Voir les informations

Détails du document

Informations détaillées

Conditions générales d'utilisation :
Protégé par droit d'auteur

Consulter cette déclaration

Titre :
Le devoir
Quotidien montréalais indépendant et influent, qui informe rigoureusement et prend part aux grands débats de la société québécoise [...]

Fondé à Montréal par l'homme politique québécois Henri Bourassa, le quotidien Le Devoir paraît pour la première fois le 10 janvier 1910. Bourassa rassemble autour de lui une équipe de rédaction fort compétente. En font partie Olivar Asselin, Omer Héroux, Georges Pelletier, Louis Dupire et Jules Fournier.

Dès ses débuts, Le Devoir se veut patriotique et indépendant. Résolument catholique, il est partisan de la doctrine sociale de l'Église et appuie un encadrement catholique des mouvements associatif, syndical et coopératif. De tout temps, il défendra la place de la langue française et sera des débats sur la position constitutionnelle du Québec.

Au cours des années 1920, le catholicisme du directeur se dogmatise, ce qui rend plusieurs journalistes inconfortables, mais l'orateur demeure une figure très en vue qui permet au journal d'amasser des fonds. Grâce à lui, Le Devoir pourra toujours s'appuyer sur des donateurs privés, dont certains siègent à son CA. Des journalistes tels Fadette, Jeanne Métivier et Paul Sauriol y font leur marque à la fin de la décennie.

Proche des cercles intellectuels influents, Le Devoir a une vocation nationale. Une grande part de son tirage est tout de même acheminée dans les milieux ruraux. Le journal offrira d'ailleurs un vif appui à l'organisation de l'agriculture québécoise. Il ne pénétrera que tardivement, mais sûrement, le lectorat de la zone métropolitaine.

Au départ de Bourassa en 1932, Georges Pelletier prend la direction du journal. Un regard d'aujourd'hui sur l'époque des décennies 1930 et 1940 révèle une phase plutôt sombre, empreinte d'antisémitisme, le Juif représentant à la fois la cupidité du capitalisme et le péril athéiste lié au communisme.

Durant la Seconde Guerre mondiale, Le Devoir lutte contre la conscription et rapporte les injustices faites aux Canadiens français dans les corps militaires. Sur le plan politique, bien qu'indépendant, le quotidien appuie la fondation du Bloc populaire, parti nationaliste, et se rapproche parfois de l'Union nationale.

Gérard Filion prend la direction du journal en avril 1947. Il en modernise la formule et attire de solides jeunes collaborateurs, dont André Laurendeau, Gérard Pelletier et Pierre Laporte. Le journal prend alors définitivement ses distances de l'Union nationale, critiquant l'absence de politiques sociales, l'anti-syndicalisme et la corruption du gouvernement québécois, et dénonçant la spoliation des ressources naturelles.

À partir de 1964, le journal est dirigé par Claude Ryan, qui en base l'influence sur la recherche de consensus politique, entre autres sur les sujets constitutionnels. Sous sa gouverne, Le Devoir sera fédéraliste pendant la plus grande partie des années 1970.

Bien qu'il soit indépendant des milieux de la finance, Le Devoir est le quotidien montréalais qui accorde la plus grande place dans ses pages à l'économie, surtout à partir des années 1980. En 1990, l'arrivée de Lise Bissonnette à la direction redynamise la ligne éditoriale et le prestige du journal. Le Devoir appuie résolument la cause souverainiste.

Au XXIe siècle, sous la gouverne de Bernard Descôteaux, puis de Brian Myles, Le Devoir continue à informer les Québécois, à donner l'ordre du jour médiatique, à appuyer l'émergence des idées et à alimenter le débat social. C'est pourquoi il faut regarder ailleurs que dans ses données de tirage, relativement plus basses que celles des autres quotidiens montréalais, pour mesurer la force de son influence.

Sources :

BEAULIEU, André et Jean HAMELIN, La presse québécoise des origines à nos jours, Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1979, vol. 4, p. 328-333.

BONVILLE DE, Jean, Les quotidiens montréalais de 1945-1985 : morphologie et contenu, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1995.

LAHAISE, Robert (dir.), Le Devoir : reflet du Québec au 20e siècle, Lasalle, Hurtubise HMH, 1994.


Éditeur :
  • Montréal :Le devoir,1910-
Contenu spécifique :
Cahier G
Genre spécifique :
  • Journaux
Fréquence :
quotidien
Notice détaillée :
Lien :

Calendrier

Sélectionnez une date pour naviguer d'un numéro à l'autre.

Fichiers (8)

Références

Le devoir, 2004-01-10, Collections de BAnQ.

