Le devoir, 22 octobre 2009, Cahier A
RENCONTRE AVEC LES TROIS CANDIDATS À LA MAIRIE DE MONTRÉAL Louise Hard : Faire le ménage sans craindre L / h J d A Fages A 4 et A 5 rA Richard Bergeron : Exit le privé, place à la fonction publique Pages A 4 et A 5 —?www.ledevoir.com a LE DEVOIR V o L.C N " 2 a 9 ?LE ,! E U D I 2 2 0 C T 0 B R E 2 0 0 9 1 , I 0 $ + T A X K S = 1.25$ Briser Fomerta L Bernard Descôteaux e gouvernement du Québec hésite à instituer une enquête publique sur l’industrie de la construction.Il mise sur le travail policier, mais prévient du même souffle que la patience a des limites.Ce qu’il faut dire aujourd’hui, haut et fort, est tout simplement que ces limites évoquées par le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, sont atteintes.Elles le sont depuis déjà longtemps, car ce n’est pas depuis seulement quelques jours ou quelques semaines qu’existe la corruption dans le monde de la construction.Dans l’entrevue qu’il accordait au Devoir hier, le maire Gérald Tremblay reconnaissait avoir été prévenu dès son entrée à l’Hôtel de Ville de Montréal que «circulaient des enveloppes brunes».*§ "St, j-» Les raisons militant en faveur d’une enquête publique sont simples.Il y a tout d’abord le fait que cette corruption est systémique.Elle a été instituée en un système mafieux auquel concourent des entrepreneurs en construction, des professionnels, comme les ingénieurs, des fonctionnaires et des élus.La pourriture ne cesse de s’étendre.Les révélations faites par les médias depuis quelques semaines illustrent la perversion profonde dont est atteint notre système démocratique.Cette perversion n’est pas une vue de l'esprit La peur s’est installée dans beaucoup d’administrations municipales.Une omerta est imposée par la menace.Est-il besoin de rappeler les accidents survenus récemment à quelques personnes du monde de la construction qui étaient disposées à parler?Dans les administrations municipales, nombreux sont les fonctionnaires qui n’osent parler aux enquêteurs de la Sûreté du Québec.Ils craignent de devoir un jour aller témoigner.Ils craignent pour leur emploi, pour leur famille et parfois pour leur sécurité physique.Le gouvernement Charest annoncera aujourd’hui le renforcement de l’escouade policière mixte mise sur pied récemment.Le travail policier a ses limites.D pourra conduire à des arrestations et à des procès et, peut-être, à des condamnations.Il permettra de rétablir l'ordre momentanément, le «système» se sachant sous surveillance.Celui-ci ne sera pas pour autant démantelé.Il n’aura pas été atteint dans toutes ses ramifications.L’omerta demeurera la règle.Aujourd’hui, la confiance dans nos institutions politiques est atteinte.Le climat de corruption dont on prend la mesure quotidiennement dans les médias alimente le cynisme des électeurs.Ceux-ci attendent une réaction qui ne vient pas.Les élus locaux, laissés à eux-mêmes, disposent de peu de moyens pour faire le ménage qui s’impose.Ces moyens, ils sont dans les mains du gouvernement du Québec, qui se doit de mettre fin à ses tergiversations et agir avec force et conviction.ü La chronique de Michel David: À la sicilienne, à lire en page A 3 BUP mm •,v^Wp- La mafia aux portes DE L’HÔTEL DE VILLE?Tremblay craint pour sa famille JACQl ES NADEAU LE DEVOIR JEANNE CORRIVEAU KATHLEEN LÉVESQUE Un climat de peur règne à Montréal, constate Gérald Tremblay.Si la mafia a infiltré le milieu de la construction, elle semble être aussi aux portes de l’Hôtel de Ville.Le maire n’a pas peur pour lui, mais pour sa famille.Géraid Tremblay affirme qu’il n’est pas naïf.Dès son arrivée au pouvoir en 2001, il a été mis au courant par un haut fonctionnaire des rumeurs concernant des enveloppes brunes qui circulaient à l’Hôtel de Ville.«Il y a un certain nombre d’entrepreneurs qui se partagent des contrats et des territoires, comme ce que vous en- tendez qui sort présentement [dans les médias].Honnêtement, j’ai tout fait pour essayer d’éclaircir la situation en mettant en place des clauses anticorruption et anticollusion [dans les contrats].» En rencontre éditoria- le hier après-midi, Gérald Tremblay pèse ses mots.Il prend parfois une pause avant de se lancer.Le sujet est délicat et il veut éviter à tout prix les faux pas.«R faut faire attention aux réputations.Quand on n’a pas de preuves, on se ramasse avec des mises en demeure, peut-être des menaces et de l’intimidation.R faut faire attention à ce qu’on dit.[.] J’ai une famille et «Il faut faire attention à ce qu’on dit.[.] J’ai une famille et des enfants.Je ne voudrais pas me ramasser avec des problèmes, j’en ai assez comme ça.» des enfants.Je ne voudrais pas me ramasser avec des problèmes, j’en ai assez comme ça.Moi, je suis capable de prendre la pression comme individu, comme maire de Montréal, mais je ne peux pas demander à ma famille et à mes enfants de faire la même chose.» Il rappelle qu’en octobre 2005, en pleine campagne électorale, deux bombes avaient été découvertes à son chalet de Saint-Hippolyte et neutralisées par les policiers.«Heureusement que ma famille n’était VOIR PAGE A 10: TREMBLAY ¦ «J’ai peut-être fait certaines erreurs, mais je ne les répéterai pas», dit Gérald Tremblay, pages A 4 et A 5 JACQUES NADEAU LE DEVOIR AFFAIRE: VILLANUEVA Le SPVM aurait fait des tentatives d’infiltration ¦ À lire en page A 7 INDEX < Annonces.B 4 Avis publics.B 8 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.B 4 Économie.B 1 Éditorial.A 8 Idées.A 9 Météo.B 7 Monde.B 6 Mots croisés.B 7 Sports.B 7 Sudoku.B 8 Télévision.B 7 Dessau et BPR ont financé le parti de Labeaume en 2008 ISABELLE PORTER Québec — Des dirigeants des firmes d’ingénieurs Dessau et BPR, qui sont associées au scandale des compteurs d’eau à Montréal, ont contribué de façon importante au financement de l’Équipe Labeaume Tan dernier.Des représentants de la firme d’ingénierie BPR ont contribué à hauteur de 7500 $ au parti du maire de Québec l’an dernier, une mise qui s’élève à 4500 $ chez Dessau.Réunies, ces sommes totalisent 13 % des contributions de 100$ et plus (87 750 $) VOIR PAGE A 10: LABEAUME REUTERS Le maire de Québec, Régis Labeaume Construction Québec adopte l’approche Carcajou « Ça démontre que les enquêtes en cours étaient insuffisantes», répond le PQ ANTOINE ROBITAILLE Québec — Québec annoncera aujourd’hui qu’il crée une escouade de type «Carcajou» pour lutter contre la corruption dans le domaine de la construction.Inquiet des soupçons de complicité qui se multiplient à son endroit en raison de son refus de tenir une grande enquête, le gouvernement Charest mettra le paquet pour projeter une image d’action: trois ministres, Jacques Dupuis (Sécurité publique), Sam Hamad (Travail) et Robert Dutil (Revenu) participeront à Tan-nonce cet après-midi à Montréal.Le directeur général de la Sûreté du Québec, Richard Deschesnes, les accompagnera.Parmi les mesures qui seront présentées, on prévoit faire traveller davantage les corps policiers — 4 '*¦ T À Jacques Dupuis VOIR PAGE A 10; CARCAJOU * f A-4B L E I) E V 0 I R , LE ,1 E II D I 2 2 0 (I T 0 B R E 2 0 0 !) A 2 ACTUALITES Cour suprême et accès à l’école anglaise au Québec L’école-passerelle ranimera-telle le débat linguistique ?Les juges décident du sort de la loi 104 aujourd’hui Les gouvernements de Jean Charest et de Stephen Harper pourraient en être quittes pour un bon débat linguistique à saveur identitaire: le plus haut tribunal du pays décidera en effet aujourd’hui si Québec pouvait limiter, comme il l’a fait en 2002, l’accès à l’école anglaise.JACQUES NADEAU LE DEVOIR HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — La Cour suprême du Canada décidera ce matin si des écoliers québécois peuvent contourner la Charte de la langue française et s’«acheter» un passage à l’école anglaise en fréquentant pendant quelques semaines une école privée.Les causes Hong Ha Nguyen et Talwinder Bin-dra, du nom de deux écoliers désireux de fréquenter l’école anglaise, sont très attendues.Les avocats de ces familles et des dizaines d’autres prenant part à la cause, pour la plupart allophones, plaident que la loi québécoise brime leurs droits sur la langue d’instruction reconnus par la Charte canadienne des cfroits et libertés.Une défaite mettrait de la pression sur le gouvernement de Jean Charest pour qu’il prenne les moyens de contourner ce jugement.Notons toutefois que la clause dérogatoire (dite nonobstant) ne peut pas être invoquée pour se soustraire à l’application de l’article 23 de la Charte, invoqué ici.