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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2005-02-12, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 FEVRIER 2 0 0 5 LE DEVOIR D e sign UNE VISION POUR MONTRÉAL QUARTIER INTERNATIONAL DE MONTRÉAL «Aménager la ville, c’est un geste culturel» Page 2 ELENI STAVRIDOU Trois organismes pour une discipline aux multiples visages Page 3 La ville de Montréal est en bonne position pour devenir une nouvelle plaque tournante mondiale du design avec l’établissement prochain du siège social d’une nouvelle organisation internationale prestigieuse dans le domaine, l’International Design Alliance (IDA).“Cela vient confirmer le statut de Montréal comme ville de création et d’innovation, ouverte sur le monde", a souligné en conférence de presse hier le maire Gérald Tremblay.“Depuis 18 ans, on travaille à ce que le design fasse partie intégrante du développement économique pour que Montréal devienne une grande métropole internationale.”» Cela se passait le 12 août dernier.Et le texte qui précède se retrouvait dans Le Devoir du lendemain, faisant la preuve qu’à la suite d’une longue lutte, la ville de Montréal s’était vu accorder la préférence, devant Bruxelles, Turin, Nagoya, Copenhague et Hong Kong, en tant que lieu d’établissement du siège social d’une nouvelle association internationale, née de la fusion de deux organismes existants: le Conseil international des sociétés de design industriel (ICSID) et le Conseil international des associations de design graphique (Icograda).En cours Depuis ce temps, la directrice de l’Institut de design Montréal a été élue à la présidence de 11DA, et un autre organisme voué au design fait son apparition: le Conseil interprofessionnel du design est en effet né à la suite d’une entente préalable qui lie, par la volonté de leurs représentants, tant les architectes (qu'ils œuvrent dans l’immobilier ou la conception des divers paysages) que les urbanistes et les designers eux-mêmes (d’intérieur ou graphiques).Et tout cela, dans la foulée d’un rapport le rapport Picard, qui reconnaissait en 1985 le design comme étant l’un des sept axes capables d’imposer Montréal à titre de grande ville à l’échelle internationale.La preuve matérielle de la mise en place d’une telle stratégie consisterait en l’érection d’une Maison du design.Cette réalisation s’ajouterait ainsi à la liste actuelle des projets conçus pour la métropole québécoise, dont deux émergent surtout Car un hôpital universitaire devra être construit: il reste à savoir lequel — ou lesquels — dans un lieu à être choisi.Et une nouvelle salle pour l’Orchestre symphonique s’impose: il reste là aussi à savoir si elle naîtra du réaménagement d’un lieu existant ou nécessitera une nouvelle construction.Pour le design, un simple lieu suffirait À faire INSTITUT DE DESIGN MONTREAL Dispositif aidant à prévenir les cas de syndrome de mort subite des enfants.Designers: Michel Dallaire et Patrick Massé.de la même façon que tout projet est soumis à des réglementations strictes en ce qui touche, entre autres, la sécurité et la circulation, il doit aussi être régi par des règles qui incluent la qualité et la durée, des normes que le design a fait siennes.On donne alors pour preuve une réalisation exemplaire: celle du réaménagement de la zone urbaine sise entre le Palais des congrès et le Square Victoria «Le Quartier international, informe Clément Demers, directeur de ce projet, c’est un peu l’intégration de plusieurs disciplines dans le domaine du design puisqu’on parle d’architecture, d’urbanisme, de design urbain, graphique et industriel, et d’architecture du paysage.Tous les aspects du design sont traités ici avec un souci de qualité.Les 17 prix qui nous ont été remis s’appliquaient à 12 domaines différents, dont au moins la moitié relèvent du design proprement dit.» Un débat a donc cours.Que Montréal se félicite de ses succès, et que participent de concert les autres acteurs des divers ordres gouvernementaux, cela va de soi.Mais il faudrait plus.On parle en fait d’une stratégie globale, où le design cesserait d’être vu comme un recours (permettant d’«embellir» toute chose) pour être considéré plutôt pour ce qu’il est une discipline qui a pour mission de façonner sur un mode durable tout objet, toute construction, quand forme et fonction cohabitent Et pour qui s’objecterait à une telle entreprise en prétextant les possibles coûts additionnels qu’imposerait cette façon de procéder, les retombées engendrées par la mise en place du Quartier international, bien réelles aujourd’hui, sont là pour le confondre.Normand Thériault m SOURCE: GALAFiLM Institut de design Montréal globale.Projet de Opus4: complexe culturel et administratif de Montréal.Architectes: Paul Beauchamps et Réal Bourbeau.Toutefois, dans l’esprit des promoteurs du design, des projets ponctuels ne suffisent pas; ils prêchent pour obtenir davantage: une transformation des attitudes.Dans leur esprit une ville doit être pensée comme un tout, et ses parties par la suite s’intégrent Et Exposition Ici le présent de Roberto Dutesco, avenue McGill college à Montreal.PEDRO RUIZ LE DEVOIR ¦«swim! _ lî —¦]> rsrr .iisianai .1.Exposition Main Design 04; six stations de verre où sont posés des écrans télé abordant six thématiques.SOURCE MAIN DESIGN Architectes Page 2 Urbanistes Page 3 P R O F E S S I Designers d’intérieur Architectes du paysage Designers industriels Page 4 O N S Designers graphiques Page 5 > LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 FÉVRIER 2005 G 2 ?DESIGN ?Quartier international de Montréal Un modèle du genre «Aménager la ville, c’est un geste culturel» Après avoir pris forme, le Quartier international de Montréal, à la fois territoire, projet et entreprise, existe depuis environ un an.Ce grand chantier urbain a mis en place ce qui est maintenant considéré comme l’une des réalisations les plus spectaculaires — et ce depuis fort longtemps dans la métropole — sur les plans de l’urbanisme, de l’architecture et du design.RÉGINALD HARVEY Une large portion de Tfle, couvrant une superficie de 27 hectares en plein centre-ville dont huit relèvent du domaine public, a été affectée par cet ambitieux réaménagement en profondeur qu’est le Quartier international de Montréal (QIM).Il est plutôt rare que des travaux d’une telle ampleur modifient les formes et les couleurs de tout un quartier marqué par la présence d’imposantes installations comme c’est le cas ici: le Palais des congrès, la Caisse de dépôt et placement et l’Organisation de l’aviation civile internationale ont pignon sur rue dans ces espaces.En ces lieux, qui sont devenus une adresse recherchée à cause de leur qualité de vie, d’aménagement et de service, se retrouve la plus grande concentration d'organismes internationaux au Canada La qualité associée à la durabilité Le directeur général du QIM, Clément Demers, se félicite aujourd’hui du déroulement des opérations: «R est certain qu’il y a eu des inconvénients, mais il est assez exceptionnel de réaliser un projet aussi rapidement sur un territoire aussi achalandé.Je tire un bilan très positif de cette expérience sur le plan des nombreuses retombées et des 17 prix qui nous ont été attribués.» Après un an de fonctionnement, il mesure les hauts et les bas de la première tranche de vie de ce complexe urbain: «Depuis que c’est terminé, le point fart qui se dégage est le suivant: le succès d’un projet d’aménagement, c’est la façon dont les gens se l’approprient.On a pu voir, avec la journée portes ouvertes ou à travers les commentaires que l’on reçoit en se promenant dans le quartier, que les Montréalais se sont appropriés ce projet-là et qu'ils l'aiment beaucoup.» Il retient un aspect intéressant des commentaires émis par les gens: «Ils apprécient la qualité, et souvent on ne leur offre pas celle à laquelle ils ont droit.Je pense que, dans le domaine public, un devoir que l’on doit s’imposer, c’est de pro- duire des projets de qualité parce que, fondamentalement, celle-ci sous-tend le critère de développement durable.Si on matérialise des concepts qui traversent le temps parce qu’ils ne se démodent pas, si on réalise des projets ayant une qualité de matériaux et d’exécution, on n’aura