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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier E
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-08-01, Collections de BAnQ.

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ce L K I) E V 0 I H .L K S S A M K 1) 1 I ‘ " K T DIM A \ ( Il K 2 A «I (' T 2 0 0 î> LITTÉRATURE Maria Callas, immortelle Page E 4 CINÉMA Les Doigts croches: cinq minables à Compostelle Page E 7 CULTURE ET LIVRES Hommage à deux grands Georges Bellamy, dernier film du vétéran français Claude Chabrol, traquant une fois de plus les dessous de la vie de province, prend l’affiche vendredi dans nos salles.Avec Depardieu à sa proue.ODILE TREMBLAY Claude Chabrol, bon vivant incrusté à la glèbe française, déteste les voyages.D’ailleurs, le héros de son dernier film Bellamy, un commissaire en vacances incarné par Depardieu, les déteste de concert Toute ressemblance.L’entrevue se déroule donc au téléphone, où il se montre charmant Plus d’un demi-siècle après ses débuts au cinéma — un film, bon an, mal an —, le cinéaste du Beau Serge et des Cousins, tout en s'éloignant de l’esprit de la Nouvelle Vague, est resté fidèle à un milieu social sans cesse épinglé: la bourgeoisie des petites villes, côté ombre.Leurs drames de province, il les scrute depuis si longtemps.«Au fil de ma carrière, j’ai juste continué à faire ce que je savais faire.Or je ressens très fort l’étouffement de la vie de province, un univers qui m’estfamilier.» Chabrol admet que la province française s’est modifiée depuis le temps.Non seulement à travers des vagues d’émigration, mais au fil des avancées technologiques, avec la télé et compagnie.«Longtemps, la province eut vingt ans de retard sur Paris; maintenant ça tient à deux mois.» Il reconnaît toutefois ne pas aimer utiliser les signes de la modernité dans ses films.La télé et Internet sont généralement absents de l’image.«Chose certaine, la nature humaine ne change pas, ou du moins progresse très lentement.Et c’est elle qui m’intéresse.» Un homme de clan Dans Bellamy (clin d’œil à un roman de Mau-passant), Chabrol a voulu rendre hommage à deux grands Georges: Brassens (un avocat chante même une de ses chansons en guise d’ahurissant plaidoyer) et Simenon.Le cinéaste a adapté plusieurs œuvres du créateur de Maigret, qu’il a d’ailleurs côtoyé.«Faire un faux Simenon me plaisait, lui qui a influencé ma vision de l’existence.A son avis, ce qui est intéressant dans l’homme, ce n’est pas son intelligence, mais son bulbe rachidien, la façon dont il réagit.» Bellamy (voir notre critique en page E 8), plus impressionniste que les précédents Chabrol, en partie basé sur un fait divers, se déroule à Nîmes, où un commissaire (Depardieu) vient passer ses vacances aux côtés de sa femme Françoise (Marie Bunel).Entre le demi-frère voyou et paumé (Clovis Cornillac) du héros qui squatte leur maison et un mystérieux escroc en cavale réclamant protection (Jacques Gamblin), les vacances deviennent pour le commissaire l’occasion d’une enquête, laquelle prend le pas sur ses responsabilités de frère aîné.«Depardieu est simenonien», estime Chabrol.Pour la toute première fois de sa vie, il a conçu un film à l’intention d’un interprète précis.Quoique proches, acteur et cinéaste avaient raté deux ou trois occasions de travailler ensemble.Et puis voilà, le rôle du commissaire Bellamy fut dessiné pour Depardieu, qui s’y coula avec une docilité inhabituelle.«Ses relations avec son frère semblaient parfois collées sur celles qu’il a entretenues avec son fils Guillaume, mais au moment d’écrire le scénario, j’ignorais que celui-ci allait mourir.Sur le plateau, certaines scènes ont pris après coup une dimension troublante.» Le 54‘ film de Chabrol se veut un clin d’œil à Brassens et Simenon VOIR PAGE E 2: CHABROL A MONGREI.MÉDIA Plus d’un demi-siècle après ses débuts au cinéma, Claude Chabrol est resté fidèle à un milieu social sans cesse épinglé.iKl: lvAV*n.SYLVAIN CORMIER Le menu du Flore imite les couvertures de Gallimard.D’où le manège, que j’observe.Une table sur trois, le client glisse le machin plastifié dans un sac.Ça compense pour le prix du café, me dis-je: six euros.J’ai deux réactions.Le cynique juge: quels gogos, ces touristes.Puis, plus tard, passant devant l’énième boutique de fringues du boul’Mich, je relativise: il reste ça, et c’est toujours ça de pris sur le temps et ses affres et ses affreux.Attraction touristique, certes, mais au référent littéraire.Ça fait drôle d’être là, en brève goguette entre les Francos de Spa et celles de Montréal.Je pense à Gréco, deux semaines plus tôt au bout du fil.Si extraordinairement vivante.J’entends résonner son timbre impossiblement grave d’éternelle jeune fille au timbre impossiblement grave, ses rires qui éclatent.Et les chiffres ronds qui font des bulles: 50 ans depuis la mort de Boris Vian, 60 depuis sa première scène à elle, le 22 juin 1949, au Bœuf sur le toit.«La plus grande peur de ma vie.Ma vie jusque-là.Une peur que je retrouve tous les soirs depuis, de pire en pire.» Dimanche à Maisonneuve, le trac à 82 ans ne différera du frac à 22 ans que par sa source.«La première fois, les gens n’attendaient « Les gens peuvent se lasser de cette Gréco qui n’en finit plus d’être là.» rien de moi; j’avais peur qu’ils me jettent, qu’ils ne m’écoutent pas.Là, maintenant, je sais qu’ils viennent m’écouter.Et c’est pire.Je suis de moins en moins bête, j’ai conscience du danger.» Danger, vraiment?Alors qu’on va l’ovationner à l’arrivée, à chaque immortelle.Je suis comme je suis, La Javanaise, Jolie môme: ovations.Garanties sur facture.