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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier A
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Références

Le devoir, 2004-10-21, Collections de BAnQ.

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ECONOMIE LE MONDE Bill Clinton repart en campagne Page A 5 ?w w w .1 e d e y o i r.c o ni Les manufacturiers québécois crient au secours Page B 1 LE DEVOIR Les OGM inquiètent leurs producteurs Paradoxalement, les agriculteurs croient que les biotechnologies constituent une priorité pour la croissance économique du Québec FABIEN DEGLISE Un tiers des membres de la fédération regroupant les producteurs d’organismes génétiquement modifiés (OGM) du Québec craignent de nourrir leur famille avec des aliments issus du génie génétique.Es s’inquiètent aussi majoritairement de la contamination d’autres cultures par ce type de semences, sont nombreux à être incertains ou convaincus des effets néfastes de ces produits sur la santé humaine mais en feront tout de même pousser de plus en plus à l’avenir, et ce, même s’ils reconnaissent que les avantages des OGM par rapport aux cultures conventionnelles sont, dans le cas de certaines cultures, loin d’être aussi intéressants qu’on le laisse miroiter.Les agriculteurs exposés aux biotechnologies nageraient-ils en pleine contradiction?C’est ce que laissent entrevoir les résultats préliminaires d’un vaste sondage dont Le Devoir a obtenu copie, mené en 2003 par le Centre de recherche en économie agroalimentaire de l’Université Laval auprès des membres de la Fédération des producteurs de cultures commerciales du Québec (FPCCQ), histoire de mesurer leur perception des fruits de la révolution agrogénétique.Commandé par le ministère de l’Environnement du Québec et tenu secret jusqu’à ce jour, ce document, intitulé Rapport descriptif des attitudes et des , pratiques culturales des Producteurs qué- r bécois de grandes cultures sur les OGM, brosse en effet un portrait pour le moins paradoxal et ^ ambigu du rapport qu’entretiennent ces cultivateurs 33 % des producteurs de céréales craignent de mettre des transgènes sur leur table VOIR PAGE A 8: OGM Le dollar à 80,29 CUS MONTAGE DONALD FIUON LE DEVOIR La combinaison de la décision du justicier de Wall Street sur les agissements des compagnies d’assurances et d’autres facteurs, comme la situation économique américaine, a suffisamment ébranlé la confiance des investisseurs étrangers pour qu’ils se réfugient encore plus qu’avant auprès de l’euro en vendant leurs dollars américains.«Le dollar américain est sous pression [.] et, puisqu ’il vivra probablement des mois difficiles, le dollar canadien peut bien faire» FRANÇOIS DESJARDINS La Financière Banque Nationale voit le huard à 85 CUS d’ici décembre 2005 Cela remontait au 29 mars 1993.Il aura fallu 11 ans et demi pour que les circonstances idéales permettent au dollar canadien de boucler une séance au-delà du seuil psychologique des 80 CUS.Aidé hier par une nouvelle dégringolade du dollar américain, qui a touché un creux de huit mois face à l’euro, le huard en a profité pour gagner 1 %, à 80,29 CUS.Les analystes avançaient plusieurs facteurs récents pour expliquer cette nouvelle baisse du billet vert, mais celle-ci survenait néanmoins au lendemain d’un événement bien senti: l’annonce fipte par le procureur général de l’Etat de New York, Eliot Spitzer, voulant que l'enquête sur les agissements des compagnies d’assurances comprendra désormais le secteur de la santé.La combinais! >n de la décision du justicier de WaD Street et d’autres facteurs, comme la situation économique américaine, a suffisamment ébranlé' la confiance des investisseurs étrangers pour qu’ils se réfugient encore plus qu’avant auprès de l’euro en vendant leurs dollars américains.En coulisses de ce chassé-croisé, la devise canadienne s’est même pennis de prendre 0,5 % face à l’euro, clôturant la journée à 1,5695 $CAN.«R y avait déjà beaucoup d'incertitude dans r le système», a indiqué au Devoir Stéfane pXl Marion, économiste en chef adjoint à la Financière Banque Nationale.«Il y a les cours élevés du pétrole brut mais aussi le fait que VOIR PAGE A 8 DOLLAR Les Africains, «rois» du télémarketing Bye-bye Montréal Vancouver et Toronto comptent plus d’artistes KARIM DJINKO Pour les immigrés africams au Québec, l’industrie du télémarketing constitue la porte d’entrée du marché de l’emploi.Mais aussi, souvent, le «terminus» de leurs espérances professionnelles.«Merci de nous faire confiance.» Lorsque Paulin Si-méti termine ainsi un appel, un sourire radieux illumine son visage.C’est que les ventes sont plutôt rares et que les clients, souvent rétifs à la sollicitation par téléphone, se font prier malgré le bel enthousiasme qu’il affiche en répétant inlassablement son message d’ap pel.«C’est pénible quand les résultats ne suivent pas ou qu’on essuie la colère de clients mécontents», explique ce Congolais de 46 ans, ex-professeur d’anglais à l’Institut pédagogique de Kinshasa et l’un des nombreux agents d’origine africaine de Gemma, une entreprise québécoise de sollicitation téléphonique.Au 9' étage de l’immeuble du centre-ville de Montréal où loge la compagnie, les Africains constituent en effet le gros du contingent, comme dans la plupart des centres d’appels de la métropole québécoise.«C’est nous qui faisons tourner la machine», dit, mi-figue, mi-raisin, Nessylt Eugène, un ancien journaliste du Congo-Brazzaville devenu par la force des choses télévendeur chez le principal opérateur téléphonique du Canada.Fadle d’accès, le télémarketing est une porte d’entrée sur le marché du travail pour nombre d’immigrants à l’aise en français et en anglais.«Avons besoin de téléphonistes en sollicitation pour nouveau centre d’appels.Avec ou sans expérience.Postes disponibles jour ou soir et samedi.Salaire de base garanti plus VOIR PAGE A 8: TÉLÉMARKETING «On nous refile le boulot dont les Canadiens ne veulent pas» INDEX Annonces.Avis publics.Culture.Décès.Économie.Éditorial.B 4 B 5 B8 B4 B1 A6 Idées.A 7 Météo.B4 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Sports.B 6 Télévision.B 7 rvj STÉPHANE BAILLARGEON LE DEVOIR La Colombie-Britannique compte proportionnellement beaucoup plus d’artistes que le Québec.Victoria et Vancouver, tout comme Toronto, en comptent davantage que Montréal.D’ailleurs, à ce compte des pourcentages, la région la plus artistique du Canada demeure, et de loin, le Nunavut Et pan! dans le cliché de la société culturellement distincte et distinguée! Par contre, les artistes québécois semblent autrement plus choyés en matière de revenus que ceux du reste du Canada.Ici, il y a trois ans, la moyenne salariale annuelle de ce groupe créatif oscillait autour de 24 000 $ par rapport à 29 400 $ pour le reste de la population québécoise, pour un écart de 18 %.Le décalage tourne autour de 26 % en moyenne au Canada et atteint les 40 % çn Alberta, en Saskatchewan et en Nouvelle-Ecosse.Et re-pan! Ce sont là quelques-unes des conclusions étonnantes rendues publiques hier par la firme de «recherche pour les arts» Hill Strategies dans son étude intitulée Les artistes par province, territoire et région métropolitaine du Canada.L’enquête originale VOIR PAGE A 8: ARTISTES ARCHIVES PRESSE CANADIENNE IL ÆM * » v • Au Québec, où la moyenne des revenus annuels dépasse à peine les 24 OOO S, Facteur engrange un peu moins d’argent (23 534 $); l’artisan (16 429 8), le peintre (15 906 8) et le danseur (13 826 $) vivotent tandis que deux catégories se tirent bien d’affaire: les auteurs, rédacteurs et écrivains (31 500 8 en moyenne) et les producteurs, réalisateurs et chorégraphes (41 395 S).C.difficile a fait 217 morts à Montréal et Sherbrooke On parle maintenant d’épidémie LOUISE-MAUDE RIOUX SOUCY Le terme «épidémie», rejeté en juin par l’Association des médecins microbiologistes infectiologues du Québec (AMMIQ) pour qualifier la poussée de Clostridium difficile à Montréal et à Sherbrooke, a finalement été utilisé hier par son président pour qualifier l’explosion que connaît cette bactérie depuis le printemps 2003.Jugeant le problème «sérieux», le ministre de la Santé a assuré que la mise en place d’un réseau de surveillance national progressait.Voilà qui est pourtant trop peu trop tard, juge l’AM-MIQ, qui plaide en faveur de la mise en place de réseaux de surveillance régionaux.Réagissant à des données faisant état de 7000 patients qui auraient contracté la bactérie en un an au Québec, faisant 600 morts parmi eux, l’AMMIQ a choisi de rendre publics les résultats finaux de l’étude de son groupe de travail sur le C.difficile en prenant garde de préciser que les chiffres diffusés mardi par la SRC étaient «approximatifs» et qu’il valait mieux s’en tenir à ceux de son groupe de travail présidé par le Dr Vivian Loo, microbiologiste infectiologue au Centre universitaire de santé McGill (CUSM).Le portrait que le Dr Loo a dressé n’est guère plus réjouissant.De janvier à juin 2004, son groupe de travail a recensé 1621 colites à C.difficile dans douze établissements de Montréal (10) et de l’Estrie (2), ce qui équivaut à environ 2 % de toutes les admissions.Parmi ces 1621 cas, un patient sur cinq a eu à faire face à de sérieuses complications, allant jusqu’à la mort Dans dix de ces hôpitaux, 109 décès ont directement été attribués à la bactérie alors que 108 VOIR PAGE A 8: ÉPIDÉMIE La bactérie est non seulement plus virulente qu’autrefois mais aussi plus résistante ¦ L’éditorial de Jean-Robert Sansfaçon, page A 6 » ! * LE DEVOIR, LE JEUDI 21 OCTOBRE 2004 A 2 ?LES ACTUALITÉS* EN BREF Crise de leadership et d’orientation Commission Gomery Le calcium protégerait contre l’obésité Loin de favoriser l’obésité, comme l'affirment parfois les détracteurs du lait, celui-ci, grâce à son calcium, contribuerait plutôt à protéger contre l’obésité.Il en serait ainsi du calcium contenu dans le lait et dans les produits laitiers faibles en gras, de même que dans les fruits et les légumes.Le IL Claude C.Roy, gastrœntérologue à l’hôpital Sainte-Justine de Montréal et professeur émérite à l'Université de Montréal, a rapporté cette constatation, hier, en s'adressant aux participants à un symposium intitulé «Une alimentation en mouvement: pour grandir sainement», organisé par les producteurs laitiers du Canada.Pour simplifier un phénomène plus complexe, il semble que le calcium ingéré — dans les produits laitiers faibles en gras, les fruits ou les légumes — ait pour conséquence de faire abaisser le niveau de vitamine D dans l’organisme, ce qui pousse l’organisme à fabriquer moins de gras et à brûler davantage le gras.D’où l’effet protecteur contre l’obésité, expliquait le Dr Roy, en entrevue après son allocution.- PC Blâme adressé au gouvernement Charest Québec — Un organisme gouvernemental, le Conseil des aînés, blâme sévèrement le gouvernement Charest pour son attitude vis-à-vis des personnes âgées.«Les aînés se sont dits fort déçus de l’attitude du présent gouvernement à leur endroit», affirme le rapport du Conseil des aînés, qui vient d’être déposé à l’Assemblée nationale.Le ton utilisé dans le rapport tranche avec celui, généralement très conciliant, des autres organismes gouvernementaux.«La cause des aînés suscite très peu d’intérêt auprès des politiciens et des hauts fonctionnaires.Ce peu d'intérêt de la part des ministres responsables des aînés ne peut être gardé sous silence», lit-on dans le rapport signé par la présidente du Conseil, Hélène Wavroch.- PC Le prix des vols Les automobilistes québécois sont ceux qui, au Canada, paient le plus pour la portion vol à leur compagnie d'assurances en raison de la proportion record des autos volées qui ne sont jamais retrouvées.En 2003, le vol d’autos a entraîné des débours de 242 millions au Québec de la part des assureurs en regard de 600 millions dans l’ensemble canadien.En conséquence, la portion vol de l’assurance-automobile a coûté en moyenne 75 $ à chaque automobiliste québécois assuré comparativement à une moyenne canadienne de 40 $.- EC Le PQ est rongé par un cancer, dit Charbonneau ROBERT DUTRISAC r\ uébec — Le Parti québécois traverse une crise Vv de leadership que le chef Bernard Landry, doit régler en signant rapidement un pacte avec les deux prétendants, Pauline Marois et François Legault, qui mènent une course larvée contre lui, ou encore en déclenchant une course à la présidence du parti.C’est ce que le député de Borduas, Jean-Pierre Charbonneau, constatait hier, alors que la volte-face de M.Landry sur l’échéancier du prochain référendum continuait à remuer le parti.«H y a contestation du leadership ouverte ou larvée», a dit M.Charbonneau au cours d’un point de presse.