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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
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Le devoir, 2004-10-09, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2 0 0 4 LE DEVOIR Arts et lettres_____ Flandres LUC DEVOLDERE La fondation Stichting Ons Erf deel et le Québec Page 2 ST STEFAN HERTMANS Dans la communauté européenne des villes historiques PageS T eune c „a S-Aï \ tradition BENJAMIN BENSCHNEIDER Les Flandres et le Québec partagent Flandres et Québec: «Couleurs flamandes» se veut le témoin d’une amitié qui prend nettement forme Dans les rues d’Anvers, par les canaux de Bruges comme au cœur de Gand, l’histoire s’inscrit.Ne serait-ce qu’en peinture, on voit là naître un art qui, importé au sud, donnera la Renaissance italienne.Et que dire du géant qu’est Rubens, lui qui imposa le baroque dans toutes les écoles d’Europe, ajoutant son travail à ceux des Memling ou Van Eyck, entre autres grands maîtres, et précédant cette Jeune fille à la perle dont un Vermeer œuvrant plus au nord imposa l’image.Il y a dans ces villes, comme dans le plat pays qui les borde, présence d’un héritage lourd qui a longtemps donné aux Flandres un titre de gloire, suffisant à lui seul pour justifier presque le présent.En Belgique, pendant la longue hégémonie wallonne, l’ouest du pays était d’abord une province tranquille.Cela n’est plus le cas.Déjà, l’année dernière, avec la présentation co- un même ordonnée par l’Agora de la danse de l’événement «Vooruit», il a été pos- mm bat sible de constater que ce centre culturel, établi dans la ville de XAgneau mystique, était un véritable «passeur» de culture, la programmation déposée témoignant de liens forts tant avec l’Angleterre qu’avec l’Amérique: un regard jeté sur la troupe de l’institution, la C.de B., fait d’ailleurs découvrir une entreprise qui accueille en son sein de jeunes artistes originaires de tous les mondes de la planète.Les Flandres ont été d’abord des villes de commerce, une fenêtre ouverte sur les régions du globe.Flandres en vitrine Une fois de plus, ces Flamands débarquent au Québec.Ds y viennent avec enthousiasme, ayant constaté que les Flandres et le Québec partagent un même combat.Ils sont, eux, de trois pays: faible enclave en France, force montante et orgueilleuse en Belgique, et minorité souvent regardée de haut en Hollande.Le néerlandais, ce groupe linguistique qui recouvre un vaste ensemble de langues régionales, peut bien être compris par près de 20 millions de personnes, rien n’empêche que, au quotidien, être Belge et Flamand suppose d’être polyglotte, le discours se situant continuellement, de façon littéraire et littérale, à la frontière de celui d’une autre culture.Même vue de l’inté- rieur, la Flandre belge a longtemps été une minorité: dans la nouvelle Europe, elle retrouve ce statut.Ils viennent nous voir d’abord revêtus de leurs habits d’écrivain, proposant le discours d’une littérature jeune mettant au premier plan la ville polymorphe.Leurs noms n’ont point encore reçu ici grande audience.Si les Miriam van Hee, Stefan Hertmans, Leonard Nolens et Geert van Isten-dael affichent leurs textes traduits dans le catalogue du Castor astral, ils demeurent au Québec toujours à découvrir.Par contre, s’agit-il de danse que le Bâche de Koen Augustijnen révélera une autre facette de cette C.de la B., la compagnie que Platel a mis en mémoire et dont le Foi de Sidi Larbi Cher-kaoui a été le moment fort du festival «Vooruit» en mai de l’année dernière.Quant à Rubens, le géant, ses œuvres deviennent gravures lorsqu’elles sont présentées au Musée national des beaux-arts du Québec.Là, comme le dit le texte de une du cahier «Culture» de la présente édition de ce journal, il sera permis de constater que l’influence flamande sur l’art québécois ne date pas d’hier, car un tableau mis sur cimaise de Théophile Hamel était déjà il y a 150 ans une reproduction presque conforme d’une huile de Rubens toujours accrochée au Musée d’Anvers.Automne en Québec Flandres et Québec: «Couleurs flamandes» se veut le témoin d’une amitié qui prend nettement forme.En fait, les ententes de coopération existent entre les parlements respectifs quand déjà, outre-Atlantique, les échanges culturels fonctionnent depuis un certain temps.Ce que l’événement permettra aussi de souligner, c’est la présence dynamique d’une fondation, la Stichting Ons Erfdeel, qui sème à tout vent cette culture née entre l’Escault et la mer du Nord, publiant aussi livres et magazines, et dont le dernier numéro d’une de scs publications, à savoir Septentrion, met en pages écrivains québécois et littéraires flamands.«Couleurs flamandes», événement automnal, fait la preuve que le Québec est actif dans ce monde multiculturel, répondant à une offre généreuse venue d’un pays d’un autre nord.Normand Thériault MUSIQUE Petra Vermote Page 2 Étoile polaire Page 3 ENTENTE Québec et Flandres Page 3 DANSE Bâche Page 4 EN NÉERLANDAIS Œuvres québécoises Page 5 LE DEVOIR.LES AM EDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2004 G 2 ?FLANDRES * Fondation Stichting Ons Erfdeel Un centre au service de la culture flamande Le dernier numéro de la revue Septentrion est consacré au Québec Luc Devoldere est un Flamand enthousiaste.Il dirige la fondation Stichting Ons Erfdeel.À ce titre, il coordonne livres et revues, et tout ce qui permet de rendre les Flandres accessibles à toute la planète: ne publie-t-on point des ouvrages en 24 langues?Rencontre avec l’éditeur de The Low Countries et de Septentrion.JEAN-FRANÇOIS NADEAU Anvers — «Un Flamand parle néerlandais autant qu’un Québécois parle français», tient à préciser Luc Devoldere, le vibrant directeur de la fondation flamando-néer-landaise Stichting Ons Erfdeel «Les sept millions de Flamands parlent néerlandais.On nous marginalise injustement lorsqu’on affirme que nous parlons une autre langue qu’aux Pays-Bas.Bien sûr, üy a des singularités, des dialectes aussi, selon les régions, mais de la même façon qu’il en existe en Wallonie, au Québec, en France et en Suisse romande.Pourtant, vous parlez bien tous français!» À Amsterdam, le néerlandais est certes un peu plus vigoureux dans la prononciation, mais les Flandres appartiennent bel et bien à la même sphère culturelle.Le néerlandais est aujourd’hui la langue d’usage de 20 mülions de personnes à travers le monde.Plus de 60 % de la population belge est néerlandophone, bien que l’influence du français ait été en Belgique, pendant des décennies, déterminante dans la structure sociale du pays.Aujourd’hui, le voyageur ne peut que s’étonner à première vue de voir le pays flamand aussi pénétré par l’usage, notamment dans l’affichage, de l’anglais plutôt que du français.Polyglotte, Luc Devoldere passe sans problème d’une langue à l’autre, comme plusieurs de ses compatriotes lettrés, tout en avouant une passion dévorante pour l’italien.Ce type même du littéraire passionné, curieux de tout et énergique, est animé par une soif de savoir peu commune.Une visite de la ville de Gand avec lui, à partir des vieux canaux qui sillonnent cette merveilleuse ville, relègue en tout cas dans l’ombre tous lés guides touristiques et historiques possibles et imaginables.Tant devant un monument qu’un livre, Devoldere propose sans cesse des interprétations signifiantes de sa société.Pas un étranger ne pourrait s’étonner de voir un homme pareil diriger la fondation Stichting Ons Erfdeel, un des centres les plus importants pour la diffusion de la culture néerlando-flamande.Une fondation Dans le but de faire rayonner cette culture partout dans le monde, cette fondation privée, lancée en 1970 sur les cendres d’une re- The Low Countries vue, a installé son centre à Rek-kem, en Flandre occidentale, tout près de Courtrai et Lille.Construit au beau milieu d’un champ, à quelques mètres seulement de la frontière, cet édifice moderne très éclairé est situé nulle part et partout à la fois.