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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Le devoir, 2005-02-23, Collections de BAnQ.

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INTERNATIONAL Indonésie, Venezuela, USA, Haïti, Bolivie, Togo NATIONAL Politique canadienne : Oui mon président ! CULTURE Entrevue avec Luck Mervil au Brésil devant 100 000 spectateurs alternatives LE JOURNAL VOL.11 • N0.6 / MARS 2005 UN JOURNAL POUR UN MONDE DIFFÉRENT WWW.ALTERNATIVES.CA Damas da ns la mire L'assassinat de l'ex-premier ministre libanais, Rafik Hariri, à Beyrouth, a relancé la tension au Proche-Orient.L'administration américaine, qui avait clairement indiqué son intention d'en découdre avec la Syrie — un pays de l'« axe du mal », selon George W.Bush —, entre à nouveau dans de grandes manœuvres visant à faire basculer le régime syrien.Ce qui pourrait avoir des répercussions majeures au Liban, en Palestine et ailleurs dans la région.Premier ministre du Liban de 1992 à 1998, puis de 2000 à 2004, Hariri avait gouverné d'une façon habile, possédant plusieurs cartes dans son jeu.Milliardaire ayant fait fortune en Arabie Saoudite, il gérait le Liban comme une entreprise privée, ce qui ne faisait pas plaisir à tout le monde.À commencer par les couches populaires, délaissées au profit de divers projets pharaoniques conçus pour faire de Beyrouth une capitale financière et touristique.Mais Hariri avait également un côté paternaliste qui plaisait, et surtout il savait manier l'art du compromis.Il avait les bonnes entrées auprès des pétromonarchies du Golfe, et cultivait l’amitié de Paris et des principales capitales européennes.Il n'était pas nécessairement mal vu de Washington, sans pour autant faire partie du « club des amis » de l'administration américaine, depuis la première élection de Bush.Avec la Syrie, Hariri entretenait un rapport de haine et d'amour.Plus récemment, pressé par Paris et Washington, et sous l'influence de nombreux courants politiques libanais, Hariri avait entrepris de se démarquer de Damas et de réclamer la fin ou tout au moins l'allègement de la tutelle syrienne.Enfin, vis-à-vis du puissant voisin Israélien, Hariri n’était pas dans les bonnes grâces d’Ariel Sharon, mécontent des tractations libano-syriennes et de la résistance du Liban à la normalisation.Tout cela faisait à l’expremier ministre bien des amis et bien des ennemis.Si son assassinat demeure encore un mystère, il n’est pas exagéré de dire que c’est la Syrie qui est pour le moment la grande perdante.La Syrie fragile Indépendamment des derniers événements, la Syrie demeure un État très fragile dans la tourmente du Proche-Orient.Le président Bachar al-Assad, qui a succédé à son père il y a quelques années, s'est retrouvé dans des souliers un peu trop grands pour lui.À son crédit, il a tenté d'entamer un processus de démocratisation.Un certain « printemps de Damas » avait permis au début de 2002, aux intellectuels et aux mouvements politiques et sociaux, de réclamer des changements au système autocratique passablement figé.Mais les « dinosaures » qui contrôlent l'État et les nombreux ap- te lourd hérifag» d'un régime crispé PHOTO © JOSÉE LAM6ERT * j l \ j • * PU ' * d K mm* VA *' T msKsw Repères La Syrie est une république et son régime présidentiel est appuyé par un parti dirigeant, le parti Baas (au pouvoir depuis 1963).Les autres principaux partis politiques sont le Parti communiste, le Front national progressiste, le Parti arabe socialiste unioniste et le Parti démocratique kurde.La capitale est Damas et la langue officielle est l'arabe.La population est de 17 millions d'habitants, composée d'Arabes (88 %), de Kurdes (8 %), d’Arméniens (2,8%), de Tcherkesses et d’Assyriens (environ 0,2 %).Le plateau du Golan est occupé par Israël depuis 1967, dont l'annexion en 1981 n'a pas été reconnue sur le plan international.Quelques dates • 1970 : Le général Hafez al-Assad accède au pouvoir.• 1991 : Des mesures économiques sont mises en place pour favoriser les investissements étrangers.• Février 1999 : Réélection de Hafez al-Assad pour un nouveau mandat de 5 ans avec 99,9 % des votes.• Juin 2000 : Décès de Hafez al-Assad.Son fils, Bachar al-Assad.prend la relève.• Août 2000 : Début d’une période de relative liberté d'expression appelée le « printemps de Damas ».• Septembre 2000 : Un manifeste, rassemblant 99 intellectuels et artistes syriens, revendique l'instauration de la démocratie, le rétablissement de toutes les libertés publiques et l'amnistie générale des prisonniers politiques • Février 2001 : Les éléments conservateurs du régime reprennent la situation en main.Dix personnalités de l’opposition démocratique sont arrêtées • Octobre 2001 : La Syrie est élue membre non permanent du Conseil de sécurité des Nations unies.