Le devoir, 25 novembre 2004, Cahier A
COMMANDITES SAINT-CHARLES- BORROMÉE La situation reste critique pour les patients Page A 3 w w w .1 {'d e v o i r Les festivals canadiens forment une coalition Page B 8 LE DEVOIR V o L .X C V X ' 2 6 9 ?LE JEUDI 25 N OV E M B R E 2 O O 4 R 7 C + T A X E S I $ PCr.y c** '/>'£ • • Les Ukrainiens demandent aux forces policières de rejoindre l’opposition.REUTERS CHUM: attention particulière pour le site d’Outremont Paul Desmarais négocie avec le CP l’achat de la cour de triage KATHLEEN LÉVESQUE Le bras de fer se durcit en Ukraine ¦ L’élection d’Ianoukovitch est officielle, louchtchenko appelle à la grève générale ¦ L’UE, Washington et Ottawa rejettent les résultats Kiev — Le bras de fer se durcit en Ukraine.La victoire du premier ministre prorusse Viktor lanou-kovitch à l’élection présidentielle de dimanche en Ukraine a été officiellement proclamée hier par la commission électorale et le candidat de l’opposition Viktor louchtchenko a aussitôt appelé à une grève générale.L’opposition a affirmé sa détermination à recourir à tous les moyens pour contester la victoire de M.la-noukovitch.Outre la grève, elle a annoncé un blocage des aéroports, des voies ferrées et des routes ainsi qu’une saisine de la Cour suprême.Peu auparavant, le vainqueur proclamé du scrutin, Viktor lanoukovitch, avait remercié ses électeurs sur la chaîne de télévision publique et assuré qu’il allait entamer dès aujourd’hui des négociations avec l’opposition «pour Que les électeurs d’Iouchtchenko ne se sentent pas lésés».De son côté, l’opposition restait très mobilisée hier soir.L’Ukraine se trouve «au bord d'une guerre civile», a déclaré M.louchtchenko devant plus de 100 000 manifestants réunis malgré un froid vif sur la place de l’Indépendance à Kiev.La proclamation de la victoire de Viktor lanoukovitch est «illégale», a-t-il affirmé.«Nous allons chercher une solution dans une lutte ouverte.Le pouvoir est sur la voie d’une escalade du conflit.H a rejeté la possibilité d’un dialogue politique», a estimé M.louchtchenko.Il a annoncé la mise en place d’un comité de salut national qui, a-t-il dit, appellera à «une grève politique dans toute l'Ukraine».Deuxième figure de proue de l’opposition, la députée loulia Timochenko a affirmé dans la soirée devant la foule que les contestataires allaient «organiser dans le détail toutes les actions nécessaires pour bloquer les voies ferrées, les routes et les aéroports».Mme Timochenko a également annoncé que l’opposition allait «présenter un appel bien argumenté de- vant la Cour suprême».Cette instance est «loin d’être indépendante, mais nous allons au moins essayer de la convaincre et de la contraindre à voir qu'en Ukraine, il y a un peuple et une Constitution», a-t-elle déclaré.Selon les résultats officiels annoncés hier par le président de la commission électorale centrale, Serhiy Kiva-lov, M.lanoukovitch a obtenu ® 49,46 % des voix, et M.louchtchenko, 46,61 %.Les Etats-Unis ont immédiatement fait savoir qu’ils ne reconnaissaient pas la légitimité du scrutin tout en estimant qu’il n’était «pas trop tard pour que les autorités trouvent une solution qui respecte la volonté du peuple ukrainien».VOIR PAGE A 8: UKRAINE Autres informations en page B 5 ¦ L’éditorial de Serge Truffaut en page A 6 La proposition de l’Université de Montréal de construire le futur CHUM et un nouveau campus universitaire des sciences de la santé à Outremont bénéficie d’une attention particulière de la part du gouvernement de Jean CharesL Un comité interministériel chargé d'analyser la pertinence de ce projet et la capacité financière du Québec de le réaliser a été mis sur pied il y a plus d’un mois alors qu’aucun effort semblable n’a été déployé pour le site du centre-ville.il s’agit d’un comité administratif créé par décision du conseil des mipistres.On y retrouve les ministères de la Santé, de l’Éducation, des Affaires municipales, du Développement économique et régional et de la Recherche ainsi que le Conseil du trésor.De plus, le ministère des Transports et celui de la Sécurité publique y apportent un appui technique.Au cabinet du ministre de la Santé, Philippe Couillard, on affirmait hier en fin d’après-midi qu’un tel comité n’existe pas parce que «ça impliquerait que la décision est déjà prise».Or, 30 minutes plus tard, on rappelait Le Devoir pour confirmer que ce comité avait bel et bien reçu un mandat et qu’il devait faire des recommandations au ministre Couillard au cours des prochaines semaines.Il a également été précisé qu’aucune démarche comparable n’a été entreprise en ce qui concerne la proposition d’implanter le CHUM sur le site de l’hôpital Saint-Luc.Pour trancher la question du site, le ministre VOIR PAGE A 8: CHUM À Québec, un comité interministériel analyse la pertinence du projet Parlez-vous foulfoudé ?Le petit Africain qui entre à l’école pénètre dans un territoire étranger où l’on ne parle pas sa langue.Quelques écoles bilingues tentent de redonner une place aux langues africaines.CHRISTIAN RIOUX Ouagadougou — Mme Ouédraogoprenait ses comprimés depuis plusieurs jours lorsqu’elle est venue se plaindre à une amie que ses maux de ventre persistaient.Elle croyait pourtant avoir suivi les radications de l’ordonnance.En la consultant son amie découvrit que la patiente avait confondu les comprimés à absorber par voie orale et ceux à introduire par voie vaginale.Comme des millions de Burkinabés, cette femme dans la quarantaine a appris à lire dans sa langue maternelle, le mooré, et ne lit pas le # A français.Cela n’empêche pas 9k \mÆ& toutes les ordonnances du Burki-\uw na Faso d’être rédigées en français, une langue parlée par moins de 20 % de la population et lue par une infime minorité.Il suffit de s’asseoir dans un maquis (un bistrot à même la terre battue) autour d’une bière Flag au bord de la route qui mène à Bobo-Dioulasso pour que les Burkinabés ne tarissent plus d’histoires de ce genre.Certains vous parleront de ce paysan condamné injustement pour vol dors que son témoignage avait été mal traduit Héritage du jacobinisme français et de plusieurs décennies de colonialisme, les juges burkinabés n’ont pas R VOIR PAGE A 8: FRANCOPHONIE ¦ Autres informations en page A 4 INDEX -Q Annonces.A 4 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.A4 Économie.B 1 Éditorial.A6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.B 5 Mots croisés .B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 Kurt Cobain ramené sur terre Dix ans après la mort de Kurt Cobain par suicide, un coffret de trois CD et un DVD permet d’explorer ce qu’a été le Nirvana d’avant le vedettariat.De ces fonds de tiroirs dévoilés au terme d’une querelle d’héritage opposant Courtney Love, la veuve de Cobain, au bassiste Krist Novoselic et au batteur Dave Grohl ressort l’image qui a précédé le devenir éternel de l’artiste.S’y retrouve un musicien à hauteur d’homme.S NEWSCOM Kurt Cobain BERNARD LAMARCHE Cobain a réinventé le rock avec ses potes, mais avant de secouer les catégories du genre, il y a été initié comme tous les ti-culs.Entre les deux, il est tombé plus de trois fois.Le triptyque reprend le modèle biographique classique: on y suit la naissance, la maturation et le déclin du héros.Ainsi s’articulait le précédent Journal de Kurt Cobain.Six ans de luttes.Faut-il trouver suspect le fait que la querelle qui a empêché de paraître le si bien nommé coffret With The Lights Out se termine tout juste avant le dixième anniversaire du suicide de Cobain?Duc ans, c’est tout juste ce qu’il faut pour que le besoin de commémoration se fasse de nouveau sentir.Pourtant, c’est moins le Kurt Cobain pleurant l’emblème qu’il était devenu — la gloire ne lui souriait guère — que le Cobain d’avant Nevermind que le coffret permet de revoir.Entreprise de récupération commerciale, certes, ce coffret est surtout l’occasion de se réapproprier le Cobain qui aurait dû rester celui qui, en 1988, empoignait sa guitare avec une bande de copains dans le sous-sol de la mère de son bassiste.Ce Cobain, que la portion DVD du coffret permet de découvrir, est surtout celui d’avant l’adulation.C’était avant le grunge, donc avant que le monde entier ne se tourne vers la bourgade de l’underground qu’était alors Seattle, avec ses Soundgarden, Mudho-ney, Pearl Jam, Alice In Chains et bien d’autres oubliés de l’histoire que révélait en 1996 le documentaire Hype! sur la montée puis la descente aux enfers de la scène grunge.Ce Cobain n’était pas encore l’icône VOIR PAGE A 8: COBAIN Il est difficile de mourir, surtout quand on est immortel ACTUALITÉS Bush craint d’être hué aux Communes ¦ À lire en page A 8 MONBOURQUETTE v Demander ! PARDON i sans 1 s’humilier 4 9 LE DEVOIR, LE JEUDI 25 NOVEMBRE 2004 LES ACTUALITES Les assistés sociaux mauvais payeurs Forte opposition à la tutelle volontaire Bannir les gras trans TOMMY CHOUINARD Québec — les groupes de défense des locataires et les associations de consommateurs rejettent la proposition du gouvernement Charest visant à offrir une mise en tutelle volontaire aux assistés sociaux qui ont de la difficulté à payer leur loyer.Cette tutelle est «plus perverse» que la saisie du chèque d’aide sociale et, loin d’être volontaire, elle deviendra obligatoire une fois mise en application, estime François Saillant, du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPR( J).