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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-10-01, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI DE VISU - Peinture et bonheur â] Page E 5 ET DI M A \ ( Il E 2 O t T (I B R E > O O .ï CINÉMA Quand un cinéaste en observe un autre Page E 8 LE DEVOIR B/ > w w.imS, Tl m'mma m 0mm> :ÉS# ¦ ¦;T UN ŒIL ET UNË OREILLE Le musicien Martin Ouellet et les danseurs Sophie Corriveau, AnneBruce Falconer et Pierre Lecours dans Play il again! MK SI NM AI.POUR LA DANSE Les chorégraphes québécois font de plus en plus appel à un(e) dramaturge en cours de création, une tendance largement répandue en Europe.Après Ginette Laurin et Estelle Clareton, qui ont travaillé avec Stéphanie Jasmin du Théâtre Ubu, c’est au tour de Danièle Desnoyers de faire appel à Guy Cools, ex-directeur artistique de la Fondation Jean-Pierre Perreault et dramaturge des Ballets C.de la B., pour la création de Play it again!, où un piano à queue savamment détourné par le compositeur Jean-François Laporte donne la réplique à la danse.Une tendance de plus en plus nette fait sa placi en FRÉDÉRIQUE DOYON Mais qu’est-ce qu’un dramaturge peut bien faire dans la distribution d’une pièce de danse contemporaine, un art qui résiste souvent à toute narration?Le phénomène, qui surprend au départ, est chose courante en Europe et commence à s’implanter sérieusement au Québec.•Souvent, les répétiteurs faisaient fonction, d’une certaine façon, de dramaturges, mais c’est nouveau qu’on travaille avec des gens dont la profession est spécifiquement d'être dramaturge», admet Danièle Desnoyers, qui a bénéficié des conseils en dramaturgie de Guy Cools pour la création de Play it again!, présenté cette semaine à l’Agora de la danse, en collaboration avec Danse Danse.•Mon rôle est d’être une espèce d'œil expérimenté, d'oreille attentive, distante du travail mais qui peut quand même lire la représentation scénique de la même façon qu’en théâtre, décrit Stéphanie Jasmin, dramaturge du théâtre Ubu, qui a travaillé avec la chorégraphe Estelle Clareton et accompagne actuellement Ginette Laurin dans le processus de création de sa prochaine pièce.Car à partir du moment où on met des êtres humains en scène, ils disent quelque chose, ça crée des signes, des relations, que je questionne ou que j’aide à détecter.» Traditionnellement, le dramaturge se fait le conseiller littéraire et historique du metteur en scene.mais il trouvera bien peu de mots et de récits a se mettre sous la dent en chorégraphie.-Im danse est un langage différent, qui ne raconte pas forcément une histoire, mais qui crée une foule de sensations, de.réflexions, de rapports poétiques entre les êtres humains sur scene.» Allié du créateur, le dramaturge lui propose d’abord des pistes de recherches, des textes ou d’autres sources d’inspiration.Puis, quand le travail de studio commence, il traque chaque geste, chaque nouvel élément intégré au cours de la création.•Stéphanie Jasmin travaille sur le sens, expliquait récemment au Devoir Estelle Clareton.Elle questionne tout dans la pièce.Ça force VOIR PAGE E 2: DANSE danse: la présence d'un dramaturge pour éclairer les chorégraphes m IS: 4 Bel 4 « L K I* K V O I H .LES SAMEDI I ET DI M A X ( Il E OCTOBRE 20 0 .1 K 2 ?B 1 * “ ” r Odile Tremblay Une moue, une mèche rebelle, une silhouette un peu voûtée, un regard mêlant la mélancolie et la bravade, une cigarette au bec et un talent fou.11 y a 50 ans, hier, un certain James Dean, acteur de cinéma de son état, fou de vitesse automobile, se tuait au volant de sa Porsche 550 Spider à 300 km de Ix)s Angeles.11 avait 24 ans et les a toujours.Un anniversaire sans chandelle supplémentaire, ça se souligne.Alors voilà! Forever young.Aucune ride, il n’a pas les 74 pompes que la vie accorde à ses contemporains pour le meilleur et pour le pire.Un James Dean septuagénaire avec le poids de défaites, de conçessions à digérer.Allons donc! A jamais héros de La Fureur de vivre, lancé à 200 km/h dans sa fulgurante existence.«Rêve comme si tu devais vivre éternellement.Vis comme si tu devais mourir maintenant-, disait-il avant de foncer vers son destin.Boum! De fait, on aura vu Marlon Bran-do grossir, vieillir, perdre son orgueilleuse beauté, se coucher mal en point Même le King Elvis avait pris de la bouteille avant de partir.Pas James Dean, icône de la seconde moitié du XX' siècle et du début de notre millénaire, ivre de jeunesse et nous comme lui.«Si un lumme réussit à enjamber l’abîme qui sépare la vie de la mort, s'il peut continuer à vivre après sa mort, dans ce cas, peut-être que c’était un grand homme», disait le beau rebelle qui décidément pressentait son destin.Ça ne suffit pas, le talent, pour devenir mythe.Faut survenir au bon moment, préfigurer des futurs.Même le style négligé, dégingandé, les bottes, le grand manteau, les jeans de James Dean, l’ancraient dans notre aujourd’hui.Par-delà ses trois films devenus cultes — Géant, La Fureur de vivre, A l’est d’Éden —, passeports Les Curiosités du Théâtre d'Aujourd'hui Marie-Thérèse Fortin et son équipe vous convient le dimanche 2 octobre 2005 à 15 h à venir échanger autour des thématiques abordées dans Mo mère chien m Invités LOUISE BOMBARDIER, comédienne et auteure de Ma mère chien.JAN BAUER, psychanalyste et directrice de la formation des analystes pour l'interregional Society of Jungian Analysts.PIERRE BERTRAND, philosophe II a, entre autres, écrit Éloge de la fragilité, publié chez Liber (200I) LINDA ROY, comédienne et bénévole à l'unité de soins palliatifs de l'hôpital Notre Dame Et vous ?Animateur : STÉPHANE LÉPINE, dramaturge et chargé de cours à l'UQÀM et l'UdeM Activité gratuite nombre de places limité Théâtre d'Aujourd'hui 3900, rue Saint-Denis, Montréal Réservation obligatoire (514) 282-3900 En collaboration avec ?