«Lorsque la loi 101 avait été élaborée, il avait été décidé qu’elle ne s'appliquerait pas aux écoles privées non subventionnées, par souci de respect des droits individuels, rappelle le président de la Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), Mario Beaulieu.Si la Cour suprême invalide les dispositions, oui, nous proposerons que la loi 101 soit modifiée pour s’appliquer aussi aux écoles privées.» Les causes Nguyen et Bindra ont fait couler beaucoup d’encre au Québec.Ces enfants n’avaient pas, en vertu de la Charte de la langue française, le droit de fréquenter l’école anglaise publique ou privée subventionnée.Pour ce faire, il aurait Mu que leurs parents aient été scolarisés au Canada dans cette langue ou qu’ils aient eux-mêmes reçu la «majorité» de leur scolarité en anglais.Leurs parents ont trouvé une faille dans la loi.En les plaçant quelque temps dans une école anglaise privée non subventionnée au début de leur parcours scolaire, il leur était possible ensuite,de demander au ministère de l’Éducation une dérogation de poursuivre dans le système public anglophone.Entre 1997 et 2002, Québec estime que 4000 enfants ont ex- ploité cette faille, rendant aussi admissibles à l’école anglaise leurs frères et sœurs ainsi que leurs descendants.La SSJB a calculé que la part des effectifs scolaires se retrouvant dans le secteur anglophone était passée de 9,46 % à 11,52 % de 1991 à 2006.Devant cette popularité croissante susceptible de rendre inopérantes les politiques de francisation du Québec, le gouvernement péquiste de Bernard Landry a fait adopter à l’unani- mité en 2002 la loi 104.Celle-ci statue que le passage dans ces écoles privées dites «passerelles» n’est pas comptabilisé pour déterminer le droit à l’école anglaise.Ce sont ces nouvelles dispositions qui sont contestées en Cour suprême.«Nous pensons que les enfants demeurent des citoyens canadiens même s’ils fréquentent des écoles privées non subventionnées», explique Michael Bergman, avocat de la Quebec English School Boards Association.Brent Tyler, l’avocat des familles dans ces deux causes et militant des droits des Anglo-Québécois, n’a pas voulu faire de commentaires hier.Les écoles-passerelles se soustraient entièrement à l’application des lois linguistiques.Si les parents désireux de faire instruire leurs enfants en anglais ne les y laissent pas tout simplement plutôt que de s,e battre avec le ministère de l’Éducation pour réintégrer le système public ou privé subventionné, c’est qu’elles coûtent très cher: plusieurs milliers de dollars par année.Elles ne servent pas qu’à contourner la loi: de huit à dix auraient été utilisées à cette fin.Québec avait gagné toutes ses causes avant que le vent ne tourne à la Cour d’appel du Québec.La Cour suprême avait tranché entre-temps une cause similaire (Solski).Dans cette cause d’un enfant ayant fréquenté un programme d’immersion française mais se disant plus attaché à l’anglais, les magistrats avaient déterminé que Québec devait évaluer de manière qualitative, et non pas seulement quantitative, l’instruction déjà reçue par l’enfant pour déterminer son droit à l’école anglaise.S’inspirant de ce jugement, la Cour d’appel du Québec a donc décidé qu’un très court séjour en école-passerelle méritait quand même considération.La Cour suprême invalidera-t-elle un jugement qui s’inspirait de ses propres arguments?On le saura à 9h45.Le Devoir En cinq ans, 4000 enfants ont profité de la faille dans la loi québécoise Le Grand Montréal, O LE MOT LE DIT I u C’EST GRAND.rs" WH fe se 5?1* _ / * 17 QJ (T5 > Laval est un des pôles économiques du Grand Montréal.Un atout de plus dans le développement régional, un choix pertinent pour les entreprises, une option qui parfois peut faire la différence entre partir ou rester.Alors, vous avez besoin d'espace?Vous recherchez un environnement économique innovateur et audacieux?Découvrez Laval.c'est une bonne manière de ne pas perdre de vue le Grand Montréal.Communiquez avec nous : l'Avenir, c'est notre langue de travail.nous le parlons couramment! LAVAL TECHNOPOLE DES EXPERTS AU SERVICE DES ENTREPRISES DE LAVAL Il y a une place pour vous à Laval.Un numéro vous y conduit : 450 978-5959 Et un site Internet vous guide : www.lavaltechnopole.com EN BREF Institut de recherche en éducation Qu’on soit médecin, infirmière, travailleur social, entraîneur, on enseigne: c’est pourquoi l’Université de Sherbrooke a créé un institut de recherche en éducation qui réunit six facultés, l’Institut de recherche sur les pratiques éducatives (IRPE).Outre la faculté de l’éducation, celles des lettres et des sciences humaines, de médecine et des science de la santé, d’éducation physique et sportive et de génie et sciences participeront à ce nouvel effort de recherche.«Le décrochage, par exemple, ne dépend pas seulement de la réalité scolaire», dit Yves Lenoir, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur l’intervention éducative.Le directeur de l’IRPE, Philippe Mau-bant, veut développer une expertise pluridisciplinaire puisque «tout professionnel qui intervient auprès d’une autre personne a des pratiques éducatives» qui peuvent être appliquées à l’école, tout comme l’école peut enrichir l’intervention des autres professions.- Le Devoir Retrait du Taser demandé La ligue des droits et libertés réclame le retrait pur et simple du pistolet à impulsion électrique Taser.L’organisme, qui militait au sein de la Coalition pour un moratoire sur le Taser, a radicalisé sa position à la suite de nouveaux éléments avalisés par l’entreprise Taser International elle-même.Pour la première fois, la société a admis que ses pistolets pouvaient causer un arrêt cardiaque.Dans un bulletin publié le 12 octobre, l’entreprise soutient que les risques demeurent «très faibles», mais elle suggère fortement aux policiers qui utilisent cette arme de ne pas viser la poitrine des suspects.Devant cet aveu, la coalition a changé de vocable pour devenir officiellement la Coalition pour le retrait du Taser.- La Presse canadienne Pour gars seulement Toronto — Le premier ministre de l’Ontario, Dalton McGuinty, accueille favorablement l’idée de créer des écoles réservées exclusivement aux garçons au sein du système public d’éducation.Selon M.McGuinty, des écoles réservées exclusivement aux garçons favoriseraient la mise en place de programmes conçus pour répondre à leurs besoins.Le premier ministre précise que les garçons ne réussissent manifestement pas aussi bien que les filles.