«On sait très bien que cette tutelle volontaire va devenir une exigence de la part des propriétaires.Ils vont dire aux personnes à l'aide sociale: si tu veux rester ici ou louer ce logement-là, il faut que tu acceptes une tutelle», a-t-il expliqué aux journalistes hier, à la suite de son passage devant la commission parlementaire qui étudie le projet de loi 57 sur l’aide sociale.Comme Le Devoir l’a révélé vendredi, le ministre de l’Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, «envisage sérieusement» la création de «programmes de fiducie» — une tutelle volontaire — pour remplacer la saisie du chèque d’aide sociale prévu à l’article 53 du projet de loi.Un assisté social éprouvant des difficultés à payer son loyer pourrait, de façon volontaire, verser sa prestation dans un compte en fiducie créé par un organisme communautaire ou même un centre local d'emploi.L'organisme pourrait administrer les revenus du prestataire et garantir au propriétaire qu'il recevra le montant de son loyer.Selon François Saillant, la tutelle volontaire est pire que la saisie.Elle ferait perdre à un prestataire le contrôle de l’ensemble de sa prestation alors qu'une saisie ne le priverait que du contrôle des sommes allant au paiement de loyer.Ije FRAPRU considère aussi que la tutelle volontaire est une mesure discriminatoire puisqu’elle ne s’adresserait qu’aux assistés sociaux.Le Regroupement des comités logement et des asso- ciations de locataires du Québec partage le même avis et recommande plutôt à Québec d’instaurer un contrôle sévère des loyers et la construction de logements sociaux.L’Union des consommateurs du Québec et la Coalition des associations de consommateurs du Québec rejettent egalement la tutelle volontaire.Le non-paiement de loyer n’est pas causé par une mauvaise gestion des prestations de la part des assistés sociaux, disent-elles.Tous ces groupies lient le non-paiement de loyer à l’insuffisance des prestations d’aide sociale.Le ministre Béchard ne partage pas cette analyse.«Si 95 % des gens sur la sécurité du revenu sont capables de se trouver un logement et de le payer, c’est qu'il y a un autre problème que le revenu», a-t-il dit.Claude Béchard trouve «dommage» que les groupies sociaux ne manifestent pas «d’ouverture» alors qu’il «cherche à trouver une autre solution» au problème de non-piaie-ment de loyer que la saisie du chèque d’aide sociale.«Mais ça ne m’empêchera pas d’avancer», a-t-il lancé.Le ministre a jugé «bien intéressante» la propxisition de «dépôt volontaire» avancée hier pxir la Fédération des locataires d’habitation à toyer modique du Québec.Selon cette proposition, pxmr piermettre aux assistés sociaux qui connaissent des difficultés à payer et à conserver leur logement subventionné — dont le coût est limité à 25 % du revenu —, les organismes sans but lucratif qui gèrent ces logements pxmrraient avec l'accord écrit du locataire, prendre des arrangements avec le ministère pxmr recevoir directement la part de la prestation destinée au loyer.Oprposée à une tutelle volontaire pour le marché locatif privé, la fédération se dit en faveur du dépôt volontaire dans le cas des HLM pxiisque évincer un assisté social d’un logement à loyer modique risque de le mener vers le marché privé, ce qui lui causera davantage d’ennuis financiers, ou alors dans la rue.Dans les HLM, le taux moyen de non-paiement de loyer est de 0,5 %.Le Devoir Chaque jour, des millions de Canadiens prennent l'autobus pour se rendre au travail.Malheureusement, bien qu'ils contribuent à réduire considérablement le nombre de voilures sur les routes, ces véhicules à moteur diesel constituent, eux mêmes, une source de pollution atmo sphérique.DEUX EXPERTS PRENNENT L'AIR Les résultats de l'essai sur les émissions communiqués par Environnement Canada sont impressionnants : la concentration de trois substances très polluantes a considérablement baissé, soit de près de 90 % pour les hydrocarbures et le monoxyde de carbone, et de 75 % pour les mcüères particulaires totales (génératrices de smog).Celte question préoccupait Gerry Ertol, de Shell Canada, et Matthew Dance, de la Clean Air Strategie Alliance (CASA).Sous leur direction, Shell Canada s'est associée à la CASA, à divers ministères et organismes non gouvernementaux pour trouver une solution.Ils ont eu l'idée d'équiper des autobus d’un filtre pour tuyau d'échappement, déjà en usage à l'étranger, et de les ravitailler en carburant diesel spécial à faible teneur en soufre provenant de la raffinerie de Shell en Alberta.Ensuite ils ont vérifié l'efficacité de celte approche dans le froid de nos hivers canadiens.Cette solution innovatrice pourrait prolonger la durée de vie des vieux autobus en les rendant moins polluants et doter les villes canadiennes d'un moyen efficace et économique pour améliorer la qualité de l'air.Shell Canada aide des experts comme Gerry et Matthew à trouver des solutions ingénieuses pour atténuer les inquiétudes causées par la qualité de l'air que nous respirons, et cela afin que nous puissions tous entrevoir un avenir meilleur.Pour en savoir plus consultez le site Web de Shell Canada à www.shell ca Changez d’airs ce soir à 20 h L’industrie agroalimentaire craint l’empressement d’Ottawa FABIEN DEGLISE Surprise et inquiétude.La guerre législative contre les gras trans amorcée mardi soir par Ottawa avec l’adoption d’une résolution visant à bannir ce type de gras de l’alimentation humaine d’ici un an au Canada est loin de faire le bonheur de l’industrie agroalimentaire canadienne.Sa crainte?Que l’empressement du Parlement ne vienne au final menacer l’existence de plusieurs spécialistes de l’alimentation transformée condamnés à disparaître à défaut de pouvoir s’adapter à temps.«Ce n’est pas quelque chose à quoi nous nous attendions si vite, a commenté hier Andrée Bouchard, des Biscuits Leclerc, dont 50 % des produits vendus à ce jour contiennent des acides gras trans.Nous ne pouvions même pas l’anticiper.» Biscuits, beignes, tartinades au chocolat, chips, pâtisseries en tout genre, margarines.les gras trans se cachent un peu partout dans l’aB-mentation humaine, leur présence étant induite par Tutilisation d’huile partiellement hydrogénée et de shortening.Or la consommation quotidienne d’un gramme de ces gras pendant 10 ans augmenterait les risques de maladies cardiovasculaires de 20 %, indiquait en 1997 une étude publiée dans le New England Journal ofMedecine.Et les Canadiens dépassent largement cette limite en s’exposant chaque jour à environ 8,5 grammes de gras trans, ou à près de.38 grammes pour les jeunes de 15 à 25 ans, selon différentes recherches.