Le devoir, 21 avril 2008, Page(s) complémentaire(s)
LE DEVOIR.LE LUNDI 21 AVRIL 2 0 0 8 A 4 LES ' Québec pour une maîtrise en adaptation scolaire Les travailleurs d’Olymel retourneront au travail CLAIRANDRÉE CAUCHY La ministre de l’Education, Michelle Courchesne, souhaite que les enseignants qui interviennent auprès des élèves en difficulté détiennent une maîtrise plutôt qu’un baccalauréat C’est ce qu’elle a indiqué cette semaine, en marge de la commission parlementaire sur l’étude des crédits de son ministère.«Ilya à réfléchir sur la spécialisation en adaptation scolaire.Il va falloir y avoir quelque chose», a indiqué Michelle Courchesne en évoquant le projet de mettre sur pied des maîtrises en adaptation scolaire.Cela permettrait par exemple de former des spécialistes pour différentes catégories de difficultés d’apprentissage, tels la dyslexie, les troubles envahissants du développement ou différents troubles de comportement.«Il va falloir aller dans cette voie», a poursuivi la ministre, qui travaille à un plan d’action pour les élèves handicapés ou en difficulté d’apprentissage ou d’adaptation devant être rendu public ce printemps.L’idée est plutôt bien accueillie dans les facultés d’éducation.Une formation du niveau de la maîtrise est d’ailleurs offerte à l’Université Laval, à des étudiants qui détiennent déjà leur brevet d’enseignement.«Nous considérons [l’idée d’implanter une maîtrise en adaptation scolaire] très sérieusement», note le doyen de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal (UdeM), Michel Laurier.Pour l’heure, ITJdeM offre un baccalauréat de quatre ans en adaptation scolaire, avec un profij primaire et un autre secondaire.A l’instar d’autres universités, l’UdeM peine cependant à recruter des étudiants pour le volet secondaire.L’objectif de formation est aussi ambigu: certains diplômés sont appelés à devenir titulaires de classe, tandis que d’autres viendront en soutien à d’autres enseignants pour aider les élèves en difficulté.Cette double finalité complique la tâche des universités, fait observer M.Laurier.Ce constat est partagé par le doyen de la faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), Marc Turgeon.«Ce n’est pas facile de former avec le même programme de baccalauréat quelqu’un qui peut être titulaire de classe [au primaire], et spécialiste des élèves en difficulté.C’est comme former un actuaire et un enseignant en mathématiques en même temps.On voudrait que le message soit plus clair: est-ce qu’on forme des généralistes ou des spécialistes?», demande M.Turgeon.L’UQAM partage les visées de la ministre sur une maîtrise en adaptation scolaire.Un projet en ce sens a déjà été déposé au ministère, et l’université du centre-ville espère pouvoir admettre des étudiants dans ce nouveau programme dès septembre.La maîtrise s’adresserait à des étudiants qui détiennent déjà un brevet d’enseignement Le Devoir T ring-jonction — Les travailleurs d’Olymel de Vallée-Jonction acceptent dans une proportion de 83 % une entente de retour au travail, à la suite de négociations intensives au cours de la nuit de samedi à hier.Les travailleurs de cette usine de la Beauce menaçaient de faire la grève dès ce matin dans le but de protester contre des sanctions et des suspensions imposées à des em- J I M BROWN Ottawa — Les conservateurs fédéraux, qui reprochaient autre-fois aux libéraux les coûts du registre national des armes à feu, tournent le dos à des revenus potentiels d’une importance supérieure aux dépenses d’exploitation de ce registre, depuis qu’ils sont au pouvoir.Selon des données fournies à la Presse Canadienne par la Gendarmerie royale du Canada (GRC), les coûts d’exploitation actuels et projetés des programmes du registre sont établis à 35,9 millions pour trois années fiscales, à compter de 2006.Durant cette même période, en vertu des nouvelles politiques instituées par le ministre de la Sécurité publique, Stockwell Day, le gouvernement a remboursé ou élimi- ployés.Le syndicat avait convoqué ses 1100 membres à une assemblée, hier après-midi, pour tenir un vote sur cette entente.Les travailleurs avaient décidé vendredi, dans une proportion de 78 %, de recourir à la grève générale dans le but de protester contre des sanctions prises contre sept collègues de travail L’entente prévoit que toutes les mesures disciplinaires seront effacées dans six cas.Quant au septiè- né des droits de pennis de propriétaires d’armes d’une valeur estimée à 56,5 millions.La GRC maintient que l’enregistrement et la délivrance de permis sont des procédures différentes, avec des enveloppes budgétaires distinctes.La police fédérale avance que les revenus tirés de l’attribution de permis ne devraient pas être perçus comme une compensation aux coûts administratifs du registre.Les députés de l’opposition rejettent du revers de la main cette interprétation et disent que ces chiffres confirment ce qu’ils ont toujours cru, soit que la politique conservatrice est motivée par l’opposition au contrôle des armes à feu, et non pas par une volonté de faire des économies.«S’il gérait le registre de façon ap- me cas, il sera envoyé en arbitrage accéléré.L’entreprise s’est aussi engagée à rencontrer les employés aux prises avec ces mesures disciplinaires afin qu’ils puissent donner leur version des faits, en présence d’un délégué syndical La Commission des relations de travail avait qualifié le débrayage d’illégal.La Presse canadienne propriée et ne renonçait pas aux droits, ce gouvernement réaliserait en fait un profit», a affirmé Ujjal Do-sanjh, porte-parole du Parti libéral du Canada (PIC) en matière de sécurité publique.«S’il ne veut pas faire de profits, je comprends cela.Nous devrions dans ce cas baisser les droits d’enregistrement et de permis, mais nous assurer que le registre demeure rentable», a-t-il ajouté.Joe Comartin, porte-parole du Nouveau Parti démocratique en ce qui a trait à la justice, esthne logique de penser que le système d’enregistrement et d’attribution de permis devrait être perçu comme un tout et devrait être géré de façon à ne pas se retrouver dans le rouge.La Presse canadienne Les conservateurs tournent le dos à des revenus du registre des armes à feu MANIFESTES EN UN PROJET DE SOCIÉTÉ EN 8 CHAPITRES DE SÉRIE HUGO LATULIPPE CE SOIR 21H CANAL I : (K) MANIFESTE U TRANSPORT PROPULSER LE PAYS 2 : (H) canald.com/mnnifestes Perquisition de la GRC LePCC veut limiter les dégâts JIM BROWN Ottawa — Le Parti conservateur du Canada (PCC) a mis à contribution les spécialistes en communication chargés de son image, hier, dans l’attente de la publication de nouveaux détails embarrassants au sujet de la perquisition menée par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) dans ses bureaux nationaux, la semaine dernière.De hauts responsables conservateurs, incluant le directeur de campagne Doug Finlay, le principal responsable des relations avec les médias, Ryan Sparrow, et l’avocat Paul Lepsoe, ont eu des entretiens avec certaines organisations de presse, hier, dans un hôtel du centre-ville d’Ottawa.Ils souhaitaient faire connaître leur version des faits avant qu’un tribunal de Toronto ne puisse rendre officiellement publiques des copies du mandat de perquisition, d’autres documents reliés à cette affaire ainsi que, du matériel utilisé par la GRC et Elections Canada afin de justifier la perquisition.L’opération a toutefois viré à la comédie lorsque des journalistes qui n’avaient pas été invités par le PCC se sont retrouvés dans le hall d’entrée de l’hôte] pour questionner leurs collègues.Ceux qui .avaient été invités par le parti ont reçu une pile de documents et un CD-ROM contenant le mandat de perquisition, notamment.Les autres médias, dont Le Devoir, n’auront accès à ces informations qu’une fois qu’elles auront formellement été rendues publiques par la cour, aujourd’hui.Selon certaines sources, les documents confirment ce qui est déjà largement connu, soit que la descente a été provoquée par le différend entourant les dépenses électorales des conservateurs, lors des dernières élections.Elections Canada fait enquête sur des allégations voulant que le PCC ait fait transiter de l’argent entre son bureau national et des circonscriptions locales dans le but de camoufler l’importance des sommes consacrées à sa campagne publicitaire.Le stratagème aurait permis au parti d’excéder de 1,2 million $ le plafond de dépenses alloué en vertu de la loi.La Presse canadienne et Le Devoir Le sénateur Prud’homme honoré Il encourage les Arabes à s’impliquer dans la vie politique ALEC CASTONGUAY Ottawa — A 20 mois de prendre sa retraite du Sénat, Marcel Prud’homme multiplie les honneurs.Après avoir reçu l’Ordre de l’amitié de la Russie directement des mains du premier ministre russe cet hiver, c’est au tour de l’Université d’Alger de décerner un doctorat honoris causa au sénateur originaire de Montréal Marcel Prud’homme a reçu vendredi cet honneur pour son implication constante dans les relations canado-arabes depuis 40 ans.L’université algérienne souligne «les valeurs de tolérance, de dialogue et d’humanisme» qu’il a toujours défendues.Dans son discours prononcé hier à Alger, le sénateur a encouragé les jeunes Arabes à s’impliquer dans la vie politique de leur pays, ce qui n’est pas toujours facile dans cette partie du monde.