Le devoir, 3 février 2005, Cahier A
COMMANDITES Gagliano avoue avoir « accordé » des contrats Page A 3 ?w w w .I e (1 e voir IDÉES Wajdi Mouawad écrit à Line Beauchamp: «Etes-vous là?» Page A 7 LE DEVOIR Le choix des experts : Outremont «Le site optimal est celui qui regroupe le CHUM avec la faculté de médecine» KATHLEEN LÉVESQUE Le rapport Couture-Saint-Pierre devant guider le gouvernement du Québec dans le choix du site du futur CHUM en recommande l’implantation à Outremont Le projet de l’Université de Montréal est le seul à garantir la création d’une véritable technopole de la santé et du savoir qui permettra de cristalliser la réputation de Montréal dans ce secteur et qui favorisera le rapprochement avec des initiatives du secteur privé, conclut le rapport.Transmis hier au premier ministre Jean Charest ainsi qu’au ministre de la Santé, Philippe Couillard, le document d’une centaine de pages dont Le Devoir a pris connaissance tranche en faveur d’un projet jugé sécuritaire dont les risques de construction sont négli- geables et à coûts comparables avec ceux de l'autre projet, au 1000, rue Saint-Denis.«Le site optimal est celui qui regroupe le nouveau CHUM avec la faculté de médecine et d’autres composantes universitaires sur un même site, dans le but de créer une technopole de la santé et du savoir.Le site optimal de ce projet est le site.d’Ou-tremont, par sa superficie suffisante et par sa synergie avec les activités universitaires», peut-on lire.les deux experts, Armand Couture et Guy Saint-Pierre, en arrivent à cette conclusion en se basant sur les études antérieures et les nombreuses entrevues qu'ils ont réalisées en cours d’analyse.L’engagement du Canadien Pacifique (CP) de détourner le transport des «matières les plus dangereuses» apparaît VOIR PAGE A 8: CHUM Bush voit une nouvelle phase en Irak Optimisme à propos du Proche-Orient Washington — L’objectif de voir Israéliens et Palestiniens vivre en paix dans leurs Etats respectifs «est à portée de main» et les élections en Irak ont ouvert «une nouvelle phase», devait affirmer hier soir le président américain George W.Bush lors de son discours sur l’état de l’Union.Fort du succès des élections irakiennes, afghanes et palestiniennes, le président George W.Bush a voulu se targuer des progrès démocratiques dans ces trois pays pour redire au peqple américain que l’histoire est en marche et que les Etats-Unis n’y sont pas pour rien.Selon les extraits de son allocution publiés à l’avance par la Maison-Blanche, il devait d’autre part convaincre les Américains de soutenir un programme de réformes intérieures loin de faire l’unanimité.«Le but de deux États démocratiques, Israël et la Palestine, vivant côte à côte en paix est à portée de main et l’Amérique les aidera à atteindre cet objectif», devait déclarer M.Bush.«La nouvelle situation politique en Irak ouvre une nouvelle phase de notre tâche dans ce pays», de-George W.Bush vait-il aussi affirmer dans cette intervention prononcée devant le Congrès.«Nous réussirons car les Irakiens chérissent leur propre liberté, comme ils l’ont montré au monde dimanche dernier.» Pour promouvoir la paix et la stabilité au Moyen-Orient, les Etats-Unis entendent travailler avec leurs amis dans la région «pour combattre la menace commune posée par le terrorisme tout en encourageant un accroissement du niveau de vie».A propos de l’Irak, M.Bush devait souligner que sa priorité est de concentrer «de plus en plus nos effets à aider des forces de sécurité irakiennes à devenir plus capables, avec de meilleurs officiers et une structure de commandement plus efficace».Il ne devait toutefois pas présenter de calendrier pour un début de retrait des quelque 150 000 soldats VOIR PAGE A 8: BUSH Vigile pour le pape A ALESSIA PIERDOMENICO REUTERS EN PLEINE FETE annuelle des chandelles, une religieuse s'est recueillie hier lors d’une célébration à la basilique Saint-Pierre, au Vatican, marquée par l’inquiétude générale suscitée par les défaillances de santé du pape, hospitalisé depuis mardi soir.Son état s’est toutefois stabilisé hier après qu’il eut été traité toute la nuit pour de graves problèmes respiratoires.Selon le Vatican, le souverain pontife devra rester à l’hôpital jusqu’à nouvel ordre.Nos informations en page A 2.Congés parentaux : Técart rétrécit Ottawa accepte de faire des concessions mais Québec en exige davantage TOMMY CHOUINARD Québec — L’écart se rétrécit entre Ottawa et Québec dans le dossier litigieux des congés parentaux.Ottawa a accepté de faire des concessions hier, mais le gouvernement Charest en exige davantage.La ministre fédérale des Ressources humaines, Lucienne Robillard, a en effet présenté une nouvelle offre en après-midi.Cette proposition ne correspond cependant pas aux 750 millions de dollars réclamés par le gouvernement Charest pour financer la première année du régime québécois d’assurance parentale.«Le gouvernement fédéral a fait un premier pas, mais qui est bien loin du compte», a affirmé le ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, lors d'un point de presse, en fin d’après-midi hier.Le gouvernement Charest a dé- Claude Béchard cidé de répliquer avec une contre-proposition qui, au moment de mettre sous presse, était toujours étudiée à Ottawa.Québec ne réduit en rien sa demande de 750 millions de dollars.Il propose seulement différents scénarios sur la façon dont Ottawa pourrait transférer cette somme.«Im formule avec laquelle le gouvernement peut envoyer [les 750 millions de dollars), ça m’importe peu.Car à partir du moment où on a un montant comme ça, on peut VOIR PAGE A 8: CONGÉS Le d.g.de Montréal 2005 retrouvé mort Yvon DesRochers était au centre de la crise qui secoue l'organisation GUILLAUME B O U R G AU LT-C ÔTÉ ANTOINE ROBITAILLE De fiasco, les Championnats du monde de sports aquatiques ont tourné au tragique hier matin alors que le directeur général du comité organisateur, Yvon DesRochers, a été retrouvé mort dans sa voiture.n se serait enlevé la vie au moyen d’une arme à feu, à l’angle des rues Notre-Dame et Panet La nouvelle a créé une véritable onde de choc dans les milieux impliqués dans l’organisation de l’événement Yvon DesRochers était au centre de la tempête qui secoue le comité Montréal 2005 depuis le 19 janvier, date à laquelle la Fédération internationale de natation (FINA) a décidé de retirer l’organisation de l’événement à Montréal.La FINA avait pris cette décision devant l’incapacité du comité organisateur de recueillir dans le secteur privé les 12 millions de dollars en commandites prévus au budget initial approuvé par la FINA lors de l’octroi des Championnats, en 2001.VOIR PAGE A 8: DESROCHERS INDEX Annonces.Avis publics.Culture.Décès.Économie.Éditorial.B5 B 4 B 7 B 5 B 1 A6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.A5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 M Un cas flagrant de profilage racial La cour reproche à deux policiers de Montréal d’avoir arrêté Alexer Campbell au seul motif de la couleur de sa peau BRIAN MYLES Un jeune Noir acquitté de possession de drogue en vue d’en faire le trafic, Alexer Campbell, vient de relancer le débat sur le profilage racial au Québec, et, pour la première fois, la charge vient des tribunaux.La juge Juanita Westmoreland-Traoré a rendu lundi une décision inédite dans laquelle elle reproche à deux policiers de Montréal d’avoir procédé à l’arrestation d’Alexer Campbell au seul motif de la couleur de sa peau, un cas flagrant de profilage racial inacceptable dans une société recherchant l’égalité de tous les citoyens.«Le profilage racial renforce le cynisme de certains membres des minorités raciales, parce qu’il confirme leurs appréhensions au sujet de l’égalité et leur sentiment que les forces policières entretiennent des préjugés à leur égard», affirme-t-elle.La décision a suscité une petite commotion.Le Service de police de Montréal (SFVM), qui se défend bec et ongles contre des allégations de profilage racial depuis quelques années, n’a formulé aucun commentaire.La police n’a même pas daigné préciser hier les grandes lignes de sa politique contre le profilage racial adoptée le printemps dernier, même si cette initia- tive est tout à son honneur puisque aucun corps de police n’est allé aussi loin à ce jour au Québec.Le procureur de la Couronne, Marie-Josée Thériault, étudie pour sa part la possibilité d’en appeler du jugement Une banale balade Ce volet inédit du droit commence par une banale balade en taxi d’Alexer CampbeU, en avril 2004, dans le quartier Côte-des-Neiges.Apercevant une voiture de patrouille du coin de l’oeil, le jeune homme a commis VOIR PAGE A 8: SPVM SHAUN BEST REUTERS Le Service de police de Montréal, qui se défend bec et ongles contre des allégations de profilage racial depuis quelques années, n’a formulé aucun commentaire. LE DEVOIR, LE JEUDI 3 FÉVRIER 2005 ;\ 2 ?LES ACTUALITES?Le pape restera hospitalisé encore quelques jours RAFAL KLIMKIEWICZ REUTERS Une femme prie dans une église de la ville d’origine du pape Jean-Paul II, Wadowice, dans le sud de la Pologne.VICTOR SIMPSON Cité du Vatican — L’état de santé de Jean-Paul II s’est stabilisé hier à la suite de son hospitalisation pour des difficultés respiratoires mardi soir, apparemment dues à une grippe mais spns doute aggravées par la maladie de Paridnson.Il restera donc à l’hôpital Ge-melli de Rome dans les prochains jours, a annoncé le Vatican.Depuis mardi soir, de la Pologne au Mexique en passant par les Philippines, le monde catholique prie pour son pape, âgé de 84 ans.Le grand rabbin de Rome, Ric-cardo Di Segni, a aussi annoncé qu’il priait pour le rétablisse,ment rapide du chef de l'Église.A Washington, le chargé de presse de la Maison-Blanche, Scott McClellan, a déclaré que «les pensées et les prières (des Américains] étaient avec le Saint-Père».Le souverain pontife «se rétablit bien», a déclaré le carcjinal Angelo Sodano, secrétaire d’État du Vatican, à la télévision privée italienne Canale 5 hier soir.Le numéro deux du Vatican a ajouté qu’il s’attendait à une amélioration de l’état de santé du pape dans quelques jours.«Ce problème respiratoire aurait même pu être traité ici au Vatican», a-t-il ajouté.«Mais le Saint-Père, comme chacun, s’en remet aux médecins» et, compte tenu du fait que «Rome compte de bons hôpitaux et connaissant la polyclinique Gemelli, il était préférable» qu’il soit hospitalisé.Les dernières analyses rendues publiques par le porte-parole Joaquin Navarro-Valls montrent que le rythme cardiaque du pape est régulier et que le souverain pontife respire à nouveau normalement «R n’y a pas de raison de s’alarmer», selon M*'" Navarro-Valls, njême si le pape a un peu de fièvre.A ce stade, une trachéotomie n’est pas nécessaire.Même écho du côté du chef de la diplomatie italienne, Gianfranco Fini: «Selon le bulletin médical [dif-tusé hier matin], nous sommes raisonnablement confiants par rapport à sa santé.» Pour le cardinal Javier Lozano Barragan, responsable de la santé au Vatican, l’hospitalisation permettra de faire face à toute complication, le risque étant que la grippe ne dégénère en pneumonie, souvent fatale pour un homme de cet âge.On ignore s’il a été vacciné contre la grippe.Mais c’est probable, selon une source au Vatican, tous les employés du Saint-Siège ayant été vaccinés.M81 Navarro-Valls, lui-même médecin, a expliqué que Jean-Paul II avait été conduit en ambulance à l’hôpital après que les docteurs eurent estimé «qu 'il serait mieux soigné là-bas qu’ici» (au Vatican).D a affirmé que le pape n’avait jamais perdu conscience et que son état avait été stabilisé grâce à l’assistance respiratoire mise en place pendant la nuit Le porte-parole a précisé qu’au moment où il quittait l’hôpital, le secrétaire particulier du souverain pontife célébrait la messe dans sa chambre, le pape la concélébrant depuis son lit avec l’assistance d’autres prêtres, signe d’une nette amélioration.Selon lui, la grippe dont le Saint-Père souffrait depuis trois jours s’est compliquée mardi soir d’une laryn-go-trachéite aiguë et d’une crise de spasmes au larynx.Mais il soulignait que cette hospitalisation avait été décidée «surtout par précaution».Presse canadienne Santé et Services sociaux Le plan (faction en santé mentale ignore la prévention LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Amorcées discrètement en janvier, les consultations sur le Plan d’action en santé mentale 20054)8 du ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) ne se font pas sans vagues.Si certains organismes préfèrent patienter jusqu’au dépôt officiel du plan avant de se prononcer, d’autres n’hésitent pas à rendre publiques leurs craintes, les uns dénonçant les incohérences, les autres les oublis ou les failles du plan du ministre Couillard dans l’espoir que leurs critiques soient retenues.Les remontrances les plus vives proviennent des observateurs du Centre d’écoute et de référence de l’UQAM, qui s’inquiètent du virage médical proposé par le plan.Dans une lettre signée par son président, Daniel Clapin-Pépin, et un bénévole, Jean-Michel Pionetti, le centre déplore le «double langage» utilisé par le ministère pour jeter de la poudre aux yeux des intervenants.«Disonsde tout de suite, ce nouveau plan, fort de sa modernité et d’un très bel énoncé de principes, fait l’impasse totale sur les volets information, promotion et prévention pour ne conserver que la voie médicalisée», écrivent-ils.Les objectifs sont pourtant bons, juge M.Pionetti.Dans son plan, le ministère insiste sur sa volonté de répondre de façon «moderne et efficace» à la demande en matière de santé mentale.Pourtant, ceux qui sont au cœur des actions préventives, les orga- nismes communautaires, sont complètement occultés du plan d’action, dénonce le duo.Dans sa section «services requis», le plan ministériel conclut en effet qu’«aucune action prioritaire n’est prévue dans le plan d’action pour la promotion, la prévention, les services généraux et la consultation en médecine générale».Selon MM.Clapin-Pépin et Pionetti, le ministère fait fausse route.«Cette mise de côté par le plan d’action des organismes communautaires apparaît moins comme un non-sens qu’un contresens alors que, l’actualité nous le rappelle encore de façon criante, la détresse psychologique n’attend pas toujours un acte médical pour faire ses ravages», concluent-ils.Bien qu’elle se dise de façon générale «très favorable» aux principes proposés, la Fédération des cégeps a elle aussi de sérieuses interrogations.Hier, elle s’est dite inquiète de voir qu’aucune place ne lui a été réservée alors que ses établissements comptent parmi les meilleurs lieux d’intervention auprès des jeunes de 15 à 24 ans, eux qui accueillent près de 150 000jeunes chaque année.