Le devoir, 23 avril 2005, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 23 ET DIMANCHE 24 AVRIL 2 0 0 5 Les pirates orgiaques de Zoé Valdès Page F 5 ?LE DEVOIR ?ESSAIS Apprendre à lire avec une mamie Page F 7 0 Journée mondiale du livre et du droit d’auteur Un rendez-vous avec la liberté CAROLINE MONTPETIT La lecture est un plaisir qui ne se donne pas mais qui se prend.Lente, elle s’apparente à la marche; rapide, à la course.Elle demande un certain entraînement jnais donne beaucoup en retour.A tous d’en faire la conquête.Le livre est aussi un objet de plaisir discret D peut se glisser secrètement dans un sac, dont il resurgira au moindre moment libre.Il peut se dévorer tout d’un coup, ou nourrir son homme à petit feu, durant des semaines, voire des mois.C’est l’un des rares plaisirs solitaires qu’on peut s’offrir en plein métro, dans la foule.Le livre ne mène nulle part et mène partout.C’est une sorte de rendez-vous avec la liberté.UUNESCO a décrété le 23 avril Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.Le livre, qui le mérite bien, sera donc fêté aujourd’hui un peu partout dans le monde.Mais on célèbre non seulement le livre mais aussi ses créateurs, les auteurs, les écrivains.Et ceux-ci ne sont pas toujours très satisfaits de leur sort Au Canada, par exemple, le regroupement qui porte le nom de DAMI (Droit d’auteur multimédia Internet) a décrété l’événement du 23 avril «journée de deuil pour le droit d’auteur».Le DAMI représente, avec la CCC (Creators' Copyright Coalition), plus de 140 000 artistes titulaires du droit d’auteur.Et tout ce monde s’inquiète d’un nouveau projet de loi fédéral qui prévoit de modifier la Loi sur le droit d’auteur, en particulier ce qui a trait à l’accès aux oeuvres sur Internet Les deux regroupements dénoncent particulièrement l’ajout d’exceptions au projet de loi.Ces exceptions feraient en sorte que les écoles, les universités et les chercheurs puissent avoir un accès gratuit aux oeuvres protégées par le droit d’auteur.Or ces exceptions, dit le DAMI, privent les auteurs de revenus justifiés.«Nous dénonçons la propension du gouvernement à cibler collectivement les créateurs comme unique groupe tenu de fournir, sans rémunération, le produit de son travail au secteur de l’éducation et de la recherche», écrivent le DAMI et le CCC, dans une déclaration conjointe sur le processus de révision de la Loi sur le droit d’auteur.VOIR PAGE F 2 : LIVRE o'IlP’l Wk .mm S A COLLAGE DE CHRISTIAN TIFFET D’APRÈS UNE PHOTO DE GAÉTAN DOSTIE an ÿffl® Mil*’ 7*5,” Iski r-v ; ~ «4 éühone intérieur MICHEL LAPI ERRE Qu’un homme puisse lancer un défi à l’univers entier pour qu’on lui révèle enfin la signification d’un livre capital de l’écrivain dont il est l’un des meilleurs spécialistes, cela semble invraisemblable, sauf si le spécialiste a la ferveur et l’abnégation de laïc (îauvreau, si le livre s’intitule La piuit et si l’écrivain s'appelle Jacques Perron.A l'occasion du vingtième anniversaire de la mort de Perron (1985-2005), événement dont il est le principal organisateur, (îauvreau s'écrie: -Qui croit avoir vraiment compris la» Nuit me l’explique!» En rendant un hommage aussi subtil au secret, à la profondeur et à l’immensité d'un roman oublié, il ne pourrait être plus ferronien.Il sait que dans ce récit publié pour la première fois en 1965, le narrateur lui-même hésite entre deux définitions contradictoires de la nuit.Ce narrateur, François Ménard, directeur d’une succursale bancaire, affinne dans le noir: «Im nuit, c'est la méditation du jour et le monde qui redevient sacré.» « La nuit, c’est la méditation du jour et le monde qui redevient sacré» Le «téléphone intérieur»! Perron met cette expression à la bouche du chauffeur de taxi grâce auquel François traverse l’un des ponts qui relient la Rive-Sud à la ville de Montréal, ce «grand château de la nuit», cette citadelle aux mille lumières.François apporte à un anglican de la bonne société, Frank Archibald Campbell, le cadavre invisible de celui-ci.Etonnamment F rank lui-même lui a demandé de le faire.Il a téléphoné la nuit pour lui donner rendez-vous à la morgue.Pour conférer plus de vérité à ce sinistre rendez-vous, François apporte, en plus du cadavre invisible, un pot de confiture de coings, pur produit du terroir québécois.Il faut dire que la pisse du Christ-chat répandue sur les cognassiers de la Rive-Sud, a transformé la confiture en poison.François est bien sûr le double de Frank, et vice versa.Cette équivalence absolue, imaginée par Perron en 1965, ne semble pas étrangère aux idées du gouvernement québécois actuel qui, dans l’esprit de la mondialisation néolibérale, s’apprête à instaurer l’enseignement de l’anglais dans les écoles de langue française dès la première année.Le bilingue parfait ne serait-il pas, dans la nuit mystique que le narrateur explore au fil du roman, la figure de l’homme universel vers laquelle François et Frank devraient converger?Hélas, les choses ne sont pas aussi simples! Les dédoublements réciproques de François et de Frank ne conduisent pas d’une manière automatique au rapprochement des deux individus.En obscurcissant les antagonismes, la nuit favorise l'unité, mais, en voilant du même coup la totalité des choses, elle risque de devenir un marché de dupes.Qui dit dédoublement dit trop souvent duplicité.François et Frank ne pourraient se fondre l'un dans l’autre sans VOIR PAGE F 2 : PERRON Toutefois, à la fin du roman, François déclare au lever du jour: «Oui, il se pouvait que la nuit fût un grand marché de dupes.» Gauvreau nous offre de La Nuit, livre devenu introuvable, une édition de poche accompagnée d'une introduction inspirée et de notes érudites.Dans sa .simplicité brute, le récit de 1965 est sans doute, comme l’insinue l'exégète, encore plus éloquent que la version refondue, publiée par Perron en 1972, intitulée Les Confitures de coings et enrichie d’un appendice.Gauvreau avoue que la sonnerie du «téléphone intérieur», ce bruit primitif, affolant et mystérieux qui s’élève de 1m Nuit, a été pour lui le plus beau des chocs littéraires.de Jacques Ferron E V 0 1 K , LE F 2 A M E D I 2 3 ET D I LIA V C H E 2 4 AVRIL 2 0 0 5 Livres PERRON Pour lui, médecin des pauvres et admirateur de la littérature orale, le peuple est la réalité souveraine qui éclaire tout LIVRES SUITE DE LA PAGE F I hypocrisie que s’ils partageaient la même culture populaire et la même sensibilité sociale.Pour Perron, médecin des pauvres et admirateur de la littérature orale, le peuple est la réalité souveraine qui éclaire tout La logique de l’écrivain est simple.Si des individus peuvent participer a plusieurs cultures et parler plusieurs langues, le peuple, quant a lui, ne peut avoir qu’une culture, la culture populaire, et qu’une langue, ceüe de tous les jours.Perron est convaincu que, sans l’apport d’une sève populaire issue de l’évolution, même la matière des écrivains devient du chiqué.Selon lui, il n’y avait pas de différence substantielle entre le nationalisme canadien-français traditionnel et le bonne-ententisme pancanadien.Il estimait que ces deux idéologies de droite procé- daient d’une même mystique nocturne du pouvoir impérieux.Perron a été le premier à orienter a gauche l’indépendantisme québécois sans toutefois faire de l’indépendance politique un absolu.