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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-12-07, Collections de BAnQ.

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PRISONS SECRÈTES La CLA.aurait fermé ses prisons de Roumanie et de Pologne; Bush se défend de sous-traiter la torture Page B 5 o i r.e o m ?— IK DEVOIR Voi.XCVI N’279 ?LE MERCREDI 7 DÉC E M B R E 2 O O 5_^ 7 c ^ r \ \ > s ^ 1 $ w w w .1 e (1 o \’ Réforme des services de garde Théberge se relève et fonce La ministre tient à faire adopter son projet de loi avant Noël ANTOINE ROBITAILLE LE DEVOIR Québec — Après quelques heures de congé, à la suite de son vendredi noir où elle a craqué à l'Assemblée nationale, la ministre de la Famille, Carole Théberge, a réitéré hier son souhait de faire adopter avant les Fêtes son controversé projet de loi 124 sur les services de garde.Lorsque la question lui a été posée, elle a répondu dans son langage sibyllin que «oui, on est dans la procédure.On a tout le temps de faire les choses» avant Noël.Revenant sur sa déconvenue de vendredi, elle a affirmé avoir trouvé ardu que l’opposition pé-quiste «en profite pour mettre en doiite [son] intégrité» et la «traite de menteuse à l’Assemblée nationale», à propos de sa rencontre avec le lobbyiste des garderies privées.Beryl Wasjman.«Oui, j’ai trouvé ça difficile.Je pense ._ que vous auriez tous trouvé ça difficile», a-t-elle dit Elle a ajouté être aujourd’hui, comme elle l’était hier, «à l'aise pour “piloter’’ le dossier».Tout ce qu’elle désire?«Bien faire son travail», «avec le soutien de tout le monde, autant du caucus que des gens qui ont besoin [des services de garde] — et là je pense aux parents du Québec.Us ont besoin que je sois celle que je suis, c’est comme ça que je vais faire mon travail».Selon elle, «l’opposition a changé le focus de ce projet de loi-là».une affirmation qui semble signifier que l’opposition a mis l’accent sur certains aspects VOIR PAGE A 8: THÉBERGE Carole Théberge Climat; des dommages sans précédent En 2005, les réclamations atteignent 70 milliards LOUIS-GILLES FRANCŒUR L> année 2005 n’est pas encore terminée que déjà ' les épisodes météorologiques extrêmes, qui l’ont marquée, ont causé des dommages records évalués à 200 milliards de dollars et imposé des déboursés tout aussi sans précédent de 70 milliards aux assureurs pri- ___ vés de la planète.C’est ce que révèle le bilan annuel «préliminaire» déposé hier, dans le cadre de la Conférence internationale de Montréal sur les changements climatiques, par la Fondation Munich Re, filiale d'une grande société de réassurance allemande, qui dépose depuis dix ans une compilation des déboursés des assureurs à la fin de chaque année.En comparaison, expliquait hier Thomas Loster, directeur général de la fondation et membre de l’Initiative financière du Programme des Nations unies pour l’environnement (PNÏJE), l'année 2004 apparaît désormais comme une année bien ordinaire, alors que le milieu des assureurs l’avait trouvée particulièrement Montréal 2005 VOIR PAGE A 8.CLIMAT ¦ Stéphane Dion définit la «deuxième voie», page A 5 INDE X .Actualités _.A4 .Annonces-B 6 Avis publics B 3 Carrières-B 4 Culture.B 8 J Décès_______B6 Économie .B 1 Éditorial-A6 Idées-A 7 Météo________B 6 Monde________B5 Mot» croisés .B 6 Sudoku _— B 5 Télévision B 7 Santé : le recours au privé devra être pénalisé, dit Layton La campagne fédérale rattrape le gouvernement Charest JAC gtU S NADKAU LE DEVOIR - ! i Arborant un ruban blanc à la mémoire des victimes du drame de Polytechnique, Jack Layton a fait campagne à Montréal, hier.Il s es! notamment rendu au Palais des congrès, où se tient la conférence internationale sur le climat.Plus tôt, le chef du NPI) a accordé au Devoir un entretien au cours duquel il s’est porté à la défense du financement public du système de santé au pays.KATHLEEN LÉVESQUE Si le gouvernement du Québec choisit d’ouvrir davantage la porte au secteur privé dans la foulée de l’arrêt Chaoulli de la Cour suprême, Ottawa devra sévir et pénaliser financièrement la province, a déclaré hier au Devoir le chef du NPD, Jack Layton.«Les fonds fédéraux ne doivent être utilisés que pour des services publics ou offerts par des organismes a but non lucratif.[.] Sinon, ce serait le commencement de la déconstruction du système de santé», a soutenu M.Lay- ton qui faisait campagne au Québec pour ht première fois depuis le déclenchement des élections.Du même souffle, le chef néodémocrate a réclamé une «positum clé» au sein du Parlement afin de contrer toute tentative fie privatisation des soins de santé au Canada.A l’heure actuelle, il est interdit au Québec de contracter une assurance médicale privée pour les soins de santé de base couverts par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ).Au Canada, seules.quatre provinces, le Nouveau-Brunswick, la NouvelloEcosse, la Saskatchewan et Terre-Neuve, le permettent Or, en juin dernier, la Cour suprême du Canada a statué que les Québécois peuvent se faire soigner où bon leur semble.les maintenir dans un système public est contraire à la Charte québécoise des droits et libertés de la personne et met en péril, compte tenu des listes d’attente que le gouvernement est incapable d’endiguer, le- «droit à la vie et à la sécurité de la personne».Le gouvernement du Québec doit se conformer à ce jugement d’ici juin 2006.VOIR PAGE A 8: LAYTON SAFIN HAMKI) AC.F.NCf, FRANCK PRKSSK SK Embarquement à l’aéroport d'Erbil, capitale du Kurdistan irakien, nouvelle destination d'affaires.Kurdistan, le pays retrouvé îlot de paix dans le chaos irakien, le Kurdistan retrouve une certaine prospérité En Irak, il n’y a pas que les kamikazes et les bombes.À 200 km au nord de Bagdad, les Kurdes vivent dans une paix relative et sont en train de reconstruire leur pays.Notre reporter y a découvert une réalité qui tranche avec l’image d’une société à feu et à sang.CHRISTIAN RIOUX (Premier de trois articles) Erbil (Irak) — D y avait 25 ans quEphrem Yousif n’avait pas revu son pays.Vingt-cinq ans d’exil en France, pendant lesquels il n'avait pas remis les pieds en Irak.Au départ de Paris avec une petite délégation kurde, l’homme court au visage parcheminé était déjà fébrile.Une heure phis tard, a Francfort il n'a pu se retenir de photographier le panneau des départs ou était inscrit en toutes lettres le nouveau vol 776 en direction d’Erbil.•Regardez, répétait-il en prenant une deuxieme photo.C’est écrit ‘Erbil’! Et la compagnie se nomme Kurdistan Airlines!» Ephrem n'était pas au bout de ses surprises.En atterrissant sur la plaine sablonneuse ou nous attendait un convoi d'une dizaine de jeeps escortées de militaires la Kalachnikov au poing, il avait la larme a l’œil.VOIR PAGE A 8.KURDISTAN H!lu( t LE DEVOIR, LE MERCREDI DECEMBRE 2 0 0 5 ELECTIONS FEDERALES Layton est d’accord pour transférer des points d’impôt au Québec C LAI R AN O R É E CAUCHY Le chef du Nouveau Parti démocratique, Jack Layton, se montre favorable à des transferts de points d’impôt si Québec et Ottawa n’arrivent pas à s’entendre sur des investissements dans les champs de compétence provinciaux.«Si on ne peut pas conclure avec le Québec une approche en commun et que l'on est dans un champ de compétence provincial, on doit transférer des points d’impôt», a déclaré M.Layton en entrevue au Devoir, soulignant cependant que ce n’est pas la voie privilégiée de prime abord.Plusieurs des investissements préconisés par le NPD, comme ceux ayant trait à l’enseignement postsecondaire ou à la santé, relèvent effectivement des compétences des provinces.Cette logique du «fédéralisme asymétrique» ne vaudrait cependant que pour le Québec, précise M.Layton, soulignant qu’il se distingue ainsi des troupes conservatrices qui veulent amoindrir l’État fédéral par une plus grande décentralisation.Le chef néo-démocrate comprend qu’il part avec une prise importante contre son parti au Québec, en raison de la polarisation des votes autour de la question nationale.«C’est difficile pour nous de percer [au Québec]», affirme-t-il, en reconnaissant qu’il n’a aucun appui formel en provenance de mouvements sociaux québécois.Au cours d’un point de presse tenu en marge de la Conférence sur les changements climatiques, M.Layton y est d’ailleurs allé d'une déclaration étrange qui invitait presque les souverainistes à appuyer le Bloc québécois: «Si vous êtes absolument convaincu qu'il n’y a pas de place pour vous au Canada et que vous n'envisagez pas votre futur à l’intérieur d'une fédération canadienne, alors vous voterez pour le Bloc.» 11 a par la suite tenté de rectifier le tir en présentant sa formation comme «un parti fédéraliste qui respecte le Québec, qui célèbre le Québec et qui veut partager le processus de faire des politiques progressistes dans une manière jiexible et dans un esprit de coopération».En entrevue donnée au Devoir, il a appelé de ses vœux une grande «réconciliation» entre le Québec et le reste du Canada, sans toutefois préciser par quelle voie cela pourrait passer.«On n'a pas besoin d'une solution présentée par un parti fédéraliste.On a besoin d’un changement d’attitude», a-t-il affirmé en décriant l’attitude «peu respectueuse» des libéraux envers le Québec.C’est la plate-forme verte de son parti que M.Layton avait choisi de lancer à Montréal, à l’occasion de la Conférence sur les changements climatiques.Il a notamment proposé un programme d’amélioration du rendement énergétique des bâtiments commerciaux, industriels et gouvernementaux ainsi que des résidences privées, par lequel le gouvernement avancerait des sommes d’argent qui seraient remboursées par les économies d’énergie réalisées, créeraient des emplois et économiseraient l’énergie.Exception faite d’une subvention accordée à des ménages à faibles revenus, le programme serait constitué de prêts à rembourser.Il a critiqué le bilan libéral en matière d’environnement: «Les li-¦béraux ont perdu toute crédibilité aux yeux des Canadiens et démontré clairement leur incapacité de gérer ce dossier, d'agir face aux changements climatiques qui nous menacent tous.Leur incompétence a été exposée au regard méprisant du monde entier», a-t-il soutenu.Le Devoir Avec la Presse canadienne .M .J.P.MOCZULSKI REUTERS Stephen Harper était à Petty Harbour, un village de pêcheurs au sud de Saint-Jean, à Terre-Neuve, hier, où il a promis de rouvrir partiellement la pêche à la morue et de recourir, au besoin, à la force pour empêcher les navires étrangers de pratiquer la surpêche.Sur la photo, M.Harper discute avec Tom Best, président d’une cooperative de pêcheurs.Les publicités conservatrices visent d’abord le Bloc québécois SYLVAIN LAROCQUE Après avoir lancé des publicités en anglais qui ont été reçues froidement, le Parti conservateur a dévoilé hier des messages en français qui attaquent de front le Bloc québécois et les libéraux.Deux publicités seront diffusées à la télévision et deux autres, à la radio.Trois d'entre elles visent le parti souverainiste.«Le Bloc, c’est comme un beau-frère», peut-on entendre dans l’un des messages radiophoniques.«Quand c’est le temps de “chia-ler” et de refaire le monde, il est là.Mais quand vous avez besoin d’aide pour régler un problème ou pour bâtir quelque chose, c’est drôle: il ne peut rien faire pour vous».Après l’appel au vote pour les conservateurs, le narrateur se per- met de modifier la formule finale habituelle en précisant que le message a été «autorisé et payé avec de l’argent propre», une référence au scandale des commandites.Dans l’autre message radio, on vise les femmes en comparant les libéraux à un homme avec qui elles devraient passer «encore quatre ans».«Il vous a trompée, trahie, humiliée, il a renié vos compétences, vos aspirations, ce qui vous rend unique, peut-on entendre.Et avec ses “chums”, il a pigé dans votre sacoche.C’est le temps de mettre un terme à cette relation malsaine avec les libéraux».Télé Les publicités télévisées sont tout aussi accrocheuses.Sur la première, on voit une femme qui parle sans qu’on puisse l'en- tendre.Apparaît ensuite un micro arborant un logo conservateur.«Aidez le Québec à retrouver sa voix, lance le narrateur.Seuls les conservateurs peuvent former un gouvernement à l’écoute des Québécois et mettre fin au dialogue de sourds entre libéraux et bloquistes».Sur l’autre, on montre un cycliste qui «pédale pour le Québec».Or, la roue avant de son vélo a été remplacée par des blocs de béton.«Débloquez votre voix», propose la voix hors-champ.«On vise le Bloc, mais pas d’une façon agressive», explique en entrevue Dimitri Soudas, porte-parole du parti.«Jusqu'à présent, les Québécois n’ont pas eu d’autre choix.On ne dit pas que le Bloc n’est pas sur la bonne route, mais qu’il ne peut rien faire pour changer les choses».Le chef bloquiste, Gilles Ducep- TOUJOURS NUMEROS 1 LE MATIN pe, s’est montré peu impressionné par l’offensive conservatrice.«S’ils ont tellement raison, les Québécois les appuieront», a-t-il lancé, un brin ironique, lors d’un point de presse à Montréal.«Je ne suis pas responsable de l’impuissance de l’un et des autres, a-t-il ajouté.Quand on vote avec eux [les conservateurs], ils sont tout contents.C’est la même chose pour les libéraux: on les a sauvés de la défaite combien de fois?Quand on vote avec eux, c’est bien; quand on ne vote pas avec eux, on bloque.C'est parfaitement ridicule».Le Parti conservateur n’a pas voulu divulguer l’agence publicitaire qui a concocté la campagne, pas plus que son budget D’autres messages destinés au Québec doivent être diffusés après les Fêtes.Presse canadienne La Première Chaîne numéro! le matin à Montréal, 7 jours sur 7.René HOMIER-ROY, du lundi au vendredi; Joël LE BIGOT, le week-end.www.radio-canada.ca/radio Réalisation: Stéphane Tremblay, Sylvie Lavoie •Source: sondage 4 - 2005 BBM réalisé du 5 septembre au 30 octobre 2005.Part de marché francophone du lundi au vendredi de 6 h é 9 h: lé samedi de 7 h i 11 h; le dimanche de 7h é 10h; marché central de Montréal; 12 ans et plus.«•Il PREMIERE CHAINE 1 LE DEVOIR.LE MERCREDI 7 DECEMBRE 2 0 0 5 r 1 à LECTIONS FEDERALES PERSPECTIVES Jouer avec les faits C’est inévitable, dès qu’une campagne électorale se pointe à l’horizon, tous les politiciens promettent de parcourir le pays dans le but de soulever des débats d’idées et de discuter des grands enjeux.Pourtant, dès que les choses se corsent, ils dérapent.Les citoyens se font alors servir au mieux des inexactitudes et au pire des faussetés.Les élections en cours ne font malheureusement pas exception.