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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier B
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2005-11-16, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LE MERCREDI 1 « NOVEMBRE 2005 .LE DEVOIR Economie Industrie minière DAN TOLGYESI Les défis qui se posent à l’industrie minière québécoise Page 2 PIERRE CORBEIL Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune se refuse pour l'heure à rendre publique sa stratégie énergétique fer, -'fe L’industrie minière génère actuellement plus de 17 milliards de revenus ARCHIVES LE DEVOIR en sous-sol Toujours plus au nord!» Tel pourrait être le slogan d’une société minière.La semaine dernière, la société Ashton Mining annonçait les résultats d'évaluation d’un gisement diamantaire.Selon les premières expertises portant sur la qualité des carats et après évaluation de la ressource, le gisement aurait un potentiel de revenus bruts de plus de 1,2 milliard.S’il y a une difficulté rattachée à cette découverte, c'est la localisation du site.Il se situe dans les monts Otiçh, soit à plus de 300 km au nord de Chibougamau: souvenons-nous comment a été décrite aventureuse l’ouverture de cette ville dans les années 50 du siècle dernier, quand on y découvrit du cuivre en quantité suffisante pour permettre d’étendre encore plus loin le réseau routier et de foire surgir dans la forêt boréale une toute nouvelle ville.Et Chapais fut construite pour la même raison.'Toujours plus en profondeur!» Un autre slogan, pour une autre exploration envisagée.La canadienne Goldex a récemment découvert sur le site LaRonde, en Abitibi, un troisième gisement, polymétallique, car contenant du cuivre, de l’argent, de l’or et du zinc, estimé à 65 millions de tonnes.Où la difficulté ici réside, c’est dans la profondeur envisagée de la prochaine mine: elle se situerait à deux ou trois kilomètres en sous-sol! En Abitibi, qui avec le Témisca-mingue «demeure une des régions où le potentiel géologique est extrêmement important», pour reprendre les mots d’une agente de recherche de l’Observatoire régional, Mariella Collini, il semblerait que l'activité minière en aurait été jusqu’ici, d’une certaine façon, que de surfoce: les mines actueDes ne «descendent» pas plus bas que les 2000 premiers mètres sous la surface.Pourtant, elles sont par cette profondeur déjà exemplaires.Rentabilité L'aventure minière ne se limite toutefois pas à la seule découverte de nouvelles veines ou de strates minières.On sait les moyens engagés dans l’exploration: souvent avant qu’un géologue se lance dans les recherches directes sur le terrain, déjà des satellites ont fait une opération de repérage pour délimiter des zones potentielles.Par la suite, des études s’imposent avant qu’une compagnie, ou un consortium, liant a l’occasion le public et le privé, initie la phase d’excavation.Pour Ashton Mining, l’annonce de sa découverte suit l’extraction de 600 tonnes de roche, d’où on a retiré un nombre en apparence infime de carats: en un an, 459 carats ont ainsi été vus à la lumière.La chose étant faite, il faut évaluer le potentiel commercial du projet: «Im valeur modélisée initiale de 88 $US par carat annoncée le 26 avril, disait ainsi la compagnie sur ce dernier projet, est aussi fort encourageante.Im coentreprise considère la collecte d'une parcelle de 5000 carats comme étant la prochaine étape essentielle pour l’avancement du projet, compte tenu du fait que l’évaluation d’un échantillon de cette taille sera nécessaire afin de réaliser une étude de préfaisabilité pour le projet.» Que d’efforts, que d’argent! En fait, quand le prix du cuivre baisse, ce qui s’ex-plique par une forte concurrence, d'abord internationale, des mines ferment Chibougamau a appris cette dure leçon.Quand le prix de l’or monte, des mines sont remises en activité: des villes comme Rouyn-No-randa, ou Val d’Or, vivent année apres année avec le regard fixé sur les pages et les écrans qui indiquent le cours des métaux.Main-d’œuvre recherchée Monde complexe que cet univers minier.Sous l'angle économique, il est toutefois une statistique lourde dans le paysage québécois: cette industrie génère actuellement plus de 17 milliards de revenus.Et aux difficultés imposées par l'exploration, la recherche de capitaux, l'établissement de divers montages financiers, l’éloignement des grands centres, qui sont souvent