Le devoir, 3 juillet 2008, Cahier A
UNE ENTENTE DE PRINCIPE AU JOURNAL DE QUÉBEC ?w w w .led e \’ o i r.e o ni ?LE DEVOIR Page B 8 7èt€u*j noj V o L .X C I X N ' 1 4 7 ?LE JEUDI 3 JUILLET 2008 8 0 0 + T A X K S = I $ Ingrid Betancourt est enfin libre Une opération de l’armée colombienne a réussi à déjouer les PARC ALEXANDRE SHIELDS C> est la fin d’un long, très long cauchemar pour Ingrid Betancourt, libérée hier par l’armée colombienne avec 14 autres otages, après avoir passé plus de ' six ans aux mains de la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie.Visiblement bien portante malgré sa longue et pénible captivité, elle s’est adressée avec aplomb aux médias immédiatement à sa des cente d’avion à Bogota, tandis que les réactions de joie se multipliaient un peu partout dans le monde.Ingrid Betancourt, souriante et vêtue d’un treillis militaire, ses longs cheveux noués sur la nuque, est descendue la première de l’avion qui l’a amenée à Bogota et s’est jetée dans les bras de sa mère, Yolanda Pulecio, puis dans ceux de son mari, Juan Carlos Lecompte.«Je veux d’abord rendre grâce à Dieu et aux soldats de Colombie», a déclaré d’entrée de jeu l’ex-candidate à la présidentielle colombienne.«L’opération a été absolument impeccable», a-t-elle ajouté, s’exprimant en espagnol, avec quelques passages en français.«J’ai imaginé plein de fois ce moment», a-t-elle souligné au cours de son témoignage, livré avec une assurance certaine, remerciant «vous tous dans le monde qui nous ont accompagnés».«Nous pouvions rêver, maintenir l’espoir vivant parce que nous écoutions les nôtres», a dit Ingrid Betancourt, âgée de 46 ans.«Cette victoire est aussi due aux moyens de communication», a-t-elle estimé en évoquant les messages que lui ont adressés les membres de sa famille et le soutien international.«Je crois [que ces libérations] sont un signal de paix pour la Colombie», a poursuivi la Franco-Colombienne, enlevée le 23 février 2002.«J’ai toujours l’espoir de servir la Colombie.Est-ce que ça se fera à la présidence?Seul Dieu le sait», a-t-elle également laissé tomber, entrouvrant déjà la porte à un possible retour en politique active.Les images présentées hier donnaient d’ailleurs à voir une Ingrid Betancourt nettement plus en forme que celle qu’on pouvait apercevoir sur une vidéo diffusée à la fin de 2(X)7, alors qu’elle était apparue amaigrie et épuisée.Dans une 'ettre accompagnant les VOIR PAGE A 8: BETANCOURT Trois sous-traitants militaires américains ainsi que onze soldats et policiers ont aussi pu être libérés hier ¦ La fin d’un long calvaire, page B 5 RODRIGO ARANCiA AGENCE FRANCE-PRESSE lugrid Betancourt (à droite) embrassant sa mère, Yolanda Pulecio, à sa descente d’avion à Bogotâ, hier.Elle fut détenue pendant six ans par les PARC.» BV'.” Sur les traces de Champlain - 4 Vers le pays de l’Utopie Venus de tous les ports de France, les aventuriers menés par Champlain se retrouvent à Ronfleur, porte ouverte sur le monde.CHRISTIAN RIOUX Honfleur — C’est sur les quais de Ronfleur que Rabelais fit partir son héros, le bon géant Pantagruel, vers le pays de l’Utopie.Rabelais écrivait son chef-d’œuvre deux ans seulement avant la découverte du Canada par Jacques Cartier, et donc 76 ans avant la fondation de Québec.Cela s’appelle avoir du flair.Comment s’étonner alors que, sur les douze voyages que Champlain fit vers le Canada, sept le furent au départ de Honfleur, sans compter un huitième au départ de Rouen dont Honfleur était en réalité le port avancé.Ne rappelez pas aux Honfleurais que les fêtes du 400e anniversaire de Québec ont été lancées en mai dernier à La Rochelle, d’où Champlain n'est pourtant jamais parti.«C'est un hold-up!», s’exclame spontanément Philippe Grenier, un Tourangeau établi à Honfleur depuis 20 ans.Cet ancien ingénieur qui fait des visites guidées pour l’office du tourisme de la ville a découvert Champlain en 2003.Il était alors convaincu que Ton s’empresserait de fêter l’anniversaire du premier voyage du grand découvreur vers Tadoussac en 1603.Manque de chance, le gouvernement fédéral avait mis toutes ses billes dans l’anniversaire du voyage malheureux de 1604 vers l’île Sainte-Croix, en Acadie.Et comme pour faire exprès, ce satané Champlain était alors parti avec Dugua de Mons du Havre, juste en face, à quelques kilomètres seulement de l’autre côté de l’estuaire de la Seine.Heureusement qu'est enfin venu 2008.C’est un peu à cause de Philippe Grenier si la ville normande est aujourd’hui tapissée de fleurdelysés.Le drapeau québécois VOIR PAGE A 8: UTOPIE I N D K X Annonces.A4 Avis publics.B 4 Bourse.B 2 Culture.B 8 Décès.A 4 Économie.B 1 Éditorial .A 6 Idées.A 7 Météo.B 6 Monde .B 5 Mots croisés B 6 Sports.B 6 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 ¦> ÆjSSi luiW.JACQUKS NADEAU LE DEVOIR Le célèbre trois-mâts français le Bélem a fait son entrée hier à Québec après un voyage de 33 jours visant à souligner le 400' anniversaire de la ville.«Voilier d’un autre âge dans un monde de modernité», comme on l’écrit sur le site fondationbelem.com, il mouillera a Montréal le 8 juillet.Michaëlle Jean, écueil protocolaire entre Québec et Ottawa Embouteillage politique dans la capitale aujourd’hui, apogée des fêtes du 400' ANTOINE ROBITAILLE Québec — D y aura embouteillage politique dans la capitale aujourd'hui au moment de l’apogée du 400 anniversaire de Québec, ce qui crée des tensions protocolaires.surtout au sujet de la plate occupée par la gouvemeure générale Michaëlle Jean, a appris Le Devoir.D’autres tensions sont à prévoir, liées à une manifestation antimilitariste contre un défilé de soldats, à une autre de citoyens réclamant des fates phis historiques, et à une dernière des syndiqués de la Ville de Québec voulant protester contre le maire Régis I-abeaume.Pour préparer le Salut à Champlain, cérémonie solennelle prévue ce matin, les négociations ont été âpres, a appris Le Devoir.Selon des sources au gouvernement du Québec, la place importante que Mme Jean a occupée depuis le début des festivités en France et au Québec en a irrité plusieurs et a même donné lieu à des conversations formelles entre les parties, où l'on a tenté de régter ce «problème».En théorie, selon les règles fédérales du protocole, un premier ministre d’une province canadienne ne peut parler Michaëlle Jean qu’après la gouvemeure générale, le premier ministre fé-déraL tout ministre fédéral présent, le chef de l'opposition à la Chambre des communes, le lieutenant-gouverneur.Mais après de nombreuses discussions et une dizaine de projets-scénarios, on avait finalement opté, vers 16h30 hier, pour un ordre dans lequel le maire de Québec parlerait en premier (après une cérémonie autochtone), suivi par Jean Leclerc, président des Fêtes du 400r.Michaëlle Jean pren drait la parole par la suite, peu ayant le lancement de «l’événement pancanadien» «Résonnons à l’unisson», où «les dodus des églises et institutions de plus de 600 villes canadiennes résonneront», qui aura lieu à llh.Non seulement des cloches vibreront dans toutes les capitales des provinces et des territoires, mais aussi dans plus de 6000 communes de France.Ce n'est qu’après que le premier ministre du Québec prendra la parole.Chapelet de discours qui sera dos par l’allocution du premier ministee canadien Stephen Harper.Un expert des questions de protocole a expliqué au Devoir «ce n'est pas tant le fait (que Mme Jean] parle VOIR PAGE A 8: ÉCUEIL Québec, la plus belle ville du monde?Le documentaire de Jean-Claude Labrecque sur Québec sera projeté ce soir dans le port, après un concert de Jorane et de l’OSQ.ISABELLE PORTER Quebec — Jeune écolier chez les sœurs grises, le cinéaste Jean-Claude Labrecque se serait fait dire par une religieuse que Québec était «la plus belle ville du monde», et il a trouvé qu'elle avait bien raison.Son documentaire montre que six décennies plus fard, il n’en pense pas moins.«Cette ville, je ne savais pas que je l'aimais autant», lance-t-il dans ce film en forme de berceuse.Un film qui, on le comprend, a été le prétexte d’un beau retour aux sources pour lui.Après avoir fait carrière à Montréal, le cinéaste revient dans sa ville natale, sur les traces de ses premiers coups de foudre visuels.Et le voilà qui retrouve «le regard amoureux de ses dix ans».Intitulé «Infiniment Québec», ce documentaire de moins d’une heure a été lancé hier soir dans le Vieux-Port de Québec.On le projettera également ce soir dans un agora du Vieux-Port fraîchement rénové, avec en prime une prestation live de la bande sonore par Jorane et l'Orchestre symphonique de Québec (OSQ).Présenté plus tôt aux journalistes dans la petite salle du cinéma Cartier, le film se dévoilait dans un contexte tout autre, mais il laissait présager de beaux frissons pour l’événement du soir.En prélude, une longue séquence nous fait visiter la ville à vol d’oiseau en plein hiver.Aux bruits de la tempête se mêlent les chants mystérieux et envoûtants du VOIR PAGE A 8: QUÉBEC YAN TURCOTTE ONF Jean-Claude Labrecque prenant une lecture de là lumière au cours du tournage du documentaire Inhnimement Québec.» E LE DEVOIR, LE JEUDI 3 JUILLET 2 O O 8 A 1 ES ACTUALITES Fillon et Harper discutent d’environnement et d’économie CHRIS WATTIE REUTERS Les premiers ministres de France et du Canada, François Fillon et Stephen Harper Charest fait l’éloge du bilinguisme ALEC CASTONGUAY Ottawa — Moins de 24 heures avant de se rendre à Québec pour célébrer le 400 anniversaire de la ville, le premier ministre français, François Fillon, était de passage à Ottawa hier, où il a rencontré son homologue, Stephen Harper.l ies deux hommes ont surtout parlé d’économie et de changements climatiques.La France, qui vient de prendre la direction de l’Union européenne pour six mois, entend mettre l’accent dans deux dossiers qui touchent le Canada; la construction d’une défense européenne et la lutte au réchauffement de la planète.Dans le premier cas, François Fillon a soutenu hier en conférence de presse que la «consolidation d’une Europe delà défense» sera «complémentaire» à l’OTAN et ne vise pas à remplacer l’aDiance atlantique.Dans le domaine des changements climatiques, le premier ministre de l’Hexagone a rappelé que l’Europe vise une réduction de 20 % de ses émissions de gaz à effet de serre (CÎES) d’ici 2020 par rapport au niveau de 1990.Le Canada, avec le plan du gouvernement Harper, vise une réduction de 20 %, mais sous le niveau de 2006, ce qui est passablement moins ambitieux.Or la France et l’Europe ne veulent pas être seuls dans la lutte aux GES, a prévenu François Fillon.