•Mon arme était la trompette de Jéricho.De quoi aurais-je eu l’air au milieu du concert des klaxons d'automobile?», se dit François dans La Nuit en évoquant son engagement politique de jadis.Comme cet ex-miBtant, Perron faisait figure d’idée liste solitaire.L'ironiste ne rigolait pas.Pour qu’au Québec la mystique cesse d’être une mystification, il espérait une libération culturelle, linguistique, populaire et sublime, un cri intérieur qui retentisse comme un coup de téléphone dans la nuit LA NUIT Jacques Perron Lanctôt éditeur Montréal, 2005,136 pages RENCONTRES D'AUTEURS Rencontre avec l'auteur JACQUES SAVOIE La discussion portera sur son dernier roman Les soupes célestes.Le jeudi 28 avril à 19h00 Rencontre avec Nicolas DICKNER auteur de Nikolski, animée par Danielle Laurin.Le samedi 30 avril à 15h00 M Librairie .ûr)eA www.LibrairieMonat.com w* 2752, de Salaberry Galeries Normandie Montréal, Qc • H3M 1 L3 (514) 337-4083 Aux Éditions TROIS ce printemps t-ouiie rVrm'bCiic L ont passion ^Compassion Chronique d’un temps fixé nufmrHU Chronique d’un ?temps fixé fragments autobiographiques Njjtla Sedyhi Cyprè* du bonheur «Cyprès du bonheur récital poétique en qutaewte éHt'IVh U nuit tortues théâtre Prttrrln La nuit tortue jg* Mabti-n CÜ OrnuT i' La Corn des feSi Miracles «La coud des Miracles poésie Miriam, Boudi> Mario Broche et compagnie roman jeunesse v > - U» \ Les Éditions TROIS 4882 Cherrier, lovai (Québec) H7T 2Y9 Courriel: ed3oma@videotron.ca SUITE DE LA PAGE F 1 Pendant ce temps, au Québec, ou on célébré cette fête depuis 1996, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur sera l’occasion de découvrir les livres autrement soit par le biais de rencontres avec ceux qui les font soit par des lectures d’œuvres, soit par la création.Car si on peut profiter de l’occasion pour visiter la bibliothèque ou la librairie habituelles pour y choisir un titre convoité, l’événement propose aussi des dizaines de façons d’approcher le livre autrement A Montréal, on pourra rêver quelques instants sur les strophes d’un poème distribué dans le métro, planer au-dessus des terres d’Afrique de l’Ouest en écoutant des extraits de l’écrivain ivoirien Zaka-ria Lingane, à la librairie Monet ou visiter la poésie féminine du Maroc, du Portugal, de Colombie, du Mexique et du Québec au Cabaret du Saint-Sulpice.A la librairie Raffin, rue Saint-Hubert, les comédiens Nathalie Gascon, Julie Vincent et David Boutin liront tout l’après-midi des extraits d’œuvres de Claude Gauvreau, de Gil Courte-manche, de Bryan Perro, de My-lène Gilbert Dumas et de Nancy Huston.D’autres iront plutôt cueillir des contes des lèvres de Claudette L’Heureux ou de Pierrette Robitaille, à la bibliothèque du plateau Mont-Royal, pour ne nommer que ces activités-là.Mais c’est partout au pays que cette fête se déploie.Je vous donne ici une série d’çxemples des activités offertes.A Québec, l’Escouade des poètes volants sillonnera la ville pour visiter, poèmes à la main, des centres de personnes âgées, des centres commerciaux ou un simple carrefour du centre-ville.Au Saguenay, quelques auteurs se demanderont, à la librairie La Source, si le livre est désuet C’est partout au pays que cette grande fête du livre se déploie ou irremplaçable.En Ontario, au centre de détention de Gatineau, Jean-Louis Grosmaire, qui est écrivain et géographe, pariera des voyages et des livres, lui qui a signé 16 romans qui se déroulent au Québec et dans divers pays du monde.La librairie Rose-Marie, en Outaouais, proposera aux intéressés d’écrire un conte jeunesse ou des mémoires.En Montérégie, Guillaume Vigneault rencontrera des éleves de 5' secondaire, a l’école Beaulieu, pour discuter et échanger sur son œuvre.En Abiti-bi-Témiscamingue, à la librairie Galerie du livre de Val-d’Or, Anne-Michèle Lévesque animera une causerie sur les haïkus, ces petits poèmes de dix-sept syllabes et trois vers d’origine japonaise.A Mont-Joli, Shirley Patry et Lucie Chapdelaine présenteront un spectacle poétique intitulé Le Fleuve d’une seule coulée, à la bibliothèque de Sainte-Flavie.A la bibliothèque municipale de Notre-Dame-du-Mont-Carmel, en Mauri-cie, une rose sera remise à chaque abonné.A la bibliothèque Louis-Ange-Santerre, les lectu-riades, une animation-quiz pour adolescents, célèbrent leurs finales.A la bibliothèque municipale Eva-Senécal de Sherbrooke, les jeunes sont invités à fabriquer un livre eux-mêmes, et à la Bibliothèque municipale de Mirabel, le public est invité à répondre à un questionnaire sur le thème «Quel genre de lecteur êtes-vous?».Êtes-vous un lecteur boulimique ou paresseux, imaginatif ou pratique?Lisez-vous un ou plusieurs livres à la fois?En lecture, êtes-vous audacieux, conservateur, explorateur ou casanier?Êtes-vous lecteur, tout simplement?Nous vous le souhaitons de tout cœur.Pour plus d’information: < wwtv.jm Ida.qc.ca >.J JfaJ Des livres pour savoir Eric Méchoulan Le crépuscule ries intellectuels D* la tyrannie de la clarté au délire d iriterprêtation ' Cil i v i e r i 231 p.20,95 $ Éric Méchoulan Qu’est-ce que lire ?C’est principalement autour de cette question que se déploie cet essai d’Éric Méchoulan.Une réflexion profonde sur le rôle de l’intellectuel dans la société dite de l’information.