Le devoir, 30 décembre 2008, Cahier A
www.ledcvoir.co in LE DEVOIR Vol.XC1XN-297 ?LE MARDI 30 DECEMBRE 2 0 0 8 1 0 $ + TA X E S = 1.25$ Tsahal déploie ses blindés à la lisière de la bande de Gaza I Des milliers de Palestiniens ont manifesté leur colère contre les attaques israéliennes en Cisjordanie hier.ALEXANDRE SHIELDS Engagé dans une «guerre sans merci» pour écraser le Hamas afin d’améliorer «à long terme» sa sécurité autour de la bande de Gaza, Israël a poursuivi hier ses frappes contre le mouvement islamiste pour la troisième journée consécutive.Des raids aériens particulièrement meurtriers qui ont fait au moins 345 morts, dont 57 civils.Et ce ne pourrait être que le début, puisque Tsahal semble sur le point de lancer des attaques terrestres.«Si les tirs criminels contre Israël et ses citoyens ne cessent pas totalement, Israël aura recours à tous les moyens et tous les types d’actions légaux dont il dispose pour faire en sorte que l'ennemi mette un terme à ses agressions illégales», a d’ailleurs averti le ministre de la Défense, Éhoud Barak, par voie de communiqué.D avait phis tôt souligné que les Israéliens étaient «engagés dans une guerre sans merci contre le Hamas et ses alliés».Le vice-premier ministre, Haim Ramon, numéro deux du gouvernement, a également haussé le ton en affirmant que «le but de l’opération est de faire tomber le régime du Hamas», alors que le chef d’état-major adjoint israélien, le général Dan Hard, assurait qu «après l’opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas debout à Gaza».Jusque-là, les dirigeants israéliens affirmaient que l’opération Plomb durci, d’une violence «Après l’opération, il ne restera plus aucun bâtiment du Hamas», dit un général israélien inégalée depuis l’occupation des territoires palestiniens par Israël en 1967, visait uniquement à mettre fin aux tirs de roquettes sur le sud du pays depuis la bande de Gaza, contrôlée depuis juin 2007 par le Hamas.Tsahal a effectivement continué de donner la mesure de sa détermination hier.Après une série de raids nocturnes, dont certains menés par des bâtiments de guerre au large de Gaza, l’aviation a lancé de nouvelles frappes, détruisant notamment le bureau du premier ministre du gouvernement du Hamas, Ismail Haniyeh.Deux chefs du groupe radical Jihad is- AGENCE FRANE-PRESSE lamique ont également été tués.Douze Palestiniens ont été tués et 30 autres blessés dans deux raids aériens menés en début de soirée à Beit Lahya et Beit Hanoun, deux localités dans le nord du territoire.Selon un porte-parole militaire, l’armée de l’air aurait également détruit un camion transportant des roquettes de type Grad dans le secteur de Jabaliya, dans le nord de la bande de Gaza.Les opérations se sont poursuivies au cours de la nuit, alors que plusieurs raids aériens avaient fait au moins 10 victimes palestiniennes, au moment de mettre sous presse.Selon le dernier bilan fourni par le chef des services d’urgence dans la bande de Gaza, Mouawiya Hassa-nein, les attaques israéliennes ont fait depuis samedi VOIR PAGE A 8: HAMAS Le chaos et la mort sous les bombes Obama évite de prendre position L’éditorial de Serge Truffaut > Pages A 5 et A 6 JACQUES NADEAU LE DEVOIR ERE AU FROID Petit guide de prévention et de traitement des engelures ¦ À lire en page A 2 1 N D K X Annonces.B 4 Météo B 6 Culture .B 8 Monde A 5 Décès .B4 Mots croisés.B 6 Économie.B 1 Sports B 6 Éditorial .A 6 Sudoku B 3 Idées .A 7 Télévision B 7 Retour au bercail Du Labrador à Dakar On parle beaucoup de ces femmes et de ces hommes du Sud qui émigrent vers le Nord, mais très peu de celles et ceux qui un jour choisissent de rentrer au bercail pour contribuer au développement de leur pays d'origine.Notre collaboratrice s’est rendue dans quatre pays du Sud à la rencontre de personnes qui, ayant vécu au Québec, ont décidé de revenir au pays natal, fortes des apprentissages qu’elles ont faits ici.Voici la dernière tranche d’une série publiée depuis samedi.MONIQUE DURAND Mon retour au Sénégal fut douloureux.J’ai souffert d'un vrai choc culturel en retrouvant mon pays!» Recrutée comme professeure à l’école de journalisme de l’Université de Dakar, Eugénie Aw rentre dans son pays natal après 14 années passées au Québec, de 1988 à 2002, dont un séjour prolongé comme étudiante à l’Université du Québec à Montréal.«Ici à Dakar, c’était le mandarinat et le machisme universitaire.Je débarquais femme, VOIR PAGE A 8: DAKAR Des étudiants de l’Université de Dakar ¦ ¦ tiiïv ft'.jtP.'; ' W AGENCE FRANCE-PRESSE Aide au suicide Québec conteste l’acquittement de Dufour AMÉLIE DAOUST-BOISVERT Alors que la famille tentait tant bien que mal de tourner la page sur cette triste histoire pendant le temps des fêtes, le directeur des poursuites criminelles et pénales a décidé d’en appeler du verdict d’acquittement de Stephan Dufour rendu le 12 décembre dernier.Un jury de douze personnes a acquitté Stephan Dufour de l’accusation d’aide au suicide qui pesait contre lui, après la mort de son oncle atteint de poliomyélite Chantal Maltais, décédé en septembre 2006.Alors qu’un soupir de soulagement collectif avait été poussé au moment de l’acquittement la famille, mise au courant de l’avis d’appel hier matin, était atterrée.L’avocat de Stephan Dufour, M' Michel Boudreault, raconte que «la famille est déçue.Stéphan pleurait ce matin lorsque je lui ai parlé, il était anéanti.Pour eux, cette nouvelle un 29 décembre, c'est très difficile», d’autant que la Couronne disposait d’un délai expirant le 12 janvier pour en appeler de la décision.«Ils ne peuvent tout simplement pas s’imaginer recommencer le processus [du procès]», explique l’avocat de la défense.Chantal Maltais, 49 ans, était confiné à un fauteuil roulant.Il s’est pendu le 8 septembre 2006, après avoir tenté deux fois de se suicider par le passé et instamment demandé à plusieurs membres de la famille de l’aider à mourir.Pendant son témoignage, l’accusé Stephan Dufour a confié au jury que son oncle lui avait demandé tous les jours pendant un an et demi de l’aider à mettre fin à ses souffrances.Il a dit avoir VOIR PAGE A 8: SUICIDE « Stéphan pleurait ce matin lorsque je lui ai parlé, il était anéanti» A 2 LE DEVOIR.LE MARDI 30 DÉCEMBRE 2008 LES ACTUALITES Gare au froid mordant sur les petites joues rouges ! Petit guide de détection, de traitement et de prévention des engelures chez les tout-petits.et chez les plus grands PAULINE GRAVEL Gare au facteur éolien avec les jeunes enfants, car ceux-ci sont plus susceptibles de souffrir d’engelures que les adultes.Les doigts et les orteils qui élancent, les joues, le nez et les oreilles qui tournent au rouge vif sont les premiers signes indiquant qu'une engelure se prépare et qu’il est temps de rentrer au chaud.Ayant une plus grande surface coiporelle en proportion de leur poids que les adultes, les enfants perdent plus rapidement de la chaleur par la peau.De plus, ils ne sont pas encore suffisamment matures pour juger des symptômes avant-coureurs alors qu’ils s’amusent follement dans la neige.C’est pourquoi les parents doivent être vigilants et surveiller de près les joues rouges, les oreilles et le nez de leurs enfants quand le mercure descend sous les -20 degrés Celsius.Les engelures surviennent surtout aux extrémités du corps, comme les doigts, les pieds, le nez, les oreilles et les joues, où la circulation sanguine est moins efficace.Dans un premier temps, la peau est rouge, elle picote, brûle et devient graduellement engourdie.Ensuite, apparaissent des zones marbrées, voire blafardes, qui à mesure que le temps passe deviennent insensibles.Comme une brûlure, une engelure sérieuse peut provoquer en phase tardive de l’enflure et des ampoules.«Quand la peau devient blanche ou si l’enfant se plaint de douleurs aux oreilles, aux joues ou au nez, il faut rapidement rentrer se réchauffer, quitte à retourner à l’extérieur plus tard», prévient le Dr Dominic Chalut, ur- « Quand la peau devient blanche ou si l’enfant se plaint de douleurs aux oreilles, aux joues ou au nez, il faut rapidement rentrer se réchauffer» gentologue pédiatrique à l’Hôpital de Montréal pour enfants.Réchauffer lentement On recommande de réchauffer la peau gelée lentement, idéalement avec la chaleur corporelle, en apposant par exemple les parties gelées sur les régions du coips les plus chaudes, comme les mains — si elles sont chaudes —, l’estomac, les aisselles ou l’entrecuisse.«Le réchauffement doit être doux et progressif.Un réchauffement trop brusque risque d’endommager les tissus», précise la Dre Danielle Mar-coux, dermatologue à l’Hôpital Sainte-Justine.Il ne faut surtout pas frotter, frictionner ou faire des massages violents, soulignent tous les spécialistes.«On a parfois tendance à frotter les engelures dans le but de les réchauffer.Il faut éviter de telles manipulations», insiste le Dr Chalut, avant d’expliquer que lorsque les tissus gèlent, des cristaux de glace se forment entre les cellules.«Il faut laisser fondre ces cristaux de glace de façon passive sans appliquer trop de pression.Car en frottant la peau, les cristaux risquent d’endommager les tissus mous de soutien.» «Si vous vous réchauffez près d’un feu de bois, évitez de trop vous en approcher pour ne pas vous brûler.Quand les engelures sont avancées, il y a inhibition de la sensation, la personne pourra alors ne pas percevoir la chaleur», prévient le Dr Chalut, qui suggère d’appliquer des compresses d’eau tiède sur la peau gelée et de faire tremper les mains et les pieds gelés dans un bol d’eau tiède.La Drf Marcoux déconseille pour sa part les coussins chauffants et les bouillottes d’eau chaude.Si au bout de 30 minutes de réchauffement la peau semble vouloir noircir, il faudra se rendre à r -I?»''**.I ,y ^ -y » * JACQUES NADEAU LE DEVOfR Il n’y a qu’une façon de prévenir les engelures: il s’agit de s’habiller chaudement en enfilant plusieurs couches de vêtements, dont des sous-vêtements isolants.l’urgence ou consulter immédiatement un médecin, car il pourrait y avoir une perte de tissu.Si, au moment où on découvre l’engelure, la personne a toujours quelques sensations, telles des engourdissements, il y aura fort probablement recouvrement complet des sensations et des tissus, explique la Drr Marcoux, avant de préciser que tout dépend du degré de sensation perçue par la personne.«Si les sensations sont devenues à peine perceptibles, il pourra subsister après plusieurs semaines quelques séquelles discrètes.Si l’en- gelure est superficielle, il pourra subsister une plus grande sensibilité au froid pour quelque temps.» Les engelures graves, équivalant à des brûlures au deuxième ou troisième degré, qui nécessitent une amputation sont très rares chez les enfants, précise le Dr Chalut.Prévention Il n’y a qu’une façon de prévenir les engelures: il s’agit de s’habiller chaudement en enfilant plusieurs couches de vêtements, dont des sous-vêtements isolants.Les vête- ments ne doivent pas être trop serrés pour ne pas entraver la circulation sanguine, et les couches extérieures doivent être autant que possible imperméables.Les mitaines imperméables sont préférables aux gants.Le bonnet doit couvrir complètement les oreilles.On peut aussi protéger le visage à l’aide d’un collet-tube ou d’une cagoule.Il est important de retirer les vêtements mouillés dès que possible, car ils accroissent les pertes de chaleur.S’il fait très froid, il est recommandé de bouger plutôt que de rester cacher dans un igloo, de prendre fréquemment des pauses dans un endroit chauffé, de réduire la durée des sorties à l’extérieur et d’évaluer fréquemment l’état de la peau et des extrémités des enfants.Les mêmes précautions doivent être prises avec les adultes, «à la différence que ceux-ci sont censés avoir un meilleur jugement et être en mesure de reconnaître les engelures, ainsi que d'y remédier rapidement en rentrant au chaud», fait remarquer le Dr Chalut Le Devoir V MONTRÉAL 1215, BOUL.CRÉMAZIE OUEST 514-382-1443 4 LAVAL 1946, BOUL.LE CORBUSIER 450-682-3022 WWW.MAISONCORBEIL.COM SOLDE DEFINI ¦ANNE f A ï * » USQ.U’A 30 % REDUCTION gel V P IISÉI:- ¦ Sé .y* % a ¦ ; Haàêi 'Il ' - ; M 1 *** WM ’ ¦" .-’’.s i%A y HÉ&Éfl T> s*®*’.,?Mi * > «»¥•' • T t' ’ **• '.5W,A ?• JUSQU’AU MERCREDI 31 DÉCEMBRE % : We ' Av.- m ¦'% T * .w ï 'àimS y: „ v S.4J .'àÆi.1 % ** ¦F* i.\ , fw» - ¦‘v, ." «1 r .i.,:*"* * ¦«.v .«a.V Vt ACTUALITES Découverte d’un gène clé contre l’hypertension artérielle Washington — Des chercheurs américains ont découvert un gène dont une variation commune est liée à l’hypertension artérielle, découverte ouvrant potentiellement la voie à des traitements plus efficaces pour lutter contre cette maladie, selon des travaux publiés hier.Ce gène, appelé STK39, produit une protéine qui joue un rôle dans le mécanisme rénal régulant la quantité de sodium dans l’organisme.«Cette avancée présente un bon potentiel pour améliorer notre capacité à développer des traitements adaptés à chaque individu, encore appelée la médecine personnalisée, qui permet de combattre plus efficacement l'hypertension», estime la Dr Yen-Pei Christy Chang, professeure associée de médecine et d’épidémiologie à la faculté de médecine de l’Université du Maryland.Toutefois, la Dr Chang souligne l’importance de poursuivre les recherches dans ce domaine, expliquant que «l’hypertension est une maladie très complexe, dans laquelle de nombreux autres facteurs génétiques, environnementaux et liés au mode de vie entrent en ligne de compte».«Le gène STK39 est seulement une pièce importante du puzzle», ajoute la scientifique, dont l’étude paraît dans les annales de l’Académie nationale américaine des sciences (PNAS) datées du 29 décembre.«Nous voulons déterminer comment les individus présentant différentes variations de ce gène répondent aux diurétiques et autres traitements contre l’hypertension ou aux changements dans le mode de vie tels qu’une réduction de la quantité de sel consommée», poursuit la D' Chang.