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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-10-08, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 2 O O A Leloup, Leclerc, Massoud al-Rachid et cie Page F 2 E T DIMANCHE 9 OCTOBRE £=FR DE VISU Stimulante Diane Landry Page F 9 ?LE DEVOIR * COLLAGE: CHRISTIAN TI F F LT Petites fables noires Des nouvelles de i CHRISTIAN ï) E S M K U L E S Elle aime les chevaux, la musique, Nabokov, Raymond Carver et les photographies en angle mort de Nan Goldin.Les images, les êtres et les mots qui parlent à la vie.Pour Marie Hélène Poitras, écrivaine lauréate du prix Anne-Hébert en 2003 avec un premier roman audacieux et prometteur intitulé Soudain le Mimtaure (Triptyque, 2(K)2), journaliste et chef de section musique à l’hebdomadaire culturel Voir, l'heure est à la nouvelle.Douze histoires de perte d'innocence sur fond de sordide poétique.Des «fables noires», comme elle en parle elle-même.Et un plaidoyer sans fard en faveur de l’imaginaire.Parmi cette douzaine de nouvelles a l’humanité sensible que signe la jeune femme de 30 ans, dont la moitié ont déjà été publiées dans des revues (p-45,Jet d’encre, Zinc ou Moebius), on trouve des personnages de chevaux fatigués, d’animaux sauvages trahis par l’homme et d’enfants sages qui se doutent parfois des laideurs que réserve la vie.Sa géographie est complexe: les paysages y sont vastes comme des terrains vagues échoués au bord du fleuve ou comprimés entre les murs ternes d’une piquerie du Centre-Sud.Des images fortes Une vieille jument de calèche s’enfuit à travers le centre-ville de Montréal au petit matin, ivre de liberté, avant d’aller s’étendre pour mourir dans un terrain de baseball abandonné.Mortelle randonnée aux accents tolstoïens sur un air de Goldfrapp, La Mort de Mignonne ouvre le recueil et donne le ton.Un sublime morceau de tension entre le particulier et l’universel: «Chaque cheval qui Umbe est un petit drame dans l’univers, un tremblement de terre invisible équivalent à la coupe d’un arbre, a la naissance d'un éléphant, à la fonte d’un iceberg.» JACQUES GRENIER Eli DEVOIR la lieauté de Gemma, plus loin, décrit la trajectoire en étoile filante d’une adolescente à la beauté atypique, de sa petite ferme en Saskatchewan jusqu'aux passerelles des défilés de mode new-yorkais où elle avançait «sans sourire, lookée, incandescente».Des jeux innocents dans les ruisseaux clairs aux images trop crues qui brûlent les dis et renversent l’âme.Grunge nous entraîne dans le sillage d’adolescents de la fin du secondaire qui s’offrent un party «open house» décadent et apocalyptique: «Le monde, confie la jeune narratrice, m’apparaissait peuplé de gens qui savaient des choses qui m’étaient interdites.» Au milieu du chaos indescriptible d’un lendemain de veille encore fumant, un jeune déficient intellectuel repart main dans la main avec l’adolescente qui cherche à le protéger.Leur pureté intacte malgré tout Intacte, mais peut-être fissurée.Ijcs images fortes se succèdent: une caléchière héroïnomane (Protéger b>u), une rangée de poupées la tête couverte d’un sac en plastique dans l’appartement que partagent une obèse et une sourde-muette (Puth en rose).On a aussi droit à une éclatante mise au point sur la liberté de l’écrivain (Jattre aux habitants de Riviere-lHeue), adressée aux citoyens d’un petit village choqués par la latitude prise par l’écrivaine dans l’une de ses nouvelles, une mise au point où Marie Hélène Poitras «réitère ce droit précieux d’écrire en dehors de l'obsession du réel».Marie Hélène Poitras tire les ficelles du choquant ou du sordide sans jamais moraliser L’âge de l’innocence Ailleurs, le discours se fait un peu plus appuyé.Dans Fées et princesses au bout de leur sang, la narratrice s’inquiète pour sa petite soeur de sept ans, qui devine un peu trop vite a son goût les secrets du monde.Doit-elle lui dire que le monde n’est pas comme elle le voit?«(Ju'on s’attache a ceux qui nous repoussent et qu'on rejette ceux qui s’approchent.Que ça devient étourdissant, que ça fait vieillir prématurément.VOIR PAGE F 2: FABLES Marie Hélène Poitras i» s V LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 OCTOBRE 2005 F 2 LECTURE PUBLIQUE i I et ! ! VERNISSAGE j DE L'EXPOSITION Quand la littérature prend le large MARDI 11 OCTOBRE 2005 19h30 Lecture par Gabrielle Mathieu et Silvie Delorme Sous la présidence d'honneur de Paul Houde, ambassadeur du mois d'octobre pour MONTRÉAL CAPITALE MONDIALE DU LIVRE Bibliothèque de SainMaurent 1380, de l'Eglise (514) 855-6130 poste 4747 Métro du Collège Entrée libre FABLES SUITE DE LA PAGE F 1 Qu'à vingt-cinq ans mena quarante, que les enfants qui naissent dé-sexualisent les corps, et qu'en cette ère du Botox, le défi consiste a rester désirable le plus longtemps possible pour baiser — mal — avec des gens que nous n’aimerons pas, tout en fantasmant sur quelqu’un qui n est pas plus en mesure d’aimer.» Peut-être la nouvelle-manifeste du recueil, ceUe où s’exprime sans retenue un désarroi certain à propos du monde moderne, de l’amour intoxiqué par la porno, de l'innocence corrompue, du temps qui passe.Mais la nouvelle s’éteint dans le rire sans retenue de la petite à la vue de deux clowns amoureux qui se tiennent par la main: «Far le trou de sa dent manquante, on pouvait voir jusqu’à sa luette rose bonbtm qui s’agitait.» Dans Sur la tête de Johnny Cash, un cachalot échoué dans un village du Saguenay, le même jour où Johnny Cash passait l'arme à gauche, bouleverse la petite communauté qui y voit une occasion inespérée pour se sortir du marasme et retrouver sa dignité perdue.Selon Elsie, cinq ans, qui a lait l’étonnante découverte, l’énorme cétacé est mort «parce que l’eau goûte trop fort maintenant».A travers de nombreuses échappées poétiques, ses courtes histoires nous promènent souvent entre le cru elle cuit Et Marie Hélène Poitras anime ses personnages, tire les ficelles du choquant ou du sordide sans jamais moraliser, toujours un peu nostalgique devant la pureté souillée — «f ai horreur qu 'on me fosse la morale», faisait-eUe déjà dire à Mine Torres, le violeur en série sans remords et rêveur impénitent de Soudain le Minotaure.Avec Im Mort de Mignonne, Marie Hélène Poitras nous apporte la confirmation d’un talent que l’on devinait bien réel, parfaitement balancé entre la sensibilité, l’invention et la profondeur.Une œuvre forte et cohérente qui s’impose à sa manière.Collaborateur du Devoir LA MORT DE MIGNONNE ET AUTRES HISTOIRES Marie Hélène Poitras Triptyque Montréal, 2005,172 pages ÜtWes.m Micro Application TLlIlIlIlIll mots! 1 seul CD ROM seulement 24.“* www.microapplication.ca 16 OCTOBRE Élise Türcotte, Piano mélancolique Joël Pourbaix.Les morts de l’infini Daekyun Han et Gilles Cyr.poètes coréens contemporains (lecture de Gilles Cyr) Anthony Phelps, Une phrase lente de violoncelle Paul Bélanger.Origine des méridiens 13 NOVEMBRE Antonio D’Alfonso, Un homme de trop Louise Cotnoir, Les îles Jonathan Lamy.Le vertige dans la bouche Claude Latendresse Un bruit sourd entre les choses Jean-Marc Lefebvre, Les ombres lasses 4 DÉCEMBRE Paul Chanel Malenfant, Vivre ainsi Entretien-lecture de l’auteur Marie-Andrée Lamontagne ^Livres ^- Lego trip de récrivain : une leçon de modestie JACQUES GRENIER LE DEVOIR Jean Leclerc (Leloup dans une vie antérieure) veut rompre avec la vie de vedette, qui commençait à peser lourd.PHP FRÉDÉRIQUE DOYON La route est longue et ardue entre la chanson et une œuvre de fiction.pour Jean (Leloup) Leclerc du moins, qui, à l’instar de son antihéros Massoud aLRachid alias Moktar Benabes, a fait mille voyages et remises en forme littéraires afin de donner naissance à Noir destin qui est le mien, petit conte pseudo-philosophique d’une centaine de pages.Déjà le titre chante et ramène inévitablement à l’univers de la musique qui fut le sien, et qui l’est toujours, même s’il s’est retiré de la scène, puisqu’il continue d’écrire des textes pour les autres (Anik Jean notamment).Leloup a beau être mort — vive Massoud al-Ra-chid! —, son spectre plane sur l’ensemble du roman; Noir destin qui est le mien a beau être pure fic-tion et nullement autobiographique, son personnage principal ressemble à bien des égards à une réincarnation de la bête de scène extravagante à grande gueule (de loup).Mais Ix-clerc veut rompre avec la vie de vedette, qui commençait à peser lourd.