Le devoir, 15 mars 2004, Cahier A
ISRAELI Double attentat suicide dans le port d’Ashdod Page A 5 w w w .1 e d e v o i r RUSSIE Poutine facilement reconduit pour un deuxième mandat Page A 5 LE DEVOIR I $ Une coalition de gauche au sein du PQ Le groupe espère ramener les électeurs déçus ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR Le Parti québécois devra composer avec une aile progressiste et syndicale plus en voix que jamais pour le reste de sa Saison des idées.Une coalition vient tout juste de se former à l’intérieur du PQ pour demander du "changement» au programme du parti, accusant le PQ «de s’être perdu en cours de route» et d’être maintenant «trop rigide avec le monde syndical et de manquer d’engagement envers les femmes et les régions».Le SPQ Libre (Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre) a été formé le 23 février dernier dans le but avoué de tirer le PQ à gauche et d’être en quelque sorte le chien de garde des valeurs progressistes du parti.Monique Le PQ demeurant «le meilleur Richard véhicule pour la souveraineté», soutient la porte-parole du mouvement et ex-présidente de la CSQ, Monique Richard, il n’est donc pas question de quitter cette formation politique.D faut toutefois «ramener la dimension progressiste au sein du PQ pour que le parti tienne compte des régions, des humains, des femmes, a expliqué Monique Richard hier.H faut que ça se reflète dans le programme.Le PQ s’est perdu en cours de route».En plus de Mme Richard, l’ex-président de la .CSN, Marc Laviolette, l’ex-présidente de la Fédération des femmes, Vivian Barbot, le directeur des TCAdu Québec, Luc Desnoyers, le président du syndicat des cols bleus de MontréaL Michel Parent l’exministre du Parti québécois et député de 1981 à 1985, Robert Dean, ainsi que Mario Beaulieu, membre de l’exécutif de la Société Saint-Jean-Baptis-te de Montréal, font notamment partie du conseil d’administration du SPQ Libre.VOIR PAGE A 8: PQ L’ENTREVUE La petite ONU La Francophonie politique d'Abdou Diouf Quel rôle et quel avenir pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF)?Entrevue avec son secrétaire général Abdou Diouf, qui sera de passage à Montréal cette semaine à l’occasion de la journée internationale qui célèbre chaque 20 mars le rayonnement des 180 millions de personnes qui parlent le français dans le monde.GUY TAILLEFER LE DEVOIR Une Francophonie politique?L’idée n’est peut-être pas neuve, mais elle fait son chemin, assure Abdou Diouf pour qui la crise qui secoue actuellement Haiti représente une nouvelle occasion de mettre à l’épreuve cette volonté «d’apporter une plus-value francophone» à la progression de la démocratie et des droits de la personne dans le monde.Son plan d’attaque se lit en partie comme la politique étrangère canadienne.Organisation des élections, résolution des conflits, promotion de la ,«bonne gouvernance» et de l’État de droit, la Francophonie a donné avec le temps à sa mission d’éducation Abdou Diouf et coopération culturelle une envergure politique qui l’a poussée, ces dernières aimées, à s’impliquer dans des conflits comme ceux du Congo-Kinshasa, de la Côte-d’Ivoire et des Iles Comores.Là-bas comme en Haiti, M.Diouf parle de trouver «le bon créneau lui permettant d’intervenir utilement».VOIR PAGE A 8: DIOUF INDEX ¦=T Annonces.B5 Avis publics.B 4 Convergence.B 7 Culture.B 8 Décès .B 5 Économie.B 1 Éditorial -A 6 Idées.A 7 Météo.B 4 Monde.A 5 Mots croisés.B 4 Religions.B 6 Sports.B4 Télévision___A4 •IPV CHRISTOPHE SIMON AGENCE FRANCE-PRESSE Deux électrices montraient leur émotion après l’annonce de la victoire du Parti socialiste espagnol, hier.Le scrutin s’est déroulé dans une atmosphère lourde, trois jours après les attentats qui ont ensanglanté Madrid.L’Espagne proteste aux urnes Les socialistes sont élus, trois jours après les attentats ED MCCULLOUGH ASSOCIATED PRESS Madrid — Les attentats de Madrid auront sans doute pesé lourd dans les résultats des élections générales d’hier en Espagne.Le Parti socialiste espagnol (PSOE), qui n'était pas donné favori avant le drame de jeudi, s'est finalement imposé devant les conservateurs du Parti populaire qui était au pouvoir depuis huit ans.Les socialistes se sont déclarés victorieux après dépouillement de 96 % des bulletins.Us obtiendraient 164 des 350 sièges à la Chambre des députés, alors qu’ils n’en avaient que 125 auparavant.Le Parti populaire passerait de 183 à 148 députés.La participation s’élevait à environ 76 %.L’avocat José Luis Rodriguez Zapatero, à la tête du PSOE, a commencé son discours de victoire par une minute de silence en mémoire des personnes tuées dans les attentats.«Aujourd’hui, les électeurs ont dit qu’ils voulaient un changement de gouvernement», a-t-il ensuite déclaré.Son parti ne devrait toutefois pas disposer de la majorité absolue, puisqu’il lui aurait fallu 176 sièges.VOIR PAGE A 8: ESPAGNE La sortie ratée d’Aznar REUTERS Madrid — José MariaAznar avait tout fait pour préparer sa sortie triomphale de la vie politique espagnole, mais l’obstination du gouvernement à privilégier d’abord la piste ETA dans les attentats de Madrid a transformé ce départ en défaite électorale.Naguère brocardé comme un technocrate sans panache, José Maria Aznar avait acquis en huit ans de pouvoir une stature internationale et marqué ses deux mandats par une politique de grande fermeté à l’égard du terrorisme, lequel aura assombri ses tout derniers jours à la tête du gouvernement conservateur espagnol.L’histoire dira tôt ou tard qui, de l’ETA basque ou d’une mouvance islamique, a décidé d’ensanglanter les derniers jours du règne Aznar, les attentats de jeudi dans Madrid JOSE MANUEL RIBEIRO REUTERS José Maria Aznar et le candidat du Parti populaire, Mariano Rajoy, hier soir, après la défaite.ayant fait autour de 200 morts, carnage d’une ampleur que l'Espagne n'avait plus connue depuis l'époque de la Guerre civile, de Guernica.VOIR PAGE A 8: AZNAR ¦ Le Canada sera plus vigilant, dit Martin, page A 3 ¦ Les États-Unis et l’UE resserrent leurs mesures de sécurité, page A 5 Gala MetroStar Coup de cœur pour Thibault et L’Écuyer PAUL CAUCHON LE DEVOIR La cote d’amour de Sophie Thibault atteint des sommets: bien installée à la barre du TVA 22 h la présentatrice-vedette a reçu hier un double témoignage d’affection du public au gala MetroStar, puisqu’elle a été élue personnalité féminine de l’année et meilleure animatrice d’un bulletin de nouvelles.Chez les hommes Patrice L’Écuyer, de retour à l’antenne cette année à Radio-Canada, a été consacré personnalité masculine de l’année en plus de recevoir le trophée à l’animation d’une émission de jeux.Un doublé pour chaque lauréat donc, et un équilibre entre TVA et RadioCanada, dans une soirée où, par affleura, la plupart des autres prix sont allés à des personnalités bien identifiées aux émissions de TVA Au gala MetroStar on ne peut pas accuser l’industrie télévisuelle de parti pris, puisque l’industrie ne vote pas: ce sont des centaines de milliers de téléspectateurs qui remplissent un bulletin de vote pour choisir leurs favoris (Tannée dernière les organisateurs avaient reçu plus d’un million de votes), après une première sélection où ce sont des citoyens qui ont sélectionné les personnalités en nomination par sondage téléphonique.Comme le disait l’animateur Gregory Charles hier, c’est plus que le nombre de participants aux élections municipales.Sophie Thibault et Patrice L’Écuyer prennent donc la succession de Sophie Lorain et de Guy A.Lepage Tannée dernière.Sophie Thibault s’était déjà illustrée Tannée dernière en devenant la première femme à recevoir le prix pour l’animation d’un bulletin de nouvelles, performance renouvelée cette VOIR PAGE A 8: METROSTAR JACQUES NADEAU LE DEVOIR Sophie Thibault et Patrice L’Écuyer, personnalités MetroStar de Tannée.y y ! •LES ACTUALITES- Fin des quotas sur le vêtement Non au terrorisme Le Canada sera inondé d’articles à bas prix NANCY CARR PRESSE CANADIENNE Toronto—À compter de janvier 2005, tous les quotas sur l’importation de vêtements au Canada seront levés, les vêtements bon marché de pays tels que la Chine et d’autres pays producteurs déferleront donc sur les étalages.Or, les détaillants en profiteront peut-être pour accroître leurs parts de profit, mais la pression des prix à la baisse de géants comme Wal-Mart risque d’entraîner le marasme des petits.La déflation est à prévoir, selon des analystes.*Par exemple, ce que vous aviez payé 100 $ l'an dernier pourrait vous coûter 90 $ cette année, a expliqué Maureen Atkinson, de la firme d’expertsconseil J.C.Williams, à Toronto.Tous les frais que doit assumer le détaillant sont en hausse, alors que ses prix tendent à la baisse.» Elle ajoute que les articles seront peut-être 10 % moins chers, mais que les consommateurs n’accroîtront pas nécessairement leur garde-robe de 10%.«L’enjeu est important pour l’industrie.et c’est un défi pour les détaillants.» En 1994, après des négociations avec la Chine, le Canada avait entrepris d’abolir ses quotas graduellement sur 10 ans, conformément à l’accord de l’Organisation mondiale du commerce qui prévoyait la disparition de tous les quotas sur les vêtements d’ici à 2005.Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères et du Corn merce international, Sameer Ahmad, a précisé que l’entente ne touchait pas que la Chine, mais que ce pays demeurait le joueur prédominant dans le secteur.11 a aussi souligné que le gouvernement canadien avait toutefois assorti l’élimination des barrières d’un appui financier à l’industrie pour lui permettre de «s’adapter et de demeurer compétitive».Néanmoins, la plus grande entreprise du vêtement de sport au Canada, Forzani, a décidé d’abandonner le marché des vêtements décontractés, à cause, dit-elle, de «la concurrence trop fêrqce dans ce domaine».Egalement, au cours d’une conférence téléphonique la semaine dernière, le président et chef de la direction de La Baie, George Heller, a soutenu que les bouleversements à venir allaient pressuriser les prix et qu’une «déflation» était à prévoir.Par contre, un analyste du commerce de détail, Gilles Ben-chaya, de Richter Consulting de Montréal, voit une «ouverture» pour les détaillants.Selon lui, les magasins qui ont des sources d’approvisionnement reconnues à l’étranger et qui font du magasinage une expérience en soi s’en tireront bien.Il cite notamment les Jacob, La Senza et Aldo.«Il est difficile de concurrencer Wal-Mart, mais il n’y a aucun charme à magasiner chez Wal-Mart.C'est un environnement stérile.» JACQUES NADEAU LE DEVOIR m al PLUSIEURS CENTAINES de Québécois originaires d’Espagne ont participé hier à une marche dans les rues de Montréal pour manifester leur solidarité envers leur pays meurtri par les attentats terroristes.La ministre québécoise à la Condition féminine, Michelle Courchesne, participait à cette marche pour la paix organisée par la communauté espagnole de Montréal.Les attentats, qui ont frappé l’Espagne jeudi dernier et causé la mort de 200 personnes en plus d’en blesser 1500 autres, ont été revendiqués par le réseau terroriste al-Qaïda.Conférence sur la médecine en milieux sauvages L’écotourisme causerait des dommages à l’environnement PRESSE CANADIENNE Winnipeg — Le tourisme «vert» cause souvent des dommages à l’environnement, aux cultures et à la nature qu’il est censé protéger, affirme un professeur d’éthique de l’Université du Manitoba.A l’occasion d’une conférence sur la médecine en milieux sauvages, donnée le week-end dernier, le professeur Arthur Schaefer expliquait que le nombre des voyageurs participant à des voyages dits écologiques est tel qu’ils causent des dommages aux régions reculées du monde qu’ils visitent.«On construit des hôtels cinq étoiles dans des endroits isolés, et des habitats sauvages sont détruits pour accueillir ces touristes», a-t-il dit, samedi.Au Québec, par exemple, les excursions d’ob- servation des baleines dans le fleuve Saint-Laurent ont traumatisé ces mammifères marins, dont plusieurs se sont ensuite échoués, a aussi noté le professeur Schaefer.En 1950, les touristes effectuaient 25 millions de déplacements internationaux.Ce nombre est passé à 700 millions en 2000 et devrait atteindre 1,6 milliard au cours des 20 prochaines années.Toujours selon M.Schaefer, les touristes qui font des expéditions dites «écotouristiques» doivent comprendre que leur présence dans certains endroits reculés suffit à altérer le paysage socio-économique et physique des lieux.Que se passera-t-il si le tourisme prend encore de l’expansion et que des centaines de millions de personnes vont dans la forêt tropicale humide?demande-t-il.Le Bloc dénonce le projet fédéral d’étiquetage volontaire des OGM GENEVIÈVE OTI S- DIONNE LE DEVOIR Le gouvernement de Paul Martin ne respecte pas les convictions de ses citoyens en allant de l’avant avec un projet d’étiquetage volontaire des OGM pour l’industrie alimentaire, soutient le porte-parole du Bloc québécois en matière d’En-vironnement, Bernard Bigras.Les membres du Conseil canadien des normes votent en effet depuis vendredi dernier pour instaurer un programme d’étiquetage volontaire des organismes génétiquement modifiés (OGM).Selon M.Bigras, le premier ministre doit dès aujourd’hui revoir le mandat du Conseil pour que celui-ci vote sur un programme d’étiquetage obligatoire des OGM, et non pas sur un programme d’étiquetage volontaire.