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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-12-30, Collections de BAnQ.

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r ECONOMIE ARABIE SAOUDITE Double attentat à Riyad Page B 4 L ?w w w .led e v o i r.c o ni ?Secteur public : la CSN est à bout de patience Page B 1 LE DEVOIR Jusqu’à 100 000 morts La Croix-Rouge estime que le bilan de la catastrophe asiatique dépassera largement le dernier décompte de 80 000 victimes ggggj-ggi” ARKO DA'ITA REUTERS Un enfant tend la main parmi la foule des sinistrés pour recevoir de la nourriture et des vêtements, à Cuddalore, au sud de Madras, en Inde.Montée en puissance de l’aide internationale wm i % *j2k s*®?De partout dans le monde, l’aide internationale destinée aux pays frappés par les tsunamis meurtriers dans l’océan Indien est montée en puissance hier, avec le départ de nouveaux avions acheminant nourriture, eau, médicaments et vêtements vers les régions sinistrées, tandis que plusieurs dizaines de millions d’euros ont déjà été promis, selon les Nations unies.Les pays les plus riches se sont engagés à hauteur de 250 millions de dollars en aide d’urgence pour les victimes des raz-de-marée qui ont succédé dimanche au plus violent séisme depuis 40 ans, tandis que des millions de dollars de plus étaient promis dans le cadre d’autres contributions.L’ONU a lancé hier un appel aux pays donateurs pour un montant de 130 millions de dollars, destiné à faire face aux besoins immédiats au Sri Lanka, en Indonésie et aux Maldives, à la suite des dégâts causés par les raz-de-marée de dimanche dernier.Sur ce total, 70 millions de dollars sont destinés au Sri Lanka, VOIR PAGE A 8: AIDE BANGLADESH | uicutu./ / U*/"’"' , J *ZJr!**n 000 Km Le bilan du raz de marée s'alourdit d'heure en heure itombn?ré ITKVtS 10 850 Banda Aceh, Indonésie — le bilan de l’horreur ne cesse d’amplifier en Asie du Sud-Est, dévastée par les tsunamis meurtriers.Au dernier décompte fait hier, le nombre de morts recensé indique désormais 80 000 victimes, mais la Croix-Rouge internationale craint que plus de 1(X) (XX) personnes n’aient en réalité péri dans la catastrophe.Et ce nombre pourrait encore grossir si les risques d’épidémies se concrétisent.Hier, l'UNlCEF rappelait que les eaux stagnantes peuvent être aussi meurtrières que les vagues déferlantes.L’organisme onusien estime que des millions de personnes sont exposées à un «grave risque» d’épidémies, comme le choléra et la malaria, si des actions immédiates ne sont pas prises pour fournir de l’eau potable dans les zones sinistrées.Dans les villages côtiers, la désolation est totale.L’odeur de la mort empestait hier les rues de Banda Aceh, capitale de la province d’Aceh située dans le nord de Sumatra.Une centaine de cadavres boursouflés et noircis gisaient toujours sur le front de mer, au milieu de débris en tous genres recrachés par l’océan.Le même type de scènes se voyait aussi ailleurs.Les autorités sanitaires pensent qu’une quantité importante de dépouilles se trouvent toujours dans les zones les plus reculées ou dans les villes les plus proches de l'épicentre du séisme.VOIR PAGE A 8: MORTS ¦ Lire autres textes en pages A 2, A 3, A 4 et B 8 Les autorités pensent trouver beaucoup de victimes dans les zones les plus reculées ou dans les villes les plus proches de l’épicentre du séisme ACTUALITÉS REUTERS mm 2004, Fannée où il n’y a pas eu d’été ! Un météorologue dresse un sombre bilan de Vannée écoulée ¦ À lire en page A 5 INDEX Annonces.B 5 Idées.À 7 Avis publics .B 4 Météo.B 4 Culture.B 8 Monde.B 4 Décès.B 5 Mots croisés B 4 Économie.B 1 Sports.B 6 Éditorial.A 6 Télévision.B 7 Cinéma : le Québec emboîte le pas à l’Ontario •x wimjm.Une hausse des crédits d’impôt destinés aux productions étrangères doit être annoncée aujourd’hui REUTERS - ANDREW COOPER - MIRAMAX FILM Martin Scorsese dirigeant Leonardo Di Caprio sur le plateau de The Aviator, un film tourné en grande partie à Montréal.Le Québec a décidé d’augmenter les crédits d’impôt accordés aux productions étrangères.FRANÇOIS DESJARDINS Calquant les mesures annoncées la semaine dernière par l’Ontario dans le but de soutenir l'industrie cinématographique, le gouvernement québécois devrait dévoiler aujourd’hui une hausse similaire des crédits d’impôt pour faire en sorte que la province demeure séduisante aux yeux des productions étrangères, a appris Le Devoir de source proche du dossier.Les crédits d’impôt passeraient de 11 % à un niveau oscillant entre 18 et 20 %, cette hausse représentant grosso modo une aide financière de plus de cinq millions.Quant aux productions locales, qui constituent au moins les deux tiers de ce qui, bon an, mal an, se fait au Québec, les crédits resteraient toutefois intacts, soit à 30 %, selon cette même source.L’annonce sera faite par le ministre des Finances, Yves Séguin.Cette mesure, qui devrait entrer en vigueur immédiatement, viserait à éviter que des productions étrangères ne soient subitement attirées par les nouvelles mesures incitatives de l’Ontario, où le gouvernement compte déjà faire passer les crédits aux productions étrangères de 11 à 18 %.Du même souffle, Queen’s Park ferait passer de 20 à 30 % le crédit aux productions canadiennes faites en Ontario.VOIR PAGE A 8: CINÉMA Pierre Lucienne Stéphane Pettigrew Robillard Dion Commission d’enquête Gomery Pettigrew, Dion et Robillard comparaîtront Il n'est pas certain qu'ils témoigneront en public ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le premier ministre Paul Martin ne sera vraisemblablement pas le seul au sein de son gouvernement à devoir défendre ses agissements passés devant la commission d’enquête sur le scandale des commandites.Selon les informations obtenues par Is, Devoir, le juge John Gomery a décidé de ratisser très large et envoyé une assignation à comparaître à tous les ministres québécois en poste entre 1996 et 2002.Plusieurs de ces ministres ont encore des rôles clés dans le gouvernement libéral actuel et leurs révélations pourraient s’avérer embarrassantes pour un Paul Martin qui veut se dissocier autant que possible de l'ère Jean Chrétien.Les membres importants du gouvernement Martin que sont les ministres des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, des Affaires intergouvemementales, Lucienne Robillard, et de l’Environnement Stéphane Dion, VOIR PAGE A 8: ENQUÊTE 4 ?TSUNAMIS MEURTRIERS THOMAS CHENG AFP Un sauveteur se penche au-dessus des dépouilles des victimes des tsunamis dans un temple de Khao Lak, dans le nord de l’île de Phuket, en Thaïlande.La société civile indienne a pris les choses en main J AFP En Inde, les secours des organisations civiles et des simples citoyens ont été plus efficaces que ceux des autorités.Sur la photo, un homme transporte le corps d’une jeune fille morte dans la région de Madras.PIERRE PRAKASH Nagapattinani.Inde — Une tente de deux mètres sur trois, équipée d’un simple téléphone, à l’entrée de l’hôpital public.Voici à quoi se résume le centre névralgique des secours du district de Naga-pattinam, le plus touché de l’Inde, où on donnait hier soir un bilan provisoire de 4332 morts et 150 000 sans-abri.Ce centre, paradoxalement, ne relève pas du gouvernement mais de la Croix-Rouge locale.D’une efficacité redoutable, celle-ci coordonne l’action des différentes ONG et associations indiennes venues prêter main-forte dans cette zone dévastée par le tsunami de dimanche.«Nous travaillons en collaboration avec les autorités locales», affirme modestement le coordinateur en chef, C.Rajamahendran.Sur le terrain, pourtant, tous les observateurs ressortent avec la même impression: la société civile est, dans cette catastrophe, bien plus efficace que les services publics.Non seulement les ONG mais aussi les particuliers, qui se sont présentés par centaines pour donner un coup de main aux opérations de secours.«C’est normal, ce sont nos concitoyens qui souffrent», estime Jehabar Shadaq, un jeune étudiant en hôtellerie qui, pourtant, n’est pas sorti indemne de sa tâche matinale: l’enterrement de dizaines de corps à moitié décomposés dans des fosses communes.«Je n’avais jamais vu un cadavre auparavant», avoue-t-il avec un sourire embarrassé.Dans les villages dévastés, cette tâche macabre est quasi systématiquement assurée par des volontaires, le plus souvent issus d'organisations religieuses, chrétiennes ou hindoues.Le gouvernement ne fait que fournir les pelleteuses pour creuser les fosses.«Personne ne veut faire ce travail ingrat, avoue un haut fonctionnaire du district, et, sur les 160 employés municipaux chargés du nettoyage, plus d’une centaine manquent à l’appel, soit parce qu'ils ont perdu des proches dans la catastrophe, soit parce qu'ils ont fui la région par crainte d’un nouveau tsunami.» Hier, plusieurs villes des environs ont toutefois dépêché leurs employés, des intouchables payés 75 roupies (1,4 euro la journée) pour s’occuper des corps.L’année, qui a envoyé 300 hommes dans la région, se cantonne à rétablir les infrastructures.«Il n’y a pas besoin d'effectifs supplémentaires», assure le commandant chargé des opérations tout en gérant la difficile évacuation d'un bateau de pêche échoué sur un pont.«Il ne faut pas croire que nous ne faisons rien», s’offusque Vivek Harinarayan, chargé par le gouvernement régional de superviser les secours dans l'Etat «Nous avons réquisitionné les locaux pour héberger les rescapés, nous recensons les pertes pour les indemnisations à venir, nous repérons les corps en mer par surveillance aérienne et nous approvisionnons les survivants en vivres.» Dans les foyers de fortune où s’entassent les rescapés, rares pourtant sont ceux qui disent recevoir quoi que ce soit des autorités.Là encore, ce sont en grande partie des associations, voire des particuliers, qui assurent l’approvisionnement en vivres et en produits de première nécessité.«Le propriétaire nous a prêté les véhicules et nous nous sommes cotisés pour payer l'essence et le chauffeur.Ensuite, nous sommes passés de ville en ville pour appeler à la solidarité», explique Ayapaswami qui, venu avec une vingtaine d'amis, distribue des paquets de biscuits et des vêtements du haut d’un camion.«Ça me coûte 20 000 roupies [environ 360 euros] par jour, mais c’est le moins que je puisse faire», explique pour sa part un chef d’entreprise qui assure depuis deux jours un minimum de 2000 repas quotidiens dans un foyer d’accueil de Nagapattinam.