pas à les refaire dans 20 ou 30 ans.» 11 cite à titre d’exemple le lobby de la Place Ville-Marie bâti il y a 40 ans et qui résiste au temps grâce à son style très épuré et à l’utilisation de matériaux peu coûteux comme le travertin, qui est le marbre le moins dispendieux sur le marché: «Le devoir des donneurs d’ouvrage qui œuvrent dans le domaine public, c'est de produire des projets qui traversent le temps et n’imposent pas aux générations futures de refaire ce qui a été mal fait.» Le quartier prend de l’essor À proximité du lieu où existait auparavant une autoroute à ciel ouvert se construisent présentement 1000 unités résidentielles, en raison même de l’effet d’entraînement engendré par la qualité des bâtiments et des aménagements déjà en place dans le Quartier international.Les gens sont d’abord à la recherche d’un endroit où il fait bon vivre quand ils veulent acquérir une propriété, comme le plaide le directeur «Ils choisissent le Plateau Mont-Royal ou un autre endroit, mais ne diront surtout pas “j’achète une maison je ne sais trop où”.Ils repèrent d’abord un secteur où ils aimeraient vivre à cause de sa qualité, et après seulement se pose le choix de la maison.Cela vaut autant sur le plan des investissements que sur celui de remplacement.» De no man’s land habité par quelques pionniers irréductibles, le Quartier international est devenu une adresse.La preuve en est que, depuis décembre 2003, 860 millions de dollars ont été investis dans le secteur.Clément Demers se creuse la tête durant quelques secondes pour tenter de citer des correctifs, même mineurs, qui pourraient s’imposer à la suite des expé- BKSXi , mt*.un ¦ W« «« Am AP A* '•fin » ijri* 7 m ¦» SOURCE INSTITUT DE DESIGN DE MONTRÉAL La qualité des bâtiments et des aménagements déjà en place dans le Quartier international ont eu un effet d’entraînement dans tout ce secteur.riences vécues, et il ne trouve que cette réponse: «On n’a reçu aucun commentaire négatif.» Du reste, il ne connaît aucun projet au Canada ayant été aussi primé que le Quartier international, avec ses 17 prix.Il s’en est suivi des retombées majeures, telle l’implantation à Montréal du siège social de l’International Design Alliance: «Le Quartier international, c’est un peu l’intégration de plusieurs disciplines dans le domaine du design puisqu’on parle d’architecture, d'urbanisme, de design urbain, graphique et industriel, et d’architecture du paysage.Tous les aspects du design sont traités ici avec un souci de qualité.Les 17prix qui nous ont été remis s’appliquaient à 12 domaines différents, dont au moins la moitié relèvent du design proprement dit.» Il est clair que ces prix ont permis de positionner Montréal en tant que ville férue de design et contribué à attirer cet organisme international prestigieux.Poser un geste culturel positif Le directeur général signale que cet endroit de la ville était loin d’être exemplaire au Canada et ne projetait pas une vitrine très positive de Montréal avant que les travaux soient parachevés.Il lance: «Aménager la ville est un geste culturel, et le contraire est également vrai.On pose de tels gestes de façon positive ou négative, et ils sont presque primaires.On affichait une sorte de pauvreté quand on recevait des gens dans un tel “no man’s land”.Quand on voyage en Europe et qu'on entre dans des villes, on sent tout de suite qu’elles sont l’œuvre de sociétés cultivées, à voir la façon dont celles-ci ont aménagé l’espace urbain et développé les bâtiments et les quartiers.Le tout témoigne de leur savoir-vivre ou être, lequel est la preuve de leur culture.» D en revient à ce propos à la notion de durabilité: «On peut parler de tourisme durable par rapport à celui qui est davantage événementiel.Les festivals et les grands prix, c’est très bon, mais ça peut déménager en même temps que le tourisme relié à ces activités-là.Quand les gens voyagent pour connaître ou vivre une expérience urbaine différente, ils parviennent à ce but à travers l’aménagement, les structures et les activités qu’ils découvrent.Par exemple, Montréal a l’avantage de posséder un centre-ville multifonctionnel qui est très dynamique à toutes les heures du jour.» Les concepteurs du Quartier international se sont préoccupés non seulement de l’aménagement des lieux, mais aussi de l’existence de fonctions complémentaires qui rendent la vie agréable dans un quartier d’affaires, une fois arrivée l’heure de fermeture des bureaux.Un avenir de un milliard de dollars Des espaces à bureau et des hôtels se sont implantés.Plusieurs projets immobiliers résidentiels sont en voie de complé-tion et d’autres sont en chantier, pour un total de 1000 unités d’habitation.Clément Demers se penche sur la consolidation et le développement du quartier, dont il dessine les avenues: «Pour planter de la semence, ça prend une terre fertile.Le Quartier international, en raison de sa situation géographique et des stations de métro qu’il comporte, avait le potentiel pour devenir un secteur attrayant, et aussi pour se développer parce qu’il y a beaucoup de terrains de stationnement disponibles.On a investi environ 900 millions de dollars au cours des dernières années, et on croit que l’équivalent de cette somme pourra encore être investi pendant 10 ans.Les projets se situeront moins au cœur du quartier à cause du manque de place, et prendront forme un peu plus en périphérie de celui-ci.» ARCHITECTURE Une créativité inépuisable ?«Ce que l’on construit présentement, c’est notre patrimoine du futur» Est-il possible de parler d’architecture sans parler de design?Au Québec, la frontière entre ces deux mondes est très mince: si la profession d’architecte est bien réglementée, n’importe qui peut se prétendre designer.Et cette situation occasionne parfois des rivalités.Existe-t-il une menace pour une architecture de qualité?CHRISTIAN LÉVESQUE T e de designer est très à "1^/la mode et c’est pour cela que plusieurs le récupèrent à leur compte, mais cette notion est plus vaste que cela: elle coiffe tout», croit le président de l’Ordre des architectes du Québec (OAQ), Pierre Beaupré.Selon lui, les ar- chitectes occupent ces deux fonctions par défaut en concevant un bâtiment du début à la fin en passant par les meubles et les fournitures.«Tout est design!», renchérit l’architecte Claude Provencher.Pourtant plusieurs universités offrent aujourd’hui des programmes spécialisés en design.«Historiquement, les deux notions étaient regroupées sous une seule et même pratique dans une approche globale de l’environnement extérieur et intérieur, mais c’est maintenant deux mondes différents, plus spécialisés et plus complexes», affirme pour sa part le directeur du Centre de design de l’UQAM, Marc Choko.Le terme est ainsi accaparé par ces nouveaux diplômés universitaires.Mais leur pratique ne comprend qu’une partie de la notion de design: «Nous formons des étudiants qui posséderont des notions de base, mais n 'auront pas de diplôme aussi spécialisé qu’un architecte», explique Marc Choko.Ainsi, les designers auront une formation générale en design urbain, mais qui ne pourra remplacer les connaissances d'un architecte: ils ne pourront pas offrir leurs services pour la conception, la construction, l'agrandissement, la préservation, la reconstruction, la rénovation ou la modification d’un édifice.Le design urbain, les esquisses, les maquettes, les dessins, les devis, la surveillance des travaux et la gérance du projet demeurent aussi l'apanage des architectes.Certains bureaux d’architectes acceptent cependant les conseils de ces designers (de plus en plus spécialisés et compétents) en les incorporant dans leurs équipes de production, mais cela n'est pas encore la norme, car beaucoup préfèrent tout réaliser eux-mêmes.Et selon le président de l’OAQ.si plusieurs apprécient cette complémentarité, d’autres n’aiment pas voir leurs plates-bandes envahies.Une architecture de qualité Avec cette rivalité et ces nouveaux professionnels du design, une architecture de qualité peut-elle se poursuivre au Québec?