excentriques à tout habitat connu, s'ajoutent ici aussi les problèmes de recrutement de personnel et de formation d’une main-d’œuvre spécialisée.les mineurs actuellement à l’œuvre, en surface ou sous terre, prennent de l’âge et, d’ici 10 ans, il faut prévoir un renouveHement de près de 40 % des effectifs en place.Lit dire que les jeunes quittent les régions au moment où on leur annonce qu’ils devront pour travailler souvent se rendre encore plus loin au Nord! Le Québec devra-t-il faire appel à des travailleurs migrants, tenter une opération de charme auprès des mineurs des pays de l’Est, là où les mines, de charbon entre autres, n’ont plus de vie utile?Sera-t-il aussi possible de mettre rapidement sur pied des programmes de formation, rappelant avec force que le salaire moyen des mineurs avoisine art nuellement les 50 000 S?Et qui répond à l’invitation sait qu’il verra du pays! Les richesses du sous-sol québécois semblent donc toujours réelles.Toutefois, il ne suffit pas de se pencher pour les saisir.Normand Thériault MINES PME DEVELOPPEMENT Transformation Page 3 Taille Page 2 Financement Page 3 Abitibi -Témiscamingue Nord du Québec Page 4 LE DEVOIR.LE MERCREDI 16 .NOVEMBRE 2 0 0 5 INDUSTRIE MINIERE Industrie minière québécoise Des « trous » qui rapportent annuellement 17 milliards de dollars De 35 % à 40 % de la main-d’œuvre devra être remplacée d’ici les cinq prochaines années Le respect de l’environnement, la prévention des accidents de travail, le renouvellement des réserves et la main-d’œuvre qualifiée, notamment, sont autant de défis auxquels l’industrie minière est confrontée.Observations du président de l’Association minière du Québec, Dan Tolgyesi.THIERRY HAROUN Quelques faits et chiffres s’imposent dans un premier temps.La production de l'industrie minière du Québec dépasse les 17 milliards de dollars de ventes par année.Ce secteur de l’industrie procure de l’emploi à près de 50 000 personnes, dont environ 12 000 dans la catégorie des mines, carrières et sablières.C’est par le traitement de minerais et de concentrés qu’on obtient les principaux métaux exploités au Québec, soit l’or, le fer, le cuivre, le zinc et le niobium.On exploite ou récupère également le cadmium, le cobalt, le magnésium, le nickel, le palladium, le platine, le sélénium, le tellure notamment.Au Québec, sur près de 900 établissements reliés à l’activité minière, on dénombre environ 200 mines, carrières et sablières.De ce nombre, on compte une vingtaine de mines de métaux et de minéraux industriels.La fatalité Maintenant, lors des événements qui ont entouré l’annonce de la fin des activités de la minière Noranda (englobée récemment par Falconbridge) à Murdochville en 2002 — la mine ayant fermé en octobre 1999 et la fonderie de cuivre en avril 2002 —, Bernard Landry, alors premier ministre du Québec, n’a eu de cesse de répéter que lorsqu’une mine ouvre, il faut s’attendre à ce qu’elle ferme un jour.Dan Tolgyesi a repris cette formule plus d’une fois au cours de l’entretien qu’il nous a accordé.D’où, dit-il, l’importance de mener des efforts soutenus au cours des prochaines années au plan de l’exploration.«Remplacer une mine qui s’épuise prend un certain nombre d’années.Et au cours des dernières années, l'exploration a été réduite de façon substantielle; et maintenant, on risque d'en payer le prix.», affirme M.Tolgyesi, en ajoutant qu’il y a du rattrapage à faire.A ce titre, dit-il, le gouvernement du Québec doit davantage mettre l’épaule à la roue.Il n’empêche, l’année 2004 s’est révélée l'une des meilleures années au chapitre de l’exploration.Les données du ministère des Ressources naturelles et de la Faune indiquent que les dépenses d’exploration et de mise en valeur ont atteint 227 millions en 2004, soit une hausse de 93 millions de dollars comparativement à l’année précédente.Notons que 95 % de ces investissements ont été faits dans les régions de l’Abitibi-Témisca-mingue et du Nord québécois.Les coûts Si l’industrie se porte bien dans son ensemble et que «les prix des métaux sont bons», lance M.Tolgyesi, la force du dollar canadien réduit par contre la marge de profit des métaux, dont la valeur est fixée en dollars américains.Et ce n’est pas tout, au plan des embûches qui émaillent le chemin des minières: le coût des matières premières a connu une forte hausse ces der- SOURCE AMQ Dan Tolgyesi, président de l’Association minière du Québec.niers temps.