«Il n’y a rien de garanti.Lesgetis peuvent se lasser de cette Gréco qui n’en finit plus d’être là.La dernière fois, au Théâtre des Champs-Elysées, j’avais très peur.C’était début juin à Paris, ce n'est jamais un bon moment pour le spectacle.J’étais sûre que les gens ne viendraient pas.Miracle! Ils sont venus.» Palpable, la peur.Pas rassurable, la dame.Six décennies de scène ne font rien à l’affaire.«Je n 'ai pas le sens du temps.J’ai seulement celui de l’instant.» El l’instant, par définition, est terrifiant.Et exaltant.Pensez, elle va nous chanter quelques-unes des nouvelles chansons de son nouvel album,/e me souviens de tout.Et elle va porter, entre autres bonnes paroles, les mots de plusieurs jeunes femmes: Adrienne Pauly, Olivia Ruiz, Valérie Véga, Orly Chap.Orly Chap?Mais si, rappelez-vous, cette Française qui remporta la palme à Granby en 2002.«Elle est épatante, cette fille.» Dans la chanson-titre, Orly a cette phrase: «Tout me revient dans l’eou.» A son bout de fil, l’interprète s’esclaffe.«Oui! Elle est parfaite, cette phrase! Ça m’a décidée!» Elle ne viendrait qu’avec ses copains d’avant-hier, n’aurait dans ses bagages que Brassens et sa plus juvénile binette, Vian et sa plus gamine trompinette, Gainsbourg et son plus beau Serge, Queneau et ses mots les plus nouveaux, et on dirait: c’est normal, c’étaient ses jeunes à elle.Mais la jeunesse colle aux basques de Jujube l’éternelle, et c’est un lot tout frais de chansons signées Olivia Ruiz, Orly Chap, Adrienne Pauly, et surtout Abd al Malik, mômes d’aujourd’hui pas moins jolis, qu’elle défendra du même élan dimanche à Maisonneuve.Profession de foi.Car décision il y eut, rayon textes: des soupirants à la pelle, peu de pelletés.Parmi les refusés, des pas n’importe qui, à ce qu’il paraît.L’intéressée ne donne pas de noms, mais précise que c’est pas d’hier qu’elle dit non: «À Gainsbourg, j’ai déjà dit non.À Ferré, jamais.Pourquoi?Parce que c’est comme ça.Aujourd’hui pareil.Je sais quand un texte ne va pas dans ma bouche, dans ma tête, dans mon corps.» N’empêche que refuser, c’est terrible.«Ey a une chanson qu’on a dû laisser de côté, faute de temps.Un autre cadeau d’une fille épatante, Emily Loizeau.Ça me fout en rogne.Contre moi et contre le temps.» Abd al Malik, lui, en a placé deux.Des merveilles, surtout Madame Rosa, où Gréco en vieille dame parle de sa cité changeant sous son balcon.«Je trouve ce texte bouleversant, beau, et utile.Malik fait parler des gens dont personne ne parle.» La musique (comme les autres de l'album sauf une) est de Gérard Jouannest, le mari et accompagnateur de Gréco: entre Malik et Jouannest, c’est la connivence.Le grand pianiste de l’ombre n'avait pas connu une telle proximité créative depuis ses années Brel.Gréco explique: «Avec Brel, Gérard jouait, et quant la musique plaisait à Brel, il disait: "Rejoue-moi ça!” Et l’inspiration venait.Une collaboration très étroite, intime.La même qu’il a maintenant avec Malik.» Passé et présent télescopés, toujours.Sur On n'est pas là pour se faire engueuler!, l’album-hommage toutes générations confondues à Vian, c’est à Juliette Gréco qu’échoit le redoutable honneur de défendre Le Déserteur.«Ils m'ont proposé des textes inédits dont je n’ai pas voulu.Et puis ils m'ont rappelée.Est-ce que je voulais chanter Le Déserteur?J'ai dit oui.Et voilà.» Version plus déclamée que chantée.«Il est capital de dire en même temps qu’on chante.Qu'on entende les mots.» L’enten-dra-t-on dire qu «ils pourront tirer» à Montréal?«Ça, je ne vous le dis pas.» Rire de gamine.A demain, Juliette.Le Devoir LE DEVOIR.LES S A M EDI I E T D I M A N (' Il E 2 A O fl T 2 0 0 9 E 2 CULTURE Pluie et vent nouveau Odile Tremblay La pluie est la meilleure amie du cinéma et la pire adversaire des grandes manifestations extérieures.Sous les trombes ou sous la bruine, les gens courent entre les chapiteaux des festivals, désertent les abords des scènes extérieures, écartent les géants de papier mâché qui leur tendent un suçon.Parfois leur parapluie refuse de collaborer.Sournoisement, l’eau s'infiltre, transperce le t-shirt des badauds qui ne rêvent soudain que d'abri.Ylà un cinéma émergeant du brouillard.«Paraît que De père en flic, c’est drôle!», songent les détrempés en s’engouffrant dans le premier complexe venu.Suffit pas d’être comiques en période estivale, les films ont besoin d’un coup de pouce du climat.Ça cartonne pour la comédie d’Emile Gaudreault, avec des recettes de six millions de dollars au guichet.D’ailleurs, pluie ou pas, notre cinéma québécois prend du mieux cette année, rejoint son public.Fort bien! Il n’y a pas que le succès populaire, remarquez.Un coup d’œil aux variations de contenu semble annoncer quelques mutations des mentalités, un recul du cynisme, depuis longtemps triomphant.Les trois comédies de l’été: De père en flic de Gaudreault, Les Doigts croches de Ken Scott et Les Grandes Chaleurs de Sophie Lorain (en salle vendredi prochain), d’inégale valeur, misent toutes du moins sur la fraîcheur de ton.Les scénaristes commencent à se lasser des réparties trop vaches, dessinent des happy ends, pansent les plaies de leurs personnages.Et pourquoi s’en plaindre?Retour du balancier vers des valeurs d’humanité après l’ère de la compétitivité et des crocs-en jambe.Tendance lourde?Pas encore, sans doute, mais signe avant-coureur d’un changement d’orientation collectif, qui vacille à l’horizon.On balaie du regard le cinéma québécois des dernières années, souvent stagnant.L’air du temps lui est rentré dans le flanc, avec une esthétique télévisuelle, un vacuum culturel surtout, doublé d’une crise de