Le devoir, 22 mars 2008, Cahier H
LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2008 ce RM (î ON LE DEVOIR PLURALISME / F RUPAK D.E CHOVVDHURI REUTERS Des enfants pauvres de Siliguri au Bengale occidental partagent un repas offert dans une école de la ville, i ¦ : '¦U HÊÊ& xm.m,-.: ¦ætîstm.“¦ Æj® 'mmM ¦f-fc Temps de partage Pour chaque foi et religion, les jours marquants sont ceux où le moment de se nourrir ensemble rassemble la communauté La messe catholique est une célébration d’un repas communautaire.Ailleurs, toute fête suppose que si, spirituellement, il y a partage, il y aura aussi un temps réservé où, autour d’un plat, d’un mets, d’une table, les commettants d’une même pratique partageront ensemble.Le moment de nourriture se situe à la rencontre du «ciel» et de la terre.NORMAND TH ÉR1AU LT ”%f our les catholiques, la présente semaine, cette «semaine sainte», est le moment fort d’une année liturgique: la mort et la résurrection sont le credo majeur de leur foi.Au repas pris ensemble, cette Cène mise en scène par un Léonard de Vinci, entre autres peintres, les pratiquants ajouteront un autre moment Pâques étant venu où, famille après famille, l’abondance des mets, la multiplicité des rencontres, célébreront la libération attendue.En d’autres ^cultures, ces jours sont aussi jours de fête.A ce Vendredi saint des chrétiens, le calendrier ajoute cette année aussi le Pourim, ce festival du printemps des juifs tenu au moment d’un autre carnaval du printemps, qui est aussi fête de l’amour pour les hindous, comme l’est aussi le Shu-bu no hi, temps d’équinoxe et fête printaniè- re avec visites aux temples pour les shintoïstes.Et ce jour était aussi un premier jour d’une nouveÜe année, la 164' dans la tradition bahai’ie et la 1377° du calendrier maz-déen des Zoroastriens.Pour tous ces moments de fête, le repas sera l’élément rassembleur.Ainsi la prière du Now Rouz se fait, en ce jour anniversaire de la naissance de Zara-thustra, devant des plats bien garnis.Car si «l’homme ne vit pas que de pain», la nourriture lui demeure cependant nécessaire, et chez les mazdéens, se réjouir en mangeant est grandement noble.Ensemble D’ailleurs, sommes-nous au Québec, en fait partout en Occident, qu’il n’est point de célébration qui ne se fasse sans qu’il y ait un repas.Du premier jour de l’année au dernier, on fête.De la naissance à la mort, on célèbre.Au rythme des saisons, on se rassemble.Et des mets toujours sont désignés pour marquer le passage du temps, qu’il soit annuel, saisonnier ou mesuré à l’aune d’une aventure individuelle.Alors, sacré et profane se confondent.Le temps de célébration qu’est Pâques a ainsi imposé le rite du lapin, ou de la poule, et maintenant aussi de multiples personnages, toujours façonnés en chocolat De la même manière, jambon et agneau se «disputent» l’honneur de la table.Le fait de se nourrir ensemble est de toutes les traditions.Partager un plat est le début d’une aventure collective.Ainsi une Ariane Mouchkine, cette grande metteure en scène française, demande à ses comédiens en prélude à toute représentation de cuisiner et d’apprêter ensemble des mets qui seront offerts en ouverture aux spectateurs de la pièce à venir.Avant donc le temps de la parole, un moment collectif pour une autre nourriture.Dans le monde du sacré, le repas suit cependant la célébration, ou arrive à sa conclusion.Et ainsi le baptême, le mariage, la communion, le rite funèbre assurent leur transition entre le lieu spirituel et le monde séculaire.Célébrations On dira d’une religion qu’elle est moins collective quand elle réunit en moins grand nombre ses fidèles.C’est le sort réservé à la majorité des églises occidentales.Comme le souligne Jean-Claude Turcotte, archevêque de Montréal, «la religion collective a quelque peu disparu et a été remplacée, comme dans bien d’autres domaines d'ailleurs, par une religion de conviction individuelle».Et si les églises à la semaine se vident, elles recueillent toutefois leur lot de tidèles quand vient le temps de marquer les moments forts d’une vie.Et qu’on soit pratiquant ou non, aucun n’ignore en ce territoire le moment de Noël, le jour de Pâques, ces journées qui sont celles des grandes fêtes chrétiennes.Pour ces jours-là, la générosité s’impose.D faut ainsi assurer aux plus malheureux et malheureuses d’entre nous qu’au moins deux fois l’an, ils et elles soient assurés d’un bon repas: avez-vous remarqué ainsi ces placards dans ce journal qui invitaient à souscrire ce 2,48 $ qui assurerait à qui en veut en ce dimanche un moment commun de nourriture?Rencontres La foi suppose donc un temps commun pour le corps et pour ce qui est désigné par î’âme.Un temps de rencontre du spirituel et du charnel souligne donc les grandes célébrations.Ici, ce sera le sacrifice de l’agneau; là, la préparation plus relevée d’un mets quotidien comme le riz ou autre légumineuse; ailleurs, la pièce montée.Chez d’autres, un simple bouillon, un breuvage suffisent, pourvu que leur consommation se fasse ensemble.Et pour la famille comme pour la communauté, voire la collectivité, les temps de rassemblement imposent l’obligation du partage.Au sud de notre frontière, il est ainsi significatif que ce soit au jour de la «Thanksgiving», quand la récolte a été faite, que les Américains se déplacent pour le temps d’un repas.Alors, même le séculier a les allures d’une fête qui a presque une coloration religieuse.Ainsi, en ce dimanche, combien serons-nous, pratiquants ou non, à se rencontrer pur le temps d’un repas?L’humain vit toujours dans l’espoir d’une renaissance.Le Devoir Un temps de rencontre du spirituel et du charnel souligne donc les grandes célébrations QUÉBEC Le réveil des marqueurs religieux Page 3 JEAN-CLAUDE TURCOTTE L’archevêque de Montréal définit le nouveau visage de son Église Page?ÉCOLE Il faut offrir des dés pour comprendre le monde Page 2 UNIVERSITÉS Des facultés de théologie pour répondre aux besoins des sociétés contemporaines Page 4 MISSIONS Laïcs et séculiers au travail en pays étrangers Page 5 ÉDITION Des ouvrages emblématiques publiés ici et en francophonie Page 6 ARTS ET CULTURE De la présence des références religieuses Page8 I- K I) K V 0 I K .L E S SAMEDI 1 t ET DIMANCHE 2 3 M A R S 2 0 0 8 H 2 RELIGION Le religieux à l’école L’école doit offrir des clés pour comprendre le monde Georges Leroux ne voit pas de problème au port de signes religieux distinctifs à l’école, hormis le niqab Le philosophe Georges Leroux, qui a participé à l’élaboration du nouveau programme d’éthique et de culture religieuse, estime qu’il offrira aux jeunes des clés pour comprendre le monde.Il ne voit par ailleurs pas de problème au port de signes religieux distinctifs à l’école, hormis le niqab.¦ REBECCA COOK REUTERS Le niqab est un voile cachant le visage et ne laissant voir que les yeux.À cette exception près, le professeur Georges Leroux croit qu’autant les enseignants que les élèves qui le désirent devraient pouvoir porter des signes religieux distinctifs dans les écoles.BRIGITTE SAINT-PIERRE Une société qui n’offrirait pas de cours de culture religieuse à ses jeunes ne commettrait pas de faute sur le plan philosophique, mais elle les priverait «de quelque chose qui aujourd’hui est utile, voire nécessaire», estime Georges Leroux, professeur associé au département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM).Il mentionne à titre d’exemple que des éléments de culture religieuse sont nécessaires pour comprendre les rapports entre Israéliens et Palestiniens.«Un jeune qui est privé de cela, c'est comme quelqu’un qui n’a pas le langage pour nommer la distinction entre le rouge et le vert.Il est privé d’un instrument très sérieux.» Selon lui, il est important de connaître les croyances des autres, que l’on soit ou non religieux.«La plupart des personnes aujourd’hui dans nos sociétés ont des positions qui sont tributaires depositions religieuses, soit pour, soit contre», estime M.Leroux, également collaborateur du Devoir.Aboutissement d’un processus Le nouveau programme d’éthique et de culture religieuse fera son entrée l’automne prochain dans les écoles primaires et secondaires du Québec.Obligatoire, il remplacera les anciens cours d’enseignement religieux catholique ou protestant ainsi que d’enseignement moral.Il vise le développement de trois compétences: réfléchir sur des questions éthiques, manifester une compréhension du phénomène religieux et pratiquer le dialogue.La création du programme d’éthique et de culture religieuse est l’aboutissement du processus de déconfessionnalisation du système scolaire, indique le Comité sur les affaires religieuses du ministère de l’Education, du Loisir et du Sport dans un avis sur la laïcité scolaire au Québec rendu en octobre 2006.En 1998, le gouvernement a transformé les commissions scolaires catholiques ou protestantes en commissions scolaires linguistiques.Deux ans plus tard, il a dé-confessionnalisé les écoles publiques.Dans la foulée, des services non confessionnels d’animation spirituelle et d’engagement communautaire ont remplacé les services d’animation pastorale et d’animation religieuse dans les écoles.Le Comité sur les affaires religieuses estime que le programme d’éthique et de culture religieuse est l’un des éléments importants du «modèle de laïcité ouverte de l’école publique québécoise», avec notamment le «respect de la liberté de conscience et de religion» et la «neutralité de l’école publique».