«Ici, nous sommes plus libres que nous ne le serions à Bruxelles ou ailleurs.Juste de l’autre côté de ma fenêtre, en fait, c’est la France.Et nous sommes symboliquement aussi près de la Hollande que de la Belgique, sans oublier la petite minorité néerlandophone vieillissante qui vit toujours à la frontière française», explique Luc Devoldere avec un sourire.En fait le centre rayonne depuis un lieu situé exactement entre Paris et Amsterdam.Pour faire connaître l’univers fla-mando-néerlandais, le centre propose des publications en plusieurs langues, dont le français et l’anglais.Une de ses plus impressionnantes réalisations est un magazine annuel anglophone, The Low Countries (TLC), consacré aux arts et aux phénomènes de société.Imprimée en couleur à plus de 8000 exemplaires, cette élégante revue d’une qualité exceptionnelle offre un vaste éventail de la vie des «plats pays» à l’intention des allophones.The Low Countries traite à la fois d’histoire, de danse, de théâtre, de science, de politique, d’arts visuels et de musique.«Nous sommes très fiers de cette revue unique.Aucun moyen n’a été ménagé: ce sont des pavés, tout en couleur, qui permettent de découvrir tous les aspects des plats pays à travers les œuvres ou les écrits de nombre de néeriandophones» «Septentrion» Depuis 1972, une des activités principales du centre demeure l’édition de la revue Septentrion.Cette revue fut la première à parlet de la culture et de la rie sociale des néeriandophones en français.Septentrion tire désormais en moyenne à 10 000 exemplaires.Le numéro d’automne de Septentrion est d’ailleurs consacré aux rapports entre la communauté flamande et le Québec au fil du temps.On y trouve bien sûr des textes du directeur, Luc Devoldere, mais aussi de Monique Larue, qui a séjourné récemment en Flandre, du journaliste du Devoir Antoine Robitaille, des écrivains Louise Warren, Nairn Kattan, Stefan Hertmans, Gilles Pellerin et Barber van der Pol, pour n’en nommer que quelques-uns.Le centre de la fondation Stichting Ons Erfdeel donne aussi à lire, sous la forme d’élégants numéros thématiques ou de livres, de véritables sonunes sur l’architecture, la sculpture, la danse et la littérature contempontines flaman-do-néerlandaises.Le centre publie aussi, en plusieurs langues, divers petits guides consacrés de près ou de loin à ITtis-toires des Pays-Bas «du nord et du sud».L’un d’entre eux, intitulé Le néerlandais, qui est la langue de 20 millions de Néerlandais et de Flamands, a été publié à ce jour en 24 langues.Une brève histoire des Flandres a connu différentes éditions en 12 langues.En fait, il est certain que le centre de la fonda- JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR 7** Luc Devoldere dirige la fondation Stichting Ons Erfdeel, un des centres les plus importants pour la diffusion de la culture néerlando-flamande.tion Stichting Ons Erfdeel joue le rôle d’un passeur culturel pour le meilleur profit international des néeriandophones.Le centre n’en tient pas moins farouchement à son indépendance.«Nous sommes subventionnés à la fois par des institutions de Belgique et des Pays-Bas, au nom du partage d’une culture commune.Mais nous sommes les seuls à déterminer notre action.» Une maison grande ouverte D’ordinaire, les langues ne font pas peur aux Flamands.La position périphérique des néeriandophones à l’échelle de l’Europe encourage fortement le métissage linguistique.Beaucoup de cette porosité du néerlandophone pour d’autres langues européennes s’explique sans doute par le rôle de plus en plus majeur de la télévision dans la constitution d’un savoir social.Or, sur les différentes chaînes de télévision du pays, aucune émission n’est offerte en traduction.Tout est sous-titré.Le matin, les enfants verront ainsi un dessin animé en anglais.En après-midi, une série allemande prend l’antenne, comme si de rien n’était.En soirée, un film espagnol retient l’attention.A ce régime, le Flamand a vite fait de laisser de côté les chaînes néeriandophones pour écouter directement la télévision allemande, française, espagnole ou italienne.Au regard de la littérature, les Flamands peuvent aussi sembler quelque peu dépossédés d’eux-mêmes.Hugo Claus, le plus célèbre des écrivains flamands vivants, ne publie pas chez un éditeur du pays.Pas plus du reste que la plupart de ses confrères écrivains les plus importants.C’est que l’édition littéraire en Flandres n’existe pour ainsi dire pas.Capitale mondiale de l’édition jusqu’au XK' siècle, grâce notamment au célèbre imprimeur Flantin, Anvers a cédé depuis longtemps déjà sa place de centre littéraire à Amsterdam.Un bon auteur flamand ne saurait ainsi trouver son ciel du côté de la Hollande.Mais les quelques écrivains flamands qu’accueille cet automne Montréal, dans le cadre de l’événement Couleurs flamandes, appartiennent bien à ce que les Flandres comptent de plus rivant en matière littéraire.Évidemment, à moins de connaître le néerlandais, il faut juger de ces œuvres d’après des traductions, pour la plupart publiées chez l’éditeur français Castor Astral.Mais le public aura la chance d’entendre Luc Devoldere, Stefan Hertmans, Leonard Nolens, Miriam van Hee et Geert van Isten-dael le 17 novembre à la Place des Arts de Montréal, dans le cadre d’une édition toute spéciale du «studio littéraire».Les écrivains seront alors accompagnés en musique par l’ensemble Dirk van Es-broeck.Le lendemain, ces auteurs flamands seront, en soirée, à la Maison des écrivains.Le 19 novembre on pourra à nouveau les entendre, cette fois au Salon du livre de Montréal, puis encore le jour suivant à la librairie Olivieri, dans le cadre d’une table ronde.Jean-François Nadeau a bénéficié d’un séjour culturel en Belgique parrainé par le gouvernement flamand.SEPTENTRION Art*, lettre* c* culture Flandre et de* Î’ays-Bas Revu* triflienirieU* XXXUi ; ft* I / JM* t trùneO** riifO, ‘t CHR.RICHTERS / SEPTENTRION La bibliothèque municipale de Maastricht, conçue par Tarchitecte Jo Coenen.MUSIQUE CLASSIQUE Petra Vermote et le poète maudit La lauréate du prix Québec-Flandres verra Tsjizj jouée à Montréal C’est pour Tsjizj («Tarin des aulnes»), une composition pour ensemble de chambre (flûte, clarinette, piano, percussion, violon, violoncelle) et