Le devoir, 4 septembre 2004, Cahier E
L E THÉÂTRE Objet théâtral hétéroclite Page E 4 DEVOIR LES SAMEDI ET DIMANCHE SEPTEMBRE 2 0 0 4 DE VISU Le son en mouvement Page E 6 ULTURE 3# 4 Carte sur la pri i I- e i smohe }4 m mà N ÙM série Temps dur prend l’affiche le lundi 13 septembre à Radio -Canada H SOURCE RADIO-CANADA Jean-Marc Dalpé se lance dans l’écriture télévisuelle grâce au travail d’ir détenu, Michel Charbonneau, qui voulait raconter ce qui.se passe vraiment derrière les murs.% PAUL CAUCHON A l’écran, c’est une histoire à la fois sombre et poétique, un drame, un suspense policier, une histoire d’amour et une histoire sur la vie en prison.Mais derrière l’écran, c’est aussi une histoire inhabituelle de scénarisation, qui met en scène un véritable détenu qui rêvait d’écrire, une femme dynamique bénévole dans les pénitenciers et un dramaturge reconnu, Jean-Marc Dalpé, qui a voulu plonger dans l’histoire d’un autre pour écrire ce qui sera l’une des dramatiques fortes de la rentrée télévisuelle.Pour comprendre la série Temps dur, qui prend l’affiche le lundi 13 septembre à Radio-Canada, il faut donc raconter la genèse du projet France Paradis fait du bénévolat depuis plus de dix ans auprès des détenus, des cas lourds qui purgent une peine de 15 ans ou plus, leur apportant présence et réconfort Un soir, elle discute avec un détenu, Michel Charbonneau, d’un reportage sur les prisons qu’ils ont vu à la télévision, convaincus que le reportage n’arrivait pas à faire comprendre la nature exacte de la vie carcérale.Charbonneau explique qu’il veut écrire un livre pour raconter vraiment cette vie.France Paradis lui ré- plique qu’un tel récit aurait encore plus d’impact s’il s’agissait d’une série télévisée.Tous deux se prennent au jeu, discutent une fois par semaine pendant huit mois d’un texte que Charbonneau écrit France Paradis croit tenir quelque chose.Elle sollicite un rendez-vous auprès du producteur Jacques Blain, de Cirrus Communications.Non seulement celui-ci aime la qualité (Cirrus a produit des séries comme La Vie la vie, Tabou, 2 frères, Jack Carter et Hommes en quarantaine), mais il trouve aussi que le projet est très fort Sauf qu’il faut le développer et le scénariser.Blain tente alors de convaincre Jean-Marc Dalpé de se joindre à lui.Dalpé refuse trois fois, pour finalement accepter, à une seule condition: avoir carte blanche pour écrire ce qu’il veut France Paradis et Michel Charbonneau acceptent Une série lourde De Michel Charbonneau on sait peu de choses.D est encore en prison, c’est un homme «charmant et intelligent» selon ceux qui l’ont rencontré, mais on se doute que ce n’est pas un enfant de chœur, s’il est en prison pour une période prolongée.Jean-Marc Dalpé, lui, est écrivain, poète, dramaturge, qui a beaucoup œuvré à faire connaître la créativité de l’Ontario francophone.Trois fois lauréat du Prix du Gouverneur général, il a vu certaines de ses pièces filmées pour la télévision (par exemple Trick or Treat à Télé-Québec, l’année dernière), mais son expérience de l’écriture télévisuelle demeu- rait très courte (il avait scénarisé suc épisodes du téléroman Freddy pour son ami Normand Canac-Marquis).Dans les œuvres de Dalpé, on trouve souvent des marginaux, de la violence, des «dépossédés du rêve américain», comme on l’a déjà écrit, mais Dalpé n’avait aucune connaissance directe de la vie en prison, bien sûr, comme la plupart d’entre nous.«J’avais la tête pleine de clichés, explique-t-il au Devoir.J'ai rencontré Charbonneau au pénitencier, c’est un gars “articulé”, fai embarqué dans le projet, qui est devenu le mien.Et j’ai consulté d’anciens détenus.Le cœur du récit demeure l’idée de Charbonneau, c'est-à-dire la transformation d'un homme qui est détenu.J’ai restructuré le tout, ajouté toute l'intrigue policière, et ainsi de suite.» L’écrivain Dalpé s’est donc directement frotté au grand monstre télévisuel, qui peut bouffer la créativité si l’on n’y prend garde! «Comme auteur, j’avais peur de manquer de liberté, mais ce ne fut pas le cas, soutient-il./ai exigé d’avoir du temps pour écrire.Ce n’était pas juste un contrat comme ça, c’était une œuvre dans laquelle je voulais m’impliquer.Je trouve qu’on impose trop souvent des échéanciers contre-productifs dans le milieu delà télévision, et les auteurs ont à se tenir debout pour résister à ça.» «Puisqu'on investit autant d’argent dans une série lourde, continue-t-il, il me semble que la base, c’est d'avoir une bonne histoire.Il faut donc laisser les gens travailler.La création, ça prend du temps et ça nécessite qu'on y consacre un temps de réflexion.Il y a des semaines où tu écris seulement VOIR PAGE E 2 : PRISON ARTS VISUELS Sur les pas du 11 septembre La crème de la crème.À voir le nombre de prix remportés par les artistes qui présentent actuellement leurs œuvres à la Société des arts technologiques (SAT), on se dit qu’on atteint le nirvana de la chose.Le nombre de récipiendaires, qui n’est jamais nécessairement garant de la qualité des œuvres en présence, restons calmes, est impressionnant Par cette exposition intitulée ART&D, la SAT inaugure un cycle qu’elle entend poursuivre: chaque année, à cette période-ci, l’organisme entend faire le point sur les recherches et créations qui auront eu cours dans l’année.Cette année, un retour sur les événements du 11 septembre s’imposait BERNARD LAMARCHE Les artistes actuellement présents à la SAT sont parmi les petits futés de leur classe.Ce qui veut dire combien ces œuvres non seulement font œuvre, mais contribuent également à l’avancement de la science.En effet les artistes présents id, pour la plupart sont aussi des gens qui développent des outils, qui ne s’en tiennent pas nécessairement aux acquis de leurs disdplines.Parmi ces artistes, plusieurs ont remporté des prix ou ont reçu des mentions au fameux Prix Ars Electronica, mis sur pied par l’important centre d’art électronique autrichien qui porte le même nom.Avec cette exposition, la SAT cherche à s’adresser aux initiés et aux non-initiés.Un passeport qu’on se procure pour la modique somme de cinq dollars permet" non seulement de retourner sur les lieux comme on