Le devoir, 5 janvier 2009, Cahier A
LE DEVOIR V O L .X C I X N “ 3 0 O L E L lT N 1) I 5 .1 A N V 1ER 2 O O 9 I .I O $ + T A X K s = 1,2 5 $ * A ¦ •• Jf’ f If PATRICK BAZ AGENCE FRANCE-PRESSE Des obus d’artillerie explosent au-dessus de la ville de Gaza sur cette photo prise hier à partir de la zone israélienne de la frontière avec la bande de Gaza.L’offensive terrestre israélienne se poursuit.PTjg Impuissance diplomatique à Gaza YASSER SAYMEH AGENCE FRANCE-PRESSE Un jeune Palestinien blessé était transporté hier dans un hôpital de la ville de Gaza.L’offensive israélienne dans la bande de Gaza aurait jusqu'ici fait plus de 500 victimes, dont 87 enfants, et plus de 2450 blessés.frr—Ÿfe ¦m Le concert d’appels au cessez-le-feu reste sans réponse ÉRIC DESROSIERS La communauté internationale peine à trouver le moyen d’aider une sortie de crise à la suite de l’offensive terrestre israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza.Impasse au Conseil de sécurité des Nations unies, couac de la diplomatie européenne, appels répétés, mais ignorés à la cessation des hostilités de la part des deux parties, les différents gouvernements étrangers avaient l’air de se chercher hier dans leurs efforts de trouver une façon d’arrêter des combats qui auraient déjà fait, en neuf jours, près de 520 morts et plus de 2500 blessés, principalement du côté palestinien.Les autorités médicales de Gaza rapportaient hier qu’au moins 63 Palestiniens, dont 22 civils, avaient été tués au terme de la première journée suivant l’entrée des troupes israéliennes sur leur territoire, samedi soir, après huit jours de bombardements intensifs.Cela porterait le total des morts dans le camp palestinien à 512 personnes, dont 87 enfants, et celui des blessés à plus de 2450 depuis le début de ce conflit, affirmait-on hier.Côté israélien, le bilan officiel faisait état d’un soldat tué et de VOIR PAGE A 8: GAZA La guerre terrestre, pari risqué pour Israël DELPHINE MATTH1EUSSENT Lorsque des tirs intensifs de l’armée de l’air et de l’artillerie israélienne vers la bande de Gaza ont été rapportés samedi en fin d’après-midi, les experts militaires israéliens, et nombre de leurs concitoyens, se doutaient que l’opération terrestre israélienne avait finalement été lancée.Personne, à la radio ou la télévision israélienne, n’a cependant pipé mot, jusqu’à l’annonce du début de l’offensive.Ce mutisme est l’exact contraire des annonces — pas toujours exactes — et des conjectures des médias israéliens, qui avaient émaillé la guerre de l'été 2006 contre le Hezbollah.«Les décisions sont prises à huis clos, il n’y a plus de VOIR PAGE A 8: GUERRE ¦ Autres textes en pages A 3, B 1 et B 3 ¦ L’éditorial de Serge Truffaut, page A 6 ¦ Les chroniques de François Brousseau et de Jean-Claude Leclerc, pages B 1 et B G RUSSIE-UKRAINE Nouvel épisode dans la « guerre du gaz » ¦ À lire en page B 1 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 2 Décès.B CTUALITES STOPTHl a* “"SSflCRf ¦ ¦ \V« *SL - ISRRU TRRGITS MtBICRl (“IRSBHHtl END THf MASSACRE MIRlTUll SOUTKH GRHRmiH fBWISWii lammu MRssacR[ a 8K Solidarity with Baza Solidarité ec Gaza ^ii Des milliers de manifestants sont descendus dans les rues du centre-ville de Montréal, hier, pour dénoncer l’offensive israélienne à Gaza.Intervention israélienne à Gaza Les manifestations anti-israéliennes se multiplient partout dans le monde JACQUES GRENIER LE DEVOIR ERIC DESROSIERS Plusieurs milliers de manifestants ont bravé le froid, hier, à Montréal, pour dénoncer l’intervention israélienne à Gaza et la «complicité» de certains gouvernements, dont celui du C anada.Le cortège d’environ 5000 personnes a défilé pacifiquement dans les rues du centre-ville en après-midi et s’est notamment arrêté devant le consulat général d’Israël, au Westmount Square, rue Sainte-Catherine Ouest.Restant en bloc compact pour se protéger un peu d’un froid humide qui glaçait les os, la foule était constituée à la fois d’étudiants, de militants de tous âges et de parents avec de jeunes enfants de toutes origines ethniques, quoique principalement arabes.Chargée de banderoles, de pancartes, des faux cercueils de victimes civiles palestiniennes et de drapeaux palestiniens, de pays arabes, du Québec, du Canada, et même mo- hawk, la foule a scandé tout le long, en anglais, en français et parfois en arabe, des slogans appuyant la cause palestinienne, affirmant l’amitié entre le Québec et la Palestine, et dénonçant, entre autres choses, le «terrorisme d’Israël», et la «complicité» des gouvernements américain de George Bush, canadien de Stephen Harper et égyptien de Hosni Moubarak.Plusieurs dizaines de chaussures avaient aussi été amenées dans l’idée de les lancer contre le consulat israélien, à l’instar du journaliste irakien qui a récemment pris pour cible le président Bush lors d’une conférence de presse.La plupart des chaussures sont toutefois restées dans leurs sacs, de crainte, apparemment, d’atteindre involontairement les policiers postés autour du bâtiment.Un peu plus d’une dizaine de manifestants sympathiques à la cause israélienne, et, brandissant des drapeaux de l’Etat hébreu, ont été aperçus à au moins deux reprises sans que cela mène à des accrochages, sinon verbaux et bien modestes.Gaza au bord du gouffre «Nous prenons les rues en exigeant l’arrêt immédiat des attaques israéliennes sur la bande de Gaza, la levée du siège, et nous demandons à nos gouvernements, aux niveaux fédéral et provincial, de couper immédiatement fous leurs liens bilatéraux avec l’Etat apartheid israélien», ont fait savoir les organisateurs de la manifestation appartenant, notamment, aux organismes Solidarité pour les droits humains palestiniens (SDHP) et Tadamon! Montréal.Plus tôt dans la journée, la porte-parole de SDHP, Nina Amrov, avait qualifié, en conférence de presse, l’offensive israélienne sur Gaza de criminelle et disproportionnée.Déjà assiégée depuis un an par un blocus israélien limitant l’entrée de l’aide humanitaire, de la nourriture, d’aliment et de carburant, avait-elle poursuivi, sa popula- EI.1ANA APONTE REUTERS Plusieurs dignitaires chrétiens se sont rassemblés hier à l’église dominicaine de Jérusalem-Est pour prier en faveur d’une fin rapide des hostilités à Gaza.tion de 1,5 million se trouverait aujourd’hui au bord du gouffre à cause de l’offensive.Philippe Elharrar, directeur des affaires publiques du Comité Québec-Israël, est venu nuancer ces affirmations en déclarant que 7800 tonnes d’aide humanitaire auraient été acheminées à Gaza depuis le début de l’intervention israélienne, laissant les entrepôts pleins de nourriture.Le problème viendrait plutôt, selon lui, des difficultés de la distribuer sur un territoire soumis à des bombardements.Pour vraiment venir en aide aux habitants de Gaza, a poursuivi Philippe Elharrar, les associations d’appui aux Palestiniens feraient mieux de demander au Hamas de cesser d’utiliser la population civile comme bouclier humain.D’autres manifestations ailleurs dans le monde Montréal n’a pas été la seule ville dans le monde à être le théâtre de manifestations de soutien aux Palestiniens de Gaza.Samedi, quelques milliers de personnes avaient défilé dans d’autres villes canadiennes, dont Toronto et Ottawa.Hier, on a assisté à d’autres manifestations un peu partout dans le monde, notamment dans les pays arabes.Les slogans étaient presque toujours les mêmes.Dans la métropole turque, Istanbul, on estime que 700000 manifestants sont descendus dans la rue pour protester contre l’offensive israélienne qui est passée, en fin de semaine, des bombardements à l’attaque terrestre.Des accrochages avec la police ont été rapportés au Liban, en Grèce et en Norvège.A Paris, une foule estimée à 12 000 personnes s’est toutefois aussi rassemblée pour soutenir «l’action d’auto-défense d’Israël» et célébrer «la mémoire des victimes israéliennes du Hamas».La veille, c’est entre 21 000 et 25 000 manifestants qui avaient pris la rue pour dénoncer l’intervention d’Israël.Le Devoir Avec l'Agence France-presse et La Presse canadienne PAUL HANNA REUTERS À Madrid comme dans la plupart des capitales européennes, des milliers de manifestants ont exprimé leur colère contre l’offensive terrestre de l’armée israélienne à Gaza.Je défendrai vos droits François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 i K k • 4 A I L K I) !