«Les produits chimiques dont on se sert dans le processus d’exploitation ont augmenté de 20 % à 50 %, les boulettes de broyeurs ont augmenté de 25 % à 30 %, le coût du carburant a doublé», et tenez-vous bien car un pneu de camion — ces mastodontes, pour ainsi dire — peut coûter à lui seul de «30 OOO $à35 000 $», souligne M.Tolgyesi.Restons dans le domaine des coûts.L’exploitation minière d’un site, soit du berceau au tombeau, connaîtra plusieurs étapes: la première est l’exploration, qui peut durer jusqu’à huit ans, engendrant des coûts estimés à près de 80 millions de dollars; l'étape suivante est la mise en opération, qui varie de trois à cinq ans, assortie d’un allongement financier allant de 50 mil- I Al CO N B Kl DGI I IM I II I Une histoire riche Un futur prometteur Issue de la fusion en 2005 de Noranda Inc.et de Falconbridge Limitée, Falconbridge est fière de ses origines québécoises qui lui ont permis d'être présente aujourd'hui dans 18 pays.Grand producteur mondial de cuivre, de nickel et de zinc, Falconbridge contribue à la vitalité des communautés québécoises, du sud du Québec jusqu’au Nunavik.vv vv vv.I a I < o n b r i d ge.com I \U ONBRHH.f B lions à 1,5 milliard de dollars; suit la production, qui va de 10 à 100 ans (la mine de cuivre de Murdochville a été exploitée pendant 46 ans) et les étapes suivantes sont le démantèlement des installations et la restauration du site, soit la décontamination des sols, notamment Environnement C’est bien connu, les minières ont la réputation d’être des pollueurs.Est-il nécessaire de rappeler les cas de Rouyn-Noranda, Murdochville ou encore Belledu-ne, au Nouveau-Brunswick, pour ne nommer que ceux-là, qui ont largement défrayé la manchette?Cela dit les minières, tout comme les papetières d’ailleurs, sont soumises depuis quelques années à des normes par le biais notamment du Programme de réduction des rejets industriels.Ainsi, l’un des défis de l’industrie minière est de redorer son image en faisant la démonstration qu’elle se conduit en bon citoyen corporatif au plan de l’environnement «Avant d’entamer l’exploitation d’une mine, nous devons prévoir un plan de fermeture.Aucun autre secteur industriel n’est exposé à ce genre de défi.A cela, on doit prévoir une garantie financière en vue de la restauration des sites.Encore là.aucun autre secteur n’est soumis à ce genre de mesures», se défend M.Tolgyesi en ajoutant qu’«i7 est clair que, par les années passées, la législation n'était pas la même que celle d’aujourd’hui, il n 'existait pas de normes, et cela était vrai aussi pour la vie de tous les jours».M.Tolgyesi s’attriste de voir que son industrie soit affublée de l’étiquette de pollueur malgré les efforts «que l’on fait» en matière de respect de l’environnement.«Nous sommes responsables au plan de l’environnement, d’autant que nous publions aux trois ans un bilan [environnemental].» Santé industrielle Le rapport annuel 2004-2005 de l’AMQ note une recrudescence des maladies industrielles, notamment de la surdité, du syndrome de Raynaud et de la silicose.Près de la moitié des victimes sont des mineurs et des foreurs, indique-t-on.«R existe aujourd’hui des maladies qui n’étaient pas connues avant, et pas contrôlées.Nous avons mis en place des méthodes de protection», affirme M.Tolgyesi, avant d’ajouter que les normes en matière de prévention des accidents «sont plus exigeantes qu'avant».Quant à la maladie de Raynaud, «on mène des travaux de recherche pour développer des poignées qui absorbent la vibration.Il nous faut d’une part apporter des améliorations à l’équipement et, d’autre part, apporter des changements aux méthodes de travail».Pour ce qui est de la silicose, une maladie pulmonaire qui progresse lentement et qui est causée par l’inhalation de silice cristallin^ libre (quartz, cristo-balite, tridymite), «elle est due à un manque de connaissances en matière de manipulation.Par exemple, on ne se protégeait pas il y a 25 ans».Désormais, poursuit-il, «nous procédons à des examens pulmonaires sur une base annuelle».L’industrie minière a également connu au cours de l’année 2004 trois accidents mortels.La documentation de l’AMQ signale que l’analyse des causes d’accident démontre que les efforts doivent continuer d’être orientés sur les méthodes de travail, qui sont à l’origine de 80 % des accidents dont les conséquences sont des plus sérieuses.Au fil des ans, des