Le devoir, 19 avril 2008, Cahier E
E I) E VT 0 I H , LES SAMEDI I !» E T D I M A X (' HE 20 AVRIL 2 0 0 8 ULTDRE ifP 0 jjf > - "v:-* * V- JOHN L0ND0N0 Sur son troisième disque, Ariane Moffatt avoue avoir été inspirée par des chanteuses comme Amy Winehouse et Lily Allen, et aussi par des groupes électro plus crus, comme Justice ou Digitalism.Un pas vers la lumière Sur Tous les sens, la multi-instrumentiste mélange une pop sixties à Vélectro du moment PHILIPPE PAPINEAU près avoir façonné deux albums que l’on ne pourrait pas placer d’emblée dans la catégorie des œuvres les plus «hop la vie» pour égayer les âmes tristes, voici qu’Ariane Moffatt effectue un certain virage en nous offrant Tous les sens, un troisième disque qui prend désormais racine dans un terreau beaucoup plus lumineux.Il ne faut d’ailleurs pas fouiner longtemps à travers ce plus récent effort de la multi-instrumentiste pour trouver ce nouvel éclat Dès le premier regard sur la couverture du disque, on est ébloui par une Ariane Moffatt méconnaissable, regardant droit devant debout sur un lit d’hôtel, entourée d’une resplendissante aura de lumière du jour.«Je ressemble à un mélange d’Astro le robot et de Jean Seberg dans A bout de souffle, de Godard!», dit en rigolant la principale intéressée.En ce matin de printemps, un gros soleil lance ses rayons sur les larges fenêtres du Cagibi, un petit café et aussi une salle de concert du boulevard Saint-Laurent, dans le Mile-End, là où réside Ariane Moffatt.L’ancienne collaboratrice de Daniel Bélanger et de Marc Déry a encore les yeux fatigués, mais elle a tout de même le rire facile et le verbe leste.«Je me suis donné le mandat de changer un peu l’angle de mes chansons, de mettre un peu plus de lumière, sans m’éloigner de moi et sans faire des trucs légers et pas touchants, raconte la jeune femme qui fêtera ses 29 ans dans quelques jours.C’était aussi une question de me prouver à moi-même que j’étais capable d’écrire dans d'autre chose que la douleur.Dans ma personnalité de tous les jours, je suis super-pétillante, et c’était important que ça se retrouve dans mon travail.» Alors, maintenant, elle joue La Fille de l’iceberg, «qui dérive lentement / vers le rebord du monde / le creux de tes flancs».Quand elle brise un cœur, elle s’assure maintenant de s’en occuper.Et en plus, elle veut tout, «le silence et les promesses / le rigide et la souplesse / [.] L’anarchie et la sagesse / ton sourire et puis tes fesses».De la lumière, disait-elle.En janvier 2009, Ariane Moffatt passera six mois en Ouverture Tant qu’à changer d’approche pour la création, Ariane Moffatt s’est aussi lancé un défi pour l’interprétation.Sur Tous les sens — qu’elle aurait pu faire avec quelques bonzes français mais qu’elle a préféré coréaliser avec Jean-Phi Goncalves (Plaster), son ami de longue date —, Moffatt s’est amusée un peu.«On a mis les chansons sur un mur et on s’est demandé ce qu'on pourrait essayer au niveau de la voix, à quel jeu on pourrait jouer pour ouvrir les chansons, pour avoir une autre perspective sur elles.» Pour une rare fois, elle chante France afin d’y tenter sa chance aussi les textes d’un autre auteur, dans le cas présent ceux de Franck Deweare, un Français qui, selon elle, sera bientôt «notre petit Gainsbourg du Québec».La chanteuse montre maintenant un portrait plus complet d’elle-même.Un pied en plein jour, un pied dans la nuit Et, comme à son habitude, un pied dans la pop et un pied dans la musique électronique.«J’essaie ça depuis le début, mais chaque fois de façon différente.» Aquanaute, son premier disque, était bourré d’effets sonores et avait un côté «mouillé».Le Cœur dans la tête, paru en 2005, avait un côté plus rock, «avec des guitares un peu plus lacérées».Et puis maintenant, le caméléon musical qu’est Ariane Moffatt avoue avoir été inspirée par la vague des chanteuses aux sonorités sixties, comme Amy Winehouse et lily Allen, et aussi par des groupes électro plus crus, comme le duo français Justice ou Digitalism.D’un point de vue esthétique, on retrouve un peu partout dans le livret une icône visuelle: un prisme aux couleurs de l’arc-en-ciel.«Ça va chercher le côté électro autant que l’esthétique sixties.Mais au départ, c’est le résultat de la lumière qui passe dans un diamant.C’est Tous les sens, toutes les multiples facettes d'une même situation, d’un objet, les façons différentes de voir les choses de la vie.» En discutant avec Ariane Moffatt, on sent bien que cette dernière est plus à l’affût de ce qui se passe autour d’elle.Son texte Jeudi 17 mai, une sorte de revue de presse, en est la preuve la plus patente.«Ya que des rimes pauvres dans mon journal», y chante-t-elle.«C’est un constat de l’absurdité de la coexistence entre différents titres, de voir des événements dramatiques aux côtés de trucs futiles.Mais je n’ai jamais été une activiste, et je ne pense pas que la création passe par là pour moi, mais j’ai quand même un regard sur le monde et des préoccupations!» Après une tournée québécoise automnale, Ariane Moffatt tournera son regard vers la France, où elle a l’intention de passer six mois à partir de janvier 2009, question d’y tenter sa chance.