•; V 0 I If .I, K I, I N I) I r> .1 A N V I K If 2 0 0 I 5 .1 A N V I K K 2 0 0 !» ,\ 5 ECONOMIE 2009 Éric Desrosiers La dernière année a été éprouvante, non seulement pour les économies, mais aussi pour les prévisionnistes.Celle qui s’amorce risque de l’être tout autant.Il est toujours bien périlleux d’essayer de prévoir ce qui fera l’actualité économique dans les 12 mois à venir.La plupart des économistes, et autres experts de la chose économique, vous seront d’ailleurs des plus reconnaissants si vous avez la délicatesse de ne pas leur rappeler les prédictions qu’ils faisaient il y a encore seulement un an, tellement l’année 2008 s’est révélée particulièrement riche en rebondissements inattendus.Il y a tout de même quelques événements importants sur lesquels on peut rai-Jf'r' ^ sonnablement espérer ne pas M trop se tromper pour 2009.¦ W Après avoir passé des mois à îf** T* nous dire que les consé-S* quences de l’éclatement de la bulle immobilière et l’effopdre-ment des subprimes aux Etats-Unis n’allaient pas être si graves, les experts conviennent aujourd'hui que la sortie de crise de l’économie mondiale n’est pas pour demain.Les plus optimistes tablent pour un début de reprise au milieu de l’année.Plusieurs autres ne l’attendent pas avant quelque part l’année prochaine.Dans tous les cas, on parle d’une reprise qui mettra du temps à trouver son rythme, ce qui ne va pas sans rappeler les trois ou quatre années qui avaient suivi l’éylatement de la bulle technologique en 2000 aux Etats-Unis et que l’on avait qualifiées de «reprise molle».On s’attend généralement à ce que l’impact du ralentissement économique se fasse encore plus ressentir par les populations dans les prochains mois.On craint que cela ne mène à de nouvelles radiations d’actifs, et même des faillites dans le secteur financier.On n’hésite plus à brandir le spectre de la déflation et de la dépression, même si c’est pour ajouter tout de suite après que les risques demeurent minimes.Tous les yeux sont tournés vers les pouvoirs publics qui, après avoir volé au secours du monde de la finance, doivent maintenant annoncer de vastes plans de relance économique.Une attention particulière ira au pays, d’où la tempête est partie, et à son nouveau président, Barack Obama, qui est perçu, par plusieurs, comme un messie, ou plutôt comme un nouveau Franklin D.Roosevelt.Le pauvre homme a beaucoup promis durant la campagne.Il suscite encore plus d’espoirs de changement, en ce qui a trait notamment au système de la santé, à la fiscalité et à la politique étrangère, et semble condamné à décevoir.A force d’entendre parler de la crise en cours au sud de leur frontière, les Canadiens pourraient finir par croire que leur propre économie est aussi en pleine débâcle.La situation y est heureusement moins grave et devrait le rester, même si personne ne sort indemne d’une crise mondiale.Ce devrait notamment être le cas au Québec, où le gros du ménage dans le secteur manufacturier a été fait après l’envolée du huard, et où l’on prévoit, tout au plus, une stagnation économique en 2009.Il y aura néanmoins de nombreuses pertes d’emplois.Les entreprises devront trouver le délicat équilibre entre leur rentabilité à court terme et le défi à plus long terme de trouver et de conserver une main-d’œuvre qui se fera de plus en plus rare.La dernière année a permis de tester les limites du fameux «découplage» entre les nouvelles puissances émergentes et les économies industrialisées, notamment américaine.Habituée à des taux de croissance annuelle de l’ordre de 10 %, la Chine pourrait tomber, cette année, aussi «bas» que 5 ou 6 %, disent des experts.Cela fait bien des années que l’on prévient qu’un ralentissement économique majeur exposerait le pays (et son régime «communiste») à de graves troubles sociaux et politiques dus entre autres choses au caractère souvent brutal que prend son capitalisme, à l’aspect rudimentaire de son filet social et aux nombreuses défaillances de son appareil public.Cette année du bœuf offrira de nombreuses occasions aux Chinois d’exprimer leur éventuel mécontentement puisqu’elle correspondra au 60 anniversaire du Parti communiste chinois, au 30 de son virage vers le «socialisme de marché», et au 20 du massacre de la place Tiananmen.L’économie de demain Il y a lieu d’espérer que les gouvernements chercheront, dans les prochains mois, à mettre en branle des réformes visant à éviter une répétition de la crise.Ils ont su, jusqu’à présent, éviter le piège du protectionnisme et du chacun pour soi en coordonnant les efforts de leurs banques centrales, ainsi qu’en tenant une première réunion au sommet des pays du G20 cet automne à Washington.Ils ont toutefois aussi oublié leurs belles promesses de 2001 à Doha, et remis aux calendes grecques les objectifs du cycle de négociation pour le développement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).11 semble aujourd’hui entendu qu’après avoir secouru les banques à grand renfort de milliards, les pouvoirs publics devront resserrer la réglementation du secteur et exiger plus de transparence et de rigueur de la part des acteurs financiers.Ces derniers ne disent rien pour le moment sur le sujet, trop heureux qu’on les aide.Il y a cependant fort à parier qu’ils ne se laisseront pas faire aisément.Les gouvernements auront une autre occasion, à l’automne, de discuter du type d’économie qu’ils veulent avoir à l’avenir.Il s’agit de la conférence de Copenhague qui cherchera à donner suite au protocole de Kyoto, et à son échéance de 2012, en intégrant tous les pays de la planète, y compris les plus récalcitrants, à l’effort de guerre contre les changements climatiques.Aujourd’hui, il ne semble pas trop risqué de prédire que les négociations seront ardues et que leur succès est plus qu’incertain.Mais qui sait, tout le monde sera peut-être encore une fois dérouté par les événements, mais pour le meilleur cette fois.edesrosiersCaledevoir.coin / L.w- iimn ! > i ï tun Tuiiiuhmi i il u n ~n i ti imsP1 s * T! JACQUES C,RENIER I.E DEVOIR .André Pouliot, président-directeur général de DMR depuis huit ans, dit s’être donné pour mission, dès son entrée en fonction, de «faire rayonner le Québec».Portrait DMR : une entité à part entière dans le ventre du géant Fujitsu CLAUDE TURCOTTE Bien qu’intégré a Fujitsu, un puissant groupe japonais, depuis plus