Le devoir, 10 mai 2008, Cahier E
LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 M Al 2 0 0 8 ^ La Schéhérazade de Nantes • Page E 8 CARREFOUR Le Cirque Ici est là Page E 3 CINEMA Charles Binamé : constance et émotion FRANÇOIS LÉVESQUE On doit au cinéaste Charles Binamé, entre autres réalisations, l’ambitieuse fresque urbaine que constituent Eldorado, Le Cceur au poing et La Beauté de Pandore.Récemment, il y a eu les énormes succès Séraphin, un homme et son péché et Maurice Richard, œuvres formant, avec Le Piège américain, une autre trilogie, celle-là involontaire, mais non moins intéressante.C’est le point de départ de l’entrevue que le réalisateur nous a accordée.La constance (prise 1) Le Piège américain, qui s’appuie comme on le sait sur un scénario original de Fabienne Larouche et Michel Trudeau, s’intéresse à une période très spécifique de la vie du criminel québécois Lncien Rivard: celle où il aurait trempé, bien involontairement dans le complot qui a conduit à l’assassinat de «J’essaie, par tous les moyens, d’éviter les pièges visuels, le beau pour le beau » «p- i 1' /o'®® ip iJHhé John E Kennœ dy.Ce personnage bien de chez nous ainsi que sa participation présumée à des événements qui conservent aujourd’hui encore tout leur pouvoir de fascination offrent à Binamé l’occasion de brosser un autre portrait d’homme plus grand que nature, après ceux de Séraphin et du Rocket «Cest purement accidentel, mais c'est vrai qu’il y a une parenté.D’abord, il s’agit de trois hommes, trois légendes, chacun à sa manière.Séraphin, c’est le personnage le plus célèbre du roman de la terre et il en va de même pour Maurice Richard et le hockey.Lucien Rivard, même si on l’a peut-être oublié, a fait une évasion spectaculaire de la prison de Bordeaux qui a donné lieu à ce qui demeure probablement la plus importante chasse à l’homme que le Québec ait connue.Et c’est sans parler des événements relatés dans le film.» Avec ce nouvel opus, Binamé retrouve le directeur photo Pierre GilL Au grand écran, leur collaboration remonte à Eldorado.Le second a depuis été de toutes les réalisations du premier, à l’exception de Séraphin (photo de Jean Lépine).Au fil des projets, une complicité s’est installée.«Sur Eldorado, on a tourné dans des raves sans lumière, sinon l’éclairage ambiant; on ne s'entendait pas.On communiquait par geste, m avait un code; ç’a créé une proximité, forcément.Je lui fais complètement confiance.Je ne dis pas que je n ’aurais pas de plaisir avec un autre directeur photo, mais il y a là un acquis; üya un pari, un risque que l’on court l'un avec l’autre.On se pousse, on s'inspire l’un l’autre.» L’émotion par la justesse du lieu, de l’époque, de l’image «Une grande partie de ce que j’essaie de dire a à voir avec l’émotion, VOIR PAGE E 2: BINAMÉ \ Pierre Paquette, Isabelle Vincent, Marie Charlebois, Patrice Coquereau et Christian Bégin THÉÂTRE PKDRO RUIZ l.li DKVOIR Pis, vous pigez, vous ?Si Phüémon plonge à jamais toujours dans le monde du A, Les Étemels Pigistes continuent à surfer, eux, sur les infinies possibilités du vide et du plein MICHEL B É LAI R Christian Bégin en est à son deuxième texte pour le théâtre; le premier, Circus Minimus, fut présenté il y a quelques années au Théâtre d’Aujourdhui dans la dernière mise en scène de Dominic Champagne à Montréal à ce jour.Ce qui n’est pas rien.Auparavant, il avait aussi «commis», comme il dit un spectacle solo plutôt remarqué (/ Have a Crush on You: j’ai un jus d’orange sur toi).mais voilà que Bégin récidive et qu’il écrit son premier texte pour sa «gang à lui», Les Eternels Pigistes.Ça porte le titre, disons «ouvert», de Pi.?! et je l’ai rencontré, avec sa complice Marie Charlebois qui signe la mise en scène du spectacle, en début de semaine, à six jours de la première au milieu de l’encombré fourre-tout qui certains soirs se transforme en Petite Licorne.Un huis clos ! Pis, Pi.?!, ai-je demandé, amorçant la discussion de brillante façon.C’est Marie Charlebois — elle en est à sa troisième mise en scène avec les Pigistes — qui s’est lancée la première.«Je laisse Christian répondre pour ce qui est du texte, mais il faut tout de suite dire que c’est un énorme changement pour nous: Pi.?! est un huis clos.C’est une pièce à cinq personnages.qui n’interprètent pas d’autres personnages.C’est un peu comme dans Le Rire de la mer, où l’on suit le fil d’une même histoire mais en plus ramassé, en plus unifié puisque chacun des Pigistes ne joue qu’un rôle et que l'action se déroule au même endroit.Bien sûr, ça permet de fouiller beaucoup plus chacun des personnages.» «C’est comme si on prenait possession, comme si on s’installait dans un nouveau terrain de jeu, poursuit Bégin en allumant un discret sourire le temps d’une demi-seconde.Formellement, on était rendus là.Un peu comme si on avait fait le tour de la forme du sketch.On veut toujours toucher le même large public avec ce que j'appelle, moi, du “théâtre populaire de qualité”, mais on le Jait ici dans une forme différente qui, je pense, rums permet d’aller plus loin.Parce que, même avec cette énorme différence formelle, notre démarche continue toujours de piger à la même source: dans cette constante alternance du drame et de la comédie sur laquelle sont construites nos vies.» Bon.Pour situer encore mieux le cadre de la chose, l’auteur précise ensuite que le huis clos s’installe autour d’un repas entre amis.L’un d’eux se remet difficilement d’un très grave accident; la récupération est longue, ardue.D ne veut phis voir personne, mais il consent à un repas avec les amis.à condi- tion que l’on ne parle pas de «ça».Bien sûr, à voir le titre de la pièce, on devine qu’on en parera et que la soirée tournera à la remise en question globale puisqu’il n’est quand même pas si inusité qu’un chemin de traverse ou un autre nous fasse dévier du scénario de la vie idéale, hum.«Pi.?! met en question le fait d’être vivant», reprennent presque en même temps les deux légistes, comme s’ils prenaient plaisir à s’échanger des répliques.«À travers la mort des idéaux.1m mort de l’amour aussi.A travers ces deuils successifs qui nous tombent dessus au milieu de la quarantaine.Déjà.Et ça parle aussi du fait d’apprendre à se servir de ces expériences pour vivre plus.Et mieux.» Comme ça.Schlac.Schlac.En souriant presque.«Isabelle [Vincent] soutient, elle, que c’est une pièce sur la fuite, reprend Christian Bégin.Sur cette impulsion qui nous amène souvent à fuir la vie en s’enfermant dans le rôle que l'on prend très tôt l’habitude de jouer.Une fois que l’on se met à le jouer, on a peur de se choisir à ntmveau.Comme on a peur de choisir l’autre aussi, de crainte qu’il ne soit pas celui ou celle que l’on avait idéalisé.De crainte d’avoir à accepter ce qu’il est vraiment.C’est intéressant.Et j’en ai certainement tenu compte dans l’une des huit versions du texte.Tout comme du VOIR PAGE E 2: PIS.?! r J I 41 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET D I M A X (HE 11 M Al 2 0 0 8 ULTURE BINAME On reconnaît dès les premiers plans du Piège américain la signature du cinéaste SUITE DE LA PAGE E 1 mais pas au premier degré.Je parie plutôt de l’émotion du lieu, l'émotion de l'époque, l'émotion de l’intégrité de la scene.Et ça, c’est donné par la lumière.Moi, c’est mon credo, la lumière.» Qu'on fx:nse a la ville de Montréal â’Eldorado, urbaine et dynamique, aux arenas glaciaux mais survoltés de Maurice Richard ou encore à la nature enchanteresse de Séraphin, les lieux, leur photogénie mais aussi leur potentiel d’évocation, occupent une grande place dans l'approche de Binamé, qui accorde a cet aspect une attention particulière.«Le Piège américain, à cause de l’époque et du nombre de lieux visités [Montréal, la Inuisiane, Cuba, l’Indonésie], était très cinématographique.Ici, j’ai voulu que le référent visuel nous conduise le plus rapidement possible dans les années soixante, sans tomber dans le cliché de la voiture de l’année, par exemple.C’est un travail de texture, laquelle texture est donnée par la pellicule, son grain, la couleur, qui elle vient de lu lumière.Ces textures, jumelées a la justesse du lieu choisi, aident à rendre l’époque.» Tout cela est très visuel, on le constate, mais que serait le cinéma sans images?De fait, Charles Binamé infuse ses films d’une beauté plastique notable, fit forme ne s’y suffit pas à elle-même, bien sûr, mais elle demeure soignée.Normal, puisque le cinéaste entretient avec elle une relation particulière.«Mon rapport à l'esthétique, à la forme, c’est un rapport très intime qui cherche une seule chose: émouvoir.J’essaie, par tous les moyens, d’éviter les pièges visuels; le beau pour le beau.J'ai fait 15 ans de pub.J’ai expérimenté.Maintenant, quand je lis un scénario, je ne pense qu’à servir la scène.Chaque plan est un choix et ma seule obsession, c’est la vérité.Les lentilles et l’équipement, je m’en fous complètement; ce qui compte, c’est ce qu’ils me permettent de dire.» La constance (prise 2) Séraphin, Maurice Richard et Le Piège américain ont également en commun le fait d’être des commandes, c’est-à-dire qu’il s’agit de projets proposés à Charles Binamé plutôt que de ses propres projets.Pour le réalisateur, la ligne de démarcation séparant les deux demeure cependant mince, pour ne pas dire inexistante.