«Il faut que cette crise de leadership se règle», estime M.Charbonneau, car la situation sera vraisemblablement intenable d’ici le congrès de juin 2005.M.Landry «doit prendre le taureau par les cornes», croit le député.«C’est à Bernard Landry et à ceux qui veulent le remplacer de régler le cul-de-sac» par la tenue d’une course au leadership ou la signature à'«un pacte pour que la course soit terminée».A Ottawa, le chef du Bloc québécois, Gilles Du-ceppe, a réitéré hier son appui au chef péquiste.«J’appuie totalement Bernard Ijmdry, il est le chef du PQ et il doit le rester.» M.Duceppe estime par ailleurs qu’il est «sain d’avoir un débat d’idées à l’intérieur du mouvement souverainiste».À cette crise de leadership s’ajoute une crise d’orientation que le parti a voulue, en quelque sorte, en lançant la «saison des idées», analyse M.Charbonneau.Or il y a «un cancer qui ronge le PQ», un problème de méfiance de la part des militants envers «l’élite politique».Les militants n’ont pas compris que le PQ ne s’engage pas à faire un référendum lors des prochaines élections.La condition posée par M.Landry d’avoir «l’assurance morale de gagner» le référendum avant de le déclencher ne les convainc pas.«fis ne veulent plus militer et se désâmer en se faisant dire: on ne sait pas quand on va ramener ça dans le radar», a souligné M.Charbonneau.Les militants veulent de soljdes assurances à cet égard.A l’exception de M.Charbonneau, peu de députés péquistes ont voulu commenter le fait que M.Landry a changé son fusil d’épaule mardi, revenant sur son engagement, pris lors du conseil national de la ARCHIVES LE DEVOIR Les virages de Bernard Landry continuent d’alimenter les discussions au Parti québécois.fin de semaine, de tenir un référendum dans la première moitié du mandat d’un prochain gouvernement péquiste.M.Landry préfère maintenant sa propre formulation, soit de tenir un référendum «le plus vite possible».Hier, le vice-président de l’Association péquiste de Notre-Dame-deGrâce, Marc Brière, a fait parvenir au Devoir une lettre pour exiger la démission de Bernard Landry.Partisan de l’étapisme, le militant de longue date reproche à M.Landry d’avoir cédé aux militants radicaux lors du conseil national.«Une telle fourberie appelle sa démission», écrit-il.Même si M.Landry a rectifié le tir depuis, M.Brière estime tout de même qu’il doit partir.«C’est la girouette pure.On perd toute crédibilité avec tous ces mouvements erratiques», a-t-il dit au Devoir.Rappelons que c’est M.Brière qui a présenté une proposition au conseil national du mois d’août dernier pour enclencher une course à la présidence.Seulement une poignée de militants ont voté en faveur de cette proposition, dont Mme Marois.Le Devoir Avec Alec Castonguay Un pilier de l’unité canadienne représentera le Québec à Toronto Jean Charest nomme Jocelyn L Beaudoin ROBERT DUTRISAC Québec — Le premier ministre Jean Charest a choisi celui qui a été le pilier du Conseil de l’unité canadienne (CUC) pendant 35 ans, Jocelyn L.Beaudoin, pour représenter le Québec à Toronto.Ije conseil des ministres a entériné hier la nomination de M.Beaudoin à titre de chef de poste du Bureau du Québec à Toronto.M.Beaudoin était jusqu’à tout récemment président et chef de la direction du CUC, un organisme subventionné par le fonds secret, totalisant 800 millions de dollars, que le gouvernement fédéral a consacré à la promotion de l’unité canadienne depuis 1993.Le CUC a été le seul,et unique employeur de M.Beaudoin depuis 1969.Âgé dç 60 ans, M.Beaudoin a étudié en communication à l’École des hautes études commerciales sans obtenir de diplôme.Au cabinet de M.Charest, on souligne que M.Beaudoin demeu- re à Toronto depuis de nombreuses années et qu’il a établi de nombreux contacts dans la Ville-reine.Le CUC a joué un rôle actif dans la campagne référendaire de 1995.M.Charest a eu l’occasion de rencontrer M.Beaudoin à plusieurs reprises, bien qu’il ne compte pas parmi ses intimes, a-t-on précisé à son cabinet Rappelons que M.Charest ainsi que le ministre délégué aux Affaires intergouvemementales canadiennes, Benoît Pelletier, ont puisé à même leur budget discrétionnaire pour verser des subventions au CUC, un organisme par ailleurs bien pourvu par le gouvernement fédéral et par plusieurs entreprises privées.Dans le cas de M.Charest il s’agissait d’une somme de 10 000 $.Entre 200001 et 2003-04, le CUC a obtenu 16,6 millions du fonds secret pour promouvoir l’unité canadienne.Le Devoir Des agences de publicité étaient en contact régulier avec le cabinet de Gagüano ISABELLE RODRIGUE Ottawa — Les dirigeants d’une poignée d’agences de publicité téléphonaient fréquemment au cabinet de l’ex-ministre Alfonso Gagliano pour discuter de dossiers de commandites, a affirmé hier un témoin devant la commission Gomery.Ghislaine Ippersiel, ancienne secrétaire du chef de cabinet de M.Gagliano, peut faire ces affirmations sans hésiter puisque c’est elle qui prenait les messages des dirigeants des agences.Les appels des agences à Jean-Marc Bard, le chef de cabinet, étaient fréquents et, dans certains cas, des dirigeants appelaient presque toutes les semaines.«Il y avait des appels téléphoniques qui provenaient des personnes des agences de communication en rapport avec certains dossiers de commandites», a indiqué Mme Ippersiel, soulignant que Claude Boulay, de l’agence Êverest, Jean Breault, de Grou-paction, et Jean Lafleur, de La-fleur Communication étaient les plus réguliers.La fréquence des appels et les questions des agences ont poussé, à un certain moment, M.Bard à mettre Mme Ippersiel à contribution en lui demandant de faire en son nom certains messages.Mme Ippersiel n’a pas précisé quel genre d’information elle pouvait passer aux dirigeants des agences mais a indiqué à la commission que c’est à ce moment qu’elle en a appris un peu plus sur le programme de commandites autour duquel une certaine confidentialité était maintenue.Ce témoignage de l’ancienne secrétaire s’ajoute à ceux entendus depuis le début des travaux de la Commission sur le programme de commandites qui laissent entendre que le bureau de M.Gagliano était impliqué dans la gestion des commandites.Une autre preuve Preuve supplémentaire, le bureau de l’ex-ministre avait colligé, au cours des années, des dossiers pour chaque demande de commandites.Volumineux, ces dossiers occupaient deux classeurs de quatre tiroirs, et ce, même si la gestion était censée relever des fonctionnaires de la direction des commandites.Selon Mme Ippersiel, on consignait dans chaque dossier de commandites la correspondance, mais également toutes les notes manuscrites sur des autocollants ou des feuilles volantes en rapport avec les commandites.La règle voulait que personne n’écrive directement sur la correspondance.Il n’y a plus de traces de ces notes manuscrites.Le soir du remaniement ministériel qui a signalé la fin de la carrière politique de M.Gagliano, le 15 janvier 2002, Mme Ippersiel avait eu ordre de M.Bard de mener une vaste opération de déchiquetage de toutes ces notes manuscrites.L’ampleur de la tâche l’avait obligée à demander l’aide de deux autres personnes, qui ont travaillé avec elle pendant quelques heures.«On m’a demandé de faire le ménage de tous ces dossiers-là, c’est-à-dire d’enlever toutes les notes manuscrites et les autocollants où on avait annoté des choses, a raconté Mme Ippersiel.J’ai dû demander de l’aide pour passer à travers ces dossiers-là parce qu’il y en avait trop.» C’est une pratique courante, à Ottawa, de détruire des notes manuscrites ou d’autres documents avant le départ d’un ministre d’un portefeuille.Mais courante ou non, la pratique a fait sursauter le juge Gomery, qui préside la commission chargée de faire la lumière dans le scandale qui a englouti 250 millions de dollars en cinq ans.«Dans une entreprise privée [.] les dossiers restent tels quels», n’a pu s’empêcher de commenter le juge.Demande des partis Par ailleurs, le juge Gomery a entendu hier matin les représentations des avocats du Parti libéral du Canada, du Bloc québécois et du Parti conservateur qui demandent une augmentation des fonds pour couvrir leurs frais de représentation juridique.M.Gomery a pris la question en délibéré mais a semblé peu ouvert à leurs requêtes.«Ce serait facile pour moi de dire [.] que tout le monde aura autant d’argent qu’il le désire pour être représenté ici, a fait valoir le commissaire.Mais je crois avoir une responsabilité de garder les dépenses à des niveaux acceptables.» Les trois formations politiques ont obtenu le statut d’intervenants devant la commission, ce qui leur donne accès à tous les documents, mais sans droit de contre-interroger les témoins.Presse canadienne Une coalition fait état de ses craintes au sujet des PPP KATHLEEN LÉVESQUE Le temps c’est beaucoup d’argent : Mcfi.-yWl Les Obligation» à taux progressif : Plus vous les conservez longtemps, plus c’est payant.Encaissables une fois l’an.Capital garanti.Que du positif.BONI DE 7,00 r 2* 3* 4' 5* 6’ r 8* 9' 10' année Les tau* annoncés peuvent vaner en fonction des conditions du marché 1 % la première année pour les nouveaux fonds REER.www.cpq.gouv.qc.ca Téléphonez-nous du lundi au vendredi, de 8 h à 20 h, ou passez nous voir au 2000.av.McGill College, du lundi au vendredi, de 8 h à 17 h.Nous serons également ouverts les samedis d'octobre et de novembre, de 10 h à 16 h.Épargne Placements Québec an La coalition «J’ai jamais voté pour ça» s’inquiète des liens jugés étroits entre le Parti libéral du Québec et plusieurs dirigeants de grandes sociétés partisanes des partenariats public-privé (PPP).Devant une cinquantaine de manifestants réunis hier matin au centre-ville de Montréal, le porte-parole de la coalition, Denis Turcotte, a dénoncé projet de «réingénierie» de l’État et en particulier l’idée des PPP.«Les PPP, ça risque de signifier “porte privilégiée au patronage”», a-t-il lancé.À partir des listes publiques des donateurs à la caisse du Parti libéral du Québec, la coalition a relevé des faits qu’elle qualifie de troublants.Ainsi, des comptables de la firme Raymond Chabot Grant Thornton ont versé à titre individuel, comme le prévoit la Loi sur le financement des partis politiques, environ 50 000 $ an PLQ en 2003.Chez les consultants de KFMG, on compte pour la même année électorale des contributions totalisant 55 000$.Ces deux firmes font partie de la banque de 13 consultants retenus par le Conseil du trésor pour aider la ministre Monique Jérôme-Forget dans ses réflexions visant à remodeler l'État Elles ont ainsi reçu des contrats de quelques dizaines de milliers de dollars.Aussi, la firme d’ingénierie BPR s’est fait confier le mandat d’élaborer un plan d’action pour l’entretien et la rénovation des infrastructures liées à l’eau.Par ailleurs, la coalition a noté qu’au moins 28 personnes travaillant chez BPR ont versé des dons d’environ 33 000 $ au PLQ en 2003.Les vérifications de la coalition «J’ai jamais voté pour ça» portent également sur la firme Secor.Les hauts dirigeants ont versé un peu plus de 6000 $ au PLQ en 2003.Denis Turcotte rappelle qu’un des associés, Marcel Côté, est un stratège libéral notoire.Au cabinet de Mme Jérôme-Forget, on soulignait hier que toutes les entreprises choisies comme experts l’ont été à la suite d’appels d’offres publics.Quant au dossier spécifique des PPP, la ministre a réitéré sa volonté d’appliquer des règles de transparence dans le développement futur de tels projets.Pour le porte-parole de la coalition, il demeure toutefois justifié de se demander si le gouvernement Charest n’est pas à la solde de certaines entreprises privées.Les PPP seront-ils vraiment au service du bien commun?, a demandé M.Turcotte.«On n’accuse personne, mais on fait le constat que des administrateurs de firmes importantes qui reçoivent des contrats du gouvernement ont contribué largement à la caisse électorale du Parti libérai On se pose donc des questions», a-t-il affirmé.À une semaine de l’ouverture de la commission parlementaire chargée d’étudier le projet de loi 61 sur la création de l’Agence des partenariats public-privé, M.Turcotte a insisté pour que la population exerce son sens critique face aux intentions du gouvernement Charest M.Turcotte craint que le nouvel organisme gouvernemental ne se retrouve en situation de conflit d’intérêts mais, surtout, qu’il ne soit pas tenu à quelque reddition de comptes que ce soit Le Devoir è 4 _ ,.