Le devoir, 11 juillet 2005, Page(s) complémentaire(s)
ACTUALITES LE MONDE Un premier hôtel en grève Page A 3 ?w w w .1 e d e y o i r Tous convergent vers Srebrenica Page B 1 LE DEVOIR ! $ Attentats de Londres Toujours pas de coupable Trois hommes arrêtés à Heathrow sont relâchés sans accusations Londres — Quatre jours après les attentats de Londres, les Britanniques tentaient d’oublier en célébrant hier le 60e anniversaire de la victoire contre l’Allemagne et le Japon, alors que trois personnes arrêtées hier matin à l’aéroport londonien d’Heathrow dans le cadre de la loi antiterroriste ont été relâchées sans charge en fin de sqirée, a-t-on appris auprès de la police.Les trois homines, tous de nationalité britannique, mais dont l’identité n’a pas été communiquée, ont été interrogés et relâchés, a déclaré un porte-parole de la police, qui n’a pas précisé pour quelle raison ils avaient été arrêtés.«Ce genre d’arrestations arrive toutes les semaines», avait souligné après les arrestations Brian Paddick, le numéro trois de Scotland Yard.«U serait inapproprié et ce serait de la pure spéculation d’établir un lien direct avec les attentats» de jeudi contre trois métros et un bus, qui ont fait au moins 49 morts et 700 bles-.sés selon un dernier bilan.Dans les tunnels de King’s Cross, des équipes spécialisées poursuivaient d’ailleurs leur travail dans des conditions pénibles, tentant d’atteindre des corps encore coincés dans une rame du métro.«Un certain nombre de corps ont été sortis de la rame du métro VOIR PAGE A 8: LONDRES À lire aussi en page A 4 ¦ Premier requiem aux victimes de Londres ¦ L’«esprit de Londres» est toujours vivant Pat Metheny au dessert ' 1 jjj&èfe * #1 PEDRO RUIZ LE DEVOIR SEIZE ANS après son historique performance live sur McGill College, Pat Metheny a remis ça, hier soir, en dessert de clôture du 26' Festival international de jazz de Montréal.Beau temps et grosse affiche aidant, des dizaines de milliers de personnes ont assisté à la dernière mondiale du «Way Up Tour», assez pour remplir la rue Sainte-Catherine et l’esplanade de la Place des arts.Et devant tout ce monde, Pat Metheny fut à la hauteur.Nos informations en page B 8.Dennis s’essouffle avant de toucher la Floride C> est en perdant un peu de sa force que le cyclone Dennis est arrivé hier après-midi sur les côtes du sud-est des États-Unis, dans des régions qui portent encore les stigmates des tempêtes de l’an dernier.la zone la plus puissante (à la périphérie immédiate de l’œil du cyclone) du premier cyclone de l’année dans l’Atlantique a touché terre en fin de journée entre Pensacola et Navarre, en Floride, après avoir cédé de sa puissance dans le got fe du Mexique.Les vents, qui ont dépassé les 240 km/h lorsque Dennis a balayé les Caraïbes, n'atteignaient alors plus que 190 km/h.Après avoir grimpé à la catégorie 4 sur l'échelle de Saf-lir-Simpson qui en compte cinq, il a été rétrogradé à la catégorie 3, puis 2.A un certain moment de la journée, toutefois, on anticipait qu’il ne frappe le continent au plus fort de sa puissance.Sa capacité de destruction équivaut à celle d'Ivan, qui a fait 25 morts en septembre et occasionné des dégâts .évalués à 14 milliards SUS.En Floride, 40 (XX) habitations n’ont pas encore été remises en état à la suite du passage d’Ivan.C’est la première fois depuis longtemps qu’une tempête dé catégorie 4 menace les États-Unis aussi tôt dans la saison des ouragans.Il faut remonter à 1957: Audrey avait alors balayé les côtes de Louisiane et du Texas dès le mois de juin.Une victime Dennis a fait, au moins une autre victime, hier, la première aux États-Unis, mais c’était avant qu’il ne touche terre.En entrant samedi dans le golfe du Mexique, les franges du cyclone avaient balayé le VOIR PAGE A 8: DENNIS Dennis a fait hier au moins une victime, la première aux États-Unis L’ENTREVUE SOURCE KENDY VF.RILUS Le poète haïtien René Depestre a choisi la langue pour résistance.De la tendresse pour Haïti et pour le monde René Depestre, grande plume de la francophonie, a revu son pays natal, Haïti, après des années d’absence.Il croit que le pays peut renaître.Il livre aussi son testament poétique et politique pour le monde.SÉBASTIEN BARANGÉ Après 45 ans d’exil, le grand écrivain haïtien a finalement retrouvé son pays et son peuple en février dernier.Avant cela, le régime Duvalier l’avait contraint à la fuite.Ensuite, plutôt favorable à Aristide au début et invité directement par cehikâ à revenir au pays, Depestre reste loin d’Haïti.«Il y avait chez Aristide un ¦ VOIR PAGE A 8: DEPESTRE INDEX Annonces____B2 Avis publics.B 5 Convergence.B 6 Culture.B 8 Décès.B2 Économie ___A 5 Éditorial .A6 Idées________A 7 Météo.B 5 Monde.B1 Mots croisés.B 5 Religions __B5 Sports.B 4 Télévision.B 6 Un festival au parfum de scandale L’auteur flamand Jan Fabre sème la controverse en ouverture d’Avignon CHRISTIAN RIOUX Avignon — Rarement, de mémoire de festivalier, avait-on vu une pièce aussi huée dans la cour d’honneur du Palais des papes un soir de première.Une partie de la saDe debout hurlait sans ménagement pendant qu’une autre applaudissait mollement et que le reste des spectateurs se dépêchait de quitter les gradins.C’est tout juste si la vingtaine d’interprètes qui se démenaient depuis une heure et demie sur scène a eu droit à un petit rappel En programmant le très sulfureux auteur et metteur en scène flamand Jan Fabre, les organisateurs du festival ne s’attendaient certainement pas à éviter la controverse.Fabre n’est-il pas celui qui, cet automne dans The Crying Body (Le Corps qui pleure) a fait uriner sur scène des “femmes-fontaines», provoquant des réactions outrées jusqu’au Parlement flamand?Il faut dire que, tradition oblige, la représentation avait commencé par une foire d’empoigne qui dura une bonne demi-heure.Des opposants à la Constitution européenne (qui sont probablement aussi des pigistes du spectacle) exigeaient que le ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres quitte la salle.Il aura fallu que les spectateurs ayant payé leur place se rebellent à leur tour pour que le spectacle commence enfin.Les protestataires ne se sont tus, tout de même, que dix minutes après le début de la pièce.Les cris se transportèrent alors sur scène.Des bébés sont déposés sur le sol dans des hurlements et des pleurs insupportables.Leurs parents ne parviennent à calmer ces nourrissons en colère qu’en les prenant dans leurs bras.Le délire est tel qu’ils devront se résoudre à les étouffer sous des oreillers.Ds en pleureront toutes les larmes de leurs corps pendant tout le reste du spectacle.Une «poche d’eau» L’histoire des larmes veut raconter le corps de l’homme qui est, pour Jan Fabre, avant tout VOIR PAGE A 8: AVIGNON ANNE-CHRISTINE POUJOULAT AGENCE FRANCE-PRESSE Les danseurs de la troupe de Jan Fabre répètent The Crying Body dans la cour du Palais des papes, à Avignon.SCIENCES La technomédecine passe en mode réalité Des paralytiques qui actionnent un membre robotique par la seule force de leur pensée, des aveugles qui voient grâce à de minuscules électrodes insérées dans leur cerveau: la médecine du futur a des allures de science-fiction quand on plonge dans l’univers de la stimulation électrique fonctionnelle.Pourtant, dans les laboratoires des chercheurs, l'implant intelligent est déjà là, bien réel.