«C’est un marché tellement difficile à percer qu’il n’y a pas vraiment moyen d’obtenir quelque chose de concret et de palpable si tu n’y es pas un petit peu présent.Mais les Français sont de plus en plus ouverts, et le fait que Montréal rayonne autant à l’international fait qu’ils ont un regard sur la ville moins condescendant qu’avant.» Et quoi de mieux qu’un album lumineux pour prendre d’assaut Paris, la Ville lumière?Le Devoir TOUS LES SENS Ariane Moffatt Audiogram Pagnol restauré au Québec ! Cure de jeunesse pour Raimu etFemandel ISABELLE PARÉ Il n’y aura plus de taches ni d’égratignures sur le grand sourire équin de Fernande!, ni de scratch et de pschwiiittt quand César lancera à Marius: «Quand on fera danser les couillons, tu seras pas à l’orchestre!» L’œuvre cinématographique de Marcel Pagnol sera bientôt entièrement restaurée au Québec, dans les studios de l’entreprise de post-production Vision globale.Coup de maître que celui réalisé par cette boîte montréalaise, qui fait son pain et son beurre avec la post-production et tente de se tailler une place de choix dans le marché mondial de la restauration et de la numérisation de films.Dans ses lumineux locaux des Shop Angus, Vision globale a déjà donné une cure de jeunesse aux copies de première génération du Schpountz (1938), de Nais (1945) et de Topaze (1951), trois œuvres de Pagnol qui étaient dans un état assez piteux pour que l’héritier du cinéaste, son petit-fils Nicolas Pagnol, cherche à leur redonner leur éclat des premiers jours.«Nicolas Pagnol avait déjà fait faire, il y a plusieurs années, des restaurations sur films selon les méthodes traditionnelles.Il a regardé tout ce qui se faisait dans le monde, nous a contactés, nous a interrogés et a été convaincu.Je pense que c’est le début d’une grande collaboration», s’est réjoui cette semaine Bruno Despas, vice-président au service laboratoire.Depuis trois ans, Vision globale a développé un logiciel de restauration qui permet d’éliminer et de corriger, tant sur le film que sur la bande sonore, toutes les avaries laissées par le temps.Égratignures, moisissures, montage cahoteux, flash lumineux: tout s’arrange sur le clavier de John Montegut, créateur du logiciel GeneSys, à la fine pointe des techniques de restauration numérique.En développement depuis trois ans, GeneSys a permis notamment de remettre à neuf l’intégralité des films de Bruce Lee et de Jackie Chang, dont les volumineux catalogues sont détenus par la compagnie chinoise Fortune Star.«Ça été notre péplum.Mais ce qui a pris six mois à l’époque pourrait se faire en un mois aujourd’hui», affirme Montegut, tant les techniques informatiques se peaufinent à un rythme fulgurant.Pour redonner leur prime jeunesse aux films, Vision globale commence d’abord par réparer à la main les plus grosses blessures, nettoie finement la pellicu- le dans un appareil spécial, puis, numérise entièrement le film, image par image.A raison de 10 à 50 méga-octets par image, un long métrage de 150 000 images pèse plus de 1,5 tera-octet, stocké dans une mémoire centrale.Sur ordinateur, on restaure les images numérisées, ensuite envoyées dans un ima-geur, qui recrache à son tour un nouveau négatif libre de toute imperfection.«La copie est restaurée par logiciel, puis confiée à un coloriste qui donne littéralement la touche finale au film», explique Bruno Despas Dans un local adjacent, Claude Dissier, le coloriste, nous montre d’ailleurs des séquences décolorées d’un des fameux films de Bruce Lee.Sur une pellicule rougeâtre, où le maître du kung-fu semble en proie à VOIR PAGE E 2: PAGNOL t CULTURE À l’heure des « formats » MEDIAS SOURCE RADIO-CANADA Le président de Distraction Formats, Michel Rodrigue, tâte le terrain pour vendre l’émission Tout sur moi à des entreprises d’un peu partout dans le monde.PAUL CAUCHON La télévision se fait maintenant à l’heure des concepts, des «formats» qui se vendent sur les grands marchés internationaux.Patrice L’Ecuyer anime un, jeu inspir é d’un concept japonais, Eric Salvail, d’un concept australien, et Télé-Québec remplacera l’automne prochain H va y avoir du sport par un concept de la télévision croate.Pendant ce temps, le Québécois Michel Rodrigue, lui, président de Distraction Formats, vend à l’étranger le concept de Paquet voleur et de François en série.Il faudrait établir une comptabilité serrée pour savoir si les producteurs locaux sont perdants ou gagnants dans ce grand jeu international.Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit d’une tendance lourde.«Le produit fini, la série de télévision qu’on achète telle quelle, existe encore, explique Michel Rodrigue.Mais c’est très coûteux à produire.Ce qui se vend maintenant à l’étranger, ce sont les formats.» De 2002 à 2004, les revenus géné rés par les formats ont augmenté de 33 % dans le monde, ajoute-t-il.