Le devoir, 2 mai 2009, Cahier E
L E l> E V 0 I H , L E S S A M E l> I E T I) I M A N < Il E M A I 2 0 0 !l THÉÂTRE Momentum plonge dans le monde des champignons Page E 3 CINÉMA Les Trois singes: un pied dans l’abîme, un pied dans l’avenir Page E 9 ¦¦ *** Cao Guimarâes, “Gambiarra #13”, 2005, photographie couleur, courtoisie de la Galerie Nara Roesler La Biennale de Montréal aurait-elle neuf vies?Souvent mal reçue, longtemps enchaînée à un lourd déficit, tuée et enterrée plus d’une fois.La revoici pourtant.En selle pour une sixième fois, portée par le souffle de la réalité numérique.Celle qui s’affiche désormais par un logo très Web, BNL MIL, a été inaugurée hier sous un thème internaute, la «création libre».JÉRÔME DELGADO Le peu expressif directeur du Centre international d’art contemporain et de la Biennale de Montréal, Claude Gosselin, souriait presque.Le lendemain se tenait une soirée bénéfice pour laquelle 300 billets à 250 $ l’unité ont été vendus.«Par les temps qui courent, c’est très encourageant», répétait-il, cette semaine, à l’école Bourget, son quartier général pour une deuxième biennale de suite.Pas de déficit, soutenue par les mêmes subventions gouvernementales qu’en 2007 et.voilà qu’une Off-Biennale se montre le nez (voir autre texte).Que du bon, soutient celui qui monte des expositions depuis un quart de siècîe.Des artistes qui s’immiscent dans le marché.de l’alimentation en conserve.Le jeu vidéo haussé au rang d’œuvre d’art Un collectif de cinéastes qui ne fait pas du Hollywood, «ni même du cinéma d’auteur», selon Gosselin.Des propositions en évolution, jamais arrêtées, des disciplines bien confondues, une forte participation du public.La sixième Biennale, difficile à dessiner d’un trait joue l’audace.L’éponge La sixième.de justesse.En janvier, le commissaire inyité, Scott Burnham, quittait le navire.A quatre mois du vernissage.Et c’est l’inlassable Claude Gosselin, tel un chat qui retombe sur ses pattes, qui a tout pris en mains.Et il a mené la barque jusque-là pour cette réunion d’une soixantaine d’artistes et de collectifs.La petite histoire: le DG a fait un Bob Gainey de lui et montré la porte à Burnham.«Le commissaire avait proposé le thème de la culture libre, mais il s'en allait de plus en plus vers le street art», explique Gosselin, invitant à aller voir le site Web de Burnham, où ies interventions urbaines ne sont «jamais [qualifiées] de culture libre».Il n’a pas tout repris à zéro, gardant deux des artistes de Burnham — le Brésilien Cao Guima-raes et le Britannique Richard Wentworth — ainsi que les trois axes «libres» mis en ligne (musique, cinéma, design), Et Gosselin, pris encore à démêler les «blogues, my face, my space.», a sagement fait appel à l’expertise montréalaise.«Je suis l’éponge de ce qui se passe, dit-il.Montréal est le lieu du numérique.Il y a des chaires, dans les universités, sur la culture libre.On y réfléchit, à la question des droits d’auteur.Il me paraissait important d’en témoigner.» Le processus créatif est au cœur de cette Biennale, et Internet, son poumon producteur et diffuseur.Il n’y aura d’ailleurs pas de catalogue, le site www.biennalemontreal.org]o\\an\.ce rôle.Claude Gosselin ne fait pas de la culture libre ^on cheval de bataille, pas plus qu’il ne clame la JACQUES GRENIER LE DEVOIR Claude Gosselin, directeur de la Biennale de Montréal mort de la peinture.Sa biennale, qui n’est pas la dernière, confie-t-il du bout des lèvres — il veut revenir à des expos annuelles, comme du temps des Cent jours d’art contemporain —, ne livre qu’un constat.«La culture libre est une zone en définition, se défend-il, entre une culture davantage libérée des institutions [et] une culture permettant la transformation de l’œuvre.On fait beaucoup de transgression, d’appropriation, de copier-coller.» Libérée de ses lois et de ses règles, la culture à la sauce BNL MTL prend autant la rue comme toile de fond (oui, il y aura du street art) qu’une huile sur toile comme source d'inspiration (non, ia peinture n’est pas morte).Le premier cas donne Roadsworth, figure du genre à Montréal, le deuxième, Paysages sonores, initiative musicale découlant d’une partition inspirée d’une peinture de Rick Leong.«Quand on crée dans l’espace public, c’est une forme d’art libre.On n’est pas dans un musée, on ne s’attend pas à être vu», estime Roadsworth.Mais le graffiteur clandestin d’autrefois, désormais pris dans l’engrenage municipal, admet n’est plus si libre.Pour Claudio Marzano, un DJ diplômé en muséologie, la culture libre repose sur le principe du «fair use» et sur la création collective.«Il faut se libérer de l’idée du génie créateur», dit celui qui admet pirater pour découvrir, et acheter ensuite.Paysages sonores n’a pour l’instant attiré qu’une vingtaine de pistes, mais qui couvrent large, de la bossa-nova au hip-hop.Un colloque, aujourd'hui et demain, marque l’ouverture de la Biennale.Une fête célébrant les 25 ans du CIAC la clôturera.Entre les deux, l’école Bourget et d’autres lieux (la Cinémathèque, la Maison de la culture Marie-Uguay, boulevard Saint-Laurent) s’offrent comme des antennes de la liberté prise par les artistes.Collaborateur du Devoir « Quand on crée dans l’espace public, c’est une forme d’art libre » (Sao Paulo), BNL MTL 09.SOU RC K BNL MTL w % O O, *91 G.t V, rp, r* \ -o v' \ % &-% v* \ A.% % \ \ L A 4 i i y I K I) K V (t I 11 .L K S S A M K I) I 2 E T l> I M A \ ( Il E :> M A I 2 II (I il CULTURE Bateau ivre ien de tel que d’assister à l’inauguration d’un lieu encore en chantier.Ça prouve que les délais sont dépassés, que tout se déroule à l’échelle humaine, avec les ratés du parcours.Bon signe! Signe d’un restant de chaos.On traverse quelques échafaudages, avant d’entrer dans la place, avec l’impression qu’une hôtesse nous offrira des casques de jobbers à l’entrée .Ça fait bric et broc, à l’exté- Odile Tremblay rieur du moins.Car dedans, miracle! le hall sent le neuf et brille de propreté.S’il faut s’appeler Quat’Sous, autant conserver quelque chose d’inachevé, des briques pas posées pour la couleur locale.Les tisserands du Moyen-Orient font pareil avec leurs tapis.Ils gardent des fils mal tirés, histoire de laisser aux djinns des interstices par lesquels s’échapper.Mais la façade, bien entendu, sera rutilante dans une couple 25 spectacles inédits en danse et en théâtre QC.CA HES FESTIVAL SAME ¦ONMAll Première montréalaise KÜRPER Sasha Waltz & Guests (Berlin) Acclamée sur la scène internationale, cette œuvre monumentale atteste de la virtuosité de la chorégraphe allemande.