Le devoir, 18 février 2008, Cahier A
LE DEVOIR AFGHANISTAN '\j$ Une fête tourne au carnage à Kandahar if Page B 1 V o l .X C I X N " 3 4 ?LE LUNDI 18 FÉVRIER 2008 89 c + TAXES = 1$ PEDRO RUIZ LE DEVOIR Paul Gérin-Lajoie,, premier titulaire du ministère de l’Éducation ’ Abolir les commissions scolaires, une idée sans bon sens, dit Gérin-Lajoie ISABELLE PARÉ Le premier titulaire du ministère de l’Éducation du Québec, Paul Gérin-Lajoie, croit que l’abolition des commissions scolaires prônée par l’Action démocratique du Québec (ADQ) est une idée «sans bon sens».Il pense plutôt qu’il faut donner une plus grande autonomie à celles qui seules peuvent s’assurer de la qualité de l’éducation dans les écoles du Québec.«Personnellement, je trouve que l’idée est sans bon sens.Si on abolissait les commissions scolaires, on se retrouverait dans la situation des habitants du Nouveau-Brunswick.La population réclamerait la réinstallation des commissions scolaires parce ’[elles] jouent un rôle essentiel en ce qui concerne la conjonction entre l’enseignement et les besoins du milieu», a dit hier l’ex-mi-nistre, balayant du revers de la main l’idée prônée non seulement par l’ADQ, mais aussi par l’association regroupant les directeurs d’écoles.A quelques jours du Forum sur la démocratie et la gouvernance scolaire, une initiative de la ministre de l’éducation, Michelle Courchesne, Paul Gérin-Lajoie apporte donc un appui sans équivoque à la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ).Il a cité en exemple l’erreur commise par le Nouveau-Brunswick voisin où la disparition des commissions scolaires en 1996 a provoqué un chaos tel que le gouvernement a dû faire marche arrière au tournant des années 2000.Celui qui fut un des artisans de la révolution tranquille au sein du gouvernement Lesage est sorti de sa réserve habituelle hier, jugeant l’heure «assez grave» VOIR PAGE A 8: GÉRIN-LAJOIE Paul Gérin-Lajoie juge l’heure «assez grave» pour dire le fond de sa pensée PEDRO RUIZ LE DEVOIR SANTÉ La CSN s’insurge d’avance contre le parti pris du rapport Castonguay ¦ À lire en page A 3 INDEX Annonces.B 6 Avis publics.B 2 Convergence B 7 Culture.B 8 Décès.B6 Économie.A 5 Editorial .A 6 Idées.A 7 Météo.B 5 Monde.B 1 Mots croisés.B 5 Religions.B 6 Sudoku.B 2 Télévision.B 7 17 HANNIBAL HANSCHKE REUTERS Les Kosovars du monde entier ont accueilli dans une explosion de joie (comme ici à Berlin) la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo.Le Kosovo, «fier et libre» Un grand rêve se réalise malgré Belgrade et Moscou ALEXANDRE SHIELDS Journée historique hier pour le Kosovo, qui a proclamé unilatéralement son indépendance, rêve de plusieurs générations d’Albanais de cette désormais ex-province du sud de la Serbie.Une déclaration rejetée catégoriquement par Belgrade, avec le soutien de la Russie qui réclame son annulation.Et dans une région où les tensions ethniques sont vives, la crain- te de voir la situation dégénérer est bien réelle.«Le Kosovo est une République, un Etat indépendant, démocratique et souverain», a déclaré le président du Parlement kosovar, Jakup Krasniqi, sous un tonnerre d’applaudissements des députés qui venaient de voter à l’unanimité la proclamation fondatrice, au cours d’une session extraordinaire.«Nous n’avons jamais perdu foi dans le rêve qu’un jour nous compterions parmi les nations libres du mon- de», avait lancé auparavant l’ancien guérillero devenu premier ministre, Hashim Thaci.Le Kosovo, a-t-il dit est désormais «fier et libre» et ne sera «plus jamais» gouverné par Belgrade.Jakup Krasniqi, Hashim Thaci et le président kosovar Fatmir Sejdiu ont paraphé la proclamation, consignée sur un parchemin, avant de dévoiler le nouveau drapeau: une carte du Kosovo VOIR PAGE A 8: KOSOVO ¦ Ottawa hésite encore, page A 2 ¦ La chronique de François Brousseau, page B 1 ¦ L’âme serbe est en berne, page B 1 L’ENTREVUE Le rappeur sage de Limoilou Pour Webster, Québec est une ville qui évolue lentement sur le plan de Vouverture à l’autre Le rappeur Ali Ndiaye, alias Webster, trouve la ville de Québec trop blanche et conservatrice.Ce qu’il dénonce avec panache dans le documentaire Québec, ville de passage, présenté cette semaine aux Rendez-Vous du cinéma québécois.ISABELLE PORTER Québec — «Québec Québec / On est loin des favelas / Mais si on te dit que tout est correct / C’est qu’on te raconte des fables hélas», prévient-il sur son album Sagesse immobile lancé à l’automne.Dans un vi-déoclip intitulé L Land, le quartier limoilou où il habite se donne des airs de Bronx local.«Les kids se sont détournés d’Sesame Street / La jeune a beaucoup de pression / Depuis que quelques de ses amies strip / Un virus dans l’district.» Notre rencontre a lieu dans un sympathique restaurant latino de son quartier.Tout le monde le connaît, l’ambiance est familiale.Lorsqu’on lui demande ce qui le motive pour accorder des entrevues, participer à des documentaires, il répond qu’il est «toujours prêt à parler de l’immigration à Québec».Puis il se tourne vers la cuisine: «Moi et la serveuse que tu vois là, on a grandi ensemble et on est issus de l'immigration.On est nés ici à Québec et on est Québécois.Mais il arrive encore qu’on nous fisse nous sentir comme des citoyens de seconde zone.» Paradoxalement, AH Ndiaye et sa sœur Marième montrent qu’il est possible de franchir bien des barrières.Le CLÉMENT AI.LARD Le rappeur Ali Ndiaye, alias Webster tout doublé dans leur cas d’un épanouissement artistique certain.Elle chante pour la formation hip-hop CEA et vient d’être recrutée par Musique Plus.Lui roule sa bosse depuis près de 10 ans sur la scène hip-hop avec son groupe Limoilou Starz, et plus récemment en solo.Ils sont nés d’un couple mixte particulièrement mobilisé.Sénégalais d’origine, leur père est très engagé VOIR PAGE A 8: WEBSTER Marois dénonce la culture du « fric » Elle critique aussi François Legault dans un entretien à paraître cette semaine ANTOINE ROBITAILLE Québec — Pauline Marois trouve (fatigant» que le Québec soit «dominé parla productivité» et que «la consommation de masse», «la réussite liée au fric et aux biens de consommation» aient éclipsé «les autres valeurs, les autres dimensions de la vie».C’est ce qu’elle a déclaré dans une interview étonnante d’une quinzaine de pages qui paraîtra dans un livre intitulé Les Deux Principales Réformes de l'Éducation du Québec moderne (Presses de l’université Laval) et où elle critique tant son prédécesseur, Jean Garon, que son successeur, François Legault Vendredi, Mme Marois participera d’ailleurs au lancement de l’ouvrage (qui a été dirigé par des penseurs de la réforme, Claude lœssard et Gabriel GosseUn), à la Faculté des sciences de l’éducation de VOIR PAGE A 8: MAROIS Pauline Marois: le « savoir-être » avant «l’avoir» îât ESPACE MUSIQUE 100,7FM ChA|s|SoN 9n En semaine avec Stanley Péan Réalisation Catherine Dupuy wmAM www radio-canada.co/radlo 77831302222308 A 2 LE DEVOIR, LE LUNDI 18 FEVRIER 2 0 0 8 LES ACTUALITES La STM veut régler les problèmes d’infiltration d’eau aux stations Angrignon et Préfontaine Le caractère architectural des deux stations devra toutefois être préservé JEANNE COKRIVEAU La Société de transport de Montréal (STM) cherche à régler, une fois pour toutes, les problèmes chroniques d’infiltration d’eau dans les stations de métro Angrignon et Préfontaine.Toutes deux sont dotées de toits laissant passer la lumière du jour.Cette caractéristique qui fait leur charme cause toutefois bien des maux de tête aux gestionnaires de la STM.Ce n’est pas d’hier que l’eau s’infdtre dans les deux stations de métro puisque les problèmes ont commencé peu après leur inauguration il y a maintenant trois décennies.L’heure n’est plus aux colmatages et aux réparations; la STM souhaite maintenant trouver une solution permanente.Et celle-ci risque de lui coûter cher.Conçue par l’architecte Henri Brillon et inaugurée en 1976, la station Préfontaine, dans Hochela-ga-Maisonneuve, est surmontée d’un toit vitré, mais l’eau s’infiltre par les joints depuis des années.Et quand il pleut fort à l’intérieur de la station, notamment à cause de la neige accumulée sur le toit, des seaux doivent être disposés un peu partout pour recueillir le plus gros des précipitations.La situation n’est guère mieux à Angrignon, située à l’extrémité de la ligne verte.Couverte d’une série de dômes translucides, la station baignée de lumière a été dessinée par l’architecte Jean-Louis Beaulieu et inaugurée en 1978.Des travaux de rénovation à la toiture ont été effectués en 2003, mais ils n’ont pas réglé entièrement le problème.«Ce sont deux systèmes très complexes et audacieux sur le plan architectural.mais, avec le climat qu’on a, ça nous cause des problèmes», explique Marianne Rouette, porte-pa- role de la STM.Pas question toutefois de dénaturer le concept original des architectes ou d’opter pour une solution plus économique qui consisterait à installer un toit opaque standard.«C’est l’architecture et les œuvres d’art qui font la richesse de nos stations», rappelle Mme Rouette.Bien que les toitures coulent depuis des années, elles ne menacent pas la sécurité des usagers Solutions proposées En 2006, la STM a fait appel à une firme d’architectes qui a reçu le mandat d’évaluer l’état des toitures et de suggérer des solutions pour les deux stations.A la lumière du rapport qui lui a été remis, la STM a commandé une étude préliminaire afin que deux des solutions proposées pour la station Angrignon soient examinées de plus près et que les coûts y soient détaillées.Mme Rouette refuse toutefois de dévoiler en quoi consistent les deux solutions qui ont été retenues.Mais, déjà, on s’attend à ce que les travaux à Angrignon coûtent cher, au moins trois à quatre millions de dollars, ce qui ne comprend pas les dépenses qui seront nécessaires pour des travaux connexes, comme le déplacement des tourniquets et de la loge du changeur pendant les rénovations.La STM commandera une étude semblable pour la station Préfontaine did à la fin de l’année.Bien que les toitures coulent depuis des années, elles ne menacent pas la sécurité des usagers, assure Mme Rouette: «Au-delà du vieillissement, il ne semble pas y avoir de dégradation grave qui mettrait les gens en péril.La STM a fait des travaux d’entretien réguliers pour éviter que l’état des stations ne se détériore de façon importante.» L’eau est omniprésente dans le métro montréalais.Discrètement, elle finit toujours par trouver son PEDRO RUIZ LE DEVOIR La station Préfontaine, dans Hochelaga-Maisonneuve, est surmontée d’un toit vitré, mais l’eau s’infiltre par les joints depuis des années.chemin à travers les fissures des tunnels.Mais si elle paraît être le pire ennemi du réseau souterrain, elle ne constitue pas une menace pour les usagers ni pour les structures du métro, souligne Mme Rouette.«Montréal étant une île, l’eau n’est jamais bien loin.Il y a certaines stations où c’est plus apparent que d’autres, comme Frontenac, mais ce n’est pas dangereux et ça fait partie du quotidien de nos tunnels», soutient-elle.Le Devoir Ottawa hésite encore à reconnaître l’indépendance du Kosovo CONCOURS EXPO MANGER SANTÉ 2 (iâ \sante .com MANGER Herboristerie Devoir Courez la chance de gagner l'un des 5 prix offerts par nos partenaires: Des certificats-cadeaux et des produits de haute qualité Valeur totale de 1250$.RACHELLE BÊRY épiceries son lé La culture du mleux-étre Bio-K# INTERNATIONA.INC Le plus puissant des problotlques Aliments Biologiques Venez déposer votre coupon à i Expo Manger Santé de Montréal du 14 au 16 mars 2008 ALEXANDRE SHIELDS La proclamation de l’indépendance du Kosovo a été rapidement saluée par le Parti québécois hier, qui en a profité pour souligner qu’il entendait suivre de près les événements, surtout en ce qui a trait «aux gestes de reconnaissance internationale» qui seront effectués par les autres Etats de la communauté internationale, y compris le Canada.Au moment de mettre sous presse, Ottawa soupesait toujours sa décision.Le député de Mercier et porte-parole du Parti québécois en matière de relations internationales, Daniel Turp, s’est dit heureux de l’accession du Kosovo à la souveraineté politique, soulignant «l’entrée de plein, droit, et par la voie démocratique», de ce nouvel Etat indépendant au sein de la communauté internationale.«Le Parti québécois suivra de près les suites de la déclaration d’indépendance du Kosovo, et particulièrement les déclarations et autres gestes de reconnaissance internationale qui seront formulés et posés par les autres Etats de la communauté internationale, y compris le Canada», a ajouté le député péquiste.Surtout M.Turp a profité de l’occasion pour établir un lien entre ce qui vient de se produire au Kosovo et la volonté de sa formation de voir un jour le Québec accéder lui aussi à l’indépendance.«Les Québécois continuent d’appuyer de façon significative l’idée de faire accéder le Québec, comme vient de le faire le Kosovo, à la souveraineté politique.Le Parti québécois continuera d'accompagner celles et ceux qui veulent Jaire accéder la nation québécoise au statut de pays et de promouvoir l’indépendance nationale», a soutenu le député Turp.Le porte-parole du Parti libéral du Canada en matière d'affaires étrangères, Bob Rae, a pour sa part affirmé que l’on ne peut pas établir de lien entre l’indépendance des Kosovars et celle, hypo- thétique, des Québécois.