«C’est pas facile, confie-t-il en entrevue.J’ai fait ça 15-20 ans.Four moi, c’est correct, c’est assez.Je vois les shows des vieilles vedettes qui font des revivais à longueur d’année et je ne les comprends pas.On est chanteur pour ne pas être fonctionnaire.Je fois d’autres choses.Pis un jour, si je veux remonter sur les planches.mais ça m’étonnerait pour l’instant.» D renoue donc avec la littérature, qu’il a étudiée à l’université.Ecrire des nouvelles, des scénarios de films, des pièces de théâtre, voilà à quoi il se consacre désormais.Muni d’un complet qui lui donne des airs d’ambassadeur et lui rappelle ses aspirations de voyageur, Massoud al-Rachid part à la recherche de lui-même, à la conquête du bonheur.Avide, impulsif, extrêmement naïf («niai-seux», insiste son auteur), curieux mais incapable d’apprendre de ses erreurs, il visitera de nombreux pays, à l’instar de Leclerc qui écrira et réécrira son œuvre en Asie, en Afrique, en Australie.Dans ces contrées lointaines et si proches à la fois, Massoud cumule les conquêtes amoureuses ratées et les ambitions professionnelles avortées sans jamais trouver satisfaction.«Noir destin qui est le mien.» L’expression ironique ponctue le récit, si bien qu’elle a remplacé le titre initial, Le Tour du monde en complet.Jean Leclerc a le sens du rythme de la langue, et on se bidonne souvent des vices et travers humains qu’il dépeint avec sa verve colorée.«Je n’avais pas à cette époque compris Sa Prescience [de Dieu], qui donne à l’homme ce qu’il désire avec largesse afin de lui faire entrevoir sa cupidité constante, son égoïsme, sa vénalité honteuse!», s’exclame Massoud au sortir d’une énième liaison amoureuse.Insoutenable légèreté Mais on fait vite la moue devant cette fuite perpétuelle — pas tant celle du personnage devant les désillusions de l’existence que celle de l’auteur, qui amène le lecteur où il veut sans s'engager nulle part.11 y a beaucoup de prétentions dans ce livre, que l’auteur s’amuse constamment à désamorcer pour éviter d’approfondir, facilité lassante.Une lettre en fausse préface présente le livre comme un exemple de sagesse offert à un roi pour son fils en âge d’apprendre à (se) gouverner; par ce clin d'œil à Machiavel («pour le fun», assure Leloup), on se croit parachuté au XV' siècle dans un pays lointain.Et le récit, bien que résolument contemporain, est construit à l’image du Candide de Voltaire, chaque chapitre annonçant une nouvelle aventure empreinte de fatalité.Sauf que les leçons de sagesse sont réduites à leur plus simple appareil.La légèreté tout apparente et truffée d’ironie de Voltaire devient complaisance dans la superficialité chez Massoud al-Rachid, si bien assumée toutefois qu’on finit par en rigoler.Insoutenable légèreté de Jean Leclerc.«Au début, je me suis dit: c’est trop light, ç’a pas de bon sang, j’ai plus de profondeur que ça.Finalement non, pas tant que ça, honnête- ment, c’est pas plus profond que ça.Je suis content parce que ça ne se prend pas au sérieux et, en même temps, les questions que je pose, y en a une maudite gang qui vont s’arracher les cheveux parce quïls ne la trouveront pas plus que moi, la réponse.C’est la force de Voltaire: il ne chiale pas, il ne se lamente pas, il n’est pas mièvre; il se dit: la société est ridicule et je vais en rire, elle ne me fera pas brailler.Ça m’énerve quand tout le monde se lamente et ne fait rien.» La poésie délirante de Leloup se dilue aussi un peu dans la longueur (lu récit impossible de Massoud.Ecrire exige plus de souffle que chanter, faut-il croire.Ce que reconnaît sans gêne le principal intéressé.Car à la différence de son antihéros, Jean Leclerc a tire une bonne leçon de cette première expérience d’écriture de fiction de longue haleine.«On s’en passe des vites [quand on écrit de la fiction]; c’est un bon miroir.Il y a un bout où tu te vantes, tu poses des jugements sur tout le monde pis tu te penses fin; il y a d’autres bouts où tu prends les gens pour des cons, c’est-à-dire que tu leur expliques des affaires, mais finalement ils le savent déjà.C’est dur de ne pas se prendre pour un autre.Les gens parlent beaucoup de la forme et de l'écriture, moi, c’est plus le fond que j’ai trouvé tough.Ecrire un truc complètement fictif où il ne faut pas que les jokes soient trop plates, c’est difficile, jamais je ne recommencerai un livre aussi dur à écrire que ça.En haut de 100 pages, je n’y arriverais jamais.» Et il a bien failli ne pas même arriver à ces 100 pages, publiées après cinq années d’écriture et surtout de réécriture, de harakiri à ses longues tirades vantardes.De l'ego trip du chanteur à celui de l’écrivain, une leçon de modestie.Le Devoir NOIR DESTIN QUE LE MIEN Massoud al-Rachid Leméac Montréal, 2005,101 pages Éloge des petits riens Un livre lumineux qui force la réflexion.(.) Ecril simplement, ce bref récit est apaisant et nécessaire » > Monique Rov ¦ (5t4> 524-5558 lemeacë>!emeac.com Quebec"'! ?Michel Rob'tailîei éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • Littérature Pierre Bertrand La conversion du regard 1^8 pagrs, 21 dollatn © Abat Pécaric) Bertrand LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d’art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.iosé Acquelin Aline Apostolska Michel Côté louis Gauthier Jean Pierre Girard Monique Juteau Alain Bernard Marchand Sylvie Massicotte Isabelle Miron Laure Morali Anne Penders Daniel Pigeon Joël Pourbaix Mélanie Vincelette Louise Warren Marc André Brouillette Luis Carlos Fernandez Simon Harel Daniil Harms Max Hubert Christian Monnin René Viau www.revueliberte.ca « * $ LE DEVOIR.LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 OCTOBRE 2 O O 5 F ITTERATURE Michael Delisle JACQUES GRENIER LE DEVOIR Michael Delisle et la cartographie de la marge Suzanne Giguère Avec ce nouveau recueil de nouvelles, Michael Delisle poursuit sa cartographie de la marge.Le Sort de Fille nous plonge au cœur d’un univers peuplé de personnages funambulesques, pris dans la tourmente de leurs démons et de leurs pulsions, au bord de la crise violente ou de la dépression.Une voix narrative qui ne hausse jamais le ton suit les personnages aux confins de l’exprimé, de l’inexprimé et de l’inexprimable.Déflagrations au cœur d’existences monochromes minées par la misère intellectuelle et humaine.Dès les premières nouvelles, le ton est installé autant dans l’écriture toute de rigueur et de dépouillement que dans les thèmes d’ambivalence sexuelle et de fragilité identitaire.Plaies mal cicatrisées (Mon trésor), quête d'amour, désirs refoulés pervertis en une soif de mal (Le Pont), deuils inachevés (Le Vieux Chèvre), tendances autodestructrices (Le Sort de Fille), haine primitive enclavée dans l’indifférence, rupture d’espoir (Relation), chaque nouvelle montre des êtres cassés qui se laissent porter par le cours des événements tout en cherchant une improbable issue.Le Sort de Fille est un petit chef-d'œuvre de violence contenue.Un homme prend soin des chiens d’une famille en vacances.Une petite chienne surnommée Fille fait basculer son comportement dans des zones d’ombre où se confondent réalité et présage.«Nous avons tous en nous un monstre que personne ne soupçonne.» Jérôme, un enfant schizophrène, lui sert d’accompagnateur et de révélateur.Dans Relation, les blessures de l'enfance refont surface comme des répétitions névrotiques jamais résolues.La nouvelle en forme de triptyque se déroule dans trois lieux de culte différents situés à Paris, à Saint-Pétersbourg et à Sofia.Trois petits univers empreints d'émotion.L’auteur saisit de façon remarquable l’indicible douleur d’un garçon abandonné, rejeté par son père, qui reste pendant des heures inerte, «le souffle à zéro», ne pensant à rien.