Le devoir, 12 juillet 2004, Cahier B
LE DEVOIR.LUNDI 12 JUILLET 2 0 0 1 TOUR DE FRANCE Hushovd remporte la huitième étape sous le froid et la pluie Page B 5 L E FESTIVAL D’ÉTÉ DE QUÉBEC Wyclef Jean est parmi nous Page B 8 ECONOMIE FONDS D’INVESTISSEMENT Michel Marcoux Une méthode sage Lp été est à court.Est-ce vraiment le temps d’être sage?Oui, oui, oui! Le domaine du I placement a ses exigences, et l’une d’elles s’appelle sagesse.Malgré l’été, c’est là une vertu immuable.En effet, pour la majorité des investisseurs, la préoccupation principale est de connaître la «méthode» ou le placement qui leur permettra d’atteindre leurs objectifs financiers et d’oublier les petits tracas concernant leurs finances personnelles.Pourtant, préalablement à la définition de résultats, je crois qu’il existe un grand principe, sans lequel vos objectifs financiers seront difficilement atteints, sinon impossibles à atteindre.Quel est ce principe?Le secret le mieux gardé dans le domaine du placement, et trop souvent oublié par la plupart des intervenants de l’industrie, consiste à mettre au second plan les titres, les fonds ou la pondération du portefeuille pour, d’abord et avant tout, sensibiliser l’investisseur à l’épargne.Peu importent les stratégies utilisées, les produits financiers, seuls l’épargne consentie et voulue ainsi qu’un bon plan systématique permettront à l’investisseur d’atteindre ses ot> .jectifs de placement.C’est l’étape la plus difficile, mais combien cruciale.Le tout premier geste, dans un programn d’épargne, devrait donc consister pour l’investisseur produire son propre bilan financier et à procéder à m évaluation de ses revenus et dépenses mensuels, pu sur une base annuelle.Même si, pour certains, c< opérations semblent fort complexes, la réalité, c’e qu’elles ne prennent que quelques minutes, et certaii logiciels fort accessibles vous faciliteront encore ti peu plus ces tâches.Le bilan vous permettra de suivi vos actifs par rapport à vos dettes et à leur évolutio: d’évaluer vos revenus et dépenses, de déterminer 1< postes de dépense les plus importants et de corriger, l’occasion, certaines habitudes c consommation.Cet exercice vous aidera mieux pointer vos mauvaises d penses et vous incitera à les é! miner.Les emprunts sont aus trop souvent de mauvaises hat tudes, surtout que de petits en prunts peuvent même vous coi ter le double de l’emprunt initia On voit souvent 5 000 $ qui fin.lement vous auront coûté pin de 10 000 $ à l’échéance.Un bilan vous aidera à mieux pointer vos mauvaises dépenses et vous , .Quand on se décide à épargner incitera à et qu’on est au début de sa vie ac-, .five, l’achat d’un duplex ou d’un les èlimmer triplex comporte des effets fort différents de ceux qu’amène l’emprunt fait pour l’achat d’un simple bungalow.Les intérêts de l’emprunt pour l’achat d’un petit immeuble à revenu sont en grande partie déductibles d’impôt, alors que ce ne sera pas le cas pour l’achat de votre maison unifamiliale.Il s’agit donc d’une excellente solution lors de l’acquisition d’une première demeure.Mettre par écrit les revenus et les dépenses projetées vous permet également d’évaluer ce que vous pourrez épargner au cours de l’aimée.L’investisseur devrait toujours considérer le poste épargne comme le plus important, et, idéalement, ce poste devrait comprendre de 8 % à 12 % de ses revenus nets annuels.Pour plusieurs investisseurs, ces objectifs semblent très difficiles à atteindre, mais je crois que c’est tout à fait réaliste et nécessaire pour profiter d’unp retraite active pendant que vous avez la santé.Evidemment, les objectifs de retraite sont très différents d’un individu à l’autre: quels que soient ces objectifs, plus tôt ils seront définis, plus tôt ils seront atteints.Pour plusieurs, si on les écoute, l’épargne