«Les libéraux vont de l’avant avec un programme d’étiquetage volontaire, alors que 94 % des Québécois et 87 % des Canadiens souhaitent un étiquetage obligatoire, explique M.Ducas.Le gouvernement Martin devrait revenir à ce que les citoyens, les consommateurs et les environnemen-taliste réclament.» Le député du Bloc québécois a exigé hier ce changement de position lors d’une conférence de presse organisée en collaboration avec l’analyste agro-alimentaire chez Option-consommateurs, Mickaël Ric-quart, le coordonnateur de l’Union paysanne, Benoît Girouard, et le coordonnateur de la campagne OGM chez Greenpeace, Eric Darier.M.Bigras soutient également que la dénomination choisie par les libéraux — Produit du génie génétique (PGG) ou Issu du génie génique (IGG) — contribue à semer la confusion chez les consommateurs, alors que l’expression OGM est déjà connue du public.«La dénomination des libéraux est un manque flagrant de transparence.La population veut savoir ce qu’elle a dans son assiette, particulièrement lorsqu’on parle d’organismes génétiquement modifiés», affirme M.Bigras.De plus, le Conseil canadien des normes estime qu’un produit devra avoir plus de 5 % de contenu génétiquement modifié afin d’être considéré transgénique, ce qui est beaucoup trop élevé pour le Bloc, Greenpeace et l’Union paysanne.«Il s’agit là d’une norme laissant place à la tolérance, alors que nous pouvons détecter 0,1 % d'OGM, comme le démontre d’ailleurs la norme européenne», a déclaré M.Darier.«Le gouvernement doit rejeter les propositions du Comité et le mandater de nouveau pour un étiquetage obligatoire.Cest ce que veut la population», a conclu M.Bigras.Étude du gouvernement fédéral Les Canadiens inquiets de l’utilisation d’informations génétiques PRESSE CANADIENNE Ottawa — Les Canadiens tiennent dur comme fer à la protection de la confidentialité en matière de génétique médicale, surtout si ces informations peuvent influencer leurs tarifs d’assurance-vie, révèle une étude du gouvernement fédéral.Même si la plupart des gens considèrent la recherche génétique comme quelque chose de positif, ils ne veulent pas que ces données soient utilisées à des fins commerciales, indique l’étude obtenue en vertu de la Loi d’accès à l’information.L’étude menée par la firme Pol-lara et Earnscliff Research a mis en lumière un consensus surprenant sur la question de la confidentialité des informations génétiques.Pas moins de 91 % des personnes sondées au mois de mars de l’an dernier ont affirmé que les compagnies d’assurance ne devraient pas avoir accès aux informations génétiques existantes.Lorsque la même question avait été posée, quatre ans plus tôt 86 % avaient affinné la même chose.Par ailleurs, 90 % des personnes interviewées ont dit que les pa- trons ne devraient pas non plus avoir accès aux informations génétiques des employés ou des candidats à l’embauche.La plupart des gens savent que les tests génétiques (à partir de l’ADN) peuvent identifier les prédispositions à des maladies comme le cancer du sein, la maladie de Huntingdon et la maladie d’Alzheimer, selon l’étude.Les compagnies d’assurance exigent déjà la divulgation des renseignements existants, obtenus à la suite de tests génétiques, s’il s’agit d’informations pertinentes à la demande d’assurance, souligne Wendy Hope, de l’Association canadienne des compagnies d’assurance de personnes.Si la personne a subi un test d’ADN et qu’une telle information n’est pas dévoilée, alors la police d’assurance pourrait perdre toute validité, un principe qui s’applique de longue date à l’information de nature médicale.Mais les compagnies d’assurance canadiennes n’exigent pas de tests d’ADN avant de délivrer une police d’assurance.Cette police n’est pas non plus touchée par des informations génétiques obtenues après l’approbation du contrat d’assurance.Conduisez une aubaine ! 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qui m'avait, le premier, fourni un indice probant de tout ce qui ne tournait pas rond pour les libéraux de Jean Charest.M.Farrah était alors membre de l’Assemblée nationale.Le printemps précédent, j’avais suivi le nouveau chef libéral dans sa tournée exploratoire de l’est du Québec.Gçorge Farrah lui servait en quelque sorte de guide.A l’époque, il était, comme tous ses collègues libéraux, enchanté par la perspective d’un retour prochain au pouvoir grâce à l’arrivée providen-tielle de Jean Charest dans l’arène provinciale.Mais à la fin du mois d’août, son optimisme avait fondu.Si des élections avaient lieu à l’automne, me confiait-il, il y laisserait vraisemblablement sa peau.Ses antennes ne l’avaient pas trompé.Pendant que M.Charest se cloîtrait au chalet pour mettre des noms sur les visages des membres de son nouveau caucus et pour apprendre ses leçons de chef québécois, Lucien Bouchard avait jeté les bases d’un retour en force dans l’opinion publique.A la fin de l’automne, le Parti québécois entamait un second mandat, et George Farrah était au chômage de la politique.En novembre 2000, il s’est recyclé dans l’arène fédérale.Depuis le dépôt du rapport de la vérificatrice générale, il a la mine basse.Et pour cause.Si la tendance observée dans les sondages se maintient, l’histoire va en effet se répéter pour lui au prochain scrutin fédéral.?Si cela devait se produire, M.Farrah ne serait pas la seule victime de la descente aux enfers libérale.Ces jours-ci, la ministre du Patrimoine Hélène Scherrer, la poignée d’autres députés libéraux fédéraux dont les circonscriptions sont en territoire francophone, ne peuvent plus non plus tenir leur réélection pour acquise.C’est pour tenter de renverser la tendance que le premier ministre Paul Martin est au Québec cette semaine.Depuis hier, il est en Abitibi où ses deux députés vont devoir défendre leur siège bec et ongles au cours de la prochaine campagne.Demain, le premier ministre se rend à Sherbrooke, une circonscription qui a quitté le camp fédéraliste en même temps que Jean Charest a fait ses adieux au Parlement, et pour laquelle le PLC espère recruter un candidat-vedette d’ici au scrutin.Pour mémoire, Sherbrooke n’a pas voté libéral aux élections fédérales depuis vingt ans.Depuis le début du scandale des commandites, plusieurs faiseurs d’image reprochent à Paul Martin de s’être collé la controverse à la peau en se campant dans un rôle de première ligne dans le débat Mercredi à Québec, le premier ministre persiste et signe puisqu’il livrera une allocution consacrée à l’éthique gouvernementale.Selon ses conseillers, M.Martin s’engagera à dépolitiser les principales nominations de son gouvernement, no-tamrqent en choisissant les futurs grands commis de l’État au mérite et sous réserve d’un examen parlementaire approfondi.Jeudi et vendredi, ce sera au tour de l’ancien ministre des Travaux publics, Alfonso GagDano, de prendre la barre des témoins au comité parlementaire des comptes publics.Les stratèges libéraux voient sa comparution comme le dernier temps fort de la crise des commandites.Ds espèrent que le dépôt, la semaine suivante, du premier budget fédéral de l’ère Martin leur permettra finalement de passer à autre chose.?Cette autre chose, c’est évidemment le déclenchement des élections.A compter d’aujourd’hui, le PLC va jauger au quotidien les intentions de vote des Québécois, à l’affût d’une éventueüe éclaircie dans l’opinion publique.C’est que, dans le passé récent, le Québec a été la scène de vastes mouvements d’opinion, en particulier pendant l’année qui avait précédé les élections québécoises d’avril dernier.Avant le dépôt du rapport Fraser, l’électorat québécois affichait tous les symptômes d’une grande lassitude à l’endroit du Bloc québécois.Et aucun autre parti d’opposition, quel que soit le chef que choisiront les conservateurs samedi prochain, n’est suffisamment présent au Québec pour capitaliser sur les déboires libéraux.Mais en Ontario, les libéraux de Paul Martin ont des raisons de craindre que la renaissance du NPD sous Jack Layton et la réconciliation des conservateurs ne leur coûtent de 25 à 50 circonscriptions aux élections générales.En Colombie-Britannique et en Alberta, la récolte libérale ne s’annonce guère plus riche que sous Jean Chrétien.S’il ne réussit pas à compenser des pertes prévisibles ailleurs au Canada par des gains au Québec, le PLC pourrait y laisser sa majorité.Et dans l’hypothèse où il perdrait plusieurs de ses sièges actuels au profit du Bloc, l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement minoritaire conservateur ne pourrait plus être écartée.La perspective inattendue (même si encore lointaine) du pouvoir a déjà grandement contribué à consolider l’avance de l’ex-chef aHianciste Stephen Harper — seul candidat à disposer d’expérience sur la scène fédérale — sur ses deux adversaires au leadership au cours des dernières semaines.Dans tous les scénarios, depuis le scrutin de 1988 et le débat sur le libre-échange, le Québec n’a jamais joué un rôle aussi central dans les plans électoraux d’un parti au pouvoir à Ottawa Tout cela signifie que si Paul Martin ne réussit pas à faire tourner le vent au Québec did à la mi-avril, il devra vraisemblablement repousser le déclenchement des élections générales jusqu’à la fin de l’été.cheber1@thestar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.-?LE DEVOIR ?- POLITIQUE (99cL) Conseil général de l’aile québécoise du NPD Le parti de Jack Layton veut éviter de répéter les erreurs du passé GENEVIÈVE OTIS-DIONNE LE DEVOIR Un fédéralisme canadien davantage axé sur la coopération et basé sur le respect des compétences provinciales répondrait aux demandes des Québécois, qui forment une «nation» à part entière au sein du Canada, et éviterait la sécession de la province, soutient l’aile québécoise du Nouveau Parti démocratique (NPD), réunie au cours du week-end en conseil général.La .possibilité d’élections générales dans les prochains mois a stimulé l’énergie de la formation politique, et celle-ci souhaite présenter des candidats dans les 75 circonscriptions québécoises.Une soixantaine de militants néo-démocrates ont discuté durant le week-end des principaux défis que devra relever le parti lors de la prochaine campagne et ont discuté des dossiers qui touchent particulièrement le Québec.Le parti de Jack Layton veut éviter les erreurs du passé et accorde actuellement une importance particulière au Québec en vue des prochaines élections.Lors de la dernière campagne électorale en 2000, le Québec avait été négligé par le NPD et celui-ci n’avait récolté que 2 % des votes.Une campagne publicitaire télévisuelle destinée au Québec est déjà en cours pour présenter le chef du parti.La formation politique tait aujourd'hui le pari d'effectuer une percée au Québec et veut devenir un troisième acteur qui s’immiscera entre les libéraux et les souverainistes.«Nous voulons foire des percées lors des prochaines élections, mais nous sommes conscients que bâtir le NPD au Québec, c’est un travail à long terme», précise le bras droit de Jack Layton au Québec, Pierre Ducasse.Sekin M.Ducasse, le parti devient cependant de plus en plus populaire dans la province, et les militants travaillent fort pour faire connaître ses idées.Pour séduire l'électorat québécois, le NPD propose une vision du fédéralisme canadien moins centralisatrice et plus respectueuse des compétences provinciales.Le NPD reconnaît également que les Québécois forment une nation.«Nous avons au Québec une identité propre, une culture, une langue et des institutions sociales, politiques et économiques différentes, affirme M.Ducasse.U est possible d’avoir asse2 d’imagination pour reconnaître le Canada comme un pays où plusieurs nations peuvent coexister».Un parti social-démocrate Pierre Ducasse reconnut le «bon travail» effectué par le Bloc à Ottawa.D estime cependant que le parti «bloque l’émergence d’une alternative à la droite.Le NPD ne veut pas juste s’opposer aux libéraux de Paul Martin, il veut les remplacer, ce que le Bloc québécois ne pourra jamais fare».Pour les neo-démocrates, la transparence et l'éthique sont essentielles pour maintenir un système politique en bonne santé.Le scandale des commandites qui frappe les libéraux «est un indicateur du copinage qui existe à l'heure actuelle entre les Partis politiques, les intérêts des entreprises et les lobbyistes.Ce qui est très inquiétant pour les Canadiens».Mais «le scandale des commandites n 'est pas plus important que celui de la caisse d emphri, où 45 milliards de dollars ont été détournés par les libéraux pour éponger les déficits», ajoute M.Ducasse.De leur côté, les nèo-dè-mpcrates veulent investir dans le logement abordable, le transport en commun et dans l’éducation.La formation politique s’oppose nussi au projet de bouclier antimissile proposé par les États-Unis.Le parti a déjà choisi une vingtaine de candidats au Québec.Dans la circonscription de Papineau, le nétv démocrate André Frappier a déjà reçu im appui officiel à sa candidature de la part du conseil général de la FTQ.M.Frappier compte livrer une importante bataille à son principal adversaire dans la circonscription, Pierre Pettigrew, et souhaite l’attaquer sur la question de l'assurance emploi et de la transparence.Concernant le Bloc québécois, M.Frappier soutient que «si les gens continuent à voter pour eux, nous allons être condamnés éternellement à voir les libéraux prendre le pouvoir à Ottawa».Paul Martin au défilé de la Saint-Patrick Course à la direction du Parti conservateur MSS JACQUES NADEAU LE DEVOIR Le premier ministre Paul Martin n’a pas mancjué le grand défilé vert que représente la Saint-Patrick chaque année.Des centaines de milliers de fêtards se sont rassemblés tout au long du parcours rue Sainte-Catherine, à Montréal.Trèfles, musique irlandaise, chapeaux en hauteur et couleur verte étaient à l’honneur.Le Canada sera plus vigilant en matière de terrorisme RICHARD DUFOUR PRESSE CANADIENNE Le premier ministre Paul Martin a indiqué hier que les autorités canadiennes en matière de sécurité avaient haussé leur vigilance dans la foulée des attentats survenus à Madrid, jeudi, sans toutefois annoncer de nouvelles mesures de sécurité comme l’Union européenne entend le faire.