Le devoir, 24 janvier 2009, Cahier E
L E I) E V OIK.I, ES SA M EDI ï 1 E T D I M A N (’ Il E 2 5 I A ,\ V I E H -1 O (I !) CINÉMA Comment dénoncer le faux Eldorado de l’Extrême-Arctique Page E 8 CHANSON Louise Forestier présente son nouveau disque au National Page E 5 mm > 'v s s v- Macbeth à l’opéra Sanguinaire épopée shakespearienne Macbeth de Verdi, mis en scène par René Richard Cyr, prend l’affiche à TOpéra de Montréal samedi prochain pour cinq représentations.Probabilité zéro de voir du rose nanane comme dans Les Pêcheurs de perles ou de subir un livret crétinoïde façon Fanciulla del West.À la bonne heure.CHRISTOPHE H U S S René Richard Cyr revient à l’opéra après son Turn of the Screw de Britten avec l’Atelier de l’Opéra et Don Giovanni dans la grande salle Wilfrid-Pelletier.Ce sera Macbeth de Verdi, une sorte de rêve pour celui qui se dit fasciné par la pièce de Shakespeare depuis son adolescence et considère que le rôle de lady Macbeth est l’Everest en matière théâtrale.Notre metteur en scène partage cette passion avec Verdi, hanté par l’œuvre du dramaturge anglais et qui rêva toute sa vie de mettre en musique Le Roi Lear.Macbeth est son premier opéra d’après Shakespeare, bien avant Otello et Falstaff.Le compositeur harcela littéralement son librettiste Piave, lors de la genèse de l’opéra, en 1847.Il concentra une intrigue, déjà assez compacte, en éliminant des personnages secondaires.Chez Verdi, le roi Duncan, qui sera assassiné par Macbeth, ne fait que passer et ne chante pas.Pour une reprise de Macbeth à Paris en 1865, Verdi a révisé la partition, et c’est cette version révisée que l’on présente habituellement.Afin de faire mourir Macbeth en scène dans son spectacle, l’Opéra de Montréal réintégrera cependant l’arioso final Mal per me de la version de 1847.La sanguinaire Di trame de Macbeth, chez Verdi, est la suivante.En Écosse, au Moyen Âge, Macbeth et son ami Banco, officiers de l’armée du roi d’Écosse, rencontrent des sorcières qui leur prédisent l’avenir.Elles voient Macbeth devenir sire de Cawdor puis roi.À Banco, elles prédisent qu’il sera le patriarche d’une dynastie désignée à régner.Les sorcières parties, Macbeth apprend qu’il est nommé sire de Cawdor.La première prophétie se réalise donc.Il fait part de tout cela à sa femme.Celle-ci apprend que le roi Duncan doit séjourner dans son château.Elle pousse Macbeth à le tuer.Le couple infernal, mené par Madame, se rappelle ensuite de la prophétie concernant Ban- co et décide de l’éliminer, ainsi que son fils.Le père meurt, le fils en réchappe.En Écosse, Macbeth règne en tyran et commence à déraisonner.La résistance s’organise en dehors des frontières, autour de réfugiés, de Malcolm, le fils de Duncan, et de Macduff, un seigneur écossais, dont le couple régnant a fait raser son château et massacrer la famille.À l’acte 3, Macbeth va consulter les sorcières, qui délivrent trois nouvelles prophéties.L’acte 4 met en parallèle les réfugiés, Macduff et Malcolm, qui vont tenter une percée vers le château de Macbeth à travers la forêt de Birnam, et le couple Macbeth, au sein duquel le roi est de plus en plus délirant et nihiliste et la reine, prise de crises de somnambulisme lors desquelles elle revit ses crimes.Elle en mourra, de même que Macbeth, tué par Macduff, qui fait monter Malcolm sur le trône.Le muffin Les grandes représentations de Macbeth reposent toutes sur une lady Macbeth littéralement possédée.On citera Maria Callas et Shirley Verrett comme les deux cantatrices qui ont le plus marqué ce personnage au XX siècle.René Richard Cyr désire symboliser le rôle-clé de la sanguinaire arriviste en la faisant entrer sur scène pendant l’ouverture.Lorsqu’on demande au metteur en scène quel est selon lui le profil de Macbeth face à sa femme, il répond: «C’est un pauvre muffin!» Mais le metteur en scène n’a pas voulu placer cette emprise sur un plan sexuel, même si, remarque-t-il, dans la plupart des mises en scène «on voit toujours le lit».VOIR PAGE E 2: MACBETH « Ma lecture est plus sociale et politique que psychologique » — René Richard Cyr DISQUE Mara Tremblay, telle quelle 1 c Il y a dix ans, elle chantait Tout nue avec toi.Aujourd’hui, nue devant tous et d’abord face à elle-même, Mara Tremblay se montre sous toutes ses facettes.À prendre ou à laisser.On prend.Mieux, on embrasse.SYLVAIN CORMIER Cy est le regard qu’on voit d’abord sur cette photo de pochette signée Valérie Jo-doin-Keaton, où Mara Tremblay pose nue.Ce regard franc, affirmé.Et puis on voit la tête.La tête haute.L’air de dire: me voici, c’est moi, entièrement moi, ma gueule, mon corps, me voilà telle quelle à presque quarante ans.Qui m’aime me suive.