Le devoir, 21 juin 2008, Cahier B
LE DEVOIR.LES SAMEDI 21 ET D I M A \ 1' H E •> *> J r l N 2 O O s ÛC C O d?‘ ¦ ¦¦ ¦-iin IDÉES Champlain.bien au-delà de Québec Page B 5 PHILOSOPHIE Charles Taylor, le congrès eucharistique et le crucifix Page B 6 PERSPECT VES ±5 i.À JACQUES NADEAU LE DEVOIR Par le relèvement du prix des combustibles, la «taxe carbone» cherche à imiter en la devançant la hausse du prix du pétrole, qui deviendra un jour inévitable en raison de sa rareté.« Taxe carbone » ou tache d’huile glissante ?La mesure proposée par Stéphane Dion est bien accueillie par les écologistes mais pourrait fournir des munitions aux conservateurs LOUIS-GILLES FRANCŒUR La «taxe carbone» proposée par le chef libéral.Stéphane Dion, pourrait bien devenir une tache d’huile glissante pour les libéraux de Stéphane Dion car îes conservateurs ne vont pas se priver d’en faire une exploitation démagogique à l’excès même si elle constitue une avancée dans un domaine où ils ont nettement fait régresser le dossier.Les écologistes applaudissent cette taxe avec raison, car devant la stagnation de la lutte aux changements climatiques et le décrochage en catimini de Kyoto, planifié par Stephen Harper, la taxe carbone fera avancer les choses, mais certainement pas autant que le chef libéral et son principal adversaire, Michael Ignatieff, se sont engagés à le faire durant la course à la direction libérale en promettant de mettre en place en priorité un plafond et un marché d’émissions.L’idée d’une taxe carbone marque à n’en point douter un changement dans la vision libérale du problème.Les économistes vont aussi applaudir car l'intégration du coût du carbone dans le prix des biens et services, même fixé arbitrairement à 40 $ la tonne dans quatre ans indépendamment du marché international, permet à une politique publique importante de rejoindre la théorie économique.Mais on peut s’interroger sur l’efficacité relative de cette mesure et surtout, sur l’ensemble de la stratégie libérale par rapport notamment à la position historique de ce parti en matière de changements climatiques qui donne l'impression de reléguer au second plan la stratégie du plafond-marché au profit de la nouvelle taxe carbone.En entrevue hier, Stéphane Dion déclarait qu’il tfen était rien et qu'il avait toujours comme objectif dans un deuxième temps de mettre en place un système plafond-marché.Les libéraux, y compris Stéphane Dion, ont toujours défendu le respect du protocole de Kyoto et l’insertion du Canada dans cette stratégie internationale, incarnée par l’Union européenne.Ses membres ont institué des plafonds d’émissions de gaz à effet de serre (GES), ce qui autorise leurs acteurs économiques à acheter ou vendre des crédits d’émissions compatibles avec les mécanismes de Kyoto.A l’opposé, c’est le souci des conservateurs de, chaîner la position canadienne derrière celle des Etats-Unis, qui éloigne notre pays chaque jour davantage des 160 pays de la communauté de Kyoto.Dans son discours de présentation de sa taxe carbone, Stéphane Dion liait le Canada à la stratégie américaine.D proposait «d’instaurer graduellement un véritable système de quotas et d’échanges de droits d’émissions, système qui sera doté d’objectifs absolus et qui s’harmonisera avçc le plan du prochain gouvernement des Etats-Unis et avec celui qui est déjà en œuvre en Europe».Les milieux de la haute finance de Toronto ont dû respirer d’aise hier car s’harmoniser avec les Etats-Unis signifie en clair les attendre et même déroger aux règles actuelles et futures de Kyoto.Mais en entrevue hier, le chef libéral a tenu à dissiper cette ambiguité.Pas question, affirme-t-il, de,chaîner la position canadienne à celle des Etats-Unis.