# Éditions Nota bene librairie > b i s t r o Olivieri crée l'événement LECTURES DU NOROIT UN PONT AU-DESSUS DU VIDE Claude Paradis LES CORPS CARILLONNENT Ivan Bielinski Brisures François Dumont Des ombres en forme d'oiseaux Isabelle Gaudet-Labine Dimanche 24 avril à 15h00 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges 739-3639 Entrée libre Grande bibliothèque du Québec Déjà près de 75 000 abonnements FRÉDÉRIQUE DOYON L> engouement des Québécois r pour leur Grande bibliothèque est palpable.Us n’en ont même pas encore foulé le sol que déjà ils faisaient la file aux séances d’abonnement gratuit organisées par la Bibliothèque nationale du Québec (BNQ), l’une lors du dernier Salon du livre de Montreal et l’autre il y a une dizaine de jours, au métro Béni •On a dépassé les 2000 abonnements, lance à propos de cette dernière session Geneviève Dubuc, de la direction des communications et des relations publiques de la BNQ.Les gens ont hâte.Ils sont étonnés de ne pas avoir besoin de résider à Montréal.» Cette flopée de nouveaux abonnés s’ajoute aux quelque 3000 personnes qui ont fait la queue au stand de la BNQ du dernier salon du livre de la métropole.Les salons de Gatineau et de Québec ont pour leur part recruté des centaines d’abonnés à distance, qui bénéficient d'une foule de services en ligne, dont une bibliothèque virtuelle en expansion continuelle comptant à ce jour 50 000 documents.La présidente-directrice générale.Lise Bisson-nette, a d’ailleurs fait le tour des régions du Québec pour faire connaître le portail de la BNQ.Le prêt entre bibliothèques permet aussi aux usagers des régions de faire venir des livres de l’institution montréalaise.Les 62 000 membres de l’ancienne Bibliothèque centrale ont déjà reçu automatiquement leur nouvelle carte d’abonnement par la poste.Idem pour les 5600 clients du Service québécois du livre adapté, qui regroupe l’Institut Nazareth et Louis-Braille et la Magnétothèque.La BNQ compte donc près de 75 000 membres actifs à ce jour, âgés de 0 à 82 ans et qui viennent d’aussi loin que de la Gaspésie et de l’AbitibL Mme Dubuc se réjouit aussi du fait que plusieurs membres des communautés culturelles ont profité de la campagne d’abonnement préouverture.Dès le week-end prochain, à l’occasion des portes ouvertes, les usagers pourront prendre connaissance des lieux et des riches ressources de la BNQ, qui compte quatre millions de documents, dont IJ?million de livres en accès libre.Le service de prêt débute toutefois le mardi 3 mai, puisque la bibliothèque est fermée les lundis.Les gens qui veulent s’abonner devront présenter une preuve ^BOUQUINERIE vous offre les plus beaux livres et disques compacts d'occasion à une fraction du prix du neuf.Arts, philosophie, littérature, histoire; musique francophone, classique, jazz et d'avant-garde.Achat à domicite 4075, rue Saint-Denis, Angle Duluth 288-5567 799.Monl-Ro\al Esl tnqk St-llulx'rt • Metro Mont-Ro\al 523-5628 LES «ions e LECOIE ^ ('apprentissage d'une pensée critique ou primaire 25* Louise Lafortune, Pierre-André Doudin, Francisco Pons et Dawson R.Hancock 22* Marie-France Daniel, Monique Darveau, Louise Lafortune et Richard Pallascio de residence et une piece d'identité.Ds pourront alors emprunter des documents ou consulter ceux en rayonnage ferme, réserver des salles de réunion, utiliser des postes de visionnement ou d’écoute.La politique de prêt permet d’emprunter un maximum de 15 documents à la fois pour une dü-rée de 21 jours (42 pour le prêt v» cances).L’institution réunit désormais sous le même toit la collection de prêt public (trois millions de documents) et la collection nationale (un million de documents).Cette dernière demeure dans une salle distincte.La «nouvelle» BNQ a fait jusqu’ici l’acquisition de 475 000 nouveaux documents.Son personnel a doublé, passant de 200 à quelque 400 employés, auxquels s’ajoutent les 100 employés du Centre de conservation de la rue Holt.Une centaine de bibliothécaires sont au service des usagers sur les différents étages.Le riche portail de la BNQ On trouve une foule de ressources en un «clic» sur le site Internet de la BNQ (www.bnque-bec.ca).La bibliothèque virtuelle comprend à ce jour plus de 50 000 documents, dont 8000 cartes postales anciennes, près de 1500 livres et autant d’affiches, 200 partitions musicales, 2000 enregistrements sonores, 5000 estampes, 13 000 illustrations, etc.S’ajouteront bientôt tous les livres québécois importants publiés de 1900 à 1920 ainsi que trois millions de pages de journaux publiés avant 1950.Si vous manquez d’inspiration pour vos lectures, le portail donne accès à une banque de romans à lire, classés selon le thème et le genre littéraire.Les bibliothécaires ont aussi concocté une liste de sites de référence sérieux sur une foule de sujets.Enfin, on peut aussi consulter le catalogue informatisé des collections de la BNQ.La BNQ, c’est.¦ quatre millions de documents — 1,2 million de livres, 1,2 million d’autres documents (revues, journaux, disques compacts, DVD, logiciels, etc.), 1,6 million de microformes; ¦ un laboratoire de langues; ¦ un auditorium; ¦ un centre de conférences; ¦ une saDe d’expositions; ¦ une aire consacrée aux jeunes de 0 à 13 ans; ¦ une section actualités, revues et journaux ouverte jusqu’à minuit tous les jours; ¦ un centre emplokarrière.Le Devoir Collection Éducation-Intervention \^eV°ue’Cq^ Presses de l'Université du Québec gratuit 30* Antoine Baby Téléphone : 418.831.7474 Sans frais : 1 800 859.7474 www.{JIQJfsJ.ca Québeci 4 0 LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 24 A V R K ;* ITTERATURE LTn texte inédit de Jacques Perron «A Monsieur de l’Herne, Français de France, sur l’écriture et ses implications, quand on est un Français neutre» SOURCE: TELE-QUEBEC Jacques Perron Vers 1971, après le choc provoqué par la crise d’Oc-tobre, la prestigieuse collection des Cahiers de l’Herne a l’intention de publier un numéro tout entier consacré au Québec.Selon Jean-Guy Rens, alors responsable de la publication, ce projet relativement avancé est abandonné quand on se met à soupçonner la GRC d’avoir infiltré le Front de libération du Québec.Publié ici pour la première fois, ce texte devait être la collaboration de Jacques Ferron à ce numéro qui aurait paru vraisemblablement entre ceux consacrés à De Gaulle (1971) et à Witold Gombrowicz (1972).Ce document inédit se trouve dans le fonds Jacques-Ferron de la Bibliothèque nationale du Québec.Il est publié grâce à l’aimable autorisation de la Succession Jacques-Ferron.Aucune reproduction sans autorisation.