« Vous pouvez faire la différence!», peut-on lire dans son discours obtenu par Le Devoir.«Allez de l'avant dans la modernité, mais en respectant l’histoire et les traditions.» Marcel Prud’homme a été député libéral à Ottawa entre 1964 et 1993.Il a été nommé au Sénat il y a 15 ans.Tout au long de son parcours parlementaire, il s’est distingué pour ses relations étroites avec des pays jadis considérés comme parias, notamment l’URSS, la IJbye, la Chine et Cuba.«Je suis fidèle à ma politique de la main tendue à ceux à qui on ne doit pas parler», dit-il.l,e sénateur pourrait d’ailleurs recevoir d’autres distinctions avant son départ du Sénat, en novembre 2009.Le Devoir ^16944 A 8 LE DEVOIR.LE LUNDI 21 AVRIL 2008 ACTUALITES WASHINGTON SUITE DE LA PAGE 1 d’ailleurs ces consultants d'«auxiliaires» chargés de «multiplier ta force du message» et de diffuser les 4hèmes et messages» de l'administration, en les faisant passer pour «leurs propres opinions».D’autant plus, estime-t-on dans'le texte, que ces militaires à la retraite, souvent des héros de guerre couverts de médailles, jouissent d’une grande crédibilité et d’une aura d’objectivité auprès de l’opinion publique.En fait, dans les mois suivant les attentats du 11-Septembre, le secrétariat de la Défense soulignait déjà la grande influence qu’ils pouvaient avoir dans les foyers américains.Dans son article, intitulé «Derrière les analystes télé, la main cachée du Pentagone», le New York Times a en outre expliqué que le système s’est mis en place tandis que se préparait la guerre en Irak et n’a pas cessé de fonctionner depuis.Accès privilégié Les analystes ont ainsi été invités à des centaines de réunions privées avec des dirigeants militaires, ont été emmenés en Irak, ont eu accès à des renseignements confidentiels et ont eu des rencontres avec de hauts responsables de la Maison-Blanche, du département d’Etat et du département de la Justice, selon le New York Times.En retour, ils sont devenus la caisse de résonance des points de vue de l’administration, même lorsqu’ils soupçonnaient parfois que l’information était fausse ou exagérée.En entrevue au quotidien, certains ont d’ailleurs dit regretter d’avoir participé à cette vaste opération médiatique.D’autres ont nié que leurs interventions puissent avoir été influencées par leurs propres intérêts ou ceux de Washington.Même si les analystes sont des consultants payés par les télévisions, qui gagnent entre 500 et 1000 dollars par apparition à l’écran, certains ont néanmoins donné au Pentagone des 4rucs» pour contourner les télévisions et d’autres l’ont tenu alerté des reportages en préparation, selon le quotidien.«Bon travail», aurait affirmé Thomas Mdnerney, général à la retraite de l’armée de l’air et analyste pour Fox News, dans une note écrite au Pentagone après avoir reçu un YURI CHIPAS REUTERS Le président américain George W.Bush a salué des visiteurs, hier, sur la pelouse de la Maison-Blanche, lors de son retour de Camp David.L’administration Bush s’est servie d’analystes militaires pour manipuler l’opinion publique à propos de la guerre, selon le New York Times.compte rendu d’une réunion, fin 2006.«Nous allons l’utiliser», aurait-il ajouté.Le New York Times a examiné quelque 8000 pages de messages électroniques, de transcriptions et d’enregistrements décrivant plusieurs années de briefings et de voyages en Irak ou à Guantanamo obtenus par le quotidien après avoir remporté un procès contre le Pentagone.Globalement, ces dossiers révèlent en fait une relation symbiotique» où la ligne de partage habituelle entre gouvernement et journaliste est brouillée, a d’ailleurs souligné le quotidien dans son édition dominicale.Un exemple?En juin 2005, plusieurs de ces analystes, essentiellement des militaires retraités, ont pris part à une visite à la prison de Guantanamo Bay, une opération conçue pour les mobiliser afin de contrer l’image de plus en plus négative qu’avait cette base militaire, américaine dans l’opinion publique internationale.A bord de l’avion qui les amenait à Cuba — un vol effectué à bord d’un appareil normalement utilisé par le vice-président Dick Cheney —, des responsables de l’administration américaine leur ont clairement fait comprendre quel message ils souhaitaient voir passer dans les grands médias.Les résultats ne se sont, pas fait attendre.Sur les ondes des radios et des réseaux de télévision, les analystes ont rapidement dénoncé les critiques formulées par plusieurs organisations non gouvernementales, dont Amnesty International.«Les impressions que vous obtenez dans les médias et de plusieurs affirmations formulées par des personnes qui ne se sont pas rendues surplace sont, selon moi, totalement fausses», a ainsi déclaré un général retraité des forces de l’air, Donald W.Shepperd, par téléphone, sur les ondes de CNN.Il intervenait le jour même directement de la prison de Guantanamo Bay.Le même refrain a été repris dans les jours suivant?par d’autres «experts» ayant pris part à la visite guidée.Des transcriptions des propos tenus par les analystes dans les médias ont aussi circulé'auprès de personnes bien placées au sein de la Maison-Blanche et du Pentagone.On y soulignait d’ailleurs les progrès obtenus dans la bataille pour conquérir les cœurs et les esprits des Américains.Interrogé par le journal, le Pentagone a défendu son travail avec ces consultants, en affirmant ne leur avoir toujours fourni que des informations exactes.Pour le porte-parole du Département de la Défense, Bryan Whitman, «l’intention n’est rien d’autre qu’une tentative sérieuse d’informer le peuple américain».Il a ajouté qu’il serait «assez incroyable» de penser que des officiers à la retraite pourraient être utilisés «comme des marionnettes par le département de la Défense».La publication de cet article très fouillé n’avait pas encore suscité de réactions de la part des candidats aux investitures républicaine et démocrate, au moment de mettre sous presse.Le Devoir n’a également pas constaté de réactions sur les sites des grands réseaux américains sur les ondes desquels les experts militaires visés par le texte interviennent régulièrement.La plupart avaient déjà refusé de commenter les informations obtenues par le New York Times avant la publication de l’article.Ce n’est pas la première fois que l’administration Bush se retrouve sur la sellette en raison des méthodes utilisées pour justifier sa guerre contre le terrorisme.En janvier dernier, par exemple, une étude publiée par le Center for Public Integrity et intitulée Faux prkextes recensait «au moins 935fausses déclarations de hauts responsables de l’administration sur la menace que présentait l’Irak de Saddam Hussein pour la sécurité nationale».Le Devoir Avec l’Agence France-Presse, Le Monde et le New York Times ONU SUITE DE LA PAGE 1 Résultat : les Afghans, privés de l’argent des talibans qui provient de l’opium, sont alors en difficulté.Le désir de voir revenir les talibans, ne serait-ce que pour avoir de quoi manger, est alors très fort chez certains citoyens, ce qui anéantit les efforts militaires.L’entente permettra de mieux synchroniser les opérations, dit-on.Dans la même veine, le général responsable des missions militaires à l’OTAN n’aura plus à coordonner les efforts avec chacun des chefs de mission des différents programmes de l’ONU.Un seul interlocuteur sera responsable des activités des Nations unies en Afghanistan.Plus dure à coordonner dans une guérilla La diplomatie canadienne se réjouit de la future entente, mais estime que l’ONU doit avant tout mieux coordonner ses propres activités sur le terrain.Le 9 avril dernier, le nouvel envoyé spécial de l’ONU a reconnu les problèmes lors d’une conférence de presse.«Il faut créer un momentum et un nouveau sens de l’urgence.Le gouvernement afghan a de nombreux défis et il ne doit pas, en plus, faire face à me communauté internationale mal coordonnée», a dit le Norvégien Kai Eide.La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) compte 1300 employés sur le terrain, dont 80 % sont des Afghans.Toutes les grandes agences onusiennes sont présentes en Afghanistan, ce qui porte leur nombre à 18 organismes.De son côté, l’OTAN compte 47 000 soldats déployés dans les 34 provinces du pays.Titulaire de la Chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques de ÏÏJQAM, Charles-Philippe David rappelle que ce type d’entente n’est pas nouveau.«C’est une formule de plus en plus utilisée, surtout quand il fout reconstruire un pays et mener des opérations militaires en même temps.Ça prend beaucoup de coopération.» Selon lui, une entente administrative ne réglera pas tout «Est-ce que ça augmente l’espoir de changer la mission?On peut en douter.Les problèmes sont immenses, et ce n’est pas simplement une question de structure», dit-il rappelant la faiblesse du gouvernement Karzaï et la corruption qui ronge le pays.Tout juste de retour d’Afghanistan, où il dirigeait l’Equipe provinciale de reconstruction (EPR) à Kandahar, le lieutenant-colonel Robert Chamberlain, membre des Forces canadiennes, reconnaît qu’il y a «beaucoup de défis pour acheminer l’aide lorsqu’il y a une guérilla», comme c’est le cas en Afghanistan.Il est bien placé pour comprendre les problèmes, puisque l’EPR a justement pour mandat d’aider au développement de la province de Kandahar.