pas chaque jour, comme ce fut le cas il n’y a pas si longtemps, des « versions françaises » de programmes américains.Et cela c’est quelque chose.De cette « invasion » française à moins de 5 pour cent, ma « canadia-nitude » ne s’émeut pas.Je la sens plus robuste que cela.Et si je voulais conclure à la Gilles Vigneault, je dirais : « Emmenez-en des émissions de la R.T.F.», car je ne doute pas qu’avec un peu de bonne volonté on puisse maintenir cet heureux équilibre où, selon Jacques Keable, se trouve la vertu de notre télévision.Jean-Paul Vanasse Il n’y a pas que le F.L.Q.qui sème ses bombes un peu partout.De nos jours, chaque problème, chaque litige devient explosif.Il se trouve constamment des experts ou des amateurs pour jeter l’huile du nationalisme sur le feu de la moindre divergence de vues entre économistes, entre constitutionnalistes, entre fiscalistes, entre pédagogues.Les problèmes syndicaux, c’était à prévoir, ne font pas exception à la règle.Cette façon d’interpréter les événements et de les assaisonner systématiquement à la sauce du nationalisme et du séparatisme ne va pas sans quelques risques pour les plastiqueurs de l’actualité quotidienne.Et le F.L.Q., s’il nous était resté quelque sens de l’humour, aurait sombré dans le ridicule bien avant d’échouer devant les tribunaux, quand un commando déposa naguère sa petite bombe au siège de la famille Beauchemin pour appuyer à sa façon la cause des grévistes canadiens-français de la Solbec Copper Mines, exploités, pour une fois, contre toute raison sociale, par nos « maîtres chez nous ».Heureusement que le R.I.N., plus fin, s’empressa de corriger la méprise et profita de l’occasion pour se rapprocher des masses en montant son petit festival de Stratford.La version Léger Evidemment, il n’est pas donné à tout le monde d’être drôle et l’on ne pouvait raisonnablement pas s’attendre à un spectacle aussi loufoque de la part de M.Jean-Marc Léger, le terroriste de la machine à écrire qui, une nuit, entre deux séjours au Devoir, réussit presque à amender la Constitution canadienne en introduisant clandestinement les mots « Etat du Québec » dans un bulletin de l’Office provincial de la langue française.Avec M.Léger, cela va de soi, la comédie devient drame.Après ce badigeonnage courageux du sigle « E.D.Q.», M.Léger, s’enhardissant avec son passage du fonctionnarisme au journalisme, devait inévitablement être conduit à la violence.Et il n’hésita pas à déposer une bombe « à la une », au rez-de-chaussée du Devoir : « Le conflit de la Place des Arts est bien autre chose qu’une querelle d’unions », titre-t-il, le chariot entre les dents.« Le véritable enjeu : l’indépendance du syndicalisme national chez les artistes et l’originalité de la vie artistique à Montréal et dans tout le Québec ».C’est-y assez pour vos 10 cents, ça ?Qu’en est-il réellement ?Ça n'est énorme que de loin Le désamorçage étant à la mode, le chroniqueur syndical de Maintenant, se donnant pour mission d’être le sergent Léo Plouffe du journalisme, se présentait récemment au bureau du président de l’Union des artistes, M.Pierre Boucher, pour examiner prudemment le pétard à Jean-Marc.De cette entrevue, il ressort : — qu’il s’agit bel et bien d’un conflit intersyndical, dont les incidences culturelles relèvent bien plus de la compétence de la direction de la Place des Arts, ou des pouvoirs publics, que de celle d’une organisation syndicale ; — que l’Union des artistes n’entend pas imposer ses spectacles à la Place des Arts, ni s’opposer à la présentation de spectacles américains ou étrangers ; — que la Place est occupée jusqu’à la fin de la saison 1963-64 par des tournées internationales, sans qu’il y eût conspiration, de la part de l’Actors’ Equity, pour coloniser artistiquement notre bon peuple ; 319 Lésa,*'* do foie» detail Il tioli®* me e#8*8 da'W, qaeiill'(îl liol t»B ,r,0f iltH dais a «* loti r vos kl dtl«iJ la»* .Il le il» lift (tip1 :P^: Pie»i[' £eltii# n $ î i^1 y.ins^js la PI* tens y, j,jrf — que le syndicat local entend simplement imposer son permis de travail aux artistes étrangers et leur faire payer sa cotisation, tout comme ses membres doivent le faire à l’Actors’ Equity quand ils se produisent en dehors du Québec ; — que l’Union des artistes estime jouer son existence à