(NDLR) JACQUES FERRON On écrit seul, que je sache, n’impliquant que soi et cela permet de signer un livre qu’autrement, usager de la langue commune, bénéficiaire de sa créativité, on ne saurait de quel droit le faire.Sa Bible achevée, le bon Dieu, pourtant personnage très considérable, est passé jouer aux dés avec le Diable dans l’arrière-cuisine; il n’a phis importuné le lecteur qui, en retour, ayant refait le livre à sa façon, s’est mis à en parler merveilleusement avec ses collègues.Le rôle de l’écrivain s’achève à l’imprimatur obtenu et, dès lors, il se tait, laissant à son collaborateur, qui lit à l’endroit ce qu'il a écrit l’envers, d’en restituer le meilleur à la langue commune et, par ce tait, d'enrichir la conscience collective.Advenant par miracle qu'un auteur, tel le ci-haut nommé, devienne considérable, qu’il se nomme Molière ou Shakespeare, on les envoie faire la partie carrée dans Tanière-cuisine et Ton proclame qu’ils n’ont point existé.C’est justice.Ma signature, marque de commerce, aide aussi la nomenclature de la bibliothèque; de plus, elle rend compte du résidu, sinon elle serait falsifiée, pseudonyme d’un p’tit bon Dieu malin ou d’un grand Guiâble bénin.Monsieur, si je réponds à votre curiosité, c’est que je suis impliqué dans mon pays, dans une assez bonne affaire en péril de tourner mal et de devenir vilaine sous le règne de Da Nobis Trudeau1, ayant à ses côtés un conseiller félon et bien rémunéré qui est de votre nation et se nomme Julien2.Nous avons peu de ressemblance avec ; les Algérois, malgré la langue, et plus portée sur les Algériens, nous ne saurions nous replier en France.D’ailleurs, moins policés que vous, nous nous souvenons que les Acadiens, les Français neutres qui nous ont précédés et qui furent déportés, s’étant regroupés quelques-uns aux alentours de Poitiers, ne tardèrent pas à vous déplaire et qu’avant d’être donnés aux Espagnols, pour aller patauger dans les marais de la Louisiane, passèrent de l’être à Kerguelen, un de vos fous qui naviguait pour aller peupler l’An tar clique.Vous êtes dominateurs, nous sommes dominés.Mon accointance avec la France se fait par le détour d’un temps lointain; tenue, elle ne «tint» guère que par mon accent charentais et ma prononciation normande.Paris, j’ignore, Louis XIV, Louis Philippe et Pompidou.Si je sais la nocivité d’un Schumann3, c’est qu’il en est au service du Vatican.Au-delà, le déluge de l’Atlantique, je n’ai jamais eu pour Métropole que La Rochelle et, pourtant couvé par le jésuite, je n’étais pas de la Religion.Monsieur, je ne fais pas de coq-à-l'âne, je dis la vérité baroque- J’ai en abomi- nation la diplomatie romaine qui, avec votre Schumann et saint La Pira\ depuis 1945, veut m’anglaiser.Par contre, je me rencontre avec Ëtiemble sur les anciens jésuites dont Tordre fut aboli peu avant le traité de Paris.Ils avaient commis le crime de mettre Dieu au-dessus de la suprématie de l’Europe, de n’être pas complètement blancs — vous n’avez pas manqué d’achever de les noircir.Après ledit traite de Paris, nous restions 60 000 épars dans un grand territoire, groupés en petites collectivités de paroisses.Nous ne formions pas un peuple.Etrangers à l’envahisseur, nous sommes nés de nous-mêmes.Nous ne vous devons que la langue.Nous étions Canadiens et.après les Normands, les Acadiens, des Français neutres, étrangers aussi à la France.L’Angleterre se réserva le Canada, y tenant dehors les Américains qui ne tardèrent pas à se révolter.Ce fut notre bonheur, ça, et le fait que le fleuve Saint-Laurent reste gelé près de la moitié de Tannée.Nous occupions un territoire trouvé vacant; à cause de cela, et parce que nous étions peu nombreux, nous avons été propices aux Amérindiens et nous jouissions d’un droit de passage par toute leur Amérique aussi longtemps qu’elle dura; nous nous y sommes métissés et surtout, innocents des génocides, nous avons acquis une supériorité morale sur ceux qui les ont perpétrés, les mêmes qui nous ont dominés.Ce fut là un autre avantage.Notre lieu de fierté est d’avoir pris naissance et progressé sous une domination étrangère, et d’être la première nation d’origine européenne à se situer dans le Tiers-Monde.La pendaison de Louis Riel, un de nos héros, en 1885, dans le farouest canadien, souleva une telle indignation dans mon pays que les commis britanniques en restèrent étonnés et ne comprirent pas: elle marquait la fin de l’Amérique amérindienne du Nord.Voilà le meilleur et j’en viens au moins bon, à ce changement d’identité qui, de Canadien, m’a fait Québécois.Monsieur, ces Messieurs qui viendraient après moi, venus d’abord d’Angleterre, d’Ecosse, d’Allemagne et d’Irlande, venus après d’Italie, d’Ukraine et de Pologne, qui continuent tous de venir avec l’appoint des Espagnols, des Portugais et des Algérois, ces Messieurs du grand déferlement européen sur l’Amérique, jadis continent asiatique, dont il importe de compléter l’occupation avant le réveil de l’Asie; ces Messieurs qui parlent tous anglais par leur mère ou par l’école et me dominent qui m’ont toujours dominé, moi qui les évitais, et le font de mieux en mieux à présent5 que je ne les évite plus et qu'après avoir voulu leur résister par la natalité, n'en pouvant plus, j’ai perdu cette immigration de l’intérieur.Monsieur, ces Messieurs, qui auparavant se contentaient d’être sujets britanniques, ont voulu aller à TONU, où ne vont que les pays souverains, et vite, décrochant l’Union Jack, me volant mon hymne national, d'ailleurs niaiseux, se sont proclamés Canadiens.Alors, tout aussitôt ne voulant me commettre, je me suis donné la nationalité québécoise.Chose amusante, ces nouveaux Canadiens d’un Canada qui avait encore le guidon de la reine d’Angleterre, s’amenèrent avec l’Australie et la Nouvelle-Zélande, le même guidon brandi à l’ONU; ils ne parurent pas très souverains et l’URSS put maquignonner l’entrée de la Biélorussie, de l’Ukraine et de la Mongolie Extérieure.Tout pays devrait avoir la cou-leur du temps et se tenir inaperçu à l’intérieur de ses frontières.D’ailleurs, n’en est-il pas ainsi à moins de guerre ou de conquête?En France, vous n’avez pas à choisir d’être Français, vous n’avez que la liberté de l’être.Ici, c’est le contraire: nous avons le choix de ne pas l’être et nulle aisance à l’être.En compensation, on nous laisse le droit d’être nationalistes.La folie aiguë de Monsieur Barrés, nous Tavons chronique à demeure, de quoi ne point vouloir sortir, ne serait-ce que pour ne pas recevoir dans le dos votre petite tape d’encouragement Je suis ridicule, Monsieur, et j’en éprouve de la honte.