«Je n’ai pas les chiffres plus récents, mais on constate que depuis quatre ans ça augmente de façon exponentielle.» Michel Rodrigue participait au début d'avril au MIFTV à Cannes, ce grand marché de vente et d’achat de programmes de télévision.D est habitué à vivre dans ses valises: Le Devoir l’a joint cette semaine dans un hôtel d’Istanbul, où il avait été invité pour donner une conférence-devant l’association des diffuseurs asiatiques.Courtier en programmes Avec une équipe de 12 personnes, ce véritable courtier en programmes a continué à faire de bonnes affaires au MIFTV.Il a vendu le concept de Paquet voleur, le jeu créé au Québec et animé par Véronique Cloutier, à des entreprises britanniques et américaines, qui vont l’adapter sous le titre de Trade Up.Une version de Paquet voleur sera également en ondes en Espagne cet été.Il a vendu le concept de François en série dans une demi-douzaine de pays.Il avait dans ses valises les émissions 'fout sur moi et Les Invincibles, dont il a commencé à «travailler le marché».On peut illustrer l’internationalisation de la télévision de la façon suivante: Michel Rodrigue, un Québécois, a acheté le format d’une émission de la télévision de Hong Kong, You Be the Judge, où de véritables parties en procès se soumettent à un vote du public.Il y a un an et demi, il a vendu le concept à la BBC britannique.Qui en a fait un épisode jamais diffusé.Qui a été revendu à la chaîne américaine CBS.Qui a investi un million pour en produire un pilote qui sera bientôt diffusé.Le nombre de chaînes s’est tellement multiplié dans le monde que l’appétit pour les émissions gagnantes est insatiable et que les meilleures idées valent cher.Qu’est-ce qui semble le mieux fonctionner ces tempsd au MIFTV?«La téléréalité évolue, explique-t-il, avec des émissions qui proposent des activités en tous genres.Elle se mélange aux grands jeux, qui reviennent en force aux heures de grande écoute, fai remarqué aussi qu’on trouve de plus en plus le 'factual entertainment”, les émissions de cuisine ou de décoration de type ‘faisie toi-même”.» Selon une dépêche de l’AFP, le MIFTV a fait une part grandissante cette année aux programmes de divertissement mettant en scène des enfants et à ceux qui «creusent l’émotion».Ainsi, une émission néerlandaise propose de retrouver la plus jolie fille de la classe à partir d’une photo d’école prise 20 ans auparavant Une émission américaine, My Dad Is Better than your Dad, oppose deux équipes père-fils ou père-fille dans différentes épreuves, avec comme récompense les études de l’enfant qui sont payées.En Norvège, une émission met en scène deux vides en compétition qui s’efforcent de réduire leurs émissions de C02.En Fmlande, une émission suit pendant huit semaines l’entraînement de septuagénaires invités à former un groupe de rock en huit semaines.On ne sait pas encore si Mick Jag-ger leur servira de coach.Le Devoir théâtre va au ¦.im.pLlf THÉÂTRE m* texte DE LARRY TREMBLAY'F MISE EN SCÈNE de CLAUDE POISSANT avec PATRICE DUBOIS, MAXIM GAUDETTE, BENOÎT GOUIN ainsi due Étienne cousineau,cmmuiiE cïr * sashasahar Jean Sard, Nicolas Basque, Alexandre Brunet, Alexia Bürger, Stéphanie Capistran-Lalonde, Florence Cornet, Martin Labrecque, Catherine La Frenière, Caroline Laurin-Beaucage, Marc Senécal & Rachel Tremblay DU 22 AVRIL AU iv MAI 2008 présenté à ESPACE GO 4890, boul Saint-Laurent.MONTRÉAL Billets 5 1 4-845-4890 Hh WWW.ADMISSION.COM 514-790-1245 www.theatrepap.com /«ttrsf __ __ rSh DE MONTRÉAL Québec 2S 5îS^TAra y I.kDevuih PAGNOL SUITE DE LA PAGE E 1 un sérieux coup de soleil ou à une jaunisse, le coloriste recalibre en quelques clics toutes les couleurs pixel par pixel.Dans un autre studio de Vision globale, situé rue Queen, on s’attaque pendant ce temps à la restauration complète de la bande sonore, parfois elle aussi en piteux état.Du fil à retordre Mais même avec ces instruments hyperperformants, la restauration de films pose parfois des problèmes insolvables aux cracks de l’image.Pendant fa restauration de Topaze, on a découvert qu’il n’y avait aucun son pendant une courte séquence du filin.Rien.Zéro.Impossible de restaurer ce qui n’existe pas.Despas téléphone donc à Nicolas Pagnol pour l’informer du problème.Le petit-fils scrute les scénarios originaux du grand-père pour retrouver le texte de ladite séquence.D découvre que le film, qui date de 1951, avait subi le couperet de la censure parce que 1a réplique écrite par Pagnol faisait référence à un scandale politique entourant le canal de Suez.«Nicolas Pagnol a finalement décidé de laisser ce très court passage sans son, puisque cela témoigne de l’historique du film», explique Bruno Despas.