Le devoir, 25 juin 2009, Cahier A
?w w w.I (I e v h i r.c o in ?LE DEVOIR * ^ i 11) 1,10$ LE .IE r I) I 2 r> ,1 V 1 N 2 0 0 9 PEDRO RUIZ EE DEVOIR Des dizaines de milliers de personnes se sont entassées hier au parc Maisonneuve pour assister au grand spectacle montréalais de la Fête nationale.-~W) Ig * Tinrurg Une fête plus rock et plus engagée Le spectacle du parc Maisonneuve s’est déroulé sans anicroche, linguistique ou autre GUILLAUME B O U R G A U LT - C ÔTÉ USA MARIE GERVAIS L> animateur Guy A.Lepage avait annoncé que i le grand spectacle de la Fête nationale serait tonifié, plus rock et engagé que par les années passées: il le fut Ce qui n’a pas empêché la traditionnelle bamboula du parc Maisonneuve de se dérouler hier sans anicroche, linguistique ou autre.Eric Lapointe et la plupart des artistes invités ont ainsi donné le ton aux festivités en entonnant d’entrée de jeu J’ai Frock n’roll pis toé, vieux succès d’Offenbach qui dit quVà soir, faut qu’ça brasse».Dont acte.Autour de l’animateur Lepage et du groupe Porn Flakes, qui assurait l’assise musicale du spectacle, les invités y allaient sur un mode énergique — du moins pour la première partie du spectacle vue et entendue avant la tombée.Marie-Mai, Ariane Mof-fatt, lapointe ou la Bottine souriante, l’heure était aux chansons qui bougent et font bouger.Pour ce qui est du caractère politique de la fête, le président du comité organisateur, Mario Beaulieu, s’est appliqué à en réaffirmer les paramètres.«Nous avons une langue commune, le français, a-t-il lancé à la foule.Ce qui nous distingue du reste de l’Amérique, c’est notre langue publique commune.» Selon lui, la «voix du Québec défend la diversité culturelle à travers le monde».Pour sa part, après une introduction davantage humoristique et axée sur l’étendue de ses liens avec Montréal, Guy A Lepage a répondu indirectement à la controverse ayant marqué la préparation du spectacle de \Autre Saint-Jean, la semaine VOIR PAGE A 8: FÊTE Une Fête nationale aux mille visages ¦ Des géants sous le soleil J Un cadeau d’Ottawa à l’Assemblée nationale > Pages A 4 et A 5 La grippe H1N1 s’ajoute aux maux des Autochtones Les jeunes ont de trois à sept fois plus de chances de mourir avant l’âge adulte que les autres enfants canadiens Afghanistan Le coût de la guerre a doublé en quatre ans L’armée fait marche arrière et dévoile les détails de la facture militaire BRIAN MYLES Le portrait du jeune Autochtone n’a rien des contes de fées à la Disney.Obèse, diabétique, affligé de maladies chroniques, il a de trois à sept fois plus de chances de mourir avant l’âge adulte que les autres enfants canadiens.Dans un rapport rendu public hier, l’UNICEF Canada dresse un portrait accablant des conditions de vie des enfants issus des Premières Nations.Ils sont «nettement en moins bonne santé» que les jeunes Canadiens.L’étude arrive à un bien mauvais moment, alors que les Autochtones sont déjà pani-qués par la propagation de la grippe A(H1N1) dans les réserves éloignées, notamment en Ontario et au Manitoba, et furieux de l’indolence d’Ottawa.L’Assemblée des Premières Nations a dénoncé mardi l’intervention tardive et inadaptée du gouvernement fédéral, après que les premiers cas de grippe porcine ont été diagnostiqués dans les réserves du nord-est du Manitoba.Dans les premiers jours, VOIR PAGE A 8: GRIPPE « Plus de la moitié des habitants de Garden Hill et 80 % de ceux de Wasagamack vivent sans eau courante ni égouts, beaucoup sans logement adéquat» I N I) K X Annonces.A 5 Avis publics .B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.A 5 Économie.B 1 Éditorial .A 6 Idées .A 7 Météo.B 6 Monde.B 5 Mots croisés.B 8 Sports.B 6 Sudoku.B 3 Télévision.B 7 I ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les Forces canadiennes ont reconnu hier avoir fait une «erreur» en refusant de divulguer les coûts de la mission militaire en Afghanistan pour cause de «sécurité nationale».L’armée a corrigé le tir et a dévoilé au Devoir les chiffres les plus récents.On y apprend notamment que l’année financière en cours (2009-10) sera la plus chère de la mission en Afghanistan.Les Forces canadiennes estiment qu’elles vont dépenser 1,513 milliard de dollars cette année.C’est presque le double (+ 88 %) du budget 2006-07, la première année complète des soldats canadiens à