la Place des Arts et qu’elle y refuse le partage de juridiction avec le syndicat américain pour la simple raison qu’elle a peur d’y subir le sort du pot de terre de la fable ; — que le président Boucher n’est pas opposé en principe au monopole syndical, qu’il ne répugnerait pas à envahir lui-même les scènes de Toronto et de Stratford si son syndicat possédait la puissance voulue pour le faire (il déplore que l’A.C.T.R.A., la contrepartie anglophone de l’Union des artistes, ne l’ait pas fait en temps utile) ; — que le syndicat local est prêt à s’entendre avec le syndicat américain une fois qu’il sera solidement installé à la Place des Arts, qu’il pourra négocier d’une position de force et qu’il aura quelque chose à offrir à son rival ; — que le président des artistes considère le conflit comme une véritable épreuve de force, comme un combat entre David et Goliath, dans lequel il espère venir à bout du géant américain en raison de sa meilleure connaissance du terrain.Ne pas confondre, S.V.P.Voilà, débarrassée du détonateur de l’émotivité, à quoi se réduit la bombe de la Place des Arts, déposée là un soir de septembre par le présumé terroriste du clavigraphe, Jean-Marc Léger, qui renonça un jour aux réformes constitutionnelles en graffiti pour faire la bombe de tout cocktail.Mais, à vouloir, pour mousser la cause de l’indépendance, faire porter à l’Union des artistes la responsabilité d’une vie artistique originale à Montréal et dans tout le Québec, il ne réussit qu’à en décharger les pouvoirs publics.A passer sa bile xénophobe sur l’Ac-tors’ Equity, il fait office de bouclier pour la petite bourgeoisie mercantile de la Corporation Sir Georges-Etienne Cartier.Comme révolutionnaire, décidément, Léger, il ne fait pas le poids.PALACE DES ARTS Remarquez, pour la consolation des grands artistes, que les persécuteurs sont assurés du mépris et de l’horreur du genre humain — Voltaire.La Place des Arts, ce palace des arts, établit, aux yeux de ceux qui en doutaient encore, que la culture s’abreuve, elle aussi, aux sources « honteuses » de l’économie.Comme disait René Lévesque au cours de la campagne pour la nationalisation de l’électricité : Prenons le pouvoir économique, la culture nous sera donnée par surcroît ! Mais, dans un autre sens, ce n’est pas tout à fait ce qui semble se produire à la Place des Arts.On voit ce que des hommes d’affaires peuvent faire d’une Place des Arts.Une Plaza.des arts où il est question d’exposer toutes sortes de produits commerciaux, même, et ça ne paraît pas du tout impossible, des poches de ciment.Et ce magnifique monument de la culture, proche parent de la cathédrale de Nicolet, vendra la culture d’une porte à l’autre.des navets.Parce que quant à faire du commerce à la Place des Arts on pourrait très bien y installer carrément un marché aux denrées ! Pour une fois qu’on a pensé aux artistes, il semble qu’on ait voulu trop bien faire.Les hommes d’affaires n’y sont pas allés de main morte : une salle de 3 000 sièges, alors que l’Opéra de Paris n’en compte que 2 130 et le Carnegie Hall, 2 760.C’est vrai qu’ils faisaient des affaires ! On pourrait même se demander si ces hommes d’affaires ne souffrent pas (oh ! juste un tout petit peu) d’élé-phantiasis blanc.Et c’est que ça coûte cher ces machins-là ! On a beau dire qu’il faut réhabiliter la culture, mais c’est des plans pour la faire crever de faim dans une boulangerie.Parce que, paraît-il, la Corporation Sir Georges-Etienne Cartier tire drôlement sur sa longe.Elle a encore soif d’argent.Mais là, l’administration municipale, et plus particulièrement le président Lucien Saulnier, trouve qu’il commence à être temps que les pouvoirs publics jettent un petit coup d’œil sur le bilan de la corporation, avant de l’engraisser encore un peu.On dit même qu’il serait catégorique : pas d’autres crédits tant que la corporation n’ouvrira pas ses livres au grand jour.Le président de la corporation, M.Louis-A.Lapointe, ne l’entend pas de cette oreille, et ne semble pas pressé de rendre des comptes.C’est une corporation privée non ?.elle commence même à être privée de fonds, pour ne pas dire privée de tout.Les réticences de la corporation à rendre compte de son administration pourraient laisser entendre que dieu-le-peuple serait peut-être