«Dans ces situations, c’est aux détenteurs des droits qu’il revient de faire les choix qui touchent le caractère même du film», ajoute-t-il.Même cul-de-sac dans Le Schpountz, où les restaurateurs ont eu du fil à retordre avec des répliques in-aüdibles.Encore là, l’héritier a choisi de laisser la bande sonore dans l’état, puisque la seule autre option était d’utiliser la bande sonore d’une version sortie en format vidéo, où des rires avaient été malencontreusement ajoutés à l’époque! Vision globale présentera en juin prochain les versions restaurées de Topaze et du Schpountz au festival 11 Cinema Rotrivato, l’un des plus importants événements du monde consacrés aux films restaurés.«C’est un honneur pour une entreprise québécoise que d’être ainsi associée à ce créateur exceptionnel et de faire revivre ainsi quelques-unes de ses réalisations», soutient Mathieu Lefebvre, président de Vision globale.Alors que tous les joueurs majeurs du marché de la restauration s’y côtoieront, l’entreprise québécoise espère se positionner dans cette industrie qui a le vent dans les voiles.Avec l’arrivée du numérique, le marché de la restauration et de la numérisation de films est en effet en pleine effervescence.«La quantité de films à restaurer est colossale.Tout ce qui a été transféré sur vidéo il y a quelques années doit être refait pour le numérique.Le marché est en train de se dessiner.Nous sommes les seuls, avec Los Angeles et New York en Amérique, et Londres, Paris et quelques laboratoires en Europe, à pouvoir nous démarquer sur le marché mondial en termes technologiques», soutient John Montegut Mais pour certains films, il est presque trop tard.Dans un congélateur des laboratoires de Vision globale, on garde au froid les vieilles pellicules les plus abîmées, atteintes du «syndrome du vinaigre», explique VISION GLOBALE Avant, et après.Voici le résultat de la cure de jeunesse qui a été servie à la copie de première génération du film Nais, paru en 1945.Bruno Despas.Cette «maladie» entraîne fa décomposition lente, mais certaine, de la pellicule.Lors de notre passage, l’intégrale de la célèbre série pour en1 fants Les Aventures de Saturnin attendait sa sentence dans cette antichambre frigorifiée de la mort cinématographique.«Je crois qu’on la sauvera», affirme, confiant, Bruno Despas.Et, heureusement, il en sera ainsi, au cours des prochaines années, de César, de Marius, de Pomponnet-te et de la femme du boulanger.Poil au nez! Le Devoir S’*®'»- i «ïiînm - A'- kO A Kp ^ s® ^ / • -, i.i Devoir Québec Y V ORPHÉE ET EURYDICE Maria Chouinarti MONTRÉAL IWANOW aKabi Anton Tchokhov Aydln Taker Oimiter Gotscheff ISTANBUL BERLIN SEAGULL-PLAY (LA MOUETTE) Anton Tchékhov Enrique Diaz RIO DE JANEIRO IS YOU ME L’INVISIBLE Benoit Lachambre Marie Brassard Louise Lecavalier MONTRÉAL Laurent Goldring MONTRÉAL .22 SPECTACLES TONIFIANTS ET AUDACIEUX wWW.fta.«ie-ca a*MA.5;4U84s4 ^/^66.984.3822 iStVAL ,N 8008 old,ln9 — * VAL TRANS&MERKHJES N’ATTENDEZ PLUS ! LA VENTE DES FORFAITS SE TERMINE LE 28 AVRIL LE DEVOIR, LES SAMEDI 9 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2 0 0 8 K CULTURE THÉÂTRE Des doubles et des duos, en série ! Lincoln et John Wilkes Booth, Laurel et Hardy et même Claude Poissant et Larry Tremblay se dénudent à l’Espace Go.MICHEL BÉLAIR Claude Poissant a l’air en grande forme.Complètement absorbé depuis quelques mois dans ce texte absolument protéiforme de Larry Tremblay qui porte le titre étrange de Abraham Lincoln va au théâtre, le metteur en scène nage visiblement dans son élément U rayonne, le grand Poissant.Au moment de nous installer autour d’une table dans la salle de répétition, alors que le photographe place ses projecteurs et ses accessoires, chaise, chapeaux melon, revolver.nous sommes déjà à blaguer en parlant des 30 ans du Théâtre Petit à Petit (PàP) , dont on amorce d’ailleurs les célébrations avec cette production.Mais Poissant est rapidement redevenu sérieux et me décrit le lien privilégié qui l’unit à Larry Tremblay depuis le fameux Ventriloque qu’il a mis en scène en 2001 avec le succès que l’on sait Un étrange objet «Je connais Ixirry depuis plus longtemps encore, explique-t-il Ça remonte à bien avant Le Ventriloque, en fait.Je me souviens que le festival de Limoges m’avait demandé, quelque part entre 1990 et 1995, de mettre en lecture une sorte de collage de ses textes; ce qui m’a fait un peu peur parce que pour moi, à l’époque, Larry Tremblay, c’était sérieux.Même un peu universitaire.Eh ben, c’est précisément à ce moment-là que Larry est devenu à mes yeux autre chose qu’un universitaire sérieux! En travaillant sur ce collage, fai compris toute la folie qui l’anime, tout le plaisir qu’il éprou-veà écrire, à jouer avec les mots et les situations.Je me suis mis à “suivre” tout ce qu’il a fait.jusqu’à ce qu’il vienne m'offrir de monter Le Ventriloque.Ce fot une pièce très importante pour moi, une sorte de spectacle-charnière auquel fai consacré beaucoup de temps, à mon rythme.Je me souviens, par exemple, avoir travaillé longtemps sur le texte pour essayer