Le devoir, 12 avril 2008, Cahier E
A'/- L K l> E V' 0 I R .LES S A M E D I 12 ET 1) I M A N CUE I 3 AVRIL 2 0 0 X THEATRE Des deux côtés du masque, les apparences.Page E 3 CINEMA Une grand-mère, travailleuse du sexe 4 /Vite.¦' SOURCE VUES D'AERIQUE Vuesd Scène du film Délice Paloma du cinéaste d’origine algérienne Nadir Moknèche Place aux femmes, entre modernité et tradition FRANÇOIS LEVESQUE * ¦ 1 y aura bientôt un quart de siècle que, bon an, mal an.Vues d’Afrique nous revient avec son lot de trouvailles, de, perles et de curiosités.A leurs Jilfc, débuts, ces rencontres désormais incontournables ne se voyaient pourtant pas promises à une telle longévité.«[Entreprise] sympathique certes, mais pas très réaliste économiquement parlant», fait remarquer dans son éditorial Gérard Le Chêne, p.-d.g.des Vues.On n’en est heureusement plus là, l'organisation ayant su, par sa persévérance et sa cohérence, assurer la pérennité de l’événement.Un souci de diversité Cette année encore, la programmation témoigne d’un souci manifeste de diversité, signe qu’on ne s’est pas assis sur les lauriers d’une réputation pourtant bien établie.Une diversité, donc, qui se reflète aussi bien dans la provenance (Jes œuvres (Algérie, Guinée, Égypte, Nigeria, Tunisie, Maroc, etc.) que dans les thèmes qu’elles abordent (corruption, pauvreté, poids des traditions, etc.).Un regard à la sélection suffit toutefois pour relever une quasi-constante.En effet, et ce de l’aveu même des organisateurs, la question de la condition de la femme occupe une place prépondérante dans plusieurs productions retenues.Dans ce contexte, la sélection de Délice Paloma pour ouvrir le bal semble aller de soi.Portrait de femme, portrait de société, le troisième long métrage du cinéaste d’origine algérienne Nadir Moknèche propose une émouvante réflexion sur la place des femmes dans une société qui régit non seu-lement leurs comportements, mais leurs rêves.Madame Aldjé-ria, héroïne mûre et colorée du film, l’apprendra d’ailleurs de douloureuse façon.Suivant un autre parcours, son assistante Schéhéraza-de opérera quant à elle un repli inattendu vers la seule solution qu’elle connaisse.En entrevue, le réalisateur est limpide dans sa perception des choix qui s’offrent aux Algériennes.«Le personnage de Schéhérazade témoigne de l’échec de l’émancipation des femmes.Dans les années soixante-dix, les femmes se sont découvertes, mais ça n’a pas duré.L’emprise de la religion est trop forte.De la putain à la maman, à la sainte, c’est leur seule option.» Or c'est justement ces archétypes — et elle les a tous pratiqués à un moment de sa vie — que rejette Madame Aldjéria.Mais le pouvoir de choisir sa place, de choisir sa vie, semble lui échapper.«Elle paie son indépendance par la prison, mais même après avoir purgé sa peine, on lui fait comprendre qu'elle n’a pas sa place.Sa maison Cette année encore, la programmation témoigne d’un a été saccagée, son fils et sa propre sœur l’ont désertée, à l’instar de Schéhérazade.» Pour Moknèche, la religion est largement à blâmer pour ce triste état de faits: «Les religieux maintiennent le peuple dans l’ignorance.Lors du récent tremblement de terre, les gens croyaient à une punition divine.C’est aberrant, et d’autant plus triste qu’ils croient mériter d’être punis.Qu’on m’explique pourquoi Bush n’d pas encore été visé par ce Dieu!», lance-t-il à la blague.(On pourra poursuivre la lecture de l’entrevue qu’il accordait au Devoir en page E 9.) souci manifeste de diversité Société en mutation Ces enjeux sociaux ne sont pas circonscrits qu’au film de Moknèche.Ils sont communs à une part appréciable d’œuvres présentées à Vues d’Afrique.Ils habitent l’imaginaire et le discours de cinéastes aussi bien néophytes que consacrés.Et au-delà de ces inégalités et injustices que la comédienne Nadia Kaci, la Schéhérazade de Délice Paloma, appelle «un problème récurrent dans les pays musulmans», d’autres thèmes puissants sont soulevés dans une programmation qui compte 138 films.De fait, les volets fiction et documentaire rendent compte d’une société en mutation qui re- SOURCE VUES D'AFRIQUE Il va pleuvoir sur Conakry, premier long métrage du Guinéen Cheick Fantamady Camara.met en question tant ses fondements que ses orientations futures.La preuve par cinq.Sur un mode rebattu mais sincère, Il va pleu voir sur Conakry, premier long métrage du Guinéen Cheick Fantamady Camara, explore les thèmes du conflit générationnel et du choc des valeurs dans la famille d’un imam.On y suit le parcours de deux de ses enfants, un jeune homme et une jeune femme, qui poursuivent clandestinement des existences ouvertes sous le signe de la moderni- té.Le secret, tôt ou tard, ne peut qu’entrer en collision avec la réalité et ses traditions.(lundi 14 avril, 20h30.Le Beaubien, salle 2.) Plus inspiré, Le Chaos du vétéran Youssef Chahine (Le Destin, L’Autre) fait une critique virulente de l’administration Moubarak, qui a vivement condamné le film.S’ou-vrant sur une émeute, le film coup-de-poing maintient un intérêt constant grâce, entre autres, à une réalisation virtuose, que Chahine partage avec Khaled Youssef, un cinéaste émergeant aussi engagé so- cialement que son mentor.On s’attache au destin de Nour, jeune femme brillante qui peine à repousser les avances d’un policier corrompu qui fait la pluie et le beau temps dans up quartier cosmopolite du Caire.Avoir.(Samedi 12 avril, 18h, au Cinéma du Parc; jeudi 17 avril, 20h30, au Beaubien, salle 2.) Merzack Allouache (Salut cousin!, Chouchou), comme Chahine, est à ranger du côté des vétérans.Dans Tamanrasset, le metteur en VOIR PAGE E 2: AFRIQUE 31 L E DEVOIR, LES SAMEDI 12 E T I) I M A N C HE IS AVRIL 2 0 0 8 K 2 CULTURE MÉDIAS Vers l’Internet à tout faire Vinton Cerf, pionnier du Web et expert chez Google, prévoit que le réseau mondial pourra prendre en charge de multiples aspects de la vie quotidienne de façon automatisée.MICHEL ALBERGANTI Vous avez fait partie des premiers concepteurs d’Internet.Quel regard portez-vous sur l’évolution du Réseau mondial?Beaucoup plus de personnes tentent aujourd’hui d’innover sur Internet Pour décrire son mode d’évolution actuel, j’utilise souvent le modèle de la fourmilière.Si vous observez deux ou trois founnis pendant toute une journée, il est probable que peu de choses intéressantes se produiront.Mais il y en a des millions.Et, chaque jour, une ou deux fourmis font une découverte dont profite la fourmilière.Internet fonctionne ainsi.Avec près de 1,3 milliard d’utilisateurs, soit seulement 20 % de la population mondiale, de nouvelles expériences sont tentées quotidiennement Je suis toujours un peu fébrile lorsque je lis les pages business de la presse, car j’y découvre souvent que quelqu’un a inventé un nouvel usage d’Internet et qu’il va falloir encore nous adapter.Qu’apporte le Web 2.0 en matière de nouvelles utilisations du Réseau (blogues, chats, échanges de fichiers)?A mes yeux, le tenne Web 2.0 relève largement du slogan marketing.Il laisse entendre qu’une nouvelle génération du Web apparaît.Je pense plutôt qu’internet se transforme selon un phénomène de coévolution: il interagit avec tout ce qui l’entoure, et s’adapte.Les nouvelles applications poussent le Réseau jusqu’à ses limites et contraignent à créer de nouvelles solutions techniques.Cela dit, je dois reconnaître que certaines innovations associées au Web 2.0 sont, elles, tout à fait réelles.Dans le passé, les premiers sys- tèmes d’échanges d’informations entre les entreprises n’ont pas bien fonctionné par manque de standardisation: c’est justement ce qu’apporte le Web 2.0.Et cette avancée arrive au bon moment.Aux Etats-Unis, les gros investissements réalisés lors du passage à l’an 2000 ont permis d’automatiser l’activité interne des sociétés.Reste à effectuer l’étape suivante: l’automatisation des échanges entre les entreprises.Et quel meilleur outil pour le faire qu’Intemet?Les internautes bénéficieront-ils aussi de ces échanges?Les consommateurs interagissent déjà avec les entreprises par le Web.Cela se passe plutôt bien pour effectuer des transactions, avec des confirmations par courriel.Mais les entreprises doivent souvent retranscrire les ordres des internautes à la main pour les communiquer à leurs partenaires.C’est cela qu’il faut automatiser.C’est notamment possible grâce à des applications comme Google Earth ou Google Maps, qui ont été conçues de façon à permettre à d’autres entités de les intégrer à leurs propres services sur le Web.Ainsi, les scientifiques localisent sur Google Earth leurs réseaux de capteurs, sismiques par exemple.Pour accéder aux données, il suffit de cliquer sur l’icône qui les représente.De plus en plus, les chercheurs pourront ainsi travailler ensemble en agglomérant différents réseaux de capteurs indépendants et en corrélant ces informations avec la géographie ou la climatologie.Et en matière de commerce électronique?Prenez, par exemple, une entreprise qui dispose de la liste des appartements disponibles à Dallas, au Texas.Elle peut injecter ces informations dans Google Maps.Lorsqu’une personne cherche à se loger, la base de données de l’agence présente la carte localisant l’ensemble des appartements répondant aux critères demandés.Une telle agence utilise ainsi 1 les ressources sous-jacentes du Web pour augmenter la valeur de son information.BalS SOURCE LE MONDE Pour Vinton Cerf, «demain, le premier contact avec Internet d’une fraction significative de la population mondiale sera réalisé à l’aide d’un téléphone mobile et non par un ordinateur».Peut-on attendre des applications du même type sur téléphone portable?Bien sûr.Cet objet, vous le portez sur vous où que vous alliez.Vous pouvez donc poser des questions qui n’ont de sens que si le système d’information associé sait où vous êtes.Trouver le cinéma le plus proche, par exemple.Le mobile ouvre la voie à l’obtention d’informations géographiquement indexées de grande valeur.H existe déjà trois milliards de mobiles dans le monde, dont 15 % peuvent accéder à Internet, soit près d'un demi-milliard d’appareils.Demain, le premier contact avec Internet d’une fraction significative de la population mondiale sera réalisé à l’aide d’un téléphone mobile et non par un ordinateur.Avoir recours au téléphone dégrade le confort d’utilisation du Web.A première vue, oui.L’écran n’a pas du tout la même taille.Quant au clavier, il est parfait si vous ne mesurez pas plus de 10 cm.Mais la plupart d’entre nous sont plus grands! Il faut donc imaginer de nouvelles pratiques.Le mobile pouvant détecter la présence d’un écran d’ordinateur dans la pièce, il n’y a aucune raison pour qu’il ne puisse pas le piloter.Idem avec un clavier sans fil.Les gens sont tellement habitués à utiliser Internet avec un seul outil à la fois qu’ils ne pensent pas que le téléphone mobile peut devenir le cœur d’un petit réseau.Quel impact cela aura-t-fl sur la vie quotidienne?Imaginez une telle utilisation du téléphone mobile dans les voitures.Celles-ci disposent souvent d’ün récepteur GPS et d’une instrumentation indiquant, par exemple, combien il reste d’essence.L’impon tant, c’est que le téléphone mobile puisse relier la voiture à Internet.Et cela marche dans les deux sens.La voiture obtiendra des informations du Web, et lui en fournira.Sa vitesse, par exemple: cette donnée pourra rester anonyme tout en étant accessible aux opérateurs de réseaux routiers, qui l’exploiteront pour détecter des encombrements et informer en retour les autres conducteurs.Ce que vous décrivez ne s’inscrit-il pas déjà dans le Web 3.0, l’Internet des objets?Tout à fait De façon générale, l’Internet des objets permettra de déléguer la gestion des objets à des tiers.Il sera ainsi possible