Le devoir, 27 décembre 2008, Cahier E
LE DEVOIR.LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 2 K DÉCEMBRE 2 0 0 8 CO IUTVWNM ConowNt *?*'*'•• de Franco à Qutlm pagnons d’armes.Tout cela ressemble parfois à un autre one-man show, de Torn Cruise mais ce coup d’État n’est (heureusement) pas l’affaire d’un seul homme.A défaut d’en montrer ses aspects les plus glauques (les handicaps du colonel, qui ne le gênent jamais.) et les plus angoissants (les personnages sont rarement habités par le doute), la production affiche un caractère léché, tablant sur les effets tonitruants pour faire de l’Histoire un luxueux diaporama de la bonne conscience.Celle des Allemands peut sans doute être soulagée dans la mesure où Singer offre à des acteurs de premier plan (dont Kenneth Branagh et Torn Wilkinson) de dé-! fendre des figures schématiques mais suscitant une sympathie immédiate.La guerre selon Singer reste tout de même affaire de spectacle entre les bons et les méchants.d’un même camp.Et; alors que Carice von Houten jouait avec brio une résistante plantureuse dans Black Book, ce film de guerre autrement plus pervers de Paul Verhoeven, il est révélateur qu’elle soit ici méconnaissable, pour ne pas invisible, aux côtés de Tom Cruise dans Valkyrie.Pour certains, travailler en équipe atteint vite ses limites.Collaborateur du Devoir V !¦ K I) K V 0 IR, LUS SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 2 0 0 8 K f) INEMA e x Ce n t r i s LA VÉRITABLE HISTOIRE OU PÈRE NOËL EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 21déc.-4janv./iBhOO SOURCE ALLIANCE Œuvre privilégiant les gros plans sur le visage de Mickey Rourke et des différents protagonistes.The Wrestler constitue un corps à corps avec l’émotion, dont nul ne sort indemne Brillant corps à corps avec l’émotion THE WRESTLER Réalisation: Darren Aronofsky.Scénario: Robert D.Siegel.Avec Mickey Rourke, Marisa Tomei, Evan Rachel Wood.Image: Maryse Alberti.Musique: Clint Mansell.Montage: Andrew Weisblum.ODILE TREMBLAY Film coup de poing, couronné du Lion d’or de Venise, The Wrestler célèbre le vrai retour de Mickey Rourke à l’écran.L’ancien beau gosse à’Angel Heart et de Nine 1/2 weeks, après une longue traversée du désert, s’était contenté de rares apparitions, notamment dans Sin City de Robert Rodriguez.La drogue, la plongée dans tous les excès et une carrière de boxeur l’avaient entraîné dans une voie parallèle et des gouffres intimes.Avec The Wrestler, Aronofsky et son scénariste ont eu l’intelligence de donner à son personnage un parcours qui recoupe en partie le sien.11 n’est pas dit qu’avec son physique de culturiste, ses cicatrices morales et physiques, Mickey Rourke aurait pu jouer n’importe quoi.Dans la peau de Randy/The Ram, lutteur sur le retour, petite célébrité locale désormais brisée et déçue par la vie, il se retrouve en terrain familier.Humain, émouvant, drôle, puissant comme un roi Lear déchu mais encore noble, l’acteur américain nous livre une performance extraordinaire.Déjà en nomination aux Golden Globes, Rourke sera certainement de la course aux Oscars, et pourrait rafler la mise.Darren Aronofsky, excellent cinéaste de The Fountain et de Requiem for a Dream, a choisi la simplicité dans un scénario peut-être un peu classique, mais habile, jamais appuyé et parsemé de perles.Ses effets de caméra sont plus sobres que d’habitude, la musique de Clint Mansell — vraiment remarquable — se révèle Humain, émouvant, drôle, puissant comme un roi Lear déchu mais encore noble, Mickey Rourke nous livre une performance extraordinaire d’une rare subtilité, à l’écoute de l’action, sans jamais la masquer.(Euvre privilégiant les gros plans sur le visage de Rourke et des différents protagonistes, The Wrestler constitue un corps à corps avec l’émotion, dont nul ne sort indemne.Les combats de lutte, arrangés mais vraiment violents, sont captés sur le ring, parfois caméra à l’épaule, en des scènes à peine soutenables, d’une intensité inouïe, qui galvanisent.La trajectoire de Randy, terrassé par une crise cardiaque, qui tente de refaire sa vie mais se heurte à des portes closes, nous vaut des scènes merveilleuses: la séance de «shopping» avec la danseuse érotique (Marisa Tomei, toujours juste dans un registre de demi-teintes), un moment de tendresse avec sa fille retrouvée (Evan Rachel Wood) avant la rupture finale, les péripéties drolatiques de son nouveau métier de vendeur au supermarché.Quant à la grandiose finale, saut de l’ange vers l’abîme, elle se révèle d’une force éblouissante.The Wrestler est un film qui dépasse son portrait pour abor- der avec une concision brillante le mal de vivre, l’impossibilité de créer des relations significatives, la solitude et la dignité intacte d’un être humain aspiré par le vide.Le Devoir De la suite dans les idées BEDTIME STORIES (V.F.: HISTOIRES ENCHANTÉES) Réalisation: Adam Shankman.Scénario: Matt Lopez, Tim Herli-hy.Avec Adam Sandler, Keri Russell, Guy Pearce, Laura Ann Kesling, Jonathan Morgan Heit.Image: Michael Barrett Montage: Tom Costain, Michael Tronick.Musique: Rupert Gregson-Williams.