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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
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  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-11-24, Collections de BAnQ.

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AGORA Développement, culture, démographie, solidarité: de grands enjeux qui animeront le 10e Sommet de la Francophonie de Ouagadougou, au Burkina Faso Pages B 4 et B 5 ?w w w .1 e d e v o i r.c o m ?LE DEVOIR V o L .X C V N " 2 t> 8 ?LF.MERCREDI 24 N O Y E M R R E 2 O O 4 8 7c + taxes = 1 $ Éfe»** K Z* s*' y.^-v Plus de 100 000 personnes soutenant l’opposition ont envahi hier les rues de Lvov, en Ukraine, pour protester contre les présumées fraudes ayant entaché le scrutin présidentiel tenu dimanche.Heures historiques en Ukraine Les autorités sont prises de court par la révolte populaire post-électorale Tout juste un an après la Révolution de la rose en Géorgie, c’est au tour de lUkraine de connaître un soulèvement populaire sans précédent sur fond orange celui-là.Sous une neige fine, plus de 200 000 personnes soutenant Viktor louchtchenko, le candidat réformateur de l’opposition, se sont réunies hier dans les rues de Kiev et de Lvov pour protester contre la victoire controversée du candidat prorusse du pouvoir, Viktor lanoukovitch, à la présidence, dimanche.Fort du sou- tien populaire, louchtchenko s’est proclamé vainqueur de la présidentielle et a symboliquement prêté serment devant un Pariement réuni en séance extraordinaire, où ne siégeaient que ses partisans.Toute la journée, le mouvement de protestation a pris de l’ampleur dans la capitale ukrainienne, qui vit des heures décisives et historiques.Les autorités sont prises de court par la fronde.Le seul mouvement de mécontentement auquel elles avaient été jusqu’à pré- sent confrontées est les manifestations qui avaient éclaté fin 2001 après la mort d’un journaliste.Des tentes avaient été dressées pendant des semaines, nuit et jour, au centre de Kiev.Le gouvernement avait laissé pourrir la situation, puis dégagé manu militari les derniers protestataires.Les services de sécurité, le procureur et le ministre de l’Intérieur avaient menacé lundi de rétablir l'ordre.Hier, ils n’ont pas bougé.Les foules étaient trop nombreuses.Trop motivées aussi, en dépit de la neige froide.Dans un discours prononcé devant les manifestants, louchtchenko a demandé aux forces de l’ordre de passer du côté de l’opposition et de ne pas tenter de disperser la population en révolte.La rue kiévienne ressemble de plus en plus à celles des révolutions tranquilles de Belgrade et de Tbilissi, lors de ces deux mouvements VOIR PAGE A 8: UKRAINE Un personnage controversé à la tête du CUSM Le Dr Arthur T.Porter traîne derrière lui une expérience désastreuse en matière de PPP LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le nouveau directeur général du Centre universitaire de santé McGill (CUSM), Arthur T.Porter, qui se dit le bon ami de George W.Bush et de Dick Cheney, arrive à Montréal avec, dans ses bagages, un passé controversé placé sous le signe de la sous-traitance.Une expertise que le gouvernement Charest, friand de partenariat public-privé (PPP), avait chaudement saluée.Pourtant, une enquête à paraître aujourd’hui dans L’Actualité médicale révèle que l’expérience de la sous-traitance du ER Porter est loin d’avoir connu une issue heureuse au pays de l’oncle Sam.En effet, le coloré Dr Porter, qui a décliné le poste cpnvoité de surgeon general aux Etats-Unis pour se consacrer au redressement du Detroit Medical Center (DMC), au Michigan, a plutôt quitté l’organisme dans la disgrâce.Conflit d’intérêts, mauvaise ges- ____________ tion, crise financière, menace de source: cusm tu telle, le bilan du passage d’Ar-Arthur T.thur T.Porter au DMC — un ré-Porter seau d’établissements privés à but non lucratif qui compte sept hôpitaux, deux centres de soins de longue durée et une centaine de cliniques — est loin d’être reluisant, apprend-on sous la plume du journaliste Jocelyn Desjardins.Arrivé en sauveur en 1999, le nouveau président-directeur général est alors investi d’un mandat clair réduire les dépenses et accroître le champ d’action du DMC, qui accuse un déficit récurrent de 100 millions.Mis rapidement en place, son plan de redressement a pour clef de voûte un contrat de sous-traitance de un milliard de dollars sur dix ans.VOIR PAGE A 8: PORTER INDEX Éditorial.A6 Idées-.A 7 Météo.B 3 Monde.B 1 Mots croisés.B 3 Sports.B 6 Télévision.C 6 o; oï o>a o>= Annonces.B 2 Avis publics.B 3 Bourse.C 2 Carrières.C4 Culture.C 8 Décès.B2 Économie.Cl La mondialisation n’a pas tenu ses promesses Les économistes ont mesuré un accroissement général des inégalités dans le monde ÉRIC DESROSIERS Les mouvements altermondialistes le disent depuis des années.C’est maintenant au tour des scientifiques de constater que la mondialisation n’a pas réduit, mais aggravé les inégalités entre les pays, ainsi qu’à l’intérieur même des pays.«L’économie est un animal très compliqué [et] il nous faut beaucoup de temps avant de commencer à pouvoir nous faire une idée précise de l’impact de quelque chose comme le modèle néolibéral», a rappelé hier le professeur émérite de sciences économiques de l’université de Toronto, Albert Berry, dans le cadre d’un colloque de deux jours qui s'est tenu en début de semaine à l’Université du Québec à Montréal et qui était intitulé «Ombres et lumières de la mondialisation».«Mais'ce que l’on peut dire aujourd'hui, c’est qu’il n’a pas tenu ses promesses.A-t-il quand même apporté quelques bénéfices ou a-t-il été un désastre absolu?Cela reste encore à déterminer.» VOIR PAGE A 8: PROMESSES FRANCOPHONIE Les oubliés d’Afrique «Nous devenons la poubelle du monde, dit le père Oudet, une voix qu'on n'entendra pas au Sommet de la Francophonie ISSOUF SANOGO AGENCE FRANCE-PRESSE Un ingénieur-agronome taïwanais enseigne la culture du riz à un paysan burkinabé.Pendant ce temps, les tonnes de riz importées de l’étranger poussent à la ruine les producteurs burkinabés.À l’occasion du 10e Sommet de la Francophonie, qui s’ouvre dans deux jours à Ouagadougou, le reporter Christian Rioux nous livre une série d’articles sur les réalités de ce pays d’Afrique.Aujourd'hui: les difficultés des paysans burkinabés.CHRISTIAN RIOUX Koudougou — Avez-vous déjà mangé du «poulet télévisé»?C’est ainsi que les Burkinabés surnomment les poulets rôtis cuits à la broche derrière une vitre qui ressemble étrangement à un écran de télévision.Si le cœur vous en dit, il y a aussi les «poulets bicyclettes».Ce sont ceux que les habitants rapportent à Ouagadougou après avoir visité leur farruDe a la campagne.Ils les transportent vivants suspendus par les pieds à de grands bâtons accrochés à leur bicyclette.«Bicyclettes» ou «télévisés», pas besoin de sceaux de qualité pour certifier que le poulet a été élevé au grain.Et pour s’assurer de la fraîcheur, les Burkinabés ont un système éprouvé: ils tuent le poulet quelques heures avant de le manger.Mais les «poulets télévisés» se font de phis en phis rares.Parce que les marchés ont récemment été envahis par des ailes de dinde congelées importées d’Europe.Depuis que l'Europe s’est mise à la dinde, VOIR PAGE A 8: AFRIQUE Le rapport de la vérificatrice générale du Canada JIM YOUNG REUTERS La vérificatrice générale Sheila Fraser a livré hier à Ottawa un rapport révélant que des dizaines de millions de dollars sont gaspillés en médicaments prescrits inutilement dans le cadre du programme fédéral.Médicaments: des dizaines de millions ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le gouvernement du Canada a passé une autre journée difficile hier, gracieuseté de Sheila Fraser et son équipe.La vérificatrice générale a remis son traditionnel rapport sur les pratiques du gouvernement, pointant du doigt les travers de l’appareil étatique dans plusieurs domaines.En haut de la liste cette année: la gestion des médicaments que le fédéral fournit à un million de personnes.Le cafouillage est important et entraîne des «dizaines de millions» de dollars de dépenses superflues, sans compter les risques accrus pour la santé des citoyens, estime Sheila Fraser.La récolte globale est toutefois plus mince cette année, puisque la vérificatrice générale n’avait pas dans sa manche des révélations atteignant l’ampleur du scandale des commandites ou du Registre des armes à feu.«Nos vérifications sont décidées deux ans à l’avance et on rapporte ce qu’m trouve, a-t-elle dit en conférera* de presse.C’est vrai qu’on a eu quelques dossiers fracassants dans le passé, mais je ne pense pas que les gens s’attendent à ce que mes rapports soient toujours comme ça.» VOIR PAGE A 8: MÉDICAMENTS Lire aussi en page A 2 ¦ Éducation des autochtones ¦ La chronique de Manon Cornellier \ LE DEVOIR.LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2004 A 2 LES ACTUALITES Le rapport de la vérificatrice générale Ottawa coiffé d’un bonnet d’âne dans le dossier de l’éducation des autochtones Le gouvernement dépense un milliard par an sans avoir la moindre idée des résultats que procurent ses investissements ALEC CASTONGUAY Ottawa — Le gouvernement fédéral dépense chaque année 1.1 milliard de dollars dans l’éducation des autochtones et des Inuits sans même savoir si cette rondelette somme est suffisante pour l’atteinte des objectifs et si les résultats sont au rendez-vous.De phis, le programme d’aide financière pour les étudiants des Premières Nations qui fréquentent les établissements postsecondaires souffre de plusieurs lacunes importantes et n’assure pas un accès équitable à l'argent, ce qui empêche plusieurs étudiants d’en profiter.La vérificatrice générale (VG), Sheila Fraser, n’a pas épargné hier le ministère des Affaires indiennes et du Nord, qui gère l’éducation des Premières Nations au Canada.Ce chapitre du rapport remis hier est l'un des plus durs envers le gouvernement du Canada.Car malgré l’importance des sommes accordées pour enrichir la connaissance des étudiants autochtones et inuits au pays, aucun mécanisme n’est en place pour s’assurer que l’argent va au bon endroit et qu’il est bien dépensé.Sheila Fraser se dit «inquiète» et estime que la situation est «urgente» compte tenu des difficultés qui affligent les Premières Nations.En 2001,68,7 % de la population canadienne âgée de plus de 15 ans possédait un diplôme d’études secondaires, contre 41,4 % chez les Premières Nations.Un écart énorme qui devrait être comblé, si tout va bien, seulement dans 28 ans, souligne la VG.D faut s’assurer que le taux de scolarisation grimpe rapidement, soutient Sheila Fraser, puisque la population autochtone et inuite va considérablement augmenter dans les prochaines années.Près de 40 % de la population des Premières Nations a moins de 19 ans — comparativement à 25 % dans le reste du Canada —, ce qui fera passer leur nombre de 445 000 en 2003 à 700 000 en 2021.Le rapport souligne les grandes difficultés éprou- vées par les jeunes autochtones et les jeunes Inuits du pays.«Beaucoup d’étudiants sont aux prises avec des enjeux et des défis fondamentaux qui sont plus répandus chez eux que chez les autres Canadiens, et qui peuvent faire obstacle à leur réussite scolaire, écrivent Sheila Fraser et son équipe.Cela comprend notamment les problèmes de santé, la conjecture économique défavorable, le racisme, les problèmes d’ordre géographique et démographique, etc.» Or, pour enrayer le cercle de la pauvreté, il faut que l’éducation soit efficace.Le ministère dans le brouillard Mais comment savoir si les sommes investies vont au bon endroit et procurent des résultats?C'est la grande question soulevée par Sheila Fraser.«Le ministère [des Affaires indiennes et du Nord) ne sait pas si le financement octroyé aux Premières Nations est suffisant pour assurer le respect des normes qu’il a fixées en matière d’éducation, ni si les résultats obtenus sont proportionnels aux ressources fournies», peut-on lire.L’efficacité du 1,1 milliard investi chaque aimée est donc impossible à démontrer.Le gouvernement fédéral gère les sommes destinées à 120 000 étudiants des Premières Nations, dont 60 % fréquentent des écoles dans des réserves.Chaque, élève coûte donc en moyenne 9166 $ par année à l’Etat soit un montant très semblable à la somme dépensée par le gouvernement du Québec pour un étudiant qui est d’environ 9900 $ par année.Mais le ministère fédéral navigue dans le brouillard et ne sait pas comment améliorer l’efficacité de ses programmes puisqu’il n’analyse pas les données.«L’absence d'information fiable et uniforme sur les coûts de l’éducation nuit à la capacité du ministère de bien gérer les programmes d’éducation», peut-on lire.Même constat en ce qui a trait aux évaluations des écoles.«Le ministère ne sait pas combien d’évaluations ont été effectuées ni combien doivent l’être parce qu’il ne fait pas le suivi de cette information, écrit la vérificatrice générale.Au sein du ministère, on ne sait pas très bien non plus à quoi serviront les évaluations terminées» Problèmes à l’aide financière Le manque d’information au ministère provoque également des iniquités dans l'attribution de l’aide financière aux étudiants des Premières Nations qui fréquentent les établissements postsecondaires.Ces «lacunes importantes» sont relevées dans le Programme d’aide aux étudiants de niveau postsecondaire, qui reçoit une enveloppe de 273 millions de dollars par année.