«On peut me reprocher de faire des films de commande, mais en ce qui me concerne, je les signe comme j’ai signé Eldorado.Pour moi, ce sont des films d'auteur dans la mesure où je m'y suis investi autant que dans ceux qui ont émané de moi.» De fait, on reconnaît dès les premiers plans du Piège américain la signature du cinéaste.Voilà qui ouvre un fort intéressant débat.Collaborateur du Devoir Constw T IN on eÊ I! ^ EL GRITO, ^ 1 EL SILENCIO 1 Élans flamenco Montréal Vendredi, 16 mai 2008,20h SALLE PIERRE-MERCURE 300, de Maisonneuve Est Billeterie : 514*987-6919 // 514-790-1245 Québec Jeudi, 15 mai 2008,20h PALAIS MONTCALM 995, Place d’Youville, Québec Billeterie : (418) 641-6040 II 1 (877) 641-6040 ¦PPr m «% Kiya Tabassian, sétar Ziya Tabassian, tombak, percussion Pierre-Yves Martel viole de gambe, contrebasse Rosario La Tremendita, chant flamenco (Séville) José-Luis Rodriguez, guitare flamenco (Séville) Misirli Ahmet, darbouka (Istambul) N MUAIS 1 SEULEMENT JUSQU'AU 8 JUIN 2008 2 POUR 1 POUR TOUS Tous les mercredis, jeudis et vendredis soirs du mois de mai 2008 de 17h à 21 h.POUR LES ÉTUDIANTS de 30 ans ou moins avec carte valide.En tout temps, tout le mois de mai 2008.PIS.?! Ce sont toujours les mêmes chums qui se réunissent autour d’un projet commun SUITE DE LA PAGE E 1 nombre pi (3,14161 aussi [qui illustre la fameuse constante d’Archimède].Pour moi, ça fait directement référence à ces espaces multiples et presque infinis qui existent entre le 3 et le 4.Symboliquement, ça illustre la multitude des choix de vie, la multitude de vies qui s’offrent constamment à nous, quoi que l’on soit en train de vivre comme expérience.» Ad viùun ætemum, amen Bizarrement, le hasard a voulu que la rencontre avec Bégin et Charlebois vienne se glisser entre deux spectacles remarquables.ciblant directement les adolescents: Assoiffés de Waj-di Mouawad, que j’ai vu à la Maison Théâtre, et une série de contes, Les Zurbains, présentés au TDP, deux productions du Théâtre Le Clou.Eh bien, question d’intensité, on est en territoire commun.Ici aussi, à des années lumière de la quarantaine pourtant, les critères de base, comme les valeurs de fond, sont l’authenticité, l’affirmation de soi et l’intensité dans les rapports avec le monde en général.Ce qui n’est pas particulièreipent différent de ce sur quoi Les Eternels Pigistes nous font réfléchir depuis leurs tout débuts, il y a déjà 12 ans.Depuis le Jeu du pendu, Quelques humains, Le Rire de la mer et Mille feuilles — des textes écrits par Pierre-Michel Tremblay, qui vient de quitter le groupe pour voler de ses propres ailes —, les cinq toujours Pigistes continuent d’explorer ici encore leur créneau à eux, même si c’est maintenant Bégin qui sonne la charge (il parle d’ailleurs d’une probable récidive avec sa «gang» si les choses roulent dans le bon sens).Leur succès d’estime comme de critique tient pour beaucoup au fait qu’ils parlent d’eux, de leur vie de quarantenaire déjà.Ce sont toujours quelques humains comme les autres, un peu amers peut-être, qui se posent toujours des questions tout aussi essentielles au milieu de ces morceaux de Christian Bégin vies superposées qu’ils se voient forcés de mener.un peu comme tout le monde.Ce sont toujours les mêmes chums qui se réunissent autour d’un projet commun: Pier Paquette, Isabelle Vincent, Marie Charlebois, Patrice Coquereau et Christian Bégin, des noms beaucoup plus connus qu’à l’époque.La compagnie existe donc maintenant depuis 12 ans et elle en est à produire son cinquième spectacle.Mais,comme le souligne Bégin, Les Eternels Pigistes sont subventionnés «au projet, pas au fonctionnement», comme on dit dans le jargon.Et la metteure en scène ajoute qu’ils sont tous, par définition puisqu’ils ont choisi d’être comédiens, à jamais, de véritables éternels pigistes.Même que, pour boucler le budget de cette première série de spectacles (qu’ils souhaiteraient bien mon- SOURCE TELE-QUEBEC tier partout comme Le Rire de la mer, qu’ils ont jouée plus de 135 fois) à La Licorne, ils sont contraints d’organiser une représentation-bénéfice à 100 $ le billet, le lundi 16 juin.Et ils croisent les doigts.Dans la meilleure des hypothèses, avec toutes les possibilités de représentations supplémentaires, Pi.?! s’installe à La licorne pour 36 représentations.Quelque chose me dit qu’il vous faudra faire vite si vous espérez vous poser la question avec eux.Le Devoir Texte de Christian Bégin mis en scène par Marie Charlebois.Une production des Eternels Pigistes en codiffusion avec le Théâtre de la Manufacture.A La Licorne du 13 mai au 21 juin.UNE Prit SL N t AI ION Of DesJardins FESTIVAL oJàNô(?N DC.LA pc.Hydro Québec EN COU AB ORATION AVEC 25 aN6 LE PLUS GRAND DES PETITS FESTIVALS DU 12 AU 15 JUIN 224>25>26 mai Usine C Deux monstres sacrés de la danse contemporaine, Benoît Lachambre et Louise Lecavaiier, enfin réunis sur la même scène dans un duo incandescent créé avec la complicité du plasticien Laurent Goldring.Rencontre au sommet! IWANOW Volksbühne am Rosa-Luxemburg-Platz -BERUN fJIWdl I a Tnnnelhuis d'Anvers avec Myth, une œuvre monumentale de SkIi Lads Cherkaoui avec 1* danseurs et 7 musiciens de I ensemble Micmkigus m Kyltàn le grand, un splendide hommage é un géant de la chorégraphie orcheslré par Anik Bissonnelte et Mnno Radaéovskÿ wm Une Soirée Asrure Barton, leune protégée de Mikhail Baryshnikov, dansée par Les Ballets Jazz de Montréal ¦, Un duo réunissant l actnce de réputation internationale Juliette Binoche et le chorégraphe bntannique de l'heure.Akram Khan m, La nouvelle création du RUBBERBANDANCE GROUP «¦ Et le retour de Wen Wci Dance avec une œuvre inspirée des Quatre Saisons de Vivaldi PREMIÈRE NORD-AMÉRICAINE 1>2 juin Monument-National / Salle Ludger-Duvernay L’incorrigible Volksbühne est de retour avec une mise en scène époustouflante de l’œuvre de Tchékhov signé par Dimiter Gotscheff.Douze acteurs se livrent avec jubilation à l’exercice du comique cruel.Événementiel! CHAMBRE BLANCHE Compagnie Michèle Noiret - Bruxelles 27>28>29>30 mai Agora de la danse Première escale à Montréal pour Michèle Noiret avec Chambre blanche, une chambre où tout peut survenir, surtout l’inattendu.Un fascinant et mystérieux quatuor féminin qui témoigne de l’aura poétique et du raffinement des œuvres de cette chorégraphe d'exception.SEAGULL-PLAY (LA MOUETTE) Enrique Diaz - Rio de Janeiro 28>29>30>31 mai Usine C Le metteur en scène Enrique Diaz et ses comparses opèrent une dissection en règle du classique de Tchékhov.Oubliez les forêts de bouleaux, les robes blanches et les ombrelles, cette Mouette délestée de toute sentimentalité est d’une insolente liberté.ET BEAUCOUP PLUS ENCORE : www.fta.qc.ca 514 844.3822 / 1.866.984.3822 VOLET FILMS À LA CINÉMATHÈQUE QUÉBÉCOISE Série Paul-André Fortier, mercredi 14 mai à 18h I I LE REVOIR, LES SAMEDI O ET DI M A \ ( Il E CULTURE M A I 2 O O S OPERA JAZZ ET BLI ES SUITE DE LA PAGE E 4 lui-même inspiré du style cinématographique de Lars von Trier.A mon avis, Metge en fait parfois un peu trop, introduisant subjective ment et artificiellement une «action» qui n’a pas lieu d’être.Car cette adaptation musicale d’un jalon majeur de la «littérature carcérale» russe ne repose pas sur une action dramatique.C’est un opéra masculin (comme Billy Budd de Britten) qui ne tient que par le regard sur l'univers concentrationnaire et ses relations interpersonnelles.Cet univers inspire évidemment Chéreau, tout autant que Boulez, qui tire de l’orchestre les vraies couleurs et dynamiques de Janâcek.Un DVD important malgré ses défauts.v La Fille du régiment Un grand moment de détente.Disposer en DVD d'un spectacle de Laurent Pelly est toujours un bonheur.Le pétillant metteur en scène fiançais est inspiré par la personnalité extravertie de Natalie Dessay, actrice dans l’âme.Il s’agit de la production récemment présentée au Met filmée ici lors de sa première présentation à Londres, avec les mêmes chanteurs dans les rôles clés (Dessay, Florez, Palmer, Corbelli).L’image étant de très grande qualité, de même que le son (les dialogues passent très bien), cette parution Virgin est une priorité absolue dans la constitution d’une DVDthèque d’opéra.Les différences majeures entre ce DVD londonien et la diffusion du Met sont au nombre de trois.L’une est sans grande conséquence: la présence de Bruno Cam-panella au pupitre, plutôt que Fabio Armiliato.L'autre est anecdotique: le rôle parie de la duchesse de Craken-torp était tenu par une marâtre inégalable à New York.La plus importante est la manière de filmer de Robin Lough, en plans plus larges et plus longs.On y perd dans les expressions des acteurs, mais on y gagne en confort par rapport à là manière de Gary Halvorson à New York Cette Fille du regiment de Don-nizetti est incontournable.Simplicius Simplicissimus Si vous avez aimé De la maison des morts (1930) et vous intéressez à l’opéra qui dérange et tait réfléchir, poussez vos limites un coup plus loin avec le Simplicius Simplicissimus de Karl Amadeus Hartmann (1905-1963), compositeur que l’Allemagne nazie ne parvint pas à faire taire.Cet immense symphoniste est surtout connu pour son Concerto funèbre pour violon et orchestre.Simplicius a été écrit en 1935, créé en 1948 et réorchestré en 1957.Le sujet de la nouvelle de Grimmelshausen est énoncé (et abondamment répété) dès le début de l’opéra: «En 1618, il y avait 12 millions d’habitants en Allemagne.Trente ans plus tard, il en restait quatre millions; la guerre de Trente Ans avait fait huit millions de morts.La terre appartenait aux criminels, pas à des héros.Un