États-Unis, 2008,99 min.ANDRÉ LAVOIE Avec une telle gueule, Adam Sandler n’avait sans doute jamais rêvé de sauver la veuve, l’orphelin.et une blonde plantureuse.Tout cela est bien sûr possible dans les contes de fées, pleins de mansuétude pour les perdants congénitaux, un profil que la vedette de Happy Gilmore et de Punch Drunk Love (les deux hémisphères de sa filmographie.) adopte sans difficulté d’exécution.Dans Bedtime Stories d’Adam Shankman, celui qui nous a un peu décoiffés avec Hairspray, la fantaisie est au service des valeureux fantasmes héroïques de Sandler.Il n’y a visiblement pas qu’au Québec que l’on assiste à l’agréable résurgence du conte et de ses pouvoirs infinis sur le réel, authentiques ou dérisoires.Skee-ter Bronson (Sandler égal à lui-même) l’ignorait jusque-là.Employé plus ou moins modèle d’un grand hôtel jadis la propriété modeste de son père (Jonathan Pry-ce en narrateur d’outre-tombe), il devient le gardien des deux enfants de sa sœur Wendy (Courteney Cox) pendant une semaine.H appréhende cette tâche, mais d’un soir à l’autre, à l’heure du dodo, son imagination débordante les amène dans des univers où cow-boys, gladiateurs, gardiens de l’espace et preux chevaliers font la loi, toujours sous les traits de Skeeter.Le pauvre homme doit aussi sortir ses griffes dans la réalité, convaincu qu'il peut troquer son torchon pour devenir le gérant d’un nouvel hôtel que s’apprête à construire son redoutable patron (l’ineffable Richard Griffiths).Quant à Kendall (Guy Pearce au visage tristement plastifié), le bras droit du directeur, il préfère multiplier les manigances, détenant dans sa manche une carte aux pouvoirs destructeurs: l'établissement sera construit sur l’emplacement de l'école que fréquentent ses neveux, dirigée d’une main de fer par Wendy et où travaille aussi sa copine Jill (Keri Russell, une grâce de tous les instants), une institutrice pour laquelle Skeeter a un sérieux béguin.Ce ne sont pas ces enjeux dramatiques qui éblouissent le spectateur de bonne volonté, sachant que sous l’enseigne Walt Disney, celle qui dorlote cette production, tout est bien qui finit très bien, surtout en matière de lutte à la rapacité des promoteurs immobiliers.Le scénario repose sur un concept aussi limpide qu’illimité: l’illustration souvent kitsch de l’imaginaire d’un homme ordinaire, s’extirpant de sa médiocrité pour squatter des mondes où il n’aurait jamais droit de cité — pas plus qu’Adam Sandler, du moins jusqu’à aujourd'hui.Toutes ces fantaisies sont agrémentées de multiples incongruités temporelles mais elles ne sont jamais aussi drôles que lorsqu’elles s’infiltrent dans le quotidien d’un anti héros qui y voit des signes dictés par la main de la destinée.Car il suffit de croire à une ondée de gomme balloune, au sauvetage d’un clone de Paris Hilton ou que derrière un loser se cache toujours un winner pour que le conte de fées devienne aussitôt une conférence de Jean-Marc ChapuL Les plus jeunes saisiront vite le caractère édifiant de Bedtime Stories, mais l’heure est surtout à l’émerveillement.Pendant ce temps, leurs parents, c’est-à-dire tous ceux qui ont déjà eu l’air fou pendant les années 1980, trouveront certains charmes aux choix musicaux de Skeeter.Preuve qu’Adam Shankman a de la suite dans les idées quelques années après The Wedding Singer, un film à caractère historique (hum.) sur cette décennie fluo-pastel avec nul autre qu’Adam Sandler.Oui, certains ont de la suite dans les idées, peu importe leur épaisseur.Collaborateur du Devoir liïTA' 1' 1 aBazanmamai ?À NE PAS MANQUER CETTE SEMAINE W00DUUIN t0OUBT millionaire cassKe l-e-mariage rrj, ' ' teJ Métro Place des arts - Autobus 80/129 DE RACHEL CINÉMA DU PARC- 3575 Du Parc 514-281-1900 ¦ ARCHAMBAULT Une compagnie' de Quebetor Media C INEMA PARALL3L E Depuis plus de 40 ans PRIX INNOVATION DANIEL LANGLOIS FNC2008 COUP DE CŒUR DU JURY UN CERTAIN REGARD .CANNES 2008 Valse avec Bashir » = ARI F0LMAN, 87 min, v.o.hébraïque, s.-t.f 7e ciel [Cloud 9) H ““ ! ANDREAS DRESÈtJ, 96 min, v.o.allemande, s-t.f.À l’Affiche jusqu'au s janvier 2009< POUR CONFIRMER LES HORAIRES : WWW.EX-CENfRIS.COM ou 5U-847-2206 EX-CENTRIS 3536 boul.Saint-Laurent, Montréal, Québec, H2X 2V1 billetterie: 514 847-2206 I courriel: parallelef9ex-cenlris.com I www.ex-centris.com ?«Un film amoureux, bouleversant et particulièrement juste.7e ciel est l’histoire d’amour que tous avons vécue.Un vrai moment d’émotion.» La Presse «D’une qualité d’écriture digne du regretté Ingmar Bergman.» MédiaPilm «Chargé d'émotions brutes et intenses.» Metro métrogole PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE ! 13 IN- VERSION ORIGINALE ALLEMANDE AVEC SOUS-TITRES FRANÇAIS excenhus KSI«SA!