«Je laisse ça à Stephen Harper», disait-il en précisant que ce serait plus simple et plus facile si cette «harmonisation» pouvait se faire.Des résultats incertains Le plan Dion présente la taxe carbone comme une mesure susceptible d’être mise en place rapidement, «dès le premier budget», précisait-il.Ce qui est exact Mais qu’est-ce qu’une taxe carbone?C’est une taxe qui cible les combustibles fossiles selon leur niveau respectif d’émissions de GES.Par le relèvement du prix des combustibles, on cherche à imiter en la devançant la hausse du prix du pétrole, qui deviendra un jour inévitable en raison de sa rareté.Par ce devancement on veut forcer les entreprises et les consommateurs à opter prématurément pour VOIR PAGE B 2: CARBONE Personne ne peut dire avec précision quelle serait l’efficacité d’un relèvement de 25 C du prix du litre d’essence v 1 CHRIS WATTIP; REUTERS Le chef libéral Stéphane Dion a annoncé cette semaine sa proposition de «taxe carbone».À compter du 10 septembre 2008 Passez 90 minutes par semaine en compagnie de cinq éminents spécialistes de L’Hôpital de Montréal pour enfants du Centre universitaire de santé McGill L« nombre d* place* est limité • ln»crlvez-vou» en ligne au)ourd’hui ! ?McGill Centre d'éducation permanente www.hopitalpourenfants.com médecine de L’HME Bienvenue à tous! La mini-école de médecine de L’HME accueille toutes les personnes intéressées par la science et la médecine : parents et grands-parents qui souhaitent acquérir des connaissances médicales de première main; jeunes étudiants qui envisagent de faire carrière dans le domaine médical; journalistes scientifiques en herbe; enseignants et personnel de garderie, Tél.(S 14) 412-4400 x 2199* L'MAph.l 4* Montréal pour anfant.T Ha Montréal CMMron\ Montai t emrr unlrmiMtrr dr Mnw McGill McGill |J«H»r»*tT Mrahh (aolr* LE DEVOIR.L E A M E D I 2 1 ET DIMANCHE 22 JUIN 2 0 0 8 B 2 PERSPECTIVES Apprivoiser le paysage pour le rendre cohérent En faisant émerger une conscience paysagère, le Québec pourrait réconcilier environnement et développement FABIEN DEGLISE Le souvenir est peut-être lointain mais, pour le géographe Luc Bureau, il est encore aussi clair qu’un - matin plein de soleil sur le quai de Port-au-Persil.«Notre étude sur les paysages de Charlevoix était a l'avant-garde, lance-t-il a l’autre bout du fil.Nous avons travaillé pendant trois ans avec une équipe multidisciplinaire composée de sociologues, d’historiens de l'art et de géographes a comprendre les paysages et leurs multiples contours.On explorait.C’était nouveau.» C’était aussi en 1974, sous l’impulsion du ministère de la Culture de l’époque qui, en prévision d’une reforme de la Loi sur les biens culturels, avait alors lancé un projet d’analyse et d’inventaire des sites et arrondissements géographiques, finement baptisé «Groupe PAISAGE».Luc Bureau en était un des chefs.Et son bilan de cette première tentative d’apprivoisement des paysages québécois est aujourd’hui très mitigé.«Nous avons longtemps regretté que notre rapport et nos recommandations aient été “tablettés”, poursuit l’ancien professeur de l’université Laval aujourd’hui à la retraite.Mais on n’était pas dupe.On se doutait bien que ce projet de recherche avait été lancé pour permettre aux décideurs politiques de gagner du temps et pour reporter un problème à plus tard.» Or, depuis 30 ans, l’eau de la Yamaska a coulé sous le pont couvert Balthazar de Brigham, et ce «plus tard» justement semble être désormais arrivé.C’est du moins ce que laisse présager la tenue cette semaine dans la métropole du tout premier Forum québécois sur la demande sociale en paysage.L’événement, présenté dans l’environnement bétonné et briqueté de l’Université de Montréal, a réuni durant deux jours une trentaine de conférenciers, d’ici et d’ailleurs, mais aussi près de 300 participants autour d’un thème fédérateur, «le paysage en action», et un constat sans équivoque: négligé au Québec dans les dernières années, comme en témoigne l’implantation de pylônes électriques dans des espaces bucoliques ou la construction d’immeubles de 20 étages dans des rues de triplex, le paysage serait désormais une valeur à la hausse.Une idée aussi qui, dans les prochaines années, risque de plus en plus de résonner et ce, dans toutes les sphères de la société.