Le devoir, 29 octobre 2004, Cahier B
LE DEVOIR.LE VENDREDI 29 OCTOBRE 2 0 O 4 SORTIES Lettre d’Abitibi Page B 7 C’EST LA VIE ! La magie de tous les jours Page B 8 WJXK Sorcières à identités variables Quelques rendez-vous pour une viree d’Halloween p 4 MUSÉE POINTE-À-CAU.1ÉRE Ma fille n’a pas peur des sorcières.De celles de l’Halloween, encore moins.Elle se méfie un peu des fantômes, qui ne lui inspirent pas la plus grande confiance, et voue à certains monstres une sorte d’admiration affective en fonction de la taille, des portions de poils et de leurs couleurs.À quatre ans et quelques citrouilles, la tournée des vampires et autres démones des enfers est donc le plus souvent de nature joyeuse.LIO KIEFER On a commencé par le Musée Pointe-à-Callière, là où Jack la Lanterne est au commencement de l’histoire de l’Halloween de son Irlande natale.Un rendez-vous théâtral et souterrain d’une durée de 45 minutes, pour les 4 à 10 ans.Après Jack, qui demande aux enfants d’exécuter leur meilleure prestation grimacière, on suit un parcours qui les conduit jusqu’à un vestige d’égout du musée, là où officient les jumeaux Rucht et Friucht L’une est comédienne, l’autre est marionnette.S’installe un dialogue autour d’une marmite et d’une potion faite à base de toutes sortes d’ingrédients, dont la chaussette malodorantre.l’indispensable rat, de la poudre de perlimpinpin et autres dérivés de circonstance.Ainsi que de la recherche du trèfle à quatre feuilles, qui sera le propos de la prochaine étape, au détour du sous-sol de la Place Royale, avec sorcière à la clé.Une sorcière à queue de chat et du même félin sur la langue, tenant plus d’un personnage de Cornemuse que d’un récit d’épouvante.On mettra les enfants à quatre pattes pour leur expliquer que la chance qui vient lors de la cueillette d’un trèfle se fait avec les dents pour rejoindre en fin de parcours un druide qui a la sagesse en fond de gorge et la magie par livre et lumières interposés.Il s’agit d’une suite de tableaux bien écrits dans les décors naturels des sous-sols du musée, avec des comédiens quelquefois un peu désarçonnés par les répliques des enfants (la chorchière) ou couverts par une télé avoisinante qui fait partie de l’exposition permanente de Pointe-à-Callière.On a poursuivi avec le parcours des citrouilles au Jardin botanique, là où des centaines de cucurbitacées sont décorées pour fin de concours, et où les 4 à 8 ans peuvent rencontrer Pepo-Citrouille, à l’auditorium, entre Mayas et Amérindiens.La sorcière Esmeralda se tient au chaud dans la grande serre, faisant réciter aux enfants des paroles magiques et donnant des conseils bienveillants à toutes et à tous.Des sorcières à identités variables qui font bien rire les enfants.Pour d’autres moments ensorcelés, il faudra attendre ce soir, et jusqu’à dimanche, du côté de la place Jacques-Cartier et du marché Bonsecours, pour la Grande Mascarade, là où musique, théâtre, danse, jeux du cirque et marionnettes devraient prendre place pour cette première édition de l’Halloween version Spectra.Au pied d’une potence et autour de l’histoire du géant Larrivée, on trouvera colporteurs et pleureuse de circonstance.Comme les commanditaires ne craignent pas les esprits, il sera facile de se repérer entre la Citrouille envoûtée de Loto-Québec, là ou on prédit l’avenir et d’où partira, à 20 h, la Procession funèbre du 31 octobre qui ira jusqu’à la place Royale, pour revenir vers le site via la rue de fa Commune.Le Monde des druides, ou comment ces derniers allument un feu sacré par êtres tranquilles le restant de l’année.Jack la Lanterne sera aussi présent ainsi que des personnages de légendes qui prendront place dans des livres géants.Au pied d’une potence et autour de l’histoire du géant Larrivée, on trouvera colporteurs et pleureuse de circonstance : quelques bars de potions magiques ainsi que les échoppes de dame Violette, dont une faisant dans les produits dérivés et l’autre dans les capteurs d’âmes.A fa gare : visite guidée des Fantômes du Vieux-Montréal et crypte de sieur McFerson, dont fa famille hante encore les lieux, incapable de trouver le sommeil de l’éternité.Un passage de l’Araignée géante ainsi qu’un café expo d'artefacts de l’Halloween font également partie de cette Mascarade, qui compte également des spectacles payants (de 2 S à 5 $).Déguisements conseillés pour ne pas se faire remarquer.¦ Jardin Botanique : jusqu’à dimanche, de 9h à 21h.w (514) 872-1400.¦ Pointe -à-Calliere : jusqu’à dimanche, de lOh à 17h les jours de semaine et de llh à 17 h les fins de semaine.* (514) 872-9150.¦ La Grande Mascarade: de 17h à 23 h jusqu’à dimanche.« (514) 281-1222 ; http://www.grandemas-carade.com.Folklore Le onzième Festival du folklore québécois se tient aujourd’hui, demain et dimanche au centre culturel de la Cité des jeunes de Vau-dreuil-Dorion (400, avenue Saint-Charles).Organisé par l’Association québécoise des loisirs folkloriques (AQLF), ce grand rassemblement accueille les adeptes du folklore québécois.Avec ses spectacles de la relève, ses soirées de danse, le gala Conrad-Pelletier, les spec-, tacles des régions, ses ateliers, le festival se veut le rendez-vous de tous les amants de la musique, de la danse, du chant et du conte traditionnels québécois.