«J’étais sans haine.La haine a une franchise qui rougeoie comme le fer, c'est un poing sur la mâchoire.Elle a des signes clairs.L’amour est un désarroi.» Un miracle d’observation Michael Delisle a développé au fil de ses livres (il est aussi poète et romancier) une esthétique de l’ellipse.Dans Le Sort de Fille, chaque nouvelle contient une part de non-dit.Autre particularité: le nouvelliste n’explique pas les comportements de ses personnages confrontés à une sexualité équivoque, à des rages et à des révoltes qui dégénèrent en des violences inouïes.Il met en place les éléments ai * '7:', a.L'affrontement deux cultures, celle ak la Perse, raffinée, parfumée, et celle de la Grèce, rustre et qui sent l’huile rancie.Une vieille reine perse qui s’unit à un jeune soldat grec.Étrange La reine ie soldat Felicia Mihali La reine et le soldat 264 p.• 25 s XYZ éditeur.1781, rue Saint-Hubert, Montreal (Québec) HzL 3Z1 Téléphone : (514) 525.z1.70 • Télécopieur : (5141 525.75.37 Courriel : info®xyzedit.qc.ca • www.xvzedit.qc.ca qui annoncent l'inévitable basculement et laisse le lecteur assister, impuissant, aux chutes inexorables de ses personnages.En réduisant ainsi au maximum ses histoires et en laissant leur finale ouverte, il livre ses personnages à l’imagination du lecteur.C’est comme si les nouvelles avaient une vie après que le lecteur les ait lues.Peintre réaliste, Michael De-Hsle4race des portraits minutieux, taillés serré, d’une nature humaine naufragée.Un miracle d’observation.Le Sort de Fille, court et dense, abonde en jeux de miroirs et en atmosphères troubles.L'écriture vive allant à l’essentiel de même que les dialogues incisifs et grinçants nous rappellent que Michael Delisle est l’un des meilleurs écrivains de sa génération.Collaboratrice du Devoir LE SORT DE FILLE Michael Delisle Leméac Montréal, 2005,112 pages Gilles Archambault lance la 10e édition des Poètes de l’Amérique française Une dixième annee de mariage entre vers et musique de chambre s’amorce cette semaine.Les Poètes de l’Amérique française propose chaque mois une rencontre entre un auteur et deux musiciens, successivement deux soirs à Montréal (maisons de la culture du Plateau-Mont-Royal et de Notre-Dame-de-Grâce) et un autre à Qu Dénise Desautels signe un texte d’une émouvante beauté dans une prose claire balancée aérienne [ J Une écriture qui va plus loin cette fois avec juste ce qu ii faut de leyereté.» Québec Sïî A LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE » OCTOBRE 2 0 0 5 F 1 Littérature-»- LITTERATURE QUÉBÉCOISE Louise Portai et les fruits de la maturité _ PEDRO RUIZ LE DEVOIR «Mon père était écrivain, et ce sont des lettres d'écrivain.Mon livre est une occasion de lui rendre hommage», explique Louise Portai en parlant de son dernier ouvrage, Les Mots de mon père.SOLANGE LÉVESQUE Connue surtout pour les personnages qu’elle a joués au théâtre, à la télévision et au cinéma, Louise Portai est aussi écrivaine et chanteuse, Double moisson pour elle cet automne, puisque, en plus de lancer un album CD intitulé L’Âme à la tendresse, elle publie également Les Mots de mon père, son sixième ouvrage.Louise Portai nourrit depuis toujours une passion pour l’écriture.Témoins, ces cahiers personnels écrits au quotidien depuis son adolescence, qu’elle conserve précieusement et qui sont pour efle une source d’inspiration.C’est d’ailleurs cette passion qui l’a incitée à mettre sur pied Les Correspondances d’Eastman, une manifestation estivale dont la troisième édition a eu lieu cet été dans le village des Cantons-de-l’Est.Pendant quelques jours au milieu du mois d’août, la littérature épistolaire est à l’honneur à Eastman; enfants et adultes sont alors invités à frequenter des Heux aménagés en jardins ou «chambres d’écriture», disséminés dans le village et sa région, où l’on met à leur disposition tout ce qu’il faut pour écrire à une personne chère.D’autres activités reliées à l’écriture composent cette fête des lettres.Egalement témoin de la passion de Louise Portai, l’ouvrage intitulé Les Mots de mon père publié chez Hurtubise HMH.«C’est grâce aux Correspondances d’Eastman que j’ai fait ce livre.En y relisant les lettres que mon père m’a écrites à divers âges de sa vie et que j'ai gardées, j’ai réalisé quelle richesse littéraire, philosophique et humaine elles contenaient, explique-t-elle.Tous mes souvenirs remontaient.C’était comme toucher un héritage.Mon père était écrivain, et ce sont des lettres d’écrivain.Mon livre est une occasion de lui rendre hommage.» Dans ce livre très personnel, on voit s’épanouir une relation privilégiée entre un père et sa fille.«Je l’appelais “mon prince d’Egypte” dans un poème; lui me qualifiait de son “double éthéré”.Mon lien avec lui a été déterminant pour la suite de ma vie.fai emprunté son nom de plume, Portai, qui m’a permis d’avoir une vie publique.Je n’étais pas sûre de moi, pas très bonne à l’école; il a été mon mentor, mon inspiration.C’est ce que les lettres mettent au jour.» L’éditeur Jacques Allard a proposé à I nuise Portai de faire un livre avec cette correspondance, en lui laissant toute liberté quant à la forme.«Cette proposition m’a incitée à relire les lettres et j’ai alors vécu quelque chose de fabuleux: j’ai consacré un an à choisir certaines lettres, puis j'ai commencé à y répondre à partir de la femme que je suis devenue aujourd’hui.» Cela s’est passé l’hiver dernier, alors qu’elle séjournait en République dominicaine pour le tournage du film Vers le Sud, du réalisateur français Laurent Can- tet, dont le scénario vient d’une nouvelle de Dany La-ferrière.Louise Portai avait emporté avec elle l’ensemble des lettres paternelles.«J’avais 30 ans quand mon père Marcel Lapointe est décédé.Je me sens comme son héritière spirituelle.Mon père, qui est mort il y a 25 ans, était plus jeune que je ne le suis aujourd’hui au moment où il m’écrivait.» Pour l’auteure, ce nouvel ouvrage vient compléter un cycle qui comprend trois romans antérieurs: L’En- chantée, Cap-au-Renard et L’Actrice.«Rencontrer l’amour après un homme comme ça n’est pas cime facile! Quand Jacques [Hébert, dit Larose] est arrivé dans ma vie à 43 ans, la boucle s’est bouclée, comme si l’héritage amoureux du père avait pris sa juste place, fai épouse Jacques à 45 ans.Le mariage me faisait peur et je constate, 12 ans plus tard, que cet amour inscrit dans la durée est aussi enrichissant que la communication qu ’on entretient entre nous.» Un disque L’album CD.qui s'intitule L’Àme à la tendresse (d'après une chanson de Pauline Julien qui figure sur l'album), regroupe 11 oeuvres qui sont pour Louise Portai des phares dans le paysage de la chanson et qui ont pour auteurs des artistes comme Richard Desjardins, Félix Leclerc, Clémence DesRochers, Robert Chariebois, Claude LéveiDée et Gilles VTgneault, entre autres.Elle a choisi ces chansons parce que celles-ci lui parlent; elle les interprète en toute simplicité, de sa belle voix soyeuse et ronde.«Finalement, je revisite ma vie à travers les chansons que j’ai aimées dans mon adolescence.Je croyais que c’était terminé pour moi, la chanson.Je n’avais pas le goût d'aller défendre du nouveau matériel, j’avais plutôt envie de chansons choisies en fonction de mon histoire personnelle, explique-t-elle./g me les suis chantées a ca-pella, “dans la voix”, pour les sélectionner.» Dans l'album de même que dans Les Mots de mon père, Louise Portai fait la place belle aux mots d’autres auteurs.«Je me suis aperçue après que dans les deux cas c’étaient les mots des autres; ce n’était pas voulu a priori * Collaboratrice du Devoir LES MOTS DE MON PÈRE Correspondance entre Marcel et Louise Portal Hurtubise HMH Montréal, 2005, pages L’ÂME À LA TENDRESSE Disques Tandem TDM 0502-2 ÉCHOS ROMAN QUÉBÉCOIS Jean Barbe chez les libraires Lauréat du Prix des libraires 2005 pour son roman Comment devenir un monstre, l’auteur Jean Barbe renvoie La balle à ceux qui l’ont élu en faisant une tournée de plusieurs librairies du Québec.Il en profitera pour présenter son nouveau roman, Comment devenir un ange, genre de réponse littéraire au précédent titre.Après avoir sondé le côté sombre de l’âme humaine, l’auteur offre un portrait apparemment plus lumineux de l’être humain, ancré dans une époque qui croit en tout sans s’engager en rien.la tournée se poursuit tout au long de l’automne.Les librairies visitées proposeront au public des séances de signature, des discussions ou encore des mises en lecture.Visitez le site wumprixdeslibraires.qc.ca pour tous les détails.