«R est clair que nous ne possédons pas les moyens ni les budgets des Européens ou des Américains, et notre culture architecturale n’est pas aussi forte que chez eux.Mais nous produisons une architecture d’excellente qualité», affirme l’architecte québécois Claude Provencher.Il met en évidence la récolte phénoménale lors de l’édition 2003 des Canadian Architect Awards: «Les projets d’ici ont récolté tellement de prix que tout le reste du Canada se demandait ce qui se passait au Québec pour que notre province soit tant primée!» Outre le Quartier international de Montréal, qui constitue l’un des plus gros chantiers de la province, plusieurs autres constructions témoignent de cette ouverture architecturale importante.Pour suivre le courant international, la mise en chantier de la Grande Bibliothèque du Québec (GBQ) est l’une de ces réalisations québécoises importantes.Le ministère de la Culture et des Communications est d’ailleurs l’un des organismes gouvernementaux très actifs dans les commandes d’œuvres architecturales.Cette grande bibliothèque, qui ouvrira ses portes le 22 avril prochain, regroupera plus de un million de livres et quatre millions de documents au total sur une superficie de 33 000 rri.On prévoit que 5000 personnes viendront la fréquenter quotidiennement.Construite au coût de 141 millions de dollars, son principal défi consistait à combiner 'a vocation culturelle et éducative de la bibliothèque à son offre de service spécialisée.Sur le site Internet de la GBQ, on peut lire les propos de la présidente-directrice générale, Lise Bissonnette, selon lesquels le concept de la firme sélectionnée répondait avec «intelligence et assurance» à cette notion.Double concours La GBQ constitue également l’un des projets ayant favorisé la plus grande opération de créativité architecturale jamais organisée au Québec.L’attribution du contrat s’est effectuée d’une manière peu banale: «Pour la première fois dans l’histoire de l’architecture au Québec, un édifice public sera construit à la faveur d’un concours international», affirmait il y a quelques mois la présidente du jury, Phyllis Lambert.Une première aussi dans le milieu du design québécois, qui a également profité d’une seconde compétition pour concevoir tout le mobilier intérieur.Bref, une complémentarité des notions de design et d’architecture à son meilleur.La mise en œuvre d’un tel concours visait aussi à établir un haut niveau d’efficacité de construction, à stimuler la créativité des architectes et à contribuer au rayonnement international du Québec sur le plan architectural.Le rapport du Comité sur le développement d’une très grande bibliothèque indiquait aussi que ce type de concours «stimule la créativité, permet des débats sur le concept architectural et, dans plusieurs pays, on estime qu’il est un des principaux instruments du renouveau de la qualité architecturale».Concourir ou soumissionner?Un malaise semble cependant exister au sein de la profession: malgré cette importante réalisation, les concours de cette nature (qui étaient autrefois monnaie courante) sont aujourd’hui en voie de disparition.Les architectes déplorent d’ailleurs l’attitude des différents ordres de gouvernement qui ont radicalement modifié leur mode d’attribution de contrat, mettant aujourd’hui en péril l’originalité des projets sélectionnés: «Auparavant, il y avait beaucoup plus de concours pour attribuer les projets gouvernementaux, dit Pierre Beaupré.De nos jours, cela fonctionne par soumission et ce sont toujours les projets les moins coûteux qui l’emportent.Pour avoir des contrats, on doit couper dans nos honoraires et pour gagner autant d’argent qu’avant, il faut faire plus de projets, ce qui réduit le temps passé à leur élaboration.On peut s’étonner qu'on réalise encore une architecture de qualité dans ces conditions!» Claude Provencher est du même avis: «Un bon résultat nécessite souvent l’embauche d’un bon professionnel.En termes d’architecture, cela se traduit par une valeur ajoutée au patrimoine, à l’économie et à la qualité de vie d’une ville.Ce n’est pas vrai qu’on peut réaliser des projets de qualité avec des salaires réduits: on se tire dans le pied en attribuant des projets architecturaux sur la base de la plus basse tarification soumissionnée.Pour ma part, je ne gagne pas ma vie avec cela!» Le président de l’Ordre des architectes du Québec s’interroge sur la volonté des gouvernements de valoriser une architecture de haut niveau dans la province: «Il est clair que cette façon de travailler, de négocier et de traiter avec les architectes appauvrit les résultats du travail.» Il croit aussi que cette méthode contribue à la médiocrité des résultats que l’on observe dorénavant trop souvent Une notion pourtant importante car, comme le résume Claude Provencher «Ce que Ton construit présentement, c’est notre futur patrimoine.» Votre designer d’intérieur est-il membre de.Association professionnelle des designers d'intérieur du Québec 354, rue Notre-Dame Ouest bureau 200 Montréal (Québec) H2Y1T9 T 514 284 6263 F 514 284 6112 c lnfoeapdiq.com Nous sommes présents.4 < I \ LE DEVOIR, LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 FÉVRIER 2 0 0 5 G ;i DESIGN International Design Alliance Le design débarque en force à Montréal La métropole accueille un nouvel organisme international et voit la mise en place d’un nouveau conseil interprofessionnel Eleni Stavridou, directeur exécutif de l’Institut de design Montréal, vient tout juste d’être nommée première présidente de l’International Design Alliance, un nouvel organisme international qui choisissait, en août dernier, d’établir son siège social à Montréal.Depuis, un conseil interprofessionel du design est aussi en gestation.À quand une Maison du design?PIERRE VALLÉE International Design Alliance (IDA) a pour mis-1 sion de favoriser le rapprochement entre les divers intervenants du domaine du design, et de faire la promotion au plan international de l'importance du design.«Nous voulons faire comprendre l’ensemble de la valeur économique du design dans le monde ainsi que le rôle du design dans la société.L'IDA est une voix qui servira au développement de «NOUS tout le design.» L’IDA est la créature de deux sommes autres organismes internatio- naux du domaine du design, soit en bonne le Conseil international des sociétés de design industriel position (ICSID) et le Conseil internatio- , .nal des associations de design pour taire graphique (Icograda).Ces deux I i; organisations cherchaient de- en puis quelques années à unir entre leurs efforts et c’est cette volonté qui a mené à la création de l’IDA l’Europe Montréal est dans le coup depuis le début puisque l’idée et l’Asie» de créer l’IDA a germé lors d’un colloque organisé par l’Institut de design Montréal auquel assistaient les présidents de l’ICSID et de l’Icograda.«Lors de mon discours, dès que j’ai eu vent de l’idée, j’en ai profité pour déclarer, en toute innocence, que Montréal serait heureuse d’accueillir le nouvel organisme.» La partie n’a tout de même pas été gagnée le soir même.Plus de 30 villes ont soumis leur candidature et six furent retenues en tant que finalistes.Outre Montréal, les autres finalistes étaient Bruxelles, Turin, Nagoya, Copenhague et Hong Kong.Le choix de Montréal s’est fait en août dernier lors de la présentation des villes finalistes devant un jury à Essen en Allemagne.L’importance de l’IDA à Montréal L’International Design Alliance installera officiellement ses pénates à Montréal au mois de mai prochain, qui est aussi le mois du design à Montréal.L’organisme comptera au départ une dizaine d'employés.D’autres s’ajouteront selon les activités et selon la vitesse de croissance de l’organisme.Pour le moment, les deux organisations fondatrices, 1TCSID et l’Icograda, conserveront leurs conseils d’administration respectifs.«Nous fonctionnerons un peu comme un partenariat.» Par contre, les deux organismes fermeront leurs sièges sociaux à Bruxelles et à Essen pour se reloger à Montréal, ce qui laisse présager leur éventuelle fusion.Une des idées maîtresses derrière l'IDA est l’ouverture aux autres organisations.«Nous allons chercher à accréditer l'IDA auprès d’organismes internationaux comme les Nations unies ou l’OCDE, précise Mme Stavridou, et nous tenterons de construire des ponts avec tous les acteurs du domaine du design, y compris les architectes et les paysagistes.» Par ailleurs, un tel rapprochement se produit présentement au Québec grâce à la mise en place du Conseil interprofessionnel du design, qui réunit en son sein les urbanistes, les architectes, les paysagistes, les designers industriels, les designers graphiques et les designers d’intérieur.