«Le militaire, la gouvernance et l’aide doivent aller ensemble, dit-il.Dans un monde parfait, chacun pourrait foire son travail sans problème.Mais, dans une guérilla, on ne peut pas se permettre de perdre l’appui des gens, alors il fout que les trois aspects soient bien synchronisés On veut toujours foire plus, et c’est souvent frustrant.Mais il fout être patient», affirme le lieutenant-colonel Chamberlain.Le Devoir EN BREF Baisse des taux d’intérêt prévue Ottawa — Mark Camey, le gouverneur de la Banque du Canada, prévoit de diminuer son taux directeur d’un demipoint Cette annonce intervient alors que le spectre d’une récession au Canada semble s'éloigner, que le taux — déjà établi à 3,5 %—permet de maintenir la demande des consommateurs et que l’économie canadienne continue à résister à l’inflation.Les analystes estiment que la situation devrait rester stable et que l’inflation ne posera pas de problème à l’économie canadienne avant au moins deux ans.Mais de nombreux économistes craignent qu’un taux dinténèt trop bas finisse par accroître le risque d’inflation.- La Presse canadienne UQAM SUITE DE LA PAGE 1 d’un peu de chaleur et les autres, en quête d’un endroit discret pour s’injecter leur dose de drogue.L’université, qui avait déjà installé des boîtes pour recueillir les seringues à l’extérieur du pavillon Judith-Jasmin, a dû en placer à l’intérieur de ses murs compte tenu du nombre élevé de seringues laissées par terre.Le problème s’est accentué l’an dernier, les toilettes étant de plus en plus souvent bouchées par des seringues jetées dans les cuvettes.Des mesures ont dû être prises: l’accès à certaines toilettes a été réduit, une campagne de sensibilisation auprès du personnel a été menée, la surveillance a été accrue, des caméras ont été installées et tous les membres de l’équipe d’entretien ont reçu un vaccin contre les hépatites.«Les agents ont été sensibilisés au phénomène.Us font des rondes plus serrées et, lorsqu’ils voient des itinérants qui, de toute évidence, ne sont pas des étudiants, ils leur demandent de quitter les lieux», explique Daniel Hébert, directeur des communications à ITJQAM.S’il est parfois difficile de reconnaître un itinérant, il peut être encore plus difficile de détecter un toxicomane qui cherche la discrétion.«Les itinérants obtempèrent beaucoup plus facilement que la personne qui a besoin de s’injecter [sa dose], car celle-ci doit s’isoler rapidement et, si on intervient pendant qu’elle s’injecte [la drogue], il y a des risques de blessures pour les agents de sécurité ou pour le personnel», précise Alain Gingras, directeur du service de la prévention et de la sécurité.Le déménagement, il y a un an, de Cactus, un organisme qui vient en aide aux toxicomanes et gère un programme d’échange de seringues, a peut-être eu un effet sur la fréquentation des toxicomanes, mais l’université, prudemment, hésite à faire un lien direct avec le phénomène, car Cactus est un de ses parte- GÉRIN-LAJ0IE SUITE DE LA PAGE 1 des leaders d’opinion comme le père Georges-Henri Lévesque, étaient à point lorsque l’heure de leur mise en œuvre a sonné, avec l’élection du gouvernement de Jean Lesage en 1960.Cet état d’esprit collectif ne trouve pas son équivalent dans le Québec du troisième millénaire.«H n’y a pas de gens pour provoquer la cohérence dans l’opinion publique.La cohérence, c’est rare qu’elle vienne seule.Dans les pays en voie de développement, où il y a la guerre ou des événements majeurs comme cela, il peut y avoir une cohérence qui se forme toute seule.Mais da ns des pays riches comme le nôtre [.], c’est beaucoup plus difficile d’avoir une certaine cohérence», fait remarquer M.Gérin-Lajoie.La raison de cette dispersion de l’opinion publique?Le «manque de leadership», avance le père du système moderne d’éducation, qui vise non seulement les politiciens, mais aussi les universitaires.«On a de petits leaderships individuels, par quartier, pour ainsi dire.Mais on n 'a pas de leadership global comme on en a eu par le passé», dit-il, déplorant l’absence de projet de société.«Enfin, les péquistes en ont un, mais parfois on se le demande même», laisse tomber l’ex-politicien, encore prompt à décocher une flèche partisane.11 illustre l’éparpillement de la société québécoise par la multiplication des groupes communautaires de toutes sortes.«On est intéressé à la mère et à l’enfant autant qu’à l’environnement.Pourquoi est-ce qu’il faut des groupements séparés dans chacun des cas?[.] Quand on pense à tous les groupements communautaires qui ont chacun leur objectif, mis ensemble et ordonnés, intégrés, cela ferait un fichu beau projet de société», affirme celui qui a conservé une vision systémique de la société.naires.Autrefois situé rue Saint-Hubert, l’organisme a déménagé à l’angle des rues Sainte-Catherine et Sanguinet en avril 2007.«Le problème a toujours été présent, rappelle M.Hébert Je ne pense pas que le fait que Cactus soit à une rue à l’est du campus ou à une rue à l’ouest du campus, change quelque chose.Ce n’est pas son déplacement qui entraîne nécessairement le phénomène.» Si elle a accru la surveillance de ses accès, l’université refuse de boucler ses portes et d’implanter un système de cartes magnétiques pour contrôler toutes les entrées.«L’université est une institution publique, mais c’est un lieu privé.Notre niveau de tolérance n’est pas très élevé, parce qu’on a une mission : l’enseignement, la recherche et la création.On n’est pas une terre d’accueil», résume M.Gingras.Notons qu’aucune autre université montréalaise ne fait face aux mêmes problèmes.L’UQAM n’est pas seule à avoir de la visite non désirée.La Grande Bibliothèque, rue Berri, qui reçoit 9000 usagers par jour, procède à l’occasion à des expulsions, mais les problèmes y sont moins aigus qu’à l’UQAM.«C’est sûr qu’on ramasse des seringues, mais on essaie de mettre des mécanismes en place pour que les seringues soient récupérées dans des contenants sécuritaires», explique Danielle Chagnon, directrice de la référence et du prêt L’institution a d’aiEeurs pris soin de se doter d’un code de responsabilité des usagers qui balise les comportements inappropriés.«On n’empêche pas les gens d’entrer pour aller à la salle de toilettes, mais il est évident qu’un agent de sécurité a été placé à un endroit spécifique pour essayer de foire en sorte que ces gens-là n’intimident personne», indique Mme Chagnon.Toute personne qui a déjà fréquenté une bibliothèque sait combien Ù peut parfois être difficile de lutter contre le sommeil.SU est permis de s’assoupir dans la Grande Bibliothèque, il est interdit d’y venir spécifiquement pour dormir.Ceux qui le font de façon systématique risquent de se faire montrer la sortie.Au Complexe Desjardins aussi, la présence des Fier de l’accessibilité STI s’est illustré dans le domaine des relations internationales en énonçant la doctrine voulant que le Québec puisse intervenir sur la scène mondiale dans les domaines relevant de ses compétences, ainsi que dans le secteur du développement international, notamment en présidant l’ACDI pendant sept ans, c’est avant tout son passage au ministère de la Jeunesse puis au tout nouveau ministère de l’Education qui a marqué sa carrière.La plus grande fierté de ce révolutionnaire tranquille a été «de permettre à tous les enfants du Québec, du nord au sud, de l’est à l’ouest, sur les îles comme sur la terre ferme, d'accéder à l’école primaire, secondaire, et même au cégep.Aux îles de la Madeleine, ils ont accès à un cégep, c’est quelque chose d'extraordinaire.» Ce principe est demeuré une des pierres d’assise du système d’éducation, nullement entaché, à ses yeux, par les récentes augmentations des droits de scolarité.«Le système de bourses compense largement.On vit dans une société nord-américaine, et non en Europe, où l’université est gratuite», fait valoir celui qui a bénéficié de la prestigieuse bourse Rhodes pour effectuer un doctorat en droit constitutionnel à l’Université Oxford.Ses convictions en faveur de l’accessibilité à l’éducation s’inscrivent dans la lignée de sa grand-mère, la célèbre féministe Marie Incoste-Gérin-I ajoie, qui revendiquait une éducation classique pour sa fille, ce qui était à l’époque réservé aux garçons.L’effet de la démocratisation de l’éducation sur l’émancipation des femmes constitue pour lui une des grandes avancées de la Révolution tranquille.«Cela a changé le Québec.R y a maintenant la moitié de femmes dans les facultés de médecine, par exemples», rappelle-t-il avec enthousiasme, saluant au passage la parité de l’actuel Conseil des ministres.Une légère déception assombrit néanmoins cette fierté.Le premier titulaire du ministère de l’Éducation a le sentiment que les livres d’histoire ne reconnaissent pas à sa juste valeur l’importance qu’a eue le sys- sans-abri est inévitable compte tenu de la proximité de plusieurs refuges.Bien que l’on ait remarqué une augmentation du nombre de sans-abri dans les espaces publics au cours des dernières années, les expulsions demeurent rares.«On est plutôt tolérants à l’égard des itinérants, dans la mesure où ils ne gênent pas la clientèle, reconnaît France Moreau, coordonnatrice aux communications du Complexe Desjardins.Mais on va intervenir dans les cas de violence verbale.» Dans les artères commerciales également, la cohabitation entre les sans-abri et les commerçants n’est pas aisée.