«Le Canada, l’Europe et les États-Unis doivent montrer l'exemple», a-t-il précisé, pointant du doigt les pays industrialisés.Le G8, qui aura lieu au Japon la semaine prochaine, abordera le sujet des changements climatiques.A ses côtés, le premier ministre canadien, Stephen Harper, a répété sa position: les pays en développement doivent eux aussi faire davantage d’efforts en matière de changements climatiques.«U n’est pas possible de réduire les gaz à effet de serre sans une vraie partidpatùm des pays en développement.Même si les pays développés éliminaient toutes leurs émissions de gaz à effet de serre, la quantité totale de gaz à effet a r> LES ACTUALITES Les familles ont de press;' de la difficulté maire de Brossard se pose en censeur à se loger à un prix décent, selon le FRAPRU Jean-Marc Pelletier pose ses conditions à un cameraman qui voulait filmer la réunion du conseil municipal JEANNE CORRIVEAU SYLVAIN LAROCQUE Le nombre de logements locatifs familiaux fond comme neige au soleil au Québec, a déploré hier le Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU).Malgré tout, le groupe de pression reconnaît que la situation s’est nettement améliorée par rapport à la crise qui a sévi entre 2002 et 2004.«Cette année, on peut se dire soulagés», a convenu le coordonnateur du FRAPRU, François Saillant, en faisant toutefois remarquer que des familles avaient dû s'éloigner de leur milieu pour trouver un logement convenant à leur budget A la grandeur du Québec, environ 140 ménages, dont 64 dans la région de Montréal, 39 à Gatineau, 22 à Rouyn-Noranda et 15 à Vakl’Or font actuellement l’objet d'un suivi de la part des autorités municipales ou d’organismes communautaires parce qu’ils ne sont pas encore parvenus à trouver un logement En 2002, à Montréal seulement, 169 ménages avaient dû être hébergés d’urgence par les autorités.Cette année, tout juste 27 familles montréalaises ont dû l’être.D'avril 2007 à avril 2008, dans l’ensemble du Québec, le taux d’inoccupation des logements a légèrement augmenté, passant de 2,4 à 2,5 %, mais il se situe au-dessous du seuil cible de 3 % dans les six plus grandes agglomérations de la province, sauf Gatineau.Le FRAPRU s’inquiète de la baisse importante du nombre de logements locatifs de plus de deux chambres.Selon l’organisme, pas moins de 20 944 de ces appartements ont disparu depuis 2003 dans l’île de Montréal, à cause de conversions en copropriétés ou en auberges.D s’agit d’une baisse d'environ 9 % du nombre total de grands logements en quatre ans.Sandra Girard, analyste à la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), confirme les chiffres du FRAPRU.Elle reconnaît que les «fluctuations» ont été importantes au cours des dernières années, mais rappelle que les données découlent d’un sondage dont l’échantillon varie d’année en année.De 2003 à 2007, le nombre total de logements locatifs, toutes tailles confondues, est passé de 376 970 à 367 887 dans l’île de Montréal, soit une baisse de 2,4 %.Les conversions en copropriétés expüquent en partie le recul du nombre de logements locatifs, précise Mme Girard, tout en soulignant que la SCHL n’a pas effectué une analyse détaillée du phénomène.D faut noter que de nombreux ménages ont accédé à la propriété au cours des dernières années.«Si on laisse ça aller (la baisse du nombre de logements locatifs), on va se retrouver en très, très sérieuse difficulté dans les années à venir», estime M.Saillant Titrisation Le FRAPRU dénonce ce qu’il voit comme un «contournement» du moratoire sur la conversion en copropriétés.D attire notamment l’attention sur la «titrisation», une opération par laquelle on acquiert l’usage exclusif d’un appartement en achetant un certain nombre d’actions d’une entreprise dont le principal actif est l’immeuble où se trouve le logement Dans un jugement rendu en 2001, la Cour d’appel du Québec a statué que l’acheteur d’un tel usage exclusif ne pouvait évincer un locataire en invoquant sa qualité de propriétaire de l'immeuble.Le tribunal a toutefois tranché qu’à l’issue de la transaction, le locataire devenait «sous-locataire», de sorte qu’il perdait son droit au maintien dans les lieux.Sur son site Web, l'Association des courtiers et agents immobiliers du Québec présente la titrisation comme une façon de «contourner les difficultés liées aux restrictions à la conversion d’immeubles locatifs en copropriété divise (condominium)».Le FRAPRU presse Québec et les arrondissements montréalais d’intervenir pour «colmater» la loi et mieux encadrer la titrisation.«Le temps n ’est pas aux réjouissances, le temps est toujours à l'action.Et ça, ça veut dire plus de logements sociaux», martèle François Saillant La Presse canadienne Le maire de Brossard.Jean-Marc Pelletier, estime que c’est à lui seul de décider si une caméra de télévision peut ou non tilmer les débats du conseil municipal.Lundi soir dernier, il a imposé des restrictions à une équipe de tournage lors d'une séance du conseil mouvementée et affirme qu’il ne se gênera pas pour restreindre l’accès des caméras à l’avenir.Son avis n'est pas partagé par les élus indépendants, qui forment la majorité au conseil de ville et qui accusent le maire d’empècher les journalistes d’effectuer leur travail.Jean-Marc Pelletier soutient que l’équipe de Média-Sud, ca, un nouveau portail d’infonnation de la Rive-Sud, aurait dû demander sa permission avant d'installer une caméra dans la salle du conseil quelques minutes avant l’assemblée.Le maire a ordonné que le caméraman ne filme que les élus et s’abstienne de prendre des images de l’assistance ou des citoyens intervenant au micro.Le maire relate que, lors de l’assemblée précédente, il avait accepté la présence de la caméra de Média-Sud mais qu'il avait convenu avec le coordonnateur de l'information, Maurice Giroux, que la prochaine fois celui-ci devrait obtenir son autorisation.Ce qui n’a pas été fait lundi dernier, selon lui.Mais les esprits se sont échauffés.Le maire soutient que le représenfant de MédiaSud a fait preuve à’«arrogance», non seulement à son égard, mais également à l’endroit de certains citoyens présents.«Au niveau du décorum des réunions du conseil, je suis seul juge de ce qui est permis ou non permis.Ça, c'est clair.[.] Il m’importe de garder un niveau de débat élevé et une certaine sérénité lors des réunions du conseil», dit-il.Si Jean-Marc Pelletier éprouve une telle réticence à l'égard des caméras, c’est que les élus majoritaires au conseil ont déjà rejeté une demande d’une citoyenne de permettre à Télévision Rive-Sud de filmer les séances du conseil, affirme-t-il.Mais sa position se fonde également sur les demandes exprimées par des citoyens qui ont réclamé que les cameras soient exclues de la salle du conseil.Le nxtire Pelletier explique qu'à l’avenir, et selon les circonstances, il donnera son autorisation de façon ponctuelle à la presence de caméras: «1m liberté de presse ne donne pas tous les droits.[.] Ce n'est certainement pas un média qui va décider des règles qui prévalent dans une salle du conseil.» Maurice Giroux soutient que le caméraman s’est installé derrière le bureau du greffier, que sa présence n’était pas susceptible de déranger le déroulement de l’assemblée et que la liberté de presse a été brimée.11 reconnaît par ailleurs avoir fctit un bras d'honneur pendant l'intervention d’un citoyen, un geste qu’il attribue à la frustration et qu’il dit regretter.Le conseiller indépendant Serge Séguin accuse M.Pelletier de nuire au travail des journalistes.«Je pense que dans un pays démocratique, quand on n’a rien à cacher, on laisse les gens faire leur travail», avance-t-il.Les citoyens qui assistent à une assemblée publique et interviennent au micro doivent s’attendre à ce que la réunion puisse être filmée ou enregistrée, dit-il.Selon lui, Jean-Marc Pelletier n’a pas l’autorité requise pour «interdire aux journalistes défaire leur travail».La Ville sollicitera d’ailleurs un avis juridique afin de vérifier s’il est légal pour un élu municipal d’interdire la présence de caméras aux séances du conseil municipal.Si cet avis donne raison aux conseillers majoritaires, ceux-ci prendront les moyens nécessaires pour ra- « ht liberté de presse ne donne pas tous les droits.[.] Ce n'est certainement pas un média qui va décider des règles qui prévalent dans une salle du conseil.» mener le maire à l’ordre, a indiqué M.Séguin.M.Séguin précise que, si,les élus indépendants ont refusé la retransmission de la séance du conseil par Télévision Rive-Sud, ce n’est pas parce qu’une caméra les gênait, dit-il, mais bien parce qu'ils ne peuvent choisir eux-mêmes le «maître de jeu» qui préside leurs assemblées.Cette controverse a un air de déjà-vu pour Claude Robillard, secretaire général de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, la présence des caméras lors des conseils municipaux est un thème récurrent dans le monde municipal.l.es règles ne sont pas claires et l'interprétation du concept de maintien de l’ordre et du décorum varie d’une ville à l'autre.