Le devoir, 13 janvier 2009, Cahier A
GAZA L’armée israélienne poursuit son offensive en milieu urbain Page B 5 LE DEVOIR V o i.C N 0 3 ?E M A R DI 13 J A N V 1 E H 2 O O 9 1 O $ + T A X E s = 1,25$ Bush ne veut pas être jugé trop vite Le président fait ses adieux à la presse de Washington AMÉLIE nAOUST BOISVERT Le président George W.Bush a eu 47 minutes pour revenir sur huit ans d'une présidence mouvementée, hier, à Washington.A huit jours de la cérémonie d’investiture de son successeur, il a profité de l’ultime conférence de presse de sa présidence pour défendre avec vigueur ses décisions ayant pour but de «défendre la nation».Il estime que seule l’histoire pourra le juger.S’il a exprimé certains regrets, certaines deceptions, le 43 président des Etats-Unis a surtout souligné qu’avant la crise économique, «la plus grave menace à laquelle [Barack Obama] sera confronté, ainsi que les présidents après lui, est un attentat sur notre sol.J’aimerais pouvoir dire que ce n’est pas le cas, mais il existe toujours un ennemi qui voudrait faire du mal aux Américains.Ce sera une menace majeure».Il a réitéré ses avertissements contre \'«axe du mal», visant plus précisément l’Iran et la Corée du Nord.«La Corée du Nord est toujours un problème, et l'Iran est toujours dangereux», a-t-il déclaré.VOIR PAGE A 8: BUSH JASON REED REUTERS George W.Bush a tenu hier à Washington la dernière conférence de presse de sa présidence.S’il a admis avoir quelques regrets, il n’a reconnu aucune grande erreur.SSfe ¦W.X JACQUES GRENIER LE DEVOIR Daniel Langlois fondait il y a dix ans, boulevard Saint-Laurent, le complexe Ex-Centris, consacré jusqu’ici au cinéma.Ex-Centris délaisse le cinéma Daniel Langlois donne une nouvelle vocation à ses salles ODILE TREMBLAY Le temple cinématographique Ex-Centris, qui fêtera ses dix ans en juin, un des rares complexes dédiés au cinéma de qualité à Montréal, cessera sa programmation régulière de films à compter du 20 mars prochain.Son propriétaire et mécène, Daniel Langlois, entend changer la vocation de l’établissement pour le convertir en lieu d’exploration culturelle diversifiée: performances musicales, œuvres interactives, art de la scène multimédia, etc.«Ce n’est jamais le fun de dire: “On laisse aller”.Moi aussi, ça méfait de la peine, déclarait hier Daniel Langlois au Devoir.J’annonce une nouvelle positive: l’objectif d’explorer à fond l’ensemble des possibilités offertes par nos installations et les offrir au public, avec un aspect triste.Les cinéphiles perdent un lieu unique.Je le sais.» Sa vision le mène ailleurs.«Mon intérêt dans la vie, c’est un contenu diversifié, l’accès à des cultures variées, interactives.J’ai continué dans le cinéma le plus longtemps possible.Im technologie VOIR PAGE A 8: EX-CENTRIS Mort de Claude Berri Le cinéma français perd un de ses grands piliers WASHINGTON ü Dallaire demande à Obama de remettre Khadr au Canada • À lire en page A 3 I N 1) K X to o Annonces B 4 Avis publics B 3 Décès B 4 Météo B 6 Mots croisés ii 6 Sudoku B 4 Télévision .B 7 VALÉRY HACHE AGENCE FRANCE-PRESSE Claude Berri photographié à Cannes le printemps dernier aux côtés de sa compagne et collaboratrice, la romancière Nathalie Rheims.pofc *.* ODILE TREMBLAY Une tête de malfrat, une gouaille, une sensibilité bourrue, un révélateur de talents, un homme blessé et un amoureux du cinéma sous toutes ses coutures.Claude Berri a tiré hier sa révérence, laissant un trou dans son sillage et bien des pans secrets d’une personnalité complexe.Timide extraverti, figure d’ambiguïté, il cachait sa pudeur sous une forme d'exhibitionnisme et force coups de gueule.Depuis sa disparition hier à 74 ans, emporté par un accident cardio-vasculaire, la communauté du cinéma français, dont il a dirigé ou produit peu ou prou chaque membre, porte son deuil.«Il a mis en valeur tous les plus grands acteurs du cinéma français et a révélé leur personnalité», déclarait le président français, Nicolas Sarkozy.Vrai! La profession entière se massera à ses funérailles, en pouvant se vanter de l’avoir côtoyé de près.Tous le connaissaient.Peu peuvent se vanter de l’avoir vraiment percé à jour.Cinéaste, acteur, producteur, scénariste, au four et au moulin du cinéma français, l’homme aura tâté de tous les registres.Eclectique Berri, qui produisit l’an dernier aux deux extrémités VOIR PAGE A 8: BERRI Session extraordinaire de l’Assemblee nationale Charest arrive les mains vides «Inacceptable », ROBERT DUTRISAC Québec — Un affrontement se prépare entre l’opposition et le gouvernement libéral qui arrive les mains vides à la session extraordinaire de l’Assemblée nationale.Le premier ministre Jean Charest a indiqué hier qu’il ne présenterait rien de nouveau aux parlementaires qui siègent à compter d’aujourd’hui pour trois jours afin de réagir à l’urgence de la situation économique.«Il ne faut pas s’attendre à de grandes annonces dans les prochains jours», a prévenu Jean Charest lors d’un point de presse à l’Université Laval où il fut notamment question de son dit Marois nouveau titre: président d’honneur du Tournoi international de hockey Peewee.Les mesures que dévoilera le gouvernement seront «le reflet» des engagements électoraux des libéraux, a précisé M.Charest.I.e chef libéral a fait campagne en demandant à l’électorat d’accorder à ses troupes une majorité afin d'avoir les coudées franches pour faire adopter des mesures destinées à contrer les effets d’une tempête économique appréhendée.Or Jean Charest a avoué hier que la mise en œuvre de ces mesures «n'exigerait pas qu’on réunisse l’Assemblée nationale VOIR PAGE A 8: CHAREST ¦ La chronique de Michel David, page A 3 ¦ L’éditorial de Bernard Descôteaux: La voix d’Amir Khadir, page A 6 HOMIEFfêROY 5H30 Aujourd'hui à 8h15.Les Québécois sont-ils prêts à réduire leur consommation d’énergie?Entrevue avec François Cardinal.Réai.: NadiaPeieiion #95,1 Radio-Cnnada.ca/bl«nm»llleur PREMIERE CHAINE < 4 if yé LES ACTUALITES Ministère de la Défense Investissements à haut risque La gestion de projets de 10 milliards aurait été confiée à des employés n’ayant pas les compétences nécessaires WARREN ZINN REUTERS Le contrat pour l’acquisition d’hélicoptères Chinook, qui devait être signé en 2007, n’est toujours pas réglé.usa ti.ÉTIQUETAGE Ottawa imposera ses nouveaux critères malgré les protestations ALEC CASTONGUAY Ottawa — La pénurie de personnel et le manque d’expérience des employés du ministère de la Défense responsables des projets d’acquisitions militaires posent un sérieux risque de dérapage dans les mois et les années à venir.Selon un rapport interne de l’armée, c’est 9,6 milliards de dollars (26 % du total) en achats militaires qui sont exposés à «un risque important» de dérapage, notamment une augmentation de la facture définitive et des délais plus longs que prévu.Ces projets représentent une valeur de 9,6 milliards de dollars.Cette petite bombe a été lancée par le Service d’examen des Forces canadiennes, qui se penche régulièrement sur les différents projets d’achats militaires.Le Service d’examen a profité d’un rapport portant sur les acquisitions dans les domaines chimique, biologique, radiologique et nucléaire pour sorjner l'alarme.A la page 3 du document, le Service d’examen s’écarte des quelques projets étudiés et aborde les achats du ministère dans leur ensemble.Au moment d’écrire le rapport, en mai dernier, il y avait 122 projets d’immobilisations actifs au sein de l’armée, d’une valeur de 36 milliards de dollars.Ces projets étaient dans des phases dites «avancées».De ce nombre, 20 projets sont dirigés par des fonctionnaires ou des militaires n’ayant pas le niveau de compétence exigé par les lignes de conduite du gouvernement.Soit leur grade n’est pas assez élevé, soit leur expérience n’est pas suffisante.Ainsi, dans le rapport interne, on peut lire: «Les chefs de 20 projets évalués à 9,6 milliards (26 %) étaient d’un niveau trop bas, ce qui pose un risque important dans le cas des projets de grande valeur qui ne sont pas soumis à une surveillance suffisante de la haute direction».Le rapport conclut que «l’expérience des cadres supérieurs et l’étendue des responsabilités ne sont pas appropriées».Les risques soulevés dans le rapport interne du Service d’examen sont inquiétants, puisque l’armée est en phase intensive d’acquisitions pour moderniser ses équipements.Bateaux, avions, hélicoptères, véhicules terrestres, drones.Des milliards de dollars de contrats sont à l’étude ou déjà en marche.Et cet élan se poursuivra dans les prochaines années avec le plan «Canada d’abord».Pénurie Ce rapport n’étonne pas les observateurs du processus d’acquisition militaire, qui constatent depuis plusieurs années les difficultés du ministère de la Défense à respecter les budgets et les délais prévus.Par exemple, les hélicoptères maritimes Sikorsky qui devaient être livrés au Canada en 2008 arriveront finalement fin 2010.Et la facture sera plus salée que prévu de 120 millions de dollars.Autre exemple: l’octroi d’un contrat pour l’acquisition de trois navires de soutien interarmées (Joint Support Ship) pour la Marine a été mis en veilleuse à la fin de l’été parce que le montant de trois milliards de dollars a été sous-évalué.Le contrat pour l’acquisition des hélicoptères Chinook, qui devait être signé en 2007, n’est toujours pas réglé.Selon des sources à l’intérieur et à l’extérieur du ministère de la Défense, une pénurie de main-d’œuvre est grandement responsable des lacunes actuelles.Ce manque de ressource force le gouvernement et l’armée à placer des gens avec moins d’expérience dans certains postes.Surtout que plusieurs projets voient le jour en même temps.«U y a une bataille incroyable à l’interne pour les ressources.Acheter d’aussi gros équipements, c’est un art, ce n’est pas tout le monde qui peut s’en occuper», dit une source étroitement associée à la Défense nationale.Le ministère a perdu une grande partie de sa main-d’œuvre spécialisée entre 1993 et 2003, alors que le gouvernement canadien a fait la lutte aux déficits budgétaires et a cessé d’investir dans l’équipement de l’armée.Le ministère de la Défense n’a pas été en mesure hier de commenter le rapport interne.Le document vient juste d’être mis en ligne sur le site du ministère.Le Devoir FABIEN DEGLISE La loi, c’est la loi.Malgré la levée de boucliers des acteurs de l’agroalimentaire au sujet des nouvelles normes d’étiquetage des produits d’origine canadienne, Ottawa n’a pas l’intention de faire marche arrière pour revoir ses lignes directrices modernisées qui font pourtant l’unanimité contre elles.Tout au plus, le ministre d’É-tat chargé de l’Agriculture, Jean-Pierre Blackburn, se dit-il prêt à «appliquer la loi avec souplesse» dans les prochains mois tout en restant «à l’écoute», a-t-il indiqué hier au Devoir.«Je suis sensible à ce que j’entends, a expliqué hier M.Blackburn joint au téléphone à Halifax, en Nouvelle-Ecosse.La loi est entrée en vigueur le 31 décembre dernier.Elle est le fruit de consultations et d’un large consensus; 1500 personnes ont été consultées.Dans les circonstances, nous allons donc essayer d’appliquer la loi avec ouverture pour voir, de bonne foi, comment cela va s’opérer.Mais nous restons à l’écoute.Si des problèmes majeurs devaient survenir, nous vérifierions alors les avenues pour les corriger» Ces problèmes, producteurs agricoles et transformateurs du Québec, les appréhendent depuis plusieurs mois.En vertu de la nouvelle réglementation fédérale, un produit alimentaire doit contenir désormais 98 % d’ingrédients canadiens pour afficher le traditionnel «Produit du Canada».L’ancienne norme, jugée laxiste, était de 51 % et reposait uniquement sur les dépenses de production qui devaient avoir été engagées sur le territoire canadien.Or, ce nouveau cadre mettrait en péril l’existence de cette allégation, clament les acteurs de l’agroalimentation qui montrent du doigt quelques effets pervers de la réglementation fédérale.Un exemple?Une confiture de fraises de l'île d’Orléans ne pourra plus se présenter comme «Produit du Canada» en raison de la présence de sucre en quantité qui dépasse généralement les 2 % d’ingrédients importés désormais autorisés.Même chose pour les bleuets au chocolat des pères trappistes de Dolbeau-Mis-tassini en raison d’un cacao dont la production est climatiquement impossible au Canada.Dans ce contexte, les fabricants de produits alimentaires sont contraints d’appliquer sur l’emballage la formule «Produit du Canada à partir d’ingrédients importés» ou encore de s’abstenir de toutes allégations d’origine, ce que plusieurs risquent d’ailleurs de faire, indiquait la semaine dernière dans nos pages le Conseil de la transformation agroalimentaire et des produits de consommation (CTAC) qui déplore du coup la perte de valeur de ce label, dans ce contexte trop restrictif.Pour Ottawa, la règle des 98 % a été imposée afin «d’aider les consommateurs à s’y retrouver», a répété hier M.Blackburn tout en rappelant que rien n’empêche un aliment de s’afficher comme «Produit du Québec», s’il ne peut pas se draper dans l'unifolié.Aliment du Québec par exemple, programme d’authentification de l’origine, fixe à 80 % la proportion d’ingrédients d’ici pour l’utilisation de son logo.En juin dernier, le Comité permanent de l’agriculture et de l’agroalimentaire de la Chambre des communes a suggéré au gouvernement d’élever à 85 % sa norme afin de moderniser ses lignes directrices d’étiquetage.Une limite acceptable, selon le CTAC qui dit ne pas comprendre pourquoi Ottawa est allé au-delà en optant pour 98 %, norme qui risque de nuire aux consommateurs plutôt que de les aider.Le Devoir Efficacité énergétique L’AEE n’aidera pas les propriétaires de véhicules énergivores LOUIS-GILLES FRANCŒUR L’Agence de l’efficacité éner-' gétique du Québec (AEE) ne versera pas un sou en subvention aux propriétaires de gros véhicules énergivores neufs sous prétexte qu’ils consommeraient trois litres de moins que l’ancien modèle du propriétaire: aucune subvention ne sera accordée à un véhicule neuf dont la cote combinée dépassera 6,67 litres/100 km.C’est ce qu’a précisé hier au Devoir la présidente de l’AEE, Mme Luce Asselin.Mme Asse-lin reconnaît toutefois que cette mesure ne touchera pas l’ensemble des propriétaires d'automobiles et, surtout, qu’elle n’encourage pas les propriétaires actuels de véhicules peu énergivores à demeurer dans ce segment en période de baisse radi- cale des prix de l’essence.L’AEE a précisé à la Régie de l’énergie vendredi dernier que sa proposition de subventionner les acheteurs de nouveaux véhicules ne s’appliquera qu’aux automobiles actuelles consommant moins de 10 litres/100 km.Ainsi, pas question de subventionner des véhicules qui consommeraient 12,14 ou 15 litres sous prétexte que cela représente trois litres de moins que d’anciens gros véhicules qui ingurgitaient 17 ou 18 litres auparavant.Mais la présidente de l’AEE reconnaît que sa proposition ne touchera pas les meilleurs consommateurs, dont les voitures consomment présentement 5, 6 ou 7 litres/100 km puisqu’ils devraient alors opter pour une voiture qui consomme trois litres de moins, ce qui est plutôt rare sur le marché présentement.Pourquoi l’agence gouvernementale n’a-t-elle pas proposé un véritable malus-bonus, soit un système neutre fiscalement qui récompense les consommateurs moins énergivores par une réduction de la taxe d’achat et de l’immatriculation en augmentant la note des consommateurs plus énergivores?Des systèmes similaires sont en place en Europe et modifient sensiblement l'évolution du parc automobile.Mme Asselin reconnaît avoir discuté de ces systèmes récemment, notamment avec l’ADE-ME, l’agence française pour la maîtrise de l’énergie, et elle en reconnaît l’efficacité.L’agence qu’elle dirige examinera la pertinence d’un tel système au Québec si cela permet, dit-elle, d’atteindre les objectifs gouvernementaux en matière de trans- ports.Mais cela ne semble pas le cas à ce stade-ci du plan de réductions.Il en sera de même pour d’autres solutions d’ensemble, qui seraient pertinentes dans d’autres secteurs que les transports.Pour Luce Asselin, la présence dans son conseil d’administration de personnes très proches ou issues d’Hydro-Québec et de Gaz Métro notamment ne constitue pas un boulet ni un frein, s’il fallait bouleverser leurs pratiques.L’agence doit plutôt, dit-elle, «travailler avec les acteurs» du milieu, afin de «se contaminer mutuellement» grâce à l’expertise de ces personnes, qui sont nommées par le même gouvernement qui passe la commande sous forme d’objectifs à atteindre.Le Devoir Labeaume veut honorer rapidement la mémoire de l’ancien maire Jean Pelletier Québec — La Ville de Québec a tenu à rendre hommage, hier matin, à son ancien maire Jean Pelletier, décédé tôt samedi.Selon le maire actuel, Régis Labeaume, sa mémoire n’est pas près de s’effacer, puisqu’une artère ou un édifice devrait être rebaptisé en son honneur.La famille ayant refusé des funérailles publiques, Québec a néanmoins profité de sa traditionnelle messe du Nouvel An pour saluer le départ de son ancien dirigeant.«On a voulu être très, très sobre, a expliqué M.Labeaume.Il fallait le souligner, mais il fallait disparaître.C’est la décision de la famille.» Dérogeant quelque peu à la tradition, le maire a profité de son allocution à la suite de la cérémonie pour rendre hommage à M.Pelletier plutôt que pour formuler les habituels vœux de bonne année aux em- ployés municipaux.«C’est une année qui débute sur une note spéciale et triste», a dit M.Labeaume, visiblement ému par le décès de son prédécesseur.Souhaitant souligner l’héritage de son prédécesseur, M.Labeaume tient d’ailleurs à associer le nom de Jean Pelletier à «sa plus grande oeuvre», sans en dévoiler davantage.«On a déjà une idée.On va en parler à la famille avant et, si elle est d’accord, on va procéder rapidement», a-t-il indiqué.Reste que, comme pour le changement de nom de l’ancien hôtel de ville de Sainte-Foy en édifice Andrée-P.-Boucher, il faudra attendre un an après le décès de M.Pelletier avant que la Commission de toponymie attribue son nom à un bâtiment ou à une artère.La Presse canadienne Une nouvelle série tout à fait irrésistible ! TVS LES BEBES ANIMAUX LES MARDIS 20 H TVSc EN BREF Gare au VapoRub! Toronto — Au lieu d’aider la respiration, le Vicks VapoRub pourrait en fait lui nuire lorsqu’il est employé sous ou dans les narines de très jeunes enfants, indique une étude.Selon les auteurs de la recherche, qui paraît aujourd’hui dans la revue Chest, ce classique de la saison du rhume et de la grippe ne devrait pas être utilisé pour des enfants de moins de deux ans, et ne devrait pas être appliqué dans ou sous le nez d’enfants plus vieux ou même d’adultes.Des expériences effectuées sur des furets semblent indiquer que ce composé accroît la production de mucus, ce qui pourrait engorger les minuscules voies respiratoires de jeunes enfants, disent les chercheurs.- La Presse canadienne ; I) K V 0 I li M A lî I) I .1 A N V I K li i II II !l ACTUALITES La farce continue Michel David Plusieurs parlementaires ont l’habitude de se transformer en snowbirds en janvier.En 1998, l’ancien député libéral de Hull, Robert Lesage, n’avait pas même jugé utile d’interrompre son séjour en Floride, alors que ses commettants étaient aux prises avec la ter-ribje crise du verglas.A ceux qui lui avaient reproché son absence, il avait répliqué avec une belle candeur: «Je ne vois pas ce que j’aurais pu faire si j’avais été là.» L’idée qu’à défaut de pouvoir corriger les excès de la météo ou de remettre les pylônes d’Hydro-Québec sur pied, un élu puisse toujours apporter son soutien mqral ne semblait pas lui avoir effleuré l’esprit A l’instar de M.Lesage, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, et son coUègue du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Raymond Rachand, ont estimé que leur présence au Québec n’était pas utile pour préparer la minisession spéciale qui s'ouvre aujourd'hui à l’Assemblée nationale.Le bureau du premier ministre Charest a manifestement lait la même évaluation.Le pire est qu’ils avaient parfaitement raison.L’absence des deux principaux ministres économiques au moment où un Québécois sur deux s’inquiète des conséquences de la récession a pu en choquer certains, mais elle illustre très bien l’inanité d’un gouvernement provincial face à une crise d’une telle ampleur, de même que la futilité du prétexte invoqué par le premier ministre pour précipiter le déclenchement des élections en novembre dernier.Bref, la farce continue, la reprise des travaux de l’Assemblée nationale pendant quelques heures apparaît simplement comme une ligure imposée que M.Charest aurait préféré expédier à la veille de Noël, ce qui aurait au moins permis à ses ministres de prendre du soleil sans que personne s’en formalise.?Hier, le premier ministre s’est lui-même chargé d’expliquer l’inutilité de l’exercice.Les mesures qui seront présentées mercredi dans le cadre de l’énoncé économique de Mme Jérôme-Forget ont déjà été annoncées durant la campagne électorale et, à l’exception d’un projet de loi sur le refinancement des régimes de retraite privés, qui aurait très bien pu attendre au printemps, elles ne nécessitent pas l’intervention de l’Assemblée nationale, a reconnu M.Charest.H n’a cependant pas précisé si la ministre des Finances actualiserait ses prévisions.À la veille du déclenchement des élections, elle assurait qu’en dépit du ralentissement de l’économie, le Québec réussirait à équilibrer son budget aussi bien en 2008-09 qu’en 2009-10.Depuis ce temps, à peu près tout le monde revoit ses calculs à la baisse.Serait-ce trop de demander où nous en sommes?Déjà, Pauline Marois a entrepris de dénoncer l’insuffisance des initiatives gouvernementales et le peu de temps dont les parlementaires disposeront pour en débattre d’ici jeudi.A peine deux heures, selon le projet de motion qui a été soumis à l’opposition.Cela ne justifiait pas les 83 millions qu’a coûté l’élection du 8 décembre et la nomination de huit ministres supplémentaires, a renchéri le porte-parole de l’ADQ, Eric Caire.Cela est plutôt de mauvais augure pour le nouveau climat de collaboration dans la stabilité que prétend souhaiter M.Charest.Demain et jeudi, la période de questions orales risque fort de se transformer en réquisitoire sur le manque de transparence dans la gestion de la Caisse de dépôt.Autrement dit, la partie va reprendre exactement là où on l’avait laissée à la fin de la campagne électorale.?11 est vrai qu’il serait prématuré de se lancer dans les grandes manœuvres avant le dépôt du budget fédéral, à la fin du mois.C’est seulement quand Mme Jérôme-Forget présentera son propre budget, en mars ou en avril, que le gouvernement Charest pourra réellement agir.Raison de plus pour épargner à une population déjà très sceptique le spectacle d’une session bidon.Remarquez, elle ne semble pas attendre davantage du budget.Selon le sondage de Léger Marketing dont les résultats ont été publiés hier dans Le journal de Montréal, plus de la moitié (53 %) des contribuables ne croient pas qu’il aidera à traverser la crise.C’est encore pire dans le cas du budget fédéral, dont seulement le tiers prévoit des effets positifs.M.Charest pourra sans doute compter sur l’appui unanime de l'Assemblée nationale en prévision de la conférence des premiers ministres qui aura lieu vendredi à Ottawa.Si le budget Flaherty est le moindrement décevant, cela permettra au PQ de dire qu’encore une fois, le gouvernement fédéral se fiche de ce que les Québécois peuvent penser.D’ailleurs, Mme Marois s’est bien assurée de placer la barre suffisamment haut en comparant les 217 millions que le ministre fédéral des Finances, James Flaherty, avait prévus pour aider le secteur manufacturier au Québec aux 2,7 milliards consentis à l’industrie automobile en Ontario.Sans parler du projet d’une commission des valeurs mobilières pancanadienne et du manque à gagner d’un milliard que les changements annoncés à la méthode de calcul de la péréquation feraient subir au Québec.La chef péquiste veut bien contribuer à combattre le scepticisme que les gouvernements inspirent à la population, mais cela exclut manifestement celui d’Ottawa.mdavid@ledevoir.com Roméo Dallaire demande à Obama de remettre Omar Khadr au Canada Arrêté en Afghanistan alors qu’il avait 15 ans, le Canadien est détenu à Guantanamo depuis maintenant sept ans Le président élu des États-Unis, Barack Obama, veut fermer la prison de Guantanamo.Le sénateur Roméo Dallaire et les principaux groupes de défense des droits de la personne américains en ont profité hier pour demander le rapatriement d’Omar Khadr au Canada et l’annulation de son procès, qui doit débuter dans deux semaines.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Dj sénateur et général à la retraite Roméo Dallaire s’est rendu à Washington hier afin de livrer un vibrant plaidoyer pour qu’Omar Khadr soit rapatrié et jugé au Canada.Sa détention à Guantanamo depuis sept ans est un affront aux lois internationales et aux droits de la personne, a-t-il dit.Omar Khadr a été emprisonné alors qu’il avait 15 ans.Il en a aujourd’hui 22.Il est accusé devant une cour militaire d’avoir tué un soldat américain en Afghanistan avec une grenade.Blessé par balle dans l’affrontement, Omar Khadr a été le seul survivant lors d’une attaque où plusieurs insurgés ont été tués.Des documents écrits et vidéo ont prouvé que le jeune Khadr a été torturé à Guantanamo et que le Canada était au courant.Son procès doit commencer dans deux semaines.«On a ici un citoyen canadien qui avait 15 ans lorsqu’on lui a tiré dessus.Il a été impliqué dans un conflit en tant qu’enfant-soldat et envoyé dans une prison américaine», a affirmé Roméo Dallaire lors d’une conférence de presse dans la capitale américaine.Le jeune Khadr suivait son père en Afghanistan, un proche d’al-Qaïda.Le général à la retraite, célèbre depuis la débâcle de l’ONU au Rwanda, a fait le voyage pour tenter de convaincre l’équipe de transition de Barack Obama de remettre Khadr au «Il [Omar Khadr] a été impliqué dans un conflit en tant qu’enfant-sodat et envoyé dans une prison américaine » - Roméo Dallaire ARCHIVES REUTERS Roméo Dallaire ,§yï|Éfï jgplMMMgg A: Canada.