«Le danger, c’est quand le commerçant décide de régler la situation lui-même.Mais il arrive aussi que se développe une sorte de collaboration et que des itinérants, par exemple, nettoient la devanture d’un magasin après entente avec le propriétaire», relate Claude Rainville, directeur général de la Société de développement commercial du Quartier latin.L’itinérance prend de l’ampleur, tous le constatent.L’administration Tremblay-Zampino a d’ailleurs entrepris, ce mois-ci, de se pencher sur la question par l’entremise de consultations publiques menées par la Commission permanente sur le développement culturel et la qualité de vie.A la lumière des mémoires déposés par les groupes communautaires, la Ville entend adopter un plan d’action pour mieux cibler ses interventions.Le thème sera également abordé le 31 mai prochain par l’arrondissement de Ville-Marie qui organise un Forum qui s’intéressera particulièrement à la cohabitation souvent difficile entre sans-abri, résidants et commerçants du centre-ville.Démarches parallèles de deux paliers municipaux?Le maire Benoit Labonté jure toutefois qu’il ne s'agira pas de faire un diagnostic de la problématique, qui est amplement documentée, mais que cet événement se traduira par des projets concrets impliquant la collaboration de gens d’affaires et d’organismes communautaires du centre-ville.Le Devoir tème d’éducation dans le développement du Québec.La cause qu’il a défendue a parfois été un peu éclipsée par la nationalisation de l’hydroélectricité et le charisme de celui qui l’a pilotée, René Lévesque.«R jouait beaucoup sur les sentiments, alors que, moi, j’étais beaucoup plus rationnel», constate l'octogénaire, sans trop s’étendre sur le sujet Son engagement s'inscrit dans la durée.L’homme de 88 ans, au dos voûté et à l'abondante chevelure d’un blanc lumineux, ne connaît pas la retraite.Plusieurs jours par semaine, il se rend aux bureaux de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie dont il préside encore le conseil d’administration.L’organisme, fondé en 1977 par certains de ses proches collaborateurs, contribue au développement de l’éducation, principalement en Afrique francophone et en Haiti.«Je vise à aider les gens du tiers-monde à faire leur propre révolution tranquille en éducation, en commençant par emmener tous les enfants à l’école, avec des professeurs convenablement formés», explique-t-il, précisant que la fondation privilégie un maillage de l’expertise locale et québécoise et non la prise en charge des écoles par des professionnels québécois.Au crépuscule de sa vie, l’ancien homme politique reconnaît toutefois que certaines de ses ambitions pour le Québec ne seront jamais satisfaites.Comme celle de voir le Québec intervenir de plein droit sur la scène internationale : «Cela demanderait un amendement à la Constitution, un chambardement complet, un vrai statut particulier pour le Québec.Ce n’est pas réaliste de mon vivant», croit l’homme qui se réjouit néanmoins que l’actuel gouvernement fédéral ait consenti à intégrer un représentant québécois au sein de la délégation canadienne à l’UNESCO.«On dira que ce n’est pas gros, mais c’est comme en éducation : chaque enfant qu’on forme, c’est un analphabète de moins», conclut ce pilier de la Révolution tranquille.Le Devoir LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 U3 Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 514-985-3333 Comment nous joindre ?La rédaction Au téléphone 514-985-3333 Par télécopieur 514-985-3360 Par courrier redaction@ledevoir.com La publicité Au téléphone 514-985-3399 Par télécopieur 514-985-3390 Extérieur de Montréal (sans frais) 1 800 363-0305 Les avis publics et appels d’offres Au téléphone 514-985-3344 Par télécopieur 514-985-3340 Par courrier avisdev@ledevoir.com Les petites annonces et la publicité par regroupement Au téléphone 514-985-3322 Par 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diffuser les informations publiées dans Le Devoir.U Devoir est distribué par Messageries Dynamiques, division du Groupe Québécor Inc., 900, boulevard Saint Martin Ouest, laval.Envol de publication — Enregistrement nr 0858, Dépôt légal: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, 2007 f LE DEVOIR, LE LUNDI 2 1 AVRIL 20 0 8 mmi CHANSON Généreux Girard, passeur de Gauvreau Page B 8 MONDE François Brousseau Nouveaux fronts en Irak Alors que les attentat suicide à la bombe recommencent à se multiplier, de nouveaux fronts se profilent dans un Irak faussement apaisé.Ils tendent aujourd’hui à confirmer — après une petite année de semi-accalmie — que cette guerre catastrophique n’a pas fini de libérer tout son potentiel de violence et de souffrance humaine.L’envoi il y a un an, par les Etats-Unis, de troupes supplémentaires (opération baptisée The Surge, «le Sursaut») s’est doublé d’une tactique de «paix séparée» avec certains groupes arabes sunnites proprement nationaux.groupes que l’on a, ce faisant, éloignés des djihadistes internationaux de style al-Qaïda.En plus de déployer 30 000 soldats supplémentaires sous la direction de David Petraeus, un officier présenté comme un brillant stratège, les Américains ont délié les cordons de la bourse pour littéralement «acheter» des alliés conjoncturels dans le fameux Triangle sunnite, épicentre de la violence en 2004-2007.Localement, et ix>ur un certain temp, la stratégie a donné quelques résultats.D’où la baisse relative des violences de juin 2007 à janvier 2008.Mais en faisant ainsi copain-copain avec ceux que — l’année d’avant — l'on vilipendait encore comme d’horribles terroristes, les autorités américaines ont semé l’inquiétude parmi ceux qui se croyaient les gagnants du grand rebrassage de cartes irakien : les chiites et les Kurdes.Petraeus et ses amis «découvrent aujourd’hui un nouveau front de guerre, chiite celui-là, avec la remobilisation de l’Armée du Mehdi de Moqtada al-Sadr à Bagdad, et les combats chiiteschiites dans le sud.En attendant que la situation ne se gâte au nord également, chez des Kurdes inquiets de ces nouvelles alliances américaines, des Kurdes avides de reconquérir Kirkouk (la «Jérusalem kurde», aujourd’hui hors de la province officielle du Kurdistan) et qui regardent avec inquiétude par-dessus leur épaule, du côté de la Turquie où une nouvelle rage antikurde s’est faite jour en 2007.Les Américains, qui n’ont jamais vraiment contrôlé la situation sur le terrain, ont suivi le premier ministre Nouri al-Maliki dans sa récente offensive militaire anti-Moqtada à Sadr City et à Bassora.Mais avec un succès bien relatif, d’autant plus douteux que le diagnostic de Washington sur les chiites paraît erroné.Aveuglés par leur obsession de faire flèche de tout bois contre l’Iran, les Américains désignent aujourd’hui Moqtada comme l’ennemi principal.et le présentent comme un jouet de la stratégie interventionniste iranienne en Irak.Ce qui est faux! Car, dans la constellation politique chiite en Irak, Moqtada est historiquement le plus «nationaliste irakien» des leaders chiites.et le plus éloigné, en réalité, des intérêts iraniens! A l’inverse, des gens comme Al-Maliki, ou encore Abdoul Aziz al-Hakün, du Conseil islamique suprême de l’Irak (parti dominant à Bagdad), qui représentent en principe les «bons chiites» dans cette histoire, sont en fait très proches des ayatollah iraniens.tout en étant officiellement alliés des Etats-Unis! En plus, il est connu que, parmi les amis d’al-Hakim, beaucoup ne croient pas à vm Irak uni, et préparent l'avènement d’un «Chiistan» pro-Iran dans le sud.idée contre laquelle se bat, lui, Moqtada al-Sadr! Voilà pourquoi, malgré la supposée habileté du général Petraeus (plus tactique que stratégique), les Américains restent pantois devant le chaos irakien, et n’ont aucune idée de la façon de s’en sortir.?Nouvelles révélations du New York Times, hier, sur la manipulation des médias par le Pentagone au cours des six dernières années.Episode supplémentaire d’un feuilleton dont les grandes lignes sont connues et anciennes.On se souvient par exemple d’une certaine Judith Miller qui recrachait en «une» de ce même journal, il y a cinq ou six ans, les faussetés du lobby proguerre des émigrés irakiens et du Pentagone.Le plus grand journal des Etats-Unis s’est ressaisi depuis cette grave éclipse de 2002-2003.Mais cela ne signifie pas que toute la presse américaine ait recouvré son honneur, ni même qu’elle soit toujours désireuse de rechercher la vérité.Cela est particulièrement vrai du côté de la télévision.Grassement payés par Fox News et CNN, des militaires à la retraite, eux-mêmes toujours actifs comme conseillers ou dirigeants de sociétés d’armement, ont été «cultivés» par le Pentagone pour fournir au bon peuple des analyses prétendument indépendantes, mais où la «ligne» de Washington était systématiquement défendue.Ces prétendus «analystes» ont régulièrement couru à la télévision pour dénoncer les adversaires du Pentagone, pour dire que non, ce n’est pas si terrible à Guantanamo, ou que, contrairement à ce que vous croyez, ça va de mieux en mieyx en Irak.Aujourd’hui, la guerre des Etats-Unis en Irak est perdue.Une majorité d’Américains estime qu’elle fut une erreur dès sa conception.Avec le recul, les victoires conjoncturelles de la propagande seront balayées par l’histoire.Mais la preuve est faite que, dans le bon contexte (patriotisme de l’après-l 1-Septembre), et si l’on y met les moyens, on peut pendant un certain temps «mener en bateau» les trois quarts des citoyens d’un grand pays démocratique.François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada.On peut l’entendre tous es jours à l’émission Désautels à la Première Chaîne radio, et lire ses carnets sur wwu>.radio-canada.ca/nouvelles/carnets.francobroussdàhotmail.com JNesTNÊiF aâSS ÿ .T^ .