l’entend, mais aussi d’assister aux différentes présentations d’artistes qui ponctueront le mois.Pour l’occasion, jamais la SAT n’a été aussi comble des œuvres des artistes, elle qui possède un espace fantastique qui cultive souvent le vide.La SAT a aussi le bonheur de tenir un événement qui tient la route au-delà de quelques soirées.La maison nous a habitués à de riches mais courts événements, des blitz qui laissent souvent sur la faim, dans la mesure où les œuvres présentées exigent un esprit d’exploration, donc du temps.Avec ART&D, la SAT entend mettre l’accent sur la pédagogie et recevoir des groupes pour leur donner des visites guidées, donc trancher avec limage de bar techno qu’elle traîne sur sa route.De cette façon, on se rapproche de Hdée d’un musée de l’art électronique, VOIR PAGE E 2 :ART&D l’iijHinitsic \ontvllc (luluév f’ld/i, Xtinivllc /fltuitlc, Ho iliT’iiqiii’s I lie expusiliim inici nationale qui runs lent ilei mil ni te s Hex du hnnl du mmide et nniè/flitteiii Htueh que tes iiulin htiiiies y l>tiillijiitoeiil mi /'> xieelc Yr I’ointi \ ( EXPOSITION PRESENTEE A POINTE-A-CALLIERE DU 18 MAI AU 17 OCTOBRE Munéi* d .m hnttmjir ttl «1 Tm.loiir île Moftliudl .I‘jU, plait* I toy.tic Viet» MfinlMMl fut mw www |**§euMv'u t|i ta Vnic: von i tuipo&tfKX» .m Mm.'." i i i (Mjfe ¦ i.i i liaiti « lia ijami doux ImIM .d riviun |m»ih H.Wm sim lu , iilos d'At» l .iiutd.i Mont mil MtlSIM 1*11!» II».It II | Il 1.1 Mil I'igorim" Québec \l\l BfiMJ AIM t A N A II A cran Il IHUKI. LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 2004 * Culture * ART&D SOURCE SAT Installation météo-électronique pour laser et ordinateurs, La Harpe à nuages (1997-2004), de Nicolas Reeves, lit en temps réel, grâce à un laser pulsé à infrarouge, la structure des nuages qui passent au-dessus d’elle.La forme même de l’œuvre fprovient du répertoire d’architectonies issues des recherche de 'artiste-architecte dans le domaine des espaces complexes générés par ordinateur.Concert gratuit: de la 1EB eaiean rentréi MERCRED115 SEPTEMBRE 2004, 20 H Torn Takemltsu Rain coming (1982) Denis Gougeon En accordéon (2004) PREMIÈRE MONTRÉALAISE SOLISTE INVITÉ Joseph Pétrie, accordéon Œuvre coup de cœur des Rencontres de musique nouvelle 2004 Luis de Pabio Razôn dormida (2003) i Nouvel 1 Ensemble | Moderne I SOUS LA DIRECTION DE | Lorraine Vaillancourt J Salle Claude-Champagne, 220 Vincent-dTndy I RENSEIGNER! * Entrée libre SUITE DE LA PAGE E 1 une des fonctions que la SAT entend remplir au fil des années.D’ailleurs, quelques-unes des œuvres de cette exposition vont rejoindre la collection naissante de TétablissemenL Art, science et drame Plusieurs des oeuvres ont à voir directement avec les attentats du 11 septembre 2001.Plus qu’une autre des commémorations dont on ne saurait dire qu’elle sont superflues, l’exposition montre certaines des œuvres qui devaient être présentées à New York, dans le cadre de la saison du Québec à New York, qui a dramatiquement pris fin lorsque les avions se sont engloutis dans les tours.La SAT avait comme mission de tenir l’événement Montréal Brainware dans cette vitrine, qui n’a jamais été reprise.Québec prévoyait installer ses principales activités à quelque pas du World Trade Center frappé hier par un attentat terroriste.Certaines œuvres n’ont pas survécu à l’effondrement du WTC, telle l’installation La Harpe à nuages, de l’artiste Nicolas Reeves, qui s’est retrouvée sous les décombres en ce moment Reconstruite pour sa première à Montréal, La Harpe à nuages est une machine à lire les nuages, dont elle transforme la structure en musique.Dotée d’un laser qui lit la structure fractale des nuages, l’œuvre compose sa musique en prenant en considération les données fournies par les nuages.Pour ce faire, Reeves a retenu un échantillonnage issu de l’Atelier lyrique de l’Opéra de Montréal, des répétitions de Turandot.Luc Courchesne était sur les lieux, le 11 septembre 2001, avec sa caméra vidéo.Il a même fourni des images inédites que les médias électroniques ont diffusées.Comme s’il voulait se purger de l’horreur de ces images, Courchesne est revenu sur les lieux du crime.Deux séries d’images circulent dans l’installation qu’il a signée: les premières ont été filmées le jour des attentats: les secondes ont été captées bien après que la poussière soit retombée.Le contraste opère.La deuxième série d’images a été filmée avec la lentille spéciale mise au point par Courchesne et son "Québec fin Ê> - de Montréal 1814) 343 5962 SOURCE SAT Sans titre (2002), de Luc Courchesne, retourne à Battery Park, où l’artiste a vécu les événements du 11 septembre.Immersive, l’œuvre plonge le visiteur dans les rues de New York, filmées avec une lentille spéciale de 360 degrés.équipe.Cette dernière est capable de filmer et de diffuser des images immersives à 360 degrés.Le visiteur est englobé dans cet environnement dont le calme franche avec les images perturbées marquées 9/11.Et la musique, troublante de simplicité, vient compléter ce triste portrait: celle de Charles Ives.Le cor anglais de The Unanswered Question continue de s’enquérir, les réponses ne viennent toujours pas.Toutes les œuvres de l’exposition ne tournent pas autour du 11 septembre, heureusement, mais une dernière, et pas des moindres, continue de chercher des réponses, cette fois à travers la parole.Emmanuel Madan (la moitié du collectif [The User]) a décidé, en septembre 2002, de sijlonner en voiture une vingtaine d'Etats américains.Au bout de 5000 kilomètres, il avait son matériau.Plusieurs heures de lignes ouvertes captées à la radio ont permis d’exorciser un peu plus les démons qui ont frappé l’Amérique.Freedom Highway, sous forme de performance, diffuse les petites archives de cet événe- ment qui ont produit tant de paroles et d’images en direct Trois performances auront lieu: la première, le 11 septembre prochain, qui sera diffusée sur les ondes de C1BL, les autres, les 18 et 25 septembre; à la SAT Bien d’autres œuvres fascinantes ponctuent le parcours, sans avoir de liens avec 9/11.Souvent ludiques, sur le mode du jeu, ces œuvres méritent que notre passeport serve à répétition.On y reviendra.Le