Le devoir, 11 mars 2008, Cahier A
ECONOMIE Bond-surprise des mises en chantier au Québec Page B 1 MUSIQUE Montréal abolit le budget de la ' Chapelle historique du Bon-Pasteur Page B 8 w ww.ledevoir.co in ?LE DEVOIR Vol.X C I X N " T) 3 ?LE MARDI 11 MARS 2 0 0 8 Voilà les clémentines.Sà,' JACQUES NADEAU LE DEVOIR JEAN-FRANÇOIS Godin, travailleur du marché Atwater, tentait tant bien que mal de franchir les bancs de neige successifs hier, afin de porter à bon port ses boîtes de clémentines.Il n’a pas été le seul à devoir pratiquer malgré lui cet exercice sportif, puisque le retour au travail s’est effectué au milieu des accumulations substantielles de neige.Montréal a en effet reçu plus de 30 centimètres au cours de la fin de semaine, une bordée que les équipes de - déneigement s’affairaient à ramasser.Malgré tout, la journée s’est bien déroulée.Nos informations en page A4.Grand ménage en vue chez les psychothérapeutes La loi 50 donnera à VOrdre des psychologues la responsabilité de délivrer les permis LOU1SE-MAUDE RIOUX SOUCY TQS choisit l’offre d’achat de Remstar PAUL CAUCHON TQS a trouvé un acheteur, l’entreprise Remstar, qui veut amener le réseau de télévision «au-delà de la télévision conventionnelle».la direction de la chaîne et les actuels propriétaires de TQS, Cogeco et CTV GlobeMedia, ont donc choisi l’offre d’achat de cette entreprise montréalaise, très active dans la production et la distribution de fdms québécois et étrangers.Mais plusieurs étapes doivent encore être franchies avant que la relance de TQS puisse s’effectuer.Le réseau de télévision doit plus de 60 millions à ses créanciers, et le nouveau propriétaire doit présenter d’ici le 31 mars un plan financier pour les satisfaire.Une assemblée des créanciers est d’ailleurs prévue pour le 28 avril.La direction de TQS doit également présenter devant VOIR PAGE A 8: TQS Ne pourra plus se prétendre psychothérapeute qui veut au Québec.Le gouvernement Charest a en effet déposé un projet de loi qui viendra sonner le glas des consultations bidon, un fléau maintes fois dénoncé sur la place publique.S’il se concrétise, ce grand ménage donnera de nouveaux pouvoirs à l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) qui aura pour mandat de trancher une fois pour toutes entre la bonne pratique et le charlatanisme de ceux qui revendiquent à tort ou à raison le titre de psychothérapeute.Présentement, rien n’empêche quiconque de pratiquer la psychothérapie.Cette formule élastique fait en sorte qu’il revient en fait au public de séparer le bon grain de l’ivraie.Avec les conséquences que l’on sait dénonce la présidente de l’OPQ, Rose-Marie Charest «Actuellement, un psychothérapeute qui n’est membre d’aucun ordre et qui a des relations sexuelles avec un patient a le champ libre, [.] personne ne peut le sanctionner.Idem pour un psychothérapeute qui fait preuve de négligence ou d’abus de pouvoir.» Les gens qui ont recours à des services de psychothérapie traversent des moments de fragilité qui sont pourtant incompatibles avec le laisser-Mre qui a cours présentement, croit Mme Charest Si jamais la thérapie tourne mal, ces gens n’ont en effet aucun moyen de faire valoir leurs droits.«Je suis devenue présidente VOIR PAGE A 8: MÉNAGE 8 !) C + T A X K S = I $ Le Québec n’a plus la cote au cégep Les cours sur le Québec seraient en voie d’extinction ANTOINE ROB1TAILLE Québec — Le nombre de cours d’histoire du Québec et de cours sur le Québec est en chute libre dans les cégeps du Québec, entre autres raisons parce que les élèves sont «moins intéressés» par ces cours.C’est ce que montre une étude d’un professeur d’histoire au Cégep du Vieux-Montréal, Gilles Laporte.Selon lui, le cours Histoire du Québec, qui représentait 25,4 % des cours d’histoire offerts au cégep en 1990, n’en représentait plus que 13,3 % en 2006 et «n’est plus offert que dans une dizaine d’établissements».Pour arriver à cette conclusion, M.Laporte a comparé les données du Rapport final de la coordination provinciale pour la discipline histoire de 1991 et, pour 2006, les chiffres très précis d’une étude de marché de la maison d’édition Chenelière éducation.M.Laporte a aussi évalué à seulement 2424 (soit moins de 5 % des élèves inscrits au collégial) les cégépiens qui ont suivi un cours d’histoire du Québec l’an dernier (1146 à la session d’automne et 1278 à celle de l’hiver).Un sondage mené cet automne auprès d’une trentaine de professeurs d’histoire du collégial a aussi révélé que les trois quarts d’entre eux «sont d’avis que ce cours devrait poursuivre sa régression».Toujours selon M.laporte, les cours portant spécifiquement sur le Québec — tels Fondements historiques du Québec, Sociologie du Québec, Politique Québec-Canada, Economie Québec et ses régions, histoire régionale —, «autrefois des cours importants» dans les programmes de sciences humaines, «sont menacés d’extinction».Le professeur, qui publiera le mois prochain un éditorial sur la question dans le Bulletin d’histoire politique, croit que les raisons de ce déclin sont multiples.Il souligne en particulier l’absence d’une «compétence» claire prescrivant la connaissance de la société québécoise en sciences humaines au cégep.Dans les programmes de sciences humaines, soutient-il, «nulle part le professeur n 'est invité à aborder le thème du Québec».Et dans ces programmes, aucun cours de l’histoire du Québec n’est obligatoire.VOIR PAGE A 8: CÉGEP Moins de 5% des cégépiens .ont suivi un cours d’histoire du Québec l’an dernier CHRIS WATTIE REUTERS John Baird, ministre fédéral de l’Environnement KYOTO Une amende d’au moins 35 milliards attend le Canada ¦ À lire en page A 3 I N I) K X Annonces.A4 Avis publics.B 4 Culture.B 8 Décès.A4 Économie.B 1 Éditorial.A 6 Idées.A 7 Météo.B6 Monde.B 5 Mots croisés.B 6 Sudoku.B 4 Télévision.B 7 Le Junior de Montréal revit JEAN DION Le 25 février dernier, Parrel Miller se trouvait au Colisée Pepsi en compagnie de trois amis pour assister à un match entre les Fog Devils de St.John’s et les Remparts de Québec, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.«Le score était 1 à 1 avec moins de cinq minutes à jouer.Puis Maxime Pomerleau a marqué un but pour les Fog De-vils.Nous nous sommes levés spontanément pour applaudir.Nous étions là, quatre debout, et 12 000 autres qui nous regardaient comme s’ils voulaient nous tuer», raconte-t-il à la blague.«St.John’s a finalement gagné 2-1.Je peux le dire, nous avons remporté la première manche.» Rires., première manche?Celle d’une rivalité sportive entre Montréal et Québec, qui a disparu pour l’essentiel depuis le départ des Nordiques pour le Colorado, et qui pourrait bien renaître si tout fonctionne selon le vœu du principal intéressé.Car si Farrel Miller est un chaud partisan des Fog Devils, c’est qu’il a acheté la compagnie il y a quelques semaines.Et qu’il va la déménager à Montréal.Dès l’automne prochain, une autre tentative de faire vivre le hockey junior majeur dans la métropole verra le VOIR l’AGE A 8: JUNIOR Tous les villes canadiennes de la LNH ont une équipe junior.Pourquoi ça ne marcherait pas à Montréal ?, se demande Farrell Miller JACQUES NADEAU LE DEVOIR L’attaquant Nick Layton, à gauche, et le défenseur Tyier Gale, des Fog Devils de St.John’s, ont posé hier dans le nouvel uniforme bourgogne et blanc du Junior de Montréal.A la fin de la présente saison de la Ligue de hockey junior majeure du Québec, les Fog Devils, qui ont été récemment achetés par l’homme d’affaires montréalais Pareil Miller, déménageront dans la métropole et tenteront d’y faire renaître une longue tradition, mise à mal ces dernières années par un manque d’intérêt chez les amateurs.La rivalité Montréal-Québec reverra-t-elle le jour?4 ? LE DEVOIR.LE MARDI 11 MARS 2008 A 2 LES ACTUALITES L’ADQ acceptera même un alourdissement de la dette V A peu près rien ne peut plus empêcher le parti de Mario Dumont d’appuyer le budget libéral ARCHIVES REUTERS Gilles Taillon ROBERT DUTRISAC Québec — L'Action démocratique du Québec est tellement déterminée à appuyer le prochain budget qu’elle s’apprête à fermer les yeux sur une aqtre augmentation de la dette de l’État québécois, une situation qui avait pourtant poussé le parti de Mario Dumont à voter contre le budget l’an dernier.Le porte-parole en matière de finances, Gilles Taillon, a reconnu, hier, que l’ADQ ne voterait pas nécessairement contre un budget grâce auquel le gouvernement s’endetterait pour pyer l’épicerie.«Si on finance l’épicerie avec la dette, c’est clair qu’m va dénoncer avec la même force que l’an dernier les prouesses du gouvernement», a soutenu lors d’un point de presse le député de Chauveau, qui a tout de suite ajouté: «Je ne dis pas qu’m va voter cmtre.» Gilles Taillon participait à un bref débat sur le mouvement coopératif devant les membres du Conseil québécois de la coopération et de la mutualité avec le ministre du Développement économique, de l’Innovation et de l’Exportation, Raymond Ba-chand, et le porte-parole en matière de finances du Parti québécois, François Legault Durant ce débat, Raymond Bachand s’est permis un aparté concernant le budget: «M.Taillon, on vous a écouté sur le budget.Vous allez trouver, je pense, un certain nombre de choses.» Le ministre s’est même permis une métaphore domestique sur le thème de la cohabitation, terme employé à satiété par les membres du gouvernement Charest pour parler du statut de minoritaire.«Cohabiter, ça veut dire: il faut que tu t’écoutes dans une maison.Tu es à la même table au petit déjeuner le matin.Il n’y en a pas un qui prend la pinte de lait pour lui tout seul.» A l’égard du contenu du budget qui sera déposé jeudi, Gilles Taillon semble savoir à quoi s’en tenir.Il a qualifié A’«excellente» la négociation qu’il a menée avec la ministre des Finances, Monique Jérôme-ForgeL «J’ai eu des conversations avec elle qui sont allées assez loin.J’ai même été assermenté», a-t- il dit.Dans cette assennentation, M.Taillon s’est engagé à ne rien révéler de ce qu’il connaît du budget «Ilya une crise économique.Le ciel s’obscurcit.On a tenu compte de la réalité», a-t-il dit.«On a évolué.On a négocié de bonne foi.» L’ADQ est même prête à regarder ailleurs quand le gouvernement utilisera une réserve financière non récurrente de 1,1 milliard pour payer les dépenses courantes et équilibrer son budget 2008-2009, une manœuvre que dénonce François Legault C’est de la vieille histoire, a soutenu M.Taillon.«Ça, c’est cmnu» depuis le budget de l’an dernier, at-il dût «On a vendu les meubles pour payer l’épicerie.» Cotisations déductibles d’impôt REE E : Flaherty tentera de neutraliser le projet de loi libéral HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — D est hors de question de rendre déductibles d’impôt les cotisations versées à un régime d’épargne-étude.Ainsi en a décidé Ottawa hier.Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a en effet annoncé qu’il exploiterait à son avantage le processus parlementaire afin de neutraliser un projet de loi privé que les libéraux ont réussi à faire adopter la semaine dernière au grand mécontentement des troupes conservatrices.Le député d’opposition Dan McTeague a réussi à faire adopter mardi soir dernier à la Chambre des communes son projet de loi rendant déductible d’impôt l’argent que mettent de côté les parents en vue de payer des études post-secondaires à leurs enfants.Selon ce projet de loi, les parents pourraient ainsi placer dans un REEE 5000 $ par année pour leur epfant, jusqu’à concurrence de 50 000 $ par enfant.A l’heure actuelle, les sommes versées à un REEE ne sont pas déductibles, mais elles accumulent des intérêts à l’abri de l’impôt.Ottawa récompense aussi l’épargne en la bonifiant.Les conservateurs étaient furieux que ce projet de loi ait obtenu l’aval des trois partis d’opposition à la Chambre des communes.Comme il doit encore obtenir celui du Sénat, ils invitaient la majorité libérale à le bloquer.Dans les rangs libéraux, on se régale de voir le gouvernement s’en remettre aux sénateurs, si prompt qu’il est d’habitude à nier leur pertinence! «Le projet de loi C-253 n’est rien d’autre qu’une tentative libérale de modifier le budget sans déclencher d’élection», s’est fâché M.Flaherty hier.«Ce projet de loi libéral n’est rien de plus qu’une tactique législative au goût américain qui menace notre équilibre budgétaire et replongerait le Canada en déficit.» Selon les estimations fédérales, le projet de loi de M.McTeague coûterait 900 millions de dollars au trésor fédéral, et près de 400 millions aux diverses provinces en revenus perdus.Le surplus prévu pour l’année financière en cours est à peine de 2,3 milliards.La motion permettant l’allocation immédiate de fonds selon les nouvelles règles du budget 2008 a déjà été adoptée, mais le projet de loi comme tel, qui modifie les lois affectées par le budget, viendra plus tard.C’est par cette voie que M.Flaherty neutralisera le projet de G253.Les libéraux pourraient alors être pris à leur propre jeu, car ils devront décider s’ils votent ou non en faveur de cette loi de mise en application du budget ainsi modifiée par M.Flaherty.S’ils votent contre, ils déclenchent une élection, s’ils votent pour, ils devront dire adieu à la déductibilité des cotisations aux REEE.Dilemme.Le chef libéral Stéphane Dion a refusé de s’aventurer sur cette voie, indiquant seulement que le Sénat «fera son travail».«Ils tiendront compte du point de vue du gouvernement même si le gouvernement ne tient pas toujours compte de leur point de vue.» Le Devoir Les verts du Québec élisent leur chef FABIEN DEGLISE La tension monte dims les strates dirigeantes du Parti vert du Québec (PVQ) engagé depuis plus d’un mois dans une course à la direction.Alors que le vote postal des 2000 membres a débuté hier, pour les deux prochaines semaines, le candidat Guy Rainville a dit avoir bon espoir de remporter cette dernière manche fort A'«appuis significatifs» des apparatchiks de la formation écolo-politique.Des appuis dont l’importance a été toutefois minimisée par Scott McKay, l’actuel chef du parti.«Les chiffres sont grossièrement exagérés, a indiqué au Devoir M.McKay.R faudrait demander à M.Rainville de revoir ses méthodes de calcul.» Dans un message destiné aux membres et diffusé sur le site Internet du PVQ, M.Rainville, un spécialiste en géothermie qui fait également la promotion du crudi-vorisme (l’art de manger cru) dans les écoles du Québec, sonne déjà la victoire.«Parmi les présidentes et présidents d’associations [du parti dans les circonscriptions], 74 % d’entre eux m’appuient, écrit-il.Parmi les membres de l’exécutif national actuel qui ont pris position, 80 % d’entre eux m'appuient, soit 4 membres sur 5.» Tout en gardant la tête froide, le candidat estime donc-que ses «chances sont bonnes» de remporter la victoire, a-t-il expliqué hier.«Mais je dois encore travailler fort, je suis moins connu des membres que mon opposant.» Le début du vote postal vient mettre un terme à une campagne discrète qui s’est terminée sur une note dissonante pour M.Rainville.Lors d’un débat organisé mercredi dernier à la pennanence du parti à Montreal l’aspirant chef s’est en effet prononcé en faveur de la construction du pont de l’autoroute 25.Ce projet fait Tunammité contre lui dans les milieux écolos.«Cela démontre donc un sérieux manque de connaissance dans ce dossier important», a dénoncé M.McKay.«f ai fait une.erreur, c’est vrai et je l’ai reconnu», a indiqué M.Rainville qui dit avoir étudié la question depuis mais surtout avoir transmis un communiqué aux dirigeants du PVQ pour affirmer désormais son opposition à cette idée de pont «Je l’ai fait après m’être informé sur le sujet et avoir pris conscience des véritables enjeux.Ce n’est pas de l’opportunisme politique, c’est de l’honnêteté.» Les membres en règle du Parti vert du Québec ont jusqu’au 24 mars pour sceller l’avenir des deux candidats.Le vainqueur va être connu le 29 mars lors du Congrès national de cette formation politique qui, en mars 2007, a récolté 3,85 % des suffrages en présentant 108 candidats (sur une possibilité de 125).A titre comparatif, Québec solidaire, le parti de gauche, a o1> tenu 3,64 % des votes, avec 123 candidats.Le Devoir m.kh CHAIWAT SUBPRASOM REUTERS Christopher Paul Neil, un Canadien soupçonné de pédophilie, photographié hier alors que s’ouvrait son procès.Pédophilie : le procès du Canadien Christopher Neil s’est ouvert à Bangkok MICHAEL CASEY Bangkok — Le ressortissant canadien soupçonné de pédophilie et arrêté en octobre dernier en Thaïlande a entamé hier la première journée de son procès dans la capitale du pays, Bangkok.Christopher Paul Neil est accusé d’avoir agressé sexuellement un garçon de neuf ans.Il a été appréhendé l’an dernier au terme d’une chasse à l’homme internationale qui a duré trois ans, après qu’Interpol eut réussi à débrouiller sa photo à partir de clichés numériques sur Internet.L’enseignant de 32 ans, qui a travaillé dans différents pays d’Asie, a été arrêté le 19 octobre 2007.Interpol avait diffusé un appel international sans précédent pour l’aider à l’appréhender.Décontracté et tout sourire à son arrivée au palais de justice, il a dit espérer que justice soit rendue en Thaïlande.Il a plaidé non coupable à l’accusation d’avoir agressé sexuellement un petit Thaï de neuf ans, qui a communiqué avec la police après avoir vu le visage de Neil à la télévision, à la suite de son arrestation.L’enfant soutient que l’homme lui ver- sait entre 15 $ et 30 S pour pratiquer des fellations en 2003, alors qu’il vivait en Thaïlande.S’il est reconnu coupable, l’accusé encourt une peine maximale de 20 ans de prison pour agression sexuelle d’un mineur et pour avoir enregistré sur vidéo les agressions présumées, avoir emmené un enfant sans le consentement d’un parent et l’avoir retenu contre son gré.«Nous avons la preuve, et nous avons la victime, a dit le procureur Sontus Singhapus.Il est coupable.» Les procureurs ont l’intention de déposer en preuve environ 70 photographies montrant Neil se livrant à des actes sexuels avec de jeunes garçons nus ou partiellement dévêtus, a dit M.Sontus.Ils prévoient également faire témoigner la jeune victime et ses parents, ainsi qu’un autre garçon ayant recruté la victime pour Neil.Selon M.Sontus, des accusations supplémentaires pourraient être portées contre le Canadien si la police parvient à retrouver d’autres victimes présumées en Thaïlande.Le procès a été ajourné au 2 juin prochain.Associated Press 1 ^ y j — ' • M*** J EN BREF Lac-Rapide : Ottawa prend position Le gouvernement fédéral se repositionne dans la guerre de pouvoir qui divise la petite communauté al-gonquine de Lac-Rapide au nord de Maniwaki.Après avoir donné son soutien au chef intérimaire Benjamin Nottaway, le ministère des Affaires indiennes (MAINC) a annoncé hier qui entendait désormais traiter avec le nouveau chef, Casey Ratt Ce dernier prétend être le chef légitime depuis la tenue le 30 janvier d’un processus de sélection basé sur la coutume locale.Opposé à cette nomination, M.Nottaway avait sommé M.Ratt et son équipe de quitter le village.Les deux camps avaient élevé des barricades sur le territoire.A la suite d’une intervention de la Sûreté du Québec vendredi, la circulation dans la communauté a été rétablie, et des individus ont été interpellés, mais la SQ a signalé au Devoir que de nouvelles barricades avaient été installées hier.-Le Devoir Dernier hommage à un pompier Varennes — Des pompiers de partout au Canada se sont joints aux citoyens de Varennes, en Montéré-gie, hier, afin de rendre un dernier hommage à Mathieu Émond, ce jeune pompier à temps partiel qui est mort en service la semaine dernière.Un camion de pompier de la ville de Varennes, recouvert de couronnes de fleurs, menait le cortège funèbre.Une de ces couronnes avait la forme du sigle des Çanadiens de Montréal, Mathieu Émond étant un amateur passionné de hockey.Russ Bilton, chef adjoint des pompiers de Calgary qui assistait à la cérémonie, a dit être venu appuyer un frère tombé au combat, faisant valoir que tous les pompiers ressentaient un choc à la perte de l’un des leurs.Mathieu Émond, 26 ans, était père d’une fillette de moins d’un an.D a péri au sous-sol d'une maison envahie par la fumée, cherchant la source de cette fumée avec deux autres collègues, lorsque les flammes ont violemment envahi l’espace.Ses deux collègues ont réussi à s’extirper du brasier, de même que les deux résidants de la demeure, qui étaient sortis plus tôt pour appeler les pompiers.Un autre pompier québécois est mort dimanche à Val-des-Monts, en Outaouais, lorsqu’un garage s’est effondré sur lui.André Manseau, 18 ans, n’était pompier volontaire que depuis six mois au sein du service de protection contre les incendies de la municipalité.