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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier F
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2009-04-18, Collections de BAnQ.

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I- E I) E V OIK.L E S S A M EDI IS fi T I) I M A X ( Il E I !l A V K I I 2 O II *1 ÛC c o FANTASTIQUE Frankenstein à l’étude Page F 6 ¦y i ESSAI Pierre Falardeau, la liberté et rien d’autre Page F 8 n’est demain Il dit ne pas avoir la bosse des mathématiques.Pourtant, ses romans foisonnent de mesures.Dans son dernier livre, Tarmac, l’un des personnages, celui de Hope Randall, lutte contre la malédiction familiale qui le pousse à prédire la date de la fin du monde.CAROLINE MONTPETIT Nicolas Dickner admet que les chiffres le fascinent.Il dit aussi avoir un jour rêvé d’être un scientifique, un biologiste plus particulièrement.Il a également caressé l’idée d’étudier en bibliothéconomie, avant que le très grand succès de son premier roman, Nikolski, ne confirme tout à fait sa vocation d’écrivain.Tarmac est d’ailleurs truffé de cet «humour scientifique» qui caractérise Dickner, et qui lui fait calculer, par exemple, combien il faudrait de citrons dont on tirerait de l’énergie pour avoir un impact semblable à celui de la bombe d’Hiroshima! «Il ne faut pas se fier à la science pour expliquer le monde», lance-t-il.En entrevue, Nicolas Dickner, qui a aujourd’hui 37 ans, explique que la vision apocalyptique des choses, qui prévaut dans son roman, est tout à fait propre à sa génération.On a cru jusqu’au début des années 90 que la fin du monde surviendrait dans le cadre de la guerre froide qui opposait l’URSS et les États-Unis.Tarmac prend d’ailleurs place au moment de la chute du mur de Berlin, en 1989.Au tournant du millénaire, chacun appréhendait le bogue informatique comme étant potentiellement explosif.Aujourd’hui, ce sont les dérèglements climatiques qui donnent à chaque tempête de neige des allures apocalyptiques.«J’ai vécu dam un monde obsédé par l'apocalypse, écrit-il.Dans la cour de mon école primaire, l’holocauste atomique était un sujet de conversation comme un autre.Entre deux marelles, nous discutions bunker, radiation, plutonium et mégatonnes.Certains d’entre nous, pourtant nuis en mathématiques, pouvaient débiter les moindres statistiques de l’arsenal nucléaire soviétique — et If» Hrw* y.Tarmac 9* : s H ÊÉÉSiil I « Mais je ne dois si pessimiste décidé ce savoir bien quantifié rendait nos peurs plus tangibles.Qui recevrait sa part d’ogives soviétiques?Allions-nous mourir rôtis, soufflés ou irradiés?Nous étions la génération d’avant-guerre.» Pourtant, même si elle survient, cette fin du monde annoncée n’aura vraisemblablement pas des allures aussi tranchées, reconnaît-il aujourd’hui.«De toute façon, il n’y a pas qu’un monde, mais des mondes.Nous vivons dans différents JACQUES GRENIER LE DEVOIR mondes.La fin de la guerre froide a marqué la fin d’un monde», dit-il.Au sujet des désordres environnementaux qui planent au-dessus de nos têtes, il est moins optimiste.Certains dégâts infligés à l’environnement ont désormais des impacts impossibles à contrôler, voire à calculer.«Mais je ne dois pas être si pessimiste que ça si j’ai décidé de me reproduire.Je crois que mes enfants ne vivent pas une période aussi difficile que celle de la peste noire, par exemple», dit-il.La mesure de la fin Lui-même semble hanté par les possibilités de mesurer ce qui sépare l’être humain de sa fin.Il a par exemple déjà travaillé sur l’ébauche d’un roman qui s’intitulait L’Echelle de Glascow, une unité de mesure qui tente d’évaluer le degré du coma d’un patient.Mais au sujet de ses obsessions, celle de la fin comme celle des mesures, il dit s’efforcer de les doser pour ne pas qu’elles occultent l’histoire de ses romans.«Il faut arriver à embarquer le lecteur dam l’obsession», dit-il.Tarmac a été pour .sa part écrit en une vingtaine de mois, après que deux autres ébauches de romans eurent été «mis sur la glace».On y plonge dans l’univers d’un jeune homme, Michel dit Mickey, dont le père dirige une usine de béton à Rivière-du-Loup, qui se lie avec la jeune Hope, ré sistant à son destin.Nicolas Dickner y nage en pleine culture du bungalow, qu’il compare à un bunker avec ses sous-sols finis et parfaitement habitables à l’année, téléphone et congélateur compris.Les protagonistes s’y nourrissent de fast-food douteux, en s’abreuvant de télévision, lorsque la maîtresse de maison, la mère de Michel en l’occurrence, ne les somme pas de s’aérer l’esprit autrement.«C’est le roman que j’ai écrit avec le plus de plaisir», dit celui qui a été bardé de prix pour Nikolski.A-t-il été ardu de recommencer à écrire après un tel succès?Pas tant que cela, répond-il, ajoutant que le «stress de la réception» ne le taraude que trois semaines avant la sortie du livre.Il faut dire que le jeune auteur a aussi eu fort à faire avec la naissance de deux enfants depuis la parution de Nikolski.«Avoir des enfants m’a sûrement beaucoup plus transformé qu’écrire des livres», dit-il, avant de courir s’occuper de ses petits.Le Devoir TARMAC Nicolas Dickner Alto Québec, 2009,273 pages 15 au 19 avril Centre des congrès de Québec www.silq.org /'vr m il #106.3 k'Viteil Qui m„< u«i $ M IkufMditn F ^ I.E I) E V (t I li .I.K S S ,\ M EDI 18 E T I) I M A \ ( Il E I il A V II I I.2 0 0 9 LIVRES LITTERATURE QUEBECOISE Petites tranches d’enfer CHRISTIAN DESMEULES On l’appelle Hank.Ou «monsieur Hank», c’est selon.Un dur à cuire désabusé, un peu insomniaque, vaguement alcoolique, qui traîne derrière lui, comme une trace ù’after shave bon marché, une vague éthique de samouraï'.On est un peu chez Jim Jarmusch, un peu chez Manchette, tout est affaire de décor.Sans l’avoir vu venir, contre toute attente, Hank a le coup de foudre pour Gina, une jeune et très jolie pute qui a l’allure d’une Marilyn Monroe rousse, avec «des formes plantureuses et la peau crème».Et un grain de beauté au-dessus d’un sein, comme «une poussière brune qui roule à sa perte».Une nouvelle venue dans ce quartier paumé d’une grande ville du nord de l’Europe (peut-être en France ou en Belgique, difficile de savoir) et qui tapine pour un certain Bob, dit le Balafré.Court roman noir d’Emcie Gee, une jeune auteure dans la trentaine qui publie d’ordinaire, sous le nom de Marie-Chantale Gariépy, des romans, des nouvelles et des livres pour la jeunesse, Gina nous détaille avec finesse, en plus d’une galerie de personnages en demi-teintes, les faits, les gestes et les variations intérieures de ce protagoniste posé au bord de l’abîme durant quelques semaines.Après l’excellent Un chien de ma chienne, de Man-dalian, paru plus tôt cette saison à l’enseigne de Michel Vé-zina, Gina est une autre éloquente démonstration d’écriture et d’appropriation, par une femme, de la voix et des désirs d’un homme.A force de tourner autour d’elle comme un corbeau solitaire, Hank finira par trouver les arguments pour convaincre la belle de lui consacrer une nuit.Une seule.Une nuit où cette imprévisible histoire d’amour trouvera, d’une certaine façon, son dénouement inévitable.Gina est-elle la fille en fugue de son patron?Et Hank?Flic?Voyou?Une autre victime du désir et de l’intime terreur des hommes?