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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2005-08-04, Collections de BAnQ.

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TORONTO PARIS Zidane et Makélélé reprennent du service Page B 6 Les boîtes noires de l’Airbus 340 ont été retrouvées Page A 3 LE DEVOIR V o L .X C V I N ‘ 1 7 4 ?LE JEUDI 4 AOÛT 2 0 0 5 87c ?TAXES il Quatorze marines tués en Irak Rapt et assassinat d’un journaliste américain NAWFAL HACHEM Bassora — Quatorze marines et un traducteur ont péri dans une attaque hier en Irak, l’un des bilans les plus lourds pour l’armée américaine, alors qu’un journaliste américain indépendant, Steven Vincent a été enlevé et tué par des inconnus dans le sud du pays.Les nouvelles pertes de l’armée américaine portent à 21 le nombre de GI’s tués à l’ouest de Bagdad depuis lundi.Tous appartenaient à la deuxième force expéditionnaire des marines déployée dans la province rebelle sunnite d’aLAnbar.«Quatorze marines et un interprète civil de la deuxième force expéditionnaire des marines ont été tués au combat tôt ce matin lorsque leur véhicule [.] a été attaqué avec un engin explosif», a précisé un communiqué militaire, sans préciser la nationalité du civil.D’habitude, les interprètes accompagnant les GI’s sont des Irakiens ou parfois d’autres ressortissants arabes.Un marine a été blessé dans l’attaque, survenue à environ deux kilomètres de Haditha, à 250 km à l’ouest de Bagdad.Ces décès portent à 1811 le nombre de militaires américains morts en Irak depuis l'invasion de mars 2003, selon un décompte de l’AFP à partir des chiffres du Pentagone.Lundi, sept marines ont été tués au combat à l’ouest de Bagdad.Le groupe Ansar al-Sunna, lié au réseau terroriste al-Qaïda, a revendiqué cette attaque en parlant de huit marines tués et d’un neuvième capturé.L’armée américaine a démenti une telle capture.Dans la ville méridionale de Bassora, relativement épargnée par la violence, le journaliste américain Steven Vincent, 50 ans, a été enlevé mardi par des inconnus qui l’ont tué par balles.Il s’agirait du premier cas de rapt et d’assassinat d’un journaliste américain en Irak depuis l’invasion.Quatre hommes armés «circulant à bord d’une camionnette blanche ont enlevé mardi Vincent et son interprète irakienne rue al-Istiqlal», selon Karim akZai'di, officier de presse au commissariat général de la police.Le corps du journaliste a été retrouvé dans la même rue et l’interprète, grièvement atteinte de deux balles, a été VOIR PAGE A 8: IRAK Michaëlle Jean, gouverneure générale *• •* JACQUES GRENIER LE DEVOIR GROSSE SURPRISE à Ottawa: alors qu’on attendait davantage la candidature de la lieu-tenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, c’est plutôt la populaire journaliste et animatrice québécoise d’origine haïtienne Michaëlle Jean qui sera nommée gouverneure générale du Canada, aujourd’hui, par le premier ministre Paul Martin.Elle succède à Adrienne Clarkson et devient, à 47 ans, la plus jeune représentante de la reine au Canada.Employée à la CBC (comme Mme Clarkson, d’ailleurs) et à Radio-Canada depuis 1988, Michaëlle Jean a notamment présenté le Teléjournal pendant quelques années.Encore cet été, elle y a remplacé Bernard De-rome.Durant la dernière saison télévisuelle, elle animait une série de grandes entrevues à RDI (Michaëlle) tout en présentant Passionate Eye à Newsworld.Nos informations en page A 2.Adidas avale Reebok Le numéro deux mondial des équipements sportifs talonne maintenant son grand rival Nike Herzogenaurach — Adidas, numéro un européen et numéro deux mondial des équipements sportifs, a défié hier son grand rival Nike en annonçant le rachat de l’américain Reebok.A sa liste prestigieuse de sportifs et d’équipes sous contrat — l'équipe de foot allemande, les footballeurs David Beckham et Zinedine Zidane —, Adidas va ainsi pouvoir «douter, i du bas- grâce à Reebok, d'autres grands noms: stars < ket américaines (Yao Ming, Allen Inverson), mais également la joueuse de tennis française Amélie Mauresmo et le club de football FC Liverpool, qui s’est illustré cette année.Le rachat, par Adidas, de son concurrent américain Reebok se fera au prix de 3,1 milliards d’euros (4,4 milliards $CAN).Le groupe allemand va lancer une offre publique d’achat sur la totalité du capital de Reebok pour 59 $US par action, un prix qui re-présente une prime de 34 % par rapport au cours de clôture du groupe américain mardi.I>e rachat du numéro trois mondial permettra à Adidas de plus que doubler ses ventes en Amérique du Nord et de se renforcer dans le basket et la mode sportswear.Les points forts du groupe allemand sont actuellement l'Europe et l’Asie et, au niveau des sports, le football.Adidas espère boucler l’opération au premier semestre 2006, doit encore obtenir l’aval des actionnaires de sa cible et des autorités antitrust.Adidas va lancer une offre publique d’achat sur la totalité du capital de Reebok pour 59 $US par action.Coût 4,4 milliards.VOIR PAGE A 8: ADIDAS (Injustice du Nord (2) Notre journaliste poursuit son séjour d’une semaine dans le Grand Nord québécois, à Puvirnituq, petit village de la côte est de la baie d’Hudson, à la hauteur du 60' parallèle, au Nunavik.Elle s’y est rendue à l’invitation du Fonds Claire L’Heureux-Dubé pour y rencontrer 15 femmes inuites, réunies pour témoigner de leur situation.Voici le troisième et avant-dernier texte de cette série.HÉLÈNE BUZZETTI Jeff Filion s'est fait un nom — et un compte de banque — sur les ondes à Québec en attaquant des individus et en broyant des réputations.Si le statut de bourreau du micro constitue un emploi dans le Sud, il est devenu l’apanage de tout un chacun au Nunavik.«Les gens prennent le micro de la radio FM dans les villages et disent publiquement qu’ils n’aiment pas telle ou telle personne», raconte Mary Thomassie, une Inuite représentant cette semaine le village de Kangirsuk au camp Béluga.«C'est très difficile de se faire dire des choses négatives au su de toute la communauté.» La pratique est suffisamment courante pour que trois des participantes au camp Béluga soulèvent la question depuis deux jours.«Un des problèmes de ma communauté, c’est le commérage à la radio FM», dit VOIRPAGE A8: JUSTICE La catharsis est centrale dans la conception inuite de la justice INDEX Annonces.B4 Avis publics.B 5 Culture.B 8 Décès_______B4 Économie.B 1 Éditorial___A6 Idées_______A 7 Météo.B6 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 La voix, ce second visage TIMM SCHAMBERGER AFP Chez la femme, en une seconde seulement, les cordes vocales oscillent 200 fois.Chez l’homme, on compte de 100 à 120 vagues par seconde.Un ballet complexe qui, s’il n’est pas réglé au quart de tour, s’encrasse, se bloque, s’essouffle.LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY La voix est un second visage», a noté — fort joliment d’ailleurs — l’écrivain français Gérard Bauër.Un visage qui, parce qu’il est caché, est constamment maltraité, aurait pu ajouter la D" Karen Kost.Dans son laboratoire de la voix, l’oto-rhino-laryngologiste de l’Hôpital général de Montréal constate tous les jours les conséquences de la négligence commise à l’égard d’un organe qui commande opur-tant des précautions quotidimnes.Des précautions quotidiennes?La formule semble quelque peu exagérée; pourtant, la D" Kost y tient mordicus.«La voix est tenue pour acquise par tous et pourtant elle peut se braquer à tout moment.D’ailleurs, une large proportion de ceux qui souffrent de problèmes aux cordes vocales l’ignorent.Pour eux, avoir la voix éteinte le soir ou avoir un timbre rugueux ou sifflant, c’est la normalité, alors que tout cela généralement se corrige.» Très souvent, les patients de la D" Kost ne prennent véritablement conscience de leur mal que lorsqu’ils voient celui-ci multiplié par dix sur l’écran couleur de son laboratoire.«La beauté de notre technologie, c’est que les gens peuvent voir l’état de leurs cordes vocales en direct et le comparer à celui de cordes vocales saines.Sans ce “reality check", il leur est difficile de concevoir l’étendue des dégâts et n’ont aucun désir de changer leurs habitudes» C’est que les agresseurs des cordes vocales sont non seulement méconnus mais multiples.Outre la cigarette, la pire ennemie VOIR PAGE A 8: VOIX LES AVENTURES DI! FAUX Orson Welles, le mystificateur I À lire en page A 4 JACQUES S AVOtE soupes céleste i » » i LE DEVOIR, LE JEUDI 4 AOÛT 2 0 0 5.LES ACTUALITES Michaëlle Jean sera gouverneure générale ALEC CASTONGUAY GUILLAUME B O U R G A U LT-C ÔT É Ottawa— Grosse surprise a Ottawa; alors qu’on attendait davantage la candidature de la lieutenan-te-gouvenieure du Québec, Lise Thibault c’est plutôt la populaire journaliste et animatrice québécoise d’origine haïtienne Michaëlle Jean qui sera nommée 27' gouverneure générale du Canada, aujourd’hui, par le premier ministre Paul Martin.C’est la troisième femme, et la première Noire, à occuper ce poste.Elle succède à Adrienne Clarkson et devient, a 48 ans, la plus jeune représentante de la reine au Canada.Employée à la CBC (comme Mme Clarkson, d’ailleurs) et à RadioCanada depuis 1988, Michaëlle Jean a notamment présenté le Téléjourml pendant quelques années.Encore la semaine dernière, elle y lisait les nouvelles.Durant la dernière saison télévisuelle, elle animait aussi une série de grandes entrevues à RDI {Michaëlle), tout en présentant Passionate Eye au réseau anglais.Arrivée enfant au Québec, Michaëlle Jean est rapidement devenue une figure de proue du journalisme télévisé.Sa prestance, son intégrité, sa sensibilité et son éloquence en ont fait une animatrice recherchée.Elle a d’ailleurs reçu de nombreux prix de journalisme.Elle possède une maitrise en langues et littérature.comparée: elle parle ainsi couramment anglais, français, espagnol, italien et créole.Avant d’atterrir à Radio-Canada, la nouvelle gouverneure générale