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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier B
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2009-10-02, Collections de BAnQ.

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MUSIQUE Xavier Caféine, à la vie à la mort Page B 5 NATURE Motoneiges et VTT poussés vers la sortie Page B 8 CENTRE MATERIA ^SMsS ' Chaises tentes, Michel Rouleau, merisier et toile de coton, 2009.Sous les étoiles Surfant sur le thème de l’Année mondiale de l’astronomie, les pistes du Complexe environnemental de Saint-Michel à Montréal permettent ce soir une balade sous les étoiles pour explorer les astres en compagnie de vrais passionnés.Les Mordus du ciel et la Société d’astronomie du Planétarium de Montréal (SAPM) aideront le public à interpréter les étoiles à l’aide de télescopes sur le belvédère du parc.L'activité est complétée avec des conteurs du Jardin des Premières Nations du Jardin botanique de Montréal, qui raconteront les étoiles, la lune et le soleil à travers des légendes amérindiennes ayant pour thème l’astronomie.De 17h à 21h.C’est gratuit et deux autres soirées sont prévues, les 29 et 30 octobre.www.tohu.ca.Post Hip Hop Project Le meuble se met à table Une exposition veut montrer qu’au-delà de l’usage, le mobilier peut émouvoir Le chorégraphe de hip-hop Victor Quijada et sa collègue Anne Plamondon du groupe Rubberbandance profitent de leur résidence artistique à la Cinquième salle de la Place des Arts pour offrir des ateliers à de jeunes danseurs de hip-hop (formés souvent en autodidactes, hors des institutions).Le fruit de leur travail, le Post Hip Hop Project, est présenté ce soir et demain à la Cinquième salle, www.cinquieme-salle.com.Le meuble québécois souffre.Pourtant, les créateurs ne manquent pas d’à-propos.Une exposition et une table ronde à Québec lui donneront peut-être le souffle salutaire.Et le feront enfin reconnaître pour ce qu’il est: un objet d’art.NATHALIE BELANGER Avec 10 autres créateurs, Michel Rouleau veut montrer que les gens «peuvent s’exprimer par le meuble, que la fonction peut être moins importante, que le meuble n’est pas que produit de consommation».JÉRÔME DELGADO Québec — «“Tu fais de la sculpture?Va dans une galerie.” On me dit souvent ça.Mais aussi le amimire.Tu fais des meubles?Va chez un marchand de meubles.”» Michel Rouleau, qui se présente comme designer, ou comme «ébéniste autodidacte», est confronté à cette double réalité.Comme la plupart de ses pairs œuvrant dans le meuble.Une âme créatrice très forte et ce fatal besoin de vivre.Une double réalité sans niche où la loger.C’est un peu le constat auquel veut nous faire arriver l’exposition Meublémouvants, au centre Materia de Québec.Onze créateurs, dont Michel Rouleau, ont été réunis dans ce qui s’avère être une chose rare.Montrer que le meuble peut émouvoir, que des gens, comme le dit l’ébéniste autodidacte, «peuvent s’exprimer par lé meuble, que la fonction peut êïre moins importante, que le meuble n ’est pas que produit de consommation».; Meublémouvants, «un événe-ntent-exposition unique et inusité», est né dans la tête de Dany Quine, l’ex-critique d’art du quotidien Le Soleil devenu prof et spécialiste des métiers d’art.Pour lui, il s’agit d’un événement parce que le meuble art est méconnu et que le marché de celui marqué au sceau «Fait au Québec» est presque inexistant «Je voulais présenter quelque chose de décoiffant, pas juste des meubles