«C’était ça, l’idée.Qu’on me voie.Vraiment.C’est moi telle que ma mère m'a mise au monde.Moi telle que je me suis faite, aussi.» Le jour de l’entrevue, jour de l’investiture d’Obama, ça fait très exactement un an que la mère de Mara est décédée.Longue maladie.Deux chansons de Tu m’intimides, son nouvel album, en sont tributaires.D’un côté ou de l’autre est un hommage: «Et maintenant si je marche droit / Que mon cœur est fort et ma tête fière / C’est que tu as dessiné pour moi et mes enfants / Le portrait d’une femme libre.» Plexus solaire évoque «sa dernière semaine de vie» sur le mode métaphorique: «lœ dernier tournoi se déroule en ville / Iss bataillons dans le plexus solaire /Frappent, frappent.» «C’était vraiment ça, commente Mara tout doucement, de l’autre côté de la table de ma salle à manger.Elle était sûre que c’était la guerre et qu’elle se faisait attaquer par les Allemands.Je capotais.Du gros délire.Mais un vrai combat.» Tout Mara La Mara de la photo, affrontant tout, sans paravent ni vêtements, c’est la Mara d'après la mort.«Je me sens forte et ça paraît.Ç’a été une année vraiment intense.J’ai perdu ma grand-mère deux mois après ma mère.J’ai déménagé, laissé mon chum.Je vais avoir quarante ans.Ça en fait vingt que je fois ce métier-la, dix de carrière solo.Mon plus jeune entre au primaire, mon plus vieux VOIR PAGE E 4: MARA m i c SLx m wfc c 1 I- E I) K V OIK.LES S A M E I) I 2 L ET I) I M A N CHE 2 5 J A Ar V I E K 2 I) 0 9 ') CULTURE Star en délit de faciès REUTERS Jamcl Debbouze s’emporte surtout contre «le racisme ordinaire -"'Sit: us Odile Tremblay Me voici de retour des Rendez-vous d’Unifrance, foire aux interviews avec les artisans du cinéma français.On regarde les films avant d’interroger acteurs et cinéastes.Tous ces univers se suivent, se percutent, vrai condensé de cinéma hexagonal et mosaïque de sensibilités différentes.Mais ça permet aux critiques de prendre le pouls de la production française à venir, et on se laisse aspirer par le vertige de ces rencontres-là.Lundi dernier, Jamel Debbouze s’est pointé pour le film Parlez-moi de la pluie d’Agnès Jaoui.Je l’ai vu surgir en fin de journée, avec le nom d'Obama à la bouche, fou de joie, confus, gesticulant: «Obama a prouvé qu’on pouvait être noir et intelligent, criait-il d’excitation.Son arrivée va tout changer.Grâce à lui, les gens n’auront plus d’a priori sur les Noirs.» Il disait «les Noirs», ajoutait mentalement les Maghrébins, les jaunes, la palette des hors-souche qui colorent le panorama occidental.C’est beau, l’espoir.On n’ose l’abîmer avec ses doutes.Va pour la révolution Obama! Offrant en aparté une pensée compatissante au nouveau président américain qui suscite tant d’attentes sur la planète.Condamné à décevoir, forcément, malgré sa poigne et son charisme.Les multinationales sont tellement puissantes.Mais l’heure était à la fête, et Jamel Debbouze était si confiant.Drôle d’oiseau que cet humoriste français aux racines marocaines.On lui donne du «monsieur»; il sursaute.«Pas habitué au terme “monsieur”», confesse Jamel Debbouze.Pourtant, tout le monde déroule le tapis rouge pour lui, là-bas.Vedette des one man shows comiques, enchaî- nant les rôles au cinéma (entre autres dans Indigènes et Astérix, mission Cléopâtre), producteur à ses heures, sa vie privée passée au crible, ses pas de travers aussi.Il gère même son propre théâtre à Paris depuis avril dernier, le Comedy Club.Superstar, mais l’œil toujours humide, la mini-silhouette demeurée malingre, en trépidation perpétuelle.Ses phrases se télescopent.Pour un peu, on lui prescrirait du Ritalin.Aimé, admiré, riche, célèbre, influent, controversé, modèle pour les enfants de la diversité, engagé dans toutes sortes de causes, dont la plus récente, Un avion pour Gaza, se propose d’aider les victimes palestiniennes des tirs d’Israël.Il se voit comme un enfant gâté.«Je n’ai pas connu la galère des castings.J’ai commencé dans le métier parce que je voulais rire et manger.» Tout a roulé pour lui depuis ses débuts d’humoriste à Radio Nova, puis de la radio à la télé, de la télé à la scène, de la scène au cinéma.Avec son ami Zidane, Jamel Debbouze se définit comme l’Arabe le plus célèbre de France.Sauf que ce type-là a subi tellement de vexations dans une vie antérieure que la gloire semble n’avoir aucune prise sur le noyau dur de sa personnalité.On dirait que son statut de star s’est superposé à lui, sans l’atteindre en profondeur.Demeuré contre vents et marées le petit beur à la dégaine de clown, qui subit des attaques racistes, se révolte un jour et pas le lendemain, subit, explose, en prend plein la tronche.«À 15 ans, j’avais la rage et je ne savais pas pourquoi», dit Jamel.Mais il devait bien le savoir un peu.De fait, il s’exprime au «nous», porte-parole de ses frères humiliés et offensés.«On est étrangers dans notre propre pays, la France.» Vous lui parlez cinéma, il enchaîne sur la vie, tout court Derrière le nez retroussé et le bras atrophié se profile son passé: la naissance à Paris, l’enfance un temps à Casablanca, puis le retour en France à Trappes, en Yvelines, la faim, le huissier toujours aux trousses de la famille.Et cet accident de train à 13 ans qui a paralysé son bras droit et fauché la vie d’un de ses amis.Jamel avait été poursuivi pour homicide involontaire à l’époque, puis acquitté par manque de preuves.Une adolescence de grosse galère.Aujourd’hui, il s’emporte surtout contre «le racisme ordinaire», trop souvent victime du délit de faciès maghrébin dans le gai Paris.