Le devoir, 30 juillet 2005, Cahier B
L E A Washington, la ségrégation crève les yeux Page B 2 DEVOIR.LES SAMEDI 3Ü E T DIMANCHE 31 J l' 1 L L E T 2005 I ».MEDIAS Telesur, Pal-Jazira sud-américaine ?Page B 3 ‘PERSPECTIVES Rapport Ménard Qui paiera la facture ?L’impact de l’entrée des baby-boomers dans les vénérables troisième et quatrième âges incite à la réflexion CLAIRANDRÉE CAUCHY Qu’il soit alarmiste ou alarmant — selon les intervenants qui l’ont commenté —, il n’en demeure pas moins que le constat sur l’impact de l’entrée des baby-boomers dans les vénérables troisième et quatrième âges présenté cette semaine dans le rapport Ménard incite à la réflexion.Plus des deux tiers du budget de l’Etat irait à la santé en 2030, comparativement à 43 % à l’heure actuelle.Si rien n’est fait, il manquerait quelque 25 milliards en 2030 pour assumer les services de santé à une population de plus en plus âgée.Cette facture — imputable non seulement au vieillissement de la population mais aussi aux technologies et aux médicaments toujours plus coûteux — deviendra de plus en plus salée au moment même où la population active décroîtra considérablement, pour passer de cinq personnes en âge de travailler pour un inactif à deux pour un dans 20 ans.Les syndicats et plusieurs autres intervenants ont fait remarquer cette semaine que les baby-boomers feront des personnes âgées en meilleure santé, qu’ils prendront leur retraite plus tard et continueront ensuite de payer des impôts sur leurs revenus de retraite, ce qui atténuerait d’autant l’impasse financière.Ancien directeur de la Régie régionale de Montréal, Marcel Villeneuve n’admet pas les prétentions de ceux qui disent que les personnes âgées de demain requerront moins de soins.«Ce serait s'imaginer que tout le monde va vivre en parfaite santé jusqu’à une heure avant de mourir.Ce serait illusoire.Même s’ils vivent vieux et en meilleure santé, ces gens vont tout de même être affectés par des maladies sur une plus longue période de temps et par un nombre de maladies plus important», rappelle M.Villeneuve, qui agit maintenant à titre de consultant Professeur en administration de la santé, Régis Blais croit lui aussi que les bémols des détracteurs du rapport jouent à la marge.«Le niveau d’urgence peut être discutable, mais il y a urgence.[.] Il faut prendre ce rapport au sérieux», tranche-t-il en rappelant que l’existence de la dette et la croissance actuelle des coûts sont des faits indéniables.Pas de hausses d’impôt, mais de nouveaux revenus Un constat de base se dégage du rapport Ménard: il faudra de nouvelles sources de revenu pour conserver les fondements de base du système de santé, soit un financement public pour des services accessibles.Deuxième constat important du comité: le maintien du paradigme «pay as you go», voulant que les revenus perçus une année servent à financer les services de cette même année, équivaudrait à faire porter sur les épaules des générations futures un fardeau démesuré, vu leur plus petit nombre.11 faut donc trouver un moyen d’engranger maintenant pour le futur.La quadrature du cercle n’est pas évidente pour un gouvernement qui s’est engagé à réduire les impôts.Pour remplir la commande, le comité suggère deux nouvelles sources de revenu: une hausse des tarifs d’hydroélectricité, qui servirait à rembourser une petite partie de la dette en vue de dégager des marges de manœuvre pour la santé, ainsi qu’une cotisation dédiée à un régime d’assurance contre la perte d’autonomie.On rêve également d’un règlement sur le déséquilibre fiscal, pour ensuite se rabattre sur une hausse de la TVQ si les espoirs sont déçus.Le tout assorti d’un recours plus important au privé et d’un contrôle plus serré de l’augmentation des dépenses.La proposition sur le remboursement de la dette apparaît essentielle aux yeux du professeur Régis Blais.«Si on réussissait à rembourser la dette de moitié d’ici 20 ans, on aurait trois ou quatre milliards libérés en intérêts annuellement», note-t-il.Le spécialiste en administration de la santé accueille avec un brin de scepticisme la proposition de caisse-vieillesse (pour financer les ser-vices aux personnes en perte d’autonomie).«Ce n’est pas une idée particulièrement lumineuse.JACQUES NADEAU LE DEVOIR «Ce qu’il faut, c’est redresser les finances publiques pour que les hôpitaux, les CLSC, les CHSLD, les centres jeunesse puissent continuer d’être ouverts», fait valoir Frédéric Lapointe, membre du groupe de réflexion Le Pont entre les générations.C’est comme garder un compte d’épargne en même temps que la carte de crédit est loadée.Rembourser la dette m’apparaît être la meilleure façon d’aller chercher de l’argent.» Il reconnaît cependant à la proposition un mérite «stratégique».«Cest peut-être mieux de payer pour des soins qu’on va avoir à consommer — un peu comme mettre de l’argent de côté pour un REER — que de dire qu’on va payer le gros party qui a coûté 120 milliards.» Ce n’est pas la première fois que l’idée d’une sorte de caisse de prévoyance pour faire face au choc démographique apparaît Sous sa forme actuelle, la caisse-vieillesse — ou «autonomie», comme les auteurs du rapport préfèrent l’appeler — avait été proposée par Michel Clair au terme d’une longue commission sur la santé en 2001.Un peu plus tôt, en 1999, l’idée d’une caisse-santé avait aussi émergé lors des discussions sur l’ampleur des baisses d’impôt qui suivraient l’atteinte du déficit zéro.Alors secrétaire général du groupe Force jeunesse, Frédéric Lapointe avait rédigé un mémoire où il suggérait de retarder les baisses d’impôt pour plutôt consacrer ces sommes, pendant une année ou deux, à garnir une fiducie pour faire face aux besoins futurs du système de santé.«Avec deux milliards ainsi récupérés, on pouvait passer à travers une récession et financer le choc démographique.Mais là, cinq ans ont passé.Aujourd’hui, cela coûterait plus cher, surtout que la dette continue d’augmenter — ça, c'est l’autre scandale!», fait valoir le jeune homme, membre du groupe de réflexion Le Pont entre les générations.Il est aujourd’hui tiraillé devant la proposition du comité Ménard, y voyant une déclinaison d’une même volonté, ceUe de prévoir dès maintenant les ressources pour financer les besoins qui s’exprimeront quand les baby-boomers seront à la retraite.«Mais cela assure quelque chose de très spécifique, la perte d’autonomie.Le reste n’est pas protégé.Cela fait un peu “on fait le nécessaire pour se planquer"», dit-il, en reconnaissant tout de même à la proposition des vertus stratégiques.Il craint que le concept d’assurance ne crée de nouvelles attentes, sans toutefois avoir l’effet escompté sur le financement des services de santé dans leur ensemble.«En ce moment, /’opting out du système, tu te le paies toi-même.Imaginons le coût si l’État paie autant l’infirmière privée à domicile que le séjour en centre d’hébergement.Ce qu’il faut, c'est redresser les finances publiques pour que les hôpitaux, les CLSC, les CHSLD, les centres jeunesse puissent continuer d’être ouverts.» Et le privé ?Parmi les pistes proposées, on mise également sur les cliniques spécialisées privées pour dispenser certaines chirurgies légères, en prenant le soin de préciser qu’elles seraient assurées par l’assurance maladie.Les experts s’entendent pour dire qu’il n’y a Plus des deux tiers du budget de l’État irait à la santé en 2030, comparativement à 43 % à l’heure actuelle pas là une solution à proprement parler au problème de financement.«Avec les cliniques affiliées, tu peux spécialiser les activités et faire en sorte que le coût par opération soit inférieur On peut en faire plus et réduire les listes d’attente, mais en définitive, cela ne coûtera pas nécessairement moins cher», note Marcel Villeneuve.Régis Blais, de l’Université de Montréal, abonde dans ce sens et juge exagérées les critiques sur le coût de la bureaucratie dans le public.«R faut savoir que l'administration privée du système de santé américain coûte trois fois plus cher que celle du système public canadien.» Il s’avoue par ailleurs assez pessimiste quant à l'objectif de freiner les augmentations annuelles de dépenses de 0,5 % à 1 % grâce à des gains en efficacité.«Je ne suis pas sûr que c’est réaliste.Cela signifie limiter les hausses de salaire de gens largement syndiqués».Un point de vue que partage M.Villeneuve: «C'est impossible sans transformation majeure.Il y a une force d’inertie colossale pour empêcher toute transformation.» S’attaquer au défi du choc démographique en santé exigera un courage politique important, d’autant plus que le comité Ménard n’a pas réussi à dégager un consensus social autour de ses pistes de solution.Il n'est jamais populaire de fouiller dans les pioches des contribuables, encore moins quand c'est pour faire face à un problème qui apparaît encore bien lointain.La rentrée parlementaire nous en dira un p)eu plus sur le sort que le gouvernement réserve à cet enjeu à moyen et à long terme.Le Devoir y Programmes de 2e cycle mémMw* MMVpnwMl McGill (514) 398-6200 • WWW.CCp Centre d’éducation permanente de l’Université McGill LE DEVOIR, LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 JUILLET 2005 B 2 Jean Dion La semaine en bref Le Québec a battu cette semaine un record mondial lorsqu’un rapport d’étude sur les services de santé a été rendu public un 28 juillet.«fa prouve à quel point la santé est notre première priorité», a déclaré un premier ministre du Québec au cours d’un point de presse tenu au camping de Sainte-Madeleine, à côté de la 20.«On en parle même quand personne n’est là pour écouter.» Dans le rapport, on trouve des révélations sidérantes, comme par exemple le fait que la population est vieillissante et que les coûts de la santé vont aller en augmentant alors qu’il y aura de moins en moins de monde pour assumer les frais.Il y est notamment recommandé de hausser les taxes pour assurer un financement adéquat du système, une proposition que le gouvernement a rejetée d’emblée.«H n'y aura pas d’augmentation du fardeau fiscal du monde ordinaire, dont on fait déjà les poches avec l^oto-Québec», a dit le premier ministre, cette fois en direct de la plage de Venise-en-Québec.«Le fardeau fiscal ne bougera pas, ainsi que nous l'avons démontré en renonçant à notre promesse de baisser les impôts.J'en prends l’engagement solennel en ce 28 juillet pendant que personne n’y porte attention.Comme ça, nous pourrons plus facilement changer d’idée plus tard, comme nous l’avons déjà fait dans une foule de dossiers.» «Nous sommes prêts.Prêts à tout et à son contraire», a-t-il ajouté.De son côté, un ministre de la Santé du Québec a montré qu’il était un homme poli en ne relevant pas publiquement qu’il avait passé les derniers jours à composer un poème sur le rapport en concoctant des rimes riches avec le mot «tablette».«J’ai songé à “castonguette”, à “oubliettes” et à “péter au frette”, mais j’en suis encore au stade de l’ébauche et des consultations», a dit le ministre à son arrivée dans un théâtre d’été où l’on présente la pièce L'Amant dans le placard.«Nous voulons bâtir un réseau fiable, or ce sont les vacances de la construction, il va donc falloir attendre.Je vous rappelle que, lorsque le Parti libéral a promis, en campagne électorale, que la question de l’attente dans les urgences allait être réglée en un an, nous n'avons pas précisé de quelle année il s’agissait.» «Ce que je peux vous dire d’expérience, c’est qu’il n ’existe aucune solution au problème de la santé au Québec, et ce n’est certainement pas aujourd’hui qu’on va commencer à en trouver», a-t-il ajouté à l’occasion d’une visite au Festival western de Saint-Tite.Tant les partisans du rapport que ses opposants ont accusé l’autre partie d’avoir coulé le document aux médias avant son dépôt officiel, une manœuvre qui a fait grand bruit auprès des trois citoyens qui n’étaient pas cette semaine à Old Orchard, aux régates de Valleyfield ou en train de suivre le maillot brun au Tour de l’Abitibi.La marque précédente dè désertification d’un rapport était détenue par l’Afghanistan, où les résultats d’une enquête sur le statut de la femme avaient été publiés un 30 juin.?Les Etats-Unis d’Amérique ont fait savoir cette semaine qu’ils pourraient retirer leurs troupes d’Irak aussi tôt qu’au printemps 2006.