-u «¦% -.u, - LE DEVOIR.LE JEUDI 21 OCTOBRE 2004 ACTUALITES ft ^ * Michel David Pire que le mal Il arrive parfois que le remède soit pire que le mal.En voulant rectifier une position indéfendable sur la date du prochain référendum, à laquelle il s’était résigné pour sauver son leadership, Bernard Landry a encore aggravé son cas.Eberlués par la volte-face de leur chef à peine deux jours après le conseil national, quelques députés ont vaguement tenté d’expliquer que tenir un référendum «dans la première moitié du mandat» ou «le plus tôt possible» revenait au même.Personne ne sera dupe, surtout pas au PQ, où chaque mot et chaque virgule sont examinés au microscope.Il ne fait aucun doute que M.Landry souhaite ardemment être en mesure de tenir un référendum, mais l’expression «le plus tôt possible» peut tout aussi bien signifier dans les 12 premiers mois du mandat que dans dix ans ou même jamais.Il est clair que cette position est plus responsable.La question est plutôt de savoir comment M.Landry a pu envisager un seul instant de s’enfermer dans un échéancier précis.Sur un enjeu aussi fondamental, il ne suffit pas d’exprimer une préférence; il fallait écarter catégoriquement une avenue qui pourrait mener le Québec à la catastrophe.M.Landry peut bien essayer de jouer au plus fin en renvoyant les sceptiques à son discours devant le conseil national, mais l’exécutif du parti n’aurait jamais pu proposer formellement de tenir un référendum dans la première moitié du mandat sans son approbation.En sa qualité de membre de l’exécutif, il est même signataire de cette proposition qui a été préparée par des gens qu’il avait lui-même chargés de rédiger les rapports issus de la «saison des idées».Ce n’est sûrement pas la réaction négative de Pauline Marois ou encore de Joseph Facal qui l’a fait changer d’avis.Celle qui comptait le plus dans les circonstances était probablement celle de Gilles Duceppe.Jusqu’à présent, le chef du Bloc québécois s’est montré un allié indéfectible.Publiquement, M.Duceppe a exprimé sa désapprobation de façon mesurée, mais il était apparemment consterné.Le Bloc, qui pourrait se retrouver en campagne électorale à tout moment, n’a certainement pas besoin d’un tel boulet.Désormais, M.Duceppe ne pourra faire autrement que de s’interroger sur le jugement politique de son vis-à-vis péquiste, comme Lucien Bouchard s’interrogeait jadis sur celui de Jacques Parizeau.Inévitablement, il en viendra à se demander si M.Landry est toujours le plus apte à présider aux destinées de la famille souverainiste.Au sein du PQ, l’effet sera tout simplement désastreux pour M.Landry.Marc Brière est généralement perçu comme un vestige d’une autre époque, dont les interventions théâtrales provoquent un agacement certain.Cette fois-ci, les modérés comme les radicaux seront sans doute nombreux à partager son sentiment qu’une telle «fourberie appelle sa démission».Les militants péquistes pestaient jadis contre Lucien Bouchard, qui affichait une ardeur souverainiste renouvelée à chaque conseil national avant de retourner aux affaires courantes le lundi matin.Malgré tout, il n’a jamais retourné sa veste comme son successeur vient de le faire.Comme M.Landry l’a dit lui-même, les délégués sont sortis enchantés du conseil national de la fin de semaine dernière.Leur déconvenue sera à la mesure de cet enchantement.Même ceux qui se réjouissent de le voir revenir à une position plus sensée se demanderont s’il n’en changera pas une nouvelle fois si son intérêt le commande.On ne virevolte pas comme ça sans perdre énormément de crédibilité.Si M.Landry est conséquent, il devra maintenant s’employer à faire en sorte que la proposition de l’exécutif dont il fait lui-même partie soit battue lors du congrès de juin.Quoi qu’il en dise, l’entreprise s’annonce titanesque.Même s’il finit par s’y rallier au congrès, on le soupçonnera forcément de le faire sans grande conviction.Hier à Québec, il était difficile de déterminer qui, de Jean Charest ou de Pauline Marois, paraissait le plus heureux de la tournure des événements.Samedi soir, Mme Marois avait quitté Sherbrooke l’air découragée, paraissant plus isolée que jamais.Elle apparaît maintenant comme celle qui a toujours défendu la position la plus responsable, même si cela risquait de compromettre définitivement ses chances de devenir chef.Par un renversement d’alliances tout à fait inattendu, l’ennemie d’hier est soudainement redevenue une alliée, à défaut d’être une amie.C’est maintenant François Legault qui se retrouve seul dans son coin.Depuis des semaines, M.Legault répète à qui veut l’entendre qu’un référendum à mi-mandat est encore trop éloigné à son goût.Cet empressement est d’ailleurs parfaitement conséquent avec le «programme de pays» qu’il réclame mais qui n’aurait plus grand sens si le référendum était reporté à une date indéterminée.À l’Assemblée nationale, les mines étaient très sombres sur les banquettes de l’opposition.À son habitude, le député de Borduas, Jean-Pierre Charbon-neau, a dit tout haut ce que ses collègues jugeaient préférable de garder pour eux, parlant de «crise» et même de «cancer» au sein du PQ.Même ceux qui trouvaient aberrant de s’engager à tenir un référendum dans les 24 mois après la prise du pouvoir se demandaient s’il n’aurait pas été préférable que M.Landry s'en tienne à sa position de la fin de semaine plutôt que d’aggraver les choses en se dédisant II aurait voulu saboter la rentrée parlementaire de son propre parti qu’il n'aurait pas pu trouver mieux.Quand un chef de parti perd la confiance de ses députés, la fin est proche, et cette confiance est actueDement ébranlée.mdavid@ledevoir Règlement à l’amiable avec les procureurs spéciaux Madeleine Giauque et Roger Carrière resteront au Bureau de lutte au crime organisé TOMMY ÇHOUINARD Québec — La crise au Bureau de lutte au crime organisé (BLACO) est résorbée.Québec a manifesté suffisamment de volonté de régler le litige pour que les procureurs Madeleine Giauque et Roger Carrière décident de faire volte-face et retirent leur démission.Ils continueront de mener les procédures judiciaires contre le motard Paul Fontaine, accusé du meurtre de l’agent des services correctionnels Pierre Rondeau, et de se charger des causes qui sont en appel à la suite du mégaprocès des Hells Angels.Les menaces de démission et de réaffectation d’autres avocats du BLACO se sont quant à elles envolées.«Le ministère de la Justice a fait des pas considérables en ce qui concerne des points litigieux qui devaient être corrigés rapidement à nos yeux», a expliqué M' Madeleine Giauque lors d’un entretien téléphonique avec Le Devoir hier.Lors d’une rencontre d’une durée de trois heures mardi soir, le sous-ministre de la Justice, Louis Dionne, et le sous-ministre associé aux poursuites publiques, Claude Simard, ont en effet écouté les recriminations des procureurs du BLACO et ont promis de passer à l’action.Québec entend en effet «régler à très court terme» deux «préoccupations majeures» qui ont fait l’objet de griefs.D’abord, les cinq avocats qui ne disposaient pas d'un bureau s’en feront attribuer un.Ensuite, les mesures de sécurité auxquelles les avocats du BLACO ont droit seront revues à la hausse.«Cette rencontre a été salvatrice.Devant la bonne foi apparente du gouvernement, on suspend les demandes de réaffectation.On a évité la catastrophe», a lancé le président de l'Association des substituts du procureur général du Québec, Denis Pilon.Les autres points litigieux (dont le paiement des heures supplémentaires ainsi que le manque de personnel de soutien et d’équipement informatique) seront quant à eux réglés plus tard.«Tout le monde entend laisser le temps à la négociation de faire ses preuves», a dit Mr Giauque.Denis Pilon estime quant à lui qu’il faut «donner la chance au coureur».Il y a pourtant une semaine, les avocats du BLACO, dont Madeleine Giauque, dénonçaient sans ambages le «manque de respect» et «l'indifférence» de l'Etat.«Le gouvernement a reconnu les problèmes qu'on vit alors que, hier, le ministre de la Justice ne reconnaissait même pas ces problèmes», a expliqué Denis Pilon pour justifier le soudain changement d'attitude des procureurs.le ministre de la Justice, Jacques Dupuis, s'est dit heureux du dénouement de la rencontre.«Cette rencontre a servi à ce que les gens se comprennent.Il va y avoir une suite heureuse pour les procureurs de la Couronne.C'est clair qu'on a la volonté de nous entendre avec eux», a-t-il affirmé lors d'un point de presse hier.Jacques Dupuis aurait préféré que les procureurs du BLACO fassent valoir leurs récriminations devant le comité paritaire créé à la suite de la signature de la dernière convention collective, en avril dernier.«Il y a une impatience qui s’est manifestée, et on en a tenu compte», a laissé tomber M.Dupuis.I.a prochaine rencontre du comité paritaire est prévue le 2 novembre et servira à discuter de l'ensemble du dossier.Le Devoir Kingsley veut changer les règles du jeu Pour la troisième fois, Elections Canada demande de dépolitiser la nomination des directeurs de scrutin.Uopposition est d’accord.ALEC CASTONGUAY Ottawa — Les directeurs de scrutin aux élections fédérales, soit les plus hauts fonctionnaires responsables d’un comté lors d’élections, pourraient bientôt être nommés par Élections Canada et non plus de façon partisane par le parti politique au pouvoir, comme c’est le cas à l’heure actuelle.Plusieurs abus et erreurs qui se répètent à chaque scrutin pourraient ainsi être évités.Le Devoir a appris que le directeur général des élections du Canada, Jean-Pierre Kingsley, rendra publics aujourd’hui son rapport et ses recommandations à la suite du scrutin de juin dernier et que le cœur de son plaidoyer portera sur cette question.De plus, le Parti conservateur, le Bloc québécois et le NPD se disent d’accord pour revoir le processus de nomination des directeurs de scrutin et appuieront la demande de M.Kingsley.A l’heure actuelle, la personne qui dirige le scrutin dans un comté doit son poste au bon vouloir du gouvernement, qui assigne les responsables de son choix.On n’exige ni entrevue, ni examen, ni vérification de la compétence du directeur de scrutin, même si celui-ci doit appliquer une loi électorale assez complexe.Élections Canada n’a pas un seul mot à dire à propos du choix des directeurs de scrutin et ne peut pas les démettre de leurs fonctions, sauf dans des cas extrêmes, dont ne font pas partie l’incompétence et le parti pris flagrant en faveur d’une formation politique.Chaque lendemain dç scrutin, c’est donc une liste d’abus et d’erreurs qu’Élecüons Canada doit établir.Un exemple au hasard: cet organisme a déjà dû composer avec une directrice de scrutin qui était la sœur du président libéral du comté.Les autres partis politiques avaient alors noté un zèle bien appuyé à vérifier les noms et les coordonnées des électeurs identifiés aux partis opposés aux libéraux.Aujourd’hui, Jean-Pierre Kingsley répétera qu’il veut revoir ce processus 4e sélection afin que les nominations soient faites par Élections Canada à la suite de tests objectifs, une demande qu’il a déjà formulée à deux reprises, soit après les élections de 1997 et de 2000.D’ailleurs, en 2000, M.Kingsley avait expliqué l’importance de sa recommandation sans faire de détour.«En raison de l’importance de ce rôle [de directeur du scrutin], des candidats ont signalé par le passé que le contrôle des nominations parle parti au pouvoir donnait lieu à des impressions de partialité.» Il avait aussi souligné q\ï«il ne s’agit pas de préoccupations mineures.Le directeur de scrutin joue un rôle primordial.Il est le plus important fonctionnaire électoral de la circonscription.L’efficience et l’efficacité de l’appareil électoral dans la circonscription dépendent des connaissances, des compétences opérationnelles et de l’impartialité du titulaire».ARCHIVES LE DEVOIR J,ean-Pierre Kingsley demandera aujourd’hui à ce que les directeurs de scrutin soient nommés par Élections Canada en fonction de critères de compétence.Les élections de juin dernier n’auraient d’ailleurs pas fait exception au chapitre des problèmes, selon Michel Gauthier, député du Bloc et leader parlementaire du parti.«Je suis en train de faire me tournée du Québec et les gens me parlent beaucoup de l’amateurisme absolument abracadabrant avec lequel les directeurs de scrutin se sont acquittés de leur tâche, a-t-il lancé.Ça, c’est quand il n’y a pas eu des gestes carrément partisans.Cen’estpas digne d’une démocratie quand la personne en charge de l’élection est un ami du gouvernement!» Michel Gauthier demande au gouvernement de prendre exemple sur le Québec, où les directeurs de scrutin au niveau provincial sont nommés par le directeur général des élections et non par le parti au pouvoir.En fait, cinq autres provinces imitent le Québec en ce domaine, dont la Colombie-Britannique.Le Bloc ne sera pas le seul à appuyer Jean-Pierre Kingsley puisque, selon les informations obtenues, les conservateurs et le NPD vont aussi emboîter le pas et demander une révision de ce processus de nomination.