• 15 avril 2003 : Les États-Unis menacent la Syrie de sanctions pour son attitude, qu'ils jugent hostile à la coalition américano-britannique en Irak, et l'accusent de posséder des armes chimiques.• 2 septembre 2004 : Les États-Unis ont fait endosser par le Conseil de sécurité des Nations unies la résolution 1559 demandant à la Syrie de se retirer du Liban.à J— * rrmnA» wftoi iBnwntnf pareils de sécurité ont obtenu du président quTl mette de côté ses velléités démocratiques.Entre-temps, l'économie syrienne s'est retrouvée dans une impasse croissante.L'occupation américaine en Irak lui a enlevé une grande partie du trafic plus ou moins légal qu'elle entretenait avec son turbulent voisin.Les menaces constantes proférées par Washington contre la Syrie et l'Iran, le grand allié de Damas, ont pratiquement gelé les relations commerciales et les Investissements.Ce qui ne plaît pas à l'Europe.Mais sur cela, comme sur tant d'autres dossiers au Proche-Orient, les États-Unis imposent leur point de vue.Selon nos sources à Damas, la situation pourrait facilement devenir explosive.La dilemma libanais Dans les années 1970, le Liban était engouffré dans une crise multidimensionnelle faisant éclater le pays et conduisant à l'Invasion Israélienne de 1982, pendant laquelle plusieurs dizaines de milliers de personnes ont été tuées.Pays limitrophe de la Palestine et de la Syrie, le Liban a absorbé le choc des guerres et des conflits qui se sont succédés depuis 1948, 1956, 1967, 1973 et jusqu'à plus récemment.En plus de reposer sur un équilibre interne assez précaire, le Liban a été le terrain de chasse des différents acteurs régionaux.À l'époque, la Syrie avait assez bien joué son jeu en se positionnant comme le grand pacificateur.À la fols pour mettre les Palestiniens à leur place, et à la fols pour empêcher un take over de la part des Israéliens par l'intermédiaire de leurs alliés locaux, dont le parti phalangiste.Les diverses interventions militaires syriennes avaient permis d’établir un certain ordre au Liban, une stratégie qui avait été finalement acceptée par les pays de la région (accords de Taif en 1989), ainsi que par l'Europe et les États-Unis.On s'entendait au moins pour « calmer le jeu » au Liban et donc laisser la Syrie exercer une tutelle plus ou moins directe sur le pays des cèdres Mais au tournant des années 1990, cette situation a changé.Avec l'alliance Bush-Sharon, le but n'est plus de simplement gérer le statu quo.Cette « réingénierie », commencée en Irak, se donne clairement le mandat de continuer vers la Syrie, l'Iran et même d’autres pays du Proche-Orient.Dans ce contexte, Washington n’est plus d'accord pour « tolérer » le pouvoir semi autonome du gouvernement syrien chez lui et au Liban.Dans cette foulée, les États-Unis ont fait endosser par le Conseil de sécurité des Nations unies, le 2 septembre dernier, la résolution 1559 demandant à la Syrie de se retirer du Liban.Habilement, les États-Unis ont capitalisé sur la grogne croissante parmi les Libanais lassés de la tutelle syrienne.Car Damas a en effet établi dans ce pays un réseau d’influences qui dépasse de loin la simple sécurité du territoire, pour s'étendre à l'économie et à la politique.Pour les appareils militaires syriens, véritable État dans l’État, le Liban est une Importante source de revenus à travers divers trafics relativement illicites.À côté des opérations mafieuses, la Syrie * bénéficie » de son influence en déversant au Liban des dizaines de milliers de chômeurs et de démunis trop « contents » de leur rôle de main d'oeuvre à bon marché, autrefois dévolu aux Palestiniens.Dans ce contexte, la Syrie ne veut pas « lâcher ».Mais en forçant le changement de la Constitution pour permettre à son allié, Émile Lahoud, de rester à la présidence du pays l’automne dernier, Damas est allée trop loin.Lors de son passage à Beyrouth à l’occasion des funérailles d'Hariri, l’assistant secrétaire d'État pour le Moyen-Orient, William Burns, a déclaré que Washington attendait de Damas un virage radical, en retirant ses troupes du Liban, en collaborant plus activement avec les États-Unis dans la lutte contre l'insurrection en Irak, et en démantelant l’Infrastructure des organisations palestiniennes radicales.Lat ambition* israéliannot Allié stratégique des États-Unis, et davantage encore sous Georges W.Bush, Israel mène également son propre jeu à l’endroit de la Syrie et du Liban.Il faut rappeler que depuis 1967, Israel occupe une partie importante du territoire syrien sur le plateau du Golan, annexé Illégalement depuis ce temps.En dépit de plusieurs tentatives de négociations proposées par la communauté internationale, rien ne permet d'espérer un déblocage.Pour Israël, le Golan représente toujours un espace stratégique, et de plus, c'est de ce plateau que provient une grande partie de l’eau dans la région.Parallèlement