surpris de voir l’utilisation qu’on a fait de ses « talents ».Greffé à cela, il y a le problème syndical qui est de taille.L’Union des artistes de Montréal a pris au pied de la lettre le slogan « Maîtres chez nous ».Mais ce n’est pas une mince affaire dans une maison qu’elle découvre « américaine ».L’Actors’ Equity Association, dont un ancien agent de relations extérieures fait partie du conseil d’administration de la Corporation Sir Georges-Etienne Cartier, a fait valoir, à la dernière minute, des prétentions sur la Place des Arts.L’Union des artistes s’est raidie.Et voilà posé le problème du syndicalisme canadien.Pas ouvertement.Mais le filigrane prend de la couleur.La situation se pose ainsi : l’Actors’ Equity Association est un syndicat américain, affilié à l’A.F.L.-C.I.O.De son côté, l’Union des artistes de Montréal paie ses cotisations au Congrès du travail du Canada qui, lui aussi, relève de l’A.F.L.-C.I.O.Alors que doit faire le C.T.C.dans un conflit opposant l’Equity, fille de son maître, et l’Union, sa propre fille ?Toucherait-on à la faiblesse de la force ?C’est un déchirement cornélien.Et nombreux ont été les artistes de Montréal pour trouver que la position du C.T.C.a été loin d’atteindre l’excès de fermeté à l’occasion du conflit de la Place des Arts.Gilles Pratte Gilles Pratte ïmÿm littérature K Poèmes D’ALAIN GRANDBOIS On vient d’éditer en un seul volume les trois œuvres poétiques d’Alain Grandbois, Les lies de la Nuit (1944), Rivages de l'Homme (1948), L’Etoile pourpre (1957), sous le titre de Poèmes ; et il faut rappeler ici le double rôle des Editions de l’Hexagone dans le domaine de la poésie canadienne, celui d’abord de première révélation de jeunes poètes comme Fernand Ouellette, Jean-Guy Pilon, Jean-Paul Filion, dans la collection des Matinaux ; et celui ensuite de continuité dans le cas d’œuvres plus considérables, comme celles de Rina Lasnier, de Gilles Hénault, de Paul-Marie Fapointe, d’Alain Grandbois.Fe livre Poèmes, de 254 pages, est dans la formule demi-luxe : la typographie en Times corps 12 se lit agréablement, malgré l’entre-ligne irrégulier et l’abus de textes en italiques (on aurait eu avantage à composer une seule des trois œuvres poétiques de Grandbois en italiques, par exemple Rivages de l’Homme qui se trouve entre les deux autres ; signalons toutefois un tour de force remarquable : l’absence de tout trait d’union) ; la maquette de Gilles Guilbault est élégante et claire ; on peut ne pas aimer la page du copyright, ou trouver un peu gros les numéros des poèmes, mais le livre n’en demeure pas moins agréable, et il faut espérer une seconde et prochaine édition, les 1 500 exemplaires de la première devant être tôt absorbés par les amateurs de poésie et les étudiants ; Les lies de la Nuit et Rivages de l’Homme sont introuvables depuis plusieurs années, et puisque nous attendons la parution de Poèmes depuis plusieurs mois déjà, nous pouvons deviner un accueil chaleureux.Ou du moins le souhaiter.Enfin, le livre est paru, et grand merci à Gaston Miron de l’Hexagone.Pouvons-nous encore déplorer l’absence des dessins de Pellan, qui accompagnaient la première édition des lies de la Nuit ?Nous concédons volontiers la médiocre qualité de reproduction de ces dessins dans l’édition originale, mais il aurait été possible d’en retrouver probablement des images plus claires.UNE SOMME POÉTIQUE Et ce livre changera considérablement la connaissance que nous avions jusqu’ici du poète Alain Grandbois et de son œuvre ; le fait matériel de réunir en un seul livre les trois titres poétiques de Grandbois leur donne en quelque sorte une nouvelle dimension, un nouvel élan, une densité inconnue, un rythme insoupçonné.C’est à une autre biologie des songes que nous sommes conviés, c’est dans un monde plus vaste encore et plus grandiose que nous nous retrouvons, timides déjà d’avoir dit trop petit ce monde deviné pourtant si grand et si noble.D’une noblesse et d’une aridité qui nous marquent.Les grands thèmes de Grandbois, ses courants les plus profonds et ses mouvements les plus intuitifs, sont directement indiqués dans ses titres de livres, et non seulement dans ses livres de poèmes : d’ailleurs, toute l’œuvre de Grandbois est poème, magie, est liturgie intérieure et cosmique à la