«Nous avons protesté souvent, mais on n’a jamais pu s'appuyer sur aucune loi pour dire que c'était illégal», dit-il.En septembre 2(X)5, la Fédération québécoise des municipalités avait recommandé à ses membres de permettre aux joumaJistes d’enregistrer les séances des conseils muni-cipaux, mais sans en imposer l’acceptation.Quelques mois plus tôt, un caméraman de Radio-Canada s’était vu interdire l'accès au conseil municipal de I .aval.L’administration de Gilles Vaillancourt av;tit par la suite pris des dispositions pour que cet «incident» ne se reproduise plus.A Montréal, les caméramen sont autorisés à tourner des images à [Kirtir du balcon de la salle du conseil et les réseaux de télévision peuvent aussi utiliser les images captées piir les caméras de la Ville installées à différents endroits dans l’enceinte.Le Devoir Les éco-centres en ont plein les.conteneurs JEAN-JACQUES COULOMBE Est-ce que les éco-centres de Montréal seraient débordés?Si on se fie au cas de l’Eco-centre Petite-Patrie, il semblerait que oui, et ce n’est pas seulement en raison de la période des déménagements.Selon Nicholas Landry, directeur du centre, le site fonctionne à 300 % de sa capacité.Le 30 juin dernier, 400 voitures s’y sont présentées.Depuis le début du printemps, de longues files d’attente se créent à l’entrée de la rue des Carrières alors que des gens viennent d’aussi loin que de Pointe-aux-Trembles pour y laisser leurs objets encombrants.De plus en plus de citoyens de Montréal se plaignent du temps pris par leur arrondissement pour ramasser les gros objets dont ils se débarassenL En raison des nombreux déménagements des derniers jours, beaucoup plus de ces objets sont laissés à la rue et ils encombrent les trottoirs.jusqu’à ce que des citoyens décident de les transporter eux-mêmes dans un écocentre.«C’est comme si les arrondissements voulaient responsabiliser les gens, indique M.Landry.Ils veulent que ce soient les citoyens qui prennent en charge leurs déchets.Ils le font, mais ils finissent par considérer les éco-centres comme des dépotoirs.», Même son de cloche à l'Éco-centre Saint-Michel.«Les gens arrivent avec beaucoup de gros objets, mais nous sommes obligés d’imposer une limite puisque cela prend trop de place, explique Mathieu Lacroix, commis.Il y a effectivement plus de plaintes des citoyens concernant les délais pour ramasser les gros morceaux.» Toutefois, selon Marcel Tremblay, membre du comité exécutif responsable des services aux citoyens de la Ville de Montréal, le fait que les éco-centres soient débordés est plutôt une bonne nouvelle puisque cela indique que les citoyens sont de plus en plus conscientisés.Pour répondre à la demande toujours grandissante, la Ville aménagera deux nouveaux éco-centres d’ici 2011, l’un dans l’arrondissement de LaSalle et l’autre dans le quartier Saint-Laurent.Montréal espère faire passer le nombre d’éco-centres de six à quatorze d’ici 2018.M I m FI A, _ 1 Le Devoir Les éco-centres croulent sous les objets que les citoyens viennent y déposer.JACQUKS NADKAU I.K DEVOIR uréat au ï'ife.yméftAmk'.iiil .,, mm ' Diplômée au doctorat en sciences de l'environnement Médaille d'or de la Gouvemeure générale du Canada Diplômée du baccalauréat en actuariat Médaille d'argent de la Gouvemeure générale du Canada ERRE HASSNER Docteur honoris causa Éminent spécialiste français des rotations internationales dont ta pensée a inspiré des générations de chercheurs.Docteur honoris causa Pilier de ta vulgarisation scientifique au Québec et fondateur du mouvement d'éducation scientifique Les Débrouillards présent dans une cinquantaine de pays.Pî Docteur honoris causa L'un des artistes canadiens les plus marquants de l'art contemporain sur la scène internationale.HWÏ I.E I) K V 0 I K , I.E J E U D I 3 JUILLET 2 0 0 8 DITORIAL La semonce polonaise Au premier jour de la présidence française de l’Union européenne (UE), la Pologne s’est distinguée en gâchant la fête organisée sous l’arc de Triomphe.Le président Lech Kac-zynski a annoncé qu’il ne ratifierait pas le Traité de Lisbonne, qu’il avait pourtant négocié.Après le non irlandais, la rebuffade polonaise confirme que l’Europe est sérieusement en panne.E Serge Truffaut n avril dernier, le Parlement polonais avait adopté ce traité dont les frères Kaczynski, Lech le président et Jaroslaw l’ex-premier ministre, avaient discuté avec leurs collègues européens.Les deux frères avaient même apposé leurs signatures à deux reprises: une fois à Bruxelles, une fois à Lisbonne.Mais voilà, lors des législatives tenues en novembre 2007, Jaroslaw devait perdre sa fonction de chef de gouvernement au profit de Donald Tusk, un europhile.Depuis cette défaite, les Kaczynski cultivent leur différence en vitupérant contre l’UE en général et Bruxelles en particulier.Dans ce non polonais, il y a une part d’europhobie, mais également une bonne dose de logique.Voilà, pour qu’il soit applicable, le Traité de Lisbonne doit être accepté à l’unanimité.Autrement dit, si l’un des 27 membres refuse d’y adhérer, le texte doit être remisé au placard.Une majorité d’Irlandais venant de le rejeter, Kaczynski s’est donc saisi de ce geste pour justifier le sien.Et ce, c’est à retenir, pour la grande satisfaction de Vaclav Kraus, président de la République tchèque, réputé être le chef de file des eurosceptiques.Il y a donc une part d’europhobie, une dose de logique, mais aussi et enfin un calcul.Un calcul qui passe également par l’Irlande.De quoi s’agit-il?Si l’on a bien suivi les méandres -ïmÊmË Politiques de Bruxelles, le premier ministre irlandais a jusqu’au début de l’automne pour réviser sa copie et proposer à la présidence française une solution.Nicolas Sarkozy ayant indiqué son intention de conclure le dossier d’ici la fin de la présidence française, soit fin décembre, on suspecte ceci: les Irlandais pourraient encore une fois bénéficié de la prime à la surenchère.On pense en tout cas que le président polonais envisage de monnayer sa signature contre un certain nombre d’avantages sous forme de dérogations.C’est certainement dans ce dernier aspect, cette prime à la surenchère, que loge le profond malaise qui habite l’UE.Plus simplement, force est de constater que chaque fois qu’un pays dit non, il obtient une récompense.Les Danois ne veulent pas adopter Maastricht?On leur accorde ce qu’ils souhaitent.Les Irlandais déchirent le Traité de Nice?On leur alloue un certain nombre de privilèges.Les Polonais veulent plus de subventions pour entrer dans l’Union?L’Allemagne signe des chèques.Les Français crient à hue et à dia dès qu’il est question de réformer la politique agricole commune?On recule.La Grande-Bretagne.De toutes les nations rassemblées au sein de l’UE, la Grande-Bretagne est la championne des droits de retrait, des dérogations et des refus qui ont miné le rêve européen.Même si elle est l’exemple du contre-exemple, il ne faut pas s’attendre à ce que Sarkozy attaque ce pays bille en tête.Pourtant, c’est bel et bien Londres qui n’a pas voulu de la convention de Schengen sur la libre circulation des personnes, Londres qui a demandé une exemption concernant la Charte des droits de la personne, Londres qui enfin a remis l’adoption de l’euro aux calendes grecques.En se défaussant des sujets délicats, des dossiers essentiels à la construction d’une Europe politiquement forte, en ferraillant continuellement pour une Europe avant tout libre-échangiste, avant tout commerciale, Londres a ouvert la voie aux Irlandais, aux Polonais et aux Tchèques, qui ont adopté effectivement la fonction d’administrateur de fonds de commerce.On se doute qu’afin de ne pas faire de vagues, le président Sarkozy va s'abstenir: il ne crèvera pas l’abcès.Il est plus que probable qu’il va s’efforcer de rameuter les Irlandais, de ménager les Tchèques, de satisfaire les Polonais.Certes, de temps à autre il va certainement sermonner la Commission européenne, mais ce sera plus pour épater la galerie et séduire un électorat français de moins en moins europhile.Chose certaine, on observe le retour en force des égoïsmes nationaux, du repli sur soi, de la mentalité d’assiégé, contre lesquels les pères-fondateurs avaient combattu en concevant.l’Europe unie.Peut-être serait-il temps de tirer un trait et de re-faire l’Europe avec ceux qui la désirent sans mégoter.LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE XO JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DE5CÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l'information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU DirecU*ur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND MOttSCiMTAl-flt f*£c£V(?A vomi Pu CANADA"- / f£UCiîATiON$?\ AA.& Vous \cifî:oN$TANC^y £n Ti$$u wits .& CêffcMfÔÉ 'ioofc-oTeJ LETTRES 1er juillet: on fête quoi au juste?Cette année, on fête le Canada à grands frais au Québec.On fête la fameuse «Confédération», mais que fête-t-on déjà?Est-ce qu’on fête le fait que le français est devenu minoritaire sur l’île de Montréal?Est-ce qu’on fête le fait que, à l’échelle canadienne, les francophones sont tombés sous la barre des 20 %?En fait, on célèbre l’Acte de l’Amérique du Nord britannique qui a institutionnalisé notre statut de minoritaire.Imaginez, certains brandissent fièrement leurs unifoliés alors que c’est ce drapeau qui porte en lui le germe de notre disparition et de notre lente mais réelle agonie.En célébrant le Canada au Québec, on célèbre par le fait même l’autodestruction tranquille de la culture québécoise en Amérique du Norfi, Qui fête pourtant ses 400 ans de survivance.A quand la vraie fête, celle qui soulignera enfin la présence d’un nouveau pays francophone en terre d’Amérique?Là, nous aurons vraiment de quoi fêter! Alexandre Brousseau Québec, le 30 juin 2008 Honorer Louise Arbour Le Canada et le Québec vont-ils trouver une façon dhonorer madame Louise Arbour, francophone et canadienne, pour les avancées que cette femme a accomplies à l’échelle mondiale dans le dossier du Conseil des droits de l’homme et sur les plans économique et social?Elle a fait preuve de détermination.Elle s’est fait donner les outils nécessaires à la liberté de sa fonction.Elle a démontré des qualités peu communes de connaissances et d’expertise de ses dossiers pour lesquels elle avait été mandatée.Elle a eu le courage de tenir tète à ceux qui préfèrent le statu quo, à ceux qui ont avantage à ne pas changer les choses, aux protégés du Système.Surtout, elle a dérangé.Il faut être libre pour le faire.Qu’elle en soit remerciée.Pierrette Lavoie-Ste Marie Brassard, le 30 juin 2008 L’avenir du nouveau CR-CHUM Le Dr Jacques Turgeon vient d’envoyer un courriel aux étudiants et