¦ À lire en page A 2 Naïm Kattan Adieu, Babylone Mémoires tfun Juif *crs En cas de drspante entre cette liste et la hste olSaste de L-0 cene derrae-e a pncnte Des voisins ont défendu le courage et la bonté de M.Bergeron LE DEVOIR.LE LUNDI 11 JUILLET 2005 A 8 UlTDALITES EN BREF Il y a deux ans, Zahra Kazemi D y a deux ans hier mourait à Téhéran la photojourna-Kste irano-canadienne Zahra Kazemi L'organisation Reporters sans frontières (RSF) a profité de ce triste anniversaire pour dénoncer les manipulations de la justice iranienne dans ce dossier.RSF affirme que les autorités iraniennes gagnent du temps et entretiennent l’impunité dans cet assassinat L’organisation appelle la internationale à appuyer les démarches cfii Canada et à obliger Tlran à renie des compites sur les drBoastanees de la mort de Zahra Kazemi A la suite d’un procès qui s’est déroulé en juillet 2004 et qui a ’ disculpé le principal suspect dans cette affaire, le Canada a décidé, en mai dernier, de limiter ses relations diplomatiques avec l'Iran.RSF souligne par ailleurs que la famille de Mme Kazemi attend toujours que son corps soit exhumé et rapatrié au Canada - PC Un siège vacant à l’organisme d’analyse des menaces terroristes • Ottawa — Bien qu’il soit fonctionnel depuis huit mois, l’organisme fédéral qui évalue les menaces terroristes contre le Canada n’a toujours pas de représentant du Bureau du conseil privé (BCP), l’instance puissante qui est au service du premier ministre.Selon un porte-parole du BCP, cette absence s’explique par des «difficultés administratives».A la suite des attentatsterroristes mortels de Londres, la semaine dernière, la ministre de la Sécurité publique, Anne McLellan, ajustement souligné l’importance d’évaluer continuellement les menaces possibles à la sécurité canadienne.- PC E Sudoku .1 3 2 5 4 8 6 2 1 8 1 3 2 • 9 6 4 3 8 2 1 9 5 9 5 0002 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.lnfo@les-mordus.com www.ludipresse.com 0001 Solution du dernier numéro 6 3 4 7 5 8 1 9 2 2 5 9 4 3 1 7 8 6 8 7 1 2 6 9 5 4 3 7 1 3 6 9 5 4 2 8 4 8 6 3 1 2 9 5 7 9 2 5 8 4 7 6 3 1 5 6 2 1 8 4 3 7 9 3 9 7 5 2 6 8 1 4 1 4 8 9 7 3 2 J.5 LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 Ë3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet àu-Devoir www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514) 985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone Par télécopieur La publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal Les avis publics Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3346 (514) 985-3390 (514) 985-3399 (514) 985-3390 1-800-363-0305 (sans frais) et appels d’offres (514) 985-3344 (514) 985-3340 avisdev@ledevoir.com Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514) 985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans fiais) Lt Devoir peut, a l’occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnes a la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veufflez en avertir notre service à b clientele.Le Devoir est publié du hmdi au samedi par Le Devoir Inc.dont le siege social est situe au 2060.nie De Bleury.9 étage.Montreal (Québec).HAA 3M9 D est imprimé par Imprimerie Québécor World.St jean.800.boulevard Industriel Saint-Jean-sur-Richelieu.division de Imprimeries Québécor Inc.612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée a employer et a diffuser les informations publiées dans Le Devoir Lt Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media.900, boulevard Saint-Martin Ouest.Laval.Envoi de publication — Enregistrement n' 0858.Dépôt legal Bibliothèque nationale du Québec LONDRES SUITE DE LA PAGE 1 touchée à Russell Squale* lors des attentats de jeudi, mais le bilan global des explosions reste de 49 morts confirmés, a déclaré Brian Paddick.Hier matin, le ministre de ITnterieur Charles Clarke a pour sa part indiqué que le bilan final des attentats •dépassera vraisemblablement les 50 morts».Scotland Yard a également révélé que plusieurs «actes motivés par la haine raciale ou religieuse» avaient été enregistrés depuis les explosions de jeudi.«Nous prenons ces fails très, très au sérieux», a déclaré Brian Paddick.soulignant qu’une personne a été «sérieusement blessée».Quatre mosquées ont été visées par des tentatives d’incendie en Grande-Bretagne depuis ces attentats revendiqués par un groupe se réclamant d'al-Qaida, a indiqué hier un haut responsable de la police.Les tentatives d'incendie contre des lieux de culte à Leeds (nord de l’Angleterre), Belvedere (sud de Londres), Telford (ouest de l’Angleterre) et Birkenhead (nord-ouest) ont provoqué des «dégâts mineurs», a précisé le président de l’Association des chefs de police, Chris Fox.Des agressions verbales ont également été enregistrées, ainsi que la vandali-sation de voitures, de commerces et de maisons, selon la même source.«Il n’y a aucun doute qu'il y aura eu d’autres incidents qui n’ont pas encore été signalés à la police», a déclaré M.Fox, qui a exhorté les citoyens à dénoncer ce «comportement odieux et dangereux», promettant une réponse «sévère».Dans une déclaration commune, les grands chefs religieux britanniques, dont le chef spirituel de l'Eglise anglicane Rowan Williams, le grand rabbin du Commonwealth Jonathan Sachs et le président du Conseil des mosquées et des imams Zaki Badawi, ont appelé l’ensemble des Britanniques à rester unis, quelle que soit leur confession, face au terrorisme.Réunis à l’appel de l’archevêque de Canterbury, ils ont condamné unanimement «le fléau du terrorisme».Quelques instants plus tôt devant la reine Elizabeth Il et le premier ministre Tony Blair, rassemblés avec plusieurs centaines de personnes en l’abbaye de Westminster pour une messe en souvenir de la victoire d’il y a 60 ans, l’archevêque de Canterbury avait déjà appelé les Britanniques «à résister à la tyrannie venimeuse» du terrorisme.Hier, des dizaines de messes du souvenir ont également été célébrées à travers Londres.Mais les prêches revenaient souvent sur les attentats de jeudi.Comme à la petite église de Saint Paneras, à quelques mètres de Tavistock Square, où 13 personnes ont péri dans le bus à deux étages visé par une des quatre bombes.«Notre crainte est évidemment qu’il y ait de nouveaux attentats», a reconnu de son côté le ministre de l’Intérieur Charles Clarice, alors que les fausses alertes se multiplient depuis jeudi.Dans la nuit de samedi à hier, 20 000 personnes ont ainsi été évacuées des bars et restaurants du cœur de Birmingham, la deuxième ville d’Angleterre, à la suite d’une alerte à la bombe jugée «crédible et sérieuse».Les quatre engins suspects détruits par les services de déminage «n’étaient pas de na- ture temmste».a ensuite annoncé la poüce.A Londres.Scotland Yard restait très discret sur l’avancée de l'enquête, refusant de continuer une demande d’extradition à l’encontre de Mohammed aL Guerbouzi.un Britannique d’origine marocaine condamné à 20 ans de prison par contumace au Maroc pour les attentats de Casablanca en 2003.Selon plusieurs titres de la presse dominicale, les soupçons des enquêteurs se porteraient à présent sur un Syrien.Mustafa Setmarian Nasar, également connu sous le nom d’Abou Moussab akSouri.est considéré comme le cerveau des attentats de Madrid en mare 2004 et le chef opérationnel d’aUjaxla en Europe.Appel au public Par ailleurs, la police britannique a lancé hier un appel à contribution aux particulière en possession d’images prises sur les lieux des attentats qui ont fait 49 morts jeudi à Londres, dans l’espoir d’y relever des indices.Le commissaire Brian Paddick a expliqué que le public peut jouer un rôle important dans l’enquête en transmettant par courrier électronique les photos et vidéos prises sur les lieux du drame à l'aide de téléphones portables ou d’appareils photo numériques.«Nous pensons que ces images peuvent contenir des informations essentielles pour l’enquête», a insisté le commissaire, annonçant la création d’une adresse électronique spécifique.La police britannique a aussi demandé aux opérateurs de télécommunications et aux fournisseurs d’accès Internet de conserver l’ensemble des communications passées jeudi dernier, le jour des attentats au cœur de Londres.«L'idée est d’éviter que disparaissent des données qui pourraient être importantes pour l'enquête», explique-t-on.