à ce contentieux, Israël tient beaucoup à détruire l’influence syrienne au Liban, car c'est en partie en raison de sa tutelle que le Liban a refusé de « normaliser » ses relations avec Israël.Mais l’opposition libanaise, à la mainmise israélienne, a ses propres racines, y compris du côté du mouvement politico-militaire Hezbollah.Car au Liban, Hezbollah est perçu d'une manière qui diffère beaucoup de l'Image de terroriste véhiculée par les médias occidentaux.Parti politique disposant d’une Importante représentation au Parlement libanais, réseau caritatif qui gère une grande partie des infrastructures sociales au sud du Liban, Hezbollah dispose de capacités militaires qui bloquent les ambitions israéliennes.Beaucoup de Libanais, et pas seulement des chiites (composant majoritairement la base d'Hezbollah), pensent que sans cette résistance, Israël aurait » palestinisé » le Liban et consolidé son occupation jusqu'au coeur de la capitale libanaise.On comprend dès lors l'importance pour Israël d’éradiquer ce mouvement et en même temps, de faire disparaître les Syriens du Liban.Da» tan*ion* 6 vanir Du côté libanais, le désir d’en finir avec la tutelle syrienne est prédominant.Des personnalités comme Walid Jumblatt, chef du Parti socialiste progressiste, longtemps allié de Damas, ont ajouté leurs voix à ceux qui réclament le départ de l’armée syrienne, qui compte plus de 20000 hommes au Liban.Les Syriens pour leur part aspirent à la démocratie et en ont marre du régime actuel.Mais la région recèle des angoisses terrifiantes : la peur de voir le loup entrer par la porte de derrière pendant que le lion sort par la porte de devant reste bien présente.PtKRRF Bf.AIJDFT I 2 r nternationalr Aceh après la catastrophe En parcourant la route de Medan vers Banda Aceh, dans la province indonésienne dévastée par le tsunami en décembre, la beauté du paysage nous coupe le souffle.La forêt tropicale est pleine d'oiseaux et d'animaux.Vers l'est, la ligne blanche des plages s'étend à perte de vue.À l'ouest, les rizières en terrasses étincèlent de soleil et d'eau, où se reflètent les dômes d'innombrables mosquées.Dans les champs, les paysannes sont à l'œuvre.Le paradis.jusqu'à l'entrée de la ville où PHOTO WALLY SANTANA / AP -S:": .yMr tout n'est que destruction et boue.L'odeur de la mort flotte encore sur Banda Aceh.Les secouristes masqués continuent de ramasser les corps dans une atmosphère morbide et irréelle.Personne n'est encore certain du décompte, mais on sait que le nombre total sera beaucoup plus élevé que les 75 000 morts recensés jusqu'à présent.Dans la province d'Aceh, la population vit majoritairement de l'agriculture et 42 000 familles vivent de la pêche artisanale.Les paysans cultivent le riz, les oignons, les légumes, le maïs, le café et les noix de coco, sur de micro parcelles de terre de moins d'un hectare.Dans bien des cas, on est à la fols paysan et pêcheur, car il faut travailler fort pour survivre.L'ampleur de la catastrophe Il est encore trop tôt pour pouvoir établir la recension de tout ce qui a été détruit le 26 décembre 2004.Selon un rapport de la FAO (l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture), deux tiers des pêcheurs ont été tués à Banda Aceh.70 % de la flottille de pêche a été anéantie.On ne compte pas les maisons, les biens matériels, la nourriture qui était stockée.À ce jour, les pêcheurs n'ont toujours pas repris la mer.Certains d'entre eux s'affairent à reconstruire leurs bateaux ou sont encore pris par une profonde léthargie, alors que d'autres demeurent réfugiés dans les montagnes, ayant peur de revenir sur la côte, et ce, même s'ils ne savent pas comment y subsister.Des associations s'interrogent également sur ce qui adviendra dans le sillage de la reconstruction annoncée par le gouvernement.Depuis longtemps, les pêcheurs traditionnels subissent la compétition des chalutiers thaïlandais qui, munis d'immenses filets, ratissent les fonds marins.Selon Chaspul Hassibuan, de la Coalition pour la solidarité humaine vis-à-vis des désastres naturels (KSKBA), ces navires opèrent illégalement, mais Impunément, à l’intérieur de la zone indonésienne, grâce à des bakchichs payés à l'armée indonésienne.Le long des côtes, les communautés s'inquiètent de la destruction des mangroves où des entreprises ont installé des pêcheries industrielles.Les écosystèmes marins sont affectés par ce « développement » qui vulnérabilise les villages longeant la mer.Certes, ces communautés ont besoin d'une aide d'urgence pour survivre à court terme, mais ce qui est le plus Important, c'est la reconstruction de leurs capacités de subvenir à leurs propres besoins.Qui peut nourrir la population ?Le secteur agricole dans la province d'Aceh a été moins affecté par le tsunami.La Fédération des fermiers indonésiens (FSP1) rapporte cependant