«R faut que les gens arrêtent de donner directement aux victimes, plaide Rajamahendran, car certains centres reçoivent actuellement trop de nourriture et d’autres pas assez.» En l’absence d’une véritable logis- tique, la distribution de l’aide est en effet pour le moins chaotique.Mais malgré cette pagaifie très indienne, personne ne meurt de faim.Quant aux soins médicaux.Us sont limités, le tsunami ayant fait beaucoup de morts mais peu de blessés.New Delhi continue d'ailleurs de refuser l’aide internationale, s’estimant capable de faire face à la catastrophe par ses propres moyens.Sûr de lui, le gouvernement a même envoyé des secours à ses voisins, les Maldives et le Sri Lanka.Sur le terrain, force est de constater que les ONG internationales n’auraient plus grand-chose à apporter vu l'élan de solidarité de la société civile indienne.Libération , Les Etats-Unis forment une coalition internationale FRÉDÉRIQUE DOYON Le président américain, George W.Bush, a annoncé hier la formation d’une coalition internationale pour coordonner les secours et les efforts de reconstruction dans les régions dévastées par le tsunami en Asie du Sud et du Sud-Est.L’Inde, l’Australie et le Japon se joignent aux Etats-Unis dans cette démarche.D’autres pays pourraient éventuellement y adhérer, selon M.Bush.A Ottawa, on indiquait que le Canada participerait certainement à cette réunion des pays donateurs, dont le lieu et la, date restent toutefois à déterminer.Le secrétaire d’Etat adjoint, Mark Gross-man, dirigera un groupe de travail américain en lien avec les partenaires.Pour Charles Philippe David, titulaire de la chaire Raoul-Dandurand, il s’agit de la «seule solution» envisageable dans le contexte.«Il n’y a pas d’institutionnalisation d’une réponse d’urgence en matière de cataclysmes naturels», déplore-t-il.Il renvoie alors à l’idée des Casques blancs, lancée en 1996 à la lumière de diverses propositions de l’ONU mais qui ne s’est finalement jamais concrétisée.Cette infrastructure, similaire à celle des Casques bleus, aurait aidé à coordonner l’action des gouvernements.D’une coalition de la guerre (en Irak) à une coalition d’aide humanitaire: selon M.David, il y a également derrière ce geste le désir de redorer son image auprès de l’opinion publique mondiale.«U y a quand même un petit calcul politique.Ça ressemble, dans une moindre mesure, à la réaction de Bush père en 1992, quand il avait envoyé 25 000 Marines en Somalie.J’aurais aimé voir George W.Bush faire son mea-culpa de manière plus claire.» Le responsable des questions humanitaires de l’ONU, Jan Egleton, a accueilli favorablement l’initiative américaine, indiquant qu’elle viendrait compléter d’une excellente manière leurs efforts de coordination.Pris dans la tourmente, les organismes humanitaires n’ont pas formulé de déclaration officielle en réaction à l'initiative américaine.La division québécoise de la Croix-Rouge voit dans ce geste une réaction normale dans le contexte.«C’est généralement ce qui se fait dans ce genre de situation.explique la porte-parole Myrian Marotte.Les pays se mettent ensemble pour déterminer comment attribuer les ressources.» Le président américain a en outre promis une réponse allant au-delà des 42 millions de dollars initialement débloqués, avec l’assistance de l’armée américaine et d’équipes d’évaluation des dégâts à court terme et une aide à la reconstruction à long terme.Trois équipes d’évaluation ont déjà été dépêchées en Thaïlande, au Sri Lanka et en Indonésie, en plus des 20 avions affrétés et des 12 navires déroutés vers l’Asie mardi.Si Ja tradition d’aide humanitaire est assez forte aux Etats-Unis, surtout du côté du privé, elle a eu tendance à décliner avec les années dans les officines gouvernementales, selon M.David.«De 2,5 % du budget total du gouvernement destiné à l’aide internationale en 1962, les Etats-Unis en sont à 0,5 % aujourd’hui», indique-t-il.Le président Bush relevait à l’occasion de sa déclaration d’hier, que l’aide humanitaire, financière et humanitaire américaine accordée dans le contexte de catastrophes humanitaires totalisait 2,4 milliards pour 2004, soit 40 % de l’aide de tous les pays du monde.Ce résultat en chiffres absolus perd un peu de son lustre quand on fait le calcul en fonction du produit intérieur brut En 2003, Washington destinait 0,14 % de son PIB à l’aide au développement selon les chiffres de l'OCDE, alors que la Déclaration du millénaire de 2000 engage les pays riches à y consacrer 0,7 % de leur PIB.Les pays Scandinaves, reconnus comme de généreux donateurs, versent en moyenne 1 % de leur PIB, note M.David.Le Devoir MIKE THE1LER REUTERS Le président américain George W.Bush.i.!****¦**** û DEVOIR ^ INVITATION RENSEIGNEMENTS IMPORTANTS POUR LE TEMPS DES FÊTES L'édition du Devoirèu samedi 25 décembre sera publiée le vendredi 24 décembre et celle du samedi 1" janvier sera publiée le vendredi 31 décembre.Il n'y aura donc pas d'édition régulière ces deux vendredis.Ces deux éditions seront livrées aux abonnés à notre édition du samedi.Elles seront aussi disponibles en kiosque les vendredis 24 et 31 décembre.Horaire du service Jeudi 23 décembre : Vendredi 24 décembre : Lundi 27 décembre : Mardi 28 décembre : Mercredi 29 décembre : Jeudi 30 décembre : Vendredi 31 décembre : Lundi 3 janvier : Mardi 4 janvier : à la clientèle : de 7h30à 16h30 de 7h30à 12h FERMÉ FERMÉ de 7h30à 16h30 de 7h30à 16h30 de 7h30 à 12h FERMÉ FERMÉ Reprise de l'horaire régulier à compter du mercredi 5 janvier.NOTE les demandes d arrêt temporaire de livraison pour la période du 23 décembre au 6 janvier inclusivement doivent nous parvenir au plus tard le mercredi 22 décembre avant 12h L'archevêque de Montréal, M.le cardinal Jean-Claude Turcotte, sera heureux de rencontrer toutes les personnes qui désirent échanger des vœux avec lui à l'occasion du Nouvel An.On pourra rencontrer le cardinal Turcotte après la messe de 11 h, le samedi 1er janvier à la Cathédrale Marie-Reine-du-Monde (angle René-Lévesque et Mansfield, métro Bonaventure).Pour information : 514 866 1661 Après plus de 30 ans CLUB 402 ferme ses portes fin janvier.Vestons Importes d’Italie pour seulement Costumes Importes d’Italie .tj (J U y Vestons 9Rf| ^ Importes d’Italie £ U U Q Chemises CQ99 I ;> O l> E ( E M B R E 2 O O l A ;> \ CTUALITES La Chine espionnerait le Canada ROBERT FIFE Ottawa — Les services de renseignement chinois ont ciblé systématiquement le secteur des sciences et de la technologie au Canada, selon une source haut placée dans le renseignement, a appris le quotidien torontois National Post.Les Chinois utilisent leurs étudiants et scientifiques en visite ici pour voler de la technologie à des fins militaires ou en vue d’améliorer la compétitivité économique de leur pays.Dans son rapport annuel au Parlement, le Service canadien du renseignement de sécurité (SCRS) estime que la sécurité nationale du Canada est menacée par des espions étrangers qui cherchent à obtenir des innovations scientifiques et des technologiques canadiennes, des renseignements militaires et autres renseignements confidentiels, ainsi que l’infrastructure névralgique en matière d’économie et d'information.Le SCRS ne nomme aucun pays précis.Toutefois, une source haut placée a dit que la Chine est l’Etat le «plus dynamique» dans sa quête illicite de technologie canadienne.Dans son rapport 2003-04, le SCRS faisait référence à la Chine lorsqu’il expliquait comment certains gouvernements étrangers utilisaienjt leurs ministères, entreprises d’Etat et services de renseignement pour faire de l’espionnage économique au Canada, a ajouté le responsable, qui a requis l’anonymat pour des motifs de sécurité nationale.La République populaire met à profit ses étudiants, ses scientifiques, ses gens d’affaires et ses délégations pour obtenir des secrets industriels et de la haute technologie qui serviront aux en- treprises et au complexe militaro-industriel chinois, a poursuivi cette source.Les services secrets russes ont aussi cherché à copier la technologie canadienne.Mais deux de leurs agents ont été arrêtés en 19%.La Chine demeure toutefois la plus pugnace dans ses activités clandestines, a dit ce responsable, précisant qu’elle avait ciblé les secteurs nucléaire, aérospatial, biotechnologique, minier, métallurgique, environnemental et pé-trolier-gazier du Canada.Une section du ministère de l’Équipement général, rattachée à la Défense, s’occupe particulièrement de la collecte de la technologie canadienne et étrangère.Dans un rapport du Pentagone daté de 2003, on peut lire que ce ministère gère «un réseau complexe d’usines, d'instituts et d'académies subordonnés aux industries nucléaire, aéronautique, électronique et astronautique, aux chantiers navals et auy arsenaux de la Chine».A l’ambassade de Chine hier, Wenxing Zuo a nié avec véhémence que la Chine avait entrepris une campagne d’espionnage contre le Canada.«Non, ce n'est pas vrai», a-t-elle dit Le premier ministre Paul Martin s’apprête à s’envoler pour un voyage de dix jours en Asie, qui comporte notamment des arrêts à Pékin et Hongkong.Le ministre du Commerce international, Jim Peterson, mènera aussi simultanément une mission commerciale chez le géant asiatique.L’opposition et certain députés libéraux tentent de convaincre M.Martin de bloquer l’achat par la Chine de la société Noranda, un des plus grands groupes miniers au pays.Presse canadienne Un nouveau traitement pour les femmes ayant souffert d’un fibrome ANDREA BAILLIE Toronto — Il y a de l’espoir pour les femmes qui veulent avoir des enfants mais qui ont souffert d’un fibrome, une tumeur bénigne de l’utérus.Selon une étude de l’université de Toronto dévoilée hier, une femme qui suivrait un traitement relativement nouveau appelé «embolisation de l’artère utérine» pourrait porter un enfant et lui donner naissance.Auparavant, les médecins doutaient qu’une grossesse puisse être menée à terme après le traitement classique.«Des femmes plus âgées avec des antécédents de fausses couches et de problèmes des fonctions reproductrices ont mené à terme leur grossesse après ce traitement, et cela pourrait nourrir l’espoir d’autres femmes», a déclaré une épidémiologiste de l’université de Toronto, Gaylene Pron, coauteure de l’étude qui sera publiée dans l’édition de janvier du magazine Obstetrics & Gynecology.Toutefois, elle a concédé qu’il n'existe toujours aucun moyen de déterminer les probabilités de devenir enceinte après avoir subi l’embolisation.Cette opération non chirurgicale consiste à cou- per l’alimentation en sang du fibrome afin de le faire rapetisser.«Nous ignorons quelles sont ces probabilités parce que notre échantillon de femmes était trop petit pour nous éclairer là-dessus», a-t-elle ajouté.Les résultats de cette recherche ont été obtenus un peu par hasard.Les chercheurs évaluaient les femmes qui avaient choisi l’embolisation plutôt que l’hystérectomie.Or, parmi les 555 patientes âgées entre 27 et 42 ans qui ont été suivies, 21 sont devenues enceintes, notamment trois d’entre elles à deux reprises.Pas moins de 18 des sujets ont accouché.L’étude a aussi révélé que trois des femmes présentaient des problèmes de placement du placenta, et cette donnée s’avère aussi utile pour le corps médical, a précisé Mme Pron.Elle a recommandé aux médecins de les suivre attentivement avec des ultrasons afin de s’assurer que le placenta soit bien en place.L’épidémiologiste espère que cette étude contribuera à démontrer que des enquêtes de plus grande envergure dans ce domaine sont nécessaires.Presse canadienne EN BREF L’argent pour Haïti serait bientôt débloqué Les 500 000 $ amassés à Montréal pour venir en aide aux Haïtiens sinistrés après le passage de la tempête tropicale Jeanne pourraient être débloqués d’ici quelques semaines.C’est l’avis du directeur de la radio haïtienne CPAM, à Montréal, Jean Ernest Pierre, qui s’était chargé de réunir ces fonds, toujours placés dans un compte en fiducie.M.Pierre a dit hier qu’il croyait que les consultations avec les personnes impliquées, tant au Québec qu’en Haiti, sont sur le point de se terminer et qu'il sera bien- tôt possible de décider comment l’argent sera distribué.