fois.Les îles, la nuit, les rivages, les voyages, l’homme et l’étoile, le chaos hallucinant de la création et le courant fragile du quotidien.Le grand mouvement de cette marée de Poèmes nous éblouit sans nous étonner : nous savions déjà grandiose et efficace cette parole féconde, mais l’occasion d’en prendre en un seul souffle une nouvelle respiration nous faisait défaut.Et voici que la relecture de Grandbois nous étreint.Et ceux qui commencent avec Poèmes leur fréquentation du poète en auront une image mentale et rythmique fort différente, plus riche de résonances intérieures et de densité charnelle, et surtout plus généreuse de lyrisme et d’émotion, à cause de cette plus vaste étendue de la parole.ET L'HOMME PRÉSENT La solitude, parmi d’autres préoccupations qui se détachent nettement en cette nouvelle lecture, est ici d’une intemporelle fatalité : Et vos doigts tièdes sur nos poitrines aveugles N’ont créé pour notre solitude qu’une solitude d’acier (p.12) La nuit m’a enseigné la cloison de ton visage (p.19) Cherchant en vain au bout de nos doigts crispés Ce mortel instant d’une fuyante éternité (p.25) Et tu me laissais seul avec une âme perdue (p.87) Chacun sans issue Très bien muré Dans son cachot dévorant (p.111) Je retrouvais mon propre fantôme (p.173) Nous pourrions accumuler ainsi les cheminements de divers thèmes, et poursuivre le « jeu » d’une nouvelle découverte de Grandbois, devenue possible par ce seul voisinage en un même tome de ses trois livres de Poèmes.Alain Grandbois acquiert ainsi une présence nouvelle, une saveur et une signification et une justification nouvelles.Son œuvre parvient à une polyvalence et à une fertilité jusqu’ici plus confuses et plutôt soupçonnées que nettement révélées.Poèmes, me semble-t-il, fournit enfin à notre littérature québécoise le document consistant et résistant qui permettra sa reconnaissance officielle et plus nombreuse à l’étranger, dont la France : non pas qu’une telle consécration ajoute quoi que ce soit à la valeur intime de l’œuvre de Grandbois, mais une telle reconnaissance pourrait davantage nous rassurer sur la valeur réelle d’une œuvre d’ici, chose à propos de laquelle encore beaucoup de nous hésitent.On peut reprendre ici cette parole du poète, à la fin de l’Etoile pourpre : « Je ne veux rien dire de plus ».Guy Robert 321 PEINTURE ois iO;Diifî i - Sl :tu .¦ et i; ate > faSi'.' à " : in oiüi^-; .¦¦ C’est en voyant les travaux de Gaston Petit qu’on se rend compte de toute la dimension liturgique, spirituelle, mystique de la peinture non figurative ou abstraite : du moins de cette peinture non figurative ou abstraite dont la qualité et la présence justifient l’existence.Le peintre livré à lui-même, libéré des conditionnements anecdotiques et des cadres conventionnels, entreprend cette ardente et imprévisible prospection de son monde intérieur, toujours quelque peu énigmatique et secret, et en témoigne d’une façon émouvante et immédiate dans son œuvre, dans cette projection on ne peut plus directe de ce qui se trouve en l’homme de plus profond et de plus vrai.Ses gestes sourdent du plus pur de l’instinct et du plus réel de l’esprit.deniili et démoli# « #s 1 ^'1 i , sod'll iïP *v fÀ y itr 1 Gaston Petit est un jeune père dominicain, né à Shawinigan en 1930, et ordonné à Ottawa en 1960 : depuis, il est au Japon, où il étudie l’art et la civilisation de l’Orient, dans le but de rajeunir les sources et les racines de notre art religieux (qui en a un si urgent besoin).Il peint depuis 1944, d’une façon tout à fait personnelle, sans passer par les écoles ou les ateliers, et c’est au Japon, en s’adonnant à la pratique de la calligraphie et du Sumi-é sous la direction du maître Furihata, que Gaston Petit a découvert un nouveau monde plastique, qui le retient maintenant bien gravement, et qu’il développe de plus en plus attentivement.Tout a été remis en cause, pour le jeune peintre, devant cet art oriental d’une minutie inconnue en Occident, et surtout d’une qualité intérieure dont nous n’avons que bien exceptionnellement connaissance ; et cette révélation le passionne, d’un art tout fait d’intériorité et de méditation, de lyrisme purifié et de sensibilité contrôlée, tout en demeurant intuitive et spontanée.Il se trouve deux zones dans l’œuvre de