- La Presse canadienne > e t » i À la sicilienne LJ équipe éditoriale du Devoir a été littéralement estomaquée hier après-midi en entendant les propos tenus par le maire Gérald Tremblay.Par moments, on se serait crus à Palerme.H n’est pas inhabituel qu’un politicien demande que certaines parties d’une entrevue se déroulent off the record.En l’occurrence, M.Tremblay insistait pour que certains noms ne soient pas mentionnés, ce que nous avons accepté.En revanche, les raisons qu’il a invoquées pour justifier sa discrétion sur certains épisodes qui se sont déroulés à l’Hôtel de Ville au cours de son dernier mandat, et sur les décisions qu’il a prises, étaient pour le moins étonnantes dans la bouche du premier magistrat de Montréal.«J’ai une famille, des enfants, je ne veux pas me ramasser avec des menaces», a-t-il déclaré.M.Tremblay a répété à plusieurs reprises que lui-même n'avait pas peur et qu’il était bien décidé à faire le ménage, mais il a tout de même rappelé qu’une bombe avait été découverte à son chalet de Saint-Hippolyte en 2005.Il a également cru utile d’évoquer cette histoire d’un producteur de vin industriel de la Rive-Sud auquel il avait refusé un permis et qui avait été retrouvé dans le coffre de sa voiture à l’époque où il état ministre de l’Industrie et du Commerce dans le gouvernement Bourassa.Au cours des derniers mois, le maire semblait tomber des nues à chaque nouvelle révélation sur les déplorables pratiques de son administration.Hier, son discours était bien différent.«Je ne suis pas naïf.Je suis très bien informé.À la Ville de Montréal, je savais dans quoi je m’embarquais, je savais tout ça.» Pourtant, il ne réclame pas d’enquête publique sur la corruption dans l’industrie de la construction, lui préférant la voie des enquêtes policières que privilégie aussi le gouvernement Charest.Pourquoi?«Quand il y a enquête, les gens disparaissent.» L’omerta, quoi.?Coïncidence, deux heures plus tôt, la chef de Vision Montréal, Louise Hard, avait également rendez-vous au Devoir.De façon clairement préméditée, elle avait choisi d’aborder le thème du courage.«J’ai été la femme de Michel Bourdon.Il y a eu son courage et le mien», a-t-elle déclaré, rappelant l’automobile fracassée et les menaces de mort que M.Bourdon avait reçues à l’époque où il était président de la CSN-construction.Elle a reproché au chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, de «manquer de tonus» parce qu’il a réclamé la protection de la police sans même avoir reçu de menaces.Sous-entendu: ce trouillard serait incapable de nettoyer l’écurie d’Augias qu’est devenu l’Hôtel de Ville.Pourtant, comment lui reprocher sa prudence quand le maire évoque lui-même les méthodes siciliennes qui ont cours dans la métropole?Mme Hard a prouvé dans le passé qu’elle avait du coffre et son intégrité personnelle ne fait aucun doute, mais elle ne convaincra personne qu’elle tenait Benoit Labonté pour un «homme de principes» qui s’est simplement réfugié dans un «déni inimaginable».Si ses méthodes de financement avaient été découvertes seulement au lendemain de l’élection, elle se serait sans doute fait un plaisir de s’en débarrasser.Non seulement elle se retrouve aujourd’hui dans le rôle de l’arroseuse arrosée, mais il y a aussi un trou béant dans son équipe.Peu importe ses mérites, son nouveau numéro 2, Pierre Lampron, est totalement inconnu de la population, donc inquiétant.?Richard Bergeron est peut-être un original entouré de néophytes, mais il est maintenant le seul dont les placards ne contenaient aucun squelette et il bénéficie au surplus de la caution de M.Net en personne, le juge John Gomery.Dans une entrevue accordée à mon collègue Antoine Robitaille en novembre 2004, le chef de Projet Montréal avait confié son rêve d’un destin analogue à celui de Ken Livingstone, surnommé «Ken le rouge» en raison de son passé trotskiste, qui avait été élu maire de Londres en 2000 après avoir été critique de gastronomie et éleveur de tritons.Même après avoir imposé des péages substantiels pour dissuader les automobilistes londoniens de s’aventurer au centre-ville, il avait été réélu en 2004, avant d’être finalement battu en mai 2008.M.Bergeron dit faire le même pari sur l’intelligence de la population avec son projet de construire 33 kilomètres de lignes de tramway en quatre ans.«On va virer la ville à l’envers; ça va être difficile pour la population, mais quand ça va être terminé, elle va être tellement fière», expliquait-il au Deyofr vendredi dernier.J’étais profondément sceptique en l’entendant dire que sa victoire n’était plus une lubie mais une hypothèse plausible.Je le voyais plutôt comme une sorte de Ralph Nader, qui allait soit permettre la réélection de celui qui avait laissé la corruption envahir l'Hôtel de Ville, soit y faire entrer la souverainiste pure et dure qui est l’incarnation du mal aux yeux de la communauté anglophone.En début de semaine, un vieux routier de l’équipe de Gérald Tremblay m'a cependant assuré que l’hypothèse d’une victoire de M.Bergeron ne pouvait plus être exclue.Après la Sicile, pourquoi pas Londres?mdavid@ledevoir.com I.K I) K V 0 I H , I, K .1 K H I) I 2 2 O C T O li U K 2 t) O !) A IJ ACTUALITES Armé du vaccin, Québec lance l’offensive contre H INI La vaccination débutera lundi, deux semaines plus tôt que prévu BLAIR GABLE REUTERS La ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq, et l’administrateur en chef de la santé publique du Canada, le Dr David Butler-Jones ARCHIVES AFP À propos du vaccin « • • ¦ Il est recommandé d’administrer une dose du vaccin avec adjuvant aux personnes de plus de dix ans.¦ Deux demi-doses du vaccin avec adjuvant seront nécessaires pour les enfants de six mois à 10 ans, des doses qui devront être administrées à au moins 21 jours d’intervalle.¦ Une dose du vaccin sans adjuvant est indiquée pour les femmes enceintes.Si le vaccin sans adjuvant n’est pas disponible et que le taux de grippe H INI est élevé ou en hausse, les femmes enceintes de plus de 20 semaines devront recevoir une dose du vaccin avec adjuvant.¦ Le vaccin ne doit pas être administré aux nourrissons de moins de six mois ni aux personnes immunosupprimées.¦ Il peut être administré en même temps que d’autres vaccins, y compris celui contre la grippe saisonnière.¦ Une fois administré, le vaccin peut prendre jusqu’à deux semaines avant d’être efficace.¦ Ottawa a acheté 50,4 millions de doses à huit dollars l’unité.Il a aussi commandé 1,8 million de doses sans adjuvant ¦ Environ 2 millions de doses ont été livrées aux provinces et aux territoires, et de 2 millions à 3,5 millions de doses additionnelles seront envoyées chaque semaine.Informations supplémentaires ¦ A Québec: http://wu>w.pande-mieguebec.gouuqc.ca/ ¦ A Ottawa: http://www.com-battezlagrippe.ca/ La venue de la seconde vague de grippe A(H1N1) tant redoutée n’est plus théorique.Elle a bel et bien commencé à déferler sur le Québec, calculent les autorités de la santé publique, qui invitent la population à se tenir prête pour une vaccination-marathon.LOUISE MAUDE RIOUX SOUCY Le coup d’envoi à la plus importante campagne canadienne d’inununisation de tous les temps a été donné hier midi par la ministre fédérale de la Santé, Leona Aglukkaq.L’homologation du vaccin contre la grippe A(H1N 1) étant désormais chose faite, la balle est maintenant dans le camp des provinces, a-t-elle dit.Québec a réagi au quart de tour en annonçant le début de la vaccination massive pour lundi prochain, soit deux semaines plus tôt que prévu.Baptisé Arepanrix, le vaccin retenu par le Canada a été fabriqué à Sainte-Foy par le géant GlaxoSmithKline.Il a été autorisé d’après les résultats préliminaires des essais cliniques conduits dans plusieurs pays, dont les Etats-Unis, la Chine et l’Australie.Selon le Dr Elwyn Griffiths, directeur général de la Direction des produits biologiques et des thérapies génétiques à Santé Canada, il est à la fois «sûr et efficace».