RIS ou Zotero

Enregistrer
L E 1> E V 0 1 R .LES S A M E I> 1 1 0 ET 1) I M A \ (' HE 11 .1 A \ V 1 E R 2 0 0 1 LE DEVOIR U,^ : ^ l' j^ k a I VlI J LL Uc V I i I V I tar I W Vr Vrl Le recteur se félicite du fait que son institution ait évolué «d’un statut d’université comme les autres à celui d’un établissement de calibre international» Page3 12 5 AMS ANDRÉ CAILLÉ Le chancelier croit que «Montréal est sur un tremplin remarquable pour même dépasser Boston quant à son rayonnement universitaire» Page 5 - j» i PumCC MH.i PLAN il iiSlli !SBEI»| Ti?J «r: .i i ij; I •¦irsa : -*1 l ïïiiiisssiflüi u*¥&ÿ.wm mwsmï mmm SOURCE UNIVERSITE DE MONTREAL 125 ans! uand une ville obtient son université, l’occasion est propice à la fête.Quand cette ville est à majorité francophone et catholique et que, sur son territoire, l’autre communauté, anglophone, a déjà à son service et profit une institution vouée à la transmission d’un haut savoir, cette dernière étant solidement implantée depuis près de 50 ans, la naissance d’un lieu voué à l'enseignement supérieur devrait donner encore plus motif à réjouissances.A Montréal, tel ne fut pas le cas.Car l’université McGill, fondée en 1821, demeure en ce 8 janvier 1878, jour d’inauguration, la seule vraie institution universitaire montréalaise, les trois facultés françaises alors annoncées, celle de théologie implantée dans les locaux du Grand Séminaire de la rue Sherbrooke, celle de droit, dans le Cabinet de lecture de la rue Notre-Dame (là où la Banque Nationale a maintenant son siège social) et celle de médecine qui donnera ses premiers cours seulement l’année suivante dans les locaux du château Ka-mezay, ces trois facultés ne sont en fait que des dépendances de la québécoise Université Laval.Il faut dire que cette naissance s’est produite dans la controverse, le Vatican s’entendant finalement avec Londres pour maintenir dans la capitale provinciale l’autorité du savoir français en Amérique.En fait, ce ne sera qu’en 1919 que l’Université de Montréal acquerra son autonomie complète.L’année suivante, en 1920, Édouard Montpetit fondera la faculté des sciences sociales, économiques et politiques et ce ne sera que le début d'une aventure, incarnée dans ce monument architectural inauguré en 1943 qu’est le pavillon central de l’université, avec sa fameuse tour comme élément architectural principal.Et, depuis, les réussites s'accumulent.Transformation Aussi, si l’étudiant de 1960 revient aujourd’hui sur les lieux de son temps d’apprentissage, il découvrira que les pavillons alors annoncés, que ce soit le «Z», la «tour des vierges», même le stationnement couvert, ont non seulement bien survécu à l’usure du temps, mais surtout que la transformation du campus n’est pas que physique: la clientèle est aussi autre.Ainsi, le nombre actuel d’étudiants et d'étudiantes provenant de l’extérieur du Québec est aujourd’hui en nombre aussi élevé que le nombre total d’élèves qui fréquentaient alors les divers pavillons: ils sont en effet 4700 à séjourner dans la plus grande institution d’enseignement supérieur en Amérique.Il apprendrait aussi, feuilletant un bottin, qu’au cours des six dernières années, au premier cycle seulement, sont apparus 64 nouveaux proj^ammes, 15 d’entre eux étant bi-disciplinaires, et que 73 autres ont été refondus.Son étonnement serait enco- re plus grand qiuuul il découvrirait que la dernière campagne de financement a, en trois .ans, permis de recueillir des fonds privés de 218 millions de dollar's, auxquels s’ajoute une contribution financière équivalente des gouvernements provincial et fédéral.Comme quoi l’Université de Montréal a bien réussi à intéresser à son projet la communauté des philanthropes et des gens d’affaires.Cet étudiant lira-t-il ce cahier qu’il verra que ce n’est qu’un début.Le sociologue français Alain Touraine ne dit-il pas que cette université «peut, si elle le souhaite, compter un jour parmi les 20 plus grandes universités d’Amérique du Nord» quand un autre, récipiendaire d’un prix Nobel, suite à son séjour dans l’institution établie sur les flancs du Mont-Royal, déclare avec enthousiasme: «Je considère que j’ai eu le grand privilège de collaborer avec l’Université de Montréal.» Eric Kandel n’est pourtant pas un universitaire malheureux dans son lieu d’origine, lui qui enseigne à la new-yorkaise Columbia.Évolution Pourtant, ceux qui dirigent cette institution, du recteur au vice-recteur à la recherche en passant par le chancelier, considèrent que beaucoup est encore à faire.Ils sont conscients que si l’université à réussi son implantation dans la ville qui l’abrite, débordant en fait sur tout le Québec, qu’elle est devenue un haut lieu du savoir francophone, elle devra faire encore plus pour réussir sa percée internationale.En fait, ses dirigeants veulent toujours l’agrandir (Alain Caillé, le vice-recteur, informe que, d’ici trois ans, on devrait doubler les seuls espaces consacrés à la recherche); on parle d’un recrutement intensif de nouveaux professeurs (comme l’a été l’actuel corps professoral dont le quart des effectifs a été nommé au cours des seules cinq dernières années); on parle aussi de la mise en place d’une nouvelle université, orientée non seulement vers l’enseignement et la recherche, mais pensée dans une approche où la pluridisciplinarité et la collaboration interuniversitaire deviennent presque la norme.Le public qui assistait — la semaine dernière d’il y a 126 ans — à la cérémonie inaugurale,, ouverte par le discours prononcé par Edouard-Charles Fabre, évêque de Montréal, ce public, donc, s’il avait connu l’avenir, aurait mis de côté les désagréments de la naissance pour trouver qu’il y avait matière à célébration.Leurs descendants, habitants d’un nouveau Québec inscrit dans l’aventure internationale, peuvent pour leur part se féliciter qu’un jour, enfin, à Montréal, ont été donné, dans un cadre universitaire, des cours prononcés dans la langue de Molière.Normand Thériault « Cette université, peut, si elle le souhaite, compter un jour parmi les 20 plus grandes universités d’Amérique du Nord » IMPLANTATION ANIMATION RECHERCHE Pharmacie et DISCIPLINES Vie intellectuelle Presses Neurologie immunovirologie Musique Page 2 universitaires Page 10 Page 14 Page 17 Conquête du Mont-Royal Page 3 Vice-rectorat Biologie végétale Littérature Page 6 CENTRE D’EXPOSITION Page 11 Page 18 Page 19 Nouveaux pavillons Page 8 Facultés fondatrices Page 9 Page 12 Aviculture Page 13 Nanotechnologie Page 21 Droit Page 21 Bibliothéconomie Page 22 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 JANVIER 2 0 0 4 (i 2 UNIVERSITE DE MONTREAL Vie intellectuelle Des rêves, des convictions, des idées «Avec l’éducation, tout devient possible » L’éminent sociologue Marcel Fournier a étudié à l’Université de Montréal, et il y a enseigné de façon presque continue de 1973 à 1995.Il a également eu l’occasion, au cours de ses nombreux travaux de recherche, d'analyser certaines de ses structures de fonctionnement, de tracer un portrait de quelques-uns de ses pionniers.Il connaît donc bien l’établissement, son parcours, les débats qui y ont eu lieu, de même que la part qu’il a prise dans l’histoire des idées au Québec.DIVIS1SI0N DES ARCHIVES DE L’UDEM, FONDS VICTOR MORIN Édouard Montpetit, fondateur de la faculté des sciences sociales, économiques et politiques de l’Université de Montréal.SOURCE VILLE DE MONTRÉAL Le château Ramezay en 1869.En dépit des protestations de l’évêque de Montréal, M1*' Ignace Bourget, ardent défenseur d’une université montréalaise autonome, l’Université Laval de Québec ouvre une succursale dans la métropole avec la bénédiction de Rome.L’établissement sous tutelle accueille alors 86 étudiants et compte trois facultés: théologie, droit et médecine, qui logent respectivement au Grand Séminaire de Montréal, au Cabinet de lecture des Sulpiciens et au château Ramezay.Si elle n’en porte pas encore le nom, l’Université de Montréal vient néanmoins de voir le jour.1887 Une école qui a du génie Fondée en 1873, l’École polytechnique de Montréal s’affilie en 1887 à la nouvelle faculté des arls de l’Université Laval à Montréal.Dès lors, ses diplômes sont délivrés par l’université et reconnus par les universités et les employeurs.Établissement à vocation technique, l’école forme les premières générations d’ingénieurs canadiens-français, qu’elle initie aux différentes variantes de génie indispensables à la réalisation des grands projets immobiliers et ferroviaires de l’époque.En 1905, elle déménage dans le nouvel édifice de la rue Saint-Denis, situé en face de l’église Saint-Jacques et aujourd’hui propriété de l’UQAM.ROBERT CHARTRAND Des idées, des convictions, il y en avait déjà dans le projet de la bâtisse principale, que Marcel Fournier a fort bien analysé dans l’ouvrage collectif sur Ernest Cormier et son temps (Centre canadien d’architecture, 1990).«Le plan de Cormier illustrait bien la volonté et les ambitions de cette jeune université qui, dans les années 20 du siècle dernier, venait tout juste d’acquérir son autonomie par rapport à l’Université Laval.À l’époque, professeurs et administrateurs, laïcs ou clercs, veulent tous faire de cette université un établissement moderne et fonctionnel: les salles de cours seront proches des laboratoires.Deux grandes ailes — pour la médecine d’un côté et les sciences de l’autre — vont flanquer une haute tour où se trouvera la bibliothèque avec, à son sommet, ce qui devait être un observatoire d'astronomie.» Ce projet intégré, ambitieux — «l’équivalent, pour l’époque, de notre stade olympique», précise Marcel Fournier — n’a été complété qu’en 1942,15 ans après sa mise en chantier.Mais il disait bien, dès sa conception, l’importance qu’on entendait donner au savoir et à l’éducation, notamment dans les disciplines scientifiques et techniques, pour former des individus éclairés et compétents qui contribueraient au progrès de la société québécoise.«Avec l’éducation, tout devient possible», avait coutume de dire Edouard Montpetit.Un projet américain S’ajoutait à ces ambitions le rêve, un peu fou, d’un rayonne- ment francophone sur l’ensemble de l’Amérique du Nord, du haut de cette colline et de cette tour.«Mais on voit bien, d’après l’aménagement et le site choisis, qu’il y a le risque de l’isolement dans une tour d’ivoire.L’Université de Montréal va vivre cette tension, cette ambivalence entre l’ouverture sur le milieu et une distinction orgueilleuse, comme elle va traverser les dures années qui ont suivi la crise de 1929 en naviguant contre vents et marées.» Dans le Québec des années 1930 et 1940, qui est déjà moderne à bien des égards, des pionniers comme Édouard Montpetit et le frère Marie-Victorin vont s’efforcer de diffuser le savoir, de le rendre attrayant et accessible au plus grand nombre.L’Université de Montréal, tiraillée entre la tradition et l’innovation, entre origines religieuses et volonté de laïcité, ne va accéder à la modernité que lentement et assez tardivement, «en essayant constamment de réconcilier le laboratoire et l’oratoire, c’est-à-dire le scientifique et le religieux».Dans les années 1940, c’est, selon Marcel Fournier, l’histoire qui a été la discipline la plus importante, grâce à Lionel Grouk, puis à Michel Brunet, parmi d’autres.«Groulx, dont l’œuvre et les idées font encore débat, a beaucoup contribué à donner à la recherche historique une rigueur scientifique; il lui a également donné un ancrage sociopolitique parses engagements personnels et les périodiques qu il a fondés.» Au temps des réformes C’est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et dans les années 1950 que l’Université de Montréal connaît enfin son plein épanouissement.Selon Marcel Fournier, «on a alors assisté à un moment privilégié de notre histoire intellectuelle: il y a eu des échanges, des collaborations diverses entre les médias — on pense à la toute jeune télévision de Radio-Canada —, l’université et les maisons d’édition.L’intellectuel n’est plus seulement un guide ou un précurseur; il est sollicité de toutes parts, il devient un citoyen écouté et engagé».On le consulte.Et il affiche ses convictions, sans vergogne.«Le sociologue Marcel Rioux, ouvertement athée, sera pourtant accepté comme professeur à l’université.pourvu qu’il s'en tienne à sa matière!» Puis viennent les années 1960, et la grande réforme du système de l'éducation.«S'il est vrai que les grands ténors de cette réforme venaient de Québec — MF Parent, Arthur Tremblay —, il n’en demeure pas moins que les idées-force étaient à Montréal», assure Marcel Fournier.Ce sont des années d’effervescence, où on milite pour la laïcité, les droits des femmes, la libération des peuples.«Les étudiants de l’université, notamment par le truchement de leur journal, le Quartier latin, ont joué un rôle important, qui mériterait d’être analysé attentivement.Et puis, il y a eu les anciens étudiants de lettres et de philosophie de l’Université de Montréal qui ont fondé la revue et les Éditions Parti pris, dont on sait le rayonnement.» Plus généralement s’amorce une période où les intellectuels, toutes tendances confondues, vont prendre une part très active à la vie sociale et politique du moment, aux grands débats.Des professeurs de l’université vont d’ailleurs se mêler — et pas qu’un peu! — de politique: Pierre Elliott Trudeau et Jacques-Yvan Morin, par exemple.Renouveau pédagogique L’Université de Montréal a également contribué au renouveau de la pédagogie.«/estime que la faculté de l’éducation permanente a joué un rôle majeur dans ce renouveau.Elle a, par exemple, incité l’université à s'intéresser à des disciplines jusque-là négligées.Et on lui doit l’invention d’une approche pédagogique très originale: l’andragogie.» Par ailleurs, depuis le milieu des années 1960, l’Université de Montréal a une concurrente: l’UQAM.«Au début, à l’Université de Montréal, on s’en est tenu à un simple sentiment de supériorité, à cette assurance de l’aîné, qui sait que le cadet va mettre du temps à le rattraper et à l’égaler.On disait, dans le milieu, que Montréal était à l’UQAM ce que McGill était à Concordia.» Et puis, l’UQAM a eu très tôt un profil militant, voire gauchiste.«L’Université de Montréal, elle, se présentait comme plus éclectique et, finalement, plus professionnelle.Mais si on écarte des différenciations d’image, force est de constater que l’UQAM a été un aiguillon, qui a poussé l’Université de Montréal à être davantage en phase avec les préoccupations de la société de l’époque.» Depuis les années 1980, tant du côté de l’université que dans l’ensemble de la société, on a eu tendance à négliger l’intellectuel pour privilégier l’expert.On entend moins les professeurs discourir sur les tribunes publiques, ce qui ne les empêche pas de demeurer très influents, selon Marcel Fournier.