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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-09-19, Collections de BAnQ.

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L K I) E V OIK.I.K S S A M KOI I » K T I) I M A N (' Il E 2 O S K F T E M B K E 2 0 0 9 CO o CHANSON Chloé Sainte-Marie, blanche dehors et rouge en dedans Page E 5 CINÉMA André Téchiné continue à fouiller les dérives de la société moderne Page E 7 La genèse du mystère Chanel La jeunesse de la Grande Mademoiselle ressuscite à l’écran dans Coco avant Chanel, d’Anne Fontaine, centré sur les années d’apprentissage de celle qui révolutionna la mode, avec Audrey Tautou dans le rôle-titre ODILE TREMBLAY Mince comme un fil, avec ses grands yeux brillants à jamais associés au minois d’Amélie Poulain, elle ressemble pourtant aux photos de jeunesse de Coco Chanel qu’on s’amuse à scruter, comparant, sautant d’un visage à l’autre.Tiens donc! La même allure! Audrey Tautou, en entrant dans la peau de la célèbre couturière, avait conscience d’incarner la femme la plus brillante et la plus complexe de sa jeune carrière.Héroïne d’Amélie Poulain, certes, mais d’abord découverte en 1999 dans Vénus Beauté Institut de Tony Marshall, qui lui valut le César d’interprétation féminine, la sylphide actrice fut aussi la descendante du Christ dans le Da Vinci Code, film reçu en général avec des tomates.Coco avant Chanel constitue pour elle un rôle marquant et à part.«Impossible d'aborder une telle icône avec légèreté», dit-elle.Héroïne et interprète sont «natives» du même coin de pays, à des décennies d’intervalle mais à 50 kilomètres de distance.«Ça rapproche forcément.Deux Auvergnates, deux terriennes, avec le sens de la valeur du travail.» Le «petit taureau noir» Coco avant Chanel explore les années de jeunesse de la Grande Mademoiselle, dans un orphelinat religieux de misère, «petite main» puis chanteuse de beuglant, courtisane dans le lit d’un gentilhomme (brillamment incarné par Benoît Poelvoorde), ensuite amoureuse d’un riche financier britannique qui lui permit d’ouvrir une boutique à Paris.«Le public connaît très mal ses premières années, explique Anne Fontaine.Chanel possédait ce côté autodidacte; venue de nulle part, paysanne d’abord mal dégrossie, elle s’est transformée ensuite en modèle d’élégance française.» La cinéaste derrière Nathalie, Entre ses mains, Nettoyage à sec réalisait ici sa première production d’époque, avec costumes, décors, équipe de premier plan et budget assorti.Depuis son dernier film, La VOIR PAGE E 7: CHANEL Les vêtements du temps étaient conçus pour plaire aux hommes amilles mpm.Depuis sa naissance, la télé québécoise se passionne pour les histoires de famille.La belle et riche aventure du portrait de groupe se poursuit alors que le Québec est devenu un des principaux laboratoires d’exploration des recompositions familiales en Occident.STÉPHANE BAILLARGEON Ie temps est au bilan.La Première chaîne de Radio-Canada terminait hier la diffusion de sa série-synthèse sur la Révolution —^/tranquille, un fabuleux travail produit à l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Maurice Duplessis, disparu le 7 septembre 1959.Le théâtre joue aussi du grand inventaire avec Fragments de mensonges inutiles, jouée chez Duceppe.I.a pièce de Michel Tremblay oppose et rapproche deux temps du Québec, avant et maintenant, 1959 et 2009, histoire de refaire l’infini chemin parcouru.Mutations La télé, cette chaude glace de nos reflets, permet aussi de mesurer le gouffre abyssal qui sépare le Québec pré et post- révolutionnaire.Les émissions traitant des familles s’avèrent particulièrement utiles pour montrer que la société québécoise a muté du tout au tout depuis Jeunes visages, Joie de vivre et En haut de la pente douce, qui occupaient le petit écran en 1959.Que des