Le devoir, 16 avril 2005, Cahier F
LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 AVRIL 2 0 0 5 RpMAN QUEBECOIS L’intelligence et l’audace de Clara Ness Page F 2 ENTRETIEN Margaret Atwood et l’anticipation du futur Page F 3 ?LE DEVOIR ?s6/ o ' éa Bêî, fc‘ ptoagras**' Lxindr** pmr saisir le-s iraiteü «le Bmraad RassuA ,vis XîiAwI de 5fe«er4fej«irv .L^bss «®e Se®%v KswnüSOTte.à H^eure é» naddrive, K>s» seO écïil aters m oeWtee Dheioi;r*|j4ie quelques tuafeaa s»p« de fswraurde nwoksMàer *ISkm pmtem am turn mstmêtk am mm-m rnsmà&t.S atméf mm k ték'M- mam pmtams ' k «Mmte « &* rmlm’r favsqmt êm pM&mtit ia nr à k mofrl H, si k.Sfmèkm kwr est tkâmmwt émomt*.it dmskms k meik/sét qm ai mkessam à k mmstma-hmêeMm.» Bertrand Russell Les trois passions NORMAND H A11, LARG E O N Le philosophe el mathématicien anglais Bertrand Russell, né le 18 mai 1872, est mort, presque centenaire, le 2 février 1970.Entre ces deux dates, il aura fait paraître quelque 70 ouvrages et des milliers d’articles, en plus d’avoir été au premier rang de multiples combats politiques d’avant-garde.Plusieurs estiment à juste titre que ce personnage hors du commun a été à la fois le plus important philosophe du XXr siècle et un militant exemplaire.Et il y aurait sans doute encore plus de gens à le penser si ses textes n’étaient pas si scandaleusement peu traduits en langue française.Il faut donc savoir gré aux Presses de l’Université Inval de contribuer à la diffusion des idées de Russell.En 1896 et 1897, les deux premiers livres que Russell fait paraître étaient, respectivement, un essai sur la social-démocratie allemande et un ouvrage sur les fondements de la géométrie.Tout au long de sa carrière, Russell publiera ainsi, côte à côte, des ouvrages techniques destinés à des spécialistes et des ouvrages s'adressant au grand public.Au total, l’œuvre publiée correspond assez à ce projet que, tout jeune homme encore, il avait ébauché: «Je fis le plan d'écrire une série d’ouvrages de philosophie des sciences qui deviendraient de plus en plus concrets [.] et une série d'ouvrages portant sur des questions sociales et politiques devenant de plus en plus abstraits.» L’œuvre philosophique et scientifique de Russell est aussi vaste que complexe.Elle a, plus que toute autre sans doute, contribué à doter la philosophie analytique de son cadre, de ses outils et de ses problèmes propres.Des apports conceptuels aussi capitaux que la théorie de la dénotation, la théorie des types, le logicisme, l’atomisme logique — et j’en passe — font mesurer l’immensité de la dette contractée envers Russell par quiconque travaille au sein de cette tradition philosophique.Le versant social et politique de l’œuvre est tout aussi riche.Le bilan, ici, est à la fois celui d’un théoricien et d’un militant, puisque Russell, qui ne cessera d’écrire sur les questions sociales et politiques, s’engagera aussi dans l’action et en faveur de toutes les causes progressistes: pacifisme, démilitarisation, féminisme, suffrage des femmes, dénucléarisation, et ainsi de suite.Son militantisme lui vaudra d’ailleurs d’aller à deux reprises en prison, durant six mois en 1918, pour pacifisme, puis, très brièvement en 1961, à l’âge vénérable de 89 ans, pour sa participation aux protestations pacifistes contre la prolifération nucléaire.En 1967, et ce sera un de ses tout derniers gestqs, Russell crée un tribunal pour juger les actes des Etats-Unis au Vietnam et le complexe miljtaro-ipdustriel qui en profite: ce tribunal condamnera les Etats-Unis pour crimes de guerre.Au total, sa traversée du siècle, hostile au capitalisme comme au communisme, fait de Russell un compagnon de route des libertaires.Grand public Les trois textes présentés ici appartiennent au volet grand public de l’œuvre.Prenons-les dans l’ordre chronologique de leur parution.VOIR PAGE F 2 : RUSSELL Russell, formidable pédagogue, explique tour à tour l’art de philosopher, celui d’inférer et celui de calculer du bon génie I i te Est à Montréal •(MftreiefriUpAM) Montréal capitale mondiale Bibliothèque du livre nationale Québec S K Portes ouvertes | 30 e 1er.g | LE DEVOIR, LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 AVRIL 2005 •'Livres ROMAN QUÉBÉCOIS Clara Ness ou l’exercice du bonheur CHRISTIAN DESMEULES Clara Ness est musicienne.Elle est du côté de la vie, résolue, pénétrante, ludique.Son premier roman est un poème court et farouchement sollersien qu’elle dédie à la b.eauté de la vie libre.Ecrit avec l’oreille absolue de la musicienne-née, Ainsi