«L’Université de Montréal a mis sur pied des partenariats très divers, des chaires de recherche dans de très nombreux champs.Leurs travaux, commandés parfois par des ministères ou des firmes privées, ont souvent une influence importante sur le cours de nos vies.» 7 125 ans au service du savoir Depuis 125 ans, l’Université de Montréal contribue activement à faire du Québec une société moderne, une société du savoir.Succursale de l’Université Laval jusqu’en 1920, elle acquiert alors son indépendance et se développe rapidement pour devenir l’un des plus grands établissements d’enseignement supérieur et de recherche au Québec, au Canada, voire en Amérique du Nord.Actuellement, elle accueille en effet plus de 50 000 étudiants ainsi que des milliers de professeurs et de chercheurs, qui viennent du Québec mais aussi de tous les coins du monde.Aujourd’hui, sa renommée dépasse largement nos frontières.L’Université de Montréal concourt à la vitalité exceptionnelle de l’activité universitaire de la métropole, à son bouillonnement intellectuel ainsi qu’aux nombreuses activités de recherche et développement qui y sont réalisées.Elle est assurément l’un des fleurons de notre réseau universitaire, avec ses deux écoles affiliées: l’École Polytechnique et HEC Montréal.Sa riche histoire est, j’en suis convaincu, garante de sa contribution future à l’essor du Québec.Je salue tous ses artisans à l’occasion de ce 125e anniversaire et souhaite que cette année de festivités soit à la hauteur des réalisations de cette grande institution.Le ministre de l’Éducation, f\ Pierre Reid Décroche tMrèvee Québec SS La richesse d’une société repose sur la valeur de ses institutions.Félicitations à l’Université de Montréal pour sa contribution à l’essor de la société.UQÀM Prenez position > < It V LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DI M A X CHE 11 J A X Y I E R l! 0 0 I 12ôpANNIVERSAIRE Une entrevue avec le recteur Avoir 125 ans, 52 000 étudiants et l’avenir devant soi «D’un statut d’université comme les autres à celui d’un établissement de calibre international » Faire contrepoids à l’université McGill.Former l’élite intellectuelle francophone.Favoriser le développement du Québec.Voilà de quoi rêvait M*r Bourget lorsqu'il entreprit de donner naissance à l’Université de Montréal.Depuis, 125 années ont passé.Des années ponctuées de nombreux changements sociaux, politiques et économiques auxquels l’établissement même a contribué.Pour Robert Lacroix, l’Université de Montréal n’a jamais autant été en phase avec le Québec qu’aujourd’hui.Un Québec innovateur et présent sur l’échiquier mondial.De quoi compter parmi les grands.GUY LAI N E BOUCHER La première explosion démographique qu’a connue le Québec a amené tous les jeunes vers l’Université de Montréal.Encore aujourd'hui, nous formons près de 40% des médecins du Québec, plus de 50 % des gens de médecine dentaire, plus de 62 % des infirmières bachelières, 100 % des optométristes.Notre contribution au secteur de la santé est énorme, non seulement en termes de formation, mais aussi de recherche.C’est aussi vrai en droit.Pendant un temps, tous les juges francophones de la Cour suprême étaient des diplômés de l’Université de Montréal et on ne parle pas de la liste imposante de grands juristes qui en sont sortis, des hommes et femmes politiques, premiers ministres, ministres, députés, etc.La portée de l’Université de Montréal est réelle dans tous les secteurs de notre société.C’est ce qui en fait une grande université.» En fait, pour Robert Lacroix, les générations passées ont permis à l’Université de Montréal d’affirmer sa position et son influence, non seulement au Québec, mais aussi au Canada, en Amérique du Nord et au plan international.Une progression, à son avis, particulièrement marquée au cours des 40 dernières années.Dans les faits, au palmarès des établissements d’enseignement universitaires, lorsque l’on prend en considération le nombre d'étudiants, de chaires, de groupes de recherche et d'argent consenti au développe ment de la recherche, l’Université de Montréal se classe non seule ment comme la plus grande université de recherche et d’enseignement au Québec, mais elle est aussi la deuxième plus importante au Canada.Le nombre et la diversité des étudiants étrangers qu’elle accueille la classe même au deuxième rang des universités canadiennes les plus prisées par les étudiants venus d'ailleurs.Année après année, des étudiants en provenance de 100 pays différents y affluent «De génération en génération, le rêve de donner une université francophone de calibre international à Montréal est passé.La recherche s’est développée, puis l'insertion au niveau international s’est affirmée.L’Université de Montréal est devenue une université de calibre international par les étudiants qu’elle attire, mais aussi par son corps professoral que l’on recrute partout dans le monde et, de plus en plus, par ses partenariats de recherche avec des groupes européens, américains et asiatiques.Peu importe comment on la regarde.l’évolution de l’Université de Montréal depuis 40 ans lui a permis de passer d'un statut d'université comme les autres à celui d'un établissement de calibre international, comparable, par exemple aux grandes universités françaises, comme La Sorbonne.C’est remarquable, surtout dans un contexte nord-américain», affirme le recteur convaincu.Des sous et des étudiants Le rayonnement de l’Universite de Montréal à l’échelle mondiale en fait aussi un établissement d’enseignement recherché par les etudiants d’ici.De fait, au cours des six dernières années, l’université a connu une augmentation de 23 % de son nombre d’inscriptions du côté des étudiants à temps complet Une croissance d’autant plus remarquable que, comme aime à le souligner Robert Lacroix, «plusieurs des programmes offerts par l'université sont contingentés et ne peuvent plus croître».Au total, en prenant en consider ration les étudiants inscrits aux HEC Montréal et à l’Ecole polytechnique, l’établissement compte plus de 52 000 étudiants, dont environ 12 000 inscrits dans des programmes de maîtrise et de doctorat.D'ailleurs, une augmentation oscillant entre 10 % et 20 % a été enregistrée du côté des inscriptions aux études de troisième cycle depuis les trois dernières années.Les étudiants ne sont pas les seuls à manifester un attrait soutenu pour l’Université de Montréal.La dernière campagne de financement témoigne, elle aussi, de l’intérêt de la société québécoise dans son ensemble pour l'institution.Alors que l’on espérait amasser 125 millions de dollars, la le SOURCE UNIVERSITÉ DK MONTRÉAL Robert Lacroix, recteur de l’Université de Montréal.vée de fonds a permis de récolter 218 millions.Du jamais vu dans une université francophone québécoise.L’équipe réunie autour de la cause a largement contribué au succès obtenu, selon le recteur, mais aussi, curieusement, l’université en elle-même.«Im qualité de cette institution a toujours été un secret relativement bien gardé.Us gens ne savent pas ce que nous y faisons.Nous avons donc consacré beaucoup de temps à faire connaître l'institution, à dire aux gens: “Regardez, c'est ça l’Université de Montréal.C’est tant d’étudiants.tant de recherche, de diplômés." Nous leur avons fait prendre conscience que c'était gros et important, que l'université faisait beaucoup pour la société, pour leur entreprise.L’impact a été majeur.» Dons majeurs Pour la première fois, l’établissement est effectivement parvenu à attirer l'attention de certains entre- preneurs et diplômés de l'imiversi-té qui n'ont pas hésité à faire des dons majeurs.C’est le cas notamment de Jean Coutu, de la Fondation J.-A-DeSève, de la Fondation J.-Armand-Bombardier, pour qui les contributions se comptent en millions de dollars.Un succès qui fait évidemment le bonheur de Ro-bert lacroix mais sur lequel il refuse de capitaliser.C’est qu’à son avis, rien n'est acquis et beaucoup reste encore à faire si l’on souhaite concurrencer les autres universités canadiennes.«Ailleurs au Canada, des établissements de la taille de l'Université de Montréal font des campagnes de 400 ou 500 millions de dollars.Si l'on souhaite être sur les rangs, le prochain objectif devrait être de doubler le montant recueilli lors de la dernière campagne.En fait, même en faisant le double, nous serons encore un peu derrière.Il faut fidéliser nos donateurs, leur montrer ce que nous avons pu faire avec leurs contributions, développer le réseau des amis de l'université et le sentiment d'appartenance de nos diplômés.Nous avons un énorme travail à faire si nous voulons nous rapprocher à ce niveau-là des autres universités canadiennes ou même de l’université McGill.C'est un travail incessant.» Changement de culture Pour rester dans la course, l'Université de Montréal n’aura d’autre choix, selon le recteur, que de s’ouvrir et de se faire connaître encore davantage.«On s'imagine trop vite dans nos universités que parce qu’on existe, on est connu: que parce que l’on fait quelque chose, c’est su.Ce n 'est pas vrai.H faut aller dire aux gens qui l’on est, ce que l’on fait, quelles sont nos réalisations.Ils ne les connaissent pas.Ce n’est pas dans nos habitudes.Nous sommes un peu de la tradition universitaire européenne qui veut que, si ce que nous faisons est bon, ce n 'est pcç grave si les gens ne le savent pas.A la limite.c'est tant pis pour eux.Dans les universités canadiennes et américaines.on ne cultive pas du tout ce genre d’attitude, lissant "proactifs" et finit beaucoup de choses pur faire connaître leurs travaux.Il faut en arriver là.mais ça suppose un important changement de culture.» L’ouverture à la communauté n’est pas le seul changement annoncé à l’Université de Montréal.En fait, essentiellement développé au début des années 1970, l'établissement fera face, jusqu’en 2010, au départ massif des membres de son corps professoral et, par conséquent, à son renouvellement.Une occasion, sans précédent, selon Robert lacroix, de redonner un second souffle à l’institution.«En ce moment, nous recrutons plus de 125 professeurs par année.Le défi est énorme.R faut bien s'assurer de ne pas renouveler l'université comme elle est.Non pas qu 'elle ne soit pas bonne, mais parce que.dans les années à venir, l'université pertinente ne sera plus la même qu'il y a 25 ou 30 ans.Elle devra s'arrimer aux besoins futurs deformation et de recherche.Elle devra offrir un enseignement plus multidisciplinaire et ce.peu importe les sphères d'étude.Elle devra aller vers des secteurs porteurs, des secteurs d'avenir.Bref, elle doit être complètement différente si elle souhaite continuer à eroitre dans l'univers extrêmement concurrentiel où elle évolue, À tous les gens qui me demandent où en sera l’Université de Montréal dans 10 ans, je réponds la même chose: elle sera là où nous la mènerons.Je peux dire, par contre, quelle a ce qu 'il faut pour aller loin.» Les PUM La maison universitaire Vers l’autosuffisance financière Avec leurs six revues savantes et un catalogue qui compte actuellement plus de 400 titres, les Presses de l’Université de Montréal (PUM) font partie du paysage universitaire québécois depuis plus de 40 ans.La maison d’édition souhaite désormais relever de nouveaux défis: développer et consolider sa diffusion européenne et assurer une rentabilité financière aux projets qu’elle développe.ULYSSE BERGERON Deux caractéristiques distinguent principalement les presses universitaires des maisons d’édition conventionnelles.«Premièrement, les presses de ce type publient des ouvrages qui émanent uniquement du milieu universitaire, particulièrement du corps professoral.Ce qui n’est pas nécessairement le cas des autres éditeurs.De plus, ces ouvrages font l’objet d’une évaluation par les pairs», explique le directeur des PUM, Antoine Del Busso.Ce processus de sélection permet ainsi de diffuser des livres qui répondent aux critères éditoriaux de la maison et qui détiennent un cadre méthodologique spécifique aux ouvrages de nature universitaire.Toutefois, au fil des années, les PUM ont su développer leurs propres caractéristiques.Ainsi, tout en relevant directement de l’Université de Montréal, celles-ci ne sont pas pour autant contraintes à publier des auteurs provenant uniquement de leur institution.«Cette ouverture face aux différents milieux universitaires et aux établissements concurrents nous distingue de ce qui se fait généralement ailleurs.Nous ne sommes pas confinés à notre campus», souligne M.Del Busso.Rayonnement international L’organisation créée en 1962, qui s’était donné pour principale mission de transférer les connaissances scientifiques à un vaste public en suscitant des réflexions sur les questions d’actualité, a également «à cœur de contribuer au rayonnement national et international de l’Université de Montréal».L’éditrice des PUM, Florence Noyer, confie que, depuis quelques années, l’organisation collabore avec différents organismes européens et diffuse aussi en Europe.Cette ouverture vers le monde permet ainsi de rejoindre les lecteurs de la francophonie outre-Atlan-tique: France, Belgique et Suisse.«Plusieurs auteurs québécois démontraient un intérêt à l’égard des maisons d’édition européennes, afin de pouvoir rejoindre ce public.Nous avons donc décidé de leur offrir cette opportunité», explique-t-elle.Depuis 1998, les Presses de l’Université de Montréal ont bien changé.Leur administration est désormais confiée à Fides.Le nouveau gestionnaire souhaite «leur redonner un lustre.On veut développer et relancer de façon beaucoup plus dynamique le fond et le programme éditorial», affirme le directeur général.Cette collaboration fait suite à un contrat de dix ans avec Gaëtan SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL Antoine Del Busso, directeur des Presses de l’Université de Montréal.Morin éditeur, association houleuse qui s’était retrouvée devant les tribunaux.Depuis ce changement, les PUM entretiennent également l’ambition de rentabiliser leurs projets d’édition.«On ne souhaite pas être à la remorque des subventions gouvernementales.La maison veut être autosuffisante et autonome le plus possible.Les choix sont par moment difficiles», souligne Antoine Del Busso.Cette situation a conduit les PUM, au cours des cinq dernières années, à déployer un effort particulier dans la commercialisation de leurs ouvrages.Une orientation qui jusqu’à maintenant semble leur réussir.Cette année seulement, plusieurs auteurs de la maison ont reçu des distinctions: Thierry Hentsch, le prix du Gouverneur général; Yvette Francoli, le prix Jean-Ethier-Blais; et Armande Saint-Jean, le prix Alphonse-Desjardins.En chiffres L> Université de Montréal çt i ses deux écoles affiliées, l’École polytechnique et HEC Montréal, c’est : ¦ Le plus grand complexe universitaire au Québec et le 2' au Canada ¦ 13 facultés ¦ Plus de 52 500 étudiants ¦ 4700 étudiants étrangers ¦ Plus de 8400 diplômés ¦ Un campus d’une superficie de 651 332 m2, desservi par trois stations de métro ¦ Des campus régionaux à laval, Longueuil, Saint-Hyacinthe, Saint-Hippolyte et au Mont-Mégantic ¦ 238 programmes de premier cycle et 274 programmes de deuxième et troisième cycles ¦ Plus de 2300 professeurs et chercheurs, 16(X) professeurs de clinique et 1700 chargés de cours et de clinique ¦ 383 millions de dollars en fonds de recherche ¦ Quelque 300 unités de recherche ¦ la plus importante concentra- tion de programmes en sciences de la santé du Canada ¦ Deux centres hospitaliers universitaires: le CHUM et le CHU mère-enfant (hôpital Sainte-Justine) ¦ la seule faculté de médecine vétérinaire au Québec, et l’une des quatre du Canada ¦ Des ententes de coopération institutionnelle avec une cinquantaine de pays ¦ Un réseau de 18 bibliothèques ¦ L’accès à plus de 5 000 000 de livres, documents et périodiques Hôpital du Sacré-Cœur de Montréal Hôpital Maisonneuve-Rosemont Centre affilié à l'Université de Montréal Soins, enseignement, recherche Partenaires dans Vexcellence AFFILIE A A Université de Montréal MICRO Par-texa/w(kpaè 1990 “#*#^l«NroRMATIQUE / , XXWw Whpt m m « ü y t À l'occasion des 125 ans de l'Université de Montréal Une carrière à définir.Un campus à découvrir.Une seule visite pour atteindre ces deux objectifs.Portes ouvertes Le dimanche 25 janvier 2004 ÉCOLE POLYTECHNIQUE MONTRÉAL ! ! ; i 'tri i ! I L'univers emballant du génie De 10 h à 17 h École Polytechnique Information (514) 340-4929 H€C MONTREAL T - i- Vh Le monde passionnant des affaires Dell hà 16 h HEC Montréal Information (514) 340-6299 Université de Montréal www.polymtl.ca www.hec.ca < 4 y LE l> E V O I R .LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 .1 A N VIER 2 0 0 I 125e ANNIVERSAIRE Une entre\ue avec le chancelier L’éducation pour priorité «Les universités forment les travailleurs de demain, ceux qui développeront la société, la feront évoluer» Former la société de demain, favoriser son développement et son avancement, voilà le rêve que nourrit André Caillé, président-directeur général d’Hydro-Québec, pour l’Université de Montréal, son aima mater.Nouvellement élu chancelier de l’institution, il avait aussi accepté de remplir le rôle de coprésident lors de la dernière campagne de financement Une fonction qu’il a assumée avec le plus grand plaisir, fier de contribuer à faire de l’éducation une priorité.Une fierté qu’il souhaiterait voir partagée par l’ensemble de la société québécoise.G UY LAI N E BOUCHER \ A cause de la chance que j’ai ù 9 : i i IL - O JL JLAiai ‘ i .*r- J.i mm lb; • î 0 DQ La faculté de théologie de l’Université de Montréal en 1878.On doit traiter la maladie chez le malade, pas dans l’éprouvette.» Pierre Bois ne s’étonne guère devant la valse-hésitation du gouvernement à ce sujet.«Le premier plan pour doter l’Université de Montréal d’un hôpital universitaire neuf date de 1920 et nous ne l'avons pas encore!» Une preuve que, parfois, le passé peut malheureusement se répéter.La théologie Depuis les années 1960, les Québécois, qui étaient pour la plupart des catholiques pratiquants, ont progressivement délaissé les églises.A sa fondation, la faculté de théologie avait pour principale mission de former des prêtres, mais aujourd’hui, dans les conditions actueUes, cette mission s’est estompée au profit d’un champ d’action qui s’est passablement élargi au fil des ans.Si l’on étudie toujours la Bible en théologie, cette discipline s’intéresse aujourd’hui à la science des religions et au rapport entre la religion et les autres disciplines humaines, telles que l’art ou l’histoire.Selon Solange Lefebvre, directrice du Centre d’étude des reli- Addenda Capital est heureuse de s’associer aux fêtes du 125e anniversaire de T Université de Montréal.125 ans d’histoire qui se révèlent être une des plus riches aventures intellectuelles du Québec.L’enseignement, la recherche et les liens créés par la vie étudiante ont contribué au développement de nombreuses personnalités et entreprises ici et ailleurs.Nous vous souhaitons de poursuivre votre mission avec le brio qui a fait la réputation de l’Université.L’équipe d’Addenda Capital Inc.v ADDENDA capital inc.Gestion de titres à revenu fixe gions de l'Université de Montréal (CERIIM), la faculté de théologie conserve toujours sa pertinence.«D'abord la théologie, qui est l’intelligence critique d’une foi.a beaucoup évolué, comme en témoigne la variété des sujets d’étude.Ensuite, la religion est toujours là et elle échappe à la planification et à la prévision.Elle surgit souvent dans la vie à la faveur d’un événement heureux ou malheureux.» Tout en demeurant catholique, la faculté de théologie s’intéresse aujourd'hui à toutes les religions.