«Nous avons vu des avantages clairs à ce vaccin, des avantages qui surpassent, et de beaucoup, les risques potentiels ou théoriques qui lui sont associés.» Ce dernier convient toutefois qu’il a été impossible de suivre toutes les étapes habituelles précédant la fabrication d’un vaccin.Le travail a été fait à partir de données existantes, soit celles sur le virus grippal H5N1.«Nous allons continuer à “monitorer" les effets indésirables qui pourraient être notés pendant la vaccination», a promis le Dr Griffiths, tout en ajoutant que «les Canadiens peuvent avoir une confiance totale en ce vaccin».Fabriqué à partir d’une souche semence fournie par l’Organisation mondiale de la santé, l’Are-panrix contient un adjuvant qui permet d’augmenter la production d’anticorps.Cet adjuvant fait d’eau, d’huile de poisson et de vitamine E a été testé sur 45 000 personnes jusqu’à présent.Il ne contient pas un virus vivant, mais un virus fragmenté, donc mort, précise la Dr‘ Danielle Grondin, sous-ministre adjointe de la Direction générale des maladies infectieuses et des mesures d’urgence à l’Agence de la santé publique du Canada.«Il ne donne pas la grippe, mais il prépare le corps à la combattre.» L’usage d’un adjuvant a permis d’élargir la couverture vaccinale à des seuils très élevés, entre 95 et 97 %, soit bien au-delà des 60 à 80 % offerts par le vaccin contre la grippe saisonnière, note le Dr David Butler-Jones, administrateur en chef de la santé publique du Canada.Ce dernier invite chacun à se faire vacciner, comme il le fera lui-même.«Je ne voudrais pas qu’un proche contracte la maladie et avoir à voir son état s’aggraver ou pire encore parce que je ne me suis pas protégé.» Le message a été repris au vol hier par le ministre de la Santé, Yves Bolduc.«Si vous voulez protéger vos proches, faites-vous vacciner», a-t-il dit en précisant que chacun a la liberté de recevoir ou non le vaccin.La Fédération des médecins omnipraticiens du Québec a lancé un message similaire tout en invitant ses membres à donner l’exemple et à encourager leurs concitoyens à faire de même.Ceux qui voudront suivre leur exemple recevront sous peu des instructions en provenance de leur agence de la santé et des services sociaux régionale.Dès samedi, les renseignements sur les prochaines étapes de la vaccination (dates, lieux, horaires) seront diffusés dans la section «Dans ma région» du site www.pandemie-quebec.gouv.qc.ca.L’information rassemblée dans ce site sera mise à jour quotidiennement, au fur et à mesure de l’évolution des événements, en plus d’être reprise par les journaux locaux.Les premiers à être appelés seront «ceux qui tireront le plus de bénéfices à être vaccinés», a fait savoir le directeur national de la santé publique, le Dr Alain Poirier.Ceux-ci sont les adultes de moins de 65 ans souffrant de maladies chroniques, les femmes enceintes, les enfants de six mois à cinq ans, les personnes vivant en régions éloignées ou isolées, le personnel de la santé et les membres des familles comportant un enfant de moins de six mois ou un malade immunosupprimé.Ces cohortes protégées, Québec appellera ensuite les enfants de 5 à 18 ans, les premiers répondants, les adultes de moins de 65 ans, et enfin les personnes âgées.Pas moins de 220 centres spéciaux de vaccination seront mis sur pied dans des lieux publics dispersés à travers le Québec.Ces derniers seront ouverts sept jours sur sept, «aussi longtemps qu'il le faudra», a précisé hier le D[ Poirier.Le gouvernement du Québec dispose de plus de 400 000 doses du vaccin contre la grippe A(H1N1).Il en recevra des milliers d’autres au fur et à mesure qu’elles seront produites.Le virus, qui a recommencé à circuler, a fait mardi une 2?victime au Québec, la première à mourir depuis le mois d’août.Il s'agit d’une octogénaire de la Rive-Sud de Québec.Depuis le 1" septembre, Québec a recensé 174 cas de grippe H1N1, dont 27 ont nécessité une hospitalisation, et cela, essentiellement dans les derniers jours.Jusqu’à présent, le Canada a déploré 83 décès et plus de 1500 hospitalisations, dont environ 300 ont nécessité des soins intensifs aigus.Le Devoir L K I) E V 0 I K , LE .1 E II 1)1 I 21 2 0 C T 0 1$ R E 2 0 0 !) A 4 A 5 ELECTION fT REAL 2009 4 til, PROjETMONTREAL Richard Bergeron 1955: naissance à Alma, au Lac-Saint-Jean.1975: arrivée à Montréal pour y étudier l’architecture à l’Université de Montréal.1986: retour à TUdeM pour y entreprendre un doctorat en aménagement après avoir été volontaire en Guinée-Bissau.1991: soutenance de thèse et publication de son premier livre, LAnti-développement: le prix du libéralisme.De 1990 à 1992: président de la Fédération des coopératives d’habitation de l’île de Montréal.De 1992 à 1993: professeur invité à l’Université Laval, aménagement du territoire et développement régional.De 2003 à 2005: publication de deux livres au sujet de la trop grande dépendance à l’automobile au Québec.2004: fondation de Projet Montréal.2005: élu conseiller municipal du district De Lorimier, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal.Exit le privé, place à la fonction publique Richard Bergeron veut créer une escouade spéciale de lutte contre la corruption JEANNE CORRIVEAU Pour restaurer l’intégrité à l’Hôtel de Ville, le chef de Projet Montréal, Richard Bergeron, croit qu’en plus de revoir le financement des partis politiques, il faudra «reconstruire» la fonction publique montréalaise.A mesure que les firmes de consultants externes et les firmes privées ont gagné du galon auprès des élus, la fonction publique s’est érodée.Il faut maintenant y remédier dit Richard Bergeron, qui promet de ramener à l’Hotel de Ville l’expertise perdue.En rendant public son rapport sur le contrat des compteurs d’eau le 22 septembre dernier, le vérificateur général de la Ville, Jacques Bergeron, l’avait souligné à gros traits: «Une perte d’expertise importante a été constatée à la Ville de Montréal», écrivait-il.La saga des compteurs d’eau illustre tout le problème avec lequel la Ville est aux prises depuis des années.Richard Bergeron rappelle que dès le début du processus, c’est le privé qui a dicté à la Ville quoi faire.Notamment le consortium SNC-Lavalin-Dessau-Soprin, à qui la Ville avait demandé de faire le diagnostic des infrastructures souterraines en 2002.La réponse, venue l’année suivante, avait fait état du délabrement avancé du réseau d'égouts et d’aqueducs.«Qu’est-ce que vous croyiez que Lavalin allait répondre?, relate M.Bergeron.Puis, ce fut au tour de BPR d’entrer dans le décor, avec pour mandat de piloter le processus d’appel d’offres.Au fil des mois, de multiples modifications ont été apportées au contrat des compteurs d’eau avec, entre autres, l’ajout du volet d’optimisation du réseau et la construction onéreuse des chambres de vannes pour contrôler le débit d’eau dans le réseau souterrain.Richard Bergeron accuse l’administration du maire Gé-rald Tremblay d’avoir décimé la fonction publique en procédant à l’abolition d’un millier de postes depuis 2006.«On a enlevé la capacité technique de la Ville de définir elle-même ses be- soins», explique M.Bergeron.«L’institution publique Ville de Montréal devra être reconstruite, poursuit-il.On devra rebâtir les équipes d’ingénieurs, les équipes d’architectes et les équipes de spécialistes.Ces mille employés dont le maire Tremblay est si fier de s’être défait, moi, je les réengagerai parce qu’on a créé plus que Faubourg Contrecœur, cédé au promoteur Catania par la Société d’habitation et de développement de Montréal (SHDM).M.Bergeron décrit M.Farinacci comme «la seule personne qui se soit tenue debout».Et contrairement à l’ex-directeur général de la Ville, Claude Léger, et l’ancien responsable des affaires corporatives, Robert Cas- « On a enlevé la capacité technique de la Ville de définir elle-même ses besoins.L’institution publique Ville de Montréal devra être reconstruite.» 