voix (soprano) sur cinq textes de Daniil Charms (1905-1942), que la compositrice flamande Petra Vermote, née en 1968, a reçu le Prix de musique contemporaine Québec/Flandres.CHRISTOPHE HUSS Dans les attendus de sa décision, le jury composé de membres flamands et québécois placés sous la présidence de Walter Boudreau, parlant de l’œuvre de Petra Vermote, évoque «une œuvre d'exception, attachant une grande importance à la construction et au sens dramatique, dans laquelle la conduite des voix est particulièrement impressionnante».On peut gager que la musique n'est pas seule en cause et que l’étrangeté de l'inspiration du grand maître russe de l’absurde, Daniil Charms, a dû faire impression ou, à tout le moins, inspirer très particulièrement la compositrice.Figure fort remarquable que cet écrivain hors normes, né Daniil Ivanoritch Juvatchev à Saint-Pétersbourg, arrêté en 1941 pour «propagation de propagande défaitiste» et mort de faim en prison en 1942.11 ne sera réhabilité que dans les années 1950.Avant l’âge de 20 ans, Juvatchev, qui a pris le pseudonyme de Channs, s’intéresse au futurisme, mouvement initié en 1912 par le manifeste Gifle au goût public de Velimir Khlebnikov, et écrit des poèmes dans une «langue futuriste translogique» nommée «zaum».«Les futuristes russes se définissaient eux-mêmes comme des budejany —gens de l’avenir — et plaidaient pour la destruction du vieil art “mangé aux mites”» (Evgenia Petrova), fl est évident que ce type de plaidoyer ne plaisait pas en haut lieu en URSS: toute sa vie, Charms.qui dut gagner très péniblement sa vie en écrivant des contes pour enfants, fut dans le collimateur des autorités, et son séjour fatal en prison ne fut pas sa première incarcération.Figure montante Cela fait plusieurs années que la scène musicale belge et flamande s’intéresse aux futuristes russes, puisque en 1993 avait lieu à Gand la création du spectacle du compositeur Zachar Laskewiez, intitulé Zaum.Petra Vermote, dont le catalogue de compositions dénote un grand intérêt pour les formations réduites, a justement étudié au conservatoire de Gand en guitare, solfège, musique de chambre, harmonie, contrepoint et fugue.Elle est aussi «maître de musique», selon un diplôme de composition délivré par le Conservatoire d’Anvers, et enseigne la guitare au Conservatoire de Gand.Ses premières armes de compositrice lui ont déjà valu un prix, le «Youth and Music Prize for Composition», une compétition pour compositeurs âgés de moins de 35 ans.Sa biographie (les disques n’étant pas là pour en témoigner) fait état d’une évolution constante de son style.Après une période sérielle, puis une période mâtinée de tonalité, elle a expérimenté la composition pour voix seule et instruments en 1996 dans Héron, sur des poèmes d’Emily Dickinson, œuvre qui marque l’abandon de la tonalité pour un langage «chromatique et atonal» centré sur le timbre.Petra Vermote a abordé l’orchestre en 1998 avec Itinere, œuvre dans laquelle elle cite le Chevalier à la rose de Richard Strauss.Elle semble avoir poursuivi dans cette veine de citations utilisées sur un mode ironique.Dans des œuvres plus récentes, telles que Tsjizj, elle utilise la rythmique aléatoire (la durée de chaque note n’est pas écrite mais s’inscrit dans un cadre prescrit par le compositeur).C’est ce qu’il advient aux cordes dans At Nievi, la troisième pièce de l’œuvre primée.Petra Vermote elle-même juge que Tsjizj (1999-2000) et Diferencias (2001, sur des poèmes de Garcia Lorca) sont ses œuvres les plus importantes, témoignant de son style actuel.Comme on peut s’en douter, les poèmes de Charms traitent de l’absurdité de l’existence humaine.Un prix Créé il y a plus d’une dizaine d’années dans le cadre de la coopération culturelle entre le Québec et les Flandres, le Prix de musique contemporaine a pour but de saluer le talent des compositeurs et des interprètes de musique contemporaine des deux communautés.Depuis 2000, il est réservé aux compositeurs de Flandres et du Québec pouvant se prévaloir de deux à dix ans d’expérience et est accordé en alternance à tous les deux ans pour chacune des communautés, lesquelles s’engagent à faire produire l’œuvre primée.Tsjizj sera ainsi insérée dans l’événement fleuve «In extremis», premier concert de la saison régulière des concerts de la Société de musique contemporaine du Québec.TSJIZJ Œuvre de la compositrice flamande Petra Vermote, lauréate du prix Québec-Flandres 2003.En concert dans le cadre du concert-événement de la SMCQ au Centre Pierre-Péladeau, le vendredi 22 octobre de 18h à 22h.« (514) 987-6919 t Dans des œuvres plus récentes, Vermote utilise la rythmique aléatoire LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2 0 0 1 G ;î FLANDRES Entente entre le Québec et les Flandres Concertation et coopération «La Communauté et les régions ont en Belgique pleins pouvoirs en matière d’affaires internationales dans leurs champs de compétence» Dans le cadre de sa politique de coopération bilatérale, le Québec a signé plusieurs ententes avec d’autres pays et régions du monde au cours des dernières années.En 1986, les Flandres se joignaient au concert des partenaires québécois sur la scène internationale.Histoire d’une coopération.RÉGINALD HARVEY La première entente entre les Flandres et le Québec avait une portée plutôt limitée, comme le laisse savoir le directeur pour l’Europe au ministère des Relations internationales, Alain Rom- pré: •Celle-ci était centrée sur les matières scientifiques, plus particulièrement sur les biotechnologies et sur les technologies de l’information.» En 1989, cet accord s’est notamment étendu aux secteurs de l’éducation et de la culture.Finalement, en 2002, le volet de la concertation politique est venu s’ajouter à ceux déjà en place: de façon plus spécifique, cet ajout incluait tout l’aspect de la diversité culturelle.A ce propos, le directeur fournit cette explication: «La Communauté et les régions ont en Belgique, selon la Constitution, pleins pouvoirs en matière d’affaires internationales dans leurs champs de compétence.» Il en va ainsi pour la Communauté-Région flamande, dont Bruxelles fait partie sur le plan communautaire.