«Le plan reconnaît l’importance de l’étape jeune adulte, qui nécessite des interventions spécifiques, mais nous désirons être des partenaires officiels dans ce processus au niveau tant préventif que curatif.Nous voulons nous assurer que nous ne sommes pas oubliés», a expliqué Hélène Giguère, présidente du comité santé de la commission des affaires étudiantes à la fédération.Le volet du plan portant sur le suicide devra également être revu, juge la fédération, qui demande à Québec de reconnaître les cégeps comme des partenaires dans fa lutte contre le suicide.Un financement récurrent de 250 000 $ pour l’ensemble des établissements du réseau collégial public, soit 5000 $ par collège, constituerait à cet égard un seuil minimal La semaine dernière, fa Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ) émettait elle aussi des réserves, bien qu’elle souscrive «entièrement aux objectifs visés par un tel plan».Première inquiétude: les rouages du guichet unique, qui pourraient, selon elle, devenir trop rigides et empêcher le médecin de famille d’intervenir.Plutôt qu’un passage obligé, fa fédération plaide en faveur d’un soutien dans les cas plus complexes.Autre incertitude: la sectorisation à outrance qui se dessine avec ce nouveau plan, qui obligerait ainsi un patient à se faire soigner dans un milieu donné.«Cela irait à l’encontre de la mobilité naturelle des personnes, particulièrement dans les grands centres urbains, et de leur droit à se faire soigner par le médecin de leur choix», juge son président, le Dr Renald Dutil.Le Dr Dutil croit aussi qu’on ne peut pas procéder à un transfert accru des responsabilités vers fa première ligne de soins sans l’ajout de ressources additionnelles, humaines et financières.«B manque toujours près de 800 omnipraticiens au Québec», a-t-il rappelé.Le Devoir EN B Des souris et des étudiants En guise de protestation contre les compressions de 103 millions dans le régime d’aide financière, des «étudiants endettés et résolus» ont laissé courir des souris hier dans certains bureaux de comté de députés libéraux.«Les étudiants n’accepteront plus d’être les rats de laboratoire qui permettent au gouvernement de tester ses réformes destructives pour notre avenir», affirmaient ces étudiants dans un courriel expédié aux médias.«On n’est pas des R E F rats de laboratoire!», lançaient supposément les étudiants avant de libérer 103 souris dans les bureaux de comté des ministres Michel Audet, Jean Charest, Monique Gagnon-Tremblay et Lawrence Bergman.Au bureau du premier ministre, les activités ont été arrêtées hier à cause de cette opération-surprise.L’action, qu’il a été impossible d’associer à un regroupement étudiant précis, a été présentée comme «le début d’une invasion» qui se poursuivra au cours des prochains jours.- Le Devoir AK ANNE KLEIN DERNIERE CHANCE AUTOMNE / FÊTES’ SOLDE DE FIN DE SAISON JUSQU’À 70 % DE RABAIS 'sur la marchandise sélectionnée OGILVY 1307, rue Ste-Catherine ouest, au coin de la Montagne Grandeurs 4 à 16 et petite (2 à 14), boutique du 2ème étage Taille forte (14 à 24), boutique du 4ème étage Tél : (514) 842-7711 i LE DEVOIR, LE JE T DI 3 FEVRIER 2 00 A H POLITIQUE ^-t,asX (99L) Michel David L’opposition caoutchouc Je serais curieux de savoir ce que Jacques Parizeau aurait dit de différent au sujet des subventions aux écoles privées juives s’il avait été à la place de Bernard Landry.Aurait-il accusé le gouvernement Charest d’utiliser l’argent des contribuables pour acheter des «votes ethniques»?Voilà plus de quatre ans que le PQ se déchire pour des propos sur la communauté juive qu’on a injustement reprochés à Yves Michaud.Fallait-il que M.Landry jette de l’huile sur le feu pour épater la galerie?On peut trouver que l’opposition péquiste manque parfois de mordant, mais M.Parizeau a choisi là un bien mauvais exemple.Si lui-même avait tourné sa langue sept fois avant de parler le soir du référendum de 1995, son parti, le mouvement souverainiste et le Québec dans son ensemble s’en seraient trouvés bien mieux De toute manière, que le PQ soit au pouvoir ou dans l’opposition, rien de ce qu’il fait n’est au goût de l’ancien premier ministre.Il n’a pourtant de leçon à donner à personne.Face à un gouvernement épuisé par neuf ans de pouvoir, il avait presque réussi à conduire son parti à la défaite en septembre 1994.Avec une semaine de campagne de plus, il y serait sans doute parvenu.N’en déplaise à ses admirateurs, son bref passage au bunker n’a pas été tellement brillant non plus.En moins de 15 mois, deux de ses ministres ont été forcés de démissionner pour des raisons de force majeure et un troisième s’est empressé de partir avant d’être mis à la porte pour incompétence.La performance de Pierre Reid est jugée sévèrement, mais Jean Garon avait réussi tout aussi bien sinon mieux que lui à semer un vent de révolte dans les milieux de l’éducation.Au chapitre de la gaffe, le ministre de la «Restructuration» choisi par M.Parizeau, Richard Le Hir — le troisième démissionnaire —, ne le cédait en rien à Jacques Chagnon.L’indécision du gouvernement Charest dans le choix d’un emplacement pour le CHUM est peut-être exaspérante, mais on ne peut pas dire que le regroupement des trois hôpitaux du centre-ville décrété à l’époque par celui de M.Parizeau ait été un grand succès.?S’il y a un dossier récent dans lequel on peut reprocher à l’opposition péquiste d’avoir mal fait son travail, c’est précisément celui du CHUM.L’automne dernier, il est vrai qu’un retour au site du 6000, rue Saint-Denis, paraissait une bonne solution, mais quand le PQ l’a finalement réclamé, il était devenu irréaliste de penser que le gouvernement pourrait s’y résoudre.On ne peut s’empêcher de penser que M.Landry a garé son parti sur une voie de service pour éviter d’avoir à trancher, au sein de son caucus et de son parti, entre les partisans de l’hôpital Saint-Luc et ceux de la gare de triage d’Outremont Dans la perspective du congrès de juin 2005 et du vote de confiance auquel le chef du PQ devra se soumettre, la manœuvre était peut-être habile, mais l’intérêt public n’a certainement pas trouvé son compte.L’opposition avait le devoir de dire quel emplacement constituait le moindre mal à défaut d’être le choix idéal.De toute manière, peu importe le parti dont elle est issue, l’opposition n’en fait jamais assez aux yeux de ceux que les politiques du gouvernement exaspèrent Depuis l’époque quasi mythique où six députés péquistes avaient réussi à mettre le gouvernement Bourassa sur les dents, on l’a toujours trouvée mauvaise, qu’elle soit dirigée par Claude Ryan, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau, Daniel Johnson, Jean Charest ou Bernard Landry.Pourquoi pensez-vous que Robert Bourassa s’est arrangé pour occuper le fauteuil du chef de l’opposition moins d’une semaine dans une carrière politique de plus d’un quart de siècle?M.Parizeau disait lui-même que c’était le poste le plus ingrat qui soit Encore aujourd’hui, il s’acharne à le démontrer.?Remarquez, ce n’est pas très différent ailleurs.Encore samedi dernier, l’ancien premier ministre français Laurent Fabius reprochait à l’actuel premier secrétaire du Parti socialiste, François Hoflande, d’of-frir une «opposition de caoutchouc» au gouvernement Raffarin alors que lui-même prône une «opposition frontale».On peut comprendre ce genre d’attaque entre rivaux dans fa course à la présidence de la République, mais les motivations de M.Parizeau demeurent toujours aussi difficiles à saisir.Au moins, M.Hollande a tout le loisir de répliquer à son détracteur, et il ne s’en prive pas, tandis que M.Landry ne peut se permettre, pas plus que Lucien Bouchard avant lui, d’indisposer les nombreux partisans que M.Parizeau conserve au PQ.Ces jours-ci, M.Landry peut tout de même rire dans sa barbe en observant les étonnants virages du gouvernement Charest en matière de développement économique.Quand il avait engagé le gouvernement Bouchard dans l’aventure d’Ubisoft à l’instigation d’un affairiste controversé, on s’était demandé s’il avait encore toute sa tête.Pendant des années, la Cité du multimédia a été présentée comme un des symboles de son obsession interventionniste.D’où cette pointe d’ironie en entendant le premier ministre Charest reprendre presque mot pour mot ses arguments de l’époque pour justifier le prolongement jusqu’en 2010 du crédit d’impôt accordé à cette entreprise pourtant florissante afin qu’elle double le nombre de ses employés à Montréal.Imaginez maintenant 1a réaction de M.Charest s’il avait fallu que M.Landry décide de construire une usine aux fiais d,es contribuables, comme l’envisage le ministre d’Etat au Développement économique, Michel Audet, pour aider Bombardier à construire son nouveau modèle d’avion.Question à M.Parizeau: si cela devait se confirmer, l’opposition péquiste devrait-elle opter pour 1a confrontation ou pour le caoutchouc?mdavid@ledevoir.com Commission d’enquête Gomery Gagliano avoue avoir « accordé » des contrats de commandite ALEC CASTO N G U AY Ottawa — Le procureur en chef de 1a Commission d’enquête sur le scandale des commandites, Mr Bernard Roy, a continué hier, avec patience et minutie, à fermer toutes les portes de sortie à Alfonso Gagliano.Un interrogatoire serré qui a finalement poussé l’ex-ministre des Travaux publics à se peinturer dans le coin et à avouer qu’il avait «accordé» des contrats de commandites et non pas seulement fait des «suggestions».Toute 1a matinée, l’ex-ministre, qui était à fa tête du ministère des Travaux publics entre 1997 et 2002, soit la période 1a plus active des activités de commandites, a continué de dire qu’il ne faisait que «suggérer» des événements et des montants, sans jamais décider quoi que ce soit En après-midi, le procureur est passé en vitesse supérieure et a étalé en preuve 26 activités de commandites où M.Gagliano et son personnel de bureau sont directement intervenus dans le processus de décision, alors que c’est pourtant du ressort des fonctionnaires.Une interférence politique d’une valeur de 3,6 millions de dollars.Des extraits de notes internes, rédigées par le personnel politique de M.Gagliano pour résumer chaque journée, laissent peu de doute.Exemple tiré d’une note de 1999: «Reçu demande de Denis Coderre concernant 33 Marathon de ski.Isabelle Roy [bureau de Gagliano] vérifie avec Huguette [bureau de Chuck Guité] et elle m’avise que Gosselin [communications] avait déjà fait la demande mais elle avait été refusée par le bureau de Chuck disant qu’on n’a plus de fonds.Isabelle Roy en parle avec le ministre [Gagliano].Ministre en parle avec Chuck.Ministre confirme qu’on donnera le montant voulu [10 000 $].Le ministre en avisera Coderre cet après-midi.» Les exemples comme celui-ci se comptent par dizaines et montrent que le mi- J1M YOUNG REUTERS AMbnso Gagliano a témoigné pour une deuxième journée consécutive hier.nistre avait son mot à dire.Le procureur a voulu savoir pourquoi les résumés étaient écrits avec autant de certitude quant à l’implication du ministre si ce dernier ne faisait que «suggérer», sans prendre de décision.«Je ne sais pas; ces résumés étaient écrits par mon personnel, peut-être qu’ils se sont trompés dans les termes et ont écrit “décidé” et “donné” plutôt que “suggère , a répondu Alfon- so Gagliano.La décision finale était toujours prise par Chuck Guité.Peut-être que j’avais de bons arguments et que j'ai réussi à le convaincre, mais ce n’était pas toujours le cas» M.Gagliano a alors montré quelques exemples de commandites où la décision de Chuck Guité était restée la même malgré ses vœux Continuant de citer des exemples de contrats où Alfonso Gagliano était inter- venu, notamment en faveur d’une commandite pour le tournoi de golf de 1a Banque commerciale italienne du Canada, le procureur a continué avec une note interne de Chuck Guité adressée au sous-ministre d’AMonso Gagliano, M.Quail, en 1998.Dans cette très courte note, M.Guité expose It's commandites qu’il veut accorder à cinq événements pour un total de 4,8 millions de dollars.Guité écrit: «Voici la liste de pnrjets que je dois discuUr avec le ministre [Gagliano].» «Avez-vous approuvé cette liste?» a de-mandé M Bernard Roy.Sans le vouloir, le ministre a alors avoué qu’il donnait son «accord» à de telles listes.«M.Roy, avec respect, vous employez des mots qui n'existent pas dans la note.Je n'ai jamais approuvé cette liste, j’ai donné mon ac-arrd.ce n 'est pas la même chose.» Visiblement exaspéré par les faux-fuyants de l’ex-ministre, le juge John Gomery en a profité pour interpefier le témoin.«M.Gagliano, expliquez-moi la différence entre “accord" et “approuvé", car je n'en vois pas.Si un subalterne vient vous voir avec une liste d’événements et vous demande de dire oui ou non.puis que vous donnez votre accord à cette liste, qui a pris la décision?» L’ex-ministre a tenté de se défendre, conscient qu’il y avait là plus que de simples suggestions de commandites.«Je comprends ce que vous voulez dire.C’est vrai que, si je disais oui, c’était ma décision.Mais ce n 'était pas dans le sens partisan.Je donnais mon opinion dans le sens de l'affrontement fédéralistes-souverainistes, sur ce qui était bon comme visibilité pour nous.» 11 y avait donc bel et bien un choix politique dans l’attribution des com-mandites.Mais malgré le caractère arbitraire du choix des événements, il n’y avait pas de partisanerie politique au sens de donner aux amis du régime, a-t-il soutenu.Son témoignage se poursuit aujourd’hui.Le Devoir Bouclier antimissile Le Canada n’exigera pas de garantie des Etats-Unis SYLVAIN LAROCQUE Ottawa — Le gouvernement n’entend pas demander à Washington de renoncer à toute velléité d’arsenalisation de l’espace avant d’adhérer au bouclier antimissile américain, a révélé hier le ministre de fa Défense, Bill Graham.En décembre, pourtant, le premier ministre Paul Martin avait déclaré, en entrevue au réseau de télévision CPAC, qu’il exigerait un engagement écrit de l’administration de George Bush à cet effet «H n’est pas nécessaire d’exiger des garanties écrites de la part de M.Bush», a déclaré M.Graham aux Communes, en réponse à une question du chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.«Le premier ministre a dit que nous ne participerions pas à un accord où la militarisation de l’espace [serait] de l’intention de l’une ou l’autre partie.[.] Les Américains savent que cela est notre position.» Or les autorités américaines ont toujours refusé d’exclure totalement le déploiement d’armes dans l’espace dans le cadre du bouclier.Stephen G.Rade-maker, adjoint de la secrétaire d’Etat américaine pour le contrôle des armements, a réitéré cette position il y a quelques jours.«Pour l’instant, il n ’est pas dans l’intention des États-Unis d’installer des armes dans l’espace», a affirmé M.Rademaker au Journal de Montréal.«L’architecture du système ne le prévoit pas.Mais je ne peux pas vous dire ce qu’il adviendra dans une génération ou dans un siècle.Je ne peux pas vous donner de telles garanties.» Le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a d’ailleurs reconnu hier qu’Ottawa avait reçu des assurances de Washington quant à fa non-arsena-lisation de l’espace, mais seulement pour une période de temps limitée.