employés du centre de recherche du CHUM.Celui-ci traite de sa déception devant le choix de la FCI de ne pas accorder de financement pour le projet du CR-CHUM.Tout en rassurant les travailleurs des établissements sous sa responsabilité de la confiance qu’il leur accorde, il affirme que la décision de la PCI n’affectera aucunement la construction du nouveau centre de recherche.Vraiment?Pendant que le projet du CUSM est bien financé par les secteurs privé et public, celui du CHUM fait du surplace, à l’exception des coûts de construction qui continuent de grimper (320 millions à ce jour).Les partisans des «PPP» devront d’ailleurs être bien optimistes pour penser que les entreprises privées prendront la relève alors que les organismes gouvernementaux n’osent pas se mouiller.On se retrouve donc devant des dirigeants qui ne peuvent rien offrir de concret, sauf la promesse d’un avenir meiileur pour ceux qui tentent d’améliorer la santé de leurs citoyens.D y a un mois, le Dr Turgeon parlait de «rapatrier» les chercheurs québécois.Ce qui risque d’arriver est bien le contraire: sans soutien, les diplômés et docteurs en recherche risquent de partir travailler chez ceux qui manifestent leur appui non seulement par des mots, mais aussi par des fonds.Le ministre Philippe Couillard se disait convaincu de l’importance de la présence francophone de la médecine et de la science au centre-ville de Montréal.Celui-ci s’est retiré de la politique, et le nouveau centre de recherche du CHUM ressemble de plus en plus à une illusion.Il est donc urgent qu’un leader se penche sur ce dossier, car sans chef pour en faire la promotion, l’avenir s’annonce bien sombre pour la recherche médicale francophone au Québec.Nicolas Godin Etudiant au doctorat à l’hôpital Hôtel-Dieu Sciences biomédicales, Université de Montréal, le 27 juin 2008 Plaines d’Abraham Cet autre nom du parc des Champs-de-Ba-taille, à Québec, tire son prigine du prénom d’Abraham Martin, dit l’Écossais, arrivé en Nouvelle-France vers 1620.Il avait acquis une concession en 1635, qui était située sur le coteau Sainte-Geneviève.Quand le Journal des jésuites nota, pour le mois de janvier 1646, qu'«on donna 4 mouchoirs à la femme d’Abraham», cela signifiait que le défricheur Abraham Martin n’était connu que par son prénom! De sa concession, l’appellation Abraham en est venue à désigner d’autres espaces à l’extérieur de sa propriété parce que ce colon les avait parcourus pendant plusieurs années.Ainsi, et selon une tradition orale, la côte d’Abraham reliant la Haute et la Basse-Ville prit ce nom parce que Abraham Martin la traversait pour faire paître son troupeau.De même, les habitants ont attribué le nom des Hauteurs d’Abraham à l’actuel parc des Champs-de-Bataille parce que ce défricheur y menait aussi ces bêtes.D’un usage d’abord oral et local, l’emploi de ce nom de lieu s’est par la suite généralisé.Le nom des Hauteurs d’Abraham, attesté en 1759, est à l’origine du nom des plaines d’Abraham.La Relation de John Knox, publiée en 1769, mentionne le toponyme.Jean Poirier Québec, le 2 juillet 2008 LIBRE OPINION La transplantation de sang de cordon MARTIN CHAMPAGNE Hémato-oncologue et directeur du programme de thérapie cellulaire au CHU Sainte-Justine Au moment où je tourne la page sur 15 ans de pratique en cancérologie chez l’enfant, j’aimerais témoigner de l’expérience du CHU Sainte-Justine en transplantation de sang de cordon.L’enfant qui se voit offrir une greffe de moelle osseuse est confronté à une maladie autrement mortelle, pour laquelle il n’existe pas de solution thérapeutique.Certains d’entre eux luttent déjà depuis quelque temps, d’autres sont de nouveaux «arrivants» dans le système de santé.Le programme de transplantation hématopoïétique a été créé à l’hôpital Sainte-justine en 1994 à partir du besoin d’assurer en milieu pédiatrique cette activité.[.] Malgré les avancées importantes en cancérologie pédiatrique (près de 85 % des enfants atteints de leucémie lymphoblastique, la fonne la plus commune, sont maintenant guéris grâce aux chimiothérapies de première ligne), la greffe offre les meilleures chances, parfois même la seule chance, de guérison à environ une soixantaine d’enfants du Que» bec chaque année.La probabilité pour deux enfants, nés des mêmes parents, d’être compatibles pour les besoins de la greffe sont de une sur quatre.Compte tenu de la taille réduite des familles d'aujourd'hui, seulement 30 % des enfants nécessitant une telle greffe ont un donneur familial.Pour ceux qui n’ont pas un tel donneur, il faut se tourner vers les registres de donneurs volontaires de moelle osseuse.La probabilité, pour deux caucasiens (de race blanche) qui ne sont pas apparentés, d’être compatibles varie de une sur 10 000 à moms de une sur un million.Pour certains groupes ethniques, les chances de trouver un donneur sont encore plus limitées.Malgré le fait qu’ils soient maintenant constitués de millions de donneurs volontaires et que l’on constate dans les dernières années une nette amélioration de la performance des regisfres (70 % des gens ayant besoin d’une transplantation auront un donneur), en 1996 nous n étions en mesure d'offrir la greffe (en raison de la non-disponibilité des donneurs) qu’à 50 % des enfants nécessitant une transplantation: pour dix enfants donnés, la maladie progressait chez deux, alors que chez trois autres aucun donneur compatible n’était trouvé.Le sang de cordon semblait dès cette époque offrir des possibilités intéressantes.En effet, alors qu’une compatibilité parfaite est requise lorsqu’on utilise la moelle osseuse pour effectuer une transplantation, une compatibilité partielle semblait possible en utilisant le sang de cordon.Li possibilité de «gagner le gros lot» avec une combinaison à quatre chiffres est infiniment plus grande que lorsqu'une combinaison à six chiffres est requise.Cette «flexibilité immunologique» accrue rend le choix plus rapide.Une première greffe, en collaboration avec le Dr Gilles Roy, la Croix-Rouge de Montréal et l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, fut effectuée alors qu’une mère accouchait d'un nourrisson compatible avec un enfant nécessitant une greffe.75% de l’expérience canadienne Peu de temps après, un entant nécessitant une transplantation urgente et chez qui aucun donneur de moelle n’était trouvé lut l’objet d’une trans-plantation de sang de cordon non apparentée.D’innovatrice, l’application a grandi: nous avons maintenant réalisé plus de 130 greffes de sang de cordon, soit plus de 75 % de l’expérience canadienne.Notre groupe a fait la démonstration que.en comparaison avec la moelle osseuse provenant d’un donneur non apparenté, la transplantation du sang de cordon peut être réalisée beaucoup plus rapidement et que les résultats étaient tout à fait comparables en matière de chance de guérison à ceux obtenus avec la greffe de moelle osseuse.La publication de ces travaux a contribué à faire reconnaître la transplantation de sang de cordon comme solution de rechange, chez l’enfant nécessitant une greffe non apparentée, à la moelle osseuse.La résultante est que nous sommes désormais en mesure d’offrir l’option de la transplantation à plus d’enfants: le sang de cordon, en raison de sa latitude immunologique (critères moins restrictifs de compatibilité), permet en effet de trouver im donneur pour 99 % des enfants en attente d’une greffe.Héma-Québec a su seconder ces efforts et a participé activement à la mise sur pied de la banque de sang de cordon du Québec.Le déchet biomédical est recueilli sans risque pour la mère ou le nouveau-né chez les femmes qui y consentent dans les centres participants (dans la région de Montréal: Sainte-Justine.St.Mary.Royal-Victoria.LaSalle, Cité de la santé, et bientôt les Centre mère enfant du CHUQ et Saint-François d'Assise, à Québec).Des efforts sont déployés notanunent pour recruter auprès des com- munautés démographiques, insuffisamment représentées dans les registres de donneurs volontaires de moelle: la démographie québécoise est en mutation, et il est de notre responsabilité sociale d’offrir dès aujourd'hui aux enfants du Québec de tous les horizons les meilleures chances de guérison.Près de 1000 échantillons sont maintenant disponibles pour donner la chance de sauver une vie grâce à la générosité des femmes du Québec.Le parcours de la greffe n’est pas un long fleuve tranquille.La mort vient trop souvent cogner à la porte.Alors que notre société occidentale investit en recherche dite fondamentale, il reste encore beaucoup à faire afin de soutenir les activités cliniques et trouver des traitements plus efficaces, moins toxiques.Également, si la transplantation de sang de cordon est d’application fréquente chez l’enfant, plusieurs obstacles, dont certains tiennent à la dose limitée de cellules contenues dans un greffon, existent encore pour une plus grande utilisation chez les adultes: les défis à relever, dans les prochaines années, demeurent nombreux.Ce témoignage se veut d'abord et avant tout une reconnaissance du courage et de la détermination de dizaines d’enfants qui luttent contre une maladie qui ne leur fait pas de quartier.Certaines d’entre elles sont bien connues du grand public: cancer, leucémie sont des noms qui font réagir.D’autres, beaucoup plus rares, sont méconnues: syndrome de Krabbe, adrénoleucodystrophie, déficits immunitaires.Toutes sont mortelles et demandent pour l'enfant qui en est atteint ainsi que sa famille, d'aller puiser au plus profond de soi.Ce combat ne serait pas possible sans le soutien des familles, qui doivent continuer, malgré tout, à répondre à leurs obligations scolaires, financières, tout en menant cette lutte.Je tiens également à rendre hommage aux dizaines de professionnels, infirmières, pharmaciennes, technologistes, plusieurs œuvrant dans l’ombre d'un programme de transplantation, mais qui en assurent le succès qu quotidien et qui permettent à ces enfants de lutter pour leur survie.A l'échelle nord-américaine, les docteurs Donna Wall, John Wagner, Pablo Rubinstein et Joan Kurtzberg, notanunent, nous ont toujours témoigné leur appui.A tous ceux, donc, qui ont su inspirer par leur courage l'équipe de transplantation hématopoïétique, ou qui ont contribué par leur dévouement à son succès, je présente mes salutations: vous habiterez désor-luais dans mes souvenirs. ¦ E 1> K V 0 1 R , LE ,1 E T I) I 3 .MILLET 2 0 0 8 DEES •> tt a ,i -t 2.L7MS' \ H t tt111•£ïtIee; 4 v W'’V ¦* fe- *”*4'» MW8B4 '-i* •4 ¦* ft • ^ «t V., .