des dommages importants sur la côte Ouest.Selon la FAO, 40 000 hectares de rizières irriguées ont été détruits, de même que plusieurs canaux d’irrigation.L'eau de mer qui a pénétré loin dans les terres y a déposé du sel et les impacts de cette situation pourraient être très négatifs.Henry Saragih, de la FSPI, estime qu’il faudra deux ans pour réparer les dégâts.Avant le tsunami, Aceh produisait assez de riz pour nourrir ses quatre millions d'habitants et même vendre à l'extérieur plus de 200 000 tonnes de riz.Mais pour les petits fermiers, la vie était dure.30 % des paysans sont sans terre, toujours selon la FSPI.Depuis la catastrophe, la survie de la population est en jeu.Des tonnes d’aide alimentaire sont distribuées et les besoins sont énormes : plus d'un million de personnes dépendent de ces livraisons.Plusieurs d'entre elles vivent dans des camps de fortune, mais beaucoup se sont réfugiées chez des membres de leurs familles.Très souvent, ces personnes ne sont Divan! un inorm» bateau qui a été déplacé de plusieurs kilomètrei jusque sur une route côtière par le tsumani du 26 décembre, une jeune file transporte des vivres qu'elle est allée chercher à plus de trois jours de marche de son village.pas enregistrées auprès des agences d'aide, qui dirigent leur intervention surtout vers les camps.Un tel afflux d'aide a parfois des effets pervers, comme de faire chuter les prix des denrées agricoles et donc de mener les petits producteurs à la ruine.La crainte est justifiée, car c'est exactement ce qui est arrivé en Somalie, en 1992.Les fermiers soma-liens se sont retrouvés ruinés alors que leurs récoltes étaient pourtant amplement suffisantes pour subvenir à leurs besoins.Mais les stocks distribués par les agences internationales étaient constitués d’aliments importés.Henry Saragih atfirme que cela peut être évité en Indonésie si, et seulement si, les agences humanitaires achètent localement.Ce n'est pas impossible, considérant le fait que l'Indonésie a produit en 2003 un surplus de 6,8 millions de tonnes de riz.Pour le moment en tout cas, le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies, assurant la distribution des vivres, achète celles-ci auprès des paysans locaux.Mais du riz a quand même été importé de Thaïlande, d’Arabie Saoudite et même des États-Unis.Cette aide a été livrée par les États-Unis qui préfèrent donner « en nature » plutôt qu’en argent, par l’intermédiaire de l'armée américaine et USAID, l'agence qui coordonne l'aide humanitaire à Washington.Indra Lubis et Isabelle Delforge Les auteurs sont respectivement associées à la FSPI à Djakarta, et à Via Campesina, un réseau international de mouvements paysans.Combattre la pauvreté au Venezuela CARACAS— Sous la plupart des deux, le mot mondialisation évoque des images d'hommes d'affaires et de conseillers d’entreprises aux salaires faramineux, proposant aux États des offres qu'ils ne peuvent refuser.Mais à Nuevo Horizonte, ce vaste barrio, ou bidonville, qui s'étend comme des vêtements sales sur une corde à linge dans les hauteurs, au-dessus de la capitale du Venezuela, le mot mondialisation évoque Martha Perez Miranda.Une souriante dentiste cubaine d'une cinquantaine d'années offrant des soins gratuits aux personnes démunies.Avec trois autres médecins cubains et une petite équipe d’infirmières et de médecins locaux, la docteure Perez fait fonctionner une clinique qui assure une gamme de soins de la santé primaires à une population obligée, avant l'ouverture de la clinique, de faire plusieurs kilomètres pour un simple examen de routine.La petite clinique est d'une propreté impeccable malgré son achalandage tout au long de la journée.Marco, chômeur dans la vingtaine à qui on fait un plombage, n'a aucune envie de parler.Mais une femme plus âgée fait l'éloge de la clinique ouverte depuis six mois : « Les médecins vivent dans le barrio, alors si on a besoin d'aide la nuit, ils sont toujours disponibles.» Pétrole contre médecins À l’échelle du Venezuela, plusieurs milliers de médecins cubains participent à cette expérience novatrice qu’on appelle « Barrio Adentro » (dans le barrio).L'expérience vise à offrir des soins de santé gratuits à quelques-unes des collectivités les plus pauvres - et les plus malades - du pays.Les Cubains travaillent pendant deux ans et emploient un matériel fourni, en grande partie, par l'État cubain.En échange, le Venezuela (qui souffre d’une pénurie de médecins prêts à renoncer aux tarifs élevés du secteur privé, mais qui est riche en pétrole) s’assure que l'Ile socialiste assiégée ne manque pas de ressources énergétiques.Pour plusieurs, cette collaboration, unique en son genre, est un bon exemple de deux pays tirant des avantages réciproques de leurs ressources respectives.L'opposition Mais tes politiciens opposés au président Hugo Chavez ne