^ s*# REINHARD KRAUSE REUTERS Deux Tibétains circulent dans une rue du comté de Machu, au Tibet.ENTREVUE Lord Durham au Tibet «Pour ne pas humilier la Chine, faut-il se résoudre à la mort lente de la culture tibétaine?», demande Claude Levenson CHRISTIAN RIOUX Paris — Les Tibétains n’ont certainement jamais entendu parler du rapport Durham.Le nom de ce lord britannique qui prêchait l’assimilation tranquille des francophones du Canada et leur accession à l’«universelle» culture anglo-saxonne pourrait pourtant fort bien décrire la colonisation tranquille que pratique la Chine au Tibet depuis quelques années.Les bordels, les karaokés et les MacDonald ont en effet remplacé les canons depuis quelques années même si les militaires sont toujours présents par milliers.C’est à cette lente assimilation, que plusieurs qualifient de génocide culturel, que Claude Levenson, auteure de plusieurs livres sur le Tibet, a assisté depuis 25 ans qu’elle fréquente assidûment la région.L’écrivaine et journaliste parisienne qui habite aujourd’hui la Suisse a visité le Tibet pour la première fois en 1984.C’est après des études de philosophie et de sanscrit qu’elle découvrait alors Lhassa.«La ville était encore tibétaine.Partout, on me demandait des nouvelles du dalaï-lama.De^ puis, j’y suis retournée une douzaine de fois.À chacune, fai constaté la lente colonisation chinoise.Aujourd’hui, Lhassa est devenue une ville chinoise comme il y en a des centaines avec des immeubles de béton et de verre.IjCS vieilles maisons tibétaines, même celles qui étaient inscrites au patrimoine, ont été largement détruites.Les Tibétains ont été déplacés de leurs quartiers afin de faire place aux nouveaux immeubles.Le quartier tibétain s’est rétréci comme une peau de chagrin.Les Tibétains ne sont plus qu’une minorité dans leur propre pays.» Dans leur capitale, ils ne seraient plug que 50 000 ou 60 000 sur 300 000habitante.A l’encontre des statistiques officielles auxquelles personne ne croit, on estime que, dans l’ensemble du Tibet, les Tibétains ne forment plus que 40 % de la population, résultat de 1a politique systématique de colonisation pratiquée par k.Chine.Selon Claude Levenson, l’implantation chinoise atteint maintenant les campagnes et certains villages.«Dans les années 80, on attirait les Chinois en leur offrant des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail, des facilités de logement et la possibilité de rentrer chez eux chaque année tous frais payés.Les familles chinoises qui s’établissaient au Tibet avaient le droit d’avoir deux enfants au lieu d’un seul comme c’était la règle en Chine.Cette politique a duré jusqu’en 1995.Maintenant, et surtout depuis l’inauguration du train Pékin-Lhassa, c’est devenu le Far West.Depuis le lancement en 2000 du programme officiel de développement Les autorités se sont toujours méfiées des monastères considérés comme des foyers de résistance de l’Ouest, déplus en plus de Chinois tentent leur chance par eux-mêmes.Ceux qui sont sans travail viennent faire de l’argent facile au Tibet.» Longtemps, l’exploitation des ressources naturelles de cette région a posé d’énormes problèmes techniques.Lhassa est tout de même à 3600 mètres d’altitude! Maintenant que la Chine s’est enrichie, elle a les moyens d’investir dans une région qui possède du fer, de l’or, de l’argent, les plus importantes ressources hydrauliques d’Asie et les plus grandes mines d’uranium au monde.«Et puis l’argentfacile, ce sont les bordels, les salons de massage, les karaokés et tout ce qui s’en suit, dit Claude Levenson.On peut tout faire au Tibet sauf de la politique!» La folklorisation du Tibet Avec trois millions de touristes l’an dernier, dit-elle, la culture tibétaine est passée de l’éradication pure et simple à la folklorisation.Il y a d’abord eu la Révolution culturelle qui a massivement détruit les monastères, les bibliothèques et les œuvres d’art Les statues ont été fondues, et les livres brûlés.Le nombre de monastères, grands et petite, serait passé de 6000 à une demi-douzaine.Ce sont ces derniers, les plus grands, qui ont été rénovés pour le tourisme.Lorsqu’elle écoute des chante tibétains à la radio, il arrive de plus en plus souvent à Claude Levenson (Je faire la grimace tant ils ont été «sinisés».À l’occasion du premier mai ou de la fête nationale, le gouvernement chinois aime mettre en évidence le folklore tibétain pour montrer qu’il fait tout pour conserver ces traditions.«On adapte la culture tibétaine aux goûts et à la manière chinoise, dit-elle.Les Tibétains ont leur propre sensibilité artistique et musicale.Les Chinois recueillent leurs chansons populaires et les adaptent.On assiste à une folklorisation de la culture tibétaine.On la maquille pour la rendre plus fine'', plus “jolie’’ et la mettre au goût d’un public de touristes chinois qui n'y connaît rien.» Pourtant, en pratique, il n’est plus possible aujourd’hui de vivre au Tibet sans parler chinois, dit Claude Levenson.«Ça commence dès l’école primaire, où le chinois occupe toute la place, sauf une heure ou deux de.tibétain par semaine.Officiellement, la langue est protégée, mais elle ne se conserve plus que dans le milieu familial.Autrefois, c’était au monastère que l’on apprenait à lire et à écrire.Ceux qui veulent foire des études universitaires sont envoyés dans les instituts des nationalités à Ixinzhou, Pékin ou Shanghai où ils sont bien évidemment obligés de parler le chinois.À la télévision, il n'y a qu’un bulletin de nouvelles par jour en tibétain.» VOIR PAGE B 2: TIBET de garde au Paraguay Fernando Lugo, T«évêque des pauvres», est élu à la présidence Asuncion, Paraguay — L’ex-évêque Fernando Lugo, candidat de la coalition de gauche, a officiellement été élu hier président du Paraguay, mettant ainsi fin à 61 ans d’hégémonie du Parti Colorado.Selon le Tribunal électoral, Fernando Ingo a remporté l’élection présidentielle avec 40,8 % des suffrages contre 30,8 % pour Blanca Ovelar, sa rivale du Parti Colorado.Juan Manuel Morales, vice-président du tribunal électoral, a précisé que le taux de participation s’était élevé à 65 %.Parfois surnommé «l’évêque rouge» et «l’évêque des pauvres», Lugo dit préférer au qualificatif de «gauche» qu’on lui accole celui de «progressiste».Immédiatement après l’annonce des résultats officiels, le président élu a rejoint la foule en liesse dans le centre d’Asuncion où ü lui a lancé: «Nous vous demandons de ne pas nous laisser seuls, la démocratie nous la ferons ensemble !» Le président sortant Nicanor Duarte a reconnu la victoire de M.Lugo et s’est engagé à «collaborer activement pour me passation de pouvoir dans un contexte pacifique, de compréhension et dans un esprit de construction».Auparavant, Blanca Ovelar avait reconnu sa défaite dans une brève conférence de presse.Peu après l’annonce des projections officielles qui lui étaient favorables, M.Lugo avait, lors d’une conférence de presse, fait le voeu qu’à l’avenir «le Paraguay ne soit plus simplement connu pour sa corruption et sa pauvreté, mais pour son honnêteté».L’ex-président colombien Andres Pastrana, à la tête d’une mission d’observation électorale internationale, a estimé que le scrutin avait été «une grande fête démocratique».Toutefois, des cas d’irrégularités ont été dénoncés.«On a constaté l’achat de cartes d’identité et la distribution d’argent au sein des mêmes bureaux de vote», a rapporté sur la chaîne Telefuturo Pilar Callizo, une observatrice de l’ONG Transparency International, qui a jugé cette situation «assez préoccupante».«Des commandos du Parti Colorado à l'intérieur et à l’extérieur de certains locaux créent une situation d’intimidation», a-t-elle expliqué.Les 2 861940 électeurs paraguayens étaient appelés à choisir, en un seul tour et pour up mandat unique de cinq ans, leur nouveau chef de l’Etat, le vice-président, les sénateurs, députés et gouverneurs de départements.La victoire de M.Lugo et de ses partisans confirmée, le marché commun régional du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay plus les associés Chili et Bolivie et le Venezuela en cours d’intégration) est désormais uniquement composé de gouvernements de gauche.Chevelure et barbe poivre et sel, le regard direct derrière des lunettes à monture métallique, le sourire serein, Fernando Lugo a renoncé à son sacerdoce en décembre 2006 pour conduire aux élections sa coalition, l’Alliance patriotique pour le changement (APC).Depuis, la popularité du candidat qui se qualifie de «progressiste», n’a cessé d’augmenter dans ce pays où un tiers des six millions d’habitante vit en dessous du seuil de pauvreté.Accusé de vouloir instaurer au Paraguay un système de type chaviste, Lugo a saisi l’occasion pour se démarquer des présidents populistes du Venezuela Hugo Chavez et de Bolivie Evo Morales, en affirmant que s’il «valorise les politiques de la région» sud-américaine, il croit en revanche que le Paraguay doit «suivre son propre processus».Après six décennies au pouvoir et un