valeurs.Car, bons coups, mauvais coups, en règle générale notre septième art peine à s’exporter.Le manque de références culturelles, autres que populaires, de plusieurs scénaristes et réalisateurs a nui à la circulation internationale de nos films.De quoi aspirer aujourd’hui à un appel d’air.Le facteur générationnel est intervenu, avec exceptions d’usage, bien entendu, mais de façon iparquée.En gros, les baby-boomers, Arcand, Emond, etc., ont gardé des assises artistiques et historiques à leurs œuvres.La génération du dessous a eu tendance à faire table rase d’une culture jugée «élitiste» et suspecte.La musique classique est globalement bannie des trames sonores, l’art visuel n’a guère sa place à l’image, même en clin d’œil, la moindre allusion littéraire s’est effacée.Parfois le cadre populaire du film ne se prête guère au jeu des références.Mais le phénomène apparaît si généralisé, malgré de notables exceptions, qu’il tient au rejet violent de toute forme d’érudition, même minimale.Fait de société, qui dépasse les limites du Québec bien entendu, mais qui a profité de la fragilité de nos racines pour fleurir à plein terrain.Bien sûr, les cinéastes sont le miroir de leur génération.Des 30-45 ans, cobayes d’un système d’éducation déficient ne feraient en somme que refléter leurs sources, essentiellement populaires et locales.Sauf que les créateurs, au statut d’éclaireurs, devraient quand même puiser quelque part ce dont l’école les a trop privés, en s’élevant aœdes-sus de la mêlée.Question de s’offrir un bagage pour découvrir ce que d’autres ont conçu avant eux, quitte à le dépasser, bien entendu.Mais la culture générale et le cinéma ne font pas toujours bon ménage.Rien de tel au théâtre pourtant nourri de l’enseignement des maîtres.Si à la scène des dramaturges comme Wajdi Mouawad ou Robert Lepage ont acquis une renommée internationale, c’est pour s’être alimentés à des sources artistiques planétaires, sans la frilosité de l’enfermement Certains cinéastes l’ont compris de leur côté, et pas seulement dans le champ expérimental.Denis Villeneuve, qui s’est mis plusieurs années en veilleuse avant de réaliser son remarquable Polytechnique, avouait avoir pris un temps d’arrêt, en partie afin de parfaire sa culture générale.Et le voici attelé à l’adaptation d’incendies de Mouawad.François Girard, le cinéaste de 32 films brefs sur Glenn Gould et du Violon rouge, refusa dès le départ de ghettoïser son cinéma et le nourrit de musique, de danse, etc.Dans C.R.A.Z.Y, Jean-Marc Vallée n’a pas craint de mettre Aznavour à contribution, ce qui a séduit autant les audiences européennes que les nôtres.Fait révélateur: le jeune Xavier Dolan, porte-parole d’une génération montante, si remarqué à Cannes, ne manifeste aucun préjugé d’ordre culturel et cite abondamment Cocteau, Truffaut et compagnie.Certains lui reprochent d’avoir trop multiplié les références artistiques dans J’ai tué ma mère.Du moins ne les rejette-t-il pas, affranchi des hargnes entretenues contre le bagage des baby-boomers par plusieurs de ses proches aînés, à leur détriment souvent Car le préjugé québécois contre la culture se révèle sans fondement.Le grand public aime apprendre, s’ouvrir au monde et au passé, même devant un écran de divertissement.Mais un vent de changement se lève.Réfugiés contre la pluie dans un cinéma près de chez vous, des spectateurs croient déjà l’entendre souffler.otrem blaydtledevoir.com BAPTISTE GRISON Kent Nagano dirigera Un requiem allemand.Hydro Qué Québec PRÉSENTE Le Festival International du et) fo*eî Tous les concerts sont présentés à 20h30 à moins d’une mention spéciale.SAMEDI 8 AOUT LES GRANDS CONCERTS ENSEMBLE A CORDES CANIMEX ALAIN TRUDEL, chef ALEXANDRE DA COSTA, violon WONNY SONG, piano Oeuvres de Strauss, Mendelssohn, Beethoven, Barber, Kreisler Soirée m GlaxoSmithKline JEUDI 13 AOÛT LES CONCERTS JAZZ RENAUD GARCIA-FONS, contrebasse ANTONIO RUIZ, guitare flamenco PASCAL ROLLANDO, percussions Arcoluz Soirée da Prsncs * QwMmk SAMEDI 15 AOUT L’ART VOCAL ENSEMBLE AMARCORD Œuvres de Saint-Saëns, Mendelssohn, Jannëek, Elgar et folklores anglais LES BRUNCHES-MUSIQUE Dimanche 9 août — BAZIRKA Violon, contrebasse, percussions.Musiques du monde INFORMATION ET RÉSERVATIONS 1 888-DFORGET (336-7438) www.domaineforget.com Crédit photo : Jnns Schcffner Crédit : Martin Jehnichen CAS Québec !ï" ¦ .¦ Patrlmoln* Canadian !w w curMKMtn Hmltaqo Conseil des Arts du Canada ci 4 MUSIQUE CLASSIQUE Kent Nagano s’attaque à Brahms CHRISTOPHE HUSS Le Festival de Imiaudière vivra ce samedi la dernière soirée de son édition 2009, avec le seul concert de Kent Nagano, consacré à Un requiem allemand de Brahms.Ce concert servira de prélude idéal au Festival de Knowlton, qui débute officiellement vendredi prochain et lors duquel l’OSM et son chef présenteront l’intégrale des symphonies du même compositeur.La Quatrième symphonie de Brahms, enregistrée de la plus belle manière à Berlin par Kent Nagano, laisse espérer à tout le moins des concerts intéressants.L’OSM ne réserve pas son Brahms aux habitants des Can-tons-de-l’Est il avait programmé à Wilfrid-Pelletier la 3‘ Symphonie en mars dernier et dirigera les Symphonies nw 2 et 2 au même endroit en février 2010.Pour Un requiem allemand, c’est autre chose, et le concert de ce soir n’a rien d’un galop d’essai, surtout dans l’acoustique idéale de l’Amphithéâtre de La-naudière.Test intéressant, aussi, car cette partition est l’une des plus incomprises du répertoire.