enfant, Simplicius, a survécu.Son refuge: la forêt, la réclusion.» Simplicius, c’est évidemment Hartmann, reclus dans son propre pays (il se terra dans sa ville de Munich), et il est facile de voir dans cet opéra un ouvrage prémomtoire rédigé par deux virulents antinazis (le chef Hermann Scherchen est l’auteur du livret).La question reste actuelle et universeL le (demandez donc aux Birmans!), ce qui légitime le côté intemporel de la scénographie, qui mêle théâtre (pour mimer la souffrance et les horreurs de la guerre) et opéra.C’est Kwamé Ryan, chef né à Toronto, qui dirige cette représentation de l’Opéra de Stuttgart dans la version opéra de chambre de 1948.L’univers musical des trois scènes est marqué un peu par Berg {Woz-zeck) et beaucoup par Stravinski.D semble tenir aussi d'une sorte d’écho du médiévalisme dans le traitement vocal assez étal et répétitif.Ce côté épuré et un peu aride est renforcé par le choix de la version chambriste.Ce Simplicius (un rôle parfaitement incarné par Claudia Mahnke) qui se laisse lentement apprivoiser devrait intéresser les amateurs de l’opéra au XXe siècle.Collaborateur du Devoir VIVRE LE QUAI SOYEZ AUX PREMIÈRES LOGES DE LA CRÉATION.Abonnez-vous dès maintenant.1 billet gratuit à l’achat d’un abonnement avant le 30 juin Théâtre de Quat’SOUS 3428 St-Denis, Montréal (Localisation temporaire des oureaux administratifs et de la billetterie iusqu â l'automne 2008.) 514 845-7277 www quatsous.com * ras- ïts- Le swing réconfortant de Duke Robillard SERGE TRUFFAUT Il n'y a pas à dire: Duke Robillard est un chic type.Chaque fois que le printemps se manifeste.il en fait autant en publiant un nouvel album.Jamais on n’est surpris mais toujours on est séduit.Car en plus d'être un type bien, il a quelque chose.comment dire?Peut-être de réconfortant.Si on a aimé l’album antérieur à l'album postérieur des albums précédents, alors on sait que l’on va apprécier le tout dernier avant même de l’avoir écouté.En clair, l’homme a ceci de remarquable qu’il est constant Drôle de bonhomme, ce Robillard, qui propose aujourd'hui A Swingin Session, paru comme d'habitude sur étiquette Stony Plain, l’une des meilleures de la planète grâce au travail colossal accompli par Holger Petersen, le fondateur et animateur d'émissions «jase-blouse» à CBC.Drôle de bonhomme car, si son univers musical est sans surprise, il ne cesse de le creuser, de l’ausculter, de le passer au tamis, de l’élaguer.Il doit avoir le culte du travail chevillé au corps, ce petit-fils de francophones partis aux States pour des raisons que l’on devine financières.Car pour être parvenu à une telle maîtrise de l'élégance et de la ponctuation rythmique, il faut tout connaître de la grammaire musicale et de l’histoire de tous les jazz, de tous les blues.Retour sur soi Ce Swingin Session a ceci de distinct qu’il est un retour sur soi.Sur quoi?Sur les débuts.De quoi s’agit-il?Robillard a invité le saxophoniste Scott Hamilton à se joindre à lui.Et alors?Réputé pour son sens du swing, réputé être l’héritier de Buddy Tate, de Zoot Sims et d’autres, Hamilton fut engagé par Robillard au milieu des années 60, lorsque ce dernier était le patron de la formation qu’il avait fondée, soit le Roomful of Blues.Tant qu’à être dans le passé, restons-y quelque peu car il est au cœur de ce nouvel album.Plutôt que de se joindre à un groupe existant, on est toujours dans les années 60, plutôt que de faire ce que Paul Butterfield, John Hammond, Mike Bloomfield et Charlie Musselwhite faisaient alors, soit se greffer aux blues de Chicago et du Mississippi, Robillard avait fait le pari de ramener à la vie une esthétique tombée en désuétude.Celle chère à Jay McShann et surtout, surtout, à T-Bone Walker.Autrement dit, au lieu de coller à l’air du temps où la guitare dominait, il a opté pour la fusion des six cordes avec les saxos et les trompettes.Non seulement ça, il s’est appliqué à enregistrer, à produire des figures de proue du swing.On pense évidemment STOW WAIN Duke Robillard à Jay McShann.Simultanément à Robillard, Hamilton amorçait un parcours parallèle.Après avoir quitté le Roomful, ce saxophoniste s’est appliqué lui aussi à dépoussiérer le swing à une époque où le free-jazz et le jazz-fusion étaient rois.Paru au milieu des années 70 sur étiquette Concord, le premier disque de Hamilton rappelait à qui l’avait oublié que l’art développé notamment par les saxophonistes du Count Basie Orchestra méritait plus d’attention.Cela rappelé, voici donc que Robillard et Hamilton se sont acoquinés pour nous servir cette session de swing en compagnie de Bruce Katz au piano et à l’orgue, de l’excellent Doug James au baryton, de Gordon Beadle au ténor, de Cari Quer-furth au trombone, de Dave Ballou à la trompette, d’Al Basile au cornet, de Mark Teixera à la batterie, ainsi que de Marty Ballou à la contrebasse, quand ce n’est pas Jessie Williams ou John Packer.L’album est fait de ces airs qui firent la fortune des moyennes formations dans les années 30 à 50.Il est au diapason de cet art ancien fait de fluidité, de simplicité, de notes joyeuses.Robillard et ses amis collent.comment dire?Le jeu de chacun se confond avec une extrême finesse.C’est ondulant, chaloupé, enveloppé.Ce n’est jamais pesant ou agressant.Ils ont un culte du plaisir de l’auditeur comme du leur qui force l’admiration.La semaine dernière, la palme de l’aubaine revenait aux magasins Archambault et non à HMV.Cette semaine, c’est tout le contraire.Chez HMV, le Swingin Session est vendu à 20 $ alors qu’Archambault l’a mis en vente à 28 $.L’un comme l’autre avaient plusieurs copies.Dernière précision: HMV vend tous les autres Robillard sur étiquette Stony Plain à 20 $.Dernier conseil: on vous recommande for- WtÊÊÊÊÊÊÊBÊÊÊËm&&x3&;&_ H *11rl De et avec Francine Alepin, Jean Asselin, Catherine Asselin-Boulanger, Réal Bossé, Guillermina Kerwin, Bryan Morneau, Sylvie Moreau et François Papineau // Maîtrise d'oeuvre Jean Asselin II Accessoires et scénographie Jasmine Catudal II Lumières Mathieu Marcil fpfl Billetterie.514.521.4191 Tarif régulier 28 S Étudiant 18 S I Paiieporu-Théâtre Espace Libre | Saison 2008-S009 En vente dès le 12 mai 21X18 tement l’achat des autres Robillard: World Full of Blues.Sew Blues For Modern Man.Die Explorer.Living With Die Blues, Explorer lx's animateurs de la Casa del Po-polo et de la Sala Rossa méritent vraiment trois coups de chapeau.Parce que tenir le coup en prenant le risque d’inviter des artistes parfois exigeants, souvent décapants, tient du sport extrême.Mettre Ros-coe Mitchell à l’affiche plutôt que les vedettes imposées aux radios et aux festivals par les mastodontes du milieu relève de la gageure.Toujours est-il que ces activistes culturels ont dévoilé les noms des musiciens qui se produiront dans le cadre de leur festival, qui se poursuit tout au long du mois de juin.Parmi eux, on a retenu les présences du tromboniste Roswell Rudd, qui sera accompagné du bassiste Mark Dresser.Rudd.Bonté divine, c’est une grande nouvelle! Savoir que ce complice d’Archie Shepp à l’époque de Mama Too Tight sera de la partie, c’est à retenir mille fois plutôt qu’une.11 y aura également le Sun R» Ar-kestra, le trio Hard Cell formé du saxophoniste Tim Berne, du batteur Tom Rainey et du claviériste Craig Taborn, le saxophoniste Ros-coe Mitchell, qui aiguise les notes comme pas un, et le trio très british et très avant-gardiste de Paul Lyt-ton, Barry Guy et le saxophoniste Evan Parker.On reviendra longue- et surtout, surtout, Duke's Blues.I ne merveille.ment sur cette fête musicale la semaine prochaine.?Ça tombe bien.Dans sa demièrc livraison, le mensuel fazzMan propose un entretien avec Evan Parker.Concernant la re-creation du trio qui sera sur La scène de La Sala Rossa, Duher explique: «Ma principale preoccupation était dé faire revenir Barry Guy à la musique improvisée, car il se consacrait depuis plusieurs années presque exclusivement à la musique baroque [.] Nous roulions reprendre contait arec le public, avec une musique plus familière pour les clubs et festivals de jazz [,.