«Nous avons la capacité d’augmenter nos mesures de sécurité et de les ajuster selon les circonstances», a commenté Paul Martin hier midi, quelques minutes avant de prendre part au ISO1 défilé de la Saint-Pa- trick dans les rues du centre-ville de Montréal.«A chaque fois que survient un attentat terroriste dans le monde, nous surveillons la situation d’encore plus près», a précisé le premier ministre.Maintenant que la thèse islamiste semble de plus en plus plausible pour expliquer les attaques qui ont fait près de 200 morts et plus de 1400 blessés en Espagne jeudi, Paul Martin a souligné que le Canada gardait l’œil bien ouvert «Al-Qaïda est une organisation très décentralisée.Nous savons qu’ils sont actifs, et c’est pourquoi nous avons créé le poste de ministre de la Sécurité publique et de la Protection civile.» Candidat à l’investiture du Bloc québécois dans Outremont Rebello entend rallier les communautés culturelles ALEC CASTONGUAY LE DEVOIR François Rebello, candidat à l’investiture du Bloc québécois dans Outremont en vue des prochaines élections fédérales, entend rallier les communautés culturelles qui forment 40 % de la circonscription, principalement regroupées dans la partie Côte-des-Neiges.En promettant de s’attaquer au chômage élevé qui afflige les communautés noires et arabes du quartier, François Rebello pense pouvoir faire mordre la poussière au candidat-vedette du Parti libéral, Jean Lapierre.«En discutant avec les gens de la circonscription, j’ai été touché et choqué de voir leurs conditions économiques», a-t-il dit au Devoir à l’occasion du lancement officiel de sa candidature, hier.En 2001, le taux de chômage de la communauté noire atteignait 17,2 %, alors que dans la collectivité arabe, le nombre de sans-emplois était de 20,3 %.À titre de comparaison, le taux moyen de chômage à Montréal était de 7,5 %, «fose à peine imaginer la crise sociale si le Québec en entier avait ces taux de chômage, soutient François Rebello.U faut y voir tout de suite pour ne pas que Montréal soit un jour victime des tensions qui régnent à Paris ou Washington.» Le gouvernement fédéral doit commencer par donner l’exemple, estime François Rebello.«Comme employeur, le gouvernement n’a que 7 % de ses travailleurs qui ap- partiennent à des minorités visibles, alors que 15 % de la population du Canada provient des communautés culturelles.H reste du travail à faire.» Un militant de longue date Natif d’Outremont, ancien étudiant de l’Université de Montréal, François Rebello connaît très bien la circonscription où il fera campagne.«R n’y a pas de meilleur endroit pour mener cette lutte à l’emploi en faveur des communautés culturelles, a-t-il souligné.Côte-des-Neiges est un port d’entrée pour les immigrants.Depuis 1995, 50 % de la population du quartier s’est renouvelée.» ActueDement directeur du Groupe investissement responsable, une division de De-mers conseil, François Rebello est un militant souverainiste de longue date.Président de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), puis de Force jeunesse, il a suffisamment d’expérience politique pour savoir que la lutte ne sera pas facile contre Jean Lapierre, le lieutenant politique de Paul Martin au Québec.«Mais Outremont, ce n’est pas West-mount, objecte-ü.Aux dernières élections, il y avait 7000 voix de différence entre le Bloc et les libéraux.Et faire de la politique, ce n’est pas seulement aller dans les comtés sûrs.H faut aussi se battre pour faire changer les choses, et Outremont est à ma portée.» L'investiture du Bloc aura lieu dans deux semaines et François Rebello est seul en lice pour l’instant Tony Clement serait prêt à s’allier au Bloc PRESSE CANADIENNE Ottawa — Le candidat à la direction du nouveau Parti conservateur, Tony Clement serait prêt à obtenir le concours du Bloc québécois en Chambre pour renverser le Parti libéral de Paul Martin.Au cours de l’émission Question Period au réseau CTV, hier, Tony Clement a écarté toute coalition formelle avec le Bloc, tout comme ses rivaux dans la course à la direction du PC, Stephen Harper et Belinda Stronach.Mais il a dit qu’il serait ouvert à collaborer avec le Bloc de façon ponctuelle.À son avis, cela pourrait permettre au PC de s'emparer du pouvoir si les résultats des élections n'accordaient aucune majorité absolue.La question se pose en raison de la chute des libéraux fédéraux dans les sondages, particulièrement au Québec, où le parti souverainiste devançait le PLC de 18 points, à 49 % contre 31, en raison du scandale des commandites.«Le parti et moi sommes en faveur de l’augmentation du nombre de votes libres en Chambre, a dé- claré le candidat.Il pourrait y avoir des projets de loi sur lesquels des membres du Bloc pourraient voter avec le gouvernement — notre gouvernement.» Quant à savoir s’il pourrait s’allier avec le Bloc pour défaire les libéraux et former un gouvernement de coalition, il a répondu: «Si nous pouvons obtenir la confiance de la Chambre, alors bien sûr nous aimerions proposer cette option à la Chambre et la soumettre au vote des députés.» Belinda Stronach n’avait pas dit non à cette éventualité, mais semblait plus réticente.«U n’y a rien de mal à s'asseoir et à discuter, en autant que ce soit sur des questions bien particulières, avait-elle énoncé à CTV.Mais nous ne pouvons faire de compromis sur les causes que nous défendons, comme un Canada fort.» Stephen Harper avait aussi abordé ce «tabou» avec circonspection.En entrevue le mois dernier, il avait affirmé que sa démarche consisterait à «former un gouvernement et à recueillir des appuis de façon ponctuelle auprès des différents partis.» Nathalie ELLIOTT Sous la direction da Louise CÜRRLEB0IS LES CLÉS DE U QRQNIM0IRE 208 pages 20,951 i •* éofttorre GUÉRIN (914) M2-34R1 Français 2* «ni a* cyciss du nnnairs coiiactton tes clés du savoir tn «mii mi imm U» Htranei jf^ Destinations LA BOUCHE HèTEU RESTAURANT 1A i X a *0* Lorsque vous séjournez à L'Eau à la Bouche pour un séjour de deux nuits consécutives don! une nuit avec repas (souper et petit déjeuner) au tarit régulier, nous vous offrons l'hélx;rgemenl de la 3e nuit gratuitement.Sekm düsponibiWte Valide juaqui la fin de l'année 2004 Non transférable et non négocilble www.leaualabouche.com Ste-Adèle 450.229.2991 j Pour annoncer dans ce regroupement, contactez Jean de Billy au (514) 985-3456 ou à jdebillyMledevoir.com t t I LE DEVOIR, LE LUNDI 15 MARS 2004 A 4 •LES ACTÜALITES- Entretien avec Nathan Sharansky, ministre israélien de la Diaspora Uantisémitisme connaît aujourd’hui un regain inquiétant T—- lÉSU;t t YURI TODOV REUTERS Le célèbre dissident russe Nathan Sharansky, aujourd’hui ministre israélien de la Diaspora, était de passage hier à Montréal pour participer à une conférence sur l’antisémitisme.La propriété privée est désormais protégée par la Constitution chinoise ASSOCIATED PRESS SERGE TRUFFAUT LE DEVOIR Depuis l’amorce du présent siècle, on assiste à une vague d’antisémitisme ayant ceci de singulier qu’elle est plus virulente ou prononcée que les vagues observées aux lendemains de la Deuxième Guerre mondiale.Signe des temps, elle a provoqué la multiplication d’études, forums ou colloques comme celui qui se poursuit à Montréal jusqu’à demain soir.Célèbre dissident, dans les années 70, d’origine russe et aujourd’hui ministre israélien de la Diaspora, Nathan Sharansky a assuré lors d’un entretien que ce qui caractérisait ce regain d’antisémitisme résidait dans son ampleur géographique.Ce dernier «n'est plus limité aux régimes autoritaires ou totalitaires.Il s’est à nouveau introduit dans le monde libre, au sein des démocraties occidentales, surtout en Europe».À bien des égards, la mécanique de cette culture consistant à nier l’existence de l’Autre, du différent, emprunte à l’antisémitisme classique ou historique ses travers ou méfaits.Un feux comme le Protocole des sages de Sion a refeit surfece dans des centaines de librairies du globe, les affabulations chères au régime nazi sont relayées plus aisément, les rengaines sur la domination juive du monde, financière et culturelle, sont entonnées plus fréquemment, enfin les thèses des négationnistes trouvent désormais un écho que leur promoteur, l’historien Roger Faurisson, n’aurait pas espéré aussi large ou fracassant.Le problème avec tous les faits ou éléments associés à la période classique de l’antisémistisme est ce qu’on appelle la caisse de résonance.En un mot, les nouvelles technologies.«La télévision syrienne a diffusé récemment un feuilleton basé sur le Protocole et sur la propagande ncme.Eh bien, savez-vous que, grâce à la réception par satellite, des mil- PRESSE CANADIENNE Fredericton — C’est un vieux rêve qui se poursuit: un petit paradis sous le soleil, avec des plages de sable fin, des eaux turquoise et, en prime, la couverture d’assurance-maladie et le huard.L’idée d’intégrer les îles Turks et Caïcos, dans les Caraïbes, à la tiers et des milliers de personnes ont pu suivre cette émission en Europe et ailleurs dans le monde.» Le film de Gibson Le dernier, mais non des moindres, symbole de l’antisémitisme historique puise dans la mort du Christ.On sait que de cet événement Mel Gibson a fait un film retentissant, intitulé La Pas- Confédération refeit surfece, après l’échec des «fantasmes» précédents dans les années 1970 et 1980.Des dirigeants politiques et des gens d’affaires de part et d’autre seraient en faveur de l’idée.«Le Canada doit élargir sa sphère d’influence à long terme, c’est vital, a déclaré le député conservateur Peter Goldring, parmi les principaux partisans de ce mouve- sion, en insistant particulièrement sur la responsabilité des Juifs malgré les conclusions auxquelles les théologiens, cardinaux et autres notables du clergé étaient parvenus lors de Vatican II, il y a une quarantaine d’années.«Ce qui m'inquiète particulièrement avec cette production c’est qu’elle va certainement dynamiser la haine des Juifs dans des pays com- ment Nous avions, il y a un siècle, de l’influence dans les Caraïbes.Notre pays était alors un des expéditeurs et transporteurs principaux, à partir des provinces maritimes.» Le député a mis sur pied un comité parlementaire multipartite ainsi qu’un groupe de gens d’affaires pour préparer l’union éventuelle entre le Canada et Turks et Caicos.me la Russie, la Pologne et l’Amérique du sud.Dans ces pays où la religion a le poids que l’on sait, le dialogue est plus difficile.Ce n’est Pas le cas avec le Canada et les Etats-Unis, où justement les communautés religieuses échangent quotidiennement.Certes, ces débats peuvent être parfois vifs, mais on finit toujours pas se comprendre.» Généralisations faciles A tous les éléments de l’antisé-mistisme classique s’est ajouté celui de la légitimisation de celui-ci par la critique d’Israël.«On peut nous critiquer, mais pas n’importe comment.Trop souvent on ignore ou feint d’ignorer qu’Israël est un pays libre, une démocratie, et que, de fait, les actions de chaque gouver: nement sont sujettes aux débats.À condition que cela ne se traduise pas parla diabolisation.» On peut montrer du doigt ou remettre en question avec vigueur la politique du gouvernement Sharon, mais lorsque «la presse libérale de l’Occident compare parfois Israël au régime nazi, vous comprendrez que là on franchit une ligne très dangereuse.» Idem, lorsqu’à l’instar de José Bové, on «fait l’amalgame entre Gaza et Auschwitz» De la même manière qu’il y a légitimisation de l’antisémitisme par le biais de la critique d’Israël,,il y a une délégitimisation de l’Etat d’Israël.Celle-ci est surtout le fait d’intellectuels britanniques et français qui récusent l’existence de cet Etat sous prétexte que son ressort serait colonial.«Pour eux, beaucoup de Juifs étant originaires d’Europe, ils devraient y retourner.Ce qui grave, très grave, c’est que le discours de ces intellectuels est une négation même d’Israël.» Pour en savoir davantage sur cette Conférence internationale sur les dimensions mondiales de l’antisémitisme contemporain, on peut consulter le site antisémétisme-conference.ca «J’aimerais que les îles deviennent la 11e province du Canada, a-t-il ajouté, en estimant que le premier ministre Paul Martin pourrait être favorable.Et la Canada Steamship Lines pourrait y enregistrer ses bateaux», a-t-il complété, sourire en coin, en faisant référence à la société autrefois propriété de M.Martin et qui navigue avec des pavillons de complaisance.Pékin — Le Parlement chinois a amendé hier la Constitution pour y inscrire des dispositions protégeant la propriété privée et pour la première fois, une mention à la question des droits de l’homme.Ces amendements à l’initiative du Parti communiste ont été adoptés par 2863 voix pour, 10 contre et 17 abstentions à l’issue de la session annuelle à Pékin de l’Assemblée nationale populaire, chambre d’enregistrement du Parti.