« Besoin de se rassembler » Maintenant un ardent défenseur du programme d’éthique et de culture religieuse pour tous, Georges Leroux a déjà plutôt prôné par le passé un enseignement confessionnel «dans toutes les situations où la demande des parents le justifie», qu’il s’agisse «d’un enseignement catholique, coranique ou autre».«Dans plusieurs situations, en particulier dans des quartiers très sédimentés sur le plan religieux, on pourrait assister à l’émergence d’écoles offrant plusieurs enseignements conjèssionnels différents et concomitants, dans un espace public voué au dialogue», écrivait-il ainsi en 1999 dans la revue Conjonctures.Le professeur de philosophie estime aujourd’hui que cette situation créerait de la division.11 indique que le débat sur le rapport de 1999 du Groupe de travail sur la place de la-religion à l’école, présidé par Jean-Pierre Proulx, l’avait fait changer d’avis.Dans les ensembles urbains, le besoin consiste plutôt à l’heure actuelle à mettre les enfants ensemble, à mieux se connaître et à intégrer les immigrants, dit-il.Nous avons encore beaucoup de travail à faire en ce sens, estime-t-il.lurs des audiences de la commission Bouchard-Taylor, «on a entendu beaucoup de réflexions xénophobes.On a vu beaucoup de.tentations de repli sur la souche identitaire.Je pense qu’on a besoin de se rassembler, pas de se diviser».La fin d’un privilège Aux parents catholiques qui revendiquent le droit d’opter pour un enseignement confessionnel au nom du libre choix, M.Leroux répond que le libre choix n’a jamais existé.«Les catholiques et les protestants avaient un privilège», dit-il.«L’Etat n’a pas d’obligations eu égard aux religions.» Les écoles privées qui le souhaitent pourraient pour leur part continuer d’offrir un enseignement confessionnel, en plus du programme obligatoire d’éthique et de culture religieuse, indique M.Leroux.«La grande question pour elles maintenant est: le désirent-elles?» La Fédération des établissements d’enseignement privés a produit en octobre dernier un document sur «l’aspect confessionnel du projet éducatif de l’école privée dans le cçntexte d'application du programme Ethique et culture religieuse».Elle y mentionne la possibilité d’offrir, en plus du nouveau programme, un enseignement confessionnel, «dans le respect de la liberté de religion des élèves tum catholiques».Elle indique que près de la moitié des 49 écoles secondaires ayant répondu à un questionnaire à ce sujet en janvier 2007 envisageaient le maintien d’un cours d’enseignement religieux confessionnel en troisième secondaire.Elle cite toutefois une recherche dirigée par Gilles Routhier, professeur à la faculté de théologie et de sciences religieuses de l’université laval, selon laquelle «les cmrs d’enseignement religieux donnés à l’école et la préparation aux sacrements en paroisse ne semblent pas avoir produit les effets escomptés en ce qui a trait au développement d’une identité chrétienne chez les jeunes»’.Elle mentionne que d’autres initiatives, par exemple d’animation pastorale, «peuvent favoriser l’éveil spirituel et religieux des enfants ainsi que le développement spirituel des adolescents».Patrimoine chrétien et signes religieux Georges Leroux souligne par ailleurs que le christianisme occupera une place prédominante dans , la transmission de la culture religieuse, dans le cadre du nouveau programme obligatoire.Les autres traditions religieuses seront abordées en classe, mais la priorité ira à la connaissance du patrimoine chrétien du Québec, indique-t-il, -faisant référence à des propos en-ce sens tenus par des membres du gouvernement H sera aussi notamment question de la spiritualité amérindienne, ce qui réjouit le philosophe.«Malgré la présence des au: tochtones à nos côtés depuis les débuts, l’enseignement religieux était absolument méprisant à l’endroit de leurs croyances», déplore-t-il.M.Leroux, qui fait partie du co-' mité-conseil de la commission Bouchard-Taylor, ne voit pas de problème au port de signes religieux dis- , tinctifs à l’école, à l’exception du niqab [voile cachant le visage et ne; laissant voir que les yeux].«Nous sommes dans une société où le rap- “ port humain est fondé sur la confian ce, la perception du sentiment de l’autre, du regard de l'autre suf nous», dit le professeur.«Je suis de ce point de vue-là très proche de la pen- ' sée [du philosophe] Emmanuel Levinas, qui pense que le tout de l’être humain est dans le visage.» A cette exception près, le professeur croit qu’autant les enseignants que les élèves qui le désirent de-' vraient pouvoir porter des signes religieux distinctifs dans les écoles.«Notre société respecte la liberté d’expression de la conviction religieuse dans l’espace public.Dans la rue, si vous portez la kippa, une croix à votre cou ou un autre signe religieux, personne ne s’y objectera.Pourquoi est ¦ L’heure de la prière dans une mosquée de Brossard JACQUES NADEAU LE DEVOIR ESTELLE ZEHLER Tandis que des craintes sont palpables quant à un éventuel écrasement identitaire, l’affirmation de son appartenance à la religion catholique devient l’un des véhicules de la mémoire et de l’identité québécoises.La croissance de la population musulmane et la forte médiatisation souvent négative qui l’entoure redonnent de la vigueur aux marqueurs religieux tout en révélant une franche ambivalence chez la population canadienne française, comme le souligne Louis Rousseau, professeur au département de sciences des religions de l’Université du Québec à Montréal.Pas moins de 83,4 % des Québécois se déclarent de confession catholique.Cependant, terre d’immigration, le Québec a accueilli des populations d’origines diverses et donc de religions variées: protestante, orthodoxe chrétienne, musulmane, juive, bouddhiste, hindoue, sikhe.Certaines de ces populations se sont fondues dans le paysage sans soulever une grande attention.D’autres plus visibles par rapport aux vagues antérieures, tels les migrants haïtiens, n’ont pas occasionné plus de bouleversements.«Non seulement ils parlaient français, précise Louis Rousseau, mais l’immigration haïtienne avait été assimilée assez rapidement à une origine chrétienne, ce qui n’était pas forcément des plus exact.» Les Haïtiens qui pratiquaient des religions afro-américaines n’ont toutefois pas tenu particulièrement à corriger cette méprise.Il demeurait que l’insertion des diverses confessions s’opérait sans heurts.La religion musulmane sous les projecteurs Un virage s’opère néanmoins à la suite des événements de septembre 2001.Une certaine couverture médiatique tend à cataloguer sommairement la religion musulmane derrière la bannière d’un radicalisme islamique et ce faisant, canalise l’attention des Québécois sur le nombre croissant de personnes issues de cette confession dans la province.«Au détour des années 2000, la diversité culturelle est désormais appréhendée dans bien des cas à partir de marqueurs religieux.» Les projecteurs se sont braqués sur l’immigration arabo-musulmane.L’image de l’islam tout comme les débats liés aux accommodements raisonnables ont réveillé dans la population québécoise une anxiété identitaire qui remet en scène le facteur religieux.Les clichés liés à l’espace féminin qui fusent de toutes parts télescopent violemment un Québec très fier de son histoire féministe, une autre composante d’importance de l’identité québécoise.Les femmes se sont battues pour se dégager de l’hégémonie masculine et se sentent profondément interpellées par cette lecture de la femme musulmane asservie.«Les stéréotypes dominent l’expérience réelle.Pour peu que les gens aient l’occasion de converser une heure avec une femme voilée, déjà ils modulent leur propos.» Il n’en reste pas moins que notre héritage occidental est bâti sur le présupposé que la religion est source de violence et de confrontation et que la religion musulmane est particulièrement dangereuse.Par ailleurs, l’immigration d’origine chrétienne et même d’origine catholique a engendré autant de diversité selon que les personnes provenaient de pays africains ou moyçn-orientaux.