«Un des champs de recherche prometteurs à ce sujet, c’est le dialogue interreligieux.Comment établir des relations pacifiques entre les religions plutôt qu’entretenir l’antagonisme et, trop souvent, la violence?» Un bon exemple de cette nouvelle théologie est le récent colloque organisé par le CERUM, qui portait sur la religion dans la sphère publique.«Un des aspects de cette question qui a été abordé lors de ce colloque est le rapport entre l’Etat, la société civile et les groupes religieux.» Cette théologie plus moderne prend du galon, selon Mme Le- febvre, puisqu’il y a une augmentation des étudiants aux cycles supérieurs.De plus, preuve de cet intérêt, l’Université de Montréal vient d’obtenir une chaire de recherche du Canada en science des religions.Le droit On forme toujours des avocats à la faculté de droit de l’Université de Montréal, mais là aussi la situation a évolué.«De moins en moins d'étudiants en droit choisissent la pratique privée à la fin de leurs études, explique Pierre Noreau, directeur du Centre de recherche en droit public.Plusieurs utilisent leur formation en droit dans d’autres secteurs d’activité.» Selon ce dernier, ce qui a surtout marqué ces dernières années révolution du droit, c’est la diversification des champs de pratique du droit.«Par exemple, le droit du travail, le droit de la santé, le droit des consommateurs, les grands traités commerciaux internationaux, n’existaient pas autrefois.Ce sont de nouvelles spécialisations que l'on doit maintenant enseigner.» SOI IRC K UNIV1RSITK DK MONTRKAI En outre, la conception du droit a évolué.«On a maintenant une conception moins impérative du droit, une conception plus réflexive.La texture du droit est plus ouverte que par le passé.» Il donne en exemple le fait que l’on se préoccupe maintenant davantage de la réception qui sera faite à une loi.Depuis maintenant 40 ans, le CERUM effectue des recherches dans le domaine du droit et ici aussi on assiste à une évolution.«La recherche ne porte plus uniquement sur les lois et la jurisprudence.Il ne s'agit plus seulement de commenter les textes de loi ou le contenu de la législation; on s’interroge aussi sur les fondements du droit.On réfléchit au droit dans sa fonction sociale réelle.» À titre d’exemple, Pierre Noreau travaille présentement à un projet de recherche ayant pour sujet le droit comme expression du lien social chez les communautés immigrantes.Comme on est à même de le constater, ces trois facultés fondatrices, malgré leur âge vénérable, ont su se tenir à la page.Et elles sont tout à fait prêtes à relever les défis du XXI' siècle.¦ I Fiers d'être partenaires de l1 Université de Montréal à l'occasion de son 125e anniversaire Cisco Systems I® V i i (j 10 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 JANVIER 2001 UNIVERSITE DE MONTREAL Le premier recteur laïc > est le fait d’être une des plus grandes universités d’expression française au monde qui caractérise l’Université de Montréal, et non son caractère religieux», déclarait Roger Gaudry peu de temps avant sa nomination.En 1965, ce dernier devient le cinquième recteur de l’UdeM, mais le premier laïc à occuper cette fonction prestigieuse.Artisan de la modernisation de l’université pendant la Révolution tranquille, ce biochimiste de renommée internationale oriente la mission de l’établissement vers les études supérieures et la recherche, et procède à une réorganisation complète de l’appareil administratif et de la structure facultaire.1972 Deux nouvelles facultés La création de la faculté des arts et des sciences et de la faculté des études supérieures abroge la structure facultaire qui prévalait depuis 50 ans et propulse l’IIdeM dans l’ère moderne.La PAS fusionne cinq facultés — lettres, philosophie, sciences sociales, arts, sciences — qui avaient été mises sur pied en 1920 et amorce une révolution multidisciplinaire qui permettra à l’université d’harmoni-ser les exigences de ses différentes unités d’enseignement.La FES, quant à elle, regroupe les activités de formation des deuxième et troisième cycles des facultés, écoles, instituts et départements de l’université et de ses écoles affiliées.Sciences neurologiques propos des cellules gliales Les pionniers de la recherche scientifique pluridisciplinaire L’un des beaux exemples de l’importance des études fondamentales menées à l’Université de Montréal est ce qui se fait au Centre de recherche en sciences neurologiques.L’objectif poursuivi n’est rien moins que d’en arriver à expliquer le fonctionnement du cerveau.CLAUDE LAFLEUR Comprendre comment fonctionne le système nerveux, c’est-à-dire comment le cerveau contrôle les fonctions de l’organisme, comment interagissent les cellules nerveuses et comment se comportent les réseaux nerveux répartis dans notre corps: pour Serge Rossignol, directeur du CRSN, de telles études sont fondamentales pour résoudre différentes formes de dégénérescence et de lésions du système nerveux.«Notre centre joue un rôle extrêmement important, insiste-t-il, puisque nos recherches ont énormément d’importance dans nombre de domaines.Or, parfois, nous avons du mal à “vendre” ce que nous faisons, car nous ne pouvons pas dire que nous travaillons sur l’alzheimer ou sur le parkin-son.Mais, en réalité, nous étudions les mécanismes sous-jacents à ces maladies! Vous savez, comme dans bien d’autres choses, il importe avant tout de comprendre ce qui se passe avant de tenter de remédier à un problème, et c’est précisément la fonction de notre centre de recherche.» De surcroît, il s’agit de l’une des premières équipes pluridisciplinaires.«Nous avons été parmi les pionniers en science multidisciplinaire, indique Serge Rossignol, puisque dès les années 1960, les docteurs Cordeau et Jasper ont formé le premier groupe de recherche en sciences neurologiques en rassemblant un neurochimiste, deux neurophysiologistes, un ingénieur biomédical et un neuro-anatomiste.On réunissait de la sorte les différentes disciplines liées à la compréhension du cerveau.» Comment notre cerveau nous fait-il bouger?L’un des grands thèmes de recherche du CRSN porte sur le contrôle sensoriel et moteur.«On essaie de comprendre comment les mouvements sont engendrés, explique le Dr Rossignol, afin de saisir les mécanismes impliqués lorsqu’il se produit une lésion.On cherche aussi à comprendre comment le système nerveux compense à la suite d’une lésion.» Les chercheurs essaient donc de voir comment tout mouvement est généré par le cerveau et comment celui-ci intègre les informations sensorielles nécessaires pour bouger.«Par exemple, pour vous et moi, il est facile d’exécuter les mouvements nécessaires pour prendre un crayon sur un bureau, dit-il.Mais pourquoi quelqu'un qui a eu une atteinte vasculaire cérébrale éprouve-t-il tant de difficulté à faire un geste aussi simple?En général, il n'y a pourtant pas de déficit moteur— tous les systèmes musculaires fonctionnent correctement —, mais il y a par contre un déficit au niveau du cerveau, précisément à l’endroit où on interprète notre position et celle du crayon par rapport au monde extérieur, et où se donnent les commandes à nos muscles pour aller saisir le crayon.Entre donc en jeu toute une planification du mouvement qui, si elle est perdue, rend impossible tout mouvement.» Par ailleurs, d’autres chercheurs s’intéressent à la plasticité du cerveau.Ils cherchent à savoir comment les neurones (les cellules nerveuses) communiquent entre eux et comment ils modifient leur interaction.«Ce genre de travaux de base peut bénéficier à maintes victimes de désordres du Selon Serge Rossignol, directeur du Centre de recherche en sciences neurologiques, «on essaie de, comprendre comment les mouvements sont engendrés, afin de saisir les mécanismes impliqués lorsqu’il se produit une lésion».• y *•••• > i j ira î liiiSIl! SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL., - liis# NOUS SOMMES FIERS d’être ASSOCIÉ À l’Université de Montréal et nous LUI OFFRONS TOUTES NOS FÉLICITATIONS À l'occasion DE SON 1 25 E ANNI GROU PE FINANCIER NORSHIELD FINANCIAL GROUP ERSAIRE.630, boni.René-Lévesque Ouest, bureau 3050 Montréal, Québec H3B 5C7 tél.:514-875-6755 téléc.: 514-875-2940 www.norsh ield.com système nerveux, indique le directeur du CRSN, en plus de concerner tout le domaine de l'apprentissage et de la mémoire qui implique des changements dans la plasticité du cerveau.» D’autres chercheurs étudient les cellules gliales.qui constituent 90 % du cerveau mais dont on ignore à peu près totalement la fonction! «Généralement, on attribue aux cellules gliales des rôles de support, de nutrition, etc., indique le Dr Rossignol, mais on s’aperçoit que ces cellules contiennent à peu près les mêmes récepteurs et les mêmes neurotransmetteurs que les neurones.Par conséquent, on en vient à se demander jusqu’à quel point elles joueraient un rôle dans les maladies psychiatriques.» Retrouver l’usage de ses membres suite à une lésion épinière Quant au D Rossignol, ses tra-vaux concernent directement les personnes paralysées à la suite d’un grave traumatisme à la colonne vertébrale.Depuis 25 ans, il étudie en effet les conséquences des lésions de la moelle épinière et les approches utilisées pour traiter les victimes.11 a entre autres démontré que les ressources de la moelle épinière sont extraordinaires quand vient le temps de s’adapter à certains déficits.«Au départ, dit-il, nous pensions que la moelle épinière n’était qu’une structure de transmission de l’information nerveuse entre le cerveau et les membres.Mais il semble bien qu'elle soit beaucoup plus “intelligente”.» Tout se passe conune s’il y avait en quelque sorte des programmes moteurs dans la moelle épinière, qu’on pourrait apprendre à utiliser advenant un grave accident.«Après une lésion de la moelle épinière, explique Serge Rossignol, il y a une déconnexion entre ces programmes et le cerveau.La meilleure analogie pour comprendre ce qui se passe est d’imaginer que, dans une voiture, vous débranchez le câble de l’accélérateur.Bien sûr, le moteur du véhicule fonctionne toujours aussi bien, de même que l’accélérateur, mais il n’y a pas de connexion entre les deux, ce qui fait que rien ne se passe.On cherche donc des moyens de contourner ce problème, soit en tentant de “rebrancher le câble” ou en utilisant au maximum les programmes résidant dans la moelle sectionnée.» y 7 C’est ainsi qu’une équipe du CRSN cherche entre autres à favoriser la croissance des terminaisons nerveuses dans l’espoir de , rétablir une certaine connexion entre le cerveau et les membres.Quant à l’équipe du D' Rossignol, elle espère améliorer l’expres-, sion des programmes par ré- , adaptation ou par pharmacologie.Ses travaux portent d’ailleurs déjà fruits puisque, notamment, .des chats chez qui on a sectionné la moelle épinière parviennent néanmoins à remarcher.Par conséquent, le D Rossignol a énormément d’espoir puisque, contrairement aux chats sur lesquels il travaille, la majorité des victimes souffrent de lésions partielles.«Vous n’avez pas idée jusqu’à quel point nous faisons de grands progrès, lance-t-il avec enthousiasme.Les neurosciences sont véritablement un domaine qui explose dans tous les sens, parce que l’approche multidisciplinaire —génétique, mathématiques, d’imagerie, etc.— ouvre des avenues prodigieuses.Et n’oubliez pas qu'à l’Université de Montréal, nous exerçons un important leadership dans toutes ces recherches!» ARCHIVES I K DEVOIR D’autres chercheurs du CRSN s'intéressent à la plasticité du cerveau.¦ i r LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 JA \ VIER 2 0 0 I (sir 125' ANNIVERSAIRE Cent ans de recherche \ * A quand un premier Nobel québécois ?L’université prévoit doubler en trois ans ses espaces alloués à la recherche Personne ne sera surpris d’apprendre que l’Université de Montréal constitue l’une de nos plus importantes institutions scientifiques.Depuis près d’un siècle, elle se trouve en effet au cœur de la science québécoise alors que le nom de plusieurs de ses chercheurs nous est familier.Mais ce qu’on sait moins, c’est que l’UdeM s’est lancée ces dernières années dans une stratégie d’envergure qui vise à accroître de façon prodigieuse la reconnaissance internationale de nos chercheurs et, qui sait, peut-être même à faire en sorte que l’un SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL d eux obtienne un prix Nobel! CLAUDE LAFLEUR La stratégie développée par la direction de l’Université de Montréal et mise de l’avant par Alain Caillé, le vice-recteur à la recherche, ne sacrifie en rien à l’ambition.A ce titre, ce dernier génère donc les grandes orientations scientifiques préconisées par l’université alors que, comme il s’empresse de le préciser, «ce sont les chercheurs qui définissent les sujets scientifiques qui sont retenus.car je fais confiance à leur grande créativité!».1917-1965: Père des pionniers Si l’Université de Montréal existe depuis 125 ans, les recherches scientifiques qu’on y mène ne se sont amorcées qu’après la Première Guerre mondiale, indique le vice-recteur.C’était, dit-il, l’époque de l’émergence, la période des pionniers.Alain Caillé rappelle ainsi qu’en 1917, la science moderne possédait déjà ses lettres de noblesse — on parlait de la relativité et on était à moins de dix années de la confirmation de la mécanique quantique — alors que, chez nous, tout était à faire.«On a donc dû mettre les bouchées doubles pour parvenir à la grande reconnaissance que nous avons acquise aujourd’hui», dit-il.M.Caillé considère que le développement de la recherche à l’UdeM s’est fait en quatre phases, la phase des pionniers s’étendant de la fin de la Première Guerre jusque dans les années 1960.«Durant ce premier demi-siècle, note-t-il, la recherche scientifique reposait essentiellement sur des individus.De plus, elle ne se faisait pas dans tous les départements ni dans toutes les écoles de l’université, comme c’est maintenant le cas.» Cette recherche était portée par des individus dont les noms sont désormais célèbres.Pensons simplement à Édouard Montpetit, qui fonde en 1920 la faculté des sciences sociales, économiques et politiques, et au frère Marie-Victorin, qui donne naissance en 1935 au Jardin botanique de Montréal.Ce dernier a été suivi par le non moins célèbre Pierre Dansereau, qu’on considère souvent à l’échelle planétaire comme le père de l’écologie.L’Université de Montréal compte également son lot de grands chercheurs en médecine.Ainsi, Armand Frappier y mène d’importants travaux sur la tuberculose et fonde l’Institut de microbiologie et d’hygiène, le premier centre de recherche en médecine au Québec.Puis, en 1945, Hans Selye s’installe à l’université pour y réaliser ses études fondamentales sur le stress.Pour sa part, le Dr Gustave Gingras est à l’origine du développement des connais- sances sur la réadaptation des personnes handicapées, travaux reconnus dans le monde et qui mènent à la fondation de l’Institut de réadaptation de Montréal.C’était aussi l’époque du D' Paul Cartier, un pionnier dans la recherche sur la chirurgie vasculaire, et du cardiologue Paul David, qui a entre autres fondé l’Institut de cardiologie.1965-1990: tout le monde doit faire de la recherche ! «Ça, c’est la période que j’appellerais “émergente”, indique M.Caillé, celle des individus qui portent la recherche à bout de bras.Mais un grand changement survient au milieu des années 1960 avec l’arrivée du premier recteur laïque: Roger Gaudry.» Alors que le Québec est en pleine Révolution tranquille, celui-ci amorce un virage: désormais, la recherche scientifique ne doit plus être l’affaire de quelques individus, mais celle de tous les départements de l'université.M.Caillé précise que cette période s’étend sur un quart de siècle et a pour résultat qu’en 1990, 70 % des professeurs recevaient des octrois de recherche provenant de comités de pairs.«C’est là une reconnaissance de vos pairs, dit-il, on vous octroie des sommes pour faire de la recherche parce que vous êtes bons!» Il ajoute avec fierté qu’une telle proportion de chercheurs recevant des octrois constitue l’une des plus élevées au monde: «Cela correspond aux standards que vous retrouvez dans les grandes universités américaines!» M.Gaudry a ainsi mis en place une véritable synergie dans le corps professoral pour faire de l’Université de Montréal l’une des meilleures au monde.«N’oublions pas que c’était la période du “Maître chez nous”, rappelle M.Caillé, et que l’un des éléments qui caractérisent cette période est la structuration de tout le Québec.» Par conséquent, M.Gaudry décide alors que, même si la recherche doit se répandre partout, il est aussi important de créer des masses critiques de scientifiques.C’est donc l’ère durant laquelle sont ouverts les grands centres de recherche qui sont toujours en fonction aujourd’hui.