| L'idée était aussi de voir ce qui était possible dans une tradition plus free jazz.» Autre bonne nouvelle de la semaine: le saxophoniste Damian Nisen-son propose un nouvel album sur l’étiquette Dame/Ambiances magnétiques.Il a été enregistré en public avec notamment Perre Tanguay à la batterie.Et alors?Ix- lancement aura lieu ce soir au Club-restaurant Dièze ( )nze, situé au 41 ISA de la rue Saint-Denis.Téléphone: 514 223-3543.1 lue fois certain qu’il sera distribué en magasin, on en causera.le jeudi 15 1945 rue Fullum, Montréal © Frontenac // www.mimeomnibus.qc.ca I L DEVIHII FESTIVAL MUSIQUE DE CHAMBRE MONTRÉAL DENIS BKOTT DIRECTEUR ARTISTIQUE Plaisirs d’amour Samedi, 10 mai Natalie Choquette Mardi, 13 mai Hommage à Israel Festival de musique de chambre de Jérusalem Jeudi, 15 mai Pour la fin du Temps Jonathan Crow, Denis Brott, Simone Dinnerstein & Charles Neidich Vendredi, 16 mai Hommage à Oscar Peterson Oliver Jones LK DKVOIK MUSIQUE.DANSE.THEATRE.FILM ET PLUS DU 1 AU 24 MAI 2008 • MAY 1 TO MAY 24,2008 ÉGUSE ST JAMES / ST JAMES UNITED CHURCH • 463 SAINTE-CATHERINE OUEST/WEST BILLETS/TICKETS : 514.848.9696 ou 514.489.3444 reservations@festivalmontreal.org • www.festivalmontreal.org L K I) E V OIK.L E S SAMEDI 10 ET DI M A \ CHE II M A I 2 0 0 8 K (i CULTURE EXPOSITIONS Des habitacles, en attendant une vraie niche Deux volets, deux temps, pour une expo qu’inaugure en douce la nouvelle «galerie d’art contemporain» SBC OIKOS/HABITACLES SBC, galerie d’art contemporain, 372, rue Sainte-Catherine ( )uest, espace 507, jusqu’au 24 mai.JÉKOME DELGADO SBC, la nouvelle «galerie d’art contemporain» du Belgo, bâtie sur les cendres (et les archives) de celle qui logeait au centre Saidye Bronfman, trouvera-t-elle sa niche, une identité bien à elle?Fini l’exotisme du quartier Côte-des-Neiges, voire l’enracinement dans la culture juive.La voici désormais au cœur de la ville, certes, mais aussi aux côtés de mille autres organismes diffuseurs.L’expo inaugurale, présentée en deux temps, amorce en douce la nouvelle ère.Discrètement.Oikos/Habitacles — c’est le titre de cet essai sur la photographie et le paysage, piloté par Sylvain Campeau, commissaire invité — ne manque pourtant ni de teneur ni de rigueur.Le premier volet avait même le privilège d’offrir deux images de la nouvelle voie, très boisée, d’Isabelle Hayeur.Le deuxième, en cours, se démarque par l’accent mis sur la fi- gure humaine.On attendait ce-pendant que cette expo inaugurale bouscule nos préceptes, ou du moins qu’elle suscite un peu d'agitation, d’excitation.Or c’est comme si la galerie avait toujours été là, comme si tout avait déjà été dit, été fait, et qu’un nouveau joueur, même au passé aussi riche et dirigé par quelqu’un de renom, s’exprimant bien (Jean Gagnon, ex-Fondation Daniel Luiglois), ne pouvait faire que dans la redite.Y compris pour son image extérieure: au Belgo, la galerie avec porte vitrée existait déjà.Trancher On ne réinvente pas la roue, dit-on.la double expo elle-même en paie le prix.Entre autres, parce que le propos de Sylvain Campeau, spécialiste de la photographie, crée des attentes, précisément par rapport à l’idée qu’il faut dépoussiérer la question du paysage.Son titre renvoie tant à la gestion de notre environnement qu’à l’occupation, à l’appropriation qu’on en fait.lœs six artistes réunis — petit panorama de la création planétaire (une Québécoise, un Etats-Unien, trois Français et une Aus- tralienne) — proposent en effet autre chose que ce paysage éternel et immuable, cette construction de l’esprit dont l’histoire de l’art a longtemps été le reflet.Doit-on pour autant prétendre que ce renouvellement esthétique, critique a l’égard de la tradition, est propre au XXI siècle?Oikos/Habitacle n’a pas non plus la prétention d’innover.C’est un bilan, un état des lieux, que dresse Campeau.Bilan plutôt étoffé dans sa version écrite: la publication accompagnant l’expo dépasse le genre catalogue et revisite le theme par un regard sur la création au Québec.En salle, c’eÿt une autre histoire.A la défense du commissaire, il faut préciser que cette expo devait prendre place dans la défunte galerie, chemin de la Côte-Sainte-Catherine.Oikos mijote depuis longtemps.D’un.De deux, le nouvel espace étant quatre fois (duc fois?) plus petit que l’autre, il a fallu trancher, scinder le tout et se contenter d’exposer par groupe de trois artistes.Difficile dans ce cas de garder une vue d’ensemble, d’apprécier les œuvres en tant qu'éléments d’un discours.On ne peut les voir que séparément.Et individuelle- La nef présente an^mio !ü(i S *it—*• l.K DKVOIK BETTINA HOFFMAN 2008 mm Exotic Birds, 2006 et Big Cats, 2006, d’Anne Zahalka.La nature transplantée dans un cadre urbain, la faune et la flore produits de loisir, sont des réalités que décrit et décrie Anne Zahalka.ment, certaines d’entre elles piochent dans le déjà-vu.Des bunkers de Mark Ruwedel à la vidéo de Laetitia Bourget, juxtaposant solitude urbaine et simplicité environnementale, un arbre ici, des insectes là.La nature transplantée dans un cadre urbain, la faune et la flore produits de loisir, sont des réalités que décrit et décrie Anne Zahalka.Mais l’artiste de Sydney n’est pas la seule aujourd’hui à s’attaquer à cette «disney-lisation», qui peut aussi bien inclure des zoos que des cinémas Imax.L’urbanisation illimitée qui caractérise notre époque n’est pas l’exclusivité de Stéphane Couturier, dont la série Landscapping montre des développements dans de§ zones désertiques du sud des Etats-Unis.Dans l’urgence de ressusciter et de rouvrir un espace, SBC a trouvé dans Oikos/Habitacles une expo correcte, et surtout facile à monter.Il faudra voir, après la pause estivale, sa vraie nature.Collaborateur du Devoir quatuor.molinari Québec ”«» 1 Informations : 514-527-5515 www.quatuormolinari.qc.ca 1*1 aqr u demur RSMtl Musique française Radford, Dusapin et Ravel ?Dialogues à la Chapelle Samedi 10 mai 2008 14 heures Entrée libre ?Concert Vingtième et plus Vendredi 16 mai 2008 20 heures Billets à l’entrée $25 ($20 aînés, $10 étudiants) ?Chapelle historique du Bon Pasteur 100, rue Sherbrooke Est, Montréal Usnoh* Alfred Dnllaire MEMORIA vv : * .-v' partir de Saison •: -i Les Solistes de Lyon Bernard Têtu puatuor Alcan et Steven Dann Les Violons du Boy Chœur de chambre de Hamur et i’Ensemble Alton Jean-Sébastien Roy, Benoît Loiseîte et François Zeitouni .F?t ' M .• • ' - CbrtetiaiUjerhahej, baryton Quatuor Rancir A Ensemble Caprice et Shannon Mercer et Catherine Ontromeeu Luc Beauséjour et Richard Paré Billetterie : 418 641 -6040 • 1 877 641 -6040 www.palaismontcalm.ca Grand partenaire BANQUE NATIONALE leSoleil Québec' VTUXDE •à, Québec t t LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DI M A X (' HE 11 M A 1 0 0 S 4 isü Détention préventive %» 'te SOUKCK MNBAQ Fidèle à sa pratique de la performance et de l’art action, l’artiste Sylvie Cotton fait de sa présence le cœur du projet Faire du temps, qu’elle souhaite évolutif et participatif, dans deux cellules du pavillon Charles-Baillairgé du Musée national des Beaux-arts du Québec.FAIRE DU TEMPS Sylvie Cotton Musée national des beaux-arts du Québec Parc des Champs-de-Bataille, Québec Jusqu’au 15 juin 2008 MARIE-ÈVE CHARRON Le temps, le plus souvent, est manquant ou fuyant malgré les tentatives pour le saisir et l’incarner au présent.Le déficit est l’angle en général emprunté pour parler du temps, à une époque où tout semble être sur le mode accéléré.Le projet en cours de Sylvie Cotton au Musée national des beaux-arts du Québec a ceci de particulier d’appréhender le temps d’une autre façon, en abordant des aspects que, précisément, la course effrénée des gens occupés esquive.Avec Faire du temps, sous la forme d’une résidence dans l’espace d’exposition.Cotton propose de le prendre, ce temps.En prison.L’artiste interdisciplinaire de Montréal a répondu à l’invitation de Nathalie de Blois, conservatrice de l’art actuel, en occupant deux cellules du pavillon Charles-Baillairgé du musée, dans ce qui était jadis la prison de Québec.L’une de ces cellules, dépouillée et austère, réunit deux coussins de méditation.L’autre, plus chargée, ressemble à un mausolée ou à un autel paisible dominé par le blanc.C’est la cellule adoptée par l’artiste.Fidèle à sa pratique de la performance et de l’art action, l’artiste fait de sa présence le cœur du projet, quelle souhaite évolutif et participatif puisqu’elle invite les visiteurs à passer du temps avec elle dans la cellule ou à investir les lieux en son absence.Présenté avec beaucoup d’à propos dans le cadre de la Manif 4 dédiée au thème de la rencontre, le projet réengage dans un contexte muséal des préoccupations déjà présentes dans le travail de l’artiste.Depuis au moins dix ans, Sylvie Cotton élabore des situations et exploite des contextes dont l’enjeu principal consiste à provoquer des rencontres avec des inconnus et des proches, l’artiste acceptant autant les effets de complicité que de résistance.Loin de la neutralité du cube blanc, les cellules offrent un contexte très chargé sur les plans historique et symbolique que l’insertion de Cotton saisit avec éloquence.Laisser aller L’ancienne prison fournit à l’artiste l’analogie avec le prisonnier contraint à l’enfermement et poussé à faire face à lui-même.Pour Cotton, il n’y a pas que les barreaux physiques pour emprisonner, il y a aussi les pensées et les états émotifs.Son pari?Transformer la réclusion en solution, en faire un mode d’affranchissement plutôt qu’une punition, afin de mieux se porter.L’artiste amalgame de la sorte un questionnement sur l’existence et une pratique de la méditation.Le confinement, elle l’apprivoise, comme il est écrit sur un carton offert à la lecture, pour «passer de la prison intérieure à l’atelier intérieur».Cette réversibilité de la situation, qui est le point fort du projet son pivot en tait se traduit aussi dans la nature du lieu auquel le mobilier donne plusieurs fonctions: espace de repos, de travail ou de présentation, la cellule fait office de tout ça à la fois, entremêlant de manière délicate et inhabituelle, surtout pour un musée, lieu de vie et lieu d’exposition.Même étrange et étonnante impression devant le tapis au sol et la vieille chaise en bois qui accueillent les visiteurs et qui, a confié l’artiste lors de notre rencontre, proviennent de sa maison.Est-on au musée ou chez Sylvie?Les objets rassemblés par l’artiste cultivent à leur tour une ambiguë té.Objets fonctionnels domestiques (lampe, verres, étagère), livres et objets d’art (dessins, sculptures) ainsi que des matériaux de travail (encre, ficelle, papier vierge) sont réunis, sans différenciation, confondant les frontières autrement plus nettes entre l’objet d’art et le non-art, le monde de l’art et le quotidien.Beau casse-tête pour le musée.L’artiste mange et dessine dans cette cellule, ramenant les deux actions sur le même plan.L’ensemble toutefois s’apparente suffisamment à une exposition, bien conçue, pour satisfaire uniquement le regard.Pourtant, si l’artiste nourrit ainsi l’équivoque, c’est d’abord pour faire de la place à d’autres.