Gaston Petit : ses tableaux et ses encres.Les tableaux sont faits la plupart du temps de reliefs généreux baignés de grandes masses de couleurs sombres et denses ; quelques graphismes nerveux et incisifs viennent lier les compositions.Les Sumi-é sont des mouvements cursifs et fortement poétiques d’encre noire sur papier blanc.Les tableaux se situent nettement dans ce qu’il est convenu d’appeler la peinture gestuelle : les reliefs toutefois conservent un aspect géologique de grande contemplation, d’éternité figée en quelque sorte ; et les tons employés viennent renforcer cette impression première de puissance calme, de vision assouvie, de naissance de mondes continuels ; la sombreur de certaines compositions, ou à l’inverse la stridente lumière laquée de certaines autres, sont vite intégrées dans l’ensemble plus rassurant de sa production : seul le graphisme, qui trahit en plusieurs endroits une passion tumultueuse et une tension presque insupportable, vient animer ce monde méditatif, et vient témoigner d’une inquiétude tenace.Autant les tableaux demeurent occidentaux et pleinement contemporains, bien en relation avec nos recherches plastiques actuelles, autant les Sumi-é se situent dans cette zone intemporelle et éthérée du paysage intérieur oriental : et c’est dans le Sumi-é que Petit semble mieux rendre sa mesure et la dimension spirituelle, liturgique, qui l’anime de toute évidence.L’art redevient ici fonction de contemplation, et l’espace mental et cosmique ainsi habité d’un geste aussi implacable qu’heureux, aussi nécessaire que fertile, nous montre efficacement la perspective fascinante devenue le milieu naturel du peintre.Les œuvres de Gaston Petit, O.P., seront exposées à la Galerie Libre, à Montréal, fin octobre 1963.Guy Robert THÉÂTRE Au théâtre Le Gardeur de Repen-tigny, où le Théâtre du Nouveau-Monde s’est installé pour la saison estivale, nous avons pu voir La Vengeance d’une orpheline russe de Rousseau, dit Le Douanier.Une orpheline aime d’un « grand amour » Henri Schumann.Il l’amène en Belgique et disparaît en lui faisant croire qu’il s’est suicidé.Mais elle l’apprend, et lui joue le même tour.Elle se venge de son séducteur en offrant sa main à un ami d’enfance qui tue Henri dans un duel de grand style.Nous sommes en plein drame pour.rire.Et le T.N.M.l’a bien compris.Ils ont poussé la parodie à fond.D’ailleurs le choix de la pièce est intéressant pour cette raison.C’est une excellente idée d’avoir choisi cette forme de jeu plutôt que de nous présenter une autre interminable pièce de boulevard sous prétexte que la saison estivale ne supporte que cela.Mais si le spectacle n’était que parodie, nous serions plus près de la revue carabine que du théâtre.L’invention dans les moyens employés place l’œuvre sur le véritable plan du théâtre : la poste, le canari, les changements de décors, le rôle du narrateur deviendront des pièces d’anthologie de la mise en scène.De plus le rythme est bon.Le T.N.M.nous semblait avoir perdu sa jeunesse et l’entrain qu’il avait mis dans les Farces de Molière.C’est alors une douce vengeance de voir ses comédiens jouer, sauter et courir avec une telle vitalité.Cette Vengeance me semble établir un équilibre dynamique dans les rapports d’une mise en scène précise, alerte et remplie de parti pris et la liberté accordée aux comédiens pour qu’ils ne soient pas des fantoches et puissent jouer librement.S’il faut mentionner des noms, il est évident que Louise Marleau, vu l’importance de son rôle, doit recevoir la première palme.La seconde, je l’offrirais à Gaétan La-brecque qui me semble jouer le rôle de sa carrière, par la variété et la malice à l’emporte-pièce qu’il a su trouver pour ce rôle.Il faudrait mentionner tous les comédiens mais je préfère leur dire que leur travail d’équipe est leur qualité de base, car sans elle ce spectacle devenait indéfendable.De plus, le soir où j’ai vu le spectacle, les comédiens semblaient s’amuser autant que les spectateurs, pourtant ce n’était pas à leurs dépens.La musique de Roger Le Sourd est une création dans l’esprit de la belle époque, en accord avec la mise en scène.Si ce spectacle avait à être repris, je ne ferais pas double emploi, parfois, du narrateur et de l’écran.C’est inutile.Je crois aussi qu’on s’acharne trop à