« Une grande communauté d'esprit» La qualité des relations entre Québécois et Flamands n’est pas altérée par le fossé linguistique entre les deux partenaires de l’entente Québec-Flandres.Sur l'épineuse question de la diversité culturelle, il existe même une affinité entre ces communautés.La langue des uns et des autres ne cause pas problème entre les Flandres et le Québec, comme le constate le conseiller en relations internationales au ministère de la Culture et des Communications, René Bouchard: «Au contraire.Tous ceux qui ont eu la chance de réaliser des projets avec des Flamands, qui sont basés sur la réciprocité, se montrent unanimes sur un point: on partage une grande sensibilité en termes de rapports linguistiques et nous avons beaucoup d’affinités.» A cet effet, il sert en exemple quelques articles de la revue Septentrion, qui sera lancée au prochain Salon du livre de Montréal: •On y trouve notamment des échanges entre les écrivains Gilles Pellerin et Stefan Hertmans qui sont vraiment passionnants.Il existe vraiment une grande communauté d’esprit avec les Flamands.De façon générale, ceux-ci parlent très bien le français.» Il existe dans le domaine des échanges culturels des secjeurs d’activité privilégiés, dont celui de la danse.A ce propos, il rappelle l’énorme succès qu’a connu le spectacle Vooruit danse en avant, qui fut présenté à Montréal en 2003.Il fait en outre men- tion de plusieurs événements qui se dérouleront dans différentes disciplines, pendant l’automne, dans le cadre de «Couleurs flamandes»; ceux-ci illustrent la vivacité et la variété des relations culturelles Québec-Flandres.Vision commune De son côté, le directeur pour l’Europe au ministère des Relations internationales, Alain Rompré, aborde en ces termes le sujet de la diversité culturelle: •Flamands et francophones de Belgique représentent à lour de rôle ce pays à l’Unesco.Comme ils partagent sensiblement la même position que nous, c’était tout à fait intéressant de discuter avec eux de cette question.» M.Rompré fait part de la position du gouvernement flamand dans le secteur de la culture: «7/ est très interventionniste et soutient fortement son industrie culturelle.C’est trà pertinent pour lui de préserver sa capacité d’intervention dans le champ culturel.» Il mentionne enfin que le Québec lait sentir sa présence dans l’espace culturel et dans celui de l’éducation en soutenant l’enseignement du français dans le réseau scolaire flamand: «Sur une base annuelle, il y a près de dix mille étudiants flamands du secondaire qui apprennent le français.On contribue à cela et on accorde trois bourses annuelles aux meilleurs étudiants pour qu’ils viennent au Québec afin de parfaire leurs connaissances de cette langue pendant les cours d’été de l’Université Laval.» R.H.Sciences d’abord En matière scientifique, de nombreux projets se sont déroulés au fil des ans et ils ont principalement consisté en des échanges entre professeurs et chercheurs universitaires.À cet égard, le Québec favorise davantage une stratégie fondée sur la présence d’équipes multidisciplinaires et axée sur le «regroupement d’excellence» à l’intérieur de certaines thématiques: *On essaie petit à petit d’effectuer un certain virage dans nos relations bilatérales en matière de recherche en sciences et technologies», laisse-t-il savoir.Cette approche déteindra sur la prochaine commission mixte entre les deux partenaires, comme M.Rompré le rapporte: •Cet événement aura lieu dans quelques jours en Flandres et la parasitologie sera l’un des sujets à l’ordre du jour, parce qu'ils ont là-bas une concentration de chercheurs dans ce domaine.À cette occasion.sans Présumer des décisions de la commission, on peut tout de même penser que notre coopération va prendre ce type de virage-là.Les pôles d’excellence vont se rencontrer.» Affinités et différences Selon Alain Rompré, il existe une certaine ressemblance entre le Québec et les Flandres sur le plan économique: •De chaque côté de l'Atlantique, ce tissu de l’économie est formé principalement de petites et moyennes entreprises (PME), ce qui est déjà énorme.Il y a beaucoup d’échanges, sauf que les Flandres ont toujours été moins in- terventionnistes auprès des entreprises que le Québec l'a été au cours des âges.On a toujours eu un peu de difficulté au cours des commissions mixtes à réussir à mettre en route des choses, mais par le biais de la délégation à Bruxelles et par celui du représentant commercial à Montréal, il se déroule quand même plusieurs activités, de part et d’autre, qui servent à tisser des relations entre nos sociétés.» Des rapprochements de cet ordre ont, entre autres, eu cours dans le secteur de l’aéronautique.Dans le même ordre d’idées, il est question qu’une mission économique flamande séjourne au Québec en novembre prochain dans le cadre de ce qu’il est convenu d’appeler de deuxième temps fort de cette espèce de saison flamande en terre québécoise».SOURCK VOORUIT Le spectacle Vooruit danse en avant, présenté à Montréal en 2003, avait connu un énorme succès.{ Etrange jumelage Think of One et la culture arctique Cet automne, les Flandres seront mises à l’honneur dans plusieurs lieux de diffusion de la culture.La vitrine culturelle «Couleurs flamandes au Québec» se tiendra du 14 octobre au 20 novembre 2004 et présentera un programme varié dans les domaines des arts visuels, de la danse, de la littérature et de la musique.MARIE-ÈVE GRANIERO C> est dans le cadre de cet événement, véritable célébration des échanges entre les Flandres et le Québec, que le bar El Salon, sur le boulevard Saint-Laurent, accueillera une étrange alliance de deux formations, les 21 et 22 novembre prochains.Think of One, groupe belge aux influences marocaine et brésilienne, s’associera à des chanteuses de gorge du Nord du Québec.Il s’agit là de l’étape préparatoire avant le grand concert qu’ils donneront en décembre, lors de l’événement «Etoile polaire», à Gand, en Belgique.Mariage Toute cette aventure a débuté avec le Flamand Jan Vroede qui voulait créer un festival mariant la culture nordique et la culture flamande au réputé centre d’arts Vooruit de Gand.C’est dans le cadre de la préparation de ce festi- val portant sur la culture arctique que la formation flamande Think of One a eu l’idée de se jumeler à des musiciens et chanteuses inuits.Pour concrétiser le projet, le?organisateurs de l’événement «Etoile polaire» ont contacté une société de promotion des cultures autochtones, Terre en vue, afin de les aider à trouver des chanteuses inuites.Cette compagnie a eu l’idée de faire d’une pierre deux coups, alliant la nouvelle équipe de musiciens et chanteurs à la vitrine culturelle «Couleurs flamandes».•Étant donné que Think of One travaillait déjà à l'élaboration du nouveau spectacle avec les membres du groupe inuit, ici au Québec, nous avons pensé les produire pendant le festival “Couleurs flamandes”, explique André Dudomaine de Terre en vue; c’est ce que nous appelons un work in progress.» Sylvia Cloutier, Sarah Surusila et Akinisie Sivuuarapik seront les interprètes du katajjak, ce chant guttural aux variantes sonores pratiquées grâce à la vitesse d’exécution du souffle des chanteuses.Elles mêleront leur mélodie aux six musiciens de la formation flamande Think of One.Ce groupe musical fut créé en 1999 par des musiciens fatigués d’attendre des offres de concerts.Pour pallier à leur infortune, ils ont édifié une scène mobile sur roues à partir d’une camionnette.Leur engin leur a permis de présenter des concerts en tous lieux et en tout temps.La Naftmobiel, comme ils la surnomment, les a menés de la France au Maroc en passant par l’Angleterre où ils ont gagné, en janvier 2004, le prestigieux prix musical BBC 3 World Music Award en compagnie de Manu Chao, DuOucj et DaaraJ.Le projet du festival «Etoile polaire» de Gand a donc amené le groupe à s’unir à une nouvelle culture afin d’enrichir son répertoire, déjà influencé par des sonorités brésiliennes et