- La Presse canadienne Choix du promoteur La Ville de Montréal a choisi le promoteur Conceptions Rachel-Ju-lien pour bâtir des logements et des commerces sur l’un des terrains d’anciens ateliers municipaux, aux abords de la station de métro Rosemont Le projet situé le long de la rue Saint-Hubert à l’angle du boulevard Rosemont, comportera 335 logements, dont 220 studios et unités d’une chambre à coucher, ainsi que des espaces commerciaux au rez-de-chaussée.Sept promoteurs avaient répondu à un appel de propositions lancé par la Ville en octobre dernier.Conceptions Rachel-Julien a coiffé au poteau Constructions Beau-Design, qui proposait l’aménagement de 330 logements, dont une résidence pour personnes âgées.C’est l’offre de 6,65 millions de dollars pour l’achat du terrain municipal qui a permis au promoteur de remporter la mise puisqu’elle dépassait de 1,15 million la proposition de son concurrent Les travaux devraient débuter en 2009 pur se terminer en 2012.Ce projet fait partie du plan de revitalisation du site, qui comptera une nouvelle bibliothèque ainsi que 155 logements communautaires dont la construction devrait commencer cette année.- Le Devoir Tuée en traversant la rue Une piétonne a perdu la vie après avoir été happée par un camion de remorquage, dans l’arrondissement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal.L’accident est survenu, hier, vers 12h40, à l’intersection des rues Papineau et Rachel.La piétonne, une sexagénaire, a été transportée à l’hôpital où son décès a été constaté.La dame traversait pourtant à un feu vert lorsqu’elle a été frappée, selon ce qu’ont indiqué des témoins de l’accident aux policiers.Le conducteur du camion-remorque aurait tourné en sa direction alors que la signalisation routière interdisait de le faire à cet endroit entre Th et 22h.Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a ouvert une enquête.L’intersection a été fennée «à la circulation, le temps de reconstituer la scène.- La Presse canadienne ''I'» ,|S5 CTUALITES Michel David Les colocs Il arriye parfois au député adéquiste de La Pel-trie, Eric Caire, d’utiliser les mots à mauvais escient.Dans un point de presse improvisé en marge du conseil général du PLQ, où il avait été dépêché on ne sait trop pourquoi, M.Caire a déclaré qu’il avait «les genoux fragiles».Il voulait dire que l’ADQ ne se mettrait pas à genoux en appuyant un budget qui passerait outre à ses demandes, mais tout le monde a plutôt compris que, dans l’état de vulnérabilité où elle se trouve, elle plierait facilement De son côté, le premier ministre Charest a laissé entendre que le budget contiendrait quelques mesures qui pennettront à l’opposition officielle de voter en faveur du budget sans perdre complètement la face.De toute manière, elle n’a pas les moyens de faire fit fine bouche.A la différence de Stephen Harper, le premier ministre Charest ne tient pas à être renversé.On peut donc penser qu’il ne sera pas aussi sarcastique que M.Harper l’a été envers Stéphane Dion.Ce sera sans doute un peu mortifiant pour Mario Dumont mais le PQ n’a rien perdu à se montrer conciliant au printemps dernier.La population ne tiendra certainement pas rigueur au chef de l’ADQ de se montrer enfin raisonnable.Bien au contraire, elle semble avoir saisi plus rapidement que les partis politiques la nécessité du changement des règles imposé par les résultats des élections du 26 mars 2007.Pas plus que son homologue fédéral M.Charest ne s’attendait à devoir diriger un gouvernement minoritaire aussi longtemps.A moins d’un revirement spectaculaire, les «colocs» de l’Assemblée nationale sont condamnés à renouveler leur bail au moins un an, alors que le programme législatif et le Conseil des ministres avaient été conçus dans une perspective de court terme.?Maintenant que le conseil général du PLQ et le vote sur leadership de M.Charest sont chose du passé, il était immanquable que renaissent les rumeurs de remaniement ministériel, probablement durant la semaine de Pâques, alors que l'Assemblée nationale fera relâche.Il est vrai que certains ministres croulent sous la tâche.Michelle Courchesne a tyeau effectuer des performances remarquables, l’Education et la Famille auraient besoin d’un ministre à plein temps.Tout le monde s’entend également pour dire que Christine St-Pierre devrait laisser la responsabilité de la Charte de la langue française à quelqu’un de plus expérimenté.Sans parler de Philippe Couillard, que l’on ne peut laisser éternellement à la tête d’un ministère dont il ne veut plus, sans que sa gestion finisse par en souffrir.Malheureusement il faudra encore patienter.A la veille de l’étude des crédits en commission parlementaire, qui nécessite une connaissance minimale des dossiers, le moment serait mal choisi pour effectuer un remaniement majeur.Surtout il n’y a aucune nécessité politique de précipiter les choses.Dans l’entourage du premier ministre, on a pris bonne note qu’il n’y avait aucun manifestant au conseil général de la fin de semaine.Pourtant à l’ouverture du conseil, vendredi soir, la tempête de neige qui allait s’abattre sur le Québec était encore loin.Assez paradoxalement, à la tête d’un gouvernement minoritaire depuis un an, M.Charest exerce présentement un meilleur contrôle sur le programme politique qu’au même stade de son premier mandat, alors qu’il disposait d’une confortable majorité parlementaire.A l’époque, son gouvernement était embourbé dans la crise de Kanesatake et dans le dossier de la centrale thermique du Suroît.Selon Crop, 66 % des Québécois s’en disaient insatisfaits, alors que 50 % sont présentement satisfaits.Le seul dossier qui donne réellement de l’inquiétude est celui de la langue.Au cours des prochains jours, Mme St-Pierre doit s’attendre à être une cible privilégiée.A moins qu’elle ne s’effondre comme l’avait fait jadis le docteur Guy Rivard, à qui Robert Bourassa avait commis l’erreur de confier le dossier, M.Charest peut très bien attendre la fin de juin ou même le début de l’automne pour remanier son cabinet, quand il aura une meilleure idée de ceux qui renonceront à solliciter un nouveau mandat aux prochaines élections.?À la veille de la rentrée parlementaire, le premier ministre n’avait pas grand-chose à dire sur ce qui attend les députés au cours des prochains mois, si ce n’est le budget de jeudi et les prévisions de dépenses qui l’accompagneront Dans son entourage, on ne s’inquiète pas trop de la capacité du gouvernement d'occuper l’espace médiatique.Il est vrai que les débats à l’Assemblée nationale ont bien servi M.Charest l’automne dernier.Il préfère nettement le face-à-face avec ses deux collègues de l’opposition aux confrontations par médias interposés hors de l’arène parlementaire.Le tour de Mario Dumont viendra, a-t-il promis, même s’il l’a ménagé ces derniers temps pour obtenir son appui au budget.Les prochaines élections sont beaucoup trop lointaines pour considérer l'ADQ au plancher pour le compte.M.Dumont a démontré dans le passé sa remarquable capacité de transformer une question qui paraissait relativement secondaire en véritable tempête politique.Dans l'immédiat, le principal adversaire est toutefois le PQ.Au cours de la session d’automne, M.Charest a eu un certain succès en présentant M.Dumont comme une girouette et un irresponsable, comme il avait jadis dépeint André Boisdair en homme immature et dépourvu de jugement En fin de semaine dernière, il a entrepris de définir Pauline Marois comme une femme incapable de se faire une opinion, qui change constamment d’idée.Il a rappelé que, le soir de son élection dans Charlevoix, elle avait annoncé son intention de nommer un ministre de la Souveraineté, pour en écarter l’idée deux jours plus tard.Puis sa volte-face sur les cours d’histoire, qu’elle avmt proposé d’offrir en anglais aux élèves de cinquième année.Entre colocs, il est très facile de trouver un sujet de chicane.Kyoto : une amende d’au moins 35 milliards attend le Canada Facebook: les amis de Stéphane Dion sont très critiques à son endroit Ottawa annonce des mesures pour améliorer le bilan environnemental canadien en matière de sables bitumineux Le gouvernement Harper a annoncé hier que les centrales thermiques et les équipements d’extraction et de raffinage des sables bitumineux devront adopter à compter de 2012 des technologies de captage et de stockage du carbone.Ces mesures, ajoutées à celles des provinces et de différents programmes fédéraux, devraient retrancher annuellement 330 millions de tonnes ou mégatonnes (Mt) au bilan des émissions canadiennes d’ici 2020.LOUIS-GILLES FRANCŒUR annonce des premières me-i sures réglementaires fédérales visant les grands émetteurs industriels de gaz à effet de serre (GES) indiquent que le Canada s’achemine vers une pénalité minimale de 35 milliards pour non-respect du protocole de Kyoto.Ces chiffres ressortent du bilan en chiffres absolus publié hier par le gouvernement Harper à l’occasion de l’annonce des mesures qu’il entend imposer bientôt aux grands émetteurs canadiens.Il en ressort que le Canada accusera un surplus d’émissions de 1160 Mt de GES durant la période 2008-2012.Au prix actuel de 30 $ la tonne, qui a peu de chances d’avoir cours en 2012, le Canada se prépare une facture minimale d’environ 35 milliards.Les observateurs prévoient que les prix devraient plutôt osciller entre 50 et 75 $ la tonne.Selon les chiffres publiés hier par Environnement Canada, le Canada ramènera ses émissions en 2020 à 610 Mt.C’est 11 mégatonnes de plus que le niveau historique de 1990.Et c’est loin de la cible de Kyoto, soit 6 % en dessous du niveau de 1990 ou 563 Mt, même huit ans après l’expiration des engagements légaux en cours.Les documents d’information publiés par le ministre fédéral de l’Environnement John Baird, révèlent en effet que le Canada produira environ 3775 millions de tonnes de GES entre 2008 et 2012.Or il s’est engagé en vertu du droit international à limiter ses émissions cumulatives durant cette période à 2815 Mt soit 563 Mt en moyenne par année.Le traité international prévoit que les pays signataires en contravention de leurs engagements devront soit se rattraper sur une courte période ultérieure par des réductions supplémentaires ou payer l’équivalent du surplus à la valeur du marché.Le traité prévoit aussi que la dette sera multipliée par 1,5 dans le cas des pays dont les efforts n’auront pas été sérieux ou compromis par une conjoncture incontrôlable.Le gouvernement Harper résumait hier ainsi ses objectifs: le Canada réduira, d’ici 2020, de 20 % ses émissions par rapport à leur niveau de 2006.Les émissions actuelles du Canada dépassent de 25 % celles de 1990 et de 32 % l’objectif de Kyoto.Si rien n’est fait, précisait John Baird hier, les émissions du Canada pourraient atteindre 940 Mt en 2020, ce qui dépasserait de 58 % le niveau de 1990.Les normes fédérales annoncées hier prévoient que les vieilles installations devront respecter des normes d’émissions d’ici 2010 par une réduction 18 % de l’intensité des émissions produites par unité de production d’ici 2010 et d’un pourcentage de 2 % de plus par année par la suite.Les usines qui auront commencé leurs opérations entre 2004 et 2011 devront adopter