«Je suis une virgule.Nous sommes des virgules.Nous vivons dans les ratures du monde.» Gina est une noire histoire de désir fulgurant.Et de son envers parfait: la perte, la souffrance à petit feu, la folie et la destruction.La vie est une tartine Le premier roman de Diane Labrecque force trop sur le pathos À travers le récit au «je» de la vie brisée d’une femme au milieu de la quarantaine, le premier roman de Diane Labrecque, Raphaëlle en miettes, nous offre un condensé de tragédies hors de l’ordinaire, de secrets enfouis et de grandes noirceurs.CHRISTIAN DESMEULES Raphaëlle, une quinzaine d’années après l’avoir abandonnée à sa belle-mère, décide d’écrire à sa fille adolescente qui souhaite la revoir.Elle est ou était prof de littérature au cégep — le roman, de ce côté-là, n’est pas trop clair, le personnage paraît vivre en dehors d’une certaine réalité et ne semble jamais vraiment travailler.A cette enfant qu’elle ne connaît pas, elle raconte tout en désordre: son cauche- mar, ses trahisons, sa fuite dans l’alcool, son errance.Elle raconte surtout ce qui s'est passé après un grave accident d’auto qui, le jour où elle a accouché, a rendu invalide l’homme qui partageait sa vie.Incapable de s’attacher à l’enfant qui vient de naître, entièrement occupée à sauver l'homme qu’elle aime, Raphaëlle en arrive peu à peu à se détacher d’elle-même.Hantée depuis par «le geste inacceptable de Louis», qui se suicide un an plus tard, la femme dérive.Et ni sa sœur ni le mari de sa sœur, pas plus que sa propre fille qu’elle abandonne, on l’a dit, ne seront épargnés par sa «révolte inutile».Quelques années plus tard, elle apprend que son père est encore vivant, qu’il se meurt d’un cancer dans une chambre d’hôpital de Sept-îles.Elle saute dans le premier car, plonge dans ses souvenirs, ajoute quelques morceaux au casse-tête de son existence.Elle ajoute aussi une «nouvelle déchirure» à sa vie.«Je hais cette vie injuste et cruelle que personne n’arrivera jamais à comprendre ou à expliquer.Je voudrais déchirer le voile de la réalité.Voir une fois pour toutes ce qui se cache derrière», confie l’héroïne malheureuse de Raphaëlle en miettes.Mal servie par une chronologie flottante, cette descente M aux enfers au féminin prend la forme d’une histoire un peu emberlificotée, sans véritable dénouement, à laquelle on adhère difficilement.Entre pleurnichage, malheur rocam-bolesque et mal de vivre confus, on a le sentiment que Diane Labrecque force trop — ou mal — sur la dose du pathos qu’elle injecte à la confession de cette protagoniste «en miettes» dont le destin, malgré tous les efforts qu’elle semble déployer pour l’incarner, n’arrive pas vraiment à faire sens et à nous émouvoir.Collaborateur du Devoir RAPHAELLE EN MIETTES Diane labrecque Hurtubise HMH Montréal, 2009,192 pages LITTÉRATURE ÉTRANGÈRE Collaborateur du Devoir GINA Emcie Gee Coups de tête Montréal, 2009,100 pages La fille perdue nr CHRISTIAN DESMEULES Le désespoir est un peu son fonds de commerce.L’auteur de Passes noires (Les Allusifs, 2005), qui déclinait sur un mode plutôt esthétique la condition misérable d’une jeune réfugiée africaine forcée de se prostituer en Sicile, tourne cette fois son regard vers le continent africain.Celui de la maladie, de la détresse endémique, de la beauté oubliée, des enfants soldats accrochés aux «promesses de paradis» d’un continent à la (Jérive.A travers l’histoire d’Henriette, une jeune prostituée ougandaise bouleversée par la disparition soudaine de sa fille.Conte du bidonville, le troisième roman de Calaciura, nous plonge dans le quotidien infra ordinaire des laissés-pour-compte.Pour cette femme aux espoirs simples et vacillants, orpheline depuis trop longtemps, la vie n’aura été qu’une suite d’abus et d’injustices, où la liberté ne semble avoir joué aucun rôle: «Le jour de ses douze ans, la grand-mère lui avait souhaité “Habby birthday”, lui avait offert une robe de mariée avec des hibiscus rouges, et lui avait fait enlever sa petite culotte.» La vie d’Henriette est une noyade permanente dans un marécage insalubre.Descendre tout au fond est simplement inimaginable: apprendre qu’on est atteint d’une maladie incurable, voir sa fille disparaître, tout perdre lorsqu’on n’a rien.«Impossible d’aller au-delà de ce récit, écrit Calaciura.Au-delà, il n’y a que le fond de la vérité, la solitude des malades du sida qui attendent dans les baraques aux Imites du bidonville, l’urgence de survivre encore malgré la douceur de l’évanouissement, la fatigue de la nuit qui est identique à la pesanteur du jour.» Une fable à la beauté sombre, qui balance de manière troublante entre le réalisme et la poésie.Collaborateur du Devoir CONTE DU BIDONVILLE Giosuè Calaciura Traduit de l’italien par lise Chapuis Les Allusifs Montréal, 2009,110 pages “V- V* .v «Sy- ! 4 fm Mille et un lieux.Voyagez! Sw J» Chrystine Brouillet et Stéphane Dompierre Porte-parole 14e Journée , mondiale du livre d'auteur 23 avril 2009 Le 23 avril, forum en ligne, exprimez-vous sur le droit d’auteur ou posez vos questions à des professionnels : www.jmlda.qc.ca ij r Des centaines d’activités gratuites grâce à la participation de 18 organismes du milieu du livre Réponses à des questions bizarres Prenez des pages blanches, gravez-y des anecdotes sur des sujets aussi variés que bizarres.Parsemez-y un peu d’humour et d’autodérision et vous trouverez la Nouvelle Encyclopédie du savoir relatif absolu de Bernard Weber, qui paraît chez Albin Michel.Sous des allures de grimoire moyenâgeux, l’ouvrage livre autant des recettes de gâteau au chocolat que des articles sur l’autolimitation des puces ou sur la sexualité des punaises de lit.Pas étonnant qu’on trouve autant d’insectes dans le livre d’un auteur qui a beaucoup écrit sur les fourmis.On peut également y lire, entre autres choses, des articles sur le chamanisme, sur les jeux de cartes ou sur la violence.Bref, des réponses à «toutes les questions étranges que vous ne vous êtes peut-être jamais posées», comme le promet la couverture.Né en 1961, Bernard Weber s’est surtout rendu célèbre avec sa Trilogie des fourmis.Il a cependant signé de nombreux autres romans, dont le Cycle des anges et la Trilogie du cycle des dieux, où l’on retrouve à la fois de la mythologie, de la science-fiction, de la biologie et de la futurologie.BERN \RD Ut K151 K Vù \ :î.: ENOTHsftuù: DUSaVO'S Relatif fTÀRSOu.: i « r Ifj /" ftfî___¦ Le Devoir Ai».Mon - E N BREF Prix Alibis à David Sionnière Réédition d'Ainsi parla ronde C’est David Sionnière qui a remporté le prix Alibis pour sa nouvelle Summit Circle.La récompense a été remise dans le cadre du Salon international de Québec.Je lauréat recevra une bourse de 1000 $ et sera invité à assister au Salon du polar de Montigny-les-Cormeilles.Richard Sainte-Marie, avec Histoire (s) , a pour sa part reçu un prix spécial du jury.Il recevra 250 $, comme Sébastien Aubry, également remarqué du jury pour Nous sommes du même sang.