font-elles toutes est une •opération amoureuse» qui se conjugue tout au féminin: échappée de la rencontre, glissando de la séduction, climax puis retour au réel des malentendus.Avec une délicatesse infinie, fruit rare d’un mélange d’intelligence et d’audace, Clara Ness, 22 ans, s’offre un premier roman à la vivacité folle et contagieuse.Etudiante en médecine approchant la trentaine, la narratrice de Clara Ness cultive la liberté sous toutes ses formes.D’un côté, il y a Paul, son amoureux musicien avec qui elle habite à Montréal.De l’autre, Luiz S., un écrivain français avec qui elle entretient depuis dix ans, à distance, une relation «clandestine et absolue».Entre les deux, comme un éclair, apparaît un jour Agnès, libraire à L’Esclandre, belle à ravir avec sa robe verte et ses cheveux noirs.Agnès qui aime la vie, les livres et la musique, et que la narratrice essaiera lentement de séduire.L’amour fou «J’allais te voir à L’Esclandre, tu étais fière, tu étais un exil pour moi! Clara Ness, 22 ans, s’offre un premier roman à la vivacité folle et contagieuse Une caravane et un tapis volant, une étoile dans son ellipse, l’infini roulé blanc, un jardin des délices, un monstre de lubricité, mon taureau, ma libellule, mon matador, un ours, une oie, un dinosaure.J’étais entrée en toi comme on entre dans une église, avec les archanges, les voûtes, la crypte, le confessionnal, l’autel, l'orgue, la messe en si» Se sentant à l'étroit dans ce triangle amoureux, Paul la quittera pour aller vivre et travailler à Berlin.Elles vivront quelques mois d’idylle à deux dans la chaleur de l’été, à travers les amants de passage et la liberté parfaite, avant de prendre ensemble la route de la mer durant cinq semaines.Un mois et demi de flottement et d’amour fou.Un immense et infini présent de passion partagée.«Ce que je veux: la primauté de la volupté sur le dieu Logos.Pas de cagibi sombre ni de lumière absente.Que le soleil continue la nuit.Point.» Au retour, Agnès se volatilise sans explications et vend ses parts dans la librairie.La peur au ventre?Agnès avouera, avant de «s’engouffrer dans les replis de l’amour social», qu’elle a pris la fuite parce qu’elle l’a cru amoureuse d’elle.«Les femmes comme toi ne sont pas ce que j’aurais espéré d’une seule»,Jui adressera à son tour la narratrice.Voilà tout.Déménagée plus tard à Paris avec Paul, avec qui elle a renoué, la jeune femme voit parfois Luiz, sort quelquefois «chez les filles».Quelques émois, mais rien de comparable à Agnès.«Bien qu’elle LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUÉBEC, POUR L’ACHAT DE BIBUOTHÈQUES IMPORTANTES.SERGE BOUCHARD Rencontre avec l'anthropologue et animateur Serge BOUCHARD le jeudi 21 avril à 19h00 à la Librairie Manet La discussion portera sur son dernier livre Récits de Mathieu Mestokosho, chasseur innu.Réservez votre place au 514-337-4088 poste 213 ou par courriel à anne-pascale@librairiemonet.com M .i .2752, de Salaberry Librairie , Galeries Normandie Æfl&X Montréal, Qc H3M 1 L3 1 www.LibrairieMonet.com NICOLAS URLACHER Clara Ness m’offre un café dans m bol de porcelaine en restant nue jusqu’au dernier moment, bien que nous fassions l’amour une dernière fins par terre, jbuillant, cherchant de nos mains un plus grand vertige que la première fois, je sais à ce moment qu’on ne rencontre pas l’amour deux fois, même s’il est infiniment possible d’aimer à nouveau.» L’amour a peut-être ses saisons, écrit Clara Ness.Un roman sous influence On retrouve ici et là dans ce premier roman, comme autant de cailloux qui nous ramènent à sa source, l’ombre forte de Philippe Sollers.Nombreux sont les thèmes et les références qui renvoient tout de suite, pour ceux qui savent, à l’écrivain de Portrait du joueur, la paranoïa nécessaire, l’érotisme délicat du rite catholique, les propos sur la littérature marchande et dépressive, sur les femmes, sur l’amour et la liberté.Quelques jalons littéraires communs: Proust et Claudel, Céline, Dante ou saint Augustin.Sans oublier les Mémoires de Casanova, qui enveloppent l’ensemble à la façon d’une «basse continue».Même 'jüM Des livres pour savoir ¦n Morcocv, JBKp «ne IV.W mpc«, «-y** .rtto Piquet Des cultures en contact Vlù» d, I’AnMiu, A, Nor) (nocochooc Sous la direction de - Jean Morency, -Hélène Destrempes, Denise Merkle et Martin Paquet Une lecture claire de la francophonie en Amérique du Nord.le style est sollersien: musical, rythmé, direct.Jusqu’au titre XVTII'' siècle qui nous renvoie à l’opéra de Mozart (Cost fan