Le devoir, 4 janvier 2005, Cahier A
ACTUALITÉS Cas de vache folle : Ottawa se fait rassurant Page A 4 « ?w w w .1 e d e y o i r.c o m ?JEU VIDEO Quelle qualité de vie pour les employés?Page B 1 LE DEVOIR ¦ ' ¥ Ti.PF # T"' ^ ^i'sC'F f- Jïmv: ‘ ^ vr ¦^at'-ash.YURIKO NAKAO REUTERS * L Après avoir solidement empoigné une boîte de vivres, un jeune sinistré indonésien s’éloignait hier en courant hélicoptère américain venu ravitailler un camp de réfugiés, à Kouati Sounam, quelque 100 kilomètres au sud s’organisent dans cette région, bien que les difficultés demeurent immenses.de la cohue qui régnait à l’arrivée d’un de Banda Aceh.Peu à peu, les secours L’aide fait son chemin Des difficultés logistiques ralentissent les secours La course contre la faim et les épidémies qui menacent les millions de sinistrés des tsunamis s’est encore accélérée hier, en Asie du Sud-Est Abord d’hélicoptères ou à dos d’éléphants, les équipes de secours chargées d’acheminer vivres et médicaments dans les régions dévastées luttaient contre les immenses difficultés logistiques imposées par l’ampleur de la tragédie, alors que certaines régions touchées demeurent toujours inaccessibles.Le bilan du séisme indique maintenant au moins 145 000 morts, dont 94 000 en Indonésie.Mais ce nombre risque fort d’être encore revu à la hausse, comme c’est le cas quotidiennement depuis le 26 décembre.Car si les récits de quelques rescapés, rejetés in extremis par la mer, laissent une parcelle d’espoir aux proches des milliers de disparus, les autorités de plusieurs des pays ravagés s’apprêtent à comptabiliser ces personnes comme étant décédées.Jusqu’à présent, la mobilisation internationale a permis d’amasser 2,4 milliards de dollars de promesses d’aide publique.Les Nations unies ont déjà recueilli des promesses de dons qui totalisent un montant record de 1,8 milliard de dollars.«C'est ce que l'ONJJ récolte généralement en m an pour ses opérations humanitaires, c’est un montant sans précédent», a souligné une porte-parole de l’organisation.Hier, le secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, a toutefois mis en garde la communauté internationale pour que la totalité de la somme promise soit effectivement versée, ce qui,n’est pas toujours le cas, a-t-il rappelé.A Washington, le président américain George W.Bush a chargé ses prédécesseurs George Bush et Bill Clinton de lever des fonds privés pour venir en aide aux victimes des raz de marée.Le président de la Banque mondiale, James Wolfenson, a quant à lui indi- qué que son organisation pourrait tripler une aide qui atteint actuellement 250 millions de dollars.Le Haut Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) a aussi annoncé qu’il allait aider pendant six mois les victimes en Indonésie et au Sri Lanka, une première dans son histoire.Sumatra ciblée Entre toutes les urgences, l’aide humanitaire se concentre principalement vers les dizaines de milliers de sans-abri rassemblés dans des camps de fortune sur la côte nord-ouest de l’île de Sumatra VOIR PAGE A 8: SECOURS ¦ Autres textes en pages A 2, A3 et B 6 IRAK Un ministre évoque le report du scrutin Il faut reporter les élections du 30 janvier en Irak: c’est le ministre irakien de la Défense Hazem Chaa-lane qui a lancé hier ce cri d’alarme alors qu’une vague d’attentats a fait hier au moins 30 tués, dont l’un à Bagdad, près du siège du parti du premier ministre.Un tel report donnerait une chance à la minorité sunnite, 20 % des 28 millions d’irakiens, d’y participer, a-t-il précisé hier au Caire.La plupart des partis sunnites boycottent le scrutin.Les Etats-Unis ont réaffirmé s’en tenir à l’échéance prévue.¦ À lire en page A 5 AU JAS1M REUTERS Une vague d’attentats a fait hier au moins 30 morts en Irak, dont l’un à Bagdad.INDEX 00 Annonces.B 5 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.B5 Économie.B1 Éditorial.A6 Idées.A7 Météo.B 4 Monde.A 5 Mots croisés.B 5 Sports.B 4 Télévision.B 6 L’ENTREVUE Joël de Rosnay a été un des premiers, en 1979, à nommer les mauvaises habitudes alimentaires qui menacçnt la santé de nos sociétés occidentales dans un livre intitulé La Malbouffe, comment se nourrir pour mieux vivre.PIERRE VERDY AFP Merci pour la malbouffe FABIEN DEGLISE est le père de la malbouffe.Le mot, pas la saucisse en pâte congelée.Et forcément, personne ne lui en veut Au contraire, depuis des années, Joël de Rosnay ne cesse d’être louangé par les pourfendeurs de la surcharge pondérale.Pour une bonne raison d’ailleurs: il a été un des premiers, avec sa femme Stella, à lever le voile sur le sombre univers de l’industrialisation des aliments et des mauvaises habitudes alimentaires qui menacent la santé de nos sociétés occidentales.C’était en 1979 dans un livre intitulé La Malbouffe, comment se nourrir pour mieux vivre (Seuil).Un ouvrage pratique et incisif qui, faisant d’une pierre deux coups, est venu donner naissance à un concept aujourd’hui surexploité et à un vaste mouvement d’opposition au «manger vide» qui ne cesse de prendre de l’ampleur partout sur la planète.lentement mais sûrement, l’homme a donc faitbeaucoup d’émules avec son néologisme porté désormais par les nutritionnistes, les cardiologues, nouvellement les politiciens, mais aussi par José Bové, un des plus grands utilisateurs de ce nom devenu commun et vaisseau amiral de son combat contre l’homogénéisation de la nourriture.A l’autre bout du fil, le scientifique français aujourd'hui âgé de 67 ans sait toutefois rester humble.«Oui, ma femme et mot sommes les inventeurs du mot malbouffe, ex-plique-t-il depuis sa résidence parisienne avec une vont qui, étrangement, transporte jeunesse et dynamisme.Nous l’avons créé à partir des concepts de malnutrition et de grande bouffe — en référence au film de.Marco Ferreri — pour exprimer le paradoxe de notre époque: d’un côté, des gens qui meurent de faim faute d’aliments et, de l’autre, des gens qui tombent malades parce qu’ils mangent trop et surtout mal.» VOIR PAGE A 8: MAI.BOUFFE La DART se déploiera au Sri Lanka MALOR1E BEAUCHEM1N Répondant aux critiques accusant le Canada d’avoir été lent à réagir devant l’ampleur de la catastrophe en Asie du Sud-Est, le premier ministre Paul Martin et le ministre de la Défense Bijl Graham ont confirmé, hier, le déploiement de l’Equipe d’intervention en cas de catastrophe, la DART, dans la région dévastée afin de venir en aide aux populations touchées.Ces militaires spécialisés en situations d’urgence devraient quitter aujourd’hui le Canada pour se déployer à partir de jeudi dans le Sud-Est du Sri Lanka, plus précisément dans la région d’Amparai, qui a été sévèrement touchée par les tsunamis meurtriers du 26 décembre dernier.Composé d’environ 200 militaires des forces canadiennes, la DART (acronyme anglais pour Disaster Assistance Response Team) aura une double mission: contribuer à la purification des eaux et apporter une assistance médicale aux populations locales.Mais qui sont donc ces ex perts en intervention d’urgence?«Ce sont des militaires toujours en état d’alerte.Une quinzaine ont des postes permanents, les autres sont sélectionnés dans tout le Canada pour leur expérience, soit à l’étranger, soit comme médecins, ingénieurs ou autres spécialisations», a expliqué au Devoir l’analyste militaire et retraité des forces canadiennes.Rémi Urndry.La DART est constitué de cinq composantes: une équipe de commandement et de communications, une trentaine de militaires chargés de la sécurité, une équipe de logistique, un groupe d’ingénieurs en construction et, finalement, une équipe médicale d’urgence.«Les spécialistes en génie de campagne et de construction seront chargés de monter le camp, de déployer l’équipement lourd afin de procéder à l’épuration des eaux pour ensuite être mis à la disposition des autorités nationales, notamment pour la construction de camps de réfugiés», a affirmé Rémi Landry.La capacité de l’équipement canadien d’épuration varie entre 50 000 et 100 000 litres d’eau par jour.L’équipe médicale mettra pour sa part sur pied un petit hôpital de campagne pouvant accueillir 2(X) personnes par jour et disposant de médecins, de chirurgiens, d’une phannacie et d’un laboratoire.*11 y a un important enjeu de santé publique actuellement; les épidémies de choléra sont fréquentes à ta suite de ce genre de catastrophe», a souligné Rémi Landry.La DART a été déployée à deux cxrasions seulement depuis sa création en 1996, soit au Honduras en 1998 et en Turquie en 1999, à la suite de tremblements de VOIR PAGE A 8: DART Bill Graham La mort suspendue Cinq entreprises offrent des services de cryogénie Faire congeler son corps, peu après sa mort, dans l’espoir d’être un jour réanimé: le projet glaçant qu’on appelle «cryogénie» a ses adeptes, ses associations, ses entreprises, et ses clients prêts à payer d’importantes sommes.Marginal, le phénomène pose toutefois des questions troublantes sur la vie et la mort et le suicide assisté, dans nos sociétés technologies.ANTOINE ROBITAILLE No autopsy»: ces deux mots, à côté d’un numéro de téléphone 1 800, sont gravés en rouge jr le petit bracelet argenté de type «alerte médial», au poignet de Michael La Torra.Pourquoi?Parce ça brise le corps et que, moi, comme membre Alcor, je veux qu'il soit congelé avec le minimum de ommages./’espère être de retour H-bas un jour», dit ce profes-eur d’anglais du Nouveau-lexique, rencontré à Toronto.Alcor est une des cinq entre-rises — toutes américaines — ffrant des services de cryogé-ie, la congélation en vue de la éanimaüon.Au dire de ceux qui roient à la cryogénie, c’est *la lus importante au monde», la fieux organisée.Elle ne parle lus de congélation, mais de «vilification», procédé qui réduit u maximum les dommages ausés par les cristaux de VOIR PAGE A 8: CRYOGÉNIE \ 2 LE b E V 0 I R , LE MARDI 4 JANVIER 2 0 0 5 TSUNAMIS MEURTRIERS Les Thaïlandais se mobilisent pour venir en aide aux étrangers SOLENN HONORINE Phuket — Dans le bus affrété pour relier Khao Lak à Phuket, une cinquantaine de volontaires se partagent un petit en-cas: riz et saucisses.La journée a été longue: il est 17h30, et cela faisait huit heures qu’ils travaillaient dans le temple de Yan Yao.Accueil des familles de victimes qui recherchent leurs proches, organisation des opérations et, surtout transport des corps de noyés à partir de la cour en plein air où ils sont étendus; jusqu’à l’office des médecins légistes où ils sont identifiés.Dans ce bus, l’odeur de mort est écœurante, entêtante: elle colle aux vêtements, aux cheveux.Pourtant, les discussions vont bon train entre les volontaires, et une femme s’empare du micro du chauffeur et entonne un chant thaïlandais.D’autres la suivent dans un karaoké improvisé.Ces volontaires font partie d'un groupe venu de Bangkok pour participer au travail de ramassage des corps après la catastrophe.Parmi eux, une vieille femme, Nan, est arrivée hier pour rechercher des membres de sa belle-famille , qui travaillaient tous sur l’île de Phi Phi.Ds ont tous disparu.«U premier jour, j’ai pleuré.Mais maintenant, je suis contente d’être restée ici et de pouvoir être utile», confie-t-elle en pinçant le bras de sa voisine, les yeux rieurs.Elle lance une blague en thaï, ses copines se marrent difficile de croire qu’elles ont charrié des cadavres horriblement mutilés pendant toute la journée.Chaque matinée, les volontaires se pressent à la cellule de crise installée à l’hôtel de ville de Phuket.Les bras ne manquent jamais, et sans eux, le travail aurait été impossible.«Au début, je ne voulais pas aller voir les corps, j’avais peur de ne plus pouvoir être O ^arrioi! KIM CHEUNG REUTERS Les cartes d’identité et de crédit de dizaines de touristes étrangers ont été retrouvées sur l’île de Phi Phi, au sud de la Thaïlande.capable de manger quoi que ce soit après», raconte Alia Sirinarakorn, jeune fille de 23 ans.Elle est venue spécialement de Bangkok avec sa mère lorsqu’eDe a appris qu’ils manquaient de traducteurs pour encadrer les touristes à la recherche de leurs proches.•Maintenant, je n’ai plus peur.Ces corps sont maintenant tellement déformés et laids qu’ils se ressemblent tous, alors au bout d'un moment ça ne vous fait plus rien», poursuit-elle.Élan de solidarité L’élan de solidarité des Thaïlandais est impressionnant Depuis vendredi, les habitants de la région ont été rejoints par de nombreuses personnes du reste du pays, qui ont profité du début des vacances pour venir spontanément contribuer à l’effort général «Lorsqu’elle a appris la nouvelle, ma sœur m’a appelée pour me dire qu’il fallait qu’on vienne ici, qu’on avait besoin de nous.Alors j’ai posé un jour de congé et j’ai pris l’avion», explique Duangkaew Pattanawibool, 27 ans, venue à ses frais avec dix amies.Dans tout le pays la solidarité s’organise: le ministère de la Santé a affrété quelques avions de l’armée pour transporter des volontaires avec des connaissances en premier secours.À Bangkok, des jeunes filles en uniforme d’écolières recueillent des dons dans la rue; tout le monde jette un billet dans leur urne, même les petits marchands de fruits à 10 bath.