de trouver le niveau de jeu dans lequel il fallait le donner et, quand c’est arrivé, fai vécu deux mois de plaisir intense à répéter avant la première.» Poissant raconte aussi que sa relation à l’œuvre de Larry Tremblay n’est pas totalement inclusive et que, s’il a mis plusieurs de ses pièces en lecture, il ne les a pas toutes montées, loin de là.Sauf que, lorsque Abraham.lui est passé PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le metteur en scène et codirecteur artistique du PàP, Claude Poissant, estime que la dernière œuvre de Larry Tremblay, Abraham Lincoln va au théâtre, est un objet théâtral pour le moins étrange, qui se déplie en se laissant lire à de multiples niveaux.dans les mains, il a tout de suite manifesté son intérêt.«C’est un texte prenant, brillant, qui m’a touché tout de suite en commençant la lecture, précise-t-il.Larry y décrit la banalité de la vie ordinaire, mais aussi cet acharnement que nous avons, tous à notre façon, à la continuer, à la multiplier sans cesse.Toute l’humanité est dans cet écartèlement.» Pour le codirecteur artistique du PàP, cet Abraham Lincoln va au théâtre est un objet théâtral pour le moins étrange, qui se déplie en se laissant lire à de multiples niveaux.Deux gars Disons d’abord que l’action se passe dans le milieu théâtral, à peu près ici et mabtenant, alors que l’on monte une pièce sur la schizophré- www.letot.qc.ca 22 AVRIL au ICI Mi 2008 i 20li avec SUZANNE CHAMPAGNE, JOHANNE FONTAINE, JACQUES JALBERT, ADRIEN LACROIX, JOACHIM TAN6UAY Une co-diffusion de ; [PROSPERO] (514) 526-6582 1371, rue Ontario esl i^^Radio- Montreal nie de l’Amérique telle que mise en relief par l’assassinat de Lincoln.Comme l’écrit Poissant dans le programme: c’est «un échantillon thérapeutique, avec rires et douleurs, pour en finir avec cette planète America dont nous sommes les esclaves consentants.“Break a leg!”» Abraham Lincoln va au théâtre raconte donc l’histoire d’un metteur en scène plutôt intense et autoritaire qui engage deux acteurs (Laurel, Maxim Gaudette, et Hardy, Patrice Dubois) pour rejouer l’assassinat du président américain (Benoît Gouin) par un ancien comédien, John Wilkes Booth, le 14 avril 1865, lors d’une représentation de Our American Cousin au Ford’s Theatre à Washington.S’il fallait trouver un élément de plus pour actualiser le propos, rappelons, tiens, que certains historiens soutiennent que cet assassinat a été planifié ici, lors d’un séjour prolongé de Booth à Montréal en compagnie du directeur des services secrets confédérés, James Dunwoo-dy BuHoch, en octobre 1864.Mais vous avez vous aussi, j’en suis sûr, remarqué le nom des deux comédiens engagés par le metteur en scène: Laurel et Hardy.Comme dans Laurel et Hardy, les mythiques comiques américains du cinéma en noir et blanc: le petit gros à moustache et le grand maigre avec son chapeau et sa canne.C’est exactement cela, me confirme Claude Poissant, qui n’hésite pas à employer les mots «dédale», «serpent» et même «caphamaüm» pour décrire le texte de Larry Tremblay.Dans cette réflexion sur le jeu, le milieu du théâtre et le showbiz, dans cette histoire d’amour aussi qui s’y dessine, Abraham Lincoln va au théâtre utilise tout au long des figures mythiques américaines pour arriver jusqu’à nous.Pour nous déstabiliser et mieux nous atteindre, entre deux éclats de rire amers, en plein cœur.En plein dans ce regard que nous jetons sur cette Amérique qui nous ressemble pourtant comme deux gouttes d’eau peuvent vraiment se ressembler.Bon.Poissant racontera aussi qu’à la veille des générales et à quelques jours à peine de la première, l'équipe de production en est au "¦( UT J LICORNE PETITE RtSCAU AOMttSION «S9.PAPIftCAU - «OWRCAl QC si47S0,t2*S ou www.theatreljlIcoinf.com i soo»i 45* S14.523.2246 *1 a Hydro Québec GRAND PARTENAIRE DE IA SAISON 08/09 Th éâtre du Nouveau Monde NEBBIA DANIELE FINZIPASCA / CIRQUE ÉLOIZE et TEATRO SUNIL LE RETOUR HAROLD PINTER / Traduction RENÉ GINGRAS / Mise en scène YVES DESGAGNÉS LE MARIAGE DE FIGARO Beaumarchais / Mise en scène normand chouinard LA CHARGE DE L’ORIGNAL ÉPORMYABLE CUUOE GAUVREAU / Mise en scène lorraine pintal LE DRAGON BLEU ROBERT LEPAGE et MARIE MICHAUD / Mise en scène ROBERT LEPAGE LA DÉRAISON D’AMOUR JEAN-DANIEL LAFOND et MARIE TIFO / Mise en scène LORRAINE PINTAL ABONNEMENT / WWW.TNM.QC.CA / 514.866.8668 SLCT ^Antral H/l AffirtMo* I E 4 E DEVOIR.EES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2 0 0 8 CULTURE THÉÂTRE Tirer les ficelles de la commedia dell’arte Bunraku, kathakali, marionnettes de toutes formes et comédiens cohabiteront sur scène pour une version peu banale du célèbre Oiseau vert de Carlo Gozzi PATRICK CAUX Québec — La proposition s’annonce vivifiante, l’univers fantastique et ludique de l’auteur italien se révélant un terreau particulièrement fertile pour la transposition.Pour une deuxième fois en trois ans, le Trident s’associe à l’équipe de créateurs de Pupulus Mordicus afin de proposer un spectacle mettant en scène une rencontre entre théâtre et marionnettes.Après Jacques et son maître de Diderot, l’équipe du metteur en scène Martin Genest se frotte cette fois à L’Oiseau vert, un des fleurons du répertoire issu de la commedia dell’arte.Cette double invitation du Trident a permis de faire évoluer grandement le langage scénique de Populus Mordicus, compagnie dirigée par Genest et le marionnettiste Pierre Robitaille.