ébattre d'idées, soulever les grands enjeux, parler de l’avenir du pays.L’ex-première ministre conservatrice, Km Campbell, est bien placée pour témoigner à quel point ce refrain est sacré, elle qui s’était attiré les foudres de la population en 1993 après avoir affirmé qu’une campagne électorale n’est pas le meilleur moment pour débattre des questions cruciales.Trop rapide, trop centrée sur wFr l’image, disait-elle.TBr Depuis, candidats, députés et 4%.* chefs de parti tentent de faire mentir cette réalité.Et parfois, ils y arrivent Cela fait d'ailleurs trois jours que les électeurs prennent connaissance des positions diamétralement opposées qui séparent libéraux et conservateurs sur les services de garde.D y a là un débat crucial entre le libre choix des parents et le développement des enfants en bas âge dans le cadre d’un réseau structuré.Mais ce choc des idées n’est pas différent des autres.Il est complexe et rempli de nuances et il touche une corde sensible chez les parents.Pas facile, dans ce contexte, de marquer des points politiques.Cela ne convient simplement pas à la phrase assassine, au clip télé.Dans ce cas précis, c’est le chef du NPD, Jack Lay-ton, qui mérite le bonnet d’âne.Invité hier matin à faire un choix entre l’option proposée par les conservateurs et celle des libéraux, M.Layton a affirmé à RDI qu’il préférait de loin la création d’un réseau de garderies, ajoutant qu.e «c'est un Parlement minoritaire qui a permis ça».Evidemment, le NPD désire plus que tout l’avènement d’un autre gouvernement minoritaire, si possible avec la balance du pouvoir aux neo-démoc rates.Cela ne l’autorise toutefois pas à dire n'importe quoi.N’en déplaise au NPD, cet engagement figurait dans le programme libéral de 2004 et un gouvernement minoritaire n’a rien changé à la situation.Jack Alec Castonguay Martin veut faire des garderies un pilier du Canada Layton le sait très bien.Les néo-démocrates ne sont toutefois pas seuls dans leur camp.A preuve, deux faussetés évidentes appartiennent aux libéraux depuis le début de la campagne.Pas plus tard que dimanche dernier, le ministre Pierre Pettigrew y est allé d’une déclaration sans équivoque faite devant ses partisans réunis dans son local de comté.«Notre bilan économique est exemplaire et le pays connaît le taux de chômage le plus bas depuis 1974, a alors souligné M.Pettigrew.Le Bloc n ’en parle jamais, mais revient seulement sur les commandites.Pourtant, le juge Gomery nous a exonérés de tout blâme.» Aurait-il lui aussi été victime d’un trop-plein d’enthousiasme dans le feu de l'action?Le PLC aurait été exonéré?«L’institution qu’est le PLCQ est forcément responsable des fautes de ses dirigeants et représentants», écrit pourtant John Gomery dans le chapitre qui attribue les responsabilités du scandale des commandites, nommant explicitement le Parti libéral.Mais peut-être le ministre a-t-il suivi l’exemple de son chef?Vendredi, visiblement déstabilisé par les nombreuses annonces du leader conservateur, Paul Martin a soutenu que Stephen Harper venait de se découvrir subitement une préoccupation pour un système de santé public et universel.«Comment est-ce qu’on peut avoir confiance quand quelqu un, il y a seulement quelques mois, n’avait aucune intention d’appuyer le système public et universel?C’est une conversion à la dernière minute», a alors plaidé le premier ministre.Malheureusement pour lui, c’est faux.Déjà à l’élection de 2004, Stephen Harper soutenait que le pays devait continuer d'appuyer un système de santé public et universel, avec une contribution du secteur privé lorsque celui-ci est plus efficace, mais toujours sous le chapeau du réseau public, ce qui permet à tous les citoyens de ne pas sortir d'argent de leur poche.D'ailleurs, le 29 avril dernier, Stephen Harper s'était précipité devant une salle bondée de l'Institut Fraser, le temple de la droite canadienne, pour répudier ouvertement Preston Manning et Mike Harris, qui venaient tout juste de publier un manifeste réclamant que les provinces puissent mettre en place le système de santé de leur choix, y compris un réseau privé.La position de Harper n’a donc pas bougé durant les derniers mois.?Le chef conservateur, qui a le mérite de soulever des idées depuis le début de la campagne, aurait quant à lui avantage à en débattre un peu plus.S’il ne lance pas jusqu'à présent des faussetés aussi évidentes.force est de constater qu’il laisse parfois l’électeur dans le noir.C'est le cas du mariage gai.qu'il veut remettre sur le tapis s'il prend le pouvoir.Lorsqu'on lui a demandé, mercredi dernier, comment il entendait se conformer aux tribunaux sans utiliser la clause nonobstant de la Charte des droits et libertés dans le cas où sa motion passerait la rampe aux Communes, il a simplement répondu: «Je ne vais pas utiliser la clause nonobstant».Et comment faire ça’ Aucune réponse.Pourtant d'eminents juristes soutiennent que c'est impossible.A lui le fardeau d'expliquer sa position.Visiblement cette campagne ne fera pas exception sur le plan des dérapages.Et les sondages qui laissent voir une lutte extrêmement serrée ne font rien pour arranger les choses, dans un paysage où le moindre point politique est précieux Le début des hostilités électorales démontre encore une fois aux citoyens qu'ils devront être sur leurs gardes s’ils veulent être bien informés.A eux de dire haut et fort aux politiciens que la complexité des débats n’autorise pas à dire n'importe quoi.acastonguay&edevotrcom ISABELLE RODR1GLE Au panthéon des grands symboles qui définissent le Canada, tel le système public de soins de santé, les libéraux comptent ajouter un réseau national de garderies, a dévoilé le chef libéral Paul Martin, hier, dans ce qui s’est avéré sa première promesse de la campagne électorale.Vingt-quatre heures après l’annonce sur le même sujet de son rival conservateur.M.Martin a présenté son plan pour faire du programme de garderies un élément immuable de la politique sociale canadienne.A travers le babillage incessant d’une vingtaine d’enfants de la garderie du YMCA de Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick, le chef du Parti liberal du Canada a promis d’assurer le financement à long terme des ententes sur le financement des garderies conclues avec les 10 provinces.«Notre engagement envers des services de garde sera permanent, a déclaré M.Martin lors d’un discours devant des éducateurs et des enfants.Tel le programme d’assurance maladie, notre programme d’apprentissage et de garde des enfants sera un ajout à notre filet social et à nos fondations sociales.» Cette promesse, la première en ces huit jours de campagne électorale, ne viendrait cependant se concrétiser que dans cinq ans, à partir de 2010.D’ici là, les libéraux doivent d’abord remporter l’élection du 23 janvier, et pourraient bien devoir se soumettre au verdict populaire au moins à une autre reprise.Les libéraux, s’ils sont encore au pouvoir, injecteraient 6 milliards dans les systèmes de garderies des provinces, entre 2010 et 2015.Cette somme doublerait la promesse de l’élection de 2004, où les libéraux s’étaient engagés à verser 5 millions en cinq ans dans les réseaux provinciaux de garde d’enfants.Les provinces et les éducateurs réclamaient du gouvernement fédéral un engagement à long tenue pour un progranune forcé, dans la plupart des cas, par Ottawa.Ils craignaient que le gouvernement fédéral ne se retire du coûteux progranune après les cinq années initiâtes, a expliqué M.Martin.De plus, un gouvernement libéral négocierait avec les provinces pour que la construction de garderies soit éligible à un financement par l'entremise de pro grammes d’infrastructures.La date d’entrée en vigueur de La promesse est peut être éloignée, les libéraux soutiennent quelle n’est qu’un autre exemple des «différences fondamentales» entre eux et les conservateurs de Stephen Harper qui proposent selon tes liberaux de ne verser que 25 $ par semaine aux familles pour faire face à teurs besoins.Voulant se montrer visionnaire, M.Martin affirme s'inspirer de son père et compare sa promesse à la décision, dans tes années 1960, de créer 1e système public de santé canadien.«Si Tommy Douglas, ou mon père, ou Isster Pearson avaient dit: “Je vais vous donner 25 piastres, et débrouillez-vous’’, on n’aurait pas eu /’assurance maladie», a dit le chef libéral lors de son passage de quelques heures à rtle-du-PrincoEdouard.Plus tôt en journée, il s'appliquât à s*' distinguer des conservateurs.«Nous, on offre le modèle québécois, sauf qu on offre ce modèle québécois sekm les cimmstances des provinces au niveau pancanadien, expliquait M.Martin, lors d’un point de presse à Saint-Jean, au Nouveau-Bruns wick.M.Harper, tout ce qu’il offre, c’est des boites qui sont vides et de l’argent qu 'on peut dépenser n ’importe où.* Lundi, M.Harper dévoilait son plan pour aider les familles à subvenir à teurs besoins en service de gar- de.Plutôt que de créer im réseau national de garderies comme te veut te l'arti libéral, tes conservateurs préfèrent «laisser le choix aux parents» en offrant une allocation de 1200 $ par année, par enfant de moins de six ans.à un parent qui reste à la maison pour s’occuper à temps plein de ses rejetons.Ils s’engagent aussi à verser 250 millions par ;m-nee, sous forme de crédits d’impôt, afin de créer de nouvelles places en garderies.Réagissant à fa promesse de Paul Martin, M.IkinxT n'a pu s’empêcher (te tourner tes libéraux au ridante.•Pourquoi pas annoncer 1(H) milliards pour 100 ans?», a ironise le chef conservateur, de passage à Terre-Neuve et Labrador.Pour une autre journée, M.Martin a continué à s’attaquer à M.Harper, soulignant 1a polarisation des opinions dans tes deux camps.11 s’est défendu cependant de vouloir dépeindre te chef conservateur comme un monstre effrayant.«Je n’ai qu’à laisser parler les faits», a noté te chef liberal.De son côté, te chef du Bloc québécois, ( lilies 1 hicep-ix*.a bien accueilli l'annonce liberale sur les ganteries.«Ôn est tout à fut d’accord pourqu il y ait un programme qui va dans le sens de ce que le Québec a fiiit», a-t-il affirmé lors d’un point de presse à Montréal.M.Duceppe a toutefois souligne que l'engagement de M.Martin ne réglait |>as «la question de la fiscalité» pour tes familles québécoises.Le Bkx- soutient en effet qu’Ottawa économise 250 millions par année en versant moins de crédits d'impôts pour frais de garde aux contribuables québécois, qui paient moins pour ces services que les autres Canadiens.Presse canadienne La bataille de l’Ontario Les libéraux sauront-ils protéger leurs acquis à Ottawa?Nous amorçons aujourd’hui une série de quatre textes sur la joute électorale qui se jouera dans la province la plus populeuse et la plus riche en sièges: l’Ontario.Voici un portrait de la région d’Ottawa, où les trois principaux partis se disputent huit circonscriptions.HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — «Appelez votre maire!» C’est ainsi que Paul Dewar, candidat néodémocrate dans Ottawa-Centre, fait de la politique fédérale.En ce matin du 1" décembre, alors que les tarifs mensuels du transport en commun dans la ville d’Ottawa ont augmenté de près de 10 %, le candidat s'était rendu à la gare de train léger de l’université Carleton pour capitaliser sur la grogne étudiante.«R y a un rôle que le gouvernement fédéral pourrait jouer en transport en commun.Où est l’argent?Nous voulons que le fédéral nous montre la couleur de notre argent», lance-t-il aux jeunes qui sortent des wagons rouges.Rouge.C’est la couleur qu’affiche la capitale canadienne.Des huit sièges que compte Ottawa, cinq appartiennent au Parti libéral.Le Parti conservateur en détient deux en périphérie de la ville et le NPD représente le dernier, celui d’Ottawa-Centre.Pour finstant La vedette Ed Broadbent, ex-leader de la formation, l’avait ravi aux libéraux en 2004, mais le charismatique député quitte la politique (pour rester au chevet de son épouse, malade), et Paul Dewar, la jeune quarantaine et l’allure sportive, a la lourde tâche de préserver cet acquis.«Ed m’a dit qu’il paumait, m’aider, que je pouvais l’appeler n’importe quand.» A preuve, son dépliant tes montre côte à côte.M.Dewar ne cache pas non plus qu’il visite des centres de personnes âgées avec sa mère, Marion, pour profiter de sa notoriété auprès de ces électeurs qui l’ont bien connue.Mme Dewar s'est lancée en politique municipale lorsqu’il n’avait que neuf ans.Elle est ultérieurement devenue mairesse, puis député fédérale.Le nom de Dewar est connu à Ottawa.Paul prouve son instinct ce jeudi frisquet, en se rendant sur le campus universitaire.Non seulement les prix du transport en commun ont augmenté ce matin-là, mais, la veille, son chef Jack Layton s’était engagé a investir quatre milliards de dollars dans l’enseignement post-secondaire.Le timing est bon.mais il n’est pas le seul à y avoir pensé.Déjà, le candidat Vert David Chemushenko et le représentant du Parti communiste s’y trouvent aussi.Les militants se mélangent échangent et on ne sait plus trop qui au juste scande qu'il faut «taxer les riches, aider les pauvres».Cela attire l’attention et M.Dewar en profite pour discuter avec quelques passants.Le candidat néodémocrate fera la lutte à un rival Hbé-ral non moins connu: Richard Mahoney, qui a été chef de cabinet de Paul Martin pendant la course au leadership en 1990.Donné gagnant en 2004, il s’est finalement incliné devant M.Broadbent D tente sa chance a nouveau.«En 2004, quand il a annoncé sa candidature, ma femme m ’avait dit: “Mais Rick, f aime vraiment Ed Broadbent!" Je vous mentirais de dire que je ne suis pas soulagé qu’il tire sa révérence», confie-t-il D s’offusque lorsqu'on le présente comme un bonze du parti destiné au cabinet, mais sans attache dans son comté.