«Les Vutilandais sont formidables, c’est pour cela que je reviendrai dans ce pays», confie une touriste allemande qui a perdu son mari dans le tsunami.Un colonel de l’armée thaïlandaise, barrettes sur l’uniforme, s’excuse de la catastrophe auprès d’un groupe d’étrangers qui njonte dans une voiture en partance pour Kao Lak.A l’arrière du pick up, Bill l’Américain raconte qu’il a pris un avion de Malaisie, où il était en vacances, pour apporter ses bras et sa bonne volonté.Comme lui, quelques Occidentaux sont venus offrir leurs services, mais ce sont d’abord et surtout les Thaïlandais qui forment le gros des volontaires.Dans un pays bouddhiste, très pieux, faire une bonne action permet aussi de remplir ses obligations religieuses.«Lorsque j’étais étudiant en Espagne, je suis tombé malade et les gens m’ont aidé.H fallait que je leur rende la pareille», explique Sombat Watta-nakul, qui a partagé une voiture avec cinq amis pour couvrir les 15 heures de route qui séparent Bangkok de Phuket Ses yeux rougissent «Depuis mon arrivée ce matin je n’arrête pas d'avoir la chair de poule.Mais je pense que je vais tenir le coup.» Chatnee Tingsapafi lui, a mobilisé l’association des artistes de Phuket pour assister les secours.Jeudi, il est parti à la recherche de corps dans les décombres, les ramenant au temple de Lak Keam, à Kao Lak.Il a accompagné une famille suisse, qui avait réussi à identifier le corps de leur père et mari, ainsi que de trois de leurs amis.La femme, médecin, a décidé de les incinérer sur-le-champ.Chatnee s’est assis avec eux en priant.«Dans une situation comme celle-là, vous ne pouvez pas ne rien faire.Sinon, comment pourriez-vous espérer dormir en paix.» Libération Les vacances continuent.BAZUKI MOHAMMAD REUTERS HUIT JOURS seulement après le passage du tsunami qui a fait des milliers de morts dans le sud de la Thaïlande, les touristes ont commencé à revenir par dizaines sur la plage de Patong, à Phuket, pourtant frappée de plein fouet par l’immense vague meurtrière.Fraudes, pillages et violences Le tsunami exploité par des escrocs en Asie et en Europe PATRICK LANNIN ET STEPHEN BROWN Stockholm — Des individus sans scrupules profitent du chaos et du désarroi des victimes du tsunami pour violer ou enlever des rescapés dans des camps de réfugiés ou des hôpitaux d’Asie du Sud, ou encore pour piller les domiciles de disparus européens.Alors que le monde entier se mobilise pour venir en aide aux survivants, un groupe de femmes du Sri Lanka a dénoncé des violeurs s’attaquant à des rescapées.«On nous a signalé des incidents de viols, de viols en réunion, de violences et de mauvais traitements de femmes et de jeunes filles au cours d’opérations de secours non supervisées et envers des personnes en hébergement provisoire», a déclaré le Collectif Femmes et Media.L’ONG Save the Children met en garde contre l’exploitation sexuelle qui menace les enfants rendus orphelins par la tragédie.«D’après l’expérience de précédentes catastrophes, les enfants sont particulièrement exposés», a déclaré Charlotte Petri Gornitzka, dirigeante ¦ta» ; ¦ Pourquoi imaginer l’avenir quand on peut le conduire?Le FX35 2005 d’Intîmti.Un VUS de luxe.Une voilure sport.Tout en un.Avec : • moteur V6 à DACT de 3,5 litres 280 chevaux • système de traction intégrale ATTESA E-TS'' * boîte de vitesses automatique 5 rapports avec mode manuel • jantes en alliage d’aluminium de 18 pouces • deux embouts de tuyau d’échappement chromés • sonorisation Bose'" de 300 watts, changeur de six C0 au tableau de bord » dessus de siège en cuir et sièges avant chauffants • phares au xénon à décharge haute intensité pour les feux de route et de croisement » toit ouvrant électrique en verre * système de navigation sur DVD Infiniti de pointe (en option)’ « système audio-vidéo Infiniti avec lecteur DVD (en option) • le premier système de détection de sortie de voie en Amérique du Nord (en option)' • Le FX35 d'Infiniti.Le FX35 2005 d’Infiniti en location à partir de /mois INFINITI.Pour plus de renseignements sur nos produits ou connaître le concessionnaire Infiniti le plus près, cliquez sur Infiniti.ca.Infiniti de Brassard 9005, boul.Taschereau Brassard (Québec) (450) 445-5799 Infiniti Laval 305, boul.Saint-Martin Est Laval (Québec) (514) 382-8550 Méridien Infiniti 4000, rue Jean-Talon Ouest Montréal (Québec) (514) 731-7977 Spinetli Infiniti 345, boul.Brunswick Pointe-Claire (Québec) (514) 697-5222 •OFFRE D£ TAUX D£ FINANCEMENT A LA LOCATION D‘UNE DURÉE LIMITÉE à 599 S par mois pour les termes jusqu’à 16 mois valable pour le FX35 2005 (F6SG75 AAOO) et uniquement auprès des Services financiers Infiniti.Sujette à l’approbation de crédit.Comptant de 9 S ou échange équivalent et première mensualité requis à la livraison Aucun dépôt de sécurité.Total des frais de location : 32 211 $, comprenant les frais de transport et de préparation (1 280$).Taux de location de 4,9 %.72 000 km alloués, kilométrage additionnel à 0,15 $ du km (0,10 $ du km si une entente est conclue au début da la location).Des offres n# requérant aucun# mise de fonds initiale sont aussi disponibles.Taxes, immatriculation, assurance, obligations sur pneus neufs et frais d'enregistrement RDPRM en sus.PDSF de 53 000 $ pour le nouveau FX35 2005 (F6SG75 AAOO).Taxes, immatriculation, assurance, frais de transport et de préparation en sus sur les offres d'achat.Les concessionnaires peuvent fixer leurs propres prix.tEn option sur l’ensemble Technologie.Voye?votre concessionnaire Infiniti pour plus d'information.suédoise de l’organisation.En Thaïlande, des voleurs déguisés en policiers et en sauveteurs ont pillé les bagages et les coffres-forts dans des hôtels bordant la plage de Khao Lak, où le raz de marée a fait quelque 3000 morts.La Suède a dépêché hier sur place sept policiers pour enquêter sur l’enlèvement présumé d’un Suédois de douze ans dont les parents ont été emportés par la vague géante.Pillages La Suède est la plus touchée en dehors des pays frappés par le raz de marée, avec 2500 disparus et 52 morts confirmés.Mais elle tient secrète leur identité de crainte d’attirer des pillards au domicile des disparus, «fl est malheureusement vrai que les maisons de personnes dont la disparition est connue ont été passées au peigne fin et partiellement vidées», a déclaré à une radio locale le secrétaire d’Etat Lars Danielsson.La police suédoise n’a pu donner de précisions sur ces cambriolages, mais plusieurs incidents similaires avaient été signalés en 1994 après le naufrage de YEstonia, dans lequel 551 Suédois avaient péri.En Norvège, la police craint que des criminels ne se fassent porter sur la liste des victimes pour prendre une nouvelle identité ou commettre des fraudes à l’assurance.Kjersti Oppen, du Service nationale d’enquêtes criminelles, confirme que la liste des Norvégiens disparus est vérifiée pour y déceler .d’éventuels criminels ou des personnes fortement endettées.Des fraudes similaires avaient été démasquées après les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.En Grande-Bretagne, dont une quarantaine au moins de ressortissants figurent parmi les victimes, la police a annoncé l’arrestation d’un homme pour avoir envoyé par courriel de fausses nouvelles à des parents ou des amis à la recherche de proches.L’homme se réclamait du «Bureau des Affaires étran-gères» en Thaïlande.A Hong Kong, où la population se mobilise en faveur des victimes, l’organisation caritative Oxfam a mis en garde contre une collecte de fonds lancée en son nom par Internet invitant les donateurs à verser de l’argent sur un compte bancaire à Chypre.Reuters EN BREF Martin espère toujours Toronto — Cela fait plus d'une semaine que l’on est sans nouvelles des quelque 150 Canadiens portés disparus à la suite des tsunamis meurtriers en Asie, mais le premier ministre Paul Martin continue d’entretenir l’espoir que certains d’entre eux seront retrouvés vivants.Alors que plusieurs pays commencent à admettre publiquement que nombre de leurs disparus sont probablement morts, M.Martin a affirmé hier qu’il n’était pas encore prêt à se rendre à cette conclusion.«Je pense encore qu’il y a de l’espoir [¦••) on n’a qu’à se rappeler des événements antérieurs, des tremblements de terre, où, plusieurs semaines après, on retrouve des gens vivants», a-t-il dit - PC 4 « LE DEVOIR.LE MARDI A JANVIER 2 O O ô A A SUNAMIS MEURTRIERS George W.Bush choisit son père et pour lever des fonds privés pour les Clinton victimes KKVIN I.AMAKUUK Rr.lHKKS plusieurs pays asiatique JEAN-LOUIS DOUBLET Washington — Le président américain George W.Bush a chargé hier ses deux prédécesseurs, son père George Bush et Bill Clinton, de lever des fonds privés pour venir en aide aux victimes des raz de marée en Asie.Entouré de ses deux prédécesseurs, George W.Bush a de nouveau manifesté sa volonté de voir les Etats-Unis jouer un rôle de premier plan pour aider les victimes des raz de marée qui ont touché principalement l’Inde, l’Indonésie, le Sri Lanka et la Thaïlande.«Je suis reconnaissant aux anciens présidents Clinton et Bush d’accepter de prendre cette grande responsabilité et de servir à nouveau notre pays», a dit George W.Bush lors d’une allocution à la Maison Blanche.Ni George Bush, président de 1989 à 1993, ni Bill Clinton (1993-2001) n’ont fait de déclarations.«La plus grande source de générosité des Américains n’est pas le gouvernement, mais leur bon cœur», a affirmé M.Bush, qui avait décidé la semaine dernière de débloquer une aide d’urgence de 350 millions de dollars pour les pays touchés.Cette nouvelle initiative permet également au président républicain, réélu en novembre pour un second mandat de se poser en ras-sembleur.Bill Clinton est un démocrate qui jouit .encore d’une forte popularité aux Etats-Unis.Bush père, qui a été président de 1989 à 1993, a affirmé lors d’un entretien accordé à CNN que son fils «n’avaitpas pour but» de se feire de la publicité avec cette initiative.En vacances dans son ranch texan de Crawford au moment de la catastrophe, George W.Bush avait initialement tardé à réagir.Il avait toutefois rapidement enclen- ché la vitesse supérieure en décidant d’envoyer son secrétaire d’Etat Colin Powell dans la région puis en annonçant l’aide de 350 millions de dollars.Une manne Le choix de son père et de Bill Clinton pour mener l'effort de collecte de dons privés, tant auprès des particuliers que des entreprises, montre sa volonté de continuer à mettre les Etats-Unis au premier plan de l’effort international.Le président américain a détaillé hier la logistique mise en place par Washington avec le déploiement dans la région sinistrée d’un porte avions, de plusieurs unités de l’armée américaine et de nombreux avions de transport «Les ravages dans la région défient l’entendement», a-t-il souligné, ajoutant: «Les États-Unis sont en contacts étroits avec les gouvernements des pays touchés, et l’Amérique joue un rôle de premier plan dans les opérations d’aide et de secours».Les Etats-Unis se situent très loin parmi les pays riches pour leur aide humanitaire et au développement publique rapportée en pourcentage du Produit National Brut (PNB).Mais les dons privés aux organisations non gouvernementales (ONG) leur permettent de remonter à la T place mondiale, à égalité avec la Norvège et la France, selon le Centre pour le développement mondial, un institut de Washington.C’est cette manne que George W.Bush entend mettre à profit.«Pour accroître les dons privés, j’ai demandé à deux des citoyens américains les plus respectés de conduire une campagne nationale de collecte de fonds.Tous deux anciens présidents, ils connaissent la bonté de notre peuple et ont eux-mêmes un grand cœur», a-t-il souligné hier.Mission de Powell M.Powell devait arriver dans la région hier dans la soirée, accompagné du gouverneur de Floride, Jeb Bush, frère du président.La Floride est fréquemment touchée par des cyclones et M.Bush a été choisi en raison de son expérience en matière d’opérations de secours après des catastrophes naturelles.George W.Bush a également annoncé qu’il allait se rendre, ac- compagné de son père et de Bill Clinton, dans les ambassades à Washington des pays touchés pour y signer les registres de condoléances.«Cela a eu beaucoup d'effet sur les gens et cela en aura dans les pays touchés.Ils pensent que l'Amérique est avec eux», a assuré Bill Clinton à CNN.Agence France-Presse Sauvé ! ROMEO RANOCO REUTERS 'st&msA É?3 > m «hêm i^g DANS LA PROVINCE d’Aceh, dans le nord de l’Indonésie, une des plus touchées par le tsunami de la semaine dernière, les forces armées américaines ont commencé à évacuer par hélicoptère des enfants retrouvés seuls et souvent blessés dans des villages isolés, pour les transporter dans des camps de réfugiés près de la capitale, Banda Aceh.EN BREF La Somalie attend toujours de l’aide Nairobi — Au moins 50 000 personnes attendent toujours une aide d’urgence, huit jours après les vagues meurtrières qui ont frappé la côte de la Somalie, s’est plaint hier le gouvernement so-ijialien.Quelque 24 pays, dont les Etats-Unis, l'Italie, l’Allemagne et l’Arabie Saoudite, ont promis d’envoyer de l’aide à la Somalie, mais rien n’est encore arrivé, selon le porte-parole de la présidence Yusuf Mohamed Ismail, qui souligne que les rescapés ont besoin d’eau, de vivres, et de médicaments après avoir tout perdu dans le raz de marée.Au moins 200 personnes ont été tuées et nombre d'autres sont portées disparues dans les vagues qui ont dévasté le littoral somalien après le séisme du 26 décembre, selon les autorités.