«Ces changements à la Constitution sont d’une grande importance pour le développement de la Chine», a déclaré le premier ministre Wen Jiabao.«Le nombre élevé de “oui” montre que les changements reflètent la volonté du peuple.» C’est la première fois depuis l’arrivée des Communistes au pouvoir en 1949 que le principe de LIA LÉVESQUE PRESSE CANADIENNE La majorité des Canadiens estime que l’Accord de libre-échange a surtout profité aux Américains, alors que ces derniers restent divisés sur la question.En fait, les Canadiens sont deux fois et demie plus nombreux que les Américains à penser que cet accord de Ijbre-échange a surtout profité aux Etats-Unis.Un sondage Léger marketing, dont les résultats ont été communiqués à la Presse Canadienne, révèle en effet que les deux tiers des Canadiens,.soit 66 %, jugent que ce sont les Etats-Unis qui ont surtout bénéficié de cet accord commercial, alors que seulement 27 % des Américains pensent que c’est leur pays qui en a le plus bénéficié.Quinze ans après son entrée en vigueur, seulement 17 % des Canadiens jugent que l’Accord de libre-échange a surtout profité au Canada, alors que 14 % demeurent indécis sur la question.Les Québécois, qui étaient parmi les plus libre-échangistes au pays au moment de la négociation de l’accord, n’ont pas de perception vraiment différente des autres Canadiens.Ils sont 67 % à croire que les Etats-Unis en ont le plus bénéficié et 18 % à estimer que c’est surtout le Canada propriété privée est inscrit dans la Constitution.D s’agit d’une mesure avant tout symbolique, puisque la Chine disposait déjà de lois en ce sens.Mais avec le développement du secteur privé en Chine, les entrepreneurs étaient nombreux à réclamer des garanties constitutionnelles.Ils sont désormais admis dans les rangs du Parti communiste chinois depuis le XVI' congrès de novembre 2002, qui a consacré le principe des «Trois représentations» de l’ancien président Jiang Zemin.Jiang Zemin s’est retiré de la présidence de la Chine en mars 2003, mais il conserve la tête de la Commission centrale militaire, plus haute fonction militaire du pays, et reste délégué de l’ANP Les députés ont par ailleurs adopté un amendement selon lequel «l’État respecte et garantit les droits de l’Homme», un texte qui ne fait aucune allusion à la question de la liberté politique.Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les Américains ne pensent pas pour autant que c’est l’autre partie qui a le plus tiré profit de l’accord bilatéral, du moins pas de façon significative.C’est qu’ils demeurent ambivalents, même après toutes ces années.En fait, 39 % des Américains jugent que c’est le Canada qui a le plus bénéficié de l’accord, mais 31 % disent ne pas savoir, alors que 27 % pensent que ce sont surtout les Etats-Unis qui en ont profité., Les citoyens du nord-est des Etats-Unis se distinguent des autres Américains, estimpnt à 41 % que ce sont surtout les Etats-Unis qui ont été avantagés par l’accord commercial, pendant que 27 % jugent que c’est surtout le Canada.Par ailleurs, les Canadiens ont une perception plus sombre de l’état des relations canado-améri-caines que les Américains.Près des trois quarts d’entre eux, soit 72 %, pensent que les, relations entre le Canada et les Etats-Unis se sont détériorées depuis trois ans, alors que seulement 34 % des Américains éprouvent cette impression de détérioration.Le sondage a été réalisé du 17 au 22 février auprès de 1501 Canadiens et de 1035 Américains.Il comporte une marge d’erreqr de 2,6 % au Canada et de 3 % aux Etats-Unis, et ce 19 fois sur 20.L’idée d’annexer les îles Turks et Caïcos au Canada refait surface à Ottawa Sondage Léger Marketing Le libre-échange a surtout profité aux Américains, estiment les Canadiens ?A LA TELEVISION* Cinéma / LE MONSTRE (5) Aujourd’hui (17:00)____ Le TVA 18 heures Virginie L'Auberge du chien noir SMASH (2/5) Le Téléjournal/Le Point fait la force Ultimatum avec Roberto Benign! Max Inc.Star Annie et ses hommes Facteur de risques Le TVA Merci bonsoir / Michel Côté M.Jasmin Pub Académie (23:1 7) (00:02) Macaroni Ramdam 1045, Parlementaires Diabolo menthe Points chauds / Taïwan: touche pas à mon île L’oeil ouvert / La Vie en fleurs Le Vrai Monde Diabolo menthe Cultivé et bien élevé Cinéma / CRASH (3) tout garni Le Journal Flash / Spécial Gala (16:30) MetroStar Jrnl RDI Actions On a tout essayé (18 05) .monsieur Rlpley Cinéma / LA PRISON DE VERRE (5) avec Leelee Sobleskl, Diane Lane Le Grand Journal .éroti gués Pub Le Monde La Part.Chronique urbaine Le Téléjournal/Le Point La Part.Le Monde Le Journal RDI Téléjournal Ombre et.Double JE Journal Actuel / L'Affaire Dutroux Cultures Sans détour Biographies / B.Holly Les Ultimes Chasseur de crocodiles NVPD Blue Bushido Cinéma Maigrir Nicolas Décore ta.Métamor.Diagnostic: inconnu Jeux de société Décore ta.Métamor.cigogne Miracles un flirt Décompte^VIdéo Clip! Top5 anglo Top franco Infoplus M Net C rampe Banzai Karaoclip Vidéo Clips ¦attaquent Élégance^ fait courir la ville?Salut les amoureux! Musicographie / Llberace Génération 80 Benezra Musicographie / Llberace Salut.Edgernont Grenade justiciers Peg rassi, Vice Versa .galaxie Gilmore Girls | Fred des.South Park j La Clique Moi Willy.Sports 30_____________ Les deux font la loi Sacré Andy Yakklty Yak Simpson Ratz Henri pis.Déchique.| Moumoutte Porcité ipson H oc key / Devils - R an g e rs la LNH Sports 30 L'homme.Boxe / Olajide - Marks Cinéma / LES RATS DU DÉSERT (4) avec R.Burton Trouvailles et Trésors Made in Québec / CKAC JAG Face Bibliotheca [Jardins Grands Spectacles Grands Spectacles: Mozart en Turquie de vues Viens voir les comédiens Ally McBeal Brigade des mers Médlcopter Six pieds sous terre Sexe à New York Bal ko Témoins silencieux Da Vinci Au-delà du réel Nerdz Cour à "Scrap" c est fait Farscape Frontières La Porte des étoiles Dead Zone Centre de formation.Stratégie et dynamique.Entre l'arbre et l'école C'est mathématique L'Univers de la Bible des psychotropes Capharn.Évasion Évasion | Alaska VR Repères Debeur de neige {Casse-cou Voyage Documentaires euro Bain de soleil Vidéo À.Malabul Volt Panorama La Vie sans frontières Cinéma / SUBWAY (4) avec Christophe Lambert Panorama Volt Canada Now This Hour Air Farce R.Mercer Newsroom This Is Wonderland The National National ZeD (23:25) (00:05) News Access H eTalk Daily 8 Simple.Degrassl Law & Order CSI: Miami CTV News News Daily News National Train 48 Fear Factor Forever Eden Average Joe: Adam News Sports CG Kids History's Courtroom Commanding Heights Studio 2 Inspector Morse Imprint Studio 2 Cinéma / THE GREEN MILE (4) avec Tom Hanks, Michael Clarke Duncan Simpsons (23:35) i Pub ABC News Will & Grace Frasier Raymond | Half MerT News CBS News CSI: Miami News ¦Standing Late ShOW (23:35) News NBC News Jeopardy Las Vegas Average Joe: Adam Wheel of Fear Factor The Tonight Show (23 35) 13rd Rock.Seinfeld That '70s Show That '70s.|Cracking.Seinfeld Forever Eden 7th Heaven Everwood The Nowshour BBC News Profile Broadway's Lost Treasures Flood Outdoor.Business Charlie Rose JA Laugh, A Tear.A Mltzvah BBC News | Business.The Newshour Cantors: A Faith In Song BBC News eTalk Daily [Jeopardy News CSI: Miami 8 Simple- Peg rassi Law & Order CTV News News Daily City Confideritial American Justice Airline Biography / Bruce Lee Beauty under the Knife Third Watch Biography V[deos j Road to Avon lea Cinéma / FLASHDÀNCÉ (S) avec Jennifer Beals Anansl Ten Gates Law & Order NYPD Blue How d they do that?Daily Planet Monster Garage Frontiers.Construction Monster House Dally Planet do that T he Fifties JAG .Emma Edmonds Turning Points of History Navajo Warriors JAG The Fifties BBC News Sports Jrnl (Fashion! CBC News CBC News: Canada Now Sports Jrnl jFashion.The National The Passionate Eye National This Hour Made In Poltergeist Cold Squad Crow the Stairway.Queer Folk Cinéma / LIKE IT IS (5) (23:05) Clean Sweep a Fix Now who's Boss?Amazing Medical Stories The Residents Amazing Medical Stories Residents Zoo Diaries TPogs, Jobs Opening.1 Matchi R eal Renos| Opening.English, Extra Surgeons | Campus.The Call Extra Matchm Off, Record [Sportscent.Hockey [World's Strongest Man Competition WWE Raw Sportscentre WWE Raw Teen Titans [Yvon of.1 Dragon Ball I Dragon Ball 7Big Wolf Addams.I.Children Justice.Radio.Ready.Gooseb (00:05) NEWS WORLD SHOWCASE TÏ ARMING CANAUX NBC CTV ( Mont ) MIS 1 PRIA ARTV SÉRIES ~ CANAL Z C SAVOIR I* VAS I ON MX VRAK.TV SRC TVA TQS NOS CHOIX CE SOIR PaulCauchon GRANDS REPORTAGES Un documentaire québécois qui explore l'univers du groupe de hip hop Sans pression.RDI, 20h SMASH Si vous avez apprécié la série de Daniel Lemire la semaine dernière, on poursuit ce soir alors qu'on explore le personnage d’Hélène (Linda Sorgini).Radio-Canada, 21h LE TÉLÉJOURNAL On aura l’impression de retourner dans le temps.C’est ce soir que Bernard Derome revient.Radio-Canada, 22h BENEZRA: NORAH JONES Entrevue récente avec la jeune vedette.MusiMax, 22h30 VIENS VOIR LES COMÉDIENS Sylvie Léonard est vraiment une comédienne étonnante.René-Homier Roy la reçoit (c’est la reprise de samedi dernier).Artv, 23h Classification des films: (l) Chef-d’œuvre — (2) Excellent — (3) Très bon — (4) Bon — (5) Passable — (6) Médiocre — (7) Minable Improvisation pétillante Diabolo menthe Points chauds Joueurs, anciens joueurs.la INI est à I honneur Animation : François-Étienne Part Réalisation-coordination : Lynn Phaneuf Les Taïwanais veulent une nation appelée Taïwan Réalisâtw-coordination Simon Gffard Télé-Québec telequebec.tv Ça change de la télé h t LE DEVOIR.LE LUNDI 15 MARS 2 0 0 4 A 5 ?LE DEVOIR ?-= La Russie offre un second mandat à Poutine Attentats de Madrid Les États-Unis et l’UE resserrent leurs mesures de sécurité ASSOCIATED PRESS ET AGENCE FRANCE-PRESSE Moscou — Vladimir Poutine, donné largement favori par les sondages, a été facilement reconduit pour un mandat de quatre ans à la tête de la Russie, selon des résultats partiels.Les 50 % de participation nécessaires pour valider l’élection présidentielle ont été atteints hier, et selon un décompte portant sur les bulletins dépouillés dans plus de 75,2 % des bureaux de vote, il était en tête avec 70,2 % des suffrages.Le taux de participation, selon les responsables électoraux, a atteint 64,27 % des 109 millions d’électeurs russes inscrits.«Je vous promets que, pour les quatre prochaines années, je travaillerai de la même manière», a déclaré M.Poutine, en annonçant sa victoire.Il a remercié les électeurs qui se sont rendus aux urnes et les personnes qui l’ont soutenu.Week-end sanglant pour les GI AGENCE FRANCE-PRESSE Bagdad — Les violences antiaméricaines ont redoublé en Irak ce week-end où sept GI et cinq civils irakiens ont été tués, alors que la coalition a lancé un programme destiné à protéger les frontières contre les incursions étrangères, à l’approche de la passation des pouvoirs.Quatre militaires américains de la T division, basée dans Bagdad, ont été tués par une bombe artisanale au cours d’une patrouille samedi au sud-est de la capitale.L’un d’entre eux, seulement blessé dans un premier temps, est décédé hier, a-t-on appris hier au Pentagone.Quelques heures après, un soldat de la Garde nationale a été tué dans l’ouest de Bagdad.Le week-end a été sanglant pour la T' division d’infanterie qui est en train de relever la 4e division d’infanterie déployée au nord de Bagdad, dans le cadre d’une gigantesques rotation militaire.Samedi matin, deux soldats de cette division ont été tués et plusieurs autres blessés dans le centre ville de Tikrit Ces morts portent à 275 le nombre de soldats américains tués en action en Irak depuis que le président George W.Bush a déclaré la fin des hostilités le 1" mai 2003, selon un décompte du Pentagone et de l’armée américaine à Bagdad.Cinq civils irakiens ont aussi trouvé la mort samedi dans la chute d’obus dans un village des environs de Baaqouba.L’administrateur civil américain Paul Bremer a annoncé une série de mesures visant à mieux contrôler les frontières et tenter de freiner le passage des «terroristes étrangers» en Irak.La coalition a aussi annoncé le doublement du nombre des gardes-frontières, l’introduction dans quelques mois de visas, un système informatisé de contrôles aux frontières et un accroissement sensible des personnels chargés de l'immigration.Il a promis davantage de croissance économique, de renforcer la société civile et la liberté des médias.«Tous les réalisations démocratiques seront garanties», a-t-il affirmé.«Nous devons prendre de prochaines mesures dans l'économie, dans la sphère sociale.Et nous le ferons.» Le communiste Nikolai' Kharitonov, qui avait axé sa campagne sur les plus démunis, réalisait pour sa part un score plus important que les sondages ne le prédisaient, arrivant en deuxième position avec 14,9 % des suffrages.Après avoir voté à Moscou en compagnie de son épouse Lioud-mila, Vladimir Poutine a exhorté les électeurs à se rendre aux urnes.