« (514) 252-3022; wuiw.que-becfolklore.qc.ca.Bal masqué Ne manquez pas le Bal moderne, spécial Halloween.Une soirée dansante où des mouvements simples de danse contemporaine, préparés par les chorégraphes Emmanuel Jouthe, Dave Saint-Pierre, Pierre-Paul Savoie et Danielle Le-courtois, seront exécutés en chœur.Ouvert aux néophytes et aux expérimentés ! Demain, de 21h à minuit, musique par le DJ Monsieur Seb jusqu’à 3h le matin, à la Station C (1450, Sainte-Catherine Est).5 $ à la porte.P’tits trains L>Association des modélistes ferroviaires de Montréal tient ses deux journées portes ouvertes annuelles, demain et dimanche de lOh à 16h : les visiteurs pourront admirer des trains miniatures circuler sur des maquettes d’un réalisme surprenant.Vous pourrez visiter les locaux de cette association sans but lucratif fondée en 1950 et voir le travail de ses membres.Un don de 6 $ par personne (gratuit pour les moins de 13 ans accompagnés d’un adulte) donne accès au merveilleux monde des trains miniatures.891, Saint-Paul Ouest, à Montréal.tr (514) 861-6185 ; www.canadacentral.org.Musée des enfants \ A l’occasion de l’Hallo-ween, le Musée canadien des enfants propose une foule d’activités tout aussi effrayantes qu’agréables.Par exemple, aujourd’hui, on propose une grande préparation de costumes et de collations «dégoûtantes» pour l’Hallo-ween.Jusqu'à dimanche, la chasse aux chauves-souris est ouverte.Finalement, demain et dimanche, de 10 h 30 à 15h à la Maison mexicaine, on célèbre la fête annuelle du souvenir, appelée Los Dias de los Muertos.Ces activités sont gratuites en acquittant les droits d’entrée au Musée canadien des civilisations, dans lequel se trouve le Musée canadien des enfants.» (819) 776-7000,1 800 555-5621.Julie Carpentier » LE DEVOIR, LE VENDREDI 29 OCTOBRE 2004 li 2 [) CULTURE* TH É Â T R E Pâle aboutissement LES MAINS Texte: Olivier Kemeid et Eric Jean, en collaboration avec les comédiens et les concepteurs.Mise en scène: Eric Jean.Scénographie: Magalie AmyoL Costuipes: Marc SénécaL Eclairages: Etienne Boucher.Conception sonore: Mathieu Catien.Avec Amélie Chérubin Soulières, François-Xavier Dufour, Hugues Fortin, Marika IJioumeau, Pascale Roy, Lesya Samar, Sacha Samar et Vlace Samar.Une coproduction du Théâtre de Quat’Sous avec Persona'Fhéâtre présentée au Quat’Sous du 18 octobre au 27 novembre 2004.SOLANGE LÉVESQUE Face au résultat du travail collectif des auteurs Olivier Kemeid et Eric Jean en collaboration avec les interprètes et des concepteurs de la pièce à partir de deux thèmes donnés (le flamenco et Federico Garda Lorca), on constate, un peu désarçonné, que le processus de fabrication de ce spectacle tel que décrit dans le programme et dans les nombreuses entrevues accordées par les créateurs — dont une très éclairante à Michel Bélair dans les pages de ce journal — demeure plus riche que son aboutissement Aurait-il pu en être autrement?Pas sûr.Il est rare que la création arrive à fondre harmonieusement plusieurs inspirations fraîchement réunies.Théâtre expérimental, se réclament les concepteurs; certes, car le spectacle s’est construit chaque jour pendant trois mois sans texte ni histoire préalable; le travail s’est effectué dans l’urgence et le risque, que sorte de «sport extrême», selon Eric Jean, «un phénoménal terrain de jeu», selon Olivier Kemeid.Le sujet de la pièce rappelle un peu un passage des Sept Branches de la rivière Ota (Robert Lepage et sa bande, 1990), saga de sept heures couvrant plusieurs années de l’histoire du XX' siècle dont une partie se dérou- lait dans une maison de rapport new-yorkaise gérée par une concierge autoritaire, un lieu de passage propre aux intrigues et aux relations improbables.Les Mains se déroule également dans une conciergerie gérée par une logeuse assez pimbêche qui héberge elle aussi des locataires disparates, lesquels devront partager la salle de bains.Une danseuse gitane, une famille russe, un homme à la double identité (Serge et Ix>rca) ainsi que Mme Paula, la concierge, se côtoieront donc sans l’avoir choisi dans le décor unique de la salle d’eau.La qualité de l’interprétation vaut davantage que le propos et la construction de la pièce, qui paraissent plutôt décousus; il ne suffit pas de lancer ensemble sur scène des éléments prometteurs pour soutenir l’intérêt du spectateur; la présence du personnage de Lorca, par exemple, demeure injustifiée, n’ayant pas vraiment d’impact.Voir bouger les deux comédiennes qui ont une formation de danseuse (Lesya Samar, ballerine de formation, et Pascale Roy, spécialiste du flamenco) est par ailleurs un plaisir; quant à Marika Lhoumeau, elle compose une logeuse fort typée.Amélie Chérubin Soulières s’affirme comme une jeune comédienne très prometteuse et Sacha Samar, excellent dans Comment j’ai mangé du chien (Théâtre Deuxième Réalité), manque ici d’un texte qui donnerait plus de substance à son personnage.Quant à Vlace Samar (sept ans), il se tire honorablement d’affaire.Les créateurs ont misé sur le risque de renouveler la méthode de création et d’y faire participer toute l’équipe; on ne peut le leur reprocher.Mais pour que le spectateur puisse partager leur emballement, il leur faudrait resserrer leurs exigences et veiller de façon plus rigoureuse à la clarté de l’évolution de l’action