l'envisagent pas de cette façon.L'opposition affirme que tes programmes sociaux, y compris Barrio Adentro, sont un gaspillage d'argent.Elle critique également la décision du président d'obliger PDVSA, la société pétrolière d'État, de financer directement une partie de ces programmes.Certains adversaires de Chavez estiment môme que la participation des médecins cubains fait partie d'un sinistre complot visant à faire subir aux Vénézuéliens démunis un endoetnnement marxiste.En avril, te Fonds monétaire international (FMI) a déclaré que le Venezuela devait prendre des mesures immédiates pour ramener à des niveaux qu'il jugeait plus prudents les dépenses de l'État.Enfin, il y a quelques jours, Agustin Carstens, directeur général adjoint du FMI, a déclaré tes dépenses sociales du gouvernement Chavez « non viables ».Jusqu’ici, cependant, Chavez n'a apparemment pas l'intention de suivre ces conseils.Selon lui.le FMI et la Banque mondiale font partie d'un projet impérialiste de domination mondiale, et les gens de tous les pays doivent résister à leurs pressions.Du point de vue du président du Venezuela, ces programmes sociaux bien financés n'ont pas seulement pour effet d'améliorer la vie de millions de personnes, ils permettent également d'élargir et de consolider la base politique du « mouvement bolivarien » qu'il dirige.Développement endogène Dans un quartier ouvrier de Caracas, on voit lentement prendre forme une autre expérience très particulière du président Chavez : les centres de développement endogènes Un ensemble abandonné formé d'entrepôts et d'un terminal pétrolier de PDVSA a été transformé en centre communautaire.On y trouve un centre de soins de santé secondaires à la fine pointe de la technologie, ainsi que de grands ateliers où les jeunes en chômage apprennent A confectionner des chaussures et des vêtements Plusieurs centaines de garçons et de filles font ici un apprentissage quotidien en milieu de travail, gagnant environ 90 dollars US par mois.En comparaison, une femme tenant un petit commerce de fruits et de légumes à Nuevo Honzonte nous a dit gagner 100 dollars par mois, en travaillant 12 heures par jour.Vivant avec l'omniprésence de la pauvreté et du chômage (on estime que la moitié de la population urbaine du Venezuela travaille dans te secteur « informel •), tes pauvres semblent accorder au Commandante un appui solide Leader charismatique, ou même messianique, dont tes nombreux discours durent de deux à trois heures.Chavez sait qu'il ne suffit pas simplement de promettre une vie meilleure.Les autorités du Venezuela affirment que les centres de développement endogènes sont la clé pour améliorer la vie des pauvres, et que l'Etat prévoit en établir jusqu à mille au pays.Le Venezuela a une population de 24 millions d'habitants.Tant que le pétrole se vend 40 dollars US le baril, il ne devrait pas être difficile de trouver l'argent pour les programmes sociaux.Mais même si le prix du pétrole diminue, ils sont convaincus que les retombées positives des dépenses sociales mettront le pays sur la voie de la croissance.SkUharth Vmderqm) \ Le rêve américain selon les néoconservateurs _____: Lors de son discours à la nation, le président des États-Unis a annoncé les grandes orientations conservatrices de son administration en ce qui concerne la société américaine.Soit privatiser les fonds de pension, légiférer l'interdiction des unions gaies et faire renverser le jugement de la Cour suprême des États-Unis de 1971 autorisant l'avortement.Les premières victimes seront les femmes, les gais et les lesbiennes.L’introduction d'un système de fonds de pension privé abolissant le système étatique sera la fin du New Deal de Franklin Delano Roosevelt qui, depuis 1936, était la pierre angulaire sur laquelle reposait l'avenir des salariés de la société américaine.L’amendement à la Constitution fédérale sur la définition du mariage traditionnel, annoncé par l'administration des néoconservateurs, a pour but de mettre fin aux jugements prononcés depuis un an par les cours de divers États sur la légalité des mariages gais.Abolir le libre choix en matière d’avortement et vouloir limiter les avortements, c’est revenir sur une décision prise par la Cour suprême des États-Unis en 1971.Un jugement connu sous les nom de l'affaire Roe vs Wade.C'est aussi aller à l’encontre de 60 % de l'opinion américaine.D«s organisations sociales inquiètes Dans ces conditions, des organisations comme NOW (National Organization of Women), NARAL Pro-Choice (un organisme national qui lutte pour maintenir le droit à l’avortement) et ta National Organization for Gay and Lesbian Rights sont sur le pied de guerre.Pour elles, il est clair que la volonté de renverser des mesures sociales progressistes répond aux visées idéologiques des fondamentalistes religieux comme Jerry Falwetl et les