À différents degrés, son travail aménage des interstices et des interfaces de rencontre.Le très grand dessin mural à l’entrée donne le ton avec son fin réseau de mots tracés à partir de l’expression «faire du temps».Il s’agit de pensées elliptiques, un motif ajouré, en apparence incomplet et en attente d’être relayé par les réflexions de quelqu'un d’autre.Trop exiguë, la prison?Pas pour Sylvie Cotton, même à deux avec la porte de fer verrouillée (vous avez bien lu).L’artiste poursuit une logique du rendez-vous, intime, amorcée depuis longtemps.Elle s’est déjà retrouvée les yeux bandés en compagnie d’inconnus dans un ascenseur ou lors de promenades urbaines, mais jamais, précise-t-elle, «dans un rapport aussi direct et face à face».Si vous vous prêtez au jeu, tout de même assez sérieux, du rendez-vous d’une heure en tête à tête avec Sylvie Cotton, ce que quelques volontaires ont déjà expérimenté pour, à leur demande, faire le silence, dessiner, dialoguer ou écrire un poème, elle vous familiarisera peut-être avec son univers, émaillé de trouvailles délicieuses.Il y a, par exemple, ses séries de dessins (parlés, respirés ou dansés) et son principe d’économie, que la «prison» souligne et qui est notable, entre autres, dans ses dessins au café, son tableau conçu avec du cirage à chaussure et des gestes anodins comme celui de récupérer l’eau souillée p:ir de l’encre.Tous les petits détails comptent, Sylvie Cotton le sait.Comment expliquer autrement la présence des mots «laisser aller» brodés sur ce qui tient lieu de drap?«laisser aller», c’est en partie l’attitude adoptée par l’artiste qui accepte l’autre, mais aussi l’évocation de la mort, de devoir laisser partir.«Ce bloc cellulaire, le bloc 6, était celui réservé aux condamnés à mort, rappelle l’artiste.Nous sommes tous de passage et appelés à mourir.» En attendant, c’est bien de la vie qu'il est question dans ce projet, à un point tel, d'ailleurs, que le musée, signe de grande souplesse, a dû prendre quelques mesures exceptionnelles.En entrevue, la conservatrice évoquait l’effet inattendu engendré sur les gardiens de sécurité, aussi appelés, dans ce projet, à jouer le rôle de guide.Ou bien de geôlier, c’est selon.Même le visiteur pourra décider, ou y sera gentiment confronté, de ne pas jouer qu’un seul rôle.Collaboratrice du Devoir Chantal Fontaine Hébert Les Persanes 2008 Pulsion l-XII Production et recueil de poésie | Exposition du 9 au 27 mai 2008 j BOUSQUET - PORCELAINES LANCEMENT DE LA COLLECTION « GIVRÉE » Jusqu’au 24 mai 2008 Mardi au vendredi : 10h à 18h —- Samedi : 10h à 17h O Guilde canadienne des métiers d’art 1460.rue Sherbrooke Ouest, suite B Montréal, T 514.849.6091 www.guildecanadiennedesmetiersdart.com Eduardo Rodà Espace de projection mini-rétrospective GALERIE BERNARD 3986 rue Saint-Denis.Montréal (Québec) H2W 8M8.TéL: (514) 877-0770 mercredi llti-171] jeudi-vendredi lih-19h samedi 18h-17hwww.galeriebernardca VERNISSAGE DENISE GUAY 11 mai — 18 juin GALERIE Linda Verge # k M1 isiiï 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.gaJerielindaverge.ca Galerie Donati [ 1384, Notre-Dame Ouest, Montréal 514.935.8159 info@donatidesigners.com B R È V K S Sur la route de Roadsworth St's dessins clandestins sur l’aspllaite de Montréal ont valu à Roadsworth la notoriété, et presque la prison.Air jourdluti, il est accepté au point où la ViDe l’invite à intervenir dans l’espace publie, l'accompagne volontiers.Dans le cadre du Mois de l'art imprime, Roadsworth fera de nouvelles intiltrations urbaines, un peu partout dans l’arrondissement de Ville-Marie, du square Victoria à la rue Sainte-Catherine, pendant deux jours, la clandestinité étant chose du passé, on imite désormais les gens à suivit ' l’artiste dans son parcours urbain.Début des opérations aujourd'hui à 14h, devant le Belgo (372, rue Salir teCatherine Ouest).Le vrai plaisir consistera à les découvrir dans les prochains jours, au hasard de nos promenades.Four connaître la programmation du Mois de l'art imprimé.rendez-vous à umitarprim.org.Entre le Kosovo et le Mexique À 91 ans, Fernand leduc (signataire de Refus global, Dix Borduasen 1988) expose encore.Deux foi-; plutôt qu’une, en ce mois de niid.A la galerie Graff (963, me Rachel Est), il pœsente une production toute récente, exécutée l'an dernier au Mexique, les deux coipus.Strie M traça nu et Cids dltiter à Ouipala, signilient presque un retour vers une gestuelle plus prononcée, des couleurs plus lumineuses et une ligne d’horizon presque jieieeptible.Tout un contraste avec l'autie exposition, chez Roger Bellemaie (372, rue SainteCatheiine Ouest).1 eg.r leriste du Belgo piesente sous le titre Kosovo, dévoile même, un travail de 1999jamais montré, tait à ht lumière très sombre de la guerre.Beaucoup plus pnxiie de sa touche formaliste et monochrome, de ses Micmchtvmies des ;mnees 1970, exercices de lumière uniques en leur genre, les grands tableaux 1 u>l de nuit et les petits formats Nuits éclatées nous plongent dans une envolée hautement dramatique.Qui dit quart abstrait ne rime pas avec emotion?Revenu d’un long séjour européen en 2(X)(>.Fernand Leduc n’arrête pas depuis de faint' parler de lui.1 a introspective méritée (Musée national des beaux-arts du Québec), un dernier honneur (Prix du Gouverneur général en arts visuels et en arts médiatiques2007) et puisées deux expos presque inattendues.Peintre jusqu'à la tin.les exjxis se poursuivent jusqu'au 24 mai (Graft) et au 31 mai (Roger Bellemare).Jérôme Delgado SOUKCK MNIIAI) **" ' "'.y «d Le peintre Fernand le due MILLY RISTVEDT, rca CEUVRES CHOISIES Vernissage le jeudi 15 mai, à la Galerie d'art d'Outremont l'artiste expose simultanément à la Galerie Éric Devlin et au Philipps Lounge Galerie d'art d'Outremont 41, avenue.Saint-Just (514)495-7419 Galerie Éric Devlin 3550 Saint-Jacques (514)885-4238 Phillips Lounge 1184 place Phillips (514)871-1184 renseignements : (514) 910-8906 MARCELLE PERRON RÉTROSPECTIVE Du 7 mai au 28 juin GALERIE SIMON BLAIS www.galeriesimonblais.com 514 849-1165 WMk SC, ' J MjWst PIÈCES DE COLLECTION 11964-2007) PIÈCES DE COLLECTION I1964-2007) Plus de 250 œuvres disponibles OUVERTURE DE L'EXPOSITION > MERCREDI LE H MAI.VERNISSAGE 1 MERCREDI LE 21 MAI À 17HJ0 EN PRÉSENCE DE L'ARTISTE.Jusqu'au dimanche 15 juin au 4289 rue Notre-Dame Ouest à Montréal (Métro Place Saint-Henri], Du mercredi au vendredi de 12h à 18h et les samedis et dimanches de 12h à 17h.Renseignements : 514-933-0101 ou www.quartierlibregalene.com Quartier Übte Galerie d’art libl ÉRIC AUBERTIN LIGNES 10 - 27 MAI 2008 fcrj 5826’ ,u* Saint-Hub»rt •ricouborttn.co I * \ K S I.K U K V 0 I K .I.K A M K II I U E T M A V ( HE 1 MAI 2 0 0 * (T LT Hi E Du plomb, et de la pierre, dans Me THE STONE ANGEL Réalisation et scénario: Kari Skogland, d’après le roman de Margaret I aurence.Avec Ellen Burstyn, Christine Horne, Cole Hauser, Ellen Page, Kevin Zegers.Image: Bobby Bukowski.Montage: Jim Munro.Musique: John McCarthy.Canada, 2007,116 min.ANDRÉ LAVOIE Ie célèbre roman de Margaret j Laurence, l'hv Stone Angel, tut publié en 1964.Ce détail n’est pas anodin pour saisir le caractère décalé de son adaptation cinématographique, porté a l’écran par la cinéaste canadienne Kari Skogland, qui en a modilié la chronologie.En plus de traverser une bonne partie du XX siècle, les personnages poursuivent leur destinée jusqu’à notre époque, soit bien au-delà des années 1960, décennie où se concluait le roman.Cette transposition ne serait pas un mal si le spectateur n’avait pas la curieuse impression d’assister à un spectacle passéiste, filmé comme si aucune révolution esthétique n'avait touché le septième art.C’est d’ailleurs trop souvent devant un écran de télévision que Vie Stone Angel semble nous convier, d’au-tant plus que la narration précipitée (ellipses au symbolisme appuyé, passage des années et rides prononcées apparaissant en un simple claquement de doigts, etc.) affiche trop souvent l’allure d’une minisérie charcutée à la tronçonneuse pour les impératifs d’une sortie sur grand écran.Nous voyons défiler, sans surprise, le parcours poussiéreux d’une femme au soir de sa vie et trouvant une énergie nouvelle dans son refus obstiné de pousser son dernier soupir dans une maison de retraite.Encore là, la formule ne produit que de curieux grincements d'usure sous la houlette de Kari Skogland, faisant tournoyer sa caméra autour d'une immense pierre tombale, symbole involontaire du sentiment d’ennui | mortel qui nous assaille.Or l’existence de Nagar (Ellen ; Burstyn dans les vieux jours et Christine Horne dans la force de i l’âge) en fut une d’espoirs déçus et i de drames larmoyants.D’abord J rejetée et déshéritée par son père qui refuse d’accepter l’homme { qu’elle veut épouser (Cole Hau- ! ser), elle découvre qu’elle a pigé le j mauvais numéro, et ce, avec deux enfants sur les bras.Plus tard, | l’empressement de son fils Marvin (Dylan Baker) a lui offrir un autre toit que le sien ne fait qu’accentuer ce sentiment d’échec.Cela permet d’activer le moulin à souvenirs, stimulé à la fois par j l’impuissance de son lils, l'intransigeance de sa belle-fille ou la beau- j té sauvage d’un jeune homme rencontré au hasard d’une fugue dans un chalet d’été délabré.Ellen Burstyn en a fait sa marque de commerce: les vieilles grincheuses, c’est son domaine, et elle accomplit une fois de plus la tâche avec,une grande force de conviction.Evidemment, on la préfère dans des films qui ne semblent pas déjà dépassés avant même leur date de sortie (Requiem for a Dream, par exemple), ce qui n’est pas le cas avec The Stone Angel.Car disons-le, cette célébration des jours heureux et des tragédies du quotidien répond atrx commandes d’un procédé narratif digne de la tyrannie d’un métronome, penchant avec une routinière régularité entre passé et présent Pour de nombreux Canadiens anglais, The Stone Angel a constitué une lecture obligatoire pendant leurs années de collège.Le film de Kari Skogland ressemble à un devoir scolaire exécuté avec la dévotion d’une première de classe.Celle qui ne veut déplaire à personne, même quand vient le moment de faire du cinéma.Collaborateur du Devoir SOURCK Al.UANCK The Stone Angel ressemble à un devoir scolaire exécuté avec la dévotion d’une première de classe.