«La guerre est finie depuis longtemps, la démocratie est solidement implantée et les armes de destruction massive ont été placées sous bonne garde», a déclaré le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld lors d’une visite-surprise en Irak, mais pas dans la zone où ça se tire dessus.«Nous n’avons plus rien à faire ici à part pomper du sans-plomb.» Dans une allocution, M.Rumsfeld a indiqué aux soldats, pardon, aux hommes et aux femmes en uniforme, qu'ils ne rentreraient cependant pas à la maison pour autant.«Uws énervez pas, les kids.Nous avons encore à envahir l'Iran et la Corée du Nord.On vous avait prévenus qu'il y a un axe du mal, et un axe a toujours trois composantes, tenet le monde sait ça», a-t-il lancé.Selon M.Riunsfeld, les quelques menus incidents qui émaillent le quotidien des citoyens de l’Irak relèvent du conflit civil et les militaires, par définition, n’ont rien à cirer dans une pareille galère.«N’eneblums jamais que le but de l’exercice est de protéger les Etats-Unis.Or voyez comme le tout est couronné de succès.Pendant que les milices et les terroristes se massacrent, personne ne menace le Wyoming ni l'Oklahoma», a-t-il confié.Pour sa part, le président George W.Bush a déclaré dans un communiqué écrit par quelqu'un d’autre qu'il n’était pas au courant de la présence américaine en Irak.«J’étais à la messe», a-t-il dit.?Interviewé à la télévision dans le cadre d'un de ces vox pop qui fournissent des informations si précieuses, un citoyen motorisé a fait connaître avec une fierté non dissimulée le moyen astucieux qu’il prend pour combattre La hausse du prix de l’essence.«J’en mets toujours pour 20 $, a-t-il dit.Si les gens étaient moins idiots, ils feraient comme moi.» L’automobiliste s'est dit persuadé que sa méthode finirait par venir à bout de la voracité du cartel du pétrole et permettrait d'augmenter la consommation d’ordinaire à un meilleur coût.«On m’informe que le Canada éprouvé de la difficulté à exercer sa souveraineté dans l’Arctique, à tel point qu ’il se chicane avec le Danemark pour une roche.Or si je produis suffisamment de gaz d’échappement à effet de serre sur la couche d’ozone, cela aura pour effet de faire fondre la banquise et d'abolir l’Arctique.Le problème sera ainsi réglé», a-t-il commenté.Comme 99 % de ses concitoyens, le conducteur a par ailleurs confectionné sa propre petite blague de commandites lorsqu’il a appris que le Danemark avait fait des représentations auprès de l'ambassadeur du Canada à Copenhague.«Je ne sais pas comment on dit “Chez Frank’ en danois, a-t-il relaté.Mais je ne détesterais pas m'y rendre accompagné d’une grande blonde qui m’accompagnerait.• ?Un gars en est arrivé l'autre jour à la conclusion que tout ça n'a pas de maudit bon sens.«Regarde-moi ça.Ça n’a pas d’allure.C'est tout croche./en reviens juste pas», a-t-il affirmé.Peu de temps après, il a oublié ça et est passé à autre chose.«Quèst-ce que tu veux que je fasse?», a-t-il expliqué.jdi onfifiledevoir.com ?PERSPECTIVES* TIM SLO AN AGENCE FRANCE-PRESSE Trois enfants dans le quartier South East, à Washington.Alors que le revenu annuel médian des ménages noirs était d’environ 30 500 $, celui des ménages blancs y était plus de deux fois supérieur, à 67 OOO $.Washington, double ville Dans la capitale américaine, la ségrégation raciale crève les yeux À l’heure où des citoyens de Géorgie réclament des procès pour des assassinats racistes commis en 1946, au moment où un ancien dirigeant du Ku Kux Klan est condamné à la prison pour des meurtres survenus au Mississippi en 1964, dans la capitale fédérale, Washington, la ségrégation raciale sévit toujours.CHARLES-PHILIPPE GIROUX Washington — C’est l’histoire d’un expompier volontaire de 21 ans qui avoue avoir participé, avec quelques amis, à l’allumage d’une trentaine d’incendies dans des maisons en construction de son voisinage parce que leurs futurs occupants étaient noirs.Une histoire comme bien d’autres qui tapissent l'époque du Ku Klux Klan et de la lutte pour les droits civiques aux Etats-Unis.Mais nous ne sommes pas au Mississippi dans les années 1950.Nous sommes en banlieue de Washington, en 2005.La ségrégation raciale fait toujours partie du paysage américain pt Washington est un exemple qui crève les yeux.A l’extérieur des couloirs de la politique, des musées parmi les plus impressionnants en Amérique du Nord et des aménagements urbains qui trahissent la nationalité française de leur premier concepteur, Washington reste une double ville.«Il existe un indice pour évaluer la ségrégation des milieux urbains, l’indice de dissimilarité.Et chaque année, Washington se retrouve typiquement en haut de cette échelle», note Charis Kubrin, sociologue à l’université George Washington.Selon elle, la capitale américaine est en soi un cas unique puisque, si beaucoup de ses habitants travaillent pour l'administration américaine, ont un haut niveau d'éducation et des salaires confortables, une autre partie de Washington est composée de conununautés extrêmement pauvres.«Ce qui est dommage avec le district de Columbia [DC], c'est que ces réalités économiques sont liées à la race.Ijs niveaux d’inégalité entre les Blancs et les Noirs sont incroyables», ajoute-t-elle.Les données du recensement de 2000 témoignent bien de cette situation.Alors que le revenu annuel médian des ménages noirs était d’environ 30 500 $, celui des ménages blancs y était plus de deux fois supérieur, à 67 000 $.Et si 25 % de la popu-lation noire de DC vit sous le seuil de la pauvreté, cette proportion tombe à 8 % chez la population blanche.Tensions historiques Les tensions raciales à Washington, qui a toujours été majoritairement noire, n'ont rien de nouveau.Seulement, si plus de 71 % de la population washing-tonienne était noire en 1970, cette proportion est aujourd’hui réduite à près de 58 %.Le nombre d'habitants de la capitale a aussi considérablement diminué pendant cette période, passant de 755 000 en 1970 à 550 000 l’an dernier.Mais les comparaisons avec 1970 sont significatives puisque les quelques années qui ont précédé cette époque ont vu les plus importantes manifestations en faveur des droits civiques.Au cœur de celles-ci, trois journées d’émeutes en avril 1968, à la suite de l’assassinat de Martin Luther King Jr.Bilan: 11 morts, 600 commerces détruits et 5000 emplois en moins avec, conune héritage à la ville, de lourdes sequelles psychologiques.Si Washington est aujourd'hui aussi ségréguée, c’est principalement en raison des pratiques discriminatoires de l’industrie du logement, estime Gregory Squires, sociologue à l’université George Washington.«Encore aujourdltui.les agents d’immeubles continuent de diriger les gens dans différents quartiers et les prêteurs et les assureurs traitent encore les consommateurs blancs et les autres différemment pour décourager les minorités d’emménager dans certains quartiers.» De telles pratiques sont moins courantes qu’il y a 20 ou 30 ans, note Gregory Squires.Mais le Urban Institute, un groupe d,e recherche socio-économique, a déterminé qu’aux Etats-Unis, en 2000, environ un Noir sur cinq était encore victime de discrimination lorsqu’il tentait de louer ou d’acheter un logement «Je sais qu’il est populaire de dire que c’est surtout une question de choix, que les gens veulent vivre avec des personnes qui leur ressemblent», remarque Gregory Squires.«C’est vrai dans une certaine mesure, mais je pense que la ségrégation à Washington est bien plus le résultat de pratiques discriminatoires que le résultat de préférences.» Et comme ces pratiques se sont poursuivies pendant des décennies, même leur disparition immédiate ne changerait rien avant longtemps.Revitalisation ou embourgeoisement?Mais le tissu social de Washington change aussi à d’autres égards.D’après les données du recensement de 2000, le revenu annuel per capita y est d’environ 29 000 $, soit près du double des données de 1970, en tenant compte de l’inflation.Plus de 44 % des Washingtoniens ont maintenant un diplôme collégial, contre 23 % 30 ans plus tôt Le marché de l’immobilier de Washington connaît aussi un boom spectaculaire ces dernières années — certains analystes parlent même d’une bulle spéculative immobilière.Selon l’agence fédérale de surveillance des entreprises du logement la valeur des maisons dans la grande région métropolitaine de Washington a grimpé de 112 % au cours des cipq dernières années, contre 50 % pour l’ensemble des Etats-Unis.Certains y voient un embourgeoisement d’autres une revitalisation.N’empêche, dans certains quartiers, les changements sont flagrants.La rue U du secteur Nord-Ouest l’avenue culturelle noire des années 1950 — on l’appelait alors «Black Broadway» —, en est probablement un des meilleurs exemples.Les commerces du voisinage, autrefois connu pour être celui du jazzman Duke Ellington, comptent aujourd’hui davantage de club «à la mode».On y trouve, comme partout ailleurs, un café Starbucks et, depuis l’été dernier, un salon de bronzage, dont la clientèle ne risque pas d’être composée de Noirs.«Les maisons et les condos à proximité de U Street coûtent 600 000 $ maintenant.Ce quartier ne veut plus rien dire pour la classe ouvrière noire», déplore Maurice Jackson, historien à l’université Georgetown.Selon lui, Washington est en proie à un embourgeoisement qui pousse les Noirs à l’extérieur de la ville.«Dans mon quartier, ce sont de jeunes Blancs qui achètent des maisons parce que leurs parents peuvent faire la mise de fonds.» «Dans le district, des familles ont conservé leur maison pendant des générations.Maintenant, quand les parents meurent, il arrive que les enfants n’aient pas' les moyens de la garder à cause des taxes», poursuit-il.Or ce phénomène touche surtout les Noirs qui, contrairement aux Blancs, ne peuvent pas compter sur l’argent familial cumulé par les générations précédentes.«Je fais partie de la première génération de Noirs à avoir fait des études collégiales», note-t-il.«Tout cela est historique: c’est l’héritage de l’esclavage.» La capitale nationale du meurtre ?Comme la ségrégation est autant raciale qu’économique, il va sans dire que la capitale américaine compte aussi son lot de quartiers où la criminalité est très élevée.Tellement, en fait, que Washington remportait en 2002 le titre peu convoité de capitale américaine du meurtre, calculé à partir du nombre de meurtres par habitants.Washington n’avait été le théâtre que de 262 meurtres cette année-là, un faible score en comparaison avec le sommet de 482 homicides atteint en 1991.Cela représentait malgré tout plus de 45 meurtres par 100 000 habitants, soit davantage que dans toute autre ville américaine de plus d’un demi-million d'habitants.«J’aime bien comparer Washington à Seattle parce que les deux villes ont des populations d'environ 550 OOO habitants et sont établies sur le bord de l’eau», note Charis Kubrin.«Evidemment, elles sont chacune à une differente extrémité du pays et elles ont des compositions raciales différentes, mais Seattle a environ 20 homicides par année, contre quelques centaines à Washington.Et Seattle n’a pas les niveaux de pauvreté ou de ségrégation de DC, des facteurs qui, je crois, contribuent au nombre de meurtres.» Quoi qu’il en soit, la réputation de «ville dangereuse» qui colle à la peau de Washington est bien exagérée, estiment certains experts.«Cest quelque chose que fai dû expliquer à ma mère pour la rassurer lorsque je lui ai appris que je déménageais ici il y a quelques années», se souvient Jeffrey Butts, du Urban Institute.Contrairement aux autres grandes villes américaines, Washington est une ville très densément peuplée qui ne comprend pas de quartiers à caractère plus banlieusard.Or, dans les autres villes, ces quartiers plus tranquilles amortissent habituellement certaines statistiques, comme le nombre de meurtres per capita.«Washington ne se démarquerait pas tant si on ne la comparait qu’aux centres de Philadelphie, New York ou de Los Angeles.» Et puis c’est sans considérer le taux de criminalité aux Etats-Unis, qui a grandement chuté ces 10 dernières années.Seulement à Washington, le nombre de crimes graves répertoriés par le FBI a touché un sommet de 68 000 en 1993.Aujourd’hui, ce nombre a diminué de plus de moitié, à 33 000.