«Ça fait 16 ans que je n’ai pas travaillé pour Paul Martin.J’ai continué ma carrière», dit-il en se lançant dans une longue description de son engagement dans la communauté.Dénonciateur conservateur L'autre lutte intéressante dans la région sera celle menée dans Ottawa-Sud.Les conservateurs y présentent leur candidat-vedette, Allan Cutter, ce fonctionnaire-dénonciateur qui avait osé se plaindre des agissements de Chuck Guité.M.Cutter avait été écarté sans ménagement a la suite de sa plainte, mais aujourd’hui réhabilité a la lumière des révélations de la commission Gomery, fl fait figure de héros dans ce mffieu de fonctionnaires.M.Cutter n'a pas répondu aux multiples demandes du Devoir pour te rencontrer.Le hic, c’est que M.Cutter n'a pas Fadversaire idéal M ,n -\ f J % «s Ay Æf „ fJFM dVAc''$ v AV WJ JIM YOIINO RRIfTKHS Allan Cutler, fonctionnaire vedette du scandale des commandites, tentera de battre le libéral David McGuinty, le frère du premier ministre de l’Ontario.pour tenir un discours de frugalité dans l’utilisation des deniers publics.David McGuinty (te frère du premier ministre ontarien) est te député fédéral ayant présenté le compte de dépenses te moins élevé panni les 308 élus fédéraux l’an dernier 35 $! Interrogé par Le Devoir il y a quelques semaines, il avait expliqué que ce petit montant frétait pas te fruit du hasard mais plutôt d'une décision consciente de ne pas imputer aux contribuables des dépenses indues.M.McGuinty avait remporté son siege par 5000 voix en 2004.Son adversaire ne lui fait pas peur.«Le travail d’un député, c’est beaucoup {dus que d’être un candidat-étoile!» Le spectre de Mike Harris Un autre siège intéressant sera celui de Ottawa West Nepean.la député libérale sortante, Marlene Catteral, avait gagné par seulement 1400 voix et elle ne se représente pas.Sa remplaçante, Lee Farnwor th, se mesurera au conservateur John Baird, ex-mi nisfre poids lourd dans te cabinet de Mike Harris «À la dernière élection, la peur [de Stephen Harper] était plus grande que la frustration», croit John Baird.Le parti nouvellement fusionné était jeune, peu connu et sans programme.«On est plus prêt que la dernière fois et on est beaucoup plus connu qu’il y a un an et demi • Son adversaire libérale entend exploiter cette notoriété qu’eDe juge négative.«Il était avec Mike Harris et les gens ici n aiment pas Mike Hams John Band était dans son cabinet et ü a réduit la fonction publique de 25%.Je dis aux gens: “Vous devriez avoir peur de ce qu’il fera au niveau fédérar.Vous savez, ici, il y a beaucoup de fonctumnmres dans le comté Je leur rappelle qu ’ils ont coupé, sous M Harris, WXX) emplois d’infirmière.Je dis aux gens qu’ils devraient avoir peur de ce que les conservateurs vont faire au système de santé Les gens n aiment pas entendre ça.• L’effet indépendant Enfin, la circonscription de Glengary-Prescott-Rus-sdL nkhée te long de la frontière québécoise et comptant une majorité de francophones, sera elle aussi fascinante a regarder parce que la venue d'un indépendant pourrait venir y brouiller tes cartes.Cette circonscription était détenue depuis 1984 par te libéral Don Bou-dria, qui y écrasait ses adversaires avec une avance de 25 000 vont en moyenne.Mais pas en 2004.Un certain Alain Lalonde, du Parti conservateur, a fait fondre sa majorité à 5000 voix.M.Boudria a fris sa retraite de fa politique active, mais Alain lalonde, lui, a décidé de se présenter comme indépendant.«Iss réformistes d/n munis qui s’étaient cachés a la demure électùm ont refait surface, explique-t-il.Le Parti amservateur, ce s/mt encore les réfrrmtàes de Calgary » M.lalonde se présente comme un véritable progressiste-conservateur en faveur du droit des femmes de choisir l’avortement et du mariage gai.En tant que Franco-Ontarien, il veut protéger fa dualité linguistique du Canada.Apres avoir exprimé ses positions, affirme-t-il, l’exécutif de sa circonscription s’est mis en quête d’un nouveau candidat «de l’extrême droite charismatique cath/Aïque».Le principal intéressé, Pierre O-mieux, réfute avec énergie cette description de lui-même.Qui est-il alors?«Je suis marié depuis 20 ans, pere de cinq enfants, et j’ai servi mm pays comme officier», explique-t-il an Deixnr.Il se réjouit de fa promesse de son chef en vue de rouvrir te débat sur tes conjoints de même sexe («fl faut protéger les familles, qui s/mt a la base de natre pays»), mais pense que la question de l’avortement n'est pas une priorité («H y a trop d'autres choses a discuter»), M.Lalonde pense qu’un indépendant serait tout à fait utile au Parlement dans le contexte actuel.«Les indépendants ont eu plus de pouvoir que n’importe quel ministre dans ce gouvernement minoritaire», dit-il en rappelant que l’indépendant David Klgour avait soutiré au gouvernement la somme de 75 millions de dollars pour te Darfour.«Ma circonscription est tris agricole.Peut-être que je pourrais aller chercher 10 millions pour l’agriHilimentaire.» Il n'est toutefois pas assuré de rester dans la course.D veut a tout prix éviter l’élection du conservateur Pierre Ijemieux, mais il ne mesure pas encore bien l'effet de sa candidatue.«Certains me disent que te vais diviser le vote conservateur et faire élire le libéral, d’autres me disent que je vais diviser le vote des franco-phones et faire élire le conservateur Je vais vmr.» Dans tout cela, c’est le libéral René Berthiaume, directeur funéraire de profession, qui se réjouit de la situation.Cette division est peut-être ce qu’il lui fallait pour garder la mainmise sur le comté.«Ce n ’est pas négatif pour ma campagne a moi», recon-nait-il laconiquement LE DEVOIR, LE MERCREDI DECEMBRE 2 0 0 5 LES ACTUALITES Produits du terroir Le nouveau projet de loi reçoit un bon accueil FABIEN DEGLISE Le dépôt hier matin d’un nouveau projet de loi visant à encadrer juridiquement les terroirs a été accueilli avec satisfaction par les artisans et les défenseurs des produits alimentaires dits de niche qui en chœur se sont toutefois étonnés du temps et des détours pris par Québec pour finalement adopter une stratégie réclamée par tous depuis octobre 2003.•Nous avons perdu deux ans, a résumé Jacques Proulx, président de Solidarité rurale.Mais il n'est jamais trop tard pour bien faire.» Avec son projet de loi 137, baptisé Loi sur les appellations réservées et les termes valorisants, le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec, 1-aurent Lessard, induit donc un nouveau revirement dans la longue marche vers la création juridique des terroirs du Québec.Il annule également les démarches précédentes que plusieurs groupes consultés par le ministre cet automne avaient vertement dénoncé en raison du manque de dent de la réglementation proposée.L’encadrement Exit donc la refonte de la loi sur les appellations reversées, telle qu’envisagée en juin dernier par Québec.Le gouvernement propose plutôt, avec cette nouvelle loi, la création d’un Conseil des appellations réservées et des termes valorisants (CAK'IV) qui, en plus de remplacer l’actuel Conseil des appellations agroalimentaires (CAAQ) — chargé de surveiller l’univers du bio —, prendra désormais en charge l’encadrement des appellations d’origine (AO), des indications géographiques protégées (IGP) ainsi que des «termes valorisants» comme «paysan», «fermier» ou encore «artisanal».Pour se retrouver sur des produits, ces termes devront, selon la nouvelle loi, répondre à un cahier des charges strict, mais aussi être associés à une certification délivrée par un organisme indépendant.A l’image des règles en vigueur dans le secteur biologique actuellement Autre modification: le CARTV, dont les membres devraient être nommés d’ici le début de l’année prochaine, récupère des pouvoirs d’inspection accrue.Cette demande a été formulée par plusieurs des 17 groupes qui ont défilé cet automne devant la Commission de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (CAPA).Elle se retrouve également au cœur du rapport du Groupe de travail sur les appellations réservées et les produits du terroir déposé au cabinet du ministre en octobre 2003.«Le gouvernement a enfin compris que les terroirs avaient besoin d’un encadrement sérieux, a commenté Benoît Girouard, président de l’Union paysanne biologique.Après s’être éloigné du rapport Desjardins [baptisé ainsi en raison de sa présidente, la chef cuisinière Anne Desjardins], Québec y revient en répondant enfin aux recommandations qu’il contient.Il était temps.C’est un premier pas intéressant.» Déposé au Parlement hier matin, le projet 137, qui devrait signer l’acte de naissance légal des terroirs du Québec, doit dans les prochaines semaines poursuivre sa route chins le dédale des procédures administratives.Depuis juin dernier, le ministre espère toute fois conclure cette aventure, rythmée par autant de pas en avant que de pas en arrière, d’ici la fin de cette année.Le Devoir Venez travailler ou vou*i détendre dan»* un cadre enchanteur! Aune heure trente de Montréal, l’Auberge Jean-Cypihot est située en pleine nature, au bord du Lac Prlscault, à proximité de Val Saint-COme.dans la région de Lanaudlèie Ce bâtiment confortable, inauguré en octobre 2000, compte 12 chambres avec salles de bain individuelles, un très grand salon avec foyer et piano, une salle â manger pouvant accueillir 2d personnes ainsi qu’une cuisine toute équipée.L’Auberge se loue comme un chalet, c'est-â-dlre en entier, L'Auberge Jean-Cypihot, classée 4 étoiles, a été conçue pour rendre productifs les sessions de travail et les colloques, et pour favoriser la RÉSERVATION Chantal Bourdon, (450) 973-9242 DÉTAILS ET VISITE VIRTUELLE www.aubergejeancypihot.com convivialité lors d'événements de groupe ou de fêtes.L'Auberge est idéale pour des sessions de travail de 10 à 12 personnes désirant se réunir, en tout contort, â l'abri des interruptions et.des oreilles indiscrètes.C'est aussi un endroit idéal pour une réunion familiale, un week-end gastronomique 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domaines de pointe dans un seul des deux hôpitaux pour enfants, notamment la chirurgie cardiaque, les greffes d’organe, la traumatologie et les soins avancés du cancer à Sainte-Justine, tandis que l’Hôpital de Montréal pour enfants hériterait de la neurochirurgie et des cas complexes d’orthopédie.Le rapport soutient qu’un seul hôpital pédiatrique est suffisant pour desservir Montréal, mais suggère plutôt une «complémentarité» accrue entre l’hôpital Sainte-Justine et l’Hôpital de Montréal pour enfants, compte tenu de la difficulté de procéder à une fusion ou une fermeture.Malgré le verdict posé dans ce rapport, le ministre Couillard se défend de planifier des fermetures de services.«On veut que l’éventail des services soit complet des deux côtés, mais on veut préciser les endroits, notamment les surspécialités où il faut développer plus à un endroit qu’à l’autre», a-t-il répondu, restant évasif sur la nature des transferts projetés.Avec diplomatie, Philippe Couillard a insisté sur l’importan- - — ; sips JACQUES NADEAU LE DEVOIR La chirurgie cardiaque, les greffes d’organe, la traumatologie et les soins avancés du cancer seront concentrés à Sainte-Justine.ce de faire collaborer les médecins et le personnel des deux hôpitaux à «travers les barrières culturelles et universitaires».Une collaboration que le ministre veut surtout accentuer du côté administratif et universitaire.McGill juge que Couillard fait fausse route Mais à l’Hôpital de Montréal pour enfants, ce discours n’a pas eu de quoi rassurer les médecins ni l’ancien directeur général, furieux des conclusions tirées dans ce rapport.«Nous sommes étonnés du manque de crédibilité de ce document qui prêche les vertus de la concentration, mais sans chiffrer nulle part les économies que cela générerait», s’est offusqué hier le Dr Nicolas Steinmetz, ex-directeur et vice-président de la Fondation de l’Hôpital de Montréal pour enfants.Ce dernier estime que le docu- ment, qui présente l’Hôpital de Montréal pour enfants comme un hôpital de second plan, manque de rigueur scientifique.Lors d’une réunion du conseil des médeems, dentistes et phannaciens la semaine dernière, plusieurs spécialistes se sont dit outrés des propositions du ministère.Dans une lettre envoyée à la principale de l’université McGill, le chef du département de pédiatrie de l’Hôpital de Montréal pour enfants presse d’ailleurs la rectrice de dénoncer ce projet sur la place publique afin d’éviter le démantèlement de ses équipes de super-spécialistes.«Cela n’est pas un plan de complémentarité, mais un plan d’extinction de certains programmes.Ce plan est basé sur des chiffres erronés et de fausses prémisses», y déplore le Dr Harvey Guyda «Cela n’a aucun sens de transférer la traumatologie à Sainte-Justi- ne et de garder les chirurgies orthopédiques et les neurochirurgies chez nous.Si un enfant est frappé par une voiture et a besoin d’une opération urgente au cerveau, que va-t-on faire?I-es patients ne se divisent pas en morceaux», a renchéri hier le Dr Steinmetz, Du côté de l’université McGill, le ton était moins alarmiste hier, mais la réaction au contenu du rapport tout aussi négative.Le doyen de la faculté de médecine, le Dr Abraham Fuks, affirme que si le ministère a raison de viser la complémentarité entre les deux hôpitaux, il fait fausse route quant à la méthode.«Nous sommes d’accord avec la complémentarité, mais cela doit reposer sur des arguments scientifiques solides et être discuté avec les médecins.Là, on impose des solutions venues d’en haut», a déploré le D'Fuks.L’université McGill a donc rétorqué aux transferts de services proposés par des arguments rationnels.«On ne peut diviser les patients en pièces, il faut pouvoir assurer une continuité de soins dans notre propre hôpital», soutient le doyen.Selon ce dernier, les médecins des deux hôpitaux ont déjà convenu de pratiquer toutes les greffes de moelle osseuse et les greffes de rein à l’hôpital Sainte-Justine, tout en conservant des services de chimiothérapie pour les enfants dans les deux hôpitaux.