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Maintenant
Revue d'idées très en phase avec les débats qui animent la société québécoise durant la Révolution tranquille.

[...]

La revue Maintenant arrive et s'inscrit dans l'effervescence du Québec des années 1960, au moment de la Révolution tranquille. Elle a pour vocation de remplacer la Revue dominicaine en créant un lieu de discussion collé sur l'actualité. Pour s'insérer davantage dans l'activité intellectuelle de son temps, la nouvelle revue affiche une facture moins savante.

Père Henri-Marie Bradet, directeur de la revue depuis ses débuts en 1962, rassemble rapidement de nombreux collaborateurs, clercs et laïcs. Plusieurs dominicains, mais aussi Benoît Lacroix, Louis Lachance, Émile Legault, Gérard Dion et Louis O'Neill offrent des contributions à la revue, tout comme les laïcs Hélène Pelletier-Baillargeon, Louis Fournier, Pierre Saucier, Dr Paul David, Ernest Pallascio-Morin, Jacques-Yvan Morin, Guy Robert et Naim Kattan, parmi de nombreux autres.

La volonté d'actualisation du catholicisme prônée par Maintenant tient ses racines dans le personnalisme des années 1930 et son ouverture à l'individualisme, et coïncide, en 1962, avec le programme de réformes du catholicisme de Vatican II, duquel la revue portera l'esprit au Québec. Elle offre une tribune aux catholiques de gauche, soucieux de montrer un esprit actuel et moderne à la jeunesse intellectuelle.

Maintenant s'adapte rapidement aux changements accélérés en cours dans la société québécoise et devient un lieu de débat important. Les clercs souhaitent se positionner comme porteurs d'une conscience morale évolutive de la société vis-à-vis des intégristes et du contrôle de l'Église. Cet humanisme chrétien motive Maintenant à adopter hâtivement le socialisme démocratique et à cautionner et pousser l'idée de l'indépendance politique du Québec.

Le contexte de laïcisation et de pluralité grandissante des affiliations religieuses, conjugué au déclin de l'attachement national canadien-français et catholique, donne naissance à un nationalisme québécois civique qui se manifeste notamment dans la déconfessionnalisation de l'enseignement public. Maintenant en sera partie prenante.

La revue participe ouvertement aux débats sur la régulation des naissances, mais, par principe religieux fondamental, demeure d'abord contre l'avortement. Et bien qu'elle appuie une laïcité ouverte, la revue refuse affronte la position radicale de la relégation du religieux à la sphère privée. Les audaces que Maintenant se permet font des mécontents à la tête de l'ordre dominicain à Rome, qui demande la destitution du père Bradet en 1965. La maison provinciale de l'ordre ne souhaite pas se ranger dans la réaction. Le père dominicain Vincent Harvey prend la relève de Bradet à la direction et offre au contraire davantage d'autonomie à la revue, qui appuie plus résolument le socialisme et l'indépendantisme québécois.

Maintenant souhaite mettre un terme au nationalisme messianique pour que toute la place soit laissée à un mouvement politique pragmatique, qui envisage la souveraineté politique comme moyen pour le Québec de se développer. Tous les dominicains ne sont toutefois pas à l'aise avec les positions politiques de la revue. L'ordre sort de l'aventure en 1969. Son maigre financement est dorénavant assuré par Pierre Péladeau. La revue délaisse alors presque complètement le contenu religieux pour se concentrer sur les questions politiques, sociales et économiques.

Durant la période qui suit, Maintenant accueille des collaborateurs réputés, dont Robert Boily, Jacques Parizeau, Michèle Lalonde, Fernand Dumont, Jacques Grand'Maison, Jacques-Yvan Morin, Guy Rocher, Camille Laurin, Pierre Vadeboncoeur et Louis O'Neill. Hélène Pelletier-Baillargeon y est toujours et sera d'ailleurs nommée directrice au décès de Vincent Harvey en 1972.

Maintenant est affiliée aux journaux indépendantistes et réformistes Québec Presse (1969-1974) et Le Jour (1974-1978). Les trois cahiers publiés en 1975 sont d'ailleurs distribués avec Le Jour. Plusieurs des collaborateurs des dernières années seront des figures importantes du gouvernement et de l'administration du Parti québécois à partir de 1976.

Source:

ROY, Martin, Une réforme dans la fidélité: la revue Maintenant (1962-1974) et la «mise à jour» du catholicisme québécois, Québec, Presses de l'Université Laval, 2012.

Éditeurs :
  • Montréal, P.Q. :les Dominicains en collaboration avec d'autres clercs et des laïcs,1962-1975,
  • Montréal :Éditions Maintenant inc.,
  • Montréal :Editions Maintenant :
Contenu spécifique :
Mars
Genre spécifique :
  • Revues
Fréquence :
chaque mois
Notice détaillée :
Titre porté avant ou après :
    Prédécesseurs :
  • Revue dominicaine ,
  • Témoins
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Références

Maintenant, 1963-03, Collections de BAnQ.

