Le devoir, 22 mars 2008, Cahier E
CHANSON Cali: rhomme, l’amoureux et le militant Page E 5 DE VISU Kiev: une mise en scène appelée caméra Page E 6 THÉÂTRE Un show dont le matériau de base est la vie.et la mort Alexis Martin et Alain Vadeboncœur écrivent et mettent en scène Sacré Cœur au Nouveau »i Théâtre expérimental «Edi# r ¦ ¦ PEDRO RUIZ u; DEVOIR « La matière est tellement riche, les personnages et les situations qu'ils vivent sont tellement incroyables.C’est la vie et la mort.» MICHEL B É LAI R Ça fait tout drôle de voir Alexis Martin et son ami de docteur, Alain Vadeboncœur, au milieu d’une quincaillerie de salle d’urgence qui déborde, bien au-delà du local de répétition, jusque dans les couloirp en béton gris de l’Espace libre.A une semaine de la première (et à la demande de Pedro, le photographe) , les voilà tous deux habillés en vrais urgentologues entubant un vrai mannequin en caoutchouc et en plastique.Comme si c’était vraiment vrai.Malgré la mascarade, on n’est quand même pas aux antipodes de la vraie vie et de la réalité tous azimuts de la salle d’urgence d’un grand hôpital, bien au contraire.Même que, comme s’empresse de le souligner Alain Vadeboncœur, «Sacré Cœur est construit sur des expériences vraies et le contenu est “réel" à 97,3 %».Une sorte de farceur sérieux, le sieur Vadeboncœur; pas étonnant que le courant se soit remis à passer plein régime entre lui et son ami d’enfance retrouvé après quelques décennies de vraie vie vécues chacun de son côté.Quatre mains Le spectacle est né de l’une de leurs nombreuses conversations et vient tout autant de la fascination d’Alain Vadeboncœur pour le théâtre {«même si les comédiens ne savent pas mourir») que de l'admiration d’Alexis Martin pour l’intensité extraordinaire de la vie des urgentologues («ces gens-là carburent au “thrill”, c’est fou!».Les deux hommes sont fils de pères célèbres, on le sait: d'un côté Louis Martin, le grand journaliste décédé il y a quelques mois; de l’autre l’essayiste Pierre Vadeboncœur.Ils ont habité le même quartier, se connaissent depuis la petite école, se sont déjà inventé, tout jeunes, des «folies» improvisées, comme tous les enfants du monde les jours de pluie.Ce sont de vieux complices.Du genre à n’avoir jamais eu de dil-fïculté à travailler ensemble.Des tri-peux à leur façon, des jaseux aussi, qui parlent volontiers de «communauté de naissance» et A'«effet de proximité».Ils auront mis un an et demi à peaufiner le texte final de Sqcré Cœur.Et comme la production baigne dans l’hyperréalis-me d’une salle d’urgence, cela a rapidement impliqué que Vadeboncœur participe aussi à la mise en scène, parce qu’on «ne pose pas n ’importe quel geste, n’importe comment, dans une salle de choc et au-dessus d’un bloc opératoire».On peut donc parler d’un texte et d’une mise en scène à quatre mains.Mais Sacré Cœur n'aura rien d’un «show d’hôpital» comme on en voit à la télé, s’il faut en croire Alexis Martin.«C’est me production ultra-réaliste avec un contrepoint poétique, dit-il avec son éternel petit sourire au fond des yeux.De toute façon, le théâtre est toujours une sorte de condensation, de distillation de vérité et d’intensité.Même quand il prend des formes hy-perréalistes.Ici, la pièce s’articule autour d’une série d’anecdotes tirées de ce qui se passe vraiment dans les salles d’urgence.» Il expliquera même que, dans la tradition de la maison, en prenant encore et toujours ce regard oblique sur le théâtre qui caractérise le NTE, toute la grande salle de l’Espace libre deviendra une énorme salle d'attente plus efficace, on l’espère, que celles qui ont fait la réputation des hôpitaux québécois! Tiens, les deux hommes se sont mis à discuter là-dessus, lentement.On devine facilement qu’ils doivent le faire à propos du moindre sujet, en prenant plaisir à remettre en question dans ses détails les plus infimes la moindre parcelle d’existence ordinaire.Une bonne habitude, quoi.Dans Sacré Cœur, c’est leur vie qu’ils remettent en question et qu’ils scrutent, chacun avec son propre bout de lorgnette.Intensément C’est Alexis Martin qui poursuit «Au NTE, on aime bien ce que j’ap- pelle le travail de terrain.Depuis Grid, pour lequel on avait interviewé des contrôleurs aériens aussi bien que des intervenants auprès des jeunes, Daniel [Brière] et moi on a pris le goût du ‘terrain”.Ça jaitpartie de nos façons de débroussailler un sujet maintenant.Cest pour ça que j’ai passé une nuit complète à l'urgence avec Alain: et là j’ai compris beaucoup de choses.Entre autres que tout est possible: j’ai rencontré des personnages extraordinaires et Alain encore beaucoup plus que moi, depuis le temps qu’ü opère dans le secteur.Mais j’ai saisi aussi que ce monde-là, le personnel des urgences dans les grands hôpitaux, doit toujours être prêt à tout.À prendre les clwses en main n’importe quand, pour n’importe qui, presque n’importe où.Toujours.Intensément.Finalement, c’est ça qui me frappe le plus: à quel point ils sont “drivés” par l’intensité de leur vie.» Un des deux hommes, probablement Vadeboncœur, raconte ensuite comment ils ont construit ensemble le texte.«On a beaucoup discuté de la bizarre relation patient-médecin, qui ressemble presque à celle qui unit VOIR PAGE E 2: URGENCE «La pièce s’articule autour d’une série d’anecdotes tirées de ce qui se passe vraiment dans les salles d’urgence» MUSIQUE Dany Placard sur la grande route Le Tbm Waits québécois lance son deuxième album solo, Raccourci SARAH MARCOTTE-BOISLARD Dany Placard «'¦s* » PHILIPPE PAPINEAU Terminée, la voie de service, pour Dany Placard.Après avoir conduit sa propre barque pendant huit ans dans l’industrie musicale et après avoir autoproduit six albums à travers divers projets, le sympathique musicien passe en seconde vitesse.En s’associant avec l’étiquette de disque Indica (Xavier Caféine, Do-bacaracol, Vulgaires Machins), Placard signale à gauche et monte sur l’autoroute.Porteur d’un son plus travaillé, où les cuivres ont le beau rôle, son dernier disque, Raccourci, risque fort d’atteindre une nouvelle cible: le grand public.La voie de service, c’était déjà très bien, on vous l’assure.Oui, ses deux premiers