est toujours une question de richesse et de revenus très élevés.Pourtant, mon expérience comme conseiller financier — et les années commencent à s’accumuler — me démontre tout à fait le contraire.Le taux d’épargne chez un individu n’a aucune corrélation positive avec son revenu.Chez la majorité des épargnants que j’ai conseillés, j’ai toujours constaté que plus les revenus sont élevés, plus le niveau de consommation augmente et le niveau d’épargne diminue.Beaucoup de mes clients à revenus très modestes ont un niveau d’épargne tout à fait exceptionnel, alors que mes clients à salaires élevés — on parle ici de revenus de quelques centaines de milliers de dollars par année — font preuve d’un piètre souci d’épargne, parfois catastrophique.L’épargne doit être considérée comme faisant partie d’un style de vie et non comme une punition.Le taux d’épargne n’a rien d’un concept, c’est un mode et un choix de vie.Quel est le vôtre?q uestions&a va n toges, com L’auteur est conseiller en placement et président d’Avantages Services Financiers, une société indépendante spécialisée dans le courtage de fonds communs de placement et de gestion privée.PORTRAIT Un avenir encourageant pour le sans-fil de Cylis L’entreprise compte 35 employés, un bureau de représentation commerciale à Montréal et un autre en Suisse , .ii,, .JACQUES GRENIER LE DEVOIR Ulys demeure une société privée, mais les fondateurs ont perdu leur statut d’actionnaires majoritaires, puisque les partenaires institutionnels détiennent désormais plus de 50 % des actions de l’entreprise.CLAUDE TURCOTTE Pendant leurs études à l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Audry Larocque en marketing, Louis-Philippe Benoît en administration et Guillaume Paren-teau en génie rêvaient déjà de se lancer en affaires, mais ils n’avaient pas prévu qu’à la fin de leurs études en 1999 ils allaient se retrouver ensemble dans une même aventure qui promettait sans doute d’être folle, étant donné l’incroyable succès des vedettes technologiques et financières qu’étaient alors tous les Nortel de ce monde.Au printemps 2000, ils fondaient donc une toute petite entreprise, Cilys, dans laquelle Us parvenaient tout de même à investir 40 000 $ avec trois autres petits investisseurs et les deux premiers employés.Cilys devait miser sur l’idée, en fait un embryon de technologie conçu par le cofondateur et ingénieur Paren-teau, qui consistait à développer un type d’algorithme de compression innovateur spécialement adapté aux nouveUes générations de réseaux sans-fil.Cette activité de recherche fondamentale lui a valu un premier brevet et devait conduire au produit actuel, à savoir une infrastructure logiciel de réseau sans-fil qui permet d’augmenter le volume d’informations dans un réseau existant, c’est-à-dire gérer le flot d’informations pour qu’il soit optimal.La plupart des installations ont été faites pour des modems et le câble.Il faut des adaptations très particulières pour le sans-fil.La technologie de Cilys comporte une partie compression du langage numérique pour éliminer les redondances et une partie optimisation.En janvier 2001, Innovatech Québec avait suffisamment confiance dans ce projet pour y investir un million et prendre une participation de 20 %.Emploi Québec et le Centre national de recherche du Canada furent aussi de précieux collaborateurs.Cilys a embauché une dizaine d’employés pour développer cette technologie en visant au départ trois types de réseau utilisés par un fournisseur Internet à Québec, Microcell et Rodgers, afin de voir comment ces marchés potentiels allaient réagir.En janvier 2002, la décision était prise de mettre l’accent sur le réseau GPRS et le cellulaire.Ericsson a même prêté son laboratoire pendant un mois pour y effectuer des tests et, en janvier 2002, Innovatech ajoutait un autre million.En août 2002, une première version du produit devient officiellement disponible pour évaluation par les opérateurs de réseaux cellulaires.Et, fait digne de mention, dans la perspective d’une percée probable sur le plan commercial, les trois jeunes fondateurs décident d’embaucher un patron, Sven Borgstrôm, comme président et chef de la direction.D’origine suédoise, M.Borgstrôm a 25 ans d’expérience dans le monde du sans-fil.