marocaines.Pour ne pas être trop dépaysés par ce bain de cultures, sachez que les chants inuits parient simplement de la vie quotidienne de manière poétique en traduisant un sentiment par une image.De plus, les chansons comprennent presque toujours les mots aya-ya! aya-ya!, que tout le monde doit reprendre en choeur en battant des mains.SOURCE PRÉSENCE AUTOCHTONE Pour concrétiser le projet, les organisateurs de l’événement «Étoile polaire» ont contacté une société de promotion des cultures autochtones, Terre en vue, afin de les aider a trouver des chanteuses inuites.Bonjour la Flandre ! La culture flamande, c’est bien plus que les œuvres des grands peintres des siècles passés.La Place des Arts vous en offre deux preuves éclatantes en novembre dans le cadre de l’événement Flandre au Québec.Les Ballets Contemporains de la Belgique (C.cle la B.) présentent Bâche, une création éclectique et étonnante, du 10 au 13 novembre, à la Cinquième Salle, à 20 heures.Quatre auteurs de langue néerlandaise viendront livrer, en français, des extraits de leurs œuvres avec un accompagnement musical, le 17 novembre, au Studio-théâtre, à 19h30.Spectacle gratuit.Place des Arts 514 842.21 12 1866 842.21 12 www.pda.qc.ca Réseau Admission 514 790.1245 LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2 004 G 4 FLANDRES Le retour des Ballets C.de la B.Au tour de Bâche Une pièce plus intimiste que ce que l’on connaît de l’ingénieux collectif belge Koen Augusdjnen, le quatrième chorégraphe membre du collectif Les Ballets C.de la B., le seul qu’on n’avait pas encore vu à Montréal, s’amène sur nos scènes avec Bâche, une pièce pour quatre danseurs et deux musiciens.FRÉDÉRIQUE DOYON Il y a eu Alain Platel et son fameux lets op Bach, puis Christine De Smedt avec sa curieuse expérience 9x9 impliquant une soixantaine de non-danseurs, et enfin le sublime Foi de Sidi Larbi Cherkaoui.Si Koen Augustijnen convie encore le public à une rencontre à parts égales entre la danse, le théâtre et la musique, qui fait la marque des Ballets C.de la B., Bâche se veut une expérience plus intimiste et sobre que les productions à actions multiples du collectif flamand.«En se limitant à quatre interprètes et deux musiciens, on l’a conçue pour des salles plus intimes», explique Guy Cools, directeur artistique de la Fondation Jean-Pierre-Perreault et dramaturge de la pièce flamande.Il fut l’oeil extérieur de la troupe pendant les cinq mois de recherche et de création.«On a cherché un autre rythme, un peu plus lent, où chaque scène est beaucoup plus isolée.Il n’y a pas de juxtaposition d’actions, typique chez Alain Platel.Le matériel est tellement fort qu'une seule action prend toute l’attention.» Purcell et la peur La pièce s’articule autour du thème de la peur et de la musique de Purcell pour haute-contre, passion commune des deux principaux protagonistes du spectacle, le chorégraphe et le haute-contre Steve Dugardin.Us ont invité le musicien et compositeur Guy Ban Nueten, du groupe rock The Sands, afin d’adapter certains chants de Purcell au goût du jour.Là encore, il s’agit d’un trait particulier du travail de Koen Augustijnen, qui a déjà par exemple fait jouer les Suites Pour violoncelle de Bach par un musicien rock maniant la guitare électrique.«Dans toutes ses recherches artistiques, Koen veut établir des échanges entre musique classique et contemporaine, et même populaire, rapporte Guy Cools.Et il a vraiment travaillé à intégrer le chanteur dans le spectacle.La musique est l’une des sources d’inspiration primordiales de Bâche.» Étant donné que les quatre chorégraphes viennent du même «nid», des liens profonds les unissent du point de vue de l’esthétique et des sujets abordés.Ainsi, les ruptures de tons et revirements habiles auxquels nous ont habitués les Ballets C.de la B.seront donc une fois de plus au rendez-vous.«Il y a des changements assez brusques, sur le plan de l’émotion, que vient souligner la musique dans la juxtaposition d’airs de Purcell et de musique électronique, par exemple.» Dans l’écho des voix de Purcell parfois «remixées» résonnera l’angoisse proprement contemporaine issue d’une liberté mal assumée, actualité du propos que partagent les chorégraphes du collectif.Après Michael Moore Le processus de création de Bâche s’est enraciné dans le film de Michael Moore, Bowling for Columbine, où le réalisateur traque l’agressivité latente ou flagrante sécrétée par la peur collective.«L’angoisse et la peur sont tellement présentes dans notre société, actuellement», note M.Cools, qui ajoute que le travail d’un psychiatre allemand des années 1920 (dont il a oublié le nom) a aussi nourri la pièce.«Il définit les quatre peurs de l'homme par des mouvements opposés», précise-t-il.Bâche explore ainsi les tensions entre l’individu qui s’isole du groupe social et celui qui s’y perd à force de se donner.Un autre axe à partir duquel se développe la pièce oppose la stabilité et le mouvement dans les rythmes de vie.«On a besoin de choses stables: une maison, un travail, indique le dramaturge.Mais il y a des gens qui ont peur du changement, et il y a des gens qui ont tellement besoin de changer qu’ils ont peur de l’engagement.» Traversée par les chants de Purcell, cette recherche sur l’angoisse se démarque aussi par une distribution entièrement masculine.Les six hommes tentent d’aller au-delà des clichés que suggère une telle concentration de testostérone.«On voulait travailler avec des émotions plus diversifiées que la seule agressivité», souligne M.Cools.Lancée en mars dernier et présentée en première nord-américaine, Bâche tire son nom d’une photographie de Robert Walker qui a inspiré la scénogra- phie.Sur le cliché, une grande bâche de plastique recouvre une forme sculpturale abstraite, laissant l’impression d’un chantier appelé à être transformé.C’est sur ce terrain mouvant que les six individus en quête d’équilibre se rencontrent «Taimais beaucoup ce que faisait le Cirque du Soleil sur scène» Chorégraphe de plus en plus prisé, Koen Augustijnen arrivait ce matin-là d’Australie, où il venait de monter un nouveau spectacle.Ses retours à son port d’attache, le Vooruit, cette véritable cathédrale de la culture flamande, sont de plus en plus irréguliers tant il est en demande un peu partout JEAN-FRANÇOIS NADEAU G and — «Je suis allé souvent en Australie depuis quelques années.J’y ai fait plusieurs découvertes, notamment celle de bons danseurs.», déclare le chorégraphe de Bâche.Au Ballet C.de la B., les danseurs viennent en fait de partout pour y communier à leur amour commun de la danse.Bâche, la nouvelle pièce signée Augustijnen, est déjà programmée près d’une cinquantaine de fois à travers le monde d’id 2005.