«importance des Eglises orthodoxes du Moyen-Orient ou de l’Europe des Balkans est en train de devenir un phénomène pratiquement aussi important que le protestantisme traditionnel au Québec.Cependant personne n’en parle.» Une véritable sélection de la perception de diversité s’opère donc.Un codage intra muros négatif et ambivalent Pourtant pour la génération des baby-boomers, le fait d’affirmer ne pas avoir de confession religieuse était une marque identitaire positive.«Les générations précédentes étaient rattachées à la Grande Noirceur.» Le temps de l’asservissement aveugle était révolu, il n’était plus nécessaire de se rattacher à l’Eglise catholique pour construire la société québécoise.L’écroulement des pratiques, l’agonie d’un clergé qui ne suscite plus que très peu de vocations locales en sont l’expression.Cependant, de façon antagonique, l'importante proportion de Québécois disant être de confession catholique lors des exercices de recensement révèle la subsistan- ce d’un lien.Si ces déclarations ne permettent pas de juger des convictions intimes des personnes, elles empêchent d’ignorer la valeur des repères identitaires présents dans l’affirmation de cette appartenance.«Il se produit une valeur à l’héritage qui marque et définit l’individu, et parallèlement, une dévalorisation de la pratique.Je crois que cela va de pair avec la persévérance identitaire des anciens Canadiens français catholiques.» La commission Bouchard-Taylor a également souligné la forte ambivalence confessionnelle des Québécois d’origine catholique.Nombreux sont ceux qui refusent à la sphère religieuse tout droit de cité dans l’espace public, mais qui se déclarent catholiques.Paradoxalement, certaines de ces personnes ressentiront la revendication du port de signes religieux, tel le kirpan, comme une injustice qui pourrait s’exprimer en ces termes: nous, nous avons sacrifié nos signes religieux, nous avons dû opter pour l’alternative sociale et civile en refusant de recourir aux marqueurs religieux, et d’autres auraient ce droit?«C’est comme, estime Louis Rousseau, si le choix de ce qui est appelé la laïcité n’était pas complètement assumé, dans la mesure où il signifierait l’abandon d’une part de notre identité.» Les débats liés aux accommodements raisonnables seraient davantage cristallisés sur cette ambivalence que sur l'expression de divisions à base religieuse.Entre ce processus de revendication identitaire et la distanciation envers l'institution cléricale, des situations plutôt cocasses voient le jour.Ainsi, dans le cadre du cours d’éthique et de culture reli- gieuse, les enfants accèdent à un bagage de connaissances sur plusieurs religions.Leur curiosité éveillée, de retour à la maison, certains posent à leurs parents des questions sur le catholicisme, une confession dont ils se sont par ailleurs réclamés.Cependant, très souvent ces derniers ne possèdent pas les réponses.Si des divisions existent, elles' ne sont que très marginales et condensées sur la région montréalaise, du fait de la densité de sa population et de son multiculturalisme.Certes, certains médias véhiculent des présupposés au potentiel dommageable à l’égard de ce que l’on pourrait appeler «le vivre-ensemble», mais le Québec se distingue encore et toujours par sa curiosité et son ouverture d’esprit envers l’autre.Collaboratrice du Devoir La commission Bouchard-Taylor a souligné la forte ambivalence confessionnelle des Québécois d’origine catholique CONGRES SUITE DE LA PAGE H2 et c’est aussi la devise de la ville de Québec, soit “Don de Dieu ferai valoir”».Les activités Sur le terrain, les croyants qui sont inscrits au congrès — ils sont déjà au nombre de 9000, note MKr Fiché — auront l’occasion de participer à une série d’activités de tous ordres à ExpoCité.Ce site regroupe plusieurs bâtiments, dont le Colisée Pepsi et le Centre des foires.«C’est dans ces lieux que l’on tiendra des ateliers, des plénières, de l’enseignement, des témoignages, de la prière, et ainsi de suite.R y aura aussi tout au long de la semaine des activités qui se dérouleront dans des églises et d’autres lieux de rassemblement, de manière à offrir un service aux personnes qui ne sont pas inscrites à temps plein au congrès.En tout, nous estimons que de 12 OOO à 15 OOOpersonnes en provenance d’une soixantaine de pays s’inscriront au congrès.On devrait atteindre nos objectifs.» Et puis la messe de clôture, la Statio Orbis, se tiendra sur les plaines d’Abraham.«C’est l’événement qui, je crois, sera le plus visible avec la procession publique du Saint-Sacrement, qui aura lieu le jeudi.Sur les Haines, nous espérons recevoir plusieurs dizaines de milliers de personnes.» Le Saint-Père n’y sera pas Pour terminer, le pape Benoît XVI ne sera pas de l’événement, Pierre CHASTELLAIN SJ.J Traduit par oseph HDFBECK L’ÂME ÉPRISE DU CHRIST JÉSUS 788 pages-37,65$ ISBN 978-2-7601-5430-8 GUÉRIN, éditeur Itée 514-842-3481 Le oremter livre de spiritualité jamais ecru au canada.En uente dans toutes les llDraines Le prix est indiqué sous réserve de modifications.n’est-ce pas?«Naturellement, nous aurions souhaité sa présence.Mais je dois dire d’abord qu’il y a eu dans les médias une insistance beaucoup plus grande sur la venue du pape que sur le congrès lui-même, ce qui peut se comprendre.Nous avons toujours dit que l’essentiel de cet événement, c’est de rassembler les croyants autour de l'Eucharistie.Maintenant, la raison invoquée par le pape se résume au fait qu’il ne pense pas avoir la force physique de faire plusieurs grands voyages en 2008 et il avait déjà pris des décisions au regard d’autres voyages.» Collaborateur du Devoir A noter: pour qui s'intéresse à ce congrès, le cardinal Marc Ouellet a commis un petit ouvrage éclairant intitulé «Les Congrès eucharistiques», publié chez Novalis.du Québec Avec le Ressuscité, nous t'invitons à CUEILLIR ET SEMER LA VIE Les Sœurs de Sainte-Anne du Québec 1950, rue Provost Lachine, Qc H8S 1P7 Site Internet : www.soeursdesainte-anne.qc.ca Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix Porteuse de sens et d’espérance, notre histoire regorge de réalisations dans plusieurs domaines : les arts, l’engagement social, l’intégration de personnes immigrantes, l’éducation, le monde de l’édition et des médias, l’accompagnement psychologique et spirituel, l’animation à la vie de prière : en communauté paroissiale, et dans le plus grand sanctuaire mondial dédié à Saint-Joseph : l’Oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal.Éducateurs de la foi, nous sommes là pour construire avec les personnes qui le désirent un monde selon l’Evangile.Visitez notre site web : ste-croix.qc.ca ÉDITIONS ANNE SIGIER Vient de paraître : Il suffit d’une L '•» .MX’vei.q.iHANi*: M.tnc et l’îatfuriMi* ISBN 978-2-89129-541-3 Votre référence au long des fêtes du 400e et du Congrès eucharistique.15 sur 23 cm • 254 p.24,95 $ Un ouvrage qui lève le voile sur le génie de ces existences d’exception qu’étaient les fondateurs de l’Église en Nouvelle-France : • les premiers jésuites • Catherine de Saint-Augustin • Marie de l’Incarnation • Mgr François de Laval ¦ Lu ulre L,t désert ['Tfiao,- »tv llWl»lN)« ISBN 978-2-89129-543-7 Hubert Thomas, moine bénédictin, puise dans son expérience monastique une sagesse qu’il cherche à transmettre à ceux et celles qui désirent avancer un peu plus loin dans leur humanité et leur foi, en les encourageant à ne pas désespérer.Un livre qui s’adresse à toute personne pour qui la foi ne va pas de soi.14 sur 21,5 cm • 168 p.19,95$ Chez votre libraire.) LE DEVOIR.LES S AM EDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2008 RELIGION I Universités Les professionnels de la foi cohabitent Des facultés de théologie qui répondent aux besoins de la société moderne La fonction première d’une faculté de théologie est de former des prêtres et le personnel ecclésiastique.Par conséquent, n’est-il pas curieux que l’Université de Montréal et Phniversité Laval abritent aujourd’hui encore des facultés qui sont directement chapeautées par l’Église catholique et le Vatican?i CLAUDE LAFLEUR Q i nous conservons notre mis-«vJsion originelle, le rôle de notre faculté va bien au-delà de la formation du personnel religieux, indique Jean Duhaime, doyen de la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal.Depuis une quinzaine d’années, nous avons beaucoup développé notre intérêt pour les grandes religions, pour les questions de dialogue interreligieux et pour l'oecuménisme.» Pour cette raison, son institution porte désormais l'appellation de faculté de théologie et de sciences des religions, alors que 15 de ses 17 professeurs réguliers sont laïques (les deux autres étant membres du clergé catholique et protestant).