«J’étais dans le sans-fil avant que ce soit une industrie.Je comprends comment ça fonctionne», dit-il.Il a passé une douzaine d’années chez Ericsson dans diverses fonctions sur le plan international aux États-Unis, en Europe, et à Montréal comme directeur général à la recherche.Il a ensuite travaillé chez Télésystème Mobiles International jusqu’aux déboires des entreprises de Charles Sirois.Enfin, entre un retour chez Ericsson et un domicile à Montréal, il a opté pour Montréal.D a fait de la consultation pendant quelques années et est devenu membre du conseil d’administration de Cilys, avant d’occuper ses fonctions actuelles.«On savait que le produit était prêt.Il nous fallait un gars d’expérience pour passer à l'étape suivante», expliquent en entrevue MM.Benoît et Larocque.«Il faut avoir beaucoup de maturité pour reconnaître l’expérience des autres», déclare M.Borgstrôm à propos des jeunes fondateurs qui lui ont offert un emploi afin d’aider l’entreprise à franchir une étape importante dans son expansion commerciale.En novembre 2003, Cilys recevait une injection de capital de 5,7 millions provenant de quatre investisseurs institutionnels, à savoir Innovatech, la Caisse de dépôt, Desjardins capital de risque et la Banque de développement du Canada.Cilys demeure une société privée, mais les fondateurs ont perdu leur statut d’actionnaires majoritaires, puisque les partenaires institutionnels détiennent désormais plus de 50 % des actions de l’entreprise.Ces jeunes qui avaient au plus 25 ans en lançant leur compagnie approchent maintenant de la trentaine et ne semblent aucunement frustrés de voir leur bébé passer sous un contrôle autre que le leur.Deux d’entre eux font partie du conseil d’administration et occupent des fonctions à la haute direction comme vice-président, l’un aux finances, l’autre au marketing.«Nous avons une influence sur les décisions», affirment-ils.En outre, ils détiennent une option de premier refus sur la vente des actions, mais où prendre les millions requis pour le rachat de ces actions?Quoi qu’il en soit, ces jeunes n’ont aucunement le réflexe de regarder vers l’arrière.Ils constatent que Cilys, qui commence à peine à retirer certains revenus de son produit, a tout juste l’argent pour compléter l’année.D’ores et déjà, il faut examiner les options pour une nouvelle ronde de financement, soit avec les actionnaires actuels, soit avec d’autres investisseurs.Idéalement, note M.Benoît, il faudrait trouver un partenaire stratégique.«Ce serait intel- ligent de s'associer à une grosse compagnie pour profiter de sa force de vente», dit-il.Et il semble qu’il y ait des candidats intéressés.«Le marché est favorable et nous sommes au début de la vague», soutient le v.p.finance.On parle ici d’un marché mondial dépassant un milliard $US.La clientèle visée par Cilys est celle des opérateurs de téléphone cellulaire.Il y en a environ 300 dans le monde, dont cinq aux États-Unis et 115 en Europe, où la pénétration du téléphone cellulaire est la plus forte.En comparaison du Canada où la pénétration n’est que de 35 %, en Italie et dans les pays nordiques, elle est de 95 %.Les réseaux de communication sans-fil sont donc surchargés, surtout ayec l’arrivée d’Internet sur le cellulaire.