(ht »Yst jamais lmp t'uritHix ?Intéressé par les activités du Théâtre d’Au/ourd'hui ?Abonnez-vous à notre lettre d'informations ou www.theatredaujourdhui.qc.ca 0)1 0 PREVENTE 7 BILLETS POUR 30$ Achetez avant le 4 octobre «aSr" avec Annick LÉGER dans une mise en scène de Joël BEDDOWS 1 OB sspace LIBRE 1945 rue Fullum Montréal (ûc) H2K 3N3 theat re@es pacel i bre.qc.ca www.espacelibre qc.ca (514)521-4191 Jeudi 6 octobre à 161*30 TABLE RONDE -ENTRÉE LIBRE La dramaturgie tranco-canadienne: nouvelles tendances.animateur Paul Lefebvre Mercredi 12 octobre à 18h CARTES SUR TABLE - PLACES LIMITEES Avant le spectacle, soupe: et échange: avec le nietteur en scène et l'interprète.Consul itof #rfi et «Ki Canada to» th* Art» Ul.d ?Forever young SOURCE PAYOT Photo tirée de James Dean, de Bertrand Meyer-Stabler, chez Payot.pour la gloire, et de son charisme a l’écran, l’icône James Dean tombait à point nommé.Suffit de remonter le fil du temps.Après tout, c’est au milieu des années 50, dans le confort de l'après-guerre, que les adolescents furent rebaptisés teenagers.Pour la première fois, la folle jeunesse devenait caste et marché, avec ses codes particuliers.Les nouveaux insoumis frétillaient aux rythme du rock'n’roll.Le baby-boom allait propulser d’autres jeunes rebelles sur la scène du monde, s’identifiant de plus belle au mythe James Dean.L’Amérique du Nord est restée éprise de jeunesse au point de jeter les aînés au rebut.Non, il n'aurait pas supporté de vieillir, James Dean.Depuis 50 ans, notre continent se fascine seulement pour le visage des promesses, 50 années à croire que le premier âge prime sur l'expérience, 50 ans à balayer la trans-mission, la mémoire.Ce n’est pas qu’on veuille en finir avec James Dean, mais peut-être serait-il temps de changer d’envoûtement.Une impression, comme ça, qu’on a trop aimé une seule saison, sans multiplier les points de vue.Tout a viré cul pardessus tête en Amérique du Nord au cours du demi-siècle.Par ici les désillusions, les générations successives aux idéaux rangés, la destruction de l’environnement, les No future.Tout a changé, sauf cette hypnose infantile qui empêche notre continent de prendre de la maturité.Ça se manifeste surtout chez le voisin du Sud, au fait, qui donne l'impression d’attendre sans fin des nouveaux messies, sans tirer de leçon de ses erreurs.Peut-être que c’est le propre des jeunes sociétés: être en suspension.On aime James Dean, mais parfois, survient une petite envie de l'enterrer.pour grandir un peu.Bon anniversaire, tout de même.?Tout le monde en parle.On vous en parle aussi, ce qui démontre à quel point le système est bien huilé.Un tas de commentateurs vous di- sent la même chose à propos des dérapages du doc Mailloux sur l’intelligence des Noirs à la bien nommée émission du dimanche soir: «Ce guignol barbu invité pour déraper n ’est qu’un élément de la machine à télé-spectacle.Prenez-vous en à elle.» Je le répète à mon tour RIEN QU’UN ÉLÉMENT DE LA MACHINE ATELE-SPECTACLE.Si vous voulez du show plutôt que de l’information, vous aurez des D Mailloux.Des clones de D' Mailloux surgis des quatre points cardinaux pour prendre du service.Toutes les sphères du savoir réel ou présumé génèrent leurs bouffons de service.Or, c’est à eux qu'on tend le micro pour faire du bruit avec leurs bouches.Telle est la règle du joli jeu des ondes.La télé-spectacle préfère inviter des paillasses que des gens sensés.De fait ces gogos remplissent parfaitement leur fonction de faire-valoir des autres invités, et ils font causer.S’indigner contre leurs propos outranciers paraît un brin naif.Mieux vaut se révolter contre les tendances lourdes de la télé-choc ou bien l’admettre une fois pour toutes: on a hélas! les émissions qu’on mérite.?Au Marché Bonsecours, le badaud reste abasourdi devant les toiles de Saif El Islam El Gaddafi.Tant mieux pour l’artiste avec un petit a qu’il soit le fils de l’autre, sinon pas un musée n’accepterait de l’exposer.Ça et les croûtes de matante Chose, c’est de la même eau.11 n'a aucun talent, le rejeton du dictateur lybien.Faut voir le portrait du papa, le faucon, la rose de papier collée sur la toile à côté de la fleur peinte.Ne manque que la fille en larmes sur velours noir.Une chance que l’expo Le Désert n ’est pas silencieux présente aussi des mosaïques et des sculptures antiques du Musée de Tripoli et d'ailleurs pour faire honneur à l’art lybien.Prêter ses cimaises à Saif El Islam El Gaddafi, c’est de la tribune-spectacle ça aussi.On n’en sort pas.otrem blayéaledevoir.com DANSE Le sens et le rythme du spectacle sont tout entier dérivés de la présence d'un piano à queue sur scène SUITE DE LA PAGE E 1 la responsabilité des choix qu’on fait comme créateur.» Mais c’est d’abord Ginette Laurin qui a fait appel à Stéphanie Jasmin pour sa nouvelle création, qui continue d’explorer l'idée du double.«La dramaturge est là pour moi, confiait au Devoir, il y a près d’un an, la chorégraphe.Elle est comme un miroir de ma conscience, ce n’est pas toujours bon de tout dire à ses danseurs.Elle confirme si mes intuitions sont bonnes; au début, elle prenait des notes, faisait des dessins, trouvait des textes.» Cette collaboration a porté des fruits puisque la chorégraphe a choisi d’intégrer des textes de Beckett dans sa nouvelle pièce.Quelques mois auparavant, on apprenait que Guy Cools, qui a été dramaturge notamment pour Les Ballets C.de la B.après avoir dirigé le centre d’art Voo-ruit en Belgique, vient s'établir à Montréal à titre de directeur artistique de la Fondation Jean-Pierre Perreault.Son implication active dans le milieu a sans doute contribué à ce que cette tendance prenne racine ici.Un autre dialogue En lui faisant appel pour Play it again!, Danièle Desnoyers, qui assumait elle-même ce travail dramaturgique jusqu'ici, voulait se confronter à une expérience différente.«Cette fois, j’avais envie de travailler avec quelqu’un de l’extérieur, d'une autre culture aussi, pour établir un autre dialogue, plus ouvert, pas juste entre lui et moi, mais aussi entre lui et les interprètes», explique-t-elle au bout du fil depuis Bruges, où la pièce a connu sa première le weekend dernier.Bien que la chorégraphe ne travaille jamais à partir d’une ligne narrative et propose plutôt une succession d’images en résonance, elle fait plus de place à une forme de jeu, un ludisme chez ses cinq danseurs, une approche quelle a adoptée dans Duo pour corps et instrument.