des technologies et des combustibles plus propres.Les installations de production à partir des sables bitumineux devront pour leur part recou- rir au captage et au stockage de carbone ou à des technologies d’efficacité équivalente.Quant aux centrales thermiques, Ottawa ne leur permettra plus d’utiliser du charbon à forte teneur en carbone à moins qu’elles n’acceptent de capter leurs émissions.Les 16 secteurs qui forment le groupe des grands émetteurs industriels vont ainsi réduire leurs émissions de 165 Mt par année d’ici 2020.Le ministre fédéral de l'Environnement a aussi annoncé qu'il rendrait obligatoire l’incorporation d’un pourcentage d’énergie renouvelable dans le carburant destiné aux voitures et camions légers, dans le diesel et le mazout II imposera aussi une norme de consommation de carburant au parc auto-ipobile, calquée sur celle des Etats-Unis.Ottawa promulguera enfin de nouvelles exigences pour les lave-vaisselle et d’autres appareils électriques en plus d’interdire à terme les ampoules incandescentes 4nefficaces».Les entreprises qui devront réduire l’intensité de leurs émissions pourront les acheter d’autres entreprises, y compris d’entreprises non réglementées qui auront obtenu des crédits pour leurs initiatives volontaires.Le ministre Baird a été l’objet hier d’une plainte de la part de la Galerie de la presse pour n’avoir pas prévu une séance d’information technique pour les journalistes, furieux de la primeur du plan fédéral, divulgué hier au Globe and Mail, et d'avoir raté le rapport sur les changements climatiques, publié en fin de journée vendredi dernier.Ce «plan» n’est qu’un projet, «aussi vieux et désuet que le vieux gouvernement conservateur» parce qu’il n’est pas accompagné d’un règlement en bonne et due forme et qu’il ne se conforme pas aux règles internationales, a précisé le porte-parole libéral, David McGuinty.Le Devoir L’objectif du gouvernment Harper: réduire de 20 % d’ici 2020 les émissions canadiennes de GES par rapport à 2006 * CHRIS WAITIE REUTERS John Baird HÉLÈNE BUZZETTI Ottawa — Avec des amis comme ceux-là, qui a besoin d’ennemis?Le chef du Parti libéral du Canada, Stéphane Dion, se fait passer un savon par ses «amis» virtuels sur le populaire site de réseautage Facebook où il s’affiche.Ils lui reprochent de se faire complice des conservateurs en ne renversant pas leur gouvernement minoritaire.Mais bon, ils le félicitent aussi pour sa nouvelle monture de lunettes racée! D en va de la politique comme du banal quotidien: les politiciens qui soulignent leur existence sur le site Facebook jaugent leur popularité au nombre d’amis qu’ils recrutent Et à cet égard, Stéphane Dion remporte la mise! D peut se vanter d’avoir séduit 10 320 internautes en date d’hier midi.Même son populaire poulain Justin Trudeau — qui pendant un temps avait commis l’impair de tenir pour acquise son éventuelle victoire électorale en se présentant sur Facebook comme le député de Papineau — n’en compte que 6147.Au classement des chefs de partis politiques fédéraux, le néo-démocrate Jack Layton arrive second à 9506, suivi du premier ministre Stephen Harper (8017) et de la leader du Parti vert Elizabeth May (1626).Le chef du Bloc québécois ferme la marche avec quelques centaines seulement (531), mais il ne s’agit pas d'un site autorisé.M.Dion accepte les commentaires de tout le monde sur son babillard virtuel, et cette ouverture invite à la critique.Depuis qu’il a choisi de ne pas renverser le gouvernement conservateur et son troisième budget, il y a deux semaines, ils sont décapants.«Coudonc, Monsieur Dion, êtes vous membre du Parti conservateur?», demandait Philippe Lemieux mercredi dernier.Il se faisait ainsi l’écho d'Ali Abbas Naq-vi, de Toronto, qui écrivait «Je ne suis plus capable de l’endurer.Il devrait être congédié du poste de chef libéral.S’il était intelligent, il serait un conservateur.» Dominique Noël, du Québec, se défoule en traitant le chef Dion de «tas de nouilles» et propose même de changer les premières lettres de cette expression pour en concocter une nouvelle franchement plus grossière.«M.Dion, combien d'affronts est-ce que les conservateurs vont pouvoir servir à ce pays avant que vous ne mettiez vos culottes?», demande-t-il, démontrant qu’il a de la suite dans les idées.Il termine son laïus par un cri de ralliement: «Pour le bien de notre pays, allons en élection!» Des dizaines de commentaires similaires se retrouvent sur le site de M.Dion, certains visiblement frustrés ne pas pouvoir «renverser les cons» (abréviation humoristique utilisée dans les milieux de gauche pour désigner le parti de Stephen Harper).Le tout est évidemment à prendre avec circonspection puisque l'identité de ces militants hargneux ne peut être confirmée.On reproche tantôt à Stéphane Dion de ne pas jouer son rôle de leader de l’opposition, tantôt de passer à côté de sujets en or qui auraient pu alimenter une campagne électorale.Tim Peterson, de Regina, écrit par exemple que l’opposition se trouve davantage du côté du NPD et de son chef, Jack Layton.«Au moins, il a des idées originales et il peut gérer son parti.Les libéraux sont en déroute.» Fordan Wall constate avec regret qu’en ne déclenchant pas d’élections, les libéraux ont renoncé à deux juteux scandales: l’affaire Chuck Cadman et la fuite concernant l’ALENA «Je ne voi$ P0* ce • wm ffijyÆÆ.V./, Jmê 5 ESPACE ^classique La webradio d’Espace musique LE Ü E V 0 I K .LE MARDI 11 MARS 2 0 0 8 A 6 EDITORIAL Surprenez-nous, Monsieur Charest Les gens heureux n’ont pas d’histoire, dit-on.Ce dicton s’applique bien au congrès du Parti libéral du Québec du weekend dernier.L’événement s’est terminé en apothéose pour le premier ministre Jean Charest pour qui cette fin de semaine aura été une sorte de grand «love-in».L’appui reçu l’investit d’une autorité exceptionnelle qu’il lui reste maintenant à exercer.runanimité.e ce congrès, il y a bien peu à dire comme tel.Tout s’est déroulé dans l’ordre et sans heurts.Les questions délicates ont été mises de coté.C’est le cas de la politique de la langue que l’on a peu eu le temps — vraiment?— d’étudier en assemblée plénière.C’était le seul sujet contentieux.A la place, on a mis l’accent sur le développement économique, la famille et l’environnement, des questions qui permettaient toutes de dégager facilement des consensus, voire La préoccupation des organisateurs de ce congrès était patente, éviter à tout prix les dissensions et dégager une image d’unité derrière le chef.Le message a été compris.Trop bien même! Comment ne pas voir en effet dans ce vote de confiance de 97 % à son endroit une dimension artificielle.Certes, les militants libéraux se devaient d’accorder leur confiance à leur chef.Depuis l’automne, il s’est repris en main.Il a accepté d’être conseillé et, surtout, d’écouter ses conseillers.Aujourd’hui, son gouvernement ne va pas encore bien, mais il va beaucoup mieux.Néanmoins, comment croire qu’il n’y a que 3 % des militants libéraux qui soient insatisfaits du leadership de leur chef et qui veuillent en changer?Un tel appui est une arme à deux tranchants pour Jean Charest.Cela lui permet de ne pas avoir à se méfier des ennemis au sein de son parti.Il peut se consacrer entièrement à ses adversaires péquistes et adéquistes et chercher à convaincre les Québécois qu’il est celui qui peut mieux défendre leurs intérêts.Par contre, s’il n’y arrive pas, il tombera de très haut Le choc sera alors brutal.Le défi de Jean Charest est d’arriver à convaincre les électeurs francophones qui, aux dernières élections, se sont tournés majoritairement du côté de l’Action démocratique et du Parti québécois.Ces dernières semaines, il a repris quelques points de pourcentage au parti de Mario Dumont, mais il demeure loin derrière celui de Pauline Marois qui s’est fait le champion de la promotion de l’identité et de la langue.Deux thèmes qui, de toute évidence, font peur aux libéraux, au point que les délégués au congrès ont fait biffer du texte d’une résolution le mot citoyenneté.Le blanc-seing obtenu au cours de ce congrès devrait permettre à Jean Charest d’aborder plus librement ces questions.Osera-t-il aller à l’encontre des réserves de ses militants?Le congrès terminé, on s’attendra à ce qu’il retrouve ses habits de premier ministre et accomplisse cette «mission sacrée» qu’est la défense de la langue française qui, selon ses propres mots, revient à tout chef de gouvernement du Québec.Jean Charest saura-t-il nous surprendre?Il ne faut pas en écarter la possibilité.H l’a fait une fois à l’automne 2000, reconnaissant à la stupéfaction de beaucoup de ses militants que le Québec formait une nation.Il a confirmé dimanche que la ministre responsable de l’application de la loi 101, Christine St-Pierre, présenterait d’ici la fin du mois un plan d’action.On sait qu’il n’est pas question d’amender la loi 101, mais le gouvernement peut prendre les moyens pour l’appliquer avec vigueur.Il peut donner le message fort et clair que les Québécois attendent Allez, Monsieur Charest, surprenez-nous une autre fois.Ce vote de vos militants vous en donne les moyens.bdescoteaux@ledevoir.com Bernard Descôteaux La gauche imprévue R» Serge Truffaut e premier tour des municipales françaises ne s’est pas conclu comme prévu: si l’UMP, le parti du président Sarkozy, a perdu certaines villes au profit du Parti socialiste, ce dernier ne peut pas parler de raz-de-marée, i comme certains sondeurs l’avaient prédit En fait, cet épisode électoral s’est terminé par une surprise qui en dit long sur l’humeur politique changeante des Français.De quoi s’agit-il?La montée de la gauche de la gauche, comme on dit désormais.En effet, si un parti a de quoi se réjouir, c’est bien le Parti communiste qui vient d’effectuer un rebond inattendu.Car, en plus d’avoir conservé ses mairies, il a reconquis certaines des villes perdues en 2001 comme Dieppe et a de bonnes chances de grossir sa dote à la faveur du second tour dans des agglomérations populeuses, Nîmes et Le Havre par exemple.Fait à noter, à souligner deux fois plutôt qu’une, le PC l’a emporté là où le Parti socialiste avait provoqué des primaires faute d’alliance.Bref, au PS, on doit se mordre les doigts.L’autre moitié de la gauche de la gauche a elle aussi de quoi afficher sa satisfaction.La Ligue communiste révolutionnaire (LCR) menée par Olivier Besancenot a enregistré des scores très inattendus dans des villes de taille moyenne comme Clermont-Ferrand (14 %!).En tout cas, cette récolte de voix par l’organisation trotskyste a pris des proportions propres à faire perdre leur latin aux édiles socialistes qui, à l'évidence, peinent à lire l’évolution politique des Français.Ce rebond des communistes combiné à la montée de leurs frères ennemis trotskystes a ceci de particulier qu’il s’avère un écho hexagonal à ce qui a été constaté chez leurs voisins allemands.Lors de récentes joutes électorales, on a observé une percée notable de Die Linke, littéralement La Gauche, qui regroupe les ex-communistes, les altermondialistes et les déçus du SPD.Toujours est-il que La Gauche participe à la gestion des affaires dans certaines municipalités et Lânder.Cela étant, la recomposition de l’horizon politique étant en cours et non achevée, on est témoin de dissonances tant de la part de bonzes de l’UMP que du PS.On s’explique.