«Si c’était ça la manchette, lance Jeffrey Butts, les gens courraient prendre leurs vacances ici !» Collaboration spéciale TIM SLOAN AGENCE FRANCE-PRESSE > « tnj ?» —, '’riTTT La valeur des maisons dans la grande région métropolitaine de Washington a grimpé de 112 % au cours des cinq dernières années, contre 50 % pour l’ensemble des Etats-Unis.De l’autre côté de la rivière CHARLES PHILIPPE GIROUX Vous voulez aller prendre une marche dans South East?» Sam, chauffeur de taxi à Washington depuis 16 ans, trouve la remarque bien comique.«Vous ne lisez pas les journaux?» Le quartier sud-est du district de Columbia a une sale réputation.Pendant que le quadrant nordouest de la ville accueille diplomates et travailleurs de l'administration répubficaine, le sud-est de la ville est celui où la petite histoire s'écrit à coups de crimes violents.Quelque 55 % des 198 meurtres commis à Washington en 2004 se sont déroulés à l’est de la rivière Anacostia Sam est formel: certains coins de South East sont si dangereux que lui et ses collègues n’y vont même pas.«Les gens traînent avec des briques dans les mains et at- tendent les automobiles aux arrêts pour les voler.» Ces idées sont imprégnées dans l'esprit de plusieurs Washingtoniens et entretenues par le sensationnalisme des bulletins d'informations télévisés, mais pour James Bennett, qui est né et a toujours vécu à Washington, eDes sont bien exagérées.«Je ne peux pas penser à un seul coin dangereux dans cette ville», lance l'activiste de 64 ans, qui a gagné sa vie en décorant des vitrines de détaillants et travaille aujourd'hui à la restauration de meubles antiques.James est bien placé pour en parler.En 1976.il a déménagé dans Old Anacostia avec sa femme et ses deux enfants pour y rester pendant près de 20 ans.«Vous voulez aller y foire un tour?» Bien sûr.Après la visite des imposants monuments à l’architecture gréco-romaine de la capitale et de ses somp- tueux musées, rien ne peut préparer au quartier historique d'Anacostia.D s’y trouve de belles maisons unifamiliales à deux étages, sur des terrains qui, sans être immenses, feraient l’envie de bien des Montréalais.Le hic, c’est que rien ne semble y avoir été entretenu depuis quelques dizaines d’années.Les portes et les fenêtres de l’andenne demeure de James sont placardées, la longueur du gazon se mesure quasiment en mètres et la peinture est écalée comme sur une vieille remise de jardin.James a quitté le quartier en 1994, à la suite d’une faillite personnelle.Vraisemblablement personne n’a habité sa maison depuis.La visite des prochaines rues confirmera une tendance: pour chaque cinq ou six maisons habitées, VOIR PAGE B 3: WASHINGTON r •PERSPECTIVES- Telesur, 1’al-Jazira sud-américaine ?des mots, la guerre de l’information tele sur Ni S51 HOWARD YANKS REHTKRS Andres Izarra, le président de la nouvelle chaîne télévisée latino-américaine Telesur, dont le slogan est «Notre nord est le sud».entre les nations et sur la lutte contre la pauvreté.En plus du lancement de la chaîne d’information, le projet ALBA comprend la création d’une banque sud-américaine pour le développement et plus important encore, d’un puissant bloc pétrolier latino-américain capable de faire face aux pressions des Etats-Unis.Ces initiatives ne font qu’envenimer de plus en plus les relations entre le Venezuela et les Etats-Unis, puisque 35 % des importations américaines de brut proviennent de l’Amérique latine, dont presque la moitié du Venezuela, le cinquième producteur mondial Pour le journaliste vénézuélien Francisco Toro, ancien collaborateur du Washington Post et du New York Times, l’ALBA semble avant tout un pion dans la stratégie géopolitique de Châvez en Amérique du Sud.«Châvezprofite de l’affaiblissement de la ZLEA, dont les négociations achoppent au chapitre de la propriété intellectuelle et de l’investissement étranger, pour monter un grand show médiatique fiiit de propositions nébuleuses avec l’intention de miner la capacité des États-Unis à trouver des alliés en Amérique du Sud», explique Toro.Un autre volet de cette stratégie est l’achat massif par le Venezuela d’obligations du gouvernement argentin.«À la suite de la crise économique qui l’a secouée, l’Argentine n’a pas réussi à trouver de l’argent neuf, car sa cote de crédit en est sortie très affaiblie.Depuis un certain temps, le gouvernement Châvez puise à même les fonds publics vénézuéliens pour acheter des obligations au gouvernement argentin, ce qui constitue une sorte de subvention déguisée.Sur le plan financier, cela semble une folie, mais sur le plan géopolitique, ça lui permet de garder une grande influence pour mener à terme son propre plan régional, dont Telesur fait partie», a-t-il ajouté.C’est donc dans une telle conjoncture que Châvez a nommé Telesur «l’enfànt chéri de l’intégration», affirmant au contraire qu’au lieu d’être un instrument de propagande, la chaîne serait «un nouvel outil dans la guerre des idées».«Dans ce match, nous venons de remporter la première manche», a déclaré le président vénézuélien.Actuellement, le plus grand flux d’information sur l’Amérique latine provient de CNN, qui a été durement critiquée pour sa couverture partiale de la guerre en Irak, et du service hispanophone de la BBC, BBC Mundo.Ces deux chaînes risquent désormais de perdre leur part de marché en tant que sources d’informations sur le sous-continent, situation qu’elles ne connaissent que trop bien depuis plusieurs années dans le monde arabe.Il n’est donc pas surprenant que plusieurs, dont l’intellectuel britannique Tariq Ali, qui participe à la programmation de Telesur, comparent la nouvelle chaîne sud-américaine à al-jazira, alors que d’autres, plus cyniques, la surnomment «al-Bolivar».«La différence entre la chaîne arabe et la chaîne latino-américaine, c’est que la première est une entreprise privée, tandis que la seconde est financée par les gouvernements de quatre pays, ce qui politise encore davantage la guerre de l’information contre les Etats-Unis», s’est indigné le quotidien brésilien Folha.Cependant, tous s’accordent pour dire que si Telesur fait bien son travail, elle pourrait devenir sous peu la principale source de nouvelles latino-américaines pour l’ensemble de la planète.Collaboration spéciale MARCELO GARCIA AGENCE FRANCE-PRESSE Telesur sera financée par le Venezuela (51 %), l’Argentine (20 %), Cuba (19 %) et l’Uruguay (10 %), en plus de compter sur l’appui logistique du gouvernement brésilien.Après la guerre Le 24 juillet, une nouvelle chaîne d’information est née en Amérique latine.Visant à établir un «nouvel ordre international de la communication», Telesur a été présentée au public comme une alternative latino-américaine à «l’impérialisme culturel» des médias états-uniens et européens.Place à la bataille pour le contrôle de l’information.ROBERTO GUZMÀN La nouvelle chaîne satellitaire a été symboliquement lancée par le président vénézuélien, Hugo Châvez, le jour du 222e anniversaire de naissance du héros de l’indépendance sud-américaine Simon Bolivar, comme pour rappeler à quel point ü s’agit surtout d’une initiative politique.«Face au discours unique des grands empires médiatiques, qui, délibérément, nient ou ignorent le droit à l’information, Telesur représente le réveil de nos peuples», s’est exclamé Hugo Châvez lors de la cérémonie d’inauguration.«Aujourd’hui, la dictature militaire a été remplacée parla dictature médiatique, et certains groupes d'intérêts profitent des médias pour décider qui a le droit de parole, qui il fout aimer et qui est l’ennemi du peuple», a déclaré pour sa part le journaliste uruguayen Aram Aharonian, directeur géqéral de la chaîne.Etablie à Caracas, Telesur, dont le slogan est «Notre nord est le sud», sera financée par le Venezuela (51 %), l’Argentine (20 %), Cuba (19 %) et l’Uruguay (10 %), en plus de compter sur l’appui logistique du gouvernement brésilien.Or, malgré un avenir prometteur et avant même d’avoir diffusé une seule émission, Telesur a fait l’objet de critiques acerbes de la part de la presse de droite latino-américaine, qui l’a qualifiée d’être un instrument de propagande d’Hugo Châvez et de son allié indéfectible Fidel Castro.«Cette alternative semble trop chargée idéologiquement», soutiennent les critiques, ajoutant que «la “vision latino-américaniste” véhiculée par Telesur sera celle que les gouvernements qui la financent voudront véhiculer», a rapporté BBC Mundo la semaine dernière.Par ailleurs, le 20 juillet, la Chambre de représentants américaine a approuvé un amendement «préventif» destiné à contrer Telesur par la diffusion d’ondes radio et télé au Venezuela.Connie Mack, représentant républicain de la Floride et principal promoteur de cette initiative, a assuré que son idée était «de s’assurer que le peuple vénézuélien aurait la chance d’entendre les idées de liberté, sécurité et prospérité, au-delà de la propagande diffusée par le gouvernement Châvez».D s’est aussi dit préoccupé par deux événements récents qui, à eux seuls, justifient son acharnement contre Telesur.D’abord, les récentes déclarations de Châvez selon lesquelles le Venezuela «travaille à la construction du socialisme du XXT siècle».Ensuite, la Loi sur la responsabilité sociale de la radio et de la télévision, mieux connue comme la Loi du contenu, qui a été adoptée plus tôt cette année par l’Assemblée nationale vénézuélienne, puis critiquée par les médias du pays comme une tentative gouvernementale de prendre le contrôle de l’information.«R n’est pas étonnant de voir la relation de Châvez avec Castro, l’Iran et les autres.Le socialisme qu'il propose n’est qu’une première étape; l’étape suivante est peut-être le communisme, et dans le communisme, il n’y a pas de liberté de presse», a déclaré Mack à BBC Mundo.La réaction du président Châvez à cette attaque américaine ne s’est pas faite attendre.D a averti les Etats-Unis qu’il était prêt à entreprendre une «guerre électronique» si des signaux étrangers étaient diffusés dans son pays pour neutraliser Telesur, a indiqué le quotidien vénézuélien El Universal.Le vice-président du pays, José Vicente Rangel, a affirmé de son côté que son gouvernement souhaite uniquement «élargir le champ de l’information, ouvrir le débat et faire en sorte que les médias cessent d’être un privilège contrôlé par des fadeurs économiques», et que «Telesur n’est pas une initiative anti-américaine».Cette bataille pour le contrôle de l’information en Amérique latine n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan de discorde qui sépare Washington et Caracas depuis 1998, date à laquelle Châvez a pris le pouvoir au Venezuela et renforcé ses liens avec Cuba.Le lancement de Telesur s’insère d’ailleurs dans le contexte de l’Alternative bolivarienne pour l’Amérique (ALBA), une tentative d’intégration régionale sur les plans économique et culturel menée par Châvez depuis phis d’un an.L’Alternative vise notamment à neutraliser la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA), perçue par Caracas comme un effort américain de recolonisation du continent, et à mettre l’accent sur la coopération SUITE DE LA PAGE B 2 il s’en trouve une carrément condamnée.D’autres ont des fenêtres brisées, ou encore des déchets, beaucoup de déchets, jonchent leur terrain.A chaque coin de rue, une douzaine d’individus traînent.Quelques-uns sont assis sur des chaises de jardins, d’autres appuyés contre des clôtures.Tous noirs.Et ils regardent passer les gens — surtout s’ils font figure d’intrus — d’un lourd regard impossible à soutenir.N’en déplaise à Sam, personne ne se promène avec une brique dans les mains.Mais à vrai dire, une telle scène ne trancherait pas tellement avec le décor.James maintient que le quartier n’est pas dangereux pour un étranger puisque la plupart des crimes qui s’y commettent se font entre des personnes qui se connaissent «Par exemple, je me souviens de quatre gars qui habitaient une copropriété.Ils étaient partis quelques jours et lorsqu’ils sont revenus, leur maison avait été cambriolée.Ils ont parlé avec les voisins, et ça n’a pas été bien long avant qu’ils sachent qui avait fait le coup.Tout le monde était au courant que c’était un jeune qui s’appelait Kenny Alors ils sont allés le voir et lui ont sacré une volée.Deux heures plus tard, tous leurs biens leur ont été rendus.» WASHINGTON L’allure d’Old Anacostia n’a pas toujours été si déprimée.