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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2005-09-10, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2 0 0 5 Louise Bombardier dans l’œil de la mort Page E 3 Affinités électives au Mois de la photo Page E 5 ?LE DEVOIR ?ULTURE OPÉRA L’opéra au pays d’Astérix «Regardez-moi ces grands airs», dit la publicité.Et s’il est vrai que parfois un air «fait» un opéra, Norma, de Bellini, est pour un large public «l’opéra avec Casta diva».C’est cette Norma qui prend l’affiche de l’Opéra de Montréal samedi prochain.Avec, pour beaucoup, deux heures et demie de musique à découvrir.CHRISTOPHE HUSS Peu de raccourcis ont été aussi saisissants et marquants dans la perception populaire de l’opéra: si «Nessun donna», de 7a-randot, c'est Pavarotti (et viœ-versa), «Costa diva», c’est Callas, d’ailleurs «Costa diva» c’est Norma et Norma c’est Callas; un enfer pour toutes les chanteuses depuis quarante-cinq ans! Une seule fois dans les trente dernières années on a vu un air promouvoir ainsi un opéra entier «Eb-ben, ne andrà lontana», fil conducteur du film Diva, de Jean-Jacques Beneix, qui a ressuscité La Waüy, un obscur opéra d’Alfredo Catalani.Mais qui se souvient que la Diva s’appelait Wilhelmenia Fernandez et qui se soucie de monter La Wally sur les scènes internationales?Si Norma n’a pas quitté le répertoire, c’est pour une bonne raison: Norma est un chef-d’œuvre, dont l’une des audaces fut de tourner le dos aux conventions qui avaient fait des ensembles brillants et des scènes finales triomphantes une règle d’or.Même le grand Mozart dans Don Giovanni (1787) avait sacrifié, après la mort du héros, au petit couplet moralisateur entonné par tous pour vilipender le méchant englouti par les enfers.Médée, de Luigi Cherubini (1797), fut l’ouvrage qui fit le lien entre la tragédie lyrique française (on pense évidemment à la Médée de Charpentier) et le grand opéra romantique symbolisé par Norma, avec un personnage central de femme qui porte l’opéra sur ses épaules et finit brûlée dans un embrasement général.Médée, de Cherubini ouvre donc la voie à Norma, de Bellini (1831).Mais dans Norma, Bellini va tisser une toile entre deux plans dans lesquels se déroule l’action: la sphère publique et la sphère privée.Le spectateur assiste aux tiraillements d’une héroïne entre ces deux univers.La question qui ronge Norma est «L’amour ou le devoir?» Un opéra en Gaule C’est à de petits signes emblématiques que l’on voit que la culture musicale populaire fout le camp: lorsque Albert Uderzo publia en 2001 la trente et unième aventure d’Astérix, il l’intitula Astérix et Latraviata.Sinistre imbécillité que René Goscinny, scénariste de génie des premiers albums, n’aurait sans doute pas laissée passer.Car il existe bel et bien un opéra populaire qui se passe en Gaule en 50 avant J.-C.Cet opéra, c’est Normal Norma est une grande prêtresse gauloise dans la Gaule occupée par des forces romaines que commande Pollione.Elle est la fille du Panoramix local, Oroveso.le chef des druides.La première scène se situe dans la forêt sacrée des druides, lors d’un rituel.Norma peut appeler les Gaulois à la rébellion en faisant retentir le bouclier sacré.Mais eDe a un secret qui la retient d’agir eDe a aimé PoDione VOIR PAGE E 2: NORMA / - cinéaste Il La Cinémathèque consacre une rétrospective à Agnès Varda, du 14 au 29 septembre, a vec une trentaine de films de tout format.En prime: une exposition de ses photos des années 50.ODILE TREMBLAY L% éternelle jeunesse d’Agnès Varda * s’abreuve à la curiosité.Cette envie d’explorer les dessous de la société, là où les autres n’ont pas trop envie de s’aventurer la taraude.Elle ne se regarde pas le nombril, Agnès Varda, elle va plutôt à la rencontre de l’autre.