«Cest à peu près ce qu’on fait d'ordinaire: les pièces des BalletsC.de la B.sont toujours jouées partout, à commencer par l’Europe bien sûr.Mais c’est la première fois que je fais une petite tournée au Québec.» Au cœur de la troupe Cheveux très blonds sur un front prématurément dégarni, coiffé de lunettes noires, léger sourire, regard très doux et attentif, Koen Augustijnen apparaît d’emblée comme un personnage plutôt discret Au milieu de ses camarades danseurs, il passerait presque inaperçu si tout le monde ne souhaitait lui dire un mot lui demander des nouvelles de sa tournée, de son travail, de ses rencontres.Chaque midi, tous les danseurs et les maîtres d’œuvre des Ballets C.de la B.se retrouvent sans façon dans un réfectoire pour partager un JEAN-FRANÇOIS NADEAU LE DEVOIR Le chorégraphe Koen Augustijnen a peu à peu découvert et exploré plusieurs techniques liées de près au monde du cirque.repas frugal composé de pain, d’une soupe très liquide ainsi que de quelques tranches de jambon et de fromage.Pour le dessert des petits pots de yaourt sont distribués en vrac.Ce rituel amical, très animé, se déroule dans un lieu éclairé exceptionnel, tout en faience, qui surplombe le café-spectacle du Vooruit, une salle fort courue qui, après la Seconde Guerre mondiale, porta le nom de Café Québec en hommage aux soldats libérateurs.Tandis que l’interprète Isnelle Da Silveira chante, tout sourire, quelques magnifiques couplets en bas latin qu’elle doit interpréter dans une autre pièce des Ballets C.de la B„ Augustijnen apparaît bien à sa place dans cet uni- vers un peu féerique de création quasi perpétuelle.Acrobaties Bâche n’appartient pas aux spectacles à grand déploiement de la compagnie.Sur scène, on trouve seulement un grand piano à queue.Les danseurs évoluent sur la musique de Purcell qui soutient à la fois la danse contemporaine, le breakdance et des acrobaties qui appartiennent plutôt à cet univers du cirque dont Augustijnen raffole.«J’aimais beaucoup ce que faisait le Cirque du Soleil sur scène.Maintenant, cela me semble un peu trop commercial et facile.Mais il y avait là des idées pour la scène.Toute la redécouverte de l’esprit du cirque m'intéresse.» Augustijnen a peu à peu découvert et exploré plusieurs techniques liées de près au monde du cirque: les acrobaties aériennes, l’usage du mât, des échasses, du fil de fer.Toutes ces influences mises ensemble expriment son sens assez vif de la dérision.Mais l’émotion n’en demeure pas moins au rendez-yous dans chacune de ses œuvres.A ce jour, le très original Koen Augustijnen a chorégraphié plus d’une dizaine de pièces.On peut le considérer à juste titre comme l’un des meilleurs représentants de l’école et de l’esprit belges.Le Devoir sur toutes les scènes culturelle s p-cjatajelc- PROCHAINS CAHIERS SPÉCIAUX À VENIR DANS LE DOMAINE CULTUREL : Les 30 ans des Éditions Québec Amérique Québec international et culturel 16 octobre novembre LE DEVOIR www.ledevoir com LE DEVOIR.LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 10 OCTOBRE 2 0 0 4 (i 5 FLANDRES Entretien avec Stefan Hertmans Dans la communauté européenne des villes historiques «Relire les gens qui nous ont précédés dans la volonté de les rendre contemporains » Tübingen, Dresde, Trieste, Bratislava, Vienne, Gand, Amsterdam, Bruxelles, Marseille ou Sydney, il les a toutes décrites dans un essai, Entre villes, paru au Castor astral en 1998.Essayiste et poète, Stefan Hertmans a aussi publié des recueils de nouvelles et des romans, dont l’un sort ces jours-ci à Amsterdam, dans sa langue natale.Récipiendaire de plusieurs prix, né à Gand en 1951, il y enseigne à l’Académie des beaux-arts.C’est un fervent adepte des voyages.En sillonnant le monde, il mêle ses réflexions issues d’une vaste culture à l’histoire des villes parcourues.GUVLAINE MASSOUTRE Rien à voir avec le tourisme.Entre villes est d’abord un texte personnel.Ce journal, au ton intimiste et profond, fait escale dans les grandes artères et au coin des petites rues, où la culture imprime ses marques, comme en un continent inconnu.Dépaysement garanti dans «le biotope des,agissements humains»., A chaque escale son chapitre.A chaque ville sa communauté d’humains.D’autres, d’ailleurs, viennent croiser en pensée de quoi éclairer chaque foyer de conscience, l’épanouissement individuel et le «déracinement émancipateur» propres à la scène urbaine.La matière est libre, maîtrisée.On sent l’état présent de la culture.Celle des quartiers, des chantiers, des espaces transformés.Qu’on y relise, avec Hertmans, l’histoire du XX' siècle pour prévoir l’avenir.L’héritage Foucault «Je suis quelqu’un qui a été éduqué avec la pensée de Michel Foucault, explique-t-il.Cela veut dire que j’ai réfléchi sur ma position d’intellectuel.J’ai essayé d’imaginer s’il était possible d’y échapper, en étant poète ou artiste.Mais, en tant que professeur, j’ai un rôle d’engagement dans la culture sociale.Comme poète qui a bien lu ses classiques, j’essaie d’avoir digéré cette culture pour l’oublier au moment d’écrire un poème, de manière à ce qu’elle resurgisse dans de nouvelles images, sous un éclairage neuf.C’est un travail pénible, qui exige une dialectique intime: oublier pour mieux se souvenir» Le romancier navigue entre ces pôles: «Un romancier, c’est quelqu’un qui cherche à imaginer des situations, des anecdotes, des intrigues, des narrations qui constituent des allégories de la pensée philosophique.Cela veut dire qu’on n’y échappe jamais, mais qu’il faut changer de niveau.» La littérature, pour lui, est une sorte de loupe.Dans son roman Comme au premier jour (Christian Bourgois, 2003), Hertmans construit l’histoire d’un personnage enfermé dans son intériorité jusqu’à la névrose.Dans ses poèmes, il plonge jusqu’à un état plus intérieur encore, qu’il dit «mélancolique»: «J’ai souvent pensé Pour Stefan Hertmans, la littérature est une sorte de loupe.que c’est de cet endroit que resurgit ce qu’Heidegger appelle alètheia, ce qui ne peut plus être caché.L’homme qui écrit ces romans est un homme de lumière, qui se rend compte que la lumière implique l’obscurité.Mais l'homme qui écrit les poèmes s’enfonce dans le côté la-canien, du côté du soupçon, du refoulement; il s’ouvre, pour le dire avec Derrida, sur une écriture féminine, en quelque sorte, qui suppose une ouverture existentielle.» Le poète entre dans une situation de fragilité plus grande que le romancier, dit-il encore.Le roman est le travail de l’imagination sociale, tandis que la poésie est celui de la position existentielle.Quant à ses essais, ils relèvent de «l’écriture masculine», performante et argumentative.Les errances d’un intellectuel L’écriture de Hertmans court sur deux plans, selon une double trame de réalité: celle des codes, des modes et des propositions abstraites, et celle de l’intime à laquelle on ne saurait accéder sans violence.