«M.Couillard a raison: il faut collaborer.Mais cela se fait déjà dans plusieurs programmes, notamment pour le diabète.Si on impose des concentrations sans base logique et sans consensus, tout le monde aura l’impression de perdre», dit-il.Pour l'instant, les hôpitaux jugent que ce débat mal amorcé favorise la zizanie et sabote les efforts de rapprochements qui étaient bel et bien amorcés entre l’hôpital Sainte-Justine et l’Hôpital de Montréal pour enfants.Le Devoir CANAL documentaires Tous les jours canalD.com Une chaîne Astral Aledia Astral Media LE DEVOIR.LE MERCREDI DÉCEMBRE 2 0 0 5 A ,1 QUALITES .praires Arts et lettres : mercredi 19H30 Carnet littéraire : dimanche 9:30 Québec perd en Cour d’appel contre Homolka BRIAN MYLES Karla Homolka espère que le gouvernement du Québec lâchera prise sur elle au lendemain de sa victoire expéditive en Cour d'appel.C est du moins ce qu’a laissé entendre son avocate, Sylvie Bordelais, hier, après qu'un banc de trois juges eurent donné gain de cause à sa cliente.La Cour d appel a rejeté hier la requête du procureur général du Québec visant à rétablir les restrictions à la liberté de Mme Homolka (ou Teale), après une courte période de délibération de 45 minutes.Le tribunal a estimé que le juge de la Cour supérieure James Brunton n’avait commis aucune erreur de droit la semaine dernière, en cassant ces entraves (obligation de se rapporter aux policiers, de suivre une thérapie, etc.).Le procureur général du Québec fera connaître ses intentions aujourd’hui.Dans sa requête pour permission d'en appeler du jugement Brunton, le ministère public soutenait que Mme Homolka faisait peser un risque sur la sécurité de la population, d'où la nécessité de limiter sa liberté, en vertu de l’article 810.2 du Code criminel.Il s agit là d’une forme de justice préventive fondée sur la crainte d un plaignant (un policier ontarien dans le cas en litige).Pour que l’intervention du tribunal soit justifiée, il doit y avoir un risque réel et imminent que la personne visée par l'article 810.2 commette des sévices graves à l’endroit de quiconque.Le juge Brunton a évalue que ce notait pas le cas avec Homolka, et la Cour d'appel n'a trouvé aucune faille dans son raisonnement Le procureur général du Quebec peut encore se tourner vers la Çour suprême dans l'espoir de renverser la décision.A moins quîl ne présente une nouvelle demande de contrôle judiciaire, en se basant sur des faits nouveaux.Le cas échéant, les démêlés de Karla Homolka avec la justice reprendraient à zéro.Le deuxième avocat de Mme Homolka.Christian Desrosiers, espère cependant que la décision de la Cour d'appel vienne clore l'affaire une fois pour toutes.«Elle a purgé sa peine, c'est maintenant une citoyenne comme n importe qui», a-t-il dit à sa sortie du tribunal.Mme Homolka avait plaidé coupable à l’homicide involontaire de deux adolescentes en Ontario.En échange de son témoignage contre son ancien mari, Paul Bemardo, la Couronne ontarienne avait consenti à recommander une peine de 12 ans de pénitencier, et à ne pas intervenir lore de sa remise en liberté.Selon M Desrosiers, l'Ontario a renié son entente en faisant des pressions sur Québec pour qu'il encadre la liberté de sa cliente.L'influence des autorités ontariennes était encore palpable hier à la Cour d’appel.C'est un procureur de la Couronne de la province voisine.James Ramsey, qui a plaidé la cause au nom du Québec et de l'Ontario.Le Devoir OUTREMONT J Al oil S SUMAC I I IM VOIK Odile Boisdair et Louvaine Fontaine étaient au nombre des personnes oui ont rendu hommage aux victimes du massacre de Polytechnique survenu il y a 1 ti ans.Ui cérémonie se déroulait à la Place du 6 décembre, à l’école Polytechnique à Montréal.* •- Les élus soulignent l’anniversaire du massacre de Polytechnique Une semaine d’école qui ressemble à la relâche MARIE-ANDRÉE CHOUINARD Un mélange explosif d'élections partielles, de grève des enseignants et de débrayage des employés de soutien force plusieurs élèves d’Outremont à faire l'école buissonnière lundi, mardi et mercredi prochains.Puisque la loi électorale oblige les écoles à transformer leurs locaux en bureaux de scrutin, et que lundi prochain est jour d’élections partielles, notanunent dans le comté d’Outremont, la commission scolaire Marguerite-Bourgeoys se voit obligée de fermer quatre de ses écoles, histoire de laisser les citoyens voter.Ironie du sort ce lundi de fermeture est suivi, dans la circonscription d'Outremont par deux journées de débrayage, qui forcent elles aussi les enfants à rester chez eux.Le mardi 13 décembre est jour de grève pour les enseignants membres de la Fédération des syndicats de l’enseignement (FSE-CSQ) dans la région de Montréal, et le lendemain, c'est au tour des employés de soutien liés à la CSN et la FTQ de brandir les pancartes.«C’est une situation particulière», convenait hier la porte-parole de la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB), Brigitte Gauvreau.«Mais la loi électorale nous oblige à prêter nos locaux pour la tenue du vote.On ne peut pas s'y soustraire.» Les écoles primaires Lajoie, Guy-Drummond, Nouvelle Querbes et l’école secondaire Paul-Gérin-Lajoie d'Outremont doivent fermer pour permettre le déroulement des élections partielles, motivées par le départ du député libçral Yves Séguin en mai dernier.A Verchères, le départ de l'ancien député du Parti què bécois Bernard Landry oblige aussi les électeurs à noircir un autre bulletin de vote lundi prochain.Dix écoles primaires et deux écoles secondaires doivent céder leurs locaux, mais dans ce comté, aucune journée de grève n’est au menu de la semaine prochaine, «ce qui minimise les effets», explique Lyne Arcand, responsable des communications pour la Commission scolaire des Patriotes.L’organisme, dont les écoles sont plutôt fermées de main en raison de la grève des employés de soutien, a par ailleurs transfonné la journée de fermeture de lundi prochain en une journée pédagogique, ce qui n’aura donc aucune incidence sur le calendrier scolaire.Celui-ci prévoit la tenue obligatoire de 180 jours de classe fermes, une exigence de la Loi sur l’instruction publique.Les célèbres journées pédagogiques, prG vues pour nourrir la formation des enseignants, constituent une des voies de rattrapage envisagées par les commissions scolaires pour s'assurer la tenue des jours de cours obligatoires.«Nous avons annulé la journée pédagogique prévue le 13 avril pour réagir à la fermeture de lundi» liée au vote, explique Lyne Arcand.Ailleurs, comme à la Commission scolaire de Montréal (CSDM), le calendrier scolaire tire de l’arrière d'une journée et demie en raison des grèves tenues depuis le début de l’année scolaire.«Même si notre calendrier scolaire en compte deux de plus que ce à quoi la loi nous oblige, il nous en manque déjà», explique Camille Gagnon, directrice des communications à la CSDM.La semaine prochaine, deux journées de débrayage viendront de nouveau colorer le déroulement scolaire des choses, le mardi 13 pour les enseignants et le jeudi 15 décembre pour les employés de soutien.«Nous sommes en train d’évaluer la manière de reprendre la journée et demie d’école qui manque», expliquait hier Mme Gagnon.«Est-ce qu’on doit aller piger dans les journées pédagogiques pour reprendre les journées de classe?La question se pose.» Dans certaines écoles, comme l’école Guy-Drummond de la CSMB, on a déjà prévenu les parents que la combinaison élections et grève entrainerait l’abolition de trois journées pédagogiques, celles du 9 et du 27 janvier et celle du 22 février, qui sont carrément transformées en journées d’école.«L’objectif de la CSMB est d’assurer les 180 journées de classe prévues au calendrier», écrivait-on aux parents cette semaine.Le Devoir Conférence internationale de Montréal sur le climat Stéphane Dion définit la « deuxième voie » LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le président de la Conférence internationale de Montréal sur le climat Stéphane Dion ministre canadien de l’Environnement a depose hier un premier texte définissant la «deuxième voie» des discussions qui pourraient se dérouler sous l’autorité de la Convention sur les changements climatiques, signée à Rio en 1992, plutôt que sous l'empire du protocole de Kyoto, dont les Etats-Unis et l'Australie sont exclus pour ne pas l’avoir ratifie.Le texte, qui a fait l'objet de consultations jusqu'aux petites heures du matin dans la nuit de lundi a hier, a été rendu public hier matin par les services onusiens.Il devait être débattu dans les différents groupes de travail hier.Ce texte, dans sa version officielle, ne contient aucune parenthèse, ce qui dévoilerait les amendements que certains pays ont pu ap porter à la proposition durant la journée d’hier.D’entrée de jeu.le projet de résolution s'inscrit dans le cadre des «objectifs et des principes» de la convention de Rio sur le climat pour faire face «au défi sérieux et de long terme» des changements climatiques.Le texte propose aux signataires de la convention «d’engager des discussions afin d'explorer et d’analyser des approches en vue de plans d'action commun à long terme (long terme cooperative action)» dans quatre secteurs précis: définir des objectifs de développement viable, faire face au défi de l'adaptation aux changements climatiques, réaliser pleinement le po- tentiel des technologies et celui des marchés.Selon le projet Dion, les «discussions» se dérouleraient dans des ateliers dont les travaux seraient animés par deux modérateurs, l’un désigné par les pays nommés à l'Annexe I de la convention et l'autre par les pays qui ne le sont pas.Les ateliers feraient rapport aux plénières de la convention en 2006 et déposeraient un rapport final en 2007.Selon des sources bien informées, l’accueil aurait été généralement favorable à cette proposition.Mais, ce qui surprendra le§ écologistes qui dénoncent cette deuxième voie, les Etats-Unis lui auraient réservé un accueil glacial D a été impossibk de savoir pourquoi.D'autre part le groupe de contact qui travaille sur l'après 2012 au sein de la communauté de Kyoto, prépare un texte comprenant cinq «attendus» et sept propositions, toutes remplies de parentheses, i.e.qui constituent autant d’amendements sur la table.Un des amendements propose d’inclure les mesures que préconiseraient les non-membres de la communauté de Kyoto, une façon d'ouvrir la porte aux Américains.aux Australiens et à leurs plans de travail hors norme, le cas échéant.On y insiste sur le recours au mécanisme de développement propre et aux mécanismes du marché des droits d’émissions, les deux priorités des pays en développement pour l'un et de l’Europe pour l'autre.Le Devoir La Montre la Plus Prestigieuse au Monde ?PATEK PHILIPPE G0CVE KAUFMANNde SUISSE J« VAR UWS omat r*S4 MONTHÉAl Zmt Ruf Crrïrpftl lîM) R48-OWÎ .kaufaunndFstffMF-ca Québec — L'Assemblée nationale a tenu une minute de silence liier à l’occasion du 16 anniversaire du massacre de l’Ecole polytechnique de Montréal.le 6 décembre 1989, un tireur solitaire, Marc lépi-ne, armé d'un fusil, tuait 14 femmes à l’Ecole Polytechnique, lors d’un des épisodes dramatiques de l’histoire du Québec.Le tueur s’était décrit comme «antiféministe» en posant son geste criminel.«je veux, pour le Québec, une société dans laquelle l égalité entre les femmes et les hommes soit exemplaire.Maigre le chemin {mrcouru, cette égalité est loin d’être atteinte», a déclaré à l'Assemblée nationale la ministre responsable de la Condition féminine, Carole Théberge.«Il revient donc à chacun et chacune d'entre nous de poser des gestes qui fenmt en sorte que nos enfants et nos petits-enfants pourront grandir dans une société plus ouverte, tolérante et mm violente à l'égard des femmes», a poursuivi la ministre Théberge lors d'un bref débat.la député péquiste de Terrebonne, Jocelyne Caron, a convenu qu’il restait encore beaucoup de problèmes avant que légalité entre les hommes et les femmes soit atteinte.«Au Québec, il y a eu 790femmes et enfants tués depuis décembre 1989.dont 615 femmes tuées par un partenaire actuel ou récent, par un client, un souteneur, par un fils, par un violeur par dis cambrioleurs ou.corn me lUms le cas de nos 14 victimes, par un antifemimste armé», a rappelé la députée Caron.«Ceux qui croyaient que la tragédie de Polytechnique n'inspirait qu'horreur à l'ensemble de la so ciété ont dû déchanter quand, en 1995, on a révéle que des soldats du régiment aéroporté de l’armée canadienne basé à Pctawawa organisaient annuel lement une commémoration en l’honneur de Mare Upine», a poursuivi la députée de Terrebonne.Quant au chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, il a rappelé «le travail remarquable de l'Association féminine d’éducation et d'action sociale IAFEAS) qui, à chaque année depuis bientôt 10 ans, tient l'Opération ‘Tendre la main", une operation qui a pour but de contrer la violence à tous les niveaux et de faire la promotion d’une société plus pacifique, de sensibiliser la population à ce devoir».Presse canadienne Montréal Campus fête ses 25 ans Montréal Campus, le journal étudiant de l’Université du Québec à Montréal, fête ses 25 ans.Reconnu pour le regard jeune et critique qu’il pose sur l’actualité, mais aussi pour la rigueur de son travail, ce bimensuel a su se tailler une solide réputation depuis sa fondation, en ’980.Des dizaines de journalistes québécois y ont d’ailleurs fait leurs premières armes.Véritable «école de journalisme», Montréal Campus fête son quart de siècle avec un numéro spécial publié le 7 décembre et disponible a l’UQAM.Pour avoir accès à l’ensemble du contenu du journal, consultez le site Internet, au www montrealcampus.uqam.ca A 0 LE DEVOIR.LE MERCREDI DECEMBRE 2 0 0 5 D I T 0 R I A L L’allocation Harper À première vue, le plan d’aide à la famille dévoilé lundi par le chef conservateur, Stephen Harper, heurte de plein fouet l’orientation du Québec en matière de services de garde à l’enfance.Dans les faits, les choses sont plus complexes, du moins pour le Québec.Explications.LE DEVOIR FONDÉ PAK HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS L Jean-Robert Sansfaçon e plan conservateur est simple: d’abord, on annule les ententes signées par le gouvernement Martin avec les dix provinces pour la création d’un programme national de garderies, puis on remplace le tout par un chèque mensuel de 100 $ par enfant de moins de cinq ans, versé directement aux parents.Pour les conservateurs, c’est aux parents seuls qu’il appartient de choisir le mode de garde qui leur convient Ce faisant M.Harper cherche à rejoindre en priorité les familles dont l’un des conjoints, habituellement la femme, choisit de s’occuper lui-même des enfants ou de les confier à des proches.Il faut dire que même au Québec, où le réseau de CPE est développé, un bambin sur deux ne fréquente pas la garderie.Dans le reste du Canada, les chiffres sont beaucoup plus élevés.C’est dire combien l’allocation Harper, qui n’est en fait qu’une augmentation du crédit pour enfant, pourrait être bien reçue.Les tenants d’un programme pancanadien de garderies semblable à celui du Québec s’opposent avec force à un programme aussi individualiste qui ne crée aucune nouvelle place ni ne soutient celles qui existent déjà.De toute façon, avec 100 $ par mois, on ne fait même pas garder son enfant trois petites journées! Cela dit, compliquons les choses un peu.D’abord, rappelons-nous que l’éducation est de compétence provinciale et que c’est