«Je n'ai aucun mérite.J’aime passer des heures à écouter mes voisins.» Depuis le temps que sa petite silhouette aux yeux scintillants se trimbaDe sans fla-fla dans l’univers cinématographique français, elle a l’air de tout sauf d’une réalisatrice en quête de gloire ou assise sur ses succès.Même au dernier Festival de Cannes, alors membre du jury, elle détonnait par sa simplicité parmi les paillettes.•Je n 'ai pas fait de carrière, fai fait des films», préd-se-t-eDe.Vrai! EDe parie du privilège d’être artiste, de son amour des gens, de son enthousiasme jamais entamé, de son perfectionnisme, même à l'heure d’ajouter des suppléments aux DVD de ses oeuvres en y ap- portant tous les soins du monde.Son discours déborde sur les instaDations, sa passion d’artiste, retenues dans tant d’expos, de biennales avec des écrans multiples.«Par l’art, on casse les frontières.» EDe est humble, Varda «Je suis très limitée, comme cinéaste, vous savez.J’aime l’artisanat du métier.» Son père était grec, sa mere française, mais eDe est née en 1928 à Bruxeües avant d’investir Paris et n’a d’aiDeurs pas très envie de remonter le cours de son aventure familiale.Autodidacte.«Mais on apprend en 51 ans de métier», s’affirmant hors du champ réahste en exerçant son humour sur le quotidien.En retrait des chapelles Son titre de grand-mere de la NouveDe Vague que lui décernent certains cinéphiles, Agnès Varda le balaie du revers de la main.Il faut dire qu’en 1956 son film La Pointe courte, avec Alain Resnais comme monteur et Philippe Noiret comme comédien, a fait date.EDe apportait avant tout le monde un souffle de bber-té sur le septième art En 1961, avec Cléo de cinq à sept, entre Parc Montsouris et cafés de Montparnasse, Varda a capté l’âme de Paris et ceUe d’une chanteuse malade (Corinne Marchand).•La Nouvelle Vague, ce sont des gens de moins de trente ans qui ont fait des films pas chers.Mais im était tous si différents.Moi, je n’ai jamais fait partie d'un groupe, ni même d’un syndicat.» Avec son mari, le réalisateur Jacques Deipy a qui on doit Les Parapluies de Cherbourg, Peau d’Àne, etc., eDe restait en retrait des groupes et des chapelles.Dans Ulysse, en 1983, Varda avait avec finesse et ironie enquêté a partir d’une vieiDe photograpliie.Avec Da-guerréotypes, en 1975, eDe présentait ses voisins et mettait un coin de Paris dans une merveilleuse bouteille.Son grand film Sons toit ni loi (qui lui valut en 1985 le lion d’or à Venise) fut une étape-clé dans son parcours.Avec une Sandrine Bonnaire toute jeune et au sommet de son talent, cette histoire d'une sans-abri vouée à la mort dégageait une force d’émotion extraordinaire.•Pour aborder la ligne ténue d’une errance, il faut être animé par quelque chose qui n’est pas professirmnel.» VOIR PAGE E 6: VARDA 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET D I M A X C H E II SEPTEMBRE 2 0 0 5 -* Culture * NORMA La soprano géorgienne Hasmik Papian est devenue en quelques «la» Norma que toutes les scènes recherchent MUSIQUE années SUITE DE LA PAGE E 1 dans un amour coupable qui lui a donné deux enfants.Pollione s’est éloigné d’elle.Norma souhaite que cet amour renaisse, mais Pollione poursuit de ses assiduités la jeune prêtresse Adalgisa, chose tout aussi défendue.Adalgisa confie cet amour à Norma et découvre par là même le passé de son prétendant Le premier acte s’achève sur un trio dramatique: Adalgisa se détourne de Pollione et Norma le dénonce.Le bouclier sacré retentit Au début du deuxième acte, Norma pense à tuer ses enfants, mais l’amour maternel prend le dessus.Dans un geste de sacrifice, elle cherche néanmoins à les confier à Adalgisa et demande à celled de rejoindre Pollione.Adalgisa refuse et jure fidélité à Norma en avouant qu'elle n’aura de cesse de lui ramener l’amour de Pollione, qu’elle s’en va trouver.L'ambassade d’Adalgisa échoue, mais Pollione est arrêté.La grande prêtresse est obligée de dénoncer Adalgisa, jeune prêtresse parjure qui doit mourir sur le bûcher.Au moment de prononcer son nom, elle s’accuse elle-même.Pollione, bouleversé, la rejoint pour mourir dans les flammes.Norma, le personnage privé et le personnage public, se fait face.C’est cet itinéraire que Bellini et son librettiste organisent avec minutie.L’opéra en deux actes commence par un rite dans la forêt et progressivement glisse dans la sphère privée.Le premier acte s’achève sur un trio, celui de Norma et Adalgisa face à Pollione confronté à ses trahisons.