Événementiel ! Place des Arts - Théâtre Maisonneuve I 23 > 24 mai Première nord-américaine ÉONNAGATA Sylvie Guillem I Robert Lepage I Russell Maliphant Sadler’s Wells (Londres) Trois artistes majeurs et magiques redonnent vie au personnage anticonformiste du Chevalier d'Éon.Une fascinante création où se che vauchent danse et théâtre.Place des Arts - Théâtre Maisonneuve 12 > 3 > 4 juin Première nord-américaine THE SOUND OF SILENCE Alvis Hermanis Nouveau théâtre de Riga L'époque du Flower Power en République socialiste soviétique de Lettonie est recréée avec tendresse et drôlerie dans cet opus théâtral cadencé par la musique de Simon & Garfunkel.Usine CI 20 > 21 > 22 > 23 mai L'ORGIE DE LA TOLÉRANCE Troubleyn I Jan Fabre (Anvers) Le créateur flamand s'attaque aux animaux consommateurs que nous sommes devenus.Une œuvre sulfureuse à l'humour corrosif ! Usine C I 25 > 26 > 27 mai Première nord-américaine SINGULAR SENSATION Yasmeen Godder (Jaffa) Cinq formidables interprètes administrent un puissant antidote à l'engourdissement du spectateur avec une danse convulsive et haletante, proche du rituel de purification.Place des Arts - Cinquième Salle 121 > 22 > 23 mai Première montréalaise STUDIES IN MOTION Electric Company Theatre (Vancouver) Une éblouissante fresque théâtrale inspirée de la vie du photographe Eadweard Muybridge, considéré comme le « père du cinéma ».D.B.Clarke - Concordia I 28 > 29 > 30 mai Forfaits [3 spectacles et plus] encore disponibles Économisez de 15% à 40% sur les tarifs réguliers Centre Pierre-Péladeau 300, bout, de Maisonneuve Est 574-844*3822 1-866-484-3822 de semaines, pour la vraie de vraie inauguration officielle.Dommage! Ils devraient préserver quelques trous symboliques.Tout beau, le théâtre de l’avenue des Pins, jadis rafistolé par La Ligue du vieux poêle.Les djinns, le fantôme Jacob récupéré de l’ancienne synagogue — un rabbin d’un autre âge sans doute — ne pourront plus s’en évader.Un vieux mur copie celui du bâtiment original afin d’accueillir leurs errances.Faut garder une mémoire du passé, pour y couler le présent.La silhouette de Paul Buisson-neau, qui fonda le Quat’Sous il y a quarante ans, rappelle les heures de dèche et de ferveur, la naissance de l’Ostid’show, la fumée de pot et la création échevelée, brûlante, des temps psychédéliques.Pourtant, elle est encore là, cette ferveur, justement.Car Dans les charbons, de Loui Mauffette, essuie les plâtres du théâtre rajeuni.En cassant la baraque trop neuve.Ça prenait lui.Loui Mauffette a quelque chose de Pierre Gauvreau, une force brute, mais enveloppée dans une coque de douceur.Sorte de géant débonnaire et enthousiaste.Son père, Guy, avait illuminé nos enfances avec son célèbre Cabaret du soir qui penche, à la radio.C’est sa mort, il y a cinq ans, qui fit basculer le destin de Loui.Depuis le temps qu’il était attaché de presse au TNM, depuis le temps qu’il veillait sur les affres des créateurs, ange tutélaire plus lourd que ses ailes, il s’est envolé à son tour, la lumière au plafond, le trac en fond de cale.Poésie, sandwichs et autres soirs qui penchent, son premier délire poétique collectif, nous avait éblouis en 2006 par sa fraîcheur, sa grâce, son humour.Sans cesse repris, sans cesse applaudi, ce show-là.Non seulement Loui Mauffette avait-il vécu sa catharsis en s’abandonnant à la création, mais il apportait quelque chose de neuf au Québec.Il nous embrasait, comme son père avant lui, à qui Poésie, sandwichs, etc., rendait hommage.L’ombre de Guy Mauffette flotte encore sur Dans les charbons, spectacle de poésie carnivore, pourtant dédié à sa mère, femme de l’ombre derrière l’homme de parole.Un bel espace que cette nouvelle salle.Sur scène, un mur à la fenêtre entrouverte qui déverse parfois un rayon de soleil.Au plancher, une trappe par laquelle le jeune Louis Loui Mauffette a quelque chose coque de douceur.Mauffette (incarné par Antoine L’Ecuyer) écoute Le Cabaret du soir qui penche, retrouve le vent d’une époque avant d’être aspiré par elle.On vogue sur un radeau, celui de la Méduse sans doute.Roulis et tangage.Frénésie délirante.Est-ce un navire.«Mais viens, O ma frégate, une heure avant ma mort!», lance Jean Genet par la voix de Patrice Coquereau dans un admirable extrait du Condamné à mort.Ou est-ce un lit?Loui Mauffette refuse d’abord d’émerger de sa couette, de venir au monde avec son show.«Veux pas y aller!», gémit-il, avant d’enchaîner sur les mots magiques de Gaston Miron: «Je le pense: ce monde a peu de réalité.Je suis fait des trous JACQUES GRENIER LE DEVOIR de Pierre Gauvreau, une force brute, mais enveloppée dans une Idée originale et direction artistique T LOUI MAUFFETTE Assistance à la direction artistique-( FRANCIS DUCHARME Amicale collaboration J DOMINIC CHAMPAGNE i tsseu's NATHALIE BREUER PATRICE COQUEREAU SHAWN COTTON FRANÇOIS-XAVIER DUFOUR FRANCIS DUCHARME CLARA FUREY KATHLEEN FORTIN EMILIE GILBERT ANDRÉE LACHAPELLE ANTOINE L’ÉCUYER ROGER LA RUE EMILE PROULX-CLOUTIER ADÈLE REINHARDT ISABELLE VINCENT Joan Bard Carole Castonguay Clara Furey Geneviève Lagacé Gabriel Pontbriand Michel Smith UNE COPRODUCTION DU THÉÂTRE DE QUAI'SOUS E! DU THÉÂTRE IL VA SANS Di RE.EN COLLABORATION AVEC ATITUDE LOCOMOTIVE ,27 avril au 24 mai 2009 514 845-7277 PRÉSENTÉ DANS LE NOUVEAU THÉÂTRE DE QUAT’SOUS 100, DES PINS EST w , quatsous ¦’SSccBB .*«*" ses- “ I HP! ——' | fg I lÆMVOIH I: .com LES ACTIVITÉS PARALLÈLES Pour on finir avec.Feydeau 3 et 4 mol.Théâtre SDR( Noctambules 7 mai après la représentation, discussion animée par Marle-Loulse Arsenault H fn famille avec Otarie 8 mal, spectacle musical dans le café-31 Heure du conte 10 mal 15h.activité pour les enfants avec: Vàlérle Blais noirs de l’univers.Parfois quelquefois, en quelque lieu d’un paysage, bouge une splendeur devant soi qui repose là dans sa migration.Et l’amertume d'être un homme se dissipe.» Sur les planches, les poèmes d’ici et d’ailleurs, toutes époques confondues, participent à une joyeuse kermesse, qui les rend fous de jeunesse.Quatorze interprètes s’éclatent avec les mots, d’Andrée Lachapelle à Emile Proulx-Cloutier.Quand Adèle Reinhardt (la mère, dans un accoutrement d’un kitsch absolu) déclame Enivrez-vous de Baudelaire, l’heure de s’enivrer sonne à chaque seconde.Kathleen Fortin chante Nataq de Richard Desjardins avec une voix venue des origines du monde.C’est la décadence revendiquée, avec des longueurs parfois.Mais une poussée vers Tailleurs.Pas si différent, en somme, de Poésie, sandwichs., ce Dans les charbons, mais plus structuré.L’effet de surprise du premier spectacle est passé, la grâce demeure.C’est la délicieuse Clara Furey, Tâme de l’affaire.Nue ou habillée, au piano ou à la danse.A la