ainsi qu’au parcours des personnages.Et peut-être prendre davantage de recul face à l’ensemble des improvisations qui constituent le substrat primitif de la pièce.Jérôme Minière en spectacle ce soir au Cabaret De la tourmente à la scène BERNARD LAMARCHE Contre son gré, Jérôme Minière s’est retrouvé au cœur de l’actualité cette semaine.Il se serait contenté de faire la rentrée automnale d’Herri Kop-ter, au Cabaret ce soir, mais sa semaine a commencé bien avant Au Gala hors ondes de l’ADISQ, c’est Daniel Bélanger qui a reçu le trophée de la catégorie technoïde pour son Déflaboxe, ce qui en a étonné plus d’un.Chez Herri Kopter avait pourtant reçu bien des critiques favorables et justifiées.A défaut de célébrer la nomination de l'album, Minière en fêtera la boijne fortune sur scène.A vrai dire, bien que cette nomination ait tout l’air d’une injustice — et on ne veut rien enlever à M.Bélanger —, Minière refuse d’entrer dans la danse du débat D se dit d’ailleurs encore abasourdi d’avoir remporté un Félix l’an dernier pour son Petit cosmonaute.Modeste, le monsieur.«Je suis au centre du problème, je ne peux pas avoir la même réaction.L’année dernière, gagner comme auteur-compositeur était une telle surprise que, cette année, je ne m’attendais à rien.La seule chose que je peux dire en étant diplomate, c’est que je suis très content de ce disque, que je ne comprends pas qu’il n’ait pas eu de prix comparativement à Petit cosmonaute.Mais si je fais de la musique pour remporter des prix, je ne m’en sortirai pas.Les prix, c’est du bonus, mais on vit très bien sans ça.» Mais d’autres l’ont écrit, les gens ont voté pour le gars et non pas pour l’album.Par contre, reconnaît Minière, il y a un véritable problème de catégorie.Si la chanson de Minière a pour base des sons électroniques, elle ne cadre pas avec le genre si on la compare à la musique techno ou électro.Petit cosmonaute, pourtant était aussi en lice dans la catégorie du meilleur album technologique.«En même temps, je ne pourrais pas être sélectionné dans des catégories très populaires.Au fond, c’est une manière déplacer un peu tout le monde.» Retour d’Europe Pourtant, Minière revient d’une tournée de 13 concerts en Allemagne, en Suisse et en Autriche, tournée qui a très bien marché.Depuis avril dernier, la compagnie de disques allemande Le Top, qui se consacre à la nouvelle chanson français en contrée germanique, a pris en licence le disque Petit cosmonaute.Aussi, Minière s’est retrouvé sur des compilations signées Le Top, où il a figuré en compagnie de Mickey 3D et de M ou Katerine, notamment Et les compilations, nous dit Minière, se sont vendues à 10 000 exemplaires chacune.Le terrain était donc préparé.«On a joué, en trio, dans des clubs, parfois pour plus de 200 personnes.Je n’ai jamais joué autant de fois d'affilée», explique celui qui n’a jamais fait de telles tournées au Québec.Au Cabaret, ce soir et demain, le nouveau disque sera en vedette.Reste à savoir si Minière entend dé- JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Les prix, c’est du bonus, mais on vit très bien sans ça.» velopper la logique antimercantile à laquelle il réfléchit dans le livret du disque.«Je me suis posé beaucoup de questions là-dessus.Au début, je me suis dit qu’il fallait une mise en scène, un décor à la hauteur du concept.Mais ça semblait me masquer On a finalement gardé ça simple.» La musique avant tout donc, avec de nouvelles ambiances à l’essai.Artist Of The Year, ce soir, et Ghislain Poirier, demain soir, se partageront les premières parties.Le Devoir L’ACTQ récompense Incendies L> Association québécoise des r critiques de théâtre a décerné hier le Prix de la critique pour la saison 2003-04 à Incendies de Wajdi Mouawad, une production du Théâtre de QuafSous mise en scène par l’auteur.Le jury de l’AQCT a été bouleversé par cette «âpre remontée vers les origines» et tient à souligner la trajectoire d’auteur et de metteur en scène de M.Mouawad qui, «en tentant d’exorciser le traumatisme de la guerre, relie la tragédie collective à la quête personnelle».Les deux autres spectacles en lice étaient La Cloche de verre, d’après Sylvia Hath, mise en scène par Brigitte Haentjens, et Le Collier d’Hélène, de Carole Fréchette, mise en scène par Martin Faucher.A Québec, c’est Ha! Ha!.de Réjean Ducharme, dans la mise en scène de Frédéric Dubois pour le Théâtre du Trident, qui s’est fait accorder le prix.On a ainsi voulu récompenser cette mise en scène «à la fois percutante et divertissante, mettant en relief la dérision subversive de la pièce de Ducharme».Les deux autres finalistes étaient Aux portes du royaume, d’après Knut Hamsun, dans une mise en scène de Claude Poissant pour le Trident, et Gros et Détail, d’Anne-Marie Oliyier, dans une mise en scène d’Erika Gagnon pour la compagnie Bienvenue aux dames.Les finalistes au Prix de la critique sont désignés chaque année, à Montréal et à Québec, par un vote des membres de l’AQCT et les deux gagnants au terme d’une discussion • portant sur les finalistes retenus.Le Devoir EN BREF Encore Pif Gadget Le magazine Pif Gadget montre de nouveau le bout de son nez au Québec.Le Pi/nouveau, conçu pour les 7-13 ans, sera en vente ici à compter du 12 novembre.Disparu des kiosques il y a 13 ans, 0 a fait un retour remarqué en redevenant le premier magazine de bandes dessinées en France.