d’adresser à des sites de services des demandes telles que «enregistrer tel film» sans avoir à se plonger dans la liste des chaînes ni dans les programmes de diffusion.Les machines s’en chargeront.Elles communiqueront entre elles pour déterminer le prochain passage de ce film et l’enregistrer pour nous.Des milliards d’objets seront ainsi dotés de capacités de communication entre eux.Ce qui permettra de masquer la complexité des tech-nologies à l’œuvre.Tout se passera dans les coulisses.Le Monde mm LA CHAPELLE IS CEN ES C 0 N TEMP 0 R AIN ES MUSIQUES NOUVELLES SUQNI ITALIAN! Musique DE CHAMBRE ITALIENNE DU 20E ET 21E SIECLE PAR L’ENSEMBLE TRANSMISSION Lori Freedman : clarinettes / D’Arcy Gray percussion / Clemens Merkel.violon / Guy Pelletier : flûtes / Brigitte Poulin.: piano / Julie Trudeau : violoncelle VENDREDI 11 AVRIL 2008 - 20h HOMMAGE À GIACINT0 SCELSI plus les oeuvres d’ALDO CLEMENT1 et de GIORGIO MAGNANENSI (création pour clarinette basse et électroniques) SAMEDI 12 AVRIL 2008 -20h LUCIANO BER10: TROIS SEQUENZAS (violon, piano, clarinette basse) plus les oeuvres de D0NAT0NI, SCIARR1N0, MAGNANENSI et CLEMENT! ENSEMBLE AD HOC ENSEMBLE MUSIQUES IMPROVISÉES Rencontre médite entre six musiciens d'exception sélectionnés à travers le pays.Première étape de la tournée canadienne.Guillaume Bourque : clarinettes (Montréal) Christine Duncan : voix (Toronto) Jean Félix Mailloux : contrebasse (Montréal) Jean Martin : Batterie (Toronto)/ Dani Oore : sax, instruments inventés (Halifax) Jesse Zubot violon (Vancouver) VENDREDI 18 AVRIL, SAMEDI 19 AVRIL À 20H SAMEDI 19 AVRIL 16H30 : Répétition publique, discussion, jam Musiciens apportez vos instruments I (8$ / gratuit avec Sillet pour le concert) HE PHÉSENTATIOH LACHAPELLE larif 17Î / Spécial deux spectacles 30$ BILLETTERIE / INFORMATION : 514-B43-7738 3700 RUE ST-DOMINIQUE - MONTRÉAL WWW.LACHAPELLE.ORG Qutbri I 1*1 LE DEVOIR 0 Z' -A.-, ife ' Æ mm s/oV" * o" .- .rx'-' O* > .,.o>: ,r I.K Devon: ?ES3 VPlÉÂTRE TRIDENT LA 38e SAISON 8 MARIE DE L’INCARNATION OU LA DÉRAISON D'AMOUR Jean-Daniel Lafond/Marie Tifo TABLEAU D'UNE EXÉCUTION Howard Barker LE DRAGON BLEU Robert Lepage/Marie Michaud L'ASILE DE LA PURETÉ Claude Gauvreau LA.NUIT DE VALOGNES Éric-Emmanuel Schmitt Soi.pieces à compter de 75* 1-877-643-81)31^ Grand Théâtre de Québec '"ür-A & Direction artistique Gill Champagne letrident.com Robert Lepage LE DRAGON BLEU I AFRIQUE SUITE DE LA PAGE E 1 scène étonne par la rugosité de son approche, un pari en l’occurrencé heureux.Loin de ses précédentes comédies, au demeurant fort distrayantes et non dépourvues dë commentaire social, Mouache pro-.pose un drame humain parfois déchirant, où le clinquant européen est confronté à la triste réalité dés clandestins africains qui, justement, rêvent d’Europe.Le film pose égale ment un regard sévère sur un certain fondamentalisme hostile aux .femmes émancipées, qu'il méprise et convoite tout à la fois.(Dimanche 13 avril, 20h30, au Beaubien salle 2; jeudi 17 avril, 18h, Cinéma du Parc.) Algérie tours / détours, des jeunes documentaristes françaises Oriane Brun-Moschetfi et Le'da Ylorouche, est un hommage au vénérable cinéaste militant René Vautier, «le papa du cinéma algérien», apprend-on.En recréant les projections itinb rentes de ce dernier, le documentaire capte l’humeur de l’Algérie d’aujourd’hui.(Samedi 12 avril, 20h30; au Beaubien, salle 2; samedi 19 avril, 15h30, au Beaubien, salle 2.) En fait, Algérie tours/ détours constitue une excellente entrée en matière à Délice Paloma.Un peu comme le précédent documentaire, la fiction de Nadir Moknèche offre, par un portrait d’individu, un état dès lieux sans complaisance d’un Alger en quête de repères: «J’ai complet^ le tournage de Délice Paloma (n 2006.La situation ne s'est pas ami: liorée depuis.Elle a plutôt empiré»’, constate le metteur en scène.Et cette plongée privilégiée dans l’Algérie d’aujourd’hui est nécessaire pour quiconque veut prétendre à une perception juste de cette socié té qui, bien que «traditionnelle, croyante et superstitieuse, n’en est plus aux cartes postales de souks orientaux», de dire Mokneche.Voilà donc une raison supplémentaire de voir le film.Quand émerge de l’expérience cinématographique, entre autres, une meilleiF re compréhension de loutre, oi) peut parler de réussite.A signalêr en terminant, puisque le sujet re‘-vient dans plusieurs productions présentées, le colloque «Les contraintes faites aux femmes», qui se tiendra à la Maison Radio-Canada le mardi 15 avril.Collaborateur du Devoir Les 24" Vues d'Afrique se terminent le 20 avril.Pour information additionnelle, on écrit à info@vuesdafrique.org ou on visite le très convivial site du festival: www.vuesdafrique.org.SOURCE VUIÎS D'AFRIQÛR Algérie tours / détours, des documentaristes Oriane Brun* Mosehetti et Leïla Morouche * ! y '4 ? LE DEVOIR LES SAMEDI 2 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2008 E 3 CDLTURE THÉÂTRE Des deux cotes du masque, les apparences.Après Molière, CarlBéchard s’attaque à un Goldoni grinçant sur fond de diversités culturelles: L’Imprésario de Smyrne MICHEL B É LAI R Marco Micone doit connaître par cœur des grands pans de l’œuvre de Goldoni puisqu’il en est déjà, avec cet Imprésario de Smyrne rarement joué ici, à sa cinquième traduction du dramaturge italien; sa troisième en fait pour le Nouveau Monde, après La Locan-diera et La Serva amorosa.Du moins tient-il en haute estime l’homme de théâtre italien, qui mourut en exil à Paris en 1793 et qui est d’abord pour lui le grand réformateur de la commedia dell’arte.Un moderne.Une sorte de témoin.De chroniqueur lucide de la dérive d’une société ressemblant étrangement à la nôtre.Une semaine à peine avant la première, en compagnie du metteur en scène Cari Béchard qui signe ici son tout premier Goldoni, nous nous sommes assis tous les trois au pied du mur de vieilles briques dans le grand hall duTNM.Une œuvre miroir Malgré la vraie vie tout autour, nous sommes rapidement plongés dans l’univers complexe et décadent de la Venise du milieu du XVIII siècle, alors que trois médiocres cantatrices (Sophie Ca-dieux, Sylvie Drapeau et Pascale Montpetit) auditionnent pour participer à une énorme fête organisée pour un riche marchand turc, Ali (Alain Zouvi).Micone comme Béchard m’ont tous deux parlé à leur façon de la richesse d’un texte mal connu, d'une œuvre charnière dans la carrière de Goldoni.C’est l’écrivain-traducteur qui amorce la discussion en racontant que le théâtre de Goldoni est le miroir de la société de son époque.«Carlo Goldoni est un homme qui a beaucoup voyagé et qui s’est imprégné des idées prérévolutionnaires qui circulent partout en Europe dans la deuxième moitié du XVIII' siècle.C’est un intello près du petit peuple qui aime bien se moquer de la noblesse décadente de l’époque; pour lui, le théâtre est un instrument de conscientisation.L’Imprésario de Smyrne est une “comédie de voisinage”, comme on disait alors, et c’est un moment charnière dans l’œuvre de Goldoni parce que pour la première fois, et contrairement à ce qui se faisait dans la commedia dell’arte, il a proposé à ses comédiens un texte complètement écrit plutôt qu’un simple canevas.Probablement pour s’assurer que les improvisations successives auxquelles se livraient les comédiens ne fassent pas trop dériver le texte et l’histoire qu’il voulait raconter.» Cette histoire est plutôt rocam-bolesque, comme s’amuse à le ra- v langues, plusieurs vieilles traditions y sont en train de s’effondrer; aucun projet politique unificateur n’arrive à s’imposer.Et d’énormes et troublantes diversités culturelles agitent l’ensemble et remettent aussi en question les fractures sociales qui se manifestent partout.On voit bien poindre la métaphore et surgir le parallèle avec ce qui se passe chez nous, ici et maintenant.L’évident et l’implicite C’est à ce moment que le traducteur dira avoir, avec l’approbation du metteur en scène évidemment, «ajouté des dizaines de phrases au texte original».Ce qui est quand même assez étonnant, avouons-le.Pour que le personnage d’Ali, par exemple, soit ainsi moins caricatural que dans le texte original de Goldoni, Micone a ajouté des apartés en turc et en italien.«Des sourates aussi, précise-t-il, pourfaire mieux sentir le choc des différences culturelles vécues aussi à cette époque.Ce que je cherche, c’est la cohérence.Une traduction ne peut être fidèle à 100 % au texte original: c’est impossible.Ici, j’ai voulu rendre un peu plus évident tout ce qu’il y a d’implicite dans le texte.Approcher l’ailleurs en éloignant un peu l’ici.», conclura l’iconoclaste.Béchard, lui, souligne que le texte est ainsi plus vivant et parle davantage aux spectateurs.ce qui lui redonne un peu de cet impact que la production avait eu sur la société vénitienne au moment de sa création.Pour provoquer les puristes, peut-être, ou pour mieux faire sentir tout le cinglant de la caricature du milieu de l’opéra, le metteur en scène a choisi lui aussi d’«habiller» le texte de Goldoni à sa façon: «J’ai ajouté des airs d’opéra en interludes entre certaines scènes.Il y aura une vraie chanteuse sur le plateau [Catherine B.Lavoie, mezzo-soprano] et sa seule présence mettra à nu les fausses prétentions vocales des trois divas.» Cari Béchard précise aussi que la production, qui prend l’affiche du TNM mardi, s’inscrit dans une sorte de printemps Goldoni visant à célébrer le 3(X> anniversaire de naissance du dramaturge.C’est dans le cadre de cet événement que le TNM et la Place des Arts se sont associés à plusieurs entreprises d’ici pour faire venir le célèbre Piccolo Teatro de Milan avec un Goldoni joué à peu près sans relâche depuis plus de soixante ans: Arlecchino, servitore di due padroni, dans la mythique mise en scène de Giorgio Streh-ler.Du 7 au 11 mai, alors qu’on en sera à la dernière semaine de représentations de L’Imprésario de Smyrne, Ferrucio Soleri, qui joue Arlequin depuis 1947, sera avec le Piccolo au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts pour cinq représentations.On vous souhaite de pouvoir trouver des billets.D’ici là, et au-delà de toute comparaison avec le Piccolo Teatro, Cari Béchard vous invite déjà à goûter un Goldoni mal connu.Le Devoir L’IMPRÉSARIO DE SMYRNE Texte de Carlo Goldoni traduit par Marco Micone et mis en scène par Cari Béchard.Une production du TNM présentée du 15 avril au 10 mai.Rens.: 514 86&-8668.PEDRO RUIZ LE DEVOIR Le metteur en scène Cari Béchard et l’auteur et traducteur Marco Micone ont travaillé de concert sur le Goldoni à l’affiche à compter de mardi au TNM.conter Cari Béchard.«C’est une succession ininterrompue de quiproquos, de comique de situation et de porte-à-faux en tous genres; on a toujours vu L’Imprésario de Smyrne comme une critique mordante des ego démesurés qui foisonnent dans le milieu de l’opéra et de la scène en général.Je peux vous dire que chaque réplique que Goldoni écrivait sur le “milieu” en 1759 pourrait souvent décrire la situation aujourd’hui.Mais L’Imprésario de Smyrne, c’est d’abord et avant tout une comédie!» Une comédie un peu grinçante en bout de piste, il faut bien l’avouer — Marco Micone précisera que l’on se tape rarement sur les cuisses en voyant les pièces de Goldoni.Parce que, sous la finesse des esquives cachées souvent sous le masque — «Qui est d’abord un état d’esprit!», dit Béchard —, L’Imprésario de Smyrne mord à belles dents dans un milieu et une société reposant tout entiers sur les apparences.Micone poursuit.Il parle de la société italienne fragmentée dans laquelle vivait Goldoni, qui n’a rien à voir avec le territoire même que l’on connaît aujourd’hui.Plusieurs Sous la finesse des esquives cachées souvent sous le masque, L’Imprésario de Smyrne mord à belles dents dans un milieu et une société reposant tout entiers sur les apparences ?N duÀ6'au 26 avril’08 jioâiffusion avec le Théâtre Périscope théâtre 12, RUE CRÉMAZIE EST, QUÉBEC r___ PÉRISCOPE 1(418) 529-2183 MSBW TOMuéb*t I.kDkvoih va auji^r théâtre M' .