-AP Les ONG dénoncent l’Inde Port Blair, Inde — Les organisations humanitaires internationales dénoncent l’attitude du gouverne^ ment indien qui restreint l’accès aux îles d’Andaman et Nicobar qui empêche l’aide d’atteindre ceux qui en ont le plus besoin après le tsunami.«Cette approche fermée de ne pas autoriser les ONG retarde les efforts de secours», explique Shaheen Nilofer, directrice du programme pour l’est de l'Inde de l’organisation Oxfam.«Si on ne s'occupe pas des rescapés, le nombre de morts va dépasser de loin celui des victimes du tsunami.» Malgré la catastrophe, les autorités indiennes ont maintenu leur politique de restriction d’accès aux Des, pour protéger la sécurité d’une base aérienne militaire et pour la protection des tribus indigènes.-AP Au Sri Lanka, des parents attendent que la mer leur rende leurs enfants DILIP GANGULY Navalady Beach, Sri Lanka — Chaque jour quand le soleil se lève sur les rivages dévastés du Sri Lanka, des parents affluent par dizaines sur les plages submergées par ces vagues immenses qui ont emporté leurs enfants.«Ils croient que leurs enfants sont vivants et que la mer les leur rendra, un jour», explique la directrice de l’UNICEF, Carol Bellamy.Le Fonds des Nations unies pour l’Enfance (UNICEF) va consacrer au moins 30 millions d’euros aux enfants sri-lankais affectés par les tsunamis.Cet argent servira «à garder les enfants en vie, à leur permettre d'être de nouveau scolarisés et à leur redonner espoir dans l’avenir», a annoncé hier Carol Bellamy à l’issue d’une visite de deux jours dans lie.Pour l'heure, la priorité de l’UNICEF, qui a installé des bureaux dans huit points du pays, est d’assurer la survie des petits rescapés: «Cela veut dire de l’eau potable, des conditions d’hygiène appropriées, de la nourriture et les services de santé debase.» Au Sri Lanka, environ 12 000 enfants, soit 40 % des quelque 30 000 victimes de la catastrophe, ont péri, selon les autorités.Nombre de parents tentent de retrouver leur progéniture dans certains des 800 centres de secours ou camps de réfugiés.Beaucoup sont privés de toute certitude sur le sort de leurs enfants, certains ayant été enterrés dans des fosses communes sans que leurs familles soient averties.Ceux qui errent chaque jour sur les plages des régions d’Am-para et Batticaloa ne parlent à personne, explique N.Wijewic-krema, un responsable de la police de Batticaloa.«Ils restent une heure ou deux et ils s’en vont.Ils reviennent le lendemain», a-t-il raconté à Carol Bellamy.Dimanche, à Navalady, plusieurs personnes arpentaient lentement la plage, seules ou en couple.Parfois, certains s’agenouillaient pour vérifier qu’une pantoufle ou une chaussure échouée sur le sable n’était pas celle de leur enfant.«Je n’ai jamais vu une tragédie comme celle-là», commentait Carol Bellamy, contemplant ces parents qui survivent dans l’attente d’un miracle.«Us ne veulent pas accepter la mort de leurs enfants.» 1.0 I O OUI BUC Tirage du 2004-12-31 1â 21 26 29 34 40 41 (4Z) 14 7 013 500 138 $ 000 $ Complémentaire: Ventes totales : Prochain gros lot E MONDE Un ministre évoque le report du scrutin L armée islamique menace de lancer des attaques aux Etats-Unis Élections irakiennes du 30 janvier REUTERS Soupçonné d’avoir placé une bombe sous un véhicule, cet Irakien implorait la clémence, hier.Bagdad — Le ministre irakien de la Défense Hazem Chaala-ne a évoqué hier un report des élections prévues le 30 janvier où la violence ne faiblit pas, tandis que l’Armée islamique en Irak a menacé de lancer des attaques sur le sol américaia M.Chaalane a affirmé hier au Caire que les élections générales prévues dans quatre semaines en Irak «pourraient être reportées si les sunnites s'engagent à y participer» mais les Etats-Unis ont réaffirmé dans l’après-midi s’en tenir à l’échéance prévue.«Nous croyons savoir que la commission électorale indépendante et le gouvernement intérimaire irakien restent d’avis que ces élections doivent se tenir le 30 janvier, et nous restons sur cette pose», a déclaré le département d’Etat Le principal parti sunnite irakien, le Parti islamique irakien, qui s'est retiré de la course électorale, a affirmé qu’il rejetterait la Constitution élaborée par l'Assemblée issue du scrutin.Témoignant du sentiment d’insécurité croissant à l’approche des élections, les douze membres de la Commission électorale à Baiji ont démissionné après avoir reçu des menaces de groupes armés, a indiqué un responsable de cet organisme indépendant Des groupes armés islamistes actifs en Irak, comme l’Armée d’Ansar Al-Sunna et l’Armée islamique en Irak, ont menacé de s’en prendre aux électeurs et aux bureaux de vote lors du scrutin.Une vague d’attentats meurtriers a fait hier au moins 30 tués, dont trois civils britannique.L’un des attentats a eu lieu près du siège du parti du premier ministre irakien à Bagdad.Un deuxième attentat s'est produit à l’ouest de la «zone verte», quartier ultrarsécurisé du centre de Bagdad, a indiqué l’armée améri- caine sans être en mesure d’indiquer dans l’immédiat s’il y avait eu des victimes.Vingt et un gardes nationaux irakiens, ainsi que deux policiers et deux civils, ont été tués dans une série d’attaques en Irak, dont deux attentats suicide au nord de Bagdad, selon l’armée américaine et la police irakienne.In veille, plus de 40 personnes ont péri dans des attaques survenues au sud, au nord et dans la capitale.Dix-huit gardes nationaux ont été notamment tués dans une attaque suicide près de Balad, revendiquée au nom du groupe d'Abou Moussab al-Zar-qaoui, l’ennemi numéro un des Américains en Irak.Tôt hier matin, quatre personnes ont été tuées, dont deux policiers, et 24 blessées dans un attentat suicide à la voiture piégée près du siège du parti d’Iyad AJlaoui, le Mouvement de l’entente nationale.Le kamikaze a péri dans l’attaquev lancée près de la «zone verte».A Balad, à 70 km au nord de Bagdad, un kamikaze a fait exploser sa voiture à un barrage de la Garde nationale à proximité d’une base américaine, tuant quatre d'entre eux et en blessant 14, a indiqué l’armée américaine.Dans une autre attaque, à la bombe artisanale, cinq gardes nationaux et deux civils ont été tués sur la route reliant Samarra à Dhoulouiya, plus au sud, selon la poljce A Doujaïl, à 40 km au nord de Bagdad, un kamikaze a attaqué à l’aide d'une voiture piégée un point de rassemblement de la Garde nationale, faisant sept tués et huit blessés parmi les soldats, selon une autre source policière.Un nouveau contingent de soldats américains est arrivé à Mos-soul hier pour renforcer la sécurité dans cette ville du nord de l’Irak secouée par la violence avant les élections générales.La rébellion irakienne peut compter sur plus de 200 000 combattants et sympathisants, a estimé hier un chef du renseignement irakien.Ce nombre est supérieur aux estimations de l’année américaine en Irak, qui essaie de réduire la rébellion depuis le renversement de Saddam Hussein en avril 2003.Au total, 150 000 soldats américains sont déployés dans le pays.L’Armée islamique en Irak, l’un des principaux groupes armés combattant les forces américaines, a menacé de «porter la bataille» sur le sol américain en 2005, dans un communiqué mis en ligne sur un site islamiste et dont l’authenticité ne pouvait pas être inunédiatement vérifiée.Agence France-Presse REUTERS Shirley Chisholm en 1972 ¦ LTÏl Mort de Shirley Chisholm New York — Shirley Chisholm, la première Noire élue au Congrès ries Etats-Unis, est morte samedi dernier à l'âge de 80 ans, a-t-on appris hier de sources parlementaires.les circonstances de son décès n'ont pas été rendues publiques, mais un de ses ;mciens collaborateurs a déclaré' au New York Times quelle avait subi plusieurs at-taques cérébrales ces derniers temps.Cette militante de la cause féministe avait accompli sept mandats de représentante d’une circonscription déshéritée de Brooklyn, à New York.En 1972, elle avait également disputé les primaires du Parti démocrate.«C’était une grande pionnière, pas seulement pour les Afro-Américains, mais aussi pour les femmes», a salué Al Sharpton, avocat des droits civiques et candidat malheureux à l’investiture démocrate l’année dernière.«Sans elle, je ne.pense pas que Condoleez-za Rice aurait jamais existé», a-t-il ajouté.Elle s’était retirée du Congrès en 1982.- Reuters EN BREF Cuba renoue avec TUE La Havane — Les autorités cubaines ont rétabli hier des contacts officiels avec huit pays membres de l'Union européenne après près de deux ans de crise.Le ministre cubain des Affaires étrangères, Felipe Perez Roque, a annoncé que La Havane reprenait ses contacts avec les ambassades de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, d’Italie, d’Autriche, de Grèce, du Portugal et du Suède.Cette décision fait suite aux recommandations d’un groupe de travail de l’Union européenne sur l’Amérique latine qui a conseillé le mois dernier aux Vingt-Cinq de mettre fin à leur pli-tique d’invitations de dissidents cubains aux manifestations organisées dans leurs ambassades à La Havane.Les représentations diplomatiques européennes à Cuba avaient entrepris cette politique l’an dernier pur protester contre l’arrestation de 75 dissidents cubains en mars 2003.En guise de représailles, le gouvernement cubain avait rompu toutes ses communications avec les diplomates européens.En normalisant les relations de Cuba avec l’UE, Fidel Castro a encouragé les partisans d’un assouplissement des sanctions et pa-.rié sur leur capacité à vaincre, fin jpvier, les résisr tances des pays hostiles à une reprise du dialogue avec son régime, estiment les analystes.- Reuters, AFP Le chef du GIA arrêté Alger — Le chef du Groupe islamique armé, deuxième mouvement rebelle islamiste d’Algérie, a été arrêté, a annoncé hier le ministère de l’Intérieur dans un communiqué repris par l’agence APS.L'arrestation de Nourredine Boudiafi, chef du GIA est un nouveau coup porté à la rébellion islamiste, six mois après la mort de Nabi! Sahraoui, chef du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), premier mouvement islamiste du pays, lié à al Qaïda.Le mimstère n’a pas précisé la date de l’arrestation de Boudiafi, se contentant de dire qu’elle est intervenue dans le cadre d’une opération qui a débuté le 5 novembre à Bab Ez-zouar, à la périphérie d’Alger.Les autorités ont démantelé plusieurs réseaux de soutien au GIA près de la capitale.11 y a quelques années encore, le GIA était le premier mouvement rebelle d’Algérie et il était connu pour ses attentats meurtriers contre les forces de sécurité et contre des civils au phis fort de rinsurrection islamiste, au milieu des années 1990.Il a été depuis miné par la dissidence et il n’a revendiqué aucun attentat ces dernières années.- Reuters L’Argentine en deuil Buenos Aires — LArgentine enterre les victimes de l’incendie de la discothèque Republica Cromagnon, alors qu’enfle la polémique sur les responsabilités du drame et que le bilan s’alourdit atteignant désormais 183 morts.Le fait divers le phis tragique de l’Argentine moderne a coûté la vie à une nouvelle victime, une fillette de onze ans, a indiqué le directeur des services médicaux d’urgence de la ville Julio Salinas.266 patients étaient toujours hospitalisés, dont 139 dans des unités de soins intensife.Quatre jours apres le drame, les familles peuvent enfin faire leur deuil, après les tensions des jours précédents, l'insupportable attente de la communication du nom des morts et des blessés, la longue attente devant les morgues.Elles avaient dû patienter des heures durant pour que leur soient restituées les dépouilles de leurs proches, l’enquête exigeant que chaque cadavre soit autopsié.Selon le quotidien Clarin, qui place l'information en une, ce serait un enfant de moins de dix ans qui, juché sur les épaules d’un adulte, aurait tiré le feu d'artifice qui a embrasé le faux plafond de la discothèque.-AFP Après des mois de crises Remaniements à l’ONU New York — Le secrétaire général de l’ONU Kofi Annan a annoncé hier, au terme de mois de crises et de scandales au sein de l’organisation internationale, la nomination d’un nouveau chef de cabinet et des remaniements à venir au sein de son administration.M.Annan a désigné Mark Malloch Brown à la tête de son cabinet, en remplacement d'Iqbal Riza, son bras droit de longue date, dont la démission avait été rendue publique avant Noël.«J’ai l’intention de procéder à d’autres changements», a indiqué M.Annan hier lors d’un point de presse au siège de l’ONU.«C’est le premier d’une série de changements.» «Mark est un dirigeant immensément capable», a-t-il ajouté, aux côtés de M.Malloch Brown, qui dirige depuis 1999 le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et cumulera ces deux fonctions, le temps au moins de mener à bien l’immense opération de secours aux victimes des raz de marée en Asie.M.Riza était considéré comme un des personnages les plus puissants du système onusien.Le Pakistanais avait été nommé adjoint de M.Annan en 1994, lorsque ce dernier était responsable des opérations de maintien de la paix, et fut, à ce titre, l’un des responsables pointés du doigt pour l’échec de l’ONU à empêcher le génocide rwandais.Depuis MIKE SEGAR REUTERS Kofi Annan, hier à l’ONU.U, ¦¦¦ quelques mois, les Nations unies sont également secouées par des accusa- tions de corruption autour de leur programme en Irak «pétrole contre nourriture», et par le mécontentement d'une part de leur personnel face au maintien de responsables mis en cause dans différentes affaires.