Devoir PRISON Jean-Marc Dalpé a pris trois ans pour écrire la série SUITE DE LA PAGE E 1 trois mots.H faut accepter ça.Parce que c’est un temps de réflexion, et après ça ira plus vite et ce sera meilleur.» Un auteur télé est né Jean-Marc Dalpé a pris trois ans 0 pour écrire la série.Le producteur a complété son équipe gagnante en embauchant le réalisateur Louis Choquette, un réalisateur très sollicité, qui a signé 2 frères, Jack Carter, la première saison de Tabou et les premiers épisodes de Rumeurs, et qui travaille actuellement à la série Cover Girl, qui sera diffusée après les Fêtes à Radio-Canada.Le directeur des programmes de Radio-Canada, Mario Clément pèse ses mots: «Un auteur de télévision est né, dit-il, et Temps dur c’est une combinaison de textes très forts et d’une réalisation très forte.A Radio-Canada nous considérons que c’est une œuvre charnière, dans le sens où il y a des œuvres après lesquelles on ne peut plus revenir en arrière.» Les dix épisodes de Temps dur racontent l’histoire d’un détenu, Alain, qui veut rentrer chez lui pour retrouver les siens, dont la femme n’en peut plus d’attendre, et qui est souvent tenté de retomber dans les mauvais comportements à causé de ses collègues en prison.Si l’on se fie aux deux premiers épisodes présentés aux médias, la vie en prison n’a jamais été montrée de façon aussi concrète, humaine, y compris d’ailleurs une dimension fantasmatique présente chez les détenus, le tout rythmé par une bande sonore remarquable, avec une équipe de comédiens hors pair.S’ajoutent une véritable histoire d’amour et de rédemption et une enquête policière, parce qu’un crime commis à l’extérieur des murs aura une incidence importante dans le pénitencier, enire autres parce que les motards criminalisés qui y sont enfermés et qui font littéralement régner la loi et l’ordre essaient eux aussi de résoudre le crime.Le public suivra-t-il?En tout cas, à Radio-Canada on jongle déjà avec l’idée de faire de Temps dur une trilogie, qui se poursuivrait éventuellement l’année prochaine.Le Devoir ET SON INSPIRATION LA 5e EN DEUX TEMPS.UN MOUVEMENT, À L’ÉCRAN DANS «MORT À VENISE» PRESENTE AU CINEMA A LA BELLE ETOILE DU FFM LE 4 SEPTEMBRE A 20 H 30 .CINQ MOUVEMENTS, EN CONCERT SOUS LA DIRECTION DE YANNICK NËZET-SÉGUIN À LA SALLE WILFRID PELLETIER DE LA PLACE DES ARTS LE 13 SEPTEMBRE À 19 H 30 Orchestre Métropolitain du G(and Montreal Yannick Nézet-Seguin Grand lauréat du Concours Musical International de Montréal, le pianiste ukrainien Sergeï Salov retrouvera, le temps d'un récital, le public qui l'a acclamé au printemps dernier.Un concert unique réunissant des œuvres de Debussy, Brahms, Beethoven et Stravinski Polaris Soleil de minuit I HlillK ICIt V.Sud I ile Quebec ïl" Abonnez-vous! vendredi 10 septembre, 20 h A.ESPACE Ifr MUSIQUE 10017" Salle pierre-mercure CENTRE PIERRE-PÉLADEAU Conoun Mostcal iWrrnarinrul tfr Montré partant Ira k>nhuttonnai 300 De Maisonneuve Est, Montréal Métro Berrl-UQAM lundi 25 avril 20 h Québec ¦¦ Montréal LE DEVOIR Radio-concerts Olivier Thouin et Anton Kuerti Autour de la célèbre sonate de Franck lundi 20 septembre 20 h Constantinople et Françoise Atlan Chants mystiques lundi 18 octobre 20 h Marie-Nicole Lemieux en récital Mirages mardi 23 novembre 20 h Paul Kunigis et ieszcze Raz la fête des lumières lundi 13 décembre 20 h .lundi 31 janvier 20 h Les Cordes romantiques Souvenir de Florence lundi 21 février 20 h MeasNa Brueggergosman en récite! Le retour de la lauréa LE DEVOIR.LES SAMEDI I ET DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 2 0 01 K ;i -* Culture *- THÉÂTRE Histoires de cul L’Espace Go amorce les célébrations de son 25e anniversaire en posant une question fondamentale.Prenez quatre auteurs, quatre comédiens et quatre metteurs en scène.Réunis-sez-les autour d’une question provocante: les hommes aiment-ils le sexe, vraiment, autant qu’ils le disent?Et faites en sorte que ça lève.MICHEL BÉLAIR C* était mon premier plateau depuis le retour des vacances.Une fin d’après-midi du début de la semaine; une quinzaine de personnes éclaboussées de lumière sur une scène nue plaquée au beau milieu de la grande salle vide de l’Espace Go.Ça change des lourdes épaules vertes des montagnes qui ont occupé la majorité de mon espace dernièremenL.Tout ce monde est là, rassemblé autour d’une question folle qu’on ne pose jamais sérieusement au théâtre et encore moins dans la vraie vie: les hommes aiment-ils le sexe, vraiment, autant qu’ils le disent?Ah! La ville, quand même, c’est bien aussi.C’est dense ici.Que ce soit à cause de la teneur de la question ou plutôt parce qu’on est à une dizaine de jours de la première, la fébrilité est palpable dans la salle.L’impression se confirmera lorsque je me retrouverai, quelques minutes plus tard, avec Ginette Noiseux et Pierre Bertrand dans le petit café du théâtre: ils bouillonnent encore, là, devant moi.Radioactifs.«Contaminés» par l’intensité qui régnait tout à l’heure sur le plateau.Deux gars, deux filles C’est que l’aventure de cette folie théâtrale qui porte le titre de Les Hommes aiment-ils le sexe, vraiment, autant qu’ils le disent ?s’est écrite sous le registre de «l’énergie des tout débuts, sur le fil du rasoir», comme le raconte Ginette Noiseux, pendant que son complice s’acharne un peu plus loin à dissiper le trop plein d’énergie qui l’habite encore.«C’est un show comme on en faisait à l’époque du Théâtre des femmes, poursuit-elle.Un show où l'on veut parler de l’essentiel.Un show qu’on fait parce que c'est absolument nécessaire de le faire.Et qui sent ce que Pierre appelle la mise en danger.» «Je dirais plus “mise au défi”», rajoute Pierre Bernard, de retour avec nous, sur un registre étonnamment intense et doux tout à la fois.