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MARS 1963 Sommes-nous dans une crise religieuse?Les «oeuvres» La réponse est nettement affirmative, si nous entendons le mot « crise » dans son sens étymologique de « période de choix, d’orientation ».Des faits nouveaux, qui éveillent des tentations jusqu’ici inconnues — ou à peu près — des catholiques du Québec, permettent facilement de justifier une telle assertion.Nous nous y arrêterons quelque peu, en soulignant aussi les bonnes et les mauvaises réactions face à un état de crise.Cependant, s’il faut donner au mot « crise » le sens péjoratif, celui que lui accorde le langage courant, à savoir que « cela va mal », comme dans « crise financière, politique, sentimentale », « crise de la maturité », ou simplement «crise d’asthme, d’arthrite ou de nerfs », notre réponse devient négative.Non, il n’y a pas de crise religieuse chez nous, parce qu’il n’y a rien de morbide ni même de pathologique.RÉVEIL OU DÉCLIN On l’a dit et répété : il est normal qu’un peuple en croissance sur les plans politique et social, économique et culturel, traverse également Sommaire complet une ou des crises religieuses.Une adaptation de la foi et de l’Eglise, à ce à l'intérieur moment de notre histoire, comporte évidemment des risques, qu’il ne faut pas minimiser.Nous pouvons, comme tous les pays du monde, en sortir ou amoindris ou grandis, selons les réponses que nous fournirons au test de notre confrontation avec le monde.Parce qu’une crise est une épreuve, un réveil ou un déclin peuvent également en résulter.Les faits sont là et ils ne peuvent être niés.La clef du succès ou de l’échec est plutôt à rechercher dans nos attitudes face à la réalité.ARMAND RACICOT Mouvements paroissiaux, Eglise en marche GÉRARD PELLETIER Associations pieuses et besoins paroissiaux HENRI DALLAIRE Vie et mort des œuvres AUTREFOIS Autrefois, j’entends dans l’enfance de ceux et celles qui sont parvenus à une maturité encore tendre, nous vivions, au Québec, dans un climat qui s’apparentait au Moyen Age.Je veux dire que l’Eglise Catholique Romaine nous fournissait notre cadre de pensée, nos certitudes intellectuelles, et inspirait toute notre vie morale.Certes, on trichait en affaires, on buvait, on sacrait, (que l’on pense aux trois péchés traditionnels : « la champlure, la sacrure, la luxure »).Il n’y avait toujours qu’un « monde spirituel », unique.Aujourd’hui, du moins à Montréal, quarante nations se côtoient chaque jour, au travail, sur la rue et dans le quartier.Il y a aussi les indifférents, les agnostiques, et tous ces « laïques » au sens français du terme, qui revendiquent une pensée affranchie des dogmes de l’Eglise et de l’influence du clergé.Autrefois, tous les non-catholiques étaient des gens à éviter.« Pire qu’un protestant », disait ma mère lorsqu’elle voulait adresser son plus grave reproche.On parlait des « Juifs perfides et déicides », parfois des Musulmans qui détruisaient les lieux saints.On connaissait certes l’existence du continent africain et de l’Asie, mais plutôt comme des contrées légendaires, des peuples à évangéliser.On leur envoyait des sous, sans aucune inquiétude et sans désir d’en connaître plus sur leur sort.AUJOURD'HUI RÉDACTION, ADMINISTRATION, ABONNEMENTS ET PUBLICITÉ, 2715, Chemin Côte-Ste-Catherine, Montréal-26, P.Q.Tel.739-2758 739-4002 Le Ministère des postes, à Ottawa, a autorisé l’affranchissement en numéraire et l’envol comme objet de la deuxième classe de la présente publication.Frais de port garantis si non livrable.Aujourd’hui, les moyens de communication nous font connaître leurs idées et ils viennent même nous les dire à la radio, à la T.V.et dans leurs publications.La moindre barrière nous apparaît choquante et nous sommes heureusement curieux de tous ces « autres ».Quant aux chrétiens non catholiques, ils sont invités par le Pape lui-même aux séances du Concile, alors que les journalistes catholiques ne le sont même pas.« U existe, écrit le P.Congar, tout un éventail de contacts qui va du toléré jusqu’au quasi-officiel, en passant par le permis et l’officieux ». sommaire liiJJi1!1” Uii l': ; .I-1':" $ sût itfois :¦¦ NOUVELLES TENTATIONS Ces faits apportent un incontestable enrichissement.Impossible de s’enfermer dans le cercle étroit de ses propres idées ; il faut tenir compte de l’existence des autres, de ces autres qui nous posent des questions et nous ; demandent des réponses.Les jeunes, plus spécialement, sont hantés par de pareilles interrogations et les éducateurs le savent bien : « Seront-ils sauvés, eux aussi ?