modèles nucléaires et canadiens-fran-çais où papa et maman avaient presque toujours raison.Dans le premier épisode de la nouvelle saison des Parent diffusé lundi soir, on a vu deux ados de la très attachante famille se disputer amicalement autour d’un jeu vidéo à coups de «Va donc [blip]» et de «Mange de la [blip]».La mère aimante leur a demandé de changer de ton et surtout de vocabulaire sans succès, avant de tout simplement fermer une porte pour ne plus les entendre.On a compris qui mène maintenant, merci.Toute une famille! à Télé-Québec expose les effets concrets de la recomposition en cours, de la parentalité mono à la parentalité homoparentale.«La série dévoile tout ce qui est en opposition avec la famille traditionnelle, celle du papa-maman et les enfants», explique la réalisatrice Sophie Lambert, qui tient la très belle affaire à bout de bras depuis plus d’un an de recherche et de tournages.«Le tiers des enfants de 10 ans au Québec ont connu la séparation de leurs parents.Au bout du compte, on se retrouve avec cette donnée qu’environ une famille sur deux au Québec peut être dite atypique.» Pour elle comme pour bien des sociologues, le Québec est devenu rien de moins que le principal laboratoire des explorations et des découvertes familiales en Occident.Un épisode de sa série va montrer un donneur de sperme qui se rend régulièrement à vélo, en hiver, fournir à un couple d’amies lesbiennes le précieux liquide séminal réchauffé sous son aisselle.Éclatements et renaissances La série La Galère casse aussi le moule avec un remue-ménage monstre qui ne laisse rien en place.«Oui, c’est inhabituel, mais pour moi, c’est dans la future normalité des choses», dit la scénariste Renée-Claude Brazeau, qui a elle-même quatre enfants de quatre pères différents, un peu comme son personnage Stéphanie.«Oui, les lesbiennes en couple peuvent avoir des enfants.Oui, des femmes célibataires peuvent enfanter avec leurs voisins gais.Pourquoi pas?[.] L’essentiel, c’est d’être heureux et de rendre ses enfants heureux.» Les Parent sort du cliché en en proposant un autre, ou tout comme, celui de l’organisation nucléaire heureuse, banale.Les Parent semble aux années 2000 ce que La Famille Plouffe était aux années 1950, Quelle famille aux années 1960-70,,/«Mais deux sans toi et Les Héritiers Duval aux années 1980-90.L’observation ne choque pas Jacques Davidts, scénariste de la série.«De mettre en histoire une famille nucléaire, c’était une façon de dire: attention, il y a encore des gens qui vivent de manière bêtement traditionnelle, avec un couple qui ne pense pas au divorce toutes les trente secondes et des enfants qui ne sont ni cancéreux ni héroïnomanes», observe l’homme dans la jeune cinquantaine, joint en banlieue de Paris.Il y passera l’année avec sa femme et leurs trois garçons, qui ont fortement inspiré la télésérie.«Je suis né en 1958 et je peux dire que depuis l’enfant est devenu une personne qui a son mot à dire, poursuit M.Davidts.On peut établir un parallèle entre les rapports de plus en plus égalitaires entre les parents et les enfants et ceux entre les hommes et les femmes.» VOIR PAGE E 2: FAMILLES « Environ une famille sur deux au Québec peut être dite atypique» MAINTENANT OU JAMAIS! DERNIÈRE SEMAINE?GRANDEUR NATURE * nrHktYkNfeV:* w.