\ MEILLEURE ŒUVRE CANADIENNE 26e FIFA Festival International du Film sur l’Art AMAZONE FILM L’ATELIER, L DE MON PERE SUR LES TRACES D'EDMUND ALLEYN.UN FILM DE JENNIFER ALLEYN PRODUIT PAR JEANNINE GAGNÉ ** * snio At© A.CINÉMA PARALLÈLE IEX-CENTRISI LAFFICHE* 1 1 w 1 * »— » cinéma OU PARC «I 9pm - Englith »tr»ion Voyez L'atelier de mon père durant le premier week end et recevez un laissez-passer double* pour l'exposition iCUBA! Art et histoire de 1868 à nos jours au Musée des beaux-arts de Montréal.0w„,ir, C I N E M A %»' m ;OURCE TFM DISTRIBUTION Un baiser s’il vous plaît montre des personnages de notre époque dont les élans du cœur semblent ceux d’un autre âge.Dans cet univers, on pratiquerait le baisemain que personne ne serait surpris.La Schéhérazade de Nantes UN BAISER S’IL VOUS PLAÎT Réalisation et scénario: Emmanuel MoureL Avec Virginie Ledoyen, Emmanuel MoureL Julie GayeL Frédérique Bel, Michaël Cohen, Stefano Accorsi.Image: durent DesmeL Montage: Martial Salomon.France, 2007,102 min.ANDRÉ LAVOIE On pourrait croire que c’est au nom d’une morale puritaine qu’Emilie (Julie Gayet), Parisienne vaguement égarée à Nantes, préfère détourner la tête plutôt que d’embrasser Gabriel (Michaël Cohen), un bel inconnu avec qui elle a passé une délicieuse soirée.Que risque-t-elle au fond?Beaucoup, si l’on en croit cette Schéhérazade de province, déterminée, malgré l’alcool et la fatigue, à raconter dans le menu détail une histoire de flirt aux conséquences «tragiques» mettant en cause sa meilleure amie.Celle-ci n’avait pas mesuré l’impact d’un geste aussi anodin qu’un baiser, surtout destiné à un vieux copain et non à celui qui partage sa vie.Cette prémisse au fort potentiel comique porte la marque de facteur et cinéaste Emmanuel Mou-ret, qui, après Changement d’adresse, n’a visiblement pas'l’intention de changer de cap.Dans Un baiser s’il vous plaît, son horizon est encore peuplé de références (Woody Allen, Eric Rohmer, Sacha Guitry, bref, tous les disciples de Marivaux) qui ravissent les uns et irritent les autres, montrant des personnages de notre époque dont les élans du cœur semblent ceux d’un autre âge.Dans son univers, on y pratiquerait le baisemain que personne ne serait surpris.Les héros du récit d’Emilie, dont le visage s’assombrit au fur et à mesure qu’elle en dévoile de larges pans, croyaient que leur amitié profonde serait plus solide que ce torride désir naissanL Or il a suffi que Judith (Virginie Ledoyen) accepte de franchir cette ligne pour que sa vie conjugale avec Claudio (Stefano Accorsi) devienne un grand tissu de men- songes.C’est la même chose pour Nicolas (Mouret), dont la liaison avec Câline (Frédérique Bel, les blondes ont leur icône) ne brille d’aucune flamme parce qu’il est totalement subjugué par Judith, l’amie de toujours.Et plutôt que de faire éclater une vérité dont ils sont honteux, le couple interdit élabore un stratagème digne d’un Feydeau pour, supposément, ne faire souffrir personne; on va vite frôler la tragédie grecque.Tout cela est raconté avec une touchante retenue par Emilie, ce qui ne prive pas les autres personnages de jouer aussi aux conteurs, suspendant le fil de leur propre histoire pour évoquer une rencontre torride dans un musée, un rendez-vous raté avec une prostituée ou décrire la routine d’un homme épris de son épouse.et de Franz Schubert.Sa musique, tout comme celle de Tchaikovski, ponctue avec élégance, et parfois gravité, les vérités et mensonges de ce ballet romantique à la conclusion étonnante.Sans jamais céder aux facilités de la farce grossière, Un baiser s’il vous plaît cumule les situations amusantes et coquines, surtout celles soulignant à gros traits la pudeur des amoureux transis, souvent bien à l’étroit dans des vêtements qui prolongent la couleur des murs ou celle des draps.Et dans la tradition d’un certain cinéma français où le plaisir des sens se doit d’être intellectualisé, Emmanuel Mouret signe des tirades hilarantes sur une sexualité exultant plus souvent entre les deux oreilles qu’en bas de la ceinture.Ce badinage amoureux, d’une grande sobriété visuelle, oscille entre le décor aseptisé du tandem des amis-amants (le laboratoire où travaille Judith semble l’extension de son appartement) et l’ambiance feutrée entourant la narratrice et son auditeur attentif, la véritable opulence d'Un baiser s’il vous plaît se profile dans des dialogues pétillants d’intek ligence, des acteurs troublants de sincérité (Gayet triomphe ici sans partage) et un humour cédant discrètement sa place à un émouvant désordre des sentiments.Collaborateur du Devoir Sucreries japonaises en technicolor SPEED RACER Écrit et réalisé par Andy et l arry Wachowski d’après la série animée de Tatsuo Yoshida.Avec Emile Hirsch, Christina Ricci, Susan Sarandon, John Goodman, Matthew Fox, Roger Allam.Etats-Unis, 200.H, 135 min.FRANÇOIS LÉVESQUE En 1999, les frères Warchowski ont frappé très fort avec The Matrix avant de décevoir avec deux suites qui n’ont pas tenu leurs promesses.Cinq ans depuis Matrix: Revolutions.Dans l’intervalle, ils ont scénarisé et produit V for Vendetta.Speed Racer marque leur retour to-nitruent à la mise en scène en plus de confirmer leur fascination pour la popculture nipponne.l.e film, inspiré d’une série animée japonaise de 1967, relate les exploits d’un jeune coureur automobile, Speed Racer, prodige de la roue et du volant Après une pre- mière victoire éclatante, la candeur de Speed se trouve confrontée à la triste réalité du circuit: l’argent mène, comme le monde, celui des courses aussi.Son refus de signer avec le conglomérat dirigé par le vil Royalton l’entraînera, et sa famille à sa suite, sur un périlleux circuit.Parviendra-t-il à s’assurer une participation au Grand Prix et à rétablir l’honneur des siens?Deux données essentielles pour qui souhaite voir le film: primo, le ré rit est volontairement très naïf, ime caractéristique magnifiée par les costumes et la direction artistique qui amalgament brillamment le look rétro des années 50 à un côté résolument kitsch de la fin des années 60.A l’écran, la fusion est très séduisante.Secundo, ce sont justement la conception visuelle ainsi que les effets spéciaux et de mise en scène qui priment sur tout le reste.S vous êtes amateurs, courrez-y; autremenL abstenez-vous sans phis y penser.Si vous lisez toujours, sachez qu’en plus de déployer un brio tech- nique étourdissant à la réalisation, les frères Wachowski ont su bien s’entourer pour faire le film de leur vision.Car bien plus qu’un long métrage traditionnel, Speed Racer est avant tout un délire formel qui n’est pas sans rappeler Tears of the Black Tigger, de Wisit Sasanatieng, tant pour son traitement de la couleur évoquant le technicolor d’antan que pour ses décors d’une sublime artificialité.Très recherchée, juste-menL l’éblouissante direction artistique d’Owen Paterson (Ja trilogie des Matrix mais aussi Priscilla, Queen of the Desert).Les décors de la maison de la famille Speed sont particulièrement réussis, de même que l’aspect tout plastique de leur quartier.Très présente et aussi pétaradante que les bagnoles quelle accompagne, la trame sonore de Michael Giaechino (The Incredibles.Ratatouille) rappelle, par différents motifs musicaux, les origines du film, ce dernier fermement ancré dans l’univers de dessins animés qui l’a vu naître.In distribution est solide.Dans le rôle de Speed, Emile Hirsch attire la sympathie, en plus de ressembler à s’y méprendre à son équivalent animé.Enfin, le choix de réserver à Susan Sarandon et John Goodman le rôle des parents du héros, alors qu’ils pourraient être ses grands-parents, s’inscrit sans doute — ce n’est qu’une théorie — dans l’esprit nostalgique de l’entreprise.On n’a qu’à penser à ces vieilles séries télé, du genre Leave It to Beaver, où un décalage semblable est observable.Ce délire en est un savamment conçu et contrôlé.Chacun de ses plans, pratiquement est à couper le souffle par les couleurs qu’il déploie, l’ingéniosité de son introduction ou tout simplement la beauté de sa composition.Mais, encore une fois, n’allez pas y chercher un scénario transcendant, votre examen serait aussi frustrant que vain.Collaborateur du Devoir LARRY TOWELL est le seul photographe canadien TERRITORIES oeuvrant au sein de la prestigieuse agence Magnum Photos.Ce collectif international de photojournalistes se caractérisé par une approche résolument humaniste et universelle Toweil est digne de cette tradition.Sa curiosité le guide parfois au coeur de ; conflits, mais ses oeuvres restent impreqnees d'une intimité toute particulière Plus qu un j photographe de guerre, Toweil se considère d’abord comme un photographe de lamille Ce i documentaire revele l’artiste et l’homme par le biais de ses œuvres et de ses reflexions sur .la vie et sur sa demarche creative.'v.