lecture ou à la chanson, si libre, si éclatée et bondissante.Vers la fin, une partie du public est montée sur scène.Peut-être les gens voulaient-ils faire un bed in, dans la foulée de Yoko Ono et de John Lennon.Peut-être que les années heurs des débuts du Quat’Sous représentaient les vrais fantômes du lieu, par le bruit réveillés.De son bateau ivre, Loui Mauffette nous aura fait avec eux chavirer.Dehors, la rue et la lune en croissant rattrapent pourtant le spectateur encore titubant.Des échos de poèmes lui montent en tête, puis la nuit les efface.L’ivresse se dissipera bientôt.Pas trop vite.otrem hlayfa ledevoir.com ¦- Avec Guillaume Chouinard, Stéphane Demers, Dominique Leduc, Gabriel Lessard, Marianne Marceau et Gilles Renaud Équipe de création : Stéfan Boucher, Louis Hudon, Caroline Ross, Sharon Scott, Marie-Hélène Dufort, Mande Labonté, Audrey Gaudet, David Poulin, Lucie Mineau Ot l'AN09 ESPACE G0 4890, boulevard Saint-Laurent Réservations: 514 845-4890 Réseau Admission: 514 790-1245 Une production MOMENT UM L E I) E VOIR, L E S S A M E 1) I E T I) I M A \ ( Il h M A I 2 II O !l E CULTURE THÉÂTRE JEUNES PUBLICS Momentum au pays des champignons Avec Mycologie, Stéphane Crête se lance, qui l’eût cru, dans une quête du sacré Incontournables petits bonheurs MICHEL BÊLAI R Tout Hochelaga-Maisonneuve ne se tient plus depuis hier et MICHEL B É LAI R Depuis qu’il est apparu sur le radar des spectateurs de théâtre de la métropole après un bref premier passage à la télé, Stéphane Crête a tout fait.Ou presque.On l’a vu au cinéma puis à la télé encore, beaucoup, passionnément, puis de nouveau sur les planches, drôle à en être absurde, sérieux à ne pas le croire, obsédé par toutes sortes de choses, excessif mais aussi auteur, metteur en scène et comédien tout à la fois, toujours cherchant, remettant en question, comme le font à leur façon tous les membres de Momentum, les formes mêmes de la représentation théâtrale.Stéphane Crête est un chercheur et c’est un titre dont il est certainement très fier.Voici maintenant, quelques années après les Laboratoires du docteur Crête, qu’il décide de se pencher à nouveau sérieusement sur un sujet particulièrement sérieux: les champignons.Il nous a reçu lundi dernier, en fin d’après-midi, après une longue journée de travail dans le capharnaüm qui sert de salle de répétition à Momentum, avec la momentumienne Dominique Leduc, qui jouera ici le rôle d’une scientifique un peu sombre, d'après ce que j’ai pu saisir.Détachez vos ceintures; nous voilà engagés dans rien de moins qu’une discussion sur la quête du sacré.Quête de sens Parce que les champignons, leur présence immémoriale et la fascination qu’ils exercent sur les hommes depuis l’aube des temps, tout cela n’est évidemment pas un hasard.«Pourtant, les champignons sont presque un prétexte», dira Stéphane Crête, qui se contente ici d’écrire et de mettre en scène ce Mycologie qui amènera, pour la première fois dès mardi, Momentum à l’Espace Go.«C’est un véhicule plutôt, reprend-il.Une sorte d’outil d’approche pour aborder les mystères de la vie, pour essayer de mieux saisir ce monde intrigant dans lequel nous vivons.Pour essayer de trouver un sens à l'existence.Puis, il y a aussi que, entrer dans le monde des champignons, c’est vraiment mettre le pied dans un univers très spécial.» Le metteur en scène raconte que le texte est le fruit d’une réflexion s’étendant sur plusieurs années; il a tout lu sur les champignons, touché à chacune des ramifications multiples de ce monde complexe qui, dès le départ, n’est pas ce qu’il est puisque le champignon n’est pas vraiment le champignon mais plutôt son excroissance.Son organe reproducteur dans la très large majorité des cas.Bon.Une image est passée.C’est Dominique Leduc, je crois, qui reprend.Elle qui a vécu en Amérique latine et qui en a rapporté un spectacle pour Momentum il y a quelques années (L’Ardent Désir des fleurs de cacao), elle souligne à quel point les champignons ont de tout temps joué un grand rôle dans la plupart des grandes civilisations.Partout, on les a toujours associés à la soif d’absolu et à la quête du sacré.«Les rituels disparaissent et cette perte du sacré, elle est bien réelle partout sur toute la planète: les gens n’ont plus de réponses, plus de repères.Et l’on voit toutes sortes de béquilles et de valeurs de remplacement qui surgissent de n’importe quel horizon et qui prennent de plus en plus de place: le déni, la drogue, l’alcool, le désespoir.» Une fiction improbable Crête poursuit.«C’est un show “sérieux".et joyeux tout à la fois, il faut le dire.Je me suis vraiment permis de jouer à l’auteur: j’ai écrit une histoire qui commence et qui finit; avec une intrigue qui se dévoile tout comme des personnages différents qui évoluent chacun à leur façon.J’ai écrit une fiction proche du conte, de la fable, du récit initiatique.C’est assez nouveau pour moi.Je voulais casser l’ordinaire, briser le moule de la vie qui défile, plate, horizontale.J’ai eu le goût d’incarner quelque chose qui vient briser cet axe-là; d’utiliser l’axe vertical du sacré qui va du bas vers le haut puis de haut en bas.De mettre en situation des êtres en quête de sens.Voilà.» Sérieux, le docteur Crête.D’autant plus qu’il a tout à fait raison.Ouvrez n’importe quel livre sur les champignons, de Castaneda à Wasson en passant par tous les autres, qu’il parle de cuisine ou de mythologie, de botanique, d’envahissements fongiques ou d’hallucinations diverses, et vous verrez fleurir un vocabulaire très spécial sous la plume de tous les auteurs.Pas étonnant que Stéphane Crête ait été fasciné par son sujet au point de remettre un «cahier mycolo-gique» à tous les gens impliqués dans le spectacle.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Stéphane Crête, auteur et metteur en scène de Mycologie, en compagnie de la comédienne Dominique Leduc ~4r j >"¦ / U U m-» ¦'.yy ,.-y ¦ < y S /u / /y// A ¦f é/Æ mvff.Chacun des personnages de cette «fiction improbable» entretient évidemment des liens différents avec les champignons.Leduc et Crête n’ont pas voulu tout me dire, mais l’on abordera dans Mycologies la plupart des «environnements champignonesques» auxquels on pense puisque l’équipe (Guillaume Choui-nard, Stéphane Demers, Leduc, Gabriel Lessard, Marianne Marceau et Gilles Renaud) incarnera tout autant un médecin spécialiste des infections rattachées aux champignons qu’un chef de cuisine, un magicien, un halluciné et bien d’autres personnages, tous engagés dans une quête quelconque.Mais c’est aussi, tient à le souligner le metteur en scène, «un spectacle sur le théâtre».