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Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


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  • Montréal :Le devoir,1910-
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Cahier G
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  • Journaux
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quotidien
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Le devoir, 2004-10-02, Collections de BAnQ.

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LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 le devoir %, iiF ciences culture MARC LUCOTTE «Les gens sont responsables de l’amélioration et de la détérioration de leur environnement» Page 4 Le Québec des idées ROBERT CHARTRAND est d’abord la philosophie qui attire Yvan Lamonde, jeune étudiant à l’Université de Montréal, dans les années 60 du siècle dernier.Et quand il bifurque vers l'histoire, c’est celle de la philosophie et de son enseignement qui l’intéresse particulièrement, comme en témoignent ses thèses de maîtrise et de doctorat à l’Université Laval.De la philosophie à l’histoire, des grandes théories philosophiques aux idées dans tous leurs états, on décèle la cohérence de l’itinéraire intellectuel de Yvan Lamonde.«Mes études de philosophie ont eu deux répercussions durables sur ma carrière.Elles m’ont d’abord révélé mon attrait pour les idées.Mais à l’époque, on les abordait d’une façon tellement désincarnée, sans leur offrir un ancrage historique, que, par réaction, j’ai éprouvé très tôt la nécessité de contextualiser le développement des théories des grands penseurs comme Descartes ou les empiristes anglais.«Deuxième effet chez moi, plus particulier peut-être, de l’étude la philosophie: l’acquisition d’une certaine tournure d’esprit, un goût très vif pour la synthèse sans lequel ne me serait pas venu, aussi tôt dans mes travaux, ce projet d’une histoire des idées au Québec.C’est ce qui a guidé toute ma vie de chercheur par la suite.La philosophie a donc été, pour moi, une voie d’entrée verç des recherches plus larges.» A l’Université Laval, Yvan Lamonde a connu des intellectuels qui l’ont marqué.Fernand Dumont, avec qui il a eu l’occasion de collaborer plus tard, «un homme éminemment d’une grande ouverture d’esprit, pour qui la vérité était indissociable d’une grande humilité».Et Philippe Sylvain, un historien peu connu, spécialiste des idées libérales et ultramontaines et de leur diffusion ici, en Europe et aux Etats-Unis: «C’est lui qui m’a donné l’intuition d’étudier ces idées dans une perspective internationale.» Le grand œuvre Yvan Lamonde devient professeur à McGill au début des années 1970.Il y enseigne et poursuit ses recherches, qui culmineront avec la parution de son Histoire sociale des idées, dont les deux premiers volumes ont paru chez Fides en 2000 et en 2004.«La nécessité d’entreprendre cette histoire des idées—qui m’est d’abord venue comme une simple intuition — s’est imposée au fil de mes travaux et d’une réflexion sur notre société: elle avait atteint, me semble-t-il, un stade de maturité qui lui permettait de se regarder avec un certain recul.«Ce survol que j’ai entrepris de l’histoire des idées — de leur genèse, de leur diffusion, de leur réception —, je le vois comme un miroir offert à la société québécoise, où la politique politicienne occupe moins de place que les grands débats, les courants d’opinion qui ont traversé notre histoire.Il permet de déterminer les valeurs politiques, spirituelles, religieuses qui ont compté pour dix générations de Québécois et, delà, de mesurer aujourd'hui en quoi nous sommes originaux dans nos combats et nos débats.On pourra bien sûr contester ce travail, le réviser, mais il y a là un matériau de départ, le portrait d’une ossature intellectuelle dont j’ai la prétention de penser qu’elle manquait jusqu’ici.» Parmi ces idées que tout un chacun prétend avoir, Yvan Lamonde a dû faire un tri et ne retenir que celles qui ont eu une résonance sociale à leur époque.