«La situation est tout à fait différente au Canada, a-t-il expliqué sur les ondes de LCN.Nous, nous avons une démocratie au Canada.Nous avons une fédération qui fonctionne bien.Au Kosovo, on a eu une guerre civile et des pertes de vies importantes.» Manifestants en liesse Des milliers de Canadiens d’origine albanaise ont par ailleurs bravé le froid, hier, pour célébrer la proclamation de l’indépendance de leur patrie, le Kosovo.Rassemblés devant l’Assemblée législative de l'Ontario à Toronto, mais aussi sur la colline parlementaire, à Ottawa, ils ont appelé le gouvernement conservateur du Canada à reconnaître le plus jeune Etat européen.L’un des organisateurs du rassemblement torontois, Albert Xhaferri, a souligné qu’entre 5000 et 10 000 réfugiés kosovars se sont installés au Canada au cours des dernières années.M.Xhaferri a ajouté qu’il est important pour ces immigrants que le Canada reconnaisse le Kosovo comme le 194e Etat de la planète.Ottawa n’a toutefois pas pris position, pour l’instant, sur la question du Kosovo.Un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a simplement indiqué hier à La Presse canadienne que le gouvernement soupesait toujours sa décision.Des experts, interrogés par l’agence de presse, ont attribué aux similarités entre le mouvement indépendantiste kosovar et celui des souverainistes québécois la réticence d’Ottawa à reconnaître l’indépendance de l’ancienne province serbe sans l’accord des Nations unies.Il n’a pas été possible hier d’obtenir de réactions de la part du Parti libéral du Québec ou de l’Action démocratique du Québec.Le Devoir Avec La Presse canadienne au stand du Devoir # 208 au Palais des Congrès Vous pouvez egalement reiourner votre coupon à l’adresse suivante Le Devoir, Concours Expo Manger Santé au 2050, rue de Bieury, 9e étage Montréal (Québec).H3A 3S1 Le tirage aura lieu le vendredi 21 mars 2008 à 15 h 00 aux locaux du Devoir.Les coupons de participation envoyés par la poste doivent parvenir au journal Le Devoir avant le jeudi18 mars à 17 h 30, 5 prix de 250$ chacun.Le concours s adresse aux personnes de >8 ans et plus Un seul coupon par enveloppe Les reproductions électroniques ne seront pas acceptées.Les conditions et règlements du concours sont disponioies à la reception du Devoir.-^ - Mission en Afghanistan: Bernier est satisfait Ottawa — Les efforts du gouvernement Harper pour trouver un terrain d’entente au sujet du rôle et du terme de la mission canadienne en Afghanistan sont couronnés de succès.C'est la conclusion à laquelle en est venu le ministre fédéral des Affaires étrangères, Maxime Bernier, lorsqu’il a été invité à réagir à la publication d’une lettre ouverte du chef du Parti libéral CONCOURS EXPO MANGER SANTÉ 2008 Nom; .Adresse Code postal; Téléphone; (rés.) (bur.) Question: Nommez un des porte-parole de l'Expo Manger Santé 2008 Abonné(e); Joui [.’non Coche?si vous ne désire?pas recevoir de sollicitation du Devoir I.K Dtvnill I «>I OU» B» < 2008-02-16 Résultats des tiraa «3Bgg 05 13 24 30 33 46 .19 20 33 35 44 49 Gagnants Lots 4 259 129,00 $ 304 223,40 $ 2 077,00 $ 85.00 11 10.00 $ 5.00 $ 0 2 000 000,00 $ 5/6+C 75 000,00 $ 750,00 $ 75.00 $ 10.00 $ 5,00 $ 746 497.00 $ 5/6+C 5 603 13 627 110 883 .6+C 81 760 ventes totales Ventes totales : 14 486 112 $ Prochain gros lot (approx ).9 000 000 $ 7181492 Résultats des tirages du .2008-02-15 £ jAGNANrS 0 1 92 6 414 130 659 117 537 1 077 067 Ventes totales Prochain gros loi (approx ) 10 000 000,00 $ 172 741,30 $ 1 877,60 $ 91,50 $ 10,00$ 10,00$ Participation gratuite 15 346 994 $ 12 000 000 $ o - + C 03 Q6 12 15 16 17 29 9564969 - ____ Pariez sur le hockey ! LuÆTM/fW Demandez le PROGRAMME 1 OU 6.En cas de disparité entre cette liste et la “iste officielle de Loto-Ouebec cette dernière a priorité du Canada au sujet du retrait des troupes de Kandahar.Le ministre Bernier affirme que le document prouve que «les libéraux et les conservateurs sont unis derrière le fait que la mission doit continuer au-delà de février 2009».Le député de la Beauce ajoute que les deux formations politiques sont aussi d’accord sur le fait que cette mission doit se terminer «aux alentours de 2011».Dans les pages des quotidiens du pays, vendredi, Stéphane Dion, a réitéré que la mission de combat doit se terminer dès février 2009 et se transformer en une mission de formation de l’armée afghane.Selon le chef de l’opposition officielle, les troupes canadiennes devraient avoir quitté le sol afghan de façon définitive en 2011.Stéphane Dion concluait en pressant le premier ministre d’accepter la motion libérale plutôt que de tenter de «marquer des points sur l’échiquier politique».Maxime Bernier rappelle que se sont les libéraux qui ont envoyé les soldats canadiens en Afghanistan et que les conservateurs n’ont felt que prendre la relève pour gérer cette mission.La Presse canadienne ACTUALITES Chantal Hébert Paul Martin, prise deux! La CSN s’insurge d’avance contre le parti pris du rapport Gastonguay Tout est en place pour ouvrir un marché de la santé au Québec, déplore Claudette Carbonneau PEDRO RUIZ LE DEVOIR La présidente de la CSN, Claudette Carbonneau, et la vice-présidente de la centrale, Denise Boucher, ont tenu une conférence de presse, hier, pour dénoncer les recommandations appréhendées du rapport Castonguay en faveur d’une plus grande ouverture du système de santé au seccteur privé.Du temps où il était ministre des Affaires intergouvemementales, Stéphane Dion s’était distingué pour le cran qu’O avait mis au service de la promotion de sa Loi sur la clarté.Pour le meilleur ou pour le pire, rien ni personne n’avait eu l’heur de le faire dévier de sa route.Aujourd’hui, on peut se demander si c’était parce que Jean Chrétien était là pour lui tracer le chemin et le pousser dans le dos.Depuis qu’il est chef, Stéphane Dion a beaucoup de difficulté à mener des débats jusqu’au bout D a d’abord plié les genoux sur l’environnement en ne censurant pas le gouvernement Harper lors de la présentation de son second plan vert.Il a ensuite laissé passer un discours du trône et un mini-budget pour éviter des élections.11 y a quelques jours, il a accouché d’une position sur l’avenir de la mission canadienne en Afghanistan qui a pour effet d’oblitérer des différences importantes entre sa formation et le gouvernement ?A l’époque de sa course au leadership, le chef libéral — à l’instar de la majorité de ses collègues — avait voté contre le prolongement du déploiement actuel.Pourtant aujourd'hui, il est partant pour poursuivre une mission militaire à Kandahar jusqu’en 2011.Le passage du feu jaune au feu vert de l’opposition libérale a été reçu pour ce qu’il est par Stephen Harper, c’est-à-dire un cadeau inespéré.D y a à peine quelques mois, le premier ministre semblait voué ou bien à renoncer à son projet de prolonger la mission, ou bien à remporter une majorité électorale pour le mettre à exécution.Est-ce parce qu’il n’avait pas mesuré au préalable l’ampleur de l’avantage stratégique qu’il concédait à son adversaire conservateur?Toujours est-il que Stéphane Dion a passé la fin de la semaine dernière à tenter de mettre en évidence des distinctions par rapport au gouvernement que sa propre résolution a largement gommées, fl en est résulté un flou plus artistique que jamais.On est loin de la clarté qui distinguait les paroles et les actes de M.Dion à l’époque où Jean Chrétien le dépêchait au front de l’unité canadienne.On se rapproche par contre de plus en plus du parcours de Paul Martin, cet autre ancien ministre à qui ses faits d’armes sous Jean Chrétien avaient valu de devenir chef Une fois que M.Martin a été au pouvoir, les Canadiens n’ont pas retrouvé le politicien déterminé qui avait rompu le cycle des déficits fédéraux à répétition en^a-brant les dépenses publiques.À la place, ils ont été confrontés à un premier ministre à l’instinct politique douteux, aux décisions incertaines et à la gestion en dents de scie.On connaît la suite! Comme son éphémère prédécesseur, Stéphane Dion ne réussit pas comme leader à donner une performance à la hauteur des attentes suscitées par son rendement ministériel.Mais, contrairement à Paul Martin, le chef libéral actuel ne peut ni as- E N Urgences Santé: les négociations progressent Les négociations progressent dans le dossier des répondants médicaux dUrgences Santé.La semaine dernière, les parties patronale et syndicale ont clos les discussions portant sur les aspects normatifs.L’heure est maintenant venue de négocier la question salariale, qui se trouve au cœur du conflit Les répondants médicaux d’urgence (RMU) n’ont reçu aucune indexation ni augmentation de salaire de- seoir sa fragile autorité sur le pouvoir que confère le poste de premier ministre ni se prévaloir de son statut d’enfant chéri de l’establishment du parti pour en infléchir les instances.A l’inverse de M.Martin qui avait été couronné chef sous l’impulsion des élites du parti, Stéphane Dion doit sa place à une impasse entre deux factions de sa formation.Ces jours-ci, l’establishment et le caucus du PLC sont en campagne pour convaincre leur chef de ne pas saisir l’occasion du budget du 26 février pour faire tomber le gouvernement.Des stratèges comme le coprésident de la campagne libérale, David Smith, se sont même ouverts de leurs réticences aux médias, un geste rare en politique fédérale et qui, en des circonstances plus normales, coûterait vraisemblablement son poste de confiance au sein de l’organisation électorale libérale à son auteur.On assiste ici à une intensification de manœuvres qui avaient mené M.Dion à renoncer une première fois à son projet de déclencher des élections l’automne dernier.Mais, à l’époque, la partie de bras de fer s’était au moins largement déroulée derrière des portes closes.Envers et contre tous ou presque, le chef libéral serait, paraît-il, convaincu qu’il ne peut plus surseoir à son premier rendez-vous électoral sous peine d’y laisser sa crédibilité.Les sondages démontrent que Stéphane Dion traîne derrière ses adversaires et son propre parti dans la faveur populaire.L’image du PLC est sortie relativement intacte des atermoiements de l’an dernier, mais celle du chef a été égratignée.?À la lumière des revirements des derniers mois, personne sur la colline parlementaire ne peut jurer que le chef libéral ne va pas encore se replier devant ses troupes.Mais, s’il ne recule pas, il restera à voir si Stéphane Dion a encore suffisamment d’autorité pour traîner son parti au front d’une campagne électorale ou s’il ne va plutôt provoquer une fronde encore plus ouverte.A l’avant-veille de son propre baptême du feu électoral, Jean Chrétien avait également dû calmer le jeu d’un caucus paniqué.A l’époque, l’arrivée de Kim Campbell à la tête des conservateurs avait suscité beaucoup d’émoi chez les libéraux.Mais il y avait une différence fondamentale.En 1993, le gouvernement conservateur sortant arrivait au terme d’un mandat de cinq ans.Il était majoritaire, et le chef libéral — de son siège de leader de l'opposition officielle — n’avait pas le contrôle du moment du déclenchement des élections, ce qui avait pour effet de minimiser les enjeux possibles d’une révolte de palais contre son leadership et d’en maximiser les risques.chebe rMth estar.ca Chantal Hébert est columnist politique au Toronto Star.BREF puis que leur convention collective est échue, soit depuis 2003.Résultat, ils ont vu le fossé se creuser avec leurs collègues du 911, qui font un travail semblable pour le compte de la Ville de Montréal.Cet écart salarial, évalué maintenant à 32 %, nuit fortement à la rétention d’un personnel déjà très soflidté et contraint de faire régulièrement des heures supplémentaires.Depuis novembre, les RMU ont sciemment choisi de s’en tenir à des moyens de pression purement administratifs de manière à ne pas incommoder la population, en dépit du fait qu’ils ont voté à l’unanimité en faveur de la grève.- Le Devoir ALEXANDRE SHIELDS Le très attendu rapport Castonguay sur le financement du système de santé ne sera rendu public que demain, mais déjà les nombreuses fuites sur son contenu laissent entrevoir une accélération de la privatisation, selon la Confédération des syndicats nationaux (CSN).Celle-ci presse donc Québec de donner un signal clair de sa volonté de consolider le réseau public et de régler les problèmes d’accessibilité.«Depuis une semaine, toutes les informations qui filtrent indiquent que le groupe de travail proposera d’ouvrir toute grande la porte au secteur privé», a soutenu hier sa présidente, Claudette Carbonneau, au cours d'un point de presse.Elle craint notamment que le document ne recommande le décloisonnement des pratiques médicales, un recours accru aux assurances privées et l’instauration d’un ticket modérateur.«Nous avions dit d’entrée de jeu que le rapport Castonguay était écrit d'avance, a-t-elle ajouté./espère encore me tromper, mais il semble que le président du groupe de travail [Claude Castonguay] ait décidé de rester sur ses positions.» Mme Carbonneau presse donc le gouvernement du Québec de prendre position rapidement sur les recommandations du rapport et de «donner un signal clair de sa volonté de consolider le réseau public et de régler les problèmes d’accessibilité».Il est aussi urgent selon la présidente de la CSN, de «colmater les zones grises de la loi 33» et d’amender le projet de règlement sur les centres médicaux spécialisés (CMS), censé mieux encadrer la pratique privée.