«L’urgence d’agir est là, z reconnu Pierre Gince, porte-parole du Groupe Bergeron-Thibeault, febricant de la margarine Thibeauh.Mais il faut prendre garde de ne pas faire tomber tout un pan de l’industrie avec une réglementation trop sévère.» Les lobbyistes embauchés par les fabricants de bouffe industrielle ne devraient donc pas chômer du côté d’Ottawa dans les prochains mois, croit Mme Bouchard.Car si un grand nombre d’entreprises, comme Biscuits Leclerc, ont depuis belle lurette lancé leur propre guerre contre les gras trans dans leurs usines, le combat est loin d’être encore totalement gagné.Et il est loin aussi d’être généralisé à l’ensemble de l’industrie, où plusieurs grands groupes comme McDonald’s, Tim Horton et consorts résistent encore au changement «En janvier, 70 % de nos produits seront sans gras trans, dit-elle.Mais les 30 % restants vont être difficiles à modifier, sinon cela aurait été fait de- puis longtemps.Le problème avec cette résolution, c'est qu’elle risque d'inciter les gens à agir sous la pression et ainsi d’opter pour des solutions qui ne sont pas forcément mieux pour les consommateurs».en remplaçant le sforferirçg au gras trans par du saindoux, par exemple, aux gras saturés tout aussi néfastes pour la santé du cœur.Chez Margarine Thibeault, le problème ne se pose pas.«Nous possédons une ligne sans gras trans qui est en train de prendre le dessus sur les autres produits, dit M.Gince.Une loi risque d’accélérer un processus amorcé par les consommateurs et qui devrait à terme faire disparaître nos produits avec gras trans.» Cet optimisme, le Conseil canadien du canola — une plante qui devient huile et contient naturellement des gras trans — est loin de le partager.C’est que les recherches pour la création d’une variété moins nocive sont toujours en cours et ne devraient pas donner de résultats à temps, prévient-il.Une crainte qui doit d’ailleurs être partagée par Parmalat (margarine Lactancia et biscuits Va-chon), Tim Horton et Kraft, qui ont décliné hier l’invitation du Devoir de s’exprimer sur le sujet Le Devoir Le PQ propose d’abolir une loi péquiste V V X ¥ T T c* T T T ¥ ' O rxx-v ?rit t r-wx** i t r\ v-vv-wl v TS-, « vn n A T, a—, , * I,1 .J ’ LOUIS-GILLES FRANCŒUR L> opposition péquiste a amor-1 cé hier un virage majeur par rapport à ses positions historiques en réclamant publiquement l’abolition de la loi 116 que ce parti politique avait fait adopter lorsqu’il était au pouvoir pour émasculer la Régie de l’énergie en lui enlevant la possibilité de révéler et d’évaluer les coûts de production d’Hydro-Québec.Les libéraux qui avaient alors déchiré leur chemise pour dénoncer l’adoption de la loi 116 risquent fort de ne pas suivre cette proposition, que réclament avec constance tous les groupes écologistes et de consommateurs.Un tel changement risquerait fort de se traduire par un gel, voire des baisses des tarifs d’électricité, ce qui réduirait d’autant les dividendes versés au gouvernement Pour la critique en matière d’énergie de l’opposition péquiste, Rita Dionne-Marsolais, «le projet de loi 116 avait été adopté dans l’objectif de maintenir de bas tarifs pour les consommateurs québécois alors que le marché s’ouvrait à l’intégration en matière d’énergie.Force est de constater que, depuis un an et demi, ces bas tarifs ne sont pas au rendez-vous.» Mme Dionne-Marsolais a d’ailleurs réclamé du gouvernement Charest qu’il «mette un frein à l’escalade des hausses de tarifs d’électricité que subissent les clients d’Hydro-Québec depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir».Avec la récente demande d’Hy-dro-Québec, la facture d’électricité aura grimpé de 7,1 % en 15 mois, soit plus de 115 $ par année en moyenne, si elle est entérinée par la Régie, notait Mme Dionne-Marsolais.Celle-ci estime que la Régie doit d’autant plus impérativement être autorisée à divulguer les vrais coûts de l’électricité au Québec que le gouvernement Charest se propose de harnacher les rivières d’ici à la seule fin de faire de l’argent en profitant de l’appétit énergétique insatiable des Américains.Québec a jusqu’à maintenant toujours invoqué les besoins du Québec en énergie pour sacrifier de nouveaux cours d’eau.Le Devoir Invitation Fiabilité et prévention des pannes électriques majeures conférence R&D OIQ-RIM Le mardi 30 novembre 2004 de 18 h à 21 h Hôtel Hyatt - Montréal 1255, rue Jeanne-Mance s Ordre S 1 des ingénieurs Ssssi’ du Québec Rtgronili) d» tn^enresjr» de Montré*! Un événement à ne pas manquer Inscrivez-vous sans tarder ! POLYTECHNIQUE MONTRÉAL il IM» #*1»» Ç^Hydro Québec TransÉnerqie Découvrez le rôle et la responsabilité des ingénieurs dans le maintien de la sécurité d’approvisionnement en énergie électrique.Pannes majeures (Canada - États-Unis} * Diagnostic Sécurité d’approvisionnement en énergie électrique Défis Amélioration de la fiabilité des réseaux -Solutions techniques et R&D Gestion du risque énergétique -Responsabilités de l'ingénieur Organisé dans le cadre d une série de colloques de l'OtQ - Régionale des ingénieurs de Montréal, conjointement avec Ptein-Sud, Laval-laurentides.Richelieu et Drummond, et parrainé oar AB8, rÉcole Polytechnique.riGEP et fAiEQ, ce colloque vous exposera aux défis posés par la gestion des grands réseoux électriques suite aux pannes récentes.Les solutions proposées por les gestionnaires et opérateurs des réseaux électriques, ainsi que par les fournisseurs d’équipement, seront abordées, les perspectives de développement et dinvestfesement seront aussi disculées.?3 *y^o-Qvjét»c rror*sÉr«rgie G»»sS*n*co< Vic»-or«*vd*n» V«»vei «I -T'Orttftirq AS0 'ecbrioJogies cie dgakxx» tes conférenciers et experts Yves FHlon, président Hydro-Québec TransÉnergie i B o Normark.vice-président Développement de projets A8B - Division Technologies de puissance les autres Intervenants Gaétan Lefebvre, président Ordre des ingénieurs du Québec Bernard Lamarre, président du conseil d'administration École Polytechnique Géza Joôs, directeur général Institut en génie de l’énergie électrique Jacques Marquis, président-directeur général Association de l’industrie électrique du Québec Johanne Desrochers présidente-directrice générale Association des ingénieurs-conseils du Québec inscription - réservez maintenan! Coûl (conférences ef souper inclus) : Ingénieurs : 35.00 S * taxes = 40.24 $ Etudiants : 20,00 S » faxes - 23.01 S Autres : 45,00 5 * taxes * 51.74 S Table corporative ; 350,00 S » taxas = 402,50 S Renseignements et inscription : OIft.rénové, bnque.électros Stat Libre 1495$ 514-928-7784 APMR1EMEN15 El LOGEMENTS À LOUER PLATEAU 61/2 Beaucoup de cachet Gr.s.de b., baignoire sur pattes.Plafond 9'.1 c.c.fermée.Pl.de bois franc.Stat.Prox.piscine publique.Libre 1050$ 514-523-7308 PLATEAU - LOFTS NEUFS, MAGNIFIQUES sur rue St-Denis, 3 électros en inox 965 à 1 900 p.c.514-875-2939,514-5754)661 PLATEAU haut duplex, 1300 p.c.Clair, calme.2 c.c.fermées.4 électros.Terrasse sur toît Libre 1400$ 514-525-5920 PLATEAU, SECTEUR CALME ( Chabot Laurier) face parc 3e.4 1/2 +s.lav rang Cachet.Pl bois franc, repeint.Décembre 795$ 514-522-3761 PLATEAU, très bel appt rénové 4 1/2 (+de 700 p.c.) 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à l’âge de 82 ans, est décédé Roger P.Langlois, époux de Suzanne Laurendeau.Il était le fils de leu docteur Edgar Langlois et de feu Henriette Prendergast, frère de Jean-Louis (Lucile Jarry), Pierre (Claire Marchand) et Marie, et beau-frère de Maurice et Raymond Laurendeau.Il laisse dans le deuil ses enfants, Hélène (Brian Miler), Bernard (Hélène Renaud), Denyse (Jean Dionne), Danielle (Mario Légaré), Philippe (Isabelle Harvey) et Robert (Catherine Chagnon), et plusieurs petits-enfants, arrière-petits-enfants, neveux, nièces et amis.Après ses études classiques au Collège Jean-de-Brébeuf, il obtint son diplôme d'ingénieur de l'École Polytechnique en 1946 et sa maîtrise du M.I.T.en 1953.Entré comme assistant-chercheur à l'École Polytechnique en 1947.il y enseigna jusqu'en 1963.Prêté au ministère de l'Éducation, il organisa et dirigea l'École normale de l’enseignement technique qui constitua une des bases de la fondation de l'UQÀM en 1969.Après un an à titre de vice-doyen des Sciences, il retourna à Polytechnique comme Directeur général de 1970 à 1982, période durant laquelle il contribua notamment à la fondation de l’École Polytechnique de Thiès (Sénégal), Après quelques années à l’IRSST, il retourna à Polytechnique en 1989 comme chargé de cours de méthodologie des projets d'ingénierie aux nouveaux étudiants.Parallèlement, il assuma la présidence de la Fondation de Polytechnique.L'École le nomma Professeur Émérite.