—— I iù WpjX ’f ^ o.-, &éiéâJL/: • pi1 .Ü Mt'f f FI F ï I ! Tl % rifrr £ ^h/ ff*v ( ! Frf r).H ¦*.n .t ‘ t: ,M»V l V F*F.1 I 1***1 *»>r r-'f^ CM Ssi.i t- u.n*.' ~ti-m * m ‘ rui fr; i t* i, i Hi % f I * ^ J’*Sà ¦ , j* > h Vi ¦^r.x HiU\ Ibi BEN GAUTHIER Québec célèbre aujourd’hui le 400e anniversaire de sa fondation.Mais le 3 juillet marque aussi l’anniversaire de naissance de la Nouvelle-France dont le Québec assume aujourd’hui la succession.Le Québec et la France Un avenir et une Francophonie en partage DANIEL TU R P Député de Mercier et porte-parole du Parti québécois en matière de relations internationales et de francophonie PATRICK BLOCHE Député de Paris (7 circonscription) et vice-président socialiste du Groupe d’amitié France-Québec n ce 3 juillet 2008, le Québec et la France célèbrent le 400e anniversaire de fondation de Québec.Cette célébration est aussi celle de la naissance d’une Nouvei-le-France dont le Québec assure aujourd'hui, quatre siècles plus tard, la succession en terre d'Amérique.Cette succession a pu être assumée en raison d’une lutte d’émancipation nationale qui n’a jamais cessé depuis le jour où Samuel de Champlain a dirigé les premières institutions politiques créées pour gouverner la Nouvelle-France.L’histoire nationale du Québec est ponctuée de gestes qui non seulement ont contribué à la pérennité de l’identité française en Amérique mais ont permis le développement d’une nation francophone moderne sur le continent des Amériques.Par leur résistance pacifique en des lendemains de Conquête, la Rébellion des Patriotes et la lutte pour le gouvernement responsable, la renaissance de leurs institutions au lendemain du pacte fédératif de 1867, les transformations issues de la Révolution tranquille et les tentatives, toujours inachevées, de définition du statut politique de leur nation, les descendants des Français et les personnes qui ont choisi le Québec comme terre d’adoption ont façonné un Etat moderne.Le devoir d’accompagner le Québec La France a accompagné l’État du Québec durant ce parcours.La nation française a le devoir d’accompagner la nation québécoise dans ses choix, y compris le choix que les Québécois pourraient faire d’accéder à la souveraineté politique.La France a d'ailleurs contribué à l’émergence d’une nation québécoise, libre de ses choix, qui entretient avec la nation française une relation unique.Enracinée dans une histoire partagée et façonnée par une langue commune, cette relation est directe et privilégiée en raison de la volonté de la France et de ses chefs dÉtat et de gouver- nement successifs de conférer un tel caractère à cette relation.Cette relation a notamment permis au Québec de prolonger sur la.scène internationale ses compétences.L’ouverture de la délégation générale du Québec à Paris, la conclusion entre le Québec et la France d’engagements internationaux en matière d’éducation et de culture et l’obtention par le Québec, avec l’appui de la France, d’un statut de gouvernement membre au sein de la Francophonie sont des gestes qui ont assuré au Québec une personnalité internationale.Cette personnalité s’est d’ailleurs façonnée en dépit des objections répétées du gouvernement du Canada à l’égard des propositions visant à doter le Québec d’un statut et d’une voix distincts au sein de la communauté francophone.L’acquisition d’une authentique capacité internationale par le Québec a ainsi résulté de stratégies communes caractéri- ME.* sées par la persévérance du Québec K et le soutien durable de la France.Kyoto De telles stratégies communes doivent pouvoir être utilisées à nou- Daniel Turp veau dans l’avenir et les autorités françaises doivent être conscientes que leurs intérêts continueront d’être bien servis par une politique et un discours permettant au Québec et à la France de faire front commun dans plusieurs dossiers d’intérêt.Ainsi, pour prendre un exemple d’actualité, le Québec et la France partagent une volonté d’assurer l’application effective du protocole de Kyoto à la convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques et Patrick Bloche de poursuivre la lutte contre les changements climatiques par l’adoption d'un protocole de Kyoto II en 2012.Sur cette question, les intérêts du Québec et de la France convergent, alors que Ip Canada s’est plutôt aligné sur la position des États-Unis d’Amérique, qui cherchent à priver le protocole de Kyoto de ses effets.Sans vouloir antagoni-ser le Canada, la France devrait continuer de pouvoir appuyer la différence québécoise, d’autant qu’il s'agit d’une différence avec laquelle elle est en accord.un avenir en partage.L’avenir de la Francophonie multilatérale elle-même repose sur les deux grandes nations francophones du monde et c’est sur ces nations que cette Francophonie peut s’appuyer pour prendre l’élan dont elle a besoin aujourd’hui.Le Québec et la France ont pris des initiatives qui, comme celle ayant mené à l’adoption par l’UNESCO de la Convention sur la promotion et la promotion de la diversité des expressions culturelles, ont consolidé la place de la Francophonie dans le dialogue mondial des cultures.Le Québec et la France doivent aujourd’hui lancer d’autres projets pour que la Francophonie assume un leadership dans ce dialogue et se dote d’outils pour faire face aux défis de ce siècle.Dans cette perspective, la Francophonie pourrait ouvrir de nouveaux chantiers et s’engager à adopter des mesures visant notamment à promouvoir l’adoption d'une convention sur la diversité linguistique aux fins d’assurer la pérennité des langues qui fondent la diversité des expressions culturelles et envisager la création d’une RADIO 5 Monde dotant la Francophonie d’un service public multilatéral de radiodiffusion.Il importerait également de renforcer le dispositif visant à protéger et à promouvoir la démocratie, les droits et libertés et de prendre des mesures pour assurer la sécurité alimentaire dans les pays de la Francophonie.De plus, la création d’un opérateur de la Francophonie dans le domaine de l’éducation mériterait d’être envisagé et celuki pourrait définir un projet éducatif destiné à favoriser l’égalité des chances aux citoyens et citoyennes de la Francophonie.Des chantiers pour la Francophonie En ce jour où s’ouvrent par ailleurs les travaux de la XXIV' session de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie à Québec, il importe d’affirmer que c’est également au sein de la Francophonie que le Québec et la France ont Une relation à solidifier Faisant fond sur les doctrines qui ont été développées par leurs chefs d’Etat et de gouvernement depuis près de 50 ans maintenant, la relation directe et privilégiée entre le Québec et la France doit être consolidée et renforcée.Ayant un avenir en partage, l’État québécois et l'État français doivent dès lors collaborer de façon encore plus étroite et fonder leurs relations bilatérales sur de nouvelles positions, actions et stratégies communes.Le Québec et la France doivent de même s’efforcer de donner un nouveau souffle à la Francophonie multilatérale et s’engager à ouvrir de nouveaux chantiers pour une organisation dont ils ont aussi l’avenir en partage.Le Québec est-il refermé sur lui-même ?Louise Beaudoin Le Québec, refermé sur lui-même?Je ne le crois évidemment pas, mais c’est ce qu'affirmait, il y a quelques join's, dans une entrevue au Devoir, Dario Page!, président de la Fédération internationale des professeurs de français, qui regroupe 70 (XX) professeurs de français Gangue maternelle, langue seconde ou langue étrangère) au sein de 165 associations couvrant toute la planète.M.Pagel disait que Y «enfermement» des Québécois sur eux-mêmes et leur position sur la langue française les coupent du reste du monde.11 ajoutait que de français ne court aucun danger au Québec» et que «quand on défend, on ferme».Voilà des déclarations qui m’interpellent! Je le dis d’emblée: je connais Dario Pagel, le dynamique président brésilien qui occupe ce [xiste prestigieux depuis 10 ans.A son invitation, je participerai d’ailleurs le 23 juillet prochain, à Québec, à une table ronde dims le cadre du congrès de son organisation.C’est donc en toute amitié, en ce 3 juillet, jour du 4(X> anniversaire de la fondation de Québec, symbole de la pérennité du fait français en Amérique, que je lui réponds ainsi qu’à tous ceux qui, comme lui, croient que le Québec est refermé sur lui-même.Le Québec, au même titre — mais ni plus ni moins — que toutes les autres nations de taille comparable à la sienne, particulièrement celles qui comme lui ne sont pas souveraines, a conscience de sa précarité linguistique et culturelle.Cette conscience de notre fragilité comme nation ne repose pas sur des perceptions mais bien sur des faits et des chiffres que viennent d’ailleurs de nous rappeler le Conseil supérieur de la langue française et, avant lui il y a quelques mois, Statistique Canada.Le français recule comme langue d’usage à la maison, le français en tant que langue de travail ne progresse pas, les immigrants non romanophones ne se francisent qu’à 15 % — le même pourcentage qu’en 1971 —, l’assimilation des francophones hors Québec s’accélère, etc.Comment, par ailleurs, prétendre que «quand on défend, on ferme», alors qu’un des réels succès de la loi 101, qui impose aux enfants des nouveaux arrivants d’aller à l’école française, est la désetlmisation de notre langue commune, c’est-àdire que l’on retrouve ici, maintenant, une génération bigarrée aux noms évoquant des sonorités des cinq continents qui s’exprime en français?Ceci étant, malgré et peut-être en partie à cause de cette conscience aiguë de leur précarité, les Québécois, qui reviennent de loin, héritiers d’une