albums de «jeunesse» avec le groupe Placard étaient franchement brouillons.Mais les deux opus de sa formation Plywood 3/4, son dernier album solo Rang de l'église et le projet, Hudon-Placard, réalisé avec Carl-Eric Hudon, sont tous à conseiller aux amateurs de folk-rock un peu poussiéreux et profondément authentique.Tout ça était très bien, donc, mais pour l’album Raccourci, qu’il lance le mardi 25 mars, Dany Placard n’avait plus envie de se taper tout le tralala qui doit être fait en marge de l’enregistrement d’un album.Envois postaux, promotion, comptabilité et financement pesaient sur le moral du natif de Later- rière, près de Chicoutimi.Raccourci serait fait sous l’aile d’une maison de disques ou ne serait pas fait C’est donc avec Indica, fondée par le groupe Grimskunk en 1997, que Dany Placard s’est associé, «fai magasiné ma maison de disques, car si je savais que ça m’enlèverait du poids-sur les épaules, favais peur de ne plus être libre de jnire ce que je voulais musicalement, raconte le chanteur au bout du fil, quelque part sur la route.Mais avec Franz Schuller [le président de l’étiquette], ç’a cliqué tout de suite.On a eu une réunion de quinze minutes, et c’était parti!» Québec, États-Unis, Mexique Pour ce deuxième album solo, Dany Placard s’est concentré sur un thème qui lui est cher depuis longtemps: la route, l’automobile.«Je m'étais imposé comme contrainte d'essayer de mettre le mot “char” ou “pick-up” [à prononcer picop-pe] dans toutes les pièces», raconte le père de famille.Ici, pas de grandes envolées lyriques, mais plutôt les mots simples et vrais des gens ordinaires, avec en prime l’accent du Saguenay, certains anglicismes bien imprégnés et quelques jurons qui n’ont rien de dérangeant, au contraire.Raccourci aborde aussi l’ennui, le mal du pays inhérent aux longs voyages sur cette même route, «fy raconte l’histoire d'un camionneur qui jait ses "runs”, qui descend jus- qu’au Mexique, en traversant les Etats-Unis, et qui s’ennuie de sa femme et de ses enfants, de la neige du Québec.» Et aussi, en filigrane, l’histoire parfois similaire du musicien qui part en tournée.Ce voyage vers le Sud est non seulement raconté, mais il s’entend aussi drôlement.Plus que jamais Placard s’est inspiré de ce qu’on pourrait appeler le son de l’Arizona, et aussi de la musique de Tom Waits.On retrouve des percussions sourdes, des fracas de tôle, les rythmes secs des guitares et une voix qui vacille des graves aux aiguës.Sans oublier les cuivres, d'une grande beauté, qui tapissent VOIR PAGE E 2: PLACARD LE DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2 0 0 8 K 2 CULTURE URGENCE MÉDIAS Arrivée prochaine du « papier électronique » Selon Bruno Rives, on disposera d’ici dix-huit mois d’un papier électronique performant s’apparentant vraiment à une page de journal SOURCE BRUNO RIVES Bruno Rives est président de Tebaldo en France, un observatoire sur les nouvelles technologies.Selon lui, le papier électronique s’apprête à déferler sur nous.«L’enjeu est énorme: on parle ici du remplacement éventuel du papier traditionnel sous toutes ses formes.» SUITE DE LA PAGE E 1 une mère à son enfant.On a parlé de l’intensité aussi, de ce besoin d’intensité.Puis je me suis mis à écrire des choses.Au début, je me suis fait ramasser parce que c’était la première fois que j’écrivais du théâtre.» «Mais Alain a des dons d’écrivain depuis longtemps, intervient Martin.H a un sens de l’observation absolument remarquable.comme plusieurs médecins célèbres qui ont écrit: Tchékhov, Ferrtm, Céline et tous les autres.Cest un dialoguiste remarquable.» «Moi, en tout cas, j’ai été séduit par l’idée de raconter ça, poursuit Vade-boncœur.Im matière est tellement riche, les personnages et les situations qu'ils vivent sont tellement incroyables.C’est la vie et la mort.Sans vernis.La grande angoisse.Cest souvent bref, mais toujours absolumentfondamental, ce qu’on vit là.» L’action sera centrée autour des deux personnages joués par Luc Picard et Hélène Florent, lui médecin, elle infirmière.Et comme le précisent les deux auteurs, «la pièce cherche à mettre en lu- l’album, et cette reprise de Long Way Home, devenue la pièce-titre de l'album.«Au début, je voulais faire une coupure avec Tom Waits, j’étais parti dans un buzz plus planant, dans le genre de Radiohead.Mais Waits a sorti son album triple, Orphans, et je me suis bourré la face dedans cet été, et voici le résultat.Le côté, planant ressortira peut-être sur le prochain!» Où ce voyage sur la grande route mènera-t-il Dany Placard?Le chemin est encore un peu brumeux, mais celui qui a récemment réalisé les albums de quelques groupes de la relève (Le Nom, Bi-vouaq) aimerait bien que Raccourci lui permette une percée vers le grand public.«J’haïrais pas ça, mais j’ai pas composé les pièces avec des contraintes commerciales; on mière comment les émotions intenses qui se vivent dans une salle d’urgence touchent et influencent la vie des gens qui côtoient là la mort, tous les jours».Sacré Cœur, outre qu’il souligne le retour de Luc Picard au théâtre après une absence de cinq ans, met en scène une distribution particulièrement intéressante: la trop rare Muriel Outil, Jacques L’Heureux, Hélène Florent et Alexis Martin.En prime, on aura aussi droit à des extraits vidéo de fierre Lebeau en psychiatre et d’Alain Va-deboncœur en Alain Vadebon-cœur.Belle équipe pour regarder la vie et la mort en pleine lace! En passant, comme ça: vos signes vitaux, ça va, vous?Le Devoir SACRÉ CŒUR Texte et mise en scène: Alexis Mar tin et Alain Vadeboncœur.Une production du NTE à l’affiche de l’Espace libre du 25 mars au 19 avril.n’a pas fait de versions plus faciles pour la radio, par exemple.» Malgré tout Slush, son premier extrait, s’est déjà taillé une place sur les ondes de moins en moins frileuses de CKOI et pourrait bénéficier d’un effet d’entraînement médiatique, les radios commerciales n’aimant pas trop rater le bateau.Et si le musicien se plaira sûrement sur les lignes droites de l’autoroute, parions qu’il continuera d’y rouler.en «picoppe».Le Devoir RACCOURCI Dany Placard Indica / Outside Lancement le 25 mars au Divan orange à Montréal et