«Le moral du personnel n’est pas au plus haut en ce moment», a admis M.Malloch Brown hier, évoquant «un moment difficile» pour l’ONU.Le Britannique, qui devrait prendre ses nouvelles fonctions le 19 janvier, n’a pas caché qu’une de ses missions, confiée par M.Annan, allait être de revoir les relations de l’Onu avec les médias.Hier, le New York Times a révélé qu’une réunion secrète avait rassemblé en décembre plusieurs experts américains au domicile de l’ex-ambassadeur à l’ONU Richard Holbrooke, pour «sauver Kofi et venir au secours de l’ONU».Parmi les thèmes abordés, selon le quotidien, les changements à la direction générale de l’Organisation des nations unies et la restauration de bonnes relations avec Washington.Lors de sa traditionnelle conférence de presse de fin d’année, Kofi Annan avait, le 21 décembre, évoqué une «an-nus horribilis», admettant que le scandale «pétrole contre nourriture», dans lequel le nom de son propre fils a circulé, avait jeté une ombre sur l’organisation.Agence France-Presse Commissariat péruvien investi par un groupe de rebelles ultra-nationalistes Couvre-feu à Andahuaylas Lima — Les autorités péruviennes ont instauré hier un couvre-feu dans la ville d’Andahuaylas (400 km au sud-est de Lima, la capitale) afin de reprendre le contrôle du commissariat qui a été investi par un groupe de rebelles ultra-nationalistes dans la nuit du Nouvel An.Selon le communiqué de la police publié hier, le couvre-feu est instauré dans la ville d'Andahuaylas (30 000 habitants) pour une durée de douze heures.Le communiqué ajoute que le droit de réunion est suspendu en vertu de l’état d’urgence décrété dimanche par le président Alejandro Toledo pour permettre l’intervention des forces armées.Le groupe ultra-nationaliste Etnoca-ceriste, qui retient dix policiers en otage, exige la démission du président péruvien.Une fusillade a déjà fait samedi REUTERS .4UK Antaura Humala, chef du groupe ultra nationaliste Etnocaceriste, avec un de ses militants blessés quatre morts dans les rangs de la police.Les soldats péruviens et les poli- ciers encerclaient hier en fin d’après-midi le commissariat, patrouillant dans les rues de la ville andine et fouillant les maisons proches du commissariat à la recherche de francs-tireurs.Une centaine de jeunes continuent à soutenir ouvertement les ex-réservistes rebelles ce qui gène l’action des force de l’ordre, a indiqué la chaîne de télévision TPN.D’autre part un représentant du Défenseur du peuple (médiateur) et un prêtre catholique mènent encore des négociations avec le dirigeant rebelle Antauro Humala qui s’est emparé dans la nuit du Nouvel An du commissariat à Andahuaylas, a indiqué le bureau du Défenseur du peuple.De son côté le chef du groupe ultranationaliste Antauro Humala a déclaré qu’un membre de son groupe «etnocaceriste» avait été tué hier dans une fusillade avec la police.Agence France-Presse Ce soir 19 h FAUT PAS RÊVER mé4 Périple en Australie Dépaysante traversée de ce continent truffé de paysages et de personnages insolites.21 h DES TRAINS PAS COMME LES AUTRES Odyssée en Grèce De Delphes aux Météores, un voyage à travers des lieux chargés d'histoire.TV5 À VOUS LE MONDE WWW.TV5.CA A LE DEVOIR, LE MARDI I JANVIER 2005 A « D I T 0 R I A L Eaux troubles Parce que la perspective d’une nouvelle campagne électorale donne des sueurs froides à tout le monde, le gouvernement minoritaire de Paul Martin survivra aux premiers mois de 2005.Mais cela n’empêchera ni les vagues ni les éclabous- | sures de l’atteindre.Et la houle promet d’être forte dès janvier.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE J Josée Boileau udy Sgro, ministre fédérale de la Citoyenneté et de l’Immigration, a dû apprécier son congé des fêtes: pour une fois, elle n’était pas sur la sellette — houspillée par l’opposition, ridiculisée par les commentateurs, condamnée en sous-main par des députés de son propre parti qui n’aspirent qu’à la remplacer.Mais le répit ne sera que de brève durée puis-qu’en janvier le tout premier commissaire à l’éthique du Canada, Bernard Shapiro, devrait faire rapport sur son cas.Et M.Shapiro — par rigueur personnelle, parce que c’est son premier dossier d’envergure ou parce que l’actualité l’a exigé — a pris sa tâche au sérieux.Deux avocats ont été embauchés pour l’aider, plus de trente employés du ministère et une dizaine de membres du personnel politique ont été assignés à témoigner; et le commissaire a élargi le mandat qui lui avait été confié en novembre.C’est qu’il n’est plus seulement question d’une , » danseuse «exotique» qui, en échange de son bon L r.travail pour Mme Sgro pendant la campagne * électorale, s’est vu accorder un permis de séjour en court-circuitant les procédures habituelles d’immigration.De la mi-novembre jusqu’à la veille de Noël, on aura aussi appris que le bureau du premier ministre était au courant de l’histoire depuis la fin août; que tant la ministre que son chef de cabinet sont soupçonnés d’autres pratiques de favoritisme; que l’entourage de la ministre aurait menacé l’opposition de représailles dans des dossiers d’immigration; et, surtout, que le Canada soutient depuis des années un programme favorisant la venue de strip-teaseuses étrangères.M.Shapiro, en raison de ses fonctions, se concentrera sur les conflits d’intérêts et les menaces allégués au dossier.Mais cette première enquête est pour lui un test, celui de sa crédibilité—celle qu’il aura aux yeux du public et celle que lui accordera le premier ministre.Depuis des semaines, des tas de gens ont réclamé la tête de la ministre Sgro et M.Martin n’a pas cédé.D n’aurait semble-t-il, pas plus envie qu’un commissaire à l’éthique lui dicte sa conduite.De son côté, M.Shapiro, qui jouit d’un impressionnant passé professionnel, notamment comme principal de McGill, et dans la fonction publique, n’a sans doute pas envie de passer pour un poltron dans l’opinion publique.Le défi existe d’autant plus que, dorénavant les électeurs ont un point de comparaison: le juge John Gomery, l’homme qui ne craint pas de retourner toutes les pierres politiques.Bien sûr, M.Shapiro n’a ni ses moyens ni ses pouvoirs, mais le ministère de l’Immigration est un tel nid d’inepties — partisanerie dans la nomination des commissaires, incohérences dans les décisions de ceux-ci et absence de tribunal d’appel, condamnations pour pots-devin et autres illégalités, gravissimes cas humanitaires dont les ministres ne tiennent pas compte, etc.— qu’on aurait envie que son rapport soit l’occasion de brasser la cage.Au-delà des conflits d’intérêts à trancher, il faudrait en fait que ce premier pas mène à une enquête plus imposante.Ne serait-ce que pour comprendre comment des ministres libéraux — de Pierre Pettigrew à Judy Sgro — ont pu, pendant des années, cautionner le trafic sexuel des femmes (ce qu’est exactement l’importation de «danseuses exotiques») en dépit des avertissements de leurs fonctionnaires qui, à coup de notes de service, les informaient des liens entre les clubs de strip-tease et le crime organisé, et de l’exploitation sexuelle à laquelle ces jeunes femmes sont soumises.Quel politicien osera alors nous dire, la main sur le cœur, qu’il ne savait pas?Bien sûr, les libéraux affirment aujourd’hui qu’ils cherchaient à éliminer ce programme depuis cet été.Voire! Ils l’ont retiré en décembre parce que la pression était devenue trop forte à la suite des révélations de l’opposition et des médias.Nouvelle preuve que, pour bien des politiciens, les principes n’ont que le poids de leur électorat D’ailleurs, la commission Gomery sur le scandale des commandites devrait nous en donner un autre lumineux exemple lorsqu’elle reprendra ses travaux en janvier.Comme le révélait Le Devoir la semaine dernière, tout ce qui fut ministre entre 1996 et 2002 y défilera — certains témoignant en public, d’autres non, mais tous devant se dépêtrer devant les faits troublants que la commission a mis au jour cet automne et les questions directes d’un juge que rien jusqu’à maintenant n’a ébranlé.Difficile, dans un tel contexte, de plaider l’ignorance, comme ces ministres l’ont tous fait dans le passé.Se rabattront-ils alors sur l’incompétence?Ou simplement les failles de l’intégrité?.Voilà le genre de dilemme dont un gouvernement minoritaire rêverait sûrement de se passer! jboileauCàïledevoir.ca nn autre grand moment & îuTfuKi Ctwt ii fAtdSC AufffTf/ tArf u* K Ail Prto, A Vm (shi&Sht Rêveurs impuissants Dans l’édition du samedi et du dimanche du Devoir des 18 et 19 décembre dernier, Gil Cour-temanche nous fait part de sa fatigue au sujet du débat qui polarise depuis des décennies les Québécois entre tenants de l’option souverainiste et tenants de l’option fédéraliste.Souverainiste moi-même, je ne cacherai pas que cette fatigue, je la ressens autant que lui.Ce qui ne veut pas dire que, comme lui, je crois — avec une singulière naïveté — qu’il soit possible ni même souhaitable de passer maintenant à autre chose, dans la mesure où la question n’a pas encore été réglée.Vouloir passer à autre chose chez les Français épuisés en 1917, ç’aurait signifié capituler devant l’ennemi; de même, vouloir passer à autre chose en 2004 au Québec, parce que nous serions fatigués, cela ne signifierait rien d’autre que d’accepter la logique fédéraliste, avec toutes les limitations en vue d’éventuels autres projets que cela comporte.En effet, d’un strict point de vue technique, il faut bien reconnaître qu’un parti de gauche qui se ferait élire au Québec en négligeant la question nationale non réglée (car c’est de cela, si j’ai bien compris, que M.Courtemanche rêve) constaterait bien vite son émasculation dans le cadre provincial et l’impossibilité virtuelle d’appliquer aucune de ses grandes politiques.L’argent, de même que les compétences importantes, se retrouvent aujourd’hui, ou se retrouveront dans quelques années, entièrement à Ottawa — où le Québec, faut-il le rappeler, a de moins en moins de pouvoir et où, c’est une réalité, les politiques établies tendent à être toujours plus à droite que celles établies à Québec (c’est ce qu’un Gil Courtemanche, occupé à gloser sur des réalités toujours internationales, ne semble pas voir).Ah! puissé-je, en tant que souverainiste conservateur, avoir la chance d’argumenter parfois avec des tenants de la gauche radicale un peu plus pragmatiques, capables d’aller un peu au-delà de leurs grands principes pour nous dire comment, dans les faits, ils comptent parvenir à leurs fins! Jean-François Cloutier .Montréal LETTRES -?- Hausse considérable En janvier 2004, la carte mensuelle (TRAM) de la zone 2 est passée de 65 $ à 73.50 $.C’était la stupéfaction d’une hausse aussi considérable.Tout au long de l’année qui a suivi, nous nous attendions à ce qu’il y ait plus de trains (surtout entre 7h30 et 8h30), mais en vain.On s’attendait à ce qu’il y ait plus de stationnements incitatifs, mais, encore là, il y a rien eu.On essaie de chercher toutes les améliorations qu’il y a eu au service afin de comprendre la raison d’augmenter une carte de 8.50 $ d’un seul coup, mais on n’a pas réussi à en trouver à part les nouvelles bandes antifraude sur les cartes! Donc, pas d’investissements notables du service rendu au public.Cela dit, 12 mois vont bientôt passer et on nous apprend dans le mois de novembre que la carte mensuelle va encore augmenter, passant de 73,50 $ à 78 $ pour janvier 2005.Encore une augmentation qui dépasse largement l’indice du coût de la vie qui se situe autour de 2 % si ma mémoire est bonne.Donc, en résumé plus de 18,5 % (13 $) d’augmentation en 12 mois! Une de vos justifications était l’augmentation du coût de l’exploitation des trains de banlieue due au coût de l’essence.Le seul problème est que la ligne de Deux Montagnes fonctionne à l’électricité, alors cela ne s’applique pas à cette ligne.Par contre, vous gérez un réseau collectif ce qui justifie selon vous l’augmentation.Une question se pose alors: allez vous réduire le prix de la carte mensuelle si le pétrole chute aux pompes?On connaît déjà la réponse à celle-là.Alors, soyons constructif.Que prévoit faire l’AMT pour justifier une telle hausse?Quels sont vos plans d’action?On a besoin de nous convaincre qu’on en a pour notre argent! D’un côté, on vante les mérites des transports en commun (désengorger les routes, moins de pollution, etc.), mais, de l’autre côté, on nous augmente de façon ridicule et malhonnête un service qui est essen- tiel et qui devrait être peu coûteux.Un non-sens! Celui qui a compris tout ça, c’est l’actuel recteur de l’Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Bouchard qui a négocié une entente de façon originale avec les transports en commun de Sherbrooke pour offrir l’accès gratuit aux étudiants.