«C’est vrai parce que l’on touche à plusieurs formes en passant de l’hyperréalisme à la comédie musicale, par exemple.On va dans toutes les directions, toujours très loin du jeu psychologique.Dans une sorte de délire lucide où rien n’est tout à fait gratuit.» Dominique Leduc interviendra là-dessus en soulignant qu’il est souvent important de ne pas chercher à tout dire, à tout expliquer.Que le texte de Stéphane Crête n’a rien de didactique, qu’il n’a pas non plus de visées thérapeutiques et que, au fond, Mycologie est plutôt «une histoire à sens multiples sur la quête du sens».Ça donne le goût d'aller voir ce que ça donne, non?Le Devoir MYCOLOGIE Texte et mise en scène: Stéphane Crête.Une production de Momentum présentée à l’Espace Go du 5 au 23 mai.vibre au rythme de Petits bonheurs jusqu’au 10 mai.La cinquième édition du «rendez-vous culturel des tout-petits» s’étend cette année dans cinq quartiers «économiquement faibles»: Saint-Henri et tout le sud-ouest de Montréal, Montréal-Nord et Villes ray-Saint-Mi-chel-Parc-Extension.Les activités proposées sont multiples et vont du spectacle intimiste pour bébés au grand tin-tamare collectif de la parade se déplaçant de la place du marché Maisonneuve au Biodôme.Même si vous aurez probablement toutes les misères du monde à trouver des billets, voici néanmoins quelques suggestions de spectacles absolument incontournables.Zig Zag.c’est un spectacle de danse destiné aux enfants de deux à cinq ans que j’ai eu l’occasion de voir déjà à deux reprises en France.Une petite merveille d’invention, de souplesse et d'intelligence à laquelle ni les enfants ni leurs parents ne pourront résister.Une productiçn de la compagnie française Etant donné présentée du 8 au 10 mai au CCSE Maisonneuve, derrière le marché du même nom.Au moment d’écrire ces lignes, il restait encore des places.Bach.à sable: la Guimbarde de Belgique propose ce weekend cette fantaisie musicale dont on dit beaucoup de bien aux tout-petits dès 18 mois.Il reste encore des places pour les représentations à Montréal-Nord et à Saint-Henri.Les Lapins, 1m Pépinière, Le Spectacle de l’arbre: trois créations québécoises destinées aux bébés, une première.Toutes trois à la maison de la culture Ho-chelaga-Maisonneuve (MCHM) ; on se renseigne impérativement pour les places.A mettre aussi à votre agenda, en vrac: Uccellini, un classique du genre que la compagnie Skappa promène déjà à travers l’Europe depuis une dizaine d’années (MCHM, dès huit mois) et Pekka (Grande Bibliothèque pour les deux à cinq ans).On s’en reparle un peu plus tard en semaine.Les activités vont du spectacle intimiste pour bébés au grand tintamare collectif de la parade Le Devoir LES FRERES Tfm p«u, • Lltbbfic Pm'ipp, PATRÏce DM'IS, MWMkfaqD A /HPMvfl mRricouKJ fine cvicDritero ^ QrrveyPSaM' Xufrnc Pcomy, Urâtêfi, LtiS toril 2009 4559, PAPINEAU-MONTRÉAL-QC \ www.theatrelalicorne.com LA LICORNE 514.523.2246 RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 Michaud, Dubois et Vaillancourt proposent une vision du fait québécois masculin tout à fait originale et incarnée.(.) ils ont réussi.(¦¦¦).à créer un objet ancré dans le réel, qui prend aux tripes.- La Presse Je me suis délectée à cette pièce.Une écriture très habile.(.June brillante réflexion sur l'héritage, sur le bagage que nous transmettent nos aïeux,.- Desautels/SRC U une pièce très forte.La présence d'Armand Vaillancourt est très émouvante.Patrice Dubois et Dany Michaud sont très bons.- Le Téléjournal/SRC Une pièce désarmante de simplicité et de justesse.(.) chaque scène se veut un pur délice.(.) une performance impeccable.- Le Journal de Montréal Archambault offre le meilleur de sa plume dans cette nouvelle pièce drôle et touchante.(.) Les thèmes abordés sont riches.(.) Dubois signe une mise en scène sensible et intelligente.- www.radio-canada.ca I.K DEVOIR Un char, c'est comme un album de souvenirs.texte et mise eh scène STÉPHfiH ALLARD / MARIE-JOSÉE BASTIEH ^STpHAHmiD7TiRîËÂrôsÉË"ÊflsnEiï7'[ücfsÈHfiH.CÔLlflïüRflTÉLiRs'TÔNftrDÏR^FF-i'oOïfHÂFD /'RlïFffilH rfiBR'Ë'/'ÎMf'IÏÏS'MÜ'Ë'FROID /"yËÂÏÏ-7RÏÏHÇMs"FËDN^"rMLÊTÆ"FPÏÎCriÏÏ7"LH"HË"TÏÏÉRÏAÜLT espace 1945 Fullum, métro Frontenac —J- LiBRE Réservations : (514) 521-4191 PRODUCTION NOUIÆAU THÉÂTRE EXPERIMENTAL i.i.mmi.nte.q Iç/ypUM^ ' 23 MM 2009 À 2ÛH A •' 1 .-J , le Devoir E 4 K I» K V (t I B .L K S S A M K I) I 2 E T l> I M A X < Il E A M Al 2 0 0 !l CULTURE DANSE Il était une fois une princesse rebelle.Mats Ek métamorphose La Belle au dois dormant, aux Grands ballets canadiens ISABELLE PAKE Déboulonner les mythes, revisiter les genres et brouiller au passage les contes de fées de notre enfance, voilà ce qui allume Mats Ek, éminent chorégraphe suédois dont la version iconoclaste du célèbre ballet Im Belle au bois dormant déboulonne allègrement tous les aspirants princes charmants.Le grand Suédois à la frêle silhouette était à Montréal cette semaine pour peaufiner cette pièce-phare de sa création, que les Grands Ballets canadiens de Montréal (GBCM) viennent d’intégrer à leur répertoire et qu’ils interpréteront pour la première fois cette semaine, pour clore en beauté la saison.Créée à l’origine pour le Ballet de Hambourg en 1996, cette réinterprétation radicale de La Belle au dois dormant avait connu vif succès lors de sa première présentation à Montréal, en 2001, par le Cullberg Ballet de Stockholm, dont Mats Ek fut le directeur artistique de 1985 à 1993.Perpétuelle cohabitation Même si, à 64 ans, le prolifique chorégraphe et ex-danseur de la compagnie fondé par sa mère, Birgit Cullberg, dit ralentir la cadence, rien ne le laisse paraître dans les studios des GBCM, où il prodiguait cette semaine aux danseurs les codes pour s’approprier son ballet audacieux.Entre un grand jeté et une attitude, Mats Ek donne la pause exacte, imite le cri d’un bébé naissant et mime l’air lascif que doit avoir le roi, titillé par la reine.Bref, oubliez les contes à l’eau rose, La Belle.de Mats Ek est une œuvre désopilante, où les princes déchantent, la princesse se rebelle et s’amourache de la fée Carabosse, qui l’entraîne vers des paradis artificiels.La vilaine est y d’ailleurs incarnée par un homme, un vil médecin dont la seringue tient lieu de fuseau.Quant JACQUES GRENIER LE DEVOIR Mats Ek, grand Suédois à la frêle silhouette, était à Montréal cette semaine pour peaufiner La Belle au bois dormant, cette pièce-phare de sa création, que les Grands Ballets canadiens de Montréal viennent d’intégrer à leur répertoire.au prince, il n’a pas de quoi revendiquer le titre de charmant.Charles Perreault n’a qu’à bien se tenir.