groupes anti-avor-tement ou anti-gais (tel Family First), ainsi que des compagnies spécialisées en assurances et fonds privés.Ces organisations sentent également que les cibles visées par l'agenda conservateur sont les droits des femmes et ceux des gais et lesbiennes : deux groupes de la population qui ont été à l'avant-garde pendant 20 ans des transformations sociales et culturelles de la société américaine.La privatisation des fonds de pension PHOTO VISUAL AGENTUR contribuera généralement à l’appauvrissement des femmes, qui sont en grande majorité des travailleuses à temps partiel au salaire minimum, vivant une précarité constante.Elles ne pourront investir dans un fonds privé qui puisse leur garantir un fonds de pension convenable, tout en maintenant un niveau de vie au dessus du seuil de pauvreté.Plus particulièrement, cette mesure frappera les femmes monoparentales.35 % d'entre elles, occupant un emploi, se considèrent déjà comme pauvres.Dans le cas des Afro-Américaines monoparentales, la pauvreté atteint présentement 45 %.En 2004, 29 États ont adopté des mesures légales allant à l’encontre du libre choix en matière d’avortement.26 États ont voté des lois pour interdire l'avortement au-delà de 10 semaines de grossesse.Et 15 autres ont voté différentes mesures contraignantes.Depuis 2000, les Cours suprêmes de 30 États ont dû entendre les revendications de divers regroupements en faveur de l'abolition et de la limitation des avortements.Le mouvement pour l’abolition du jugement Roe vs Wade de la Cour suprême des États-Unis est bien enclenché.En conséquence, George W.Bush a annoncé la nomination prochaine de quatre nouveaux juges à la plus haute cour de justice du pays, « qui défendront des valeurs familiales *, a-t-il dit.D* la télévision à la réalité Depuis environ une quinzaine d’années, le milieu culturel de la télévision, du cinéma et de la littérature avait permis une plus grande visibilité des gais et lesbiennes dans la société américaine.Entre autres par des programmes de télévision comme Will And Grace ou Ellen qui tentent de renverser les préjugés contre l'homosexualité et la bisexualité.S»on Hoy«i, l'un des acteurs personnifiant un homosexuel de la populaire série télévisée américaine, Will And Groca, »n compagnie de Jennifer Lape r dons une apparition spéciale de l'un des épisodes.Ces programmes n'ont pas nécessairement empêché tous les actes homophobes mais néanmoins ils ont pu créer un espace public pour que les gais et lesbiennes puissent faire avancer leurs droits, et notamment la cause des unions et mariages gais.Le Vermont a été le premier Etat à légaliser l'union gaie.Les États de New York et du Massachusetts ont suivi.Pour les fondamentalistes religieux, dont Family First, le tenir s est venu de réagir.Cette présence accrue des gais et lesbiennes constitue pour eux une atteinte aux valeurs profondément américaines, c’est-à-dire chrétiennes.Ainsi Bush mène-t-il une croisade pour amender la Constitution américaine — loi suprême du pays — afin d'y enchâsser la définition traditionnelle du mariage, soit l'union d'un homme et d’une femme, dans le seul but de la procréation, seule légitimité du mariage aux yeux des fondamentalistes.Une fois l’amendement inscrit dans la Constitution, non seulement les mariages gais seront-ils interdits, mais il pourrait même être possible de contester les unions légales ou libres.De cette façon, on isolera davantage les gais et lesbiennes et on pourrait même envisager une nouvelle chasse aux sorcières.L'agenda conservateur du président Bumi risque de diviser encore davantage la société américaine, mais aussi d’isoler les États-Unis du reste du monde sur le pian social et culturel.Donald Cuccioletta Membre de l’observatoire sur les États-Unis * la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (UQAM).» 4.Interna Autour des mines bolivariennes les femmes fouillent les débris Débutée au cours du XV* siècle, l'exploitation des mines de Potosi en Bolivie se poursuit.Six siècles plus tard, les femmes sont toujours à la marge de l'exploitation minière.PHOTO HW.TjE GEELS LA PAZ — Lorsque le secteur minier bolivarien a été privatisé en 1985, le contrecoup a été énorme.Seule une partie est tombée entre les mains de grandes entreprises privées.La majeure partie a été laissée à elle-même pour survivre, sans l’aide de l'État ni investissement étranger.Aujourd'hui, 85 % des mineurs travaillent dans des coopératives, utilisant des méthodes d'extraction manuelles et vivant généralement dans des conditions à la fois moins structurées et moins prospères que du temps de COMIBOL.De 1952 à 1985, COMIBOL avait été la principale organisation représentant les mineurs.Sa réglementation excluait formellement les femmes du travail à l'intérieur des mines.Les femmes de mineurs étaient alors rassemblées dans des organisations appelées Amas de Casa, où elles organisaient des campagnes revendiquant l’amélioration des conditions de vie des mineurs et de leurs familles.Une partie du lègue laissé par leurs luttes réside dans la reconnaissance du travail des femmes à l’intérieur de la cellule familiale comme un élément intégral et productif de l'industrie minière.