— Pourquoi ai-je la foi alors qu’ils ne l’ont pas ?» La tentation la plus fréquente est sans doute le relativisme religieux : > « Toutes les religions sont bonnes.Ce qui compte, c’est la sincérité ».Ou encore la religion est confondue avec une vague morale : « Je ne vais pas à l’église, mais je ne fais de tort à personne ».Face à tant de non-catholiques qui sont d’une très haute moralité, on tirera un argument contre l’Eglise : « Vous voyez : les catholiques ne sont pas meilleurs que les autres ».De telles réflexions seront généralement justifiées au nom de la tolérance, plutôt conçue comme une démission de l’intelligence, une mollesse, une largeur de vue.Pourtant, s’il faut incliner vers la tolérance, ce n’est pas par abdication de rechercher la vérité.Au contraire, la tolérance bien comprise est plutôt la vraie manière d’aimer et de respecter intégralement la vérité, partout où elle peut se trouver.ON REFUSE Co»1 Ji $ Beaucoup de catholiques, clercs et laïques, confortablement installés dans leur « système » religieux, s’attachent au statu quo et même au retour en arrière.C’est l’exemple typique de l’enfant qui ne veut pas grandir et que ses parents, par leur comportement, continueront de traiter en bébé.Soit par faiblesse, soit par instinct de sécurité, on se cramponne à ce qui est, dans les ignorances comme dans les structures.Pourtant, les accouchements se feront de force.« Parce qu’ils n’auront pas été vaccinés à temps, écrit le Père Liégé, nombreux seront, hélas ! les chrétiens, et plus nombreux encore les hommes simplement religieux, qui laisseront dans la crise leur relation à Dieu ».H.-M.Bradet, O.P.: Sommes-nous dans une crise religieuse?73 CARREFOUR DU MONDE Henri Dallaire, O.P.: Du music- hall aux petits Chinois .108 Fernand-M.Fortin, O.P.: Coup de filet en Amérique latine 83 Eiji Hattori : De Fuji à Sainte- Geneviève .82 Micheline Piotte : Carrefour du monde .85 Bruno Roy, O.P.: La Maison du pain.86 CULTURE Anne de Nomerenge : Le sens du divin, source d'inspiration 102 Guy Robert : Tendances actuelles de l'édition .104 Pierre de Russon : Découvrir ou penser ?.96 Jean-Paul Vanasse : Le huitième art naîtra-t-il ?.98 DIAGNOSTIC 94 MONDE ETUDIANT Gabriel Escalmel : Théologiens du bout du banc .92 Jacques Girard : L'intégrisme des laïcs .89 Robert Gratton : La peste soit des journaux étudiants 90 MORALE Pierre Baillargeon : A cœur ouvert 97 Benoît Lacroix : Normand Hudon dépasse-t-il la mesure ?.95 ŒUVRES PAROISSIALES Henri Dallaire, O.P.: Vie et mort des œuvres .80 Gérard Pelletier : Associations pieuses et besoins paroissiaux 78 Chanoine Armand Racicot : Mouvements paroissiaux.Eglise en marche .77 POLITIQUE Claude Déry : Quand le mouton.devient bélier .101 Noël Pérusse : Chômage et démocratie .100 Pierre Saucier : Aurons-nous autre chose qu'un poisson d'avril ?.99 VIE CONJUGALE Docteur Jacques Baillargeon et Hélène Pelletier-Baillargeon : La méthode sympto-thermique 87 ON SE RÉSIGNE La situation historique que nous vivons pose un problème et des problèmes.Elle ne dicte pas une solution, mais pose un défi auquel les catholiques doivent apporter des réponses.L’avenir n’est pas prédéterminé en ce sens que la liberté ne s’exercerait plus.Il y a tout de même des données irréversibles qui font que le monde va du passé vers l’avenir et non de l’avenir vers le passé.Certains catholiques acceptent les faits nouveaux, tout en gardant au cœur la nostalgie du passé.Toute transformation leur apparaîtra comme amoindrissante et ils essaieront de l’indiquer par quelques barrages, se rassurant sur des signes nouveaux de religiosité.La crise se déroulera dans une atmosphère de tristesse, qui la rendra plus dure et moins rapide.On se résigne, mais on n’accepte pas.ENFIN, ON COMPREND.On semble enfin comprendre, à la manière de Pie IX qui disait : « Mon successeur devra s’inspirer de mon attachement à l’Eglise et de mon désir de faire le bien.Quant au reste, tout a changé autour de moi : mon système et ma politique ont fait leur temps, mais je suis trop vieux pour changer d’orientation, ce sera l’œuvre de mon successeur » (R.Aubert, Pie IX, Bloud et Gay, 1952, p.408).Il y aura réveil de la foi si nous écoutons les questions des autres et s faisons un effort pour exprimer des réponses valables.La conviction personnelle, qui naît d’une étude plus approfondie de sa religion sera la condition sine qua non du succès.Par contre, la crise religieuse chez nous amènera des défections de plus en plus nombreuses, si nous refusons de voir ce qui est.La religion est la même qu’il y a cinquante ans, mais le réalisme de tu* l’incarnation oblige à constater que la foi est plus difficile à vivre qu’il y a P cinquante ans.On ne croira pas demain comme on croyait hier et pourtant on croira au même Seigneur.H.-M.BRADET, O.P.PROCHAIN COLLOQUE CRISE RELIGIEUSE CHEZ LES JEUNES 77 » F1'" AUX LIONS Mouvements paroissiaux Eglise en marche iiin; i Je l'a-1 SITUATION DE FAIT „ - .seras-U dais :,0asf Toute discussion sur les confréries, archiconfréries, congrégations, mouvements paroissiaux traditionnels et classiques me semble, au départ, faire figure d’anachronisme.Depuis une dizaine d’années déjà, depuis ces toutes dernières années surtout, le sort de ces vénérables institutions paraît scellé, du moins en principe.Remettre à l’ordre du jour la question de leur existence, voire de leur « résurgence », de leur opportunité ou de leur efficacité, pourrait bien être une perte de temps et un gaspillage d’énergies.Pour reprendre une comparaison du Père Henri de Lubac, s.j., vieille déjà de vingt ans, dans le Drame de l'Humanisme athée, ces associations pieuses sont, comme tant d’autres précieuses institutions dans l’Eglise, des épaves « que la vague populaire un jour a poussées sur la berge, puis, le flot s’étant retiré, elles sont restées là, stagnantes et impuissantes, mûres pour la désintégration ».Et, dans notre belle Province, nous connaissons ces nombreuses rivières dont les rives sont couvertes de billes de bois qui ne se rendront jamais au moulin.ion i*1' IjCOII’ Je H lis# pOllt»111 o.'