mesures préventives ont été mises en place, soutient M.Tolgyesi •L’AMQ a créé un comité de prévention en 1942.Celui-ci a organisé de façon graduelle des analyses sur les causes générales et apparentes des accidents, des démarches structurées, un programme de sensibilisation au-prà des travailleurs.Nous avons introduit des démarches intégrées de supervision, et nous avons mené des activités conjointes avec les travailleurs et les syndicats», en ajoutant que, depuis 1995, «on observe une baisse continue d’accidents de travail, on observe un suivi rigoureux des méthodes de travail et de gestion de sécurité, on parle aussi de consolidation des outils et des suivis, de formation des travailleurs et des superviseurs pour encadrer davantage l’action au plan de la prévention, on collabore avec la CSST, on a mis en place un système d’audit minier.», lance-t-il d’un seul souffle.Main-d’œuvre A tous ces dossiers s'ajoute celui de la main-d’œuvre.Il faut savoir que de 35 % à 40 % des emplois liés à l’industrie québécoise des mines seront à remplacer au cours des cinq prochaines années.A l’échelle canadienne, dit M.Tolgyesi, l’industrie minière, qui devrait profiter d’une hausse annuelle moyenne de production de 3 %, devra combler quçlque 70 000 emplois.A l’instar d’autres secteurs de l’économie, celui des mines «a besoin d’une main-d’œuvre qualifiée».D faut toutefois prendre en considé ration le fait que ce secteur opère dans des «régions périphériques», telles l’Abitibi-Témiscamingue et la Côte-Nord, qui sont aux prises avec un exode massif de leurs jeunes, ce qui n’est pas sans poser de problème à l’industrie minière.Collaborateur du Devoir PME et économie québécoises Petites et multiples, elles sont 220 841 au total Statistique Canada l’indique clairement: la plupart des entreprises canadiennes sont très petites et les trois quarts d’entre elles emploient moins de cinq personnes.Il en est de même au Québec où, par surcroît, il y a tout au plus 2 % des entreprises qui fournissent de l’emploi à plus de 100 personnes.RÉGINALD HARVEY Qu’en est-il de la taille exacte de la petite et de la moyenqe entreprise québécoise (PME) de façon sectorielle?A partir de quand et de quelle envergure une entreprise est-elle considérée comme telle?Il existe plusieurs données révélatrices qui sont compilées sur les caractéristiques de la PME.Il est périlleux en contrepartie, en raison même de la multiplicité du nombre des secteurs d'activité en cause, et de leur disparité territoriale, d’en dresser un inventaire exhaustif et compartimenté.La PME se fait petite, comme se plaisent à le rappeler les uns et les autres.Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation recensait en 2004,220 841 entreprises comptant un employé et plus: aussi bien dire que plusieurs dépanneurs du coin figurent dans ce registre.En fait, les microentreprises (moins de cinq employés) représentent 70 % du pair québécois des PME.et 90 % des compagnies qui voient le jour sont de cet ordre de grandeur.Ce type de firmes constitue un monde à part où les taux de création et de disparition des entreprises sont très eleves.A ce chapitre, le ministère relève que, durant la dernière décennie, plus de 340 000 nouvelles entreprises ont été créées au Quebec, de telle sorte qu’il s’est produit, en moyenne durant chaque annee.un renouvelle ment de 14 % du nombre totà des PME.Au Québec, plus de 40 % des PME existent depuis moins de cinq ans et plus de 60 % depuis moins de dix ans.Selon lui, les PME (.200 employés et moins) comptent pour prés de 99 % des entreprises dans les secteurs suivants: agriculture, foresterie, chasse et pêche, construction, commerce de détail, services immobiliers et de location, services professionnels, scientifiques et techniques, arts, spectacles et loisirs, hébergement et restauration.Des données de la Fédération De son côté, la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCED fait observer que la limite maximale, souvent utilisée pour définir la PME.est fixée à 100 empfois et moins.