«Je me suis en effet attardé à ces grandes idées qui ont été diffusées par des phares culturels, comme faime à les surnommer.l’Institut canadien, les bibliothèques, les librairies, la presse.Et puis, fai souligné l’apport de certaines grandes figures individuelles, comme Henri Bourassa et Lionel Groulx, qui, au début du XX' siècle, ont incarné deux versants du nationalisme; ou, avant eux, s’agissant du libéralisme, Louis-Joseph Papineau et Étienne Parent» Le grand œuvre dVvan Lamonde, dont le troisième volume est à paraître, aura peut-être un autre titre que celui des deux premiers.Mais on sait déjà que son objet d’étude s’arrêtera en 1960.«J’aurais pu décider de faire un autre volume, sur les années 60 et 70, en dépit de la proximité des faits à étudier, car je suis de ces historiens qui ne veulent pas laisser le champ contemporain aux seuls sociologues et politicologues.Je pense, par exemple, à ce fédéralisme asymétrique dont il a été abondamment question récemment, et qui mériterait une lecture historique sérieuse.L’expression peut sous-tendre une stratégie politique intéressante, mais elle n’a pas de signification intrinsèque puisqu’elle ne comporte pas d’enjeu constitutionnel.Par ailleurs, le retrait du Québec d’un projet administratif national n’a rien de nouveau: cela s'est VOIR PAGE G 2: IDÉES \ Cv ?ADI EISENBERG «Le plaisir intellectuel de développer des connaissances » Page 6 aggMjggsi^iii ' !vi- m j .mtm i ÏWSWÏÏM ïsSlpK siSIt «ne pour le savoir, l’Aefas, lécialisations diverses.Qu'Us taine, débutants ou émérites, en retrouve récompensée.i H Le pouvoir sous toutes ses formes MICHEL BÉLA IR CQ est un homme qui touche à ' tout.Doyen de la faculté des arts de l’université McGill, John A Hall est bri-tannique d’origine et il a en-seigqé un peu partout, autant en Suède et aux Etats-Unis que dans les anciennes petites républiques soviétiques.Curieux, il parle tout aussi passionnément de son amour pour le Québec que des grands courants de pensée qui traversent le monde.Ses nombreux écrits portent sur l'occidentalisation de la planète, la société civile, la cuisine italienne qui n'en est pas une, la démocratie et le futur de l’Europe «S'ily a un lien entre tout cela, explique-t-il au téléphone, c'est l’intérêt que j'ai pour les notions d’État et de pouvoir.Le pouvoir des collectivités regroupées en États se manifeste dans des périodes alternées de guerre et de paix résultant de la compétition qui les oppose.Cela débouche sur le concept de nation en définissant la notion même de citoyenneté, avec toutes les modalités d’application dans lesquelles elle s’inscrit.Et cela s’écrit dans l'Histoire.Dans des faits historiques.Pour avoir une vision globale des grands courants qui agitent et qui modèlent la planète, on ne peut pas se limiter à l’analyse de cycles économiques s’étendant sur de courtes périodes de temps.Il faut un cadre plus large, une perspective historique globale.Voilà pourquoi je n’ai jamais été marxiste.L’argent est un facteur qui explique beaucoup de choses, oui, mais le pouvoir encore plus.» Le professeur Hall ajoutera qu’on comprend beaucoup mieux l’effritement du bloc soviétique quand on a lu Montesquieu.Et que c'est dans sa constante volonté d’expansion qu’il faut voir la fin de l’URSS.En fait a s’est beaucoup intéressé aux grands empires qui ont marqué l’histoire.D a écrit sur le déclin de l’Empire britannique et l’occidentalisation de la planète tout autant que sur le démantèlement de l'ancien bloc de l’Est Par contre, on pourrait croire que le fait d'enseigner et de vivre à Montréal depuis 1991 a changé sa vision des choses.«Le Québec est le seul endroit où je voudrais vivre en Amérique: c'est un endroit stimulant pour observer l’éléphant qui habite derrière la porte voisine.D’autant plus que la vie intellectuelle n'est pas coupée de la réalité ici: on voit littéralement les changements prendre forme.La politique et le discours démocratique débouchent sur des choses concrètes (“Politics are real!”).Je suis anglais d’origine et le fait de voir ici une petite nation survivre de façon aussi dynamique à la disparition d’un empire m’a fait beaucoup réfléchir.Sur le sort des petites nations dans l’Europe d’aujourd'hui, par exemple.» VOIR PAGE G 2: POUVOIR Dormir les yeux ouverts ESTELLE ZEHLER Il est des personnes qui n’attendent pas le fil des années pour que leur vocation se déclare.Le Dr Jacques Montplaisir appartient à cette catégorie choyée d’individus.Sa vocation?Le royaume de Morphée, un royaume qu’il scrute, analyse, étudie sans relâche.