|ï*i [lË FORUM 22] VERSION ORIGINALE ALLEMANDE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS C0NSULTE2 LES CINÉMAS AMC | GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS C IRQ YOU R ENTHUSIASM Ç yCOWTa! ^n - pu «musum» .; BOITE NOIRE ¦tout le cinéma du monde! 376, Mont-Royal est • 380, Laurier ouest • 42, rue McGill HW 1 2008 Woinor Bros.Enteftomawnt.lows dmits léservûs f RÉTROSPECTIVE 1 i 2008 DVD CÉUNE SUR LES PLAINES THE DARK KNIGHT INDIANA JONES « THE KHHSOOM OF CRYSTAL SKULL VI MATCHS MÉMORABLES DANS L'HISTOIRE DES CANADIEHS ALEX KOVALEV Mes trucs et méthodes d'entral-nement B LOUIS-JOSÉ H0UDE Le show caché DON JUAN Spectacle Intégral IRON MAN J WAU.-E HEROES Season 2 PASSE-PARTOUT Coffret 4 ONE TREE HILL Seasons RAMOAM Saison 1 ORGUEIL ET PRÉJUGÉS Série complète FRED PELLERIN Comme une odeut de muscles PRISON BREAK Season 3 ROCK CT BELLES OREILUS Les Bye Bye 2006 et 2007 THE NIGHTMARE BEFORE 1^ CHRISTMAS 400- ANNIVERSAIRE DE QUÉBEC QUÉBEC 1808-2008 SOUVENIRS DU 400- ANNIVERSAIRE t t E (i DEVOIR LES SAMEDI DIMANCHE DECEMBRE 2 0 0 8 Victoire sur l’infini, Guido Molinari, 1999 SOURCE GALERIE SIMON BLAIS L’expérience Molinari GUIDO MOLINARI ET LA COULEUR: PEINTURE 1954-1999 Galerie Simon Blais 5420, boulevard Saint-Laurent Montréal jusqu’au 14 janvier 2009 MAR1E-ÈVE CHARRON La Galerie Simon Blais termine l’année en annonçant ses couleurs pour 2009: les célébrations de ses vingt ans.Pour inaugurer la programmation spéciale qui souligne cet anniversaire, la galerie prête ses cimaises, pour la première fois en aussi grand nombre, aux œuvres du peintre Guido Molinari, avec une exposition couvrant les années 1954 à 1999.Quelque vingt œuvres, sur toile ou sur papier, rappellent ainsi les jalons importants du travail de Molinari, décédé en 2004, lui qui a marqué l’histoire de la peinture au Québec et au Canada avec ses abstractions géométriques.L’œuvre majeure du peintre a été généreusement célébrée de son vivant.Le Musée d'art contemporain de Montréal lui réservait en 1995 sa plus imposante rétrospective en territoire canadien.En 2006, la Fondation Guido Molinari, organisme mis en chantier par l’artiste avant son décès, a elle aussi donné dans la rétrospective avec Molinari: Morceaux choisis.L’exposition, présentée à la maison de la culture Maisonneu- ve, survolait 40 ans de pratique à travers une trentaine d’œuvres.L’œuvre de Molinari s’inscrit maintenant dans le giron d’une galerie marchande grâce à la collaboration de Simon Blais avec Guy Molinari, fils du peintre qui a donné accès à des œuvres de la succession.La petite publication produite pour l’occasion donne du relief à cette mini-rétrospective en présentant l’appui de Gilles Daignault, directeur de la Fondation Guido Molinari, qui signe la préface.L’ouvrage comprend aussi un court essai de Marie-Eve Beaupré, jeune historienne de l’art qui a notamment fait des recherches sur les pratiques actuelles de la peinture monochrome au Québec.Tout ou presque, est ici réuni pour faire de cette exposition un petit événement sympathique qu’il serait inutile de bouder.D’autant plus que, même avec sa signature graphique impeccable, les reproductions du catalogue n’égalent en rien l’expérience concrète des œuvres de Molinari.Dynamisme coloré Toute sa carrière, Molinari a développé une pratique de la peinture axée sur la structure spatiale et le dynamisme des couleurs.Refusant d’emblée le figuratif, il a opté pour une recherche mettant en évidence le pouvoir structurant des couleurs et de l’énergie qu’elles peuvent dégager en fonction de la surface occupée et de leurs influences réciproques.Héritier d’abord de l’automatis- Musée d’art de Joliette 08 Automne Diane Landry Les défibrillateurs 21 September 2008 - 4 janvier 2009 Fenict Adrian Norvid Lxj'outtnn icaIhc» et nuu en «.irtulstiou par le» ' riknlle Galleries Mur à Mur 21 September 2008 - 4 janvier 2009 21 September 2008 - 3 mai 2009 I £ M U » ÉI O ART Dï JOUETTC 1 - 1 ¦ llllllll 14b, rue du Pêro Wllfrld-Corbell Joliette (Québec) CANADA 450 75G Oil I vvww.rmisieejoliett«.org Du nwirdl au dimanche, 12 h a 17 h fsSt&imt Québec SK 03 f I me de PauLÉmile Borduas, Molinari a exploré lui aussi la spontanéité du geste, au milieu des années 1950.Chez Simon Blais, quelques tableaux, aux dimensions modestes, donnent à voir cette période où le peintre travaille la matière picturale par d’épais empâtements irréguliers qui font office de tâches juxtaposées grossièrement.L’expressivité y est manifeste, et la touche, exubérante et massive.Dans la même veine automatiste, la galerie présente quelques encres sur papier dont le trait libéré constitue de fins entrelacs.L’exposition donne une plus large place aux œuvres qui ont fait de Molinari une figure majeure de la seconde vague du mouvement plasticien.Au lyrisme et aux atmosphères du geste non prémédité, le peintre a préféré les procédure calculées avec la technique du hard edge qui permet, avec la ruban-cache, de définir