société en mode survivance, enclose dans un univers plus ou moins fermé, sont passés à la modernité en assumant leur ténacité en terre d’Amérique, en y inscrivant leur langue, leur culture, en s'ouvrant au monde et en se découvrant dans les yeux des autres.Il suffit de se promener à travers le monde en 2008 pour constater qu’on rencontre des Québécois partout, y compris au Brésil, cher Dario Pagel, ce pays, le tien, sûr de son destin, fier de sa langue qu'il partage avec sept autres pays à l'intérieur d’une lusophonie dont il a pris le leadership, fier aussi de sa culture qui rayonne dans tout l’espace ibéro-américain.Des Québécois, on en retrouve, on le sait sur toutes les scènes du monde, mais tout autant aux Nations unies, au Tribunal pénal international, à l’Organisation mondiale de la santé, à l’UNESCO et ailleurs; des Québécois qui vivent à l'étranger ou qui y sont de pass^age pour travailler, créer, produire, importer, exporter.A croire, à certains moments, que nous sommes dix fois plus nombreux que dans la réalité.Nous sommes plusieurs au Québec à placer nos espoirs dans une Francophonie sans frontières en faveur de laquelle certains d’entre nous œuvrent depuis les débuts, dans les années 1950.Je pense, en particulier, à ces pionniers regroupés au sein d’ONG et d’OING, tels Jean-Marc Léger et André Bachand, qui ont immédiatement pressenti l'importance de la coopération entre peuples, institutions et individus de langue française, tout comme les grands inspirateurs du projet de création d’une Agence intergouvemementale de la Francophonie qu’ont été le Sénégalais Senghor, le Tunisien Bourguiba ou le Nigérien Hamani.Depuis, le Québec a fait sa place et sa marque en Francophonie.Considéré comme une force de proposition, il y a toujours été très actif, comblant son peu de ressources financières par son dynamisme.Je souhaite qu'il le demeurç, à la veille d’accueillir le XI]' Sommet des chefs d’Etat et de gouvernement dans notre capitale nationale, malgré les signes inquiétants qui nous parviennent quant à la mainmise d’Ottawa sur l’événement.Le Québec a joué un rôle majeur dans la construction de l’espace francophone en luttant aux côtés de ses alliés, dont la France fut le plus fidèle, afin de faire entendre sa voix unique.Ce n’est pas parce qu’ils sont des résistants et des combattants que les francophones du Québec sont repliés sur eux-mêmes.Au contraire, ils croient, majoritairement me semble-t-il, à une francophonie mondiale forte et plurielle à laquelle ils veulent participer.Chaque francophone dans le monde a son propre rapport à la langue française.Chaque problématique est différente.Ijcs Québécois savent que ce qui fait l’intérêt de la francophonie, c’est justement sa diversité.Chacun vient avec son histoire, sa culture, son quotidien, ses rêves d’avenir et essaie de prendre une part de l’autre.Par conséquent, même si notre environnement nous amène à être parfois solitaires, nous nous projetons de plus en plus aux quatre coins du globe grâce, notamment, à notre adhésion pleine et entière à cette Francophonie que nous souhaitons davantage solidaire pour tous les francophones du monde.Louise Beaudoin est membre associée au CERIUM, chargée des questions de francophonie internationale et professeure invitée au département des littératures de langue française de l'Université de Montréal.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalisles à l’information générale et métropolitaine : Géraîd Dallaire {adjoint au direrttur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipalesj, Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard {éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles /justice et faits de société), Ciairandrée Cauchy {Général) Jean Dion.I^tuis-Gillea Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin.Vincent Cauchy (commis internet) Uurence C\nve\(pupitre).Philippe Papineau (pupitre), Louisc-Maude Rioux Soucy f Santé i: Pauline ( .ravel (sciences) : Michel Garneau trahratunste).Diane Pnecourt (responsable des pages thématiques) .Martin Dudos, Michèle Maienfant et Christine Dumaael (oarwrteiitti.JartjuesGrcnicf etJacquenNadeau (photographes) à rinfnrmntion mlum-flc Michel Hélait (théâtre et cahier Culture), Julie 1 arpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end).Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay tnarmaJIsabelle Paré (culture), k l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre).Eric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins; è l’information mtemationaje ; Jean-Pierre legault (pupitre international et page éditoriale).Claude Ijévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; A l’information politique Hélène Buraetti et Alec Castonguay (correspondants pariemrntairrs à Ottawa).Antoine Rnbitaiüe et Robert IXitrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Ijevesque , Amélie Gaudreau (secrétaire a la rédaction).Ftnilie Parent Bouchard.Etienne Plamondon-Émond (commis d ta rédaction) la (i's urm-ntatiun Gilles Paré Mim-fnrrl; Manon Derome.Olivier Spéciel (Québec).Monique Bhérer (Ottawa) IA PUBUCITÉ Amélie Bessette.Jean de Billy.Jean-François Bossé.Julie Chrétien (directrice adjointe).Marlene Côté.Amélie Maltais.Claire Paquet.Genevieve Pierrat, Chantai Rainville, Martine Riopeile, Isabelle Sandier., Nadia Sebaï, Mèlisande Simard (publicitaires).Sylvie Laporte.Martine Berubé (secrétaire).LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fllion, Yannick Morin.Nathalie Zemaitis.Olivier Zuida INFORMATIQUE ïanick Martel (responsable).PROMOTION.DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable sendee à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Filior Rachelle Leclerc.Jean-Robert Divers (responsable promotion) L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrdlenr), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Ghislaine Lafleur.Claudette Beliveau (adjointe administrative).Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross I A 8 LE DEVOIR.LE JEUDI 3 JUILLET 2008 LES ACTUALITES ÉCUEIL SUITE DE LA PAGE 1 qui pose problème», mais le fait «quelle ait tendance a ne pas respecter sa fonction», qui devrait la contraindre, puisqu’elle n’a pas de légitimité démocratique, à 'despropos de circonstance».Jamais Jeanne Sauvé [gouverneure générale de 1984 à 1990] — «qui avait été ministre, elle» — ne se serait permise de «réclamer une politique culturelle unique pour le Canada», illustre l’expert en faisant référence à une interview accordée par Mme Jean à un magaâne canadien, révélée par U Devoir plus tôt cette semaine.Marois, «chiqueuse de guenilles»?La chef péquiste Pauline Marois participera aux activités officielles mais aussi à une activité parallèle, soit au «cérémonial» du groupe «Commémoration Québec 1608-2008" (ammemorationl608-2008.(/rg).Ce spectacle qui aura lieu au parc de l’Amérique française, à côté du Grand Théâtre, veut proposer une vision «davantage historique» de la fête.Il a été organisé ces deux dernières semaines aufour du chanteur Luck MerviDe, qui l’animera aux côtés d’Eric Waddell, professeur associé au département de géographie de l’Université LavaL Plusieurs personnalités connues des milieux nationalistes seront présentes, dont un invité d’honneur, le chansonnier Raymond Lévesque, Biz, du groupe de rap Loco Locass, la comédienne Marie Tifo, le romancier Yves Beauchemin, le documentaliste Hugo latulippe, le peintre Luc Archambault les historiens Michel lessard et Gaston Deschênes y seront aussi Aux yeux du chef de l’opposition officielle Mario Dumont fa présence de Pauline Marois à cet événement envoie un signal d’indécision et d’incohérence de fa part d’une élue importante: «Quand tu te présentes à la fête, tu fêtes à plein et tu fêtes avec tout le monde, sinon il y a une expression au Québec [pour ça]: casseux de party ou chiqueux de guenilles.» L’attaché de presse de Mme Marois a estimé hier que cette déclaration révélait un «manque total de savoir-vivre» chez le chef de l’opposition.«Mme Marois n'est pas indécise ou “casseuse de jxirty”, elle participera à toutes les activités, celles officielles et celles parallèles», a répondu Marie Barrette.Au reste, M.Dumont s’est inscrit en faux contre la vision fédérale de fa fête, selon laquelle fa fondation de Québec correspond à fa fondation du Canada et Champlain constitue le premier «gouverneur du Canada», une affirmation répétée le 1" juillet par M.Harper.M.Dumont a déclaré que ce que «Champlain a installé ici, c’est la [.] première installatùm en Amérique et c'est ça qu’on célèbre cette année».Certes, a-t-il ajouté, «le Canada, c'est une construction politique qui est arrivée au cours des années et à laquelle le Québec a participé».L’horaire de fa journée a été qualifié de «très lourd» par l’entourage du premier ministre CharesL Ainsi, MM.Harper et Charest auront peu de temps pour s’adresser à 1a presse, sauf le matin, où ils ne répondront qu’à une question de RadireCanada et à une autre de fa CBC.En après-midi, les deux chefs de gouvernement assisteront aux côtés de quelque 700 dignitaires, au spectacle cour mémoratif Rencontres, où le comédien Yves Jacques per-sonnifiera Samuel de Champlain.Par fa suite, M.Harper devra partir en trombe pour Calgary, en Alberta, où il doit assister au Stampede.M.Charest se consacrera en soirée à son principal invité français, le premier ministre François Fillon.Le chef libéral Stéphane Dion et le chef bloquiste Gilles Duceppe seront aussi à Québec.Le Devoir QUÉBEC BETANCOURT SUITE DE LA PAGE 1 images, elle disait avoir quitté «le monde des vivants».Ingrid Betancourt a toutefois indiqué hier qu’elle se remettait alors d’une maladie.Subterfuge militaire Tout indique que Bogota aurait usé de ruse pour parvenir à cette libération fort médiatisée.Selon ce qu’a expliqué le ministre colombien de la Défense, Juan Manuel Santos, les otages ont été libérés lorsque des commandos de l’armée ont infiltré un groupe des Forces armées révolutionnaires de Colombie (PARC), appartenant au cercle de sécurité de guérilleros encerclant les otages.Il a précisé que les