«Nous sommes à faire sur le plan local ce que nous chercherons à accomplir sur le plan international avec l'IDA.» Déjà des retombées Selon Mme Stavridou, la venue de l’IDA à Montréal constitue pour le milieu montréalais une opportunité de se faire valoir.«Cela va créer à Montréal une vitrine pour nos entreprises et leur permettre de tisser davantage de liens internationaux.» De plus, Mme Stavridou croit que Montréal possède tout ce qu’il faut pour devenir une véritable ville internationale du design, comme peut l’être Turin par exemple.«D’abord, nous sommes en Amérique du Nord, un lieu où le design est très important et très répandu.C’est vrai pour Montréal.On n’a qu’à penser au Quartier international pour s’en convaincre, explique-t-elle.Ensuite, nous sommes en bonne position pour faire le lien entre l'Europe et l’Asie.Il y a présentement une effervescence en Asie et les besoins en design iront en grandissant.La créativité de nos designers à Montréal est une énorme richesse que nous pouvons exporter vers ces nouveaux marchés.» URBANISME La ville au quotidien « Maintenant, il est incontestable que le design est présent sur la place publique» Davantage qu’un simple spécialiste de la réglementation d’une ville, l’urbaniste est un créateur.À mi-chemin entre le designer et le médiateur, il élabore une vision d’aménagement d’un milieu de vie en considérant ses aspects social, économique, politique, environnemental et culturel.MARTINE LETARTE T T» urbaniste doit tenir compte de plusieurs as-" LJ pects du design lors du développement d’un projet.Il travaille avec des architectes, des designers, des ingénieurs et des paysagistes pour innover selon les besoins et les contraintes du milieu», explique le président de l’Ordre des urbanistes du Québec, Claude Beaulac.Aménager un environnement est d’une grande complexité puisque cela vient toucher directement la population qui l’habite.Un urbaniste doit mettre en place un mécanisme de fonctionnement harmonieux pour réaliser son projet, où chacun pourra exprimer ses idées.En plus des avis divergents, l’urbaniste doit concilier les différents types de design du milieu de vie pour qu’il soit harmonieux, fonctionnel et agréable pour la population.Être à l’écoute Dans l’élaboration d’un projet résidentiel, l’urbaniste doit travailler en respectant le cycle de la vie.«Une famille avec de jeunes enfants a tendance à s’isoler dans un quartier paisible pour vivre dans une maison qui a l’avantage d’avoir un terrain.Si les enfants ont 15 ans, la famille cherche à être près des services comme le transport en commun», explique M.Beaulac.Les différents environnements ont chacun des aspects positifs et d’autres négatifs qui n’offrent pas le même type de qualité de vie puisqu’ils sont destinés à une clientèle bien particulière.Même si elle est critiquée par plusieurs, la banlieue vient combler les besoins de nombreuses jeunes familles.Toutefois, avec la population vieillissante, les urbanistes devront bientôt l’adapter à de nouvelles exigences.L’écoute attentive des citoyens est donc primordiale pour celui qui aménage un milieu de vie s’il veut demeurer pertinent malgré l’évolution constante des sociétés.Lorsque l’aménagement d’un environnement est majeur, le nombre d’intervenants impliqués est important et le travail de médiation devient complexe.Le nouveau Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM) est un bel exemple de projet qui donne bien des maux de tète aux urbanistes.Ayant lui-même participé à une étude sur le sujet Claude Beaulac: est convaincu que l’arrivée de ce méga-hôpital aura un impact direct sur la vie des citoyens de la région de Montréal.Concilier l’inconciliable Un projet qui engendre autant de conséquences implique bien des gens ayant des points de vue qui peuvent souvent sembler inconciliables.L’urbaniste doit être en mesure de comprendre les différentes dimensions du projet pour le diriger dans la bonne voie.«L’aménagement d’un milieu de vie ne se fait pas à partir de la vision d'un génie.C’est une œuvre collective dont la réalisation est facilitée par l’urbaniste, qui essaie de trouver un terrain d’entente», soutient M.Beaulac.Pour les équipes multidisciplinaires qui travaillent à l’élaboration du CHUM, lequel est une ville en soi à coordonner, la préoccupation première n’est pas l’architecture.L’espace disponible doit être étudié de manière à ce que la cohabitation des différentes expertises de l’hôpital facilite l’interaction et entraîne une efficacité maximale.Selon M.Beaulac, le gouvernement n’aurait pas pu lancer un concours international d’architecture pour le CHUM comme il l’a fait pour la Bibliothèque nationale du Québec.«Les besoins des patients et les enjeux de fonctionnalité sont primordiaux dans le cas du CHUM.Une fois que ces priorités seront étudiées, on pourra s’attarder à la structure du bâtiment.» Montréal, chef de file en urbanisme Auparavant, les projets architecturaux avaient tendance à ne pas tenir compte de l’environnement urbain dans lequel ils s’inséraient «C’était le culte de l’objet-bâtiment.Aujourd’hui, on a beaucoup plus de sensibilité, on tente de créer des liens, on étudie le milieu de vie et la clientèle visée», se réjouit le président de l’Ordre des urbanistes du Québec.Les grands projets d’aménagement qui se réalisent actuellement font réagir la population, laquelle est très sensible aux enjeux politiques qu’ils soulèvent Les urbanistes doivent donc intégrer ces nouveaux acteurs au débat «Les gens sont très préoccupés par ce qui se passe autour de chez eux.Le syndrome du “pas dans ma cour" est très répandu.Il faut donc développer une approche participative», explique M.Beaulac.Sur ce plan, Montréal semble être un modèle de leadership grâce à la réussite éclatante de son Quartier international, qui a mérité plusieurs prix tant ici qu’à l’étranger.La réalisation d’un projet de cette envergure — un investissement de plus de 60 millions de dollars — nécessitait la contribution de plusieurs partenaires.Ce fut une lourde tâche pour les promoteurs du Quartier international de Montréal que de convaincre toutes les personnes touchées par l’initiative de tendre vers une même vision.«Des propriétaires ont cédé gratuitement du terrain pour élargir les trottoirs.Connaissant le coût astronomique de chaque mètre carré situé dans ce secteur du centre-ville, chacun devait être particulièrement convaincu de l’importance et de la pertinence de cet aménagement», souligne M.Beaulac, qui croit qu’une véritable expertise de gestion et d’intégration a été développée grâce à ce projet Sans véritablement savoir ce qui a permis à Montréal de mériter l’honneur d’accueillir le secrétariat de l’International Design Alliance, une association qui réunira les géants du stylisme du monde entier, M.Beaulac est convaincu que la réussite du Quartier international en matière d’urbanisme a certainement influencé positivement la réputation de Montréal à l’étranger.«Maintenant, il est incontestable que le design est présent sur la place publique.» §#s /• SOURCE [DM Eleni Stavridou, directeur exécutif de l’Institut de design Montréal, déplore toutefois le peu d’importance que les gouvernements accordent énéral en gi au design.Déjà, avant même d’avoir déballé une seule boîte, l’IDA a commencé à être sollicitée.«La Fédération internationale du vieillissement nous a approchés afin de mettre en place un événement qui aura pour thème le vieillissement de la population et le design.» Le rôle des gouvernements Bien que Mme Stavridou soit satisfaite du soutien de Montréal International et de la Ville de Montréal dans le dossier de l’IDA elle déplore toutefois le peu d’importance que les gouvernements accordent en général au design.«Les gouvernements ne comprennent pas l’importance économique du design, avance-t-elle.Pourtant, nous sommes dans une économie du savoir et de la créativité.Mais il faut encore les convaincre que le soutien au design se traduit par une plus grande ac- tivité économique.» Elle cite en exemple le secteur des biotechnologies.