«Nous avons, de l’administration américaine, un engagement que son programme actuel, manifestement, ne se dirige pas vers l'arsenalisation de l’espace», a expliqué le ministre.Les opposants au boucher antimissile estiment que ce dernier relancera la course mondiale aux armements et que, de toute façon, sa viabilité n’est pas encore prouvée.Une fois que le Canada aura accepté d’y participer, ajoutent-ils, il sera impossible de s’en retirer dans l’éventualité où les Américains décidaient de placer des armes dans l’espace.Gilles Duceppe a par ailleurs accusé Paul Martin d’avoir tenté de «faire passer en douce» 1a participation du Canada au boucher en modifiant l’accord sur le Commandement de 1a défense aérospatiale de l’Amérique du Nord (NORAD), en août dernier.«La veille d’accepter de modifier NORAD, le premier ministre m’a appelé et m’a dit que cela n’avait rien à voir avec le bouclier antimissile», a relaté M.Duceppe.«H n’y a pas de doute que la décision que nous avons prise donnait à NORAD la capacité de transmettre des informations sur les missiles», a dû reconnaitre M.Martin.Les Etats-Unis poursuivent les essais techniques en vue de mettre en œuvre leur futur bouclier antimissile.Presse canadienne MONSIEUR goodale, VOUS POUVEZ CONTRIBUER À ABOLIRLA PAUVRETE.VISEZ L'OBJECTIF DE 0,7 P.100.ANNULEZ LA DETTE DES PAYS PAUVRES.I Www.abolissonslapauvrete.ca L £ DEVOIR.LE JEUDI 3 FÉVRIER 200 5 A 4 •LES ACTUALITES- t Reid pourrait couper court au financement des écoles grecques Refonte du Conseil du statut de la femme Option citoyenne est favorable à un conseil de l’égalité MARTIN Oil ELLET Québec — Quelques semaines après avoir renoncé, à regret, a nnancer entièrement les écoles privées juives, le gouvernement Charest songe maintenant à mettre un terme à son financement à 100 % des écoles grecques.«Je pense que l’évolution récente nous amène à réfléchir à cette situation.Je n'ai pas encore de conclusion [mais] il faut réfléchir à ce qui va advenir de cette entente-là», a dit hier le ministre de l’Education, Pierre Reid, lors d’un point de presse au terme de la réunion hebdomadaire du conseil des ministres à Québec.Bénéficiapt d’un financement intégral de l’État depuis plus de 20 ans, les écoles grecques Démos-thène et Socrates sont associées aux commissions scolaires francophones de Laval et de Montréal.En principe, ces «contrats d'association» doivent favoriser l’intégration et la francisation des jeunes de la communauté grecque à la majorité francophone.Or le temps est venu d’évaluer les résultats concrets de l’expé-riçnce, a souligné le ministre de l’Éducation, préoccupé par des rapports l’informant que les jeunes grecs, loin d’être davantage intégrés à la communauté francophone, continuent d’opter massivement pour l’anglais et la culture anglophone.«Franchement, à cette étape-ci, nous devons évaluer la situation et examiner les récentes statistiques», a dit M.Reid.Le ministre semblait beaucoup plus convaincu des vertus de ces ententes d’association, le mois dernier, lorsqu’il avait annoncé son intention de financer à 100 % sept écoles privées juives de Montréal.ARCHIVES LE DEVOIR Pierre Reid Devant le tollé soulevé par cette mesure, perçue comme étant un traitement de faveur injustifié à l’endroit d’une communauté, le gouvernement Charest avait dû reculer et renoncer à son intention.Par ailleurs, à l’instar du ministre Reid, les commissions scolaires de Laval et de Montréal ont aussi décidé de réévaluer la pertinence du contrat d’association les liant aux écoles Démosthène et Socrates.Depuis des années, il n’y a pas d’activités organisées entre les écoles Socrates et celles de la Commission scolaire de Montréal, selon la présidente Diane De Courcy.Qui plus est, aucun indicateur ne montre que les ententes d’association ont été utiles pour le rapprochement des communautés, estime-t-elle.De son côté, la Commission scolaire de laval a demandé aux deux écoles grecques de lui fournir des données sur le nombre de finissants du primaire qui fréquentent, une fois au secondaire, les établissements publics francophones.Presse canadienne Appelez pour être sûr : II:HI»E[3cgiEEEl REER Obligations boursières Rendement selon l'Indice Québec-30UC*.Capital garanti.BONI DE 5 ans 10 ans 1 du capital investi, applicable sur les nouveaux fonds REER.www.epq.gouv.qc.ca * Pour connaître les entreposes composant l’Indice Québec-aCT , visitez le www.iq30-iq160.org Épargne Placements Québec El il il il CLAIRANDRÉE CAUCHY Le projet de transformation du Conseil du statut de la femme en un conseil de l’égalité entre les hommes et les femmes recevra aujourd’hui l’appui de la porte-parole d’Option citoyenne et ancienne présidente de la Fédération des femmes du Québec, Françoise David.Dans le mémoire qui sera déposé aujourd’hui à la Commission parlementaire sur l'égalité entre les femmes et les hommes, mémoire dont Le Devoir a obtenu copie.Option citoyenne (OC) recommande de maintenir deux organismes distincts, un secrétariat et un conseil, dédiés à «l’égalité entre les femmes et les hommes», en remplacement du Conseil du statut de la femme et du Secrétariat à la condition féminine.La plupart des groupes féministes entendus jusqu’à présent par les parlementaires recommandaient le maintien du nom des deux organismes et de leurs missions respectives, axées sur la condition féminine.Depuis plusieurs mois, des rumeurs persistantes voulaient que le gouvernement ait songé à abolir le Conseil du statut de la femme (CSF) ou à le fusionner avec le Secrétariat à la condition féminine.Le mémoire tait une large place à des alliances avec des hommes pour combattre les inégalités affectant les femmes, une orientation qui contraste avec le ton employé par la plupart des groupes féministes.«Multiples sont les terrains de lutte et de changement où les alliances entre les hommes et les femmes feront la différence entre la situation actuelle et un futur où les femmes et les hommes vivront dans l’égalité enfin réalisée», peut-on lire dans le mémoire qui sera présenté aujourd’hui par Françoise David et François Saillant Le mouvement appelé à se transformer en parti politique l’automne prochain, met cependant en garde le gouvernement contre l’idée qu’un conseil de l’égalité traite de problèmes spécifiques aux hommes tels leur taux de suicide élevé ou le décrochage scolaire des garçons.«[La détresse masculine] n’est pas due à une inégalité entre les sexes ou à des discriminations en Jonction du sexe», écrivent les responsables d’OC.Ds invitent le gouvernement à éviter les glissements qui pourraient résulter d’une confusion entre la «nécessité d’effectuer une analyse différenciée selon les sexes» et la «négation des inégalités systémiques persistantes qui affectent les femmes d’abord et avant tout».La Fédération des femmes du Québec ne voit pas de divergences importantes entre le mémoire d'OC et celui de son organisme.«Cest seulement au chapitre du vocable ou de l’appellation du Conseil du statut de la femme [que nos positions diffèrent].Tout l’argumentaire va dans le sens du maintien de la mission actuelle», fait observer la présidente de la FFQ, Michelle Asselin Juges libres de préjugés Lors des audiences de la commission parlementaire hier, la juge retraitée de la Cour suprême Claire L’Heureux-Dubé a par ailleurs réfuté les critiques de certains regroupements d’hommes estimant que les juges favorisent injustement les femmes dans les litiges sur la garde des enfants.«J’ai été 30 ans dans la magistrature et je n’ai jamais vu un juge avoir un préjugé quelconque en cette matière.Ce sont les faits qui décident, et les juges n’ont pas de programme à défendre», a fait valoir cette juge qui a siégé à la Cour suprême de 1987 à 2002, rappelant Que 80 % des litiges se règlent à l’amiable.Également de passage devant les parlementaires hier, le Parti québécois a invité le gouvernement libéral à être plus actif en matière d’égalité, dénonçant entre autres la réforme des instances régionales qui a fait chuter la représentation féminine.«Le danger, c’est que le gouvernement du Parti libéral laisse plus d'initiative à la société.En matière 4’égalité entre les hommes et les femmes, il faut que l’État s’en mêle», a plaidé la vice-présidente du PQ, Marie Malavoy.Le Devoir Avec la Presse canadienne D’autres études inquiétantes sur le réchauffement de la planète LOUIS-GILLES FRANCŒUR Le réchauffement de la planète pourrait entrer dans une phase d’irréversibilité d’ici dix ans si les concentrations de gaz carbonique dans l’atmosphère terrestre continuent d’augmenter au rythme actuel, révèle une étude britannique, Meeting The Climate Challenge, produite par une équipe multidisciplinaire internationale et rendue publique il y a une semaine à Londres.Coup sur coup, une autre étude, émanant celle-là du département de physique de l’université d’Oxford, en Grande-Bretagne, indique que l’augmentation moyenne de la température terrestre pourrait atteindre jusqu’à 11,5 °C au lieu des 4,5 à 6 °C que prévoient les études antérieures si les concentrations de carbone atmosphérique venaient à doubler d’ici la fin du siècle.La première étude met pour la première fois en avant dans un rapport le caractère d’irréversibilité du mégaphénomène.Plusieurs mécanismes seraient ainsi déclenchés par une augmentation de la température du globe lorsqu’elle atteindra 2 °C de plus que la moyenne mesurée en 1750, année de référence pour les mesures historiques.Jusqu’ici, les concentrations de carbone atmosphérique ont accru la température du globe de 0,8 °C en passant de 280 parties par million (ppm) à 379 ppm.Cette concentration s’accroît de deux ppm par année à l’heure actuelle, de sorte que le cap des 400 ppm sera franchi dans une décennie.Or c’est à cette étape que plusieurs mécanismes naturels qui ont permis de stocker des milliards de tonnes de carbone au fond des océans, dims le permafrost arctique ou dans les tourbières et les marais commenceront à relarguer leur charge dans l'atmosphère terrestre, déclenchant une hausse aussi brusque qu’irréversible du mégaphénomène.S’ajou- te à cela la libération de milliards de tonnes de méthane solidifié au fond des mers arctiques.Chaque molécule de méthane est 22 fois plus efficace pour emprisonner la chaleur du soleil qu’une molécule de gaz carbonique.L’irréversibilité du mégaphénomène environnemental confronterait la planète à une fonte accélérée des banquises nordiques et des calottes de glace couvrant le Groenland et l’Antardique, au relèvement important du niveau des mers, à l’assèchement de régions $emi-désertiques comme le centre du Canada et des États-Unis, à la mort de forêts entières dont les espèces n’auraient pas le temps de s’adapter aux insectes migrateurs et aux sécheresses, aux pénuries d'eau des grandes villes et à la mort des écosystèmes aquatiques, qui seraient alors détournés pour les abreuver, ainsi qu’à des événements extrêmes comme l’arrêt du Gulf Stream et de la circulation de l’eau entre les océans.L’étude de l’université d’Oxford, est une des plus vastes études jamais entreprises car elle a fait appel à 62 000 personnes réparties dans 130 pays qui ont jumelé leurs ordinateurs personnels pour «faire tourner» un des modèles prévisionnels les plus puissants jamais conçus.Les conclusions de l’étude indiquent que si les concentrations de carbone atmosphérique doublent d’ici la fin du siècle, la fourchette d’augmentation de la température moyenne à la surface du globe se situerait plutôt entre 1,9 “C et 11,5 °C plutôt qu’entre 1 et 6 °C, comme on le prévoyait jusqu’à présent Rappelons quü a suffi d’une augmentation de 2 °C de la température terrestre pour faire fondre en 8000 ans le glacier du Wisconsin qui, il y a 15 000 ans, recouvrait l’Amérique du Nord de deux kilomètres d’épaisseur de glace.Le Devoir EN BREF Un autre accident implique un avion Challenger Teterboro, New Jersey — Pour la quatrième fois en moins de quatre mois, un appareil fabriqué par l’avionneur montréalais Bombardier s’est écrasé.Vers 7h45 hier matin, un avion d’affaires CL600 Challenger transportant huit passagers et trois membres d’équipage est allé s’encastrer dans un entrepôt en décollant de l’aéroport Teterboro, au New Jersey.Le dernier bilan fait état de 14 blessés, soit les 11 personnes qui prenaient place à bord de l’avion, deux personnes qui se trouvaient dans autant de voitures heurtées par l’avion et une autre personne qui se trouvait dans l’entrepôt Ce sont les passagers des voitures qui seraient les plus gravement blessés.D'apres des témoins, l'appareil a glissé et dérapé sur la piste sans jamais quitter le sol, a poursuivi son chemin sur le gazon, heurté une clôture, traversé une autoroute à six voies, frappant au moins deux automobiles avant de heurter l’édifice et prendre feu.Le pilote aurait indiqué en sortant des décombres que l’équipage avait perdu le contrôle de l’appareil au moment où il tentait de décoller.-/IC Avertissement du chef Picard Québec — Le consentement des Innus est «incontournable» pour l’aménagement de barrages hydroélectriques sur leur territoire, a averti hier le chef de la communauté de Betsiamites, Raphaël Picard.«Le consentement des Innus est nécessaire.Les Innus sont très certainement en faveur du tournant vert qu’envisage le gouvernement.H doit cependant le faire en respectant pleinement les droits ancestraux, y compris le titre des premières nations sur les ressources naturelles», a dit le chef Picard en témoignant devant la commission parlementaire de l’Assemblée nationale qui étudie l’avenir énergétique du Québec.Justement HydroQuébec envisage l’aménagement d’un complexe de quatre centrales sur la rivière La Romaine (Basse-Côte-N ord), en plein territoire Nitassinan, revendiqué par les Innus.- PC Dents saines à petit prix Des soins dentaires à petit prix, c’est encore possible à la clinique d’hygiène dentaire du CHU Sainte-Justine, qui ouvre ses carnets de rendez-vous aux intéressés.La clinique a un urgent besoin de nouveaux patients pour exercer le doigté des finissants en hygiène dentaire du collège Maisonneuve.Pour 22 $, les patients de 7 à 77 ans ont droit à une visite incluant les radiographies, le nettoyage, l’examen buccal, l’application de fluor et les conseils d’usage au sujet de l’hygiène des dents est proposée.Des restaurations mineures peuvent aussi être effectuées par ces futurs experts.La clinique est ouverte du lundi au vendredi de 8h30 à 16h30.Renseignements: 3454669, poste 1.