À la suite des résultats d’hier, le MoDem est en mesure de jouer l’arbitre dans bien des villes.En clair, si untel du PS ou de l’UMP espère l'emporter lors de la grande finale, il devra faire davantage que des appels du pied en direction de son homologue du MoDem.En un mot, il devra négocier.Et alors?Dans certains cas, on sait que des représentants de l’UMP négocient avec le MoDem.Dans d’autres, ce dernier a entamé des pourparlers avec les candidats du PS.Ex-candidate à la présidentielle, Ségolène Royal favorise une alliance nationale avec le MoDem, contrairement à son ex-mari et actuel patron du PS, François Hollande.Morale de cette histoire?Le PS pousse le masochisme jusqu’à refuser d’accomplir sa mue.le devoir FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l’information PIERRE BEAULIEU LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND G-AfW nJW-oî'U LETTRES -?- Que d’aide ! Lettre à M.Marcel Tremblay Depuis quelque temps, M.Marcel Tremblay, vous nous incitez, nous, les citoyens, à utiliser les stationnements gratuits mis à la disposition de la population qui nuit au déneigement de la bonne Ville de Montréal.Je vais donc voir le site Internet que vous m’avez indiqué, pour constater que les premiers espaces de stationnement sont loin de chez moi.Mais je suis un bon citoyen, M.Tremblay, je regarde comme il faut, et je constate que, parmi les «près de 2500 places» que vous m’avez promises, 835 se trouvent sur le mont Royal.Pas de problème, je vais placer ma voiture là-bas, près du Lac des Castors.Ce périple me permet de visiter le joyau de Montréal.Je prends l’autobus puis le métro pour revenir chez moi.Je retourne voir le site que vous m’avez indiqué et constate que je dois enlever mon véhicule avant 7h le matin.Pas de problème encore une fois, M.Tremblay, je consulte le site de la société de transport de Montréal pour voir les horaires de l’autobus qui gravit le mont Royal: le numéro 11.Petite surprise, l’autobus part à 7h40 de la station Mont-Royal pour arriver au Lac des Castors à 7h52; je serai donc en retard pour libérer la place que vous m’avez gé-néreusement octroyée.Pas de problème, M.Tremblay, je vais marcher.Je pars donc de chez moi à 5h30, sur des trottoirs qui ne sont pas encore déneigés pour marcher jusqu'au métro Jarry, prendre le métro, arriver au métro Mont-Royal et marcher jusqu’à ma voiture.J’en profite, grâce à vous M.Tremblay, pour visiter le Mont-Royal, joyau de notre ville.Je reprends donc ma voiture à l’heure prescrite, pour rentrer chez moi où je serai le premier à placer ma voiture au bord de ma rue enfin déneigée.Une petite surprise m’y attendait la rue n’a pas été déneigée.Pas de problème, M.Tremblay, puisque demain, lundi, l’autobus de la montagne m’amènera au Lac des Castors à 6h57 et je pourrai donc éviter la marche, quand même assez longue, sur les chemins du mont Royal.M.Tremblay, grâce à votre initiative, j’ai pu agir en citoyen responsable, j’ai certainement évité une contravention pour stationnement illicite un soir de déneigement, et j’ai certainement évité à mon auto un remorquage qui n’est pas très conseillé pour la mécanique de mon précieux véhicule.Je ne sais comment vous remercier.[.] Claude Barbaud Montréal, le 9 mars 2008 Indigne de sa rémunération?À la lecture du texte de Guy Laperrière selon lequel les professeurs d’université gagnent trop (Le Devoir, «Idées», 7 mars), mon enfance et mes années au collège classique me sont immédiatement revenues en mémoire.En effet je ne peux m’empècher d’attribuer à notre bon vieux fond judéo-chrétien cette propension qui me semble toute canadienne-françai-se à se sentir indigne d’être rémunéré au niveau qui est consenti.Vouloir, avoir, penser à l’argent est une tare; l’image de Séraphin Poudrier n'est jamais loin chez nous.Inutile de commenter l’argumentation de mon collègue qui associe allègrement le chargé de cours, le professeur au collégial, l’enseignant au secondaire et le professeur d’université pour conclure qu «un minimum de sentiment d’équité sociale pousserait à un équilibre tout autre des salaires» entre ces personnes si manifestement équivalentes du point de vue de la formation et des tâches.Je retiens plutôt sa décision qui l’a rendu si heureux: «passer à demi-temps, coupant ainsi son salaire de moitié, ce qui a permis d’engager un jeune professeur».J’avais été fort agacé lors de «la grève héroïque» (dixit M.Laperrière), de l’automne 2005 à l’Université de Montréal, d’entendre certains collègues réprouver haut et fort la recherche d’un rattrapage salarial tout en encaissant en toute sérénité les gains obtenus par les efforts des autres.Je comprends que M.Laperrière continue à travailler à plein temps pour son mi-salaire, sinon pourquoi y aurait-il matière à pavoiser?Nul doute que son confesseur l’en a félicité, en attendant le Confesseur suprême qui fera sûrement de même.Quelques indulgences avec ça?Bertrand Desjardins Chercheur agrégé, département de démographie, Université de Montréal Le 8 mars 2008 Le plaisir d’être piéton Lors de mes déplacements professionnels, j’ai souvent eu le plaisir dç visiter la belle ville victorienne de Glasgow en Ecosse.Chaque soir, mon travail terminé, je me suis promené dans les rues piétonnières Sauchiehall et Buchanan qui ont une longueur totale de 12 km.Ces rues sont des endroits de choix pour tous les magasins de qualité.Malgré les heures de fermeture différentes de chez nous (les Star-bucks ferment à 20h mais les pubs à minuit), les rues sont animées et agréables.Loin de simplement barrer l’accès de ces rues aux automobiles par de gros blocs de béton ou des clôtures temporaires comme nous le faisons à Montréal lors des festivals et des ventes de trottoirs, la ville de Glasgow a installé du mobilier urbain de grande qualité et refait la surface des rues avec des blocs de granit D n’y a pas de trottoirs, la rue entière est le trottoir! Dans trois des six endroits où les voitures sont autorisées à traverser les rues, la rue de croisement est rétrécie à seulement une voie.[.J Par rapixut à Glasgow, notre ville fait pauvre figure.L’artère commerciale principale, la rue Sain-teCatherine, est dominée par quatre voies de voitures (deux voies remplies par des voitures stationnées) .Les piétons, eux, ont un mince tracé nettement insuffisant pour le nombre d’utilisateurs.En hiver, c’est encore pire.La chaussée est dégagée en priorité pour les voitures pendant que les piétons doivent faire leur propre chemin à travers les trottoirs glacés.Je me réjouis de l’annonce qu’une partie de la rue Sainte-Catherine sera piétonne cet été.J’en suis certain, l’essai sera convaincant (.] James Lawlor Montréal, le 9 mars 2008 LIBRE OPINION -?- Sous respirateur artificiel STEVE FOSTER Président-directeur général du Conseil québécois des gais et lesbiennes Dans Le Devoir du 23 février dernier, un article est paru sur les difficultés rencontrées en ce moment par l’organisme Séro-Zéro qui, faute de financement gouverna mental adéquat, devra réduire son personnel de moitié, privant ainsi sa clientèle de services de santé globale.Pourtant les activités de prés vention, d’éducation et de sensibilisation de cet organisme national sont plus qu’essentielles.Dans un autre article paru également dans Le Devoir le mardi suivant, le député de Sainte-Marie-Saint-Jacques, Martin Lemay, y allait quant à lui d’un cri du coeur afin que les organismes communautaires puissent recevoir davantage de financement afin de répondre efficacement aux problématiques de plus en plus nombreuses vécues par celles et ceux qui viennent en aide aux personnes en situation d’exclusion et de pauvreté.Le Conseil québécois des gais et lesbiennes (CQGL) joint sa voix à ce dernier et déplore à son tour le sous-financement des organismes communautaires au Québec.Cette triste réalité économique est le lot quotidien des groupes desservant les clientèles gaies, lesbiennes et transsexuelles de la région de Montréal et elle est vécue tout aussi durement par les organismes des autres régions.En préparation depuis un certain temps, le CQGL vient d’ailleurs de terminer la compila- tion des résultats d’un sondage effectué auprès de 80 groupes LGBT visant à obtenir un portrait de la situation sur le terrain.Les données recueillies (taux de réponse 50 %) confirment que les organismes communautaires LGBT sont sous respirateur artificiel.Quelques données Cinquante pour cent des répondants ont moins de 5000 $ annuellement pour répondre à l’ensemble des besoins de leur clientèle.De ce nombre, seulement 37,5 % d’entre eux disposent d’aussi peu que 2000 $.En outre, seulement 37,5 % des groupes reçoivent de l’aide gouvernementale, et les sommes versées peuvent représenter aussi peu que 1 % de l’enveloppe budgétaire.Soixantedix pour cent des groupes qui reçoivent de l’aide gouvernementale ne sont pas soutenus sur une base récurrente.Et 25 % des groupes survivent grâce aux administrateurs qui contribuent de manière personnelle au financement de la mission de l’organisme.Dans certains cas, ce montant peut représenter jusqu’à 95 % du financement global.Par ailleurs, 65 % des organismes n'ont aucun employé et, pour près de 50 % des répondants, le domicile d’un des administrateurs sert de bureau officiel.Ce sont 77,5 % des organismes qui ont déclaré avoir plus de trois missions et, de ce nombre, 60 % en ont plus de sue lutte contre Iho-mophobie, action politique, soutien et écoute, accompagnement santé et prévention, référencement groupes de discussion, etc.Les problématiques majeures auxquelles doivent répondre les organismes sont à 66, 5 % dues à l’homophobie, la lesbophobie, la transphobie, 40 % à la violence, 40 % au suicide et à 37,5 % à la superficie du territoire à desservir.Le CQGL déplore les conditions de survie auxquelles font face les organismes LGBT.Rien ne peut justifier, par exemple, que le coordonnateur bénévole d’un organisme du Sague-nay-Lac-Saint-Jean ait à investir personnellement 80 % des revenus dudit organisme afin d’en