«Les contes de fées m’intéressent parce qu’ils recèlent des côtés tragiques, des situations familiales, et opposent des situations et des sentiments extrêmes, comme la vie et la mort, l’amour et la haine, et comportent toujours une zone d’ombre qui appelle une métamorphose», explique le chorégraphe, qui a aussi signé la relecture d’autres ballets classiques, dont Gisèle (1982), Le Lac des Cygnes (1987) et Car- .Danse Hiroshi Miyamoto & Navtej Johar Rcmgo ŒcrrLj Plix Deux chorégraphes, deux hommes, deux mondes .7 au 9 mai 2009 au MAI Du jeudi au samedi à 20h Réservez vos places dès maintenant! Billetterie 514 982-3386 Réservation en ligne http://ticket.boxxo.info/ Month il al, arts iNTFurtirimuLS’:-i* I.tinù l’art traversa les fhmtirrrs H furr art hraks .linon Inirrirrs.3680, rue Jeanne-Mance/ Montréal/ T.514 982-1812/ www.m-a-i.qc.ca men (1992).Chez Mats Ek, le drame et l’humour caustique, en perpétuelle cohabitation, se disputent la scène.Notamment dans l’accouchement, une scène hilarante où le couple royal saute à bord d’une voiture et met le cap sur l’hôpital, et qui se culmine par la délivrance, avec force cris, d’un œuf immense.Théâtralité et expressivité se déclinent dans toutes les scènes, rappelant que le svelte Scandinave, d’abord metteur en scène, a suivi les traces de son père, l’acteur Anders Ek, avant de suivre celles de sa mère au Cullberg Ballet.Depuis, Mats Ek a touché de sa danse contagieuse plusieurs des grandes compagnies de ballet, créant notamment, pour les Ballet de Hambourg, le Nederlands Dans Theater III, le Ballet de l’Opéra de Lyon et le Ballet de l’Opéra de Paris.Un mariage parfait Après Solo for Two et Minus One, La Belle est la troisième œuvre de Mats Ek à intégrer le répertoire des Grands Ballets canadiens.Le mariage est d’ailleurs parfait, les relectures de Ek faisant largement appel à la virtuosité de la technique confesse ne plus avoir l'intention de créer de grands ballets, et se limite à une ou deux créations de petite ampleur par an.«Je ne pense pas refaire de longs ballets.C’est très exigeant, car je fais aussi des mises en scène de théâtre et d’opéra.Je suis arrivé à la danse petit à petit et ce fut un long périple!», concède-t-il.« Si je veux garder mon répertoire vivant, il faut continuer de partager mes œuvres avec des compagnies, et que des échanges se fassent entre chorégraphes.» classique, remaniée dans un langage contemporain enrichi par le jeu théâtral et le mime.«Si je veux garder mon répertoire vivant, il faut continuer de partager mes œuvres avec des compagnies , et que des échanges se fassent entre chorégraphes.Ces échanges sont essentiels», soutient-il.Maintenant, le sexagénaire L’an dernier, il créait néanmoins le duo Place, pour son épouse, Ana Laguna, l’une des plus grandes figures du ballet contemporain et le célèbre danseur russe Mick-hail Barishnikov.Grâce à cette riche acquisition des GBCM, on pourra donc garder vivant encore plusieurs années ce grand ballet né l’imagination de ce conteur hors pair, un brin ensorceleur.Tout aussi audacieux, la mise en scène et les costumes de Pe- ter Freiij feront notamment endosser à Aurore, la rebelle, un maillot deux pièces qui n’a rien à voir avec les crinolines qui peuplaient le ballet original créé par Marius Petipa, en 1890.Dès le 7 mai, plus de vingt danseurs incarneront avec fougue Aurore, la Reine, le Roi et la fée Carabosse et toute sa cour bariolée, sur la musique originale de Tchaikovski.Un ballet qui carbure à l’énergie brute, à l’humour et à l’audace, et qui, sous le joug de Mats Ek, n’a rien pour endormir les princesses ou les foules.Le Devoir LA BELLE AU BOIS DORMANT Chorégraphie de Mats Ek présentée par Les Grands Ballets canadiens de Montréal, du 7 au 16 mai, Salle Wilfrid-Pelletier de la Place-des-Arts.APRÈS 2 ANS DE TOURNÉE SUR 3 CONTINENTS, DERNIÈRE REPRÉSENTATION CE SOIR.ij ® J jl/L Québecss Place des Arts Québecss —- présentent ia La La Human stops ani.Bi Édouard Lock 30 AVRIL, 1,2 MAI 2009 Salle Wilfrid-Pelletier L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES s-ci Gratuit dans Le Devoir du samedi y* ' 1Qh30~.10mai2009 àl6h 2009 àI9hi0 et 9 mai se contempora'ne www.tangente.qc.ca 840, rue Cherrier, Montréal gj) Sherbrooke Billetterie: 514.525.1500 Réseau Admission: 514.790.1245 Le devoir * ODANSEDANSE.NET % Vidéo disponible pour visionncment ©laplacedesarts.com 514 842 2112 /1 866 842 2112 f 1 : ci I.E I) E V 0 I R .I.E S S A M E l> I E T I) I M A N < Il E M Al 2 (Ml ! CULTURE MÉDIAS La vieille dame digne La tour de Gustave Eiffel sous toutes ses coutures à TV5 ''it Depuis sa construction, la Tour Eiffel a été le terrain de jeu de tous les aventuriers: parachutistes, skieurs et trapézistes.PAUL CAUCHON La Tour Eiffel est un des monuments les plus connus du monde, et on a tendance à la voir comme un cliché touristique, C’est tout le mérite de cette édition de Des racines et des ailes, diffusée lundi soir, de nous présenter la célèbre tour sous des aspects inédits.Pendant deux heures, le magazine de France 3 s’installe au cœur de la tour pour présenter trois grands reportages, qui portent tant sur son histoire et sur les gens qui y travaillent que sur la personnalité de Gustave Eiffel.Et c’est vraiment intéressant.En soi, l’histoire de la tour est passionnante.Alors que la science se voulait triomphante en Europe et que les nouvelles découvertes technologiques ravissaient les foules, la France a voulu montrer son leadership mondial en construisant la plus haute tour du monde, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1889, qui célébrait les 100 ans de la Révolution française.Encore aujourd’hui, la prouesse technique demeure impressionnante, avec un monument terminé en deux ans et deux mois, soit dans les délais prévus, et ses 2,5 millions de rivets installés à la main, par une armée d’ouvriers, sur une tour métallique de 300 mètres! Une histoire illustrée dans l’émission par de fascinantes photos datant de l’époque de la construction, ainsi que par des maquettes de projets alternatifs.Le public lui fait un triomphe: deux millions de personnes la visitent durant les six mois de l’expo de 1889.Le clou de la visite, c’étaient les ascenseurs pour monter au sommet, une technologie totalement nouvelle à l’époque.Terrain de jeu.et autre La suite est assez mouvementée.Lors de la construction de la tour Eiffel, plusieurs artistes, dont Maupassant et Gounod, la trouvaient laide et se plaignaient quelle défigurait la ville.Le contrat de construction prévoyait de la détruire après 20 ans.Car elle ne servait à rien.Gustave Eiffel multiplie donc les expériences scientifiques sur la tour pour tenter de