À propos, que je vous dise ma vénération pour Louis Hémon, diplômé de l’Ecole coloniale, qui, sachant l’annamite, a fui l’Indochine en Angleterre et ne s’est pas trompé, comme il a pu le constater, « Au point où nous en sommes ici, au Québec, en l’ancien Canada, cherchons la solution de continuité qui donnera suite à un passé dont témoigne mon écriture » avant son départ pour le Canada, quand votre soldatesque, ramenée du Tonkin et de Madagascar dans lUe de Ouessant s’est mise à maltraiter les filles de la pluie comme de pauvres Tonkinoises et de pauvres Malgaches.Un roman sur Ouessant ses filles et cette soldatesque, Monsieur, avait obtenu le Concourt 1912, je me demande par quel miracle.Le miracle fut vite escamoté et, de nos jours, Béatrice Beck, qui est de la série", prétend que c’était un fort mauvais Concourt.Que je vous dise, puisque j’y suis, la malencontreuse gloire de ce Français neutre comme nous, quand votre Barrés ou un pareil, pour ne pas parler de TécoBer Massu qui Ta lu alors, faisait de Maria Chapdelatne un succès de l’édition française, trop bouché pour percevoir, sous le roman, la supplique de Hémon à sa sœur Marie-Maria pour qu'elle prenne Lydia à la maison, la petite fille de trois ans qu’il avait eue d’Elle-Ella, comme il est écrit dans Monsieur Ripois, sa petite fille orpheline dans la ville de Londres.Monsieur, qui pouvez relire un Barrés illisible et ignorez les romans londoniens de Louis Hémon, Colin Maillard, écrit au crayon dans des cahiers d’écolier, romans qui n’ont pas vieilli et sont oubliés, comment comprendriez-vous les Français neutres du Duché, d’Acadie et du Canada.Vous êtes comme ces Algérois, nés dominateurs, que vous nous envoyez et qui, bien que ce soient de pauvres gens en nostalgie d'une lumière perdue, flairant en nous l’Algérien, passent contre nous.Et pourtant le soleil sur la neige a plus de lustre qu’à Oran.Ces étrangers ne sont rien dans l'admiration qu’on a ici pour un rç-man de Camus et qui s’intitule L’Étranger.Notre point de vue permet d’en saisir la supplique cachée, le sens prémonitoire qu’il avait à sa parution: cet étranger était-il tellement en avance sur son pays?Toutes ces implications, Monsieur, affectent ma prose.Un titre de livre, les Contes du pays incertain, le montre.Un peu comme dans Proust la peur de perdre me fait aimer, et dirais-je, tout en douceur et patience à cause de ma filiation qui, passant par TAcadie perdue, me rattache au Duché, ayant pour capitale Caen et non Rouen, où Ton fut entre le quatorze et le dix-septième siècle, neutre comme moi.Nul ne nous ne demande Lance, picque ou hamois.Nous jouons des hautbois Qui sont doux comme voix.Chantons une chanson Qui soit cointe et jolie".D’une part, on houspillait l’Anglais, buveur de bière quand on buvait le pommé et le clairet qui avait la coue au chignon et volait des poules au pouillier en traversant le Duché; si Ton devenait injurieux, cet Anglais n’était plus que prête- nom de l'usurier.D'autre part on faisait des mamours au roi de France, gentil roi par-ci gentil roi par-là; seulemenL quand Louis Xll lance ces lansquenets sur le Duché, la haine éclate dans la chanson normande: ‘Cuidej-vous par obstination / Mettre sous pieds de Caen la bonne ville Que de long temps a la liberté civile?Unes êtes ords.puons.Fuyez-vous-en!» Tels les juifs d’Espagne, coincés entre Maures et Chrétiens, y trouvant un moyen d’être quTls perdront à la fin de Tat-frontement.l'antagonisme anglo-français gardait à Caen sa liberté civile; et cette bonne ville après avoir longtemps instruit la magistrature des îles anglo-normandes, marche avantagère d'Angleterre alors que le Duché se considérait marche avantagère de France, nous baille encore au Quebec et Canada votre bac français qui autrement n'aurait point cours, la réunion de la France et de l'Angleterre, lors des deux dernières guerres, nous a jetés à contrecœur dans les armés anglaises, de quoi vous ne cessez de vous congratuler, preuve que vous ne comprenez rien à notre façon d’être, à cette neutralité qui n’est pas facile.Les habitants de Hon-fleur Tont su, déportés comme nos cousins acadiens, en 14151*.Mais justement, cette difficulté donne ce que vous avez pris pour de la ruse et qui n’est que compréhension et humanité.Le pommé et le clairet sont bus comme aujourd’hui le chanvre fumé: «Hélas! que fait un pôvre ivrogne?Il se couche et n'occit personne, ou bien il dit propos joyeux.» Il dit même la misère des aventuriers, tant de France et d’Angleterre, qui Tont fait souffrir.Tout aussitost qu’aye gaigné argent, Au cuir, au poil, alloye grant allure.Vieillesse m’a donné de sa poincture; Je ne puis remettre à labourer Ce poyse moi; si ne vient quelque bonne adventure Il me faudra la guerre abandonner.Monsieur, le monde deviendra peut-être pacifique.En cette éventualité, sans guerre, sans néocolonialisme, ce sera à votre tour de devenir Français neutres.Alors peut-être comprendrez-vous mieux les Normands, les Acadiens et les Québécois qui, sans gloire et sans à propos, du moins par rapport à une conjoncture venue de loin jusqu’aujourd’hui, vous auront précédés.Au point où nous en sommes ici, au Québec, en l’ancien Canada, nous cherchons la solution de continuité qui donnera suite à un pas»é dont témoigne mon écriture.À la rigueur, contre quittance de toute dette, on vous rendra cette langue que Ton vous doit Quand je party de mon village Guère n’appréhendais D’aller vestu de pied en cappe Muet comme un Englais.¦ 1.Ferron emprunte ce surnom de «Da Nobis» aux vieilles chansons normandes qu’il cite à la fin de ce texte.Il désigne «celui qui nous a donnés», le traître qui a livré la ville de Boulogne aux Anglais, en 1544.¦ 2.Julien Chouinard (1929- éditions Liber Philosophie • Sciences humaines • I ittérauuc Luc-Normand Tellier REDÉCOUVRIR L’HISTOIRE MONDIALE sa dynamique économique, ses villes et sa géographie REDfXOUVRIR L'HISTOIRE MONDIALE $92 piges.40 dollars •lÆJwt SOURCE: TÉLÉ QUÉBEC Jacques Ferron avait écrit ce texte pour Les Cahiers de l'Herne.1987), juge à la Cour suprême.En 1970, alors secrétaire général du Conseil exécutif du Québec, il aurait rédigé la lettre du gouvernement Bourassa demandant la promulgation de la loi des mesures de guerre.¦ 3.Maurice Schumann (1911-1998), fondateur du Mouvement républicain populaire (MRP), parti de la démocratie chrétienne, divisé au sujet de la guerre d’Algérie.¦ 4.Giorgio La l’ira (1904-1977), catholique convaincu, membre du Parlement italien et maire de Florence.¦ 5.En 1969, l’adoption du «Bill 63» par TUnion nationale avait confirmé aux parents le droit de faire instruire leurs enfants dans la langue de leur choix (le français ou l'anglais).¦ 6.En 1912, André Savignon (1878-1947) a gagné le prix Concourt pour Les Filles de la pluie; Béatrice Beck, en 1952, pour Uon Morin, prêtre.m 7.Jacques Massu (1908-2002), général, défenseur de l’usage de la torture durant la guerre d’Algérie.¦ 8.Extraits de chansons normandes et de «vaux-de-vire» (vaudeville) du XVT siècle recueillies par Olivier Basselin.Cointe: befle; coue: queue; pouillier: poulaillier; cuydez: croyez; ords: ordures.¦ 9.En 1415, durant la guerre de Cent Ans, les habitants de Honfleur furent déportés par les Anglais.Romanichels Ainsi font-elles toutes Une poursuite incessante du plaisir et le sentiment que vivre, c’est courir après Tétonnement.Une écriture vive.Un bonheur de lecture.Clara Ness Ainsi font-elles toutes roman 132 p.