«Le racisme frontal à la Le Pen, on le voit arriver de loin.Mais l’humiliation quotidienne qui se balade dans les mêmes habits que vous, c’est la pire.» Il dénonce la condescendance, la violence des Blancs, selon qu’on le reconnaisse ou pas.«Aujourd’hui, la précarité n’a plus de visage, le racisme non plus.Tout le monde se ressemble et les repères sont flous.Faut taper dans les mœurs.» Il parje des flics qui l’arrêtent à tout bout de champ.A l’entendre, ça se passerait plusieurs fois par semaine, malgré sa célébrité.Exagère-t-il?Mystère! Le passé et le présent s’embrouillent dans sa tête.On a peine à les départager.Jamel Debbouze dit vouloir fonder le Musée international de la connerie.Vaste programme! comme dirait de Gaulle.Une intention à vue de nez sérieuse, si cela se peut.Il alignerait des phrases de Bush.Raël y évoquerait ses rencontres du 3‘ type et Paco Rabane, ses alertes de fin du monde.Je lui aurais bien tendu mon sac de suggestions pour son musée, mais il était en train de filer, reparlant d’Obama, son héros qui ne transformera peut-être pas le monde, tout en lui ayant permis d’avancer.Quand les héros changent de couleur, tout un mouvement se met en marche forcée, mais en marche tout de même.Et ça, Jamel Debbouze, star en délit de faciès, le comprend bien mieux que nous.otrem blay@ledevoir.com MACBETH SUITE DE LA PAGE E 1 Pas non plus question, pour lui, de se coltiner avec la théorie de Freud (Einige Charak-tertypen aus der psychoanalyti- schen Arbeit, 1916), selon laquelle lady Macbeth et Macbeth sont, en miroir, une seule et même entité et que leurs actions, des meurtres de pères, résultent en premier lieu nflÉT'* VENEZ CONSERVATOIRE ‘ 'Jl|f d’art dramatique de Montréal www.conservatoire.gouv.qc.ca VIE ET MORT DU ROI BOITEUX du 23 au 31 janvier, à 20h (relâche les 25, 26 et 27) 25 et 31 janvier à 15 h Adaptation et mise en scène de Michel Monty Théâtre du Conservatoire 4750, avenue Henri-Julien Entrée libre / laissez-passer obligatoires 514 873-4283 Conservatoire de musique et d'art dramatique Québec " ta L Lundi 26 janvier à 20 h Espace Go 4890.bout Saint-Laurent, metro Laurier évfliuiTE cmoii conrnt u Timpi de Geneviève Billette dans une mise en lecture o'Alice Ronfard avec Dany Boudreault, Anne-Marie Levasseur, Benoît McGinnis, Ève Pressault, Paul Savoie, Mani Soleymanlou, Yves Soutière, Monique Spaziani Paris, 1832.Évariste Galois, jeune génie mathématicien et ardent militant politique, termine une peine d'emprisonnement et se consacre avec urgence à son traité d'algèbre.[Lundi 2 février à 20 h Théâtre d'Aujourd’hui 3900, rue St-Denis, métro Sherbrooke U) U!T£ de Jennifer Tremblay, Prix du Gouverneur général théâtre 2008, une MISE en LECTURE de Marie-Thérèse Fortin avec Sylvie Drapeau Dans sa folie de dresser des listes, obnubilée par l'épreuve de sa propre maternité, une femme a omis d'accomplir la tâche qui aurait pu sauver la vie de sa voisine.Lundi 2 mars à 19 h Espace Libre MISES EN LECTURE Di IB lUfltlÈRE BIEUE te Mieko Ouchi, traduction Dt Michel Ouellette et de JUBJTITUTIOft ' Anton Dudley, traduction de Nathalie Boisved Lundi 9 mars à 20 h Théâtre Jean-Duceppe l’EJPÉRBBCE DE VIE DES ÉOUEnOEI de Sébastien Harrisson Lundi 23 mars à 20 h, Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal EN COLLABORATION AVEC LE Théâtre de Quat'Sous DlfPBniTIOftJ lu Sarah Berthiaume Lectures suivies d'une rencontre avec l'auteur et les artistes Entrée libre.Réservation : 514 288-3384, p221 eu cead@cead.qc.ca www.cead.qc.ca d’une frustration obsessionnelle liée à leur infertilité et à l’impossibilité d’avoir une vraie pérennité en engendrant une descendance.René Richard Cyr, en entretien avec Le Devoir, déclare vouloir «mettre la soif de pouvoir à l’avant-scène», ajoutant: «Ma lecture est plus sociale et politique que psychologique.» Il a longtemps pensé à une transposition dans la Roumanie de Ceaucescu, animé par sa vision des images d’Elena Ceaucescu, vindicative jusque dans ses derniers instants, aux côtés du «Danube de la pensée» (son mari), nettement plus résigné.Il a finalement choisi un univers plus intemporel («cela ne se passera, pas dans l’Ecosse du Moyen Âge», dit-il), un univers où toutefois, lors du banquet du second acte, «on trinquera à la vodka russe plus qu’au champagne».La présence des sorcières et celle du peuple, qui chante sa patrie opprimée et retourne la situation au 4‘ acte, représentent assurément deux défis de mise en scène.Pour les sorcières, le metteur en scène «K/SS BILL explore avec bonheur les possibilités d’échanges entre des démarches artistiques si différentes en un mélange équilibré de poésie, d'énergie et de rire.