«Tout le monde a embarqué dans ce projet sans le connaître vraiment.Personne ne savait ce que faisaient les autres.Et tous ont accepté de plonger» Ginette Noiseux, la directrice artistique de Go depuis sa création, explique qu’elle souhaitait dès le départ que «les écritures ne soient pas contaminées l’une par l’autre».Elle a communiqué avec quatre auteurs qu’elle voulait voir participer au projet Et les quatre, qui ne se connaissaiçnt pas, deux filles, deux gars — Evelyne de la Chenelière et Marie-Eve Gagnon, François Létourneau et Normand Canac-Marquis — ont donc dit oui.La commande est précise: pas plus ou moins de vingt minutes, («chronométrées!», précise Bertrand).Et les règles sont claires: il n’y aura aucune censure.Mais la pièce doit être écrite pour deux, au maximum quatre comédiens: pas de monologue.Pas de Rambo non plus.Plus bizarroïde encore: quatre metteurs en scène — Patrice Dubois, Frédéric Blanchette, Caroline Binet et Alice Ronfard — s’occupent chacun d’une pièce.Pour lier la mayonnaise, des quickies, des petites vîtes, de courts textes de pas plus d’une minute chacun: Wajdi Mouawad en a fait un, Stéphane Crête et plusieurs autres aussi, et on y greffera certaines réponses du public données au questionnaire publié sur le site Internet de l'Espace Go (www.espacego.com).Sur scène, on retrouvera quatre comédiens (deux gars: Denis Bernard et Patrice Godin; deux filles: Isabel Richer et Marina Orsini) jouant les textes de quatre auteurs (deux gars, deux filles, on le sait) dirigés par quatre metteurs en scène (deux gars, deux filles, toujours).Tout ça sous la codirection artistique de Ginette Noiseux et Pierre Bernard, bien sûr, qui développent le projet depuis plus d’un an en essayant de tenir ensemble tous les bouts de fil de la tapisserie.Et autour de l’obligation pour tout le monde de tenter de répondre à la question: les hommes aiment-ils le sexe, vraiment, autant qu’ils le disent’ Intéressant non?Soulever le voile «On est mort de peur, reprend Ginette Noiseux.On ne voit pas JACQUKS GKKNIEK I K DEVOIR 'WHI • ¦ Les comédiens Patrice Godin, Isabel Richer, Denis Bernard et Marina Orsini se posent la question pour nous.encore l’enveloppe, le rythme du spectacle.Mais on travaille dans le plaisir total: on a un fun fou!» Parce que, évidemment, c’est une question importante sous ses airs anodins.Une question qui conditionne directement au jour le jour, les rapports hommes-femmes.Une question dangereuse.«Au départ, le projet était très large et ça touchait la sexualité humaine en général, reprennent à tour de rôle les deux «géniteurs».Et il a fallu couper: on ne traitera pas de violence, de déviation, de viol, ni d’homosexualité.On s’est limité aux seuls rapports hommes-femmes.Avec des vraies filles et des vrais gars.Sans verser dans les clichés et la psycho pop, sans prétendre fournir de réponse “scientifique” à la question, mais en fouillant vraiment.C’est une expérience fascinante que tous les participants construisent vraiment datfs l’urgence.» Evidemment, la réponse à la question varie selon que l’on est une fille ou un gars.Cela se sent disent-ils, dans les textes comme dans la façon de les aborder, chez les metteurs en scène comme chez les comédiens.«On est égaux mais certainement pas pareils, dira Ginette Noiseux.On sentira le désir, l’avidité des filles et le presque silence des gars.Et toujours on pourra s’identifier aux personnages, qui sont à hauteur humaine.» Et cela s’incarne aussi dans la façon de construire le spectacle, dans la démarche de création de cette «folie» 4X4X4.«Tout est en mouvement constant, poursuit Pierre Bernard.Tout le monde participe, s’investit personnellement, se compromet.On coupe depuis les premiers enchaîne- JACQUES GRENIER LE DEVOIR Pierre Bernard et Ginette Noiseux.ESPACE GO VOUS OFFRE SES 25 ANS GO est issu du Théâtre Expérimental des Femmes (1979) Pour 21 $ par spectade, procurez-vous un FORFAIT GO pour 3 spectacles et plus et obtenez une foule d‘avantages.Ajoutez des spectacles à votre FORFAIT GO, toujours à 21 $, durant toute la saison, selon vos désirs et vos disponibilités THÉÂTRE ESPACE GO PACE GO présenté vraiment DU |7 SEPTEMBRE DISENT ?OCTOBRE 2004 | REPRESENTATIONS les samedis i 16 h et 20 h TRI - KOBOL - OGIE Urvt product on de Ko bol martonnette* Eko - dtvoftttemont» noctumes^H pour martonwtîM consentantes Du 1* au t6 avril 2005! H au ïïr/Jü LiMMlZi'l) Iiaauawi:-: ilirHH; .iriEUK ïc Aucj ii'jafciüi ua imiË atnoiiüiisnyii CANAC MARQUIS EVflYNE Qf A t hEN: i ERF.MARIE F VE GAGNON.F PA L'.EN S.ENE [•£ CAROLINE BINE!.FRlOSIIC BLANC-H 1TTE.gATRICE DUBOIS M Du 26 avril au 30 avril 2005 lia'BERNARD, PATRICE GODINSmARINA ORSINI n ISA participation d* GINETTE NOISE U K f .IVOC I» participât» Théâtre ESPACE GO M| BILLETTfR!t (sii.: I N 1 II RESEAU ADMISSIOH .('.MJ 7V0-1.’/4s BltlETTtRIt (514) 845'4o90 www.espacego.com MtTERAIH 01 SA son ÉL EXTRA De Hugo \©n Hofmannsthal Mise en scène de Luce PeSetier Une production du Thélfre de fOptte Du 12 octobre au 6 novembre 2004 CÉRÉMONIALS Mise en scène et conception de Brigitte Poupart Une produelon de Tram théâtre Du 30 novembre au 18 décembre 2004 GERTRUDE [LE CRI] De Howairi HarVu Traduction d'Élisabeth Angel Pere/ et Jean MirhH Dé pi al s Mise en scène de Seige Denoncnurt Une producffon ESPACE GO Du 11 janvier au 12 février 200s IA PETITE SCRAP De Dominkk Paienteau lebeuf Mise en scène de Marc Bèland Une produelon du Thâdlr* PiP Du 22 février au 19 mars 2005 TOP GIRLS De Caryl Churchill lexte fiançais de Anika Schwre» Mhe en scène ne Martine Beatilnr* Une produelon ESPACE GO Du ; avril au 30 avril 2003 ments, puisqu’on ne veut garder que l’essentiel afin de soulever le voile et de faire en sorte que le dialogue se poursuive après la fin du spectacle.» La scène est nue, il n'y a pas de décor; il n’y aura rien d’autre que deux hommes et deux femmes.Le public sera assis dans des gradins installés des quatre côtés du plateau central.Et la question sera là, toute nue aussi: les hommes aiment-ils le sexe, vraiment, autant qu’ils le disent?Vous avez une idée de réponse, vous?Hum?Le Devoir DE Didier Lucien Stéphane Crête AVEC Didier Lucien Stéphane Crête Guiltermina Kerwin CONCEPTION Louis Hudon Stéphane Lafontaine Caroline Ross UNI PRODUCTION DU Nouveau Théâtre Expérimental www.nte.cjc.ca U [ t W/n-uKHifll OB espace LIBRE DU 7 AU 25 SEPTEMBRE 2004 ' DU MARDI AU SAMEDI À 20H 30 À ESPACE LIBRE 1945 FULLUM MÉTRO FRONTENAC L RÉSERVATION (514) 52I-419I I Arrrirr/rdÀM KbKYOlli LE DEVOIR.LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 2004 E 4 -* Culture «- THÉÂTRE Rêvez-vous, vous ?Le NTE ouvre la porte toute grande à Nicole, de Stéphane Crête et Didier Lucien Le carton d’invitation à la première du spectacle est très clair: «Gui osen medmae tnesuv prelu “lopadr chy Klorirs?”