ü‘ second acte naît dans la chambre de Norma, qui songe à tuer ses en- fants.Elle fraternise avec Adalgisa La sphère privée empiete alors sur le destin collectif, car, après l’échec de la mission d’Adalgisa, Norma appelle au soulèvement des Gaulois.Ceux-ci sont tous réunis pour statuer sur la profanation du temple lorsque Norma se condamne elle-même au bûcher, une expiation publique de ses fautes.Une soprano attendue Comme l’a très bien résumé Piotr Kaminski dans son ouvrage Mille et un opéras (Fayard): *11 semble presque superfétatoire de multiplier les adjectifs, vite épuisés, afin de glorifier l'abondance de l’invention dont Bellini fait preuve dans Norma [.].La phrase idoine coule de sa plume avec une désarmante séduction, soutenue par un souffle qui fera l'extase et le désespoir de générations, Verdi et Wagner compris.» Le souffle.La est le secret de Norma: la quête des longues phrases, d’une mélodie sans fin.C’est le sens de la phrase, la respiration musicale, qui, outre la faconde mélodique de Norma, fascine les artistes qui cherchent à en traduire les sortilèges.Parmi ces artistes, la soprano géorgienne Hasmik Papian est devenue en quelques années «la» Norma que toutes les scènes recherchent, depuis un soir de juillet 1999 où, au théâtre antique d’Orange, elle remplaça au pied levé Maria Guleghi-na, théâtre d’Orange qui avait connu l’une de ses soirées historiques lorsqu’on 1974 Montserrat Caballé incarna la prêtresse, face à Jon Vickers et Josephine Veasey.En tant que tel, et sans préjuger du résultat, la venue à Montréal de Hasmik Papian dans ce rôle est un événement en soi, aussi intéressant SOURCE TELE-QUEBEC Maria Callas et Teresa Stratas (ici dans La Traviata) ont incarné deux des grandes Norma de l’histoire.LE CONSEIL DE LA SOUVERAINETÉ DU QUÉBEC PRÉSENTE LJyTV pLtl A^Xx.cixN T Xt Lcl clxUMsMl, JQ TTb’ SEMAINE DE THÉÂTRE POLITIQUE du 19 au 25 septembre 2005, à 19 h au Théâtre Espace Go un.cftxixù l t' ’ cu U r* ,\ /ic tmvx $ Mise en lecture Michelle Rossignol ^ U ue uv pt a a naUrç l ularUHit, Mise en lecture.'Martin Faucher ^ daln&ut ntt mo jvu na , — tuttu r(a )\ et / tde rUue quelle Mise en lecture : Martin Desgagné & L».4890, boni.Saint-Laurent w Réservations : (514) 845-4890 que l’utilisation, pour la première fois à l’Opéra de Montréal (OdeM), des décors et des costumes de la production du Metropolitan Opera de New York, dans lesquels l’OdeM va instiller sa propre mise en scène.Lorsqu’on demande à la soprano de dire quelles sont les difficultés de ce rôle, elle cite en premier «Costa diva», «car tout le monde connaît cet air et vient pour l’écouter».Elle ajoute: «Il est difficile d'y contrôler parfaitement la voix et la posture.Le défi pour moi est d’arriver à la fin de l'œuvre avec une voix aussi fraîche qu'au début, ce qui est difficile puisque Norma chante sans répit.L’autre défi pour moi est de convaincre le public sur le plan dramatique.Mon problème, c’est ma jeunesse, là où beaucoup de gens attendent une chanteuse plus âgée, plus robuste.Il est plus difficile de cmvaincre quand on a l’air fragile et délicate, mais il faut jouer le rôle.Callas le faisait bien.D’ailleurs, la chose la plus difficile pour une chanteuse qui interprète Norma, c'est l’in- cessante comparaison avec Callas!» Norma prend l’affiche le 17 septembre pour six représentations jusqu’au 1" octobre.Bernard Labadie dirigera ce spectacle à la tête de l’Orchestre métropolitain du Grand Montréal.Le défi est important dans des temps troublés pour l’OdeM, qui a assurément besoin d’un succès public pour se redonner le moral.Dans une semaine, les dés seront jetés.Opéra en deux actes de Vincenzo Bellini, sur un livret de Felice Romani (1831).Avec Hasmik Papian (Norma), Antonio Nagore (Pollione), Kate Aldrich (Adalgisa) et Daniel Borowski (Orovese).Direction musicale: Bernard Labadie.Mise en scène: Stephen Pickover.Décors et costumes: John Conklin pour le Metropolitan Opera.Salle Wilirid-Pelletier de la Place des Arts, les 17,21,24,26 et 29 septembre à 20h et le 1" octobre à 14h.