«De telles informations devraient nous aider à découvrir le moyen le plus efficace de contrôler la tension artérielle des patients souffrant d’hypertension», ajoute-t-elle, notant qu’environ 20 % de la population blanche est probablement porteuse de la variation génétique du STK39.Une tension artérielle considérée comme idéale est de 120 mm de mercure pour la pression artérielle systolique et de 80 mm de mercure pour la pression artérielle diastolique, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).Les chercheurs ont identifié le lien entre la variation du gène STK39 et l’hypertension artérielle en analysant l’ADN de 542 membres d’une communauté amish vivant dans le comté de Lancaster, en Pennsylvanie.Pour ce faire, ils ont passé au scanner environ 100 000 marqueurs génétiques de l’ensemble du génome, une nouvelle technique.Ils ont pu confirmer leur découverte en menant des analyses génétiques sur un autre groupe d’Amishs et sur quatre autres groupes de population blanche aux Etats-Unis et en Europe.Les Amishs, communauté religieuse dont les ancêtres ont émigré d’Europe au milieu du XVIIIe siècle pour s’installer en Pennsylvanie, constituent une population idéale pour ces études, car ils sont génétiquement homogènes.En outre, tous les membres de ce groupe partagent le même régime alimentaire et un mode de vie rural identique, notent les auteurs de l’étude.Cette recherche a été financée par les Instituts nationaux américains de la santé (NIH).Agence France-Presse « De telles informations devraient nous aider à découvrir le moyen le plus efficace de contrôler la tension artérielle des patients souffrant d’hypertension» Michel David La chronique de Michel David fait relâche pendant la période des Fêtes.Elle sera de retour dans nos pages dès le 6 janvier.- CHRIS WATTIE REUTERS La CSN a dit comprendre que le nouveau chef du Parti libéral du Canada, Michael Ignatieff, veuille prendre connaissance du budget du gouvernement conservateur avant de se prononcer sur la nécessité d’une coalition.L’arrivée de Michael Ignatieff ne met pas en péril la coalition, selon la CSN La présidente de la CSN estime que l’arrivée de Michael Ignatieff à la tête du Parti libéral du Canada (PLC) ne met pas en péril la coalition formée par les libéraux et le Nouveau Parti démocratique (NPD).«Je ne pense pas que l’arrivée de Michael Ignatieff ferme la porte à une coalition», a affirmé Claudette Carbonneau, interrogée à ce sujet par La Presse canadienne.Mme Carbonneau a fait valoir que la position de ces deux partis politiques à l’égard de la coalition n’avait pas changé.«Je n’entends pas, de la part des organisations politiques qui formaient la coalition, un discours radicalement différent [de celui qu’elles tenaient avant l’arrivée de M.Ignatieff]», a-t-elle expliqué.«Ou bien il y a un budget qui est satisfaisant, ou bien on votera contre», a-t-elle illustré.Le cas échéant, la question de la coalition se posera à nouveau, a conclu la chef syndicale.Mme Carbonneau a en outre dit comprendre que M.Ignatieff veuille prendre connaissance du budget du gouvernement conservateur avant de se prononcer sur la nécessité d’une coalition.La présidente de la CSN a indiqué que son organisation «s’est prononcée en faveur d’une coalition, mais, d’abord et avant tout, en faveur d'un programme qui était radicalement différent de celui que laissait miroiter Stephen Harper».Mme Carbonneau estime toutefois que le gouver- nement conservateur ne présentera pas un plan à la hauteur des attentes lors de la reprise des travaux aux Communes, le 26 janvier.«Je demeure assez sceptique compte tenu de l’alignement idéologique de ce gouvemementdà sur sa capacité de faire complètement marche arrière» et de poser des gestes à la hauteur de ceux qu’il devrait poser en temps de crise éconontique, a-t-elle argué.Mme Carbonneau croit qu’il faut tout de même donner une chance au coureur et attendre le dépôt du budget avant de se prononcer.«Voyons voir ce qu’il va présenter les 26 et 27 janvier prochains», a-t-elle lancé.La Presse canadienne JACQUES GRENIER LE DEVOIR Lors du dernier recensement mené au Québec, 60 % de la population était propriétaires.il .ij nawww*.' Le FRAPRU propose le logement social pour faire face à la crise L’économie affecterait l’accès à la propriété LISE MILLETTE Le logement social pourrait contribuer à aider le Canada et le Québec à faire face au ralentissement économique.C’est du moins ce qu’estime François Saillant, du Front d’action populaire en réamémagement urbain.Selon lui, non seulement cette forme d’investissement répond à des besoms sociaux, mais elle peut aussi être créatrice d’emplois, favoriser l’utilisation de matériaux canadiens et aider à préserver des emplois dans le secteurs manufacturier et de la construction.Outre les locataires, la pression économique risque aussi d’affecter certaines personnes qui ont récemment accédé à la propriété et qui se retrouvent fortement endettées.Pour François Saillant, plusieurs ont fait des efforts considérables, mais leur nouveau statut pourrait ne tenir qu’à un fil dans une période financière caractérisée par des pertes d’emplois.Lors du dernier recensement mené au Québec, 60 % de la population était propriétaires.Un plafond, selon le FRAPRU, qui maintient qu’il peut être périlleux de vouloir se lancer à tout prix dans l’accès à la propriété et qu’il importe de développer d’autres possibilités, comme la formule coopérative.Pour 2009, le FRAPRU compte suivre les engagements pris par Jean Charest lors de la dernière campagne électorale, promettant de financer 3000 logements sociaux par armée pendant cinq ans.Le budget fédéral du 27 janvier sera également scruté à la loupe, alors que la Coalition NPD-libéraux s’était avancée pour financer du logement abordable et que, depuis, les conservateurs ont ouvert la porte en ce sens.La Presse canadienne EN BREF Des rivières sous surveillance L’avertissement de forte crue a été levé par Hydro-Météo, hier, pour les six rivières au Québec qui taisaient l’objet d’une haute surveillance.Plus tôt dans la journée, des avertissements de forte crue étaient en vigueur en Montérégie pour les rivières Chàteauguay (Secteur de Mercier et Huntingdon), des Anglais et l’Acadie.La Sécurité civile surveillait également les rivières Yamaska (secteurs de Saint-Hyacinthe et Farn-ham), dans la Vallée du Richelieu, et Coaticook et au Saumon, en Estrie.Même si l’avertissement a été levé, la porte-parole de la Sécurité civile, Lisa Carroll, a indiqué que la situation continuera d’être suivie de près.Par ailleurs, hier en début de soirée, des pannes ont privé plus de 13 000 foyers d’électricité dans la province.La région de la Capitale-Nationale a été la plus durement touchée, avec 9700 clients sans courant On en comptait aussi 2500 en Outaouais, 116 en Montérégie et 740 dans les Laurentides.- La Presse canadienne Avalanches: six corps retrouvés Femie, C.-B.— Six corps ont été retrouvés, hier, sur les lieux des deux avalanches qui avaient piégé 11 motoneigistes, dans le sud-est de la Colombie-Britannique, dimanche, selon la police.Les six coqps ont été transportés par hélicoptère.Deux hommes sont toujours portés disparus.Trois autres hommes ont survécu en se rendant à pied en lieu sûr après les avalanches à répétition survenues dimanche.La police avait indiqué plus tôt hier avoir encore espoir de retrouver vivants tous ces hommes dans la vingtaine, résidants de Sparwood, en Colombie-Britannique.Les efforts de secours ont été retardés par des opérations visant à réduire les risques de nouvelles avalanches.- La Presse canadienne Le CELI dès jeudi Toronto — Les Canadiens pourront dès jeudi ouvrir un nouveau type de compte d’épargne libre d’impôt (CELI), grâce à une mesure annoncée dans le budget fédéral de 2008.Celled! tombe un peu mal pour l’économie, qui aurait au contraire besoin que les Canadiens dépensent Le gouvernement conservateur a dévoilé le nouveau CEI! dans le cadre de son budget du mois de février dernier, lorsque les conditions économiques étaient meilleures pour l’ensemble de la population canadienne.D était toutefois précisé dans le document que les comptes ne pourraient être ouverts avant le 1er janvier 2009.- La Presse canadienne ON COMMERCE EN FRANÇAIS ICI, ON FAIT AFFAIRE EN FRANÇAIS.RECHERCHEZ CE LOGO CHEZ VOS DÉTAILLANTS PRÉFÉRÉS.IL CONFIRME LEUR ENGAGEMENT À VOUS SERVIR EN FRANÇAIS.PARCE QU’ICI, AU QUÉBEC, ÊTRE ACCUEILLI ET SERVI EN ^1 O E9 FRANÇAIS, C'EST PLUS QUE NOTRE DROIT, C'EST NOTRE FIERTÉ.E3 E9 A 1_______________ 1.t: DEVOIR.LE MARDI 30 DÉCEMBRE 2 0 0 8 LES ACTUALITÉS éSS: Ÿ*'k Jl FINBARR O'REILLY REUTERS Avec 106 soldats morts, des centaines de blessés et une facture estimée à 18,3 milliards, le Canada semble s’être résigné à une longue et coûteuse mission.Ottawa rejette les comparaisons entre les conflits afghan et iraMen 2008 est l’année la plus sanglante depuis la chute du régime taliban MURRAY BREWSTER Ottawa — À l’origine, la mission du Canada en Afghanistan devait se terminer en février 2009.Elle continuera toutefois à gagner en envergure et en dépenses engagées au cours de la prochaine année.Avec 106 soldats morts, des centaines de blessés et une facture estimée à 18,3 milliards, le Canada semble s’être résigné à une longue et coûteuse mission menée dans le cadre d’une guerre qui ressemble, estiment certains, à l’impasse sanglante en Irak.Au printemps prochain — et à l’instar de ce qui s’est passé en Irak il y a deux ans —, des dizaines de milliers de soldats américains additionnels devraient être déployé.s en Aighanistan.Les Etats-Unis semblent prêts — malgré les objections formulées par certains de ses alliés — à mettre en place une stratégie inspirée des expériences vécues en Irak dans le but de pacifier l’Afghanistan.Sur le terrain, les dirigeants militaires ont prévenu que la confrontation avec les talibans allait se poursuivre et que la violence augmenterait.De plus, les Afghans iront aux urnes à l’automne 2009, ce qui pourrait inciter les insurgés à intensifier leurs activités.«On peut s'attendre à ce que l’insurrection s’intensifie et à ce que les talibans soient davantage déterminés dans leurs efforts pour perturber la démocratie», a affirmé le mi- nistre canadien de la Défense nationale, Peter MacKay, dans une interview de fin d’année à la Presse canadienne.L’envoi de près de 30 000 soldats américains supplémentaires reflète la vqlonté du prochain président des Etats-Unis, Barack Obama, de faire de l’Afghanistan le principal front dans la guerre au terrorisme.Bien que l’est de l’Afghanistan ait déjà été une région relativement tranquille, la sécurité s’y est considérablement dégradée au cours de la dernière année.Comparaisons superficielles Mais malgré les effusions de sang et les possibles déploiements de soldats étrangers supplémentaires, le chef d’état-major de l’armée canadienne estime que seules des comparaisons superficielles peuvent être établies entre les conflits afghan et irakien.«Je ne dirais pas qu’il s’agit de la guerre choisie par les moudjahidins, pas encore», a affirmé le major-général Andrew Leslie, qui a commandé il y a cinq ans à Kaboul une mission de la Force internationale d’assistan- ce à la sécurité de l’OTAN.Selon M.Leslie, les tensions entre les Afghans — toutes ethnies confondues — et les étrangers feront en sorte que les niveaux de violence qui ont marqué l’Irak ne seront probablement pas atteints en Afghanistan.La plupart des effusions de sang survenues à Bagdad et ses environs depuis 2004 ont impliqué des sunnites et des chiites, alors que les troupes américaines et britanniques s’étaient retrou-vées prises entre les deux factions.La composition démographique en Afghanistan n’est pas aussi explosive, comme n’a eu de cesse de le réitérer le ministre MacKay.Mais alors que les Canadiens tentent d’amoindrir ce genre de comparaisons, les Américains, eux, ont l’intention d’importer en Afghanistan des éléments de la stratégie utilisée en Irak.L’idée est d’armer des combattants des zones tribales pour lutter contre les talibans dans l’arrière-pays et le long des frontières poreuses séparant l’Afghanistan du Pakistan.La proposition est lourde de dangers et le Canada ne souscrit pas à cette idée, a affirmé le ministre MacKay.Les tactiques employées en Irak ne sont pas toutes applicables en Afghanistan, a-t-il fait valoir.