.Muif osen insons lu ôtupal xiceru cae rivors “chy tse tnega Tajui ni tse epsmio lu osen noragi ?”» Que dire de plus ?MICHEL BÉLAIR un mauvais coup d’une ''V-' heure et demie.» Au dé-part, l’expression est de Robert Gravel.Mais c’est Stéphane Crête qui vient de la lancer en mettant fin dans un énième grand fou rire à l’entrevue.Avec son vieux complice Didier Lucien (Bob, le souffre-douleur de Brad Spitfire), ils mettent la dernière main à une sorte d’objet théâtral hétéroclite presque sans paroles, Nicole, qui prend l’affiche du Nouveau Théâtre expérimenta] (NTE) dès mardi jusqu’à la fin septembre.Et discrète, presque aussi fantomatique que dans la production, Guillermina Kerwin, qui s’amusera à porter tous les masques de Nicole dans le spectacle, est assise un peu plus loin, près des pots de peinture gisant sur la grande table.Tout le monde est détendu.Il fait bon.Même un pépin technique d’envergure découlant du montage n’a pas réussi à refroidir l’humeur de la bande.Tout au long, une heure durant, la rencontre improvisée s’est carrément déroulée aux frontières du rêve, dans une des salles de répétition de l’Espace Libre.Par le zipper de Philémon ! Par où commencer, avec des gens qui prennent plaisir à tout faire voir à l’envers?Avec Nicole, tiens.Existe-t-elle?Est-ce qu’on la voit?Joue-t-elle un personnage dans la pièce?«Elle existe dans le monde des rêves, répond Lucien.Dans l’univers parallèle du rêve.Et là, elle est une sorte de guide dans le dédale formé par les rêves que nous faisons chaque nuit.» Stéphane Crête enchaîne: «Il faut savoir au départ que les deux personnages joués par Didier et moi tombent littéralement dans le monde des rêves.Dans un univers parallèle comme ceux dans lesquels se promenait le personnage de Philémon et qui s'ouvraient comme un zipper quand il approchait une lettre de l’alphabet.» Et faut-il savoir pourquoi ou comment les deux adeptes du zipper disparaissent dans l’univers des rêves comme le Philémon dessiné par Fred?Sont-ils morts?Un peu absents?Drogués, qui sait.«Pas vraiment», s’esclaffent les deux compères.«Cela se passe bien à la suite d’un rituel où la musique et les vibrations sonores jouent un rôle important.Mais, très franchement, on n’a pas vraiment investi dans les informations logiques puisqu’il n’y a pas de logique qui tienne, sinon la logique du rêve que ion est en train de faire, chaque fois qu’on rêve.C’est là-dedans qu’on a voulu plonger.C’est un voyage.Qui est un peu celui qu’on fait, chaque nuit.On a voulu explorer ces zones un peu mystérieuses.Essayer de dérouter.De nous dérouter.» J’apprendrai aussi que les deux rêveurs s’enfoncent par couches successives dans la nuit du rêve (cauchemar, fantasme, rêves cochons), qu’ils ne parlent presque pas, que Nicole prendra plusieurs JACQUES GRENIER LE DEVOIR Didier Lucien, Guillermina Kerwin et Stéphane Crête mettent la dernière main à une sorte d’objet théâtral hétéroclite presque sans paroles, Nicole, qui prend l’affiche au Nouveau Théâtre expérimenta] (NTE) dès mardi, jusqu’à la fin septembre.K école de ta depuis 199 SESSION AUTOMNE 2004 du 27 sept, au 2 déc.Cours d'initiation gratuits Les 20, 21, 22, 23 sept, de 19h à 20H30 Réservation : 514.495.8645 5359, avenue du Parc Montréal TANGO AU PARC Tous les mercredis coin Saint-Laurent et Saint-stosaph Jusqu'au 22 septembre 19h Cours d'initiation < 20h Bal gratuit DU 8 AU 11 ET DU 15 AU 18 SEPTEMBRE 2004^ 20 H Alain Cadieux Charmaine LeBlanc | Traces hors-sentiers Use initiative et aae prodactwa de DANSE-CITÉ ea codiffatioa avec rAgora da la dansa interprètes AnneBruce Falconer | Jane Mapptn | Mathilde Monnard | Carol Prieur collaborateurs Michel DesJardins | Érich Kory | Marc Parant I France Roy | Suzanne TMpanier rêsoence de création Manœuvre Montréal | residence L’Agora de la danse ftSxcgR LE DEVOIR i i mm DUju.'v S L’AGORA DE LA DANSE 840, RUI CHERRItR METRO SHERBROOKE 5M.525-1500 Reseau Admission 514.T90.1245 visages, parfois contradictoires, et que les références à l’Alice de Lewis et au magicien d’Oz sont nombreuses.En fait, que le spectacle est conçu comme une suite de ta- bleaux mettant en scène les rêves d’une nuit «Mais, évidemment, la structure est aussi un prétexte pour explorer les conventions théâtrales et les styles de jeu, s’empresse de préciser Stéphane Crête.C’est une recherche sur un objet théâtral.» Un show de cossins Pour mieux saisir le cadre de Accédez à l’avant-garde en danse à un prix audacieux La carte SAISON 04-05 de Danse-Cité 30% de rabais sur les spectacles de Danse-Cité, billets de faveur à l’achat de trois spectacles et des cadeaux culturels emballants à gagner, tirage le 29 octobre ! 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Ullllu la traça daa créât aura [rangSntël 0 spectacles X5s = 150 Tangente vous offre la PASSE DANSE au prix de 150 $ pour entrer dans l’univers de créativité de 30 chorégraphes en danse contemporaine.En vente jusqu'au 1er octobre au 514 525 1500 2005 TANGENTE 840, rue Cherrier (métro Sherbrooke) billetterie : 514 525 1500 danse@tangente.qc.ca‘ Tangente offre aussi un forfait 4 spectacles au choix parmi tous les spectacles de la saison 2004-2005, au coût frétillant de 40$.Disponible pour toute la saison au 514 525 1500 ConnM ctos arts Québec nn # Cornell dM Arts Canada Coundl du Canada for tha Am l+l Canadian Patrimoine Heritage canadien Montréal® IwiRRORl |£j LE DEVOIR cette recherche, il faut préciser aussi que Didier Lucien et Stéphane Crête ont donné leur premier spectacle ensemble lorsqu’ils étaient encore des «jeunes fous de 16 ans».Ils ont à l’époque fait beaucoup de pantomime et ils avaient le goût de réinterroger cette pratique.