assurer sa survie.Doit-on attendre qu’il arrive à ces nombreux organismes sous-financés le sort d'un groupe de Drummondville qui a dû fermer ses portes faute de soutien gouvernemental?Et que dire des groupes comme Séro-Zéro et du Groupe d'intervention en violence conjugale chez les lesbiennes (G1VCL) dont le financement est loin de correspondre à la densité de la population LGBT à Montréal.Il est vraiment temps que le gouvernement du Québec mette en œuvre les recommandations du Rapport de consultation de la CDPDJ, De l'égalité juridique à l’égalité sociale: Vers une stratégie nationale de lutte à l’homophobie au-quel’le ministre de la Justice, M.Jacques Dupuis, a indiqué clairement vouloir donner suite.C’est pourquoi le CQGL réclame une action ni pide et positive de la part du ministre et du gouvernement à l’une des recommandations du rapport en finançant adéquatement les groupes LGBT Qu’on se le dise, quand le respirateur artificiel ne fondionne plus, c’est la mort à coup sûr. LE DEVOIR, LE MARDI 11 MARS 2 0 0 8 A 7 ims Serge Lemoyne : sombrer dans l’oubli JACQUES NADEAU LE DEVOIR "¦¦«WM JOCELYN FISET Peintre ontrairement à ce que tout le monde croit, 1998 ne fut pas l’année d’une seule piais de deux catastrophes.Evidemment, la première est celle du verglas, et l’on se remet à peine du tapage médiatique des dernières semaines.La seconde n’a encore rien causé comme tapage, si ce n’est cette exposition en forme d’hommage, présentée bravement par le Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire jusqu’au 23 mars prochain.Oui, donc, la catastrophe.En juillet 1998 disparaissait le peintre Serge Lemoyne, décédé prématurément d’un cancer foudroyant II avait 57 ans! Certains demanderont en quoi la mort d’un artiste est aussi catastrophique qu’un mois sans électricité pour des milliers d’individus ou la perte de quelques trente innocentes vies humaines et des centaines de millions de dollars en dommages matériels.La réponse est simple: l’oubli.Nous voici dix ans après la mort de Serge Lemoyne et il ne reste pratiquement aucune trace de son œuvre magnifique dans la mémoire et l’imaginaire collectif national.Voilà la véritable catastrophe.Si un peintre aussi talentueux et aussi engagé que lui n’a pas sa place dans la mémoire, les pensées, dans la fierté de chaque Québécois, c’est à se demander qui l’aura.Du jamais vu au Québec! Plus que tout autre, Serge Lemoyne n’avait de cesse de rendre son art accessible.On ne compte plus le nombre de ses actions, de ses happenings, de ses coups d’éclat faits pour, et devant le grand public.Et que dire de sa fameuse période bleu-blanc-rouge, en plein cœur des années 1970, en pleine gloire du club de hockey Canadien où Lemoyne peint des centaines de toiles ayant comme unique thème les Glorieux et comme uniques couleurs, celles du Tricolore: le bleu, le blanc et le rouge.Dix ans, d’une belle folie créatrice assortie d’une volonté immense de toucher la masse des gens par la fusion de l’art et du sport Lemoyne peignait des images simples et facilement reconnaissables comme des plans rapprochés de diverses parties de luniforme des joueurs, toujours à la limite du figuratif et de l’abstrait car il aimait faire dégouliner la peinture.Pour la première fois, un peintre de chez nous créait de toutes pièces une symbolique tout à fait moderne et surtout à notre image, sorte d’icône parfait de notre sport national.Du jamais vu daps l’histoire de l’art au Québec.A lui seul, ce cycle de dix ans aurait dû constituer l’apogée de la carrière de Lemoyne et lui attribuer une place bien méritée au panthéon de l’imaginaire collectif québécois, car il y avait, dans sa vie et son œuvre, matière à construire une aura aussi populaire, aussi imposante que celle d’un Maurice Richard, d’un René Lévesquç ou d’un Félix Leclerc.Au même titre que la planète entière est en mesure de comparer un portrait avec les deux yeux dans le même trou à un Picasso, de même, le Québec en entier devrait pouvoir comparer toute peinture qui dégouline à un Lemoyne.La démission des élites Malheureusement la réalité est tout autre.Déjà, il y a plus d’un an, dans ces mêmes pages, j’ai tenté d’attirer l’attention sur «l’invisibilité» qui sévit dans le domaine des arts visuels conséquemment à l’incapacité des grands médias d’ici à promouvoir sérieusement notre culture.Mais ce que nous vivons en ce moment est beaucoup plus qu’un problème médiatique.C’est la faillite totale d’une société à défendre ses artistes les plus fabuleux et à veiller à ce que leurs noms restent à jamais gravés dans les mémoires.Lemoyne est la preuve tangible d’une telle faillite.Tout comme le génial Le peintre Serge Lemoyne est mort il y a dix ans.André Mathieu, dont la mémoire et l’œuvre sont si ardemment défendus par le pianiste Alain Lefèvre.Ici, ce sont les artistes qui défendent les artistes.Ici, les grands créateurs n’ont plus la cote, et l’élite les abandonne.Vous l’aurez sans doute remarqué lors des dernières campagnes électorales, les chefs de toutes tendances politiques profitent à répétition d’une population de plus en plus vieillissante qui ne craint qu’une chose; que la médecine à deux vitesses lui tombe sur la tête.Que tout le reste de la société roule à deux, trois ou trente-six vitesses, on s’en tape.La pauvreté et l’environnement, on verra bien.Alors l’art, vous savez.D’ailleurs, ne dit-on pas que Jean Charest n’assiste jamais aux vernissages du Musée d’art contemporain?Au lieu d’allumer les esprits et de jouer un rôle de phare auprès du peuple, notre élite politique fait plutôt figure d’éteignoir.En ce qui concerne l’élite de la finance ce n’est guère mieux.Selon les statistiques, un nombre infime d’entreprises québécoises collectionnent des œuvres d’art sur une base régulière.Dans le monde des affaires, les grands vins (étrangers) se collectionnent mieux que les grandes œuvres (locales).La désaffection de l’élite économique envers la culture se fait plus cruellement sentir chez les propriétaires de petites etlnoyennes entreprises principalement parce qu’ils sont plus nombreux.Ces nouveaux riches n’hésitent pas à payer des fortunes pour l’aménagement paysager de leurs grosses maisons alors qu’à l’intérieur, celles-ci dévoilent une obscène absence d’œuvre d’art Dans l’univers du paraître, tout le fric va à l’esthétique, rien à l’artistique.Quant à l’élite culturelle, pour l’hérétique que je suis, la question est de savoir pourquoi nos véné- Qui se préoccupe de son œuvre?râbles institutions muséales réussissent à pousser la machine à fond lorsqu’il s’agit de promouvoir les Cocteau, Dali, Disney et autres créateurs d’outretombe et qu’ils n’y réussissent pas pour les créateurs de chez nous?Attend-on qu’ils reviennent d’une tournée triomphale à Paris, Berlin ou New York pour bouger?Serions-nous encore à ce point colonisés?Alors, qu’est-ce qu’on attend pour leur organiser nous-mêmes la promotion qu’ils méritent et une tournée du Québec, du Canada et du monde?La vraie calamité C’est ainsi que, par un laisser-faire général, les élites ouvrent la voie à ce succédané de culture qu’est le divertissement Ce n’est un secret pour personne, notre société souffre de la boulimie du divertissement et du culte de la célébrité.L’occident a finalement atteint les confins de la galaxie Gutemberg où les quinze minutes de célébrité accessibles à tous et prophétisées par le pape du Pop-Art Américain, Andy Warhol, se concrétisent aujourd’hui à la puissance dix grâce à la télé-réalité et Internet De l’émission TVA en Direct.Com, qui permet à tout un chacun de passer à la télévision par le truchement de sa webcam, à YouTube en passant par Loft Story ou les pubs à faire soi-même des petits gâteaux Vachon, chaque jour qui passe propose son lot de sollicitations pour que le citoyen participe à quelque chose.Le but inavoué de telles entreprises est d’outrepasser les vrais créateurs,et de faire croire à tous que ce sont eux les artistes.Evidemment, plus il y aura d’individus qui créeront leurs propres vidéos, leurs propres Jackasseries, plus les méga-entreprises de divertissement auront d’abonnés qui voudront s’écou- ter, se regarder, se reconnaître, et toc, plus il y aura de monde pour consommer des gigaoctets de narcissisme sur les cellulaires, les chaînes de télévision et les ordinateurs.C’est ainsi que le business est profitable.Exit les artistes professionnels.Ici, le star-system fait loi et éclipse le système des beaux-arts.Le plus ironique de cette affaire c’est qu’en fin de compte, tout ce que désirent les adeptes de la célébrité rapide c’est imiter les artistes pour en devenir eux-mêmes.Or, s’ils sont capables de les imiter, c’est qu’ils ont eu accès à des exemples, des modèles.Quand la culture des grandes idées et des belles folies créatrices n’a plus droit de cité, elle ne peut influencer la culture dite de grand public et celle-ci finit par s’appauvrir.Plus l’empire du divertissement fait la promotion de l’amateurisme au lieu de faire connaître plus de créateurs, de chercheurs, de scientifiques, de danseurs, de penseurs, de peintres ou de poètes, plus ce dernier contribue au rétrécissement des idées et de la pensée humaine.En cette époque fatidique où nous commençons à peine à prendre conscience du fait que nous contribuons tous aux changements climatiques et au tarissement des ressources naturelles de la planète, il serait aussi temps de prendre conscience que, par nos comportements et nos choix de consommateurs de produits de divertissement de toutes sortes, nous contribuons tout autant à l’épuisement de notre imaginaire collectif de même qu’au tarissement des ressources créatrices de l’humanité, condanmant de ce fait l’art et la création à la disparition.Mais, attention, la disparition d’une activité humaine aussi pointue que l’art, la disparition d’une manifestation aussi raffinée de l’esprit humain ne serait-elle pas alors annonciatrice de la disparition de l’homme, au même titre que la disparition de la banquise est annonciatrice de l’inexorable disparition de l’ours polaire?Sarkozy en chute libre ARCHIVES REUTERS Nicolas Sarkozy MATHIEU BOCK-CÔTÉ Doctorant en sociologie à l’UQAM —•• n ne sait pas si la chute actuelle de Nico- Olas Sarkozy dans les sondages durera.Ce qui est certain, c’est qu’elle suscite actuellement une vague de commentaires dans les démocraties occidentales.u==J Tous semblent faire le même constat: si la politique de Nicolas Sarkozy en laisse certains froids et semble en réjouir d’autres, son comporte ment d’une indéniable vulgarité accélère la ruine de sa réputation.Sa dernière frasque, ce «Casse-toi, pauvre con!» adressé à un quidam refùsant de lui serrer la