«Cela pourrait s’avérer contre-productif, et c’est pourquoi nous préférons recourir au processus habituel de formation [de troupes afghanes]», a-t-il conclu.Coûts humains et financiers Avec la mort de 288 soldats des forces de l’OTAN, en date de la mi-décembre, et des estimations faisant état de 4000 victimes civiles, 2008 est l’année la plus sanglante depuis la chute du régime taliban en Aighanistan.Le nombre de soldats canadiens morts au combat depuis 2002 a dépassé le seuil psychologique de 100 au début du mois de décembre.En septembre, le directeur parlementaire du budget a rendu publics des coûts approximatifs liés à la mission canadienne en Afghanistan.Kevin Page avait alors indiqué que les dépenses engagées par le Canada — sans escalade supplémentaire de la violence — devraient s’établir à au moins 18,3 milliards.Mais il a du même souffle précisé que ces estimations pourraient être inexactes, parce que plusieurs organismes importants, comme l’Agence canadienne de développement international, ne lui avaient pas fourni des informations à jour.De plus, les coûts liés aux soins qui seront prodigués ultérieurement aux anciens combattants constituent le facteur le plus incertain dans les estimations de M.Page.La Presse canadienne « On peut s’attendre à ce que l’insurrection s’intensifie et à ce que les talibans soient davantage déterminés dans leurs efforts pour perturber la démocratie » Bilan du f onds international pour la nature Le rhinocéros se porte mieux Le thon rouge et l’ours sont toujours en danger DAVID OKAY REUTERS Le nombre de rhinocéros africains est passé en dix ans de 11 OOO à 18 500.Vernier, Suisse — L’ours et le thon rouge font partie des perdants de 2008, mais les nouvelles sont plus réjouissantes pour le saumon et le rhinocéros.Globalement, la biodiversité reste très menacée, selon le bilan annuel publié hier par le WWE Selon la liste rouge de l'Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 38 % des plantes et animaux connus sont menacés, soit près de 17 000 espèces.En 1996, l'organisation en recensait environ 10 000.Le Fonds international pour la nature (WWF) annonce cependant de bonnes nouvelles: dans le monde entier, de nombreuses espèces jouissent de mesures de protection particulières depuis 2008.Grâce à de tels programmes, le nombre de rhinocéros africains est passé en dix ans de 11000 à 18 500.Ce programme est l’un des plus fructueux au monde, selon le WWF.Cet automne, le retour du premier saumon depuis 50 ans a été attesté à Bâle.Un mérite à mettre au compte des efforts de la Confédération et des cantons de Bâle-Ville, Bâle-Campagne et d’Argovie, note le WWE Pour que le saumon puisse revenir en Suisse, il faudrait supprimer les barrières constituées par les centrales électriques françaises le long du Rhin.Parmi les gagnants se trouvent également la vipère à fossette de la presqu’île de Siam, le gorille des plaines du nord du Congo et l’es- E N BREF Le camionneur québécois détenu n’a pu payer son cautionnement la famille d’un camionneur québécois soupçonné de trafic de drogue aux Etats-Unis n’a pas été en mesure de déposer hier une caution pour lui permettre de retrouver sa liberté provisoire en attendant la suite des procédures ju-diciaires.Mario Plourde, âgé de 45 turgeon, dont on tire le caviar.En revanche, le lapin de garenne, le thon rouge, le leste fiancé (un insecte) et le pangolin (un mammifère insectivore) figurent parmi les perdants de 2008, selon le WWF.Présent dans presque toute l’Europe, le lapin de garenne est inscrit sur la Liste rouge de l’UICN.Depuis 1950, sa population a chuté de 95 % dans son habitat européen.Quant au thon rouge, bien que la population se trouve au bord de l’extinction, une résolution internationale va en autoriser la pêche de 22 000 tonnes en 2009.Le WWF avait demandé un moratoire de trois ans.Associated Press ans, originaire de Saint-Hubert, dans le Bas-Saint-Laurent, est soupçonné au Maryland d’avoir transporté de la drogue dans les parois de la remorque de son camion.Il proteste de son innocence, et selon sa conjointe, les stupéfiants ont été camouflés à l’insu du chauffeur.L’avocat du camionneur, Jean-Pierre Rancourt, a indiqué qu’hier matin, la compagnie de cautionnement avait demandé à la famille une garantie supplémentaire de 225 000 $US, somme que les proches ne peuvent amasser.-La Presse canadienne Je défendrai vos droits François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph.D.Vieux Montréal 514.845.5545 La listériose a placé la sécurité alimentaire au cœur des préoccupations ALLISON JONES Toronto — L’épidémie mortelle due à une bactérie auparavant peu connue au Canada, la listéria, a placé la sécurité alimentaire à l’avant-plan des préoccupations des Canadiens en 2008.Mais les experts affirment que la population se trompe si elle croit qu’éviter de manger des viandes froides Maple Leaf compte parmi les mesures clés pour demeurer, en 2009, à l’abri des maladies d’origine alimentaire.En l’absence de modifications dans la manière dont les éclosions de maladies d’origine alimentaire sont détectées puis prises en charge dans le secteur de la vente de gros, les Canadiens devraient s’attendre à ce que le nombre d’éclosions de ces maladies demeure stable, et il pourrait même augmenter, estime Rick Holley, professeur de sciences de l’alimentation à l’Université du Manitoba «Les organismes responsables des maladies d’origine alimentaire pourraient changer, mais très peu de choses ont été faites pour réduire la fréquence de leur éclosion au Canada», a affirmé M.Holley.Environ 40 % des aliments produits au Canada sont manufacturés en vertu des réglementations fédérales, alors que le reste est assujetti aux directives provinciales.Le professeur Holley estime que ces juridictions multiples peuvent entraîner des problèmes de coordination.«Si quelqu’un me dit: ‘Je n’achèterai plus jamais de viande Maple Leaf parce qu’elle est très risquée et l’entreprise ne sait pas ce qu’elle fait, je vais dorénavant acheter local”, je lui réponds de revoir son raisonnement.Le producteur local ne se plie pas aux réglementations fédérales.» Base de données pancanadienne Selon le professeur, s’il existait une base de données pancanadienne centralisant les informations sur les maladies d’origine alimentaire, les experts en produits alimentaires pourraient mieux cerner les risques pour ensuite les prendre en charge.«Si nous poursuivons dans la même direction, la fréquence des éclosions de maladies d’origine alimentaire au Canada ne changera pas, sauf qu’elles augmenteront au même rythme que la population.» Le vice-président exécutif et vétérinaire en chef de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), Brian Evans, a quant à lui affinné que l’agence fédérale était «très affairée» à mettre sur pied une telle base de données.«Mais en même temps, nous sommes conscients des limites.Aucun système de sécurité alimentaire ne sera parfait et nous ne pourrons jamais éliminer tous les risques liés à l’approvisionnement alimentaire», a ajouté M.Evans.Premier contact Au mois d’août, l’entreprise Les Aliments Maple Leaf avait rappelé des produits de charcuterie prêts-à-manger.L’éclosion de listériose à l’échelle nationale a fait 20 morts et avait son origine dans une usine torontoise de l’entreprise.La listériose, méconnue en dehors du cercle des experts en sécurité alimentaire, est devenue une expression familière et plusieurs ont été choqués d’apprendre — par le truchement de messages répétés à la fois par les représentants de l’ins- pection des aliments et par le président de Maple Leaf Michal McCain — que la bactérie en cause se retrouvait partout «La sécurité alimentaire est devenue un enjeu préoccupant en 2008.Pas nécessairement pour les bonnes raisons, mais je crois tout de même que dans l’ensemble, cela est positif, a affirmé M.Evans, de l’ACIA Je crois que c’est important que les gens aient une compréhension des enjeux.» La population est plus familière avec les éclosions d’autres maladies d’origine alimentaire dues à la présence à’E.coli ou de salmonelle, puisque les probabilités d’infections sont plus grandes que pour la listériose.Seule une sous-espece de la listéria provoque la maladie chez les humains et ce ne sont que les personnes âgées, ceux dont le système immunitaire est affaibli et les femmes enceintes qui peuvent être affectés.Les efforts de M.McCain et de M.Evans pour éduquer le public semblent avoir fonctionné, du moins pour Maple Leaf.Les chiffres de l’entreprise révèlent que la confiance des consommateurs au début décembre était de 91 %, contre 64 % au lendemain du rappel de ses produits.«Au niveau de la sécurité alimentaire, c’est certainement une année charnière pour le pays et pour plusieurs raisons», a affirmé M.McCain.En septembre, le premier ministre Stephen Harper avait annoncé la tenue d’une enquête sur l’éclosion de listériose.Tant le dirigeant de Maple Leaf que le syndicat représentant les inspecteurs de l’ACIA souhaitent que cette promesse se concrétise.Mais le cabinet du premier ministre n’a pas répondu aux questions à ce sujet Des solutions?Maple Leaf a travaillé très fort afin de redorer son blason en implantant des procédés sanitaires très stricts et des protocoles pour tester les produits, mais certains croient que le problème n’est pas imputable à l’entreprise.Le vrai risque réside dans un manque continu de ressources qui lie les mains des employés de l’Agence canadienne d’inspection des aliments, a affirmé le président du Syndicat de l’agriculture de l’Alliance de la fonction publique du Canada.«Ils prennent les mesures appropriées pour améliorer les déficiences du programme, mais ils n’ont pas les ressources pour le faire marcher correctement», a affirmé Bob Kingston.«La balle est maintenant dans le camp du gouvernement.L’ACIA essaie de faire les changements adéquats, mais elle a simplement besoin de personnel pour les mettre en œuvre.Si le gouvernement ne bouge pas, nous pourrions nous enfoncer dans une situation encore pire que celle dans laquelle nous nous trouvions.» «L’ACIA fait effectivement face à des défis, mais il n’y a pas eu de coupes dans les budgets à la suite des bouleversements économiques», a répliqué M.Evans.An moment où Maple Leaf a commencé à faire les manchettes, M.Kingston, du Syndicat de l’agriculture, avait entamé une campagne contre la décision gouvernementale d’amener l'industrie à s’autorégle-menter.Selon ce dernier, les inspecteurs nagent dans la bureaucratie et sont incapables de garder suffisamment à l’œil les usines.«Et c’est pour cela que ce qui est arrivé à Maple lœaf a duré aussi longtemps sans que quiconque le remarque», a-t-il conclu.La Presse canadienne WM ¦ «Les organismes responsables des maladies d’origine alimentaire pourraient changer, mais très peu de choses ont été faites pour réduire la fréquence de leur éclosion au Canada » MARK III,INCH REUTERS Maple Leaf a travaillé très fort afin de redorer son blason en implantant des procédés sanitaires très stricts et des protocoles pour tester les produits. LE 1) E V 0 IR, LE M A R I) I 30 DÉCEMBRE 2 I) I) R A 5 E MONDE Nord de la RDC Massacre à la machette Kampala — Des dizaines de personnes ont été tuées à la machette dans une église du village de Doruma, dans le nord-est du Congo-Kinshasa, ont rapporté hier des responsables et des témoins.L’Ouganda impute ce massacre aux rebelles de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), qui nient toute implication.Une femme qui a réussi à s’enfuir de l’église dit avoir vu une trentaine de personnes tuées.Mais l’armée ougandaise parle de 45 civils tués.Pour le gouverneur de la Province orientale de RDC, Médard Autsai Senga, le bilan dépasse les 75 morts.Et pour l’armée congolaise, il se situe entre 120 et 150 morts.«C’était horrible.R y avait des cadavres au sol, principalement de femmes et d’enfants coupés en morceaux», a également affirmé le capitaine Chris Magezi, porte-parole de l’armée ougandaise.Des témoins ont rapporté que les rebelles avaient utilisé des machettes mais aussi des épées et des massues.Selon le porte-parole de l’ONU Ivo Brandau, 120 maisons ont été incendiées dans la zone et des milliers de personnes ont fui par crainte de nouvelles attaques.Le bain de sang a eu lieu le lendemain de Noël dans une région de la République démocratique du Congo (RDC) frontalière du Soudan et de l’Ouganda.Les armées des trois pays ont lancé en décembre une offensive conjointe dans ce secteur contre l’Armée de résistance du Seigneur.Les rebelles de la LRA ont démenti toute implication, accusant l’armée ougandaise d’avoir commis le massacre.Cependant, un témoin affirme les avoir reconnus.Abel Longi a rapporté que les assaillants parlaient acholi, étaient coiffés de dreadlocks et comptaient de nombreux jeunes garçons dans leurs rangs.La LRA est accusée de recruter de force des enfants soldats.«Je me suis caché dans les buissons près de l’église et j’ai entendu les gens qui hurlaient pendant qu’ils étaient coupés en morceaux avec des machettes», a expliqué Abel Longi, qui tient une boutique à Doruma Selon les Nations unies, les rebelles ont tué au total 189 personnes dans trois villages en l’espace de deux jours, dont 89 à Doruma, a indiqué le porte-parole de l’ONU Ivo Brandau.Associated Press E N BREF L’UA suspend la Guinée Addis Abeba — Après le coup d’É-tat de la semaine dernière, la Guinée a été suspendue de l’Union africaine (UA) lundi, et ce «jusqu’à la restauration de l’ordre constitutionnel dans ce pays».Cette décision a été annoncée à l’issue d’une réunion du Conseil de paix et de sécurité de l’UA à Addis Abeba la capitale éthiopienne.L’Union africaine a expliqué quelle donnait six mois aux putschistes pour restorer «l’ordre constitutionnel», faute de quoi la Guinée s’exposera à des sanctions.Après le décès de Lan-sana Conté, le 22 décembre, une clique militaire a pris le pouvoir en Guinée-Conakry.Son chef, le capitaine Moussa Camara a promis d’organiser des élections dans deux ans.-Associated Press Des sans-abri meurent de froid Paris — Deux sans-abri, peut-être victimes de la vague de froid qui touche la France, ont été retrouvés morts hier en banlieue parisienne, à Cergy-Pontoise et Argenteuil (Val-d’Oise) .A Cergy, les premières constatations laissent penser que l’homme de 45 ans décédé a succombé au froid car il dormait à l’air libre près d’un centre commercial, alors que les températures ont chuté dans la nuit sous zéro, a dit à Reuters Christophe Louis, président du collectif «Les morts de la rue».A Argenteuil, les conditions de la mort d'un sans-abri de 74 ans connu des services sociaux sont plus floues.11 n’est pas certain que le froid soit en cause, a dit la mairie.Une enquête de police a été ouverte.In victime avait pour habitude de dormir dehors dans un endroit précis et la police municipale l’avait signalé dimanche soir aux services de secours, qui ne l’ont pas trouvé.Son corps a été retrouvé ailleurs.L’association «Les morts de la me» estime que le bilan des SDF décédés dans la rue ou à l’hôpital en 2(X)8 en France est ainsi porté à 360 personnes.