- Le Devoir ?A LA TELEVISION* Tjsxwtm [QXEIKHi 'SsnsHi 2QZS9HI EUGEEHBH SBS3BH Cinéma Tôlêjour- L’union FranCoeur Infoman I Ça va être ta fête! / Zone libre / Élections Le Télêjournal/Le C’est dans I’air! nal (17:30) fait la force Lynda Lemay américaines Point Le TVA Vingt et J.E./ La Colère en Bonheurs à partager [ Vvon Deschamps au Le TVA [ Cinéma / PAPILLON (3) 1 8 heures un héritage Corona (1/2) [avec Steve McQueen.Dustin Hoffman Si eve» tvüüv'inblv à un vit- m«ithv visiter mathscmirantca.m ou 4p|.H-Tc7 le l WM» .VlJ-llHt-4.A N A • A æsss: /.« tUition p*r Ot mitht I PETITE ANNONCE f Incadrez votre 985-3322 i 938061017^ LE DEVOIR.LE VENDREDI 2 R OCTOBRE 2 0 0 4 B 7 NATURE* ENVIRONNEMENT Quand la vie refuse de quitter la ville Longueuil compte 877,55 hectares de milieux humides qui conservent leur vitalité en dépit des empiétements qui les menacent Depuis un an, Longueuil donne l’impression de vouloir ravir à Laval son titre peu enviable de Far West de l’immobilier avec la construction sauvage et illégale d’une foule de projets résidentiels dans ses milieux humides.Les citoyens de Longueuil qui se sont mobilisés autour de ce dossier le mènent avec une énergie qui force l’admiration et fait serrer les fesses à certains fonctionnaires frileux de la Faune et de l’Environnement Il y a un peu plus d’un an, le ministère de l’Environnement imposait à Longueuil un moratoire sur les empiétements dans ses milieux humides jusqu’à ce qu’on réalise un inventaire de ces différents écosystèmes et des richesses vivantes qu’elles contiennent Cela n’a pas empêché Longueuil de continuer d'autoriser et d’appuyer des projets immobiliers dans ses milieux humides.Commodément par exemple, on a prétendu contre toute évidence que des projets qui allaient de l’avant n’étaient pas développés dans des milieux humides, ce qui, dès lors, ne dérogeait pas au moratoire! Encore tout récemment, un promoteur qui a fait l’objet d'avis répétés d’infractions de la part du ministère de l’Environnement a poursuivi sans relâche ses travaux de construction, convaincu qu’il pourrait lui aussi placer le ministère devant le fait accompli.Jamais, en 25 ans d’existence, ce ministère n’a une seule fois osé utiliser le pouvoir que lui confère sa loi pour exiger de faire remettre les lieux en l’état originel, un pouvoir identique que lui confère aussi la Loi sur l’aménagement et l'urbanisme, qui prévoit explicitement la possibilité de faire démolir une maison construite illégalement.Il faut croire que nos ministres de l’Environnement devraient plutôt porter le nom de ministres du Bâtiment.Pourtant, les enjeux biologiques sont là, incontournables, bien vivants.L’inventaire réalisé par Alliance Environnement, qui vient d’être dévoilé par Longueuil, indique que cette municipalité compte 877,55 hectares de milieux humides sur les 31130 hectares que compte le terri- Loui»-Gilles Francœur toire de cette municipalité, soit moins de 3%.Enfin, c’est ce qui reste après tous les empiétements des dernières années.Les 109 marais arborescents viennent en deuxième lieu pour la superficie générale avec 238,4 hectares, derrière la tourbière de Saint-Bruno et ses imposants 256 hectares.Les 70 marais qui subsistent encore sur le territoire de Longueuil ne couvrent ensemble que 25 hectares.Néanmoins, les marécages arbustifs et les arbustifs arborescents regroupent plus de 25% des milieux humides de Longueuil.Globalement, 60% de la superficie des milieux humides est occupée par les 109 marécages arborescents, en voie d’assèchement systématique, et les deux tourbières.Démagogie Or on retrouve plusieurs espèces menacées ou vulnérables dans ces milieux humides que Longueuil s’apprête à vouloir faire remplir sous le nouveau prétexte qu'ils peuvent devenir des foyers pour le virus du Nil.Ce prétexte serait bientôt évoqué pour sanctifier les illégalités des promoteurs, une démagogie qui serait indigne d’un corps public alors qu’on sait comment contrôler ces phénomènes avec l’inoffensif insecticide biologique BT.Il y aura un prix, certes.Mais c'est celui de la protection de l’environnement, un coût normal dans une société responsable.L’inventaire d’Alliance Environnement, qu’il faudra éventuellement confronter à celui réalisé en parallèle par la Direction du patrimoine écologique du minis- tère de l'Environnement, a par ailleurs identifie de la rainette faux-grillon ainsi qu'une autre espèce vulnérable dans ces milieux humides, soit la tortue molle à épines.Parmi les espèces susceptibles d'être prochainement désignées, on note aussi la grenouille des marais, la salamandre à quatre doigts, la magnifique couleuvre brune, qu'on retrouve aussi à la pointe est de l'ile de Montréal dans un ruisseau menacé d’assèchement par un golf local, la couleuvre tachetée, la tortue géographique et la tortue mouchetée.Tout ça en ville ! La liste comprend en outre de petits mammifères, des chauves-souris et plusieurs espèces ailées.Vitalité malgré tout Il est impressionnant de constater la vitalité de ces écosystèmes urbains, pourtant isolés les uns des autres, menacés par tous les empiétements imaginables, les activités dommageables et l’inaction des gardiens des lois et des