• 20 $ I XYZ éditeur, 1781, rue Saint-Hubert, Montréal (Québec) H2L 3Z1 Téléphone : («,14) 524.21.70 • Télécopieur: (414) 525.75.37 Coufiel infotffxy/edil.qc.ca • www.xy/edit.qc.ra ( LE DEVOIR.LE A M E 1) I 2 3 ET D I M A > C H E 2 4 AVRIL 2 0 0 5 F 1 -«'Littérature^- Petit théâtre de la mémoire Le récit qui prend forme sous nos yeux ressemble à un film en noir et blanc au milieu duquel monte une voix hors champ a l’accent trainant II raconte pour l’essentiel l’histoire d’une petite fille qui apprend très jeune à cohabiter avec la souffrance.L’action se déroule dans le nord de l’Italie durant les années de l’immédiat après-guerre.Avec une écriture sobre et extraordinairement suggestive.Gabriella Baracchi crée avec La Kobe de bure un petit théâtre de la mémoire aux couleurs troubles.L’enfant-adulte Après la mort de leur mère, la vie sépare Gabriella, Irma et Antonio.Gabriella, âgée de sept ans, est condamnée a l’errance auprès d’un père marginal.Pendant qu’il déboise dans les hautes montagnes de la région de Côme, Gabriella vagabonde dans les bois.Klle ne va pas à l’école, mais une femme du village lui apprend à lire et lui prête des livres.Elle vit de refuges en pensions, partage la polenta des pauvres bûcherons vénitiens, connaît La promiscuité dans les granges où tous dorment à même le sol.L’hiver, ils n’ont presque rien à manger.Gabriella descend au village ou les femmes lui donnent un bol de soupe.Parfois la faim la pousse jusqu’aux grilles des villas pour aller chercher du pain sec pour les poules.Durant toutes ces années d’extrême pauvreté, l’enfant recherche l’affection de son père.Ce dernier lui Suzanne Giguère dit un jour que sans elle il serait plus libre, qui] pourrait gagner un peu plus, n'aurait plus de soucis.L’arrivée de Maria dans leur vie envenime le rapport entre le pere et la fille.Lasse des caresses rudes et des sentiments réprimés de son pere, Gabriella fugue.Recueillie par des religieuses à l’âge de 12 ans, l’enfant-adulte se sent mal â l’aise dans la salle de récréation du collège: •Je restais assise sur un banc de pierre, a balancer mes jambes (.] parce que je ne savais pas jouer» Les petites filles la regardent avec curiosité, les plus grandes se moquent d’elle parce qu’elle ne sait rien de ce qui les intéresse.Gabriella ressent l’humiliation, la honte.EUe se défend par le silence, on la prend pour une orgueilleuse.Elle pense aux bois où elle a vécu libre, aux moments de bonheur quand elle •s'allongeait à plat ventre dans l’herbe, reniflait la terre, sentait son odeur et écartait les bras pour embrasser le plus de prairie qu'elle pouvait».Peu à peu elle s’habitue à la vie de collège.E est vrai que les religieuses parlent souvent de l’enfer.Pour vaincre sa peur, Gabriella trouve une échappatoire: «fa m était bien égal d’aller en enfer, parce que je deviendrais un diable et, puisque les diables — d’après le sœurs — s’en allaient à travers le monde pour tenter les gens, j'irais me promener moi aussi.Je n'eus plus jamais peur».Elle entend parler d’Ulysse pour la premiere fois.Elle est fascinée.Quand un soir, pendant le cours d’astronomie, les collégiennes regardent le del étoilé, Gabriella demande: ‘Mats qu’est-ce qu'il y a au-dessus du ciel?[.] Sœur Fiorelli me donna une petite tape affectueuse, puis elle m 'expliqua patiemment des choses que je ne compris pas du tout.» Un amour déçu Gabriella ne possédé rien, n’a personne de sa famille sur qui compter.Elle a la sensation d’être devenue »la propriété» du collège.A l’âge de seize ans, elle est passée d’institution en institution.Chaque fois elle doit s’adapter.Elle se sent continuellement déracinée.Autour de l’absence du père s’affrontent la pensée et le cœur.Ses rares apparitions provoquent en elle un mélange d’angoisse confuse et de peine.L'année se termine.Gabriella est reçue avec les meilleures notes.Alors qu’elle se dirige vers la gare de Côme, elle aperçoit un homme qui compte sa monnaie dans sa main, «/e le reconnus aussitôt, lui hésita un instant quand il leva la tête à mon salut [.] Il sourit, comme rarement je l’avais vu sourire (.] il me serra dans ses bras et m’embrassa.Un moment après, il marchait déjà rapidement le long du lac.» Gabriella rate son train.Elle n'arrive phis à penser à autre chose qu'à cette rencontre fugace avec son pere.Sa joie se teinte de tristesse.•Les enfants commencent par aimer leurs parents.Puis, ils les jugent Parfois ils leur pardonnent», disait l’élegant Oscar Wilde.En reconstituant des fragments de son enfance cachés dans le noir, Gabriella Baracchi dessine un monde ou l’innocence, la violence et la pauvreté se confondent et subissent un même et sombre destin.Récit d’un amour déçu, inapaise, La Robe de bure ne sombre pas dans un sentimentalisme pathétique grâce a un ton distancié soutenu.Ecrit avec une précision expressive, dans une langue empreinte d’images évocatrices et inattendues.Il vestito di sacco, paru en 1993, est le premier roman de l’écrivaine italienne traduit en français.Depuis les années 1990, les femmes se sont imposées dans le paysage littéraire italien.Les Allusifs nous offrent l’occasion de découvrir le monde onirique chargé de sensations et de couleurs de Gabriella Baracchi, qui a signé trois autres fictions.LA ROBE DE BURE Gabriella Baracchi Traduit de l’italien par Danièle Valin Les Allusifs Montréal, 2005,72 pages EN BREF Code Da Vinci salué et parodié la fascination planétaire qu’exerce le Code Da Vinci de Dan Brown se conjugue au meilleur comme au plus cynique.Si le thriller mystico-éso-térique a été élu livre de l’année lors de la seizième édition du British Book Award cette semaine, il a aussi donné lieu à un ouvrage également britannique qui le tourne quelque peu en dérision.A l’occasion de la cérémonie de remise des prix à Londres, l’auteur du succès mondial a rappelé, dans un bref discours transmis par vidéo, qu’il ne s'agissait que d’un roman, répondant ainsi à la polémique entourant son œuvre de- puis sa publication ainsi qu’à sa condamnation par le Vatican.Dans The Asti Spumante Code: A Parody, l'auteur Toby Clement relate le secret du roman «meilleur vendeur», transmis et peaufiné de grand auteur en grand auteur à travers les âges dans l’espoir qu’un descendant écrive un jour le livre parfait Des éditeurs qui tentent de s’approprier la recette miraculeuse du numéro un du palmarès s’en mêlent, jusqu’à ce que les deux héros du récit parviennent à délivrer le fameux code des forces du mal.L’humour est au rendez-vous dans ce roman, que l’auteur promet à tout le moins mieux écrit que celui de son homologue.Depuis sa sortie en 2004, The Da Vinci Code a été traduit en 42 langues et s’est vendu à 17 millions d’exemplaires.Une adaptation cinéma- tographique est prévue en 2006 avec Tom Hanks et Ian McKellen.