«Il y a 15 ans.peu de gens auraient cru que les biotechnologies seraient un secteur de pointe à Montréal.1m même chose peut se produire avec le design.» Eleni Stavridou désigne trois secteurs du design où Montréal pourrait se distinguer sur le plan international: le design adapté au vieillissement de la population, le design en habitation et l'écodesign, c’est-à-dire un design qui souscrit au concept du développement durable.Mais pour stimuler ce développement, elle croit qu'il faut un véritable soutien de la part du gouvernement.«Le milieu local bouge, le milieu international aussi; il faut que le gouvernement bouge à son tour.» Selon Mme Stavridou, un des gestes que pourrait poser le gouvernement serait de doter Mont réal d’une Maison du design.Cette Maison du design pourrait être logée dans un éventuel Quartier de la créativité, et pourrait même servir de fer de lance au développement de ce quartier.«Je ne pense pas ici à un musée mais bien à un centre consacré au design, comme il y en a un à Essen en Allemagne.» En effet, ce centre à Essen, en plus de posséder un auditorium et une bibliothèque, dispose d’un espace d’exposition lui permettant de présenter plus de 4000 produits.Nouveau visage Mme Stavridou croit que cette Maison du design servirait de projet structurant permettant de mieux faire connaître le travail des designers québécois, ainsi qu’à présenter ici le travail de designers internationaux.Un projet qui ne lui apparaît pas trop coûteux si l’on tient compte des retombées, et si l’on adopte le fonctionnement du centre d’Essen, où ce sont les entreprises qui paient pour exposer leurs produits.1m Maison du design demeure aujourd’hui un rêve, mais Mme Stavridou entend bien en faire une réalité.«Une récente enquête de l'Institut de la statistique du Québec a révélé qu’il existe au Québec environ 32 000 designers.Avec un nombre pareil, les gouvernements devront bien un jour nous écouter.» Comme si cela ne suffisait pas, elle s’affaire aussi à coordonner la naissance d'un nouvel organisme: le Conseil interprofessionnel du design.Cette association, qui regroupe les représentants des architectes (du bâti et du paysage) ainsi que les urbanistes, les graphistes et les designers (tant d’intérieur qu’industriels), se met en place pour donner à Montréal, de même qu’à tout le Québec, un nouveau visage.Le pouvoir de la VISION ! La force du DESIGN ! Le défi de la RÉALISATION ! psg 'Cf*" ' tsSÉp NUT QUARTIER INTERNATIONAL de Montréal Ordre des Urbanistes du Québec a Mme Renée Daoust, urbaniste, Daoust Lestage inc M.Clément Demers, urbaniste, directeur général du QIM et M.Réal Lestage, urbaniste, Daoust Lestage inc www.ouq.qc.ca t DESIGN Design d’intérieur Les sans-papiers du design Ils ne sont pas architectes mais sont plus que des décorateurs * Ils n’ont pas de titre officiel mais l’aménagement est au cœur de leur travail et de leurs préoccupations, entre le côté très technique de la construction et une touche indispensable d’art et de créativité.Depuis des décennies, les designers d’intérieur du Québec revendiquent une reconnaissance professionnelle de leur travail de la part du gouvernement, à l’instar des architectes, ingénieurs et autres professionnels qu’ils côtoient dans leurs fonctions.JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le nouveau design intérieur de la Caisse de dépôt et placement du Québec, située au 1000, place Jean-Paul-RiopeUe, dans le Vieux-Montréal.« MALORIE BEAUCHEMIN C'a Europe, il y a un titre d’architecte d’intérieur.Au Québec, le titre d’architecte est réservé aux architectes.Il n’y a qu’une seule exception: les architectes de paysage.Personne d’autre ne peut s’appeler architecte, ce qui est normal.Ce que nous voulons, c’est que la profession de designer d’intérieur soit reconnue», explique le vice-président de l’Association professionnelle des designers d’intérieur du Québec (APDIQ), Alain Moureaux.Le problème au Québec, c’est que, sans ordre professionnel, sans titre réservé et sans reconnaissance, n’importe qui peut s’improviser designer d’intérieur.«Vous, votre voisine infirmière, la femme du comptable, n’importe qui peut faire du design d’intérieur, sans responsabilité, et rien dans la loi ne pourra les en empêcher, critique M.Moureaux.D’une part, beaucoup font de la décoration mais se disent designers d'intérieur.D’autre part, les architectes essaient de bloquer les interventions des designers d’intérieur parce que ¦rien ne garantit un travail professionnel et de qualité.» i ' Vers une reconnaissance Ainsi, le mandat premier que s’est donné l’APDIQ, qui a succédé à la Société des designers d’inférieur du Québec (SDIQ) il y a deux ans, est d’obtenir une reconnaissance professionnelle, en plus jie représenter ses membres.«La ¦première étape de notre mission était de créer un diplôme universitaire en design d'intérieur, de façon à pouvoir traiter un peu plus d’égal à égal avec les autres intervenants du milieu de l'aménagement, c’est-à-dire les architectes, ingénieurs et autres, souligne le vice-président Au Québec, avec notre système d’éducation unique au monde, vous avez des jeunes qui sortent des cégeps après trois ans d’études et qui sont prêts pour le marché du travail.Entre un architecte qui a une maîtrise et un jeune qui sort du collège, il y a un certain manque de maturité.» Un premier objectif complété puisque la faculté de l’aménagement de l’université de Montréal a instauré en 1998 un baccalauréat en design, orientation design d’intérieur.Déjà, en 1987, à la demande de la SDIQ, l’université montréalaise avait créé un précédent en inaugurant un certificat dans cette discipline, alors qu’ailleurs au Canada, en Amérique du Nord et en Europe, de telles formations sont reconnues depuis longtemps.Au Québec, la professionnalisation de cette discipline s’est accrue au cours des 40 dernières années.L’évolution des modes de vie cause des bouleversements de l’espace intérieur, qui est soumis à des métamorphoses incessantes.Le design d’intérieur, tel qu’enseigné dans le nouveau programme de l’université de Montréal ainsi que dans la dizaine de cégeps qui dispensent des DEC techniques dans le domaine, tente d’allier l’art, l’économie, la technologie, la psychologie et la sociologie.Interventions Le designer d’intérieur doit conjuguer confort et efficacité, harmonie des volumes, de la lumière, des équipements, des couleurs et des individualités dans un espace à aménager, que ce soit dans des résidences privées, des bureaux, des commerces, des musées, etc.Le design d’intérieur intervient spécifiquement dans trois domaines: la conception d’espaces (habitat, administration, industrie, commerce, hôtellerie), le design de produits (mobilier, textiles, luminaires) et la communication (muséographie, scénographie d’exposition, image d’entreprise).«Contrairement à ce que les gens peuvent penser, c’est très technique.Ça fait partie du domaine de la construction.Nous sommes habilités à préparer des plans de construction, mais nous n’avons pas le droit de les signer — un architecte doit le faire.Di- sons que l’aspect artistique intervient, mais peut-être dans 10 % de notre travail seulement», décrit Alain Moureaux.Un designer d’intérieur peut aussi bien préparer des plans pour l’intérieur de maisons que pour des magasins, des centres commerciaux ou des bureaux.«Nos plans sont ensuite acheminés aux autres spécialistes de l’aménagement: l’architecte et l’ingénieur», explique-t-il.Des 300 membres actuels de l’APDIQ, qui est en plein recrutement, plus de la moitié travaillent principalement dans le design intérieur de bureaux, commerces et autres entreprises.Mais le Québec compte beaucoup plus de designers d’intérieur.«On pourrait être 3000 membres au moins dans l’association, mais tant qu’on n'est pas un ordre, les professionnels ne comprennent pas la nécessité d’être membre d’une organisation qui nous représente», soutient M.Moureaux.La profession est en pleine progression au Québec et ce, depuis les années 1960, qui ont fait découvrir des créateurs hors pair.Cette époque a en outre donné naissance à Expo 67, qui a «mis Montréal sur la carte mondiale du design», selon Alain Moureaux.