- Le Devoir Olivieri librairietbistro Olivieri Au cœur de la science Entree libre 5219.Côte-des-Neiges Metro Côte-des-Neiges RSVP : 739-3639 Traduire Max Weber : La science, profession et vocation Figure majeure des sciences sociales, Max Weber prononça en 1917 une conférence sur le métier de savant.Ce texte constitue le testament d’un homme qui fut un extrémiste de l'exigence scientifique et un critique radical du savoir.Causerie avec Isabelle Kalinowski Traductrice de Max Weber, Isabelle Kalinowski propose ici une nouvelle traduction de cette conférence ainsi qu'un essai qui traite notamment de la soumission de l'université à l’organisation capitaliste du travail.Animateur : Augustin Simard, chercheur CCEAE Présentée par le groupe de recherche Max Weber à l'épreuve de la mondialisation du Centre canadien d'études allemandes et européennes.Vendredi 14 oct.19 heures éditions Liber Philosophie • Sri cru os humaines • Littérature « Let pensée en chemin » Jean Bédard Comenius ou combattre la pauvreté par Véducation de tous 150 l” dolUn Des pigeons et des colons CHRISTIAN DESMEULES Dans La Blasphème (Trois-Pis-toles, 2003), où Anick Fortin collectionnait les personnages de légende, les détraqués et les originaux, une fillette de huit ans — maltraitée et laissée à elle-même — tuait sa mère cancéreuse d'une balle de revolver dans la tête.La folie y était à la fois la conséquen- ce et la condition d’un regard sans voile sur le monde.Dans son second roman, Les Colons de village, elle joue sensiblement les mêmes numéros (aliénation, violence, vulgarité), mais perd sa mise.Elle s’y offre une fiction vaguement faulknérienne qui s’enroule autour d’un bestiaire de personnages seuls au monde.Quelques êtres défaits, parfaitement cadenassés dans leur armure, qui prennent dimanche 9 octobre 2005 à 15h00 Rencontre avec Jean Barbe Enfin ouvert ! le salon de la philosophie et des sciences humaines du 10 au 30 octobre 2005 2752, de Salaberry ¦ Galeries Normandie Montréal, Qc H3M 1 L3 www.librairieMonet.com (514) 337-4083 LA LIBRAIRIE ALIRE EST HEUREUSE DE S'ASSOCIER À LA SEMAINE DES DICTIONNAIRES NOUVEAU i-Anousse ILLUSTRÉ LARdt&SE VENEZ ASSISTER À LA CAUSERIE : Du Nouveau dictionnaire de la langue française (1856) au Petit Larousse illustré (2005) ANIMATEUR Richard Patry protes;’.: Université de Montreal CONFERENCIER Jean Pravost professée Université de Cergy-Pontoise Lundi 10 octobre 2005, à 15 h Librairie Alire, 825, rue Saint-Laurent Ouest, Longueuil (450)679-8211 Librairie indépendante agreee Place Longueuil 825, rue Saint-Laurent Ouest 450 679 8211 tour à tour la parole pour nous composer une narration en forme de courtepointe.Dans un petit village de l’arrière-pays gaspésien, un homme désœuvré qui rumine ses frustrations passe pour un fou: il tue les pigeons (exactement «huit cent quarante-deux pigeons») et parle tout seul la plupart du temps.C’est pourquoi tous l’ont surnommé «Le Pigeon».«Au milieu de cette infiniment grande bande de trous du cul, dira-t-il, je préfère être ce fou qu 'ils veulent que je sois.Je préfère tuer mes pigeons que de mettre le feu à ce village maudit, débordant de honte.» Au milieu de cette atmosphère étouffante, Anick Fortin fait alterner les voix.Celle d’un jeune garçon maltraité par son père.Celles d’un couple de lesbiennes aigries qui passent leur temps à se chercher des poux et à se réjouir des malheurs de leurs voisins.Celle d’une prostituée à qui Le Pigeon écrit ses rêves d’amour.Chacune de leurs histoires viendra emmêler peu à peu les destins.On a déjà fait couler un peu d’encre sur la vulgarité qui marque l’écriture d’Anick Fortin.Dans son premier roman, exposant un credo qui rallierait à coup sûr un bon nombre d’humoristes et d’animateurs de télévision qui se soucient du naturel autant que de la vérité, elle écrivait «[L]a vulgarité n’est-elle pas le moyen idéal pour rendre claires ses pensées et ses opinions?» Les Colons de village nous enfraîne dans la même voie: «Après le déjeuner, je suis allé dans ma shed.Il y avait, là sur mon établi, le pigeon d’avant-hier que j’avais oublié de pitcher par terre.En le prenant dans ma main et en l’efjbi-rant un peu plus, j’ai eu une bonne idée, fai eu envie d’éjaculer sur le pigeon.de taponner sa viande dans ma main pleine de sperme.Alors, j’ai baissé mafly.» Mais, vulgarité ou vérité.Les Colons de village apparaît d’emblée nettement moins réussi que le premier roman de Fortin.Dans La Blasphème, la langue était cassante et «pun-chée», enveloppée dans un monologue épuré à la Beckett.Cette fois, des motivations floues et une structure boiteuse, qui n’ont pas la chance d’être portées à bout de bras par une écriture forte, semblent annuler tous les effets de provocation.La jeune Matanaise de 23 ans, étudiante en enseignement des mathématiques à l’Université du Québec à Rimouski, n’a pas réussi à aller jusqu’au bout de ses visions de déchéance et de rédemption.Une construction ambitieuse quelle ne maîtrise pas, trop de personnages mal esquissés, des destins flous ne nous donnent malheureusement au final, qu’un roman qui s’évapore.Collaborateur du Devoir LES COLONS DE VILLAGE Anick Fortin Editions Trois Pistoles 2005,156 pages En kiosque et en librairie dès maintenant! Spécial RENTRÉE LITTÉRAIRE 2005 entre les liQnes Le magitlite *«r te plaltir de tire gj René Richard Cyr • Lire, c’est: aussi m’incirNéter.et c est ça le rôle de ('art tnt A bonnement www.entreleshgnes.ca SPOVBIE DANS LES M£fU.EURS KIOSQUES ET UtlUmtES Du QUÉBEC SPÉCIAL RENTRÉE LITTÉRAIRE 2005 40 nouveauté; commentées DOSSIER Les livres du Moi LOUISE SIMARD à l'honneur Entrevue-éclair RUSSELL BANKS Fanny Biais 15 ans rencontre DIANE IACOMB LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 OCTOBRE 2 0 0 5 k r> ¦¦Littéeaidre Pas la chasse aux papillons Louis Hamelin Il me semble que l’ombre du vieux Hemingway s’étend sur le recueil de nouvelles que je viens de lire, Quelques notes sur les papillons tropicaux, premier livre d’un autre auteur arrivé à la littérature en suivant la filière médicale.Bien sûr, l'époque impose ses thèmes, et le grand chasseur blanc a été remplacé par le médecin sans frontières, le chirurgien de pointe carburant au whisky et le collectionneur de papillons.Dans la nouvelle intitulée Toutes les rivières du monde, l’hommage au Vieux est évident jusque dans le titre, et on ne doit pas trop se surprendre d’y croiser, à Key West, ce clone de Papa, barbe blanche, peau rougie et haleine matinale chargée, endetté jusqu'au cou et qui a tout plaqué pour réaliser son rêve de s’acheter un bateau et de vivre de la pêche au gros.Pas se surprendre, non plus, d’y trouver cet art du dialogue dont il est peu de dire que la concision a fait école (dans une phrase conune «C’était les enfants que je préférais, mais ils vous brisent le cœur si on ne fait pas attention», on croit reconnaître, simple question d’intonation, la touche du maître.).Et même pas besoin d’attendre longtemps pour voir se matérialiser, dans la nouvelle qui donne son titre au recueil, la référence, devenue explicite sous la forme de ce naturaliste amateur qui, pour recenser les papillons monarques, portait des vestes à la Hemingway, avec des rangées de poches sur le devant.On poursuit la lecture et, d'un clin d'œil à l'autre, le livre semble se transformer en un véritable catalogue des thèmes he-mingwayiens: l’impuissance, la guerre et l’héroisme, l’alcool, la boxe.sans compter les subtiles allusions à la corrida et à la célèbre migration des gnous dans la vallée africaine du Rifté.Un talent d’écriture Hemingway, qui défendit les républicains espagnols et la révolution cubaine tout en frayant avec la haute, affirmait que bien écrire était la seule morale de l’écrivain.Murray possède un superbe talent d'écriture mais ses per-son- vous nourrissez pareille conviction et que vous désirez un enfant, les choses devraient se passer d'une manière plutôt simple.Mais ce serait compter sans les ascendants d’un compagnon dont le grand-père, passionné de lépidoptères, partit un jour à la recherche d'Ormthoptera alexan-drae, ou reine Alexandra: le plus grand papillon du monde.Figurez-vous une jungle épaisse, peuplée de perroquets pygmées, de casoars, de guerriers nus hirsutes et de gouras couronnés et parcourue