«Ça fait partie du dossier de la réforme électorale qu’on veut aborder», a expliqué Karl Bélanger, attaché de presse du chef néo-démocrate Jack Layton.«Cest très parti- san actuellement, et ça cause bien des problèmes.» Les principaux organisateurs électoraux de tous les partis ont d’ailleurs rencontré Jean-Pierre Kingsley au cours des dernières semaines.Les partis d’opposition, majoritaires à la Chambre des communes, doivent bientôt élaborer une stratégie pour faire changer ce processus conformément aux souhaits de M.Kingsley.La première étape sera l’audition, mardi, du directeur général des élections devant le Comité des procédures et des affaires de la Chambre, qui devra ensuite ajouter la modification du processus de nomination à sa liste de tâches.Le Bloc a d’ailleurs placé ce changement au top-10 de ses priorités législatives, dévoilée?hier.La nomination des directeurs de scrutin par Élections Canada sera présentée comme un projet de loi par le Bloc, qui entend aussi pousser le gouvernement à prendre position entre autres sur une loi anti-briseurs de grève, sur le maintien de la gestion de l’offre dans le secteur de l’agriculture, sur une caisse autonome d’assurance-emploi et sur la création d’une politique aéronautique.Le Devoir $ McGill /()() years of music ans de musique Cjpulo 402 -HOMMf Depuis 11)77 Vestons griffés importés d’klk 299 Collection automne-hiver Tissus signés - Cerruti 1881 • Zegna « Marzotto ¦ Zignone, etc.1118, ru* Saint*-Catharine Ouest 2* étage, Montréal • (514) 861-3634 Heurei d'ouverture : Lun.au ven.10 h à 18 h .Sam.10 h à 16 h Joni Mitchell à la Faculté de Musique Le 27 octobre 2004 Colloque 10 h à 18 h Salle Redpath Exploring the Music and the Art of Joni Mitchell Collation des grades Remise d’un Doctorat en musique honoris causa 20 h Salle Pollack, Faculté de musique Informtion :(S14| 39S S14S ou www.mcgill.ca/music/eventi/concertt Guichet!: (514) 398 4547 LE DEVOIR.LE JEUDI 21 OCTOBRE 2004 LES ACTUALITES Un conseiller municipal accusé d’agression sexuelle sur un mineur ANTOINE ROBITAILLE Accusé d’agression sexuelle et d’attouchements sur un mineur hier, Laurent Dugas, conseiller municipal de Verdun et leader de la majorité à l’hôtel de ville de Montréal, a démissionné de son poste ainsi que du parti du maire Gérald Tremblay, l’Union des citoyens de l’île de Montréal (UCIM).Il siégera désormais comme indépendant L’annonce a causé tout un choc dans le milieu municipal puisque M.Dugas était en quelque sorte une étoile montante au sein de l’UCIM.Il avait accédé au poste de leader en janvier 2004 après avoir occupé celui de maire suppléant, et Gérald Tremblay lui avait récemment confié le délicat dossier de la réforme électorale de Montréal, où il plaidait en faveur de l’élimination des district électoraux.M.Dugas, âgé de 57 ans, devait comparaître en cour hier, mais c'est son avocat, Giuseppe Batista, qui l’a représenté.Il n’a enregistré aucun plaidoyer.Son dossier reviendra devant la cour le 11 janvier 2005.Les faits reprochés auraient été commis en octobre 2003 sur F.-LB., initiales qu’on trouve dans l’acte d’accusation, un adolescent «en situation de dépendance» à l’égard de M.Dugas ou vis-à-vis duquel ce dernier se trouvait «en situation d’autorité ou de confiance».Directeur d’école Retraité du monde de l’éducation depuis un an, M.Dugas a été directeur de l’école secondaire Monseigneur-Richard de 1996 à 2003, une institution de l’île des Sœurs où il a enseigné les mathématiques et été animateur de la vie étudiante pendant plus de 25 ans.Comme on peut le lire sur le site Internet de l’UCIM, M.Dugas a été élu une première fois conseiller de l’ancienne ville de Verdun en 1985, où il a occupé le poste de président de la Commission des sports, des loisirs et de la culture pendant dix ans.Il s’est de plus engagé auprès de nombreux organismes de Verdun et dans l’organisation de plusieurs événements.Il a entre autres été vice-président du Rendez-vous mondial des cerfs-volants et, plus récemment, de l’événement Berges et ballons en fête.Pas de commentaires Le maire Gérald Tremblay a totalement refusé de commenter cette affaire.Hier après-midi, le service de sécurité de l’hôtel de ville a même fait barrage aux journalistes qui cherchaient à parler au maire, alors en réunion du comité exécutif.Le directeur de l’administration et des communications au cabinet du maire, Richard Thériault, s’est finalement adressé aux médias pour dire que M.Dugas démissionnait pour des raisons «personnelles».C’est Claude Trudel, un conseiller associé au maire, qui remplacera M.Dugas au poste de leader de la majorité et héritera de tous ses dossiers, y compris celui de la réforme électorale.Le Devoir Protocole de Kyoto L’ex-ministre Anderson critique Martin DENNIS BUECKEKT Ottawa — Le programme canadien de réduction des gaz à effet de serre de 3,6 milliards est contrecarré par des ministres qui agissent comme des lobbyistes pour l’industrie et par le manque de leadership du premier ministre, déplore l’ex-ministre de l’Environnement David Anderson.Dans une critique cinglante de la façon dont Ottawa s’y prend pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto sur la lutte aux changements climatiques, M.Anderson reproche au gouvernement de subventionner des usines d’automobiles alors que les manufacturiers d’automobiles résistent aux exigences fédérales en matière de rendement énergétique du carburant Dans une entrevue à la Presse canadienne, M.Anderson dit trouver inacceptable que le gouvernement dépense des milliards de dollars pour la lutte aux changements climatiques pendant que les gaz à effet de serre continuent d’augmenter.«Le problème avec le gouvernement canadien, c’est que nous ne parions pas d’une voix cohérente, nous n’avons pas de leadership cohérent.» «Nous avons environ une demi-douzaine de minis- tères qui sont connus pour être les porte-parole de secteurs industriels, qui agissent comme des lobbyistes pour le compte de secteurs industriels.» M.Anderson n’a pas précisé à quels ministères il pensait, mais il existe une longue histoire de conflits entre les Ressources naturelles, le ministère responsable de l’énergie, et Environnement Canada.Tout récemment, les Ressources naturelles ont écarté la proposition du ministre de l’Environnement, Stéphane Dion, qui suggérait que le Canada se dote de règlements rigoureux sur les émissions des véhicules, analogues à ceux en rigueur en Californie.M.Dion est revenu sur ses positions depuis, en disant qu’il appuie l’orientation prise par le ministre des Ressources naturelles, John Efford, soit de mettre l’accent sur les efforts volontaires de l'industrie.Quand Paul Martin est devenu premier ministre, il a déclaré que le Canada avait besoin d’un plan clair pour atteindre les objectifs de l’Accord de Kyoto.Mais rien ne laisse croire qu’un tel plan soit sur la table à dessin.Presse canadienne GALA KEVIN HARRISON 2004 AU PROFIT DE MIS Dystrophie musculaireCanada ; Oystniptu p.«m .muscufafrtwnada De gauche à droite rangée en avant : Guy Phaneuf, Chantal Michaud, Pascal Brouillard.Carole Gagné-Gervais, directnce pour le Québec de Dystrophie musculaire Canada.Normand Brathwaite, Caroline Michaud, Nadia Michael, Annie Dufresne, Ronald Nicol Rangée demère Sébastien Deniger, Michael Ross, président d'honneur du Gala, Jean Clément Drolet, Caroline Beaudoin, Guy Rochette.Absents sur la photo : Michèle Boutet, Sophie Brochu, Catherine Boivin, Gilles Laramée, Claude Fortin, Jean Voisard Une soirée fort réussie qui a permis d'amasser la somme de 318 420 $ grâce aux efforts conjugués des membres du comité organisateur, du porte-parole de Dystrophie musculaire Canada - bureau du Québec, M.Normand Brathwaite et des commanditaires.Un grand merci à tous! Merci à nos commanditaires : iT'-VJL’.l Québec LE DEVOIR AIR CANADA ® HSBC Votr» banque, partout dane la monda -mm Hydro-Québec devrait intégrer réoüen à ses barrages Des spécialistes évoquent les avantages du mariage des deux formes d'énergie LOUIS-GILLES FRANCŒUR Il faut désormais concevoir les prochains barrages d’Hydro-Québec en fonction du potentiel éolien de leur région d’accueil de façon à optimiser les équipements de transformation et de transport dont on les dotera.C’est ce qu’ont affirmé, à l’issue du 20f congrès de l’Association canadienne de l’énergie éolienne (ACEE), des spécialistes du couplage éolien-hydroélectrique, qui estiment que cette révision de la conception traditionnelle des barrages «multiannuels» exigerait des réservoirs moins grands dont on pourrait néanmoins tirer davantage de puissance que dans les scénarios traditionnels en raison du recours aux «économiseurs d’eau» que constitueraient les éoliennes, ce qui permettrait de remplir et de rider plus rapidement de plus petits réservoirs.Selon Gaétan, Lafrance, chercheur à l'INRS-Énergie, «ce n’est pas une idée nouvelle de concevoir les barrages en fonction de l’éolien».Déjà, raconte-t-il, un important chercheur de l’IREQ, Bernard Saulnier, «invitait Hydro-Québec dans les années 80 à intégrer les deux formes d’énergie dans la conception des barrages, et ce, en prévision de l’essor de l’éolien», qu’il prévoyait dans une ou deux décennies.Mais ce visionnaire n’a pas été écouté.Trois scénarios de base sont possibles.D’abord, les barrages existants peuvent emmagasiner l’énergie éolienne si on les ferme quand le vent souffle dans la région et que les électrons éoliens remplissent en tout ou en partie les lignes de transmission.On peut ressortir cette énergie emmagasinée plus tard, souvent avec une plus-value.Un deuxième scénario exige un niveau plus poussé d’intégration.Il s’agit de répartir de puissantes éoliennes autour des barrages existants afin de profiter de la vélocité et de la constance des vents qui se développent Un troisième scénario, que les spécialistes appellent «inland offshore», soit de la production marine dans les eaux ARCHIVES REUTERS intérieures, exigerait de prévoir la présence d’éoliennes à la surface du futur réservoir hydroélectrique, des machines dont on construirait les piliers et les éléments de transmission bien au sec sur le terrain, avant la mise en eau du barrage.Depuis quelques années, explique M.Lafrance, Hydro-Québec a suréquipé ou surutilisé plusieurs barrages, de sorte que leurs niveaux d’eau ont rapidement baissé.On pourrait en tirer autant de puissance et d’énergie, et avec une plus grande marge de sécurité, ajoute le chercheur, si on les construisait plus petits qu’à l’heure actuelle et si leurs équipements de production étaient couplés à des éoliennes.Fermés quand le vent souffle, ces barrages pourraient être équipés de turbines plus puissantes que celles qu’on aurait installées dans un scénario hydraulique classique puisque ce type de barrage se remplirait plus rite.Dans 15 ans, donne Gaétan Lafrance en guise d’exemple, on pourrait refaire le complexe Grande-Baleine, mais en version plus petite, en appui à une production régionale d’énergie éolienne de grande puissance, installée précisément sur ce qui apparaît comme étant le plus important gisement éolien du Québec.Pour déterminer l’intérêt réel de ces «centrales hydroéoliennes», précise Alain Fordone, de l’IREQ, il faudrait déterminer le coût de base de l’éolien «comme économiseur d’eau» et faire le compte des coûts et avantages de ces complexes de l’avenir.L’idée lui semble d’autant plus intéressante aujourd’hui, dit-il, qu’au chapitre des coûts, la production éolienne rivalise désormais avec les autres formes d’énergie.Pour Steven Guilbeault, de Greenpeace, ces scénarios sont d’autant plus intéressants qu’il n’y aurait à peu près pas de conflit d’usage autour des grands réservoirs si on y intégrait une forte production éolienne, y compris si on y intégrait du «inland offshore», soit de la production à la surface des eaux intérieures.D donne l'exemple de la Mauricie, où l’inventaire des vents, réalisé par Hé-limax dans le cadre de l’audience du Suroît, a démontré qu’il y aurait autour des réservoirs d’Hydro quelque 1000 MW d’énergie éolienne, dont 240 MW à des vents de neuf mètres-seconde, les plus productifs qui soient «Et toutes les infrastructures sont là: routes, lignes de transmission, postes de transformation», ajoute M.Guilbeault, qui voudrait bien qu’Hydro débatte de ces scénarios aux audiences sur les deux prochains barrages de cette région, à la chute Allard et au rapide des Cœurs.Le Devoir LES GRANDS PRIX QUÉBÉCOIS bjuu DE LA QUALITÉ Cri GRANDS PRIX QUÉBÉCOIS DE LA QUALITÉ fl fi "T/L-^ù -m L'usine Paccar