ne pas être pris au sérieux et qu’on introduit parfois inutilement un gag facile : je pense aux « pauvres tantes ».On n’en demande pas tant.Je ferais aussi quelques coupures dans la deuxième partie.Elle est trop longue et le spectateur « décroche ».Le public semble très surpris de cette forme de théâtre et de cette absence de décor, reste un peu sur son appétit.Pourtant, plus le théâtre fait appel à l’imagination plus il est créateur et dynamique : on n’a qu’à se référer à ses plus grandes époques.Le T.N.M.nous a présenté une vengeance très russe d’une orpheline dans un esprit neuf bien en rapport avec son magnifique abri.Jean-Guy Sabourin LIVRES Walter Wiora : Les quatre âges de la musique, Paris, Payot, 1963, 222 p.La première édition française de cette œuvre mérite d’être soulignée, ne serait-ce que pour sa structure : pour W.Wiora, la musique ne commence plus avec Bach pour s’achever avec Wagner, elle déborde généreusement les cadres de la polyphonie mélodique européenne, heureusement ! Les quatre âges de la musique : la préhistoire et les origines obscures de multiples formes et styles (en musique comme dans d’autres secteurs de l’activité de l’homme) ; l’antiquité et l’Orient voient ensuite la musique évoluer au rythme même des civilisations qui se succèdent ; le millénaire de musique occidentale (européenne) dans le sens de la polyphonie mélodique écrite ; enfin, « l’âge de la technique et de la civilisation industrielle mondiale », où M.Wiora me semble mal à l’aise, où il accepte Stravinsky mais se méfie de Schônberg, de Karl Orff auteur d’un très beau Carmina Burana (Parliament PLP.161), et surtout de Stockhausen.C’est une faiblesse du livre, que cette méfiance envers la musique de notre temps, envers donc notre musique, celle de Varèse, de Xénakis, de Schaeffer, de Boulez.Wilhelm Rôpke : La crise de notre temps, Paris, Payot, 1962, 282 p.Un « inventaire et bilan » qui suit la révolution politique et la révolution économique pour aboutir aux « splendeurs et misères du capitalisme » ; puis une réflexion « active » concernant la crise actuelle de l’économie politique, qui débouche sur « un nouvel ordre international ».Norbert Wiener : Cybernétique et Société, Paris, Les Editions de Minuit, 1962, 250 p.(Le monde en 10-18, nos 47-48).Ce livre porte en sous-titre « l’usage humain des êtres humains ».Il s’y trouve un humour certain.L’auteur a lui-même développé cette « science de l’information » qu’il a nommée cybernétique et qu’il fait dériver du grec « ku-bernetes » (pilote) : on définit aussi la cybernétique : science de l’autoréug-lation et des mécanismes capables de se gourverner eux-mêmes.Tout ce que je pourrais en dire risquerait de détourner le lecteur : ce petit livre se lit pour le plaisir de découvrir tout un nouveau monde, et nous fait deviner une autre des dimensions fascinantes du moment de l’histoire de l’homme que nous vivons.D’un intérêt exceptionnel.y sont posées dans le contexte d’une abondante documentation et traitées avec un soin remarquable ; les ressemblances et différences entre l’âme animale et l’âme humaine, les relations entre l’âme et le corps, la recherche du bonheur, la dimension religieuse, etc.Paul-André Lesort : Paul Claudel, Paris, Seuil, 1963, 192 p.Dans la collection « Ecrivains de toujours », voici le 63e titre, « Claudel par lui-même ».Les belles pages y abondent, les belles images complètent le texte attentif de P.-A.Lesort (cette photo de la page 99, à Rio de Janeiro, c’est la Parole même de Claudel qui s’élève de la terre vers le ciel au long des palmiers rugueux).L’abondante chronologie de 26 pages mérite d’être mentionnée, pour ceux qui s’intéressent à Claudel.Morvan Lebesque : Camus, Paris, Seuil, 1963, 188 p.Témoignage : c’est peut-être le mot qui convient le mieux à Camus, qui disait ses dix mots préférés être les suivants : « Le monde, la douleur, la terre, la mère, les hommes, le désert, l’honneur, la misère, l’été, la mer ».Camus a été pour beaucoup la révélation définitive de ce que Miguel de Unamuno nommait « le sens tragique de la vie » ; il demeure témoin d’une recherche qui refuse de se payer de mots et d’idées et de demi-solutions, témoin de ce qu’on appelle aussi parfois l’absolu.Ce petit livre est à son image, à son souvenir.Robert