bilan économique et social désastreux, entaché de corruption, le Parti Colorado avait pris pn risque en propulsant une femme ex-ministre de l’Éducation dans la course présidentielle dans un pays réputé «machiste».Quant à l’autre candidat de droite, le général Oviedo, il était sorti il y a six mois de prison où il purgeait une peine de dix ans d’incarcération pour une tentative de putsch menée en 1996 contre le président de l’époque Juan Carlos Wasmosy.Agence France-Presse et Associated Press f *v| RICKEY ROGERS REUTERS Surnommé l’«évêque des pauvres», Fernando laigo a connu une ascension politique rapide. LE DEVOIR, LE LUNDI 21 AVRIL 2008 MEDIAS Quand le téléspectateur critique la télévision Page B 7 CHANSON Généreux Girard, passeur de Gauvreau Page B 8 ce LE MONDE O*' -r ¦ > m •»sr .H ' # A REINHARD KRAUSE REUTERS Deux Tibétains circulent dans une rue du comté de Machu, au Tibet.ENTREVUE Lord Durham au Tibet «Pour ne pas humilier la Chine, faut-il se résoudre à la mort lente de la culture tibétaine?», demande Claude Levenson François Brousseau Nouveaux fronts en Irak Alors que les attentat suicide à la bombe recommencent à se multiplier, de nouveaux fronts se profilent dans un Irak faussement apaisé.Ils tendent aujourd’hui à confirmer — après une petite année de semi-accalmie — que cette guerre catastrophique n’a pas fini de libérer tout son potentiel de violence et de souffrance humaine.L’envoi il y a un an, par les Etats-Unis, de troupes supplémentaires (opération baptisée The Surge, «le Sursaut») s’est doublé d’une tactique de «paix séparée» avec certains groupes arabes sunnites proprement nationaux.groupes que l’on a, ce faisant, éloignés des djihadistes internationaux de style al-Qaida.En plus de déployer 30 000 soldats supplémentaires sous la direction de David Petraeus, un officier présenté comme un brillant stratège, les Américains ont délié les cordons de la bourse pour littéralement «acheter» des alliés conjoncturels dans le fameux Triangle sunnite, épicentre de la violence en 2004-2007.Localement, et pour un certain temps, la stratégie a donné quelques résultats.D’où la baisse relative des violences de juin 2007 à janvier 2008.Mais en faisant ainsi copain-copain avec ceux que — l’année d’avant.— l’on vilipendait encore comme d’horribles terroristes, les autorités américaines ont semé l'inquiétude parmi ceux qui se croyaient les gagnants du grand rebrassage de cartes irakien : les chiites et les Kurdes.Petraeus et ses amis «découvrent» aujourd’hui un nouveau front de .guerre, chiite celui-là, avec la remobilisation de l’Armée du Mehdi de Moqtada aLSadr à Bagdad, et les combats chiites-düites dans le sud.En attendant que la situation ne se gâte au nord également chez des Kurdes inquiets de ces nouvelles alliances américaines, des Kurdes avides de reconquérir Kirkouk (la «Jérusalem kurde», aujourd’hui hors de la province officielle du Kurdistan) et qui regardent avec inquiétude par-dessus leur épaule, du côté de la Turquie où une nouvelle rage antikurde s’est faite jour en 2007.Les Américains, qui n’ont jamais vraiment contrôlé la situation sur le terrain, ont suivi le premier minisfre Nouri al-Maliki dans sa récente offensive militaire anti-Moqtada à Sadr City et à Bassora.Mais avec un succès bien relatif, d’autant plus douteux que le diagnostic de Washington sur les chiites paraît erroné.Aveuglés par leur obsession de faire flèche de tout bois contre l’Iran, les Américains désignent aujourd’hui Moqtada comme l’ennemi principal.et le présentent comme un jouet de la stratégie interventionniste iranienne en Irak.Ce qui est faux! Car, dans la constellation politique chiite en Irak, Moqtada est historiquement le plus «nationaliste irakien» des leaders chiites.et Ig plus éloigné, en réalité, des intérêts iraniens! A l’inverse, des gens comme Al-Maliki, ou encore Abdoul Aziz al-Hakim, du Conseil islamique suprême de l’Irak (parti dominant à Bagdad), qui représentent en principe les «bons chiites» dans cette histoire, sont en fait très proches des ayatollah iraniens.tout en étant officiellement alliés des Etats-Unis! En plus, il est connu que, parmi les amis d’al-Hakim, beaucoup ne croient pas à un Irak uni, et préparent l’avènement d’un «Chiistan» pro-Iran dans le sud.idée contre laquelle se bat, lui, Moqtada al-Sadr! Voilà pourquoi, malgré la supposée habileté du général Petraeus (plus tactique que stratégique), les Américains restent pantois devant le chaos irakien, et n’ont aucune idée de la façon de s’en sortir.?Nouvelles révélations du New York Times, hier, sur la manipulation des médias par le Pentagone au cours des six dernières années.Episode supplémentaire d’un feuilleton dont les grandes lignes sont connues et anciennes.On se souvient par exemple d’une certaine Judith Miller qui recrachait en «une» de ce même journal, il y a cinq ou six ans, les faussetés du lobby proguerre des émigrés irakiens et du Pentagone.le plus grand journal des Etats-Unis s’est ressaisi depuis cette grave éclipse de 2002-2003.Mais cela ne signifie pas que toute la presse américaine ait recouvré son honneur, ni même qu'elle soit toujours désireuse de rechercher la vérité.Cela est particulièrement vrai du côté de la télévision.Grassement payés par Fox News et CNN, des militaires à la retraite, eux-mèmes toujours actifs comme conseillers ou dirigeants de sociétés d’annement, ont été «cultivés» par le Pentagone pour fournir au bon peuple des analyses prétendument indépendantes, mais où la «ligne» de Washington était systématiquement défendue.Ces prétendus «analystes» ont régulièrement couru à la télévision pour dénoncer les adversaires du Pentagone, pour dire que non, ce n’est pas si terrible à Guantanamo, ou que, contrairement à ce que vous croyez, ça va de mieux en mieux en Irak.Aujourd’hui, la guerre des Etats-Unis en Irak est perdue.Une majorité d’Américains estime qu’elle fut une erreur dès sa conception.Avec le recul, les victoires conjoncturelles de la propagande seront balayées par l’histoire.Mais la preuve est faite que, dans le bon contexte (patriotisme de l’après-11-Septembre), et si l’on y met les moyens, on peut pendant un certain temps «mener en bateau» les trois quarts des citoyens d’un grand pays démocratique.François Brousseau est chroniqueur d'information internationale à Radio-Canada.On peut l’entendre tous es jours à l’émission Désautels à la Première Chaîne radio, et lire ses carnets sur www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets.framobroussofahotmail.com CHRISTIAN RIOUX Paris — Les Tibétains n’ont certainement jamais entendu parler du rapport Durham.Le nom de ce lord britannique qui prêchait l’assimilation tranquille des francophones du Canada et leur accession à ]’«universelle» culture anglo-saxonne pourrait pourtant fort bien décrire la colonisation tranquille que pratique la Chine au Tibet depuis quelques années.Les bordels, les karaokés et les MacDonald ont en effet remplacé les canons depuis quelques années même si les militaires sont toujours présents par milliers.C’est à cette lente assimilation, que plusieurs qualifient de génocide culturel, que Claude Levenson, auteure de plusieurs livres sur le Tibet, a assisté depuis 25 ans qu’elle fréquente assidûment la région.L’écrivaine et journaliste parisienne qui habite aujourd’hui la Suisse a visité le Tibet pour la première fois en 1984.C’est après des études de philosophie et de sanscrit qu’elle découvrait alors Lhassa.«Im ville était encore tibétaine.Partout, on me demandait des nouvelles du dalaï-lama.De; puis, j’y suis retournée une douzaine de.fins.À chacune, j’ai constaté la lente colonisation chinoise.Aujourd’hui, Uiassa est devenue une ville chinoise comme il y en a des centaines avec des immeubles de béton et de verre.Les vieilles maisons tibétaines, même celles qui étaient inscrites au patrimoine, ont été largement détruites.Les Tibétains ont été déplacés de leurs quartiers afin de faire place aux nouveaux immeubles.Le quartier tibétain s’est rétréci comme une peau de chagrin.Les Tibétains ne sont plus qu’une minorité dans leur propre pays.» Dans leur capitale, ils ne seraient plus que 50 000 ou 60 000 sur 300 000 habitante.A l'encontre des statistiques officielles auxquelles personne ne croit, on estime que, dans l’ensemble du Tibet, les Tibétains ne forment plus que 40 % de la population, résultat de la politique systématique de colonisation pratiquée par la Chine.Selon Claude Levenson, l’implantation chinoise atteint maintenant les campagnes et certains villages.«Dans les années 80, on attirait les Chinois en leur offrant des salaires plus élevés, de meilleures conditions de travail, des facilités de logement et la possibilité de rentrer chez eux chaque année tous fiais payés, l^es familles chinoises qui s’établissaient au Tibet avaient le droit d'avoir deux enfants au lieu d’un seul comme c’était la règle en Chine.Cette politique a duré jusqu’en 1995.Maintenant, et surtout depuis l'inauguration du train Pékin-Utassa, c’est devenu le Far West.Depuis le lancement en 2000 du programme officiel de développement de l’Ouest, déplus en plus de Chinois tentent leur chance par eux-mêmes.Ceux qui sont sans travail viennent faire de l’argent facile au Tibet.» Longtemps, l’exploitation des ressources naturelles de cette région a posé d’énormes problèmes techniques.Lhassa est tout de même à 3ÉD0 mètres d’altitude! Maintenant que la Chine s’est enrichie, elle a les moyens d’investir dans une région qui possède du fer, de l’or, de l’argent, les plus importantes ressources hydrauliques d’Asie et les plus grandes mines d’uranium au monde.