«Quand j’étais jeune, je rêvais d’une grande totalité.En écrivant et en vivant, je me suis rendu compte qu’il y avait là une grande violence.Une violence infligée, que je ne cherche pas: le personnage psychopathe, à la fin de Comme au premier jour, qui semble être un neveu du narrateur proustien, construit un pont terrible, cauchemardesque, avec la réalité.Dans un pays où l’on a vécu l’affaire Dutroux, l’innocence est perdue pour toujours.L’écrivain en moi, qui essaie de construire une narration, a une responsabilité culturelle: il essaie de chercher le refoulement dans notre construction de l’identité.» Hertmans a donc réfléchi sur la violence de l’imagination.Un de ses essais porte sur le cinéma deTarentdno, de Lynch et d’autres réalisateurs qui se penchent sur la violence dans l’image contemporaine.Le lecteur de Foucault et de Bataille en reconnaît les préoccupations: «La violence est entrée dans une ère d’impassibilité.D'un côté, les choses les plus cruelles peuvent se passer sous nos yeux sans créer d’émotion.De l’autre côté, les nouvelles nous prennent à la gorge; on se sait impuissant, mais une sorte d’adrénaline négative entre dans notre corps.Ce choc électrique nous charge d’images cauchemardesques dont on ne peut plus se passer.Je crains que nous tous, les gens bien éduqués, qui croyons fortement aux Lumières, soyons de plus en plus menacés.Quand on réfléchit sur la Palestine, la violence nous est infligée.Cela affecte tout, nos utopies, notre vie sociale, même notre tendresse.Partout, la pression augmente.» Son dernier roman en néerlandais, Plus dur que la neige, raconte l’histoire d’un timide qui n’a pas réussi dans la vie et qui constate que la violence venue d’Internet le poursuit.A la fin, il est déporté par des fondamentalistes.Cet homme raisonnable ne voit pas sa propre dérive.«Nous tous pouvons devenir victimes et fous.Une nouvelle violence croît en nous, qui vivons dans des sociétés paisibles.L’écrivain a le devoir de se heurter au point de refoulement.Cela veut dire que la tâche de Flaubert est à reprendre éternellement: il faut choquer les gens avec ce qu’ils n’osent pas penser.» Et d’ajouter qu’il admire Houelle-becq, en ce sens.«Il faut se positionner avant la violence.Je demeure foucaldien.» Le sens contre le désarroi Cet homme cosmopolite, intellectuel errant, fait sentir l’urgence de redéfinir les Lumières.«77 faut se rendre dans l’obscurité de la pensée d’aujourd’hui, comprendre pourquoi les gens qui ont perdu la foi s’engouffrent dans des croyances absurdes, comme le new age, entre autres.Rien ne peut remplacer la grande icône de la culture ancienne.Cela m'inquiète parce que, ayant perdu la foi chrétienne lors de mes études de philosophie, je suis marqué par une pensée allégorique, métaphorique, qui ressort de DAVID SAMYN la foi chrétienne.» Hertmans voit avec tristesse ces gens sans cadre ni références aborder les questions complexes de l’existence — utopies, questions sexuelles ou autres.Pour un humain éclairé, dit-il, notre monde apparaît sans certitudes; c’est pourquoi des intellectuels savants et postmodernes de Belgrade, de Paris, défendent la guerre de Serbie.Comme le disait Benjamin, il faut sans relâche relire les grands textes.«Il nous faut une grande exégèse du monde», dit Hertmans, persuadé que l’être mélancolique n’est pas violent.Redéfinir l’humain?«Un être mélancolique possède une conscience filmique de l’histoire.Il voit les lieux, les gens, les figures, ce qui est perdu, ce qu’on ne peut pas voir II s’imagine les choses avec une conscience nostalgique.» Mélancolique, toutefois, ne veut pas dire précieux: «Je veux être quelqu’un de mon temps, vivre intensément.» Dans Le Paradoxe de Francesco (Castor astral, 2004), une anthologie composée de réflexions et de poèmes étalés sur 20 ans, il parle de «mélancolie vitale».De la mélancolie, il garde l’énergie, mais pas le narcissisme.A Borges aveugle, il emprunte le sens d’un rêve, une tendresse pour l’histoire, une empathie, base pour l’exégèse et l’herméneutique de la lecture.«La tendresse historique consiste à relire les gens qui nous ont précédés dans la volonté de les rendre contemporains.Nietszche l’a dit, et même hurlé, il faut devenir quelqu’un qui n’est pas historique, le contraire d’un être civilisé qui se passe de l’histoire.» Se désenclaver de chez soi, se perdre dans la culture et lire comme un enfant Stefan Hertmans sera présent à Montréal le 17 novembre au Studio de la Place des Arts à 19h30; à la Maison des écrivains le 18 novembre à 19h; au Salon du livre de Montréal le 19 novembre à 18h et à 19h30; à la libraire Olivieri le 20 novembre à 14h.TRADUCTION Ils seront lus en néerlandais Des auteurs québécois pour les lecteurs flamands Publiés récemment et toujours disponibles en librairie aux Pays-Bas et en Flandre, divers ouvrages donnent une assez bonne idée de la production actuelle au Québec.Panorama d’une littérature «étrangère» dans le pays des polders.La production québécoise est accessible dans les pays de Belgique et de Hollande.Pour preuve, des ouvrages sont toujours disponibles pour le lecteur flamand.Par nom et par titre, voici donc ce qui peut être vu sur les tablettes de divers libraires.Arcan, Nelly Hoer, een relaas (Putain) Traduit par Evelien Chayes Uitgeverij Podium, 2004 Blais, Marie-Claire ¦ Engel van eenzaamheid (L'Ange de la solitude) Van Gennep, 1992 ¦ Een winter in het leven van Emmanuel (Une saison dans la vie d'Emmanuel) Van Gennep.1989 ¦ Nachlen in der underground (I^es Nuits de l’underground) Bruna en Zoon, 1985 ¦ St.Laurens Blues (Un Joualo-nais Sa Joualonie) Bruna en Zoon, 1976 Brault, Jacques Agonie Thoth, 1986 Cohen, Leonard ¦ Het favoriete spel (The Favourite Game) Gedichten, De Bezige Bij, s.d.¦ Glorieuze verliezers (Beautiful Losers) De Bezige Bij, s.d.Côté, Denis ¦ Het Gele Halfduister (La Pénombre jaune) Deltas, 1986 ¦ Robots legen mensen (Hockeyeurs cybernétiques) Deltas, 1986 Bissoondath, Neil Yasrnin’s Werelden (Tous ces mondes en elle) Traduit par Peter Abspoel et Hanneke Nutbey In de Knipscher, Haarlem, 2004 Courtemanche, Gil Een zondag aan het zwembad in Kigali (Un dimanche à la piscine à Kigali) Traduit par Manik Sarkar Amsterdam, De Bezige Bij, 2003 Gagnon, Cécile Binkie en zijn vriendjes Balloon Amsterdam, 1991 Gingras, Charlotte ¦ Mijn zomer met Jade (Un été de Jade) Traduit par Kristien Dreesen Uitgeverij Averbode, 2001 ¦ Als een vogel in een kooi (La liberté?Connais pas!) Traduit par Kristien Dreesen Uitgeverij Averbode, 2000 Hébert, Anne ¦ Met dromen beladen (L’Enfant chargé de rêves) Thoth, 1993 ¦ De sneeuw van Kamarouska (Kamouraska) Thoth, 1991 ¦ Zeezotten (Les Fous de Basson) Thoth, 1988 et Maarten Muntin-ga, 1995 ¦ De verboden stad (Le Premier Jardin) Thoth, 1988 Laberge, Aimée Waar de rivier versmalt (Where the river narrows/Lcs Femmes du fleuve) Traduit de l’anglais par Aike Leistra et Atty Mensinga Anthos, Amsterdam, 2003 Labrèche, Marie-Sissi Borderline Traduit par Manik et Pauline Sarkar Amsterdam, Van Gennep, 2002 Laferrière, Dany Vrijen met een neger tôt je zwart ziet (Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer) Kritak, 1992 Marineau, Michèle De weg naar Chlifa (La Route de Chlifa) Gottmer, 1998 Martel, Yann ¦ Het Leven van Pi (Life of Pi, Edinburgh/T/ùtoirv de Pi) Traduit par Gerda Baardman et Tjadine Stheeman Amsterdam, 2003 ¦ De geschiedenis van de Roc-camatio’s uit Helsinki: vier ve-rhalen (Paul en Finlande) Meulenhoff, 1994 Parizeau, Alice Nog is Polen niet verloren (Les lilas fleurissent à Varsovie) Kadmos, 1986 Plante, Raymond Gekke lente (Le Dernier des raisins) Claris, 1992 Richler, Mordecai ¦ De bekentenissen van Barney (Barney’s Version) Prôméthéus; 