tutte, •chef-d’œuvre de pornographie suggérée», dirait SoÛers).C’est le défaut majeur (et le seul, pourrait-on dire) de ce premier roman de Clara Ness, qui vit elle-même aujourd’hui entre Paris et Montréal.Et tout comme Sollers, cette «claire personne» a aussi fait le choix de prendre un pseudonyme, davantage par désir de jouer et de marquer sa vraie naissance d’écrivain, peut-être, que par volonté réelle de se dissimuler.Originaire de Gatineau, en Outaouais, elle publiait déjà à quinze ans un premier recueil de nouveDes nimbé d’idéalisme, de sensualité et d’énergie.Précoce et talentueuse.La suite de cette «passion fixe» pour l’écriture et pour la vie, nous l’avons aujourd’hui entre les mains.Il faut lire, et il faut bien vite espérer la suite.Et puis souhaiter que l’élève brillante se dégage sans tarder de l’influence trop évidente du maître.Pour l’éclat de fraîcheur, le style aveuglant et l’histoire de flirt entrç filles, on pense évidemment à Emilie An-drçwes avec Les Mouches pauvres d’Esope (XYZ, 2004).Un anti-Nelly Arcan, en somme, où le plaisir n’est pas qu’un baume ou une marchandise, et dans lequel l’amour (et le manque d’amour) ne défigure pas l’humanité.Eloge et critique de la femme par une femme, réflexion lucide sur l’amour et la liberté, Ainsi font-elles toutes s’affirme avec un aplomb rare pour un premier roman.Avec quelques lueurs de sincérité désarmantes: «J’ai peur des drames qui se jouent dans l’ombre, des choix morbides qu’on finit par aimer, des déserts de l’amour.Mais je suis si habitée par l’idée de la mort que j’ai de la vie un appétit inextinguible.Je crois que le dépouillement est une chance, et que chaque effort en vue de la liberté est un espoir de jouissance.» Voilà.On aurait envie de citer des pages et des pages de ce roman lumineux.L’intelligence est excitante, écrit quelque part Clara Ness.Elle a raison.Elle a déjà compris.Et il arrive aussi qu’on attrape le bonheur en lisant AINSI FONT-ELLES TOUTES Clara Ness XYZ Montréal, 2005,132 pages RUSSELL Pourquoi Russell, finalement, est-il aussi peu connu et traduit ?SUITE DE LA PAGE F 1 Le Pouvoir date de 1938 et c’est un des écrits de théorie politique majeurs de Russell.Depuis qu’il a contemplé avec horreur l’enthousiasme martial et nationaliste de ses contemporains en 1914, Russell n’a cessé de méditer la nature et les limites du pouvoir politique.Dans ce livre ambitieux, 2 se livre à un attentif examen de la catégorie de pouvoir envisagée comme une sorte d’équivalent pour la sociologie du concept de force en mécanique.Trois thèmes y sont traités.D’abord, le rôle de l’opinion dans la création et la destruction du pouvoir, ensuite, le pouvoir au sein des organisations modernes; enfin, les moyens, éthiques, éducationnels ou autres, de dompter le pouvoir.Dans les années 40, Russell est à ce qu’il nommera «l’apogée de sa respectabilité» — D obtient d’ailleurs en 1950 le prix Nobel de littérature.Il s’en inquiétera et dira avec son humour bien caractéristique: «favais toujours pensé qu’on ne pouvait être respectable à moins d’être malfaisant.Mais mon sens moral était à ce point corrompu que je ne parvenais pas à voir en quoi j’avais péché.» Les années à venir allaient le rassurer il serait de nouveau copieusement honni pour ses idées et ses actions militantes.L’Autorité et l’Individu date de cette période—il s’agit en fait des Reich Lectures de 1949.Russell y pose une question capitale: «Comment pouvons-nous combiner le degré d’initiative individuelle qui est nécessaire au progrès avec le degré de cohésion sociale qui est nécessaire à la survie?» L’Art de philosopher, finalement, quoique rédigé bien avant est paru en 1968.Il se compose de trois textes d’initiation à la pensée critique.Russell, formidable pédagogue, explique tour à tour l’art de philosopher, celui d’inférer et celui de calculer.On a id un peu l’impression d’être des élèves privilégiés qui seraient initiés à la physique par Einstein.L’amour des mathématiques de Russell se dévoile dans les dernières lignes du livre avec en même temps, peut-être, une part de son explication: «[.] le travail des grands mathématiciens recèle une sorte de beauté limpide qui laisse entrevoir ce dont les êtres humains sont capables lorsqu’ils se libèrent de leur lâcheté, de leur férocité et de leur asservissement aux contingences de l’existence corporelle.» La clarté du philosophe D convient comme je l’ai dit de remerder les Presses de l’Univer- sité Laval pour ces ouvrages, fort bien traduits au demeurant, qui