néo-modernistes, ex-plique-t-il.Je voulais témoigner du métissage entre les arts dits plastiques et les métiers d’art, briser les barrières.Comment se fait-il qu’il existe des monographies sur le meuble mais qu’aucun exemple québécois n’y figure?Comment se fait-il qu’on n’a pas de livres sur le meuble québécois?», demande-t-il.Il admet qu’il est difficile de définir le meuble québécois.Il y voit quand même une tendance, historique, dans l’amalgame des cultures.Sa référence reste une commode du XVHL siècle, aux décors Louis XV, à la structure d’inspiration anglaise et au pied.en forme de botte.«On fait ça, croit-il, parce qu’il n’y a pas de mainmise stylistique.C’est une grande liberté.» Les ouvrages qui existent, note Quine, sont datés et limités — Les Meubles anciens du Canada français de Jean Palardy (1963), par exemple.Toutefois, l’historienne Céline Dubord prépare une publication qui fera le tour du sujet, «d’hier à aujourd'hui».L’expo, espère-t-il, éveillera ce genre d’intérêt.«Et fera mousser le marché.C’est l’objectif principal.» Parce que le marché va mal.Michel Rouleau le sait, lui qui dit être pris entre deux feux.Il s’en sort comme consultant plus que comme créateur.«Je vends des services», dit celui qui est davantage porté sur la recherche, le dessin et le meuble détourné lorsqu’il crée.Ses objets qui fusionnent les fonctions, comme des chaises-armoires, contournent la modalité usage.«Le côté pratique n’est pas ma préoccupation.» Dans Meublémouvants, il expose des chaises longues dotées de leurs propres abris colorés, une façon, dit-il, d’évoquer l’individualité, «de réaffirmer notre identité».«Je vois le mobilier comme une prothèse dont on ne peut se séparer.Le cellulaire, le GPS, on vit avec ça.» Les pièces anthropomorphiques dominent à Materia.Yannick Pouliot, «le modèle» de l’artiste consacré, pour Dany Quine, y figure avec une de ses sculptures revisitant le mobilier Louis XV, alors que Patricia Gendron propose une étagère drapée d’un voile féminin, et féministe.Mais qu’ils prennent des formes humaines ou qu’ils deviennent habitats, comme ce corridor signé Zucchini, les meubles sont œuvres.«Il est important, dit Michel Rouleau, qu’on puisse s’exprimer comme on le ferait avec des tableaux, avec de la pâte à modeler.En mode, c’est accepté.Jean-Paul Gaultier imagine des vêtements très éclatés et vend des t-shirts.» Les desseins de l’exposition seront appuyés, dimanche, par la tenue d’une table ronde où seront réunis des gens des musées, des artistes et des mar- chands.Le commissaire de Meublémouvants souhaite que des pistes concrètes puissent être avancées.«La problématique du marché québécois est criante, rappelle Dany Quine.Les meubles d’origine exotique envahissent nos magasins.Les ébénistes peinent à vivre de leur art.Ils délestent tout ça et se retrouvent dans des usines à fabriquer des armoires de cuisine.» ¦ Meublémouvants, Centre Ma-téria, 395, boulevard Charest Est, Québec, jusqu’au 25 oc-tobre.www.centremateria.com.¦ Table ronde «Création mobilière d’ici, marché québécois et diffusion», dimanche à 13 h, Musée national des beaux-arts du Québec.Collaborateur du Devoir L’art nature Dimanche, le 5e Symposium art nature Pierre qui roule.du Centre d’action culturelle de la MRC de Papineau, remet ses prix et le public est invité à voter pour son œuvre préférée.De plus, en cette journée des ressources naturelles, dès 14h, les gens sont conviés à une sortie en nature pour voir ou revoir les sept nouvelles œuvres créées lors du Symposium 2009, et du coup participer à une activité ludique et éducative sur le thème de la biodiversité.La randonnée peut se faire à vélo ou à pied.Le point de rencontre est à l’entrée du parcours Louis-Joseph-Papineau, à l’arrière du 35, rue Principale, à Saint-André-Avellin.