Élan et espoir Peu d’œuvres ont été autant trahies par les interprètes qu’f/w requiem allemand (Ein Deutsches Requiem).Au tout premier rang d’entre eux, Herbert von Karajan, qui a «bruck-nérisé» et alourdi cette partition.Et comme Karajan fut un modèle pour beaucoup, beaucoup s’y sont fourvoyés.Ce n’est que dans les dix dernières années que la leçon d’autres grands chefs, Bruno Walter et Otto Klemperer, qui avaient vu juste, a été reprise.Le chef et penseur René Leibowitz, dans Le Compositeur et son double (et un chapitre intitulé «Le malheur d’aimer Brahms»), écrivait: «Tout se passe comme si M.Karajan ne s’était nullement préoccupé de la structure de l’œuvre, comme si cette structure était en quelque sorte “lettre morte” pour son âme et conscience.» Un requiem allemand n’est pas une oraison funèbre subie et pathétique.Cette partition, héritière de Schütz et de Bach, est une prière fervente, en sept étapes, mue par un espoir croissant de la rédemption.L’affliction, la mort n’y ont qu’un temps (I et II), car la consolation (V) et la félicité de la vie éternelle (VII) les vainquent.L’œuvre est une quête permanente de ce bonheur promis.Pourquoi Leibowitz parle-t-il de structure?Parce que, notamment, l’agencement des tempos préconisé par Brahms et les mots qu’il choisit («Mon âme languit et espère.», IV; «Nous cherchons la Cité de l’avenir», VI) pour cette quête qui passe par des combats et des révoltes («Mort, où est ton aiguillon, ténèbres où est votre victoire?», VI), impliquent une avancée inéluctable.La préméditation dans l’agencement des tempos marque l’agencement de l’œuvre, mais aussi chacun de ses mouvements, notamment ceux comprenant une fugue (II, III et VI).Très longtemps, Un requiem allemand a été interprété de manière lente et affligée.Un contresens total, parfois sublimé, comme en témoigne l’enregistrement de Carlo Maria Giulini.Cette partition chorale de Brahms est au fond un emblème de l’erreur récurrente dans la perception de ce musicien, que l’on voit et interprète trop souvent comme un vieux barbu écrivant de la musique pesante et embrumée, même dans ses œuvres qui comportent une tout autre sève — les deux Concertos pour piano sont deux autres victimes expiatoires de cette incompréhension.Knowlton Au Festival de Knowlton, dont la vocation spécifiquement bel-cantiste n’aura duré qu’un été, Kent Nagano «enrobera» les quatre symphonies de Brahms — qu’il dirigera les 7,8,13 et 16 août — avec diverses compositions: les deux ouvertures, des Danses hongroises, la Rhapsodie pour contralto, et aussi des Un requiem allemand n’est pas une oraison funèbre subie et pathétique.Cette partition, héritière de Schütz et de Bach, est une prière fervente.MONTRÉAL CLASSIQUE • BEETHOVEN ORCHESTRE DE LA FRANCOPHONIE JEAN-PHILIPPE TREMBLAY, chef 4 CONCERTS INOUBLIABLES LES 9 SYMPHONIES^ du 11 au 14 AOÛT, 19h30 11 - Symphonies nos 1,2,3 12 - Symphonies nos 4,5 13 - Symphonies nos 6,7 14 - Symphonies no 8, li no 9 avec chœur et Marc Hervieux, Marie-Josée Lord, Geneviève Couillard, Étienne Dupuis 40$ pour les 4 concerts (PLUS TAXES ET FRAIS) Billets individuels aussi disponibles Centre Pierre-Péladeau - Salle Pierre-Mercure Billets: 514-987-6919 Admission 514-790-1245 • www.admission.com Gouvernement du Québec • Gouvernement du Canada Les Ieunbsses Musicales du Canada • Canimex • Aliments M&M • Restos Mikes A H-._ CHABROL SUITE DE LA PAGE E 1 En fait, l’inspecteur Bellamy est un mélange de Depardieu (pour le léger mépris de lui-même), de Chabrol (côté sédentarité, mais aussi en ce qui concerne ses rapports affectueusement ironiques avec son épouse) et de Simenon (pour ce regard curieux et sans illusions sur l’espèce humaine).«Ma coscénariste Odile Barski a pris des petits éléments de ma vie conjugale.Mais rassurez-vous, sans la suspicion que le personnage féminin éveille dans le film.» Déjà, en 1988, dans Une affaire de femmes, Chabrol avait offert à Marie Bunel le petit rôle d'une des filles avortées.Elle était aussi à la distribution de son récent La fille coupée en deux (jamais distribué au Québec) .Quant à Clovis Cornillac, en frère rebelle, il voit dans son jeu physique, sa carrure, un côté Gabin qui lui fait pressentir un grand avenir pour cet acteur.Chabrol dit regretter une chose en ce qui concerne son film Bellamy, avoir laissé planer une certaine confusion en usant de flash-back.«En fait, ce œuvres vocales de Richard Strauss.Dans toutes les propositions d’œuvres vocales, l’OSM et son chef ont réussi à attirer à Knowlton une brochette de vedettes: Marie-Nicole Lemieux le 7, Ben Heppner le 8, Thomas Hampson le 13.Le 16 août, en conclusion du festival, June Anderson, Sumi Jo et Susan Platts chanteront le finale du Chevalier à la rose de Strauss.Le Festival de Knowlton, qui sera abrité par un nouveau lieu de concert augmentant la capacité à 1000 places, accueillera d’autres artistes, à commencer par l’Orchestre des Amériques le 4 août.Des lauréats du concours Operalia se produiront samedi prochain en après-midi et lors d’un concert de bel canto le 14 août au soir.Le pianiste Stephen Kovacevich jouera le 12 août les Variations Dia-belli de Beethoven et Les Violons du Roy présenteront la veille un programme Haendel.Enfin, Kent Nagano dirigera à deux reprises La Somnambule de Bellini (en version de concert), mettant en vedette Sumi Jo dans le rôle-titre.Le Devoir KENT NAGANO DIRIGE BRAHMS Ce soir à Lanaudière, Un requiem allemand de Brahms, avec en solistes Sophie Karthâuser et Nathan Gunn.1800 5614343 Du 7 au 16 août Festival de Knowlton.Information: www.festivaldeknowlton.com.ne sont pas des flash-back, mais la vision que Bellamy a du passé de (’escroc Emile Leullet.» A l'inverse de ses expériences antérieures, Bellamy a mieux fonctionné en province qu’à Paris.Se riant de ceux qui lui conseillent de prendre sa retraite, Chabrol garde plusieurs fers au feu.Il prépare un film sur la délicate frontière séparant «les gens du bien» et «les gens du mal», caresse un nouveau projet, assez hard, avec Isabelle Huppert, sa grande muse.Chabrol, homme de clan, préfère en général s’entourer d’acteurs déjà familiers, mais aussi de membres de sa famille.Son fils Claude fait la musique de ses films, sa femme Aurore est scripte, la fille de celle-ci, Cécile Maistre, l’assiste à la mise en scène.Il dirige souvent son fils Thomas à l’écran (celui-ci tient d’ailleurs un petit rôle dans Bellamy).