1000 emplois à l’extérieur de la Ville par le biais de contrats parapluies.C’est profondément pervers comme manière de faire.Je crois aux institutions publiques.J’ai passé ma vie là-dedans.» Il cite d’ailleurs le cas de Joseph Farinacci, ex-chef de service de la Direction des stratégies immobilières de la Ville (DSTI) qui, en 2007, avait démissionné après que l’administration Tremblay eut ignoré son avis dans le dossier de la vente du terrain du sius de Lin-val, il n’a pas reçu de généreuse indemnité de départ, note-t-iL En rapatriant l’expertise dans l’appareil municipal, la Ville pourrait alors déterminer elle-même ses besoins, préparer les projets, conduire les appels d’offres et évaluer la qualité des travaux, insiste-t-il.Lorsque l’équipe du Devoir a rencontré le candidat à la mairie vendredi dernier, la tourmente venait tout juste de s’abattre sur son adversaire, Louise Harel, aux prises avec des allégations concernant son bras droit, Benoit Labonté.Ce- lui-ci a fini par quitter le parti dimanche, avec les rebondissements que l’on connaît.Cette controverse a mis en relief les problèmes créés par les règles actuelles de financement des partis politiques et les liens parfois trop étroits qu'entretiennent certains élus avec les entrepreneurs privés.Richard Bergeron se dit à l’abri de ce genre de proximité.«Les vieux partis sont devenus beaucoup trop dépendants de certains réseaux d’argent qui les mettent au pouvoir.Nous, on s’est imposé de faire de la politique avec moins d’argent.On s’est imposé des règles qui vont beaucoup plus loin que la loi [.] et on est cautionné par “monsieur intégrité" lui-même au Canada, John Go-mery.Alors, quand on arrive au pouvoir, on n’a pas de dettes.» S’il est porté au pouvoir, Richard Bergeron propose aussi de mettre sur pied un service anticorruption au sein du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui sera dirigé par un commissaire à l’investigation politique et administrative Le programme électoral de Projet Montréal contient des engagements qui s’articulent autour d’une nouvelle vision des transports et de l’implantation d'un réseau (Je tramways de 33 kilomètres.A ceux qui lui reprochent d’évoquer son projet de tramway constamment, même lorsqu’il parle de culture, Richard Bergeron réplique que ce mode de transport est non seulement attrayant et efficace, mais qu’il constitue un «outil de refaçonnage de la ville».Troisième joueur dans la course à la mairie de Montréal, Richard Bergeron croit en ses chances de l’emporter le 1" novembre prochain.Les mésaventures récentes de Louise Harel pourraient lui donner un coup de pouce.Réalisé avant l’épisode Benoit labonté, un sondage An-gus-Reid Strategies-La Presse publié plus tôt cette semaine lui accordait 23 % des intentions de vote, une hausse de neuf points par rapport au 14 septembre dernier.«Vous savez, Régis Labeau-me avait commencé sa campagne électorale à 4 %», rappelle-t-il.Le Devoir VisionMontréal Louise Harel 1946: naissance à Sainte-Thérèse-de-Blainville.1968: vice-présidente de l’Union générale des étudiants du Québec.1978: admise au Barreau du Québec.1981: élue députée du Parti québécois dans la circonscription de Maisonneuve.1994: nommée ministre d’Etat à la Concertation et ministre de l’Emploi dans le cabinet Parizeau.1996: nommée ministre d’Etat de l’Emploi et de la Solidarité et ministre de la Sécurité du revenu dans le cabinet Bouchard.1998: nommée ministre d’État aux Affaires municipales et à la Métropole.Elle le demeurera jusqu’au 30 janvier 2002.2002: élue présidente de l’Assemblée nationale du Québec.Juin 2005: devient chef de l’opposition officielle.29 juin 2009: devient chef de Vision Montréal.Faire le ménage sans craindre les représailles Affaiblie par l’affaire Labonté, Louise Harel reste convaincue que les Montréalais doivent changer de véhicule politique KATHLEEN LEVESQUE r Ecorchée par les pratiques douteuses de son ex-bras droit Benoit Labonté, Louise Harel maintient tout de même qu’elle peut nettoyer Montréal et mettre un terme à ce qui apparaît comme un système d’octroi de contrats marqué par la collusion.Comparativement à ses adversaires, Gérald Tremblay qui a plaidé l’ignorance jusqu’à maintenant et Richard Bergeron qui «n'a pas de tonus», la candidate à la mairie se pose comme celle par qui la Ville de Montréal peut retrouver la sérénité.Mme Harel dit être prête à «aller jusqu’au bout» de sa quête.«Je vais le démanteler, ce systè-me-là! Et je suis la mieux placée pour le faire.On est dans une société amnésique.Avant l’enquête du juge Cliche [sur l’industrie de la construction, en 19741, U y a eu Michel Bourdon.Il y a eu le dossier noir dans l’industrie de la construction.Il y a eu son courage et le mien», a affirmé hier Louise Harel dans une entrevue avec l’équipe éditoriale du Devoir.La politicienne a été la conjointe du syndicaliste Michel Bourdon, devenu à son tour député à l'Assemblée nationale.M.Bourdon était président de la CSN-construction lorsqu’il a obtenu des informations sur l’intimidation des travailleurs qui avait cours sur les chantiers de construction au Québec.Cette « Quand je vois Richard Bergeron, qui n’a aucune menace et qui est aUé voir la police pour se faire protéger.je me dis qu’il n’a pas de tonus» bataille lui a valu des menaces.Louise Harel se souvient d’avoir retrouvé la voiture de la famille «fracassée à coups de barre de fer» ou d’avoir roulé dans un autre véhicule quand deux roues sont tombées parce quelles avaient été dévissées.«Je me souviens aussi d’un dimanche soir où on nous a avertis de ne pas rentrer chez nous parce qu’il y avait un contrat pour tuer Michel», a-t-elle relaté avec la voix douce qu’on lui connaît C’est ce passé qui lui permet maintenant d’affirmer qu’elle est «imperméable» aux pressions, consciente toutefois que sa candidature dérange des «intérêts financiers puissants».«Je ne suis pas dans cet univers-là.Pas du tout, du tout.Je ne le fus jamais de toute ma vie», a soutenu Mme Harel.Cette dernière écorche au passage le chef de Projet Montréal.«Quand je vois Richard Bergeron, qui n’a aucune menace et qui est allé voir la police pour se faire protéger., je me dis qu’il n’a pas de tonus», a-t-elle laissé tomber.Les révélations récentes sur les problèmes éthiques de Benoit Labonté, qui ont entraîné le départ fracassant de ce dernier, placent toutefois Mme Harel sur la défensive.D’entrée de jeu, elle a fait l’éloge de son équipe, de la force d’un candidat et de l’autre.Puis elle a souligné que, sous sa gouverne, Vision Montréal a adopté des règles de transparence pour éviter les dons anonymes.