le 5 avril au Cercle à Québec.Rentrée montréalaise le 8 mai au Cabaret PAUL CAUCHON Des partitions de musique dont les pages tournent d’elles-mêmes au son de la musique.Des billets d’avion qui «dialoguent» avec des panneaux à l’aéroport pour indiquer son chemin au voyageur.Des affiches publiques dont on peut changer le contenu complet d’un seul clic de souris ou à partir d’un cellulaire.Et puis des livres, des tonnes de livres, de journaux et de magazines téléchargeables, qu’on transporte avec soi, de la même façon qu’on transporte maintenant toute sa discothèque sur son petit iPod.Bruno Rives est président de Tebaldo en France, un observatoire sur les nouvelles technologies.Spécialiste du papier électronique, il était invité il y a dix jours à Montréal dans le cadre d’une Journée Info-Presse sur «l’avenir des médias imprimés».La vision qu’il traçait de l’avenir prenait des allures de science-fiction.Mais, soutient-il, le papier électronique s’apprête à déferler sur nous.«On réfléchit à l'encre et au papier électroniques depuis les années 60, explique-t-il.Mais il y a maintenant un mouvement de fond industriel: des entreprises construisent actuellement des usines pour en produire.L’enjeu est énorme: on parie ici du remplacement éventuel du papier traditionnel sous toutes ses formes.» Le 12 mars dernier, la ministre de la Culture de la France créait même une commission sur le livre électronique, laquelle doit lui faire un rapport d’ici la fin de mai.Depuis un mois d’ailleurs, la plupart des grands médias français ont publié deg dossiers sur le sujet.Et aux Etats-Unis, le nouveau lecteur numérique lancé par Amazon en novembre, le Kindle, est suivi à la trace par les médias.Approches diversifiées Le dossier va dans tous les sens.Plusieurs entreprises ont d’abord conçu une encre électronique à base de microcapsules d’encre qui permettent une lecture beaucoup plus agréable que la lecture «rétroéclairée» sur un écran d'ordinateur.D’autres entreprises travaillent sur le papier, sorte de membrane sur laquelle on peut réécrire à volonté.Bruno Rives en avait apporté avec lui, de format similaire à un journal tabloïd, sorte de carton pliable sur lequel le texte peut être changé grâce à une puce électronique commandée, par exemple, à partir d’un ordinateur.Les possibilités sont extraordinaires et infinies: des affiches publiques dont on peut changer le message à volonté, des affiches commerciales qu’on peut «réimprimer» sans aucun gaspillage de papier, et bien sûr des journaux et des magazines qu’on peut télécharger, avec les informations mises à jour régulièrement et des publicités ciblées selon l’utilisateur, et avec éventuel- lement du son et de la vidéo.Et puis il y a des «lecteurs» (on hésite encore sur le mot exact: un e-book?).Les entreprises sont également dans la course pour produire le lecteur le plus stable et le plus agréable possible, un petit écran de la grandeur d’un livre de poche, par exemple, qui utilise cette encre électronique pour offrir une qualité de lecture équivalente à celle d’un livre, permettant de lire au soleil, et dans lequel on pourrait stocker des milliers de livres, dont on tourne les pages en cliquant sur un bouton.ou, avec les prochains pro- totypes, du bout du doigt comme sur le iPhone.«On trouve actuellement sur le marché huit encres différentes, 30 papiers différents, et une centaine de dispositifs de lecture», explique Bruno Rives.L’un de ces dispositifs fait sensation depuis l’automne: le Kindle, lancé par Amazon, un petit lecteur qui se connecte directement sur le réspau sans fil Sprint partout aux Etats-Unis, sans passer par un ordinateur.Plus de 200 éditeurs américains ont signé des ententes avec Amazon pour offrir en téléchargement payant des dizaines de milliers de titres sur ce lecteur.Amazon a également signé des ententes avec plusieurs journaux et magazines, dont le Time, le New York Times et lœ Monde, pour offrir, moyennant un abonnement mensuel, un téléchargement automatique la nuit sur le lecteur.En France, le journal économique Les Echos mène une expérience depuis septembre auprès de 1000 abonnés, qui avaient le choix entre deux modèles de lecteur et qui peuvent recevoir duc fois par jour quatre versions différentes du journal.Un journal néerlandais, Handelsblad, vient dans les derniers jours de faire la même chose.Chaque publication prépare son offre avec son propre «lecteur».Mais d’ici dix-huit mois, soutient Bruno Rives, on disposera d’un papier électronique encore plus performant qui s’apparentera vraiment à une page de journal.«Il n’y aura pas un seul modèle économique, explique-t-il.Par exemple, l’abonné d’un journal pourra se voir offrir, non seulement le journal sur papier électronique, mais aussi des blogues, des flux provenant d’autres publications, des promotions ciblées, des informations en tous genres qui représenteront une plus-value.Bref, le journal pourrait changer de nature.» Pour ce qui est du livre, l’ampleur du marché demeure à déterminer.Plusieurs observateurs croient que l’achat du dernier roman de Philip Roth sur papier a encore de beaux jours, mais que les nouveaux dispositifs électroniques de lecture prendront leur envol avec les encyclopédies, les guides touristiques, les livres pratiques et techniques.et le dernier best-seller de consommation courante, qu’on ne tient pas à conserver dans sa bibliothèque.Certains croient aussi que les premiers utilisateurs seront ces gens dont le métier fait en sorte qu’ils doivent transporter une énorme quantité de papier avec eux, par exemple les avocats ou les architectes.D'HENNING MANKELL V m » ISmarsauSavriUoh i 1 m b Le Devoir.Un texte magnllique, cynique, terrifiant | «.P.Télé-Québec.affrontement torride, > Une performance admirable, un auron Mise en scène Carmen Joiin Avec Gabriel Arcand, Danielle Lépine, Paul Doucet Traducteur Gabrlelle Rozsaffy avec la collaboration de Bernard Chartreux Concepteurs Jean-François Labbd, Marie-Michèle Mailloux, Euterke ON JOUE AU [PROSPÉRO] i»i, ruaOntaxoM biMtorto 514 526 6M2 KtatoMo» 514 790 1245 «xnno.lli tSk-.ss Asm Le Devoir u»0 '«S ***** 1 J 6 Dernières 4 4559, PAPINEAU-MONTRÉAL-0C ^ \ www.theatrelallcorne.com ; V » 514.523.2246 ' RÉSEAU ADMISSION , U LICORNE 514.790.1245 ou 1.800.361.4595 Ttl6Qu6bc< 26fevner,m 29 mars 08 SARAH MARCOTTE Sur Raccourci, l’univers de Dany Placard prend place sur la route, quelque part entre le Québec et le Mexique.PLACARD SUITE DE LA PAGE E 1 « * Le Devoir DEVOIR SAMEDI DIMANCHE MARS Quand la mort dérange TOUTEFEMME De Péter Karpâti.Traduction: Paul Lefebvre etTibor Egervari.Mise en scène: Martine Beaulne.Dramaturgie: Michel Laporte.A l’Espace Go jusqu’au 12 avril.HERVÉ GUAY Je garde un souvenir ému de Tout Homme (v.1500) que l’on m'avait fait lire à l’université.Je ne savais pas à cette époque que cette moralité médiévale (et sa gravité recueillie) allait de nouveau croiser ma route vingt ans plus fard.En fait, TouteFemme, pièce hongroise contemporaine qui vient juste de prendre l’affiche de l’Espace Go, est très librement inspirée de cette, piece insolite.Depuis le Moyen Age, cependant, le monde a beaucoup changé et rares sont les occasions où l’on nous rappelle encore que la Mort viendra nous chercher «comme un voleur».Voici sans doute pourquoi Emma est si interloquée lorsqu’à brûle-pourpoint — elle est en train de tenter de vendre des appartements déjà habités — la Mort en personne lui annonce qu’elle doit mettre de l’ordre dans une vie qu’elle doit se préparer à quitter.Naturellement, elle n’est pas prête, a tant de choses à régler et ne sait par où commencer.Chez le médecin, elle est pourtant obligée de reconnaître qu’elle a ignoré le plus longtemps possible les signes précurseurs du cancer en train de la tuer, de la même manière que ceux qui l’entourent ne veulent pas croire à son décès annoncé.Prise au dépourvu, la femme au début de la quarantaine mourra cependant, comme elle a vécu, pressée de toutes parts par les préoccupations futiles et un rythme de vie trépidant dont elle est incapable de se défaire.Au départ, l’humour noir avec lequel Péter Kàrpâti traite de notre incapacité à composer avec la mort décontenance le spectateur.L’auteur dramatique plonge sans prévenir le spectateur dans un tourbillon de paroles, de personnages et de détails quotidiens, à l’image de l’héroïne qu’on apprend à connaître mais à laquelle on ne s’attache pas.«C’est aussi bien, m’a fait valoir l’ami qui m’accompagnait, puisque, de toute façon, elle va mourir.» Réflexion caustique tout à fait dans le ton de cette farce métaphysique dont la gravité est ensevelie sous des tonnes d’ironie, de détails sans importance et d’incidents interdisant qu’on s’apitoie.Cette futilité de la vie qui suit son cours est cependant rompue à point nommé par de courtes scènes inspirées de la moralité médiévale, dont le ton solennel remet soudainement les pendules à l’heure.Le contraste est à la fois efficace, troublant et bien rendu par la traduction de Paul Lefebvre, sans que disparaisse pour autant l’attitude d’autodérision de «ToutFemme» envers la mort Si la metteure en scène, Martine Beaulne, installe d’emblée un rythme endiablé et amène habilement les ruptures de ton nécessaires à cette comédie, l’aspect visuel du spectacle m’a peu convaincu.Passe encore la station de métro de Richard Lacroix, qui peut abriter un appartement, un hôpital ou un magasin en un clin d’œil, tandis que meubles et objets hétéroclites s’empilent aux deux extrémités.Tout au moins peut-on y voir ce qu’on veut La même ambiguïté nuit cependant aux costumes de François Saint-Aubin, qui oscillent entre banalité et imprécision, alors qu’une pointe d’humour et de fantaisie m’aurait semblé plus indiquée.Parfois, on se croit en Europe de l’Est, d’autres fois, ici; souvent, ses vêtements n’indiquent pas clairement où l’on est Et, à moins d’avoir lu le programme d’un bout à l’autre, on ne comprend pas ce que vient faire sur le plateau un jeune homme presque muet, af-lublé d’un masque chirurgical La chose ne m’a pas empêché d’être interpellé et souvent amusé par TouteFemme, que propulse une distribution dynamique dominée par Annick Bergeron.Qui d’autre que cette comédienne racée aurait pu dompter ce rôle casse-gueule de femme surmenée et insolente?Eblouissant se révèle également Jean Maheu dans le rôle de la Mort Il est en plus très juste en «ex» de la cancéreuse.Quant à Normand Lévesque, il donne un brio très «comédie musicale» à deux versions chantées de la comptine Humpty Dump-ty.Débuts assurés, en outre, pour Catherine Lavoie en adolescente à la fois immature et délurée.Et même s’ils défendent des rôles subalternes, Monique Miller, Dominique Pétin, Gary Boudreault et Alex Bisping donnent leur pleine mesure.Collaborateur du Devoir • » «ne • Htt MARLENE GELINEAU-PAYETTE Annick Bergeron et Jean Maheu dans TouteFemme LOUISE LEBLANC Marie-Josée Bastien, Jacques Leblanc et Lorraine Côté, les trois complices du Richard Trois de La Bordée Un Richard tout neuf.Jouer Richard III avec seulement deux comédiens en scène, voilà le défi titanesque que relèvent Jacques Leblanc et Lorraine Côté depuis mercredi au Théâtre de la Bordée PATRICK CAUX Québec — La nervosité était palpable.On le comprend.L’entrevue se déroulait quelques heures avant la première du spectacle.Malgré leurs années de métier et leurs feuilles de route impressionnantes, les comédiens Lorraine Côté et Jacques Leblanc demeurent impressionnés devant le gigantisme de leur plus récente entreprise.Il faut dire que les risques associés à leur aventure sont légion.Partir du monument théâtral qu’est le Richard III de Shakespeare et l’adapter pour deux comédiens n’est pas une mince affaire.«Lidée de faire une adaptation de la pièce de Shakespeare m'est venue, il y a plus de cinq ans, à la suite d’une entrevue radiophonique avec Jacques Boulanger, confie Jacques Leblanc.Il m'avait demandé quel était mon rôle fétiche, celui que je rêvais d’interpréter plus que tous les autres.Pour moi, la réponse était évidente: Richard, le duc de Gloucester, qui sera couronné Richard III.C’est un personnage incomparable du répertoire.Il a lame aussi tordue que le corps.H est perfide, ambitieux, manipulateur et, malgré ses travers, il parvient à séduire et à convaincre tout le monde.» Peu de temps après cette entre vue, Leblanc a l’intuition que le temps est venu pour lui de s’attaquer au rôle.Au lieu de se lancer dans une production du texte de Shakespeare, il propose plutôt à Lorraine Côté de travailler sur une adaptation de la pièce.Appui du directeur artistique de la Bordée de l’époque en poche, demandes de subventions concluantes, l’équipe est réunie pour une première série d’ateliers en vue de fouiller l’univers de la pièce.Le plan initial était d’utiliser la structure de la pièce pour écrire un tout nouveau spectacle.