«Mon intérêt pour le sommeil, confie-t-ü, remonte très loin.Même adolescent j’avais une fascination pour le sommeil, j’avais lu plusieurs livres traitant de ce thème.» Aussi a-t-il consacré ses études à la médecine, plus particulièrement à la neurophysiologie.Il réalise ses travaux en premier lieu dans le domaine de la recherche fondamentale, sur le sommeil de l'animal, avant de se concentrer sur l'être humain.Pour une meilleure perception de son sujet d’étude, il complète son bagage avec une formation en psychiatrie.L’ensemble de son travail allait se placer sous le binôme de la recherche fondamentale et de la recherche clinique.Nommé professeur à l’Université de Montréal en 1977, il fonde la même année le Centre de recherche sur le sommeil et les rythmes biologiques à l’hôpital SacréCœur.Sur papier, le geste parait presque anodin.La mise en perspective présentée par le Dr Franco Lepore, directeur du Centre de neuropsychologie et cognition de l’Université de Montréal, permet toutefois d’en saisir la portée: «Cette initiative, qui semble tout à fait naturelle aujourd’hui, était presque révolutionnaire dans les années 70 puisque aucun laboratoire ou hôpital du Canada ne possédait une telle infrastructure.Son leadership a permis à ce centre de se développer au point où, présentement, 10 chercheurs y réalisent une partie importante de leur recherche.» La physiopathologie des troubles du sommeil exigeait des mesures et des moyens à la hauteur des interrogations suscitées.Une multitude d’expertises allaient s’avérer nécessaires.Le D'Joseph de Koninck, professeur titulaire de psychologie à l’Université d’Ottawa, témoigne de la volonté constante du D1 Montplaisir « LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2 0 0 4 G 5 A CFA S CERVEAU Prix Desjardins d’excellence SUITE DE LA PAGE G 4 De la recherche à l’administration Il s'est alors réjoui pour une double raison de l’opportunité que McGill lui offrait «Cétait également un travail qui ne se situait pas très loin du malade et, à ce moment-là, mes gènes de médecin sont probablement remontés à la surface.Ça m’apparaissait donc comme une chance exceptionnelle que d’avoir mon laboratoire à cet endroit.» Toute sa carrière s’est déroulée là à partir de 1980 et, tout médecin qu’il était, il a consacré sa vie à l’enseignement et à la recherche.Sur le tard, le volet administratif a gagné en importance: «/ai été de plus en plus occupé par l'évaluation des demandes de subvention auprès de grands organismes nationaux, comme par exemple l’Institut canadien de recherche en santé.» Il y a un peu plus de trois ans, avant d’accéder à la présidence et à la direction générale du Fonds de la recherche en santé du Québec sur une base permanente, il est devenu, à mi-temps, le directeur scientifique de cet organisme.Il s’agissait en quelque sorte du prolongement naturel de sa carrière: «C'était vraiment tentant d’accepter cela, c’était quelque chose qui m’intéressait beaucoup.Après avoir reçu de l’argent durant toute ma vie pour me consacrer à la recherche, je pouvais m’assurer que les fonds seraient distribués aux autres avec le plus de rigueur possible, tout en favorisant l’excellence.» Dans les méandres du cerveau Alain Beaudet a essentiellement axé ses travaux sur les récepteurs pour certaines catégories de neurotransmetteurs présents dans le cerveau.Il s’est penché sur cette problématique: «Ily a une double compréhension à ce sujet.C’est tout un processus que de comprendre les mécanismes de la communication au niveau du système nerveux central.On connaît bien les mécanismes très précis du genre câblage, synapse, point à point.Ce qui m’intéressait, c’était davantage la