Ça, c’est du concret! L’hypocrisie et l’arrogance de l’AMT à l’égard de ses usagers risque de les rattraper, surtout si on nous augmente sans cesse de cette façon sans rien donner en retour.Philippe Maalouf 21 décembre 2004 Un compromis de société Voici un compromis social raisonnable en matière d’union homosexuelle.Le Parlement fédéral légifère à ce sujet en prévoyant des règles qui répondent aux caractéristiques essentielles de l’institution du mariage, n appelle cette union «union homosexuelle», quitte à utiliser si nécessaire la clause «nonobstant».Le Parlement a compétence sur l’institution du mariage.Il pourrait, s’il le désirait, l’appeler désormais «union hétérosexuelle».Ainsi, que le Parlement appelle «union homosexuelle» ce qui constitue effectivement une telle union.Le Parlement a la compétence d’agir ainsi.Dans sa récente décision, la Cour suprême a écrit «L’union civile ne constitue pas tout à fait un mariage et est donc régie par la province [de Québec].» Il en est ainsi, car le régime d’union civile ne répond pas aux critères essentiels de la notion de mariage.L’union homosexuelle est foncièrement distincte de l’union hétérosexuelle par ea nature même et en général, par sa valeur sociale.Il est raisonnable que la loi ne leur donne pas la même appellation.Dans presque tous les pays au monde, ces unions ne sont pas régies d’une façon absolument identique.Michel FUion Avocat et auteur du Dictionnaire du Code civil du Québec Saint-Nicolas, Le 18 décembre 2004 LIBRE OPINION -+- Quand l’islam fait peur SIMON LATENDRESSE Montréal Je n’ai ni surprise ni déception devant la réaction que je lis dans les journaux au sujet des conclusions de Marion Boyd sur l’instauration d’un système d’arbitrage basé sur la charia.Je ne m'attendais pas à ce qu’on applaudisse, et je reste moi-même perplexe devant cette décision.Mais cela me dérange de voir l’opposition brandir l'argument de la laïcité, et encore bien davantage celui du «progrès» jusqu’à plus soif, sans jamais en remettre en question les bases.J’ai bien des réserves sur les véritables vertus universalistes qu’aurait l’instauration d’un tribunal familial islamique.A mon avis, l'argument du dialogue interculturel est bien fallacieux, du moins dans le principe de justices distinctes.Il ne s’agit là en aucun cas d’un dialogue, mais bien d’un «chacun pour soi».Porté à outrance, le «multiculturalisme» devient un communautarisme.Je sais aussi, à côtoyer régulièrement les milieux musulmans de Montréal, qu’il existe de ces imams réactionnaires à qui je ne souhaiterais pas confier une cause de violence conjugale., mais aussi que la rhétorique sur l’islamisme militant est complètement fallacieuse.Un tel militantisme n'a pas, au Québec, d’emprise sur le processus politique, pas phis que judkiaire, et l’instauration d'une instance d'arbitrage familial ne donnerait pas à un tel mouvement davantage de signification sur la scène publique.De plus, la connotation que l’on donne aux épithètes «modéré» et «extrémiste» est tout à fait obscure et cache un double discours qui fait de la «modération» une position intenable, se contentant de l’impuissance politique et du rejet de tout signe extérieur ou de la pratique comme telle de la fol [.] Le concept de laïcité est employé à toutes les sauces, mais n'est jamais remis en question ni redéfini en tant que tel.Même lors du grand débat français, on n’a jamais osé remettre en question sa compréhension actuelle.Or ce devrait être le premier pas dans ce genre de processus social et légal.Parce que, justement la laïcité n’est pas qu’un argument mais tout le concept au centre de la question.Il faut savoir ce qu’elle signifie, où et comment elle peut s'appliquer, pour le réel bénéfice de tous.Ici-même, au sujet de l'instauration de tribunaux islamiques, question sur laquelle je me suis moi-même penché lors d’ime série d'article dans l’hebdomadaire indépendant The Unk (éditions du 30 mars et du 6 avril 2004), ce débat n’a pas eu lieu.Mis à part une couverture ponctueDe à quelques reprises dans l'année, la discussion publique n'est jamais advenue.Et chaque fois, on nous a donné les mêmes arguments des deux côtés: de l’un, l’indigeste fourre-tout du multiculturalisme, de l’autre, «la pauvre, pauvre femme musulmane».La question n’est pas qu’il n’y ait pas de justes raisons de s’inquiéter de ce que les femmes musulmanes soient respectées, mais plutôt qu'elles ne servent que comme argument contre cette chose qui fait viscéralement peur l'islam.L’exception juive J'ai déjà posé la question et je la repose: pourquoi, si le sort des femmes — de toutes les femmes — tient tant à cœur, ne remet-on pas en question l’étemelle exception juive?Si l’idée de créer une «exception» musulmane nous paraît un tel danger de communautarisme et de perte de contrôle, pourquoi ne pas orienter notre réflexion sur les précédents auxquels remonte le présent débat* * L’existence d’arbitrage rabbinique en matière de famille a été mentionné, U me semble, avec une extrême économie.On a voulu sans doute montrer sa «bonne foi» en en prenant connaissance, mais on s’est prudemment gardé de l’examiner en détail ou de le remettre en question.[.] De plus, comme les communautés juives orthodoxes vivent sensiblement (et volontairement) plus isolées du reste de la société que les minorités musulmanes, il est possible de croire que s’applique la loi du «si on ne le voit pas, ça ne dérange personne».Et ça c'est d’autant phis préoccupant Aurait-on laissé la femme juive dans l'ombre, s‘est-on inquiété de son sort?Aussi, serait-il naïf de croire qu’en matière de violence conjugale ou de divorce une femme musulmane issue d’un milieu conservateur, défavorisée de surcroît aura plus de chance de présenter son cas devant les tribunaux civils qu’en permettant l’intermédiaire d’un arbitrage religieux.De plus, l’officialisation d'une telle démarche permet de le baliser, de le normaliser et de s’assurer de la préséance du droit sur la tradition patriarcale, qu’eDe soit musulmane ou juive.Un consensus à élaborer Tariq Ramadan avait à ce sujet bien expliqué les processus en cours dans le dialogue entre les musulmans et les occidentaux : «Comment faire évoluer les mentalités?Condamner les sources scripturaires et ne plus être entendu par le monde musulman?Imposer une opinion dite moderne en étant dans les faits perçu comme un 'occidentalisé'’ ou, pire, un agent dévoyé à la cause de Ten-nemi"?Être entendu de l’Occident en ayant perdu l’écoute du numde islamique ?[.] «La seule voie envisageable est celle qui consiste à engager le débat de l 'intérieur en s appuyant sur un premier consensus parmi les musulmans [.] Est-ce à dire que les intellectuels en Occident en général et les non-musulmans en particulier n’ont pas de rôle à jouer dans ce processus ?Bien au contraire, mais il est clair que leur impact dé- pendra grandement de leur attitude.S’ils s’arrêtent aux symboles, aux apparences et aux slogans, en donnant l’impression que pour eux la seule évolution positive pour le monde islamique et les musulmans occidentaux est de se plier au modèle dominant et de nier leurs références, il est clair qu’ils ne seront ni entendus ni suivis et que la facture est inévitable.» (Tariq Ramadan, 29 avril 2004, Centre des médias alternatifs du Québec.) En fait ce que l'on aurait dû avoir, c’est un véritable débat public et l’élaboration d’un consensus véritable, par écrit pour concilier les principes familiaux évoqués dans la charia avec les principes fondamentaux du droit canadiea [.] J'ai malheureusement la très forte impression que l’imaginaire collectif a préséance sur une quelconque préoccupation pour les femmes ou pour la préséance du droit sur la religion.Le portrait caricatural et invariable du musulman comme violent insensible et intéressé que l’on présente dans les médias pour dénoncer le rapport Boyd ne fait que confirmer mon doute.Les préjugés voulant que des gens souhaitant fonctionner seton des principes religieux auxquels Ds sont attachés soient nécessairement rétrogrades et doivent être remis à leur place n’a rien d’une volonté laïque d’égalité.C'est un désir de conformisme, doublé d'une attitude violente de rejet [.] Les assertions voulant que de telles instances religieuses n’aient pas leur place «au XXI' siècle» me laissent tout autant perplexe.Le sentiment hégémonique de l’Ocddent est-il à ce point persistant et fort que l’on se soit approprié le siècle?Je crois au contraire que ce siècle sera celui des remises en question et des redéfinitions de concepts élaborés au siècle précédent et que nous devrons revoir à la lumière de l’actualité.Nous ne pouvons nous contenter de vulgaires lieux communs dans l'élaboration d’une discussion collective LE DEVOIR.LE MARDI 4 JANVIER 2 0 0 5 A 7 DEES Comparaison entre Le Devoir et Le Monde Une illustration de la norme réelle du français québécois JACQUES GRENIKK I.K DEVOIR Sous peine de disparaître, les journaux et périodiques doivent accomplir leur mission de communiquer adéquatement l’information recherchée, et ce, dans une 1an)(ue qui se rapproche le plus possible de celle qui est valorisée par leur lectorat.MARI E - É VA DE VILLERS Auteure du Multidictionnaire de la langue française et directrice de la qualité de la communication à l’Ecole des HEC de Montréal Premier de deux textes a définition de la norme linguistique québécoise est encore inachevée.Deux thèses principales s'affrontent — parfois assez violemment.Les tenants d’une norme unique pour l’ensemble des francophones s’opposent à ceux qui reconnaissent une norme du français propre au Québec et souhaitent qu’elle soit décrite.Pour apporter un éclairage nouveau et documenté, j’ai étudié l’une des utilisations publiques et contemporaines de la langue française au Québec, soit celle de la presse écrite.Plus précisément, j’ai analysé tous les articles publiés en 1997 dans Le Devoir afin d’en extraire l'ensemble des mots employés et pour former en quelque sorte le dictionnaire du Devoir.J’ai fait de même pour les articles qui ont paru dans le quotidien français Le Monde au cours de la même période de référence en vue d’établir le dictionnaire du Monde.La mise en parallèle des deux nomenclatures a permis de déterminer à la fois les mots qui appartiennent au tronc commun des francophones et ceux qui sont spécifiques du français du Québec.Cette étude comparative a mis en évidence les québécismes nécessaires à l’écriture d’un quotidien québécois aujourd’hui.Des millions d’occurrences L’ensemble des articles publiés par Le Devoir au cours de l’année 1997 totalise près de 13 millions d’occurrences (mots répétés ou non), alors que les articles du Monde de la même période en comptent 24 millions.Si l’on élimine les répétitions et si l’on ramène tous les mots variables à la forme du dictionnaire fles verbes à l’infinitif et les noms et adjectifs au singulier), on obtient un peu plus de 25 000 mots dans l’un et l’autre quotidien.Si le choix a porté sur un ensemble dénoncés réels de la presse écrite, c’est parce que ces textes représentent bien le modèle que décrit le linguiste Jean-Claude Corbeil lorsqu’il fait état du principe de la régulation linguistique.Ce phénomène, qui s’exerce au sein de la communauté, suppose qu’un consensus s’établisse sur le modèle à suivre, un modèle illustré à l’oral par les locuteurs prestigieux, à l’écrit par la littérature, mais aussi et peut-être surtout par les journaux.Les textes des journaux et périodiques ont également le double mérite d’être parfaitement circonscrits dans le temps et dans l’espace.Ainsi est-il possible de réunir des corpus complets contemporains, de provenances diverses (du Québec et de France), présentant une unité de lieu (une aire de publication), une unité de temps (une même année de référence, 1997) et une unité d’action (un seul contrat de communication : dire l’actualité à un lectorat défini présentant des caractéristiques sociodémographiques semblables).La définition de la norme suppose la prise en compte des facteurs de variation dans le temps, l’espace et la structure sociale.La langue de la presse écrite constitue l’expression vivante et, par définition, ancrée dans l’actualité d’une partie des usages linguistiques de la communauté à laquelle les titres de presse sont destinés.S’üs sont le reflet de la société à laquelle ils s’adres- sent, les journaux sont aussi des messagers d’avant-garde; ils concourent à propager et à légitimer de nouveaux usages.Les journalistes ne sont pas seulement des amplificateurs de l’usage, ils jouent un rôle exemplaire et servent de modèles, qu’ils le veuillent ou non.A leur tour, les auteurs des titres de presse subissent l’influence de leurs lecteurs.Cette rétroaction est réelle; elle s'exprime directement, dans les interventions nombreuses des publics de la presse écrite et électronique, et indirectement, par les tirages et les cotes d’écoute.En effet, les lecteurs, les auditeurs et les téléspectateurs québécois ne se privent aucunement de donner leur avis linguistique et communiquent fréquemment avec les médias pour dénoncer des usages qu’ils jugent fautifs, surtout des emprunts à l’anglais.Effectivement, sous peine de disparaître, les journaux et périodiques doivent accomplir leur mission de communiquer adéquatement l'information recherchée, et ce, dans une langue qui se rapproche le plus possible de celle qui est valorisée par leur lectorat La presse écrite est soumise constamment à un impératif de satisfaction des besoins du consommateur d’information ; c’est la loi du marché.