— 4 ~ • PEINTURE amIrïcaïns Nocturnes les mercredis, jeudis ot vendredis sulrs jusqu'à 21 h PHOTOGRAPHE CANADIENS DE Gratuit pour les onfants do 12 ans ot moins* * AccompoRné» d'un adulte.Non appllcnbk) aux tfouput.Hnrairo des visites commentées disponible sur mbnm.qc.ca/nature s________paysages 160 À 1916 1379, rue Sherbrooke Ouest Métro Guy-Concordia/Peol te juin au 27 SEPT.2009 CA Financière Sun U le TERRA AIR CANADA MUS fi K DUS MiAUX-AUTS DR MONTKfiAI.l'nvillon Michnl cl Hennin (lornNtcih QH 2H9>2(HN)| mhnin qr.rn Albcr» Bltfltadt (IB30'I90?.), MilM» de Ybsmltc (détail).1000, huile sur lotlo.137,8 x 104,?cm.Oakland Musmim ot Calllornia, gift of Miss Marguento Laird In momorv ol Mi and Mrs P W Laird 1 1 i * I) E V 0 I l( S A M E 1) I [) I M A N (' H E S E I’ T E M B R E De la musique avant toute chose.Odile Tremblay Un flou artistique entoure la réincarnation d’eXcentris, centre culturel du boulevard Saint-Laurent.Attendons la suite; les spectacles démarrent mercredi.Beau décor, oui, convivial, mais.Mardi, on a eu droit à une visite des lieux avec aperçu de la programmation et rencontres d’usage.Daniel Langlois, philanthrope champion des nouvelles technologies, avait fait pleurer les cinéphiles au printemps, en sabrant la vocation cinématographique de son temple.Le cinéma indépendant y fleurissait depuis dix ans dans un site qu’on aimait.Lourde perte, atténuée par le maintien de la salle Parallèle pour la diffusion de films.L’homme en noir promettait pour l’automne du multimédia, de l’expérimentation futuriste sur scène et sur écrans, en exploitant au maximum les équipements de pointe du temple, nombril vibratoire de la Main.Les arts de la scène s’y éclateraient avec les créateurs d’avant-garde d’ici et de la planète en délire.Le cœur cinéphilique encore endeuillé, on s’est dit Bon! D déshabille Pierre pour habiller Jean, soit! Mais l’art du XXI' siècle méritait bien ses planches de luxe à Montréal.Laissons la chance au coureur.Sauf que le projet de départ s’est racorni.Le musique occupera 80 % de la programmation, dont près du quart voué au répertoire classique.Tiens, tiens! Ce dernier n’est pourtant pas la tasse de thé de Langlois, plutôt branché électro-acoustique, n en convient d’ailleurs.En outre, la musique classique ne réinvente pas le futur, à ce qu’on sache, mais perpétue un génial passé.D’ailleurs, Bach et Schumann ne manquent pas vraiment de tribunes à Montréal, ni la chanson en général, tandis que les performances d’expérimentation, si.On n’a rien contre la musique, bien entendu, et elle s’y mariera allègrement au théâtre, à la danse et à tout ce qu’on voudra.En lui octroyant la part du lion, Daniel Langlois la décrit comme la discipline la plus affectée par la transition du numérique.N’empêche.La perplexité demeure.Autant chercher la réponse au cœur de la nouvelle fondation créée sur mesure pour cet eXcen-tris nouvelle mouture.Langlois n’est plus le seul Atlas à soutenir sa planète.Herschel Segal, président et fondateur des boutiques Le Château, lui prête main-forte.Le mécénat relève du gobe-for-tunes.Encore héroïque qui s’y attelle dans notre société du «chacun pour soi».Mieux vaut toutefois diviser les factures en deux.Le mélomane Herschel Segal rêvait de voir des ados découvrir un concert de violoncelle dans un temple d’avant-garde, rond-point d’échanges entre gens branchés avec trois anneaux dans le nez.Bref, il a mis ses ESPACE GO UNE TRUITE POUR ERNESTINE SHUSWAP \ V DU 15 SEPTEMBRE DE TOMSON HIGHWAY AU 10 OCTOBRE 2009 MISE EN SCÈNE D’ANDRÉ BRASSARD AVEC PIERRETTE ROBITAILLE + VIOLETTE CHAUVEAU + KATHLEEN FORTIN + SHARON IBGUI L'ABONNEMENT LE PLUS FLEXIBLE EN VILLE! ESPACE GO présente ESPACE GO présente La Manufacture et ESPACE G0 présentent UNE TRUITE POUR SEXTETT LES SAISONS ERNESTINE SHUSWAP Du 12 janvier au 6 février 2010 Du 23 mars au 24 avril 2010 Du 15 septembre au 10 octobre 2009 De Rémi De Vos De Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent De Tomson Highway Mise en scène d’Érlc Vlgner Mise en scène de Martine Beaulne Mist en seine d'André Brassard Théâtre PÀP présente Théâtre PÀP présente ROUGE GUEULE PORC-ÉPIC Du 20 octobre au 14 novembre 2009 Du 16 février au 13 mars 2010 Détienne Lepage De David Paquet Mise en scène de Claude Poissant Mise en scène de Patrice Dubois NU présente Théâtre de La Manufacture présente Momentum présente PASSAGES FÉLICITÉ BUFFET CHINOIS Du 23 octobre au 7 novembre 2009 Du 20 avril au 2 juin 2010 Du 4 au 22 mal 2010 De Catherine Dajczman D'Olivier Cholnlèra De Nathalie Boisvert Mise en scène de Marcel Pomtrlo Mise an scène de Sylvain Bélanger Mise en scène de Jean-Frédéric Messier 4890, botiltvard Silnt-liurant, Montrial ESPACE GO 514 845-4890 Admission 514 790-124S WWW.espaCegO.COITt PARTENAIRE transat ot”,SON rjÊb, Cf MON MMsMSn.