avait travaillé au sein du Regroupement provincial des maisons d’hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale au Québec, entre 1979 et 1987.Elle est la conjointe du documen-tariste Jean-Daniel Lafond, avec qui elle a une enfant de six ans.Ce soudain changement de carrière de l’animatrice a pris tout le monde par surprise hier.La nou-velle a été diffusée vers 19h par les réseaux de télévision CTV et Global.Selon des sources sûres, Radio-Canada avait prévu d’annoncer la nomination de Mm,e Jean a son bulletin de 21h, mais la télévision d’Etat s’est ensuite rajustée pour contrecarrer les fuites.Jamais le nom de Michaëlle Jean n’avait circulé auparavant parmi la liste des éventuels remplaçants de Mme Clarkson, qui termine un mandat de six ans à Rideau Hall, controversée du fait d’un train de vie dispendieux.Francophone Cela faisait donc 15 ans qu'un Québécois n'avait pas occupé ce poste, soit depuis le départ de Jeanne Sauvé en 1990.La tradition veut qu'il y ait une alternance entre francophones et anglophones pour représenter la reine d’Angleterre au Canada.Depuis Mme Sauvé, le pays a vu défiler Ramon Hnatyshyn entre 1990 et 1995, un ancien ministre conservateur, puis le Néo-Brunswickois Roméo Leblanc jusqu’en 1999, pour ensuite assister au mandat d’Adrienne Clarkson, qui doit quitter ses fonctions le 30 septembre prochain.Plusieurs noms circulaient dans les coulisses à Ottawa.Les libéraux, mal en point dans les sondages au Québec, veulent tirer profit de cette nomination pour redorer leur blason auprès de l’électorat québécois.La personnalité retenue devait donc être connue du grand public.Hier, le nom le plus souvent cité était celui de l’actuelle lieutenante-gouverneure du Québec, Lise Thibault, en poste depuis 1997.Toutefois, son manque d’habileté à manier l’anglais était un point négatif à sa candidature.D’autres femmes auraient aussi pu être appelées à jouer ce rôle pour les cinq prochaines années.Le nom de l’actrice Monique Mercure figurait aussi en haut de la liste.L’ancienne ministre libérale Monique Bégin, 67 ans, était aussi sur les rangs.Paule Gauthier, une avocate née à Joliette, et Guylaine Saucier, une femme d’affaires qui siège à plusieurs conseils d’administration, étaient aussi considérées, selon diverses sources.Le Devoir Pas de réprimande pour le juge Robert SYLVAIN LAROCQUE Ottawa — D n’y a pas lieu de réprimander le juge en chef du Québec, Michel Robert, pour ses propos controversés sur les souverainistes, a annoncé hier le Conseil canadien de la magistrature: Pour éviter de prêter flanc à la critique, l’organisme a fait confirmer sa conclusion par l’ancien premier ministre péquiste Pierre-Marc Johnson, aujourd’hui avocat au cabinet Heenan Blaikie.Lors d’une entrevue accordée à la radio de Radio-Canada le 25 avril, M.Robert avait affirmé: «Pour être nommé, pour occuper une fonction, je veux dire, dans la magistrature de nomination fédérale, je pense que c’est une sorte de prérequis qu 'on ne doit pas être souverainiste.Enfin, je pense que c’est l'opinion qui est généralement tenue par l’ensemble des juges au Canada.» Le magistrat avait fait ces commentaires en réaction à la déclaration d’un ancien directeur général de l'aile québécoise du Parti libéral fédéral, Benoît Corbeil, qui avait soutenu que certaines nominations de juges avaient été éminemment partisanes.M.Corbeil avait fait sa sortie dans le contexte de l’enquête du juge John Gomery sur le scandale des commandites.Le 26 avril, le juge Robert nuançait ses propos.«Ce que j’ai voulu dire, c’est que l'on ne peut pas à la fois faire la promotion de la souveraineté et exercer la fonction de juge», expliquait-il.Précisions Dans le cadre de son enquête, le Conseil de la magistrature a demandé à Michel Robert de s’expliquer.Dans une déclaration écrite, il a pré- tendu que ses propos ont été pris hors contexte et qu’ils ne reflètent pas sa pensée, sans toutefois blâmer le journaliste de RadioCanada «Aucune personne n’est exclue de l’admissibilité à la magistrature de nomination fédérale ou provinciale sur la base de convictions ou d’allégeances politiques», a assuré le juge en chef au Conseil.«Au niveau des comités de sélection, ce critère n’est pas pertinent.Les activités politiques ne constituent pas un prérequis ou un empêchement à une nomination judiciaire.» Le juge Robert a en outre précisé que «parmi les membres de la magistrature québécoise, plusieurs personnes ont pu avoir ou peuvent encore avoir des opinions souverainistes».11 se dit convaincu que ces juges «administrent la justice avec indépendance et impartialité» en respectant leurs serments d’office et d’allégeance.Les députés Richard Marceau et Gérard Asselin, du Bloc québécois, de même que deux citoyens avaient déposé une plainte à l’encontre de Michel Robert C’est le juge en chef de la Cour d’appel fédérale, John Richard, à titre de vice-président du Comité sur la conduite des juges du Conseil de la magistrature, qui a examiné le dossier.Après analyse, M.Richard «accepte les précisions claires apportées par le juge en chef Robert», peut-on lire dans la lettre que le directeur exécutif du Conseil, Norman Sabourin, a envoyée à M.Marceau.Le Conseil estime que la plainte ne mérite pas un examen plus poussé et ferme le dossier.Pierre-Marc Johnson a révisé la décision de John Richard et s’est dit d’accord avec celle-ci.Presse canadienne Rectificatif Dans une dépêche transmise mardi, la Presse canadienne écrivait qu’après les nominations au Sénat annoncées par le premier ministre Paul Martin, il ne restait plus que deux sièges vacants.Or, il en reste encore cinq.De plus, la PC écrivait que les sénateurs gagnent 116 000 $ par année, sans compter les avantages sociaux.Or, ce salaire est récemment passé à 119300$.-PC André Boisclair est officiellement dans la course à la direction du PQ L’ancien ministre est appuyé par 3720 membres répartis dans 125 circonscriptions C LAIRAN D RÉ E CAUCHY Peu importe si Bernard Landry décide de se lancer dans la course à sa propre succession, André Boisclair sera sur les rangs.«En toutes circonstances, je serai dans la course», a-t-il assuré au moment de déposer son bulletin de candidature officiel à la direction du Parti québécois, appuyé par 3720 membres du parti répartis dans les 125 circonscriptions.Les règles du PQ exigeaient qu’il dépose un minimum de 1000 signatures, recueillies dans au moins 40 circonscriptions.«Je suis convaincu que le geste que je pose aujourd’hui va faire partie de la réflexion de M.Landry.[.] Mon défi, c’est d’essayer de convaincre M.Landry que j’ai les compétences, que je suis capable de monter une équipe pour être capable de lui succéder», a ajouté celui qu’un récent sondage plaçait en tête des candidats déclarés dans la course au leadership du PQ.On s’attend à ce que Bernard Landry fasse connaître ses intentions au cours de la prochaine semaine, à la suite de l’appel de plusieurs militants lui demandant de reprendre du service.En présentant plus de trois fois le nombre de signatures requis, celui que plusieurs perçoivent comme l’héritier de M.Landry tente de démontrer qu’il peut faire campagne sur ses propres bases, indépendamment du réseau politique propre à l'ancien chef du PQ.On précisait d’ailleurs hier dans l'entourage de M.Boisclair qu’aucun député n’a indiqué son souhait d’attendre la décision de M.Landry avant de se prononcer, aucun non plus n’aurait fait pression sur JACQUES GRENIER LE DEVOIR André Boisclair présente sa liste d’appuis à la présidente d’élection Lyne Marcoux.André Boisclair pour qu’il s’éclipse devant l’ancien chef.Prendre conseil des aînés C’est dans un rôle de conseiller qu’André Boisclair voudrait bien voir le chef démissionnaire du PQ, qu’il n’hésite pas à qualifier d’«aîné».«Le Québec a besoin de Bernard Landry.Le Québec a besoin de ses aînés.[.] fai le goût de faire appel au savoir d'un Bernard Forfait festival disponible fostv/Pl Or yen Du IS au 21aoùtl00S¦ IM ACTMrf DI UlHïïmiT DU nouveau monk plus de 20 spectacles et conférences Du théâtre, du cinéma, de Ihurnow et dé l’art engages.^Tot CONFÉRENCE «ww.ram.ic-» I EN GRANDE PREMIERE AU QUÉBEC Ralph Nader, candidat vert aux présidentielles américaines Être progressiste aux États-Unis MERCRED117 AOÛT ¦ 19H-20H30 Vous pouvez reserver vos places et acheter vos billets dès maintenant ! PAR CARTE DE CRÉDIT SUR INTERNET : www.inm.qc.ca, rubrique Festival citoyen PAR CARTE DE CRÉDIT PAR TÉLÉPHONE : (514) 934-5999, poste 221 Plus de 20 spectacles et conférences Choisisseï vos activités à la carte, sur Internet : www.inm.qc.ca, rubrique Festival citoyen Ile René-Levasseur : les Innus veulent imposer leurs conditions JOCELYNE RICHER Québec — La compagnie forestière Kruger devra se plier aux conditions fixées par les Innus si elle veut récolter le bois brûlé sur Hile René-Levasseur, sur la Côte-Nord, a indiqué hier le chef Raphaël Picard, du conseil de bande de Pessamit (Betsiamites).Du bout des lèvres, les Innus ont donné leur accord pour une rencontre tripartite, en présence des représentants du gouvernement du Québec et de la direction de la papetière, aujourd'hui, à Québec, en vue de discuter des modalités de la récolte du bois.Mardi, les Innus avaient refusé que Kruger participe à une première rencontre avec le gouvernement dans ce dossier.En fait les Innus n’ont pas d'objection de principe à ce que Kruger débarque sur Hle pour récupérer fa bois des forêts dévastées par les incendies de juin dernier.Mais si on se fie aux propos tenus hier par fa chef Picard, au-cui) chèque en blanc ne sera donné à la papetière.A ses yeux.Kruger n’est pas un interlocuteur à la fable de négociations.M.Picard, qui représente quelque 4000 autochtones, entend bien négocier «de gouvernement à gouvernement» avec Québec, tandis que Kruger est ramené au rang de simple «bénéficiaire» de la ressource, a-t-il explique, lors d'une conférence de presse.Partisan de la cogestion des forêts, M.Picard dit être désormais «un acteur indispensable» à la gestion forestière dans son ensemble, et s’engage à minimiser l'impact environnemental de la présence sur lHe de la compagnie.