À part travailler à la maison, les femmes ont et continuent de contribuer à l'économie minière de diverses façons.Seulement 6 000 d'entre elles, sur un potentiel estimé à 60 000, sont membres des coopératives minières.Ainsi, la vaste majorité est en fait constituée des travailleuses autonomes, dont les activités vont du commerce informel à la récupération de minerais.Elles n'ont toujours pas accès aux emplois à l'intérieur des mines, mieux rémunérés.Elles s'organisent tant bien que mal Même si les palliris (cuellleuses à la main) ont formé des coopératives dans la région minière de Siglo XX au nord de Potosi, et qu'elles bénéficient de certaines structures organisationnelles à Potosi même, elles n'en demeurent pas moins des travailleuses autonomes du secteur informel.Au nord de Potosi, Nora Escueza, leader palliri, nous raconte qu’en tant que chef d'une coopérative de palliris, elle reçoit un petit salaire de la fédération des coopératives minières, mais que sa participation à l'intérieur de la fédération est limitée.Car, dit-elle, la fédération est un environnement « très masculin ».La coopérative permet à ces femmes de travailler ensemble.Mais le manque chronique de ressources empêche toute possibilité réelle de faire de l’organisation une plateforme permettant l'amélioration des conditions de travail des femmes.La plupart d'entre elles doivent travailler six jours semaine à raison de plus de huit heures par jour pour joindre les deux bouts.Marchant à travers les énormes piles de déchets à l'extérieur de la mine d'étain de Siglo XX, Nora Escueza joue les guides.Deux autres femmes sont au travail.L'une d'elles, Alicia Mendez, explique simplement ce qu’elles font : « Nous retirons et rassemblons l'étain.» Pour cela, elles doivent soulever d'énormes pierres qu'elles frappent sur une colonne de pierre à la hauteur de leurs épaules.Alors, une fine poussière tombe à leurs pieds.À la fin de la journée, elles ramasseront l'étain qu’elles auront ainsi extrait, pour le revendre plus tard à un acheteur local.« Nous sommes payées pour ce que nous trouvons », commente Alicia, en ajoutant qu’« il y a un long délais entre les heures travaillées et le moment où elles reçoivent leur salaire ».Travaillant ainsi depuis des années, elle estime qu'elle amasse en moyenne 150 dollars canadiens par mois.C'est suffisant pour garder un toit au-dessus de sa tête et celles de ses sept enfants, mais pas assez pour prendre quelques jours de repos ou cesser de travailler en tant que palliri.Un travail qu'elle effectuera « tant que Dieu [la] laissera vivre », dit-elle.Et domain nous rocommoncorons Chuquini est une communauté au nord de La Paz, la capitale de la Bolivie.Construite autour de deux mines d’or, elle abrite une population de 2 500 âmes.Le logement informel et les salaires incertains sont la norme.On estime que 120 familles doivent travailler sur les bords de la rivière pour parvenir à survivre.Or, cette rivière sert de dépotoir.« Pour ces gens, et particulièrement les femmes, la rivière constitue leur seul accès à la ressource », explique Lurdes Dabo.On les appelle les baranquilleras.Lurdes Dabo est l'une de leurs leaders.Munis du traditionnel tamis des chercheurs d'or, les baranquilleras, immergées jusqu’à la taille peuvent passer jusqu'à 10 heures par jour dans l’eau.La disproportion qui existe entre la somme de travail que cela représente et le résultat final à la fin de la journée est tellement énorme que c'en est carrément inconcevable.Souvent m.ins d'un quart de gramme ! « Nous échangeons cela contre de la nourriture », précise Tune des femmes, qui ajoute : « Et demain nous recommencerons.» À Chuquini les marchés d'or sont ouverts 24 heures sur 24.C'est là que les baranquilleras, mouillées de la tête aux pieds vont vendre leur maigre pécule.En moyenne, elles reçoivent autour de 4 dollars canadiens.Pour toute une journée de travail.Ce qui n'est bien souvent pas suffisant pour nourrir toute la famille.La tuberculose, due à la malnutrition, est fréquente.Mais il n'y a pas de clinique à Chuquini.11 s'en trouve une à Tipuani, un village des environs, mais il n'y a pas de médecin.Solutionc alternatives Si de travailler à l’intérieur des mines est loin d'être une réelle solution pour ces femmes, cela devrait néanmoins faire partie des possibilités.« fe connais des femmes qui pourraient travailler dans les mines », affirme la palliri Alicia Mendez.