® 819983-2027.La planète chez soi Pendant que le mois d’octobre nous joue des tours météo, autant en rofiter pour se caler dans un fauteuil, bien emmitouflé devant l’écran cathodique.Histoire de savoir ce qui se passe à l’extérieur, les abonnés de Cogeco et Vidéotron pourront jeter un œil à la chaîne télévisée Planète, qui se débrouille jusqu’au 31 octobre, le temps de montrer qu’elle est passée à la HD.Les détenteurs d’une boîte numérique haute définition devront, pour ce faire, accéder au poste 771 (Vidéotron) ou 551 (Cogeco), tandis que les titulaires d’une boîte numérique standard ont rendez-vous au 171 (Vidéotron) ou au 201 (Cogeco).www.lachainepla-nete.ca.Pour ceux qui en sont encore aux oreilles de lapin, il reste toujours le club vidéo.Émilie Folie-Boivin « La problématique québécoise est criante, dit le commissaire Quine.Les meubles exotiques envahissent nos magasins.Les ébénistes peinent à vivre de leur art » rJ i ÜÜtÉÉÜÉtÉÉÉÉÉÉÉÉÉM LE DEVOIR, LE VENDREDI 2 OCTOBRE 20 0 9 B 2 WEEK-END EN BREF François Macerola à la SODEC Québec — François Macerola sera nommé la semaine prochaine président-directeur général de la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) afin de succéder à Jean-Guy Chaput, selon ce que rapportait La Presse hier.M.Macerola, âgé de 67 ans, est présentement producteur exécutif et responsable du développement du Cirque du Soleil en Chine.D s’est joint à l’entreprise en 2003.Lundi dernier, le conseil d’administration de la SODEC s’est en- tendu pour recommander au gouvernement la nomination de M.Macerola, selon le journal Antérieurement, M.Macerola a été directeur de l’Office national du film (ONF) et de Téléfilm Canada.Son expérience comprend aussi la présidence de la commission politique du Parti libéral du Québec (PLQ) de 2002 à 2004.Il a aussi été candidat libéral aux élections de 1998, mais a été défait En juin dernier, le gouvernement du Québec a destitué Jean-Guy Chaput après que le vérificateur général du Québec, Renaud Lachance, eut dénoncé son train de vie somptueux.-La Presse canadienne POP MONTRÉAL 0s Mutantes: la renaissance d’un groupe-culte YVES BERNARD Provocateur visionnaire à l’avant-garde de la pop mondiale, le groupe Os Mutantes, Les Mutants, incarnait la version rock du mouvement tropi-caliste brésilien de la fin des années 1960.Séparé depuis 1978, il faisait depuis lors l’objet d’un culte international.Mais voilà que Sergio Dias, un des trois membres originaux, redonne une deuxième vie au groupe en > LUC BOULANSER, LE DEVOIR RICHE DE SON INFLUENCE LITTÉRAIRE, POÉTIQUE MAIS JAMAIS ARTIFICIELLE, L’ÉCRITURE DE CLAING NOUS SÉDUIT ET NOUS DÉROUTE.(.) TOUT PASSE PAR LES DEUX COMÉDIENS.PAR LEUR PRÉSENCE, LEUR MÉTIER, LEUR JUSTESSE, LEUR COMPLICITÉ.> MICHEL BÉLAIR, LE DEVOIR PRÉPAREZ-VOUS À QUELQUES GRANDS MOMENTS DE PETITS PLAISIRS INTENSES.> YVES ROUSSEAU, LE QUATRIÈME LE JEU EST INCARNÉ, VIBRANT, SENSIBLE, SOBREMENT ÉVOCATEUR, ET CETTE FAÇON DE PORTER LE TEXTE DANS TOUTES SES IRONIES (SUR LE THÉÂTRE, ENTRE AUTRES) ET DANS TOUTES SES TENDRESSES COMPLICES DÉPASSE COMPLÈTEMENT LE CADRE DU SIMPLE TRAVAIL THÉÂTRAL BIEN FAIT.