grâce à ses excédents budgétaires qu’Ottawa peut se permettre d’ajouter son grain de sel à ce que les provinces font déjà, ou devraient faire, chacune à sa façon.Le gouvernement Martin lui-même l’a admis en acceptant de transférer 1,2 milliard au Québec, d’ici cinq ans, à la seule condition que l’argent aille aux familles.Ce financement, M.Martin vient d’ailleurs de promettre de le reconduire jusrju’en 2015.Or cet argent, Québec ne l’injectera pas dans le réseau des CPE puisqu’il y consacre déjà 1,4 milliard par année.Qu'en fera-t-il?On n’en sait rien.Il pourrait, par exemple, bonifier son programme de crédits pour enfants créé l’an dernier.Ce faisant, il utiliserait donc l’argent d’Ottawa pour faire la même chose que ce que promettent les conservateurs.En somme, si Stephen Harper devient premier ministre, les parents recevront un chèque, mais Québec perdra le milliard prévu dans l’entente signée cet automne par le gouvernement Martin.M.Charest devrait donc revoir ses propres dépenses de programme en conséquence, sans pour autant s’attaquer au réseau de CPE.On le voit, pour les familles du Québec, ce n’est pas la présence d’un gouvernement conservateur ou libéral à Ottawa qui importe vraiment en matière de financement des services de garde.Avec Paul Martin, l’argent ira au gouvernement du Québec qui le redistribuera selon ses priorités, alors qu’avec Stephen Harper, il ira dans la poche des parents de jeunes enfants, que ceux-ci fréquentent ou non la garderie.Voilà qui nous rappelle que, peu importe la couleur de ceux qui gouvernent à Ottawa, le problème des excédents budgétaires dont on ne sait que faire reste le même.Quant aux ententes à long terme conclues avec les provinces, elles n’ont pas plus de valeur que celle du papier sur lequel elles ont été rédigées.j- rsansfacon@ledevoir.com Si peu visibles Josée Boileau ne campagne électorale bat son plein quand l'argent pleut, que la parole s'enfle et que l’électeur négligé est soudain l’objet de toutes les attentions.C’est ainsi que, par la grâce des élections fédérales et des partielles au provincial, les «groupes ethnoculturels» ont eu droit, en début de semaine, à quelques minutes de visibilité.Mais la discrète publication, lundi, d'un énième rapport sur leur sort — le Rapport sur la reconnaissance des diplômes et des compétences des personnes formées à l'étranger—est venue aussi rappeler à quel point, à part leurs votes, ces «groupes» n’ont toujours pas de poids politique.Non que ce rapport, préparé par l’Équipe de travail issue du Forum des générations du premier ministre Jean Charest, soit ininté» cessant: on y trouve 40 recommandations des plus varices.Mais il ne fait que renchérir sur celles du Groupe de travail sur l'accès aux professions et métiers réglementés, qui est composé de quatre députés libéraux et qui a dévoilé son propre rapport en mars dernier! Et on attend toujours de passer à l’étape suivante: les solutions concrètes, mises en place rapidement et appuyées financièrement.Du concret qui ferait en sorte que les ordres professionnels ne pourraient plus, par exemple, réclamer des frais de plus de 1000 $ pour des tests d’équivalence, ou qu'ils mettraient un terme à leurs inquisitions tatillonnes {«Et vous, madame, qui muiez joindre les rangs de nos infr-mières, quel était donc le contenu précis de vos cours au secondaire?»).Quant à l’argent, n'y pensons même pas.La ministre québécoise de l'Immigration, lise Theriault, a beau dire quelle se battra auprès du Conseil du trésor pour en obtenir davantage, le Rapport annuel de gestion de son ministère prévoit que, d'ici 2008, les coûts de francisation — une formation cruciale! — doivent être diminués de 5 % par rapport aux budgets de 2003-2004.Il faut dire que l'Immigration, ici, est un ministère mineur.La preuve: depuis sa creation en 1908.il a change 24 fois de titulaire, soit un aux 18 mois.Mais, si l’on retire les cinq ministres qui y ont passé quatre ans (dont Jacques Couture et Monique Gagnon-Tremblay, à qui l'on doit de célèbres ententes avec le fédéral), le jeu de chaise musicale est encore plus frappant.et ne cesse de s’accélérer gouvernements péquiste et liberal confondus, huit ministres ont occupé le poste ces 11 dernières années! Autant de personnes qui.chaque fois, débarquent avec toute leur méconnaissance des dossiers, sans pression publique pour leur pousser dans le dos puisque la population de souche partage leur ignorance.C’est pourquoi, aussi racoleuse soit-elle, la proposition faite dimanche par le nouveau chef du Parti québécois.Andre Boisclair.consistant à tenir une enquête nationale sur l'intégration des immigrants et les problèmes des minorités visibles, a du sens.C'est à la suite du réveil de l'ensemble de la population que ces questions deviendront un enjeu politique pour lequel on exigera de vraies réponses — l'exact envers de la consultation semi-privée menée présentement par des députés liberaux au sujet de la participation des communautés noires à la société québécoise.Tant que l’on s'en tiendra à ces discussions en vase clos ou entre inities, on ne fera que contribuer à la marginalisation que l’on pretend dénoncer.jboileatra ledei'oir.ca Directeur BERNARD DESCOTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE UN B£Au pç lîooÿ'A CHACUNS PowR PCRmêTïHê H RftTfR A IA MAtSo/v PénDAnTÇuê VoÇ MARiS , TfrAVAiUtNT.ÇA'A NlCo^t IT P'ANf 6uAv, ou A un i CoNjotuî/ N./A \A M lZ«oî-U-o7 L E TRES -?- Climat: un hôte bizarre Au lieu de réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GES), le Canada, pays hôte de la Conférence sur les changements climatiques, les a laissés augmenter de 24 %.Des véhicules utilitaires sport polluants y ont transporté les invités, ces mêmes véhicules qu’on laissait tourner à l’arrêt, et on a jeté des contenants recyclables à la poubelle au centre des congrès.Paul Martin absent à l’ouverture de la conférence, Stéphane Dion qui s’enfarge dans les fleurs du tapis avec Thomas Mul-cair et Jean Charest qui n'a pas de plan provincial de réduction des GES à présenter à la conférence: vraiment pitoyable! De vrais deux de pique! Certaines industries canadiennes sont prêtes à s’engager à réduire de plus de 40 % leurs émissions de GES.Stéphane Dion leur demande un effort de 17 %.Comment alors prendre au sérieux la campagne de réduction d'une tonne?La population va comprendre que pour les libéraux d’Ottawa, le réchauffement de la planète n’est qu’un prétexte pour faire gagner de l’argent aux agences de publicité, tout comme l'opération visant à sauver le Canada l'a été pour le scandale des commandites.Dans la campagne électorale fédérale qui s’amorce, la population doit envoyer un message clair aux incompétents qui tergiversent devant cette catastrophe appréhendée.11 est urgent délire des gens capables de résultats.Albert Bertrand Mont-Saint-Hilaire, le 5 décembre 2005 Réchauffé et prémâché Chaque parti fédéral commence à étaler son programme de campagne électorale de- vant la population.À première vue, le cadeau livré pendant le temps des Fêtes risque d’être fort décevant.Chez les libéraux de Paul Martin, outre les milliards proposés avant la chute du gouvernement, on fera campagne, au Québec, sur l’unité nationale.Prenez garde, M.Martin, car vous épuisez vos munitions pour le prochain référendum.Dans le camp du Bloc, Gilles Duceppe et son équipe s’enfoncent profondément dans une bataille qui risque de leur coûter des postes.Le Bloc veut ainsi parler de corruption et faire de ce thème la pièce maîtresse de son jeu.On reprochera ainsi des erreurs libérales passées pour essayer de gagner des sièges, oubliant presque de proposer des éléments nouveaux pour le Québec et ses citoyens.En faisant de ce scandale la pierre d’assise de la campagne, le Bloc fait exactement ce qu’on reprochait aux libéraux après l’élection d’André Boisclair à la tète du PQ: entrer dans une forme de diffamation politique plutôt que d’œuvrer dans l’innovation.Et chez M.Harper, on propose d’ouvrir de nouveau le débat sur les mariages entre conjoints de même sexe.Le problème n'est pas seulement le ridicule de la proposition mais aussi le fait que celle-ci ne pourra probablement pas être tenue car nous aurons sans aucun doute droit à un gouvernement minoritaire.Il n’y a pour l'instant que chez le NPD, à ma grande surprise, que les politiciens font preuve de retenue et d’humilité.Jack Layton sait fort bien qu’il ne prendra pas les commandes du Canada et mise plutôt sur la sagesse de ses députés au cours du dernier mandat.Ainsi, la majorité des politiciens nous offrent du réchauffé et du prémàché.Le 23 janvier, on tentera de faire sortir le vote, sans se demander pourquoi la population préfère le confort de son foyer au bureau de scrutin.Jean-Frédérick Gagnon Jonquière, le 5 décembre 2005 Wal-Mart : la chance d’agir Notre société nous offre bien peu d’occasions d’exprimer clairement notre désaccord avec certaines des pratiques politiques ou économiques qui nous sont imposées.Depuis quelque temps, les médias se penchent sur les pratiques du géant du commerce au détail Wal-Mart.Sous-traitance dans des pays où des enfants de dix ans reçoivent moins de 1 $ par jour pour fabriquer des vêtements qui nous seront vendus 20 $.Ingérence éhontée dans la vie des travailleurs ou, si vous préférez, des associés (sic) d'ici, dont le salaire moyen est de 14 000 $ par année.Dans ce cas-ci, nous avons un vrai pouvoir: celui de ne pas acheter chez Wral-Mart.Bien sûr, certains emplois seront mis en danger, mais plusieurs études démontrent que l'implantation d’un Wal-Mart dans une ville a pour conséquence la fermeture de plusieurs établissements moins bien nantis et qui, eux, offraient des salaires décents et étaient actifs dans leur milieu.La fermeture d’un Wal-Mart entraînera certainement la réouverture de certains de ces commerces.La majorité des grandes surfaces s’installent en périphérie des villes; il n’est pas rare que les municipalités aménagent de nouvelles infrastructures afin de les recevoir.Le développement urbain se fait en fonction des grandes chaînes, et ce, au détriment d’autres secteurs de nos villes.Nos taxes servent à enrichir des multinationales.Il y a quelque chose qui dérange dans cette façon de faire.Jean Chenay Sherbrooke, le 5 décembre 2005 LIBRE 0 IM N I 0 N Oui à un nouveau référendum YVES L.-DUHAIME Ancien ministre du Parti québécois et excollègue de travail du destinataire lettre à Pierre Marc Johnson Dans votre lettre rendue publique dans le quotidien La Presse du vendredi 25 novembre, vous cernez très bien, à ce qu’il me semble, certains «enjeux et des impératif qui crèvent les yeux».Permettez que je vous cite: «Dans une economic mondialisée, notre économie doit être productive si nous voulons maintenir les institutions qui assurent la solidarité sociale, l equite entre generations de même que l'accès à des services educatif et de santé de qualité.Sous devons intégrer la notion de développement durable à la gestion des ressources qui font la richesse des regions.Sous devons valoriser la créativité culturelle qui forge notre identité Sous devons atteindre l'harmonie sociale dans la diversité comme principe capital de survie d'un Quebec qui se veut une terre de liberté pour tous.» Je partage entièrement cet énoncé, mais je veux vous exprimer mon désaccord total et complet sur votre conclusion de reporter l’échéance référendaire.Si le Québec devait se contenter «d’un statut constitutionnel imparfait et inachevé».nous en serions au même point pour encore longtemps.Le Quebec continuerait de payer à Ottawa près de la moitié de ses impôts et taxes, de se soumettre aux lois et décrets de la majorité Canadian, de devoir renoncer à une presence internationale, de passer le plus clair du temps à se battre contre l’envahissement fédéral dans nos champs de competence exclusive, bref, à subir le folklore d’une monarchie constitutionnelle devenue une risée royale, sans parler de ce «pouvoir fédéral de dépenser», là où il veut, sans l’accord du Québec, lorsque l'intérêt national (il faut lire ici national interest) le commande jusqu'à l’étranglement complet de nos finances publiques.Conséquemment, les «enjeux et impératif qui crèvent les yeux», que vous avez si bien décrits, ne pourront jamais, dans le contexte constitutionnel actuel être ni releves et encore moins résolus.Seule la souveraineté du Québec nous accordera comme peuple tous les moyens et surtout les outils pour nous assumer pleinement en rejoignant le concert des nations: cela me parait l'essentiel.Décaler dans le temps une telle échéance aux calendes grecques, ou aux ides de mars, serait du temps précieux perdu à tout jamais.Le temps de se presser Voyez cette semaine: Montreal accueille un sommet mondial sur les changements climatiques.Avez-vous additionne le nombre de pays souverains participants?Pourquoi le Quebec devrait-il se contenter d'un statut de province alors qu'il pourrait être parmi les 20 premiers pays du monde?Pourquoi, alors que notre peuple aspire à sa pleine liberté et à l’exercice normal de sa souveraineté, comme tous les autres peuples de cette planete?Regardez ce qui se passe en Norvège, en Autriche, en Irlande, en Suisse, au Dane- mark.en Finlande, des pays souverains affichant les meilleurs revenus par habitant.Je vous donne ces exemples, que vous connaissez sans doute mieux que je ne le puis, pour vous rappeler qu'aucun de ces petits pays (plus petits que le Quebec) ne renoncerait à sa souveraineté pour vivre dans un ensemble politique plus grand qui le rendrait minoritaire.donc comme nous, aux ordres d’une autre majorité.Mon cher Johnson, le Québec sera un jour une «terre de liberté pour tous», comme vous l'écriviez, lorsque notre peuple aura décidé (ce que rien au monde ne pourra empêcher) par voie démocratique de se donner un pays, et ce sera par un referendum.Pour réussir, il nous faudra continuer ce combat, engagé à fond de train par d'autres avant et après lui, mais surtout par Rene Levesque et ses successeurs.dont vous êtes.Aujourd'hui, en sortant de votre «réserve habituelle» tout en appuyant un ami de toujours.vous nous suggérez de nous contenter du statu quo pour un temps non défini.Là est notre désaccord profond et fondamental, ceci dit en tout respect Au moment même ou notre peuple semble plus prêt que jamais a aller de l'avant vers un référendum pour se sortir de l'impasse constitutionnelle, devenue un cul-de-sac.sinon un mur insurmontable, ce n'est le temps ni de freiner ou de ralentir, au contraire, il faut nous presser, accélérer le rythme, augmenter la cadence et réaliser l'objectif premier à la base de la création de notre parti: faire du Quebec un pays. LE DEVOIR.LE MERCREDI D E f E M B R E 2 O O 5 A 7 DEES Le travail des enfants : la grande hypocrisie ANDRE JACOB Professeur associé.