[.] Le dialogue proposé entre les univers de la metteure en scène Paula de Vasconcelos et du réalisateur Quentin Tarantino passe la rampe grâce à la présence extraordinaire de la danseuse Natalie Zoey Gauld et à la solide dose d'humour qu'insufflent à l'ensemble interprètes et concepteurs.I.] .on se surprend à laisser de côté ce qui nous restait de cynisme afin de recevoir nous aussi le baiser libérateur.» Alexandre Cadieux, Le Devoir «Tout repose sur le rythme et la chimie dans cette pièce dotée d'une irrésistible trame sonore, dans laquelle les partitions "parlées" alternent avec des chorégraphies.une riposte chaude, féconde et florissante à l'univers froid et violent du réalisateur de Pulp Fiction.» Sylvie St-Jacques, La Presse «.des chorégraphies organiques et touchantes.de Vasconcelos offre un show qui apaise ce perpétuel combat entre le coeur et l'esprit.» Marie-Ève Corbeil, ICI «KISS BILL'S impeccable Hollywood logic turns Tarantino's satire on violence on its head.[.].the pace is faster, the dancing more vigorous, the humour more evident It’s her most purely entertaining work in years.» Victor Swoboda, The Gazette «.mes yeux étaient rivés sur Natalie Zoey Gauld.La bataille entre Sylvie Moreau et Alexandre Goyette vaut à elle seule le déplacement.une scénographie hallucinante.» Louise Forestier, Radio-Canada PIGEONS INTERNATIONAL Seulement Q représentations! nous promet qu’elles ne seront «ni des ménagères comme au Met ni des sorcières».Même s’il reste sibyllin à ce sujet, on sent le potentiel d’une lecture assez sexualisée de ces personnages étranges.Quant au chœur, l’enjeu est, à travers lui, «de faire vivre un pays sous la coupe de ces tyrans».On sent que René Richard Cyr est plus à l’aise dans cet univers musical que dans celui du Don Giovanni de Mozart et il se réjouit que les concepts aient captivé les partenaires australiens de l’OdeM.Pour défendre Verdi et ce concept scénique, l’OdeM a engagé John Fanning et Michele Capalbo pour incarner le couple infernal.Fanning débu- te dans ce rôle, alors que Capalbo l’a chanté au Dayton Opera il y a un an.Le spectacle sera dirigé par Stephen Lord, l’ancien directeur musical du Boston Lyric Opera.Le Devoir MACBETH Opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret de Francesco Maria Piave d’après Shakespeare.Avec John Fanning (Macbeth), Michele Capalbo (lady Macbeth), Roger Honeywell (Macduff), Brian Macintosh (Banco), Orchestre symphonique de Montréal, dir.: Stephen Lord.Mise en scène: René Richard Cyr.Salle Wilffid-Pelletier, les 31 janvier, 4,7,9 et 12 février à 20h.Mise en scène et chorégraphies Paula de VASCONCELOS Scénographie Raymond Marius BOUCHER Paula de VASCONCELOS Costumes Anne-Marie VEEVAETE Paula de VASCONCELOS Éclairages Michel BEAULIEU Textes Les interprètes Evelyne DE LA CHENELIÈRE Avec Kleber CANDIDO Natalie Zoey GAULD Alexandre GOYETTE Sylvie MOREAU Laurence RAMSAY David RANCOURT Edward TOLEDO USINE © , j Du 4 au H février à 20h00 / 1345, rue Lalonde, réservations 514 521-4493 « LE JEU AUDACIEUX DE LOUISE MARLEAU « ON RETIENDRA L'ETRANGE CHIMIE VAUT A LUI SEUL UNE VISITE A ESPACE UBRE.• La Presse « UNE TEULE ÉLÉGANCE, UNE TELLE SUBTIUTÉ.SUPERBE.ROYALE.SENSUELLE.» Désautels, Première chaîne SRC ENTRE CETTE FEMME EN PLEINE POSSESSION DE SES MOYENS ET CET HOMME COQUIN DANS LE SILENCE.» Radio canada.ca CkvmIbus Le corps ¦ ^ DONNE A VOIR ïiesfito®68 du 13 janvier au 7 février 2009,20 heures samedi 7 lewiet.16 beties feud leve-tdt.19 hues suivi d'une if scusshm avec les artistes UN DIALOGUE ENTRE LE CORPS AU MASCULIN ET LA VOIX HUMAINE AU FÉMININ Texte Louis Aragon Mimogrnphie et maîtrise d'œuvre Jean Assalin et Marie Lefebvre Avec Louise Marteau et Pau Bachero Scénographie Geoffrey Levine Éclairages Mathieu Marcil Costumes et accessoires Sharon Scott Bande-son Yvos Daoust OB iS billetterie 514.521.4191 1945, rue Fullum, $ Frontenac IV^VIVilti'i!.!!ïïînt.Tiri'i!'»l41 www.espacelibre.qc.cn """"JHU.^ SÆr* «ST Québec SK te Montréal® LE Iran L E I) E V (HR, LE S S A M E I) I 2 1 E T I) I M A N CUE 2 .1 A X V I E R 2 II 0 !) CULTURE THEATRE Tenir coûte que coûte Denis Marleau revient à l’Espace Go avec un texte percutant du dramaturge béninois José Pliya JACQUES GRENIER LE DEVOIR Denis Marleau et Christiane Pasquier.Pour Marleau, le texte du Complexe de Thénardier est d’«apparence lisse», mais il cache de la souffrance et de l’émotion pure à travers des duels de mots douloureux.MICHEL B É LA I R Denis Marleau pratique l’Espace Go avec assiduité depuis quelques années.Rappelons qu’il y est un peu forcé puisque sa compagnie, Ubu, est toujours aussi itinérante depuis sa fondation en 1982 (vous avez bien lu!), et que, oui, Go est une des salles où l’on voit le plus souvent ses spectacles.Récemment, on a pu y applaudir l’intégrale de ses Fantasmagories technologiques, La Fin de Casanova de Marina Tsvetaeva et Ce qui meurt en dernier de Normand Chaurette, il y a à peine un an.C’est pourtant dans le cadre du FTA, et plus précisément dans la grande salle de l’Usine C, qu’il