prouver son utilité.Et lors de la Première Guerre mondiale, on découvre qu’elle constitue une extraordinaire tour de transmission, ce qui assurera sa pos- térité.Elle l’est d’ailleurs encore aujourd’hui, pour tous les médias électroniques de la région parisienne.A la fin de la Deuxième Guerre mondiale, lorsque les Nazis évacuent Paris, Hitler ordonne de raser les monuments, dont la Tour Eiffel.Un général allemand refusera de suivre les ordres du Führer.L’émission passe sous silence une autre anecdote, plus récente, et tout aussi angoissante: dans les années 90, avant le 11-Septembre 2001, une équipe d’Al-Quaida avait planifié de lancer un avion sur la célèbre tour.La Tour Eiffel a également été le terrain de jeu de tous les aventuriers: parachutistes, skieurs (eh oui!), trapézistes qui s’y sont produits en pleine hauteur, sans filet, des images qu’on regarde aujourd’hui en ayant peine à y croire.Un autre reportage présente les travaux de rénovation menés sur la tour, d’unç indéniable complexité.A titre d’exemple, dans l’aménagement d’une nouvelle brasserie, MARTIN BUREAU AGENCE FRANCE-PRESSE au deuxième étage, le poids des ustensiles et des assiettes est calculé au millimètre près, afin de ne pas alourdir la structure générale.Cette édition de Des racines et des ailes se termine par une visite rare, celle des entrailles de la Statue de la Liberté, à New York, puisque Gustave Eiffel avait conçu l’armature métallique de la célèbre statue.Des racines et des ailes, TV5, lundi 4 mai, 20h Pierre Perreault à la radio L’émission Vous êtes ici, à la Première chaîne radio de Radio-Canada, entreprend également ce lundi soir à 20h la diffusion de quatre documentaires radiophoniques consacrés à Pierre Perreault, mort depuis dix ans.Début ce lundi avec le rôle de Pierre Perreault dans le cinéma direct.La série se poursuit pendant trois autres lundis, en abordant autant Pierre Perreault le poète que l’homme de radio et l’homme privé.Le Devoir ?;y Nouvel album °.Welcome fo Mali Nouveau spectacle ! tu maqatfn maintenant ! DElUTRZAl BILLETS 514 908-9090 ticketpro.ca VENDREDI 5 JUIN • 20 H MÉTR0P0LIS Bell Ittunr* B- mm g ; HÔTEL OFFICia Québec n" DISQUE Dylan : vieux depuis longtemps Bob Dylan est de retour, avec Together Through Life.SERGE TRUFFAUT Avant de l’entendre, on le voit.C’est forcé.Quoi donc?Together Through Life, de Robert Zimmerman, alias Bob Dylan.Côté recto, le cliché représente un couple enlacé dans une auto des années 60.Ça vous a un petit côté beatnik, un côté «Like A Rolling Stone» plutôt que Times They Are Changin’, qui ne rajeunit pas les enfants de la guerre.Côté verso, la photo met en scène un groupe de musiciens tziganes.Parmi eux, on observe que l’un d’entre eux joue d’un instrument de vieux: l’accordéon.Une fois déchiré le cellophane, et non le plastique, qui emprisonne le compact, on constate que dans le mince, très mince livret qui accompagne le tout, une seconde de vie de Dylan a été saisie.Pour l’éternité?On s’en balance.Chose certaine, au moment où l’on camoufle la pipe de Jacques Tati, le facteur de Jour de fête, et la cigarette de Coco Chanel, histoire de respecter les codes de l’hygiénisme stalinien, Bob en allume une.Cigarette, il va sans dire.Le regard posé sur l’identité des musiciens, on apprend que l’alter ego de Tom Petty dans les Heartbreakers, soit le guitariste Mike Campbell, est de la partie.On apprend également, et peut-être surtout, que c’est à David Hidalgo, le poumon de ce merveilleux groupe baptisé Los Lobos, le compositeur de cet ode aux chats intitulée Kiko, qu’a été confiée la tâche de ponctuer le tout avec son accordéon.La formation rythmique, et c’est très rassurant, est la même que celle formée pour l’enregistrement de Modem Times, soit Tony Garnier, à la basse, qui peut se vanter d’avoir accompagné Dylan plus longtemps que n’importe quel autre musicien, et George Recile, à la batterie, qui entre autres singularités notables vient de La Nouvelle-Orléans, capitale mondiale de la musique vaudou.Qui d’autre?Donny Herron à la steel guitar et au banjo, autre instrument de vieux, ainsi qu’à la mandoline et à la trompette.On note enfin que le producteur est celui des deux productions antérieures: Jack Frost.Jack pour Kerouac, l’homme qui avait fort bien commencé avec son histoire de route avant de mal finir en militant pour la guerre au Vietnam.Robert pour Frost, le poète naturaliste épris de bouddhisme qui aimait consacrer son crayon à la description des paysans et de la campagne.Des étrangers à la ville.On l’aura deviné, derrière Jack Frost se cache Bob Dylan, né dans un coin perdu du froid Minnesota.Retour en arrière Une fois les premières notes de Beyond Here Lies Nothin’ captées, on est.comment dire?Réconforté.Dylan étant grand depuis longtemps, qualifier cet album de grand reviendrait à formuler une tautologie.Together Trough Life, c’est du Dylan tout craché.Mais ce qui frappe d’entrée, lorsqu’on sait que l’homme peste depuis des années contre la technologie numérique, les nouvelles technologies, lorsqu’on le sait nostalgique de l’enregistrement analogique, c’est la profondeur du son.Tout au long de l’album, la sonorité est crue comme l’était celle des albums Chess, les albums de Muddy Waters, de Howlin Wolf, de Willie Dixon et autres, qui ont d’ailleurs servi de modèles, sur ce plan, à Dylan.Après le tempo blues de Beyond Here Lies Nothin’, Dylan et sa troupe embrayent avec une ballade, Life Is Hard, que les crooners des temps anciens auraient aimé chanter.Après quoi il reprend à son compte My Wife’s Home Town, un blues écrit par celui qui a composé un nombre impressionnant de grands blues.De qui s’agit-il?Willie Dixon.IA, on est surpris par la voix éraillée de Dylan et sa manie de mâchouiller les mots qui conviennent à merveille au propos de Dixon.Parfois, il est plus rockabilly que country.Parfois, c’est évidemment l’inverse.Des fois, l’accordéon aidant, on récolte des accents tex-mex.Des fois, les accents en question se transforment en zydeco.Tellement qu’on croirait entendre Clifton Chénier.D’autant, il ne faut pas l’oublier, que le batteur Recile vient des bayous.Son sens du rythme, sa science du rythme est si chaloupée qu’elle s’avè re un écho au maître du genre, soit le pianiste professeur Longhair.Cette espèce de retour en arrière ou plutôt cet exercice de réhabilitation de musiques parfois oubliées, d’instruments souvent aujourd’hui méprisés, comme l’accordéon, mettent comme jamais en relief cette angoisse qu’éprou# notre homme face au rabotage de ce qui fait l’humanité de chacun.A preuve, les paroles.Comme dans Modem Times, c’est pas