„ s EN EXCLUSIVITE DU 9 AU 1li MAI VBttON OaOMALi ANOiAISE Avec SOUS-rrmES FRANÇAIS EX-CENTWS SiSïïïni" C I NEMA EX-CENTRIS PA R AL L 3 L E J55é.bcuL Saint Mti Billetterie (su) *47-aao6 Québec:: t Ou inoinn i IIIUIIIU) « > ~T r^* «.: i LE MONDE SELON LULA /GERMAN GUTIERREZ e MCe n tris ~î EX-CENTRIS.COM / S14.847.JÎ06 Cinq films de Delon pour la première fois en DVD Uonsgate s’est associée à Studio Canal pour offrir aux cinéphiles nord-américains certains des meilleurs films de la légende française qui, faut-il le rappeler, a connu une carrière impressionnante sous la direction des Clément (Plein soleil, Les Félins), Losev (The Assassination of Trotsky, Monsieur Klein), Melville (Un flic, Le Cercle rouge) et Visconti (Rocco et ses frères, Le Guépard), pour ne nommer que ceux-là.FRANÇOIS LEVESQUE Alain Delon 5 - Film Collection contient; La Piscine (Jacques Deray), Diaboliquement vôtre (.Julien Duvivier), La Veuve Couderc (Pierre Granier-Deferre), Le Gitan (José Giovanni) et Notre histoire (Bertrand Blier).On a vu pire brochette de titres.et de réalisateurs.Sorti en 1969, La Piscine rallia public et critique et consacra Romy Schneider en France après plusieurs échecs.Delon et elle, réconciliés pour l’occasion, sont au pinacle de leur beauté.L’histoire, fort simple, en est une de triangle amoureux: un romancier déchu, sa séduisante épouse qui craint l'âge, un ancien amant et la marmite qui ne demande qu’à déborder.La piscine du titre sert de cadre à l’action, mais surtout de métaphore aux états d’âme des personnages.Le film résiste bien au passage du temps.La trame sonore aux accents jazz de Michel Legrand séduit encore, tout comme la réalisation de Deray, fluide et attentive aux acteurs, excellents, y compris une jeune Jane Birkin.Pour l’anecdote, La Piscine réunissait Delon et Maurice Ronet dix ans après Plein soleil.Deray et Delon ont par ailleurs collaboré sur huit autres films.Passons rapidement sur Diaboliquement vôtre (1967), film mineur pour toutes les personnes concernées, mais œuvre néanmoins intéressante, ne serait-ce que pour la mise en scène baroque de Duvivier (Pépé le Moko), sa dernière.Avec ses prises de vue parfois joyeusement maniérées et ses quelques plans choisis de la belle Senta Berger, ce récit d’un amnésique tourmenté plaira certainement aux amateurs de kitsch.En 1971, à moins de six mois d’intervalle, Pierre Granier-Deferre présenta au public fiançais deux adaptations de romans de Simenon mettant en vedette Simone Si-gnoreC Le Chat, avec Jean Gabin, et La Veuve Couderc, avec Alain Delon.Succès au carré.La Veuve Couderc raconte la passion inattendue qui unira trop brièvement une femme mûre à un homme plus jeune, un évadé de prison qu’elle a embauché dans sa ferme.Comme toujours chez Simenon, l’ambiance est feutrée, les passions, rentrées, et le dénouement, trop certain.Granier-Deferre reproduira la magie avec deux autres adaptations du même auteur: Le Train, avec Romy Schneider et Jean-Louis Trintignant, et L’Etoile du Nord, où il retrouvera une Signoret séduite cette fois par Philippe Noiret Le Gitan de José Giovanni (1975), qui adaptait son propre roman, est du lot le film qui a le plus vieilli.Le parcours de ce roi des gitans qui, tel Robin des bois, vole aux riches pour nourrir les siens, •< Réjouissant! Des répliques savoureuses et de l'action à revendre! Les enfants comme les parents peuvent s'en délecter.Chapeau! » Maxime Demers, Journal de Montréal «C'est la folie autour de ce film-là! Allez-y!!!» André Robitaille, Rock Détente « Toujours aussi savoureux.Des textes absurdes jouissifs.Du bonbon pour les jeunes, moins jeunes.» Isabelle Massé, La Presse w«a www ri.'tnsunegalaxieZ rnm Partenairès promotionnels: fcrtïi PRÉSENTEMENT 9.A L'AFFICHE ne convainc ni dans sa portion policière, routinière, ni dans son commentaire social, toujours d’actualité mais appuyé.Delon se montre toutefois solide et on retrouve avec plaisir Paul Meurisse (Les Diaboliques) dans le rôle d’un perceur de coffres.Le délirant Notre histoire (1984), de Bertrand Blier, clos le coffret de fort belle façon.Le réalisateur des Valseuses et de Merci la vie propose un copieux festin pour l’esprit qui n’est pas sans rappeler, dans ses moments les plus surréalistes, Le Charme discret de la bourgeoisie et Le Fantôme de la liberté, de Bunuel.En alcoolique cherchant un sens à l’existence dans les bras, puis l’appartement, d’une séduisante inconnue (Nathalie Baye), Delon est bluffant Ce rôle lui valut le César du meilleur acteur.Tous les films sont présentés dans leur format original.Le son mono a été remasterisé et l’image est dans l’ensemble d’excellente qualité.Les sous-titres anglais peuvent être retirés, sauf sur La Piscine, où ils sont «brûlés».Le coffret est disponible partout souvent à moins de quarante dollars.Un essentiel.Collaborateur du Devoir alaîr» MONUR1U.MKPIAS Mettant en scène une discipline qu’il affectionne particulièrement (il est lui-même ceinture bleue en jiu-jitsu), David Mamet creuse une fois encore le sillon qu’il connaît mieux que personne, celui de l’être innocent confronté à une sombre machination aux ramifications presque tentaculaires.Les 1000 yeux du docteur Mamet REDBELT Ecrit et réalisé par David Mamet Avec Chiwetel Ejiofor, Emily Mortimer, Alice Braga, Joe Mantegna, Tim Allen, Rebecca Pidgeon.États-Unis, 2008,99 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Mike Terry est un entraîneur de jiu-jitsu vivant humblement selon le code des samouraïs, au grand dam de son épouse, Son-dra.Par une série d’incidents sans lien apparent, Mike se voit contraint de participer à une compétition, concept qu’il réprouve, afin de payer dettes d’honneur et d’argent Ses deux beaux-frères sont du nombre des promoteurs de l’événement télévisé, dont les enjeux réels sont beaucoup plus importants que ne le soupçonne Mike.Acteur troublé, agent beau parleur, avocate traumatisée, anciennes accointances apparaissant à chaque tournant les rencontres impromptues se multiplient à mesure que les fils de la toile d’araignée font leur œuvre.Cet univers de duplicité et de faux-semblants est sans conteste celui de David Mamet scénariste et cinéaste estimé.Les «apparences», «enjeux réels» et autres «toiles d’araignée» sont l’apanage du dramaturge primé (lauréat en 1984 du Pulitzer pour Glengary Glen Ross, pièce qu’il scénarisera huit ans plus tard).A tel point que pourrait figurer dans le dictionnaire des noms communs, à côté du terme «roublardise», la photo du réalisateur, et auteur, de House of Games et de The Spanish Prisoner.Et Redbelt s’inscrit résolument dans la continuité de ces œuvres.Un peu trop, serait-on tenté de dire.Mettant en scène une discipline qu’il affectionne particulièrement (il est lui-même ceinture bleue en jiu-jitsu), Mamet creuse une fois encore le sillon qu’il connaît mieux que personne, celui de l’être innocent confronté à une sombre machination aux ramifications presque tentaculaires.Dans ce cas-ci, le larron est fana de pureté, de noblesse; pureté d’âme, noblesse d’intention.Un univers de duplicité et de faux-semblants fidèle à Mamet Heureusement que Chiwetel Ejiofor joue de justesse et de charisme, car le personnage qu’il doit défendre, tel qu’écrit par Mamet, n’est jamais terriblement crédible.Certes, il vit selon un code ancien et le film lui-même est d’inspiration noir, donc forcément rétro dans l’approche: on saisit l’idée.Hommage ou exercice de style, reste que l’entreprise exhale un agaçant parfum de désuétude.Cela dit, les fans y trouveront sans doute leur compte, et ce, même si les fourbes sont identifiés sitôt présentés.C’est que, comme toujours chez Mamet, le parcours sinueux prime sur la chute du récit, elle-même presque accessoire et, ici, plutôt improbable dans son exécution.Or les méandres du scénario, les fils de la toile d’araignée, font mouche (s’cu-sez-la).Même si on les voit un peu pendouiller par moments.L’une des marques de commerce de Mamet est la solidité de ses dialogues, réalistes mais fins et, surtout, très rythmés.Ceux-ci ne déçoivent pas mais ne sont pas davantage mémorables.Pour livrer ces lignes soigneusement écrites, l’auteur s’est assuré les services d’une distribution hétéroclite où pointent à l’arrière-plan son épouse Rebecca Pidgeon (The Winslow Boy, Heist) et son «régulier» Joe Mantegna (House of Games, Htmti-cide).A l’avant-scène, Ejiofor est, il faut le répéter, remarquable, mais l’est tout autant Emily Mortimer (Dear Frankie, I Mrs and the Real Girl) dans un rôle plus discret.Alice Braga et Tim Allen, ce dernier ratant le coche du contre-emploi, sont crédibles mais ne se démarquent pas vraiment.Bref, Mamet a fait mieux, mais un Mamet moyen vaut mieux que-pas de Mamet du tout.Mais ça, vous le saviez déjà.Collaborateur du Devoir ARCHAMBAÜLT3I Ùnecompognlu de Québécor Mc-ttln www.cinemaduparc.com ( notre programme complet > 4BS pour IO films, TOUT UN PROGRAMME! UN BAISER S’IL VOUS PLAIT, BEN X, LA FEMME INCONNUE, FUGITIVE PIECES, MY FATHER S STUDIO stationnement GRATUIT 3 heures CINÉMA DU PARC 3575 Du Parc 514-281-1900 FESTIVAL DE CANNES PRIX DU SCÉNARIO - PRIX DU JURY ŒCUMÉNIQUE PRIX DE L'ACADÉMIE DU CINÉMA ALLEMAND GAGNANT DE 4 LOLA MEILLEUR FILM • MEILLEUR REALISATEUR MEILLEUR SCÉNARIO • MEILLEUR MONTAOE ?