Élu à un poste d'administrateur de l'ADP.il se consacra à l'organisation de rencontres entre étudiants et diplômés.Homme aux profondes convictions religieuses, il fut fort actif au sein de sa paroisse.Toute marque de sympathie peut se traduire par un don à la Fondation de l’École Polytechnique de Montréal.La famille recevra les condoléances le jeudi 25 novembre, de 17 heures à 22 heures, et le vendredi 26 novembre, dès 9 h 30.au salon : Alfred Dsliaire MEMORIA 1111, ave Laurier O., Outremont www.memoria.ca 514 277.7778 Les funérailles auront lieu à 11 heures, en l’église St-Viateur cfOutremont, ave.Laurier ouest, et de l'Épée, le vendredi 26 novembre 2004, et de là.au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.( LE DEVOIR.LE JEUDI 25 NOVEMBRE 2004 LES ACTUALITES MONTRÉAL Le dernier budget de la grande ville Les dépenses devraient augmenter en 2005, année électorale ANTOINE ROBITAILLE administration Tremblay dé- I pose ce matin le dernier budget de la grande ville de Montréal et dernier budget avant les élections de 2005.II faut s’attendre à un exercice budgétaire à saveur électorale, comportant une augmentation des dépenses qui pourrait les faire passer au-dessus du seuil des quatre milliards de dollars, selon nos informations.Les dépenses avaient crû de 5,1 % l’an dernier par rapport à 2003, atteignant 3,8 milliards dé dollars.Autre signe d’une hausse des dépenses: la logique sous-jacente au «programme triennal d’immobilisation» (FIT), présenté la semaine dernière par Gérald Tremblay et Frank Zampino.Le PTI propose des investissements maximaux en 2005, année électorale.Pour 2006-07 ensuite, les prévisions de dépenses sont beaucoup moins importantes.«On craint un autre budget inflationniste», a affirmé hier Eric Côté, l’attaché politique du chef de l’opposition.Ce dernier dit que Vision Montréal surveillera aujourd’hui en particulier les colonnes de la rémunération et des honoraires professionnels.«Cest la philosophie de gestion de cette administration de donner des contrats à l’externe.Il y en avait ARCHIVES LE DEVOIR Gérald Tremblay pour 219 millions l’an passé.Pendant ce temps-là, il y a des cols blancs qui sont en disponibilité.» M.Côté dit que Vision Montréal aura aussi à l’œil la dotation des arrondissements de l’ancienne ville de Montréal, lesquels arrondissements se sont trouvés perdants dans les derniers exercices budgétaires.«Je vais surveiller l’inflation de la rémunération des employés», a dit au Devoir Richard Fahey, président de la Fédération canadienne de l'entreprise indépendante (FCEI).«Il est inacceptable que le revenu moyen à la Ville soit de 73 000 $ alors que celui des ménages à Montréal est de 49 000 $».affirme M.Fahey, qui espère que la Ville tente de comprimer ses dépenses en la matière.D se demande aussi ce que Montréal prévoi- ra pour les cols bleus, dont on ne sait même pas encore si la sentence arbitrale de septembre s'appliquera.(Us sont en cour présentement.) Les augmentations de dépenses se traduiront-elles en hausses de taxes?Selon des observateurs, on peut s’attendre à des hausses modestes (l’an passé, la moyenne des hausses était de 2,9 %).Bien sûr, certaines sont déterminées par les principes d’harmonisation de la fusion municipale de 2001.M.Fahey, de la FCEI, espère que l'administration Tremblay-Zampino réduira l’écart entre le pourcentage de taxe qu’on impose aux commerces et celui imposé aux résidants.Les premiers paient 2,8 % de phis que les seconds.Même si la Ville n’a jamais autant dépensé, ses revenus s'annoncent probablement plus importants que jamais (3,815 milliards en 2004).D’abord, le nouveau rôle d’évaluation entré en vigueur en 2004 a fait exploser bjen des comptes de taxes sur lile.Evidemment, la Ville de Montréal ne pourra probablement pas compter sur une somme de 35 millions de dollars prévue au «contrat de ville» conclu avec l'ancien gouvernement péquiste.Montréal devrait encore la réclamer aujourd’hui.Le Devoir Se mêler des affaires des autres, c’est payant si on est un élu ANTOINE ROBITAILLE Pour éviter la pénalité de 100 $ imposée à tout élu qui s’absente au moment d’un vote au conseil municipal, huit représentants des villes défusionnées ont voté mardi soir sur une question qui ne les concerne aucunement le futur cadre électoral de la ville de Montréal.«Mais on s’est arrangés pour que nos votes s'annulent», a dit Ed Janis-zewski, maire de Dollard-des-Or-meaux, spécifiant que quatre d’entre eux avaient voté pour (Robert libman, Suzanne Caron, Dida Berku, Howard Zingboim) et quatre autres contre (M.Janiszews-ki, Anne Myles, Bill McMurchie, John Meaney).Les conseillers Peter Yeomans, de Dorval, et Karen Marks, de Westmount, n’étaient pas au conseil.M.Janiszewski admet que, «pour agir avec intégrité», les élus défusionfiistes auraient dû ne pas participer au Vote, qui portait sur les règles électorales d’une ville dont ils ne feront plus partie.En vertu du règlement sur le traitement des élus, les élus n’ont pas le droit de s’abstenir de voter, comme l’a confirmé hier au Devoir Amélie Régis, de la Ville de Montréal Mar- di soir, un des défusionnistes, le maire de Pointje-Claire Bill McMurchie, a demandé que son groupe soit dispensé de voter sans qu’ils aient à payer 100 $, mais le président du conseil, Marcel Parent a refusé de modifier les règles.Huit défusionnistes, sur les 10 présents au conseil, ont alors décidé de voter.«On voulait montrer qu’il est ridicule d’être punis parce qu’on agit avec intégrité», explique M.Janiszewski, qui a souligné que ce type de situation risque de se reproduire souvent dans les 12 prochains mois, les élections étant prévues pour novembre 2005.M.Janiszewski a ajouté: «Si nos 100 $ étaient allés à des organismes de charité, on aurait accepté de s'absenter au moment du vote.Mais non, l’argent retournait à cette Ville de Montréal qui a fait ce mauvais règlement, alors on a décidé de voter quand même.» Le chef de l’opposition, Pierre Bourque, a dénoncé hier le climat d’illégitimité qui règne au conseil c)e ville.Son attaché de presse, Eric Côté, a aussi rappelé que, le mois dernier, le groupe de Vision Montréal avait quitté le conseil municipal en bloc sur une «ques- tion de principe» et avait payé l’amende de 100 $.Du côté du maire, l’attachée de presse Christiane Miville-Deschênes a eu un commentaire cynique: perdre 100 $?«Leur moralité de la défusion ne va pas jusque-là, faut croire.» Le conseiller de Snowdon, Marvin Rotrand, de l’UCIM (parti du maire), a pour sa part fait savoir que, «si ça avait été de [lui], [il] n’aurai[t\ pas voté».Rappelons que le conseil municipal doit proposer au ministre des Affaires municipales, avant le 1" décembre 2004, une formule de cadre électoral qui sera en vigueur lors des élections de novembre 2005.La résolution de l’administration Tremblay, adoptée à 38 votes contre 30, reflétait le modèle mis en avant par un «comité de sages» en octobre: maintien des districts électoraux, élection des maires au suffrage universel et maintien de deux catégories de conseillers, de ville et d’arrondissement.C’est maintenant au ministre Jean-Marc Fournier de trancher.Il devrait faire connaître sa décision au début de 2005.Le Devoir La FTQ et l’archevêchée investissent dans le logement abordable Un 4 et demie se louera 1352 $ par mois CLAIRANDRÉE CAUCHY Le Fonds de solidarité de la FFQ et l'archevêché de Montréal ont décidé de mettre la main à la pâte pour contrer la pénurie de logements dans la métropole.Côte à côte, le p.-d.g.du Fonds, le maire Gérald Tremblay et le cardinal Jean-Claude Turcotte ont dévoilé hier les plans de cinq projets de construction de logements abordables, communautaires et privés, qui totalisent près de 1000 unités.Deux de ces projets, dans les arrondissements de Montréal-Nord et de Saint-I-aurent, seront érigés sur des terrains vendus par l'archevêché, «à un prix généralement en bas de l'évaluation», précise M51 Turcotte.Le Fonds de solidarité investit de son côté environ 40 millions pour y ériger deux complexes de logements pour les personnes âgées autonomes, soit 466 unités.Entre 10 % et 15 % du financement provient des trois ordres de gouvernement, dans le cadre du volet privé du programme Logement abordable, en vertu duquel les loyers sont plafonnés pendant 10 ans.Le Fonds prévoit réaliser un rendement équivalent au tiers de ce qu'il ferait avec un projet immobilier conventionnel.Dits «abordables», les prix oscilleront entre 774 $ par mois pour un studio et 1352 8 pour un 4 et demie.