«Cest déjà particulier lie faire partie d’une université d'Etat, admet pour sa part Marcel Viau, doyen de la faculté de théologie et de sciences des religions de l’université Laval.Lorsque j’en parie avec des collègues européens, ils ont de la difficulté à comprendre notre situation.Toutefois, je dirais que nous sommes perçus de mieux en mieux.d’autant mieux que nous sommes maintenant une faculté de théologie et de sciences religieuses — et le “01” est très important!» M.Viau rapporte d’ailleurs que les sciences des religions occu- pent depuis longtemps une place d’importance dans les activités de sa faculté.«Ce sont moins des questions théologiques qu’on nous pose à présent que des questions en rapport avec ce que nos collègues des sciences des religions développent: qu’est-ce que l’islam, le bouddhisme ou l’hindouisme?Quels sont les rapports entre les religions?Sont-elles encore nécessaires dans notre société?Nous répondons à ce genre de questions au moyen de programmes d’enseignement, particulièrement de programmes en sciences des religions.» Théologie ou démarche scientifique?La théologie s’intéresse aux grandes questions qui concernent le sens, l’éthique et les valeurs selon le point de vue d’une tradition religieuse, explique Jean Duhaime.«Evidemment, la théologie à laquelle nous adhérons est d’inspiration chrétienne, dit-il.On dit souvent que la théologie, c’est la foi qui cherche à exprimer son autocompréhension.C’est la façon dont on se comprend comme croyant.C’est un dialogue entre foi et raison, mais aussi entre foi et intelligence.» De leur côté, poursuit-il, les sciences des religions constituent une discipline qui se définit comme une analyse du phénomène rc- MÉDIASPAUL MOTS-CLES DE L’ISLAM Sami Aoun 144 p.* 14.95S Par le biais du glossaire, les mots-clés et les personnalités de la culture musulmane.UN RABBIN PARLE AVEC JÉSUS Jacob Neusncr 208 p.* 39,95 $ « De loin, l’ouvrage le plus important pour le dialogue entre juifs et chrétiens publié ces dernières années.» Benoit XVI Jacob Neusner Un rabbin parle avec Aa J su si (a — latiiiXi /juté f.t j/ijt ¦ i ft, ¦ «Tfl* Bt vwmfWW PWHV CM dCnUtê i IW0B9M • i H-arcvi Sisië-iJ- 'ff fâlfeCHÀÏUSTlË SOURCS mtARISMBU w mmm ¦‘mréàimm EUCHARISTIE Source intarissable de pardon Roger Poudrier 104 p.* 13,95$ Sous l’angle du pardon, la célébration eucharistique devient un grand moment de salut où le Père remet l’humanité dans sa grâce.LES CHRISTOPHANIES DU NOUV EAU TESTAMENT Historicité et théologie Odette Mainviüe 256 p.* 24,95 $ A qui Jésus ressuscité est-il réellement apparu ?USCHItlSTOWMUeS OU NOUVEAU TESTAMENT Dittl EST UNIQUE MAIS NON SOUTAIftE trt trumtomMicn fmam DIEU EST UNIQUE MAIS NON SOLITAIRE Vie trinitaire et transformation humaine Ramôn Martinez de Pisôn 288 p.* 24,95 $ Penser Dieu de façon lucide et interpellante aujourd’hui, en s’inspirant de l’élan prophétique de la tradition biblique.L’HEUREUSE ANNONCE SELON MARC Lecture intégrale du 2' évangile - tome I Jean Delorme 576 p.* 42 S Une étude magistrale de l’ensemble de l’évangile selon Marc, nourrissante pour la vie spirituelle.L'heureuse annonce selon Marc l.turns h.tétfrub do L*’' •’voDgrlr www.mediaspaul.qc.ca , , CLÉMENT ALURD LE DEVOIg A l’université Laval, si l’ensemble des professeurs de religion sont des catholiques romains, plusieurs étudiants proviennent d’autres confessions chrétiennes.«wmtnrawim* .*OlA *^-¦'4.' 9* «uum fn VT f;/ 14] y ÉISfcB* glsîlli •$£ ÿ*?1‘ff*.'¦¦mm ii-sa & K*.¦.ligieux, sans nécessairement que les chercheurs qui procèdent à cette analyse soient des adeptes d’une tradition religieuse particulière.(Ils le sont peut-être, mais cela n’entre pas dans leurs analyses.) «C’est, au fond, un dialogue entre les sciences humaines et sociales qui cherche à regarder le fait religieux comme un fait de culture ou un fait de société», précise M.Duhaime.En conséquence, les recherches qui sont menées en sciences des religions se font à partir des méthodes de l’anthropologie, de l’histoire, des sciences sociales (sociologie, psychologie.), etc.«Dans ce sens, il y a une contribution qui peut être extrêmement intéressante des sciences des religions à la société et à la compréhension du phénomène religieux», rapporte le doyen de la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal.Croyants ou scientifiques?Historiquement, la théologie et les sciences des religions ont parfois été définies en opposition et avec une certaine méfiance de l’une envers l’autre.«Les théologiens disaient, raconte Marcel Viau, que ceux qui observent le fait religieux sans être croyants ne pouvaient y comprendre grand-chose, alors que les observateurs du fait religieux disaient aux croyants qu'ils ne pouvaient faire d’analyses rigoureuses et scientifiques de leur tradition puisqu’ils sont en conflit d’intérêt! Mais pour nous, il n’y a pas d’opposition puisque l’une complète l’autre.» Pour lui, le fait que sa faculté se situe au cœur d’un campus est une façon de signifier qu’elle souhaite un dialogue avec les autres disciplines universitaires.«On souhaite aussi apporter notre contribution à la formation des gens d’autres champs disciplinaires, ajoute-t-il, car cela s’avère important aujourd’hui lorsqu’on regarde la place que la religion prend dans notre société.» Partageant pleinement la vision de son collègue de l’Université de Montréal, M.Viau ajoute que si l’ensemble des professeurs de théologie sont des catholiques romains, «cela ne veut pas dire qu’on a seulement chez nos étudiants des catholiques romains.De plus en plus, on a des étudiants d’autres confessions chrétiennes — protestantes, évangéliques, église unie, adventistes, etc.».Quant aux chercheurs en sciences des religions de l’université Laval, ils abordent des questions telles que: que se passe-t-il, par exemple du point de vue psychologique, dans le fond de l’âme humaine des croyants?«La plupart de nos chercheurs étant des his- Histori-quement, les sciences des religions ont parfois été définies avec une certaine méfiance de l’une envers l’autre commenté et illustré Rédigé au cours du premier siècle de notre ère, son texte intégral est présenté ici dans un français accessible à tous.De nombreuses notes et photos rendent sa lecture facile et agréable.Tesîamf U?9,95$ Reliure souple, en couleur ISBN : 9782853002608 www.blblescanada.com A SOCIETE BIBLIQUE CÀNADÉNNË toriens, ils se demandent comment la religion s’est développée au cours de l’histoire et pourquoi elle s’est développée de cette façon?» Un rôle social accru pour les facultés religieuses «De plus en plus, nous recevons des demandes de la part d’étudiants d'un peu partout sur le campus», poursuit Marcel Viau.Par exemple, des étudiants en histoire de l’art qui travaillent sur l’iconographie de la Renaissance viennent consulter les enseignants de la faculté pour découvrir ce que signifient les représentations de la Vierge.«C’est un peu curieux pour moi, qui baigne depuis toujours dans ce genre de représentations, de découvrir que les jeunes d’aujourd’hui n’y connaissent pas grand-chose!», dit-il en riant.Sa faculté offre aussi des formations à l’intention des infirmières préoccupées par la question éthique de la souffrance et même un cours sur l’éthique des affaires.«Ce sont vraiment des demandes particulières qui font qu’on essaie de plus en plus de répondre aux besoins qui surgissent d’un peu partout, sans jamais laisser de côté la formation théologique des prêtres», de résumer Marcel Viau.Collaborateur du Devoir ¦ SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRAI» Depuis une quinzaine d’années, la faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Montréal a beaucoup; développé son intérêt pour les grandes religions.PÂQUES n % % Le Christ est ressuscité! « Il est présent dans notre monde et dans nos vies.C’est là notre foi et notre espérance.: LES SŒURS DE LA PRÉSENTATION DE MARIE 3600, Bélanger est, Montréal (Qué) HIX 1B1 i LE DEVOIR, LES SAM EDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2008 H5 RELIGION Séculiers et laïques Ils sont toujours missionnaires «Nos membres exercent souvent le métier de professeur ou travaillent dans le secteur de la santé » Çst-il encore possible d’être missionnaire en 2008?Oui, si Ton est associé à la Société des Missions-Étrangères.Et nul besoin d’être un père tout de blanc vêtu puisque la Société des Missions-Étrangères accueille en son sein prêtres séculiers et missionnaires laïques.PIERRE VALLÉE Lq Société des Missions-Etrangères (SME) a vu le jpur en 1921, grâce aux efforts d’une jeune sœur, Dalia Té-treault, qui rêvait de voir s’établir dans le diocèse de Montréal Ctne société vouée à la vocation de' missionnaire.Mais la SME n’ést pas en soi une congrégation religieuse, comme le sont les franciscains, par exemple.