> SYLVAIN MÉNARD, 98.5 FM SI VOUS VOULEZ SAVOIR CE QUI SE PASSE DANS LA TÊTE DES GARS DE LA FIN DE U CINQUANTAINE, C’EST UNE BELLE ILLUSTRATION.(.) J’AI BEAUCOUP AIMÉ CE SPECTACLE.CRÉATION THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI DU 15 SEPTEMBRE AU 10 OCTOBRE 2009 DE ROBERT CLAING MISE EN SCÈNE ROBERT BELLEFEUILLE AVEC BENOÎT DAGENAIS ET PAUL SAVOIE - COLLABORATEURS AUDREY LAMONTAGNE + JEAN BARD + LINDA BRUNELLE t E RW AN N BERNARD + LOUISE BEAUDOIN Au cœur d’une journée caniculaire dans une France qui a bercé leur amour du vin et de la fête, deux Québécois désenchantés ayant atteint le mitan de leur vie, décident de fourbir les lances du désir et de la fougue, de mettre les compteurs à zéro et de tout recommencer.EN SAVOIR PLUS.WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA/CARAVANSERAIL THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL, H2W 2M2 0 SHERBROOKE 514-282-3900 2006.Et cela n’a rien à voir avec un quelconque groupe-hommage.Voici donc Os Mutantes demain soir au National.Un véritable événement.Le groupe de Sâo Paulo mélangeait l’âme brésilienne au psychédélisme et aux autres musiques pop de l’époque.Influencé par les Beatles, Û ne recevait pourtant que des bribes de leur création.«Ils étaient leur égal et non de simples fans», a déjà déclaré Caetano Veloso, un ex-complice.Pour déjouer la censure de la dictature de l’époque, au lieu de changer les mots, Os Mutantes leur accolaient toutes sortes de sons étranges.En maniant parfaitement l’ironie, ils exploraient la distorsion, le bruitisme, les décalages mélodiques, les superpositions sonores et les effets de réinjection.Os Mutantes viennent de lancer Haih or Amartecedor, leur NINO ANDRES Le groupe de Sâo Paulo Os Mutantes vient de lancer Haih or Amartecedor, son premier album en 35 ans.premier album en 35 ans.Visiblement, ils ont encore la flamme.Entre rock de garage orchestré, nordeste distordu, oud sur musique psychédélique et ce formidable sens de l’habillage.Collaborateur du Devoir ¦ Avec Deleon + Plaza Musique & Tanlines au National, demain à 21h30.Renseignements: » 514 790-1245.Z*'* Hydro Vo K E 1) I (I < T 0 B B E 2 (I 0 !) Wm-UND MUSIQUE Xavier Caféine, à la vie, à la mort ‘ i PHILIPPE PAPINEAU Trois ans après avoir posé un regard critique sur nos rapports avec le reste du monde avec son album Gisèle, le vétéran rockeur Xavier Caféine garde toujours le cap.Sur son dernier-né, Bushido, le chanteur a encore les yeux rivés sur l’international, mettant en lumière nos paradoxes dans les domaines de la religion, de la guerre, de la vie et de la mort.Le titre de ce nouveau disque de Xavier Caféine n’est pas anodin, loin de là Celui qui, avec son groupe Caféine, a lancé son premier album, Mal éduqué mon amour, dès 1997 s’est fortement inspiré du code du Bushido — sorte de guide de conduite pour les samouraïs — pour l’écriture des textes.Pas si étonnant quand on sait que l’auteur de La Fin du monde, àe Montréal (cette ville) et de Tu ne peux pas partir pratique les arts martiaux depuis environ quatre ans et admire Robert Lepage et le champion de combat ultime Georges St-Rerre.«L’ouverture du livre du Bushido, c’est un avertissement», explique Caféine en plissant les yeux pour se souvenir le plus fidèlement possible de la phrase exacte, lue des dizaines de fois.