- Reuters Bande de Gaza Le chaos et la mort sous les bombes BRAHIM BARZAK Gaza — Des détenus terrifiés trébuchant sur des tas de gravats au moment de quitter leur prison bombardée, des femmes courant dans les mes, leur enfant dans les bras, des étudiants poussant des hurlements ou des automobilistes paniqués tentant de s’enfuir au milieu de voitures se percutant les unes après les autres.Les raids aériens sans précédent lancés samedi par Israël dans la bande de Gaza ont donné lieu à des scènes de peur, de souffrance et d’horreur.A travers tout le territoire palestinien, des familles éplorées ont dressé les traditionnelles tentes de deuil devant les maisons.Mais les chaises installées sous ces abris en toile goudronnée de couleur verte restaient largement vides, les habitants se terrant à l’intérieur par crainte de nouvelles frappes aériennes.Des panaches de fumée grise s’élevant dans le ciel indiquaient à tous les dernières cibles de l’offensive israélienne qui, selon les derniers bilans communiqués hier, a fait plus de 315 morts et plus de 1400 blessés.Les bombardements ont commencé samedi en fin de matinée, au moment où les enfants rentraient de l’école et où les femmes faisaient les courses sur le marché tandis que la police régulait la circulation.Les avions israéliens ont lâché des dizaines de bombes et de missiles lors de raids simultanés sur des installations des services de sécurité du Hamas, qui contrôle l’étroite bande côtière depuis son coup de force en juin 2007.Un voile de poussière et de fumée a alors enveloppé ce monde, pour laisser place à un autre paysage rempli d’horreur, racontent des habitants.Des femmes couraient, leurs enfants dans les bras, des étudiants en uniforme hurlaient et des véhicules s’entrechoquaient alors que des automobilistes es- AMR DALSH REUTERS Des employes du Croissant Rouge égyptien ont livré des médicaments au point de passage de Rafah.sayaient de se mettre à l’abri.Morts et blessés ont été aussitôt évacués en véhicules vers des hôpitaux.Des gens portaient des couvertures contenant des morceaux de corps.«J’ai me tête ici», a hurlé un homme en arrivant à la réception de l’hôpital Al-Chifa de Gaza.La police les a orientés vers la morgue de l’établissement, mais le lieu ne pouvait déjà plus accueillir de corps samedi après-midi.Une femme morte vêtue d’une robe brodée gisait sur le sol, le visage couvert de sang.Des hommes cherchant des proches se tapaient la tête par terre, ,en pleurs et impuissants.A l’hôpital Al-Chiba qui, comme d’autres, a été été rapidement submergé par l’afflux de victimes, des blessés étaient assis dans les cou- loirs, repoussant les médecins en leur disant de s’occuper des cas les plus urgents.Dimanche, une prison a été bombardée dans la principale enceinte des services de sécurité du Hamas à Gaza.La frappe a libéré des dizaines de détenus, qui se sont rués hors de leur cellule, des sacs de vêtements et des couvertures en main alors qu’ils trébuchaient dans leur fuite sur des gravats.Un homme est resté piégé sous les décombres, son visage recouvert d’une poussière blanche et de sang.«Attendez-moi! Sortez-moi de là!», criait-il.A la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte où, en l’espace de quatre minutes, l’aviation israélienne a détruit 40 souterrains permettant aux Palestiniens de s’approvi- sionner clandestinement, des centaines de personnes ont tenté de franchir le mur séparant les deux territoires.Des gardes égyptiens ont ouvert le feu au-dessus de la foule, pour essayer de la disperser.Mais des habitants ont alors vainement tenté d’enfoncer le mur au moyen d’un bulldozer, avant d’avoir recours à un engin explosif.Des dizaines d’habitants ont escaladé le mur avant d’être renvoyés vers le territoire.Mes enfants «pleurent quand ils entendent les avions», confie Amal Hassan, une Palestinienne de 38 ans, mère de trois enfants.«R se peut que la prochaine bombe tombe ici, il se peut que la prochaine personne tuée soit l’un d’entre nous.» Associated Press Barack Obama évite une prise de position trop marquée SYLVAIN CYPEL Barack Obama «surveille de près la situation à Gaza», a indiqué samedi soir, 27 décembre, une porte-parole du président américain élu.In secrétaire d’Etat, Condoleezza Rice, avait auparavant précisé que «les Etats-Unis tiennent le Hamas responsable de la rupture du cessez-le-feu et du regain de violences à Gaza».On peut voir dans l’attitude de M.Obama un attentisme délibéré.On peut aussi y voir un refus de se positionner — contrairement à Mme Rice — sur la question des responsabilités des deux protagonistes, Israël et le Hamas, dans l’escalade militaire.Lors de sa prise de pouvoir, le 20 janvier, M.Obama peut trouver le dossier israélo-palestinien dans une situation «très différente» d’aujourd’hui, analyse Robert Malley, qui fut conseiller spécial du président Bill Clmton.Trois scénarios sont possibles d’ici là: «Un cessez-le-feu obtenu sous l'égide d’un médiateur; une poursuite des bombardements israéliens et des tirs de mortiers palestiniens sur Israël; et enfin une intervention militaire israélienne dans Gaza pour y renverser le Hamas.» Or l’attitude de l’équipe Obama face au mouvement islamique palestinien ne lui semble pas fixée.Elle maintiendra, sejon lui, les «trois conditions» du Quartet (Etats-Unis, Europe, Russie, ONU) pour l’intégrer dans une négociation: reconnaissance d’Israël, renoncement à la violence et acceptation des accords précédemment signés.Pour autant, le débat n'est pas tranché quant à l’ouverture de pourparlers (Us passent actuellement par l'intermédiaire du Caire), ni à quel niveau.Dans l’entourage de M.Obama, estime M.Malley, beaucoup «restent convaincus que parler au Hamas sans conditions affaiblirait encore plus [Mahmoud Abbas]», un président palestinien au pouvoir réel limité.Publié récemment par le Council on Foreign Relations (CFR) et la Brookings Institution, un gros volume intitulé Vers une nouvelle stratégie américaine au Moyen-Orient passe pour contenir des indications sur les tendances dominantes au sein de l’équipe Obama.Rédacteurs du chapitre sur le conflit israélo-arabe, les analystes Steven Cook et Shibley Telhami estiment «urgente» une action dans une situation où «la solution des deux Etats israélien et palestinien ne sera bientôt plus possible».Motif son «échec engendrerait des complications sérieuses» pour Washington dans toute la région.Mais les coordinateurs de l’ouvrage, Richard Haass, ex-directeur politique du département d’Etat, et Martin Indyk, ancien responsable du dossier Proche-Orient au Conseil national de sécurité sous Bill Clinton, jugent que les divisions politiques internes des Israéliens et des Palestiniens et les difficultés de l’Autorité palestinienne à contrôler son territoire «réduisent les perspectives d’un accord de paix viable quels que soient les efforts extérieurs».La résolution de ce conflit, selon eux, ne constituera que la troisième priorité de M.Obama, les deux premières (une fois admis le désengagement de l’Irak) étant la négociation avec l’Iran, ensuite un accord «atteignable» israélo-syrien.Ace jour, M.Obama n’a toujours pas désigné son responsable du dossier proche-oriehtal.Le nom le plus cité est celui de Dennis Ross, qui occupa ce poste sous le président Bush père, puis sous Bill Clinton.Celui-ci souhaiterait voir ses prérogatives étendues jusqu’à inclure l’Iran.Les deux autres noms sont ceux de Richard Holbrooke, architecte de l’accord de paix en Bosnie-Herzégovine en 1995, et de Da-qiel Kurtzer, ex-ambassadeur américain en Egypte et en Israël.M.Holbrooke, diplomate chevronné, n’est pas un spécialiste du Proche-Orient Son choix, comme celui HUGH GENTRY REUTERS A ce jour, M.Obama, qui passe le temps des Fêtes à Hawaï, n’a toujours pas désigné son responsable du dossier proche-oriental.de M.Ross, serait perçu du côté arabe comme favorable à Israël.Dans le Washington Post, dimanche, l’expert du CSIS (Center for Strategie and International Studies), Anthony Cordesman, estimait qu’Israël est conscient que son offensive militaire «n’aura aucun effet décisif» contre le Hamas.En revanche, «chaque fois que ce type de violences surgit, il devient plus difficile d’avancer» sur le terrain politique.Et de conclure: à présent, «l’administration Obama devra attendre deux ans ou plus avant de pouvoir réengager un sérieux mouvement» vers un processus de paix.Le Monde Rome veut accélérer l’expulsion des clandestins KATIA DOLMADJIAN Rome — Faisant face à l’arrivée massive de plus de 2(XX) clandestins en deux jours, l’Italie a menacé hier d’accélérer ses procédures d’expulsion afin de pouvoir les rapatrier «en quelques jours» et devait faire décoller les premiers charters de migrants dans les 48 heures.Une délégation gouvernementale négociait parallèlement lundi avec les autorités à Tripoli pour concrétiser le projet de patrouilles communes le long des côtes libyennes, d’où partent la majorité des migrants pour l’Italie.Plus de 2000 clandestins sont arrivés depuis vendredi sur la petite île de Lampedusa (sud de la Sicile), dont le centre de premier accueil, qui dispose d’une capacité de 850 lits, est complètement débordé.«R faut savoir que ceux qui débarquent à Ijampedusa seront rapatriés en quelques jours, directement depuis Lampedusa», a affirmé hier le ministre de l'Intérieur Roberto Maroni, issu du parti populiste et anti-immigration de la ligue du Nord, à Radio Padania, une station de ce parti.Habituellement, après quelques jours passés dans le centre de rétention de Lampedusa, les immigrés arrivés sur file sont transférés vers d’autres centres italiens où ils demeurent quelques semaines ou quelques mois, le temps de l'examen de leur demande d’asile ou de permis de séjour.«Même en cas d’urgence, les droits individuels de chaque personne doivent être respectés», a déclaré la porte-parole du Haut cominissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) en Italie, Laura Boldrini.«Les gens ne peuvent être rapatriés qu’une fois qu’aura été respecté l’ensemble des procédures prévues par la loi.R faudrait une armée et notamment un grand nombre de magistrats à Lampedusa pour valider les expulsions», a estimé Filippo Miraglia de l’association de gauche Arci.«L'Italie a déjà été condamnée pour une initiative analogue en 2005» d'expulsions massives, a-t-il rappelé.«Plus de 60 % des personnes qui arrivent à Lampedusa sont demandeurs d’asile et il est évident que ces opérations menées [par le gouver- nement] sans contrôle risquent d’envoyer à la mort les personnes rapatriées», a estimé M.Miraglia.Profitant d’une mer calme, quelque 819 clandestins étaient arrivés à Lampedusa dans la seule journée de dimanche après 1500 vendredi.Hier, une embarcation avec 139 personnes à son bord, en difficulté entre les côtes italiennes et file de Malte, a été secourue par l’année maltaise.La quasi-totalité de ces clandestins avaient pris la mer en Libye.Tripoli et Rome ont relancé en août un accord datant de 2006, qui prévoit des patrouilles communes le long des côtes libyennes pour empêcher le départ d’embarcations d’immigrés.Agence France-Presse Le président somalien démissionne * YASIN MOHAMED Baidoa — Le président somalien Abdullahi Yusuf Ahmed a démissionné hier pour avoir échoué à «ramener la paix» en Somalie, au tenne d’une crise politique majeure qui a paralysé les institutions du pays, plongé dans les pires violences depuis le début de la guerre civijeen 1991.Elu à la présidence de la Somalie le 10 octobre 2004, M.Yusuf a finalement démissionné sous les pressions nationales et internationales.Ce personnage clef de la vie politique somalienne n’est jamais parvenu à imposer son autorité sur ce pays, qu’il a plus .dirigé en chef de clan qu’en chef d’Etat «Une nouvelle page de l’histoire somalienne s’ouvre désormais», a réagi Ahmedou Ould-Abdallah, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour la Somalie, en saluant la démission de M.Yusuf.«Je pense que c’est la première fois dans l’histoire moderne de la Somalie qu’un président décide de quitter son poste de manière pacifique.C’est une décision patriotique et courageuse», a-t-il estimé, en exhortant désormais les parties somaliennes «à l’unité et à la solidarité».La Somalie se trouve dans la pire situation sécuritaire depuis 1991 et est plongée dans une situation humanitaire catastrophique, avec près de la moitié de la population ayant besoin d’aide.Les côtes du pays sont aussi devenues un point chaud de la piraterie mondiale.«J’avais promis de rendre le pouvoir si je ne pouvais pas ramener la paix, la stabilité ainsi que la démocratie en Somalie», a déclaré hier M.Yusuf devant le Parlement à Bar doa.