1998 ¦ Joshua toen en nu (Joshua then and now) Prometheus, 1993 ¦ Salomon Gursky was hier (Salomon Gursky was here) Prometheus, 1991 ¦ De leerjaren van Duddy Kra-ritz (The Apprenticeship of Duddy Kraritz) Van Gennep, 1989 ¦ Jacob dubbel en de dinosau-rus (Two-Two and the Dinau-saur) Zwijsen, 1988 ¦ Jacob dubbel en de verschrik-kelijke cipier (Jacob Two-Two Meets the Hooded Fang) Zwijsen, 1984 Sarfati, Sonia Als het leven knaagt (Comme une peau de chagrin) Averbode, 1997 Savoie, Jacques Draaideur (Les Portes tournantes) Van Gennep, 1989 Soucy, Gaétan ¦ Music-Hall! Traduit par Han Meijer Amsterdam, Querido, 2004 ¦ Het meisjes dat te veel van lucifers hield (La petite fille qui aimait trop les allumettes) Traduit par Han Meijer Amsterdam, Querido, 2001 TRES ARTS É C I A E C A HIER SP EST P ü B L nthcrianltalrdrvoir.ci 2050, rue de Bleury, 0' étage.Montréal (Qoébec) H3A SMfl.Tel.: (514) 985-3333 r«Jactioa«ledevolr.eon FAIS CE QUE DOIS Création de l’œuvre gagnante du Prix Québec-Flandre : Tsijzüe Petra Vermote Pour voix et ensemble / Ingrid Schmithusen.soprano / Ensemble de la SMCQ / Direction Walter Boudreau In Extremis CONCERT EN TROIS PARTIES Vendredi 22 octobre /19 h / Salle Pierre-Mercure du Centre Pierre-Péladeau ?Sulloui D: devoir l a rtudulim SOC A N Québec ¦ 10017 DesJardins mw-~ té de AU QU CDPVRIGHT RUBENS 1H octobre au 9 januier 10 h à 17 h du mardi au dimancha, 10 h à 21 h Ica nwrcradla AU MUSÉE NATIONAL DES BEAUX-ARTS DU QUÉBEC 1, avenue Wolfe-Montcalm.Québec [4181643-2150 • 1 866 220-2150 • www.mnba qc.ca Exposition : Copyright Rubens.L'art Du Grand Imagier Le grand maître flamand Pierre Paul Rubens [1577-1640] était un dessinateur d’une virtuosité exceptionnelle.Une centaine de gravures réalisées d’après ses compositions ainsi que quelques dessins, tableaux et esquisses à l'huile de la main de Rubens composent cette exposition, organisée conjointement par le Koninkiijk Museum voor Schone Kunsten Antwerpen [Musée royal des Beaux-Arts d'Anvers] et le Musée national des beaux-arts du Québec.;*$Sk mm ¦tSSEÊPton jaw ÆBMjBk ' S i «s™ I • ««fl, »¦'’ "1 -;ï|v H#®! Mr - l! i .'jMBMSWKy C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de plaisir anticipé que nous invitons les Québécois et les Québécoises à participer nombreux aux activités de Couleurs flamandes au Québec.Pendant les quelque 35 jours de cette manifestation, le Québec vibrera aux accents de la culture flamande.Nous aurons ainsi l’occasion de nous familiariser avec une expression culturelle, riche, audacieuse, tonique.Cette vitrine, rendue possible grâce au partenariat très dynamique qu’entretiennent le Québec et la Flandre dans de nombreux secteurs, constitue également une occasion unique de tisser de nouveaux liens entre nous.Couleurs flamandes au Québec se profile déjà comme une suite de révélations.Nous serons conviés à découvrir les multiples facettes d’une nation aux réalisations artistiques fascinantes, qu’il s'agisse de la maîtrise légendaire des grands maîtres flamands tel Rubens, ou du langage artistique d’une absolue modernité des créateurs de l’avant-garde de l’art visuel, de la musique, de la danse et de la littérature.Ne manquez pas ce chaleureux rendez-vous et laissez-vous éblouir par les somptueuses Couleurs flamandes.Line Beauchamp Ministre de la Culture et des Communications Monique Qagnon-Trembiay Vice-première ministre, ministre des Relations Internationales et ministre responsable de la Francophonie PETRR UERMOTE 22 octobre 19 h - À LA SALLE PIERRE-MERCURE DU CENTRE PIERRE-PÉLADEAU 300, boul.de Maisonneuve Est, Montréal [514] 987-4691 • www.centrepierrepeladeau.com $ ?Photo : Mevr DeVriendt Exécution de l’œuvre de la lauréate du Prix de musique contemporaine Québec-Flandre, Petra Vermote, par la Société de musique contemporaine du Québec, sous la conduite de Walter Boudreau.Le prix de musique contemporaine, décerné depuis 1987 dans le cadre de la coopération culturelle entre le Québec et la Flandre, reconnaît le talent des compositeurs et des interprètes issus de ces deux communautés.i THE THINK OF ONE 21 au 22 nouembre j 20 h 30 - AU EL SALON j 4388, boul.Saint-Laurent, Montréal I [514] 842-6301 Spectacles de The Think Of One, participant au projet Étoiles polaires sur les musiques contemporaines flamande et Inuit, en résidence de création à Montréal.BÂCHE 10 au 13 nouembre 20 h - À LA CINQUIÈME SALLE DE PUCE DES ARTS 175.rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal [514] 842-2112 • www.pda.qc.ca 16 nouembre Photo : O Chris Van der Burght 20 h - AU THÉÂTRE CENTENNIAL Université Bishop's, Lennoxvtlle [819] 822-9692 • www.ublshops.ca/centennlal 19 nouembre 20 h - AU CENTRE CULTUREL DE JOUETTE j 20, rue Salnt-Charles-Borromée Sud, Joliette [450] 759-6202 • www.ccultjoliette.qc.ca Présentation par les ballets C.de la B.de la chorégraphie Bâche de Koen Augustijnen, Guy Van Nueten et Steve Dugardin.Projet né de la passion des œuvres pour haute-contre de Purcell que partagent le chorégraphe Koen Augustijnen et le haute-contre Steve Dugardin.Afin de susciter un dialogue entre l’ancien et le nouveau, la tradition et le présent, les chants de Purcell sont adaptés, puis intégrés dans un paysage sonore contemporain conçu par le pianiste, auteur et compositeur belge Guy Van Nueten.SEPTENTRION 17 nouembre 19 h 30 - AU STUDIO-THÉÂTRE DE PUCE DES ARTS 175, rue Sainte-Catherine Ouest, Montréal [514] 842-2112 • www.pda.qc.ca Spectacle littéraire et musical consacré à la littérature flamande.Intitulé Ce radotage poignant, ce spectacle est présenté dans le cadre de la série Le Studio littéraire.Luc Devoldere, rédacteur en chef de la revue Septentrion, les auteurs Stefan Hertmans, Leonard Nolens, Miriam Van hee, Geert van Istendael et l'ensemble musical de Dirk van Esbroeck seront présents.10 nouembre 19 h - A U MAISON DES ÉCRIVAINS DE L'UNEQ 3492, avenue Laval, Montréal [514] 849-8540 • 1 888 849-8540 • www.uneq.qc.ca Quelques Randres, un Québec : rencontre entre les écrivains flamands Stefan Hertmans, Leonard Nolens, Miriam Van hee, Geert van Istendael et les écrivains québécois Monique LaRue, Louise Warren et d'autres.19 nouembre ; AU SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL | Place Bonaventure, Montréal 1 [514] 845-2365 • www.salondullvredemontreal.com 18 h - MEZZANINE SUD Lancement du numéro spécial de Septentrion, intitulé Comme dans un miroir trouble/Québec Flandre.Ovuvtv dé Qabri«l Lalonde Dmrm un mink trouble.200€ Avec rautonsatton de Septentrion (wwwonMridMt.be) 19h 30-CARREFOUR Tenue d’une table ronde autour du thème Identités Québec-Flandre, avec la participation de plusieurs auteurs québécois et flamands.20 nouembre 14 h - A U LIBRAIRIE OLIVIERI 5219.chemin de la C6te-des-Nelges, Montréal Réservation : [514] 739-3639 www.macm.org/servlces/llbralrle.cfm Lecture publique d'œuvres flamandes.Québec SS • Mlnbttre dt le Curtur* « des Communkattom • Mtnhttre d»t Mettons Intemettonetes www.mcc.gouv.qc.ca * www.mri.gouv.qc.ca 4 www.vlaanderen.be £1 Ministère de ia Communauté flamande I
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