«Voilà qui montre bien la vitalité et la pertinence de cette structuration», relate le vice-recteur.C’est ainsi que sont créés successivement le Centre de recherche en droit public, le Centre de recherche en mathématiques, le Centre de recherche sur le transport, le Centre international de criminologie comparée, le Centre de recherche en développement économique, l’Observatoire astronomique du Mont-Mégantic, etc.De plus, les hôpitaux affiliés à l’Université de Montréal (Sainte-Justine, Alain Caillé, le vice-recteur à de Montréal.Maisonneuve-Rosemont, Sacré-Cœur, etc.) deviennent des pôles de recherche.«Ce ne sont pas que des hôpitaux de soins, mais de véritables centres de recherche universitaire», commente Alain Caillé.Et c’est à partir de ces centres que l’Université de Montréal entreprend de jouer un rôle de leadership en matière de recherche scientifique québécoise.«Désormais, des chercheurs des autres universités viennent travailler avec nous dans nos centres», indique avec satisfaction le vice-recteur à la recherche.De 1990 à nos jours: des temps difficiles avant le rebondissement La troisième période du développement de la recherche scientifique à l’Université de Montréal est celle des restrictions budgétaires des années 1990.«J'appellerais ça une période de consolidation, amorce diplomatiquement M.Caillé, pour ne pas dire une période où on a fait le “dos rond”!» D rappelle que les années 1990 sont marquées par d’importantes coupures dans les fonds dont disposaient les comités de financement de la recherche.«Cependant, l’université a bien passé au travers parce qu’elle a maintenu son investissement interne, explique-t-il.Et cela nous a préparés à rebondir!» En effet, à partir de 1998, l’université amorce une quatrième phase de développement scientifique.«Il s’agit d’un développement accéléré, car on a décidé qu’il fallait rebondir», lance le vice-recteur.C’est ainsi qu’à présent, près de 80 % des professeurs décrochent des octrois de recherche, alors que le total de ces sommes passe de 180 millions de dollars en 1998 à 380 millions aujourd’hui.Cette phase de «rebondissement accéléré» se traduit de plusieurs façons.D’une part, l’université se remet à embaucher d’éminents chercheurs.D’autre part, elle favorise les grands regroupements de chercheurs en créant d’importantes masses critiques.Elle cherche ainsi à accroître son rôle de leader dans la communauté scientifique québécoise.«De fait, plus de 50 % de tous les nouveaux regroupements qui ont été créés au Québec depuis 1998 l’ont été par l’Université de Montréal», rapporte M.Caillé.la recherche de FUniversité Place aujourd’hui à l’interdisciplinarité Une autre tendance favorisée par l’UdeM est la mise sur pied de grands programmes de recherche interdisciplinaire.«De nouveaux champs d’étude s'ouvrent maintenant aux interfaces de diverses disciplines, explique Alain Caillé, c’est-à-dire que certaines questions scientifiques ne sont plus propres à une discipline, mais demandent l’apport de plusieurs.» Pour illustrer son propos, il cite le cas des nanotechnologies, qui n’appartiennent ni la physique, ni à la chimie, ni à la biologie, mais qui demandent l’apport de toutes ces disciplines.Il parle aussi des statistiques sociales qui sont essentielles à une vaste gamme de champs de recherche.Conséquemment, dans un cas comme dans l’autre, l’université a créé deux nouveaux centres d’études multidisciplinaires.«On a aussi ouvert un centre de recherche sur l’immunovirologie et la cancérologie, relate M.Caillé, parce qu’on pense que c’est là une voie intéressante vers de nouvelles thérapies contre le cancer.Nos chercheurs s’appuieront donc sur une discipline peu exploitée pour combattre les cancers — l’immunologie — puisqu’on observe que le système immunitaire y est toujours impliqué.» Enfin, l’Oniversité de Montréal crée un institut d’évaluation en santé: «Seront regroupés au même endroit des chercheurs en administration de la santé et des spécialistes capables de formuler de nouvelles façons de concevoir la santé», précise M.Caillé.La création de ces instituts de recherche nécessite la construction ou l’aménagement de plusieurs édifices sur le campus de l’université.C’est ainsi que, sur une période de trois ans (de 2002 à 2005), FUdeM prévoit pratiquement doubler ses espaces alloués à la recherche.Et un Nobel québécois?«Vous savez, un vice-recteur a toujours un rêve, conclut M.Caillé.Et le mien est de faire en sorte qu’un premier Québécois, provenant de l’Université de Montréal, remporte un prix Nobel! Je crois d’ailleurs qu’on est maintenant prêt pour cela et que ça fait partie de notre cheminement.» Depuis 1998, la recherche à l’UdeM est passée à une phase de développement accéléré d Ci* 0péÙecfatcaK& fi&cvt, votne t2S AtutivenMUne ! * ¦ * * vos partenaires d'affaires SA%YO VIDÉO www.sonovideo.com ¦ * r Vf 1934 Place aux diplômés ! L* Université de Montréal est 1 encore jeune, mais elle a déjà des anciens.Et c’est vers eux qu'elle se tourne au plus fort de la crise qui menace son existence.Incorporée le 15 juin 1934, l'Association générale des diplômés se donne pour mission d’accroître le prestige social de l’université et de lui apporter aide et soutien financier.Le 29 mai 1936, ils seront 2tXX) à se rassembler dans les locaux inachevés de leur aima mater à l’occasion du premier banquet des diplômés.U' banquet deviendra un rendez-vous annuel pour les diplômés, dont le nombre s’élevait en 2(X)2 à 160IXX).1935 Lœuvre d’une vie Avec la fondation de l’Institut botanique en 1920, le frère Marie-Victorin avait entrepris de dresser l’inventaire de la flore québécoise.Quinze ans plus tard, il publie le fruit de ses travaux dans l’ouvrage le plus important de l’histoire scientifique québécoise, La Flore laurentienne.Résultat de nombreuses herborisations menées aux quatre coins du Québec, ce livre phare est devenu tme référence et a valu à son auteur une renommée internationale.Sa publication coïncide avec le début des travaux de construction du Jardin botanique de Montréal, dont Marie-Victorin fut le maître d’œuvre et qui allait ouvrir ses portes en 1939.1943 Le phare sur la montagne Dix kilomètres de corridors, 2496 portes, 6514 fenêtres métalliques, 14 ascenseurs, sept escaliers principaux, 4 800 000 briques pour un immeuble qui fait 280 mètres de longueur sur 52 de haut.Quinze ans après le début des travaux, la nouvelle demeure de l’université est officiellement inaugurée.Pour l’occasion, l’on décerne 33 doctorats honorifiques, dont un à l’architecte qui a silhouetté l’université, Ernest Cormier.Devant les centaines d’invités présents, le chancelier, M“r Joseph Charbonneau, prononcera ces mots: «En 1643, M.de Maisonneuve plantait la croix sur la montagne de Montréal.À 300 ans de distance, nous inaugurons, sur cette même montagne du Mont-Royal, la cité du savoir.» 1947 Nos amies les bêtes Créée en 1886 et affiliée à l’UdeM depuis 1895, l’École de medecine comparée et de science vétérinaire prend le nom d’Éco-le de médecine vétérinaire de la* province de Québec et s'installe à.Saint Hyacinthe, où elle met sur ’ pied l’École de laiterie et le Centre,’ d'insémination artificielle.En 1969, elle acquiert le statut de faculté et," trois ans plus tard, fonde le Centre, ; de recherche en reproduction ani-male, reconnu par le ministère de” l’Education comme centre multi-.! disciplinaire et interuniversitaire, j Seule école du genre au Québec, elle fait partie du club sélect desv.quatre facultés de médecine vétéri-',; naire que compte le Canada.1956 2 Linvention du stress En 1956 paraît Le Stress de la vie, qui allait rendre célèbre son auteur, le docteur d’origine autrichienne Hans Selye.Professeur d'histologie à l’Université de Montréal depuis 1945, le D’Selye-est le fondateur de l’Institut deî médecine et de chirurgie expéri-*; mentale.Dans ce premier ouvra-,, ge, il enrichit la recherche en en-' docrinologie d’un nouveau" concept diagnostique: le syndro-" me d'adaptation, ou l'ensemble des modifications qui pennettent ‘ à un organisme de supporter lesr conséquences physiopatholo-,, giques d’un traumatisme naturel, ou opératoire.Le stress venait de ' faire son entrée dans le répertoire" des pathologies du monde moder-” ne.et dans la langue française.1961 î Le doyen des centres ;• de recherche Doyen des centres de recherche de l’UdeM, le Centre de recherche en droit public est fondé en 1961 à l’initiative de Paul Gérin-Injoie, et réunit à l’origine quatre chercheurs: Jacques Brossard, Luce Pa-tenaude, Jean Beetz et le futur premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau.Son mandat: stimuler la recherche dans un domaine jusqu’alors assez peu exploré des francophones, le droit constitutionnel et administratif.Au fil des ans, le CRDP deviendra le plus important centre de recherches juridiques du Canada.Son leadership est aujourd’hui mondialement reconnu dans le droit de l'information et du cyberespace.S—G—P—U—M SYNDICAT GÉNÉRAL DES PROFESSEURS ET PROFESSEURES DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL À l'occasion du 125' anniversaire de l'Université de Montréal, le Syndicat général des professeurs et professeures de l'Université de Montréal (SGPUM) tient à rappeler que la grandeur d'une université dépend essentiellement de la qualité de la formation qui y est dispensée et de celle de la recherche qui y est effectuée.À l'Université de Montréal, ces fonctions d'enseignement et de recherche sont principalement assumées par les professeur-e-s et les chercheur-e-s que le SGPUM est fier de regrouper.S * (i 12 LE DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DI M A X C H E 11 J A X VIER 2 0 0 4 UNIVERSITE DE MONTREAL Centre d’exposition Le Centre ^exposition de l’Université de Montréal.LUC BOUVRETTE L’art du savoir sur le campus La collection actuelle compte 450 œuvres Il y a cinq ans, l’Université de Montréal se dotait de son propre centre d’exposition à l’intérieur duquel se succèdent annuellement entre cinq et sept expositions.Portrait de ce lieu de convergence des connaissances universitaires.UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL FAOl'I.TÉ DBS LETTRES à vos réussites BANQUE NATIONALE LA PREMIÈRE BANQUE AU QUÉBEC ULYSSE BERGERON T e centre d’exposition existe ^l-/avant tout pour soutenir des projets universitaires qui touchent plusieurs disciplines allant des sciences humaines aux arts et aux sciences.Il s’agit d’un lieu de diffusion qui fait valoir le savoir-faire de l’université», affirme Andrée Lemieux, qui en assume la direc- JJ est tion depuis sa création en 1998.possible Ainsi, on y met en valeur les différentes col- via Internet lections de l’institution: .collection Bronfman, le de Visiter Musée Endore-Du- .beau, l’Herbier Marie- Victorin, etc.«On assu- différentes me, entre autres, le rôle amerenies d’interface des collée- collections twns que détiennent les divers départements nue oossède d'études», souligne la di- 4 F rectrice.Seule la collée- l’université tion d’œuvres d’art relève directement de sa responsabilité.On y retrouve des peintures, gravures et sculptures qui totalisent près de 450 œuvres.Les artistes qui y sont représentés sont majoritairement québécois: Marc-Aurèle Fortin, Riopel-le, Alfred Pellan.Volet virtuel Là où le centre se distingue particulièrement, c’est dans ses expositions virtuelles.Il est possible via Internet de visiter les différentes collections que possède l’université.Un atout pour les étudiants qui ont ainsi accès de l’extérieur à un matériel non négligeable.«En plus de certaines collections qui y sont présentées, on produit environ deux expositions de ce type par année.Cette partie virtuelle nous assure une visibilité internationale», note Mme Lemieux.Ce lieu de convergence, qui a vu le jour grâce à une subvention gouvernementale frôlant le million de dollars, est depuis ses débuts installé dans le pavillon de la faculté d'aménagement.Il tire en fait ses origines du service d’activités culturelles de l’Université de Montréal, autrefois installé dans de petits locaux de la rue Édouard-Montpetit Aujourd’hui, la superficie totale de l’endroit — réserves, salle d’exposition et bureaux — est estimée à 750 m2.La salle d’exposition, à elle seule, couvre 400 m2.«On y présente des expositions qui s’adressent à un vaste public ainsi qu’aux étudiants de l’université.II arrive à l’occasion que certains cours utilisent le matériel exposé à des fins didactiques», avance Mme Lemieux.Après cinq ans d’existence, le centre d’exposition en est rendu à l’étape cruciale de consolidation.«Il faudrait soutenir les communications ainsi qu’entretenir et multiplier nos relations avec diverses organisations, lan-ce-t-elle.Mais avant tout, il faudrait réussir à obtenir un second poste permanent.» Car, depuis la création du centre, Mme Lemieux en est Tunique employée permanente.A chaque session, grâce à des programmes de subvention, le centre embauche des étudiants.Toutefois, un nouveau poste permanent permettrait, comme le confie la directrice, «de s’assurer que plus d’une personne connaisse réellement le fonctionnement \ l’organisation.Cela donnerait i même coup une certaine assuraH ce quant à son existence.Car un chose est certaine: le centre d’e sition n’est pas un feu de paille».-A HISTOIRE Mots et images du temps Elle existe bel et bien, cette histoire d’une grande institution québécoise, consignée dans uq album grand format paru aux Editions Libre Expression en 1993: L'Université de Montréal, la quête du savoir est un très beau livre, abondamment illustré, signé Hélène-Andrée Bizier.L’auteure y retrace par le menu le parcours parfois mouvementé de l’institution: les débuts modestes alors qu’elle n’était qu’un rassemblement d’écoles (de médecine, de droit, de théologie) et une succursale de l’Université Laval; les problèmes récurrents de trésorerie; les longues batailles contre l’esprit de clocher et les mesquineries politiciennes.Mais on y voit aussi comment des esprits éclairés — hommes publics, professeurs et gestionnaires — ont contribué à établir sa réputation.Robert Chartrand UNIVERSITE 0 E M 0 N T R É A L I2 51 ANNIVERSAIRE C E C A II I E H SPÉCIAL EST PUBLIÉ PAR LE DEVOIR Responsable NORMAND THÉR1AULT nlheriaull@ledevoir.cii 2050.nie de Blenrv, IP étage.Montréal (Qnébec) HSA 3M9.Tél.: (514) 985-S333 rcdactionaledevoir.com FAIS CE QUE DOIS INSTITUT DE STATISTIQUt www.uis.unesco.org/ L'Institut de statistique de IVNESCO et la Commission canadienne pour IVNESCO profitent de cette occasion pour reconnaître l'importance que l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture attache à sa collaboration arec l'Université de Montréal.Puisse ce partenariat fondé sur des valeurs communes, dans un esprit de coopération intellectuelle internationale, s'épanouir encore au cours des 125 prochaines années ! CANADIAN COMMISSION POU UNESCO COMMISSION CANADIENNE POUR L'UNESCO www.uncico.ca t i 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DI M A X < HE II .1 A X VIER 125' ANNIVERSAIRE Recherche avicole Les héritiers de la poule Chanteclerc Une initiative soutenue par l’industrie québécoise Affiliée a la faculté de medecine vétérinaire, la Chaire de recherche avicole de l’Université de Montréal a vu le jour en 1999.Poules à chair, poules pondeuses, même les œufs sont maintenant des sujets de recherche universitaire.Selon Martine Boulianne, titulaire de la chaire, son travail vient combler un vide.«Le domaine avicole n’était pas assez présent, contrairement au porc et au lait.» PIERRE VALLÉE Fait à noter, c’est grâce à l’initiative de l’industrie avicole que la chaire de recherche avicole existe aujourd’hui.«C’est peu fréquent que l'industrie approche l’université, mais c’est ce qui s’est passé dans notre cas.» En effet au début des années 1990, la Fédération des producteurs de volailles et l’Association des abattoirs avicoles du Québec demandent à l’Uni- T.versité de Montréal de Lie nos mettre sur pied un programme de recherche avicole pour lequel ils sont prêts à assumer le financement.C’est à ce moment que Martine Boulianne est embauchée.«Pendant cinq ans, j’ai pu effectuer plusieurs recherches et en 1997, j’ai déposé un rapport quinquennal.» Impressionnés par les retombées de la recherche, ces deux membres de l’industrie avicole décident de poursuivre leur collaboration avec l’Université de Montréal, mais de façon plus permanente en créant la chaire de recherche avicole.Se joignent à eux la Fédération des producteurs d’œufs de consommation, le Syndicat des producteurs d’œufs d’incubation et l’Association des cou-voiriers du Québec.La chaire de recherche avicole est dotée d’un fonds de capitalisation de 500 000 $ et son mandat est d’effectuer de la recherche afin de proposer des solutions aux problèmes auxquels sont confron- jours, la recherche avicole cherche plutôt à enrayer les maladies tés les membres de cette industrie.