(B) COftMlI (toi AU* Québec"" O»^ propres exigences sur le plateau.Normal! Dès qu’un second mécène entre en scène, une proposition artistique se modifie de facto.On verra certains spectacles extraordinaires dans ce nouvel eXcentris, sauf que Langlois n’est plus seul maître à bord.Sous sa fondation bicéphale, la programmation semble se chercher, entre le grand pianiste de concert Leon Fleisher et Renée Martel, le crooner électro pop Jay Jay Johanson et Laurence Jal-bert.Un pied ici, un pied là.Sous le pari de réconcilier des spectateurs de tous les horizons, mais risquant d’y diluer ses couleurs.Admirable mécénat, quoique soumis à des contingences, des virages, des jeux d’alliances.Parfois volatil aussi.On l’a constaté en perdant nos salles de cinéma à eXcentris: si on s’appuie trop sur les philanthropes, ceux-ci risquent de retirer l’échelle ou d’affadir la sauce.On prend ce qu’ils nous offrent pendant que la manne passe, mais gardons un œil sur l’Etat, tenté de laisser à des donateurs privés le soin de combler à sa place les nids-de-poule de nos carences culturelles.On a beaucoup insisté avant coup sur l’allégeance souverainiste du Moulin à paroles, spectacle commémorant à Québec en fin de semaine dernière les 250 ans de la bataille des plaines d’Abraham.Partisan, certes, mais combien réussi, ce show, avec tous ces textes et ces chansons en kaléidoscope, remontant le fil de notre trajectoire, d’une façon si inspirée.La manifestation a même contribué à redonner un élan au projet d’enseignement obligatoire de l’histoire du Québec à l’école.A revoir en rappel sur Illico sur demande et sur la chaîne Vox.Un must.?Parlant du pouvoir des mots, bien des spectateurs se ruent sur le spectacle de Fabrice Luchini, Le Point sur Robert au Monument-National, en poussant avec raison des Oh! et des Ah!.Je sais, le spectacle est cher, mais il en vaut le coup.Des textes sublimes sont, le temps d’un tour de piste, réhabilités par l’humour et le talent du grand homme de scène français.Si mal vus, le reste du temps, ces maîtres écrivains en vedette.Rusieurs rougissent de les aimer en privé, tant ils n’ont plus la cote.Sinon s’abat sur eux le verdict d’élitisme, terrible, sans appel.Certains courbent le dos: «Intelb, moi?Jamais, ou si peu, ou mille pardons.» D’autres font face sous les lazzis.Dans les deux cas soudain, quelle belle revanche! Devant Luchini déchaîné sur la scène, on rigole, on s’émeut, on se répète en sourdine une phrase lourde de sens et de musique.Voici qu’elle retrouve ses lettres de noblesse, cette grande littérature.Pas pour longtemps, mais qu’importe?Plusieurs savoureront ce bref retour du balancier, avant de retourner lire des mots d’envol.un peu moins en secret qu’avant le passage de Luchini.otrem blayCalede vo i r.com FAMILLES La Galère montre aussi à quel point l’éclatement du milieu familial stimule la renaissance de vieilles mécaniques sociales de solidarité.Cette série sur le modèle de plus en plus populaire de la mère indigne propose finalement l’amitié comme nouveau mortier relationnel.«Dans la majorité des familles que j’ai rencontrées, les enfants et les parents se parlent comme des amis, note alors Sophie Lambert.Les rapports me semblent de plus en plus égalitaires, mais ils n’excluent pas les rapports d'autorité.Quand arrive 20 ou 21h le soir, quand il faut se coucher, le parent le fait savoir et impose ce qu’il faut.» Le Devoir ¦ Une version plus longue de ce texte est proposée sur le site ledevoir.com su ix; 72ii E3 Berri-UQAM MAISON THÉÂTRE POUR LES JEUNES DE TOUSÂGES PRENEZ N.