Évidemment, Cilys vise particulièrement le marché européen, d’où la décision d’embaucher un vice-président pour l’Europe, Patrick Allain-guillaume, qui est lui aussi un ancien d’Ericsson.La version finale et commerciale du produit de Cilys n’est disponible que depuis janvier dernier.À ce jour, deux contrats ont été signés, l’un avec Fido au Canada et l’autre avec Orange en République dominicaine, mais Orange a 55 millions d’abonnés dans le monde.Bref, pour les fondateurs de cette petite société trifluvienne, tous les espoirs sont permis.D n’y aurait que quatre fabricants d’un produit comparable dans le monde.Cilys a pour sa part 35 employés, la plupart à Trois-Rivières, un bureau à Montréal pour des représentations commerciales et un autre en Suisse; elle a également recours à certains agents pour couvrir l’ensemble du marché européen.L’entreprise a augmenté ses dépenses en matière de commercialisation et accru son personnel affecté à l’installation de serveurs, mais elle continue ses activités en développement au même rythme qu’avant.Selon M.Borgstrôm, le produit offert par Cilys couvre un créneau étroit du marché et il faut chercher à l’étendre à des champs d’application plus larges.Pour y arriver, il faut déceler ce que les gens aimeraient faire avec leur cellulaire, ce qui ne va pas de soi.«Il faut y aller à la pièce, un peu comme on le fait avec les chansons avant de tomber sur un grand succès», mentionne le président.Les jeunes entrepreneurs qui ont lancé Cilys au moment où la bulle technologique commençait à crever et qui ont obtenu leur premier million alors que cette buDe se dégonflait rapidement considèrent avoir survécu grâce à l’appui de ce premier investisseur.Ayant tra-versé cette dure période, inutile de dire qu’ils envisagent l’avenir avec confiance.La preuve est faite qu’ils sont prêts à prendre tous les moyens pour y arriver.« Ce serait intelligent de s’associer à une grosse compagnie pour profiter de sa force de vente» LE DEVOIR, LE LUNDI 12 JUILLET 2004 B 2 US FONDS COMMUNS DE PLACEMENT Ces données, fournies par Fundata Canada inc., présentent le rendement des fonds communs de placement pour la semaine se terminant jeudi (sauf pour les rendements sur un mois (1m%) et un an (1 an%), calculés à la tin du mois dernier).U valeur de chaque unité, i e.la valeur de l'actif net par action (VANPA), est exprimée en dollars canadiens â moins d'indication contraire.Les données ne doivent servir qu'à titre d'information; une confirmation du prix devrait être obtenue auprès des gestionnaires du fonds ou d'un vendeur autorisé.Var.% et Var S indiquent les variations en pourcentage et en prix depuis une semaine Fonds d’investissement feu CS Port aci tan Pixtamént* l'rxl déwnrvwle SK» n y mm» Mon i- g b E R H m OD FM El RMondf tef canvai Sia* ; r*" rS2?fc» SatwMgrîCOi unv G» ?utu's Linv Mar Emerj “ SwA VMPA Var.S lM% Oc'«Mono i ifimarti CS St A » OOM us Gnu Mar tnêv Èmwg SMtdManagtrs GIc futur* A , nt r'I tieitul'n rail PI wV Act Can Excal unds O r F ml- f‘ ,.1©'*» U MK too* ttWMWÇ «r P»» .rf-J.JACQUES GRENIER LE DEVOIR Première copie d’écran publique de Copernic Indexation Desktop, le nom de code de l’application de recherche sur le bureau développée par Copernic.Son lancement est prévu pour le mois de septembre.NOS CHOIX CE SOIR PaulCauchon UNE ÉMISSION COULEUR DE RADIO-CANADA Comme invité musical, le Ville Emard Blues Band.Je suis plutôt inquiet: ce groupe mythique du début des années 70 se reforme, avec les enfants des musiciens d’origine, et des invités.Pas certain que ce soit très pertinent.Radio-Canada, I9h QUI VEUT IA PEAU DE ROGER RABBIT?En son temps, ce film avait vraiment fait sensation et reste toujours aussi fou.Radio-Canada, 20h LES TROIS SŒURS Grand classique de Tchékhov tourné en 1963 par Paul Blouin pour RadioCanada.Avec, entre autres, Monique Miller et Janine Sutto.Valeur historique, mais