«C’est abordable dans la mesure où.si on compare ces prix avec le marché, les promoteurs privés ne peuvent pas livrer à ce prix-là», soutient Guy Gionet, directeur du bras immobilier du Fonds, la SOLIM.11 précise que le loyer inclut des services d'une valeur de près de 300 $ par mois, tels une réceptionniste, une infirmière, l’entretien ménager, une cafétéria (payante), etc.Logement social Cette échelle de prix fait sourciller Marie-Josée Corriveau, du FRAI’RU, qui aurait préféré que la part de fonds publics serve plutôt à financer des logements sociaux.Ces deux nouveaux développements viennent d’un seul coup dou- bler le nombre de «logements abordables prives» construits à Montréal depuis le démarrage du programme en mars 2003.C’est que les promoteurs privés soutiennent que les subventions offertes ne suffisent pis à compenser les restrictions au chapitre des loyers.Li firme de capital de risque a egalement apporté un soutien technique pour la realisation de deux autres projets de logements sociaux totalisant 317 unités, développes par des organismes à but non lucratif dans le quartier Hoehelaga et à l’extrémité est de Hle.le maire Gérald Tremblay a salue la contribution du Fonds et de l'archevêché.«lui Ville et le gouvernement ne sont plus et ne doivent plus être les seuls à s'impliquer dans le développement du logement social», «a-t-il déclaré.Cette incursion du Fonds de solidarité dans le logement abordable pourrait bien faire des petits, puisque des pourparlers sont déjà en cours avec d’autres municipalités.Le Devoir Un réfugié clandestin arrêté dans le métro En cavale depuis plus d'un an, un réfugié palestinien clandestin a été arrêté mardi soir au métro McGill par des agents de la STM qui l’ont livré aux autorités d’immigration Canada.L’incident a donné lieu à du brasse-camarade entre les forces de l'ordre et des sympathisants du jeune Ahmad Nafaa, un d’entre eux a été emmené en ambulance à l’hôpital où il a reçu quelques points de suture.Une trentaine de membres de la Coalition contre la déportation des réfugiés palestiniens ont manifesté hier devant les bureaux d’immigration Cana- H K E F da pour dénoncer l'arrestation.«Ahmad a vécu toute sa vie comme réfugié dans un camp, comme apatride.Il a traversé des miliers de kilomètres et même ici il ne peut vivre dans la dignité comme tout le monde», a déploré Rabi Masrie, de la Coalition.Demain matin, Ahmad Nafaa sera entendu par un agent d'immigration, qui décidera s'il est remis en liberté avant d’être expulsé.Son avocat compte également demander un contrôle judiciaire de son dossier, en plaidant l'inégalité de traitement puisque le frère de M.Nafaa a été accepté comme réfugié avec un dossier similaire.Au moins quatre autres Palestiniens vivent dans la clandestinité à Montréal et quarante autres sont en attente d’un avis d’expulsion.- Le Devoir Fédération autonome du collégial • www.lafac.qc.ca Formation générale à la carte ?Diplôme local ?Négo locale ?Réseau national ?Si les cégeps vous tiennent vraiment à cœur, Monsieur Reid, faites taire les rumeurs ! LES GRANDS RENDEZ-VOUS CULTURELS DE LA PREMIÈRE CHAÎNE LE FRANÇAIS AU QUÉBEC, UNE LANGUE EN PÉRIL?Une table ronde animée par Raymond Cloutier avec Marc Favreau (Sol), Jacques Languirand et Rafaële Germain.Ce soir 20 h Réalisation: Catherine David et Claude Godin Réal, coord : Alain Kémeid Première Chaîne Radio-Canada www.radio-canada.ca/radio N LE DEVOIR, LE JEUDI 25 NOVEMBRE 2004 A 6 D I T 0 R I A L Le calvaire Saint-Charles Difficile de savoir avec précision si la situation s’est améliorée à l’intérieur des murs de Saint-Charles-Borromée depuis la crise qui a secoué l’institution il y a un an.Plusieurs rapports accablants ont été rédigés depuis lors et une nouvelle direction est venue remplacer le tuteur dont le mandat a pris fin au cours de l’été.Combien de temps va-t-on pouvoir patienter avant de prendre les grands moyens?H Jean-Robert Sansfaçon ier, l'avocat Jean-Pierre Ménard et les représentantes d’une résidante à la tête d’un recours collectif intenté il y a quelques années ont affirmé qu’à peu près rien n’a changé depuis un an au centre Saint-Charles-Borromée.A l’appui de leurs accusations, ils ont fourni quelques exemples qui, toutefois, relevaient davantage du manque de transparence et de la désorganisation administrative que de mauvais traitements à l’endroit des résidants.La tuteure de la plaignante a elle-même avoué que les problèmes soulevés n’étaient pas le fait d’employés réguliers mais de remplaçants.C’est d’ailleurs là une des caractéristiques de ce centre très particulier: l’énorme difficulté à recruter et à retenir du personnel motivé.Lors d’un point de presse, le ministre Philippe Couillard a reconnu que tout n’était pas encore parfait mais que, contrairement à ce qu’affirmait M' Ménard, bien des choses avaient changé, notamment au chapitre de l’encadrement des soins professionnels, et qu’un suivi formel était assuré, y compris des visites impromptues pour vérifier l’état de la situation.Il est vrai qu’on ne change pas la culture d’une institution comme par magie.Cela étant, certaines affirmations faites par les plaignantes permettent d’avoir des doutes sur la possibilité réelle de changer les choses à Saint-Charles-Borromée.Comment se fait-il qu’on ne sache même pas de quoi sont décédés plusieurs patients depuis un an?Qu’il n’y ait toujours aucun registre dans lequel sont relevés les cas d’infection?Qu’il soit si difficile de faire entendre son point de vue auprès des autorités?A plusieurs reprises dans des rapports externes publiés depuis un an, on a montré du doigt le comportement familier de membres du personnel et, plus généralement, le manque d’attention accordée aux résidants.Voilà des comportements qu’on associe à l’absence d’empathie mais aussi à une organisation du travail qui accorde la priorité à la division des tâches plutôt qu’à l’attention donnée aux patients.Comment modifier cela sans revoir des conventions collectives négociées à l’échelle nationale?On aura beau changer de direction aussi souvent qu’on le voudra, on imagine mal qu’un centre qui héberge 200 personnes lourdement handicapées puisse devenir un milieu de vie normal si le personnel est régi par les règles standards de la fonction parapublique.Il faudrait revoir tout cela en partant des besoins des patients et non de ceux du personnel, quitte à revoir aussi les salaires, les congés et les avantages sociaux pour les ajuster au degré de difficulté et d’implication attendu de chacun.Est-on prêt à de telles modifications, certes coûteuses mais susceptibles de réduire du même coup le roulement de personnel et le taux d’absentéisme très élevés observés à Saint-Charles-Borromée?Hier après-midi, la nouvelle directrice de l'établissement.Lise Guimond, a reconnu plusieurs failles persistantes dans l’organisation, mais elle s’est dite résolue à poursuivre le travail entrepris par le tuteur.D’ailleurs, une quinzaine d’employés ont été suspendus ou congédiés depuis trois mois.Que faire d’autre que donner une dernière chance au coureur?Si les choses ne s’améliorent pas de façon sensible d’ici une autre année, le ministre Couillard devrait sérieusement envisager la possibilité de fermer purement et simplement cette institution qui a résisté à toutes les enquêtes et à toutes les réformes depuis 30 ans.j-rsansfacon@ledevoir.ca Le désir de ITlkraine i on en croit la commission électorale de ITlkraine, le premier ministre Viktor lanoukovitch, favori de Vladimir Poutine, a remporté le scrutin de dimanche.Par contre, si on se fie aux observateurs de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE), b==J cette victoire est le fruit d’une fraude massive.C’est à se demander si l’héritage soviétique n’a pas plus de poids que les normes démocratiques.Pour preuve, on retiendra tout d’abord que lors de la campagne électorale, le président russe n'a pas hésité à s’ingérer dans le débat politique.Pis encore, à deux reprises, il s’est rendu à Kiev, la capitale, où il a été reçu en grande pompe par son vassal, le premier ministre sortant lanoukovitch.Les deux s'entendent comme larrons en foire ou sont plutôt les deux faces d’une même pièce, celle de la fraude, du rapt politique conçu dans un seul et unique but empêcher l’Ukraine de quitter le giron de la Russie pour mieux rejoindre la Pologne ainsi que la Hongrie et ce faisant l’Union européenne.Cette dernière, cette Union qui rassemble désormais d'anciennes républiques soviétiques, est au cœur du programme défendu par l’opposition.Elle l’a fait rêver.Chef de file du front proeuropéen et prétendant au poste de premier ministre, Viktor louchtchenko peut se targuer d'avoir le soutien d'une rue qui.