ÀCE! ?M A* 14 créations à découvrir COMMANDIi AlHt : SA SON DERNIERES CHANCES DE S'ABONNER! Royaume-Uni t laplacedesarts.com 514 842 2112 / 1 866 842 2112 614 L E l> E V 0 I H , I.E S S A M EDI I il ET II I M A N CHE 2 0 S Ë P T E M B K E 2 (I « !l E 3 CULTURE THÉÂTRE DANSE Fragments de metéore Surprise : Emmanuel Schwartz propose à La Chapelle une pièce à trois volets et, comme si ça ne suffisait pas, assure la mise en scène du premier! JACQUES GRENIER LE DEVOIR Emmanuel Schwartz, l’auteur de Chroniques, en compagnie de la metteure en scène Alice Ronfard MICHEL B É LAI R Emmanuel Schwartz a surgi soudain comme une sorte de comète en flammes.Dès sa sortie de l’Option Théâtre du Collège de Sainte-Thérèse, en 2004, il passe les auditions du Quat’Sous, décroche un rôle dans une série télé et se met à travailler avec le chorégraphe Dave St-Pierre — il est de La Pornographie des âmes et de No Man’s Land Show — et le depuis longtemps célèbre Wajdi Moua-wad, avec qui il fondera la Compagnie Abé Carré Cé Carré.C’était la vitesse grand V dès le départ pour ce jeune comédien flamboyant dont on a tout de suite remarqué l’immense talent.On l'a surtout vu brûler les planches dans Forêts puis dans YEnéide d’Olivier Kemeid, et cet été encore à Avignon dans la nouvelle mouture de Littoral de Mouawad, qui prenait l'affiche la semaine dernière au Théâtre français du CNA.avant de conquérir le monde.Mais personne ne se doutait, sauf ceux qui le connaissent, qu’Emmanuel Schwartz avait des velléités d’écriture et de mise en scène.Comme il le dit! Je lui ai mis la main dessus, le temps d’un éclair en début de semaine dernière; tout juste avant qu’il ne prenne la route d’Ottawa pour la générale de Littoral et tout de suite après une répétition de Chroniques, sa pièce à trois battants qui prend l’affiche au théâtre La Chapelle mardi et dont il met en scène le premier volet, Maxquialesyeuxsor-tisducœur.A ses côtés, Alice Ronfard dans le rôle de la fidèle complice — du tuteur et du mentor aussi, Schwartz le dira à plusieurs reprises.Ronfard dirige ici Béréniceadeuxsœurs-quines’aimentpas alors que Jérémie Niel sera à la barre de JeneconnaispasClichy,mais-jem’ensuisfaitbeaucoupdecli-chés.Le lien concret entre les trois morceaux du puzzle est à trouver dans la présence d’un personnage-auteur ayant des rapports intenses avec l’écriture et la parole criée sous forme, souvent, de rqp, de slam et de spoken word.A l’interprétation on retrouvera des comédiens de plusieurs générations: Marc Beaupré, Monia Chojtri, Pascal Contamine, Emilie Gilbert, Francis La Haye, Eve Pressault et Mani Souleymanlou.«J’ai toujours eu l’ambition de faire de la mise en scène, raconte un peu à la hâte le jeune sur-doué; organiser, placer, donner forme à un texte théâtral, ça m’a toujours fasciné.J’ai pris goût à tout cela en faisant de l’animation théâtrale auprès des enfants et des ados et ça s’est rapidement confirmé en travaillant avec Wajdi.» Sérieux, le jeune Schwartz, sous ses airs d’angelot étiré par le haut.Il raconte qu’il écrivait depuis longtemps lorsqu’il est passé de la poésie au théâtre avec une petite pièce présentée au Fringe en 2002, Antiviol, qu’il mettait aussi en scène.