«On est extrêmement créatif au Québec, souligne-t-il.Il y a actuellement une forte demande pour embaucher des professionnels du design d’intérieur, beaucoup plus qu’il y a 20 ans.Cette nouvelle génération a plus d’argent que la précédente, et les gens ont besoin de se faire conseiller.» Le facteur humain S’il concède que plusieurs architectes font de l’excellent travail de design d’intérieur, ce spécialiste de l’aménagement de bureau soutient que les designers sont davantage sensibilisés aux facteurs humains, à la fonctionnalité de l’espace, à l’ergonomie.À titre d’exemple, Alain Moureaux cite le nouveau design intérieur de la Caisse de dépôt et placement du Québec, située au 1000, place Jean-Paul-Riopelle dans le Vieux-Montréal.«C’est un design de qualité internationale.Tout est ouvert, c’est très beau.On peut prendre des photos n’importe quand», soutient le professionnel.Mais il y a un hic: les unités de travail des employés ne sont plus fermées, mais bien divisées par des séparateurs de «42 pouces» (1,07 mètres).«Je questionne [sic] la fonctionnalité du projet.Vous voyez votre voisin, il vous voit, ça facilite peut-être le travail, c’est beau, mais il n'y a plus d’intimité, souligne le designer.Notre formation particulière, en tant que designers, nous amène à analyser ce genre de détails, les besoins réels des employés, l’efficacité.C’est très spécifique à notre métier.» Néanmoins, il concède que, petit à petit, Montréal est en voie de devenir une capitale internationale du design, notamment avec l’implantation récente de l’International Design Alliance (IDA) sur son territoire.«Avec le regroupement de plusieurs associations, je pense que c’est bien parti.On va faire de Montréal une force en design», soutient-il.Et le design d’intérieur y trouvera forcément son compte.D’ailleurs, le Salon international du design d’intérieur de Montréal (SIDIM), qui sera présenté à la Place Bonaventure en mai prochain, en est à sa 17e édition, signe que la métropole est déjà bien implantée dans cette discipline.Architecture paysagiste L’aspiration verte A propos d’«un recyclage des espaces» L’architecture du paysage s’intéresse à l’organisation des espaces extérieurs.Il en élabore le design et l’esthétique.Un travail minutieux qui dépasse largement l’unique cadre de l’aménagement paysager et qu’on retrouve aussi bien dans de grands parcs, comme celui du mont Tremblant, qu’à l’intérieur des parcs municipaux, boulevards et trottoirs, ainsi que dans des lieux publics dégarnis de toute verdure.Le président de l’Association des architectes paysagistes du Québec (AAPQ), Serge Poitras, et la place que prend Montréal dans ce secteur d’activité.mm V > ., Z&1-' SOURCE FESTIVAL.DES JARDINS DE MÉTIS Le Festival international des Jardins de Métis: un exemple de ces événements qui exposent le savoir-faire québécois et qui se font les hôtes d’experts étrangers.; ULYSSE BERGERON TV T ontréal, ville d’architecture IV1 du paysage?Le président de l'AAPQ, Serge Poitras, préfère parler d’une métropole de potentialités: «Beaucoup reste à faire, mais t’est une ville assez ouverte.Mont-féal a une préoccupation certaine de par sa complexité physiogra-phique.On doit entre autres compter avec le mont Royal et le fleuve.Je dirais que ce n’est peut-être pas tout à fait mature, mais il y a vraiment M» intérêt Ça, c’est clair.» ; D’ailleurs, le nombre de professions qui s’intéressent à ce secteur d’activité ne cesse de croître.L’interdisciplinarité qui s’y développe serait une preuve de la place que se taille actueDement le design du paysage à l'intérieur de la ville.Comme le rappelle M.Poitras, «on ne peut plus travailler isolément.Il y a depuis quelques années — même si' on en parle depuis près de 30 ans — une tendance à l’interdisciplinarité et au regroupement des forces du design».;Les projets demandent désormais davantage de collaboration entre divers champs de spécialisation.Il avoue, par ailleurs, que l’interdisciplinarité est plus une aspiration qu’un état de fait «Cor ce n 'est pas si simple que ça.Je vous dirais que tout le monde a tendance, malgré tout, à vouloir jouer dans sa cour.On se rend rapidement comp- te qu'on ne se connaît pas beaucoup», explique-t-il.Néanmoins, il ajoute que cette situation devrait changer d’ici quelques années car la nécessité s’en fait sentir.Il soutient également que la culture du design du paysage au Québec est en train de se construire d’excellentes bases avec la création d’événements qui exposent le savoir-faire québécois et qui se font les hôtes d’architectes étrangers.Serge Poitras pense particulièrement au Festival international des Jardins de Métis.«C’est exploratoire et éphémère.en tant que geste d’aménagement.mais ça explore de nouveaux champs et ça regroupe des gens et des spécialistes de partout dans le monde qui viennent pour y participer.» Cet événement, dont la première édition a eu lieu en 2000, se veut un forum et une vitrine de l’innovation et de l’avant-garde dans l’art du jardin.Par ailleurs, le président de l'AAPQ note l’importance, dans une certaine mesure, du multiculturalisme montréalais et québécois en tant que moteur créatif.«Ici, les influences sont multiples.Elles peuvent aussi bien venir d'Europe — de la France par exemple — que de grandes métropoles d’Amérique du Nord.Il y a, à Montréal en particulier, un mélange intéressant qui se côtoie», note-t-il La tendance est au vert Les préoccupations environnementales trouveraient désormais écho dans le secteur du design du paysage.«C’est toujours difficile d’envisager les prochaines tendances.Malgré tout, on peut avancer que les principales tendances qui se dessinent pour les prochaines années sont reliées à l’environnement, au recyclage et au domaine communautaire», avance le président.Les yeux, note-t-il, sont tournés vers «l’aspiration verte».Les considérations environnementales se marient déjà de diverses façons aux plans qu’élaborent les architectes.Le président cite en exemple la création de «toits verts» qui ont pour but de récupérer l’eau qui y tombe et ont, depuis peu, un impact sur la façon de construire et d’aménager les espaces.«J'exagère peut-être, mais cela pourrait pousser davantage la construction d’espaces verts en hauteur.» Un autre exemple: l’utilisation de dispositifs lumineux mieux disposés et orientés vers le sol qui auraient pour objectif d’économiser l’énergie.Par recyclage, l’architecte n’entend pas seulement celui des matériaux, mais également «un recyclage des espaces».Il s’agit donc de rentabiliser au maximum les endroits libres et inutilisés en leur donnant une fonction quelconque.«Les architectes doivent maintenant se préoccuper de ces choses-là parce que, sinon, leurs projets pourraient être refusés», indique-t-il.Malgré tout, certains puristes devraient continuer à faire fi des courants et des modes et «traiter le design comme un geste hors de son site, hors contexte».C’est alors qu’une question cruciale refait surface: le design doit-il s’adapter aux besoins de la population ou joue-t-il un rôle d’avant-garde?Le président de l’AAPQ soutient qu’il «doit provoquer le changement.Je crois beaucoup à cela.Mais en même temps, il doit être ancré dans une certaine réalité.Le design doit être intégré, sinon il ne sera pas durable».Une maturité à venir On le remarque, l’architecture du paysage s’est développée à Montréal au cours des récentes décennies.Comme le mentionne Serge Poitras, ce type d’architecture existe dans la métropole depuis plus de 40 ans.Il s’agit d’ailleurs, cette année, du 40* anniversaire de l’AAPQ.Fondée en 1965, cette constituante provinciale de l’Association des architectes paysagistes du Canada (AAPC) et de la Fédération internationale des architectes paysagistes regroupe aujourd’hui près de 350 membres de la profession.L’unique institution d,’enseigne-ment de la province, l’Ecole d’architecture du paysage de l’université de Montréal, a également permis l’élaboration et le maintien de la qualité de ce secteur d’activité en assurant la formation de spécialistes.