«Toute personne qui se dit avoir l’esprit guerrier se doit de vivre avec la mort à l’esprit jour et nuit.Avoir la mort à l'esprit, ce n’est pas morbide, au contraire.C’est avoir l’idée qu’on n’est pas éternel, c’est respecter la vie en ayant la mort en tête.» Sans être déprimant, le ton de ce nouveau disque n’est clairement pas à la badinerie.Il y a des coups de gueule en direction de l’Amérique, des références au traitement passé des peuples autochtones, des textes sur Dieu, la guerre et la paix, et, en toute logique avec le Bushido, des mots à propos de la vie et de la mort En colère, Xavier Caféine?Rencontré quelques heures avant le lancement de son album dans les loges du Cabaret Juste pour rire, le chanteur hésite.Oui et non.Vêtu d’un t-shirt imprimé d’un dessin asia- tique sous un veston de cuir à l’effigie du groupe Neu!, Xavier se gratte la tête un brin.«J'appelle ça une colère joyeuse, une colère spirituelle, une colère à la verticale, où je vise vers le haut, vers le lumineux, précise-t-il, philosophe.C’est une montée de lait, mais positive.J’aime l’humain, dans sa beauté et dans ses défauts, dans sa fragilité aussi.» Homme à tout faire Comme pour l’album Gisèle, qui l’a révélé au grand public, le musicien dans la jeune trentaine a joué presque tous les instruments sur Bushido, ne laissant que quelques séquences pour Joseph Donovan, qui a coréalisé le disque avec Adrian Popovich.«Ils ont été très importants, parce que quand tu joues de tout, de la batterie, de la guitare, des claviers, tu as un peu tendance à t’épuiser, et à te contenter de moins pour en finir au plus vite!» Grand frère musical de son prédécesseur, Bushido reste dans le même esprit mélodique punk, mais avec une touche dif- férente dans le son.«J’ai ouvert la musique un peu, je l’ouvre un peu plus chaque fois; partir d’un endroit et la transporter à un autre.» La ligne de guitare plus new wave sur Vive la mort, les notes de claviers aux sonorités orientales sur Les Bons et les Méchants et Le Voyage dans le temps, par exemple.Caféine s’est même amusé à reprendre Viva, un morceau trilingue du groupe allemand La Düsseldorf écrit par Klaus Dinger.La pièce, qui rappelle l’introduction et la conclusion de son album Gisèle, termine ce plus récent disque sur une note d’optimisme, célébrant la Terre, la vie, l’amour et les enfants.Tout le contraire de la mort, quoi.Le Devoir BUSHIDO Xavier Caféine Indica / Outside ¦ Ecoutez l’album en ligne au www.xaviercafeine.com.VITRINE DU DISQUE Des canards en eaux troubles Edgar Bori lance son huitième disque et retire son masque PHILIPPE PAPINEAU Le monde est encore pas mal «pout pout», comme le décrivait Edgar Bori sur son précédent disque.Trois ans plus tard, notre planète semble encore assez déglinguée pour inspirer le mystérieux chanteur, qui che-ïïîjhe maintenant à visage découvert, à lancer Fous les canards, une œuvre musicalement éclatée et riche en sombres constats socioéconomiques.Vétéran d’une chanson à texte moderne qui ne s’emmêle pas dans les filets de pêche et qui s’inspire des grands paro-liers sans les pasticher, Edgar Bori avait encore un peu de venin au bout de sa plume, même après 15 ans de métier et sept albums derrière la cravate.Fous les canards, le huitième pjms donc, est d’ailleurs «un ptit le deuxième volet de Dans ce monde pout pout, dit le chanteur.Il restait des choses à dire, c’est l’abcès qu'il restait à crever.» Les 12 titres de Fous les canards ne sont pas tous des regards acérés sur la politique, l’économie ou nos travers de société, car il y a bien quelques morceaux plus personnels, comme On s’aimait doux ou À l’arrachée, en référence à la mort ré cente du père de Bori.Mais le cœur de ce disque bat au rythme des textes plus engagés, comme Gestes de gestionnaires, Swing la baraque, Ils et fiai pas dit («J’ai jamais vu la rue aussi déserte qu’à matin / Changer le monde s’apprend du chien / Car la démocratie / Trône en grand chez les pense-petit»).