«Pour chasser l’argent sale, ça prend de l’argent propre», a-t-elle précisé.Si Louise Harel est élue à la mairie de Montréal le Tr novembre, elle réclamera auprès de Québec l’instauration d’une enquête publique sur le secteur de la construction.Une telle commission devra s’attarder à tous les aspects de cette vaste industrie, y compris les firmes de services professionnels qui y gravitent Louise Harel raconte avoir résisté au lobby influent des ingénieurs, architectes et autres avocats mécontents de ses décisions à l'époque où elle était ministre des Affaires municipales.Elle se dit prête à faire face encore une fois à une levée de boucliers, d’autant plus qu’elle propose de remembrer les services municipaux de l’urbanisme et du développement économique afin de pouvoir s’appuyer sur l’expertise indépendante de fonctionnaires compétents.Si elle reconnaît qu’il y aura un coût à cette vision, elle argue que «l’impartition et la sous-traitance coûtent cher aussi».La candidate à la mairie veut également s’assurer que le déneigement, la gestion des déchets et l’aqueduc soient considérés de nouveau comme des services de réseau.Les pouvoirs des dix-neuf arrondissements pourraient donc être revus et corrigés tout en maintenant les services de proximité.Une éventuelle administration Harel réviserait le code d’éthique actuel afin qu’il soit plus contraignant et s’assurerait qu’il soit appliqué par un commissaire avec un pouvoir d’enquête et de sanction.Aussi, Mme Harel souhaite que le Service de police puisse apporter sa contribution dans l’octroi des contrats.Un peu à la manière de la Sûreté du Québec qui effectue l’analyse des forces en présence dans les affaires que brasse la Société immobilière du Québec (SIQ), Mme Harel voudrait que les partenaires d’affaires de Montréal soient passés à la loupe.Par ailleurs, la candidate à la mairie propose que les élus occu- pent davantage de terrain par le biais de commissions du conseil municipal avec un pouvoir d’initiative.Mme Harel dit vouloir «démocratiser la démocratie».Ce dossier serait confié à Rémy Trudel, candidat au poste de çonseiller de ville dans le district Etierpie-Des-marteaux.Professeur à l’Ecole nationale d’administration publique (ENAP), M.Trudel a été auparavant ministre des Affaires municipales alors que Montréal vivait des années troubles sur le plan budgétaire sous la gouverne de Pierre Bourque.Rémy Trudel a été l’instigateur d’une quasi-tutelle de l’administration de Vision Montréal.Les questions d’intégrité, de vigilance et de bonne gouvernance accaparent complètement la campagne électorale.D semble y avoir peu de place pour les projets réjouissants, sinon celui, très hypothétique, de l’Exposition universelle de 2020.Louise Harel y voit l’occasion de redonner à Montréal un certain élan sans la nostalgie d’Expo 67.Le Devoir m mm foér « MONTREAL Gérald Tremblay 1942: naissance à Ottawa.1969: licence de droit de l’Université d’Ottawa.1970: entrée au Barreau du Québec.1972: maîtrise en administration des affaires de la Harvard Business School à Boston.De 1974 à 1977: professeur et chargé de cours à l’École des hautes études commerciales.De 1989 à 1994: élu député d’Outremont pour le Parti libéral du Québec.Jusqu’en 1994, il sera ministre de l’Industrie, du Commerce, de la Science et de la Technologie.1994: réélection.1996: retour dans le monde des affaires.1999: président du 35' Mondial des métiers de Montréal.2001: élu maire de Montréal Automne 2005: second mandat de maire.2009: décide de briguer un troisième mandat dans la métropole pour Vision Montréal.Une mission à achever «J’ai peut-être fait certaines erreurs, mais je ne les répéterai pas», dit Gérald Tremblay MARCO BÊLAI R-Cl RINO PHOTOS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Faisant face à une grave crise de confiance des citoyens, le chef d’Union Montréal, Gérald Tremblay, sollicite un troisième mandat à la mairie de la ville de Montréal.Il s’est efforcé hier, lors d’une rencontre avec l’équipe éditoriale du Devoir, de dissiper tout doute sur son intégrité et de s’imposer comme le candidat tout désigné pour faire le ménage à l’Hôtel de Ville.«Je ne suis pas naïf.Je suis très bien informé.A chaque fois que je peux poser un geste, je le pose», a déclaré M.Tremblay.Le candidat à sa propre succession se dit inquiet des «rumeurs de collusion et de corruption» qui bruis-sent autour du secteur de la construction.«J’ai même posé des gestes importants», a-t-il soutenu, dans une rare et forte sortie publique sur le climat de peur qui règne quand on dirige Montréal en ce moment.Pour gérer la situation, le maire a notamment fait insérer des clauses anticorruption et anticollusion dans les contrats libellés par la Ville.Celles-ci écarteraient de fait tout entrepreneur reconnu coupable de corruption ou de collusion des appels d’offres de la Ville pendant cinq ans.Aussi, une administration Tremblay-Lemieux réévaluera le rôle du secteur privé dans le processus d’octroi des contrats municipaux, et tout particulièrement dans la préparation des devis.«J’ai peut-être fait certaines erreurs, mais je ne les répéterai pas», a laissé tomber Gérald Tremblay, avant de partager sa frustration quant à la difficulté de colliger des preuves contre les personnes visées par les allégations de corruption ou de collusion au fil des dernières années.Le maire de Montréal s’est notamment félicité de l’enquête à la Direction du service informatique (DSI) de la Ville de Montréal, qui s’est soldée par l’arrestation de l’ex-chef de la DSI, Gilles Parent, et d’un consultant privé, Benoît Bissonnette, par la Sûreté du Québec, en septembre dernier.Ils ont été accusés de fraude, d'abus de confiance, de complot et de fabrication de faux documents dans une affaire de fraude de 9,2 millions de dollars.Deux mois plus tôt, le cabinet du maire de Montréal avait alerté le Service de police de la Ville de Montréal à la suite des révélations du président de la maçonnerie LM Sauvé, qui s’affairait à refaire la toiture de l’hôtel de ville, selon lesquelles un mafioso lui aurait réclamé 40 000 dollars pour ensuite remettre cette somme à deux membres du comité exécutif.«Quand il y a une enquête, les gens disparaissent, ce n’est pas compliqué.À partir du moment où tu sais que tu es sous enquête, [tu t’effaces]».«Je l’ai su à 15h.À 15h05, la police était avec le [département du] capital humain dans le bureau pour vérifier les faits», a expliqué Gérald Tremblay.«Il y a une limite à ce que je peux faire moi.Je ne suis pas un policier!», s’est-il exclamé.M.Tremblay assure avoir fait preuve, dans tous les cas, de la plus grande transparence avec les autorités compétentes et de leur avoir transmis toute l’information pertinente.L’ancien ministre souhaite par ailleurs que la Sûreté du Québec accélère la cadence de ses enquêtes et fasse connaître «l’information qu’elle a, avec des accusations appropriées, le plus rapidement possible».Le contrat des compteurs d’eau était «trop vite et trop gros», selon Gérald Tremblay M.Tremblay a assuré hier que son refus de convoquer une séance extraordinaire du conseil municipal afin de résilier le contrat des compteurs d’eau au lendemain du dépôt du rapport du vérificateur général ne coûtera pas un sou à la ville.«Dans mon esprit, le contrat est résilié», a-t-il affirmé, d’un ton hérissé.Quelque 3,5 millions de dollars, soit 1 % du montant total du contrat des compteurs d’eau, de vront être payés pour la résiliation du contrat en plus de la facture des travaux entamés.«A date, j'ai eu des factures pour 91000 dollars», a-t-il spécifié.Le chef d’Union Montréal entend doter la Ville d’un contrôleur qui complétera des «évaluations réalistes» des contrats municipaux, en regard de contrats conclus dans d’autres villes qué- bécoises, en Ontario ou encore aux États-Unis.La valeur des contrats est actuellement comparée avec celles des contrats «surévalués» ficelés au courant des dernières années, a admis M.Tremblay.Le maire sortant s’est aussi dit favorable hier à la tenue d’une commission d’enquête publique sur l’industrie de la construction et sur son influence sur les partis politiques, mais il a averti que le juge qui la présiderait devra naviguer entre les écueils.