par un capitaine Achab armé d’un filet à fro- mage.nages, a peu près tous médecins, et dont les compétences couvrent un spectre allant de la neurochirurgie à la chirurgie plastique, sont peut-être à la recherche de quelque chose d’un peu plus complexe.La biologie saurait-elle à elle seule tenir lieu de morale?Voilà la question, éminemment contemporaine grâce, entre autres, au bon docteur Mailloux, que posent quelques-unes de ces nouvelles.Pour Maya, spécialiste du cerveau, considérez un peu la manière dont John Murray vous plante un personnage: elle se nourrit exclusivement de cappu-cinos, porte des pantalons de cuir et dévore les biographies.Pour Maya, donc, le monde n’est qu'une masse d’électrons, de neutrons et de quarks, et chacun obéit à des règles d’action et d’interaction bien définies.Quand Les papillons, affirme le père du narrateur, sont mie métaphore de la vie.Beaux, fugaces, fragiles, mystérieux.Quant au grand-père, il entend se servir d’eux et de leur splendeur aussi inutile qu’un poè me pour réfuter la théorie de la sélection naturelle.La riche culture scientifique de.Murray lui permet de jouer sur plusieurs tableaux à la fois, et dans son livre la science frôle bien plus souvent la folie que la raison: c’est en violant le très vieux tabou du cannibalisme (il dévore le cerveau d'un ennemi) que le grand-père devient fou.Collectionneur jusqu’au bout des ongles, il se tranchera le pouce gauche et le mettra à conserver dans une fiole de formol.Ultime et dérisoire triomphe de la science, tandis que la beauté des papillons.trompeuse conune la blancheur de la baleine, conune les cornes chantournées du grand koudou, devient la malédiction de cette étrange famille.Les limites de cet univers particulier sont ainsi posées avec un aplomb remarquable.D’un côté la folie qui menace (il y a au moins un fou dans chaque famille.annonce le narrateur de Farine blanche: à quoi celui de Quelques notes sur les papillons.ajoute qu’avoir une obsession est parfois la seule façon de vivre), de l'autre la manie ordonnatrice du collectionneur qui, face au chaos, peut dresser le rempart de ses classifications et quatre mille nouvelles espèces de coléoptères.Hemingway fut d'abord ambulancier de la Grande Guerre en Italie.Puis, en Espagne, il alla au front calepin en main et mitraillette à l’épaule et s'intéressa davantage aux exploits guerriers.Victorieux ou défait, le héros qu’il célèbre est le Combattant.Mais si la morale et la biologie pouvaient se confondre jusqu'à devenir une seule et même chose?On aurait alors, face aux bandes africaines de dépeceurs d’enfants moulinant leurs machettes, le nouveau héros armé de sa trousse, celui qui sauve et qui dit: «Je ne peux rien changer à la guerre, mais je peux proclamer que toute vie est précieuse.» Collaborateur du Devoir QUELQUES NOTES SUR LES PAPILLONS TROPICAUX John Murray Traduit de l’américain par Cécile Déniard Albin Michel.Paris.2005,335 pages J E A N - FR AN Ç O 1S NADEAU Concentration est présentée en direct à la télé.Depuis le début de cette télé-réalité d’un type extrême, l'audimat est à proprement parler extraordinaire.A terme, après des mois de diffusion, Concentration est regardée enfin par tout le monde: «les aveugles, les sourds, les anachorètes, les religieux, les poètes des rues, les petits enfants, les jeunes mariés, les animaux de compagnie — même les chaînes de télévision concurrentes avaient interrompu leurs programmes afin que leurs animateurs puissent voir la télévision».Le concept est pourtant simple.Il suffisait d’y penser.Il s’agit tout simplement d’éliminer, un par un ou par bande complète, les prisonniers.Des kapos, fidèles copies de ceux des camps de concentration nazis, veillent à réaliser ce triste travail et assurent de la sorte l’animation de ce grand spectacle.Ils cognent, tapent et tuent Et tout le monde en redemande.L’absurde folie voyeuriste que constitue la télé-réalité, Amélie Nothomb l’a poussée un peu plus loin.L’enfer, s’est-elle dit, offre en fait les ingrédients d’un spectacle parfait.Alors pourquoi ne pas aller jusque là?Une belle idée pour un roman.Dans cette sordide aventure télévisuelle mise en scène par l’écrivaine belge, on découvre que le seul survivant se nomme Retro Livi, un hommage à peine voilé à Primo Levi, survivant des ÉCHOS Littré pris en faute Le Nouveau Petit Littré 2005 a dû être retiré du marché de la vente à la demande du Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples, qui accise le dictionnaire de propager des stéréotypes racistes à travers des définitions comme celle du mot «Arabe»: «Qui est originaire d’Arabie.Fig.Usurier, homme avide [.].» La maison Garnier a indiqué que l’édition 2006 à paraitre mettra mieux en contexte les sens issus du Littré du XDU siècle.Proche du Petit Robert, ce dictionnaire est une version revue et augmentée du Petit Littré, lui-même une version abrégée du Dictionnaire du lexicographe PauLEmile Littré, publié de 1863 à 1877.Malgré les 6000 nouveaux sens qui figurent parmi ses 47 000 entrées, il semble que certaines définitions aient mal vieilli ou n’aient pas été révisées.- Le Devoir LITTÉRATURE FRANÇAISE Télé-réalité extrême ARCHIVES LE DEVOIR Amélie Nothomb camps de concentration nazi et auteur de Si c’est un homme.Le Devoir ACIDE SULFURIQUE Amélie Nothomb Albin Michel Paris, 2005,193 pages ©Place des Arts Studio-théâtre Le Studio littéraire s**»" 2005-2006 12 octobre 2005 Ub T«roih«vf kajra en compagnie de ses amis russes le violoncelliste Yuti Turovskjr et la pianiste Esfir Dyachkov Humour et sagesse : contes et i Une fresque littéraire et musicale qui puise à meme les traditions soufies.hassidiques, africaines et russes.(SUlSO-îll! 1 NMiM'U rtrtO.-*.«mrtiac ca sa.- JL ROCH CÔTÉ Anton Une vie illustrée Sur les traces de Tchékhov dans la Russie actuelle 176 pages • 34,95î l.i» \ if mliim lh 1 Montréal ver* iqt Sous la direction de MICHELINE CAMBRON La vie culturelle à Montréal vers igoo Un foisonnement de documents à la découverte d’une grande époque ! • Un CD audio contenant ig extraits mancaux • Prés de 120 illustrations 416 page».39,95 j F I D C S Pierre Fortin '•U *,-1 Du monde marginal des arts visuels des années soixante-dix aux arcanes sophistiqués de la haute gastronomie, du fantôme du Prince de Miguasha à ces spectres plus obscurs des arrière-cuisines et des officines des grands chefs, c'est à un véritable thriller archivistique et culinaire que vous êtes conviés.La table est mise ! Il n’y a plus qu'à bien commander et à ne pas craindre l'addition.Laurence Prud'homme Laun-nce Prud'homme La Ville aux escargots Tp** ,1 tMH-DM AMdMQUI Les chemins poussiéreux qui mènent à Compostelle.Puis Barcelone-la-métisse, enroulée sur elle-même telle une ville escargot.Et Lucie, Maria, Elena, Esteban, Alex, Manuel, Tomeu et Wafa.Une auberge espagnole peuplée de jeunes adultes à fleur de peau.« [.] un premier roman d'une remarquable maturité sur les écueils de l'exil, le choc des cultures et la souffrante difficulté de la communion avec l'Autre.» Archambault.ca Fabien Ménar Fabien Mrfnar « Drôle, bien observé, plein de finesse, écrit comme il se doit.Ce qui veut dire ?Qu'on oublie qu'on est en train de lire tellement on embarque dans l'affaire.(.) 428 pages de bonne humeur.» Didier Fessou, Le Soleil « Quel belle découverte, un jeune auteur plein de fougue et un roman drôle, intriguant et très bien écrit.» Michel Doucet, SRC QUÉBEC AMÉRIQUE www.quebec-amerique.com 1 5931 LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET D I M A X C H E 9 OCTOBRE 2 0 0 5 F fi EN P UNE AUTRE HISTOIRE DE LA LITTÉRATURE FRANÇAISE, I ET II Jean d’Ormesson, Folio, 395 et 409 pages Il a de la culture et de l’esprit à revendre, M.d’Ormesson.Dans ses deux volumes délicieux et sympathiques, il brosse à grands traits des portraits d’auteurs et d’oeuvres çélèbres de la littérature française.