«J’ai eu de la veine d'être entouré d'autant de gens de talents.Mais il est vrai que j'aime quand les rapports professionnels sont aussi affectifs.Ça nous permet de rigoler sans contraintes.» Le Devoir t BX CI LE DE V 0 I R .L E S SAMEDI 1 ET D 1 M A N (H E 2 A 0 I! T 2 » 0 îl E l R CULTURE 21ES FRANCOFOLIES DE MONTRÉAL Sur la route de terre de Decoster PHILIPPE PAPINEAU Sur la pochette de son disque, le Français Sammy Decoster est assis sur une chaise berçante en bois, son chien à ses côtés, dans une pièce vieillotte éclairée par la lumière du jour.La photo est légèrement patinée et le regard, à la fois accueillant et prudent.Son titre: Tucumcari, du nom d’un bled poussiéreux du Nouveau-Mexique.Le ton est donné.Parce qu’il est poussiéreux, ce premier disque folk-blues du musicien touche à tout A travers les douze titres, presque tous chantés en français, on part en périple dans le sud des Etats-Unis, en empruntant la célèbre route 66.On entend les grands espaces, on sent presque la chaleur.La guitare acoustique a la part du lion, mais ne laisse pas très loin derrière le violon, le wurlitzer, le lap steel et la contrebasse, tout ça dans un lit de réverbération.Decoster, 27 ans, a déjà visité le sud des Etats-Unis — les photos du livret en sont d’ailleurs la preuve.«Je me suis rendu compte w que ce que je ressentais devant ces paysages sur lesquels j’avais fantasmé depuis la France, je l’avais déjà ressenti chez moi, en Auvergne, en Bretagne, raconte-t-il.Au fond, le fil conducteur, c’est l’émotion, c’est à ça que j’ai envie de toucher, l’émotion pure du personnage au milieu du paysage.» La relation entre les ambiances et les images, c’est la force de ce premier disque du Français.Déjà, Tucumcari évoque le film Pour quelques dollars de plus, de Sergio Leone, et le titre L’homme que je ne suis pas cite abondamment la musique de Morricone.«La musique de film, ça me plaît beaucoup; j’aimerais énormément en faire.J’ai toujours été très sensible à l’enregistrement, à l’ambiance, au son, particulièrement à ce son où on a l’impression que tous les musiciens sont dans la même pièce.J’aime ça quand c’est habité, quand ça sent la poussière, quand ça sent le bois.» Le Français prend toutefois un peu ses distances par rapport à l’imagerie typée de Tucumcari.«Je vois un peu ce disque comme une étape; j’essaie vraiment de voir les choses à plus long terme, de m’approcher au maximum de la beauté que j’ai envie de transmettre, et de la faire au fur et à mesure, d’un disque à l’autre.» En français dans le texte Si Decoster a toujours été un grand fan d’Elvis et du rock chanté en anglais, onze des douze chansons de Tucumcari sont chantées dans la langue de Molière — en bottes de cow-boys.«Pendant longtemps, j’ai été assez réfractaire au fait de chanter en français, c’était pas pour moi une formule évidente, ni quelque chose qui me plaisait.J’écoutais Fats Domino, les Platters; je ne comprenais pas les paroles, mais je pouvais me créer mes propres images, je pouvais rêver!» Encore peu connu au Québec, Decoster a reçu un accueil très favorable en Europe, et y gagne son public à coup de concerts et de tournées.Le chanteur sera aux FrancoFolies de Montréal deux soirs, d’abord en version extérieure gratuite ce soir, puis demain en première partie de Catherine Major au Club Soda.Ce sera une première visite en sol montréalais pour Decoster, qui avoue adorer les voyages.Le thème revient d’ailleurs souvent sur Tucumcari.«Ça m’inspire beaucoup, les départs, le voyage, le fait de partir.J’aime même les voyages qui ne sont pas nécessairement longs, ceux dans ma tête, ceux dans la campagne alentour.C’est pas la distance qui est importante, c’est le fait de partir.» Le Devoir ¦ Ce soir, à 21h sur la scène Les Espoirs ¦ Demain, à 19h au Club Soda, en première partie de Catherine Major YANN ORHAW Sammy Decoster a reçu un accueil très favorable en Europe.Les Denis Drolet chantent Plume Union naturelle PHILIPPE PAPINEAU Le duo d’humoristes Les Denis Drolet fait partie de la programmation des FrancoFolies?Et ils chantent du Plume?De prime abord, ça surprend, mais au fond, il n’y a rien de plus naturel.Amateurs d’un humour un peu grivois et décalé, adeptes de la pilosité et auteurs de deux albums de chansons, les deux comiques vêtus de brun épousent à merveille l’esprit de l’ours mal léché de la chanson québécoise.Plus encore, Vincent Léonard — dit «les palettes» — et Sébastien Dubé — alias «le barbu» — sont des admirateurs de longue date de Plume.«Pour nous, c’est un mentor, assure Léonard.Il nous a inspirés avec l’humour qu’on retrouve à travers ses chansons, mais on a aussi découvert autre chose que la portion plus vulgaire que les gens connaissent.C’est un poète hallucinant, et ça nous a ouverts à la culture québécoise, à Desjardins, à Ferland.» Depuis les premières écoutes sur une cassette, les chansons de Plume ont toujours suivi Les Denis Drolet.