«Au cours des prochaines semaines, à mesure que la police identifiera des suspects, il sera important d’examiner avec qui ils ont été en communication.» L’objectif est de conserver une trace du contenu des messages laissés sur répondeur ou des courriels électroniques qui normalement disparaissent dès qu’ils ont été écoutés ou téléchargés par les utilisateurs de boîtes vocales et de boîtes aux lettres électroniques.Un porte-parole de l'opérateur britannique BT Group a confirmé que les autorités policières du National Crime Squad avaient transmis cette requête dès jeudi soir.Ce n’est que la deuxième fois qu’une telle demande émane de la police britannique, qui ne dispose d'aucun moyen légal pour faire appliquer cette requête.La première remontait au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.Trois organisations islamistes ont revendiqué les attentats qui, selon le gouvernement, portent la marque du réseau intégriste al-Qaïda, auquel ont été imputées les frappes dull septembre 2001 contre New York et Washington, ainsi que les explosions de Madrid, le 11 mars 2004.Le gouvernement a invité les Britanniques à observer deux minutes de silence, jeudi prochain à midi.AFP, AP et Reuters DEPESTRE SUITE DE LA PAGE 1 côté populiste qui ne m’inspirait pas confiance, je craignais d’être récupéré», confie-t-il.Aujourd’hui, la situation du pays continue d’être dramatique, mais «les circonstances étaient malgré tout plus favorables» pour un retour du poète adulé au pays.Ce voyage n’était ni celui d’un homme à l’automne de sa vie qui veut revoir une dernière fois sa patrie, ni celui de l’auteur charismatique qui voudrait trouver une place dans une Haiti dévastée.Ce voyage était pour René Depestre un devoir, le résultat d’une angoisse qu'il qualifie à’«agonique».«J’ai eu une crise très grave, qui aurait pu m'emporter, à l’idée que le bicentenaire de ce pays qui s’est donné tant de mal pour sortir de l’esclavage passe inaperçu deux siècles après», explique celui qui s’est alors démené corps et âme pour alerter les dirigeants de son pays d’adoption, la France.Retourner tant de temps après en Haiti, dans les valises d’un gouvernement français et de droite, n’était-ce pas pour le grand combattant communiste qu’a été Depestre prendre le risque de vives critiques?«Haïti, dans sa détresse actuelle, a besoin d’un consensus francojfançais, ni de gauche ni de droite, c’est dans cet esprit que je me suis adressé au gouvernement», explique René Depestre.De Jacmel, sa ville natale, à Port-au-Prince, des conférences aux rencontres directes avec les Haïtiens, il a découvert «des hommes, des femmes, des valeurs démocratiques, une jeunesse très tonique qui est prête à faire des sacrifices pour arriver à un consensus pour Haïti».Ces dernières années, Depestre pensait qu’Haiti était «perdue»', avec ce séjour, il a maintenant le sentiment que «les gens sont prêts à écouter un message d’espoir, que ce tout petit pays ne peut exister vraiment que grâce à sa culture, en solidarité avec la France et la francophonie».La culture, le passé français et la francophonie sont les pistes que René Depestre préconise pour sortir Haïti du marasme.«S’il n’existe ni une nation politique ou économique, ni un État haïtien, il y a une nation culturelle haüienne et c’est à partir de ces acquis que Haïti peut se constituer en État démocratique dans le cadre de la mondialisation aux côtés de la France», explique-t-il.•La France a pris des engagements formels, le Canada est aussi présent, c’est très rassurant, mais la balle est dans le camp des Haïtiens, tout est à faire», conclut-il S’il pense peut-être retourner en Haiti dans un avenir prochain, René Depestre ne souhaite pas y jouer un rôle de premier ordre.«Je suis un vieil homme et je crois que mon engagement doit être avant tout esthétique», «goûte celui pour qui esthétique et politique ne sont jamais bien étoignés.Dès le premier poème de son nouveau recueil, Non-assistance à poètes en danger (Ed.Seghers), le ton est donné: «Célébration de l'Europe», quand poil tique et poétique sont indissociables.Celui qui a voté «oui» au récent référendum sur la Constitution euro péenne reste confiant et optimiste.«Si on est associé à un ensemble de cultures et de civilisations comme c’est le'cas en Europe, on pourra mieux prendre le rythme de la mondialisation.» Sans amertume La Poésie au temps de Ben Laden, La Pirogue de Léopold Sédar Senghor, La Rue Pablo-Neruda, autant de poèmes comme l’opuscule politique d’un poète engagé.Engagé en Haïti contre Duvalier, puis à Cuba aux côtés du Che, en Argentine, au Chili, en Chine, au Viêtnam.Il aura été de tous les combats, là où le marxisme l’a conduit Mais aujourd’hui, il reconnaît l’échec des utopies et avoue «je n'ai pas d’amertume».Chez Depestre, «le mot ne constitue pas une fin en soi mais un moyen», comme l’explique le philosophe Ml chel Onfray dans la préface, c’est une poésie qui «défrise le mondain».La poésie peut tout dire et tout peut devenir poésie.Le quotidien, le cépage des Corbières, les intempéries, un orgasme.«Mon esthétique, je pourrais la considérer comme une sorte de poétique générale de la vie.» Et à l’heure des replis ethniques, René Depestre estime, comme Miron l’entendait que la poésie protège même des dérives identitaires.Dans Un cerf-volant pour Gaston Miron, il parle de l’islamisme et de ses dérives, estimant que la décolonisation et la négritude dans le passé risquaient de tomber dans ces travers.«On aurait pu verser dans l’ethnocentrisme, le fondamentalisme, si on n’avait pas été vigilants avec des esprits comme Senghor, Césaire.».Un art en péril Pour Depestre, tout est poésie, mais la poésie est bien loin d'être partout.Non-assistance à poètes en danger, le titre du recueil, est dès le départ un appel au secoure pour un art en péril.«On peut parler de véritable crise de la poésie, mais surtout de la lecture: il y a une invisibilité des poètes dans les médias», déplore Depestre avant de nuancer: «Je pense que les poètes aussi ont une part de responsabilité.La poésie est devenue une sorte de secte; il faut décoder les poèmes, ils sont loin des réalités quotidiennes».Comme la baleine bleue à laquelle il compare le poète, l’espèce est en voie de disparition.A lire Depestre, on a cependant le sentiment que la poésie reste salutaire et serait un bon moyen pour conserver la santé.Vif et jeune d’esprit à 79 ans, René Depestre se sent «en pleine forme» et selon lui, «le sentiment poétique de la vie favorise l'hygiène de l’existence».Au fil des pages revient cette allusion à l'été indien de sa vie.«Quand je suis arrivé au cap de 70 ans, je me suis dit que si j’arrivais encore à vivre plusieurs années, ça ne pourrait être que grâce à une sorte d’été indien de la vie et de la création.» Chaque matin, sur sa terrasse du sud-ouest de la France, il écrit quelques vers en pensant à son enfance, à sa grand-mère qui lui faisait faire ses devoirs dans les années 30 à Jacmel Et sur cette terrasse, les yeux et la mémoire tournés vers Haiti, René Depestre se prépare à écrire un livre sur son enfance intitulé La troisième rive de la rivière, un autre sur la découverte des Amériques à travers les yeux d’une femme, Une gomme pour le crayon de Dieu (comme pour effacer et récrire l’histoire) , et au moins deux livres sur sa période cubaine encore inexplorée.«Cuba est un pays éminemment érotique, très doué pour l’amour», comme il dit; le titre de ce prochain livre sera donc Les aveugles font l'amour à midi.Plus autobiographique, un autre livre abordera la fin de l'utopie communiste, Cuba, services après naufrages, et sera pour Depestre l’occasion de «parler avec tendresse et rigueur de Cuba, dire la vérité, sans régler des comptes avec Castro et même si cela ne plaît pas aux Cubains».Ses derniers poèmes tracent déjà la voie de ce testament esthétique et politique, celui d’un homme qui a choisi la langue pour résistance.Mais la révol te laisse peu à peu la place à la tendresse, sans cesse écorchée par la vie.«Le manque de tendresse, c’est de cela que ITiumanité risque de périr.» La colère est encore là, mais le combat a changé et la vont poétique du vieil homme espère maintenant, pour le monde, plus de fraternité entre les hommes.