- HISTOIRE ET IRREVERSIBILITE Nous ne pouvons rien contre cela.Les individus réfléchissent et s’approfondissent, les sociétés et les nations également.Vouloir retourner au sein de sa mère, une fois qu’on en est sorti, est une utopie et même une révolte contre le Dieu qui a créé l’homme perfectible.Nos associations pieuses traditionnelles ont été très méritantes.Au temps où elles étaient seules, elles groupaient naturellement des masses considérables.Elles rassemblaient même pratiquement toute l’église canadienne : qu’elles n’eussent rien donné, dans ces perspectives, eût été pratiquement inconcevable.Mais, pour l’heure, les soucis des chrétiens engagés ne vont plus vers le passé mais vers l’avenir ; et la parole de l’Evangile qui les touche le plus, — plus du moins qu’une oraison funèbre chargée de pleurs et de fleurs, — c’est : « Laissons les morts ensevelir les morts ».Qu’on nous permette cependant d’opérer une distinc-j tion parmi ces sociétés.Quelques-unes, vieilles de plusieurs siècles, mais imprégnées d’un mysticisme authentique et tou-j jours adapté, parce qu’évangélique (je pense aux tiers-ordres, en particulier), et d’autres plus jeunes, mais extrêmement exigeantes, fondées sur des dévotions centrales (Adoration du ! Saint Sacrement, culte du Sacré-Cœur dans les foyers, dévotion mariale, etc.), vont probablement continuer à recruter une clientèle d’éüte, clairsemée mais héroïque et admirable.Quant aux autres associations, à dimension locale, ré-j gionale et même nationale, à saveur particulariste ou individualiste (je n’ose donner des noms, la liste serait trop longue), elles ne peuvent plus offrir de centre d’intérêt vivant et prenant dans les communautés chrétiennes d’aujourd’hui et sont, en conséquence, destinées à mourir d’asphyxie lente et sûre.Pis encore : elles retiennent injustement des énergies qui seraient mieux employées ailleurs.RAISONS DE CE DÉPASSEMENT Le plus utile cependant est d’examiner le processus — irréversible —- qui nous entraîne à la recherche de nouvelles formules et qui échappe peut-être à l’observation de ceux qui s’entêtent à vouloir rendre et redonner la vie à ces institutions moribondes.Ces associations ont prospéré à une époque où l’on se faisait de la religion une conception tout à fait différente de celle que les papes récents ont proposée.Cette conception ancienne était celle d’un individualisme fermé et outrancier qui s’exprimait dans des formules telles que : « Nous n’avons qu’une âme, qu’il faut sauver envers et contre tous ».« Il y a trois états de vie : le clergé séculier, le clergé régulier et le monde où l’on se perd ».« Jésus a condamné le monde, une seule spiritualité s’impose à son endroit : le sauve-qui-peut individuel ! » Or tel n’est plus le complexe psychologique de notre temps.L’esprit actuel est communautaire, socialisant.Le chrétien ne veut plus aller à sa messe, recevoir sa communion, gagner son ciel en s’inscrivant aux associations qui lui donnent une meilleure conscience et l’occasion d’accroître ses mérites et d’obtenir le plus d’indulgences possible.D’autres paroles de l’Ecriture retiennent son attention plus que les mises en garde et les préventions.Celles-ci, par exemple : « Emplissez la terre et soumettez-la ; dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux » (Gn 1 27) ; « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (1 Tm 1 15) ; « Moi je suis venu pour que les brebis aient la vie et l’aient en abondance » (Jn 10 10).A ce compte-là, le chrétien d’aujourd’hui a surtout le sentiment de plus en plus lucide qu’il est un témoin, témoin du Dieu créateur et du Dieu rédempteur, et que son unique souci ne peut être sa petite âme, mais le salut du monde entier.LES MOUVEMENTS DE RECHANGE Voilà le souffle profond, perturbateur, qui traverse les mouvements anciens, ride leur surface, et pousse la barque Eglise dans une direction nouvelle.Un esprit nouveau apparaît, qui peut se définir : « Attention à la vie » ou encore «Attention au monde », « Attention aux autres ».Esprit qui se traduit dans l’Œcuménisme par exemple, mais de mille autres manières aussi, voire dans le renouvellement opéré à l’intérieur de mouvements hier encore stéréotypés, tels que les Ligues du Sacré-Cœur et les Dames de Sainte-Anne. 78 Un principe semble l’inspirer, qui s’appelle le respect de la nature, comme appui à la grâce.Le chrétien n’est pas dans le monde pour condamner le monde, créature de Dieu, mais pour le sacraliser.De là vient que ces associations nouvelles prennent