- Le Devoir Les Éditions Mémoire d’encrier proposent une réédition (YAinsi parla l’oncle, de Jean Price-Mars, premier manifeste de la condition noire, paru pour la première fois en 1928.Ce livre influença profondément Léopold Sédar Senghor.Jean Price-Mars est considéré comme le principal maître à penser de î’Haïti du XX' siècle.Ainsi parla l’oncle a été écrit durant l’occupation américaine d’Haïti, entre 1915 et 1934.On y procède, dit-on, «à une analyse systématique de la culture des masses haïtiennes».L’édition de Mémoire d’encrier est suivie d’un collectif de textes qui analysent «les incidences et ’S Noël Des Rosiers ifi les résonances» (YAinsi parla Tonde dans le monde entier.On pourra notamment y lire des textes de Maryse Condé, de Dany Laferrière, de Raphaël Confiant, de Jean Moris-set et de Joël Des Rosiers.-, Le Devoir 'T * 'tPW" "i'i À l'occasion de la 14e Journée mondiale du livre et du droit d'auteur - Rencontre avec Monique Proulx, romancière, nouvelliste et scénariste Animation : Yvon Rivard, auteur et scénariste eudi 23 avril 19 K 30 : l+l Patrimoine Canadian canadien Heritage Québec ïïïï Conwll d«i Art» Canada Council du Canada for th» Art» mtiimss USEMJUNE V IfVl Beaucoup plus qu'une librairie ! fyj Salle de conférences et café-resto i- 2661 Masson, Montréal, Qc ItlUlineS 514 1149-3585 Contribution suggérée de 5 $ Avec le soutien de la Sodée çodec Québrt !!•* MEILLEUR ORIG L E I) E V 0 I R , LES S A M E I) I I S E T II I M A N ( Il E I II A V R I L 2 (I 0 !l LITTERATURE La vie devant soi Merveilleuse conteuse, Janik Tremblay vient de faire paraître Le bonheur est assis sur un banc et il attend, son troisième roman.Il s’agit d’un vrai bon roman populaire, accessible, vivant, qu’on ne s’étonnerait pas de voir un jour adapté pour le petit écran.Danielle Laurin m Un immeuble à logements.Avec des locataires en tous genres.Qu’on voit vivre au jour le jour: chacun ses drames, ses peines, sa façon de tenir bon.L’idée n’est pas nouvelle, d’accord.Rien de neuf non plus dans le fait de montrer que des êtres meurtris peuvent se venir en aide, se serrer les coudes.Au risque de tomber dans les bons sentiments, la mièvrerie.On pourrait craindre le pire.Du genre: un remake québécois d’Ensemble, c’est tout, mais édulcoré, vidé de son jus, de sa magie, privé de la prose jouis-sive d’Anna Gavlada.Surprise! Quelque chose d’autre nous attend au tournant.Quelque chose comme une tragédie.Une double tragédie, en fait L’une sous-jacente à cette histoire à tiroirs qui se joue devant nos yeux.Et l’autre qui va nous tomber dessus au fil du récit, sans crier gare.Merveilleuse conteuse, Janik Tremblay signe ici son troisième roman.Cette façon de lier les événements entre eux, de les faire débouler comme dans un jeu de dominos.Et cette touche, toute particulière, ce doigté pour fouiller l’âme de ses personnages sans avoir l’air d’y aller.On se tient là, au bord du précipice, à la limite du pathos, à la limite du vraisemblable, aussi, parfois, et puis, non, ça ne foire pas, ça se tient, ça nous tient.Redoutable efficacité d’une écriture sobre, rythmée, qui s’efface au profit de l’histoire racontée.Cette histoire, donc, elle commence seize ans avant le début du roman.Le 6 décembre 1989, précisément Avec la tragédie de Polytechnique.Ce jour-là, un jeune homme, Vincent, un étudiant, était là, dans la classe.Quand le tueur fou a fait sortir les garçons et a tiré sur les filles.Vincent ne s’est pas pardonné.Pas pardonné d’avoir fui.Pas pardonné sa lâcheté.Trois ans plus tard, Vincent s’est tué.Ses parents, anéantis, vous imaginez.Encore aujourd’hui, treize ans plus tard.C’est ici que ça commence.Dans le quotidien des proches de Vincent, mort depuis 13 ans.La mère se dit ceci: que si elle cesse de penser à son fils, il mourra vraiment.Et ceci: «si Vincent était mort à la guerre, il serait admiré comme un héros».Et encore ceci: «S’il était mort en héros, ils pourraient regarder la photo de leur fils avec fierté.» Le père, lui, s’est enfermé dans le mutisme.Et s’est jeté dans la rénovation d’un vieil immeuble.Un vieil immeuble à logements du Plateau, acquis avec son fils.Ils devaient le rénover ensemble, père et fils.Nous y voilà.Avec les locataires.Dont un certain Emile.Meilleur ami de Vincent Lui aussi présent lors de la tuerie.Et qui s’en veut tout autant de n’avoir pas réagi en héros.Qui s’en veut, en plus, de n’avoir pas vu venir le suicide de son ami.Autour, il y a la sœur d’Emile, aussi.Et tous les autres, pas directement touchés par la mort de Vincent, mais sensibles à la douleur des parents, des proches.H y a une vieille dame qui a perdu son chat, un couple en déroute, un homme ______ devenu dépressif et alcoolique depuis que sa femme l’a largué.sans oublier les proprios du dépanneur du quartier, des Vietnamiens établis au Québec depuis 30 ans.Et le chauffeur de taxi haïtien.Ce n’est pas tout.Il y a les amis, les amis des amis, les amoureux et amoureuses, aussi.Ça fait beaucoup, oui.Beaucoup de personnages.On s’y perd un peu, au début surtout.Mais on finit par s’attacher à eux, on veut en savoir plus sur leur vie.On les surprend dans leur intimité, on les suit dans la rue, au reste.Et au dépanneur.Où va se produire une nouvelle tragédie, connue on en voit certains soirs à la télé.Ainsi, tous ces gens qu’on aura apprivoisés, dont on aura partagé le quotidien, les angoisses i fUIM U-rmhlay j Le bonheur est assis s; sur un banc s et U attend Ü , va Janik Tremblay est une merveilleuse conteuse.et les rêves, seront d’une quelconque façon happés par ce que les médias rapportent comme un simple fait divers.Pourquoi?Pourquoi eux?Pourquoi cette tragédie leur est-elle tombée dessus?C’était inattendu, imprévisible.