„., Wr'lmûïi THÉÂTRE texte de LARRY TREMBLAY * MISE EN SCENE DE CLAUDE POISSANT avec PATRICE DUBOIS, MAXIM GAUDETTE, BENOIT GOUIN ainsi qui étienne cousineaij, géillmjhe cyr * sashasahar ooii«Lt>orn.t«ura Jean Bard, Nicolas Basque, Alexandre Brunet, Alexia Bürger, Stéphanie Capistran-Lalonde, Florence Cornet, Martin Lahrecque, Catherine La Frenière, Caroline Laurin-Beaucage, Marc Senécal A Rachel Tremblay DU 22 AVRIL AU MAI 2008 ptésenté à ESPACE 60 4890, boni.Saint Lauienr MONTRÉAL Billets 5 1 4-845-4890 * WWW.ADMISSION.COM 514 790-1245 + www.theatrepap.com Con»»ll (toi art* •t i I L’IMPRÉSARIO Mathilde Monnard, blessée assez gravement pour devoir se retirer de l’aventure, au grand désarroi de toute l’équipe.La pièce exploite aussi l’espèce de dignité mesurée des parades équestres.Chaque jument sera donc «évaluée» comme dans une course d’hippodrome, à l’aide de projections minimalistes sur les stalles.Une façon de poursuivre sa réflexion sur le corps-performance entraîné, développée dans L'Education physique (2006) et 46”00"05 (2003), et de critiquer la danse, au passage, la chorégraphe construisant ses œuvres à partir d’états davantage qu’à partir de formes gestuelles.L’espace est circonscrit par un écran semi-sphérique sur lequel «galope» l’écriture en direct de Nelly Arcan.«Ce que j’aime de cette auteure, c’est qu’en ouvrant ses livres n’importe où, on rentre directement dans une intimité.Je voulais que ce soit son univers à elle, ce qu’elle voit de ces trois femmes.Ça donne de courtes phrases assez fragmentées, à dimension poétique.» Reste que tout ce cirque de femmes-chevaux s’enracine dans une métaphore à la limite de la caricature, une voie dans laquelle la chorégraphe s’était un peu empêtrée avec 24 X Caprices.«Ça ne m’a jamais fait peur, ça, dit-elle.Il faut passer par le cliché pour aller ailleurs.Même si des fois on se trompe.» La symbiose de l’équipe de création, telle qu’en témoigne la chorégraphe, et le coup plutôt réussi de Pouliches à l’automne dernier laissent toutefois présager le meilleur.Le Devoir L’ÉCURIE Chorégraphie de Manon Oligny Du 16 au 26 avrilà la Société des arts technologiques L'Illusion, Théâtre de marionnettes présente : DE CARLO G0LD0NI iIaduction MARCO MIC0NE MISE EN SCÈNE CARL BÉCHARO UNE PRÉSENTATION GazMetro en bleu Pour les enfants de 2 ans et plus ! WM « Du Theatre avec un grand T.Une pièce lumineuse.» 4 Élise Giguère, Voir estrie Samedis et dimanches 9h30,11h00et13(i00 >j, J! Au Studio-theâtre de L'Illusion te et mise en Patrick Quintal sf'tTjp Igfp Sur acèftB : Jean-François B Syluio Marchand Vlodana Mllîcevie Alexis Boy L’ILLUSION H Wliwnons : Julie Béchard René Béchard Concepteurs : René Béchard Louis Hudon Marcelle Hudon Mathieu Mardi Réservations: { Théâtre du Nouveau Monde PASCALE MONTPETIT / SYLVIE DRAPEAU / SOPHIE CADIEUX / FRANÇOIS ARNAUD / EMMANUEL BILODEAU / CATHERINE B.LAVOIE / PIERRE CHAGN0N / DAVID-ALEXANDRE DESPRÉS / SÉBASTIEN DODGE / ROBERT LALONDE / RÉNALD LAURIN / ALAIN ZOUVI / insistance à la mise en scène et règle CLAUDE LEMELIN DÈS MARDI! WWW.TNM.QC.CA 514.866.8668 ÜRFAITS FAMILLE ET TARIF 15 ANÏ 514-523-1303 www.illusicmtheatre.com Billetterie 514 253 www.doublesigne.ca www.denise-pelletier.qc.ca ¦ i - Venez découvrir notre espace intime et chaleureux en plein coeur du Plateau Mont-Royal I -f£SQ: ConMll obi Art» CAnnda Council Québec : : Ï r c*~> 1,u tor «ib Art» Québec ORPHÉE ET EURYDICE Mario Choulnard MONTRÉAL IWANOW Anton Tchékhov Dimiter Gotscheff BERLIN aKabi Aydin Taker ISTANBUL SEAGULL-PLAY (LA MOUETTE) Anton Tchékhov Enrique Diaz RIO DE JANEIRO IS YOU ME Benoît Lachambre Louise Locavalier Laurent Goldring MONTRÉAL L’INVISIBLE Marie Brassard MONTRÉAL .22 SPECTACLES TONIFIANTS ET AUDACIEUX 22 **A|5ao4g^^T866.984.3822 1 NOUVEAUX HORIZONS DE LA CRÉATION ACTUELLE ( l LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE I ‘A AVRIL 2 0 0 8 CULTURE MUSIQUE CLASSIQUE Bernard Labadie à la conquête de l’Amérique CHRISTOPHE HUSS Quel chef québécois dirigera dans les deux saisons à venir les cinq plus grands orchestres américains, plus quelques autres, et conduira à l’automne 2009 une Flûte enchantée de Mozart au Metropolitan Opera?Il y a fort à parier que la réponse à cette question ne sera pas celle que vous croyez.En dépit du battage autour de la carrière de Yannick Nézet-Séguin, cet agenda n’est pas le sien, mais bel et bien celui de Bernard Labadie.Le directeur des Violons du Roy est plus discret quant à ses trophées de chasse, tout comme son cadet Jean-Philippe Tremblay, d’ailleurs, qui dirigera l’Orchestre national, de France au Théâtre des Champs-Elysées en octobre prochain.En tout cas, le calendrier de Bernard Labadie est fort impressionnant: Orchestre philharmonique de New York en décembre 2010; Orchestre symphonique de Chicago en mai 2009; Orchestre de Philadelphie en janvier 2010; Symphonique de Boston en janvier 2009; Orchestre de Cleveland en avril 2010.Mieux encore: cette collection de rendez-vous n’est pas un simple «placement de produit» — terme qui n’est en rien impropre, puisque les chefe sont à présent transigés sur le marché comme des produits, un marché où la prime est donnée à l’image.La majorité des contrats sont le fruit de réinvitations, le seul critère valable pour juger si un chef «passe la rampe» ou non.On connaît des stars d’aujourd’hui (Valery Gergiev ou Kent Nagano, par exemple) qui n’ont pas eu droit à beaucoup de «seconds tours» quand ils ont tenté, jadis, de percer .ce marché! Historiquement informé C’est que Bernard Labadie a trouvé un créneau qu'il cultive fort bien: celui du «chef historiquement informé qui sait diriger».Car, ce n’est pas un mythe, bien des chefs de la .sphère baroque n’ont pas une technique de direction assez fine pour complaire aux grands orchestres symphoniques, surtout en Amérique du Nord.Certes, certaines phalanges, contrairement aux idées communément admises, aiment qu’on leur parle: c’est le cas du Phil .harmonique de Vienne, qui apprécie de jouer des Passions de Bach avec Philippe Herreweghe.Ce chef, incollable sur la musique de Schütz et de Bach, n’est pas le plus grand technicien de la planète.Si les Viennois s’en accommodent, on ne voit pas Herreweghe évangéliser les orchestres de ce côté-ci de l’Atlantique.Pareil pour le chef français Marc Minkowski.Avec un tel programme, Bernard Labadie n’est pas du tout orphelin de l’Opéra de Montréal: «Je savais qu’il y aurait un moment où des occasions s’offriraient afin que je puisse développer mes activités de chef invité.Il est vrai que, par nature, je me considère plus comme un bâtisseur et que je préfère contribuer à bâtir quelque chose ici plutôt que de me balader partout.J’étais d’ailleurs prêt à retarder des choses qui se présentaient à l’extérieur pour bâtir ici.Mais à partir du moment où l’horizon était bouché, où je ne pouvais pas faire les répertoires ou les productions que je voûtais, cela a changé les choses», dit l’ancien directeur musical de l’OdeM en entrevue au Devoir.Dans sa «nouvelle carrière», Bernard Labadie, qui dirigera principalement Haendel et Haydn, est aidé par une tendance de fond, ce qu’il reconnaît volontiers: «Depuis une trentaine d’années, au fur et à mesure que le mouvement de la “performance practice” [interprétation historiquement informée] s'est développé et qu’il est devenu largement accessible par le disque, notamment grâce au format CD, les orchestres symphoniques ont peu à peu délaissé ce répertoire-, en fait ils ont abdiqué.Dans les villes européennes, où se côtoient orchestres symphoniques et ensembles baroques, cela n’entraînait pas de trous dans le répertoire pour le public.En Amérique, au contraire, cela a créé un vide, notamment à partir des années 80.Le public, parle disque, était habitué à autre chose et cherchait autre chose.» Bernard Labadie n’est pas le seul à observer que, maintenant, «les orchestres cherchent à se réapproprier ce répertoire», chose ô combien légitime quand on connaît les vertus pédagogiques du travail sur une symphonie de Haydn dans le développement de formations orchestrales.De là le créneau artistique dans lequel s'inscrit le chef québécois: «Pour ce faire, les orchestres cherchent l’expertise de chefs qui peuvent faire le pont.Par la nature de mon travail avec Les Violons du Roy, je suis évidemment dans une position privilégiée.Cela fait 25 ans que je pratique ce répertoire sur instruments modernes avec des archets baroques.Pour paraphraser Jean Chrétien: "Je parle bilingue”, plus que certains de mes collègues.» MÉDIAS La guerre des génériques LUC DELISLE Bernard Labadie a trouvé un créneau qu’il cultive fort bien: celui du «chef historiquement informé qui sait diriger».Aller plus loin Bernard Labadie se présente comme «la solution nord-américaine» à ces nouvelles interrogations artistiques des orchestres (la très large majorité des chefs contactés sont européens).Il cherche avant tout à développer des relations à long terme avec ces orchestres et se promet de pouvoir ainsi aborder, petit à petit, d’autres répertoires tout en restant «très prudent, car ce sont des orchestres qui, dans Schumann ou Brahms, ont des racines et des traditions très profondes».On sent que le chef bouillonne d’envie de diriger Brahms.Ce n’est pas encore tout à fait le cas: «Je commence à faire autre chose-, la Symphonie en ut de Bizet à San Francisco, le Requiem de Fauré à Saint Louis», se réjouit le chef.A San Francisco et à Los Angeles, il en est déjà à sa troisième présence.En Europe, il y a eu un «coup de foudre» avec le Northern Sinfonia de Newcastle.Qu’est-ce qui, dans les orchestres symphoniques, pose le plus de problèmes au chef?«On pourrait penser que le son et le dosage du vibrato est le problème numéro un, mais c’est plutôt le contrôle de l’archet chez les cordes.Dans la musique du XV1II‘ siècle, il y a une infinité de subtilités avec l’archet auxquelles ces orchestres ne sont plus vraiment sensibles.Il est par exemple très difficile d’obtenir un véritable legato avec l’archet.Quand on parle de legato dans un orchestre symphonique chez les cordes, on pense au vibrato.Mais le vibrato n’est qu’un élément du legato — le vrai legato est indépendant du vibrato-, il tient à la couleur.» «C’est une expérience assez fascinante quand un orchestre décide d’embarquer et de fajre le voyage en sachant pertinemment qu’il y a peu de temps pour le faire», se réjouit le chef invité.Combien embarquent?