À partir de là, elle signale que les PME emploient près de la moitié des tra-vaiBeurs au Quebec.En effet les données fournies en 2002 par Statistique Canada montrent que les petites et moyennes entreprises procuraient, en 1999,43,5 % de l'emploi total de la province.Les compagnies de 100 à 499 employes figuraient à la hauteur de 15 % de ce mar- ché, et celles de 500 travailleurs ou plus représentaient 41.5 % de l’emploi total.Selon la Fédération, un tiers des chefs d’entreprise de type PME, interrogés dans un sondage auquel ont répondu 753 d’entre eux, prévoyaient procéder à l’embauche de personnel à temps plein en 2004; quelque 6 % envisageaient plutôt de réduire la taille de leur personnel.Un autre son de cloche en provenance de cet organisme s’avère intéressant dans un autre sondage, il est démontré que les PME peinent à dénicher une main-d'œuvre compétente.En 2002 et en 2003, la pénurie de travailleurs s’est accrue significativement par rapport à 2001; dans ce contexte, près de la moitié (50 %) des PME québécoises ont éprouvé de la difficulté à dénicher du personnel qualifié au début de 2003.85,5 % dans la petite entreprise Quant à lui, le Fonds de solidarité de la FTQ soutient la PME en investissant dans les proportions suivantes, par rapport à la taille de l’entreprise: celles de un à quatre employés forment 14 % de la clientèle; ceDes de cinq à neuf.12 %; celles de 10 à 24.19 %; celles de 25 à 49,19 %: celles de 50 à 100.15 %; ceDes de 100 à 199 employés.10 %; celles de 200 à 500, 7 %; et ceDes de 500 employés et plus (grandes entreprises), 2,5%.Le vice-président aux investissements, Yvon Bolduc, apporte une préasion: «Pour nous, en bas de 100 employés, on appelle cela une petite entreprise, ce qui représente 85.5 % de nos investissements» Mise à part cette considération, est-il possible de parler de l’existence d’une petite entreprise en fonction du nombre d’employés, du chiffre d’affaires, de son statut légal, ou autres éléments constitutifs de base?«On n'a pas tellement de définition.On y va cas par cas Parfois, ça depend des secteurs Dans les technologies, on peut fréquemment taire un investissement dans une petite entreprise en démarrage de quatre ou cinq personnes Dans le traditwnnd.ce chiffre commence à être pas malfiiible et, à la base, on investit plutôt dans des entreprises qui ne comptent pas plus d’une dizaine d’employés Là encore, ce simt des données qui peuvent être très arbitraires » Compte tenu du fait que les petites entreprises sont teUement nombreuses au Québec, le vice-président cerne les difficultés majeures auxquelles elles doivent faire face: «]e dirais que celles-ci.particulièrement dans les technologies, sont dans un marché international.La concurrence peut ienir de tous les horizons, de l'Asie, des Etats-bnis ou de l'Europe.Elles doivent parfois entrer en competition avec des géants » D pose ce constat «Ce n 'est pas facile de les aider à vendre leurs produits ailleurs qu ’au Québec ou au Canada.On se doit de regarder à l'extérieur et le grand défi qui se pose, c’est de commercialiser les bonnes idées que nous avons.Au Québec, nous avons èmrrmément de créativité et de compétence; sur les (dans de l’éducation et de l'innovation, je pense que nous sommes parmi les meilleurs au monde.• VOIR PAGE B 5: PME LE DEVOIR.LE MERCREDI 1 R NOVEMBRE 2 0 0 5 B 3 INDUSTRIE MINIERE Transformation minière Des PME peu portées vers la recherche et le développement Seulement 21 % de la production primaire en aluminium donne lieu à une première transformation au Québec La diversité est sans doute ce qui caractérise principalement l’industrie de la métallurgie au Québec.En effet, en plus des alumineries, les usines métallurgiques québécoises, telles les fonderies et les affineries, traitent de nombreux minerais et métaux, tels le magnésium, le zinc, le cuivre, le titane et les ferro-alliages, pour ne nommer que ceux-ci.# ’¦ jÀ SOURI I Al.l) MIN ERIK ALOUETTE L’activité métallurgique la plus importante est la production primaire d’aluminium.Le Québec se situe au quatrième rang mondial en ce qui a trait à sa capacité de production, après la Chine, les Etats-Unis et la Russie.PIERRE VALLÉE "VT otre industrie est la plus di-"1N versifiée au Canada puisque nous traitons tous les métaux de base.Cela nous donne un net avantage», affirme Carol Foumel, ingénieur et conseiller à la Direction de la chimie, de la plasturgie, de la métallurgie et des équipements au ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation.Fait à noter la diversité de l’industrie n’est pas le simple fruit de la richesse du sous-sol québécois.Si des entreprises comme QfT-Fer et Titane s’alimentent à même leurs mines, d’autres, comme les alumineries, importent le minerai.C’est le cas pour la bauxite et la ma-gnésite dont l’extraction au Québec n’est pas jugée rentable.De plus, le recyclage des métaux permet d’alimenter en partie les entreprises métallurgiques.Par exemple, les producteurs d’acier utilisent un mélange de boulettes de fer et de ferraille.