«Le corps, la façon de bouger dans l’espace, tout ça vient comme pour ancrer le spectacle, explique Lucien en ponctuant ses phrases de son inimitable sourire.Et, comme dans le temps, on joue beaucoup avec les masques et les perruques aussi.Mais bien sûr c’est notre regard à nous sur les masques et le mime.» «A ce deuxième ou même troisième niveau toujours présent, renchérira Crête, il faut ajouter une sincérité profonde visant à foire passer le spectateur dans le monde du rêve sans qu’il ait à se poser de questions.» «Bref, on fait ce qui nous tente», conclut Lucien en éclatant d’un rire à faire trembler une forêt de peupliers.Vous voyez le topo?Au moment où je les ai vus, à une semaine de la première, ils résistaient encore tous les deux à l’envie de faire une comédie («Il faut casser ça, aussi !»).Le show sera plutôt drôle, oui, on s’en doute un peu, mais les deux comparses aiment bien souligner, en limant leurs incisives, qu’ils cultivent aussi le malaise, l’inconfort et «l’entre-deux» avec délectation.N’ayez crainte, il y en aura suffisamment pour que l’on puisse faire le plein.Mais ils insistent tous les deux: «Ce n’est pas un show “fucké”!».A les croire, c’est tout simplement qu’il n’est pas structuré selon les conventions dramatiques habituelles.En se donnant la latitude d’explorer jusqu’où ils peuvent aller en ce sens, ils réalisent sous une nouvelle forme leur vieux fantasme par rapport au théâtre: tout rendre possible, sans chercher à expliquer.«Comment mettre en scène un rêve, comment représenter l’univers du rêve, sans mot ou presque?» Crête répond à la question lancée par Didier Lucien: «On l’a fait en assumant nos envies les plus bizarres.On s’est donné des défis tout au long.On s’est donné tous les droits.» Là-dessus, ils me montrent le «texte» de la pièce dont ils ont tiré des copies pour toute l’équipe technique afin qu’ils puissent s’y retrouver, c’est plutôt un storyboard avec des petits dessins partout et quelques lignes de texte surlignées en jaune, perdues au milieu des didascalies.Pourtant, malgré toutes les références à la bd surgies au fil de la discussion, ils avouent s’inspirer plus volontiers du langage cinématographique.Moment d’accalmie; le premier.Suivra une parenthèse sur le bonheur de travaüler à lEs- Eace Libre, une autre sur le bon-eur de travailler dans le plaisir.Puis viendra la phrase: «C’est un show de cossins.Un mauvais coup d’une heure et demie!» On vous l’avait dit.Le Devoir LE DEVOIR.LES SAMEDI i ET DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 2004 Culture MUSIQUE S S 1 Q U Zone de contagion La compositrice Charmaine LeBlanc et Vartiste en arts visuels Alain Cadieux entrent dans la danse avec Quarantaine FRÉDÉRIQUE DOYON Dans Quarantaine résonnent le mitan de la vie et l’isolement préventif de la maladie.Double optique que la compositrice Charmaine LeBlanc et l’artiste en arts visuels Alain Cadieux ont voulu explorer dans une création conjointe.Au cœur de leur démarche, la danse, autour de laquelle ils ont gravité pendant une quinzaine d’année.La première a travaillé dans deux lieux de formation en danse, les Ateliers de danse moderne de Montréal et l’Université Concordia.On l’a vue plus d’une fois créer des pièces à Tangente, dans le cadre de la série consacrée à la musique.Pour ce projet-ci, outre la composition musicale, elle a élaboré tout un travail sur la voix.«Elle a travaillé la voix dans tous ses états: chantée, récitée parlée, criée, murmurée», indique Alain Cadieux.Ce dernier a conçu plusieurs décors, notamment pour Jean-Pierre Perreault, Louis?Bédard, Danièle Desnoyers.Evoluant en périphérie de l’univers chorégraphique, s’y croisant souvent, ils ont souhaité ancrer une œuvre dans cet art qu’ils affectionnent particulièrement.«On fait une analogie, explique M.Cadieux.Charmaine et moi avons tous les deux dans la quarantaine et nous arrivons à un moment où on regarde derrière soi et on essaie d’envisager l’avenir tout en se concentrant sur l’instant présent.» Temps de réflexion, point de transition entre deux âges, lieu d’isolement et de passage entre la santé et la maladie qui guette, Quarantaine plonge dans l’intériorité de quatre danseuses triées sur le volet.Qui plus est, AnneBru-ce Falconer, Jane Mappin, Mathilde Monnard et Carole Prieur ont toutes plus ou moins 40 ans.«On a travaillé en studio 40 jours avec quatre interprètes», s’esclaffe l’artiste visuel, pour clore le jeu de numérologie.Isoloir C’est aussi l’âge où le spectre des visites à l’hôpital vient nous hanter.«On soupçonne constamment une contagion, métaphorise-t-il.On veut donc recréer sur scène cet état de vulnérabilité propre aux rendez-vous chez le médecin», explique-t-il.La pièce cherche ainsi à saisir l’atmosphère de no man’s land qui caractérise la quarantaine.Espace neutre, aseptisé, confrontant l’humain à lui-même, la scène se transforme en isoloir où le public se fait reflet de l’angoisse, du doute ou de la paix intérieure retrouvée.«Ça sert de prétexte à un décor immense et insolite, décrit-il.On travaille avec de grands poly-thènes, d’immenses panneaux de plastique qui forment un arc de NICOLAS RUEL Sur notre photo, Mathilde Monnard (en projection) et AnneBruce Falconer dans Quarantaine.cercle.Ça ressemble à une installation.» Pour accentuer la vulnérabilité et la promiscuité de ce lieu de confinement, Alain Cadieux „ a disposé sur scène Quarantaine trois caméras qui cap- .tent les images des plonge danseuses, projetées dans en temps réel sur u * écran géant.«Ça am- l'intériorité Phfie l’idée d’intimité, comme si les interprètes do nnatre étaient tout près».Loin de lui l’idée d’une ins- danseuses lallation multimédia , complexe.On a privilé- triees gié une approche toute , , simple: on travaille plu- sur Ie volet tôt avec la convivialité de la technologie.Les images sont en noir et blanc et ce sont les éclairages de Marc Parent qui viennent les colorer.Même chose pour les costumes, que l’artiste visuel a aussi imaginés dans des tons de gris, dépouillés, se rapprochant du sous-vêtement sans être érotiques.Textes inventés Il y a une partie théâtrale, mais ça demeure un contexte de danse, précise l’artiste visuel.Des textes inventés en partie par Charmaine LeBlanc, en partie par les danseuses elles-mêmes au cours d’improvisations, viennent truffer la performance.