«Le sentiment d’implication doit augmenter d’année en année», a déclaré le chef du Kremlin.«Les électeurs doivent mesurer l’étendue de leur responsabilité quand ils font leur choix, a-t-il ajouté.Beaucoup dépend de cette élection».Il comptait sur une participation Ashdod, Israël — Deux attentats suicide revendiqués par le Hamas et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa ont fait dix morts, outre les deux kamikazes, hier dans le port israélien d’Ashdod et provoqué l’annulation par Israël d’un sommet envisagé demain entre Ariel Sharon et Ahmed Qorëï.La police a révisé le bilan des victimes à la baisse après avoir annoncé la mort de 11 personnes en plus des assaillants.«Les contacts ne sont plus d'actualité, tout comme le sommet dont nous espérions qu’il aurait lieu mardi [demain]*, a-t-on déclaré de source gouvernementale israélienne.Les préparatifs pour un sommet entre les premiers ministres israélien et palestinien étaient entrés ce week-end dans leur phase ultime, mais les attentats d’hier ont incité Israël à annuler une nouvelle réunion préparatoire prévue aujourd’hui «Nous ne cherchons pas à organiser une photo de famille, nous voulons de la part des Palestiniens qu’ils s’engagent véritablement à lutter contre le terrorisme», a dit Raanan Gissin, porte-parole du premier ministre israélien.L’Autorité palestinienne a condamné les attentats d’Ashdod et exhorté les radicaux palestiniens à mettre fin immédiatement à de telles opérations.Elle a aussi demandé à Israël d’accepter un cessez-le-feu pour «briser le cycle de la violence» et de mettre en oeuvre la «feuille de rou-t,e» élaborée sous l’égide des Etats-Unis.Cheikh Ahmed Yassine, chef spirituel du Hamas, s’est en revanche félicité de cette opération, qui constitue à ses yeux «une réponse aux crimes et aux massacres quotidiennement commis par l’ennemi sioniste».«Le meurtre de juifs est devenu une forme d’acte de dévotion qui nous rapproche de Dieu», a déclaré importante pour lui donner un mandat fort et raffennir son emprise sur la Russie.Le Parlement est déjà sous le contrôle absolu du Kremlin depuis les élections législatives de décembre et le tout nouveau gouvernement ne compte plus de personnalités susceptibles de s’opposer au chef de l’Etat Vladimir Poutine n’a pas fait ouvertement campagne, mais il a bénéficié d'une meilleure couverture médiatique que ses cinq adversaires, la télévision rapportant quotidiennement ses activités.Ses cinq rivaux étaient Oleg Malychkine, du parti nationaliste de Vladimir Jirinovski, Sergueï Mironov, président de la chambre haute du parlement, ainsi que la libérale Irina Khakamada, seule femme candidate, qui s’efforce d’incarner le vote démocrate anti-Poutine, le nationaliste Sergueï Glaziev et le communiste Nikolai Kharitonov.Ces trois derniers ont appelé dans une cassette vidéo pré-enre-gistrée l’un des kamikazes, Nabil Massoud.Il dit commettre son geste en représailles aux «massacres et crimes perpétrés par l’ennemi criminel sioniste».Les explosions, qui ont fait selon la police au moins vingt blessés, ont détruit une grille d’entrée et un entrepôt au moment où l’équipe de jour terminait son travail et allait rentrer chez elle.Ashdod est l’un des ports les plus actifs d’Israël.Situé sur la côte méditerranéenne, il est à une quarantaine de kilomètres au nord de la bande de Gaza.Des témoins ont raconté avoir aperçu deux individus suspects pénétrer sur les sites visés quelques secondes avant les explosions.Les deux kamikazes sont morts dans l’opération.«Cela présente toutes les caractéristiques d’un attentat.Il y a de bonnes raisons de soupçonner que deux kamikazes sont à l'origine des attentats», a déclaré Moshe Kara-di, chef de la police israélienne pour la zone sud du pays.De sources proches des services de sécurité israéliens, on précise que les enquêteurs étu- leurs militants à unir leurs efforts ' dimanche pour surveiller le scru- ; tin.Citant des assesseurs, le comi- ; té électoral qu'ils ont mis en place I affirme que les patients d’un hôpital psychiatrique de Moscou se sont plaints d'avoir reçu des bulletins déjà marqués Poutine.VOICE, une association qui surveille également l’élection, affirme que des militaires et des étudiants ont fait l’objet de pressions pour qu’ils aillent voter.11 y a trois mois, des observateurs étrangers avaient estimé que le déroulement des élections parlementaires était un revers pour la démocratie., Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, tout en estimant que la démocratie n'était pas «en difficulté» en Russie, a reconnu «quelques inquiétudes» sur les conditions de l'élection.M.Poutine a rejeté cette critique implicite, en l’attribuant à des considérations de politique intérieure américaine.dient la possibilité d’une opération menée par mer.Al-Manar, la télévision du Hezbollah, a indiqué que le mouvement de la résistance islamique (Hamas) et les Brigades des martyrs d’Al-Aqsa, groupe armé affilié au Fatah de Yasser Arafat, avaient revendiqué l’opération conjointe dans un appel téléphonique.Les deux organisations ont identifié les kamikazes comme étant deux habitants du camp de réfugiés de Djabalya, à Gaza, Nabil Massoud et Mohammad Salem.Ces attentats sont Jes premiers en Israël depuis l’opération suicide contre un autobus israélien qui avait fait huit morts à Jérusalem le 22 février.Une dizaine de missiles ont été tirés dans la nuit d’hier à aujourd’hui par des hélicoptères militaires israéliens contre des cibles au sol dans la ville de Gaza, ont rapporté des témoins palestiniens.Une fonderie a été touchée dans ce raid, qui a également touché le réseau d’alimentation électrique, plongeant dans l’obscurité une grande partie du nord de Gaza.Les autres cibles visées par l’armée israélienne restaient à déterminer.AGENCE FRANCE PRESSE Les attentats de Madrid ont immédiatement conduit à un renforcement des mesures de sécurité en Europe et aux Etats-Unis, montrant que les partenaires de l’Espagne avaient pris dès le début au sérieux l'hypothèse de la responsabilité d’aK jaida dans les attentats.Dix bombes avaient explosé à quelques minutes d'intervalle dans quatre trains de banlieue, ce qui suppose une organisation complexe et une très bonne connaissance du terrain.De nombreux responsables dans le monde insistent désormais sur l’importance d’une réponse européenne et internationale pour lutter contre le terrorisme.L’Allemagne a proposé hier une réunion d’urgence des ministres de l’Intérieur européens pour étudier les mesures à prendre, une initiative aussitôt applaudie à Madrid.L’Irlande, qui préside actuellement l’UE, a annoncé qu’elle allait prendre des «initiatives» pour coordonner la réponse sécuritaire des Européens, et que l’une d’eUe pourrait être une réunion urgente des ministres de l’Intérieur de IDE.Le Haut Représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère, Javier Solatia, veut quant à lui proposer mercredi aux Quinze de renforcer la lutte contre le terrorisme en Europe en nommant un expert chargé de «coordonner» leur action., Le secrétaire d’Etat américain Colin Powell, le premier ministre israélien Ariel Sharon et la présidente des Philippines Gloria Arroyo ont également insisté sur la nécessité d’une lutte internationale contre le lerrorisijte.Aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, en France et en Italie, les autorités ont renforcé les dispositifs de sécurité autour des trains, gares et aéroports, et ont appelé les popula- Adjarie: mise en garde russe à la Géorgie Poti, Géorgie (Reuters) —'Ibilissi a placé hier en état d’alerte son armée à la suite d’une brusque montée de la tension avec l’Adja-rie, république autonome officiellement composante de la Géorgie.Moscou a aussitôt vivement dès conseillé au pouvoir géorgien d’envahir l’Adjarie.La tension s’est produite après le refoulement, à deux reprises, du convoi du président géorgien Mikhail Saakachvili, alors qu’ü voulait entrer dans le territoire de la république autonome.«Il y a des raisons de penser que Tbilissi a l’intention de recourir à la force.En cas de crise, toute la responsabilité incombera aux dirigeants géorgiens», a déclaré à la radio Ekho Moskvy Alexander Iakovenko, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.Mais Saaskachvili a déclaré depuis sa cellule de crise, dans la cité portuaire de Poti, qu’il était déterminé à prendre le contrôle de la région.lions à la plus grande vigilance.Des renforts de police ont été déployés aiL\ postes-frontières.A Londres, des policiers ;uititer-roristes en civil vont patrouiller dans le métro londonien et des policiers en uniforme pourront fouiller les passagers, a annoncé hier soir la police des transports britannique (BIT).«Dans le cadre des mesures prises en permanence par le gouvernement contre la menace terroriste, la police va augmenter les patrouilles dans le métro, et ces patrouilles impliquenmt pour la première fois le déploiement de policiers antiterroristes en civil à des endroits clefs», a déclaré un por-te-parole de la BIT h1 Portugal a également mis l’accent sur les contrôles frontaliers.À plus long terme, la protection des «équipes les plus sensibles» sera amplifiée pendant l’Euro 2(X)4 de football prévu du 12 juin au 4 juillet.Pour le gouvernement grec, les Jeux olympiques d’août suscitent de fortes inquiétudes, si bien qu’il a officiellement demandé dès vendredi l’aide de l’OTAN, en particulier dans le domaine de la surveillance aérienne et maritime.L’Italie a pris la menace très au sérieux en raison de la présence à Rome du Vatican et de l’alliance du gouvernement italien avec les Etats-Urtis dans la guerre en Irak.Le pape Jean-Paul II a exprimé sa «condamnation abstilue» du terrorisme.La guerre menée par les Etats-Unis en Irak a donné une impulsion au terrorisme au lieu de l’arrêter, a jugé hier l’ex-chef des inspecteurs de l’ONU en Irak, Hans Blix, dans une interview au quotidien italien Iju Stampa.«Le fait est que la guerre à l'Irak après le 11 septembre, voulue par les États-Unis, n’a pas arrêté le terrorisme dans le monde.Au contraire, le résultat de la poigne de fer a été de lui donner une impulsion», estime M.Blix.BREF ElBaradeï souhaite un retour rapide de l’AIEA en Iran Washington (Reuters) — Mohamed ElBaradeï, le directeur de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), a estimé hier qu’un retour rapide des inspecteurs de l’ONU en Iran permettrait de dissiper les doutes de la communauté internationale sur le caractère pacifique du programme nucléaire iranien.«Je viens de contacter les autorités iraniennes pour leur faire part de ma préoccupation concernant notre retour nécessaire dès que possible», a hier déclaré Mohamed ElBaradeï à son arrivée à Washington pour une visite officielle de quatre jours.L’Iran a suspendu les inspections de l’AIEA en raison de l’adoption samedi par le conseil des gouverneurs de l’Agence d’une résolution qui reproche à Téhéran son manque de transparence.IRAK Double attentat suicide dans le port d’Ashdod Israël annule le sommet prévu entre Sharon et Qoreï RAMI AM I C H AI REUTERS SUHAIB SALEM REUTERS Un cliché du kamikaze Nabil Massoud dans sa tenue de combat a été exhibé hier par des membres de sa famille.E N Haïti attend son gouvernement d’union nationale AGENCE FRANCE-PRESSE Port-au-Prince — Le nouveau premier ministre haïtien Gérard Latortue a mis hier la dernière touche à son gouvernement d’union nationale qui devrait être annoncé aujourd’hui ou demain, alors que la situation était calme à Port-au-Prince.M.Latortue, qui s’est installé provisoirement dans un grand hôtel de la capitale haïtienne, a poursuivi ses discussions avec les formations politiques et les représentants de la société civile pour constituer ce gouvernement a indiqué son entourage.Samedi, il a rencontré Winter Étienne, le responsable politique des insuigés du front de résistance nationale qui contrôle encore une partie du pays et qui a contribué au départ du président déchu Jean-Bertrand Aristide le 29 février.Selon des sources proches du premier ministre, la nomination de l’ancien général Hérard Abraham à la tête d’un grand ministère de la Sécurité publique semblait acquise.Au ministère des Affaires étrangères, le nom d’Yvon Siméon, un économiste formé en France est souvent cité, ainsi que celui de Mir-lande Manigat l’épouse de l’ancien président Leslie Manigat (1988).Le ministère des Finances pourrait aller à Eric Pierre, un haut fonctionnaire à la Banque Interaméricaine de développement (BID) et ancien premier ministre désigné sous la présidence de René Préval (1991-1996) ou à Marc Bazin, ancien haut fonctionnaire de la Banque mondiale et ancien premier ministre de 1992 à 1993.La force multinationale de 2600 hommes, composée d’Américains, de Français, de Canadiens et de Chiliens n’a pas relevé d’incidents dans la nuit de samedi à hier à Port-au-Prince.Par ailleurs, une délégation conduite par la ministre jamaïcaine des Affaires étrangères et composée de cinq parlementaires américains est arrivée hier soir à Bangui La délégation a ensuite rencontré M.Aristide et son épouse au palais présidentiel en présence du ministre centrafricain des Affaires étrangères Charles Hervé Wéné-zoui, de son ministre délégué Guy Mosldt, du porte-parole du gouvernement Parfait M’bay, et du ministre délégué chargé de la Sécurité Publique, Jules Bernard Ouandé.