¦ ; «C’est avant tout un album qui parle d’inhumanité humaine, ou de l’humain inhumain, raconte celui qui a fondé la maison de disques et de gérance Les Productions de l’onde./e me suis engagé à faire des portraits socioéconomiques, mais aussi à faire l’état des lieux de l’intérieur de l’humain.Où est-ce qu’on est rendu?Qu’est-ce qui compte plus aujourd’hui que nos comptes de banque?Tout ce monde-là, dans les cafés Internet, ils ne pourraient pas se serrer la main, se prendre dans leurs bras et se dire: “Allô, comment ça va?” C’est vers ça que mon écriture tend.Questionner, comme beaucoup de gardiens du frisson, pour reprendre les mots de Julos Beaucarne.Remettre en question notre course folle dans les centres urbains.» Comme son prédécesseur, Fous les canards — lire aussi «foule et canards», précise Bori — s’éparpille dans plusieurs styles, du reel traditionnel à la valse circassienne, en passant par du rock à la manière Paglia-ro.Même la voix de Bori change beaucoup de pièce en pièce, parfois posée et grave, presque dite, parfois chantée avec un trémolo à la Reggiani.«J’aime l’éclatement, j’ai été élevé avec la zappette!», dit en rigolant celui qui a bien l’intention de retraverser l'océan pour aller présenter ses nouvelles chansons aux Européens l’automne prochain.A ses débuts il y a 15 ans, Bori avait décidé de ne pas montrer les traits de son visage, jouant sur scène caché ou masqué, pré férant entre autres laisser toute la place aux mots.Cette époque est maintenant révolue.Même s’il garde son pseudonyme — Edgar Bori n’étant pas son véritable nom —, le chanteur se dé voilera désormais officiellement aux yeux du public et aux lentilles des appareils photo.«Je fais ça bien simplement, sans geste d’éclat.C’était un confort nécessaire à ma survie personnelle d’artiste, pour être capable de travailler librement.Maintenant, ceux qui ont entendu ma musique connaissent l’étrangeté de mon propos, de mon langage, ils savent que les chansons demandent de l’écoute.Je n’ai plus de craintes.» Le Devoir FOUS LES CANARDS Edgar Bori Les Productions de l’onde / Select CLASSIQUE BACH Les Partitas pour clavier.Andrâs Schiff (intégrale).Deux CD ECM 2001/02.Murray Perahia (Partitas nos 1,5 et 6).Sony 88697443612.Deux très éminentes versions des Partitas de Bach nous arrivent simultanément.Andrâs Schiff reprend ce corpus pour la seconde fois, plus de vingt ans après son enregistrement Dec-ca.Il est parvenu à l’essentiel, à une épure totale de son jeu, qui vise à calquer au piano l’ambitus dynamique réduit des instruments de l’époque.Son interpré tation est exposée en plein soleil, avec une captation sonore claire et proche.Le pianiste hongrois ne laisse rien percer de son âme romantique, même dans les mouvements lents — les Allemandes.Murray Perahia a fait le parcours en deux étapes.Après le CD des Partitas n° 2 à 4, voici le très attendu complément Une fois de plus, Perahia convainc par sa subjectivité feutrée et le classicisme très légèrement ro-mantisant de son jeu.Une version cartésienne implacable versus la vision d’un poète raffiné et frémissant qui extrapole