- PC L’accord entre en vigueur Ottawa — Un accord canado-amé-ricain sur l’immigration que nombre de réfugiés voulaient battre de vitesse au cours des dernières semaines est finalement entré en vigueur hier.En vertu de l’accord dit du «tiers pays sûr», les réfugiés qui arrivent aux États-Unis dans le but de traverser ensuite plus aisément au Canada doivent désormais d’abord revendiquer un statut dans ce pays avant de se présenter au poste-frontière canadien.- PC ARCH1VKS KKUTKKSK 4 .Où est passé l’été ?Un météorologue dresse le bilan de l’année écoulée.Que de mauvais souvenirs! MALORIE BEAUCHEMIN Dame Nature aura encore fait enrager les Canadiens en 2004, que ce soit par une vague de froid polaire en janvier, de la neige tardive ou précoce, des inondations spectaculaires mais, surtout, un été qui, pour la majeure partie du Canada, n’est jamais arrivé.«A la fête du Travail, de Calgary à Corner Brook [Terre-Neuve], les Canadiens attendaient encore l’été», raconte dans son bilan annuel David Phillips, expert en météorologie à Environnement Canada «Le.tadiens se sont sentis lésés.La plupart estiment qu’après avoir enduré l’hiver froid et sombre, ils méritent un été agréable», continue le spécialiste, mi-sérieux.«Personne ne peut prétendre que la nature est équitable.» L’instabilité du climat estival a particulièrement fait enrager les vacanciers et les travailleurs.«De la fin de mai à la mi-septembre, par exemple, Montréal a eu 128 jours de soleil et seulement cinq jours sans soleil, mais la moitié des journées dites ensoleillées ont aussi été pluvieuses», raconte le climatologue.Tempêtes, pluies diluviennes, chutes de neige exceptionnelles, vents foudroyants, ouragans: pour la neuvième année, David Phillips a recensé les événements climatiques marquants de 2004 et a présenté hier le classement des dix plus impressionnants d’entre eux par leurs impacts, leur portée, leur rareté ou leur durée.Mis à part l’été quelque peu décevant, deux événements signifi- catifs ont retenu l’attention, survenant respectivement en première et en quatrième place du classement le déluge du début de juillet à Edmonton et l’inondation du siècle au matin du 15 juillet à Peterborough (Ontario).«En moins de cinq heures, il est tombé dans le centre-ville de Peterborough 14 milliards de litres d’eau, une quantité suffisante pour remplir presque neuf fois le SkyDo-me de Toronto», souligne David Phillips.De plus en plus, ce sont des événements climatiques estivaux qui dérangent le Canada.L’expert principal d'Environne-ment Canada évite toutefois de jeter la faute sur le réchauffement de la planète.«L’usage du sol a beaucoup changé.Nous avons une faible densité de population mais une forte urbanisation, et les villes ne sont pas toujours prêtes à faire face à ces intempéries.Mais on ne peut pas encore parler de réchauffement climatique visible, seulement de températures extrêmes», explique le spécialiste.«Si j’avais une prédiction à faire, continue-t-il, c’est qu’avec le réchauffement prévu de la planète, il y aura plus d’évaporation, plus d’humidité, et donc un potentiel plus grand de pluies diluviennes.Les intempéries meurtrières vont survenir plus souvent en été.» Cette année, les Maritimes ont eu leur lot de graves intempéries, notamment l’ouragan déguisé en blizzard, surnommé «Juan blanc», qui s’est violemment abattu sur Halifax à la mi-février.En 12 heures, la capitale néo-écossaise, de même que Charlottetown et Yarmouth, ont reçu presque un métré de neige, «fracassant tous les records», selon David Phillips.L'état d’urgence a étjé décrété dans toute la Nouvel-l,e-Écosse et l'Ile-du-Prince-Édouard pendant quatre jours, une première historique.Le Québec tranquille Du côté du Québec, les événements climatiques ont été moins marquants cette année que par le passé.Rappelons qu'en 1998, la tempête de verglas avait défrayé les manchettes et monopolisé l’attention météorologique, alors qu’en 1996, les débordements des rivières au Saguenay avaient mis cette région sur la carte des tragédies naturelles.«Il ne s’est pas passé grand-chose, on a été tranquilles au Québec cette année», souligne Daniel Villeneuve, météorologue à Environnement Canada.L’été particulièrement décevant a toutefois retenu l’attention.«Cet été, il n’y a eu que deux journées à Montréal où les températures ont atteint ou dépassé 30 °C, le 8 juin et le 22 juillet.La moyenne est de huit journées par été, et, en 2003, il y en a eu onze, affirme M.Villeneuve.En plus, d’habitude, on a une canicule de plusieurs jours, qu’on n’a pas eue cette année.Personne ne s'est plaint de la chaleur et de l’humidité.» Fait marquant, une vague de froid s’est abattue sur la province en avril, amenant des températures glaciales, notamment-31,4 °C à Schefferville le 12 avril.Seize jours plus tard, il faisait 26,5 °C à Beauce-ville.De quoi créer des dilemmes vestimentaires chez les Québécois, malgré qu'il ne s’agisse pas d’une situation exceptionnelle.«En avril, les variations de températures sont fréquentes et violentes, soutient Daniel Villeneuve.Le 29 avril, la seule mile de Beauceviüe est passé de -2 °C la nuit à un maximum de 222 °C le jour.» Si l’hiver a finalement été plutôt doux, le Québec n’a pas été épargné par le climat polaire de la mi-janvier.Selon Environnement Canada, le facteur éolien a créé des froids compris entre -38 et -52 "C dans tout le pays, la palme québécoise revient à l’aéroport la Grande IV, au nord de la province, qui a enregistré le 14 janvier une température de -50,3 °C, et ce, sans compter le refroidissement éolien.Mais le record du lieu le plus froid de la planète a été attribué à Key Like, dans le nord de la Saskat-chewan, qui a atteint une température de -52,6 °C (sans vent) le 29 janvier, loin devant Vostok, en Antarctique — reconnu comme le lieu le plus froid au monde —, qui ne souffrait, ce jour-là, que d’une température de -28 “C.Bien qu’il s’agisse d’un événement non pas climatique mais plutôt géologique, les deux experts d’Environnement Canada ont tenu à exprimer leur tristesse face aux événements tragiques survenus en Asie du Sud-Est cette semaine.«Ça nous rappelle combien les humains sont petits, souligne Daniel Villeneuve.On est chanceux, au Canada, de vivre dans un pays où, finalement, il se passe peu d’événements de cette importance.» Le Devoir /m s&jjaggg ' —1 IMAC! M / KH ! (H ii\ lï N liO\ S t U \\l XI i'Oi R M m SOI ON U Vf ! \ M MX Si k H X -A—* — WWW MARI l VîNCf NT.ORC i mm tm Un peu de sang neuf dans le système ^ .’ • r; ' EN ADMINISTRATION DE LA SANTE Volume t, numéro i • janvier 2005 * Une toute nouplle revue faite par et pour les cadres et professionnels du réseau de la santé et des services sociaux • Notre objectif ?L'enrichissement des compétences et l'épanouissement professionnel des intervenants, dans le but d'améliorer les services 1 1 Sortie début janvier 2005.Le premier grand thème abordé : ülL'te 3: auiL'îfi à Jl u'IlMli Abonnez-vous dès mai 1-888-832-3031 postes, i Rendezvous gourmands Æb“LES FILLES DU ROY” iRESTAUKANTl Dans la Maison Pierre du Calvet A.D.1725 Le meilleur des deux mondes.Cuisine française actuelle et saveurs traditionnelles du Québec .www.pierreducatvet.ca 401 rue Bonsecours, Vieux-Montréal 282-1725 r 'UXWM Émincé de Fine cuisine française Le célèbre breton vous propose son MENU DE NOUVEL AN - 31 DÉCEMBRE 2004 (85.00 *) SOIRÉE DANSANTF.AVEC MUSICIENS ET COIUJONStll Amuse-bouche n Consommé du pécheur aux petites crevettes Artichauts et estragon frais magret de canard fumé, bouquet d’asperges et pousses biologiques Réduction de vinaigre balsamique et htule de sésame Flan au saumon fumé et aneth, jus de crustacés et chips de tarot Granité au Champagne et canneherges Dos de flétan rôti à l’unilatéral, salpicon de homard.Portabellini et poireaux Beurre blanc au parfum d’anis étoilé ou Médaillons de wapati poêlés aux petits marrons glacés, jus de betteraves rouges lié au cacao amer % Filo de roquefort et poires caramélisées et sa petite verdurette à la framboise Terrine glacée au chocolat et whisky Crème anglaise à la pistache et citron confît 1550, RUE FULLUM (coin Maisonneuve) (514) 523-2551 www.armoncain.com Pour annoncer dam ce regroupement, contactez Micheline Ruelland au 514-985 3457 •• mrueltandaledevcir.com A 6 LE DEVOIR.LE JEUDI 30 DÉCEMBRE 2004 EDITORIAL Chaos électoral Prévue dans un mois, l’élection d’une assemblée irakienne provisoire va fort probablement se dérouler sous le signe du chaos.Chose certaine, l’ampleur des attentats commis ces derniers jours ainsi que leurs cibles révèlent combien les insurgés sunnites sont farouchement opposés à la tenue de ce scrutin.