militaires leur ont fait croire^que les otages allaient être transférés par hélicoptère auprès d’Alfonso Cano, nouveau chef des combattants marxistes.Ils auraient ainsi réussi à attirer les guérilleros dans un piège, dans la jungle de Guaviare, dans le sud du pays.L’hélicoptère utilisé était peint en blanc et les membres de l’équipage étaient déguisés en guérilleros afin de faire croire qu’il s’agissait bel et bien d’un simple transfert de prisonniers.Le tout s’est tellement bien déroulé qu’aucun coup de feu n’aurait été tiré, selon les informations fournies par Bogota.Encerclés par l’armée, le chef du groupe et les autres guérilleros n’ont eu d’autre option que de se rendre sans combattre.Parmi les otages libérés figurent les trois sous-traitants militaires américains et 11 soldats et policiers, outre l’ancienne candidate à la présidence de Colombie, a indiqué le ministre.Ingrid Betancourt et les trois mercenaires américains étaient l’une des monnaies d’échange les plus importantes pour des PARC en perte de vitesse, déjà affaiblies par l’assassinat par l’armée colombienne de leur numéço deux, Raul Reyes, début mars, lors d’un raid en Equateur, puis par fa mort de leur chef historique Manuel «Tirofijo» Marulanda, a expliqué hier le politologue Guillen o R Aureano, de l’Université de Montréal.Mme Betancourt, les Américains Marc Gonsalves, Thomas Howes et Keith Stansell, ainsi que les autres otages, tous «sains et saufs», ont été emmenés à San José del Guaviare pour monter à bord d’un avion qui les a amenés vers la base aérienne de Tolemaida, à 100 kilomètres au sud de Bogota, avant leur transfert vers 1a capitale.La Franco-Colombienne avait été enlevée par les PARC le 23 février 2002 alors qu’elle menait campagne pour l’élection présidentielle en compagnie de sa directrice de campagne, Clara Rojas, près de Flo-rencia, à 600 kilomètres au sud de Bogota.M.Aureano a d’ailleurs rappelé hier qu’elle avait pris des risques énormes en se rendant dans cette région, réputée truffée de membres du plus vieux mouvement rebelle d’Amérique du Sud.Depuis cette date, toutes les tentatives de libération avaient échoué, tandis que des informations contradictoires circulaient périodiquement sur sa possible sortie de la jungle colombienne.Plusieurs comités de soutien avaient également vu le jour et avaient organisé de nombreuses manifestations durant sa détention, notamment en France, où résident ses enfants et sa sœur.Elle était même devenue le symbole par excellence des milliers d’otages que détiendraient les PARC.Ceux-ci ont pour habitude d’utiliser leurs T- SUITE DE LA PAGE 1 violoncelle de Jorane.Mais comme le répète souvent le narrateur Gilbert Sicotte, fa beauté est un plaisir difficile à décrire et on n’oserait trop décrire les images magnifiques captées par la caméra.En fait, ces dernières sont d’autant plus étonnantes qu’elles s’attardent aux sujets les plus «touristiques», comme le Château Frontenac, le fleuve, les courses de canots, les voyages en calèche et même les vendeurs d’aquarelle de la rue du Trésor.Et dans ce domaine, les résidants de Québec ont souvent l’impression d’avoir tout vu, voire d’en avoir trop vil Or, guidés par la caméra de Labrecque, on finit même par observer le passage des touristes avec quelque chose qui s’apparente à de la.tendresse.Un petit miracle qui tient au soin apporté aux détails.Dans la calèche qui s’aventure à l’intérieur des fortifications, un chien est confortablement assis à côté du cocher.La caméra prend son temps, assez pour croquer toute fa spontanéité de deux amoureux installés en haut de fa porte Saint-Jean.Même chose dans le recours aux archives.Labrecque n'hésite pas à fixer sa caméra sur le détail révélateur d’une gravure, d’un champ de bataille, du yisage de Montcalm au moment de mourir.A ce titre, le cinéaste ne manque pas une occasion de souligner l’importance du passé français de 1a ville.On ne se surprendra donc pas qu'il participe aujourd’hui à l’événement Commémoration Québec, au Parc de l'Amérique française, en compagnie de Marie Tifo, de Luck MervU, de Raymond Lévesque et de Bizz, de Loco Locass.Leur but?Rappeler le passé français et le caractère distinctif du Québec, et dénoncer le fait que ces thèmes riaient «pas été exploités à leur Juste valeur par les organisateurs officiels [du 400']».En fail fa trame même d'infiniment Québec est un dialogue entre fa France et le Québec.Tout ai long du film, Labrecque s’adresse à un jeune noble français avec qui il s’était lié d’amitié pendant fa Deuxième Guerre.Irrité par l'arrogance de ce «petit prince», il tient à lui dire, six décennies pkis fard, que «son ancêtre Louis XVa eu bien tort de nous bazarder pour les Antilles» Appuyant le point de vue d’une des religieuses qui lui avait enseigné, il va jusqu'à soutenir que Québec est phis belle que Paris et Versailles.Un débat qu’on espère ne pas voir Lancé bientôt dans le Paris Match.Ainsi dans ce documentaire, en cet été du 400\ l'heure n'est pas à la modestie.Et avec ce film amoureux, Jean-Claude Labrecque - comme Robert Lepage avant lui - vient donner des arguments supplémentaires très inspirés à ceux qui seront tentés par de belles joutes verbales avec leurs cousins français.Le Devoir Jorane et l'OSQ, ce soir, de 19h30 à 21h30, à l'Agora du Vieux-Port.Projection du film Infiniment Québec à 2Ih au même endroit.GÉRARD CERLES AGENCE FRANCE-PRESSE La fille d’Ingrid Betancourt, Mélanie Delloye, s’adresse à la presse à l’Élysée en compagnie de son frère, Fabrice, de sa tante Astrid Betancourt (à gauche) et du fils de celle-ci, sous le regard attendri du président français, Nicolas Sarkozy.otages comme source de financement de leur rébellion, outre l’extorsion et la participation au trafic de drogue.Soulagement Les deux enfants d'Ingrid Betancourt Mélanie et Lorenzo, sa sœur Astrid ainsi que le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner ont décollé au cours de la nuit pour 1a Colombie, a indiqué Nicolas Sarkozy depuis l’Elysée, où il s’exprimait devant ses proches.Visiblement fier, le président français a par ailleurs demandé aux PARC d’arrêter «ce combat absurde et moyenâgeux».Il a ajouté que «la France est prête à accueillir tous ceux [membres des PARC] qui accepteraient de renoncer à la lutte armée».«Vous nous permettez de vivre le plus beau moment de notre vie», a pour sa part déclaré Mélanie, extrêmement émue, qui a chaleureusement remercié M.Sarkozy pour son action.«H y a encore des otages dans la jungle, il ne faut pas les oublier», a-t-elle insisté par la suite.«Un processus a été enclenché, ils vont tous être libérés», voulait quant à lui croire son frère Lorenzo, pour qui «nous avons gagné un combat pour la liberté».Le président de la Colombie, Alvaro Uribe, s’est quant à lui dit «très content» de la libération des 15 otages et s’est immédiatement mis en route vers la base aérienne de Tolemaida pour retrouver l’ex-candi-date présidentielle.M.Uribe, qui était en vacances dans le nord-est du pays, a été constamment tenu informé du déroulement des opérations.À travers son ministre de l’Intérieur, Facio Valencia Cossio, le président a fait savoir que «la fin des Forces armées révolutionnaires colombiennes est proche».Les réactions ont été nombreuses ailleurs en Amérique latine.La présidente argentine, Cristina Kirch-ner, a salué «une victoire de la vie et de la liberté».Son homologue bolivien, Evo Morales, a estimé que fa libération des otages était «extrêmement importante dans la quête de la paix» en Colombie.Le ministre chilien des Affaires étrangères, Alejandro Foxley, a lui aussi souhaité que ce soit un premier pas vers «une paix permanente» en Colombie.«C’est le triomphe de la démocratie sur le terrorisme», a jugé le ministre péruvien des Affaires étrangères, José Garcia Belaunde.Le président brésilien, Luiz Inacio Utla da Silva, «a exprimé sa satisfaction devant cette nouvelle tant attendue par la communauté internationale».«Ces otages et beaucoup d’autres encore détenus en Colombié ont enduré des années de difficultés et de privations.L'enlèvement est un crime odieux et une violation flagrante du droit international humanitaire», a souligné le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, par voie de communiqué.Ce dernier a aussi appelé les PARC à «libérer immédiatement et sans conditions tous les otages qu’elles détiennent encore, doffi la sécurité relève de leur responsabilité».A Washington, le président George W.Bush a félicité son homologue et allié colombien.Lors d’un entretien téléphonique, «le président Bush a félicité le président Uribe et lui a dit qu’il était un dirigeant fort», a déclaré un porte-parole de la Maison-Blanche, Gordon Johndroe.L’ex-consul colombien à Montréal et président de «La Colombie vous invite», une association culturelle regroupant des membres de la communauté colombienne de Montréal, s’est dit soulagé de la libération d'Ingrid Betancourt «C’est une journée très spéciale, de joie indescriptible», a déclaré au Devoir Fabio Avella, qui avait participé à Montréal à la grande marche mondiale du 4 février dernier pour réclamer la libération des otages.Il ne tarissait pas d'éloges à l’égard de l’armée colombienne et l’a félicitée d’avoir mené cette opération militaire «sans violence ni effusion de sang».«Plus qu'une libération d’otages, c’est un pas vers la paix», s’est-il réjoui.«Nous ne voulons pas de vainqueurs ni de vaincus.Nous savons qu’en termes militaires, les PARC perdent depuis fort longtemps.Mais de toute façon, [.] ce que nous voulons c’est parvenir à la paix», a dit M.Avella, en appelant à un désarmement garanti et surveillé par la communauté internationale.Avec la collaboration de Lisa-Marie Gervais Le Devoir Avec l’Agence France-Presse, Associated UTOPIE SUITE DE LA PAGE 1 flotte même sur la mairie.«A Htmfleur, il n’y a pas une journée où l’on ne pense pas à Champlain», dit le maire de la ville, Michel Lamarre, dont le burgau donne sur le vieux bassin d’où est parti Champlain.