«La tendresse reste la conquête de toute une vie pour chacun de nous.» Collaboration spéciale m DENNIS SUITE DE LA PAGE I sud de la Floride, où une ligne à haute tension est tombée à Fort Lauderdale, tuant une personne.le president américain George W.Bush a décrété hier que Unis Etats du sud du pays ont été victimes d’un «iicsastrr ouireur» à la suite du (Vissage de l tennis.Ce décret concernant fa Ronde, l’Alabama et te Mississippi rend ces Etats immédiatement éligibles à raie assistance fédérale en plus des aides d’Etat et kvates.Mais fa Mal son-Blanche n'a pas annoncé poiu- te moment d’aide te-derate spécifique pour tes régions dévastées.D'Centre national des ouragans (NHC), basé à Miami (Floride), avait averti que Dennis allait pénétrer profondément dans les terres, jusqu’à KXX1 km au nord de Pensacola, provoquant d'importantes inondations et des tornades.IVes de 1,5 million de personnes ont reçu l’ordre d’évacuer les zpnes tes plus exposées, de la Ronde à 1a Louisiane.A Pensacola, selon ce que rapportaient certaines chaînes d’information, tes autorités avaient demandé aux habitants qui refusaient de quitter les lieux d’inscrire leur nom à l’encre indélébile sur leur poitrine pour faciliter leur identification en cas d'accident.Très tôt hier, les autorités locales ont fait du porte-à-porte (xnir convaincre It's habitants des t'ôtes réticents à abandonner teur maison de suivre les ordres d’évacuation.Mais à l’approche imminente de Dennis, il était trop tard pour partir et Jeb Bush, gouverneur de Ronde et frère du président américain George W.Bush, a conseillé aux personnes restées chez elles de bien se calfeutrer.«Il fiut trouver une pièce de la maison où la famille sera en sécurité et resttzy ntsqu 'à ce que le cyclone soit pasçé», a-t-il dit lors d’une conférence de presse.A Panama City (Roride), tes rues éttüent quasi désertes en journée hier, parcourues par des véhicules de police, tandis que quelques personnes regardaient, fcisd nées, les grandes vagues venir s'écraser sur te rivage, la NASA a pour sa part décidé de maintenir te lancement de fa navette Discovery 1e 13 juillet de Cap Canaveral en Roride, te cyclone évoluant à l’ouest île l'Etat.P rappanf Cuba vendredi, Dennis y a fait au moins 10 morts.A l’échelle de Cuba, qui a un des meilleure systèmes de prévention contre tes cyclones, te passage de Dennis s’est avéré exceptionnellement meurtrier en dépit de fa mise à l’abri de plus de un million et demi de personnes.Jeudi, dans 1e sud d'1 laiti, Dennis a fait plusieurs morts et 30 personnes ont été portées disparues, selon un bilan de la protection civile qui n’était toujours (vis en mesure, hier, de donner des chiffres définitifs en raison de difficultés à recueillir des informations.En Jamaïque, un homme est mort noyé.Agence France-Presse et Reuters AVIGNON SUITE DE LA PAGE 1 une «poche d’eau» dont le «liquide fondamental» empêche l'âme de se dessécher.Ijcs 20 danseurs n'auront donc de cesse de faire advenir le liquide salvateur, que ce soit en urinant sur scène, en léchant leur sueur, en crachant ou en orchestrant de grandes danses de la pluie sur fond de percussions.Ces dernières comptent d'ailleurs parmi les rares moments de grâce de celte création.Ce vaste happening, qui se terminera évidemment par un Singing in the rain sous la pluie, est orchestré par un «chevalier du désespoir» qui tente de donner un sens à ce qui part dans toutes les directions.Contrairement à celui de Cervantes, annonciateur de fa moder-nité, ce Dop Quichotte en peau de zibeline veut «sauver le Moyen Age de la Renaissance».L’esprit scientifique ayant desséché tes âmes, il déclare fa guerre à tous les «éclusiers de ce mmde» et veut nous apprendre à «pisser contre le vent».Dans sa révolte naïve, ce texte d’une lourdeur digne de 1a scholastique moyenâgeuse fait la peau à quasiment tout ce qui bouge: de la «terreur de l’inodore» à la honte du corps en passant [>ar le .discours scientifique, sans oublier de s’en prendre à l’Église catholique, qui a évidemment «essoré le corps».Proche de Bosch et de Bruegel, Jan Fabre se veut à la foi chorégraphe, dramaturge et plasticien.Depuis ses premières productions au début des années 80 qui duraient huit heures et poussaient les danseurs dans des transes extrêmes, il n’a jamais laissé personne indifférent.Ses toiles et ses dessins sont d’abord réalisés avec du sang, puis, plus tard, avec ses larmes.Ai long as the world needs a warrior’s soul (Aussi longtemps que le monde aura besoin d’une âme guerrière) traitait de la vie de la terroriste allemande Ulrike Meinhof.Labre n’hésitait pas à rouler les corps dans le ketchup et la sauce au chocolat.Parrots and Guinea Pigs (Perroquets et cochons d’Inde) mettait en scene un véritable zoo humain.D y a quatre ans, fa chorégraphie apocalyptique sur le thème du sang intitulée Je suis sang avait impressionné avec raison les spectateurs de la cour du Palais des papes.Jan L abre avait dessiné sous les remparts un tableau saisissant tout en noir et rouge.Cette fois, l’auteur ne parvient à tirer aucune image forte de ce bric-a-brac d’idées naïves et inabouties.L’artiste semble donc se complaire dans ce qui est devenu une banalité sans nom: des corps nus sur scène, des comédiens qui se masturbent, des danseurs qui font pipi sur un escabeau devant un public qui s’ennuie comme les pierres.A Paris, on a beaucoup critiqué le fait que Jan Fabre, qui est («artiste associé» du festival de cette année, monopolise les scènes d'Avignon avec quatre spectacles qui mélangent à fa fois la danse, la musique, le théâtre et la performance.Certains ont craint que le théâtre ne disparaisse d’Avignon.Les spectacles de danse n’ont jamais été si nombreux et, outre Jan Fabre, la cour ne présente que Jean-Ijouis Trintignant (lisant Apollinaire) et fa chorégraphe Mathilde Monnier.«Ce déni du théâtre est-il (/pportun en ces temps d'appauvrissement du ‘ langage et de suspicion à l’égard des mots?», a demandé Odile Quirot dans Le Nouvel Observateur.Assiste-t-on à «l'agonie du festival rêvé et façonné par Jean Vilar?», a renchéri Le Mrmde.Notons que l’engouement des grands festivals internationaux pour la danse vise souvent phis à attirer les touristes étrangers (et donc analphabètes) qu’à renouveler le genre.Pour le reste, on sait depuis longtemps que le théâtre peut être muet qu’il peut intégrer fa danse et fa musique, qu’il peut puiser dans le mime et les arts du cirque.Le théâtre ne peut cependant jamais être sans propos et sans poésie comme cette Histoire des larmes qui ne parvient qu’à choquer une partie du public, abandonnant tous ceux que n'excitent ni la provocation ni ce M oyen Age fait de bric et de broc.Heureusement, Avignon n’a pas dit son dernier mot Comme il arrive de plus en plus souvent ces dernières années, c’est loin de la cour que les révélations se préparent Correspondant du Devoir à Paris BASEBALL ES SPORTS Tour de France Mickaël Rasmussen remporte la première étape en montagne Jens Voigt mérite le maillot jaune Mulhouse—Auteur d’une chevauchée fantastique de 167 kilomètres, le Danois Mickaël Rasmussen (Rabobank) a enlevé hier la première étape de montagne du Tour de France 2005, qui a consacré un nouveau maillot jaune, l’Allemand Jens Voigt (CSC).Rasmussen, 31 ans, s’est échappé apres seulement 4 km de course et il a franchi en tête les six cols au programme, consolidant sa première place au classement du meilleur grimpeur.L’ancien champion du monde de VTT, passé professionnel en 2002, n’avait encore jamais triomphé sur le Tour de France.«Ça fait maintenant quelque temps que je suis professionnel et je rêvais depuis de remporter une étape du Tour et d'avoir ce maillot à pois», a commenté Rasmussen, qui avait méticuleusement reconnu après la Flèche Wallonne cette neuvième étape disputée entre Gérardmer et Mulhouse (171 km).«Dès le départ, fêtais bien», a ajouté le Danois, après avoir offert à la Rabobank son deuxième succès sur la Grande Boucle 2005, au lendemain de la victoire de son coéquipier Pieter Weening à Gérardmer.«Au début, je voulais juste prendre des points pour le classement de la montagne, mais j’ai vu ensuite que je pouvais aller jusqu'au bout.Je ne peux pas demander plus, ç’a été une étape sensationnelle.» À Mulhouse, Rasmussen a devancé de 3 m 04 s le Français Christophe Moreau (Crédit Agricole) et l’Allemand Jens Voigt (CSC), nouveau maillot jaune du Tour.Ceux-ci sont partis en contre-attaque dans l’ascension du Ballon ERIC GAILLARD REUTERS Jens Voigt, nouveau détenteur du maillot jaune.d’Alsace (1" catégorie).