de Sainte-Thérèse L'Ordre des comptables en a remporté un Grand Prix dans la catégorie management accrédités du Québec Grande entreprise manufacturière, (CMA) a remporté un Grand Prix dans la établissement ou filiale de grande entreprise catégorie PME de services indépendante * M François RenauM, présiCent-dreclcur général et M™ Josée Ve La Durantaye.présidente du Bureau de l'Ordre des CMA; AfM Monique Gagnon Tremblay, vice-premiére ministre et ministre des Ftelatims intematkmaies du Québec: M.Gilles Gênais, directeur de l'usine Paccar de Sainte-Tbérésc.GRANDE MENTION La Banque Nationale du Canada a remporté une Grande Mention dans la catégorie Grande entreprise de services, établissement ou filiale de grande entreprise MENTION Une mention a été décernée à l'usine Relizon de Drummondville dans la catégorie Grande entreprise manufacturière, établissement ou filiale de grande entreprise M Bruno-Marte Bécttard président du jury de sélection et recteur de l'Université de Sherbrooke, M Michel Tremblay, premier mee-presrdent, secteur Particuliers et Gestion du patrimoine et M Pierre DubreuH, premier vice-président Grand Montréal et Sud du Québec, Banque Nationale du Canada Pour tout renseignement : (SI4) 874-9833, poste 228 M Jean-Pierre Giardeau.président.Alcoa Canada Première lésion et coprésident du Conseil des gouverneurs du Mouvement québécois de la qualité.M.Michel Savant, directeur de / 'usine Bd don de Drummondville, et M” Isabelle Courtine, présidente.Groupe Grandes entreprises.Bet Canada et coprésidente du Conseil des gouvemettrs du Mouvement québécois de la qualité.Les partenaires suivants ont rendu possible la présentation de l’Événement qualité te 30 septembre dentier, au Palais des congrès de Montréal: K MtnnrëMpNT qUCMOOM.I* ia ÇtiAim QuébecSS ALCOA tlÊ Nxnoûu i*c _______ La prevention, .Q PnHaWMtMf c LE DEVOIR LE JEUDI OCTOBRE 2 0 0 4 LE MONDE Bush et Kerry s’invectivent Bill Clinton repart en campagne Kerry profitera de la popularité de l’ancien président pour tenter une percée LARRY DOWNING REUTKRS George W.Bush a fait campagne à Eau Claire dans l’État du Wisconsin, hier.(il HOME MM*** & ^ STRONGER, CARE suspend ses activités en Irak Les raids américains sur Fallouja font des victimes parmi les civils Bill Clinton, convalescent après une opération du cœur, reviendra dans la campagne électorale pour un meeting lundi prochain avec John Kerry, qui se verrait bien profiter de l’immense popularité de l’ex-président auprès des démocrates.Dans une lettre envoyée hier aux supporteurs de Kerry, Bill Clinton lui-même a d’ores et déjà appelé à la mobilisation et aux dons au Parti démocrate pour la dernière ligne droite.«Avec un tel enjeu et si peu de temps devant nous, je ne pouvais laisser passer un moment aussi critique sans personnellement en appeler à vous pour agir, écrit-il.L'avenir de notre pays, rien de moins, est en jeu.Cest le moment pour chaque démocrate de se regarder dans le miroir et de se demander: que puis-je faire de plus pour aider?» «Allons-y.Utilisons ces derniers jours de campagne pour remporter la victoire, qui est à portée de main, et assurer l’avenir que nous souhaitons pour nos enfants.Je compte sur vous», conclut l’ex-pré-sident, passé maître dans l’art de galvaniser les foules démocrates.L’ex-chef d’État, qui avait enflammé la convention démocrate de Boston en juillet, devait participer activement à la campagne, mais ses plans avaient été bouleversés par ses soudains problèmes cardiaques.Son retour devrait en tout cas encourager les démocrates à la recherche d’une percée dans les Etats indécis.Il pourrait jouer notamment auprès de la communauté noire, au sein de laquelle l’ex-président était très populaire.Selon un sondage publié mardi par le Joint Center for Political and Economie Studies, John Kerry ne réunit que 69 % des intentions de vote des Noirs, loin des 90 % qui avaient voté pour son prédécesseur Al Gore en 2000.Des attaques Moins de deux semaines avant que les électeurs américains ne choisissent leur prochain président, le démocrate John Kerry a Nucléaire L’Iran rencontre le trio européen Téhéran — L’Iran est prêt à fournir à la communauté internationale la preuve qu’il ne cherche pas à acquérir l’arme atomique à condition que l’Occident reconnaisse à Téhéran le droit à la technologie nucléaire civile, a déclaré hier le président iranien Mohammad Khatami.Des responsables iraniens doivent rencontrer aujourd’hui à Vienne des diplomates britanniques, allemands et français pour ce qui est considéré comme une réunion de la dernière chance.Ces derniers tenteront de convaincre Téhéran d’interrompre son programme d'enrichissement d’uranium, au risque, sinon, de voir le dossier transmis au Conseil de sécurité des Nation?unies, comme le souhaitent les États-Unis.«Nous sommes prêts à montrer au monde que nous ne recherchons pas d’armes nucléaires, et je pense que le seul moyen de le faire est d'arriver à un accord par le dialogue», a déclaré Khatami aux journalistes.L’Iran se dit en effet ouvert à des négociations mais affirme ne pas vouloir renoncer à l’enrichissement de ruranium, un processus qui peut servir à fabriquer du combustible pour les réacteurs nucléaires ou des composants entrant dans l’élaboration de bombes atomiques.En échange d’une promesse d’abandon par Téhéran de son programme d’enrichissement d’uranium, le «trio» européen pourrait notamment proposer son soutien à la construction d’un réacteur nucléaire à l’eau ordinaire, indique-t-on de sources américaines et européennes.Gholamreza Aghazadeh, qui dirige l’Organisation pour l’énergie atomique iranienne, a déclaré que l’Iran avait déjà soumis sa propre proposition aux Européens pour résoudre la crise.«Nous attendons leur réaction», a-t-il dit Les experts ne s’attendent pas à la tenue de négociations longues et difficiles aujourd'hui puisque la délégation iranienne devrait simplement recevoir la proposition européenne et rentrer l'étudier en Iran.Reuters une nouvelle fois martelé son leitmotiv hier, selon lequel la politique du président George W.Çush en Irak isole et affaiblit les États-Unis.«Ce président aime à dire qu’il est le chef», a déclaré M.Kerry lors d’un discours à Waterloo, dans l’Iowa, un de ces États incertains qui risquent de faire pencher la balance.«M.le président, regardes derrière vous.- il n’y a personne! Pour être un chef, encore faut-il que l’on vous suive!» John Kerry a ajouté que les dirigeants américains doivent cesser de traiter le reste du monde avec «mépris», ce qui incite les autres pays à refuser tout rôle dans la sécurité de l’Irak et sa reconstruction.Il a aussi réitéré sa conviction que la politique menée depuis quatre ans par la Maison-Blanche a, affaibli et non pas renforcé les États-Unis face au terrorisme.M.Bush faisait lui aussi campagne dans l’Iowa, à Mason City, petite zone rurale où il a dénoncé «l’incompréhension fondamentale» de son adversaire.«Le prochain commandant en chef doit nous mener à la victoire dans cette guerre, étonné peut pas gagner une guerre quand on n’est pas convaincu qu’on en livre une.» Pour le président sortant, en Irak ou ailleurs, il s’agit bien d’une seule et même guerre contre le terrorisme.Les deux candidats font le forcing pour conquérir les indécis.Pour Mike McCurry, l’un des principaux collaborateurs de John Kerry, cet effort de conviction doit porter sur l’Irak car il s’agit de l’erreur prinqpale de l'administration actuelle.A ses yeux, les indécis «sont de plus en plus convaincus que le président Bush ne mérite pas d’être réélu et en arrivent au point où ils peuvent envisager de voir en John Kerry leur prochain président».Ce n’est évidemment pas du tout l’avis du camp adverse.Le vice-président Dick Cheney a de nouveau émis de sérieux doutes sur la capacité du candidat démocrate à affronter les questions de Nouveau commandement de PISAF Bruxelles — La Turquie, l’Italie, le Royaume-Uni et l’Espagne prendront à tour de rôle, à partir de février 2005 et jusqu’en 2007, le commandement de l’état-major de la Force internationale d’assistance à la sécurité (ISAF) en Afghanistan, a-t-on appris hier auprès d’un responsable de l’OTAN.Ces rotations, d’une durée de sk à huit mois en général, ont fait l’objet d’un accord de principe au sein du Comité militaire de l’OTAN, la plus haute instance militaire de l’Alliance atlantique, a-t-on précisé de même source.- Reuters Liban : Hariri démissionne Beyrouth — Le premier ministre libanais Rafic Hariri a présenté hier sa démission au président John Kerry a serré des mains l’Iowa.sécurité nationale et à prendre les bonnes décisions.Face à ces attaques frontales, le candidat démocrate à la vice-présidence, John Edwards, a accusé les républicains d’essayer de semer la terreur dans la population.Émile Lahoud, qui l’a acceptée, et a annoncé qu’il n’était pas candidat à sa propre succession.La démission de M.Hariri, au pouvoir depuis 1992 sauf pendant la période 1998-2000, constitue une reconnaissance de sa part que ses efforts pour former un gouvernement d’union nationale ou un cabinet restreint de technocrates n'ont pas abouti.-AFP Les Kosovars aux urnes Bruxelles — Le chef de la diplomatie européenne Javier Solana a exhorté hier les Kosovars à se rendre samedi aux urnes à l’occasion des élections générales organisées dans la province administrée par l’ONU mais qui sont loin de faire runanimité auprès de la communauté serbe.«La bonne tenue d’élections libres et transparentes permettant la mise en place d’un gouvernement effectif et représentatif est fondamentale pour rapprocher le Kosovo de BRIAN SNVDER REUTERS hier à Waterloo dans l’État de Cependant, a-t-il souligné, «tandis qu’ils mènent campagne sur la peur, nous, nous allons donner les faits».Agence France-Presse et Associated Press l’Europe», a-t-il déclaré.Mais ces élections sont très controversées en Serbie-et-Monténégro.Considérant que la sécurité des Serbes du Kosovo n’est pas assurée, le gouvernement Kostunica a refusé de cautionner le scrutin.- Reuters Vive le roi ! Phnom Penh — Le nouveau roi du Cambodge, Norodom Sihamoni, et son père, l’anden monarque Norodom Sihanouk, sont rentrés hier à Phnom Penh, où doit avoir lieu le 29 octobre la cérémonie du couronnement de Sihamoni.Des centaines de dignitaires, dont le premier ministre Hun Sen, étaient présents à l’aéroport pour accueillir les deux hommes.Signe de ce que devrait être l’ordre des choses dans les prochaines semaines, Sihanouk montrait à son fils la voie à suivre au milieu de cette foule.L’ancien roi a contredit les rumeurs en affirmant qu’il ne se retirerait pas dans la province reculée de Siem Reap, à l’ombre des temples d'Angkor.- Reuters Des raids aériens américains sur Fallouja ont provoqué hier la mort de six membres d'une même famille, ensevelis sous les décombres de leur maison, tandis que l'organisation caritative CAKE International, dont la responsable en Irak a été enlevée mardi, aimoir çait la suspension de ses opérations dans le pays.Selon des habitants de ce bastion de la résistance sunnite, situé à 50 kilomètres à l’ouest de Bagdad, les raids aériens américains tuent régulièrement des civils et détruisent de nombreuses maisons.L’armée américaine affirme de son côté que les frappes menées dans la nuit de mardi à lüer visaient précisément des positions des partisans de l’activiste jordanien Abou Moussab al-Zarqaoui, retranché, selon elle, dans la ville.L’état-major américain a en outre annoncé avoir détruit un poste de commandement rebelle au cours d'un nouveau raid mené hier soir.Quelques heures après ces bombardements, des oulémas et des personnalités politiques sunnites d'Irak, réunis à Bagdad, ont appelé à boycotter les élections de janvier prochain si l’opération militaire d’envergure menée contre Fallouja de-vaif se poursuivre.A Samarra, dans le nord du pays, au moins huit civils ont été tués et 12 autres blessés dans de violents affrontements, rapporte-t-on de sources hospitalières et policières.Des témoins affirment qu’un couvre-feu a été mis en place dans la ville par les forces américaines, qui recommandent aux habitants de rester chez eux la nuit CARE se retire Quelques heures après l’enlèvement de Margaret Hassan, sa responsable en Irak, l'ONG CARE International a annoncé qu’elle suspendait ses opérations dans le pays.Robert Classer, directeur exécutif de l’ONG en Australie, a précisé que l’organisation faisait tout ce qui était en son pouvoir pour obtenir la libération de son employée, qui possède la double nationalité irakienne et britannique.Aucune communication n’a semble-t-il été établie avec les ravisseurs.De nombreux étrangers ont été pris en otages depuis le début de la vague