nettement les formes, d’en marquer franchement les frontières.A cela, Molinari a combiné l’application lisse et toujours plus mince de la matière picturale.La couleur fait ainsi corps avec la trame du support dont le peintre cherche alors à affirmer la frontalité et la planéité.Emblématiques de cet exercice poussé à l’extrême sont les quelques œuvres présentées chez Simon Blais de la série des bandes verticales que l’artiste a réalisées dans les années 1960.Mutations rythmiques (1968), par exemple, aligne les bandes colorées dans un ordre apparemment aléatoire pour ce qui est de leur couleur, mais avec une exactitude mécanique sur le plan de leur application.Il feint longuement fixer du regard la toile, dont la verticalité, comme celle du motif, accentue le face-à-face physique avec le spectateur, pour sentir la rigidité de la composition s’évanouir.Le voisinage chromatique et la systématisation des rayures s’animent en effet d’un mouvement; la frontière entre les bandes parfaitement juxtaposées s’illumine d’une nouvelle couleur et l’ensemble du tableau semble se mouvoir sous l’effet optique d’un pliage en accordéon.Nul doute que Molinari fondait son art sur l’expérience du spectateur et sur la prise en compte dynamique de la perception des couleurs.Le tableau le plus récent de l’exposition, Victoire sur l’infini (1999), confirme cette maîtrise formelle à laquelle était parvenu Molinari et qu’il renouvelait encore vers la fin de sa carrière.L’immense damier coloré accentue le mouvement virtuel suggéré par le format du support, un losange qui s’esbroufe sur sa pointe.Cette lecture personnelle de la griDe, motif moderniste par excellence, est un hommage à Mondrian et à son Victory Boogie Woogie (1944), le tableau laissé inachevé par l’artiste à sa mort De celui qui l’avait inspiré depuis les années 1950, Molinari a retenu, en plus du losange, l’effet clignotant et tonique des surfaces fractionnées en facettes.Sans réinventer la manière de présenter du Molinari, la Galerie Simon Blais offre un échantillon solide d’une pratique exigeante, dont les résultats se vérifient surtout par la rencontre concrète des œuvres.Collaboratrice du Devoir VIVE GRAVURE EXPOSITION Entrée libre Heures d’ouverture Mardi et mercredi 13 h à 20 h Jeudi et vendredi 13 h à 18 h Samedi et dimanche 13 h à 17 h Louis-Pierre Bougie, Jardinier II.2004-2005 4 décembre 2008 au 11 janvier 2009 Salle de diffusion de Parc-Extension Complexe William-Hingston 421, rue Saint-Roch ®Parc 514 672-8124 Exposition présentée par la maison de la culture de Villeray-Salnt-Michel-Pdrc-Extenslon dvec Id participation des artistes : Baxter, Bougie, Bouttilllette, Calado, Derouin, Donais, Fortin, Marange, Martin dit Egide et Séguin, Villeray Saint-Michel Parc-Extension Montréal @ La salle de diffusion de Porc Extension sera fermée les 24, 25, 26 et 31 décembre ainsi que les l’et 2 janvier SOURCE UNIVERSITÉ WESTERN ONTARIO Momie de la dame Hudson, 1069-945 av.J-C.- D : Égypte : les secrets de l’immortalité Une nouvelle exposition du Musée canadien des civilisations explore les secrets de la vie éternelle dans l’Égypte antique.Momies, hiéroglyphes et tutti quanti.ANNE MICHAUD Des pyramides de Giza au temple d’Abu Simbel, tous les monuments d’Égypte ancienne qui sont parvenus jusqu’à nous ont un point en commun: üs se rapportent aux croyances liées au culte des divinités de l’au-delà et à la vie aprèj; la mort De toute évidence, les Egyptiens accordaient une grande importance à ce qui leur arriverait lorsqu’ils quitteraient la rie terrestre et ils préparaient avec soin leur passage à la vie éternelle.Créée par le Musée canadien des civilisations (MCC),, l’exposition Tombes éternelles - L’Egypte ancienne et l’au-delà explore ce lien entre l’au-delà et la rie de tous les jours dans l’Égypte ancienne.La majorité des 200 artefacts proviennent du Musée des beaux-arts de Boston, qui abrite l’une des collections égyptiennes les plus importantes en Amérique.Découverts lors de fouilles effectuées au début du XXe siècle par l’archéologue américain Georges Andrew Reis-ner, ils couvrent une période de 3000 ans, depuis le règne du premier pharaon jusqu’à la conquête romaine, en 31 av.J.