à l'évidence, veut mettre un terme à la culture de fraude et de corruption qui a cours depuis des années.Autrement dit elle veut se débarrasser de ces notables qui usent encore et toujours des coutumes qui avaient cours avant la chute du Mur.L’une d’entre elles étant d’organiser des élections mais d’en capter l’issue.Peut-être faut-il souligner que dans la foulée de l'intégration à 1TIE d’un certain nombre de nations de l’Est Bruxelles avait élaboré un plan particulier propre à répondre, à court terme, aux aspirations des Ukrainiens.Afin de ne pas froisser la Russie, il n'est pas question d'enrôler l'Ukraine comme l’ont été la Hongrie et la Pologne.Par contre, on lui propose un partenariat privilégié qui consisterait à accorder à ce pays tous les avantages financiers et culturels alloués aux membres de IDE, à l’exception des droits politiques.C’est le cas de le dire, Bruxelles avait pris soin de ménager la chèvre et le chou.Depuis trois jours, des dizaines de milliers dT Jkrainiens occupent pacifiquement la rue en espérant une conclusion identique à celle observée en Géorgie, il y a tout juste un an.où la révolution des roses avait mis un terme à un régime aussi corrompu que peu démocratique.Dans leur démarche, les Ukrainiens peuvent compter sur le soutien de Washington, de l’OTAN et bien évidemment de l’UE.Dans le cas des Européens, la Hongrie, la Pologne et l’Estonie ont pris la tête d’une fronde contre le duo lanoukovitch-Poutine, allant jusqu’à militer pour une intégration pure et simple, à long terme, de ITlkraine.Les hasards du calendrier étant ce qu’ils sont, il se trouve qu'aujourd’hui même se tient un sommet UE-Russie.Lors de cette rencontre, espérons que les chefs d’État feront entendre raison à Poutine.Serge Truffant LE DEVOIR FONDÉ FAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l’information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE | | 1 I -uot-ii.» CA M'APflWItA 'A AcHtîÊR 'A VoTfR K OAP.'MK /UfOiHt-ZÏ u-'iw LETTRES Saint-Charles-Borromée, un an après.L’an dernier, le 26 novembre, Léon Lafleur, alors directeur général de la résidence Saint-Charles-Borromée, s’enlevait la vie, probablement terrassé par la tempête médiatique qui s’était abattue sur son établissement à la suite de certaines révélations d’abus et de mauvais traitements.Je sais, pour en avoir été presque quotidiennement témoin, que M.Lafleur avait décidé de faire l’impossible pour que Saint-Charles puisse devenir un lieu convivial et chaleureux pour ses résidants.Il s’était donné corps et âme à sa tâche.H a sans doute conclu à un échec sur toute la ligne tant le déferlement médiatique avait dépeint cet établissement sous le jour le plus sombre, sans trop se soucier des gens qui voyaient ainsi être traîné dans la boue le seul chez-soi qu’il leur restait Bénévole à Saint-Charles après y avoir travaillé pendant plusieurs années, je puis tout à fait me rendre compte que des imperfections subsistent fa première d’entre elles étant que jamais une bâtisse de plus de 100 chambres et de dix étages n’apportera fa chaleur d’un logement individuel.C’est ce que déplorait d’ailleurs Léon.Un an s’est écoulé.Je continue à me rendre toutes les semaines à Saint-Charles et je sais que la tristesse de beaucoup de résidants perdure.Tristesse d’avoir perdu un directeur qu’ils aimaient mais aussi d’avoir vu leur demeure exposée à ce point sur la place publique.Tristesse de ressentir que toutes les marques de tendresse et d’affection prodiguées tant par les employés que par leurs proches ne sont guère soulignées.Effectivement, les employés et les bénévoles travaillent dans l’ombre.Leur délicatesse, leur compétence et leur tendresse ne sont pas des articles d’exportation.Ainsi, à Saint-Charles, il est monnaie courante — et on ne le crie pas sur tous les toits — d’imaginer pour les résidants des loisirs toujours renouvelés, de leur tenir la main ou de leur mettre de l’eau de toilette, de prendre le temps de les écouter alors que 1a tâche est si contraignante, si répétitive.Les résidants, les employés, les familles, les bénévoles accomplissent leur tâche avec cœur et compétence.Sans tellement se vanter.Comme dans une famille où tout n’est pas rose mais où l’affection et la tendresse finissent toujours par se frayer leur voie.A Saint-Charles, plus que jamais, un an après, 1a vie continue.Hubert de Ravinel Montréal, le 23 novembre 2004 Un recul de 40 ans avec la loi 57 Mine de rien, sans faire de bruit, le gouvernement du Québec s’apprête à adopter le principe d’un projet de loi qui fera basculer 1a société québécoise plus de 40 ans en arrière, à l’époque où les personnes les plus vulnérables étaient considérées comme des miséreux et des indigents.Pourtant, c’est un gouvernement libéral, en 1969, qui fut le premier à reconnaître le principe du droit à l’aide sociale, droit basé sur le respect de 1a dignité humaine et sur 1a notion de satisfaction des besoins essentiels.En 2002, la société québécoise célébrait l’adoption par l’ensemble des députés de l’Assemblée nationale (y compris le député de Kamouraska-Témiscouata, Claude Béchard) de la loi 112 visant à lutter contre 1a pauvreté et l’exclusion sociale.Cette loi promulgue le principe selon lequel «les actions liées au renforcement du filet de sécurité sociale et économique doivent notamment viser à rehausser le revenu accordé aux personnes et aux familles en situation de pauvreté, en tenant compte notamment de leur situation particulière et des ressources dont elles disposent pour couvrir leurs besoins essentiels».Or, contrairement aux prétentions du ministre de l’Emploi, de 1a Solidarité sociale et de 1a Famille, Claude Béchard, le projet de loi 57 va carrément à l’encontre de 1a loi 112 en faisant abstraction du principe de couverture des besoins essentiels.De plus, ce projet de loi accorde au ministre un pouvoir discrétionnaire sans précédent et ravive les préjugés en remettant sur le dos des personnes vulnérables le fardeau de la preuve.Même 1a Charte québécoise des droits et libertés de 1a personne est écorchée par le projet de loi 57.L’article 45 de 1a Charte stipule en effet que «toute personne dans le besoin a droit, pour elle et sa famille, à des mesures d’assistance financière et à des mesures sociales, prévues par la loi, susceptibles de lui assurer un niveau de vie décent».Pour toutes ces raisons, l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec est d’avis que le projet de loi 57 ouvre toute grande fa porte à une remise en question de Injustice sociale et de fa reconnaissance du droit au bien-être.Lorsque 1a décence et 1a dignité humaine sont en cause, le gouvernement ne peut asseoir son action sociale simplement sur des principes d’efficacité économique, sans se désolidariser des personnes les plus vulnérables.Au delà des données comptables, ce sont des humains qui sont en cause, et dans une société riche comme fa nôtre, l’humain doit passer avant tout.C’est pourquoi l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec demande au gouvernement de faire marche arrière et de retirer le projet de loi 57.Claude Leblond Président de l’Ordre professionnel des travailleurs sociaux du Québec Montréal, le 23 novembre 2004 LIBRE OPINION -?