règlements.Et de l’autre côté, sur le fleuve, on peut chasser la sauvagine sur les rives de cette ville qui doit adopter un rôle de fiduciaire plutôt que de fossoyeur du vivant Le rapport d’Alliance Environnement se termine toutefois sur une conclusion surprenante pour des professionnels qui connaissent la valeur du capital vivant Après avoir hiérarchisé ces milieux humides, leur rapport conclut en effet que «/a plupart (74%) ont un indice de qualité moyen (2) et faible (1) alors que le quart renferme des milieux humides de valeur écologique élevée à trà élevée.Ces derniers devraient faire l’objet d’une attention toute particulière».On suggère alors de «compenser», ce qui signifie en clair de sacrifier 74% de ces milieux, par une protection du territoire «terrestre» voisin des écosystèmes humides de plus grande valeur.Mais la loi québécoise de l'environnement protège tous les milieux humides contre les empiétements.On doit en conclure que la loi vise minimalement l’essentiel de ces milieux et non l'exception.Il faut en déduire que les milieux de qualité moyenne et de qualité supérieure doivent être protégés et non pas la minorité, comme le rapport le suggère.On pourrait même avancer que protéger la totalité des milieux humides ne serait aucunement exagéré puisqu'il s'agit de seulement 3 % de la surface municipale globale, ce qui est fort loin de la norme internationale de 8%, récemment portée à 12%, un objectif que Québec a lui-même soutenu sous deux gouvernements.?¦ Opération Soie : Mercredi, les agents de Faune Québec ont démantelé un réseau de braconnage dans les régions de Matane et de Cap-Chat.Ses membres pourraient être exposés à un total de 21X) accusations susceptibles de commander 150000 $ en amendes diverses.Orignaux, cerfs, saumons et truites étaient au menu de ces trafiquants de venaison, coincés par l'opération Soie.Vingt-quatre équipes d'agents sont intervenues contre ce réseau qui péchait illégalement le saumon au filet et chassait la nuit et en dehors des périodes légales avec- des engins innommables.Dommage que la loi actuelle ne prévoie pas de penne de prison pour les réseaux organisés, ce qui exige un complot raffiné pour déroger aux lois.Chacun peut signaler ces actes illégaux en appelant gratuitement SOS Braconnage au « 1800463-2191.Confidentialité assurée.¦ Tourbière : on peut visiter demain la tourbière du Parc-de-la-Cité à Saint-Hubert, un refuge pour 170 espèces d’oiseaux, menacée par divers projets.Départ à 9h (visite jusqu’à midi) au stationnement situé à l'angle des rues Davis et Gaétan-Boucher.Renseignements: (514) 5908245.¦ Lectqre: L'homme et l'environnement: quelle histoire ?, Éditions Pleins Feux, 154 pages.Une série de conférences tirées de la série « I^es Rendez-vous de l’histoire 2001 », qui commence par une conférence d’Edgar Morin.Inégal mais quand même fort intéressant dans un domaine où il reste beaucoup à faire pour sortir des biais trop connus de certains auteurs.?W E E K - E N 1) SORTIES* Lettre d'Abitibi La région regorge de machins insolites d’un exotisme fou pour les Européens mais aussi pour les Montréalais qui croient qu’il n’y a là que des maringouins, des épinettes noires et des bûcherons qui se montrent les fesses Jean- Yves Girard mmm » b m NORAND ^u30octobi /» n____*.4novembi ¦¦¦PPHffeik.'Ti mm teletocinierTW.taTVrJjvafcinBivi Dans les prochains jours, c’est à Rouyn-Noranda (ou Rouanda, comme disait Serge Gainsbourg) que ça se passe.Si, à L’Express ou au Continental, rue Saint-Denis, on vous donne toujours — et du bout des lèvres — la table des nobodys près des toilettes, réservez tout de suite : le Festival du cinéma international en Abitibi-Témiscamingue commence demain.«Et pendant le festival, les plus branchés de Montréal, de jeunes réalisateurs qui travaillent dans la pub, par exemple, viennent chez nous», affirme son président, Jacques Matte.La mauvaise nouvelle : tout ce beau monde sera de retour le 4 novembre.On s’est rencontrés à la mi-octobre, downtown Rouyn.C’est Jacques qui a choisi le cadre de notre tête-à-tête, espérant sans doute qu’un journaliste qui crèche sur le Plateau ne cracherait pas sur L’Abstracto, un café-bar cool et unique dont un je-ne-sais-quoi évoque certains troquets de l’avenue du Mont-Royal.Les Rouynorandiens, et les Abitibiens en général, ont peut-être la couenne dure et le cœur sur la main, mais ils ont aussi la peau courte.Le visiteur, surtout lorsqu’il débarque de Montréal-la- grosse-méchante-qui-se-prend-pour-le-nombril-du-Québec, a souvent l’impression d’être accueilli par les locaux avec, en plus d’une poignée de main virile, une question et un conseil, tous deux subliminaux.¦ Tu m’aimes-tu, même si je vis à 700 kilomètres du boulevard Saint-Laurent et que j’ai un panache d’orignal sur le hood?