d’enlèvements, en avril dernier, et on estime qu’au moins 35 d’entre eux ont été exécutés, la plupart par décapitation.Mais hier, deux employés égyptiens d’une compagnie de téléphonie mobile, enlevés le mois dernier dans leur bureau d’une banlieue de Bagdad, ont été libérés.Chamil Hanafi, porte-parole de la société Iraqna, a précisé que le Djamaa at Taouhid wa Djihad (Unicité divine et guerre sainte), La princesse Tokyo — L’impératrice du Japon, Michiko, a exprimé hier sa sympathie à sa belle-fille, la princesse Masako, déprimée par le carcan des traditions de la cour, mais l’a aussi incitée à assumer sa «lourde responsabilité» d’héritière du trône.A l'occasion de son 70" anniversaire, Michiko, la première roturière de l’histoire du pays à devenir impératrice, a déclaré qu’elle était attristée par le désarroi de Masako mais l’a rappelée, de manière à peine voilée, à ses devoirs de princesse, «Quand un membre d'une famille groupe dirige par Zarqaoui, avait joué le rôle de médiateur.Blair tergiverse A Londres, devant les Communes, le premier ministre Tony Blair a dit s’attendre à une flambée de violence en Irak à l’approche des élections de janvier, ajoutant qu’il n'avait pas encore pris de décision sur un éventuel redéploiement des troupes britanniques sur le terrain.Les Etats-Unis ont demandé à la (îrande-Bretagne de redéployer ses troupes dans des zones instables de l’Irak, notanunent au sud de Bagdad, pour soulager les forces américaines occupées sur le front de Fallouja De nombreux responsables ont demandé un vote préalable à toute décision du gouvernement, au sein duquel plusieurs ministres ont eux-mêmes exclu l’éventualité d’un redéploiement.Certains hommes politiques ont accusé Blair d’avoir déjà donné son accord à Washington pour aider le président George W.Bush à moins de deux semaines des élections américaines.Abou Ghraïb l’ar ailleurs, le sergent Ivan Frederick a plaidé coupable lüer à l’ouverture du procès en cour martiale de trois membres de la police militaire américaine, inculpés pour des sévices commis sur des prisonniers dans la prison d’Abou Ghraïb.Le sous-officier a reconnu avoir tenté d’humilier des détenus afin de les conditionner avant leur interrogatoire, notamment en forçant certains d’entre eux à se masturber et en photographiant un groupe de prisonniers nus.Le sergent Frederick, le plus haut gradé des trois soldats inculpés dans cette affaire, comparaît sous étroite surveillance sur la base militaire de Victory Camp, à Bagdad.Le sergent J a val Davis et le première classe Charles Graner seront entendus avant la fin de la semaine.Sur le plan diplomatique, la présidence égyptienne a annoncé que la conférence internationale sur l’Irak se tiendrait finalement les 22 et 23 novembre à Charm el-Cheikh, en Égypte.Selon le secrétaire d’État adjoint américain chargé du Proche-Orient, William Burns, la conférence traitera «de la façon de mettre en application la résolution 1546 du Conseil de sécurité de l’ONU pour permettre aux Irakiens de contrôler la situation dans leur pays, avec l’aide de l’ONU, et de tenir dés élections prévues début janvier 21X>5».Aucun parti ni organisation irakiens ne participeront à la conférence.est déprimée souffre, c'est une source de tristesse pour toute la famille», a-t-elle dit dans un communiqué.«Tous les membres de la famille, et pas seulement moi, espèrent le rétablissement de la princesse et veulent être là pour l'aider.» Masako, diplômée de Harvard et âgée de 40 ans, n’a pas participé à la moindre cérémonie officielle depuis décembre dernier.Promise à une brillante carrière de diplomate, elle avait renoncé à ses ambitions en 1993 pour épouser le prince héritier Naruhito.- Reuters Accusé de fomenter des troubles depuis l’Afrique du Sud Aristide accuse le premier ministre haïtien d’être un tueur Pretoria — Le président haïtien déchu Jean-Bertrand Aristide a qualifié hier de «tueur» le premier ministre Gérard Latortue, qui l’a accusé de fomenter des troubles dans son pays depuis l’Afrique du Sud, et il a estimé que celui-ci cherchait «un bouc émissaire» pour les violences en Haiti.«Latortue a dépassé les limites.Il a déchaîné un nouveau torrent de répression en Haïti et cherche à présent un bouc émissaire.Il tente de dissimuler ses propres actions criminelles avec des mensonges», a déclaré M.Aristide dans un communiqué publié à Pretoria, où il vit en exil.«Gérard Latortue a reconnu qu’il est un tueur», a-t-il ajouté en affirmant qu’après la répression d’une manifestation le 1" octobre en Haiti, le premier ministre avait déclaré à la radio: «Nous leur avons tiré dessus Certains sont morts, d’autres blessés, et d’autres ont fui.» «Latortue, arrêtez les mensonges, arrêtez les tueries», a ajouté M.Aristide en estimant qu’un «véritable dialogue est la seule solution» et que «la violence et le meurtre ne sont pas la réponse» à la crise actuelle en Haiti.M.Latortue avait reproché lundi au président sud-africain Thabo Mbeki de permettre à M.Aristide de fomenter des troubles en Haiti.«M.Mbeki ne respecte pas le droit international, avait-il déclaré à la BBC.Aucun président respectable n'accepterait que quelqu’un sur son territoire organise la violence dans un autre pays.» Le gouvernement sud-africain avait vivement dénoncé ces propos, rejetant «avec mépris les attaques sur l’intégrité du président Mbeki» et «l'insinuation selon laquelle son pays serait utilisé comme une base par le président Jean-Bertrand Aristide pour déstabiliser Haïti par des moyens violents».Port-au-Prince sort de deux semaines de violences qui ont fait une trentaine de morts, attribués à des partisans armés du président déchu qui réclament son retour.Contraint de quitter son pays le 29 février dernier, l’ancien président haïtien est arrivé le 31 mai en Afrique du Sud accompagné de son épouse et de ses deux filles après des escales en République centrafricaine et en Jamaïque.Il avait été accueilli en personne par le président sud-africain Thabo Mbeki à l’aéroport de Johannesburg.L’Afrique du Sud a expliqué avoir accepté de l’accueillir jusqu'à ce que la situation se stabilise en Haiti.Agence France-Presse EN BREF Deux otages égyptiens enlevés le mois dernier ont été libérés hier Agence France-Presse et Reuters OMAR KHODOR REUTERS Des résidents de Fallouja fouillent les décombres d’une maison détriote par les forces américaines. A 6 LE DEVOIR.LE JEUDI 21 OCTOBRE 2004 EDITORIAL La chasse aux votes Plus la date de la finale opposant le républicain George W.Bush au démocrate John Kerry approche, plus la certitude que ce scrutin sera l’objet de nombreuses contestations juridiques se confirme.À preuve, le 2 novembre n’est pas encore passé à l’histoire que déjà les plaintes s’accumulent De fait, il est probable que l’inventaire des votes prendra plusieurs jours, voire des semaines.A Serge Truffaut vant toute chose, on se rappellera qu’aux Etats-Unis, il n’existe pas une seule et même loi balisant le vote des citoyens mais bel et bien autant de lois qu’il y a d’Etats.En soi, ce constat en dit long sur la complexité qui entoure cet exercice démocratique.Il explique également pourquoi le nombre de mécanismes partisans, grâce aux nouvelles technologies, va croissant.Au sein des partis démocrate et républicain, cela fait des mois qu’on conçoit et peaufine des méthodes susceptibles de convaincre le contingent d’indécis qui, as-sure-t-on partout, feront pencher la balance.Aux Etats-Unis, on le sait, les états-majors des deux partis s’évertuent pendant les mois antérieurs au scrutin à récolter des sommes considérables afin de financer les messages publicitaires ainsi que toutes les opérations nécessaires à ce qu’on osera nommer la rase campagne.A la différence notable des combats précédents, celui qui se poursuit révèle que les démocrates et les républicains ont emprunté un nombre imposant de chemins de traverse dans l’espoir de convaincre le commun des mortels de rallier ce camp plutôt que l’autre.Explorons certains de ces chemins.Pour la première fois de l’histoire électorale de ce pays, des centaines d’associations dites civiques se sont impliquées.Ainsi, plusieurs organisations caritatives se sont regroupées sous le label National Voice afin de recueillir 80 millions de dollars qu’on a dépensés pour encourager les citoyens à s’inscrire sur les listes et surtout à voter Kerry.Ces 80 millions, c’est à souligner, ne sont pas comptabilisés dans les livres du Parti démocrate.Il y a plus fin, voire plus retors.L’Etat de l’Iowa a ceci de commun avec celui de la Floride que les règles fixant les modalités du vote sont les plus complexes du pays.Un mandarin du Parti républicain a mis sur pied l’offensive suivante: dans un premier temps, on a interrogé les indécis de l’Io-wa sur la santé et l’économie.Des réponses obtenues, on a dégagé les personnes qui pourraient être tentées d’accorder leur vote à Kerry.Ensuite?On a harcelé ces gens-là afin de les convaincre que l’abstention était la meilleure solution.En Floride, l’Association of Community Organizations for Reform Now a mené l’opération suivante: faire inscrire une proposition demandant une hausse du salaire minimum.Dans la foulée, les militants de cette association ont démarché les plus pauvres des Flori-diens qui s’étaient abstenus il y a quatre ans.Jusqu'à présent, cette association a convaincu 90 000 personnes de voter en faveur de cette proposition.Avec cette tactique, on aura deviné que cette organisation a la certitude que ces gens accorderont leur vote à Kerry.Restons en Floride.Secrétaire d’un Etat gouverné par le frère du président, Jeb Bush, Glenda Hood multiplie les embûches pour avantager on sait qui.Des plaintes à son endroit ont été déposées parce qu’elle a tout d’abord interdit un recomptage manuel des votes enregistrés dans des comtés qui, pour ce faire, utilisent l'informatique.Une informatique qui a montré ses défaillances cette semaine.Ensuite, elle a arrêté des mesures visant à réduire le vote des Afro-Américains dans les mêmes circonscriptions où, il y a quatre ans, on avait observé de graves distorsions.Résultat?Les poursuites se multiplient A l’évidence, la canalisation de millions de dollars en dehors des circuits conventionnels s’est traduite par un étonnant déplacement du centre de gravité du système électoral.A telle enseigne que le 2 novembre risque de se conjuguer avec la pagaille.Grave épidémie ! Jean-Robert Sansfaçon es plus récents résultats compilés par le groupe de travail sur le Clostridium difficile révèlent que 109 personnes sont décédées à cause de cette maladie dans dix hôpitaux montréalais uniquement entre janvier et juin derniers, qu'autant sont mortes d’une autre maladie aggravée par la présence de la bactérie et finalement que 33 patients ont survécu après avoir dû subir l’ablation de l’intestin.En somme, un patient sur cinq ayant développé la maladie y a laissé sa vie ou restera handicapé pour le reste de ses jours.Rappelons à titre de comparaison que l’épidémie de SRAS qui a frappé les hôpitaux to-rontois et provoqué la mise en place d’une fantastique batterie de mesures de prévention n’avait fait que 43 décès en une année.En juin dernier, les autorités de la santé publique au Québec avaient voulu rassurer la population en affirmant qu’aucune preuve ne permettait de soutenir l’hypothèse de l’apparition d’une nouvelle souche de la bactérie et en niant qu’il y avait épidémie.«On n'est pas en épidémie, affirmait le D[ Charles Frenette, membre du Comité sur les infections nosocomiales du Québec, on est en poussée, une poussée qui peut d’ailleurs être maîtrisée.» Pourtant, quelques semaines plus tard, en août, une nouvelle étude menée par le Dr Jacques Pépin, du Centre de santé universitaire de Sherbrooke, révélait qu’une centaine de personnes de la région étaient décédées des suites de la maladie sur une période de 18 mois.Cette fois-là encore, le ministre Couillard s’était fait rassurant en rappelant que toutes ces personnes n’étaient pas mortes à cause de la bactérie elle-même et que, de toute façon, des mesures avaient été mises en place pour contrôler l’évolution de la maladie dans chaque établissement du Québec.Or voilà que nous apprenons que dans certains hôpitaux, au moins une de ces mesures, la plus simple à appliquer, soit la nomination d'une infirmière responsable des infections pour chaque tranche de 130 lits, restait toujours lettre morte.Hier, l’Association des microbiologistes infectiologues a demandé au ministre d'accélérer la mise en place d’un véritable réseau dédié à la prévention des infections en milieu hospitalier.Comment se fait-il que ces médecins aient besoin de revenir ainsi à la charge malgré les résultats effarants et unanimes de toutes les études publiées au cours des derniers mois?