«En tra-vailltint au Trident, nous avons eu accès à des ressources formidables, lance le metteur en scène.Pierre a eu l’occasion d’expérimenter et de développer de tout nouveaux types de marionnettes.En fait, cette collaboration nous a permis de faire des pas de géant dans notre travail, de pousser notre pratique encore plus loin.» Dans cette histoire, ce n’est pas simplement la petite compagnie qui bénéficie de l’aide de la plus grosse.Ces dernières années, au Québec, on a souvent entendu des commentateurs reprocher aux théâtres institutionnels de s’empoussiérer, de manquer d'audace en s’enfonçant dans une logique de saisons conçues pour vendre des abonnements.Il faut donc saluer l’initiative — et même encourager les autres à emboîter le pas! — du directeur artistique du Trident, Gill Champagne, qui a eu la bonne idée de rompre la grisaille de l’habitude en faisant profiter son théâtre du vent de fraîcheur apporté par une troupe dédiée à la création.Comme le souligne Martin Genest, l’intérêt de l’aventure n’est pas simplement d’inviter des marionnettes dans un théâtre institutionnel.«Le but n’est pas de plaquer à tout prix ce langage sur des textes du répertoire.Il faut que la proposition serve le spectacle.Dans Jacques et son maître, le propos de Diderot — c’est une pièce sur la manipulation — commandait l’exercice.Pour le texte de Gozzi, c’est la magie, le fantastique et l’imaginaire du conte qui se prêtent très bien à l’exercice.» «L’univers de Gozzi est particulièrement foisonnant, poursuit Robitaille.Les lignes narratives sont souvent brisées, les lieux, éclatés — après tout, une grande partie de l’histoire se passe sous un lavabo! — et les personnages, colorés.La marionnette nous per- - ¦ .s» m ne qui roule ^ ^ , texte très efficace.Une pièce forte a .____ f Hÿ* i .I ¥ ?4 11 Le concepteur de marionnettes Pierre Robitaille (à gauche) et le metteur en scène Martin Genest.met d’exploiter à fond toutes les richesses du texte.» «Par exemple, d’enchaîner Genest, on peut jouer avec les échelles afin de développer le récit dans le plus pur esprit du conte.Nous ne sommes pas prisonniers des proportions comme on le serait si on travaillait uniquement avec des comédiens.On peut utiliser des marionnettes géantes dans une scène, puis basculer vers de tout petits person- nages pour illustrer qu’ils évoluent datis un lieu immense.» De nombreux parallèles Profitant encore une fois de l’occasion offerte par le Trident pour développer le langage de la troupe, Populus Mordicus s’est aventurée cette fois-ci vers une approche orientale de la scène.Bunraku, kathakali, kyogen sont devenus autant de champs de recherche pour UN TEXTE DE NEILLABUTE DANS UNE TRADUCTION DE FANNY BRITT MISE EN SCÈNE : MARTIN FAUCHER COMÉDIENS : AMÉLIE BONENFANT, ANNE-ÉUSABETH BOSSÉ, ROSE-MAlTÉ ERKOREKA, MATHIEU GOSSELIN, RENAUD LACELLE-BOURDON, ANNE-MARIE LEVASSEUR, ÉRIC PAULHUS, SIMON ROUSSEAU • COLLABORATEURS : SÉBASTIEN BÉLAND, ÉTIENNE BOUCHER, HUGO COUTURIER, MARIE-ANUHÉE LEMIRE.JEAN-FRANÇOIS PEDNÔ, MARC SÉNÉGAL, SUZANNE TRÉPANIER, JONAS V.BOUCHARD Du 8 au 26 4353, rue Ste-Catherine Est avril -.-Té f A 7 : DBasE-POinra « Du Théâtre avec un grand T.Une pièce lumineuse.» ]ÿf , Élise Giguère.Voir estrie les créateurs.«Le texte de Gozzi se prêtait parfaitement à ce métissage, explique Pierre Robitaille.Nous avons découvert plusieurs liens de parenté entre la pièce et le monde asiatique.Pendant nos recherches, nous avons appris que Carlo Gozzi était fasciné par les contes orientaux et que L’Oiseau vert aurait été grandement inspiré d’histoires provenant d’Asie que Gozzi aurait lues.» Au-delà des sources d’inspiration de l’auteur, les deux comparses ont également pu tracer de nombreux parallèles entre l’esthétique de la commedia dell’arte et certaines formes du théâtre oriental.«Dans les deux cas, rappelle Genest, on rencontre des univers extrêmement codifiés, des personnages typés et des interprètes ayant une approche très physique du jeu.Même le côté bouffonesque de la commedia trouve son écho dans les kyogen, ces interludes comiques faisant contrepoids au drame pendant les nos.» PHOTO JASMIN ROBITAILLE Partant de cette piste asiatique, l’équipe de création a choisi de situer l’action dans un environnement lacustre.«On trouvait que notre oiseau, qui est en fait une grue, serait dans un environnement parfait si on le situait dans une sorte de marais, au bord d’un /ac,-précise Pierre Robitaille.Dans cette image, on avait l’eau, mais on avait également de la végétation, des bambous, des joncs.