main, participe du même registre que l’étalage au grand public des amours immatures d’un président à la sensibilité d’adolescent On aurait tort toutefois d’arrêter là notre réflexion sur le déclin d’un homme qui, encore hier, disposait d’un capital politique remarquable qui lui aurait permis d’enclencher sérieusement les grandes réformes dont la France a tant besoin, réformes placées au moment de la campagne présidentielle sous le signe de la rupture avec l’expérience soixante-huitarde.Il y a plus dans le comportement de cet homme qu’une simple faille caractérielle.Si l’on veut comprendre le mauvais sort actuel de Nicolas Sarkozy, il faut plutôt voir de quelle manière U contribue en ce moment à désacraliser en profondeur la fonction présidentielle et les institutions de la Ve République, d’autant plus qu’elles sont héritées de l’œuvre du Général de Gaulle qui avait fait l’expérience des conséquences d’un avilissement de la classe politique et qui croyait pour cela nécessaire de mettre en place des institutions contribuant à l’élever plutôt qu’à l’abaisser.Certains présentent cette désacralisation comme une démocratisation de la dernière présidence mo- narchique du monde occidental, avec une conversion généralisée à la transparence, nouvelle idole des temps postmodernes.C’est pourtant ne rien comprendre au pouvoir et à ses lois fondamentales.Depuis quelques décennies, c’est l’exercice du pouvoir et ses conditions qui semblent en régression.La perte de la distance entre les institutions et la société, et le refus souvent exprimé par les premières de la restaurer, donne l’impression d’une démocratisation de la vie politique.On devrait plutôt y voir sa fossilisation qui entraîne sa paralysie.A se décrocher des hauteurs de l’histoire, le politique se dégrade fatalement dans la simple administration du quotidien.La chose est pourtant admise par les bons esprits: si la démocratie est indispensable, nécessaire et incontournable, elle doit aussi être transcendée par un impératif existentiel, historique.Pour s’exercer vérita-blement, le pouvoir exige sa part d’ombre dérobée à la lumière publique, qui rend possible l’exercice du mal nécessaire à la réalisation de l’intérêt général.Il n’y a pas de grandeur sans mystère et de mystère sans distance.Cela aussi, c’était la leçon du gaullisme.En fait, on peut voir dans l’actuelle présidence de Nicolas Sarkozy un exemple de la crise de l’autorité qui abîme en ce moment la politique occidentale.Hier encore, la légitimité se devait d’être historique et démocratique, en s’inscrivant à la fois dans ime vision du destin national et un enregistrement majoritaire de cette vision par la population.Désormais, il semble bien que la seule légitimité que recherchent les hommes politiques soit spectaculaire, avec pour conséquence une fonne d’hyperactivité médiatique où la confusion de la vie privée et de la vie publique génère une célébrité que l’on réservait jusqu’ici aux starlettes et que ne convoitaient pas les hommes d’Etat.On ne se surprendra pas ensuite de la désaffection envers le politique et de la progressive déser- tion populaire de l’espace public.On ne se surprendra pas non plus que ce dernier soit occupé par des groupes et corporatismes qui ont moins le souci du bien commun qu’un agenda bien particulier à réaliser, qui se déploie d’autant mieux qu’il se réalise à l’ab,ri de la démocratie.Evidemment dire cela ne consiste pas à condamner la plus grande partie du programme politique qui aura conduit Nicolas Sarkozy à la première fonction de France.Revaloriser l’identité nationale, restaurer l’autorité de l’État contre le désordre public, rappeler la mission civilisatrice d’une école devant inculquer des valeurs de respect nécessaires à l’atténuation des incivilités, libérer la croissance économique de ses entraves bureaucratiques: voilà un ensemble d’objectifs que Nicolas Sarkozy avait formulé dans un programme clairement ratifié par une majorité très claire de la nation.Mais, justement l’application d’un tel programme, l’exercice d’une souveraineté réelle pour sortir une nation de son bourbier et la relever de son déclin impliquent un relèvement du pouvoir.Pas de redressement national sans redressement préalable de la fonction politique, pourrait-on dire.Tant que la classe politique cherchera à tout prix la proximité avec la population, tant qu’elle refusera d’assumer l’aspect tout à fait singulier des responsabilités qui lui appartiennent, huit qu’elle dégradera le tragique de sa fonction en mauvais comique, la crise de confiance qui affecte la démocratie occidentale continuera.Sarkozy déçoit parce qu’il ne se comporte pas comme un hoipme politique, encore moins comme un homme d’Etat.Sarkozy déçoit parce qu’à sans cesse alterner entre la promesse de la grandeur et le consentement à la médiocrité, ceux qui l’observent finissent tous par le désigner comme il se doit: un guignol de plus chez les imposteurs.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes A l’information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire {adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau {affaires municipales), Fabien Dcglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy {Général).Jean Dion, Louis-Gilles Francœur (environnement), Benoit Munger {responsable du site internet), Emilie Folie-Boivtn, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence Clave! (pupitre).Philippe Papineau (pupitre), 1 ouise-Maude Rioux Soucy (Santé).Pauline Gravel (sciences) ; Michel Garneau (caricaturiste) ; Diane Précourt (responsable da pages thématiques) ; Martin Dudos, Michèle Malentant et Christine Dumazet (awrwtettts); Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes) : A l’inf o nution culturelle, Michel Béiair (théâtre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre), Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du weekend), Stéphane Baillargeon (reporter).Paul Cauchon (médias), Caroline Montpetil (livres), Odile Tremblay (cinéma,)Isabelle Paré (culture): A l’information économique : Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l'information), Dominique Reny (pupitre), Eric Desrosiers.Claude Turcotte, Francois DesJardins; A l’information internationale : Jean-Pierre Legault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque, Guy Taillefer (adjoint au directeur de l’information), Serge Truffant (éditorialiste) ; A l’information politique : Hélène Buzzetti et Alix- Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisaç (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque ; Amélie Gaudrcau (secrétaire à la rédaction): Émilie Parent Bouchard, Étienne Plamnndon Émond (commis à la rédaction), la documentation : Gilles Paré (directeur): Manon Heroine, Olivier Spéciel (Québec).Monique Bliérer (Ottawa).IA PUBIJCITÉ Amélie Bessette, Jean de Billy, Jean-François Bossé, Dave Cameron (directeuranointj, Julie Chrétien, Marlène Côté, Christiane legault, Amélie Maltais, Claire Paquet, Geneviève Pierrat, Chantal Rainville, Martine Riopcllc, Isabelle Sanchez, Nadia Sebaï, Mélisande Simard (publicitaires), Sylvie Importe.Martine Bérubé (secrétaire).IA PRODUCTION Christian Goulet (directeurde production).Michel Bernatchez.Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Fillon, Yannick Morin, Nathalie Zemaltis, Olivier Zulda.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION FI TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu, Manon Blanchette, Nathalie Filion, Rachelle Leclerc, Jean-Robert Divers (responsable promotion).L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur), Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy, Ghislaine Ufleur, Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Protean, Danielle Ross. L E 1) E VOIR.L E M A R I) I II MARS 2008 CTUALITES CÉGEP TQS SUITE DE LA PAGE 1 le CRTC le plan du nouveau propriétaire.«Nous souhaitons que le processus soit terminé en juin, pour entreprendre des changements dès l'automne» explique René Guimond, président du TQS.«Nous discutons ensemble et nous sommes d’accord sur le fait qu’il faut aller ailleurs qu’en télé conventionnelle, ajoute-t-il.Sans vouloir donner plus de détails, René Guimond a toutefois mentionné que les contenus peuvent être diffusés sur d’autres plates-formes, par exemple sur Internet et en vidéo sur demande.«Nous sommes contents, bien sûr, mais nous ne savons pas encore ce que Remstar veut faire», indiquait hier Luc Bessette, président du Syndicat des employés de TQS, secteur information.TQS compte 650 employés, et Remstar devra clairement indiquer ce qu’elle entend faire avec les bureaux régionaux du réseau.La crise à TQS a commencé à la mi-décembre alors que l’entreprise se plaçait sous la protection de la I .oi sur les arrangements avec les créanciers, pour éviter la faillite.Cette protection lui a permis d’assainir ses finances et d’obtenir quatre offres d’achat Retournant hier devant la Cour supérieure, la direction de TQS a donc expliqué avoir choisi l’offre de Remstar.Trois offres étaient finalement demeurées en compétition, dont l’une d’une firme d’investissement de Toronto, Catalyst qui s’est présentée hier en cour pour demander au juge de considérer sa propre offre d’achat La protection de la cour se termine dans une semaine.Remstar est une entreprise indépendante créée en 1998 par les frères Maxime et Julien Rémillard, qui s’étaient lancés dans l’industrie cinématographique en achetant l’année précédente la société de distribution Prima Films.Les deux frères sont les fils de Lucien Rémillard, un prospère homme d'affaires qui a frit fortune dans la gestion et le transport de déchets (notamment avec l’entreprise RC1 Environnement).Il a ensuite ouvert l’hôtel Le St-James dans le Vieux-Montréal, haut lieu de rencontre des vedettes internationales dans la métropole.Il serait actif dans l’entreprise de ses fils.Remstar est surtout dirigée par Maxime Rémillard, dans la jeune trentaine, qui occupe le poste de président Remstar a produit ou financé plusieurs films québécois et étrangers, dont Elles étaient cinq, Ma fille, mon ange, Head in the Clouds avec Penelope Cruz et Charlize The-ron, et Battle in Seattle avec Charlize Theron.Remstar produit également avec la France le film consacré à Jacques Mesrine avec Vincent Cassel, et produira le film sur la tuerie de Polytechnique avec Karine Vanasse, ainsi que le premier film de Ken Scott, Les Doigts croches.L’entreprise fait également de la distribution de musique.A l’automne dernier, le Fonds de solidarité et la Caisse de dépôt et de placement du Québec annonçait qu’ils investissaient dans une division de Remstar, Remstar Media Partners, pour