nous introduisait en 2005 au monde complexe du dramaturge béninois José Pliya avec Nous étions assis sur le rivage du monde, une fresque à deux personnages racontant, l’air de rien, des siècles de soumissions et de révoltes entremêlées.Avec cette inoubliable plage de sable comme seul décor.Mmmmmmmm.Les racines de la guerre Nous n’en sommes toutefois plus là.Et voici qu’après une tournée d’une vingtaine de représentations en France et en Belgique, le tandem Marleau-Pliya nous revient à l’Espace Go avec la pièce la plus jouée du dramaturge maintenant traduit et monté dans une dizaine de langues: Le Complexe de Thénardier.C’est un texte terrible opposant deux femmes dans une relation domi-nant-dominé: Christiane Pasquier d’un côté, la jeune comédienne belge Muriel Langlois de l’autre.Au beau milieu d’un après-midi polaire, quelque part il y a une dizaine de jours, dans le confort du petit café de l’Espace Go, Marleau et Pasquier se sont amusés à creuser avec nous cet étrange affrontement.Mais d’abord, pourquoi «Thénardier»?C’est quoi, c’est qui le complexe de Thénardier?, leur ai-je demandé, pas même gêné alors que.«Ça renvoie directement aux Misérables de Victor Hugo, répond Marleau sans broncher.Thénardier, c’est le nom.du couple qui retient la petite Cassette et qui la traite comme une esclave.C’est d’ailleurs un peu ce qui se passe ici.» Oups.Bien sûr, Cossette.Mais Christiane Pasquier a pris la parole à son tour.Tendue comme une corde de violoncelle à quelques jours de la première — et malgré l’accueil phénoménal qu’on lui a fait en Europe —, elle insiste justement sur l’«ici» de la pièce, qui est fort lourd.«Ici», il y a eu une guerre, n’importe laquelle, insupportable comme elles le sont toutes, mais avec, en plus, un génocide à la clé.Une guerre qui est en même temps toutes les guerres et dont on ne sait d’ailleurs pas jusqu’à quel point elle est vraiment terminée.Une des deux femmes, Pasquier justement, qui joue Madame, a sauvé la vie de l’autre, Vido (Muriel Langlois), en l’accueillant chez elle.Le metteur en scène explique que, lorsque la survivante veut, beaucoup plus tard, quitter la maison et la relation maître-esclave dans laquelle elle se sent de plus en plus prisonnière, l’affrontement éclate.Et ça y est: c’est le drame complet.Chacune campe sur ses positions, décidée à s’y tenir, coûte que çoûte.Tout devient question de vie ou de mort.A nouveau.Il poursuit en précisant que Pliya a réussi à gommer tous les repères géographiques: on peut être n’importe où sur la planète.En Afrique, oui, mais aussi en Asie, en Amérique du Sud, en Russie ou dans les Carpathes, partout où il y a eu, partout où il y a encore des conflits fratricides.«Mais ce qui m’intéresse le plus, c’est la relation entre les deux femmes.Comment peut-on ne pas ressentir et accepter l’égalité de l’autre?Comment tout cela peut-il s’inscrire dans une vraie relation faite d’attachements sincères tout autant que de douleurs ordinaires?Et surtout, comment ce rapport particulier prend forme sur scène dans le moindre petit mot, le moindre petit geste inscrit dans les plus petits “détails” de la vie.» C’est lui ou Pasquier peut-être qui souligne à quel point reposent là, dans cette incompréhensible barrière dressée devant l’autre, les racines mêmes de toutes les guerres.Alchimie foudroyante Chacun y va alors d’un commentaire sur la complexité de cette «pression du monde» que Pliya place en filigrane tout au long de son texte.Cette pression qui contribue du moins — sans verser dans les discours sociologiques ou les slogans idéologiques — à expliquer un peu la relation entre les deux femmes.Denis Marleau parle de «l’apparence lisse» du texte derrière laquelle se cachent de la souffrance et de l’émotion pure à travers des duels de mots douloureux et surtout «l’incapacité à nommer l’amour».A un moment, il emploie même le mot «bombe» pour décrire la pièce tout en insistant sur la précision presque clinique de la langue de Pliya et son analyse étonnante des rapports humains.C’est que, dans le texte déjà, tissée bien serré, la vie comme la position des deux femmes sont solidement campées.Sans compter la pression du vrai monde, là tout juste derrière la porte, toujours menaçant, meurtrier.C’est cela aussi, dira Christiane Pasquier, qui explique que son personnage ne «sent pas» qu’elle se trompe et qu«elle ne se rend pas compte de ce qu’elle fait.Comme si les frontières entre les modes de vie étaient aussi présentes que celles entre les pays».Comme l’on connaît bien les incandescences exceptionnelles de la comédienne, on devine que la production fait bien sentir ce blocage tout comme le glissement progressif vers l’affrontement et la folie dont parle aussi le metteur en scène.C’est du moins ce lien très précis entre la mise en scène, le texte et le jeu des comédiennes qui a séduit la presse européenne: un journaliste parisien parle même d’une «alchimie foudroyante» (www.espace-go.com/complexe_de_thenardierphp).Josée