Laplante : Ti-Blanc Mouton Noir, Montréal, Editions de l’Homme, 1963, 126 p.C’est une histoire poignante que celle-ci : il faut passer par-dessus les faiblesses du style, s’en tenir au niveau du document.Robert Laplante n’est pas un auteur, c’est un homme qui nous offre avec une franchise aiguë son drame ; sa parole fait mal, à cause de ce calme sans grandiloquence ni sensiblerie.Dr Michel De Langre : Ame humaine et Science moderne, Paris, Lethielleux, 1963, 244 p.Entreprise considérable que ce livre qui oscille entre la philosophie et la biologie.Nombre de questions attirantes A.Desqueyrat : Le civilisé peut-il croire ?, Paris, Desclée De Brouwer, 1963, 264 p.C’est dans l’actuelle crise de civilisation, pour la première fois peut-être aussi consciente dans l’histoire de l’homme, qu’une telle question se pose et s’étudie avec tant de lucidité.C’est d’abord la situation médiévale, puis la situation bourgeoise, qui sont analysées, dans la perspective de leurs institutions et de leur ordre de valeurs ; l’auteur en arrive ensuite à la situation actuelle, celle des « organisateurs », où la standardisation, la socialisation et la dépersonnalisation constituent une triple menace.La dernière partie du livre établit une réflexion sur les relations entre le christianisme et la civilisation.L’enfant malformé, Paris, Lethielleux, 1963, 160 p.Ecrit par des spécialistes, ce cahier du Centre d’Etudes Laennec aborde un problème remis dans l’actualité dramatique par la thalidomide.Conçu sous l’angle de la déontologie médicale, ce cahier peut intéresser le public surtout dans les chapitres qui traitent de l’enfant anormal vivant au foyer, des problèmes psychologiques posés par la naissance des enfants malformés, et de l’Union des parents des enfants inadaptés.La pétanque, Verviers (Belgique), Marabout, 1963, 160 p.Tout ce qu’il faut savoir pour devenir un « champion provençal » de ce sport à la mode.Maurice Rat : Je connais mieux le français, Verviers (Belgique), Marabout 1963, 160 p.Maurice Rat, spécialiste bien connu du langage, a écrit ce petit livre bien fait, à la fois précis et intéressant, qu’on peut parcourir pour son plaisir (toujours ces excellentes illustrations de Lucien Meys) ou consulter pour son information.On ne peut mieux allier l’utile à l’agréable.G.R.R Ns,, s N pCNj .k ^ U*"1: '•¦¦¦¦ t "'ll N* "S; jN," \l ' lOn collate ta in el tratees iHe; is is-s erne Ik aie, ts ieli- cirilist fiil-i ;nï ce ;iv> ilii |8H3 fliiwe -lice ::,i ice.cce CS ieeecie- fell- iKG-' à !i èi»» :,;|i*’.è' •é&:: ' licfii *: A# aJi1^ i«,elaI Nos collaborateurs I, ci*»11® .du mois Sarberis, Robert : Etudiant en théologie et à l'Ecole Normale secondaire.Slain, Claude, P.S.S.: Professeur à l'Ecole Normale secondaire ; animateur à l'émission Les uns les autres ; responsable de la méditation dominicale à Radio-Canada.• Déry, Claude : Courriériste parlementaire à Québec pour le compte de La Tribune, de CHLT-Radio, et de CHLT-T.V.¥• , pu jfofl»’ *! V Aethot, Georges-R., O.P.: Prédicateur et conseiller matrimonial.are, Jean : Journaliste o La Patrie.crusse, Noël Agent des Relations Extérieures à la Fédé ration des Travailleurs du Québec.ratte, Gilles : Journaliste à La Presse.lobert, Guy : Critique littéraire et critique d'art.Professeur 6 l'Université de Montréal.Doucet, Paul, O.P.: Vicaire à Ste-Anne de Fall River, U.S.A.eBlanc, Philippe, O P.: Vicaire à St-Dominique de Port Credit, Ontario.eclercq, Chan.Jacques : Ancien professeur à l'Université de Louvain.Premier président de la Conférence internationale de sociologie religieuse.évesque, Georges-Henri, O.P.: Recteur de l'Université d'Astrida au Rwanda, Afrique centrale.lewellyn, Abbé Robert : Premier vicaire 6 la paroisse Ste-Marguerite, Faubourg St-Antoine, Paris.Sabourin, Jean-Guy : Directeur des Apprentis-Sorciers.Professeur.Trudel, Claude : Psychologue au Centre de Consultation matrimoniale de Montréal.Vanasse, Jean-Paul : Directeur de l'Information Française à l'Office National du Film.Critique littéraire.Vennat, Pierre-J.