permettent de faire connaître une œuvre majeure encore trop méconnue.On peut en espérer d’autres: nombre de textes de Russell ne sont pas encore traduits et on trouve parmi eux des trésors.L’amoureux de Russell que je suis se permettra cependant une petite réserve.Pourquoi n’avoir pas préfacé ces ouvrages?Un court texte, de quelques pages seulement aurait permis de le situer dans son temps et dans le parcours de l’auteur: tout cela en aurait grandement facilité l’accès au néophyte.Reste une troublante question.Pourquoi Russell, finalement est-il aussi peu connu et traduit?Je me risque à suggérer qu’une part de l’explication tient à la conjonction de deux facteurs.Le premier est qu’on ne lui pardonne guère ses combats et ses idées politiques, radicaux et presque libertaires; le deuxième, que Russell a, par rapport aux philosophes et penseurs actuellement à la mode et pour le public qui les adule, de terribles défauts: il est clair, il est intellectuellement honnête et il est savant.C’est impardonnable.D convient de laisser le dernier mot au Bon Génie.Citons donc ces lignes, magnifiques, qui ouvrent son autobiographie et par lesquelles Russell donne la clé de sa vie et de son œuvre: «Trois passions, simples mais extraordinairement fortes, ont gouverné ma vie: la recherche passionnée de l’amour, la quête du savoir et une douloureuse pitié devant la souffrance de l’humanité.» baillargeon.normand @uqam.ca LE POUVOIR Bertrand Russell Traduit de l’anglais par Michel Parmentier Presses de l’Université Lavai, colL «Zêtêsis» Québec, 2003,240 pages L’AUTORnÉ ET LTVDMÜl Bertrand Russell Presses de l’Université Laval, colL «Zêtêsis» Québec, 2005,128 pages UART DE PHILOSOPHER Bertrand Russell Presses de l’Université Laval col «Zêtêsis» Québec, 2005,104 pages Oli v i e r i librairie «bistro Olivieri crée l’événement Samedi 23 avril 2005 Journée mondiale du livre et du droit d’auteur 5219, Côte-des-Neiges Métro Côte-des-Neiges 739-3639 À l’occasion de la journée mondiale du livre et du droit d’auteur 2005, partez à la découverte des livres québécois.Un livre acheté, une rose offerte.* Participez à notre tirage au sort pour gagner l’un des trois ouvrages suivants** : L’appareil Éditions de la Pastèque Nouveau dictionnaire visuel multilingue Éditions Québec-Amérique Guide des fleurs parfaites Éditions de l’Homme À l’occasion de cette journée, ces titres seront vendus à un prix spécial.* dans la limite des stocks disponibles ** conditions générales sur le lieu de vente UNE VALLÊtD UNE VALLEE DE LA MORT ATTENDAIT LES FRANÇAIS par Aurélien Boisvert Qui vivait dans les basses terres de la vallée laurentienne lorsque Champlain a fondé Québec en 1608 ?Les Français ont-ils refoulé le peu d’habitants qui y vivaient alors ?112 pages prix total et frais postaux: 16 $ Lus Editions 101 unr.C.I’.501.Suie.Desjardins Montréal 11515 1157 hUp://u\\ ul.sMiipatico.ca/aii.boisuTt Collection Patrimoine urbain Les églises du Québec Un patrimoine à réinventer Luc Noppen et Lucie K.Morisset I .e coin liai tin patrimoine A MONTRfAI.««««•» C±> «NO»** * Dans le numérique, les droits d’auteur ne sont pas virtuels.Le vacillement de Sylvia Plath GUYLAIN E MASSOUTRE Londres, 1962.Il fait si froid.Sylvia Plath, avec ses deux enfants de trois ans et onze mois, lutte contre la solitude et l’abandon.La poétesse américaine ne se réveille pas d’une torpeur qui l’enferme et hii bouche l’avenir.Elle réside pourtant dans l’ancien domicile de W.B.Yeats.Mais c’est à Ted Hughey, son mari volage, qu’elle pense.A sa rivale.D a tué son mariage.Elle se sent dépassée par les événements.Elle vient de finir son premier roman, La Cloche de détresse, et elle caresse quarante et un poèmes achevés.Dans ses écrits, elle n’a jamais caché ses coups de canif à la vie, les bavures du ressenti, les entorses à l’équilibre.Elle ne parle pas de ce qu’elle sait, mais de sa vie.Or ses mots d’esquive à la souffrance ont paru s’agripper à un cœur apaisé.Qui a vraiment su l’épouvante de ses défis immenses, de son intimité brisée, des mots durs qui se sont dressés irrémédiablement entre elle et lui?Kate Moses, Californienne née en 1962, au moment où Sylvia Plath se débat dans la dépression, trace un portrait tout en finesse de cette femme douée, incapable de tenir le stress de ses propres décisions.Dans ce premier roman, primé, Moses campe le tableau d’un échec qui refuse de se laisser digérer et dissoudre dans l’expérience.Elle montre aussi la quête d’un rythme autre qu’affolé, les conditions favorables, les