«Pourquoi devriez-vous être impliqués dans un processus inapproprié et qui est contraire aux lois?» a demandé Roméo Dallaire en s’adressant à l’administration américaine.Selon lui, le Canada doit prendre ses «responsabilités» et sortir Omar Khadr de cette prison, comme les autres pays occidentaux l’ont fait en rapatriant leurs ressortissants.Le sénateur Dallaire a dit être obligé de faire cette sortie parce que le gouvernement canadien ne bouge pas dans ce dossier.Il estime que le premier ministre Stephen Harper n’agit pas en «chef d’Etat».Depuis qu’il a pris le pouvoir en 2006, le gouvernement conservateur soutient que le processus judiciaire et militaire en cours est légitime et que le Canada ne doit pas intervenir.Des appuis Roméo Dallaire a reçu l’appui des principales organisations américaines de défense des droits de la personne hier.Amnesty international.Human Rights Watch, l’Association de défense des libertés civiles, Human Rights First et la Coalition contre l’utilisation des enfants-soldats ont signé une lettre à l’intention de Barack Obama.Elles lui ont demandé de «suspendre» le procès qui doit commencer le 26 janvier.«Omar Khadr deviendrait la première personne à être jugée, dans le monde occidental, pour des crimes de guerre qu’il aurait commis alors qu’il était enfant», écrivent les cinq organisations.Deux conseillers du président élu ont affirmé hier que Barack Obama allait signer un décret qui ordonne la fermeture de Guantanamo dès le premier jour de sa présidence, le 20 janvier.Mais les 250 détenus de cette prison de Cuba ne seront pas libres rapidement pour autant.«C’est plus difficile que les gens pensent», a déclaré le président élu dans une entrevue à la chaîne de télévision américaine ABC.Obama a soutenu que fermer la prison dans les cent premiers jours de son mandat allait être difficile, étant donné les conséquences juridiques.Cette volonté de la nouvelle administration américaine mettra néanmoins de la pression sur le gouvernement canadien, estime le lieutenant William Kuebler, l'avocat militaire chargé de défendre Omar Khadr.«Le Canada doit intervenir et faire partie de la solution», a-t-il dit hier.Le gouvernement Harper passe outre à des avis juridiques La mobilisation en faveur du rapatriement d’Omar Khadr a également profité d’un texte paru hier dans le Toronto Star.L’on y apprend que le gouvernement Harper a passé outre à l’avis de ses avocats dans le dossier du jeune Omar Khadr.Plutôt que de laisser la justice militaire américaine suivre son cours, les avocats fédéraux suggéraient au gouvernement conservateur de plaider qu’Omar Khadr est un enfant-soldat selon les conventions internationales et qu’il doit donc être traité en conséquence.Dans une série de documents internes obtenus par le journal, on peut lire que les fonctionnaires fédéraux demandent au gouvernement Harper de changer de position dans le cas d’Omar Khadr.Ils affirment que «dans tous les aspects, que ce soit sa détention, son traitement, le processus [judiciaire] ou sa sentence, le Canada devrait tenir compte du fait qu’Omar Khadr est niineur» et ainsi plaider sa cause auprès des États-Unis, peut-on lire.Les avocats du gouvernement ont notamment envoyé leur avis juridique à l’ancien ministre des Affaires étrangères, Maxime Bernier.Le Devoir Avec La Presse canadienne Budget Flaherty La coalition offre une meilleure à la crise, selon Gilles Duceppe solution JACQUES NADEAl LE DEVOIR Le chef bloquiste, Gilles Duceppe, juge que les conservateurs devraient proposer un changement de cap majeur pour rendre le budget acceptable aux yeux de l’opposition.PIERRE SAINT-ARNAUD Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, doute que le prochain budget Flaherty réponde aux besoins du Québec et estime que la coalition offre toujours jusqu’ici le meilleur plan pour affronter la crise économique.Par ailleurs, M.Duceppe affume que sa formation est prête à aller en élections si le premier ministre Stephen Harper choisit d’emprunter cette voie.«On ne peut rien tenir pour acquis, a-t-il dit hier lors d’une conférence de presse.Il y a toujours des élections qui sont possibles, même si les gens n’en veulent pas.Mais les gens ne veulent pas non plus que M.Harper continue de faire des cadeaux en avantages fiscaux aux pétrolières, au détriment de l’économie du Québec.» Quoi qu’il en soit, M.Duceppe souligne qu’il faudrait un changement de cap majeur de la part des conservateurs pour qu’ils présentent un budget satisfaisant et il dit avoir bon espoir de voir le nouveau chef libéral, Michael Ignatieff, aller de l'avant avec la coalition dans le cas contraire.Selon lui, ce budget devra offrir au minimum un plan d’aide aux secteurs manufacturier et forestier, des mesures pour soutenir les victimes de la crise économique, notamment les chômeurs, et un investissement dans le logement social.Quant à un éventuel soutien au secteur automobile, Gilles Duceppe avertit que celui-ci devra être assorti de conditions, dont des mesures pour empêcher le départ de sous-traitants.Le chef bloquiste maintient, par ailleurs, que les conservateurs doivent faire marche arrière en matière d’environnement et accepter de se soumettre au protocole de Kyoto, en plus d’annuler les compressions dans le domaine de la culture.Gilles Duceppe reconnaît que l’idée d’une coalition n’est pas bien reçue partout au Canada, particulièrement dans l’ouest du pays, où les ci- toyens préféreraient une élection à la gouvernance par coalition.Il rappelle toutefois qu’il défend les intérêts du Québec, où la population penche au contraire en faveur d’un gouvernement de coalition, alors que les électeurs semblent divisés à peu près également en Ontario et dans les provinces atlantiques.M.Duceppe et son organisateur en chef, Mario Luframboise, entreprennent une tournée de consultation à fravers le Québec en prévision de la rentrée parlementaire et du dépôt du budget, prévu le 27 janvier.La Presse canadienne EN BREF Pierre Bourque fait son entrée dans la galerie des maires Sept ans après avoir quitté le pouvoir, Pierre Bourque fait désormais partie de la galerie des maires dont les portraits sont exposés dans le hall d’honneur de l’hôtel de ville de Montréal.Lors d’une cérémonie privée, le maire Gérald Tremblay a dévoilé hier soir le portrait sur bronze de M.Bourque qui figure maintenant aux côtés des 39 autres maires ayant dirigé la métropole depuis Jacques Viger, maire de 1833 à 1836.Ex-directeur du Jardin botanique de Montréal, Pierre Bourque avait accédé à la mairie de Montréal en 1994.Il avait été réélu en 1998 avant d’être battu par Gérald Tremblay en 2001, dans la foulée des fusions municipales, üi cérémonie s’est déroulée en présence de proches et de membres de la famille de Pierre Bourque.- Le Devoir • • François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph D.Vieux Montréal 514.845.5545 L E I) E V 0 I II .EE MARDI 13 ,1 A N V I E R 2 0 0 )) A 4 LES ACTUALITES Récession: le FRAPRU demande une action immédiate .JACQUES NADEAU LE DEVOIR François Saillant, coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain Québec financera la bataille de Windsor contre Domtar La ministre des Affaires municipales plaide l’exception pour justifier son aide Des leçons auraient dû être tirées des récessions de 1980-1982 et 1990-1992 en ce qui a trait aux effets que de telles périodes économiques peuvent avoir sur les ménages locataires au Québec.C’est ce que croit le coordonnateur du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, qui présentait hier le «Dossier noir sur le logement et la pauvreté» publié par l’organisme.M.Saillant a expliqué que lors des deux dernières récessions, on a observé une augmentation de l’ordre de 40 % du nombre de ménages locataires dépensant plus de la moitié de leurs revenus pour se loger.Et rien n’a été préparé, par la suite, pour empêcher qu'une telle situation ne se reproduise.Selon le FRAPRU, une grande part des locataires se trouvent déjà, actuellement, dans une situation de grande fragilité, malgré la période de croissance économique vécue depuis le milieu des années 1990.Une détérioration de la situation causée par une récession serait donc particulièrement grave.«Ce qu’on dit à l’heure actuelle, c’est surveillons ça, parce que si ça arrive, ça va arriver dans une situation qui est déjà critique, a indiqué François Saillant.On sort d’une longue période de crois- sance économique, d’une longue période de relance de l’emploi, d’une longue période de diminution du nombre de ménages sur l’aide sociale avec une situation du logement qui, à l’échelle du Québec, ne s’est pas améliorée et qui, à l’échelle de Montréal, s’est détériorée.» Le FRAPRU demande donc de ne pas attendre de connaître l’ampleur et la durée de la récession et d’agir tout de suite en investissant dans la construction de logements sociaux.L'organisme souhaite voir un effort concerté des gouvernements provincial et fédéral pour créer 50 000 logements sociaux en cinq ans au Québec, soit 10 000 par année.«Ce qu’on dit, c’est n’attendons pas de voir jusqu’à quel point la récession économique est profonde, jusqu’à quel point elle va être longue, jusqu’à quel point elle va entraîner des pertes d’emplois», a martelé M.Saillant, soulignant que le domaine du logement est créateur d’emplois, «évidemment dans la construction, mais aussi dans d’autres domaines, comme l’industrie manufacturière et l’industrie forestière, tous des domaines en difficulté présentement».La Presse canadienne JEANNE CORRIVEAU /"\ uébec financera, jusqu’à xJ concurrence de 200 000 $, la bataille juridique menée par la municipalité de Windsor, en Estrie, concernant l’évaluation foncière de l’usine de Domtar.La ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, a invoqué le caractère exceptionnel du dossier pour justifier l’aide consentie par le gouvernement à la municipalité qui a décidé de porter en appel une décision récente du Tribunal administratif du Québec.Le jugement rendu le 19 décembre par le Tribunal avait donné raison à Domtar qui estimait que, compte tenu de la désuétude économique de son usine, celle-ci était surévaluée.Le Tribunal avait réduit de 20 % l’évaluation foncière de l’immeuble, la faisant passer de 116 millions à 81 millions et avait condamné la Ville à rembourser 2,5 millions de dollars à la papetière.Lors de la séance du conseil municipal de Windsor hier soir, l’administration du maire Malcolm Wheeler a adopté une résolution visant à deman- der la permission de porter en appel le jugement du Tribunal.Une heure plus tôt, le maire Wheeler avait reçu la confirmation de la ministre que le gouvernement allait donner un coup de pouce financier à la municipalité.Sans l’intervention de Québec, Windsor aurait quand même interjeté appel, a indiqué le maire Wheeler.«Mais l’aide du gouvernement va couvrir en entier les coûts des procédures d’appel.Les citoyens n’auront donc pas à assumer des coûts additionnels pour ça», a-t-il expliqué à l’issue de la séance du conseil.De son côté, la ministre Normandeau a souligné le préjudice important que pourrait avoir le jugement du Tribunal sur de nombreuses municipalités québécoises s’il n’était pas contesté.«Le fait de soutenir une ville qui va en appel est une façon peu habituelle de procéder par le ministère.Je suis consciente du précédent que tout cela implique, mais je le traite comme un dossier d’exception, a-t-elle expliqué lors d’un entretien téléphonique.Le jugement du Tribunal administratif est préoccupant dans la mesure où il pourrait constituer un précédent et faire office de jurisprudence.» Québec estime à 75 le nombre de bâtiments industriels à vocation unique susceptibles de faire l’objet de demandes de baisse d’évaluation en raison de la désuétude économique.Les pertes potentielles pour les municipalités québécoises pourraient varier entre 10 et 30 millions de dollars, estime la ministre.Malgré tout, Mme Normandeau souhaite que Windsor et Domtar règlent leur litige à l’aide d’un règlement à l’amiable.Elle a ajouté que son ministère allait se pencher sur une façon de mesurer le concept de désuétude économique invoqué par Domtar et susceptible d’être utilisé par d’autres entreprises.Les élus de Windsor entendent par ailleurs demander à la ministre que soit aboli le plafond limitant le taux de taxation appliqué aux immeubles non résidentiels.Plusieurs villes ont obtenu de Québec l’autorisation de le faire dans le passé, a précisé le maire Wheeler.Le Devoir EPARGNE PLACEMENTS QUEBEC NOM ÉPARGNE PLACEMENTS QUÉBEC C’est pour épargner.Avec des placements.Garantis par le gouvernement du Québec.Découvrez nos produits d’épargne et de retraite: • Obligations à taux progressif • Obligations à taux fixe • Obligations à escompte • Obligations Sécuri+ • Obligations boursières • Obligations d’épargne • Épargne Flexi-Plus • Plan Épargne Périodique par prélèvements BONI DE 1% la première année pour les nouveaux fonds REER + Capital garanti à 100 % par le gouvernement du 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agissez comme l Arthur Neville] Chamberlain négociant avec [Adolf] Hitler avant la Seconde Guerre mondiale.Vous n’êtes qu’un sinistre personnage.» Rappelons que le Canada a été le seul pays membre du Conseil des droits de l’homme à s’être prononcé contre la résolution demandant l’arrêt immédiat de l'offensive des forces armées israéliennes hier à Genève.Le vote a donné lieu à 13 abstentions, dont celles de la Suisse et d’autres pays européens.