la production a sûrement vieilli.Artv, 21h Classification des films: (1) Chef-d'œuvre — (2) Excellent — (3) Tris bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable V I LE DEVOIR.LE LUNDI 12 JUILLET 2004 B 8 CULTURE THÉÂTRE Impur divertissement LE MYSTÈRE D’IRMA VEP De Charles Ludlam.Traduction: Geneviève Lefebvre.Mise en scène: Martin Faucher.Décor Ray-çnond Marius Boucher.Costumes: Denis Lavoie.Eclairages: Marc Parent Conception sonore: Larsen Lupin.Accessoires: Jonap Veroff Bouchard.Perruques: Louis Bond.Avec Eric Bernier et Serge Postigo.Au Théâtre National jusqu’au 17 juillet HERVÉ GUAY De tout temps, le théâtre comique s’est nourri de parodie.Par moments, celle-ci s’est portée sur une œuvre, à d’autres, sur un genre, à d’autres encore, sur autant de genres qu’il en faut pour meubler une soirée assez longue.Or, en se moquant des codes des autres genres, la parodie se soucie assez peu de son propre ridicule.Cette absurdité dont elle fait sa règle: celle de faire rire le plus souvent possible à n’importe quel prix.Elle en oublie à quel point cette loi est inflexible, surtout dans l’industrie américaine.Un gag par minute, au minimum, sinon le spectateur M., Voici où nous conduit Le mystère d’Inna Vep.Énorme parodie d’à peu près tous les films de genre et des variétés au sens le plus large possible, avec une petite prédilection pour l’horreur, le polar, le drame historique et l'aventure.L’essentiel de l’action se passe dans un sinistre manoir anglais, exception faite d’une escapade dans une tombe égyptienne.Or, à la somme absolument folle des références brassées, s’ajoute encore la virtuosité dans l’interprétation et les changements de costumes demandée aux comédiens, qui y interprètent à eux deux près d’une dizaine de personnages des deux sexes.Ce devait déjà être un défi colossal pour les créateurs new-yorkais d’irma Vep que d’enfiler ce tissu d’exagérations et de caricatures.Pour eux cependant, le ton d’une vulgarité appuyée, propre aux spectacles de travelos, allait de soi et n’avait pas à survivre à une traduction et une adaptation culturelle pas toujours heureuses.Car le spectateur québécois, si familier soit-il avec la production américaine, n’en connaît pas tout et surtout ne replace pas forcément à la vitesse de l’éclair ce qui est maintenant parodié en français.Et, à mon humble avis, les quelques clins d’œil à la culture québécoise fourrés dans ce salmigondis n’y changent rien.S’ils suent littéralement sang et eau pour réaliser ce tour de force, les deux comédiens que le metteur en scène, Martin Faucher, a recrutés pour cet impur divertissement n’y sont pas d’égale force.Je le dis avec d’autant plus de regret que j’ai de l’admiration pour Éric Bernier dont le talent — et le registre sans doute — se prête moins bien à ces frivolités.De son côté, Serge Postigo saute à pieds joints dans la bouffonnerie.D’une imagination débordante et pourvu d’un sens du rythme éblouissant, il n’hésite pas à beurrer épais pour notamment faire éclater la concupiscence du domestique Nicodemus ainsi que la superficialité, passablement hystérique, de Lady Enid.Bernier produit lui aussi des étincelles en prude gouvernante à qui des expressions québécoises bien grasses échappent inopinément.Les deux acteurs s’avèrent aussi passablement déchaînés dans les dernières minutes du spectacle, de loin les meilleures d'une soirée fort inégale.En plein le genre de spectacle, de mon point de vue, où l’on crie beaucoup sans avoir rien à dire.Cela ne revient pas à nier le travail ahurissant accompli.