«Huit ou neuf sur dix», avance le chef Par- mi les beaux «voyages», Bernard Labadie cite l’Orchestre de Saint Louis dans Rameau et l’Orchestre du Minnesota: «R y a une musicienne québécoise à l’Orchestre du Minnesota qui me parle du travail incroyable qu’Osmo Vanskà est en train de faire avec cet orchestre; c’est peut-être devenu le plus européen des orchestres américains et j’ai hâte d’y retourner!» Bernard Labadie, qui a été fort surpris par la .souplesse de l'Orchestre de Philadelphie dans l’allégement sonore, a, à présent, aussi hâte d’aller à Cleveland que de faire ses débuts au Metropolitan Opera dans la fameuse production de Julie Taymor de La Flûte enchantée, un engagement qu’il ne doit à rien d’autre qu’à la rumeur favorable qui entoure ses expériences américaines.Ce «fan fini» de Haydn, compositeur à qui il attribue le «triomphe du ludisme», deviendra-t-il aussi chez nos voisins un mozartien de référence?Collaborateur du Devoir PAUL CAUCHON Les génériques tronqués à la télévision québécoise font jaser jusqu’en France.Le Monde reprenait en effet jeudi dernier la protestation envoyée la semaine précédente par six associations québécoises qui demandaient aux patrons des réseaux de télévision de respecter l’intégralité des œuvres télévisuelles.Les associations, dont l’Union des artistes, l’Association des réalisateurs et réalisatrices du Québec et la Guilde des musiciens, se sont élevées contre l’insertion de bandeaux publicitaires ou d’autopromotion en surimpression dans les émissions, et contre la compression des génériques en soi.Tous les téléspectateurs ont fait l’expérience d’un générique qui défile à une vitesse accélérée, ou d’un générique d’émission enterré par la voix tonitruante d’un annonceur qui nous impose de rester à l’antenne pour l’émission suivante.Cette pratique commerciale donne l’impression qu’une émission de télévision ou un film est de plus en plus perçu comme un produit industriel qu’on peut découper et triturer à volonté, et non comme une œuvre à part entière avec un début et une fin.Les producteurs de télévision pourraient-ils déjouer cette pratique des diffuseurs en proposant plus de contenu dans leurs génériques?Après tout, les sketchs 842.2112 1-866-842-2112 www.pda.qc.ca Réseau Admis! Admission 514-790-1245 - •» I MERCREDI 23 AVRIL WWW.LENEM.CA - 514-343-5836 - MERCREDI 23 AVRIL NEM ET ENSEMBLE CONSTANTINOPLE ANALIA LLUGOAR, T0D0S LOS RECUERO )S PRESENTES EWOLVlAN ,4 ESE S0NID0 Y ALSO ME MRÔ (PREMIÈRE NOM '-AMÉRICAINE) PETER EÜTVÔS, SHADOWS MARTIN MATALON, 1RAMF VIII (PREMIÈRE NORI '-AMÉRICAINE) KIYA TABASSIAN LES ET' ÎLES ME RÉCHAUFFENT.(CRÉATION) SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE - 20:00 20 S ( RÉGULIER ] / 10 $ [ ÉTUDIANTS + AÎNÉS ] 5 $ | ÉTUDIANTS EN MUSIQUE ] 220.AVENUE VINCENT DTNDY MONTRÉAL (514) 343-5636 PRÉCÉDÉ D’UNE TABLE RONDE GOURMANDE FOYEfl DE LA SALLE CLAUDE-CHAMPAGNE - 18:30 ENTRÉE LIBRE / GRATUIT POUR LES AMIS DU NEM ACCÈS AU BUFFET : 7 $ [ RÉGULIER 1 / 3 $ | ÉTUDIANTS + AÎNÉS ] SAMED119 AVRIL AUTOUR DE LA MUSIQUE DE KIYA TABASSIAN CHAPELLE HISTORIQUE DU BON-PASTEUR - 14:00 ENTRÉE IIIÎRE /100, RUE SHERBROOKE EST.MONTRÉAL (514) B72-5338 Univi-rslli' fHl dt- Montre.il l,K DKVOIII LuSowna Mujtoile Une vue de l’exposition Effleurements, de Diane Morin et Nelly-Ève Rajotte, à la SAT SOURCE SAT Images précaires EFFLEUREMENTS Diane Morin et Nelly-Eve Rajotte Société des arts technologiques 1195, boul.Saint-Inurent Jusqu’au 26 avril MARIE-ÈVE CHARRON Arts médiatiques ne riment pas toujours avec dispositifs encombrants et spectaculaires.L’actuelle exposition à la Société des arts technologiques (SAT), que l’on doit à la commissaire d’expérience en la matière, Nicole Gingras, en est un exemple éloquent Elle signe avec doigté l’expo Effleurements qui réunit des oçuvres de Diane Morin et de Nelly-Eve Rajotte.Le thème invoqué par le titre met déjà le spectateur sur la piste d’un registre sensoriel délicat et fugace.Dans les œuvres, ce registre prend forme à travers le son, les images, le mouvement et, surtout, la lumière, élément clé de cette expo qui va jusqu’à éblouir le regard.Un rythme indolent est d’entrée de jeu imposé par une œuvre de Rajotte, SI IS (2008).L’installation vidéo occupe l’espace avec deux écrans et une bande sonore à diffusion quadraphonique.Tout en lenteur, à l’instar des œuvres anté- rieures de l’artiste, la caméra fait voir une station d’essence abandonnée, sorte d’exploration craintive d’un lieu en désolation que l’herbe sauvage n’a pas manqué d’envahir.La trame sonore, englobante, rend palpable une tension, une inquiétude (un drame latent ou le passé est pressenti malgré le ciel bleu tonique).Au-delà de son potentiel narratif (une carte moins prisée par l’artiste), le lieu est porteur d’effets sensoriels et formels que l’artiste amplifie.Grâce à la projection double (deux bandes distinctes en boucle non synchronisées) et à la superposition de strates d’images, Rajotte fait apparaître des jeux de transparence, de déboublement et de réflexion que sert bien, de surcroît, le support en plexiglas.L’infrastructure des lieux s’évanouit, perd de sa solidité.D’ailleurs, lorsque Rajotte s’arrête sur des motifs d’architecture SOURCE SAT Un des «capteurs» de Diane Morin ALCAN1'' Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin Fauré et le symphonisme français Yannick Nézet-Séguin, chef Suzie LeBlanc, soprano II Marc Boucher, baryton II Anne-Julie Caron, marimba Alain Cazes, chef concert du 9 avril - franck || Pierre Tourville, chef concert du 9 avril - fauré Le Choeur de l'Orchestre Métropolitain CÉSAR FRANCK || SYMPHONIE EN RÉ MINEUR ISABELLE PANNETON || REBONDS, POUR CHŒUR, ORCHESTRE ET MARIMBA GABRIEL FAURÉ || REQUIEM LE LUNDI 14 AVRIL À 19 H 30 8«ll« WHfrld-Pellatler Place des Arts 514 842.21 12 1 866 842.21 12 www.pda.qc.ca Rétoau Admlation »u 790.1245 .ESPACE 'MUSIQUE 1007'“ nirrustuRanicKi LE CONSEIL DES ARTS DE MONTRÉAL EN TOURNÉE HOCHELAGA-MAISONNEUVE (7 AVRIL, 20 H) // VERDUN (9 AVRIL, 19 H 30) CONFÉRENCE PRECONCERT GRATUITE UNE HEURE AVANT LES CONCERTS LAISSEZ PARLER VOTRE CÔTÉ CLASSIQUE ! RENSEIGNEMENTS : 514.598.0870, POSTE 21 ORCHESTREMETROPOUTAIN.COM Québec E' 11 ou des éléments bâtis, aspects récurrents de son travail, c’est pour leur donner une présence fantomatique.Dans Ylô (2008), l’autre œuvre de l’artiste, bâtiment et bouquet floral campent un univers halluciné qui, au bout de quelques minutes, suggèrent un élan ascensionnel (visuel et sonore) irrésistible.Mécaniques graciles Les Capteurs d’ombres (2006-08) de Diane Morin sont pertinemment installés dans le sous-sol de la galerie, pour les besoins laissé dans l’obscurité profonde.C’est que les œuvres de Morin se servent de la lumière pour faire apparaître des petits théâtres d’ombres mécanisés.De là, des effets délicats et ténus, engageant par la grâce un pur ravissement En faisant passer par la noirceur (comme elle l’avait fait à Optica en 2007 avec une expo remarquée) , l’artiste alimente un état de surprise.Il en est ainsi à la SAT avec cinq tiroirs transformés en boîtiers lumineux qui se découpent discrètement dans l’espace.Sur ces surfaces-écrans, les ombres font deviner des mondes lilliputiens (silhouette de paysage urbain) ou des chorégraphies d’automates.Sous les surfaces sont logés des tuyaux et entonnoirs de plastique dissimulant des dispositifs lumineux, des circuits de contrôle électronique et des objets désuets (machine à écrire, machine à tricoter) que l’artiste a trafiqués.Et ça bouge, sans qu’il soit clairement possible d’en désigner la source, le fonctionnement étant en partie dérobé au regard.La mobilité peut venir de la lumière qui surgit et vacille (emportant avec elle la possibilité de voir quoi que ce soit) ou bien de tiges animées qui se déplient doucement.La dimension sonore rajoute à l’expérience.Le son de quelques-uns des objets animés est capté par microcontact, amplifié et diffusé dans l’espace.En surgit un singulier concert produit, on le sent, par le tapotement des éléments, mais dont l’intensité (rappelant vaguement le rythme effréné d'un marteau-piqueur) tranche avec la petitesse des mécanismes.Cette installation, dans la foulée des projets antérieurs de l’artiste, confirme un travail d’une rare qualité plastique et poétique, sans que l’expérimentation soit mise de côté.Diane Morin, suivant les mots judicieux de Nicole Gingras, «approfondit son investigation de la lumière comme agent révélateur: ombre, trace, empreinte, image, forme, mouvement».Investigation d’ailleurs dont on peut voir aussi les résultats au centre Vu à Québec (jusqu’à aujourd’hui) avec une série de photogrammes, autre volet captivant de sa pratique.Collaboratrice du Devoir L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES LE DKVI llll Gratuit dans Le Devoir du samedi LE 86 LE DEVOIR.LES SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 AVRIL 2 0 0 8 E 7 PIERRE-FRANÇOIS OUELLETTE ART CONTEMPORAIN vernissage aujourd'hui ADONIS FLORES en collaboration avec Galena Habana, Cuba www.pfoac.com Au-delà du spectacle, un quartier Les six artistes du collectif SYNne manquent ni de poésie ni d’arguments pourparler d’un monde déplus en plus nomade ESPACE MOBILE Vox, centre de l’image contemporaine 1211, boulevard Saint-Laurent Jusqu’au 31 mai JÉRÔME DELGADO Des cafés et des sons, des mots et des images, puis des gens: la déambulation urbaine à laquelle invite l’exposition Espace mobile, du centre Vox, se veut une plongée au cœur de la cité.Avec tact le collectif — l’unique et trop rare SYN — et les six artistes réunis ne manquent ni de poésie ni d’arguments pour parler d’un monde de plus en plus nomade.Mais il y a plus.Pilotée par Marie-Josée Jean, directrice de Vox et Patrice Loubier, bien connu pour son expertise en matière d’art public, l’expo ne se démarque pas seulement pour sa cohérence artistique.Espace mobile se veut aussi une prise de position.Un appel à l’ouverture dans cette réorganisation qui s’organise dans le quartier de Vox.Rappelons que ce centre d’artistes autogéré occupe un ancien peep-show, au cœur du Red Light, boulevard Saint-Laurent au sud de Sainte-Catherine: là où prendra racine le Quartier des spectacles.«Nous ne sommes pas contre [le Quartier des spectacles], dit Marie-Josée Jean.Mais on ne veut pas être oubliés.» Les artistes invités ont pour tâche d’observer ce quartier en mutation et de montrer, quelque part qu’au-delà de la culture du loisir, il y a d’abord des citoyens, mais aussi un autre type de création.Moins populaire, peut-être, mais tout aussi proche, sinon plus, de la population.Le projet immobilier Imago, dont rêve Vox et d’autres centres, reposerait par exemple sur l’économie sociale.À voir et à entendre Fait de projets en évolution, des «work in progress», Espace mobile n’a pas que des œuvres à montrer.En fait si les murs de Vox en sont tout de même déjà garnis — d’œuvres —, la plupart des artistes n’ont pas terminé leur travail.Certains ne l’ont même pas entamé.Renaud Auguste-Dormeuil n’arrivera de France que dans quelques jours (semaines?).Présent pour l'instant que par l’entremise d’une vidéo tournée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris, il doit créer une pièce in situ.Son intérêt pour la face cachée des choses, en particulier pour celle du pouvoir, le mènera à scruter les dispositifs de sécurité, dont se dote depuis peu l’arrondissement de Ville-Marie.Et à la vue de sa «visite guidée» du musée parisien, le sarcasme sera au rendez-vous.Felicity Tayler aussi n’expose pour le moment que des bribes.C’est que l’artiste, passionnée par les archives — elle travaille au centre de documentation Artexte —, attend le temps doux pour partir à la recherche des icônes commerciales du coin.Sa recherche reprend celle développée lors du HSH Saint-Laurent.Œ3 ^nvoyef à un ami tmpnmer H Afficher le lien O' Æm ¦ ' .r/S.1 /•.,4 * *• ¦ i .r%.o, ’’ xj Plan (Satellite 5KZ2 .-• V 4* / ^ ^ il// i y/,is.s.À ÈLfw ^ îfit WS: .î J®.» % - * v V * 4'".' i Voir sur Google Earth [5] | ; .