toutes leur départ dans les besoins naturels ou les aspiratioins valables des hommes et communautés humaines de notre époque : mariage, éducation, instruction, protection des faibles, des sous-développés, des délinquants en travail de réhabilitation, etc.De tels mouvements sont florissants, et si nombreux que de donner la liste de ceux qui existent déjà dans la plus humble de nos paroisses serait abuser de la patience du lecteur.C’est vers ce terme que nous marchons, à l’heure présente : les uns, de manière consciente et lucide ; les autres, par instinct et parce que happés par la force de ce mouvement je le répète, irréversible.La meilleure preuve en est que les mouvements qui expriment le nouvel esprit vivent et se développent rapidement, et que, d’autre part, les mouvements anciens qui veulent survivre se sentent obligés de réformer complètement leur spiritualité et leurs cadres, tout en sauvant le nom ou l’étiquette qui les désignait hier.De toute façon, ce qui importe, ce ne sont ni les noms, ni les cadres, ni les étiquettes, mais la vie.Et parce que la vie est progrès et continuel dépassement, c’est aimer la vie et l’Auteur de la vie que de chercher à toujours progresser et à toujours se dépasser.CHANOINE ARMAND RACICOT ASSOCIATIONS PIEUSES ET BESOINS PAROISSIAUX Après l’exposé très franc, très direct de M.le Chanoine Racicot, il me paraît moins utile pour moi de poser des jugements, d’exprimer des opinions.Je m’efforcerai plutôt de définir des critères, de mettre au point une grille qui, appliquée aux organisations pieuses de nos paroisses, permette à chacun d’évaluer objectivement ces congrégations, ces ligues et ces associations.Mouvements amovibles Bien entendu, je prends pour acquis que nous ne sommes ici, ni pour condamner a priori les mouvements paroissiaux, ni pour les défendre aveuglément.Il s’agit de groupements qui n’ont pas les promesses d’éternité de l’Eglise elle-même.Leur valeur n’est pas absolue : l’Eglise a déjà vécu sans eux.Il est donc permis aux chrétiens de s’y attacher s’ils les jugent utiles et de s’en détacher s’ils les jugent nuisibles ou simplement superflus.La valeur de ces organismes n’est que relative.Relative à quoi ?C’est ce que j’essaierai de définir.Œuvres vs paroisse Posons d’abord que les associations pieuses existent pour la paroisse et non la paroisse pour les organisations pieuses.Ces dernières n’ont de justification que dans la mesure où elles aident les chrétiens à poursuivre les fins de la communauté paroissiale.Ce sont des œuvres dites « auxiliaires », c’est-à-dire subordonnées à la paroisse.Leur fonction doit s’intégrer à la fonction paroissiale.Si donc elles aident la paroisse à remplir sa fonction, si elles enrichissent la vie communautaire des chrétiens, nous devrons juger qu’elles jouent leur rôle et qu’elles ont leur raison d’être.Si au contraire il nous apparaît qu’elles ne jouent plus ce rôle ou qu’elles le jouent mal, s’il devient évident qu’elles tournent en rond, qu’elles absorbent à se perpétuer des énergies dont elles privent la vie paroissiale ou qui pourraient être mises à meilleur usage, nous conclurons que non seulement elles ont perdu leur utilité mais qu’elles sont même devenues nuisibles.Paroisse de ville Quand je parle ici de la paroisse, il s’agit de la paroisse contemporaine des grandes villes, la seule que je connaisse.Or, dans la vie d’une communauté de ce type, on peut distinguer quatre ordres principaux de besoins : a) ceux qui ont trait à la vie intérieure personnelle de chaque chrétien ; b) ceux qui ont trait à la vie communautaire paroissiale ; c) ceux qui ont trait au rayonnement de cette vie communautaire vers les autres paroisses, vers le monde extérieur, vers nos frères séparés et nos frères non croyants ; d) ceux qui ont trait à l’action chrétienne sur la société.Il faut donc, si nous acceptons cette grille, nous demander si les associations pieuses et autres organisations paroissiales traditionnelles répondent aux besoins des chrétiens d’aujourd’hui, à chacun de ces quatre paliers.Vie intérieure C’est évidemment au premier des quatre que les associations pieuses s’adressaient à l’origine.Si, par exemple, nous considérons d’abord les plus anciennes c’est-à-dire les tiers-ordres, il ressort clairement de leurs constitutions qu’elles visaient en premier lieu à doter les laïcs d’une spiritualité adaptée à leur vie.Et nous découvririons peut-être, au terme d’une analyse approfondie, que les tiers-ordres, malgré les siècles qu’ils ont derrière eux, ont moins vieilli que des associations pieuses plus récentes comme les Dames de sainte Anne, les Congrégations mariales et les Enfants de Marie.A ce niveau, la question à poser est la suivante : « Telle association pieuse propose-t-elle aujourd’hui d’une façon vivante, réaliste, une spiritualité laïque valable, des moyens de sanctification adaptés à la vie quotidienne de 1963 ?» Pour certaines d’entre elles, nous découvrirons peut-être qu’elles mettent trop d’accent sur quelque dévotion particulière dans une époque qui tend à recentrer la vie chrétienne sur les vérités essentielles du dogme.Il se pourrait aussi qu’une certaine sentimentalité du XIXe siècle rende certaines congrégations inacceptables à des chrétiennes et à des chrétiens du XXe siècle. 