À la mise en scène, Martin Faucher réussit à plusieurs reprises à faire un petit Filiatrault de lui-même.Rien qui n’égale cependant la facilité et la légèreté que les Américains atteignent quand ils s’y mettent.Réalisation insuffisante donc, si c’est de divertir qu’il s'agit Alors comme Irma Vep n’a que ça à proposer, nul ne sortira vraiment perdant de ne pas s’être frotté à son mystère.EN BREF La doyenne du cinéma français n’est plus Paris — La comédienne Renée Saint-Cyr a trouvé la mort hier à l’âge de 99 ans, à son domicile de Neuilly-sur-Seine, a-t-on appris auprès de son fils, le réalisateur Georges Lautner.Affaiblie par une bronchite dont elle n’a pas guéri, Renée Saint-Cyr •avait tout Prévu» pour ses obsèques, qui auront lieu en l’église Saint-Roch, à Paris, à une date encore non déterminée, a précisé Guillaume Biro, compagnon de ses dernières années.Visage femilier à l’œil pétillant, la comédienne avait tourné plus de 70 films au cours de sa carrière cinématographique, dont un grand nombre sous la direction de son fils.Née le 16novembre 1904 à Beausoleil dime mère chanteuse d’opéra.Renée Saint-Cyr, de son vrai nom Marie-Louise Vittorè, débute au cinéma, après quelques cours d'art dramatique, dans Les Deux Orphelines (1932) de Maurice Tourneur.En 1933, elle tourne Toto de Jacques Tourneur, Arlette et ses papas d'Henry Roussel et Incognito de Kurt Gerron au côté de Pierre Brasseur, des comédies qui la font connaître du grand public.Commandeur de l’Ordre national du mérite.Renée Saint-Cyr était officier de la Légion d’honneur et officier des Arts et des Lettres.-AP Les Québécois sont à l’honneur à La Rochelle Paris — lœs Francofolies de In Rochelle s'offrent une ouverture toute québécoise aujourd’hui, concoctée par Francis Cabrel.Les Francofolies comptent bien se rattraper au cours de cette 20r édition pour faire briller les diverses facettes de la création musicale francophone, après l'annulation de 2003 consécutive au mouvement des intennit-tents du spectacle, ces professionnels de la scène opposés à la modification de leur statut par le gouvernement.À l’affiche de ce rendez-vous de l’été musical sur la façade atlantique, quelque 135 artistes confirmés et jeunes pousses se chargeront de donner au public son plein de vitamines jusqu’au 17 juillet.Pour l’ouverture, Francis Cabrel prépare une fête un peu spéciale avec des artistes québécois.Participeront notamment à cette soirée Robert Charlebois.Isabelle Boulay et Daniel Lavoie.Le programme général s’annonce copieux et équilibré entre les différents styles avec notamment, dans le désordre, Dionysos.Sanseverino, les Têtes raides, Corneille, 1AM, M.Cali, Bénabar, Paul Personne, La Grande Sophie, Jeanne Cherhal, Olivia Ruiz, Les Mauvaises langues et 26 Pinel - AP Festival d’été de Québec Wyclef Jean est parmi nous Québec offre probablement ce soir l’un des meilleurs rapports qualité-prix dans le monde en matière de concerts avec, en simultané, The Nits, Les Wampas, Gianmaria Testa et Wyclef Jean.Carnets d’une festivalière, jour 5, démontrant que les baby-boomers n’ont pas le monopole dans le domaine de la nostalgie.ISABELLE PORTER De l’été 1998, je ne saurais dire quels spectacles j’ai vus au Festival d’été.Par contre, je me souviens de cet album de Wyclef Jean écouté tous les jours de juillet.Intitulé The Carnival, il contenait des reprises hip hop de Guantanamera et de Stayin'Alive ainsi que la superbe Gone TU November.Mais c’est pour ses opus en créole que j’avais craqué comme ce Yele: «Si ou gin zorey, tande / Si ou gin bouche, pale./ Si e pas ca, pays en li va coule./ Quand qu’au yon bateau qui plein refijies, / Si nou pas cheche bon djie, encore!» Bref, depuis ce temps, à chaque fois que j’entends parler des projets de cet ancien des Fugees, je prends la chose très au sérieux même si j’ai beaucoup moins aimé ses derniers albums.Wyclef se définit comme un militant et ne manque pas une occasion de prendre la parole au nom du peuple haïtien.C’est lui qui signe la bande sonore de The Agronomist, le récent documentaire de Jonathan Demme sur Jean Dominique, journaliste haïtien assassiné en 2000.Ce soir, sur les Plaines, Wyclef Jean doit nous interpréter des airs de toutes ses époques ainsi que des pièces de son prochain album en créole Sak Posé presents Welcome to Haiti Kreyol 101.Les groupes de hip hop québécois Kodiak et Muzion assureront la première partie.Avis aux Montréalais, on pourra l’entendre au Dôme mercredi.