«C’était quand même mieux organisé il y a dix ans.Et ça n'a pas toujours été un quartier de Noirs.Quand nous avons emménagé ici, il y avait environ 40 % de Noirs et 60 % de Blancs.» «Nous n’avions pas peur d’Anacostia.Nous y sommes déménagés parce que nous voulions aider les pauvres et la classe moyenne, les éduquer, leur donner les moyens de se trouver des emplois.» Lorsque la police chassait les trafiquants de drogues des devantures de commerces à quelques rues de là et que ceux-ci se retrouvaient à faire leur trafic dans le voisinage, James et ses amis se faisaient un devoir d’aller leur expliquer qu’ils étaient persona non grata.Qu’ils effrayaient les mères de familles.«Et s’il fallait apporter nos bâtons de baseball pour aller discuter, nous le faisions», lance-t-ü, sans donner phis de détails.Aujourd’hui, James n’hésite pas à qualifier le quartier de ghetto.«R y a là des jeunes de 15 ans qui n’ont littéralement jamais mis les pieds à l’extérieur du quartier.Rs n’ont absolument aucune idée que la vie peut être déférente que celle qu’ils mènent» Lorsqu’il fait le bilan de son séjour, James ne porte pas de lunettes roses.«Nous avons échoué misérablement.» Selon lui, les élus municipaux n’ont jamais pris d’engagement ferme envers Anacostia.«On ne peut plus rien foire pour ce quartier.Il est trop tard.I^es projets de revitalisation d’aujourd'hui ne visent qu'à permettre aux gens qui en ont les moyens d’y emménager», ajoute-il, écorchant au passage la vague d’embourgeoisement qui commence déjà à toucher South East «Rs veulent faire des “meilleurs’’ voisinages.Mais c’est bien relatif.Meilleurs pour qui?Pas pour les pauvres.» Anacostia n’est pas un cas unique aux Etats-Unis.«Les grandes villes comme Chicago, New York et Los Angeles ont toutes leur Anacostia», fait observer le sociologue Gregory Squires.«Mais le nombre de quartiers à haute concentration de pauvreté et le nombre de personnes qui vivent dans ces quartiers a grimpé en flèche à Washington dansles années 1990, alors que partout ailleurs aux États-Unis ces données étaient en baisse.» Quant à James, il habite aujourd’hui Capitol HiD — un autre quartier du Sud-Est où l’embourgeoisement est bien entamé.Et où l’histoire se répète.«J’ai essayé d’y acheter une maison il y a quelques années L’agent d’immeuble me la proposait à 110000$, ce qui était complètement hors de portée pour moi.Et fai appris quelques semaines plus tard qu’elle s'était finalement vendue pour 69 OOO $.» Sans grande surprise, l’acheteur était blanc.Collaborateur du Devoir Christian Riou.x Guerre de religions La cérémonie s’est déroulée sur une arche, comme rhistoire de Noé dans l’Ancien Testament.A la différence près qu’on n’y a pas tait monter un représentant de chaque espèce animale, mais plutôt neuf représentantes d’une seule et même espèce, pourtant nullement menacée et qui serait même en recrudescence.Je veux parler de ces femmes qui veulent accéderait sacerdoce.Défiant l’autorité du pape, lundi dernier neuf femmes ont été «ordonnées» prêtres et diacres dans une cérémonie qui mimait en tous points celles qui se pratiquent au sein de l'Eglise, la cérémonie de la rivie re des Milk^ues se déroulait tmis semaines après («ordination» de Geneviève Beney à 1 ,yon sur une péniche naviguant cette fois sur la Saône et le Rhône.Etrangement, la cérémonie nord-américaine ne rassemblait que des fenunes venues dç terres majoritaire ment protestantes, c’est-àdire des Ktats-l luis et du Canada anglais.11 semble qu'on n'ait trouvé aucune Mexicaine, pas une seule Brésilienne, pas même une croyante du Québec, pays de tradition catholique s’il en est un, pour monter dans l'arche des Mille-Îles.En France, Geneviève Beney a fait ses études de théologie à la faculté de Strasbourg, où elle a été très influencée par la pensée religieuse de |>ays eux aussi de tradition protestante, comme les Pays-Bas et l'Allemagne.?Loin de moi l’idée de me mêler d'un débat théologique qui me dépasse et qui ne concerne que les croyants.Cela n’empêche pas l'observateur de noter que bon nombre des arguments destinés à justifier cette «ordination» laissent deviner un affrontement larvé qui dépasse la simple ordination des femmes.On peut même se demander si l'événement n'est iris le symbole d’une nouvelle guerre de religions qui se déroulerait en catimini.le protestantisme a toujours mis l’accent sur le rap port direct des fidèles avec Dieu, ce qui explique l'importance qu’il accorde à la liberté et aux droits individuels.Or l’essentiel des arguments invoqués par les dissidentes repose justement sur la logique des droits.Le site Internet de (organisation Women’s Ordination Conference traite d’ailleurs essentiellement de droits et d'égalité juridiques.Or l’Eglise n’est pas une organisation «démocratique», du moins comme nous (entendons généralement dans nos sociétés, le pape n’est pas élu pir référendum mais par une assemblée de sages, qui ne puisent pis leur pouvoir dans le mandat de leurs fidèles mais dans leur foi.La foi catholique n’est pis quelque chose qui vient d'en bas, tnais d’en haut C’est pourquoi on dit quelle est révélée.Dans sa forme, le geste des rebelles de Ganacoque exprime un refus de la hiérarchie très caractè ristique lui aussi de la tradition protestante.Par leur action, les «hérétiques» des Mille-Iles se si tuent hors de (Église.C’est ainsi qu’ont toujours fonctionné les confessions protestantes.Chaque fois qu’une Église ne faisait plus (affaire, les dissidents en fondaient une npuveüe.Cela explique la capacité de renouveau de ces Églises, qui ne tardent gé néralement pas à s’adapter aux évolutions scxiales les plus récentes.Cela explique aussi malheureusement le caractère souvent dérisoire de certaines de ces sectes sans traditions et sans véritable culture religieuse, Dans le journal La Croix, la théologienne Régine de Chariat soulignait qu’«i/ est amtradictoirr de revendiquer une ordination, c’est-à-dire, littéralement, une mission dans un cadre institutùmnel èmné, et en même temps de refuser de respecter l’organisatùm de cette institutùm».Je le répète, je ne suis pas opposé à (ordination des femmes et ne souhaite surtout pas entrer dans un débat théologique qui me dépasse.Ce qui me frappe, par contre, c’est la manière essentiellement profane et presque syndicale dont les femmes «or données» lundi posent le problème.On se serait cru dans une assemblée de monitrices de garderie qui réclament (équité salariale.La chose a d’ailleurs été traitée ainsi par une partie de la presse québécoise.Or, rappelle Régine de Chariat, «le ministère n’est pas un droit, c’est une mission»'.Il semble malheureusement — et c’est probablement ce qui est le plus grave — que ce type de raisonnement ne soit plus audible à une partie de la population pour qui la Charte des droits est la seule bible à l’aulne de laquelle toutes les activités hq-maines doivent aujourd’hui être jugées.Celles de l’Eglise comme les autres.Vue sous cet angle profane, (accession à la prêtrise se réduit à une simple question de «pouvoir».Les femmes ont donç l’air d’occuper une place plus çongrue dans l’Église catholique que dans les Églises protestantes.Même si, contrairement aux protestants, les catholiques accordent un rôle unique et exceptionnel à la vierge Marie, «co-rédemptrice» et «mère de tous les hommes».S le Dieu des protêt tants est plutôt androgyne, notons en passant qué celui des catholiques a traditionnellement été plus sexué, ce qui Le met probablement en contradiction avec une société où la «personne» a tendance à remplacer l’homme et la femme.JL Etrangement, la cérémonie nord- américaine ne rassemblait que des femmes venues de terres majoritairement protestantes ?On comprend probablement mieux, à la lumière de cet affrontement, pourquoi les cardinaux ont élu le cardinal Ratzinger pour succéder à Jean-Paul II.Plus que le personnage conservateur et réactionnaire que l’on décrit, (ancien évêque de Bavière est un catholique qui a combattu depuis des années (influence du protestantisme sur son Église nationale.C’est d’ailleurs à deux pas du village natal de Be noit XVI, à Passau, que Gisela Forster, Christine Mayr-Lumetzberger et sept autres femmes avaient été «ordonnées» prêtres en 2002.Lorsqu’on sait la concurrence féroce que mènent les sectes protestantes à l’Église catholique en Afrique et en Amérique latine, on comprend que (élection de Benoît XVI ne relève pas tout à fait du Saint Esprit criouxfoledevoir.com Note: cette chronique et son auteur feront relâche durant le mois d’août.À bientôt. LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE 31 JUILLET 2005 B I EDITORIAL Enfin! Après trente années de combat qui ont causé la mort de 3600 personnes, TIRA abandonne officiellement l’usage de la violence.L’assassinat, en janvier dernier, de Robert McCartney ainsi que le cambriolage d’une banque avaient confirmé les dérives mafieuses de l’organisation et, ce faisant, entamé sérieusement sa crédibilité.En clair, TIRA était dans un cul-de-sac.D Serge Truffaut rôle de tandem que celui formé par le Sinn Féin, le bras politique des républicains irlandais, et TIRA, son bras armé.A l’exception des initiés, des fins connaisseurs des cultures politiques de ce duo, il fut toujours difficile, voire hasardeux, de décrire avec exactitude ce qui distinguait l’un de l’autre.Est-ce que le premier avait de l’ascendant sur le second?Peut-être que oui, peut-être que non.L’inverse?Idem.Les deux fonctionnaient de concert en entretenant un certain flou propre à préserver leur poids dans les rapports de force avec les protestants et le gouvernement britannique.Durant trois décennies, cette combinaison a fonctionné jusqu’à ce que TIRA assassine Robert McCartney dans un pub.Dans la foulée de ce crime, la veuve et les sœurs de ce dernier ont mené une campagne médiatique très efficace.Le but de celle-ci?«Dissiper toute vision romantique de l’IRA», selon leurs propres mots.Aujourd'hui, elles peuvent dire: mission accomplie.Car cette campagne a fait mal, très mal à l’image de TIRA, surtout aux États-Unis où l’on compte 34 millions d’Américains d’origine irlandaise.Outrées par ce crime, les associations de Boston et d’ailleurs ont fait savoir quelles coupaient les vivres.Or, il faut le savoir, l’essentiel du soutien financier à la cause républicaine provenait des Etats-Unis.En plus de perdre sur ce front, le tandem a essuyé tout un revers sur la scène politique.Du président Bush au sénateur Ted Kennedy, qui jusqu’alors fut un ardent défenseur des Irlandais, toute la classe politique américaine s’est li-guéve ces derniers mois contre TIRA.Plus précisément, le message clairement signifié à Gerry Adams, le chef du Sinn Féin, était grosso modo le suivant: désarmez! La prise de position des élus américains était d’autant plus ferme que le cambriolage d’une banque ayant rapporté 50 millions à se$ auteurs, que l’on présume être membres de l’IRA est venu confirmé les dérives mafieuses de cette dernière.Pour les membres du Congrès américain, serrer la main de Gerry Adams, aussi longtemps que la capacité de nuisance du bras m ine ne serait pas écrasée, était devenu insoutenable.Én outre, il y a fort à parier que les nouvelles dispositions antiterroristes que le gouvernement de Tony Blair entend présenter au Parlement au début de l’automne ont influencé Gerry Adams et ses collègues.Le durcissement législatif décidé par le 10 Downing: Street aurait rendu plus malaisée la relation entre le Sinn Féin et TIRA Cela étant, cet abandon de la lutte armée va naturellement favoriser le «réveil» des Accords du Vendredi saint de 1998.Depuis la suspension du gouvernement régional et de l’Assemblée de l’Irlande du Nord, le processus politique était évidemment gelé'.Le silence commandé aux armes devrait permettre la tenue d’élections dans les prochains mois.À moins que.À moins que la police des environs, qui comprend une sur-ré-pi ésentation de protestants — au-delà de 80 % —, ne coinmette une bavure.