«J'ai utilisé des formes plus ouvertes qui s'apparentent à l’improvisation, mais qui n ’en sont pas non plus et qui font appel beaucoup à la créativité de l’interprète.C’est quelque chose que j'ai toujours fait dans tous les processus de création, mais cette fois-ci c'est beaucoup plus marqué.» Raison de plus pour avoir le conseil d’un dramaturge qui commente, observe, ramène aux intentions de départs, à ce qui génère du sens ou pas, à ce qui donne un meilleur rythme à la pièce.L’apport d’un dramaturge semblait tout désigné puisque l’autre collaborateur central de l’œuvre est le compositeur Jean-François Laporte, dont les projets sonores, construits autour d’instruments inventés, impliquent presque inévitablement une mise en espace et un aspect visuel importants.«J’ai développé une approche dramatique, si on veut, dans la mise en scène de mes spectacles», confie-t-il lui aussi au bout du fil.Le sens et le rythme du spectacle sont en fait tout entier dérivés de la présence d’un piano à queue sur scène, dont l’usage a été savamment détourné par le compositeur.«C'est un instrument qu 'on entend toujours dans un seul état, et je crois qu ’une grande force de mon travail est d’aller chercher d'autres résonances, vibrations de cet instrument qu’on connaît en principe si bien.» Le musicien Martin Ouellet, fidèle allié de M.Laporte, ne touchera donc que très peu les notes blanches et noires de l'instrument.Ses entrailles, cordes et marteaux exposés au public lui serviront plutôt d’aire de jeu.«Pour moi, il y avait un grand intérêt à ne pas mettre le piano de côté, à l’intégrer à la chorégraphie; c’est devenu vraiment un septième personnage avec le musicien», raconte la chorégraphe, dont la danse épouse et donne vie aux textures sonores depuis quelques années.Après le lar-sen dans Concerto pour corps et surface métallique, le violon dans Bataille et la guitare dans Duo pour corps et instrument, le piano s’est imposé.Parallèlement, elle' a lu Le Roman du piano, qui re-; trace toute l'histoire du piano, de sa première construction à nos jours.Forte de cette lecture, Danièle Desnoyers a joué avec les conventions auxquelles le piano renvoie.«Au départ, je voulais avoir les interprètes seuls face à l’objet au même titre qu'un interprète de musique de chambre, façon de s'approcher de l’instrument.» Il y a donc beaucoup de solos en dialogue avec l’instrument dans Play it again!, ponctué aussi de quelques duos et mouvements d’ensemble.Mais avant tout avant même le choix de ce piano au coeur de la pièce, ily aeu la musique de Jean-François Laporte, Tribal d'abord, œuvre qui Ta sacré compositeur et découverte de l'année en 2002.Une rencontre artistique décisive qui témoigne bien de la symbiose de ces deux formes d’art «Ce sont deux arts qui se transportent l'un l'autre, juge le compositeur, qui sont le plus susceptibles de bien cohabiter et évoluer» Collaboratrice du Devoir PLAY U AGAIN! Du 5 au 8 et du 12 au 15 octobre à l’Agora de la danse Lézard» qui bougent et le Théâtre Denise-Pelletier présentent « Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît car tu ne pourras t'égarer.» Koffi Kwahuié Texte Kristian Frédric Mise en seine Avec Daniel Parent Sébastien Ricard Stéphane Simard DÉCORS COSTUMES ENKI BILAL EN COLLABORATION AVEC FRANÇOIS SAINT AUBIN ET CHARLES-ANTOINE ROY ÉCLAIRAGES : NICOLAS DESCÔTTEAUX SON LARSEN LUffN VIDÉO A GRAPHISME LE BUREAU OFFICIEL DRAMATURGIE DENIS LAVAL OU CHORÉGRAPHIE DES COMBATS NUYPHOMGDOAN MAQUILLAGES JEAN BÉGM ASSISTANCE À LA MISE EN SCENE DOUMA BOUHAJEB $&V:'LVL''i7 wMïmë, T-PMyM • * - y .I une ng 4K1 RUE SAMTECATHEttC EST MONTRÉAL MÉTRO MPNEAU OU MAU, AUTOBUS M MÉTRO P^QL AUTOBUS 1» SLO MLLITTW (514) SSMS74 ADABSSK3N (514Î7WMM5 1(800) 361-êbSb - ADMISSION COM WWW DENBE-FELLETEROC CA sisssiPtSir112* «IM À Québec du 4 au 9 octobre La chorégraphe a choisi d’intégrer des textes de Beckett dans sa nouvelle pièce « i L E DEVOIR.LES SAMEDI I ' ' ET DI M A N 1 H E 2 (1 ( TORRE 2 0 O Culture THEATRE Dialogue à une voix Joël Beddows et son Testament du couturier se pointent à L’Espace libre ANNE MICHAUD Les choses vont bien pour le metteur en scène franco-ontarien Joël Beddows.Le directeur artistique du Théâtre la Catapulte d Ottawa a reçu il y a quelques semaines le prix John-Hirsh du Conseil des arts de l'Ontario, attribué tous les trois ans au metteur en scène le plus •original et prometteur* de la province et remis pour la première fois à un francophone; il travaille présentement à la mise en scène de La Société de Métis de Normand Chaurette, qui sera présentée en primeur au Centre national des arts d'Ottawa en novembre, puis à Québec et Toronto; et, finalement, son Testament du couturier, pièce récipiendaire du Masque de la production franco-canadienne en 2003, arrive à Montreal après avoir triomphé à Ottawa, Québec, Sudbury, L'Assomption et Jonquière.Le Testament du couturier représente un jalon important dans la carrière de Beddows, qui se félicite rétrospectivement d'avoir osé s’attaquer à ce texte de l’auteur Michel Ouellette.Franco-Ontarien lui aussi, Ouellette avait écrit une trentaine de pièces de théâtre, dont French Town, pour laquelle il a reçu le Prix du gouverneur général en 1994, avant de se lancer dans l’écriture de cette œuvre.Pour la première fois, son sujet n'avait aucun rapport avec la vie en milieu linguistique minoritaire.Comme point de départ, Ouellette a utilisé l'histoire d’un couturier anglais qui fut l’instrument involontaire de la contamination de son village par la peste au XVII' siècle.À partir de ce fait historique, il a inventé un monde futuriste qui serait à son tour contaminé par un ballot de tissu et un patron de robe légués par le couturier pestiféré.Toute l’intrigue se déroule dans la Banlieue, un lieu aseptisé et refermé sur lui-mème, où les rapports humains sont étroitement surveillés et les rapports sexuels, totalement interdits.Un travail exigeant La particularité du texte de Michel Ouellette est d’étre conçu comme une suite de dialogues dont le spectateur n’entend qu'une seule voix; à lui de deviner ou d’inventer les répliques manquantes, FRANÇOIS DUFRESNE Le scénographe Glen Charles Landry a conçu un espace très épuré et presque clinique qui se situe à mi-chemin entre un lieu de culte et une morgue.