- Le Devoir Alerte au smog La Ville de Montréal a demandé hier aux citoyens de réduire rutilisation des poêles à bois et des cheminées en raison de l’avertissement de smog en vigueur depuis samedi.Le réseau de surveillance montréalais a observé une mauvaise qualité de l’air dans les secteurs de l’île où l’on compte une forte concentration de poêles à bois ou de cheminées.Au centre-ville de Montréal, la qualité de l’air a été qualifiée d’acceptable.Montréal estime à 100 (XX) le nombre de ménages utilisant des systèmes de combustion au bois sur l’île de Montréal.Le chauffage au bois représente l’une des principales sources d’émission de particules fines dans l’air, contribuant du même coup à la formation de smog hivernal.L’an dernier, Québec a signifié son intention d’adopter un règlement pour interdire la fabrication, la vente et la distribution de poêles à bois non certifiés par l'ACNOR ou par l’En-viroqmental Protection Agency des États-Unis.Montréal souhaite que le gouvernement aille de l’avant et que des incitatifs soient mis en place pour encourager les citoyens à remplacer leurs vieux équipements.- Le Devoir I, K I) K V 0 I R L E M A RDI I 3 J A N V I K R t 0 0 A 5 LES ACTUALITES Des expériences inquiétantes réalisées dans l’Antarctique LOUIS-GILLES franco; u r Le Secrétariat de la Convention sur la diversité biologique (CDB) estime que l’Allemagne devra expliquer pourquoi elle n’intervient pas pour rappeler le RV Polarstern, un navire battant pavillon allemand qui a largué les amarres le 7 janvier pour aller procéder à une expérience de fertilisation massive de l’océan Antarctique pour créer en mer un nouveau «puits de carbone» à fort potentiel commercial.«Les Parties à la CDB ont pris une position au début de 2008 qui interdit la fertilisation à grande échelle des mers.En vertu de cette décision, les pays ne peuvent autoriser que des projets à petite échelle et dans les eaux côtières.On s’attend à ce que les Parties à la convention agissent en conséquence et qu’elles expliquent si leurs décisions sont conformes aux règles adoptées», a déclaré au Devoir au début de la fin de semaine Olivier Jal-bert, un des adjoints principaux du Secrétaire général de la convention, Ahmed Djoghlaf.Le Secrétariat de la convention, ajoute M.Jalbert, suit le dossier du RV Polarstern par le truchement des médias, car il n’a aucun pouvoir de surveillance de projets comme celui du LOHA-FLEX.Ce dernier est piloté par le Dr Victor Smetacek qui le poursuit avec une équipe indo-allemande, qui récidive malgré deux tentatives sans grand succès.Le projet LOHAFEX fait toutefois beaucoup de vagues, d'autant plus que le moratoire de la CDB a été adopté à Bonn au début de 2008 sous la présidence du ministre allemand de l’Environnement, Sigmar Gabriel.Un moratoire similaire a aussi été adopté par la Convention de Londres sur l’Organisation maritime internationale (OMI) en cours d’année, qui régit le dumping de déchets en mer.L’OMI a resserré davantage en 2008 son moratoire en l’étendant à toute activité de fertilisation des océans, quelle que soit l’échelle, tant que ces activités n’auront pas été encadrées par des règles précises.Des recherches menées dans l’Antarctique ont démontré encore tout récemment que la fonte des glaciers libère dans les mers des quantités considérables de particules de fer charriées par les vents à haute altitude depuis des millénaires.En raclant le roc, les glaciers accentuent le phénomène.Ce fer est essentiel pour permettre l’éclosion des algues microscopiques qui emprisonnent en se développant des quantités astronomiques de carbone atmosphérique avant d’aller le déposer pour des millénaires sur les fonds marins.Selon Rob Raiswell, un géochimiste de l’Université de Leeds, en Grande-Bretagne, dont les propos ont été récemment rapportés par Spiegel on Line, la fonte des glaciers de l’Antarctique introduit annuellement 120 000 tonnes de fer dans les océans de l’hémisphère sud, ce qui soustrait 2,6 milliards de tonnes de CCL à l’atmosphère, l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre conjuguées du Japon et de l’Inde.Une partie des mers du sud accuse un déficit de fer, ce qui réduit leur productivité.Si l’on ensemençait les 50 millions de km- en question, soutenait le chercheur, on réduirait d’environ 12 % les émissions d’origine humaine tout au plus.Mais ce potentiel intéresse des entreprises qui ont flairé l’aubaine alors que les crédits d’émissions de GES vont valoir chaque jour plus cher d’ici 2012 en raison des obligations du protocole de Kyoto.Jusqu’ici, trois expériences d’ensemencement des mers ont été réalisées, dont deux en 2007 par l’Océan Nourishment Corpo-ratiop d’Australie et Planktos Inc.des Etats-Unis.Le projet LOHAFEX est le premier toutefois qui semble défier les règles internationales établies d’urgence en 2008 parce que les organismes onusiens craignent des proliférations d’algues indésirables, voire toxiques dans ces écosystèmes fragiles.Le Devoir Gang de rue Cinq présumés meurtriers d’une victime innocente échappent à leur procès La juge ordonne l’arrêt des procédures à la suite d’une bourde de la Couronne BRIAN MYLES Les cinq présumés meurtriers du jeune Raymond Ellis ont retrouvé leur liberté hier après que la juge Sophie Bourque eut décrété l’arrêt des procédures à la suite d’une bourde irréparable de la Couronne, qui a porté atteinte à l’intégrité même du système judiciaire.Ce fiasco est rendu possible grâce à un témoin hostile et parjure avoué, Wilkerno Dragon, que la Couronne a voulu piéger durant le procès.Principal témoin à charge du ministère public contre les cinq accusés, Dragon était au bar Aria, le 23 octobre 2005, lorsque des dizaines de jeunes associés au gang des bleus se sont rués sur Raymond Ellis et l’ont tué d’une douzaine de coups de couteau, après l’avoir pris à tort pour un rival.Vieillard incestueux Dans sa première déclaration aux policiers, Wilkerno Dragon reconnaît trois des cinq accusés (Ernso Théobrun, McClee Charles et John Tshiamala) comme les auteurs de l’agression.Il affirme même que Théobrun a poignardé Ellis.Au procès, il se ravise et il devient «hostile et récalcitrant», selon les termes de la juge Bourque.Dragon était au bar Aria, mais il n’a rien vu, sa mémoire lui fait défaut et, de toute façon, il n’accorde aucune importance au serment de dire la vérité.Le procureur de la Couronne, Louis Bouthillier, invoque alors un prétexte pour reporter le procès d’une semaine, afin de donner aux policiers le temps d’enquêter sur le parjure de Dragon, son principal témoin.Il s’agit là d’un manque de franc-jeu et de décence que la juge Bourque ne pardonne pas.«Tant le tribunal que la partie adverse ont été trompés, constate-t-elle.Tromper la partie adverse est inacceptable.» Les policiers profitent du report du procès pour effectuer une opération d’infiltration auprès de Wilkerno Dragon, qui est en prison pour une autre affaire.Selon les déclarations d’un informateur en prison, les bleus ont acheté le témoignage de Dragon pour 15 000 $.L’opération d’infiltration révèle par ailleurs que Dragon communique par gestes avec les accusés dans la salle d’audience.Une lettre saisie antérieurement dans sa cellule fait était d’un paiement de 15 000 $ de la part de l’un des accusés (McClee Charles), mais on ne connaît pas l’auteur de la missive.La preuve ainsi recueillie est irrémédiablement viciée, voire trompeuse.La Couronne possédait en effet des éléments factuels qui contredisaient la nouvelle preuve ou qui en affectaient à tout le moins la valeur probante.Mais en vertu du privilège consenti au ministère public dans la protection des informateurs, ces informations cruciales ne pouvaient pas être divulguées à la défense.Même la Couronne a reconnu le caractère intenable de cette situation, et elle a demandé la reprise du procès de zéro, en promettant d’exclure la preuve amassée lors de l’opération d’infiltration.Selon la juge Bourque, cette atteinte «des plus sérieuses à l’intégrité du système de justice» nécessite le plus sévère des remèdes, soit un arrêt des procédures.La poursuite a en effet «détourné» à son profit le privilège de l’informateur, en utilisant contre les cinq accusés «une preuve qu’elle sait trompeuse, dans le but de les faire condamner», estime-t-elle.Un procureur de la Couronne, Michel Pennou, a indiqué hier qu’il «prend acte» du jugement.Le ministère public dispose d’un délai de 30 jours pour porter la cause en appel.A défaut, Ernso Théobrun, McClee Charles, John Tshiamala, Evens Belleville et Cleveland Alexander-Scott ne pourront jamais plus être contraints de répondre de leurs actes pour 1^ meurtre de Raymond Ellis.A ce jour, un seul accusé a été reconnu coupable de meurtre non prémédité dans cette affaire.Il s’agit d’un mineur, GRD, qui purge une peine de prison à vie sans possibilité de libération avant sept ans.Le Devoir E N BREF Le juge fera connaître la sentence à la fin du mois JACQUES NADEAU LE DEVOIR Philippe Hamelin, 93 ans, sera fixé sur son sort le 27 janvier.BRIAN MYLES Aveugle, incontinent et atteint d’une maladie dégénérative semblable à la maladie d’Alzheimer, un homme de 93 ans reconnu coupable d’inceste et de voies de fait sur ses deux filles pose tout un défi à l’appareil judiciaire.Le juge André Perreault fera connaître le 27 janvier prochain la sentence de Philippe Hamelin, un briqueteur qui a violé et battu ses filles à répétition, il y a plus de 45 ans.Les deux femmes, toutes deux dans la soixantaine aujourd’hui, ne souhaitent pas que leur père se retrouve en prison.Elles l’ont dénoncé à la police afin de se libérer d’un terrible secret, et elles auraient bien voulu qu’il plaide coupable afin d’éviter ce débat fortement médiatisé.Le procureur de la Couronne, France Duhamel, a suggéré une peine de sept à neuf ans de pénitencier pour Hamelin, un vieillard en fauteuil roulant à demi sourd, dépressif et désorienté qui nécessite des soins médicaux trois à quatre heures par jour.Le pénitencier d’Archambault, à Sainte-Anne-des-Plaines, possède une infirmerie.La loi fédérale oblige les services correctionnels à fournir aux détenus les soins appropriés à leur condition médicale.Hamelin sera donc pris en charge s’il est incarcéré, bien que son cas soit qnique dans les annales carcérales du Québec.A l’heure actuelle, le plus vieux détenu au fédéral a 85 ans.L’avocate de Philippe Hamelin, Hélène Foussard, a suggéré plutôt une peine à purger dans la collectivité.Son client n’a aucun antécédent judiciaire, le risque de récidive est inexistant.D’ailleurs, même ses chances de réhabilitation sont milles compte tenu de son état de santé précaire.«Si vous condamnez mon client à une peine de sept ans de pénitencier, c’est une peine de mort.Il ne sortira pas!», a lancé M’ Foussard au juge Perreault.Depuis qu'il a été reconnu coupable des cinq accusations portées contre lui, en octobre dernier, l’état de santé de Philippe Hamelin s’est grandement détérioré.Il doit prendre des antidépresseurs, il s’isole et il passe l’essentiel de son temps à écouter la radio en égrenant des chapelets.Seul son fils lui rend encore visite.Les résidants du centre où il est hébergé ne lui adressent plus la parole depuis qu’ils ont appris sa sordide histoire.Les tribunaux s’intéressent peu à l'âge d’un criminel lors de l’imposition d’une peine, mais ils peuvent tenir compte de son état de santé et de son pronostic de vie.Le Devoir Consultation publique La démolition des Places L’Acadie et Henri-Bouras-sa, tristement célèbres pour leur insalubrité chronique, fera l’objet d’une consultation publique au cours des prochaines semaines.L’Office de consultation publique de Montréal a annoncé hier la tenue d'une soirée d’information le 28 janvier prochain.A compter du 18 février, les citoyens pourront présenter leurs mémoires sur le projet Rappelons que des centaines de constats d'infraction avaient été expédiés aux anciens propriétaires de ces immeubles en raison de l’insalubrité des lieux.La Ville de Montréal avait finalement convaincu les propriétaires délinquants de vendre le complexe résidentiel au Groupe Tyron.Celui-ci prévoit démolir la quasi-totalité des immeubles afin de construire 1300 logements sur le site.Comme le projet déroge à la réglementation d’urbanisme de l’arrondissement d’Ahuntsic-Cartierville, une consultation est nécessaire.