jojo, vraiment pas rigolo.Probablement parce que ce qui distingue Dylan des autres, de tous les autres, c’est qu’il est vieux depuis très longtemps.Le Devoir Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin La Finlande de Sibelius Une présentation de RioTinto Alcan Partenaire du programme « Jeunes Mélomanes en devenir > COM remercie pour leur appui CONSEIL DES ARTS Con™,n.,.,« 0E MONTREAL •* 1866 842-2112 LAPI8CIBESARTS.COM ES PI WjÉW -, ¦ (vT,')1, MP ¦¦ DIANAKRALL.COM MYSPACE.COM/8IANAKRAIL Rpji if_u:rnn H— ™ MM Cnnmfcvn Pntrtmomo ^ 1^1 Horltnge ennnrttfm Partenaire de saison le groupe de PVBÎlleC présente du 28 avril au 23 mai 2009 GU’ûïâtec Gabriel Arcand et Catherine-Anne Toupin avec Rebecca Vachon BLACKBIRD DAVID NARROWER Mise en scène de Téo Spychalski Traduction de Étienne Lepage Décors de Véronique Bertrand Lumières de Mathieu Mardi r théOtroi ON JOUE AU [PROSPEROJI mardi au samedi 20 h, mer.19h jeudi 2 pour 1 Réservation 514 526-6582 Réseau Admission 514 790-1245 laveillee.qc.ca i KlH Vom | m ci c C i I.E I» E V OIK.L E S S A M EDI 2 E I I) I M A \ < Il E K M Al 2 0 0 !l E LES MERCREDIS DU DOC 3/1 sur tous les documentaires BOITE NOIRE Un véritable cadeau .ET LA MUSIQUE Réalisation, scénario et musique: Michel Lam.Image: Julien Fontaine.Montage: Marlene Millar.Québec, 2008,74 min.ANDRÉ LAVOIE Les écoles à vocation particulière sont-elles des ghettos dorés ou la planche de salut du secteur public?Trahissent-elles les rêves de démocratisation tels qu’élaborés dans le rapport Parent ou reflètent-elles tout simplement une tendance sociale où le tout à la carte a force de loi?Autant de questions jamais explicitement débattues par le cinéaste Michel Lam dans son documentaire .et la musique.Et pour bien appuyer le caractère intimiste et dépouillé de son propos, il n’indique qu’à la toute fin du film où se situe exactement l’école primaire Sacré-Cœur; il le sait d’ailleurs mieux que quiconque puisqu’il a eu la chance de fréquenter cette institution.Qu’a-t-elle de spécial?Une dévotion infatigable pour la musique puisque tous les élèves doivent maîtriser les rudiments du violon, du violoncelle ou du piano.Ce choix pédagogique courageux, tant sur le plan financier que sur celui de la logistique, a visiblement inspiré la carrière — et la vie — du cinéaste, qui d’ailleurs signe la très belle musique de son film.Et alors que d’autres auraient aimé en savoir plus sur les origines de ce mandat — et sur ceux qui le portent à bout de bras dans un contexte de difficultés économiques, mais aussi de mépris larvé à l’égard de la culture, et pas juste à Ottawa —, Michel Lam choisit plutôt les sentiers sinueux du cinéma vérité, sans voix-off et avec très peu de têtes parlantes.De la fébrilité de la rentrée à celle du spectacle de fin d’année en passant par les répétitions qui écor- chent les oreilles des enseignants (et un peu celles des spectateurs!), le cinéaste s’ins-talle quelque part dans les corridors, ou au fond de la classe, et observe.Au fil des semaines, il s’attache à trois élèves d’âges différents mais qui se ressemblent dans cette énergie en: thousiaste à maîtriser le violon ou le piano et possèdent une aisance certaine devant la caméra, particulièrement le jeune Alexis, «six ans et trois quarts».Quant à Rachel et à Anne-Catherine, respectivement en 4l et 6' année, elles évoquent les bienfaits que leur procure la musique et, dans leurs mots parfois maladroits, cet arrachement progressif au monde de l’enfance pour celui de l’adolescence.La perspective d’accéder au niveau secondaire semble un sujet d’inquiétude constant pour Anne-Catherine, la plus douée des trois apprentis musiciens, fière d’afficher son appartenance à Sacré-Cœur.Cantonné essentiellement dans les murs de cette école et avec de rares échappées dans les familles des trois jeunes protagonistes, Michel Lam se fait le témoin attentif de cette émancipation par la musique.Il nous démontre, sans avoir recours à la science des spécialistes ou au discours admiratif des parents, que cet éveil à la culture envahit de belle manière tous les aspects du développement de ces enfants; ceux-ci apprennent et cultivent avec la même ferveur le désir de dépassement et le sens de l’émerveillement.Cela ne devrait-il pas être la mission fondamentale de toutes les écoles que fréquentent les enfants du Québec?.et la musique raconte, en filigrane, l’histoire d’un combat, celui d’élever les âmes plutôt que de niveler les esprits.Collaborateur du Devoir li 1 ONF Cantonné dans les murs de l’école primaire Sacré-Cœur et avec de rares échappées dans les familles des trois jeunes protagonistes, le cinéaste Michel Lam se fait le témoin attentif de cette émancipation par la musique.GRAND PRIX DE L'IMAGE ET DU SON FESTIVAL DE TANGER SELECTION OFFICIELLE FESTIVAL DES FILMS DU MONDE jEiIUmï Où 1 ^ 44 (Fl V>t v 1 iii www.lesfilmsseville.com ¦VirifT JH À L’AFFICHE! VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS CINÉMA Œcoufae*] | 238B, Bomihlim F, 7g 1-BOBO | Il I-'-.¦"¦CINÉMA-—— H LE CLAP k- CINÉMA* AMC I E FORUM 221 VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRE* ANC* AIR Cl WZSmmR NC C RM K I) K V (UR, L K S S A M K I) I 2 E T I) I M A N C II E A M A I 2 0 0 !l CINEMA Là-bas mon pays OU VAS-TU MOSHE ?Scénario et réalisation: Hassan Benjalloun.Avec Simon Elbaz, Rim Chemanou, Abdelkader Lot-fi, Hassan Essakalli, Mohamed Tsouli.Photographie: Kamal Der-kaoui.Montage: Aube Fogüa Musique: Ned Bouhalassa.Maroc-Canada 2008,90 min.FRANÇOIS LÉVESQUE 1 963.Le Maroc a obtenu son indépendance et le colonisateur français s’est retiré.Juifs et musulmans reprennent la cohabitation sans tierce partie.Dans le village de Bejjad, la religion, fût-elle celle des enfants de YHWH ou celle d’Allah, a tôt fait de faire naître des tensions.L’objet de discorde?Un bar, lieu de perdition par excellence.Les élus musulmans ne peuvent le faire fermer tant que vivent dans le hameau des non-musulmans.Or les juifs, craignant les répercussions de l’instabilité politique, sont justement encouragés à s’exiler.L’exode a d'ailleurs commencé, d’abord clandestinement puis de manière officieuse.L’harmonie devrait donc régner.n’était Shlomo qui, incapable de quitter la terre de ses ancêtres, joue bien malgré lui les empêcheurs de tourner en rond.Où vas-tu Moshé?est à prendre comme une métaphore, voire une fable.Bejjad, on le devine, se veut un microcosme.Son unique bar marque la division entre les deux peuples, mais place également en exergue leurs contradictions.Mustapha, le tenancier, ira jusqu’à mentir à Shlomo afin de le retenir à Bejjad.De même, les instances musulmanes