École de travail social, Université du Québec à Montréal e 1" décembre.TV5 présentait un dossier sur le trafic d’enfants au Benin.Le lendemain, l'émission Zone libre de Radio-Canada révélait que la mégaentreprise transnationale Wal-Mart bénéficie du travail des enfants du Bangladesh pour maintenir ses bas prix.Du jour au lendemain, donc, la question du travail des enfants a fait la une de l'actualité.Le questionnement va durer quelques jours et, après.U faudra poursuivre la course aux aubaines.Le scandale du travail des enfants était connu bien avant la levée du voile sur les tactiques de Wal-Mart De fait une multitude d’entreprises profitent du travail des enfants, directement ou indirectement (comme le reconnaît Wal-Mart), partout à travers le monde.L’ignorance et le bas niveau de conscience sociale et politique de la grande masse des consommateurs occidentaux contribuent à maintenir cette situation inacceptable dans la mesure où la course aux bas prix tient lieu d’éthique de la consommation.Voila l’hypocrisie! Regardons les faits.L’UNICEF a produit nombre de documents sur le sujet De son côté, l’Organisation internationale du travail estime que, un peu partout sur la planète, plus de 211 millions d’enfants âgés de 5 à 14 ans sont contraints de travailler.le phénomène ne touche pas seulement les pays asiatiques mais fleurit sur tous les continents, y compris aux États-Unis, le paradis de la consommation, la première journée mondiale contre le travail des enfants, qui a eu lieu le 12 juin 2002 à Genève, a laissé indifférents à peu prés tous les médias.Sous des visages différents, la réalité vécue par ces millions d’enfants ressemble à plusieurs égards aux drames si bien décrits par Victor Hugo et Charles Dickens en référence au début du capitalisme industriel en Europe.La combinaison gagnante la mondialisation ne fait qu'aggraver la situation.Maintenant que les entreprises peuvent compter sur la collaboration d’une majorité de pays pour garantir la libre circulation des capitaux et des biens par des lois appropriées dictées par la Banque mondiale et le Fond monétaire international, il ne reste qu'à s'assurer du contrôle d’une main-d’œuvre docile, corvéable et transférable d’un lieu à un autre.Les enfants font partie de la combinaison gagnaq-te qui permet d’engranger des profits faramineux.A ce chapitre, les entreprises transnationales se montrent les plus voraces.Evidemment, aucune grande entreprise multinationale, pas plus que les petites et moyennes entreprises qui font fabriquer des produits à bas prix, ne reconnaissent participer à cette exploitation.En réalité, les fabricants font souvent affaire avec des «marchands” de main-d’œuvre, des agences ou des sous-traitants prêts à tout pour augmenter leur profit.L’argent a plus de sens et de valeur que la vie humaine et que l’enfance.lœ travail des enfants touche tous les types d’industries, pas seulement le vêtement Quelques exemples: la culture du tabac au Malawi (Philip Morris, Altadis, etc.), la production de fruits en Équateur (Chiquita, Del Monte, etc.), la culture du cacao en Côtedlvoire (Cargill, etc.).Même les belles roses qu’on offre avec de si ngbles intentions ont de fortes chances de provenir de l’Equateur ou d’ailleurs et de tirer leur beauté du travail d’enfants ou de femmes exploitées dans des conditions misérables qu’il serait trop king de décrire ici.On sait qu’une grande partie des enfants travaillent pour moins de 2 S par jour.Plus de 100 mil lions d’enfants ne vont jamais à l’école.Des millions d’enfants de moins de cinq ans, travailleurs ou pas, meurent chaque annee.Même dans les pays riches, i) y aurait environ 2.5 millions d’enfants au travail.A ce nombre, il faut ajouter 11,5 millions d’adolescents entre 14 et 17 ans.Cette masse de travailleurs corvéables à souhait se retrouve dans l’agriculture, le bâtiment, l’industrie du textile et les usines de chaussures.Les États-Unis et la Grande-Bretagne (deux millions) comptent le plus grand nombre d’enfants travailleurs.Dans plusieurs régions du monde, le travail des enfants est aussi relie au trafic de personnes.En Afrique de l’Ouest, par exemple, le trafic d’enfants, achetés et vendus, est toujours très présent et pennet à nombre d’entreprises de diminuer leurs coûts de main-d'œuvre.Selon nJNICEF Im situation des entants dans le monde.2002, 700 000 enfants sont victimes chaque année du trafic contre leur volonté et, la plupart du temps, dans des conditions d’esclavage, à cause «rfe la demande de main-d'œuvre bon marché et celle, croissante, de filles et de garçons pour le commerce sexuel».Un échec reconnu par l’ONU Pour chercher des solutions, le Sommet mondial des Nations unies (septembre 1990) a pris la mesure du problème et un deuxième sommet a eu lieu en mai 2002.Lors de cette dernière rencontre, le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, a fait un constat douloureux: «Nous avons misérablement échoué à protéger les droits essentiels des enfants.» Malgré de nombreux traités signés par un grand nombre de gouvernements (189 pays étaient représentés au Sommet de l’ONU de 2002), fa simation reste quasi inchangée.Plusieurs pays ont adopté des lois interdisant le trafic et le travail des enfants et plusieurs entrer prises (dont Wal-Mart) se targuent d’agir selon une éthique très stricte, mais une hypocrisie honteuse facilite le maintien de ce scandale universel.les profits qu'on en retire sont trop importants pour qu’on mette tout en œuvre pour briser ce cercle vicieux de fa misère.En outre, la publicité et la propagande contribuent à maintenir les consommateurs dans l’ignorance des véritables facteurs qui les invitent à acheter des produits qui sont le fruit de l'exploitation 1a plus éhontée qui soit l’exploitation d’êtres humains sans défense.D’ailleurs, tout est mis en œuvre pour que toutes les revendications soient éteintes et ignorées.Dans la très grande majorité des entreprises, nous sommes très loin d'un commerce équitable.Quant à l’argument fallacieux qui veut que les enfants travailleurs contribuent à sortir leur famille de la misère et à assurer leur survie, c’est un aveu de faiblesse et de l’incapacité de trouver des solutions de rechange et un laissez-passer pour maintenir cette forme d'esclavage maquillé.lœ travail des enfants ne peut résoudre les problèmes qui découlent de la misé re.Au contraire, c’est une partie fondamentale du problème.D’ailleurs, souvent, le supposé salaire versé aux enfants va directement dans les poches d'entre metteurs ou de vendeurs d’enfants sans scrupules.En somme, pendant que les profits des entreprises augmentent et que les consommateurs font des économies, on joue à l’autruche.On feint d’ignorer une zone d’ombre comme l’exploitation des enfants, qui permet aux paradis de la consommation de se maintenir et de se donner bonne conscience, une conscience magique s’il en est On ne cherche pas de solutions aux causes structurelles de la misère.On se contente de bonnes intentions et de bonnes œuvres comme la contribution à un «panier de Noël» une fois l’an.¦ .-a ?:.)}.ff JAVAN IA SMAW KIJITI KS On aurait tort de croire qu’on exploite les enfants seulement dans les manufactures de vêtements.Ils travaillent autant dans les usines qu’aux champs ou, comme sur notre photo, prise en Inde, dans les briquetteries.MONTRÉAL Il y a de la place pour plus d’une faculté de médecine L HEATHER MUNROE-BLUM Principale et vice-chancelière de l’université McGill ARTHUR PORTER Directeur général et chef de la direction du Centre universitaire de santé McGill édîtonal de Jean-Robert Sansfaçon, intitulé «Un partage s’impose» (Le Devoir, 21 novembre 2005) et portant sur l’avancement des projets de construction des centres hospitaliers des universités de Montréal et McGill, soulève un enjeu primordial, à savoir qu’aucun Québécois n’accepterait que ces projets de construction de centres hospitaliers dépassent les budgets prévus.A l’université McGill et au Centre universitaire de santé McGill (CUSM), nous prévoyons construire notre nouveau centre hospitalier selon le budget et les délais fixés.Nous sommes d’ailleurs activement au travail afin de peaufiner le projet de façon à ne pas dépasser les 800 millions de dollars promis par le gouvernement Nous soulignons par ailleurs qu’à ce jour, tous les travaux préliminaires ont été terminés a l'intérieur du cadre budgétaire prévu.M.Sansfaçon fait cependant erreur en soutenant qu'un seul centre hospitalier universitaire à Montreal serait suffisant pour assurer la qualité de soins a laquelle la population a droit et en suggérant que le projet du CUSM n’est motivé que par des raisons «historiques» ou «linguistiques» .Il a également tort de dépeindre les projets comme étant grands: selon toute mesure, les projets de construction des nouveaux centres hospitaliers sont relativement modestes en comparaison de ce qui se fait de mieux en Amérique du Nord.Le Québec doit investir d’urgence dans la construction d’établissements modernes capables d’assurer aux patients des soins de qualité supérieure et d’offrir aux meilleurs médecins formateurs et chercheurs les conditions susceptibles de les attirer au Québec et de les inciter a y demeurer.Une question d’excellence Si nous sommes fiers de ce que l’université McGill et ses centres hospitaliers ont réalisé au cours de l'histoire du Québec, ce n’est pas pour célébrer le passé qu’il nous faut un nouveau CUSM: c’est pour assurer l'excellence des soins et contribuer à bâtir l’avenir de la médecine universitaire au Québec.Ce sont les centres hospitaliers universitaires qui offrent les meilleurs soins de santé à des patients atteints de maladies complexes.Ce sont des lieux de formation où les étudiants en médecine acquièrent des connaissances essentielles auprès de chefs de file en santé et en recherche.Ce sont également des lieux de recherche où nous réalisons des travaux menant à la découverte et à l’adoption de traitements de pointe.Les centres hospitaliers de McGill et de l’Université de Montréal sont aussi au cœur de l’enseignement médical, de la recherche et des programmes cliniques.Nos recherches, en plus d’être au service immédiat de nos patients, servent aussi de moteur a une économie moderne axée sur le savoir comme l’est celle de Montréal, contribuant à son succès concurrentiel d'aujourd’hui et de demain.En Amérique du Nord, chaque faculté de médecine de haut calibre possède son propre réseau de centres hospitaliers universitaires pour mener sa mission a bien.Cette intégration entre la faculté de médecine et son réseau de centres hospitaliers est essentielle à leur succès.Pour chaque faculté de médecine et son réseau, il existe une intégration de l’expertise, des spécialisations, de même qu’une culture institutionnelle qui font en sorte qu’on offre la plus haute qualité en matière de soins, d’enseignement et de recherche.En outre, il faut s'assurer que l’établissement ait une taille optimale.Tout comme Montréal, plusieurs villes reconnues pour la qualité de leur recherche médicale et de leur enseignement (Boston, Chicago, Philadelphie, Houston et autres) possèdent plus d'une faculté de medecine, chacune dotée de son propre réseau de centres hospitaliers universitaires.Boston, une ville de taille similaire à Montréal, en possède trois.L’impact de la réforme De plus, dans le débat actuel, il nous faut tenir compte de la récente et très importante réforme en santé au Québec, une réforme dont nous sommes partie prenante avec enthousiasme: celle des réseaux universitaires intégrés de santé (RUIS).le CUSM, le CHUM, k CHUS et le CHUL ne sont pas simplement des établissements autonomes associés a une université, fis sont tous au centre d’un réseau universitaire intégré de santé ayant comme responsabilité la coordination des soins dans les domaines de médecine complexe pour les ritoyens du Québec.la- succès des réformes visionnaires lancées par le gouvernement en matière de soins de santé est intimement lié au succès des nouveaux projets de centres hospitaliers à Montréal.Au CUSM, nous avons la responsabilité d’offrir des soins a plus de 1,7 million de Québécois par l'entremise de ce nouveau réseau.Signalons par ailleurs que pour ce faire, le CUSM et le CH1 JM travaillent de concert sur des dizaines de fronts en medecine et en recherche, et ce, détruis plusieurs années.la complémentarité au service de la qualité de soins, nous y souscrivons et nous continuerons d'explorer tous les moyens pour améliorer les soins aux patients.Il faut cependant comprendre que la complémentarité n’est pas une question de réduction des coûts: c’est d’abord une question d'accroissement de la qualité.Les économies ne peuvent être les seules valeurs qui guident nos actions en matière de santé et de médecine universitaire.Nous devons pouvoir faire la preuve que la qualité des soins sera accrue et que l'enseignement et la recherche médicale continueront d’évoluer au Québec.Un acquis Montréal a la chance exceptionnelle de posséder deux excellentes universités et facultés de médecine universitaire.Nous ferions erreur en souhaitant en affaiblir l’une ou l'autre.Au contraire, il faut se mobi- liser pour continuer de bâtir sur nos acquis.L’université McGill fait partie de ces acquis.C’est une institution québécoise et la premiere université établie à Montréal, fondée sur sa faculté de médecine.Elle recrute les personnes les plus talentueuses du Canada et d’ailleurs dans le monde et compte au delà de fiO(X) étudiants francophones du Québec.McGill rayonne sur la scène internationale et est la plus connue des universités canadiennes.Mais elle ne se repose par sur ses lauriers Elle souhaite surtout contribuer a construire l’avenir du Québec et non pas représenter son passé.Jugée meilleure uni versité médicale et doctorale au Canada cette année par Maclean's, elle est aussi l’université de recherche prééminente au Canada, selon Research Infosourre, et une des 25 meilleures universités au monde, selon le Times Higher Education Supplement, qui la classe au nombre des plus illustres avec Harvard, Oxford, Stanford et d'autres établissements de prestige.lœ CUSM est un établissement québécois, et il nous faut cesser de le dépeindre en un simple établissement «anglophone».C'est un établissement québécois qui offre des soins aux Québécois, de Montréal au Nunavik en passant par l'Abitibi, et qui fournit des services a ses patients en français, en anglais et dans 70 autres langues.Ni ses patients ni son personnel ne se définissent en fonction d'une identité strictement linguistique; de (ait, (0 % des membres du personnel du CUSM considèrent le français comme k-ur lingue maternelle.L’Institut de recherche du CUSM regroupe la plus grande concentration de chercheurs médicaux au Canada et les chercheurs de l'université McGill ont attiré a Montréal plus de 85 millions de dollars l'an dernier, soit 43 % du financement de la recherche médicale universitaire au Québec consenti par les Instituts de recherche en santé du Canada (IKSC).McGill et le CUSM ont le talent et la détermination nécessaires pour contribuer de façon notable au progrès de ja médecine universitaire au Québec.La population du Québec ne mérite rien de moins, et McGill et le CUSM n’accepteront rien de moins.L'ÉQt IPE Di; DEVOIR LA RÉDACTION Journ»lislrs à Imformatinn generale * rnrtrinmliSBne ad—ni u« dtrrr’r*, à» iK’-wvjn-m jeannr ( '«-rvrat affatm rnttnu-ipaUt ! Cjw-T: Iv,- „ Mar»- A/xir”#- ( .Odiumahu» ”'{¦ -'Iihlr dr i/i !