de 10 ans, DMR, une petite société québécoise fondée en 1973, est parvenue jusqu’à maintenant à maintenir son entité propre tout en offrant un modèle d’affaires pour les activités en service conseil de sa société-mère en Amérique du Nord.André Pouliot, président-directeur général de DMR depuis huit ans, dit s’être donné pour mission, dès son entrée en fonction, de «faire rayonner le Québec» au sein de ce grand groupe qui se situe au troisième rang mondial dans le domaine des technologies de l’information, avec des revenus de 56 milliards et 167 000 employés.Jusqu’à maintenant, DMR a pu conserver une certaine autonomie et sa marque de commerce propre, parce que cela était bon pour la poursuite des affaires au Québec, qui compte pour plus de 80 % de ses revenus.Cela s’explique aussi par le fait que Fujitsu présente un modèle décentralisé, qui regroupe au moins 400 entreprises partout dans le monde.Fujitsu, dont les origines remontent à 1935, a construit le premier ordinateur au Japon en 1954.Son expansion dans le monde l’a amenée à prendre une participation de 45 % dans Amdahl, une société américaine, laquelle a fait l’acquisition de DMR en 1995.«Il y avait une tendance de fond dans le marché.Tous les groupes voulaient aller vers le service-conseil pour y trouver une expertise leur permettant de vendre leurs produits», rappelle M.Pouliot.L’offre publique d’achat des actions de DMR par Amdahl a cependant provoqué de nombreuses réactions au Québec.A 8,25 $ l’action, cette offre représentait un montant de 90 millions.IBM, un grand rival d’Amdahl et de Fujitsu, a riposté avec une offre de 12 $.La lutte s’est poursuivie devant les tribunaux, mais Amdahl a pu l’emporter, une acquisition qui lui aurait finalement coûté 200 millions.Dans les années 1970, trois firmes de services-conseils avaient vu le jour au Québec, soit DMR, CGI et LGS, et toutes trois faisaient la fierté d’un Québec Inc qui s’affirmait de plus en plus, la prise de contrôle de DMR par une société étrangère n’est donc pas passée inaperçue.En 1997, Fujitsu achetait toutes les actions d’Amdahl pour la privatiser, ainsi que DMR.«Le modèle décentralisé de Fujitsu laisse beaucoup d’autonomie aux entités.Je n’ai jamais reçu de commande d’en haut, ni aucune ingérence, États-Unis quelle qu’elle soit.On nous fixe des budgets annuels et on nous suit.C’est comme notre banquier, il approuve et finance», explique M.Pouliot, en précisant que les acquisitions de DMR ont été des initiatives venues de l’intérieur.Toutefois, les structures générales du Groupe Fujitsu ne sont pas statiques, et diverses modifications y sont apportées au fil des ans.En 2002, a été créé Fujitsu Conseil (Canada), dont DMR est devenu une division.En 2004, la structure a été étendue à l’ensemble de l’Amérique du Nord.Le premier août prochain, trois grandes divisions de Fujitsu seront regroupées en Amérique du Nord: celles des services-conseils, celle des ordinateurs et serveurs et celle des transactions et solutions pour le marché de détail.Tout cela prendra le nom de Fujitsu America et créera une nouvelle dynamique.«Ce qu’on a fait chez DMR a une cote très élevée en Amérique du Nord.Le modèle d’affaires pour les services conseils à la grandeur du continent aura pour assises ce qu’on a fait ici», affirme M.Pouliot.«Pour le moment, DMR reste DMR.Nous poursuivons notre démarche d’atteindre un plus grand rayonnement.Aura-t-on à jouer un rôle plus large?C’est à suivre.Nous sommes en pleine effervescence positive», dit-il, avec l’air de quelqu’un qui sait des choses mais ne peut en dire davantage.Mais pourquoi donc cette grande intégration continentale?Actuellement, un même client peut être servi par trois ou quatre compagnies différentes du groupe.Il y aurait avantage à passer par un seul canal pour obtenir l’ensemble des services.«Il y a une forte tendance à intégrer l'interface avec nos clients aux Etats-Unis», précise le p.-d.g.Avec ses 1500 employés dans ses bureaux de Montréal, de Québec et avec l’ouverture récente d'un bureau à Sherbrooke, DMR génère des revenus d’environ 150 millions, dont au moins 80 % proviennent de la clientèle québécoise (60 % du secteur public), mais il fait aussi des travaux à distance pour des clients américains et français.L’expertise des comptables et des ingénieurs Ce qui semble le plus enthousiasmer M.Pouliot actuellement, c’est le rôle d’intégrateur conseil que joue DMR, c’est-à-dire d’intégrateur des services conseils en affaires et en technologies de l’information.Cette transformation est commencée depuis cinq ans.«Nous avons vu venir les grands projets qui impli- quaient des transformations d’affaires et nous avions besoin d’une expertise d’affaires dans certains secteurs cibles.» Cela a entraîné l’acquisition de quelques entreprises: GIM et Mk3 en 2003, qui sont devenus Accelia, une firme qui regroupe une vingtaine de professionnels en comptabilité ayant une expertise en conformité financière (Sarbanes-Oxley, loi 198 et International Financial Reporting Standards, une norme qui entrera en vigueur progressivement d’ici 2011).On parle ici de gestion de risques en regard de la conformité financière, de l’analyse de l’impact de la conformité sur la gouvernance et de l’implantation de référentiels en gouvernance.Puis, en 2007, ce fut l’acquisition de Promaintech Novaxa, regroupant 50 experts en optimisation des processus.Celle-ci est la seule firme canadienne accréditée pour implanter la démarche «Lean Six Sigma».L’application de toutes ces exigences administratives entraîne forcément des transformations dans les systèmes informatiques.Déjà, on prévoit la venue d’une nouvelle norme, XBRL, qui aura des répercussions mondiales, puisque dans toutes les bases de données des entreprises, tout devra être comparable partout dans le monde.Bref, DMR devient «de plus en plus un centre de services unique pour les problématiques d’affaires», ce qui implique que dorénavant, il faudra avoir des références industrielles, d'où l’embauche d’ingénieurs industriels.Grâce à ces nouvelles compétences, il est possible de récupérer assez facilement jusqu’à 30 % d’inefficacité dans une entreprise, souligne le p.-d.g.«DMR s’en va vers l’intersection des firmes d’ingénieurs et des firmes comptable^.C’est ce qui est novateur», résume M.Pouliot.Evidemment, les applications peuvent déborder dans d’autres secteurs d’activités, par exemple dans le secteur de la santé.DMR a déjà participé à un projet-pilote pour le bloc opératoire de l’Hôpital de Val-d’Or.M.Pouliot, qui est détenteur d’un baccalauréat en informatique de gestion et d’un MBA, connaît fort bien DMR pour y avoir travaillé dq-puis 25 ans, dont 15 en tant que consultant.A partir de 1996, il a pris en charge le bureau de Québec et aussi de celui de Montréal, trois ans plus tard.Originaire de Québec, il n’a aucun lien de parenté avec la famille Pouliot ayant fait carrière dans la télévision.Le Devoir Le plan de relance sera adopté au plus tôt «débutfévrier» Washington — Le chef de la majorité démocrate à la Chambre des représentants, Ste-ny Hoyer, a estimé hier que le plan de relance de l’économie américaine, qu’il a chiffré entre 775 et 1000 milliards de dollars, devrait être adopté au plus tôt «débutfévrier».