•Sa méthode d’affectation des fonds aux Premières Nations n’assure pas un accès équitable au plus grand nombre d’étudiants possible, et le ministère ne sait pas si les fonds octroyés ont servi aux fins prévues, peut-on lire dans le rapport De plus, l’information disponible sur le rendement du programme est insuffisante.Le ministère ne sait donc pas si les fonds affectés sont suffisants pour appuyer tous les étudiants admissibles, et il n’a aucune assurance que seuls les étudiants admissibles qui suivent des cours reçoivent des fonds.» En 2002-03,25 000 étudiants autochtones et inuits ont profité de la manne fédérale pour poursuivre des études postsecondaires.Le ministère juge que le programme est un «succès», puisque le nombre d’élèves qui en bénéficiaient en 196869 était de seulement 250.Pas si vite, répond la vérificatrice générale.Le manque d’information entraîne un mauvais portrait Par exemple, depuis 1998, 2000 étudiants de moins profitent du programme d’aide et le ministère n’a aucun moyen de comprendre cette tendance.Il serait temps que le gouvernement fasse du ménage, documente ses programmes et clarifie ses responsabilités.Compte tenu de la situation des Premières Nations, c’est même «urgent», conclut Sheila Fraser.Le Devoir La vérificatrice générale, Sheila Fraser, n’est pas tendre à l’égard du gouvernement fédéral.La lutte au crime organisé et au terrorisme n’est pas efficace JIM YOUNG REUTERS Problèmes à la Défense Manon Cornellier Le chômeur vache à lait Une fois n’était pas assez.Ni trois, ni quatre.D a encore fallu hier que la vérificatrice générale, Sheila Fraser, revienne sur la litigieuse question du surplus du compte de l’assuraneeemploi et répète dans son rapport que «le gouvernement n’a pas respecté l’esprit de la Loi sur l’assurance-emploi».Cela fait phis de cinq ans qu’eDe s’en inquiète, dans ses rapports comme dans les comptes publics.Soyons clairs.De surplus, il n’y a pas dans une caisse ou un compte en banque séparé.Les fonds de l’assuran-ce-emploi sont ajoutés aux revenus généraux du gouvernement fédéral.Les règles comptables l’exigent, mais ces dernières ne permettent pas pour autant au gouvernement d’utiliser cet argent comme bon lui semble, comme il le fait depuis presque dix ans.La loi prévoit que le programme d’assuranceemploi s’autofinance sur la durée d’un cycle économique.Telle était la volonté du Parlement en adoptant la loi.C'est donc pour éviter une flambée des taux de cotisations en période de récession, comme on en a connu une au début des années 1990, que les élus ont permis de fixer les taux de cotisation de manière à maintenir un surplus capable d’absorber un choc comme une hausse abrupte du taux de chômage.Selon la dernière évaluation de l’actuaire en chef du programme, un coussin d’au plus 15 milliards serait suffisant Si le gouvernement utilise ce surplus à d’autres fins, il lui revient en cas de ralentissement économique, de payer la facture avec l'argent qu’il doit au programme.Si le gouvernement n’a pas eu la prévoyance de mettre cet argent de côté, c’est son problème.Ce ne doit pas être celui des chômeurs et des cotisants, c'est-à-dire les salariés et leurs employeurs.Car il faut le rappeler, Ottawa ne verse pas un sou dans la caisse.Il engrange cependant L’excédent accumulé a en effet augmenté de deux milliards de dollars de plus l’an dernier, pour atteindre 46 milliards de dollars à la fin de 200364.C’est trois fois plus que ce dont il avait besoin pour faire face aux mauvais jours.Cela veut dire que le fédéral a collecté dans la poche des salariés et de leurs employeurs environ 30 milliards de plus que nécessaire pour éponger le coût des prestations d’assurance-emploi.En agissant ainsi, le fédéral a transformé les cotisations en une taxe sur la masse salariale que seulement certains travailleurs paient.Et comme il l’a fait avec l’utilisa-tion des surplus, il l'a fait sans le dire clairement et sans débat public.Tant pis pour la démocratie.Un débat s'impose pourtant, car les taxes sur la masse salariale sont des mesures régressives, qui font en sorte que seuls les salariés, peu importe la faiblesse de leurs revenus, paient une taxe destinée à l’usage général alors que les travailleurs autonomes et les professionnels, par exemple, en sont exemptés.Quant aux employeurs qui embauchent des salariés, ils se retrouvent punis pour avoir rendu des emplois parfois moins précaires.Le gouvernement libéral répète que ces revenus ont permis de réduire les impôts de 100 milliards sur cinq ans, de financer la santé, les programmes sociaux et le reste.Mais pourquoi cette facture devrait-elle être épongée par un seul groupe de travailleurs?Les libéraux se sont vantés d’avoir soustrait des centaines de milliers de gagne-petit des griffes de l’impôt, mais ils les taxent par la porte d’en arrière.Il est vrai que les cotisants ont, contrairement aux autres travailleurs, accès au programme de prestations.Ceci n’est toutefois vrai qu’en théorie, car le pourcentage de chômeurs y ayant droit n’a jamais été aussi bas depuis qu’Ottawa a resserré sévèrement les règles d’admissibilité.Il ne faut pas oublier non plus que beaucoup de travailleurs à temps partiel cotisent sans jamais arriver à accumuler le nombre d’heures nécessaire pour se qualifier.D’autres salariés, comme les travailleurs saisonniers mexicains, cotisent sans avoir le droit de recevoir des prestations.Les excuses du gouvernement font fi du caractère injuste et même hypocrite de sa façon de faire.Il a fait à sa tête, sachant que, sans cette vache à lait, il n’aurait jamais éliminé son déficit aussi vite ni affiché d’aussi plantureux surplus.«Les seules dépenses autorisées qui peuvent être imputées au compte [de l'assurance-emploi ] sont les prestations d'assurance-emploi et les frais d’administration», a réitéré Mme Fraser hier.En d'autres mots, ces fonds doivent servir à alléger le fardeau des salariés et de leurs employeurs ou encore à rendre le programme plus juste.Ils pourraient aussi servir à répondre à la nouvelle réalité du marché du travail, avec ses emplois précaires, autonomes, à contrat, et faire en sorte que davantage de travailleurs puissent y cotiser et en profiter en cas de coups durs.Personne d’autre que le fédéral ne peut faire cette réforme puisque, contrairement à tant d’autres choses dont il est pressé de s'occuper, le programme d’assuranceemploi ne relève que de lui.Post-scriptum L’air du Brésil rend Paul Martin imaginatif.Voilà qu’il parle de l'accession des territoires au statut de province.Comme pour la société distincte ou la réforme du Sénat il y est favorable mais ne sait ni quand ni comment arriver à bon port, surtout qu'il ne mit pas discuter de Constitution.Dans le cas des territoires, ça vaut mieux parce que M.Martin ne semble pas avoir mesuré les conséquences de ses cogitations.A-t-il pensé aux effets sur la formule d’amendement constitutionnel la formule de péréquation, le partage des transferts?Paul Martin est reconnu pour avoir beaucoup didées.On pourrait ajouter, dans ce cas, qu’il excelle à parier pour rien.m corttellieria ledevoi r.com SYLVAIN LAROCQUE Ottawa — Le manque de coordination et les restrictions quant au partage de renseignements personnels nuisent à l’efficacité de la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement des activités terroristes, déplore la vérificatrice générale, Sheila Fraser, dans son plus récent rapport, dévoilé hier.En 2000, le gouvernement fédéral a lancé l’Initiative nationale de lutte contre le blanchiment d’argent, qui s’est par la suite étendue au financement d’activités terroristes.Depuis lors, les institutions financières sont tenues de signaler certaines transactions à un nouvel organisme, le Centre d’analyse des opérations et déclarations financières, qui peut ensuite les transmettre à la police.Or, une trop grande préoccupation pour la protection de la vie privée empêche ledit Centre de communiquer plusieurs renseignements à la police, déplore Mme Fraser.«Les organismes d’application de la loi et de sécurité jugent que les renseignements fournis par le Centre d’analyse ne suffisent pas pour justifier l’ouverture d'une enquête», a-t-elle déclaré.En fait plusieurs policiers estiment que les décla- rations d’opérations douteuses provenant directement des banques contiennent souvent des renseignements plus utiles que ceux du Centre, parce qu’ils sont plus à jour et fournissent plus de raisons de soupçonner quelque chose.«U s'agit là d’une critique de taille», note le rapport La vérification révèle en outre un manque de collaboration entre les nombreux intervenants qui participent à la lutte contre le blanchiment d'argent et le financement d’activités terroristes.Sheila Fraser concède néanmoins que l’Initiative est récente, qu’elle n’est «pas parfaitement rodée» et que les problèmes sont donc «inévitables».Le fisc La vérificatrice générale a aussi examiné les systèmes de l’Agence du revenu destinés à régler les différends avec les contribuables et à encourager ces derniers à corriger les erreurs et les omissions qu’ils ont pu faire dans des déclarations faites pour des années antérieures.«Je me réjouis de voir que l’Agence règle les différends en toute impartialité, a-t-elle affirmé.Toutefois, un trop grand nombre de différends ne sont pas réglés en temps opportun.» Presse canadienne Ottawa — Déjà victime des aléas de la bureaucratie, de réductions budgétaires et d’une hausse des coûts, le projet de modernisation de la flotte canadienne d’avions de chasse CF-18 pourrait être davantage retardé par certains problèmes tels que la pénurie de personnel, des retards dans les approbations ainsi que des lacunes dans la gestion des risques et la gestion de projet, a mis en garde la vérificatrice générale du Canada, Sheila Fraser, hier.Ces problèmes pourraient faire en sorte que les CF-18, qui ont déjà été la fierté de l’aviation canadienne, n’en auront plus que pour quelques années à voler, une fois terminé le programme de modernisation de ces appareils, de 2,6 milliards, qui aura duré près de deux décennies.En effet, 17 années se seront écoulées entre le moment où le ministère de la Défense nationale a jugé nécessaire de moderniser les CF-18 et la conclusion des deux phases du projet, prévue en 2009, a indiqué Mme Fraser dans un rapport déposé à la Chambre des communes.«Ces problèmes devront être résolus pour éviter qu’ils ne deviennent un obstacle à la réalisation de la phase 2», a écrit la vérificatrice générale.«Sinon, la livraison des derniers CF-18 pleinement modernisés risque d’être repoussée au-delà de 2009.» Presse canadienne Changez d’airs ce soir à 20 h Montréal, cité de la musique 2004 des concerts à suivre sur les ondes d'Espace musique et dans 25 pays www radio-canada ca/montrealmusique ESPACE 7! MUSIQUE 100,7 FM jt >2 Rcnfrsæss: le Demur Montréal® Montréal 00 P AIR CANADA ® LE DEVOIR.LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2004 ACTUALITES A 3 Une expérience unique OOR SON ET LUMIÈRE iwc Dont Mnar et ses musiciens RadO SPLENl VMarfe 1(0*9/ SainttS, 12 février ^ à 20 h SfguUKr Oes.-icdubdrrteCwieHfhK Condamnés à avoir peur Ipsis JACQUES NADEAU LE DEVOIR LES GARDIENS des pénitenciers fédéraux ont exhibé hier tout un arsenal d’armes artisanales et exposé en long et en large les dangers qu’ils courent face aux criminels détenus, hier, de façon à obtenir de leur employeur un accroissement des mesures de protection, à l’occasion de la signature de leur prochaine convention collective échue depuis 31 mois.Des menaces de mort, des seringues contaminées au VIH, à l’hépatite ou à d’autres maladies brandies comme des armes, des armes artisanales, des menaces verbales font partie du quotidien ou presque d’un agent correctionnel, ont assuré trois porte-parole en conférence de presse.Le climat de travail serait tellement difficile que de 30 à 40 % des agents connaissent des dépressions mineures ou majeures au cours de leur carrière, comparativement à 10% dans les autres milieux de travail, selon les agents correctionnels.Pierre Dumont, qui travaille depuis plus de 20 ans à la prison à sécurité maximale de Donnacona, a raconté avoir vécu dans l’angoisse pendant six mois quand un détenu l'a piqué avec une seringue.Comme il est impossible de savoir «qui a quoi» dans les prisons, il a dû passer un test pour voir s’il avait ou non été contaminé.Au cours des deux dernières années, au moins 18 agents québécois se seraient retrouvés dans cette situation.«Ils ne savaient pas s’ils avaient le VIH, l’hépatite A, B ou C.Cela perturbe un couple.Les familles vivent tout un stress et les couples doivent recourir au condom.L’attente dure trois mois.Tu y penses chaque soir quand tu te couches.Passé ce délai, il y a le test de confirmation dont les résultats arrivent trois mois plus tard’, a-t-il dit.Les agents correctionnels, dont le salaire moyen est de 40 000 $ à 50 000 $ par année, réclament des augmentations de 3 % par année et la prise de retraite après 25 années de service plutôt que 30.Couillard veut revenir à l’esprit de la Loi sur la protection de la jeunesse Priorité à Vintervention sociale plutôt que judiciaire, dit le ministre de la Santé et des Services sociaux ROBERT DUTRISAC Québec — Le ministre de la Santé et des Services sociaux, Philippe Couillard, a l’intention d’assurer que l’intervention sociale auprès des jeunes en difficulté se fasse avant l’intervention judiciaire.Devant les intervenants du milieu de la protection de la jeunesse réunis en congrès à Québec, Philippe Couillard a promis hier de déposer un projet de loi, pour adoption en 2005, afin de modifier en profondeur la Loi sur la protection de la jeunesse.«B faut remettre en question certaines pratiques en protection de la jeunesse, compte tenu d’un recours trop fréquent à l’intervention judiciaire», a dit M.Couillard à la clôture de ce congrès intitulé «Etre avec les enfants», organisé par l’Association des centres jeunesse du Québec, FAssodation des CLSC et des CHSLD du Québec, 1’Assodation québécoise des centres de la petite enfance et la Fédération des commissions scolaires du Québec.«Bref, il faut réaffirmer clairement la primauté, ou plus précisément l’antériorité de l'intervention sociale par rapport à l’intervention judiciaire, conformément à l'esprit qui, il y a un quart de siècle, a guidé les artisans de la protection de la jeunesse», a déclaré M.Couillard.S’avouant très préoccupé par les ef cements d’enfants, qui sont trop nombreux», M.Couillard a souligné que le projet de loi établira certains grands principes, dont la nécessité d'offrir à chaque enfant placé «un projet de vie permanent» et de privilégier la continuité des services auxquels il a droit Au cours d’un point de presse, M.Couillard a dit s’inspirer d’un rapport d'un comité d’experts présidé par Jacques Dumais, ex-directeur de la Protection de la jeunesse dans Chaudière-Appalaches.Cette étude sur la réforme de la loi fut suivie d’un rapport sur l’intervention judiciaire en matière de protection de la jeunesse que le ministère de la Justice a rendu public en août 2(X)4.Cette démarche basée sur un projet de vie permanent permettrait de rendre adoptables des enfants dont les parents se sont avérés incapables de prendre soin de leur progéniture.C’est la voie qu’a choisie l’Ontario.Dans l’état actuel des choses au Québec, un enfant ne peut être proposé à l’adoption que dans les cas patents d’abandon ou quand les parents renoncent à leur autorité parentale, ce qui est rare.Les experts recommandent que la loi, plutôt que d’affirmer le principe du maintien de l’enfant dans son milieu familial, «fisse ressortir davantage l’importance de la continuité des soins et de la stabilité des liens et des conditions de vie pour l’enfant».La loi actuelle favorise les signalements répétitifs et les solutions temporaires.Les experts insistent cependant pour que le projet de vie privilégie le milieu familial et la famille élargie.Hier, M.Couillard a indiqué qu’avant même l’adoption du projet de loi, son ministère élaborera «des balises plus précises» visant le retrait de l’enfant de son milieu familial.Par ailleurs, aux yeux du ministre, la forte hausse de la consommation de médicaments psychotropes constatée chez les enfants hébergés dans les centres jeunesse est un signe qu’un grand nombre d’entre eux «sont aux prises avec des problèmes de santé mentale pour lesquels les services ne sont pas toujours disponibles ou suffisants».M.Couillard dévoilera sous peu le plan d’action gouvernemental en santé mentale, dont un des volets portera sur cette problématique.«Ce que les centres jeunesse demandent et avec raison, ce n’est pas d’avoir un pédopsychiatre par Centre jeunesse.C’est impossible: il y a très peu de pédopsychiatres», a dit le ministre.