«Les Innus ne sont pas contre le développement.Mais il faut maintenant non seulement axer sur le bénéfice des actionnaires.Il faut axer notre méthode sur le développement durable», a-t-il fait valoir.Il a dit craindre les «méthodes sauvages» utilisées par Kruger, selon lui, et prévient que les Innus demanderont à ses porte-parole, aujourd’hui, «d’expliquer comment elle va se comporter sur le terrain» Mais le ministre des Ressources naturelles, fierre CorbeU, ne partage pas les vues des Innus.«On veut enlever de la pression sur la forêt saine qui est adjacente.Cest le gros bon sens» à tous points de vue, a-t-il dit lors d’un point de presse, à l’issue d’une réunion du conseil des ministres.Les Innus en veulent au ministère des Ressources naturelles de s’ètre entendu avec Kruger pour récolter le.bois de Pile René-Levasseur sans les avoir Landry, d’un Jacques Parizeau, d'un Lucien Bouchard, de tous ceux et celles qui ont animé avec force le mouvement souverainiste, tout comme j’aurai besoin de nos aînés qui ont bâti le Québec moderne», fait valoir le politicien de 39 ans, qui revient d’une année de pause politique passée à étudier aux Etats-Unis.’.L’ex ministre, qui a entre autres détenu les portefeuilles de l’Environnement, des Affaires municipales et de la Solidarité sociale, souhaite incarner un «nouveau style de leadership» et parler de la souveraineté «de façon positive».Il souligne que la doctrine souverainiste est plus claire que jamais et espère reléguer une fois pour toute aux oubliettes les «débats entre orthodoxes, affirmation-nistes, purs et durs».«Ce n’est pas vrai que le Parti québécois dans chacun de ses conseils nationaux va tenter de refaire les débats faits au congrès», a-t-il soutenu, en précisant que ces étiquettes étaient maintenant dépassées.S’il remportait le leadership, M.Boisclair entend également s’atteler à «dépéquiciser» l’option souverainiste.«Le défi du PQ réside dans sa capacité de faire en sorte que tous les souverainistes, qu’ils soient à l’ADQ, à l’UFP ou ailleurs, se sentent confortable à travers le leadership que j’exercerai».André Boisclair est donc devenu hier 1e troisième candidat officiel à la chefferie du PQ, après Richard Legendre et Louis Bernard.Pas moins de 12 aspirants ont annoncé jusqu’à présent leur intention de briguer les suffrages.Les mises en candidatures se termineront le 15 septembre, et les membres éliront leur nouveau chef à l’occasion d’un scrutin téléphonique dont les résultats seront connus le 15 novembre.Le Devoir consultés au préalable.Or, a fait valoir M.Picard, la décision de la juge Danielle Grenier, de la Cour supérieure, le 17 juin, stipule «l’obligation constitutionnelle de consulter» et la suspension des coupes forestières sur l’ile.«Au premier pas, on fait une fausse-couche», déplore-t-il.Depuis, le gouvernement et les Innus ont entrepris une escalade de recours judiciaires.Demain, les parties doivent se présenter devant le juge Pierre Dalphond, de la Cour d’appel, pour rendre compte de l’état de leurs discussions.La semaine dernière, 1e juge avait imposé aux parties de négocier en vue de trouver un terrain d’entente.Si aucun accord ne survient il rendra une décision fa 10 août Appui du public Les Innus et Greenpeace avaient convoqué les médias en vue de rendre public un sondage nv né auprès d’un millier de répondants et portant si r leur perception de la gestion forestière.Le sondage Léger Marketing, effectue entre te 6 et le 10 juillet ne comporte que quatre questions.Au total, 65 % des répondants se disent «tout à fait d’accord» ou «plutôt d’accord» avec te jugement Grenier, 70 % se disent favorables à la cogestion de la ressource forestière, et 34 % blâment Kruger si eDe perd des emplois en étant empêchée de récolter fa bois de Rie René-Levasseur.En direct du Groenland par téléphone, te porte-parole de Greenpeace, Steven Guilbault a retenu de ce sondage que Kruger avait fait une campagne de peur, en brandissant la menace de la perte de 150 emplois, et que cette campagne avait échoué.«Quand c’est pas les écolos, c'est les Indiens Cest toujours la faute des autres, c’est jamais leur faute.Ces gens-là ont un exercice de conscience à faire», selon lui.Pour être jugé utilisable par l’industrie, te bois brûlé doit être récupéré sans farder, dans les mois qui viennent d’où l'urgence de trouver un terrain d’entente.Le 6 juillet, parce qu’il voyait l’urgence d’agir, 1e juge André Rochon, de la Cour d’appel du Québec, avait autorisé la compagnie Kruger à récolter d’id novembre 190 000 mètres cubes de bois, mais depuis les Innus tentent d’obtenir un sursis d’application de cette décision.Presse canadienne * 4 LE DEVOIR.LE J E T D 1 4 AOÛT 2 0 0 3 \CTUALITES V *»« Airbus A M1KK CASSKSK REUTERS Des enquêteurs examinent le fuselage de l’appareil qui s’est abîmé hier à Toronto.Vol AF358 : les boîtes noires ont été retrouvées ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les photos prises par certains passagers du vol AF358 d’Air France, qui est sorti de piste mardi à Toronto, sont saisissantes.On y voit des vi-sages défaits par la peur, des gens qui tentent de sortir de l’appareil dans le chaos, échappant aux flammes qui font rage quelques mètres plus loin.A l’extérieur, des gens qui courent pour fuir le site en feu, une fumée noire qui barre le ciel, un appareü désarticulé, brisé par le choc du fossé au bout de la piste 24L Quelques secondes après la prise de ces images, diffusées hier par Radio-Canada, l’avion explosera.«L’équipage d’Air France a fait un travail incroyable et a certainement contribué à sauver plusieurs vies», a tenu à souligner le président de l’Autorité aéroportuaire du Grand Toronto, John Kaldeway, lors d’une conférence de presse en après-midi.Pas de doute.Si les 297 passagers — dont 104 Canadiens et 101 Français — et les 12 membres d’équipage sont aujourd’hui sains et saufs, c’est grâce à la rapidité des secours et à une procédure d’urgence respectée à la lettre.11 n’aura fallu que 120 secondes pour évacuer l’Airbus A340.Les premiers secours étaient sur les lieux 52 secondes après la réception du premier appel de détresse.En conférence de presse, les tapes dans le dos étaient nombreuses.Le choc de la veille passé, la satisfaction d’avoir évité une catastrophe était bien visible.Mais les réponses, elles, étaient moins nombreuses.Pourquoi la lumière dans la cabine des passagers s’est-elle éteinte au moment de l’atterrissage?Etait-ce la foudre?Pourquoi l’avion a-t-il été incapable d’arrêter sa course avant la fin de la piste?Aquaplanage dû à une piste anormalement détrempée?Manque de freins?Equipements électriques défectueux?Vents trop violents?Les boîtes noires Il faudra attendre, a rétorqué le ministre fédéral des Transports, Jean Lapierre.Les enquêteurs du Bureau canadien de la sécurité dans les transports (BST) sont sur place et ont pu accéder au site de l’accident hier après-midi seulement D’ailleurs, deux des pièces maîtresses du casse-tête de l’enquête ont été retrouvées, soit les boîtes noires qui retracent les conversations des pilotes et les données techniques de l’appareil.Les deux pièces, qui aideront grandement à établir la chronologie des événements, seront analysées à Ottawa dans les prochains jours.«R faut attendre de voir ce que les boîtes noires contiennent avant de voir comment on va diriger notre enquête», a expliqué Réal Levasseur, chargé de l’enquête pour le BST L’investigation prendra des semaines, sinon des mois.Mais la détermination de ne pas en rester là est totale, a soutenu le ministre Jean Lapierre.«Nous sommes résolus à trouver la cause de l’accident, a-t-il dit Nous allons prendre tous les moyens pour répondre aux demandes et recommandations qui sortiront de l'enquête.» A 16h mardi, lorsque le vol d’Air France a touché le sol à l’aéroport Pearson de Toronto, un violent orage avait poussé les autorités aéroportuaires à décréter une alerte rouge en raison des éclairs, des vents violents, de la pluie abondante et de la grêle.«Ces conditions extrêmes font partie des opérations d’un aéroport et nous ne fermons pas parce qu’il y a des éclairs», a soutenu Steve Shaw, le vice-président des Autorités aéroportuaires du Grand Toronto.Si la météo difficile au-dessus de Toronto est une piste importante de l’enquête, elle n’est toutefois pas la seule.«Nous examinons tout, a affirmé Réal Levasseur.La météo est un élément, mais il y a aussi la pression hydraulique, les freins, etc.Cest rare qu’un seul facteur soit la cause d’un accident.Ce sont des appareils complexes et ils sont pilotés par des humains.Beaucoup de choses sont possibles.On ne veut pas éliminer des possibilités avant même le début de l’enquête.» Mais visiblement, la foudre n’est pas le premier suspect.«Beaucoup d’avions ont été frappés par la foudre et, normalement, cela ne cause pas de problème, puisque les appareils sont conçus pour ça.Il faudra voir», a dit Réal Levasseur.L’entretien de l’appareil ne semble pas en cause, puisque l’Airbus A340 a été acheté neuf en 1999 et a été inspecté il y a tout juste un mois.De plus, ce type d’avion est l’un des plus sécuritaires au monde, n’ayant jamais été impliqué dans un accident mortel.Sur les 43 passagers blessés légèrement, il n’en restait que 14 à l’hôpital hier en fin de journée.L’accident a évidemment perturbé grandement les activités aéroportuaires à Toronto, mais aussi dans les autres aéroports du pays, qui ont dû retarder ou annuler des dizaines de vols.En fin de journée hier, l’aéroport de Toronto fonctionnait normalement et les derniers retards devaient être comblés pour ce matin.Le Devoir Un faux passager témoigne PAUL CAUCHON Radio-Canada a été victime d’un canular de très mauvais goût mardi soir un auditeur qui avait témoigné comme passager du vol d’Air France s’étant écrasé à l’aéroport Pearson de Toronto s’est avéré être un imposteur.Ce «passager», s’identifiant comme Michel Poi-tras, avait appelé dans le cadre de l’émission La Part des choses, à RDI, en début de soirée.C’est lui qui avait expliqué que le pilote avait averti les passagers 45 minutes avant l’atterrissage qu’il faisait face à un problème, et c’est également lui qui affirmait que sa cousine assise à côté de lui avait eu le bras arraché lors de l’accident.L’information avait été reprise ailleurs et se retrouvait même hier matin en une de La Presse, le quotidien citant RDI comme source.Mais ces informations étaient en contradiction avec les déclarations des autorités de l’aéroport, par exemple à l’effet que les blessés dans cet accident n’avaient subi que des blessures légères.