- Le Devoir wmssm Aujourd'hui à 16h40 Las Vegas se prépare à la première de KÀ du Cirque du Soleil.Marie-Christine Trottier témoigne.DÉSAUTE LS dè15h Réalisation : Ginette Viens Première Chaîne Radio-Canada www.radio-canada.ca/desautels LE DEVOIR.LE JEl'DI 3 FEVRIER 2 O O 5 A 5 Condoleezza Rice sera au Proche-Orient au début de la semaine Sharon et Abbas se rencontreront mardi prochain Hosni Moubarak veut tirer profit de la relance spectaculaire des contacts israélo-palestiniens Le premier ministre israélien, Ariel Sharoa et le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, participeront mardi à un sommet à Charm ehChei-kh, à l’initiative du president égyptien Hosni Moubarak, qui veut tirer profit de la relance spectaculaire des contacts israélopalestiniens.L'annonce de la tenue de cette rencontre survient à quelques jours de l’arrivée dans la région de la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rke.Au cours de cette rencontre israélo-palestinienne, la première au sommet depuis le début de la seconde intifada, fin septembre 2000, les deux parties tenteront de faire fructifier la trêve de facto obtenue par Abbas des activistes palestiniens et de relancer la «feuille de route» internationale pour la paix qui prévoit la création d’un Etat palestinien indépendant Les conseillers de Sharon et Abbas ont confirmé hier que les deux hommes avaient accepté de se rendre dans la station balnéaire des bords de la mer Rouge, à la pointe sud du Sinai', où sera également présent, outre Hosni Moubarak, le roi Abdallah, de Jordanie.L'Egypte et la Jordanie sont les seuls Etats arabes à avoir signé des accords de paix avec Israël, respectivement en 1979 et en 1994, et ils ont joué depuis un rôle important d’intermédiaires dans le conflit Abbas est arrivé hier soir à Amman, où il s’est entretenu avec le chef de la diplomatie jordanienne Hani Moulki sur les préparatifs du sommet de Charm el-Cheikh.Le président palestinien et M.Moulki ont également examiné les derniers développements dans la région.En présence de Rice ?La secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, est attendue au début de la semaine prochaine au Proche-Orient où elle prévoyait de rencontrer lundi séparément Sharon et Abbas.Rien n'indique officiellement pour l'heure qu’elle modifiera ses plans pour participer au sommet de Charm el-Cheikh.Lors de son audition devant le Sénat après sq nomination à la tête du département d’Etat Rice avait promis de s’investir personnellement dans ce dossier et d’y «consacrer une somme énorme d'efforts», se disant persuadée d’être «à un moment où une chance existe et où nous devons la saisir».La dernière rencontre entre Sharon et Abbas, alors premier ministre de Yasser Arafat remonte à juin 2003.Elle s’était déroulée à Akaba, station balnéaire jordanienne de la mer Rouge, en présence du président américain.George Bush, de Moubarak et d’Abdallah, et avait permis le lancement de la «feuille de route» internationale pour la paix.Leur nouvelle rencontre au sommet était envisageable depuis qu'Abbas, élu le mois dernier pour succéder à Yasser Arafat, disparu en novembre, a réussi à convaincre les groupes radicaux palestiniens d’observer une trêve des attentats et des attaques anti-israeliennes et a déployé ses forces de sécurité dans la bande de Gaza.Israël a réagi en allégeant ses opérations militaires dans les territoires palestiniens.Hier, l'Etat juif a laissé entendre qu’il pourrait en outre suspendre sa chasse aux activistes pour faciliter le dialogue de pxe dfication entrepris par Abbas auprès de ces derniers.Des responsables israéliens ont fait savoir que le premier ministre Ariel Sharon réunirait aujourd’hui son cabinet restreint pxmr discuter de cette suspension provisoire.«II ne s'agit pas d’accorder une grâce, mais d’observer un gel [des operations de répression].Un gel signifie que c’est temporaire», a déclaré un haut responsable du ministère de la Défense, Amos Gilad, à la radio militaire israélienne.À Téhéran Abbas a par ailleurs accepté liier une invitation en Iran, dont les autorités sont accusées par Israël de vouloir faire échouer les initiatives de paix en soutenant les factions années radicales palestiniennes.la date de cette visite officielle reste à déterminer.L’Iran a déclaré par le passé qu’il ne s’opposerait pas à la cohabitation de deux Etats au Proche-Orient si tel était le souhait des Palestiniens.«Abou Mazen demandera certainement l’aide de l’Iran pour mettre au pas les groupes extrémistes comme le Hamas ou le Djihad islamique», prédit un analyste de Téhéran.Reuters L'Égypte reçoit des chefs du Hamas et du Djihad Des leaders des organisations intégristes pmles-tiniennes Hamas et Djihad islamique ont été reçus hier par des responsables égyptiens.Khaled Médial, leader du Hamas, et Ramadan Challah, dirigeant de la branche politique du Djihad islamique, ont assisté à cette réunion, ont décimé des responsables des deux groupies.les autorités égyptiennes n’ont fait aucun commentaire dans l’immédiat sur cette rencontre.Sami Abou Zouhri, porte-parole du Hamas, a déclaré que Méchal était au Caire en partie pour «donner suite au dialogue interne palestinien et le faire aboutir».Un popte-parole du Djihad islamique a confirmé que les Egyptiens voulaient discuter de «la question de l’accalmie» et d'autres éléments du processus de paix.la?Hamas et k; Djihad, officiellement voués à la destruction de l’État juif, ont laissé entendre qu’ils pourraient accepter un cessez-le-feu bilatéral sous certaines conditions.Agence France-Presse La dernière rencontre entre Sharon et Abbas remonte à juin 2003 Commission sénatoriale Chertoff se défend Washington — Le prochain secrétaire américain à la Sécurité intérieure, Michael Chertoff, a assuré hier qu'il n’avait joué aucun rçile dans la px>-litique laxiste des États-Unis envers la torture, une pratique qu’il a déclaré condamner en toutes circonstances.«Je n’ai pris aucune part dans l’élaboration d’une note» du département de la Justice datant d’août 2002, qui donnait une définition particulièrement restrictive de la torture, a déclaré M.Chertoff lors d’une audition devant la commission sénatoriale de la Sécurité intérieure, chargée de confirmer sa nomination.Il était interrogé sur son action au département de la Justice, dont il a été l’un des plus hauts responsables entre 2001 et 2003.M.Chertoff a précisé qu’il avait pris connaissance d’un brouillon de cette fameuse note mais a assuré qu’il n’avait jamais plaidé pour le recours à la torture, indiquant qu’il avait recommandé que les interrogatoires de terroristes présumés «respectent bien le droit».Il répondait ainsi aux questions du démocrate Cari Levin, qui a estimé que «les théories [du ministère de la Justice] ont participé à la création d’un climat où les abus tels que ceux commis à [la prison irakienne] d’Abou Ghraib ou ailleurs étaient soit permis, soit perçus comme tels».La polémique sur la torture pèse également sur la nomination du prochain ministre de la Justice, Alberto Gonzales, jusqu’à présent chef des services juridiques de la Maison-Blanche.Cette nomination, qui donne lieu à des débats prolongés en séance plénière au Sénat, devrait finalement être définitivement confirmée aujourd’hui, en dépit de l’opposition des principaux responsables de l’opposition démocrate.La nomination de M.Chertoff, qui abandonne un poste viager de juge fédéral pour intégrer l'administration Bush, a notamment été critiquée par la plus grande organisation de défense des libertés individuelles, l’ACLU.L’ACLU, qui critique également la nomination de M.Gonzales, reproche notamment à M.Chertoff d’avoir joué un rôle déterminant dans l’arrestation et la détention prolongée de plus de 700 hommes arabes ou musulmans à la suite des attentats du 11 septembre 2001, interpellés pour des infractions à la loi sur l’immigration.Ces prisonniers avaient été détenus pendant quelque 80 jours en moyenne, et pour la plupart privés de tout contact avec un avocat En réponse à une question du démocrate Joseph Lieberman, M.Chertoff a indiqué que, tout de suite après les attentats, il avait jugé un tel coup de filet nécessaire.Il a toutefois indiqué qu'il avait tenté d’accélérer l’examen des dossiers des personnes interpellées et qu’il n’avait pas été informé de leur impossibilité de contacter un avocat.«Franchement, ça n’aurait pas dû se produire», a-t-il dit sur ce point Agence France-Presse ê ERIK DE CASTRO REUTERS Pendant que les tractations politiques s’intensifiaient hier en Irak, des soldats américains ont honoré la mémoire de 31 des leurs morts dans l’écrasement d’un hélicoptère.Le dépouillement des bulletins de vote se poursuit Allaoui annonce un dialogue avec les sunnites Bagdad — Le premier ministre irakien lyad Allaoui a annoncé hier le lancement d’un dialogue avec les sunnites pour garantir leur participation au processus politique alors que seuls 11 000 bulletins de vote ont été dépouillés en 24 heures par la commission électorale.M.Allaoui a affirmé que ce «dialogue national» avait pour but d’assurer «la mise en place d’un gouvernement homogène et fort» et de préserver l’unité de l’Irak.D a indiqué s’être réuni avec des responsables sunnites comme le président Ghazi al-Yaouar, le chef du Parti islamique irakien, Mohsen Abdel Hamid, le ministre de l’Industrie, Hachem al-Hassani, et le chef du Mouvement pour une monarchie constitutionnelle, le chérif Ali ben Hussein.«J’ai aussi appelé à une réunion lundi prochain», a-t-il dit lors d’une entrevue en direct sur la télévision publique Iraqia.Interrogé sur son éventueüe reconduction au poste de premier ministre, il a dit: «Plusieurs frères font pression sur moi pour continuer à l’être.» M.Allaoui a par ailleurs noté «une baisse sensible du terrorisme».«Les jours et les semaines à venir diront si cette baisse est réeüe ou si elle correspond à une pause tactique pour permettre aux terroristes de revoir leurs plans», a-t-il ajouté.A Bagdad, la commission électorale poursuivait le deuxième dépouillement des bulletins de vote après celui qui avait eu lieu immédiatement après le scrutin de dimanche dans les bureaux de vote.«Jusqu’à présent, seulement 11 OOO bulletins de vote ont été décomptés et la majorité venait de la province de Mouthanna, la région la moins peuplée du pays», a déclaré un responsable de la commission, ajoutant que seulement un tiers des urnes étaient arrivées à Bagdad en raison des mesures de sécurité.Le président de la commission.Abdel Hussein al-Hindaoui, a déclaré que le résultat des élections serait connu d'ici trois jours, mais cela semble hautement improbable.Quelque 14,2 millions d’électeurs étaient appelés à voter et le taux de participation devrait se situer entre 60 à 75 %, selon M.Hindaoui.Trois jours après les élections, le chef d’une liste chiite aux élections de la province de Najaf, cheik Khaled Nouamani, a échappé à un attentat près de cette ville sainte chiite, à 160 kilomètres au sud de Bagdad, selon un proche de ce responsable du principal parti chiite, le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CSRII).Onze autres Irakiens, en majorité des membres des services de sécurité, ont été tués dans des violences au cours des dernières 24 heures, selon des sources sécuritaires.Un oléoduc reliant deux raffineries, l’une à Bagdad et l’autre plus au nord, a été saboté à l’aube, ce qui a provoqué un incendie, selon des sources policière et pétrolière.Un site Internet islamiste a diffusé un communiqué attribué au groupe d’Abou Moussab al-Zarqaoui, chef d’al-Qaïda en Irak, et menaçant de venger quatre prisonniers tués hindi lors d’une émeute dans le centre de détention de Camp Bucca, tenu par l’armée américaine, dans le sud de l’Irak Enfin, le Comité des oulémas irakiens, principale association religieuse sunnite, a affirmé qu'il respectait le choix des Irakiens qui ont voté mais qu’il contesterait la légitimité du prochain gouvernement «Ces élections manquent de légitimité car une grande partie de la population [.] les a boycottées, et cela signifie que l’Assemblée nationale et le gouvernement qui en sortiront n’auront pas la légitimité requise pour rédiger la Constitution ou conclure des accords sécuritaires et économiques», a-t-il indiqué dans un communiqué.Le Comité des oulémas met en garde contre un possible déferlement de violences en cas d’insurrection sunnite.«Nous avertissons les Nations unies et la communauté internationale des dangers de reconnaître la légitimité de ces élections parce que cela ouvrirait la porte de l’enfor et elles en seraient alors les premières responsables», ajoute le communiqué.Agence France-Presse et Reuters EN BREF Des rebelles contents 39 millions d’adultes Abidjan — Les rebelles ivoiriens se sont réjouis hier AflslInll'lhptpGl du vote de l’ONU durcissant l’embargo sur les » armes frappant la Côte-d’Ivoire, qui a reçu un accueil plus mitigé dais le camp gouvernemental.La résolution, d'inspiration française, adoptée dans la nuit à l’unanimité des 15 membres du Conseil de sécurité, autorise les Casques bleus de l’ONU ainsi que le dispositif français «Licorne» à faire appliquer l’embargo sur les armes en procédant à des inspections inopinées dans tous les ports, aéroports, bases militaires et postes-frontière de la Côte-d’Ivoire.- Reuters Santiago — Quelque 39 millions d’adultes sont analphabètes en Amérique latine et dans les Caraïbes, où près de sept milliards de dollars sont nécessaires pour résoudre le problème avant 2015, selon une étude de la CEPAL et de 1TJNESCO diffusée hier à Santiago.Dans 22 pays de la région, le taux d’analphabétisme chez les adultes est supérieur à 10 % et, dans cinq d’entre eux, il dépasse 20 %, selon le document - Reuters Cessez-le-feu en Tchétchénie ?Moscou — Le dirigeant rebelle tchétchène Aslan Maskhadov a ordonné à tous les combattants tchétchènes d’observer une trêve d’un mois dans leur guérilla séparatiste contre les troupes russes, rapportait hier le site Internet rebelle www.kavkazcenter.corn.Citant un collaborateur de Chamil Bassaïev, l’homme le plus recherché de Russie, considéré comme l’un des responsables de la prise d’otages de Beslan (Ossétie du Nord) en septembre dernier, le site Internet précise que Maskhadov a or- donné le 14 janvier à toutes les unités des «forces armées de la république tchétchène d’Ichké-rie» de suspendre unilatéralement les opérations offensives en février.Toujours selon le site, Bas-saïev a lui-même donné l’ordre à ses hommes de se tenir tranquilles jusqu’au 22 février.Maskhadov nie toute implication dans la prise d’otages à l’école de Beslan.L’assaut donné le 3 septembre par les forces russes s’était soldé par la mort de 330 personnes, dont de nombreux enfants.