«C’est tout le contraire qui se passe, a-t-elle lancé.Jamais les promoteurs du privé n’ont tant salivé, les nombreuses zones grises de la loi donnant lieu à un pullulement d’initiatives les plus fiirfielues.» Donc, si rien n’est fait, a-t-elle prédit «tout est en place pour ouvrir un marché de la santé au Québec».En effet.Claudette Carbonneau s’est dite très préoccupée par le projet de règlement en raison de «l’explosion spectaculaire du nombre de traitements médicaux devant désormais être dispensés [par le secteur privé]».«Nous croyons que le projet de règlement ouvre la porte à la privatisation de la production de nombreux traitements médicaux, advenant soit que les établissements publics qui les dispensent actuellement n’aient plus la volonté ou les moyens de les offrir, Vision Montréal: Labonté candidat Le maire de l’arrondissement Ville-Marie, Benoit Labonté, sera vraisemblablement le seul candidat à la direction du parti politique municipal Vision Montréal.L’ancienne formation de Pierre Bourque, sans chef depuis 2005, tenait cette fin de semaine son conseil général spécial.Seul M.Labonté a fait valoir sa volonté de diriger le parti d’opposition à l’hôtel de ville.En septembre dernier, il a quitté le parti du maire soit que nos règles actuelles n’aient pas prévu l’apparition de nouveaux services ou de nouvelles options comme le courtage de services ou les consultations virtuelles par Internet et webcam», a poursuivi la vice-présidente de la CSN, Denise Boucher.Craintes multiples De plus, Mme Carbonneau s’explique mal que le projet de règlement confère l’exclusivité des opérations chirurgicales de la hanche et du genou, et de tout traitement requérant un hébergement post-opératoire de plus de 24 heures, aux seules cliniques de médecins non participants au régime public.La présidente de la CSN estime également que le projet de règlement manque d’encadrement Elle craint que la profitabilité ne soit réalisée au détriment de la santé de la population.Dans un contexte de pénurie de personnel, il est par ailleurs tout à fait odieux, aux yeux de Denise Boucher, «de se servir de l’argent du public, donc des contribuables, pour payer des chirurgies d’un jour dans des cliniques privées comme BREF Gérald Tremblay, après s’être fait retirer la responsabilité du centre-ville au comité exécutif.Vision Montréal n’a plus de chef depuis la démission de Pierre Bourque, en novembre 2005.Depuis cette date, c’est le conseiller François Purcell qui dirige le parti, tandis que Nou-shig Eloyan est chef de l’opposition à l’hôtel de ville.Tous deux ne comptent pas se lancer dans la course à la direction du parti.Vision Montréal compte aujourd’hui 15 élus mais plusieurs ont abandonné la formation au corns des derniers mois, comme Joe Di Rétro et Mary Deros - Le Devoir Rockland MD, alors que les salles d’opération de l’hôpital Sacré-Cœur sont sous-utilisées».Pour elle, il ne fait aucun doute qu’il se crée un glissement du personnel vers le privé et un régime à deux vitesses pour les infinnières.Dernier élément, et non le moindre, selon la CSN, «tout ce qui n’est pas un CMS n’est pas encadré parle projet de règlement».Les inquiétudes soulevées quant à la commercialisation de cliniques et de laboratoire médicaux qui échapperont au projet de règlement seraient donc «fort réelles».«C’est un “bar ouvert” pour les promoteurs privés qui pourraient faire des prises de contrôle et dont le seul objectif sera le profit et non la santé des gens», a affirmé Claudette Carbonneau.Craintes partagées De son côté, la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ), qui représente 57 000 membres œuvrant en soins infirmiers et cardiorespiratoires, appréhende la réaction gouvernementale qui suivra la publication du rapport.La présidente de la FIQ, Lina Bonamie, croit que les conclusions du rapport Castonguay seront divisées en (Jeux parties.A l’instar de la présidente de la CSN, elle pense que l’on fera la promotion du secteur privé dans le système de la santé.La présidente de la Fédération est d’avis que cet apport sera présenté comme la seule solution aux problèmes actuels du réseau.Mme Bonamie prévoit aussi qu’un apport financier supplémentaire des usagers sera prôné sous une forme quelconque de ticket modérateur.Elle indique que ce point risque même de ne pas avoir fait l’unanimité au sein des auteurs du rapport Le Secrétariat intersyndical des services publics a en outre annoncé hier qu’il accueillerait Claude Castonguay à compter de 7h30 demain, devant le Centre des congrès de Québec.Les organisations syndicales qui en sont membres prévoient «l’annonce d’une plus grande privatisation dans le secteur de la santé et des services sociaux», selon ce qu’a fait valoir le Secrétariat hier par voie de communiqué.La force du droit François Gendron avocat LL.L., M.A., Ph D.Vieux Montréal 514.845.5545 Le Devoir mmmmm wm Deôtimticm MM MMMMMMM J VOYAGES CULTURELS X/ID Les grands voyages de culture : 23 jours et plus y ¦ f RENCONTRES D'INFORMATION À QUÉBEC Hôtel Quartier, 2955 bout, laurier, Ste-Foy.418 650-1616 VENDREDI 22 FÉVRIER 19 H 30 LA TURQUIE (3 OCTOBRE AU 03 NOVEMBRE, 28 JRS) SAMEDI 23 FÉVRIER 9 H 00 LA RUSSIE (6 SEPTEMBRE -16 OCTOBRE, 301RS) 10 H 30 LA SYRIE ET JORDANIE (24 mai au 16 JUIN, 23 JOURS) 13 H 00 L'EGYPTE (6 NOVEMBRE AU 30 NOVEMBRE, 2S JOURS) Petits groupes — Itinéraires exclusifs.Demandez les itinéraires détaillés., 514 844-0407 1 866 481-4425 www.voyagesculturelsvip.ca J Peur annoncer dam ce regroupement, contactez Jean de Billy au 514-985-3456 ::::::: jdebillysrledevcir.ccm E N Le rapport sur le financement du système de santé sera rendu public demain MASBOURIAN 20h Métier de l’ombre, tâche colossale: rencontre avec trois premiers assistants à la réalisation au cinéma.PREMIERE CHAINE RéaliMtion: Joann* Bertrand www.radio-canada.ca/radio LE DEVOIR.LE LUNDI 18 FÉVRIER 2 0 0 8 A 4 LES ACTUALITES t YIORGOS KARAHALIS REUTERS Un homme fait son jogging sur une colline d’Athènes, non loin de l’Acropole couverte de neige et fermée aux touristes.La température dans le centre d’Athènes a atteint 0 degré Celsius, et la circulation était difficile.L’Acropole d’Athènes sous la neige La Grèce est frappée par une vague de froid inhabituelle Poursuites abusives Bientôt la fin desSLAPP?Athènes — Le trafic aérien, maritime et routier restait fortement perturbé en Grèce hier en fin d’après-midi en raison d’abondantes chutes de neige survenues depuis samedi, a-t-on appris de sources aéroportuaire et policière.A l’aéroport international d’Athènes, dans la grande banlieue de la ville, «cm raison de la visibilité réduite dimanche [hier] à partir de 16h GMT et jusqu'à lundi Ih GMT [.] la majorité des vols domestiques et internationaux ne seront pas effectués», a indiqué à l’AFP un responsable de l’aéroporL Depuis hier matin, plus de 30 vols intérieurs des compagnies grecques Olympic Airlines et Aegean Airlines ont été annulés plusieurs aéroports dq nord du pays et des îles en mer Egée ayant été fermés après les chutes de neige.La température dans le centre d’Athènes a atteint 0 degré Celsius, et la circulation était difficile, a-t-on appris auprès de la Protection civile.L’Acropole d’Athènes était couverte de neige et fermée aux touristes, un phénomène peu fréquent.Dans la banlieue nord d’Athènes où le mercure est tombé à -2 Celsius, la hauteur de neige a dépassé les 15 cm, obligeant les automobilistes à recourir à des chaînes.La situation devrait s’améliorer Plusieurs routes au pied des monts Parnès et Pendéli, proches d’Athènes, étaient fermées à la circulation, et sur l’autoroute reliant Athènes à Salonique, le recours aux chaînes était nécessaire hier soir.Les écoles seront fermées aujourd’hui en Afrique, agglomération d’Athènes, et dans plusieurs départements du pays.Par ailleurs, en raison de forts vents de plus de 80 km/h, le mi- nistère de la Marine marchande a interdit tout départ des bateaux du port du Pirée, proche d’Athènes, ainsi que d’autres ports du pays.La vague du froid et de neige s’est abattue du nord au sud du pays et plus particulièrement en Afrique, sur l’île d’Eubée et au Péloponnèse.La température moyenne dans le pays s’est élevée à -4 degrés Celsius, selon la Protection civile.Toutefois, la situation devrait s’améliorer à partir de ce soir, a assuré la météo nationale.Agence France-presse GUILLAUME BOURGAULT-CÔTÉ Les poursuites-bâillons n’ont pas leur place au Québec, et le gouvernement doit légiférer pour protéger le droit à la liberté d’expression, clameront cette semaine plusieurs groupes et organismes préoccupés par le recours à ces poursuites abusives., Emboîtant le pas à la moitié des Etats américains qui ont déjà adopté des législations afin de contrer le phénomène des SLAPP (Strategie Lawsuit Against Public Participation), le gouvernement québécois entamera mercredi des consultations publiques autour de la question des poursuites abusives, et de la possibilité de mieux baliser le droit québécois pour empêcher le dépôt de ce type de poursuites.La réforme du Code de procédure civile (CPC) est également au programme.Le ton de plusieurs interventions à venir sera donné dès ce matin, lors d’une conférence de presse organisée à Montréal par la coalition Taisez-vous.Elle rassemble les grandes centrales syndicales, les partis d’opposition à Québec et une multitude de groupes de militants qui désirent tous combler le vide juridique actuel concernant la question des poursuites-bâillons.«Nous exigeons une loi précise qui va protéger la participation publique», indique André Bélisle, président de l’Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique (AQLPA), un des premiers groupes touchés par une SLAPP au Québec.LAQLPA présentera mercredi son mémoire à la Commission des institutions.Tout en prenant appui sur les recommandations sans équivoque du rapport Mac-Donald (qui recommande à Québec de modifier le CPC afin d’empêcher la pratique des poursuites abusives), le document de l’AQD PA s’attardera notamment sur la question de la création d’un fonds d’aide financière aux victimes de ces poursuites.Loi-piège Mais M.Bélisle désire aussi sensibiliser le gouvernement à un problème situé en amont «Actuellement, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs [MDDEP] n’a pas les ressources pour faire son travail d’enquête sur le terrain, dit-il.Cela fait en sorte que ce sont des citoyens ou des groupes écologistes qui doivent dénoncer des infractions à la Loi sur la qualité de l’environnement.» Or, cela fait en sorte que «la loi devient un piège, parce qu’elle demande aux citoyens d’être vigilants, mais elle n’offre aucune protection [si le fautif décide de lancer une poursuite contre les dénonciateurs], Il faut que cette situation change», dit M.Bélisle.Pourquoi une loi ?Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) — premier groupe à avoir fourni un avis juridique au gouvernement sur la question des SLAPP, il y a deux ans — entend aussi soulever la question du déséquilibre financier entre les groupes qui poursuivent (souvent des compagnies puissantes) et ceux qui subissent (souvent de petits organismes ou de simples citoyens).Plus largement le CQDE privilégie le fait que Québec adopte des amendements au CPC, sans pour autant créer une loi anti-SLAPP comme telle.«17 faut favoriser la prise en compte par le tribunal de l’existence d’une poursuite abusive, dit le président du CQDE, Jean-François Girard.Mais, d’un autre côté, il n’y a pas tant de cas recensés au Québec.Est-ce que ça vaut la peine d’adopter une loi particulière?Je ne sais pas.On ne veut pas effrayer le législateur non plus.Il y a moyen de modifier légèrement le Code civil pour l’adapter au problème.» Près d’une quarantaine de mémoires seront déposés devant la Commission.Parmi les participants, on note Greenpeace, le Barreau du Québec, le Regroupement national des conseils régionaux de l’environnement du Québec et trois citoyens qui ont fait les frais de poursuites abusives depuis deux ans.Le Devoir Faute d’offre suffisante EN BREF Prix élevé de la farine au Canada Régina — Il commence à être de plus en plus cher de ramener du pain à la maison, alors que les prix du blé en hausse font mal aux boulangers, aux producteurs de pâtes et à tous ceux qui ont besoin de farine pour cuisiner.Les boulangers de partout au pays affirment que le prix d’un emballage de farine a augmenté du double, voire davantage, en quelques mois, ce qui les empêche de maintenir leurs prix au même niveau.Les coûts accrus des œufs, du beurre, des matières grasses, des fruits et des autres ingrédients ne leur simplifient pas la tâche.«Ce n 'est pas une industrie qui se porte bien en ce moment, c’est le moins que l’on puisse dire», a affirmé Paul Hetherington, président de l’Association canadienne de la boulangerie, dont le siège est situé à Mississauga, en Ontario.«Je n'aime pas utiliser ce genre de termes, mais je pense qu’il est juste de dire que la situation est désastreuse», a-t-il ajouté.La diminution des stocks mondiaux de grains explique la hausse du prix du blé.