À l’époque, il était deux fois phis petit et tenait au sein des remparts, détruits phis tard par l’intendant des finances Colbert.Le bassin est situé près de la porte de Caen, la seule des deux portes de fa ville qui soit encore debout À Honfleur, Champlain, c’est un peu l'industrie locale.Dans fa vieille ville, qui accueille phis de trois millions de touristes par an, des centaines de Québécois viennent chaque année scruter les vieilles pierres à fa recherche de fa moindre trace du fondateur de Québec.Réjean Gascon, un Québécois établi en France depuis une trentaine d'années, gagne d’ailleurs sa vie à faire de fa tire et à chair ter des chansons folkloriques.Aujourd'hui, justement il prépare une soirée dans les magnifiques greniers à sel construits par Colbert en 1670 et qui pouvaient contenir jusqu’à 10 millions de kilos d’or blanc.«Entre Honfleur et Brouage, où est né Champlain, des bateaux faisaient régulièrement la navette pour aller chercher le sel nécessaire au salage de la morue», dit Philippe Grenier.Le jeune marin ne pouvait pas ne pas passer par Honfleur, où se retrouvent d’ailleurs tous ses futurs compagnons.Une ville d’aventuriers On sait que François Dupont-Gravé a habité ce qu’on nommait alors «l’enclos», la ville fortifiée.Ce Malouin était établi à Honfleur lorsqu'il participa comme capitaine au premier voyage de Champlain, en 1603.Celui que l'historien Denis Vaugeois qualifie de mentor» de Champlain aurait traversé l'Atiantique une cinquantaine de fois.Il sera de presque tous les voyages de Champlain jusqu’à sa mort en 1629.Dans le quartier Sainte-Catherine, sur fa rue haute, a aussi habité le calviniste originaire de Dieppe Pierre Chauvin, qui fit aussi le voyage à Tadoussac (1603).«Neûtëé son décès en 1603, Pierre Chauvin aurait peut-être fondé Québec», a dit de hii l'historien québécois Bernard Allaire.On ne sait pas exactement où a habité Champlain à Honfleur, mais on est certain qu’il s’est recueilli dans fa très belle église Sainte-Catherine, construite tout en bois et recouverte de bardeaux.Champlain a peut-être même fréquenté fa chapelle Notne-DamedeGrâce, un peu phis foin, terminée en 1615.Philippe Grenier fait d’ailleurs remarquer que le piot «nef» désigne à La fois les navires à voile du Moyen Age et fa partie centrale des églises.Champlain, Dugua, Chauvin et Gravé viennent de Brouage.de Royan, de Dieppe et de Saint-Malo, mais ils se retrouvent tous à Honfknir.La plupart ont acquis leur prestige en combattant dans b région contre la ligue aux côtés chi roi de Navarre.C’esf id que se trouvent aussi les armateurs et les assureurs.À l’époque, les taux d’intérêt pour les prêts dits «à la grosse aventure» sont habituellement autour de 25 % pour un simple navire de pêche qui se rend sur les bancs de Terre-Neuve.Selon l’historien Bernard Allaire, ils peuvent atteindre 50 % pour ceux qui, comme Champlain, pratiquent fa traite dans des conditions dangereuses.C’est à Rouen, à 100 kilomètres sur l’estuaire de fa Seine, que se concentrent les marchands,,les assureurs et les banquiers, dit Philippe ManneviDe.À phis de 80 ans, Miuineville, qui vit dans le centre-ville du Havre où il est né, tient toujours à se qualifier d’historien du dimanche.Pendant des années, cet administrateur d’immeubles a pourtant consacré tous ses temps libres à rédiger une thèse de doctorat sur l'industrie maritime de fa région.«A l’époque, Honfleur et Le Havre ne sont que les avant-ports de Rouen, dit-il.On y allège les bateaux avant qu’ils ne s’engagent sur la Seine.Champlain n’a pas le choix de passer par Rouen.Tout se décide dans la capitale de la Normandie.Rouen est alors la deuxième ville du royaume.Aux portes de Paris, elle écoule ses marchandises jusque dans l’Orléanais.Ici, la laine arrive d’Espagne, le bois, de la Baltique et les peaux, du Canada.» Témoignage de cette époque, de nombreux immeubles de Rouen sont encore décorés de têtes d’indiens.Cavelier de La Salle, fondateur de Lachine et mort au Texas après avoir exploré le Mississippi, était d’ailleurs un fils de Rouen.La mondialisation avant la lettre «Si Champlain part de Honfleur, ce n’est pas un hasard, confirme l’historien français André Zysberg, de l’Université de Caen.L’axe de la Seine est central dans cette nouvelle économiemonde qui relie déjà Rouen à Anvers, Lisbonne et Séville.» Disciple de Fernand Braudel et auteur d’une thèse sur les galères dirigée par nul autre quEnv manuel Leroy Ladurie, Zysberg a d’abord exploré l’histoire de fa Méditerranée avant de s'intéresser à celle de l’Atlantique Nord.«Des personnages comme Champlain vivent la mondialisation avant la lettre, dit-il.La France, pays terrien et catholique, est alors tirée vers le large.La Normandie fait partie de ce réseau international.A Rouen, on trouve des marchands portugais et espagnols.Rouen possède un interland prospère.Puis, il y a Paris avec ses 300à 400 000 habitants.» Selon l’historien québécois Bernard Allaire, fa fondation d’un premier établissement français permanent en Amérique du Nord est intimement liée à l’organisation du commerce des pelleteries.Tant que fa pêche régnait en maître, elle ne nécessitait pas d'installation permanente.Ce n’est pas le cas du commerce des peaux, qui exige rétablissement de relations durables avec les populations amérindiennes.Il faudra attendre la chute d’Anvers, à partir de 1580, et la mode parisienne des chapeaux de castor pour que soient réunies les conditions.«Les chapeaux de castor sont fabriqués dans la capitale et se retrouvent sur les tètes des membres de la cour», écrit Allaire.«Mais le commerce des pelleteries sera toujours très marginal, précise ManneviDe.Il ne se comparera jamais avec celui du sucre des Antilles ou de la morue des bancs de Terre-Neuve.Les commerçants l’abandonnent dès que ça ne rapporte pas assez et qu 'ils trouvent quelque chose de plus payant.» Voilà qui explique les nombreuses compagnies qui ne cessent de se succéder au Canada.D’aiDeurs, ManneviDe juge les riches commerçants normands peu aventureux.«Ce ne sont pas des pionniers.Ils ne se lancent LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage.Montréal (Québec), H3A 3M9 Œ Plaee-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?514-9853333 514-9853360 redaction@ledevoir.com La rédaction Au téléphone Par télécopieur Par courrier La publicité Au téléphone 514-9853399 Par télécopieur 514-9853390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 3650305 Les avis publics et appels d’offres Les abonnements Au téléphone Par télécopieur Par courrier 514-9853344 514-9853340 avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-9853322 Par télécopieur 514-985-3340 Au téléphone 514-9853355 du lundi au vendredi de 7h30 à 16h30 Par télécopieur 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I «enre iVerse C .nidienne est autorisée à employer et A diffuser les informations publiées dans U Delete U pirvotr est distribue par Messageries Itynamiques.division du Groupe Wuebeeor inc.9fX>.boulevard Saini Marlin Ouest.laval Envoi de publication — Hnn-Ristremeni n- 0S58 DepPl ietfal: Bibliothèque el Archives nationales {in Quetss.vm,________________________ dans l’aventure que quand ils sont certains que ça rapporte^ ra.Bsn ’aiment pas le risque.Avee pour résultats qu ils arrivent souvent trop tard, quand tout est pratiquement terminé.» Faut-D y voir déjà un trait du tempérament prudent de leurs descendants québécois?Un «savant navigateur» Si tous les Honfleurais connaissent le nom de Champlain, il suffit de franchir le pont de Normandie pour qu'il redevienne à peu près inconnu.Le Havre et Honfleur se regardent de haut Pour les Havrais, Honfleur est une gentiDe bourgade foDdorique.Pour les Honfleurais, Le Havre est une cité industrieUe sans âme.Champlain a donc toujours été l’affaire privée de Honfleur, fa ville touristique si bien préservée, pas du premier port de France.Tellement que même le maire du Havre avait oubDé que Champlain était pourtant parti de sa ville en 1604 pour l’Acadie.«De toute façon, on ne s’intéresse guère aux anniversaires dans une ville où presque tout a été rasé en 1944, dit Claude Briot Et puis, il y a eu la colonisation et la traite des esclaves qui ont contribué à tout effacer.» D aura fallu que les Amitiés acadiennes et l’ambassade du Canada à Paris viennent frapper à la porte pour qu’on s’en souvienne.Les membres de fa petite Société historique du Havre, dont font partie Briot et son épouse, ne se doutaient pas qu’ils se retrouveraient au centre d’une bataiUe pohtique.L’ambassade souhaitait surtout ressusciter le fondateur de l’Acadie, Dugua de Mons.«Us ne voulaient célébrer que lui, dit Briot Nous, on voulait évidemment fêter Champlain et le Québec.On n’en avait rien à faire de Dugua de Mons.D’abord, on ne savait même pas qui il était.» Selon Briot Champlain avait une bonne raison de partir de Honfleur plutôt que du Havre.«Honfleur était spécialisé dans la construction de bateaux pas très grands, d’environ 150 tonneaux, mais très manœuvrables pour Texplo-mtion des côtes.On les appelait les roberges.» H est cormii^ eu que le Don de Dieu, sur lequel Champlain partit fonder Québec, était une roberge normande.Cet ancien marin s’est pris d’affection pour Champlain, qu'il a tranqiiDement appris à découvrir.«Champlain était ce que fappelle un savant navigateur, dit Briot Tout comme Verrazzano, parti lui aussi du Havre en 1523.Géographe royal, il est aussi hydrographe puisqu’il indique sur ses cartes les profondeurs de l’eau.En plus, il tire les leçons des voyages précédents, où l’on mourait du scartnfl.H insiste sur la nécessité de cultiver des légumes sur place.A Tile Sain-teCroix, il fera même des autopsies pour comprendre les origines de la maladie, Cest un homme des Lumières.» Briot a récemment proposé de mettre fin aux vieiDes rivalités en fusionnant les ports de Rouen, du Havre et de Honfleur afin de concurrencer Anvers, Rotterdam et Londres.D propose évidemment de nommer ce nouveau portChampfairc Le fondateur de Québec a dû se retourner dans sa tombe.Le Havre contre Anvers et Londres, c’est l’histoire qui se répète.Correspondant du Devoir à Paris FIN
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