- Le Devoir Dictionnaire autochtone Frédéricton — Des groupes autochtones et des éducateurs du Nouveau-Brunswick accueillent favorablement la publication d'un dictionnaire Pas-samaquoddy-Maliseet, la langue des peuples abé-naquis, penobscots et micmacs.Ce dictionnaire comporte plus de 18 000 entrées qui portent sur l’environnement social, physique, spirituel et émotionnel de ces communautés.Le coauteur de l’ouvrage, Robert A.Leavitt, un éducateur retraité de l’Université du Nouveau-Brunswick, dit espérer que ce livre deviendra plus qu’un outil de référence en indiquant qu’il pourrait très bien servir à rebâtir les liens avec la communauté et permettre aux autochtones qui ont délaissé leur langue de renouer avec leurs racines.Pour Imelda Perley, qui enseigne la langue Micmac-Maliseet à l’université, il s’agit d’un élément de préservation et de valorisation alors qu’il existe une crainte de voir disparaître cette langue qui est aujourd’hui maîtrisée par à peine 2 % de la population autochtone du Nouveau-Brunswick, du Maine et du Québec.- La Presse canadienne Internet en Gaspésie Cascapédia — Québec réserve une somme pouvant atteindre 1,5 million pour étendre la couverture de l’accès à Internet à haute vitesse à plus d’une quarantaine de communautés non desservies de la Gaspésie.Le Réseau collectif de communications électroniques et d’outils de gestion Gaspésie-îles-de-la-Madeleine sera promoteur du projet, lui qui a déployé le réseau de communication sur fibre optique à partir duquel l’ensemble des communautés de la Gaspésie sera desservi.la somme de Québec permettra au réseau de mener à tenue le processus de sélection d’une firme spécialisée, par un appel d’offres, et de réaliser l’ingénierie détaillée de la couverture d’accès Internet haute vitesse.- La Presse canadienne f V L E I) E V 0 I K .L E M A li l> 1 I H J A N V I E R 2 (» 0 !1 i\ () EDITORIAL CONFLIT A GAZA Qui perd gagne Après plus de deux semaines de conflit et sa cohorte de morts, voilà que le gouvernement israélien est partagé entre des ministres voulant observer une trêve et un premier ministre allié aux militaires qui entendent poursuivre.Et ce, au risque de fragiliser davantage l’Égypte ainsi que la Jordanie tout en favorisant une radicalisation du Hamas.algré un usage soutenu d’avions, de tanks et autres, l’armée israélienne n’est pas parvenue à entamer la capacité d’action du Hamas.Certes, celle-ci a été quelque peu gommée, mais pas autant que prévu, ainsi qu’en témoigne notamment le fait suivant: la quasitotalité des leaders politiques et militaires du Hamas présents à Gaza sont toujours libres de leurs mouvements.Ajoutons à ce fait un rappel: la haute direction est basée à Damas en Syrie.À Damas, si loin de Gaza, si commode pour l’Iran.Alors que s’amorce une autre semaine de feu et de sang, le seul responsable côté israélien qui peut trouver matière à satisfaction s’appelle Éhoud Barack, ministre de la Défense, qui, à un mois des élections législatives, a vu sa popularité grimper en llèche.Pour le reste, le moins que l’on puisse dire, c’est que l’offensive commandée s’est traduite par une série de revers politiques pour Israël.Commençons par l'Égypte et la Jordanie, soit les seules nations de la région à avoir signé un traité de paix avec Israël.Et alors?Les gouvernements de ces pays sont anxieux, très inquiets, car ils craignent que la solution envisagée pour clore un conflit qui perdure depuis soixante ans, à savoir deux États indépendants, ne vole en éclats dans les mois qui viennent tellement «la rue arabe» est en colère contre Israël, mais aussi contre eux, les Hosni Moubarak d’Égypte et le roi Hussein de Jordanie.Autant l’étoile de ces derniers a pâli, autant le Hamas, l’Iran, la Syrie et le Hezbollah ont gagné en prestige, en crédibilité auprès des populations arabes.Or ce quartette, c’est à retenir, est toujours opposé à une issue diplomatique telle quelle est définie et balisée dans la feuille de route.Et il s’y opposera tant et aussi longtemps qu’il sera tenu à l’écart des pourparlers.Autre victime, et non des moindres, le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.Dans son cas, c’est tout simple, son influence au sein de l’univers palestinien s’est passablement réduite au cours des quinze derniers jours.D’autant qu’il a usé d’un subterfuge juridique pour se maintenir en poste après le 9 janvier, date à laquelle se terminait son mandat de président.Toujours est-il qu’en Cisjordanie, son royaume si l’on peut dire, les derniers affrontements entre partisans du Eatah et du Hamas ont été plus sanglants qu’antérieurement.Bref, là aussi, la division règne.Toutes ces réalités politiques, ces variables géopolitiques considérées permettent d’ores et déjà de remettre en question l’objectif poursuivi par Israël et les moyens choisis pour y parvenir.À l’évidence, ce n’est pas demain la veille que le but consistant à éradiquer le Hamas sera atteint.Surtout, ce n’est pas demain la veille que l’Iran va laisser en jachère le capital de sympathie acquis lors de la guerre au üban en 2006 et ces jours-ci.Qu'on se le dise, l’Iran a détrôné l’Égypte comme puissance politique de la région.Serge Truffaut ASSEMBLÉE NATIONALE La voix d’Amir Khadir Li Bernard Descôteaux Assemblée nationale reprend ses travaux aujourd'hui, l-a chose est exceptionnelle et a pour cause la récession qui commence à frapper le Québec.Pendant ces trois jours que durera cette brève session, il y aura surtout des discours parmi lesquels se fera entendre une nouvelle voix, celle d'Amir Khadir, premier député de Québec solidaire.Sa voix, a-t-il promis, sera celle des «mal pris».Ce premier siège gagné sera le tremplin qu’attendait ce jeune parti pour élargir sa base électorale qui, avec seulement 4 % de l’ensemble des suffrages exprimés au dernier scrutin, demeure marginale.Connaissant bien les contraintes de notre système électoral, Québec solidaire avait centré ses efforts dans deux circonscriptions pour tenter de faire élire ses deux porte-parole, Françoise David et Amir Khadir.Mercier s’est révélé un terreau fertile pour ce dernier.Ce premier pas franchi, Québec solidaire peut entretenir de grands espoirs.Même s’il sera seul parmi 125 députés, Amir Khadir aura l’occasion de prendre la parole à l’As-jp ‘ \ semblée et en commission parlementaire, pas souvent, mais tout de même régulièrement.4î Mte — Surtout, il pourra, chaque jour de la session, commenter l’actualité auprès des journalistes de la tribune parlementaire.Avec le bagout qui est le sien, les micros se tendront souvent.De bonnes causes à défendre, Amir Khadir n’en manquera pas.Dans le contexte économique où s’annonce une augmentation du nombre de chômeurs, les «mal pris» seront nombreux.Entendre quelqu’un se porter à leur défense leur plaira d’autant plus que, victimes de l'échec du néolibéralisme, ils entendront quelqu’un dire ce qu’ils ressentent.Québec solidaire ne pouvait espérer contexte plus fertile aux idées de gauche.Ce qui est une bonne nouvelle pour Québec solidaire en sera une moins bonne pour le Parti québécois vers qui les «mal pris» se tournaient auparavant.Même s’ils votaient parfois à leur corps défendant pour les candidats péquistes, ils n’avaient pas d’autre choix.Perdre à gauche 4 % des voix comme le 8 décembre n’est pas trop dommageable, mais si cela devenait 10 ou 12 %, ce pourrait être assez pour priver le Parti québécois d’une victoire à la prochaine élection.Il aura le choix entre tenter de repousser Québec solidaire dans ses retranchements ou se déplacer vers le centre.Pour sa chef, Pauline Marois, ce sera un dilemme difficile à trancher.Pour sa part, le Parti libéral ne demandera pas mieux que de favoriser la montée de Québec solidaire.Amir Khadir deviendra, par sa présence à Québec, la voix officielle de Québec solidaire.Françoise David sera repoussée dans l’ombre.De nombreux pièges le guettent.D’abord celui de devenir une vedette instantanée.Puis celui de dire n’importe quoi n’importe quand.I.e discours comme le geste peut être extrémiste.Déjà, on le voit participer à de nombreuses manifestations et son lancer du soulier devant le consulat américain à Montréal en a choqué plusieurs.Enfin, il devra éviter le piège des clichés de la pensée magique.Sa capacité à renouveler le discours politique de gauche déterminera s’il pourra être plus qu’une étoile filante dans le ciel politique du Québec.bdescoteaux®lede voir, com LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA EE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l'information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND &Pt$ !>£ fAiWMtÇATjgNÇ ÊNCORÊ wn MESSAfrT VE MARCfL ?| I WN UN \ Çjn \ tî PAumSS J LETTRES Au pays de F «or dur(e)» Les timides et exceptionnelles avancées de la Ville de Montréal en matière de compostage domestique (Le Devoir \z 7 janvier) , toutes louables soient-elles, ne doivent pas trop facilement faire oublier la gravité du problème de la monstrueuse production d’ordures enfouies discrètement dans les dépotoirs dont on voit si peu d’images médiatisées.Cela déborde en périphérie, près de zones résidentielles que des promoteurs ont pu, avec l’absolution des administrations de banlieues, dont La-chenaie est un exemple, développer en toute impunité.L’exception plateau Mont-Royal ne doit pas servir d’arbre cachant la forêt comme c’est si souvent le cas avec la question environnementale: devant la gravité de la situation, Montréal affiche de piètres résultats en matière de récupération et de prévention du gaspillage des matières premières, et le prix sur le marché des matières recyclées dégringole.Pourtant, de petits miracles s’opèrent dans la conscience des citoyens, et l’on en voit la preuve dans les quartiers: poser son bac vert sur le trottoir est devenu un automatisme pour plusieurs; mais le peu d’égard avec lequel s'effectue la collecte à Montréal, les matériaux classés se retrouvant pêle-mêle dans des camions pilotés par le privé (.), laisse présager le pire quant à la destination réelle de ce supposé précieux produit de nos efforts pour préserver l’environnement France Marcotte, Montréal, le 7 janvier 2009 L Deux poids, deux mesures Le gouvernement Charest vient à nouveau de démontrer à quel point il tient peu en estime la population et l’eqsemble des employées et employés de l’État En accordant de façon totalement discrétionnaire, sans aucune autre norme que son bon vouloir, une indemnité de départ de 137 000 dollars à Claude Mailhot,,ex-sous-ministre adjoint au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport, il applique une fois de plus la logique qui l’a animée jusqu’à présent dans la gestion du personnel de l’administration publique: deux poids, deux mesures.D’un côté, on accorde de généreuses indemnités de départ et des primes au rendement sans que l’on sache trop en vertu de quelles règles on le fait.De l’autre, on refuse de reconnaître pleinement l’expérience et la scolarité à l’embauche, de dégeler les salaires et de recormaître le travail de l’ensemblç des professionnelles et professionnels de l’Etat à sa juste valeur en leur imposant une perte de pouvoir d’achat jusqu’en 2010.C’est ce type de gestion à la pièce qui est à l’origine des importants problèmes d’attraction et de rétention de main-d'œuvre que plusieurs ministères et organismes gouvernementaux éprouvent.