«f ai signé la lettre de démission et j’ai donné le pouvoir au président du Parlement», Aden Mohamed Nur, qui assure depuis hier la fonction de président en exercice de Somalie, a ajouté M.Yusuf Le commissaire à la Paix et la Sécurité de l’UA Ramtane Lamamra, a déclaré «espérer que ce nouveau développement puisse aider à réunir les parties somaliennes [.], afin de mettre en place un gouvernement d'unité nationale et un Parlement élargi».Le Parlement a 30 jours à compter d’hier pour élire un nouveau président.Les candidats ne sont pas tenus d’être députés.La démission du président arrive au terme d’une crise politique majeure.M.Yusuf avait annoncé le 16 décembre avoir désigné un nouveau premier ministre, Mohamoud Mohamed Gouled, pour remplacer Nur Hassan Hussein, pourtant confirmé dans ses fonctions la veille par un vote de confiance massif des parlementaires somaliens.Le limogeage de M.Hussein avait été condamné par la communauté internationale et jugé illégal par le Parlement Le 24 décembre, M.Gouled avait annoncé sa démission.En outre, depuis début 2007 et la chute des tribunaux islamiques, Mogadiscio et un nombre croissant de régions somaliennes sont le théâtre de violences meurtrières, opposant les forces gouvernementales et leurs alliés éthiopiens aux insurgés.Face à l’impuissance du gouvernement somalien, les extrémistes islamistes des «shebab» ont lancé une insurrection acharnée dans le pays et contrôlent désormais une large partie du centre et du sud de la Somalie.Ils ont repris le contrôle de deux villes du centre où ils avaient été attaqués ces derniers jours par des combattants islamiques rivaux, ont rapporté hier des témoins.Entre 300 000 et 500 000 personnes sont mortes depuis 1991, et plusieurs milliers depuis début 2007.L’Ethiopie, intervenue officiellement fin 2006 en Somalie pour chasser les tribunaux, a annoncé le retrait total de son armée de Somalie d'ici début 2009 Agence France-Presse L’opposition en tête au Ghana Accra — L’opposant John Atta-Mills semblait en passe hier de remporter de justesse le second tour de la présidentielle au Ghana, selon des résultats non officiels rapportés par des médias locaux portant sur plus de 80% des 230 dirons criptions.Alors que les opérations de dépouillement ont commencé après la fermeture des bureaux dimanche à 17H00 (locales et GMT), la radio privée Joy FM donne le candidat du Congrès national démocratique (NDC) gagnant avec 51,05 % des suffrages exprimés, contre 48,90 % à Nana Akufo Addo, du Nouveau parti patriotique (NPR au pouvoir) , sur 219 circonscriptions.Agence France-Presse LE DEVOIR, LE MARDI 30 DÉCEMBRE 2008 A (5 EDITORIAL L BOMBARDEMENTS DE GAZA Quitte ou double L’offensive menée par l’armée israélienne dans la bande de Gaza s’avère d’ores et déjà la plus massive, la plus ample jamais observée depuis.40 ans! Le but?Décimer le Hamas pour mieux reconquérir la force de persuasion perdue dans la campagne désastreuse de 2006 au Liban.Et ce, au risque d’accomplir un prodige étrange: favoriser le rapprochement des chiites et des sunnites à la vitesse grand V, pour le bénéfice éventuel, il va sans dire, de l’Iran.a somme des objectifs politiques des acteurs en présence est telle que le conflit israélo-palestinien est plus que jamais à l’image du billard à trois bandes.Car contrairement à la situation qui prévalait il y a encore une dizaine d’années, les autorités palestiniennes et israéliennes évoluent désormais au rythme de dissensions internes qui peinent à cacher la force d’intérêts particuliers.Là où il y avait cohésion plus ou moins solide, il est vrai, d’un côté comme de l’autre, à l’époque par exemple de Yasser Arafat et de Gol-da Meir, il n’y a aujourd’hui que dissemblances, disparités.Bref, c’est le règne de l’hétérogénéité, avec tout ce que cela suppose d’extension comme de prolongation de l’état de guerre.Prenons le gouvernement du premier ministre Ehoud 01-mert.La crédibilité du successeur d’Ariel Sharon auprès de la population israélienne est faible, très faible.Entre les scandales financiers dans lesquels il a trempé et le revers énorme rencontré au Liban, Olmert n’a d’ailleurs pas eu d’autre choix que de mettre une croix sur sa candidature lors des législatives qui se tiendront en.février prochain.Soit un mois à peine après l’installation de.Barack Obama à la Maison-Blanche.Les prétendants au poste s’appellent Tzipi Livni, actuelle ministre des Affaires étrangères, Ehoud Barak, actuel ministre de la Défense, chef du Parti travailliste et principal responsable de l’échec au Liban, ainsi que le faucon Benjamin Netanyahou, chef du Likoud et ex-premier ministre.Dans les sondages, ce dernier devance Livni, qui devance Barak.Et alors?Tout un chacun chuchote que Barak était décidé depuis longtemps à réparer les erreurs qu’il avait commises au Liban et à redorer évidemment son blason à la première occasion.Du côté palestinien, la principale victime de l’offensive israélienne, hormis les personnes tuées et blessées à Gaza, s’appelle Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne qui gère la Cisjordanie, et à travers lui le Fatah au complet On imagine aisément que les bombardements en cours ont réduit son influence à trois fois rien pour la bonne et simple raison qu’il menait encore et toujours des négociations politiques avec Israël.Toujours est-il que des centaines de sunnites sont descendus dans les rues de la Ramallah, principale ville de la Cisjordanie, pour réclamer un rapprochement immédiat avec le Hamas, que tout le monde sait armé et instrumentalisé par l’Iran chiite.Bref, c’est à se demander si les semaines d’Abbas à la tête de l’Autorité ne sont pas comptées.Autre victime indirecte de cet énième épisode d’une histoire tragique: Hosni Moubarak.Il est remarquable de souligner que le guide suprême iranien Ali Khamenei, le chef suprême des chiites, ainsi que le dirigeant du Hezbollah libanais Hassan Nas-rallah ont mis en cause nommément le président égyptien pour son rôle d’intermédiaire entre Israéliens et Palestiniens.Ce faisant, lors des manifestations tenues un peu partout dans le monde arabe, ils ont favorisé, aiguisé la critique à l’endroit de Moubarak.Bonjour les dégâts! Cela étant, le déclenchement de l’opération militaire des derniers jours révèle peut-être bien un pari de la part du gouvernement israélien.Lequel?Chambouler la hiérarchisation des priorités arrêtée par la prochaine administration américaine.Voici de quoi il s’agit: des vétérans de l’ère Clinton, des politiciens et diplomates qui connaissent ce dossier sur le bout des doigts en sont arrivés à la conclusion que les luttes internes, tant chez les Israéliens que chez les Palestiniens, sont si vives qu’elles interdisent à toutes fins utiles un règlement négocié à court terme.De fait, ces experts très proches d’Obama assurent que la priorité de la politique américaine dans cette région du monde devrait être accordée à des pourparlers avec l’Iran, suivis d’un accord entre Israël et la Syrie devant une ronde de discussions consacrées à Israël-Palestine.Ce classement, les responsables israéliens souhaiteraient bien le modifier en passant par Gaza.Serge Truffaut Le Devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BELAND rnoInem *2Ôo8.AC 'H-S'-'': ¦ Vfcit'ii.feli.a Nf tfAuavEz pas æ vaummui pe Um trcAtrc P'Ctî doTtawaî ¦m ¦ : V iw?SM - - LETTRES Dessinez-moi une utopie Dans les rumeurs et le bruit que fait entendre la complainte du capitalisme en détresse envahissant l’espace sonore public, le beau texte de Pierre Vadeboncoeur dans Le Devoir du 24 décembre est une note discordante que j’accueille avec soulagement Ce qu’il appelle «ses idées de profane» n’en sont pas moins légitimes, quand les sommes d’argent qu’il est question d’investir dans le système moribond proviennent justement des profanes, à qui les spécialistes serinent de les laisser aveuglément, en toute confiance, gérer la crise.Qui se soucie de ce que le lien de confiance soit avec raison rompu depuis longtemps?Qui se soucie de prouver qu’il peut être rétabli?la règle à retenir est-eUe la suivante: Dans les situations extrêmes, la barbarie prévaut le vernis des civilités est pour les temps cléments?Tout sauf le socialisme, bien sûr, laissons les incendiaires spécialisés gérer la crise qu’ils ont créée.J’aimerais bien que quelques visionnaires nous dessinent d’autres scénarios envisageables, même s’ils ont des couleurs d’utopie.France Marcotte Montréal, le 28 décembre 2008 Crimes de guerre Israël paraît vouloir marquer la fin de sa 60 année d’existence comme il l’a commencée: en perpétrant des massacres contre le peuple palestinien.En 1948, la population palestinienne a subi un nettoyage ethnique en étant chassée de ses foyers et de ses terres, en partie par des massacres; aujourd’hui, les Palestiniens de Gaza, dont la plupart sont des réfugiés, n’ont même pas le choix de chercher refuge quelque part.Emprisonnés derrière les murs d’un ghetto et acculés au bord de la famine par le siège, ils sont pour Israël les cibles faciles de bombardements aveugles.Les crimes de guerre d’Israël et autres graves violations du droit international à Gaza ainsi que dans le reste des territoires palestiniens occupés, y compris Jérusalem, n’auraient pas pu être commis sans la complicité directe ou indirecte des gquvernements du monde, en particulier des Etats-Unis.Il est impératif que la communauté internationale ne reste pas silencieuse alors qu’Israël agit en toute impunité.Jean-Roch Villemaire Gatineau, le 29 décembre 2008 Hommage à Gaston Laurion Gaston Laurion est parti sans crier gare pour son dernier voyage.Je serais tenté de le morigéner d’avoir pris congé de ses amis sans laisser un mot sur sa carte de visite.Nous étions liés comme des premiers de cordée dans une entreprise qui a quelquefois lassé mes forces, mais jamais les siennes: la défense et l’illustration de la langue française, dont on a dit qu’elle était «une souveraine assise sur le trône des mots qui ne rend pas justice, mais la justesse».Bretteur infatigable, sabre au clair, il apostrophait naguère de verte façon la radio canadienne: «C’est la deuxième fois ce matin qu’à Radio-Canada, j’entends l’expression “des élèves de langue francophone”.Or, comme cette langue n’existe tout simplement pas, il faut sans doute soupçonner qu’il s’agit bien en réalité de la langue française, qui, elle, existe, ici et dans les quelque soixante pays de la francophonie.Le mot “français” serait-il donc devenu à ce point tabou que l’on ne craigne pas de dire une absurdité pour l’éviter?» Il y a, dans cette objurgation à l’emporte-pièce, du Gaston Laurion à son meilleur.Féru de lettres françaises et québécoises, professeur émérite, titulaire d’icelles à l’Université Condordia, je devine l’espoir secret qu’il entretint lorsque, en 1987, il traduisit le livre de George Grant, Lament for a nation, sous le titre Est-ce la fin du Canada?Il restera une poignée de vieux grognards pour continuer la lutte et éviter que la langue de nos pères ne s’enfonce dans les marais ac- commodants de l’interculturalisme ou autres niaiseries de même farine.En nourrissant l’espoir célébré par La Marseillaise «que des générations nouvelles entreront dans la carrière quand les aînés n’y seront plus».De sorte que, selon tes vœux, après quatre siècles d’enracinement et d’endurance, la patrie du Québec contribue comme nation souveraine à la jeunesse et la richesse du monde.Yves Miehaud Montréal, le 29 décembre 2008 La publicité verte de la SAQ Je dois avouer que je ne peux m’empêcher de sourire chaque fois que j’aperçois votre campagne publicitaire qui annonce, avec beaucoup de suffisance, le retrait de vos sacs à usage unique.Non pas dans le but d’économiser de l’argent (et augmenter ainsi votre marge de profit), mais uniquement dans l’intérêt, bien entendu, de protéger l’environnement.Quel geste noble et altruiste.Pourtant, vous n’avez pas trouvé le moyen de me retirer de votre liste d’envoi, sur laquelle je me suis malheureusement retrouvé malgré moi quand j’ai acheté une carte cadeau en ligne l’année dernière.Je continue donc à recevoir, tous les trois mois, votre catalogue volumineux imprimé sur papier glacé, qui se retrouve illico dans le bac de recyclage.«La revue Cellier n’est publiée que quatre fois par année», avez-vous répondu à ma demande par courriel, comme pour minimiser le désagrément Et pour mieux illustrer l’ironie qui vous échappe, vous signez même vos missives avec la mention: «Devez-vous vraiment imprimer ce courriel?Pensons à l’environnement!» Je ne me fais aucune illusion quant à la nature de cette conscience environnementale dont font soudainement preuve les sociétés.Mais il faudrait tout de même mieux cacher votre jeu afin d’échapper au ridicule.Jacques E.Bouchard Montréal, le 29 décembre 2008 LIBRE OPINION Le Québec serait un obstacle à la sécurité du Canada JUSTIN MASSIE L'auteur est doctorant à la Queen’s University et chercheur associé à la Chaire de recherche du Canada en politiques étrangère et de défense canadiennes de l’UQAM.Selon plusieurs commentateurs, la possibilité qu’un gouvernement de coalition prenne le pouvoir à Ottawa, parce qu’elle repose nécessairement sur un appui du Bloc québécois, représente une menace pour la sécurité du pays.Les Québécois sont effectivement encore à blâmer pour les maux affligeant la politique de sécurité internationale du Canada.Leur pacifisme, leur neutralisme et leur anti-américanisme empêcheraient Ottawa d’adopter une politique étrangère rationnelle et efficace afin de lutter contre les menaces à la sécurité des Canadiens.Bref, l’attitude des Québécois représenterait un obstacle à la sécurité nationale, qu’il s’agisse de l’Irak, du système de défense anti-missile ou, aujourd’hui, du budget de la défense et de la mission en Afghanistan.Aussi fallacieuse et infondée que soit cette logique, il s’agit d’une interprétation fort courante à l’extérieur du Québec, en particulier chez certains experts en matière de sécurité et de défense canadiennes.Par-ini ceux-ci se trouve l’éminent historien J.L Granatstein.Dans son plus récent article, l’auteur affirme qu’un gouvernement de coalition réinsérait d’acquérir, entre autres, de nouveaux navires pour la marine canadienne, essentiels à la protection de la souveraineté du pays, ainsi que des avions de recherche et de sauvetage, impératifs afin de secourir les personnes en détresse.Pire encore, il imposerait des restrictions aux troupes canadiennes déployées en Afghanistan, si bien qu’elles se retrouveraient dans une position purement défensive et réduites à l’impuissance devant les violentes attaques menées par les insurgés afghans.Et peu importe l’enthousiasme des Québécois pour l’élection de Barack Obama, un gouvernement de coalition appuyé par le Bloc mettrait en péril la relation particulière qu’entretiennent le Canada et les Etats-Unis.La seule façon pour le Canada de se sortir de la crise financière et économique actuelle, selon Granatstein, passe par un par- tenariat étroit en matière de sécurité et de défense; or ce partenariat passe inévitablement par un engagement militaire actif et sans date butoir à Kandahar.Bref, même la sécurité économique du Canada serait mise en péril par l’arrivée d’un gouvernement de coalition soutenu par le Bloc.Cette interprétation est d’ailleurs partagée par le comité éditorial du très populaire et influent quotidien The Globe and Mail (12 décembre 2008).Ce raisonnement est Macieux en plusieurs points.D’abord, le Bloc québécois n’est pas neutraliste.H appuie l’alliance canado-américaine en matière de défense de l’Amérique du