-C.Mis en valeur par une présentation sobre et efficace, ces objets rares et authentiques donnent un très bon aperçu des croyances et des,rites qu’entretenaient les anciens Égyptiens relative ment à la mort et à la rie étemelle.Comme dans les mastabas Après une entrée en matière où l’on expose de manière tre,s sommaire la chronologie de l’Égypte ancienne et le contexte dans lequel les artefacts ont été découverts, le visiteur est invité à s’engager dans un parcours qui symbolise le voyage du monde des vivants à celui des morts.Ce modèle d’exposition inédit s’inspire de la disposition des pièces dans les mastabas, les édifices rectangulaires qui servaient de tombeaux aux premiers pharaons ainsi qu’aux nobles.On entre d’abord dans la chapelle funéraire, où la famille venait prier et déposer des offrandes pour perpétuer la mémoire du défunt.Viennent ensuite les antichambres, où sont assemblés les objets dont on croyait que le défunt aurait besoin dans l’au-delà; vaisselle, mobilier, armes, serviteurs (représentés par des statuettes en argile), amulettes, statues, bijoux, parures, etc.Les métiers de scribe et de tailleur de pierres, essentiels pour réaliser les tombeaux et leurs décorations, sont représentés par leurs outils respectifs et par des exemples de leur travail.Enfin, au bout d’un corridor à l’éclairage tamisé, représentant le puits vertical creusé dans le sol conduisant à la chambre funéraire souterraine, le visiteur débouche dans une salle où sont présentées trois authentiques momies humaines, quelques momies animales ainsi que des pièces de mobilier funéraire.On y voit entre autres deux artefacts provenant de la collection de l’UQAM, soit «la dame Hudson», une momie du Xe siècle av.J.-C., surnommée ainsi parce qu’elle repose sur une couverture de la Compagnie de la Baie d’Hudson depuis son arrivée au Canada, de même qu’un cercueil qui avait été abîmé lor$ d’une manifestation étudiante à l’Ecole des beaux-arts, en 1969, et que les conservateurs du Musée canadien des civilisations ont restauré.Afin de rendre l’exposition plus accessible aux enfants, les responsables de l'animation du MCC ont disséminé tout au long du parcours des modules d’activités conçus pour eux.Les jeunes visiteurs (et leurs parents!) pourront entre autres se costumer et se maquiller à la manière des anciens Égyptiens, s’initier à la lecture des hiéroglyphes, jouer une partie de «Chiens et chacals» (un jeu semblable au «Serpents et échelles» d’aujourd’hui) et bâtir une pyramide miniature.En complément à l’exposition, le cinéma IMAX du Musée canadien des civilisations présente le film Momies: Secrets des pharaons, qui lève le voile sur les secrets de la momification et reconstitue des scènes historiques, telles que la découverte, en 1881, d’une cache contenant 40 momies royales, dont celle de Ramsès IL Collaboratrice du Devoir TOMBES ÉTERNELLES -L’ÉGYPTE ANCIENNE ET L’AU-DELÀ Musée canadien des civilisations, jusqu’au 19 août 2009.Pour plus de renseignements, consultez le site wvmcivilisationsxa ij U# H H II il il il * i 'MmM », SOURCE HARVARD UNIVERSITY Fragments du cercueil de Satmeket, 1991-1797 av.J-C.___________________________¦ “ : !> LE DEVOIR, LES SAMEDI 27 ET DIMANCHE 28 DÉCEMBRE 2008 E 7 LIVRES Le début d’un temps nouveau?Agaguk en Floride, ou le Nord en plan est le moment des bilans.Bilans de fin d’année.Mais pas seulement.S’il était temps, déjà, de passer en revue la première décennie du XXI' siècle?C’est l’exercice auquel se sont prêtés 40 jeunes Québécois.Des écrivains, des artistes, des créateurs.Des penseurs, des militants, des journalistes.Tous âgés de pioins de 40 ans.A l’origine du projet: le journaliste Nicolas Langelier, 35 ans, qui a constitué cette équipe de collaborateurs, présentée comme «une sorte d’équipe de rêve de la relève culturelle et intellectuelle québécoise».L’idée, c’était d’obtenir la vision personnelle de chacun, dans une tentative de donner un sens aux années 00, de faire le point.Au-delà des faits, des événements.Et tandis qu’on est encore dedans.Résultat: 40 textes, sous forme de récits, d’essais, de nouvelles, de poèmes, de bédés.comme autant de cartes postales.Pas de recul, pas de grande synthèse ote jective.Plutôt des vues fragmentaires, fragmentées, livrées sur le vif.Bref, une sorte de condensé du monde aujourd’hui vu par ce qui pourrait être la crème de la génération Y.On pourrait contester, critiquer bien des aspects de ce projet.Prenons-le pour ce qu’il est Ce qui revient le plus souvent, exception faite du bogue annon- lieu: le 11-Septembre 2001, évidemment.Ce que ça a changé.L’inquiétude et la prise de conscience que ça a créées.Sans compter le sentiment d’impuissance.La déprime, aussi, qui a suivi.Parmi les autres préoccupations dominantes: l’environnement, l’avenir de la planète.La multiplication des gadgets, la consommation à outrance.Et l’injustice sociale, économique.La distribution de la richesse.Ainsi, le réalisateur de Bacon, le film, Hugo Latulipe, qui prône: «Nous voulons vivre dans un pays qui remet en cause / la croissance économique perpétuelle / une bonne fois pour toutes.» Au passage: le mariage.Et les bébés.Pourquoi faire, avec qui?demande en quelque sorte la dramaturge Fanny Britt Parlant d’enfants, vous ne trouvez-pas qu'ils sont surprotégés dans notre monde aseptisé?laisse entendre le bé-déiste Pascal Colpron.Et puis: l’amour, encore, toujours.Malgré les déceptions, les désillusions.le droit de rêver, d’espérer.De ne pas succomber au cynisme ambiant Signé Rafaël-le Germain.Bien sûr, l’ensemble est inégal, comme pour tout ouvrage collectif.Il y a des textes dont on se serait