«Quand il y a une enquête, les gens disparaissent, ce n 'est pas compliqué», a-t-il lâché.Il a aussi ouvert la porte à un financement exclusivement public des partis politiques.Les gouvernements devraient-ils financer les partis politiques, s’interroge M.Tremblay?«Je pense qu’on est rendus à un point où on devrait avoir un débat», a-t-il conclu.Le chef d’Union Montréal a profité de la rencontre pour rappeler les grands projets qu’ils souhaitent voir se concrétiser pendant les quatre prochaines années, c’est-à-dire terminer le Quartier des spectacles, niveler l’autoroute Bonaventure, parti- ciper au grand projet de technopole de la santé et rajeunir les muséums nature.Par ailleurs, Gérald Tremblay estime qu’il «serait irresponsable» de promettre un gel des taxes foncières, laissant entrevoir une augmentation au-delà de la hausse de l’indice des prix à la consommation.Le chef d’Union Montréal s’était pourtant engagé à «ne pas augmenter le fardeau fiscal global des contribuables».II considère aujourd’hui avoir commis une erreur, il y a quatre ans, en promettant de ne pas augmenter le fardeau fiscal des contribuables.«Si on avait fait 2 % par année pendant quatre ans, on aurait 200 millions de plus sur une base récurrente.» Au terme de l’entretien qu'il a accordé au Dewar hier, M.Tremblay a rappelé les circonstances entourant son départ de la scène politique provinciale, à la suite de la défaite du PLQ: «Je n’étais pas une personne d’opposition.J'ai quitté.Une mission inachevée, c'est la pire des choses.» Et cette fois, son objectif, c’est d'achever sa mission.Le Devoir ?i L E I) E V 0 I R , L E .1 E U I) I 2 2 0 C T 0 B R E 2 0 0 !) A jet d’aucune menace.C’est l’ancien chef de police Jacques Duchesneau, bien au fait des ramifications du crime organisé, qui lui avait suggéré d’agir ainsi l’été dernier.M.Bergeron ne l’a d’abord pas pris au sérieux, mais son ascension dans les intentions de vote l’a incité à se raviser.Aujourd’hui, Mme Harel, qui se dit «imperméable» aux influences du milieu de la construction et des firmes de services professionnels, soutient être la mieux placée pour faire le ménage à l’Hôtel de Ville.Ses adversaires en disent autant.Gérald Tremblay affirme qu’il est l’homme de la situation, alors que Richard Bergeron se présente comme sans reproches et comme le seul des trois candidats à la mairie à incarner l’intégrité.Peur dans les corridors Le climat de peur s’est aussi insinué dans les corridors de l’hôtel de ville.Selon nos sources, des fonctionnaires cherchent à prendre leurs distances de ce qui semble être un système.Au cours des derniers mois, certains d’entre eux qui se sont confiés à des journalistes faisaient eux-mêmes état de leur peur et ont en conséquence modifié leur façon de communiquer avec les médias.La succession de scandales (informatique, compteurs d’eau, SHDM, réfection de la toiture de l’hôtel et promiscuité entre les élus et les en- trepreneurs) a soulevé des questions dans l’appareil public sur la complaisance de la Ville qui a permis les pratiques douteuses.Au cours des derniers mois, des employés ont aussi été congédiés pour avoir trempé dans des activités louches, comme la surfacturation au service informatique.D’autres ont été remerciés de leurs services (avec indemnité) pour avoir tenu le maire dans l'ignorance dans des dossiers litigieux.«J’ai de plus en plus confiance dans la fonction publique, dit le mare.Est-ce qu’il y en a encore [des cas problèmes] ?Peut-être.» Enrayer le fléau n’est pas une mince tâche.«U y a une limite à ce que je peux faire.Je ne suis pas un policier», rappelle Gérald Tremblay.Le nœud du problème, ajoute-t-il, c’est que ceux qui savent des choses et qui détiennent des preuves n’osent pas témoigner à la police.Sans preuve, la vérité peut difficilement émerger et les inculpations sont impossibles.Selon lui, la tenue d’une enquête publique pendant que se poursuivent les investigations policières risque d’être un frein pour faire le ménage.«Quand il y a une enquête [publique], les gens disparaissent», laisse tomber le maire.Après un long silence, il évoque le cas de l’enquête policière éventée dans les médias au printemps concernant la réfection de la toiture de l’hôtel de ville qui, selon lui, a saboté les possibilités d’épingler les «mafiosos», notamment par l’écoute électronique.Depuis son arrivée au pouvoir, la situation s’est aggravée.Malgré cela, Gérald Tremblay soutient avoir commencé le ménage en 2006 et qu’il a besoin de quatre autres années pour finir le travail.Le Devoir MJ t.v ^SjÊtSStsi-.-'V* , *1 / -M '*dfZ ï j -b V • ! t Z T m k-'-Ÿ;-» - JACQUES GRENIER LE DEVOIR LABEAUME «Si quelqu’un veut m’acheter un billet pour un cocktail d’Equipe Labeaume [.] qu’il me dit qu’il n’en a pas assez [de contrats], je vais lui dire que c’est son problème et que s’il n’est pas content, qu’il ne rachète plus de billets SUITE DE LA PAGE 1 enregistrées par le parti l’an dernier.Le Devoir a pu confirmer ces informations, qui ont d’abord été colligées lundi dans le journal L’Infobourg, un hebdomadaire du centre-ville de Québec, sous la plume de Mathieu Houle-Cour-celles, un militant très actif dans les dossiers du logement, notamment.La liste officielle des contributions de 2008 à Equipe Labeaume révèle que plusieurs dirigeants clés de BPR ont financé le parti du maire sortant, dont le p.-d.g.Pierre Lavallée, le p.-d.g.de BPR-Bâtiment, Daniel Samson, et l’un des vice-présidents, Guillaume St-Gelais.Les contributions de ces personnes ont toutes été enregistrées le 3 juillet, journée au cours de laquelle M.Labeaume était fort occupé en raison des célébrations du 400' anniversaire de la ville.Chez Dessau, Michel Verreault, le vice-président de la direction de l’entreprise, a lui aussi contribué ce même jour.Les donateurs ont chacun contribué à hauteur de 500 $ ou 1000 $, le montant maximal autorisé par la loi.Dans certains cas, des contributions de leur conjointe permettaient de totaliser 2000 $ par couple, ce qui est par ailleurs tout à fait légal.Et c’est ce qu’a souligné le porte-parole de l’Équipe Labeaume hier lorsque Le Devoir l’a interrogé à ce propos.«Je pense qu’il n'y a pas de quoi fouetter un chat avec des contributions qui totalisent deux, trois, quatre mille dollars parce que ce sont des individus qui sont liés à un bureau», a commenté le porte- » parole de campagne, Michel Gagné.«Ce n’est pas de la collusion, ce n’est pas de la fraude organisée, c’est simplement la loi qui permet des contributions jusqu’à un maximum de 1000 $.» Chez Dessau, les commentaires de la porte-parole Kim Malo allaient dans le même sens.«Oui, ce sont bien des employés de Dessau, mais ces gens-là sont avant tout des citoyens.[.] On a 4300 employés et je ne pense pas qu’on doive envoyer une note à chacun pour leur dire: “S.VP, ne faites pas de dons à titre personnel”.» Chez BPR, le porte-parole ne nous a pas rappelés après avoir pris connaissance de nos questions.A Québec comme ailleurs, les firmes Dessau et BPR ont obtenu des contrats importants ces dernières années.La firme BPR a notamment travaillé dans les dossiers du bassin de rétention de la rivière Lorette et du nouveau stade universitaire.Par le biais de sa filiale en construction (Verreault), Dessau a quant à elle obtenu le contrat de réaménagement des sites de la baie de Beauport, de la Pointe-à-Carcy et de l’Anse-Brown dans le cadre du 400'' et elle dirige le consortium qui doit mettre à jour les études de faisabilité du projet de train à grande vitesse.Pascal-Pierre Paillé avait contribué au RMQ en 2008 La formation politique du maire sortant tenait justement un cocktail-bénéfice hier soir au patro Rocamadour pour amasser des fonds.D’après M.Gagné, les informations sur la totalité des contributions recueillies seront diffusées sur le site Web du parti «la semaine prochaine».M.Gagné s’est par ailleurs moqué de l’idée qu’on puisse penser «acheter le maire avec 2000 $ ou 3000 $».M.Labeaume, un millionnaire qui a fait fortune dans le domaine minier avant de se lancer en politique, a souvent laissé entendre que sa fortune personnelle le rendait imperméable au trafic d’influence.