- Le Devoir Plus de deux heures de Perron à Radio-Canada À l’occasion du vingtième anniversaire du décès de Jacques Perron, les archives de Radio-Canada présentent sa voix, ses propos et sa silhouette dans un important dossier multimédia intitulé •Jacques Perron, “conteur du pays incertain”».Une occasion unique d’entendre et de voir l’écrivain.En tout huit documents principaux et six clips supplémentaires, pour un grand total de près de 150 minutes d'écoute.- Le Devoir (http://archives.radio-canada.caA ‘“conseils de.» libraires indépendants TRÉSORS INGÉNIEUX.L’ENCYCLOPÉDIE AVENTURE Collectif, Québec Amérique, 12,95$ Partez à la conquête de découvertes scientifiques et planifiez vous-même votre itinéraire I Trésors ingénieux, c’est un livre, un jeu, une somme de connaissances et un voyage temporel extraordinaire.Venez vivre l’aventure ! tRICmt MOREAU librairie Monet (Montréal) PAUL DANS LE METRO Michel Rabagliati, La Pastèque, 18,95$ Rabagliati nous charme encore avec ce recueil de nouvelles aventures de Paul, toujours aussi attachantes et drôles.Un plaisir incontournable 1 YVES CUILLET librairie Le Fureteur (Saint-Lambert) tes tmtins d’Auratie LES JARDINS D'AURALIE Maryse Rouy, Québec Amérique, 24,95$ Montpellier, 1230.Auralie met sa vie en danger : elle veut devenir médecin.Un livre passionnant qui rappelle le combat des femmes pour l’égalité des sexes.SORHIE RERROti librairie Clément Morin (Trois-Rivières) 5-FU Pierre Gagnon, L’instant même, 14,95$ 5-FU n’est pas un texte sur la maladie, mais sur la vie : c’est le regard touchant et bouleversant d’un homme qui en devient le spectateur malgré lui Sobre, fort et superbe.PASCALE RAUD librairie Pantoute (Quebec) P © CNCSYISNSUTH h.L.ETTE LA TRACE DE L’ESCARGOT Benoît Bouthillette, JCL, 19,95$ Voici un polar iconoclaste aux références alternatives et artistiques éclatées, définitivement anticonformiste tant par la forme que par les thèmes abordés.Sombre mais rafraîchissant.MARIE-BELLE GIRARD librairie Les Bouquinistes (Chicoutimi) le libraire Journal littéraire bimestriel mai-juin 2005 Maintenant en librairie Une réalisation des librairies indépendantes : MORIN , life.LIBRAII U*.« CaU L*l www.lelibraiTe.org Le portail du livre au Québec Avec l aide de Patrimoine Canada CanadS 11 ¦¦¦*.MORIN .Jffe.LIBRAIRIE L .PANTOUTE fîrtrfuintc/R fjluRETEUR Informations : info@lelibraire.org Après le hockey, l’amour LOUIS CORNELHER Le jeune romancier Matthieu Simard est un auteur à la fois franc et déconcertant Carré et oral, son style semble être celui d’un tâcheron, mais il suscite l’intérêt avec une rare efficacité.Terre à terre, les univers qu’il met en place semblent nous enfoncer dans la banalité, mais c’est pour mieux en faire ressortir la seule gravité qui nous laisse perpétuellement sans repos, c’est-à-drre celle du quotidien.Sorte de Bukowski québécois version soft, Matthieu Simard, selon le titre de son premier ouvrage, se complaît dans les échecs amoureux et autres niaiseries, et ça commence, toujours l’air de rien, à donner une œuvre qui dit avec un brio naturel, le désarroi d’une certaine jeunesse contemporaine.Ça sent la coupe, son roman précédent racontait la passion du hockey, le goût des femmes de même que les grandeurs et misères d’une gang d’adolescents attardés, égarés dans le monde des adultes.Entre la recherche du sens et de l’amour vrai et le désir de l’indifférence et de la baise facile, les personnages de ce roman, entre deux bières, ne faisaient pas grand-chose, sinon chercher par où commencer à réfléchir à leur vie.Du vide existentiel d’une jeunesse québécoise somme toute privilégiée, Simard faisait une œuvre à la fois énergique et déboussolée qui évoquait un désir de quête.en quête de la direction à suivre.Petite fantaisie amoureuse qui oscille encore une fois entre la gravite et la légèreté, entre l’engagement et le goût paresseux du réconfort.Douce moitié se présente comme un «demi-roman», petit format à l’avenant dans lequel le narrateur de Ça sent la coupe — Matthieu Simard — se lance à l’assaut de la maturité avec l’arme la phis immature qui soit celle du conte de fées.«Pourquoi tu me demanderais pas en mariage?», lui lance, par un soir d’automne comme un autre, sa Julie adorée.Et l’aventure, dès lors, s'enclenche: «Je vous raconte une petite histoire d’amour quétaine.Ça vous dérange?L’histoire d’un gars qui trippe sur sa blonde et qui veut la demander en mariage.Ça s’appelle Douce moitié.» Notre balseur indifférent pour qui le bonheur se résumait à se faire faire une pipe en écoutant le hockey, serait-il devenu risiblement fleur bleue?La chose l’inquiète: «Fuck.Je peux pas croire.Je suis devenu Alexandre Jardin.Un crisse de ti-livre cute, un livre d’amour, avec plein de niaiseries d’amoureux./ai mal au cœur.» Ce livre, pourtant il le fera.Pour l’amour, bien sûr, mais surtout à cause à’«une tristesse qui motive, une douleur qui drive».Parce que l’indifférence et le désarroi — ça ne peut pas toujours que sentir la coupe — doivent être combattues, au moins, d’abord, à l’échelle individuelle: «Raconter mon bonheur, pour le clash avec tout le reste, pour me battre contre Le Télé-journal et ses horreurs internationales, contre Le Grand Journal et ses horreurs locales.Raconter mon bonheur, parce qu’il faut bien qu ’il y ait quelque chose de bien.» Et il y aura, dans Douce moitié, récit de la mise en scène de cette demande en mariage, un peu d’Alexandre Jardin mais surtout beaucoup de Matthieu Simard, car il s’agit bel et bien d’une sorte de conte de fées mais qui refuse la dictature du second de» gré que toute une culture — populaire ou savante — nous impose pour faire intelligent.Simard, c’est sa force, est très premier degré.Quétaine, cette fois-ci, mais ROBERT ETCHEVERRY Matthieu Simard suscite l’intérêt avec une rare efficacité.en le sachant et sans en rire parce que c’est aussi ça, l'amour tel qué les humains le vivent Pas de banalité romancée, donc, mais un roman de la banalité, même dans ses manifestations les plus exubérantes.Simard, on l’a dit, est franc, toujours, et ça fait du bien, et ça fait une œuvre parce qu’il a su inventer un style pour cette franchise qui, contrairement à ce qu’on croit n’est jamais donnée.