«Et puis l’argent facile, ce sont les bordels, lessa-lons de massage, les karaokés et tout ce qui s’en suit, dit Claude Levenson.On peut tout faire au Tibet sauf de la politique!» La folklorisation du Tibet Avec trois millions de touristes l’an dernier, dit-elle, la culture tibétaine est passée de l’éradication pure et simple à la folklorisation.Il y a d’abord eu la Révolution culturelle qui a massivement détruit les monastères, les bibliothèques et les œuvres d’art Les statues ont été fondues, et les livres brûlés.Le nombre de monastères, grands et petite, serait passé de 6000 à une demi-douzaine.Ce sont ces derniers, les plus grands, qui ont été rénovés pour le tourisme.Lorsqu’elle écoute des chants tibétains à la radio, il arrive de plus en plus souvent à Claude Levenson de faire la grimace tant ils ont été «sinisés».A l’occasion du premier mai ou de la fête nationale, le gouvernement chinois aime mettre en évidence le folklore tibétain pour montrer qu’il fait tout pour conserver ces traditions.«On adapte la culture tibétaine aux goûts et à la mpnière chinoise, dit-elle.Les Tibétains ont leur propre sensibilité artistique et musicale.Les Chinois recueillent leurs chansons populaires et les adaptent.On assiste à une filkl/risation de la culture tibétaine.On la maquille pour la rendre plus ’fine”, plus “jolie” et la mettre au goût d’un public de touristes chinois qui n’y connaît rien.» Pourtant, en pratique, il n’est plus possible aujourd’hui de vivre au Tibet sans parler chinois, dit Claude Levenson.«Ça commence dès l’école primaire, où le chinois occupe toute la place, sauf une heure ou deux de tibétain par semaine.Officiellement, la langue est protégée, mais elle ne se conserve plus que dans le milieu familial.Autrefois, c’était au monastère que l’on apprenait à lire et à écrire.Ceux qui veulent faire des études universitaires sont envoyés dans les instituts des nationalités à Lanzhou, Pékin ou Slumghai où ils sont bien évidemment obligés de parler le chinois.À la télévision, il n’y a qu’un bulletin de nouvelles par jour en tibétain.» VOIR PAGE B 2: TIBET Changement de garde an Paraguay Fernando Lugo, l’«évêque des pauvres», est élu à la présidence Asuncion, Paraguay— L’ex-évêque Fernando Lugo, candidat de la coalition de gauche, a officiellement été élu hier président du Paraguay, mettant ainsi fin à 61 ans d’hégémonie du Parti Colorado.Selon le Tribunal électoral, Fernando Lugo a remporté l’élection présidentielle avec 40,8 % des suffrages contre 30,8 % pour Blanca Ovelar, sa rivale du Parti Colorado.Juan Manuel Morales, vice-président du tribunal électoral, a précisé que le taux de participation s’était élevé à 65 %.Parfois surnommé «l’évêque rouge» et «l’évêque des pauvres», Lugo dit préférer au qualificatif de «gauche» qu’on lui accole celui de «progressiste».Immédiatement après l’annonce des résultats officiels, le président élu a rejoint la foule en liesse dans le centre d’Asuncion où il lui a lancé: «Nous vous demandons de ne pas nous laisser seuls, la démocratie nous la ferons ensemble !» Le président sortant Nicanor Duarte a reconnu la victoire de M.Lugo et s’est engagé à «collaborer activement pour une passation de pouvoir dans un contexte pacifique, de compréhension et dans un esprit de construction».Auparavant Blanca Ovelar avait reconnu sa défaite dans une brève conférence de presse.Peu après l’annonce des projections officielles qui lui étaient favorables, M.Lugo avait lors d’une conférence de presse, fait le voeu qu’à l’avenir «le Paraguay ne soit plus simplement connu pour sa corruption et sa pauvreté, mais pour son honnêteté».L’ex-président colombien Andres Pastrana, à la tête d’une mission d’observation électorale internationale, a estimé que le scrutin avait été «une grande fête démocratique».Toutefois, des cas d’irrégularités ont été dénoncés.«On a constaté l’achat de cartes d’identité et la distribution d’argent au sein des mêmes bureaux de vote», a rapporté sur la chaîne Telefuturo Pilar Callizo, une observatrice de l’ONG Transparency International, qui a jugé cette situation «assez préoccupante».«Des commandos du Parti Colorado à l’intérieur et à l’extérieur de certains locaux créent une situation d’intimidation», a-t-elle expliqué.Les 2 861940 électeurs paraguayens étaient appelés à choisir, en un seul tour et pour up mandat unique de cinq ans, leur nouveau chef de l’Etat le vice-président les sénateurs, députés et gouverneurs de départements.La victoire de M.Lugo et de ses partisans confirmée, le marché commun régional du Mercosur (Argentine, Brésil, Uruguay et Paraguay plus les associés Chili et Bolivie et le Venezuela en cours d’intégration) est désormais uniquement composé de gouvernements de gauche.Chevelure et barbe poivre et sel, le regard direct derrière des lunettes à monture métallique, le sourire serein, Fernando Lugo a renoncé à son sacerdoce en décembre 2006 pour conduire aux élections sa coalition, l’Alliance patriotique pour le changement (APC).Depuis, la popularité du candidat qui se qualifie de «progressiste», n’a cessé d’augmenter dans ce pays où un tiers des six millions d’habitante vit en dessous du seuil de pauvreté.Accusé de vouloir instaur er au Paraguay un système de type chaviste, Lugo a saisi l’occasion pour se démarquer des présidents populistes du Venezuela Hugo Chavez et de Bolivie Evo Morales, en affirmant que s’il «valorise les politiques de la région» sud-américaine, il croit en revanche que le Paraguay doit «suivre son propre processus».Après six décennies au pouvoir et un bilan économique et social désastreux, entaché de corruption, le Parti Colorado avait pris pn risque en propulsant une femme ex-ministre de l’Éducation dans la course présidentielle dans un pays réputé «machiste».Quant à l’autre candidat de droite, le général Oviedo, il était sorti il y a six mois de prison où il purgeait une peine de dix ans d’incarcération pour une tentative de putsch menée en 1996 contre le président de l’époque Juan Carlos Wasmosy.Agence France-Presse et Associated Press ! RICKEY ROGERS REUTERS Surnommé l’«évêque des pauvres», Fernando Lugo a connu une ascension politique rapide.Les autorités se sont toujours méfiées des monastères considérés comme des foyers de résistance à 4 à s LE DEVOIR.LE L U N D 2 1 AVRIL 2 O O K LES SPORTS ADAM HUNGER REUTERS Le Centre Bell va être le théâtre d’un septième match décisif en séries entre les deux grands rivaux, qui en sont à Jeur 31' affrontement d’après-saison.L33E f*»j Bank» •• Bankrnùrth Le Canadien À une défaite des vacances Acculée, l’équipe rivalisera d’intensité, selon Carbonneau HOCKEY Quarts de finale d’association ASSOCIATION DE L’EST Montréal (1) c.Boston (8) (La série est égale 3-3) Samedi Boston 5 Montréal 4 Aujourd’hui x-Boston à Montréal, 19h Pittsburgh (2) c.Ottawa (7) (Pittsburgh gagne la série 4-0) Washington (3) c.Philadelphie (6) (Philadelphie mène la série 3-2) Samedi Washington 3 Philadelphie 2 Aujourd’hui Washington à Philadelphie, 19h New Jersey (4) c.N.Y.Rangers (5) (N.Y, Rangers gagne la série 4-1) ASSOCIATION DE L’OUEST Detroit (1)c.Nashville (8) (Detroit gagne la série 4-2) Hjer Detroit 3 Nashville 0 Mardi x-Nashville à Detroit, 19h San José (2) c.Calgary (7) (La série est égale 3-3) Hier San José 0 Calgary 2 Mardi x-Calgary à San José, 22h Minnesota (3) c.Colorado (6) (Colorado gagne la série 4-2) Samedi Colorado 2 Minnesota 1 Anaheim (4) c.Dallas (5) (Dallas gagne la série 4-2) Hier Anaheim 1 Dallas4 Mardi x-Dallas à Anaheim, 22h x —si nécessaire ROBERT LAFLAMME Guy Carbonneau est certain que le Canadien va finalement égaler le niveau d’intensité des Bruins de Boston, ce soir, maintenant qu’il se retrouve dans la même position qu’eux, soit acculé.«On a eu la chance de mener la série 3-1.On avait un coussin pour perdre des matchs.On ne l’a plus», a souligné l’entraîneur du Tricolore, hier.«Les Bruins vont dire qu'ils n’ont rien à perdre, a-t-il continué.C’était le cas dans les deux derniers matchs.Lundi [aujourd’hui], ils vont tout avoir à perdre, comme nous.» Le Centre Bell va être le théâtre d’un septième match décisif en séries entre les deux grands rivaux, qui en sont à leur 31' affrontement d’après-saison.Il s’agit de deux sommets, tous sports professionnels confondus.«C’est un match sans lendemain.On n’a plus nulle part où aller.Si on n’est pas prêts et qu’on ne fournit pas l’effort, on va se retrouver en vacances», a affirmé Carbonneau.S’expliquant mal leur rendement en dents de scie dans les deux derniers duels, D a dit croire que ses troupiers vont répondre à l’appel, comme ils l’ont fait au cours de la saison régulière.«Toutes lesJbis qu’on a été confrontés à des obstacles, mies a surmontés, a-t-il fait remarquer.L’obstacle est plus grand, mais je ne suis pas inquiet.Les gars vont le surmonter.Je suis cmfiant qu’on va être animé du sentiment d’urgence.Je ne verrais pas pourquoi ce ne serait pas le cas.» L’entraîneur a dit souhaiter que l’équipe affiche la même cohésion et ardeur à la tâche qu’au cours des matchs numéros un et quatre de la série (victoires de 4-1 à Montréal et de 1-0 à Boston).Le septième joueur Carbonneau et les joueurs ont souligné l’importance de disputer la rencontre à domicile.