passé.Des beaucoup trop longs, un peu vaseux.Des je-me-regarde-le-nombril, ad nauseam, aussi.Mais on tombe sur des perles.Des textes qui, sans crier gare, sans prétention, font image.Et rendent compte, en un éclair, d'un certain état d’esprit tout à fait décennie 00.Comme celui-ci, de Stéphane Lafleur, le réalisateur de Continental, un film sans fusil: «Cette nuit j’ai rêvé que je conduisais ta voiture en pleine tempête.En plein verglas.En pleine panne d'électricité.Dans une pente descendante.J’allais vite.Je n'avais plus de freins et je cherchais du stationnement.» Il y a aussi l’écrivain Eric Dupont, qui s’inquiète du passage au numérique de la photo.Ou plutôt, de la surcharge d’images volées au quotidien qui s’en est suivie.Plus besoin de raconter, de mettre en mots.Autrement dit: il n’y a plus de blancs à combler par des histoires tellement il y a de photos qui témoignent de nos vies.Au fait, qui prend le temps de regarder tous ces clichés numérisés qui décomposent jusqu’à plus soif le premier sourire de bébé, ou sa première dent?L’auteur de Vandal Love, D.Y.Béchard, deux fois lauréat aux Commonwealth Writer's Prizes (meilleur premier roman canadien et meilleur premier roman du Commonwealth), en appelle pour sa part à l’engagement de l’écrivain.Rien de moins.Au centre de sa réflexion, alimentée par l’essai de George Orwell, Why I write?, ces questions: «Pourquoi la politique et l’esthé- tique doivent-elles être conciliées?Pourquoi, dans la culture actuelle, les a-t-on séparées avec tant de distance?» Questions qui ont pris toute leur importance, à ses yeux, depuis le 11-Septembre 2001, surtout.Lui-même dit qu’il a écrit cet essai «afin d’entreprendre une démarche personnelle d’autoexamen de vigilance».Il ajoute: «A titre d'auteurs, nous devons lutter contre la recherche du confort, qui nous menace constamment, et nous assurer que nous ne sommes pas définis par des facteurs extérieurs comme les pressions exercées sur la littérature par l’industrie du divertissement, par exemple.» Devant le sentiment d’impuissance individuelle, et collective, contre le confort et l’indifférence qui dominent, il lance aux auteurs: «Avant tout, soyez en colère.» D.Y.Béchard a vécu au Canada, en Europe, aux Etats-Unis.Et il a remarqué partout, au-delà des différents enjeux politiques, le même genre d’attitude face à l’art.C’est-à-dire: «la perception américaine de l’artiste en tant qu’amuseur public».Les auteurs, dit-il, doivent aller «au-delà du narcissisme sécurisant».Il leur faut, selon lui, et il s’inclut là-dedans, «découvrir les nécessités d’agir là où on nous dit qu’il n’y en pas et le sens de l’engagement».Le titre de son texte: «Apprendre la colère».Ça fait du bien de le lire.On devrait peut-être l’encadrer et l’offrir en cadeau aux écrivains déprimés, désabusés.Après le prix Chasse-Spleen, nouvellement créé à l’attention des poètes, pourquoi pas un prix attribué aux romanciers, sous l’appellation «Apprendre la colère»?En terminant, quelques mots sur le texte de Karina Goma, qui clame haut et fort la nécessité absolue de la liberté d’expression.«En ce début de millénaire, affirme-t-elle, la liberté d’expression demeure la liberté fondamentale, celle dont dépend la survie de toutes les autres.» Vous vous souvenez de cette photo choc, contradictoire au possible, sur la page couverture du numéro 25' anniversaire du magazine La vie en rose, en 2005?La fille qui posait sous une burqa, jambes dénudées et talons hauts, dans une posture à la Marilyn Monroe.c’était Karina Goma.Cette documentariste qui gagne sa vie comme chroniqueuse à la beauté, musulmane et Egyptienne par son père, catholique et Québécoise par sa mère, raconte qu’à l'époque, par «peur des représailles de la part des fanatiques religieux», il a été convenu qu’elle devait demeurer anonyme.Elle fait son «coming out» aujourd’hui.Pour elle: «Cette image forte, mais aussi le silence inquiet qui a accompagné sa fabrication dit plus que tout l’un des fléaux de notre temps: le régime de peur et d’autocensure distillé insidieusement par les tenants des dogmatismes religieux, les notions de sacrilège et de blasphème assiégeant la sphère profane, disséminant la crainte, intimant à chacun de se retrancher frileusement derrière la rectitude politique.» Voilà.Fini, ce temps-là.C’est ce qu’on aimerait retenir.Ce que l’on souhaite, en tout cas.Plus de régime de peur, d’autocensure.Plus de femme sous la burqa.Si le XXI' siècle pouvait nous donner ça! QUELQUE PART AU DÉBUT DU XXIe SIÈCLE Sous la direction de Nicolas Langelier, La Pastèque, Montréal, 2008, 184 pages.On dit quYves Thériault avait d’abord situé l’intrigue A’Agaguk chez les Indiens Séminoles de la Floride.Son éditeur lui commande un livre sur les Esquimaux?Pas de problème.Il a tout transposé.Ce qui peut expliquer certaines incongruités, mais aussi le caractère universel de l’histoire racontée.C’est une merveilleuse anecdote, je