(.) Li nouvelle présidente du Conseil du trésor a une occasion en or de mettre de l’ordre dans la gestion des services publics en mettant fin à des pratiques inacceptables.Elle doit aussi profiter de cette occasion pour convaincre ses collègues du cabinet qu’une fonction publique efficace et rémunérée IBRE OPINIO Crise énergétique Russie-Ukraine, M.BENHADDADI Expert en énergie, professeur associé à l’Ecole polytechnique de Montréal.Laideur vient de publier, avec G.Olivier, Dilemmes énergétiques.JJ ai vécu une année en Russie et dix en Ukraine.Il est vrai que, durant ces années-là (1975-1986), ces deux pays n’en formaient qu’un seul.Mais, à l’époque déjà, le sentiment nationaliste était assez fort en Ukraine occidentale russo-phobe alors que l’Est était plutôt russopho-ne.Je me rappelle même, au cours d’une visite à Lvov (Ukraine occidentale), d’un restaurant où l’on a refùsé de nous servir, car on s’exprimait en russe.Avec l’éclatement de l’Union soviétique en 1991, l’Ukraine est devenue un pays indépen-dant.Tout comme la Russie, ce pays est peuplé majoritairement de chrétiens orthodoxes.Mais, contrairement à la Russie, l’Ukraine a très peu de ressources énergétiques.Pourtant, héritage du passé soviétique, le bilan énergétique de l’Ukraine fait ressortir la place prépondérante qu’y occupe le gaz naturel, qui ne couvre pas loin de 50 % de l’ensemble des besoins énergétiques du pays.Aussi, l’Ukraine est le huitième consommateur mondial de gaz (derrière le Canada), sauf qu’il est à 77 % importé, majoritairement de Russie, mais aussi du Kazakhstan, de l'Ouzbékistan et du Turkménistan.La chicane russo-ukrainienne concernant le gaz ne date pas de cette année.Tel un leitmotiv, elle est revenue comme un rituel, depuis celle de 2005-2006.Il faut savoir que, contrairement aux autres pays européens qui sont alimentés en gaz russe avec des accords à long terme, la question avec l’Ukraine se pose différemment.Les accords gaziers russo-ukrainiens se font sur une base annuelle et à un coût nettement inférieur à celui du marché.Cela n’est pas une offrande, mais le résultat de négociations qui prennent en considération un certain nombre de facteurs, dont le plus important est que 80 % du gaz russe livré à l’Europe transite par l’Ukraine.La Russie a fermé ses vannes de gaz pour l’Ukraine après l’échec des négociations entre Gazprom qui a proposé un prix de 250 $ pour 1000 m3 de gaz et Naftogaz prêt à payer 235 $ (contre 179,5 $ en 2008) mais en revalorisant de 10 cents par 1000 m ; et 100 km le prix de transit par le territoire ukrainien du gaz russe livré à l’Europe.Après l’échec des conciliabules, Gazprom fait dans la surenchère en exigeant désormais un tarif de 450 $ pour 1000 nr', in prix supérieur à celui facturé aux autres pays européens (418 $ pour 1000 m3 en 2009).Aussi, à la suite de la baisse constatée dans l’approvisionnement de plusieurs pays (Bulgarie, Hongrie, Pologne, Roumanie, République tchèque), Moscou accuse Kiev de siphonner une partie du gaz destiné à ces autres clients.Ce qui mérite d’être souligné, c’est que, cette fois-ci, l’Union européenne est en train d’adopter une politique équilibrée et surtout que viennent de reprendre les négociations avec les Russes pour un partenariat privilégié, avec en point de mire une sécurisation des approvisionnements énergétiques de l’UE.Il faut savoir que le conflit avec l’Ukraine est une question de second ordre pour la Russie.Ce pays est davantage obnubilé par son désir de réorganiser le marché gazier international.A cet effet s’est tenue le 23 décembre 2008 à Moscou la rencontre des membres du Forum des pays exportateurs de gaz (FPEG).A cette rencontre ont pris part une quinzaine de pays qui ont ré- convenablement est un puissant atout pour le Québec.Saura-t-elle saisir cette occasion?Gilles Dussault Président, Syndicat de professionnelles et professionnels du gouvernement du Québec Le 9 janvier 2009 Merci, Jean Pelletier Grâce a lui, l’orgue de 1753 sonnera de nouveau à Québec.Jean Pelletier aura contribué de façon exceptionnelle à cette réalisation, selon les mots de Jacques Joli-Cœur, «de ce rêve fou de redonner à Québec l’orgue de sa cathédrale incendié lors des bombardements de 1759».Cet orgue, dont les devis et lettres échangées entre Paris et Québec ont été récemment retrouvés, est actuellement en reconstruction.Il s’agit de la renaissance inespérée d’un important élément de patrimoine offert en «cadeau permanent à Québec».Il sonnera en mai prochain dans l’ex-chapelle du Petit séminaire du Musée de l’Amérique française.Son inauguration sera l’occasion de souligner le rôle et la contribution de particuliers aussi bien que d’organismes privés et publics d’ici et de France.Jusqu’à la toute fin, M.Pelletier aura collaboré et suivi les étapes de campagne de financement, la collaboration avec le Musée de la civilisation et le début des travaux de reconstruction.Affichant courage et détermination.[.] Hubert Laforge Président de la E'ondation du patrimoine laurentien Le 10 janvier 2009 N acte II affirmé que leur but est de coordonner leurs politiques pour garantir un «équilibre indispensable entre les fournisseurs de gaz», alors que le premier ministre Vladimir Poutine a profité de cette tribune pour réaffirmer que l’ère du «gaz bon marché touche à sa fin».Cela dit, il me semble que le pari russe de créer une organisation de type OPEP du gaz est loin d’être gagné pour au moins trois raisons majeures: le marché du gaz est encore continental et ne peut sensiblement évoluer qu'à très long terme, avec le développement du marché du GNL (gaz naturel liquéfié).La 2* raison est que la Russie n’inspire pas confiance aux pays de l’OPEP qu'elle refuse de rejoindre et refuse de souscrire à la politique de baisser sa production de pétrole pour empêcher l’effondrement des prix.La 3' raison est qu’aucun pays exportateur de gaz ne souhaite la constitution d’une organisation gazière où la Russie tirerait toutes les ficelles ou jouerait le même rôle que celui de l’Arabie Saoudite au sein de l’OPEP Pour revenir à l’Ukraine, malgré sa volonté d’intégrer l’OTAN et son appui ostensible à la Géorgie, la Russie présente le contentieux comme un litige commercial, ce qui est probablement vrai.Dans le même temps, une solution rapide me semble dans l’intérêt des deux parties.Noël est une fête de famille, et les orthodoxes la fêtent généralement avec faste, le 7 janvier.Si une réconciliation totale entre les deux pays orthodoxes est d’ici là utopique, le litige comrqercial peut trouver une solution rapide.A défaut, les deux pays peuvent se rattraper à l’occasion du Nouvel An orthodoxe, le 13 janvier.Les deux parties vont y gagner, singulièrement en crédibilité où ils ont toute une pente à remonter.Ill f ( * L E I) E V 0 1 R , L E M A RDI 1 A .1 A N V I K R 2 0 II II A 7 Israël ou le concept IDEES de démesure M /;•?//: ff/if ' ¦M’t ' mm ms l*!*l,f* !i|> U uv » nm 11rs m t f*s4- «K» f MAHMUD HAMS AGENCE FRANCE-PRESSE LISE NOËL Historienne, auteure de L’Intolérance.Une problématique générale, éditions Boréal/Le Seuil omme pour le conflit qui a opposé le Hezbollah libanais et Israël à l’été 2006, les critiques internationales reprennent aujourd’hui l’accusation de riposte démesurée de la part de ce dernier contre le Hamas à Gaza.Sans nuances, on compare le nombre de morts des deux côtés et les moyens militaires dont chacun dispose.Et l’on s’indigne.Deux formes de disproportion sont cependant passées sous silence.La première porte elle-même sur une question de nombre.Il y a dans le monde 1,5 milliard de chrétiens et plus de 1,3 milliard de musulmans.De juifs il ne reste que 13 millions, 13 millions dont environ la moitié vit en Israël et l’autre, dans la diaspora.Six autres millions ont déjà été victimes d’un génocide, soit 78 % des juifs d’Europe.Aujourd’hui, les islamistes reprennent le flambeau de l’antisémitisme, qu’ils soient chiites, comme les dirigeants iraniens, ou sunnites, comme le Hamas dont la charte réclame non seulement la destruction d’Israël, mais la mort de chaque juif de la planète.L’indignation sélective La seconde manifestation de démesure tient à l’ampleur de la couverture médiatique dont les Israéliens font l’objet et au caractère éminemment sélectif de l’indignation que les mondes chrétien et musulman expriment à leur endroit.Un exemple: alors que Le Devoir du 30 décembre dernier prenait plus de la moitié de l’espace de la une pour couvrir le conflit israélo-palestinien avec le titre «Israël est déterminé à écraser le Hamas», une nouvelle rapportant un «Massacre à la machette» de femmes et d’enfants, dans le nord de la République démocratique du Congo (RDC), était reléguée en page A 5.Ce n’est que de façon ponctuelle encore que l’on rapporte les tueries, les amputations massives, les viols systématiques et les rapts d’enfants que l’on drogue pour en faire des soldats, toutes atrocités qui constituent le lot de la RDC depuis plus de deux décennies, particulièrement dans le Nord-Kivu.Partout, en Afrique, les femmes et les enfants sont ciblés.Comme en Somalie, Etat dysfonctionnel qui génère les pirates de la mer.Comme au Darfour, dont personne n’a cure, malgré un génocide caractérisé.Et que dire du Zimbabwe, fief de Mugabe («Je suis le Zimbabwe»), qui nie les ravages du choléra?Qui songe aujourd’hui à l’étau que continue de serrer la junte birmane autour de son peuple, junte qui vient de condamner à 45 ans de prison une vedette populaire locale pour avoir aidé des victimes de l’ouragan qui a dévasté le pays?Et aux Coréens du Nord, sans cesse menacés de famine?Et aux Tibétains, qui ne font plus les manchettes?Les bourreaux des musulmans Comme d’autres groupes ethniques, nationaux ou religieux, les musulmans sont victimes de despotes locaux, d’Etats voisins ou d’autres groupes ethniques et religieux.Leurs oppresseurs sont laïques, telle la Chine communiste qui persécute les Ouïghours, ou l’ex-dirigeant soviétique Islom Karimov dont la répression en Ouzbékistan est si féroce qu’un diplomate britannique a cru, en vain, devoir la dénoncer.Quant aux chrétiens.Outre un Pierre Val-lières qui s’est rendu sur place, qui, au Québec, est descendu dans la rue pour protester contre le massacre des Bosniaques par des catholiques croates et des Serbes orthodoxes?Qui s’est indi- gné par la suite de l’exode des Kosovars provoqué par ces derniers?Aujourd’hui même, quelle gauche juge bon de manifester pour attirer l’attention de la «communauté internationale» sur le lent génocide des Tchéchènes perpétré par d’ex- soviétiques devenus chrétiens orthodoxes?Et qu’en est-il des musulmans qui oppriment d’autres musulmans?Comment oublier l’Algérie, ses centaines de milliers de morts, ses familles entières décapitées, enfants y compris, ses femmes enlevées et réduites à l’esclavage sexuel, sa population coincée pendant des années entre des militaires sans scrupules et des fanatiques islamistes qu’elle qualifiait de «forces de la tristesse»?Qui dénonce aujourd’hui la barbarie médiévale des talibans, la dictature de potentats arabes richissimes et corrompus ou la répression exercée par le pouvoir iranien qui a torturé à mort la Québécoise Zahra Kazemi (se souvient-on seulement d’elle)?On sait encore le sort des Kurdes musulmans pris en tenailles entre des Turcs sunnites, après l’avoir été dans celles des baasistes irakiens de Saddam Hussein.Et le Darfour toujours.Bien que musulmanes et sunnites, deux millions de personnes n’ont-elles pas été déplacées, des centaines de milliers d’autres tuées, et ses femmes délibérément violées par des forces soudanaises elles-mêmes musulmanes?Où est l’intervention de la «communauté internationale», où sont les protestations de la gauche occidentale?Ainsi, des musulmans exterminent des musulmans, des athées persécutent des musulmans, des chrétiens massacrent des musulmans, et tout cela ne suscite que de l’indifférence ou des sursauts de révolte sans lendemain.La paille et la poutre Mais arrive-t-il que des juifs entrent en conflit avec des musulmans, alors là il n’y a pas de mots assez durs pour les pourfendre, jour après jour, les journaux en font leur une, la gauche descend dans la rue, la «communauté internationale» s’indigne.En 2006, des syndicats canadiens et québécois, ainsi que des universités américaines ont même appelé au boycottage commercial contre Israël.Une association sportive internationale souhaitait bannir ses athlètes et des chercheurs britanniques, ses intellectuels.Le caractère fort sélectif de cette indignation, la variation du degré de sympathie accordé aux victimes musulmanes en fonction de l’identité de leur oppresseur, l’application de la loi des deux poids, deux mesures dans le refus obstiné d’écouter les justifications d’Israël par rapport au souci marqué d’excuser les djihadistes qui font sauter des trains à Madrid, des métros à Londres, des avions à New York, et qui ciblent délibérément des civils en Israël, tout cela ne manque pas d’être troublant.Il ne s’agit pas de prétendre que le comportement d’Israël est toujours impeccable, et il est parfaitement légitime d’en faire la critique.Mais, s’il y a démesure dans cette histoire, elle n’est pas là où l’on croit.Un sérieux examen de conscience s’impose à gauche.Les juifs ne constituent que 0,0024 % de la population mondiale.Leur histoire leur a appris à ne compter que sur eux-mêmes.Dix tribus sur douze ont disparu lors de l’exil à Babylone.Sous les Romains, leur pays a été détruit et une grande partie de la population, dispersée dans l’empire.Au Moyen Age, cette diaspora a connu des persécutions fréquentes, persécutions qu’accentuèrent les Croisades et l’Inquisition espagnole.Puis vint le XX" siècle.et l’Holocauste.Où était alors la communauté internationale?Les Israéliens ont tiré la leçon de son silence, d’autant plus que des voix s’élèvent à nouveau, en Occident et chez les islamistes, pour réclamer l’annihilation des juifs.Que l’on ne s’étonne pas qu’Israël se défende avec l’énergie du désespoir! Un homme sur deux est une femme?CÉLINE LABROSSE Linguiste-chercheuse et auteure de Pour une langue française non sexiste ue l’on s’intéresse aux problèmes de grossesse chez l’homme, aux découvertes des grands hommes, à la carrière des gentilshommes et des prud’hommes, ou encore aux droits de l’homme, la même interrogation surgit inéluctablement: le mot homme inclut-il les femmes?Cette question, abordée de la perspective linguistique, fut largement débattue au Québec il y a une bonne trentaine d’années et réglée dans les années qui s’ensuivirent.Voilà que la France s’y met à son tour, apprend-on à la lecture de la chronique de, Christian Rioux du 19 décembre dernier, puisque la secrétaire d’Etat aux Droits de l’homme, Rama Yade, envisage de changer le nom de son secrétariat afin qu’il représente mieux les uns.et les unes.Traditionnellement à la remorque du Québec en matière de langage non sexiste, la France a fait l’objet de sarcasmes et de railleries au cours des dernières décennies dès qu’il s’est agi d’apporter quelque modification que ce soit à la langue française qui réserverait une plus grande visibilité à ses citoyennes.L’émergence des titres féminins a d’ailleurs, à elle seule, suscité son lot de plaisanteries et de quolibets de tout acabit, où notamment la pensée, les réflexions, les analyses et les recommandations des membres de la Commission de terminologie française chargée de la féminisation des noms de métier et de fonction furent invariablement dénaturées.L’abondante littérature sur le sujet en fait largement foi.Et pourtant, que l’on se rappelle les aberrations sémantiques auxquelles donnèrent lieu la résistance aux titres féminins, du type «le député en robe de soie, la grossesse de ce pompier, le soldat mère de famille, ce contrôleur est aussi femme d’affaires», qui ébahissent aujourd’hui par leur caractère obsolète, ou encore les syllepses et incongruités grammaticales telles que «Le docteur Solange T.avait été chargée.