«Mais ils ont des suggestions intéressantes», comme la création d’équipes multidisciplinaires de soutien qui travaillent avec des omnipraticiens intéressés à la santé mentale des jeunes.On pourrait aussi regrouper les jeunes qui ont des problèmes de santé mentale, a mentionné M.Couillard.Le Devoir MONTRÉAL La CAM à 61 $ Usagers et écologistes crient au «suicide assisté» des transports en commun ANTOINE ROBITAILLE Comme on s’y attendait, il en coûtera plus cher de voyager en métro et en autobus à partir de janvier 2005.La carte mensuelle autobus-métro (CAM) passera de 59 $ à 61 $.Les personnes âgées et les étudiants seront particulièrement touchés, puisque leur CAM à tarif réduit passera de 31 $ à 32,50 $, subissant ainsi une hausse de 4,8 %, la plus élevée de toutes, proportionnellement Le paiement en espèces et la CAM hebdo à tarif ordinaire resteront au même prix.En moyenne, les tarifs augmenteront de 3,3 %, ce qui est supérieur à l’inflation, comme l’a déploré hier la Coalition pour le transport en commun.Le président de la Société de transport de Montréal (STM), Claude Dauphin, qui a présenté les grandes lignes de son budget hier, estime que ces hausses étaient inévitables, compte tenu de l’augmentation de la rémunération et des coûts de l’énergie.De plus, le gouvernement du Québec n’a pas encore répondu à l’appel lancé il y a plus d’un an par M.Dauphin, qui réclamait un «nouveau cadre financier», ce qui lui fournirait de nouvelles sources de revenus.M.Dauphin s’est engagé à ne pas hausser de nouveau les tarifs dans l’année qui vient, comme il l’avait fait en 2003.Le manque à gagner de la STM sera de 10,8 millions de dollars, alors qu’il a frisé les 20 millions l’an dernier.Ici, le remboursement de la TPS consenti par le gouvernement fédéral a aidé.Alors qu’il a décru de 1,4 % l’an dernier, l’achalandage devrait être en hausse de 1 % en 2005, prévoit la STM, en raison de l’ajout de parcours d’autobus.Développement durable M.Dauphin a par ailleurs réitéré plusieurs fois sa demande d’un «nouveau cadre financier» hier, admettant avoir l’impression de refaire la même conférence de presse que l’année précédente.Il s’est fait fort d’insister sur la nouvelle profession de foi du premier ministre Jean Charest à l’égard du «développement durable», arguant que les transports en commun y contribuaient éminemment «Le métro, c’est zéro pollution».Aussi, en attendant les décisions des gouvernements provincial et fédéral (ce dernier tarde à annoncer sa contribution via la taxe sur l’essence), M.Dauphin a réclamé à Québec des «mesures intérimaires» pour aider à court terme la STM, dont des tarifs préférentiels de la part d’Hydro-Québec et des subventions accordées au transport scolaire.Ailleurs au Québec, le gouvernement provincial assume une partie des coûts, a-t-il fait valoir.La contribution des paliers de gouvernement supérieurs est d’autant plus nécessaire, a argué M.Dauphin, que le métro, qui a 38 ans, se fait vieux.Réponse floue de Marcoux «La balle est dans le camp de Québec», a déclaré le vice-président de la STM, Marvin Rotrand.Or, le ministre des Transports, Yvon Marcoux, s’est montré avare de conunentaires à Québec, hier.Concernant l’augmentation des tarifs, il a eu une réponse du type «quand on se compare, on se console», soulignant que les tarifs des transports en commun à Montréal sont parmi les plus bas en Amérique du Nord.A propos des demandes de la STM, M.Marcoux n’a rien promis, se contentant de rappeler qu'il déposera, au cours des prochaines semaines, des propositions visant à modifier le financement des transports en commun.Il a précisé que les programmes actuels du ministère des Transports seront révisés en profondeur.Les propositions en question seront soumises à la consultation, aussi bien auprès des sociétés de transport que des syndicats.Mais, selon M.Marcoux, le gouvernement québécois «participe déjà beaucoup au financement du transport en commun, comparativement aux autres provinces»: 382 titillions cette année.Suicide assisté des transports en commun Les groupes d’usagers et les écologistes se sont montrés assez déçus — voire fâchés — du budget de la STM.En «écorchant» les usagers pour une troisième fois en 18 mois, les élus préparent le «suicide assisté» des transports en commun, a clamé Yves Bellavance, de la Table régionale des organismes volontaires d’éducation populaire (TROVEP) de Montréal.Robert Perreault, au nom de la Coalition pour le transport en commun, a d’abord soupiré: «Les augmentations auraient pu être pires», saluant du même souffle le fait que la Ville a «ajouté quelques millions» à sa contribution.«Mais ça demeure très timide.Il n’y a rien là-dedans pour augmenter vraiment l’achalandage.Visiblement, la STM est dans un cul-de-sac», a déclaré M.Perreault, qui déplore «l’absence totale de collaboration du gouvernement du Québec» et dit douter du réel engagement de l’administration Tremblay à l’égard des transports en commun.Le chef du parti municipal Projet Montréal a quant à lui qualifié de «jérémiades annuelles» les revendications de M.Dauphin.Demander de l’argent aux paliers de gouvernement supérieurs, «c'est la solution facile», dit-il.Cela permet, à son avis, de ne rien faire et de rejeter sur d'autres la responsabilité des déboires de la STM.«Fendant ce temps, la question de la taxation du stationnement non résidentiel et hors rue, ne serait-ce qu’au centre-ville et, idéalement, sur l'ensemble du territoire métropolitain, est continuellement remise aux calendes grecques.» En outre, M.Bergeron souligne que le financement des transports en commun à Montréal dépend de plus en plus des usagers: «De 35 % qu'elle était au milieu des années 1990, leur contribution passe à 46 % en 2005».Le Devoir Avec la collaboration de Tommy Chouinard JACQUES NADEAU, ARCHIVES LE DEVOIR SORTIS ÉBà'.u f Nous nous H O N • ¦ UH M I • T I II spécialisons dans la restauration de crystal et porcelaine, horlogerie, luminaires et oeuvres d’arts.\ oa& restaurorU' tout.sauffeei aeu/vi firàsés/ 4652, boul.Décarie, Montréal 514-484-8312 www.themrfixit.com DEPUIS 1953 Chambra «ta commarca du Montréal métropolitain Board of Trado of Metropolitan Montreal Déjeuners- causeries Ell Desjardins > Réservations par télécopieur (514) 871-5971 en ligne www.ccmm.qc.ca/activltes > Renseignements Rina Bevilacqua (514) 871-4000 poste 4001 » Blllet(s) Membres : 55 $ Non-membres : 85 $ » Table(s) de 10 Membres : 495 $ Non-membres : 850 $ Taxes en sus Mardi 7 décembre 2004 de midi à 14 h Martin Tremblay Président-directeur général Ubisoft Le Centre Sheraton 1201, boul.René-Lévesque Ouest Le divertissement numérique, nouveau pôle d'excellence pour Montréal ! En association avec : PrICTWATeRHOUs^OOFERS En collaboration avec : BOMBARDIER (iOWT IM(.N ?» SNC-LAVALIN À deux reprises au cours de la saison, il y aura tirage d’une paire de billets aller retour, classe Hospitalité, offert par air canada ® sur son réseau International. A 4 LE DEVOIR.LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2004 LES ACTUALITES Le Canada louangé pour son soutien dans la lutte contre la faim Ottawa — Le Canada est un exemple pour le monde grâce aux efforts qu’il consent à la lutte contre la faim, a indiqué James Morris, le directeur général du Programme alimentaire mondial (PAM), le plus important programme humanitaire mondial, qui relève de l’ONU.Même si des groupes critiquent fréquemment la contribution du Canada à l'aide au développement — qui s’élève à environ 0,25 % du produit intérieur brut du pays —, M.Morris n’a pas pas tari d’éloges lors d’une visite à Ottawa.•Le Canada a fourni au fil des ans des ressources qui ont aidé des dizaines de millions de personnes à travers le monde», a-t-il dit Le PAM est relativement peu connu parce qu’il n’effectue aucune publicité et ne sollicite aucun don.Plusieurs Canadiens ignorent probablement que leur gouvernement a déjà versé 175 millions à son budget de l’année en cours.Le programme permet de nourrir 104 millions de personnes dans 81 pays.Le Canada est le plus important pays contri- buteur après les États-Unis, l’Union européenne, le Royaume-Uni et le Japon.•Le Canada est un de nos meilleurs amis, un pays extrêmement généreux lorsqu’il faut intervenir sur ces questions humanitaires, a indiqué M.Morris.Le Canada nous a aidés lors de circonstances très difficiles.» M.Morris a indiqué que la Food Grains Bank, un organisme caritatif de Winnipeg, est l’une des seules agences de développement occidentales présentes en Corée du Nord, où le PAM soutient présentement le quart de la population.Il a affirmé que l’Agence canadienne de développement international (ACDI) était l’une des plus précieuses organisations d’aide dans le monde, «un fleuron national».Au Darfour, où les affrontements interethniques se poursuivent, des milliers de réfugiés survivent grâce au pois cassé jaune du Canada, que M.Morris qualifie à la fois de «soutien principal» et de «cadeau du ciel».Presse canadienne Une univereité italienne née du mouvement Slow Food Une Québécoise ira parfaire sa science de la gastronomie FABIEN DEGLISE L> inauguration de l’université i des sciences de la gastronomie à Polenzo, en Italie, en octobre dernier (voir notre édition de lundi) est loin de passer inaperçue dans le monde de l’alimentation.Y compris à Montréal, où l’établissement y a recruté sa première candidate québécoise qui, à compter de février prochain, va user ses fonds de culotte sur les bancs de cette université en vue de devenir théoricienne de la gastronomie.Geneviève Rousseau — c’est son nom —, 31 ans, vient en effet d'obtenir son billet d’entrée dans le programme de maîtrise de cette école imaginée et construite par le mouvement Slow Food pour faire germer à travers le monde les graines de sa révolution alimentaire.«C’est une chance inouïe», lance cette ancienne coordonnatrice de production, qui a travaillé entre autres sur les tournages des Invasions Barbares et de Mambo Italia-no.«Cette université est unique au monde et les connaissances que l’on peut aller y chercher sont en parfaite harmonie avec les changements qui s’opèrent ici dans l’univers de l’agro-alimentation.» N’empêche, du monde du cinéma à celui des fromages fins, la conversion est plutôt radicale.Mais elle a aussi un prix: 21000 euros (32 500 dollars canadiens) de droits de scolarité pour un an d’étude intensive.hébergement, repas et trois voyages exploratoires dans plusieurs terroirs en Italie, en Espagne et en France compris.«C’est beaucoup, dit-elle.Surtout pour une étudiante du Québec qui peut difficilement se prévaloir de prêts et bourses pour ce programme.» C’est vrai, commente Bernard Frenette, du Bureau de l’aicfe financière du ministère de l’Education du Québec.«Les prêts et bourses sont accessibles pour étudier à l'étranger, mais uniquement dans les établissements reconnus par le Québec», dit-il.Ce qui n’est pas le cas de l’université des sciences de la gastrono- mie, qui vient tout juste d’ouvrir ses portes.Une demande de reconnaissance de l’établissement italien par le ministère a été déposée il y a quelques semaine par Mme Rousseau.«C'est un processus long et complexe, dit M.Frenette.Il faut que l’université soit reconnue par le ministère italien de l’Éducation, mais aussi que le programme soit unique, ce qui est généralement le cas dans les formations de niveau maîtrise.» Ces critères, l’université des sciences de la gastronomie y satisfait sans aucun doute en offrant, par exemple, un programme de formation international qui scrute la gastronomie sous tous ses angles — sociologique, anthropologique, économique, politique — tout en évacuant la dimension culinaire de la chose: les cours de cuisine y sont en effet totalement inexistants.En attendant le feu vert de Québec — qui, une fois donné, sera valable pour tous les candidats québécois — Geneviève Rousseau innove pour financer ce pro- gramme d’étude qu’elle a très hâte d'éprouver.Comment?En organisant bientôt un encan d’objets divers, mais aussi en frappant aux portes d’entreprises versées dans le bien-manger pour y obtenir de petites subventions.«Un peu comme le modèle de financement de l’université qui fait appel à une multitude de donateurs pour son fonctionnement ou pour offrir des bourses [bourses accessibles uniquement aux étudiants venant de pays pauvres], dit-elle.Et, dans mon cas, ces entreprises devraient y trouver leur compte».en réalisant ainsi un investissement à long terme.C’est que, au retour d’Italie, Mme Rousseau, qui a mis une croix sur sa carrière cinématographique, compte bien devenir au Québec une agente de changement du mouvement Slow Food.•Ilya beaucoup à faire ici, poursuit la jeune femme.Et la promotion des produits du terroir m'intéresse beaucoup.» Le Devoir Obligations d'épargne du Canada un excellent mode d'épargne, c'est garanti.Il arrive souvent que les enfants n'apprécient pas dans l'immédiat les cadeaux reçus sous la forme d'Obligations d'épargne du Canada, à 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paraplégiques.Une entente, loin de leurs espoirs, se profile à l’horizon, assortie d’une menace de fermeture qui les hante.La plupart des employés de ce centre de travail adapté (CTA) spécialisé dans la peinture industrielle gagnaient 7,94 S l’heure avant le déclenchement de la grève, le 16 avril.L’Office des personnes handicapées du Québec (OPHQ) verse 8,57 $ l’heure à l’entreprise pour couvrir le salaire minimum et les avantages sociaux.Exigeant au départ une hausse de 1 $ l’heure, les syndiqués sont maintenant prêts à reprendre le travail pour la moitié.Le Devoir a rencontré une dizaine d’entre eux entassés dans leur abri de fortune muni d’une chaufferette au propane, qu’ils ont bâti de leurs propres mains cet automne pour se réchauffer.Ils sont visiblement très fiers de leur construction: «Ici, c’est notre siège social, et derrière [l’usine], c’est notre entrepôt», lance l’un d’eux, assis sous les guirlandes de Noël qui ornent les pxuitres de bois.Cette bonne humeur laisse rapidement la place à la colère et à une incompréhension de voir le conflit s’éterniser.«On ne demande pas 20 $ de l’heure, on veut juste être capables de vivre sans s’appauvrir.Quand on va faire l’épicerie ou qu'on prend l’autobus, on n’a pas de rabais parce qu’on est handicapés.Il y en a qui sont ici depuis 20 ans et qui gagnent toujours 7,94 $ de l’heure», s’exclame le vice-président du syndicat, Claude Arsenault Ce dernier se promène en chaise roulante depuis qu’un malheureux plongeon l’a privé de l’usage de ses jambes, il y a une dizaine d’années.Responsable du contrôle de la qualité à l’usine, il assure que les pièces produites sont aussi bonnes, sinon meilleures, qu’ailleurs: «Il y a de l’argent qui rentre à cause de ce qu’on sort, et en plus ils reçoivent des subventions».Un autre, analphabète et dépressif, poursuit «Us font de l'argent sur notre dos!» Après deux négociations infructueuses sur le plan salarial, les syndiqués, affiliés au Syndicat des employés professionnels et de bureau (SEPB-FTQ), sont cette fois déterminés à faire reculer un peu la pauvreté.«Je n’arrive pas avec mon salaire.Cela fait trois mois que je suis dans le rouge et que je dois emprunter.C’est pour ça que j’ai voté pour la grève», confie Michel.Le président du syndicat, Jocelyn Dubé, souligne pour sa part qu’il gagnait un meilleur salaire en livrant du courrier pour le gouvernement il y a de cela 20 ans.Les employés de l’AFFI gagnent à peine plus que ce que représente le chèque d’aide sociale auquel ils auraient droit en tant qu’handicapés.Mais ils ne voudraient pas retourner à la maison pour tout l’or du monde, «faime bien mieux faire de quoi que de rester encabané chez nous à écouter la TV.Ici, je sais que le pain et le beurre que je mets sur la table, c’est de l’argent que j’ai gagné.Je suis fier de travailler», déclare Roch, qui sable des pièces à l’AFFI depuis 13 ans.Il souligne que certains de ses collègues prennent jusqu’à quatre autobus avant de poinçonner leur fiche le matin.L’oisiveté commence à leur peser, même si les allocations de grève de 290 $ par semaine représentent 60 $ de plus que leur salaire net habituel.«On est à bout.Cela vient plate de ne rien faire de ses journées», dit l’un d’eux.Menace de fermeture Le porte-parole de l’employeur, Roger Pedneault avocat à la retraite, reconnaît que les salaires ne sont ~~~x Les grévistes ont aménagé un abri de fortune pour affronter le froid.Cl ÊMENT AI IAKD LE DEVOIR pas élevés, mais il assure qu’ils sont comparables à ceux offerts sur le marché du travail «normal».«Bien sûr qu’ils ne gagnent pas assez cher, c’est le minimum.Je ne dirai pas que 15 000$, c’est le Pérou.Mais cela vaut bien d’autres situations dans le contexte», s’emporte-t-il, en réaction aux demandes syndicales.Il affirme que l’usine de Québec ne couvre pas ses frais et est restée ouverte jusqu’à maintenant unique ment parce que le groupe, qui possède quatre CTA à travers le Québec, veut «remplir sa mission sociale de créer le plus de postes possible.Si on avait réfléchi en termes de rentabilité, elle serait déjà fermée.» Il y a une dizaine de jours, lors d’une rencontre de conciliation, l’AFFI et l’exécutif syndical en sont venus à une entente de principe qui fixerait le salaire horaire à 8,22 $, assortie d’un montant forfaitaire.Une offre très similaire à celle qui a été rejetée l'été dernier, que l’exécutif est bien prêt à recommander à ses membres, si cela leur permet de retrouver leurs emplois.Seulement voilà, l’employeur ne veut pas fixer une date pour le retour au travail, ni s’engager à reprendre tout le monde.C’est que l’usine a perdu presque tous ses contrats.