tenteront de monnayer le départ de ce dernier.Le commentaire sur l’hypocrisie et la religion n’est pas neuf et, tout athée que je sois, je demeure un partisan convaincu de la nuance et des demi-teintes.A cet égard, Hassan Benjalloun évite les écueils de l’indignation en plantant des personnages tridimensionnels au centre de situations qui au- raient autrement pu sembler conventionnelles.Ainsi, ces petits miracles de vérité que sont Shlomo et sa bande confèrent au film un air d’authenticité qui ne se dément pas.Quelques touches d’humour allègent ici et là le récit qui, bien qu’il traite d’un sujet sensible, épidermique pour l’une et l’autre confession, ne cherche jamais à désigner un bon et un méchant.Là encore, les personnages, et sans doute aussi leurs interprètes, font en sorte qu’il est impossible de ne pas comprendre les motivations de chacun, lesquelles tirent leur source dans des textes religieux qu’on peut interpréter à loisir.La scène où le voisin musulman demande à sa femme de piger dans son tajine pour nourrir un Shlomo malade est éloquente: «L’imam a dit de ne plus lui parler!», objecte l’épouse.«Le Prophète a dit d’aider jusqu’à ton septième voisin», de répondre calmement le mari.Savoureux.Le film de Benjalloun n’est certes pas sans défauts.Malgré sa petite heure et demie, Où vas-tu Moshé?s’étire indûment par moments, surtout vers la fin du deuxième acte, une fois que tout le monde est parti et que Shlomo devient le pion de Mustapha.On assiste alors à quelques scènes où l’on voit la fille du premier lui écrire afin de lui décrire les conditions de l’exode puis l’arrivée en France qui ne tient pas ses promesses.Très intéressante au plan historique, cette portion est cependant mal intégrée et le recours aux lettres comme liant apparaît un brin plaqué.En ces occasions, c’est un peu comme si deux intrigues se disputaient le film.Or le fait que l’action soit plus manifestement centrée à Bejjad ne fait qu’exacerber cette impression de scission narrative.Cela étant, Où vas-tu Moshé?met en avant une somme beaucoup plus appréciable de qualités, à commencer par un dénouement d’une irrésistible ironie.Collaborateur du Devoir "frOT ?dussoluer A «Catherine « Extrêmement ' sympathique!! * Une comédie policière / réjouissante par ses situations^ farfelues, WTvIJpr» ses dialogiHfr^ pétillants et son déroulement Imprévisible!» Lfl Presse .¦** •*** «Catherine Fret est craquante! Vraiment un ktrès bon film!» Radio-Cantida ¦gUne enquête pleine de .AB fantaisie, gai servie par Ifles dialogues Ssavoureux et V une troupe V d'acteurs S épatants.Un régal!» Parislon ivisible !» WÊ se ¦ji'*** V i y ./ / - J , *'roàtEeST le£Sré AFFAIRE PASCAL THOMAS www.lecrime.ca métropole PRÉSENTEMENT A L’AFFICHE! rQUARTIER1 latin] f^t fpONT-VI Au’lg ’ rBOÙéÙEhviLLE] Gi n^^Trarri rk&FRBbooMKél rTTEiAbfLTl iiotM ntTovi [~“~j CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS Lizzie Broeheré et Olympe Borval dans Le Chant des mariées, de Karin Albou Harem secret SOURCE FILMS SEVILLE LE CHANT DES MARIEES Réalisation et scénario: Karin Albou.Avec Lizzie Broeheré, Olympe Borval, Najib Oudghiri, Simon Abkarian, Karin Albou.Image: Laurent Brunet Musique: François-Eudes Chanfrault.Montage: Cia ni 11c Cotte.ODILE TREMBLAY L) élégant film de la Fran-’ çaise Karin Albou, Le Chant des mariées, nous parvient après La Petite Jérusalem, ce pas de deux féminin situé dans une communauté juive de Paris.Karin Albou possède un regard, une délicatesse de ballerine posée sur l’altérité, sur la condition féminine en ses recoins d’aliénation et ses soubresauts d’insurrection.Cette touche si légère et sensible, présente plus magistralement dans certains films de femmes, comme Brodeuses ou Lady Chatterley, faite de sensualité douce, de pudeur, imprègne l’univers de Karin Albou.On entre dans son monde comme on pénètre un harem secret, tout en confidences chuchotées, en mode mineur toutefois; Il ne manque qu’un tonus supplémentaire pour élever ses œuvres à des sphères supérieures.Mais ses sonates s’offrent des accents si harmonieux.Le Chant des mariées évoque aussi certains films du Tunisien Ferid Boughedir, Halfaouine, entre autres, qui brossait finement le passage d’un jeune garçon à l’âge adulte, avec transfert du monde des femmes à celui des hommes.Soubresauts politiques Cette fois, la trame intime se nourrit de soubresauts politiques.L’action se déroule à Tunis, en pleine Deuxième Guerre mondiale, et aborde les drames de la ségrégation.Place à deux adolescentes amies d’enfance, l’une juive, Myriam (Lizzie Broeheré), l’autre musulmane, Nour (Olympe Borval), bientôt entraînées dans le chaos de l’invasion allemande.Si le scénario se révèle parfois assez démonstratif dans sa marche implacable de la guerre qui broie les vies, tous les segments des rapports intimes dégagent une vraie grâce.D’autant plus que les très jeunes interprètes, surtout Olympe Borval, au jeu toujours juste, sont convaincantes.Ces caresses que s’offrent les deux adolescentes au début, ces touchers délicats trouvent leur pendant dans les glissements de l’image au montage fluide.Avec une luminosité, des rituels patiemment exposés comme l’épilation du pubis de la future mariée, vrai viol, les étreintes cachées, les prières, les mariages arrangés, avec leur poids de surprises.La découverte de l’érotisme se trouve au centre du film, mais aussi l’apartheid entre les hommes et les femmes, celles-ci destinées à la soumission, qui parfois se rebiffent.Le Chant des mariées dévoile aussi l’épisode mal connu de l’occupation de la Tunisie et de l’exode des Juifs, brutal, là comme ailleurs.Car autour des deux jeunes filles, l’une musulmane, qui ne peut étudier, l’autre juive, bientôt persécutée, un monde d’hommes impose ses lois, qu’elles sauront déjouer après que la Grande Histoire eut fait basculer les destins.Une peinture intimiste, qui dépasse le cadre un peu manichéen de sa trame, au fil de ses très nombreux moments de grâce.Le Devoir SOURCE MEGAFUN Où vas-tu Moshé?est à prendre comme une métaphore, voire une fable.NOS ENFANTS NOUS ACCUSERONT UN FILM DE JEAN-PAUL JAUD R • Première «Du grand cinéma» «Un film envoûtant» 1 -Le Monde -Libération «Sublime» «Impressionne par sa beauté plastique, ses comédiens poignants, sa photographie magique.» -LeJournal du Dimanche .Js* (ùflàSni PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE EN EXCLUSIVITÉ! « ! A I ! A ETÉI/^UC | LE CLAP 1 I G cv,-c»iTDic I i cimEma ! consultez les guides- «|M LArrlOnC CONSULTEZ LES quideIhoraires DES cinémas bll E>!aN™S .horaires des cinémas gp ci
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