Kandahar.L’armée avait alors déboursé 805 millions de dollars.En fait, le budget militaire consacré à l’Afghanistan est en hausse constante depuis 20064)7.Selon Jeremy Sales, directeur des affaires publiques pour l’Afghanistan au ministère de la Défense, cela reflète l’augmentation des violences à Kandahar, l’ajout de soldats pour y faire face et l’arrivée sur le terrain de nouveaux équipements coûteux à faire fonctionner, VOIR PAGE A 8: GUERRE J, La mission canadienne en Afghanistan a coûté 805 millions en 2006-07 et coûtera 1,513 milliard en 2009-10 AGENCE i-KANUfi PRESSE Une majorité de Québécois favorable au plan Marois ROBERT DUTRISAC Québec — Une majorité de Québécois est favorable au «Plan pour un Québec souverain» présenté par la chef du Parti québécois, Pauline Marois, il y a trois semaines.Ils sont aussi majoritaires à ne pas croire qu’un gouvernement péquiste aurait l’intention de provoquer une crise pour faire avancer la souveraineté, comme l’a évoqué Jacques Parizeau.C’est ce que montre un sondage interne du PQ, dont Le Devoir a obtenu copie.Ce sondage, réalisé par la firme Repère communication recherche auprès de 1002 personnes entre le 16 et le 21 juin derniers, comporte une marge d’erreur de plus ou moins 3,1 %, 19 fois sur 20.Près de deux tiers des répondants ont entendu parler du «Plan Marois».Aussi, 56,4 % des personnes interrogées sont très favorables ou plutôt favorables au «plan de Pauline Marois pour un Québec souverain [qui] propose qu'un gouvernement dirigé par le Parti québécois mette fin aux ingérences du gouvernement fédéral dans les domaines de compétence du Québec, mette fin aux dédoublements de juridiction entre le gou vernement fédéral et le gouvernement du Québec (comme l’immigration et l’agriculture, par exemple) et exercerait tous les pouvoirs en matière de culture et de communications».Chez les francophones, l’appui à ce plan, comme formulé VOIR PAGE A 8: MARDIS Personne ne veut le statu quo.Il n’y a pas juste des souverainistes qui ont adhéré au plan.- Pauline Marois ¦ Rivière-du-Loup : l’option n’est pas en cause, dit Marois, à lire en page A 2 t t t i i i V 77831302383126 LE DEVOIR.LE JEUDI 25 JUIN 2 0 09 ACTUALITES Défaite de Paul Crête dans Rivière-du-Loup L’option n’est pas en cause, dit Marois L’arrivée de Clément Gignac permet à Jean Charest de remanier son cabinet La saison politique se termine en queue de poisson pour le Parti québécois.À la défaite crève-cœur de Paul Crête dans Rivière-du-Loup lundi s’ajoutera aujourd’hui le retrait de la vie politique du député de Rousseau, François Legault.Pendant ce temps, le premier ministre Jean Charest se donne des allures de renouveau avec un mini-remaniement après une difficile session parlementaire.C LAI RAN D R É E CAUCHY Les leaders souverainistes minimisent la portée de la défaite du candidat Paul Crête dans Rivière-du-Loup, y voyant le fait d’un terreau peu fertile au Parti québécois plutôt qu’un ressac envers l’option souverainiste.«On partait de très loin dans Rivière-du-Loup.Notre candidat, même s’il était très connu, a pris sa décision seulement deux semaines avant l’annonce de l'élection», a fait valoir la chef du Parti québécois, Pauline Marois, interrogée en marge des festivités de la Fête nationale.Il n’y a, selon eËe, pas de lien entre la stratégie souverainiste dévoilée en cours de campagne — qui repose sur la conquête de nouveaux pouvoirs à Ottawa — et les résultats électoraux.«Notre plan sur la souveraineté est très bien accueilli par les Québécois et nous allons continuer d’en parler», fait valoir la chef péquiste.Toujours est-il que le PQ a peiné à récolter les voix de l’Action démocratique, en déroute dans l’ancien fief de Mario Dumont L’ancien député blo-quiste Paul Crête a terminé avec 36 % des suffrages, 12 points de moins que le libéral et ancien maire de Riviere-du-Loup Jean D’Amour, alors que l’ADQ en récoltait seulement 15 %.«Nous avions perdu les trois dernières à moins de 15 %.Nous étions troisième en lice.Je crois que les gens ont voté pour que Jean D’Amour soit au gouvernement.Us doivent être un peu déçus, par ailleurs, qu’il ne se retrouve pas ministre», a poursuivi Mme Marois.Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, a servi la même rhétorique, considérant comme «un bon gain» le pourcentage de votes obtenu par son exdéputé.Il estime qu’il est «trop tôt pour dire [qu’il y a un ressac envers l’option souverainiste] avec une seule partielle».CHRISTINNE MUSCHI REUTERS Pauline Marois Le président du Conseil de la souveraineté, Gé-rald Larose, rappelle quant à lui que l’ancien bastion adéquiste se situe en plein dans \’«ancienne ceinture créditiste».La défaite péquiste relève donc davantage de la configuration structurelle de la circonscription plutôt que de la conjoncture politique.C’est avec une pointe de cynisme que le député de Québec solidaire, Amir Khadir, a commenté les résultats aux élections partielles, soulignant que les électeurs ont voté avec le pouvoir puisqu’ils sont «prisonniers du modèle politique actuel».«Il faut dire que M.Crête n’est pas porteur d’espoir et de changement.C’est un politicien de longue date», a ajouté M.Khadir.Remaniement Les élections partielles ont permis à Jean Charest de tirer un trait sur une session parlementaire difficile, marquée notamment par un déficit, la controverse sur les Fonds d’intervention économiques régionaux (FIER), les erreurs de diagnostics en matière de cancer du sein ou encore les tergiversations autour de la construction du CHUM en PPR Le premier ministre n’a pas perdu de temps pour annoncer, mardi, un mini-remaniement.L’économiste Clément Gignac, nouvellement élu dans Marguerite-Bourgeoys, entre par la grande porte au Conseil des ministres après une élection facile que n’importe qui aurait pu remporter sous la bannière libérale.Il obtient le ministère du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation que lui laisse Raymond Ba-chand, qui demeure ministre des Finances.Le premier ministre a aussi donné de nouvelles charges à Nathalie Normandeau, lui confiant les Ressources naturelles et la Faune.Son ancien portefeuille des Affaires municipales échoue entre les mains de Laurent Lessard, qui tire ainsi un trait sur un passage difficile à l’Agriculture, marqué par des différends avec l’Union des producteurs agricoles.Cet ancien maire de Thetford Mines, qui ne parle pas l’anglais, tiendra un rôle de figurant dans les affaires de la métropole, avec lesquelles Mme Normandeau avait d’ailleurs éprouvé quelques difficultés.«Raymond Bachand est toujours le ministre responsable de Vile de Montréal.Les relations sont très bonnes entre le ministre Bachand et le maire Tremblay, et les autres maires d’arrondissement de Montréal», a indiqué Jean Charest La chef péquiste, Pauline Marois, s’est par ailleurs étonnée hier de la nomination de M.Lessard aux Affaires municipales, alors que sa gestion de la crise de la listériose a suscité des critiques.C’est Claude Béchard qui le remplacera au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation.Le pugnace ministre, lui-même fils d’agriculteur, aura la tâche d’accoucher d’une véritable réforme de l’industrie agricole, une réforme battue en brèche par l’UPA Claude Béchard se voit aussi confier la responsabilité des Affaires intergouvemementales canadiennes que le leader parlementaire et ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, assumait de mauvaise grâce.Il «va défendre avec beaucoup de fermeté les compétences québécoises et notre vision», a dit Jean Charest, qui a aussi attribué à M.Béchard le rôle de leader adjoint, en remplacement de line Beauchamp.Le Devoir Avec la collaboration de Robert Dutrisac Le réexamen des PPP sourit à plusieurs organisations LISA-MARIE GERVAIS Plusieurs regroupements ont salué la décision du gouvernement de Jean Charest de réexaminer l’utilisation des partenariats public-privé (PPP) dans la construction des infrastructures québécoises.A la suite des propos du premier ministre Jean Charest, le regroupement Médecins pour un régime public (MQRP), également membre de la Coalition pour un CHU sans PPP, s’est dit heureux de voir que le mode sera remis en question.«C’est réjouissant dans la mesure que ça va mener là où on veut aller», a dit Alain Vadeboncœur, vice-président des MQRP «On reste prudents, car ce qui est important c’est les décisions qui vont être prises à la suite de cette réflexion.» Selon le Dr Vadeboncœur, plusieurs signes indiquaient depuis quelque temps que le mode PPP et l’Agence des PPP, chargée de le mettre en application, battaient de l’aile.Mardi, on apprenait le départ de Pierre Lefebvre, président-directeur général de l’Agence, qui occupera désormais les fonctions de secrétaire associé au Secrétariat du Conseil du trésor.Il sera remplacé à la tête de l’Agence par le haut fonctionnaire Normand Bergeron.