«Nous avions envie d’explorer ce personnage aux ambitions monstrueuses en le transposant dans un tout autre contexte que celui de la cour anglaise, raconte Lorraine Côté.La personnalité trouble de Richard, sa manière d’être avec les gens, de mentir sur ses intentions, de manipuler son entourage, nous a tout d’abord menés vers une pièce ancrée dans l’univers des acteurs.Mais après quelques périodes de création, nous n’étions pas satisfaits de l’orientation générale du projet.C’est à ce moment que l’idée d'adapter la pièce pour deux comédiens tout en conservant les grandes lignes de l’histoire a pris définitivement racine.» Matière vivante Aidés du texte et de différentes traductions, les comédiens planchent dès lors sur une version permettant de conserver l’essence de la tragédie tout en répondant à la contrainte principale du projet «On s’est donné une grande liberté, souligne Leblanc.En fait, on a pris la pièce de Shakespeare comme une matière vivante sur laquelle on s’est permis d’intervenir.» «On s’excuse pour cette offense, William! lance Côté en rigolant.Mais, au fond, on a procédé à sa manière.Le texte s’est écrit un peu comme on le faisait à l’époque: en effectuant des emprunts à l’auteur et en retenant les solutions les plus efficaces pour la scène.» Pour les aider dans le travail, ils ont fait appel à Marie-Josée Bastien.La metteure en scène et comédienne a entre autres attiré notre attention ces dernières années en signant des adaptations particulière ment réussies d’0« achève bien les chevaux et de La Reine Margot.«Les références au contexte politique de l’époque et le nombre impressionnant de personnages qu’on y rencontre sont deux des grandes difficultés du texte.L’arrivée de Marie-Josée nous a grandement aidés à voir clair dans tout ça.Elle nous a permis de faire des choix, de démêler encore plus les enjeux et d’élaguer le texte pour ne conserver que l’essentiel.» «On a eu la chance de pouvoir retourner en atelier afin de refaire des improvisations», rappelle Marie-Josée Bastien.Cette dernière étape de création a notamment donné à l’équipe le temps nécessaire pour explorer certains procédés scéniques.Parmi eux, la vidéo a fourni plusieurs des raccourcis rendus nécessaires par le défi de jouer la pièce avec seulement deux comédiens.«Dans une proposition comme celle de Richard 111, les conven- tions théâtrales sont extrêmement importantes.Jacques interprète Richard alors que Lorraine s’occupe de pratiquement tous les autres personnages.On a donc dû trouver des codes, tant dans le jeu que dans la mise en scène, pour que les spectateurs puissent bien suivre le déroulement de l’action.» Pour Marie-Josée Bastien, il était également très important que la vision de la mise en scène soit cohérente avec la proposition de départ «La quête de Richard le plonge dans une folie meurtrière.Il s’enferme tranquillement dans un délire paranoïaque.Le fait de jouer la pièce avec seulement deux comédiens nous permet de mettre l’accent sur la solitude du personnage.» «Ce qui est formidable avec Richard, poursuit Jacques Leblanc, c’est qu’il parvient à charmer tout le monde malgré son ignominie.Shakespeare a écrit le texte bien avant l’invention du quatrième mur.Dès le prologue, Richard fait du public le confident de ses ambitions.Et c’est là tout le défi du rôle: comment parvenir à séduire les spectateurs pour en faire les complices de.sa soif de pouvoir?» Collaborateur du Devoir RICHARD TROIS Adaptation du texte de William Shakespeare par Lorraine Côté et Jacques Leblanc.Mise en scène de Marie-Josée Bastien.Au Théâtre de la Bordée, jusqu’au 12 avril.SACRE CŒUR de Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur production du Nouveau Théâtre Expérimental AVEC Muriel Outil Hélène Florent Jacques L'Heureux Alexis Martin Luc Picard CONCEPTEURS Jean Duchesneau Francis Farley-Lemieux Catherine Gauthier Isabelle Gingras Yves Labelle Jean-François Landry André Rioux Nancy Tobin Faites vite les billets s'envolent! ley/r(rtH'ûu{ PéfM'nmàl www.nte.qc.ca Venez jouer aux patients dans notre salle d'attente théâtrale; joies, peines, terreurs, étonnements sont au rendez-vous ! DU 25 MARS AU 19 AVRIL 2008 espace A ESPACE LIBRE 1945 FULLUM, métro frontenac LIBRE du MARDI AU SAMEDI À 20H30, JEUDI 3 AVRIL À 19 H LE DEVOIR Un grand plaisir de théâtre ! Annick Bergeron est phénoménale.Autour d’elle, des rôles secondaires tous très bons : Monique Miller, fabuleuse et hilarante; Normand Lévesque dans un numéro de chant où il fait une « Yma Sumac » de lui-même sur à peu près cinq octaves, La scénographie de Richard Lacroix est fabuleuse.Une machine formidable.Une grande mise en scène de Martine Beaulne.Catherine Perrin, C'est bien meilleur le matin, Radio-Canada TOUTE ¦ «•“tef '('(viAvv ' DE PÉTER KÂRPÂTl I TRADUCTION DE PAUL LEFEBVRE, MISE EN SCÈNE DE MARTINE: BEAULNE AVEC ANNICK BEROERON.ALEX BISPING.GARY BOUDREAULT.MARC-ANTOINE LARCHE.CATHERINE LAVOIE.DOMINIQUE LEDUC.NORMAND LÉVESQUE.JEAN MAHEUX.MONIQUE MILLER.DOMINIQUE PÉTIN DU 1H MARS AU 12 AVRIL 2008 «NK CRÉATION O KHPACK 00 Hydro 'oL Ouét THiÂTRB ESPACE GO 4BG0, BOULEVARD SAINT-LAURENT, MONTRÉAL 514 845-4890 I l5PACIGO.COM AOMItSION.COM 614 L K DEVOIR.LES SAMEDI 22 ET DIMANCHE 23 MARS 2 0 0 8 E 4 CULTURE DANSE t -s-.m TÊm, • f PEDRO RUIZ LE DEVOIR Victor Quijada et Aline Plamondon dans AV Input/Output ïmm.Des classiques remixés Rubberbandance incarne l’énergie et certains mouvements du hip-hop, mais prolongés, transfigurés par la danse classique et contemporaine FRÉDÉRIQUE DOYON f \ ui a dit que hip-hop et musique xy classique ne pouvaient pas foire bon ménage?S’il y a un artiste qui sait la chose possible, c’est bien Victor Quijada, du Rubberbandance Group, puisqu’il a déjà mis ce mariage incongru à l’épreuve de sa danse.Et le voilà qui récidive avec AV Input/Output, duo dont la trame musicale émerge de remix de pièces classiques.