à partir de ce qu'il sait déjà et de ce qu’il apprendra dans les scènes à venir.D’après Joël Beddows, •c'est rare que le spectateur soit invited “travailler’’au theatre autant que dans Le Testament du Couturier».Ce «travail» est d'autant plus exigeant que les cinq personnages de la pièce sont tous interprétés par la comédienne Annick Léger.Pour Beddows, le choix d'.Annick Léger allait de soi puisqu'ils avaient déjà travaillé ensemble dans une pièce où elle jouait trois rôles différents; il avait donc confiance en sa capacité à transformer sa voix et sa gestuelle de manière à interpréter plusieurs personnages sans avoir besoin de changer de costume.Le travail de répétition du Testament n'en fut pas moins terriblement ardu, étant donné qu'Annick Léger est seule en scène du début à la fin et que trois des personnages quelle interprète sont masculins.Joël Beddows avoue d'ailleurs réaliser là un de ses rêves en tant que metteur en scène puisqu’il est rare qu’on utilise une actrice pour interpréter un rôle masculin, alors que l’inverse est plus courant.Pour créer l'environnement quasi mystique dans lequel se déroule la pièce, le scénographe Glen Charles Landry s’est inspiré de «l’église sur l’eau» d’Hokkai-do, au Japon, et a conçu un espace très épuré et presque clinique qui se situe à mi-chemin entre un lieu de culte et une morgue.Les costumes, dont la robe contaminée qui joue un rôle majeur dans la mise en scène de Beddows, ont été conçus par Isabelle Bé-lisle.Quant à la musique, omniprésente, elle est l’œuvre d’Eric Vani (Rise Ashen), un musicien bien connu de la scène underground d’Ottawa.Si la présentation du Testament du couturier à Montréal constitue un moment important pour Joël Beddows, celui-ci a la chance d’arriver dans la métropole avec un spectacle déjà primé et qui a reçu un très bon accueil, tant de la part du public que de la critique, partout où il a été présenté.Beddows se dit heureux de ce nouveau défi et confiant que le public montréalais saura apprécier ce théâtre exigeant et audacieux dont tous les artisans proviennent de l’Ontario français.Collaboratrice du Devoir LE TESTAMENT DU COUTURIER De Michel Ouellet A L’Espace libre du 4 au 22 octobre Billetterie: « (514) 5214191 -4*UK.(yvtiMx 6 REPRÉSENTATIONS SEULEMENT 18 AU 22 OCTOBRE 2005 aesu s‘ c,"deur " *>rd - uck»1** '«t d* » te"‘ , u Sol et d»*souS ^ mot* X\ ' 1200.rje de Bleury ¦ MU 5 1 4.861.4036 11 IMUHI; www admission com - 5H 790 1245 ou 1 800 361 4595 / FRANÇOIS OUI RI SNF Les cinq personnages du Testament du couturier sont tous interprétés par la comédienne Annick Léger.-T H É Â T R E-i__ DENISE-PELLETIER Du 23 septembre au 15 octobre 2005 Jeudis et vendredis, 20 h ; samedis, 16 h (Matinées scolaires en semaine W h 30 et 13 h 30, à partir du 21 septembre) _ On croyait que la guerre était finie p UNITY ¦s i#* MIL NEUF CENT DIX-HUIT De Kevin Kerr | Traduction Paul Lefebvre | Mise en scène Claude Poissant | Théâtre PàP Avec GARY BOUDREAULT, MIREILLE BRULLEMANS, SOPHIE CADIEUX, ALEXANDRE FRENETTE ÉRIKA GAGNON STEVE LAPI ANTE, JEAN-SÉBASTIEN LAVOIE, EVELYNE ROMPRÉ, KARINE SAINT ARNAUD, JENNIE ANNE WALKI R Concepteurs et colldborateuis JEAN CAUDREAU.SIMON CUILBAULT, MARC SENECAL, MARTIN LABRfCQUE, ANGELO BARSITTI, YVES Mi>RIN SUZANNE TRI PANIER.PHILIPPE POINTARD.CATHERINE LA FRENIERE TDP A I C r~\ N i "ïrv/'xr f-'T’rr DENISi-PEUfTim Admission "«790-1245 1 800 961-4595 • dmlsalon.com LlETTfftir www.denise-pelletier.qc.ca (514) 253-8974 411 m# Vainte CJlhsrma fit MnntrAal i ci 4353, ru* Ssintè Catherin* ftt.Montréel (Québec) HIV 1Y2 E;] Paptnesu ou Vieu.autobus 34 O Pie IX, eutobui 139 Sud une ardente patience ¦ Texte ANTONIO SKÀRMETA adL FRANÇOIS MASPERO Adapta!.'/ OLIVIER KEMEID Mise en scène .ERIC JEAN 'lê prod/.Gon du Théâtre les gene d'en b»« m jifv, ,.< Théâtre d« Quat'Sou» DU 10 OCTOBRE AU 12 NOVEMBRE 2005 845-7277 111111 LE I) E V (t I K .LES SAMEDI I E T I) I M A X ( H E 2 U f T 0 B K E 2 0 0 K 4 -* Culture ?DANSE José Navas, sans fard Le chorégraphe lance une œuvre, Portable Dances, qui marque un nouveau cycle dans sa carrière ISABELLE PORTER Québec — C’est mercredi, dans la capitale, que José Navas lance sa nouvelle œuvre, Portable Dances, selon lui, elle marque un npuveau cycle dans sa carrière.Etourdi par le succès et le rythme effréné des dernières années, le chorégraphe d’origine vénézuélienne a décidé d’épurer sa gestuelle et de recommencer à danser.Tournant.«J’avais décidé d'arrêter de danser et je réalise que c’est maintenant que je commence à danser, que je commence à connaître ma technique, à avoir un dialogue avec le public, à avoir une expérience de vie», explique ce grand soliste qui, après Perfume de Gardenias (2000), ne s’est consacré qu’au travail de chorégraphe.Or l’heure est aux retrouvailles.Le déclic s’est pro- duit au spectacle de Margie Gil-lis, il y a deux ans.«Danser comme à ça à la cinquantaine, wow! Tout le monde pleurait à la Place des Arts et c’était juste une femme sur scène.Il n'y avait pas décor, il n’y avait rien».José Navas a alors décidé de danser de nouveau mais aussi de faire un grand ménage dans ses chorégraphies: «Je crois que, comme la musique, le mouvement parle à tout le monde d’une façon pure.Et la superficialité de mon travail, avant, tenait à cette volonté de tout expliquer avec la scénographie, le thème, la nudité.J’avais l’impression que je devais expliquer aux gens pourquoi ce que je présentais était important».Un retour vers l’abstraction Le nouveau projet marque un SJ # K Seule sur un pouf Chorégraphie et interprétation de Nancy Leduc Une presentation de jja n g n t cl L“840 cherrier* (METRO SHERBROOKE) 6, 7, 8, 12, 13, 14, 15 octobre 2005 à 20h30 9 et 16 octobre 2005 à 16h00 Billetterie: 525-1500 retour vers l’abstraction.En dépit du succès rencontré par des spectacles proches du théâtre comme Adela mi Amor (2004), Navas rejette ici toute forme de narrativité.L’expression -Portable Dances» tient en outre au fait que ses trois volets (un solo, un trio et un pas de deux pour quatre danseurs) sont interchangeables et peuvent être présentés séparément En plus de danser dans le pas de deux, le chorégraphe interprétera le solo.A la lumière des extraits que nous avons pu voir sur cassette avant la première, le spectacle promet d’étre particulièrement épuré et aérien.Dans certains passages, Navas semblait flotter au dessus du sol.Ce mélange de légèreté et de fluidité s’appuie sur une grande rigueur.