«Nous essayons de relancer l’usine.Pour le moment, je ne peux pas assurer la pérennité de l’entreprise», expüque M.Pedneault, qui préside le conseil d’administration de l’AFFI.Lors de la rencontre de conciliation, il a évoqué la possibilité de ne reprendre que quelques employés au début et de tenter d’en replacer certains dans un autre CTA, l’atelier TAQ (où le salaire est moins élevé).La conseillère syndicale du SEPB, Laure Lapierre, commence à s’inquiéter «fai le sentiment qu’ils veulent bâcler la convention, pour ensuite fermer en disant que cela n’a rien à voir avec la négociation».Elle a suggéré que les employés prennent leurs vacances pour laisser le temps à l'employeur de trouver de nouveaux contrats.Une proposition qui est restée lettre morte.Pendant ce temps, l’inquiétude s’incruste dans le petit abri où les grévistes passent leur quart de piquetage.«Pas question de “rentrage” de six personnes à la fois.C'est tout le monde ou ben personne pantoute», avertit Roch.la perspective que certains restent sur le carreau l’inquiète: «Il y en a plusieurs qui ne sermt pas capables de se replacer, on a presque tous en haut de 40 ans.[.] Puis les patrons n’ont pas confiance envers les personnes handicapées.Je ne sais peut-être pas lire ni écrire, mais il y a ben des choses que je peux montrer.Ils veulent même pas nous essayer, ils ont peur des handicapés.» Pour sa part, Céline s'emballe en expliquant à quel point elle avait trouvé difficile de remplir correctement les cartes de chômage la dernière fois qu'elle y a eu recours.«De toute façon, après une grève, on n’y aura même pas droit», réplique un collègue.D’autres ne gobent tout simplement pas la menace de fermeture, convaincus que l’employeur ment au sujet de la situation financière de l’entreprise.«Cela fait sept mois qu’on est en grève et ils paient encore les contremaîtres.On n’est pas des innocents, s'ils étaient vraiment au bord de la faillite, ils auraient déjà fermé.Cest imite la “gamique” des CTA si on a une hausse chez AFFI, tous les autres centres vont en demander plus.Ils veulent garder tous les salaires en bas de l’échelle», expose Denis.Tous sont choqués de voir que l'entreprise a perdu davantage de contrats pendant sept mois de grève qu’en donnant gain de cause aux employés.Certains se demandent même, si l’entreprise reçoit la subvention pendant la grève.A l’OPHQ, on reconnaît que la subvention versée en avril comprenait le salaire des employés pour les trois premiers mois du conflit mais on assure que ces sommes ont été déduites du versement suivant.L’Office n'a pas voulu commenter le cas de l’AFFI, soulignant que la gestion relève des entreprises.Le groupe AFFI, qui emploie 117 handicapés dans ses quatre ateliers, reçoit annuellement 1,8 million en subventions salariales et a réalisé un chiffre d’affaires d’environ six millions l’an dernier.Près de 3000 handicapés travaillent dans les 44 centres de travail adapté, dont huit sont syndiqués.Le salaire horaire moyen y est de 9,27 $, soit un peu plus que celui versé chez l’AFFI.Le Devoir Journée de soutien aux journalistes emprisonnés Le prix de la parole GUILLAUME H O U R G A U LT - C ÔTÉ Cent vingt-huit journalistes croupissent actuellement derrière les barreaux de prison de pays qui tolèrent mal te concept de liberté de presse et d’opinion, selon l'organisme Reporters suis frontières (RSF).qui célèbre aujourd'hui la 15r Journée de soutien aux journalistes emprisonnés en demandant à des médias de partout de parrainer un de ceux qui paient dans le silence de fincaicération te prix de la parole.L'an dernier, Le Devoir avait rejoint une cohorte d’environ 200 médias québécois et internationaux pour épouser symboliquement la cause d'un journa-liste, en l’occurrence l'Iranien Akbar Ganji, emprisonné depuis 2000 à Téhéran pour «propagande contre la République islamique», «atteinte à la sécurité de l'État» et «insultes au fmdateur de la République islamique et aux valeurs sacrées du régime».Un an plus tard, le réputé journaliste d’enquête — une des voix phares d’un mouvement réformiste combattu par les gardiens de la Révolution islamique et l'appareil judiciaire — est toujours en prison, où il affirme avoir été frappé par des gardiens et maintenu en isolement.11 a pu profiter de quelques permissions de sortie au cours des derniers mois, sans plus.Mais Ganji a obtenu récemment un soutien de titille: le Prix Nobel de la paix 2003, l’avocate Shirin Kbadi, a accepté en septembre de s'occuper de son dossier.Après avoir pu le rencontrer, Mme Ebadi a déclaré que la priorité était de le faire sortir au plus vite de l’établissement, puisque sa santé requiert des soins (il est asthmatique) que la direction de la prison refuserait de hii accorder.Condamné en juillet 2001 à six ans de prison, Gapji devrait normalement être libéré en 2006.Âgé de 48 ans, il est journaliste pour trois quotidiens réformateurs, en plus d'être rédacteur en chef d’un hebdomadaire.Il a déjà été emprisonné en 1997-98 pour d'autres «délits» d'opinion.Fin 2000, le prix Canadian Journalists for Free Expression lui était décerné.C’est une série de reportages réalisés au début de 2000 qui a ramené Akbar Ganji en prison.Le journaliste y démontrait l'implication de hauts responsables iraniens dans l’assassinat de cinq opposants au régime, en 1998.Les autorités lui reprochent aussi d'avoir participé à une conférence à Berlin, en 2000, où il a tenu des propos jugés «anti-islamiques et antirévolutionnaires» par Injustice.Ganji écrivait peu après son arrestation un texte repris dans Courrier international en novembre 2000: «Nous muions que Ui religiim ne soit pas en antagmisme avec la liberté, la justice, la diversité et le pluralisme, la modération et la patience, les droits de l'homme et la raison.Cest pourquoi être prisonnier est un grand htmneur pour moi » L’Iran montré du doigt Selon RSF, te MoyenA frient et l’Asie orientale sont les pin-s régions du monde pour la liberté de presse.Dans la première région, l'Iran est «la plus grande prison de journalistes, doté d’une censure intransigeante», lit-on dans le rapport annuel 2(X)4 de l’organisme.Si «le pays est riche dune presse aux débats dynamiques |.) tout écrit reste hautement contrôlé», mentionne RSF, qui évoque une liste de sujets interdits qui valent aux fautifs des suspensions de publication, décrétées par le Conseil de sécurité national RSF' rapporte aussi que 43 journalistes ont été arrêtés dans ce pays en 2003, ce qui indut le cas de la photqjour-naliste iranocanadienne Zahra Kazenti.Afin de financer sa lutte pour la protection de la liberté de presse sur la planète, Reporters sans frontières met en vente aujourd’hui son album-photo annuel, rendant compte cette année des travaux du photographe français Jean Dieuzaide.Le Devoir Futur CHUM : Lacroix parle enfin KATHLEEN LÉVESQUE Le recteur de l’Université de Montréal, Robert Lacroix, sort de son mutisme ce matin sur sa proposition d’implanter le futur CHUM ainsi que les facultés de médecine, de science infirmière et de médecine dentaire sur le site de la cour de triage d’Outremont Après plus de six mois de discussions en coulisse, de lobby politique et d’analyses gardées secrètes, M.Lacroix a décidé de faire le point sur la place publique concernant son projet de créer «une cité du savoir et de la santé au plein cœur de Montréal».Plusieurs critiques ont surgi la semaine dernière sur le manque de transparence de la proposition du recteur Lacrok.Une coalition soutenant la construction du CHUM sur le site de l’actuel hôpital Saint-Luc s’est mise en place.La Société du Havre s’est également dite favorable au site du 1000, Saint-Denis.De plus, le conseil d’administration de l’actuel CHUM a pris la parole, présentant un sommaire des études de faisabilité pour ériger le CHUM au centre-ville.Un peu à la manière du recteur de l’Université de Montréal, on ne parle plus que d’un hôpital mais plutôt de la combinaison avec un nouveau campus universitaire des soins de la santé.Les mêmes administrateurs ont toutefois reçu le mandat du ministre de la Santé, Philippe Couillard, d’analyser le projet du site d’Outremont, et ce, même si le choix du 1000, Saint-Denis avait été arrêté en juin.D’ailleurs, le ministre Couillard a aussi demandé à la commission Mulroney-Johnson d’étudier ce projet.L’analyse est attendue sous peu.Entretemps, l’Agence de développement de réseaux locaux de services de santé et de services sociaux de Montréal a conclu dans un avis au ministre que le site d’Outremont entraînerait un déséquilibre quant à l’accessibilité des lits de première et de deuxième ligne; le centre-nord de Montréal y gagnerait comparativement au centre-est.Ottawa s’intéresse aussi à ce dossier complexe.Comme le révélait vendredi dernier Le Devoir, le ministre fédéral des Transports et député d’Outremont, Jean Lapierre, est disposé à financer le réaménagement des voies ferrées qui traversent la cour de triage afin d’y permettre l’implantation du CHUM.La soipme discutée serait de 25 millions de dollars.À la Ville de Montréal, où le Service d’urbanisme soutient le plan du 1000, Saint-Denis, le maire Gérald Tremblay a commandé à une entreprise privée une analyse comparative avec Outremont.Beaucoup d’autres joueurs publics et parapublics jettent un œil sur ce dossier.Le ministère de l’Education a entre les mains la proposition Lacroix, mais on refuse de faire quelque commentaire que ce soit pour l’instant Le Devoir Les femmes sont frappées de plein fouet par le sida Paris/Londres — La guerre mondiale contre le sida sera perdue si les femmes ne sont pas plus en mesure de prendre leur destin en main et si les droits parmi les plus fondamentaux continuent à leur être déniés dans la plupart des pays en développement, estime l’ONUSIDA Car le virus continue de se répandre, particulièrement chez les femmes et les jeunes filles, constate l’agence de l’ONU chargée de lutte contre la pandémie, dans son rapport annuel publié hier.Près de la moitié des 37,2 millions d’adultes vivant désormais avec le virus sont des femmes.Certes, la violence contre la gent féminine n’est pas un fléau limité au Tiers-Monde.Mais là encore plus qu’ailleurs, les jeunes filles n’ont souvent pas la latitude de dire non à des avances ou d’imposer l’usage du préservatif lorsqu'elles en connaissent l’existence.En outre, pour des millions d’autres femmes, le sexe est la source de leur unique revenu.Elles sont aussi de plus en plus touchées, aussi parce que le virus se transmet plus facilement de l’homme vers la femme que l’inverse.Pour le Dr Peter Piot, à la tête de l’ONUSIDA, ce fléau doit être le catalyseur des droits des femmes: «R y avait suffisamment de raisons avant le sida, mais maintenant le lien entre l’inégalité sexuelle globale et la mort n’a jamais été aussi direct qu’avec le sida, a-t-il déclaré à l'agence Associated Press.Il est temps que le mouvement des femmes et celui contre le sida se trouvent, mais cette rencontre ne s’est pas encore produite.Au bout du compte, si l’on ne met pas les femmes au cœur de la réponse au sida, je ne pense pas que notes serons capables de contrôler cette épidémie.» «Le point sur l’épidémie de sida» publié hier par l’agence onusienne en prélude à la journée mondiale du 1" décembre souligne que le nombre de femmes vivant avec le VIH, le virus de l'immunodéficience humaine responsable de la maladie, a augmenté sur tous les continents au cours des deux dernières années, les augmentations les plus fortes étant relevées en Asie et en Europe de l'Est En Asie, le virus s’est désormais échappé des bordels et de plus en plus de femmes mariées contractent la maladie parce que leur mari fréquentent des prostituées.L'ONUSIDA estime que 20 milliards de dollars seront nécessaires d’ici à 2007 pour lutter contre la pandémie dans les pays à faibles et moyens revenus.Associated Press Les VOYAGES FLEUR DE LYS ¦ ' Reservez votre place pour assis CarLsoO tsi à ruas de nos presentations Wàgonfit 514-939-9999 ^ _ ou 1-MB-713-3311 (places limitée) ^ 1259, rue Béni, bureau SX, Montréal (Qc) |£Ü|UQAM (.inh mua lefflBüülBlflEhulil-i réserve; jusqu au 31 déc 2004 pour un voyage en 2004 ou 2005 et économisez îlOOVpers.Sur prix annoncé par Club Med Espagne: présentation le 24 nov.IShOO et le 30 nov.14ti RSVP Australie : présentation le 7 déc.14h RSVP Côté d'Azur: présentation le lerdéc 14h at le 8 déc.lBWO RSVP | Tunisia: présentation le X nov.18hX et le 8 déc.1414)0 RSVP Thaïlande : prés le 7 déc.18M0 RSVP M exigea • Ma Helhax : pré» r déc ibuo c£b dîb c&r & c&i 4 «#> $> ASSEMBLEE MATlOrtALE QUtBEC CONSULTATION GÉNÉRALE LE SECTEUR ÉNERGÉTIQUE AU QUÉBEC -CONTEXTE, ENJEUX ET QUESTIONNEMENTS La Commission de l'économie et du travail est chargée de tenir des auditions publiques à compter du 25 janvier 2005 dans le cadre d une consultation générale sur le document intitulé Le secteur énergétique au Québec - Contexte, enjeux et questionnements Toute personne ou organisme qui désire exprimer son opinion sur ce sujet doit soumettre un mémoire au Secrétariat des commissions au plus tard le 4 janvier 2005 La Commission choisira, parmi les personnes et les organismes qui auront fait parvenir un mémoire, ceux qu elle entendra Les mémoires doivent être transmis en 25 exemplaires de format lettre Ils doivent être accompagnés d'autant d’exemplaires d'un résumé de leur contenu Les personnes et les organismes qui désirent que leur mémoire soit transmis à la Tribune de la presse doivent en faire parvenir 20 exemplaires supplémentaires Vous êtes également invités à transmettre par courriel le fichier de votre mémoire Toutefois, cela ne vous dispense pas de produire une version papier de celui-ci.Les mémoires, la correspondance et les demandes de renseignements doivent être adressés à Mme Lise St-Hilaire, secrétaire de la Commission de l'économie et du travail.Édifice Pamphile-Le May, 1035, rue des Parlementaires, 3' étage, Québec (Québec), G1A 1A3.Téléphone : (418) 643-2722 Télécopieur : (418) 643-0248 Courriel : cet@assnat.qc.ca 3 9 13 BLEU NUIT ans parmi vous °/o pour vous sur tous les articles en magasin les 25, 26 et 27 novembre 04 •Remise non cumulative 3*13 IUE ST DENIS MONTttAl TÉL.84 3.5 7 0 2 A 6 LE DEVOIR.LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2004 EDITORIAL Slogans creux ! Après Longueuil, Laval et Québec, c’est au tour de la STM d’annoncer des hausses de tarifs pour l’an prochain.Or, non seulement cette hausse ne suffira pas à effacer le déficit prévu en 2005, mais elle risque d'accélérer la baisse de fréquentation des transports en commun à Montréal.À quand des solutions viables au financement du transport collectif?L Jean-Robert Sansfaçon e prix de la carte mensuelle de transport (la CAM) sur Tile de Montréal a grimpé de 48,50 $ à 61 $ (+26 %) depuis l’arrivée de Gérald Tremblay à la mairie.Pire, le tarif réduit pour les enfants, les étudiants et les personnes âgées a connu une hausse de 45 % en passant de 22,50 $ à 32,50 $.Si le maire Tremblay a eu une bonne idée en étendant le tarif réduit aux étudiants âgés de 18 à 25 ans, on pourra lui faire remarquer que, selon les prévisions de la STM, le coût de cette carte, qui est le même que pour les enfants, continuera d’augmenter plus vite que celui de la CAM et devrait atteindre au moins 42 $ par mois d’ici cinq ans.D s’agit d’une clientèle captive qui risque moins de délaisser le transport collectif au profit de l’auto, mais voilà aussi pourquoi la tactique est si vicieuse.La STM fait face à des dépenses croissantes dues à la hausse des salaires et du prix du carburant et au remplacement de sa flotte de véhicules, pour lequel les mvestissement requis dépasseront trois milliards d’ici dix ans.