Pliya, lui, a plutôt été surpris, «bouleversé même, dit Marleau, par la violence contenue du texte» rendue par l’incandescence — on l’a dit, mais c’est probablement le mot qui lui convient le plus — de Christiane Pasquier.Pas étonnant d’ailleurs qu’en fin d’entrevue le metteur en scène tienne à préciser que la complicité et la relation privilégiée entre lui et la comédienne se poursuivra dans une autre collaboration.sur laquelle ils n’ont pas voulu donner plus de détails encore.D’ici là, il reste à plonger dans l’atmosphère tout aussi étrange que dérangeante du Complexe de Thénardier.Le Devoir LE COMPLEXE DE THÉNARDIER Texte de José Pliya mis en scène par Denis Marleau.Avec Christiane Pasquier et Muriel Langlois.Une production d’Ubu présentée à l’Espace Go jusqu’au 14 février.Le Theatre de La Manufacture présente Ou 13 janvier au 21 lévrier 2009 «m Antoine Bertrand, Frédéric fflanctame, David Boutin, Daniel Gadoues et IHarfe-Éve MSet 5 supplémentaires 24 janvier, 31 janvier, 7 lévrier, 14 lévrier, 21 lévrier -15 é 00 K é M r.'ïïjft j./ Télé-Québec h E Le Piltowman célèbre la puissance de la cream de la fiction.Celle que nous offre Martin McDonagh es d’une force indéniable.M.Labrecque, Le Devoir Du grand grand théStre (.) une f tinnnellel ) les quatre acteurs réunis (.) sont extraordinaires (.) Une magnifique production, une \ mise en scène très très efficace.C.Perrin, C’est bien meilleur le matin, sho Une pièce extrêmement solide (.) Les acteurs sont hhiileuxl ) Un tableau parlait.R, Germain, J.Bertrand, Je l’ai vu à la radio, Radio- Canada On assiste à cette pièce les mains moites, le cœur bat- mf) onsymtimpliquée.)Unepeitomanoe facteurs comme des acrobatiespentleuses (.) Une mise en scène remarquable (¦ ¦ ¦) C.Larochelle, Journal de Montréal H.lu vi un LA LICORNE 4539, PAPINEAU-514.523.2246 theatrdlalicorne.com RÉSEAU ADMISSION 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 V ».:JWÆ AU 14 FÉVRIER 2009 LEGRAND VEC CHRISTIANE PASQUIER EN SCENE DENIS MARLEAU DENIS MARlEAü CONCEPTION COSTUMB ISABELLE LARIVItRE I l IMU.RES XAVIER LAUWERS DESIGN ET RÉGIE SONORE JULES BEAULIEU J10N ARTISTIQUE ET CONCEPTION VIDÉO STEPHANIE JASMIN UT ON MUSICALE NICOLAS BERNIER -t JACQUES POULIN-DENIS ïï,X™Sn2S PROVINCETOWN playhouse, AU THEATRE JUILLET 1910 j'ftVAIS 19 ANS 3900, RUE SAINT-DENIS, MONTRÉAL H2W 2M2 - MÉTRO SHERBROOKE T: 514 282 3900 -WWW THEATREDAUJOURDHUI.QC.CA SUPPLEMENTAIRE LE DIMANCHE Ier FÉVRIER À15H NORMAND CHAURETTE HiODUCTION LE PONT BRIDGE EN CODIFFUSION AVEC Li THÉATRI D’AUJOURD'HUI MISE EN SCÈNE CAROLE NADEAU % & ?A.lepont bridge GC ^Québec |Æ DKVOllî Québec n" Ion* (TT, thici m Hmi NORMAND CHAURETIt .MISE EN SCÈNE ^MISE EN ESPACE ET VIDÉC CAROU NADEAU » INTERPRÉTATION MARTIN BÉLANGER CHRISTIAN BRISSQN-OARGIS.BENOIT DROUIN-GERMAIN ÈRIC FORGET n XAVIER MA10 • ASSISTANCE A U MISE ENSCÈNf ANNIE-CLAUDE BEAUDRY + ÉCIAIRAGÈS LOUIS-PHILIPPE ST-ARNAULT - CONCEPTION ET RÉGIE SON JEAN-SÉBASTIEN DUROCHER • RÉGIE VIDÉO ET ÉCLAIRAGES ANNIE-CLAUDE BEAUDRY SUZANNE LEMOINE ET CHRISTIAN LEBLANC l DIRECTION TECHNIQUE RÉGIS GUYONNET ?PHOTOGRAPHIÉ ANGELO BARSETEI 4 ¦c C 'MC c c C DE C I> E V (I I K S A M E I) I I) I M A X ( CULTURE DANSE La porno est-elle l’avenir de la danse ?CATHERINE LALONDE T?st-ce que c'est encore un show de zizis qui tournent?» Cette boutade lancée par un spectateur en dit long sur la réputation de la danse.On ne s’étonne même plus de voir les corps dans leur plus simple appareil.Mais depuis quelque temps, le nu ne suffit plus.Les jambes des filles sont écartées, les danseurs affublés de strap-on.Est-ce la naissance de la porno-chorégraphie?Dénoncer «Il y a toujours eu du nu sur scène, depuis les Grecs et les Romains», rappelle Michel Vais, des Cahiers de théâtre Jeu.Chaque culture passe différentes étapes pour s’effeuiller de sa pudeur.«D'abord le nu immobile, voilé», puisque tant que le corps ne bouge pas, il demeure statuaire.Vient ensuite le mouvement.Isadora Duncan a été au début du XX' siècle une des premières à le revendiquer: «Ce qu’il y a de plus noble en matière d’art, c’est le nu.Seule la danseuse l’a oublié, qui devrait d’autant mieux s’en souvenir que le corps est son instrument.» L’exposition du génital est une nouvelle étape de cette évolution.En France, en novembre dernier, Cecilia Bengolea et François Chaignaud présentaient Pâquerette, un duo pour deux interprètes et deux godemichés.Tous les orifices étaient pris à partie.En 2006, Ann Liv Young faisait aussi bon usage du gode-miché dans son solo Blanche-Neige.Succès de salle assuré.Ici, Dave St-Pierre a ouvert dans Warning les jambes de ses interprètes.Pour Orphée et Eurydice, Marie Chouinard offre des simulacres de coït et des hommes ornés de strap-on.Il y a peu, ces images étaient confinées aux pages des magazines X.Dans Warning, Dave St-Pierre ouvre les jambes de ses interprètes.SOURCE DAVE ST-PIERRE La directrice de Mandala Situ, Marie-Gabrielle Ménard, explique comment elle s’est ouvert les jambes pour St-Pierre, dans un gros plan sur son sexe éclairé par un néon industriel.