«Bérénice.et Clichy., Alice connaissait ces textes depuis l’Ecole de théâtre.Elle les a lus, commentés, m’a suggéré des choses.C'est elle aussi qui m’a donné l’idée de travailler sur le mode “chronique”; comme dans maladie chronique autant que dans besoin chronique, chose que l’on répète souvent, dépendance et trop plein, obligation de jaillir.C’est elle qui m’a aidé à cerner mon écriture, à rendre possible cet éclatement.» Fascinant de l’entendre parler de l’écriture comme il le ferait de l’air qu’il respire, physiquement, presque organiquement; comme d’une sorte de nécessité vitale, de «surgissement nécessaire», dira-t-il encore.Dans le texte de présentation du spectacle, sur le site du théâtre La Chapelle, (http://la-chapelle.org — un site absolument remarquable par sa modernité et son irréprochable efficacité), on trouve des phrases plus frappantes encore par l’ampleur de la métaphore.«L’écriture comme cicatrice, les mots comme cerfs-volant.» Ou encore: «la digression comme survie».Soudain, un itinérant que l’on devine «réinséré un peu rapidement» passe tout près de la petite terrasse où nous sommes en gueulant et en déversant, avec force gestes des mains disons, sa rage et sa frustration sur tout ce qui bouge.Schwartz pointe le doigt: «C’est comme il le dit!.Mon écriture, c’est ça.Comme ça!» Et c’est presque là-dessus que le jeune homme s’est lancé sur la route d’Ottawa.Rideau.Fin du premier acte.La troisième dimension Heureusement, Alice est là, sans miroir.Alice Ronfard qui dira d’abord avoir été tout de suite séduite par l’écriture du jeune comédien-auteur-met-teur en scène.Par son urbanité, son âpreté.«L’écriture de “Manu” est ex- trêmement intéressante, très moderne, très dure aussi.Les personnages qu’on rencontre dans cet univers d’écorchés sont des personnages douloureux, c’est vrai, mais ce sont d’abord des résilients.L’univers trash dans lequel ils circulent illustre une dramaturgie de l’âme perdue dans la cité.Tous sont, d’une façon ou d’une autre, des junkies en quête d’amour.[.] Dans ce monde-là, l’écriture sert à apaiser les cicatrices, oui, et il n’y a rien d’étonnant à ce qu’un personnage vivant une relation intense avec l’écriture vienne faire le lien entre les trois histoires fragmentées qui composent ces Chroniques.» Intense aussi, Alice Ronfard.Elle explique qu’Emmanuel Schwartz — qu’elle a dirigé dans un remake de Hair à l’Option Théâtre avant de lire ses premiers textes — est le produit de deux cultures, sinon trois; il est à la fois francophone, anglophone et d’origine juive, et son œuvre est une sorte de «brassage original», comme le dit la metteure en scène.Une œuvre à peine naissante, toute neuve, qui parle d’une voix jeune, forte, dure.Avec ses excès, ses perles ncflf^, sd§ écorchures et ses mises à vif.«C’est une voix très personnelle, violente parfois, maladroite et poétique aussi, excessive.Je perçois ce travail comme un laboratoire; un laboratoire où, comme metteur en scène, je suis à la recherche de la troisième dimension d’une parole dérangeante.Aussi dérangeante, Manu l’a souligné lui-même, que celle de cet itinérant qui est passé tout à l’heure en gueulant sa rage et sa frustration.À la lecture, cela passe très bien, je le sais puisque j’ai dirigé des mises en lecture de Bérénice.et de Clichy.[au dernier OF.T.A, entre autres, ce printemps].Reste à voir comment les personnages forts de cet univers “hard” vont réussir à s’inscrire dans l’espace, sur la scène.» Beau défi, non?Le Devoir CHRONIQUES Trois textes d’Emmanuel Schwartz mis en scène par Alice Ronfard, Jérémie Niel et l’auteur.Une coproduction Abé Carré Cé Carré et Pétrus présentée au théâtre La Chapelle du 24 septembre au 10 octobre, à 19h.fit f très s JP AMI ! GRATUIT POUR VOTRE _ 2 POUR 1 POUR LA PIÈCE CARAVANSÉRAIL AU THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI ! PLACES LIMITÉS, CODE PROMO PDA2.BILLETTERIE 514-282-3900.CRÉATION THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI DU 15 SEPTEMBRE AU 10 OCTOBRE 2009 CARAVANSERAIL DE ROBERT CLAING MISE EN SCÈNE ROBERTBELLEFEUH.LE AVEC BENOÎT DAGENAIS ET PAUL SAVOIE - - - COLLABORATEURS AUDREY LAMONTAGNE + JEAN BARD + LINDA BRUNELLE 1 ERWANN BERNARD * LOUISE BEAUDOIN Une histoire de perte MUSICA NOCTURNA Festival international