¦ Tes ben mieux de pas me faire suer avec tes commentaires et ton snobisme métropolitain.Pour rassurer tout de suite mon interlocuteur, un coming out s’imposait: Jacques, je vous l’avoue, j’ai été expulsé des entrailles de ma mère, sommairement lavé puis proprement circoncis à 45 minutes d’ici, direction nord, à La Sarre Beach, bled encore plus pedzouille que Rouyn.Oups ! C’est sorti tout seul.Vilain, vilain snobisme métropolitain ! Bien sûr, à l’époque de mes premières piqûres de marin-gouin sous une épinette noire et gracile dressée au fin fond d’un rang croche près d’un hameau baptisé Beaucanton, l’idée d’un festival de cinéma international en ces contrées sauvages qui réussirait à attirer Gainsbourg, Pierre Richard et Sylvie Vartan n’était qu’un fantasme culturel quasi obscène.Et quel cerveau perturbé méritant d’urgence une lobotomie aurait cru qu’à Rouyn, un jour, on trouverait un bar gai, Station d., où on convie les festivaliers mercredi prochain pour une soirée drag-queen organisée sur le thème des grandes stars du cinéma?Ouvert il a dix ans, L’Abstracto, adopté d’emblée par la meute estudiantine assoiffée (de plein d’affaires, dont de nouveautés), a survécu là où d’autres concepts importés d’ailleurs (La Cage aux Porcs, pour n’en nommer qu’un) sont repartis penauds, la bite à tibi entre les jambes.Aujourd’hui, l’endroit est devenu un incontournable, une halte obligée, une vitrine pour les artistes peintres et les chanteurs de la relève (comme en septembre dernier, Pierre Lapointe, la co- queluche de l’heure).Facile d’imaginer dans ce bistrot convivial Roy Dupuis et Patrick Huard, qui se farciront le voyage cette année, descendant l’une après l’autre après l’autre des bières importées puis un excellent express pour se requinquer et soupesant les enseignements du film Comment devenir un trou de cul et enfin plaire aux femmes, de Roger Boire (présenté au festival en première mondiale).Idem pour La Muse Gueule, le resto adjacent, qui partage avec L’Abstracto la même porte d’entrée et le même esprit.Au menu, des plats simples, réussis et aux noms espiègles, préparés et servis à la bonne franquette par un personnel jeune qui ne connaît pas le stress (les veinards).Attablé là il y a deux semaines, pendant que j’attendais ma pizza à croûte mince (une rareté au nord de Mont-Tremblant), comme Thérèse de Lisieux, j’ai eu une vision prémonitoire : Sophie Lorain (qui viendra présenter Maman Last Call) perplexe devant le choix de pâtes \«La Pincée?La Pleureuse ?Vite, c’est le dernier service!»).Et Carole Laure, pressentie en ville pour CQ2, dévorant sans vergogne « la Cochonne » (un sandwich baguette avec du porc à l’ail et du brie).Je ne suis pas le seul visionnaire dans le coin.Il y a Jacques et son festival, bien sûr.Il y a aussi cet homme qui, m’a raconté ma mère, jure avoir vu la Vierge dans son champ, entre La Sarre et Normétal (village devenu célèbre lorsqu’un bûcheron mal embouché a montré ses fesses à sainte Julie Snyder, descendue du ciel pour lui annoncer la bonne nouvelle: «Mon fils, tu as été choisi dans la première cuvée de Star Académie»).En fait, l’Abitibi regorge de machins insolites d’un exotisme fou pour les Européens mais aussi pour les Montréalais qui croient qu’en Abitibi, il n’y a que des maringouins, des épinettes noires et des bûcherons qui se montrent les fesses.«On a emmené Dominique Bes-nehard [agent d’artistes français très puissant, plus Fouquet’s et George V que Tim Horton’s et Motel Alpin, disons, qui a découvert Béatrice Dalle et lancé Binoche] dans une mine, sous terre, raconte Jacques Matte.Il a été em- ballé et en a parié à tout le monde.Le Refuge Pageau, près d’Amos, avec le bonhomme qui parle avec les loups, ça fait aussi son effet.Faut pas être complexé.Même ceux que j’appelle les cas lourds, habitués à plus de glamour, quand ils se rendent compte qu’on ne joue pas de game, ils baissent vite d’un ou deux crans.» Parmi ces à-côtés étonnants pour festivaliers curieux, Jacques aurait pu ajouter la cathédrale d’Amos, un truc pas possible érigé dans un style romano-byzan-tin, du bonbon pour les férus d’architecture délirante sertie par la forêt boréale.Ou le village de Bourlamaque, à Val-d’Or: 80 maisonnettes en bois rond construites il y a 70 ans par la compagnie minière pour les employés, un must pour les Français encore obsédés par la cabane au Canada.Ou une réserve indienne avec une église en forme de tipi.Ou un boomtown rescapé de la ruée vers l’or des années 30 et son look Far West.•On prend en charge les invités, on fait tout pour leur faire plaisir.Je n’ai rien contre les festivals de Montréal et de Toronto, mais ça reste une expérience urbaine.Ici, ça ne ressemble à rien.» En effet ?¦ L’Abstracto - La Muse Gueule, 144, rue Perreault Est, « (819) 762-8840.¦ Station d., café-bar, 5 à 7 et Pani-ni, 63, rue Perreault Est, » (819) 979-8606.¦ Info-festival: www.telebecinter-net.com/festivalcinema jygDOfah otmai l.com 479 m LINDA GIRARD Rue Perreault, downtown Rouyn.