«La Fonderie Home, à Rouyn-Noranda, a acquis une solide expertise dans le recyclage du cuivre.» Quelques chiffres Le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation publiait en mai dernier une étude, à laquelle a participé Carol Foumel, qui vient tracer le profil de l’industrie métallurgique québécoise.Dans cette étude, on apprend que l’industrie métallurgique est un domaine d’activité économique important, comptant 147 établissements et des livraisons totalisant 14,8 milliards de dollars en 2003, soit l’équivalent de 6 % du PIB du Québec.Depuis 1992, l’industrie a connu une croissance annuelle de 8 %.Par contre, les emplois sont demeurés stables, soit à environ 28 000 travailleurs.Toujours en 2003, plus de la moitié des livraisons ont été expqrtées, en très grande partie aux Etats-Unis, à qui sont destinées 89 % de toutes les exportations, pour un montant de sept milliards de dollars.L’industrie métallurgique québécoise contient deux étapes, soit la production de métaux primaires puis la première étape de leur transformation en produits semi-ouvrés.L’activité métallurgique la plus importante est la production primaire d’aluminium.Le Québec se situe au quatrième rang mondial en ce qui a trait à sa capacité dç production, après la Chine, les Etats-Unis et la Russie, et la grande majorité de sa production est exportée.Le secteur de l’acier et de la fonte arrive en deuxième place et un tiers de la production est exporté, le reste étant absorbé par le marché local.Suivent ensuite les secteurs du cuivre, du zinc, du magné-sium et des ferro-alliages.Selon Carol Foumel, si l’exportation de produits métallurgiques est si importante, c’est que le marché domestique est restreint Quelques notions de base L’industrie métallurgique commence là où s’arrête l’industrie minière, c’est-à-dire une fois que le minerai est extrait du sol et qu’il a subi une première purification à la mine.C’est ce minerai qui servira à la production primaire des métaux.On utilise au Québec deux procédés: l’électrolyse, dans le cas de l’aluminium et du magnésium, et l’électrothermique, dans le cas de la fonte et de l’acier, qui sont produits au Québec dans des fours à arc électrique.Les procédés utilisés pour la première étape de la transformation des métaux primaires sont, notamment, le laminage à chaud et à froid, l’extrusion, le tréfilage, le for-geage, le moulage et le frittage.Ces procédés permettent la production de pièces semi-ouvrées, telles que des plaques et des tôles, des billettes de toutes formes, des pièces moulées ou profilées, du fil machine, etc.Certains de ses pro- duits peuvent servir de produits finis, par exemple le papier d’aluminium; le fil machine, quant à lui, pourra être transfonné en câble ou en fil électrique, s’il s’agit de cuivre.Forces et faiblesses L’étude réalisée par le ministère pose un diagnostic sur l’industrie métallurgique en tentant de dégager ses forces et ses faiblesses.Du côté des avantages, le Québec dispose d’une source d’énergie électrique fiable et peu coûteuse ainsi que des infrastructures de transport, tels les ports en eau profonde accessibles toute l'année.La proximité du marché américain constitue aussi un atout, tout comme la présence en territoire canadien de chefs de file mondiaux dans le domaine de la métallurgie, comme Alcan et Alcoa dans le domaine de l’aluminium, ou Mittal Canada, filiale de la multinationale Mittal Steel, dans le domaine de la production d'acier.Autre avantage: la production de métaux légers, tels l'aluminium et le magnésium, et la production de poudres métalliques.Dans ce dernier domaine, lé Québec occupe le troisième rang mondial, après les Etats-Unis et la Suède.Parmi les faiblesses que l’étude souligne, notons le peu d’investissements en recherche et développa ment des PME québécoises, même si la grande entreprise y consent des sommes importantes.4jcs PME les plus dynamiques n'hésiteront pas à investir dans la recherche et le développement, mais en règle générale, ce n'est pas le cas.» la première transformation’ des métaux est aussi un secteur où, selon Carol Foumel, le Québec devrait redoubler d’efforts.Ceci est particulièrement vrai dans le secteur de l’aluminium puisque seulement 21 % de la production primaire demie lieu à une première tnms formation au Québec.Autre secteur visé: celui des poudres métalliques.