«Dans les dernières années, nous avons sans doute sous-évalué la demande des citoyens concernant les paysages, indique Hülippe Poullaouec-Gonidec, titulaire de la Chaire UNESCO paysage et environnement de l’Université de Montréal.Pendant longtemps, ces questions apparaissaient uniquement en période de crise, comme par exemple, quand le patrimoine bâti ou naturel était menacé.Mais aujourd'hui, il est perçu de manière plus large, comme une composante essentielle d’un cadre de vie, mais aussi comme un levier de développement économique et social.» Une nouvelle intelligence Ainsi, du Groupe PAISAGE aux contestations de 1984 entourant l’implantation d’une traverse électrique au-dessus du fleuve entre Grondines et Lotbi-nière en passant par les craintes exprimées autour des éoliennes de la Gaspésie, le Québec aurait lentement mais sûrement «développé une intelligence territoriale», dit Denis Lemieux du ministère de la Culture du Québec.Et le phénomène était finalement aussi prévisible qu’un orage sur le Saint-Laurent, à 15h, au mois juillet C’est que, loin de se résumer à une dimension pu-, rement et uniquement esthétique et/ou contempla-tive, le paysage trouverait aujourd’hui facilement sa place dans la foulée des grands débats environnementaux qui ont animé et animent encore la société.«Les préoccupations par rapport à l’environnement sont à l’origine de celles exprimées aujourd'hui quant aux paysages», dit Maguelonne Déjeant-Pons, chef ¦*jf**?' m 5 * Si a m \i de la Division de l’aménagement du territoire et du paysage au Conseil de l’Europe à Strasbourg.La fonctionnaire internationale était de passage cette semaine à Montréal. A l’ombre, l’accusé rêve à son pognon.Ceux qui ont perdu leurs économies N’ont plus de rêves ni d’illusions.ü PEDRO RUIZ LE DEVOIR Vincent Lacroix L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipales), Fabien Deglise; Marie Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles Francceur (environnement), Benoit Munger {responsable du site Internet), Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clavel(^a^«fre), Philippe F’apineau {pupitre), Louise-Maude Rioux Soucy Santé).Pauline Gravel 'sciences) ; Michel Gameau 'caricaturiste).Diane Précourt [responsable des pages thématiques ) : Martin Duclos.Michele Malenfant et Christine Dumazet [correcteurs) ; Jacques Grenier Jacques Nadeau (photographes).à FMormolkm i-ukurefle : Michel Bélair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett pupitre cahiers spéciaux et culturels du ueek-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres), Odile Tremblay (Viwéma/» Isabelle Paré (culture), à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de linfotmation), Dominique Reny (pupitre).Eric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins; à l’information internationale Jean-Pierre Ijpgault (pupitre international et page éditoriale), Claude I>vesque.Guy Taillefer (adjoint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l’information politique : Hélène Buzzetti et .Mec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa).Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec).Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudreau (secrétaire a la rédaction).Emilie Parent Bouchard, Étienne Plamondon-Émond (commis â la rédaction) \j\ documentation Gilles Paré (directeur): Manon Derome.Olivier Spéciel (Québec}.Monique Bherer (Ottawa) LA PUBUCTTÉ .Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron (directeuradjoint).Chrétien.Marlene Côté.Christiane legiult, Amélie Maltais, Claire Paquet, Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Martine Riopelle.Isabelle Sanchez.Nadia Sebaï.Melisande Simard (publicitaires), Sylvie Laporte, Martine Bérube (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet {directeur de production), Michel Bernatchez, Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fillon, Yannick Morin, Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQtT: Yanick Martel (responsable) PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service d la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette.Nathalie Filion.Rachelle Leclerc.Jean-Robert Divers (responsablepromotion) L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy.Ghislaine Lafleur, Claudette Beliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Proteau, Danielle Ross l c N L K DEVOIR, LES SAMEDI >1 ET DIMANCHE 22 JUIN 2 0 0 8 BJÎ I HILOSOPHIE LE DEVOIR DE PHILO Charles Taylor, le congrès eucharistique et le crucifix Le catholicisme moderne est-il un oxymoron ?t À toutes les deux semaines depuis plus de deux ans, Le Devoir demande à un professeur de philosophie, mais aussi è d’autres auteurs passionnés d’idées, d’histoire des idées, de relever le défi de décrypter une question d’actualité à partir des thèses d’un penseur.Le texte du professeur Bernard Gagnon clôt notre série.BERNARD GAGNON Professeur à l'Université du Québec à Rimouski.Pour plusieurs, la tenue à Québec du Congrès eucharistique international provoque l’indifférence, au mieux la curiosité.Qui sont ces apôtres des temps modernes prêts à parcourir des milliers de kilomètres pour acclamer leur foi?Renouveau évangélique, grande foire religieuse, communion des croyants ou «contre-attaque du Vatican», comme le titrait Le Devoir la semaine dernière.Dans le Québec d’aujourd’hui, laïque (?) et pluriel (?), la religion a-t-elle encore quelque chose à nous dire?Avec ses dogpies, ses messes, ses rituels, etc., l’Eglise n’est-elle pas hors des temps présents?Charles Taylor n’est pas seulement le coprésident de la commission qui porte son nom, il est aussi philosophe, croyant et catholique.La place de la religion dans l’espace public et le sens de l’expérience religieuse aujourd’hui ont été au cœur de ses derniers ouvrages.Une modernité catholique ?Ixi religion comme objet d'investigation philosophique est une considération assez récente si l’on considère l’ensemble de l’œuvre de Charles Taylor.Elle est arrivée comme une réponse aux critiques que lui adressaient ses pairs concernant les «relents religieux» de certains traits de sa pensée.Le philosophe allemand Jürgen Habermas utilisa l’expression de «scepticisme catholique» pour décrire l'adhésion critique du philosophe québécois à l’esprit des Lumières.Jusqu’au milieu des années 1990, Charles Taylor porte peu d’attention à ces critiques et écrit que l'on peut comprendre sa philosophie indépendamment de toute considération religieuse.Il y est bien question de la place de la transcendance et de la spiritualité dans la formation de l'identité moderne, mais celles-ci ne sont pas l’exclusivité de la religion; l'art, la littérature, la philosophie constituent autant de manières de s'ouvrir à une réalité au-delà du hic et nunc.Taylor affirme, alors, que la foi est pour lui une conviction intime et personnelle, une ouverture particulière sur le monde portée par l’amour infini, une conviction profonde qu’il ne croit pas pouvoir conserver dans une perspective non théiste.Entre l’humaniste athée et son humanisme spirituel.la différence est de degré, tous deux partagent des valeurs communes, selon leurs propres perspectives.En 1999, dans un livre au titre évocateur,/! Catholic Modernity?, le philosophe fait de la religion un objet d’investigation philosophique.11 se livre, d'une part, à une critique des perspectives immanentes de l'humanisme moderne, c’est-à-dire l’idée selon laquelle notre monde est autosuffisant en matière d'espérance et d'horizon moral.Selon le philosophe, il s’agit là d’une vision erronée qui.