À la veille de la journée de repos à Grenoble, les favoris du Tour se sont neutralisés et ont franchi la ligne d’arrivée dans un groupe réglé au sprint par Stuart O’Grady (Cofidis) avec un retard de 6 m 04 s sur le vainqueur.Au nouveau classement général, Voigt, qui avait déjà porté le maillot jaune en 2001, devance désormais Moreau de 1 m 50 s.Le précédent meneur, le sextuple vainqueur du Tour de France Lance Armstrong (Discovery Channel), est troisième à 2 m 18 s.«Nous n’avons pas besoin du maillot jaune.Nous n’avons pas besoin de le garder dans les Alpes.Ce qu’il faut, c’est l’avoir à la fin», a déclaré Armstrong.Fils d’un marchand de cycles, Rasmussen a faussé compagnie au peloton dans la première ascension du jour, accompagné par l’Italien Dario Cioni, qui a lâché prise après 82 km de course.Partis à la poursuite du Danois, Moreau et Voigt sont passés au sommet du Ballon d’Alsace, escaladé cent ans après sa première ascension dans le Tour de France, avec un retard de 4 m 20 s.Les deux rouleurs, anciens coéquipiers et bons amis, n’ont cependant pas pu revenir sur lui dans la plaine.«Je savais que derrière moi j’avais deux super rouleurs en chasse, mais quand j’ai su que j’avais quatre minutes et que je parvenais à maintenir cet écart, j’y ai vraiment cru», a commenté Rasmussen, désormais 4' du classement général, à 2 m 43 s de Voigt Le maillot à pois désormais solidement accroché sur son dos, le Danois sait qu’il devra batailler ferme pour rester dans les 10 premiers jusqu’à Paris.«Il faut avoir des c.en fer pour faire partie du Top 10 de cette course», dit-il sans détours.Autorisé pour la première fois de-puis le début du Tour à tenter sa chance, Voigt deuxième coureur de la CSC en jaune cette année après David Zabriskie, qui a abandonné hier, n’a pas laissé passer sa chance.«Ce matin, mon directeur sportif Bjame Riis m’a donné un bon de sortie, a raconté l’Allemand de 33 ans.Depuis le début de la course, je lui demandais tous les jours si je pouvais partir.La réponse était toujours: non, il faut protéger Ivan Basso.Ce matin, il m’a dit que c’était bon, que je pouvais y aller.» En 2001, Voigt avait déjà endossé le maillot jaune en Alsace, à l’arrivée de l’étape de Colmar, mais l’avait abandonné le lendemain.Pendant la journée de repos, aujourd’hui, «je devrais être capable de le défendre», a-t-il plaisanté.«R suffira de m’asseoir dessus et de ne pas bouger.» Associated Press ERIC GAILLARD REUTERS Le Danois Mickaël Rasmussen avait raison d’être essouflé hier.Il s’est échappé après seulement 4 km de course et il a franchi en tête les six cols au programme, consolidant sa première place au classement du meilleur grimpeur.Lance Armstrong et son équipe reprennent confiance JOEL SAGET AGENCE FRANCK PRESSE Lance Armstrong et son équipe Discovery Channel ont avalé les six cols au programme sans montrer de signe de faiblesse.Mulhouse — Lance Armstrong et son équipe Discovery Channel, mis à mal la veille à Gérardmer, se sont rassurés hier lors de la première étape de montagne du Tour de France 2005.Les équipiers du sextuple vainqueur de la Grande Boude avaient vécu, samedi, une fin détape cauchemardesque et s’étaient montrés incapables de rester autour de leur leader dans l’ascension du Col de la Schlucht (2' catégorie).Hier, entre Gérardmer et Mulhouse, ils ont avalé les six cols au programme, dont le Ballon d’Alsace (1" catégorie), sans montrer de signe de faiblesse.«Ça s'est bien passé, a commenté Armstrong.Nous étions meilleurs que samedi et c’est une bonne chose avant la journée de repos de Grenoble.Nous nous sommes regroupés et nous sommes prêts pour les grasses ascensions» Désormais troisième au classement général à 2 m 18 s de Voigt, Armstrong, qui mettra un terme à sa carrière le 24 juillet prochain sur les Champs-Elysées, estime avoir vécu une première partie de course éreintante.«C’était Tune des semaines les plus rapides que j’ai connues, il n’y a qu’à regarder la moyenne horaire (46221 km/h), a-t-il noté./e sens que pendant la deuxième partie de la dernière semaine de course, la condition physique et la récupération vont prendre un sacré coup.» A l’arrivée de la neuvième étape à Mulhouse, le directeur sportif de lèquipe Discovery Channel, Johan Bruyneel, a fait part lui aussi de sa satisfaction.«L’équipe a été bonne aujourd’hui, a-t-il dit.On ne s’est pas retrouvé dans des situations compliquées et je pense qu’ils [NDLR: les équipiers] sont de retour à leur niveau, particulièrement en ce qui concerne la confiance.Ils ont bien roulé et ont tout contrôlé dans les cols et sur le plat.C’était une journée importante pour nous.Personne ne comprend ce qui s’est passé samedi, mais nous sommes de retour à notre niveau.» Bruyneel s’attend à ce qu’Armstrong soit la dble d’attaques dans les Alpes, puis dans les Pyrénées.Selon lui, son protégé est encore loin d’avoir déjà gagné son septième Tour de France consécutif.«Ça pourrait être plus dur que les années précédentes, a-t-il commenté.Nous avons vu que certains gars se sont améliorés.Les mecs de la T-Mobüe n'ont pas été si forts dans le contre-la-montre individuel et dans le chrono par équipes, mais ils vont beaucoup mieux.L’équipe Liberty aussi.R faut vraiment que nous sachions bien que la compétition va être relevée.» Avant d’attaquer la haute montagne, mercredi, Armstrong reste le mieux placé de tous les favoris.Le Texan compte 1 m 02 s d’avance sur le Kazakh Alexandre Vi-nokourov, 1 m 26 s sur l’Italien Ivan Basso et 1 m 36 s sur Jan UlMch.Associated Press Grand Prix de Formule 1 de Grande-Bretagne Montoya domine de bout en bout Molson Indy de Toronto Tagliani termine 3e LAnglais Justin Wilson remporte Toronto — L’Anglais Justin Wilson a dépassé l’Espagnol Oriol Servia avec 11 tours à faire, hier et c’est sous le drapeau jaune qu’il a finalement permis à l’équipe RuSport de remporter le Molson Indy de Toronto.Alexandre Tagliani a terminé en troisième place malgré une crevaison avec trois tours à faire.Tagliani semblait en voie de rater le podium de peu quand AJ.All-mendinger, alors troisième, a abouti dans un mur de pneu au 81' tour de la course, tout juste devant le Québécois de 32 ans.Tagliani a évité le danger et la sortie d’Allmen-dinger lui a permis de se hisser au troisième rang.Il a résisté à Jimmy Yasser pour se retrouver sur le podium une deuxième fois cette saison, lui qui avait également terminé troisième à Monterrey, au Mexique.Il enregistrait du même coup un 12r podium depuis le début de sa carrière en série Champ Car.Andrew Ranger a quant à lui eu des problèmes d’électronique au 84’ tour, ce qui fait qu’il a dû abandonner.Il s’est classe IL.Tagliani avait pris le deuxième rang à Toronto en 2001.Il a donné crédit à sa nouvelle équipe, Team Australia, la remerciant de lui avoir donné la chance d’ètre compétitif cette saison.«L'équipe fait de l’excellent travail, a-t-il dit.On ne se connaît que depuis quelques mois, mais la chimie se fait bien.» Tagliani, qui a pris le départ de la troisième rangée, s’est dit chanceux d’avoir pu terminer la course sous drapeau jaune, compte tenu du fait qu’il n’avait plus que trois pneus en bon état et qu’il avait épuisé sa réserve de dépassements «push-to-pass».«J'ai été pas mal chanceux qu'ils n'aient pas eu le temps de relancer la course, parce que je suis passé par-dessus des débris», a expliqué Tagliani, qui a profité d’un changement de pneus à son premier arrêt aux puits pour amorcer sa remontée.Le résultat du pilote de Lache-naie lui a permis de se hisser du neuvième au septième rang au classement des pilotes.Ranger, de l’écurie Mi-Jack, a quant à lui été dé logé du sommet du classement chez les recrues par l’Allemand Timo Glock, 7r.«C'est plate, la voiture aurait pu terminer en sixième place, a estimé le jeune pilote de Roxton Pond.Mais je suis content d'avoir quand même bien couru.» Ranger a été combatif dès le dé part, passant rapidement de la IP à la S' place.Il y est resté jusqu’à la première série d’arrêts aux puits, où il en a profité pour passer en 7' place.11 a bien navigué pour se hisser au 6' rang avant de devoir abandonner.