- Une chandelle pour Margaret Hassan ANDRÉE POULIN Gatineau Ses bourreaux ne lui ont pas coupé la tête.Ils l’ont abattue d’une balle dans le crâne.Comme on fait pour le bétail.Quand j’ai lu 1a nouvelle dans le journal, j’ai ressenti, malgré ma rage, une mince consolation.Margaret Hassan aura au moins échappé à l’ultime outrage, le plus barbare: celui de se faire trancher la tète.Depuis l’enlèvement, le 19 octobre dernier, de cette Anglo-Irakienne, directrice de l’ONG CARE en Irak, je suivais les actualités avec fébrilité.Le sort de Margaret Hassan me hantait Je (imaginais, cette femme de 59 ans à l’allure distinguée, entre les mains des rebelles, ces robots programmés pour 1a violence.Je n’ai pas regardé les bandes vidéo où elle sanglotait et suppliait qu’on l’épargne.Je n’ai pas voulu fa voir s’évanouir devant 1a caméra, voir ses kidnappeurs 1a ranimer en lui balançant un seau d’eau au visage.En évitant le voyeurisme, en évitant de regarder son désespoir et son humiliation, j’avais l’impression absurde de ménager un peu sa dignité.Je me suis cependant abondamment interrogée sur ses conditions de détention.A-t-elle eu faim, chaud, soif?Comment arrivait-elle à s’endormir?Ses ravisseurs l’ont-ils affamée?Violée?Torturée?Elle qui parlait arabe et s’était convertie à l’islam, a-t-elle tenté d’infléchir ses bourreaux?S'est-elle résignée à mourir ou a-t-elle gardé espoir jusqu'à la fin?Au cours des dernières semaines, des images de Margaret Hassan me venaient à l'esprit dans les situations les plus inattendues.aux moments parfois les plus doux de mon quotidien.Lors d’un repas avec des amis, en lisant une histoire à mes filles, l’image de fa séquestrée surgissait dans mes pensées.Dans le confort de mon bonheur tranquille, je me demandais comment elle supportait son cauchemar.Où trouvait-elle 1a force d’endurer, des semaines durant ce monstrueux suspense?Se demander cent fois, mille fois, 1a même question: vont-ils me couper fa tête?Une telle charge de tension et de terreur défie l’imagination.J'ai lu les statistiques.Je sais bien que depuis mars 2003, l’invasion américaine de l’Irak a tué des dizaines de milliers d’innocents.Pourquoi 1a mort de Margaret Hassan serait-elle moins injuste, plus tragique, que celle de tous ces civils irakiens?Pourquoi cette énième victime de cette guerre insensée me hante-t-elle à ce point?Parce qu’elle était femme et occidentale?Parce que je connaissais désormais son visage?Parce qu’elle travaillait en coopération internationale, comme moi?Sauf qu’elle était sur fa ligne de feu alors que je besogne dans fa sécurité peinarde d’un bureau de ministère.Bonjour, culpabilité.Christian Rioux, dans sa chronique perspicace et éloquente de vendredi dernier, s’interrogeait sur le silence des pacifistes devant ce rapt cruel.Moi aussi, je me suis demandé où étaient les activistes antiguerre, les protestataires, les grandes gueules.Mais je n'ai rien fait moi non phis, pour manifester ma solidarité à l’égard de Margaret Hassan.Rebonjour, culpabilité.Chaque matin, en ouvrant mon journal, je ressentais fa même crainte de voir sa mort an- noncée, le même espoir (bien mince) d’apprendre qu’on l’avait libérée.Chaque matin, je me disais: quelqu’un, quelque part va finir par faire quelque chose pour cette femme.D’autant plus que ce kidnapping avait de lourdes conséquences sur les civils irakiens puisque CARE a stoppé ses activités dans le pays et que d’autres organismes d’aide humanitaire lui ont emboîté le pas.Mais après 1a nouvelle initiale, il y a eu très peu d’information sur Margaret Hassan dans les journaux et même sur Internet Sur le plan médiatique, l’histoire avait une forte charge de violence et de drame.On en a pourtant très peu parlé.L'ironie, c’est qu’ici, chez nous, on monte aux barricades pour bien moins.Il n’y a qu’à voir tout le fla-ffa causé par le lancer d’un trophée ou par les amourettes des stars académiciens.Encore plus incompréhensible: ces milliers de personnes qui descendent dans 1a rue pour défendre un animateur de radio à la langue sale, qui a fait sa marque de commerce avec des déclarations sexistes, racistes ou homophobes.Fin novembre.George W.Bush se pointera à Ottawa.Déjà, des manifestations s’organisent J'irai.Parce que Bush a créé ce carnage en Irak.Le président des Etats-Unis a du sang sur les mains.On ne le dira jamais assez.J irai donc brandir ma pancarte sur la colline du Parlement pour que cesse la guerre dans ce pays déjà si mutilé.Jusqu’à la nouveüe année, je placerai chaque soir une chandelle allumée à ma fenêtre.Une modeste flamme pour garder encore un peu au chaud le souvenir de Margaret Hassan.1 LE DEVOIR.LE JEUDI NOVEMBRE 2 O O I A 7 DEES Pour sortir Kanesatake de la crise L’Assemblée des Premières Nations du Québec offre son aide à la communauté G HI S L AIN PICARD Chef régional de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador Lettre envoyée hier à la communauté mohawk de Kanesatake epuis trop longtemps et dans le cadre de la crise éclatée et ouverte depuis janvier 2004, votre communauté souffre d'une division sociale et politique interne profonde.Depuis le 13 juillet 2004, le mandat légal de gouverne de l'autorité politique.juridique et administrative de votre communauté est épuisé.Le mandat échu est artificiellement reconduit par le ministère des Affaires indiennes et du Nord canadien avec l'appui du secrétariat aux Affaires autochtones du Québec dans l'attente d’un dénouement des principaux paramètres de la crise interne de votre communauté.Les nouvelles récentes nous informent de l’intention de tenir des élections en février prochain.Nous ne pouvons que nous en réjouir.Je m’adresse à vous aujourd’hui à titre de chef régional des Premières Nations du Québec et du Labrador mais aussi comme membre de la nation innue et comme un frère conscient de vos souffrances.Tous les observateurs sont à même de constater que la crise perdure après plusieurs mois d’insécurité et de troubles et qu’elle pourrait s’accentuer par-delà les élections, selon la qualité de la démarche et la volonté de tous d'en accepter l’issue démocratique.Je comprends qu’en certaines situations de crise, un interim provisoire de l'autorité en place puisse faciliter la transition vers un nouveau régime qui retrouve alors sa pleine légitimité de représentation démocratique ou traditionnelle.Dans le cas qui nous préoccupe, l’évolution de la situation nous apparaît de plus en plus négative et la population de Kanesatake nous semble de plus en plus inquiète et traumatisée, ce qui nous afflige tous.Nous n’oublions surtout pas que sont pris malgré eux dans cette tourmente de jeunes enfants, des parents, des personnes âgées et de nombreuses personnes qui se situent loin derrière les guerres d'intérêt et de pouvoir.L’otage de personne Lors de sa récente rencontre à Montréal, notre propre organisme, l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, a été bien malgré lui interpellé par la situation à Kanesatake, ce qui a chambardé notre agenda de travail et nos obligations envers l’ensemble des Premières Nations.La tâche qui nous incombe comme organisme consiste en l’élaboration de stratégies urgentes concernant des problématiques communes.C’est ainsi que nous avons adopté en juin 2004 une initiative des Premières Nations sur la sécurité publique.Nous ne pouvons accepter d’être pris en otages par une partie ou l’autre ou consacrer la majeure partie de nos débats à une crise locale particulière, aussi pénible soit-elle.Nous ne sommes pas spécialisés dans l’arbitrage universel de tous les conflits internes de nos commu- La solution à la crise doit venir de l’intérieur de votre communauté nautés membres.On ne peut pas demander à des tierces parties externes de régler cette question; la solution doit venir de l'intérieur de votre communauté.L’annonce d’élections est un bon pas, et je vous garantis mon soutien et celui de notre organisation si vous en avez besoin.Si vous le souhaitez, si vous nous le demandez et si toutes les parties impliquées dans le débat chez vous l’acceptent, nous pouvons jouer un rôle de planificateurs et d’observateurs objectifs des elections qui vont avoir lieu dans votre communauté et y dé léguer un certain nombre de chefs réputés pour leur sagesse et leur objectivité.Un comité des sages Selon la même approche et afin de dé dramatiser le conflit dans lequel les parties sont compromises, nous pourrions aussi participer à la mise en place d'un comité des sages représentatif et approuvé par les principales composantes de votre société.Ce comité pourrait être composé de