«R y avait une contradiction entre sa version et les témoignages des autorités qui nous a mis la puce à l’oreille, expliquait hier au Devoir Geneviève Rossier, rédactrice en chef au secteur de l’information à Radio-Canada.L’auditeur avait laissé son numéro de téléphone, comme le veut la pratique.mais après son intervention en ondes, lorsque les recherchistes de l’émission l’ont appelé, le numéro s’est avéré être “hors service"».«Nous avons cherché son nom dans l’annuaire de Toronto et il n’existait pas, continue Geneviève Rossier.Et ce matin [hier matin], nous avons eu des informations de notre bureau à Toronto voulant qu’il avait déjà appelé à Radio-Canada là-bas pour fournir de fausses informations.Nous avons été victimes d’un imposteur et nous en sommes fort désolés.Ce sont les risques du direct».RDI prévoyait apporter un correctif en ondes hier soir, dans le cadre de l’émission Im Part des choses.Le Devoir Discovery est réparée en orbite La couverture isolante extérieure pose toutefois problème JEAN-LOUIS SANTINI Houston — La NASA a réussi ime grande première hier en réparant en orbite le bouclier thermique de Discovery afin d’éviter un risque de désintégration de la navette spatiale lors de son retour sur Terre lundi prochain.Durant une sortie spatiale, l’astronaute Stephen Robinson a sans difficulté retiré deux joints formant une protubérance potentiellement dangereuse sous le ventre de l’orbiteur, selon les images de l’agence spatiale retransmises en direct.Mais il pourrait être appelé à ressortir dans l’espace si les ingénieurs estiment qu’une déchirure dans une couverture isolante extérieure sous un hublot du poste de pilotage présente un danger.«Si nous n aimons pas ce que nous voyons sur les tests et analyses actuellement en cours, on aura le temps de ressortir et de faire quelque chose», a dit Paul Hill, directeur de vol, lors d’une conférence de presse au centre spatial Johnson, près de Houston.«Nous ne pensons pas que c’est un scénario probable», a-t-il ajouté.A la demande des contrôleurs de Houston, l’astronaute Wendy lawrence a procédé vendredi à une inspection visuelle et pris des photos de la partie abîmée avec le bras robotisé de la navette, Haute précision Visiblement soulagés après le retrait des joints, plusieurs responsables du programme se sont félicités de la parfaite réussite de cette chorégraphie orbitale de haute précision.«C’était absolument incroyable», a lancé Cindy Begley, principale coordonnatrice de cette sortie dans l’espace, lors de la même conférence de presse.«Quand il a retiré le premier joint, je me suis senti absolument soulagé et quand il a tiré le second, le soulagement a été total», a admis Paul Hill.Arrimé par les pieds à l’extrémité de Canadarm 2, bras robotisé de 20 mètres de long de l’ISS manœuvré par James Kelly, le copilote de Discovery, Stephen Robinson, a tiré sans efforts avec ses mains le premier joint de tuile puis le second.Après cette tâche qui a duré une quarantaine de minutes, Stephen Robinson a pris des photographies du bouclier thermique de Discovery.Les deux joints retirés dépassaient du ventre de la navette de respectivement 7,5 cm et de 2,5 cm, beaucoup plus pour le premier qu’estimé par la NASA «Super travail», a lancé un contrôleur de la mission à l’adresse de l’astronaute et de son collègue qui manœuvrait le bras robotisé.Pour son bricolage orbital, Stephen Robinson s’était armé d’une petite scie spéciale et d’une pince accrochées à sa ceinture, au cas où il n’aurait pas pu extraire ces joints à la main.11 avait aussi un sac à poubelle pour les récupérer.La veille de sa mission, il s’était dit un peu nerveux.«Cette réparation est très simple, mais les tuiles sont fragiles [.] et je dois donc faire extrêmement attention», avait-il dit La NASA avait décidé cette intervention improvisée de crainte que ces deux protubérances ne présentent des risques de températures excessives au moment de la rentrée de la navette dans l’atmosphère à plus de 20 000 km/h.Agence France-Presse EN BREF Saint-Paul: pas de sursis La direction du Collège Saint-Paul de Varennes devra verser, dans les plus brefs délais, les salaires des enseignants qu’elle voulait retenir en décrétant son lock-out le 17 juillet dernier.Elle s’est vu refuser le sursis qu’elle avait demandé à la Commission des relations de travail, qui a jugé ne pas avoir outrepassé ses compétences en qualifiant le geste de la direction de «mesure de représailles» contre les enseignants.Le syndicat des professeurs appelle le Collège à payer ses employés afin de retourner à la table de négociations pour tenter de sauver l’année scolaire.-Le Dereir Gendron s’excuse Québec — Le maire de Huntingdon et animateur de radio Stéphane Gendron a présenté publiquement ses excuses au premier ministre Jean Charest hier, apres l’avoir Irai té de «meurtrier» en ondes, en juillet Ce dernier avait répBqué par là bouche de la firme d’avocats McCarthy ïetreault qui avait mis en demeure l’animateur de se rétracter, ce qu’il a accepté de faire à 17 h, hier.Sur les ondes du 98,5 FM, à Montréal où il commente l’actualité dans le cadre de l’émission Franc-parler, l’animateur est passé à Fat-taque, le 13 juillet puis une autre fois le 24 juillet pour reprocher au gouvernement de ne pas rendre accessible le médicament Herceptin aux femmes souffrant d’un cancer du sein à un stade précoce.Cette si tuation justifiait à ses yeux, le recours en ondes à des attaques personnelles et à toute une série d’épi diètes peu flatteuses à l'endroit du premier ministre Charest - PC I 1 La taxe sur le tabac pourrait servir aux équipements sportifs ¦ üs»*l ¦n *0 ¦ i if» t-fâr.l JACQUES GRENIER I.E DEVOIR En 2004, 18,9 % de la taxe perçue sur le tabac servait à rembourser la dette pour les installations olympiques de 1976.Cette proportion de la taxe permettra de combler d’ici 2006 le coût de l’hypothèque qu’il reste à assumer.NORMAN DELISLE Québec — Une partie de la taxe sur les cigarettes pourrait être affectée à l’aménagement d’installations sportives.Le ministre de l’Education, des Loisirs et des Sports, Jean-Marc Fournier, a émis cette hypothèse hier, à son arrivée à la séance hebdomadaire du conseil des ministres.Une partie de cette taxe sert depuis 1977 à payer le déficit qui avait marqué les Jeux olympiques de Montréal de 1976.D ne reste plus que 80 millions du montant à assumer et on prévoit que cette dette sera entièrement résorbée en 2006.«En finissant de payer [la dette], la taxe qui est dévolue à ce sujet pourra être prise pour des infrastructures sportives», a déclaré M.Fournier.D’autres hypothèses sont également étudiées pour financer la construction ou la restauration d’équipements sportifs.M.Fournier a déjà fait état récemment de fonds provenant des loteries, ou d’une taxe spéciale sur les croustilles, les boissons gazeuses ou la malbouffe.Avant de songer à postuler pour la tenue des Jeux olympiques de 2016 à Montréal, D faut trouver des fonds pour construire ou améliorer les équipements sportifs destinés aux athlètes d’élite et à l’ensemble des citoyens, a plaidé le ministre Fournier.•H faut des équipements de pointe et des équipements de masse, comme des terrains de soccer.Quiconque cannait le sport sait que, dans tous les coins du Québec, il y a des jeunes qui veulent bouger.U y a des terrains [de soccer] qui déjà n’ont plus de gazon et sont inutilisables, tellement les jeunes jouent», a poursuivi M.Fournier.«On a beaucoup d’infrastructures à aménager, pas pour un événement de deux semaines, mais tous les jours pour la population et pour,les athlètes», croit le ministre de l’Education.En 2004,18,9 % de la taxe perçue sur le tabac servait à rembourser la dette pour les installations olympiques de 1976, selon le rapport annuel de la Régie des installations olympiques.Cette proportion de la taxe permettra de combler d’ici 2006 le coût de l’hypothèque qu’il reste à assumer pour les constructions olympiques.C’est cette portion de la taxe qui pourrait par la suite, servir au financement d’équipements sportifs à travers le Québec, selon l’hypothèse émise par le ministre Fournier.Ce dernier ne renonce pas définitivement a la venue des Olympiques pour l’année 2016.Mais la prépara tion d’une candidature comme celle de Montréal pour 2016 doit faire l’objet d’une grande attention.