À chaque coup, l’académicien présente rhommè (ou la femme) et ses écrits.Surtout, il parle des morts «comme s’ils étaient vivants».Qu’on en juge.Le texte sur Boileau (1636-1711) débute ainsi: «À première vue, un emmerdeur.» D’Ormesson rappelle ensuite que «le pauvre a connu dans sa petite^enfance des malheurs effrayants puisqu'un jars castrateur, ou peut-être un dindon, lui aurait mangé le pénis.» Ouille! L’ENFANT AUX DEUX LANGUES Claude Hagège aux deux langues, Odile Jacob, 298 pages À quel âge peut-on commencer à apprendre une autre langue?Peut-on oublier sa langue maternelle au O C H E profit d’une nouveUe langue?Ces questions résonnent au Québec comme des coups de tonnerre.Claude Hagège montre que l’on peut devenir parfaitement bilingue à tout âge et que la compréhension d’une deuxieme langue demeure la meilleure maniéré de comprendre la sienne propre.U DIFFÉRENCE.IDENTITÉS CULTURELLES: ENJEUX, DÉBATS ET POLITIQUES Michel Wieviorka, Éditions de l’aube, 200 pages Une analyse des différentes perspectives théoriques sur l’intrusion croissante des particularismes culturels dans l’espace public.Selon Wieviorka, les sciences sociales ont longtemps été à la traîne de la philosophie morale et politique pour disséquer ce phénomène.Plus récemment, elles ont été marquées par l’utilitarisme de l’expertise.«Non seulement nos sociétés accueillent et reproduisent des différences, mais elles en inventent, y compris sous le sceau de la tradition», écrit-il en bout de course.Le Devoir ÉCHOS La philo à l’honneur La librairie Monet organise le Mois de la philosophie et des sciences humaines du 10 au 30 octobre.Outre les quelque 5000 titres offerts sur les rayons, trois tables rondes sont prévues au cours de cette période.Les deux premières, les 19 et 26 octobre, convient différents auteurs, professeurs ou penseurs, doqt Simon Arel, Martine Delvaux, Éric Méchoulan et Pierre Bertrand, autour d'une même question: de qui, de quoi êtes-vous le contemporain?Ce sera l’occasion de remettre à l’avant-plan des ouvrages, des auteurs, des idées toujours d’actualité bien qu’elles aient parfois vu le jour en d’autres temps.Le 27 octobre, on discute de l’avenir de l'édition de fonds avec: notamment Denis Vaugeois, des Editions du Septentrion, le président de l’ANEL, Gaston Beilemare, Julie Mongeot, d’Éco-Société, et Micheline Gauthier, coéditrice chez Liber.Par édition de fonds, on entend ici tout ouvrage d’idée dépassant la sphère strictement universitaire.- Le Devoir Benoît Bouthillette honoré Le prix Saint-Pacôme du roman policier a été décerné à Benoît Bouthillette pour son premier ro-man, Im Trace de l’escargot (JCL éditeur), lors d’une soirée de gala samedi denier sous la présidence d'honneur de l’humoriste Lise Dion.Une bourse de 3000 $ est rattachée à ce prix, qui récompense chaque année un auteur s’étant démarqué par la qualité d’une œuvre publiée au cours de Tannée précédente.Deux autres romans étaient en lice, Motel Riviera 0CL éditeur), de Gérald Galarneau, et Cachemire (libre Expression), de M;irio Bolduc.- Le Devoir «"Livres ¦** ANNE MICHAUD Vous voulez offrir un livre québécois au fils de votre nouveau conjoint, à la fille de votre gardienne, à votre neveu qui vit en Australie ou à votre nouvelle petite-fille.Bonne idée, mais lequel choisir?Avec plus de 500 nouveaux titres publiés chaque année, la sélection est vaste et il est peut-être difficije de faire un choix éclairé.Heureusement, l’organisme Communications-Jeunesse publie depuis plusieurs années une «Sélection de livres pour jeunes» ainsi qu’un «Palmarès des livres préférés des jeunes», mais encore faut-il savoir où se procurer ces listes.C’est maintenant très facile puisqu’elles sont incluses dans le magazine Frotégez-vous du mois d’octobre! On trouve dans la Sélection des livres pour jeunes de Communication-Jeunesse 20054)6 un choix de 226 albums, contes, romans, récits, etc.publiés entre le l'r avril 2004 et le 31 mars 2005.Os ont tous été lus par des spécialistes et éva- meilleurs livres jeunesse dans Protégez-vous lués en fonction de leur richesse littéraire et visuelle, de l’originalité du propos et de l’exactitude des informations lorsqu’il s’agit de documentaires.La pertinence des thèmes et des contenus en fonction de l’âge des lecteurs ainsi que le pouvoir évocateur des textes et des illustrations sont aussi pris en considération.En plus d’un court résumé du livre et d’une illustration de sa couverture, on indique l’âge pour lequel ils sont appropriés et, dans le cas des six ans et plus, le niveau de lecture requis.Pour sa part, le Palmarès Communication-Jeunesse des livres préférés des jeunes 2004-05 regroupe les 16 livres préférés des 6 à 17 ans, tels que déterminés à partir des données compilées dans les Clubs de lecture de Communication-Jeunesse et du Réseau CJ au Québec et au Canada francophone, auxquels plus de 10 000 enfants participent.Ce sont donc des livres qui étaient disponibles dans les bibliothèques scolaires et municipales durant Tannée scolaire 2004-05.Parmi les favoris des 6-9 ans, on retrouve trois titres de Gilles Tibo (La Bataille des mots, Noé- mie - Vendredi 13 et Des livres pour Nicolas), deux d’Alain M.Bergeron (Mon petit pou et Les Hyènes) et un dernier de Carole Tremblay (Bonne nuit, Gabou).Pour leur part les 9-12 ans ont craqué pour Les Idées noires d’Amélie Blanche, la série Marie Quat-doigts de Roger Des Roches, L’Atlas mystérieux de Diane Bergeron, L’Effet Zaza! de Louise Champagne ainsi que Le Nul et la Chipie et Premier voyage pour Momo de Sinro de François Barcelo.Quant aux ados (12-17 ans), ils ont plébiscité deux tomes de la série Amas Daragon de Bryan Perro (Porteur de masques et La Clé de Braha), Le Grand Vertige de Martine Latulippe, La Chute du corbeau d’Anique Pohras et LAir bête de Josée Pelletier.Espérons que cette association entre Communication-Jeunesse et Protégez-vous se répétera chaque année et que la publication de ces listes deviendra un rendez-vous aussi populaire que celle de la liste des jouets publiée en novembre.Collaboratrice du Devoir BANDE DESSINÉE Un Rabagliati à la sauce hispanique FABIEN DEGUISE / Echange de bons procédés.Vibrant au temps de la mondialisation, les petites maisons d’édition du Québec exportent désormais leurs bandes dessinées partout dans le monde.Et forcément, en échange, elles récoltent dans les «marchés visités», comme disent les économistes, des petits bijoux prêts à être partagés.Les Jours les plus longs (La Pastèque), de l’Espagnol Fermin Solis, entre sans Tombre d’un doute dans cette catégorie.Sorte de Michel Rabagliati (qui signe les désormais célèbres aventures de Paul) à la sauce hispanique, l’artiste trouve facilement sa place dans le catalogue du jeune éditeur montréalais spécialisé dans le roman graphique avec ce récit personnel placé sous le signe de Tenfance.Sans prétention, sans couleur et sans effets spéciaux, l’auteur y explore son passé dans une Espagne du début des années 80.Un passé rythmé par l’univers du 9 art, auquel Soils a été accidentellement initié par sa grand-mère.Un passé aussi riche en relations entre p’tit gars découvrant ensemble, dans le doute et les tensions, les choses de la vie.Fin observateur du quotidien banal, à l’image des Guy Delisle, Seth et consorts, Solis, un spécialiste de l’animation et du dessin publicitaire, livre donc en 46 pages ses réflexions sur l’ensemble de ces petits riens qui construisent les hommes ici com- me ailleurs.Son terrain de jeu se compose d’histoires de fabrication de lance élastique ou de ballon crevé, de découverte des femmes («les créatures d’un autre monde», dit-il) et d’aventures induites par une journée de pluie diluvienne.Toute une ratatouille livrée dans un style simpliste, propre à cet art à la page, qui démontre facilement que, la sieste en moins, les hauts et les bas de Tenfance sont vraiment universels.Le Devoir LES JOURS LES PLUS LONGS Fermin Solis La Pastèque Montréal, 2005,46 pages •' Z///7' i m ce qui u est pas donné est pe/tdu ‘Donneurs Les écrivains dans la ville FOYERS D’ÉCRITURE PUBLIQUE Jolieîte, 15 octobre 2005 Les écrivain-e-s de Vannée Acquelin, José Barcelo, François Beaulieu, Alain Bertrand, Christine Bertrand, Claudine Bilodeau, Josée Bleys, Olivier Blouin, Claude R.Boucher, France Bougé, Réjane Caron, Brigitte Caron, Louis Carpentier, André Corneillier, Dominique Côtes, Gilles Courtemanche, Gil Daigneault, Claude Daneau, Robert Daoust, Jean-Paul Desgent, Jean-Marc Despatie, Stéphane Désy, Jean Dorian, Hélène Dupré, Louise Francescucci, Émilio Gaudet, Gérald Girard, André Girard, Jean Pierre