«Je peux vous dire que la Cari-com intervient dans un cadre d'abord purement humanitaire, visant à favoriser la rencontre du président Aristide avec ses deux filles», actuellement aux États-Unis, avait indiqué la ministre jamaïcaine avant l’entrevue avec celui-ci.A Washington, la conseillère américaine pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice a estimé que ce voyage de M.Aristide en Jamaïque était «une très mauvaise idée» et que le président déchu devait rester à l’écart Les ÉtatsUnis redoutent que ce retour dans les Caraïbes ne relance les tensions en Haiti et ont appelé les autorités de Kingston à garder à ce séjour un caractère temporaire et privé.La Maritime La Maritime, compagnie d'assurance-vie Av is d'assemblée générale annuelle Par les présentes, avis vous est donné que l'assemblée générale annuelle de La Maritime, compagnie d'assurance-vie se tiendra le mercredi 7 avril 2(XJ4 à 11 h au World Trade and Convention Centre situé au 1800.rue Argylc.Port Royal, salle D.Halifax.Nouvelle-Ecosse.Fait à Halifax (Nouvelle-Écosse), le 15e jour du mois de mars 2004.Par ordre du conseil.A signé Heather M.Hannon Vice-présidente, directrice juridique et secrétaire générale * r EDITORIAL Brasser la cage Les 130 pages bien tassées du plan d’action ministériel en matière d’immigration regorgent de pistes d’action.Sauf sur une question: le Québec est-il prêt à vraiment intégrer les immigrants de la nouvelle vague, ceux dont ni la couleur de la peau, ni la religion, ni le nom ne lui ressemblent?L Josée Boileau ?a ministre Michelle Courchesne a plein d’idées pas bêtes pour «assurer la pleine participation des Québécois des communautés culturelles au développement du Québec», comme le veut le sous-titre de son plan d’action qui sera rendu public en avril, mais dont Le Devoir a obtenu copie.Le document s’arrime autour d’un consensus: l’intégration passe par l’emploi, et il faut tout faire pour limiter le nombre d’immigrants chômeurs.Le Québec a accueilli ces dernières années des gens très scolarisés, plus que la moyenne québécoise, mais peu ont réussi à trouver un emploi selon leur compétence.Revoir la grille de sélection des futurs Québécois pour y inclure davantage de gens moins diplômés mais ayant des compétences professionnelles n’a donc rien de rébarbatif.Les techniciens en tout genre sont recherchés partout.L’approche personnalisée favorisée par le plan d’action est aussi à retenir.Elle se manifestera par un «carnet de route», à la fois recueil d’information sur le processus d’installation au Québec et outil permettant à chacun d’établir le bilan de ses démarches.Mieux encore, on prévoit la mise en place, dans les services d’immigration, «d’un mécanisme d’accompagnement personnalisé» et une formation spécifique pour les employés d’Emploi-Québec afin de mieux appuyer les immigrants.On promet encore une meilleure reconnaissance des diplômes, des mesures pour accélérer l’apprentissage du français, des campagnes de sensibilisation auprès des jeunes, des employeurs, des associations de propriétaires, même des policiers pour prévenir le «profilage racial».Mais à ces beaux projets répond un autre son de cloche, celui des organismes de terrain.Défilant l’un après l’autre ces dernières semaines devant la commission parlementaire chargée d'étudier les niveaux d’immigration pour 2005-2007, ils ont raconté une foule d’anecdotes qui donnent la vraie mesure du défi que le Québec a à relever.Ainsi de ces entreprises qui ne veulent pas de Noirs, pour ne pas risquer d’être accusées de racisme en cas d’incident Ou celles qui ne veulent plus «de telle croyance religieuse parce que ça fait des problèmes dans les toilettes», comme le racontait l’organisme de formation Québec Multi-Plus.Ou ces compagnies, grandes comme petites, qui plaident leur bonne foi: «on voudrait bien embaucher des immigrants, mais on n’en trouve pas», alors qu’ils n’ont jamais contacté un des nombreux organismes qui s’en occupent.En fait, selon l’organisme L’Hirondelle, qui s’occupe depuis 25 ans de l’accueil et de l’intégration des nouveaux arrivants, 78 % des entreprises québécoises n’ont jamais essayé d’embaucher des immigrants.Même dans la fonction publique, dont on ne cesse de regretter le visage trop blanc, on compte 1000 immigrants qui ont réussi les concours, mais qui ne sont toujours pas embauchés.Croire que, sans encouragement concret, emplois vacants et immigrants iront de pair est en fait une parfaite illusion — même si c’est là l’angle d'analyse du ministère.Comme l’a dit le Comité d’adaptation de la main-d’œuvre pour personnes immigrantes: «On peut former les immigrants, on peut former des organismes pour le faire aussi.Mais on ne peut pas obliger les employeurs à les embaucher.C’est là où la question se joue.» C’est pourquoi la mesure centrale du plan d’action devrait être le Programme d’aide à l'intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi — qui y est prévu, mais comme un point parmi des dizaines d’autres, au même titre par exemple que les «activités de communication auprès du milieu des affaires».«Sensibiliser» encore, toujours.Ne serait-il pas temps d’obliger, de contraindre, ou d’inciter fortement avec récompenses avec l’appui?Bref, de vraiment brasser la cage.jboileauCàlcdevair.ca L’échéancier référendaire lusieurs semaines, voire plusieurs mois, nous séparent du début officiel de la campagne référendaire sur les défusions.Le ministre des Affaires municipales, Jean-Marc Fournier, hésite toujours entre une campagne hâtive dès ce printemps et une campagne plus tardive à l'automne.Même si tous les intéressés préféreraient clore rapidement ce débat, plusieurs éléments militent pour la seconde option.Un incident survenu la semaine dernière illustre le danger d’une trop grande précipitation.Rabroués publiquement par le ministre Fournier pour les contributions illégales versées par les arrondissements de Mont-Royal et de Kirkland, les défusionnistes ont crié à l’injustice.Pourquoi interdire de telles contributions de la part des arrondissements, alors que la Ville de Montréal dispose pour sa part d’un budget de près de trois millions pour mener une campagne d’information sur la nouvelle ville?ont-ils demandé.Bien que les deux choses ne soient pas du même ordre, leur question n'en est pas moins pertinente.La campagne d’information qu’a préparée l’administration Zampino-Tremblay est tout à fait justifiée.R s’agit d’expliquer aux Montréalais, anciens et nouveaux, le fonctionnement de la nouvelle ville et la décentralisation des pouvoirs effectuée vers les arrondisse ments que l’on est en train de mettre en place.Par contre, cette campagne d’information ne peut se dérouler pendant la campagne référendaire ou tout juste avant.Si tel était le cas, les défusionnistes pourraient s'insurger à juste titre contre une telle façon de faire.Le minimum est qu’il y ait une distance raisonnable entre les deux événements, ce qui rend incontournable le report des référendums à l’automne.Il appartient au ministre des Affaires municipales de s’assurer que le débat sur les défissions puisse se dérouler dans le bon ordre et de façon équitable.A cet égard, il doit commencer par mettre fin à ses tergiversations sur l’échéancier référendaire.Cela fait, il devra préciser les règles à suivre d’ici au jour du vote, lesquelles ne sont que partiellement connues.Le débat de la semaine dernière sur le financement de la campagne référendaire a fait ressortir le fait que le règlement prévu à la loi numéro neuf n’avait toujours pas été arrêté.Le débat sur les défusions sera, tous le savent, intense et chargé d’émotivité et propice aux excès de toutes sortes.Raison de plus pour que le ministre énonce clairement ses intentions.bdescoteauxtàledevoir.ca Bernard Descôteaux ?Z* * LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910 FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente finances et administration CATHERINE LABERGE Directeur de l'information JULES RICHER Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU, JEAN-FRANÇOIS NADEAU, LOUIS LAPIERRE Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directeur, ventes publicitaires NICOLE CALESTAGNE D’horribles capricieuses Oui, nous avons acquis le droit de vote.Des femmes ont été célébrées pour cette raison.Mais encore trop d’entre nous n’ont pas d’opinion politique.Oui, nous avons eu accès à l’éducation et aux emplois intéressants.Mais nous avons sacrifié nos enfants en confiant leur développement et leur chamboulement intérieur à d’autres femmes.Oui, nous avons été reconnues les égales de nos conjoints qui nous ont quittées par milliers.Oui, nous avons une vie personnelle, un compte en banque, une voiture, et portons dé sormais notre nom reçu à la naissance, mais jamais n’avons-nous été si malheureuses.Oui, nous devons encore nous protéger contre une certaine violence conjugale, mais nous avons nous aussi le verbe haineux et la phrase dure à l’égard des hommes qui nous côtoient.Oui, nous célébrons la Journée de la femme le 8 mars.Le méritons-nous?N’avons-nous pas, finalement, anéanti notre rôle social, celui qui nous permettait jadis d’élever nous-mêmes nos enfants à la maison et d’en être fières?Le féminisme a ouvert bien des portes, mais doit inexorablement se transporter ailleurs, dans les pays où la femme n’est pas respectée.Ici, en Amérique du Nord, nous sommes allées au-delà du simple respect et de l’égalité.Nous sommes devenues d’horribles capricieuses qui, au nom de la supériorité de notre sexe, avons contribué, hélas, à détruire la famille.Oui, hélas.Alors ne comptez pas sur moi pour fêter le 8 mars.Je pleure surtout sur ce que deviendront nos fils et., nos filles.Francine Allard Écrivaine Oka, 8 mars 2004 LETTRES -—— On rage ou on pleure?D y a trois niveaux de scandale dans l’affaire des commandites.Niveau extérieur on a saupoudré plus que gé néreusement les amis du régime.Niveau moyen: les règles de fonctionnement du gouvernement ont été bafouées.Niveau intérieur on a dépensé 250 millions pour acheter du vent Les contribuables s’attendent à recevoir des services de leur gouvernement; l’argent gaspillé aurait pu servir à tant de besoins.Et dire que cette propagande voulait nous persuader de rester dams «le plusse meilleur pays du monde».Que fait-on: on rage ou on pleure?François Dugal Chicoutimi, le 2 mars 2004 La «passion» de militer Lorsque quelqu’un adhère à un parti politique, on informe le nouveau membre des activités partisanes courantes et on le sollicite régulièrement afin d’assurer une mobilisation intéressante, visible et rentable (tant pour la publicité que pour la caisse électorale) de l’effectif local.Il s’agit en fait de suppositions logiques que j’ose émettre à propos de toute organisation partisane, qui a nécessairement une fonction militante.Je crains hélas que ce ne soit pas le cas dans tous les partis.Certains accusent le gouvernement libéral d’arrogance, moi, j’appliquerais plutôt ce qualificatif au Parti libéral du Canada.J’en suis membre depuis quelques années et j’ai reçu un appel téléphone va-vite avant les vacances estivales de la part de la responsable locale me jurant de me recontacter plps tard.[.] A chaque fois que je recontacte les organisateurs et administrateurs locaux du parti, on s'exclame en me disant: «Comment monsieur?Êtes-vous réellement membre?Êtes-vous bien certain qu’il s’agit du Parti libéral du Canada?» Ainsi est né mon goût pour le militantisme.Lors des dernières élections fédérales, j’avais envoyé un courrier au NPD pour qu’ils m’envoient une copie imprimée de leur programme, par simple désir d’information.Depuis, je ne cesse de recevoir du courrier de leur part surtout sur des informations concernant le parti (et je n’en suis pas membre), mais peu de publicité pour leur faire des dons (ils ont compris qu’on ne va pas chercher grand-monde comme ça).Oui je suis intéressé par ces actualités, mais pas au point de devenir membre.Ce qui est quand même étonnant si on compare.Au PLC, je ne reçois à peu près jamais quoi que ce soit sur le parti, sauf des tonnes de lettres pour solliciter des dons.qui restent indubitablement sans réponse.Surtout qu’il n’écrivent même pas mon nom correctement et qu’ils n’ont jamais compris cela.J’ai reçu la semaine dernière un appel de la part d’un organisateur du NPD, pour confirmer ma présence à l’assemblée d’investiture dans Chambly pour les élections à venir.Wow! Je ne suis pas membre, et on m’invite! La dernière fois que j’ai reçu un tel appel du PLC, c’était quand j’avais écris un courriel au parti, pour obtenir un billet pour assister au débat Copps-Martin-Manley à Saint-Hyacinthe.Ah, et ce n’est même pas le PLC qui m’a téléphoné, mais un organisateur de la campagne de Paul Martin! Je m’adresse à Dieu pour qu’en-suite le Diable me réponde.Pour tirer une conclusion sur ce chef-d’œuvre d’organisation partisane qui m’impressionne visiblement, je suis certain que je devrais attendre deux mois après l’expiration de mon adhésion pour qu’on me signale ce fait, dans leur évidente volonté de faire croître ce parti.C’est ce qui me fait penser à la carte avec la photo de Paul Martin et sa femme qui souhaitaient «joyeux Noël!», que j’ai reçue.fin janvier! Philippe Baril Lecavalier Chambly, 5 mars 2004 LIBRE OPINION -?