¦ À voir aussi: Sur le site du magazine français Les Inrockuptibles, ils disent du Festival d’été qu’il «brille par son éclectisme et son abondance» et il y a des jours où je trouve que c’est vrai.Ce soir par exemple, on nous propose quatre excellents spectacles.A la même heure que Wyclef, sur la scène de la place d’Youville, on présente le groupe hollandais The Nits, un groupe-phare de la New Wave des années 1980.Pour ceux qui les manqueront, on pourra les voir aussi mercredi soir au même endroit.Dans un registre plus tranquille mais tout aussi intéressant, le Grand Théâtre accueille ce soir et demain l’auteur-compositeur-interprète italien Gianmaria Testa.Et enfin, comme si ce n’était pas assez, le Pigeonnier reçoit Les Trois Accords (Québec) et Les Wampas (France).¦ Vu: J’ai ressorti ma tuque au deuxième jour du Festival.Avec le temps de «.» qu’on a eu les premiers jours, ça n’a pas été facile pour les artistes qui devaient casser la glace (au sens figuré, quand même).D fallait voir jeudi midi les deux filles de Do-bacaracol chanter l’Afrique, les lianes et les papillons à grands coups de tam-tam devant un tapis de parapluies ou encore Pépé et sa guitare balancer à la foule du Pigeonnier son «Y fait beau, y fait chaud» à environ 20° sous zéro.Mais tout ça c’est fini.Le beau temps a repris et permis au Festival de démarrer, notamment avec la soirée Tarmac/Vio-lent Femmes au Pigeonnier, samedi soir.J’ai personnellement trouvé que le groupe américain manquait de tonus — Gordon Gano en particulier — mais la foule était tellement allumée — body-sur-fing compris — que ça allait.En plus, la première partie assurée par Tarmac était tout simplement sublime.Autre beau moment, Los de Abajo (Mexique) : quelle que soit la température, il est impossible de les écouter sans se faire aller les pieds.Je suis par contre restée sur ma faim devant le nouveau cirque de Shurum Burum (Ontario) où les numéros d’acrobates n’étaient pas à la hauteur de la musique très inventive qui les accompagnait.La suite demain avec nulle autre qu’Oumou Sangaré.REUTERS Wyclef Jean sera en spectacle ce soir au Festival d’été de Québec.FESTIVAL DE LANAUDIÈRE «Dawn at Dusk».L Bernstein: On The Town, Three Dance Episodes.A Copland: Appalachian Spring.Songs de G.Gershwin, Rodgers & Hart, V.Duke, S.Sondheim, K.Weill.Dawn Upshaw («voix»).Orchestre symphonique de Montréal, direction: JoAnn Falletta.Amphithéâtre de Lanaudière, samedi 10 juillet, 20h.CHRISTOPHE HUSS Assistance clairsemée à Lanaudière samedi soin beaucoup l’ont échappé belle! La venue de Dawn Upshaw s’annonçait prometteuse, cette soprano marquant en général les auditoires par son engagement et sa voue radieuse.Samedi, hélas, c’était une tout autre histoire: celle d’un concert en toc, musicalement frelaté, Dawn Upshaw s’aidant d’une amplification pour chanter onze Songs plus ou moins assimilés à Broadway.Dawn Upshaw avoue après le spectacle avoir imposé l’amplification parce qu’elle lui permet d’interpréter ces airs à sa guise, sans avoir à se soucier de «passer» l’orchestre.Elle confie aussi que ce choix FESTIVALS Concert frelaté n’est en aucun cas tributaire de l’acoustique du lieu et évoque le très fallacieux prétexte que ces airs auraient été créés pour le studio desquels?Ceux de West Side Story?On the Town?Lady in the Dark?).Même si la scène de Lanaudière est un miracle acoustique, nous