renconfres bénéfiques, les pensées nuancées et subtiles de Plath.Très documenté, ce roman plonge avec intelligence autant dans les archives concernant Plath que dans les détails de la vie «T"* k L’écrivaine américaine Sylvia Plath.SOURCE GORDON LAMEYER quotidienne, dont certains, relatifs aux enfants, proviennent de la famille de l’auteur.Pour s’approcher de la réalité, rien n’est ainsi laissé au hasard de l’imagination.Les relations de Plath avec Hughes sont attentivement campées, à partir des sources que Moses a méditées avec patience.La poésie y tient une place essentielle.La soli- tude du poète n’est pas un thème, mais une ambiguité de la vie.FROIDURE Kate Moses Traduit de l’anglais par Anouk Neuhoff Quai Voltaire Paris, 2004,334 pages LITTÉRATURE FRANÇAISE Nuit bleue à Valparaiso CHRISTIAN DESMEULES Le livre sent l’écume et le varech, les parfums bon marché, le plaisir et le grand large.Ce roman, «qui n’est pas autobiographique mais où tout est vrai», avouait son auteur, se passe en une seule nuit, «une nuit bleue et noire, une nuit parmi tant d’autres».Vingt-quatre heures dans le ventre d’une ville parmi d’autres: Valparaiso, port mythique du Chili.Ville faite de bric et de broc, avec ses funiculaires déglingués et ses collines, son seul quai et ses mille bordels, cette labyrinthique «vallée du Paradis» alimente depuis longtemps l’imaginaire des voyageurs au long cours.Le premier roman d’Alain Jau-bert, 64 ans, nous fait le portrait d’un port et le récit d’une escale qu’y font deux marins de 18 et 20 ans, tout juste débarqués en 1958 d’un cargo en provenance de Marseille.Leur désir de tout voir, de tout parcourir, de tout vivre.Jus- qu’au vertige.Le cul des filles, rond comme un poème, l’alcool jusqu’à la nausée, les rencontres improbables.À cette débauche initiatique se mêlent les souvenirs de la traversée et ceux d’autres escales: Plymouth, New York, la Martinique, le canal de Panama.Ami proche de Philippe Sellers (qui l’édite dans la collection qu’il dirige depuis une vingtaine d’années chez Gallimard), Alain Jau-bert a fait son service militaire dans la marine française (une expérience qui a en partie nourri Val Paradis), avant de devenir journaliste scientifique, enseignant puis producteur et réalisateur de télévision.On lui doit notamment des films sur Casanova, Nietzsche, Michaux et Musil, aussi bien que Palettes, une série documentaire sur la peinture présentement diffusée à Artv.Val Paradis est un torrent d’images, d’odeurs, de mots et de désirs qui emporte au loin son lecteur, avec des phrases qui font huit pages, des noms de femmes à faire rêver, des histoires de nau- fragés.Un roman sensuel et musical, mélange parfait de jazz et de vieux blues.Un éloge des départs qui se construisent autour d’une carte, nourris par les livres d’images et les récits fantastiques de voyageurs réapparus: Melville, Conrad ou Cendrars.Puis en le refermant, nous revient cette phrase du Termina Mar quez de Valéry Larbaud: «Plus tard, quand nous serons des hommes, nous irons en Amérique du Sud.» VAL PARADIS Alain Jaubert Gallimard, col «L’Infini» Paris, 2004,448 pages Alain Jaubert sera présent cette semaine à Montréal.Il donnera une entrevue publique animée par Stéphane Lépine à la librairie Gallimard, le mardi 19 avril à 17h30.Renseignements: (514) 499-2012.CONCOURS Si fêtais libraire et LE M0IR vous invitent à participer au concours Si j’étais libraire et à courir la chance de gagner l'un des 10 ensembles des livres finalistes du Prix des libraires du Québec 2005 (valeur totale de 2 670 $).Concours Si fêtais libraire 2005 Si vous etiez libraire, quel serait votre choix, parmi les finalistes du Prix des libraires du Quebec 2005, pour chacune des categories suivantes?FINALISTES - ROMAN QUÉBÉCOIS O Comment devenir un monstre, Jean Barbe (Leméac) .FINALISTES - ROMAN HORS QUÉBEC O ta nuit de l'oracle, Paul Auster (Actes Sud/Leméac) O Le jour des corneilles, Jean-François Beauchemln O Une vie française, Jean-Paul Dubois ri « AiiiKifo (Olivier) (Les Allusifs) O Le retour d'Afrique, Francine D'Amour (Boréal) O Visions votées, Rachel Leclerc (Boréal) O Qui a tué Magellan?et autres nouvelles, Mélanie Vincelette (Leméac) O Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé (Actes Sud) O Ensemble, c'est tout, Anna Gavalda (Le Dilettante) O L'ombre du vent, Carlos Ruiz Zafôn (Grasset) Déposez ce bon de participation chez un libraire, membre de l’Association des libraires du Québec*, AVANT LE 22 AVRIL 2005, 18h.S.V.P.remplir en lettres moulées.Nom, Prénom_________________________________________________________________________ Adresse.Téléphone (jour).Tirage de dix gagnants répartis dans l'ensemble du Québec.Les gagnants seront annoncés le 9 mai 2005, à la Station C, lors Aj spectacle du Prix des libraires du Québec, où le public est invité (entrée gratuite), las fec-stulés ne n* pas acceptés, les parUdpants doivent avoir 18 ans et pks.