de littérature Du 23 septembre au 3 octobre à l’Usine C FRÉDÉRIQUE DOYON De «petite danse avec les mots», ainsi que la résume sa conceptrice Catherine La-londe, Musica nocturna est devenue une œuvre intégrale sur la perte, déclinée en danse et en poésie, produite par Danse-Cité dans le cadre du Festival international de littérature.Dans sa métamorphose, l’œuvre courte présentée dans l’intimité de l’Espace Geordie en 2007 n’a pas changé de visage: une histoire d’amour condamnée à mourir, incarnée par le comédien Jean-François Casabone et la danseuse Geneviève La.Elle n’a pas non plus changé de moteur puisque le thème de l’amour «permet [encore] à la danse et au texte de se retrouver à travers un couple fiction-nel», explique Catherine La-londe, danseqse, poète honorée du prix Emile-Nelligan pour son recueil Corps étranger et collaboratrice du Devoir à ses heures.Des couches de sens Mais Musica nocturna, basée sur un texte écrit antérieurement qui n’avait rien à voir avec un récit amoureux, a certes pris beaucoup de corps et accumulé les couches de sens, selon sa créatrice.«Je réalise que, socialement, le texte, l’intelligence, le côté cérébral sont encore associés à la masculinité; et la femme est associée au corps, à l’oralité, aux berceuses, aux choses plus animales et éphémères», déclare celle qui, notamment, a dansé pour Jean-Pierre Perreault.«C’est ça que j’ai mis en scène; c'est moi qui intègre cette vision sociale et ai du mal à m’en débarrasser.Comment est-ce que je peux me croire comme femme qui écrit avec le bagage social qu’on a?», se demande-t-elle, trop franche et lucide pour se gêner de déballer la mécanique inconsciente de sa propre œuvre.Si la lecture du Journal de la création de Nancy Huston l’a amenée à faire ce constat, c’est l’auteur Pascal Quignard qui lui a inspiré le thème du passage du temps, «des traces qu’on laisse et qu’on ne laisse pas», dit-elle.Une question qui hante son rapport à ses deux pratiques artistiques: la poésie et la danse.Elle les joint d’ailleurs sur scène pour la première fois avec autant de bonheur que d’angoisse, puisqu’elle sait l’extrême difficulté de monter une pièce réussie où le mouvement côtoie le texte.«C’est complètement casse-gueule! reconnaît-elle.«En ce moment, j’ai juste envie d’aller me cacher en Afrique!» Elle s’y frotte par nécessité, au risque de s'y piquer.Le temps de création a aussi permis l’éclosion d’une scénographie plus élaborée.Mais faute de moyens, le décor s’est constitué essentiellement à partir de ballots de papier recyclé donnés par Cascade et de livres.promis au pilonnage! De là, la seconde grande prise de conscience de la poète-danseuse: «Je me suis vraiment confrontée à la mort du texte alors qu’à la base, j’avais l’impression que le texte était plus immuable que le geste.» Le Devoir SACRE CŒUR de Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur production du Nouveau Théâtre Expérimental EN REPRISE DÈS LE 20 OCTOBRE avec Stéphane Demers / Muriel Outil / Hélène Florent ou Édith Paquet / Jacques L'Heureux / Alexis Martin collaborateurs Colette Drouin / Réal Dorval Francis Farley-Lemieux / Catherine Gauthier / Yves Labelle Jean-François Landry / André Rioux / Nancy Tobin ¦G py/Mrtfe Utâte HTC DU 20 OCTOBRE AU 21 NOVEMBRE 2009 www.nte.qc.ca Au cœur d’une journée caniculaire dans une France qui a bercé leur amour du vin et de la fête, deux Québécois désenchantés ayant atteint le mitan de leur vie, décident de fourbir les lances du désir et de la fougue, de mettre les compteurs à zéro et de tout recommencer.EN SAVOIR PLUS.WWW.THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA/CARAVANSERAIL THÉÂTRE D’AUJOURD’HUI 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL, H2W 2M2 63 SHERBROOKE 514-282-3900 OlfVQuéb
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