« Mais il ne nous est même pas permis d'y entrer, alors on n’a pas d'autre choix que de uJ * ¦&£, 8 VN jî 1 travailler à l'extérieur.» Cela leur permettrait à tout le moins d'obtenir une meilleure paye et de travailler dans un environnement plus structuré.« Les femmes se plaignent de leur situation », constate Claudia Ricaldi, de l'organisation non gouvernementale bolivarienne, CEPROM1N.«Mais il est temps pour ces femmes de pnmdre l'initiative d'entrer dans les mines, peut importe si "les" hommes les laissent ou non.» Le be-* soin de formation est énorme chez ces femmes.Car comme le dit Alejandra Lopez, une leader palliri : « Les femmes ne connaissent pas leurs droits en tant que travailleuses, et tant que ce sera le cas, nous continuerons d’être les plus opprimées des travailleurs du secteur minier.» Les besoins et les demandes des palliris et des baranquilleras sont le reflet des besoins de l'ensemble des communautés minières, mais avec quelque chose de plus urgent.« Les palliris sont trop souvent utilisées pour le bénéfice d'autrui », déclare Alejandra Lopez, qui continue sans Tombre d’une hésitation : « Plusieurs des ONG ici à Potosi qui disent travailler en notre nom n'écoutent même pas nos besoins.» « Les baranquilleras se sont organisées il y a deux ans, avec l'aide de l'Organisation internationale du travail [OlTj », raconte Lurdes Dabo, dont le premier but en tant que leader de cette organisation a été de trouver des emplois alternatifs pour les baranquilleras à l’extérieur du secteur minier.L’OIT a aussi mis sur L»t femmes pollini »t baranquillaros ramassent à la main les débris de minerais qu’elles peuvent trouver dans les dépotoirs et rivières entourant les mines.Elles travaillent au moins six jours par semaine et souvent plus de huit heures par jour.pied un autre projet dans la région, il y a trois ans, où les baranquilleras ont été invitées à apprendre à coudre et à fabriquer des vêtements.Une façon alternative d'aider à la subsistance de leurs familles.Ces deux projets se sont terminés Tannée dernière, et depuis, les machines à coudre sont silencieuses.11 n'y a plus de financement disponible pour payer un professeur.Lurdes Dabo espère que son organisation de baranquilleras et les efforts investis dans des carrières alternatives à Chuquini continueront.« Mais sans financement, dit-elle, il n'y a pas de réel espoir pour un changement positif.» Tour que la réalité de ces femmes change réellement il faudra aussi que le gouvernement bolivarien, les ONG et les coopératives minières les traitent de façon plus respectueuse.Ces femmes ont besoin d'être des participantes actives dans le développement d'initiatives qui amélioreront leurs situations précaires.Dawn Paley La réalisation de cet article a été rendue possible grâce à l'appui du Syndicat des services publics du Canada et de son fonds pour la justice sociale.www.patagoniabolivta.ne* Carnet de Voyage Des nouvelles du Togo Quelques heures seulement après le dôcès du président togolais Gnassingbe Eyadema, c’est à la télévision que les Togolais apprenaient que son fils, Faure Gnassingbe, était désigné par l’armée pour prendre sa place.Mort samedi 5 février à l’âge de 69 ans, après 38 ans de régne, Eyadema était le doyen des dirigeants africains au pouvoir.On le surnommait le dinosaure de l’Afrique.Cette désignation va à l’encontre de l’Article 76 de la Constitution togolaise qui stipule qu’en cas de décès, le pouvoir présidentiel revient au président de l’Assemblée nationale et qu’une élection doit être organisée dans un délai de 60 jours Mais le général de l’armée, Zakari Nandja.a expliqué que le président de l’Assemblée était « absent du territoire national » et que le pays se retrouvait de fait confronté à une « vacance totale du pouvoir », justifiant ainsi la nomination de Faure Gnassingbe.Le président de l’Assemblée nationale, Fambare Ouattara Natchaba.a par ailleurs aussitôt été démis de ses fonctions par le nouveau chef de l’État.Ouattara a appris la nouvelle alors môme qu’il se heurtait à une frontière close depuis le Bénin voisin.À Lomé, au cours des premières heures qui ont suivi le décès du président Eyadema, les rues demeuraienl anormalement calmes.» Quand on a toujours vécu dans la peur, le crainte ne nous quitte pas.D’autant plus que tous les Loméens voient Fermée envahir les mes et encercler les quartiers jugés subversifs ».nous a raconté Frank Aktopa, militant des droits de l’homme, que nous avons joint par téléphone Notre interlocuteur, malgré le calme apparent, sentait monter la tension.Et effectivement, les émeutes n’ont pas tardé à éclater.Le non-respect de la constitution togolaise a été décrié par l’Union africaine (OUA).Le président de l'organisation.Olusegun Obasanjo, président du Nigeria, ne s'est d'ailleurs pas gôné pour déclarer qu'il s'agissait là
de

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