À cet égard, la réforme du corps policier souhaitée à juste titre par les catholiques n’a jamais été menée à son terme comme cela était prévu dans l’entente de 1998.On doit également espérer que le pasteur et leader des Oran-gisfés, lan Paysley, ne profite de cette accalmie pour jeter de l'huile sur le feu.Coutumier du fait, on peut craindre que cet honqme d’église à l’inclination raciste monte davantage sa communauté contre la majorité catholique.Reste que le geste fait par TIRA doit être salué.Il était temps que ses membres atteignent la maturité politique.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE J’Ai N QU Ai D'î TutfAN, // \ PNWfi* ML /' V Plié/» .PpuÇ# / il S/WTf A# # • 4 4: LETTRES IA vACttt 5ACP6E PB QufftOiS Les fusions bancaires.Après avoir adopté, en pleines vacances estivales, le controversé projet de loi sur le mariage gai, voilà que les libéraux minoritaires à la Chambre des communes complotent pour faire passer, en plein été, le projet de loi permettant la fusion des banques.Le puissant et richissime lobby des banquiers canadiens, indispensable à la santé financière des caisses électorales des partis politiques, ne lâche pas.Avant les élections, par l’entremise du ministre des Finances Ralph Goodale, il souhaitait connaître par écrit l’opinion des critiques des finances des trois partis d’opposition sur le projet de loi qui autoriserait la réduction du nombre de grandes banques canadiennes.Paul Martin, maintenant chef du PLC et premier ministre du Canada, avait dit non à la fusion de la Banque de Montréal et la Banque Royale et à celle de la CIBC et la Banque Toronto Dominion.Les «cinq grosses» ont déjà fermé des milliers de succursales bancaires à travers le pays.La passation du projet de loi sur les fusions de banques aurait des conséquentes néfastes énormes.Elle amenuiserait la concurrence dans les services financiers.Elle réduirait l’accessibilité aux centres bancaires de proximité.Elle entraînerait la mise à pied de dizaines de milliers d’employés.Paul Martin a changé d’idée sur le mariage entre personnes de même sexe; j’espère qu’il n’a pas fait de même pour les fusions bancaires.Luc Poirier Belœil, le 28 juillet 2005 La prêtrise au féminin Madame Josée Boileau, éditorialiste Votre lecture des Evangiles est exacte («La leçon de Jésus», Le Devoir, mardi 26 juillet 2005).S’il n’en tenait qu’à eux et à l’esprit du Christ, la prêtrise au féminin serait chose courante depuis des siècles.Car Jésus était «féministe» et libéral.Ce qui aura obstrué le plus le sacerdoce féminin (à l’origine), ce sont les écrits pauliniens qui, en raison de leur qualité et de leur authenticité incontestables ainsi qu’en vertu de l’œuvre (voyages, prédication) et de la personnalité même du cofondateur du christianisme, ont fait autorité eut égard aux dogmes chrétiens.Or Paul n’a pas connu personnellement le Christ.D’où cette antinomie entre l’attitude de l’un et de l’autre face à la femme.L’un invitant celleci à délaisser les tâches domestiques mêmes pour s’adonner à la participation au message évangélique; l’autre demeurant juif (traditionnel) à cet égard en prescrivant à la femme de se taire dans l’Assemblée et d’interroger son mari une fois retournée au domicile conjugal.La place de la femme dans l’Eglise — et co-rollairement dans la société au fil des siècles — aura donc été grandement tributaire du chc'x d’une adhésion aux écrits de Paul plutôt qu’aux actes, aux attitudes et à l’esprit du Christ Or Paul même ayant professé que la lettre tue, alors que l’esprit éclaire et anime, il s’agit aujourd’hui pour l’Église de choisir de nouveau entre l’esprit christien et la lettre (c’est le cas de le dire) paulinienne.Denis Beaulé Montréal, juillet 2005 De Bernard à Bernard Voici LA solution pour celles et ceux qui sont divisés sur le retour de M.Bernard Landry comme chef du PQ: élire M.Louis Bernard.Il a le même âge que M.Landry, semble en pleine forme, est aussi intelligent expérimenté et cultivé.En prime, c’est un nouveau politicien très calme, qui s’exprime avec facilité et clarté, sans langue de bois, principalement sur la question référendaire.Un Bernard quitte, un autre arrive, c’est la vie! Gilles Bousquet Saint-Hyacinthe, juillet 2005 Landry doit assumer sa décision Pour certains, il semble regrettable que Bernard Landry ait décidé de se retirer.Mais si celui-ci revient sim sa décision, c’est l’avenir même de sa formation politique qui pourrait être en jeu.Je concède qu'actuellement la course à sa succession soulève assez peu d’intérêt et qu’aucun des candidats en liste ne captive l’attention des citoyens.Pourtant, un retour de Landry serait un triste indicateur du manque de conviction profonde d’une carrière politique certes importante mais sans cesse ballottée par l’incertitude et l'hésitation, voire même par d’étonnantes contradictions.Il y a des limites à jouer le chaud et le froid.La population du Québec a droit à plus de respect Jacques Léger Morin-H eights, le 27 juillet 2005 LIBRE OPINION -*- Qu’est l’Acadie devenue ?JACQUES BEAUMIER Ex-conseiller principal au Bureau du Québec dans les provinces atlantiques \ A l’occasion de la première commémoration du Grand Dérangement, le 28 juillet dernier.Le Devoir publiait un article d’un politologue et membre du conseil d'administration de la Fédération acadienne du Québec, M.Stéphan Bujold.Ce dernier souligne d'entrée de jeu que «nombre de Québécoises et de Québécois ignorent toujours ou ne savent pas exactement ce qu'est l'Acadie et qui sont les Acadiens».Il faut apporter quelques précisions avant que l'on soit tenté de déduire trop rapidement que si les Québécois avaient une meilleure connaissance des Acadiens, ils éprouveraient une plus grande sympa-thie envers eux.Il serait présomptueux d'en tirer a priori une telle conclusion.S’il y a ignorance d’un côté, il faut aussi observer qu’il y a animosité de l’autre.C’est du moins ce que reconnaît le chroniqueur à L’Acadie nouvelle, Jean-i M;irje Nadeau, qui, dans son message à l’occasion de la Fête nationale du Québec en juin dernier, exhorte ses Compatriotes à cesser la pratique du Québec bashing.Si à Montréal on croit généralement que cette pratique a cours plutôt chez les Canadiens anglais, il faut malheureusement reconnaître quelle est largement répandue chez les Acadiens.lorsque les Québécois sont informés de ce fait, c'est toujours une réaction de stupéfaction ou d’incrédulité qui se manifeste.Comment des fiancophones peuvent-ils faire ça?Far ailleurs, l'actuel lieutenant-gouverneur du Nouveau-Brunswick, M.Herménégilde Chiasson, déclarait en octobre 2000, alors qu'il n'était encore qu arliste multidisciplinaire, lors d'un colloque au Collège Glendon en Ontario, que le Québec et l'Acadie devraient peut-être prendre chacun leur propre avenue pour se recroiser peut-être plus loin.Npus aussi nous avons grandi et nous avons une contribution à faire, si modeste soit-elle, à la francophonie qui nous regroupe à l'échelle planétaire.C’est du reste sur ce plan que s’accumulent les frustrations, dans cette zone grise où le Québec devient notre médiateur arrogant et notre interlocuteur paternaliste.Comme le dit le zen, il vaut peut-être mieux aller avec le courant et développer nos propres avenues et, qui sait, peut-être qu’un join, un peu plus loin dans la rivière, nos chemins arriveront-ils à se recroiser.Un éloignement qui s’explique Comment en sommes-nous arrivés là?Comme le fait M.Bujold, il faut remonter dans l'histoire pour comprendre la réalité d'aujourd'hui et comprendre cet éloignement qui s'est installé entre Québécois et Acadiens.Effectivement, dans les aimées 1880, les Acadiens se dotent de «symboles et d'institutions pour asseoir et stimuler leur renaissance nationale», comme le souligne M.Bujold.Toutefois, il faut aussi ajouter que l'adoption de ces symboles s’est faite dans le cadre dime démarche pour se démarquer par rapport aux «Canayens» de la vallée du Saint-Laurent.Ainsi, on abandonna saint Jean-Baptiste conune saint patron, qui jusqu’alors avait été le patron de tous les colons de la Nouvelle-France, pour adopter Notre-Dame de l'Assomption comme patronne des Acadiens.Cette volonté alors manifestée caractérise encore l'identite acadienne qui tient à garder une distance par rapport à ce qui est québécois.D'autre part, comme le démontrent plus précisément les études du professeur André Magord de l’Université de Poitiers, les familles vivant en milieu ntinoritaire adoptent différentes attitudes, allant du repli sur soi à l'assimilation complète, en passant par l’acculturation.Ainsi, les familles qui adoptent une attitude conciliante pour se faire accepter par la majorité développeront de l'agressivité envers les familles qui choisissent elles, de maintenir leurs activités autonomes et leurs traits culturels.Elles constituent en quelque sorte un rappel constant au premier groupe de son appartenance d’origine, lui nuisant ainsi dans sa tentative de se fondre dans la majorité.Or, cette dynamique se retrouve clairement entre les Québécois et les Acadiens, et encore davantage entre ceux du sud-est du Nouveau-Brunswick et des régions où ils sont très minoritaires et ceux du nord du Nouveau-Brunswick, situés à proximité de la frontière du Québec.Contrairement à ce que laisse entendre M.Bujold, l’Acadie n'est pas formée d'une société mais plutôt d'une mosaïque sociologique fort complexe.Enfin, avec la redéfinition du Canada depuis 1ère Trudeau, les Acadiens ont trouvé leur compte beaucoup plus que les Québécois: reconnaissance du bilinguisme, soutien financier à la francophonie minoritaire, Charte des droits et libertés, etc.les éloignant encore davantage des réalités de la politique québécoise.Les Acadiens croient à tort ou à raison qu'avec l’accession du Québec à la souveraineté, en plus de se faire abandonner, ils perdraient à plus ou moins brève échéance ce que le Canada leur a accordé.Glissement identitaire Mais il y a aussi autre chose de beaucoup plus profond.Un glissement identitaire s'est effectué au cours des ans, surtout depuis les années 60 avec 1ère de Louis J.Robichaud.Les principales oeuvres que les Acadiens lui ont attribuées, lors de son décès en janvier dernier, comprennent sa politique des «chances égales pour tous» et la fondation de l'Université de Moncton.Mais il est aussi responsable d'une autre «grande réalisation».Pour réussir ces réformes, il a fait un pari audacieux, celui de créer une nouvelle identité de toute pièce, ni Anglais ni Acadien, mais Néo-Brunswickois bilingue.Robichaud fera adopter un nouveau drapeau représentant tous les citoyens de sa province.D'ailleurs, ce drapeau sera sur son cereueil lors de son décès, éclipsant ainsi le drapeau acadien.Malgré cela, les Acadiens s’y sont reconnus et se considèrent indistinctement .Acadiens, Néo-Brunswickois et Canadiens.Ils s’identifient au Canada des 35 dernières années encore davantage que les Albertains ou les Terre-Neuviens.Par exemple, il ne leur viendrait jamais à l’idée d’enlever les drapeaux du Canada de leurs mâts en signe de protestation contre le gouvernement fédéral comme l'a fait le premier ministre de Terre-Neuve en décembre dernier, fis sont même plus Canadiens que tous ces hommes d'affaires Canadian qui se bousculent pour profiter à qui mieux mieux des bénéfices que génère l’intégration de l’économie canadienne à l’économie américaine.Alliances politiques Le rapprochement entre Acadiens et Québécois pourra s’effectuer mais il devra se faire par le biais du politique.C'est-à-dire par l’évolution du projet autonomiste acadien au Nouveau-Brunswick qui permettra à l'Acadie et au Québec d’établir des alliances circonstancielles pour le développement de sociétés fiancophones au nord de ce continent C'est l’Acadie du Nouveau-Brunswick qui constitue l'Acadie réelle, contrairement à cette Grande Acadie mythique mise de l’avant par certains organismes acadiens qui, eux, préfèrent mettre l’accent sur l’Acadie généalogique et culturelle.Ils ne réalisent pas qu’en faisant ainsi, ils empêchent la construction d'une Acadie politique.Mais l’élite acadienne ne veut rien entendre de cette «utopie».Contrairement à ses ancêtres qui sont demeurés neutres en 1755 dans le conflit opposant la France à l'Angleterre, et qui ont dû payer le prix de cette neutralité, l’élite acadienne n’est pas neutre.Elle met tous ses œufs dans le même panier celui du gouvernement fédéral.Elle adhère à la vision tronquée de l'Acadie formulée par Patrimoine Canada, qui en fait une minorité ethnique soutenue financièrement pour «célébrer sa vitalité culturelle», et s'oppose de toutes ses forces à l’accession du Québec à sa pleine souveraineté politique.Quant à l’éditorial de Mme Josée Boileau qui porte également sur l’Acadie, dans la même édition, l’interprétation qu'elle fait de la lutte des Acadiens de Cara-quet pour conserver leur hôpital est tout à fait juste.D s'agit bien d'une lutte pour faire reconnaître le droit des ntinorités francophones d'avoir accès à des soins de santé dans leur langue.Reste à la Société nationale de l'Acadie, «cette institution [qui] sert de plate-forme pour la promotion et la défense de l’identité acadienne», comme le formule M.Bujold.