«On a mis sur pied, dans la foulée de FIN A, un comité qui s’est déjà réuni, pour nous aider à nous doter d’une politique d’accueil des grands événements», a dit le ministre Fournier.Ce comité doit trouver «une façon de faire pour qu’on travaille ensemble, plutôt qu’un groupe se lance, postule (la tenue d’un événement), gagne, et que les gens se demandent par la suite comment on va payer ça».Presse canadienne LE DEVOIR, LE JEUDI 4 AOÛT 2005 A 4 ES AVENTURES DU FAUX ILLUSTRATION: CHRISTIAN TIFFET En une nuit, Welles fut mondialement célèbre et vit s’ouvrir les portes d’Hollywood Orson Welles, le génie mystificateur -yvy MICHEL BRAUDEAU Orson Welles n’avait que 23 ans lorsqu’il réalisa sa plus fumante mystification.Né le 6 mai 1915 à Kenosha, dans le Wisconsin, deuxième tils de Dick et Beatrice Welles, le petit Orson aurait, selon la légende, sidéré son pédiatre, le docteur Bernstein, à l’âge de 18 mois, en lui déclarant du fond de son berceau: «Le désir de prendre médecine est l’un des traits qui distinguent l'homme de l'animal.» Ix» docteur eut-il l’oreille abusée ou complaisante?11 est vrai qu'il s’intéressait de près à Beatrice WeUes et qu’après la disparition de la maman, il reporta son af fection sur son fils.Il affirma que ce bébé avait en lui l'étincelle du génie, une braise sur laquelle il était de son devoir de souffler.11 s’incrusta dans la famille et couvrit l’enfant de cadeaux, un théâtre de marionnettes, une boîte à fards, une panoplie de magicien: les trois amies du futur blason de Welles.Son diagnostic se montra juste.A10 ans, le petit Orson lisait Shakespeare daps le texte et jouait le roi lean grimé en vieillard.À17 ans, il faisait ses débuts sur scène à Dublin.A 20, il s'exila à New York et fonda sa troupe, le Mercury Theatre, qui ne rencontra pas son public.Afin d’essuyer ses pertes, Welles accepta de travailler pour la radio, où sa voix colossale et envoûtante tit merveille.Ix?réseau de CBS lui commanda une série hebdomadaire de pièces radiophoniques dime heure, diffusées le lundi soir.Un ami avocat lui tit remarquer que, CBS se réservant le droit de censure sur les scénarios de Welles, il était logique quelle soit aussi responsable des éventuelles répercussions de ces programmes.WeUes dut le bénir ad oetemam pour ce conseil.Après un mois de rodage, l’émission piétinait, quand WeUes proposa une énième adaptation de La Guerre des mondes, de H.G WeUs, pour fa fête d’HaUoween, à la fin d’octobre.CBS se demanda vaguement pourquoi WeUes insistait pour que 1a pièce1 soit ponctuée par des intermèdes musicaux plus longs que d’ordinaire, ignorant qu'il avait en outre choisi non pas des chansons à fa mode, mais ce quil avait dénk'hé de plus fade et exaspérant.Le lundi 30 octobre 1938, à 20 heures, l’émission démarra par la retransmission d’une soirée dansante de Ramon RaqueUo, puis un présentateur intervint brusquement à l’antenne pour un «bulletin spécial»: on venait d’observer une série d’explosions sur la planète Mars.La musique d’intedude reprit, niaise, interminable.Les bulletins spéciaux de plus en phis alarmants se succédèrent.entre deux tunnels de musique légère, comme si les journaUstes affolés cherchaient à gagner du temps.On apprit qu’un engin spatial avait atterri dans le New jersey.Sur place, un reporter horrifié décrivit les monstres hideux qui en sortaient, avant d’ètre lui-même dévoré en direct Orson WeUes tenait le rôle d’un astronome glosant sur le type d’armes utilisées par les extraterrestres.Enfin un présentateur coupa les violons pour annoncer d’un ton grave qu’il s’agissait là, chose incroyable, d’une invasion de l’armée des Martiens.Un vent de folie parcourut l’Amérique, des milliers de personnes hystériques qui avaient pris l’émission de WeUes en cours se jetèrent sur les routes pour fuir les petits hommes verts.Les gens appelaient de partout, ils avaient vu les Martiens, les cadavres.Le cadrage inhabituel de WeUes, en contraste avec ses flonflons insipides, avait fait mouche très au-delà de ses espérances.En 1938, les Américains faisaient pleinement confiance à la radio et aux journaux.L’émission fut vite interrompue, WeUes et son équipe conduits à fa poUce.CBS, tenue pour légalement responsable de 1a panique, grâce au conseü de l’avocat de WeUes, fut condamnée à payer près de un million de doUars pour les jambes cassées de ses auditeurs.En une nuit, WeUes fut mondialement célèbre et vit s’ouvrir les portes d’HoUywood.Privilège inédit, le studio RKO lui laissa carte blanche pour son premier film.WeUes, nuUement assagi, profitera bientôt de cette liberté pour tourner, envers et contre tous, une autre machine infernale, Citizen Kane, son chef-d'œuvre.Li prédiction et les cadeaux du docteur Bernstein n'avaient pas été vains.Sa vie durant, WeUes fut un magicien désespéré, avec ses faux nez, ses jeux de miroirs {La Dame de Shanghaï), ses films fantômes, vouant un culte aux faussaires, jusqu’à F for Fake, consacré à Elmyr de Hory.Doit-on, pour le succès de ce canular à la radio, ranger WeUes lui-même pan ni les faussaires?Non, plutôt connue un observateur et un amateur du faux.Son émission de 1938 sur les Martiens avait été normalement présentée comme une fiction.En utiüsant un média jugé «fiable», fa radio, en bousculant fa placidité de ses concitoyens, il en fit courir beaucoup, mais les amena aussi à être moins crédules.La Guerre des mondes fut une blague monumentale, pas un faux.Par cette expérience limite, WeUes défricha un espace nouveau de réflexion (au double sens du verbe réfléchir), légitima une catégorie esthétique d'un vaste avenir, celle du faux ludique.Avec ce terme de «faux ludique», on vise moins fa morale que fa sensibiUté.D'une certaine manière, nous sentons intuitivement que des Hans van Meegeren, des Elmyr de Hory, sont des dinosaures.Ils appartiennent au passé, même si des émules sont mûrs pour prendre la relève, qui s’acharnent déjà sur une troisième ou quatrième version des Iris de Van Gogh.Au prix atteint par la seconde, on les comprend.Mais curieusement ils ne nous paraissent plus en phase avec aujourd’hui.Pour des musées ou des propriétaires privés, la question du faux reste bien entendu cruciale.Les premiers sont des institutions dont fa raison d’ètre est de veiUer sur le trésor identitaire de fa nation, et la mission fondamentale, de recueillir des œuvres originales: garants du vrai, leur impératif est de ne conserver que des pièces d'une authenticité irrécusable, puisqu'on accourt chaque jour des quatre coins du globe au Louvre, au Prado, en rangs serrés et au pas de charge pour approcher enfin le vrai, ne serait-ce qu'une seconde et d'un œil hagard, voir l’œuvre matrice.On ne badine pas avec fa manne du tourisme.Leur parole fait foi.Les propriétaires privés, héritiers ou connaisseurs, savent qu’avec un authentique renommé ils ont revu ou englouti une fortune qui partirait en fu- mée si celui-ci était prouvé faux.Le vrai, c’est d’abord de l’argent En fait combien sont-ils dans le monde ceux que l’authentique concerne d’aussi près?Une escouade de muséologues, une poignée de mUliardaires, peu de gens.Et les autres?Avec la photo et l’essor massif de la reproduction des œuvres d’art au cours du siècle dernier, ce que Malraux nommait notre «musée imaginaire» a inondé les cerveaux d’une immense partie de l’humanité d’un raz-de-marée d’images répétées sur tous les supports possibles — télévision, manuels scolaires, affiches pubücitaires, magazines, tshirts, autocoUants, etc.D’un monde pauvre en images où les tableaux étaient réservés aux églises, aux châteaux, aux salons bourgeois, aux privilégiés, on est passé à un univers démocratique virtuel gavé de représentations.Grande bouffe cultu-reUe et gigantesque régression du goût Saturés de beauté, nous ne la voyons guère mieux qu’avant.Morte, eUe ne nous émeut plus, nous indiffère.La Joconde, Guernica, Le Radeau de la Méduse?Déjà vus dans le journal.Poussin, Renoir, Matisse?Croisés dans le métro.Pas les vrais, mais c’est tout comme.Au fond, qu’est-ce qu’il a de plus, l’original à X miüions d’euros?Si ça se trouve, il est petit, moins visible que sur les murs du centre commercial où l’on entend du Mozart et des oiseaux.Qu’on le veuille ou nop, en quelque 50 ans, notre regard a changé.A qui la faute?Aux faussaires, pour une faible part, qui ont multiplié les représentations de chefs-d’oeuvre, en les dévaluant du même mouvement A l’époque ensuite et surtout avide, jalouse, mercantile et insatiable.Mais l’époque, à quoi bon la maudire, c’est nous.Nous y sommes immergés.Certains artistes ont très vite anticipé le virage, inutile de le rappeler, en créant des œuvres, par séries parfois, à l’aide de machines, usant de la sérigraphie, du tampon, du pochoir, de la photocopieuse, avec de subtiles variations de couleurs, pour évoquer le temps révolu de l’unique, personnaliser un minimum ces éléments produits à fa chaîne.Apres le «Vu à la télé», son antidote, le customizing.Ils ont dû plaire aux acheteurs, aux ministères.Os sont devenus riches.Ce changement du regard a simultanément conduit à réajuster la quereüe du faux, en la dédramatisant Si je me satisfais d’un faux, ou si j’aime le faux autant que le vrai, consciemment, sans être une brute analphabète, si je souhaite acheter du faux, qui m’en blâmera?Suis-je condamnable?Au nom de quoi ne devrais-je désirer que l’authentique, l’original, le très rare, pour mes meubles, mes chers objets, mes tableaux?Les copies ne me font pas peur, il y a du vrai dans le faux.En effet Nous en sommes là.L’Europe résiste encore — pas pour longtemps, fa télévision s’en charge — à ce discours spécieux qui lobotomise fa mémoire américaine, parce qu’eUe est un continent mère, une terre d’origine.Mais aüleurs on a franchi le pas aUègrement D suffit de se rendre en CaUfor-nie sur les traces d’Umberto Eco (dans La Guerre du faux) pour le constater.Au Palace of Living Arts de Buena Vista, près de Los Angeles, on verra, côte à côte, une copie classique en cire du David de Michel-Ange et le même David, bronzé, avec des bouclettes noires, des muscles velus, une feuiUe de vigne: le guide indique qu’il s’agit d’une «reconstitution du modèle tel qu’il devait être quand Michel-Ange l’a immortalisé».Dans une autre saUe, à gauche d’une copie en cire de «notre» Vénus de Milo, on apercevra la même jeune femme, couleur chair, blonde, ayant récupéré ses deux bras (si fâcheusement absents chez celle du Louvre), appuyée contre une colonne ionienne.Depuis le temps que l’on se demandait ce qu’elle était en train de faire lorsqu’eUe perdit ses bras, nous voilà rassérénés.Le