- La Presse canadienne Frontière canado-américaine Des erreurs du passé reviennent hanter des milliers de voyageurs LES PERREAUX Des erreurs du passé reviennent hanter des milliers de voyageurs américains souhaitant se rendre au Canada, alors que les douaniers canadiens examinent leur casier judiciaire au moyen d’une technologie améliorée.Le partage d'informations informatisées et la prudence accrue de rigueur depuis le 11 septembre 2001 ont empêché phis de 18 000 ressortissants américains détenant un casier judiciaire de franchir la frontière depuis 2003.Les délits commis, tels que possession de marijua-na, agression et conduite en état d’ébriété, l'ont souvent été il y a longtemps.L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) affirme que le nombre de cas du genre a diminué de façon graduelle, ces dernières années.Quelque 3430 personnes ont été refusées à la frontière panni 28,9 millions de visiteurs américains en 2006, comparativement à 5876 personnes n’ayant pu entrer au pays trois ans auparavant, alors que 35,5 millions d’Américains se sont présentés à la frontière canadienne.Toutefois, les avocats de l’immigration des deux côtés de la frontière affinnent avoir constaté une récente hausse des plaintes formulées par des Américains n’ayant pas été autorisés à entrer au Canada Randy Kutter, un pompier de Princeton, au Minnesota qui aime pêcher dans les eaux canadiennes, a été reconnu coupable de conduite avec les facultés affaiblies, en 1981 et 1986.Les autorités canadiennes lui ont soudainement fat savoir, en 2006, qu’il n’était plus le bienvenu au Canada en dépit du fait qu’il ait franchi la frontière au moins une centaine de fois depuis sa plus récente arrestation.M.Kutter a entrepris des démarches afin d’obtenir sa réhabilitation au pays, avant de réaliser que celui lui était impossible parce que les documents originaux relatifs à son casier judiciaire avaient été détruits.«Ma situation est vraiment frustrante, a-t-il déclaré en entrevue.Je respecte vraiment vos lois et j’aime vraiment pêcher là-bas.La situation ne semble pas juste ou nécessaire.» L'homme de 49 ans est revenu au Canada à trois reprises depuis qu'il a été déclaré inadmissible, ayant payé 245 $ pour obtenir un visa spécial à l’occasion du premier de ces séjours.Les deux autres fois, il a profité des largesses des douaniers.D croit cependant que cela ne sera plus possible d’ici peu.M.Kutter, qui était âgé de 22 et 27 ans au moment de ses condamnations, affirme être aujourd'hui im homme différent de celui qu’il était alors qu’il a fait face à fa justice.La Presse canadienne La banque Northern Rock va être nationalisée ELODIE MAZEIN Londres — Le gouvernement britannique a créé la smprise en annonçant dès hier après-midi la nationalisation temporaire de la banque en difficulté Northern Rock, faute d’avoir reçu une offre valorisant correctement l’établissement bancaire.«Dans les conditions actuelles de marché, nous ne pensons pas que les deux propositions offrent une valorisation siifftsante pour le contribuable, c’est pourquoi le gouvernement a décidé de présenter une loi pour placer Northern Rock dans une période temporaire de nationalisation», a déclaré le ministre des Finances, Alistair Darling, lors d’une conférence de presse convoquée à la dernière minute hier après-midi Début février, deux candidats avaient déposé une offre de reprise de Northern Rock; le conglomérat mené par Virgin du milliardaire Richard Branson, qui comprenait aussi notamment l’assureur américain AIG et l’homme d’affaires américain Wilbur Ross, et un dirigeant de Northern Rock, Paul Thompson, ancien directeur général de la compagnie ¦ Le Vatican, Venise.Vivaldi, Pompéi, la dolce vita.Une belle échappée dans l'Italie éternelle.TV5 UN AUTRE MONDE WWW.TV5.CA CE SOIR 20h d’assurances Resolution, qui avait pris la tête d’un plan de redressement proposé par le conseil d'administration de la banque.M.Darling a précisé que «chaque option» pour une solution avec le secteur privé avait été explorée, mais que malgré les améliorations apportées par les deux candidats à leurs propositions initiales, leurs propositions ne répondaient pas aux attentes des pouvoirs publics.Mais «l’avenir à long terme de cette banque est dans le secteur privé», a-t-il souligné.C’est la première fois depuis les années 1970 qu’une société est officiellement nationalisée au Royaume-Uni.Cette annonce intervient alors que la compétence de M.Darling a été mise en doute ce mois-ci après ce qui a été considéré comme deux reculades en matière fiscale.H avait également dû s’excuser l’an dernier pour la perte par ses services de cédéroms contenant les données personnelles sensibles de millions de familles britanniques, qui n’ont jamais été retrouvés.«Nous pensons que la nationalisation n’est pas la bonne réponse et qu’une solution commerciale aurait été la meilleure voie», a déclaré Richard Branson dans un communiqué.Virgin souhaitait injecter quelque 1,25 milliard de livres dans la banque et prévoyait de la marier avec sa filiale bancaire Virgin Money, dont elle devait reprendre le nom.De son côté, le plan de redressement «maison» prévoyait de lever dans un premier temps «au moins» 500 millions de livres de capitaux frais et de réduire la taille des opérations de la banque.Vendredi, le niveau des capitaux frais avait été relevé de 200 millions de livres.C’est Ron Sandler, ancien directeur général des Lloyd’s de Londres, qui doit prendre les rênes de la banque.Présent hier à la conférence de presse, M.Sandler a qualifié son nouveau rôle de «passionnant» avec «tous ces défis».D a indiqué que les activités de Northern Rock seraient réduites pour atteindre «une taille plus viable», mais a refusé de se prononcer sur d’éventuelles suppressions d’emplois.Agence France-Presse PERSPECTIVES VIENT DE PARAÎTRE Souveraineté- alimentation Tout le monde semble convenir, ces temps-ci, du besoin de défendre et même d’étendre la souveraineté alimentaire du Québec.On ne s’entend pas, cependant, sur le sens précis qu’il faudrait donner à cet objectif.Le rapport de la commission Pronovost nous aide à y remettre un peu d’ordre.Pairni les nombreuses qualités du rapport de 272 pages, dévoilé la semaine dernière, par la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois présidée par Jean Pronovost il y a l’honnêteté et la clarté.«De nombreux participants aux audiences publiques de la Commission ont plaidé en faveur de l’adoption du concept de souveraineté alimentaire comme élément central devant guider l'élaboration de la future politique agricole», y ont noté les trois commissaires.«Cependant, la portée de ce concept, les attentes à cet égard et l’étendue de ce que le Québec pourrait faire diffèrent considérablement selon les interlocuteurs», ont-ils constaté.Pour certains, il s’agit simplement de protéger le droit des Québécois de définir leur propre politique agricole.Pour d’autres, il s’agit aussi de pouvoir aider et protéger, à coup de subventions et de barrières commerciales si nécessaire, une partie ou la totalité de l’industrie contre la concurrence étrangère, sans toutefois se priver de la possibilité d’exporter soi-même dans d’autres pays.Il y en a d’autres, enfin, qui y voient le moyen de rejeter «l’agriculture industrielle ou productiviste», la malbouffe et le néo-libéralisme économique.«La manière d’affirmer cette souveraineté est quelquefois présentée dans l’absolu, dans un univers sans contrainte, qui s’écarte manifestement de la réalité de l’actuel état du monde», a fait humblement remarquer la commission Pronovost Réglons tout de suite le cas de la guerre que l’on serait censé faire à «l’agriculture industrielle ou productiviste».H n’est pas difficile de comprendre que l’on puisse souhaiter l’avènement, au Québec comme ailleurs, d’une agriculture à échelle plus humaine mettant l’accent sur la qualité des produits et n’ayant pas tant recours aux dernières innovations de la technologie et de la biogénétique.Ce n’est toutefois pas comme cela que l’on arrivera, du moins à court ou moyen terme, à nourrir la planète alors que l’ONU s’attend à une augmentation de 50 % en 20 ans de la demande mondiale de céréale et de 30 % de la demande de viande sous l’effet, notamment, de la croissance économique de pays comme la Chine et l’Inde.Concernant la concurrence étrangère et l’aide qui devrait être apportée aux producteurs québécois, la commission Pronovost a pris soin de rappeler certains faits importants.Elle a fait remarquer que le monde a considérablement changé depuis que le Québec a conçu la plupart de ses politiques agricoles au milieu des années 50.De nouvelles puissances commerciales, comme le Brésil, se sont ajoutées et vendent leurs produits agricoles à des prix imbattables.Longtemps laissées de côté dans les négociations commerciales, les barrières tarifaires et subventions agricoles des pays développés font aujourd’hui l’objet, à l’OMC, d’attaques soutenues de la part des pays en voie de développement 11 apparaît peu probable que les pays riches acquiescent à une baisse importante de leur aide à leurs producteurs, mais on voit mal aussi comment le Canada réussira à défendre longtemps les tarifs aux taux hallucinants de 240 % et même 300 % qui permettent à ses secteurs sous gestion de l’offre de fonctionner à l’abri de la concurrence étrangère.On sentait, dans son rapport, le désarroi de la commission Pronovost devant le refus, des producteurs concernés, ne serait-ce que d’envisager une possible stratégie de retraite.Sur le front de l’aide financière aux producteurs, la commission a aussi rappelé qu’en dépit du milliard de dollars versé chaque année aux entreprises agricoles, la rentabilité de plusieurs d’entre elles reste toujours aussi précaire au point que leur endettement a même doublé au cours des dix dernières années seulement La souveraineté appliquée Ce sombre portrait de la situation ne remet pas pour autant en cause la nécessité pour le Québec de promouvoir une industrie agricole dynamique, a précisé la commission Pronovost.Il n’en va pas seulement de sa sécurité alimentaire, a-t-elle dit mais aussi de l’occupation de son territoire, de son développement économique et de la préservation d'un certain mode de vie.Pour reprendre nos différentes définitions de la souveraineté alimentaire de tout à lheure, la commission recommande, justement que le Québec revoie de fond en comble sa politique agricole afin qu’elle soit mieux arrimée à la nouvelle réalité.Elle prône des solutions, somme toute, assez semblables à celles que l’on propose aux autres secteurs industriels, c’est-à-dire: le développement d’entreprises de toutes les tailles, l’amélioration de la productivité, le rehaussement de la formation, l’invention de produits de niche, la conquête du marché domestique avant de se tourner vers l’exportation.En ce qui a trait, ensuite, à l'aide financière et à la protection commerciale, la commission conseille aux secteurs agricoles sous gestion de l’offre de se préparer au cas où le Canada perdrait quand même des plumes à l’OMC.Elle recommande aussi que le milliard d'aides soit versé autrement S’inspirant des récentes réformes de la politique agricole européenne, elle suggère qu’un même montant maximal soit versé à l’ensemble des entreprises, grandes ou petites, à titre de compensation pour la rigueur du climat l’occupation du territoire, la préservation d’un mode de vie, mais aussi l’adoption de méthodes de production respectueuses de l’environnement En ce qui concerne le rejet de «l'agriculture industrielle ou productiviste», la commission note que l'impressionnant succès des petites fromageries, des cidres de glace et de certaines productions biologiques montre qu'il peut y avoir d’autre façon de gagner sa vie comme agriculteur au Québec.Elle souligne, par la même occasion, qu’en dehors des produits de niche, les consommateurs québécois sont toujours forts pour réclamer des aliments frais, d’une innocuité sans faille et produits dans des conditions environnementales impeccables, mais qu’une fois arrivés à l’épicerie, ils ne regardent habituellement que le prix Eric Desrosiers SUE OGROCKI REUTERS Qu’il s’agisse de matières premières ou de produits financiers, le symptôme du «trader fou» est le même: être persuadé d’avoir raison contre le marché.Histoires de « traders fous » PHILIPPE CHALMIN Dans la longue histoire des spéculations et autres folies dont-les marchés ont été le théâtre, Jérôme Kerviel vient de faire une entrée fracassante et de battre un record, au moins en ce qui concerne l’époque contemporaine: 4,9 milliards d’euros, soit 72 milliards $US.Le détenteur précédent était Brian Hunter, un Canadien à peu près du même âge que lui, qui en septembre 2006 avait — de manière tout à fait autorisée — perdu six milliards $US en jouant sur le marché américain du gaz naturel.Auparavant, il y avait eu Yasuo Hamanaka sur le cuivre (Sumitomo, 1996), Nick Leeson sur les taux japonais (Barings, 1995) ou les frères Hunt sur l’argent (1980).Toutes ces affaires présentent le même syndrome bien connu sur les marchés: celui du courtier tellement amoureux de sa position qu’il en perd toute sagesse, tout sens commun, au point de devenir un «trader fou», capable de toutes les fraudes et de toutes les manipulations.Qu’il s’agisse de matières premières ou de produits financiers, le symptôme est le même: être persuadé d’avoir raison contre le marché.Or on sait bien que la première leçon du trader ou du spéculateur est de savoir prendre ses pertes, de reconnaître ses torts et de ne pas chercher à s’obstiner.A partir de ce constat général, on peut distinguer deux grandes catégories de traders fous: les manipulateurs et les joueurs.Les manipulateurs poussent jusqu’au bout la logique de leur position en cumulant à la fois du physique et du «papier», c’est-à-dire des positions à terme.Ce furent les frères Hunt dans leur tentative d’accaparement du marché de l’argent en 1980 Cils poussèrent alors les prix de 5 $US à 40 $US l’once et auraient perdu deux milliards de dollars de l’époque).Ce fut M.Hamanaka, qui s’épuisa à soutenir le marché du cuivre entre 1994 et 1996 et y perdit 2,6 milliards de dollars.On connaît nombre d’histoires identiques au début du XX’ siècle sur le poivre, l’étain, le cuivre ou encore le sucre (à Paris en 1905).Les joueurs, quant à eux, ne cherchent pas à manipuler le marché, la taille de leurs positions et leurs moyens étant insuffisants.Ils poussent leurs opérations au-delà du raisonnable, utilisant à la fois les marchés organisés (futures) et surtout les marchés de gré à gré: ce fut la stratégie de M.Hunter avec le fonds Amaranth, qui paria sur la hausse du gaz naturel durant l’été 2006.Malheureusement pour lui, il n’y eut pas, cette année là, suffisamment de cyclones dans le golfe du Mexique pour affecter la production américaine de gaz.A Singapour, une dizaine d’années plus tôt, M.Leeson avait parié sur l’évolution d’indices nippons en cachant ses opérations sur un compte plus ou moins secret La fraude C’est à ce niveau qu’intervient la tentation de la fraude.Toute entreprise, toute institution financière met en place des limites de position.Remarquons que celles-ci ne jouent pas pour les dirigeants eux-mêmes et nombre d’affaires célèbres ne furent en aucune manière frauduleuses.Les limites de la fraude sont d’ailleurs complexes à cerner dans un premier temps, le courtier cache ses positions de bonne foi pour éviter simplement qu’on le contraigne à les dénouer alors qu’il est persuadé d’avoir raison.La suite est un véritable engrenage que dans ses Mémoires M.Leeson avait admirablement décrit: il faut se refaire, aller toujours plus loin.Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les stratégies utili- sées sont assez frustes: c’est en général de la spéculation «directionnelle»: on joue la hausse d’un produit (beaucoup plus rarement la baisse, qui cadre moins avec la psychologie du trader fou).Au-delà des sommes engagées, la notion de jeu est essentielle et l’appât du gain souvent relégué au second plan.C’est là d’ailleurs que peut intervenir un transfert du réel au virtuel.Comme le joueur de casino à la recherche d’une martingale, le spéculateur perd les limites du raisonnable.Deux phénomènes récents ont accentué cette tendance: le développement des marchés dérivés a été tel que les salles de trading de la planète ont créé leur propre réalité virtuelle à coups de milliards de dollars.Et sur Internet les jeux de rôle et autres univers virtuels comme Second Life ont popularisé le hacker, véritable Robin des bois qui brise les codes des «méchants».Il est frappant de constater que dans toutes les affaires qui jalonnent au moins ce dernier siècle d’histoire des marchés, nos «héros» ont refusé de sortir de leur position quand il en était encore temps comme s’ils avaient refusé la sanction du réel: cela est aussi vrai de relatifs débutants comme MM.Kerviel ou Leeson que de courtiers chevronnés comme M.Hunter ou même de gourous comme M.Hamanaka (surnommé à l'époque le «Roi du cuivre»).Rien de bien nouveau donc avec cette affaire de la Société Générale: la malchance pour la banque a été que l’événement se produise en pleine crise des subprimes, une crise qui, elle, n’avait rien de virtuel.Philippe Chalmin est professeur à l’université Paris-Dauphine.Le Monde PRINCIPE DELA CAROTTE f P* Adrian Bosttck » i Cbastur Etton f LE PRINCIPE DE LA CAROTTE Adrian Gostick et Chester Elton , 208 pages Les Editions Transcontinental Les gestionnaires qui réussissent à fixer des objectifs clairs à levas employés, à les responsabiliser et à communiquer avec eux peuvent se targuer d'avoir établi une équipe qui fonctionne.Pour qu’une équipe devienne véritablement performante, il faut toutefois un ingrédient supplémentaire, au pouvoir spectaculaire et pourtant me» connu.Cet ingrédient, c’est la reconnaissance.erry R.Wilson ¦MIIWilMbWttlVlfal ™'MOTIVERJ “TROUPES | ^ 121 IDÉES MINUTE POUR MOTIVER MES TROUPES Jerry R Wilson 172 pages Les éditions Transcontinental Toutes les entreprises visent à obtenir les résultats les plus flamboyants dans les délais les plus courts possible.Pour y arriver, leur meilleur atout réside dans la motivation de leurs employés.Mais les gestionnaires se heurtent souvent à un problème d’envergure, celui de la rotation constante du personnel avec ce que cela entraîne de perte de productivité, de baisse de revenus et d’insatisfaction de la clientèle.Étienne Perrot l.'Oti Ou Mciriei un situaHnns «mietews L’ART DE DÉCIDER EN SITUATIONS COMPLEXES Étienne Perrot 285 pages Les Editions Desclée de Brouwer Source de solidarité, le risque provoque aussi une crise d’identité de celui qui décide.Il doit assumer, outre ses aspirations personnelles et les contraintes notifiées par les sciences, les règles juridiques, la loi morale et les devoirs professionnels qu’impose la vie en société.L’art de décider en situations complexes naît du dialogue toujours recommencé entre ces dimensions.Oser la solidarité! Québec OSER LA SOLIDARITÉ Collectif 160 pages Les Editions Fides Avec ce livre, le Chantier de l’économie sociale et l’Institut du Nouveau Monde publient un portrait de l’économie sociale au Québec et démontrent l’importance des entreprises d’économie sociale dans chaque région du Québec.L'achat de la Bourse de Montréal par la Bourse de Toronto.et l’avenir du Québec inc.! Le Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires (MÉDAC) vous invite à aller au fond des choses.avec JACQUES PARIZEAU Fernand Daoust, vice-président du MÉDAC, présentera M.Parizeau Yves Michaud, président-fondateur du MÉDAC, animera la rencontre Gesù—Centre de créativité 1 200, rue Bleury, Montréal le lundi 18 février 2008 de 19h à 21h Entrée gratuite une contribution volontaire serait appréciée médac Pour informations : 514-286-1155 ou admin@medac.qc.ca L'EXPERTISE PAR L'EXPÉRIENCE DEPUIS 1964 WtiM 1 " I Mt IWSÿWm K’A 7'' |: ’] f’TTJ JEAN-GUY MICHAUD CONGÉDIÉ INJUSTEMENT ?Tout cadre ou professionnel congédié injustement a droit d'obtenir une indemnité suffisante en réparation du préjudice qu’il subit.Il doit être traité avec respect, dignité, équité et justice, dans la fin de sa relation d'emploi.En cas de congédiement fait sans cause juste et suffisante, ne signez rien avant de consulter.WWW.JEANGUYMICHAUDCRIA.CA (514)940-6477 (418)657-2628 LE DEVOIR.LE LUNDI 18 FÉVRIER 2 0 0 8 s A 6 Bling bling à l’Élysée Rarement dans Thistoire de la Ve République, soit depuis 1958, a-t-on observé un tel écart entre la popularité du président et celle du chef du gouvernement, pourtant condamné à être le paravent du premier.Aussi abrupt que soudain, ce détachement de l'électorat français s’explique par le vacarme dont Sarkozy est le producteur quand il n’en est pas le sujet c Serge Truffaut ommençons avec la cacophonie municipale dont Sarkozy est à la fois le compositeur et le chef d’orchestre.Il était une fois un porte-parole de l’Elysée portant beau et chic candidat à la mairie de Neuilly avec l’adoubement de Sarkozy, David Martinon.Ses premiers pas dans l’arène chérie des riches de la vieille France s’étant révélés hésitants, donc propices au chaos, le président a dépêché fiston Jean pour l’épauler.La mayonnaise n’ayant pas pris, Martinon a été proprement viré.Le personnage, c’est à retenir, avait été traité «d’imbécile» par maître Sarko devant les caméras de CBS.Aujourd’hui, il mange son fromage.Une fois le beau renvoyé (on vous prévient, c’est dur à suivre), le patron de l’UMP, la formation politique du président, est venu au centre de Neuilly pour présenter le candidat choisi.Aussitôt, un énorme brouhaha s’est fait entendre.Car, en agissant de la sorte, l’UMP montrait sa préférence pour un candidat destiné à affronter un autre candidat UMP installé, lui, dans les parages dorés de Neuilly.Ce dernier ayant traduit sa contrariété en maintenant son nom dans la course, le patron de l’UMP, encore lui, a tordu le cou à sa propre logique.H a martelé que l’UMP était au fond favorable au dernier.Ce faisant, il a contrarié (bis) celui qu’elle avait porté sur les fonts baptismaux de la belle, donc très convoitée, Neuilly.Qu’a décidé celui-ci?De présenter sa liste UMP contre l’autre liste UMP Pour faire court, vraiment court, il en va à Neuilly comme il en va à Metz, Colmar, Aix-en-Provence, Cherbourg et dans bien d’autres municipalités de France: les candidats UMP affrontent leurs frères de la liste divers droite.Bref, c’est UMP contre UMP Avec ceci de très singulier la majorité des combattants UMP, y compris les maires sortants, ne veulent surtout pas que Sarko soit à leurs côtés durant la campagne électorale.À moins qu'il n’accepte de faire de la figuration, mais bon.Certains, d’après ce que rapportent les gazettes, sont allés jusqu’à gommer toute référence à l’UMP, y compris sur les affiches.C’est le cas, par exemple, d’Alain Juppé à Bordeaux.Des ors de Neuilly passons aux ors des cathédrales.L’actuel président d’une république qui a sacralisé, à juste titre, la séparation de l’église et de l’État effectue des gestes qui contrastent énormément, pour ne pas dire outrageusement, avec la retenue observée en la matière par ses prédécesseurs.Autant ces derniers se contentaient de faire le service minimum en la matière, autant Sarkozy se pose en apologiste des religions.Les monothéistes, il va sans dire, et non les polythéistes qui, elles, avaient eu l’élégance d’accorder à la déesse Pandora une place prépondérante.Passons.Dernier épisode en date de cette fièvre?Sa suggestion que des élèves de dix ans adoptent des enfants de leur âge victimes de la Shoah.Susceptible de provoquer et de nourrir un sentiment de culpabilité, cette proposition a été vertement critiquée par Simone Veil, ex-déportée, ainsi que par Georges Bensous-san, historien réputé de la Shoah.Venue de nulle part, cette idée fait suite à des propos que l’on qualifiera d’étranges pour rester poli.Ainsi, à Rivad, capitale de l’Arabie Saoudite, il a salué «la modération» de l’islam wahhabite alors que la version wahhabite de l’islam a fait plus d’une fois la démonstration de son obscurantisme, de son fanatisme mortifère.Auparavant, à Rome, Sarkozy est allé jusqu’à déclarer que, «dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé et le pasteur».Bonté divine! Nier aussi brutalement le travail colossal que Jules Ferry et surtout Georges Clemenceau ont accompli pour que la jeunesse soit éduquée par des instituteurs imperméables aux fictions religieuses, c’est sidérant! Les municipales et la religion combinées au cirque médiatique font qu’aujourd’hui le président est Gros-Jean comme devant.Ce premier ministre qu’il a tout fait pour maintenir dans l’ombre le dépasse largement au championnat de la popularité.Comme quoi, Sarkozy a peut-être mis la politique KO.La sienne évidemment.EDITORIAL LE DEVOIR FONDÉ PAR HENRI BOURASSA LE 10 JANVIER 1910.FAIS CE QUE DOIS Directeur BERNARD DESCÔTEAUX Rédacteur en chef JEAN-ROBERT SANSFAÇON Vice-présidente, finances et administration CATHERINE LABERGE Directrice de l’information JOSÉE BOILEAU Directeurs adjoints de l'information PIERRE BEAULIEU, LOUIS LAPIERRE, JEAN-FRANÇOIS NADEAU Directeur artistique CHRISTIAN TIFFET Directrice, ventes publicitaires MANON BÉLAND LÉ PA$ PtCiPf.• * 18 FEVRIER 2 0 0 8 A DEES Une victime du VIH devenue criminelle Conséquences catastrophiques pour le dépistage du VIH JEAN-PIERRE ROUT Y Médecin au service d’immunodéficience et d’hématologie de l’Hôpital Royal Victoria a semaine dernière, le juge Mark Bisson du district de Lon-gueuil, a reconnu coupable une femme séropositive d’agression sexuelle et de voies de fait graves envers son ex-conjoint pour ne pas avoir révélé sa séropositivité pour le VIH durant la première semaine de leur relation et de leurs échanges sexuels.Cette décision ne peut que provoquer l’indignation.En effet, elle se base uniquement sur le fait de la non-divulgation du statut de séropositivité avant le premier rapport sexuel alors que le condom aurait été utilisé, ce que ne reconnaît pas son ex-conjoint Ils vivront quatre ans sous le même toit et tous deux reconnaîtront à ce moment-là avoir utilisé le condom lors des rapports sexuels.Au-delà de l’incompréhension d'une telle décision, qu’une femme qui porte plainte contre un conjoint physiquement violent se retrouve elle-même condamnée pour agression sexuelle, est des plus étonnant au Québec.Ce jugement soulève de nouvelles questions sur le statut des personnes vivant avec le VIH.En effet, en découle un immédiat danger pour le fragile équilibre entre les droits de la personne et la santé publique.Dépistage Comment, dans un tel contexte, faire passer aujourd’hui le message si important du dépistage du VIH?La criminalisation de la non-divulgation du statut de séropositivité même en pratiquant le «sexe sécuritaire» (safe sex) va conduire à une politique de l'autruche, où ignorer sa séropositivité mettra une personne à l’abri de toute plainte.Il est reconnu par l’ensemble de la communauté médicale que le dépistage de l'infection au VIH entraîne une diminution des pratiques sexuelles à risque et diminue donc le risque de future transmission.Plus le diagnostic de l’infection est précoce, mieux les personnes répondent aux traitements du VIH et peuvent ainsi éviter de développer les terribles infections et cancers qui sont associés au VIH.D y a encore beaucoup trop de patients qui arrivent à l’urgence au stade de sida et ne découvrent qu'à ce moment là leur statut de séropositivité.Que de souffrances inutiles pourraient être évitées avec un meilleur dépistage du