- Reuters Moscou et Pékin se dotent d’un mécanisme de sécurité Moscou — La Russie et la Chine se sont dotées hier d’un mécanisme de consultations bilatérales sur les questions de sécurité, une première pour Pékin et une illustration du renforcement des relations militaires entre les deux anciennes «Mecques» rivales du communisme mondial.La Russie est le principal fournisseur d’armes de la Chine et les deux pays doivent mener à la fin de l’été des manœuvres militaires communes.Les relations entre les deux puissances nucléaires, marquées par la défiance mutuelle pendant la guerre froide, se sont profondément modifiées ces dernières années avec l’émergence d’intérêts communs à Moscou et à Pékin.Les deux pays, soucieqx de contrer l’hégémonie des États-Unis, partagent en outre des préoccupations similaires face aux séparatismes musulmans, que ce soit en Tchétchénie ou dans la région du Xinjiang.- Reuters ¦ ROLEX POUR GARDER VOTRE ROLEX EN PARFAIT ÉTAT DE FONCTIONNEMENT, NOUS VOUS CONSEILLONS D'EFFECTUER UNE RÉVISION COMPLÈTE TOUS LES CINQ ANS.Gambard Vente et service technique 630-A RUE CATHCART MONTRÉAL, CENTRE VILLE (514) 866-3876 LE DEVOIR.LE JEUDI 3 FÉVRIER 2005 A 6 EDITORIAL UONU capricieuse Le rapport de l’ONU consacré au Soudan a conclu que les violences constatées dans la province du Darfour ne constituent pas un génocide.On évoque des intentions génocidaires, on observe que les actes commis sont d’une gravité égale à ceux inhérents au génocide, mais ce n’est pas.un génocide.Une fois encore, l’ONU traîne les pieds.L Serge Truffaut e bilan chiffré des exactions commises dans la province du Darfour se lit comme suit 70 000 morts, 1,6 million de personnes déplacées et 200 000 exilés au Tchad.Selon les émissaires des Nations unies, «les actes ont été conduits sur une large échelle et de manière systématique».La très grande majorité des victimes appartenaient aux tribus africaines fur, zaghawa, massalit, je-bel et aranga.Ceux qui ont signé ces actes sont liés à des milices arabes souvent instrumentalisées par le gouvernement Nous voici donc en présence de deux groupes ethniquement distincts.L’un, on le rappelle, s’emploie à poursuivre un nettoyage ethnique d’autant plus prononcé que ses chefs sont habités par des «intentions génocidaires».À telle enseigne, on le répète, que les crimes analysés sont d’une «gravité similaire» à celle qui caractérise le génocide.Curieusement l’ONU évoque clairement le génocide mais propose au Conseil de sécurité de retenir les accusations de crimes contre l’humanité.On se souviendra que l’automne dernier, le Congrès américain avait affirmé, après enquête, qu’il s’agissait bel et bien de génocide.Comment se fait-il que le génocide soit abordé si fréquemment et que l’acte d’accusation suggéré n’en tienne pas compte?Si on comprend bien les méandres juridiques qui singularisent la grosse machine onusienne, des responsables de celle-ci se sont probablement abstenus car toute reconnaissance d’un fait génoci-daire oblige à une action immédiate des membres de l’ONU.Cette distinction spécieuse s’est accompagnée d’une épreuve de force franchement déplacée.Voilà: l’ONU, son secrétaire Kofi Annan en tête, voudrait que le Conseil de sécurité, qui va disserter sur le sujet au cours des prochains jours, réfère le dossier à la Cour pénale internationale (CPI).Les Européens, ainsi que l’Australie et le Canada, sont très favorables à ce que la CPI soit saisie du dossier.En revanche, les Etats-Unis s’y opposent Il est regrettable de constater que dans la foulée d’un drame dont l’ampleur est connue, les grands de ce monde se cantonnent dans un tel débat Depuis que Bush a été élu une première fois à la présidence, tout un chacun sait qu’il ne veut pas que son pays devienne membre de la CPI.Tout logiquement, les représentants des Etats-Unis à l’ONU ont indiqué qu’il n’était pas question de les forcer à rejoindre la CPI à la faveur du cas qui nous occupe.La Maison-Blanche souhaite qu’un tribunal analogue à celui mis sur pied pour le Rwanda soit créé.Les Européens rétorquent qu’ils sont d’autant moins enclins à fonder un autre tribunal que cela reviendrait à financer une nouvelle instance alors que la CPI ne demanderait pas mieux que d’hériter du dossier.A moins d’un changement d’attitude prochain de la part d’une des parties, il est écrit dans le ciel que ce débat sera paralysé.On se consolera avec la suggestion consistant à envoyer une force multinationale de 10 000 personnes.Annan entend militer avec force pour convaincre tous les acteurs de mettre la main à la pâte afin que cessent une fois pour toutes ces horreurs dont le monde est au courant depuis des mois et des mois.Le mandat de cette force, c’est à noter, serait d’une durée de sept ans.En attendant que les uns et les autres se décident, il faut déplorer l’affection des émissaires de l'ONU pour une argumentation aussi spécieuse, aussi byzantine.Avancer que ce crime contre l’humanité n’est pas un génocide mais qu’il en a la gravité est une lâcheté.Les doutes du juge Gomery __ il e juge John Gomery a rejeté la demande de récusation présentée par les avocats de l’ex-premier ministre Jean Chrétien.Il n’avait pas à se rendre à une telle requête.Le reproche de partialité ne tient pas.Bien qu’il ait été J plus qu’imprudent en commentant le déroulement des ¦ travaux de l’enquête qu’il dirige, force est de reconnaître que le juge parlait comme La Palice lorsqu’il a déclaré que certains témoins ne disaient pas la vérité.Chaque jour, la liste des contradictions entre les différents témoignages s’allonge, et il appartiendra à la commission de trancher.Le témoignage livré hier et aujourd’hui par l’ancien ministre des Travaux publics, Alphonse Gagliano, illustre on ne peut mieux le genre de contradictions auxquelles M.Gomery est confronté.Si on devait croire celui qui avait la responsabilité du programme des commandites, toutes les décisions pour l’octroi de commandites étaient prises par l’appareil administratif.Pourtant, les témoignages des fonctionnaires de ce ministère, y compris celui de Charles Guité, qui était le responsable du programme, montrent que le processus de décision était tout sauf administratif.Le ministre ne donnait pas d’ordres.Il faisait des suggestions.Tout comme André Ouellet, l'ancien président du conseil de Postes Canada.Lui aussi ne faisait que suggérer.Jean-Marc Bard, qui était chef de cabinet de M.Gagliano, soutient que les fonctionnaires pouvaient refuser les suggestions qui leur étaient faites.«Nous n'avions pas une relation autoritaire avec lui», a-t-il expliqué au juge la semaine dernière en parlant de Pierre Tremblay, qui est celui qui a pris la relève de Charles Guité comme directeur du programme des commandites.La belle affaire! Pierre Tremblay avait été chef de cabinet de M.Gagliano avant M.Bard.On peut imaginer qu’il savait lire entre les lignes des suggestions qui lui étaient faites.lisons nous aussi entre les lignes.Le mot «suggestion» cache bien mal la réalité des rapports d'autorité qui existent entre un ministre et ses fonctionnaires, surtout lorsqu’il s’agit d’un ministre aussi puissant que l’était M.Gagliano à l'époque.Tous connaissaient les liens étroits qu’il entretenait avec le bureau du premier ministre et l’importance qu’avait pour Jean Chrétien de gagner la bataille du Québec pour sauver le Canada.Une suggestion de sa part ne pouvait être reçue que comme un ordre.A l’en croire, Alphonse Gagliano aurait été un ministre qui se tenait au-dessus de fa mêlée partisane, un ministre non interventionniste.Sj cela avait été le cas, il ne serait pas demeuré longtemps en poste.A 1a tête des Travaux publics, les premiers ministres veulent avoir des politiciens aguerris qui savent reconnaître où est l’intérêt du parti.Ce ministère est celui qui dispense les contrats gouvernementaux, et son titulaire doit disposer d’une grande sensibilité politique, ce qu’avait M.Gagliano.Quand celui-ci tente aujourd’hui de faire croire qu’il pratiquait de façon scrupuleuse 1a séparation des pouvoirs entre le politique et l'administratif, il est certainement l’un de ces témoins qui inspirent des doutes au juge Gomery.Bernard Descôteaux le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE LETTRES ——- La STM et la pub Veuillez noter que je suis dégoûtée à la suite de l’achat de mon titre de transport pour le mois de février 2005.Vous pouvez peut-être vous vanter de boycotter une réunion sur les PPP face aux services de transport en commun mais vous transformez tout ce qui est visible en publicités ambulantes.Déjà, les publicités sur les wagons de métro, les autobus, dans les escaliers, sur l’ensemble des surfaces disponibles aux stations les plus achalandées (tourniquets, contremarches, etc.), constituent une pollution visuelle des plus agressantes alors que la publicité de TQS sur la passe mensuelle est une insulte envers les consommar teurs.Payer plus cher pour les transports en commun et devoir transporter une publicité tous les jours est intolérable.L’utilisation des transports en commun permet de respecter l’environnement et de diminuer la pollution.De quel droit polluez-vous ainsi notre champ visuel?Le harcèlement visuel de l’utilisateur des services de la STM que vous cautionnez doit cesser.Karine L’Écuyer Montréal, le 31 janvier 2005 Insulte aux usagers ! Je pique une colère une fois aux dix ans.Hier, j’en ai piqué une lorsque j’ai lu dans un abribus de la STM l’affiche publicitaire d’un commerce de vente d’automobiles: «Arrête de faire le trottoir».Comment le conseil d’administration de la STM peut-il permettre qu'on insulte ainsi ses usagers?Comment fa STM peut-elle permettre que, sur ses murs, une pub incite ses clients à, en d’autres mots, arrêter d’attendre l’autobus et à acheter une auto?Avez-vous déjà vu un McDonald inciter ses clients à arrêter de manger des hamburgers et à aller manger du poulet frit5 Ça ne prend pas un bac en administration pour comprendre que ces pubs, qui tapissent notamment la station Berri-UQAM, ne peuvent être que néfastes pour les transports en commun tout en ne représentant qu’une portion microscopique de ses revenus généraux Je me déplace en autobus parce que c’est le meilleur choix aux points de vue écologique, urbanistique et économique.J’essaie de relever le «défi d’une tonne» que nous lance le gouvernement fédéral et de laisser une planète habitable aux générations futures.Je refuse d’imposer une auto de plus à cette ville déjà assez engorgée et polluée, et ce, même s’il est parfois un peu difficile, surtout par les froids qu’on connaît, de «faire le trottoir».Alors, qui de nous deux putasse, id?Moi, qui choisis les transports en commun pour honorer mes prindpes de bonne dtoyenne, ou le conseil de 1a STM, qui ramasse n’importe quoi comme client publicitaire au mépris de sa propre mission?J enjoins à fa STM de se doter une fois pour toutes d'une éthique de publicité qui exclue définitivement les entreprises faisant fa vente d’automobiles privées.Carole Maurice Montréal, le 31 janvier 2005 Appui au commissaire M.John H.Gomery Je suis un Québécois actuellement aux études en Italie, d’où je suis vos travaux par l’entremise du site Internet de 1a commission d’enquête que vous présidez.Dans le pays où je me trouve, la tenue d’une telle enquête ainsi 1a diligence avec laquelle celle-ci est menée seraient absolument impensables.M.Berlusconi s’assurerait de l’échec de l’aventure.Que vous parveniez à mener vos recherches et analyses ainsi que vos audiences, certes respectueuses mais fermes, des person-nages les plus puissants de l’Etat (ou, du moins, qui l’étaient auparavant) me fascine.Croyez-le ou non, vous êtes en train de prouver à 1a jeunesse dont je fais partie que la démocratie peut encore fonctionner.Qu’une enquête soit ouverte sous la pression citoyenne est une chose.Que celle-ci soit menée avec fermeté et professionnalisme, en dépit des interventions ou du laxisme de l’exécutif gouvernemental, en est une autre.C’est là toute 1a force de votre approche, M.Gomery, et c’est ce qui fait de vous un personnage hors du commun à notre époque.Bien sûr, vous êtes un être humain, et on ne peut pas s’attendre à la perfection.Face à 1a grossièreté de ce qui a été présenté devant nous au cours des derniers mois, peut-on s’étonner de vous entendre émettre quelques commentaires de stupéfaction?Franchement, ceux qui demandent votre récusation devraient plutôt relire leurs propres déclarations de la dernière décennie et voir à quel point celles-ci piettaient en doute leur aptitude à incarner l’État.Sachez qu’ils sont nombreux, les jeunes Italiens, Allemands, Espagnols, Anglais, Américains et autres, qui comptent en partie sur 1a compétence et fa stature de gens comme vous pour maintenir (ou ramener) le droit dans leurs démocraties.Courage, M.le commissaire! Louis-Philippe Vézina Rome, le 28 janvier 2005 LIBRE OPINION -?- Libérations conditionnelles : un système à abolir DENIS BEAUDIN Chicoutimi Réponse à Mohamed Lotfi MLotfi, dans votre texte «Libérations condi-.tionneües - Ce dont vraiment personne ne parle.», publié dans Le Devoir vendredi dernier, vous affirmez «côtoyer» le milieu carcéral mais, manifestement vous ne faites que l’effleurer.Le système des libérations conditionnelles est parallèle et complètement indépendant de l’administration carcérale.Son processus de nomination est partisan, politique, et se doit de répondre à des commandes non officielles d’économie sous le couvert de 1a réinsertion sociale et dont le renouvellement contractuel est tributaire.Cette bavure monstrueuse d’avoir libéré Mario Bastien n’a aucune justification.Il est important de mentionner qu'il est impossible que le comité ayant pris cette décision ne connaissait pas son passé.Lorsqu’une prison accueille un détenu, des documents doivent le justifier et sans avoir tout l’historique de l’incarcéré, les copies de son dernier jugement suivent nécessairement EX ces même documents se retrouvent devant le comité des libérations conditionnelles, auxquels sont jointes les évaluations carcérales selon le profil de l’individu, et ça, c’est un minimum.Feindre l’ignorance non seulement constitue un énorme mensonge pour ceux qui connaissent le système à l’interne mais indique fa mauvaise foi des autorités de se remettre en question.Ce système est non seulement à revoir mais devrait être carrément aboli et je m’explique.Le système carcéral lui-même possède déjà tous les pouvoirs de remise en liberté des détenus, et ce, de façon beaucoup plus large que 1a Commission des libérations conditionnelles, qui n'intervient qu’à un moment donné au cours d’une sentence.Ladite commission vient dédoubler ce qui existe déjà et est complètement inutile.La loi sur les établissements de détention permet de sortir de prison n’importe quel détenu, en tout temps au cours de fa sentence, sous les vocables utilisés à outrance de «surpopulation carcérale» ou de «raisons humanitaires».Cette même loi permet pour toutes autres raisons (travail ou autres) de remettre en liberté (absence temporaire) ces détenus.Comme fa majorité de fa population, vous êtes tombé dans le piège des statistiques de réussite de réinsertion sociale.Pour votre information, le détenu qui récidive le lendemain de la fin offi-cieDe de sa sentence