Ça n’arrive qu’aux autres, croit-on le plus souvent Quel rôle joue le hasard finalement?S’il n’y avait pas eu une fête ce jour-là.Si on n’avait pas eu besoin de quelque chose au dépanneur à ce moment-là.Si on avait attendu une heure de plus, ou si on s'était décidé une heure avant.Si, si, si.Du jour au lendemain, tout peut voler en éclats.Tous les projets.Du jour au lendemain, l’autre n’est plus là.On fait quoi?Comment?Comment ils font, les autres, pour faire leur deuil, pour recommencer à vivre?Pendant ce temps, certains s’aiment, se pren- SOURCK GROUPE UBREX nent dans leurs bras, rient, font des projets, boivent du champagne, écoutent de la musique.Pendant ce temps, la vie continue, la vie bat.Le bonheur est assis sur un banc et il attend, c’est tout ça en même temps.C’est si on ne profite pas de la vie maintenant, ce sera pour quand?C’est simple, au fond.Trop simple, peut-être.Mais ça donne un vrai bon roman, un vrai bon roman populaire, accessible, vivant, qu'on ne s’étonnerait pas de voir un jour adapté à la télé.LE BONHEUR EST ASSIS SUR UN BANC ET IL ATTEND Janik Tremblay Stanké Montréal, 2009,216 pages LITTERATURE JEUNESSE Les aventures de Basile, apprenti magicien Un recueil qui s’adresse aux jeunes lecteurs qui veulent lire comme des grands ANNE MICHAUD orsque Basile n’est pas content il se passe de drôles e choses: d’abord, ses cheveux eviennent raides comme des baguettes et se dressent sur sa tête, ses yeux s’écarquillent et son petit nez en trompette bouge de droite à gauche puis de gauche à droite.Puis la Terre s’arrête de tourner et il se produit un événement bizarre: un jour, la maison tremble; un autre jour, le feu prend dans les rideaux; un autre jour encore, le poulet du souper se lève dans son plat et se met à crier: «Cocorico!» Se pourrait-il que Basile ait des pouvoirs magiques?C’est ce que sa grand-mère soupçonne et qui sera confirmé par un séjour du garçon chez la cousine Henriette, qui est un peu fée sur les bords.C’est ainsi que débutent les histoires de Basile créées par Minne, de son véritable nom Véronique M.LeNormand.Publiées en France dans les années 90, elles avaient d’abord été testées et éprouvées auprès des jeunes membres de la tribu Pen-nacchioni, du nom véritable du mari de l’écrivaine, Daniel Pen-nac.De toute évidence, les deux époux ont l’imagination aussi fertile l'un que l’autre: le petit monde de Basile est aussi fantaisiste sous forme théâtrale, une fonne aujourd’hui désuète mais qui nous ramène à l’époque où Les Malheurs de Sophie faisaient notre bonheur.Espérons que les histoires de Basile feront celui des enfants d’aujourd'hui! Collaboratrice du Devoir CINQ HISTOIRES DE BASILE Texte de Minne Illustrations de Natali Fortier Les 400 Coups Montréal, 2009,300 pages (7 ans et plus) que celui de la tribu Malaussène! Cinq histoires de Basile est un recueil qui s’adresse aux jeunes lecteurs qui veulent lire comme des grands, c’est-à-dire qui aiment les livres qui contiennent beaucoup de mots et peu d’images.Les illustrations de Natali Fortier n’en sont pas moins très réussies: dessinées au crayon, avec un petit côté brouillon (comme si elles n’étaient pas tout à fait terminées), elles sont amusantes et aussi peu sérieuses que les histoires qu’elles illustrent.En hommage à la comtesse de Ségur, qu’elle a beaucoup fréquentée dans son enfance, Minne a choisi de présenter les dialogues ARCHAMBAULT Une compagnie de Québécor Media PALMARÈS LIVRES ROMAN MÉMOIRES D'UN QUARTIER T.3 L.Tremblay-D’essiambre (Guy Saint-Jean) A.N.G.E.T.5 Anne Robillard (Michel Brûlé) CHRONIQUES D’UNE MÈRE INDIGNE T.2 Caroline Allard (Septentrion) OUVRAGE GÉNÉRAL Limhtnt même FÉLICITE Guillaume Corbeil Lauréat du Prix Adrienne-Choquette DE LA NOUVELLE 2009 LIBRAIRIE BONHEUR D’OCCASION Livres d’occasion de qualité Livres d'art et de collections Canadiana Livres anciens et rares Bibliothèque de la Pléiade Littérature Philosophie Sciences humaines Service de presse BD, livres jeunesse Achetons à domicile 514-522-8848 1-888-522-8848 4487, rue De La Roche (angle Mont-Royal) bonheurdoccasion@bellnet.ca______ NOUS NOUS DÉPLAÇONS PARTOUT AU QUEBEC, POUR L’ACHAT DE BIBLIOTHÈQUES IMPORTANTES.LE USEUR Bernhart Schlink (Gallimard) US LETIRES DU MERCREDI Jason F.Wright (City) U SUMO QUI NE POUVAIT PAS GROSSIR Éric-Emmanuel Schmitt (Albin Michel) D MILLENIUM 11, T.2 et T.3 Stieg Larsson (Actes Sud) P.H «Ï L'ANGLAIS N'EST PAS UNE LANGUE.Jacques Poulin (Leméac) LES PIUERS DE LA TERRE Ken Follett (Livre De Poche) LE SHACK W.Paul Young (Le Jour) JEUNESSE FASCINATION T.2 : TENTATION Stephenie Meyer (Hachette Jeunesse) Q ERAG0N T.3 : BRISINGR Christopher Paolini (Bayard-Jeunesse) H LE GUIDE OFRCIIL DU FILM TWILIGHT Mark Cotta Vaz (Hachette jeunesse) VI TRAPÈZE AMOUR ET JONGLERIE Émilie Rivard (Boomerang) VISIONS T.1 : NE MEURS PAS UBELLUU Linda Joy Singleton (ADA) E LES CHRONIQUES DU JEUNE HOUDINI T.1 Denis Ramsay (Réunis) JOURNAL D’UN VAMPIRE Usa Jane Smith (Hachette Jeunesse) LE ROYAUME DE LA FANTAISIE Geronlmo Stilton (Albin Michel) 1^ SI0NRAH T.1 : US HÉRITIÈRES Une Bordeleau (Québec Amérique) L'ŒUF DU SERPENT T.1 Fitzgerald McCurdy (ADA) PAUL A QUÉBEC Michel Rabagliati (Pastèque) TELLE MÈRE, QUEUE FILLE 1 S.Ttubault / M.Larouche-Thibault (de l'Homme) RENÉ ANGÉUL; LE MAITRE DU JEU Georges-Hébert Germain (Libre Expression) LES DÉUCES DE JEAN CHEN EJ Jean Chen (Académie Culinaire du Qc) U BIBLE DES ANGES Joane Flansberry (Dauphin Blanc) KILO CAR0IO Isabelle Huot (de l’Homme) H RAPIDO-PRESTO Ej| Geneviève O'Gleman (La Semaine) ANIMAL'Z Enki Bilal (Casterman) L’ENVERS DE MA VIE M.-C.Toupin/M.Gervais (Un Monde Différent LES 7 ÉTAPES DU LACHER-PRISE Colette Portelance (Du Cram) ANGLOPHONE ECLIPSE Stephenie Meyer (Little Brown & Co) TWILIGHT : DIRECTOR’S NOTEBOOK Catherine Hardwicke (Little Brown & Co) WATCHMEN Alan Moore / Dave Gibbons (H.B.Fenn) VI MARKED V.1 U P.C.Cast / Kristin Cast (St.Martin’s Press) TW1UGHT: THE COMPLETE.Mark Cotta Vaz (Little Brown & Col DREAMS FROM MY FATHER : A STORY.Barack Obama (Three Rivers) DEVIL BONES Kathy Relchs (Pocket) PILLARS OF THE EARTH Ken Follett (Signet) M ANGELS a DEMONS: MOVIE TIE-IN Dan Brown (Pocket) ALWAYS LOOKING UP Michael J.Fox (Hyperion) '-W,, L'art de la fugue, 147 pages, 20 $ C DEMRCI 'î V ^ t-'U'wGC C Il I I V.I) K V (III!.I.K S S ,\ M KOI IS K T I) I M A X ( H K I il A V I! I I.2 (I (I il F I LITTÉRATURE Le dinosaure et les académies des lettres moulées MIGUEL MEDINA AFP Éf s nis- m il ! ! Louis Hamelin On parle tellement de la mort du livre en ce moment que les chances de Maurice Druon de lui survivre semblaient, hier encore, excellentes.Eh non.Comment devient-on Immortel?J’ai grappillé ceci sur Internet «En fait, entrer à l’Académie, c’est aussi simple que cela: on pose sa candidature, ça vote, et quelque temps après, on est élu.» Ça donne presque envie d’essayer.J’écoutais, dimanche après-midi, un Français expliquer à Lorraine Pintal comment François Weyergans, lui, s’y était pris.Si j’ai bien compris, il a repêché, dans le passé de chacun des Quarante, un ouvrage pour lequel il a rédigé, de quelle plume critique acérée, on ne peut que tenter de le deviner, un commentaire, glose, exégèse, etc.Et comme l’expression «léchage de bottes» n’existe pas dans le dictionnaire radio-canadien, madame Pintal s’est contentée, en ondes, de suavement murmurer: «Il a fait ce qu’il fallait.» Bref, jour de distribution de pommade, quai Conti, et voici Weyergans sous l’uniforme.Mais l’Académie mène à tout à condition d’en sortir et c’est pareil avec la mort de Druon.Moi, elle m’a ramené au journal de Monterroso: 239 pages de notations brèves, environ 180 entrées, couvrant l’année 