«L’École a certainement un rôle important dans l’architecture du paysage tel qu’on le connaît aujourd’hui», concède M.Poitras.Néanmoins, de nombreux projets en architecture du paysage ont été réalisés bien avant les années 1960.C’est le cas de l’aménagement du mont Royal par Frederick Law Olmsted.Celui qu’on considère comme le pionnier nord-américain de l’architecture du paysage a signé seul, dans les années 1870, cette réalisation hors du commun.Notons qu’il avait, quelques années plus tôt, acquis une expérience considérable en assurant rien de moins que l’aménagement de Central Park à New York.) Designer industriel Au-delà de l’esthétisme «Aboutir au meilleur rapport qualité-prix» «La plupart des gens pensent que le travail d’un designer industriel porte essentiellement sur l’aspect esthétique des objets, mais c’est beaucoup plus que cela.Nous tenons compte avant tout de l’utilisation d’un produit, c’est-à-dire de la façon dont il sera utilisé, de sa durabilité, de sa facilité d’entretien et plus encore.» CLAUDE LAFLEUR Mario Primeau représente une profession méconnue.Président de l’Association des designers du Québec, il dirige une compagnie spécialisée dans l’utilisation des matières plastiques.Une compagnie comme la sienne analyse les besoins spécifiques de chaque client pour ensuite proposer des solutions innovatrices et originales.«Nos clients sont par exemple un distributeur qui décide de fabriquer un nouveau produit.Ce peut aussi être un manufacturier qui désire améliorer un produit existant.On nous confie donc le mandat de développer ce produit.» M.Primeau explique qu’en sa qualité de designer industriel, il doit tenir compte de toutes les contraintes techniques touchant la fabrication d’un objet, notamment les procédés de fabrication, le prix, le marché visé et le besoin du consommateur.«En tant que professionnel, précise-t-il, on met le besoin du consommateur au premier plan.» L’art du compromis industriel Par définition, le design est la discipline qui vise la création d’objets, d’environnements, d’œuvres graphiques, etc., à la fois fonctionnels, esthétiques et conformes aux impératifs d’une production industrielle.D’origine anglaise, le mot «design» reflète à la fois les concepts du «dessein» de l’objet (sa fonctionnalité) et celui du dessin, donc le processus de conception.Il s’agit de la conjonction d’une idée esthétique du créateur, d’une réalité industrielle, d’un réseau de distribution et des goûts d’une clientèle.«Le design industriel, c’est un compromis industriel!», lance Mario Primeau.Il faut toujours faire des compromis.Vous savez, on pourrait facilement concevoir une poubelle idéale qui coûterait 150 $! Mais dans la pratique, il faut tenir compte du budget, des coûts de fabrication, du type de matériaux disponibles, etc.On cherche alors à obtenir le plus bas coût de fabrication possible et le plus d'efficacité possible.Il faut aussi considérer la façon dont l’objet sera emballé et présenté au consommateur.Notre défi consiste à aboutir au meilleur rapport qualité-prix.» Pour illustrer les différences entre sa profession et celle de l’ingénieur qui conçoit lui aussi des produits, M.Primeau explique qu’un designer industriel prend davantage en compte l’utilisateur.«On trouve par exemple sur le marché de la machinerie industrielle [conçue par des ingénieurs] sur laquelle les commandes ne sont pas bien placées ou qui ne possède pas un tableau de bord adéquat.Pour sa part, un designer industriel se préoccupera de l’ergonomie.Remarquez que, bien souvent, on travaille en équipe avec les ingénieurs.» «Tout ce que vous voyez autour de vous — des petits peignes jusqu’aux automobiles en passant par les électroménagers comme la machine à café —, tout cela, c’est le travail d’un designer industriel!», dit-il fièrement Une automobile offre incidemment un bel exemple de la complémentarité entre le travail des ingénieurs et celui des designers industriels.Ainsi, les premiers s’occupent davantage de concevoir les pièces plus techniques du véhicule (moteur, suspension et autres systèmes) alors que les seconds voient plutôt à la conception des sièges, du tableau de bord, etc.De l’invention à la mise en marché M.Primeau relate qu'il arrive parfois qu’un client demande à un designer d’imaginer et de concevoir un tout nouveau produit.C’est ainsi que, il y a quelques années, les Promotions Atlantique lui ont demandé de créer un nouvel outil de dépannage, une sorte de pelle pour automobiliste mal pris.VOIR PAGE G 5: INVENTION LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 FÉVRIER 2005 G 5 DESIGN GRAPHISME Le temps des rapprochements «Le design n’est pas un luxe mais une nécessité» L’installation prochaine à Montréal du secrétariat de l’International Design Association (IDA) arrive à point nommé pour les designers graphiques québécois.Elle vient couronner les démarches déjà entreprises pour que la communauté rayonne davantage, se donne un statut et des barèmes de qualité.SOURCE INSTITUT DE DESIGN DE MONTREAL La création de l’identité visuelle d’un commerce fait partie des nombreuses tâches des designers graphiques.Sur la photo, une Ear tie du programme d’identité visuelle de l’hôtel Germain, par ouis Gagnon et Francis Turgeon.DENIS LORD C* est en 1972 qu’est née la Société des graphistes du Québec, rebaptisée depuis Société des designers graphiques du Québec (SDGQ).Sa mission est de promouvoir le design graphique et de contribuer à son avancement, tout en favorisant le développement économique et professionnel de ses membres.Pierre Léonard, président de la SDGQ, esquisse le portrait de la profession.«Il y a, explique-t-il, 15 000 designers graphiques au Québec.Cest un ratio plus élevé que dans plusieurs pays.Nous ne sommes plus confinés à l’imprimerie comme autrefois et d’ailleurs, ce n’est pas parce que tu fiais de la mise en page que tu es un designer graphique.Aujourd’hui, une grande proportion des designers travaillent sur le Web, les jeux vidéo et l’animation à la télé.Ils doivent comprendre et résoudre des problématiques de communication.» Le Québec ne possède pas les traditions d’excellence des Britanniques, des Hollandais, des Suisses ou encore des Américains, Mais selon M.Léonard, il y a chez nous de très bons designers.Au fameux concours Giuphex en Colombie-Bri- tannique, il y a deux ans, les designers montréalais ont raflé les prix les phis prestigieux.«On s’assume, on a confiance [J.Ilya une certaine signature qui se dégage du travail de nos designers, une identité qui demeure toutefois dtfficile à définir.» Méconnaissance Mais tout n’est pas rose.Le manque de balises de la profession et l'incompréhension de son objet par la clientèle occasionnent des difficultés aux designers québécois.Au Québec, tout un chacun peut s’autoproclamer designer graphique puisqu’il n’y a ni ordre professionnel ni examen à la sortie des écoles, lesquelles offrent des formations de qualité variable.Le grand nombre de designers fait baisser les tarife.Les designers graphiques gagnent en général moins de 35 000 $ par année, ce qui est peu pour des professionnels.La méconnaissance de l’importance du design contribue aussi à cette situation financière peu reluisante.«On parle beaucoup des grands succès, affirme M.Léonard, mais il n’y en a pas assez.Les clients n’utilisent pas pleinement les ressources du design.Il fout foire comprendre que ce n'est pas un luxe, mais une nécessité.À Londres, le Design Council publiait en février dernier une étude sur l’impact du design sur le rendement des entreprises cotées en Bourse de 1994 à 2003.Celles qui se signalaient en design surpassaient leurs concurrentes en termes de résultats boursiers, et ce, de façon trà significative, (jusqu’à +200 %).Cela n'est pas intégré à notre discours au Québec.Il y a un travail de représentation à foire auprès des petites et grandes entreprises; il fout leur démontrer que le design est un outil clé de la performance et qu’elles doivent en tenir compte dans leurs stratégies d'affaires.Pour ça, la communauté dis designers doit se prendre en main et foire du lobbying.» Le président de la SDGQ souhaite aussi que soient établis un standard de qualité et un statut pour le designer graphique, comme en Ontario.11 faut s’assurer que les gens portant le titre de designers puissent garantir un minimum de qualité.Vers l’interdisciplinarité Selon M.Léonard.l’International Design Association a choisi Montréal de préférence à d’autres villes d’Asie et d’Europe parce qu’elle constitue un terreau fertile pour la créativité, une plaque tournante aux confins des courants américains et européens.