n'avions donc aucune chance d’entendre Mme Upshaw chanter.C’est sûr: rien n’empêche Lance Armstrong de s’inscrire au Tour de ITe plutôt qu’au Tour de France parce que ça l’amuse de pédaler d’un pied, qui plus est en chaussettes.Mais rien ne nous oblige à saluer et applaudir la «performance».Je ne sais d’ailleurs si les dîngeants du Festival de Lanaudière, reconverti ainsi pour un soir en spectacle de casino, furent victimes ou complices de ce choix, mais ils doivent se mordre les doigts d’avoir eu à payer l’OSM pour singer le grand orchestre de James Last ou de Frank Pourcel.Si l’on va à Lanaudière au concert d’une soprano de renommée mondiale, c’est pour entendre sa voix, et ce, quel que soit le répertoire; pas pour la voir minauder derrière un micro.Dawn Upshaw n’a visiblement pas résolu la problématique stylistique de ce répertoire: tantôt lyrique (mais au niveau basique, tant elle est obligée de se retenir, voire de chanter à côté du micro, dans Somewhere de Bernstein), tantôt pseudo-canaille, essayant de parodier la gouaille d’une liza Minelli (mais au niveau débutant, cf.le vulgaire There Won’t Be Trumpets de Sondheim); elle est surtout nulle part.Dawn Upshaw, médiocre «show woman» et cantatrice bridée, chantonne dans le marigot d’un entre-deux stylistique.Bref, elle aurait mieux fait de rester chez elle et le Twinkle in your eyes de Rodgers & Hart, en rappel, n’y change rien, pas plus que le What More Do I Need de Sondheim, seul moment à peu près présentable (ne serait-ce que par l’orchestration astucieuse de Michael Starobin) de ce spectacle sans genre, sans classe, sans style et nanti de si peu d’esprit La présence luxueuse de l’OSM se justifiait donc pour les épisodes d’On the Town, conduits de manière plus puissante que mordante (la Dance of the Great Lover manque vraiment de nerf) par JoAnn Falletta, qui, avec sa direction dansante et sautillante, a donné une honorable lecture d’Appalachian Spring, dans laquelle on oubliera quelques défaillances orchestrales au profit de la très belle fusion des timbres de l’OSM dans les deux derniers volets de la partition (variations et coda).C’était bien la seule chose à sauver dans cette pénible soirée de «poudre aux oreilles».La petite traversée de Paris BEFORE SUNSET Réalisation: Richard Linklater.Scénario: Richard linklater, Julie Delpy, Ethan Hawke.Avec Èthan Hawke et Julie Delpy.Image: Lee Danjel.Montage: Sandra Adair.États-Unis, 2004,80 min.ANDRÉ LAVOIE Before Sunset, de Richard Linklater, défie pratiquement toutes les lois (tacites) d'Hollywood, sans pour autant le faire de manière fracassante.Oui, il s’agit bel et bien d’une suite, mais elle arrive neuf ans après le premier film, Be/bre Sunrise.Production channante et modeste, elle n’a laissé de souvenirs qu’à ceux, plutôt rares, qui se sont donné la peine de découvrir le court récit des amours d’un jeune Américain bohème et d’une belle Française un peu prétentieuse.C’est dire à quel point personne n’attendait ce nouveau chapitre d’une histoire qui se terminait sur le quai d’une gare à Vienne: après 24 heures de bonheur, alors qu’ils n’étaient la veille que de purs inconnus, Jesse (Ethan Hawke) et Céline (Julie Delpy) se donnaient rendez-vous, même lieu même heure, sut mois plus tard.Les deuxièmes chapitres de films à succès tentent souvent de peaufiner les effets réussis et de gommer les ratés, jouant leurs meilleurs atouts sur le mode exponentiel pour ne pas décevoir un public qui aime projeter ses propres désirs sur l’écran.La beauté de Before Sunset, c’est que ce désir émane d'abord de ses artisans, aucunement animés par des nécessités commerciales mais par le pur plaisir d’inventer une nouvelle trajectoire à ces deux personnages attachants.Et cette fois
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