à s'en rendre compte.L'Acadie résiste, comme l'écrit fort judicieusement Mme Boileau, mais justement, ne serait-ce pas plutôt sa résistance politique qui témoigne de sa vitalité?La chronique du ROC.d'Antoine Robitaille, fait relâche cette semaine.Elle sera de retour samedi prochain. LE DEVOIR.LES SAMEDI 30 ET DIMANCHE SI JUILLET 2 0 0 5 B 5 DEES Manifestation de bénéficiaires et de syndiqués contre les coupes budgétaires, fin 2003.Saurons-nous soigner les aînés ?Les prédictions pessimistes sont basées sur le postulat voulant que F état de santé et le mode de prestation des services ne changeront pas JACQUKS NADEAU l.E DEVOIR RÉJEAN HÉBERT Doyen de la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l’Université de Sherbrooke, membre de l’Académie des sciences de la santé du Canada et directeur de l’équipe PRISMA (Programme de recherche sur l’intégration de service de maintien de l’autonomie) e vieillissement attendu de la population ne sera pas l'apocalypse que prédisent certains prophètes, voyant là l’alibi parfait pour privatiser notre système de santé.Les projections à la base de ces augures catastrophiques supposent que ni l’état de santé ni le mode de prestation des services ne vont se modifier au cours des 20 prochaines années.Or, des données confirment de plus en plus une amélioration marquée de la santé des nouvelles générations de personnes âgées.Les baby-boomers présentent en effet moins de maladies cardiaques, moins de maladies articulaires et moins d’incapacités que les générations précédentes.Aussi, leur plus haut niveau de scolarité et leurs meilleures conditions matérielles et financières sont des fecteurs importants pour l’état de santé et la capacité à faire face à d’éventuelles maladies ou handicaps.On connaît moins, par contre, ce que seront leurs habitudes de consommation de services de santé.On peut présumer qu’ils seront plus exigeants que les générations précédentes.Ils seront également la première génération à pouvoir prétendre avoir contribué pendant toute leur vie active au financement du système so-ciosanitaire et avoir maintenant le droit d’en bénéficier.Le système de santé évolue plus rapidement qu’on pourrait le penser.Evans et Barer ont montré que si on avait projeté en 1980 les besoins de lits d'hôpitaux nécessaires en l’an 2000 pur faire face au vieillissement de la population, il aurait fallu prévoir une croissance de près de 40 %.Or, au cours de cette période, le nombre de lits a chuté de près de la moitié au Canada avec l’arrivée des nouvelles technologies permettant des traitements en externe et une réduction marquée de fa durée de séjour.Les prévisions basées sur le statu quo de l’état de santé et de l’offre de services exagèrent donc les besoins et noircissent les prévisions.Offre radicalement transformée Quoi qu’il en soit, l'espérance de vie près 65 ans est encore vécue en état d'incapacité fonctionnelle pour le tiers des hommes et plus de fa moitié des femmes.Le défi est maintenant de trouver des moyens de comprimer cette période de dépendance qui altère fa qualité de vie et génère des coûts sociaux et sanitaires importants.Cela nécessite non seulement des traitements et des préventions plus efficaces pour les maladies les plus handicapantes (alzheimer, arthrite, maladies cardiovasculaires, cancer) mais aussi une promotion phis active de la santé par l’adoption de saines habitudes de vie.L'offre de service doit aussi se transformer de façon radicale.Les systèmes de santé québécois et canadien ont été conçus à une époque où fa population était jeune et souffrait surtout de maladies aiguës commandant des interventions surtout ponctuelles.Dans ce contexte, l’hôpital est au centre du système et les autres services doivent s’organiser autour de lui.Le vieillissement de fa population entraîne une prépondérance de maladies chroniques qui nécessitent plutôt des soins continus et de longue durée.Le modèle traditionnel hospitalocentrique est alors inapproprié et on voit de plus en plus de signes d’inadaptation; qu’on pense à l’engorgement des saDes d'uigen-ce ou au blocage des lits par des personnes âgées en attente d’hébergement La source du problème n’est pas à l'hôpital mais comme l’hôpital est le dernier recours, c’est fa que le bât blesse.L'insuffisance des soins de première ligne et des soins à domicile pour répondre aux personnes âgées nécessitant des soins à long terme provoque des pressions énormes en amont et en aval de l'hospitalisation.Faute de soins et de services adéquats, ces per- sonnes se retrouvent à l’urgence et ne peuvent ensuite quitter rapidement l’hôpital.Une ressource coûteuse comme l’hôpital devient ainsi une panacée pour tout problème qui trouverait solution plus adéquate et rentable à domicile.À domicile Le système hospitalocentrique actuel doit être remplacé par un autre modèle centré sur le lieu de résidence des usagers.Les soins de première ligne et les services à domicile doivent ainsi constituer le cœur du système autour duquel sont organisés les autres services plus sophistiqués et coûteux.Or, les soins à domicile sont le parent pauvre de notre système de santé.Au Canada, seulement 4 % des dépenses publiques de santé sont affectées aux soins à domicile; au Québec, 3 %.En 2000, dans la région de l’Estrie, environ 50 $ par personne âgée était investi aux soins à domicile alors qu’en moyenne 1800 $ était consacré à l’hébergement en établissement de soins de longue durée.On sait qu’à incapacité égale, il en coûte dix fois plus de soigner une personne en centre d’hébergement qu’à domicile.On sait aussi que les personnes préfèrent vivre à domicile et qu’elles y trouvent une meilleure qualité de vie et une meilleure intégration sociale.Sans mentionner les risques inhérents à la cohabitation de personnes malades en terme de transmission des infections.Ambiguïté et effets pervers S’il est plus sain et moins coûteux de recevoir des soins à domicile, comment expliquer fa situation actuelle de sous financement de ce secteur crucial à un système sociosanitaire moderne et adapté au vieillissement de fa population?Plusieurs raisons peuvent être invoquées.D’abord, l'ambiguité de fa loi canadienne sur fa santé qui a défini fa couverture d’assurance par ce qui est «médicalement nécessaire».Si cette définition était appropriée dans les années 60 pour un système basé sur le traitement des affections aiguës, elle est maintenant désuète car les soins à long terme débordent bien souvent le «médicalement nécessaire» au sens strict Ensuite, le virage ambulatoire des dernières décennies a eu des effets pervers sur les soins à long terme.Dans un contexte de restriction budgétaire, cette nouvelle clientèle de patients traités en externe ou sortis précocement de l’hôpital a grugé les budgets déjà anémiques des soins à domicile, réduisant d’autant les services aux personnes âgées ayant besoin de soins à long terme.Enfin, jamais n’a-t-on pris le soin de quantifier les besoins de cette clientèle âgée pour démontrer l’écart entre le requis et ce que l’état fournit L’absence d’indicateurs de besoins dans ce secteur a engendré un déséquilibre en faveur des soins hospitaliers et des services d’hébergement Aux arguments chiffrés et convaincants des hôpitaux et des centres d’hébergement étayant des besoins croissants, les organismes de soins à domicile ne pouvaient opposer que des litanies du type: «wk clients en ont besoin», «on travaille fort», «lesfomiUes sont épuisées».Ces outils de gestion existent maintenant pour les soins à domicile et sont utilisés, notamment en Monté-régie, pour démontrer de façon claire et convaincante que les services de soutien à domicile ne, répondent qu'à 8 % des besoins.S on convient que l’Etat ne peut répondre à l’ensemble des besoins, on réalise que ce taux est insuffisant et inéquitable face aux 70 à 80 % en établissement d’hébergement On voit là un incitatif puissant à utiliser les ressources coûteuses d’hébergement au détriment des soins à domicile.Réorganiser aussi Un réinvestissement majeur dans les soins à domicile s'impose mais Q faut aussi réorganiser le système de santé pour l’adapter à ce nouveau mode de prestation de services phis adapté aux maladies chroniques et aux soins a long terme.Le domicile est un carrefour beaucoup plus complexe que l’hôpital où s’entremêlent de nombreuses organisations, acteurs, programmes et services non seu- lement du domaine sanitaire ou social mais aussi d’autres secteurs (logement, transport fiscalité, etc.).Il faut donc intégrer ces services, les coordonner pour réduire fa fragmentation, éviter les duplications et assurer fa continuité.La récente réorganisation des établissements publics de santé avec la création des Centres de santé et de services sociaux (CSSS) est un pas dans cette direction.Mais l'intégration structurelle n’est pas suffisante, fl faut aussi que l’intégration soit fonctionnelle et fasse intervenir les autres acteurs publics (municipalité), privés (résidences, entreprises d'économie sociales) ou bénévoles (organismes communautaires).Une expérience prometteuse Au cours des dix dernières années, un modèle novateur d’intégration s’est développé au Québec grâce à l’initiative d’un groupe de chercheurs, de dirigeants, de gestionnaires et de cliniciens.Le Programme de recherche sur l’intégration des services de maintien de l'autonomie (PRISMA) a été développé et expérimenté dans les Bois-Francs et en Estrie.Ce modèle d'intégration se base sur six éléments: ¦ concertation locale autour de tables réunissant les dirigeants et gestionnaires des organismes publics, privés et bénévoles impliqués dans les soins et les services aux personnes âgées; ¦ guichet unique pour l’accès aux services, peu importe le prestataire; ¦ attribution à chaque client d’un gestionnaire de cas, responsable de l’évaluation, de fa prescription des services, du suivi et de fa reddition de compte; ¦ mise en place d’un plan de services individualisé qui définit les objectifs d'intervention et les moyens mis en œuvre; ¦ adoption d’un outil unique d’évaluation — l’Outil d’évaluation multiclientele incluant le Système de mesure de l’autonomie fonctionnelle (SMAF) — couplé à un outil de gestion (Profils Iso-SMAF) pour fa répartition équitable des ressources; ¦ utilisation d’un dossier clinique informatisé — Système d’information gérontogériatrique (SIGG) — accessible de façon sécuritaire et confidentielle par tout intervenant, quel que soit son établissement de rattachement L’expérience des Bois-Francs a d’abord permis de développer les mécanismes et outils du modèle et a montré son efficacité à réduire fa perte d’autonomie et améliorer Tutilisation des services de santé.Une autre étude en cours dans trois régions de l’Estrie démontre que le modèle est praticable et peut être implanté tant en milieu urbain que rural.Les coûts d'implantation et de fonctionnement sont raisonnables.Une étude d’impact suivant pendant plusieurs années, phis de 1500 personnes âgées en perte d’autonomie dans les trois zones expérimentales et dans trois autres zones comparables montre que les personnes âgées de l’Estrie sont phis satisfaites et font preuve de phis d’autonomie dans leurs choix de