VIH! Des études économiques de coût-efficacité menées au Canada et aux Etats-Unis sur les médicaments anti-VIH démontrent que traiter les personnes avant quelles ne développent les complications coûte moins cher.De plus, le traitement au stade précoce augmente la qualité de vie des personnes atteintes et permet le maintien de leur vie professionnelle.Stigmatisation et peur L’effet de ce jugement contribue non seulement à augmenter la stigmatisation des personnes infectées, mais aussi à créer la peur de se faire dépister pour ne pas être traîné devant les tribunaux.Cela va à l’encontre des données de santé publique.Une équipe de chercheurs de Montréal a démontré que les personnes infectées depuis moins d’une année peuvent transmettre dix fois plus facilement le virus.Une journaliste du Devoir avait même qualifié ces personnes de véritable «bombes ambulantes» au désarroi des membres des groupes communautaires (Le Devoir, 3 mars 2007).Ces résultats reflètent la dynamique du virus dont la quantité est de 10 à 100 fois supérieure en début d'infection par rapport à la suite.Cette étude sert maintenant de référence dans toutes les réunions internationales sur le sida et a permis à de nombreux chercheurs du Québec d’obtenir DENIS SINYAKOV AGENCE FRANCE-PRESSE L’effet de la décision du juge Mark Bisson contribue non seulement à augmenter la stigmatisation des personnes infectées, mais aussi à créer la peur de se faire dépister pour ne pas être traîné devant les tribunaux.des octrois de recherche du fonds de la recherche en santé (FRSQ) et des Instituts de recherche en santé du Canada pour intensifier le dépistage précoce du VIH, notamment dans la communauté gaie de Montréal.Tout cet effort de prévention et de dépistage pourrait être mis à mal par un tel jugement, qui vient à l’encontre de toutes ces avancées scientifiques.Nouveaux traitements L’argument peut-être le plus important pour éviter à la fois le rejet des personnes atteintes et diminuer le risque de transmission serait le rôle des nouveaux traitement anti-VIH dont nous disposons (Le Devoir, 23 juillet 2007).Comme nous l’avons déjà dit, les médicaments anti-VIH permettent maintenant un blocage complet et durable de la multiplication du virus, ce qui permet aux personnes de vivre en santé.En bloquant efficacement la multiplication du virus, la transmission semble être réduite ou nulle, comme l’indiquent deux études espagnoles.Chez une centaine de femmes dont la grossesse n’était pas planifiée, ni elle-même ni leur enfant n’ont été infectés alors que le père était lui était infecté et traité de façon adéquate.Antérieurement, des études africaines avaient montré qu’en l’absence de traitement, le risque de transmission dépendait de la quantité de virus dans le corps de la personne infectée.Il est donc reconnu dans la communauté scientifique que la quantité de virus dans le corps représente un facteur majeur pour la transmission du VIH, avec les autres maladies transmissibles sexuellement Devant ces évidences, un groupe d’experts suisses a publié il y a une quinzaine de jours un document indiquant qu’il n’y avait probablement pas de transmission du VIH si la personne était efficacement traitée et non exposée à des maladies sexuellement transmissibles.Alors que l’accusée était traitée pour son VIH, ces données scientifiques sur la transmission n’ont pas été prises en compte comme pertinentes lors de ce jugement Au vu de ces éléments, je pense que la décision rendue par ce tribunal va à l’encontre de toutes les politiques de dépistage du VIH au Québec et risque une fois encore de stigmatiser les personnes atteintes et de retarder leur accès à des soins et des traitements qui peuvent changer le cours de leur vie et aussi diminuer de futures transmissions.C’est madame Marois qui a raison Faire survivre la culture française à travers le bilinguisme A DENIS GAUMOND Montréal Souverainiste de la première heure et directeur de service à l’UQAM insi, selon certains bien-pensants de la trempe des Victor-Lévy Beaulieu et autres pseudos purs et durs de l’indépendance, on ne peut être souverainiste et bilingue en même temps.Apprendre l’anglais à l’école est devenu un crime contre le Québec et nos ancêtres.Lévesque, Parizeau, Bourgault et bien d’autres sont donc de grands criminels politiques! Disons-le: ce nationalisme intégriste commence à me rebuter au plus haut point D assassine le mouvement souverainiste à petit feu par son obscurantisme et son défaut d’évoluer, de s’adapter.Il m’arrive même parfois de penser, dans ma paranoïa croissante, que ces gens-là sont peut-être des fédéralistes infiltrés! Personne ne peut sacrifier son destin personnel ou celui de ses enfants au profit d’un projet hésitant d'une nation idéalisée.Bien au contraire, c’est par la liberté personnelle que se réalise la liberté d’un Etat La culture d’un humain se comprend et se mesure de plus en plus par une dominance culturelle particulièrement signifiée par une langue prépondérante.Cette culture dominante baigne dans un ensemble de cultures environnantes dans lesquelles elle puise avec pertinence et retenue.Sur cette planète de plus en plus devenue un «village global», on ne peut être d'une seule culture sans volontairement s’isoler et se limiter.Pas plus que l’on ne peut se prétendre de toutes les cultures ou, pompeusement, citoyen du monde.On est tributaire de plusieurs sources culturelles aussitôt que l’on s’ouvre un tant soit peu sur le monde.Comme tout être civilisé se doit de le faire pour sa propre réalisation personnelle.Mais il y aura toujours une dominance identitaire qui nous ramènera à une culture «racine» très souvent héritée, mais aussi choisie par immigration.Aujourd’hui, mondialisation et technologie, immigration et modernité, font en sorte que l’humain des sociétés développées devient de plus en plus homo polyculturu! Les Québécois l’ont compris.Madame Marois aussi.Changer d’environnement On ne peut plus vivre dans une mer de 300 millions d’anglophones sans en tenir compte, comme on le faisait il n’y a pas si longtemps encore.Surtout quand notre économie, et de là, toute notre vie moderne, en est si dépendante.Surtout aussi quand cette culture présente un magnétisme si fort qu’elle nous affecte très souvent bien malgré nous.Dans les années cinquante, sur la côte nord de ma Gaspésie, sans radio ni télévision, sans anglophone ni immigrant à l’horizon, ma vie culturelle, économique et sociale était très différente de ce que je vis maintenant à Montréal où je suis installé depuis plus de trente ans! Nous sommes même très loin de l’environnement culturel péquiste et du référendum de 1976.Tout a changé.C’est cela qu’il faut comprendre.Et surtout accepter.C’est la meilleure façon de retirer les profits qui viennent avec ces changements pour ceux et celles qui savent s'adapter et grandir.L’Etat n’a-t-il pas la responsabilité de mieux outiller ses membres pour une meilleure harmonisation des rêves individuels et collectifs?Qui peut prétendre que le bilinguisme n’est pas ici, au Québec, un outil d’épanouissement de plus en plus nécessaire sinon essentiel?Ce n’est que lorsque j’ai appris l’anglais què j'ai vraiment apprécié ma langue française.En apprenant cette langue de mes puissants voisins, je l’ai démystifiée et démythifiée ainsi que la culture qu’elle diffuse.Par un très fort effet de retour, je me suis davantage ancré QUESTIONS D'IMAGE à ma racine française.J’ai travaillé dans tout le Canada pendant des années.J’ai sillonné une bonne partie de la planète.Les deux langues outils que je maîtrisais me furent très utiles.Jamais je ne me suis senti moins francophone pour autant Bien au contraire.Même si je communiquais en anglais, c’est avec ma personnalité de culture française que je m’appropriais et que j'appréhendais le monde que je découvrais.C’est ainsi que mon bilinguisme a solidifié ma francité et mon rêve souverainiste.Bravo! Il ne faut pas confondre le cheminement individuel d'un Québécois et le projet coüectif en voie de partage du peuple québécois.Si le bilinguisme individuel peut être un merveilleux instrurpent de développement personnel, le bilinguisme d’Etat pour sa part ne peut être que suicidaire.Aussi, la nation québécoise se doit de défendre, en droit et en loi, une seule langue commune, la langue française.Alors oui, sur le territoire national du Québec, chaque élève devrait atteindre un niveau acceptable de bilinguisme pour obtenir son certificat d’études secondaires.C’est la seule façon de sauver la langue française en Amérique, car, en plus d’être un instrument fondamental du «vivre ensemble», ma culture d’ouverture sera également un outil de libération individuelle en acceptant de s’enrichir de plusieurs autres langues sans qu’elle en soit menacée et surtout sans que ses adeptes se croient punis d’être nés du mauvais côté de la rivière des Oufaouais! Bravo, Madame Marois.Nous sommes nombreux à partager le virage intelligent que vous faites prendre au PQ.Il y a plusieurs façons d’être pur et dur.La vôtre, ouverte sur le monde et sur ce qu’il peut nous apporter, permettra à notre nation québécoise de marcher plus confiante vers sa liberté.Merci.Thank you, Jean-Jacques Stréliski Oversarkose kolas Sarkozy est-il malade?S’il ne l’est pas, on ne peut pas en du e autant de sa cote d'amour auprès des Français.Cette dernière est sérieusement atteinte.En chute libre même.Du jamais vu en si peu de temps.De l’avis de tous, classe politique, analystes, partisans ou adversaires, mais aussi.psychiatres, il y a de quoi s’inquiéter.Et, paradoxalement c’est la personnalité du président due à ses ostentatoires atermoiements sentimentaux qui pose problème.Cela semble grandement déranger les Français.Pire encore, une mystérieuse contagion dont il est le gène, telle une pandémie d’un genre peu courant, frappe le pays tout entier.Cette pathologie porte également des noms dérivés; vous entendrez donc pailer de sarkomanie, sarkophobie, sar-kophrénie et même de.sarkose obsessionnelle.Tandis que j’étais en train d’écrire cette chronique, le hasard m’a mené jusqu’au blogue d'un ami, avec l’effet soudain de donner à mon propos un éclairage très particulier.Communicateur hors pair, Serge Ht^ fez est un psychiatre et un psychanalyste réputé en France, il est l’auteur de brillants ouvrages, fort bien vulgarisés.Hefez pose un diagnostic surprenant.Un nombre grandissant de Français seraient atteints de sarkoze obsessionnelle.Cette découverte lui vint après que des patients lui eurent confessé cette obsession croissante, parce que quotidienne, pour tout ce qui touche de près ou le loin la vie de Nicolas Sarkozy.Ce qui, selon Hefez, pourrait s’apparenter à un type de névrose jusqu’alors inconnu.Si je comprends bien: les Français seraient à ce point exposés aux radiations sarkoziennes qu’une majorité d'entre eux serait même devenue hautement dépendante, allant jusqu’à friser l’oversarkose! S’ensuit mie analyse pour le moins captivante de la personnalité narcissique du plus haut personnage de l’Etat Je vous invite donc vivement à lire ce blogue en vous régalant au passage du commentaire de ses lecteurs.I>es Français sont bel et bien sous le choc.Comment en effet expliquer que seulement 39 % d’entre eux lui fassent encore confiance quand cette cote était à 65 %, deux mois après son élection?Certains parlent d’un effondrement, d’autres craignent une explosion en plein vol.et même un autre divorce.Bref, comme on dit là-bas: la cata! Bon, vous connaissez les Français! On a la protubérance verbale facile au pays de Pagnol.Et puis, ce n’est quand même pas la première fois qu’un personnage narcissique occupe le pouvoir.De Ix>uis XIV à Napoléon, jusqu’à Mitterrand, les Français ont déjà vu neiger, comme on dit chez nous.De plus, pour se présenter et se faire élire à la fonction suprême, les présidents de la République doivent tout de même disposer d’une assez haute opinion d’eux-mêmes.On imagine également que l’environnement royal et la pompe fastueuse dans laquelle ils évoluent aux frais de la République puissent aisément faire disjoncter quelques-uns de leurs présidentiels neurones.Et enfin jusqu’ici, les affaires d’alcôves élyséennes n’intéressaient guère le citoyen commun si ce n’est pour pimenter quelques fins de repas ou alimenter les «brèves de comptoir» — ces vérités savoureuses que l’on vous sert à loisir dans chaque bistro de IHexagone.Rien ne va plus au 55, rue du faubourg Saint-Honoré! Sarko dépasse les bornes, il cherche les caméras, puis rabroue les journalistes.Il va même jusqu’à leur intenter un procès — comme dans l’affaire du SMS à Cécilia (texto, disent les Français).Il divorce et se remarie en trois mois, se balade à Alexandrie avec un top-modèle star de la chanson, puis à Petra avec l’enfant de cette même star sur les épaules.11 aime les yachts, les jets privés, les rockers et les stars de l’humour, les jeans, les Ray-Ban fumées, etc.Voilà qu'au nez et à la barbe de tous, il se fout des conventions.Les Français ont voté pour le changement Ils en ont un vrai.Et pas forcément celui qu’ils avaient imaginé.Le président de la République incarne l’autorité suprême, le père de la Nation, la discipline et la stature.Il ne m’appartient pas de diagnostiquer que ce père est malade.Mais j’ai la ferme conviction que son image a besoin d’un réel traitement.Alors, forcément, son peuple guette à tout moment les signes de l’amélioration ou de la détérioration de cette image.D’où la sarkoze obsessionnelle.Pour l’instant, les Français jugent la rupture trop profonde.Et ils lui font payer très cher dans les sondages.Le repère présidentiel est aux abonnés absents.Désormais, le président doit se mettre au travail, se concentrer sur son action politique.Il a le temps certes, mais pour le moral de tous, à qui il a tant promis, il devra relever ses manches, accomplir ce pour quoi il a été élu et reprendre, une fois pour toytes, la seule stature qui lui sied: celle de l’homme d’Etat.Ira récréation est finie.Nicolas doit devenir adulte.Il doit impérativement changer de style.Son ami, le publidtaire Jacques Séguéla, qui lui a présenté Caria Bruni, devrait lui passer un coup de fil.Quant à mon ami psy, je lui ferai la suggestion suivante: celle d’envoyer d’urgence un texto à Sarko pour lui proposer ses services.Si ce n’est pas par conviction politique, que ce soit à tout le moins pour le bien de la nation.Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d’images.REGIS DUVIGNAU REUTERS Un nombre grandissant de Français seraient atteints de sarkoze obsessionnelle.L’ÉQUIPE DU DEVOIR LA RÉDACTION Journalistes à l'information générale et métropolitaine : Gérald Dallaire (adjoint au directeur de l'information), Jeanne Corriveau (affaires municipales), Fabien Deglise; Marie-Andrée Chouinard (éditorialiste, responsable de la page Idées), Brian Myles (justice et faits de société), Clairandrée Cauchy (Général).Jean Dion.Louis-Gilles Francœur (environnement).Benoit Munger (responsable du site Internet).Emilie Folie-Boivin, Vincent Cauchy (commis internet) Laurence C\ave\(pupitre), Philippe Papineau (pupitre), Louis^-Maude Rioux Soucy (Santé): Pauline Gravel (sciences) : Michel Gameau (caricaturistei ; Diane Precourt (responsable des pages thématiques) : Martin Duclos.Michèle Malenfant et Christine Dumazet (correcteurs): Jacques Grenier et Jacques Nadeau (photographes).h rinformation cultureBe Michel Bélair (theatre et cahier Culture), Julie Carpentier (pupitre).Paul Bennett (pupitre cahiers spéciaux et culturels du week-end), Stéphane Baillargeon (reporter), Paul Cauchon (médias).Caroline Montpetit (livres).Odile Tremblay fWnmayIsabelle Paré (culture), à l’information économique Gérard Bérubé (adjoint au directeur de l’information), Dominique Reny (pupitre).Éric Desrosiers.Claude Turcotte.François Desjardins; à l’information internationale : Jean-Pierre I^egault (pupitre international et page éditoriale), Claude Lévesque.Guy Taillefer (ad/oint au directeur de l'information), Serge Truffaut (éditorialiste) ; à l’information politique Hélène Buzzetti et .Mec Castonguay (correspondants parlementaires à Ottawa), Antoine Robitaille et Robert Dutrisac (correspondants parlementaires à Québec), Kathleen Lévesque.Amélie Gaudreau (secrétaire a la rédaction)-, Emilie Parent Bouchard.Étienne Plamondon-Emond (commis à la rédaction) La documentation Gilles Paré (directeur)-, Manon Derome.Olivier Specie! (Québec).Monique Bhérer (Ottawa) LA PUBIiCFTfe Amelie Bessette.Jean de Billy, Jean-François Bossé.Dave Cameron (directeurad/oint), Julie Chrétien.Marlene Côté, Christiane I>egault, Amélie Maltais.Claire Paquet.Genevieve Pierrat.Chantal Rainville, Martine Riopelle, Isabelle Sanchez.Nadia Sebaï.Melisande Simard (publicitaires), Sylvie Laporte.Martine Bérubé (secrétaire) LA PRODUCTION Christian Goulet (directeur de production), Michel Bernatchez.Johanne Brunet.Danielle Cantara, Richard Des Cormiers, Donald Filion, Yannick Morin.Nathalie Zemaitis, Olivier Zuida.INFORMATIQUE Yanick Martel (responsable).PROMOTION, DISTRIBUTION ET TIRAGE Caroline Simard (responsable service à la clientèle), Nancy Beaulieu.Manon Blanchette, Nathalie Filion.Rachelle Leclerc, Jean-Robert Divers (responsable promotion) L’ADMINISTRATION Stéphane Roger (contrôleur).Nicole Carmel (responsable des services comptables), Céline Furoy.Ghislaine Lafleur.Claudette Béliveau (adjointe administrative), Claudine Chevrier.Monique Proteau.Danielle Ross. LE DEVOIR.LE LUNDI 18 FÉVRIER 2 0 0 8 A 8 CTUALITES MARDIS SUITE DE LA PAGE 1 l’Université de Montréal.La chef péquiste se retrouvera alors côte à côte avec l’ancien ministre libéral Paul Gérin-Lajoie.Lentretien, qui porte phis précisément sur les États généraux et la réforme de 2000, a été effectué bien avant que la ministre ne devienne chef du PQ, alors qu’elle était encore critique en matière d’éducation du Parti québécois (titre qu’elle a eu de mai 2003, sous Bernard l^ndry, à janvier 2006, sous André Boisclair).«La vie, ça ne devrait pas être me course aux profits, à la productivité et à la consommation; fespère que, dans l’avenir,, l’on va essayer de tempérer ça un petit peu», affirme l’andenne ministre de Lucien Bouchard.Le «fric», lance celle qui a lait les manchettes cet automne en raison de sa somptueuse demeure, «ce n’est pas ça la réussite pour moi.Malheureusement, on ne réfléchit plus à ces chosesdà»: Sur ce plan, «notre société stagne», soutient-elle, avant de préciser que l’éducation «devrait contribuer à la mise en place d'une société plus égalitaire, plus respectueuse des différences, une société qui saurait davantage mettre l’accent sur le savoir-être que sur l’avoir».Flèches à Legault et Garon Dans l’entretien, Mme Marois s’attaque sans le nommer à son successeur François Legault pour la façon dont il a géré le dossier de la réforme.EDe dit avoir été «très déçue lorsque le ministre a reporté la réforme d’un an», en 1999.A l’époque, M.legault disait vouloir éviter qu’on «expérimente avec les élèves» alors qu’on annonçait de «grandes modifications» aux façons d’enseigner.Mme Marois juge les choses ainsi: «Je pense que ce n’était pas Justifié.Il n 'avait qu 'à dégager du personnel et quelques ressources pour accompagner les enseignants et pour prendre les quelques décisions de base qu’il restait à prendre.Je trouve ça dommage A part ce fait, la politicienne se dit «plutôt d’accord avec ce qui s’est passé» après elle, à ce n’est la politique des universités de son successeur «Je ne l’envisageais pas tout à fait comme ça, avec les contrats de performance [de François legault], et ce qui est arrivé par la suite, mais il y a à ce sujet des plus et des moins», note-t-elle, sibylline.Mme Marois se montre aussi critique à l’égard de son prédécesseurjean Garon, qui n’avait pas inscrit, dans le mandat des États généraux sur l'éducation, (cette vaste consultation qui a débouché sur la réforme), l’obligation de faire des recommandations.«C’était assez spécial», s'étonne-t-çlle avant de dire: «Quand je suis devenue ministre de l’Education, j’avais l’impression que cette commission n’irait nulle part [sic].» Selon elle, la composition de la commission était quelque peu «disparate», car on y trouvait des gens qui avaient peu d'expérience en éducation.Or, dit-elle, «lorsqu’on traite de pédagogie, de contenus, il y a un angle un peu pointu que l’on ne peut avoir comme chef d’entreprise ou à un autre titre».A propos de Lucien Bouchard, Mme Marois affirme qu’il avait une vision trop noire de l’état de l’école: «Il pensait que ça n 'allait pas bien du tout en éducation.Je crois qu 'il se trompait d’ailleurs, mais enfin, cela étant, il m’avait demandé de lui proposer des avenues pour agir, pour corriger la situation qu 'il percevait.» «Apprendre à apprendre» La politicienne raconte ainsi son arrivée en poste: «Je ne connaissais rien d’autre que mon expérience personnelle, je n’avais pas réfléchi à l’éducation.Alors, je me suis plongée corps et âme dans ça.Et puis, les états généraux, c’était une chance extraordinaire pour moi.J’y faisais mon apprentissage en même temps.» Marois confie qu’un des textes qui l’a le phis marquée et qui a le phis influé sur la réforme est L’Education: un trésor est caché dedans (Paris, Odile Jacob, 1995), un rapport remis à riJNESCO par la Commission internationale sur l’éducation pour le XXI' siècle, présidée par Jacques Delors.EDe y a puisé l’objectif «d’apprendre à être», ce qui signifie selon eDe «apprendre à apprendre».«Apprendre à communiquer ce que l’on apprend.Apprendre à faire des synthèses, intégrer des connaissances.H s'agissait donc, bien sûr, de mettre l’accent sur l’acquisi-tùm de compétences et des connaissances», soutient-eüe.EDe définit le «savoir-être» comme la «capacité de s'adapter au fur et à mesure que la société change, que les connaissances évoluent».Selon eDe, «la société dans laquelle nous vivons et vivrons exige de nous d'être capables d’échanger et de transmettre nos connaissances, d’acquérir des connaissances de l’autre, sinon, nous risquons de nous marginaliser».NuDe surprise à la chef péquiste s’est mise en colère, récemment, lorsque certains de ses anciens compagnons de route, Bernard Landry, Joseph Facal et Jean-François Lisée, ont signé un manifeste contre la réforme.C’est là, soutient-eDe dans l’entretien, le cœur de son héritage politique de ministre: «Si on retenait quelque chose de moi concernant mon apport au gouvernement, /aimerais que l'on retienne ça, le préscolaire et la ré/brme au primaire et secondaire.» Depuis, eDe a cependant fait des déclarations plus nuancées.Le 7 novembre, eDe soutenait à l’Assemblée nationale que la réforme scolaire «a bifurqué en cours de route [.], il y a eu quelques dérapages \.],etje crois que ça prend certains redressements».Le Devoir KOSOVO SUITE DE LA PAGE 1 dorée sur fond bleu clair avec six étoiles, une pour chacun des six principaux groupes ethniques du Kosovo.«Nous, les dirigeants démocratiquement élus de notre peuple, déclarons par la présente que le Kosovo est un Etat indépendant et souverain», dit le texte, après un préambule évoquant les souffrances du passé et regrettant l’absence d’un accord avec Belgrade.La Répubbque du Kosovo veut s’inscrire d’entrée dans la «famille européenne» et dans le cadre du plan Ahtisaari qui a ouvert la voie à l’indépendance, soumise pour une durée indéterminée à une supervision internationale.Le premier ministre Thaci a d’ailleurs souhaité la «bienvenue» à la mission de l’Union européenne, baptisée Eulex, qui doit se déployer au Kosovo pour superviser les débuts de l’indépendance.Forte à terme de 1800 personnes, eüe devrait prendre le relais de la Mission d’administration intérimaire des Nations unies au Kosovo (MINUK) afin d’assister les institutions kosovares, principalement au chapitre de la police et de la justice.La MINUK a commencé à administrer le Kosovo en 1999, après que des bombardements de l’OTAN eurent contraint le président Slobodan Milosevic à retirer de la province les forces serbes, qui combattaient la guérilla de l’Armée de D-bération du Kosovo.Une force commandée par l’OTAN, la KFOR, est chargée depuis 1999 d’assurer la sécurité au Kosovo.Respect des Serbes Dans son discours, M.Thaci a aussi insisté sur le respect du caractère «pluriethnique» de la nouvelle république.«Aucune des minorités ne doit avoir peur», a-t-il assuré, Dsant ensuite laborieusement quelques mots en serbe, l’autre langue officielle de cette «ex-province» désormais peuplée à 90 % d’Albanais de souche, majoritairement musulmans: «C’est aussi pour vous des temps nouveaux qui commencent.» Ce discours, les 120 000 derniers Serbes du Kosovo ont pour la plupart refusé de l’entendre, terrés dans leurs enclaves protégées par les 17 000 hommes de la KFOR.Déjà, ignorant par avance la souveraineté kosovare, ils ont annoncé dès vendredi qu’ils organiseraient dans leurs zones les élections municipales prévues en mai en Serbie et formeraient leur propre «Parlement du Kosovo».Parmi les scénarios possibles figure une sécession du nord du Kosovo, où vivent 40 000 des 120 000 Serbes sur le territoire.Les Albanais du Kosovo, eux, avaient toutefois le cœur à la fête.Des dizaines de milliers sont descendus dans les rues, au centre de Pristina, capitale du Kosovo.«L’indépendance était le rêve de mon grand-père comme de mon père, et j’ai grandi avec cet espoir», a lancé Agim Berhami au journal français Libération.Il brandissait le quotidien Exprès, dont la une était barrée d’un immense «Fuck YU» — Yu pour Yougoslavie — avec au-dessus les portraits de Slobodan Milosevic, l’ex-homme fort de Belgrade, de Tito, qui créa la Yougoslavie socialiste, et du roi Nicolas Pasic.Il aura faUu un siècle pour que le rêve devienne réalité.«Mieux vaut tard que jamais, les Européens réparent enfin leur erreur du début du XXe siècle, quand ils avaient donné le Kosovo à la Serbie», a quant à lui expliqué Povataj Kushtrim, parti en France avec ses parents en 1991 peu après la suppression du statut d’autonomie par Milosevic.Rejet total Sans surprise, la Serbie a prévenu qu’eDe s'opposerait par tous les moyens «diplomatiques, politiques et économiques» à une proclamation «illégale».«La Serbie ne reconnaîtra jamais l’indépendance du Kosovo», a répété le président, Boris Tadic.Il a par la même occasion demandé aux institutions internationales de déclarer «nulle et non avenue» cette déclaration qui «viole les principes fondamentaux du droit international».Le ministre serbe chargé du Kosovo, Slobodan Samardzic, a pour sa part affirmé que Belgrade renforcerait sa présence dans l’enclave serbe du nord du Kosovo (environ 15 % du nouveau pays), agitant le spectre d’une sécession et d’un rattachement à la Serbie.