«Moi, ça adonne bien, je n’ai pas besoin d’eux», déclarait-il lors d’une entrevue dimanche diffusée sur les ondes de TVA.«Rien n’est impossible, on n’est pas à l’abri de ça», avait-il aussi déclaré, en précisant qu’il fallait selon lui avoir «un comportement de refus».«Si quelqu’un veut m’acheter un billet pour un cocktail d’Équipe Labeaume [.] qu’il me dit qu’il n’en a pas assez [de contrats],/e vais lui dire que c’est son problème et que s’il n 'est pas content, qu’il ne rachète plus de billets.» Du côté du parti d’opposition — le Renouveau municipal de Québeç —, qui a amassé l’an dernier presque autant qu’Équipe Labeaume (76 430 $), les dons de 1000 $ proviennent tous de gens qui étaient des élus du parti en 2008.Ont également contribué différentes figures souverainistes, dont la députée péquiste Agnès Maltais, la présidente de la Société nationale des Québécois de Québec, Nicole Madore, et le député bloquiste Pascal-Pierre Paillé, qui s’est d’ailleurs mis dans l’embarras cette semaine en intervenant dans la campagne municipale sans l’aval de son chef.Le Devoir CARCAJOU SUITE DE LA PAGE 1 ensemble, comme à l’époque de Carcajou, cette escouade créée en 2000 composée d’enquêteurs de la GRC, de la SQ et de corps policiers de Montréal.Ancien de Carcajou et de la SQ, le député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, a soutenu, hier au Parlement, que la création d’une escouade spéciale était une bien meilleure stratégie, face à la corruption dans la construction, que de tenir une enquête publique.Pour la guerre des motards, c’est précisément le choix que le PQ avait fait en 2000, a-t-il rappelé.Or, à l’époque, le critique libéral en matière de sécurité publique, Jacques Dupuis (aujourd’hui ministre), réclamait quotidiennement une enquête publique.«Je remercie Serge Ménard de n’avoir pas cédé à Jacques Dupuis», a dit M.Ouellette au Devoir, alors qu’il sortait du Salon bleu.«Si, en 2000, le ministre Ménard avait cédé aux pressions de Dupuis, on n’aurait jamais pogné les Hell’s Angels comme on les a pognés en 2001.On a arrêté la guerre des motards.Ce n’est pas rien.» Guy Ouellette rejette l’opinion souvent entendue ces derniers jours selon laquelle le travail policier conviendrait surtout aux enquêtes portant sur un cas précis.Au contraire, plaide-t-il, «les forces policières du Québec nous ont habitués à démonter des systèmes», a-t-il dit hier après-midi lors du débat sur la motion de l’opposition péquiste réclamant une enquête publique sur la construction et le domaine municipal (elle sera mise au vote ce matin).«On l’a vu avec les gangs de rue.On l’a vu avec les motards.On l’a vu avec la mafia italienne dans le projet Colisée», a soutenu M.Ouellette.En référence à l’annonce d’aujourd’hui, il a conclu qu’il fallait donner aux «forces policières les outils dont elles ont besoin».Mardi, Le Devoir révélait que la Commission de la construction, chargée de l’application des conventions collectives dans les chantiers, avait réclamé récemment des moyens supplémentaires.La CCQ lutte contre le travail au noir, lequel, payé en argent comptant, est une méthode de plus en plus prisée de blanchiment d’argent.«On a demandé des moyens additionnels, et ça devrait être annoncé sous peu.La balle est dans le camp du gouvernement», a dit André Martin, porte-parole de la CCQ, en évoquant la création d’escouades mixtes et la «création de nouveaux outils [.] de partage d’information interorganisme».Déjà, la CCQ travaille avec le ministère du Revenu, la Régie du bâtiment, la Commission de la construction, la CSST et le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP).Resucée L’opposition péquiste a été mise au courant en fin de journée hier de l’annonce que le gouvernement doit faire aujourd’hui.Elle craint que cette dernière ne soit qu’une resucée du «spectacle» du dimanche 13 septembre, où trois ministres avaient présenté des mesures pour lutter contre la fraude: Jacques Dupuis et Richard Deschesnes, cette fois en compagnie de Kathleen Weil (Justice) et Raymond Bachand (Finances), avaient entre autres annoncé la création d’une «toute nouvelle équipe mixte» composée de 17 enquêteurs de la SQ et ayant pour mission «d’enquêter sur toute forme de malversation et de corruption».Selon le critique péquiste en matière de sécurité publique, Bertrand St-Arnaud, l’annonce d’aujourd’hui est en quelque sorte un «aveu d’échec» de la stratégie adoptée le 13 septembre.De plus, «ça démontre que les enquêtes policières en cours sont insuffisantes», a-t-il dit.«Peu importe ce qui est annoncé, ça reste une action au niveau des enquêtes policières, et non pas la réflexion nécessaire que nous devons avoir sur l’ensemble d’un système, sur l’octroi des contrats, les liens entre le monde de la construction et les municipalités», a dit M.St-Arnaud au Devoir, hier soir.«Bouette» au Salon bleu Hier en matinée, Jean Charest et Pauline Ma-rois se sont mutuellement accusés de n’avoir pas toujours respecté les règles éthiques.La chef péquiste avait d’abord rappelé que son vis-à-vis était «allé au Mexique sur le bras de l’industrie de la construction», à l’hiver 2000.Mme Ma-rois faisait référence au voyage qu’un important lobby, l’Association canadienne de la construction, avait payé à Jean Charest (alors chef de l’opposition) et à sa famille.Le chef libéral s’était rendu à Puerto Vallarta pour prononcer une conférence et rencontrer des représentants du monde de la construction.Le premier ministre a répondu à la chef péquiste en l’invitant «à un peu de retenue et de prudence» et en soulignant que cette dernière vivait «dans une maison de verre».Le leader péquiste, Stéphane Bédard, a ensuite mis le premier ministre encore plus en colère en demandant si le Parti libè ral allait se conformer aux directives du DGE et présenter plus clairement, dans son rapport annuel, le salaire d’appoint que Jean Charest reçoit du PLQ.C’est le ministre Claude Béchard qui a répliqué.En reprochant au PQ de mener «une opération de qui va lancer le plus de bouette», M.Béchard a accusé Pauline Marois d’avoir reçu, par l’entremise du Groupe Réflexion Québec, qui devait préparer sa campagne à la chefferie, des dons et des prêts sans en dévoiler la provenance.Le Devoir 1E DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9" étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com !¦* Devoir peut, à l’occasion, mettre In liste d'adresses de ses abonnés à la disposition au samedi par 1/?Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050, rue De Bleury, O’ l'imprimerie du Journal de Québec, 450 avenue Béchtfd, Québec qui est la propriété La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-9853340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-9855967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-4657559 L’agenda culturel Au téléphone 514-9853346 Par télécopieur 514-9853390 d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent Intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.U Devoir^ publié du lundi étage, Montréal, (Québec), H3A 3M9.Il est imprimé par Imprimerie Mirabel Inc., 12 8
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