communication plus “modulatoi-re”, que je qualifierais de presque hormonale, à l’intérieur du cerveau.Il y a toute une classe de neurotransmetteurs qui fonctionnent presque comme des hormones et diffusent dans l’espace extracellulaire, dans le cerveau, affectant ainsi de grands espaces neuronaux — donc, des fonctions de premier plan.Ces neurotransmetteurs, qui sont généralement mal en point ou qui connaissent des problèmes de niveau, se retrouvent en présence dans des maladies de l’humeur comme la dépression.» Cette recherche fondamentale s’est déroulée exclusivement auprès des animaux.D poursuit ses explications: «Progressivement et à l’évidence, qui dit récepteurs pour les neurotransmetteurs dit aussi une des cibles premières pour tous les médicaments qui ont un effet sur le système nerveux: comment ceux-ci agissent-ils?Comment, dans certains cas, dé-veloppe-t-on une tolérance ou une dépendance à ces derniers?Comment atteint-on un seuil de non-réponse à des médicaments quand on les a pris très longtemps?Donc, comment la communication/action d'un médicament se traduit-elle sur le récepteur?» Au cours des cinq dernières années, il a mis l’accent sur cette approche pour se spécialiser ensuite sur l’aspect de la douleur et sur la possibilité de développement de drogues alternatives à la morphine, à des types de médicaments utilisés pour combattre la douleur chronique.D résume en une phrase: «]e continue à m’intéresser beaucoup aux mécanismes cellulaires et moléculaires de la transmission chimique de l’information dans le système nerveux.» Le défi de la présidence Alain Beaudet se retrouve désormais aux commandes du fonds qui valide intellectuellement et soutient financièrement la recherche dans le secteur de la santé au Québec: «C’est celui qui s’occupe de la recherche en santé au sens très large, allant de la molécule à la recherche clinique chez l’homme; celui-ci englobe absolument tout.On a des travaux sur les déterminants sociaux en santé comme on en a sur les génomes.» Le projet est vaste et dans ses grandes lignes, il consiste à réunir les conditions favorables et à mettre en place les politiques utiles pour favoriser une recherche québécoise de haut niveau en santé.De la sorte, il sera possible d’attirer ici et de maintenir en poste des chercheurs de très grand calibre.Il ajoute encore: «Ceux-ci doivent se rendre compte que le Québec est de niveau international dans la recherche en santé.Pour notre part, nous devons maintenir des critères d’excellence dans ce domaine, et c’est là un très beau défi.C’est fondamental pour notre société, qui profitera des retombées des fonds investis à bon escient en termes de création d'emplois et d’entreprises pour des individus hautement qualifiés.En plus, on ne parle pas seulement d’économie, mais d’améliorer la santé des Québécois et, au bout du compte, c’est ce qu’on veut faire.» Le monde de Tinfîniment petit Le projet de recherche présenté par Daniel Brassard, et qui lui vaut d’obtenir le prix Desjardins d’excellence 2004 pour étudiants-chercheurs au doctorat, porte sur l’étude de nouveaux matériaux qui serviront dans le domaine de la microélectronique.Un projet de recherche qui s’inscrit parfaitement dans les préoccupations de l’industrie des transistors et des semi-conducteurs qui, justement, est à la recherche de nouveaux matériaux.PIERRE VALLÉE Daniel Brassard obtient un baccalauréat en génie physique à l’École polytechnique de Montréal avant de poursuivre ses études en maîtrise et au doctorat à l’Institut national de la recherche scientifique (INRS).