À elle seule, la STM ne pourra pas venir à bout de ses problèmes financiers, cela est certain.D’ailleurs, même Ottawa reconnaît le problème, mais, pour l’heure, les usagers assument une part croissante des coûts, qui atteint maintenant 45 % des dépenses d’exploitation de la STM, alors que la Ville de Montréal en assume 35 %, le gouvernement du Québec, 10 %, et Ottawa.rien pour le moment.Pour les prochaines années, la STM ne voit pas comment elle pourra éviter de hausser ses tarifs.Malheureusement, cela aura pour effet d’amplifier la perte de cinq millions de passages constatée en 2004.La direction croit plutôt que des améliorations apportées au service, dont l’introduction de nouvelles lignes d’autobus prioritaires, devraient entraîner une hausse de fréquentation de 1 % par année.Mais, même si c’était le cas, cela ne permettrait que de rattraper une partie du terrain perdu en 2004.Si le Québec est la province du développement durable dont rêve son premier ministre, le temps est venu d’agir.Québec ne doit pas attendre 2006, comme il semble l’avoir décidé, pour accorder aux villes les moyens de faire face à leurs obligations.De plus, il doit leur transférer tout l’argent qu’il recevra bientôt d’Ottawa à ce chapitre.De son côté, la Ville de Montréal doit aussi cesser de crier au loup en scandant des slogans creux.Si son administration croit aux transports en commun comme elle le prétend, elle doit le prouver.A titre d’exemple, n’est-il pas ridicule d’assister chaque matin au spectacle de milliers d’automobilistes qui traversent les ponts avant d’abandonner leur voiture dans une rue résidentielle pour se rendre au travail ou à l’université à pied ou en métro?Montréal pourrait installer des horodateurs dans toutes les rues, commerciales et résidentielles, et faire payer les automobilistes qui stationnent sur la voie publique entre 6h et 23h.Les résidants munis d’une vignette valable pour leur seul quadrilatère paierait une contribution annuelle minimale, comme le font déjà ceux des quartiers plus fréquentés.De même pour les marchands des centres commerciaux qui encouragent l’usage de la voiture en offrant un stationnement gratuit sans pénalité: eux aussi doivent contribuer.Pour le moment, il n’y a rien dans les plans de Montréal ni de Québec qui laisse entrevoir quelque mouvement significatif en faveur des transports en commun.Au contraire, on annoncera bientôt la construction d’un nouveau pont dans le prolongement de l’autoroute 25, c’est tout dire.Quel développement durable?j- rsansfacon@ledevoir.ca L’entente cordiale C" onsacré au dossier irakien, le sommet de Charm el- Cheikh s’est déroulé sans qu’un bémol ait été entendu.Les représentants des pays voisins de l’Irak, du G8, de l’Union européenne, de l’ONU ainsi que de l’Organisation de la Conférence islamique ont tous —.assuré les autorités irakiennes présentes que rien ne serait fait pour contrecarrer la tenue des élections prévues désormais le 30 janvier.Pour reprendre les qualificatifs employés, ce sommet s’est distingué par la solidarité à l’égard de l’Irak et par le consensus.C’est à noter: aucune critique à l’endroit des Etats-Unis n’a été formulée.Sur le plan de la sécurité, la Syrie a donné les gages attendus.Ce pays promet de surveiller la frontière qu’il partage avec l’Irak avec plus d’assiduité qu’il ne l’avait fait jusqu’à présent Du côté du gouvernement intérimaire irakien, cette assurance doit être d’autant plus réjouissante qu’on a la certitude que le gros du bataillon des insurgés est commandé par d’anciens officiers de l’armée de Saddam Hussein réfugiés en Syrie.Dans le cas de l’Iran, soupçonné d’avoir instrumentalisé la contestation des chiites irakiens le printemps dernier, on entend imiter la Syrie mais déterminer les aspects techniques inhérents à un meilleur contrôle de la frontière à la fin du mois.Dans le cas de l’Iran ainsi que dans celui d’autres nations comme l’Arabie Saoudite, la gestion de ce dossier a ceci de difficile que la géographie des environs se conjugue avec désertique.En marge de ce sommet, le Club de Paris a décidé de radier 80 % de la dette contractée par l’Irak lorsque ce pays était dirigé par Hussein.La première franche de cette radiation sera en vigueur avant la Noël.La deuxième?Après les élections du 30 janvier.Les principaux créanciers, soit le Japon suivi de la Russie, de la France, de l'Allemagne et des Etats-Unis, attendent de savoir avec qui ils vont négocier.On se rappellera que les États-Unis voulaient que l’effacement de cette dette soit immédiat Cela étant dit la cinquantaine de formations politiques défendant essentiellement les intérêts des sunnites ont officiellement lancé un appel au boycottage des élections.La grande majorité de ces partis sont proches des Frères musulmans.En clair, ils militent encore et toujours pour le maintien des clivages religieux.D’autant plus aujourd’hui que deux leaders sunnites ont été assassinés.On ne soulignera jamais assez que cette communauté entrevoit avec effroi la domination chiite de l’Irak.C’est d’ailleurs en partie pour cette raison que, aux États-Unis, de plus en plus de voix s’élèvent pour qu’on envoie des milliers d’autres Marines sur place afin d’assurer le déroulement pacifique des élections.On craint de plus en plus que la violence observée à Fallouja et dans d’autres villes à majorité sunnite n’interdise la tenue de ces élections.Selon le sénateur John McCain, il faudrait au moins 40 000 soldats supplémentaires pour garantir l’exercice serein du vote.C’est dire.Serge Truffaut LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE SônUoMMÊ CARNAVAL Vëut SHN£>i3UÊR MASCûTTfS 'A , , WtoCHWffiwfJ ftuvAôeu ^scoTr^l CL C'âAuP.MAmd.UNlft?Z- / CrtAuD.Vous 1 / C«A**0.faW(LÏÏ£/ Ufj _ £\lP' ctstm*, ÆU«>i?ûn VA AuCuNB CoN$tDiRATi*H Pp«R Neîftf TRAVAIL/ D'4NiM4T('p/v AV AuPfùç t>es I l >J iîs»ie df AI V/ OAWte Une carrière politique en vue?Nous apprenions récemment que la commission jeunesse du Parti libéral du Canada reculait sous les pressions du ministre de l’Éducation et acceptait d’adoucir ses demandes au congrès du Parti libéral du Québec de la fin de semaine dernière.Tout le mouvement étudiant blâme aujourd’hui cette commission jeunesse, et pour cause: se targuant depuis longtemps d’êfre la voix des jeunes au sein du Parti libéral, cette commission s’est tue lorsqu’elle aurait dû soutenir les revendications étudiantes.Il faut toutefois nuancer.Derrière ce recul pour les étudiants et les jeunes, on doit voir un signe de ce que les grands partis politiques proposent comme place pour les jeunes dans leurs instances.«On ne fait pas de politique pour les regroupements étudiants», a dit le président de la commission jeunesse.Peut-être ne fait-il pas de politique pour les étudiants tout court Peut-être que lui et sa commission ne font de la politique que pour eux-mêmes, après tout.On plie devant l’establishment du parti pour mieux faire avancer sa carrière.Ainsi, il est possible de penser que ce ne sera pas seulement un recul de la commission jeunesse que nous avons vu dimanche mais, plus largement, un recul de l’influence des jeunes dans les grands partis.Ces premiers déserteront ces derniers, probablement avec raison, et militeront pour des causes qui leur tiennent à cœur dans les organisations non gouvernementales comme dans les petits par- LETTRES -*¦- tis où leurs voix sont plus entendues.C’est bien dommage, mais les causes étudiantes sont devenues indéfendables dans les grands partis.Et peut-être cela est-il dû à l’institutionnalisation des commissions pour la jeunesse, où les carrières de certains importent plus que les revendications de plusieurs.René Lemieux Étudiant québécois à l’Université d’Ottawa Ottawa, le 21 novembre 2004 Qu’a-t-on fait de la loi de l’offre et de la demande?Dans mes cours d’économie à l’université, j’ai appris que la rareté d’un produit ou d’une substance fixe son prix sur le marché.Les crises du bois d’œuvre et de la vache folle montrent cependant que ce principe n’est plus applicable dans des marchés contrôlés par de puissants monopoles appuyés par des politiciens corrompus.Le prix du bœuf et du bois de construction n’a jamais diminué au Canada, même après l’élimination du principal marché de ces produits, causant ainsi un surplus qui aurait normalement dû se refléter dans les prix à la consommation de ces produits sur un marché où la rareté, par conséquent, n’existe plus.Sommes-nous toujours dans une véritable économie de libre marché ou dans un État où on a réussi à évacuer, aux profits des grosses entreprises, les principes de base de l’économie de marché?Serge Landry Le 19 novembre 2004 Une dette décentratisée Les provinces ont réclamé depuis des décennies qu'Ottawa cesse de s'ingérer dans leurs compétences.Elles ont critiqué sur tous les tons la propension centralisatrice du fédéralisme tel qu’il est pratiqué par le Parti libéral du Canada.Elles ont sans cesse réclamé plus de prérogatives.Les voilà enfin exaucées.Paul Martin leur cède plus que jamais une responsabilité dont la juridiction est clairement du ressort du gouvernement central: le remboursement de la dette fédérale! Christian Gagnon Montréal, le 18 novembre 2004 Au sujet du suicide assisté Télé-Québec (le 18 novembre) et le magazine L’Actualité (dans son édition du 1er décembre) ont diffusé de grands reportages sur le suicide assisté.L’histoire de Manon Brunel-le, ex-assistante réalisatrice à Télé-Québec, qui a mis fin à ses jours sous l’œil de la caméra, a grandement bouleversé les téléspectateurs et les lecteurs.Manon Brunelle a épuisé ses réserves de foi.En réalité, de quelle foi s'agit-il?De la foi en elle-même, en Dieu ou en l’espérance?Je n’ai pas réussi à répondre à cette question.Son départ médiatisé n’a fait que provoquer en moi une sensation de grand vide.La seule réponse qui est parvenue à mon oreille a été un profond silence.Benoit Voyer Montréal, le 20 novembre 2004 LIBRE I N I 0 N Est-ce un crime d’être arabe et musulman après le 11 septembre 2001 ?MARIE-ÈVE LAMY Coalition Justice pour Adil Charkaoui Adil Charkaoui, père de deux enfants et étudiant en littérature française, est détenu depuis près de 18 mois dans une prison de Montréal.Il n’a jamais été reconnu coupable, ni même accusé d’aucun crime.En vertu d’un «certificat de sécurité», le gouvernement a le pouvoir d’emprisonner des réfugiés et des résidants permanents sans accusation, sur la base de preuves secrètes.Privé de sa liberté ainsi que de son droit à la présomption d’innocence et à un procès juste et équitable, M.Charkaoui, tout comme quatre autres hommes musulmans détenus en vertu d’un certificat de sécurité, fait face à l’expulsion même s’il existe de sérieux risques de torture.Dans sa toute première lettre au public, écrite depuis la prison, ,M- Charkaoui s’inspire de la célèbre lettre d’Émile Zola, J’accuse, écrite en 1898 en rapport avec l’affaire Dreyfus.Dans une France où régnait un climat profondément antisémite, Dreyfus, d’origine juive, avait servi de bouc émissaire pour satisfaire certains intérêts politiques.Dreyfus avait subi un procès devant une cour martiale secrète.Faisant le parallèle avec son propre cas, M.Charkaoui s’inspire de deux incidents récents: ses codétenus qui lui ont demandé s'il était relié à Zar-qaoui, de la résistance irakienne à Fallouja, et une remarque du juge lors d’une récente audience, comme quoi un simple plaidoyer d’innocence de la part de Charkaoui serait suffisant pour le voir enfin libéré.Void cette lettre.J’accuse 'out de go, une précision: mon nom est Charkaoui et non pas Zarqaoui.Les sons ch et z sont certes des constrictives palatales; cependant, la première est sourde tandis que la seconde est sonore.Cette mise en garde s’adresse à toutes les personnes souffrant de paranoïa, pour ne pas dire d’incompétence tout court, et ce, id comme à l’étranger.Lui, selon des rumeurs, dirige la résistance irakienne à Fallouja et est le cerveau d’une pléthore d’attentats à travers le monde.Moi, je n’ai jusqu’à maintenant dirigé qu’une pizzé-ria «2 pour 1», et les seuls attentats dans lesquels j’ai trempé par le passé sont des «attentats» à la pudeur de quelques midinettes à la morale rigoriste! Lui, selon l’imagination débridée des médias de Y embedment, est l’instigateur de boums à répétition.Moi, le seul boum auquel je veux contribuer, c’est le boum démographique! (Ma femme et moi souhaitons ardemment au moins doubler le nombre d’enfants que nous avons déjà) Lui, toujours selon l’oncle Sam, passe ses journées à mélanger poudre et dynamite.Moi, je fais plus dans le mélange des genres, littéraires bien entendu! Recherche justice désespérément À la proposition de l’honorable juge S.Noël (plaidoyer de non-culpabilité en échange de la liberté inconditionnelle), je réponds par ce qui suit: depuis 17 mois, je crie sur toutes les tribunes à qui veut l’entendre que je suis innocent de toutes les accusations du SCRS, que je n’ai jamais été et que je ne suis pas membre d’al-Qaïda et que je rejette toute fqrme de terrorisme — y compris celui des Etats.Et pour la énième fois, je défie le SCRS de fournir des preuves corroborant ses allégations dans le cadre d’un procès juste et équitable selon les règles du droit international.Je ne demande ni la liberté ni la protection mais à être jugé selon les mêmes règles de droit qui s’appliquent aux pires des pédophiles ou tueurs en série.Je réclame: ¦ la présomption d’innocence; ¦ le droit constitutionnel de voir lesdites preuves secrètes à mon encontre; ¦ le droit constitutionnel de confre-interro-ger les prétendus délateurs; ¦ le droit d’appel.Je dénonce: ¦ les procès secrets; ¦ le profilage racial; ¦ Yex-parte et le huis clos; ¦ la tentation de l'arbitraire; ¦ l'instrumentalisation de la peur, ¦ l’imbrication du politique et du juridique.Enfin, j’accuse le SCRS de abler les communautés arabe et musulmane (harcèlement, intimidation.) après le 11 septembre 2001, de sous-traiter la torture dans des pays tels la Syrie ou la Jordanie (comme la «torture par procuration» dans l’affaire Maher Arar).J’accuse les ex-ministres Denis Coderre et Wayne Easter d’avoir signé contre moi un certificat de sécurité me privant de tous mes droits civils sans que les allégations du SCRS soient prouvées par un tribunal indépendant J’accuse le ministère des Affaires étrangères d’avoir obtenu en faveur du SCRS des garanties diplomatiques afin de faciliter ma déportation vers ce que le ministère de la Citoyenneté et de l’Immigration Canada, Amnistie internationale et Human Rights Watch ont qualifié de risque majeur à la vie, torture et traitement cruel et inhumain J’accuse l’agence des services frontaliers, qui relève du nouveau ministère de la Sécurité publique, de cautionner la déportation vers des pays pratiquant la torture et appliquant la peine de mort Adil Charkaoui w LE DEVOIR.LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2 0 0 4 IDÉES La STM fonde beaucoup d’espoir sur la stabilisation du cadre financier pour les sociétés de transport Suicide assisté Les transports en commun au cœur de la stratégie de développement durable ?CLAUDE DAUPHIN Président du conseil d’administration de la Société de transport de Montréal ous profitons de l'occasion du dépôt de notre budget 2005 pour indiquer au gouvernement du Québec à quel point la Société de transport de Montréal (STM) accueille favorablement la volonté du gouvernement exprimée par le premier ministre pour la mise en œuvre d’une nouvelle stratégie de développement durable.Dans une région urbaine comme Montréal, les transports en commun contribuent directement à un essor économique sain et durable.Leur rôle sur les plans social, culturel et environnemental est primordial, sans compter qu’ils constituent une solution concrète aux problèmes d’engorgement du réseau routier et de pollution et qu’ils contribuent à la réalisation des objectifs du protocole de Kyoto.Les habitants de la grande région de Montréal font plus de déplacements par habitant que les citoyens d’autres villes comme Toronto, Boston, Chicago et New York.H reste cependant que l’implacable réalité à laqueDe le financement des transports en commun est confronté à Montréal demeure précaire.Le budget 2005 de la STM démontre le besoin criant d’un financement adéquat des transports en commun pour être en mesure de maintenir des services de qualité et fiables qui satisferont la clientèle et attireront davantage d’usagers.Malgré tous nos efforts, nous prévoyons que, si d’autres sources de financement ne peuvent pas être dégagées, nous terminerons cet exercice budgétaire avec un écart de 19,2 millions de dollars, à moins que notre appel ne soit enfin entendu.