«Nous sommes des prêtres séculiers et diocésains qui choisissent de vivre en société dans un but commun, celui des missions», explique Roland Laneuville, supérieur général de la SME.'Au départ, pendant de longues années, les membres de la SME étaient tous des prêtres québécois qui se rendaient, pour des périodes plus ou moins longues, dans les missions étrangères.Au fil des ans, la situation a évolué.«Dans les années 70, nous nous sommes rendu compte que plusieurs de nos prêtres vivaient des expériences avec des missionnaires laïques qui étaient fort enrichissantes.Nous avons pensé alors que l’on pouvait mieux accueillir les laïcs en leur permettant de devenir nos associés, sans pour autant en faire des membres.» Le second tournant arrive en 1997.«Nos missions étrangères nous ont mis en contact avec les prêtres séculiers locaux, dont plusieurs désiraient devenir membres de la Société des Missions-Étrangères.Nous avons donc choisi de nous internationaliser.» Présentement, le SME compte 184 personnes, dont 150 membres perpétuels (sept évêques, 142 prêtes et un diacre), 27 associés, dont 25 laïcs et deux prêtres) et sept séminaristes.Les 27 associés proviennent de 10 pays, dont six du Canada, et les séminaristes proviennent de cinq pays, dont un du Canada.La maison centrale est située à Laval, et la SME maintient aussi une présence dans la ville de Québec.Les missions étrangères de la SME se déroulent dans une quinzaine de pays.La mission étrangère Au départ, les missions étrangères de la SME étaient plutôt conventionnelles: témoigner de l’Évangile, susciter des vocations , DANIEL EL CLAIR REUTERS La Société des Missions-Étrangères œuvre dans une quinzaine de pays, dont le Honduras où existe même un centre de formation.et éventuellement former des prêtres.«La mentalité d’avant, c’était de former des prêtres locaux, puis ensuite d'aller ailleurs pour en former d’autres.» Au fil des ans, cette vocation s’est raffinée et elle a évolué plutôt vers le soutien aux églises locales.«Ce sont souvent de petites églises qui ont besoin de personnel et c’est de cette manière que nous agissons de plus en plus.Nous nous insérons davantage dans les initiatives et les projets des églises locales plutôt que de proposer les nôtres.Nous nous engageons aussi à soutenir la formation des dirigeants de ces communautés, qu’ils soient prêtres ou laïcs.» Autre changement: le temps des grandes missions est terminé.«Nous avons déjà eu des missions parle passé, notamment aux Philippines, qui comptaient jusqu’à 70 membres.Mais aujourd’hui, en moyenne, nos missions sont composées de quatre à six membres qui séjournent durant une période d’environ huit ans.» De plus, les missions varient grandement d’un pays à l’autre.«Cela dépend évidemment de la situation locale.Dans les régions où la religion catholique est très présente, en Amérique du Sud, par exemple, cette mission sera très différente de celles en Chine ou au Japon, où l’Eglise catholique est peu présente.» De plus, les questions de justice sociale et d’aide humanitaire deviennent plus importantes au sein des missions.«Par exemple, au Soudan, lorsque j’y étais, notre mis- sion a beaucoup travaillé à l’accueil des réfugiés de guerre.Au Pérou, nos membres travaillent auprès des enfants de la rue, en particulier les jeunes cireurs de chaussures.En Chine, notre mission a démarré un foyer pour personnes handicapées.» Rien n’interdit aux membres d’une mission d’exercer un métier et ainsi soutenir la communauté.«Nos membres exercent souvent le métier de professeur ou ils travaillent dans le secteur de la santé.» Dans certains cas, l’exercice d’un métier sert aussi à mieux intégrer le missionnaire au tissu social du lieu.«Au Japon, où il y a peu de catholiques, le fait d’être prêtre ne confère aucun statut social.Mais que ce prêtre soit directeur d’une garderie, comme ce fut déjà le cas, et la collectivité le perçoit alors tout autrement.» Être missionnaire Nul ne devient missionnaire du jour au lendemain au servjce de la Société des Missions-Étrangères.Les candidats doivent d’abord accepter le fait qu’ils devront tous servir à l’étranger.Si cela tombe sous le sens en ce qui concerne un candidat québécois ou canadien, cela est moins évident pour les candidats étrangers.«Mais un missionnaire guatémaltèque ne pourra pas exercer sa mission dans son propre pays.Il sera appelé à servir en Afrique ou en Asie, par exemple.» De plus, le candidat devra s’insérer dans un processus de formation RELIGION I1 L ü R U 1S M E C E C A HIER S P É C I A L EST PUBLIÉ P A R L E I) E V II I R Responsable: NORMAND THÉ RI AU LT ntlicrianll@ltHlevoir.ni 21)50, rue de Bleiiry, 9r étage, Montréal (Québec) HSA SM!).Tel.: (51 -I) 985-3333 redactioii@ledevoir.eom F A I S C E QUE DOIS Sf ¦¦Vi-'isï SAVEZ-VOUS que le Sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, avec ses nombreux attraits artistiques et patrimoniaux, attire plus d’un million et demi de visiteurs chaque année, dont la moitié proviennent de l’extérieur de la région de Québec?Source : Office du tourisme de Québec, 2007 VENEZ DÉCOUVRIR le Musée de sainte Anne, le Chemin de la Croix, la chapelle commémorative et la Scala Santa en cette année de réjouissances.www.ssadb.qc.ca ou 418*827»3781 Comment Jésus concevait-il la mort et l’au-delà?Fort différent de l’enseignement reçu, ce que l’on découvre peut nous surprendre, mais aussi nous rejoindre et nous éclairer dans notre réflexion pascale.Gertrude Giroux JÉSUS ET L’AU-DELÀ Voici un livre basé sur les études bibliques qui nous invite à réfléchir, hors des sentiers battus, sur le mystère de la mort et de l’au-delà avec le prophète de Nazareth, en dialogue avec la pensée moderne.En librairie • 29,95$ Diffusion Fides CARTE BLANCHE 1NOVALIS COLLECTION 25 QUESTIONS JUNIOR Éthique et culture religieuse Un tour d'horizon rapide, centré sur l’essentiel des grandes religions.BrrESET SYMBOLES RELIGIEUX Sylvie Maucoux 48 pages — 8,95$ ÉW&ftr LES FÊTES DES RELIGIONS Pierre Guénette À paraître en avril COLLECTION 25 QUESTIONS Cette nouvelle collection explore de façon contemporaine ¦ des sujets liés à l'univers religieux et à son expression dans immonde actuel.LA LAÏCITE Micheline Milot Un croyant peut-il être favorable à la laïcité?assez sérieux.«Im première formation se fait sur une base locale pendant les fins de semaine.Cela permet de distinguer les candidats les plus sérieux et ceux qui offrent le meilleur potentiel pour devenir missionnaires.» Une fois acceptés, les candidats devront suivre une seconde formation dans l’un des deux centres de formation, soit à Laval ou au Honduras.«Durant la première année, les candidats laïques reçoivent la même formation missionnaire que nos séminaristes.» Ensuite, les missionnaires, qu’ils soient prêtres ou laïcs, devront aussi accepter de vivre selon le même régime de vie.«Nous ne payons pas de salaire.Nous défrayons le logement et la nourriture, et nous accordons une allocation à chacun des missionnaires pour ses besoins personnels.Ainsi, ils font tous partie de la même famille.» En outre, les missionnaires qui occupent un travail devront remettre leur salaire à la SME, «Nous avons créé une sorte de fonds de retraite qui permet de verser sous forme de rente une partie de ce salaire au missionnaire une fois la mission terminée.» En avril, la SME tiendra sa 12e assemblée générale.Une occasion de partager les expériences, mais aussi de faire le point.