trouve: Agaguk en Floride,,ou le rêve québécois.A écouter la radio, ce peuple qui ne veut pas être un pays et se réveille, au moment où j’écris ces lignes, sous une vingtaine de centimètres de neige folle, n’a jamais paru aussi inconfortable dans ses bottes d’hiver.Bottes de sept lieues ou mocassins de peau, la séance d’essayage s’éternise.Le Nord aura été, en 2008, le thème récurrent et endurant de cette chronique.Du Canada littéraire de Noah Richler à celui métis de John Saul, des correspondances à’Aimititau! Parlons-nous! à une anthologie de littératures autochtones préfacée par le grand Tomson Highway, de la nouvelle Coup de froid de Thom Jones, lue pendant que l’eau gelait dans mes tuyaux, aux livres de Sherman Alexie paisiblement assimilés sous le regard des moyacs de Gilles Vigneault, de la mer de glace de John Muir à celle de Tivi Etok, et de la rude lande écossaise aux neiges du Kazakhstan.Et quand j’entrais dans une librairie pour acheter un roman, mes yeux semblaient irrésistiblement attirés par des titres comme True North de Jim Harrison, sans compter que je suis toujours à la recherche de mon édition de poche de Solomon Gursky was here de Mordecai Richler, cette saga d’une puissance incomparable, qui est aussi la très consciente tentative d’appropriation d’un territoire imaginaire de l’espace nordique par un auteur d’ici (sérieusement, quelqu’un PAUL BENNETT Si Staline (1878-1953), le tyran mégalomane et paranoïaque qui régna sans partage sur l’URSS de 1924 jusqu’à sa mort, est aujourd’hui bien connu grâce au travail des historiens, le jeune Staline (de son vrai nom lossif Vissariono-vitch Djougachvili, ou «Sosso» pour les intimes) est jusqu’à récemment resté un mystère.Le culte de la personnalité dont s’entoura le maître du Kremlin avait entre autres pour but de cacher l’inavouable: son rôle direct dans les hold-up, les meurtres, les enlèvements, le racket d’extorsion, les incendies criminels et autres actes de gangstérisme qui favorisèrent son ascension dans la hiérarchie du parti bolchevik jusqu’à la Révolution d’octobre 1917.Pour percer à jour la vie du jeune Staline, il a Mu attendre la chute de l’Union soviétique, qui permit enfin de déverrouiller les grilles des archives secrètes, de Moscou à Tbilissi (anciennement Tiflis), capitale de la Géorgie, là où Staline fit ses classes de révolutionnaire.et de criminel.Ces dizaines de milliers de documents, longtemps enfouis mais rarement détruits, permettent aujourd’hui aux historiens de mieux comprendre comment ce fils d’un cordonnier violent et alcoolique, ce jeune séminariste idéaliste, épris de poésie et de justice sociale, converti au marxisme vers l’âge de 19 ans, allait devenir le massacreur fanatique des années 1930 et le conquérant de Berlin, en 1945.L’historien britannique Simon Se-bal Montefiore, qui s’était déjà signalé par un premier ouvrage remarquable sur Staline, La Cour du Tsar rouge, démontre dans Le Jeune Staline que sa réussite tient en partie à un mélange inhabituel d’éducation classique — lecteur insatiable, il fréquenta le séminaire — et de n’aurait pas vu mon exemplaire de Gursky?).Pendant la fin de semaine de l’Action de grâces, j’ai marché sur le sentier de la Mattawinie avec des joyeux fous lettrés dont je parlerai une autre fois.Dans les branches des arbres, autour de nous, des petits cartons plastifiés jaunes ou bleus remplaçaient les perdrix et les pommes sauvages au goût sur.Et pas besoin de fusil à deux coups ni de petit plomb no 6 pour les cueillir! Les cartons une fois récoltés disaient: Nipish: feuille; Uapikun: fleur; Kuakua-pishish: papillon; Cou-coucache: le hibou.L’arbre à mots, fanstas-me d’écrivain réalisé.Ce même jour, quelqu’un m’a appris que le mot, énergie, dans Sain-te-Emélie-de-TEnergie, faisait référence non au pouvoir hydraulique de quelque torrent harnaché à des fins humaines, ancêtre des grands projets à venir, comme je l’avais d’abord cru, mais à cette autre énergie, physique et mentale, spirituelle, qu’il Mait pou r monter coloniser les terres de l’autre pays qui se trouve plus haut, toujours plus haut Je ne suis pas un fanatique de la pelle, mais il m’arrive de penser que nous avons collectivement contribué à appauvrir le sens de ce mot, énergie, à le priver d’une partie de son ancien carburant la bonne vieille huile de coude de ma mère, entre autres.Permettant ainsi son surinvestissement par la technologie: prétendre, aujourd’hui, que l’énergie que dégage la rivière Romaine ne se calcule pas seulement en kilowatts, c’est commettre une sorte d’hérésie qui vous fera passer pour un téteux de nuages à Havre-Saint-Pierre, prochaine étape de la ruée vers le Nord (la suite).Pendant que les propriétaires de chalets du Qué-bec-d’en-bas reboisent les rives de leurs lacs, notre disciple de Robert Bourassa, lui, va arroser le Moyen-Nord de ses millions et y bétonner les dernières grandes rivières sau- violence