[.] Un tronc commun très important La comparaison révèle d’abord que le recoupement des dictionnaires du Devoir et du Monde, le tronc commun en quelque sorte, est très important; il représente en effet 77 % des 25 000 mots de l’un et l’autre corpus et réunit les mots partagés par les fran- cophones de part et d'autre de l’Atlantique dans une situation de communication similaire.Ce tronc commun est déjà vaste, mais il y aurait lieu de considérer également dans ce calcul : ¦ le nombre élevé de formes créées pour la circonstance, que l’on pourrait qualifier de fortuites ou accidentelles; ¦ le nombre appréciable de mots suffixés à partir d’un topxmyme (par exemple, montréalais, albertain, lavallois, gaspésien) ou d’un patronyme (par exemple, jospinien, jospination, jospiniste, juppéiste) qui appartiennent en propre au quotidien québécois ou au quotidien français; ¦ les termes spécialisés ou savants du français standard qui figurent dans le Grand Robert de la langue française, mais non employés par les journalistes de l’un ou de l’autre journal en raison des thèmes abordés et de l’actualité décrite, selon le choix aléatoire des auteurs de ces titres de presse (par exemple, ethnicité, filmographie, impartition, phylactère dans Le Devoir ou apocryphe, arasement, azuréen, capillarité dans Le Monde).Si l’on excluait ces mots spécifiques des quotidiens québécois et français, le tronc commun lexical des articles publiés par Le Devoir et Le Monde en 1997 pourrait s’avérer encore plus important : le recoupement est minimalement de 77 %, mais, dans les faits, il pourrait s’élever à plus de 85 %.Demain: Les mots et expressions propres au Devoir Et si on se concentrait sur ANDRÉ LAROCQUE Professeur associé à l’École nationale d’administration publique et ancien sous-ministre à la Réforme des institutions démocratiques (1977-85, 2002-03) — u Royaume-Uni, la loi électorale ne s’ap- A pelle pas The Election Ad mais The Representation of the People's Act.Le but d’un mode de scrutin est d’assurer la représentation des citoyens conformément à leur i* 1- volonté.Au Québec, la tradition est de voir les élections comme un objectif en soi, en perdant de vue qu’elles ne sont qu’un processus technique pour enregistrer la volonté populaire.Pas facile de savoir ce que le peuple veut quand, depuis toujours, les partis politiques ont pris sur eux de décider qu’il ne voulait que deux ou trois partis, qu’il voulait un gouvernement à majorité artificiellement soufflée, qu’il tenait mordicus à une relation électeur/élu que pourtant toutes les études et tous les sondages indiquent comme presque inexistante.Ce ne sera pas beaucoup plus facile aujourd'hui de savoir ce que le peuple veut si les organismes et les partis prennent sur eux de décider pour le peuple qu’il veut une multiplication des partis à l’Assemblée, qu’il veut exactement autant de femmes que d’hommes comme députés, qu’il veut établir un quota d’élus à partir des communautés ethnoculturelles, etc.Et si on se concentrait sur l’essentiel?S on cherchait un système qui enregistre la volonté populaire le phis fidèlement possible?On finirait peut-être par savoir ce que le peuple veut sans que ses objectifs lui soient dictés par les partis traditionnels ou les nouveaux Le projet actuel du gouvernement du Québec constitue, dans notre histoire, le premier pas parlementaire important en cette direction.Il s’agit d’un avant-projet de loi, ce qui donnera à la Commission parlementaire un maximum de latitude pour y inté- La réforme du mode de scrutin grer ce qu’apporteront les consultations populaires.Espérons maintenant que la consultation sera authentiquement populaire et non pas dominée ni par les experts, ni par les intérêts particuliers de partis ou d’organismes.Analyse douteuse En ce sens, la récente lettre au Devoir (22 décembre 2004) en provenance de l’Union des forces progressistes (UFP) rend un service douteux.Je sympathise avec Paul Cliche qui mène le combat de la réforme depuis toujours et à qui on doit beaucoup dans le fait qu’on se retrouve finalement devant une volonté gouvernementale.Mais a-t-on le droit de dire qu’une réforme qui a «pour effet de rétablir l’équité entre les trois partis actuels représentés à l’Assemblée nationale» constitue «pire qu’une innocente réforme cosmétique.tellement boiteux qu'il ne saurait même pas être considéré comme un premier pas valable vers une vraie proportionnelle» ! Que la réforme établit une représentation effectivement proportionnelle entre les trois partis sur lesquels se concentrent présentement plus de 90% du vote, ce n’est quand même pas sans conséquences très positives.Dire que le gouvernement n’agit qu’ «en concoctant un nouveau mode de scrutin fait sur mesure pour qu’il conserve le pouvoir», c’est carrément malhonnête quand on sait que le Parti libéral du Québec, comme le Parti québécois et l’Action démocratique du Québec, obtiendra une proportion de sièges très près de ce que lui auront accordée les électeurs.Les porte-parole de l’UFP soulèvent des considérations bien plus sérieuses quand ils réclament un double vote pour l’électeur ou encore un seuil qui fasse que le moins de votes possible soit gaspillé.Ce sont deux objectifs qui rejoignent directement la qualité du geste électoral posé par l’électeur.Voilà le véritable objectif à rechercher.Il se peut que les Québécois aspirent à l’entrée de nouveaux partis à l’Assemblée; il se peut qu’ils y l’essentiel?JACQUES GRENIER LE DEVOIR veuillent plus de femmes; il se pourrait qu’ils veuillent même y avoir plus de femmes que dhommes.Mais il n’appartient pas aux partis ni aux lobbies d’en décider: ça appartient aux électeurs.L’essentiel est de mettre d’abord la Commission parlementaire puis l’Assemblée nationale devant un projet de système électoral fait pour tous les électeurs, hommes et femmes, progressistes ou pas, gauche ou centre ou droite, souverainistes et fédéralistes.Par la suite, on verra bien quel sort la volonté populaire fera aux aspirations particulières des partis et des groupes.CHUM: illusion, inaction et résignation DENIS SOU U ÈRES MD, MSc.FRCPC Hématologue et oncologue médical Membre du Conseil d'administration 2000-2iX)2 CHUM ambition ne se raréfie pas au CHUM.Son désir d’être le phare de la médecine québécoise brille incontestablement comme le démontre le défilé de projets constamment plus ambitieux depuis 10 ans.De l’ajout d'un pavillon à l'Hôtel-Dieu, à la Cité du savoir, passant par la restauration des sites actuels et le WXX) St-Denis, le CHUM tangue vers un concept toujours plus gros, multi-fonctionnel, m;ds difficilement realisable.Rappelons quelques conditions: la place de l’Université de Montréal en santé, l'organisation des soins médicaux et le contexte financier québécois, de façon à exposer des incohérences démontrant It's bases mouvantes et inconsistantes du dossier CHUM.L’Université de Montréal tient le haut du pavé en formation médicale et para-médicale au Québec.Cette université et le CHUM sont responsables de certifier une prépondérance d’étudiants en médecine, sciences infirmières et autres professions de la santé.Au-delà de la formation, le CHUM constitue, qualitativement et quantitativement, un centre majeur en soins de santé, fi est donc étonnant de constater que le gouvernement fasse* ti de certaines évidences.Le Centre Universitaire de Santé McGill (CUSM) et le CHUM profiteront des mêmes investissements publies pour construire leurs hôpitaux.Le CI 11 IM produit pourtant davantage que le CUSM en enseignement et en soins.Dans certains domaines, le nombre de patients et de procédures inventoriées est du double au CHUM.Ne devrait-il pas recevoir un financement conséquent?On objectera des notions de particularité, de droit des minorités, etc.Cependant, cette décision défavorise indûment le CHUM, la population majoritairement francophone qu’il soigne et ses étudiants.L’historique de susceptibilité et de différence doit s’effacer pour laisser place au réalisme qu’impose l’organisation des soins et la démographie montréalaise.la* concept de regroupement des activités du CHUM est aussi expulsé par le gouvernement.Malgré l’avantage de trouver sous une enseigne toutes les composantes de la médecine pour assurer innovation, compétence et productivité, le gouvernement exige du CHUM et du CUSM qu’ils se divisent les activités médicales, et pas seulement les champs d’expertise.Oubliez la synergie, parlons séparation des biens.1a* CHUM pourrait n’être que 50 % d’une équipe médicale complète.Cette défaveur est accentuée par la gestion gouvernementale des effectifs médicaux empêchant le développement d’équipes expertes dans les hôpitaux universitaires.L’emplacement de cet hôpital est de première importance.Iaj CHUM ne pourra être strictement voué à l’enseignement et la recherche.Far ailleurs, sa valeur socio-sanitaire s'avérerait réduite en l’installant dans un territoire couvert par d’autres hôpitaux, comme dans le projet Oufremont.De plus, la décision gouvernementale de ne pas majorer le budget de fonctionnement du CHUM signifie que toute modification de mission sera caduque.Il y a déjà longtemps qu’il est difficile, voire impossible, de créer à partir du vide en santé.Le budget actuel, dévolu à de nouvelles fonctions, aura un impact sérieux sur la quantité et la qualité des soins de santé.Le CHUM doit aussi naître de l’invraisemblable volonté gouvernementale d’investir en santé.De fait, la «déviation» récente de transferts fédéraux en santé vers d’autres priorités est signifiante.Notons quelques faits: ¦ les dépenses per capita en santé au Québec sont les plus basses au Canada et les médecins spécialistes, œuvrant entre autre au CHUM, sont aussi les moins payés ¦ le budget consacré à combattre la vétusté des hôpitaux est minimal, sinon insuffisant depuis 20 ans.L’édification du CHUM se fera en partie au dépens du maintien de l’infrastructure des hôpitaux.Le projet CHUM doit donc être modulé, mais étudié en priorité pour contredire 10 ans de défaveur gouvernementale envers l’implantation solide d’une médecine universitaire francophone.Le dévoilement du projet Oufremont a suscité l’expression d’appuis et de désaccords d’acteurs de la santé et du monde politique.Certains médecins ont soulevé l’aspect emballant de la proposition du recteur Lacroix.Un impondérable demeure: le financement Depuis 10 ans, les médecins, le personnel et les patients du CHUM vont d’un refus à un autre.Malgré cela, le projet shypertrophic, devient davantage irréalisable.Plusieurs ont perdu toute foi dans l’édification d’un nouveau CHUM.Il semble que les investissements ne seront jamais à la mesure de l’ambition du CHUM et de ceux qui y soignent enseignent font de la recherche avec des moyens souvent restreints.L’évolution de tout le dossier CHUM mène à conclure que les projets actuellement à l’étude ne profitent pas de bases suffisamment étayées et de la confiance gouvernementale.Néanmoins, il faut cesser de rêver de châteaux en Espagne et être pratique.II est grand temps que le gouvernement affiche ses couleurs, dégage un financement proportionnel, réaliste et raisonnable et mette en place un processus public, apolitique apte à décider de l’ampleur, de l’intégration et du site du CHUM.Des prémisses claires doivent cependant s’imposer pour assurer que le CHUM: ¦ assurera en quantité et en qualité son niveau actuel de soins et d’enseignement ¦ sera intégré au réseau de santé montréalais en profitant d’une stature comparativement avantageuse ¦ sera un hôpital complet sans division de sa panoplie de soins avec le CUSM ¦ profitera d’un budget de fonctionnement suffisant Après 10 ans de résignation du personnel et des patients du CHUM, d’inaction, d’illusion et de mépris gouvernemental, les dirigeants doivent s’obliger au réalisme, à identifier le CHUM comme pilier de la médecine québécoise et à un investissement sûr, ration- , nel, mais à la mesure de la bourse des Québécois.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Géraid Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipales).Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoît Munger (responsable du site Internet), Jean-Pierre Legault (pupitre édita, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé): Pauline Gravel (sciences) ; Michel Oarneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques)-, Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteunV, Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : à l'information culturelle Michel Bélair (responsable).Julie Carpentier, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels) : à l'information économique : (iérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information).Dominique Reny, Éric Desrosiers.Alec Castonguay.Claude Turcotte; à l'information internationale Claude l-évesque.Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélène Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Du tri sac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Marilyse Hamelin, Alexandre Shields (commis) La documentation : Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy.Marlène Côté, Slavica Bogdanov, Christiane I-egault, Amélie Maltais, Jacques A Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruelland, Nadia Sebai, Mélisande Simard (publicitaires).Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire) IA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Nathalie Zemaitis, Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet Danielle Can tara.Richard Des Cormiers.Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientele, distribution et tirage), Gisèle l^enard.(coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation), Geneviève Duguay.MoniqueUHeureux, Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine I^afleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Chantal Rochon.Danielle Rosa. LE DEVOIR.LE MARDI 4 JANVIER 2 0 0 5 A 8 ICTUALITES SECOURS CRYOGÉNIE DART SUITE DE LA PAGE I (Indonésie), où vivaient les deux tiers des morts officiellement recensés.C’est là que l’aide est la plus difficile à organiser.Le recensement des victimes se poursuit sur des pans entiers du littoral qui ont été engloutis.Certaines régions sont toujours totalement inaccessibles et coupées du monde.«Les problèmes que nous rencontrons à Sumatra et à Aceh n’ont pas d’équivalent ailleurs, a déclaré le coordonnateur onusien de l’aide internationale, Jan Egeland.Ce sont les plus reculées, celles où les dommages ont été les plus importants, où les routes sont les plus endommagées, les pistes d'atterrissage moins nombreuses et abîmées.» Arrivés à bord du porte-avions Abraham lincoln qui a jeté l'ancre au large de la province d’Aceh, les hélicoptères de l’US Navy ont commencé à évacuer les blessés de cette région située à 150 kilomètres de l'épicentre du séisme.«Ijs villageois ont commencé à sortir d’un peu partout pour réclamer de l’aide.Us disent que beaucoup de blessés se trouvent encore dans l’intérieur des terres, sur les hauteurs», a raconté un des pilotes américains.D'autres ont tait état de colonnes de sans-abri se dirigeant vers Banda Aceh, chef lieu de la province, où les secouristes ont installé des camps de tôle et des bâches en plastique.Plus de 270 000 survivants s’entassaient hier dans ces camps d’urgence, et ce, dans des conditions de précarité faisant redouter des épidémies.Les occupants n’ont pas hésité à charger les hélicoptères venus à leur secours pour arracher nourriture et eau potable, tant les besoins sont pressants.«Il n’y a pas de sanitaires, pas de toilettes, pas de ramassage des ordures», soulignait Sasilia Daniel, médecin indonésien qui assiste 3000 réfugiés à Banda Aceh, la capitale provinciale.Processus lent Avec l’aide des agences internationales, des organisations humanitaires et des gouvernements étrangers, les autorités des pays affectés parviennent tout de même peu à peu à s’organiser pour acheminer dans les principaux aéroports de la région les milliers de tonnes d’aide indispensables aux cinq millions de sans-abri.Mais cet effort crée lui-même problème: l’ONU et la Croix-Rouge font ainsi état de goulots d’étranglement provoqués par l’arrivée en masse de matériel et d’équipes, et de difficultés de transport dues aux destructions.Les routes et les ponts dévastés continuent notamment à retarder la distribution de cette aide.«Les équipes de secours se trouvent parfois immobilisées par un mur de dévastation.Tout est détruit», souligne Aly-Khan Rajani, de l’organisation canadienne CARE.Au Sri Lanka, deuxième pays le plus touché avec 30 196 morts, 3792 disparus et 850 000 sans-abri, l’aide gouvernementale tarde également à se mettre en place, mais la distribution de nourriture n'a pas donné lieu aux mêmes émeutes qu’en Indonésie.Certains rescapés ont en outre commencé à quitter les camps de fortune pour regagner leurs villages.Les zones touristiques privilégiées?En Thaïlande, le bilan des morts atteint 5187 tués, dont 2463 étrangers.Les raz de marée ont balayé villages de pêcheurs et établissements hôteliers, notamment à Phuket et Phang Nga, hauts lieux du tourisme international.Hier, des rescapés thaïlandais se plaignaient de voir les secours se concentrer sur les zones touristiques et atteindre en priorité les étrangers.En Inde, dans les îles isolées d'Andaman et Nicobar, c’est le gouvernement qui refuse l’accès aux organisations humanitaires, avançant des raisons de sécurité militaire et de protection de tribus indigènes.Au moins 818 personnes sont mortes dans ces îles inaccessibles, le bilan pour l’ensemble de l’Inde était hier de 9479 morts confirmés et 5796 disparus.Quelque 384 000 personnes restaient déplacées hier, hébergées dans 560 camps.Sur l’ensemble de la région dévastée, le bilan des personnes étrangères décédées compte maintenant 60 Allemands, 52 Suédois, 40 Britanniques, 23 Suisses, 22 Français, 21 Japonais et 15 Américains, notamment Le décès de cinq Canadiens a aussi été confirmé.Trois de ceux-ci étaient Québécois.Au moins 150 autres citoyens du pays sont portés disparus.Activité diplomatique Parallèlement aux opérations de terrain, une intense activité diplomatique copimence à se déployer dans la région.Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell est arrivé hier à Bangkok, à la tète d’une délégation.Après la Ihailande, M.Powell se rendra en Indonésie pour participer jeudi à Jakarta à un sommet international sur les conséquences de la catastrophe et les moyens de renforcer le dispositif d'aide en faveur des pays dévastés, sommet parrainé par l'Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean).Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, y participera, de même que des responsables de l’Union européenne, de la Banque mondiale et de l'Organisation mondiale de la santé.Le Devoir D'après l'Agence France-Presse, Reuters, Associated Press et Le Monde EN BREF Un délai à Nortel Toronto — La Bourse de New York accorde à Nortel Networks un délai supplémentaire de trois mois pour le dépôt de ses résultats financiers de l’exercice 2003, mais elle ajoute que tout nouveau retard se traduira par la mise en œuvre des procédures menant à la suspension du titre boursier.Si Nortel devait une fois de plus s'avérer incapable de respecter ses engagements, elle s’exposerait à la suspension des transactions sur son titre à la Bourse de New York.- PC LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9^ étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E9 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans buis) Is Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Dwoireat publié du lundi au samedi par la* Devoir Inc.dont le siege social est situé au 2050, rue IV Bleury.9’ étage, Montréal.(Quebec').H3A 3M9.H est imprimé par Imprimerie Québécor World.St-Jean, 800.boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Rk helieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612.rue Saint-Jacques Ouest.Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations (nibliées dans U Devoir.U Detwir est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.IVpOt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 congélation.La Torra fait partie des 697 «membres» d’Alcor, lesquels attendent de subir le même sort que les 67 «patients» actuels: c’est ainsi que l’entreprise désigne les corps qu’elle conserve dans de grands cylindres pleins d’azote liquide à -196 degrés Celsius.Juridiquement, les patients «donnent leur corps à la science».C’est la formule qu’Alcor a adoptée afin de contourner la législation de certains territoires — la Colombie-Britannique, par exemple — qui interdisent de disposer d’un corps autrement que par inhumation ou crémation.Alcor, qui mise sur le froid, a pourtant son siège dans un État désertique, l’Arizona, (dont la capitale est Phoenix, oiseau mythique qui renaît de ses cendres).Sur son site Internet, elle fait savoir qu’à partir du 1" janvier 2005, ses prix vont augmenter de manière importante.Pour la conservation de l’ensemble du corps, ce sera désormais 150 000 $ plutôt que 120 000 $ comme jadis.Pour une «neuro-procedure» ce qui, dans le jargon de l’entreprise, signifie la préservation de la tête, Alcor demandera désormais 80 000 $ et non plus 50 000 $.La tête seulement?Oui, car elle contient tout ce qu'il y a d’important selon les adeptes de la cryogénie: les souvenirs, l'identité de la personne.«Dans les cent prochaines années, il est très probable — bien qu’incertain — que la science sera en mesure de réanimer les gens.On pourra leur donner un nouveau corps par clonage», soutient Christine Caspar, une infirmière de Vancouver, présidente de la Cryo-nics Society of Canada, qui a participé à la première opération de cryogénie au Canada, en 2002.Tout cela n’est-U pas profondément macabre?Max More, célèbre militant transhumaniste du Texas et pourtant membre d’Alcor, l’admet «Je déteste absolument cette idée d’être congelé.» Mais il insiste pour dire que «c’est préférable aux autres options: être incinéré ou mangé par les vers.La cryogénie, c’est mon deuxième choix! Mon premier, c’est de ne pas mourir».Congélation «pré-mortem» Ne pas mourir?L’acceptation de plus en plus grande du suicide assisté réjouit pourtant les militants procryogénie.En 1988, Thomas Donaldson, un docteur en mathématiques californien atteint d’une tumeur au cerveau, a demandé à la cour la permission d’être anesthésié et congelé avant sa mort fi réclamait qn «droit constitutionnel à la congélation pré-mortem».A l’époque, les médecins donnaient à Donaldson cinq ans à vivre.Ce dernier estimait que, s’il attendait jusqu’à cette limite, la tumeur allait détruire ses neurones renfermant son identité et ses souvenirs.Bref le congeler une fois mort deviendrait inutile.Mais la cour a refusé.Donaldson est allé en appel et a perdu, le tribunal indiquant que toute personne qui aiderait le mathématicien à se faire congeler serait accusée de meurtre.Mais Donaldson a survécu! «Ma tumeur s’est en partie résorbée.Je suis en chimiothérapie depuis ce temps», dit ce personnage étrange joint en Australie où il vit maintenant «Je veux toujours être suspendu pour éviter la mort.Tant que je demeure un humain pensant, je suis encore vivant, même si je suis en suspension cryogénique.» Chère, la cryogénie?«Une aubaine pour une chance d’éviter la mort», peut-on lire dans les documents cl’Alcor, qui répète constanunent qu’elle ne garantit aucune réanimation.La presque totalité des membres s’engagent à assumer les coûts avec leurs assurances vie.Christine Caspar explique de plus que, pour assurer une conservation à long terme, il faut y mettre le prix: «Mais l’azote liquide ne coûte pas si cher, dit-elle.Les arrangements actuels permettent de croire que Ton pourrait maintenir les corps en suspension pendant des centaines d’années.» Elle souligne du reste que, dans d’autres entreprises de cryogénie, la facture est moins salée.Le Cryonic Institute (CI), situé au Michigan, offre une «solution» à 30 000 $ et conserve actuellement 68 corps.Il a été fondé par le penseur de la cryogénie moderne Robert Ettinger, auteur de The Prospect of Immortality, qui avait fait sensation dans les années 1960.«Contrairement à Alcor, le CI n utilise pas d’anticoagulant ni de produits chimiques complexes comme des produits antigel.Il se contente de refroidir les corps», dit Christine Caspar.Légendes Chez Alcor, la récente hausse des tarifs est aussi due au «patient» célèbre qu’elle a accueilli il y a deux ans et au battage médiatique qui a suivi.Walt SUITE DE LA PAGE 1 Le ton était donné.Un quart de siècle plus tard, le mot n’a jamais été autant à propos résumant à lui seul la montée croissante de l'obésité dans nos coins du globe, la présence de gras trans dans les biscuits, de sel dans les plats préparés, de sucre — ou de gélatine — dans le yogourt sans gras ou de calories vides dans les repas des chaînes de restauration rapide.Et si M.de Rosnay avoue qu'il n’aurait jamais pu prévoir une telle adhésion à ce concept «qui se voulait humoristique.ironique et constructif», il arrive facilement à comprendre aujourd'hui les raisons qui poussent ses contemporains à multiplier son usage.•Depuis cinq ans, il y a une prise de conscience importante des médias, des autorités de santé publique et même des industriels au sujet de la malbouffe, résume-t-il, sans doute à cause de la montée de l’obésité un peu partout dans les pays développés.Les choses changent devant les risques que font peser sur la société les mauvaises habitudes alimentaires.Mais il y a encore beaucoup à faire.Ce genre de transformation est toujours plus longue à intervenir que ce que l'on aimerait.» Lucide, Joël de Rosnay l’est sans aucun doute après des décennies passées à décoder le rapport des gens à l’alimentation pour mieux les inciter à adopter les gestes culinaires qui sauvent en remplaçant par exemple de temps à autre la viande par des combinaisons de végétaux qui procurent les mêmes quantités de protéines: riz/lentilles, haricot rouge/mais.Et 25 ans après le lancement de son livre qui continue toujours de se vendre, le docteur ès science qui a enseigné dans les années 70 au Massachusetts Institute of Technology (MU) semble devenir même un brin optimiste.