«Nous travaillons en étroite collaboration avec l'industrie.Nos recherches nous mènent souvent sur le terrain, dans les fermes d’élevage, les deux pieds dans la litière.» La création du père Wilfred La présence aujourd'hui de la recherche scientifique dans le domaine avicole à l’Université de Montréal est en quelque sorte un retour aux sources puisque les toutes premières recherches dans ce domaine remontent au début du siècle dernier.En effet, c’est en 1917 que le père Wilfred, moine trappiste, crée à l’Institut agricole d'Oka, affilié à l’Université de Montréal, une nouvelle espèce de gallinacé: la poule Chanteclerc.Surnommée la poule canadienne, ce volatile, fruit de 10 ans de travail et de multiples croisements, possède des caractéristiques physiques lui permettant de mieux résister aux rigueurs de l’hiver québécois.De nos jours, la recherche avicole ne porte guère sur la création de nouvelles espèces, les progrès en cette matière ayant déjà été accomplis.On cherche plutôt à enrayer les maladies et à trouver des méthodes de production qui garantiront la salubrité et l’innocuité des poules et des œufs.Cellulite et cyanose Parmi les nombreuses recherches effectuées à la chaire de r-i «iiâ* SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL C’est en 1917 que le père Wilfred, moine trappiste, crée à l’Institut agricole d’Oka, affilié à l’Université de Montréal, une nouvelle espèce de gallinacé: la poule Chanteclerc.recherche avicole, on doit mentionner l’importante recherche sur la cellulite.«Cette recherche a connu un énorme succès, explique Martine Boulianne, puisqu’elle a permis de résoudre un important problème pour lequel on n’avait pas encore trouvé de solution.» La cellulite est une condition qui apparaît à l’abattoir, une fois le volatile déplumé, et qui entraîne le rejet de milliers de poulets.Ces poulets rejetés ont une couche de pus sur le ventre.«Il s’agit d’une simple égratignure, faite par une griffe au cours des jours précédant le transport à l’abattoir, mais qui s’infecte rapidement.» Les causes sont multiples.Il se peut qu’un contaminant se trouve dans la litière et s'attache à une griffe; aussi, les oiseaux sont alors rendus à leur taille maximale et sont donc plus à l’étroit dans leurs cages, ce qui augmente les risques d’égratignures; de plus, on utilise maintenant une nouvel- Parce que l’excellence est essentielle i Depuis 125 ans, l'Université de Montréal est au cœur de l'enseignement, de la recherche et de la culture au Québec.C'est en visant rien de moins que l'excellence qu'elle a formé, entre autres, la plupart de nos décideurs d'hier et d'aujourd'hui et quelle forme maintenant ceux de demain.Les Services aux entreprises de la Fiducie Desjardins, fiers partenaires d'affaires de l'Université de Montréal, félicitent chaleureusement les artisans de ce haut lieu du savoir dont le rayonnement s'étend, à présent, partout à l'échelle internationale.Desjardins Fiducie Services aux entreprises Téléphone: (514) 286-5645 ou 1 800 361 -6840, poste 3645 Télécopieur: (514) 286-1131 services.entreprises@fiduciedesjardins.com le souche de poulet qui s'emplume moins rapidement, offrant moins de protection contre les coups de griffe.Le correctif suggéré par cette recherche est fort simple.«Il faut réduire la densité d’élevage et surtout éviter d’exciter les oiseaux les jours précédant leur transport à l'abattoir.» La chaire de recherche avicole s’est aussi penchée sur le cas de la cyanose, un problème cardiovasculaire et respiratoire qui donne au poulet une apparence bleutée et qui entraîne aussi son rejet «Notre recherche a démontré que cette condition apparaissait lorsque la température est trop froide lors du transport des poulets à l’abattoir» Plusieurs des recherches présentement menées par la chaire de recherche avicole portent sur les bactéries.On étudie en particulier YEscherichia coli, une bactérie qui provoque chez le poulet l’aérosacculite, une infection des sacs aériens qu'ont les poulets.«On cherche à développer un vaccin qui pourrait être administré par aérosol au couvoir.» La salmonelle est une bactérie avec- laquelle les consommateurs sont maintenant familiers.Sa trop grande présence dans le poulet le rend impropre à la consommation et les règles pour éviter la contamination sont connues de tous.Moins connue est la campylobac-tère.une bactérie qui rend aussi le poulet impropre à la consommation.«Nous cherchons présentement à comprendre pourquoi un lot de poulets est contamine et pourquoi un autre lot ne l’est pas.» vent dans les voiles Iti recherche scientifique dans le domaine avicole au Québec a bel et bien pris son envol.En effet, l’an prochain, on inaugurera le Centre de recherche avicole, un centre de recherche interuniversitaire où collaboreront 1T hii-versité de Montréal et l’université McGill.Deux nouveaux bâtiment seront construits, un sur chaque campus, grâce à une subvention du Fonds canadien de l'innovation (FCI) et la participation financière de toute l'industrie avicole.«Le Fonds canadien de l'innovation y investit 4.2 millions de dollars et l’industrie, 3,5 millions de dollars.Meme les Rôtisseries Saint-Hubert sont parmi nos bailleurs de fonds.» Ce nouveau centre de recherche avicole permettra de réaliser des recherches encore plus poussées, impossibles à réaliser dans les conditions actuelles.Parmi les champs de recherche, on trouve la nutrition, la physiologie et la génétique avicoles.De plus, on sera en mesure d'approfondir la recherche dans les domaines de la probiotique et la prébiotique, pressenties comme options alternatives aux antibiotiques.«Rien de cela ne serait possible sans l'apport de l’industrie, précise Martine Boulianne.Cela démontre le désir de eette industrie de mieux répondre aux besoins des consommateurs.» V/* Chtmbr* O, tommeret ^ ^ du Montréal métropolitain Hoard of Trada of MotropaNtan Montraal La Chambre rend hommage à l'Université de Montréal qui forme, dapuis 125 ans.des penseurs, des créateurs, des gestionnaires, des professeurs, des ingénieurs, des légistes, des professionnels de la santé.qui font la richesse de notre Cité et de notre avenir.~r> /, ! ! : r- : v ¦ _ Le 6cmsaï doit sa beauté à toutes Ces attentions dont iC est entouré.Des soins constants et compétents transforment cet arbre de prime abord tout simpCe en une véritatiCe œuvre ci'art.Chez Mefocfte Monnex nous adhérons à cette philosophie qui traduit C'Art d'un engagement exceptionnel.Meloche Monnex est fière de célébrer les 125 ans de C'Université de MontréaC dont C'ftistoire a eCCe aussi été marquee par un engagement exceptionnel et une vision d'envergure.uwn.mclochemonnex.coni 1 888 589 5656 L'art \ 'Hw «ni nxoep ffagoflumt ptlonnnl TD Meloche Monnex Notre science.l’assurance, notre art.le service V (i 1 1 LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE 11 JANVIER 2 0 0 4 UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL 1976 Un cadeau olympique n 1976, le département ’ d’éducation physique — au- jourd’hui appelé département de kinésiologie — inaugure le Centre d’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal, communément appelé CEPSUM.Réclamée depuis longtemps par le milieu universitaire, sa construction profite de la tenue à Montréal des XXI' Jeux olympiques.D’une superficie de 37 800 m2, le CEPSUM comprend notamment un stade, une piscine olympique, un aréna, des gymnases ainsi qu’une clinique de médecine sportive et de kinésiologie.On y enregistrait en 2002 un million d’entrées, dont 15 % d’usagers de la communauté montréalaise.1978 La tête dans les étoiles L* UdeM et l’Université Laval f inaugurent l’Observatoire astronomique du Mont-Mégantic, qu’elles administrent conjointement.Assis à 1111 mètres d’altitude sur la plus haute montagne accessible en voiture au Québec, l’observatoire est équipé d’un télescope de type Ritchey-Chrétien, qui pèse 24 tonnes et braque vers le ciel un miroir de 1,6 mètre de diamètre.Tous nos meilleurs vœux de succès à T occasion du 125e anniversaire de ['Université de Montréal U N I V.E.R SITE Concordia On vous prépare pour le monde www.concordia.ca Pavillons Marcelle et Jean-Coutu Un véritable complexe biomédical au cœur du campus La plus grande faculté de pharmacie du Canada produira bientôt deux fois plus de diplômés L'interdisciplinarité est à l'honneur.«On s’éloigne du spécialiste du produit qui est le médicament pour se diriger vers un spécialiste en soins pharmaceutiques.» Quand on accolle un institut de recherche en immunoviro-logie et en cancérologie à une faculté de pharmacie élargie, la preuve est faite qu’une révolution est en cours dans le monde de la pharmacie.Et les étudiants sont au rendez-vous: en 2003, 1650 postulants du Québec ont effectué une demande.RÉGINALD HARVEY L> Institut de recherche en im-f munovirologie et en cancérologie sera logé dans le pavillon MarcelleCoutu et jouxtera la faculté de pharmacie, elle-même située dans le pavillon contigu Jean-Cou-tu.Ce nouveau complexe de recherche a été conçu de façon à mettre en valeur l’interdisciplinarité entre les chercheurs tant sur le plan physique qu’intellectuel Chercheur en cancérologie depuis 20 ans et directeur général de cet institut qui ouvrira ses portes en 2004, Pierre Chartrand fournit quelques données techniques sur celui-ci avant de s’attaquer à sa plateforme technologique.Dans une première phase, une vingtaine d’équipes de recherche composées d’environ 250 personnes fréquenteront une partie des quelque 19 000 m2 de l’édifice: «Avec ces effectife-là, on occupera la moitié de l’espace.Pour 2008, on prévoit doubler ce nombre, qui passera de 450 à 500 individus répartis dans une quarantaine dégroupés de recherche.» Une plateforme technologique marquante L’institut sera doté d’une importante animalerie pour souris transgéniques, qui constituera sa plateforme technologique majeure.Dans un premier temps, celle-ci comptera 7500 cages où vivront près de 40 000 souris; en 2008, le nombre de pensionnaires aura doublé: «On procédera surtout là à des expériences en transgénique étant donné que le génome humain a déjà été séquencé et qu’on travaille présentement à séquencer celui de la souris.C’est le modèle génétique de mammifère qui représente le meilleur compromis pour se livrer à des études avoisinant ce qui peut se produire chez l’homme.» Les chercheurs utiliseront également d’autres modèles dans le but d’identifier le système biologique le plus approprié pour réaliser leurs analyses de gènes ou de protéines.Insectes, levures et vers seront mis à contribution.Ils placeront de plus JODOIN LAMARRE PRATTE / NFOE / BIRTZ BASTIEN / LEMAY ARCHITECTES La faculté de pharmacie de l’Université de Montréal pourra prendre un nouvel essor et combler en partie la pénurie de pharmaciens que connaît le Québec en déménageant ses pénates dans le pavillon Jean-Coutu.l’emphase sur l’analyse plus spécifique des protéines à l’intérieur d’une autre plateforme.Le personnel de recherche Des chercheurs de plusieurs disciplines conjugueront leurs connaissances et leur expertise à l’intérieur de l'institut L’interdisciplinarité sera au rendez-vous.Le directeur identifie les spécialités en présence: «Pour nos analyses, nous avons besoin de beaucoup d’expertises distinctes; le biomédical primera mais d’autres connaissances seront complémentaires dans les domaines de la chimie, des mathématiques et de la bio-informatique.» Une approche collégiale a prévalu dans le choix des scientifiques: «Ça se reflète d’abord et avant tout dans le choix des gens qui vont travailler dans cet institut; ils ont démontré non seulement leur excellence scientifique, mais leur intérêt pour le travail en collaboration.» Le design même de l’édifice a été pensé en fonction de cet objectif: «Tout a été prévu pour favoriser l’interaction et la communication.Les laboratoires et les étages sont décloisonnés.Les lieux de rencontre sont multiples et les projets seront partagés entre plusieurs équipes.» Une innovation pédagogique L’université créera un programme de formation en biologie des systèmes en fonction même de ce pôle d’attraction que représente l’institut.Encore là, le principe de l’interdisciplinarité sera respecté et encouragé.Pierre Chartrand résume: «Cest un programme qui donnera aux étudiants une formation mul-timodèles d’analyse, multiplatefbrmes d’analyse et interdisciplinaire.Ce sont les chercheurs de demain qui vont devoir absolument fonctionner dans un contexte de collaboration; ils doivent apprendre à se parler entre eux pour donner un impact à leurs connaissances diversifiées» Le pavillon Jean-Coutu La faculté de pharmacie de l’Université de Montréal se compa- —— UN MONDE DE DÉVELOPPEMENT L’équipe de Montréal International met tout en oeuvre pour renforcer la position du Montréal métropolitain parmi les chefs de file nord-américains en vue d’attirer les investissements, la main-d’œuvre, les entreprises et les organismes du monde entier.Avec nos membres et partenaires, nous travaillons au développement et au rayonnement de notre région.Montreal itemational POUR RÉUSSIR 380, rue Saint-Antoine Ouest • bureau 8000 Montréal (Québec) H2Y 3X7 Téléphone : (SM) 987-8191 • Télécopieur : (5M) 987-1948 info®montrealinternational.com • www.montreallnternational.com re avantageusement à l’ensemble de celles du reste du Canada sur le plan de la qualité de ses programmes de formation et de ses travaux de recherche; elle se classe même bonne première à plusieurs égards.Celle-ci pourra prendre un nouvel essor et combler en partie la pénurie de pharmaciens que connaît le Québec en déménageant ses pénates dans le pavillon Jean-Coutu.Doyen de la faculté, Jacques Tur-geon s’en félicite: «Nous travaillons non seulement à la transmission de la connaissance mais aussi, de façon très accentuée, sur son développement.Dans ce contexte, on avait un besoin de prendre une importante expansion.» D’autant plus que la demande de main-d’œuvre ne cesse d’augmenter malgré la rareté des effectifs disponibles.La faculté a constamment accru le nombre d’étudiants, qui est passé depuis 1998 d’environ 130 à 170, ce qui représente un maximum sur le plan des capacités physiques actuelles.Avec le nouveau pavillon, le contin gent grimpera à 200 et, au fil du temps, il se produira un rattrapage salutaire sur le marché québécois: «On pourra même aller m peu plus loin si le besoin se fait sentir.Mais déjà il y aura un impact.Quand on avait 135 étudiants, on en “graduait” environ 105 ou 110.En passant à 170, il sera possible d’en former avec succès 150 et c’est déjà 50 % d'augmentation.» Les candidatures ne manquent pas; en 2003, 1650 postulants du Québec ont effectué une demande pour entrer en pharmacie à ITJdeM.Le nouveau pharmacien Dans la perspective de la loi 90, qui a sensiblement modifié l’exercice de la profession, le nouveau pavillon constituera un élément majeur en ce qui concerne la notion du partage des actes entre diverses catégories de professionnels: «Pour les 25 prochaines années, ça ouvre carrément la porte au suivi thérapeutique de la part du pharmacien.On s'éloigne du spécialiste du produit qui est le médicament pour se diriger vers un spécialiste en soins pharmaceutiques.Le patient se situe au centre de la préoccupation du pharmacien.» Les jeunes doivent par conséquent être formés en vertu de ce contexte différent «Dans ce but — et c’est une première au Canada —, on va changer notre baccalauréat en pharmacie pour le convertir en un doctorat professionnel.On veut évoluer vers un programme qui va ajouter des compétences.Le pharmacien doit être capable de communiquer avec un patient et avec d’autres professionnels de la santé.» Le pavillon Jean-Coutu a été conçu en tenant compte de cette nouvelle réalité.L’importance de la recherche Selon Jacques Turgeon, les efforts investis dans la recherche déteignent positivement sur la qualité et la classification avantageuse des programmes de formation: «Mes prof ne font pas que lire des chapitres de livres, ils écrivent des volumes.Dans les derniers mois, on a lancé deux de ceux-ci.On effectue énormément de recherche.On est la faculté de pharmacie qui, de loin, reçoit le plus de subventions au Canada.» Dans cette veine, le doyen laisse savoir que la faculté a entrepris des démarches pour créer un centre de recherche sur le développement du médicament, qui serait implanté sur le campus universitaire: «Des activités consacrées à la recherche se dérouleront sur deux étages dans notre nouveau pavillon.» Le doyen croit aussi que le voisinage avec l’Institut de recherche en immunovirologie et cancérologie (1RIC) s'avère bénéfique sur le plan de l’évolution des connaissances: «On va partager des services, une animalerie et des équipements hautement spécialisés.i 1 LE DEVOIR.LES SA M EDI 1 O ET DI M A \ ( HE II A X VIER 2 O O I (i ir> « Quelle université merveilleuse ! » CLAUDE LAFLEUR Tels sont les mots qu'emploie Eric Kandel, Prix Nobel \ de médecine et professeur à l'imi-versité Columbia, pour décrire ® l’Université de Montréal.Grand spécialiste de l’étude du cerveau, : cet éminent savant entretient une i collaboration fructueuse avec le j Centre de recherche en sciences neurologiques de l’Université dê Montréal.M’ai travaillé de près durant plu-sijvrs années avec le D’ Vincent Chtellucci, un électrophysiologiste hors pair», précise le Nobel.11 souligne en particulier qu’en tant que titulaire du département de physiologie de l’Université de Montréal, cfiui-ci a développé une expertise | q l’on ne retrouve nulle part ¦ ai leurs dans le monde: la physiolo-ÿ gre motrice.