À force de vouloir se faire rassurants, les responsables de la santé publique, dont le ministre lui-même, minimisent l'importance de l’épidémie.Ils envoient le message selon lequel on contrôle la situation, ce qui est radicalement faux.Le résultat, c’est que la direction de certains hôpitaux et leur personnel ne sont toujours pas sur un pied de guerre totale, comme cela devrait être le cas depuis des semaines.Comme à l’habitude, l’été a été calme, moins de personnes âgées étant traitées aux antibiotiques en cette période de l’année, mais l’hiver approche et la situation pourrait se détériorer rapidement.Si le mot d’ordre ministériel de lutte sans merci contre le C.difficile n’est pas plus ferme, des centaines de nos proches mourront de cette maladie pour avoir fait confiance au milieu hospitalier.Voilà qui est terriblement grave et dramatique.j rsansfaconit ledevoir.ca LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910, FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE PffC'?I® Lr ïk); ).= 2 s-.REPRISE DU 2 OCTOBRE 2004 Un grand moment de duperie Au dernier conseil national du PQ, à l’issue du débat opposant Jean-François Usée et Jonathan Valois à Robert Laplante sur la stratégie référendaire, j’ai déclaré que j’avais l’impression que nous venions de vivre un grand moment pour la démocratie! Dans son discours d’ouverture, la veille, Bernard Landry avait pris l’engagement solennel de mettre en œuvre un plan de mobilisation dont le point principal consistait à «tenir le plus tôt possible un référendum avec une question courte, simple et claire sur l’accession du Québec à la souveraineté».Donc, pas d’élection référendaire ou autre voie détournée de rupture pour mettre les Québécois devant le fait accompli d’une indépendance réalisée sans eux.C’était clair et net: le bon sens et la démocratie venaient de triompher de l’aveuglement et de l’autoritarisme.Mais je devais vite déchanter.A mon retour de Sherbrooke, les journaux m’apprenaient que, quelques heures seulement après son engagement solennel, Bernard Landry l’avait renié au cours d’une conférence de presse tenue en coulisses en se déclarant d’accord avec l’aile radicale (y compris François Legault) pour s’engager à tenir le référendum dans la première moitié du mandat d’un gouvernement péquiste.«Un référendum à tout prix - Le chef du PQ abandonne l'assurance morale préalable à une victoire», titrait Le Devoir au lendemain du conseil national.Ce revirement suicidaire ne s'explique que par l'entêtement de M.Landry à s’accrocher à son poste à tout prix.Après moi, le déluge! Cela est déjà assez triste, comme le notait Pier- LETTRES -?- re Foglia.Mais le pire est cette honteuse duperie de Scapin Landry.Une telle fourberie appelle sa démission.Marc Brière Vice président du PQ de Notre-Dame-de-Grâce Landry mobilise plus qu’il ne se radicalise Bien des théories ont été émises pour expliquer pourquoi, le 14 avril 2003, le PQ n’a pas obtenu un troisième mandat d'affilée.L’une des fuites en avant les plus répandues veut que le plus faible vote populaire du PQ depuis 1973 trouve sa source dans le fait que les abstentionnistes (les plus nombreux depuis 1927) aient pour la plupart été des péquistes.Or l’analyse rigoureuse des résultats électoraux montre plutôt que l’abstentionnisme a été uniformément réparti chez les clientèles des trois principaux partis.Toute désagréable qu’elle soit pour les péquistes, la vérité est plutôt celle-ci: beaucoup de souverainistes, démobilisés et en quête du «changement» tant recherché, ont opté pour des partis fédéralistes.L’avenir constitutionnel du Québec n’ayant à peu près pas polarisé les débats, de nombreux électeurs souverainistes qui avaient appuyé le PQ en 1998 n'ont pas perçu la souveraineté comme comptant parmi les enjeux électoraux de 2003.En définitive, le Parti québécois n’a finalement récolté que 33 % des suffrages exprimés alors que la souveraineté recueillait environ 45 % d'appuis.Outre le renouvellement de son programme, le salut du Parti québécois repose sur le rapatriement de ces souverainistes au bercail péquiste.Bernard Landry doit rapidement rebâtir la crédibilité de sa détermination souverainiste.C’est ce qu’il rient de faire avec éclat au conseil national de son parti.Oui, fixer un échéancier pour la tenue d'un prochain référendum constitue un risque.Mais les électeurs que cela rebutera ont toutes les chances d’être moins nombreux que ceux que cela remobilisera.Christian Gagnon Montréal, le 19 octobre 2004 Exclu, le partenariat Québec-ROC?Si on se fie au dernier conseil national du Parti québécois, tenu à Sherbrooke, le PQ exclura donc le partenariat avec le ROC {rest of Canada) de la question référendaire à venir à la suite de son éventuelle élection.Avant de voter, les Québécois hésitants vont vouloir savoir les choses suivantes.¦ En cas de OUI à un référendum sur la souveraineté du Québec à proprement parler, continuerons-nous à utiliser la monnaie, le passeport l’armée et les timbres canadiens ou «québédse-rons>»nous le tout?Si oui, la monnaie québécoise fluctuera-t-elle avec la monnaie canadienne ou sera-t-elle maintenue au pair?¦ Aurons-nous la double nationalité québécoise et canadienne au choix de chacun?Cela me semble être des éléments majeurs, dont rien n’a été rapporté de ce dernier conseil national du PQ.Le PQ ferait mieux de commencer tout de suite à promouvoir sa nouvelle politique parce qu’il va être difficile, dans un court laps de temps, de convaincre plus de 50 % de Québécois de toutes origines de voter OUI à la souveraineté pure sans partenariat Gilles Bousquet Saint-Hyacinthe, octobre 2004 LIBRE OPINION La masturbation intellectuelle au Parti québécois MAYA LUSSIER-SÉGUIN Conseillère au Parti québécois Montréal-Ville-Marie (jeunes) Ce texte est écrit à titre personnel.CJ est en fin de semaine, à Sherbrooke, que s’est déroulé le conseil national du Parti québécois, une rencontre où près de 400 représentants des diverses instances du parti se sont rassemblés pour proposer, discuter et voter des propositions qui feront, parait-il, avancer le parti.Un conseil parmi tant d'autres où les péquistes ont encore et encore discuté sur les moyens d’accéder à la souveraineté.Samedi, le chef a proposé une nouvelle façon de faire la souveraineté.La souveraineté version améliorée pour certains, version radicale pour d’autres! Il a proposé dix points fies «dix commandements», comme les journalistes les ont baptisés) sur ce que le PQ devra entreprendre lorsqu’il sera élu! Devinez donc encore ce qu’on nous a servi dans le discours: un référendum à la moitié du mandat des discussions avec le Canada pour négocier des accords spéciaux avec le Québec, la création d’une charte québécoise, tout cela parsemé de discussions par-ci, par-là.L'enjeu principal qui pose problème avec toutes ces belles promesses, c’est que pour réaliser nos projets, nous devons être élus! Et à l’heure actuelle, pour ceux qui ne l’ont pas encore remarqué, nous sommes dans l’opposition.Se refaire des forces?En avril 2003, lorsque le PQ a perdu les élections, j’ai cru que cela ne nous ferait pas de tort Nous nous en allions dans l'opposition refaire nos forces, rebâtir la fameuse social-dé-mocratie que nous sommes supposés représenter: nous allions nous réintégrer dans le peuple et foncer, tête haute et digne, vers les prochaines élections.Vous pouvez déjà lire la déception sur mon visage.Nous, péquistes, nous dirigeons vers des élections où nous serons probablement élus pour la simple raison que le Parti libéral n’est pas aimé de la scène publique et où l’ADQ fera probablement une remontée intéressante, pour ce parti du moins, mais nous ne comprendrons cela qu’au soir du scrutin en nous regardant autour de notre bière dans le lieu de rassemblement, où nous dirons encore: «bin voyons donc, on n’aurait jamais pu prévoir ça!» C’est quand même très vainqueur nous ne serons pas élus pour notre talent mais parce que l’autre est détesté.Mais comme nous avons l’habitude d'agir en bons péquistes, nous allons remettre nos œillères, rentrer dans notre bulle de pouvoir, nous recroqueviller sur nous-mêmes, comme un fœtus dans le ventre de sa mère, où tout est chaud et sûr, et lorsque viendra le temps de mettre en branle le «fameux» plan de la souveraineté, nous reculerons, nous verrons des choses qui, comme cela s’est produit avec les fameux 1000 jours de Bernard Landry, ne nous seront pas venues à l’idée au congrès de Sherbrooke et pendant la très productive «saison des idées».Une bande de cravatés Après cela, comment pouvons-nous nous étonner du désintérêt des jeunes pour la sou- veraineté?Et là encore, nuançons: il s’agit de l’idée de la souveraineté véhiculée par le PQ, car je ne suis absolument pas d’accord avec l’affirmation selon laquelle les jeunes seraient désintéressés de la souveraineté, comme nous le font savoir quelques jeunes haut perchés dans la structure.Comment voulez-vous qu’on nous prenne au sérieux quand nous passons 95 % du temps à organiser des rencontres pour parler entre nous, que certains de nos congrès coûtent le salaire annuel d’une personne de la classe moyenne et que nous préparons des dossiers qui seront lus par.combien de personnes, croyez-vous?Mais le plus fâchant, c’est que nous nous flattons la bedame quand une bonne idée souverainiste passe et que nous fermons les yeux lorsque l’idée se porte moins bien.Les gens sont tannés de devoir s’associer au parti pour être souverainistes, la population est tannée de voir un projet de société entre les mains d’une bande de cravatés qui se prennent pour d'autres.Les gens sont écœurés, et avec raison.Nous avons l’air d’une bande de poules sans tête! Ceci ridiculise le travail acharné de militants de la base qui veulent seulement faire la souveraineté et n’entrevoient aucunement une carrière dans le milieu de la politique.Alors, péquistes, je crois bien qu’il est temps d’arrêter de nous cacher la tête dans le sable et de revoir nos priorités.ce qui, à mon avis, créera de grandes lignes divergentes qui crèveront des abcès qui auraient dû laisser sortir leur jus il y a de cela bien longtemps. LE DEVOIR.LE J E l D I 21 OCTOBRE 2 0 0 1 A 7 DEES Bouclier antimissile Les relations canado-américaines dans la tourmente ?Paul Martin et George W.Bush lors du dernier sommet du G8.ALBERT LEGAULT Titulaire de la Chaire de recherche du Canada en relations internationales de l’Université du Québec à Montréal n matière de politique étrangère, la défense constitue l’un des éléments les plus normatifs auxquels tous les gouvernements ont à faire face.Dans les années 60, le premier ministre Trudeau a flirté avec l’idée d’un neutralisme à la suédoise, sans succès, mais il a réussi à faire diminuer de moitié nos troupes en Europe.Durant les années 50, le gouvernement Diefenbaker s’est fait refiler l’accord NO RAD, qu’il a paraphé, sous pression certes, mais sans trop véritablement sayoir ce qu’il signait On le saura plus tard lorsque les Etats-Unis diront aux Canadiens qu’ils devaient s’engager à accepter que des têtes nucléaires équipent leurs forces militaires.Durant les années 80, dans la foulée d’une étude JUSCAD (Joint US Canadian Air Defense) dont le contenu, à ce que nous sachions, est toujours secret le gouvernement canadien a renpuvelé sa participation au NORAD de crainte que les Etats-Unis ne fassent cavalier seul.En effet la US Air Force voulait créer son propre commandement de la défense aérienne tactique (Tactical Air Command), ce qui aurait dissocié le Canada du cadre institutionnel privilégié du NORAD.Aujourd’hui, les Etats-Unis veulent poster des sentinelles automatiques de l’espace en Alaska et ailleurs pour intercepter tout missile balistique menaçant son territoire.Or, en la matière, le Canada aurait peut-être intérêt à savoir exactement ce qu’il veut Les bons et les mauvais mensonges Le projet de bouclier antimissile est truffé d’idées fixes bien connues.En premier lieu, il consacrerait — et c’est la seple chose importante — le pouvoir dominateur des Etats-Unis.En effet, Washington entend protéger sa capacité de projeter ses forces à l’étranger, c’est-à-dire refaire un Irak bis, en découdre avec la Corée du Nord si les circonstances les y obligent et pourquoi pas aussi avec l’Iran si ce pays succombait un jour à la tentation nucléaire avec tous les effets déstabilisateurs qu’une telle entreprise aurait sur l’ensemble d’un Moyen-Orient déjà fragilisé et malmené (voir «La tentation nucléaire de l’Iran» à l’adresse http://wwui.er.uqam.ca/nobel/cepes/).Bien! Aucun président américain ne peut renoncer à une teUe présomption d’invulnérabilité, encore que personne ne soit en mesure de dire si oui ou non un tel système serait efficace.Après tout, ils réussissent encore à vendre à leurs alliés des missiles Patriot, de meilleure qualité, il est vrai, que ceux tirés durant la première guerre du Golfe, où le taux de réussite a été de quatre véritables interceptions sur 44.Les essais antimissiles ne sont guère plus reluisants: c’est moitié-moitié.En outre, les Etats-Unis sont libres de déterminer leur destinée militaire comme ils Tenten-dent On peut être en désaccord avec eux ou non.