^ ' ¦m ' A V , ; Le secteur où sera érigé le Quartier des spectacles.Bâtiment condamné du Red Light avant sa démolition SOURCE SYN dernier Symposium de Baie-Saint-Paul: avec chevalet et pinceaux, non pas tant pour peindre le paysage que pour dépeindre le quartier, ses gens et ses multiples couches sociales.SYN, collectif formé de Luc Lévesque, de Jean-François Prost et de Jean-Maxime Dufresne, s’est fait connaître par son occupation inédite de lots urbains méprisés.Ses tables de pique-nique ou de ping-pong ont plus d’une fois révélé des incohérences sociales laissées par les vogues économiques.Pour Espace mobile, c’est avec une table de billard que SYN déambulera d’ici peu en quête de terrains à réanimer.Les sept univers mis en avant s’inscrivent dans la logique de l’art de la déambulation, genre apparu à la fin du siècle dernier et qualifié par Thierry Davila de «déplacements, flâneries [et] dérives».Le nomadisme artistique comprend bien des esthétiques, des errances de Francis Alÿs aux Walks de Janet Cardiff.Ou, pour parler des artistes à’Espace mobile, de la cartographie très personnelle de Montréal signée Christoph Fink aux balades sonores de Jocelyn Robert inspirées par les cafés du coin que fréquente ce nomade.En prenant forme dans le lieu investi, chacun de ces projets est forcément unique.Il faut noter ce- pendant qu’il est parfois difficile d’innover.Auguste-Dormeuil, Tyler et SYN reprennent ainsi des exercices tentés ailleurs.Gilbert Boyer, lui, expose — et vend pour «pas cher» — des images dévoilant des petites traces fort révélatrices de la transformation urbaine.Mais il n’est pas le premier à s’intéresser ainsi à l’ano- SOURCE SYN din, et sa mosaïque à Vox se trouve derrière la documentation vidéo de SYN, passablement similaire.Reste que son regard, comme celui de tous les autres, est une (dernière?) bouffée d’air frais, voire d’humanité, dans un espace public en route vers le sacre du spectacle.Collaborateur du Devoir Pierre Charles Morin Le dimanche 27 avril à 14 h L'exposition se poursuivra jusqu'au 15 mai.3, boulevard des Laurentides, Laval 450 967-5902 Stationnement disponible à l’arrière ©' cani« www.expressionart.ca Le jour se lève Acrylique et technique mixte sur toile, 2008 101 x 122 cm.Xi Quartier Galerie U’art ŒUVRES RÉCENTES DE JEAN-PIERRE VIVUN I VERNISSAGE JEUDI LE 17 AVRIL À17H30 Du 17 avril au 11 mai au 4289, rue Notre-Dame Ouest, Montréal Qc [Métro Place Saint-Henri) Du mercredi au vendredi de 12h à 18h et les samedis et dimanches de 12h à 17h.514 933-0101 ou www quartierlibregalerie.com VERNISSAGE MARI E-CI.AUDE FERLAND 13 avril — 8 mai GALERIE Linda Verge 1049, AVENUE DES ÉRABLES QUÉBEC (418) 525-8393 www.galerielindaverge.ca mus n ¦ r/t|- ; v* ¦ f 1 .DINE «1 Sïï Exposition 15 avril au 3 mai 2008 Vernissage mercredi Iftavril 2008 (17-19h) ’en présence de l’artiste GALERIE G O R A • 279 Sherbrooke Ouest, #205» Montréal (5 1 4i 8 7 9.9694 » Métro Plaee-des-arts (sortie BIeury) art#gallerygora.com * www.gallerygora.com «A LORRAINE FONTAINE MÉTAPHORE POUR LA MAIN GAUCHE ŒUVRES PICTURALES 2007-2008 Exposition, du 2 avril au 30 avril 2008 LATITUDE nQRD 4410 bout Saint-Laurent Montréal, Qc (514) 287-9038 Pour une œuvre d'art public au parc BeUont r’,' La Ville de Montréal annonce la tenue d’un concours à l'intention des artistes professionnels en arts visuels du Québec pour la réalisation d’une œuvre d’art :, * public au parc Belmont, dans l’arron-dissement de Ahuntsic-Cartierville, v _ L'œuvre, de nature sculpturale, devra si>ù refléter l’esprit de ce parc d’attraction qui représenta un éden pour plusieurs générations de citoyens.Elle devra souligner les particularités de ce lieu de f loisirs dans 1e paysage culturel montréalais.Le budget de réalisation de l’œuvre est de 60 800 î.Un jury de sélection retiendra trois finalistes qui seront invités à présenter une proposition.Chacun des finalistes recevra la somme de 3 000 î pour sa proposition, Le concours est ouvert aux artistes professionnels ayant la citoyenneté canadienne ou le statut d’immigrant reçu et résidant au Québec depuis au moins un an.Le dossier doit comprendre les documents suivants: * un cédérom [format jpg, 1 meg par image, 75 dpi) reproduisant un maximum de quinze ( 15 j images numériques, réalisées depuis 2000.•sept exemplaires des documents suivants de format 21,6 cm x 2?,9 cm (8.5 x 11 po] -une liste des œuvres illustrées sur le cédérom (titre, date, dimensions, emplacement, budget) -un curriculum vitae de l’artiste d’au plus quatre pages - un dossier de presse, d’un maximum de quatre pages, d’articles publiés depuis 2000 -un texte d’au plus deux pages décrivant la démarche artistique -un court texte d’intention en lien avec le programme énoncé Chaque exemplaire doit être agrafé.Les documents doivent être soumis en français.Aucun document ne sera retourné aux candidats.Les dossiers incomplets ou qui ne respectent pas les exigences de présentation seront refusés.Le dossier d’inscription doit parvenir au plus tard i le 30 avril 2008 à 12 h à l’adresse suivante : Chantai Pelletier Boulanger Concours d’art public pour te parc Belmont Direction du développement culturel Ville de Montréal 801, rue Brennan, étage, Pavillon Prince Montréal (Québec) H3C 0G4 Pour renseignements : 514868-5856 chantal.peltetierboutanger@vitte.morwreol.qc.ca www,ville,montreal.qc.ca/artpublic .1 'i Montréal! • f.h, Mi WÆ Musée d’art de Joliette Ed Pien L'antre des délices \ J 10 février - 27 avril 2008 c ) BiU Viola Itinéraire en art H i v c ( Ibsen contemporain 27 janvier - 20 avril 2(X)8 27 janvier - 20 avril 2008 l-T uHIlT Musé t D'ART DE JOLIETTE i DMTiiMnjr ii h i n 145, rue Wilfrid-Corbeil Joliette (Québec) CANADA (450) 756-0311 www.mu5ee.joliette.org Mardi au dimanche, 12 h à 17 h Québec r v I DEVOIR SAMEDI DIMANCHE AVRIL 2 0 0 1} K-HLMS AMERIQUE avec Nadine Labaki ^ ^ ^ Plus vibrant que jamais ttLERAUA Festif, rafraîchissant, charmant.¦ maxime demerb.journal de Montreal Chorégraphie à couper le souttie.andre uanm.le devoir BQSü ÎM DEUXIÈME SEMAINE [gû^I inûmo lllVJlllU) Sortiront-ils de l’auberge ?L’AUBERGE ROUGE Réalisation: Gérard Krawczyk.Scénario: Christian Clavier, Michel Delgado.Avec Josiane Balasko, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Sylvie Joly.Image: Gérard Stérin.Montage: Nicola Trembasiewicz.Musique: Alexandre Azaria.France, 2007,95 min.ANDRÉ LAVOIE Après Fanfan la tulipe (avec Vincent Perez et non Gérard Philippe.) et maintenant L'Auberge rouge (largement inspiré d'un film de Claude Autant-Lara), Gérard Krawczyk tente de nouveau une incursion dans le passé glorieux du cinéma français, cherchant ainsi à prouver qu’il n'est pas seulement capable de virer sens dessus dessous Marseille (Taxi 2 et 3) ou Tokyo ( Wasabi).IjCs montagnes des Pyrénées n’ont jamais paru aussi grouillantes et impitoyables qu’avec ces personnages qui semblent sortis tout droit d’une bande dessinée: aubergistes crapuleux, aristocrates exécrables, punaises de sacristie encore puceaux, etc.Comme toujours chez ce cinéaste qui ne recule jamais devant les excès de la caricature, le trait n’est pas d’une grande finesse, mais comptez sur lui pour que ce XK siècle de pacotille n’accumule aucune poussière.Dans une diligence trop étroite ou une auberge chargée des odeurs les plus suspectes, dont celle de la mort, les situations saugrenues SOURCE TVA FILMS Les trois rigolos de L'Auberge rouge se succèdent à un rythme qui ne colle que trop rarement à l’époque des protagonistes.Mais qu’à cela ne tienne.Dans LAuberge rouge, où la couleur évoque moins celle du sang que celle de ces vins bas de gamme qui tachent à la moindre éclabousr sure, la truculence est de mise, permettant ainsi de pointer la noblesse, d’égratigner le clergé et de rigoler des pitreries pitoyables du petit peuple.Car d’un frit divers sordide qui allait horrifier la France entière en 1833 — et dont l’écrivain Gérald Messadié conteste la stricte bestialité pour y voir un procès politique où le pouvoir guillotine plutôt deux citoyens liés à la Chouannerie, cette guérilla de paysans contre l’héritage de la Révolution française — et se fransformer plus d’une fois au cinéma, il ne reste maintenant qu’un petit conte légèrement immoral et carrément burlesque.Avec les hautes cimes des Pyrénées à la texture carton-pâte et ce lieu du crime aux allures d’un manège de foire, le film n’échappe pas à la touche Splendid, et pas seulement parce que trois acteurs de cette bande y font de savantes pitreries.Parmi eux, Christian Clavier s’est aussi installé dans le fauteuil du scénariste, connaissant bien la mécanique des quiproquos et des blagues récurrentes (dont ceÈe, efficace, du bûcheron indestructible).Avec en plus Gérard Jugnot en curé «hitchcockicn» — l’homme de Dieu est tenu au secret de la confession, à la loi du silence, au risque d’y laisser sa peau, et sa soutane — et Josiane Balasko en tenancière d’auberge aux couteaux bien tranchants, tout cela ressemble à des retrouvailles de vieux copains.Moins coûteuses et un peu moins simplistes que celles des Bronzés 3.Face à ces trois rigolos à la bouille immédiatement reconnaissable, d’autres figures comiques moins connues ici s’imposent sans efforts, dont Sylvie Joly, stupéfiante sous ses atours de comtesse méprisable, et François-Xavier Demaison en grande folle.de la dentelle.Il faut moins craindre les crimes très sanglants que l’humour bien gras dans LAuberge rouge, une farce macabre aspirant, mais en vain, à égaler la griffe d’un Tim Burton et dont les origines historiques et cinématographiques comptent pour bien peu une fois passé le seuil de l’établissement Collaborateur du Devoir Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin 2008/9 Abonnez-vous 514 598 0870 orchestremetropolitain.com Deux voix pour Berlioz Beethoven et Bizet: symphonies en do Mendelssohn: Elijah, une œuvre chorale majeure Mahler: Le Chant de la Terre Bartok et Dvorak La Finlande de Sibelius Bruckner 8: Le cycle se poursuit Entrer à l’auberge et fuir les étiquettes Entretien avec le réalisateur Gérard Krawczyk et l’actrice Josiane Balasko pour le film L’Auberge rouge ANDRE LAVOIE Le réalisateur Gérard Krawczyk n’est pas du genre à renier son passé ou à s’excuser d’aimer la comédie.Or, lorsqu’on a signé des films pétaradants comme Taxi 2 et 3 ou encore Wasabi, certaines étiquettes finissent par coller à la peau.De passage à Montréal en compagnie de l’actrice Josiane Balasko pour la promotion de LAuberge rouge, une comédie grinçante inspirée d’un fait divers survenu en 1833 (un couple d’aubergistes faisait payer cher, et de leur sang, les clients), mais surtout d’un film de Claude Autant-Lara mettant en vedette Femandel, le cinéaste évoque la lourdeur que ces étiquettes lui inspirent.Et le bonheur léger de travailler avec quelques-uns des enfants terribles de la célèbre bande du Splendid, toujours active dans le cinéma français.En s’égarant au milieu du XIX siècle et en plein cœur des Pyrénées, Gérard Krawczyk en éprouve encore les bienfaits, heureux d’avoir pu prouver qu’il sait faire autre chose que régler des cascades, lui dont on oublie qu’il est également l’auteur de films intimistes, comme LEté en pente douce.En fait, les étiquettes, il n’y voit aucun mal, «puisque Ton peut les changer».Ce sont les préjugés qui l’énervent «Dans la presse française, on a un préjugé négatif à Tégard de la comédie, affirme celui que la critique n’a jamais beaucoup ménagé.C’est pourtant un genre éminemment noble, et très difficile.Si seulement le cinéma français était un peu plus ouvert.» Très épris du genre comique, Gérard Krawczyk n’hésite pas non plus à s’aventurer sur le terrain du remake, ce qu’il fit d'abord avec Fanfan la tulipe en 2003 et maintenant avec LAuberge rouge.Considérant qu’il s’agit «de films comme les autres», il départage toutefois les remakes opportunistes («Le premier Taxi refait par Hollywood avec Queen Latifah en était un et ce fut un échec») de ceux qui font office de terprétée par Balasko.«f ai pu apporter des modifications, fusionner certains personnages, bref, avoir toute ma liberté de cinéaste.Tout ce qui entre devant la caméra, ce que je donne à voir, je Tai choisi, ça devient mon film, peu importe que je Taie écrit ou pas.J’ai d’ailleurs coutume de dire que, comme pour les enfants, fai des films biologiques et des films adoptés.Et on sait tous que les enfants adoptés finissent par ressembler à leurs parents adoptifs!» Se glissant dans la conversation après une ronde d’entrevues visiblement épuisante, Josiane Balasko n’affichait pas la ferveur de ses personnages dits «Splendid».Il en fut d’ailleurs question, surtout après leurs lucratives retrouvailles dans Les Bronzés 3 et avec la présence amusante de Clavier et de Gérard Jugnot en soutane dans LAuberge rouge.