79 ce mou-me a :1 fifiii ne pan, iIoHiîé! cafe, isii biei.s nûiiüp epue la la vie ei IBM ü ACIC01 paioü- aint*- ni*' mit ** ;,S'' ' pin;’; '' mit' -:lmf' ¦é# 0 m ^«1 t»/' Hti- f0 '« S< 'poifÿ k 'A ?Vie communautaire De même, en ce qui a trait à la vie communautaire, un groupement paroissial d’aujourd’hui devrait tenir compte des changements considérables qui se sont produits dans l’Eglise depuis un quart de siècle.L’avènement d’une spiritualité conjugale, par exemple, paraît peu conciliable avec les associations qui prévoient des types de spiritualité différents pour les hommes et les femmes, qui séparent les deux groupes de façon systématique pour tous les exercices.On peut dire, je crois, que les chrétiens mariés de notre époque, ceux du moins qui prennent au sérieux leur appartenance à l’Eglise, ont le souci de se sanctifier ensemble, mari et femme, et non plus séparément.De plus, les tendances actuelles, tant dans la vie liturgique et le culte que dans la vie paroissiale à tous les autres plans, vont dans le sens d’une piété moins individuelle, d’une action plus communautaire, d’échanges plus vivants entre membres d’une même équipe paroissiale.Le type traditionnel de relations entre un groupe de fidèles passifs et un prêtre comme unique élément actif, semble définitivement dépassé.Le mouvement paroissial contemporain n’est donc valide que s’il contribue à structurer le « troupeau » paroissial, à y susciter des militants dynamiques et responsables, à activer les échanges entre les paroissiens.Il faudrait donc voir si les associations pieuses traditionnelles vont dans ce sens-là, si elles remplissent ce rôle.Rayonnement religieux Il faudrait parler aussi de l’entraide matérielle au sein d’une même paroisse, des services que les paroissiens peuvent se rendre entre eux.Avec nos villes modernes qui opèrent une ségrégation entre riches et pauvres, paroisses ouvrières et paroisses prolétariennes, ces échanges ne peuvent pas avoir la même intensité ni le même sens qu’ils avaient hier.Ce qui ne nous permet pas, toutefois, de les abandonner complètement.La troisième exigence à formuler porte sur les liens qu’une association doit établir entre paroisses différentes et sur l’ouverture qu’elle doit avoir sur le monde extérieur à l’Eglise.Les organisations traditionnelles ont-elles appris à relier les uns aux autres les groupes de base, c’est-à-dire les unités paroissiales ?De même qu’une famille repliée sur elle-même donne aux enfants une formation étriquée, de même une atmosphère paroissiale peut devenir irrespirable si les courants qui circulent à travers toute l’Eglise ne la traversent pas librement.Le groupement paroissial valable, en 1963, doit donc de toute nécessité être relié à tous les autres groupements paroissiaux de même type, non seulement par des réunions de prêtres directeurs mais par une large participation des laïcs aux rencontres diocésaines, régionales ou nationales.Las associations pieuses traditionnelles répondent-elles à cette exigence ?Sont-elles, enfin, susceptibles d’exercer sur les frères séparés, sur les frères incroyants, une attirance ?Peuvent-elles du moins poser à l’esprit de ces deux groupes le problème de la foi ?Personnellement, je crois qu’il convient de douter sérieusement que les Dames de sainte Anne ou les Congrégations mariales, par exemple, constituent une présentation de la foi susceptible de toucher les protestants et les incroyants d’aujourd’hui.Levain chrétien Enfin, il faut attendre d’un mouvement paroissial qu’il aide les chrétiens à prendre conscience des problèmes qui se posent à la société civile dont ils sont membres.Nous avons besoin d’approfondir en commun la pensée chrétienne et de la confronter avec les défis de l’époque.L’esprit du « ghetto chrétien », de la paroisse-forteresse où les fidèles se gardent entre eux bien au chaud, protégés contre les dangers extérieurs, cet esprit est contraire à celui de l’Evangile.La réalité extérieure doit faire irruption dans le cadre paroissial.C’est dans la Communauté chrétienne que les débats du temps doivent être examinés à la lumière de la foi.Quel rôle jouent présentement, à ce niveau, les Congrégations mariales, Dames de sainte Anne, etc.?Quant aux Ligues du Sacré-Cœur, elles jouent, sous ce rapport, un rôle actif.J’ai eu l’occasion de dire ailleurs qu’à mon avis, elles le jouent mal, d’une façon dangereuse et parfois même inacceptable.Engagées dans l’action temporelle, voire para-politique, les Ligues, qui ne mettent en œuvre aucun mécanisme acceptable de consultation démocratique parmi leurs membres, adoptent par ailleurs au nom de ces membres des positions très précises sur des questions libres.Cela, à mon avis, constitue une imposture.Il faut juger Voilà donc les quatre critères à l’aune desquels nous devrions, je crois, mesurer l'utilité