«Pour la Serbie, il n’y a.pas et il n’y aura jamais d’État fantoche du Kosovo sur son territoire», a renchéri le premier fhinistre serbe, le nationaliste Voji-slav Kostunica.Il s’en est même pris au président américain George W.Bush et à -«es partisans européens» qui ont encouragé les Albanais à proclamer l’indépendance, «La politique destructrice, cruelle et immorale des Etats-Unis a conduit à cette illégalité sans précédent», a-t-D lancé.A Moscou, la Russie, aUiée de Belgrade, a aussitôt réclamé l’annulation de la proclamation et a demandé la convocation d’une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU.Cette dernière a eu lieu, mais eDe a simplement permis de constater que le Conseil était divisé sur la question.«Aucun pays n’a soutenu la demande de la Russie d’annuler la proclamation d’indépendance du Kosovo», a déclaré l’ambassadeur de Grande-Bretagne, John Sawers.Quoi qu’il en soit, ont martelé les Russes, cette proclamation constitue «une violation de la souveraineté de la Serbie», «de la Charte de l’ONU et de la résolution 1244 du Conseil de sécurité» qui a mis fin au conflit de 1998-1999, selon le ministère russe des Affaires étrangères.Le monde est divisé Washington a «pris note» de la proclamation et a appelé toutes les communautés du Kosovo au calme.«Nous évaluons cette question et nous en discutons avec nos allià européens», a déclaré le porte-parole du département d'État, Sean McCormack.Les États-Unis, qui ont été les principaux artisans de l’indépendance du Kosovo, appeDent toutes les parties «à exercer la plus haute retenue et à s’abstenir de toute provocation», a-t-il poursuivi.Plusieurs pays de l’Union européenne ont eux aussi pris acte de la proclamation kosovare et ont appelé à la modération, dans l’attente d'une déclaration officieDe qui devrait être faite aujourd’hui à Bruxelles à l’issue d’une réunion des ministres européens des Affaires étrangères.La majorité de ses membres sont prêts à la reconnaître.Mais six pays (Chypre, Grèce, Espagne, Bulgarie, Roumanie, Slovaquie) ont dit clairement qu’ils ne la reconnaîtraient pas, la jugeant dangereuse car de nature à alimenter les séparatismes partout dans le monde.Signe de la réalité de cette possibilité, l’Abkhazie et l’Ossétie du Sud, deux régions séparatistes et prorusses de Géorgie, ont annoncé peu après la proclamation kosovare qu’eDes allaient demander à la Russie et à l’ONU de reconnaître leur indépendance.Et le Sri Lanka, qui combat les séparatistes tamouls, a estimé que la proclamation kosovare, cette «violation de la Charte des Nations unies», était un «grave précédent» qui pourrait «constituer une menace grave pour la paix et la sécurité internationale».Le Kosovo étant géré par l’ONU et l’OTAN y pa-trouiUant depuis la fin de la guerre entre les forces serbes et les Albanais du Kosovo en 1999, la force de l'OTAN au Kosovo, la KFOR, a annoncé qu’eDe aDait «continuer à assumer ses responsabilités», «sauf décision contraire du conseil de sécurité de l’ONU», a dit le secrétaire général de l’organisation après la proclamation d’indépendance.Violences Signe des tensions qui régnent dans la région, des violences ont éclaté hier soir dans la capitale serbe, Belgrade, où des échauffourées ont opposé plusieurs centaines de miDtants ultranationalistes aux pohcierç anti-émeute, notamment devant l’ambassade des États-Unis.Une trentaine de personnes, dont une quinzaine de poticiers, ont été blessées, selon des responsables hospitaliers.Les vitres de deux restaurants McDonald’s du centre-viDe ont été brisées par les protestataires, présentés par les autorités comme des hooligans.La police anti-émeute a tiré des balles en caoutchouc, lancé des grenades lacrymogènes et donné des charges à coup de matraque pour disperser les manifestants.Les émeutiers ont également lancé des pierres sur l’ambassade de Slovénie, pays qui exerce actuellement la présidence tournante de l’Union européenne.Les États-Unis et l’Union européenne sont accusés par les Serbes d’avoir encouragé le Kosovo à proclamer son indépendance.Par ailleurs, deux grenades ont été lancées à Ko-sovska Mitrovica, dans le nord du Kosovo, sans faire de victimes.L'une a explosé dans la cour d’un tribunal de l’ONU, l’autre, lancée contre le bâtiment où doit s’instaDer la mission de supervision européenne, n’a pas explosé.Le Devoir Avec l’Agence France-Presse, Associated Press, Libération et Reuters SUITE DE LA PAGE 1 pour dire le fqnd de sa pensée sur l’avenir des commissions scolaires.A son avis, c’est le «manque d’enjeux», propre aux autres types d’élections à suffrage universel, qui fait le plus défaut aux élections scô-laires, boudées par la population.Précipité par la chute des taux de participation observée aux élections scolaires l’automne dernier (8%) et l’abolition proposée par l'ADQ, le débat sur la gouvernance scolaire suscite depuis des mois des prises de position polarisées.Or, selon Paul Gérin-Lajoie, il faut se garder de jeter le bébé avec l’eau du bain.«Il ne faut pas que les problèmes qui font actuellement la manchette sur la scène publique nous ramènent à la conclusion simpliste d’abolir les commissions scolaires», a affirmé le fougueux octogénaire.A son avis, l'abolition des commissions scolaires, ancrées depuis 150 ans dans la réalité québécoise, pourrait avoir des conséquences dramatiques, notamment la perte de contrôle des parents et des communautés sur leurs écoles, au profit d’une gestion centraDsée.«Je vous mets au défi de montrer que des fonctionnaires basés à Québec, recevant leurs instructions du gouvernement du Québec, [.] pourraient répondre aux besoins de la population», a lancé M.Gérin-Lajoie, d’avis que la disparition des commissions scolaires serait une «menace à la qualité de l’enseignement et à son adaptation au milieu».GÉRIN-LAJOIE Les paroles du président-fondateur de la Fondation Paul-Gérin-Lajoie, qui travaille à promouvoir l’éducation dans les pays en développement, ont été douces aux oreüles du président de la FCSQ, André Caron.En réponse à ceux qui arguent que la démocratie est un beau principe qui ne tient plus la route en pratique, André Caron s’est dit prêt à étudier toutes les avenues pouvant améDorer la communication entre les commissions scolaires et les parents, et la vie démocratique scolaire en général.«Je conviens que des ajustements sont souhaitables quant au rôle de chacun des acteurs du réseau scolaire.Nous sommes ouverts à tous les changements qui auraient pour effet d’améliorer les services aux élèves», a indiqué le président de la FCSQ.Parmi ces changements, la fédération a notamment déjà proposé de tenir des élections scolaires et municipales simultanées, et de favoriser la création d’équipes électorales, dotées de programmes précis pour mieux informer les parents des enjeux qui se jouent dans leurs écoles.Hier, la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), principal syndicat d’enseignants et de personnel scolaire, a aussi plaidé pour la fin d’une décentralisation excessive qui a mené à la création de «3000 petits ministères de l’Education».«On a décentralisé à outrance, et ça ne marche pas.Chacune des écoles fait ce qu’elle veut, sans aucun contrôle du ministère et des commission scolaires.Au- jourd’hui, on n’entend parler que de dérive et de dérapage en éducation.Il fout sortir du fouillis», a souligné hier Réjean Parent, président de la CSQ, lui aussi farouchement opposé aux positions adéquistes.Selon ce dernier, il est urgent que Québec reprenne les rênes et que les commissions scolaires véhiculent une vision claire et commune de ce que doit être l’éducation nationale.Au Forum qui débute mercredi, la CSQ plaidera en faveur d’un plus grand encadrement des écoles par les commissions scolaires et d’investissements de 700 millions pour les aider à mieux remplir ce rôle.D’avis que les conseils de commissaires sont devenus le maillon faible de la démocratie scolaire, la CSQ propose de revaloriser le travail des commissaires pour en faire de véritables «députés de l’éducation», tout en réservant des postes de commissaires au personnel scolaire.Chose certaine, le grand remue-ménage prôné par l’ADQ est rejeté en bloc par la CSQ.«On a passé 20 ans à jouer dans les structures en fusionnant de 1700 à 72 le nombre de commissions scolaires.Va-t-on repartir avec un autre brassage de structures?», plaide la président de la CSQ, dont le mémoire proposera notamment le vote postal et le vote simultané scolaire et municipal pour alléger le processus démocratique scolaire.Le Devoir WEBSTER SUITE DE LA PAGE 1 dans la communauté et donne notamment des formations intercultu-reOes à la poüce de Québec.Native de Limoilou, la mère est une enseignante très militante.Ce dont il parle avec un mélange de rire et de fierté: «Ma soeur et moi.m dit d'elle qu'elle a une pancarte rétractable de manif dans le bras!» Malheureusement, si l’on se fie au documentaire des réalisateurs Martine Asselin et Éric Martin, cette famille épanouie ne serait qu'une exception.En s’appuyant essentiellement sur des témoignages, le film dresse le portrait d'une ville qui évolue lentement sur le plan de l'oie verture à l'autre.Avec le découragement que l'on peut soupçonner chez nombre d’immigrants.Le jugement de Webster est sans appel.«Québec, c’est une vieille ville fermée, Manche et francophone, lance-t-il d'un trait Cest comme si on ne méritait pas d’être traités à part entière comme des citoyens québécois parce qu ‘on n 'a pas la même couleur de Peau.Pourtant, je suis né à côté d’ici et je connais mieux l’histoire du Québec que bien des gens» Des visites de classe Bachelier en histoire, notre rap-peur travaille dans un parc historique du gouvernement fédéral.A l'occasion, 3 va rencontrer des jeunes dans les écoles secondaires, n rappe et 3 leur parle de son parcours.«La dernière école où je l'ai fait, c'était à Riviè-re-des-Prairies Un ami prof m'avait invité.Pour parler aux jeunes, leur mmtrer qu 'il y a des Québécois de couleur qui font des durses» D leur a parlé de l’importance de rester à l’école, puis a fini par.don- ner le cours d’histoire.«Je leur ai parlé des découvertes, de Christophe Colomb, de l’importance des épices à la Renaissance Cétait en plein dans ma thématique de travail» Dans les classes qui! a visitées à Québec, il a pris l’habitude de demander aux étudiants lesquels d’entre eux s’étaient déjà fait «coller» par la police.«Les seuls qui lèvent la main, ce sont des Noirs pis des Asiatiques.Je te parle de classes avec environ le quart d’immigrants.C'est pas normal.» La question le préoccupé grandement, et elle est partout dans son rap.Tout simplement «parce que ça attise la haine».Récemment encore, il a participé à une émission de la SRC sur le profilage racial.S'il dit être témoin de ce problème depuis l’adolescence, 3 en a vécu les contrecoups très sévèrement ces dernières années.«Le scandale de la prostitution juvénile à Québec, ç’a été quasiment comme notre 11-Septembre d nous.Ça a beaucoup stigmatisé les Noirs et les Arabes.» Pourquoi?Parce que le groupe criminel Wolf Pack qui recrutait les victimes comptait panni ses membres beaucoup de fils d’immigrés.Des gars de son quartier, avec quiüagrandi, -saufqu 'ils ont pris une voiedifkrente».En plus, l’un des interpeDés avait fait une chanson sur le premier album de son groupe.Limoüou Starz.Mais, expDque Webster, le5 groupe ne l’a jamais intégré justement «parce qu ’il avait refusé de choisir entre le rap et ses vieilles magouilles».Mais les déboires du groupe n’étaient pas terminés.Trois ans plus tard, un de ses membres, Eddy Racine, était attaqué sauvagement par un groupe de skinheads.En pleine rue, dans la Haute-ViDe.Des «terrorythmes» Des incidents graves, mais très rares dans le paysage local souligne le rappeur.Ce qui explique peut-être que l’on puisse facilement apeurer les gens.«Au fond, est-ce qu’il y a une ville plus sécuritaire que Québec en Amérique du Nord?J’en doute.Lan dernier, je crois qu’on a eu notre premier meurtre au mois d’octobre!» Vérification faite, D n’y a eu aucun homicide à Québec en 2007.Mais, qu’eüe soit réeUe ou imaginaire, la violence trouve dans le hip-hop un puissant moyen d’expression.Aux esprits révoltés, Webster propose ce quil appeDe des «terrorythmes» et des «attentatslyrical» [sic].Après avoir longtemps rappè en anglais, Webster a entrepris il y a quatre ans d’attaquer le français.D a fallu tout reprendre depuis le début mais cela en valait la peine.«Je m’étais rendu compte que les jeunes comprenaient de moins en moins bien l’anglais parce que, contrairement à moi à leur âge, ils peuvent écouter du rap en français.Je voulais qu’ils me comprennent» Ses textes sont empUs de réfé- rences à l’histoire.Louis Cyr y côtoie Malcolm X.Ali est sans conteste lin-teüo de la «gang».Il tient d’aüleurs son nom de rappeur.du dictionnaire anglais Webster.Une idée de ses amis qui, visiblement le met encore un peu mal à l’aise.Mais son art réside justement dans ce bon usage.du dictionnaire.«Les jeunes, de nos jours, sont difficiles à choquer.Ils comprennent bien la mentalité hip-hop.Ce que je peux foire, c’est leur apporter des choses qu’ils ne connaissent pas.L’un des meilleurs compliments qu’un jeune puisse me foire, c’est me dire qu’il y a plein de choses qu’il ne comprend pas sur mon album et qu’il est obligé d’aller foire plein de recherches sur Internet pour savoir de qui je parle.» Collaboratrice du Devoir ¦ Québec, ville de passage: les 20 et 23 février aux Rendez-Vous du cinéma québécois.LE DEVOIR www.ledevoir.com Les bureaux du Devoir sont situés au 2050, rue De Bleury, 9 étage, Montréal (Québec), H3A 3M9 ED Place-des-Arts Ils sont ouverts du lundi au vendredi de 8h30 à 17h.Renseignements et administration : 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