« 55-018 ^ ARCHIVES LE DEVOIR Selon une étude de PricewaterhouseCoopers Corporate Finance, la STM exploite son réseau avec des revenus de 30 % inférieurs à ceux des autres sociétés de transport nord-américaines.iCÇCLASS.IC Saine gestion Tous doivent savoir qu’en dépit de ses problèmes de financement, la STM constitue une entreprise performante et compétitive.Une saine gestion nous a permis de baisser le coût par déplacement entre 1996 et 2005 de 1,65 $ à 1,55 $ en dollars constants, ce qui en fait l’un des plus bas au Canada.De plus, selon une étude de PricewaterhouseCoopers Corporate Finance, la STM exploite son réseau avec des revenus de 30 % inférieurs à ceux des autres sociétés de transport nord-américaines.Nos cotes de crédit sont excellentes et témoignent de la same gestion de la STM: Dominion Bond Rating Service nous accorde A (high), et Standard and Poor’s, A +, ce qui est supérieur aux cotes d’Hydro-Québec.Selon nos indicateurs, nous livrons 99,6 % du service planifié en surface; la ponctualité de nos autobus atteint maintenant 83 %.Enfin, le groupe international Nova Benchmarking évalue nos coûts d’exploitation du métro parmi les plus bas tandis que notre productivité est classée parmi les meilleures au monde.La STM a pris toutes les mesures nécessaires pour contenir la hausse des coûts d’exploitation à 2,4 % par rapport à 2004, pour un budget de 831,1 millions.L’augmentation de la rémunération de 2,2 % (12 millions) et des coûts de l’énergie de 16,2 % (huit millions) ont contribué à hausser les dépenses de la STM.Une contribution supplémentaire de cinq millions de la Ville de Montréal (total de 268 millions) et une hausse inévitable de certains tarifs (dix millions) constituent des hausses de revenus qui ne permettent pas de combler totalement l’écart budgétaire qui s’annonce.Le rapport des mandataires de 2003 avait suscité de l’espoir pour régler les problèmes récurrents du financement des transports en commun.Malheureusement, aucune suite n’a été donnée.Les initiatives mises en avant par la STM pour accroître ses revenus autonomes ne suffisent pas.La STM a besoin de sources de revenus dédiées, adéquates et prévisibles pour assurer la pérennité des transports en commun à Montréal.Des actions doivent maintenant être entreprises pour trouver des solutions à long terme.Pour le budget d’exploitation 2005, les clients contribuent au financement à hauteur de 46,3 %.Leur contribution représente un effort qui a crû de plus de 20 % depuis 2001.L’autre partenaire majeur de la STM est la Ville de Montréal (32,2 % du financement en 2005).Entre 2001 et 2005, la contribution aux transports en commun de la Ville de Montréal a augmenté de 13,3 %, passant de 236,6 millions à 268 millions.Les taxes Le gouvernement fédéral propose de remettre aux municipalités, par le truchement du gouvernement du Québec, une partie de la taxe d’accise sur les carburants qui leur revient Tout comme le gouvernement du Québec, nous jugeons impératif qu’une part significative des sommes remises aux municipalités soit dévolue au financement des infrastructures de transports en commun.Les besoins de la STM au cours des dix prochaines années sont considérables: 3,5 milliards de dollars d’investissements nécessaires.A lui seul, le métro, mis en service il y a 38 ans déjà, doit subir une cure de rajeunissement remplacement ou réaménagement des voitures, rénovation des stations, remplacement des équipements fixes, etc.Le renouvellement des infrastructures de la STM est incontournable.En ce qui concerne le gouvernement du Québec, la STM fonde beaucoup d’espoir sur la stabilisation du cadre financier pour les sociétés de transport qu’entend proposer sous peu le ministère des Transports.Plusieurs autres avenues de financement budgétaire ou fiscales sont possibles et doivent faire l’objet d’un examen sérieux de la part de Québec.Par exemple, Québec accepterait-il qu’une taxe sur les espaces de stationnement puisse être envisagée?Ne pourrait-on pas permettre une indexation de la taxe dédiée sur l’essence de 1 C pour augmenter la part des automobilistes?Le ministère des Finances ne pourrait-il pas envisager un remboursement de la TVQ, à l’exemple du rembourse^ ment de la TPS dont a pu bénéficier la STM de la part du fédéral en 2004?Finalement, il ne fait aucun doute pour la STM que le gouvernement se doit d’étudier des formules de régionalisation du mode de financement des transports en commun.Nous sommes convaincus que le gouvernement du Québec souhaite contribuer adéquatement à la pérennité des transports en commun dans la région de Montréal.Plusieurs ministères et organismes sont interpellés.Il serait nécessaire qu’un forum de coordination et de collaboration soit créé afin de permettre l’examen des solutions possibles dans une optique plus large du rôle du gouvernement et pour la reconnaissance des transports en commun comme un élément fondamental d’une stratégie de développement durable.La STM s’est dotée d’un plan d’affaires 2004-08 qui rise non seulement à maintenir les transports en commun mais à les développer.Plus encore, une grande partie des solutions de ce plan d’affaires nous permettant de nous doter d’un nouveau cadre financier passe obligatoirement par une plus grande collaboration entre la STM et le gouvernement du Québec.Les initiatives mises en avant par la STM pour accroître ses revenus autonomes ne suffisent pas Un financement qui se fait attendre Détournement de fonds Québec s'apprête à négocier avec Ottawa un programme d'aide aux infrastructures qui risque de faire la part congrue aux transports en commun ROBERT PERREAULT Directeur du Conseil régional de l’environnement, au nom de la Coalition pour les transports en commun r==! es usagers des transports publics à Mont- Lréal ne sont pas au bout de leurs peines.Tout juste remis d’une augmentation des tarifs des titres de transport de plus de 18 % en moins de 13 mois, augmentation exor-ü=—J bitante et totalement injustifiée qui s’est d’ailleurs traduite par une perte d’achalandage pour la Société de transport de Montréal (STM) de presque 1 % de sa clientèle totale, voici que Québec s’apprête à leur enlever le maigre espoir d’un répit bien mérité, répit que leur avait pourtant fait miroiter et promis le gouvernement fédéral avec son projet de transfert aux grandes municipalités canadiennes d’une partie de la taxe sur l’essence perçue par celui-d.Les usagers des transports publics de Montréal seront à nouveau secoués en apprenant que le gouvernement du Québec s’apprête à leur administrer ce qu’il faut bien qualifier de véritable coup de Jarnac et à travestir le sens du transfert fédéral.En pleine campagne électorale, Ottawa avait promis son aide aux villes canadiennes, plus particuliérement aux plus grandes d’entre elles, celles aux prises avec l’augmentation notamment des coûts de service des transports en commun.En transférant à ces villes une partie de la taxe perçue sur l’essence, le gouvernement fédéral venait les aider à atteindre l’équilibre budgétaire et posait les premiers jalons de sa lutte contre les gaz à effet de serre et pour l’atteinte des objectifs et des engagements pris à Kyoto.Constitution obligeant, cet appui du fédéral aux grandes municipalités canadiennes doit évidemment passer par une entente avec les provinces dans le cadre d’un programme d’aide conjoint au financement des infrastructures municipales.Or Québec serait sur le point de laisser tomber une fois de plus les 500 000 usagers des transports en commun de Montréal.Non seulement Québec n’a toujours pas formulé ne serait-ce même que l’ombre d’un projet d’aide financière aux sociétés de transport, comme il l’avait pourtant promis, promesse sans cesse reportée, et non seulement il n’a rien mis en avant pour atteindre ses propres engagements envers les accords de Kyoto, il s’apprête au contraire à pousser l’injure à son comble en négociant avec le fédéral un programme d’aide aux infrastructures municipales qui risque de faire la part congrue aux besoins des transports en commun.D s’agit ni plus ni moins d’un détournement de sens et de fonds.Pendant que notre gouvernement tergiverse, le bilan québécois des gaz à effet de serre (GES) s’alourdit En 2002, le Québec a brûlé plus de mazout et les automobilistes ont consommé plus d’essence, ce qui a fait bondir les émissions québécoises de GES de 5 % par rapport à 2001, un spectaculaire renversement des tendances observées les années précédentes, selon une étude fédérale publiée récemment Dans ce contexte, il est triste de constater que c’est un ministre des Transports fédéral, Jean Lapierre, qui s’est porté seul publiquement à la défense des transports en commun pendant que son vis-à-vis québécois, responsable de ce dossier au sein d’un gouvernement dont c’est la compétence, est une fois de plus demeuré muet Les transports en commun à Montréal, faut-il le redire et le rappeler, sont sous-financés.C’est particulièrement vrai depuis le retrait unilatéral de Québec de son appui en 1992, et ce, à hauteur de plus de 160 millions par année pour la seule STCUM de l’époque.Mais il y a plus.L’administration Bourque, en catimini, sans que personne sonne l’alarme, a elle aussi privé les transports publics d’une somme supplémentaire de près de 70 millions au cours de son mandat à l’hôtel de ville.Pas étonnant dans ce contexte qu’on ait assisté à des diminutions sans précédent des heures de service et à un recul significatif de la part modale des transports publics par rapport à l’automobile privée.Les services rendus par les transports en commun sont évidents, et leur rôle pour assurer la mobilité des Montréalais et la vitalité du centre-ville est tout aussi évident Les besoins sont criants, réels et urgents.Québec ne peut plus se défiler.D le peut d’autant moins qu’il s’agit de soqrces financières nouvelles en provenance d’Ottawa.A moins qu’il n’ait comme certains le hii prêtent des intentions cachées, comme celle d’étouffer les transports publics pour mieux justifier ses projets de privatisation et de PFR jamais une occasion semblable ne se représentera pour Québec de remplir ses engagements aussi facilement Québec serait sur le point de laisser tomber une fois de plus les 500 000 usagers de la S™ Dignitas n’est pas un modèle à suivre STÉPHANIE CARTIER Avocate et membre du Barreau de New York lettre adresser au journaliste Benoit Dutritac à la suite de la diffusion du documentaire Manon, jeudi soir dernier à l’antenne de Télé-Québec her M.Dutrizac, Je suis entièrement ouverte au débat ¦ sur l’euthanasie et sur le suicide assisté.I .Je ne remets pas en question, d’aucune / manière, ni l’immense courage ni le res-pect dû à la vie et à la mort de Manon Brunelle, bien au contraire.Dans la lettre qui suit je m’interroge uniquement sur l’organisation Dignitas.Votre documentaire Manon, diffusé le jeudi le 18 novembre dernier, semble soutenir Dignitas sans réserve.Vous voilà maintenant confronté au dilemme moral et éthique suivant: Dignitas est-il un modèle que vous proposez à la société québécoise?J’ai côtoyé Dignitas pendant un an et demi en huit que voisine de quartier à Zurich.J’ai suivi assidûment les activités de Dignitas depuis 2002.J’espérais que vous réussiriez la tâche délicate de lancer un débat sur le suicide assisté sans toutefois faire la promotion, en quelque sorte, de Dignitas.Malheureusement, ce n’est pas ce que vous avez fait.Vous vous êtes même attribué son slogan, «Mourir dignement» avec Dignitas.Avez-vous fait enquête sur Dignitas?Dignitas est une organisation non gouvernementale dont les manières et les objectifs sont controversés, et ce, même en Suisse.Vous semblez lui accorder la «dignité» d’emblée, sans avoir examiné l’ensemble des faits et gestes de Dignitas.Le magazine L’Actualité rapporte que laidwig ML nelli, le fondateur de Dignitas, ne répond plus à la presse, y compris la presse canadienne.Cela ne vous trouble-t-il pas?Cette organisation détient l’immense pouvoir de rie et de mort sur les citoyens du monde puisque 80 % de sa clientèle est formée d’étrangers, y compris de Canadiens.Ne serait-ce pas la moindre des choses que la presse canadienne puisse l’interroger?C’est bien là le cœur du problème: Dignitas est une organisation non gouvernementale qui n’a de comptes à rendre à personne.Pourtant, des comptes doivent être exigés.M.Minelli clame haut et fort qu’il n’hésite pas à offrir la mort aux personnes souffrant uniquement de dépression.Il affirme souvent qu’il veut offrir son cocktail létal au plus grand nombre possible de persônnes qui le souhaitent 11 ne discrimine pas les formes de souffrances physiques ou mentales, il n’est même pas nécessaire de souffrir d’une maladie incurable ni d’être à une phase avancée de cette maladie pour avoir recours à Dignitas.Par contre, la personne doit être lucide et sérieuse.Une personne dépressive peut-elle être lucide et sérieuse?Comment peut-on évaluer depuis Zurich, en Suisse, si un Canadien, un Allemand ou un Britannique est véritablement lucide et sérieux?Qui fait partie du comité de sélection de Dignitas?Un ou plusieurs médecins?Les membres sont-ils indépendants ou acquis à l’objectif de Dignitas?La presse rapporte abondamment que les clients de Dignitas arrivent à Zurich généralement un jour seulement avant leur décès et ne sont examinés que par un seul médecin, qui est volontaire et par conséquent favorable aux objectifs de Dignitas.La police zurichoise éprouve d’énormes difficultés à recueillir toute la preuve pertinente entourant les suicides assistés d’étrangers.Les éléments de preuve sur la santé, sur la lucidité de la personne et sur le sérieux de sa décision se trouvent principalement à l’étranger, sauf, bien entendu, le dossier constitué par l’organisation Dignitas elle-même et ses bénévoles.La presse relate que Dignitas a autorisé le suicide assisté d’un frère et d’une sœur âgés de 29 et de 31 ans, tout deux atteints de schizophrénie.Leur père étant décédé et leur mère étant gardée en institution, M.Minelli a estimé qu’il était humanitaire d’aider ces deux jeunes personnes à mourir puisque, explique-t-il, leurs parents n’auraient pas dû avoir d’enfants en premier lieu.La presse rapporte également que Dignitas a autorisé le suicide assisté des Stokes, un couple venu à Zurich depuis la Grande-Bretagne sans que leurs proches le sachent alors que ni l’un ni l’autre ne souffrait de maladies dégénératives entraînant la mort à court terme.Votre documentaire me trouble profondément parce qu’il semble soutenir Dignitas sans réserve.Je comprends que vous souhaitiez lancer un débat sur le suicide assisté au Québec et je suis d’accord pour dire qu’il est important de lancer ce débat Toutefois, Dignitas est-il un modèle que vous suggérez aux Québécois?Je vous soumets pour ma part que Dignitas n’est pas un modèle à suivre.Dignitas est une organisation dont les manières et les objectifs sont controversés Écrivez-nous ! Le Devoir se fait un plaisir de publier dans cette page Ips commentaires et les analyses de ses lecteurs.Etant donné l’abondance de courrier, nous vous demandons de limiter votre contribution à 8000 caractères (y compris les espaces), ou 1100 mots.Inutile de nous téléphoner pour assurer le suivi de votre envoi: si le texte est retenu, nous communiquerons avec son auteur.Nous vous encourageons à utiliser le courriel (redaction&ledevoir.com) ou un autre support électronique, mais dans tous les cas, n’oubliez pas d’indiquer vos coordonnées complètes, y compris votre numéro de téléphone.l’équipe du devoir LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine Gérald Dallaire {adjoint au directeur d* l'information).Jeanne Corriveau (affaires municipales).Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau féditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoît Munger (responsable du site Internet), Jean-Pierre Legauh (pupitre édite, idées, perspectives et sports), Isabelle Paré (santé): Pauline Gravel (sciences) ; Michel Carneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques): Martin Duclos.Michèle Malenfant et Christine Du maze t (relecteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle : Michel Bélair (responsable), Julie Carpentier.Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médiat), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma), Bernard Lamarche (arts visuels), à l'information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny, Éric Desrosiers.Alec Castonguay.Claude Turcotte; à l’information internationale : Claude Lévesque, Guy Taiflefer, Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique Hélene Buzetti et Manon Cornellier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire d la rédaction) ; Marilyse Hamelin, Alexandre Shields (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur): Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING.Jacqueline Avril, Jean de Billy, Marlene Cété, Slavica Bogdanov, Christiane Legauh, Amélie Maltais.Jacques A Nadeau, Claire Paquet Micheline Ruelland.Nadia Sebaï.Mélisande Simard (publicitaires), Laurence Thériault (directrice adjointe).Manon Blanchette.Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Nathalie Zemaitis.Michel Bernatchez, Philippe Borne, Johanne Brunet Danielle Can tara, Richard Des Cormiers, Donald Filion.Olivier Zukla.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service à la clientèle, distribution et tirage), Gisèle Lenard, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation).Geneviève Duguay, MoniqueUHeureux.Lise Lachapelle.Rachelle Lederc L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur), Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative/.Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross. LE DEVOIR.LE MERCREDI 24 NOVEMBRE 2004 A 8 ?LES ACTUALITES- PROMESSES SUITE DE LA PAGE 1 L’une des principales difficultés auxquelles ont jusqu’à présent été confrontés les chercheurs à ce sujet tient à •l’extrême pauvreté de données statistiques de qualité», a expliqué James Galbraith, professeur à l’université du Texas et fils de l’illustre économiste John Kenneth Galbraith, et ce, même dans des institutions internationales aussi reconnues que l’OCDE ou la Banque mondiale.Lui et son équipe du University of Texas Inequality Project cherchent a remédier à la situation.Jusqu’à présent on s’entendait généralement pour reconnaître que les inégalités entre pays riches et pays pauvres avaient crû depuis le début des années 80, à l’exception importante de la fulgurante croissance économique de la Chine et de l’Inde.En ce qui concerne l’accroissement ou la baisse des inégalités au sein de chaque pays, les données étaient perçues comme trop contradictoires pour permettre de déterminer une tendance générale.Fort de nouveaux indicateurs plus fiables et plus détaillés qu’il a mis au point, James Galbraith se dit aujourd’hui en mesure de prouver que les inégalités économiques ont, en fait, augmenté presque partout depuis 25 ans, entre pays riches et pays pauvres mais aussi entre riches et pauvres dans chacun de ces pays.Dans le cas du Chili, par exemple, le phénomène remonterait grosso modo au coup d’Etat d’Augusto Pinochet en 1973.En Chine, le phénomène se serait accéléré après le massacre de la place Tiananmen.Au Mexique, il semble lié à l’accession du pays à l’ALENA, alors qu’en Europe de l’Est, la chute du mur de Berlin aurait été le déclencheur.Certains, comme le Canada ou les pays Scandinaves, auraient été moins affectés.Mais de façon globale, les inégalités de revenu entre les ménages auraient augmenté presque partout depuis le début des années 80, après avoir marqué une pause de 1963 à 1971 et avoir même brièvement reculé de 1973 à 1980.Il y a bien sûr plusieurs raisons à cela La mondialisation ou le néolibéralisme ne peuvent être tenus responsables de tous les maux de la terre.La principale cause, selon James Galbraith, demeure néanmoins l’abandon du système de Bretton Wood, la perte de contrôle sur les marchés financiers internationaux qui s’en est suivie et tous les dommages que cela a çausés à la stabilité financière et à la souveraineté des Etats.Le secrétaire général adjoint au département des Affaires économiques et sociales des Nations unies, José Antonio Ocampo, constate à son tour que la libéralisation des marchés financiers et l’imposition de politiques d’ajustement structurel par les grandes institutions financières internationales ont rendu la vie presque impossible aux pays du Sud.«Ils n'ont pratiquement plus aucun moyen de réduire l’impact des ralentissements cycliques de l’économie», observe-t-il.Mais d’autres facteurs sont aussi en jeu, poursuit l’économiste.L’expertise et les ressources technologiques requises par la nouvelle économie se concentrent, par exemple, de plus en plus dans quelques grands centres urbains alors que le reste du pays végète.Le fait que plusieurs innovations technologiques soient aujourd’hui mises au point par les chercheurs des multinationales occidentales ou encore que l’on protège de mieux en mieux les droits des détenteurs de brevets contribue également à l’aggravation des inégalités entre le Sud et le Nord.Et puis il y a la liberté de circulation de la main-d’œuvre, qui est grande pour les investisseurs et les travailleurs qualifiés mais pratiquement nulle lorsque l’on parle de travailleurs pauvres, ce qui mène à une saignée permanente des forces vives du Sud vers le Nord.Pourquoi, alors, avoir opté pour la doctrine néolibérale il y a 25 ans?•Théoriquement, ce n’était pas bête», rappelle Albert Berry.La littérature économique avait expliqué depuis longtemps comment la libéralisation des échanges permettrait à chacun de profiter de ses avantages économiques comparatifs et de faire des secteurs d’exportation des moteurs de prospérité pour l’ensemble.On citait en exemple les tigres asiatiques comme Taiwan et la Corée, qui semblaient avoir atteint à la fois la croissance économique et la réduction des inégalités.•Le problème est que la réalité est beaucoup plus compliquée que la théorie», dit Albert Berry, et que personne n’a semblé remarquer que, si le succès des fameux tigres asiatiques reposait bel et bien sur leurs exportations, il ne s’était absolument pas accompagné d’une plus grande ouverture de, leurs marchés intérieurs ou encore d’un retrait de l’Etat Le problème, poursuit-il, est que les •scientifiques empiriques sérieux» n’avaient alors que très peu de données factuelles à opposer aux certitudes de leurs collègues théoriciens et aux politiciens qui faisaient la promotion de la philosophie néolibérale.•Ça ressemblait un peu à la question de l’Irak et des armes de destruction massive, souligne l’économiste de Toronto.Face à ceux qui étaient convaincus de la présence de telles armes, il y avait Hans Blix qui disait que ce n'était pas sûr et qu 'il fallait plus de temps pour tirer les choses au clair.Fl n’a pas fallu longtemps avant qu’on le mette de côté.» Aujourd’hui, on constate que les meilleures années de croissance économique ont été celles qui se sont étendues de 1950 à 1975, alors que person-nç ne remettait en cause le rôle de médiateur de l'Etat.•C’est quand même fascinant», s’exclame Albert Berry.Selon José Antonio Ocampo, la seule façon d’améliorer la situation est justement de redonner un peu de marge de manœuvre aux Etats.Il apparaît clair, en effet, qu’aucun forum international ne dispose, pour le moment, des moyens et de la légitimité pour prendre leur relève, constate le représentant des Nations unies.Albert Berry ne se fait toutefois pas d’illusion.Les pays riches ne semblent pas près de reconnaître leur erreur et les pays pauvres n’ont que peu de chances de les faire changer d’avis.«C’est très inquiétant, dit-il, quand on pense que la première grande vague de libéralisation des échanges a mené à la FYemière Guerre mondiale et à la Grande Dépression.» Le Devoir LE DEVOIR Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A3M9 E3 Place-des-Arts Ds sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration: (514) 985-3333 Extérieur de Montréal 1-800-463-7559 (sans frais) L* Devoir peut, à l'occasion, mettre la liste d'adresses de ses abonnés à la disposition d'organisations reconnues dont la cause, les produits ou les services peuvent intéresser ses lecteurs.Si vous ne souhaiter pas recevoir de correspondance de ces organisations, veuillez en avertir notre service à la clientèle.Le Devoir est publié du lundi au samedi par le Devoir Inc.dont le siège social est situé au 2060, rue De Bleury, ié étage.Montréal, (Quebec).H3A 3M9.O est imprimé par Imprimerie Québécor World.St Jean.800.boulevard Industriel, Saint-Jean-sur-Richelieu.division de Imprimeries Québécor Inc., 612, rue Saint-Jacques Ouest, Montréal.L’agence Presse Canadienne est autorisée à employer et à diffuser les informations publiées dans U Devoir.Le Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division de Corporation Sun Media., 900, boulevard Saint-Martin Ouest, Laval.Envoi de publication — Enregistrement n* 0658.Dépôt légal: Bibliothèque nationale du Québec.UKRAINE SUITE DE LA PAGE 1 en faveur de la démocratie, les opposants avaient aussi pris soin de s’assurer de la neutralité des forces de répression.La crise politique semble totale.Rompant le silence qu’il observait depuis dimanche, le président sortant, Leonid Koutchma, a appelé hier soir toutes les forces politiques à négocier dès aujourd'hui.«Je suis convaincu que c’est la seule voie dans la recherche d'une position équilibrée qui ne laissera pas l’Ukraine se diviser en morceaux»,^ dit le chef de l’Etat dans un communiqué ha à la télévision.L’offre de dialogue a été acceptée dans la soirée par l’opposition.Dénonçant le caractère «très dangereux» de la «farce politique» en cours, Koutchma s’est aussi dit «prêt à maintenir la loi et l’ordre».La Commission centrale électorale a, elle, soudainement cessé de donner de nouveaux chiffres.Deux membres de la Commission ont appelé leurs 13 collègues à refuser de signer le proces-verbal des résultats de l’élection, selon l’agence de presse Interfax.Elle avait pourtant diligenté l’annonce des résultats du second tour de dimanche, au point que le candidat du pouvoir, le premier ministre Victor lanoukovitch, était donné en tète avec une avance mathématiquement irréversible dès lundi matin, après le dépouillement de plus de 98 % des bulletins de vote.Félicité lundi par le président russe, Vladimir Poutine, qui s’était ingéré dans l'élection en venant deux fois en Ukraine le soutenir, lanoukovitch n’a donc toujours MÉDICAMENTS SUITE DE LA PAGE 1 N’empêche, la vérificatrice générale (VG) et son équipe ont continué leur travail minutieux, révélant ap grand jour de nouvelles lacunes dans la gestion de l’État: un surplus à la caisse d’assurance-emploi qui est toujours plus imposant et qui contrevient à la loi gouvernementale, une lutte au blanchiment d’argent qui est inefficace, un manque de rigueur dans la gestion du budget de 1,1 milliard de dollars destiné àïéducation des Premières Nations: la liste est longue et la VG est loin de rentrer bredouille.Parmi les neuf chapitres de son rapport, celui qui traite de «la gestion des programmes fédéraux de prestations pharmaceutiques» est le plus intéressant Sheila Fraser trouve «inacceptable qu’ü n’y ait pas eu plus de progrès» dans ce domaine, alors que ce poste de dépenses est l'un de ceux qui croissent le plus rapidement dans le budget du gouvernement Les dérapages sont nombreux, notamment dans la gestion de l’achat des médicaments.Le gouvernement fédéral renferme certains ministères — Santé Canada, Anciens Combattants, Défense nationale.Citoyenneté et Immigration, GRC— qui fournissent des médicaments à un million de personnes au pays.Or, même si les dépenses du gouvernement dans ce domaine grimpent en flèche, avec une hausse de 25 % en deux ans qui les ont fait passer de 350 à 438 millions de dollars, le gouvernement fédéral continue de payer des «dizaines de millions» en trop.«Dans le cadre de la gestion de ces programmes, les organisations fédérales n’ont pas saisi les occasions connues de réaliser des économies en vue d'en assurer la viabilité à pas été officiellement proclamé président Et fl pourrait bien ne pas l’être.Hier, Poutine est revenu sur ses félicitations au candidat pro-russe en soulignant «qu’aucun résultat n'a été officiellement proclamé».Dans la journée, le Parlement ukrainien a tenu une session extraordinaire, boycottée par les supporteurs de Viktor lanoukovitc.Seulement 191 députés ukrainiens sur 450 étaient présents, un nombre insuffisant pour voter une résolution annulant les élections.L’opposition a néanmoins proclamé — de manière symbolique — son chef de file, Viktor louchtchenko, présidait de l’Ukraine, lors de cette séance au Parlement En attendant que la situation s’éclaircisse, l’opposition reste donc très fortement mobilisée face au pouvoir.Plusieurs dizaines de milliers de manifestants s’étaient déjà réunis lundi sur la place de l’Indépendance à Kiev, où l’opposition a érigé quelque deux cents tentes et où plusieurs milliers de personnes ont passé la nuit Lundi, M.louchtchenko, acclamé en tant que «président élu», y avait appelé ses partisans à ne pas quitter la place «jusqu’à la victoire».Une autre manifestation importante, réunissant également une centaine de milliers de personnes, se déroulait paraflèlement hier à Lvov, bastion des nationalistes de l’ouest du pays.L’assemblée municipale de Lvov, une ville de 800 000 habitants, ainsi que celles de Loutsk, de Khmelnitski, d’Ivano-Frankivsk et de Vinnytsia, quatre villes situées dans la partie orientale du pays, ont toutes refusé de reconnaître la victoire de M.lanoukovitch et elles ont proclamé M.louchtchenko vainqueur.L’assemblée de Kiev a pour sa part refusé de reconnaître les résultats du scrutin de dimanche, jugé non démocratique par les Occidentaux.long terme, peut-on lire.R en résulte que le gouvernement paye chaque année des dizaines de millions en trop pour les médicaments remboursables.» Le gouvernement fédéral est devenu le quatrième en importance parmi les payeurs de prestations au pays, après l’Ontario, le Québec et la Colombie-Britannique.Une autre bonne raison pour contrôler les coûts, soutient la VG.Mais les ministères ne se parlent pas, achètent leurs pilules chacun dans leur coin respectif et ne font aucrme économie d’échelle, ce qui est pourtant la base d’une saine gestion, dit Sheila Fraser.Ainsi, un exemple tiré au hasard montre qu’Ottawa a versé plus de 17 millions de dollars en un an pour des médicaments contre les ulcères d’estomac, alors qu’il aurait dû ne hoi en coûter que quatre millions, selon la vérificatrice générale.