«Ce n’est pas du tout le même genre, bien sûr, reconnaît en entrevue le jeune chorégraphe montréalais.Mais il y a beaucoup de couches dans la musique classique, baroque, romantique, [comme dans le hip-hop], et c'est intéressant de jouer avec ça.Pour moi, le hip-hop, c’est le mot, l’étiquette que j’ai utilisée pour identifier ma passion, mon énergie de création.Mais cette énergie existe partout; si j’étais né 20 ans plus tôt, je lui aurais donné le nom de punk rock.» Victor Quijada avait déjà chorégraphié La Traviata sur du Vivaldi et Secret Service sur du Prokofiev.Pour sa nouvelle pièce, créée conjointement avec sa comparse Anne Plamondon dans le cadre d’une résidence à la Cinquième Salle de la Place des Arts, il a invité un DJ, Ul Jaz, et le compositeur Mit- chell Aldyama à remanier complètement des oeuvres classiques.«Victor voulait preruire des disques classiques et les transformer au point où on ne les reconnaîtrait plus, explique Anne Plamondon, partenaire de danse et de vie du chorégraphe.Et ça marche vraiment bien avec le mouvement.» Champion du décloisonnement des genres, Victor Quijada démontre que les mélanges artistiques les plus insoupçonnés sont possibles.Enfant de la post-modernité, il est né à Los Angeles de parents mexicains, a découvert le breakdance dans les rues et les bars, et a voulu en repousser les limites en se tournant vers la danse néoclassique, d’abord chez la prestigieuse Twyla Tharp Company, puis aux Grands Ballets canadiens de Montréal.Chorégraphe indépendant depuis 2002, il développe un langage qui intègre totalement les esthétiques glanées tout au long de son parcours.On y reconnaît l’énergie et certains mouvements du hip-hop, mais prolongés, transfigurés par la danse classique et contemporaine.Une soupape «C'est devenu difficile de dire où le hip-hop commence et où il finit, indique Mme Plamondon, qui en sait quelque chose après près de six ans passés à apprivoiser ce style singulier et l’approche du mouvement de son compagnon.Ce n’est même plus une fusion, c’est homogénéisé.» C’est pourquoi AV Input/Output arrive à point nommé.Le duo sert de soupape à plusieurs égards.D’abord, pour marquer une pause dans la production de groupe et la course folle des tournées.Le spectacle Elastic Perspective, qui réunit une série de courtes œuvres emblématiques du Rubberbandance Group, a bien dû cumuler plus de 70 representations à travers le Canada et les Etats-Unis depuis deux ans.Public et producteurs n’ont que des éloges à faire à cette jeune troupe innovante.«Avec la résidence et deux productions en perspective, c’est devenu un bon temps, estime la codirectrice de la troupe.C’est un défi de faire un duo, mais on se sentait prêts.» Ensuite, le duo permettait de digérer les apprentissages de ces années de développement intense.«Ces dernières années, on a beaucoup analysé le travail de Victor, on l’a décomposé en concepts pour mieux le transmettre, explique-t-elle.Ça nous a permis d’aller au fond des choses par rapport à la façon dont Victor crée le mouvement et le transmet.Alors, c’est une étape d’aboutissement extrême satisfaisante.Je me sens outillée pour faire l'œuvre.J’ai l’impression que j’apporte quelque chose de plus qu’il y a cinq ans.» Le titre de la pièce, AV Input/Output, renvoie justement aux échanges entre les deux artistes.La complicité ne va toutefois pas jusqu’à entrer dans l’intimité de leur vie de couple, prévient le jeune femme.«La danse, très prioritaire dans nos vies, a amené une connexion très profonde entre nous.» L’acronyme AV indique l’apport important de l’audio (musical) et des projections vidéo (signées René-Pierre Bélanger), qui provoquent des «tournants» dans le spectacle, indique-t-elle sans plus de détails pour ne pas vendre la mèche.Rubberbandance a cumulé assez d’expérience pour accéder à la prestigieuse saison Danse Danse l’an prochain.Une belle étape de plus dans la lancée de la troupe, qui Hvre-ra ainsi, au printemps 2009, une nouvelle œuvre de groupe, après cette pause plus intimiste.Le Devoir av iNPinyompirr Rubberbandance Group, du 26 au 29 mars à la Cinquième Salle de la Place des Arts Flamenco à la mode cubaine Première visite de Lizt Alfonso Danza Cuba à Montréal FRÉDÉRIQUE DOYON Après le flamenco d’Espagne et ses déclinaisons québécoises servis lors du festival Montréal en lumière, voici l’art andalou conjugué à l’esthétique cubaine avec la Lizt Alfonso Danza Cuba.En tournée canadienne pour la première fois, la troupe qui fait la fierté de La Havane s’amène avec Fuerza y Compas, pot-pourri de 11 courtes pièces où le ballet flamenco espagnol baigne dans les rythmes afro-cubains.Une production à grand déploiement, formatée pour le grand public, mais qui ne semble pas dépourvue de panache.Après avoir béni le festival torontois Lumi-nato en juin dernier (avec deux spectacles plutôt qu'un), la compagnie s’apprête à balayer littéralement le Québec avec une dizaine de représentations disséminées dans la province.Après le coup d’envoi de Montréal jeudi, Sherbrooke (TT avril), Sainte-Foy (3 avril), Joliet-te (4 avril), Trois-Rivières(5 avril), Sept-îles (8-9 avril), Rimouski (10-11 avril) et Rivièredu-Loup (12 avril) accueilleront la production.Avec ses 25 danseuses, ses cinq musiciens masculins et ses deux chanteurs (homme et femme), la compagnie est réputée pour la beauté élégante et sensuelle de ses chorégraphies, la technique irréprochable, le synchronisme et la coordination à couper le souffle de ses interprètes.« Irrésistible et unique » Le National Post a décrit la prestation comme un mélange de danse classique espagnole, de flamenco et de danses sociales cubaines «irrésistible et unique».La compagnie a même séduit l’ex-étoile du Ballet national du Canada, Veronica Tennant, dont le vibrant témoignage accompagne la vidéo pro- motionnelle destinée aux producteurs canadiens.