«L’angoisse m habite depuis toujours», avoue-t-il.Et comme pour donner une des clés de son œuvre, il ajoute: «J’écris petit, petit et sec, violent.Je bégaye un peu, ça me pique tout le temps, /ai peur que l’étiquette de mon chandail soit sortie.[.] Chaque jour, c’est pareil, chaque jour, c’est un combat contre tout, contre tous.» Petit récit de transition, hors E V 0 I R .LES SAMEDI ET DIMANCHE 24 AVRIL 0 0 5 F r> -«•LlTTÉRATDRE'*- ENTRETIEN Les pirates orgiaques de Zoé Valdès SÉBASTIEN BARANGER Zoé Valdès fait revivre, dans son nouveau roman Louves de mer, le fougueux destin des deux femmes pirates les phis célèbres de l'histoire.L'écriture de Zoe Valdes n'avait jusqu'à maintenant pas quitté le cadre de son Cuba natal.En exil depuis dix ans, son cœur et son imaginaire sont toujours proches de La Havane, mais ce nouveau roman prend le large, celui de la mer des Caraïbes, celle du XVIII' siècle infestée de pirates.Valdès nous embarque littéralement à bord du vaisseau de Jack Rackham, dit Calicot Jack, dont Hergé s’inspira pour son personnage de Rackham le Rouge.Riche comme les soutes des navires de ces flibustiers, le roman de Valdès déborde de détails historiques précis sur un monde qui fascinait déjà la petite Zoé: •Ma grand-mère me voyait comme un garçon manqué; c'est comme ça que j’ai commencé à lire des histoires de pirates.J’ai ressorti tout ce que j’avais de mon enjance pour écrire ce livre.» Les souvenirs et l’imaginaire de la petite fille ont été enrichis de nombreuses lectures, comme L’Histoire générale des plus fameux pirates de Daniel Defoe.L’histoire réelle de Calicot Jack et de ses deux comparses apparaît d'ailleurs pour la première fois dans cet ouvrage, écrit par Defoe en 1724 sous le pseudonyme de Capitaine Johnson.On pouvait faire confiance à la plume rabelaisienne et sensuelle de Zoé Valdès pour donner sa propre voix à cette histoire de pirates.La sauvagerie n’est pas l’apanage des hommes: les louves de mer Mary Read et Ann Bonny ont réellement été les terreurs humaines décrites par Valdès.•H y avait chez ces deux femmes une envie d'être homme, surtout Mary, mais en même temps elles avaient la curiosité de devenir ce qu'elles étaient vraiment», confie l’auteure en parlant de ces deux femmes dont elle épouse le langage, la pensée, le corps.Habillée durant toute sa jeunesse comme un garçon par sa mère.Mary, déguisée en homme, part à l’abordage en tuant en mutilant en éventrant comme ses AGENCE FRANCE PRESSE Toujours critique lorsqu’elle regarde le monde qui va, Zoé Valdès croit que «c’est la poésie qui sauvera le monde de la bestialité».confrères hommes pirates.«A part cet inéluctable accident, autrement dit la fente entre mes cuisses, le reste chez moi relève davantage d’un garçon que d’une fille», dit Mary.Sa compagne d’aventure et de pillage, Ami, n'a que treize ans quand elle assassine la servante de la famille et dix-huit quand elle épousé son pirate de mari dans un bordel l'nies par la rage et la colère, ces deux femmes ont la fièvre du danger, l'amour de la mer et un appétit sexuel sans limites.•Ça commence par un amour sauvage et ensuite c’a ete beaucoup plus seneux et dramatique», explique Valdès.Avec le célébré flibustier Cahcot Jack, elles forment une triade orgiaque.•L'histoire d'amour entre elles et Calicot Jack, ç'a vraiment existe, même si Defoe a essaye de le cacher parce qu 'il a connu le père d Ann Btrnny et qu'il ne voulait pas porter la honte à leurtamiüe • Valdès dépeint avec chaleur et talent l’intimité et la passion libre et non conventionnelle de ce trio.s'empara de ce yucca juteux pour en brosser sa glissante orchidée noire.» Jusqu'à la fin, l'amour unit ces trois pirates.•Ils ne se séparèrent plus, le désir ephemère devint le désir étemel», écrit Valdès.On ne sait pas vraiment comment finissent Ann et Mary, qui pour ne pas être pendues prétendirent être enceintes.Leur ancien amant.Calicot Jack, après avoir vaillamment ecumé les mers, finit quant à lui en prison, condamné à mort Ann lui lancera le célèbre: «Si vous vous étiez battu comme un homme, vous n'auriez pas à mourir comme un chien.» Le monde et sa bestialité Ces personnages ont pris possession de l’esprit de Zoé Valdès, mais aussi de son corps.Alors quelle écrivait ce roman, elle est allée souvent à la mer, au musée de la marine, elle portait des bottes de pirate alors que ce n otait pas du tout la mode.•Je suis quelqu 'un de très fétichiste, surtout quand il y a des personnages .torts comme là», confie la chaleureuse Zoé Valdès.Pour la première fois, avec ce roman, elle ne choisit pas de parier de la folie de Cuba et se réfugie dans les mers du passé.«Ma patrie c'est la mer», crie un jeune pirate andalou, et Zoé Valdès d'ajouter en écho: •L'exil c'est une liberation mais aussi une punition, la mer donne une sensatum de liberté et une sensation d’oppressùm.» Si elle a longuement hésité à écrire cette histoire, elle s’y est finalement engouffrée comme dans un havre.•J'ai'ais trop de choses reelles dans ma tête, je me suis donc retugiee dans le XVII siècle.À partir de cette histoire, je faruvais parier de choses d’aujourd'hui.» Dans cette fuite vers un autre univers.Zoé Valdès ne renie en rien la liberté et la jouissance de son écriture, bref la gouaille et la poésie qui ont fait le succès de ses precedents romans.Izmves de mer est d’ailleurs emailfe de subtils poèmes.•Im poésie, c’est mon univers, je ne l’ai pas abandonnée, mais je ne sais pas pour combien de temps: parce que la poésie.c’est quelque chose de jeune et moi, j'ai déjà 46 ans!», signale, rieuse, celle qui publie dans le même temps une anthologie de ses poèmes.Une habanera à Paris.Toujours critique et parfois déçue lorsqu'elle regarde fe monde qui va, Valdès croit que •c 'est la poésie qui sauvera le monde de la bestialité», les vers donneront au monde le pouvoir de dire les choses autrement, plus prés de la vérité selon elle.Son prochain livre la plonge de nouveau dans le contemporain, niais l'écriture d’un roman de genre comme Ixruves de mer.cette percée dans l'Histoire, lui aura apporté de riches enseignements.Elle l’a compris en lisant />¦ Rideau, essai de Milan Kundera, qui arrivera en mai dans les librairies du Québec.11 écrit: »le romancier n 'est pas le valet des historiens; si l'Histoire le fusetne.c'est qu'elle est comme un projecteur qui tourne autour de l’existence humaine et jette une lumière sur elle, sur ses possibilités inattendues.» LOUVES DE MKK Traduit de l’espagnol par Albert Bensoussan Gallimard Paris, 2tK)5,240 pages UNE HABANERA À PARIS Poèmes d’anthologie Traduit de l'espagnol par Claude Bleton Gallimard P
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.