* WPOREW : \fcuHs ccnsulter le ste Internet wwwala.qc.ca ou oamrtquer au (514) 526-1M9 afti de vérifier si votre Ibrate est mentre de UasocMor.Mtfernenb dfcpontées au bureau de Masodatian.En collaboration avec : LEMEAC H Boréal ¦¦ ****dHOTfcMa«tn le> dilettante LE DEVOIR.LES SAMEDI 16 ET DIMANCHE 17 AVRIL 2 0 0 5 -'tSSAlS'- Refonder l’indépendance Portrait atypique du Québec es souverainistes, écrit Michel Venne, ont depuis longtemps gagné le débat théorique.Peu d’arguments contre la souveraineté résistent à un examen minutieux.[.] Mais gagner le combat argumentaire ne suffit pas à transformer une province en pays.Il reste aux souverainistes à mobiliser la majorité des Québécois dans cette voie.As y sont Presque arrivés en 1995.» Or cette entreprise de mobilisation, pour être efficace, ne saurait se réduire à la seule réitération des arguments souverainistes traditionnels qui, maigre leur pertinence, n’ont pas encore suffi à rallier une majorité.Elle doit plutôt emprunter la voie d’une refondation de l’argumentaire souverainiste à même de faire partager son urgente actualité et de briser l’impasse actuelle.C’est à cette tâche que s’attachent les onze intellectuels pour la souveraineté réunis dans Redonner sens à l’indépendance.Dans des contributions de très haut vol, ils avancent à partir d’angles différents, des réflexions et propositions susceptibles de relancer ce débat essentiel et de le mener à terme.D importe, toutefois, de préciser que cet ouvrage n’a rien d’un manifeste et qui s’adresse surtout à un public averti, versé dans le débat inteDectueL Constatant que, «du désir d’émancipation des Québécois de souche ca-nadiennefrançaise que portait la Révolution tranquille, nous sommes passés à la célébration de l’identité multiculturelle et du pluralisme identitaire», le sociologue Jacques Beauche min pose peut-être la question la phis essentielle de ce débat «[.] de quelle façon conjuguer la mémoire de la communauté canadiennejrançaise à la volonté de faire du Québec “le pays de tous les Québécois”?» Contre ceux qui affirment que le projet souverainiste ne trouverait sa légitimité qu’à condition de ne plus être associé à la mémoire francophone ou de relativiser le passé canadien-fran-çais, Beauchemin plaide en faveur «de la centralité de l’histoire et de la mémoire dans l’édification de toute société».Consentir à soknême, écrit-il, implique de se réclamer d’une mémoire longue, porteuse d’une intentionnalité (le «vieux désir de durer») qui fournit l’arrière-plan éthique d’une communauté politique.Pour le politologue Gilles Label-le, le nœud de la réflexion indépendantiste se trouve dans l’esprit de la Révolution tranquille et dans son détournement L’année 1960, sur le plan symbolique, marque une césure dans l’histoire du Québec.On y assiste à la défaite définitive de «la matrice théologico-politique» et à la Louis Cornellier victoire de la «métaphysique de l’autonomie» dont le mouvement indépendantiste représente une des expressions les phis éclatantes, sans en être la seule.Or, faute d’adversaire, le parti de l’autonomie aurait fini par s’emballer dans un «approfondissement de la colère antithéologique» dirigée contre cet ersatz de la transcendance qu’est l’institution: «Ce parti s’est engagé pour la transformation de l’institution suivant les motifs de l’aplatissement (contre la hauteur) et de la proximité (contre la distance).» Labelle en veut pour preuve le courant de la pédagogie du vécu, manifestation de «cet idéal d'un rapport sans hauteur et sans distance où ne doit jamais se faire voir l’altérité».Ce combat radical contre la transcendance (le principe d’institution) aurait vidé la métaphysique de l’autonomie de son sens en laissant place à un «contractualisme généralisé» qui érige le droit et le marché en instances de régulation sociale.Le sujet politique, dans ce contexte, se transforme en un «Moi auto-fondé», «dépris de la gangue de l’institution, laquelle a toujours enseigné que les êtres humains n’étaient pas simplement leur propre œuvre».S’installe alors un projet politique provincialiste, obsédé par la gestion