- Production multimédia: le Québec ne respecte pas ses créateurs ROGER SIMARD Chef de la direction Conceptis Technologies Inc.Cette année encore, on pouvait lire dans la presse écrite que les fabricants de jeux vidéo américains et français considéraient que le Québec présentait un charme irrésistible en raison du bassin de jeunes créateurs, de ses universités et de son grand nombre d’entreprises dans le domaine.Ailleurs, on pouvait aussi lire qu’il y avait pourtant une ombre au tableau, car le nouveau gouvernement libéral pensait sabrer dans les généreux programmes de crédits d’impôt à la production de titres multimédias.En effet, depuis les débuts du programme, le Québec a versé des centaines de millions de dollars à un très grand nombre d’entreprises de ce secteur, et le ministre a répété à plusieurs reprises son intention de réduire les crédits d’impôt afin d’équilibrer les finances publiques.Au début février, on apprenait que des représentants de l’industrie du multimédia avaient rencontré le ministre des Finances, Yves Séguin, avec une étude de la firme Secor sous le bras afin de défendre la pertinence des crédits d'impôt pour cette industrie.Nous verrons bientôt ce que le ministre déridera de faire avec ce dossier.D y a cependant un aspect important dans le processus de création qui semble avoir échappé aux représentants de cette industrie, et ce, depuis les premiers pas qu’elle a pu faire grâce à la générosité du gouvernement du Parti québécois et des deniers publics.11 s’agit de la reconnaissance du droit d’auteur des créateurs d’œuvres originales.En effet, l’industrie du multimédia ne peut jouir, d’une part, du bassin de tous les créateurs québécois, travailleurs autonomes et, d’autre part leur retirer la possibilité de suivre la rie économique de leurs œuvres.Lors des discussions avec les représentants d'artistes, les différentes versions des regroupements de l’industrie ont insisté pour tenter de soustraire l’œuvre multimédia du reste des productions culturelles tout en continuant à s’associer au secteur culturel pour maintenir une aide financière à ce domaine de production.Ces producteurs voulaient jouir d’avantages économiques comme industrie tout en se soustrayant au respect des lois les plus importantes pour le milieu culturel soit la Loi sur le droit d’auteur et les lois sur le statut de l’artiste.Pourquoi pas comme la loi 101?Cette situation place les créateurs québécois devant la nécessité de vendre leurs œuvres sans aucun droit de suite et de possibilités de revenus supplémentaires si l’œuvre est utilisée sur plusieurs supports ou vendue à des centaines de milliers d'exemplaires.Dans le milieu, cette technique, appelée le buy out, confère la paternité de l’œuvre à l’acheteur ou au producteur, spoliant ainsi le créateur des avantages que le droit d’auteur génère.De plus, l’absence de conventions collectives dans ce secteur de production en vertu des lois sur le statut de l’artiste précarise la situation des créateurs en empêchant par exemple que de l’argent puisse être versé à des régimes d’assurances, de fonds de retraite ou programmes de formation.Il est à mon sens scandaleux que, d’un, côté on demande au Québec de continuer à verser de généreuses subventions à cette industrie et que, de l’autre, on refuse de reconnaître la Loi sur le droit d’auteur ainsi que les bénéfices provenant de la Loi sur le statut de l’artiste.J'interpelle donc les ministres de la Culture, des Finances et du Développement régional, pour qu’ils prennent les mesures nécessaires afin de rendre obligatoire la reconnaissance du droit d’auteur à toute entreprise qui fait la demande de subvention gouvernementale.De la même façon qu’une entreprise qui ne se conforme pas aux dispositions de la loi 101 ne peut être admissible aux subventions, il devrait en être de même pour le droit d’auteur et les lois connexes.Une société qui ne respecte pas le droit fondamental de ses créateurs est une société qui se meurt.Si les entrepreneurs ne peuvent ou ne veulent pas prendre leurs responsabilités, 1 organisation qui les subventionne et distribue 1 argent du public a le devoir de le faire.Sinon, il se pratique dans cette industrie comme dans nos forêts, une forme d'exploitation qui se rapproche de la coupe à blanc.n i ¦HBnHBBBBBHBBBEQ LE DEVOIR.LE LUNDI 15 .MARS 2 0 01 A IDÉES «Squatters dans notre propre pays» Pourquoi les forestières ont-elles tant de pouvoir?RICHARD DESJARDINS Extraits du discours prononcé par l'artiste mardi dernier alors qu’il recevait un doctorat honoris causa de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue.Dernier de deux textes a question m’est souvent posée et se pose avec pertinence: «Comment se fait-il que le gouvernement, à qui nous avons délégué la gestion de la ressource publique, qui, en principe, détient un rapport de force important face aux compagnies [forestières], comment se fait-il qu’il agisse comme s’il était plutôt le représentant des compagnies auprès de la population?» Dans les déclarations publiques, les campagnes de publicité, il m’est encore impossible de discerner lequel des deux pouvoirs parle tant leurs affirmations se confondent J’ai eu l’occasion d’en discuter longuement avec un ancien premier ministre, économiste et nationaliste.J’ai commencé par lui dire: «Vous m'arrêtez aussitôt que je dis une connerie: Hydro-Québec rapporte un milliard et demi au trésor public, Loto-Québec un milliard, la Société des alcools presque autant, et la forêt 50 millions.Est-ce que ça vaut la peine de stresser autant la forêt pour si peu?» D dit «Non.» Il ajoute: «Cette industrie est la seule à n'avoir pas connu de révolution.Cest un univers demeuré colonial.René Lévesque avait pensé la nationaliser, mais avait jugé que, de front avec la nationalisation de l’électricité, la tâche s’avérerait trop lourde.» Je continue: «Comment se sent un ministre de la forêt face à un patron de forestière?» Il répond: «R fait dans sa culotte.» Pourquoi?Il répond: «C’est une longue culture.» «Et vous, pourquoi n’avez-vous pas fait quelque chose?» «Pas eu le temps», qu’il répond.En fait il faut remonter à l’origine même du gouvernement provincial pour comprendre un peu le phénomène.En 1900, le gouvernement ne comprenait que quelques employés.L’impôt n’existait pas.Ni la taxe de vente.Le seul revenu dont il disposait pour construire écoles, hôpitaux et routes provenait des maigres droits de coupe qu’il parvenait à soutirer aux compagnies de bois.Son seul revenu.Le lien de dépendance était si étroit que dans les années 20, le premier ministre, à part son boulot, siégeait en même temps au conseil d’administration d’une pape-tière sans doute pour arrondir ses fins de mois.Depuis ce temps et jusqu’à ce jour, le ministère responsable des forêts a été le théâtre d’une osmose quasi complète entre les intérêts des compagnies et l’écriture des lois sensées les encadrer.Le va-et-vient des gestionnaires et des cadres entrant et sortant du ministère pour rejoindre les directions de compagnies et vice-versa est un sujet de rigolade dans le milieu.Encore plus drôle quand un de ceux-ci, ancien sous-ministre passé directement à la direction de l’association de compagnies de bois, m’écrit par l’entremise le bureau d’avocat Ogilvy Renault de la Grande Allée à Québec: «Nous vous mettons par la présente en demeure de cesser immédiatement toute discussion, rédaction, diffusion, insinuation ou référence quelconque visànt notre client, sous réserve de tous les droits et recours dont il dispose contre vous.» Fin de la citation.Un peu plus et on m’interdisait de penser à lui.Cette mainmise totale des compagnies sur la ressource se traduit en région par le pillage et par l’exclusion de la société du monde forestier.Elle sont en effet les seules à détenir des droits.Celui qui va se couper un sapin de Noël dans la forêt publique est maintenant passible d’une amende de 500 $ car cet arbre, fatalement, appartient à une compagnie.Les pourvoiries n’ont aucun contrôle sur leur environnement.Les autochtones non plus.Nous sommes squatters dans notre propre pays.Une valeur qui s’en va Et avec l’absolutisme, vient l’arrogance.Les grossistes en bois de construction ne peuvent même pas s’approvisionner en région.Le bois se retrouve à Toronto où il est classifié selon sa qualité.Le plus beau s’en va aux Etats-Unis.Les grossistes doivent affréter des vannes pour aller chercher le bois là-bas, se contenter de ce qui reste et le remonter.De sorte qu’en pleine région productrice, le constructeur doit acheter son madrier plein de nœuds au prix le plus élevé au pays.Et l’appétit vient en mangeant Par la manipulation des mesurages, par le cadeau du p>etit bois de moins dix centimètres accordés aux compagmes, il y a 20 % plus de bois qui sort de l’usine qu’il n’en rentre.Cela veut dire qu’au cours des 15 dernières années, les compagnies ont joui de trois années d’approvisionnement gratuit P>our lequel elles n’ont payé aucun droit de coupe; 20 % de bois volé aussi aux travailleurs forestiers, abatteurs et transporteurs, tous soumis à l’implacable régime de la sous-traitance — car la compagnie exige que son bois soit livré dans sa cour —, tous vivotant au bord de la faillite et du découragement Telle est la situation.En même temps les compagnies informatisent au maximum leurs opérations en usine.L’industrie emploie à p)eu près le même nombre de travailleurs qu’il y a 20 ans, mais la valeur de la production a été multipliée par six.Nous n’avons en rien profité de tout cela.Cette nouvelle valeur marchande sort de la région.Ne vous demandez pas pourquoi les jeunes désertent la région.C’est parce que la région les a d’abord désertés.C’est parce que leurs parents n’ont pas encore pris possession de leur territoire.Le Québec détient le deuxième rang mondial pour le taux de suicide chez les jeunes hommes.Et le record québécois se situe en Abitibi.J’ai demandé à un group» de fonctionnaires du ministère des Ressources naturelles: «Si des jeunes veulent se créer une entreprise forestière, que leur conseilleriez-vous?» Es se sont tous regardés px>ur me répxmdre finalement «Ya pus de bois disponible.» Miser sur la région Le régime des multinationales a fait son temps.Elles ne créent plus d'emploi, au contraire.EEes abusent de la ressource et saccagent le territoire.Je parlais avec un pxjurvoyeur de la région de Senneterre.D me livre son raisonnement «La forestière vient cher- .%, T &¦ y*m I k S' 1 .-V ¦ La mainmise totale des corporations sur la ressource se traduit en région par le pillage et par l’exclusion de la société du monde forestier.cher ma forêt, elle ramasse deux millions en deux mois qu’elle envoie à ses actionnaires.Moi, j’ai un chiffre d’affaires de 200 OOO $.Dans dix ans, ça fait aussi deux millions mais l’argent reste en région et la forêt reste debout.» Ce qui s’est réalisé en création d’emploi depuis dix ans, sauf erreur, fut essentiellement le fruit d’initiatives régionales et de petites entreprises.E faut se tourner vers cette manière de faire.Et opérer un profond changement de mentalité pioli-tique dans nos relations avec le gouvernement pour en arriver à ce que les régions exercent un minimum de souveraineté sur leur territoire.Un peu à l’image du modèle adopté par plusieurs pays européens où des conseils régionaux gèrent des enveloppas globales.C’est un immense pays que le Québec, et très diversifié.Les besoins sont très différents, d’un méga écosystème à un autre.Or le pouvoir y est démesurément concentré à Québec.[.] Le professeur Moussaly de l’Université du Québec à Chicoutimi a estimé que Québec effectuait une ponction de 100 millions chaque année en Abitibi-Témiscamingue.E perçoit un mEliard en revenus d’impôt et de taxes de toutes sortes pxmr en dépenser 900 millions en services.Cent millions, ça ferait un bon fond de développement, ça, me semble.D’autre part, la Caisse de Dépôt récolte 20 miEions id, mais n’y investit rien.Même que le Fonds de Solidarité de la FTQ soutire 14 millions d’épargne, mais n’en retourne qu’un seul.Même que la moitié des droits de coup» pjerçus en Abitibi ne sont pas réinvestis id.Nous avons de l’ouvrage politique à faire mesdames, messieurs.Déjà la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean et ceUe de la vaflée de la Matap>édia réclament le contrôle de la gestion forestière.C’est bon signe.C’est dans cet esprit de redéfinition de la gestion du territoire que l’Université du Québec p>eut et doit jouer un rôle en conformité avec son mandat, et je dte: «de se prononcer publiquement, en tant qu’institution, sur des enjeux sociaux de façon à contribuer à la conscience que se donne elle-même la société et à la définition des voies d’avenir qu'elle veut tracer».Comment évolue cette conscience?Dans un sondage exhaustif réalisé l’an passé dans le Bas-Saint-Laurent, une des régions les plus pauvres du Canada, on y évalue le rapport que la sodété entretient aujourd’hui avec son territoire.La valeur environnementale y surpasse la valeur économique.Les gens craignent de voir se désagréger leurs écosystèmes.Il y a lieu de penser que les résultats seraient semblables id.La sodété est prête pxmr un virage vert dont les avantages n'ont pas encore été comptabilisés, mais qui surpassent certainement les retombées du saccage généralisé.Dans l’état actuel de la foresterie, chaque arbre qui reste debout devient un investissement.L’université peut devenir ce laboratoire d’idées.Etant donné que le gouvernement se désengage progressivement du financement de ses universités, il faudra prendre bien garde cependant de contrôler la tétanisation des programmes universitaires par les entreprises industrieBes.