«Il n’y a pas d’inconvénients à travailler avec de vieux copains parce que je ne travaille pas suffisamment avec eux, souligne l’actrice.Et les avantages sont nombreux la rapidité, la compréhension, la complicité.Pour les autres acteurs, c’était sans doute intimidant au début, mais comme on se la joue pas du tout.» Gérard Krawczyk ne pouvait qu’acquiescer.Celle qui depuis de nombreuses années porte les chapeaux de scénariste, de cinéaste et de romancière considère que Jouer, c’est des vacances».Devant un réalisateur en tournage, elle se garde bien d’intervenir, «sauf dans le cadre du travail d’actrice».Et elle est d'ailleurs toujours sollicitée, souvent là où on l’attend le moins, en personnifiant Marguerite Duras dans/ai vu tuer Ben Barka, de Serge Le Péron («Moi aussi j’ai été étonnée quand on m’a demandé de le faire!»), ou tout récemment pour la télévision française, dans le rôle de la célèbre psychanalyste et psychiatre Françoise Dol-to, également mère du coloré et non moins célèbre — pour d’autres raisons! — chanteur Carios.Revenant sur la question des étiquettes, elle qui en connaît un bout sur le sujet et se souvient encore de ces années «où le téléphone ne sonnait jamais» — ce qui l’a forcée à écrire pour jouer —, elle se fait philosophe, comme pour rassurer Gérard Krawczyk.«Il vaut peut-être mieux avoir une étiquette que pas du tout.Ne pas en avoir, ça veut dire que les gens ne vous connaissent pas.Le défi, c’est qu’elle ne bloque pas tout.» Collaborateur du Devoir Irina la douce IRINA PALM De Sam Gabarski.Avec Marianne Faithfull, Mild Manojlovic, Kevin Bishop, Siobhan Hewlett Scénario: Philippe Blasband, Martin Herron.Image: Christophe Beau-carne.Montage: Ludo Troch.Musique: Ghinzu.Belgique-Allemagne-Luxembourg-Grande-Bretagne-France, 2006.103 minutes.MARTIN BILODEAU On s’attend, devant cette production financée par cinq pays, tournée en Grande-Bretagne par un Belge d’origine alle- le Conseil des arts et des lettres du Québec est fier de présenter les lauréats des bourses de carrière à l'intention des scénaristes et des réalisateurs de cinéma.Deux bourses de carrière sont décernées chaque année à des scénaristes et des réalisateurs d’œuvres de fiction, d'art, de nature expérimentale ou documentaire, qui ont plus de 20 ans de pratique professionnelle.Les candidats ont été sélectionnés par un jury de pairs pour la qualité générale de leur travail et de leur démarche artistique, leur apport à leur discipline, leur rayonnement et l’intérêt de leurs intentions de travail.M.Martel Beaulieu et Mme Helen Doyle, premiers lauréats des bourses de carrière en cinéma, recevaient les félicitations de M.Yvan Gauthier, président-directeur général du Conseil, le 7 avril dernier, à l’occasion d'une cérémonie au centre PRIM.Helen Doyle - Scénariste, réalisatrice et cofondatrice de Vidéo Femmes Helen Doyle signe depuis trois décennies des documentaires sociaux et artistiques dont Je tbime gros, gros, gros, gagnant du Gémeau du meilleur documentaire el Soupirs d’âme, qui a remporté plusieurs prix dans différents festivals.Sa dernière réalisation, Birlyant, une histoire tchétchène, présentée à Montréal, a été projetée en première européenne au 30* Festival international de Films de Femmes de Créteil en mars dernier.Marcel Beaulieu-Scénariste Scénariste depuis presque 30 ans, Marcel Beaulieu a collaboré à une trentaine d'oeuvres qui ont marqué le cinéma québécois : Anne Tristerde Léa Pool, Dans le ventre du dragon d’Yves Simoneau, Cap Tourmente de Michel Langlois et Mémoires défectives de Francis Leclerc.Des cinéastes étrangers ont également fait appel à son talent dont Gérard Corbiau pour harinclli et Franco Dragone pour Alegria.Conseil des arts et des lettres Québec S g mande, à une écrasante tour de Babel.Mais surprise, c’est plutôt dans la cour des miracles que nous emmène Sam Gabarski avec cet Irina Palm crédible et touchant, à un cheveu du ridicule pourtant, racontant le parcours atypique d’une grand-mère qui se découvre un talent inattendu pour le travail du sexe.Gabarski avait au départ dans les mains deux atouts.D’abord, un scénariste intelligent et singulier, Philippe Blasband, à qui on doit Une liaison pornographique et Thomas est amoureux.Ensuite, Marianne Faithfull, une chanteuse de grand standing, certes, mais une actrice de petit calibre dont — à l’instar de Patrice Ché-reau dans Intimacy — Gabarski tire le meilleur parti possible du registre limité, misant avec raison sur sa présence incandescente et son corps boursouflé.Car Faithfull, 61 ans, a la tête de l’emploi qui lui est confié ici.Elle a aussi, et c’est moins évident pour ceux qui ne la connaissent pas, un passé sulfureux et un répertoire explicite qui ajoute un beau crémage d’ironie à l’affaire.«Why did you let that trash / Get a hold of youk cock / Get stoned on my hash», chantait-elle en 1980 sur l’album Broken English.Maggie, la veuve de banlieue tranquille et tristounette qu’elle campe dans Irina Palm, ne saurait tenir pareil langage.Mais tenir, elle tiendra, avec ses mains douces, des verges, par centaines, passées par le glory hole d’un peep-show de Londres.Que fait-elle dans ce tripot?Elle gagne durement l’argent dont son fils et sa bru ont urgemment besoin afin d’emmener leur petit garçon malade subir un traite- ment expérimental en Australie.Le vice est payant et la vertu coûte cher.Le cœur sur la main en dehors des heures de travail, incapable de mentir en toute situation, Maggie, devenue l’experte Irina Palm, garde pour elle son secret, refuse d’expliquer ses longues absences à ses proches.Elle refuse aussi d'expliquer le pourquoi de sa présence au propriétaire du peep-show (l’excellent Miki Manojlovic, qu’on avait ici découvert dans Emporte-moi de Léa Pool), avec qui elle va tisser des liens étrangement solides, l’un reconnaissant sa solitude dans celle de l’autre.De fait, le film prend toute sa puissance quand la caméra, qui serre les corps dans ses cadres très attentivement composés, se concentre sur ces deux-là.En périphérie, Gabarski a, disons, la main moins heureuse: le fils (Kevin Bishop, le frère insupportable dans L’Auberge espagnole) qui abuse affectueusement de sa mère supposément envahissante (ce qu’on ne nous montre jamais), la bru qui la déteste poliment (pourquoi, ce n’est jamais dit), les amies bourgeoises à l’affection venimeuse, tous ces personnages, toutes ces situations, servent à isoler explicitement Maggie.Ce que le scénario aurait pu se contenter de suggérer.Comme il suggère, avéc beaucoup de générosité et de tendresse, qu’à travers son travail, pourtant jugé dégradant par la société, Maggie a retrouvé une dignité qu’elle avait perdue.Personne, mieux que Marianne Faithfull, ne pouvait comprendre si émouvant paradoxe.Collaborateur du Devoir 1 LE DEVOIR, LES S A M E D 12 ET I) I M A N C II E 13 AVRIL 2 O O 8 E 9 FINALISTE POUR LE MEILLEUR DOCUMENTAIRE jrmu LES FILMS DD TRICYCLE piteaal* AMERICANO un film de CARLOS FERRAND 'M PRESENTEMENT À L’ATTICHE | EX-CEMTRIS irmmo 11IU111U) BEN X / NIC BALTHAZAR e x Ce n t r i s I EX-CENTRIS.COM / 514.847.2206 IBhOO 14H40 18h20 20H05 Entrevue avec Nadir Moknèche Alger mon amour FRANÇOIS LÉVESQUE Après visionnement de Délice Paloma, film d’ouverture de Vues d’Afrique et troisième long métrage de Nadir Moknèche, deux faits peuvent être établis hors de tout doute.Primo, Alger, personnage à part entière de l’œuvre du jeune cinéaste, aura rarement été exposé avec autant de lucidité.Secundo, Moknèche a trouvé en Biyouna une authentique muse ou, plutôt, une muse authentique.Ces deux idées se voient d’ailleurs validées par le principal intéressé, joint à Paris.Entretien sur le mode question-réponse.Le Devoir.En l’abordant, on s’entête souvent à aligner votre cinéma sur celui d’Almodôvar.Au bout de trois films, la comparaison vous flatte ou vous agace?N.M.C’est une question que je me pose souvent Je me demande s’il y a vraiment beaucoup de liens, au-delà des couleurs, d’une atmosphère.Il y a bien sûr la question des physiques.Almodovar est le premier cinéaste espagnol, peut-être même européen, à avoir eu recours à des physiques qu’on peut juger disgracieux.Je pense à Rossy De Palma.Mais j’ai le sentiment que c’est un peu superficiel.Nos deux sociétés sont tellement différentes.Mais c’est vrai que dans mon premier film [Le Harem de madame Osmane], Carmen Maura me disait qu’elle avait un peu l’impression de tourner avec Pedro.Pour certains comportements hystériques, peut-être! (rires) Le Devoir.On demeure en surface, en effet.Surtout que votre caméra s’intéresse autant au contexte social dans lequel évoluent vos personnages qu’aux destins de ceux-ci.N.M.Cette ville, Alger, a tellement été chantée! J’y ai des racines très profondes.Et Biyouna aussi.Là-bas, c’est une star.Elle y est très connue, très aimée.Le Devoir.Mais vous filmez Alger sans complaisance, c’est du moins l’impression que j’ai eue.N.M.C’est drôle que vous disiez ça.Une certaine critique algéroise me reprochait d’ouvrir le film avec ces vues d’échangeurs, de poussière.La prison.Je me suis volontairement éloigné de la sempiternelle cas-bah au profit de la ville telle qu’elle est aujourd’hui.Le Devoir.Vous avez déclaré avoir voulu, avec Délice Paloma, plonger une fois de plus Biyouna dans l’univers urbain d’Alger.Le contexte est venu avant le personnage?N.M.Oui, mais en même temps, Biyouna et Alger, Alger et Biyouna.les deux sont liés.Elle est partie intégrante de la ville.Elle y a un statut particulier, vous savez.Elle est très, très populaire.D’ailleurs, les gens dans la rue lui disent que, si elle se présentait à la mairie, elle raflerait 97 % des suffrages! Le Devoir.A l’origine, c’est vous qui êtes allé vers elle, ou elle vers vous?N.M.C’était moi.Je l’avais vue souvent à la télévision.Pour mon premier film, Le Harem de madame Osmane, je lui ai donné le rôle d’une domestique fofolle, mais ce n’était pas vraiment un rôle: c’était du Biyouna.Elle était surtout connue pour l’humour de son personnage public.Et puis en la fréquentant, j’ai découvert d’autres facettes.Dans Viva Laldjérie, on a travaillé ça.Elle y joue une ancienne danseuse de cabaret, ce que Biyouna a vraiment été à une époque.Elle a des photos d’elle, à dix-sept ans, en costume.Elle avait un peu honte de ça et j’essayais de lui expliquer que, de l’extérieur, ii n’y avait rien de honteux à cela, au contraire, c’était très beau.On a même tourné au Morocco, le cabaret où elle a dansé.Le Devoir.Vous lui avez donc donné l’occasion d’exorciser de vieux démons?N.M.Tout à fait.Le Devoir.Dans Délice Paloma, sa Madame Aldjé-ria est d’une belle complexité.N’était-elle pas réfractaire à certains aspects, disons, moins sympathiques du personnage?N.M.Non, au contraire.Biyouna comprend très bien la nécessité de faire évoluer un personnage.Il gagne alors en humanité, en substance, donc en vraisemblance.On a beaucoup travaillé ça.Le Devoir.En terminant, je mentionne dans ma critique du film [voir ci-contre] avoir pensé à Anna Magnani et à Mélina Mercouri, pour la personnalité de l’actrice qui transcende le matériel tout en lui étant fidèle.N.M.C’est exactement ce que j’avais en tête.Anna Magnani avait ce côté à la fois populaire et aristocratique que partage Biyouna.Quand elle était petite fille, sa mère était guichetière dans un cinéma.Et ce sont les films mettant en vedette Mélina Mercouri que préférait Biyouna.Elle l’a beaucoup inspirée et on a aussi utilisé ça pour le personnage.Tant mieux si cela transparaît! Collaborateur du Devoir Quand le Destin entre par la grande porte.SOURCE MONGREL MEDIA Dans Délice Paloma, troisième long métrage de Nadir Moknèche, la comédienne Biyouna se donne sans retenue.Entrée ratée dans la cour des grands BELLA Réalisation: Alejandro Gomez Monteverde.Scénario: Alejandro Gomez Monteverde, Patrick Million, Léo Severino.Avec Eduardo Verâstegui, Tammy Blanchard, Manny Perez, Jaime Tirelli.Image: Andrew Cadelago.Montage: Joseph Gutowski, Fernando Ville-na.Musique: Stephan Altman.RACHEL HALLER Ils sont beaux, ils sont tristes et elle a la maternité contrariante.Un peu maigre, tout de même, pour une heure et demie d’images en rafales! Pourtant à moins de se laisser submerger par la plastique de Vénus et d’Apollon des protagonistes et d’en perdre son sens critique, Bella, d’Alejandro G.Monteverde, n’a guère plus à offrir.Certes, il s’agit d’un premier long métrage, et son jeune réalisateur, Mexicain d’origine, pourrait aspirer à la palme du courage.Il a tout quitté pour .