«Ce sera aussi l’occasion de regarder vers l’avenir.L’enjeu, ce sont nos missions de l’avenir.Notre objectif est de créer les conditions qui nous permettront d’accueillir 30 nouveaux missionnaires dans les prochaines années.» Collaborateur du Devoir Croire aujourd'hui 136 pages — 12,95$ CROIRE AUJOURD'HUI Charles Wackenheim Quelle différence y a-t-il entre croyance, foi et religion?144 pages — 12,95$ IA MORT LT L'AU-DELÀ Pierre Léger Devons-nous avoir peur de la mort ou pouvons-nous espérer?ta mort et l'au-delà la messe 136 pages —- 12,95$ IA MESSE Denis Gagnon À la messe, pourquoi vouloir à tout prix nous faire participer?112 pages — 12,95$ A DECOUVRIR ! LE MOT JUSTE Comité des communications Assemblée des évêques catholiques du Québec Ce vocabulaire des mots courants de la foi catholique deviendra un ouvrage de référence incontournable.198 pages - 17,95$ BERNADETTE ET LOURDES Georges Madore A travers le journal fictif de la mère de Bernadette, nous pénétrons dans ce mystérieux univers que sont les apparitions de la Vierge.WlIlMtlit fl loMfl MOS&fcS MADORE 152 pages - 13,95$ UN PASSAGE DANS L'IMPASSE Jacky Stinckens Une relecture rafraîchissante de la rencontre de Jésus avec les disciples d'Emmaüs.passage TfrraWrt*’ t»vW St-intlt'** 112 pages —19,95$ PASSEURS D'EVANGILE Sous la direction de Philippe Bacq et Christoph Theobald Une réflexion sur la manière de se faire proche, en pastorale, des personnes et de leurs lieux d'enracinement.166 pages —25,95$ En vente chez votre libraire LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2008 II 6 RELIGION LIVRES Le besoin d’enchantement Un survol des ouvrages emblématiques de Védition québécoise et de la francophonie Pour qui voudra trouver matière à réflexion, un ensemble de titres, souvent récents, mais figurant tous aux catalogues des différents éditeurs, offrent une variété d’approches à la vie spirituelle ou à l’histoire des religions, qu’elles soient européennes, asiatiques ou moyen-orientales.Les Éditions La Pensée font paraître, dans la collection «Labyrinthes», une série de brochures illustrées, de format magazine, portant sur «la rencontre de l’être humain avec le sacré».Outre les grandes traditions religieuses — chrétienne, juive, islamique, bouddhiste et hindoue —, on traite même de la spiritualité amérindienne, explorant dans chaque cas les dogmes, les croyances, les rituels, Couple* en crisp if '¦Æ % ¦ mess» | questions souffle i’om un nouvel Ii u mantsme O’H'».C*inli 'bières R a c o n t.e r François Lefebvre Couple en crise De la désillusion à la découverte Par un brillant exercice de lucidité, l’auteur déboulonne les mythes entourant la relation amoureuse et propose de leur substituer les idéaux structurants que sont la durée et l’exclusivité.19,95$-144 PAGES Denise Lamarche La messe en questions Rédigé par une pédagogue chevronnée bien au fait de la situation ecclésiale, cet ouvrage aborde les grandes questions que l’on se pose au sujet de la messe.Pour y voir clair sur l’eucharistie.16.95$ ¦ 12S PAGES • BELLAPMIN Sous la direction de Michel Maxime Eccer La Chair et le Souffle Vers une écospiritualité • vol.3, n° 1 La crise écologique n’est pas uniquement le fruit de notre mode de vie et du développement économique, mais aussi le résultat de notre vision du cosmos, de l’être humain, de Dieu et de l’état de notre âme.19,95 $• 128 PAGES • BELLARMIN Jacques Crand’Maison POUR UN NOUVEL HUMANISME Les débats de société qui ont cours tendent à opposer laïcité et religion.Pour Jacques Grand’Maison, pareille opposition est stérile.Affirmant d’emblée qu’« on ne possède pas la vérité sans celle des autres », il plaide pour l’instauration d’un nouvel humanisme.Un livre percutant.22,95$ .208 PAGES Jacques Gauthier Prières de toutes les SAISONS Ce florilège unique d’un chercheur du Dieu de joie contient 130 prières originales qui s’échelonnent sur trente-cinq ans de pratique chrétienne et d’écriture poétique.Un véritable voyage intérieur au cœur de l’année liturgique.24,95$ .184 PAGES .BELLARMIN John Shea Raconter pourvivre Faire l’expérience de l’Esprit Avec adresse et enchantement, l’auteur redécouvre l’importance du conte dans le Nouveau Testament et montre les évangiles dans toute leur modernité.24,95$.104 PAGES les pratiques et les grands récits fondateurs.«En ce début de troisième millénaire, peut-on y lire, l’être humain a besoin d’être “réenchanté".[.] Les religions ont encore une longue carrière devant elles!» ¦ La psychanalyste et écrivaine bien,connue Julia Kristeva publie, aux Editions Bayard, Cet incroyable besoin de croire, dans lequel elle soutient que «l’histoire du christianisme prépare l’humanisme».Lauréate de nombreux prix, dont le prestigieux prix Holberg et le prix Hannah-Arendt, Julia Kristeva «bouleverse nos idées reçues sur la religion et le christianisme et nous invite à une formidable analyse de notre “incroyable besoin de croire”».¦ Toujours chez Bayard, le prêtre Maurice Bellet prend position bé Pierre: «Nous avons deux yeux: un qui donne le courage de regarder le mal et dele combattre, et l’autre qui veut que nous regardions ce qui est beau.Ayons le courage de ces deux regards!» Les évêques canadiens en visite à Rome en 2006 ont publié un «message» à leurs confrères.Celui-ci, «considéré comme une prise de position audacieuse des religieuses et religieux déplorant un fossé entre l’Église et la modernité [.], dégage pertains enjeux essentiels pour notre Église, si elle veut redevenir porteuse de sens pour les gens d’ici».Léo Guimont L’âme Eprise du christ Jésus iPpBfêHP ¦Â-'ïS Pgp ‘ 1 A M A N T1 S Jfckii iiiues Beaudet 'fi eemrfs iNAD'UNNï'i Oirv a ¦p+r-.ébkitâp* *'v'" ° ’ vu Wt.mfcjSr»- 1st onunn j Maurice Irijjÿîener ^MISSIONS ÉTRANGÈRES Prêtres et laïques ensemble témoignant de l'évangile dans le respect des cultures pour la promotion de la dignité humaine particulièrement auprès des plus défavorisés dans 13 pays LA SOCIÉTÉ DES MISSIONS-ÉTRANGÈRES 180, place Juge Desnoyers, Laval H7G 1 A4 Tel.: (450) 667-4190 w w w.smdaval .org . LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2 0 0 8 “rïligion Il 7 Église « La religion collective a été remplacée par une religion de conviction individuelle » Le cardinal Turcotte prend acte des changements de société en cours L& îoi se pratique davantage sur une base individuelle que communautaire au Québec.Dans un autre registre, les Québécois: privilégient maintenant des valeurs différentes, sur lesquelles le cardinal Jean-Claude Turcotte jette un regard critique.Les citoyens de la région métropolitaine sont de plus en plus: interpellés par la présence d’une mondialisation omniprésente.Propos d’un évêque et d’un cardinal bien au courant de l’air du temps, qui réfléchit sur la situation québécoise.REGINALD HARVEY Mgr Jean-Claude Turcotte, archevêque du diqcèse de Montréal et cardinal de l’Église, est bien conscient que les foules ne cou-rerit'plus les manifestations religieuses comme autrefois et que la foi se manifeste autrement de nos jours: «C’est un constat qui est posé à l’échelle du monde.On avait autre/dis des sociétés qu’on appelait, dans un certain jargon, “de chrétienté”, au sein desquelles le sociologique dominait les adhésions individuelles; autrement dit, tout le monde était chrétien.» 11 cite en exemple plusieurs pays à ce propos avant de poursuivre: «Un des traits qui me frappe, c’est que cette espèce de religion collective a quelque peu disparu et a été remplacée, comme dans bien d’autres domaines d’ailleurs, par une religion de conviction individuelle.Je dis souvent que l’honnête chrétien du XXI’ siècle, c’est quelqu’un qui a découvert Jésus-Christ d’abord, ce Jésus qui a donné naissance à notre foi, et c’est aussi celui qui a découvert son Evangile.Il est tombé en amour avec ce personnage que, dans notre foi, nous considérons comme Dieu.L’Evangile, qui contient un message de paix, de charité, d’amitié et de fraternité, conditionne également la vie et cela correspond forcément à ce désir qu’on entend souvent, à savoir que la religion se situe dans le domaine personnel.» Il émet toutefois une réserve sur cette individualité tout en se montrant ouvert sur un autre angle de cette vision: «Evidemment, il ne faut pas pousser ce raisonnement à l’extrême parce que, à la limite, la personne ne peut plus s’afficher nulle part; on ne peut vivre une dichotomie qui fait qu’on est blanc dans notre vie individuelle et noir dans notre vie collective.«Voilà pourquoi nous sommes favorables à une laïcité qui est ouverte, ce qui entraine qu’on reconnaisse que, dans la société, il y a des choses qui relèvent de l’Etat et d’autres, de l’Église.Même dans la conduite des choses de l’État, les convictions personnelles doivent animer également la personne sans qu’elle aille chercher ses directives chez le pape, chez les évêques ou chez son curé.» 11 y va de cette prise de position: «Je reconnais volontiers ce phénomène et je ne le déteste pas complètement.Comme résultat, on a en apparence moins d’adhérents, mais on a peut-être plus de gens convaincus qu’on en avait autrefois.» Les groupes se sont morcelés mais leurs actions et leurs interventions se sont multipliées.Le Québec a beaucoup changé Dans l’exercice de son ministère, le cardinal a constaté que les Québécois épousaient aujourd’hui des valeurs différentes, pour le meilleur et pour le pire: «D’abord, parlons de notre rapport aux biens matériels, à la consommation: j’ai quand même un certain âge, j’ai 71 ans.Je suis né en 1936 et j’ai vécu la période de la guerre pendant laquelle j’étais enfant et durant laquelle on était privé de beaucoup de choses.On avait une attirance envers les biens matériels beaucoup moins grande qu’aujourdhui, car ils étaient moins disponibles à cause des salaires moins élevés, notamment.Il n ’existait pas non plus une prolifération d’annonces publicitaires