«C’est un univers ultradiversifié, et à chaque moment de notre vie on retrouve une chanson qui correspond à ce qu’on est en train de vivre, assure Vincent Léonard.Un moment donné, à cause du travail de mes parents, je suis allé vivre à Mont-Laurier, et j’étais pas heureux là-dedans.Et je me souviens d’avoir fait écouter ]’veux m’en retourner chez nous à mes parents.Cette toune-là parlait pour moi.» Né lors d’une participation au spectacle des Porn Flakes, le spectacle plumesque des Denis Drolet s’est fait un peu contre leur gré.Un ami qui les avait entendus les a mis à l’affiche du bar La Ripaille, où il travaillait, à leur insu.«C’est sorti vraiment de nulle part! On a appelé nos musiciens et on leur a dit: “On va vous faire découvrir Plume!”» Le spectacle, qui a déjà été joué une dizaine de fois, a reçu l’approbation de Latraverse.Les humoristes-chanteurs puisent dans le répertoire connu de Plume, tout en laissant une place à des titres plus obscurs, question d’éveiller la curiosité du public des FrancoFolies.«On fait aussi nos textes, ou des textes à la façon des Denis Drolet entre les chansons.Et ça fonctionne bien, notre côté un peu grivois et trash se rallie bien à ça.Et y’a notre danseur, Just to Buy my Love, qui vient danser sur du Plume.Ça, c’est assez incroyable!» Le Devoir ¦ Angle Sainte-Catherine et Jeanne-Mance, demain, à 23h.fei festival Orford 2009 «entre d’arts orford a* Hydro Québec présente LES DIFFÉRENS - À l'Abbaye Saint-Benoît-du-Lac Martin Robidoux, chef d'orchestre et orgue /Z""-?Tracy Smith Bessette et Pascale Beaudin, soprano If I V et artistes invités ___ \V SamedM*r août à 14 h 30 Billets en vente à la porte le jour du concert supplémentaire I JLÇ>miX ANNIVERSAIRE.OLLIE! LE TRIO OLIVER JONES Oliver Jones, piano Jim Doxas, batterie Éric Lagacé, basse Dimanche 2 août à 16 h kMd MÉLODIES FRANÇAISES François Le Roux, baryton Olivier Godin, piano Vendredi 7 août à 20 h EMd le vertendre' la face cachée d'orford * ABONNEZ-VOUS AUX CONCERTS D'AUTOMNE! DU 5 SEPTEMBRE AU 11 OCTOBRE www.arts-orford.org | RÉSERVATION: 819-843-3981 I 1-800-567-6155 S&5 SmSgS gSS Li iM’i T^H 5VT9 zrxwÊ DAWN ELDER MANAGEMENT Khaled a révolutionné le raï au fil des ans.•, # ¦ r -H Khaled : le chant de la liberté Cette année, le chanteur nord-africain le plus populaire de la planète ne propose que deux concerts en Amérique: à Las Vegas le 21 novembre prochain, alors qu’il célébrera la Journée internationale des enfants en grande pompe, et à Montréal demain soir à la place des Festivals pour un grand événement qui honore cette liberté qui se retrouve au centre de son nouveau disque, l’un de ses meilleurs en carrière.YVES BERNARD Khaled a révolutionné le rai' en remplaçant les violons par les synthés et la boîte à rythmes avant de le propulser sur la scène internationale en le mariant au rock, au funk, au reggae, au hip-hop, à la chanson française et à bien d’autres musiques.Il a toujours considéré le rai' comme une fondation et non comme un dogme, quitte à s’approcher parfois de la variété avec tout ce que cela suppose de concessions artistiques.Mais les choses ont changé et la présente décennie marque pour lui une transformation progressive, mais bien réelle.Un premier spectacle en Algérie en 2000 le replonge dans un bain de racines avant que les événements du 11-Septembre ne provoquent chez lui une forte prise de conscience.En 2002, il m’avait dit: «On n’a pas le droit de déposer les armes, nous les chanteurs d’amour et de paix.Le 11-Septembre me donne un pouvoir et le courage de chanter plus que je ne l’aurais imaginé.Si on arrête, on remet le pouvoir dans les mains des fachos.» Cette semaine, Khaled causait de cette liberté qu’il a toujours défendue et qui devient même le titre du nouvel album réalisé par Martin Meissonnier, l'ancien complice retrouvé.Liberté dans la tourmente, liberté rêvée, liberté inaccessible, liberté maintenant retrouvée dans son chant.«Dans Liberté, j’ai chanté en intervenant comme je le voulais et quand je le voulais, sans mesures.Nous avons enregistré le disque en une seule prise avec mes musiciens de scène qui jouent plusieurs instruments de l’Afrique du Nord.Seules les cordes du Caire furent ajoutées par la suite.» On présente le disque Liberté comme celui du retour aux sources.«Je n’aime pas cette expression, dit Khaled, puisqu’on ne peut empêcher les choses d’évoluer.Mais il est vrai que le disque est plus acoustique.En le faisant, j’ai revu des images de mon enfance.On avait des principes et il y avait de la joie, malgré la douleur.Aujourd’hui, on commence à haïr l’être humain, ce n’est pas bon.» Mais le meilleur est d’entendre cette formidable voix enfin libérée se lancer dans de vibrantes envolées incantatoires, en se donnant de l’espace, en improvisant, en se livrant à l'émotion sans retenue.Khaled rend hommage au raï le plus vrai, au gnawa, à la musique orientale.Voilà qui est de très bon augure pour le spectacle.Collaborateur du Devoir MA la place des Festivals, dimanche 2 août, 21h FESTIVAL DES ARTS DE SAINT-SAUVEUR 30 Juillet au 8 Août 2009 Ballet Maribor Slovénie Radio and Juliet Edward Clug Musique : Radiohead 7 août/20H00 8 août/21h00 Grand chapiteau A À “The ballet is a modem masterpiece.” Pittsburg Tribune Review “Radio and Juliet has an abundance of fine dance and distils the essence of the talc in a direct and uncompromising manner.It deserves to be more widely seen.” Dance Europe Ciwuril lie* Art* Cun,Mis CotitHil 3 l h'sj.mllns It Dkvoiii Spy tlCOOKCQ r.FASS.CA TICKETPRO 1 866 908 9090 4.