Ça nous a donné l’idée de développer de toutes nouvelles marionnettes faites en vannerie.elles résultats sont étonmnts!» Collaborateur du Devoir L’OISEAU VERT Texte de Carlo Gozzi mis en scène par Martin Genest, une production du Théâtre du Trident présentée au Grand Théâtre de Québec du 22 avril au 17 mai 2008.4559, PAPINEAU-MONTRÉAL-QC I RÉSEAU ADMISSION www.theatrelalicorne.com 514.790.1245 ou l< ticoiHE 514.523.2246 1.800.361.4595 INTERNATIONAL EN CODIFfUSlüN AVtC if rHÉlTSE DE U lANUFACTURE Québec Vtadana Wtlcevle Alexis Boy MuSrélcns .Julie Béchard René Béchard Concepteurs : René Béchard Louis Hudon Marcelle Hudon Mathieu Mardi Bitlelterie www.doublesigne.ca www.denise-pelletier.qc.ca 514 253-8974 Hydro Québec Conseil des Arts Canada Council Québec ms ct> du Canada for the Arts ¦ ONTEMPORAIN L'Illusion, Theatre de marionnettes présente CIRQUE ICI I JOHANN LE GUILLERM 14,16,17,18, 20, 21, 23 et 24 mai Sous un chapiteau au Parc de l'Esplanade Billet: 40* Pour les enfants de 2 ans et plus ! ¦ru « Le bois, le fer, l'eau, l'air ou le feu, il n'y a rien que Johann Le Guillerm ne puisse dresser, soumettre ou enchanter.» têléramé Samedis et dimanches 9h30,11h00et13h00 Samedi 17 mai disponible: FORFAIT 16h ^ardB-a 400e 18 h Souper Chez Rac 200 $ pour (Cdtee du Patate Muittw 2 poreonnu»! 21 h Secret Au Studio-theâtre de L'Illusion ,e! deux MHe« P°“[ J»?, incz-vous au 5l4.52i.4iv L'ILLUSION TbA4inf àv rfiadhonettea Reservations: 514-523-1303 www.lllusiontheatre.coiti ConseV fftrJ érts «t Itrttrpt Québec S S M ^ ^ AMiNtfuAiW «rvErtrif*» WaSEKBB Passeports-Théâtre Espace Libre Saison 2008-2009 En vente dès le 12 mai 2008 rance LË DEVOIR ,Z.MANt.'iA vwrii'WÏA Ssssr- vssr Venez découvrir notre espace intime et chaleureux en plein coeur du Plateau Mont-Royal ! De et avec Francine Alepin, Jean Asselin, Catherine Asselin-Boulanger, Réal Bossé, Guillermina Kerwin, Bryan Morneau, Sylvie Moreau et François Papineau II Maîtrise d'œuvre Jean Asselin II Accessoires et scénographie Jasmine Catudal II Lumières Mathieu Marcil ppn BilIetterie.5I4.52l.4191 U ¦ * Tarif rctfulitr 28 S filudianl I8S Tarif régulier 28 $ filudianl 18 S __ 1945 rue Fullum, Montréal ® Frontenac II www.mimeomnibus.qc.ca Quebec Klî Montréal© I.F DKVOIII \ LE DEVOIR, LES SAMEDI 19 ET DIMANCHE 20 AVRIL 2 0 0 8 E 5 CULTURE DANSE La force de l’instinct Spiegel retrace les 20 années de création d’Ultima Vez FREDERIQUE DOYON Pour sa septième visite à Montréal (la troisième sous le chapeau de Danse Danse), la compagnie flamande Ultima Vez tend le miroir devant elle pour capter le reflet de son évolution des 20 dernières années.Spiegel est une œuvre rétrospective loin du tape-à-l’œil que ces exercices peuvent parfois distiller.Du Ultima Vez concentré pur jus, avec beaucoup de danse physique, intense, rehaussée par la musique de création des Thierry De Mey, Marc Ribot, David Byrne, Peter Vermeersch.«C’est une forme de miroir de la compagnie, de son énergie, de ses thèmes» récurrents, décrit German Jauregui Allue, qui danse pour la troupe depuis 10 ans.On voulait que ce soit un voyage qui représente toutes les étapes de la compagnie.» Ce cofiage sans coutures apparentes crée une œuvre en soi, qui va au cœur des obsessions du chorégraphe Wim Vandekeybus: l’instinct, le jeu, le danger, et l’urgence des rapports humains qui en découle.«On a revu tous les spectacles, sans toucher aux cinq dernières années», trop fraîches dans les mémoires, explique en entrevue le chorégraphe et directeur artistique Wim Vandekeybus.«Les danseurs ont fait leur choix, j’ai fait les miens.Très intuitivement, j’ai fait un ordre.» Intuitivement?On n’attendrait pas d’autres qualités de la part d’un artiste fasciné par le comportement des animaux qu’il a côtoyés dans sa campagne natale et par la complexité de la relation corps-esprit «Nos spectacles parlent de l’intuition et du réflexe qu’on a perdus un peu, poursuit-il.C’était la base d’Ultima Vez au début.On voulait choisir le matériau qui exprime ça le mieux.» Le risque, le jeu et le mouvement Rapidement, en cours de processus, la question de reprendre un extrait de la pièce fondatrice What the Body Does Not Remember s’est posée.Créée en 1987, l’œuvre a valu au chorégraphe un prestigieux prix Bessie et lancé sa carrière internationale.Reprise souvent au fil des ans, elle n’en demeure pas moins emblématique de l’œuvre d’Ultima Vez, si bien que la troupe a décidé de reprendre la scène mythique où les danseurs s’adonnent au jeu risqué de se lancer des briques à travers la scène, se prenant tour à tour comme cibles ou comme victimes à protéger.