Hamelin, Louis Hubert, Marianne llboudo, Monique Jalette, Jocelyn Joly, Suzanne Lalande, Robert Lamothe, Serge Larochelle, Cajetan Larochelle, Corinne Larochelle, Luc Laverdure, Bertrand Lévesque, Robert Marchamps, Guy Marcotte, Véronique Massicotte, Sylvie Mongeou, France Morali, Laure Moreau, Manon Péan, Stanley Pellerin, Gilles Pozier, Bernard Psenak, Stefan Régimbald, Diane Rivière, Sylvain Roy, Bruno Sarfati, Sonia Tremblay, Dany Turgeon, Élaine Vailloncourt, Yves Vézina, Mkhel Vigneauh, Guillaume .et vous Le Col ectif d’Ecrivains de Lanaudière est voué à la promotion de la littérature et de l'écriture.Les écrivains viennent à Joliette et occupent des lieux qui ne sont pas traditionnellement associés à la culture (une pharmacie, un morché IGA, la SAQ, un marchand de chaussures, etc.): ils AIDENT à écrire une carte de vœux, un poème, une lettre d'insulte, qu'importe.Le CEL souhaite démocratiser le geste d écrire en rapprochant les écrivains des gens, et en créant des liens entre le milieu des affaires et le milieu culturel.C'est une gronde satisfaction de voir la population circuler dans la ville en prenant le temps de lire les citations peintes dans les vitrines des commerçants.Et por-dessus tout, nous comptons sur plus de 300 bénévoles qui voient dans l'esprit des Donneurs un esprit essentiel à répondre.Nous ne sommes ni un festival, ni une foire, ni une biennale.Nous tentons de nouvelles formes, nous proposons de nouvelles manières, et nous croyons que l’écriture publique rapproche les gens de l'écriture, cette activité totalement gratuite à laquelle chacun peut s'adonner dans les villes ou les bois, les cafés ou les lits, sur des feuilles immaculées, dans la paume d une femme aimée ou à l endos d'un napperon de reste.Nous donnons parce que nous croyons que « tout ce qui n'est pas donné est perdu ».Toutes nos activités sont gratuites.Bienvenue.JcMrt PkW£ âiiWd Collectif d'Écrivains de Lanaudière Infos : (450) 755-1234 ou www.lesdonneurs.ca ^riogfiammation 2005 JEUDI 13 octobre 16H30 : Inauguration 17h : « 5 à 7 » sur l'écriture publique, Château Joliette - L'Honorable Monique ILBOUDO, écrivaine et ministre de la Promotion des Droits Humains du Burkina Faso - Olivier BLEYS, écrivain français - France MONCEAU, écrivaine québécoise VENDREDI 14 octobre 17h ; « 5 à 7 » sur le récit de voyage, Café-bar L'Interlude - Olivier BLEYS, écrivain français - Sylvie MASSICOTTE, écrivaine québécoise - Jean DESY, écrivain québécois SAMEDI 15 octobre 10b - 16h : Ateliers d'écriture pour les eafants, Galeries Joliette Foyers d'écriture publique, autour de la Fontaine, Galeries Joliette 13h - 16h : Foyers d'écriture publique, Centre-Ville de Joliette, 60 écrivains dans 25 foyers d'écriture 16h30 : « S à 7 v sur la Compassion, Cégep de Joliette - Yves BEAUCHEMIN, parrain sortant, écrivain québécois - L'Honorable Monique ILBOUDO, écrivaine du Burkina Faso - Jean-Louis ROY, ancien directeur du Devoir et de l'Agence intergouvemementale de la Francophonie, directeur actuel de Droits et Démocraties Louise DUPRE, marraine entrante, écrivaine québécoise (la revue Mœbius publiera un numéro spécial sur la Compassion en 2006 — une quinzaine d'auteurs, dont les conférenciers.) 19h30 : Clôture; soirée de retrouvailles et d'anecdotes, Café-bar l'Interlude Aussi au programme « L'ÉCRIVAIN DE GARDE » Venez à L'Interlude (boul.Manseau) et demandez un-e écrivain e.Le personnel nous avertira et nous garantissons l'arrivée d'un ou d'une pro dans l'heure qui suit, pour aider à écrire ÉCRITURE PUBLIQUE AU PÉNITENCIER DE JOLIETTE Bruno ROY et Dany TREMBLAY effectuent deux visites à la prison des femmes L'ACTIVITÉ « ÉCRIVEZ AU SUIVANT » SERA RÉPANDUE DANS U VILLE Qui deviendra ainsi un gigantesque pupitre où l'écriture aura force de loi LES ÉCRIVAINS-PUBLICS DEPUIS 2001 Exposition des photos de Pierre DAVID, Gilles GAGNÉ, Baptiste GRISON et Christiane MELANÇON, à la Librairie L'île-aux-trésors, rue St-Paul, Joliette « Les mots sont PORTÉS DISPARUS » Installation de Christine BOLDUC et de Josée FAFARD, Café-bar L'Interlude, boul.Monseau, Joliette Animateurs, crieurs publics, échassiers, mondolinistes, danseurs et musiciens seront sur place le 15 octobre Connu dn trts 9t ctes Itttr+S Québec (1 C3 n n TteCir-kCmal L* CoM fea Jonathan Valois Pierre Paquette Députe provincial Député fédéral de Joliette ( Parti Québécois) ( Bloc Québécois) Les Goleries Joliette • La Société de développement du Centre-Ville de Joliette L'InteHude • L’UNEQ La Sbroirie René Martin • Le Château Joliette • Le Centre culturel de Joliette • Le Faste Fou • La Distinction U Devoir t ctwn Québec mm Qettgn I ( LE DEVOIR, LES SAMEDI 8 ET DIMANCHE 9 OCTOBRE 2 0 0 5 ^ E S SAIS ESSAIS QUÉBÉCOIS Dans le déprimant maquis littéraire Louis Cornellier n 1962, l’étudiant en lettres André Brochu lançait une enquête dans laquelle il demandait à onze professeurs de littérature et auteurs de répondre aux questions suivantes: «Quelles sont les conditions nécessaires au développement d’une littérature canadien-ne-française authentique?Quels éléments dynamiques en assurent la vie et l’évolution?» En 2005, Catherine Morency, en écho à cette première enquête, relance la démarche en proposant à onze auteurs et intellectuels québécois contemporains de répondre à la question suivante: «Au Québec, à quelle (s) responsabilité (s) la littérature est-elle aujourd’hui conviée?» Publiées dans un ouvrage intitulé, pour reprendre le titre de 1962, La Littérature par elle-même, les réponses de ces vingt-deux auteurs sont dans la plupart des cas, tout sauf convaincantes.Les participants à la ronde de 1962, au moins, essayaient vraiment de répondre à la question.Paul Wyczynski, par exemple, en appelait à une critique savante plus soutenue et à une adhésion à un humanisme universel, mais à saveur canadienne-française.Jean-Guy Pilon, pour sa part, plaidait pour une indépendance nationale à même de rendre toute sa liberté créatrice à l’homme et à l’écrivain d’ici.Gérard Bessette, quant à lui, faisait la leçon aux poètes — «essayez d’être plus clairs» — et aux romanciers — «soyez plus audacieux».Yves Thériault, irrité par ces séances de tergiversations, se faisait brutal: «De fait, c’est à mon sens la seule condition nécessaire présentement à l'existence et à l'épanouissement d’une littérature canadienne-française, avoir quelque chose à dire.» Rien de bien transcendant dans tout ça, donc, mais on peut au moins y lire de réelles tentatives de dire quelque chose.Verbiage Pour plusieurs des participants à la ronde de 2005, il semble que l’on n’en soit même plus là.Les poètes et romanciers invités, en particulier, choisissent plutôt de se complaire dans un verbiage qui va jusqu’à faire oublier la question.Marie-Claire Blais prend la pose catastrophiste universelle; Ying Chen se contente d’un vague plaidoyer en faveur du relativisme littéraire; Gilles Cyr pousse quelques aphorismes faussement profonds; Suzanne Jacob évoque une censure marchande qu’elle propose de combattre par le partage littéraire intime; Catherine Mavrikakis nous sert son habituelle logorrhée méchante et provocatrice qui ne rime à rien; Larry Tremblay, enfin, s’alarme d'une «disparition de la pensée», d’une «contamination de la bêtise» et d'une «obsession du vécu» sans qu’on sache exactement à quels phénomènes précis tout cela renvoie.En résumé, faut-il conclure, ça va mal, très mal, et ces gens-là, que ce désastre extralittéraire déprime, écrivent quand même, malgré tout D’autres, c’est-à-dire ceux qui ont aussi une expérience d’essayistes, se tiennent tout de même un peu plus près de la question.SOURCE XYZ André Brochu C’est le cas, entre autres, d'André Major, mais surtout de Pierre Nepveu et d'Yvon Rivard, qui signent d’assez beaux textes où des préoccupations éthiques d’ordre général trouvent une place.Leurs propos, toutefois, restent tellement vaporeux qu’ils résistent à une discussion argumentée.Le seul, en fait qui ne se dérobe vraiment pas est l'essayiste François Ricard.Après y être allé d’une petite vacherie selon laquelle la spécificité de notre littérature se trouverait dans «la relative médiocrité des textes», il propose d’élargir la perspective en insistant comme à son