«Nous voulons vraiment voirie plan passer devant la Chambre des représentants avant la fin du mois [de janvier], avant de l’envoyer au Sénat puis au président» Barack Obama, soit «début février», a-t-il déclaré dans l’émission d’informations Fox News Sunday.«Nous devons aller vite, a-t-il ajouté.Nous allons agir aussi vite que possible, mais en nous assurant que le plan qui sera adopté fonctionnera».Le chef de file des républicains au Sénat, Mitch McConnell, a de son côté mis en garde contre toute précipitation.«Je crains que cela soit fait dans la hâte.C’est un plan énorme», a-t-il déclaré sur la chaîne ABC.Interrogé sur le montant que pourrait atteindre le plan de relance, Steny Hoyer a estimé qu’il pourrait se situer dans une fourchette comprise entre 775 et 1000 milliards de dollars.La somme discutée est «dans ce voisinage», a-t-il dit, ajoutant que le plan devrait être «vraiment conséquent».«Tous les économistes, de la droite à la gauche, les républicains, les démocrates, disent qu’il faut qu'il y ait un plan vraiment conséquent pour atteindre notre objectif qui est de stabiliser l'écono- miç et d’essayer de la relancer», a-t-il développé.Egalement interrogé sur le chiffrage, le leader de la majorité démocrate au Sénat Harry Reid a déclaré sur NBC qu’««7 y aura ce qu’il faudra pour remettre financièrement le pays sur pieds».«Nous ne voulons pas faire trop peu pour finir par dire que nous aurions dû fâire davantage |.] Nous voulons prendre la bonne décision dès le départ», a-t-il dit.Steny Hoyer a également estimé que le plan de relance ne devait servir aucun «intérêt particulier».«C’est un projet pour créer des emplois rapidement et investir pour le rétablissement et le développement de l'économie à long terme», a-t-il dit.Agence France-Presse • ?• * i\ (» LE DEVOIR, LE LUNDI 5 JANVIER 2 O O il EDITORIAL OFFENSIVE À GAZA Serge Truffaut Millefeuille oriental Après la voie aérienne, la voie terrestre; après les bombardements, les tanks.L’ampleur prise ces jours-ci par l’offensive israélienne confirme, si besoin était, que l’objectif poursuivi n’est pas seulement de décimer la direction du Hamas, mais bien de le renverser.Purement et simplement.Singularité de cet énième épisode fait de bruit et de fureur?L’Egypte, la Jordanie et l’Arabie Saoudite souhaitent la réussite de l’opération israélienne.ans le passé, lorsque le gouvernement israélien préparait une attaque, planifiait une riposte, il prévenait secrètement son homologue égyptien.Cette fois-ci, la rencontre entre le président égyptien, Hosni Moubarak, et la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni, s’est faite au grand jour, comme en témoignent les photos accompagnant les articles consacrés au sujet à la veille du premier vol des jets israéliens.Depuis lors, la rue arabe, comme on l’appelle, nous envoie l’écho suivant: Moubarak ayant approuvé la geste militaire conçue à Tel Aviv, il s’avère un complice.Bon, Moubarak.Admettons un instant qu’il ait accordé sa caution, voire encouragé le feu des F16 israéliens.Admettons et.Quel est son espoir, son intérêt?Si Israël parvient à ses fins, l’ennemi d’hier mettra un terme à la présence de l’ennemi d’aujourd’hui: l’Iran.On s’explique.L’emprise que le Hamas détient sur Gaza agace au plus haut point Moubarak, voire l’inquiète, pour la bonne et plate raison que ce mouvement instrumentalisé par l’Iran évolue à sa guise dans le Sinaï.Et pour les autorités égyptiennes, le Sinaï c’est: pas touche.Pour bien comprendre la position de Moubarak, il faut absolument souligner les mots que lui et le roi de Jordanie ont formulés lors d’un sommet des nations sunnites après la guerre au Liban de 2006.Au terme de cette rencontre, ces deux dirigeants avaient affirmé, martelé, que l’Iran avait pour ambition de construire «un croissant chiite allant de Téhéran au bord de la Méditerranée».Dans la foulée, Moubarak était allé jusqu’à instiller la haine du chiite, comme si cela était nécessaire, en jugeant que le «chiite réserve sa loyauté au royaume chiite, et jamais au pays qu’il habite».Dans le passé, lorsque le gouvernement israélien poursuivait son attaque, le secrétaire de la Ligue arabe s’empressait de convoquer un sommet des pays membres.En règle générale, on assistait toujours à un échange de gros mots entre le Syrien Assad et le colonel Kadhafi d'un côté et les autres avant que tous signent un communiqué condamnant l’offensive israélienne.Cette fois-ci, il y a quelques jours à peine, on a observé que les ministres égyptien et saoudien (!) ont accusé le Hamas d’être responsable des bombardements ayant fait au moins 500 morts.C’est dire.c’est dire que l’unité de façade n’est plus de mise.C’est dire surtout que le millefeuille proche-oriental, pour reprendre le qualificatif cher à des géopoliticologues, est en train d’imploser.Bon, Israël.Si l’on croit les informations qui nous parviennent, il n’est pas dans l’intention des autorités de réoccuper Gaza.Que veulent-elles?Renverser le Hamas, l’éradiquer parce que le premier ministre Ehoud Olmert et ses confrères ont la certitude que tant que le Hamas détiendra le pouvoir, des roquettes et des missiles seront envoyés sur le sol israélien.On souhaite le renverser et refiler Gaza, si l’on peut dire, à l’Autorité palestinienne et à son président, Mahmoud Abbas.Le problème, c’est que la crédibilité de ce dernier a été entachée par l’offensive militaire que l’on sait.On ne soulignera jamais assez que, dans les heures suivant le début du conflit, des Palestiniens de Cisjordanie, là où se trouve Abbas et les responsables du Fatah, ont manifesté en réclamant le rapprochement immédiat avec le Hamas.Bref, ce dernier se trouve renforcé, y compris dans le territoire de son frère ennemi.A preuve, cette confidence d’un dirigeant du Fatah qui assure que, vu les circonstances, il n'est pas question d’étendre «notre autorité à Gaza derrière des tanks israéliens».Car si tel était le cas, «on passerait pour des collaborateurs».C'est à se demander si la première manche politique, on insiste, manche politique n’a pas été remportée par Téhéran.LE FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l'information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND autre grand moment £n ?ndoT>fc pe TufcSuLENCÊ, it FAUT PAS A/eik TROIS PA'RÇS MAiWS Sud LA &Af?P£.JfA* frtAktfr .U TO 11 cMWoîrf îwS’iKe La paix viendra La paix arrivera bien un jour en Israël et en Palestine.C’est lorsque des dirigeants de grande envergure des deux peuples, appuyés par une très grande majorité de leur population qui ne souhaite déjà que cela, se lèveront et clameront: plus jamais la guerre, plus jamais la violence.Ce sera le premier grand principe politique non négociable ou modifiable.Après, des négociations fondées sur la justice et le compromis pourront avoir lieu et devraient aboutir.Mais encore une fois, il faut le redire: il faut absolument, de part et d’autre, renoncer à la violence armée.Personne ne peut prédire quand cette paix arrivera, mais je pense à De Gaulle qui a conclu un traité de réconciliation avec l’Allemagne d’Adenauer en 1963.Il fallait alors que ces deux pays tournent résolument la page aux suites de la Seconde Guerre mondiale.Il faudra faire de même en Palestine et en Israël.C’est la seule véritable issue.Michel Lebel Entrelacs, le 1" janvier 2009 Changer le cœur d’Israël Pourquoi les dirigeants de l’État d’Israël tournent-ils le dos au dialogue et à la négociation et privilégient-ils