«Pour moi, le risque provoque un sentiment d’urgence, l’urgence de communiquer, d'être en alerte, de rester éveillé, confie le chorégraphe.C’est pas tant le risque que l’intensité qui m’intéresse.» JEAN-PIERRE STOOP Spiegel est une œuvre rétrospective loin du tape-à-l’œil que ces exercices peuvent parfois distiller.Histoire de dernières Dernier spectacle de la saison de l’Agora dé la danse avant quelle ne cède sa scène au Festival TransAmériques, Redd, de la compagnie 10 Gates Dancing, s’annonce aussi comme la dernière chance d’apprécier le talent d’interprète du chorégraphe Tedd Robinson.Ce soliste canadien au langage de lutin sage, à la fois drôle et philosophique, a travaillé avec les plus grands artistes du pays, de Louise Lecavalier à Margie Gillis en pas-sapt par Peggy Baker.Redd conclut sa trilogie amorcée il y a plus de 10 ans avec Rokudo, poursuivie en 1998 avec Rigmarole.Divisée en trois parties, REad-ding, Dreaming and Dying, la pièce aborde les risques et les ravissements de la vie en isolement, clin d’œil à son choix personnel de quitter la ville pour la campagne.L’année de silence et de solitude qui a nourri la création donne à celle-ci un côté introspectif.Le chorégraphe y interroge le passage du temps et la diminution de ses capacités physiques.Appartement à squatter Vous cherchez un 7 pièces et demie dans le quartier du Plateau Mont-Royal, tout meublé de mouvements audacieux?C'est trouvé! Le projet 7 1/2 à part du collectif La 2' Porte à gauche convie le public dans l’intimité d’un appartement investi par sept chorégraphes de la relève: Emmanuel Jouthe, Les (deux) Sœurs Schmutt, Erin Flynn, Julie Châ-teauvert, Marie Béland et Léna Massiani.Du 24 au 26 avril, à 19h puis à 21h, ils feront éclater l’espace intime pour le transformer en un lieu de partage, où danseurs et spectateurs se confondent.Il faut toutefois réserver sa place à appart@la2eporteagauche.ca.11 s’agit de l’une des nombreuses activités stimulantes de Pas de danse, pas de vie, événement qui profite de la Journée internationale de danse (27 avril) pour faire connaître cette discipline vivante et saluer ses artisans.La manifestation, qui s’étend du 22 au 27 avril, culmine ce dernier jour par un grand SquatDanse au.Théâtre Maisonneuve, auquel participe plus de 125 artistes.Pour plus d’information, visitez le site www.quebecdanse.org.Frédérique Doyon Le jeu, autre thème fondateur de la troupe, a aussi présidé à la création de What the Body.En guise de recherche préparatoire, Wim Vandekeybus a vécu trois semaines en appartement avec un enfant de cinq ans.«Les règles, c’était qu’on ne parlait pas à d'autres personnes, raconte-t-il.On a visité des musées, vu des films, écrit des textes ensemble.Le jeu est aussi une communication.» Résultat l’esprit ludique et espiègle traverse aussi Spiegel.Pour le reste, la pièce repose sur des extraits dimmer Dos Selbe Gelo-gen (1991), de Bereft of a Blissful Union (1996), de 7for a Secret Never to Be Told (1997), d’/w Spite of Wishing and Wanting (1999) et d’lnas-much as Life Is Borrowed.(2000).L’équipe a volontairement mis de côté le texte et centré son travail de recomposition sur la danse et la musique, même si la dramaturgie et le cinéma définissent aussi Ultima Vez.Seule une courte scène de film très poétique a été insérée.Un volet que le chorégraphe veut de plus en plus développer en parallèle, en préparant actuellement son premier long métrage de fiction hors de l’univers de la danse.«C’était très difficile de prendre des bouts de texte de tous les spectacles pour en faire un seul, dit-il.Et je me suis rendu compte que ce spectacle n’avait pas besoin de texte.» D’autant plus que la troupe produisait Menske au même moment, une pièce très riche du point de vue dramaturgique.«Pour moi, c’était bien de respirer et de juste voir le langage abstrait où tout le drame est dam le mouvement.» Wim Vandekeybus s’offre même une fjetite apparition dans la rétrospective.Il reprend la scène du cheval din Spite of Wishing and Wanting.Rébarbatif au début à cet exercice de revue répétitif, il y a finalement trouvé son compte.«C’était intéressant de voir comment les gens avec qui je travaille changent et ça m’a forcé à renouveler encore plus mon travail.» Ce condensé d’Ultima Vez permet aussi d’entrer plus avant dans l’inconscient du créateur au parcours atypique.«On peut voir sa personnalité dans sa danse», confie le danseur German Jauregui Allue, qui se découvre aussi lui-même dans la méthode Vandekeybus, «parce qu’on travaille beaucoup sur les limites de chacun».Après des études avortées en psychologie, Wim Vandekeybus s’est frotté un peu au théâtre, puis à la danse, à la photographie et au cinéma, avant un passage bref et intense chez Jan Fabre en 1985.Ultima Vez (Dernière fois) est née l’année suivante en Espagne avec une poignée de jeunes danseurs inexpérimentés, lesquels, un an plus tard, renverseront les publics de la danse.Le Devoir SPIEGEL Une production d’Ultima Vez présentée le 22 avril au Centre culturel de l’Université de Sherbrooke et du 24 au 26 avril au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts.«y O ^ P- «V % NW / oP s .V
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