«Chaque pièce brillait par elle-même», écrivait le New York Times en 2003, à l’occasion d’une seconde et ultime tournée américaine, puisque la (roupe riest plus la bienvenue aux Etats-Unis depuis.La directrice lizt Alfonso, qui a fondé la troupe à l’âge de 23 ans (0 en 1991, signe la grande majorité des chorégraphies.La soirée s’ouvre avec Malaguena, dans laquelle les danseuses martèlent férocement la scène de leurs pieds tout en maniant les castagnettes.Deux solos, Gitaneria et Elogio, ponctuent les pièces de groupe.Le titre du spectacle, Fuerza y Compas, qui signifie littéralement «force et mesure», annonce une soirée de haute précision rythmique.Lorsque The Gazette lui a demandé pourquoi elle avait choisi de former une troupe entièrement féminine, Lizt Alfonso a répondu tout de go: «Parce que c’est un défi pour le chorégraphe, aim que tout le monde s’attend à ce que la scène soit partagée entre hommes et femmes.Les femmes ont beaucoup à dire.» A Cuba, en tout cas, ce sont elles qui mènent la danse, puisque en plus de la compagnie de Lizt Alfonso, qui a congnencé à bénéficié du soutien de l’État en 1998, une fois ses preuves faites à l’étranger (en Espagne), le Ballet nacional de Cuba a reçu ses lettres de noblesse de l’ex-ballerine Alicia Alonso, toujours aussi énergiquement dévouée à son art à l’âge de 87 ans.Le Devoir FUERZA Y COMPAS Chorégraphie de Lizt Alfonso Danza Cuba, le 27 mars à la salle Wilffid-Pelletier de la Place des Arts SOURCE DANZA CUBA Un spectacle où le ballet flamenco espagnol baigne dans les rythmes afro-cubains.BLASfE [ U 1 lüittP* WÈÊm L’AGENDA L’HORAIRE TÉLÉ, LE GUIDE DEVOS SOIRÉES V______________________> Gratuit dans Le Devoir du samedi traduction JEAN MARC DALPÉ + mise en scène BRIGITTE HAENTJENS avec ROY DUPUIS + CÉLINE BONNIER + PAUL AHMARANI COLLABORATEURS ANICK LA BISSONNIÈRE + YSO + ÉTIENNE BOUCHER + ROBERT NORMANDEAU + STÉPHANE LÉPINE JASMINE CATUDAL + ANGELO BARSETTI + COLETTE DROUIN + JEAN-FRANÇOIS LANDRY + CATHERINE LA FRENIÈRE DU 18 MARS AU 5 AVRIL 08 À L’USINE C Billetterie 514 521.4493 1345 rue Lalonde (entre Visitation et Beaudry) USINE 0 twm M trtMoe «IM dUNoon nliinitaclelnrin Admission.514 790.1245 SIBYLLINES THtATM Dt CltATION PHOTO AN Q E LO BARSETTI LE DEVOIR MUSIQUE CLASSIQUE Cinq opéras pour fêter le printemps CHANSON Cali, l’amoureux et le militant CHRISTOPHE HUSS L> édition de DVD d’opéras r continue à battre son plein.Le déficit d’enregistrements discographiques de studio, qui ne peuvent plus être rentabilisés par les ventes, est très largement résorbé par cette pléthore de parutions.Voici cinq idées de cadeaux à faire ou à se faire, en attendant les bourgeons.Eugène Onéguine.On vous en avait signalé la sortie la semaine dernière.Cette représentation à’Eugène Onéguine de Tchaikovski au Met il y a tout juste un an fut, avec Le Barbier de Séville, le fleuron de la première saison de diffusion de spectacles dans les cinémas.Elle documente le spectacle très bien rodé, monté par le Canadien Robert Carsen, qui en tandem avec son scénographe Michael Levine a très bien réussi, ici, son épure scénique, qui concentre le propos sur les relations humaines et sociales des protagonistes.Le premier atout est le Tchaikovski illuminé de Valery Gergiev, qui, quelques jours plus tard, à Montréal, donna une interprétation inoubliable de la Symphonie Pathétique.En plus, le Met avait réuni cet après-midi-là une distribution de rêve: Dmitri Hvorostovski (Onéguine), Renée Fleming (Tatiana) , Ramon Vargas (LensM), Sergei Aleksashkin (Grémine).Fleming, notamment, très irrégulière depuis quelques années, y apparaît dans une forme vocale splendide.Cette production filmée par Brian Large est l’un des trésors du catalogue DVD.(Decca) Manon.Cette représentation de Manon de Massenet a été enregistrée au théâtre du Liceu de Barcelone en juin 2007.La production de David McVicar, l’un des metteurs en scène les plus pertinents du moment, rehaussée par des décors et costumes très étudiés de Tanya McCallin, s’affiche en premier lieu comme une réussite esthétique majeure.Mais c’est évidemment le duo à l’affiche qui fera courir les amateurs, puisque Natalie Dessay et Rolando Vdlazôn sont Manon et des Grieux! Comme d’habitude, Natalie Dessay compense largement en présence scénique ce qui lui manque un peu en rondeur vocale (pour cela, on peut se tourner vers le spectacle parisien avec Renée Fleming, publié par TDK), et cet abattage nous vaut un portrait poignant de la déchéance finale.Rolando Villazôn, aussi, est une bête de scène.Il est capté ici juste à temps, à l’orée de ses problèmes vocaux qui l’ont mené à prendre une année sabbatique.Par rapport à Eugène Onéguine, spectacle «parfait», cette Manon, habilement dirigée par Victor Pablo Pérez, pèche hélas par ses failles dans les rôles secondaires.Samuel Ramey en comte des Grieux, notamment, devrait se reconvertir dans l'enseignement car, sur scène, sa voix agonise.Autre bémol: l’éditeur a oublié de signaler le découpage des plages dans le livret.(Virgin Classics) Tosco.On attendait impatiemment cette Tosco, disponible depuis six mois en Europe.Plusieurs raisons à cela.D’abord, la très rare incursion du légendaire Orchestre du Concertgebouw d’Amsterdam dans le domaine de l’opéra.Pour en goûter le lyrisme et les élans, sous la direction de Riccardo Chailly, on aurait aimé que la prise de son le mette un peu plus sous les projecteurs.Ensuite, la présence du ténor Richard Margison, présence rare d’un Canadien dans un ouvrage aussi exposé.Il se tire bien d’affaire, même s’il ne peut s’imposer face aux deux «monstres» qui lui font face.Ces monstres sont Catherine Malfitano et Bryn Terfel.Malfita-no, on le sait depuis Salomé à Salz-bourg, est une chanteuse-actrice complètement «allumée».On avait peur que cette captation de 1998 la fixe trop tard: il n’en est rien! Elle 27e saison flûte Marie-Andrée Benny clarinette Simon Aldrich clarinette Martin Carpentier basson Mark Romatz cor Louis-Philippe Marsolais violon Yukarl Cousineau violon Alexander Lozowski alto Brian Bacon violoncelle Alexandre Castonguay contrebasse Yannick Chênevert Oeuvres de Glinka, Villiers Stanford & Brahms jeudi 27 mars, 20 heures Salle Redpath, Université McGill Entrée libre www.allegrachambermusic.com SOURCE OPERA DES PAYS-BAS/DECCA Bryn Terfel dans son incarnation historique de Scarpia dans l’opéra Tosca est encore visuellement crédible et ne bouge pas trop sur le plan vocal.Et il fallait une Malfitano pour faire face au Scarpia de Bryn Terfel.Peut-on acheter une Tosca juste pour le titulaire du rôle de Scarpia?Réponse: oui! Le fiel, la soif de pouvoir et de domination qui se dégage de cette incarnation est une chose aussi forte que, jadis, «la Tosca de Callas».