1984, plus la fin de la précédente et les premiers mois de la suivante.Je cherchais ce passage dans lequel Monterroso décrit une séance de l’Académie mexicaine à laquelle il a assisté.Ah, voici.27 octobre.A Barcelone avec Sabato.Non, ça, c’est en Espagne, à l’académie des Belles Lettres.Je remarque que Monterroso fréquente décidément beaucoup les académies.Devant celle du Mexique, il lui venait une pensée émue à l’idée de tous ces vaillants bagarreurs de la virgule, dont pas mal de copains ou connaissances à lui, qui passent une partie de leur existence penchés sur cette chose incroyable: une langue, l’outil quotidien et l’histoire vivante.Que dirait Monterroso des Druon et d’Ormesson de ce monde?Comment dit-on «Passe-moi la pommade» en espagnol?Ce diable de petit homme m’oblige à remettre en question mon rapport à l’académie.Autre petit pope Dans ma langue, je suis devant les Immortels comme le croyant sincère et progressiste devant les pompes et les idioties du Vatican.Conscient de l’utilité de l’institution, certes, voire de sa sclérose même, puisque la moitié du plaisir que nous pre nons à la liberté se trouve dans le doigt d’honneur que nos écarts brandissent au nez de ces pathétiques bouffissures normatives du pouvoir.Dans ce monde des langues qui possède ses propres papes, cardinaux et camerlingues, Monterroso est comme un petit pope itinérant perdu dans son soliloque, le carnet à la main, avec ce drôle de sourire, plus rusé que sage, qui laisse croire qu’il essaie, sur la photo de la couverture, d’imiter le dalaï-lama, mais qui vient plus sûrement de ses ancêtres mayas.Monterroso, vous savez, est cet écrivain en qui Calvino a salué l’auteur d’une des plus fantastiques «short short» (histoires brévissimes) jamais écrites: «Le matin, quand il se réveilla, le dinosaure était encore là.» Mais ce nouveau livre en contient une qui me semble encore plus appropriée à notre époque: «Raconter l’histoire du jour où la fin du monde a été ajournée pour cause de mauvais temps.» De cette tendance à faire court, et de plus en plus court, jusqu’à l’effacement, à la disparition idéale non pas tant du texte lui-même que de l’auteur dans le lecteur, il dit: «[.] si je comprends très bien le plaisir de la lecture, je n’arrive pas encore à saisir clairement qu’on puisse en tirer de l’écriture.» En somme, chacun sa manière de combattre l’actuelle poussée inflationniste de sursaut agonique?) du monde de l’édition: «Alors tu te consacres à l’écriture de ton journal dont tu publies des fragments, comme un homme sur une petite île déserte accroche sa chemise au seul et unique palmier.(Avec la peur que quelqu’un la découvre, il faut bien le dire.)» L’île déserte, Monterroso en est encore loin.Poètes qui débarquent, collègues croisés à des conférences, des lancements, dans des avions, des Maurice Druon photographié en 2007 restaurants.Le livre regorge littéralement de noms d’écrivains, les vivants, les morts.Ils sont partout! Et l’amour des mondanités de ce drôle de timide, son consentement réticent au tourbillon de la vie littéraire n’ont apparemment d’égales que sa curiosité et son érudition.On le lit et on se dit que, si le livre se meurt, en tout cas il fait vivre bien du monde.Et me voici de nouveau en train de chercher, dans les pages de celui-ci, hérissées de post-it mauves, bleus et jaunes, un passage où il parle de la «mort du livre».Mais rien à faire.Comme si la mort du livre elle-même était portée disparue dans le livre du petit homme.Quant à cette académie mexicaine, toujours pas de nouvelles.Aurais-je enfin découvert le bouquin autoeffaçable?Je dois manquer de sommeil.Hier, j’ai vu une merveilleuse pièce intitulée Les Immondes, encore plus économe de mots que les histoires d’Augusto Monterroso, et dans laquelle une jeune femme s’avance au bord de la scène et dit: «Appelons les mots par les mots.» Et elle croit caricaturer un dis- cours politique alors que, en fait, elle exprime très précisément ce qu’est la littérature.Le matin, quand il se réveilla, l’écrivain était encore là.Il s’habilla, embrassa sa blonde et sortit dans la rue, à l’heure des écoliers, des écolières en uniforme, cuisses nues au-dessus du bas de laine grise, choses réelles.Je mâche des croustilles au plantain dans le petit matin pendant que le Stade olympique veut m’écraser.Direction la campagne, à l’envers du trafic, pas vraiment un gros changement Et ceci est ma journée au bureau.hamelin3chouette@yahoo.ca IA LETTRE, FRAGMENTS D’UN JOURNAL Auguste Monterroso Traduit de l’espagnol par Christine Monot Les Editions Passage du Nord-Ouest Albi, 2009,246 pages LITTERATURE QUEBECOISE Sous le masque LA PETITE CHRONIQUE CHRISTIAN DESMEULES En 1942, dans la chaleur écrasante de l’été sicilien, un médecin québécois, officier du 12 Régiment blindé de Trois-Rivières de l’armée canadienne, reçoit en cadeau un étrange masque étrusque après avoir sauvé la vie d’une jeune femme gravement blessée sous un bombardement.Issu selon toutes les apparences de cette riche et un peu mythique civilisation de l’Antiquité qui vivait au centre de la péninsule italienne, «enveloppé dans un vieux morceau de toile», le masque qui est au centre du cinquième livre de fiction (et son deuxième roman après Le Siège du Maure) de Louis Joli-cœur devient, on s’en doute, un cadeau à double tranchant.Alors que tous lui conseillent de remettre le précieux objet aux autorités italiennes, l’homme s’entête à le conserver.Cadeau empoisonné?Artefact maléfique?Parti à la guerre «sans mémoire», le cœur léger, voyageur sans bagages qui ne souhaite s’attacher ni aux objets ni aux gens, Eugène n’en demeure pas moins sensible à la beauté, celle qui «nous tire vers le haut».Rapidement toutefois, Louis Jolicœur perd de vue l’état d’esprit de ce personnage auquel on avait réussi à s’attacher.Le roman bifurque, les villes se succèdent (Naples, Rome, Paris, Florence ou Québec), les époques accélèrent, les chapitres raccourcissent, les personnages disparaissent aussi vite qu’ils étaient apparus.Et Le Masque étrusque se transforme, de façon moins convaincante, en roman policier éclair et en enquête généalogique.Seul le masque demeure, qui n’a peut-être pas la valeur qu’on avait voulu lui prêter.Collaborateur du Devoir LE MASQUE ÉTRUSQUE Louis Jolicœur L’Instant même Québec, 2009,174 pages POESIE Lmfiant mmt En guise de bilans July Giguère, sous haute surveillance HUGUES CORRIVEAU Les personnages de July Giguère, dans Rouge - presque noire, frôlent le désastre d’être, d’être regardés et tués par ce regard même.Au détour des textes surgissent des scènes à peine supportables, comme celle de la vieille femme maltraitée par celle qui la veut nue devant elle, ou celle de l’enfant que le père oblige à tuer son chien en lui mettant un tuyau d’arrosage dans la gueule.Force tranquille, assumée jusqu’à l’os des mots, tellement qu’on en reste bouche bée, conscient du talent de cette jeune auteure qui nous offre ce premier livre avec assurance.Que la voix de Marguerite Duras vienne ici ou là accompagner la voix de la poète, on ne saurait le lui reprocher, car jamais cette dernière n’inféode son écriture à la manière exacte de celle qu’elle dit elle-même admirer.