«La présence de VIDA va faciliter les échanges internationaux, ouvrir le marché québécois aux autres pays et vice-versa.L'IDA et la SDGQ ont déjà amorcé des projets communs, qui restent à développer» La venue de l’IDA a servi d’élément déclencheur à la création d’un conseil interprofessionnel regroupant designers graphiques, industriels et d’intérieur, architectes, architectes paysagistes et urbanistes.«Ça a provoqué plusieurs rencontres entre les présidents des associations respectives.Nous avons convenu que nous avions beaucoup à partager.Nous vivons des situations différentes, mais qui ont des dynamiques similaires; il fout mettre en commun les ressources et les expériences.La tendance internationale est à l’interdisciplinarité.Les Britanniques, par exemple, ont vraiment opéré la convergence entre les disciplines.Le Québec doit s’engager dans cette voie et c’est le but du conseil interprofessionnel.» Un avenir prometteur Le conseil interprofessionnel en est encore à la phase embryonnaire, à l’élaboration de sa structure.Jusqu’ici, ses membres ont procédé à des échanges d’informations et de dossiers, développé des idées de services aux membres — des assurances par exemple, puisque nombre de designers sont travailleurs autonomes et vivent de manière précaire.Autre mesure envisagée: en concertation avec les diverses écoles et le ministère de l’Éducation, un examen dans chacune des disciplines du design.D’ici mai, le mois du design, un plan stratégique et des actions devraient être annoncés.Il est question de la création d’une Maison du design.Déjà en 2004, appliquant sa politique d’ouverture, la SDGQ avait conclu une alliance stratégique avec son homologue canadien, la GDC, portant sur ïéchange d’informations et la promotion des intérêts de la profession.Depuis plusieurs années, la SGDQ a aussi tissé des liens avec l’Institut de design Montréal, étant notamment responsable du jury lors des concours Grafika et des prix de 11DM dans la catégorie du design graphique.Fin février, la SDGQ mettra en ligue un forum, «un espace de partage et de débats».Tous ces gens travaillant chacun de leur côté, fl est urgent de créer une communauté.«Les temps, épilogue M.Léonard, sont propices au développement, à l’ouverture et à la concertation.Le momentum est là, il fout capitaliser dessus.La pire chose à foire est de chipoter sur ce qui nous divise Nous avons encore beaucoup de croûtes à manger, mais nous sommes sur la bonne voie.» INVENTION Les inventeurs ont intérêt à consulter un designer industriel SUITE DE LA PAGE G 4 «On a donc fait un brainstorming et des recherches, raconte-t-il, et on a fini par conclure que, lorsqu’on a besoin d’utiliser une pelle entreposée dans la valise de sa voiture, c’est que, la plupart du temps, on se trouve en situation d’urgence.On est alors souvent aux prises avec de la neige, de la glace, on est en panne sur le bord de la route.» Ses collègues et lui ont par conséquent conçu une pelle nouveau genre qui combine tout ce dont on peut avoir besoin en cas d’urgence sur le bord d’une route.Cet outil — la pelle multifonctions Oskar — peut en effet servir de chenille de traction et de pic à glace.Elle peut aussi se plier en deux et devenir un trépied avec réflecteurs fluorescents pour signaler une panne.Finalement, la pelle Oskar a été conçue de façon plus ergonomique afin de faciliter le soulèvement de la neige.Par ailleurs, il arrive assez fréquemment qu’une entreprise de design industriel soit approchée par des inventeurs qui considèrent avoir conçu un produit prometteur.Dans ce cas, le designer est en mesure de faire gagner beaucoup de temps à l’inventeur en lui indiquant si, d’après son expérience, le besoin existe pour son invention, et si un distributeur pourrait être intéressé à le mettre en marché.«On voit souvent des inventeurs nous arriver en disant qu’ils ont l’idée du siècle, raconte M.Pri-meau.Mais bien souvent il n’existerait qu’un tout petit créneau, ce qui n’est pas viable pour un marché comme celui du Québec.En fait, pour qu’un produit soit rentable ici, il fout qu’il intéresse beaucoup de consommateurs.» Or, grâce à son expertise en design industriel, M.Pruneau connaît très bien le domaine de la distribution et de la mise en marché.«Nous savons aussi ce que veulent et ne veulent pas les acheteurs», dit-il.Il estime même que nombreux sont les produits qui mériteraient d’être vendus mais ne le sont pas parce que «l’acheteur n’aime pas la couleur, ou [que] ce ne serait pas payant pour lui de le mettre sur ses tablettes.» Les inventeurs ont donc intérêt à consulter un designer industriel avant de tenter de vendre leur produit à un manufacturier.Dans un premier temps, ce spécialiste estimera le coût du développement et de la mise en marché de la nouvelle invention.«Il m’est arrivé de devoir dire à un inventeur que son produit coûterait 500 000 $ à mettre en marché et qu’il y aurait peu de chances que l’opération soit rentable.Je leur ai peut-être fait économiser leur maison!» Et si le produit semble prometteur, le designer industriel pourra alors aider à le présenter de manière à ce qu’il soit le plus attrayant possible aux yeux d’un distributeur et d’un éventuel fabricant.Quartier international Prix Canada 2003 -¦ Design industriel - Produits spécialisés Prix Canada 2004 - Urbanisme Prix de la Métropole 2004 - Architecture de paysage Prix Entreprise 2004 Institut de Design Montréal Institut de Design Montréal Institut de Design Montréal Institut de Design Montréal * ‘fer % Réalisé grâce à l'enthousiasme de ses partenaires Impliquant des concepteurs de talent Faisant une place de choix au design d'ici » Le Quartier international de Montréal et ses partenaires sont fiers d'offrir aux Montréalais et Montréalaises un nouveau quartier tourné vers le monde.Partenaires fondateurs Planarfôf Québec SS Montréal® Grands partenaires Q^Ouébec ^GazMétrO NATIONALE Partenaires associés ü] CIQ> QUEBECOR INC.duhmxr «Md 0CDP CataacdadépAt et placement duQudbK ARQÎM ASSOCIATION DES RIVERAINE BgH • HÉRITAGE Y-P « O N T * f A l $ INTÏRCONTININTAL MONTE! Al @ SITQ Partenaires Astral Média - Centre Canadien d’Architecture - Fasken Martineau - Galerie Simon Blais - Institutions scientifiques de Montréal Musée d'art contemporain de Montréal - Pattison - Pointe-à-Callière, musée d’archéologie et d’histoire de Montréal Régie autonome des transports parisiens - Viacom Conception DAOUST LESTAGE inc.architecture • design urbain Réalisation Le consortium DAOUST LESTAGE inc.- PROVENCHER & ROY et ass.GENIVAR MICHEL DALLAJRE DESIGN INDUSTRIEL INC.* \ « I ID ¦¦H Institut de Design Montréal Fondée en 1989, l’Institut de Design Montréal (IDM) a pour mission de promouvoir le design en tant que valeur économique et faire de Montréal un centre de design de calibre international.L’IDM vise deux grands objectifs : faire du design une image de marque des produits québécois et un levier majeur pour améliorer la compétitivité des entreprises québécoises sur leurs marchés ; renforcer le rôle de Montréal comme pôle de développement du design au Québec et comme centre international d’excellence en design.¦ wwtsi .¦ 1 .mi Les programmes et activités de l’IDM Promotion et rayonnement Les Prix de l’Institut de Design Montréal Le Mois du design Les 5@7 du design Le Portail du design / www.infodesigncanada.com Visite Design Montréal / www.visitedesignmontreal.com Valorisation du design Conférences et expositions spécialisées Laboratoires d'expérimentation en design Groupes de réflexion Études d’opportunités Projets de recherche multidisciplinaires Services conseils en design Consultation design 1 Diagnostic design Liaison entreprises et Liaison relève Jumelages universités-étudiants-entreprises Institut de Design Montréal.rue Saint-Paul Est.Marché Bonsecûurs (niveau 3) Montreal (Quebec) Canada H^Y tH> Téléphone : (sté) 866-2436 • Télécopieur : (314) 866-0881 • Courriel : idrrKp’idm.qc.ca • Site Web .http: www.idrn.qc.ca I» ¦ Ov»velopr*>mrnt Canada Economie w ¦ »ocm«qu« Caoml.) 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