(Decca) Doktor Faust.Vous aviez suivi nos conseils et découvert Cardülac de Paul Hindemith?Vous serez fascinés par Doktor Faust de Ferruccio Busoni.On savait que cet opéra était un chef-d’œuvre avant même l’enregistrement du disque de Kent Nagano chez Erato.Dietrich-Fi-scher Dieskau (documenté dans un enregistrement DG, dirigé par Ferdinand Leitner) avait promu l’ouvrage depuis les années 50.Doktor Faust, qui hanta Busoni de 1916 à sa mort, et fut achevé en 1925 par Philipp Jarnach, n’est pourtant pas un ouvrage facile: c’est un «poème en musique», qui évacue les histoires satellites (Marguerite et ses bijoux) pour se concentrer sur l’évolution psychologique de Faust la caméra de Felix Brei-sach le comprend très bien, qui cadre presque à outrance Thomas Hampson, qui reprend ici à Zurich en 2006 un rôle qu’il avait incarné en 1999 à Salzbourg.Le rapport entre Doktor Faust et Cardülac est patent Tous deux évoluent dans un registre proche de l’expressionnisme cinématographique allemand de l’époque, rapprochement facilité ici par les aspects fantastiques du livret.La présente production a été mise en scène par Klaus Michael Gruber, un autre «grand» de la mise en scène d’opéra, et décorée par Eduardo Arroyo.Le Faust de Hampson a, face à lui, un Mephisto à sa hauteur (Gregory Kunde).La direction de Philippe Jordan expédie les affaires courantes avec professionnalisme.(Arthaus) Les Maîtres chanteurs de Nuremberg.Voilà assurément l’opéra de Richard Wagner qui a le plus de chances au DVD, avec au moins trois excellentes parutions: Levine au Met Welser-Môst à Zurich et cette ultime apparition à Bayreuth, à l’été 1999, de Daniel Barenboim dans la fameuse production de Wolfgang Wagner.Admirablement mis en image (on sent ce soin dès l’ouverture), le spectacle très traditionnel fait moins «carton-pâte» que celui monté par Otto Schenk à New York, est plus fin, plus poétique dans ses éclairages et à mon avis, dirigé de manière plus puissante et active par Barenboim.Comme dans Eugène Onéguine, la distribution réunit d’un bout à l’autre des chanteurs du haut du panier dans leurs rôles respectifs.Il est difficile de trouver meilleure opposition dans les dix dernières années que Robert Holl en Sachs et Peter Seif-fert en Walther von Stolzing.Il y a aussi Andreas Schmidt en Beck-messer, qui tourne le dos à une tradition bouffonne d’interprétation, Matthias Hôlle en Pogner, Endrick Wottrich en David et Emily Magee en Eva.Des moyens techniques exemplaires servent cette absolue réussite.(EuroArts) Collaborateur du Devoir SYLVAIN CORMIER Naît-on de gauche?Bruno Cali-ciuri, dit Cali, est né le 28 juin 1968.Il était dans le ventre de sa maman quand les pavés volaient bas à Paris.Ailleurs, il est vrai.Pas mal plus au sud, près de Perpignan.De toute façon, la révolution était dans ses gènes.Le grand-père Giuseppe Caliciuri en a décousu ferme avec les fascistes de tout pays.«Une vie incroyable», commente le petit-fils, d’outre-At-lantique.Le ton est tendre, le timbre vibrant de fierté.«Il a fui l’Italie de Mussolini, il est allé en Amérique défendre la cause de Sacco et Vanzetti, il est revenu avec les Brigades internationales en Espagne pour se battre contre Franco, il a été dans la Résistance en France, et puis chef d’une section communiste dans le Sud.Il a vraiment donné sa vie, quoi.Et toute ma vie, je vexa être digne de lui.» Une chanson de L’Espoir, le nouvel album de Cali, parle de Guiseppe.Elle ne s’intitule pas Hommage à Giuseppe, mais bien Giuseppe et Maria.Chanson d’amour délicate, avec un drapeau rouge au bout «Si tu entends hurler, au loin, surtout ne te retourne pas / C’est le cri de l’espoir qui monte, qui monte, qui monte làdias / Etreins fort les enfants et dis-leur que leur père est parti amoureux / Et que tu seras forte, et que tu seras belle, que tu les aimeras pour deux.» L’héroïsme conjugué au masculin et au féminin.«Elle était avec lui, quoi.» Très important pour Cali, l’autre point de vue, le point de vue de celle qui reste: dans une autre chanson, Pas la guerre (écrite et chantée avec Mike Scott, des Waterboys), on est dans la tête d’une ado déjà veuve, alors qu’on enterre son amoureux, un soldat de 17 ans.«C’est toujours comme ça, dans toutes les guerres, ajoute Cali.Combien de veuves de moins de 25 ans aux Etats-Unis, présentement?» L’amour et la politique sont étroitement mêlés à travers ce troisième album, de loin le moins nombrihste de Cali.Pour cet absolutiste, ce grimpeur d’échafaudages de scène, cet enragé de la vie, le grand combat est le même partout.Pour les peuples comme pour les couples, l’ennemi numéro un est le désengagement, la désillusion, le cynisme.Quand il chante Je ne te reconnais plus avec Olivia Ruiz, il dénonce autant l’amour trahi que la France d’aujourd’hui.«Mon credo, c’est: on peut mourir dans l'heure qui suit.On n’a pas le droit de supporter des choses insupportables.On n’a pas le droit de se résigner.Il faut crier haut et fort ce qu’on a dans le ventre et sur le cœur» ALCAN PRÉSENTE mmm Orchestre Métropolitain du Grand Montréal Yannick Nézet-Séguin Les Mille et une nuits Yannick Nézet-Séguin, chef Anik Bissonnette, danseuse NICOLAI RIMSKY-KORSAKOV | SHÉHÉRAZADE SERGUEÏ RACHMANINOV | DANSES SYMPHONIQUES LE LUNDI 31 MARS À 19 H 30 CONFÉRENCE PRÉCONCERT GRATUITE UNE HEURE AVANT LE CONCERT Salle Wilfrid-Pelletier Place des Arts 514 842.21 12 1866 842.21 12 www.pda.qc.ca Réseau Admission su 790.1245 LAISSEZ PARLER VOTRE CÔTÉ CLASSIQUE ! RENSEIGNEMENTS 514.598.0870, POSTE 21 ORCHESTREMETROPOLITAIN COM Contall
Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.
Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.