Nord, tout comme il souhaite qu’un Québec indépendant fasse partie de l’OTAN, avec tous les engagements militaires que cela suppose.Ensuite, Gilles Duceppe et les Québécois de manière générale sont loin d’être pacifistes.De 2001 à 2006, on observe un appui important au Québec en faveur d’opérations militaires offensives en Afghanistan.Ce n’est qu’avec la montée en flèche des décès et l’idée de plus en plus répandue que la mission actuelle est vouée à l’échec que cet appui s’est mué en opposition.Et rien n’indique que le Bloc rejette l’idée d’acquérir de nouveaux équipements militaires essentiels à la protection des Canadiens, pour peu que le Québec retire certams bénéfices de ces achats.Enfin, loin d’être anti-américaine, la position actuelle du Bloc vis-à-vis de l’Afghanistan — il souhaite un meilleur équilibre en les dimensions militaire, humanitaire et diplomatique de la mission — est sensiblement la même que celle des Etats-Unis, de la France et de la Grande-Bretagne.Il s'agit d’appuyer un processus de paix régional, d’accélérer la formation des forces de sécurité afghanes, d’accroître l’aide au développement et de renforcer la gouvernance politique du président Karzai.Le seul véritable point de divergence réside, dans la pertinence d’un engagement militaire offensif au-delà de 2011.A ce sujet il faut rappeler que l’opposition n’est pas entre un Québec anti-guerre et un Canada anglais pro-guerre.Une majorité de Canadiens hors Québec exprimait en septembre dernier son opposition au prolongement de la mission jusqu’en décembre 2011, opposition qui s’est probablement accrue depuis la mort d’autres soldats canadiens.Seuls les Albertains appuient de manière distincte et systématique depuis 2001 la participation canadienne à la guerre en Afghanistan.Qu’à cela ne tienne, plusieurs experts, dont le professeur David Bercuson, accusent les Québécois d’avoir forcé le gouvernement Harper à mettre en valeur la dimension humanitaire de la mission en Atgha-nistan, au détriment des nécessaires combats militaires.A cela s’ajoute le plus grand reproche actuel: les Québécois auraient forcé le gouvernement Harper à mettre fin à la mission de combat à Kandahar en 2011.Même si elle est erronée, cette interprétation a de quoi plaire aux Québécois, qui estiment avoir peu d’influence sur la politique étrangère du gouvernement conservateur.Ce que Granatstein, Bercuson et d’autres ont réellement en tête lorsqu’ils accusent les Québécois de nuire à la politique étrangère canadienne est ceci: ils craignent que le scepticisme vis-à-vis du bien-fondé de certains engagements militaires n’empêche les forces armées canadiennes d’obtenir automatiquement tout le financement désiré et d’être déployées partout où les forces américaines combattent En ce sens, l’attitude des Québécois est sans doute plus sage que celle de ces experts.On peut effectivement s’interroger sur les gains que peut retirer le Canada d’un engagement prolongé en Afghanistan.Non seulement la mission accroît la probabilité d’un attentat terroriste au pays, selon les services de renseignements canadiens, mais elle donne bien peu d’influence internationale au Canada, comme en témoigne son exclusion de la réunion informelle sur l’Afghanistan tenue en France dimanche dernier.Quant aux relations canado-américaines, l’engagement disproportionné du Canada n’a pas empêché l’imposition de mesures de sécurité supplémentaires à la frontière.Il n’y a donc aucun fondement à l’idée (malheureusement prévalente) que les Québécois représentent une menace pour la sécurité du Canada, et ce, gouvernement de coalition ou pas.D’ailleurs, remettre en question la pertinence d’un déploiement indéfini ou de certaines acquisitions militaires constitue un exercice sain en démocratie et permet de déterminer de manière transparente la meilleure manière dont les Forces canadiennes peuvent assurer la sécurité des Canadiens.Préjuger que toute dépense militaire est nécessairement bonne pour le Canada ou qu’un engagement militaire sans balises est favorable aux intérêts du pays est beaucoup plus dangereux que les positions réellement entretenues par les Québécois. LE DEVOIR.E MARDI 30 DECEMBRE 2 0 0 8 A 7 IDEES De l’assurance-chômage à l’assurance-emploi.à l’assurance-entreprise : un véritable détournement ME LUCIE LAMARCHE Chaire Gordon F.Henderson en droits de la personne, Université d'Ottawa, et professeure associée à la Faculté de science politique et de droit de l’Université du Québec à Montréal e 11 décembre dernier, la Cour suprême du Canada a rendu une décision unanime dans l’affaire du «détournement» de la Caisse d’assurance-emploi, euphémisme utilisé depuis 1996 pour parler du régime canadien d’assurance-chômage.Le jugement de la Cour dis-pose de deux prétentions.D’une part, elle en vient à la conclusion que la part grandissante des cotisations des travailleurs et des employeurs destinées aux mesures «actives» d’employabilité est légitime et correspond à l’évolution «naturelle» du régime d’assurance-emploi.D’autre part, la Cour conclut que les manœuvres du gouvernement fédéral, qui ont consisté pour des années précises (2002-2003 et 2005) à prélever les cotisations sans que l’affectation de celles-ci soit prévue par une délégation réglementaire appropriée, étaient inconstitutionneUes.Dans son éditorial du 12 décembre dernier, Jean-Robert Sansfaçon se demande ce que diable la CSN et la FTQ sont allées chercher dans cette galère judiciaire.Je répondrai à cela sans réserve que les tribunaux constituent aussi, dans un régime démocratique, un lieu approprié pour crier son indignation.Et des motifs d’indignation, il n’en manque pas dans l’affaire du détournement de la Caisse d’assurance-emploi.Le juge Lebel, rendant jugement pour la Cour, l’a d’ailleurs très bien compris et a eu l’élégance de ne point s’offusquer du fait que l’on ait décidé de recourir aux tribunaux.À l’heure de la crise financière mondiale et des pertes d’emplois massives, de nouveaux motifs d’inquiétude s’ajoutent à l’indignation qui fut à la source de ce litige judiciaire.de la période de prestations.Dans tous les cas de figure, les travailleurs et les travailleuses marginalisées et non syndiqués étaient et sont encore plus hors jeu.L’évolution naturelle du régime d’assurance-chômage de 1940 Pour la Cour suprême du Canada comme pour la Cour d’appel du Québec, d’où émane la décision dont l’appel a été entendu, il semble naturel de remplacer un pourcentage significatif des prestations de chômage par des mesures actives d’emploi.Cette transformation téléguidée par le gouvernement fédéral durant la décennie 1990 était censée répondre aux changements dans l’économie et dans le marché du travail.Partant du principe que le régime canadien d’assurance-chômage est avant tout un régime destiné à répondre au risque social mutualisé de la perte temporaire de revenus, on peut se demander comment il est devenu naturel que la plus grande proportion des sommes dépensées au titre des mesures actives d’emploi échoie aux employeurs sous forme de subventions ou de suppléments aux salaires, ou encore de partenariats pour la création d’emplois ou d’une aide au travail indépendant.Appelons un chat.un chat.Les employeurs se régalent aujourd’hui, alors que précédemment, une portion significative des anciens programmes de dépannage économique financés par la même Caisse échouait dans les poches des travailleurs syndiqués touchés par une crise de l’emploi ou par une fermeture d’usine.Ces dépannages revêtaient diverses formes, dont des ententes de travail partagé ou des extensions Comment il est devenu naturel que la plus grande proportion des sommes dépensées au titre des mesures actives d’emploi tombe dans la poche des employeurs La création d’une vision inclusive de la gestion du risque de chômage s’impose In seule évolution souhaitable et naturelle du régime d’assurance-emploi qui nous apparaisse raisonnable consiste à développer une vision inclusive de la gestion du risque de chômage.Et il est urgent de re qualifier ce risque hors du cadre rigide et opprimant de la Loi sur l’assuranceemploi.De risque temporaire qu’il était, le chômage est à vrai dire devenu le cauchemar de millions de travailleurs exposés à la précarité «à temps plein».Et l'encouragement des stratégies actives, dites aussi stratégies des portes tournantes (emploi temporaire — nouveau programme — nouvel emploi temporaire), n’a rien de naturel ni de souhaitable dans ce contexte.Bref, le régime actuel d’assurance-emploi ne répond ni aux besoins des chômeurs ni à ceux des travailleurs précaires.Par ailleurs, l’argument qui consisterait à dire que le rapatriement total de la part des mesures actives d’assurance-emploi au Québec servirait mieux les travailleurs vulnérables a du plomb dans l’aile.Les stratégies québécoises déjà à l’œuvre, y compris les stratégies de lutte contre la pauvreté, ne sont ni plus transparentes ni moins à l’avantage des employeurs que les stratégies fédérales actuelles.A l’évidence, le véritable détournement dont il est ici question, sur le plan politique, consiste à avoir vidé de spn sens le régime d’assurancechômage au Canada.A l'heure où la grande entreprise industrielle cana- dienne crie au loup, il n’est pas banal de dénoncer ce détournement d’un régime d’assurance-chômage vers un régime nettement destiné à servir d’assurance-entreprise.Au rythme où vont les choses, les tribunaux trouveront sou peu non moins naturel que les employeurs soient identifiés comme les principaux bénéficiaires de ce régime.Les mesures de protection sociale appartiennent aux citoyens, non aux citoyens corporatifs On a célébré la semaine dernière le 60 anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, laquelle énonce le droit de toute personne et de sa famille à un revenu suffisant ainsi que celui à la sécurité en cas de chômage.Les individus sont les premiers bénéficiaires de ce droit, non les entreprises.Et à l’heure de la crise financière et économique globale, il n'est pas superflu de le rappeler, alors que le gouvernement met en concurrence les individus et les entreprises dans le contexte de ses politiques (encore assez floues, pour dire le moins) de redressement C’est donc avec indignation qu’il faut dénoncer le détournement de sens des régimes destinés à la protection économique des plus faibles.Et s’il faut pour ce faire immoler une vache sacrée tel le Régime d’assurance-emploi canadien, eh bien, faisons-le.Mais fai-sons-le dans le respect des droits de toutes les personnes, non de manière détournée et au profit des employeurs.Car ces derniers n’ont pas encore démontré qu’en passant à la caisse, ils participent à la concrétisation des droits humains des plus vulnérables d’entre nous.Des chantiers ont été amorcés timidement le revenu de citoyenneté et le revenu minimum garanti, par exemple, fi est temps de leur redonner vie afin de favoriser une citoyenneté inclusive et d’éviter des guerres de catégories de travailleurs, guerre implicitement comprise dans la décision que la Cour suprême a rendue le 11 décembre dernier.Bilan du 400e de Québec «Fierté et goût d’entreprendre», vraiment?c PIERRE-PAUL SÉNÉCHAL Président du collectif Commémoration Québec 1608-2008 est plus qu’un simple agacement qui nous titille à la lecture de la revue des événements touchant le 400 de Québec telle que présentée par la Presse canadienne et rapportée dans les pages du Devoir (édition du mardi 23 décembre).Au terme de cette année 2008, et la trêve que les politiciens de Québec ont appelée de leurs vœux étant maintenant terminée, il nous faut aller au-delà de la simple chronologie des événements.Il doit être permis de soulever les questions de fond qui s’imposent et ajouter au bilan officiel certains éléments manquants.Les chroniqueurs politiques, les médias de Québec, qu’ils soient ou non Grands Partenaires du 400, oseront-ils participer à l’exercice?Bref retour aux sources Pour ses concepteurs initiaux, Jean-Paul L’Allier, maire de Québec, et Incien Bouchard, premier ministre du Québec de l’époque, cette commémoration d’envergure devait incontestablement être celle «du peuple du Québec et de sa capitale» (rencontre de fondation en mars 2000, à l’Hôtel de ville de Québec).Quoi de plus logique?L’établissement fondé par Champlain, le 3 juillet 1608, est le point de départ de la fondation de la Nouvelle-France, du peuplement du Québec et le site de la ville de Québec, future Capitale nationale du Québec.Elu le 14 avril 2003, le gouverne ment Charest, non sans une étroite complicité avec le gouvernement fédéral, fera en sorte que cette orientation soit littéralement transformée en méga-festival dont les limites territoriales seront essentiellement circonscrites à l’arrondissement du Vieux-Québec.Toute une métamorphose par rapport au projet initial, réalité à moitié oubliée aujourd’hui devant les succès de foules qu’ont connus les spectacles de Paul McCartney et de Céline Dion.Tout au long des activités officielles de 2008, le premier emblème du Québec aura été systématiquement banni de toutes les manifestations publiques organisées par la Société du 400.On y substituera une nouvelle figure emblématique faite de rubans entrelacés de couleur orange et rose n’ayant absolument rien à voir avec les couleurs et l’identité nationale du peuple qu’on voulait célébrer.La seule trame historique marquante qui fut ultérieurement ajoutée par la Société du 400, à la suite des critiques soulevées par le spectacle d’ouverture et à propos du «manque de références historiques», fut l’introduction du personnage de Champlain.comme mascotte de certains événements publics.Le 31 décembre 2008, après un dernier spectacle, les projecteurs du 400° et les feux d’artifice vont s’éteindre, les tambours vont retourner dans les entrepôts du Carnaval de Québec, le rideau de scène orange et rose va finalement être redescendu, en attendant 2108.Au-delà de tout ce fatras construit