¦ - ¦ It LE I) K V 0 I H .LES S A M EDI I ET 1)1 M A N CUE 2 A 0 Û T 2 0 0 9 E 4 ».K LIVRES POÉSIE Entre silence et parole BIOGRAPHIE Callas «immortelle» HUGUES CORRIVEAU La Blessure du silence valait il y a peu à Claude Beausoleil le prix Louise-Labé 2009, après Jean-Guy Pilon en 1969.L’honneur est beau et le recueil mis sous le signe d’une écriture classique, ce qui surprend de la part de ce poète naguère dévoué aux fissures du sens de la nouvelle écriture.Ici, «l’appel du bout des déroutes / en silence tisse des murmures», soulignant ainsi que les textes seront à l’écoute d'une voix à la fois audible et souvent indistincte.Le recueil s’inscrit à la frontière fragile entre silence et parole, rappelant quVa la tombée des mots la neige rappelle le silence / un silence inspiré de la nuit où le noir / inverse les rêves enduits d’une parole entêtée / dévoilant la fibre d'un ancien parchemin».Je ne peux que m’étonner de trouver, dès le premier poème, cette manière surannée d’aborder la problématique de la parole poétique.Tout le vocabulaire relié à «la mélancolie qu’un poème / rend plus grave» est convoqué sans gêne et assumé, comme une sorte d’effronterie lancée à la face des modernités.Le poète est seul dans sa longue nuit hivernale, cherchant çà et là quelque recours imaginaire pour habiter son désarroi, alors qu’«M«e impassible pause sous un ciel / de neige en veilleuse / s’apprête à envahir la nuit / cherchant dans les mots à assouvir sa soif / d’eaux noires silencieuses».L’ancienneté de la manière tient ici de la prouesse, tant le frémissement séculaire des fragiles émotions affleure à chaque vers.«Le langage d’un écho /forme des mondes disparus / il invite la nuit à recréer l’émotion / entre les mots».C’est à prendre ou à laisser.Cette poésie poétiqueuse s’engage résolument dans des sentiers mille fois visités, au premier chef par Émile Nelli-gan dans Soir d’hiver, alors qu’ici, «le reflet d’une fenêtre / devenu poème» ramène incessamment «l’écho» qui, en effet, se fait insistant.Les sanglots, les violons ne sont pas loin.N’y est-il pas question de «l’embrasure d’une mémoire», des «rues de l’infini», du «grand vent du silence», des «frissons d’aphasie» ou bien encore des «neiges de la vie»?Soit, disons que la détresse du poète est traduite dans une langue toujours soutenue, répondant point par point à ce qu’on peut attendre quand la solitude fraie avec le froid et la glace, et la présence avec la chaleur.On est ici dans une convention.Il n’y a pas à rechigner.On nous demande si le devoir est bien fait et, en regard de ce qui se redit ici, mille fois rabâché dans des milliers de vers depuis des lunes connus, cent fois répété dans ce recueil-ci, il l’est, en effet Collaborateur du Devoir LA BLESSURE DU SILENCE Claude Beausoleil Avec une photographie de Denis Boutillot-Cauquil Écrits des Forges / Éditions Caractères Trois-Rivières / Paris, 2009, 56 pages La détresse du poète est traduite dans une langue soutenue HERVE FISCHER .• un Hervé F ischei américain ne expérience d’art extrême à la frontière du réel et de l’imaginaire fesssçar'- LES DOIGTS CROCHES Réalisation et scénario: Ken Scott Avec Roy Dupuis, Patrice Robitaille, Claude Legault Jean-Herre Bergen ron, Paolo Noël, Aure Atika.Image: Allen Smith.Montage: Monica Coleman.Musique: Nicolas Errera.ODILE TREMBLAY Au zénith de Ken Scott: le scénario de la délicieuse Grande Séduction, loué partout, enseigné même, inspiration pour d’autres — Bienvenue chez les Ch’tis, par exemple.Mais il a également écrit les scénarios de La vie après l’amour, de Maurice Richard et de Guide de la petite vengeance, moins réussis.C’est sa première réalisation, sur son propre scénario, il va sans dire.Entre La Grande Séduction, pour ce qui est de la bonne humeur, et la fin joyeuse de Guide de la petite vengeance, pour l’humour parfois grinçant mais articulant là aussi son histoire autour d’une arnaque, la signature de Ken Scott se reconnaît d’emblée dans Les Doigts croches.Dans cette histoire en flash-back, en grande partie road-movie, on entre dans l’univers des compères du Faubourg à m’iasse, dans les années 60, petits bandits minables ayant toujours tout raté, gibier de prison.Un prétendu vol du siècle les entraînera sur le chemin de Saint- Jacques-de-Compostelle, parcours à faire à pied pour toucher le butin.Les truands, incarnés par Roy Dupuis, Patrice Robitaille, Claude Legault, Jean-Pierre Bergeron et Paolo Noël, offrent toutefois des niveaux trop différents de composition.Patrice Robitaille, véritable Dalton dans la peau du naïf demeuré, tient de l’amusante (et attachante) figure de bande dessinée.Roy Dupuis, qui hérite aussi d’une histoire d’amour, campe un personnage plus nuancé et plus développé.Jean-Pierre Bergeron, en gros taciturne mal dégrossi, reste monolithique et possède peu d’occasions d’étendre son registre.Paolo Noël et Claude Legault manquent de répliques pour imposer solidement leurs personnages.La Française Aure Atika se révèle toute- fois très solide en amoureuse du personnage de Dupuis et en femme forte plus brillante que cette cohorte de maladroits.Ici encore, les mâles québécois en prennent pour leur rhume.On reprochera aux Doigts croches, par-delà son histoire complexe et solide, de manquer souvent ses punchs.Surtout en première partie, les gags tombent ici et là à plat.Et des scènes de raccord, qui lient la sauce, manquent parfois à l’appel.Les difficultés du tournage en Argentine ont visiblement entraîné d,es sacrifices qui nuisent à la cohésion du film.A la réalisation, Ken Scott n’a pas encore la main très sûre, mais ça viendra.Au menu, aussi, bien des trouvailles: la randonnée pédestre sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, avec