•En 25 ans, dit-il, les familles ont de plus en plus pris conscience de l'importance de manger équilibré.Plus de légumes, plus de fruits.Doucement, une fraction de la population s’éloigne aussi de la malbouffe pour renouer avec des habitudes plus saines.C’est encourageant.En même temps, depuis trois ans environ, l’industrie tend à se responsabiliser.Pour des questions Disney?Non, fa congélation du célèbre créateur de Mickey Mouse est une légende urbaine tenace maintes fois infirmée.C’est une autre légende qu'Alcor conserve: Ted Williams, grand joueur de baseball des Red Sox de Boston, illustre membre du temple de la renommée.A sa mort en 2002, un de ses fils, John Henry Williams, a fait savoir que son père serait cryogénisé, ce qui a déclenché une querelle familiale très médiatisée.Max More se rappelle être allé à CNN défendre la cryogénie.La fille de Williams, Bobbie-Jo, considérait comme «dément» le projet de son frère et a tenté de démontrer que son paternel, dans son testament, avait clairement dit qu’il souhaitait être incinéré.Elle s’est battu en vain devant les tribunaux pour empêcher la chose.Le p.-d.g.d’Alcor, Joseph Waynick, reproche aux médias d’avoir traité l’affaire de manière sensationnaliste.Notamment Sports Illustrated, dans un article «plein de détails morbides», qui décrit la congélation de la tête du joueur de baseball fissurée par le froid, trouée, intubée, et flottant dans l’azote avec des corps d’autres «patients».«Ce n’est pas 10 trous que nous faisons dans la tête avant de la congeler, mais un seul», a répliqué Waynick de façon peu convaincante.Le fils de Ted Williams est mort l’hiver dernier à 35 ans et est maintenant congelé auprès de son père.L’affaire a «donné mauvaise presse à la cryogénie», dit Christine Caspar.Malgré touf Alcor a semblé en profiter.Elle a récemment dévoilé d’importants projets d’expansion.Les embaumeurs de l’Arizona, par une loi déposée au parlement de l’Étaf ont tenté en vain en 2004 prendre le contrôle du commerce de la cryogénie.Probabilités faibles Les probabilités techniques réelles que la cryogénie remplissent ses promesses?«Presque nulles à court et à moyen termes», affirme un spécialiste de la congélation des organes en vue de leur transplantation, Hui Fang Chen, chercheur à l’hôpital Notre-Dame.Chen a développé une technique de congélation minimisant les dommages aux tissus qui lui a permis il y a deux ans de greffer les ovaires gelés de sept rates «conservés me nuit dans l’azote liquide».Le docteur Chen affirme que c’était déjà tout un défi de congeler ainsi une nuit un seul organe.«Imaginez une personne entière, et morte!» Mais Chen ne condamne pas les compagnies comme Alcor.«Les scientifiques ont besoin de rêves», plaide-t-il en affirmant qu’il y a 100 ans, plusieurs se seraient moqué de ceux qui auraient annoncé qu’on irait sur la lune.Avant les années 1990 d’ailleurs, la cryogénie était totalement en discrédit.Woody Allen, dans The Sleeper, l’avait magistralement raillée.C’était devenu pour plusieurs un rêve fou de personnages tels le prophète hippy Timothy Leary, grand consommateur de LSD.Ce sont les promesses des nanotechnologies qui ont relancé, au tournant des années 1980, «le rêve» de la cryogénie.Science de l’infiniment petit, manipulation au niveau moléculaire des particules élémentaires, elles ont suscité une véritable utopie technologique.Selon ses prophètes comme Eric Drexler, anciennement du MIT, on mettra bientôt au point des «nanorobots» qui pourront circuler dans le corps et réparer tous les dommages causés par les années de congélation.Les nanotechnologies guériraient au passage la maladie qui a causé la mort et rendraient sa jeunesse au corps réanimé.«C’est le pari le plus certain qui se présente à nous», dit Christine Caspar.Mais l’ancien directeur des programmes scientifiques chez Nano-Québec, Robert Sing, affirme que Drexler lui-même a récemment modéré ses transports utopiques.Non seulement nous sommes «très très loin» de ces perspectives chimériques, «mais sans doute que nous n’y accéderons jamais», tranche-t-il.N’empèche, le milliardaire américain Saul Kent, président de la life Extension Foundation (qui publie la revue LE) a révélé en 2004 les plans d’un grand Timeship Building de 180 millions où l’on conserverait en suspension cryogénique près de 10 000 «patients», mais aussi l’ADN de toutes les espèces menacées.Croisement entre Fort Knox et l’arche de Noé, on commencera à construire l’édifice en 2005.À moins que l’idée soit «mise sur la glace».Le Devoir MALBOUFFE de profits, de bénéfices et de concurrence, bien sûr.Et il faut espérer que cette responsabilisation finira par se généraliser.Ce qui n ’est pas encore le cas.» Difficile à terrasser La raison en est d’ailleurs simple selon lui: les fabricants de malbouffe ne peuvent pas scier la branche sur laquelle ils sont aujourd’hui assis.«Un bon gestionnaire ne va pas foire de la concurrence à ses propres produits, résume M.de Rosnay.Il doit plutôt amorcer des transitions qui peuvent prendre du temps: de 10à 15 ans environ.» Les ayatollahs du bien manger et adeptes du «ici maintenant» risquent de grincer les dents.Mais M.de Rosnay, aujourd’hui directeur de la prospective et de l'évaluation à la Cité des sciences et de l’industrie de la Villette, à Paris, n’a pas l’intention de les rassurer, conscient que, pour plusieurs, l’équilibre contient forcément sa part de malbouffe.Normal.Car si la bonne bouffe progresse, la malbouffe.elle, poursuit encore et toujours sa route, constate-t-il.Et les chances de la voir un jour éradiquée du paysage culinaire demeurent une belle utopie.«Ce type d’alimentation n 'est pas éradicable, dit celui qui avoue s’être longtemps moqué du tofu consommé par sa femme avant d’y succomber totalement Dans notre corps, dans notre esprit, il y a des volontés de ne pas toujours aller vers le meilleur, mais le pire.Regardez ce qui arrive avec les drogues: le café, la cigarette ou les médicaments qui attirent toujours un grand nombre de personnes et qui génèrent d'énormes marchés.C'est la même chose avec la mal-bouffe: ce n'est pas demain que les crackers, les chips, les biscuits et autres produits que les enfants grignotent devant la télévision vont disparaître.» Mais ces produits devraient par contre, sous l’abondance d'information visant à mettre en lumière leur caractère délétère, perdre tout de même un peu de lustre.tout comme de l’espace dans les garde-manger, croit-ü.•En 1979 nous l'avons écrit avec Stella, aujourd'hui je le répète: manger différemment, c’est voter tous les jours, lance Joël de Rosnay.Quand les citoyens n’ont pas toute l’information qu'il faut, ils ne peuvent pas SUITE DE LA PAGE 1 terre qui avaient fait plusieurs milliers de morts dans ces deux pays.Un équipe d'urgence, donc, mais qui n’a servi que très rarement depuis sa création.«La décision d’envoyer la DART relève du gouvernement.Cest un choix très onéreux, le déploiement en Turquie a coûté 15 millions, celui en Asie devrait se chiffrer autour de 20-25 millions, a expliqué le militaire à la retraite.Ça prend une demande de la part des autorités nationales, et ça ne doit pas concurrencer d’autres agences d’aide.» Mais le plus gros problème reste le manque criant de capacité de transport stratégique du matériel.Pour l’opération en cours, Ottawa a dû louer les services de deux avions russes Antonov, qui ont une capacité nettement supérieure aux Hercules que possèdent le Canada «Acheminer l'équipement aurait nécessité 24 à 25 vols d'Hercules, ce qui était impossible compte tenu de l’achalandage à l’aéroport de Colombo [capitale du Sri Lanka]», a ajouté Rémi Landry.Le Canada augmente son aide Le premier ministre Paul Martin a par ailleurs annoncé dimanche que le Canada doublerait son aide aux sinistrés de l’Asie du Sud-Est, portant celle-ci à 80 millions de dollars.Des sommes supplémentaires devraient être annoncées par le chef du gouvernement canadien lors de la conférence des pays donateurs, organisée par les Nations unies le 11 janvier à Genève.«R [Paul Martin] a exploré la possibilité qu’on puisse aller au-delà de cette aide», a soutenu Marc Roy, directeur associé des communications au cabinet du premier ministre.«Le calcul est le suivant: on verse un dollar pour chaque dollar qui est donné par les Canadiens aux organismes reconnus par l’ACDI: Oxfam, Médecins sans frontières, la Croix-Rouge, etc.Si ça dépasse le budget alloué en ce moment, on va augmenter, il n'y a pas de seuil où on va arrêter», a-t-il ajouté.Toujours soucieux de venir en aide aux victimes des tsunamis, le gouvernement canadien a dépêché trois de ses ministres dans la région pour «estimer les dommages et rencontrer les autorités locales afin de déterminer quelle aide supplémentaire serait nécessaire», a rapporté M.Roy.Le ministre des Affaires étrangères et du commerce international, Pierre Pettigrew, a quitté le pays hier pour se rendre à Jakarta, en Indonésie, alors que les ministres Ujjal Dosanjh (Santé) et Aileen Carroll (Coopération internationale) devaient se rendre aussi dans la région pour coordonner l’aide canadienne sur le terrain.Le Québec toujours à la traîne Sortant de son mutisme des derniers jours, le premier ministre Jean Charest a pour sa part annoncé hier que les édifices gouvernementaux mettraient leurs drapeaux en berne, à l’instar du gouvernement fédéral.Selon le communiqué, le premier ministre québécois a fait savoir à son homologue canadien qu’il mettait à la disposition du gouvernement fédéral l’expérience et les ressources matérielles nécessaires à l’aide ou à la reconstruction des régions dévastées par les raz de marée.«H pourrait s’agir par exemple de l’expertise d’Hydro-Québec», a mentionné l’attachée de presse de M.Charest, Marie-Claude Champoux.Selon cette dernière, aucune aide financière supplémentaire n’est prévue, «pcmr le moment».Le gouvernement du Québec a octroyé 100 000 $ pour venir en aide aux sinistrés.Rappelons que l’Ontario et la Colombie-Britannique ont respectivement annoncé la semaine dernière des aides financières de cinq et huit millions de dollars.La ministre des Relations avec les Citoyens et de l’Immigration du Québec, Michelle Courchesne, a aussi annoncé hier qu’elle mettrait tout en œuvre pour faciliter le regroupement des familles touchées par les tsunamis.Bien que les demandes d’immigration et de réfugiés doivent parvenir à Ottawa en premier lieu et ensuite à Québec pour les ressortissants de son territoire, la ministre Courchesne a assuré son homologue fédérale de l’entière collaboration de son ministère.«Le Québec fera preuve d’une sensibilité particulière à l’endroit des enfants devenus orphelins à la suite de cette tragédie», a souligné le communiqué.La ministre de la Citoyenneté et de l’Immigration du Canada, Judy Sgro, a pour sa part affirmé par voie de communiqué que «le gouvernement du Canada tient à foire tout ce qui est possible pour réunir les membres des familles proches des Canadiens et des résidents permanents qui ont eu et continuent d’avoir des conséquences graves et personnelles dues à la catastrophe».Le Devoir Avec la Presse canadienne être à 100 % responsables.Bien sûr, s’informer, être sélectif et vigilant à l’égard de l’industrie, ça demande un peu plus d’effort.Mais l’investissement rapporte beaucoup en intérêt vitaux.» Une industrie incontournable Pas question toutefois pour lui, même s’il prône un régime davantage végétal que carné, «pour éviter le gâchis d’eau, de pétrole et de fertilisant utilisés pour fabriquer des aliments pour les bovins qu’on mange», de se passer complètement de l’industrie agroalunentaire qui, par les temps qui courent, est souvent montrée du doigt «On ne peut pas tous devenir des jardiniers et des cuisiniers, résumet-il.Moi, faime foire du vélo, mais fai aussi une voiture, et je suis content qu’une grande entreprise l’ait construite.Pour la bouffé, c’est la même chose.Je peux me fier un peu à l'industrie qui est essentielle.Mais rien ne m’empêche d’aller acheter des fruits et légumes biologiques frais au marché.» La logique, raisonnable et «équilibrée», comme de Rosnay aime bien qualifier sa vie, traduit au passage la pensée qui a guidé à une autre époque le scientifique dans l’écriture de ce livre que l'histoire tend doucement à rendre incontournable.«On sentait [en 1979] qu’on était parmi les premiers d’une nouvelle vague montante de personnes qui se rendaient compte qu ’on ne pouvait pas toujours se fier à l’industrie pharmaceutique pour être soigné, dit-il En amont, par contre, par la prévention, il est possible d’arriver à ne pas être malade.Et de ce point de vue, l’alimentation et la nutrition sont de bons moyens pour bien gérer sa santé.» La formule est connue.Et un quart de siècle après que de Rosnay et sa femme eurent actionné le premier signal d’alarme, elle commence timidement à faire son entrée sur la place publique et dans la sphère politique au Québec.Risquant de donner, du même coup, dans les prochaines années, des ailes au néologisme du penseur français tout comme la malbouffe va, elle, encore longtemps donner des kilos en frop à l’obésité.Le Devoir «La cryogénie, c’est mon deuxième choix! Mon premier, c’est de ne pas mourir»
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