étudier le cinéma aux Etats-Unis et tout vendu pour taire le grand saut en pellicule.Mais Accatone, Who’s That Knocking at My Door et The Element of Crime sont aussi des premières œuvres.Il est vrai, tout le monde ne peut répondre au nom de Pasolini, Scorsese ou von Trier.Rappelons toutefois que Me and You and Everyone We Know de Minmda July et Away from Her de Sarah Policy sont également des films de débutantes.Le statut de néophyte n’excuse donc pas tout.Or Alejandro G.Monteverde manque sa cible à tous les échelons.Que l’histoire transpire la banalité — un anden footballeur étoile en deuil de la petite fille morte sous De bout en bout, le réalisateur se contente d’effleurer ses thèmes : la solidarité, les affres de la maternité, le choc des cultures ses roues vient en aide à une serveuse licendée par son frère et enceinte contre son gré — n’a rien de rédhibitoire.Tous les récits, disséqués jusqu’à la moelle, tiennent en quelques mots.Mais que le traitement reste sans prolongement s’avère autrement plus fâcheux.De bout en bout, le réalisateur se contente en effet d'effleurer ses thèmes: la solidarité, les affres de la maternité, le choc des cultures (lui est Mexicain, elle, Américaine).Et se fourvoie sur les instruments de l’approfondissement les clichés n’ont jamais ancré un propos.Or il s’en donne à cœur joie.La famille du Sud répond à toutes les idées préconçues: chaleureuse, rieuse et aimante.La famille du Nord, elle, brille évidemment par son dysfonctionnement.Les premiers voient l’arrivée d’un enfant comme une rédemption.Les seconds, comme un sacrifice.Là encore, le lieu com-mun guette.Quant à la tonne, elle flirte elle aussi avec les poncifs.Le montage tachycardique y est pris pour du rythme et la symbolique des couleurs (tons chauds pour le bonheur et froids pour le malheur) est réduite à sa plus simple expression.Rendons à César ses lauriers, Alejandro G.Monteverde évite tout de même le happy end archétypique et ses acteurs, Eduardo Verâstegui et Tammy Blanchard (deux stars du petit écran), sauraient fendre un cœur de pierre.D’ailleurs, Bella a reçu le prix du public à Toronto et le Grand Prix du bien nommé Heartland Film Festival d’Indiana-polis.Mais le capital de sympathie ne suffit pas à assurer la plus-value d’un film.Collaboratrice du Devoir WWW.EOUINOXEFILHS.COM 13 A l_'AFFICI EX-CENTRIS LE CLAP VERSION ORIGINALE AVEC SOUS-TITRES ANGLAIS -CINEPLEX DIVERTISSEMENT-, | ,- CINÉMAS A MC VERSION FRANÇAISE i-CINEPLEX DIVERTISSEMENT-, I CINÉMAS AMC —I 1 QUARTIER LATINl | [LE FORUM 221 «.absolument Indispensable.» « Un film brillant.» ¦ PAWS MATCH if fre world.VERSION 0RI6MALE ANQAISE SOUS- TITRÉE EN FRANQMS A L’AFFICHE VERSION ORIGINALE ANGLAISE VERSION ORIQINAl F ANGIAI8F ¦sous itmlr EN FRANÇAIS I—- CINEMAS AMC —1 Ile forum 221 EX-CENTRIS DELICE PALOMA Ecrit et réalisé par Nadir Moknèche.Avec Biyouna, Nadia Kaci, Aylin Prandi, Daniel Lundh, Fadi-la Ouabdesselam, Eyes Salem.France-Algérie, 2007,134 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Lors de la présentation au Festival des films du monde du Harem de madame Osmane en 2001, on comparait volontiers son jeune réalisateur, Nadir Moknèche, à un Almodovar algérien en devenir.La présence au générique de Carmen Maura y était sans doute pour quelque chose.L’histoire s’était répétée avec Viva Laldjérie, bien reçu mais peu vu.Espérons que cette fois le public embrassera ce Délice Paloma, troisième long métrage, et de loin le plus achevé, d’un cinéaste enthousiasmant Le récit débute sous l’éclairage blafard des néons de la prison d’Alger.Une femme dans la cinquantaine affichant une mine plus fatiguée que soulagée est sur le point d’être libérée.On lui rend ses effets personnels: un sac à main et quelques bijoux.La fonctionnaire reluque le sac: un Chanel véritable.Qui est donc cette détenue?Un souci?Madame Aldjéria peut tout arranger.Tout Moyennant une confortable commission.Entre son assistante Schéhérazade et son fils Riyad, Madame Aldjéria mène sa barque sans être inquiétée dans un Alger en pleine mutation après des années de guerre civile.A l’instar de la ville, chacun des protagonistes rêve de changement En recrutant pour une ultime affaire la belle et encore naive Paloma, Madame Aldjéria fait entrer chez elle le Destin par la grande porte.Délice Paloma n’atténuera certainement pas la parenté avec Almodovar qu’on veut bien prêter à Moknèche.Outre la présence de personnages féminins forts et amoureuse ment écrits, l’approche narrative feuilletonesque, joyeusement alambiquée, rappellera peut-être à certains La Mala Educaciôti ou le plus réussi Came Trémula.A l’approche du troisième acte, on songe même à certains films de Douglas Sirk.Mais les comparaisons ont leurs limites, Moknèche offrant, et ce depuis ses débuts, un cinéma beaucoup plus ouvertement social.Ainsi, et bien que cet autre vibrant portrait de femme agisse comme un miroir de l’Algérie actuelle, plusieurs éléments du scénario renvoient à l’idée que, dans cette ancienne économie socialiste maladroitement reconvertie en économie de marché, l’arnaque est souvent le seul moyen de s’en sortir.Et comme dans ses deux précédents films, la situation des femmes et les inégalités dont elles sont victimes sont présentées dans la banalité du quotidien, sans être appuyées.www.cinegriacinparc.conr» 48$ pour I O films, QUI DIT MIEUX : stationnement GRATUIT 3 heures ^TîÏÏÏÉÏvÏA^O^nPAR1^ l 3575 Du Parc 514-281-1900 PaeAfrica international Le parrain.Musa Dieng Kala La marraine.Aneis Barbeau Lavaletle NE MANQUEZ PAS UES FILMS DU WEEKEND : Le chaos (Égypte), la 12 avril à 18h00 au Cinéma du Parc On the rumba river (Suisse), le 13 avril au Cinéma ONF Il va pleuvoir sur Conakry (Guinée), le 14 avril à 20H30 au Cinéma Beaubien Memory Books (Mozambique), le 14 avril à 20h30 au Cinéma ONF Uganda Rising (Canada), le 15 avril à 18h00 au Cinéma du Parc Soyez présents à nos soirées spéciales pour 30$ les deux et courez la chance de voyager en Afrique avec Royal Air Maroc.du 10 -’u 20 avril 2005 Cinémas du Parc, ONF, Beaubien, Cinemaiheûue québécoise Billets à l'unité : 7$, Cinémax : 50$ pour tO entrées.Ciné-carte : 25$ pour 4 entrées WWW.VUFSDArRIQUE.ORG INFO-fESIWAL : (514) 990-3201 CttmSl *’•*' —xvrrr TV5 btiHlll iimvim t Oflü?.jMütra MWlM wéÊtm Pour paraphraser Ruth Gordon, il est toujours encourageant de retrouver, dans des rôles de premier plan, des actrices mûres au sommet de leur art le septième ne les gâtant guère à mesure qu’elles avancent en âge.Pour sa troisième collaboration avec son metteur en scène fétiche, la vibrante Biyouna se donne sans retenue.Amalgame singulier de Mélina Mercouri et d’Anna Magnani, elle partage avec ces dernières des traits taillés, un bagout ime hardiesse teintée de vulnérabilité.Généreuse, calculatrice, fidèle puis abandonnée, Madame Aldjéria ne cessera jamais d’avancer.Et c’est avec une fougue inébranlable qu'elle traverse un film qui oscille habilement entre la comédie, le drame social et le mélodrame.Délice Paloma assoit solidement la réputation de Nadir Moknèche.Et sa Madame Aldjéria peut déjà aller rejoindre les Mamma Roma et autres Illia (Jamais le dimanche) du grand écran, la salle étant d’ailleurs le meilleur endroit pour goûter ces compositions plus grandes que nature.Collaborateur du Devoir ARCHAMBAULT3I Une compagnie- de Quebec * Media PALMARÈS DVD Résultats des ventes: du l” au 7 avril 2006 B TRUCS ET MÉTHODES D’EKTRAlNEMENT Alex Kovalev SWEENEY TODD UVW&THE CHIPMUNKS Jj MYSTÉRIEUSES CITÉS D’OR 400* ANNIVERSAIRE DE QUÉBEC JUDI ET YVON FONT UNE SCÈNE RAMOAM Saison 1 JUSTIN HMBERLAKE Futuresex / Loveshow : Live tram Madison Souare Garden ENCHANTED STARGATE : ARK OF TRUTH LE CRAND RESTAURANT Louis de Funès 1 AM LEGEND HIBER NATHS Louis de Funès LE DINER DC CONS THAT 70’S SHOW Seasons LED ZEPPEUN The Song Remains the Same LA FLORIDA LE MATOU THE SECRET ATONEMENT I r 1 K 10 inema La forteresse intérieure BEN X Réalisation et scénario: Nie Balthazar.Avec Greg Timmermans, Laura Verlinden, Titus de Voogdt, Maarten Claeyssens.Image: Lou Berghmans.Montage: Philippe RavoeL Musique: Praga Khan.Belgique-Pays-Bas, 2007,93 min.ANDRÉ LAVOIE Qui d’entre vous serait prêt à revivre son adolescence, même à fort prix?Les mains levées semblent discrètes.Période de la vie où les jolis qualificatifs se font rares, chaque époque déverse son lot de misères sur ceux qui se préparent à devenir des adultes.Le chemin pour s’y rendre est souvent rempli d’embûches, et parfois même jonché de cadavres.Sans compter qu’aujourdhui la cour d’école ne suffit plus pour humilier les plus faibles et écraser les plus vulnérables.Même s’il parle peu et préfère se cacher les yeux derrière ses cheveux, Ben (Greg Timmermans) en sait long sur la bêtise de ses semblables, la subissant dès qu’il sort de la maison.Pourtant entre les murs de sa chambre et devant son ordinateur, le garçon se transforme en héros impitoyable dans le monde virtuel, nettement plus bavard et viril que dans le monde réel.Souffre-douleur de deux imbéciles de sa classe, humilié par ses camarades qui ont immortalisé la scène pour la faire circuler sur Internet Ben, enfant du divorce et souffrant d’autisme, songe à commettre l’irréparable, inspiré par les conseils de Scarlite (Laura Verlinden), une compagne dont le caractère imaginaire ou authentique baigne dans un flou savamment entretenu jusqu'à la toute fin du film.lin sujet qui n’est pas nouveau La tyrannie adolescente n'est pas un sujet nouveau, mais chez Nie Balthazar elle est abordée à la fois avec un grand souci de réalisme et dans une forme esthétique qui combine l’univers numérique, la grisaille urbaine (celle de la Flandre et de ses ciels bas) et la peti- te forteresse intérieure d’une victime innocente.Ce brillant amalgame, qui inclut également les témoignages des principaux protagonistes comme si ces derniers se confiaient à la caméra d’un documentaliste plein d’empathie, donne à Ben X une forme particulièrement séduisante, et toujours très cohérente.Usant avec habileté de certains procédés narratifs, dont la voix hors champ devenue ici une nécessité pour mieux comprendre ce personnage enfermé en lui-même, Nie Balthazar décrit de manière sensible, mais aussi flamboyante, la déchéance d’un enfant de ce siècle fou.Les questions d’actualité que sont le cyber-harcèlement, le suicide chez les jeunes ou encore la déroute des adultes devant une progéniture évoluant dans un univers parallèle dont ils ne comprennent pas les codes prennent ici une dimension tragique, mais qui n’exclut jamais une esthétique aux textures multiples et, disons-le, fort accrocheuses.Sincérité bouleversante Cet envoûtement, qui plaît bien sûr aux jeunes spectateurs retrouvant là un cadre aux horizons familiers, nous happe tous grâce à une distribution d’une sincérité bouleversante, à commencer par le jeune Greg Timmermans dont les souffrances lui donnent parfois les allures d’un Christ en croix.Derrière sa pâleur maladive et son regard fuyant, un héros nouveau genre se révèle, en partie sacrifié sur l’autel de la bêtise mais aussi transfiguré par son imagination pas totalement atrophiée par la tyrannie du virtuel.Ben X n’est pas le premier film, ni le dernier, à montrer l’ingratitude de î’âge ingrat Nie Balthazar en expose les misères mais aussi les rares splendeurs Qa figure de la mère est d’une justesse remarquable) dans une exubérance visuelle où l’émotion n'est jamais étouffée sous les artifices.Un film à la fois bien de notre époque (agitée) et dont la triste universalité interpelle toutes les générations.Collaborateur du Devoir Le (bien petit) roi de la montagne STREET KINGS Réalisé par David Ayer.Scénario de James Ellroy, Kurt Wimmer et Jamie Moss.Avec Keanu Reeves, Forest Whitaker, Chris Evans, Hugh Laurie.