*.¦ /d.< lînan MyW Olfes/irr et fats de société).Clairandire Cauchy (Générait Jean Dion.Louts^GiDes Franctrur mrtronnemnt Benoit Munger ‘rrsfxmiabU du ute lnUrn*\\.Laurrnce GavH.Jean-Guillaume Dumont (commis Internet) Paré (santé), Loutv-Maudf* Rioux Soir} (intnuméraxm Pauline Gr»vH (virnrrv Michel Garneau ( caricaturiste Diane Precourt responsable des pages tkematufnesi Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine Du maze t t relecteurs), Renee l>o Guimont et Serge Faquin (relecteurs surnuméraires) , Jacque* Grenier et Jacques Nadeau photographes \ à U information nihurelk Michel Be Lan- theatre et rakter Csdture Julie Carpentier pupitre Pau! Bennett pupitre cahiers spénata et culturels du ueeh+nd nrphtn*- baihargron 'repeerten Paul Caucbon 'médias/ ,Luro\me Mont pet jt (livres Odrte T rem Way (cinéma).Bernard Lamarche arts visuels et musique Frédérique Doyon (surnuméraire) à (’information économique Gérard Berube ladiosut au directeur de l information\ Dominique Reny (pupitre).PL ppe Papineau (surnuméraire,, fcrx Denrottiem, Claude ( unotv Franco^ \u jardin* (surnuméraire), a l'information internationale ean-Pierre Legauh (pupitre international et page editonaU Claude l-evesque.Guy TaiiMer 'adystnt au directeur de l’mfarmation), Serue Truffau* éditorialiste\ a l'information politique Héiene Btjzetti Manon CorneÜR-r et AW ( awtouKuay Uorrr\pondanti parlementaires d rhUnca>.Antoine Robitaiiie et Robert Dutnsac r^nrspondants parlementaires a Quebec Kathleen Levesque Marie-Helene ,Mane (secrétaire a la redaction Manly v Hamel m.AWtandre Shield» 'rommss la dxumentatK/n GilW Pare (directeur, Manor Derom*- Serju lapiante (Québec, Kactiel K/xhe fart (Ottmma) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de BiîK Jean-Françms Bo«Lse Mariene Côte Dave Cameron.Van Ham* Christiane hegault.Ait* V Malta - Jacquet A Nadeau C lair** Paquet.Mvheline Kueüand.Nadia V- a: M* h À-ide rnard 'publicitaire laurence Theriault dtryctrsce adfenute').Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Berube (secretaire i LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur ée production >.Michel Bemaichex.Johann* Brunet, Parodie Can tara.Richard Dei Corrmer* IkmM FtWi Yanux k M-.- Nathalie Z* / IN PORMATIQf JE Yanick Martel (mpnstUr) PROMOTION.DISTRIBITION ET TIRAGE Unda Thenault irespcmsaPU semce a la clientele distribution et tirage.Alexandre Gaudreau ' /ordonnateur a la promotion et d la soUintatucr Monique L’Heureux, fce h- ** Leclerc ( aroin.# i L’ADMINISTRATION Nicole Carmel {rtsPemsabse des semets comptables).Cefcnr Furoar.Ghislaine Lafirur Gaudetlr Befiveau (adjointe administrative Claudine Chevrier Monioue Proteau.Danielle Roas * f 1 LE DEVOIR.LE .MERCREDI 7 DÉCEMBRE 2005 \ A 8 LES ACTUALITES* LAYTON SUITE DE LA PAGE I Selon Jack Layton, le gouvernement canadien doit tenir compte d’une seule condition devant la décision du plus haut tribunal du pays: les services de santé privés, comme les cliniques, ne doivent pas bénéficier de fonds fédéraux.Faut-il imposer une pénalité financière aux provinces qui feraient une place plus grande au privé?«Oui», a tranché sans l’ombre d’un doute M.Layton.La Loi canadienne sur la santé permet au gouvernement fédéral d’imposer des pénalités financières dans ses paiements de transferts si une province ne respecte pas cinq principes, qui prévoient notamment la gestion publique du système, l’accessibilité et l’universalité.Pour la vice-doyenne de la faculté de droit de l’université McGill, Marie-Claude Prémont, il n’est pas évident que Québec contreviendra à la loi canadienne sur la santé en permettant le recours à des assurances privées pour des services couverts par le public, afin de se conformer au jugement Chaoulli.«Je pense que c’est possible de trouver une façon [de se conformer au jugement Chaoulli] où il n'y aurait pas de pénalité, mais par contre, c’est possible d'avoir une façon où il y aurait une pénalité.Cela dépend vraiment du genre de modalité qu’on introduit pour l’assurance privée dans le domaine de la santé.Ce n’est pas aussi clair, à mon avis, que ce que M.Layton dit», estime la juriste.Mme Prémont s’inquiète tout particulièrement de la possibilité qu’on autorise un médecin à travailler à la fois dans le système public et au privé, alors qu’un spécialiste qui veut pratiquer des opérations dans le privé doit au préalable se désengager de la RAMQ.Cela permettrait selon elle de créer un marché plus important pour le système privé, vu la disponibilité des services.Pour l’heure, seulement une vingtaine de médecins se sont retirés de la RAMQ.Rien n’empêche cependant, dans la loi canadienne, qu’un médecin pratique à la fois dans le public et le privé.Mais pour M.Layton, ce serait une raison suffisante pour couper les subsides fédéraux au Québec.D n’est pas question de financer indirectement le privé, a-t-il soutenu.Sa position va à l’encontre de celle du gouvernement de Jean Charest, qui a saisi l’occasion de l'arrêt Chaoulli pour débattre plus largement de la place du secteur privé dans le système de santé québécois.Un document de consultation devait être rendu pu- blic en décembre, mais les élections fédérales sont venues bousculer les plans du gouvernement Le ministre de la Santé, Philippe Couülard, a annoncé la semaine dernière qu’il reportait le débat apres le scrutin, question de ne pas le dénaturer par une campagne fédérale.Hier encore, le ministre Couillard a réitéré sa volonté de mener un débat «complet et serein».«Si les leaders des partis fédéraux, au cours de la campagne, veulent parler de santé, grand bien leur en fasse.Mais l’avenir du système de santé du Québec va se débattre ici, à l’Assemblée nationale du Québec», a-t-ü prévenu.Malgré tout, la campagne fédérale rattrape le gouvernement Charest Par ailleurs, le ministre Couillard n'a pas écarté la possibilité de demander à la Cour suprême un délai supplémentaire pour que tous les groupes intéressés puissent s’exprimer sur cette question délicate.«Nous voulons que le débat se déroule de façon ordonnée, sereine, calme, rationnelle, ce qui nécessite que les gens aient le temps de préparer leurs présentations, que nous ayons le temps de les écouter en commission parlementaire et que nous ayons le temps de légiférer.Pour l’instant, la question du délai est prématurée», a déclaré Philippe Couillard.Le ministre a rappelé que, dans son jugement sur l'affaire Chaoulli, la Cour suprême demande au gouvernement du Québec de protéger le système public de santé, mais juge que l’outil utilisé jusqu’à maintenant a cette fin, soit fa prohibition de l'assurance privée, est disproportionné et inconstitutionnel Chose certaine, Québec devra permettre l'introduction de l’assurance privée dans le régime de santé au Québec.Et le chef néo-démocrate espère obtenir un appui suffisamment fort, le 23 janvier prochain, pour orienter le dossier qui ne manquera pas de rebondir à fa Chambre des communes.«Si nous n’arrêtons pas l’augmentation de la privatisation, on va avoir un système de santé comme aux Etats-Unis.On n'en veut pas.C'est pour ça que le CCF [Cooperative Commonwealth Federation] a proposé le “medicare” ü y a 60 ans», a fait valoir Jack Layton.Pour le NPI, il est clair que fa solution passe par un investissement majeur dans fa santé, accordant ainsi au gouvernement fédéral le contrôle du dossier et donc la possibilité de brandir fa menace de couper les vivres.«C’est une condition fondamentale pour maintenir les valeurs du système», a fait valoir M.Laytoa Avec la collaboration de Clairandrée Cauchy Le Devoir Avec la Presse canadienne THÉBERGE SUITE DE LA PAGE 1 marginaux du projet de loi 124.Mais la ministre n’a pas précisé sa pensée.Mme Théberge s'est exprimée lors d’un point de presse tenue à la sortie d'une rencontre entre un groupe de députés libéraux et trois associations favorables au projet de loi 124: l'Association des éducatrices en milieu familial (AEMF), l'Association des garderies privées (AGP) et le Conseil québécois des centres de la petite enfance (CQCPE).Selon elle, ces groupes sont très représentatifs car ils «regroupent les deux tiers des places au Québec».Ils sont venus dire aux députés, hier, «que le projet de loi 124 répondait à leurs besoins», «qu’il reconnaissait le milieu familial» et qu’il fallait l’adopter avant Noël.L’AQCPE est critiquée Les trois groupes ont frappé à bras raccourcis sur l’organisme qui mène la lutte contre le projet de loi 124, l’Association des Centre de la petite enfance (AQCPE), lequel a organisé la manifestation de fa semaine dernière à laquelle quelque 10 (XX) personnes ont participé et a fait signer la pétition anti-124 par plus de 200 (XX) personnes.Selon la directrice générale de l’AEMF, Nathalie D’amours, les CPE ont sous leur botte les responsables de garde en milieu familial (RSG), des travailleuses autonomes.De plus, les CPE «détournent souvent les fonds normalement destinés au milieu familial».Pour la présidente du CQCPE, Sylvie Gin-gras, l’AQCPK fait régner un «régime de terreur» auprès des employées des CPE et des éducatrices en herbe.«On les menace de les congédier ou de ne pas leur donner d'emploi si elles ne contestent pas la loi 124.» Quant au président de l'Association des garderies privées, Sylvain lévesque,, il affirme que l'AQC-PE a forcé des étudiants de plusieurs cégeps à signer 1a fameuse pétition anti-124.Selon lui, l’AQCPE est complètement noyautée par les syndicats.Ces critiques ont ébranlé plusieurs libéraux.L’adjoint parlementaire de la ministre Théberge, le député de Saint-Jean, Jean-Pierre Paquin, est allé jusqu’à dire hier que l’AQCPE «avait jusqu’à maintenant monopolisé le débat».Jean Robitaille, directeur général de l’AQCPE — qui représente au-delà de 7(X) CPE —, préfère ne pas répondre à ces attaques.D se contente de souligner que deux des trois organismes que la ministre consulte et auxquels elle se fie ne sont «aucunement représentatifs de leur milieu».D’abord, le CQCPE représenterait environ une soixantaine de CPE depuis les défections des dernières semaines; un chiffre qui a été repris hier par le député péquiste Camil Bouchard.En point de presse, sa présidente, Sylvie Gin-gras, a revendiqué environ 140 membres.La question du faible membership du CQCPE avait d’ailleurs conduit le vérificateur général à faire une enquête sur l’attribution, par 1a ministre, d’une subvention à cet organisme favorable au projet de loi 124.Hier, le vérificateur Renaud Lachance a révélé son rapport, qui conclut que 1a subvention de 98 250 $ versée à cet organisme était «conforme», mais que les critères de la ministre mériteraient d’être précisés.Quant à l’AEMF, M.Robitaille estime que, avec ses quelque 3400 membres sur 14 000 RSG, elle ne représente qu'environ 15 % d’entre elles.En point de presse, Mme d’Amours a déclaré que, selon elle, malgré tout elle représentait «toutes les RSG du Québec» puisqu’elles étaient «toutes bienvenues dans» son organisme.Amendements la ministre Théberge n’a pas précisé hier à quel moment, dans les prochains jours, les amendements promis seraient déposés.Selon son adjoint parlementaire, le député Jean-Pierre Paquin, 1a décision devait être prise hier après-midi.Mais, au moment de mettre sous presse, on ne savait toujours pas quand aurait lieu le dépôt des amendements, ni à quel moment, d’ici la fin de la session, le 21 décembre, le projet de loi sera étudié article par article.Par mlleurs, la ministre insiste toujours pour qu’il y ait quelque 130 «bureaux coordonnateurs» qui prennent la relève des 884 CPE (sur 1004 en tout) gérant actuellement le milieu familial.Chose certaine, si les bureaux se retrouvent toujours dans le projet de loi, ni l'opposition péquiste, ni l'AQCPE n’appuieront 1a réforme de Mme Ihéberge.Les péquistes tenteront de bloquer le projet à l’Assemblée nationale jusqu’à ce qu'il passe «au bâillon», éventualité toutefois refusée ouvertement par Mme Théberge à quelques reprises.Quant à l’AQCPE, «si les amendements maintiennent le démantèlement des CPE, on va accentuer beaucoup la pression sur la ministre», a confié Jean Robitaille hier.Le Devoir CUMAT SUITE DE LA PAGE 1 lourde à supporter avec des dommages déclarés de 145 milliards et des réclamations de 45 milliards.Au rythme où les catastrophes météorologiques se multiplient, dit-il, les assureurs vont se retirer de régions entières, ce qui laissera leurs populations fort démunies et obligera les gouvernements à couvrir eux-mème les risques dans les secteurs délaissés.En Allemagne, précisef-il, un grand nombre d’assureurs ne veulent plus couvrir les résidences de riverains installés jusqu’à plusieurs kilomètres des cours d’eau, dont 1a fréquence et la gravité des débordements augmentent d’année en année.En Floride, plusieurs assureurs refusent désormais d’y faire affaire et forcent ainsi cet Etat à assumer les risques, ce qui est dévastateur pour les investissements immobiliers et commerciaux.L’Etat se retrouve obligé d’assumer la place laissée vacante par le sectem* privé dans cet Etat plutôt capitaliste, dont le gouverneur est nul autre que le frère du président Bush, un grand sceptique à l’égard des changements climatiques.Pour Thomas Loster, le réchauffement du climat, ce n’est phis une hypothèse de chercheurs, mais une réalité désormais trop concrète.