«J’ai voulu savoir jusqu’à quel point j’étais capable d’introduire le travail pour ensuite l’épurer Je n’étais pas prêt pour ça avant.Je cherchais, j’essayais des choses.Je ne regrette pas ce que j'ai fait avant, je crois que c'était nécessaire mais ma fascination va pour le moment pur, l’abstraction, le dessin dans l’espace.Et pour faire ça, il faut savoir comment écrire.(.] Et aujourd'hui, dans la quarantaine, je suis prêt.Je suis très content parce que c’est une des pièces les plus honnêtes que j’ai faites, l’une des plus “moi”.» La musique d’Alexander MacSween, qui se veut aussi minimaliste que la chorégraphie, agira conune fil conducteur du spectacle.Conçue à partir des voix des danseurs, cette espèce de chant guttural risque d’en rebuter certains.Navas en est conscient et reconnaît que son nouveau spectacle est plus exigeant et sera probablement moins populaire: «Vous savez, le succès est comme une trappe.On a peur de le perdre et on oublie de vivre.Ce n’est pas important que, dans 20 ans, les gens disent que José Navas était connu.Le vrai succès, c’est quand on vraiment fier de ce qu’on a donné.» Collaboratrice du Devoir , Du 5 au 8 octobre à 20h A la salle Multi de Méduse 591, rue Saint-Vallier Est, Québec À compter du 19 octobre A l’Agora de la danse, 840, rue Cherrier, Montréal.ègrap"*'** Une présentation de Sylvain Émard Danse en coproduction avec le Centre national des Arts (Ottawa), le Banff Centre, le Festival Danse Canada et le Grand Théâtre (Lorient-France) Interprètes ÉRIC BEAUCHESNE, KATE HOLDEN, LAURENCE LEMIEUX.MANUEL ROQUE, HEIDI STRAUSS.DARRYL TRACY Conseillère artistique et répétitrice GINELLE CHAGN0N Musique originale MICHEL F.C0TE.TIM HECKER Éclairages ETIENNE BOUCHER Vidéo EFFE Scénographie RICHARD LACROIX Costumes FRANÇOIS SAINT-AUBIN Maquillages ANGELO BARSETT1 DU 13 AU 15 ET DU 19 AU 22 OCTOBRE 2005 À 20H ¦ — — in u.1345, Avenue Lalonde (entre de U Visitation *t Panot.mi'tro Beaudry) www.usme-c.tom USINE Çÿ Billetterie 521-4493 ÇKr Convoi Artv Canaeta Ceunof , I , ,1u t arvKla lot Th- Am QUéDCC o ca •ms SOURCE COMPAGNIE FLAK Jose Navas en solo dans son nouveau spectacle.Portable Dances, L’AGENDA /-N L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR LOTO QUEBEC PLAY IT AGAIN ! 6 AU 8 + 10 AU 15 OCTOBRE / 20 H CHORÉGRAPHIE DANIÈLE DESNOYERS LE CARRÉ DES LOMBES MUSIQUE.JEAN-FRANÇOIS LAPORTE AVEC SOPHIE C0RRIVEAU ANNEBRUCE FALCONER PHOTO / LUC SENCCAL lllllll Mil 111 iirni ¦¦¦¦wwwm AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER MÉTRO SHERBROOKE WWW.AGORADANSE.COM 514.525.1500 LtDCUHR DANS I LE DEVOIR.LES SAMEDI I ET DI M A N l II E OCTOBRE i O O .> Mois de la photo Une « métaphore des yeux dans la tête » La galerie de VUQAMpropose des œuvres de Michael Snow centrées sur la relation entre le spectateur et l’œuvre MICHEL H E L L M A N Visées de l’imaginaire», le premier volet du festival du Mois de la photo, soulève la question de la manière dont le spectateur «s’introduit» dans l'image photographique.Pour inaugurer ce volet, l'exposition Windows, présentée à la galerie de l’UQAM, rassemble les œuvres du célébré artiste canadien Michael Snow.Centrées sur la relation entre le spectateur et l'œuvre, ses œuvres recréent chacune à sa manière les differentes «étapes» du processus photographique.La dernière exposition solo de Michael Snow à Montréal remonte à 10 ans.La plupart des pièces présentées ici — la plus ancienne date de 1955 — n avaient jamais été montrées auparavant à Montréal.C’est donc tout un événement.Pour les visiteurs auxquels l'œuvre de Snow est peu familière, JV'indoîcs donne un aperçu de la richesse et du caractère fécond de son travail.L'exposition montre bien combien cet artiste, qui affirme que «[ces] peintures sont faites par un cinéaste, [ces] sculptures par un musicien, [ces] films par un peintre.», brouille les distinctions entre les différents médias artistiques.En effet, on peut voir ici des photographies, des-films, mais aussi des sculptures et des peintures.Même pour ceux qui connaissent déjà l’œuvre de Snow, cette exposition permet de découvrir des pièces plus rares et intéressantes.Il faut d’ailleurs souligner que Martha Langford, la commissaire de cette exposition (et commissaire générale de cette neuvième édition du Mois de la photo) est également la biographe attitrée de Michael Snow.Les œuvres présentées ici ont donc fait l’objet d’une sélection attentive, en collaboration étroite avec l’artiste, de manière à faire ressortir de maniéré riche et complexe le thème de la fenêtre, une «métaphore des yeux dans la tête», selon l’artiste.Cette idée est habilement menée ici.Le choix des œuvres n’a d’ailleurs pas dû être fa- Wmmmw V liVt l MICHAia, SNOW La pièce énigmatique Potier of two, de Michael Snow, est une très grande photographie transparente suspendue, divisée en quatre panneaux.cile, puisque ce thème de la dualité au cœur de la perception occupe une place fondamentale dans l’ensemble de l’œuvre de Michael Snow.Ici, le thème de la fenêtre s’inscrit plus particulièrement dans l’optique plus générale du Mois de la photo, centrée sur le rapport qui se crée entre la photographie et le spectateur.Dès l’entrée, on est accueilli par une version écourtée de Wavelength, œuvre-culte de l’artiste et chef-d’œuvre du cinéma expérimental, rendue d’ailleurs encore plus iconique ici par la présence dans la galerie de cette même chaise jaune qui se trouve dans l’atelier où se déroule le film.L’artiste ne voulait pas présenter le film original en version video.Il a donc superposé le film sur trois bandes simultanées.On ne sent pas la lente progression du film original et on a l’impression que la profondeur a été écrasée.On retrouve ce même jeu visuel dans l’œuvre plus récente Line drawing with synapse, datée de 2003.A première vue, on croit voir une photographie, mais il s'agit en réalité d'une sculpture au mécanisme