États-Unis, 2008, 107 min.FRANÇOIS LÉVESQUE Au cours de la dernière décennie, la télévision a mis en avant d’excellentes séries policières.Rythmées et violentes, volontiers léchées et riches de détails procéduriers, ces productions ont obligé Hollywood à revoir son produit.Certains ont malheureusement oublié d’allumer leur poste.Ainsi, les amateurs de l’un ou l’autre média ne s’y tromperont pas: Street Kings est dépassé avant même sa sortie.Non contente de ne rien amener de neuf sous le soleil de Los Angeles, la dernière offrande du studio Fox suinte en plus le déjà-vu.Le film s’ouvre sur un Keanu Reeves maussade.On comprend qu’il est maussade plus par le coup qu’il flanque au réveil que par une quelconque expression faciale.Ces dernières ne seront du reste pas légion.Le personnage a la gueule de bois.On le sait parce 3u'il.On saisit l’idée générale: la émonstration primera sur la suggestion.On ignore par ailleurs qui est cet homme qui se lève en char- geant son revolver.Flic ou bandit?Quiconque a vu la bande-annonce connaît la réponse, et quiconque a vu la bande-annonce a vu le film.Le thème de la corruption policière a, dans Street Kings, une telle préséance que tous les autres enjeux dramatiques paraissent vite accessoires: Le sujet a été abordé souvent, certes, mais la .quantité n'excuse pas la banalité.A preuve, le vénérable Sidney Lumet s’y est intéressé plus souvent qu’à son tour, dont trois fois (trois!) avec un brio certain: Serpieo (1973), Prince of the City (1981) et 0 & A (1990), les deux premiers basés sur de vraies affaires.Direction d’acteurs inadéquate On ne saurait blâmer David Ayer pour les faiblesses d'un scénario auquel il n’a pas collaboré.Fait étonnant puisque le réalisateur novice a débuté à Hollywood en tant que scénariste (Training Day, S.W.A.71).11 a par ailleurs lui-même scénarisé son premier long métrage, le quelconque Harsh Times.In question de l’écriture réglée, on peut en revanche remettre en question sa direction d’acteurs.Keanu Reeves, qui a déjà été plus convaincant, ressemble ici à un somnambule.Forest Whitaker, pour sa part, déçoit dans une composition outrée, c’est dire! Le reste de la distribution ne fait guère impression, bonne ou mauvaise, honnis peut-être Hugh Laurie, qui propose une variante policière de son docteur House.L’intrigue de Street Kings aurait pu sembler fraîche dans les années 70 ou 80, mais en 2008, on a tôt fait de résoudre l’affaire, et pas besoin d’avoir vu des masses de drames policiers pour y parvenir.Les trois scénaristes (trois!) ont réussi à accoucher d’une suite de révélations et de retournements tous plus prévisibles les uns que les autres.Petit indice pour le spectateur: l’originalité d’une œuvre sera, généralement, inversement proportionnelle au nombre de producteurs et de scénaristes apparaissant au générique, et ce, même si l’écrivain James Ellroy figure parmi ces derniers.Le fait que le principal protagoniste prenne plusieurs jours pour mettre de l’ordre dans les pièces d’un puzzle que le spectateur a depuis longtemps complété demeure sans doute le principal problème du film.Devant cette improbable démonstration de naïveté, on se désole que le détective Ludlow (Reeves) n’ait pas vu LA.Confidential, du même Ellroy.Cela lui aurait évité bien des désagréments.A nous aussi.Collaborateur du Devoir Dénoncer un mal universel Nie Balthazar, réalisateur de Ben X, est devenu le porte-parole informel d’une jeunesse souffrante et silencieuse ANDRE LAVOIE Celui qui tend le micro aux créateurs possède toujours quelques trucs pour éviter les redondances du discours formaté, ou simplement évaluer l’humeur de son vis-à-vis.Avec les artistes étrangers de passage à Montréal, je démarre souvent avec une simple question sur la ville, me permettant ainsi de mesurer leur degré d’enthousiasme (ou de fatigue) et de débusquer les menteurs sans scrupules («Montréal est sans contredit la plus grande métropole culturelle du monde»).Devant le cinéaste flamand Nie Balthazar, difficile de croire que son amour pour Montréal relève du simple calcul, de la pure complaisance.Lorsqu’il évoque sa «semaine la plus fantastique de sa vie» au FFM en août dernier, débarquant en pur inconnu avec son premier long métrage de fiction en compétition officielle, Ben X, et repartant avec trois prix prestigieux sous le bras, et beaucoup de distributeurs à ses trousses, c’est encore avec un regard brillant et un sourire de collégien.«Mes amis me demandent quand je vais enfin revenir les deux pieds sur terre!», lance-t-il en riant dans un français délicieux ponctué d’hésitations, question de trouver le mot juste.Ce grand gaillard sympathique et pas prétentieux pour deux sous, donc 100 % belge!, fut longtemps critique de cinéma mais, comme plusieurs de sa race, il traînait des envies de réalisation.«Mais il fallait d’abord avoir quelque chose à dire», précise-t-il comme une évidence.D’abord la curieuse commande d’un éditeur pour écrire un livre destiné à ceux qui ne lisent pas (!) et inspiré d’un tragique fait divers où un jeune autiste s'est donné la mort après des humiliations répétées, à l’école et sur Internet («Si j’avais décrit tout ce qu’il a subi, on m’aurait traité de scénariste sadique»), Ben X nous plonge dans deux réalités parallèles, l’une réelle et l’autre virtuelle, en plus d’ouvrir les portes du jardin inté-rieur d’un adolescent «qui ne comprend pas le monde comme il faut le comprendre».Une allégorie Attiré par le défi de séduire un jeune public réfractaire à la lecture, pari d’ailleurs gagné, Nie Balthazar l’a ensuite amené au théâtre (plus de 250 représentations) pour finalement conquérir le terrain du cinéma.Et il ne s’en cache pas: l’ancien critique de cinéma cherchait à séduire et à conscientiser.Pas à se prendre la tête.«J'ai lu tous les livres de scénarisation, déclare le cinéaste, dont celui de Syd Field, le gourou du scénario américain.J’ai appliqué sciemment ses théories, même au moment d’écrire le roman.C’était une façon pour moi de m’éloigner des problèmes du cinéma européen: ne pas suivre les règles.et vouloir réinventer l’eau chaude! Je crois avoir fait un “revenge tragedy” Le cinéaste flamand Nie Balthazar PEDRO RUIZ LE DEVOIR à l’américaine mais, je l’espère, avec une sensibilité européenne.» Gardant toujours en mémoire le précieux conseil d’un professionnel du scénario («Être d’abord un artisan, ensuite un artiste, et plus tard, peut-être, un génie.»), Nie Balthazar reconnaît avoir tenté de livrer un anti-Tfam Man, le film de Barry Levinson qui a fait découvrir la réalité de l’autisme au grand public.«Depuis cette époque, il y a eu beaucoup de films sur les autistes, mais ils parlent surtout des personnes qui les entourent.Je voulais raconter l’histoire de quelqu’un qui ne sait pas comment la raconter par lui-même, et faire en sorte qu’il soit attachant.» A en juger par le succès international de Ben X, et même les propositions de remake faites par des agents de Hollywood pendant sa «semaine de rêve à Montréal», l’objectif semble pleinement atteint.Heureux du succès de son film, le cinéaste est surtout fier de le voir susciter des discussions et provoquer des changements, entre autres dans les écoles de la Belgique.La réalité de l’autisme, du harcèlement sur Internet et le taux effarant de suicides chez les jeunes sont encore des tabous tenaces selon lui.Qu’il soit même devenu un porte-parole informel d’une jeunesse souffrante et silencieuse ne fait qu’ajouter à sa fierté.«Dans Ben X, l’autisme était un bon symbole, une allégorie pour tous ceux qui se sentent incompris.Ceux qui se font tabasser, humilier et détruire leur jeunesse sont ceux qui en disent le moins.C’est universel, hélas.» Heureusement pour eux, Nie Balthazar n’a vraiment pas l’intention de la fermer.Collaborateur du Devoir Plus drôle et plus fou que jamais! Û73/VJ5 U NC r*r*GS DG CHEZ VOUS *an«|» mir ™ mm 2-r; %, www.dansunegalaxie2.com REPRESENTATIONS SPECIALES LE JEUD117 AVRIL A 22H f-C«B>CEX CKVtHnsatMEKI -I r d»BH» jrvtHIISafMÇm LES CINÉMAS OUZZO —1MÉOA-PLBT- auzzo —.I— MÉOA PCEX- 00Z2O —11— MÊUA ll-fx- QUZZO 1 QUARTIER LATIN j |STAfiCfTÉ MONTRÉAL| j LANQELIER 6 11 LACORDAIRE 16 11MARCHÉ CEWTRAl IBl | TASCHEREAU 18 f— UfOA-Pinc» GUZZO i— MÉGA-Pl£X~ QUZZO —1 f— MÉQA-PLEX' QUZZO —n T-CHemi -'VERJ»»EU€*' -, — CINÉMA-i r-Crt*IM* LfVtRimtMtWI n 1 JACQUES CARTER 14 11 DEUX-MORTAGUES 14 j | PONT-V1AU 10 11 COLOSSUS LAVAL 11ST-EUSTACHE 11 BROSSARD I-CINÉMA-1 r—MÉGA-PLEX-QUZZO—l r~ LM CINÉMAS QUZZO—, rCNB-lX» [XvlH'tSMMtM -) - CINÉMA* ———11-CWÉUM FomUNT-, I BEL.OEIL II TERREBONNE 14 1 STE-THÉRÉSE 8 11 SHERBROOKE 1|qaTINEAU|| STARCITÉ HULL CINÉMA OAIERIES-, r UAII HKB SI-KVACINTHF -, r~ OHCPltï OAfimSStMeO - , I -E CAflHEFOUP K) I f MAIS, « OU CINÉMA 1 r— liï CINÉMAS NOFM ; i CINÉMA CAPfTOC—, r—CINÊMA ST-CAURtNl ; r— CINÉ-FKFRf PFOSÉ I JOLIETTE 11 SHERBROOKE 11RORJ DfBJMMOWDVIlLE | DRUMMONDV1LLE 1 SOREL-TRACY [ ÉLYSÉE QRANBY r—CINÉ ENTHSimSt-1 I" 1 CINÉMA -1 ICIWÉMA DU CAP II ST-BASILE 1 À L'AFFICHE LE 18 AVRIL « J’ai vraiment ri, c’est vraiment amusant.M y règne une extrême bonne humeur.» Christiane Charrette, Radio-canada « Extraordinaire! Léger et très drôle! Allez voir ça! » Jasmin Roy, 98,5 fm : " tüfTriJJjy im/bnib 11JÏÜ IjBZ U HT ÿJlJB.fjrumJid 'JédUBïluiL - il iatorah, Jm fliMD’oiMiiDE H Vues d'Afrique uDriuj u a ÜJjjJ ijiirâ/yLin, i'Judh l'jluhnâiihoy tfdJfljEBS 'j Almmluy-jÉ.u Joimâ un Ti'J-i ù imm yyy filitmn iiUna uhrorihiuy imuiy mi üuulau/J « Une bonne comédie! » Showbizz, LCN « C'est tellement bon.les décors, la direction photo, l’image, c’est génial! » Marina Orsini.Rock Détente tom WM ^ © (.ijh.iÉHjr jjiiT V" On aurait pre a staller w§ mm» 'M Haller, ICI Ü NICOLAS CAZALE CLOTflDE HESME WmU LEi VT IVVV UN FILM DE ÉRIC GUIRADO DANIEL OUVAL JEANNE OOUPIL STÉPHAN QUERIN-TILUÉ LILIANE ROVÉRE PAULCRAUCHET CHAD CHENOUOA BENOIT QIROS LUDMILA RUOSO ¦SŒB ',w"ftWnu.BUS C I MÜW nm ïuflEs |£l PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE rEX-CENTRI8 Ij ll^j À L’AFFICHE! tX-CINTWS J i P.hlt|ï*« j fi! PRÉSENTEMENT À L’AFFICHE rciuAFàÎEi7iAHHirywA(>lTfMO,rrRili_l I I rMMA» >1 «mM —ir— MÉOA PLiX-QUZZO —I I MÉOA IXFX- QUZZn—, r— MÉOA PUOT QUZZO —irC**»1’*» IXWimMÉMÉFO -cinéma——i (CARR ANORIONOn][MARCHÉCEHTRAM8JI JACQUUCAWT1H U\\POMT-VIAU 16 IICOLO8SU8 LAVAL 1 [ST EUSTAChFI 1 BROSSARD 1 [BOUCHERVILLE 11 BELOEIL ][ SHERBROOKE][ ITARCIT8 HULU[DRUMMONDV1LLE ] [ JOUETTE j( LACh'eNAJE j [ vÀIlLEYFÎiELD ][ SOR^L-TIIACV* ] [ VICTORIAVILLE ] | SFl'a,,/, , | CONSULTEZ LES GUIDES-HORAIRES DES CINÉMAS
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