«]'ai choisi d’étudier en génie physique parce que je m'intéressais autant à la science fondamentale qu’à la science appliquée et que cette voie m’of fiait la possibilité défaire un peu des deux.» Son intérêt pour les matériaux nouveaux lui est venu lors d’un premier stage à l’INRS.Un défi de taille La taille des équipements électroniques qui sont sur le marché aujourd’hui — on n’a qu’à penser au téléphone portatif — a considérablement diminué ces dernières années grâce à la miniaturisation des composants microélectroniques tels les puces et les transistors.Mais si on veut poursuivre cette miniaturisation, on doit solutionner un problème de taille.La fabrication d’un transistor ou d’un semi-conducteur nécessite l’utilisation d’une mince couche de matériau isolant.Depuis environ 30 ans, on utilise une mince couche d’oxyde de silicium à cette fin.Le hic, c’est que cette couche est devenue si mince avec la miniaturisation qu’on ne peut plus la réduire sans en perdre les propriétés électriques recherchées.Si l'on veut réduire davantage la taille des composants électroniques, il faut donc trouver un nouveau matériau possédant les mêmes propriétés électriques.Les matériaux de substitution envisagés sont les oxydes métalliques, tel l’oxyde de titane.Ces oxydes métalliques possèdent une haute constance diélectrique, ce qui permet d’obtenir avec une couche plus épaisse les mêmes propriétés qu’avec une couche mince d’oxyde de silicium.L’utilisation d’une couche plus épaisse d’isolant permettrait éventuellement d’en réduire l’épaisseur sans en perdre les propriétés et, par conséquent, de réduire encore la taille des composants.Malheureusement, les oxydes métalliques, malgré leurs excellentes propriétés électriques, se sont révélés difficiles à utiliser en pratique et n’apparaissent pas comme la parfaite solution de rechange à l’oxyde de silicium.Une autre voie Le projet de recherche de Daniel Brassard propose d'étudier une troisième voie: l’utilisation de silicates en guise de couche isolante.Un silicate est en sonune un mélange d’oxyde de silicium et d'oxyde métallique.«C’est en quelque sorte une solution de compromis où l’on cherche à se servir des meilleures propriétés des deux matériaux.De plus, le silicate est plus facile à déposer et à manipuler et il conserve un lien avec l’ancienne technologie.» Son projet consiste donc en l’étude des propriétés électriques propres aux silicates ainsi qu’à leur croissance.L’ablation laser et la pulvérisation magnétron sont les deux techniques employées par Daniel Brassard.Dans les deux techniques, on place dans une chambre à vide une cible de silicate et un substrat sur lequel on vient déposer la mince couche.On bombarde la cible soit avec un rayon laser, soit avec un champ magnétique, ce qui crée un plasma permettant aux atomes du silicate de migrer vers le substrat.«C’est ce qu’on appelle la croissance de la couche.» L’étude de cette croissance est importante parce la manière dont la couche se dépose peut varier selon la méthode utilisée et le matériau choisi, et qu’elle peut influencer les propriétés électriques du matériau une fois déposée sur le substrat.«On cherche à trouver les conditions dans lesquelles on peut utiliser les silicates de façon optimale.» Le projet de Daniel Brassard permettra de mieux comprendre la manière d’appliquer le plus efficacement possible cette couche de silicate.Ceci est important parce l’industrie des transistors et des semi-conducteurs, avant d’adopter le silicate comme isolant, voudra s’assurer qu’une méthode d’application répondant aussi à leurs impératifs économiques est disponible.Daniel Brassard Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs Richard Dolbec Lauréat Concours de vulgarisation scientifique L'Institut national de la recherche scientifique (INRS) est fier du succès de Daniel Brassard et de Richard Dolbec, tous deux étudiants au doctorat en sciences de l'énergie et des matériaux au centre Énergie, Matériaux et Télécommunications de l'INRS.Toutes nos félicitations aux lauréats.Université du Québec Institut national de la recherche scientifique La science en ACTION pour un monde en ÉVOLUTION m Daniel Brassard Pour le moment, Daniel Brassard se passionne pour son projet et il ne pense pas trop à l’avenir.Mais il avoue hésiter entre une carrière de chercheur universitaire ou de chercheur en industrie.SOURCE AC K AS «À l’université on cherche à comprendre, et dans l’industrie on cherche à réussir.» Et qui sait: peut-être trouvera-t-il encore une fois une troisième voie lui permettant de concilier ses deux intérêts?NOUS RECHERCHONS LES