un peu: il y en a pour tous les goûts! Christophe Huss MONDE GURRUMUL Geoffrey Gurrumul Yunupingu Justin time Si, en ce moment, la Grande-Bretagne et l’Australie font la vague pour cet auteur-compositeur-interprète aborigène, Geoffrey Gurrumul Yunupingu a fait la route durant longtemps avec les groupes Salwater et Yothu Yindi avant de se lancer en solo.Aveugle de naissance, il possède un organe béni des dieux: une voix stellaire qui monte doucement au ciel et qui peut parfois rappeler certains grands chanteurs africains comme Geoffrey Oryema.Gurrumul offre un chant qui respire sur des notes qui s’étirent, souvent appuyées par de fort beaux unissons.Membre du clan Gumatj, il écrit et compose à partir de la tradition.Si la musique n’est pas la plus surprenante, elle est très sentie.Un folk dénudé qui se donne parfois des allures plus pop et qui repose pour l'essentiel sur de la guitare acoustique et de la contrebasse.Mais la magie de la voix opère à un point tel qu’il est permis de croire à une ascension rapide de l’artiste.Yves Bernard CLASSIQUE SCHUBERT Les œuvres pour violon et piano (volume 1).Sonatines D.384,385, 408.Rondo brillant D.895.Julia Fischer (violon), Martin Helmchen (piano).PentaTone PTC 5186347.Bel automne pour les amateurs de duos violon-piano.Apres l’intégrale des sonates de Beethoven par Isabelle Faust et Alexander Melnikov, voici un vent frais sur la discographie des sonatines de Schubert, œuvres moins importantes dans l’histoire de la musique mais défendues ici par un duo merveilleusement équilibré.Julia Fischer se signale disque après disque comme une jeune violoniste des plus intéressantes, en raison de son assurance et de la pureté de son jeu.Elle a trouvé un alter ego en matière de finesse et de poésie expressive et sonore en Martin Helmchen, pianiste schuberto-mozar-tien de premier ordre.Si ces œuvres manquent à votre discothèque, vous trouverez ici, plus que dans la traditionnelle version Goldberg-Lupu, matière à étancher à bon escient votre curiosité.Pour l’œuvre la plus convaincante, allez directement au grand Rondo brillant en fin de disque.C.H.FOLK PLACARD MACBETH Placard Macbeth (CD-DVD) Indica / Outside Placard, c’est Dany Placard, qu’on a déjà surnommé dans ces pages le Tom Waits québécois.Macbeth, c’est Toots Macbeth, son comparse musical.Ensemble, ils se sont payé une fantaisie musicale originale: revisiter à la manière des années 1920-1930 toutes sortes de chansons de Placard, celle de son ancien groupe Plywood 3/4, celle tirée de sa collaboration avec Cari-Eric Hudon et celles puisées dans ses deux disques solos.Au cœur de cette espèce de best of sans Ilafla et sans dentelle, Dany gratte la guitare acoustique, Macbeth enrobe le tout avec un banjo ou un dobro, alors qu’on entend ici et là une batterie et une contrebasse discrètes.Ces versions fort honnêtes ont été captées en spectacle ou enregistrées dans un chalet, on y entend même les chaises qui craquent et la foule qui rit.Le tout vient avec un DVD pas vraiment transcendant offrant des extraits de concerts (avec un faux fini raté de vieille pellicule) et des séances d’enregistrement.Bref, sans nous renverser de plaisir, Placard Macbeth se prend sans rechigner, comme un cadeau entre deux anniversaires.Philippe Papineau WÊÊKÊÊÊÊÊÊÊÊÊi JACQUES GBENIER LE DEVOIR Edgar Bori sans masque JACQUES GRENIER LE DEVOIR Bushido, le titre du nouveau disque de Xavier Caféine, n’est pas anodin, loin de là.