comme celles qui sont aujourd’hui véhiculées par la télévision; on nous montre des objets qui ne sont pas toujours très utiles mais qu’on doit posséder si on veut être au goût du jour.» Il en découle une situation d’endettement déplorable, à son avis: «Le “vivez maintenant, payez plus tard” comporte un aspect négatif chez les jeunes.» Dans le même ordre d’idées, il s’inquiète de la façon d’élever les enfants de telle sorte qu’ils obtiennent tout ce qu’ils demandent «La consommation a vraiment atteint ces derniers, qui ne cessent de solliciter leurs parents.» D désigne un autre virage qui s’est pris: «Notre rapport avec la nature s’est à son tour transformé.On la considérait beaucoup comme étant à notre service et on ne se préoccupait pas de l’écologie.On s’est aperçu qu’on ne pouvait plus vivre de la même façon.Voilà me valeur plutôt positive qui est acquise avec le monde actuel.» Les gens se sont en parallèle sensibilisés ou conscientisés à d’autres réalités: «La situation du Tiers-Monde nous fatiguait moins qu’aujourdhui, par ignorance.Présentement, on voit les effets causés par les guerres, comme c’est le cas en Afghanistan et comme tout ce qui se passe au Moyen-Orient.Ce sont des choses, qu’on le veuille ou pas, qui nous touchent.De mon côté, il y a tout le problème de l’Afrique qui, personnellement, m’inquiète beaucoup, mais on le tait presque complètement dans les médias ici.» Il pose ce regard sur ces transformations majeures: «Certaines des valeurs qui ont changé nous ont apporté un certain grandissement de l’homme et d’autres ont diminué ce dernier.Je n’entre pas dans le domaine de la sexualité, mais on pourrait y faire allusion.Elle est maintenant vécue de façon beaucoup plus exacerbée, ce qui cause des problèmes sur l’amour humain.On sépare amour et sexualité et je ne suis pas sûr que ce soit un progrès quand on regarde tous les drames qui surviennent.» Il ajoute encore: «R y a donc eu des progrès et des reculs, mais je me dis que c’est notre monde et qu’il faut s’y adapter.C’est celui que j’ai évangélisé.f essaie par conséquent de faire valoir le positif et de remettre en question le négatif, ce à quoi s’applique d’ailleurs l’Eglise.» Un Québec à la fois égoïste et ouvert La société québécoise est interpellée de plusieurs façons par le phénomène universel de la mondialisation.Le cardinal Turcotte en mesure les retombées: «Une des grandes questùms en cause porte justement sur les effets de la mondialisation des marchés sur le travail ici.Il est certain que le fait qu’on peut facilement faire venir d’ailleurs, à bien meilleur prix, des choses qu’on peut produire ici, à coût beaucoup plus élevé, cause un gros problème qu’on a pas réussi à clarifier ou, je dirais, à équilibrer.» Il livre ce plaidoyer: «Comment pensez-vous que les pays du Tiers-Monde vont sortir de leur misère si nous continuons dans l’égoïsme et la fermeture sur nous-mêmes?Si on ne leur permet au fond d’accéder à un niveau de vie un peu supérieur?Évidemment, ils vont faire cela de façon progressive, mais ils le font de façon beaucoup plus économique que nous parce que les salaires sont beaucoup moins coûteux au Mexique ou en Amérique du Sud.par exemple, à cause du consumérisme dans lequel on se trouve.Voilà un premier effet qu’on a besoin de digérer.» Le Christ est ressuscité.11 est vraiment ressuscité.C’est ce que l’Église proclame en ce jour de Pâques.Que cette fête soit source de joie et d’espérance pour vous.L’Église catholique de Montréal Le deuxième point en cause porte sur la mobilité des gens et toute la question de l’immigration: «Il fut un temps où les seuls immigrés étaient ceux qui nous arrivaient de l’Europe.Aujourd’hui, ils viennent de partout dans le monde avec souvent leurs cultures très loin de la nôtre et avec leurs religions différentes.» D en résulte un côté positif; «C’est un enrichissement extraordinaire.Je ne vpus cache pas que faime beaucoup l’Église de Montréal parce qu’elle possède mille visages.La messe se dit en 25 langues tous les jours ici.Je suis en contact avec les gens de toutes ces communautés qui ont des visions très différentes de nous.Ils ont gardé des valeurs que nous avons un peu abandonnées: sur le plan familial, il faut bien reconnaître que, dans le milieu francophone traditionnel, la famille en a pris pour son rhume au cours des dernières années.Dans certaines communautés, la famille est encore très unie, comme l’était celle de mon enfance, et j’aime cela.C’est un soutien extraordinaire quand on pense à tout le problème des personnes âgées qui sont seules; dans certaines cultures, les gens ne peuvent même pas envisager de laisser à l’abandon leurs vieillards dans des institutions et ils les gardent avec eux.» 2 regarde également l’envers de la médaille: «U y a un aspect plus difficile et il est certain que l’accord entre tous ces gens-là — les accommodements, raisonnables ou pas — n’est pas toujours facile et il faut parfais mettre de l’eau dans son vin.Cest tout de même un “sapré” beau défi d’essayer de vivre dans l’harmonie.Étdans l’ensemble, je pose un regard très positif sur la société du Grand Montréal.R n’y a pas chez nous degfiettos ou de haine raciale.R y a des accrochages et des gens extrémistes, mais, de façon générale, on vit quand même une certaine fraternité qui est intéressante et c’est ce que je vis dans l’Église.» Collaborateur du Devoir JACQUES GRENIER LE DEVOIR «Certaines des valeurs qui ont changé nous ont apporté un certain grandissement de l’homme et d’autres ont diminué ce dernier, affirme le cardinal Turcotte.On sépare amour et sexualité et je ne suis pas sûr que ce soit un progrès quand on regarde tous les drames qui surviennent.» Comprendre peut changer le monde.I Du certificat au doctorat, les programmes du Département de sciences des religions se distinguent par une approche non confessionnelle, axée sur les sciences humaines.Ils visent à comprendre la religion au sens large du terme, ainsi que les multiples formes de quêtes de sens qui ont, de tout temps, marqué les humains et continuent de les inspirer aujourd'hui.' v;/ Le baccalauréat en enseignement secondaires - concentration formation éthique et cuiture religieuse permet de se former à l’enseignement du nouveau programme d'éthique et culture religieuse qui entrera en vigueur en septembre prochain dans toutes les écoles du Ouébec.'r Date limite d’admission pour le trimestre d'automne Premier cycle : 1 mai 2008 Cycles supérieurs : 15 août 2008 .www.religion.uqam.ca UQÀM Prenez position OUVRAGES RELIGIEUX Paf UN JÉSUITE MISSI0NNA1IU EN ASIE ORIENTALE CUILBERT GUÉRIN Guérin-Rekhenbach ISBN 978-2-89458-2H-5 — 10 $ l Ame éprise du christ Jésus Pierre Chastellain S J.Traduit pat Joseph Hofbeck ISBN 978-2-7601 -5430-8 — 37,65 $ FIGURES BIBUQUES-DES PATRIARCHES AUX PROPHÈTES Nairn Kattan ISBN 978-2-7601-4605-1 — 18,50 $ UNE PRATIQUE PASTORALE DES EXERCICES SPIRITUELS EN ASIE ORIENTALE Guilbert Guérin, SJ.Tomel ISBN 978-2-7601-3987-9 — 17,40 $ Tome II ISBN 978-2-7601-4619-8 — 20,15 $ Tome 111 ISBN 978-2-7601-5285-4—18,20 $ COLLECTION LES GRANDES RELIGIONS Le christianisme Stéphane Valiquette ISBN 978-2-7601-1389-3—10,10 $ Le judaïsme Esther Benaïm Omknine ISBN 978-2-7601-1359-6— 10,10 $ L’islam Maurice Grégoire ISBN 978-2-7601-1406-7— 10,10 $ Le bouddhisme Phan-Chon-Tôn ISBN 978-2-7601-1399-2— 10,10 $ L'hindouisme Kalpana Dos - Robert Vachon ISBN978-2-7601-1405-0— 10,10 $ JEAN DEBRÉBEUF - Anglais René Latourelle S.J.ISBN 978-2-7601-6975-4— 17 $ QUEL AVENIR POUR LE CHRISTIANISME?Père René Latourelle ISBN 978-2-7601-5711-8—10,95 $ CÉLÉBRITÉS COLLECTION BIOGRAPHIQUE Le frère André Denise Nadeau ISBN 978-2-7608-7040-6 - 1 1,60 $ Marguerite Bourgeoys Lorraine Létoumeau ISBN 978-2-7608-7024-6 — 11,60 $ Rosalie Cadron-Jetté Yvon Langbis ISBN 978-2-7608-7056-7 — 11,60 $ Antoine Labelle - Le Roi du Nord Luc Bertrand ISBN 978-2-7608-7075-8— 11,60 $ Jeanne LeBer Lorraine Létoumeau ISBN 978-2-7608-7023-9 — 11,60 $ Père Émile Legault -Homme de foi et de parole Hélène Jasmin ISBN 978-2-7608-7076-5— 11,60 $ Paul-Émile Léger James Duggan ISBN 978-2-7608-7005-5— 11,60 $ Jeanne Mance Lorraine Létoumeau ISBN 978-2-7608-7022-2 — 1 1,60 $ Marie de l'Incarnation Lorraine Létoumeau ISBN 978-2-7608-7025-3 — 11,60 $ Mère Marie-Rose Eulalie Durocher 1811-1849 Yolande Laberge s.n.j.m.ISBN 978-2-7608-7080-2 - 11,60 $ Mother Marie Rose (version anglaise) Yolande Laberge s.n.j.m.ISBN 978-2-7608-7084-0 — 11,60 $ Me Marie Rose (version vietnamienne) Yolande Laberge s.n.j.m.ISBN 978-2-7608-7088-8 — 11,60 $ Frère Marie-Victorin Gilles Beaudet ISBN 978-2-7608-7018-5— 11,60 $ Joseph Onil Lesieur - Un sulpicien au vingtième siècle Gabrielle Lefebvre Thérèse Thibeault ISBN 