À un point tel que l’horizon du pays oscille de plus en plus vers la guerre civile.Serge Truffaut 1 y a deux jours à peine, Abdel Aziz al-Hakim, chef du principal parti chiite, soit le Conseil suprême de la révolution islamique en Irak (CS-RII), a échappé de peu à un attentat.D y a plus d’un an, son frère aîné, figure de proue des chiites, avait été assassiné par ceux-là mêmes qui ont revendiqué la tentative d’avant-hier.Qui sont-ils?Des militants de la nébuleuse dirigée par Abou Moussab al-Zarqaoui, qu’Oussama ben Laden vient d’ailleurs d’adouber grand chef d’al-Qài'da en Irak.Cette volonté très prononcée des insurgés sunnites d’en découdre avec les chiites découle d’un fait démographique et d’un biais religieux.Minoritaires en poids, les sunnites envisagent avec effroi que le tour des chiites de gouverner le pays soit arrivé.Ils craignent que ces derniers soient habités par un désir de vengeance d’autant plus ferme que sous le régime de Saddam Hussein, un sunnite, la majorité chiite a été l’objet de discriminations trempées dans le fer.Le biais religieux?Avant toute chose, peut-être faut-il souligner que l’échec du panarabisme, le rejet du baasisme ainsi que le recours constant à la violence ont projeté les religieux sur le devant de la scène, ont fait le lit de ceux-ci.Or, l’Irak étant de toutes les nations musulmanes celle où les différences religieuses, voire théologiques, sont à la fois nombreuses et aiguisées, les oppositions y sont à cet égard beaucoup plus vives, j—^ Ainsi, les insurgés sunnites irakiens sous do- ^f\ mination des militants d’une conception wahha-bite de la société n’admettent pas et n’admettront jamais que des chiites soient à la tête du pays: en effet, pour eux, ils sont des apostats.Qu’une fois parvenus au pouvoir des ayatollahs aient décidé de rebaptiser l’Iran «République islamique» est considéré par les plus fanatiques des sunnites comme un sacrilège.Leur identité culturelle s’articulant en bonne partie sur une répudiation de l’Occident, ils ne peuvent imaginer vivre sous l’égide d’une république.Or c’est un secret de Polichinelle que l’ambition d’al-Hakim est d’introduire le concept de république islamique dans la Constitution que les membres de l’assemblée sont appelés à rédiger d’ici la mi-août 2005.Et comme les chiites pratiquants, les religieux, forment la plus imposante fonnation politique du pays, il est probable qu’ils parviendront à leurs fins ou, du moins, qu’ils réussiront à instiller dans la loi fondamentale de quoi assurer à leur clan une influence plus que certaine.Cela étant, l’attentat contre al-Hakim a tellement fait couler d’encre que deux faits commis simultanément sont passés presque inaperçus.Un dirigeant du Parti communiste a été criblé de balles.Quoi d’autre?Un responsable du Parti démocratique de la nation irakienne a été tué alors que le chef de celui-ci s’en sortait indemne.Bref, tous les cadres des divers partis ne partageant pas les vues fanatiques de Zarqaoui sont dans sa ligne de mire.Le contexte étant ce qu’il est, on comprend mieux la démarche de la plus importante formation sunnite.Dans la foulée de tous ces méfaits, le chef du Parti islamique irakien, Mohsen AbdeLHamid, a annoncé que lui et ses collègues retiraient leur candidature.Pour le gouvernement provisoire ainsi que pour la Maison-Blanche, le coup est rude car ce boycottage, on l’aura deviné, va entacher durablement la crédibilité des élections.A moins que, d’ici le 30 janvier, les autorités donnent satisfaction à Abdel-Hamid, qui estime que l’insécurité qui règne dans presque tout le pays commande un report du scrutin (de six mois).Histoire de ne pas être en reste, les Kurdes ont décidé d’accompagner cette élection d’un référendum.Forts d’une pétition signée par plus de un million de personnes, les dirigeants kurdes veulent que la question suivante soit inscrite à l’ordre du jour des élections du 30 janvier «Voulez-vous ou non l’indépendance pour le Kurdistan?» Si tel est le cas, plus précisément si la question accompagne les bulletins de vote, on peut s’attendre à ce que les autorités centrales soient aux prises avec la sécession du Kurdistan irakien.Bref, la crédibilité de ce scrutin se réduit comme peau de chagrin.LE DEVOIR FONDE PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE Un autre grand moment & qqm 7f ^ fyR LÉS DéFuSomS Pau SAVlôpCyp.um îm a £> r\ J s O A z_ [O'CUrtAI .Vio étflVoTff 100*1 PfcQS .Big Brother Maher Arar a été simplement kidnappé, envoyé ailleurs pour être torturé avec l’approbation des services secrets canadiens (SCRS), c’est évident.Le prétexte de la protection des renseignements du SCRS est en fait un prétexte pour fermer les yeux sur des gestes dégueulasses quotidiens.Le SCRS et la GRC ont déjà ainsi laissé un 747 exploser afin de ne pas dévoiler leurs sources.Il est aussi généralement adrpis que le SCRS obéit plus facilement aux Etats-Unis qu’à son propre gouvernement, qui ne le contrôle pas vraiment bien,puisque les services d’écoute du système Échelon donnent un accès total aux employés pour faire chanter le patron avec copie conforme aux voisins.Petit à petit, l’intérêt du SCRS est devenu un pouvoir noir [.].C’est normal car cela lui donne plus de contrôle sur sa destinée.Si vous désapprouvez Alfonso Gagliano, imaginez vous retrouver un jour en Syrie pour y être torturé.Il y a des centaines de cas comme ça chaque année, et Arar est l’un des seuls chanceux à en être sortis vivants.Si on ne dénonce pas cela, on l’approuve.[.1 Je salue le courage d’accepter la réalité et encore plus celui de la dire.Michel Lauzon Le 22 décembre 2004 Rendez-moi mes dimanches Rendez-moi mes dimanches.Redonnez-moi cette journée de calme et de tranquillité à la maison pour profiter de la vie en famille plutôt qu'au magasin.Ne serait-il pas plus normal, dans le cadre de la politique de conciliation travail-famille, de revenir au congé dominical?De remettre le di- LETTRES -4- manche au cœur des activités récréatives et culturelles réunissant les membres d’une famille plutôt que d’en faire une journée de travail comme les autres?Spécialement cette année, où le Boxing Day tombait un dimanche, les employés de commerce devant se rendre au travail dès midi plutôt que de demeurer à la maison en famille après les réjouissances et les retrouvailles de la veille.De quoi donner un affreux mal de tête, surtout aux parents de jeunes enfants en quête d’une gardienne.Les CPE subventionnés à 7 $ par jour ne sont tout simplement pas conçus pour les enfants d’employés de commerce qui doivent travailler sur semaine après 18h et les week-ends, alors que ce sont eux, au bas de l’échelle salariale, qui en auraient le plus grand besoin.Y a-t-il au Québec une garderie ouverte le lendemain de Noël à part le très sélect CPE ouvert sept jours et sept soirs pour les salariés de Loto-Québec mais qui est exclusif et interdit aux enfants de parents travaillant dans les magasins, même ceux qui vendent des billets de loterie?Johanne Linteau Montréal, le 28 décembre 2004 La Ville ne doit pas céder Le Syndicat des cols bleus de la Ville de Montréal crie à l’injustice parce qu’après avoir demandé l'intervention d’un arbitre, il n’est pas content du contenu de sa décision.En appel, un juge vient de confirmer la décision de l’arbitre.Tous les autres syndicats avaient accepté les offres très généreuses de la Ville.Ce n’était pas assez pour ce syndicat [.], qui a alors demandé un arbitre, persuadé qu’il allait encore une fois rafler le gros lot.Quelle ne fut pas sa surprise: le courageux arbitre, devant les demandes farfelues des cols bleus, a tranché en faveur de la position nettement plus raisonnable de la Ville.La plupart des cols bleus de la Ville de Montréal gagnent entre 26 et 28 $ l’heure, sans compter les heures supplémentaires à temps et demi ou double, selon le jour de la semaine et les primes pour ceci ou pour cela.Ils peuvent prendre une retraite grassement payée à 50 ans ou même avant (après 30 ans de service).Ils ont droit à un généreux régime d’assurances, à de très longues vacances et à une variété de congés payés.Leur heure de dîner leur est payée comme étant une heure travaillée.La convention collective des cols bleus de la Ville de Montréal est probablement la plus généreuse en Amérique du Nord pour cette catégorie d’employés.Ces conditions exceptionnelles ont été arrachées à coups d’intimidation, de violence et de non-respect des contribuables qui, en définitive, payent la note.La Ville de Montréal, pendant ce temps, croule sous un déficit actuariel gigantesque, fruit de ces conditions de travail démesurément généreuses.Si on prend l’ensemble de sa rémunération (salaire, congés divers, vacances, primes, assurances, régime de retraite, etc.), un col bleu de la Ville de Montréal coûte au contribuable montréalais près de 50 % de plus qu’un col bleu du gouvernement du Québec.[.] La décision de l’arbitre et le jugement du magistrat, devant les demandes démesurées de ces enfants gâtés, sont totalement justifiés.En tant que contribuable, j’exige de la Ville qu’elle voie à les faire respecter à la lettre.Malgré ce petit réajustement à la baisse, les cols bleus de Montréal continueront de bénéficier d’une rémunération et d’avantages sociaux outrageusement élevés.Leurs jérémiades ne sont que du braillage d’enfants gâtés.[.] Pierre Tremblay Montréal, le 28 décembre 2004 LIBRE OPINION L’homosexualité entache-t-elle le mariage, la famille et la sexualité ?MICHEL LEMAY Sexologue et doctorant en philosophie (éthique appliquée) à l’Université de Sherbrooke La légalisation du mariage entre personnes du même sexe pose des questions fort pertinentes et essentielles pour la compréhension de notre société et pour l’idée qu’on se fait de vivre ensemble.Parmi tous les questionnements que suscite le débat autour de ce sujet jadis tabou, j’en choisis trois.Ainsi, l’orientation érotique homosexuelle a-t-elle un effet restrictif sur les droits, les libertés et les responsabilités associés à la citoyenneté?Existe-t-il un modèle de la famille que la loi canadienne doit favoriser?Au nom de quoi doit-on valoriser l'hétérosexualité?D’abord, précisons deux faits souvent occultés dans les discussions.Personne ne choisit l'homosexualité, tout comme personne ne choisit l’hétérosexualité.L’homosexualité, tout comme l’hétérosexualité, demeure à ce jour inexpliquée, peut-être inexplicable aux yeux de la science.La question qui se pose alors et qui rappellera bien des débats sur la couleur de la peau ou le genre sexuel, se formule ainsi: les personnes humaines, n’ayant jamais choisi leur orientation érotique, sont-elles égales entre elles?Si nous avons répondu oui à l'égalité entre les êtres humains quel que soit leur sexe ou la couleur de leur peau, pour les mêmes raisons fondamentales nous aboutissons à la même constatation en ce qui concerne l’orientation érotique.Une conception cidpabilisante de l’homosexualité et une vision surévaluée de l’hétérosexualité constituent des préjugés non fondés et nous empêchent d'analyser nos conduites en fonction de nos besoins, de nos valeurs et de nos intérêts personnels et sociaux.Sexologue depuis 25 ans, je n’ai jamais rencontr é une personne homosexuelle: ça n’existe tout simplement pas.Ce n’est pas la personne qui est hétéro- sexuelle ou homosexuelle, c’est son orientation érotique.Il n’existe pas d’orientation sexuelle: nous sommes de sexe féminin ou masculin, point à la ligne.Mais notre orientation érotique, inexpliquée et peut-être inexplicable, nous porte à érotiser le même sexe que nous (homosexualité) ou l’autre sexe (hétérosexualité) : on ne peut rien y changer.La question qui se pose alors est celle-ci: l'orientation érotique, que personne n’a d'ailleurs choisie de façon éclairée, constitue-t-elle une catégorie pertinente de discrimination?Notre société libérale et pluraliste croit que l’orientation, quelle qu’elle soit, ne doit pas faire l’objet de discrimination.Si l’orientation érotique au Canada ne doit donc pas faire l’objet de discrimination, si, quelle que soit notre orientation, nous sommes tous assujettis aux mêmes droits, aux mêmes responsabilités et aux mêmes libertés, pourquoi en serait-il autrement dans le cas du mariage civil?Société civile et communauté religieuse Dans notre pays existe heureusement la liberté de croyancç religieuse.Par contre, cette liberté soustrait les Églises à l’obligation de respecter une valeur fondamentale pour notre société: l’égalité entre les sexes.L’Église catholique québécoise adopte parfois une attitude d’ouverture et