«On retrouve dans ce département des forces qu'on n’a pas ici à Columbia, relate le D’Kandel, d\m le grand intérêt pour nous à cot-laborer avec ses spécialistes.» Toute sa vie, l'éminent scienti-; fique a cherché à comprendre || comment le fonctionnement du t cerveau peut expliquer nos comportements — et ce, pour une rai-; son très particulière.Eric Kandel est né et a grandi à ; Vienne, à l’époque où cette ville était une grande capitale des arts H et des sciences (Freud habitait tout , près de chez lui).Toutefois, il avait neuf ans lorsque les armées allemandes ont envahi l’Autriche; il a alors été témoin des massacres I; que la population locale a infligés aux juifs.Réfugié aux Etats-Unis ( où il a complété des études de psychiatrie, le D' Kandel a par conséquent consacré sa carrière à tenter de comprendre comment des êtres humains «cultivés et de haut calibre» peuvent en venir à se comporter aussi sauvagement*.! Ses travaux ont notamment montré que, pendant les changements de comportement, les liens qui unissent les neurones respon-: sables de ces comportements ¦sont modifiés.Ces études illus-¦trpnt également que le système nerveux central est constamment modifié par l'influence du milieu If ! et de divers apprentissages.À l'automne 2000, le 1) Kandel et deux de ses collègues, Arvid Carlsson et Paul Greengard, ont reçu le Nobel de médecine pour leurs decouvertes concernant la transmission des signaux dans le système nerveux.Puis, en avril dernier, l’Université de Montreal lui a decerne un doctorat honoris causa.«Je considère que j'ai eu le grand privilège de collaborer avec l'Université de Montréal», indique le chercheur honoré.Il souligne en outre que cette institution jouit, sur la scène internationale, d’une excellente réputation en science et qu'elle est reconnue pour prendre soin de ses étudiants.«Partout où je vais, j'en Profite pour dire que nous devrions encourager davantage les échanges entre étudiants américains et canadiens, lance-t-il.Nos étudiants devraient passer plus de temps au Canada pour y observer la qualité des sciences, pour la qualité de la vie et pour la qualité des gens qu'on y trouve.Ça leur donnerait une bonne dose d’air frais!» * Il faut lire son récit autobiographique émouvant et toujours d’actualité, disponible sur Internet (http://tvww.nobel.se/medicine/lau reates/2000/kandel-autobio.htmf).SOURCE UDEM Eric Kandel, Prix Nobel de médecine et professeur à l’université Columbia, recevant un doctorat honorifique de l’Université de Montréal.125fANNIVERSAIRE ?Génomique et génétique Nouvelle pratique clinique Mise en place d’un réseau national et international de génomique communautaire Si on s'entend pour dire que la génomique a fait des percées majeures, son potentiel n’a pas encore été intégré à notre système de santé pour dépister, prévenir ou guérir des maladies.C’est le mandat que s’est donné la Chaire de recherche du Canada en génétique préventive et en génomique communautaire de l'Université de Montréal, dirigée par le D Daniel Gaudet.SOURCE UNIVERSITÉ OK MONTRKAl.Ix' l)’ Daniel Gaudet DENIS LORD Professeur agrégé à la faculté de l’Université de Montréal.Daniel Gaudet est spécialisé dans la médecine prédictive appliquée aux dyslipidémies familiales et à la génomique cardiovasculaire.La chaire qu’il dirige est chapeautée par le Centre de médecine génique communautaire, dont la coordonnatrice est Céline Bélanger.«La chaire, explique-t-elle, prend les maladies cardiovasculaires et la lipidologie comme champ d'action pour le développement d’un modèle d’acquisition, de transfert et d’intégration de la connaissance acquise sur les déterminants génétiques de la santé, modèle qui pourra ensuite être exporté ves d’autres maladies ou problèmes de santé.Nous visons à mieux informer la population, le milieu médical et les décideurs de la santé, l’introduction de la génétique dans les politiques de santé et dans la pratique clinique.» «L'intégration d'information génétique dans les guides thérapeutiques et la pratique clinique courante permettront, poursuit Mme Bélanger, de préciser davantage le calcul de risque indmduel et de personnaliser la planification d’approches préventives.Nous pourrons ainsi éviter ou retarder l’apparition ou la complication de maladies.La génétique préventive permet aussi l’individualisation des stratégies thérapeutiques pour optimiser la réponse au traitement tout en diminuant les risques associés à l’apparition d’effets secondaires.R a été démontré que des facteurs génétiques pourraient expliquer de 20 % à 95 % de la variabilité pour un traitement pharmacologique.» Un vaste partenariat L» chaire fait partie d’un projet encore plus ambitieux, base au Saguenay.l'Alliance de recherche en génétique communautaire ECO-GENE-21, dont les chercheurs proviennent de plusieurs universités et institutions d’enseignement supérieur du Canada et d'ailleurs dims le monde.Bénéficiant d’un financement de six millions de dollars en cinq ans.ECOGENE-21, dont le 1) Gaudet est le coordonnateur.investigue génomique et génétique de façon multidimensionnelle: aspects clinique, social, éthique, éducationnel, démographique, etc.Un travail considérable est effectué pour comprendre les représentations et perceptions des maladies génétiques dans la population.«Cette compréhension, explique Mme Bélanger, permet de soulever les diverses implications psychologiques et sociales des applications de la génétique, lesquelles influencent considérablement les choix individuels et collectif.Elle permet de saisir les variations dans les perceptions et les représentations de dif férents groupes d'acteurs sociaux (clientèles touchées par des maladies, intervenants concernés, population en général.).» Le I) Gaudet est reconnu pour avoir élaboré une procédure de codification familiale et de gestion confidentielle des données largement utilisée dans plusieurs projets de recherche nationaux et internationaux.On escompte que la chaire du Dr Gaudet deviendra le centre ner- veux d’un réseau national et international en génomique commu nautaire.A l'heure actuelle, elle est déjà associée au Réseau de médecine génétique appliquée (RMGA) du Fonds de la recherche en santé du Québec (FRSQ) et œuvre, de concert avec le CHUM, à la création d’un centre collaborateur de l'OMS en génétique communautaire des maladies non transmissibles.Peut-on anticiper à quel moment la génétique préventive et la génomique communautaire seront intégrées dans le système de santé?«Plusieurs guides thérapeutiques reconnaissent déjà la contribution de facteurs génétiques au risque d'apparition et de complications de maladies, affirme Mme Bélanger.L'utilisation des données cliniques et génétiques pour poser un diagnostic et planifier une approche thérapeutique se multiplient.Ces exemples se limitent actuellement à certains domaines, comme celui des maladies cardio- vasculaires ou de l’oncologie, mais de plus en plus de spécialités médicales s'intéressent à la génétique préventive.Bien qu'actuellement aucun guide thérapeutique n 'intègre formellement l’information génétique dans le calcul du risque ou l'individualisation des stratégies préventives et thérapeutiques, les professionnels de la santé y sont de plus en plus sensibilisés.» «Par ailleurs, considérant la volonté grandissante de la population à prendre en charge sa santé, il est à prévoir que c’est d’ici peu que la génétique préventive commencera à s'intégrer officiellement au système de santé.En attendant, des stratégies devront donc être développées, non seulement afin de faciliter l’utilisation de cette information dans la prévention, mais aussi d'effectuer la gestion des compétences des professionnels de la santé, de l’anxiété qui peut être ressentie au sein de la population et des différentes questions d’éthique qui en découlent.» Génome Québec remercie ses partenaires • Génome Canada • Ministère du Développement économique et régional du Québec • Affymetrix • CGI • Elitra • Alethia • Emerillon • Valorisation Recherche Québec • L'ensemble des universités du Québec ainsi que les hôpitaux universitaires associés Génome Québec offre aux CHERCHEURS EN GÉNOMIQUE ET PROTÉOMIQUE L'OPPORTUNITÉ DE REMONTER À LA SOURCE DE LA VIE Proiets financés par Génome Québec Concours I Création de 5 projets Genome Québec Centre d'innovation 86 MS Concours en génomique et protéomique Concours II appliquées à 12 projets la santée humaine Autres initiatives majeures à venir 99 MS GenomeQuébec www.genomequebec.com Eh.* mÊt voyons à Af* _ _ t » • Monsieur Univers.»vec les bons outils, un rêve venir la réalisation de toute pire et nous amène à créer lés enfants de tous âges et créativité et de æ réaliser ne potentiel.Notre passion PMiCMmtrtt Càrpomtion, 200*4.Tou» droit* réservé.Microvrft H Votre prtertid Notre pqm»oo sont de» manque» dépotée» Microsoft OnrîOTatiof cw* liât* Unis et/ou don* cfautret Ëj/tm*-i m tri ¦ i microson ENSEMBLE, NOUS PREPARONS L'AVENIR.Le CHU mère-enfant Sainte-Justine et l'Université de Montréal WW» hSÊM : y SSsS 'mm Hü tV.ÎAv'.’"- a» gm « :>Sjï & a ¦ îsm m M C’’ 9M Futur diplômé V.M r- ïvjÏ’SS- K •îÆ îS»;si Iliil i s Sf ÜM mm.Kÿ&w?y % y v w»ï V„.A J->< * : ft - *.| ¥ P ¦.-n-va.••’»5Sfe®è*ÿ- ¦:¦; .?w, ëm AÀ, i * '*1 ÎP’ vW-' I 1 ,:ÿs ¦ % %; Sv " ' ÿ: à =f.f;sw.; .“V ./K MÉTIS Les Jardins de Métis.¦ I>a station de radio étudiante, CISM 89,3 FM, est la plus importante en Amérique du Nord francophone.Véronique Cloutier et Pierre Vachon, entre autres, y ont fait leurs premières armes.¦ Chez Valère, la cafétéria du pavillon 3200 Jean-Brillant, a été l’automne dernier sacrée meilleure cafétéria universitaire à Montréal par les hebdos Voir et Hour.¦ En 125 ans d’histoire, l’institution a diplômé plus de 250 000 étudiants.¦ Des étudiants, au nombre de 475, ont étudié à l’étranger cette année grâce à des programmes d’échange interuniversitaires.¦ Le nombre d’étudiants inscrits a bondi de 21 % entre 1998 et 2003.¦ Les femmes représentent environ 60 % des inscriptions et il n’y a qu’au programme de doctorat qu’elles sont moins nombreuses que les hommes.¦ La faculté des arts et des sciences regroupe 26 départements, sciences pures et sciences humaines réunies, et elle accueille à elle seule 40 % de tous les étudiants de l’UdeM, ce qui fait d’elle la plus importante faculté du système universitaire canadien.CHRISTIAN LÉVESQUE Annabelle Sheppard a effectué d’intenses recherches avant de s’inscrire en droit à l’université.Et elle n’a pas choisi l’Université de Montréal à la légère: *Cette université m’a été fortement recommandée par plusieurs avocats, dit-elle.On m’a souvent répété que c’était la meilleure, qu’elle possédait de bons professeurs et qu'elle était au centre de la vie juridique.» Maintenant diplômée, elle ne regrette pas du tout son choix: «Le programme est excellent et les cours sont intéressants car les professeurs sont réellement passionnés par les matières qu’ils enseignent.» Grâce aux cours de plaidoirie et autres tribunaux improvisés dans leurs cours, les étudiants peuvent acquérir une expertise des plus importante pour leur future carrière.Représentations internationales C’est suite à cette double for- SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL En 2003, Caroline Allard obtenait la bourse Trudeau accordée à des étudiants au niveau du doctorat dans le domaine des sciences humaines.mation théorique et pratique qu’Annabelle Sheppard a pu, avec son équipe, remporter la prestigieuse coupe Gale, à Toronto.Chaque année, une équipe de quatre étudiants de l’Université de Montréal est choisie pour participer à cette compétition nationale de plaidoirie.Après avoir consacré des centaines d’heures à analyser le cas soumis en compétition, à faire des recherches, à élaborer des arguments logiques pour, finalement, présenter sa cause devant un tribunal de juges, l’équipe de l’Université de Montréal a arraché les grands hon-neurs de l’édition 2003.Pour Annabelle, cette victoire n’aurait jamais été possible sans le support de l’université.«L’école a mobilisé des avocats et des experts dans le domaine de la cause en compétition.De plus, notre tuteur pour l’occasion, M Michel Denis, restait tard le soir pour s’assurer qu’on avait les réponses parfaites à toutes les questions.Il a été tout simplement merveilleux et s’est donné à 200 %», explique-t-elle.L’équipe championne a ainsi eu l’honneur de représenter le Canada à la Commonwealth Mooting Competition, un concours international qui se tient dans le cadre de la Conférence juridique du Commonwealth.«Encore une fois, l’université a été derrière nous en nous enlevant un cours pour nous permettre de préparer activement cette compétition.On a vraiment senti qu’ils étaient fiers de nous et cela semble important pour eux d’investir dans ce genre de concours.» Même si l’équipe n’a pas remporté les honneurs de cette dernière compétition, l’expérience acquise est néanmoins importante et prépare habilement ces étudiants à leur futur emploi d'avocat.«Même avant de commencer notre carrière, on peut montrer notre talent devant des juges importants et cela nous ouvre des portes.Les cabinets sont à la recherche de personnes qui se sont impliquées à l’université, qui sont capables de faire de la recherche efficace, qui comprennent la loi et qui savent comment la contester.» Une université qui aide ses étudiants Pour Caroline Allard, le choix de l’Université de Montréal comme lieu de formation universitaire s’est imposé de lui-mème: «À ma sortie du cégep, les mots Université de Montréal” étaient carrément synonymes de formation universitaire.» Elle n’a donc pas hésité à s’y inscrire et à y effectuer toute sa formation universitaire.Aujourd’hui étudiante au doctorat au département de philosophie, ses recherches portent sur l’attribution de la responsabilité morale aux agents collectifs dans un contexte de justice sociale internationale.Par exemple, est-il possible d’assigner une responsabilité morale aux compagnies pharmaceutiques pour les problèmes d’accès aux médicaments dans les pays en voie de développement?La chercheuse commence également à s’intéresser aux perspectives féministes en philosophie politique.En 2003, Caroline Allard obtenait la bourse Trudeau accordée à des étudiants au niveau du doctorat dans le domaine des sciences humaines.Cette bourse, créée en l’honneur de l’ancien premier ministre Pierre Elliott Trudeau, est décernée chaque année à une quinzaine d’étudiants et peut atteindre jusqu’à 35 000 $.Pour celle qui avait arrêté ses études durant un moment avant d’y replonger à temps plein, cette récompense représente une aide précieuse: «Une reconnaissance pareille à un tel moment a été vraiment extraordinaire, dit-elle.De plus, la bourse offre aux récipiendaires un budget pour faire des séjours dans d’autres universités, pour assister à des colloques, etc.Pour moi, qui suis à l’Université de Montréal depuis le début de mes études universitaires, c’est un complément fort appréciable.» Aide institutionnelle Si cette bourse représente beaucoup pour elle, ce n’est toutefois pas uniquement ses compétences qui en ont fait une lauréate.L’institution universitaire l’a beaucoup aidée à obtenir cette bourse.«Non seulement elle a été derrière moij mais même en avant!, admet-elle.À peine revenue aux études, j’étais un peu en dehors du circuit.Je crois que c’est Ryoa Chung, un professeur du département, qui m’a parlé pour la première fois de cette bourse et qui a imprimé le formulaire à ma place!» D’autres professeurs lui ont également prodigué de précieux conseils et encouragements.«J’ai vraiment senti un appui qui s’est toujours traduit de manière concrète.» Caroline Allard avoue ne plus pouvoir se passer de l’université.«Lorsque j’ai arrêté mes études après ma maîtrise, j’étais certaine de ne plus remettre les pieds à l’université.J’ai tiré d’énormes satisfactions de mon travail dans un milieu complètement différent.Mais, quelques années plus tard, j’ai dû me rendre à l’évidence; en réalité, je ne pouvais pas me passer de l’université!» Aujourd’hui, en plus de revenir avec plaisir sur les bancs de l’école, elle a donné pour la première fois un cours traitant de philosophie dans les sciences de la santé à 250 étudiants.