«Ce sont des personnages hantés, jusque dans leur corps, par une histoire dont ils distinguent à peine les contours», nous confie l’auteure.«Je pense que c’est une femme sam enfants: elle vient ici avec un livre et ses mains retombent sur la table avec la grâce des ailes des oi- seaux morts, ses mains silencieuses, qui ont dû tremper dans les cheveux des hommes, le sang des marges, aux doigts froissant les pages.» L’écriture de July Giguère vogue entre vers libres ou en prose, et le récit poétique.Les textes vont du «je», au «tu», au «vous» et font appel autant au réalisme qu’à l’éclatement surréaliste.Ainsi en est-il de ces deux enfants: «deux visages silencieux derrière une vitre t.] leurs yeux cherchent des portes dissimulées dans l’espace.» Cette solitude égarée est le lot de tous les êtres de ce recueil écrit sans point ni majuscule, comme s’il fallait que le souffle rattrape le souffle pour que ne meure pas, engluée dans la claustration, une dernière espérance.Rouge -presque noire, voilà ce que serait la vie au moment de l’amour, des petits massacres quotidiens, des désirs inassouvis, passant sous l’œil désirant des autres.Ce premier livre n’est que le premier mot d’une œuvre dont on est assuré qu’elle sera importante.Collaborateur du Devoir ROUGE -PRESQUE NOIRE July Giguère L’Hexagone, coll.«Écritures» Montréal, 2009,80 pages JEUDI 23 AVRIL, 19 h 30 Dans le cadre de la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur Lauréats et Finalistes - Littérature jeunesse Animé par VIOLAINE FOREST Musique de RICHARD LÉVEILLÉ avec les invités INDIA DESJARDINS, CHRISTIANE DUCHESNE, JACQUES LAZURE et DANIELLE SIMARD Maison des écrivains, 3492, avenue Laval, Montréal ^ S Sherbrooke Entrée gratuite.Réservez votre siège ! UNEQ UNION DES ÉCRIVAINES ET DES ÉCRIVAINS QUÉBÉCOIS ConMil det Am Canada Council {HUj du Canada for tha Am Qui a dit que les agents immobiliers gros quétaines?http://agentimmobilier.blogspot.corn/ Gilles Archambault xm : WHNM» Peu de choses au fond rapprochent Bernard Pingaud et Marcel Conche si ce n’est d’être tous les deux des octogénaires.Que le premier publie ses mémoires et que le second, dans son journal, évoque son expérience n’a donc rien de surprenant.Ils sont à l’âge I M A X < Il K I *1 A V R I L l (I (l !) LITTERATURE K 5 LITTÉRATURE FRANCOPHONE Pérégrinations littéraires ma run r mouhc.ois éditeur # r'fy Esza GUYLAINE MASSOUTRE Contrairement à Duong Thu Huong, écrivaine vietnamienne issue du communisme, dont l’œuvre, telle Au zénith, dit l’histoire de ses concitoyens, Linda Lê a été éduquée à Saigon en français, et sa culture lui en est toute redevable.Sa connaissance de la littérature hexagonale — n’emprunte-t-elle pas , son titre à un vers de Baudelaire?— est |,si vaste qu’elle préfère les kamtchatka '^littéraires, les reclus de l’imaginaire et les conducteurs de radeaux dans les méandres du cerveau à ceux qui, dit-elle dans sa verve splendide, encombrent le monde de leur esprit grégaire.Dans un délicieux essai de lectrice avertie, Au fond de l’inconnu pour trou-I ver du nouveau, elle signe un exercice de haute voltige.Un Louis-René des Forêts y précède le Breton Georges Perros, côtoyant lui-même le surréaliste Rodanski, bien connu de Gracq et de Jouffroy, lesquels s’intéressaient à ses livres plutôt qu'à sa folie.Lê aime les objets solitaires, pensés par des révoltés.Avec quelle élégance elle porte aussi son regard intelligent vers le marcheur suisse Robert Walser! Les hurluberlus de Juan Rodolfo Wil-cock, le subversif uruguayen Felisberto Hernandez ou l’inénarrable aristocrate Tommaso Lan-dolfi.L’éditeur Christian Bourgois les affectionnait, et André Pieyre de Mandiargues également, surtout ce Landolfi qui écrivit en un sabir inventé trois volumes de poésie.Elle nous fait aimer le romancier Sândor Mâ-rai.Hongrois chassé par le nazisme, reconnu vers les années 1990 dans toute l’Europe, après sa mort.Si Calaferte lui est familier, c’est qu’elle en parle doublement, à travers les mots des autres.De Dagerman à Simone Weil, elle parcourt les lettres européennes en actionnant le levier de sa liberté, jamais trop déracinée pour se perdre dans les abîmes de la littérature, ni trop étrangère pour ne pas déloger calques et imposteurs.Son hommage à Bourgois, grand éditeur dénicheur de talents, se résume en des lignes inspirées, qu’il eût aimées: «Lire, écrire, quand on ne se borne pas à réclamer un baume lénitif c’est accepter de se désabri-ter, c’est s’exposer à une fission.C’est renoncer au rêve de cohésion et obtenir en contrepartie cette révélation: la puissance du verbe réside dans sa défaillance même; il est traître, il s’ingénie à ruiner les espérances.» Professeurs et mutants Tout enseignant en français qui, devant ses cancres en lecture, a envie de sauter dans le vide aurait intérêt à ne pas quitter le monde sans connaître Nous, on n’aime pas lire de Danièle Sallenave (Gallimard, 159 pages).Invitée à parler des livres —- les siens et d’autres — devant un public du secondaire, elle s’est demandé si, pour ces jeunes, la lecture n’était pas une activité trop sérieuse, si tranquille dans leur vie agitée qu’il valait mieux la dire incongrue.Beur, Black, pute, les mots parlent l’école est loin d’eux.Trop souvent, elle les traite comme des rats de laboratoire, et eux refusent de faire le parcours imposé.Ce que Sallenave souhaite?Que l’école soit un sanctuaire, un espace protégé des agressions du dehors, de la politique, de la télé.Qù’on y élève les jeunes, qu’on les aide à grandir, qu’on y mette du respect et de l’enthousiasme! Jamais le métier n’aura été aussi ingrat, et la lecture difficile, sauf à considérer enfin cette vérité incontestable: «on ne peut jamais enseigner bien ce qu’on connaît mal»\ Sur ces mots, revenons aux auteurs: comme le dit Sallenave, la société a besoin de ses pro- Linda Lê fesseurs.Signalons-leur une réédition soignée d’un texte introuvable, Précaution inutile de Marcel Proust (Le Castor Astral, 173 pages).L’expérience est inusitée: découvrir en mode sépia un roman inachevé, publié à titre posthume en 1923.Dans cette ébauche de Im Prisonnière et la Fugitive, Proust avait écrit une version préliminaire de La Recherche, à la fois allusive et perlée.Dans cette prose incomparable, on retrouve un monde évanoui, des sensations capricieuses, une posture signée.On croirait lire un résumé sage et arrangé comme les textes compassés des anciennes dictées.A prendre avec Albertine, sa madeleine et votre tasse de thé.Collaboratrice du Devoir AU FOND DE L’INCONNU POUR TROUVER DU NOUVEAU lindaLê Christian Bourgois éditeur Paris, 2009,139 pages Linda Lê Au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau A LITTÉRATURE QUÉBÉCOISE POLAR Le complexe du romancier Dure, la vie dans le bayou CHRISTIAN DESMEULES Très jeune déjà, Meryl Maillet ne savait pas se contenter d’une réponse simple aux questions qu’il posait.Les «parce que»', ce n’était pas pour lui.