l’affrontement et la violence comme moyens d’assurer leur survivance dans leur région du monde?N’ont-ils pas encore appris qu’à moins d’en arriver à des solutions justes et durables aux différends qui perdurent avec leurs frères palestiniens aucune paix durable ne s’établira au Moyen-Orient?Comment changer le cœur d’Israël?Comment inciter des dirigeants guerriers et vengeurs à adopter une attitude nouvelle?La communauté internationale doit d’abord participer à la création d’un Çtat palestinien et garantir la sécurité de l’État d’Israël par la présence d’une force musclée de l’ONlJ à ses frontières.Espérons que des années de bon voisinage et d’échanges de toutes sortes permettront ensuite aux enne- LETTRES mis d’aujourd’hui de devenir de bons amis.L’exemple des relations franco-allemandes devrait servir à convaincre les incrédules.Gilles Marteau Orléans, Ontario, le 31 décembre 2008 Israël, le porte-avions américain?Soixante ans que le peuple palestinien se fait nier son existence au profit d’un autre.Qu’une population indigente se fait confisquer ses terres au profit de l’occupant israélien.Dans un monde de non-droit au service du plus fort, une communauté internationale qui demeure paralysée par les séquelles de la Shoah.Le silence sur l’occupation des Territoires, le,silence sur les guerres préventives de l’État hébreu, le silence sur ses armes de destruction massive.Pas même l’ébauche d’une réponse comme sa mise au banc des nations civilisées ou l’envoi de Casques bleus pour la protection d’une population détenue derrière des murs d’indifférence.Un «Yes we can» sans illusion, bonne année, Monsieur Obama! Gérard Vincent Chertsey, le 30 décembre 2008 Le soulier de nos élus Les sondages confirment la perte de confiance des électeurs envers les politiciens.Les dernières émissions télévisées de fin d’année n’auront sûrement pas aidé à remonter la cote d’amour de ces derniers.Tour à tour, ils ont versé dans la bouffonnerie, le laxisme, le rase-motte.La fonction de premier ministre exige un certain décorum.Des attitudes qui commandent le respect.Des façons de faire qui n’invitent pas à la camaraderie démesurée, aux propos enfantins, à la gaminerie de ruelle.la fonction de chef de l’opposition est tout aussi exigeante.Le snobisme réel ne doit pas être remplacé par des gestes choquants et inconvenants, des propos populistes qui déclenchent l’hilarité collective et qui cherchent à créer un rapprochement artificiel avec une population désabusée.Invités sur les plateaux de télévision, particulièrement aux émissions appelées talk-shows, les politiciens versent facilement dans la facilité, un niveau intellectuel inacceptable, des répliques d’amuseurs publics ou d’humoristes de bas étage.Leurs façons de faire n’invitent pas à un supplément d’âme.Tout au contraire, leur discours est fade, sans contenu, bâclé, décousu, stimulant l'auditeur à vivre quelque part dans les méandres de quelques sous-sols inhabités et froids.Après une campagne électorale moche, aux enjeux flous, mal dessinés et particulièrement camouflés, les politiciens du Québec ont dévoilé leur vrai visage, lors de l’émission Tout le monde en parle, édition spéciale du 31 décembre 2008.Comme ils sont toujours incapables d’expliquer les exigences et le sérieux de leur tâche, ils ont joué la comédie burlesque, le théâtre de guignol.Paroles conviviales, embrassade à la sauvette, verre en l’air pour stimuler l’harmonie et la joie de vivre en semblant s’opposer alors qu’ils sont en plein accord sur les points essentiels.Grands farceurs! Pour faire clowns et populaires, ils se sont amusés à jouer au soulier.Soulier de mâle, soulier de femme.Soulier qui pue.Soulier qui ne dégage rien.Soulier qui passe devant Soulier qui passe derrière.Soulier du premier ministre.Soulier de celle qui veut le remplacer.Comment, par la suite, prendre au sérieux, des gens qui, occupant des fonctions si importantes, s’amusent à des jeux convenant aux jeunes de la maternelle?Un ancien premier ministre disait que la politique c’était sérieux, mais qu’il ne fallait pas prendre ça au sérieux.Je suis maintenant convaincu qu’il a raison.Merci, Monsieur Parizeau! Nestor Turcotte Matane, janvier 2009 LIBRE OPINION Pourquoi exagérer sciemment l’avantage de l’anglais?MICHEL PAILLÉ Démographe et chercheur associé à la chaire Hector-Fabre d’histoire du Québec de l'Université du Québec à Montréal Dans un article paru dans Le Devoir (27 et 28 décembre 2(X)8), Charles Castonguay a choisi de ne retenir que la région de Mont-réal pour illustrer un aspect de son propos.Or, il appert que ce choix n’est pas neutre.Ën effet contrairement aux données portant sur l’ensemble du Québec, celles traitant de la région métropolitaine accentuent l’avantage de l’anglais sur le français.On sait que M.Castonguay s’intéresse depuis longtemps aux choix linguistiques des individus au foyer.Il examine des données concernant des personnes de langue maternelle française qui ont choisi de parler l’anglais au foyer.Se penchant aussi sur les personnes de langue maternelle anglaise qui ont adopté le français, il fidt voir, par soustraction, lequel des deux groupes linguistiques est avantagé.Ainsi, au recensement de 2006, la région métropolitaine de Montréal comptait 57 300 francophones anglicisés contre 37 600 anglophones francisés.Castonguay peut donc affirmer qu’il y a «une anglicisation nette des francophones, de l’ordre de 20 OOO anglicisés au foyer».Tenant compte ensuite des personnes de langues maternelles tierces (les allophones) qui parlent le français ou l’anglais au foyer, il conclut que «la population parlant l’anglais comme langue principale à la maison compte 178 OOO personnes de plus que celle de langue ma- ternelle anglaise, comparativement à un gain correspondant de 124 000 nouveaux locuteurs usuels pour le français».Ainsi, l’avantage va à l’anglais, un avantage de l’ordre «de 144 personnes additionnelles parlant l’anglais au foyer pour 100 parlant le français».Mais qu’en est-il de l’ensemble du Québec?On devine que les nombres absolus seront plus élevés, mais on ne soupçonne pas, à lire M.Castonguay, que le portrait d’ensemble qui s’en dégagerait serait bien différent C’est pourtant ce qui se produit.Au recensement de 2006, le Québec tout entier comptait moins de 84 (XK) francophones anglicisés cpntre moins de 74 000 anglophones francisés.A ce jeu, la perte nette de la majorité francophone est d’un peu plus de 10 000 personnes, soit la moitié moins que ce qu’en dit Castonguay.En incluant les allophones à l’exercice, les gains nets des francophones et des anglophones (168 000 et 181 0(X) respectivement) ramènent le rapport anglos-francos à 107 au lieu de 144.Un tel écart provient de la situation qui prévaut dans les régions périphériques du Québec.En effet, à l’extérieur du Montréal métropolitain, c’est le français qui a naturellement l’avantage dans le jeu des choix linguistiques avec un gain net sur l’anglais de près de 10 000 locuteurs.Avec l’ajout des allophones aux calculs, le rapport anglos-francos chute à 7 anglophones seulement contre 100 francophones! Vous avez bien lu: 7 contre 100, pour un net avantage au français.Puisque Charles Castonguay analyse les données des recensements sur la langue depuis quatre décennies, ce n’est pas lui faire un procès d’intention de croire que le choix de la région