«fl me demandait de personnifier une poupée gonflable, enveloppée de plastique.Puis il a voulu faire une créature mi-humaine.Quand il a intégré la femme, ça m’est revenu en pleine face que c’était ma propre sexualité que j’étais en train d’exposer.» Pour la danseuse, la scène se voulait dénonciatrice, en reprenant hors contexte une image porno.«Je ne sais pas si c’est la bonne voie pour dénoncer.Ça m’aurait pris un seul spectateur qui aurait fait un signe clair que cette image-là est allée trop loin.On était vraiment préparées à ce que quelqu’un réagisse, vienne nous fermer les jambes ou crie de la salle.Ce n’est pas arrivé.On s’est dit: ayoye, qu’est-ce qu’il aurait fallu faire?» La professeure de l’UQAM Michèle Febvre nomme la tendance «porno(choré)graphie».Elle note un glissement de scènes vues dans les clubs privés vers l'Usine C et le Festival TransAmériques.Philippe Ver-rièle, auteur de Danse et érotisme: la muse de mauvaise réputation, va plus loin.La pornographie serait l’avenir de la chorégraphie.«En face de la tendance la plus sèche et la plus intellectuelle des chorégraphes contemporains, la pornographie est l’avenir de la danse.[.] Il est temps que les chorégraphes se chargent d’établir une forme nouvelle de la danse qui sera la danse réellement érotique et non cette prétention à un érotisme par essence, sans œuvres et sans réalité.» Jusqu’où aller?La performance, petite sœur délinquante et avant-garde des arts, laisse voir que le cul n’a pas fini de s’exposer.En 1975, Carolee Schneeman déroulait de son vagin un texte qu’elle lisait au public.Plus récemment, l’ex-pros-tituée Annie Sprinkle invitait les spectateurs à la spéléologie intime, spéculurq et lampe de poche fournis.A Lyon, l’artiste marginale Marie-Claire Cordât pénètre ni plus ni moins des fourchettes dans son vagin.S’il tient à différencier la danse et la performance, Dave St-Pierre admet qu’il y a escalade.«Je suis arrivé à un certain niveau de trash: j’ai mis des filles les jambes écartées.Un jour je vais peut-être leur faire entrer un doigt.Ça va toujours aller plus loin.» Pour lui, le dépassement des tabous est essentiel pour faire sa marque.«Au Canada, Marie Chouinard a pissé sur scène, simplifie-t-il.Édouard Lock a mis une fille nue avec une moustache qui se garrochait comme une déchaînée et qui se masturbait.Regarde où ils sont rendus.Pour moi, en tant que créateur, le trash est un passage obligé.» Est-ce la naissance de la soft et de la hard danse contemporaine?Collaboratrice du Devoir Mara Tremblay MARA SUITE DE LA PAGE E 1 au secondaire.C’est tout ça qui est sur l’album.» Tout Mara.L’enlant-fleur née le jour où Neil Armstrong posa le pied sur la Lune: «Paraît qu’il y a eu moins de crimes ce jour-là, je suis née pendant une trêve.» L’ado angoissée et timide qui s’est soignée: «J’étais bête comme mes pieds!» La fille rock’n’roll à l’appétit sexuel vorace: «Besoins enfin comblés», se réjouit-elle.L’amie fidèle qui a pour principal complice musical Olivier Langevin depuis Le Chihuahua, son premier album d’il y a dix ans.La mère émerveillée par ses enfants déjà musiciens: «Victor [12 ans] joue du drum comme un dieu, il compose des tounes.Edouard [six ans], il me fout à terre: il lit la musique à vue, c’est même pas un problème.» Toutes les Mara en dix chansons.La Mara des modulations extrêmes à la Karkwa dans Hydrocarbone et Toutes les chances, la Mara psychédélique dans Plexus solaire (avec l’intro àTAm the Walrus), la Mara country guitare-voix dans le démo donné tel quel de Devant l’orage (avec ledit orage en fond de scène), la Mara à la drôle de petite voix de gorge un peu grinçante, la Mara au falsetto angélique.Pour qui suit Mara Tremblay depuis le début, c’est la totale: à la fois la Mara trash-punk du premier album, la Mara épanouie et multicolore de Papillons (2001) et la Mara maman sereine des Nouvelles Lunes (2005).Le portrait complet «Une sorte de syn thèse.Y a même mon côté Genesis, mon côté prog.» Je dis à Mara que je les trouve tous un peu prog, ces temps-ci, de Catherine Major à Karkwa.«Je pense que c’est parce qu’on est pas mal nombreux à être passés par le classique.On n’a pas peur des envolées.» L’album est un régal d’audaces stylistiques, la batterie est hyperactive, les basses fuzzées, le piano Wurlitzer et l’orgue et les synthés des années 70 omniprésents, avec des pauses acoustiques et des bruitages modernes.L’ensemble est fascinant et envoûtant les mélodies ne perdent jamais le nord malgré les dé tours étonnants et les explosions instrumentales.«Le cheval rue, mais tu le chevauches encore.» J’allais le dire.Dans cette aventure pleine de sons, il manque le violon.Son instrument de prédilection.Elle l’a sorti une seule fois.