(1988), Mme le Maire-Présidente (1991), L’ancien député socialiste battue aux élections (1988), Cet inspecteur des finances, élue député en 1988, puis chargée de mission (1991)» qui disparurent au fur et à mesure de l’implantation desdits titres féminins.On en est maintenant au mot homme.M.Rioux a bien raison de mentionner que ce mot désigne en français le genre humain depuis au moins l’an 980 de notre ère.Or, il faudrait ajouter que le sens d’«individu mâle» date de la même époque.En réalité, alors que le latin distinguait l’être humain (homo) de l’être humain mâle (vir), le français confondait ces deux acceptions en une seule entité: l’homme.Comment donc croire que cette cooccurrence n’ait pas pu mener à une confusion éventuelle des genres, voire ultimement à un déni du genre féminin?Les recherches abondent en ce sens, démontrant une nette interprétation du mot homme et des noms communs masculins de personnes en faveur des citoyens, et conséquemment au détriment des citoyennes.L’harmonisation de la langue française aux nouvelles réalités sociales trouve ici sa défense la plus solide.Que l’on songe aux locutions et tournures telles que l’homme de l’année, l’homme de la rue, chasse à l’homme, parole d’homme, mort d’homme et ainsi de suite qui se sont alors modifiées graduellement et naturellement en personnalité de l’année, gens de la rue, poursuite policière, parole donnée (parole d’honneur), mort de vie humaine (perte de vie humaine).De nos jours, qui présenterait spontanément sa consœur comme un homme de loi, de science ou d’Etat, un grand homme, un homme de parole?En 1986, ce qui devait être désigné à l’origine comme le Musée national de l’homme à Gatineau connut l’appellation finale Musée canadien des civilisations.Quant à l’expression droits de l’homme, elle «trouve son origine dans la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, [laquelle] proclamait des droits ne s'appliquant pas aux femmes et qui ne considérait nullement ces dernières comme des êtres humains égaux aux hommes», écrivait Amnesty International en mars 1998, incitant corollairement les pays francophones à lui substituer l’expression droits humains.Qu’importe que l’on opte pour droits de la personne ou droits humains, les deux renvoyant semblablement aux deux genres.C’est au gré des pays, des organismes, des philosophies, des contextes.Dans tous les cas, toutefois, on en trouvera toujours qui s’opposeront à cette évolution en invoquant que l’une ou l’autre formulation egt soit un anglicisme, soit une dénomination copiée sur celle de l’Eglise catholique (alors qu’étonnamment, c’est plutôt l’Église qui a suivi le mouvement!), soit encore du langage politiquement correct ou une création des idéologues de la langue, ou que sais-je encore.lu palme revient sans doute, à cet égard, au ministre français Jacques Toubon qui, en 1997, alléguait que le mot personne n’était pas du français, alors qu’il s’opposait à son emploi en lieu et place d’homme dans le serment que devaient prononcer les membres d’un jury, à qui l’on demandait de faire preuve de «l’impartialité et de la fermeté qui conviennent à un homme probe et libre».Le mot personne a finalement été adopté en dépit de l’opposition du Garde des Sceaux.Enfin, le correspondant du Devoir à Paris, M.Rioux, s’inquiète d’une remise en question éventuelle des dérivés d’homo qui, répé-tons-le, signifie pourtant «être humain»: homo sapiens, hominidés, homicide, voire le pronom on.Pourquoi appréhender ce qui n’est pas dans l’air du temps ni même à l’horizon?En somme, l’usage du mot Homme, avec ou sans majuscule initiale du reste inaudible, a décliné progressivement au sens d’être humain, au point d’être révolu de ce côté-ci de l'Atlantique.Saluons l’initiative de la France d’emboîter le pas, malgré quelques vents contraires qui s’élèveront bien quelque part.Au final, les deux genres se sentiront partie prenante de la langue française et «une personne sur deux» pourra y désigner librement un homme ou une femme.Réponse du journaliste Madame, vous prétendez la question «réglée» au Québec.Elle ne l’est pourtant pas plus qu'en France.Pour le Grand dictionnaire terminologique de l’Office québécois de la langue française, droits de l’homme est la seule traduction exacte de human rights.«Le terme droits de la personne rend moins parfaitement [.] la connotation formelle et universelle [économique, sociale]» de ces droits, disent les linguistes qui savent que la question est autrement plus complexe que la féminisation des titres de fonctions.En évacuant l’homme, on se débarrasse inévitablement avec lui des humains, de l’humanité et de l’humanisme.Des idées qu’il n’est pas aisé d’exprimer autrement sans en diminuer le sens.Christian Rioux L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION InforniHlioii ji^nérali' et métropolitaine : Gétuld Dallait r (adjoint an direrlpur dp l'information!.Mil rit Andrée Clloulmtrd (Pdilomilo.tr rrsponsable dp la page ldpr\ J Stéphane Hnilltiiyeini (gfnfraP.Clairnntlrée Cauehy (pdnraitnn 1 1 ennnt Corrivenvi ( affaires municipales), Fabien Deglise (consommation), Jean Dion (sports), Dniis-Ciilles Fninconir (environnement), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (Justice et faits de société), Diuise-Maude Rioux Soticy (santé), Alexandre Shields (général >, I1iili|>pe Papineau (pupitre) , information politique Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzettl et Alee Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Kobitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Ix'Vesque (reporter) .information culturelle Michel Hélait (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauclmn (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres).Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) : information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), François Desjardins (reporter), Fric Desrosiers (reporter), 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Barack Obama, mais il l’a aussi prévenu qu’il allait au-devant de «critiques et de déceptions, comme lui».Devant les journalistes, George W.Bush a semblé incapable d’admettre des erreurs significatives.Le moment le plus intense s’est présenté à l’instant de défendre son bilan de la guerre contre le terrorisme.«Tous ces débats se tairont s’il y a une nouvelle attaque sur le sol américain», a-t-il dit Aux critiques qui l'accusent d’avoir porté atteinte à l’autorité morale des Etats-Unis dans le monde, il a tout simplement répondu: «Je ne suis absolument pas d’accord.» L’équipe d’Objima donne priorité à la restauration de l’image des Etats-Unis sur la scène internationale.Cependant il a reconnu pour la première fois son erreur d’avoir crié victoire dans la guerre en Irak, en 2003, sur le pont d’un porte-avions portant une bannière proclamant «mission accomplie».Certains aspects de sa rhétorique, qualifiée de «diplomatie de cow-boy» par plusieurs, étaient d’autres faux pas, a-t-il concédé.Finalement, il a évoqué le fait que sa décision d’entreprendre une réforme de la sécurité sociale s’était produite à un moment inopportun et que l’immigration aurait dû recevoir la priorité.Sur la gestion de l’ouragan Katrina à La Nouvelle-Orléans en 2005, Bush a dit s’être longuement interrogé après coup: «Aurais-je pu faire autrement, comme faire atterrir Air Force One?» Non, selon lui, car sa protection sur place aurait détourné les forces de l’ordre de la gestion de la crise.«By a eu des déceptions», a souligné le président.Le scandale des mauvais traitements à la prison américaine d’Abou Ghraïb en Irak en fut une «énorme», tout comme l’absence d’armes de destruction massive dans le pays.«Je ne sais pas si vous appelez ça des erreurs ou pas, mais ce sont des choses qui, disons, ne se sont pas passées comme prévu», a-t-il dit aux journalistes dont plusieurs l’ont suivi pendant les huit dernières années.«Oui» à Obama pour l’économie Avant de se retirer, George W.Bush a accédé à la demande de Barack Obama de débloquer la deuxième moitié du plan Tarp (Troubled Asset Relief Program), soit 350 milliards de dollars, afin qu’il puisse réagir en cas d’aggravation de la situation du système financier américain.Le président élu a précisé que son administration mettrait l’accent sur l’aide à apporter aux ménages frappés par les saisies immobilières et sur les petites entreprises, contrastant avec l’usage qu’avait fait l’administration Bush du premier volet du plan.Les fonds avaient servi à recapitaliser les banques mises à mal par la crise du crédit, afin qu’elles puissent recommencer à prêter.Le Congrès, qui doit entériner cette demande, dispose de 15 jours pour rendre sa décision.George W.Bush, dont le deuxième et dernier mandant se terminera le 20 janvier prochain, fera jeudi soir ses adieux à ses compatriotes lors d’une allocution télévisée.D prendra la parole pendant 10 à 15 minutes devant un auditoire à la Maison-Blanche, a précisé sa porteparole, Dana Perino.«Ce ne sera pas un chant du cygne pour [’administration Bush, même si ce dernier défendra son bilan [.]», a expliqué Perino.«Le président sortant ne cherchera pas à revivre des batailles qui appartiennent désormais au passé.Ce sera une intervention réfléchie, qui se projette dans l’avenir et dans laquelle il tirera les leçons du passé et énoncera ses idées sur l'avenir.» Que fera-t-il le premier jour de sa nouvelle vie?«Je pense que je ferai du café à [ma femme] Laura et que je le lui apporterai», a-t-il confié aux journalistes.Mais il ne peut envisager l’oisiveté.«Je ne peux pas m’imaginer en chemise hawaïenne, assis sur une plage, a dit le président, surtout depuis que j'ai cessé de boire», faisant pour une rare fois référence à son alcoolisme passé.Le Devoir Avec Reuters et l'Agence France-Presse EN BREF L’Arctique convoité Edmonton — Une nouvelle politique des États-Unis sur l’Arctique, rendue publique hier, représente un défi majeur pour les Canadiens qui doivent établir leur contrôle sur la région avant les Américains, selon un universitaire de Calgary, le président George W.Bush a signé le document vendredi et l’a présenté hier, quelques semaines après le dépôt d’un rapport similaire de l’Union européenne.Le professeur de l’université de Calgary Rob Huebert a dit croire que cela prendrait des années avant que les États-Unis n’établissent leur présence dans l'Arctique, et que le Canada devait dans l’intervalle montrer à son voisin du sud qu’il peut prendre la responsabilité d’une frontière du nord sécuritaire et bien réglementée.In politique américaine ne laisse aucun doute sur la volonté des États-Unis de protéger sa sécurité et de demeurer un joueur majeur dans l’Arctique sans égard notamment aux sensibilités canadiennes.Elle fait état de l’irpportanee de «protéger des intérêts essentiels des Etats-Unis».«C’est un message très clair que les Américains envoient au reste du mande quant au contrôle de l’Arctique», a affirmé M.Huebert.