Ça ne changera cependant çien à leur décision.En deuxième lieu, les EtatsUnis planchent depuis 50 ans sur la défense antimissile et vont continuer de le faire.D y va du maintien de leur supériorité stratégique, du développement de technologies nouvelles et de leur volonté de conserver leur statut d’unipolarité militaire.En dernier lieu, la civilisation nord-américaine, si tant est que la chose existe, sombre depuis très longtemps dans l’«ivresse technologique».Or, en la matière, rien n’indique que notre voisin du Sud ait tant soit peu l’intention d’avoir recours à d’autres méthodes pour assurer sa sécurité à l’avenir.Il existe toutefois bien d’autres mauvais mensonges.Prétendre que le NORAD est indispensable au projet de bouclier antimissile est une fausseté vérifiée.Les Etats-Unis n’en ont que faire car ils peuvent fort bien se tirer d’affaire seuls.Aucun système d’alerte précoce contre une menace balistique n’est situé au Canada.Les BMEWS (Ballistic Missile Early Warning Systems) sont installés en Alaska, à Thu-lé (Groenland) ou encore à Fylingdales (Angleterre), et plusieurs de ces systèmes sont en voie à’upgra-ding ou d’amélioration.Le Canada n’y est pour rien.Nous avons d’ailleurs participé par le passé au repérage d’objets dans l’espace avec des caméras Baker-Nunn, mais nops nous sommes retirés de cette entreprise.Les Etats-Unis ont même déjà songé à s’adresser au Maroc pour tenter de remplacer le Canada dans cette tâche.La seule détection qu’assure le Canada depuis l’espace et celle qull tire de ses satellites SAR (Synthetic Aperture Radar).Or ceux-ci sont trop hauts sur orbite et ne disposent pas d’une capacité de discrimination suffisante en temps réel pour pouvoir être utilisés à des fins de pistage de trajectoire balistique.Le Canada ne participe pas non plus à des missions de détection balistique à partir de bâtiments maritimes américains, dont certains sont dotés de puissants radars à pulsions phasées.La conclusion est simple: le Canada n’est pas dans la course de la détection précoce de missiles balistiques.Cette tâche est entièrement réservée aux Américains.Pourquoi alors cette obstination à présenter le NO RAD comme une bouée de sauvetage institutionnelle entre le Canada et les Etats-Unis (voir l’article de Stéphane Roussel dans Le Devoir An 25 septembre)?Tout simplement parce qu’un amendement du 5 août dernier étend désormais au NORAD en temps réel la fonction d’alerte antimissile, autrefois réservée au Space Command.Autrement dit, le Canada bénéficierait désormais de toute l’information nécessaire s’il s’avisait de participer au bouclier spatial avec les Etats-Unis.Le communiqué du 5 août est cependant loin de dire toute la vérité.En réalité, le Japon, l'Australie, le Japon, la Grande-Bretagne et bien d’autres pays s’intéressent à la défense antimissile.Toute une série d’accords bilatéraux est en train d’être tissée entre Washington et ces pays.Le Canada a donc frémi à l’idée d’être laissé pour compte et a préféré dans ces conditions laisser une porte ouvçrte à une coopération bilatérale renforcée avec les Etats-Unis, Une menace lointaine?Cet amendement «sauvegarde et soutient le NORAD», nous apprend le ministre Pierre Pettigrew, «indépendamment de la décision qui sera éventuellement prise par le gouvernement du Canada».Mais où donc se situe la menace pour le Canada?Un mjssile tiré de l’Iran ou de la Corée du Nord contre les Etats-Unis n’effleurerait guère l’espace extra-atmosphérique au-dessus du territoire canadien.Dans le cas d’un missile nord-coréen, un simple examen des trajectoires balistiques à énergie maximum — celle qui, pour un angle d’inclinaison de 23 degrés, donne la trajectoire la plus longue — indique que l’interception pourrait se faire depuis l’Alaska mais non au-dessus du territoire canadien.Quant à un missile iranien, l’interception devrait pouvoir se faire à partir de plate-formes maritimes Ægis, sises dans la région de l’Atlantique Nord.Peut-être survolerait-il une partie du territoire du Labrador ou de Terre-Neuve, mais il est probable que l’interception pourrait avoir lieu avant qu’il n’atteigne ce point de passage plus ou moins obligé si la ville de New York était visée.Le Canada ne peut donc sérieusement retenir de telle?hypothèses comme une menace dirigée contre lui.A court terme, rien ne presse.A long terme, les choses sont différentes.S les menaces se multiplient et que des pays se dotent de missiles plus perfectionnés, alors des trajectoires modifiées pourraient emprunter l’espace extra-atmosphérique canadien.Il serait bon, dans ces conditions, de connaître le nombre d'intercepteurs américains qui seront tirés au-dessus du territoire canadien, d'en connaître les trajectoires, de connaître leurs points d’impact et de limiter les dégâts qui pourraient résulter des retombées en débris, surtout s’ils contiennent encore — à la condition que tout n’ait pas été volatilisé dans l'espace — des matières radioactives ou autres substances dangereuses.Le Canada serait bien vu de savoir ce qu’il veut.la question se résume à trois éléments: ¦ ne pas se précipiter; ¦ limiter au minimum sa participation au financement du système si jamais, d’ailleurs, on la lui réclame; ¦ prévoir des mécanismes conjoints non seulement pour répondre à une alerte précoce et soutenue avérée mais aussi pour mettre en œuvre toute opération post-interception.Dans ces conditions, il faut savoir faire contre mauvaise fortune bon cœur.Le bouclier spatial est une entreprise purement américaine et le Canada n’y joue aucun rôle.Il devient cependant un problème canadien du jour où l’essentiel des choses pourrait se passer au-dessus du territoire canadien.Nous n’en sommes pas là et il n’y a pas péril en la demeure.Cependant, il apparaît tout à fait naturel que le Canada ne soit pas laissé pour compte.D’autant qu’il risque d’être le premier à subir des dommages sur son territoire si des intercepteurs entrent en action.Il n’est pas nécessaire d’appartenir à une «coalition d'idiots» (d’après la déclaration de la députée Carolyn Parrish!) pour comprendre l’essentiel de ce qui se joue entre les deux capitales! Enfin, en guise de réponse et de contre-argumentation à tous ceux qui s’inquiètent de («armage», de («arsenalisation» ou de la «militarisation» éventuelle de l’espace, concédons que si d’aventure un tel système devenait opérationnel et fonctionnel, il aurait pour effet de rendre complètemept désuet le système actuellement envisagé par les Etats-Unis.Dommage que les Etats-Unis ne soient pas tout-puissants.Ils pourraient ainsi se passer du Canada.En réalité, c’est bien ce qu’ils ont menacé de taire, mais le Canada estime à juste titre qu’il n’est pas de son intérêt d'être ainsi effacé du tableau stratégique nord-américain.Pas pour l’instant du moins.D’autant que tous les aspects de la défense continentale, comme l’a correctement souligné Jean Bériault dans Le Devoir du 7 octobre, deviennent intimement liés en un faisceau de responsabilités indissociables.REUTERS Aucun système d’alerte précoce contre une menace balistique n’est situé au Canada.Norman Spi»ctor Les préoccupations de Paul Martin La position exprimée par Paul Martin sur le déficit démocratique était naguère fondée sur des principes.De nos jours, comme les tractations l’ont montré lors du discours du Trône, ces principes ont fait place à des facteurs politiques.Désormais, ce sont la survie de son gouvernement minoritaire et les préparatifs en vue des prochaines élections qui préoccupent M.Martin.Certes, il y a toujours eu un élément politique dans les propositions avancées par M.Martin pour; renforcer le rôle des députés d’arrière-banc.C'est qu'il a eu besoin de leur appui pour renverser son; prédécesseur et fomenter un putsch contre un pre»; mier ministre élu, une manœuvre sans précédent dans l’histoire du Canada.Cependant, il est aussi! vrai que le mécontentement des députés était aussi1 le résultat de l’approche autoritaire de Jean Chrétien au Parlement.Pour remédier à cette situation malsaine, M.Martin a proposé que le Canada importe la discipline partisane plus souple en vigueur à Westminster, la mère des parlements.En diminuant le nombre de questions de confiance, il a calculé que le Canada pourrait maintenir son système de gouvernement tout en donnant aux députés une plus grand latitude pour écouter leur conscience et mieux représenter leurs électeurs.Lors de sa campagne au leadership contre M.Chrétien, M.Martin avait proposé d’imposer la discipline parlementaire seulement dans le cas des articles principaux de son programme, du budget et tout particulièrement du discours du Trône.Une fois au pouvoir cependant, M.Martin a renversé sa position, comme nous l’avons récemment constaté.11 est probable qu’il aurait pu gagner sa bataille avec les partis d’opposition au sujet du discours du Trône même si ces partis avaient rassemblé un nombre de voix suffisant pour défaire le gouvernement libéral.Stephen Harper étant un très bon stratège, je n’ai aucun doute qu’il aurait fait en sorte que quelques-uns de ses députés restent à l’extérieur de la Chambre des communes plutôt que de forcer un vote sur le sous-amendement du Bloc québécois, ce qui aurait été suicidaire dans le reste du Canada.Au lieu de tester l’équilibre des forces au Parlement, M.Martin a capitulé.Tandis que ses spinmeis-ters faisaient des heures supplémentaires pour donner l’impression que les changements de dernière minute étaient significatifs, la suppression de quelques mots à l’égard de Jean Charest et du Québec était purement cosmétique.M.Martin ayant cédé aux pressions des provinces au sommet fédéral-provincial sur la santé, ses conseillers ont travaillé fort pour persuader des journalistes à Ottawa que l’accord reflétait les principes de M.Martin.Au Québec, ils ont présenté l’accord comme étant une preuve de soutien à un statut particulier pour le Québec.Dans les autres provinces, ses ministres n’ont guère mentionné cet aspect de (entente; quand ils étaient interrogés à ce sujet, ils répondaient simplement que toutes les provinces avaient le droit de négocier une entente semblable.Après les négociations sur le discours du Trône, le même phénomène s’est reproduit.Les spinmeisters de M.Martin ont expliqué aux journalistes que l’accord engageant Gilles Duceppe et Stephen Harper accomplissait l’engagement du premier ministre à résoudre le déficit démocratique.En fait, M.Martin est en train d’affaiblir notre système parlementaire en ouvrant la porte à un gouver-.nement plus américanisé.Plutôt que de chercher à obtenir l'appui des partis d’opposition au cas par cas pour les mesures du gouvernement, M.Martin encourage ces mêmes partis à s’engager dans un comportement législatif à caractère plus américain.En expliquant les différences entre notre système de gouvernement «responsable» et le système «représentatif» en vigueur aux EtatsUnis, feu le sénateur Eugene Forsey, un expert constitutionnel, avait mis l’accent sur (impossibilité qu’une impasse survienne chez nous entre les branches exécutive et législative du gouvernement Au Canada, nous ne pouvons pas nous permettre un arrêt complet du fonctionnement du gouvernement, comme cela s’est produit pendant le premier mandat du président Bill Clinton, par exemple.Comme le sénateur Forse-y (avait expliqué, dans une telle situation, les Canadiens obtiendraient soit un nouveau gouvernement, soit un nouveau Parlement Les spinmeisters du premier ministre ne sont pas des experts en matière de procédures parlementaires; leur recours à la rationalisation ex post facto d’un gouvernement par improvisation créerait un énorme problème pour M.Martin.Par la suite, leur homme ne pourra que s’empêtrer dans (enchaînement de la duperie qu’ils ont eux-mêmes proposée.Normalement les partis d’opposition ne jouent aucun rôle dans la rédaction d’un budget Maintenant après les tractations sur le discours du Trône, on peut s’attendre à ce qu’ils testent de nouveau les limites de leur pouvoir au Parlement.Norman Spector est chroniqueur politique au Globe and Mail.nspector
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