«Elles racontent de petites anecdotes» en lien avec le thème, rapporte l’artiste visuel.Ce sont également des danseuses qui ont créé la choré-graphie à partir d’exercices d’impro, que la répétitrice France Roy est venue polir par la suite.«C’est un peu austère», reconnaît l’artiste visuel, qui s’empresse toutefois d’insister sur le caractère émouvant et grandiose qu’apportent les projections vidéo.C’est très impressionnant.Il y a quelque chose de cinématographique, et le rapport entre la danse et l’image est troublant.A tout cela s’ajoute la présence sur scène de deux musiciens, le pianiste Michel .Desjardins et le violoncelliste Erich Kory.En souhaitant que cette Quarantaine devienne une réelle zone de contagion.des formes artistiques.Passionaria de la musique Sur tous les fronts, entre un nouveau disque, une tournée au Japon et en Chine et sa Fête de la musique à Tremblant, Angèle Dubeau nous parle de musique et de passion CHRISTOPHE H U SS C> est en cette fin de semaine qu’a lieu la désormais traditionnelle Fête de la musique à Tremblant (voir le cahier week-end du Devoir du vendredi 3 septembre).L’idée en est venue à Angèle Dubeau en plein hiver, sur une remontée mécanique: «C'est un site incroyable.On pourrait y faire de la musique.Pourquoi aller voir ailleurs?» Arrivée au sommet, elle avait déjà convaincu son mari.Mario Labbé, fondateur et directeur de l’étiquette Analekta.«Nouç avons ensuite rencontré l’association de mllégiature.Evidemment, au début, il y omit des préjugés face à la musique classique.Mais l’idée n’était pas de créer un festival, mais plutôt une grande Fête de la musique, le week-end de la Fête du travail: il y fait encore beau en général, tout le monde est revenu de vacances et c'est une dernière escapade, un dernier coup de chapeau à l'été.On n a finalement demandé qu’une chose: “Laissez-nous une chance, faites-nous confiance: on va créer quelque chose qui ne se fait pas ailleurs".Le dimanche de cette première édition, à I9h30, les restaurants étaient fermés: il n’y avait plus de nourriture.Le pari était gagné!» Lan prochain, la Fête de la musique célébrera son 10' anniversaire.Angèle Dubeau ambitionne de faire revivre les grands moments des dix premières éditions.Tout au long de l’année, elle reçoit dossiers, vidéos et disques de nombreux artistes: «Tout s'entasse dans une grande boite.Je prends la boite et répartis les dossiers dans des boites plus petites avec une, deux ou trois étoiles.Les “trois étoiles” ne sont pas toujours connus.Ainsi, Jeszcze Raz a donné l’un de ses premiers concerts à la Fête de la musique.Ce sont ces événements que j’aimerais retrouver, un “happening" avec les musiciens et groupes connus ou peu connus et qui le sont devenus.» Des moments magiques Evidemment, tous s’attendent à voir la violoniste participer personnellement aux concerts; après la grande fête du violon, en 2003, le spectacle phare de l’édition 2004 redonnera la scène à Angèle Dubeau et à son ensemble La Pietà, avec, en primeur, le programme du dernier disque, Passion!: «Nous venons d’en achever l’enregistrement le dernier vendredi d’août.» ÀTremblant, Angèle Dubeau et la Pietà présenteront le répertoire figurant sur le disque, mais pas le spectacle Passion! proprement dit, qui, lui, ne sera ficelé qu’en 2005 et se retrouvera sur scène à partir de février.Le programme comprend la V Rhapsodie roumaine d’Enesco, un pilier du répertoire de la Pietà mais qui n’avait jamais été enregistré par l’ensemble, et des arrangements de Carmen de Bizet, de Nigun de Bloch (une pièce de la suite Baal Shem) et des Siete Condones Populares Espaholas de Manuel de Falla.«C’est magique!», s’enflamme Angèle Dubeau, qui s’attendrit sur Nana, la berceuse et cinquième pièce du recueil du compositeur espagnol.Outre une mélodie de Foster, Passion! comprend également un arrangement, par Vic Vogel, d’airs connus de Por-gy and Bess de Gershwin.«Pour ouvrir le concert, j’ai ajouté un Vivaldi, la carte de visite de La Pietà et, enfin, le cancan d’Orphée aux Enfers d’Offenbach».Le disque sortira cet automne, chez Analekta.«J’ai vraiment l’impression que c’est notre plus beau disque: j’étais comblée en sortant de l’église Saint Augustin de Mirabel, dans laquelle nous l’avons enregistré.Angèle Dubeau SOURCE ANALEKTA Honnêtement, et je ne dis jamais ça, je suis très heureuse.Il y a eu dans ces séances d’enregistrement des moments magiques pendant lesquels j’avais moi-même la chair de poule.L’énergie qui était là passera au disque, c'est sûr» La joie est à la mesure des interrogations qui préludaient à l’enregistrement: «Je me posais la question: “Ai-je fait le tour du sujet?” Oui, la gamme d'émotions est là: Carmen incarne la passion, mais Nigun, de Bloch, c’est une passion intérieure d’une densité incroyable, Nana, de Manuel de Falla, c’est la tendresse absolue.» Pour la sortie du disque, en octobre, Angèle Dubeau interrompra une tournée asiatique qui l’amènera, avec La Pietà, en Chine, en octobre, pour cinq concerts, et au Japon, en octobre et novembre, pour 15 autres.Elle aimerait beaucoup travailler à nouveau en duo avec le piano ou avec le violoncelle.Mais ce n’est pas pour tout de suite: «Quand on veut bien faire, il faut y consacrer le temps; la société pousse à faire trop de choses, mais pas comme on devrait s'y consacrer» Le projet de sonates ne verra donc sans doute pas le jour cette saison, car l’emploi du temps est trop chargé: «La saison dernière, nous avons donné 90 concerts en tournée.Nous allons nous produire en Chine, au Japon et aux États-Unis les prochains mois, sans compter le nouveau spectacle.» Malgré cet emploi du temps, la passionaria de la musique garde toujours une petite place libre: «Je n’ai pas de projet concret d'émission de télévision en ce moment: je m’en ennuie parce que c’est quelque chose que j’adore.» ANGÈLE DUBEAU En concert à Tremblant, les 4 et 5 septembre à 20h, dans un nouveau programme, Passion!.Parution du disque courant octobre, chez Analekta.