«Il y a des signes qui ne mentent pas.Défait que le p.-d.g.quitte maintenant ses fonctions, les propos qu'a tenus Jean Charest, tout ça porte à croire qu’il y a quelque chose qui est en train de bouger fondamentalement», a dit le Dr Vadeboncœur L’Ordre des architectes du Québec, qui s’est fait l’écho des inquiétudes de ses membres quant aux risques inhérents à cette formule lorsqu’elle est appliquée sans discernement, s’est réjoui du possible abandon du mode PPP, notamment pour la construction du nouveau CHUM.Par voie de communiqué, son président a fait savoir qu’il «souscrivait au repositionnement du gouvernement Charest sur les PPP» tout en se disant prêt à collaborer avec le gouvernement pour définir les moyens à mettre en place pour réaliser un projet respectant les coûts et les échéanciers.Le Devoir Nous avons du boulot pour votre cerveau.-Rj ?° ?a j1 ° ?a - P,.papa» ?J ?un a ?D ?a s—» ?^ P ^ Participez à un projet de recherche unique qui vise à caractériser les lecteurs de journaux en fonction de leur façon de s'adapter à de nouvelles informations.Prenez part à une des séances de test d'une durée dune heure et faites avancer les connaissances! QUAND?jeudi 25 juin à 19 h 30 \ OU?Faculté des lettres et sciences humaines de l'Université de Sherbrooke En échange de votre participation, vous recevrez une compensation.Pour plus de renseignements ou pour vous inscrire : www.lecteursquebec.org L K DEV( Il R UNIVERSITÉ DE SHERBROOKE LE POUVOIR DE DIRE «JE ME SOUVIENS».ABONNÉS ILLICO, PROFITEZ DU MOIS DE NOTRE FÊTE NATIONALE POUR DÉCOUVRIR ÉLÉPHANT : MÉMOIRE DU CINÉMA QUÉBÉCOIS, LA VIDÉOTHÈQUE OFFICIELLE DE NOTRE PATRIMOINE CINÉMATOGRAPHIQUE.À VOIR : UN NOMBRE IMPRESSIONNANT DE FILMS, ÉGALEMENT OFFERTS EN HD.HD V,\V7K m CANAL 900 éléh' pliant M mémoire du cinéma québécois 1 8B-VIDE0TR0N 514 281-1711 VIDECTRON.COM/VSD /CURÉ de Village m Une compagnie de Québécor Media LE POUVOIR INFINI L E I) E V 0 I R.L E .1 E II I) I 2 5 .1 U I N 2 0 0 *) ACTUALITES Le principe de Peter Michel David De l’avis général, Laurent Lessard a été un mauvais ministre de l’Agriculture, après avoir été un ministre du Travail à peine meilleur.Sa nouvelle promotion illustre de façon presque caricaturale le principe de Peter, selon lequel «chaque employé tend à s’élever à f son niveau d’incompétence».Une loi non écrite, qui a déjà souffert des exceptions, veut que le ministre des Affaires municipales ne représente pas un comté montréalais.Encore faut-il que la métropole ne lui soit pas un univers totalement étranger.En sa qualité d’ancien maire de Thetford Mines, M.Lessard connaît certainement l’abc des affaires municipales, mais il risque de se sentir aussi à l’aise à Montréal qu’un chien dans un jeu de quilles.Sa prédécesseure, Nathalie Normandeau, semblait loin des réalités montréalaises, mais elle a un solide sens politique.M.Lessard n’a pas d’aussi bons réflexes.Dans sa première intervention à l’Assemblée nationale, après sa nomination au Travail, il n’avait rien trouvé de mieux que de chanter les louanges de Walmart, qui venait tout juste de fermer son magasin de Jonquière pour empêcher la syndicalisation de ses employés.On comprend le premier ministre d’avoir voulu confier l’Agriculture à quelqu’un d’autre, mais le Revenu ou le Tourisme auraient bien mieux convenu à M.Lessard.Cela aurait toutefois nécessité un jeu de chaise musicale beaucoup plus complexe et, à en juger par les récents sondages et l’élection partielle dans Rivière-du-Loup, M.Charest n’avait aucune raison de bouleverser son cabinet En réalité, M.Lessard sera ministre des Affaires municipales hors Montréal.Le premier ministre Charest a clairement indiqué que le ministre des Finances, Raymond Bachand, déjà responsable de la région de Montréal, dont il connaît tous les réseaux, sera le véritable interlocuteur de l’hôtel de ville.?C’était un secret de polichinelle que Mme Normandeau convoite les Ressources naturelles depuis longtemps.A l’époque où elle siégeait dans l’opposition, elle avait donné un premier aperçu de ses talents politiques dans son rôle de critique.Dans la perspective d’une