des associations pieuses traditionnelles.Les ayant jugées, nous nous poserons une autre question : faut-il, si nous constatons que telle association est morte ou mourante, travailler à la ressusciter ou bien tailler dans du neuf ?A mon avis, toute action chrétienne étant d’avance fort ardue, il ne convient pas de s’embarrasser d’un cadavre au départ même de cette action.Mais si une association pieuse paraît vivante, si elle polarise déjà des énergies, si elle paraît susceptible d’aider encore, après quelques adaptations mineures, il serait absurde de la mettre au rancart pour la seule raison qu’elle n’est pas née de la dernière mode.Gérard Pelletier Colloque MAINTENANT SUJET : La Crise Religieuse Chez Les Jeunes LIEU : Monastère Saint-Albert, 2715, Chemin Côte Ste-Catherine, Montréal.DATE : le mercredi 27 mars HEURE : 8 heures 30 p.m.Invitation générale — Entrée libre S. 80 T MORT « OEUVRES » VIE E DES Maintenant ne recherche pas le scandale, mais ne le craint pas non plus.Maintenant est dans et avec l’Eglise, l’Eglise canadienne surtout, et cherche à porter la pleine charge de cette Eglise.Une Revue comme Maintenant a pour premier rôle d’orienter l’action.Notre fonction est d’examiner et de juger comment chacun s’y prend pour tirer le char de l’Eglise.Nous devons dire à chacun s’il s’y prend bien ou mal et à tous nous voulons indiquer où mènent les chemins où ils s’engagent.Mais qu’on se rassure : une telle prétention n’a qu’une valeur indicative, même si elle est basée sur l’information la plus sérieuse et sur l’analyse concertée des esprits les plus perspicaces.BOUILLONNEMENT DES ŒUVRES Les « œuvres » réunissent les meilleures volontés, les plus intenses efforts, le plus solide espoir de l’Eglise.Ceux qui s’élèvent au-dessus de la pure passivité, qui se sentent responsables, qui veulent, quoi qu’il en coûte, « faire quelque chose », c’est dans les œuvres qu’on les retrouve.Or, les œuvres, chez nous, sont en effervescence.Elles se multiplient en espèces et en effectifs.Elles foisonnent et l’on s’y inscrit en foule.Ce phénomène, par son ampleur même, mérite l’attention d’une Revue comme Maintenant.ŒUVRES NOUVELLES ET TRADITIONNELLES Les œuvres nouvelles, au Canada français, mériteraient à elles seules une étude.Mais il n’est pas sûr que le moment en soit tout à fait venu.Elles se cherchent.Elles expérimentent leurs idées directrices.Elles commettent sans doute des erreurs qu’elles s’empressent du reste de corriger.La publicité ne saurait, pour le moment, que leur faire grand tort, que les énerver et les compromettre devant l’opinion.Mais d’autre part, les œuvres « traditionnelles » sont aussi en pleine fermentation.Parallèlement à leur effort, parfois héroïque, pour se renouveler, on constate une désaffection assez générale à leur endroit.Le terme même d’« œuvres paroissiales » est discrédité en bien des milieux, et c’est toute une caricature, en milieu urbain, que de dire d’une personne qu’elle est « une femme d’œuvres ».Les effectifs de certaines œuvres autrefois florissantes diminuent donc d’année en année et les pathétiques tentatives de leurs directeurs, animateurs, et aumôniers pour les ranimer méritent plus qu’un sourire passager : un effort d’analyse, perçant, lucide, sans ménagement comme sans parti pris.Avant de soigner, il faut diagnostiquer.Et si le malade était perdu, il vaut mieux s’en rendre compte au plus vite.ŒUVRES ET COMMUNAUTÉS E en va des œuvres et confréries comme des ordres religieux.Ils apparaissent, se réforment et périssent.Rien d’étonnant à ce parallèle car, toute proportion gardée entre le monde laïc et le monde religieux, ce sont les mêmes solutions aux mêmes problèmes qu’on apporte de part et d’autre : charité intérieure et charité rayonnante, sanctification et bienfaisance évangélique.Chaque époque, en effet, a inventé des formes originales de vie religieuse.L’Antiquité chrétienne a connu les ermites ; le Moyen Age féodal a vu naître les moines ; les croisades créèrent les ordres militaires et les ordres pour le rachat des captifs tandis que le mouvement communal faisait apparaître les ordres mendiants ; la Réforme a déterminé très profondément la structure et l’esprit de la Compagnie de Jésus ; les communautés modernes sont toutes apparues soit sous les monarchies agonisantes, soit depuis la Révolution ; et c’est un signe des temps nouveaux que la tentative des prêtres ouvriers et le succès étonnant des fraternités de Charles de Foucauld.DURER C'EST CHANGER Mais les besoins de chaque époque, ceux mêmes qui faisaient apparaître de nouvelles formes de vie religieuse, obligeaient du même coup les anciens ordres à reviser leur formule.Réformes, rénovations, adaptations sont la loi même de la vie des communautés et ceux qui s’y opposent, au nom d’on ne sait quelle fidélité mal comprise, préparent très efficacement la mort de l’ordre qu’ils croient défendre.Car si un ordre représente une valeur permanente et valable, il restera fidèle à lui-même malgré tous les changements qu’il pourra opérer dans ses structures et