à terme, pourrait bien conduire à la déchéance de la modernité elle-même.D’autre part, il soutient l’idée selon laquelle la religion, la croyance en un monde au-delà de la vie, est une réponse valide à l'étroitesse ontologique de l’humanisme exclusif.Que l’on ne s’y trompe pas, Charles Taylor est un défenseur de la modernité, mais il demeure néanmoins sceptique au sqjet des discoins de l’humanisme exclusif.Habermas avait-il raison?Modernité et transcendance La culture de la modernité porte ce qu’il y a de mieux en matière d’idéaux — de liberté, d’égalité et de solidarité —, idéaux qui furent à la source de luttes acharnées pour mettre fin aux injustices et à la misère humaine.Luttes qui ont conduit à des progrès sans précédent en matière de confort matériel, d’égalité sociale ou de reconnaissance, bien que de nombreux combats demeurent encore inachevés.Mais, selon Taylor, la vision morale d’un monde ontologiquement clos, sans transcendance, n'est pas à la hauteur des valeurs, des luttes et des sacrifices que la civilisation moderne exige de nous.Nous devons constamment préserver la culture moderne contre elle-même en luttant contre ses travers tendanciels — son matérialisme, l'esprit désengagé, la raison instrumentale.C’est la conséquence de l’héritage complexe et exigeant de la modernité: d’une part, un humanisme puissant, affirmant l’importance de préserver et d’améliorer la vie, d’éviter la mort et la souffrance et, d’autre part, un déni de la transcendance et une lecture erronée de l’histoire qui associe l’émergence de l'humanisme à cette éclipse de la transcendance.Un monde ontologiquement clos est, selon Charles Taylor, une option dangereuse, source de désillusion par rapport aux promesses et aux exigences de la modernité: «la primauté métaphysique de la vie [perspective de l’immanence] embrassée par l’humanisme exclusif est fausse, et étouffante, et le prolongement de sa suprématie [vis-à-vis de la transcendance] met en danger la primauté pratique de la vie».Notre époque souffre d’une perte de sens qui la met en danger, un doute «antique» s’insère dans le malaise moderne, écrit Charles Taylor dans son dernier ouvrage, A Secular Age.Selon le philosophe, la modernité n’éclipse pas l’expérience de la transcendance.Lorsqu'elle ne se referme pas sur elle-même, tel le matérialisme dogmatique, la modernité ouvre une pluralité d’options ontologiques, puisque «cet ordre, de lui-même, laisse ouvert l’enjeu de savoir si, aux.fins de l'explication finale, de la transformation spirituelle ou à celles de donner un sens ultime, nous devons invoquer quelque chose de transcendant».11 s'agit là d’une avancée morale et politique importante, qui ne signifie pas le refoulement de l’inspiration morale et spirituelle, mais au contraire l'interpelle.«Comment quiconque peut-il rendre compte de la force spécifique de l’agent créateur, des exigences éthiques ou de la puissance de l’expérience esthétique sans parler d’un quelconque être transcendant, ou force transcendante, qui nous interpelle?» Traditionaliste ou réformateur?Qu’en est-il de la religion?D’après Taylor, l'histoire de la modernité n'est pas le récit du déclin du religieux, c'est le récit d’une nouvelle disposition du sacré et du spirituel en relation à la vie individuelle et sociale.L’Eglise doit maintenant apprendre à vivre avec la différence et renoncer aux réponses dogmatiques.Dans le contexte de la modernité, la croyance en Dieu est une articulation (parmi d’autres) de cet appel de l’au-delà qui repose, en dernière instance, sur un acte de foi.La transcendance conduit au-delà de la vie humaine et maintient l'idée d'une transfonnation ultime de l’homme; un lien à la transcendance qui permet à l’homme de surmonter les insuffisances métaphysiques de l'humanisme devant D’après Taylor, Thistoire de la modernité n’est pas le récit du déclin du religieux, c’est le récit d’une nouvelle disposition du sacré et du spirituel en relation à la vie individuelle et sociale *4,
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