«C'est plate parce que je veux toujours terminer parmi les cinq ou six premiers, mais nous avons eu un problème électronique, a spécifié Ranger.J’ai essayé de changer de vitesse, mais ça ne voulait pas.Je ne sais pas quel était le problème, mais le moteur a calé.• Presse canadienne Silverstone — Dominateur de bout en bout, le Colombien Juan Pablo Montoya a remporté hier son premier succès de la saison et le cinquième de sa carrière en s’adjugeant le Grand Prix de Formule 1 de Grande-Bretagne sur le circuit de Silverstone.Au volant de sa McLaren-Mercedes.il a devancé l’Espagnol Fernando Alonso (Renault) et le Finlandais Kimi Raikkônen (McLaren-Mercedes).Alonso conforte sa première place au championnat du inonde des pilotes, avec 77 points, devant Raikkônen (51 points) et l’Allemand Michael Schumacher, sur Ferrari (43 points), qui a tenniné sixième.Au classement des constructeurs, Renault compte 102 pouits, devant McLaren-Mercedes (8/ points) et Ferrari (74 points).Trois jours après les attentats meurtriers de Londres, une minute de silence a été observée avant le depart du Grand Prix.C’est avec emotion qu’a retenti à la fin de la course le God Save the Queen célé bnmt la victoire du l’écurie britannique McLaren-Mercedes.Montoya a dominé la course de bout en bout, parcourant les 60 tours (308,355 km) du circuit de Silverstone en une heure 24 m 29 s 588 (à 219 km/h de moyenne), 2,739 secondes devant Alonso et 14,436 devant Raikkônen.Jacques Villeneuve a quant à lui terminé au 14' rang au volant de sa Sauber, à plus d’une minute du vainqueur et à environ 45 secondes de son coéquipier Felipe Massa, lO.Troisième sur la grille de dé part.Montoya s’est d’entrée empare de la tète de ce IP Grand Prix de la saison en prenant le meilleur sur Alonso, parti en po- sition de tète, dès le premier virage.Les deux hommes se sont rapidement détachés et, si l’Espagnol a pris la tête de la course au gré des ravitaillements (deux chacun), Montoya a récupéré son bien pour finalement s’imposer au terme d’un Grand Prix parfaitement maîtrisé.«Je pense que la course s’est gagnée au premier virage, a-t-il déclaré à l’issue de l’épreuve.A partir de là, c ’était une question de stratégie.«Ç’a été une saison tellement frustrante que j’étais très enthousiaste au moment où j'ai franchi la ligne», a ajouté Montoya dont la première saison chez McLaren-Mercedes a été marquée par une blessure à l’épaule qui lui a coûté deux Grands Prix.Son coéquipier Raikkônen a lui aussi effectué une course remarquable, amorcée par un excellent départ qui l’a tout de suite vu passer de la 12' à la huitième place.Le Finlandais avait réalisé le deuxième temps des essais qualificatifs mais avait été rétrogradé de 10 places en vertu du nouveau règlement pour avoir changé son moteur, cassé lors des essais.Malgré les points précieux engrangés dans la course au championnat du monde, Alonso s’est montré assez déçu du résultat de la course.«Le départ a bien sûr été un peu frustrant parce qu'on a perdu une place, a affirmé le pilote des Asturies.Cela devrait être facile de conserver la pole position.C’était vraiment frustrant.» Alonso aura l’occasion de se rapprocher de son premier titre de champion du monde dans deux semaines lors du prochain Grand Prix, disputé en Allemagne sur le circuit très rapide d’Hockenheim.Associated Press DARREN STAPLES REUTERS Juan Pablo Montoya célébrant sa première victoire de la saison.Andrew Ranger a dû abandonner au 84' tour en raison de problèmes d’électronique LIGUE NATIONALE Section Est 6 P Moy.Diff Washington 52 36 .591 — Atlanta 50 39 .562 21/2 Floride 44 42 .512 7 Philadelphie 45 44 506 71/2 New York 44 44 .500 8 Section Centrale G P Moy Diff St.Louis 55 32 632 — Houston 44 43 506 11 Chicago 43 44 494 12 Milwaukee 42 46 .477 131/2 Pittsburgh 39 48 .448 16 Cincinnati 35 53 .398 201/2 Section Ouest G P Moy.Dill San Diego 48 41 .539 — Arizona 43 47 .478 51/2 Los Angeles 40 48 .455 71/2 San Francisco 37 49 .430 91/2 Colorado 31 56 356 16 Hier Philadelphie 5 Washington 4 (12 manches) Arizona 2 Cincinnati 0 Chicago Cubs 9 Floride 2 Houston 6 L.A.Dodgers 5 Milwaukee 8 Atlanta 4 N.Y.Mets 6 Pittsburgh 1 San Diego 8 Colorado 5 St.Louis à San Francisco, 20h05 Aujourd’hui Concours des circuits du baseball majeur, 20h (à Detroit) Demain Match des étoiles du baseball majeur Ligue nationale c.Ligue américaine, 20h (à Detroit) LIGUE AMÉRICAINE Section Est G P Moy.Diff Boston 49 38 .563 — Baltimore 47 40 .540 2 New York 46 40 .535 21/2 Toronto 44 44 .500 51/2 Tampa Bay 28 61 .315 22 Section Centrale G P Moy.Diff Chicago 57 29 .663 — Minnesota 48 38 .558 9 Cleveland 47 41 .534 11 Detroit 42 44 .488 15 Kansas City 30 57 .345 271/2 Section Ouest G P Moy.Diff Los Angeles 52 36 .591 — Texas 46 40 .535 5 Oakland 44 43 .506 71/2 Seattle 39 48 .448 121/2 Hjer Texas 9 Toronto 8 N.Y.Yankees 9 Cleveland 4 Baltimore 4 Boston 1 Detroit 9 Tampa Bay 4 Minnesota 3 Kansas City 2(12 manches) Oakland 9 Chicago White Sox B (11 manches) Seattle 7 L.A.Angels 4 Aujourd’hui Concours des circuits du baseball majeur, 20h (â Detroit) Demain Match des étoiles du baseball majeur Ligue nationale c.Ligue américaine.20h (à Detroit) FOOTBALL LIGUE CANADIENNE Section Est G P N PP PC PTS Montréal 2 1 0 99 89 4 Toronto 2 1 0 69 69 4 Ottawa 1 2 0 84 114 2 Hamilton 0 2 0 42 Section Ouest 54 0 C.-B.2 0 0 64 49 4 Edmonton 2 1 0 97 56 4 Saskatchewan 2 1 0 91 53 4 Calgary 1 1 0 37 37 2 Winnipeg 0 3 0 Vendredi 38 90 0 Winnipeg à Edmonton, 21h00 Toronto en C.-B.22h00 Samedi Calgary à Ottawa, 19h00 EN BREF Dave Mudge avec les Alouettes Winnipeg — Les Alouettes de Montréal ont fait l’acquisition du secondeur Dave Mudge des Blue Bombers de Winnipeg, hier, en retour du garde Aaron Fiaceoni, d’un choix conditionnel lors du repêchage de 2006 et de considérations futures.Mudge, qui a été le secondeur par excellence dans la Ligue canadienne en 2001, a connu des ennuis cette saison et n’a pas amorcé le match de jeudi contre les Stampeders de Calgary.Mais en raison des problèmes éprouvés par Dan Gyetvai au poste de garde gauche, Mudge, 30 ans, a dû évoluer à une position où il n’avak jamais joué auparavant - PC Golf: Tim Clark gagne en Ecosse Luss, Ecosse—Tim Clark a enfin signé une victoire ailleurs que dans son pays natal l’Afrique du Sud, hier, alors qu’il a complété sa semaine avec une carte de 67.quatre coups sous la normale, pour remporter l’Omnium d’Ecosse.Clark a devance Maarten Lafeber et Darren Clarke par deux coups.«Je peux maintenant chercher à remporter d’autres tournois, a déclaré le vainqueur.Ça fait plaisir de constater que je peux jouer sous pression.»-AP Prémont: l’argent Nouveau-Mexique — Marie-Hélène Prémont a mérité la médaille d’argent à la Coupe du monde d’An-gelfire, hier, au Nouveau-Mexique.Lathlete de Château-Richer a été devancée d’une minute 17 secondes par la Norvégienne et championne du monde en titre, Gunn-Rita Dahle.L’Allemande Sabine Spitz a mérité le bronze.-PC LE DEVOIR, LE L ü N D 1 11 JUILLET 2 0 0 5 CULTURE Metheny comme il le fallait En plein air, le guitariste clôture avec aplomb le 26e Festival de jazz de Montréal Festival international de jazz de Montréal Mon blues, son techno.GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ La dernière fois que Pat Metheny avait joué en public à l’extérieur dans la métropole, c’était le 5 juillet 1989: il faisait chaud et la grand-messe Metheny avait rempli jusqu’à déborder l’avenue McGill College.Le concert est entré droit dans l’histoire du FIJM, et même dans celle des festivals de jazz tout court car la revue Down-beat a tout récemment décrété que cette date faisait partie des 10 plus grands moments festivaliers «ail around ze world».Dans la foule rassemblée rue Sainte-Catherine hier, quelques heures avant le spectacle de clôture du 26f FUM, plusieurs en parlaient encore avec un semblant de petit trémolo dans la gorge.«J’y étais», disait ainsi un homme arrivé sur les lieux en milieu d’après-midi.Sa conjointe aussi.Leurs voisins itou.Des Metheny aficionados.Tout à côté, par contre, des jeunes pratiquement pas nés en 1989 étaient aussi présents.