FUTURS LAUREATS À cinq reprises, l'ACFAS a décerné le prix Léo-Pariseau à un chercheur de ITRCM.Profitez vous aussi d’un milieu de recherche exceptionnel pour développer pleinement votre potentiel scientifique.Poursuivez votre formation en recherche dans un environnement multidisciplinaire performant.Les directeurs de laboratoire de l'IRCM se distinguent dans de nombreux domaines des sciences biomédicales.Nous offrons un encadrement de grande qualité et l'accès à des équipements ultramodernes pour vous préparer à une carrière scientifique de premier ordre.De plus, les possibilités d’obtenir une bourse sont excellentes.L'IRCM connaît une croissance importante qui lui permettra de doubler son activité de recherche au cours des prochaines années.Participez à cet essor et renseignez-vous aujourd’hui au sujet de nos programmes d'études supérieures et de formation postdoctorale.www.ircm.qc.ca admission® lrcm.qc.ca (514) 987-5527 4ircm fcsidM àt racTuxtfi#* rVéquêa d# MonVM ap Félicitations à Christine Brabant Prix Desjardins d'excellence pour étudiants-chercheurs www.mrs.ca /// 'TV * 50 ans i* l'audace porte fruit L'Université de Sherbrooke est fière de compter parmi ses étudiants cette chercheuse qui suscite déjà l'intérêt de la communauté scientifique internationale.Ses recherches sur l'éducation à domicile au Québec permettent de mieux comprendre cette pratique marginale et méconnue et de faire avancer les connaissances sur la famille comme partenaire de la transmission du savoir et de la culture.m UNIVERSITÉ DE ta SHERBROOKE www.USherbrooke.ca LE DEVOIR.LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 3 OCTOBRE 2004 G 6 * ACFAS * Prix Urgel-Archambault Prix Ressources naturelles Le matériau du chimiste «Le plaisir intellectuel de développer des connaissances et la satisfaction de faire des choses utiles» Adi Eisenberg est reconnu mondialement comme un expert des polymères.À l’entendre parler, on dirait plutôt qu’il s’agit avant tout d’un passionné de cette matière.«Vous savez, hormis ce qui est en métal, à peu près tout ce qui nous entoure est du polymère.Même le corps humain.Et la fameuse chaîne d’ADN, qui transmet nos gènes!», rappelle ce professeur titulaire au département de chimie de l’université McGill.CLAUDE LAFLEUR Il dirige une équipe qui s’ingénie à concevoir des microstructures de polymère qui pourraient avoir maintes applications, notamment pour acheminer de puissants médicaments à l’intérieur du corps.Enfant, Adi Eisenberg a subi les tourments de la Seconde Guerre mondiale, devant même fuir son pays (l’Allemagne).Il n’a par conséquent amorcé ses étudçs qu’à l’âge de 13 ans avant d’émigrer aux Etats-Unis trois années plus tard.Ce début tardif ne l’a toutefois pas empêché de mener de brillantes études, notamment à la prestigieuse université Princeton.Très jeune, avant même de commencer l’école, il rêvait de faire de la science: «Dès l’âge de 12 ans, dit-il, la chimie m’a attiré, car je me voyais manipuler des éprouvettes.» Quant à sa passion pour les polymères, elle vient d’un brillant exposé donné par un passionné du sujet.«Un jour, j’ai entendu le professeur Hermann Mark parler des polymères comme d’un sujet véritablement excitant!, se rappelle-t-il.Vous savez, on est tous influencés par ce qu ’on voit et par ce qu 'on entend.» Depuis ce jour, le chercheur consacre sa vie à l’étude des propriétés de ce matériau chimique aussi abondant qu’intrigant Alors qu’il entreprend sa carrière à l’université de la Californie à Los Angeles (UCLA), il reçoit de l’université McGill «une offre que je ne pouvais refuser!».C’est de la sorte qu’il s’établit à Montréal en 1967, alors que l’université McGill met sur pied une importante équipe de chimistes spécialisés dans l’étude des polymères.Le plaisir des microstructures «L’étude des polymères est, en tant que telle, vraiment très intéressante, explique le chimiste, mais SOURCE ACFAS Adi Eisenberg en plus elle mène à des tas d'applications.On a donc d’une part tout le plaisir intellectuel de développer des connaissances, et d’autre part la satisfaction de