fera partie du faux de réussite.Ainsi, un crime commis d’une autre nature n’est pas une récidive.Mais qu’est-ce qu’une vraie récidive ou encore un individu qui commet un autre crime?L'enfer est pavé de bonnes intentions.Analysons dope le parcours judiciaire d’un criminel.A moins d’un crime grave (et, même là, pas toujours), fa première sentence d’un individu ne le mènera jamais en prison mais plutôt à une amende, des travaux communautaires, une absolution conditionnelle, assortis d’ordonnances, fl tombera peut-être même sous la toi de fa déjudiciarisation, qui permet à un individu ayant commis un geste de nature criminelle d’éviter le processus judiciaire et lui sert d'avertissement, sans aucune suite s’il n'y a pas récidive.Statistiques maquillées Un second dossier amènera des amendes plus lourdes et possiblement de fa prison «vir-tuefle» à purger en société, de sorte qu’une première incarcération réelle viendra en fait après qu’une énième fois un individu aura commis un acte criminel.C’est à ce stade que je crois encore à une réinsertion sociale possible car les statistiques sont désastreuses par la suite; elles sont même maquillées.D’entrée de jeu, fa sentence du tribunal est automatiquement amputée du tiers (appelé communément «du bon temps») et comptera pour le double si le prévenu était incarcéré au moment de 1a sentence.Malgré qu’il soit admissible à une libération conditionnelle au sixième de sa peine, fa prison a le pouvoir légal de le mettre en liberté en tout temps, fl y a phis.Depuis environ 1980, les maisons de transition ont été développées pour assurer un tampon entre fa prison et la société.En plus des agents (gardiens), des travailleurs sociaux s’occupent des dossiers de réinsertion sociale, fl relève donc de 1a discrétion des autorités carcérales d’envoyer en semi-liberté un incarcéré.Lorsque les prisons sont pleines, il faut libérer.Ainsi, quelle ne fut pas fa surprise d’un procureur de fa Couronne, aujourd’hui juge, de croiser dans fa rue un individu qui avait été condamné la veille à 12 mois de prison.Le procureur a même appelé les autorités, pensant qui] avait pu s’évader.Devant un tel portrait d’économie sous couvert de fa vertu de fa «réinsertion sociale», combien de chances croyez-vous qu’un individu puisse vraiment avoir eues avant sa première chance officielle devant la complètement inutile Commission des libérations conditionnelles?Et combien de fois, pensez-vous, les autorités carcérales ont-elles libéré des détenus qui venaient d’être refesés aux libérations conditionnelles?Donc, M.Lotfi, vous pouvez constater toute la différence entre «être en contact» avec le milieu carcéral et percevoir ses aspects les moins visibles.4 LE DEVOIR.LE J E T D 1 3 FÉVRIER 2 0 0 5 A 7 IDEES Le torse de Cassandre Soirée des Masques: «La ministre n’est pas venue» iber [n-ini , phq s aro ‘f.'C in 'he techh WAJDI MOUAWAD Auteur et metteur en scène me la ministre de la Culture et des Communications, Je vous écris à la faveur d'une nuit d’insomnie.Je ne suis plus directeur artistique du Quat’Sous, je ne suis pas membre de l’IInion des artistes et ne fais partie d’aucune association.Mon étonnement, seul, me tient éveillé.C’est lui qui me pousse à vous écrire pour vous témoigner ma consternation devant la férocité de votre apolitique culturelle.De votre absence.Mme la ministre de la Culture, je suis auteur et metteur en scène québécois.Je relève donc de vous, et c’est fatigant de ne pas savoir de qui on relève, fatigant de relever d’un silence qui tait ses idées, ses désirs, ses aspirations.Je vous écris car il me semble important que vous sachiez comment dimanche dernier, alors que la communauté théâtrale fêtait le 50' anniversaire du Théâtre de Quat’Sous lors de la Soirée des Masques, votre absence a résonné.«La ministre n'est pas venue», disait-on, désabusé.Votre absence était à bruyante dans son silence quelle couvrait les applaudissements de 800 personnes.Mme la ministre de la Culture et des Communications, pourquoi, depuis que vous êtes ministre, n’êtes-vous jamais venue au Quat’Sous, sachant l’état de dégradation avancé dans lequel le bâtiment se trouve alors que Diane Lemieux, votre prédécesseu-re, y est venue à trois reprises pour constater, de ses propres yeux, l’état des lieux?Pourquoi, lorsque je vous ai écrit à titre de directeur artistique de ce théâtre, n’ai-je reçu aucune réponse de votre part?Pourquoi Éric Jean, après sa nomination, n’a-t-il reçu aucunes félicitations?Pourquoi ne vous entend-on pas?Pourquoi n’êtes-vous pas venue fêter le Quat’Sous?Pourquoi?Craigniez-vous que l’on vous dise des choses désagréables?Mais c’est pour cela que vous êtes ministre! Pourquoi vous paye-t-on?Votre travail consiste à entendre ces choses et à y répondre.Mais rien.On ne sait pas ce que vous pensez.Vous dites vouloir améliorer les conditions de vie des artistes.Bien.Mais qu’est-ce que c’est, un artiste?Croyez-vous que tout le monde puisse être un artiste?Qu’est-ce que la création?Qu’est-ce que le divertissement?Qu’est-ce que le risque?Que signifie «industrie culturelle»?Que signifie être libéral?Où êtes-vous?Mme la ministre, êtes-vous une ministre?Êtes-vous là?L’effondrement Toujours rien.Qu’un silence, de plus en plus bruyant de plus en plus terrifiant Au début de votre mandat j’y voyais la maladresse, mais depuis ce dimanche soir où vous n’étiez pas là pour fêter le théâtre où Brassard et Tremblay ont fait leurs premières armes, votre silence me fait entendre, venant des profondeurs, la voix ancienne et autrement plus catastrophique de Cassandre.Cassandre avait prévu l’effondrement de Troie, prévu les vautours dévorant les cadavres des Troyens au pied des murailles; sa voix, je vous assure, nous a parlé à travers votre absence.Elle nous a annoncé l’effondrement d’une culture.L’effondre- ment d’un monde que des Troyens comme Paul Buissonneau et Jean-Pierre Ronfard ont bâti.L’effondrement d’un monde qui n’aura plus ses ailes pour voler vers le Soleil, au risque de s’y brûler.La voix de Cassandre nous dit «L’absence et le si-lençe sont là.Ils sont là.Parmi vous.Entendez-les!» A l’heure où le milieu de la danse agonise à la suite de la faillite du Festival international de nouvelle dan- se et la fermeture de la Fondation Jean-Pierre-Perrault, alors que les étudiants du Conservatoire de Montréal traînent dans des couloirs lugubres, que la compagnie Ubu n’a pas de lieu de diffusion ni de lieu de répétition, que le Théâtre du Rideau Vert n’est pas certain de se relever de sa physiothérapie, que le Quat’Sous s’écroule physiquement, que les acteurs et actrices de l’UDA et les théâtres institutionnels sont aux prises avec des difficultés qui les font se jeter les uns sur les autres, laissés à eux-mêmes, que le mode de production au complet est pris dans une tourmente le faisant créer spectacle après spectacle dans une frénésie assoiffée qui a tout l'air d'un signe de disparition, on se demande bien ce que, vous, vous pensez.Mais le silence! le silence! Cassandre nous annonce, à travers votre silence, que vous vous taisez par choix.Que vous êtes là, default, à attendre la fin.Un nettoyeur.Un vautour.Votre silence semble être celui de celle qui attend que tout meure pour que, dans ce monde, ne subsiste que ce qui va survivre: les comédies musicales du privé et la télévision.Votre silence annonce, je vous assure, la radio-canadisation de la culture de création: amputation, annulation, exécution.Cassandre, usant de votre silence, nous annonce la défaite lamentable des auteurs, acteurs, danseurs et interprètes qui voient dans la scène une tentative d'élévation.Cassandre nous dit que c’est voulu.C’est intentionnel.Cet échec est désiré par vous.Il fait partie de votre programme.«U Québec, selon la philosophie du Parti libéral, n'a pas les moyens de s'offrir des activités déficitaires, quelles qu’elles soient.La culture ne fera pas exception.» Faites quelque chose ! Ainsi, Cassandre traduit votre silence.Votre mission est-elle d’espacemusicaliser le domaine de la culture, de le nettoyer de ses scories, comme Radio-Canada a eu à le faire avec la Chaîne culturelle?Dans ce cas, avec mes camarades de création, nous sommes les scories.Le Quat’Sous, qui n’a que 160 places, est une scorie.Dites que je me trompe, mais expliquez en quoi je me trompe.Écrivez-le, prenez la parole, moquez-vous de moi, de mes airs et de mes enflures, dites que je suis un abruti, un idiot, mais prononcez-vous, faites quelque chose! Mme la ministre, au musée du Louvre, il y a une statue de Cassandre.Une statue qui, comme beaucoup de vestiges, nous est arrivée démunie de ses membres et de sa tête.Simplement un torse.Celui de Cassandre.Ce torse, qui n’est rien d’autre qu’un bloc de marbre, semble dire: vous pouvez décapiter toute tentative d’existence de moi, mais il restera, ne serait-ce que dans la tournure de mon thorax, suffisamment de mystère pour que survive l’incompréhensible présage.Cet incompréhensible présage, il est précisément ce qui forme la mémoire collective.L’histoire se souvient des bourreaux, des juges et parfois des victimes, mais elle n’oublie jamais ceux et celles qui, cherchant à comprendre les trois, ont su n’être aucun d’entre eux.Ceux-là, on peut les appeler les fous, les poètes et les penseurs.Votre absence de dimanche soir nous annonçait votre décision de les abattre.Baissez votre jeu, faites-nous voir votre masque.Il a, peut-être, les traits ahuris de la Méduse.Votre silence semble être celui de celle qui attend que tout meure pour que, dans ce monde, ne subsiste que ce qui va survivre : les comédies musicales du privé et la télévision.Avis du Conseil du statut de la femme sur un nouveau contrat social entre les hommes et les femmes Des alliances à bâtir mais des problèmes à ne pas mélanger Extraits du mémoire d’Option citoyenne qui sera présenté ce matin par Françoise David et François Saillant devant la Commission des affaires sociales ous sommes d’accord avec l’idée qu’une mobilisation générale est nécessaire pour que tous les acteurs sociaux se sentent interpellés et engagés dans le combat pour l’égalité entre les femmes et les hommes.On parle ici des mouvements sociaux, des services publics, des instances locales et régionales, des médias, etc.Et on fait appel tant aux hommes qu’aux femmes, sans quoi des changements en profondeur demeureront très difficiles.Nous pensons ici aux combats contre les discriminations au travail, au développement de la conciliation famille-travail, au partage des tâches éducatives et domestiques, à l’élimination du sexisme et des stéréotypes sexuels ainsi que de la violence faite aux femmes, etc.Multiples sont les terrains de lutte et de changement où les alliances entre les hommes et les femmes feront la différence entre la situation actuelle et un futur où les femmes et les hommes vivront dans Légalité enfin réalisée.Cela étant, il ne faut pas tout confondre.Option citoyenne met en garde le Conseil du statut de la femme et le gouvernement, qui a demandé l'avis dont nous discutons, de ne pas mélanger les alliances nécessaires et la prise en charge par les femmes ou leurs organismes représentatifs de problèmes spécifiques aux hommes.Ces problèmes existent.On parle souvent du décrochage scolaire des garçons, du haut taux de suicide chez les jeunes hommes ou des difficultés de plusieurs hommes à s’extirper des stéréotypes qui les entraînent dans des voies néfastes, par exemple pour leur santé.Cette situation est préoccupante et de nombreuses féministes, qui sont aussi conjointes, mères, sœurs, amies, s'inquiètent pour ces hommes qui risquent parfois leur santé et leur vie à cause de comportements à risque, du refus de consulter, d’une détresse qui ne veut pas être nommée, même avec les proches.Il n'appartient cependant pas aux organismes gou- vernementaux chargés de la condition féminine de porter la responsabilité de la détresse masculine.Celle-ci n’est pas due à une inégalité entre les sexes ou à des discriminations en fonction du sexe, elle est plutôt le produit d’une culture, d’une histoire, de stéréotypes, de comportements à remettre profondément en question.Ce sont les hommes, en premier lieu, qui peuvent le faire.Cela étant, des ministères, celui de la Santé, par exemple, doivent envisager des approches nouvelles dans leurs services aux hommes en difficulté, tout comme ils l’ont parfois fait pour les femmes, avec succès.Des changements profitables Bon nombre d’hommes québécois ont pris acte, bien sûr, des changements survenus dans les rapports entre les sexes et de la place grandissante des femmes dans l'espace public.Mais les institutions, les mentalités, les traditions, la culture, la publicité, ne sont pas si faciles à changer.Il n’est pas étonnant que les femmes doivent encore et encore lutter pour la conquête de leur autonomie, pour un salaire égal, pour que les hommes assument pleinement leurs responsabilités dans la famille, pour vivre des relations égalitaires et exemptes de toute violence.Il n’est pas étonnant non plus que des hommes cherchent à redéfinir leur identité, se demandent comment entrer en relation avec l’autre sexe, tâtonnent un peu dans l’exercice de leurs responsabilités familiales.D’aussi grands changements contiennent forcément leur lot de souffrances et de difficultés de part et d’autre.Ce que nous devons défendre, c’est que ces changements sont profitables à tous et à toutes.Et c’est pourquoi nous devons y travailler ensemble.Qu’il s’agisse de conciliation famille-travail, de relations égalitaires entre les sexes, de coresponsabilité parentale, d’égalité au travail, les changements seront bénéfiques à toute la population.Option citoyenne souscrit [donc] à l’approche sociétale de mobilisation de tous les acteurs sociaux, y compris les hommes, pour atteindre Légalité entre les hommes et les femmes.Cependant nous demandons au gouvernement du Québec d’opérer une distinction entre les alliances nécessaires entre les hommes et les femmes dans la lutte pour Légalité entre les sexes et la prise en charge des problèmes spécifiques à plusieurs hommes par des organismes chargés de la condition féminine.|.] L’impact économique négligé Nous voudrions attirer l’attention du gouvernement du Québec sur Lun des aspects de la vie des femmes: leur situation économique et son rapport avec la conciliation famille-travail.Le monde dans lequel nous vivons est marqué par l’idéologie néolibérale, et le Québec n’y fait pas exception.