-Im Presse canadienne Rectificatif Une faute d'inattention nous a fait mal orthographier le nom du comédien Daniel Gadouas dans l’entrevue publiée samedi dernier en une de notre cahier Culture et portant sur Ij> Pillowman de Martin McDonagh qui prend l’affiche à La Licorne; toutes nos excuses.EX-CENTRIS SUITE DE LA PAGE 1 avant-gardiste des salles permettait au départ d’explorer de nouvelles avenues, mais en se concentrant sur les films, il devenait impossible de diffuser d’autres types de projets.On a conservé ce mandat-là durant dix ans.Tout au long des opérations, on a essayé d'intégrer, en plus de la programmation cinéma, l’exploration culturelle, mais les paramètres de diffusion de films rendaient la cohabitation impossible.Les contraintes imposées par la distribution traditionnelle du cinéma, qui sont basées sur un nombre de séances fixes par jour et sept jours sur sept, sont acceptables pour les salles à vocation spécialisée et équipées uniquement pour la projection du cinéma.Par contre, cela limite grandement un lieu polyvalent comme Ex-Centris, qui désire programmer à sa guise un contenu varié et expérimental.Je ne pouvais présenter un show de danse, par exemple.Nos opérations n’ont jamais été commerciales, et je ne coupe pas les projections de films pour des raisons économiques.B est évident toutefois que les coûts d’exploitation ont augmenté, mais pas le prix des billets.» Une partie du personnel devra quitter le poste, six personnes en tout, dont Paule Vaillancourt, directrice des opérations des salles, Marie-Christine Picard, directrice de la programmation, Na- BERRI SUITE DE LA PAGE 1 du spectre, le succès populaire Bienvenue chez les Ch’tis, de Danny Boon, et le bijou cinéphilique La Graine et le Mulet, d’Abdellatif Kechiche.Oui, il ratissait large, Claude Berri.Le cinéaste se déployait la semaine dernière sur le plateau de sa comédie Trésor aux côtés de François Dupeyron, qui en gardera désormais seul les commandes.Berri avait publié en 2003 l’émouvant Autoportrait, récit autobiographique très cru sur son parcours semé d’épreuves, de dépression, de la mort de son ex-épouse et du suicide de son fils Julien Rassam, abordant au passage son amour pour l’art contemporain, la grande passion de son âge mûr.Il possédait une impressionnante collection personnelle et avait même ouvert à Paris en mars dernier l’Espace Claude-Berri, dédié à sa muse contemporaine.L’homme de cinéma se montrait à la fois modeste et ombrageux.«Je fais des films populaires, moi.C'est plus important que la cinéphüie», déclarait-il au Devoir, après que sa grosse production Germinal, d’après Zola, eut été écorchée par la critique en 1993.Mais il aurait aimé plaire à tous, ne se consolait guère des commentaires aigres d’une presse qui épingla plusieurs de ses œuvres: de Lucie Aubrac, à Uranus, en passant par Le Cinéma de papa.En fin de parcours, ses réalisations se faisaient plus commerciales qu’en début de carrière.Mais comment oublier le cinéaste du grand film noir Tchao Pantin (1983) mettant en scène un Coluche au registre inédit?A son pavois, de grands succès internationaux: deux adaptations de Pagnol, Jean de Florette et Manon des sources (1986), dans lesquelles Yves Montand, Emmanuelle Béart, et Daniel Auteuil s’étaient révélés prodigieux.«J’ai plus de facilité à trouver mon inspiration dans le passé, avait confié au Devoir en 1997 celui qui s’est beaucoup abreuvé à des sources historiques et littéraires.Le passé, les souvenirs hantaient cet enfant de la guerre.Claude Berri, de son vrai nom Claude Lang-mann, juif ashkénaze, fils de fourreur, avait refusé de suivre les traces paternelles pour vivre au grand jour sa passion du théâtre, du spectacle, puis du cinéma.Son premier court métrage, Le Poulet, adapté d’un fait divers, lui avait valu en 1962 rien de moins qu’un Oscar.Mais, en 1967, c’est son remarquable premier long métrage Le Vieil homme et l’enfant, évoquant son parcours de jeune garçon recueilli sous l’Occupation par un CHAREST SUITE DE LA PAGE 1 pour cette simple raison», sauf pour un projet de loi sur les régimes de retraite déjà annoncés qui fait consensus entre les partis.Au cours d’une conférence de presse, la chef du Parti québécois, Pauline Marois, a souligné hier quelle trouverait «inacceptable» que le premier ministre n’ait rien à proposer de nouveau devant l’Assemblée nationale.«J’espère qu’il ne nous a pas convoqués pour simplement nous donner le change», a dit la chef de l'opposition officielle.Si c’était le cas, les citoyens deviendraient «non seulement sceptiques, mais un peu cyniques par rapport à la politique», estime-t-elle.Pauline Marois s’est défendue de cautionner une opération de relations publiques orchestrée par le gouvernement Charest.«Nous allons la dénoncer, si ça devait être le cas, parce que ça demeure inacceptable.B y a des citoyens qui sont inquiets à l’heure actuelle et ils attendent de leur gouvernement une action sérieuse», a-t-elle signalé.Des sondages montrent que la confiance des consommateurs est à son plus bas niveau depuis 25 ans.En ces temps d’incertitude économique, le député de La Peltrie et nouveau porte-parole adé-quiste en matière d’affaires intergouvemementales canadiennes, Éric Caire, n’a pas manqué de souligner l’absence des deux plus importants mi- dine Viau, attachée de presse, ainsi que des projectionnistes et plusieurs placiers.Exit les bons films qui plaisaient si fort aux cinéphiles?«Pas tout à fait, répond Langlois.On va faire du cinéma sur le mode événementiel.Quand il y aura des visionnements de films, ils seront associés à d’autres activités: conférences, échanges, activités interactives.J’ai accompli le travail que j’avais à faire.D’autres poursuivront cette mission: le Beaubien occupe de plus en plus de place, ainsi que le cinéma du Parc.Bs prendront la relève.Au début, on était presque seuls dans ce créneau.Pas aujourd’hui.» Daniel Langlois entend défendre son amour du septième art: «Pour moi, le cinéma demeure une des formes les plus puissantes et complètes pour véhiculer des émotions et des concepts humains, et je resterai toujours un cinéphile.Cela dit, il existe d’autres formes d’expression qui m’intéressent.» Et qu'en est-il du Festival du nouveau cinéma dont le fief était l’Ex-Centris?«Si le FNC veut revenir ici, les installations seront transformées, précise Daniel Langlois.Mais deux écrans traditionnels sur trois demeureront en activité.Ça sera aux dirigeants du FNC de faire leur choix, Bs pourraient très bien décider de revenir ici.» vieillard (inoubliable Michel Simon), qui le révéla au grand public.Longtemps, sa vie constitua la matière de ses films, La Première Fois, Le Cinéma de papa, Sex-Shop, etc., films de valeur inégale, dans lesquels il se donna souvent la vedette.Ix- cinéaste avait travaillé en 1961 avec celui qui allait devenir son beau-frère, le surdoué Maurice Pialat avec qui il entretint des relations orageuses.Le grand film de Pialat À nos amours (1983), scénarisé par Arlette Langmann, épouse du cinéaste et sœur de Claude Berri, fable violente inspirée de la vie de la famille de Claude Berri, avait fait grincer des dents à ce dernier.Sous ses habits de producteur, il fut derrière clés cinéastes aussi différents que Claude Zidi, Éric Rohmer, André Téchiné, Costa-Gavras, attelé à des films comme Astérix et Obélix contre César, après avoir appuyé des œuvres plus personnelles, comme La Peine Margot de Chéreau, Val-mont de Forman, Tess de Polanski, ou même nistres à vocation économique, la ministre des Finances, Monique Jérôme-Forget, et son collègue du Développement économique, Raymond Ba-chand, lors du premier Conseil des ministres de l’année la semaine dernière.Les deux ministres poursuivaient leurs vacances des Fêtes.Reprenant certains des engagements électoraux de son parti, Pauline Marois a plaidé pour une injection immédiate de 600 millions dans l’économie québécoise, soit 400 millions pour une hausse du crédit d’impôt pour la taxe de vente du Québec (TVQ) accordé aux Québécois les moins fortunés et 200 millions pour la formation des travailleurs administrée par Emploi-Québec.Cette session extraordinaire de trois jours sera suivie par la conférence fédérale-provinciale des premiers ministres qui se pencheront, vendredi à Ottawa, sur la situation économique.Éric Caire estime que Jean Charest a «une occasion en or» d’obtenir des consensus à l’Assemblée nationale afin de renforcer sa position face à Ottawa.C’est le lieutenant-gouverneur, Pierre Duchesne, qui ouvrira la séance de l’Assemblée nationale à 14h.Seul candidat à se présenter à la présidence de l’Assemblée, le député libéral de Richmond, Yvon Vallières, sera donc élu par acclamation.Le député péquiste d’Abitibi-Ouest, François Gendron, qui a assumé la présidence de l’Assemblée l’automne dernier, se présente à la troi- Dès le 20 mars, les salles de cinéma seront fermées pour quelques mois, afin d’intégrer de nouveaux équipements et des installations supplémentaires, conformes à la vocation multidisciplinaire.Pour les cinéphiles, toutefois, le deuil est immense.«B s'agit d’une grande perte pour le Québec et pour la diffusion du cinéma d’auteur, déclarait hier Claude Chamberlan, directeur de la programmation au Festival du nouveau cinéma et longtemps à la tête de la programmation des films à Ex-Centris.Si peu de cinémas se consacrent aux films d’auteur.Je crains l’effet domino.Quand des salles sont éliminées, moins d’œuvres de la cinématographie internationale peuvent trouver leur vitrine.En plus, elles marchaient bien, ces salles-là.» Le Cinéma Parallèle, une des trois salles de l’Ex-Centris, rampe de lancement pour plusieurs films québécois, documentaires et fictions confondus, devrait renaître ailleurs.«Nous allons le relocaliser et cherchons présentement un local.Pas question de l’abandonner», assure Claude Chamberlan, lui aussi en état de choc.Le Devoir L’Amant d’Annaud.En tant qu’acteur, sa prestation d’un exhibitionniste dans Stan the flasher, de Serge Gainsbourg, demeure inscrite dans la mémoire collective.Berri a su léguer sa passion du cinéma à son fils Thomas Langmann, également producteur, acteur, scénariste et cinéaste, pourtant derrière l’échec du dernier film d'Astérix.En 1995, il avait été question que Berri porte à l’écran deux romans de Michel Tremblay, dont il s’était engoué: Le Cœur découvert et Le Cœur éclaté, fusionnés pour l'occasion, mais le projet était hélas! tombé à l’eau.Mais, pour l’heure, on salue en lui une des figures les plus centrales du cinéma hexagonal, un homme de feu et d’action, un des derniers Mohicans à avoir traversé là-bas les vagues successives du 7 art, en surfant sur toutes.Le Devoir sième vice-présidence.L’ADQ ne s’oppose plus farouchement à ce que Yvon Vallières occupe la fonction de président.Eric Caire a même souligné que M.Vallières avait fait de la réforme parlementaire «un de ses chevaux de bataille».Les adéquistes, qui réclament la reconnaissance de leur parti comme groupe parlementaire, se méfient de Pauline Marois qui ne veut pas que l’on accorde ce statut à l’ADQ sans adopter l’ensemble de la réforme parlementaire, une façon de dire oui, mais de penser non, selon M.Caire.L'ADQ cherche à se faire reconnaître dès le début de la prochaine session au printemps.la première journée de cette courte session sera occupée par l’élection du président et par les discours des trois chefs.Demain, le ministre de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Sam Hamad, déposera son projet de loi sur les régimes complémentaires de retraite.Ce projet de loi permettra aux entreprises et aux municipalités d’assouplir les règles de capitalisation des régimes afin d’amortir sur dix ans plutôt que cinq les pertes subies sur les marchés financiers.La ministre des Finances présentera son énoncé économique qui fera état des mesures déjà annoncées pour stimuler l’économie, notamment un programme de crédit d’impôt pour la rénovation domiciliaire.Le Devoir SOURCE TÉLÉ-QUÉBEC Emmanuelle Béart dans Manon des sources, adaptation d’un roman de Marcel Pagnol porté à l’écran par Claude Berri en 1986.LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, D étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 155 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier I^i publicité Au téléphone Par télécopieur Extérieur de Montréal (sans frais) 514-985-3333 514-985-3360 redaction@ledevoir.com 514-985-3399 514-985-3390 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-9853344 Par télécopieur 514-9853340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-9853340 Les abonnements Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 514-985-5967 Par courriel abonneinents@ledevoir.com Extérieur de Montréal (sans frais) 1-800-463-7559 L’agenda culturel Au téléphone 514-9853346 Par télécopieur 514-9853390 Is Itfvoif jMMtt, o l'occasion, mcltrc la liste d'adresses de nés abonnés a la tlisixtsilion au samedi |mr l e Devoir lue dont le siège social esl situé au ZtifiO, rue l)e Bleury, y* l'imprimerie du Journal de (Juébeo.Ifs) avenue Héchard.Québec qui est la propriété d organisations reconnu» "'b'J'J '‘'V!'1,,'; rs ,.rt!V °" T IHMivent mteresseï ta-s lecteurs.Si vous ne souhaite/ pas reeevmr de correspondance »le c»-s organisations, veuillez en av»‘rtir notre service à la clientele.Is Devoir est publié du lundi etage, Montréal.(Quebec).HAA AM.).Il est Imprime |xir Imprimerie Mirabel Inc.I„ H(H) rue Brault.St Janvier de Mirabel, Québec, division de Québécor Media, ()12 rue Saint-Jacques.Montréal, qui a retenu ixmr la région de Québec les services de de i oi|xiralion Sun Media.(>I2 nn- Saint Jacgnes.Montréal.— Enregistrement n 0H58.Dépôt legal; Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 K 1 ¦» s services o»
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