faire des choses utiles.Quoi de plus formidable, n’est-ce pas?!» «Pour comprendre ce que nous faisons, explique l’éminent professeur, pensez à ce qui se passe lorsque, en faisant une salade, vous mélangez de l’eau et de l’huile.Bien sûr, ces deux liquides ne se mélangent pas, l’huile finissant toujours par flotter au-dessus de l’eau.On dit qu’elle est hydrophobe.Toutefois, on peut créer des polymères dont une portion est hydrophile (soluble à l’eau) alors qu’une autre partie est hydrophobe.» Or, comme l’a découvert le chercheur, ces polymères forment des structures creuses.Son équipe a ainsi créé des polymères en forme de sphères et de tubes vides.Les parois externes de ces polymères sont hydrophiles, donc ils peuvent s’incorporer à l’eau, alors que leurs parois internes sont hydrophobes et peuvent héberger un composé insoluble.Il s’agit en outre de structures extraordinairement petites: il fendrait placer côte à côte un millier de microsphères pour obtenir l’équivalent de l’épaisseur d’un cheveu.«Parvenir ainsi à contrôler la nature pour lui faire fabriquer de telles structures est en soi une expérience formidable, relate le chimiste, mais ce qui est encore plus intéressant, c’est le fait que ces structures ont le potentiel d’être extrêmement utiles.Et Tune des applications possibles est la création de véhicules pour acheminer des médicaments dans l’organisme.» En effet, les microstructures de polymère semblent apparemment idéales pour transporter dans l’eau des substances hydrophobes.«Justement, de nombreux médicaments sont hydrophobes, explique le chercheur.Les structures que nous avons créées pourraient bien transporter jusque dans les cellules la dose nécessaire de médicament pour traiter une maladie.» Délicats transferts Le prof Eisenberg souligne en outre que certaines molécules médicamenteuses sont à la fois particulièrement puissantes et toxiques.«Il faut pouvoir acheminer des doses en concentration suffisamment élevée pour être bénéfiques, mais pas trop.car on risque alors de tuer le patient.Ainsi, vouloir administrer un médicament hydrophobe peut devenir très délicat.Mais si vous utilisez des microstructures de polymère, vous y parviendrez parce que l’organisme ne perçoit pas la substance hydrophobe — seulement le polymère — jusqu’à ce que celle-ci soit acheminée dans la cellule.» C’est ainsi que, ces dernières années, des équipes pharmaceutiques travaillent, un peu partout à travers le monde, à mettre au point des procédés de livraison par microstructures polymériques.«On pourrait donc mettre ce qu’on veut dans le creux des microsphères et les livrer où on le désire dans l’organisme.» Le spécialiste est ainsi ravi que son équipe effectue des recherches fondamentales qui sont reprises par diverses firmes pharmaceutiques.Les applications possibles de ces travaux n’en sont qu’à leur début, souligne-t-il.Ultimement, les microstructures de polymère pourraient aussi bien servir dans le traitement et la purification des eaux qu’en nano-électro-nique et en médecine.«En tant qu’immigrant, le fait de recevoir le prix Urgel-Archambault atteste que les sociétés québécoise et canadienne m’acceptent, de conclure Adi Eisenberg.A mes yeux, ce prix démontre que je vis probablement dans Tune des sociétés les plus tolérantes du monde.Et pour moi qui ai connu la guerre, c'est une chose très importante.» Le carbone et son cycle Pour arriver à comprendre «la contribution de la forêt québécoise au cycle du carbone» «Le carbone est un élément chimique qui permet de former les molécules essentielles à la vie, comme les protéines et les gaz, notamment II se retrouve sous différentes formes, lesquelles sont modifiées par divers processus physiques, chimiques et biologiques, et ce, de façon plus ou moins rapide», a bien pris soin d’expliquer Onil Bergeron, le récipiendaire du prix Ressources naturelles.THIERRY HAROUN Jeune chercheur, né en 1976 à Saint-Hyacinthe, Onil Bergeron poursuit sa thèse de doctorat en sciences forestières à l’Université Laval en collaboration avec Fluxnet-Canada, un réseau national de recherche