« ¦ i l LE DEVOIR, LE VENDREDI 29 OCTOBRE 2004 B 8 est la ie! La magie de tous les jours Charmes, sortilèges et sapience universelle pour célébrer Samhain Josée Blanchette ^ hésitais entre le cours de magie rouge pour rani-/ mer l’amitié en déconfiture, celui où l’on enseigne ' comment fabriquer sa baguette magique ou la séance de médiumnité qui permet d’entrer en contact avec les «guides».J’ai abouti dans un atelier sur la roue de médecine présidé par un jeune chaman blanc du nom de Patrick, le temps d’une soirée aussi étrange que magnétique.Chaque fois que nous saisissons le bâton de parole pour «partager», les sept participants ponctuent la fin de notre déclaration par un HO! bien retentissant Cela ressemble à une thérapie dont la maladie sous-jacente sentit la solitude et le besoin criant de ritualité.On a beau convier ses ancêtres dans le cercle sacré, se faire «ensauger» (enfumer à la sauge), poser ses fesses dos au sud pour sentir ses émotions ou dos au nord pour avoir accès à la sagesse, le monde des vivants est un lieu où l’on avance perpétuellement à tâtons.A l’intérieur de la boutique Channe et Sortilège, les lampions nous éclairent et un paravent cache la porte d’entrée, des gnomes et des fées nous observent en ricanant, une chatte blanche ronronne sur les genoux d’une des participantes, l’encens brûle avec le sel noir dans un bol, les balais de sorcière volent au plafond, les grimoires murmurent.Je suis prête à jurer que j’ai avalé de la poudre de cheminette pour aboutir rue de Grand-Pré, l’un des lieux les plus secrets à Montréal.Harry Potter aurait pu se procurer sa baguette magique ici: on en trouve en bois d’ébène, de noyer noir, d’acajou, d’olivier, en cuivre et en verre.Certaines permettent de faire jailtir la joie, la prospérité ou la santé.Ces objets chargés de désirs et portés par l’inconscient collectif servent aux sorciers pour mélanger des décoctions fumantes, ouvrir un cercle sacré, se gratter les fesses au besoin: «Cest un outil qui va chercher des énergies intérieures et les projette vers l’extérieur.On travaille en lune croissante avec des bois qui ont des propriétés particulières», m’informe la boutiquière, Marie-Renée PatiV-Marie-Renée est également comédienne et «sorcière éclectique de sapiences traditionnelles», une formule alambiquée et mystérieuse.Le mot sapience, qu’elle affectionne particulièrement, renvoie à la sagesse et à la science.Sa science fait autant appel à ses intuitions profondes qu’à l’herboristerie et au chakra du cœur: « Un chakra très développé au Québec car nous sommes des gens de cœur», croit-elle.Sa sagesse puise à la source de traditions millénaires, druidiques, rosicruciennes, martinistes, chamaniques, qu’elle étudie depuis 25 ans.Le commun des mortels ne saurait plus à quel astre se vouer mais Marie-Renée est une femme que la JACQUES NADEAU LE DEVOIR Les comédiens Marie-Renée Patry et Dominique Desmeules défendent une approche ritualisée du quotidien dans leur boutique de magie blanche.JM mm théâtralité et les éclipses lunaires n’effraient point Elle boit dans le calice du Wicca et du Golden Dawn, deux chapelles magiques, célèbre Gaïa pour sa féminité plantureuse et sensuelle.« Appelle ça Gaïa, Dieu, Bouddha ou l’énergie cosmique, peu importe, on se reconnecte à la part de sacré en nous», tranche cette femme allergique à la pensée magique ou au nouvel âge.Les sciences occultes, à d’autres! «Nous ne sommes pas dans l’occulte, le caché, le mystère.La magie, ce n’est pas que pour les initiés.Nous croyons que la magie est à la portée de tous à condition de savoir, de comprendre.C’est notre mission: donner des outils pour propulser la démarche de chacun.Dans la pensée magique, il manque la moitié de la démarche, celle qui consiste à mettre en action.La magie, c’est de /’empowerment » HO ! Connecter avec le divin.awingnahin Praticienne solitaire (solitary witch) initiée au pouvoir des herbes par son grand-père, Marie-Renée Patry a fait sa sortie du placard à balais l’an dernier en ouvrant sa jolie boutique de magie blanche.On y trouve des objets de divination, des bougies, des herbes destinées aux décoctions, des pierres, des mortiers, des chaudrons de sorcière, des bâtons druidiques, des bijoux bouddhistes, des grimoires, des Ijvres et des conseils qui ne mènent pas toujours au tiroir-caisse.A un client cherchant une baie particulière, elle répond: « Va dans la nature, il y en a beaucoup en ce moment.Demande à l’arbre la permission de cueillir des baies et dislui ce que tu veux faire.Il va t’aider.Tu en cueilles six, tu en déposes deux à terre comme offrande et tu en gardes quatre pour toi.» On peut sourire ou se prêter au jeu du divin, celui de la magie du quotidien.Elle consiste à parler aux arbres, à célébrer la lune, à cultiver la gratitude, à reconnaître l’autre, à s’entourer d’ondes positives, à élever ses vibrations hors des préoccupations bassement matérielles afin de capter des messages plus subtils.Dit simplement, un sourire destiné à un inconnu est un acte de magie.Marie-Renée se défend bien d’être la gourou de service.Elle a plutôt conçu sa boutique comme lieu d’échange.Son vieux copain Dominique Desmeules, comédien lui aussi, l’assiste dans son ministère : «Nous ne formons pas des gourous et tu ne deviens pas sorcier après un cours chez Charme et Sortilège ou en achetant pour 300 $ de matériel magique.Il faut que ça descende, qu’il y ait une démarche.Si quelqu’un vient me voir pour un conseil, j’envoie Dominique lui répondre afin de ne pas créer de liens de dépendance.» Même les sorcières ont une éthique.Le nouvel an celte.plus que du bonbon ! Dimanche soir, des millions de personnes de tous les âges et de toutes les religions célébreront le Nouvel An de l’ancien calendrier celtique, Samhain (Summer’s End), aussi appelé Halloween (All Hallow’s Eve).La plupart ignorent que, durant cette nuit, le voile entre les deux mondes s’amenuisera.Les ancêtres reviendront nous visiter, nous parler du mystère de la mort et de la vie.La résurgence de ce rite païen n’a rien pour étonner Marie-Renée Patry, qui s’en réjouit comme bien des praticiens païens.Rebelle comme une ombre, la magie n’a pas de lois mais des rituels à foison, ce qui n’est pas pour déplaire aux adolescents, une clientèle qui vient naturellement à la magie par le biais d’Internet, du Seigneur des Anneaux et d'Harry Potter.Le jeune magicien n’est pas le seul à les envoûter, toute une littérature magique leur est destinée.Marie-Renée se montre prudente: «On ne met pas une Formule 1 dans les mains d’un garçon de 12 ans.Il leur faut des bases pour leur éviter de se plqnter.Les enfants sont tout près de la «source» quand ils naissent.