-m X spectack ^ danse présentent A V Lütfts Rûbitâillé dlrectèitr artistique [ The Stolen Show ] une chorégraphie de * i Crystal Rite 0 septembre 2004 zt- aüa Théât Nouveau Monde Metro Place des Arts Billetterie : (514) 866-B6 www.tnm.qc.ca Info : 514 982_6771 Les Ballets jazz de Montréal www.bjmdanse.ca LEDEVTHR c#c Thi Banff Cfntfi £ 3^" ""QuébecSE QUAND CORPS ET SONS FUSIONNENT CHARMAINE LEBLANC ALAIN CADIEUX || DANSE-CITÉ SINHA JOCELYNE MONTPETIT DANIÈLE DESNOYERS FORFAIT 4 BILLETS.OU PLUS Le Devoir L'AGORA DE LA DANSE 840, RUECHERRIER METRO SHERBROOKE 514.525.1500 Réseau Admission 514-790.1245 www.aqoradanse.com Il STUDIO DI L A60RA DI LA DANS! 1ST SUBVENTIONNÉ PAR II CONSUL DES ARTS ET OIS LETTRES DU QUÉBEC, LE PATRIMOINE CANADIEN.LE MINISTÈRE DI LA CULTURE ET DES COMMUNICATIONS OU QUÉBEC.LE CONSEIL DES ARTS OU CANADA.LE CONSEIL DES ARTS DE LA VILLE 0E MONTRÉAL.LE MINISTÈRE DE L’EMPLOI.SOLIDARITÉ SOCIALE ET FAMILLE DU QUÉBEC ET II FONDS DE STABILISATION ET DE CONSOLIDATION DES ARTS ET OE LA CULTURE OU QUÉBEC If STUDIO DE L’AGORA Of LA DANSE EST MFMBRE DU RÉSEAU CANDANSE CT DU REGROUPEMENT QUÉBÉCOIS 0E LA DANSE LE DEVOIR, LES SAMEDI 4 ET DIMANCHE 5 SEPTEMBRE 2004 E 6 Le son en mouvement Au Musée national des beaux-arts du Québec, Frottements.Objets et surfaces sonores propose un dialogue fertile sur le sens de Vécoute SOURCE MNBAQ Une installation interactive de l’artiste canadienne Diana Burgoyne, dans le cadre de l’exposition Frottements.* DAVID CANTIN Pour amorcer la nouvelle saison, le Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) réunit le travail d’une dizaine d’artistes québécois et canadiens qui explorent les multiples facettes de l’art du son.Grâce à l’apport de Nicole Gingras à titre de commissaire invitée, Frottements.Objets et surfaces sonores propose un dialogue fertile sur le sens de l’écoute, de même que ses nombreuses manifestations.Un parcours qui interroge, plus que jamais, le rôle de noire mémoire auditive.Dans un désir d’ouverture à l’expérimentation en art contemporain, cette exposition met l’accent sur l’ouïe plutôt que sur la vue.Bien sûr, il faut être sensible à de pareilles recherches, qui risquent de surprendre et de fasciner le visiteur.Dans les cellules du musée, on entre en contact avec différentes façons de concevoir le phénomène acoustique.A l’entrée, l’artiste canadienne Diana Burgoyne présente une installation interactive où du papier, des bandes de cuivre, un crayon à mine, une gomme à effacer, des haut-parleurs ainsi que des composantes électroniques visent à créer un rapport plutôt physique avec la matière sonore.A l’intérieur de la première cellule, la photographie d’un cyclone en lien avec un phonographe déposé sur une table dévoile la part silencieuse de Frottements.L’œuvre intitulée Dans le cylindre (1984), de Raymond Gervais, invite à poursuivre, en quelque sorte, le trajet dans les autres cabines qui se succèdent.Des créateurs fascinants Parmi les créateurs les plus fascinants de ce parcours, Rober Racine examine le thème de l’alternance par l’entremise d'une pièce musicale (Signatures sonores, 1994) qui révèle la dimension invisible de l’écriture.D’une durée de huit minutes, l’extrait utilise la sonorité des mots tracés sur le papier, tout en explorant un réseau de textures sonores.Par ailleurs, il faut bien comprendre que l’espace exigu prédispose à une expérience individuelle et très subjective.On croirait ainsi entendre l’émergence d’une véritable partition audio.Avec Shuffle (2003), Erika Lincoln se penche sur les frictions aléatoires de l’électricité statique.L’installation audio et vidéo présente une main recouverte d’un bas de laine caressant la peau d’une autre personne.Cette recherche sur le phénomène de l’électricité, reliant le corps et l’environnement, donne dans l’abstrait et l’éphémère.Chez Jean-Pierre Gauthier, l’installation sonore procède par accumulation de matériaux mixtes qui s’unissent dans un as- semblage des plus complexes.Une telle sculpture donne lieu à une rencontre imprévisible avec la force énigmatique des bruits.Beaucoup plus minimale, L’Eau de l’air (2004), de Jocelyn Robert, s’inspire des mouvements du visiteur afin de déclencher une masse sonore (des bruits de pas, de vagues et de vent) qui prône une certaine évasion introspective.Pour Daniel Oison, le grincement répétitif de l’aiguille sur un microsillon tournant sur lui-même mène à une expérience plutôt déstabilisante.Avec Soundtrack (1996-2001), le but est surtout de détourner le sens d’un rituel quotidien et accessible.La tentative, bien que simple à la base, s’avère des plus hypnotiques en fin de parcours.Dans l’ensemble, Frottements.Objets et surfaces sonores se veut à la hauteur d’une expérience qui s’inscrit dans la durée réelle.Un tel parcours n’a donc rien de didactique ni d’ennuyeux.Au contrai- re, il nous met en présence de sons accumulés et superposés qui génèrent un rapport des plus ludiques avec le phénomène de l’écoute.Après une performance de Martin Tétrault donnée lors de l’ouverture officielle, mercredi dernier, on mentionne que l’excellent duo skoltz_kolgen sera aussi de passage au MNBAQ (le 17 septembre à 21 heures, dans l’auditorium) pour la présentation d’une œuvre évolutive des plus captivantes.De plus, un magnifique petit catalogue (incluant un CD) complète à merveille l’exposition.On s’abandonne ainsi à cette découverte d’imaginaires sonores, prônant l’insaisissable.FROTTEMENTS.OBJETS ET SURFACES SONORES Au Musée national des beaux-arts du Québec, parc des Champs-de-bataille, Québec.Jusqu’au 28 novembre.À la découverte d’imaginaires sonores Le CENTRE INTERNATIONAL D'ART CONTEMPORAIN DE MONTRÉAL Vous invite à participer à la toute première édition du d»ene°z CRITIQUE D'ART présenté en collaboration avec le journal LE DEVOIR Vous êtes invités à rédiger un texte critique en français sur une des œuvres sélectionnées présentées à la 4e BIENNALE DE MONTRÉAL du 24 septembre au 31 octobre 2004 et ainsi gagner plusieurs prix intéressants.Maintenant ouvert à tous! Inscription par internet jusqu'au 15 octobre 2004 : concoursiaciac.ca Tél: 514 845-1462 ou consultez le site du CIAC pour les règlements complets: www.ciac.ca/concours éthKttfon Québec! La- Papaye* verte.entrls CD CIORGIS l A O U N MH'VtîV DELHI BOFTE NOIRE c'est .com ça ! ¦BUE-PHlfm A I A
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