«Metheny?Oui, mais on connaît peu, expliquait Olivier, 18 ans.Disons qu’on vient voir le grand show gratuit.» Car c'est bien ce dont il s’agissait un grand concert pour pas un sou, avec en vedette une tête d’affiche capable de drainer en masse les foules, qui, hier comme en 1989, ont dit oui à l’appel.La direction du FIJM ne s’est pas risquée à évaluer la foule (la firme chargée de le faire n’est engagée qu’une année sur deux), mais on peut dire essentiellement que la Sainte-Catherine était pleine, que l’esplanade de la Place des arts aussi, et que bref c’était noir de monde dans cette chaude nuit de juillet 2005.Pour un peu, on aurait pu se croire sur McGill College quand Pat Metheny est monté sur scène, vers 21h: le musicien n’a pas changé d’un poil, en témoigne son incroyable chevelure, mais aussi son inséparable chandail matelot et son sourire ravi d’être content.Il y a le son, aussi: car Metheny, malgré l’étendue de ses expérimentations, joue toujours avec cette palette sonore si aisément reconnaissable, bien teintée années 80 et grande époque des synthétiseurs.En point d’orgue à sa semaine Invitation, où le guitariste a donné six spectacles avec des formations différentes, Pat Metheny offrait hier la toute dernière mondiale de son Way Up Tour, après quelque 100 dates à travers le monde.Un spectacle d’autant plus attendu qu’il allait dévoDer l’adaptation scénique du dernier disque pareillement nommé du musicien, un album qui, après plusieurs essais en demi-teintes pour le Pat Metheny Group (PMG), a scellé une réconciliation heureuse avec la critique.Car voilà ici — encore qu’il importe d’apprécier le son et la vision Metheny pour goûter l’oeuvre — quelque chose de drô- lement ambitieux, à la structure complexe, étoffée, travaillée, qui a permis au groupe d’aborder de toutes nouveDes perspectives musicales, autant dans la forme que sur le fond.Chose rare en jazz (si on s’entend pour parler de jazz), le Way Up est un seul morceau de près de 70 minutes sur disque, bâti d'une introduction et de trois parties aux thèmes : interreliés, chacun répon- dant à l’autre, pour former ce qu’il conviendrait d'appeler une symphonie méthénienne, un concerto de jazz fusion parfait pour un spectacle plein air en ce sens qu’il est aussi tripatif que mélodique, avec ses plages hyper accessibles (le thème central est tout ce qu’il y a de plus facile d’oreille) et ses moments jazz de haute voltige: de quoi satisfaire l’ensemble du corpus festivalier ouvert au genre.Ici comme ailleurs dans sa carrière, et c’est ce qui a fait son succès plutôt unique pour un musicien jazz, Metheny réussit en bonne partie à s’adresser à un public généraliste comme à un plus jazzistique.Le défi de la scène Le grand défi était maintenant de transposer sur scène un album multitexturé qui a nécessité un travail de studio minutieux.Autour du guitariste, le PMG dans sa version 2005, avec l’incontournable Lyle Mays aux claviers (coauteur), le bassiste Steve Rodby, le batteur Antonio Sanchez (particulièrement efficace), le trompettiste Cuong Vu, l’harmoniciste Grégoire Maret ainsi que le multi-intrumentiste brésilien Nando Lauria.Un groupe soudé, en parfaite interaction, où tout le monde tire dans le même sens.Le résultat fut probant, doit-on conclure malgré toutes les réserves éprouvées envers la sauce Metheny.Précise, l’écriture de Way JJP n’en permet pas moins de bonnes plages d’improvisation.Depuis son intro à la guitare baryton, le guitariste s'est donné à fond tout au long de la soirée (il restait au moment de quitter une bonne heure et demie de vieilles pièces à venir), yeux fermés et bouche grimaçante.Pour recréer la tapisserie de guitares de l’album, Metheny a monté sur pied une pléiade de six cordes.Le but relancer en quelques secondes la machine dans une toute nouvelle couleur.Phrasés riches, points de tension dramatique bien assumés, Metheny a guidé l’affaire avec l’énergie qu’on lui connaît et le public montréalais a replébiscité son chouchou.On est loin d’être sûr, au contraire de que disait Alain Simard en début de spectacle, qu’il s’agisse là du plus grand groupe de jazz au monde.Mais il s'agit assurément du meilleur matériel proposé par ce groupe.Et d’une heureuse conclusion au festival 2005.Le Devoir Tracés à partir des quelque 500 spectacles proposés dans les salles et sur les scènes extérieures, les parcours du festivalier furent infiniment variés et ne se sont croisés qu’au petit bonheur des allées et venues sur le site.À plus forte raison pour les chroniqueurs assignés, qui ont fait exprès d’aller là où l’autre n’allait pas.Sauf pour Dr John, bien sûr, c’était chacun son truc, et c’est donc chacun son bilan.Bonté d'âmes! abreuver, me nourrir, je n’ai fait que ça.M’irriguer l’âme, à toutes les sources.Ça a commencé à la bonne place: les blues d'Eric Bibb étaient sans doute un peu proprets, mais ils remontaient le bon delta, celui du Mississippi.Et puis il y a eu Mavis Staples qui exsudait l’âme comme un arrosoir dans le jardin du paradis, et tout le Métropolis en était éclaboussé: j’ai moi-même versé une petite mare de larmes de joie quand elle a chanté The Weight, comme dans le film The Last Waltz.Et puis il y a eu Clarence Fountain, le patriarche des Blind Boys of Alabama, qui est descendu au parterre du même Métropolis pour nous chanter le gospel dans le blanc des yeux.Osez ne pas croire! A Wilfrid-Pelletier le lendemain, le gentleman-picker Marie Knopfler avait de la grandeur d’âme plein les doigts, assez généreux pour redonner les pièces de résistance de ses années Dire Straits tout en laissant la part belle aux musiques de racines qu’il aime tant.Au même endroit 24 heures plus tard, c’était les Neville Brothers qui transcendaient l’occasion {Voices Of Soul, im show collectif pour la télé) et chantaient magnifiquement A Change Is Gonna Corne de feu Sam Cooke, rappelant que le chanteur des Soul Stirrers avait été le premier à porter le gospel aux masses populaires.Et puis, point d’orgue idéal malgré un lieu inapproprié (Maisonneuve) et une heure indûment hâtive (18h pour le Night Tripper!), il y a eu le bon Dr John, qui a jeté toutes ces musiques dans sa marmite à gumbo: blues, boogie, ragtime, gospel, fimk, soul et rhythm’n'blues, il a cuisiné tout ce que l’on sait cuisiner à la Nouvelle-Orléans et c’était si nourrissant qu’après, je n’avais plus faim de rien.Jolie Holland, avec son country-folk texan dénudé en Californie, aura tout juste servi de cure-dents.Sylvain Cormier Prix des crédules Tiens, cela fait un bail que l’on n’a pas accordé les Prix des crédules.Et alors?Le crédule du souvenir, soit ce trophée qu’on remet à celui qui produit ces notes qui laissent leur empreinte au-delà de 24 heures, va cette année à Randy Weston.Le pianiste du jazz africanisé a sans conteste livré une performance aussi magistrale que séduisante.Son parti pris pour le jeu «percussif», sa maîtrise instrumentale, nous consolaient du magma sonore entendu ici et là.Bref, Weston était plein là où beaucoup sont vides.Le crédule de l’histoire va naturellement à Sonny Rollins.11 fut égal à lui-même.Phis exactement, égal à ce qu’il est depuis une vingtaine d’années, et non à ce qu’il fat à l’époque de East Brodway Run Down.C’est-à-dire?D aligne note après note.Le son a toujours cette âpreté qui a fait sa réputation.Mais bon.comment dire?Il est dans l’histoire, il ne la fait plus.Cela dit, on fat ébloui par fa précision du batteur Steve Jordan.Il a ceci de convaincant qui! frappe là où beaucoup feraient des roulements pour camoufler leur déficit rythmique.Le crédule de la surprise divine va à Ôdean Pope.A la tête d’un contingent regroupant huit saxophonistes augmenté d’une formation rythmique, Pope a joué ses compositions entremé lées de celles écrites par d’autres, dont le splendide Giant Steps de John Coltrane.Chef d’orchestre ardent, saxophoniste singulier, Pope mériterait une attention au moins égale à ton gospel, .notre jazz ! PEDRO RUIZ LE DEVOIR Les fils sont enroulés, les spots sont éteints, les