-G.: Adjoint au Directeur de l'Information au Journal La Presse.Livres reçus Carbonneau, René : Le destin de Frère Thomas, Montréal, Les Editions de l'Homme, 1963, 157 p.Duroux, Benoît, O.P.: La psychologie de la foi chez saint Thomas d'Aquin, Tournai, Desclée, 1963, 232 p.Gorce, Dr Denys : Saint Ambroise, Namur, Les Editions du Soleil Levant, 1963, 189 p.Ildebrando : L'idéal de l'unité dans l'Eglise, Tournai, Desclée, 1963, 152 p.Laurentin, René : La question mariale, Paris, Seuil, 1963, 173 p.Lebel, Wilfrid : Le vocabulaire des affaires, Montréal, Les Editions de l'Homme, 1963, 92 p.Renard, Louis : Sport mon ami, Paris-Tournai, Casterman, 1963, 208 p.Roland, Danielle : Maria Bonpain, Paris-Tournai, Casterman, 1963, 208 p.Semmelroth, Otto : Le sens des sacrements, Paris-Bruxelles, Etudes Religieuses, 1963, 98 p.REVUE CHRÉTIENNE D'OPINIONS SUR L'ACTUALITÉ, PUBLIÉE PAR LES DOMINICAINS EN COLLABORATION AVEC D'AUTRES CLERCS ET DES LAÏCS PARAÎT LE 15 DE CHAQUE MOIS directeur-administrateur : H.-M.BRADET, O.P.secrétaire de rédaction : H.DALLAIRE, O.P.comité de rédaction : A.BRUNET, O.P.PASTEUR D.POURCHOT G.TELL5ER, O.P.HÉLÈNE PELLETIER-BAILLARGEON JACQUES GIRARD GUY ROBERT PIERRE SAUCIER maquette typographique : GILLES ROBERT CONDITIONS D’ABONNEMENT: ABONNEMENT D’UN AN____________S 5.00 ABONNEMENT D’ÉTUDIANT ________ $ 3.50 ABONNEMENT DE SOUTIEN ________ $10.00 RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS ET PUBLICITÉ, 2715, Chemin Côte-Ste-Catherine, MONTRÉAL-26, P.Q.TÉL.739-2758 N.B.Les abonnements ne sont enregistrés qu'au reçu du versement.IMPRIMÉ AU CANADA PAR : L’OEUVRE DE PRESSE DOMINICAINE N.B.LA REVUE N’EST PAS RESPONSABLE DES ÉCRITS DES COLLABORATEURS ÉTRANGERS À L’ORDRE DE SAINT-DOMINIQUE CUM PERMISSU SUPERIORUM f LES PARENTS avant LE MINISTÈRE A l’occasion du Bill 60, quelle armée de boucliers pour protéger la confessionna-lité de nos écoles ! Pour ma part, je ne trouve rien de particulièrement déplorable dans tout cela, bien que je trouve que certains ardents défenseurs de la confessionnalité font bon marché du droit sacré des gens à l’exercice, dans l’Etat, de leur liberté de conscience.On bâtit une drôle de confessionnalité.Et on se prépare un curieux avenir, quand on bâtit sur un mépris systématique des droits reconnus par la plus élémentaire justice.Mais ce qui m’intrigue le plus dans tout cela, c’est que bien des ardents défenseurs de la confessionnalité de nos écoles oublient qu’en pratique, l’éducation chrétienne de leurs enfants dépend d’eux beaucoup plus que d’un cadre juridique.Ils veulent des écoles publiques confessionnelles pour leurs enfants.Et en cela je ne pense point qu’ils aient tort.Mais en même temps, cette éducation chrétienne que doit donner l’école confessionnelle, ils ne pensent point qu’ils en sont au foyer ses premiers artisans.Et que cela est plus important que tout.Que la confessionna-lité, c’est au foyer d’abord et avant tout qu’elle doit être, si l’on veut qu’elle soit dans les institutions d’Etat.Qu’on la place bien inutilement dans les institutions d’Etat, si préalablement elle n’est pas dans les foyers.Que l’école, en cela comme en bien d’autres choses, n’est que le complément du foyer.Enfin que la foi agissante, c’est aux parents que les enfants la devront avant même que de la devoir à leurs maîtres d’école.Or, aujourd’hui, dans notre milieu, tout en discussion sur la confessionnalité des écoles, combien de parents assument vraiment, pour la rentrée des classes et pour au-delà de la rentrée, leur responsabilité, irremplaçable dans l’éducation chrétienne de leurs enfants ?Combien de parents pensent qu’un jour, leur enfant qui aujourd’hui croit d’une foi d’enfant, devra quand il entrera dans la vie adulte, poser un acte libre de foi et que tout cela dépend d’eux principalement ?Il s’agit, pour eux, de l’éclairer de telle sorte qu’un jour il pose un acte de foi qui soit pour lui un véritable engagement.Il s’agit aussi de le faire de telle sorte que cette entrée dans la foi adulte soit parfaitement libre ; de telle sorte que l’enfant devenu adulte, croit librement, personnellement, de sa foi à lui.Cette œuvre des parents chrétiens est immensément délicate et pleine de risques.Perpétuellement on est exposé à jeter l’enfant ou dans le conformisme ou dans l’incroyance.Parce qu’elle est pleine de risques, je pense que s’il est sublime d’être parents, et parents chrétiens, il n’est pas facile de l’être vraiment.Claude Blain LE NUMÉRO : $0.50
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