[.] Plusieurs employeurs considèrent la main-d’œuvre comme une ressource jetable après usage.Les plus vulnérables sont exploités honteusement, beaucoup de personnes craquent devant la lourdeur des tâches et des responsabilités.Les femmes — et un nombre grandissant d’hommes — tentent tant bien que mal de concilier le travail et la vie familiale, et plusieurs commencent à remettre en question cette société non humaine qui abîme les individus et la planète même.Il est important de dire ces choses si nous ne voulons pas tomber dans l’angélisme avec des propositions qui ne tiendraient pas compte de la vie réelle des femmes — et des hommes — québécois.Par exemple, lorsque les usines de textile ou de vêtement ferment les unes après les autres, dans un dénouement prévisible en cette ère de mondialisation, qui a une pensée pour les milliers de femmes qui se retrouvent sans emploi?Qui s’émeut de savoir que des femmes immigrantes, devenues aides domestiques au Québec, vivent parfois dans des conditions proches de l’esclavage?Qui a conscience que la fameuse loi sur l’équité salariale ne s’applique pas à la majorité des travailleuses, vendeuses, serveuses, éducatrices en garderie, coiffeuses, etc., puisqu’elles travaillent dans des entreprises de moins de dix employés?Qui sait que les travailleuses autonomes gagnent moins des deux tiers du revenu des hommes, ne bénéficient d’aucun congé parental et se retrouvent souvent dans la situation de tout faire en même temps: leur travail rémunéré, l’éducation des enfants et les tâches ménagères?[.] Ne devrait-on pas réclamer avec force des services de maintien à domicile, procurant ainsi des emplois à de nombreuses personnes, surtout des femmes, et soulageant d’autres femmes d’une aide devenue trop lourde à porter?Éinalement, avons-nous compris que le projet de loi 57 modifiant encore une fois le régime de la sécurité du revenu va appauvrir des milliers de femmes et d’hommes déjà à la limite de la survie dans une province pourtant suffisamment riche pour se payer des baisses d’impôt?Aucune des recommandations du Conseil du statut de la femme ayant trait à la situation économique des femmes et à la conciliation famille-travail ne pourra avoir une portée véritable sans une remise en question profonde du fonctionnement économique et social de notre société.[.] À éviter L’avis produit par le Conseil du statut de la femme est éclairant à plusieurs égards.[.] Il propose des axes d’intervention à mettre en œuvre pour réaliser Légalité en même temps qu’il nous convie à l’examen des différences entre les hommes et les femmes afin de planifier des actions tenant compte de ces différences.Cela étant des glissements demeurent possibles, et il faut les éviter.Le tout premier serait d’entretenir une confusion entre la nécessité d’effectuer une analyse différenciée selon les sexes pour déterminer les meilleurs modes d’intervention en ce qui a trait aux problèmes vécus de part et d’autre et la négation des inégalités systémiques persistantes qui affectent les femmes d’abord et avant tout le deuxième glissement serait de négliger la né cessaire remise en question de la société fondée sur les pouvoirs, les profits et les performances de quelques-uns en s’imaginant que dans cette société mercantile et portée à un individualisme exacerbé des changements profonds sont possibles, en particulier dans le monde du travail.le, troisième serait sous prétexte de «modernisation de l’État», d’abolir des organismes d’État ou de chercher à fusionner ce qui ne peut l'être, simplement pour des économies de bouts de chandelles.[.] L'ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l’information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Degiise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau féditorialiste, respf/nsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société).Jeun Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoît Munger (responsable du site Internet).Isabelle Paré (santé) Louise-Maude Rioux-Soucy (surnuméraire): Pauline Gravel (sciences) ; Guillaume BourgauK-Côté (surnuméraire), Antoine Robitaille (surnuméraire), Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques): Martin Du clos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs).Renée Léo Guimont et Serge Paquin (relecteurs surnuméraires): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes).à l’information culturelle ; Michel Bélair (théâtre et cahier culture).Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).CaroYme Montpetit (livres), Odile Tremblay (cinéma), Bernard lamarche (arts visuels et musique) Frédérique Doyon (surnuméraire): à l'information économique ; Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information).Dominique Reny (pupitre), Éric Desrosiers.Alec Castonguay, Claude Turcotte.François Desjardins (surnuméraire): à l'information internationale Jean-Pierre Legault (pupitre internationale et page éditoriale), Claude lévesque, GuyTaillefer (adjoint au directeur de l'information).Serge Truffaut (éditorialiste): à l’information politique : Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires a Québec), Kathleen lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Marilyse Hamelin.Alexandre Shields (commis).La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril.Jean de Billy.Marlène Côté, Dave Cameron.Yan Hamel.Christiane Legault.Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau.Claire Paquet.Micheline Ruelland.Nadia Sebaï.Mélisande Simard (publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez.Philippe Borne.Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion.Nathalie Zemaitis.Olivier Zuida INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBimON ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Roxanne Labelle, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation).Loli Sénéchal-Berthiaume.MoniqueLHeureux, Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, (iermain Haeck (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross.Ir * A 8 LE DEVOIR, LE JEUDI 3 FÉVRIER 2 0 0 5 \CTUALITES SPVM SUITE DE LA PAGE 1 l’impair de se pencher vers l'avant à un angle de 45 degrés, un peu comme s’il voulait se cacher, comme l’a relaté en cour un policier.Les deux patrouilleurs l’ont suivi et l’ont interpellé lorsqu’il est descendu du taxi.Campbell a pris la fuite et la juge Westmoreland-Traoré peut très bien le comprendre.Dans un contexte de relations entre policiers et membres de groupes minoritaires, la fuite est l’expression d’une méfiance.«Si une personne sent que ses droits sont ignorés, elle est en droit de ne pas coopérer», affirme-t-elle.Les policiers ont rattrapé, arrêté et fouillé Campbell, en lui baissant les pantalons jusqu’aux genoux.Ds ont trouvé sur lui 1,52 granune de marijuana, une balance électronique et 175 $.Après avoir mené le suspect au poste, ils ont découvert 26 grammes de crack sous le siège arrière de leur voiture.Deux accusations de possession en vue de faire le trafic de marijuana et de crack ont été portées contre Campbell, un revendeur de drogue connu qui se trouvait en violation d’un couvre-feu le soir de son arrestation.Par l’entremise de son avocate, Judith-Ann Shapiro Knight, Alexer Campbell a fait valoir lors de son procès que les policiers l’ont pris en chasse tout simplement parce qu’il était noir.La juge Westmoreland-Traoré lui a donné raison.Les policiers peuvent agir sur des soupçons dans l’exercice de leurs fonctions et appréhender un suspect sans mandat, mais encore faut-il que leurs doutes soient fondés sur l’existence de motifs raisonnables et probables justifiant l’arrestation.Dans le cas de Campbell, la juge Westmoreland-Traoré est convaincue que les policiers n’ont pas rempli cette exigence.Les patrouilleurs ont affirmé lors du procès qu’ils n’avaient pas réalisé qu’Alexer Campbell était noir lorsqu’ils ont suivi le taxi dans lequel il prenait place.C’est seulement lorsqu’ils sont arrivés près du jeune homme que l’un des agents l’a reconnu et s’est rappelé le couvre-féu.La juge Westmoreland-Traoré n’e croit pas du tout à cette version des faits.Même s’il faisait nuit lors de l’incident, les rues étaient suffisamment éclairées pour que les patrouilleurs puissent distinguer un Noir d’un Blanc.Qui plus est, ils suivaient le taxi à une distance rapprochée et ont pu voir Campbell de façon très nette lorsque le véhicule a tourné à une intersection.Enfin, à aucun moment les policiers n’ont vérifié les conditions de remise en liberté imposées à Campbell avant de l’appréhender.L’arrestation était illégale, la fouille l’était tout autant.La juge exclut donc la preuve retenue contre Campbell et prononce son acquittement Le profilage racial est une réalité bien courante pour les minorités visibles de Montréal, mais il n’avait jamais fait l’objet d’une reconnaissance par les tribunaux avant que la juge Westmoreland-Traoré tranche en faveur du jeune Campbell.Pour le directeur général du Centre de rechercheac-tion sur les relations raciales (CRARR), Fo Niemi, cette décision constitue «une.surprise agréable*.«Cest une première au Québec; il y a une admission qu’il existe un problème et qu 'Ufaut faire quelque chose», a-t-il commenté.Le profilage racial ne date pas d’hier.L’Enquête sur les relations entre les corps policiers et les minorités visibles et ethniques, menée en 1988, avait permis d’établir les attitudes discriminatoires de certains policiers: abus de pouvoir, arrogance, propos racistes, détention abusive et injustifiée, harcèlement, perquisitions sans mandat.Peu d’avocats se spécialisent dans ce domaine, le profilage racial n’est pas enseigné dans les facultés de droit, ni à l’École du Barreau, et les juges semblent plutôt frileux à l’idée d’entendre des arguments de cette nature.Autant de facteurs ayant contribué à ce que le problème soit détourné de la loupe des tribunaux, observe Fo Niemi.«Au Québec, il n’y a pas de racisme.Ça n’existe pas juridiquement», fait remarquer avec ironie l’avocat Denis Barrette, porte-parole de la ligue des droits et libertés.«Cest une bonne nouvelle, que la communauté juridique se penche sur ce problème», a-t-il ajouté.Le profilage risque fort de rebondir devant la Commission des droits de la personne et de la jeunesse au cours des prochains mois.L’organisme enquête présentement sur 20 à 25 plaintes à ce sujet, dont une des résidents d'un HLM de Saint-Michel.Aucun dossier n’a été mené à tenne pour le moment Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, O1' étage.Montréal (Québec), H3A3M9 Ê3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.eom Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courriel (514) 985-3333 (514) 985-3360 redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514)985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514)985-3344 Par télécopieur (514)985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir.com Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514)985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir.com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) fy Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle./y Devoir est publié du lundi au samedi par le IVvoir Inc.dont le siège social est situé au 2060.rue De Bleury.9 étage.Montréal, (Québec).H3A 3M9.Il est imprime par Imprimerie Québécor St-Jean, 800.boulevard Industriel, Saint-Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans /y Devoir.Ijt Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc .900, boulevard Saint-Martin Ouest, lyval.Envoi de publication —-Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.CHUM SUITE DE LA PAGE 1 comme un élément important qui a modifié «sensiblement les critères de sélection du site».La sécurité environnementale du site d’Outremont a soulevé beaucoup d’inquiétude compte tenu du fait que la cour de triage est traversée au nord par une voie ferrée où on transporte notamment du chlore, des explosifs ainsi que des gaz comprimés.L’entente intervenue en décembre entre ITJdeM et le CP grâce à l’intervention du fondateur de Power Corporation, Paul Desmarais, a permis d’obtenir l’assurance d’un détournement de cette voie.Le site du 1000, rue Saint-Denis, où s’élève l’hôpital Saint-Luc, est tout aussi exposé aux effets de matières dangereuses, font valoir MM.Couture et Saint-Pierre.En s’appuyant sur une étude de SNC-Lavalin, ils soulignent que de grandes quantités de matières dangereuses transitent par la gare de triage de Pointe-Saint-Charles, située à trois kilomètres de l’hôpital Saint-Luc.Le document mentionne que les études sur cette délicate question ont été «conduites selon les règles de l’art».Sur la question des besoins en soins hospitaliers, les experts ont pris en compte le consensus sur la nécessité d’ériger un CHUM sur un seul site avec 700 lits spécialisés.Ils recommandent que les 300 lits devant assurer les soins dits de proximité soient établis à l’hôpital Notre-Dame.L’avis de l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal, qui estimait qu’une décision en faveur d’Outremont créerait un déficit de 125 lits au centre-ville, est écarté.Cela «ne devrait pas être déterminant dans le choix du projet et du site optimal», écrivent MM.Couture et Saint-Pierre.L’importance de la synergie apparaît comme l’un des principaux éléments d’analyse.A court terme, notent les experts, seul le projet d’Outremont offre cette synergie entre la faculté de médecine et l’hôpital universitaire, «avec des retombées importantes pour l’enseignement et la recherche en sciences de la santé».En comparaison, le développement d’une technopole au 1000, rue Saint-Denis, n’est que théorique, comme on le note dans le rapport Le projet nécessiterait le recouvrement de l’autoroute Ville-Marie, ce qui serait très onéreux: le rapport estime qu’il en coûterait 180 millions.«La technopole au site du 1000 Saint-Denis n’est pas pratiquement réalisable dans les conditions actuelles», peut-on lire.La synergie entre la technopole et le secteur privé est également retenue.C’est le «seul site qui offre des garanties de succès à la réalisation d'une technopole importante au Québec capable de cristalliser la réputation de Montréal dans les sciences de la santé tout en favorisant le rapprochement avec les initiatives fort probables du secteur privé».On note également que Montréal International ainsi que les principaux acteurs du secteur pharmacologique et biomédical du Québec préfèrent le site d’Outremont «pour les activités privées de synergie du concept technopole».Le privé pourrait également être mis à contribution pour la réalisation du projet Les experts Couture et Saint-Pierre estiment que cette technopole peut prendre forme sous l’autorité d'un maître d’œuvre public mais également en partenariat public-privé.Aucune décision portant sur le site et la nature du superhôpital francophone ne sera annoncée cette semaine.Le rapport Couture-Saint-Pierre ne sera rendu public que lorsque Québec fera connaître sa décision finale.Cette décision doit émaner du conseil des ministres et le sujet n’apparaissait pas à l’ordre du jour de sa réunion hebdomadaire, hier.Il faudra donc attendre au moins jusqu’à la semaine prochaine, sinon davantage, avant de savoir où le gouvernement aura fait son lit Toutefois, le premier ministre Jean Charest et le ministre de la Santé, Philippe Couillard, ont tous deux promis de faire diligence, réaffirmant leur volonté de voir le nouvel hôpital ouvrir ses portes en 2010-11.Le Devoir La lettre de présentation du rapport Voici un extrait de la lettre de présentation du rapport Couture-Saint-Pierre transmise hier au premier ministre Jean Charest ainsi qu’au ministre de la Santé, Philippe Couillard.