son architecture et ses paysages changeants, alors qu’au fil des amitiés, des prises de bec et des trahisons s’enchaînent des situations loufoques et des revirements bien conduits.Par ailleurs, la musique de Nicolas Errera, tissée aussi de rengaines populaires mêlant la Bolduc aux Classels, rythme bien le périple.Si l’humour et l’émotion ont du mal à percer, Les Doigts croches demeure un film rebondissant sur une mécanique bien élaborée, qui ne trouve pas toutes ses marques, mais se démarque par son originalité et ses allers-retours bien tissés.Le Devoir De l’importance d’avoir l’air belge! Le cinéaste Gustave Kervern parle de Louise-Michel ANDRÉ LAVOIE Benoît Delépine et Gustave Kervern cultivent un humour si particulier, tout à la fois noir, absurde et corrosif, que les deux réalisateurs français passent pour.des Belges.«Ça nous arrange.et les Français sont si détestés!», affirme Gustave Kervern en rigolant au bout du fil, «en train de faire le plein dans une station-service à An-goulême».C’est dans ce cadre enchanteur (?) que le coréalisateur de Louise-Michel, son troisième long métrage, nous a causé de son amour pour la comédie à saveur sociale, et bien sûr pour les Belges.En effet, Louise-Michel met en vedette un tandem belge inimitable, avec d'un côté la grande Yolande Moreau, qui a récemment donné à la peintre naïve Séraphine toutes ses lettres de noblesse, et l’attachant Bouli Lanners, que l’on a pu découvrir dans Eldorado, road-movie où la Belgique semble aussi grande que les Etats-Unis.Leurs personnages vont s’associer pour liquider un patron qui n'éprouvait aucun remords à fermer une usine en Picardie.Mais à l’heure de la mondialisation et des paradis fiscaux, trouver un responsable équivaut à chercher une aiguille dans une botte de foin.Gustave Kervern savoure bien sûr le succès de Louise-Michel, à la fois populaire, critique et festivalier (Prix spécial du jury à Sundance et Prix du meilleur scénario à San Sebastian).Mais ce synchronisme troublant du film avec la situation économique actuelle — et en France, le phénomène des patrons séquestrés par des employés mécontents — relève à la fois du hasard et du désir toujours présent chez eux d’épingler les trop riches et les trop puissants.D’autant plus que, sur Canal Plus, ils sévissent depuis de nombreuses années dans une émission d'humour intitulée Groland, pays imaginaire où toute référence à la France n’est jamais fortuite.«Vous savez, séquestrer des patrons, c’est une tradition française, précise Kervern.Avec la crise, le phénomène s’est amplifié.Les capitalistes critiquent cet aspect revendicateur de la France, mais je suis fier de voir des gens qui se mobilisent, qui ne croient pas que les lois du marché sont inéluctables.» Aux limites du surréalisme C’est d’ailleurs le cas de Louise, ouvrière dont la soumission n’est qu’apparente, acoquinée à Michel, tueur à gages qui n’est en fait qu’un minable doublé d’un frimeur.«Le film est un réservoir de paumés», souligne le cinéaste, mais attention, la vengeance n’est pas toujours douce dans le cœur des damnés de la terre.D’ailleurs, les anciens marxistes et autres anarchistes de salon auront déjà compris le clin d’œil à la célèbre militante anarchiste française Louise Michel (1830-1905).«À la fin de nos films, précise celui qui a travaillé quelques années à la version française de Surprise sur prise, on présente toujours quelqu’un d’emblématique, mais je ne saurais vous dire de quelle film intitulé Mammuth!—, Gustave Kervern s’apprête à affronter deux monstres sacrés du cinéma (français), Gérard Depardieu et Isabelle Adjani.Un formidable coup médiatique pour deux cinéastes qui connaissent enfin au cinéma la renommée qu’ils ont depuis longtemps à la télévision.Mais ce Belge de cœur n’est pas dupe d’un mi- Kervern et Delépine connaissent enfin au cinéma une renommée qu’ils ont depuis longtemps à la télévision manière l’idée a surgi; la construction d’un film, c’est toujours un peu bancal, ou comme un cube Rubik.D’ailleurs, quand on s’est aperçus que Louise Michel s’habillait souvent en homme, on a voulu jouer sur l’ambiguïté homme-femme.» Et il faut voir de quelle manière ce thème est présenté dans ce film irrévérencieux, bousculant tous les tabous sans faire bouger inutilement la caméra.Même si Yolande Moreau a hésité à incarner cette «ambiguïté» — son personnage n’est pas le seul à baigner dans un flou identitaire.— et que les cinéastes ont aussi douté un temps de sa pertinence, ils ont fini par écouter leurs envies absurdes, aux limites du surréalisme, l’une de leurs meilleures cartes.«Le film aurait pu tenir sans cet aspect, comme un Ken Loach, concède Gustave Kervern, même si c’est présenté de manière très légère.» Cette légèreté, il la revendique pour deux, d’où leur affection profonde pour les acteurs belges, qu’ils apprécient «pour leur capacité à déconner, à ne pas se prendre au sérieux, à avoir un naturel que n’ont pas les Français».Pourtant, au moment de notre entretien, alors que le tandem était en période de repérage — et à une semaine du tournage de son nouveau www.cinemaduparc.com consultez notre site Internet L’INTEGRALE JOHN CASSAVETES EVERLASTING MOMENTS BELA FLECK Throw Down Your Heart J’AI TUÉ MA MÈRE «VALENTINO WHATEVER WORKS sSt alueny p;.Métro Place des arts [CINÉMA DU PARC | K2J Autobus80/129 I 3575 Du Parc 514-281-1900 xiML-iMTr.H: - (SÉLECTION^ Z' SÉLECTION^ OFFICIELLE 1 | OFFICIELLE I FESTIVAL HI TORONTO^ ^HORS COMPÉTITION Æ ,W MOtniAIIE VFNISE 3^ RHUMS A*, # Aim do Clairv Do ni» Il > n do con films
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