(514) 985-2258.L’homme qui « djammait » avec lui-même Une coproduction du Theatre Sortie de Secours et du Théâtre Teesri Duniya BHOPAL A O C i I d .UJAXaBMfll üippëSoldevila WÊ&Miïin puivirt Texte 4c Rahul Varma Traduction de Pau! Lefebvre Mariât: juriitiuisi _ Vitha Jlfwd&t m i * f ./TIJ t b ê 6 t i e.: 2.«ut \ PÉRlSCOPE-t ( 4 T 8 ) 5 2 9 9h« «r« /"v.-L _ .SB « Devoir MA MÈRE CHIEN De Ijouise Bombardier, d:uis la mise en scène de Wajdi Mouawad.Au Théâtre d'Aujourdhui, du 13 septembre au 8 octobre.MONTREAL DANSE 14 AU 17 + 81 AU 84 SEPTEMBRE 80 H INTERPRÈTES MARYSE CARRIER, ELINOR FUETER.ANNUL HAMEL.BENOtT LEDUC, FRÉDÉRIC MARIER, PETER TROSZTMER musique .Eric forget Eclairages Thomas godefroio SCÉNOGRAPHIE ET COSTUMES, FRANÇOIS VINCENT .,«>¦ p, PAULE MAINGUY CONSEILLÈRE ARTISTIQUE KATHY CASEY DRAMATURGE STÉPHANIE JASMIN CHORÉGRAPHE ESTELLE CLARETON 'VU PHOTO ! ROLLINE LAPORTE rniffl Il I Mil l.l¦l¦l¦l¦l¦l JUUTJUUL mnr* ¦mm AGORA DE LA DANSE 840.RUE CHERRIER MÉTRO SHERBROOKE WWW AGORADANSE.COM 514.525.1500 l.t: DEVOIR .8 septe T,r octo 5 V Partenaire» de la saiton 4559, PAPINEAU MONTRÉAL-QC RÉSEAU ADMISSION VT*> www.theatrelalicorne.coin 514.790.1245 ou LA LICORNE 5 1 4.5 2 3.2 2 46 1.800 361 4595 Télé-Québec LE DEVOIR V LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 SEPTEMBRE 2005 E 4 Culture DANSE Fureur de vivre Estelle Clareton venge la laideur de l’humanité en créant sa part de beauté avec Furies Alpha 1/24 FRÉDÉRIQUE DOVON Il y a de ces moments dans la vie où l’on a le vent en poupe, prêt à abattre des forêts entières, à gravir les plus hauts sommets.Estelle Clareton brûle de cette avidité féroce.Après avoir livré deux versions de Monsieur, assuré la part chorégraphique de Une adoration au TNM et signé Messieurs et Dame en l’espace de deux ans, la voici qui se lance dans un projet de longue haleine.Furies Alpha 1/24 est la première étude d’une série de 24! «Je me sens dans un élan, comme quand on est sur le plongeon., dit-elle, prête à faire le grand saut.Je parle beaucoup de naissance avec cette série.J’ai l’impression que je vais naître comme artiste.» Il faut dire qu’elle revient d’un long voyage, où elle a notamment visité les camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale.«Après avoir vu des choses comme ça, tu ne peux pas faire autrement que de t’engager comme artiste, d'être exigeant.Il faut que je me mette en colère par rapport à mon travail.» Elle a ainsi levé le voile sur des zones sombres de la grande histoire, goûtant un peu de la monstruosité humaine qu’on refuse de faire sienne jusqu’à ce qu’on sente dans sa propre chair tout sa cruelle vérité.Mais ce n’est pas tant l’horreur de la guerre qu’elle transpose chorégraphiquement que la pulsion brute qui lui est sous-jacente, celle qui donne lieu au plus vil comme au plus sublime.«Ce n’est pas une pièce sur les camps de concentration, précise-t-elle, mais je les ai visités.C’est mon point de départ, on a créé la pièce avec ces images en tête.Les Furies (déesses vengeresses de la mythologie) représentent l’énergie que je veux explorer, comme une montée de sève.» Une vengeance sublimée en beauté comme les artistes savent si bien le faire.Depuis quelque temps, les références à la mythologie se multiplient dans le travail de la chorégraphe.Cette fois, elle a puisé dans l’histoire des Furies et de Thésée qui part à la recherche du Minotaure pour le tuer.