«Dans le court laps de temps que nous avions, il nous était impossible de reprendre toutes les études qui furent effectuées dans ce dossier depuis plus de sept ans, dont certaines viennent tout juste d’être déposées «Nous sommes conscients du climat émotif et sur- chauffé qui entoure le dossier.L’intérêt des médias pour les positions des uns et des autres en est une bonne illustration.De notre côté, nous avons abordé ce mandat avec toute l’énergie voulue et un grand souci d’objectivité, en gardant continuellement à l’esprit les intérêts supérieurs du Québec.«D’autres experts vous auraient peut-être donné des recommandations différentes.Celles que nous vous formulons représentent nos convictions sincères.» BUSH SUITE DE LA PAGE 1 américains déployés dans ce pays et dont plus de 1400 ont été tués depuis sa décision de renverser le dictateur irakien Saddam Hussein, en mars 2003.En ce qui concerne son programme de politique extérieure, M.Bush devait annoncer qu’au cours «des quatre prochaines années, mon administration va continuer de bâtir des coalitions pour vaincre les dangers de notre époque».Sur le plan intérieur.George W.Bush devait répéter que «le système des retraites, dans son évolution actuelle, se dirige vers la faillite».Le plan de réforme des retraites suscite une forte opposition.M.Bush affirme que le système fédéral est menacé de faillite à l’horizon 2042 et propose pour l’empêcher de créer des comptes épargne-retraite privés investis en Bourse.Mais cette transformation partielle d’un système par répartition à un système par capitalisation soulève des inquiétudes chez l’opposition démocrate et au sein même du Parti républicain présidentiel, qui dispose d'une confortable majorité au Congrès.Le sauver «demandera un examen honnête et transparent des différentes options», devait estimer M.Bush en s’engageant «à travailler avec les membres du Congrès pour trouver les moyens les plus efficaces de renforcer et de sauver le système des retraites».Le discours était conçu pour prolonger celui des cérémonies d’investiture, le à) janvier.Ce jour-là.George W.Bush avait dessiné une vaste stratégie, promettant de répandre le «feu de la liberté» dans le monde et de transformer son pays en «société de propriétaires» dans laquelle chacun serait responsable de lui-même.Il est clair que Bush a la conviction de tenir là sa «grande politique», celle qui le mettra dans les livres d’histoire, aux côtés d’Harry Truman ou de Ronald Reagan.La nouvelle croisade de Bush sert également des objectifs plus tactiques.Il a compris que les Etats-Unis souffrent d’un déficit d’image et cherche manifestement à présenter les valeurs et les messages américains sous un jour plus lumineux: celui de la liberté et des droits de l’homme.Par ailleurs, n’ayant trouvé en Irak ni armes de destruction massive ni preuve d’un lien entre Saddam Hussein et al-Qaïda, il cherche à justifier la présence de 150 000 soldats américains dans les sables irakiens.Q bénéficie notamment d’un contexte international relativement favorable après des élections irakiennes présentées comme un succès et des avancées dans les négociations israélo-palestiniennes.«Axe du mal» En janvier 2002, de la même tribune offerte par le discours sur l’état de l’Union et quatre mois après les attentats terroristes qui avaient frappé les États-Unis, George W.Bush avait dénoncé l’Irak, la Corée du Nord et l’Iran comme constituant «l’axe du mal».Il devait déclarer hier soir que la diplomatie était la voie retenue pour empêcher Téhéran et Pyongyang de développer des armes nucléaires.Le président améri-caipa toutefois récemment indiqué quil n’écartait «aucune option» si l’Iran ne s’engageait pas à y renoncer.George W.Bush devait aussi à nouveau défendre d’autres propositions législatives faites pendant la campagne pour sa réélection, comme la réforme du code des impôts, le plafonnement des dommages et intérêts résultant de plaintes en nom collectif et individuelles et une nouvelle politique de l’énergie.Dès aujourd’hui, le président Bush doit partir pour une traditionnellç tournée d’explication de son discours, dans cinq États américains.Il insistera sur son projet de réforme de la sécurité qui, jusque-là, fait plutôt grincer les dents des membres du Congrès.D est ensuite attendu à Bruxelles pour un sommet de l’OTAN, où il entend convaincre ses alliés de rejoindre sa cause.Les Européens, rassurés par le succès des élections en Irak et désireux d’avancer sur Iç Proche-Orient, sont disposés à prêter l’oreille.A commencer par Jacques Chirac, qui dîne avec Bush le 21 février.Les deux hommes se sont parlé au téléphone lundi et ont eu une «excellente conversation».Agence France-Presse, Associated Press et Libération DESROCHERS SUITE DE LA PAGE 1 Le comité organisateur des XI" Championnats du monde FINA- Montréal 2005 a diffusé un communiqué laconique en fin d’après-midi pour confirmer la mort de M.DesRochers, soulignant que ce dernier laisse dans le deuil son épouse et ses deux enfants.Il indiquait aussi «tout le dévouement dont M.DesRochers a fait preuve à la direction des Championnats».Le maire de Montréal, Gérald Tremblay, a aussi fait savoir par communiqué qu'il avait «appris avec consternation» ce décès.Du côté de Québec, le ministre des Affaires municipales, du Sport et du Loisir, Jean-Marc Fournier, qui avait eu des rapports difficiles avec M.DesRochers, a également publié un court communiqué, hier soir.Le ministre a dit qu’il avait «appris avec regret» le décès de M.DesRochers et a transmis «ses plus profondes sympathies» et «ses meilleures pensées» aux proches de la famille.Le président du Comité international olympique, Jacques Rogge, en visite à Vancouver, s’est aussi dit attristé, mais il a mentionné à la télévision qu’il n’était pas «correct» de relier nécessairement cette mort aux difficultés d’organisation des Championnats.Ces propos ont aussi été relevés par l’Association québécoise de prévention du suicide, qui entame sa semaine de prévention dans les prochains jours.Beaucoup de critiques Depuis la perte de l'événement, le maire de Montréal, Ciérald Tremblay, multiplie les efforts pour inciter la FINA à renverser sa décision et laisser à la ville le soin d’organiser les compétitions.Si l’ensemble du comité organisateur a été blâmé pour cet échec, c'est M.DesRochers qui a reçu les critiques les plus sévères.Dans les derniers jours, une enquête réalisée par le journal La Presse a démontré la profonde insatisfaction éprouvée envers Yvon DesRochers par plusieurs personnes ayant travaillé dims l'organisation des Championnats.Des ex-employés parlaient alors des relations tendues entre M.DesRochers et plusieurs intervenants au dossier et faisaient état de méthodes de gestion autoritaires et opaques.Plusieurs ont aussi fait état de mauvaises relations entre le directeur général et le secrétaire général de la FINA Cornel Marculescu.M.DesRochers avait dit trouver ces commentaires «grossiers» et «mesquins».D avait aussi nié que ses relations avec le secrétaire général de la ÉINA, Cornel Marculescu, aient contribué à la perte de l’événement «Un jour, vous allez savoir qui a bousillé les Championnats et vous allez voir que ce n’est pas Yvon DesRochers», déclarait-il.Après sa rencontre avec le président de la FINA le maire Tremblay avait déclaré lundi, lors d’une entrevue à la radio de Radio-Canada, que la FINA avait effectivement souhaité que des «ajustements» soient apportés au sein du comité organisateur des Championnats mondiaux de sports aquatiques, sans préciser lesquels.«Dans l’organisation, il y a de très bonnes personnes, avait-il dit mais c’est vrai qu 'il y a eu certaines décisions plus difficiles.Partant de là, j’ai l’intention de faire les ajustements nécessaires dans le meilleur intérêt de l’organisation.» M.DesRochers faisait l'objet de questions et de critiques à l’intérieur même du conseil d’administration de Montréal 2005, coprésidé par son ami Roger Léga-ré et l’avocat Richard Pound.L’un des trois représentants de la Fédération aquatique du Canada au conseil.Gordon Peterson, a notamment demandé par écrit le 14 janvier denier, de voir le contrat d’embauche de M.DesRochers, entouré selon lui d’un «voile de secret».A Ottawa, des députés fédéraux avaient demandé quelques jours après la perte des Championnats que les principaux dirigeants de l’événement notamment Sage Savard, Marc Campagna, Yvon DesRochers et Roger Légaré, viennent rendre des comptes devant le comité des Comptes publics de la Chambre des commîmes.M.DesRochers se faisait discret dans les médias dernièrement mais il avait téléphoné au Devoir la semaine dernière pour répliquer à un éditorial du journal.Apparaissant tour à tour abattu, impuissant et agressif, il s’était dit en colère contre le ministre des Affaires municipales et des Sports, Jean-Marc Fournier.M.DesRochers soutenait qu’à son arrivée en poste à Montréal 2005, en novembre 2002, il s’était retrouvé devant une situation financière catastrophique et qu’il avait réussi à la redresser.Bref, c’était Québec et non lui qui était responsable pour la perte des Championnats du monde.Il niait toutefois avoir traité les gens du gouvernement du Québec de «miteux», comme l'ont rapporté plusieurs médias.Proche du Parti libéral du Canada, M.DesRochers a été nommé en 2002 à la tète de Montréal 2005.Entre autres activités, M.DesRochers a précédemment dirigé le Centre national des arts d’Ottawa pendant six ans, puis participé à la relance du théâtre Corona, à Montréal.Le Devoir CONGES SUITE DE LA PAGE 1 mettre en place le régime», a expliqué le ministre.Claude Béchard a refusé catégoriquement de révéler le contenu de la proposition du gouvernement fédéral et de sa contre-proposition.Jusqu’à maintenant, Ottawa offrait 475 millions de dollars, c'est-àdire 275 millions de moins que les demandes du gouvernement Charest «On est en pleine négociation.On n'entrera pas dans le détail des propositions», a répondu Claude Béchard.A Ottawa, Lucienne Robillard s’est faite avare de commentaires.«Les discussions continuent toujours», a-t-elle dit ajoutant qu’elle préfère négocier «à l’abri des micros».Néanmoins, elle s’est dite prête à soutenir davantage le gouvernement Charest pour la mise en place de son régime.«Le Québec a naturellement des frais de démarrage assez importants étant donné qu’il n’a pas l’infrastructure pour partir ce programmera.Alors, on doit regarder comment on peut le soutenir», at-elle souligné.En matinée, Claude Béchard, qui tenait des propos plus durs envers Ottawa et montrait des signes d’exaspération, a prévenu que le régime québécois d’assurance parentale ne pourra voir le jour le 1" janvier 2006 comme prévu si une entente finale n’est pas conclue avec Ottawa d’ici la fin de cette semaine.«On peut bien signer la semaine prochaine, dans quinze jours ou dans un mois, sauf qu’on ne sera pas capables de mettre en place le programme pour 2006», a-t-il affirmé à l’entrée du conseil des ministres.Lucienne Robillard a dit, quant à elle, «espérer» en arriver à une entente finale avant la fin de la semaine, mais elle refrise de se fixer une échéance précise.Dans une entente de principe conclue en mai 2004, à l’aube du déclenchement de la campagne électorale fédérale, Ottawa et Québec avaient promis de conclure une entente finale avant le 1” février 2005, c'est-àdire mardi dernier.Claude Béchard refuse que son gouvernement soit blâmé si la mise en place du régime québécois de congés parentaux est reportée d’une année.«Si les négociations n’avancent pas plus vite, c’est clair que c’est le gouvernement fédéral qui va devoir porter l’odieux devant les familles du Québec de reporter ce programme en 2007», a-t-il lancé.Comme les négociations sont difficiles, toutes les démarches visant l’instauration du régime en 2006 sont bloquées.Par exemple, Québec a lancé, il y a quelques mois, un appel d’offres pour faire développer un système informatique sur mesure pour son regirne.Les proportions de trois soumissionnaires ont été étudiées, mais le gouverna ment ne peut signer un contrat aussi longtemps qu’une entente finale n’est pas conclue avec Ottawa.Qui plus est le conseil de gestion de l’assurance parentale, qui doit voir au financement du régime, ne peut mener ses travaux adéquatement sans connaître les montants provenant d’Ottawa et la façon dont ceux-ci seront transfers durant l’année de transition.Québec avait décidé de former ce conseil dès janvier dernier afin de respecter l’échéance de 2006.L’impasse dans laquelle se trouvent les négociations concerne la première année de la mise en œuvre du régime québécois.Lundi, Claude Béchard déplorait l’offre fédérale de 475 millions de dollars pour la première année — dont 100 millions dédiés aux frais de démarrage —, alors qu’Ottawa est prêt à accorder 750 millions pour les années subséquentes.Ottawa plaide que, au cours de cette année de transition, Û devra continuer à verser des prestations aux parents québécois qui auront pris leur congé sous le régime fédéral, donc avant le U janvier 2006.Toute cette opération coûtera 375 millions de dollars, selon le gouvernement fédéral.Or Québec estime que les 275 millions de dollars manquants sont nécessaires pour constituer un fonds suffisant afin d’assurer la pérennité du régime québécois et garantir, au cours de cette année de transition, le versement de prestations aux parents qui prendront un congé parental à compter du U janvier 2006.D a été impossible, hier, de savoir quelle part de ces 275 millions de dollars Ottawa a accepté de verser.Claude Béchard martèle que le gouvernement fédéral avait proposé, en 1997, de verser pour la première année de mise en œuvre du régime québécois (1998 dans ce cas) l’équivalent qu’il allait verser au cours des années subséquentes, tout en versant les prestations des parents commencées en 1997.Le régime québécois d’assurance parentale coûterait un milliard de dollars par année et serait plus généreux que le programme fédéra] actuel.Le régime québécois permettrait aux mères de bénéficier d'un congé de 40 semaines avec 75 % du salaire ou d’un congé de 50 semaines avec 70 % du salaire pour les 25 premières semaines et 55 % du salaire pour les 25 semaines suivantes.Les mères pourraient partager ce congé avec leur conjoint Les pères disposeraient par ailleurs d’un congé de paternité non transférable de trois semaines à 75 % du salaire ou de cinq semaines à 70 %.Le Devoir Avec la collaboration de Manon Cornellier
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