«Il fallait expliquer tous les soupirs, tous les regards, toutes les attitudes mélancoliques à ce drôle de petit garçon qui ne lâchait sa victime qu’après l’avoir vidée de toute son imagination.» Il ne faut pas vraiment s’étonner qu’il soit devenu psychiatre.Et peut-être est-il un peu marteau lui aussi, ce D' Maillet auquel donne vie Francine Allard dans J’ai tué Freud et il m’en veut encore, auteure prolifique à qui on doit notamment Défense et illustration de la toutoune québécoise (Stanké, 1991) et La Couturière (Trois-Pistoles, 2008).Chaque soir, de façon rituelle, le psychiatre raconte à son épouse un peu oisive les détails les plus savoureux des confidences de ses patients névrosés.Sa femme, qui anime tous les vendredis un atelier d’écriture dans un sous-sol d’église, s’occupe du «transfert».A l'insu de son mari, elle nourrit J'AI TUÉ FREUD ET IL MÉN VEUT ENCORE ainsi chaque semaine les participantes de son atelier d’écriture avec ses «romans-savons», directement inspirés de ces entorses quotidiennes à la confidentialité.Les choses auraient pu en rester là.Mais lorsque Victoria Simonneau, écrivaine à succès et patiente régulière du D1 Maillet, se reconnaît dans le personnage d’une écrivaine suicidaire, peut-être aussi un peu assassin, principale protagoniste d’un premier roman que publie, quelques mois plus tard, l’une des «petites madames» de l’atelier Chronique des années punk CHRISTIAN DESMEULES Tout a débuté avec la musique», raconte Alain Cliche dans Normal!, chronique vaguement romancée d’une petite révolution personnelle.Nous sommes au tout début des années 80, le new wave et le punk, après des années de vapeurs post-hippie, de musique progressive et de «québécitude oppressante», font lentement leur place au Québec.Et c’est une véritable «conversion musicale», esthétique et existentielle qui frappe Alain Cliche (ou son narrateur) à la fin d’une adolescence vécue dans la proche banlieue de Québec.Son premier livre, Accro vinyle (Trois- Pistoles, 2006), nous l’avait déjà présenté en obsédé musical et en junkie du 33 tours.Les groupes se nommaient Talking Heads, les Clash, P1L, Bauhaus, Kraftwerk, Cabaret Voltaire, Devo, Residents.On en jouait parfois à la radio, on achetait des cassettes ou des vinyles, on en jouait aussi dans un petit bar situé près de la place d’Youville, le Shoeclaek, que fréquen- taient Cliche et sa bande d’amis qui cherchaient coûte que coûte à fuir la normalité.«Pour nous, normal rimait avec mal.» Alcool, défonce chimique, herbe, «hash aux couteaux», mauvais coups, terrorisme de rue, tout était bon à cette «sorte de confrérie de la bêtise» pour incarner le catéchisme punk.Bon surtout, nous raconte Alain Cliche, pour «ignorer ses émotions profondes» au cours de ces courtes années initiatiques qui, pour certains d’entre eux, se prolongeront en véritable descente aux enfers.Sympathique, direct, malheureusement assez quelconque quant à la forme — peut-être que le courant circule mal entre le passé simple et l’esthétique punk —, Normal!, et c’est sa plus grande lacune, s’en tient surtout à l’anecdote sans gratter vraiment sous la surface de ce mal de vivre.Collaborateur du Devoir NORMAL! Alain Cliche Éditions Trois-Pistoles Trois-Pistoles, 2 K V O I H .L F.S S A M F I) I I K E T I» I M A X (HE I !) A V H I L 2 (t (t !» ESSAIS ESSAIS QUÉBÉCOIS Pierre Falardeau : la liberté et rien d’autre Lire Pierre Falardeau, pour les âmes sensibles, est une épreuve.Non pas parce que le cinéaste écrit mal ou ennuie.Il possède, au contraire, une saisissante verve de pamphlétaire et un remarquable sens de la langue.Et il s’en sert, justement, selon ses propres mots, pour dépasser sans cesse les bornes, pour heurter effrontément les amateurs de bons sentiments.Sa rage, tout entière animée par la conviction que «la liberté est un bien en soi», est telle qu’elle fait parfois frémir même ses alliés.Louis Cornellier ecueil de textes militants parus principalement dans Le Couac et dans Le Québécois, Rien n’est plus précieux que la liberté et l'indépendance — un titre tiré d’une citation de Ho Chi Minh, «le grand patriote vietnamien» et, ajouterais-je, leader communiste au bilan démocratique peu reluisant — reprend les thèmes principaux de l’œuvre du père d’Elvis Gratton: nécessité de l’indépendance, considérée comme une question de vie ou de mort, dénonciation virulente des adversaires de ce projet, critique acerbe des mous qui tergiversent et temporisent et défense d’un engagement culturel créateur de sens, qui refuse ce nouvel opium du peuple qu’est le divertissement On ne peut pas parler de Falardeau sans aborder franchement la question de ses outrances langagières.Faisant souvent un capitaine Had- dock, version indépendantiste québécoise, de lui-même, le pamphlétaire en rajoute dans l’insulte.Le résultat est parfois croustillant — qu’on pense à Yves Boisvert, dépeint en «coiffeur pour dames de La Presse», à Pierre Thibault, rédacteur en chef d’/ct, dans lequel écrit maintenant Falardeau, et à ses «chiures de mouche» ou, dans un registre plus corsé et limite, aux Jacques Godbout, René-Daniel Dubois, Laurier Lapierre, Marcel Trudel et André Pratte, qualifiés de «vieilles plottes entretenues et moppionnées» — et parfois carrément scabreux.Etait-il nécessaire, par exemple, que Falardeau, pour exprimer son violent désaccord avec la pensée et l’œuvre de Claude Ryan, se réjouisse de la mort de ce dernier et le qualifie de «pourriture»! La formule «petit politicien, mesquin et provincial» aurait suffi.«Malheureusement, se désole le pamphlétaire, on a réduit le débat à une question de vocabulaire.» Mais, justement, à qui la faute?Faut-il fournir aux adversaires de l’indépendance les arguments pour noyer le poisson?Pour rassembler «J’aimerais parfois trouver un ton plus rassem-bleur, avoue Falardeau, mais la passion pour mon pays m’aveugle.J’espère qu’on me pardonnera la rage qui m’habite, le dégoût profond pour tout ce qui peut servir nos ennemis.» Pour accéder à l’indépendance, le militant le sait, il faudra convaincre ceux qui hésitent encore, qui branlent dans le manche.Or on ne saurait emporter leur adhésion en les heurtant de front.C’est là une des faiblesses du discours de Falardeau.Pour «prêcher aux convaincus», ce qui reste nécessaire «car même les convaincus finissent par abandonner si on ne les encourage pas», il n’a pas son pareil, mais pour convaincre les indécis, qui l’insupportent tant qu’il les rejette, il ne brille pas par son sens stratégique.Son irritation devant les Québécois «atteints du syndrome