des rues, puisque Tiflis était dans sa jeunesse un véritable coupe-gorge, où s’affrontaient des dizaines de bandes rivales.Staline, écrit notre historien, devint un rare amalgame d’«intellectuel doublé d’un tueur».L’erreur de Trotski et d’autres victimes de Staline fut de ne pas voir l’homme politique sul> til, cultivé et intelligent derrière le personnage grossier, violent et médiocre qu’il s’était forgé pour mieux les leurrer.La culture de la méfiance Plongé très tôt dans l’univers clandestin des révolutionnaires et des gangs criminels, Staline fut sans cesse traqué par les services secrets russes, ce qui accentua chez lui la culture de la méfiance et du complot dans laquelle il baignait Selon Montefiore, «la tragédie du léninisme-stalinisme n’est, pour une large part, intelligible que si Ton comprend que les bolcheviks continuèrent à se comporter au Kremlin.de la même façon clandestine que lorsqu’ils appartenaient à une obscure petite cabale réunie dans l’arrière-salle d’une taverne de Tiflis».Les crimes commis par Staline durant ses quelque vingt ans de vie clandestine (entre 1899 et 1917) furent longtemps occultés: d’abord parce que, grâce aux vols et aux extorsions commis sous sa direction, il devint le principal financier de Lénine.Non seulement lénine le protégea-t-il, mais il en fit son homme de main en dépit du fait que les vols de banque, par exemple, étaient explicitement interdits par la direction du Parti socialiste-révolutionnaire, en raison des risques qu’ils faisaient courir au mouvement.Une fois au pouvoir, Staline tenta par tous les moyens d’effacer toute trace de ce qui pouvait ternir son image de chevalier sans peur et sans reproche du marxisme: sa carrière de parrain de la pègre à vages.Parce que, comme le pain aux olives, la protection de l’environnement est le produit d’un marketing destiné d’abord aux populations civilisées de la Cité.Les ti-wé-zos, c’est bon pour le Sud.J’étais à Opitciwan en 2004 quand, au milieu d’une crise forestière et d’un souffle de révolte, l’hélicoptère du ministre Pierre Cor-beil, des Ressources naturelles, était venu se poser, tel un camion de pompiers au bord du brasier.Ses adjoints et lui avaient écouté tout le monde poliment, puis la vraie négociation s’était déplacée dans un bureau fermé, entre notables.De ce lieu hermétiquement clos allait plus tard filtrer la rumeur de vagues promesses.Et ITiélico s’en fut, en brassant encore beaucoup d’air.La patience et la résignation avaient de nouveau triomphé, mais pour combien de temps?Au cours des années suivantes, la compagnie Barrette-Chapais a continué de dévaster d’immenses superficies de forêt boréale sur le flanc nord de cette réserve Atikamekw.Et les nouvelles en provenance de là-bas n’étaient pas très bonnes : fusillade meurtrière entre deux frères, démission en bloc de la police autochtone, tutelle, rues patrouillées par la SQ, etc.Opitciwan est aujourd’hui considérée comme une des communautés amérindiennes les plus violentes et malsaines au Québec.Et quand je vois Pierre Corbeil, en campagne contre le seul député autochtone de l’Assemblée nationale, aller serrer des mains à Kitcisakik, où les Anish-nabes sont obligés de squatter leur propre territoire, je me dis qu’il n’y a pas que des coups de pied au derrière qui se perdent, ici-bas.Parfois aussi quelques chevrotines.Ce n’est pas l’Arracheur de Dents qu’il faudrait l’appeler.Plutôt l’Anesthésiste.Toute sa personne exhale le calme pacifiant d’une profonde insignifiance.Et ce n’est pas moi qui le dit: cette nomination équivalant à un doigt d’honneur ne peut être reçue que comme une déclaration de guerre Tiflis et dans le port pétrolier de Batoumi, de pilleur de banque audacieux (dont un vol qui fit une cinquantaine de victimes déchiquetées par les bombes), de tueur (il commanda son premier meurtre dès 1902, celui d’un ouvrier qu’il «soupçonnait» de travailler pour la police) et de spécialiste de l’extorsion.Comme il continua à le faire une fois au pouvoir avec Beria, Staline confiait cependant le sale boulot à des hommes de confiance pendant qu’il restait dans l’ombre: de nombreux documents exhumés avec patience par Montefiore prouvent que «Sosso» commandait bel et bien les meurtres, les enlèvements et les vols de banque exécutés par ses amis géorgiens Kamo etTsinsadze.Si Staline n’hésita jamais à recourir au crime pour parvenir à ses fins, il est vrai aussi qu’il ne le fit jamais pour son propre profit inatériel mais toujours en vue de l’avancement de du gouvernement du Québec aux nations autochtones.Quand j’ai lu Mon pays métis de John Saul, ma première réaction a été de penser qu’il ne fallait pas manquer de culot pour venir nous brosser ce portrait d’un Canada historiquement marqué par la profonde influence des cultures autochtones au moment même où s’achevait la campagne électorale que l’on sait, c’est-à
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