complexe, composée de deux plaques de plexiglas transparentes rabattues l’une sur l’autre.Cette pièce donne le ton au reste de l’exposition.Le spectateur y est constamment interpellé.Au-delà de la surface visible, il faut décortiquer les differents degrés d'interprétation de chaque œuvre.L'image de la fenêtre revient souvent, que ce soit par des representations d’une fenêtre de voiture (dans l’oeuvre Parked) ou des fenêtres de la cabane en rondins dans les Maritimes où l'artiste passe ses etes (dans le magistral film Sourde solaire, de 2002).Mais c’est surtout la presence constante d'une fenêtre invisible que l'on ressent à travers l'exposition.Dans ce dédale de symboles et de references, il taut remettre en question notre perception traditionnelle du support et interroger notre position envers l'œuvre.Ainsi, dans l’espace de la galerie, la pièce énigmatique Power of two ressort de manière tout à fait remarquable.C'est une très grande photographie transparente suspendue, divisée en quatre panneaux.Elle nous montre un couple sur un lit.On ne voit pas le visage de l'homme, mais la femme nous regarde attentivement.Une fenêtre se reflète dans un miroir.Selon la perspective particulière de la photographie, c'est justement derrière cette fenêtre que nous sommes situés.le regard envoûtant de la femme nous fait prendre conscience que nous ne sommes pas des spectateurs passifs, mais au contraire les acteurs principaux de la scène.Le parcours est rempli de références subtiles, de jeux visuels mais aussi de poésie.C'est une exposition très riche, qu'il ne faut absolument pas manquer.A noter finalement que, dans le cadre du colloque du Mois de la photo à Montréal, l’artiste viendra donner une conférence à la galerie, le jeudi 22 septembre, à 12h30.Collaborateur du Devoir WINDOWS Michael Snow 1 )u 9 septembre au 8 (x tobre Galerie de l’UQAM 1400, rue Berri Peinture et bonheur LIGNES ET COULEUR Denis Juneau A la galerie Simon Blais 5430, boulevard Saint-Laurent local 100 Jusqu’au 8 octobre BERNARD LAMARCHE Vous connaissez tous des artistes qui vous rendent complètement gaga, qui vous font perdre tout votre sens critique, que vous n’acceptez pas que les autres critiquent Moi aussi, bien sûr, et un de ces artistes expose une série colossale de peintures et d'estampes à la galerie Simon Blais, pour notre plus grand bonheur.J’ai nommé Denis Juneau, qui après avoir tâté de l’automatisme s’est rangé du côté d’une abstraction géométrique rigoureuse, si bien que dans les années 60, il a été associé à la seconde vague des plasticiens.Aujourd'hui âgé de 80 ans.âge honorable qu’il a atteint la semaine dernière, il démontre envers l’abstraction un engagement indéfectible.Avec cette nouvelle sélection de peintures, Juneau démontre un plaisir de faire qu'il n’a jamais autant mis de l’avant On y retrouve les effets de transparence qui marquent sa peinture depuis plus d’une dizaine d’années et ces petites formes géométriques, des petits dessins qui, comme des graffitis, viennent rythmer la surface de la toile.Cette fois, Juneau laisse respirer ses surfaces davantage.Ses fonds sont devenus plus vaporeux.Alors qu’ils ont déjà pu évoquer le travail de Jean McEwen, ses arrière-plans Été (diptyque), 2005, de Denis Juneau SOURCE GALERIE SIMON BLAIS se rapprochent cette fois de ceux d’un Mark Rothko.En fait, Juneau continue à faire s’interpénétrer les différents plans de ses tableaux, si bien que les petites écritures pardessus, dans le meilleur des cas, flottent au-dessus de masses hautement colorées.De cette façon, Juneau suggère des espaces difficilement mesurables, les trames dessinées impossibles à situer dans cet espace.Dans Un arbre, possiblement le tableau qui nous fait le plus perdre nos moyens, une série de ces graffitis viennent cadencer la surface.On retrouve l’arbre, bien sûr, mais il est réduit à un réseau de lignes simples, qui laissent plutôt entendre l’idée d'arborescence qu’un arbre en particulier.D’autres de ces dessins suggèrent des volumes décortiqués, comme si l’artiste avait pris LE SIXIEME SENS Exposition de groupe Sculptures, Peintures galerie d’art 261, St-Jacques Ouest, Montréal (Québec) Tél.:(5l i) 845-0261 - w w w.studio26l.ca Quartier Litre èAAVL * Galerie d'art CtKTeTIHUt TABLEAUX auvics Mcehtes et ANCIENNES de kittu «nuneau Du a au 30 octobre 2005 au *289 rue Notre-Dame Ouest à Montréal Du mercredi au samedi de 12h i igh et le dimanche de 12h à 17h Renseignements : (514) 933*0101 ou wwww ouartierbbregalerie com une forme en trois dimensions et l’avait dépliée.Ensuite, le motif d’une clôture grillagée se déploie comme s’il s'agissait d’oiseaux planant sur une nappe de couleur.Dans Bleu Azur, les réseaux de lignes sur un fond bleu donnent l’impression de s'animer à la surface.Ces angles droits, ces lignes et ces obliques s'agitent et dans le bas du tableau, Juneau a figuré une agglomération de traits.Il en résulte ; i André Laroche 8 septembre - 9 octobre 2005 I - » Centre d'art Amherst 1000 Amherst suite 104 Montreal Mer Sam de I4h00 4 T9hOÛ, sauf dim 17h30 Informations (514) 529-9465 Galerie 1514) 282*6123 andrelarocheétspnnt ca tArurw.centredariamherst.com de cette densification un subtil effet de perspective, qui ajoute une profondeur étonnante à la composition.On exagère?A peine.Mais voilà Il est tout de même excitant de constater qu’un vieux routard comme Juneau atteint, en mûrissant, une sorte de maîtrise de son art, aussi abstrait soit-il.Avec Juneau, pour moi, c’est un peu toujours la même chose.J'aime au point d'en perdre même l’envie de m’en justifier.C’est comme ça depuis que je frequente ses œuvres et l'effet avait été le même, en 2001, lorsque le Musée national des beaux-arts du Québec Ge Musée du Québec à ce moment) a organisé une rétrospective de son œuvre.Et ce n’est pas parti pour changer, surtout que Juneau a fourni là un superbe effort.Le Devoir VERA VICENTE ŒUVRES RÉCENTES DU 1EP OCTOBRE AU ?6 NOVEMBRE 2005 VERNISSAGE LE SAMEDI 1er OCTOBRE, À14H00 •'-qorx* «nlumag* 61 cm x 28 cm > Photo J«an B'unaau 0 Guilde canadienne des métiers d’art 1460.rue Sherbrooke Ouest, suite B Montréal, T 514.849 6091 www gmWecanadtennedesmetiervJafl corn