pour mener la fête, au-delà des dizaines de millions de fonds publics qui y auront été consacrés au festival, que restera-t-il aux Québécois comme legs tangible pour enraciner leur mémoire dans la dynamique du prochain siècle?Que restera-t-il de cette commémoration initialement destinée à célébrer la naissance du peuple du Québec et de sa capitale?Tout au plus quelques souvenirs nostalgiques du succès, fort légitime par ailleurs, généré par les méga-spectacles offerts sur les Plaines.Souvenirs éphémères, car au lendemain d’une récession économique annoncée, ils auront tôt fait de s’évaporer.Pour les gens de Québec, la nostalgie du 400° remplacera-t-elle celle des Nordiques?Aucun monument ou mémorial pour perpétuer la mémoire des futures générations de Québécois de î-, fi s.'K }{ / \ ’t \ “H.N ;î|! Û il!!l r; if j i A MATHIEU BEI.ANGER REUTERS Pendant que les touristes convergeaient vers les rues du Vieux-Québec, ils désertaient la plupart des régions périphériques.Durant les célébrations du 400' anniversaire de Québec, on note en effet une diminution de 20 % du flux touristique au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 17 % en Gaspésie, 14 % au Bas-Saint-Laurent.plus en plus ignorants de l'histoire de leur territoire de naissance ou d’accueil.Poser la question de l’absence de mémorial, c’est aussi poser la question de l’évacuation quasi systématique de la France, cet incontournable partenaire de la naissance du Québec.Sur ce sujet crucial, les vraies questions devront aussi être posées aux autorités politiques.Elles vont bien au-delà de l’absence «accidentelle» de Jean Charest ou du tassage de Philippe Couillard par le gouvernement Harper lors des cérémonies de La Rochelle, le 8 mai 2008.Il faut en effet savoir que la France avait été conviée dès 2002 par le maire L’Allier et le gouvernement du Québec à «dire sa fierté et son amitié au peuple du Québec et à sa capitale, en dotant Québec d'un monument incomparable à ce jour et de la même importance et du même rayonnement que les grands monuments à Paris».C’était là, selon le choix des autorités politiques de l’époque, la façon la plus appropriée de commémorer les descendants des premiers Français qui sont à l’origine de la nouvelle nation française en terre d’Amérique.Deux projets de commémoration de grande envergure et pouvant marquer l’espace urbain de Québec ont été successivement présentés entre 2002 et 2004.Coup sur coup, ils seront torpillés par le gouvernement Charest et par les bons soins diplomatiques du gouvernement du Canada, soit la majestueuse place de France, dans le quartier Saint-Roch, puis, plus tard.le projet d’une exceptionnelle allée de sculptures de bronze réalisées par de grands sculpteurs universellement connus, dont Rodin et Claudel.Ces deux projets auraient justement pu produire des effets structurants sur l'industrie touristique.Or quelles véritables raisons peuvent être invoquées pour expliquer ce désistement ou ce refus d’une participation active et nécessairement ostensible de la France en 2008, si ce n’est la crainte d’un nouveau renforcement de l’axe bilatéral Québec-Paris, lequel, pendant trois décennies, aura contribué à donner au Québec une véritable personnalité internationale?Le mirage des retombées économiques Que pourra-t-on dire en fin de course, à propos des fabuleuses retombées économiques que le 400' devait entraîner dans son sillage?Oui, les foules ont bien répondu à l’offre de spectacles gratuits.Oui, les terrasses étaient bondées lors des chaudes soirées d’été.Les statistiques de fin d’année nous décrivent toutefois une réalité malgré tout troublante et qu’il faudra également examiner de plus près.Pendant que les touristes convergeaient vers les rues du Vieux-Québec, ils désertaient la plupart des régions périphériques.Durant cette période, on note en effet une diminution de 20 % du flux touristique au Saguenay-Lac-Saint-Jean, 17 % en Gaspésie, 14 % au Bas-Sarnt-Laurent Un phénomène similaire s’observe à l’intérieur même de la grande région de la Capitale nationale, dans certains secteurs de Charlevoix, plus particulièrement notamment à l’île-aux-Coudres.On assiste donc à un phénomène de déplacement des pôles touristiques, plutôt qu’à une croissance de l’affluence touristique.D’ailleurs, il est facilement observable que l’industrie des festivals n’est pas une médecine aussi efficace qu’on le croit pour contrer le déclin du tourisme américain qui sévit dans la grande région de Québec depuis plusieurs années.Autre donnée troublante: durant cette «saison économique du 400"» (novembre 2007 à novembre 2008), il s’est perdu 6900 emplois dans la grande région de la Capitale-Nationale.Et ce retrait substantiel de personnes de la population active ne serait pas le fait de travailleurs âgés prenant leur retraite, mais bien de jeunes de moins de trente ans, selon la plus récente enquête de la direction régionale d’Emploi-Québec.Ces statistiques nous ramènent à une réalité dont il ne faut jamais se détourner: ce sont d’abord les projets structurants et en synergie avec d’autres projets économiques qui, à terme, produisent un réel effet sur l’économie.Le Québec est depuis les récentes années, la «région canadienne» la plus marquée par l’exode de sa jeune population active.L’affaiblissement du rattachement identitaire au Québec y serait-il pour quelque chose?D faudrait peut-être y réfléchir un jour.L’ÉQUIPE DU DEVOIR RÉDACTION Information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Stéphane BaiUargeon (général), Clairandrée Cauchy (éducation).Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Degliae (amstmimatùm), Jean Dion (sports), LouiaGilles Francœur (envinmnement), Pauline Gravel (sciences).Brian Myles (justice et/bits de société), I.ouiseMaude Rioux Soucy (santé), Alexandre Shields (général), Philippe Papineau (pupitre) ; information poBtique Michel David (chroniqueur), Hélène Buzzetti et Alec Caatonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen l^évesque (reporter) ; information culturelle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Guillaume Bourgault-Côté (reporter), Paul Cauchon (médias), Frédérique Doyon (reporter), Caroline Montpetit (livres), Isabelle Paré (reporter).Odile Tremblay (cinéma), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Julie Carpentier (pupitre) ; information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de.l’information), François Desjardins (reporter), Éric Desrosiers (reporter), Claude Turcotte (reporter), Dominique Reny (pupitre) ; information internationale : Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste), Claude lévesque (reporter), Jean-Pierre l-egault (pupitre international, page éditoriale et cahier Perspectives) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques) ; Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correctrices) ; Benoît Munger (responsable du site Internet), Emilie Folio-Boivin et Vincent Cauchy (commis Internet) ; Amélie Gaudreau (secrétaire d la rédaction); David Dumouchel et Étienne ITamondon-Émond (commis d la rédaction).DOCUMENTATION Gilles Paré (directeur), Manon Derome (Montréal), Olivier Spéciel (Québec), Monique Bhérer (Ottawa).PUBLICITE Julie Chrétien (directrice adjointe), Amélie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bossé.Manon Boilard.Marlène Côté, Amélie Maltais.Claire Paquet, Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Olivier Zuida (directeur adjoint), Michel Bernatchez, Johanne Brunet, Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin, Nathalie Zemaltis.INFORMATIQUE Yanick Martel (administrateur Web), Hansel Matthews (technicien informatique).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service d la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Marie-Lune Houde-Brisebois ; Jean-Robert Divers (responsable promotion).ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Claudette Béliveau (adjointe administrative), Céline Furoy, Ghislaine 1 .afleur, Claudine Chevrier, Monique Protean, Danielle Ross.I LE DEVOIR.LE MARDI 30 DÉCEMBRE 2 0 0 8 ACTUALITES SUICIDE HAMAS Le fil des événements «La population n’a pas été choquée par ce verdict.Où est l’intérêt d’en appeler?» SUITE DE LA PAGE 1 accepté de poser un collier étrangleur dans son placard, car il ne pouvait plus endurer ce «harcèlement».Le directeur des poursuites criminelles et pénales demande à la Cour d’appel d’écarter le verdict d’acquittement et d’ordonner la tenue d’un nouveau procès.D présente deux arguments visant à montrer que le juge aurait commis des erreurs de droit.D’abord, il a reproché au juge d’avoir limité «la commission du crime d’aide au seul moment de l’installation [du collier étrangleur]» que Chantal Maltais a utilisé pour mettre fin à ses jours.Deuxièmement, on met sur la sellette la validité de la défense présentée.Celle-ci s’appuyait sur l’intention de Stephan Dufour de commettre un crime et sur la notion de doute raisonnable.La défense a présenté l’accusé comme un homme aux capacités intellectuelles réduites ayant l’âge mental d’un enfant et qui a subi la pression de son oncle pendant de nombreux mois.Durant les délibérations, le jury avait d’ailleurs demandé que le magistrat leur réexplique les notions d’intention et de doute raisonnable.Le magistrat avait répondu que l’intention de Stéphan Dufour d’aider son oncle à se pendre était au cœur de la décision qu’ils devaient rendre.Quant au doute raisonnable, il leur a rappelé qu’il permet d’acquitter un accusé si l’on éprouve le moindre doute, basé sur des faits et non pas des sentiments, sur sa culpabilité.Selon la Couronne, l’homme de 30 ans était coupable, puisqu’il a confirmé avoir fourni l’outil ayant servi au suicide de son oncle en sachant que celui-ci allait l’utiliser.Stephan Dufour a plutôt soutenu qu’il avait demandé à son oncle de ne pas s’en servir.Bien qu’il reconnaisse entièrement le droit de la Couronne d’en appeler du verdict de non-culpabilité, l’avocat de Stéphan Dufour juge non concluants les arguments présentés et estime que la Cour d’appel sera difficile à convaincre.«D’abord, ils reprochent à la défense de ne pas avoir présenté une défense reconnue de droit (que l’accusé n’avait pas l’intention de commettre un crime).C’est pourtant une défense solide, [se baser sur] la personnalité de l’accusé combinée à la pression subie, et reconnue depuis longtemps.» Ensuite, il a confié au Devoir avoir «la conviction que la Cour d’appel va reconnaître que le juge a bien instruit le jury et va reconnaître que le verdict était fondé».Le criminaliste Jean-Claude Hébert rappelle que la Couronne peut uniquement faire appel sur des questions de droit «J’ai l’impression qu’on bascule dans une question mixte de fait et de droit, un domaine où la Couronne ne peut pas appeler», analyse-t-il après avoir pris connaissance des motifs d’appel de la Couronne.«Le deuxième argument est intéressant, à savoir si la capacité mentale affaiblie était un facteur à prendre en considération.Les précédents disent que les caractéristiques personnelles ne devraient pas entrer en ligne de compte, mais il y a des limites, car ici le débat est une question d’intention.Avait-il l’intention requise par la loi pour être accusé?», se demande le criminaliste.«En partant, le défi de la Couronne sera lourd, prédit M' Hébert La Couronne devra présenter de solides arguments pour convaincre la Cour d’appel de renverser le verdict du jury, surtout qu'il y a en général beaucoup de réticence à renverser un verdict du jury.» Il estime que «le verdict semblait fondé sur le bon sens, l’analyse et les faits de la cause sur ce drame humain.H correspond aux attentes populaires et le juge a respecté la démocratie juridique et le jury, qui a eu un rôle déterminant».Sur une note plus personnelle, l’avocat de la défense abonde dans le même sens.Il affirme qu’il comprend mal l’intérêt de la Couronne d’en appeler.«La Couronne représente la population et l’État.La population n’a pas été choquée par ce verdict.Où est l’intérêt d’en appeler?» En effet au moment du verdict la population semblait approuver l’issue du procès, comme en témoignent plusieurs témoignages rendus dans les médias, et ce, dans la ville même du drame.Ce nouveau rebondissement dans cette affaire montre que le débat sur l’aide au suicide demeure un sujet sensible.Toutes les causes semblables au Canada ont abouti à un verdict de culpabilité, le plus souvent assorti d’une peine réduite.Plusieurs observateurs affirmaient que la cause devrait faire jurisprudence, mais le caractère au cas par cas fait douter d’autres experts de cette possibilité.Quant à savoir si le débat sera rouvert au Canada, le directeur du Centre d’étude en droit privé et comparé Pierre Deschamps en doute.«Oui, le débat devrait se faire au Canada, a-t-il affirmé en entrevue à Radio-Canada, mais les parlementaires sont frileux à en débattre.» Il estime que le contexte politique actuel ne favorise pas une action législative prochaine sur ce «sujet délicat».