habitude, sur «l’effacement qui gagne, qui a gagné la littérature tout court».Notre monde, écrit-il, nie la littérature et dans ce contexte, celle-ci ne saurait être responsable de quoi que ce soit sauf d’elle-même.Plaidoyer en faveur de la «non-responsabilité» de la littérature dont les jours «sont comptés», le texte de Ricard se conclut évidemment sur un éloge de l’ironie et de la distance romanesque qui permettent d'effectuer un pas de côté par rapport à notre monde «du bruit et de la bêtise sans fond».En résume, ça va mat très niai la littérature, comme une picouille devant une automobile, achève, mais, par chance, Kundera écrit quand même, malgré tout Les littéraires d'aujourd’hui, conviés à s'exprimer sur l’état de notre littérature dans cet ouvrage, se présentent comme des résistants courageux maltraités par l’époque, fis parviennent surtout à nous convaincre que les ombres qui s’agitent sur les murs de leur maquis incitent à une complaisance démobilisatrice et déprimante.La lucidité, pourtant, n’est pas nécessairement noire.Miron épistolier Pendant qu'il écrivait la plu part des poèmes qui constitueront L’Homme rapaillé et qu'il se lançait dans l’action littéraire et politique, Gaston Miron entretenait aussi une correspondance avec le poète, artiste et éditeur français Claude Haeffely.Ces lettres, publiées chez jeméac en 1989 sous le titre de À bout portant, présentent, écrit Mariloue Sainte-Marie, «un condensé de ce qui fera l’essentiel de la poésie mi-ronienne: le mal à l’être et à la langue, la fulgurance de l’amour, les éclats de lumière au milieu de la nuit la plus noire».Dans une étude savante mais accessible intitulée Ecrire à bout portant - Les lettres de Gaston Miron à Claude Haeffely (1954-1965), la doctorante de TUniver-sité Laval propose une intéressante analyse de ce corpus assez peu fréquenté.Elle y retrouve un Miron trouble, écartelé entre la France, pays de l’esprit et de la culture, et le Québec, lieu de la surrie et des besoins vitaux, déchiré entre la nécessité de l'action et celle de la poésie et, surtout incertain de la valeur de sa propre poésie.Cette incertitude, d'ailleurs, ne l'empêchera pas de continuer à créer, mais elle le mènera à se faire d'abord et avant tout «le rassembler de la voix poétique des autres».Romantique nationaliste torturé — un jugement que Sainte-Marie se garde toutefois bien de formuler en ces termes —, le Miron de ces lettres incarne un certain Québec artistique et intellectuel des années 1950 et 1960, animé par un puissant désir de création autonome mais obnubilé par la grandeur française au point de surdramatiser l’état du climat culturel québécois.C'est, en effet, pendant qu’il s’épanchait sur la quasi-impossibilité d’écrire au Québec que Miron rédigeait les textes de L’Homme rapaillé] Cette étude, essentiellement admirative à l’égard de Miron, contient aussi de pertinentes JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pierre Nepveu JACQUES GRENIER l E DEVOIR Yvon Rivard considérations théoriques sur le statut littéraire de la lettre (forme ou genre?simple document ou texte à part entière?) qui intéresseront les spécialistes.Collaborateur du Devoir louiscomellietifipa rroinfo.net LA LITTÉRATURE PAR ELLE-MÊME Collectif dirigé et présenté par Catherine Morency Postface d'André Brochu Nota Benc Québec, 2(X)5,198 pages ÉCRIRE À BOliT PORTANT Les lettres de Gaston Miron à Claude Haeffely (1954-1965) Mariloue Sainte-Marie Nota Bene Québec, 2005,140 pages Jane Jacobs, l’urbaniste maudite L’apathie banlieusarde a ralenti l’évolution des idées politiques, des comportements sociaux et des courants artistiques MICHEL LA PIERRE Le modèle urbain nord-américain menace-t-il d’entraîner sur notre continent la mort de la civilisation?Urje vieille dame, née en 1916 aux Etats-Unis et installée à Toronto depuis 1969, a l’audace de le croire et nous rappelle qu’à l’origine de ce modèle urbain elle voit «de joyeux petits garçons poussant des voitures-jouets en faisant “Vroum, vroum, vroooum!”».On reconnaît là l’humour cinglant de Jane Jacobs, qui n’a cessé de défendre les zones urbaines conviviales, comme Greenwich Village, contre la barbarie des autoroutes et l’obscurantisme des ban- lieues-dortoirs.L’urbaniste clandestine est devenue célèbre dès 1961 en publiant Déclin et survie des grandes villes américaines, protestation virulente contre la déshumanisation causée par l’étalement urbain et le dépérissement des noyaux culturels des métropoles.Troublée par la menace qui plane sur notre avenir, Jane Jacobs nous livre aujourd’hui un testament spirituel doublé d'un ultime avertissement Retour à l’âge des ténèbres.Elle nous montre de manière convaincante qu’en éliminant presque totalement des grandes villes les espaces conviviaux propices aux échanges de toutes sortes, l’étalement urbain a miné le sens critique des citoyens.Comme l’explique Jane Jacobs, l’apathie banlieusarde a ralenti l’évolution des idées politiques, des comportements sociaux et des courants artistiques.Cette torpeur de la sociè té aurait même, en banalisant les rapports humains, contribué à la crise de la famille, au triomphe des simples diplômés sur les esprits créateurs, à l’étouffement affairiste de la science, à l’aggravation de l’iniquité fiscale et au déclin de l’éthique sociale.Vision passéiste ?Mais la vieille dame, qui regrette toujours le remplacement des tramways romantiques par les au- tobus polluants, ne se tourne-t-çlle pas un peu trop vers le passé?Etablir un lien, si ténu soit-il, entre la quasi-disparition des tramways et les difficultés de la famille nord-américaine, comme elle le fait, n’est-ce pas provoquer inutilement nos universitaires sourcilleux?Jane Jacobs s’en moque bien.On dit que la famille est en crise.L’urbaniste clandestine propose aux bonzes diplômés une solution de son cru: «Si j’en crois mon intuition, il faudra regarder du côté de la coercition.C’est déjà vrai, en tout cas, au sujet du type de ménage états-unien qui, au tournant du millénaire, connaît la croissance la plus rapide: les prisons.» Ces lieux de réclusion restent très sélects lorsqu’on y pense bien.Jane Jacobs tient à rappeler qu’on y enferme «les ivrognes et d'autres personnages turbulents ayant dépassé les bornes».Le turbulent George W.Bush, signale-t-elle avec la même ironie, a eu recours à une stratégie de dissimulation, le «démenti plausible», qui, selon elle, s’inspire d’une vieille formule médiatique: «le remplacement de la substance par l'image», si chère à l’Amérique banlieusarde obnubilée par la «culture de iauUmobile».Un peu comme le Harper's Magazine qui osait récemment dénoncer à la une les nombreuses fraudes commises lors de la derniè re élection présidentielle américai ne et le silence de «la presse servile des Etats-Unis» sur le sujet, Jane Jacobs se singularise'.Dans une Aîné-rique du Nord qui ressemble de plus en plus à une banlieue sans fin, il n’est pas surprenant que des journalistes frondeurs et de vieilles dames impertinentes apparaissent comme des poètes maudits.Collaborateur du Devoir RETOUR À L’ÂGE DES TÉNÈBRES JaneJacobs Boréal Montréal, 2(X)5,240 pages livres et bandes dessinées Sur le camput UQAM, à deux pas de la Grande Bibliothèque vo„f offre Le! f>l»S C livrer, toi et cd oToccari' ÉVactio* .P LLj clarica présente raconte-moi du 06.10.05 au 09.04.06 Une exposition hiternationaie d'etwergure qui explore le thème du récit en art contemporain.Francis Alÿs / Janet Cardiff et George Bures Miller / Dominique Gonzalez-Foerster et Christophe Van Huffet / Trevor GouW / Pascal Grandmaison / Melik Ohanian / Dominique Petitgand / Rober Racine / Anri Sala / Michael Snow / Su-Mei Tse / Gillian Wearing Visite commentée de l’exposition avec Marie Fraser, commissaire invitée, le mercredi 12 octobre à 19 h 30.Gratuit Musée national des beaux-arts du Québec LeuxwiKin «st réaMe «r oXtoontion avec * C-astnc Immtxxjrp.Faun o art comtmcixaii.Ena Mnéftcv du soutier du ConsH des Arts du Canada et de i AFAA Assoomon Fiança» (TKtlon ArtsOgue -WnsW» desAflates «tragèies de Ffac».A -, -, , „ —« tJD* «avwwvw O XU Parc des Champs-de-Batadle, Québac www.mnba.qc.ca (418)643-2150 1 866 220-2150 Mow nM
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