métropolitaine de Montréal a été fait en toute connaissance de cause.Les silences de M.Castonguay Depuis le début de 2008, Charles Castonguay ne décolère pas relativement à plusieurs études publiées en mars par l’OQLF, études dont on aurait retardé la publication.S’il aime bien en citer quelques-unes, dont celle de Mme Elke Laur (collection «Langues et sociétés», n° 46, 179 pages) dans son dernier article du Devoir, il préfère garder le silence sur quelques autres.Silence d’abord sur une Note méthodologique de nature critique.Parue elle aussi dans la prestigieuse collection «Langues et sociétés» de Î’OQLF (n° 44, 104 pages), cette étude remet en question une manière mécanique et aveugle de traiter certaines données atypiques (cas particuliers où l’on trouve plus d’une réponse sur les langues; 3 % en 2006).Cette étude est très connue de Castonguay, car il a fait une évaluation très fouillée du premier manuscrit.Si Charles Castonguay en avait tenu compte, l’anglicisation nette de 20 000 personnes recensées dans la région métropolitaine de Montréal aurait été réduite de plus de 16% (16 500).Pour l’ensemble du Québec, cette mesure est même érodée de plus de 20 % (8400).En revanche, dans le reste du Québec, elle aurait augmenté de 12 % (de 10 (XX) à 16 500).Puisque le traitement traditionnel des données conduisait à des biais, notamment la création de faux transferts linguistiques, il s’ensuit que la nouvelle technique proposée pour analyser les données affaiblissait la portée du discours de Charles Castonguay.D’où son silence sur la question.Silence aussi sur les nouvelles projections de Marc Termote.On comprend très bien le mutisme de Castonguay quand on lit «que ce sont les processus démographiques qui sont déterminants pour l'avenir des groupes français et anglais du Québec, et t\on la mobilité linguistique» (M.Termote, OQLF, Étude 8, 2008, p.52).Par processus démographiques, il faut comprendre l’accroissement naturel (naissances, décès) et l’accroissement migratoire (immigration, émigration), facteurs beaucoup plus puissants que la mobilité linguistique.La contribution de Charles Castonguay dans le dossier linguistique est colossale.Toutefois, le créneau d’analyse qu’il exploite depuis 40 ans est plutôt marginal, marginalisation qu’il ressentirait à tort pour lui-même.Ce mathématicien s’est davantage marginalisé en signant, depuis plus d’un an, des chroniques mensuelles de nature polémique dans LAut’Journal.C’est regrettable.L’article qu’il vient de faire paraître dans Le Devoir, présente des extraits épurés de sa dernière chronique (novembre 2008-janvier 2009).Par cette épuration, M.Charles Castonguay reconnaît indirectement au Devoir un niveau de langue supérieur à celui de LAut’Journal dont il a reproduit 13 textes dans Avantage à l’anglais! Dynamique actuelle des langues au Québec, Editions du Renouveau québécois, 2008.06 I K I) E V 1) I H , I.V, L U W I) I 5 .1 A N V' I K K 2 0 0 9 j\ 7 IDÉES Le pape serait-il homophobe?GILBERT ÉMOND, PH.D.Professeur adjoint, Université Concordia n m’appelant la journée de Noël, mon père m’a fait un cadeau que le pape désavoue.Pourtant, mon père m’a seulement dit qu’il m’approuvait dans mon travail contre l’homo-phobie, pour la prévention du VIH, dans ma dignité de couple et familiale comme homosexuel.Dans ses récents propos adressés à ses évêques à Rome et bien médiatisés, le pape Benoît XVI semble plus montrer son homophobie qu’un quelconque enseignement de la Bible.En réaction au pape, mon père m’a pour sa part rappelé qu’il m’aimait, sans condition, comme un père, comme un allié; il montre son amour du prochain comme je l’ai appris et comme je le vis chaque jour.Mon père m’a dit d’ignorer ce que le pape disait de moi et de poursuivre mon travail important.En voulant montrer sa modernité et son actualité, le pape a souligné que l’écologie avait besoin de l’homme pour la maintenir.Certes, il arrive que la nature ait besoin d’un coup de pouce, et plusieurs s’y emploient.Mais la proposition papale ignore en même temps que les projets écologiques ont d’abord pour but de maintenir la diversité dans l’écologie afin de la prévenir du péril et des exagérations des hommes.Or s’il utilise la métaphore de l’écologie, c’est donc qu’il sous-entend qu’il faut maintenir la diversité et non la détruire.Pourquoi conserver la diversité?Parce quelle est «naturelle» bien sûr.Le discours du pape semble bien mêlé en rejetant alors la diversité des orientations sexuelles et des réalités bisexuelles et transgenres.Pourquoi l'homosexualité devrait-elle être bannie et cachée du regard alors quelle est justement présente dans l’écologie?Le propos papal tricote bien sournoisement qu’il faut aimer les homosexuels, mais pas ce qu’ils font, il indique donc aux «homosexuels», et à tous ceux et celles qui s’intéressent aux genres, aux orientations et aux transgenres, de rentrer directement dans leur garde-robe et d’ignorer ce qui les regarde, ce qui me regarde comme homosexuel.Cela, je ne peux pas le faire.Je ne peux pas ignorer l’homophobie qui justifie des coups et des blessures contre des jeunes dans les écoles; je ne peux pas ignorer les nouveaux adultes qui sabotent leur vie et quittent leur milieu social ou familial pour avoir enfin la paix, mais qui se retrouvent seuls et isolés dans de nouveaux milieux; je ne peux pas GIAMPIERO S PO SI TO REUTERS \ ï ¦;x S.'» * ¦* ___ \' ! ,V x v , fl ignorer ces pères de famille, et leurs enfants, qui par peur de se faire montrer du doigt quand ils réalisent qu’ils ont mis au monde des enfants mais qu’ils auraient préféré une vie gaie, cherchent le moyen de mettre fin à leur vie; je ne peux pas ignorer ces femmes qui saignent de la possessivité de leur exmari parce qu’elles aiment une autre femme.Je ne peux pas non plus ignorer les gens qui pourraient éviter l’infection au VIH s’ils avaient le soutien affectif et social pour développer les stratégies qui les protègent, l’homo-phobie travaille contre leur vie et leur santé.Le problème n’est pas dans l’homosexualité, il n’est pas dans le toucher ou le réconfort qu’une relation sexuelle heureuse et consentie peut offrir; l’acte et le mode de vie «homosexuels», bien que différents, ne font aucun mal direct à personne, le problème est dans l’homophobie qu’entretiennent les hommes, les femmes et les papes de ce monde.Accepter la diversité Si le pape se réclame de l’écologie, il ne peut choisir la «bonne» et la «mauvaise» diversité, il se doit de les accepter même s’il ne les com- Le propos papal tricote bien sournoisement qu’il faut aimer les homosexuels, mais pas ce qu’ils font prend pas.Le pourquoi de l’homosexualité reste quant à moi un mystère dans l’ensemble écologique, comme il y a plusieurs mystères protégés par l’Église, alors pourquoi voir ceci comme un problème?Il n’y a pas de questions de genre ou d’orientation qui tiennent quand les personnes aiment, comme il n’y a pas de question de meilleur ou de moins bon être vivant quand il y a une question écologique, c’est ensemble et globalement que la diversité doit être célébrée et maintenue, aucune sélection n’est juste.Alors, comment le pape en arri-ve-t-il à faire des sorties si vives contre l’homosexualité, à la condamner comme si elle n’était pas l’expression d’un amour, certes différent, mais qui reste tout à fait bienfaiteur?C’est sans doute comme