À l’adolescence, la rébellion envers le monde adulte les reconnecte avec ces énergies-là.Le débalancement hormonal a une influence surtout ce qui est éthéré.» Vivement la ménopause que je tâte de la baguette magique moi aussi.HO! Écrivez à cherejobh@ledevoir.com Adoré: la musique du site Web de la boutique Charme et Sortilège (www.charme-et-sortilege.com).On me dit que l’auteur est introuvable.Pour des sorciers, c’est pas for-tiche! Ce dimanche 31 octobre, la boutique est ouverte de midi à 21 h et on offre les bonbons.Les praticiens vous chatouilleront dans les lignes de la main ou vous tireront le tarot ou les runes.Les enfants sont les bienvenus et les ménopausées aussi.4933, rue de Grand-Pré.» (524) 844-8139.Visité : un site de sorcières.The Witch’s Voice (www.wit-chvox.com).Ce site regroupe un million d’adeptes de magie blanche autour du monde.On prévoit énormément de rites et de sortilèges ce 31 octobre pour influencer la campagne électorale américaine.The Witch’s Voice a fait un sondage le mois dernier auprès de ses membres et 65,4 % comptaient voter pour Kerry.Un nou- veau sondage est en cours cette semaine.Les résultats seront disponibles à l’Halloween.Pour tous ceux qui veulent un scoop, consultez votre boule de cristal.Consulté : La Boule de cristal de Titania Hardie (éditions du Roseau), un boîtier qui contient une boule de cristal et vous initie à la cristalloman-cie.Un cadeau original pour apporter à l’hôte de votre party de Samhain et des heures de plaisir grâce au guide d’utilisation qui démystifie cette pratique de magie blanche remontant à la kabbale, l’enseignement occulte du judaïsme.Je n’ai vu ni Bush ni Kerry, seulement une corneille noire qui passait devant la fenêtre et s’est reflétée dans la boule.Aimé : le livre Éloge de l’Ordinaire de Sarah Ban Breathnach (éditions du Roseau), auteure de L’Abondance dans la simplicité.Les conseils d’amie de Sarah Ban Breathnach horripileront les unes et raviront les autres, membres du club de lecture d’Oprah.Si vous cultivez un petit côté éso à l’huile essentielle de rose, si vous êtes adepte de psychopharmacologie (le chocolat fait partie de cette pharmacopée), ou si, comme une de mes copines sorcière, vous vous définissez comme une «apostate ascendant animiste tendance shintoïste», ce livre qui fait l’éloge des sens et de la spiritualité au gré des saisons est pour vous.Un livre de magie quotidienne qui tente « d’honorer » notre pouvoir féminin.Tenu : mes côtes durant le spectacle Comme une odeur de muscles du coqteux Fred Pellerin au Lion d’Or.Epopée fantastico-rurale, le spectacle de Fred flirte avec la magie blanche et un imaginaire débridé.Le rire y est plus contagieux que la bactérie C.difficile dans un hôpital.Que j’aime cet homme, si tant tellement lui-même et capable d’un humour sain et coquin.On souhaiterait aller faire un tour dans sa tète.C’est encore possible pour quelques supplémentaires en janvier.Ne ratez pas ça ! * (514) 844-2172.Kl DGI.|)K KOkdimirk Si j’avais 25 millions de dollars Si j’avais 25 millions, je m'arrangerais pour mettre Saint-Elie-déCaxton, mon village, sur la mappe\ Dans la vraie vie, le point sur la mappe est trop au nord de 35 pieds, dépendant de l'échelle de la carte.« On peut pas faire bouger le point sur la mappe parce qu’y a pas de formulaire pour ça.La seule façon, c’est de bouger le village.Et il faut bouger ça une maison à la fois.Si on dit qu'on a 300 maisons, l’église pis le chemin de croix, c’est pas qu’une p’tite affaire ! « On avait demandé une bourse au Conseil des arts parce que c'est toujours là que je demande mes bourses, mais ils nous l'ont refusée parce qu’on n’avait pas de démarche artistique.Ça fait qu’avec les 25 millions, on va enfin pouvoir bouger.Après ça, on pourrait assumer notre position.Le seul bogue, c’est Léo : si on pousse sa maison de 35 pieds, il se ramasse dan’ rivière Yamachiche.Va falloir régler ça.«Y a combien d’âmes dans le village?Très peu.Mais du monde, mille deux, trois ou quatre.« Bon, après le déménagement, s’il reste de l'argent, on ferait un Front de libération de la mappe pour que tous les villages qui n’apparaissent pas à l’échelle normale soient là.Ce serait une marge routière, en marge de la mappe.Une mappe où on ne trouverait ni Montréal ni Trois-Rivières.» JACQUES GRENIER LE DEVOIR JACQUES GRENIER LE DEVOIR Fred Pellerin Conteux de Saint-Élie-de-Caxton En spectacle au Lion d'Or aujourd'hui et demain, le 23 novembre et ks 20 et 21 janvier 2005.En tournée à travers le Québec jusqu'en avril2005.Propos recueillis par Josée Blanchette V V I
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