«Cest mon album piano.Le violon, pour l’instant, je peux plus.N’importe quel album québécois que t’écoutes, y en a partout!» Dissociation voulue, donc: le violon et Mara faisaient corps, plus question de se cacher derrière rien, pas question de poser nue derrière le violon, telle Liona Boyd derrière sa guitare.«C’était ma protection.Tu te souviens du show de Chihuahua?Je jouais dos au monde.Avec un bout de violon qui dépassait.» On mesure le chemin parcouru.«Là, j’ai hâte au show, le 6 mai au National.Je vais regarder le monde dans les yeux.» On sera tous tout nus.Le Devoir TU MTNTIMIDES Mara Tremblay Audiogram - Sélect JACQUES GRENIER LE DEVOIR Mikhaïl Boulgakov Conception et mise en scène Gregory Hlady Montage des textes Téo Spychalski Avec Paul Ahmarani Annie Berthiaume Denis Gravereaux Frédéric Lavallée Sergly Marchenko Sacha Samar Nadia Vislykh Décor, lumières et costumes Vladimir Kovalchuk Son Dmitri Marine Billetterie 514 526-6582 Réseau Admission 514 790-1245 mar.jeud.vend.sam.20 h jeudi 2 pour 1 mere.19 h Nouveau ! f théûfre«| ON JOUE AU [PROSPERO] / Québec nn US Filles électriques jr WufdrAtnëruiiAes I: C JL.Çfwkebi 'riJtrfii + jwrfthrvvincfl I é~'3 fêvner 2003 Dim.8 février - 20h30 - 15$ Monstres (les autres) La coNteuse fraNçaise MyriaM PellicaNe et IÇj le MusicieN Éric Delbouys f En preMière partie : le coNteur et chaNteur £ Métis/Mi’kwag Bob BourdoN Lun.9 février - 20h30 + 21h30 - 12$ Le Miracle de Brahiviine Spectacle iNterdiscipliNaire, artisaNal et ludique.Marcelle Hudou, 2boys.tv (AaroN Pollard + StepheN LawsoN), Mobile Howe (Lucas Jolly + Steeve Duwais), ZAL (MélaNie Charest + Pierre PotviN), Brigitte HeNry, MartiNe H.Crispo et D.Kimm La Sala Rossa - 4848, bout St-LaureNt IT I1IA6II Billetterie : ESPACE G0 514.845.4890 ADMISSION 514.790.1245 + vpTo.adMissioN.eon 'NYM.fvtt.M brifu p/f-^ç-ipç f-IS du C«n«U fw «tn Ar LE IIKVIIIK SOIRÉE 2 POUR l! le mardi ZI janvier 0h Billuttoii : W : WJ lifts I N K UK! hui AU THÉÂTRE D'AUJOURD'HUI SALLE If AN CLAUDE GERMAIN DU 13 AU 31 JANVIER 2009 TEXTE ET MISE EN SCÈNE GILBERT TÜRP AVEC GUILLAUME CHAMP0UA ET CATHERINE FLORENT SCENOGRAPHIE, COSTUMES CVHTHIA SAIHT-CEIAIS ASSISTANCE, DIRECTION TECHNIQUE, REGIE, CONCEPTION sonore et Eclairage iudith aller le txx c L K 1) E V 0 I R , LES S A M E I) I t I E T 1) I M A X C II E 1 r, ,| A X V I E R > I) o II CULTURE CHANSON JAZZ Battante toujours Louise Forestier chante Éphémère au National PHOTO SYLVAIN DUMAIS Louise Forestier est dotée d’une incroyable faculté de rebondissement.ISABELLE PARÉ \ A65 ans, on ne se refait pas.Indécrottable passionnée, Louise Forestier trépigne déjà à l’idée de remonter à l’arrière d’un bus pour faire la tournée du Québec.Ça, ce sera après avoir foulé la scène du National pour livrer Ephémère, fruit de sa première collaboration avec son fils Alexis.Un spectacle sous forme d’autoportrait et de rencontre mère-fils, arrivé comme un cadeau qu’on n’attendait plus.Par hasard L’éternelle battante étonnera toujours.Il y a cinq ans, on pensait que Forestier signait son dernier album avec Lumières.Puis, sans crier gare, elle rebondit l’été dernier avec Éphémère, concocté en sourdine avec Alexis Dufresne, arrangeur et musicien.Après 40 ans d’une carrière marquée par des pics et des creux de vague à vous donner le vertige, la pasio-naria remet ça et s’offre une rencontre intime avec son fiston et la bande d’El Motor.«Je n’ai jamais dit que.c’était mon dernier disque, mais à mon âge, c’est comme ça, les gens sautent vite aux conclusions!», lance à la blague Louise Forestier.Puis le spectacle est né un peu comme le disque, par hasard.Avec le succès du disque, qui lui a valu en novembre le prix de la ® Francophonie de l’Académie ' Charlesfcros, des producteurs la if, pressent de présenter Éphémère .sur scène, et d’autres pièces de tison répertoire remaniées façon SLE1 Motor.Une tournée à travers le Québec est déjà prévue jusqu’en 2010.A l’âge où d’autres se retirent dans leurs condos en Floride, Forestier frétille comme une débutante à la seule idée de faire ses valises et de prendre la route, comme aux premiers jours.«Moi, je suis une vraie fille de groupe.La tournée, j’aime ça! Plus c’est loin, plus j’aime ça.On chante, puis on va prendre une bière après le show.Sauf qu’aujourd’hui, j’en prends juste une puis je vais me coucher!», dit-elle sourire en coin.Sorte de femme Téflon, Louise Forestier est dotée d’une incroyable faculté de rebondissement.Portée aux nues toute jeune, figure phare de L’Osstidcho, première Marie-Jeanne de Star-mania, celle qui vivait pour chanter déchante, marque un long silence, puis renaît en 1987 avec l’incroyable succès de La Passion selon Louise.«Je n’ai jamais eu de plan de carrière.Après Ephémère, j'avais dit: “On laisse les gens décider.” Car avec les an- ciens chanteurs, le public a me relation d’amour.R faut que l’amoureux ait le goût des retrouvailles pour revenir.Et là, l’amoureux nous a dit oui!», dit-elle.Implacablement vraie N’empêche que l’ex-serveuse automate a toujours les jetons avant de mettre le pied sur scène.
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