«Nous nous attendions à ce que les organisations utilisent divers moyens pour réduire au minimum le prix des médicaments, notamment des stratégies bien établies de gestion des coûts, comme les achats en grandes quantités, l’établissement de coûts maximaux admissibles, les médicaments de substitution les moins coûteux [génériques], etc.», écrit Sheila Fraser.Une autre importante lacune concerne l’utilisation déficiente des banques de données au sujet de la consommation de médicaments par les prestataires.La gestion de l'information est si mauvaise que la santé des citoyens pourrait s'en ressentir, prévient la VG.L’alarme a pourtant été sonnée en 2001, lorsque le comité des Comptes publics de la Chambre des communes avait demandé à Santé Canada de «fournir aux pharmaciens les noms, la posologie et les dates des médicaments prescrits en ce qui concerne au moins les trois dernières ordonnances du bénéficiaire, ainsi que les renseignements pertinents sur le médecin consulté, rappelle la VG.Cette recommandation n’a pas été mise en œuvre.» C’est donc ce manque de communication qui pro- Le déroulement du scrutin et son résultat sont en fait largement critiqués par la communauté internationale, à qui Vîlctor louchtchenko a lancé hier un appel en demandant «aux Parlements et nations du monde» de le reconnaître en tant que «nouveau président de l’Ukraine».•Nous constatons une falsification grossière des résultats de l’élection, qui a influé considérablement sur la designation du vainqueur.La commission électorale centrale, qui s’est faite exécuteur de la volonté de l’administration, a volé la victoire au candidat populaire Viktor louchtchenko», affirment-ils.Viktor louchtchenko a également demandé hier son soutien au chef historique du syndicat polonais Solidarité et Prix Nobel de la Paix Lech Walesa, et l’a invité à se rendre à Kiev.Dans une réponse officielle, Lech Walesa s’est déclaré «prêt à se rendre en Ukraine et à y servir de médiateur».Dès lundi le premier ministre néerlandais, Jan Peter Balkenende, dont le pays exerce la présidence tournante de l’Union européenne, a fait part au président du Parlement ukrainien, Volodymir litvine, des «doutes» de l’Union européenne sur le résultat des élections présidentielles en Ukraine, a indiqué son porte-parole.L’envoyé du president américain George W.Bush en Ukraine, le sénateur Richard Lugar, avait lui aussi dénoncé lundi de vastes fraudes commises sous la direction ou avec la complicité du pouvoir.La Maison-Blanche s'est dite «profondément préoccupée par les indications nombreuses et crédibles faisant état de fraude», a déclaré le porte-parole adjoint de la Maison-Blanche.Londres et le gouvernement fédéral canadien se sont aussi dits «préoccupés» par la situation.D’après Le Monde, Libération, AFP et Reuters voque des abus troublants, note Sheila Fraser.Ainsi, des gens reçoivent un nombre de médicaments anormalement élevé, sans qu’aucune question soit posée.Depuis quatre ans, le nombre de personnes recevant plus de 50 ordonnances par période de trois mois a plus que triplé chez Santé Canada.Le ministère n’a pu expliquer cette hausse importante.Puisqu’il n’y a pas de système pour alerter les pharmaciens à propos du nombre élevé de médicaments attribués, la VG avance qu’il y a une plus forte dépendance envers les narcotiques et un possible «détournement à des fins commerciales».La vérification évoque «une grande diversité d’abus possibles, qui ne sont pas surveillés parles ministères».La vérificatrice générale s’en prend aussi, et pour une cinquième aimée consécutive, au gouvernement libéral pour les excédents qu’il ne cesse d’accumuler dans le compte de l’assuranceemploi.Le 31 mars dernier, la valeur de la caisse avait atteint 46 milliards de dollars, soit une hausse de deux milliards en un an.C’est trois fois la réserve maximale jugée suffisante par l’actuaire en chef du ministère du Développement des ressources humaines pour répondre aux chocs économiques, même imprévisibles.Ces faramineux surplus n’ont pas servi à verser des prestations aux chômeurs, mais plutôt à payer les dépenses courantes du gouvernement ces dernières années.Hier encore, le ministre des Ressources humaines, Joseph Volpe, disait ne pas considérer qu’2 y a un surplus à l’assurance-emploi.Un avis que ne partagent pas les partis d’opposition.Pour fa énième fois depuis 1999, Mme Fraser répète donc que le gouvernement «n’a pas respecté l’esprit de la Loi sur l’assurance-emploi», qui oblige le gouvernement à conserver en équilibre les finances de la caisse, sans plus.Le Devoir PORTER SUITE DE LA PAGE 1 Une ambition qui en fait le phis gros contrat de sous-traitqnce jamais alloué par un établissement de santé aux États-Unis.Le projet de sous-traitance ne tient toutefois pas ses promesses.Si la suppression de 4000 emplois et la fie sion de deux hôpitaux déficitaires réussissent temporairement à faire baisser le déficit à huit millions, au départ de M.Porter, en septembre 2003, le déficit du DMC était revenu au-delà des 100 millions.Pour le Dr Porta, le projet de sous-traitance n’a rien à voir avec tous ces chiffres.«lors de notre troisième année, nous avons vu les rangs des non-assurés grossir tout à amp considérablement.Juste au moment où nous commencions à être efficaces sur le plan budgétaire, la Ville de Detroit a commencé à avoir des années difficiles, les fabricants d’automobiles se sont mis à cesser d'offrir des protections à leurs employés et plusieurs patients ayant droit au MedicAid, que finançait l’Etat, se sont vu refuser cette couverture.» Incapable de résoudre fa crise, le Dr Porter finira par lancer un ultimatum aux autorités publiques à l’été 2003.Sans financement public, le DMC fermera deux de ses hôpitaux.Mis au pied du mur, l’État du Michigan, le comté de Wayne et fa Ville de Detroit finissent par céder et allongent 50 millions à l’organisme, avec, à la clé, fa menace d'une tutelle.Moins d’un mois phis tard, Arthur Porter démissionne, laissant derrière hii un DMC en crise.Plutôt que de le remercier pour ses services comme le veut l’usage, la gouverneure de lÉtat, Jennifer Granholm, s’empressa ra de mettre sur pied une commission de surveillance gouvernementale sur les dépenses des hôpitaux privés.Le départ du controversé Dr Porter était-il conditionnel au financement gouvernemental?Dans le Detroit Free Press, le Dr Porter avait avoué à l’époque qu’il était clair qu’il devait quitter le navire et qu’il lui était impossible de survivre politiquement à cette commission.Aujourd’hui il nuance: «Quand vous provoquez un tel affrontement, vous en payez le prix.J’aurais pu rester, mais qu’en aurait-il été de ma relation avec le gouverneur de l’Etat?Quand il vous faut négocier avec des gens contre lesquels vous luttiez hier, il peut devenir difficile de faire comme avant!», a-t-il confié à L’Actualité médicale.D’autant phis que l’opposition au Dr Porter s’était généralisée.Dans le Detroit Free Press, le président de l'Association médicale du DMC, le Dr Hassan Amirikia, a affirmé que la majorité de ses membres n’appuyaient phis le Dr Porter.Même tiédeur du côté du consefl d’administration du DMC, alors que l’une de ses membres, le Dr Sophie Wornack, déclarait «Nous ne cherchons pas une personne qui serait très politisée.» Et pour cause! Le déficit n’est pas 1a seule tache au dossier de M.Porter pour bien des habitants de Detroit En effet le super-contrat de un milliard de dollars a été accordé à la firme Care Tech Solutions de Detroit une filiale du géant informatique Compuware dont le président dirige l’un des sept hôpitaux du DMC.Pire, le Dr Porta accepte une nomination au conseil d’administration de Care Tech en compagnie d’un autre membre de fa direction du DMC, Donald E Ragan.Le scandale qui éclate force le DMC à réduire de moitié le montant du contrat à 563 millions.Nouveau tollé, une compagnie qui avait soumissionné à hauteur de 513 millions critique l'entente sur fa place publique.Son président, Richard Helppie, ne mâche pas ses mots: «Nous avons soumissionné 45 % moins cher, mais nous avons tout de même perdu à cause du prix.» Arthur Porter défend encore son choix dans l’hebdomadaire médical.«Du début à la fin, nos critères d'évaluation des projets n 'ont jamais changé.Lors de notre appel d’offres, nous demandions aux entreprises ce qu’elles pourraient faire pour nous.Aussi, Gare Tech gérait déjà l'informatique à Oakwood.Et ce qu’Oakwood en disait était très positif.» Pour Oscar Feldman, qui siégeait alors au conseil d’administration du DMC, les conflits d’intérêts étaient pourtant réels et «teintaient» plusieurs des décisions du conseil En 2002, après 26 ans de loyaux services, il démissionne, sans auparavant mettre au jour ces pratiques qu’il condamne.C’est alors que des soumissionnaires laissés pour compte par le DMC ont décidé de monter un dossier contre le Dr Porter et son collègue Donald Ragan.Ledit dossier, présenté en secret à certains membres du conseil d’administration de l’organisme, allègue notamment que les deux hommes ont une participation active dans une douzaine d’entreprises, dont Medical Knowledge Systems, et qu’ils sont actifs dans un centre privé de traitement de cancer à Nassau, aux Bahamas, lequel est soupçonné d’avoir drainé les meilleurs talents en radio-oncologie de Detroit Par toutes ces révélations, L’Actualité médicale montre le p.-d.g.du CUSM sous un tout autre jour.Cela dit en dépit de ses mésaventures, Arthur T Porter voit toujours d’un très bon œil un éventuel partenariat public-privé pour son futur superhôpital.Mais fl reste prudent «Il nous faut être très prudents avant d’échanger notre avenir contre des avantages immédiats», a-t-il assuré à LActualité médicale.Le Devoir AFRIQUE SUITE DE LA PAGE 1 après les États-Unis, elle exporte l’extrémité des ailes, où il n’y a pratiquement rien à manger.Il y a aussi les poules pondeuses en fin de carrière, pour lesquelles il n’y a pas de marché en Europe.Les conteneurs arrivent à Abidjan, en Côte d'ivoire, et fa volaille remonte vers le Burkina.Dès l’arrivée au port la chaîne du froid est rompue.Les volailles dégèlent à 35 degrés dans des camions ou des wagons qui n'ont rien de frigorifiés.«Ce sont les déchets de l’Europe qui poussent les éleveurs de poulets burkinabés à la faillite, dit Maurice Oudet Le problème de l’Afrique de l’Ouest, c'est le mépris dans lequel on tient les paysans» Maurice Oudet sait de quoi il parle.Après 40 ans en Afrique, ce Parisien d’origine entré chez les Pères blancs et arrivé en Afrique à 21 ans a un accent indéfinissable qui n’appartient qu’à hii.Il vit à Koudougou.à 100 km de 1a capitale, dans une petite mission qui regroupe aussi un père néerlandais et un autre québécois.Mais fl a d'abord vécu à Nouna, où il a consacré six mois à apprendre le mooré.Il se souvient de son admiration d’alors devant le chef de Loroni, dans le nord du pays, qui parlait six langues sans avoir jamais été à l’école.Maurice Oudet a d’ailleurs répertorié une langue locale, de la famille des langues gou-rounsies, encore jamais identifiée à la frontière du Mali, au nord de Tougan, et parlée par seulement quelques milliers de personnes.Depuis 40 ans, le père Maurice Oudet en a vu passer, des rencontres internationales, comme le Sommet de fa Francophonie qui s’ouvre vendredi à Ouagadougou.Il en a vu assez pour ne pas espérer grand-chose des quelques milliers de personnes qui se réuniront loin de fa misère des campagnes — et des villes aussi d’ailleurs —, dans le chic quartier de Ouaga 2000.«Ça me fait rire, cette Francophonie qui se réunit au Burkina.Ça se passe chez nous, mais personne ne parlera des problèmes d’ici.» Depuis qu’il est au Burkina, fa population du pays a triplé.Mais l'agriculture, qui est le seul secteur d’exportation du pays et mobilise 80 % de fa population, n’a pas cessé de déclina.Le Burkina Faso est essentiellement un pays agricole; pourtant, l’alimentation des habitants des villes vient aujourd’hui à 80 % de l’étranger.Tellement que, avec leur humour légendaire, les jeunes de Ouagadougou surnomment le plat national burkinabé (le to, une sorte de polenta) «Afrique en danger».Une façon de dire que ce type d’alimentation est en voie de disparition.Ce qui se produit avec le poulet se .reproduit aussi avec le riz, explique Maurice Oudet A 1a faveur de la baisse du dollar et de l’effondrement des cours, fa That lande déverse depuis quelques années des tonnes de riz cassé en Afrique.Il s’agit d'un riz de très mauvaise qualité qui peut avoir huit ans d’âge et que les habitants des pays développés ne pourraient distribua qu'aux oiseaux.Ce riz, surnommé «brisure de luxe», gonfle deux fois plus que le riz normal mais fl n’a pratiquement aucune valeur nutritive.«Nous devenons la poubelle du monde, dit Maurice Oudet Quand ce n’est pas le dumping, c’est l’aide alimentaire qui achève de ruiner nos producteurs.» Car l’aide alimentaire contribue elle aussi à pousser les producteurs buridnabés à fa faillite.Le Japon déverse ainsi des tonnes de riz qui achèvent de ruiner les producteurs locaux.L’exemple vaut le détour.Le Japon, qui est l'un des pays les plus protectionnistes du monde, achète chaque année du riz américain.Cela lui permet d'équilibra sa balance des paiements et de respecter les quotas d’importation de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).Sauf qu'au lieu de le vendre sur son marché intérieur, ce qui ferait baisser les prix et nuirait à ses producteurs, fl le déverse en Afrique sous forme d'aide alimentaire.Lan dernier, le Secours catholique américain a lui aussi distribué 10 000 tonnes de riz au Burkina Faso, alors que le pays connaissait une très bonne récolte.Pendant ce temps, le Burkina s'endette pour aménager des rizières dans fa vallée du Sourou.L’an dernier, c’est un million de tonnes de céréales qui a été déversé dans le pays sous forme d’aide alimentaire.«Laide peut avoir un sens en cas de famine, mais elle devrait être sérieusement réglementée.Au lieu de cela, les ministres préfèrent se vanter d’avoir décroché de l’aide.Une aide qui pousse à la ruine les producteurs burkinabés.» Selon Maurice Oudet il faut absolument permettre aux pays pauvres de protéga leur agriculture.«L’Europe l’a fait après la guerre et ç’a tellement bien marché qu elle est devenue exportatrice.» Dans ses négociations de libre échange avec les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, l’Europe refuse pourtant toujours de parier de l’agriculture.Le coton représente 60 % des revenus que tire le Burkina des exportations.Il fait vivre deux millions de personnes et demeure fa principale source de devises étrangères du pays.Or fa baisse du prix du coton pousse à fa ruine des producteurs burkinabés qui connaissent pourtant de bonnes récoltes.Les petits producteurs affrontent les grandes exploitations américaines, largement subventionnées, qui produisent le tiers du coton mondial.L’Europe aussi subventionne ses producteurs de coton.le gouvernement burkinabé estime à un milliard de dollars les pertes que causent chaque année ces subventions aux seuls pays de l’Afrique de l’Ouest Mais Maurice Oudet ne se préoccupe pas que d’agriculture.D a fondé le Sedelan, qui produit des documents dans une dizaine de langues africaines à lintention des paysans.Car fl en va de fa langue des paysans comme de 1 agriculture.Dans les grandes capitales africaines, on ne se préoccupe souvent ni de l’une ni de l’autre.•Pourtant, répète Maurice Oudet on ne développera jamais lAfrique si on ne s'intéresse pas d’abord aux paysans.»
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