ÉLECTRO •LÆüaü ELKEE The Beautiful Unknown (myspace.com/elkeemusic) Ça se passe comme ça au temps de la mondialisation: désormais, une formation musicale évoluant dans un marché extrêmement restreint à l’autre bout de la planète peut, sans prévenir, débarquer d’un coup dans votre salon par l’entremise d’une radio Web.Et parfois, on ne peut que remercier notre époque pour ces nouveaux possibles et pour la découverte récente du groupe Elkee.Ambassadeur d'un rock-pop un brin éthéré en provenance de Neuchâtel, en Suisse, le groupe fait fureur de l’autre côté de l’Atlantique — et dans plusieurs recoins du cyberespace — avec sa dernière création, The Beautiful Unknown, un assemblage de titres consensuels, certes, mais pas forcément désagréables à écouter.Jeune, frais et très de son temps, le quintet converge forcément en puisant dans les sonorités jazz, metal et électro, ou encore en butinant des lignes folk et acoustiques, le tout avec des inspirations très apparentes — certains artistes-cultes des années 1980.Fabien Deglise CHANSON miCXevLhU LA GRANDE ÉVASION MiCkey [3D] Moumkine / EMI Mickaël Furnon semble brouiller les pistes derrière lui.Après avoir lancé un disque solo en 2007 sous le nom de Mick est tout seul, le leader de la formation française Mickey 3d (Matador, Tu vas pas mourir de rire, La Trêve) revient avec de nouveaux morceaux, cette fois sous l’appellation légèrement modifiée de MiCkey [3D] — les compositions sont de lui, mais avec de nouveaux musiciens.La Grande Evasion est en fait un hybride entre les thèmes plus personnels du projet solo de Fur-non et le son plus «lourd» de sa formation.Intéressant mélange a priori, mais le résultat n’est pas complètement satisfaisant.Il y a bien quelques titres velcro, comme/e m ’appelle Joseph, 1988 et Paris t’es belle, mais sur la durée, on se lasse.Le constat est que MiCkey [3D] n’a pas vraiment fait son bout de chemin musical et que, sauf pour quelques touches plus électroniques (^défie-toi l’escargot), La Grande Evasion reste dans les sillons déjà entendus de Furnon — des touches de Beck et des guitares acoustiques aux rythmes répétitifs.Les fans aimeront, les autres s’évaderont.P.P ARCHAMBAULT Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS CD Résultats des ventes: ” du 22 au 28 septembre 2009 FRANCOPHONE MARIE-MAI Version 3.0 CHLOÉ SAINTE-MARIE Nitshisseniten e Tshissenitami JEAN-PIERRE FERLAND Bijoux de famille 1 VINCENT VALLIÈRES Le monde tourne fort LUC DE LAR0CHELUÈRE Un toi dans ma tète B DUMAS Au bout du monde CŒUR DE PIRATE Cœur de pirate PÉPÉ ET SA GUITARE Pépé goes français P| DAMIEN R0BITAILLE KU Homme autonome MICKEY 3D La grande évasion ANGLOPHONE NADJA Nadja CHAMPION Resistance MIKA The Boy Who Knew too Much Vfl EUSAPIE ISAAC There Will be Stars MUSE The Resistance Ü PEARL JAM Backspacer DAVID GUETTA One Love DAN BIGRAS Fan HARRY MANX Bread & Buddha THREE DAYS GRACE Life Starts Now TÉLÉCHARGEMENT ZIK.ca DONT MISUNDERSTAND ME Dazmo C’EST MOI Marie-Mai HOUND DOG Nadja D MOISI MOÉ'SSI William Deslauriers FIRE BURNING Sean Kingston L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES Gratuit dans Le Devoir du samedi LE DEVOIR L E I) E V 0 1 R .LE V E N 1) R E I) I 2 OCTOBRE 2 0 0 i) B (i WEEK-END VINS .i LA BELLE AFFAIRE I AC 171 Tl C M A Santa Carolina Réserva Cabernet IJvlJ Y ±11U vl\j Sauvignon 2008, Vallée de Colcha- gua, Chili (13,95 $ -11015988) lO CAIYIOITIA ^ musculati°n 86 v
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