« Une fresque remarquable (.) que le spectateur ressentira dans sa chair tellement le portrait est émouvant.Et juste.Bien plus qu’un excellent long métrage.De l’autre côté est en effet un film important.> Marc-André Lussier, La Presse « C'est très fort! C'est vraiment un film à voir! Catherine Perrin, C’est bien meilleur le matin (SRC) ?« Émouvant jusqu’à la dernière scène.Un film touché par la grâce.» Normand Provencher, Le Soleil « Un film riche, dense et poignant qui nous occupe l'esprit pendant longtemps.On se laisse envoûter par ce voyage » Maxime Demers, Le Journal de Montréal DE l’AUTRi COTÉ UN FILM OE FATIH AKIN PYRAMIDE M f l i j ! f , > PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE! CINÉMAS AMC |J5.| VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TTTOES ERANÇAIS —-ir—CINÉMA-1 EX-CENTRIS LE CLAP V.0.AVEC SOUS-TTTRES ANGLAIS S CINEMAS AMC — FORUM 22 ! CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS K RLMS AMÉRIQUE tferss « Finesse, délié, ravissement : voici longtemps qu'une comédie sentimentale française n’avait fait mouche à ce point.LE MONDE « Il s’agit là de l’une des œuvres majeures du cinéma français de cette année.Et l’une des plus belles autour du thème du désir tout court.» AVOIR-ALIRE.COM «Ce digne héritier de Tati, de Lubitsch et Capra tisse sa toile, avec une légèreté, une drôlerie et une liberté confondantes dand un quatrième opus ludique d'une rare originalité.» TI1É7IOURS Virginie LEDOYEN Emmanuel MOURET julie GAYET un baiser s'il vous Man Un film de Emmanuel MOURET Michaël COHEN Stefano ACCORSI Frédérique BEL G PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE [CINÉMA SedM&MHCINÉMA DU PARC: I «m.Pwif 11.rtn~ - ‘ PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du 29 avril au 5 mai 2008 TME GOLDEN COMPASS ANGÉLIQUE Collection complète ALEX KOVALEV Trucs et méthodes d’entraînement Pi CSI VEGAS KJ Season 7 MYSTÉRIEUSES CITÉS D’OR 27 DRESSES D LAUHÉA LE SCAPHANDRE ET LE PAPILLON ANDRÉ RIEU In Wonderland THE 11n HOUR M THE NAME OP THE KHK ALVM G THE CHIPMUNKS 400' ANNIVERSAIRE OE QUÉBEC JUNO LE ObtER OE CONS ONE TREE MU Season 4 JUSTM TMBERLAXE Futuresex / Loveshow : Uve from.CLOVERRELO RAMDAM Saison t i YOU'VE GOT MAIL i ? K 10 L E I) E V 0 I R .I.E A M E l) I 10 ET Ü I M ANCHE II M A I > 0 0 H Ci n nm o Léternel retour #iflS * « 'V _• I ‘ '±ï SSH^is,, '.¦¦ r ,.*»*** ÉQUINOXE FILMS Jude Law et Norah Jones dans le dernier Wong Kar-wai.Un film où la touche et le style du réalisateur sont bien présents.MY BLUEBERRY NIGHTS Ecrit et réalisé par Wong Kar-wai.Avec Norah Jones, Jude Law, David Strathairn, Rachel Wei^z, Nathalie Portman.France-Etats-Unis, 2(XJ8,95 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Avec l’aide précieuse du directeur photo Christopher Doyle, Wong Kar-wai a créé une série d’images d’une exquise beauté.Les Silences du désir et 2046 atteignaient des sommets plastiques.Mais justement, que taire une fois parvenu à ces hauteurs?Après avoir contemplé tout son soûl l’immensité qui s’offre à soi, on peut toujours jeter un coup d'œil au parcours qui nous a amenés là.Après tout, il faudra bien redescendre, non?Pour son neuvième long métrage, Wong Kar-wai a manifestement choisi de ne pas travailler à partir de ses deux dernières œuvres 12046 découlait implicitement des Silences).Exit les partitions languides de Shigeru Umebayashi, les ballets d’escalier et Christopher Doyle, qui cède sa place à Darius Khondji pour une palette un peu plus chatoyante.Le réalisateur n’est pas pour autant allé chercher très loin dans sa filmographie: My Blueberry Nights n’est pas sans rappeler Happy Together.Une certaine économie de facture, peut-être, loin des élans emphatiques (mais très maîtrisés) de ses deux derniers opus.Le style, lui, demeure reconnaissable entre tous: steady-•cam, multiplication des gros plans .'occupant la moitié du cadre, abondance de plans à travers vitrines et hublots, recours marqué au contraste complémentaire rouge- vert, action répétée, etc.De manière plus diffuse, le fdm de Wong Kar-wai évoque la trilogie des road-movies de Wenders (Ah'ee dans les villes, Faux mouvement, Au fil du temps), le romantisme suranné du Chinois s’accordant fort bien à la vision idéalisée de l’Amérique du maître allemand.À cet égard, l’apport musical de Ry Cooder (Paris, Texas) n’est probablement pas fortuit.Derrière My Blueberry Nights, on devine un cinéaste en flottement, pas tout à fait prêt à explorer d’autres avenues de son uni- vers créatif.Mais l’absence de renouveau n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, surtout quand sont conviés pour l’exercice transitoire David Strathairn, Rachel Weisz, Nathalie Portman et Jude Law.Son tour venu, chacun crève l’écran (oui, même Law, pardon à ses fans).Le film s’attarde — on se demande parfois pourquoi tant les personnages secondaires sont plus intéressants — au destin de Lizzie (Norah Jones, éclipsée), une jeune femme larguée qui vient justement de l’être.Par hasard ou nécessité, elle se confie à Jeremy (Law), le gérant noctambule d’un petit resto peu achalandé.Une onde de sympathie circule aussitôt entre eux.Puis survient l’un des plus beaux baisers de l'histoire du cinéma.qui entraînera l’héroïne dans une fuite en avant faite de trois rencontres: un flic paumé (Strathairn, touchant), l’ex-femme de ce dernier (Weisz, indélébile) et, plus tard, une joueuse de poker sans le sou (Portman, un brillant contre-emploi).Toutes ces âmes errantes — un thème récurrent dans l’œuvre de Wong Kar-wai — sont définies par Tamoun celui qu’elles ont perdu, celui duquel elles cherchent à s’affranchir ou encore ce lui qu’elles semblent incapables de saisir quand il se manifeste.Chez Lizzie, il y a un peu des trois.Et son errance, tant physique qu’intérieure, est symbolisée par le train et la route, autres motifs chers au cinéaste.Reconnaître la signature d’un auteur est chose précieuse, surtout quand on apprécie le travail de ce dernier.Un sentiment rassurant en découle et de ce sentiment naît — peut-être le mot en fera-t-il grincer des dents certains — un confort My Blueberry Nights n’est pas le meilleur Wong Kar-wai, tout comme Tristana n’est pas le meilleur Bunuel.Allez savoir pourquoi, c’est pourtant celui que je me retape le plus souvent.Ceux qui s’ennuyaient des premiers films du cinéaste chinois seront comblés, les autres apprécieront ce tour de piste langoureux en espérant que le réalisateur bifurque pendant la descente et décide d’aller explorer les sommets voisins.D’autres l’ont fait avant lui.Collaborateur du Devoir Ct I IM BONNIER LAURIN! LUCAS MAHlANNt fOBTIEH lit DUPUIS St-Onge mm ¦ ¦¦ru.?DENISE MARTEL.MÉDIA MATIN QUÉBEC «.JAI ÉTÉ ÉMU PAR CE TRÈS BEAU FILM.MARIANNE FORTIER, FORMIDABLE.» MARC CASSIVI, LA PRESSE « UN BEAU FILM, TENDRE ET ÉMOUVANT.» NORMAND PROVENCHER, LE SOLEIL «UN FILM TOUT À FAIT ÉTONNANT.TRÈS, TRÈS REUSSI.» - RENÉ HOMIER-ROY, RADIO-CANADA .Maman est chez le coiffeur LÉAPOOL « LA RÉAUSAWE K li mmn SfU ¦c.» sr: ts EOU1NOXE I l V * I Une très belle sortie pour la fête des mères Présentement à T affiche « La comédienne apparaît au naturel, cela vaut en soi, tout le détour.Helen Hunt a le grand mérite de nous raconter une histoire avec beaucoup de tact et de simplicité.Une comédie attachante.» Annabelle Nicoud, La Presse MATTHtW COLIN HELEN BETTE BRODERICK FIRTH HUNT MIDLER sur Vorsion français» de then Mie found mu.a.* Une délicieuse comédie soi la découverte d'uoe oouvelle nièie à 40 PRÉSENTEMENT À L'AFFICHE pCMEPlEX .XVtfin*S*M»NT -, — MCOA-PUEX™ OUZZO —i l— MÉOA PLEX* OUZZO —r— N*ÉQA PCEX~ QUZZO —1 I— MSOA-PLEX- OUZZO —t 1 QUARTIER LATIN 11 JACQUES CARTIER 14 , |dEUX-M0NTA0NE8 141IPONT-VIAU 10 I ItERREBOWNE 14 — MAISON DU CINÉMA —1 f— CINÉMA CAP NAVAL ——« r— CINÉMA LAURIER ¦ ¦ l |— CARREFOUR DU NORD —1 r— CINÉMA CAPITOL ——1 I SHERBROOKE H CHÀTEAUOUAY 1| VICTORIA VILLE i| ST-JfeRÔME 1 [pRÜMMONDVILLE I-LE CARREFOUR 10—H «— CINÉMA TRIOMPHE—, r-ONEPLEX DIVERTISSEMENTp CINEMA DES CHUTES^ I JOUETTE llLACHENAIE !1 BEAUPORT || ST-NICOLAS 1 AUSSI A L'AFFICHE EN VERSION ORIGINALE ANGLAISE • CONSULTEZ LES G LH DES-HORAIRES DES CINÉMAS FILM D’OUVERTURE D£ !$ VUES D'AFRIQUE ?« Un vrai régal! Une petite merveille qui met durablement en état de grâce.» Anabelle Nicoud, La Presse «Du grand art! Un vibrant portrait de femme.» François Lévesque, Medisfilm «Un film coloré et ensoleillée Manon Dumais, Voir «Une pure merveille!» Rachel Haller, Ici -.c.«f' " L - Bivounn nadîa hdci nviifi PRnnoi Dansai lurdh un Film de nnom moHnècHE métropole [cinéma Seaufcc*! [ | 23S8, B—ublen E.721-0080 | A L'AFFICHE! ——————————| I— MËGA-PLEX’ OUZZO —1 P CINCPLEX CHVERTTSSEMENT-i I-MAISON DU CINÉMA —I EX-CENTRIS II PONT-VIAU 16 IBOUCHERVILLE 11 SHERBROOKE l CONCOURS J À GAGNER: '%B®rrs MX MAGAZINES g&e Ch telaine mmimM 5 ABONNEMENTS AU JOURNAL Le devoir VALEUR APPROXIMATIVE DE 1325$ ¦4 ÉLARGISSEZ VOS HORIZONS AVEC LE QUIZ ARTV HD.Jusqu’au 31 mai, découvrez l’univers en haute définition d’ARTV en répondant au quiz de la semaine sur artvHD.ca AUGMENTEZ VOS CHANCES DE GAGNER! 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