le sexisme ou le racisme que certains se sentent le besoin de proclamer sans raison ni justification.Car l’homophobie est justement une extension du sexisme et du racisme, une attaque contre quelque chose qui est différent afin de rabattre ceux qui sont désignés aux yeux des autres, afin d’en faire des hommes et des femmes de seconde zone: ça sert seulement à faire mal, à blesser et à en tuer certains.L’homophobie est une façon de dire que l’on n’est pas capable d’aimer les autres et sans doute soi-même pour ses côtés «imparfaits».Clamer son homophobie est bien peu exemplaire dans ce temps des Fêtes, à quoi cela sert-il de détruire le bonheur des autres s’il ne vous fait pas de mal?Pour ma part, c’est l’homophobie qui sera bannie à ma table ce soir, car j’inviterai mon amoureux et ses filles et ses garçons à venir dire combien nous nous aimons.J’inviterai aussi mon père et ma mère, et puis les jeunes amèneront leur conjoint et ceux qu’ils espèrent comme conjoints, les plus vieux amèneront aussi ceux que je peux considérer à un iota près comme mes petits-enfants, ils m’embrasseront tous, sur quatre générations, nous serons seize en tout.Vous inquiétez-vous?Le plus vieux des petits a réalisé il y a deux ans par lui-même, du haut de ses trois ans, que son grand-père m’aime, moi, comme son papa aime sa maman.Il tient son inventaire d’amours bien serré sur son cœur et il n’y a aucun doute que nous en faisons partie.Nous célébrerons ensemble que nous aimons les uns et les autres, que nos bras savent accueillir ceux qui en ont besoin et il y aura entre nous le message de mon père, un bien meilleur cadeau de Noël que celui du pape.Que cette nouvelle année soit sous le signe de la santé, de la paix et, sans homophobie, du bonheur et de l’amour.Les homosexuels, ces « pollueurs » ! PIERRE PELLETIER Montréal Il y a une quinzaine de jours, le Vatican, observateur aux Nations unies, soutenait les pays refusant de décriminaliser l'homosexualité.Il se rangeait ainsi du côté des États qui emprisonnent et condamnent à mort les homosexuels: la plupart des pays musulmans, quelques pays émergents, comme l’Inde, la Chine et de nombreux pays africains.Quelques jours avant Noël, Benoît XVI faisait une violente sortie contre l’homosexualité et les mariages de même sexe.Usant de métaphores à la mode, le pape affirme qu’il faut protéger l’humanité contre l’homosexualité tout comme il faut protéger les forêts tropicales.En d’autres mots, les homosexuels sont les polluants qui mènent la société à son autodestruction.Pour les besoins de la cause, Benoît XVI emprunte le style prophétique et apocalyptique traditionnel, tel qu’on le trouve chez de nombreux prophètes du Premier Testament et chez Jésus lui-même.Lorsque les moeurs du peuple juif dégénèrent, les prophètes utilisent ce genre de métaphore à portée cosmique: vos terres, vos femmes et vos troupeaux seront stériles, le feu de la géhenne consumera tout sur son passage, etc.On peut se demander pourquoi, en ce Noël 2008, le pape recourt à ce style extrême pour s’en prendre à l’homosexualité et au mariage des conjoints de même sexe.Certes, la proposition présentée aux Nations unies était toute récente et l’on peut penser que Benoît XVI craint d’avance la politique libérale de Barack Obama en matière de mœurs.Mais, en cette fin d’année, les scandales financiers et économiques polluent bien davantage la planète que les mariages de même sexe.L’avidité fait beaucoup plus de mal à l’humanité que la luxure et le mariage des homosexuels.On retrouve cette étrange habitude du Vatican de donner plus d’importance au divorce et au sexe qu’à la fraude, à l’ambition démesurée, à l’égoïsme criminel des courtiers, des hommes d'affaires et des gouvernants, qui causent la famine, le désespoir, la mort de millions d’êtres humains.Une des choses qui frappent dans le discours du pape (tel qu’il a été rapporté par les médias), c’est qu'il ne s'adresse pas aux homosexuels.11 parle d’eux comme on parle des gaz à effet de serre: quelque chose là-bas, un ça, un gaz, qui pollue la société et dont il faut se débarrasser.11 semble oublier que les homosexuels sont des êtres humains (plusieurs sont baptisés) qui n’ont pas choisi leur orientation sexuelle: celle-ci s’est imposée à eux, très tôt dans la vie, pour des raisons encore mystérieuses qui tiennent à la fois de la prédisposition et de l’éducation.Pour tous les homosexuels, cette orientation a d’abord été une honte, un malheureux destin, une blessure narcissique qui leur a lait envisager la mort Cela leur prend du courage pour continuer de vivre et tous n’arrivent pas à vivre dignement Ils ont davantage besoin d’un coup de pouce que d’un coup de balai.Malheureusement, en les considérant comme des gaz polluants, l’Église catholique ne leur offre aucun soutien, aucun espoir, aucune morale réaliste: comment s’étonner que certains perdent le nord?Il faut plutôt admirer ceux et celles qui réussissent à vivre une vie saine et soucieuse du prochain.Ce que le pape souhaite aux homosexuels pour Noël, c'est un ouragan ou un tsunami qui balaierait chacun des millions d’entre eux, pour qu’enfin les Justes puissent respirer l’air pur de la Sainte Nuit Pour une vraie réforme de la gouvernance des universités SAM IR SAUL Professeur d’histoire à l’Université de Montréal 1 '~n a campagne électorale terminée, le pro- Ljet de loi n° 107 ou un frère jumeau risquent de réapparaître.Le projet soulève des réactions négatives dans le milieu universitaire, car il cerne mal les pro-' blêmes qu’il faut résoudre.Nombre des dispositions qu’il contient sont inappropriées, et certaines sont nocives.Cela dit, l’intervention du gouvernement dans le fonctionnement des universités n’est pas à rejeter, car il y a d’authentiques problèmes que les pouvoirs publics pourraient contribuer à résoudre, pour peu que soient mis de côté les a priori, les simplismes et les recettes passe-partout Nous verrons où le projet de loi fait fausse route et comment il pourrait être réaménagé.Les universités doivent être responsables de la réalisation de leur mission spécifique et de l’emploi qu'elles font des deniers publics.Le devoir de responsabilité et l’exigence de reddition de comptes vont de pair avec la nécessité d’autonomie.Il n’y a pas d'incompatibilité.Les réactions négatives qu’a suscitées le projet tiennent autant à ses présupposés qu’à ses propositions concrètes.On sait que le contribuable fera les frais des déboires financiers de l’UQAM, dus à des dérives immobilières.Telle est l’origine du projet de loi.Le problème est que le remède est sans rapport avec le mal.Ije projet de loi est un calque du rapport Toulouse, parrainé par deux écoles de commerce et issu de la pensée managériale.Au lieu d’aller à la source des erreurs commises à l’UQAM, le rapport impose un schème préconçu et fondé sur le mode de gestion des entreprises.Passant outre à la finalité des universités et la culture universitaire, il leur transpose le modèle du milieu des affaires.Greffe contre-nature, car le monde de l’enseignement et de la recherche ne peut fonctionner comme une usine de conserves.Même si le journal Les Affaires assimile les universités à des sociétés cotées en Bourse (20 septembre 2008, p.14), le concept de rentabilité y est inapplicable, les recteurs ne sont pas des p.