réunissant à la fois des scientifiques universitaires et gouvernementaux qui examine notamment l’influence du climat sur le cycle du carbone des écosystèmes forestiers et des tourbières.Dans le cadre de son doctorat, Onil Bergeron s’attarde plus spécifiquement à l’écophy-siologie végétale, c’est-à-dire l’étude des mécanismes de la plante en fonction des différentes conditions environnementales.Son projet de recherche, qui lui a valu la reconnaissance de ses collègues, consiste principalement à étudier la relation entre la variabilité interannuelle des flux de carbone et le climat, tout en analysant la contribution des différentes com-posantes des écosystèmes au flux net de carbone.Il cherche ainsi à comprendre les processus de respiration du sol et leur variabilité spatiale.De manière plus concrète, Onil Bergeron potasse sur un site d’un rayon de 500 mètres dans une pessière noire (peuplement fores- tier dominé par des épinettes noires) située en forêt boréale, près de Chibougamau.«En clair, je me consacre surtout à la contribution de la respiration des sols au bilan du carbone d’un écosystème en particulier.» Si ses résultats ne sont pas encore compilés, il constate néanmoins que «le printemps est un moment critique qmnt à l’échange de carbone parce que c’est un temps de Tannée où Ton se retrouve avec beaucoup d’eau disponible».A plus long terme, «je compte m’attarder à la contribution de la forêt québécoise au cycle du carbone à l'échelle canadienne et mondiale».Comment s’articule le cycle du carbone?«Simplement dit, le carbone peut se retrouver dans l’atmosphère sous forme de gaz carbonique, pour être par la suite assimilé par une plante pour former des tissus végétaux qui, eux, seront décomposés dans le sol pour former éventuellement de la matière organique qui sera immobilisée dans le sol.Cette matière, poursuit-il, peut être recyclée par des plantes ou encore être immobilisée plus longtemps sous forme inorganique.Et ces formes inorganiques peuvent être retournées dans le cycle par un processus physique ou chimique, lors d’une éruption volcanique, par exemple.» Ainsi va la vie.Onil Bergeron ¦| -ï Découvrir et innover par la recherche et le partenariat.Au cours du dernier siècle, nous avons découvert quelques-uns des médicaments et des vaccins les plus marquants de notre époque.Ainsi, nous avons pu améliorer le traitement de l’arthrite, de l’asthme, des maladies cardiovasculaires, de l’ostéoporose, de la migraine et des maladies infectieuses.Tant qu’il y aura des maladies et de la souffrance, nous poursuivrons nos recherches sans relâche.Consultez notre site Web www.merckfrosst.com ?J> MERCK FROSST Découvrir toujours plus.Vivre toujours mieux f/atatwn& aaw /aaréat& ALAIN BEAUDET Professeur de neurologie et neurochirurgie (McGill/Institut neurologique de Montréal) et président-directeur général, Fonds delà recherche en santé du Québec Prix Adrien-Pouliot (Coopération scientifique avec la France) Commandité par le Consulat général de France à Québec et le Ministère des Relations internationales du Québec ADI EISENBERG Chaire Otto Maass de chimie Prix Urgel-Archambault (Sciences physiques, mathématiques et génie) C ommandité par l’Acfas JOHN HALL Chaire Jantes McGill de sociologie et doven de la Faculté des arts Prix M arcel-Vincen t (Sciences sociales) Commandité par Bell Canada YVAN LAMONDE Professeur titulaire de langue et littérature françaises Prix André-Laurendeau ( Sciences humaines) Commandité par Gaz Métro Ces étudiants de McGill ont gagné le Prix de l’Excellence de TADESAQ pour la meilleure thèse de doctorat dans leur secteur de recherche respectif: Hassan Said Bazz.i (Sciences naturelles et génie) et Stephen Chrisomalis (Sciences humaines et sociales, arts et lettres) Nous profitons aussi de l’occasion pour lélidterles récipiendaires des Prix McGill pour les meilleures communications étudiantes présentées au congrès 2004 de l’.Vcfas : Sylvie Caries, foresterie, 11niversité Laval et Audrey Turcotte, foresterie.Université du Québec à Chicoutimi ¦
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