[.] La société est prête pour un virage vert dont les avantages n’ont pas encore été comptabilisés mais qui surpassent certainement les retombées du saccage Ma part Pour ma part, à ma mesure et ma manière, je continuerai d’œuvrer à la reconstruction de mon cher territoire.J’ai le plaisir et l’honneur de travaiEer depntis quatre ans au sein de l’Action boréale en Abitibi-Témiscamingue, un mouvement citoyen qui vise à dresser un portrait de l’état réel de notre forêt, civi-Eser la foresterie et à susciter la création d’espaces naturels protégés.Comme vous le savez probablement, le gouvernement a finalement décidé, dix ans après l’avoir promis à Rio de Janeiro lors de la Convention sur la biodiversité tenu en 1992, d’instaurer un réseau d’aires protégées sur son territoire.E entend d’ici 2005, en protéger 8 %.Son but est de se rendre à 12 %, ce que l’Ontario a déjà atteint, ayant eu la prudence de ne pas concéder la totaUté de ses forêts aux compagnies.Ces 12 % sont déjà un compromis px)litique qui ne correspxmd en fait qu’à la moitié de ce que nécessiterait le maintien minimal de la biodiversité dans nos écosystème, c'est-à-dire 25 %, tel qu’établi par des autorités scientifiques, et tel que souhaité par la commission sénatoriale fédérale qui s’est p>enchée sur l’état des forêts canadiennes.Une bonne partie de ces 8 % a déjà été saupoudrée dans la toundra où même " r.À les mouches noires n’osent pas aller, l’heure actuelle le ministère de l’Environnement s’active dans la région pour trouver l’emplacement d’aires protégées et en déterminer les modalités d’usage.Dans ces aires, les activités humaines continueront de s’exercer normalement: villégiature, chasse et p>êche mais les opérations industrielles (minières, forestières et hydroélectriques) seront interdites.Après avoir repéré ce qui nous reste d’espaces naturels, après avoir fait le tour de la région pour recueillir les suggestions de la population, l’Action boréale a élaboré son plan et propose la mise sous protection de 36 espaces forestiers.[.] Mesdames, messieurs, il m’a fait plaisir de vous adresser la parole ce soir et je ne puis que vous inviter à devenir gestionnaire à part entière de votre forêt boréale, la plus grande du monde, qui, by the way, absorbe le tiers des gaz à effet de serre et qui passe ici.Elle est à nous, elle est pu-blique, c’est la loi.Où que vous soyez, défendez-la, votre forêt.La liberté ne se quémande pas, eUe se prend.[.] «Caminante, no hay camino, se hace camino al andar.Chemineur, il n’y a pas de chemin, le chemin se fait en marchant.» -Antonio Machado, pjoète espagnol Maintenant, Que les hoards hurlent Que les dorés remontent frayer même si c’est déjà fait.Que je rentre dans deux bars à la fois Quand je verrai double On sera quatre Pis on passe à l’attaque.Merci.Michel Venue ?Le goût de l’avenir - 8 Le «nous» québécois epuis le début de l’année, je recherche dans cette chronique les pistes d’une réflexion sur notre avenir à partir de ce que je crois être les préoccupations des individus qui composent la société: la famille, le travail, l’impjôt, l'école, l'éthique, la ville et la campagne.En sommé, ce qui fait la vie, qui s’impose à l’horaire quotidien, qui conditionne le cadre des relations avec les autres et forme l’itinéraire d’une existence riche et féconde.On a pu dirt* que chaque être humain était une île.Si c’est le cas, ces îles forment des archipx'ls.Nous ne vivons jamais seuls.Chaque vie est liée à d'autres et est soumise aux arrangements funnels et informels de la collectivité à laqueBe on appartient maigre soi et qui tait que l'on est ce que l’on est.Je suis moi.Mais le fait que je sois Québécois fait de moi une personne différente que si j’étais né et si j’avais fait ma vie ailleurs.La vie rêvée ne pjeut se réaliser que si ce rêve est partagé par des concitoyens qui, par les lois, les coutumes, les règles non écrites aménagent les frontières mouvantes de la société dans laqueBe je pxnirrai m’épanouir.La mondialisation ne change rien à cette vérité.Or, dans presque toutes les sociétés occidentales, les repjères les plus fondamentaux de la vie coUective sont remis en question et ne sont pas toujours remplacés par d’autres.Conune l’a montré Gérard Bouchard, les pistes sont brouillées autant dans l’ordre symbolique fia tradition, les rituels, la mémoire, l’identité, la nation, la religion), dans l'ordre social (fa famifie, la communauté, les classes sociales, les institutions) que dans l’ordre politique fia mondialisation, la montée du piouvoir judiciaire, le rôle du citoyen).Au Québec, les grands mythes, les principes, les idéaux qui furent porteurs de fa Révolution tranquiUe sont soit en désuétude, soit en déclin, soit en cours de redéfinition, ajoute le sociologue et historien, qui appeBe à la recherche de nouveaux idéaux, à l’heure pourtant où les utopies, les grands projets coBectifs et les grands récits, ceux de gauche comme ceux de droite, n’ont plus bonne presse.Une espèce de fonctionnalisme plat, fa recherche de l’efficacité, l’équUibre des comptes dontinent le débat public.L’apjp»! à «l'adaptation» a remplacé l’apjpel au dépassement et à l’innovation.C’est ainsi que lorsque La Presse a demandé à cinq personnalités de se pencher récemment sur l’avenir économique du Québec, ce «comité stratégique» n'a rien trouvé de mieux à propxe ser aux Québécois que de s’adapter aux règles en vigueur sur le reste du continent et de s’aligner sur les pratiques imposées pwr le marché nord-américain.Lors de ses visites à l’étranger, le premier ministre Jean Charest s’est fait l’apjôtre de l’adaptation de l’État québécois aux impératifs dictés par nos partenaires commerciaux.La «société distincte» ne serait plus une valeur à chérir sauf comme une relique foBdorique.LorsquE est question des «vraies affaires», ceBes qui touchent à l’économie et au rôle de l'État, U ne p>eut plus y avoir de modèle québécois, de façon de faire qui nous soit propre.Le même reproche nous est fait lorsqu’à est question des relations interculturefies.E n’y aurait plus qu’une seule façon d’entrevoir fa place de l’immigré au sein de fa société.Ce serait, si on en croit les grands prêtres de la presse torontoise, ceBe, ghettoïsante, du multiculturalisme, du communautarisme, fl n’y a plus moyen de rechercher les normes communes aptes à sauvegarder le lien social et politique sans être traité de raciste et d intolérant dans le pays légué par Pierre EBiott Trudeau.Qui, aujourd’hui, est encore capable de parler des Québécois en disant «nous», de nommer les intérêts des Québécois non pas seulement à titre d'individus qui veulent améüorer leur bien-être mais aussi comme nation, comme coBectivité ?Capable, bref, de définir quel est notre «intérêt national» dans le grand jeu d’un monde où les frontières font mine de s’estomper pour mieux réapparaître sous fa forme d’inégalités.Cette carence cache en fait une grave crise de leadership au Québec.EBe est aussi due à un ébranlement de fa nature même de fa nation québécoise, devenue pluraüste.La transition entre l’ancienne nation canadienne-française et la nouveBe nation québécoise, née dans les années 1960 d’une volonté de s’émanciper d’anciennes tuteBes symboliques et d’accueillir ouvertement et d’intégrer à soi-même les étrangers, tout en sachant que l’Autre allait nous transformer, n’est pas encore achevée malgré les progrès indéniables.L’un des freins à fa poursuite de cette transformation est le tabou qui fut jeté sur la volonté de faire s’épanouir ici une nation certes plunüiste mais «de langue française».Ainsi est-on gêné de s’opposer à l’enseignement de l’anglais dès la première année au primaire ou à réclamer l’étiquetage des produits dans fa langue de 1a majorité, de peur de passer pour un plouc arriéré.Nous ne savons plus reconnaître les défis que pose, pour la langue commune du Québec, fa montée du bilinguisme, et donc fa poussée de la langue anglaise dans toutes les sphères de la société qui comptent Sans cette capacité à définir notre intérêt national, notre ouverture à l’Autre pourrait finir par être perçue comme un danger et, par une sorte de retournement de l’Histoire, à cause d’une perte de confiance en nos capacités d’intégration (intégration à qui, à quoi?), susciter de nouveBes formes de protectionnisme.Pour qu’il y ait un avenir pour tous les «je» qui composent le Québec, il est impérieux de savoir de nouveau nommer le «nous» qui les réunit La création d’un institut voué au renouveflement des idées et à l’animation du débat public au Québec va bon train.Ceux et ceBes qui sont intéressés par une tetie initiative peuvent me laisser leurs coordon-, nées à vennem@fides.qc.ca.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à riuformation générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales}, Fabien Deglise, Marie-Andrée Chouinard (éducation) ; Josée Boileau féditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Jean-Pierre Legault (pupitre édita, idées, perspectives et sports).Isabelle Paré (santé).Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable des pages thématiques): Martin Duclos.Michèle Malenfant et Christine Dumazet (relecteurs); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) ; à l’information culturelle Michel Bélair (responsable), Julie Carpentier, Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels), Stéphane Baillargeon (théâtre), Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay (cinéma).Bernard Lamarche (arts visuels); à l'information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny, Éric Desrosiers, Alec Castonguay, Claude Turcotte; à l'information internationale ; Claude Lévesque, Guy Taillefer.Serge Truffaut (éditorialiste); à l’information politique : Hélène Buzetti et Manon Corneüier (correspondantes parlementaires à Ottawa), Tommy Chouinard et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires d Québec), Kathleen lévesque ; Marie-Hélène Alarie (secrétaire à la rédaction) ; Louise-Maude Rioux Soucy, Geneviève Otis-Dionne (commis).La documentation : Gilles Paré (directeur); Manon Derome, Serge Laplante (Québec), Rachel Rochefort (Ottawa).LA PUBLICITÉ ET LE MARKETING, Jacqueline Avril, Jean de Billy, Marlène Côté, Slavica Bogdanov, Véronique Géraud, Christiane legault, Amélie Maltais, Jacques A Nadeau.Claire PaqueL Micheline Ruelland.Nadia Sebâ (publicitaires).Laurence niériault (directrice adjointe), Manon Blanchette, Sylvie Laporte, Martine Bérubé (secrétaire).LA PRODUCTION Daniel Bazinet (responsable de la production), Nathalie Zemaitis, Michel Bernatchez, Philippe Borne.Johanne Brunet Danielle Can tara, Richard Des Cormiers.Donald Füion, Olivier Zuida.INFORMATIQUE, Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE.Linda Thériault (responsable service d la clientèle, distribution et tirage), Gisèle Lenard, (coordonnatrice à la promotion et à la sollicitation).MoniqueL’Heureux, Lise LachapeDe.Rachelle Leclerc.L’ADMINISTRATION Nicole Carmel (responsable des services comptables).Céline Furoy, Germain Haeck (contrôleur).Ghislaine Lafleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier, Chantal Rochon, Danielle Ross.LA FONDATION DU DEVOIR Roger Boisvert (vice-président exécutif et directeur général).I f T LE DEVOIR.LE LUNDI 15 MARS 2 0 0 1 A 8 -?LE DEVOIR «-—- ACTUALITES EN BREF Simulation d’un attentat à New York New York (Reuters) — Plus d’un millier de policiers, de pompiers et de membres des services de secours ont participé hier à une simulation d’attentat à l’arme de destruction massive contre le Shea Stadium de New York.Cet exercice de quatre heures, le plus important dans l’histoire de la ville selon les autorités, était destiné à évaluer les capacités de réaction des services municipaux lors d’une situation d’urgence.Ses résultats seront minutieusement évalués, a indiqué le maire de New York, Michael Bloomberg, qui était aux commandes de cette «Opération Réaction conjuguée».Près de 2800 personnes sont mortes le 11 septembre 2001 à New York dans les attentats contre le World Trade Center.La simulation consistait en un attentat à l’explosif contre le stade de l’équipe de baseball des New York Mets.Les autorités n’ont pas précisé la nature de l’arme de destruction massive simulée.Plus d’un millier de volontaires ont joué le rôle des victimes pour cet exercice mené en coordination avec le département fédéral de la Sécurité intérieure.METR0STAR SUITE DE LA PAGE 1 année devant ses collègues masculins Mongrain, Bru-neau et Durivage.A l’animation d’une émission d’affaires publiques, Paul Arcand a remporté le prix sans trop de surprises, et Guy Mongrain a remporté celui de l’animation dans une émission de services.Mais Christiane Charette avait de quoi être fière: une des rares personnalités de Radio-Canada à remporter un prix hier, elle obtenait le trophée dans la catégorie émission de variétés
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