«En attendant, il faut s’en référer aux tribunaux», conclut-il.Le procureur de la Couronne Denis Dionne ne s’est pas adressé aux médias, hier, après leur avoir communiqué l’intention d’appel, et n’avait pas rappelé Le Devoir au moment de mettre sous presse.Le débat sur l’aide au suicide ressurgit au fil des malades qui l’incarnent et des drames qui surviennent sporadiquement En France, le suicide de Chantal Sébire avait relancé le débat cette année.La femme, lourdement défigurée par une tumeur incurable au visage, avait mis fin à ses jours le 19 mars 2008 après avoir réclamé le droit de mourir avec une aide médicale.Une mission d’évaluation sur la loi sur la fin de vie avait été mise sur pied.Ses conclusions, rendues le 2 décembre dernier, refusent de reconnaître un «droit à la mort», même pour les malades incurables réclamant la mort Le président de la commission, le député Jean I^eonetti, a plutôt proposé des moyens d’améliorer les conditions de fin de vie en recommandant la création d’un congé payé pour les proches et une meilleure fonnation des médecins sur îes soins palliatifs.Le Devoir SUITE DE LA PAGE 1 345 tués, pour la plupart des membres du Hamas, et 1550 blessés.L’Egypte a admis des blessés sur son territoire et autorisé des camions à décharger leur cargaison de vivres et de matériel médical dans le terminal frontalier de Rafah.Christopher Gunness, porte-parole de l’UNRWA, l’agence de l’ONU d’aide aux réfugiés palestiniens, citant des chiffres obtenus de sources hospitalières, a quant à lui fait état de 57 morts civils, dont 21 enfants et au moins sept femmes.Laissant planer la menace d’une offensive terrestre, Israël, qui a mobilisé 6500 réservistes, a déployé hier en renfort l’infanterie et des blindés à la lisière de la bande de Gaza.L’armée a aussi décrété le secteur frontalier du territoire palestinien «zone militaire fermée», mesure qui pourrait bien être le prélude à une attaque terrestre qui semble imminente.Des roquettes tirées depuis la bande de Gaza ont également frit des victimes.Deux Israéliens ont ainsi été tués en soirée.Une femme a péri dans la ville d’Ashdod.Moins d’une heure plus tôt, un Israélien avait été tué dans l’explosion d’une roquette près de Nahal Oz, à proximité de la frontière avec la bande de Gaza.Quatre Israéliens ont été victimes de tirs de roquettes palestiniennes depuis le déclenchement de la présente offensive.Selon l’armée, plus de 200 roquettes et obus de mortier ont été tirés sur Israël depuis samedi, tous revendiqués par le Hamas.Appui américain Plomb durci a en outre continué de susciter son flot de réactions partout dans le monde.Sans surprise, les Etats-Unis ont donné leur bénédiction aux opérations militaires menées par leur allié israélien, tout en assurant œuvrer au rétablissement d’un cessez-le-feu.La Maison-Blanche s’est tout de même dite inquiète devant la situation humanitaire de la population palestinienne et a de nouveau appelé Israël à éviter les victimes civiles.«Les États-Unis comprennent qu’Israël doive agir pour se défendre», a dit un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe, tout en affirmant que Washington n’était nullement mêlé aux hostilités.«Israël a signifié clairement qu’il n’entendait pas reprendre Gaza, qu’il veut seulement que les gens du sud d’Israël puissent vivre en paix», a-t-il affirmé à Crawford, au Texas, où George W.Bush s’est retiré dans son ranch pour les fêtes de fin d’année.C’est le Hamas qui est responsable de la situation actuelle, a ajouté M.Johndroe, en invoquant le refus de l’organisation palestinienne de reconduire la trêve échue le 19 décembre, et l’intensification de ses tirs sur le territoire israélien.«Le Hamas doit cesser ses tirs de roquettes sur Israël et accepter d’observer un cessezde-feu viable et durable pour que les violences actuelles s’arrêtent», a dit M.Johndroe.Le Canada et l’Allemagne ont eux aussi rendu le Hamas responsable de l’escalade de la violence.Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, a pour sa part qualifié l’escalade de la violence d’«inacceptable».«Israël et le Hamas doivent tous les deux cesser leurs actes de violence d un cessez-lefeu doit être déclaré immédiatement», a-t-il dit, avant d’appeler les dirigeants arabes à bas a affirmé qu’il entendait «procéder à des consultations avec tous les partis palestiniens, y compris le Hamas, sur les événements tragiques dans la bande de Gaza».Le Hamas a rejeté de telles consultations.Le Devoir Avec l’Agence France-Presse, Associated Press et Reuters SAMEDI 27 DÉCEMBRE ¦ Vers llh30: Israël déclenche des raids aériens massifs contre des infrastructures du Hamas dans la bande de Gaza, contrôlée par le mouvement islamiste depuis juin 2007.Par cette opération Plomb durci, d’une ampleur sans précédent dans un territoire palestinien, Israël vise à mettre fin aux tirs de roquettes palestiniennes, qui se sont intensifiés depuis la fin de la trêve avec le Hamas, le 19 décembre.¦ L’opération «ne fait que commencer», indique Israël.¦ Hus de 70 roquettes et obus de mortier sont thés à partir de la bande de Gaza contre le sud d’Israël un dvil est tué.¦ LÉgypte ouvre le terminal de Rafah, frontalier de la bande de Gaza, pour accueillir des blessés palestiniens.¦ Le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, appelle les Palestiniens à déclencher une troisième intifada, évoqpant une reprise des attentats suicide.¦ L’Egypte tente de négocier un cessez-le-feu.¦ Au moins 230 Palestiniens, pour la plupart des membres de la police du Hamas, ont été tués, et 700 autres ont été blessés.DIMANCHE 28 DÉCEMBRE ¦ Vers Th locales: Après des attaques aériennes nocturnes, poursuite des raids dans la bande de Gaza.¦ Israël menace d’opérer des offensives terrestres dans la bande de Gaza, mobilisant quelque 6500 réservistes.Des çhars et des troupes se massent à la frontière.¦ LÉgypte accuse le Hamas d’empêcher des centaines de blessés palestiniens de quitter la bande de Gaza.¦ L’armée libanaise et la FLNULfforce de TONU) renforcent leur contrôle à la frontière avec Israël ¦, Israël bombarde 40 tunnels à la frontière entre l’Égypte et la bande de Gaza pour tenter de stopper l’approvisionnement du Hamas en armes.¦ Plusieurs milliers de manifestants en Europe contre les raids israéliens.Nombreuses manifestations en Cisjordanie.¦ Les négociations indirectes de paix entre la Syrie et Israël ne pourront pas se poursuivre à cause de «l’agression israélienne» (Syrie).¦ Le Hezbollah chiite libanais appelle les Égyptiens à descendre «par millions» dans la rue pour forcer l’ouverture du termina] de Rafah.¦ Israël autorise l’entrée de plus de 100 camions d’aide humanitaire dans la bande de Gaza.LUNDI 29 DÉCEMBRE ¦ Durant la nuit plusieurs dizaines de raids israéliens.¦ De nombreux pays condamnent l’offensive d’Israël qui a déclaré, par la voix du ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, s’être engagé d,ans une «guerre sans merci» contre le Hamas.LUE, les États-Unis, l’ONU et la Russie ont appelé à l’arrêt des bombardements israéliens tout en exhortant le Hamas à cesser ses tirs de roquettes.¦ 330 victimes, plus de 1400 blessés, dernier bilan selon les services d’urgence palestiniens.¦ Un deuxième civil est tué par une roquette palestinienne dans le sud d’Israël.¦ Manifestations à Hébron (Cisjordanie) et dans plusieurs capitales régionales.¦ L’Égypte entrouvre le terminal de Rafah pour permettre l’aide médicale vers la bande de Gaza et l’entrée de blessés palestiniens.¦ Le but de l’offensive est de faire tomber le régime du Hamas, déclare le vice-premier ministre israélien.¦ Nouveau bilan: au moins 345 morts et 1550 blessés.Agence France-Presse DAKAR SUITE DE LA PAGE 1 formée ailleurs, j’avais mâché le modèle de l’UQAM avec sa culture d’égalité entre professeurs et étudiants, entre hommes d femmes, son esprit de cogestion, sa parole libre, ses syllabus rigoureux.Mes collègues sénégalais me trouvaient casse-pieds.» Au moins peut-elle faire dans ses salles de classe ce qu’elle croit bon.«Ce sont mes étudiants qui m’ont sauvée.Ils étaient ma bouffée d’oxygène.» Comme en parenté 1980: Eugénie, journaliste au quotidien dakarois L’Afrique nouvelle, participe à la conférence internationale des femmes de Copenhague.Et là, elle a une sorte de révélation.Elle est fescinée par les Québécoises, «leur manière directe de dire, leur façon d’être».Elle se sent avec elles comme en parenté.Fascinée aussi par ce qu’on lui raconte de l’histoire du Québec.«Tiens, ça nous ressemble!» Elle y voit la même quête d’identité, le même attachement à une spécificité culturelle.1988: elle obtient une bourse d’excellence de la Francophonie qui lui permet d’aller faire une maîtrise en communication à l’UQAM.«Si vous m’aviez dit que j’allais passer 14 ans de ma vie au Québec, je ne vous aurais pas crue!» «Je ne voulais pas coller à la communauté sénégalaise à Montréal», ajoute-t-elle.Elle habite d’abord un pe lit sous-sol à Outremont, puis emménage dans Rose mont.«Tout s’est bien passé.Je me suis sentie tout de suite intégrée.» Eugénie Aw n’a jamais voulu devenir citoyenne canadienne, non.«Je trouvais que la meilleure façon d’aimer le Québec, c’était de conserver mon altérité, de rester l’Autre.Et d’incarner le fait que, même Autre, je me sens acceptée parmi vous.» Son mémoire à l’UQAM portera sur la parole africaine, en particulier la parole des femmes africaines, avec, en écho, celle des femmes québécoises.Eugénie Aw fera le tour des groupes de femmes du Québec, écumant tout ce qui existait d’organisations féministes et quadrillant le territoire québécois de l’Ou-taouais jusqu’au Labrador.Pétulante, un brin provocatrice, elle a déjà affirmé que les femmes africaines font face à deux principaux dangers: les femmes occidentales qui les maternent et les hommes africains qui les oppriment.Et patatras! «Oui, reconnaît-elle en souriant, j’ai dû être agressive parfois avec mes amies, mes collègues, avec les femmes québécoises qui m’accueillaient.Il y a tant de préjugés et d’idées préconçues sur les Africains d les Africaines!» «Je le dis de manière affectueuse, poursuit-elle, parce que j’ai littéralement adoré mes années au Québec et toutes ces femmes québécoises qui m’ont appris tant de choses.[.] Mais je reproche aux femmes occidentales leur vision simpliste de la femme africaine, à leurs yeux avant tout me victime, ce qui est une autre manière de ne pas la reconnaître.Comme s’il n’y avait qu’une seule femme en Afrique, pareille du sud au nord d d’ouest en est.Vous nous voyez comme un grand bloc noir informe.» Et puis Eugénie Aw déplore cette façon sans nuances qu’ont les féministes des pays riches de dire aux femmes africaines: Voilà ce qu’il faut faire! «On n’a pas besoin d'être maternées!» Le choc rwandais Qu’est-ce qui l’incite à rentrer au bercail?Cela se passe en 1994, quand le monde apprend, stupéfait et coupable, le génocide rwandais qui a fait un rmllion de morts en l’espace de quatre mois.Eugénie est sous le choc, elle pleure la mort de collègues rwandais, elle se dit que la même chose pourrait se produire ailleurs en Afrique.«Ces événements restaient pris comme un sanglot dans ma gorge.» Elle a envie de s’impliquer, de faire quelque chose.«Ma position à Montréal devenait intenable, je devais retourner en Afrique pour apporter ma petite pierre.» A 57 ans, Eugénie Aw est aujourd’hui doyenne de l’école de journalisme de l’Université de Dakar, première femme à occuper une telle fonction dans une institution universitaire au Sénégal.Elle m’accueille dans son bureau, où la décoration se résume à sa toge de fonction, un peu défraîchie, qui languit sur un cintre.Eugénie Âw Eugénie Aw a d’autres chats à fouetter, attelée à former une génération de journalistes sénégalais et africains respectueux «des lois universelles du journalisme», dit-elle, et sensibles aux réalités de leur continent «Nous les formons pour qu ’ils puissent donner une voix aux sans-voix.[.] Parce que les pouvoirs pensent encore ici, poursuit-elle, que les médias existent pour relayer leur parole.» Elle exige que les étudiants sortent de leur classe, aillent voir de leurs yeux le réel.Des étudiants qui, depuis 2007, sont d’abord des étudiantes.«Les filles sont devenues majoritaires dans nos classes.» Son école doit composer avec un budget maigrelet et les dons d’équipements qui lui proviennent d’un peu partout, de Radio-Canada notamment.Studios d’enregistrement, salles de montage pour la radio et la télévision, ateliers de graphisme, les étudiants planchent avec des outils parfois un peu dépassés.Eugénie parle en souriant de son «musée des antiquités».Une autre image de TAfrique Elle essaie, par la parole mais peut-être encore davantage par la force de son exemple, d’insuffler aux étudiants une autre image de l’Afrique et d’eux-mêmes.«Im misère et la pauvrdé ne sont pas une fatalité de l’homme noir Non.C’est vrai qu’il y a eu la colonisation.Mais c’est d’abord devenu, je crois, un problème de perception de nous-mêmes, dit-elle.Les Noirs ont encore pour modèles des Blancs.» Elle se réjouit du fait que l’Afrique du Sud soit en train de devenir une inspiration pour le continent.Enfin un gagnant parmi nous!, pense-t-elle, C’est dans cette perspective d’ailleurs qu’elle croit plus que jamais aux partenariats entre pays du Sud.«Je — elle insiste sur le je — suis responsable de mon destin.C’est un travail qu’il faut faire sur soi, jour après jour Cela prendra des générations.Mais l’Afrique ne changera pas si nous n’acceptons pas d’aller dans cette voie.» Cette lucidité et cette liberté de parole lui viennent en bonne partie, reconnaît-elle, de sa vie québécoise.«C’est un peu mon héritage du Québec.» Une certaine façon de dire ce que les autres ne veulent pas nécessairement entendre.Eugénie assume qui elle est et le choix qu’elle a fait de rentrer au bercail, «j’ai accepté profondément de vivre ici.» Mais parfois elle rêve de s’envoler à nouveau.Quand le réel devient trop lourd.Le réel, pour Eugénie, c’est la pollution de Dakar, à couper au couteau, c’est la facture de téléphone que l’université ne peut plus payer, c’est son salaire qui n’a pas été versé ce mois-ci.Et quand elle s’ennuie du Québec et qu’elle a une grande bouffée de nostalgie, alors elle se perd en songe dans les vastes paysages de Tadoussac, dont elle garde un poignant souvenir.«Et je me mets Crés-moé, crés-moé pas, quèqu’part en Alaska, y a un phoque qui s’ennuie en maudit.» Collaboration spéciale Monique Durand s’est rendue au Sénégal avec le soutien de l’ACDI et des organismes Développement et Paix, Droits et Démocratie et Oxfam-Québec.MONIQUE DURAND j.ojs*» LE DEVOIR" www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, fr étage, Montréal (Québec), H3A3M9 É3 Placwles-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par télécopieur 514-985-3340 Les 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