«Je suis vraiment comblée en ce moment et mes études à l’Université de Montréal y ont grandement contribué par la qualité de l’enseignement dispensé et des personnes que j’y ai rencontrées et qui n’ont jamais été avares ni de temps ni d’encouragements.» Les Presses de l'Université de Montréal Le savoir reconnu MICHEL BIRON L'absence du maître Prix Jean-Éthier-Blais de la Fondation Lionel-Groulx, 2001 Finaliste, Prix du Gouverneur général du Canada, 2001 Prix de l’Association des professeurs de français des universités et collèges du Canada, 2002 Finaliste, Prix de l’essai Spirale, 2002 JEAN DUMAS Séduire par les mots Prix du ministre pour le cours à distance «Rédaction et communication publique», 2002 Finaliste, Prix Odyssée, 2002 YVETTE FRANCOLI Louis Dantin, Essais critiques I et II Prix Jean-Éthier-Blais de la Fondation Lionel-Groulx, 2003 THIERRY HENTSCH Raconter et mourir Prix du Gouverneur général du Canada, 2003 Prix Louis-Pauwels, 2003 Mention spéciale du jury, Prix France-Québec, 2003 Finaliste, Grand Prix du livre de Montréal, 2003 JUDITH LAVOIE Mark Twain et la parole noire Prix Vinay-Darbelnet, 1999 Prix du Gouverneur général du Canada, 2002 Finaliste, Grand Prix du livre de Montréal, 2002 MARIE MC ANDREW Immigration et diversité à l’école Prix Donner 2001/2002 pour le meilleur livre sur la politique gouvernementale canadienne CLAIRE POITRAS La cité au bout du fil Prix Michel-Brunet de l’Institut d’histoire de l’Amérique française, 2001 ARMANDE SAINT-JEAN Éthique de l'information Prix Alphonse-Desjardins de l’Association des auteurs des Cantons de l’Est, 2003 ARTURO SANGALLI Éloge du flou Prix de l’Association of American Publishers, 1998 PIERRE VADEBONCOEUR Le pas de l'aventurier Prix de la revoie Études françaises, 2003 I m « nuifti tl «ni il M«i h t» Le pas de l'aventurier i Jt tison L'absence du maître i Immigration et diversité à l'école f Ci* f M Louis Dantin Séduire par les mots trocs ou srou Mark T y, i raconter I MO LUC R www.pum.umontreal.ca sî ts * Éthique de l’information Université fttl de Montréal » ( LE DEVOIR.LES SAMEDI 10 ET DI M A X ( H E 11 .1 A X V 1ER 2 0 0 I (', 21 125f ANNIVERSAIRE MULTIDISCIPLINARITÉ L’effet boule de neige des nanotechnologies Un nouveau pavillon que les chercheurs de l’université partagent avec ceux de Polytechnique Cent vingt-cinq ans après sa fondation, l’Université de Montréal continue d’innover dans la manière de faire de la science.En collaboration avec l’École polytechnique, elle installera sous peu une vaste équipe multidisciplinaire dans un nouveau bâtiment dédié à la recherche.C’est aussi là une façon originale de rapatrier certains de nos meilleurs chercheurs qui œuvrent à l’échelle internationale.S m •(h m SOURI I UNIVURSÏIÏ 1)1 MONTKI Al «Ce qui est particulier dans le domaine des nanotechnologies, explique Patrick Desjardins, c’est que lorsqu’on diminue la taille des matériaux, de nouvelles propriétés apparaissent.» CLAUDE LAFLEUR Rappelons-nous qu’il y a quelques siècles à peine, un savant pouvait exceller dans plusieurs disciplines scientifiques à la fois.Mais depuis lors, la connaissance scientifique est devenue si vaste qu’aujourd’hui plus personne ne possède la connaissance complète d’une même discipline — désormais, les scientifiques travaillent en collégialité.Or, voici que se développe une nouvelle façon de faire de la science: la recherche en équipes composées de spécialistes provenant d’une multitude de disciplines.C’est d’ailleurs ce que réalisent actuellement TUniversité de Montréal et l’Ecole polytechnique en constituant une équipe de chercheurs spécialisés dans les nano- ¦ ~ SOURCE UNIVERSITÉ DE MONTREAL Patrick Desjardins, directeur du laboratoire pour l’analyse de la, surface des matériaux de l’École polytechnique.technologies.Comme on s’y attend, cette équipe comprend des physiciens, des chimistes et des ingénieurs, mais également des biologistes, des médecins et autres scientifiques intéressés à étudier et à utiliser cette nouvelle gamme de matériaux révolutionnaires.La nanotechnologie n’existe en tant que discipline que depuis une douzaine d’années environ, indique Patrick Desjardins, directeur du laboratoire pour l’analyse de la surface des matériaux de l’École polytechnique.Elle consiste à créer des matériaux atome par atome.«Ce qui est particulier dans le domaine des nanotechnologies, précise-t-il, c’est que lorsqu’on diminue la taille des matériaux, de nouvelles propriétés apparaissent.On cherche donc à les explorer et à les exploiter.» M.Desjardins observe en outre qu’à l’heure actuelle, les physiciens, les chimistes et les biologistes sont rendus, chacun de leur côté, au même point dans leurs recherches.«Tous travaillent au niveau de l’atome, dit-il, utilisent les mêmes instruments et se butent à des problématiques semblables.Il y a donc là une belle convergence en physique, en chimie, en biologie!» Voilà pourquoi, à Montréal comme dans quelques endroits dans le monde, des équipes multidisciplinaires sont constituées.Patrick Desjardins s’empresse néanmoins de souligner que la plupart des universités continuent de mener ce genre d’études de façon séparée alors qu’au Québec, on favorise la collaboration entre spécialistes de domaines variés.Le retour au Québec des chercheurs dispersés La création d’une équipé multidisciplinaire d’aussi haut calibre permet en outre de rapatrier certains de nos brillants chercheurs qui font carrière à l’étranger.C’est le cas de Patrick Desjardins, qui a œuvré à l’université d’Illinois, et de Richard Martel, qui travaillait jusqu’à tout récemment pour la société IBM, en banlieue de New York.«J'avais une belle carrière dans un laboratoire de recherche d'IBM ainsi que des offres de plusieurs universités américaines, confirme ce chercheur.Mais j’avais le goût dune aventure canadienne et les gens de l'Université de Montréal — en particulier Patrick Desjardins — m'ont séduit avec leur vision à long terme centrée sur les nanosciences.Leur centre de recherche est sur un modèle nouveau genre que je trouve particulièrement intéressant.C'est, à toutes fins utiles, presque unique au monde!» Conséquemment, Richard Martel est de retour au Québec depuis août dernier, apyès avoir passé huit années aux États-Unis.«Bien sûr qu'en revenant ici, je subis une diminution de salaire, avoue-t-il sans peine, mais je gagne en qualité de vie!» Il relate qu’en fait, plusieurs facteurs l’ont motivé à revenir, dont le fait de vivre en français et de pouvoir enseigner.«Mais avant tout, comme scientifique, j’ai été séduit par l’idée de travailler au sein d’un groupe de recherche multidisciplinaire», précise-t-il.Au pavillon Joseph-Armand-Bombardier Le chercheur relate qu’il appré cie particulièrement le fait que l’équipe mise sur pied par Patrick Desjardins se retrouvera ce printemps dans de nouvelles installations.11 s'agit du pavillon Joseph-Armand-Bombardier, dont la construction s’achève juste à côté de 1É-cole polytechnique.«C’est un édifice de 16 000 m2 consacré à des re- cherches multidisciplinaires telles que les nanotechnologies, les biotechnologies, la pharmaceutique, les matériaux polymères, etc.», précise M.Desjardins.Se retrouveront donc littéralement côte à côte, sur le même étage sinon dans les mêmes labos, des chercheurs de formations fort différentes.«Cela va créer un climat très dynamique, relate-t-il encore, ce qui devrait donner lieu à des choses jimtastiques.» «En tant que physicochimiste, enchaîne son collègue Martel, ce qui m a attiré ici, c’est l'exposition à d’autres domaines — le frottement avec d’autres chercheurs, si je puis dire —, ce qui nous permettra de faire des croisements et d’engendrer des synergies peu communes.» D’ailleurs, comme spécialiste de la recherche fondamentale sur les matériaux.M.Martel irnticipe déjà le plaisir de côtoyer des ingénieurs, des chimistes, des pharmacolo-gistes, etc.«Nous allons occuper un espace les uns à côte des autres et partager de l’équipement.On fera donc de la science au carrefour de plusieurs domaines.Il y aura une sorte de convergence des domaines, ce qui est tout un atout!» Abattre les barrières entre les sciences Patrick Desjardins parle avtv enthousiasme des travaux qui sont déjà réalises au sein de son équipe.«Ce qui est particulier sur le campus, c’est que le groupe de recherche en physique et technologie des couches minces travaille de façon multidisci- plinaire.Nous n'avons pas chacun notre laboratoire, mais des laboratoires partagés.Or, il y a peu d'endroits dans le monde où l'on mène des projets en collaboration dams un environnement aussi ouvert.» 11 ajoute que son groupe de recherche se structure actuellement afin d'incorporer davantage de scientifiques spécialisés notamment en chimie organique, en biologie ou dans diverses applications médicales.«Nous sommes en train d'assembler un groupe fini qui sera bien positionné pour abattre des barrières multidisciplinaires.» lYécisant que l’emménagement dans le nouveau pavillon est prévu pour le 1 avril, Patrick Desjardins ne |XTit s’empêcher de lancer avec enthousiasme: «Et j’ai bien hâte!» jSBBSigga ; U! 1 L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL.AU CŒUR DE L’AVENIR ÉCONOMIQUE DE LAVAL À Laval, nous croyons que les universités sont au cœur du développement de l'économie scientifique et de haute technologie.Nous pensons que les entreprises et les universités sont des partenaires essentiels et nous encourageons les liens privilégiés entre les universités et les entreprises.Nous savons qu'une idée née dans une faculté universitaire, aujourd'hui, peut devenir le cœur d'une grande entreprise de demain.Nous le savons parce que nous le voyons dans nos parcs industriels et dans la Cité de la Biotech.Nous saluons donc l'Université de Montréal en tant que partenaire économique efficace et essentiel à Laval et partout ailleurs au Québec.Les idées, la recherche, le leadership, le désir d'entreprendre et d'innover s'apprennent.L'Université de Montréal l'enseigne.«¦U Ilia .v ¦ ' ¦ LAVAL w TECHNOPOLE LA TECHNOPOLE DU GRAND MONTRÉAL 1555, www.lavaltechnopole.com Téléphone : 450 978 5959 I Télécopieur : 450 978 5970 Courriel : info@lavaltechnopole.com » (i 22 L K DEVOIR, LES SAMEDI 10 ET DIMANCHE II JANVIER 2 0 01 UNIVERSITE DE MONTREAL BIBLIOTHÉCONOMIE Un domaine en pleine effervescence Cinq millions de documents distribués dans 17 bibliothèques ! La bibliothèque d’aujourd’hui ne ressemble guère à l’idée générale que l’on peut s’en faire.Les nouvelles technologies de l’information ont radicalement bouleversé le milieu des bibliothèques et celui de la formation des étudiants dans ce domaine.L’Université de Montréal emboîte inévitablement le pas à ce mouvement et les bibliothécaires se transforment rapidement en techniciens de l’information.D’ailleurs, l’accès à la maîtrise à l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information est contingenté! Qui l’eût cru?CHRISTIAN LÉVESQUE T e milieu des bibliothèques a ^ X-j beaucoup bougé et évolué en 25 ans, explique le directeur général de la bibliothèque de l’Université de Montréal, Jean-Pierre Côté.Nous avons assisté à une véritable professionnalisation de nos activités.» Dans cette université, comme dans plusieurs autres à travers le monde, la bibliothèque est divisée en plusieurs sections spécialisées qui sont réunies sous une direction générale.Jean-Pierre Côté affirme que cette orientation permet de réduire les duplications d’efforts et l'achat de collections inutiles.Le défi quotidien est néanmoins imposant: les 17 bibliothèques de l’Université de Montréal renferment plus de 5 millions de documents (monographies, pério- diques, thèses, rapports de recherche, ouvrages de référence, répertoires, index, etc.) imprimés et sur microfilms, des documents audiovisuels et des documents sur support électronique.De plus, les employés des diverses bibliothèques doivent répondre aux demandes constantes des quelque 50 000 étudiants du campus.Une tâche colossale qui demande temps et argent.SOURCE UNIVERSITE DE MONTREAL Jean-Pierre Côté, directeur général de la bibliothèque de l’Université de Montréal.Revues et données En effet, uniquement pour maintenir les abonnements aux diverses publications savantes, la facture s’élève à près de 6 millions de dollars annuellement.C’est que le savoir n’est plus partagé: il est vendu.L’information est devenue une marchandise.«Pour y faire face, nous avons construit des conglomérats d’achat.En 1998, nous nous sommes joints au Programme canadien de licence nationale, qui regroupe 64 università du pays.Ce geste a constitué un tournant important dans l'acquisition des revues savantes que plusieurs universités canadiennes n'auraient pu se payer sans ce pouvoir d’achat.» Alors que la bibliothèque représente un instrument important de la transmission du savoir, les nouvelles technologies permettent d’implanter des centres multimé- D’ici quelques années, uniquement dans les universités québécoises, il faudra remplacer les 30 % à 40 % d’employés qui partiront à la retraite dia qui donnent aux étudiants un accès à de volumineuses bases de données électroniques.«Le grand défi des bibliothèques est de soutenir la transformation de l’université et de bien comprendre son évolution de même que les nouveaux moyens de transmettre les savoirs», explique Jean-Pierre Côté.Les bibliothèques opèrent dorénavant sous un mode hybride combinant les ouvrages physiquement présents, que les étudiants peuvent emprunter, et les documents virtuels.I.a modernisation des installations et la formation des employés des bibliothèques sont primordiales pour répondre aux demandes des étudiants.La majorité des cours exigent aujourd’hui des travaux réalisés avec l’aide de l’informatique et les employés des bibliothèques doivent être en mesure d'effectuer de nouvelles tâches, comme des présentations avec le logiciel PowerPoint.«Les techniques sont différentes et les compétences se doivent d’évoluer aussi, dit Jean-Pierre Côté.Il faut dorénavant être capable de proposer des outils adaptés pour consulter facilement l'ensemble des documents qui forment le patrimoine de l'université».Il termine en exprimant le souhait que les diverses institutions universitaires à travers le monde assument davantage la publication de leurs recherches afin de rendre le tout plus accessible à l’ensemble de la communauté étudiante.Une transformation qui passe par la formation La mission de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l'information (EBSI) de l’Université de Montréal est de contribuer à l’avancement des connaissances et des pratiques en gestion de l’in- 2*S3 v.v v SOURCE UNIVERSITE DE MONTREAL La bibliothèque des lettres et sciences humaines (BLSH), la plus importante de l’université, a déménagé en 1987 dans l’édifice Samuel-Bronfman.formation par ses activités de recherche.Son but est de former les bibliothécaires, archivistes, re-cherchistes, gestionnaires de documents, producteurs et diffuseurs de bases de données, analystes, indexeurs et bibliographes de demain.Le site Internet de l’école explique bien le rôle de ces professions dans notre société: «Depuis toujours, les bibliothécaires et les archivistes se préoccupent des documents, de leur recension, de leur acquisition, de leur analyse, de leur traitement, de leur stockage, de leur conservation et de leur exploitation.Ils se préoccupent également de l’information et des connaissances que ces documents véhiculent.Or, si cette mission n’a pas fondamentale- ment changé, le contexte, lui, s’est beaucoup élargi.» «Le choc des technologies de l’information a bouleversé notre monde, dit le directeur de l’EBSI, Carol Couture.Autant cela peut représenter une aide précieuse, autant elle crée parfois d’énormes difficultés.» C’est que l’information pertinente est souvent plus difficile à trouver.La fonnation appropriée est alors indispensable pour ceux qui travailleront dans ce domaine.Et la demande est forte: d’ici quelques années, uniquement dans les universités québécoises, il faudra remplacer les 30 % à 40 % d’employés qui partiront à la retraite.«En plus, la construction de la Grande Bibliothèque du Québec créera une forte demande de professionnels et comme nous sommes la seule université à of frir ce type de formation en français, nos diplômés seront rapidement sollicités», dit Carol Couture.Déjà, plus de 80 % des diplômés se trouvent un emploi après la fin de leurs études.Chaque année, plus de 160 demandes d’admission sont acheminées à l’université, qui ne peut accueillir que de 90 à 100 étudiants par année.«Nos étudiants baignent dans les technologies de l’information et tous les cours qu’ils suivent les forcent à travailler avec ces nouveaux outils.Nous les préparons à travailler dans un univers mixte où le papier côtoie le numérique», conclut Carol Couture, Un atout important pour ceux qui sont appelés à travailler dans des domaines en constante évolution.L'Université de Montréal 125 ans de valeur ajoutée notre richesse collective Letko Brosseau et Associés Inc.u» * * 4 * Dimanche 25 janvier iM Un salon pour meubler votre avenir.Salon des études Tout sur nos programmes d'études et nos services.Pavillon 3200, rue Jean-Brillant, de 11 h à 16 h.Station de métro Université-de-Montréal 514.343.6032 - www.umontreal.ca rHi Université de Montréal A N On a I# ¦ ¦ - r université ensemble.Merci ! Si l'Université de Montréal est aujourd'hui plus vivante que jamais, c'est grâce au talent et à l'effort collectif des gens qui s'y sont investis depuis sa création.Visitez notre site pour connaître les nombreux événements entourant cet anniversaire, www.125.umontreal.ca rtt, Université de Montréal
de

Ce document ne peut être affiché par le visualiseur. Vous devez le télécharger pour le voir.

Lien de téléchargement:

Document disponible pour consultation sur les postes informatiques sécurisés dans les édifices de BAnQ. À la Grande Bibliothèque, présentez-vous dans l'espace de la Bibliothèque nationale, au niveau 1.