guide: «Vénus de Milo portée à la vie comme elle l’était du temps où elle posa.» Sans parler de la Victoire de Samothrace, la tête enfin sur les épaules.Pourquoi pas?Si par cet artifice les Américains, moins coincés que nous, comprennent mieux sa beauté, où est le mal?Ici on joue cartes sur table, on ne prétend pas à l’authenticité, personne n’est lésé.Les promeneurs locaux s’intéressent à cette Vénus miraculée.Pas la peine de leur dire que la greffe des bras est assez hypothétique, ils sont au courant, c’est précisément ce qu’ils sont venus voir.Le plus ridicule des visiteurs est le Français qui se gausse d’un air supérieur, ahuri par cette invention délirante.Or ce n’est pas un faux.Seul le regard a changé.Plus au nord sur la côte Pacifique, à San Simeon, on visite l’ancien château de William Randolph Hearst qui inspira à WeUes le Xanadu du citoyen Kane.Une égUse géante de style jésuite mexicain au sommet d’un parc à perte de vue où, du temps de la splendeur de Hearst, couraient des bons, des zèbres.Un palais indescriptible et démesuré dont il poursuivit la construction de 1919 jusqu’à sa mort en 1951, où il empilait pêle-mêle, ses coûteuses antiquités, vraies et fausses.Des lustres de Venise, des statues égyptiennes, les staUes de chœur d’une cathédrale espagnole, le Ut de RicheUeu, des armures, des oriflammes, des vitraux, une piscine d’hiver «romaine» en mosaïques bleu et or, une saUe de cinéma de 50 places.Et dans ce bazar, pulvérisant par son intensité les frontières du kitsch, à peu près rien de beau en soi.Une colonnade grecque en marbre borde la piscine d’été.Deux colonnes y manquant Hearst les fit remplacer par des pibers de ciment brut sans essayer de les camoufler.Puissant, jouisseur, il continua d’entasser encore et encore.Cette brocante ruineuse l’amusait Pour Hearst le vrai et le faux n’étaient qu’une seule farce, une fadaise dont au fond de son cœur U se fichait pas mal, dans son château comme dans ses journaux.Welles, à 35 ans, l’avait bien compris, et c’est ce que le très réactionnaire et tartufe William Randolph Hearst ne lui pardonna jamais.Le nabab était déjà trop vieux pour être tout à fait moderne.Le Monde Demain: Roswell, l’impossible rumeur E MONDE RAH KB HOMAVAND1 RH I KRS Cérémonie d’investiture du nouveau président iranien Mahmoud Ahmadinejad (troisième à partir de la droite).Ulran recule l’échéance pour la reprise de ses activités nucléaires Attentats du 21 juillet à Londres Une première inculpation Londres — La police britannique a retenu, hier, les chefs de rétention d'information sur les attentats manqués du 21 juillet contre un jeune homme de 23 ans.Ismael Abdurahman, originaire du sud-est de Londres, est la première personne inculpée en Grande-Bretagne en relation avec les attentats.H sera présenté aujourd’hui au tribunal de Bow Street, selon la police.Selon l’acte d'accusation, «entre le 23 et le 28 juillet.Abdurahman disposait d’informations qu’il savait ou croyait pouvoir servir de matériel pour appréhender, traduire en justice ou condamner une autre personne en Grande-Bretagne pour un délit impliquant la commande, la préparation ou l’instigation d'un acte de terrorisme».Quatre attentats peipétrés le 7 juillet dans les transports londoniens ont tué 52 personnes et les quatre kamikazes, tandis que des attentats contre des cibles similaires, programmés le 21 juillet n’ont fait aucune victime, les bombes n’ayant pas fonctionné correctement Plus d'une trentaine de personnes ont été arrêtées par la police après ces attentats, mais la plupart ont été relâchées.Quatorze personnes sont toujours maintenues en détention.Par ailleurs, un responsable musulman en Grande-Bretagne a conseillé hier aux femmes de ne plus porter le voile islamique, pour prévenir les agressions qui se multiplient depuis les attentats de juillet «Une femme qui porte le hidjab [le voile] dans les circonstances présentes risque d’être agressée par des éléments irresponsables.Donc, elle ne devrait pas le porter, a déclaré Zràti Badawi, directeur du Collège musulman de Londres et président du Conseil des mosquées et des imams.Défait de s’habiller doit servir à se protéger d'une attaque extérieure, et non incitera ces attaques.» Le responsable musulman a ajouté que le Coran justifiait dans certains cas l'abandon du voile, qui doit permettre à la femme d’être «identifiée» et non agressée en tant que femme.Si le voile entraîne l’inverse, il ne doit pas être porté, a-t-il fait valoir.Scotland Yard a annoncé mardi que les agressions à caractère raciste, notamment contre des mosquées, ont augmenté de 600 % à Londres depuis les attentats de juillet, par rapport à la même période l’an dernier.M.Badawi a une réputation de modéré mais, une semaine après les qttentats du 7 juillet, il s’était vu refuser un visa pour les Etats-Unis, sans explication.D a ensuite reçu des excuses et l’assurance qu’Û obtiendrait un visa Agence France-Presse et Associated Press On s’infiltre à Goush Katif Ofakim — Quelque 15 000 à 20 000 colons se sont rassemblés hier soir à Ofakim, dans le désert du Néguev (sud), pour protester contre le retrait de la bande de Gaza et certains d’entre eux ont réussi à s’infiltrer dans les colonies de la région.Celles-ci ont été décrétées zone militaire interdite d’accès il y a plusieurs semaines.Le plan de désengagement, qui doit commencer à être appliqué dans deux semaines, prévoit le retrait de la bande de Gaza ainsi que l’évacuation de 8000 colons qui l'habitent et de quelques centaines d'autres dans quatre colonies du nord de la Cisjordanie.A Tissue de la manifestation à Ofakim, marquée notamment par une prière collective et de nombreux discours, les dirigeants des colons et militants opposés au retrait ont marché, bras-dessus, bras-dessous, vers la sortie de la ville qui s’oriente vers la bande de Gaza.Le chef du Conseil des colonies juives (Yésha), Bentzi Lieberman, a rappelé aux manifestants que le mot d’ordre était d’éviter des heurts.Par milliers, les garde-frontières, les militaires et les policiers, dont la police montée, se sont déployés pour interdire l’accès de la route débouchant sur le terminal de Kissoufim, entre Israël et la bande de Gaza, à 25 kilomètres de là.Les militants anti-retrait ont repris avec ferveur des chants et des prières, et ont vainement demandé aux forces de l’ordre de pouvoir passer.Les esprits se sont parfois échauffés et il y a eu quelques bousculades.Mais les deux camps sont restés au face à face, sans s’affronter physiquement Déjouant la surveillance des forces de l’ordre, de petits groupes d'activistes ont cependant réussi à gagner le Goush Katif en contournant les barrages ou en les franchissant illégalement Par téléphone, une jeune femme résidant à Jérusalem a déclaré qu’eüe avait pu se rendre sur place, ainsi qu’une douzaine de camarades, en présentant des cartes d’identité de colons de la région.Agence France-Presse EN BREF Vers l’impasse à Pékin Pékin — La quatrième série des pourparlers de Pékin sur le nucléaire nord-coréen semblait dans l’impasse hier, au neuvième jour des discussions, la Corée du Nord ayant rejeté un projet de compromis élaboré par la Chine, qui a été approuvé par les cinq autres pays participants.Ce quatrième projet de texte propose notamment à la dictature de Kim Jong-Il un démantèlement de ses installations nucléaires contre une normalisation des liens avec les Etats-Unis et le Japon, assortie d’une aide économique, selon le chef de la délégation sud-coréenne.Song Min-Soon.«Nous sommes sûrs que les Chinois continueront à travailler très dur pour amener la [Corée du Nord] à signer le projet comme ils l’ont/dit avec tous les autres participants», a déclaré à la presse le chef de la délégation américaine, Christopher Hill.-AFP Lula veut un nouveau mandat Brasilia — Le président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a annoncé hier son intention de briguer un nouveau mandat malgré ceux qui souhaitent qu’il ne se représente pas en raison de la crise politique.Dans un discours prononcé dans sa ville natale de Garanhuns, dans l’Etat du Pernambuco, le président Lula a souligné la nécessité de punir les coupables dans les scandales de corruption avant de souligner «Je ne dois mon élection à la faveur de personne.Je dois mon élection au peuple de ce pays qui a cru en moi et m’a élu.»-AFP Téhéran — L’Iran a reculé hier l’échéance pour la reprise d'activités nucléaires ultra-sensibles, laissant quelques jours de battement pour éviter une crise internationale.Alors qu'il affirmait dans la matinée vouloir redémarrer le jour même son usine de conversion d'ispa-han, l’Iran a dit dans la soirée que les activités pourraient ne reprendre qu’au début de la prochaine semaine iranienne, qui commence samedi.C'est ce qu’a affirmé le dirigeant en charge du dossier, Hassan Rohani, sur la télévision d'Etat Ce répit pourrait permettre à l’Union européenne de soumettre des propositions de coopération en espérant qu’elles dissuaderont l’Iran de ne pas mettre son projet à exécution.Les Européens s’étaient engagés à remettre ces propositions d’ici au 7 août.Elles pourraient l’être dès demain, a dit M.Rohani.Si les Iraniens ne recommencent pas effectivement à convertir, préalable à l’enrichissement d’uranium, comme ils l’ont annoncé lundi.Depuis, la République islamique est plus que jamais sous la menace d’être traînée devant le Conseil de sécurité de l’ONU.