«Bien que nous soyons un important producteur, seulement deux entreprises transfirrment la poudre métallique au (fuébee.h> technique de frittage permet de transformer lis poudres métalliques en pièces semi-ouvrées.tels des engrmagis.C’est un secteur à valeur ajouter dans lequel le Québec détruit être plus présent » Ensuite, malgré la proximité du marché américain, l’étude démontre que les PME québécoises dans le domaine de la métallurgie éprouvent encore de la difficulté à rejoindre ce marché, ce qui constitue un frein à la première transformation par leurs soins de métaux en pièces semi-ouvrées ou finies.«Il faut accentuer nos e/finis dans le domaine de la transformation des métaux, en particulier dans les secteurs à valeur ajoutée.* la relève de la main-d’œuvre pose aussi problème.«On estime que, d’ici les cinq prochaines années, près de 50 % de la main-d'œuvre prendra sa retraite.» C’est la raison ixnir laquelle l’industrie a consenti de nombreux efforts ces dernières années afin de rejoindre les jeunes étudiants et étudiantes, particulièrement au secondaire.«Il nous faut vendre la métallurgie à ces jeunes et leur faire comprendre que c’est aujourd’hui une industrie qui a beaucoup évolué et qui offre de bonnes occasions de carrière.» Collaborateur du Devoit • Financement des PME Les fonds et les gouvernements sont les premiers investisseurs «Une relation d'amour-haine entre l'entrepreneur et ses partenaires financiers» Il existe bel et bien un problème quant au financement des PME québécoises.Ce n’est pas que les capitaux manquent ni que les programmes d’aide se fassent rares.C’est plutôt le contraire.Les programmes d’aide sont si nombreux qu’une chatte n’y reconnaîtrait plus ses petits.PIERRE VALLÉE Une simple visite sur le portail des entreprises du gouvernement du Québec suffit pour s’en convaincre.«On y dénombre pas moins de 305 programmes de soutien financier aux entreprises, qu’ils soient d’origine provinciale, fédérale ou non gouvernementale», souligne Pierre Emmanuel Paradis, économiste principal à la Fédération canadienne des entreprises indépendantes (FCEI).Pareil foisonnement de programmes, selon M.Paradis, a pour conséquence que les propriétaires de PME ne savent souvent pas à quelle porte ils devraient aller frapper ni quels programmes d’aide conviennent le mieux à leurs besoins.«Sans compter que ces programmes viennent avec une pléthore de règles et de règlements à suivre.» Lourdeur administrative Une démarche administrative qu'il juge plutôt lourde pour la plupart des PME.«Une PME de bonne taille pourra toujours affecter un employé à cette tâche.Mais dans le cas des petites entreprises, c’est le propriétaire qui devra en assumer la responsabilité, la plupart du temps le soir et la fin de semaine, puisqu 'il doit continuer à gérer son entreprise pendant la semaine.» Pour certains entrepreneurs, avoue-t-il, cela peut même constituer un frein.Mais, évidemment, un entrepreneur qui n’a pas le choix et qui doit obtenir un soutien financier pour mettre en branle ses projets acceptera ce surplus de travail, mais en maugréant peut-être.«Il y a une sorte de relation d’amour-haine entre l'entrepreneur et ses partenaires financiers.L’entrepreneur veut que les choses arrivent tout de suite, sans complications.Mais la réalité du prêteur est souvent à l’opposé de la petite entreprise.U veut un projet bien encadré et structuré, ce qui forcément prend plus de temps.» Capital de risque Au Québec, le capital de risque provient surtout du secteur public; les gros joueurs étant les gouvernements fédéral et provincial, les fonds de travailleurs de la FTQ et de la CSN ainsi que certains fonds institutionnels.Une situation qui diffère de ce qui se passe dans le reste du Canada, où le secteur privé joue un rôle passablement plus important, fournissant près de 70 % du capital de risque alors qu’au Québec, ce chiffre s'établit à 50 %.De plus, une étude réalisée en 2003 par la FCEI démontre que le capital de risque se fait de plus en plus rare.Par exemple, en 2000, ÉCONOMIE INDUSTRIE MINIÈRE CE CAHIER SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable; NORMAND TB É RI AU LT atheri*«lt*l
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