«Le réchauffement est en cours maintenant, dit-il, et ça tue des gens.» Klaus Toepfer, le patron du PNUE, renchérit en disant que ces chiffres préliminaires n’ont pas été dévoilés pour ajouter une manchette alarmiste de plus dans les médias, mais pour mettre le nez des délégués de la conférence sur l’urgence de passer à l’action, malgré toutes les forces contraires, et sur les conséquences économiques éventuelles: «Le prix de l’inaction sera plus important que celui de l’action», dit-il.Selon les chiffres qu'a compilés Munich Re et qui rendent le milieu des assurances si nerveux, on note le fait que 2005 est l’année où on a enregistré le plus grand nombre d’ouragans ou de tempêtes tropicales sur la planète depuis le début des compilations statistiques, soit 1850.Ces chiffres vont de pair avec ceux publiés dans la revue Nature cette année, selon laquelle le nombre et l’intensité des ouragans dans l’Atlantique et des cyclones dans le Pacifique ont augmenté de 50 % depuis le début des années 70.Sans vouloir réduire l’importance des catastrophes KURDISTAN SUITE DE LA PAGE 1 Comme des centaines d'autres Kurdes, cet homme de (il mis redécouvre aujourd'hui son pays après une vie passée en exil.Avec les autres villes du Kurdistan, fa capitale kurde fait partie de ces lieux nues en Irak où les étrangers peuvent se promener à peu près librement sans craindre d'être enlevés ou de sauter avec im kamikaze.11 y a bien un gros attentat ou deux par minée', mais ce n’est rien à côté du carnage presque quotidien qui st' déroule plus au sud.A l’exception de l’aéroport gardé |Xir des troupe's sud-coréennes, Hrbil est entièrement sous le contrôle des pechniergas, les combattants kurdes aujourd’hui intégrés à l'année irakienne.Ce sont eux qui quadrillent cette région quasi inde-pendante de l'Irak et qui gardent même les frontières du pays avec l’Iran et la Turquie.Si ix' n’était des murs de ciment de trois mètres de haut qui entourent les hôtels et îles convois armés qui sillonnent la capitale au son des sirènes, la vie semblerait presque normale en cette journée de marché.Vues de la citadelle qui domine la ville, les rues commerçantes d’Erbil, où pendent les tresses de figues à côté des objets les plus divers, sont à mille lieues des images sinistres de Bagdad.11 faut dire que les quatre millions de Kurdes irakiens jouissent d’une autonomie presque complète depuis qu’ils ont été places sous protection de l’QNU.en 1991.la nouvelle Constitution irakienne leur garantit une grande autonomie, et les terroristes sim-nites semblent plus intéressés à fomenter une guerre civile avec la majorité chiite (fit) % de la population) qu’avec les Kurdes (20 %), le contrôle serre des pecle mergas sur la région fmt donc du Kurdistan un îlot de paix et de relative prospérité dans le chaos irakien.Ephrem est un Assyro-Chaldeen dont les ancêtres ont vécu protégés par les montagnes de fa Mésopotamie depuis le IL siècle.11 iv\rle un dialecte araméen qui est ce qui ressemble h' plus aujourd'hui à fa langue des premiers chrétiens S,mate, son village natal situe à fa frontière turque, a résisté aux invasions mongole, otto-tnane et arabe, mais jxis à Saddam Hussein.Connue 4000 autres vilkiges kurdes et chrétiens situes près de la frontière, en 1976.Saddam l'a détruit et en a Lut déporter les 150 habitants.Sanate est aujourd'hui envahi par la vegetation, la plupart des villageois sont allés vivre à Bagdad, où les plus vieux n'ont pas survécu longtemps.Fils d’un chef caravanier habitue à voir du pays.Ephrem a eu plus de chance.11 est parti étudier en France, où il a obtenu deux doctorats.En 1980.on lui a bien offert de revenir enseigner en Irak, mais il faL tait prendre sa carte du parti Haas, le parti de Saddam Hussein.D n’en était pas question.«Ce pays est méconnaissable, dit-il.Ça n'a plus rien à voir avec le temps de Saddam.À l’époque, les villes étaient grises et les lisages sombres.Aujourd’hui, il y a des couleurs partout.» I.es soldats américains viennent parfois se détendre dans les villes kurdes, qui sont les seules en Irak où ils peuvent marcher dans la rue sans gilet pare-balles.Selon Harry J.Schute, un ancien réserviste du New Jersey payé par l'armée américaine pour conseiller 1a police locale, le terrorisme n'arrive qu’en troisième position sur la liste des problèmes de sécurité d.ms fa ville d’Erbil, loin après les accidents de fa route et.la violence familiale! Le contraste est saisissant avec les autres villes de l’Irak et même avec les villages pauvres du Kurdistan turc.Ici, pis de ruines, d’immondices et de tas de ferraille d;ms les rues.La région a longtemps joui de fa manne prélevée sur les exportations de pétrole irakiennes grâce à fa résolution 986 du Conseil de sécurité des Nations Unies (Pétrole contre nourriture).Une entreprise américaine a commencé 1a construction d’une station d'épuration des eaux (140 millions de dollars) à Erbil.Un nouvel aéroport a été construit à Sufaymaniyah, plus à l’est.Le gouvernement a même trouvé le temps de reboiser de nombreux flancs de montagne qui avaient été rasés pendant la guerre.Le Kurdistan aocueifle des milliers d’irakiens, en par-ticuliers les chrétiens qqi fuient les régions du sud.La construction explose.A Erbil, on bâtit dans tous les coins.Des dizaines d’écoles et d’hôpitaux ont été reconstruits.Dans les quartiers chics d'ErbiL comme Pô-tenawa et Chorach, ainsi que dans les montagnes à 40 km au nord, certaines villas valent quelques millions de dollars.Entre' l’aéroport d’Erbil et k' parlement kurde, sur le terrain une ancienne base militaire de l’armée de Saddam, on a plante des conifères.Le parc porte le nom dp leader kurde assassine en 2(XV4.Sami Abdel Rahman.A deux pis, une entreprise irakierme prévoit construire un centre commercial, des écoles, une mosquée et 1200 logements, dont 1a moitié aurait déjà été vendus de 225 (XX) à 900 (XX) dollars piece.Le projet a été baptist' d’un nom étrange pour un ptys en guerre: Dream City.la Turquie (où vivent 10 millions de Kurdes) a beau craindre comme fa peste l’autonomie kurde, cela n'empêche pis ses entreprises d'investir.C’est une entreprise turque qui construit la nouvelle autoroute enfre Erbil et k' mont Safin.À F International Hôtel, surnommé le Sheraton, les hommes d’affaires japonais, américains, anglais et des Emirats arabes unis se dépêchent à monter dans leurs jeeps protégées par des gardes prives.Les week-ends, l’hôtel ne dérougit pas.Pour les nouveaux investis-seurs.k-s terrains sont souvent gratuits, sans compter les cinq années d’exonération d'impôt offerte par le gouvernement «Le Kurdistan est le meilleur endroit où investir en Irak, dit l’homme d’affaires Dara Attar.Ici, les gens vivent en paix, il n’y a pas beaucoup de corruption et la direction du pays est acceptable.Le problème, c’est qu ’on nous associe avec l’Irak.» La veille, un attentat dans fa mosquée chiite de Khanaqin, au sud du Kurdistan, avait fait 80 morts.Dara Attar dirige une entreprise basée à Londres et à Vancouver qui propose de nouvelles techniques aux industriels du pétrole.D vient de signer un protocole avec le ministre irakien des Ressources pétroHères.Né à Sufaymaniyah, sur fa frontière iranienne, il travaille à faire venir une société polonaise de bus et un fabricant informatique anglais.Dara Altar rêve aussi d’attirer une entreprise canadienne dont il taira le nom, afin de doter le pays d’un système postal.Car il n’y a toujours pas de service postal au Kurdistan.«Je veux faire quelque chose pour ce pays», dit-fl.Mais dès qu’on s'éloigne de l’hôtel, la réalité change de face.Les coupures d'électricité sont la règle et les routes cabossées se transforment en étangs à 1a première pluie.Entre les murs de la citadelle vit une population pauvre digne de l’Afrique, sans égouts ni eau courante.«Ici, tout le monde veut faire de l’argent vite», dit Eghbal Pargari.Cet honune d'affaires a tenté sans succès de convaincre les gouvernements d’utiliser des techniques peu polluantes pour le traitement de l'eau et l'industrie des plastiques.«Les sociétés turques et iraniennes viennent empocher leurs 50 % de bénéfices et repartent aussitôt, dit-il.Il y a trop de construction et les normes ne sont pas respectées.Les Kurdes ne produisent rien sur place.» Au Kurdistan, les tomates viennent de la Syrie, les oignons, de l’Iran, et les vêtements, de fa Chine.Après deux semaines au Kurdistan.Ephrem n’a malheureusement pu revoir son village situé à 1800 m d’altitude.La route est impraticable et les ruines sont à deux pas d'une position militaire turque qui interdit l’accès des environs.Il n’a donc pu approcher à moins de quelques kilomètres.Mais il se console: «Je ne croyais jamais revoir l’Irak vivant.Tout est loin d’être parfait, mais le pays Ixmge.Après 30 ans de paralysie, l’histoire est en mouvement.• Correspondant du Devoir à Paris ?Christian Runa s’est rendu au Kurdistan à l'invitation de l’Institut kurde de Paris, dans le cadre d’une conférence internationale sur la démocratisation du Moyen-Orient ¦ Demain: l'antithèse de la Constitution canadienne humaines et sociales comme le récent tremblement de terre au Pakistan, qui a tué des dizaines de milliers de personnes, le porte-parole de la Fondation Munich Re ajoute que ce sont les désastres reliés aux événements météorologiques dont la facture en matière de vies humaines va croissant En octobre, note le bilan onusien, un ouragan nommé Vince a été le premier à se présenter aux portes de l’Europe, dont ü a frôlé fa côte espagnole.C’était aussi le premier ouragan à s’engager aussi loin dans la partie nord-est de l’Atlantique.En juillet, en Inde, le record de pluie a été battu lorsque le nord de Mumbai a subi une précipitation de 944 mm en 24 heures.S’est ajouté à cela l’ouragan Wilma en octobre, qui est devenu le plus puissant jamais observé avec un pression de 882 millibars en son centre.Il a provoqué des dégâts évalués à 15 milliards et des réclamations d’assurance de 10 milliards.Fin novembre, pour fa première fois de leur histoire, une tempête tropicale (Delta) a frappé les îles Canaries.Avec 26 tempêtes tropicales, l’année 2005 vient de battre le record antérieur de 21 ouragans en un aa Quatorze des 26 tempêtes tropicales de 2005 ont été classées comme des ouragans, un autre record.Katrina, un des ouragans les phis médiatisés, est le sixième en puissance des annales météorologiques: il a causé des dommages évalués à 125 milliards, qui vont se traduire par des réclamations d'environ 30 milliards.Four le directeur du FNUE, ces chiffres plaident en faveur d’un élargissement du débat et des programmes d’action contre les changements climatiques, ce que veut précisément faire la «deuxième voie» qu’ouvre doucement la conférence de Montréal en créant un forum de discussion sous l’autorité de la Convention de Rio sur le climat plutôt qu’au sein des instances du protocole de Kyoto.Les écologistes voient plutôt dans cette «deuxième voie» une sorte de stationnement bien commode pour les pays pour qui le protocole va trop vite et qui craignent de devoir s’engager dans un processus de réduction de leurs émissions de gaz à effet de serre encore plus substantiel après 2012, date d’échéance ._ de la phase I de Kyoto.Il est impératit explique Klaus Toepfer, que des acteurs comme les grandes villes du monde, des associations sectorielles d’industries de toute sorte et des multinationales dont les émissions dépassent celles de petits pays régis par le protocole puissent dire comment elles veulent s’engager en appui au protocole de Kyoto.«La deuxième voie doit s’ajouter aux efforts de Kyoto», dit-il en insistant sur le fait que cette deuxième voie «ne remplace pas le protocole mais le complète».Le contraire serait, à son avis, une catastrophe.11 n’accepte pas le verdict des écologistes qui voient dans cette deuxième voie un détournement du processus de négociation de Kyoto vers un forum plus lâche, qui permettrait à de grands pays comme la Chine ou l’Inde d’éviter de s’engager activement et sérieusement d’autant phis qu’ils y perdraient au change, à son avis, parce qu’ils ne pourraient plus bénéficier des «instruments» ou programmes du protocole.Le Devoir David Suzuki Wayne Grady Plongeant au cœur des débats sur (es changements climatiques, David Suzuki célèbre la vie en nous racontant l'histoire fascinante d'un arbre plusieurs fois centenaire.David Sl/\ kl AuxrGRADY une vie Illustrations de Robert Bateman Traduit de l'anglais (Canada) par Dominique Fortier Boréal TW* Essai 262 pages 25.SS S LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9' etage.Montréal (Québec).H3A3M9 K Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphoné 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redactionf®ledevoir.com La publicité Au telephone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3391' Extérieur de Montreal (sans frais' 1 800 3634)305 Les avis publics et appels d'offres Au telephone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev81edevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les abonnements Au téléphoné 514-985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 a 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonnements81edevoir.com Extérieur de Montreal (sans frais) 1-800463-7559 L'agenda culturel Au telephone 514-985-3346 Par télécopieur 514-985-3390 /y Am*» peut.» roccasion, mettre la hstr if adrrxsrs de ses abonnes à k djs*v*sitaoo (fvirg*us*nons rtwmnues dont U cause, les produits ou les services peuwnt mrerrsser ses tectos* S» vous ne sixihaian pas recevoir de cormpaodaace de ces crawnbom.veiàks en iwertir notre service a k ciemeie U /Vtvr* est publie du lundi au samedi par 1 e IVvw Inc dont k’ mege tsvwi est situe au 2050, rue IV Weurv.'> otage.Montreal (Quebec).HUA D est umpnme par Inyhmme Québécor St jean.îAW boulevard IndusthelîkÉu-Jean sur V Rchebru.dmkoa de Imprimeries Québécor Inc.612.me SamrJact^jes Ouest Montreal | l agence IM-ssc Canadienne est amonsoe a employer et à difluser Vs tnfcinnaoons pohbees dans it Pnr'xr U Dm** est distribue par Mcss^mes IVnanaques.dhréun du Groiye Quebevor he.boulevard Saàm-Mjrtro Ouest Laval Envoi de pubfccaoon — Fnreggrremem rr Dépôt legal Bîbfcxheque Mbonke
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