éventuelle course à la succession de M.Charest, les Ressources naturelles et la responsabilité du Plan Nord lui donneront un profil plus économique.Depuis 2003, Nathalie Normandeau et Claude Béchard se disputent le titre de représentant par excellence des régions.Il est certainement mortifiant pour M.Béchard d’avoir dû céder un ministère qu’il appréciait à sa rivale, mais il était le candidat idéal pour l’Agriculture.Le nouveau régime forestier qu’il vient de présenter témoigne de son savoir-faire.L’heureuse surprise est plutôt sa nomination aux Affaires intergouvemementales canadiennes, qui avaient été laissées sans réel titulaire depuis le départ de Benoît Pelletier.Manifestement, le sujet n’intéressait pas Jacques Dupuis, qui avait d’aiÜeurs bien d’autres chats à fouetter.M.Béchard n’a peut-être pas la même passion pour le sujet que M.Pelletier, qui faisait du renouvellement du fédéralisme une affaire quasi personnelle, mais il faisait partie du comité sur la Constitution présidé par l’ancien ministre et il ne craint pas la confrontation.À l’époque où il était à l’Environnement, il avait eu de sérieux démêlés avec sa vis-à-vis fédérale, Rona Ambrose, au sujet du plan de lutte contre les gaz à effet de serre.Le jour où M.Charest décidera de hausser le ton face à Ottawa, M.Béchard pourrait devenir très mordant En attendant il sera certainement plus efficace que M.Dupuis pour donner la réplique au PQ à l’Assemblée nationale.Au cours de la dernière session, les relations fédérales-provincialeç ont été un (autre) point faible du gouvernement A défaut de revendiquer de nouveaux pouvoirs, on peut s’attendre à ce que M.Béchard parle beaucoup de souveraineté et de Jacques Parizeau.?M.Charest a déjà assez de ministres dont l’éthique est discutée, il n’allait certainement pas inviter Jean D’Amour à faire partie de son cabinet avant que la poussière ne retombe sur ses activités de lobbyisme.Déjà, la nomination de Clément Gi-gnac au Développement économique est assombrie par l’appui qu’il avait donné au projet fédéral de commission des valeurs mobilières pancanadiennes.«À Ottawa, je n’étais pas un décideur politique ou un décideur public, j'étais un employé de la fonction publique», a plaidé M.Gignac.Le problème est qu’il voyait déjà le projet d’un œil favorable avant d’être engagé comme conseiller spécial auprès du sous-ministre fédéral des Finances.Dans une entrevue accordée à La Presse en mai 2006, alors qu’il était toujours économiste en chef à la Financière Banque Nationale, il avait déclaré: «Je crois que c’est la direction vers laquelle nous nous dirigeons.Je crois que tout ce qui peut réduire la paperasse, faciliter l’harmonisation et enlever des barrières est un pas dans la bonne direction.» Bien sûr, M.Gignac n’est ni le premier ni le dernier à devoir ravaler des propos tenus dans une vie antérieure.Il est beaucoup trop tôt pour dire si cet économiste réputé, qui n’est cependant pas un grand communicateur, sera à son tour victime du principe de Peter, mais il vaut toujours mieux commencer une carrière politique du bon pied.mdavid@ledevoir.com François Legault quitterait la politique GUILLAUME B O U R G A U LT-C Ô TÉ Nouveau coup dur pour Pauline Marois et le Parti québécois: le député de Rousseau, François Legault, devrait annoncer ce matin qu’il quitte la vie politique.M.Legault était le critique — et le poids lourd — du parti en matière de finances.Selon plusieurs sources, M.Legault fera part de sa décision lors de deux conférences de presse successives, une dans sa circonscription, et l’autre à Québec.Sa décision aurait été prise il y a environ deux semaines.François Legault quitte donc le navire politique après avoir connu une session parlementaire qualifiée de brillante par la plupart des observateurs.Volant la vedette à ses collègues, il a souvent mis dans l’embarras le ministre des Finances, Raymond Bachand, ainsi que sa prédécesseure, Monique Jérôme-Forget, par ses questions dans le dossier des FIER (Fonds d’intervention économique régional) ou dans celui de la Caisse de dépôt et placement La semaine dernière, il a aussi fait une sortie remarquée contre les «vaches sacrées», faisant référence à certains programmes sociaux lesquels le Québec devrait selon lui sabrer pour éviter de
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