et générateur d’une révolte adolescente qui tourne à vide.Dans cette logique, redonner sens à l’indépendance passerait par un renouement avec le principe d'institution, seul à même de permettre une renaissance de la subjectivité citoyenne: «Se refonder, pour le mouvement indépendantiste, ce serait se dresser comme expression — à nouveau, puisque ce fut déjà le cas dans les années 1960, mais dans un autre contexte — du parti de l’autonomie, cette fois contre le provincialisme et le révoltisme et contre ce qui les sous-tend, la figure du Moi autofondé qui nourrit la Nécessité.» Cet argumentaire, on le constate, ne s’adresse pas vraiment à madame Chose de la rue Panel Plus tranchant, le philosophe Serge Cantin refuse les détours à l’heure de déterminer la cause de l’impasse de la lutte indépendantiste: «C’est donc bien la réussite du PQ qui explique la désaffection à l’égard de la souveraineté, mais cette réussite n’est autre que celle de l’idéologie de la souveraineté-association, c’est-à-dire de ce qui était dès le départ et qui apparaît avec de plus en plus d’évidence comme une voie sans issue, a dead-end.» Sa solution: en finir avec le trait d’union pour redonner sens à la souveraineté en soi.On reconnaît là la position d’une Andrée Ferretfi.A rebours de ce radicalisme lire, dire et écrire.à loisir FÉDÉRATION QUÉBÉCOISE DU LOISIR LITTÉRAIRE t 514.252.3033 f 514.251.8038 www.loisirquebec.qc.ca/fqll info.fq!l@loisirquebec.qc.ca Ateliers d'écriture Rencontres d’auteurs Parrainage : du manuscrit à l’édition Occasions de découvrir de nouveaux textes et de diffuser les vôtres : Concours littéraire annuel Soirées de lectures Revue littéraire ¦—»«** Spectacles littéraires récit - théâtre rochaine activité Poèmes - ne Mardi 10 mai 2005,19 h 30 Chapelle historique du Bon Pasteur 100, rue Sherbrooke Est (Métro St-Laurent Sherbrooke) Billet: 12$ rrance Spectacle littéraire dans lequel il voit une fuite en avant, le philosophe Michel Seymour affirme «que le durcissement des positions contre le fédéralisme multinational ou contre une entente partenariale risque d’empêcher les souverainistes de rejoindre la population indécise et les nationalistes mous, et risque pour cette raison d’empêcher le Québec d’accéder à la souveraineté».Admettre que le fédéralisme multinational aurait pu être une option est.selon Seymour, ce qui donne sa légitimité au projet de souveraineté, qui obtient ainsi le statut de seule solution possible à l’impasse actuelle: «Il fout définir ce que l’on entend par fédéralisme multinational, puis expliquer ensuite pourquoi ce régime est devenu impossible à l’échelle canadienne et que c’est pour cette raison que nous sommes souverainistes.» Cette proposition sera mal accueillie par les adversaires du trait d’union, mais il faut reconnaître qu’elle a le mérite d'être en phase avec l’importante cohorte des souverainistes tranquilles.D aurait fallu, pour rendre justice à cet ouvrage, présenter aussi le très solide argumentaire de Michel Venne qui montre que la mondialisation a redonné vie à l'idée de souveraineté, la proposition utopique de Kai Nielsen qui plaide en faveur d’un Québec souverain et socialiste et dire un mot des contributions de Pierre Gendron, de Pierre Serré, de même que de celles de Micheline Labelle et Azzedine Marh-raoui.On dira, au moins, que Redonner sens à l’indépendance fait la preuve que l’idée de souveraineté reste une idée jeune, plus que jamais stimulante et, souhaitons-le, rassembleuse.louiscomellierCqparroinfo.net REDONNER SENS À L’INDÉPENDANCE Les Intellectuels pour la souveraineté Sous la direction de Jocelyne Couture VLB éditeur Montréal, 2005,208 pages FABIEN DEGLISE Les temps changent Et la perception des Français à l'endroit des Québécois en fait tout autant, pourrait-on ajouter aujourd'hui.Signe avant-coureur: le complexe d’infériorité des deuxièmes à l'endroit des premiers, qui, selon une poignée d’observateurs, a longtemps rythmé les échanges entre ces proches cultures pourtant si lointaines, semble sur le point de se renverser.C’est du moins la savoureuse impression qui se fait de plus en plus tenace au bout des 300 p?ges A’Irréductibles Québécois (Editions des Syrtes).Une Française se lance dans l'écriture d’un énième bouquin sur le Québec, sa vie, ses habitants et les craintes, légitimes, remontent à la surface.Les yeux fermés, les mains posées sur la couverture blanche, les formules creuses et images réductrices se bousculent alors au portillon de l’incompréhension séculaire.Va-t-il