«Ispahan, c’est irréversible», a cependant assuré Hassan Rohani.Les Européens ont mis en demeure les Iraniens mardi afin qu’ils renconcent à reprendre la conversion, faute de quoi les négociations menées depuis décembre seraient rompues et les Européens entreprendraient «d'autres types d’actions».Paris — Comparable à celle de 1976, la sécheresse qui sévit en France touche la quasi-totalité du territoire et les autorités suivent de près ses conséquences sur l’approvisionnement en eau et l’environnement Des restrictions de l’usage de l’eau ont été imposées dans 66 des 96 départements métropolitains et la vigilance a été portée à son maximum dans le Midi face aux risques d’incendies.Inquiétudes aggravées par l’immobilisation de la flotte des Canadair, après l’accident qui a coûté la vie à deux pilotes lundi, en Corse.Pour compenser la faiblesse de l'appui aérien en cas d’incendies, des renforts au sol sont prévus dans plusieurs zones à risques du Sud-Est notamment dans les Bouches-du-Rhône et le Var, a précisé la sécurité civile.Le déficit pluviométrique qui persiste depuis presque onze mois en France a été aggravé en juillet provoquant l’assèchement de cours d’eau et une sur-mortalité des poissons.Ce déficit, que l’on observe moins d’une fois tous les 20 à 50 ans, est plus marqué sur la façade atlantique, autour du Bassin parisien et dans l'extrêpie quart sud-est du pays, souligne le ministère de l’Ecologie.La situation des cours d’eau est jugée préoccupante, notamment dans la région Poitou-Charentes.Plusieurs départements ont été placés en «vigilance», dont l’Oise, la Marne et l’Aisne où des mesures de restrictions de la pêche ont été prises.Dans la partie cévenole de l’Hérault, des communes sont alimentées par des camions-citernes.Depuis la vague de chaleur de la mi-juin, une sur- «Cest une menace, c’est inacceptable, a déclaré M.Ro-hani.Il n'y a aucune logique juridique et politique à envoyer le dossier au Conseil de sécurité, cela voudrait dire que les Européens ont cédé aux pressions américaines.» Si le redémarrage d’Ispahan attendra quelques jours, c’est pour que l’Agence internationale de l'énergie atomique prenne les dispositions nécessaires, a expliqué M.Rohani.Légalité Par souci de légalité internationale, l’Iran entend en effet que les scellés posés sur l'usine soient brisés sous la supervision de l’agence onusienne de non-prolifération.L'Allemagne, la France et la Grande-Bretagne, pour l'UE, négocient pour obtenir de l’Iran les garanties qu’il ne détournera pas ses activités nucléaires civiles pour fabriquer la bombe atomique.Elles veulent obtenir qu’il renonce définitivement à l’enrichissement d’uranium et offrent en contrepartie une coopération nucléaire, commerciale et politique.Hautement enrichi, l’uranium peut servir à confectionner l’arme nucléaire.Les Iraniens ont accepté de suspendre toutes les activités d’enrichissement d’uranium et de conversion le temps des négociations.Mais ils estiment à présent que huit mois de négociations ne leur ont rien apporté et accusent les Européens de vouloir faire de la suspension un «fait accompli».Agence France-Presse mortalité des poissons a été constatée dans une trentaine de cours d'eau des bassins Loire-Bretagne, Adour-Garonne et Rhône-Méditerranée.Le tourisme ou l’énergie Si le phénomène s’est atténué avec la baisse de températures, les violents orages de juillet ont lessivé les sols et entraîné des algues dans les rivières, ce qui est préjudiciable à la reproduction et la migration de plusieurs espèces, comme les brochets.Sur la façade atlantique, la gestion de l'eau est devenue problématique dans certaines communes en raison de l’affluence touristique.Les agriculteurs, qui consomment en été près de 80 % de l’eau en France, tentent de s’organiser.le ministère de l’Agriculture a déjà obtenu de Bruxelles qu’ils fauchent des jachères pour l’alimentation du bétail ou pour la pâture.Globalement la sécheresse ne devrait pas avoir d’impact sur leurs récoltes de céréales, à l’exception du mais, plante gourmande en eau.Sur le front de l’énergie, des dérogations ministérielles ne sont pas exclues et des centrales nucléaires pourraient être autorisées à rejeter de l’equ plus chaude dans les rivières.Des arbitrages de l’État ne sont pas exclus entre les impératifs touristiques et le maintien de la sûreté du système électrique.En raison de l’assèchement des cours d’eau, la navigation est perturbée sur certains fleuves.Sur le canal de la Marne au Rhin, un avis de vigilance a été lancé.Reuters r Coup d’Etat militaire en Mauritanie Nouakchott— Le président mauritanien, lui-même ancien putschiste, a été renversé par un coup d’Etat Un groupe d’officiers de l’armée a profité hier de l’absence de Maaouyia Quid Sid’Ahmed Taya, qui se trouvait en Arabie Saoudite pour les obsèques du roi Fahd, pour prendre le contrôle de la capitale, Nouakchott Plusieurs centaines de personnes ont fêté la fin du règne dictatorial du chef de l'État mais les dirigeants africains ont condamné le putsch, affirmant que l’ère de l’autocratie et du pouvoir militaire devait céder la place à la démocratie sur le continent Les putschistes, qui se sont présentés comme le Conseil militaire pour la justice et la démocratie, ont proclamé le coup dÉtat par le biais de l’agence de presse officielle mauritanienne.«Les Forces armées et de sécurité ont unanimement décidé de mettre fin aux pratiques totalitaires du régime déchu dont notre peuple a tant souffert ces dernières années», annoncent les auteurs de cette proclamation.«Ces pratiques ont engendré une dérive dangereuse pour l’avenir du pays.À cet effet, les Forces armées et de sécurité ont décidé de la mise en place d'un Conseil militaire pour la justice et la démocratie», souligne le communiqué, en précisant que ce Conseil s’engage «à créer les conditions favorables d’un jeu démocratique ouvert et transparent sur lequel la société civile et les acteurs politiques auront à se prononcer librement».Le groupe précise qu’il n’exercera pas le pouvoir pendant plus de deux ans, le temps de mettre en place des institutions démocratiques, et qull respecte- ra toutes les conventions et tous les traités internationaux ratifiés par la Mauritanie.Le président Taya avajt lui-même pris le pouvoir en 1984 grâce à un coup d’État militaire, et n’hésitait pas, depuis, à se montrer sans pitié face à ses opposants.Dans son quartier général d’Addis-Abeba, en Éthiopie, le président de l’Union africaine, l’ex-président malien Alpha Oumar Konaré, a pourtant rejeté «tout changement noneonstitutionnel de gouvernement».Une porte-parole du président nigérian Olusegun Obasan-jo a également condamné le coup d’État A Washington, le porte-parole du département d’État Torn Casey, a appelé à «un retour à l’ordre pacifique, sous la constitution et le gouvernement établi du président Taya».D a précisé que l’ambassade américaine à Nouakchott a conseillé aux citoyens américains de rester chez eux et de prendre les mesures pour assurer leur sécurité.Après l’annonce du coup d’État la plupart des magasins et des bureaux sont restés fermés, mais des centaines de personnes ont célébré l’événement dans le centre de la capitale, saluant les soldats putschistes et criant des slogans contre le président Taya.«Cest la fin d’une longue période d’oppression et d'injustice», affirmait Fidi, un fonctionnaire.Le président Taya avait survécu ce?dernières années à plusieurs tentatives de coup d’État dont l’une, en 2003, avait provoqué plusieurs journées d’affrontements dans la capitale.Associated Press La France connaît sa pire sécheresse en 29 ans Ahmadinejad inspire la méfiance M O U N A N A ï M Quoi qu'il fasse, le nouveau président iranien.Mahmoud Ahmadinejad.qui a pris ses fonctions hier, sera juge à l’aune de son prédécesseur, le réformateur Mohammed Khatami, dont le double mandat malgré de grandes insuffisances, a offert à la Répu blique islamique une respiration qu'elle n’avait pas connu auparavant.En attendant de le voir à l'œuvre, une grande ixartie des Iraniens ne lui fait pas confiance.Ët, alors que son prédécesseur avait bénéficié d'une certaine empathie à l’étranger.Mahmoud Ah madinejad inspire une sourde méfiance.Auprès d'une partie des Iraniens, globalement representee par les millions d'électeurs qui ont voté contre lui ou se sont abstenus.Mahmoud Ahmadinejad souf fre d'un a priori négatif.Ceux-ci lui imputent l’intention de ramener l’Iran une bonne vingtaine d’années en arrière en matière de libertés sociales et politiques — ce que lui-même et son entourage s’évertuent à démentir depuis son élection.Leurs craintes se fondent sur le discours du candidat Ahmadinejad, centré sur des thèmes rigoristes et populistes, mais surtout sur son passé d’activiste iskuuistc radk-al au sein du corps des Gardiens de la révolution et des Bassidjis.Un passé dont il demeure fortement imprégné, à la différence d'autres anciens activistes, qui ont tait leur aggiomamento .au til des ans.A contrario, ce sont les mêmes thèmes populistes et rigoristes qui ont contribué à l’élection à la présidence de cet ingénieur, dont la plupart des Iraniens ignoraient jusqu’à l’existence, avant qu’il soit porté en 2(XM à la tête de la mairie de Téhéran par un conseil municipal à l’élection duquel seuls 12 % des Téhéra-nais en âge de voter avaient participé, les couches les plus déshéritées du i>ays ont vu en lui un homme providentiel qui serait enfin à leur écoute.Qui plus est, qui leur ressemble, avec son train de vie austère, ses origines sociales modestes — il est fils de forgeron — et son profil bas.Attentes contradictoires M.Ahmadinejad doit également son succès au soir tien des milices dont il fut membre ainsi qu’aux milieux ultraconservateurs religieux.Nombreux sont par ailleurs ceux qui lui ont donné leur voix uniquement pour contrer son rival au second tour de la présidentielle, l'ancien président Ali Akbar Hachémi Rat sandjani.Mms le nouveau président doit aussi une litre chandelle aux contre-performances du camp réformateur qui, sous le double mandat du président sor-tant, a déçu les espoirs fondés en lui |>ar les Iraniens.Les raisons en sont multiples.Les réformateurs étaient désorganisés, les attentes de la population sur dimensionnées et parfois contradictoires.lœs principaux leviers du pouvoir demeuraient entre les mains des conservateurs, toujours bien organisés et qui n’ont pas manqué