membres de votre communauté ou d'ailleurs, comme vous le désirerez.Cela suppose que toutes les parties actuellement impliquées observent un temps d’arrêt, calment leur agressivité et se retirent provisoirement de la gestion des affaires courantes de la communauté et de l'organisation des élections au profit de ce comité des sages responsable de gérer les services courants né cessaires au bien-être de la communauté et d'organiser des élections dans un délai raisonnable et convenu.Je crois que ce sont là des options valables pour vous permettre de rétablir un gouvernement mohawk local efficace, consensuel et reconnu mais qui suppose un geste courageux pour faire la paix de la part des personnes et des familles qui ont beaucoup souffert de ce conflit et dont les cicatrices demeureront encore longtemps évidentes.Dans la mesure où les parties actueUement impliquées font face à de graves diffkultés dans la gestion des affaires de la communauté et que le mandat de gouverne doit être renouvelé, il serait plus logique et plus sage qu elles acceptent de s’en retirer pour un moment et de faire confiance à un processus crédible et objectif menant vers une représentation politique légitime.Dans ce contexte, il sera plus facile d’envisager des solutions permanentes de protection des personnes et des biens, de lutte contre la criminalité et de mesures de paix sociale.Vous comprendrez que nous ne voulons d'aucune façon nous ingérer dans les affaires internes de votre communauté et que ce serait là une interprétation totalement contraire à notre volonté.Cependant, si vous croyez que nous pouvons vous être utiles pour juguler cette crise éprouvante et intolérable qui sévit dans votre communauté et qui afflige aussi l’ensemble des lYemières Nations, je serai le premier au poste pour agir avec vous en ce sens.Je crois que vous êtes en mesure d’influencer toutes les parties impliquées dans cette crise politique.En ce qui a trait aux présentes propositions, je suis disponible, sur invitation téléphonique ou autrement, pour rencontrer à tout instant, ensemble ou à part, tous les leaders actuels et pour enclencher immédiatement les démarches proposées et convenues.Avec toute ma solidarité, mon ;unitié et ma bonne volonté, de même que celles des chefs des Premières Nations, je vous salue, chers frères et sœurs.Les enjeux énergétiques du Québec Les conditions de la transparence La divulgation du niveau des réservoirs d’Hydro-Québec et de l'ensemble des coûts de la société d’Etat constitue une condition essentielle pour déterminer les filières énergétiques qu’il faut privilégier JEAN-FRANÇOIS B LA I N Analyste en énergie 1 convient assurément de saluer les annonces récentes du gouvernement du Québec en ce qui concerne le lancement d’un programme substantiel d’efficacité énergétique et le développement de l’énergie éolienne, les premiers 1000 MW à être développés étant tout de même attribuables à une décision du précédent gouvernement Mais ces bonnes nouvelles, qui représentent des économies d’énergie de trois TWh et la production de 2,5 TWh d’électricité de source éolienne par an à compter de 2010, ne doivent pas occulter les principaux enjeux énergétiques qui devront bientôt être débattus devant la commission parlementaire de l’Economie et du Travail.Bien qu’ils constituent des objectifs louables, ces 5,5 TWh par an ne représenteront qu’une toute petite partie des approvisionnements d’Hydro-Québec, qui s’élèveront en 2011 à environ 210 TWh par an, pertes de transport et distribution comprises.En comparaison, mentionnons qu’Hydro-Québec dispose déjà d’une capacité de production annuelle d’environ 195 TWh, dont 95 % est d’origine hydraulique.D’où l’importance primordiale que prend la gestion des réservoirs quand les variations importantes de l’hydraulicité peuvent chambarder la situation en l’espace de quelques mois, comme cela s’est produit tout récemment.Du pire au meilleur Le 6 mai 2004, en cours d'audience devant la Régie de l’énergie, le président de la division Production d’Hydro-Québec, Thierry Vandal, a pris un engagement relatif à la divulgation du niveau réel des réserves énergétiques au lrr mai 2004.A ma connais-sance, cet engagement n’a toujours pas été satisfait Rappelons-nous qu’Hydro-Québec n’avait divulgué le niveau de ses réserves énergétiques en février 2004 qu’à titre exceptionnel, considérant que sa politique de confidentialité à l’égard de ces informations demeurait justifiée et devait être maintenue.Il y a lieu de se demander si la divulgation du niveau des réservoirs, à un moment où la situation était critique, ne constituait pas tout simplement pour Hydro-Québec l’argument ultime auprès de l’opinion publique afin de justifier son projet de centrale thermique.Devant la Régie de l’énergie, au mois de mai dernier, Hydro-Québec a établi ses prévisions de croissance de l’offre en projetant la production restreinte d’une année (2003) de très faible hydraulicité.L’évaluation de la croissance de la demande, en contrepartie, m’apparaissait légèrement surestimée (la Régie a retenu le scénario fort de la prévision d’Hydro-Québec Distribution).En conséquence de cette approche méthodologiquement biaisée, son bilan prévisionnel du rapport offre-demande était indûment pessimiste, ce que la Régie a avalé avec une désinvolture inquiétante.Tout récemment, Hydro-Québec Distribution a d'ailleurs révisé à la baisse ses prévisions de la demande, comme l'indique son plan d’approvisionnement 2005-14 déposé le Tr novembre 2004 devant la Régie.De plus, Hydro-Québec Distribution constate un ralentissement du rythme de croissance de ses ventes, ce qui lui permet déjà d’anticiper des ventes totales en 2004 plus faibles que ses prévisions du printemps dernier.Ce ralentissement était pourtant prévisible à l’examen de l’évolution des ventes des 15 dernières années, qui permettait de constater que la très forte croissance des années 2002 et 2003 n’était pas représentative des tendances moyennes à long terme mais plutôt le résultat d’une conjugaison ponctuelle de multiples facteurs haussiers dont plusieurs ne pouvaient qu’être temporaires.La culture du secret Pour en revenir à notre sujet, soit la divulgation du F Kif ; ;Xr-; SFÎ : JL JACQUES NADEAU LE DEVOIR La Régie de l’énergie et le gouvernement doivent retrouver leur crédibilité en regard de l’utilisation qui est faite des ressources appartenant à la collectivité.niveau des réservoirs, rappelons-nous que depuis 1998 (jusqu’en février 2004), Hydro-Québec refusait de rendre publiques ces informations.Lors de la crise d’hydraulicité précédente (1998-99), alors que la Régie (sous sa loi 50 d’origine) avait encore pleine compétence sur Hydro-Québec, des groupes avaient introduit une requête afin que la Régie exerce son pouvoir de surveillance des réserves énergétiques d’Hydro-Québec.HydrceQuébec s’est opposée à la recevabilité de la requête.La Régie, quant à elle, «statue qu’elle ne peut recevoir la requête des requérants tant que la nature et l’étendue de l'exercice de sa compétence relative à la production et aux exportations d’électricité ne seront pas définies par les autorités compétentes puisque ces dernières affectent l’examen recherché de la sécurité des approvisionnements».En quelque sorte, la Régie refusait d’exercer des compétences exclusives qu’elle détenait parce qu’elle anticipait (déjà) que, pour satisfaire la proposition d’Hydro-Québec visant à déréglementer la production et toutes ses activités commerciales, le gouvernement adopterait des amendements législatifs qui lui retireraient toute compétence en cette matière (plutôt que de retenir ses propres recommandations et de rejeter la proposition d'Hydro-Québec).Ces amendements arriveront finalement en juin 2000 par l’adoption sous le bâillon de la funeste loi 116.Face à ce refus, en 1999, les groupes se sont alors adressés à la Cour supérieure pour forcer la Régie à exercer sa compétence et ont obtenu, le 22 novembre 1999, un jugement favorable du juge Alphonse Barbeau.A l’été 1999, faut-il le rappeler, des pluies abondantes avaient permis à Hydro-Québec de redresser providentiellement et in extremis l’état alar- mant Hp rp^prvnir
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