instruments n’attendent que de rejoindre leur étui.C'est bel et bien la fin du festival.celle qu’on accorde aux.escrocs: là où ces derniers racolent, lui joue du jazz.Qest bête à dire, mais il joue cette musique qu'on voudrait.interdire! Le crédule mi-figue mi-raisin va aux Blues-breakers de John Mayall.Tout d’abord, il y a eu ces défaillances attribuables à une mise en place bancale du son.A l’ère du tout technologique, on pestait contre ces nouvelles technologies — le sans-fil et tout son bazar «flash and cash» — auxquelles on adhère béatement.Ensuite?Le batteur Joe Yuele n’était pas de la partie.Et cela a eu évidemment son effet.Le groupe n’était pas aussi tight qu’il ne Test habituellement.Heureu-sement, le tout fat sauvé par l’interprétation de Have You Ever Heard du vieux bonhomme en quasi-solitaire.Quoi d’autre?Rien.Serge Truffaut Fourre-tout Submergé par une vague de musiques en tout genre, le 26’ Festival international de jazz aura continné son passage vers une existence généraliste.Dilué par une pop souvent incolore, le jazz en est là, et le FUM n’entend pas se braquer pour aller contre les forces du marché.Dans ce fourre-tout, la proportion des musiciens à réellement se distinguer n'est pas plus élevée qu’ailleurs, ce qui fait que les occasions de se ré créer à l'écoute d’une musique passe-partout sont plus grandes que celles où l’écoute, justement, est gâtée.Il y aura évidemment eu quelques bijoux dans ce festival, à commencer par Feist, qui en concert sait procurer quelques grands hissons.Dans l'ensemble, la série Groove, gratuite, aura été de grand calibre.Par contre, tHE aRTIST oF tHE yEAR n’a pas été à la hauteur, choisissant une manière plus lounge, pas assez «up tempo», pas assez funk, non appropriée pour un concert extérieur.Le potentiel est fort, cependant, de ce côté.Côté folk, Ray La-Montagne, la figure montante, ermite sur les bords, a prouvé que sa sensibilité, très palpable en musique, le gêne sur scène.Dave Holland a démontré qu’il vieillit bien, et puisque le FUM l’invite désormais presque systématiquement, il est possible d’en rendre compte.Fredrik Lundin a eu une idée de génie en s’appropriant Leadbelly, mais une section de trombones molle aura joué contre lui, surtout en comparaison avec les cuivres de Femi Kuti, incendiaires le même soir en salle.Chaud, chaud, Ojos de Brujo marquera mes souvenirs, mais moins Marie Knopfler, que je tenais à voir à tout prix, qui semble difficilement se détacher des Dire Straits, où son public l’attend de toutes manières.Génial guitariste, intime sur ses derniers albums, il est débarqué à la Place des Arts comme dans l’aréna du coin.Regrets pour Champion, qui n’a su donner sa pleine mesure sous la pluie, et pour Kaki King, annulée pour les mêmes raisons.Malgré tout, la Stella Artois à (> $ (!!!) aura manqué ce soir-là sur le site (re-!ü).les frères Diouf auront fourni un beau moment avec Bobby McFerrin, fidèle à lui-même, alors que le trio d’accordéonistes polo-n;ùs.Motion Trio, aussi de cette soirée, est une curiosité à suivre.Paul Anka, finalement, flamboyant, a démontré un professionnalisme à couper le souffle et un malin plaisir à rappeler qui il est.Dommage que des éclairages tournés vers le public — captation pour la télé oblige — en auront aveuglé plus d’un ce soir-là.Bernard Lamarche Un peu de bleu Et quoi donc pour cette édition?De tout et de rien, à l’image d’une programmation hétéroclite.C’est parti timidement, avec le concert-lancement des Provost, Lachapelle et Brochu rassemblés en un trio électrique qui n’en a pas généré beaucoup, d’électricité.Un peu figé dans la forme, en ce qui nous concerne.Et de forme, celle dans laquelle s'est exprimé Bill Fri-sell lundi nous aura laissé dans une indifférence totale et glaciale, alors qu’on cherchait à savoir où le guitariste s'en allait et ixmrquoi il y allait.Mais ç'a été autrement plus heureux en d’autres endroits: Enrico Rava a proposé dimanche dernier quelque chose qui manquait peut-être de direction, mais pas d’inspiration, lit le sympathique Bill Charlap, le même soir, fiit à la hauteur de sa réputation de styliste élégant dont le jeu délicat sied bien au répertoire choisi, du Gershwin à la bonne sauce.On monte d’une coche, pour le folk-blues d’Harry Manx.Solidement envoyé, bellement nourri à la sauce indienne.L’homme dégage une impression d’authenticité dont devrait s’inspirer Xavier Rudd, qui a livré ce soir-là une deuxième partie on ne peut plus Ben Harper, à la limite de la copie.Ramachandra Borcar, lui, a surpris et ravi.Son disque était bien, son spectacle fat beaucoup plus que ça.Une énergie décuplée, des grooves organiques plus puissants, une structure jazz mieux intégrée, des textures plus épaisses.Cela nous mène à la crème de notre semaine; d’abord ja prestation du saxophoniste David Sanchez, qui met ses lunettes, sort ses partitions et invite le Alexander String Quartet à une relecture impeccable de l'œuvre phare et rare d’Eddie Sauter, Focus, immortalisée par Stan (ietz.Et puis finalement Uri Caine et Paolo Fresu, qui, dans un set piano-trompette décliné à l’intime autour de minuit, ont déployé la chose avec sensibilité et dans un cadre résolument bleu qui faisait du bien.Guillaume Bourgault-Côté EN BREF Décès de Técrivain Claude Simon Paris — L’écrivain français Claude Smon, Prix Nobel de littérature 1985 et figure du nouveau roman, considéré comme l’un des plus grands écrivains de fa mémoire, est décédé mercredi dernier à Paris à l’âge de 91 ans, q annoncé samedi son éditeur, les Editions de Minuit Né le 10 octobre 1913 à Tananarive (Madagascar), il a été inhumé à Paris samedi, a-t-on précisé de même source.Claude Smon a publié une vingtaine d'ouvrages, dont La Route des Flandres, Les Géorgiques ou LAcacia.-AFP Réalisateur américain libéré Bagdad — L’armée américaine a libéré hier un réalisateur de documentaire américain et son cameraman iranien qu’efle détenait depuis 54 jours, a indiqué un communiqué militaire.Cyrus Kar, 44 ans, né en Iran mais citoyen américain, s’était rendu en Irak à partir de l’Iran le 17 mai pour filmer sur le site de Bdbylone un documentaire sur l’empereur Cyrus le Grand (576-529 avant JC), fondateur de l'empire perse.- AFP Festival international du film de Karlovy Vary La Vie avec mon père remporte le prix du public Le film québécois Le film québécois La Vie avec mon père, réalisé par Sébastien Rose, a remporté le Prix du public lors de la 40' édition du Festival international du film de Karlovy Vary, en République tchèque, a indiqué Téléfilm Canada vendredi.C'est fa première fois qu’un film canadien remporte cet honneur à Karlovy Vary, un festival de catégorie «A» de fa Fédération internationale des associations de producteurs de films qui reçoit 125 000 visiteurs, indique Téléfilm.La Vie avec mon père, qui met en vedette Raymond Bouchard, Paul Ahmarani et David La Haye, était aussi en compétition dans la Sélection officielle.•Le Canada a occupé une place de choix dans l’édition 2005 du Festival de Karlovy Vary, puisqu'on a pu y voir un nombre record de 16 films canadiens, dont bon nombre ont été présentés à guichets fermés», indique Téléfilm dams un communiqué.«Soulignons également que le film d’Atom Egoyan, Where the Truth Lies, a été présenté dans le volet Horizons du Festival; la réalisatrice Ruba Nadda (Sabah) a siégé au sein du jury international; le cinéaste Gary Bums a eu droit à une rétrospective dans le Forum of Independents; et, pour la première/bis, le Festival a tenu un «Focus on Canadian Films» qui a présenté, neuf oeuvres» Presse canadienne SOURCE CHRIST AL FILM La vie avec mon père, avec Raymond Bouchard et Paul .Ahmarani.Qu'est-ce que le néo-trash-post-expressionnisme-techno-opéra-politico-classique-émergent ?) ÊÊLLUBiMLM ?BL A vous de nous le dire ! Présentez-nous un projet d’émission avant le 5 août prochain.Cliquez sur le www.cibl.cam.org et téléchargez le formulaire de projet d’émission.Remplissez-le et retournez-le à : CIBL FM, 1691 Pie-IX, Montréal, HIV 2C3 CIBL FM 101,5 www.cibl.cam.org t l
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