une seule occasion de contrer les projets de changement Surtout, les réformateurs n'ont |)as su prendre la mesure de la diversité des aspirations de leurs concitoyens et sont ainsi passés à côté des besoins économiques et des convictions idéologiques d’une grande partie des Iraniens.Dans son discours d'investiture, hier, M.Ahmadinejad a promis d’œuvrer pour la justice, la fidélité à l’Islam, les intérêts et la prospérité du peuple iranien, avec une «attention particulière envers les défavorisés».Avant et après son élection, il s’était engagé à assurer une meilleure redistribution des richesses, lutter contre le chômage, encourager les investissements.Ce sont autant de thèmes rebattus par ses prédécesseurs, qui n’ont jamais réussi à relever ces défis.Le nouveau président a plaidé mardi pour un monde dépouillé d’armes de destruction massive, à un moment où se sont accentuées les tensions avec l’Occident à propos du programme nucléaire iranien, soupçonné d'être à usage militaire, ce dont Téhéran se défend.Le dernier mot sur la question revient au Guide de la République, l'ayatollah Ali Khamenei.Ce dernier a sommé hier le futur gouvernement de ne pas «sacrifier les droits de la nation».L’allusion au nucléaire est limpide, l’Iran ayant toujours affirmé que son droit au nucléaire était intangible, dès lors que, selon lui, il ne s’agissait que d’un programme à usage civil.Le Monde Plus de 100 morts dans les émeutes au Soudan Khartoum — Au moins 100 personnes ont trouvé la mort dans les émeutes qui ont éclaté au Soudan après l’annonce, lundi, du décès du chef sudiste John Garang, alors que son successeur Salva Kiir a appelé au calme, avertissant que la poursuite des violences mettaient en danger l’accord de paix de janvier.A Khartoum, 84 personnes ont été tuées dans les émeutes, selon une porte-parole du Comité international de la Croix-Rouge, citant un bilan du Croissant rouge soudanais, tandis qu’au moins 18 autres seraient mortes à Juba, la principale ville du sud du Soudan, selon des témoins et un responsable du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPIA4), le mouvement de Garang.Le calme était revenu hier à Khartoum, selon un journaliste de l’AFR alors que le gouverneur a annoncé un assouplissement du couvre-feu.la ville de Juba, où John Garang doit être inhumé samedi, était quadrillée par les troupes de l'armée soudanaise.Les sudistes ne croient pas à une mort accidentelle, bien que les autorités, la veuve de Garang et le gouvernement ougandais aient affirmé que l’appareil ougandais s’est écrasé en raison du mauvais temps.A la suite de ces suspicions, le prérident soudanais Omar al-Béchir a annoncé la formation d’une commission conjointe avec le SPLM pour enquêter sur l’accident Au terme d’upe rencontre avec M.Kiir à New Site, la secrétaire d’État adjointe américaine chargée de l'Afrique, Constance Newman, et le représentant spécial pour le Soudan, Roger Winter, ont fait part à la presse de leur satisfaction de l'engagement du nouveau dirigeant du S PI .M envers la paix.«Ce mouvement est béni.Il possède des dirigeants d’un niveau rarement constaté dans les mouvements rebelles de ce continent», a déclaré M.Winter.Agence France-Presse LE DEVOIR.LE J EU Di 4 AOUT 2005 A 0 D I T 0 R I A L Qui provoque ?Les Innus de Betsiamites ont beau brandir un sondage affirmant que les Québécois sont favorables à la participation autochtone dans la gestion des ressources naturelles, ils ont bel et bien le mauvais rôle aux yeux de ceux que l’exploitation forestière touche de près ou de loin.Une étiquette injuste, mais qui fait bien l’affaire du gouvernement.DI se peut, comme on l'affirme sur la Côte-Nord, que la manière forte choisie par le chef des Betsiamites, Raphaël Picard, pour défendre les droits de sa communauté face au gouvernement du Québec et aux compagnies forestières — la Kruger au premier chef —, ne témoigne pas d’un grand jugement politique.Les relations étaient beaucoup plus harmonieuses avant son arrivée au pouvoir, disent les Blancs du coin.D se peut, comme le rapportent encore de récents témoignages recueillis par Le Quotidien de Chicoutimi, que le chef soit surtout en quête de capital politique et que ses arguments écologiques ne soient pas des plus purs.Mais il reste que ce sont toujours les gestes autochtones qui sont passés au crible, jamais ceux du gouvernement.Ce sont pourtant eux qui ont été montrés du doigt dans le jugement de juin de la Cour supérieure, qui a temporairement interdit l’exploitation forestière de Î’île René-Levasseur — que les Innus revendiquent comme leur territoire ancestral.La désinvolture gouvernementale à l’égard des autochtones — pas plus considérés que le premier club de chasseurs venu — y est bien documentée et dénoncée par la juge Danielle Grenier.Or cette désinvolture s’est poursuivie même une fois le jugement rendu.Ainsi, on affirme partout aujourd’hui que, non contents de bloquer toute coupe, les Innus s’opposent à la récolte du bois brûlé qui s'est accumulé sur l’île, située au cœur du réservoir de Manic-5, depuis les incendies de forêt du printemps.Les apparences sont trompeuses.Au lendemain du jugement Grenier, à la mi-juin, le chef Picard a montré une ouverture pour que ce bois brûlé soit ramassé, ce qui permettait de préserver des emplois.Ouverture, toutefois, ne signifiait pas carte blanche, mais discussions entre les parties concernées sur la manière de procéder et les volumes à récupérer.Ce,qui fut enclenché.A la toute fin du mois de juin, deux ministres, dont Pierre Cor-beil, ministre des Ressources naturelles, affirmaient aux travailleurs en colère de la Côte-Nord que Québec se réservait encore deux semaines pour arriver à une entente à ce sujet, M.Cor-beil soulignant même la qualité de la plus récente proposition du chef Picard.Pourtant, cinq jours plus tard, les avocats des Innus étaient subitement avisés que le gouvernement réglerait la question du bois brûlé devant les tribunaux.La requête sera entendue en Cour d’appel, et accordée, dans les 48 heures qui ont suivi.On comprendra que les Innus n’aient guère apprécié.A qui donc ici faut-il reprocher son manque de jugement politique, son sens de la provocation?Evidemment, les Innus ont renchéri du côté judiciaire, y allant même d’une procédure audacieuse, rarement utilisée: demander à un autre juge de la Cour d’appel de suspendre la décision rendue par son collègue.Ledit juge, réticent devant cette démarche embêtante et inusitée, a plutôt renvoyé les parties négocier, ce qu’elles feront aujourd’hui.Mais de là à dire que la confiance régnera.D’autant qu’au même moment, le ministre Corbeil sera aux côtés du premier ministre Jean Charest pour saluer, en point de presse en Estrie, un projet de la compagnie Kruger.Bien sûr, il ne faudra y lire nul parti pris.Juste un autre exemple de la délicatesse gouvernementale à l’égard des autochtones.Josée Boileau jboileau(a ledevoir.ca L’abandon chinois • — a China National Offshore Oil Company (CNOOC) jette L l'éponge.La vigueur déployée par les membres du Congrès américain pour empêcher que la compagnie pétrolière Unocal ne devienne propriété chinoise a convaincu la CNOOC de retirer son offre d’achat au profit de Chevron.Pour plus d'un acteur de ce feuilleton financier, cet échec est attribuable à un fait et un seul: l’état-major de la CNOOC a très mal jaugé la sensibilité qui habite le Tout-Washington dès que des intérêts étrangers affichent leur volonté d’accoster l’univers pétrolier made in USA C’est par un amendement à la loi sur l’énergie adopté à une écrasante majorité que le Congrès a réduit à une peau de chagrin le désir de la CNOOC.L'amendement?Les sénateurs avaient décidé un moratoire de quatre mois sur toute transaction dans le monde de l’énergie afin d’étudier la politique énergétique de la Clüne.Quant au secrétaire au Trésor, John Snow, il a demandé à la Commission des investissements étrangers d’étudier toute acquisition à l’aune de la sécurité nationale.Bref, on avait déployé l’artillerie lourde tout en entonnant la vieille rengaine du protectionnisme.Cette affaire, il faut le souligner, annonce des lendemains périlleux sur le front économique.On doit rappeler qu’en déposant une offre sur la table d’une compagnie américaine, le président de la CNOOC croyait que l'administration américaine, en butte avec le Venezuela, le Soudan et surtout l’Iran, adopterait profil bas.Qui plus est on tablait, toujours du côté chinois, sur cet aspect essentiel des relations commerciales entre les deux pays: la Chine est le deuxième créancier des États-Unis après le Japon.En effet elle détient au-delà de 600 milliards de bons du Trésor américain, qu’elle cherche en toute logique à faire fructifier.Enfin, Pékin faisait le pari suivant plus le rythme de croissance de son économie serait maintenu au niveau enregistre depuis plusieurs années, moins les États-Unis seraient confrontés à des pressions inflationnistes.Sans se perdre dans les méandres de la macro-économie, mentionnons que plus d’une étude récente consacrée à l’impact des bas salaires qui ont cours en Chine et à la taille de la force de travail de ce pays enseigne que ces facteurs ont une influence prépondérante dans l’étouffement de l’inflation au sein des pays industriels.En toute logique, après cette rebuffade, la Chine va réagir en lorgnant davantage quelle ne l’a fait jusqu'à présent le gaz et l’or noir du Venezuela, de l’Iran, du Soudan et d’autres pays.Plusieurs économistes américains, chagrinés d’ailleurs par la tournure des événements concernant Unocal, assurent que la CNOOC va reprendre sa stratégie passée en l'amplifiant.C’est-àe Bleury.9 étage.Montreal.(Quebec), H3A 3M9.11 est •^Jrime par Imprimerie Québécor World.St-Jean.$00.boulevard Industriel, ,nl- I a.vsur Rk'beÜeu.division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint ()U
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