JOSEPH-RICHARD VEILLEUX Trait pour Trait : Codage de scènes rêvées DEBNIÈRE JOURNÉE GALERIE BERNARD 3926 rue SalnCDenls, Montréal (Québec; H2W 2M2.TéL: (814; 277-0770 ¦«rW»; mercredi llh 17h jeudl vendredi llh 20h samedi 12h l7h et sur rendez-vous GIANGUIDO FUCITO • EDUARDO RODÀ Exposition : Tableaux récents JUSQU’AU 6 NOVEMBRE 2005 A la Chapelle historique du Bon-Pasteur 100.rue Sherbrooke Lit (corn Semt-Lsurror) VERNISSAGE : mercredi 5 octobre, 17 h - 20 h Horaire meraedi.umecb.dnrumrhe 13 b - 17 h jeutb - vendredi 13 h - 29 h MUSÉE DES BEAUX-ARTS DU CANADA KinSilVÆ CHRISTOPHER PRATT JUSQU'AU 8 JANVIER 2006 Un survol - en une soixantaine de peintures grand format saisissantes - de la production des vingt dernières années de Tun des plus importants artistes contemporains canadiens.funnel pour piétons.1991.London ble.compagnie d'assucance-vie, O Christopher Pratt TRÉSORS DE NOTRE COLLECTION DESSINS BRITANNIQUES FOLK, MÉTAL, POP ET ROCK Jusqu au 20 novembre 2005 Jusqu en janvier 2006 Koy.r xhrrorji lonq Bo*h Led/ep 2002 (détail DVD MBAr Samuel Palmer, Chênes Lulhngstone Park Kenl 1828 détail) MBAC (613)990-1985 1-800-319-ARTS 380, promenade Sussex, Ottawa Pour plus d’information et pour vous abonner à notre C/berbulletin, visitez musee beaux-arts.ca/12 5 Heures d'ouverture mercredi - dimanche 10 h - 17 h jeudi lOh- 20h LeDrolt Ottawa iti/kn K 0 L K I» K V 0 U 5 E IS U Mois de la photo à Montréal Pot-pourri photographique COMMENT VIV RE DE LA LUMIÈRE Diane Borsato À la galerie Occurrence 460, rue Sainte-Catherine Ouest Jusqu’au 15 octobre B E R N A K D LAMARCHE Avec l’exposition de Diane Borsato à Occurrence, on tient bien une des meilleures présentations de ce Mois de la photo 2005 passablement décevant.Ici, Borsato a mis en œuvre une des stratégies récurrentes de ce Mois de la photo porté sur l’imaginaire, et que l’on retrouve dans la photographie en général depuis belle lurette, soit l’ajout d’une plus-value a l’image par le recours au texte.Borsato raconte des petites histoires de son cru et la photographie et le texte ont le même poids dans l’image et se relancent sans cesse.Tracey Moffatt utilise avec bonheur le texte au Musée des beaux-arts de Montréal, puisque l’écrit renouvelle réellement les contenus de l’image.Catherine Bodmer, avec-un peu moins d’aplomb à Skol, présenté une stratégie plastique fort discutable où elle fait presque oublier le texte en le plaçant dans les coins inférieurs de ses images de flaques d’eau (les cartes postales que Dirtiste a tirées sont autrement plus fascinantes).Borsato a donc donné la même place au texte et à l'image dans ses œuvres.Le texte n’est pas intégré à l’image, il l’accompagne comme une légende, à ceci près qu’aux mots, l’artiste a octroyé la même surface qu’à l'image.Borsato raconte des petites anecdotes que l’image semble venir compléter, où vice-versa.De fait, l'artiste, que l’on connaît surtout par le biais de la performance, a imaginé toute une série de petites actions à haute teneur symbolique, quelle a ensuite imagées.Entre autres, Borsato, en prenant au pied de la lettre l’expression «comfort food», a dormi avec ce type de nourriture pour voir si elle allait en retirer du bien-être.Conclusion, elle y a gagné essen- tiellement la consolation de s’être levée avec les cheveux collants.Encore sur la nourriture, Borsato est allée porter sur des tombes des plats chauds, qu'elle croit que vous aimeriez «si vous étiez froid et sec et mort depuis longtemps», écrit-elle.Le rapport à la nourriture est passablement marqué dans cette série d’images, alors que l’artiste s’est rendue dans un musée pour y mettre des éléments de la collection dans sa bouche, comme pour y tester le bon goût des choses.Elle dit aussi avoir laissé, sous la forme de petites broderies, des traces dans les vêtements qu’elle a essayés dans une boutique; roulé sur la pelouse du Centre canadien d’architecture pour «créer des liens avec la ville» et s’être installée avec les ordures, parce qu’à la suite d’une chirurgie, elle s'est sentie «terriblement matérielle, éphémère».On le comprend, Borsato présente la un éventail d’expériences où elle cherche à établir de nouveaux rapports avec son environnement.Le plus amusant, c’est que souvent, elle sort des sentiers battus précisément pour trouver du bonheur, ce que tous recherchent.Et là où la plupart des gens préféreraient précisément ne pas changer leurs habitudes, au nom de l’art, Borsato, pour y parvenir, se met dans des situations inhabituelles.Le plus intéressant dans cette exposition, et c’est là que se fait l’arrimage avec la thématique générale du Mois de la photo, soit l’imaginaire: Borsato établit bellement un trouble entre réalité et fic-lion.Dans ces mises en scène, le texte restaure une narration et assigne à l’image un rôle structurant les textes sont des fantasmes mis en oeuvres et les photographies (sauf celles effectuées en contexte muséal) devraient normalement appuyer l'idée voulant que les saynètes ont été réalisées.Elles échouent toutefois à le faire, parce que trop parcellaires.Far exemple, Borsato dit avoir touché un millier de gens, alors que la seule image qui en témoigne la montre subrepticement toucher une seule personne.Reste alors notre croyance Artifacts in my mouth (détail), de Diane Bersato, 2003.en l’image pour asseoir la relation entre le texte et l’image.la vidéo que propose aussi cette exposition contribue à ce sentiment.A plant teaching me to eat light, une des scènes filmées sur cette bande est amusante: l’artiste se transforme presque en statue pour manger de la lumière, la bouche grande ouverte sous une lampe.La scène pourrait avoir duré des heures et la bande ne nous en montre qu’un extrait.Le passage où elle demande avec insistance à sa plante de s'approcher d'elle devient absurde en raison d’un élément: rien n'est laissé à l’imagination, la chose est trop littérale.Dans les photographies, il y a toujours place à l’esprit pour compléter les scènes.LE MOIS DE LA PHOTO À MONTRÉAL 9f ÉDITION 08/ 09/ 05 10/ 10/05 r ¦> m * * x m r Mi.IMAGE & I INATI0N ACTIVITÉS FAMILIALES - SAMEDI LE 1” OCTOBRE MAISON DE LA CULTURE FRONTENAC 2550, rue Ontario Est, Montréal de 13 h à 16 h • Exposition : Alain Bublex.Glœscap Monique Genton, Toni Hafkenscheid.Martin Parr & Mike Yuhasz.Territoires imaginaires.