«La ville va être électrique, les partisans également, a avancé l’entraîneur.L’atmosphère au Centre Bell va être extraordinaire.Il va y avoir de la nervosité de part et d’autre.Un septième match, c'est enivrant et emballant.» La dernière fois que le Canadien en a joué un à domicile, c'est le 1" mai 1992, au Forum.H l’avait l’emporté 3-2 en deuxième prolongation contre les Whalers de Hartford, en demi-finale de la section Adams.Russ Courtnall avait joué les héros.«Je m’en rappelle très bien, a évoqué le défenseur Patrice Brisebois.J’avais frappé un poteau quelques instants avant le but de Courtnall.» Brisebois se rappelle également que Yvon Corriveau, des Whalers, avait aussi vu un tir heurter un poteau peu de temps auparavant Le vétéran conserve de beaux souvenirs de deux de ses trois participations à un septième match en carrière.«C’est une expérience très agréable.Comme joueur, m est plus emballé que nerveux.Et c’est un sentiment incroyable quand on gagne.Je me rappelle des victoires qu’on a obtenues en 1992 et contre les Bruins à Boston, en 2004.» «En espérant que ça va bien se passer pour nous, a résumé Brisebois.On va tenter d’imposer notre rythme dès le départ.Si on marque les premiers, la foule va embarquer.» La Presse canadienne EN BREF U-18: le Canada en demi-finales Russie — Le gardien Jake Allen s’est illustré hier et il a permis au Canada d’atteindre les demi-finales du Championnat mondial de hockey des moins de 18 ans, en Russie, grâce à une victoire de 2-1 sur la Finlande.Allen, qui évolue pour l’équipe de Saint-Jean, Terre-Neuve, dans la Ligue junior majeure du Québec, a bloqué 35 des 36 tirs des Finlandais.Il n’a cédé que devant Jani Lajunen, en 3' période.Les marqueurs du Canada, qui n’ont effectué que 20 tirs durant ce match, ont été Tyler Cuma et Cody Hodgson, tous deux de la ligue de l’Ontario.Le Canada fera face à la Suède aujourd’hui, en demi-finale.- La Presse canadienne Mosley se retirera Londres — Max Mosley a déclaré hier avoir l’intention de quitter son poste de président de la Fédération internationale de l’automobile l’année prochaine, même si un vote de l’assemblée générale spéciale lui donne raison.Son avenir à la tête de la FIA se jouera à Paris, le mardi 3 juin.- AP Red Wings 3, Predators O Detroit élimine Nashville Nashville, Tennessee — Nick-las Lidstrom, Jiri Hudler et Brian Rafalski ont été les marqueurs, hier, alors que les Red Wings de Détroit ont éliminé les Predators de Nashville en six matches grâce à un gain de 3-0.Rafalski a mis la touche finale en marquant dans un filet désert avec 4,8 secondes à jouer.Chris Osgood a intercepté 20 tirs lors de son deuxième départ d’affilée dans cette série.Les Predators ont raté leur meilleure chance de marquer lorsqu’un tir de David Legwand a touché le poteau, en première période.Les Red Wings ont maintenant gagné 59 séries éliminatoires, ce qui leur permet de devancer les Maple Leafs de Toronto au deuxième rang de l’histoire à ce chapitre.Les Predators subissaient l’élimination dès le premier tour pour la quatrième fois en autant de présences en séries.A chaque occasion, ils ont perdu le match décisif sur leur propre patinoire.Lidstrom a marqué de façon inhabituelle en deuxième période: après avoir saisi une passe, il a décoché un tir venant des environs de la ligne rouge.Ellis s’est avancé quelque peu, mais la rondelle a fait un drôle de bond et a échappé à son attention, ce qui a donné les devants 1-0 aux Wings à 13:44 de l’engagement.Les Predators ont rapidement eu l’occasion de répliquer: ils ont obtenu un avantage numérique, puis ils ont évolué à cinq contre trois pendant 54 secondes après une punition de Kris Draper, à 14:43, mais ils n’ont pas réussi à déjouer Osgood.Hudler a doublé l’avance des Wings à 3:52 en troisième période.Pour un deuxième match de suite, les Predators ont dû se débrouiller sans leur capitaine Jason Arnott, dont les 72 points en saison régulière étaient un sommet d’équipe partagé avec Jean-Rerre Dumont Associated Press HOCKEY Les séries en.mandarin JAMES KELLER Vancouver — Il n’existe pas de mot mandarin pour dire rondelle de hockey.Maintenant que le réseau anglais de RadioCanada diffuse pour la première fois le hockey en mandarin, Jason Wang, qui fait la description des matchs des séries éliminatoires de la LNH opposant le Canadien de Montréal aux Bruins de Boston dans sa langue natale, se contente d’utiliser le mot signifiant balle.Il s’agit là d’un des nombreux termes de hockey que M.Wang a dû traduire et même, dans certains cas, inventer à l’intention des téléspectateurs chinois.De son propre aveu, l’animateur n’a pas la tâche facile.«Particulièrement en ce qui concerne le hockey, pour lequel la culture chinoise est sans contexte.Je dois donc traduire beaucoup de termes, toutes les pénalités, et parfois, je dois faire des emprunts à d’autres sports», a affirmé M.Wang, assis dans un petit studio de l’immeuble de CBC à Vancouver, où il assure la description des matchs en les regardant sur un grand écran de télévision.«fai me liste complète de traductions d’infractions, dit-il.Je parle pendant que les images défilent, alors je crois que les téléspectateurs vont comprendre assez rapidement.» M.Wang sera appelé à décrire les rencontres d’une série de chaque ronde des éliminatoires, que les Chinois peuvent suivre dans le site internet de CBC Sports.Les matchs sont également présentés sur les ondes de chaînes de télévision par satellite et spécialisées.Né à Taïwan il y a 24 ans, M.Wang affirme qu’il est encore trop tôt pour savoir si beaucoup de gens suivent les matchs.Il ajoute cependant que l’auditoire de telles émissions est croissant «La communauté canado-chinoi-se augmente à la grandeur du pays, en particulier dans les grandes villes, alors nous croyons qu’il s’agit d’un marché qui va continuer de croître.Nous pensons tout simplement qu’il va gagner en importance avec le temps.» Larry Kwong, qui fut le premier joueur d’origine chinoise à avoir évolué au sein de la LNH, en 1948, lorsqu’il a disputé un match dans l’uniforme des Rangers de New York, n’a pu s’empêcher de rire lorsqu’il entendu parler des reportages.«Sans blague, je ne peux y croire», a lancé M.Kwong, âgé de 84 ans, qui est né en Colombie-Britannique et qui habite aujourd’hui à Calgary.La Presse canadienne Téléphone : 514 985-3322 Télécopieur : 514 985-3340 LES PETITES ANNONCES Courriel : petitesamionces@ledevoir.com AVIS DE DECES LES PETITES AHNONCES DU LUNDI AU VENDREDI DE 8H30 À 17H00 Pour placer, modifier ou annuler votre annonce, téléphonez avant 14 h 30 pour l’édition du lendemain.Téléphone: 514-985-3322 Télécopieur: 514-985-3340 petltesannonc98@ledevolr.com Conditions de paiement : cartes de crédit Sudoku par Fabien Savary 6 7 5 1 4 6 4 5 2 8 8 — 3 4 — 7 5 1 2 1 4 1 9 2 3 5 8 6 3 Niveau de difficulté : FACILE 0842 Placez un chiffre de 1 à 9 dans chaque case vide.Chaque ligne, chaque colonne et chaque boîte 3x3 délimitée par un trait plus épais doivent contenir tous les chiffres de 1 à 9.Chaque chiffre apparaît donc une seule fois dans une ligne, dans une colonne et dans une boîte 3x3.Solution du dernier numéro 7 6 8 4 5 3 2 1 9 4 9 2 6 1 8 5 7 3 5 1 3 2 7 9 8 4 6 6 5 1 9 8 2 4 3 7 8 3 9 7 4 6 1 2 5 2 4 7 5 3 1 6 9 8 3 8 4 1 9 5 7 6 2 9 7 6 8 2 4 3 5 1 1 2 5 3 6 7 9 8 4 0841 SUDOKU : le logiciel 10 000 sudokus inédits de 4 niveaux de difficulté par notre expert Fabien Savary En exclusivité sur le site des Mordus www.les-mordus.com 103 CONDOMINIUMS EïCOPROPlÉfc A ST-REMI.15 min de Montréal.Tous les avantages que vous avez pu rêver, économie d’électricité, 51/2,31/2 ensoleillés, intimité, balcon ext.su soleil, 514 512-1084 450-638-4982 CONDO NEUF FACE FLEUVE rue Bellenve à Mtl, à partir de 212 575$ + taxes, bois Iranc, a/c, alarme, etc.514813-9620 160 APPARIEMENTS ET LOGEMENTS ÀIQUER S1/2 - 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(514) 762-2667 Godin, Marcel 1932-2008 « Je possède peu et le peu que je possède je le possède bien peu.» À l'aube du printemps, comme il est apparu sur cette terre il ta quittée.Marcel Godin est né à Trois-Rivières le 10 mars 1932; il est décédé à Montréal le 17 avril 2008.Il était le fils d'Albert-Alexandre Godin et Yvonne Morin, Écrivain et journaliste, il est l'auteur de plusieurs romans, nouvelles, pièces de théâtre.Il a œuvré principalement à La Presse, au Nouveau Journal, à Radio-Canada, ainsi que dans l'édition où il a été directeur et conseiller littéraire.Sa famille, sa femme France, son fils Jean-François expriment leur plus profonde reconnaissance à toutes les personnes qui l'ont entouré de soins et d'affection.Selon ses volontés, il ne sera pas exposé et les funérailles auront lieu dans la plus stricte intimité.Si vous souhaitez transmettre vos condoléances, vous pouvez le faire à l'adresse suivante : Centre funéraire Côte-des-Neiges Réseau Dignité 4525 chemin de la Côte-des-Neiges Montréal, Québec H3V 1E7 Tél : 514-342-8000 www.dignitequebec.com necro!ogie@iememoriel.com 2190, rue Mont-Royal Est Montréal (Québec) H2H 1K3 (5tq) 525«»49 Télécopieur : (514) 525*7999 www.lememoriel.com Pour publication section décès Le?mémoriel Tous les jours de 10 h 30 à 18 h 30 V i 1
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