de tolérance à l’endroit d’activités et de comportements sexuels que Rome proscrit en édictant des normes dogmatiques et répressives en matière de sexualité.L’Église québécoise sait que.pour conserver ses fidèles, elle doit laisser les gens décider eux-mêmes au sujet de la masturbation, des relations sexuelles avant ou sans le mariage, de la contraception, de l'avortement, de la séparation, de la reproduction, de la façon de se protéger des maladies sexuellement transmissibles, etc.Mais elle partage la position papale au sujet du mariage entre per- sonnes du même sexe.C'est son choix.Dans une société pluraliste, elle doit respecter la façon civile de faire si elle ne veut pas qu’on se mêle de sa manière religieuse de considérer les femmes, les hommes, l’amour et la sexualité.Diversité des alliances Que dire aujourd'hui de l'institution du mariage?Distinguons tout d’abord mariage et famille.D existe des couples mariés sans enfant ou dont les enfants n’habitent plus chez leurs parents, tout comme des couples ont des enfants sans être mariés.Le mariage peut prendre différentes formes dans notre société actuelle: civile, religieuse, symbolique, contractuelle, d’affaires, etc.Quant à la famille, quelle différence aujourd’hui d'avec celle des années 50! Famille biparenfale, monoparentale, triparentale ou pluriparentale, famille d’accueil et d’adoption, officieuse ou non, famille sans parents, famille reconstituée, éclatée, dysfonctionnelle, etc.Ce n’est pas l’orientation érotique qui a une incidence sur l’institution du mariage mais plutôt ce que la très grande majorité des couples hétérosexuels en ont fait Ni le mariage ni l'hétérosexualité ne sont garants de l’épanouissement personnel ou social.L’orientation érotique, homosexuelle ou hétérosexuelle, n’est pas en soi la cause du fait que des individus adoptent des activités sexuelles irresponsables, violent ou agressent leur enfant les rejettent les méprisent les oublient et les délaissent ne savent pas les aimer, les négligent s’en détachent Si nous voulons que nos enfants profitent de conditions optimales pour grandir et cheminer, si nous désirons une société plus respectueuse des différences et plus agréable à vivre, nous gagnerions à nous interroger sur les conditions sociales favorables à l’épanouissement familial La qualité du mariage ou de la famille repose-t-elle sur l’orientation érotique des partenaires et des parents ou bien sur leurs qualités personnelles, leurs habiletés et leurs compétences, sur le réseau familigJ et communautaire, sur des lois et des services de l’Etat, etc.?Pourrions-nous agir collectivement avec plus de pertinence dans nos préoccupations en éliminant la pauvreté des enfants, en construisant des logements plus grands et moins coûteux, en conciliant travail et parentalité, en limitant les heures d’ouverture des magasins, en rendant plus accessibles des camps familiaux, des services d’aide et d’entraide, des loisirs pour les jeunes, etc.?L’annonce d’une révolution sexuelle?Nous vivons actuellement les effets tardifs de la révolution sexuelle des années 70.Mais qu’avons-nous fait de la sexualité depuis qu’il n’y a plus de péchés mortels pour nous encadrer ou nous réprimer?Ce mouvement de profonde remise en question qui derail nous libérer n'aura-t-il été qu’une déréglementation des mœurs et coutumes?Encore trop souvent, la pornographie comble ce vide immense que nous continuons de créer tant que nous n’inventons pas un érotisme sensuel, séducteur, égalitaire, personnalisé et véritablement émancipateur.La sexualité qui nous damnait jadis, pourquoi aujourd’hui nous rendrait-elle tout à coup heureux?Nous retrouvons peut-être une belle occasion d'examiner notre conception de la sexualité, de l’érotisme, de 1 amour, de la famille, de l’éducation des enfants, de nos relations interpersonnelles, et ce, quels que soient notre sexe, notre orientation érotique et notre statut conjugal.Ce que nous propose la revendication somme toute légitime des personnes d'orientation érotique homosexuelle, est-ce en y pensant bien, une véritable révolution séxueüe émancipatrice?Saurons-nous le reconnaître?Je l’espère WÊÊÊÊBÊKÊÊÊÊ/Êtm LE DEVOIR.LE J E L D 1 30 DECEMBRE 2 0 01 DEES Un précédent passé sous silence Les libéraux ont bel et bien été battus sur un vote de confiance JACQUES HÉ RI VAU LT Coordonnateur de la Chaire de recherche du Canada en études québécoises et canadiennes à l Université du Québec à Montréal ans la cohue médiatique et politique qui a entouré le jugement de la Cour suprême sur le mariage des conjoints de même sexe le jeudi 9 décembre dernier, quelque chose de plutôt remarquable est arrivée à la Chambre des communes sans que personne le relève dans les médias.Ce jeudi-là, tard en soirée, le gouvernement fédéral a été battu à deux reprises sur —-; -— w t-iv-uA.i tpi loto oui des motions budgétaires proposées par un membre du conseil des ministres, Reg Alcock, président du Conseil du trésor.Selon les conventions constitutionnelles canadiennes, tout vote engageant des deniers publics est considéré comme étant de facto un vote de confiance à l’endroit du gouvernement Le gouvernement avait donc trois options après ces votes: ¦ demander un vote de confiance de la Chambre pour se maintenir en place; ¦ demander à la gouverneure générale de chercher un nouveau premier ministre capable d’avoir la confiance de la Chambre; ¦ demander à la gouverneure générale de dissoudre la Chambre.Pourtant rien de ceci n’a été fait Une adoption indispensable Les deux motions du ministre Alcock s’inscrivaient dans les cycles budgétaires appelés «travaux de subsides» (business of supply), qui permettent l’adoption du budget principal des dépenses, essentiellement l’octroi des crédits — à partir du fonds consolidé — à l’ensemble des activités du gouvernement en trois cycles.Le premier cycle se termine le 23 juin, le deuxième, le 10 décembre, et le troisième, le 31 mars.Après le dépôt du budget fédéral — qui porte sur les modifications aux impôts et taxes ainsi que sur l’octroi de fonds aux grands programmes gouvernementaux et aux postes budgétaires comme le service de la dette —, le budget principal des dépenses est la deuxième grande opération budgétaire du gouvernement fédéral.Sans l’adoption par le Parlement du budget principal des dépenses, les ministères et organismes gouvernementaux n’auraient pas d’argent et ne pourraient pas pqyer leurs fonctionnaires.Selon un ouvrage publié par l’Ecole de la fonction publique du Canada, «[.] certains votes, par exemple sur des éléments comme le budget ou le budget principal des dépenses, sont toujours jugés comme des votes de confiance».C’est le gouvernement en conseil qui a propose les motions sur des crédits budgétaires et il a été battu.Le fait qu’il ne s’est rien passé du point de vue de la procédure parlementaire est un précédent dans les annales du parlementarisme canadien et remet en question les fondements du principe de gouvernement responsable.D’ailleurs, Larry Bagnell, secrétaire pariementaire du ministre des Ressources naturelles et assennenté comme membre du conseil des ministres, a déclaré au Daily Whitehorse Star le 10 décembre qu’il considérait les votes budgétaires du 9 décembre comme des votes de confiance pour se défendre d’avoir voté en faveur du maintien du budget du registre des annes à feu, très impopulaire au Yukon, une circonscription qu’il représente à la Chambre des communes.Une bataille pour Papineau Au Parlement de Westminster, contrairement au Parlement canadien, il est fréquent que le gouverne ment perde un vote sur des crédits budgétaires étant donné le nombre de députés qui y siègent C’est une façon pour le caucus gouvernemental de démontrer un peu d’indépendance vis-à-vis du gouvernement.Dans une telle situation, le gouvernement, à la suite d’un vote perdu, ne fait que déposer une motion de confiance envers lui-même pour se maintenir en poste et le caucus gouvernemental, ayant inscrit sa dissidence budgétaire, se rallie à la motion pour éviter le déclenchement d’élections générales.Baldwin, Lafontaine et Papineau se sont battus politiquement et parfois physiquement pour que le système politique établisse ce principe à la base même du gouvernement responsable.Rappelons à ce titre que les 92 résolutions de 1834 de l’Assemblée législative du Bas-Canada étaient animées par le principe du gouvernement responsable et réclamaient pour l’Assemblée le pouvoir de contrôler Ips subsides, c’est-à-dire le contrôle sur les dépenses.Etant donné le relus du lieutenant-gouverneur, de son conseil et de Londres, Papineau et l’Assemblée législative refusèrent de les voter, privant ainsi les fonctionnaires de salaire.Un des éléments déclencheurs des rébellions de 1837 a d’ailleurs été la décision de Londres d’autoriser le gouvernement en conseil du B^s-Canada à puiser directement dans les coffres de l’État sans l’assentiment de l’Assemblée.Incompétence libérale D n’y a pas d’autorité neutre pour forcer l’application de ces règles qui, par définition, sont conventionnelles; seule l’acceptation générale de leur valeur par la classe politique et médiatique leur donne une force morale.Le 9 décembre dernier, le gouvernement fédéral a fait preuve d’incompétence dans sa gestion parlementaire pour éviter de se faire battre sur deux motions budgétaires; les partis fédéraux, eux.n’ayant aucun intérêt pour des bouleversements importants avant Noël ou le déclenchement d’élections en pleine période des Fêtes, n’ont pas crié au scandale; les médias, enfin, étaient trop occupés avec une importante decision de la Cour suprême.Nous sommes bien conscients que personne ne souhaite des élections à l’heure actuelle.Mais il s'agit d'un principe fondamental du système politique canadien.Les libéraux n'auraient pas dû être aussi incompétents dans leur gestion parlementaire, et il y avait une solution facile d'application pour corriger cet égarement.Si les libéraux avaient dépose une motion de confiance envers eux-mêmes, celle-ci aurait sûrement été adoptée, aucun parti n'ayant intérêt à faire tomber le gouvernement, et la question aurait été réglée.Les libéraux ont donc fait preuve non seulement d’incompétence parlementaire mais d'ignorance des pratiques conventionnelles établies.L’intérêt général ne sera peut-être pas servi par un changement de gouvernement ou des élections générales, mais le sera-t-il davantage par l’abandon d’une tradition parlementaire et constitutionnelle?C’est une question qui mérite d'être posée car les systèmes politiques de type britannique fonctionnent par précédents, et le plus récent est annonciateur de l'abandon du vote de confiance implicite sur les motions budgétaires.