• Atelier de création de cartes postales : Individuellement, entre amis ou en famille, chacun donne à voir sa ville imaginaire qu'il s’ingénie à rendre vraisemblable.Au terme de l'activité, les participants sont invités à prolonger cet exercice ludique par l’envoi de leur création à leur adresse postale ou à celle d'un ami.Cet atelier fait suite à une visite commentée de l'exposition.Durée de l'activité (visite et atelier) : 1 heure 30 minutes.T0HU - LA CITÉ DES ARTS DU CIRQUE, ESPACE SSQ 2345, rue Jarry Est (angle d’Iberville).Montréal de 14 h à 16 h • Exposition : Shana & Robert ParkeHarrison.From The Architect’s Brother- œuvres choisies • Atelier de collage : Les participants observent, manipulent, sélectionnent et assemblent divers fragments d'images prélevés dans les médias imprimés mis à leur disposition, pour les transformer en une représentation idéale de la Terre.Cette activité offre l’occasion d’aborder en famille la création par la récupération.L’atelier fait suite à une visite commentée de l’exposition prévue à 14 h.Durée de l’activité (visite et atelier) ; 2 heures.Vous pouvez vous présenter directement sur les lieux à l’heure indiquée, les activités gratuites mais le nombre de places est limitée.Pour plus d’informations sur les activités éducatives, contactez Sylvie Chartrand schartrand_mpm@yahoo.ca ou Laure Valtade laure_mpm2005@yahoo,ca i.Al m.Conseil doi srts •t dos lottros Québec es ee ¦flHP LfinM'l tfv* A ç 1 -> «K.CmvmU a*.'AAr : MO* 'ié 1*1 1*1 Sl’AL.t.Montréal il 31P >, CCA SOLOTWCH ?Hôtels Ot-'Denis m ¦ _____ tlcoB& ici tÜBÜMl LE DEVOIR - TERRITOIRES IMAGINAIRES Monique Genton, Toni Hafkenscheid, Martin Parr, Mike Yuhasz Maison de la culture Frontenac 2550, rue Ontario Est Jusqu’au 9 octobre Fascinant comment, dans une exposition de groupe, on peut trouver des travaux absolument stimulants et d’autres qui tombent totale ment à plat.L’ensemble de l’exposition parle d’urbanité et de dévelop-, peinent.La pièce de Monique Genton aligne des images de gazon traitées à l’acrylique, présentées selon une grille rigide de petites images, traitant A’«ordre» et de «pelouse».On y traite peut-être de la banlieue, encore faut-il voir.Pourrait s’arrimer ici un propos sur la peinture abstraite gestuelle.Autrement, c’est fou le plaisir visuel que peuvent procurer les images de Toni Hafkenscheid.Au premier coup d’oeil, ces vues de paysages ruraux et urbains ressemblent à des maquettes rephotographiées: les couleurs sont saturées, la profondeur de champ est trouble, etc.Or, c’est tout le contrai- SOURCE MOIS DE LA PHOTO re.D s’agit de vrais paysages.Pourtant, il y a perte de contact avec le réel, à laquelle contribue aussi le format parfaitement carré des images.Et cette perte se trame à travers le traitement de l’image.Plus fou encore, ces manipulations n’ont rien à voir avec les effets spectaculaires de moult traitements numériques.Elles miment plutôt certains des effets tirés de l’appareil photo lui-même, à savoir la mise au foyer et la profondeur de champ.L’artiste nous trompe par le travail du flou, notamment Et le moment où tout cela bascule — de maquette singeant le réel vers le réel tourné servi en mode artificiel — procure un tel contentement qu’on en vient à se dire que cette série vaut à elle seule le déplacement à la Maison de la culture Frontenac.Même un gros chantier à Toronto, dans une de ces images, perd totalement son échelle réelle, les grues ayant l’air d’être en plastique.De plus, cette exposition comprend le projet très amusant de Mike Yuhasz, du Yukon, avec la rhétorique juste ce qu’il faut appuyée.Yuhaszi singe les projets de promo- teurs immobiliers et nous invite a acheter tout le pays s’il le faut Sorte de critique du colonialisme economique, ce projet avec ses stéreosco-pies fort intrigantes (qu’on regarde dans des visionneuses de type View-master) , est présenté dans le hall d’entrée de la Maison de la culture, et ressemble à s’y méprendre à un kiosque de foire commerciale.En salle, on retrouve egalement le projet froid de Martin Pair, Parking Space.Même si, de prime abord, ces images lassent par leur approche systématique—l’artiste a photographie des lots de stationne ments vacants, cadrés serré, entre deux voitures —, elles peuvent nourrir la réflexion.Rien n’est moins sûr, mais la commissaire Martha Langford présente ces images a travers une fiction de son cru, en disant que la, l’appareil photographique prend la place du pare-brise d’une voiture et que le conducteur de cette voiture convoite le dernier espace de stationnement disponible.On aime bien les délires interprétatifs, mais là, c’est dur à suivre.A la lecture du passage du catalogue sur ces images, on en vient à croire qu’elles portent toute l’économie pétrolière sur leur dos.Permettez-moi de décrocher, mais c’est strictement n’importe quoi.C’est malheureusement souvent le type d’élucubrations qui attire le ridicule sur le milieu des arts visuels.Il y aurait tout lieu de regarder ces images comme celles de vides laissés par des voitures venant de quitter ces espaces.Bien que cette avenue soit ennuyeuse parce que les images ne sont pas assez fortes, elle n’est pas moins dans le ton du Mois de la photo et serait plus facilement défendable.En ce sens, se demander où sont allés les conducteurs et ce qu’ils font une fois partis serait tout aussi plausible que ce que propose le texte du catalogue.D’autant plus que l’interprétation proposée par la commissaire échoue à prendre en considération toutes les images.Structurellement au moins une des images ne colle tout simplement pas à ce point de vue (c’est le cas de le dire), à moins que la voiturœappareil photo n’arrive dans le mauvais sens et soit située sur le trottoir.Il faut se demander, ici, si l’imagination ne doit pas être convoquée pour faire le travail que les artistes ne font pas, à savoir de charger la lecture d’un contenu absent des images.Ce constat s'impose frop souvent dans ce Mois de la photo.Le Devoir c| hm'Vi&Uei .elis
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