978-2-7608-7078-9 — 11,60 $ Catherine de Saint-Augustin Lorraine Létoumeau ISBN 978-2-7608-7026-0-11,60 $ Kateri Tekakwitha Rachel Jodoin ISBN 978-2-7608-7012-3— 11,60 $ Marguerite d'youville Lorraine Létoumeau ISBN 978-2-7608-7038-3 — 11,60 $ Les évêques de l’Église catholique au Canada de ItSBànosjours Jacques Lamarche ISBN 978-2-7608-7070-3— 17 $ ilwssérisl Nos 14 cardinaux canadiens Jacques Lamarche ISBN 978-2-7608-7072-7 — 11,60 $ COLLECTION LABYRINTHES Par un collectif d’auteurs Sous la direction de Jean-Marie Debunne La tradition bouddhiste ISBN978-2-89458-173-5—18,75 $ La tradition hindoue ISBN 978-2-89458-174-2—18,75 $ La tradition islamique ISBN 978-2-89458-176-6- 18,75 $ La tradition chrétienne ISBN 978-2-89458-175-9—18,75 $ La tradition juive ISBN978-2-89458-178-0—18,75 $ Le phénomène religieux ISBN 978-2-89458-179-7 —21 $ La spiritualité amérindienne ISBN 978-2-89458-184-1 - 18,75 $ www.giierin-editeur.qc.ca www.lidcc.qc.ca www.editions-lapensee.qc.ca H 8 LE DEVOIR, LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2008 RELIGION Art et culture Des œuvres aux références religieuses bien présentes De The Matrix à la colonne «cosmique» de Brancusi Au Québec, ce n’est un secret pour personne : la religion a pris le bord dans plusieurs familles.Les églises se vident, plusieurs ont même été transformées en condominiums.Pourtant, cela n’empêche pas les références religieuses d’être bien présentes dans la culture et l’art d’aujourd’hui.Rencontre avec un spécialiste de la question, Jacques Pierre, professeur de sciences des religions à l’UQAM.MARTINE LETARTE The Matrix était le film que tout le monde voulait voir en 1999, autant hommes que femmes, adolescents comme parents.Ce film futuriste, intrigant, violent et troublant qui attirait les foules est truffé de références religieuses.Evidemment, il y a le héros, Néo (Keanu Reeves) , anagramme de,«One» en anglais, qui veut dire TElu, et de Noé, le personnage biblique destiné par Dieu à sauver l’humanité.Mais il y a beaucoup plus, fait remarquer Jacques Pierre.«Le personnage de Morpheus fait référence à la divinité grecque du sommeil et du rêve, celle qui amène les gens vers l’éveil.Il y a également le vaisseau dans lequel les protagonistes circulent dans les entrailles de la Terre, qui s’appelle Nabuchodonosor, qui est en fait un roi babylonien dans l’histoire biblique.De plus, il y a le personnage de Trinity qui ressuscite Néo à la fin du film», indique le spécialiste des sciences des religions.D’après lui, ces références religieuses omniprésentes et assumées dans The Matrix sont en fait une forme assez commune d’histoire basée sur un personnage messianique que l’on retrouve dans différentes traditions religieuses.La religion, le religieux 11 peut quand même sembler étonnant qu’un film où les références religieuses sont si présentes ait eu un aussi grand pouvoir d’attraction sur les gens, même dans une société où, comme au Québec, tout ce qui est religieux est souvent méprisé par la culture de masse.Pourtant, Jacques Pierre n’est pas surpris.«Il faut faire une différence entre la religion, avec ses institutions tra- ditionnelles, et le religieux, qui est un concept beaucoup plus large.Le religieux est constitué d’une multitude de références imagées qui aident l’homme depuis des millénaires à comprendre le monde qui l'entoure.L’espèce humaine a toujours aimé se raconter des histoires pour comprendre des phénomènes et inévitablement, le religieux et la mythologie se retrouvent là-dedans», remarque-t-il.Encore aujourd’hui, ces références sont utilisées et fonctionnent, particulièrement lorsqu’on se retrouve devant des questions profondes.«Par exemple, lorsqu’on se questionne sur le rapport entre le réel et le virtuel, un sujet particulièrement d’actualité en ce moment avec l’explosion de la téléréalité et la popularité des jeux vidéo, on voit souvent apparaître des références religieuses», précise M.Pierre.Les jeunes et l’héritage judéo-chrétien Les temps ont également bien changé au Québec.La province est loin de la Grande Noirceur et même de la Révolution tranquille qui l’a suivie.«Les jeunes de la Révolution tranquille se sont révoltés contre les institutions ecclésiastiques qui avaient la mainmise sur^diffé-rents aspects de leur vie.A cette époque, les gens allaient même chercher leurs réponses ailleurs, dans les religions orientales par exemple, comme l’ont fait les Beatles.De façon générale, cette réaction agressive est en train de se dissiper chez les jeunes, notamment parce qu’ils n’ont pas de références judéo-chrétiennes.Plusieurs entrent dans une église et ne savent même pas qui est sur le crucifix», soutient le professeur.Sans vouloir adhérer aux principes judéo-chrétiens, les jeunes '*• '•"* -qk, n ARCHIVES LE DEVOIR Scène tirée du film 2001: A Space Odyssey, de Stanley Kubrick Anges, statues, icônes, crucifix, de style médiéval et dassique.DESMARAIS "‘ROBITAILLE lFondé en 1909 60, rue Notre-Dame Ouest, Vieux-Montréal (514) 845-3194 i-IPs ?U l tmê w m f*- i s»*.i if # ! IP Lsïï fl** ¦% J ' M SOURCE WARNER BROS.PICTURES Les références religieuses omniprésentes et assumées dans The Matrix sont une forme assez commune d’histoire basée sur un personnage messianique que l’on retrouve dans différentes traditions religieuses.manifestent tout de même généralement un intérêt, une certaine curiosité envers cet héritage, remarque Jacques Pierre.«Bs veulent le connaître pour être en mesure de comprendre les références.Toutefois, ils sont aussi curieux envers les autres religions», nuance-t-il.Des symboles qui transcendent les religions Certains éléments présents dans la culture et les arts sont si puissants qu’ils transcendent les différentes religions.C’est le cas notamment de la colonne cosmique, remarque le spécialiste.«Dans l’histoire des religions, la colonne cosmique est Taxe du monde qui permet aux chamans ou aux prêtres d’être en communication avec les dieux.Cette colonne cosmique, on la retrouve dans l’œuvre du sculpteur d’art abstrait Brancusi, par exemple.De plus, dans 2001: A Space Odyssey, le monolithe noir, cette espèce de structure verticale qui permet de communiquer avec les extra-terrestres, est aussi une référence à la colonne cosmique.D’ailleurs, dans les ouvrages de science-fiction, les extraterrestres sont souvent représentés comme une forme de dieux», explique M.Pierre.Le professeur des sciences des religions affirme également que, dans pratiquement toutes les religions, on retrouve l’opposition entre le haut et le bas.«Toutes les religions parlent de l’expérience de l’élévation.D’ailleurs, pourquoi pensez-vous que l’alpinisme existe?Pourquoi des gens décident-ils de monter l’Everest alors qu’une fois au sommet, ils sont obligés de redescendre aussitôt?Que vont-ils chercher sur le toit du monde, dans l’épuisement, la faim et l’imminence toujours présente de la mort?Certainement cette recherche du haut.» Dans la culture et les arts, l’œuf est aussi un symbole transcendant «Dans les cultures et religions de tradition orientale principalement, l’univers est venu d’un œuf qui a été brisé.C’est le symbole de la fécondité initiale et d’ailleurs, c’est de cette symbolique que nous viennent les cocos de Pâques», ajoute-t-il.Des références présentes depuis toujours Toutes ces références religieuses, assumées ou pas, ont la caractéristique d’être présentes plus ou moins fréquemment dans les arts et la culture de tous les peuples Sous la direction de Jean-Pierre Béiand ~ , _ L'^ÏS.¦ "l du monde.Et ça ne date pas d’hier.«On considère que l’apparition des références religieuses dans la culture coïncide avec l’arrivée des sépultures, il y a au moins 100 000 ans.Lorsqu’on remonte à aussi loin dans le temps, on découvre que les gens répandaient une peinture rouge sur les corps.«Ce rituel permettait à la personne de survivre, de continuer à exister même si elle n’était plus là physiquement.Comme les références religieuses dans la culture ont perduré tout ce temps, je crois bien qu’elles sont là pour rester.» Collaboratrice du Devoir L'AUTRE LE MONDE COWW lw* (fel’otfléisw* SSS.- __J LE CORAN U — ' ,£gs Soeurs de Saint-Joseph de SaintJdyacinthe Que le printemps de Dieu apporte un renouveau de vie à toute personne en recherche de sens et de bonheur! Christ est ressuscité.Alléluia! Joyeuses Pâques! Visitez notre site: mvw.sjsh.org Bienvenue au Centre Élisabeth-Bergeron ! 805, av.Raymond, Saint-Hyacinthe, Qc J2S 5T9 ISBN : 978-2-7637-8648-3 166 pages* 19,95 S LES PRESSES DE L’UNIVERSITÉ LAVAL www.pulaval.coni EN VENTE EN LIBRAIRIE • DIFFUSION PROLOGUE ALBIN MICHEL SPIRITUALITÉS UN TRÉSOR DE LIVRES ESSENTIELS R» Spirituomés vivantes I i
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.