être question de grands espaces?De ces «cousins vachement accueillants»?Et de ces multiples expressions — généralement méconnues ici! — qui font tant sourire l’ami français?Les clichés sont connus.Mais ils sont aussi largement (et heureusement) évités par la journaliste Valérie lion qui, après avoir parlé du Québec au cours des dernières années dans les pages du magazine L'Express, en France, vient de signer cet essai sur ce coin du monde avec lequel elle «est tombée en amour» en 1992, lors d’un premier voyage.Pour l’exotisme — un peu — mais aussi pour ce fameux «modèle québécois» qui semble aujourd’hui faire frémir les politiciens et l’intelligentsia du Vieux Continent Exit les arpents de neige, les jar-dins de givre, les coureurs des bois, les bûcherons, l’été indien et les autochtones avec plumes sur la tête.Le Québec de cette trentenai-re est loin de celui qui s’affiche en couleurs automnales dans les campagnes touristiques produites de SOURCE ED.DES SYRTES Valérie Lion l’autre côté de l'Atlantique.C’est aussi «bien plus qu ’un accent», écrit-elle, tout en ajoutant: «|.| le Québec abrite des entreprises devenues leaders mondiaux dans leurs secteurs, l'imprimerie, la construction aéronautique ou ferroviaire, les sendees informatiques ou encore la finance.La famille Desmarais, l’une des plus grandes fortunes du Québec, est actionnaire de HNP-Pa-ribas et de Total.» Le ton est donné.Le décor également posé pour ce portrait atypique rirais juste d’un Québec non pas peuplé de cousins faisant vivre1 «un bout de France» en Amérique, comme le croient encore trop de Français, mais plutôt d’Américains francophones vivait au rythme de la mondialisation tout en assurant avec originalité la survie de leur différence sur un territoire majoritairement anglophone.Idées neuves Dans cet exposé savamment documenté sur le Québec contemporain, la diversité s’y conjugue au temps de la modernité, donnant au passage une poignée de leçons à des politiciens français qui n’hésitent plus à venir s'inspirer des réussites d'ici pour faire évoluer leur vieux pays, rappelle l’auteure, agendas de ministres et de fonc- tionnaires à l'appui.C’est que la jarre à idées neuves est loin de se tarir.Certes pleine de contradictions.la société québécois*', peut-on lire, a réussi tout de même à bien des égards là où d’autres pay's ont échoué.Et son métissage fonctionnel en est sans doute une des preuves les plus faciles à saisir.Avec «l’immigration [comme] choix de société»,Tendroit séduit en effet par sa mosaïque culturelle induite par des «politiques d’immigration et d'intégration exemplaires», constate la journaliste.En s’ouvrant aux néo-Québé-cois avec un contrat simple — «intégrer une société francophone qui respecte et encourage les diversités culturelles à condition d'iuiopter le _français comme langue commune» —, le Québec affûte du même coup les clefs qui lui permettent d’accentuer son ouverture suf le reste du monde.Et au-delà de Céline Dion et du sirop d’érable, les réussites du Cirque du Soleil, dans le domaine des arts, ou de Bombardier, dans celui des affaires, témoignent, selon elle, du dynamisme de cette société dont l’existence est guidée par «un optimisme et une confiance dans l'avenir».Qu’on se le dise! Avec son souci de francisation (des nouvelles technologies par exemple), son désir de protéger sa langue et de faire rayonner sa culture sur la scène internationale, son engouement pour le monde, «ses tensions fécondes» induites par des racines multiples, le Québec, pas de doute, intrigue.Mais dérangerait-il aussi un peu avec son pragmatisme, son efficacité, ses réussites qui au final font qu’à «l'aube du XXI siècle», il est dans fa sphère francophone en train «d’inventer une nouvelle identité».Le Devoir IRRÉDUCTIBLES QUÉBÉCOIS Valérie Lion Éditions des Syrtes Paris, 2004,294 pages ^Triptyque www.tnptyque.qc.ca triptyque^editiontriptyque.com TéL: (514) 597-1666 Claude Vaillancourt PEY üt Cl Claude Vaillancourt Réversibilité roman, 260 p., 20 $ Claude Vaillancourt nous entraîne dans une touchante histoire d'amour où les personnages se croisent, se fuient, se plaisent et se défient.Pierre Goheil La cloche de verre fictions, 151 p., 18 $ Sans qu'on sache pourquoi, un petit rien peut tout trans-former.C'est ce qui arrive ici à Pierre Gobeil qui, porté par une petite phrase somme toute assez banale, tentera, après bien des détours, de dire l’indicible.largarc OCX Le dernier hom me Glot)cilis;iti
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