superstructures.Que l’on songe, par exemple, à l’étonnante effloraison des moines trappistes aux Etats-Unis, depuis la guerre de Corée, dans le sillage de Thomas Merton.FIGER, C'EST MOURIR Au contraire, le changeant visage du temps et des cultures entraîne fatalement la mort de certaines formes trop particularistes, trop marquées par une époque ou une situation.Ainsi, c’est depuis longtemps fini pour les ordres militaires.Et, aux Pays-Bas comme en Belgique, on voit à l’évidence que c’est également fini pour les béguines.LES ŒUVRES AUJOURD'HUI Or, de même en va-t-il pour les œuvres et confréries.Notre époque en invente de nouvelles.Parfois saugrenues et vouées à une heureuse et rapide disparition.Ou bien prophétiquement inspirées, incarnant une analyse du monde d’aujourd’hui et de ses besoins telle que la clairvoyance des fondateurs nous étonne et nous dépasse encore : chiffonniers d’Emmaüs, chantiers, équipes de ménages, missionnaires laïcs, Focolari, et cette admirable Action Catholique avec ses nombreux services. Htm» * let d'aune: s Misai» eseifflil»! la crête le «liai te lit appa®*1* dès prof» iou;'|cel dapréw "dirent Notre époque adapte aussi d’anciennes œuvres dont le regain de vitalité est un des indices les plus rassurants que tout n’est pas perdu pour l’avenir de l’Eglise.Mais il est fatal que certaines œuvres disparaissent.Faute de chrétiens vigoureux pour les prendre en main et leur faire subir les mises au point nécessaires, indispensables.Faute aussi, congénitale celle-là, de bases assez larges pour supporter une activité encore utile en un monde nouveau.MAINTENANT ET LES ŒUVRES Le but du colloque de Maintenant était de faire le partage entre ce qui est destiné à périr, ce qui peut être renouvelé et ce qui supplie d’être inventé.Monsieur le Chanoine Racicot a surtout exhorté à ne pas prolonger les œuvres moribondes alors qu’il y a tant de jeunes et valables entreprises réclamant l’activité des chrétiens de trempe.Monsieur Gérard Pelletier, de son côté, a suggéré un critère pour distinguer le viable, le caduc et le nouvellement requis.UN COLLOQUE « PACTÉ » Par une logique qui est elle-même un symptôme, les participants du colloque étaient en très grande majorité membres des « œuvres » les plus traditionnelles : Ligues du Sacré-Cœur, Dames de Sainte-Anne, Tiers-Ordres.Les organisations nouvelles, les « non-œuvres », considérant qu’il ne s'agissait pas d’elles, assumant sans même y songer qu’elles n’ont pas grand-chose de commun avec les « œuvres » traditionnelles, étaient presque unanimement absentes.Ainsi donc, nous avons assisté à une réunion non pluraliste, animée par le dénominateur commun, par l’esprit indéfinissable mais combien puissamment perceptible, de ces « anciennes » confréries.Un colloque noyauté par des œuvres sur la défensive, toutes décidées à donner raison à elles seules et tort, sans même les écouter, à tous leurs détracteurs.Un 81 spectacle hallucinant, survolté d’émotion mais plutôt pauvre en procédure et en substance, pour celui qui viendrait, par exemple, d’une réunion syndicale.DES ŒUVRES RENOUVELÉES Malgré tout et devant tant de bonne volonté parfois mal attelée, on cherche le positif.et on le trouve.Une résolution ferme de faire quelque chose, de bouger, de se renouveler.Mieux : des réalisations qui garantissent déjà la profondeur de ces aspirations et les possibilités réelles d’un renouvellement.Pour sauver du temps, on souhaite surtout que les œuvres traditionnelles s’occupent davantage d'accomplir et résistent fermement à leur penchant à trop s’occuper de leur histoire, de leurs traditions, de leurs mérites passés.Qu’elles justifient leur présence au monde par autre chose que des témoignages.Les paroles flatteuses de papes et d’évêques sont bien jolies.Mais ce sont des discours de circonstance dont l’euphorie emphatique est une loi du genre qui ne convainc personne.Au Moyen Age les Mendiants ont revitalisé le monachisme ; à la Renaissance les Jésuites ont secoué les Mendiants ; aujourd’hui les prêtres ouvriers et d’autres avec eux, ont réveillé et ouvrent la voie à une renaissance dans toutes les communautés encore viables.Ainsi des œuvres : des œuvres de sanctification comme des œuvres de miséricorde.Les nouveaux mouvements s’attaquent à leur tâche propre mais leur nouvel esprit infuse les œuvres anciennes qui vont ainsi se muer, transposer pour notre temps leur patrimoine et leur riche expérience.Sauf quelques-unes pour qui la transfusion sera trop forte et qui vont sombrer sans bruit dans le courant de la vie.HENRI DALLAIRE, O.P.& if », MAISONNEUVE HULL, P.Q.Tél.: 777-3895 — 771-4551 ROBERT ROUTHIER VOYAGES GUERTIN TRAVEL REG'D 145, PRINCIPALE HULL, P.Q.Tél.: CE.3-3502 Dr PAUL A.COTE Dentiste 45, RIDEAU OTTAWA, ONT.r [i> i-:y" l V Itx ALEXIS CARON & CIE CO.General Insurance — Assurance de tous genres llDi Dl»1 Tél.: PR.7-5071 193 Principale, Hull, P.Q.si# IMPRIMERIE GAUVIN LTEE Imprimeurs et lithographes depuis 1892 Tél.: PR.7-5116 8, rue Leduc, Hull, P.Q. 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