santé (empowerment).Lorsque l’implantation dépasse 75 %, on constate chez les personnes ayant phis dincapacités une réduction significative de fa perte d’autonomie et de l'institutionnalisation.De phis, on note une réduction de 10 % des consultations aux urgences et de 5 % du recours à l’hospitalisation.L’étude se poursuit pour documenter l'impact d’une pleine implantation de même que fa rentabilité économique de cette approche.Le vieillissement de fa population n’aura pas 1 impact catastrophique que certains prédisent D faut toutefois s’y préparer en investissant dans les soins à domicile et en intégrant les services aux personnes âgées nécessitant des soins à long terme.Ces actions soulageront fa pression sur les hôpitaux qui n’auront plus à être au cœur du système et pourront alors jouer de façon efficace un rôle important celui d’agir dans les cas complexes nécessitant une intervention spécialisée.Dans un système de santé centré sur le domicile, les personnes âgées pourront recevoir les services dont elles ont besoin dans un environnement familier, parmi les leurs.N’est-ce pas la vieillesse que nous espérons tous?Denise Bombardier ?Retour à la réalité Sortir du bois, littéralement, est une expérience de l’ordre de l’électrochoc.En effet durant ces quelques jours à Montréal, avant de retourner dans ce lieu coupé du système médiatique où la vie se déroule ponctuée par le bruissement des arbres, le cri du huard et le son métallique de la pluie sur le toit du camp, on se sent dans un monde trop réel pour l’être.Dans ce monde-ci, cette semaine, la télévision nous apprend que des enfants de douze ans participent désonnais à un nouveau sport, des concours de fellation.Au cours de cette émission édifiante, on peut entendre le témoignage d’autres jeunes et de quelques adultes qui trouvent l’activité rigolote et même pédagogique.Autrement dit, une autre manière de concevoir l’initiation sexuelle.Exprimez un début d’indignation ou de tristesse et il y aura des gens pour vous trouver ringardement ridicule.Vous découvrez ensuite le texte obscène d’un professeur titulaire des HEC, algérien et musulman précise-t-il, comme s'il était nécessaire de le faire, qui vient expliquer aux ignares naïfs que nous sommes que le Canada sera à l’abri du terrorisme international, réalité inexistante à ses yeux d’ailleurs si le Canada ne s’en-ligne pas sur les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et, bien sûr, Israël.Ce texte infâme, fait de chantage éhonté, d’aveuglement idéologique et de justification a posteriori et a priori, semble passer comme dans du beurre et, en cette période de vacances, ne suscite que les réactions consternées de quelques intellectuels juifs.Dans quelle société vivonsnious pour nous laisser menacer de la sorte sans réagir?Qu’enseigne donc ce professeur patenté à ses étudiants dociles entre les murs d’une université, lieu de liberté, d’échange d’idées, plutôt que de répression intellectuelle et d’endoctrinement?foute explication du terrorisme qui repose sur une falsif ication sociologique et historique est une caution à tuer, un appel au meurtre déguisé en charabia intellectuel.Interrogations On assiste aussi, avec un sentiment partagé, à cette cérémonie surréaliste de femmes ordonnées (désordonnées a-t-on envie d’écrire) prêtres par des femmes évêques elles-piêmes sacrées par un évêque homme en rupture d’Eglise.Le prêt-à-penser exige que Ton applaudisse et c’est à fa quasi-unanimité que cela se produit.Seuls les intégristes catholiques osent publiquement s’opposer à une telle mise en scène, pourtant, on peut raisonnablement s’interroger, sur ce geste iconoclaste.Établissons d’abord quelques faits.Pour des raisons dont les origines sont semblables, les religions ont toujours été discriminatoires à l’endroit des femmes et continuent de l’être à des degrés divers.Car les religions reposent sur la tradition et le changement social n’a de cesse de menacer leurs assises.De plus, les religions appartiennent à l’univers symbolique, lequel a été défini, à ce jour, quasi exclusivement par les hommes.Par contre, l’évolution des choses résulte de bouleversements, de déboulonnages de statues et d’actes séditions.Dans ce cas-ci, il s’agit d’un geste schismatique.Le malaise se situe dans la théâtralisation de l’ordination.Ces femmes se portent volontaires pour se jouer en caricatures car elles savent, instruites qu’elles sont de la doctrine et des dogmes, que l’ordination est nulle et non avenue.«Dieu est une femme», disaient-elles.Faux.Aussi faux que Dieu est un homme.Dieu n’est ni homme ni femme.L’audace, si audace il y a, se situe dans la dernière affirmation.Le sacerdoce est une fonction hiérarchique dans l’Église, d’où les femmes sont exclues.À tort selon nous.Fallait-il se prêter à ce spectacle, plus affligeant qu’enthousiasmant à vrai dire, pour que Rome bouge?Plusieurs semblent le croire.Ces femmes-là, des femmes en colère assurément, seront forcément excommuniées, donc transformées en victimes de l'Institution.C’est ce qu’elles cherchent.Et en ce sens, elles échappent à fa victimisation.Mais Ton demeure mal à Taise devant elles.Le dire n’est pas les condamner mais exprime une tristesse.Un bateau en dérive, sans possibilité d’ancrage, n’est jamais une image réjouissante.Mais Jeanne d’Arc, ne l’oublions pas, fut déclarée schismatique avant que d’être canonisée.Sous les feux des caméras, la cérémonie des derniers jours ressemblait à un épisode de télé-réalité.C’est peut-être cela qui dérangeait.On n’a pas reçu une éducation à Teau bénite sans intégrer le sens du sacré et de fa désacralisation.Certains Tont phis développé que d’autres.Il est donc temps de retourner au fond des bois afin de réfléchir sur l’accélération imprévisible des modes de vie.Afin aussi de reprendre fa réflexion en dehors de toutes ces stimulations médiatiques qui se téléscopent et nous empêchent ainsi de décanter les faits pour que seules les idées surgissent denbombardierékivideotron.ca Ecrivez-nous! Ije Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commçntaires et les analyses de ses lecteurs et lectrices.Étant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.Les soins à domicile sont le parent pauvre du système L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gerald DaUaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Cornveau {affaires municipales/, Fabien Devise.Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau féditorialiste, responsable de la page Idées).Brian Mylet (justice et faits de société).Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles F ran cœur 'environnement), Benoit Munger (responsable du site Internet), Laurence Clavel, Jean-Guillaume Dumont (commis internet) Isabelle Paré (santé), Louite-Maude RiouxSoucy (surnuméraire) ; Pauline Gravel (sciences) ; Guillaume Bourgault-Côté (surnuméraire).Michel Garneau (caricaturiste/ : Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Martin Duclos, Michele Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Paquin (relecteun surnuméraires) ; Jacquet Grenier et Jacquet Nadeau (photographes) : à rinformation culturelle Michel Belair (théâtre et cahier culture), Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end/ Stéphane Baülargeon (reporter), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livra).Odile Trémblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels et musique).Frédérique Doyon (surnuméraire) ; à l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny (Pupitre).Philippe Papineau (surnuméraire), Éric Detrotiert.Alec Cattonguay, Claude Turcotte.Françoit Detjardint (surnuméraire); à l’information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque.Guy TaHlefer (adjoint au directeur de l'information).Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l’information politique ; Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaira d Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec) Kathleen Levesque ; Marie-Hélene .Marie (secrétaire d la rédaction) : Marilyse Hamelin, Alexandre Shields (commis).La documentation Gillet Paré (directeur) ; Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort 'Ottawa) LA PUBLKTTÉ ET LE MARKETING Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlene Côte, Dave Cameron.Van Hamel.Christiane Legault, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau.Claire Paquet, Micheline Rue Hand, Nadia Sebai.Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte.Martine Berubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production).Michel Bernatchez, Johanne Brunet Danielle Can tara Richard Des Cormiers.Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Linda Thériault (responsable service a la clientele, distribution et tirage).Loli Sénéchal-Berthiaume.Monique L'Heureux, Rachelle Leclerc.Caroline Simard.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck tcontrôleur’.Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative>.Claudine Chevrier.Monioue Proteau.Danielle Ross.¥ "L* Canada «at uaa aaHoa imv#-rataa at at paut a*aa docUU axaptar (U la Oraada-Bratagna, ou i*.Etat» Upta, ou da .gui gua ea aod d'autra l'atlituda gu’B hii taut praadn aavert la awada.La praaaiar davoir dt toyaHwaa d’un Canadian g'cat pat anvan la Coaunoawaaltt) bHtaankiua daa aatioaa, owla aavara c Canada at aaa rai, at eau» gui eonteatcnt ¦«•ci raadaat, è «non avia, ua mauvaii aarataa au Coaunanvaalth.” (ta-x-an Lard TWXIDdUUIK DEVOIR Maattéal, laadi 2t jalilat IMS upactmm r gaMiNimATWN «m trr.Norti-OAMi UOMTtUi TMM Ut MtVtCtt MUt 11(1* •MU, OtMAMMIl n MTtl FAIS erQUI DOIS tadaataa» sa «Pat i 4w» NttOVX CiNBt I U(l MUÉ 204 11*1 26 juillet 1943 Le maréchal Badoglio remplace Mussolini L’Italie a changé de gouvernement.Le roi Victor-Emmanuel a accepté la démission du chef fasciste, Benito Mussolini, et confié le pouvoir au maréchal Pietro Badoglio.Telle est la grosse nouvelle qui est venue hier soir [.].Nous disions la semaine dernière que le bombardement de Rome visait un objectif plutôt politique que militaire.fl semble bien que ce soit le cas et que cet objectif ait été pleinement atteint Qu’est-ce que l’Italie va faire sous son nouveau chef?Capituler en se rendant à la récente sommation du président Roosevelt et du premier ministre Churchill, négocier une paix séparée pu poursuivre la guerre aux côtés de l’Allemagne?Le maréchal Badoglio a bien déclaré dans sa proclamation que la guerre se poursuivra, mais il ne pouvait donner d’autre consigne s’il voulait éviter le chaos et se réserver quelques" cartes en vue de négociations à venir avec les Alliés.On peut présumer que le vieux soldat italien, qui vient d’accepter un rôle qui ressemble un peu à celui du maréchal Pétain, n’aura 28 juillet 1943 Rigueurs nazies contre les catholiques Stockholm, 28 (A P) -Les agents de la Gestapo ont opéré de nombreuses arrestations au cours d’une campagne destinée à paralyser l’activité d’étudiants catholiques qui travailleraient contre les nazis dans des villes universitaires et des villes du sud de l’Allemagne.La circulation de nombreux livrets attaquant le régime nazi a causé beau coup de difficultés à la Gestapo dans ces régions.Elle s’est montrée particulièrement vigilante à Munich, Stuttgart, Fribourg, Ulm, Cologne et Innsbruck où de 50 à 60 personnes ont été arrêtées, envoyées au camp de concentration de Dachau ou exécutées.D'après des rapports non confirmés d’Allemagne, le révérend Martin Niemoller, chef luthérien, a été enlevé du camp de concentration d’Oranienbourg à Dachau.Longtemps adversaire des nazis, Niemoller aurait fait circuler des lettres à travers l’Allemagne où il préconisait une étroite collaboration entre les protestants et les catholiques.pas d’autre politique que de liquider au mieux la situation désastreuse que vient d’abandonner Mussolini et d’obtenir pour l’Italie le meilleur règlement possible.La situation n’est pas encore bien claire.Les nouvelles contrôlées sont encore maigres, s’il circule un bon nombre de rumeurs.La radio de Rome a annoncé à 11 heures hier soir que le roi Victor-Emmanuel avait accepté la démission de Mussolini et chargé le maréchal Badoglio de former un gouvernement militaire pour «faire face à l’ennemi qui a violé le sol sacré de l’Italie».Quelques minutes plus tard, la radio transmettait une proclamation du maréchal qui demandait au peuple de rester calme en cette heure d’épreuve, qui affirmait que la guerre se poursuivra et que l’Italie demeurera fidèle à la parole donnée et qui avertissait que le nouveau gouvernement ne tolérerait aucun désordre.Le maréchal Badoglio a ensuite proclamé la loi martiale dans tout le pays et promulgué un décret qui interdit toute réunion et toute manifestation, enjoint aux ouvriers de demeurer à leur travail, confie à l’armée le maintien de l’ordre en autorisant les troupes à ouvrir le feu sur tous ceux qui n’obéiront pas aux instructions.Les Chemises noires ou milices fascistes, qui constituaient l’armée personnelle de Mussolini et qui représentent des effectifs de 250,000 hommes, - les troupes les mieux armées de l’Italie, - le ma- réchal Badoglio a apparemment décidé de les considérer comme des unités ordinaires de l’armée.