l’acquisition et l’exploitation des droits de distribution de 25 films d’ici cinq ans.La valeur de l’investissement n’a pas été divulguée.Remstar cherchait à diversifier ses activités: l’année dernière, elle convoitait les quatre hippodromes privatisés par le gouvernement québécois, finalement accordés au sénateur Paul Massicotte.Avec TQS, Remstar essaiera de relever d’énormes défis.Le réseau perd plus de cinq millions par année, et il a besoin d’au moins vingt millions pour prendre le virage haute définition.TQS fait face à la basse des revenus publicitaires, qui se déplacent vers les chaînes spécialisées et vers Internet Ses dirigeants ont également accusé Radio-Canada de lui faire un concurrence déloyale, s’en prenant aussi à la décision de Radio-Canada de désaffilier trois stations régionales du réseau TQS.Lors d’une audience du CRTC en avril prochain consacrée à la distribution de la télévision, TQS tentera de convaincre l’organisme fédéral de lui accorder l’accès aux redevances des abonnés du câble et du satellite, un accès actuellement réservé aux seules chaînes spécialisées.TQS fait également partie du consortium qui a obtenu les droits de diffusion des Jeux olympiques de Vancouver en 2010 et de Londres en 2012.Le prix offert par Remstar n’a pas été dévoilé hier.Le Devoir Rectificatif Une fâcheuse erreur technique a eu comme résultat d’escamoter quelques paragraphes du reportage de Nicole Pons sur Marseille, publié dans notre édition de samedi.Toutefois, Inversion intégrale se trouve sur le site Internet du Devoir www.ledevoir.com.Toutes nos excuses à l’auteure et à nos lecteurs.SUITE DE LA PAGE 1 Au ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS), on confirme ce fait Le seul cours d’histoire obligatoire du programme de sciences humaines est celui intitulé Histoire de la civilisation occidentale.«Toutefois, en fonction du profil qu’il choisit, l’étudiant peut être amené à suivre d’autres cours d’histoire, dont celui portant sur l’histoire du Québec», nuance la rela-tionniste du MELS Stéphanie Tremblay.Il en va de même dans les programmes autres que les sciences humaines, où «les étudiants peuvent cependant choisir des cours d'histoire, à titre de cours complémentaires ou optionnels, s’ils le désirent».On souligne que «l’histoire, dont celle du Québec», est une matière obligatoire dans le parcours de l’élève au secondaire.Mais cela ne justifie pas, estime M.Laporte, que les étudiants de sciences humaines au cégep «soient exemptés de cours d’histoire de l'endroit où ils vivent».Sans compter qu’au cégep, actuellement, les programmes enrichis se multiplient, comme le bac international, le programme «Histoire et civilisation» et le DEC universel, «offrant tous de l’histoire mais fort peu d’histoire du Québec», note M.Laporte.Lui-même enseigne à des étudiants dans certains de ces programmes qui, écrit-il, sont souvent axés sur «des contenus exotiques, dans la mouvance altermon-dialiste et coïncidant mieux avec un stage touristico-his-torique à l’étranger».Le voyage de fin d’études — au Guatemala, au Costa Rica, etc.— détermine souvent le contenu des cours enseignés, fait-il remarquer.La formation des nouveaux professeurs contribue aussi à la «disparition rapide» du thème du Québec dans l’enseignement collégial.Ceux-ci «n’éprouvent plus autant d’intérêt à parler du Québec dans leurs cours», soutient M.Laporte, puisqu’ils ont été formés dans des départements universitaires d’histoire ou de sciences sociales où la question québécoise, là aussi, occupe une place beaucoup moins importante qu’avant «Les mémoires et les thèses portent de plus en plus sur des thèmes étrangers, voire non occidentaux, et de moins en moins sur des aspects ayant trait au Québec.» M.Laporte fait remarquer que plusieurs jeunes enseignants, embauchés depuis 2000, n’ont acquis «qu’un modeste bagage scolaire sur le Québec», et qui remonte paradoxalement.au cégep.Inquiétude partagée L’inquiétude de M.Laporte est partagée par plu- sieurs.01 a d’ailleurs présenté ses données lors de quelques conférences.) A l’Université du Québec à Montréal, Marc Chevrier, professeur de science politique, abonde dans le sens de M.Laporte.Bien sûr, le Québec demeure étudié par les universitaires, comme «sujet central» ou à «l'intérieur des disciplines» (littérature, sociologie, études urbaines, etc.).Et ces experts ont mis sur pied un réseau international, concède-t-il.«Cependant, quand on observe l’enseignement et ce qui attire les étudiants, force est de constater, du moins en science politique, que les étudiants sont relativement peu attirés par les études québécoises ou canadiennes.» Le volume des mémoires et des thèses qui traitent du Québec «n'est pas impressionnant», note-t-il.Ce sont les relations internationales qui ont la cote.Normal puisque, depuis quelques décennies, le terme «international» a graduellement pris la place qu’occupait jadis celui de «classique» pour désigner l’excellence, le «nec plus ultra» en éducation.«L’ouverture sur le monde» est devenue une valeur cardinale du système scolaire.Une «attraction immodérée de l’extérieur», juge Marc Chevrier, qui débouche sur un «oubli de soi», une envie de «sortir à tout prix de soi.c’est l’altérité dévoreuse de soi», résume-t-il.La conséquence de ce mouvement, croit M.Chevrier, c’est par exemple que beaucoup de futurs diplômés deviendront des «spécialistes d’une région du monde ou de questions internationales — ce qui en soi est très bien —, mais connaîtront plutôt mal encore la société qui les a formés, sans pouvoir faire de comparaison approfondie entre celle-là et leur monde étranger».Or, note Réjean Pelletier, politologue de l’Université Laval, «on aborde peu la situation québécoise en elle-même et pour elle-même: On le fait beaucoup plus dans une perspective comparative».Gilles Laporte raconte que, récemment, des cégé-piens montréalais en stage au Guatemala ont été pris de court lorsque leurs hôtes leur ont demandé de leur parler de la nourriture et des danses traditionnelles du Québec.«La responsable du stage était bouleversée et m’a dit: “Il faudrait bien qu’on trouve quelque chose à dire sur nous”.» La place du Québec dans les cours de sciences humaines fera l’objet d’une table ronde au prochain congrès de l’Association des professeurs d’histoire des collèges du Québec, à Québec en mai prochain.MÉNAGE SUITE DE LA PAGE 1 de l’ordre il y a neuf ans justement pour régler ce dossier-là.Je trouvais parfaitement effrayant que, dans un domaine aussi sensible que la santé mentale, n’importe qui puisse s’improviser spécialiste.» Beaucoup des psychothérapeutes visés par cette loi sont les premiers ravis de pouvoir compter sur des balises plus solides.En 1991, un groupe de psychologues et de psychothérapeutes avait même fondé la Société québécoise des psychothérapeutes professionnels (SQPP).Ceux-ci s’étaient alors dotés d’un Code de déontologie clair et de règlements rigoureux destinés à mettre un peu d’ordre dans ce milieu mal balisé.Mais les pouvoirs de la société sont restés limités, et la loi 50 vient en quelque sorte donner un peu de chair à une lutte vieille de plus de 15 ans, soit la protection du public.Ce projet de loi vient aussi mettre fin à une vieille opposition avec les psychologues et les médecins, qui était à la source de grandes frustrations.«Pendant des années, nous avons eu l'impression d’aller à contre-courant.Aujourd'hui, nous sommes fatigués d’avoir à constamment défendre notre place entre les psychologues et les charlatans», raconte le président de la SQPR Michel Brais.En tout sa société compte 80 % de psychothérapeutes dits compétents mais non admissibles à un ordre (PCNA).L’examen du projet de loi 50 qui reprend demain viendra en quelque sorte normaliser leur pratique.Mais ne sera pas admissible qui veut Les PC NA devront montrer patte blanche et prouver leurs compétences.L’OPQ délivrera les permis et assurera la surveillance professionnelle de tous ces nouveaux membres.La SQPP ne voit aucun problème à devoir se soumettre aux règles de l’OPQ.Mais, attention, il ne faudrait toutefois pas y voir une tutelle, prévient M.Brais.«Il s’agit d’un mandat beaucoup plus large qui prendra son sens à travers une structure partagée avec le Conseil consultatif interdisciplinaire et l’Office des professions.» La SCPP estime d’ailleurs que ses membres de même que ceux de la Société canadienne de psychanalyse et de l’Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec devront jouir d’un droit acquis qui les rendra admissibles d’office à l’obtention d’un permis.Le ministre de la Justice, Jacques Dupuis, s’est montré ouvert à cette idée.«Le règlement sera écrit de telle sorte que cette volonté-là [.] soit respectée», a-t-il laissé entendre jeudi.Un acte réservé et partagé Concrètement, la loi 50 propose de partager le titre de psychothérapeute avec plusieurs autres professionnels: les travailleurs sociaux, les conseillers d’orientation, les psychoéducateurs, les infirmières et les ergothérapeutes qui auront les compétences nécessaires pour faire ce travail délicat Les psychologues et les médecins pourront bien entendu continuer à pratiquer cet art, mais sans être obligés d’utiliser le titre de psychothérapeute pour autant Le projet précise de surcroît que ce titre sera réservé de même que toutes les activités qui y sont reliées.Ainsi, il ne sera plus possible pour un psychothérapeute dont la compétence est remise en doute de continuer ses activités sous le couvert d’un autre titre, comme thérapeute en progression par exemple.D faut donc s’attendre à ce que de nombreux prétendants au titre de psychothérapeute se voient forcés de changer leur carte professionnelle —et leurs pratiques par la même occasion.Leur nombre est toutefois difficile à évaluer.En 1992, l’Office des.professions avait mené une enquête dans le but de recenser les gens qui se présentent comme des psychothérapeutes sans faire partie d’un ordre professionnel.«A l’époque, on avait avancé le chiffre de 4000 personnes, mais cela nous a toujours paru énorme.Je pense que pas plus de 400 à 500 vont réussir à faire reconnaître leurs compétences au bout du compte», estime Michel Brais.La semaine dernière, certains intervenants se sont inquiétés de voir ainsi disparaître des ressources imparfaites, certes, mais essentielles en ces temps de pénurie.Chaque fois, le ministre Dupuis a balayé leurs craintes du revers de la main.Loin de faire disparaître des ressources, la loi 50 vient élargir l’offre de services en permettant à de nouvelles catégories de professionnels qualifiés de pratiquer la psychothérapie.Et
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