«Sauf que, finalement, c’est l’histoire d’une rencontre, une ouverture.C'est une quête vers l'impulsion d’agressivité.» «Cette rage se traduit en un oui profond de mouvement», résume Kathy Casey, conseillère artistique de ce projet spécifique et directrice artistique de Montréal Danse, qui invite pour la troisième fois Estelle Clareton à créer pour les six danseurs de la compagnie.Point de maturité L’élan de création qui caractérise Furies Alpha 1/24 répond aussi à la période de non-danse qui a sévi dans le milieu ces dernières années.A l’instar de Jose Navas qui revient à fond de train avec une danse très physique et dynamique, Estelle Clareton réaffirme sa passion pour la chorégraphie, qui la définit plus que toute autre discipline artistique.«Je suis tannée qu’on ne danse pas, mais qu’on en parle beaucoup.C’est dur de Estelle Clareton en répétition.créer du mouvement, c'est plus facile d’en parler.» Mais la chorégraphe continue une pièce de FRIEDRICH DÜRRENMATT JEAM-PIEBRE POHRET mise en scène DENISE FILIATRAULT interprété par ANDRÉE LACHAPELLE SUZANNE GARCEAU • JACQUES LAVALLÉE JACQUES GODIN yvan benoIt-thomas graton JEAN-LOUIS ROUX François sasseville • paulcageiet FRANÇOIS TASSÉ JEAN-FRANÇOIS BOULAIS JACQUES GIRARD Christian vézina • Tamara rusiiar GHYSLAIN TREMBLAY jean belzil-gascon Concepteurs FRANÇOIS BARBEAU • RAYMOND MARIUS BOUCHER • YVES MORIN DAVID PERREAULT NINACS - ALAIN JENKINS ' VINCENT AB5I du 27 septembre au 22 octobre 2005 Billetterie (514) 844-1793 rideauvert.qc.ca Une présentation de ydro Québec Q Hydro.de puiser ses inspirations dans d’autres formes artistiques, en l’occurrence la peinture.Après avoir été fascinée par Francis Bacon et Egon Schiele, la chorégraphe est cette fois interpellée par «les corps tordus de Picasso».Elle s’est aussi acoquinée avec François Vincent, un artiste en arts visuels.«Il travaille la couleur d’une ma- JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR nière unique.Ça fait 20 ans que je le connais et je crois que chacune de mes pièces a été inspirée par l’une d,e ses toiles.» A la barre musicale, Eric Forget a créé «un monde très fascinant», selon la chorégraphe, notamment en enregistrant des sons ambiants comme le bruit d’un four à bois.! La chorégraphe a aussi fait appel, pour la première fois, à une dramaturge, tendance largement répandue en Europe qui commence à prendre racine de ce côté-ci de l'Atlantique.«Stéphanie Jasmin travaille sur le sens, explique-t-elle.Elle questionne tout dans la pièce.Ça force la responsabilité des choix qu'on fait comme créateur.» Mais c’est sa complicité artistique avec Kathy Casey qui aura sans doute le plus marqué le processus de création.« Kathy est mon référent principal, confie la chorégraphe.Elle est toujours là en studio.» Leur collaboration, qui a commencé avec Je ne m’en souviens pas très bien (2000) et,s’est poursuivie avec De Julia à Émile (2002), Monsieur et Dame, atteint ici son point de maturité.«C’est la première artiste avec laquelle je m’engage à plus long terme», admet la directrice de Montréal Danse, qui souhaite accentuer ce type d’investissement artistique.D’ailleurs, la troupe montréalaise fait deux pas dans cette direction cette saison.Elle est devenue la compagnie professionnelle en résidence de l’université Western Washington de Bellingham, aux Etats-Unis, et elle organise un second atelier chorégraphique en jumelant des chorégraphes, des danseurs et des dramaturges pendant deux semaine en décembre, activité qui fera désormais partie de son calendrier annuel.A l’aube de ses 20 ans, Montréal Danse semble animée, comme Estelle Clareton, d’une terrible fureur de vivre et de créer.Collaboratrice du Devoir FURIES ALPHA 1/24 D’Estelle Clareton pour Montréal Danse Du 14 au 24 septembre à l'Agora de la danse II NE SAISON EXCEPTIONNELLE DEUX OFFRES SENSATIONNELLES _____LA CARTE PLUS-IN ET LE FORFAIT-IN Abonnez-vous et soyez au cœur d’une saison palpitante ! (514) 845-0267 t
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