(.] Des dépêches de Stockholm disent que Mussolini et les membres de son cabinet ont été arrêtés par des officiers italiens alors qu’ils tentaient de fuir vers l’Allemagne.La nouvelle n’a pas été confirmée.Les dépêches de Stockholm disent encore qu’il y a eu de grandes manifestations dans le nord de l’Italie contre Mussolini et les Allemands et pour la paix immédiate, notamment à Milan et à Turin, que les troupes allemandes en Italie sont en alerte depuis trois jours.On ignore encore les circonstances qui ont entouré ce coup d’Etat, on ne sait pas du tout si Mussolini a décidé de s’en aller de lui-même en voyant que son gouvernement perdait son autorité ou s’il a été déposé par le roi et l’armée.On ignore également quelles sont actuellement les relations de l’Italie et de l’Allemagne.La radio de Berlin s’est contentée de dire que l’on croyait que le changement de gouvernement en Italie était la conséquence de l’état de santé de Mussolini qui est malade depuis quelque temps.Si l’on en croit une dépêche de Berne, la crise qui a entraîné le changement de gouvernement aurait été provoquée par les propositions que Mussolini a rapportées de son entrevue avec Hitler.Pour sauver le nouvel ordre européen, Hitler aurait exigé de très grands sacrifices de l’Italie.L’armée italienne aurait été chargée de couvrir la retraite de Sicile et de livrer ensuite toute une série d’actions d’arrière-garde pour retarder l’avance de l’ennemi jusqu’à une ligne de défense qui aurait été établie à la frontière sud de la province de Toscane.Cela voulait dire que l’on aurait abandonné à l’occupation Rome, Naples et plus de la moitié de l’Italie.Le cabinet de Mussolini aurait décidé, après un vif débat, de soumettre la question au roi qui aurait décidé que la nation ne serait pas ainsi temporairement démembrée, qu’elle resterait une dans la victoire ou la défaite.Et c’est alors que le roi Victor-Emmanuel aurait accepté la démission de Mussolini et du gouvernement fasciste.Le maréchal Badoglio, qui est âgé de 71 ans, est un royaliste que l’on a toujours tenu pour hostile à Mussolini et au régime fasciste.On raconte même qu’il aurait offert au roi à titre de chef d’état-major de disperser les Chemises noires de Mussolini lors de la marche sur Rome en 1922.C’est le soldat le plus populaire de l’Italie et c’est à lui que Mussolini a dû faire appel pour mener à,bien la campagne d’Ethiopie .A la Maison-Blanche et dans les cercles officiels américains, on se garde de tout commentaire en marge de la situation italienne.De Londres, on rapporte que le premier ministre Churchill fera une analyse de la situation italienne à la prochaine séance des Com- 30 juillet 1943 Corriger les causes Le docteur Adélard Grouk, directeur du service municipal de Santé, rendait publics, il y a peu de temps, les chiffres relatifs à la tuberculose dans la ville de Montréal.Ces données statistiques n'ont rien qui doive nous réjouir.Elles indiquent au contraire, depuis 1940, une tendance à la hausse qui s’accentue chaque année.Les luttes victorieuses entreprises depuis une trentaine d'années aboutiraient-elles au résultat contraire?La peste blanche augmenterait-elle de façon régulière le nombre de ses victimes?Le sujet mérite que les autorités compétentes lui accordent une attention de tous les instants.Cela ne suffit pas.üy a lieu aussi d’alerter l’opinion publique.La population est jusqu’à un certain point maitresse de la situation, à condition quelle connaisse la gravité de la maladie et qu’eDe consente les efforts nécessaires pour en enrayer les ravages.Ce qui n’est pas toujours le cas.Trop souvent, les malades eux-mêmes, se croyant, dirait-on, atteints d’une infection 31 juillet 1943 Pour la canonisation du Frère André RccIutcIu' et adapt.ilinn: Pierre Rousseau (fat.J£t bon marcheur ne sonne pas du talon, il évite 'es chocs qui ébranlent le système nerveux.Grâce aux vertus de souplesse et de confort des SLATER, tous les muscles du pied jouent.H en résulte une démarche élastique et franche qui fait dire: "Il porte des SlATHt ’ POUR HOMMIS FEMMES Un tribunal ecclésiastique instruit actuellement à l’Archevêché de Montréal le procès informatif en vue de la béatification et de la canonisation du frère André.Plusieurs témoins ont été appelés à déclarer ce qu’ils connaissent des vertus et de la sainteté du fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph.Le R R Alfred Laplan-te, C.S.C., de l’Oratoire Saint-Joseph, vient d’être nommé vice-postulateur de la cause de béatification et de canonisation.Ceux qui attribuent des faveurs à l’intercession du frère André so'nt priés de lui en faire parvenir le récit le plus tôt possible.honteuse, continuent à vivre au milieu de leurs semblables, sans prendre aucune précaution pour empêcher la contagion.Ils se font ainsi, d’une façon coupable même si elle n’est pas consciente, les agents les plus efficaces de la tuberculose.Alarmé par cette situation, le maire Adhémar Raynault a multiplié les démarches pour obtenir dans notre ville un nouveau sanatorium.Initiative dont il y a lieu de le féli-citer sans réserve.Il est toutefois permis de remarquer combien il est pénible d’avoir à augmenter les lits pour les tuberculeux, au lieu de tout mettre en œuvre pour combattre la maladie et l’extirper dès ses premières manifestations.Nous dépensons beaucoup d’argent pour soigner les tuberculeux; ne serait-il pas plus sage de consacrer des sommes semblables à l’extermination des taudis, qui forment le lieu d’élection du bacille de Koch?D serait urgent que nous comprenions la nécessité de nous attaquer à la racine du mal Roger Duhamel Le roi Victor-Emmanuel a accepté la démission du chef fasciste, Benito Mussolini.ARCHIVES LE DEVOIR munes.La radio de Berlin rapporte enfin que le cabinet espagnol a tenu aujourd’hui une réunion d’urgence sans donner plus de détails.11 faudra attendre quelques heures avant d’obtenir des réponses aux questions qui se posent tout naturellement à l’esprit L’Italie offrira-t-elle de conclure une paix séparée avec les Alhés?Les Allemands tenteront-ils d’occuper toute l’Italie comme la France ou se retireront-ils sur le Brenner?Les Alliés exigeront-ils une reddition sans conditions, selon la déclaration de Casablanca, ou accepteront-ils de traiter avec le nouveau gouvernement italien?[.] PV.27 juillet 1943 Le du Conseil des œuvres et la crise logement Au cours de délibérations récentes, l’administration du Conseil des œuvres a décidé de faire campagne avec toutes ses oeuvres membres et la collaboration de toutes les oeuvres de bienfaisance de Montréal, pour une solution de la crise du logement si aiguë à l’heure actuelle dans notre métropole.Plus de 800 familles pouvant payer jusqu’à 30 $ par mois se trouvent à l’heure actuelle sans logement et doivent se contenter d’une ou deux pièces pour abriter quelquefois jusqu’à huit personnes.Des milliers d’autres familles vivent dans des taudis condamnés par le Service de santé municipal, faute de trouver mieux.Selon les prévisions, la situation sera encore pire à l’automne quand beaucoup de familles logeant temporairement dans des camps d’été devront revenir en ville pour l’hiver.D’après les rapports des oeuvres de bienfaisance au Conseil des Oeuvres, cette situation anormale menace gravement la vie familiale des familles placées dans ces circonstances difficiles.Le physique et le moral, tant des parents que des enfants, sont affectés.Les résultats s’en font déjà sentir dans l’augmentation des comparutions et des plaintes à la Cour juvénile.Depuis 1935, les corps dirigeants de Montréal se sont occupés du problème.Des rapports bien faits et bien fouillés ont été présentés par le Montreal Board of Trade, par le Junior Board of Trade, par la City Im-provment League.La Chambre de commerce de Montréal et la Chambre de commerce des Jeunes ont aussi étudié la situation Finalement, la Commission d’urbanisme, elle 30 juillet 1943 Consécration solennelle de la crypte de l’Oratoire La consécration solennelle de la crypte de l’Oratoire Saint-Joseph (surplombée désormais par la basilique du mont Royal) aura lieu le lundi 9 août, jour même de l’anniversaire de naissance du Frère André, C.S.C., fondateur de l’Oratoire.Cette consécration marquera triomphalement la clôture des fêtes du 25e anniversaire de la crypte.La cérémonie de consécration sera présidée par S.E.Mgr Joseph Charbon-neau, archevêque du diocèse.Des prières et cérémonies spéciales prépareront les fidèles de l’Oratoire au grand événement de la consécration, du 1er au 9 août 31 juillet 1943 VARIETES Les calembours de Napoléon 1 er En voici deux qui ne sont peut-être pas authentiques, mais lui sont attribués par des contemporains qui l’approchaient de près: N’étant encore que Bonaparte, mais déjà générai commandant la meilleure armée de la Convention, en Italie, il briguait le commandement de toute l’armée; on la lui contesta à Paris, sous le prétexte qu’il était trop jeune.- Trop jeune, répondit le futur empereur à l’envoyé des Conventionnels.Mais dites donc de ma part à vos parlementaires que, dans six mois, j’aurai Milan!.Six ans après, devenu empereur des Français et déjà couvert de gloire, quand il se mit à distribuer de nouveaux titres de noblesse à ses généraux devenus maréchaux.il leur attribua des principautés, des duchés, des comtés et des baronnies au nom de leur plus grande bataille gagnée.Il convoqua donc, un matin, aux Tuileries, le brave maréchal Lefebvre, le vainqueur de Dantzig, et ordonna à son huissier de faire entrer le nouveau duc, en haut annonçant bien tous ses titres.N’en croyant pas ses oreilles et n’osant entrer, Lefebvre s'approchait cependant de la porte, quand l’Empereur l’ouvrit lui-même et s'avança la main tendue, en disant ; - C’est bien de vous, mon brave, qu’il s'agit; quand je fais un duc, vous pouvez me croire, ce n'est pas un conte! aussi, y a été de ses études et de ses rapports.La Loi nationale du logement sur laquelle on comptait beaucoup n’a pas donné de résultat tare gible et avec la guerre la situation s’est empirée.Depuis quelques mois des personnes influentes au courant des questions sociales se sont inquiétées à nouveau de la situation et ont réclamé à grands cris des actes de la part des autorités compétentes pour atténuer, pendant la guerre, et résoudre, après la guerre, ce problème à grave.Le Conseil des œuvres, comme premier pas, présente au public une brochure préconisant les solutions à apporter immédiatement et il espère que les 5,000 logements strictement nécessaires à Montréal, à l’heure actuelle, commenceront à être édifiés prochainement afin d’atténuer dès l’automne la crise du logement chez nous.26 juillet 1943 L’enlèvement des déchets Les autorités municipales viennent de mettre au point un nouveau système pour l’enlèvement des vidanges.On changera les jours de cueillette des déchets dans les diverses parties de la ville.Tous les résidents recevront prochainement des cartes leur indiquant à quel jour ils devront sortir leurs déchets à l’avenir.On demande au public de tenir compte de ces avis et de les conserva; afin que personne n’ait d’ennui à ce sujet Le but de la réorganisation, c'est que le travail se fasse plus rapidement
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