Amable Beau-chemin» — les fatigués constitutionnels — est compréhensible et légitime, mais elle devient contre-productive quand elle le mène à ne leur offrir que le spectacle de sa colère.Car Falardeau, quoi qu’en pensent ses adversaires, a plus que ça à offrir.Le tranchant de sa pensée lui permet une certaine lucidité que l’abus de nuances, chez d’autres, finit par embrouiller.JULES FAIARDEAU Pierre Falardeau, une voix nécessaire À ces vieilles scies du débat linguistique québécois selon lesquelles la connaissance de l’anglais, de nos jours, serait devenue nécessaire et la supposée mauvaise qualité de notre français constituerait le cœur du problème, Falardeau réplique avec raison, premièrement, qu'YZ ne s’agit pas de savoir s’il vaut mieux parler une, deux, trois ou cinq langues, il s’agit de refuser de se faire imposer le bilingu isme pour gagner sa vie» et, deuxièmement, que le problème principal, ici, ne concerne pas la qualité du français, mais son statut.Le français, au Québec, doit être nécessaire et suffisant dans toutes les sphères de l’existence; la qualité suivra.Cette vérité politique doit être rappelée.Lucidité, aussi, que cette prise de position qui consiste à distinguer le projet indépendan- tiste du projet de société.«L’indépendance, écrit Falardeau, est une base minimale pour le développement et l’épanouissement du peuple québécois.» C’est le choix de la liberté.Ensuite, les Québécois auront tout le loisir de décider s’ils souhaitent élire des gouvernements de gauche ou de droite, mais rendre l’engagement indépendantiste conditionnel à un projet de société prédéterminé relève du corporatisme et est une erreur.Lucidité, encore, que ce parti pris en faveur d’une culture qui donne du sens à la vie.Il faut Falardeau, en effet, pour rappeler que Céline Dion et le Cirque du Soleil produisent essentiellement «une culture spécialement marketée pour divertir, une culture donc de la diversion», et que «si, désormais, le but de la culture québécoise est de vendre plus de shows de cul, même hypersophisti-qués, à Las Vegas, à Miami Beach ou à Disney Japan, aussi bien opter tout de suite pour le suicide collectif et disparaître carrément de la carte».Quand Falardeau affirme que «60 % des Québécois ont dit Oui» en 1995, certains crient au racisme.Le pamphlétaire, pourtant, ne joue pas sur ce terrain.Il met plutôt en avant une conception culturelle de la nation, semblable à celle de Fernand Dumont, selon laquelle, pour être Québécois, il s’agit de décider de l’être en s’intégrant à la culture de ce groupe.Comment, demande-t-il, considérer comme Québécois ceux qui refusent ce titre en se tenant à l’écart et en se désignant eux-mêmes comme Italiens, Grecs, Haïtiens, Juifs ou autres?La question peut choquer, mais elle reste légitime, et celui qui la pose n’a rien d’un xénophobe.Le pamphlétaire ne sera jamais de tout repos.Quand sa hargne se transforme en haine, il flirte avec l’égarement.Sa voix, qui lutte contre l’insignifiance satisfaite qui guette les siens, reste pourtant nécessaire.louiscoiqsympatico.ca RIEN N’EST PLUS PRÉCIEUX QUE LA LIBERTÉ ET L’INDÉPENDANCE Pierre Falardeau VLB Montréal, 2009,264 pages * LES 15 ANS DES ÉDITIONS TROIS-PISTOLES ÇA SE CÉLÈBRE! VLB: 40 ans d’édition ! ISABPXt.f VINPr ordre des forets TOR-IÉW BEAULIEU Francine âuaki j Li UfMttflrim- H ' Chavire Monique Miville-Deschênes Un petit village qui devient grand comme l'Univers parce que rempli de tout ce qui compose le monde dans lequel nous vivons.550 pages - L’ordre des forêts Isabelle Vinet Le brigadier de Gosley Caroline Moreno La couturière Francine Allard Dans une maison bâtie La disparition du jeune L'univers peu connu en plein bois, une faune Aurélien Cotton oblige de la vraie culture dévorante, sauvage, sexuée les habitants de Gosley punk.L'élévation et la et tendre.Le meilleur à sortir des ombres.descente aux enfers, premier roman de l'année, Une prose haletante.230 pages - 360 pages - y ‘ : 144 pages - 24,95 $ La grande tribu Victor-Lévy Beaulieu Le commencement Annoncé depuis 1973, d'une vaste saga saluée par recommencé sept fois, la critique et les lecteurs.ce roman démesuré paraît Huitième mille ! enfin.L'œuvre la plus 330 pages - 24,95 $ dérangeante de VLB.888 pages - 39,95 $ l ASt,pÈKÊS .(IMF.«AKO»} MK Kjpü la Grande Traversée ftMGaspésk .« Passion maisons André Morin Grâce aux magnifiques photos de Christian Lamontagne, les plus belles demeures patrimoniales du Québec sont consignées dans la mémoire collective.240 pages couleur - • L’art de restaurer une maison ancienne André Bolduc et Marie Dumais Un ouvrage indispensable pour qui se passionne par-devers le patrimoine bâti du Québec.- 276 pages - — •- La grande traversée de la Gaspésie Sylvain Rivière et Toumani Kouyaté La splendide beauté de la Gaspésie en hiver.Superbes photos couleur des meilleurs photographes du Québec.232 pages - «9,95 $ Petit manuel d’histoire du Québec Léandro Bergeron et Pierre Landry Publié on 1970, le Petit manuel d'histoire du Québec fut vendu â plus de 125 000 exemplaires.Dans cette nouvelle édition, Pierre Landry ajoute les briques historiques qui ont marqué le Québec depuis la dernière édition en 1977.Un chef-d'œuvre essentiel en cos temps troubles, qui fait état de l'évolution du Québec en dépit des rois-nègres du passé et des rois-nègres de maintenant qui ont cherché et cherchent toujours à en freiner le mouvement souverain.632 pages - 4 • ’ * mmMmm tmmmmgMÊtc Sttge G-.ftirttfrr CONTES, LÉGENDES ET RÉCITS DE LA RÉGION DL CHARLEVOIX Contes, légendes et récits de la région de Charlevoix Serge Gauthier Le Pays du huitième jour dévoile ses secrets fabuleux.Illustré.9" titre paru dans l'une des plus importantes collections de littérature traditionnelle au Québec.376 pages - 49,95 $ L'Héritage Victor-Lévy Beaulieu Dans une version revue, augmentée et définitive, l'histoire d'une grande famille du Bas-du-Fleuve déchirée entre un passé douloureux et un avenir incertain.Une grande messe profane, une vraie tragédie grecque.Le grand classique de notre littérature.840 pages - 69,95 $ OFFREZ-VOUS L’EDITION DE LUXE DE L'HÉRITAGE Un tirage limité à 100 exemplaires, grand format, sur papier Spécial Rolland crème 120 M opaque; dos rond, tranchefile, signet, sur toile Arizona marron d'Inde, estampage or ; tranches de tête, de queue et de gouttière peintes or à la main ; boîtier sur toile Arizona marron d'Inde, estampage or ; numéroté de 1 à 100, chacun des exemplaires signé par VLB, avec dédicace personnalisée.Au coût de (taxes et frais de poste compris).BULLETIN DE COMMANDE Je commande._ exemplaire(s) de L’Héritage (version de luxe).Ci-joint, mon chèque au montant de____________ V.Code postal : Éditions Trois-Pistoles 31, Route nationale Est Trois-Pistoles (Québec) G0L 4K0 418 851-8888 - vlb2000@bellnet.ca MEILLEUR ORIGINAL DISPONIBLE
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