[.] Les médias avaient créé toute une cohue quand il est devenu apparent que le sous-amendement du Bloc québécois au discours du Trône, à l’automne, avait des chances d’être adopté à un moment où la stabilité du gouvernement n’était pas vraiment en jeu.C’est Paul Martin lui-même qui a causé une tempête politique en en faisant un vote de confiance.Il n’était pas dans l'obligation de le faire.Maintenant qu’un véritable cas de confiance se présente à la Chambre des communes, c’est le silence.Si c’est l’opposition qui décide des budgets des différents organismes gouvernementaux, celui de la gouverneure générale et du Conseil privé en l’occurrence, pourquoi n’occupe-t-il pas les sièges ministériels?Comment un ministre peut-il être imputable de son budget devant le Parlement — la responsabilité ministérielle étant un autre important pilier de la démocratie canadienne — quand ce sont les partis d’opposition qui en fixent les paramètres?[.] Le précédent du 9 décembre dernier nous apparaît inquiétant S’il est considéré valide, le gouvernement ne subira plus la sanction ultime pour sa mauvaise gestion.Que le gouvernement soit majoritaire ou minoritaire et qu’il se fasse battre par l’opposition ou son propre caucus sur une question budgétaire, il n’aura plus l’obligation de se mériter la confiance de la Chambre ou de démissionner.Bref, l'opposition et le Parlement sont aujourd'hui un peu moins un contrepoids au pouvoir déjà très impressionnant de l’exécutif.Il est clair que la démocratie y a perdu au change.-y 4\ * ¦te' *.^ fis 4 1 : i > h fy/ML1 Vi* ' 1 Un homme marche à travers des centaines de cadavres, à la recherche d’un parent, à Khao Lak.Tsunami en Asie ADREES LATIF REUTERS Aurait-on pu sauver des vies?CLAUDE COULOMBE Scientifique ==ji e tsunami qui, dimanche, a frappé les L côtes de l’Asie du Sud-Est a provoqué la mort aux dernières nouvelles, de plus de 75 000 personnes, dont un tiers sont des enfants.Aurait-on pu sauver des vies?__=J| Mettons de côté la possibilité de pré-voir le séisme, surtout un séisme sous-marin comme celui de dimanche, dont l’épicentre était situé à 250 kilomètres au large de Sumatra.On estime sa magnitude à 9 degrés sur l’échelle de Richter, le plus violent des 40 dernières années.Oublions aussi les populations situées près de l’épicentre du séisme, malheureusement trop près pour intervenir.Si les secousses sismiques ne les tuent pas directement, le délai de grâce ayant d’être frappé par le tsunami se compte en minutes.La vague déferle à une vitesse de 500 à 800 km/h.Les sismographes du monde entier ont bien détecté et localisé le tremblement de terre à l’origine du tsunami dans les minutes qui ont suivi le séisme.Pour vous en convaincre, allez sur le site du réseau de surveillance sismique canadien (www.seismo.nr-can.gc.ca/cgi-bin/hplotJ.html) et tapez «2004 - 12 -26 - 1».Vous verrez qu’on enregistrait ici les ondes du séisme moins de 15 minutes après l’événement Alors, comment expliquer qu’un si grand nombre de victimes se trouvent au Sri Lanka, à plus de 1700 kilomètres de l’épicentre, et sur la côte de l’Inde, située à plus de 2000 kilomètres de ce point* Même en supposant une vitesse maximale de 800 km/h, cela laissait phis de deux heures pour donner l’alerte, prévenir les populations, les évacuer ou les mettre à l’abri.Pour la plupart il suffisait simplement d’éviter les plages.Que s’est-il passé?Comment se fait-il que personne n’ait essayé de prévenir ces populations?Les responsables (c’est le bon mot) ont caché leur ignorance crasse en déplorant l’absence d’un réseau de veille par satellite en temps réel et l’absence d’un réseau de bouées au large pour détecter les vagues suspectes.De la foutaise! Tous les fils de presse du monde parlaient du séisme alors que le moindre sismographe de fortune avait déjà pété les plombs! Or c’est un fait archiconnu qu’un séisme en mer (même de faible amplitude) s’accompagne toujours d’un train de vagues géantes, voire d’un tsunami, capables de voyager sur des milliers de kilomètres.La simple prudence (sans compter le principe de précaution) commandait d’alerter les populations.En 2004 (bientôt 2005), ils n’ont ni la radio ni le téléphone, en Inde?Pas de police non plus?Ils ont les meilleures universités d’Asie, mais pas de séismographe?Même le collège Brébeuf en a un dans son sous-sol! Tout le monde avait-il trop mal à la tête au lendemain de Noël?Bilan: des dizaines de milliers de morts à cause de l’ignorance et de la négligence.Un grand moment de l’humanité! - M Norman Spector Et le mariage à trois?ans knirs échanges à propos du mariage homosexuel, un sujet chaud tant pour Paul Martin que pour Stephen Harper, qui s'accusent mutuellement de manquer de courage dans ce dossier, il est facile d'ignorer les points sur lesquels les deux chefs s’entendent les deux honunes étant des politiciens, il est fort probable que knirs positions reflètent un large consensus au Canada 11 n'y a pas vingt ans, voire dix ans, nos médias étaient tapissés de textes débattant de l'inné et de l’acquis dims la question de l’homosexualité.Derrière ces arguments, beaucoup pensaient que les homosexuels et les lesbiennes pouvaient être «guéris».D's Canadiens tiennent maintenant pour acquis que les hommes et les femmes peuvent entretenir des rapports stables avec des partenaires de même sexe.Nous sommes d’accord sur le fait que tous les Canadiens doivent être traités également dans les domaines du logement et de l’emploi.Aujourd’hui, la plupart des Canadiens conviennent que les couples gais et lesbiens devraient avoir les mêmes avantages juridiques que M.et Mme Harper.Stephen Harper et l’uni Martin — et j’estime qu’il en va de même pour MM.1 hiceppe et Layton — conviennent également qu'il faut limiter k- nombre de personnes qui partagent le lit matrimonial.Personne ne peut prévoir comment fa Cour suprême tranchera fa question du ménage à trois, tout comme personne ne peut garantir quelle position prendront les juges sur fa question de la discrimination actuelle contre les homosexuels.Néamnoins, M.Martin prétend que M.H;uper devrait utiliser la clause dérogatoire pour préserver la définition actuelle du mariage.Mais le premier ministre n’a toujours pas dit s’il était prêt à l’employer lui-même pour limiter le mariage à deux personnes.Manquerait-il de courage?Peut-être.Mais M.Martin suppose également que b cour ne rejettera pas la redéfinition proposée, tout comme M.Harper suppose que les juges ne heurteront pas la définition traditionnelle du mariage.Tous deux arguent que leur discrimination proposée respecte «les limites raisonnables dtmt la justification peut se démontrer dans le cadre d’une société libre et démocratique».MM.Harper et Martin sont en désaccord sur une grande question, à savoir si les unions des homosexuels et des lesbiennes devraient s’appeler des mariages ou autre chose.Pour débloquer ce dossier, un Yvon Deschamps du Canada anglais a récemment suggéré de nommer ce type d’union un «garriage».Hormis l'étiquette, cette divergence reflète deux conceptions de l’égalité.Pour beaucoup d'homosexuels et de lesbiennes, l’égalité signifie être considéré connue les autres.Pour d’autres, être égal n'est pas incompatible avec le fait de tenir compte de leur différence.Ic «mariage» — un établissement bourgeois — ne les intéresse guère.Je peux concevoir plusieurs raisons de défendre qu’il n’est pas de notre intérêt national de devenir le troisième pays à légaliser le mariage homosexuel.Cependant, si la Cour suprême le rejette, je ne peux pas penser à d’autres raisons que celle d’interdire à une femme le choix de devenir la deuxième épouse du premier ministre Paul Martin, en supposant que Sheila Martin y ait consenti et qu’elle ait aussi eu le droit de se marier avec un deuxième copain.J’avoue que la plupart des Canadiens seraient dégoûtés par ces arrangements.Mais n’est-ce pas de cette façon que se sont sentis nos concitoyens au sujet de l’homosexualité il y a quelques années?Aujourd’hui, beaucoup de Canadiens ne sont pas à l’aise quand ils voient deux hommes s’embrasser en une de leur quotidien ou à la télé.N’est-ce pas là fa raison pour Laquelle la majorité préférerait appeler ces mariages d’un autre nom?Devant la Cour suprême, l’avocat fédéral, Peter Hogg, a refusé de définir les frontières du mariage.Dans leur décision, les juges ont décrit fa Constitution canadienne comme un arbre vivant, affirmant de ce fait qu’il leur revient de faire leurs ces jugements de valeur fortement personnels.Ceux qui, comme M.Martin, insistent pour que Stephen Harper prenne aujourd’hui position pour savoir s’il emploiera ou non la clause dérogatoire seraient les premiers à le condamner s’il répondait par l'affirmative.Cependant ces mêmes personnes n’ont pas condamné M.Martin il y a un an quand il a dit qu’il utiliserait cette clause pour encadrer la discrimination contre les homosexuels et les lesbiennes qui veulent un mariage religieux.Personne ne peut prévoir si ce qui dégoûte les Canadiens ordinaires et les juges de fa Cour suprême coïncidera à l’avenir avec la volonté populaire.Personne ne peut donc prévoir comment le public répondra à l’utilisation de fa clause dérogatoire par ses députés une fois que les juges auront prononcé leurs derniers mots.Dans les circonstances, Stephen Harper a raison de demander à M.Martin d’accorder un vote libre à tous ses députés et pas seulement à ceux de l’arrière-banc.Le leader conservateur fait également preuve de sagesse en n'écartant aucune option juridique qui soit conforme avec notre constitution, y compris la célèbre clause dérogatoire.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.nspectordiglrjbeandmail.ai r Ecrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page les commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction@ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) .Josée Boileau (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et laits de société), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (ennronnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Jean-Pierre Legault (pupitre édito, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé), Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques)-, Martin Duclos, Michèle Malenfant et Christine Du maze t (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Julie Carpentier, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels): à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny, Éric Desrosiers, Alec Castonguay, Claude Turcotte; À l'information internationale : Claude Ijévesque, Guy Taillefer, Serge Truffaut (éditorialiste) à l’information politique : Hélène Buzetti et Manon Comellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Ijévesque , MarieHélene Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Mari lyse Hamelin, Alexandre Shields (commis).La documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Serge Laplante (Québec).Rachel Rochefort (Ottawa) LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril.Jean de Billy, Marlène Côté, Slavica Bogdanov, Christiane Ijegault, Amélie Maltais, Jacques A.Nadeau, Claire Paquet, Micheline Ruelland, Nadia Sebai.Mélisande Simard (publicitaires), I^urence Thériault (directrice adjointe), Manon Blanchette.Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Nathalie Zemaitis.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet Danielle Cantara.Richard Des Cormiers.Donald Filion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE, Linda Thériault (responsable service d la clientele, distribution et tirage), Gisèle Lenard, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation) .Geneviève Duguay.MoniqueL'Heureux.Lise Lachapelle.Rachelle Leclerc.L'ADMINISTRAT!ON Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur).Ghislaine I^afleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross.k LE DEVOIR.LE JE LDI 30 DÉCEMBRE 2004 A 8 ICTUALITES CINÉMA MORTS SUITE DE LA PAGE 1 L’annonce faite à Toronto avait semé l’inquiétude au sein de l’industrie québécoise, laquelle entendait s’adresser au ministre des Finances et à son homologue de la Culture, Line Beauchamp, afin de corriger rapidement la situation pour que le Québec demeure concurrentiel face à l’Ontario.Le milieu du cinéma en Colombie-Britannique, où le crédit est encore à 11 %, s’était également inquiété des répercussions.Toujours selon cette source, certains des neuf projets d’origine étrangère qui songeaient à tourner au Québec auraient été tentés d’opter pour Toronto depuis la semaine dernière, cette hésitation ayant apparemment convaincu le gouvernement québécois d’annoncer des mesures plus rapidement que prévu afin de niveler le terrain de jeu.L’annonce de Québec pourrait faire sourire les représentants de l’industrie québécoise, du moins en ce qui concerne les entreprises et artisans impliqués dans les productions étrangères, lesquelles sont sollicitées non feulement par d’autres provinces canadiennes ou des Etats américains mais aussi par de nouveaux acteurs comme l’Europe de l’Est et l’Australie.L’industrie québécoise du cinéma affirme que sa masse salariale totalise 1,4 milliard de dollars et qu’elle représente l’équivalent de 35 000 emplois à temps plein.L’année 2004, cependant, aurait été moins fructueuse en raison de plusieurs facteurs, dont la montée en flèche du dollar canadien face à la devise américaine.Certaines estimations qui ont circulé lors du récent Forum métropolitain de l’industrie cinématographique (FMIC), le mois dernier, faisaient état d’une chute de 50 % des revenus des entreprises pour 2004.En Colombie-Britannique, où presque neuf productions sur dix proviennent de Los Angeles, les prévisions sont d’une baisse de 30 % des revenus.Au moment de l’annonce à Toronto, le commissaire au Bureau du cinéma et de la télévision de Montréal, Daniel Bissonnette, craignait que les crédits d'impôt ontarieps ne créent une situation où le Québec serait de moins en moins retenu comme candidat pour le tournage de projets étrangers.«R faut demeurer compétitif avec les villes qui sont dans la même catégorie que Montréal, et, au Canada, ça se trouve à être Vancouver et Toronto», avait affirmé M.Bissonnette.«Dans un monde idéal, on souhaiterait être le plus près possible.» Ni M.Bissonnette ni le président du FMIC, François Macerola, entre autres, n’ont pu être joints hier.L’industrie québécoise est actuellement à mettre sur pied un organisme de développement visant à coordonner les efforts de promotion et de financement du milieu du cinéma.Ce projet devrait voir le jour au début de l'année.Rappelons que l'aide annoncée par le gouvernement ontarien totalisait 48 millions divisés en deux augmentations de crédits d’impôt celui aux productions étrangères et celui aux productions canadiennes faites en Ontario, qui passerait de 20 à 30 % pendant cinq ans.Le Devoir Rectificatif Contrairement à ce que nous écrivions le mercredi 22 décembre dans notre article sur les impacts de la fumée générée par le chauffage au bois, ce n’est pas à Baie-Comeau mais bien à Sept-îles, sur la Côte-Nord, qu’a été réalisée une des premières études sur l’acuité de ce problème urbain.LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9e étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Placedes-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Le site Internet du Devoir, www.ledevoir.com Comment nous joindre?La rédaction Au téléphone (514) 985-3333 Par télécopieur (514)985-3360 Par courriel redaction@ledevoir.com L’agenda culturel Au téléphone (514) 985-3346 Par télécopieur (514) 985-3390 La publicité SUITE DE LA PAGE 1 «]e dirais qu ’il y a vraisemblablement entre 50 000 et 80 000 morts», a déclaré Michael Elmquist, chef pour l’Indonésie du Bureau de l’ONU pour la Coordination des affaires humanitaires (OCHA).Encore hier, le bilan des victimes n’a cessé de gonfler.Rus de 500 000 blessés étaient recensés et des dizaines de milliers de personnes étaient toujours recherchées.Le nombre des personnes déplacées est lui aussi très élevé: un million de personnes au Sri Lanka, 160 000 en Inde et 29 000 en Thaïlande, selon la Croix-Rouge et les autorités.Le chef des opérations de soutien de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge, Peter Rees, redoutait un bilan des morts et des disparus «absolument énorme».«Je ne serais pas du tout surpris que nous dépassions les 100 000 morts, une fois que nous aurons vu ce qui s’est passé dans les archipels Nicobar et Andaman», dans le sud de l’Inde, a déclaré M.Rees.Dès lundi, un responsable du district avait estimé que 30 000 personnes pouvaient avoir disparu dans ces archipels du sud du golfe du Bengale composés de plus de 500 îles.Les autorités indiennes ont fait état d’un bilan provisoire de 10 850 morts, dont environ 6000 dans l’État du Tamil Nadu (sud-est du pays) et 4000 dans les archipels Nicobar et Andaman.En Indonésie, les autorités ont annoncé 45 268 morts, mais il manquait encore un décompte exact des victimes de la côte ouest de Sumatra.Dans cette AIDE SUITE DE LA PAGE 1 40 millions à l’Indonésie et 20 millions aux Maldives, a-t-il précisé.En plus de ces 130 millions de dollars, les Nations unies vont lancer un appel international aux dons le 6 janvier, pour couvrir la phase d’urgence.Selon des responsables onusiens, des milliards de dollars seraient nécessaires pour reconstruire les pays sinistrés.«Cest un immense désastre», a souligné le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan, mardi soir sur CNN, en annonçant la date à laquelle l'appel serait lancé.«J’espère que la réponse sera généreuse.» Kofi Annan a interrompu ses vacances et est rentré hier soir à New York afin de superviser l’effort humanitaire de l’ONU en faveur des pays affectés par les tsunamis.M.Annan s’entretiendra ce matin avec Jan Egeland, secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, qui coordonne l’action de l’ONU dans ce domaine.Au cours des deux derniers jours, M.Annan s’est entretenu au téléphone avec les dirigeants de tous les pays frappés par le désastre, non seulement pour leur présenter ses condoléances mais aussi pour «s'enquérir de leurs besoins les plus urgents».Il a également été en contact avec les principaux pays donateurs «pour examiner l’effort humanitaire international et souligner le rôle de coordination de l’ONU en la matière», selon son porte-parole.Après la catastrophe de dimanche, le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) a annoncé hier le lancement d’un dispositif majeur d’assistance dans la province indonésienne d’Aceh, où un pont aérien d'urgence va être mis en place pour fournir abris et secours à plus de 100 000 personnes.«La ville d’Aceh, la plus proche de l’épicentre du séisme, a été pratiquement détruite et la population locale a besoin de toute urgence d’abris et d’autres produits de première nécessité», a fait valoir Ruud Lubbers, le haut-commissaire pour les réfugiés.Fonds d’urgence Depuis son ranch de Crawford gu Texas, George W.Bush a annoncé hier que les États-Unis, l’Inde, l’Australie et le Japon avaient formé une coalition internationale pour coordonner les secours et les efforts de reconstruction internationaux.En Europe, les gouvernements ont débloqué des fonds d'urgence.L’Espagne a promis hier 50 millions d'euros — la plus importante contribution pour un seul pays —, dont 80 % en dons et le reste en prêts.La Grande-Bretagne s’est engagée à hauteur de 15 millions £ (35 millions SCAN) pour les efforts de seçours.A Paris, le gouvernement français a annoncé une contribution de 15 millions d’euros (24,7 millions SCAN) à l’aide internationale dans la région et l’Alle- île, la phis proche de l’épicentre du séisme de magnitude 9 qui s’est produit dimanche à 40 kilomètres sous la surface de l’océan, entraînant une série de vagues meurtrières, plus de 10 000 personnes auraient péri.Au Sri Lanka, 22 493 personnes ont été tuées, et 1829 en Thaïlande.Dans les autres pays directement touchés par les tsunamis, 90 personnes sont mortes en Birmanie, selon les organisations humanitaires internationales, 65 en Malaysia, 67 aux Maldives et deux au Bangladesh.Pour éviter la propagation d’épidémies, un millier de cadavres déformés par les eaux ont dû être déchargés par des camions dans des fosses communes de Sumatra sans avoir pu être identifiés.Les équipes militaires qui ont pu atteindre pour la première fois la côte ouest de llle évoquaient un spectacle de dévastation totale.Selon le général Endang Suwarya, chef de l’armée dans la province d’Aceh, «75 % de la côte ouest a été détruite».Les journalistes qui ont pu survoler la zone ont vu défiler des villages ensevelis sous la boue et l’eau de mer, des maisons effondrées ou aux toitures arrachées.