-d.g.et les conseils d’administration ne sauraient détenir tous les pouvoirs, car l’université n’est pas la propriété d’actionnaires envers lesquels ils seraient comptables.Il est regrettable que les mécomptes de l’UQAM soient exploités pour actualiser un projet idéologique.L’occasion devrait plutôt servir pour mettre en œuvre une authentique réforme qui répondrait aux besoins de l’université.Une analyse contestable Le projet de loi repose sur l’idée que l’autogestion serait une cause de mauvaise gestion.La solution préconisée est de remettre la direction des universités à des administrateurs non universitaires.Ces externes (issus surtout du milieu des affaires) occuperaient les deux tiers des sièges des conseils d’administration.les pouvoirs des conseils seraient très étendus, faisant d’eux le principal centre de décision.Une concentration sensible du pouvoir s’opérerait au profit d’une couche de cadres qui dirigeraient les universités sans en faire partie.Les instances représentatives seraient soumises à ces administrateurs tout-puissants venant de l’extérieur.La disposition fait fi de l’expérience vécue des universités québécoises où les administrateurs externes ont déjà la majorité dans cinq conseils et constituent plus d'un tiers de quatorze.I>eur présence n’a empêché ni les déficits ni les dérives immobilières.N’ayant pas le temps de suivre les dossiers, ils se fient aux dirigeants de luniversité.Le contrôle et l’apport sont illusoires.A l’UQAM, les réserves au sujet des aventures immobilières sont venues des membres internes.L’expérience dément le préjugé voulant que les internes ne peuvent que défendre des revendications sectorielles.Elle démontre qu’ils sont aptes à agir comme fiduciaires de l’intérêt général.La réalité est éloignée de la prémisse du projet de loi.Ce dont souffrent les universités est la faiblesse des mécanismes de contrôle par les instances élues.Chargées de définir les grandes orientations, elles demeurent essentiellement consultatives.Quand elles sont informées, c’est souvent après que les dé cisions ont déjà été prises par les dirigeants.Parallèlement, le sous-financement par l’État induit les universités à s’arracher les «clientèles» étudiantes, à délocaliser des annexes sur les plates-bandes des «concurrents», à s’adonner aux fantaisies foncières comme atouts pour attirer, et à dévier vers la promotion immobilière.D’où la multiplication des chantiers «pharaoniques» et des Taj Mahal, décidés par les dirigeants, avalisés par des conseils où siègent des administrateurs externes et non soumis aux instances élues.Remettre tous les pouvoirs aux conseils et rendre les externes prédominants dans les conseils n’est pas sans danger.La concentration des pouvoirs entre des mains externes à l’institution délégitimera entièrement le processus décisionnel.Les décisions seront vécues comme des diktats émis par des étrangers, et leur application donnera lieu à des tensions.Appelés à gérer l’université comme une entreprise, les administrateurs externes la mettront sur la voie de la privatisation.Qe service public, elle deviendra une société d’État, comme l’entend le rapport Toulouse, puis une société tout court.Programmes «non rentables», disciplines fondamentales et recherches sans but lucratif passeraient à la trappe au nom d’une saine gestion.Approuvée par le Conseil du patronat du Québec et quatre recteurs, l’augmentation des droits de scolarité ne fait pas de doute.Oui à une réforme L’université est une institution dont la mission d’avancement et de diffrision des connaissances appelle des équilibres délicats et découle de valeurs qui lui sont propres.Toute remise en cause pourrait tarir la contribution que font les universités à la collectivité.La gouvernance des universités mérite d’être soumise à un examen.Loin de concentrer davantage le processus décisionnel, il convient de l'élargir dans le sens de l’inclusion et de la collégialité.C’est ainsi que se réaliserait une véritable réforme.Les administrateurs externes ont un rôle positif à jouer dans la mesure où ils accompagnent les instances internes.L’idée de les subordonner aux administrateurs externes rendrait l’université ingé-rable.Une gouvernance partagée entre les externes et les instances participatives réunirait le droit de regard que doit exercer la société sur ses institutions universitaires, et la connaissance intime du milieu ainsi que la bonne volonté des premiere concernés.Les redditions de comptes doivent être fréquentes, transparentes et exhaustives, la collectivité a le droit de savoir si les universités accomplissent leur mission et comment elles utilisent les fonds publics.Le gouvernement doit surveiller étroitement les dépenses pour le développement immobilier et les infrastructures.Son droit de veto doit demeurer entier dans ces domaines.En contrepartie, l'autonomie des universités en matière d’enseignement et de recherche ne doit subir aucune intervention externe.Le projet de loi deviendrait recevable dans la mesure où seraient amendés ses aspects néfastes aux universités et à la société.Pour un essai de bonification des articles inacceptables, voir www.web-depot.umontreal.ca/Usagers/sauls/MonDepotPu-blic/projet 107.pdf I.’ÉQIUI’E 1)11 DEVOIR RÉDACTION Information ni-iu-mlu et métropolitaiiu’ : (iéntlri 1 lallaitv (adjoint au directeur de l'information), Marit1-André»* Chouinard (éditorialiste.responsable de la pane Idées), Stéphane BaillarReon (général), Clairandrée Cauchy féducation).Jeanne Corrlveau (affaires municipales).Fabien Devise (consommation), Jean Dion (sports), Louta-fiillcs Francœur (environnement), l’an line Gravel (sciences).Brian Myles (justice et /dits de société), Inuitte-Maude Riotix Soucy (santé).Alexandre Shields (général), Hiilipix* l'npincaii (pupitre) : information politique Michel David (chroniqueur).Hélène Huzzetti et Alcc Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Kobitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen 1 évesque (reporter) ; information culturelle Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), (iuillaumc Hourvundl Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres).Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Julie Carpentier (pupitre) , information économique : (iérnrd Bérubé (adjoint au directeur de l'infirmation).Fiançois Desjardins (re|x>rter), Frie Desrosiers (re|ïorter).Claude Turcotte (re|K>rter).Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Guy Taillefër (adjoint au directeur âv l'infirmation), Sertfr Truffaut (éditorialiste).Claude léveaque (reporter), Jean-Pierre I/‘>iault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Precourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Michèle Malenfnnt et Christine Dumazct (correctrices) ; Benoît Monger (responsable du site Internet), F mille Folic-Boivin »'l Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire d la rédaction ) ; David Dumouchel »•! ('.tienne Piamondon-1 moud (commis à la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Parc (directeur), Manon Deromc (Montréal).Olivier Spéciel (Québec), Moniqu»* Bhéivr (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe).Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Manon Mollard, Marlène CAté, Amélie Maltais.Claire Paquet.Geneviève Pierrat, Chantal Rainville.Isabelle Sanchez.Nadia S
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