Étrangers Dans le monde entier, des pays s’inquiétaient pour leurs touristes portés disparus.Beaucoup d’étrangers qui passaient leurs vacances sur les plages asiatiques figurent parmi les morts, notamment dans les stations du sud de la Thaïlande, où la mort de 473 ressortissants étrangers originaires de 36 pays a été confirmée.On craint à cet endroit que la moitié des quelque 1800 morts soient des touristes étrangers.L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont confirmé chacune le décès de 26 de leurs ressortissants.Mais le chancelier allemand Gerhard Schrôder avançait hier que le nombre total d’Allemands décédés «dépassera clairement les trois chiffres».Le bilan français est passé à 20 morts, tout comme celui de l’Autriche et de la Norvège.Là aussi, les bilans seront revus à la hausse, puisque des milliers de touristes, dont plus de 2000 Scandinaves, manquent encore à l'appel.De nombreux pays occidentaux ont continué au cours de la journée de rapatrier des milliers de leurs ressortissants qui étaient en vacances sur les plages de l’océan Indien.Malgré tout, l’aide humanitaire commençait à arriver en masse dans les pays touchés.Le long de la côte sud de l’Inde, la vaccination contre le choléra, la typhoïde, l’hépatite A et la dysenterie cje 65 000 rescapés du tsunami a commencé dans l’État de Tamil-Nadu.Une centaine de médecins et 175 tonnes de riz ont; aussi atteint Banda Aceh, à Sumatra.A plusieurs endroits, les sinistrés désespérés volent de la nourriture partout où ils le peuvent Des pillages étaient également signalés dans les stations balnéaires thaïlandaises des îles de Phuket et Phi Phi, où des touristes occidentaux ont laissé derrière eux leurs biens dans les hôtels dévastés.Le Devoir D’après Associated Press, l’Agence France-Presse, Reuters et Le Monde DARREN STAPLES REUTERS Un avion d’Oxfam transportant de l’équipement sanitaire s’est envolé hier d’Angleterre en direction des zones touchées par les tsunamis en Asie.Plusieurs avions d’aide ont commencé à arriver dans les régions sinistrées.magne a porté la sienne à 20 millions d’euros (33 millions $CAN).Le Danemark a annoncé qu’il allait diriger les efforts du Partenariat humanitaire international (Danemark, Suède, Norvège, Finlande, Pays-Bas et Grande-Bretagne) pour établir un centre de coordination et d’évaluation de l’ONU sur l’île indonésienne de Sumatra.Copenhague a fait don de 85 millions de couronnes danoises (18,8 millions $CAN) pour financer ce centre.De toutes parts des avions continuaient de décoller vers les régions sinistrées.Pour la France, «environ 20 tonnes d’aide humanitaire — postes médicaux, station de potabilisation d’eau» — devaient partir pour l’Indonésie et cinq tonnes vers les Maldives, selon l’Élysée.Par ailleurs, un patrouilleur de la Marine nationale devait participer aux efforts de recherches en Thaïlande et des équipes spécialisées de la gendarmerie et de la police nationale, à l’identification des victimes.Le Portugal a annoncé le départ de deux avions cargo, qui devaient acheminer «21 tonnes d’aide humanitaire» au Sri Lanka, hier et aujourd’hui.La Russie a envoyé un troisième avion au Sri Lanka.Enfin, le Pakistan a proposé son aide à l’Inde, son vieux rival.Signe de l’amélioration des relations entre les deux puissances nucléaires voisines, le premier ministre pakistanais, Shaukat Aziz, a téléphoné hier à son homologûe indien, Manmohan Singh, un entretien d’un quart d’heure auquel il a transmis les condoléances et la sympathie de son gouvernement et du peuple pakistanais.FMI L’aide apportée à la région pourra aussi prendre la forme d’un assouplissement des mesures imposées par le Fonds monétaire international (FMI) à certains pays.Hier, le FMI s’est dit prêt à amortir le contrecoup financier du séisme qui a dévasté l’Asie du Sud en examinant notamment le remboursement des prêts dus par l’Indonésie.Les représentants du Fonds sont en contact avec les gouvernements des différents pays touchés par la catastrophe, a indiqué hier à des journalistes un responsable du FMI sous le couvert de l’anonymat «Nous leur proposons notre assistance sous quelque forme que ce soit et nous leur disons que nous serons là lorsqu’ils sentiront qu’ils peuvent demander notre aide», a ajouté ce responsable.Le FMI serait prêt au besoin à envisager un ajustement des remboursements 4es prêts de l'Indonésie, a-t-il laissé entendre.Les États-Unis ont aussi indiqué hier être favorables à des mesures d’allégement de la dette des pays de l’Asie du Sud dévastés par des raz-de-marée, mais ils n’ont pas réagi à une idée lancée par l’Allemagne d’un moratoire pour l’Indonésie et la Somalie.«Notes sommes ouverts à toutes sortes d’idées», a déclaré Andrew Natsios, administrateur de l’Agence américaine pour le développement international (USAID), lors d'une conférence de presse.Le chancelier allemand.Gerhard Schrôder, avait auparavant indiqué à Berlin que son gouvernement allait proposer un moratoire sur la dette de l’Indonésie et de la Somalie lors de la prochaine réunion du Club de Paris, sans fournir plus de précisions.L’Indonésie et la Somalie sont les deux pays touchés par les tsunamis ayant passé des accords avec le Club de Paris.Le Devoir D’après VAssociated Press, Reuters et l’Agence France-Presse ENQUETE Au téléphone (514) 985-3399 Par télécopieur (514) 985-3390 Extérieur de Montréal 1-800-363-0305 (sans frais) Les avis publics et appels d’offres Au téléphone (514) 985-3344 Par télécopieur (514) 985-3340 Par courriel avisdev@ledevoir .corn Les avis de décès (Le Mémoriel) Au téléphone (514) 525-1149 Par courriel info@lememoriel.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone (514) 985-3322 Par télécopieur (514)985-3340 Service à la clientèle et abonnements Au téléphone (514) 985-3355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur (514) 985-5967 Par courriel abonnements@ledevoir .com Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) l* Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaitez pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service A la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury, 9^ étage.Montréal.(Québec), H.1A 3M9.H est imprimé par Imprimerie Québécor World.St-Jean.800, boulevard Industriel.Saint-Jean-sur-Richelieu, division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint Jacques Ouest, Montréal.L'agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans l«e Devoir.U Det>oir est distribué par Messageries I>ynamiques.division de Corporation Sun Media., 900, boulevard Saint-Martin Ouest.I^ival.Envoi de publication — Enregistrement n* 0858.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.SUITE DE LA PAGE 1 ont déjà reçu leur assignation à comparaître, selon nos informations.«Oui, M.Pettigrew a reçu son assignation et doit rencontrer les procureurs de la commission, comme tous les ministres québécois de l’époque», a confirmé au Devoir Sébastien Théberge, l'attaché de presse de M.Petjigrew.A la commission Gomery, le porte-parole François Perreault n’a pas voulu s’avancer.«Les assignations à comparaître sont gardées secrètes et je ne peux pas vous en dire plus.Les témoins ne sont dévoilés au public qu’une semaine ou deux à l'avance», a-t-il dit L’ancien ministre Denis Coderre, aujourd’hui simple député, devra aussi s'expliquer devant les procureurs, lui qui a entretenu des liens d’amitié étroits avec Claude Boulay, l’ancien président de la finne de publicité Everest, qui a largement profité des commandites fédérales dans le cadre de cette affaire.A couteaux tirés avec Paul Martin, l'ex-vice-pre-mière ministre Sheila Copps aurait aussi reçu une assignation à comparaître devant la commission Gome ry.Associée au clan Chrétien, Mme Copps a fait paraître à l'automne un livre extrêmement critique envers Paul Martin et son équipe.Si les procureurs de la commission Gomery rencontreront tous ces importants témoins politiques, il n'est toutefois pas sûr que ceux-ci devront témoigner devant le public et les caméras.La nature des renseignements que chacun possède sera mise dans la balance et si un autre témoin peut fournir plus d’éclairage sur certains faits, un ministre pourrait déposer son témoignage sans aller devant le juge.Selon nos informations, plusieurs ministres et exministres devront tout de même fournir d’importantes explications puisque la commission Gomery a en sa possession près de dix millions de pages de documents, portant notamment sur les faits et gestes de plusieurs ministres lors des réunions du cabinet.Sous le règne de Jean Chrétien, certains, comme Sté- phane Dion, étaient d’ailleurs assermentés au Conseil privé, soit le ministère du premier ministre, où ont transité plusieurs décisions en lien avec le programme des commandites.De plus, les procureurs de la commission Gomery ont en leur possession toute la correspondance faite entre le Parti libéral du Canada, ses membres, les députés et les ministres ainsi que les firmes de communication et de publicité entre 1993 et aujourd'hui.Un conseil des ministres au parfum La commission Gomery a déjà révélé à l’automne que le conseil des ministres formé en 1996 ne pouvait pas plaider l’ignorance complète en ce qui a trait au programme des commandites.Tous les ininisfres en poste au début de l’année 1996, y compris Paul Martin, Pierre Pettigrew, Stéphane Dion, Lucienne Robillard, Ralph Goodale et Anne McLellan, ont discuté de la stratégie à employer pour éviter un nouveau référendum et convenu de créer ce qui allait devenir le programme des commandites, qui n’avait toutefois pas encore de nom à l’époque.Début février 1996, le Comité ad hoc sur l’unité nationale, présidé par Marcel Massé, remet son rapport final sur la stratégie à utiliser pour promouvoir le fédéralisme.Auparavant, tous les ministres ont été consultés durant plusieurs semaines, ce qui permet au comité de parler en leur nom.Les ministres présents ont une excellente idée de ce qui sera mis en place.Le rapport est très clair.Sous la rubrique «Communication», on peut lire que «les ministres reconnaissent l’urgence et l’importance de faire passer le message fédéraliste au Québec».Vient ensuite le gros morceau qui, visiblement, sera retenu par le cabinet quelques mois plus tard avec la créa-' tion du programme de commandites et le transfert des millions provenant du fonds secret pour l’unité canadienne.Le mandat de Charles Guité et de son équipe de fonctionnaires est tracé par les ministres eux- mêmes.«Les ministres recommandent la création d’un secrétariat ou organisme bien financé, travaillant à temps plein et doté d’un mandat précis, pour élaborer et mettre en œuvre la stratégie et les tactiques en matière de communications et de politiques», est-il écrit Cet organisme doit aussi être séparé des instances déjà existantes.«Rest essentiel qu’il soit très différent des activités régulières de communications du gouvernement», peut-on lire.La publicité est déjà le moyen privilégié par les ministres, mais ceux-ci veulent pousser plus loin.«Les ministres recommandent un effort coordonné pour accroître la visibilité et la présence du Canada au Québec, peut-on lire.Les initiatives et programmes existants et nouveaux dont peuvent bénéficier les Québécois devraient être publicisés à grande échelle, systématiquement et à répétition.Les ministres fédéraux, le premier ministre et les députés devraient être constamment vus au Québec.Leurs discours, quel que soit l’événement où ils sont donnés, devraient toujours transmettre des messages au sujet du Canada qui soient clairs, positifs, bien ciblés et coordonnés.» Le degré de connaissance des événements à venir par les ministres était très élevé puisque c’est sur leurs recommandations que le programme de commandites a vu le jour et s’est mis en branle.Il est évidemment impossible dans ces documents de savoir le degré de connaissance des ministres sur les malversations et les fraudes qui allaient suivre puisque la gestion du programme était très secrète.La commission Gomery voudra donc avoir la version des faits de ces personnes et comprendre le niveau d implication de chacun.Les témoignages qui seront faits en public devraient avoir lieu vers la fin de janvier ou au début de février.Alfonso Gagliano, Jean Chrétien et Paul Martin sont déjà assurés d’être appelés à témoigner en public.Le Devoir
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